Breakbeats percutants, motif distordu et voix en boucle : sur « BLOW THE ROOF », Chopsoe concentre son langage électronique dans une décharge taillée pour le club.
Le plafond avait été prévenu. Baptiser un morceau « BLOW THE ROOF », c’est annoncer la couleur avant même d’avoir branché les enceintes. Encore faut-il donner une forme à cette ambition explosive. Chopsoe choisit la concentration : une accroche vocale répétitive, un élément mélodique déformé, des batteries breakbeat qui portent l’assaut. Quelques pièces, un objectif très clair. Faire monter la pression et lui trouver une issue collective.
Derrière ce pseudonyme, Vincent Chedal-Anglay, producteur français né en banlieue parisienne, travaille depuis l’adolescence à faire circuler les idées entre hip-hop, house, breakbeat et bass music. Son premier EP officiel, « Self Reality », paru sur le label parisien Sans Huile de Palme, puis ses collaborations avec pluko, SVDKO ou Meyze dessinent un parcours ouvert aux croisements. « BLOW THE ROOF », qui succède à « GUNMAN », ramène cette curiosité vers une forme ramassée, pensée pour l’impact immédiat.
Tout tient ici à une question de fonction. La voix répétée devient un point de fixation : quelque chose auquel s’accrocher pendant que le rythme déplace les appuis. Le motif principal, décrit comme un artefact sonore acéré et distordu, confie à la texture le rôle habituellement réservé à une mélodie plus chantante. C’est une piste fertile de la bass music contemporaine : rendre un son reconnaissable par son grain, sa déformation, presque sa silhouette.
Puis viennent les breaks. Leur intérêt dépasse la seule puissance de frappe. Un rythme cassé introduit du jeu dans la mécanique, crée des prises et des contretemps, donne au mouvement cette petite instabilité qui garde le corps disponible. Chez Chopsoe, ces batteries font partie des éléments revendiqués comme une signature. Elles constituent aussi un lien concret entre ses différentes influences : la découpe du hip-hop, l’élan du club, l’électricité de la bass music.
Présenté à la croisée de la trap EDM et du dubstep, « BLOW THE ROOF » porte ainsi une idée assez réjouissante de l’efficacité. La simplicité y devient une discipline de production : choisir les éléments capables de tenir toute la tension du morceau, leur laisser de la place, pousser leur caractère.
On imagine facilement le terrain auquel cette proposition se destine : une salle échauffée, des visages tournés vers les enceintes, cette seconde où chacun attend le même choc. Chopsoe écrit pour cet accord tacite. Le genre de conversation qui commence quand parler devient inutile.
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