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Legends of the Seven Golden Vampires rendent leurs rêves habitables sur The Pumphouse of Broken Dreams

Legends of the Seven Golden Vampires rendent leurs rêves habitables sur The Pumphouse of Broken Dreams
  • Publishednovembre 2, 2026

« Plus resserré que leur premier album mais toujours aussi poreux aux hallucinations pop, The Pumphouse of Broken Dreams voit Legends of the Seven Golden Vampires transformer leur goût du psychédélisme, du trip-hop et de la dream pop en un langage beaucoup plus cohérent. La voix d’Ilse Van Der Linden y devient presque un fil d’Ariane, reliant neuf morceaux qui avancent entre perte, refuge, vertige et reconstruction. »

Le titre de l’album évoque déjà un lieu étrange.

Une sorte de bâtiment mental où les rêves cassés auraient été stockés, réparés, transformés en autre chose. Ce n’est pas très loin de ce que fait Legends of the Seven Golden Vampires ici.

Après Psychedelic Soul & Trash Vol.3, disque salué pour son audace et sa capacité à mélanger rock psychédélique, funk, trip-hop et électronique, le groupe du Hertfordshire choisit cette fois de moins disperser ses idées. Les références restent nombreuses — Radiohead, Portishead, Orbital, Cyndi Lauper — mais elles cessent de se battre pour la place principale. Elles deviennent des courants souterrains dans un ensemble plus unifié, notamment grâce à l’arrivée d’Ilse Van Der Linden, dont la présence vocale installe une continuité mélodique évidente.

« To Think To Heal » ouvre le disque comme une première chambre d’écho.

Le titre associe pensée et guérison, mais sans transformer l’introspection en leçon de développement personnel. Ici, réfléchir semble plutôt être une étape risquée : retourner dans ce qui fait mal pour essayer d’en comprendre la forme. La dream pop donne naturellement au morceau cette qualité suspendue, presque flottante, où l’émotion ne se livre jamais frontalement.

« Flying » prend ensuite davantage de hauteur.

Il y a quelque chose de plus ouvert dans ce deuxième morceau, une sensation de déplacement, presque de décrochage. Chez Legends of the Seven Golden Vampires, “voler” n’a pourtant rien d’un symbole naïvement euphorique. On sent toujours un peu de trouble derrière les nappes, une fragilité persistante qui empêche la légèreté de devenir totalement confortable.

« Come Home » ramène immédiatement le disque vers une adresse plus intime.

Le morceau fait partie des singles centraux du projet et on comprend pourquoi. L’idée du retour possède ici une charge émotionnelle très simple mais très efficace. Revenir où ? Vers qui ? Après quoi ? Le groupe laisse suffisamment de marge pour que la réponse reste personnelle. La voix d’Ilse Van Der Linden donne au titre cette douceur légèrement distante qui fonctionne particulièrement bien avec une écriture dream pop : le désir de retour devient presque une apparition plus qu’une demande.

« Here I Am » change légèrement de posture.

Après l’appel de « Come Home », cette formule ressemble à une réponse. Me voici. Je suis là. Mais la présence chez LOTSGV n’est jamais totalement stable. Le morceau semble davantage poser une existence qu’en revendiquer la solidité. Dans un album obsédé par les rêves cassés, les états intermédiaires et la reconstruction, dire “here I am” peut déjà ressembler à une victoire minuscule.

Puis arrive « Hopelessly Devoted To You ».

Le titre est évidemment chargé d’un héritage pop immense, mais dans ce contexte, il prend une couleur différente. Coincé au milieu de cet univers psychédélique et brumeux, l’amour absolu devient presque inquiétant. La dévotion n’est plus seulement romantique ; elle peut aussi devenir enfermement, dépendance, impossibilité de se détacher. Le groupe joue intelligemment avec cette ambiguïté, laissant le sentimental glisser vers quelque chose de légèrement spectral.

« Lost & Burnt » est probablement l’un des titres les plus évocateurs de l’ensemble.

Perdu, brûlé : deux états irréversibles ou presque. Là où « To Think To Heal » laissait encore entrevoir une forme de réparation, « Lost & Burnt » regarde davantage ce qui a été endommagé. Le groupe retrouve ici son goût pour les textures plus troubles, plus sombres, où le shoegaze et le trip-hop peuvent presque se croiser sans jamais se confondre.

La force du morceau réside justement dans cette sensation de résidu.

Quelque chose a eu lieu.

Il reste la fumée.

« In My Dreams » retourne ensuite au territoire le plus naturel du groupe : celui du rêve.

Mais le rêve n’est pas ici un refuge confortable. Chez Legends of the Seven Golden Vampires, il ressemble davantage à une zone où la mémoire, le désir et l’inconscient se mélangent jusqu’à devenir difficiles à distinguer. Le morceau s’insère parfaitement dans l’identité de l’album, comme si le “pumphouse” du titre était précisément cet endroit mental où les images continuent de circuler même lorsqu’on voudrait les arrêter.

« AIR » pousse encore plus loin cette logique d’allègement.

Le titre réduit presque tout à un élément invisible. Il y a quelque chose de très cohérent à placer un morceau nommé « AIR » à ce stade du disque : après la perte, les rêves et les traces laissées par ce qui brûle, il ne reste parfois qu’un espace à traverser.

Musicalement, ce type de titre appelle naturellement la suspension, la transparence, le vide contrôlé.

Et puis « BLEND » arrive pour refermer le disque.

Le mot est presque un manifeste à lui seul.

Mélanger.

Fusionner.

Superposer.

Après un premier album souvent présenté comme particulièrement éclectique, The Pumphouse of Broken Dreams ne renonce pas au mélange ; il apprend simplement à mieux l’organiser. « BLEND » paraît donc particulièrement bien choisi comme dernier morceau. Tout ce qui précède — dream pop, psychédélisme, électronique, shoegaze, trip-hop, pop mélodique — finit par se rejoindre sans donner l’impression d’une compilation de styles.

C’est probablement la plus grande progression entre les deux albums.

Le premier séduisait par son imprévisibilité.

Le second semble davantage savoir pourquoi chaque élément se trouve là.

La présence d’Ilse Van Der Linden joue un rôle essentiel dans ce changement. Sa voix agit comme une continuité émotionnelle qui permet au groupe de garder ses expérimentations sans perdre l’auditeur. Les neuf morceaux ne sonnent pas identiques, mais ils paraissent appartenir au même bâtiment.

Et ce bâtiment a forcément quelque chose d’un peu hanté.

Legends of the Seven Golden Vampires ont toujours aimé les zones où la nostalgie rencontre le contemporain, où la pop devient légèrement étrange, où une mélodie accrocheuse peut être entourée de suffisamment de brouillard pour changer totalement de visage.

The Pumphouse of Broken Dreams pousse cette identité plus loin.

Pas en ajoutant davantage.

En apprenant enfin quoi laisser résonner.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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