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Electro Music

SONIC PULSES danse au bord du manque sur « HANDS UP »

SONIC PULSES danse au bord du manque sur « HANDS UP »
  • Publishednovembre 2, 2026

« House, techno, trance et deuil avancent ici sur la même ligne de basse. Depuis Tel Aviv, SONIC PULSES signe avec HANDS UP un album électronique dédié à sa sœur Shirel Sara Golan, disparue lors des événements de Nova, et transforme le manque en cinq morceaux longs, physiques et profondément mélancoliques. »

Il aurait été facile de faire de HANDS UP un disque entièrement tourné vers l’abattement. SONIC PULSES choisit au contraire une direction plus inconfortable et probablement plus juste : faire danser la douleur. Le producteur basé à Tel Aviv construit un album où les basslines restent groovy, où les arpèges s’élèvent, où les harmonies prennent de l’ampleur, alors même que les textes parlent d’absence, de recherche et de manque. Le projet est dédié à sa sœur Shirel Sara Golan, perdue lors des événements de Nova, et a été publié le jour qui aurait marqué son anniversaire. Le club devient ainsi moins un espace d’évasion qu’un lieu où le souvenir peut encore occuper physiquement la pièce.

« Where Can I Find » ouvre l’album avec sa question la plus douloureuse. SONIC PULSES décrit lui-même le morceau comme un cri adressé au ciel : où est-elle ? Avec plus de sept minutes, le titre a le temps de laisser cette interrogation s’étendre au lieu de la résoudre trop vite. Les codes house et trance donnent à la chanson une propulsion presque paradoxale face à son sujet. La basse avance alors que la pensée reste bloquée sur une absence. Cette opposition résume déjà une grande partie du disque : le corps continue, même lorsque l’esprit voudrait rester ailleurs.

« I’m Trying » semble prolonger ce mouvement sous un angle plus intime. Le titre ne promet ni guérison ni résolution spectaculaire ; il parle simplement de l’effort. Essayer de tenir, essayer de comprendre, essayer de continuer. Le format long laisse à la production la possibilité d’évoluer progressivement, et cette lente construction correspond parfaitement à un album où le deuil n’est jamais présenté comme quelque chose que l’on règle en trois minutes. Les harmonies et les éléments électroniques accompagnent cette idée de progression fragile, faite de rechutes autant que d’avancées.

« I’ve Been Wating » — orthographié ainsi dans la tracklist — s’installe dans un autre état : l’attente. Celle d’un signe, d’une réponse, d’une présence qui ne revient pas. Là encore, l’écriture électronique permet à SONIC PULSES de travailler la répétition comme langage émotionnel. Une boucle peut être euphorique sur un dancefloor ; elle peut aussi ressembler à une pensée dont on n’arrive plus à sortir. Cette ambiguïté devient l’une des grandes forces de HANDS UP, capable de faire cohabiter énergie club et obsession intérieure sans que l’une annule l’autre.

« Run (For Your Life) » apporte davantage d’urgence. Le simple impératif du titre change immédiatement la température du disque : courir, survivre, sortir d’un danger. La production house-techno-trance trouve ici un terrain particulièrement naturel, avec une énergie plus nerveuse et une sensation de mouvement presque instinctive. SONIC PULSES possède quinze années d’immersion dans la vie nocturne de Tel Aviv, et cette connaissance du dancefloor se ressent dans sa manière de penser les dynamiques, les montées et les bascules. Rien n’empêche pourtant cette efficacité physique de rester chargée émotionnellement.

« Just a Dream » referme enfin le projet sur une formule qui peut être entendue de plusieurs façons. Le rêve peut être le refuge, le souvenir, le déni ou cette sensation irréelle qui accompagne parfois une perte impossible à intégrer. Après quatre morceaux construits autour de la recherche, de l’effort, de l’attente et de la fuite, le titre apporte une conclusion plus flottante. Rien ne dit que la douleur disparaît ; elle change simplement d’état, devient moins frontale, presque suspendue.

Cette architecture sonore repose sur une production particulièrement riche. SONIC PULSES croise house, techno et trance avec des guitares, des arpèges et des harmonies plus larges, tout en conservant des lignes de basse très présentes. Les influences revendiquées vont de Daft Punk et The Chemical Brothers à Jan Blomqvist ou Marsh, sans oublier toute la culture trance qui irrigue naturellement l’album. Le mixage et le mastering ont été finalisés par Zohar Bartov, tandis que Juliata Cohen, Yam Gronic et Myia May interviennent au chant sur le projet.

Cette présence vocale donne une profondeur supplémentaire aux morceaux. SONIC PULSES raconte avoir d’abord construit la musique, invité les chanteuses, travaillé lui-même une large partie des effets, du sound design et du prémix, puis envoyé les stems pour une finition professionnelle. Ce processus crée une vraie tension entre contrôle technique et matière affective, particulièrement lorsque les voix viennent se

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Written By
Extravafrench

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