« Lovin’ On Me » surprend Sierra Velez en train de se plaire à elle-même. Ryuu Richy rejoint la fête au deuxième couplet du remix.
On connaît la petite comédie du miroir avant de sortir. On tourne sur soi, on change de veste, on imagine le regard de quelqu’un qui n’est même pas encore là. « Lovin’ On Me » attrape un instant plus rare, celui où l’on se regarde et où, pour une fois, l’avis qu’on attendait est déjà dans la pièce. Sierra Velez tire de ce tête-à-tête une chanson de bonne humeur. Le sujet aurait pu finir en slogan de salle de sport. Elle lui trouve quelque chose de plus intime, et de franchement plus dansant.
Installée à Austin, au Texas, l’autrice-compositrice-interprète travaille un R&B soul dont la chaleur convient à cette forme de confidence. L’intérêt de la version originale tient au frottement entre le caractère posé du chant et le rebond afrobeats. On peut se laisser porter par l’un, puis remarquer ce que l’autre change à la sensation de la mesure. La mélodie donne au morceau le loisir de s’attarder sur un sentiment agréable, tandis que le groove lui conserve sa mobilité. On comprend alors ce que cette alliance apporte au propos. Le plaisir d’être bien dans sa peau prend la forme d’un mouvement qu’on aurait volontiers commencé dans sa chambre.
Puis le remix invite quelqu’un à entrer. Ryuu Richy, artiste jamaïcain, prend le deuxième couplet et donne à la chanson une nouvelle présence autant qu’une inflexion caribéenne. On aime que sa participation arrive à cet endroit précis. Sierra Velez a déjà posé les termes de sa déclaration, et l’arrivée d’un autre interprète permet d’en éprouver la souplesse. La confiance peut avoir plusieurs façons de se dire, de se tenir, de prendre place dans le rythme. Le versant pop du remix tient aussi à cette facilité de circulation. L’idée de départ reste immédiatement reconnaissable au moment où elle passe d’une voix à l’autre.
L’original garde le charme du moment où l’on se plaît sans témoin. Le remix lui donne le petit frisson de la porte qui s’ouvre alors qu’on danse déjà. Et si quelqu’un nous surprend au milieu de la pièce, tant mieux. On avait justement arrêté de changer de veste.
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