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miniBOSS fait entrer les babouches dans le cloud rap sur « Monte Regali »

miniBOSS fait entrer les babouches dans le cloud rap sur « Monte Regali »
  • Publishednovembre 3, 2026

« Monte Regali » part d’une paire de babouches marocaines. miniBOSS lui taille un cloud rap assez léger pour qu’on en oublie le sol.

Une babouche, ça se porte en principe assez près du sol. Drôle d’objet à placer au centre d’un morceau qui semble vouloir prendre l’air. C’est pourtant ce que fait miniBOSS sur « Monte Regali », du nom d’une marque parisienne underground tenue par un ami. On s’attendrait à ce que le rap fasse de la paire un signe extérieur de quelque chose, comme il sait si bien le faire d’une montre ou d’une sneaker. Ici, le choix même de la babouche fait dérailler cette lecture. L’objet est trop précis pour se fondre dans un inventaire de marques. On a envie de savoir comment il est arrivé là, et pourquoi il va si bien à cette musique.

Installé à Los Angeles, Doron Levy a commencé par le piano jazz avant de se mettre à écrire, composer et produire sous le nom de miniBOSS. Ce parcours éclaire son goût pour une ligne vocale qui peut garder la mobilité du rap tout en s’attardant sur une mélodie. Sur « Monte Regali », la production aérienne donne de la place à ce changement d’allure. On peut suivre le débit pour ses appuis, puis se laisser accrocher par le contour chanté de la phrase. Le morceau gagne son relief dans cet écart. La voix a de quoi avancer et de la place pour flâner.

Le rapprochement avec « Is Loving Really Bad » de Liim Lasalle se comprend à cet endroit précis, dans cette façon de donner au rap mélodique le flottement d’une chanson indie. La parenté avec Frank Ocean tient davantage à la place laissée à la voix, assez dégagée pour que l’intonation prenne du poids. Ces rapprochements disent quelque chose du climat. La babouche, elle, dit quelque chose de miniBOSS. On aime qu’un morceau aussi vaporeux ait besoin d’un objet aussi tangible pour prendre forme.

Au fond, le détail le plus chic de « Monte Regali », c’est le lien d’amitié derrière le nom. Quelqu’un fabrique une paire, quelqu’un d’autre en fait une chanson, et on se retrouve à penser à la silhouette de cette chaussure longtemps après avoir perdu le fil de la mesure. On imagine la paire abandonnée au pied du lit, avec la mélodie qui tourne encore dans la pièce.

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Written By
Extravafrench

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