BAMÉ met le sang-froid à l’épreuve de la danse. « Composure » lui prête une voix, « Whine » laisse les hanches régler la question.
Le sang-froid, sur une piste, se mesure parfois à des choses ridicules. On a encore son verre à la main, on hoche la tête avec une dignité impeccable et, sous la table, le pied a déjà pris une décision. Les deux titres de BAMÉ pourraient se partager cette scène. « Composure » porte le nom de l’attitude qu’on essaie de garder. « Whine » désigne le mouvement qui finit par nous trahir. Pris ensemble, ils donnent à cette petite défaite quelque chose d’assez réjouissant.
« Composure » occupe ce terrain où le pop rap et le R&B contemporain peuvent se disputer une même phrase. Le rap donne du prix à l’endroit où elle tombe. Le chant peut en étirer le contour et en prolonger l’effet au-delà de la chute. L’appui afro change la sensation de ces deux gestes. Il invite à sentir ce qui se passe entre les temps forts, tout ce petit mouvement qu’une phrase peut épouser ou laisser filer. Le titre devient alors une façon d’écouter. On guette ce que la voix fait de sa contenance quand le rythme lui offre autant d’occasions de la perdre. Et l’on se prend à écouter le placement avec la même attention que la mélodie.
Sur « Whine », l’instrumental afropop paru chez ZeroPanic, le mot du titre suffit à mettre le corps dans la conversation. On connaît la différence entre marquer la mesure de la tête et la prendre dans les hanches. Le premier geste accuse le coup, le second relie les appuis et fait du temps entre deux frappes une partie du mouvement. C’est une belle porte d’entrée dans ce morceau franchement expansif. La forme instrumentale laisse l’oreille libre de choisir son point d’accroche. On peut suivre la pulsation, puis déplacer son attention vers ce qui lui donne du rebond. Le plaisir tient aussi à cette liberté de changer de repère sans quitter la danse.
On gagnerait à passer « Whine » en premier, juste pour le plaisir du contre-emploi. Lorsque « Composure » arrive à son tour, le mot a déjà perdu un peu de son sérieux. Le verre est posé quelque part. On a oublié sur quelle table.
Pour découvrir plus de nouveautés Afro, Dancehall & Shatta, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAFRO ci-dessous :
