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Deadlynoiz refait le plan de la ville avec « My City »

Deadlynoiz refait le plan de la ville avec « My City »
  • Publishednovembre 3, 2026

« My City » donne à Deadlynoiz une ville sans noms de rues, dont la bass house dessine les contours à coups d’accélérations et d’angles morts.

Retirez les noms de rues d’un plan et essayez de reconnaître votre quartier. Vous chercherez probablement le virage trop serré, la place qu’on traverse en diagonale, l’endroit où le trottoir se rétrécit. « My City » me fait penser à cette façon de s’orienter par les accidents du terrain. Deadlynoiz donne à son instrumental un titre possessif, presque une revendication, puis laisse à la production le soin de dire ce qui lui appartient. Le morceau paraît chez LVLD Music et situe cette ville imaginaire du côté le plus sombre de la bass house.

Le voisinage du Melbourne bounce et du big room m’intéresse pour une affaire de proportions. Le bounce travaille à l’échelle du pas. L’espace entre deux coups de grosse caisse suffit à faire attendre une relance et à donner au grave une impression de rebond. Le big room pense à l’échelle de la salle, au moment où un impact devient perceptible jusque chez ceux qui se tenaient à l’écart. Entre ces deux façons de composer le mouvement, « My City » pose une question assez réjouissante. Comment viser le choc collectif sans perdre le petit jeu d’appuis qui donne envie de bouger d’abord ?

La noirceur du morceau rend ce rapprochement moins évident et plus intéressant. La bass house peut faire du grave un motif qu’on reconnaît par sa forme, son attaque ou son grain, autant que par les notes qu’il dessine. Pour un instrumental, c’est une façon de donner du caractère à ce qui pourrait autrement passer pour une simple démonstration de puissance. L’agressivité devient une question de contour. Le son peut prendre beaucoup de place et laisser encore des interstices où l’oreille cherche son chemin.

Je garde surtout le my du titre. Il me fait penser aux gens qui vous font visiter leur ville en négligeant consciencieusement les monuments. Ils préfèrent une rue qui résonne bizarrement sous un pont, un raccourci qu’on hésiterait à prendre seul, un endroit dont ils connaissent l’allure à toutes les heures. Deadlynoiz propose une visite de cet ordre. On pourrait demander l’adresse exacte. On commence plutôt à retenir les virages.

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Written By
Extravafrench

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