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Le train fantôme de SP’s déraille sur « Spirit World »

Le train fantôme de SP’s déraille sur « Spirit World »
  • Publishednovembre 3, 2026

« Spirit World » expédie le punk de SP’s dans l’au-delà, puis lui trouve une éclaircie rêveuse au milieu des décombres.

La première politesse d’un train fantôme consiste à vous laisser le temps de vous asseoir. SP’s vous épargne cette formalité. « Spirit World » démarre au refrain, Steve Albertson déjà dans son rôle de guide pour l’au-delà. On a tout juste le temps de se demander si le type est digne de confiance que la chanson file avec lui. Pour ce quatuor américain formé à Los Angeles, le surnaturel commence par une décision de montage assez réjouissante. Couper l’introduction, c’est supprimer le moment où l’on aurait pu faire demi-tour.

Le piège se referme vraiment dans les couplets. Le volume retombe, la caisse claire continue de battre comme un train. J’aime cette dissociation parce qu’elle fait de l’accalmie un événement à part entière. On entend plus de place autour de la voix et, dans cet espace, on mesure la vitesse à laquelle le morceau continue de nous emporter. La guitare de Steve LaBate, nourrie par les Pixies, ajoute du relief à ce jeu de pression. Son grain abrasif fend le cadre au moment où l’oreille pourrait s’accommoder du trajet.

Puis survient cette échappée rêveuse aux accents des fifties. Elle a quelque chose d’incongru, comme si le wagon venait de traverser le mur d’un bal de lycée et que personne, à l’intérieur, n’avait cessé de danser. C’est mon virage préféré sur « Spirit World ». Toute la première partie nous apprend à guetter l’accident, et voilà que le plus gros écart prend la forme d’une douceur. Les chœurs d’Allison Pons et Holly Parker participent à ce dépaysement. Le morceau conserve la brièveté du punk tout en s’accordant le luxe d’un changement de décor.

Sur « Dating at the End of the World », produit par Julia Kugel des Coathangers, « Spirit World » arrive juste après « Nekrogeddon ». Le voisinage prolonge l’emballement et donne à cette bifurcation d’autant plus de saveur. Le clip de Callum Scott-Dyson, dessiné et animé à la main, pousse la logique jusqu’au grotesque. On y danse avec des squelettes avant de se faire avaler par une maison hantée. J’y retrouve le plaisir un peu idiot des attractions qu’on voudrait refaire aussitôt sorties. Au deuxième tour, on sait où sont les monstres. C’est le bal qu’on attend.

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Written By
Extravafrench

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