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Scott Fisher démonte l’art de se vendre avec « Try So Hard »

Scott Fisher démonte l’art de se vendre avec « Try So Hard »
  • Publishednovembre 3, 2026

Tim Lefebvre et Joey Waronker installent un groove qui a tout son temps. Scott Fisher s’y glisse pour épingler, sur « Try So Hard », ceux qui transforment chaque conversation en entretien d’embauche.

La table entière connaît désormais le montant de sa dernière levée de fonds. Personne ne lui a demandé. C’est à ce genre de convive que je pense en lisant le titre de Scott Fisher. « Try So Hard » croque un ambitieux qui travaille tellement son image qu’on finit par ne plus voir que le travail. Né à Portland, dans l’Oregon, et installé à Los Angeles, le musicien franco-américain connaît le décor dans lequel évolue son personnage. Il en tire le morceau le plus désinvolte, à ses yeux, d’« A Billion Suns ». Il a même hésité à le garder sur l’album. Pour une chanson qui se moque de l’obligation de se faire remarquer, c’est un assez joli début.

Tout dépend de la section rythmique. Tim Lefebvre, bassiste et coproducteur, et Joey Waronker, à la batterie, installent un balancement lent dont la précision laisse à Fisher une vraie liberté de placement. C’est le genre de groove qui paraît facile jusqu’au moment où l’on essaie de jouer dedans. Il faut tenir sa place assez fermement pour que les autres puissent prendre des libertés avec la leur. Fisher profite de cette marge au Wurlitzer, aux guitares et au chant. Les claviers et les cordes lui donnent deux manières de colorer la mesure, pendant que la voix garde l’allure d’une remarque faite en passant. Il signe aussi le mixage, dernier endroit où se règle la distance entre cette remarque et le groove qui la porte.

Ce qui me plaît, c’est que l’ironie passe déjà par cette façon de jouer ensemble. Le personnage cherche à cocher toutes les cases, à soigner son entrée, à faire durer l’effet produit. Les trois musiciens, eux, savent combien de place laisser à un geste pour qu’il tombe juste. Le fond jazz de Fisher se reconnaît dans cette attention au placement. Son goût de l’indie pop donne à l’observation une accroche assez nette pour qu’elle nous revienne plus tard, éventuellement au beau milieu de notre propre numéro.

Le convive parle encore. À l’autre bout de la table, quelqu’un bat la mesure du pied. Il faudrait voir sa tête s’il apprenait que c’est cette partie de la soirée dont on se souviendra.

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Written By
Extravafrench

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