Wotts balance “NOT US” : un groove pop mélancolique qui refuse de s’excuser
Zéro intro dramatique. Pas de storytelling à rallonge. “NOT US”, c’est Wotts qui fait sa mue sans prévenir. Le duo d’Ottawa en a marre de tourner en rond et ça s’entend.
Dès les premières secondes, la batterie vous claque comme un souvenir qu’on pensait avoir oublié. Piano staccato, guitares pas trop sages, une basse qui court derrière des harmonies soignées mais jamais précieuses. On sent l’ombre des Police — hommage avoué — mais sans l’aspect déguisé ou muséifié. C’est digéré, distillé, replacé dans un contexte plus indie 2025 que revival 1981.
Jayem chante avec une distance étrange, comme s’il savait que ses mots vont vous heurter mais qu’il les balance quand même. Le thème ? La perte. Classique. Mais le traitement ? Pas pleurnichard. Plutôt ce genre de lucidité post-drame : quand les émotions sont encore chaudes mais le décor est déjà retombé.
Production en interne, direction artistique cohérente, références bien digérées (Tame Impala, Djo, britpop tordue) : Wotts ne cherche pas à plaire à tout le monde mais fait tout pour être écouté sérieusement. Et “NOT US” est probablement leur morceau le plus direct à ce jour.
Ce n’est pas un tube, c’est une charnière. Le point de bascule vers quelque chose de plus rugueux, de plus affirmé. Si le reste de FLANK! suit ce virage, Wotts pourrait bien sortir de l’ombre douce pour s’installer dans une lumière plus crue. Tant mieux.
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