« Kendenga est la preuve que NIASHA n’a pas quitté le continent — elle l’a simplement emporté avec elle, et maintenant tout Melbourne danse à son rythme. »
Quelqu’un a oublié de dire à NIASHA qu’on ne pouvait pas être d’ici et de là-bas en même temps. Tant mieux. « Kendenga » naît exactement de cette contradiction assumée — Zimbabwe dans la bouche, Melbourne sous les pieds, et entre les deux, un groove amapiano qui pulse comme un cœur qui ne choisit pas.
Le morceau s’appuie sur un proverbe Shona, glisse vers le Ndebele au second couplet, et cette décision n’a rien d’anecdotique. Dans un paysage musical où l’authenticité se négocie souvent en fonction des tendances, NIASHA fait le contraire : elle chante dans les langues que l’algorithme ne comprend pas, précisément parce qu’elles disent ce que l’anglais ne pourrait pas. La langue comme territoire résistant. La langue comme mémoire vivante.
Musicalement, « Kendenga » a une histoire dans le corps. Produit par CEEKO, retravaillé par Swiss Berry sur recommandation d’un ingénieur du son zimbabwéen, puis sublimé par Rayo Beatz qui y a glissé ce qu’il appelle lui-même un « dreamy feel » — le morceau a mué, changé de tempo, gagné en densité rythmique sans perdre sa légèreté solaire. Ce twinkle disco-soul qui irradie sous la pulsation amapiano convoque Brenda Fassie et Malaika sans les imiter, les honorant depuis l’autre bout du monde avec une grâce instinctive.
NIASHA ne fait pas de la musique pour expliquer d’où elle vient. Elle fait de la musique pour prouver qu’on peut venir de partout et sonner comme nulle part ailleurs. Sampa the Great l’a emmenée tourner à l’international, Uncle Waffles lui a confié ses premières parties — les grandes voix de l’Amapiano reconnaissent les leurs.
« Kendenga » est un morceau heureux qui porte du lourd. C’est souvent les meilleurs.
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