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Captain Capone ouvre son« Fantasy Land » et le rap UK passe en mode multivers

Captain Capone ouvre son« Fantasy Land » et le rap UK passe en mode multivers
  • Publishedmai 6, 2026

« Avec « Fantasy Land », Captain Capone signe un album de trap mélodique comme une console possédée : neuf portails entre anime, jeux vidéo, ego rap et mondes parallèles, où l’évasion devient presque une seconde identité. »

Captain Capone ne construit pas un album comme une suite de morceaux. Il bâtit une carte. « Fantasy Land » avance avec une idée simple et très efficace : plusieurs univers fictionnels se sont écrasés les uns contre les autres, et chaque titre devient une porte d’entrée dans une zone différente de ce grand glitch imaginaire. L’artiste londonien pense son projet comme une expérience continue, nourrie d’anime, de gaming, de fantasy et de culture digitale, plutôt que comme une playlist de singles autonomes.

« Fantasy Land » ouvre le disque comme un écran-titre. Court, direct, presque introductif, le morceau donne les coordonnées : on quitte le réel, mais sans vraiment savoir si l’on s’évade ou si l’on se perd. La trap de Captain Capone y pose déjà son atmosphère : mélodique, flottante, portée par une imagerie qui préfère les dimensions parallèles aux rues trop prévisibles.

« Overdose » bascule dans l’excès. Le titre semble parler d’une saturation, pas seulement chimique ou émotionnelle, mais sensorielle : trop de mondes, trop d’images, trop de désirs connectés en même temps. On est dans une trap d’hyperstimulation, avec ce goût très actuel pour les identités qui se construisent autant dans la réalité que dans les écrans.

« Slide Through » agit comme un déplacement rapide, presque un changement de niveau. Le format bref accentue cette sensation de mouvement furtif : on traverse, on glisse, on ne reste jamais longtemps dans une seule dimension. Puis « Spaceship » élargit l’espace. Là, Captain Capone quitte le sol plus nettement : le morceau a l’allure d’un voyage orbital, entre ego rap et rêverie futuriste, comme si le studio devenait cockpit.

« Yugi » est l’un des titres les plus parlants de l’ADN du projet. La référence à « Yu-Gi-Oh! » n’est pas qu’un clin d’œil pop culture : elle installe l’idée du duel, de la carte cachée, de la stratégie, de l’alter ego. Captain Capone rappe comme quelqu’un qui connaît la valeur d’un bon avatar. « Kumbaya », lui, crée un contraste plus étrange : titre de paix collective jeté dans un monde de trap et de fiction fragmentée, presque comme une tentative de calme au milieu du chaos.

« Fibonacci » apporte une dimension plus cérébrale. Suite mathématique, croissance, structure secrète : le morceau laisse imaginer un monde où même le désordre obéit à un motif caché. « Boxes » resserre ensuite le propos autour de l’enfermement : cases sociales, cases mentales, inventaires de jeu vidéo, boîtes dans lesquelles on range les personnages et les versions de soi. Enfin, « Goodbye Fantasy » ferme l’album comme un générique de fin mélancolique. Quitter le monde inventé, c’est peut-être revenir au réel ; ou comprendre qu’on ne revient jamais totalement.

« Fantasy Land » fonctionne parce qu’il prend au sérieux l’imaginaire d’une génération pour qui les jeux, les mangas, les séries et les univers alternatifs ne sont pas de simples références, mais des langages intimes. Captain Capone y croise les influences de la trap mélodique, quelque part entre Lil Uzi Vert et Future, avec un goût assumé pour le world-building.

L’album n’est pas seulement une fuite. C’est une manière de dire que l’identité contemporaine se fabrique aussi dans les fictions qu’on habite. Captain Capone signe un projet court, visuel, immersif, pensé pour les fans de rap autant que pour ceux qui savent qu’un bon morceau peut parfois ressembler à un portail secret entre deux réalités.

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Written By
Extravafrench

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