« Marco & The Freedivers signent avec « Free » un album qui respire sous pression : douze titres entre blues brut, rock incandescent et jazz ouvert, comme une plongée où chaque riff cherche l’air, la profondeur et la liberté. »
https://marcopiccioni.bandcamp.com/album/free-2
Marco Piccioni connaît deux formes de silence : celui qui précède une note, et celui qu’on rencontre sous l’eau quand le monde cesse de faire semblant d’être urgent. « Free », enregistré avec Marco & The Freedivers, tient précisément entre ces deux silences. Guitariste et chanteur blues rock-jazz formé à Berklee, basé au Royaume-Uni, collaborateur de figures comme Dele Sosimi, Cleveland Watkiss, Fiona Ross ou Julia Biel, Marco Piccioni ne joue pas la liberté comme une idée abstraite : il la fait passer par le souffle, par le corps, par la tension d’un musicien qui sait que relâcher n’est pas renoncer.
« Stars Of Summer » ouvre l’album avec une lumière large, presque solaire, mais déjà traversée par cette chaleur vintage des blues-rock 60s et 70s que Marco & The Freedivers savent réactiver sans poussière. Le morceau a le goût d’un ciel ouvert après une longue retenue.
« Free », titre central, pose évidemment la grande question du disque : être libre, est-ce s’échapper ou apprendre à rester calme quand la pression augmente ? Le trio y installe son vocabulaire : guitare expressive, chant soul, improvisation respirée, rock qui garde du swing dans les articulations.
« How Long » descend dans une veine plus blues, avec cette question simple qui contient toujours trop de choses : combien de temps encore ? Dans la voix comme dans la guitare, on entend l’attente, la fatigue, mais aussi une résistance qui refuse la plainte plate.
« Back To The Water » est l’une des clés symboliques du projet. Retourner à l’eau, chez Piccioni, c’est retourner à l’origine, au risque, à la suspension. La musique semble y chercher une profondeur liquide, entre groove et immersion, comme si chaque mesure ralentissait le monde extérieur.
Le diptyque « No Longer Afraid – Part I » et « No Longer Afraid – Part II » raconte presque une traversée initiatique. La première partie pose la peur comme matière vive ; la seconde semble la regarder depuis l’autre rive. Le blues devient ici discipline intérieure, pas simple expression de douleur.
« The Real You » replace l’album dans une quête d’identité. Derrière les rôles, les postures, les armures sociales, Marco cherche le visage qui reste quand la mer enlève le bruit. « Nothing Really Matters » prolonge cette philosophie avec un lâcher-prise plus mélancolique : non pas nihiliste, plutôt lucide, comme une expiration après trop de lutte.
« Way Back Home » ramène l’album vers une chaleur plus narrative, presque folk-rock dans l’élan : le retour, la route, l’endroit où l’on cesse de se prouver quelque chose. « Passage », lui, sonne comme un seuil instrumental ou intérieur, un moment de transition où le trio peut laisser parler l’espace autant que la virtuosité.
« Good Times Are Coming » apporte une promesse sans naïveté. Après la profondeur, la lumière revient, mais elle a gagné en densité. Enfin, « Human Like » ferme le disque sur une question essentielle : rester humain, fragile, imparfait, vivant, au milieu des forces qui nous dépassent.
Marco & The Freedivers ne livrent pas un album de blues-rock confortable. « Free » est plus ample, plus mobile : un disque de souffle, d’improvisation, de tension et de relâchement, nourri par le jazz contemporain, les textures psychédéliques, les grooves afro-influencés et cette vieille science du riff qui parle directement au système nerveux. Une musique immersive, honnête, vivante — comme une plongée où l’on découvre que la liberté commence parfois quand on accepte enfin la profondeur.
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