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Music Rock

Plongez dans « The Eternal Now » de The Simpletone

Plongez dans « The Eternal Now » de The Simpletone
  • Publishedmai 6, 2026

« Dans « The Eternal Now », The Simpletone choisit l’ampleur, la sueur et les virages dangereux : huit titres comme huit pièces d’un labyrinthe rock où Sabbath, Soundgarden, le psychédélisme et l’ombre goth se croisent sans demander la permission. »

The Simpletone revient avec un disque qui semble lever les yeux au ciel devant l’idée même de “single efficace”. « The Eternal Now » n’est pas là pour courir après les trois minutes réglementaires, ni pour polir ses guitares jusqu’à les rendre dociles. Le groupe britannique reprend plutôt l’ancienne promesse du rock : perdre la notion du temps, étirer les tensions, laisser les riffs devenir des pièces entières, des couloirs, des bêtes qui changent de forme pendant qu’on les regarde.

« Spiders » ouvre l’album avec ses plus de neuf minutes comme on entre dans une maison dont les murs auraient appris à respirer. C’est le titre-monde du disque, une architecture arachnéenne où le rock progressif rencontre la lourdeur metal et les ombres psychédéliques. Rien n’y paraît pressé : le morceau tisse, patiente, piège. « Mirrors », plus court, agit presque comme un flash de lucidité après ce premier vertige. Les reflets y deviennent suspects, l’énergie plus ramassée, plus directe, mais toujours traversée par cette inquiétude mélodique qui empêche The Simpletone de verser dans le rock de façade.

« War » remet du poids dans la pièce. On y imagine une rythmique de terrain miné, des guitares qui avancent comme des colonnes de fumée, une tension hard rock qui ne cherche pas seulement l’impact mais l’usure. Puis « Fractures » porte bien son nom : six minutes trente de lignes brisées, de failles ouvertes, de tensions internes. C’est peut-être là que le groupe dit le mieux son amour des structures qui craquent sans s’effondrer.

« Circles » tourne autour de ses propres obsessions avec une forme plus compacte, presque hypnotique, comme si le disque acceptait un instant de regarder sa spirale de l’intérieur. « Love » arrive sans mièvrerie, évidemment. Chez The Simpletone, l’amour n’est pas rose, il a les amplis chauds, les mains sales et quelque chose de trop grand pour tenir dans une ballade propre. « Truth » resserre encore le propos : moins une révélation qu’une confrontation, un morceau qui donne l’impression de gratter la peinture pour voir ce qui reste sous les couches.

Et puis « Yesterday’s Son » ferme l’album comme un regard en arrière qui refuse la nostalgie facile. Le titre évoque l’héritage, la filiation, peut-être le poids de ce qu’on transporte malgré soi. Après six ans de silence, des vies de famille, des boulots, des retours compliqués en studio, il a forcément une résonance particulière : The Simpletone n’est plus exactement le même groupe qu’en 2016, mais il n’a pas perdu ce goût du risque qui faisait déjà sa réputation scénique.

Formé en 2010, passé par les scènes locales du Cambridgeshire, vainqueur du Cambridge Band Competition, compagnon de route de New Model Army, remarqué jusqu’à Classic Rock avec « Angels Share », The Simpletone revient avec un disque qui porte sa propre fatigue et sa propre renaissance. Enregistré avec Neil Haynes au Parlour Music Studios, « The Eternal Now » a quelque chose d’un retour au combat sans posture héroïque.

Inspiré par Alan Watts, le titre de l’album annonce une obsession : habiter le présent comme une matière instable, un espace où le passé, la colère, l’amour, la vérité et les ruines personnelles continuent de jouer en même temps. Ce n’est pas un album confortable. C’est mieux : un disque à revisiter, à laisser pousser dans l’oreille, un vieux monstre rock qui préfère les métamorphoses lentes aux refrains jetables.

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Written By
Extravafrench

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