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Music Rock

The Buddyrevelles font enfin sonner « Make the Dings Louder »

The Buddyrevelles font enfin sonner « Make the Dings Louder »
  • Publishedjuin 9, 2026

« « Make the Dings Louder » transforme les petites alertes de l’existence en grand retour indie rock : The Buddyrevelles y empilent les hooks, les voix et les années jusqu’à faire résonner une promesse que le temps n’a jamais réussi à effacer. »

Un “ding” n’est presque rien. Une notification, une clochette, le bruit minuscule d’une machine qui réclame notre attention. Mais répétez-le suffisamment fort, superposez-lui des guitares, plusieurs lignes vocales et quelques décennies d’obstination : il finit par ressembler à une déclaration de survie. « Make the Dings Louder » de The Buddyrevelles possède cette étrange puissance. Le morceau part d’un intitulé presque comique pour atteindre quelque chose de beaucoup plus grand : le besoin de faire entendre ce qui persiste quand les années ont tenté de tout ralentir.

Formé à Eau Claire avant de s’installer à Chicago, le trio composé d’Aaron Grant, Scott Hoch et Dan Reinholdt n’a jamais totalement disparu. Il a simplement appris à composer avec le rythme désordonné de la vie adulte. Après « September, November », « American Matador » puis « Don’t Quit », le groupe avait prévu un nouvel album dès 2008. Le temps en a décidé autrement. La promesse est restée suspendue, puis les morceaux ont muté jusqu’à devenir une trilogie d’EPs : « The Consolation », « The Concession » et bientôt « The Conviction ».

« Make the Dings Louder », second extrait de ce dernier volet après « Anything for Abbey », arrive donc chargé d’une histoire que l’on entend sans qu’elle alourdisse la musique. L’instrumentation frappe immédiatement, compacte et vive, avant que les voix ne commencent à se poursuivre, se croiser et s’empiler. Les Buddyrevelles excellent dans cet art presque ancien de l’indie rock mélodique : écrire des hooks qui paraissent évidents après quelques secondes, tout en cachant dans les arrangements suffisamment de détours pour éviter la facilité.

Les harmonies vocales deviennent ici un jeu de perspectives. Une phrase en appelle une autre, une mélodie en dissimule parfois une seconde, et le morceau donne l’impression de posséder plusieurs significations simultanées. C’est une pop de groupe au sens le plus noble, construite moins autour d’une figure centrale que d’un échange permanent entre les musiciens. La basse tendue, la batterie propulsive et les guitares en couches rappellent la nervosité accessible qui traversait déjà leurs premières sorties, mais la composition porte désormais le calme étrange de ceux qui ne courent plus après la nouveauté.

Puis la trompette entre dans le décor.

Son apparition finale pourrait relever du joli détail destiné à distinguer le morceau. Elle agit plutôt comme une ouverture soudaine, le moment où les murs s’écartent après que la chanson a patiemment concentré son énergie. Le timbre cuivré apporte de l’ampleur sans rendre l’ensemble pompeux, comme si toutes ces petites sonneries évoquées par le titre trouvaient enfin leur prolongement monumental.

La trilogie elle-même repose sur une mythologie inhabituelle : un boulier, une poire et un arbre. « The Consolation » observait le passage du temps, bille après bille, avec la frustration de ce qu’il use et reporte. « The Concession » introduisait une forme de renouveau à travers le cycle d’un fruit qui tombe puis revient. « The Conviction » choisit désormais l’arbre : celui qui nourrit, endure les saisons et recommence à produire. The Buddyrevelles ont compris qu’ils n’attendaient pas le retour de quelque chose. Ils étaient depuis le début cette structure enracinée qui survivait aux interruptions.

Cette symbolique donne à « Make the Dings Louder » une résonance inattendue. Le morceau peut s’écouter comme une excellente chanson d’alternative rock, énergique, immédiatement mémorisable et généreuse en mélodies. Mais il raconte aussi, en creux, la victoire discrète de la continuité. Revenir ne signifie pas retrouver exactement celui que l’on était. Cela consiste parfois à accepter tout ce qui a retardé le mouvement, puis à créer malgré tout.

The Buddyrevelles signent ainsi un single accrocheur, dense et délicieusement vivant, où les automatismes du quotidien se changent en signal de ralliement. Les années ont passé, les billes du boulier aussi, et certains fruits sont probablement tombés loin de l’arbre.

Mais le groupe est encore là. Alors autant monter le volume des sonneries.

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Written By
Extravafrench

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