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Music Rock

OpCritical fait tomber les gros cigares sur « Righteousness »

OpCritical fait tomber les gros cigares sur « Righteousness »
  • Publishedjuillet 12, 2026

« Righteousness » transforme la lutte contre les oligarques en cartoon rock vengeur : un morceau frontal, presque théâtral, où la colère sociale prend la forme d’une fête de riches qui finit menottes aux poignets.

OpCritical n’a visiblement aucune envie de faire semblant d’être neutre. Le groupe arrive avec un morceau qui montre son camp dès la première intention : d’un côté, les puissants, les barons de l’argent, les cigares, les fêtes absurdes, la richesse étalée comme une insulte ; de l’autre, les gens qui travaillent, perdent leurs emplois, regardent les usines fermer et encaissent la brutalité d’un système qui leur demande encore de rester polis.

« Righteousness » n’est pas un titre qui avance à pas feutrés. Il veut condamner. Il veut pointer du doigt. Il veut faire du rock une arme civique, peut-être même une affiche collée trop haut sur un mur de ville. Le communiqué parle d’un morceau et d’un clip dirigés contre les oligarques qui dépensent leur argent en fêtes fastueuses pendant que les citoyens peinent à survivre, avec des “fat cat barons” finalement arrêtés et dépouillés de leur richesse dans la vidéo.

L’idée est volontairement outrancière, et c’est probablement là que le projet trouve sa cohérence. OpCritical utilise des personnages animés proches d’un imaginaire Disney pour représenter la montée puis la chute de milliardaires sans vertu. Ce choix visuel pourrait sembler naïf, presque trop simple, mais il correspond à une vieille tradition satirique : caricaturer les puissants pour leur retirer leur majesté. Le gros riche qui rit devant la misère des autres n’a plus rien d’intimidant lorsqu’il devient une figure grotesque, gonflée par son propre excès, prête à se dégonfler sous le regard du public.

Musicalement, le groupe annonce un mélange de rock énergique et d’alternative pop. Cette combinaison sert bien le propos : assez de puissance pour porter l’indignation, assez d’accessibilité pour que le refrain puisse circuler comme un slogan. Le rock engagé fonctionne rarement lorsqu’il se perd dans la seule complexité. Ici, OpCritical semble plutôt chercher l’impact immédiat, le message qui reste, la scène que l’on comprend au premier coup d’œil.

Le détail le plus intéressant reste peut-être ce rire collectif des “fat cats”, intégré au morceau. Le rire des puissants est une matière sonore redoutable. Il peut devenir plus violent qu’un riff, parce qu’il concentre le mépris. Si la chanson parvient à l’utiliser non comme un simple effet, mais comme une vraie texture dramatique, alors « Righteousness » gagne une dimension presque cinématographique : on n’entend plus seulement la colère du groupe, on entend aussi l’arrogance de ceux qu’il accuse.

OpCritical cite l’imaginaire de la France révolutionnaire et la formule attribuée à une reine face à la faim du peuple, pour rappeler que les abus des élites finissent parfois par produire leur propre retour de flamme. Le groupe ne s’arrête pas à l’image historique : il appelle à l’action civique et légale contre les barons qui nuisent aux citoyens. Cette dimension militante donne au morceau une fonction très claire. « Righteousness » ne veut pas seulement accompagner une humeur. Il veut provoquer une réaction.

C’est aussi le second volet d’une trilogie consacrée aux excès des oligarques, dans un catalogue déjà pensé comme une réponse aux maux sociaux contemporains. OpCritical s’est formé en réaction aux dangers actuels et annonce vouloir continuer à sortir des morceaux et vidéos tant que ces menaces persistent. On peut trouver la démarche très frontale, presque programmatique, mais elle a au moins le mérite de ne pas camoufler son ambition derrière un vernis d’ambiguïté.

Le risque, évidemment, tient à la lourdeur du message. Une chanson politique peut vite ressembler à un tract si elle oublie la nuance, la tension musicale, le trouble intérieur. « Righteousness » semble assumer au contraire la forme du tract amplifié, du cartoon moral, du tribunal populaire mis en musique. Tout dépend alors de l’énergie : si le morceau cogne assez fort, le manque de subtilité devient une arme plutôt qu’une faiblesse.

OpCritical ne cherche pas à murmurer à l’oreille du pouvoir.

Le groupe dessine les oligarques avec des joues trop pleines, leur met un cigare entre les dents, allume les guitares, puis attend que la fête tourne enfin au procès.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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