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LATASHÁ déclenche « PPNE » comme une arme de reprise de pouvoir

LATASHÁ déclenche « PPNE » comme une arme de reprise de pouvoir
  • Publishedaoût 9, 2026

« “PPNE” ne cherche pas à rendre l’énergie féminine acceptable : LATASHÁ la rend incontrôlable. »

La première erreur serait de croire qu’on sait déjà où va le morceau.

LATASHÁ installe d’abord une forme d’hypnose. Une pulsation house presque rituelle, répétitive juste ce qu’il faut, comme si le morceau traçait un cercle avant d’y enfermer l’auditeur. Tout semble fonctionner sur la continuité, sur la transe, sur quelque chose d’ancien et de presque cérémoniel.

Puis la structure se retourne.

Pas élégamment. Pas progressivement.

Elle casse.

Le passage vers des 808 beaucoup plus lourdes modifie brutalement le rapport de force. Ce qui ressemblait encore à une incantation devient confrontation. Le morceau ne change pas seulement de registre sonore : il change de posture.

C’est précisément ce qui rend « PPNE » intéressant.

LATASHÁ ne traite pas la puissance féminine comme un thème abstrait ou comme un argument esthétique. Elle la met en scène dans l’architecture même du morceau. La première partie attire, enveloppe, retient. La seconde frappe. Le titre devient presque une démonstration physique de ce que signifie reprendre le contrôle d’un espace.

Cette logique rejoint directement le propos défendu autour du morceau : refuser la régulation sociale du corps des femmes et replacer l’origine même du pouvoir là où les structures dominantes préfèrent souvent l’effacer.

Le discours pourrait facilement devenir lourd.

La production évite ça en laissant l’énergie parler avant l’explication.

LATASHÁ travaille ici avec Eli, Rocky Snyda et Yung Spielberg dans une logique qu’elle décrit comme collective, presque villageoise. Cette manière de créer à plusieurs correspond bien au morceau : « PPNE » ne donne jamais l’impression d’être une performance isolée posée au-dessus d’un beat. Tout paraît pensé comme une montée commune, puis comme une collision.

Le parcours de LATASHÁ éclaire aussi cette approche.

Artiste, productrice, directrice créative, DJ et développeuse, elle appartient à cette génération de créateurs pour qui les médiums ne sont plus vraiment séparés. Son travail circule entre hip-hop, électronique, performance, code et narration visuelle, avec une même obsession : reprendre la maîtrise de la forme autant que du récit.

Ses racines haïtiennes, panaméennes, portoricaines et jamaïcaines nourrissent également ce rapport presque spirituel à la musique. Élevée à Brooklyn par une mère issue de la culture dancehall, LATASHÁ ne traite pas le rythme comme un simple outil de production.

Il porte une mémoire.

C’est ce qui donne à la première partie de « PPNE » son caractère presque ancestral. La house n’est pas utilisée comme un simple décor rétro ou un clin d’œil à la culture club. Elle fonctionne comme un langage de répétition et de rassemblement.

Puis vient la rupture hip-hop.

Et là, tout devient beaucoup plus agressif.

Les 808 n’arrondissent rien. Elles redessinent le morceau en bloc, presque en déclaration de guerre. Cette brutalité est volontaire. Elle permet à LATASHÁ de passer de l’incantation à l’attaque sans perdre l’unité du morceau.

Le plus fort est peut-être que « PPNE » refuse de choisir entre féminin et violent, spirituel et frontal, ancestral et contemporain.

Le morceau considère ces oppositions comme dépassées.

C’est là que LATASHÁ devient vraiment intéressante.

Elle ne cherche pas à prouver qu’une femme peut occuper un espace de puissance traditionnellement codé comme masculin.

Elle remet en cause le codage lui-même.

Et « PPNE » fonctionne précisément parce que cette idée n’est pas seulement racontée.

Elle arrive dans le beat.

Elle bascule dans la structure.

Elle frappe dans les graves.

Puis elle laisse l’auditeur comprendre que ce qu’il vient d’entendre n’était pas un effet de style.

C’était le message.

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Written By
Extravafrench

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