« Sur “FLYGERIAN”, ROCSTAA condense l’énergie de l’Afrobeats, la souplesse du dancehall et une vraie sensation d’élévation dans un morceau taillé pour avancer léger, mais jamais creux. »
Le titre annonce déjà la couleur : « FLYGERIAN ». Un mot-valise, presque un slogan, qui joue autant sur l’idée de voler que sur l’identité nigériane. ROCSTAA y voit grand, mais sans alourdir la musique. Tout repose au contraire sur une impression de fluidité, d’assurance et de mouvement continu.
Originaire de l’État de Bayelsa, au Nigeria, ROCSTAA possède un profil qui refuse assez naturellement les cases. Rap, chant, Afrobeats, dancehall, reggae, drill, trap : son univers circule entre plusieurs territoires sans chercher à les empiler mécaniquement. Ce qui compte ici, c’est moins la liste des influences que la manière dont il en retient les bons réflexes.
« FLYGERIAN » tient justement grâce à cette souplesse.
Le morceau conserve une base Afrobeats immédiatement accessible, mais ne s’y enferme jamais. Les mélodies gardent une douceur presque aérienne tandis que la rythmique apporte suffisamment d’élan pour maintenir une vraie énergie. Le résultat est lumineux sans devenir naïf, détendu sans manquer d’impact.
ROCSTAA possède aussi une voix qui joue énormément dans cette sensation. Elle reste mélodique, parfois presque flottante, avec une manière de poser qui donne au morceau un côté très naturel. Rien ne semble poussé de force. Les phrases se laissent porter par la production, puis reviennent avec davantage de présence au moment où le rythme se resserre.
Cette facilité apparente est probablement l’un des atouts principaux du titre.
« FLYGERIAN » ne cherche pas la complication pour prouver quoi que ce soit. Il assume un plaisir immédiat, presque instinctif, mais conserve suffisamment de personnalité pour éviter l’effet interchangeable. On sent chez ROCSTAA une volonté de fabriquer quelque chose de fédérateur sans gommer son identité.
La production participe beaucoup à cette impression de hauteur. Les éléments mélodiques ouvrent l’espace, la basse garde une assise souple, et le morceau avance avec une sensation presque panoramique. Il y a quelque chose d’ample, mais jamais de grandiloquent.
C’est peut-être là que le mot « epic », utilisé pour décrire l’ambiance, prend le plus de sens.
Pas dans le sens d’une production énorme ou spectaculaire. Plutôt dans cette impression d’horizon qui s’élargit au fur et à mesure du morceau.
ROCSTAA semble d’ailleurs parfaitement à l’aise dans cette position d’artiste hybride. Son écriture peut rester légère en surface tout en conservant une vraie intention derrière la manière de construire son identité. « FLYGERIAN » ressemble à une affirmation de style autant qu’à un simple titre feel-good.
Il y a aussi quelque chose de très générationnel dans cette façon de mélanger les codes.
Chez ROCSTAA, les frontières entre rappeur et chanteur, entre Afrobeats et trap, entre douceur mélodique et énergie plus directe n’ont pas vraiment besoin d’être expliquées. Elles coexistent simplement. Cette liberté donne à sa musique une fraîcheur intéressante.
« FLYGERIAN » fonctionne donc comme une carte de visite particulièrement efficace.
Pas besoin de surcharge, pas besoin de démonstration.
ROCSTAA avance avec un groove évident, une voix reconnaissable et cette impression rare de ne jamais forcer la sensation de liberté qu’il cherche à transmettre.
Parfois, la meilleure manière de se faire remarquer n’est pas de crier plus fort.
C’est de voler un peu plus haut.
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