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Brice Blanco ausculte le vide derrière « Cheap Thrills »

Brice Blanco ausculte le vide derrière « Cheap Thrills »
  • Publishedaoût 19, 2026

« “Cheap Thrills” avance sur un beat tranquille, presque indifférent, pendant que Brice Blanco démonte l’illusion du plaisir facile : guitares brumeuses, écriture lucide et ce drôle de goût d’après-fête quand tout ce qu’on voulait obtenir ne procure finalement presque rien. »

Il y a des morceaux qui racontent l’excès depuis son sommet. Brice Blanco préfère arriver quelques heures plus tard.

« Cheap Thrills » s’intéresse à l’après : quand le statut, le plaisir, les objectifs atteints ou les distractions ont déjà produit leur effet, et qu’il reste surtout à regarder ce qu’ils n’ont pas réussi à remplir. Une phrase résume assez brutalement ce malaise : gagner ce qu’on désirait sans parvenir à ressentir grand-chose pour autant.

La production d’Amarah comprend parfaitement cette sensation. Plutôt qu’un beat massif ou triomphant, le morceau repose sur une poche hip-hop stable, entourée de boucles de guitare mélancoliques et légèrement embrumées. Le rapprochement avec Navy Blue et HOMESHAKE n’est pas absurde : il y a ici quelque chose de contemplatif, presque domestique, dans la manière de laisser l’instrumental flotter autour du texte.

Brice Blanco ne cherche donc pas à dramatiser artificiellement son désenchantement. C’est justement ce calme qui le rend crédible.

Né à Houston et installé à Los Angeles, il a construit son écriture autour d’une introspection très consciente d’elle-même, entre hip-hop alternatif, R&B indépendant et touches psychédéliques. Son rapport à la musique a aussi été profondément marqué par une expérience de survie : à 17 ans, une grave crise d’asthme l’a conduit au coma médicalement provoqué et à un arrêt cardiaque. Depuis, ses chansons semblent régulièrement revenir vers une même question : qu’est-ce qui mérite réellement notre attention quand le simple fait d’être encore là n’est plus une abstraction ?

« Cheap Thrills » apporte une réponse volontairement inconfortable. Pas forcément les signes extérieurs de réussite.

Le morceau est l’un des points d’entrée de « AFRO URF », projet nourri par l’afrofuturisme et l’imaginaire cosmique de Sun Ra. Pourtant, Brice Blanco ne traite pas cette ambition comme un prétexte à fabriquer un disque lourd de concepts. L’album cherche aussi la joie, l’héritage, la présence au monde et une relation plus directe à soi-même.

Dans ce contexte, « Cheap Thrills » joue presque le rôle du contre-exemple. Il montre ce qui se passe lorsque l’on cherche cette présence dans des objets, des expériences ou des validations qui ne peuvent pas la fournir durablement.

Et le morceau possède l’intelligence de ne pas devenir moralisateur. Brice Blanco ne condamne pas le plaisir ; il observe simplement son pouvoir très limité lorsqu’on lui demande de réparer quelque chose de plus profond.

Les guitares continuent de flotter, le beat ne s’affole jamais, et l’impression laissée est précisément celle d’un lendemain silencieux : tout a été consommé, tout semble encore à sa place, mais quelque chose manque toujours.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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