« dandelion » de Max Volante ou l’art de pousser ailleurs
- Publishedaoût 19, 2026
« Au cœur de “camouflage”, “dandelion” ressemble au moment où Max Volante cesse de chercher l’endroit auquel il devrait appartenir : guitares superposées, dream pop ample et énergie alternative accompagnent un morceau qui accepte enfin l’idée d’être déplacé. »
Un pissenlit n’a pas besoin de savoir où il va pousser. Il se disperse, disparaît du paysage, puis réapparaît parfois plusieurs mètres plus loin. Max Volante s’est reconnu dans cette drôle de botanique.
« dandelion » occupe une place particulière dans son premier album, « camouflage ». L’ensemble du disque documente plusieurs années passées à essayer de correspondre aux attentes des autres, à modifier sa musique pour être accepté, puis à comprendre que cet effort d’adaptation ne l’empêchait finalement jamais de se sentir différent. Ce morceau arrive lorsque le raisonnement change : et si cette impossibilité de rester au même endroit n’était plus quelque chose à corriger ?
La chanson suit les saisons, les relations qui disparaissent et les différentes versions de soi qui restent derrière. Max Volante passe d’une impression d’effacement à celle d’une renaissance. Ce qui ressemblait auparavant à de l’instabilité devient une capacité à recommencer ailleurs.
Musicalement, il dispose surtout d’un avantage considérable : presque rien ne sépare l’idée de son exécution. Auteur, producteur et multi-instrumentiste, il a écrit, interprété et produit lui-même l’album. Il pratique l’enregistrement multipiste depuis l’enfance et pense ses arrangements avec la logique d’un musicien qui connaît physiquement les instruments qu’il empile. Guitares, batterie, textures alternatives et production pop expansive donnent ainsi à « dandelion » une matière qui n’est jamais uniquement atmosphérique. Sous le halo dream pop, quelque chose continue de pousser.
Cette autonomie dépasse largement le studio. Volante réalise également ses vidéos et considère musique, photographie et cinéma comme différentes pièces d’un même langage. Le clip officiel de « dandelion » ne constitue donc pas l’illustration tardive d’un single : il appartient au même univers créatif que le morceau. Son intérêt pour des cinéastes comme Paul Thomas Anderson ou Christopher Nolan côtoie musicalement des références aussi différentes que les Beatles, Pink Floyd, Jimi Hendrix, Prince ou Stevie Wonder. Une collection imposante, certes, mais surtout révélatrice d’une ambition : construire des mondes plutôt que choisir soigneusement une case.
C’est précisément ce que raconte « camouflage ». Enfant, Volante se cachait. Plus tard, il fabriquait parfois ce qu’il imaginait que les autres voulaient entendre. Aujourd’hui, ce premier album rassemble au contraire les choses dont il a pu avoir honte, ses échecs, ses départs et ses contradictions pour en faire un portrait.
« dandelion » en est probablement l’image la moins figée.
Elle convient bien à cet artiste du New Jersey qui décrit sa musique comme une sorte de journal intime ouvert à l’imagination des autres. Le pissenlit quitte sa tige sans aucune garantie concernant l’endroit où il terminera sa course. Volante, lui, semble enfin avoir cessé de considérer cette absence de destination comme un problème.
La dernière image peut rester là : quelques graines déjà parties, d’autres encore accrochées, et personne pour décider laquelle est réellement à sa place.
Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :
Partager :
- Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Partager sur Tumblr(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Tumblr
- Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
- Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
