DLYAN érige « Pharaoh » comme la porte d’entrée sombre de « Phantom Music »
- Publishedaoût 30, 2026
« Cordes menaçantes, rimes techniques et imaginaire pharaonique : “Pharaoh” replonge DLYAN dans un rap East Coast très 90s tout en annonçant un deuxième album plus ambitieux, plus conceptuel et surtout beaucoup moins décoratif qu’il n’en a l’air. »
DLYAN vient de Houston, mais « Pharaoh » regarde clairement vers l’Est.
Le morceau s’inscrit dans une tradition boom bap et hardcore hip-hop qui privilégie la densité du texte, la précision du débit et une production suffisamment sombre pour laisser les rimes prendre toute la place. Ici, un sample de cordes installe immédiatement une atmosphère lourde, presque cérémonielle, pendant que DLYAN construit son morceau autour d’un imaginaire égyptien qui sert de toile de fond plutôt que de simple gimmick.
C’est important, parce que le titre pourrait facilement tomber dans le spectaculaire gratuit.
DLYAN préfère utiliser « Pharaoh » comme une figure de pouvoir, de grandeur et de domination, puis confronter cette imagerie à des sujets beaucoup plus contemporains : problèmes sociaux, drogues, violence. Le décalage fonctionne parce que le morceau ne cherche pas à reproduire une Égypte fantasmée ; il emprunte simplement son vocabulaire symbolique pour épaissir un rap déjà très ancré dans le réel.
La véritable force du titre reste cependant l’écriture.
DLYAN revendique un style influencé par le rap East Coast des années 90, et « Pharaoh » repose précisément sur ce qui faisait la robustesse de cette école : des schémas de rimes travaillés, un flow qui demande de suivre chaque mesure et une production qui ne vient jamais distraire de la performance du MC. Le sample de cordes agit presque comme un plafond bas au-dessus de la voix, maintenant une pression constante sans surcharger l’instrumental.
Ce choix donne aussi au morceau une dimension plus cinématographique.
Pas au sens d’une production épique remplie d’effets, mais plutôt dans la manière dont l’ambiance prépare mentalement l’auditeur à entrer dans un univers. Et c’est probablement la fonction la plus importante de « Pharaoh », puisqu’il doit ouvrir « Phantom Music », le deuxième album solo de DLYAN et son premier projet long format depuis plus de quatre ans.
Le morceau prend donc une autre importance lorsqu’on le considère comme une introduction.
Plutôt que de chercher un single consensuel pour annoncer son retour, DLYAN choisit un titre dense, sombre et très rappé. Cela dit déjà beaucoup de la direction qu’il semble vouloir donner à « Phantom Music » : moins de compromis, davantage de construction conceptuelle, et un retour assumé à une écriture où la technique n’est pas séparée du propos.
« Pharaoh » ne demande pas de couronne. Il cherche surtout à rappeler que DLYAN sait encore exactement quoi faire d’un micro lorsqu’on lui laisse assez d’espace.
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