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Michael J McEvoy fait de « Terra Cognita » une cartographie sensible du vivant

Michael J McEvoy fait de « Terra Cognita » une cartographie sensible du vivant
  • Publishedaoût 30, 2026

« Avec “Terra Cognita”, Michael J McEvoy ne compose pas un simple disque d’ambient jazz : il construit une traversée instrumentale où percussion brésilienne, écriture cinématographique et contemplation de la nature finissent par appartenir au même paysage. »

Michael J McEvoy connaît parfaitement le pouvoir narratif d’une musique sans paroles.

Compositeur récompensé aux Emmy Awards et nommé aux Ivor Novello Awards, il a passé une grande partie de sa carrière à écrire pour l’image, du cinéma au documentaire en passant par la télévision. « Terra Cognita » lui permet pourtant de déplacer cette expérience vers un terrain plus personnel : huit morceaux pensés comme une méditation sur la beauté, la fragilité et la puissance du monde naturel.

L’album ne fonctionne pas comme une bande originale privée de film.

Sa logique est plus intérieure. Jazz ambient, world music, new age et écriture orchestrale s’y croisent pour suggérer plutôt que décrire. McEvoy ne cherche pas à illustrer littéralement une forêt, un océan ou un paysage précis. Il travaille davantage sur des sensations d’échelle, d’espace et de respiration, comme si l’environnement naturel devenait une manière d’organiser la musique.

La présence d’Airto Moreira apporte à cet ensemble une profondeur particulière.

Le légendaire percussionniste brésilien, dont le parcours traverse plusieurs décennies de jazz et de fusion, intervient sur l’album avec cette capacité rare à faire de la percussion autre chose qu’un simple marqueur rythmique. Chez lui, un instrument peut devenir texture, souffle ou mouvement. Dans l’univers très atmosphérique de « Terra Cognita », cette sensibilité trouve naturellement sa place.

« Sol Lamente », choisi comme titre phare et accompagné d’une vidéo réalisée par Kajal Verma, concentre particulièrement bien cette approche. Le morceau possède cette qualité presque suspendue qui caractérise les compositions de McEvoy : une écriture suffisamment précise pour guider l’écoute, mais suffisamment ouverte pour laisser chacun projeter sa propre image.

L’expérience du compositeur explique en partie cette maîtrise.

McEvoy a signé ou cosigné des musiques pour des œuvres aussi différentes que « Finding Your Feet », « Me and Orson Welles », le documentaire « The Jazz Ambassadors » ou plus récemment « Point of Change ». Il a également travaillé avec Paul Oakenfold sur plusieurs projets, tout en collaborant au fil de sa carrière avec des artistes allant de Ian Dury et Soul II Soul à Steve Winwood, Sting, Bee Gees ou Future Sound of London.

Cette diversité se retrouve dans « Terra Cognita », mais jamais sous forme de démonstration.

Le disque ne cherche pas à rappeler toutes les vies musicales de son auteur. Sa formation classique au piano et à l’alto, son apprentissage de la guitare et de la basse, son lien avec le jazz, les percussions africaines ou la production pop deviennent simplement différentes couches d’un même vocabulaire.

La réédition de l’album possède par ailleurs une dimension concrète qui dépasse son sujet. La moitié des revenus issus du streaming et des téléchargements est destinée à EarthPercent, organisation engagée dans le financement d’actions environnementales. Le geste évite ainsi que la nature reste uniquement un thème esthétique.

« Terra Cognita » porte bien son nom.

Michael J McEvoy ne prétend pas révéler une planète inconnue. Il nous ramène au contraire vers ce que nous connaissons déjà, mais que nous avons parfois cessé de regarder avec suffisamment d’attention.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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