x
Music Rock

Queen City Rising branche « We the People » sur la colère ordinaire

Queen City Rising branche « We the People » sur la colère ordinaire
  • Publishedaoût 30, 2026

« “We the People” part d’une scène de protestation observée dans la rue et retrouve une grammaire que Mike Paris juge trop discrète aujourd’hui : guitares abrasives, voix râpeuse et rock 90s utilisé pour prendre position plutôt que pour décorer une playlist nostalgique. »

Mike Paris a vu une manifestation contre un redécoupage électoral. Il n’en a pas tiré un compte rendu politique, mais une chanson.

C’est une distinction importante pour comprendre « We the People ». Le morceau ne cherche pas à expliquer les mécanismes du redistricting américain ni à trancher, à lui seul, les débats qu’ils provoquent. Ce qui intéresse Queen City Rising se situe davantage dans l’image d’individus qui décident de sortir, de protester et de rendre leur désaccord audible.

Pour Paris, cette scène possède déjà quelque chose de profondément rock.

Queen City Rising est son projet solo. Élevé à Long Island, dans l’État de New York, puis passé par Cincinnati — la « Queen City » qui lui donnera son nom — et aujourd’hui basé à Duluth, il construit ses morceaux à partir d’expériences et d’observations concrètes : politique, identité, manifestations, vie quotidienne. Sur ses enregistrements, il écrit, chante et assure lui-même l’instrumentation.

« We the People » ne dissimule pas sa dette envers le grunge des années 90. Nirvana constitue une référence assumée, jusque dans cette recherche d’une voix basse, râpeuse, volontairement peu policée. Mais la filiation devient intéressante lorsqu’elle cesse d’être seulement sonore.

Paris semble surtout récupérer du grunge son refus de la propreté.

Le riff n’a pas besoin de devenir sophistiqué pour être efficace. Les guitares sont là pour pousser le morceau en avant, tandis que le chant garde suffisamment d’aspérité pour donner l’impression que les mots ne pourraient pas être délivrés avec une voix parfaitement lisse. « We the People » appartient ainsi davantage au rock de réaction qu’au rock de reconstitution.

Son point de vue est explicite : face à ce qu’il perçoit comme des situations injustes ou à une population qui ne se sent pas entendue, le silence n’est pas une réponse satisfaisante. Le titre détourne naturellement l’une des formulations les plus célèbres de la culture civique américaine, mais Paris la ramène au niveau des individus. Derrière les institutions, il regarde surtout ceux qui prennent la parole.

Cette approche situe Queen City Rising dans une tradition américaine très ancienne où rock et commentaire social se croisent sans nécessairement produire une chanson partisane au sens strict. Le morceau affirme une attitude — refuser de rester silencieux — davantage qu’un programme politique détaillé.

Et Paris possède une formule assez efficace pour résumer sa propre position : le rock n’est pas mort, il aurait simplement baissé le volume.

« We the People » est sa manière de remonter le potentiomètre.

D’autres singles doivent prolonger rapidement cette série. Pour l’instant, Queen City Rising laisse les guitares occuper exactement la place qu’elles avaient dans la scène qui a déclenché le morceau : au milieu du bruit, avec des gens qui ont quelque chose à dire.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture