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Reina Alacrán se couronne elle-même sur « Reina Alacrán (Érase Una Vez Una Bad Bitch) »

Reina Alacrán se couronne elle-même sur « Reina Alacrán (Érase Una Vez Una Bad Bitch) »
  • Publishednovembre 3, 2026

Sur « Reina Alacrán (Érase Una Vez Una Bad Bitch) », Reina Alacrán prend la voix douce des contes du soir pour raconter une histoire où la reine se charge elle-même de sa réputation.

Le couronnement a lieu deux fois. Une première au-dessus du titre, là où figure le nom de l’artiste. Une seconde à l’intérieur, quand Reina Alacrán remet son propre nom en circulation, flanqué d’une parenthèse qui sabote le protocole. Trois registres se succèdent en quelques mots. Le titre de noblesse, la formule du conte, l’insolence du rap. On entrevoit une salle du trône et, avant d’avoir placé le moindre chandelier, on se retrouve à rire de la cérémonie. Le scorpion, lui, était déjà dans le nom.

Le joli coup de ce R&B hispanophone, c’est sa température. À lire le titre, on pourrait s’attendre à une démonstration tapageuse. Le morceau cultive une sensualité plus feutrée, qui donne à cette façon de se présenter une tout autre portée. Quand la musique ménage de l’espace autour du phrasé, l’aplomb se joue à petite échelle. Une consonne peut donner du tranchant à une formule, une voyelle en prolonger l’effet. On pense à ces gens qui baissent légèrement la voix pour dire la chose la plus culottée de la conversation. Tout le monde se penche. L’assurance vient aussi de là, de la certitude qu’on sera écoutée à ce volume.

Grecia Monroc revendique un faible pour la rime et l’allitération. On retrouve ce plaisir jusque dans l’intitulé, où la cadence familière de l’espagnol du conte bute sur deux mots d’anglais, courts et secs. La parenthèse se lit comme une petite syncope. Elle déplace l’accent de la phrase et, avec lui, l’idée qu’on se faisait du personnage. Le versant hip-hop du titre prend ici un sens précis. Se nommer, répéter son nom, lui donner une autre cadence, c’est déjà une manière de prendre la main sur le récit.

On aime surtout que Reina Alacrán se permette d’être drôle là où le R&B nocturne cultive volontiers le mystère. À force de se répéter, son nom pourrait devenir une devise gravée dans le marbre. Elle préfère le laisser entre les mains d’une conteuse qui a visiblement le droit d’improviser. On arrive au bas de la page et on imagine, là où devrait figurer la morale, une petite signature au venin.

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Written By
Extravafrench

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