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Danse avec la mort par Rosetta West sur Night’s Cross

Danse avec la mort par Rosetta West sur Night’s Cross
  • Publishedfévrier 7, 2025

Il y a quelque chose de résolument intemporel dans la musique de Rosetta West. Un pied dans le delta blues le plus brut, un autre dans les divagations mystiques du rock psychédélique des années 70, le tout teinté d’une noirceur folk qui ne cherche ni à séduire ni à effrayer, mais simplement à raconter. Leur nouvel album, Night’s Cross, s’attaque à un sujet universel, la mort, mais avec une audace rare : celle d’en parler sans complaisance ni apitoiement.

Dès les premières notes, on comprend que Night’s Cross n’est pas un album pour les esprits pressés. Il prend son temps, il enveloppe, il guide doucement l’auditeur à travers un paysage sonore où chaque détour révèle une facette différente du voyage ultime. Contrairement à Labyrinth, leur précédent album qui flirtait par moments avec une légèreté rêveuse, ici, la musique est plus dense, plus lourde. Pas pesante, mais ancrée. Une force tranquille, portée par les guitares de Joseph Demagore, les lignes de basse hypnotiques de Jason X et les percussions profondes de Nathan Q. Scratch.

Les influences sont multiples, et pourtant, Night’s Cross ne sonne jamais comme un patchwork désordonné. On pense à la profondeur spirituelle de The Doors, à la tension électrique de Led Zeppelin, au blues hanté de Nick Cave & The Bad Seeds. Mais Rosetta West ne copie pas. Ils transmutent, ils absorbent et recrachent quelque chose qui leur est propre : une alchimie unique entre l’introspection et la rage contenue.

L’album ne cherche pas à donner de réponses. Il pose des questions, invite à l’introspection. Night’s Cross est-il un album sur la mort ou sur la manière dont nous la vivons au quotidien, dans nos peurs, nos espoirs et nos regrets ? Il y a un côté rituel dans ces morceaux, un goût pour la répétition hypnotique, les montées lentes qui éclatent en envolées sauvages, les silences pesants qui en disent plus long que n’importe quelle parole.

Mais là où Night’s Cross surprend, c’est qu’il n’est jamais funèbre. Il y a de la lumière dans cette obscurité, un refus du fatalisme. Ce n’est pas un disque qui vous écrase sous son poids, c’est un disque qui vous relève, qui célèbre la noblesse de l’humain face à sa propre finitude. On en ressort troublé, mais grandi.

Rosetta West n’a jamais fait partie du circuit mainstream et ne cherche probablement pas à y entrer. Ils cultivent une indépendance qui frôle l’acharnement, publiant leurs albums à leur rythme, loin des logiques commerciales. Et c’est tant mieux. Car un album comme Night’s Cross ne se fabrique pas sous contrainte. Il se vit, il se traverse. Et une fois qu’on en sort, on ne l’oublie pas.

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Written By
Extravafrench

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