Trip cosmique au croisement du rock et du jazz par Simon Bijaoui sur “Space Explorer”
On croise rarement des artistes aussi librement anachroniques et farouchement modernes que Simon Bijaoui. Avec son nouveau single “Space Explorer”, le jeune Parisien fend la stratosphère guitare en bandoulière, pour mieux nous livrer un fragment d’étoile imprégné de rock psyché, de jazz intersidéral et de poésie lunaire. À mi-chemin entre une odyssée de Bowie époque Ziggy Stardust et un croquis nocturne griffonné dans un carnet de rêves, Bijaoui impose, sans forcer, une signature déjà reconnaissable dans la nouvelle scène alternative française.
“Space Explorer” est une confession spatiale, une errance élégante et rythmée, portée par des couplets nerveux à la guitare qui rappellent le meilleur de la scène rock UK des 70s, et des refrains qui bifurquent sans prévenir vers des harmonies jazz suaves, comme un virage pris trop vite dans une nébuleuse inconnue. On s’y perd volontiers, surtout quand la voix de Simon — souple, mélancolique, presque cinématographique — murmure son envie de “revenir sur Terre”, entre deux dérives orbitales.
L’apothéose, c’est cet outro en forme de fusion céleste, où les balises rock explosent dans une constellation jazz-funk totalement planante. On pense à Tame Impala pour l’ampleur rêveuse, à John Frusciante pour la guitare sentimentale, à Serge Gainsbourg pour le goût des mots inattendus. Une alchimie rare, surtout quand elle est aussi bien produite, et servie par un vrai sens de la mise en scène : les lives avec les Swinging Blackbirds sont des cérémonies, la session à l’Arrière Boutique Studio en témoigne.
Après un premier EP “Girl From the Beyond” qui flirtait déjà avec la bossa, le funk et l’onirisme sonore (plus de 600 000 écoutes en six mois, tout sauf un hasard), Simon Bijaoui trace aujourd’hui une trajectoire ascendante qui refuse les codes, et fait rimer le psychédélisme avec sincérité.
En bref, “Space Explorer” est un manifeste de liberté musicale, à écouter casque vissé sur les tempes, les yeux grands ouverts vers l’infini. L’album prévu pour septembre 2025 pourrait bien confirmer ce qu’on commence à comprendre : le futur du rock planant s’écrit aussi en français, et il a les pieds sur scène mais la tête dans les étoiles.
À suivre de très près, ou de très loin — selon l’orbite.
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