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Horses4Ever sourit au bord du gouffre sur « Let Me Go »

Horses4Ever sourit au bord du gouffre sur « Let Me Go »
  • Publishedaoût 9, 2026

« “Let Me Go” possède la politesse d’un tube et l’arrière-goût d’une conversation qu’on préférerait souvent éviter. »

À première écoute, tout semble presque trop lumineux pour être suspect. « Let Me Go » arrive avec de grandes mélodies, une énergie indie-électronique très directe et cette ambition assumée de remplir l’espace. Horses4Ever ne joue pas petit. Le trio Berlin/Hanovre veut des refrains larges, des basses qui poussent fort et une production suffisamment brillante pour que le morceau puisse être reçu comme un pur moment d’euphorie.

Puis le sujet se révèle.

Derrière cette façade expansive, « Let Me Go » aborde le suicide assisté avec un regard légèrement cynique. Le contraste pourrait vite tourner au procédé facile. Ici, il devient au contraire le cœur du morceau : faire cohabiter une question extrêmement lourde avec une musique qui refuse de s’effondrer sous son propre thème.

C’est ce décalage qui dérange le plus — et qui rend le titre intéressant.

Horses4Ever ne cherche pas à illustrer la gravité par une production sombre et solennelle. Le groupe préfère presque l’inverse. La mélancolie est gonflée jusqu’à devenir euphorique, le refrain conserve une netteté pop immédiate et les éléments électroniques injectent une sensation de vitesse permanente. Quelques aspérités rock empêchent l’ensemble de devenir trop propre, tandis que des réflexes plus numériques viennent rappeler que le trio appartient pleinement à une génération façonnée par les écrans, les références éclatées et l’accélération constante.

Leur discours autour du retour du “groupe” en 2026 prend d’ailleurs tout son sens ici. Horses4Ever ne considère pas le format band comme un objet nostalgique. « Let Me Go » ressemble davantage à une collision entre culture club, écriture pop et énergie de formation live, quelque part dans l’héritage de cette période où guitares et électronique pouvaient se retrouver sur la même affiche sans demander la permission.

Le trio assume également une forme de grandiloquence. Là où beaucoup de projets indie cherchent aujourd’hui l’intimité ou le retrait, Horses4Ever veut du volume, du relief, du refrain qu’on retient dès le premier passage.

Cette générosité rend le propos encore plus étrange.

On pourrait chanter « Let Me Go » à plusieurs milliers sans forcément saisir immédiatement ce qui se cache derrière ces trois mots.

Et c’est peut-être précisément le piège.

Pour un premier single, Horses4Ever réussit déjà quelque chose de précieux : donner envie de danser sur une chanson dont on n’est pas totalement certain d’avoir envie de discuter ensuite.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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