« “setting sun” parle d’un moment étrange : celui où l’on veut aller mieux, où l’on comprend qu’il faudrait sortir du cycle, mais où l’énergie nécessaire pour le faire semble encore hors de portée. SAKER transforme cette contradiction en morceau de shoegaze brumeux, intime et très directement émotionnel. »
Basé à Manchester, SAKER signe ici son deuxième single et confirme une direction déjà clairement dessinée : une musique alternative où l’écriture introspective se fond dans des textures électroniques et des guitares atmosphériques. « setting sun (feat. Jay Silver) » s’intéresse à la dépression sans chercher l’effet dramatique. Le morceau préfère rester au plus près de cette fatigue intérieure qui rend même le désir de changement difficile à concrétiser.
Jay Silver apporte sa voix à cette sensation de blocage. Le morceau ne raconte pas simplement le fait d’aller mal ; il s’attarde sur cette zone plus ambiguë où l’on commence à vouloir sortir de l’état dans lequel on se trouve, tout en sachant que le chemin vers le mieux-être peut lui-même paraître écrasant. SAKER décrit d’ailleurs la chanson comme une sorte de reflet, quelque chose dans lequel il reconnaît ses propres expériences et qu’il espère suffisamment universel pour que d’autres puissent s’y retrouver.
Musicalement, les références à Slowdive, Radiohead et Lana Del Rey donnent une assez bonne idée du terrain exploré. Les guitares servent davantage à construire un climat qu’à prendre toute la place, tandis que les textures électroniques ajoutent une profondeur plus sombre. Le morceau conserve ainsi une forme de douceur enveloppante, mais elle n’a rien de rassurant : elle ressemble plutôt à cette brume mentale qui rend tout légèrement plus lointain.
Le titre « setting sun » renforce cette impression. Un soleil couchant peut annoncer la fin d’une journée, le soulagement ou le repos, mais aussi la disparition de la lumière. SAKER exploite précisément cette ambiguïté. Le morceau reste suspendu entre fin et recommencement, entre l’envie de laisser quelque chose derrière soi et la difficulté réelle à franchir ce seuil.
Cette approche s’inscrit dans l’identité artistique que SAKER développe autour de la vulnérabilité émotionnelle, de la production expérimentale et d’un goût pour les paysages sonores immersifs. Radiohead, Massive Attack ou Portishead font partie des influences revendiquées, non comme modèles à reproduire mais comme points de départ pour penser une pop alternative plus sombre et plus texturée.
« setting sun » fonctionne donc moins comme une chanson de guérison que comme le portrait d’un instant intermédiaire. Rien n’est encore réglé, mais quelque chose a commencé à bouger. La lumière baisse, certes, mais le morceau laisse suffisamment d’espace pour imaginer qu’elle pourra revenir.
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