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Music Rock

The Oldman Sound fait flotter l’amertume sur « Fair-weather »

The Oldman Sound fait flotter l’amertume sur « Fair-weather »
  • Publishedoctobre 23, 2026

« Des guitares rêveuses, des mélodies un peu de travers et cette façon très britannique de glisser quelque chose de doux sur des paroles qui le sont beaucoup moins : avec “Fair-weather”, The Oldman Sound transforme la mélancolie en matière légère sans jamais l’édulcorer. »

Né à South Shields autour d’Andrew Coiley et Andrew Forster — deux Andrews sans lien de parenté — The Oldman Sound s’est d’abord construit comme un projet maison avant de s’élargir progressivement. Autour du duo se sont greffés Kristos Kabiotis, Wez Westgate et Sarah Farrell-Forster, ainsi qu’un cercle plus large de musiciens et de collaborateurs. Leur musique garde pourtant quelque chose de cette origine artisanale : des arrangements soignés, une écriture mélodique très précise et une légère torsion qui empêche les morceaux de devenir trop sages.

Le titre « Fair-weather » ouvre l’EP en installant cette dualité. À première écoute, tout semble doux, lumineux même, avec des guitares qui flottent et une écriture héritée autant de la dream pop que d’un certain indie rock très mélodique. Mais le nom du morceau introduit déjà une distance : le beau temps n’est jamais permanent, et les relations qui ne tiennent que lorsque tout va bien non plus. The Oldman Sound travaille justement dans cet entre-deux, là où la musique paraît accueillante tandis que les mots laissent filtrer quelque chose de plus amer.

« Dead Strings » assombrit davantage le tableau. Le titre évoque immédiatement ce qui ne résonne plus : des cordes mortes, une connexion rompue, quelque chose qui devrait encore produire du son mais qui n’en produit plus de la même manière. Dans la logique de l’EP, le morceau agit presque comme un contrechamp à « Fair-weather ». Là où le premier conserve une apparence légère, « Dead Strings » semble regarder ce qu’il reste quand cette façade commence à se fissurer.

« Tame (A Saint’s Life) » referme l’ensemble sur une note plus ambiguë encore. Le mot « tame » suggère l’idée d’être apprivoisé, contenu, ramené à une forme acceptable. La parenthèse « A Saint’s Life » ajoute une dimension presque morale, comme si le morceau observait le prix à payer pour correspondre à une image de sagesse ou de perfection. The Oldman Sound ne donne pas de réponse nette, mais le titre suffit à installer une tension entre conformité et désir de rester indocile.

Ces trois morceaux montrent bien la force du groupe : ne jamais surjouer l’émotion. Même lorsque les thèmes sont amers, les arrangements restent inventifs et lumineux. Les influences revendiquées — Wilco, XTC, ELO, The Kinks, Field Music, Midlake, The Shins ou encore The Beatles — se retrouvent moins comme des citations directes que comme une manière commune de prendre la pop au sérieux sans la rendre rigide.

Le projet s’est aussi renforcé au fil de collaborations et de sessions avec les producteurs Adam Forster et Mark Broughton, jusqu’à constituer un catalogue de plus de vingt chansons. Plusieurs membres sont passés auparavant par Minotaurs, formation déjà repérée par la presse nationale britannique et diffusée sur BBC Radio 1, et The Oldman Sound a commencé à construire sa propre audience avec seulement quelques concerts, notamment aux côtés de Gruff Rhys, Field Music, Nev Clay et SLUG.

Fair-weather reste pourtant un format resserré. Trois morceaux suffisent pour donner une idée très claire de leur univers : des chansons qui paraissent familières au premier abord, puis prennent légèrement de biais dès qu’on s’en approche.

Le soleil est là, oui. Mais chez The Oldman Sound, il y a toujours un nuage quelque part dans le cadre.

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Written By
Extravafrench

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