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andrue mars fait dérailler le disco de salon sur « Trade »

andrue mars fait dérailler le disco de salon sur « Trade »
  • Publishednovembre 3, 2026

Sur « Trade », andrue mars donne au funk l’assurance d’une entrée sur la piste et à la pop queer toute la liberté d’un disque fabriqué à la maison.

« The Pit », puis « Trade ». Il suffit de regarder les deux premiers titres de « The Affection EP » pour voir andrue mars changer l’éclairage. Le premier installe des synthés sombres, des guitares distordues et des voix superposées. Le second fait entrer le disco-funk. J’aime ce raccord un peu brutal, comme au cinéma quand une porte s’ouvre sur une fête et qu’on se souvient soudain que les gens qui dansent ont, eux aussi, passé la journée à ruminer. L’EP conserve les deux scènes. « Trade » lui donne celle où le corps reprend l’initiative.

Originaire de Californie et installé à Boise, dans l’Idaho, l’artiste américain chante, écrit, joue les instruments, produit, mixe et masterise ses morceaux. On pourrait en faire un inventaire de compétences. Le détail qui m’intéresse davantage, c’est ce que cette autonomie permet au moment de composer. Quand la même personne façonne la voix et règle sa place dans le mix, l’interprétation peut se poursuivre après la prise. Un mot peut compter pour son attaque, sa durée ou la façon dont il occupe l’espace autour de la pulsation. Chez un artiste qui passe de l’indie R&B à la dance pop, cette marge de manœuvre fait partie du langage.

La parenté avec Jamiroquai, Blood Orange et Toro y Moi éclaire trois versants de « Trade ». Le premier donne un repère pour le goût du funk et de ses appuis mobiles. Les deux autres rapprochent la danse d’une pop plus intime, où le grain d’une production peut garder quelque chose de la pièce dans laquelle elle a été conçue. C’est cette proximité que je trouve séduisante dans l’idée d’un disco de salon. Le format vise la piste, tout en gardant la liberté d’un musicien qui peut encore rouvrir sa session pour déplacer un détail parce qu’il lui plaît davantage ailleurs.

« Shaping » prolonge le versant dansant de l’EP, tandis que « Denouement » retrouve une vulnérabilité plus exposée. « Trade » arrive assez tôt pour que ce va-et-vient change notre façon d’aborder la suite. On vient de quitter la pénombre de « The Pit » et le disque nous met déjà debout. La porte reste ouverte derrière nous. Voilà peut-être le meilleur endroit pour danser.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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