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Remik Erikson met les petits plats dans « A Baker’s Dirty Dozen »

Remik Erikson met les petits plats dans « A Baker’s Dirty Dozen »
  • Publishedaoût 13, 2026

« Treize titres, beaucoup de nourriture, encore plus de sous-entendus : avec “A Baker’s Dirty Dozen”, Remik Erikson transforme son sous-sol américain en cuisine clandestine où pop électronique, humour salace et autobiographie finissent dans la même assiette. »

Difficile de savoir s’il faut arriver avec une fourchette ou un avertissement parental. Remik Erikson a conçu « A Baker’s Dirty Dozen » comme on préparerait un banquet après avoir décidé que la bienséance ne serait pas invitée. Treize morceaux — le fameux baker’s dozen — dont les titres alignent nourriture, sexe, jeux de mots douteux et plaisir manifeste à pousser la métaphore jusqu’à l’absurde.

L’histoire rend pourtant l’ensemble moins potache qu’il n’y paraît. Basé à Windsor, aux États-Unis, Erikson est venu à l’écriture presque accidentellement, en composant des paroles pour une chanson destinée à son mariage. Depuis son studio installé au sous-sol, il a poursuivi cette écriture très liée au quotidien jusqu’à en faire une véritable mission personnelle. L’album utilise l’IA pour la musique et les voix, tandis qu’Erikson précise avoir écrit lui-même l’intégralité des paroles : un partage des rôles important pour comprendre un projet où l’identité repose justement beaucoup sur les idées, les expressions et l’humour.

Le menu commence avec « BBC AirBNB », intitulé déjà suffisamment chargé pour annoncer que le séjour ne figurera probablement pas dans le guide Michelin. « Bitchetarian » pousse ensuite le détournement lexical jusqu’à inventer son propre régime alimentaire, avant que « Toss Your Salad » ne récupère une expression innocente en cuisine mais beaucoup moins ailleurs. Erikson aime précisément cette frontière : chaque titre semble commencer au rayon épicerie avant de finir après minuit.

« Balls O Meat » poursuit la plaisanterie anatomico-culinaire avec une franchise presque admirable, tandis que « Kreames » et « Fondue You » montrent son goût pour les mots suffisamment malléables pour devenir autre chose dès qu’on les prononce à voix haute. « AllSpice » paraît presque sage au milieu du repas — encore que, dans cet album, mieux vaut se méfier des condiments. « Deviled Egg » remet un peu de vice dans l’assiette et confirme que le vocabulaire gastronomique sert surtout de terrain de jeu à une écriture volontiers provocatrice.

Puis vient « Nacho », morceau charnière selon Erikson lui-même. C’est après celui-ci que l’album aurait cessé d’être une expérimentation amusante pour devenir un travail, presque une obsession à terminer. Cette information change la lecture du disque : sous l’avalanche de blagues, on découvre un auteur qui s’est réellement testé morceau après morceau.

« Taste Bud King » le couronne souverain de son propre palais, « Pound Caker » abandonne toute tentative de subtilité, « Smashburgah » transforme le fast-food en verbe d’action et « Pie Me Down » ferme la boutique sur une dernière équivoque parfaitement dans le ton.

Pop, EDM et vocal dance constituent le cadre revendiqué, mais « A Baker’s Dirty Dozen » se distingue moins par une recherche de pureté stylistique que par son obsession conceptuelle. Remik Erikson a pris l’expression « écrire ce que l’on connaît » beaucoup trop au sérieux — ou exactement assez.

Au terme des treize services, on n’est toujours pas certain d’avoir assisté à un dîner, à une comédie grivoise ou à la psychanalyse d’un homme devant son frigo. C’est probablement la meilleure raison de ne pas demander l’addition.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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