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Music Rock

Pennan Brae déroule sept pistes de rock vintage dans son « Studio »

Pennan Brae déroule sept pistes de rock vintage dans son « Studio »
  • Publishedoctobre 23, 2026

« Un Hammond des années 60, une Fender Mustang, Steve Ferrone derrière les fûts et cette envie très claire de faire respirer le rock des années 70 et 80 sans le momifier : avec “Studio”, Pennan Brae signe un album pensé comme une vraie traversée, du rock alternatif anguleux de “Scratch” jusqu’au virage pop de “It Ain’t Perfect But It’s Free”. »

Compagnon de Paint, paru en 2025, Studio prolonge une esthétique déjà bien installée chez Pennan Brae : guitares franches, jeu d’orgue très organique, sens de la mélodie et goût pour les arrangements qui privilégient le toucher plutôt que la surproduction. Le disque a été enregistré au Blue Light Studio de Vancouver avec Kaj Falch-Nielsen, partenaire régulier de Brae à la production et à la basse. Alison Jenkins apporte ses harmonies, Cameron Wilson plusieurs interventions au violon, et Steve Ferrone — passé par Tom Petty et Eric Clapton — tient la batterie sur six des sept morceaux.

« Scratch » ouvre l’album avec une énergie volontairement bizarre. Brae le décrit comme un morceau de rock alternatif influencé par David Bowie, et cette étrangeté de départ donne le ton. La guitare ne cherche pas la rondeur, les rythmes se permettent quelques angles, et le morceau installe immédiatement une sensation de décalage. C’est une excellente entrée en matière parce qu’elle évite le réflexe du morceau d’ouverture trop démonstratif : « Scratch » préfère intriguer.

« Déjà Vu » resserre ensuite les lignes. Ici, le Hammond et la guitare qui tranche davantage donnent une couleur plus directe, nourrie par les Rolling Stones. Le morceau fonctionne sur ce dialogue entre orgue vintage et riff incisif, avec Ferrone qui maintient tout en place sans jamais écraser le reste. Le résultat a cette souplesse très rock classique où chaque instrument paraît jouer pour le morceau avant de jouer pour lui-même.

« Hig & Jig – Radio Mix » poursuit cette veine plus roulante. Là encore, l’ombre des Stones est présente, mais Brae ne tombe pas dans le pastiche. Le titre se distingue surtout par sa manière d’allier légèreté et nerf, avec un groove plus joueur qui donne au disque un nouvel élan après les deux premiers morceaux. C’est aussi l’un des titres qui montrent le mieux combien Studio a été pensé en termes de continuité.

« Night Crawling – Radio Mix » fait glisser l’album vers une ambiance plus nocturne. Même sans grand concept narratif imposé, son placement dans la tracklist agit comme une baisse de lumière. Le rock reste solide, mais la sensation devient plus trouble, plus mobile, presque cinématographique. Chez Brae, cette manière d’évoquer une scène ou une atmosphère sans quitter la structure chanson rappelle aussi son expérience de compositeur pour le cinéma.

« What I Want – Radio Mix », plus long, ouvre davantage l’espace. Le format de cinq minutes permet aux arrangements de respirer et à l’instrumentation de prendre plus de place. Le morceau donne l’impression d’un centre de gravité dans l’album, là où les éléments caractéristiques du disque — guitare, orgue, batterie, harmonies — ont le temps de s’installer sans précipitation. Brae y montre un goût certain pour le classic rock au sens large, mais avec une production suffisamment nette pour éviter tout effet musée.

« Strut – Radio Mix » ramène ensuite une démarche plus compacte. Le titre porte bien son nom : tout y suggère l’allure, l’assurance et une manière de faire avancer le morceau sur son propre aplomb. Ferrone y apporte encore cette qualité de frappe très précise, jamais raide, qui donne à l’album une continuité rythmique remarquable.

La conclusion avec « It Ain’t Perfect But It’s Free – Dance Mix » est le vrai pas de côté du disque. Le morceau existait déjà sous une forme funk rock sur Paint ; Brae le reprend ici en version dance, avec une coloration pop 80s assumée. Ce choix fonctionne comme un miroir à « Scratch ». Là où l’album commençait dans un rock alternatif volontairement étrange, il se referme dans une réinterprétation plus légère, plus synthétique, presque souriante.

Cette construction en bookends est importante. Studio n’est pas seulement une collection de chansons influencées par les années 70 et 80 ; c’est un album pensé pour s’écouter dans l’ordre, avec une ouverture et une fermeture qui se répondent. Même l’habillage visuel prolonge cette logique, Nathan Gowsell ayant conçu une pochette qui reprend l’univers des enseignes néon vintage de Vancouver déjà présent autour de Paint.

Pennan Brae ne cherche donc pas à moderniser le rock classique à tout prix. Il fait quelque chose de plus simple et plus convaincant : il l’habite avec les outils qu’il aime, un Hammond branché dans une vieille Leslie, une Fender Mustang, des musiciens capables de jouer avec finesse et un sens du séquençage qui donne au disque sa vraie cohérence. Studio avance sans chercher à masquer ses références, et c’est précisément ce qui lui permet de rester vivant.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

 

Written By
Extravafrench

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