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The Cherry Club fait du premier crush une affaire de rock sur « When I Think of You »

The Cherry Club fait du premier crush une affaire de rock sur « When I Think of You »
  • Publishednovembre 3, 2026

Trente-six secondes avant le refrain. Sur « When I Think of You », le trio californien The Cherry Club donne à l’impatience des jeunes amours une forme rock et farouchement indépendante.

Le jeune amour manque de savoir-vivre. Il interrompt les conversations, transforme un prénom banal en incident de la circulation et peut vous faire traverser une ville pour quinze minutes de compagnie. The Cherry Club s’intéresse à cette période où le désir dispose de notre emploi du temps avec une liberté scandaleuse. « When I Think of You » en retient l’appétit, cette urgence un peu comique de sentir qu’une personne a pris beaucoup trop de place et de lui en faire encore.

À 0:36, le refrain prend le relais. J’aime ce repère parce qu’il donne une échelle à toute cette impatience. Trente-six secondes, c’est court pour installer une histoire et déjà long quand on attend que quelque chose se déclare. Le titre de la chanson tient d’ailleurs sur une proposition inachevée. On sait à qui la pensée revient, on attend encore de savoir ce que ce retour déclenche. Le refrain devient alors le lieu où cette attente peut prendre de l’ampleur, où une pensée qu’on gardait pour soi devient assez grande pour être reprise à plusieurs.

Le trio féminin californien situe sa musique entre indie rock, rock alternatif et grunge. Le plaisir de ce voisinage tient à la coexistence du grain et de l’accroche. Une mélodie peut avoir toute la franchise d’un aveu et garder autour d’elle une matière plus rugueuse, à la hauteur du désordre qu’elle provoque. Le crush gagne à être traité sur ce terrain. Sa part la plus vive, celle qu’on oublie en grandissant, tient à son manque de mesure. Le moindre signe occupe soudain tout le champ.

Les trois musiciennes ont enregistré, mixé et masterisé elles-mêmes ce titre destiné à leur premier album. Ce geste donne un sens concret à leur façon de revendiquer le fem rock. Elles gardent la main sur la fabrication jusque dans les décisions qui règlent la proximité d’une voix, la place de l’accroche et le poids de l’ensemble. Pour un groupe qui écrit sur la perte momentanée de ses moyens, cette maîtrise du cadre me plaît particulièrement. On peut très bien savoir ce qu’on fait en studio et consacrer une chanson à l’instant où, dans la rue, on oublie jusqu’à la raison pour laquelle on était sorti.

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Written By
Extravafrench

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