Du vertige des galaxies au grain des cuivres, « Lot Like Us » ramène l’infiniment grand à portée de danse grâce à The George Barrie Band et Huntertones.
Regarder dans un télescope, puis dans un microscope, et se reconnaître aux deux bouts. L’idée a quelque chose de déraisonnable. On s’attend à ce que ces instruments nous débarrassent un instant de nous-mêmes. The George Barrie Band en tire au contraire « Lot Like Us », une chanson qui prend plaisir à déceler du familier dans ce qui échappe à nos proportions. Pour traiter l’affaire, les Américains de Columbus, dans l’Ohio, ont choisi le roots rock, le funk et les cuivres de Huntertones. L’univers attendra son grand solo de synthé.
J’aime le culot de ce choix. À force de vouloir évoquer l’espace, la pop a souvent la main lourde sur les signes d’immensité. Ici, le groove ramène la question à une échelle où elle devient presque tactile. Un rythme partagé permet de sentir très concrètement ce que veut dire être relié. Chacun garde son mouvement, mais une pulsation commune lui donne un endroit où retomber. L’idée qui a lancé la chanson trouve ainsi un équivalent musical bien plus précis qu’une image de constellation.
Huntertones apporte à ce roots rock des cuivres nourris de jazz et de funk. Ce mariage compte pour une raison de phrasé. Une section de cuivres peut découper le temps aussi franchement qu’elle dessine une mélodie. Son attaque donne du relief à une mesure, son souffle permet de prolonger un geste au-delà de l’accent. Cette double fonction fait des invités de bons partenaires pour The George Barrie Band, dont le rock revendique le groove jusque dans sa façon de se présenter. Le rapprochement a aussi quelque chose de local. Originaires de Columbus et installés à Brooklyn, les Huntertones partagent avec le groupe une ville de départ, autre point de rencontre à une échelle moins vertigineuse.
Quatrième single d’« Any Other Way », « Lot Like Us » condense une idée assez vaste pour devenir pesante. Le morceau garde heureusement le sens de la fête. Il laisse le télescope et le microscope à leur place, celle de deux objets qui donnent envie de regarder encore un peu. Entre les deux, le groupe a trouvé sa meilleure unité de mesure, cette fraction de seconde où plusieurs musiciens respirent avant de repartir ensemble.
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