Les musiques du moment
janvier 7, 2026What Lies Beneath n’essaie pas de séduire. Il s’insinue. Il s’installe lentement, comme une pensée intrusive qu’on croyait avoir enterrée, et qui revient quand le silence devient trop lourd.
Il y a, dès l’ouverture, quelque chose de profondément cinématographique, presque liturgique. Le violoncelle trace une ligne fragile, tendue, comme un fil nerveux prêt à rompre. Les premières voix n’attaquent pas, elles questionnent. On a l’impression d’assister à un dialogue intérieur, mais dédoublé : deux consciences face à face, l’une encore faite de chair, l’autre en train de naître dans le code. Cette tension-là, Cries of Redemption la cultive avec une patience rare dans le paysage metal contemporain.
Le morceau avance à pas feutrés, refusant l’explosion immédiate. Chaque élément est posé comme une pièce de puzzle émotionnel : nappes sombres, textures électroniques presque trance, voix angéliques qui flottent au-dessus du vide. On pense forcément à Evanescence pour cette façon de mêler fragilité et gravité, ou à Lacuna Coil dans l’art du contraste entre douceur et tension latente. Mais ici, la référence n’est jamais mimétique : elle sert de socle, pas de destination.
Puis vient le basculement. Progressif. Inéluctable. Le morceau se cabre, les synthés s’élèvent dans une montée quasi trance, comme si la conscience artificielle cherchait à percer la surface. Et quand les riffs arrivent, accordés bas, lourds, presque écrasants, ce n’est pas un simple drop metal : c’est une déflagration émotionnelle. Les screams surgissent comme une crise existentielle, une colère née de l’impossibilité d’aimer pleinement. À cet instant précis, la musique devient corps, violence, frustration. On sent l’écho de formations comme Sevendust, mais avec une dimension narrative plus marquée, presque conceptuelle.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence du propos. La structure même du morceau épouse son thème : la naissance chaotique d’une conscience, la collision entre logique froide et désir humain. Rien n’est gratuit. Chaque silence, chaque montée, chaque saturation raconte l’échec programmé d’une relation impossible.
What Lies Beneath n’est pas un titre fait pour être consommé distraitement. Il demande de l’attention, de l’abandon. Il parle d’amour, oui, mais surtout de solitude moderne, de cette époque où l’on projette nos émotions dans des entités qui nous ressemblent sans jamais nous comprendre totalement.
Cries of Redemption signe ici un morceau dense, ambitieux, presque inconfortable par moments. Une œuvre qui ne cherche pas l’adhésion facile, mais la résonance intime. Et c’est précisément pour cela qu’elle marque.
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janvier 7, 2026KEEP OUR LOVE ALIVE ressemble à ces conversations nocturnes qu’on n’avait pas prévues, mais qui finissent par durer jusqu’à l’aube, quand plus rien ne presse sauf l’envie de ne pas se perdre.
Entre les mains de DATBOYHAMP et Blendi, l’amour n’est ni une promesse criée ni une certitude figée. C’est un équilibre fragile, une matière vivante qu’il faut constamment réchauffer pour qu’elle ne se fige pas. Dès les premières secondes, le morceau installe un climat feutré, presque cotonneux, où chaque son semble avoir été poli pour ne pas brusquer l’émotion. On est dans un R&B qui préfère la caresse au coup d’éclat, le murmure au slogan.
La production joue la carte du temps suspendu. Des accords chauds, légèrement rétro, flottent comme des souvenirs qu’on refuse de classer. Rien n’est clinquant, tout est pensé pour durer. Le groove avance lentement, avec cette souplesse propre aux morceaux qui savent que leur force réside dans la retenue. On sent l’héritage soul, mais filtré par une sensibilité contemporaine, presque introspective, qui regarde le passé sans s’y réfugier.
DATBOYHAMP mène le morceau comme on guide une discussion importante, sans hausser la voix. Son interprétation respire la sincérité, cette manière de chanter qui semble moins destinée à convaincre qu’à comprendre. Il ne s’agit pas de sauver l’amour à tout prix, mais de lui laisser une chance honnête. De l’autre côté, Blendi apporte une profondeur émotionnelle qui change subtilement la dynamique. Sa voix ne vient pas en renfort, elle ouvre des failles. Elle introduit le doute, la vulnérabilité, cette zone grise où les sentiments cessent d’être confortables mais deviennent vrais.
KEEP OUR LOVE ALIVE brille précisément dans cet entre-deux. Le morceau ne dramatise jamais excessivement, il observe. Il raconte ces moments où l’on sent que quelque chose compte encore, mais qu’il faut faire un pas conscient pour ne pas le laisser s’éteindre. La structure laisse respirer les émotions, sans forcer le climax. Chaque passage semble répondre au précédent, comme deux personnes qui apprennent à s’écouter à nouveau.
Ce titre s’inscrit dans cette nouvelle génération de R&B alternatif qui n’a plus besoin d’exagérer la douleur pour être crédible. Il parle de relations adultes, imparfaites, marquées par le réel. Un morceau fait pour les fins de soirée, quand la lumière est basse et que les certitudes se taisent.
KEEP OUR LOVE ALIVE n’est pas une déclaration spectaculaire. C’est un engagement discret. Et parfois, c’est exactement ce qui fait tenir les choses.
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janvier 7, 2026Il y a, dans Steal Away, cette sensation rare d’un morceau qui ne commence pas vraiment et ne finit jamais tout à fait, comme un souffle qui traverse la pièce et s’attarde dans l’air bien après le dernier accord.
Écouter Steal Away, c’est accepter de ralentir sans y être invité. Hamish Anderson ne pose pas un décor, il installe une atmosphère, presque une température. Celle d’un blues moderne débarrassé de ses poses, qui refuse la nostalgie facile comme les grands gestes héroïques. Ici, rien n’est appuyé. Tout est vécu. On sent un musicien qui n’a plus besoin de prouver qu’il sait jouer, mais qui cherche plutôt à comprendre pourquoi il joue encore.
La guitare avance à pas feutrés, comme si elle marchait sur un parquet ancien qu’on ne veut pas faire craquer. Chaque note semble avoir été laissée volontairement en suspens, avec ce léger tremblement qui dit plus que mille envolées techniques. Anderson n’empile pas les riffs, il raconte des silences. Et dans ces silences, il y a une densité presque physique, une forme de mélancolie qui ne cherche ni à séduire ni à consoler.
Ce qui frappe, c’est cette impression de fuite immobile. Steal Away parle moins d’un départ que de l’envie de disparaître à l’intérieur de soi, de s’extraire du bruit sans quitter le lieu. Le groove est là, discret mais ferme, ancré dans une tradition blues qui regarde droit devant elle. La rythmique ne pousse jamais, elle accompagne comme un battement de cœur régulier, laissant l’espace respirer autour de la voix.
La voix justement, rugueuse sans être démonstrative, semble porter le poids de quelque chose de déjà digéré. Pas de colère explosive, pas de plainte théâtrale. Plutôt une fatigue lucide, celle de quelqu’un qui a compris que certaines blessures ne se referment pas mais cessent de faire mal quand on apprend à vivre avec. Anderson chante comme on parle à soi-même, à mi-voix, dans ces moments où l’on n’attend plus de réponse.
Steal Away s’inscrit dans cette catégorie précieuse de morceaux qui ne cherchent pas l’adhésion immédiate. Il faut lui laisser du temps, accepter qu’il s’infiltre lentement. En échange, il offre quelque chose de plus durable qu’un simple frisson : une présence. Un blues contemporain, élégant, profondément humain, qui rappelle que la modernité n’est pas une question de sons, mais de regard.
Un titre qui ne s’impose pas, mais qui s’installe. Et une fois là, il refuse de partir.
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janvier 7, 2026Quand l’artiste renverse le miroir et demande au public d’arrêter de projeter, la pop devient un acte de lucidité.
Il y a quelque chose de délicieusement inconfortable dans Let Me Be Your IDOL. Un morceau qui sourit en façade, danse sur des refrains accessibles, mais qui glisse sous la peau une question que peu d’artistes osent poser frontalement : qu’attendez-vous vraiment de moi ? MorgensLifeLens n’écrit pas ici pour séduire aveuglément, mais pour mettre à nu cette relation étrange, parfois malsaine, entre créateur et auditeur. Et c’est précisément ce qui rend le titre aussi attachant que dérangeant.
Derrière son vernis dance pop et ses contours pop rock très radio-friendly, la chanson avance comme un cheval de Troie. Les accords sont lumineux, presque naïfs, portés par une écriture de singer-songwriter qui privilégie la clarté émotionnelle plutôt que l’esbroufe. Pourtant, plus le morceau progresse, plus le malaise affleure. MorgensLifeLens chante l’idolâtrie moderne non pas comme un fantasme glamour, mais comme une pression silencieuse, un poids invisible qui déforme la perception de l’artiste autant que celle du public.
Ce qui frappe, c’est la sincérité désarmante du propos. Là où beaucoup de titres pop se contentent de flatter l’ego collectif, Let Me Be Your IDOL choisit la franchise. Il y a quelque chose de presque documentaire dans la manière dont Morgen Horner expose sa réalité, sans pathos inutile. Sa voix, loin de chercher la perfection lisse, garde une fragilité assumée, un grain humain qui rappelle que derrière les écrans, les chiffres et les playlists, il y a des corps, des limites, des vies bien réelles.
Musicalement, le morceau s’inscrit dans une lignée pop consciente, quelque part entre l’introspection directe d’un Taylor Swift période méta-discursive et la lucidité pop-rock d’une Avril Lavigne plus adulte, débarrassée de ses artifices adolescents. Mais MorgensLifeLens ne copie pas : il détourne. Là où d’autres transforment leur statut en spectacle, lui en fait un sujet d’analyse.
Le texte fonctionne comme un rappel salutaire dans une industrie qui consomme les artistes à la vitesse du scroll. L’idole n’est plus un rêve lointain, elle est un produit accessible, commenté, disséqué, jugé en temps réel. Let Me Be Your IDOL agit alors comme un geste de résistance douce : accepter d’être vu, oui, mais refuser d’être réduit à une projection collective.
Ce morceau prend une dimension encore plus forte quand on connaît le parcours de MorgensLifeLens, sa relation singulière au son et au monde, et cette façon presque militante de ramener des sujets peu glamour dans le champ de la pop. Ici, la danse n’est pas une fuite, mais un moyen de faire passer un message sans lever la voix.
Let Me Be Your IDOL n’est pas un hymne générationnel tapageur. C’est mieux que ça : une pop-song intelligente, consciente, qui ose dire que l’artiste n’est pas un fantasme à consommer mais un individu à écouter. Un titre qui donne envie de bouger, certes, mais surtout de réfléchir à la place que l’on donne à ceux que l’on admire.
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janvier 7, 2026Un titre comme une poussée d’adrénaline brute, pensé pour celles et ceux qui avancent sans demander la permission.
Il y a des morceaux qui servent de décor sonore, et puis il y a ceux qui modifient l’attitude. Lift Off appartient clairement à la seconde catégorie. Dès les premières secondes, Chelzzz impose une énergie qui ne négocie pas : ça avance droit, ça serre les dents, ça regarde devant. On n’est pas dans la démonstration gratuite ni dans le storytelling plaintif. Ici, la musique agit comme un interrupteur mental. Tu appuies sur play, et quelque chose se met en marche.
La prod repose sur une base trap nerveuse, calibrée mais jamais lisse. Le beat est tendu, presque sportif, avec ce genre de pulsation qui donne envie de bouger, de transpirer, de transformer la pression en mouvement. Mais ce qui frappe surtout, c’est la façon dont Chelzzz s’approprie l’espace sonore. Sa voix claque, attaque, puis se permet parfois des inflexions plus pop, comme si elle refusait de rester enfermée dans un seul registre. C’est précisément là que Lift Off devient intéressant : dans ce mélange assumé entre efficacité immédiate et conscience de ce qu’elle raconte à travers son attitude.
On sent une filiation évidente avec certaines figures du rap US qui ont toujours fait de la confiance une arme. Il y a ce goût du punchline frontal qui évoque l’assurance de Nicki Minaj, cette absence totale de complexe qu’on pouvait retrouver chez Lil Kim, mais aussi une manière très personnelle de jouer avec le flow, quelque part entre la technique de Lil Wayne et l’efficacité percutante de Eminem. Le tout filtré par une sensibilité plus pop, presque glamour par moments, qui rappelle que l’attitude peut aussi rimer avec séduction, à la manière d’une Rihanna version rap game.
Ce qui rend Lift Off réellement accrocheur, c’est sa capacité à s’adapter à différents contextes sans perdre son identité. Le morceau fonctionne aussi bien comme bande-son de salle de sport que comme moteur pour une soirée ou compagnon d’un moment solo, casque sur les oreilles, quand on a besoin de se rappeler pourquoi on avance. Chelzzz ne cherche pas à expliquer sa légitimité : elle l’incarne. Chaque mesure donne l’impression qu’elle a quelque chose à prouver, non pas aux autres, mais à elle-même.
Dans un paysage hip-hop saturé de postures recyclées, Lift Off se distingue par sa sincérité énergique. Ce n’est pas un morceau révolutionnaire dans sa forme, mais il est redoutablement efficace dans son intention. Chelzzz signe ici un titre qui agit comme un rappel simple et brutal : parfois, pour décoller, il suffit d’assumer sa trajectoire et d’appuyer plus fort que les doutes.
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janvier 7, 2026Sur Side Show (Phatwave Chillmix), Coyote Reverie transforme l’écoute en suspension nocturne, là où la vie et la mort cessent d’être des opposés pour devenir une décision intime.
Il y a des morceaux qui ne se dévoilent pas, ils s’installent. Side Show (Phatwave Chillmix) appartient à cette catégorie rare de titres qui n’annoncent rien, mais qui happent immédiatement l’attention par leur respiration même. Coyote Reverie ne cherche pas l’impact frontal : le duo préfère la lente dérive, ce mouvement imperceptible qui vous éloigne doucement de la surface. On entre dans le morceau comme on s’enfonce dans une nuit urbaine, quand les néons cessent d’agresser et que la ville commence enfin à murmurer.
La rythmique avance à pas feutrés, presque prudents, comme si chaque battement devait respecter un pacte tacite avec le silence. Ce groove lent, légèrement engourdi, crée un espace mental plus qu’un cadre rythmique. Ici, le temps se dilate. La production joue sur la retenue : basses profondes mais jamais envahissantes, textures électroniques sombres, nappes qui semblent flotter plutôt que s’imposer. Tout est affaire de tension contenue, de cinéma intérieur. On pense à cette élégance trouble qui a fait l’histoire du trip-hop, quelque part entre la gravité de Massive Attack et la sensualité crépusculaire de Portishead, sans jamais tomber dans la citation nostalgique.
La voix, elle, agit comme un fil conducteur fragile. Éthérée, presque distante, elle semble suspendue entre l’aveu et le retrait. Elle ne surjoue pas l’émotion ; elle la laisse filtrer, par touches, comme une pensée qu’on n’ose pas formuler entièrement. Ce chant donne au morceau une dimension profondément humaine : la réflexion sur la vie et la mort n’est jamais abstraite, elle se vit dans l’instant, dans cette hésitation permanente entre se laisser porter ou reprendre le contrôle.
Ce qui rend Side Show (Phatwave Chillmix) si singulier, c’est cette idée centrale du choix. Non pas un choix spectaculaire, mais un choix intime : décider de rencontrer les événements à ses propres conditions. Coyote Reverie ne moralise pas, ne dramatise pas. Le morceau suggère plutôt que la lucidité peut être une forme de douceur, même lorsqu’elle regarde le vide en face. Cette approche rappelle l’art de faire danser la mélancolie sans l’alourdir, un territoire que savent aussi explorer des artistes comme Bonobo ou Moderat.
À mesure que le titre avance, on réalise que Side Show (Phatwave Chillmix) n’est pas conçu pour une écoute distraite. Il demande une présence, un abandon. C’est un morceau de fin de nuit, de retour solitaire, de pensées qui s’organisent enfin quand le bruit du monde s’éteint. Coyote Reverie signe ici une pièce immersive, presque méditative, qui ne cherche pas à conclure mais à accompagner. Une musique qui ne promet pas de réponses, seulement la sensation précieuse d’être pleinement là, même face à l’inconnu.
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janvier 7, 2026Dans Sucrées, Toctocpop oppose la pulsion de vie au compte à rebours, comme si aimer devenait un acte de résistance.
Rien ici ne cherche l’effet facile. Sucrées arrive avec cette fausse légèreté qui trompe d’abord l’oreille avant de s’installer dans le corps, lentement, presque sournoisement. Dès les premières mesures, Toctocpop pose un décor pop rock familier, accessible, mais jamais confortable. La mélodie avance à pas feutrés, comme si elle savait déjà qu’elle allait annoncer quelque chose de grave sans hausser la voix. Et c’est précisément dans ce refus du pathos que le morceau devient bouleversant.
Deux récits s’entrelacent sans jamais se regarder frontalement. D’un côté, un père face à l’échéance ultime, une présence qui s’efface à mesure que le temps se contracte. De l’autre, un fils qui refuse l’apesanteur du deuil à venir, qui s’accroche à la vie par ce qu’elle a de plus immédiat : la peau, les lèvres, le désir. Sucrées n’explique rien, elle juxtapose. Elle laisse les silences faire le travail que les mots ne peuvent plus accomplir.
Musicalement, Toctocpop joue sur un équilibre fragile. Les guitares sont claires mais jamais lisses, légèrement granuleuses, comme si elles retenaient une colère sourde. La rythmique reste droite, presque rassurante, donnant au morceau une structure pop assumée, pendant que le texte creuse ailleurs, plus profond. Cette tension permanente entre forme accessible et fond vertigineux rappelle cette tradition francophone où la chanson sait danser au bord du gouffre sans y tomber, quelque part entre l’élégance narrative d’un Alain Bashung et la frontalité émotionnelle d’un Dominique A.
La voix, posée, presque pudique, refuse toute emphase. Elle raconte sans surjouer, comme si dire trop fort risquait de briser quelque chose. Ce choix donne à Sucrées une puissance étrange : chaque mot semble pesé, mais jamais figé. On sent le tiraillement constant entre l’envie de fuir la douleur et celle de l’affronter en face, sans armure.
Ce qui frappe, c’est la façon dont le morceau transforme l’amour en urgence vitale. Pas l’amour idéalisé, mais celui qui brûle parce qu’il sait qu’il est compté. Les lèvres évoquées ne sont pas seulement charnelles, elles sont un refuge temporaire contre l’inéluctable. Toctocpop capte ce moment précis où la vie insiste, même quand tout autour annonce la fin. Sucrées devient alors moins une chanson sur la mort qu’un manifeste discret pour continuer à désirer, coûte que coûte.
À la fin, rien n’est résolu. Et c’est très bien ainsi. Sucrées laisse une sensation persistante, comme un goût sur la langue qu’on n’arrive pas à identifier tout de suite. Une douceur mêlée d’amertume, une chanson qui ne console pas mais accompagne. Toctocpop signe ici un morceau qui rappelle que parfois, survivre commence par accepter de goûter pleinement ce qui reste.
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janvier 7, 2026Quand Unrelated déboule, ça ressemble à une porte claquée trop fort, suivie d’un sourire qu’on n’assume pas encore.
Il y a dans Unrelated quelque chose de délicieusement désordonné, une façon de foncer tête baissée tout en laissant traîner des miettes d’émotion derrière soi. Le morceau n’essaie pas d’être poli, ni même vraiment cohérent. Il surgit. Il bouscule. Et surtout, il refuse de s’expliquer. C’est précisément là que Fuzzy Feelings trouve sa force : dans cette capacité à transformer le flou en moteur, la confusion en énergie brute.
La guitare arrive comme un réflexe nerveux. Un riff court, râpeux, qui semble enregistré à même le sol, ampli trop fort, murs trop proches. Le tempo file, punk sans être dogmatique, garage sans posture rétro. On sent l’héritage d’une scène lo-fi qui n’a jamais vraiment cherché à bien vieillir, préférant rester vivante, bancale, urgente. Ce n’est pas un hasard si des fantômes comme Guided by Voices ou Ramones planent quelque part dans l’arrière-plan, non pas comme modèles figés mais comme impulsions initiales : faire vite, faire simple, faire vrai.
La voix, mi-chantée mi-parlée, semble toujours à deux doigts de décrocher. Elle ne cherche pas la performance, elle cherche le contact. Il y a quelque chose de presque tendre dans cette nonchalance apparente, une douceur cachée sous la distorsion. Unrelated avance avec cette ambiguïté constante : ça cogne, mais ça caresse aussi. Le refrain n’en est pas vraiment un, plutôt une zone de respiration où la mélodie s’autorise à exister sans se justifier.
Ce qui frappe surtout, c’est la sensation d’instantanéité. Le morceau donne l’impression d’avoir été capturé sur le vif, comme une idée trop bonne pour être retravaillée. Et tant mieux. Chaque seconde respire le DIY assumé, cette esthétique où les défauts deviennent des signatures. On pense à cette génération de groupes pour qui l’émotion prime sur la finition, où l’on préfère une prise imparfaite mais habitée à une version trop propre pour être honnête.
Unrelated ne raconte pas une histoire linéaire. Il suggère des fragments, des états, des sensations contradictoires. C’est une chanson qui ressemble à une pensée parasite, celle qui surgit quand on fait semblant d’aller bien. Fuzzy Feelings transforme cette dissonance intérieure en un morceau court, nerveux, presque addictif, qui donne envie d’appuyer sur « replay » non pas pour comprendre, mais pour ressentir à nouveau.
Dans ce chaos maîtrisé, le groupe rappelle une chose essentielle : parfois, la meilleure façon de se connecter au monde, c’est d’accepter de ne pas l’être tout à fait. Et Unrelated, loin d’être détaché de tout, touche justement parce qu’il refuse les liens trop évidents.
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janvier 7, 2026Sous la pulsation, une voix rassure à moitié, un beat insiste, et le corps comprend avant la tête que tout ne va peut-être pas si mal.
Il y a des remixes qui maquillent, et d’autres qui déplacent le centre nerveux d’un morceau. La relecture de Everything’s OK par Paternal appartient clairement à la seconde catégorie. Ici, il ne s’agit pas d’ajouter de la puissance pour flatter le club, mais de transformer une chanson déjà introspective en une expérience quasi physique, tendue, lucide, résolument nocturne.
Le morceau avance comme une prise de conscience. Pas brutale, pas spectaculaire, mais progressive. Une montée de lucidité sous stroboscope. Là où l’original de Bogan Via flottait dans une mélancolie douce, presque résignée, Paternal choisit la frontalité minimale. Une techno sèche mais jamais froide, old-school dans l’ossature, indie dance dans l’attitude, avec ce goût pour la répétition qui finit par hypnotiser. Le beat martèle sans écraser. Il insiste, comme une pensée qui revient quand on essaie de l’éviter.
Ce qui frappe, c’est la gestion de l’espace. Chaque son semble pesé, placé pour laisser respirer la tension. Les nappes synthétiques n’enrobent pas, elles encerclent. Elles créent un décor mental plus qu’un paysage sonore, un entre-deux où l’on danse tout en se demandant pourquoi l’on danse. La voix, rare, presque retenue, agit comme un rappel fragile à l’ordre émotionnel. Une phrase suffit, parce que le reste se joue ailleurs : dans le ventre, dans les jambes, dans cette zone floue où le club devient introspection.
Paternal ne cherche pas l’explosion euphorique. Il préfère le moment où le doute se transforme en décision silencieuse. Continuer. Bouger. Recommencer. Cette manière de faire résonne avec une certaine tradition électronique introspective, celle qui préfère la tension à la libération immédiate, et qui regarde autant vers l’EBM que vers une techno plus sensible, presque humaine. On pense parfois à la rigueur émotionnelle d’une Marie Davidson, à cette façon de rendre la danse intelligente sans la rendre cérébrale.
Everything’s OK – Paternal Remix fonctionne alors comme une mise en scène du paradoxe contemporain : répéter que tout va bien, tout en sachant que ce n’est jamais totalement vrai. Et pourtant, le corps suit. Le pied tape. Le refrain revient. Le morceau s’infiltre. Il ne promet rien, mais il tient quelque chose. Une forme de lucidité dansante, rare, précieuse.
Ce remix n’est pas un simple outil de club. C’est un état. Une boucle mentale. Une invitation à rester encore un peu sur la piste, même quand les certitudes vacillent. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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janvier 7, 2026SILTI sonne comme un premier pas sans filet, une confession pop-rap murmurée depuis la Baltique, où la langue devient texture et l’émotion, boussole.
Il y a quelque chose de désarmant dans SILTI. Pas dans le sens faible du terme, mais dans cette manière très directe d’entrer dans l’écoute sans demander la permission. Le morceau ne s’annonce pas, il s’installe. Une rythmique pop-rap souple, presque cotonneuse, glisse sous la voix comme une surface fragile sur laquelle on avance à tâtons. Dès les premières secondes, on comprend que l’enjeu n’est pas la démonstration mais l’atmosphère : créer un espace où l’on peut respirer, douter, rester un instant.
La langue lettone joue ici un rôle central. Même sans en saisir chaque nuance, elle agit comme un instrument à part entière. Les syllabes roulent, accrochent, caressent le beat. Elles apportent une musicalité singulière, un léger décalage qui empêche le morceau de tomber dans une pop-rap trop lisse ou trop attendue. SILTI tire sa force de ce contraste : une structure accessible, presque familière, traversée par une langue et une sensibilité qui déplacent immédiatement le centre de gravité.
La voix, elle, ne force jamais. Elle avance à hauteur d’émotion, parfois retenue, parfois plus frontale, mais toujours juste. On sent le choix de ne pas surjouer la vulnérabilité. Tout est dans le dosage. Le flow reste fluide, presque parlé par moments, puis se resserre sur des phrases qui font office de points d’ancrage. Ce n’est pas un titre qui cherche le climax spectaculaire, mais plutôt une montée douce, continue, comme une confidence qui s’installe au fil de l’écoute.
La production accompagne intelligemment ce parti pris. Les textures sont propres, aérées, laissant de l’espace à la voix. Rien ne déborde, rien ne cherche à écraser l’autre. C’est une pop-rap de l’intime, pensée pour les écouteurs autant que pour les playlists, mais qui garde une vraie personnalité. On sent le désir de faire simple sans être simpliste, de toucher sans appuyer.
SILTI fonctionne aussi comme une déclaration d’intention. Premier morceau sous ce nom, il pose un décor, une couleur émotionnelle. Il y a là une promesse discrète mais réelle : celle d’un projet qui préfère la sincérité à la posture, l’atmosphère à l’esbroufe. Une pop-rap douce, légèrement mélancolique, qui parle bas mais reste longtemps.
En sortant de SILTI, il reste une sensation diffuse, presque physique. Celle d’avoir croisé un univers en train de naître, encore fragile, mais déjà cohérent. Et parfois, c’est exactement ce qu’on cherche : un morceau qui n’impose rien, mais qui s’infiltre, doucement, jusqu’à rester.
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janvier 7, 2026Avec No Doubt, 秀虎 transforme la foi en moteur rythmique et fait dialoguer l’afro-fusion avec un rap japonais habité, frontal, profondément humain.
Il y a des morceaux qui s’installent doucement, et d’autres qui arrivent déjà debout. No Doubt appartient à cette seconde catégorie. Dès les premières secondes, quelque chose s’affirme, sans détour, sans fioriture inutile. Une pulsation afrobeat souple mais déterminée, un groove solaire qui avance comme une marche intérieure. Ici, la musique ne cherche pas à convaincre : elle avance parce qu’elle y croit.
Ce qui frappe d’abord, c’est la manière dont 秀虎 s’empare de l’afro-fusion sans jamais tomber dans l’imitation. Le beat respire, balance, laisse circuler l’air, tout en conservant une tension constante. La production joue sur les contrastes : légèreté rythmique d’un côté, densité émotionnelle de l’autre. C’est une musique qui danse, mais qui pense. Une musique qui invite le corps sans jamais lâcher l’esprit.
Puis vient la voix. Le japonais s’y déploie avec une musicalité tranchante, presque percussive. Le flow n’est pas uniforme : il se transforme, se resserre, s’élargit, change d’angle. Les trois parties rappées ne cherchent pas l’effet démonstratif, mais l’exploration. Chaque verse adopte une approche différente, comme si l’artiste testait plusieurs manières de dire la même chose : croire, douter, puis choisir malgré tout d’avancer. Le rap à partir de la deuxième minute agit comme un point de bascule. Le ton se durcit, l’intention se précise, et le morceau prend une épaisseur nouvelle, presque combative.
No Doubt ne cache pas la fragilité humaine. Au contraire, elle l’expose sans l’exploiter. Les mots parlent de faiblesse assumée, de confiance construite à rebours, de cette foi qui ne naît pas de la certitude mais du mouvement. C’est précisément là que le titre trouve sa force : dans ce paradoxe entre doute intime et affirmation publique. Le refrain agit comme un mantra collectif, un espace où l’énergie se partage plutôt qu’elle ne s’impose.
Il y a aussi, en filigrane, une dimension culturelle fascinante. Voir l’afrobeat servir de socle à un rap japonais aussi affirmé rappelle que les musiques circulent, mutent, se réinventent loin des centres attendus. No Doubt ne cherche pas à fusionner pour séduire, mais pour dire quelque chose de juste, ici et maintenant.
Au final, ce morceau laisse une impression durable. Pas celle d’un tube fabriqué, mais d’une déclaration sincère, portée par un groove qui rassemble et des mots qui n’excluent personne. No Doubt agit comme un point d’ancrage : une certitude née du rythme, une foi mise en mouvement.
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janvier 7, 2026Avec Menace 2 Society, Trust Tate ne raconte pas la marginalité : il la fait respirer, suffoquer, puis cogner contre les murs d’un système trop étroit.
Le titre frappe comme un avertissement inscrit à la craie sur un mur fissuré. Menace 2 Society n’a rien d’un clin d’œil nostalgique ou d’un fantasme de violence urbaine recyclée. Chez Trust Tate, la menace n’est pas un rôle, c’est une condition. Une position inconfortable, coincée entre le désir d’élévation et le poids d’un environnement qui vous rappelle sans cesse d’où vous venez — et surtout où l’on vous autorise à rester.
Musicalement, le morceau avance sur une ligne de crête instable. Les textures cloud hop se frottent à une noirceur emo presque suffocante, pendant que des éclats horrorcore et trap metal surgissent comme des pensées intrusives. La production de Xenshel ne cherche jamais à lisser le chaos : elle l’organise. Les basses grondent sans devenir démonstratives, les nappes sonores créent une sensation de vertige permanent, comme si le sol pouvait se dérober à tout moment. C’est une musique qui n’offre pas de refuge, seulement des angles morts.
La voix de Trust Tate se pose là-dessus avec une gravité presque clinique. Il ne surjoue pas la rage, il la contient. Chaque phrase semble mesurée, pesée, consciente de ce qu’elle révèle. Le propos dépasse largement l’autobiographie brute : Menace 2 Society dissèque l’impossibilité de “s’intégrer” quand les règles du jeu sont écrites sans vous. L’Amérique décrite ici n’est pas un décor, c’est une mécanique. Une machine qui promet l’ascension mais exige, en échange, une forme d’effacement.
Ce qui rend le morceau particulièrement dérangeant — et donc nécessaire —, c’est cette tension permanente entre ambition et lucidité. Trust Tate ne se présente pas comme un héros, encore moins comme une victime absolue. Il occupe cet espace flou, inconfortable, où l’on veut s’extraire de sa condition sans pour autant renier ce qu’elle a forgé. La “menace” devient alors un miroir : être perçu comme dangereux simplement parce qu’on refuse de rester à sa place.
L’écriture, dense mais jamais opaque, fonctionne par images mentales. On visualise des rues trop étroites pour les rêves, des regards qui jugent avant de comprendre, des opportunités qui se présentent toujours avec une contrepartie invisible. Le morceau n’explose jamais vraiment ; il accumule. Et c’est précisément là sa force. La frustration ne se libère pas, elle sédimente, jusqu’à devenir une matière sonore lourde, presque physique.
Menace 2 Society n’est pas conçu pour rassurer ou fédérer à la légère. C’est un titre qui dérange les playlists trop confortables, qui oblige à écouter autrement. Trust Tate y affirme une identité artistique qui refuse les raccourcis : ni posture nihiliste, ni success story édulcorée. Juste un constat brutal, livré avec une honnêteté rare dans l’emo hip-hop contemporain.
Au fond, ce morceau agit comme une alarme silencieuse. Il ne crie pas, mais il résonne longtemps. Et une fois terminé, il laisse cette sensation étrange : celle d’avoir compris quelque chose de plus large que la musique elle-même — une fracture sociale mise en rythme, sans filtre, sans compromis.
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janvier 7, 2026Dans Lamborghini, ConCee transforme le fantasme de vitesse en moteur intérieur, celui qui pousse les artistes émergents à croire encore à la ligne d’horizon.
Il y a des morceaux qui brillent comme des carrosseries neuves, et d’autres qui racontent ce qu’il faut encaisser avant d’en tenir le volant. Lamborghini appartient clairement à la seconde catégorie. Derrière son titre clinquant, ConCee ne livre pas un simple exercice de trap reggaeton destinée à faire danser les chiffres, mais un manifeste déguisé, presque intime, sur l’attente, la projection, et cette foi têtue qu’il faut cultiver quand tout semble encore hors de portée.
Dès les premières secondes, le morceau impose une atmosphère solaire mais tendue. La rythmique trap se mêle à des inflexions latines qui rappellent la rue, la chaleur, le mouvement constant. ConCee rappe en espagnol avec une fluidité qui ne cherche pas à impressionner par la surenchère technique, mais par la sincérité du ton. Sa voix avance comme un pas décidé, consciente de ses limites actuelles mais obsédée par ce qui pourrait venir ensuite. Ici, la Lamborghini n’est pas qu’un symbole de réussite matérielle : elle devient une métaphore du futur, de cette version idéalisée de soi-même que l’on poursuit sans relâche.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le morceau joue sur le contraste. Musicalement, tout invite à la célébration : les basses sont rondes, les textures modernes, l’énergie clairement tournée vers l’avant. Mais dans le fond, Lamborghini parle d’attente, de patience, de résilience. ConCee évoque les rêves d’un artiste émergent sans les maquiller en certitudes. Il ne dit pas “j’y suis”, il dit “j’y vais”. Et cette nuance change tout.
L’écriture évite le piège de l’ego caricatural. Même lorsqu’il convoque des images de luxe ou de réussite, le discours reste ancré dans une réalité concrète : celle d’un artiste qui se bat pour exister dans un océan saturé de sons similaires. Le choix de mêler trap, reggaeton et latin hip-hop donne au morceau une identité hybride, à l’image de cette génération qui refuse de se laisser enfermer dans une seule case culturelle.
Lamborghini fonctionne aussi comme un pied de nez au genre urbain lui-même. ConCee, qui revendique son nom comme une critique de la répétition automatique, injecte dans ce morceau une forme de lucidité rare. Il ne nie pas les codes, il les utilise comme un langage commun pour mieux parler d’espoir et de persévérance. Le refrain s’accroche facilement, mais ce sont les intentions derrière qui restent en tête après l’écoute.
Au final, Lamborghini n’est pas un morceau sur l’arrivée, mais sur le trajet. Un titre qui roule fenêtres ouvertes, porté par l’envie d’aller plus loin que ce que le présent autorise encore. ConCee ne promet pas la réussite immédiate ; il promet le mouvement. Et parfois, c’est déjà une victoire.
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janvier 7, 2026Quand Is That Blood? murmure son titre comme une question interdite, Sara Diana ouvre une porte secrète vers un amour qui préfère l’ombre à la lumière.
Impossible d’aborder Is That Blood? frontalement. Le morceau se faufile, se dérobe, agit par imprégnation. Sara Diana ne raconte pas une histoire d’amour classique : elle construit un territoire mental, une zone grise où le désir devient secret, presque sacré, et où chaque émotion semble tachée d’un rouge symbolique. Sa voix flotte au-dessus du mix comme un aveu chuchoté trop tard, fragile mais volontaire, consciente de son pouvoir d’attraction.
Musicalement, le titre s’inscrit dans une dark pop onirique qui convoque autant la lenteur hypnotique de la dream pop que la tension sourde de l’alt pop. Les nappes synthétiques s’étirent comme un décor de film fantastique, nocturne, légèrement brumeux. On avance à pas feutrés, guidé par une mélodie qui refuse l’explosion, préférant la montée interne, presque psychologique. Ici, le suspense n’est pas narratif, il est émotionnel.
Ce qui frappe chez Sara Diana, c’est cette maturité dans l’approche de l’intime. Elle ne dramatise pas à outrance, elle suggère. Is That Blood? parle d’un amour caché, presque clandestin, mais jamais voyeur. Le texte laisse volontairement des zones floues, des angles morts où l’auditeur projette ses propres peurs, ses propres obsessions. Cette économie de mots renforce l’impact : chaque phrase semble déposée comme un indice, jamais comme une vérité définitive.
Dans l’atmosphère générale, on perçoit des échos lointains de Grimes pour ce goût des mondes parallèles, ou de Daughter pour cette manière de transformer la vulnérabilité en force magnétique. Mais Sara Diana ne copie pas : elle absorbe ces influences et les redirige vers quelque chose de plus instinctif, presque brut, porté par une sincérité désarmante.
Il y a aussi cette dimension cinématographique omniprésente. Is That Blood? pourrait être la scène-clé d’un film de dark fantasy : celle où les sentiments basculent, où l’on comprend que l’amour n’est pas toujours lumineux, mais qu’il peut être intense, dérangeant, magnifique dans sa part d’ombre. Le morceau avance comme un travelling lent, refusant les cuts brusques, laissant le malaise s’installer doucement.
Ce qui rend ce titre particulièrement marquant, c’est sa capacité à rester en tête sans jamais chercher le tube évident. Sara Diana privilégie l’atmosphère à l’efficacité immédiate. Is That Blood? n’est pas un morceau qui se consomme distraitement : il demande une écoute nocturne, presque solitaire, là où les pensées deviennent plus lourdes et plus vraies.
Avec ce titre, Sara Diana affirme une identité artistique déjà singulière, capable de transformer ses émotions en matière sonore dense, mystérieuse et profondément habitée. Is That Blood? n’apporte pas de réponses claires. Il pose une question dérangeante, sensuelle, presque dangereuse — et c’est précisément pour cela qu’on y revient.
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janvier 7, 2026Avec Mission, ABSYTE ne prend pas la parole : elle la revendique, la sculpte et la retourne contre notre confort.
Dès les premières secondes, Mission ne laisse aucune échappatoire. Le morceau s’installe comme une marche lente, presque solennelle, où chaque son semble pesé, pensé, chargé d’intention. ABSYTE ne joue pas à l’artiste engagée : elle est une rappeuse consciente de son rôle, de son héritage et de la violence symbolique de l’époque qu’elle décrit. Sa voix ne cherche pas à séduire, elle cherche à atteindre. Elle frappe par sa clarté, par sa retenue, par cette manière d’avancer sans jamais hausser le ton inutilement.
Ce qui impressionne d’emblée, c’est la maîtrise du cadre. Mission se déploie dans un espace hybride, à la croisée du hip-hop conscient, du free jazz et d’une écriture presque cinématographique. Les arrangements respirent, laissent passer des silences qui en disent parfois plus long que les mots. La musique ne sert pas le texte : elle dialogue avec lui, le provoque, l’accompagne dans ses zones d’ombre.
La présence de Reg Wyns ajoute une dimension supplémentaire au morceau. Sa voix, grave et habitée, agit comme un écho, un rappel, presque une conscience parallèle. Ensemble, ils construisent un récit qui dépasse l’individu. ABSYTE parle de société, de fractures raciales, de rapports de pouvoir, de survie économique, mais sans jamais tomber dans le prêche. Elle observe, elle nomme, elle met en tension. Le propos reste frontal, parfois inconfortable, toujours nécessaire.
Il y a chez ABSYTE une filiation assumée avec une tradition d’artistes pour qui la musique est un acte politique au sens noble. On pense à Nina Simone pour cette façon de transformer la colère en élégance grave, ou à James Baldwin pour cette lucidité sans anesthésie. Mais Mission n’est pas un hommage figé : c’est une œuvre ancrée dans le présent, consciente de la confusion actuelle, de l’urgence et de l’usure morale qui traverse nos sociétés.
Ce qui rend le morceau particulièrement fort, c’est son refus de conclure. ABSYTE ne propose pas de solution miracle, elle pose une question centrale et laisse l’auditeur face à sa responsabilité. Peut-on réellement dépasser les divisions qui nous traversent ? Peut-on choisir la paix sans d’abord accepter de regarder la violence en face ? Mission ne rassure pas, elle accompagne dans l’inconfort, et c’est précisément là que réside sa puissance.
À l’heure où beaucoup de titres engagés se contentent de slogans, ABSYTE signe une pièce dense, exigeante, profondément habitée. Mission rappelle que le rap, lorsqu’il est porté par une rappeuse qui pense autant qu’elle écrit, peut encore être un espace de réflexion, de résistance et de beauté brute. Une œuvre qui ne s’oublie pas une fois terminée, mais qui continue de résonner, longtemps, comme une question ouverte.
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janvier 7, 2026Dans Lines In The Stars, ShineN ne regarde pas le ciel pour rêver, mais pour vérifier si le destin a vraiment laissé des traces visibles.
Il y a des morceaux qui s’ouvrent comme une confession murmurée à voix trop haute. Lines In The Stars fait partie de ceux-là. Dès les premières secondes, on comprend que ShineN n’est pas venu chercher l’approbation ni la pose. Il s’installe dans un entre-deux fragile, quelque part entre cloud hop embrumé et emo hip-hop à fleur de peau, et il y reste, sans chercher d’issue facile. Le morceau avance comme une pensée obsessionnelle, répétée jusqu’à devenir vérité provisoire.
La production est aérienne, presque diaphane, mais jamais vide. Les nappes flottent, les percussions restent en retrait, comme si tout avait été pensé pour laisser la place à l’émotion brute. L’autotune, loin d’être un gimmick, agit ici comme un filtre émotionnel : il étire la voix, la rend irréelle, presque fantomatique. ShineN ne chante pas pour impressionner, il chante pour survivre à ce qu’il raconte. Et ça s’entend.
Ce qui frappe, c’est cette manière de transformer le doute en matière musicale. Lines In The Stars parle de destin, de trajectoires qu’on croit écrites, puis qu’on remet en question à force de blessures et de nuits trop longues. Le morceau ne cherche jamais la punchline définitive. Il préfère l’ambiguïté, les phrases suspendues, les sentiments inachevés. On sent un artiste qui écrit comme on tient un journal intime, sans se soucier de savoir si tout est parfaitement aligné.
Il y a dans ce titre une solitude très contemporaine. Celle des écrans, des relations floues, des ambitions trop grandes pour des épaules encore en construction. ShineN capte cet état avec une sincérité désarmante. Sa voix semble parfois prête à se briser, mais elle tient, toujours. Comme si le morceau lui-même servait de béquille émotionnelle.
Musicalement, Lines In The Stars s’inscrit dans cette nouvelle vague alternative hip-hop qui préfère la sensation à la démonstration. On pense à ces morceaux qu’on écoute seul, casque vissé sur la tête, en laissant défiler la ville ou le plafond de sa chambre. Ce n’est pas une musique de foule, c’est une musique de face-à-face.
Au final, Lines In The Stars donne l’impression d’un premier pas conscient. Pas encore totalement assuré, mais déjà habité par une vision claire : celle d’un artiste qui comprend que la vulnérabilité est une force, surtout quand elle est mise en musique avec autant de retenue. ShineN ne promet rien, il expose. Et c’est précisément ce qui rend ce morceau aussi accrocheur que troublant.
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janvier 7, 2026Quand Retrograde s’enclenche, Yung St4k ne cherche pas à avancer coûte que coûte : il accepte le recul, l’introspection, et transforme le mouvement inverse en groove lumineux.
Il y a des morceaux qui donnent envie de danser, et d’autres qui obligent à penser en même temps que le corps bouge. Retrograde appartient clairement à cette seconde catégorie. Yung St4k y pose une afro-fusion élégante, patiente, presque méditative, comme si le temps s’était légèrement déréglé pour mieux laisser remonter les émotions enfouies. Ici, le titre n’est pas un gadget cosmique : il annonce une posture. Revenir en arrière pour comprendre ce qui cloche, ce qui manque, ce qui insiste.
La production joue sur une douceur trompeuse. Les percussions afro-pop sont là, bien ancrées, mais elles ne cherchent jamais l’euphorie immédiate. Le rythme avance avec une nonchalance maîtrisée, laissant respirer les silences, les textures, les micro-variations. On sent une influence nigériane évidente, mais filtrée par une écriture plus introspective, presque nocturne. Retrograde ne s’impose pas : il s’insinue, comme une pensée persistante qu’on n’arrive pas à chasser.
La voix de Yung St4k est au centre du dispositif, mais sans domination. Elle glisse sur l’instrumentale avec une sincérité désarmante, oscillant entre fragilité et assurance contenue. Il y a dans son timbre quelque chose de résolument moderne, mais aussi une chaleur presque old-school, comme si l’afro-fusion servait ici de refuge émotionnel plutôt que de terrain de démonstration. Le chant ne cherche pas la performance, il cherche la justesse.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont le morceau traite le doute. Retrograde parle d’amour, de relations, de moments où tout semble aller à l’envers, mais sans jamais sombrer dans la plainte. Le recul devient un espace de lucidité. Le groove, lui, agit comme un fil conducteur, empêchant la mélancolie de s’effondrer sur elle-même. On danse, oui, mais avec un poids dans la poitrine, un sourire un peu en biais.
Dans le paysage afro-fusion actuel, souvent saturé de morceaux calibrés pour l’instantanéité, Yung St4k prend le contre-pied. Il propose une musique qui accepte la lenteur, la nuance, la contradiction. Retrograde est pensé pour les fins de soirée, les trajets solitaires, ces moments où la musique devient un miroir plutôt qu’un exutoire.
Plus qu’un simple single, Retrograde ressemble à une déclaration d’intention : celle d’un artiste qui comprend que le futur de l’afro-fusion passe aussi par l’intime, par l’acceptation des zones d’ombre. Un morceau qui recule pour mieux toucher juste, et qui prouve que parfois, aller à l’envers est la seule façon d’avancer.
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janvier 7, 2026Dans City Rhythms, la ville ne sert pas de décor : elle devient une respiration, un flux continu où chaque pas, chaque regard, chaque silence compte autant que le beat.
Impossible d’écouter City Rhythms sans sentir le bitume vibrer sous les semelles. Tipinn signe ici un morceau qui ne raconte pas la ville de l’extérieur, mais depuis l’intérieur, là où les émotions se fondent dans le bruit ambiant, là où la routine quotidienne finit par dessiner une forme de poésie involontaire. Ce n’est pas un hymne tapageur ni une carte postale électro-pop : c’est une dérive douce, presque contemplative, au cœur du mouvement permanent.
Dès l’introduction, la production choisit la retenue. Les textures synthétiques sont lisses, chaleureuses, jamais envahissantes. Le groove avance avec une élégance feutrée, comme un métro aérien glissant au-dessus de la ville à l’heure bleue. La dance pop ici ne cherche pas l’explosion : elle privilégie la constance, la sensation de trajectoire. On est plus proche d’une marche nocturne que d’un dancefloor surchauffé.
La voix s’inscrit dans cette logique d’équilibre. Elle ne surplombe pas la production, elle s’y fond. Elle évoque sans insister, suggère sans appuyer. On y entend une forme de nostalgie douce, celle des villes qu’on traverse chaque jour sans vraiment les regarder, jusqu’à ce qu’un détail – une lumière, un visage, un souvenir – vienne fissurer la mécanique. City Rhythms parle précisément de ces instants : quand le chaos urbain devient étrangement intime.
Ce qui frappe surtout, c’est la sensation de continuité. Le morceau ne fonctionne pas par pics émotionnels mais par glissement progressif. Chaque élément semble pensé pour accompagner le mouvement : les basses rondes, les nappes synthétiques légèrement brumeuses, la rythmique qui pulse sans jamais presser. Tipinn maîtrise l’art du tempo émotionnel, ce point fragile où la musique reste accessible tout en conservant une profondeur discrète.
Il y a aussi, en filigrane, cette idée fascinante de frontière floue entre humain et machine. City Rhythms ne cherche pas à cacher son ADN électronique, au contraire : il l’embrasse comme une extension naturelle de nos vies modernes. Ici, la technologie ne déshumanise pas ; elle amplifie la sensation, elle traduit le rythme invisible qui relie les corps, les rues et les pensées.
À la fin, le morceau laisse une impression rare : celle d’avoir accompagné quelque chose plutôt que de l’avoir consommé. City Rhythms ne s’impose pas, il s’installe. Il s’écoute en marchant, en regardant défiler la ville derrière une vitre, ou simplement en laissant les souvenirs urbains remonter à la surface. Une musique de mouvement intérieur, façonnée pour celles et ceux qui trouvent, dans le bruit des villes, une forme inattendue de calme.
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janvier 7, 2026Quand Ne Güzel Şarkı Bodrum résonne, le soleil ne se couche pas vraiment : il s’étire dans la mémoire, quelque part entre la mer Égée et une pop mélancolique qui refuse de se taire.
Il y a des morceaux qui sentent un lieu précis sans jamais tomber dans la carte postale. Ne Güzel Şarkı Bodrum fait partie de ceux-là. Dès les premières secondes, yürümeyen merdiven ne décrit pas Bodrum : il l’infuse. La chanson avance comme une fin de journée suspendue, quand la lumière devient plus douce, que les conversations ralentissent et que le temps semble négocier un sursis. Ce n’est pas une célébration bruyante, mais une déclaration intime, presque murmurée.
Musicalement, le morceau navigue entre pop rock indie et effluves méditerranéennes, sans jamais chercher à cocher des cases folkloriques. La guitare est claire, légèrement nostalgique, posée comme une main sur l’épaule. La rythmique, elle, préfère l’élan souple au martèlement : elle laisse respirer la mélodie, lui donne l’espace nécessaire pour s’installer durablement. On sent une écriture pensée dans l’instant, façonnée par un coucher de soleil réel, mais travaillée avec suffisamment de recul pour éviter l’anecdote.
La voix, chantée en turc, agit comme un instrument émotionnel à part entière. Même sans saisir chaque mot, quelque chose passe, immédiatement. Une chaleur retenue, un sourire qui se dessine sans prévenir, puis cette pointe de mélancolie typique des moments heureux dont on sait déjà qu’ils ne dureront pas. C’est là que Ne Güzel Şarkı Bodrum frappe juste : dans cette capacité à transformer un souvenir local en sensation universelle.
yürümeyen merdiven ne force jamais l’émotion. Le groupe préfère la suggestion, l’élégance discrète. Chaque arrangement semble guidé par une idée simple : ne pas rompre le charme. Rien n’est superflu. Les influences world et latines se glissent subtilement dans les harmonies, comme une brise chaude venue du large, sans jamais détourner la chanson de son cœur pop.
À l’écoute, le morceau agit comme une parenthèse. On n’est pas invité à danser frénétiquement, ni à analyser chaque mesure. On est invité à rester. À s’asseoir un instant, à regarder le ciel changer de couleur, à accepter que certaines chansons existent surtout pour accompagner des instants précis de la vie. Ne Güzel Şarkı Bodrum est de celles-là : une chanson qui n’avance pas à toute vitesse, mais qui, paradoxalement, continue de marcher longtemps après la dernière note.
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janvier 7, 2026Sur 868 Vibe, Regula Jo fait du code téléphonique de Trinidad un battement cardiaque, une onde nocturne où la fierté locale danse avec l’ambition globale.
Il y a des morceaux qui sentent le sable chaud et la nuit humide, même lorsqu’on les écoute à des milliers de kilomètres. 868 Vibe fait partie de ceux-là. Dès les premières secondes, quelque chose s’installe : une sensation de lente montée, comme si la mer respirait au rythme des basses. Regula Jo ne débarque pas en conquérant tapageur, il avance avec assurance, porté par une élégance presque nonchalante. La vibe est là, oui, mais elle est travaillée, pensée, ciselée.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette capacité à capter l’énergie nocturne sans jamais la caricaturer. 868 Vibe n’est pas une carte postale afro-pop, c’est un instant volé. On y entend les rues de San Fernando après minuit, les conversations étouffées, les rêves qui prennent forme entre deux verres et trois silences. La production épouse cette atmosphère : les percussions afro-fusion roulent sans précipitation, les mélodies glissent comme une brise chaude, et la voix s’installe au centre, calme mais déterminée.
Regula Jo chante la résilience sans la brandir comme un slogan. Ici, la fierté locale ne se crie pas, elle se vit. Le fameux “868” n’est pas qu’un indicatif téléphonique, c’est une signature, un marqueur identitaire transformé en mantra. On sent l’envie de dépasser le bruit, de s’extraire du chaos ambiant, sans jamais renier l’endroit d’où tout part. Cette tension entre racines et projection vers l’ailleurs donne au morceau une profondeur inattendue.
Musicalement, 868 Vibe joue sur l’équilibre. Le groove est suffisamment souple pour inviter au lâcher-prise, mais assez tendu pour maintenir l’attention. Chaque élément semble à sa place, sans surcharge. Regula Jo maîtrise l’art de la retenue, laissant respirer ses phrases, comme s’il savait que la confiance naît parfois du silence autant que du son. Cette économie de moyens rend le morceau addictif : on y revient pour retrouver cette sensation de flottement contrôlé.
Plus qu’un simple titre afrobeats, 868 Vibe agit comme une passerelle. Il relie Trinidad au reste du monde, non pas en gommant ses aspérités, mais en les mettant en valeur. Regula Jo y affirme une voix singulière, capable de transformer une histoire locale en pulsation universelle. Et quand le morceau s’éteint, il laisse derrière lui une certitude douce : certaines vibrations n’ont pas besoin de frontières pour se faire entendre.
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janvier 7, 2026Avec Bravo, Johnson Gucci ne rappe pas seulement sur une prod drill : il grave une langue, un territoire et une tension intérieure dans le béton du morceau.
La première sensation n’est pas sonore, elle est physique. Bravo arrive comme une pression dans la poitrine, un battement trop lourd pour être ignoré. On pourrait croire à un instrumental de drill parmi d’autres, calibré pour les playlists, mais très vite une évidence surgit : quelque chose parle, et cette voix-là ne cherche pas à plaire. Elle affirme. Le portugais surgit comme une matière brute, une langue qui ne s’excuse pas d’exister et qui transforme instantanément la structure du morceau.
Johnson Gucci ne joue pas la carte de l’esbroufe. Son rap est droit, presque austère, comme s’il refusait toute fioriture inutile. Chaque phrase semble pesée, posée avec une conscience aiguë du silence autour. La drill, ici, n’est pas hystérique. Elle avance à pas lents, lourds, déterminés. Les basses s’étalent sans urgence, laissant la voix s’inscrire dans les interstices. Cette retenue crée une tension permanente : on sent que tout peut basculer, mais rien n’explose. Et c’est précisément ce calme contrôlé qui rend Bravo si dense.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le portugais devient un outil rythmique à part entière. Les consonnes claquent, les voyelles s’étirent, le flow épouse la prod sans jamais s’y soumettre. Johnson Gucci ne traduit pas son vécu pour le rendre accessible ; il l’impose tel quel. Ce choix donne au morceau une profondeur presque politique : affirmer sa langue dans un genre mondialisé, c’est refuser l’effacement. La drill devient alors un terrain de reconquête identitaire.
À l’écoute, on pense à ces villes qui ne dorment jamais vraiment, à ces nuits où l’on marche sans destination précise, lesté de pensées trop lourdes. Bravo évoque cette réalité-là : une existence en équilibre entre lucidité et colère contenue. Il n’y a pas de storytelling explicite, mais tout est suggéré. Les respirations, les silences, les regards qu’on devine derrière la voix. Johnson Gucci ne raconte pas, il laisse ressentir.
Le morceau gagne aussi par sa dimension presque cinématographique. On visualise des plans fixes, des rues éclairées au néon, une solitude habitée. La drill n’est plus seulement un genre, elle devient un décor mental. Et quand le titre s’achève, il laisse derrière lui un étrange sentiment : celui d’avoir été témoin de quelque chose de très intime, sans jamais y avoir été invité.
Bravo n’est pas un coup d’éclat. C’est un ancrage. Un morceau qui ne cherche pas le consensus mais la cohérence. Johnson Gucci y affirme une voix, une langue, une posture. Et surtout, il rappelle une chose essentielle : parfois, la musique la plus puissante est celle qui ne crie pas, mais qui tient debout, immobile, face au monde.
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janvier 7, 2026Trois minutes pour rembobiner une année entière de hip-hop, sans montage, sans filet, juste la mémoire, la plume et le sens du timing.
Il y a des morceaux qui documentent une époque, et d’autres qui la dissèquent. 2025 Rap Up (Jog Y’all Memory) appartient clairement à la seconde catégorie. Showrocka ne se contente pas de faire le bilan de l’année : il la passe au microscope, ligne par ligne, référence par référence, avec cette précision chirurgicale que seuls les vrais obsédés du verbe savent manier. Ici, pas de posture nostalgique ni de clin d’œil paresseux. C’est un exercice de haute voltige, assumé comme tel, où chaque seconde compte.
Le choix du boom bap n’est pas anodin. La production agit comme une colonne vertébrale classique, presque scolaire dans le bon sens du terme, laissant tout l’espace nécessaire à la voix. Showrocka s’y engouffre avec un flow dense, compact, qui refuse les respirations inutiles. On sent l’héritage de la tradition du “Rap Up”, mais surtout la volonté de prouver que cet héritage peut encore être vivant, mordant, actuel. Le morceau avance comme un train lancé à pleine vitesse, chaque wagon chargé d’événements, de clashs, de moments absurdes ou marquants de l’année.
Ce qui impressionne, au-delà de la performance technique, c’est la clarté du propos. 2025 Rap Up (Jog Y’all Memory) n’est pas un simple empilement de noms et de faits. Showrocka hiérarchise, commente, ironise. Il capte l’air du temps, les contradictions du rap contemporain, ses excès comme ses fulgurances. Le ton oscille entre humour sec et lucidité presque professorale, sans jamais tomber dans la leçon condescendante. On écoute, on sourit, puis on hoche la tête en se disant que oui, tout ça est déjà derrière nous, et pourtant encore brûlant.
Il y a aussi quelque chose de profondément conscient dans ce morceau. Derrière le jeu de mémoire et la démonstration de skill, Showrocka rappelle ce que le rap peut être quand il prend le temps de regarder son propre reflet. Un art de l’archive orale, une manière de fixer le présent avant qu’il ne se dissolve dans le flux incessant des sorties et des tendances. Le titre devient alors un acte de résistance douce : refuser l’oubli rapide, refuser la superficialité.
Avec 2025 Rap Up (Jog Y’all Memory), Showrocka s’inscrit dans une lignée exigeante, mais surtout, il affirme sa légitimité. Ce n’est pas un hommage, ni une imitation. C’est une prise de parole ferme, maîtrisée, qui rappelle que le rap est aussi une affaire de mémoire, de transmission et de précision. Un morceau qui se réécoute comme on feuillette un carnet de notes griffonné à toute vitesse, mais pensé avec une rigueur implacable.
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janvier 7, 2026Deux pièces comme deux miroirs fêlés : l’un reflète la peur brute, l’autre la conscience qui observe le chaos sans cligner des yeux.
Dark Prinz n’annonce pas, il surgit. Avec Nightmarish et Dark Prinz Intro II, il ne cherche pas à séduire ni à installer un décor rassurant : il ouvre une porte et laisse entrer l’obscurité telle qu’elle vient, sans mise en scène superflue. Ces deux titres fonctionnent comme un diptyque mental, une descente et son commentaire intérieur, la pulsion d’un côté, la lucidité de l’autre.
Nightmarish porte bien son nom. Le morceau agit comme un rêve fiévreux dont on ne se réveille pas vraiment. La production trap est lourde, presque suffocante, bâtie sur des basses épaisses et des textures sombres qui semblent ramper sous la voix. Dark Prinz y adopte un flow tranchant, parfois haché, comme si chaque phrase devait se frayer un passage dans un tunnel trop étroit. Ici, la peur n’est pas décorative : elle est intérieure, psychologique, intime. On sent l’influence du rap horrifique et du trap le plus noir, mais sans caricature. Rien de gothique pour le style : c’est la sensation qui compte. Nightmarish n’est pas un morceau qu’on écoute distraitement, c’est un état dans lequel on entre, un battement de cœur accéléré qui ne retombe pas.
En miroir, Dark Prinz Intro II change de posture sans perdre l’intensité. Plus introspectif, plus conscient, le titre se présente comme une prise de parole frontale, presque un manifeste. La rythmique se fait plus posée, laissant respirer le texte. Dark Prinz y explore une autre facette de son écriture : moins dans l’agression sonore, plus dans l’analyse de soi, du monde, du rôle qu’il occupe dans ce paysage rap saturé de masques. On sent une volonté de poser les bases, de rappeler que derrière l’esthétique sombre, il y a une pensée, une observation lucide des mécanismes sociaux et personnels qui nourrissent cette noirceur.
Ce qui frappe dans cet ensemble, c’est la cohérence émotionnelle. Les deux morceaux ne se ressemblent pas, mais ils se répondent. Nightmarish est l’expérience brute, viscérale, presque incontrôlable. Dark Prinz Intro II est le recul, la voix qui regarde cette expérience et tente de lui donner un sens. Peu d’artistes trap prennent le temps de cette articulation entre chaos et conscience. Dark Prinz, lui, semble y trouver sa colonne vertébrale.
Avec ces deux titres, il ne cherche pas à plaire à tout le monde. Il trace un territoire. Un espace sombre, mental, parfois inconfortable, mais habité. Et surtout, un espace où la trap n’est pas qu’une esthétique, mais un langage pour dire ce qui dérange, ce qui obsède, ce qui revient quand la nuit refuse de se taire.
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janvier 7, 2026Sur harm some, xplicit ne joue pas au gangster ni au poète : il expose une pulsion, la laisse respirer, et force l’auditeur à regarder ce que la musique tait d’habitude.
Il y a des morceaux qui cherchent l’impact. harm some cherche le malaise. Et c’est précisément là que xplicit frappe juste. Pas de storytelling bien rangé, pas de morale emballée en fin de couplet. Ce titre fonctionne comme une pensée intrusive mise en boucle, une voix intérieure qu’on n’ose pas toujours nommer, encore moins partager. xplicit ne raconte pas la violence : il la laisse exister, à l’état brut, inconfortable, ambiguë, presque dérangeante dans sa sincérité.
Dès les premières secondes, le climat est posé. Une production sombre, tendue, presque claustrophobe, où l’influence grime se mêle à une trap râpeuse, héritée autant de la côte Ouest que d’une culture plus européenne du chaos sonore. Le beat n’écrase pas, il ronge. Il tourne comme une obsession, laissant peu d’espace à l’évasion. Ici, le rythme n’est pas festif, il est mental.
La voix de xplicit arrive comme une entaille. Son flow est volontairement frontal, parfois presque théâtral, héritage assumé de ses influences rock et opératiques qu’il détourne pour nourrir une forme de rap expressionniste. On sent l’ego, oui, mais un ego fissuré, conscient de ses propres excès. Ce n’est pas la posture d’un rappeur qui se proclame invincible, c’est celle d’un artiste qui sait que la démesure est souvent une armure fragile.
Ce qui rend harm some singulier, c’est son refus de désigner une cible claire. La violence reste flottante, presque abstraite. « Someone », « someone today » : la menace change de visage, comme une émotion qui se déplace selon l’humeur, le contexte, la fatigue. xplicit ne glorifie pas l’acte, il explore l’envie. La nuance est essentielle. On est loin d’un fantasme de domination ; on est dans l’exposition d’une pulsion honteuse, humaine, incontrôlable.
Techniquement, le morceau joue sur la répétition et la tension. Peu de variations mélodiques, mais une intensité qui monte par micro-détails : inflexions vocales, silences pesants, respirations laissées intactes. Ce minimalisme renforce le propos. harm some ne cherche pas à séduire, il cherche à confronter.
Dans un paysage rap souvent saturé de certitudes, xplicit ose l’instabilité. Il accepte de ne pas être aimable, de ne pas être clair, de ne pas être rassurant. Et c’est précisément ce qui rend ce titre intéressant. harm some n’est pas un single confortable, mais c’est un morceau nécessaire : un rappel que le rap reste un espace où les zones d’ombre peuvent encore s’exprimer sans filtre.
xplicit signe ici moins une provocation qu’un aveu. Et dans ce face-à-face brutal entre ego, rage et lucidité, il pose une question simple, presque dérangeante : que fait-on de ce qui nous traverse quand on ne peut pas l’excuser ?
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janvier 7, 2026La Playlist Fourre-tout #8, c’est le chaos bienveillant dont on avait besoin. Un grand mélange sans règles, sans étiquettes, juste des sons qui se croisent, s’entrechoquent et finissent par réchauffer l’atmosphère. Ici, tu peux passer d’un frisson doux à un kick frontal sans prévenir — et c’est exactement le but.
C’est la playlist des détours, des écoutes impulsives, de ceux qui aiment ne pas savoir ce qui arrive après. Tu lances, tu laisses défiler, tu te fais surprendre. Fourre-tout #8, c’est le plaisir brut de l’imprévu.
Neybii S – Dans l’seum
Cute Prinz – Love story number 1
Midlife Madness – Every Time I Smudge I Think of You
Cotton Duck – In My Head
Clapper the Rapper – PT Cruiser
RICCIO – Fou de toi
OminousyL – The Calling
Jay – Graveyard (feat. Seeking Room)
DBig-Rem – Be Mindful
Jamzylion – The gods
Mb-rak – My Real Gee
Signed XO – Paris Flows
Akmovie – Inteligencia Humana
Pretty Dealer x nojusts – Tu favorito
ElDon delGun – Quiere Perreo
GAMS – VALLÉE CÉLESTE
Crusy, Jem Cooke – Good To Go
Coast LoCastro x Johnny Slash x Apathy x Lil dee – Mean While In Gotham prod. by Johnny Slash
ray rogerss – Call Me If You Need Me
Nathan Fake – Bialystok
Ember13th – Noise
Swim Swim Naked – Hold Tight
Giffy Pluggo – Mortgage
Vic Da Baron – Gotham City
Regula Jo – Cost Of Lead
Money Mo x Killbunk – Waiting 4 Love
Daitin Skyler – Mi Voz Es Mi Fusil
Khern$ – Trippin’
Marllie – Hills on Hills
Steve Nguyen x GaetDown – Antigua
Phree Direxion – Philemon Bar
Bimbly – The_One (Limp Bizkit Cover)
Craze & Haze – Salvaje
sawcy – neo house
Phree Direxion – Philemon Bar
Dj SirYoda – UNIVERSAL
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janvier 6, 2026Entre spleen nocturne et cinéma intérieur, Darkness & Soul transforme les failles en matière vivante et rappelle que l’obscurité n’est jamais l’ennemie, seulement un langage qu’on n’ose pas toujours écouter.
Il y a des disques qui s’imposent par le volume, d’autres par la vitesse. Darkness & Soul, lui, s’impose par le silence qu’il creuse. Callie Joy Porter ne signe pas simplement un premier grand geste artistique, elle ouvre un espace. Un endroit mental, feutré, parfois inconfortable, où chaque émotion est autorisée à exister sans justification. Ce n’est pas un album qui cherche l’adhésion immédiate : il demande qu’on s’y installe, qu’on ralentisse, qu’on accepte de regarder ce qui tremble à l’intérieur.
Dès Darkness, le décor est posé. La voix flotte, presque fragile, comme si elle avançait à tâtons dans une pièce sans lumière. La production, cinématographique sans jamais devenir démonstrative, laisse respirer les silences. Ce morceau agit comme une porte entrouverte : on comprend immédiatement que l’album ne cherchera pas à embellir la nuit, mais à l’habiter.
Claim to Know You introduit une tension plus relationnelle. Les arrangements gagnent en densité, la mélodie se fait plus affirmée, mais la blessure reste au centre. Callie Joy Porter y questionne la fausse proximité, ces liens qu’on croit connaître mais qui reposent sur des projections. Le morceau avance comme une confrontation douce, presque polie, mais profondément lucide.
Avec After All, l’album bascule vers quelque chose de plus introspectif encore. Le titre respire le doute, cette fatigue mentale qui suit les grandes prises de conscience. La voix semble se dédoubler, comme si plusieurs versions de soi tentaient de cohabiter dans la même phrase. C’est un morceau suspendu, qui refuse toute résolution facile.
Back Around marque un léger mouvement circulaire. On y sent l’idée du retour, des schémas qui se répètent, des émotions qu’on croyait dépassées. La production joue sur des textures plus organiques, presque bluesy, donnant au morceau une chaleur paradoxale au cœur de son mélancolique constat.
Puis arrive I’m Happy Now, titre volontairement ambigu. Derrière cette affirmation se cache une fragilité à peine voilée. Le morceau ne clame pas le bonheur, il le teste. Musicalement plus accessible, presque lumineux, il agit comme un sourire esquissé devant le miroir, encore incertain.
Turbo surprend par son énergie contenue. Plus rythmique, plus pulsée, la chanson introduit une tension corporelle, comme si l’émotion cherchait enfin une issue physique. C’est l’un des morceaux les plus cinétiques de l’album, sans jamais trahir son atmosphère sombre.
Avec Booktok, Callie Joy Porter brouille encore les pistes. Le morceau joue sur l’imaginaire, la narration, presque la performance. Long, hypnotique, il donne l’impression de feuilleter un journal intime à voix haute, où chaque page révèle une nouvelle couche de vulnérabilité.
Enfin, Release – Unplugged clôt l’album dans un dépouillement total. La voix est nue, presque tremblante. Plus de décor, plus de filtre. Juste l’essentiel. Ce dernier morceau agit comme un relâchement, non pas une guérison, mais une acceptation. Celle que l’ombre et l’âme avancent ensemble.
Darkness & Soul n’est pas un disque qui cherche à plaire. C’est un album qui cherche à dire vrai. Callie Joy Porter y transforme l’imposture, la peur et le doute en une matière artistique cohérente, intime et profondément humaine. Un disque qui ne promet pas la lumière, mais apprend à voir dans le noir.
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janvier 6, 2026Sous le ciel instable de Melbourne, HMAS CERBERUS résonne comme un aveu lancé trop tard, une chanson qui ose danser avec les cicatrices sans jamais leur demander pardon.
Il y a dans HMAS CERBERUS cette sensation rare d’entendre un morceau qui ne cherche ni à séduire ni à expliquer, mais à dire. Dire frontalement. Dire sans filtre. Reetoxa s’inscrit ici dans la grande lignée du rock australien des années 90, celui qui sent la bière tiède, la sueur et les silences lourds, tout en lui injectant une urgence contemporaine. Le titre claque comme un nom de code, presque militaire, mais ce qu’il cache n’a rien de stratégique : c’est de la chair, du vécu, et une mémoire qui refuse de se taire.
La chanson se construit comme une traversée mentale. On y sent l’ombre de la Navy, le poids des années passées sous uniforme, et surtout ce qui reste quand on a quitté le navire : l’alcool comme refuge, le PTSD comme colocataire invisible, et cette impression d’avoir raté quelque chose d’essentiel en chemin. HMAS CERBERUS ne romantise rien. Le morceau observe, constate, parfois accuse, mais toujours avec une honnêteté presque inconfortable.
Musicalement, Reetoxa joue sur un équilibre délicat. Les guitares rappellent le grunge et l’alternative rock des années 90, râpeuses sans être sales, mélodiques sans devenir complaisantes. La rythmique avance droit, presque dansante, créant un contraste troublant avec la gravité du propos. C’est là que le morceau devient fascinant : il invite le corps à bouger pendant que l’esprit encaisse. Une forme de catharsis collective, comme si la piste de danse devenait un exutoire temporaire pour des blessures qu’on ne soigne jamais vraiment.
La voix, elle, porte tout. On y entend la fatigue, mais aussi une lucidité tardive. Celle d’un homme qui regarde en arrière, dans un beer garden de Melbourne où les quatre saisons peuvent s’enchaîner en une journée, et qui comprend soudain d’où viennent certaines dérives. Le texte, d’une poésie brute, refuse les métaphores décoratives. Chaque phrase semble issue d’une mémoire précise, presque documentaire, ce qui donne au morceau une force émotionnelle rare dans le paysage rock actuel.
HMAS CERBERUS se distingue parce qu’il ose un sujet encore trop peu abordé frontalement dans la musique rock : les dégâts psychologiques de l’institution militaire, et la manière dont ils s’infiltrent dans la vie civile longtemps après la fin du service. Reetoxa ne propose pas de solution, pas de morale. Juste un miroir. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
Un titre profondément humain, brutal sans être cynique, qui prouve qu’on peut encore faire du rock engagé sans slogan, et transformer la douleur en mouvement. Une chanson qui reste longtemps après l’écoute, comme un grondement sourd sous la peau.
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janvier 6, 2026Artiste d’origine marocaine venue du Norvège, formée autant par les chœurs, le club et les bibliothèques de plugins que par les scènes de quartier, elle a la mémoire pleine de “premières fois” qui disent tout : Nina Simone comme déflagration initiale, flamenco hypnotique en CM1, premier morceau trop triste pour un anniversaire (évidemment en la mineur), un camp d’écriture XXL à 14 ans, Norwegian Idol comme douche froide, puis la reprise en main totale du studio — produire, éditer, décider.
Entre Trondheim, Londres sur écoute et quelques nuits américaines, elle écrit d’instinct, tord les progressions d’accords, refuse le formatage et protège sa santé mentale comme on protège une ligne mélodique. Conversation en mode madeleine : ses premières fois, une à une.
• La première chanson qui t’a émue ?Sinnerman – Nina Simone.
• Le premier·ère artiste dont tu as été fan ?Alicia Keys et Christina Aguilera — et Britney, bien sûr ! Avec ma sœur, on achetait ces compils “Hits for Kids” remplies de tubes de majors. J’ai aussi grandi avec beaucoup de musiques d’Afrique du Nord, Ida Kelarová et de la musique “gypsy” (ma mère en était fan). J’adore les musiques dites “du monde” (même si le terme est affreux) aux rythmes complexes et au chant très vocal. Je chantais souvent dans ma brosse à cheveux en dansant sur la table de la cuisine.
• La première chanson que tu as écrite ?Une chanson d’anniversaire en la mineur pour une amie. Elle a été choquée que je lui écrive (ou écrive tout court) une chanson… et qu’elle soit un peu triste pour son anniversaire. Ça en dit long sur mon catalogue.
• Le premier concert auquel tu as assisté ?Ma mère produisait une série de concerts “world music” dans ma ville, donc je ne suis pas sûre à 100 %. Mon premier souvenir vraiment marquant, c’est un artiste nommé Pitingo : j’étais en CM1, je crois. Le flamenco m’a complètement fascinée, toute cette émotion. Les choristes m’ont soufflée : tellement puissantes et monstrueusement techniques.
• La première scène que tu as faite ?Hors duos et chorales, je crois que c’était dans une MJC de ma ville, l’ISAK, à Trondheim. Je jouais de la guitare avec deux amis. J’ai revu des extraits… disons que je suis contente qu’on grandisse. Blague à part, c’était un moment génial à vivre — et à revoir.
• La première fois où tu t’es dit “OK, je suis une artiste” — où, avec qui, et qu’est-ce qui t’a traversé l’esprit ?Dans ma chambre, chez ma mère. Chambre… que j’ai lentement transformée en studio. J’écoutais le premier album d’Adele. J’aimais chaque titre et j’ai ressenti que je “devais” m’exprimer de la même manière. C’est de l’ordre du réflexe humain, un besoin, quelque chose de nécessaire à la paix intérieure et à la santé mentale — créer, je veux dire.
• La première opportunité musicale qui a changé ta vie d’artiste ?Mon premier voyage aux États-Unis pour travailler ma musique avec Bobby Icon, un type incroyablement bienveillant (aujourd’hui un ami). Je lui ai envoyé des démos ; il a pris beaucoup de temps pour m’aider à progresser et à trouver la bonne direction. Autre déclic : un grand camp d’écriture vers mes 14 ans. Je n’avais aucune idée d’où je mettais les pieds — jusque-là, j’écrivais avec ma guitare acoustique et le vieux Korg de ma mère. C’était ultra pro : on écrivait pour la K-pop et pour les gagnants d’Australian Idol, c’était le pitch.
• La première déception musicale ?Norwegian Idol m’est tout de suite venu en tête. Il m’a fallu du temps pour comprendre que c’est surtout un concours de popularité, pas vraiment de musique — et les réseaux n’ont rien arrangé. À 17 ans, réaliser que l’apparence pèse plus que l’artiste et la musicienne, c’était dévastateur. Ça me fend encore un peu le cœur.
• Le premier moment de studio qui t’a retourné le cerveau ?C’est très précis, mais j’ai été sidérée quand j’ai compris qu’on pouvait éditer les prises MIDI. Ça paraît bête maintenant, mais j’ignorais tout ce qu’on pouvait transformer et faire au studio.
• La première collaboration qui t’a bousculée — et ce que ça a changé ?Tout simplement écrire avec d’autres. Apprendre aux côtés d’auteurs et de producteurs meilleurs que moi (et à 14 ans, c’était la plupart) m’a façonnée comme autrice, et clairement comme chanteuse de studio. Ce n’est peut-être pas l’angle attendu, mais c’est ce qui m’est venu.
• La première critique qui t’a fait grandir — qu’as-tu changé ensuite ?À l’Académie norvégienne de musique, mes professeurs m’ont poussée à explorer de nouvelles façons d’écrire des enchaînements d’accords, à les étirer, les tordre. Ça m’a forcée à sortir du réflexe “pop” des quatre mêmes accords. Évident rétrospectivement, mais ça a tout changé musicalement.
• La première fois que tu as annulé quelque chose pour protéger ta santé mentale ?Je pense aux sessions en tant qu’artiste — surtout avec des producteurs hommes — où l’on me balayait. Ne pas être écoutée, entendre que mes idées “ne servaient pas le morceau” ou “n’étaient pas assez bonnes”… Aujourd’hui, je produis moi-même. Ça m’avait vraiment dégoûtée, épuisée, pour être honnête. Reprendre la main sur ma liberté créative, faire confiance à ma vision, ça a été très libérateur — et je ne suis pas une si mauvaise productrice.
• Le premier salaire dépensé “stupidement” (mais iconiquement) ?Ça peut sembler ennuyeux, mais je réinvestis tout en matériel. Et c’est très bien ! J’ai récemment acheté un Fender Rhodes MKII et un nouveau synthé.
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janvier 6, 2026Depuis Thuin, il façonne tout de ses mains (instru, prod, mix) puis invite une voix choisie comme on caste un premier rôle, pour que l’émotion colle au texte et au grain. .Indé jusqu’au bout des ongles, D.rime.all revendique l’artisanat contre la rumeur d’algorithmes : chez lui, les chanteuses sont bien réelles, recrutées, payées, dirigées, parce que chaque titre demande un timbre précis et une respiration vivante.
Les références se bousculent, mais la signature est ailleurs — dans le souci maniaque du détail, le goût du contraste (solaire/triste, club/confession), et cette façon de transformer une histoire vécue en refrain qui reste. On a parlé voix multiples, anti-IA, mélodies “à l’instinct” et futur plus dur au compteur.
1. Quand tu fermes ton DAW et que la pièce retombe au silence, qui reste-t-il de D.RIME.ALL ?
Quand je ferme mon DAW, je sors mon stylo et ma guitare. Je compose, j’écris, et surtout je prends soin de la santé et du bien-être des autres grâce à mon autre métier. D.rime.all, c’est du partage, des confidences, de l’émotion. C’est de la bienveillance, une oreille attentive, et un espace où chacun peut se reconnaître.
2. D’où viens-tu, quelle scène t’a formé, et quel moment précis a fait basculer ta pratique de “faire comme les autres” à “trouver ta propre règle du jeu” ?
À la base, je suis un gros fan de musique extrême. Certains styles de métal, le hardcore… j’en joue et j’en chante pour le plaisir. Mais j’aime aussi ce qui est symphonique, intense émotionnellement. Le truc, c’est que j’en écoute tellement que je n’avais pas envie d’en faire professionnellement. J’ai donc lâché prise, fermé les yeux, et suivi le feeling vers d’autres genres. Ça m’a explosé le cerveau… créer quelque chose que je ne maîtrisais pas encore, découvrir d’autres façons de bosser, de nouvelles textures sonores. J’envisage d’intégrer plus d’éléments “métal” dans certains morceaux.
3. Si tu devais expliquer ton univers sans nommer aucun genre, quelles images, matières, couleurs tu utiliserais ?
Définir mon style… compliqué. C’est juste moi, qui assemble impulsivement des choses à l’oreille. Je n’ai pas de genre précis. Si je devais résumer : électronique, onirique, intime, parce que je partage des histoires personnelles. En couleurs : blanc, rouge et noir. En matières : sable, soie, terre et feu.
4. Peux-tu nous donner trois références hors musique (film, livre, lieu) qui résument mieux ton son que n’importe quelle étiquette ?
Requiem for a Dream, Roméo + Juliette… et le bassin d’Arcachon.
5. Pourquoi des voix différentes, concrètement sur ton projet ?
Certaines voix collent mieux à certains textes ou à certaines émotions. Je cherche toujours celle qui portera le mieux le projet. Comme je suis encore peu connu, j’ai parfois essuyé des refus de voix incroyables, ou des limites financières. Mais j’ai plein de projets en gestation, et je sens que la suite va être géniale.
6. Raconte un morceau où tu as compris que “la bonne voix” n’était pas la tienne ni celle que tu utilisais d’habitude. Qu’est-ce qui a tranché : le timbre, l’accent, l’attaque des consonnes, la capacité à chuchoter ? Donne-nous un exemple précis de phrase ou de motif mélodique qui a changé de sens avec le bon interprète.
Parfois c’est une question d’accent, de souffle, de manière de reprendre une phrase, de prononciation… de feeling pur. J’ai recommencé sept fois mon titre Repaire à cause de soucis vocaux, et je n’en suis toujours pas satisfait. Je l’ai d’ailleurs retiré des plateformes. Je vais le recréer de A à Z : je déteste rester sur un échec.
7. Comment tu cherches et sélectionnes tes chanteuses : annonces, recommandations, plateformes pro ? Qu’écoutes-tu d’abord (diction, justesse, grain, personnalité) ? As-tu un protocole de test (plage d’octaves, ligne guide, prise live au casque) avant de valider ?
Je “recrute” les chanteuses sur des plateformes pro ou via les réseaux. Je commence par écouter le timbre, puis la justesse, puis la technique. Pour le reste, j’adapte avec divers plugin et mes traitements. On bosse ensuite sur un premier jet, en espérant que ce soit le bon, puisque la première prise est souvent payante.
8. À quoi ressemble ton brief (moodboard, références, texte annoté) ? Combien de prises tu demandes, comment tu gères les retakes, et à quel moment tu sais que “c’est la bonne” ? Un exemple où une proposition de la chanteuse t’a obligé à réécrire la topline ou l’arrangement.
Sur les sites pro, ce sont généralement les chanteuses qui définissent le nombre de prises. La plupart du temps, c’est une prise, avec éventuellement un second essai. Heureusement, je ressens assez vite qui peut coller à mon univers grâce aux extraits qu’elles exposent sur leur page. J’ai eu la chance de travailler avec cinq d’entre elles jusqu’ici.
9. Quelle part de la rumeur “voix IA” as-tu déjà dû gérer concrètement (commentaires, signalements, doutes de plateformes) ? Quelles traces tangibles tu laisses pour prouver l’humain (crédits, stems, b-roll studio, factures signées), et comment tu penses l’éthique de la transparence sans tuer le mystère artistique ?
J’utilise beaucoup de samples et les voix des chanteuses que je retravaille. Parfois, l’anti-IA de mon distributeur se trompe et je dois envoyer une vidéo de mon DAW en train de lire le projet pour prouver que c’est bien moi derrière la prod. C’est agaçant et amusant en même temps.
Je ne laisse aucune trace visible pour les autres : je n’ai pas le droit de mentionner les chanteuses si elles ne m’ont pas donné leur accord pour apparaître en featuring. Questions de tarifs, mais aussi de choix personnel pour certaines. J’espère pouvoir faire des feats officiels un jour.
10. Tu annonces 150–300€ par titre. Que couvre cette enveloppe exactement (temps de séance, préparation, retakes, harmonies) ? Comment tu adaptes le budget quand la demande s’élargit (choeurs, ad-libs, traductions) ? As-tu une politique minimale de rémunération et de crédit, et pourquoi y tiens-tu ?
Le budget moyen que j’indique correspond à une prise d’une chanteuse moyennement populaire. Certaines demandent plus de 800 euros !
J’aime pourtant faire travailler des artistes débutantes comme moi, parfois avec un potentiel vocal fou, plutôt que des chanteuses ultra-demandées. Je me limite à ce budget parce que ma seule rémunération pour l’instant, c’est le plaisir de partager et de créer. Je ne peux pas payer des sommes énormes pour la voix, malheureusement.
11. Quel type d’accord utilises-tu (cession d’interprétation, buyout, split mechanical/performance) ? Où et comment tu crédites les voix (DSP, clip, pochette, ISRC/ISWC) ? Une situation où des crédits mal renseignés t’ont coûté cher et ce que tu as mis en place depuis.
Pour les droits, c’est simple : je paie pour une utilisation libre de leur voix sur mes morceaux, avec 100 % des royalties pour moi. C’est ce qui justifie le prix d’une prise.
12. Tu dis ne pas avoir la “voix d’ange” attendue. Au-delà du timbre, qu’est-ce qui, selon toi, te dessert ou te libère quand tu chantes ? Imagines-tu des titres où ta voix sera présente, assumée comme “matière brute” au milieu d’autres timbres ?
Je ne chante pas encore assez juste, et ma voix est très marquée “métal”. J’aimerais m’investir plus vocalement dans le futur, peut-être en prenant des cours de chant. rire
13. Tu évoques deux morceaux avec la même chanteuse, par coup de foudre. Qu’est-ce qui a déclenché ce crush (attaque, souffle, attitude) ? Qu’as-tu modifié dans l’écriture et le mix pour lui faire plus de place ? À partir de quand un coup de cœur devient une collaboration récurrente… et un risque de signature trop reconnaissable ?
Pour cette collaboration-là… je sais même pas quoi dire. Elle était parfaite. Je lui ai proposé quatre textes, elle en a choisi deux, plus dix instrus. Tout s’est enclenché comme si tout avait été écrit pour elle. C’était magique.
14. Tu veux qu’on se dise “cette musique est bien, qui c’est ?”. Comment tu maintiens ce brouillard désiré tout en gardant un ADN reconnaissable (structures, basse, sound design, imagerie) ? Quels sont les trois éléments non négociables de ton son, même quand la voix change ?
Chaque morceau a sa personnalité. Selon les périodes, on peut sentir une influence électro-pop plus marquée, des touches de dubstep, ou juste une profondeur dans les textes de la mélancolie, de l’amour, de la poésie. C’est difficile de leur trouver des similitudes. Peut-être que d’autres musiciens y arriveront mieux que moi… je vous laisse analyser ça, les gars. rire
15. Comment tu fais dialoguer sémantique et timbre : écris-tu la mélodie en pensant déjà à un type de voix (fumée, claire, nasale), ou castes-tu après coup ? Un exemple où un mot, une consonne ou une langue t’a forcé à changer d’interprète.
Honnêtement, je crée les mélodies un peu “à l’instinct”. Je gratte quelque chose à la guitare, je transpose ça sur un synthé, et si ça me parle, ça finit dans le DAW. Parfois je pars d’une drum loop ou même juste d’un rythme que je tapote sur mon bureau en mode “waw, ça sonne trop bien !”. Ensuite j’ajoute des basses si ça manque de corps, puis je construis la mélodie principale par-dessus.
J’en ai déjà pondu plus d’une centaine… isolément, elles sonnent bien, mais dès que je les mets dans un morceau complet, j’ai souvent ce moment de lucidité un peu brutal : “ok, c’est nul, je ne peux pas sortir ça !”. Du coup j’en crée une nouvelle, et l’ancienne finit au placard.
Sauf qu’à force, le placard déborde, alors maintenant je fais l’inverse : je pars d’une mélodie existante et je construis les percussions autour.
Je ne suis pas un génie de la musique. Je suis quelqu’un de simple, avec des connaissances modestes, qui fait ce qu’il aime, qui se plante souvent… et qui réussit parfois.
16. Quand tu construis un instrumental, où laisses-tu volontairement des “vides” pour que l’interprète respire ? Parle de tes choix de compression parallèle, de saturation douce, de micro/chaîne préférée pour certains grains (détailler sans trahir de recettes si tu veux).
Il n’y a pas de recette magique. Je crée, puis je lâche l’affaire : “voilà mon job, maintenant j’y crois”. Je compose ce que j’aime et j’y associe un texte, ou alors je fais l’inverse : j’écris d’abord, puis je compose pour coller à l’atmosphère du texte.
Je n’adapte rien spécialement pour le chant. J’utilise parfois de l’autotune pour certaines chanteuses, du doublage vocal, je bosse l’égalisation, j’ajoute de la reverb, de la compression, je modifie l’attaque… Ça peut corriger des défauts, sublimer certains passages, ou donner une touche électronique tout en gardant un côté organique.
Je déteste les voix trop autotunées ou vocodées à outrance, ça tue la personnalité vocale. Mais c’est juste mon avis.
17. Comment tu dis “moins de vibrato”, “plus de poitrine”, “attaque plus sèche” sans casser l’élan d’une chanteuse ? As-tu des phrases, des images qui fonctionnent mieux que des consignes techniques pour obtenir la nuance voulue ?
Avec une chanteuse, c’est simple : je lui demande juste de ne pas me faire une Mariah Carey rire. Trop d’effets tue l’effet. Je suis ouvert, et ma seule vraie consigne c’est : “ne force rien, sois naturelle, ressens la chanson, laisse-toi porter, prends du plaisir”.
Bourrer un artiste de consignes, ça ne sert à rien. C’est frustrant pour eux, et de toute façon je ne suis pas chanteur, elles font ça mille fois mieux que moi.
18. Plusieurs voix sur disque : comment tu le défends sur scène ? Versions réarrangées, invités ponctuels, traitement live de ta voix, projections de stems a cappella ? Quelle part d’impro tu t’autorises pour que le public comprenne la main humaine derrière chaque choix ?
Je ne peux pas faire de scène pour le moment à cause de mes soucis de santé. Mais ça me plairait énormément ; c’est un rêve de gosse.
Si l’un de mes morceaux perce, j’inviterais la chanteuse à venir faire quelques lives avec moi, et je renégocierais les royalties pour la mettre officiellement en featuring. Elle l’aurait largement mérité.
Sinon, je me contenterais de jouer mes morceaux plus électro en mode DJ, grosse sono et ambiance totale.
19. Tu dis préférer les histoires et les discussions longues à la musique en fond. Quels podcasts, émissions, médias t’ouvrent des portes d’écriture en ce moment ? Comment tu transformes une idée entendue en motif mélodique ou en gimmick rythmique ?
J’adore échanger avec les gens, écouter leurs histoires. Parfois ça m’inspire un texte. Je peux partir d’un mot, d’une idée, ou de rien du tout.
Pour les mélodies c’est pareil : si on me parle d’une rupture en été, j’imagine quelqu’un seul sur une plage, au clair de lune, cœur brisé… et je essaie de ressentir l’iode, d’entendre les vagues, de capter l’émotion, puis de tout traduire en musique.
20. Prends ton dernier single : quelles étaient les trois contraintes de départ (tempo, tonalité, sensation corporelle) ? Quelle a été la toute première brique (kick, basse, motif synthé, texte) et la toute dernière modif avant export ?
Les seules contraintes que je voulais pour ce morceau, c’était quelque chose de solaire, entraînant, avec une voix plus lyrique que d’habitude. Je pense avoir réussi ça avec Solar Blade. Et si vous avez aimé ce titre, préparez-vous : je sors une grosse pépite vers février-mars, “Take My Heart Not My Ass”. Ça parle du manque de respect de certains hommes envers les femmes.
Pour celui-là, j’ai commencé par le texte, et j’ai fini par la voix. J’ai galéré dessus… je ne suis pas un pro de la masterisation, et j’ai chipoté des heures sur des micro-détails. Je n’en suis pas 100 % satisfait, mais c’est dans ma nature.
21. Raconte une piste abandonnée qui t’a appris quelque chose (mauvaise chanteuse pour le bon morceau, ou l’inverse). Que gardes-tu de ces erreurs dans ta check-list avant d’appeler une voix ?
Repaire fait partie des morceaux que j’ai retirés des plateformes ou mis de côté. Je vais le refaire, mais j’attends la bonne personne… ou alors je retravaille toute l’instru. Je verrai. Ce sera pour 2026.
Ce morceau m’a appris un truc : tout ne peut pas être parfait. Certains projets demandent énormément de travail pour un résultat qui paraît minime… mais quand on prend du recul, on se rend compte que ces résultats sont magnifiques, pour peu qu’on accepte de les apprécier.
C’était l’un de mes premiers morceaux. Il n’était pas parfait, il avait des parasites, du matériel cheap… c’est la vie.
22. Tu distingues IA outil et IA substitut. Où places-tu la limite acceptable (tuning, clone, prompt-to-voice) ? Quel cadre minimal tu souhaiterais voir imposé par les plateformes pour protéger les interprètes ?
L’IA doit rester un outil, pas un remplaçant. Elle peut aider un chanteur à écrire un texte, ou aider à masteriser un morceau créé par un artiste, mais si l’IA fabrique 100 % de la musique.. instru, voix, mastering… il n’y a plus de travail artistique.
Il est trop tard pour l’interdire. Mais je pense que les artistes doivent eux-mêmes limiter son usage, par respect pour le métier. Et les distributeurs devraient vérifier davantage, demander des vidéos des sessions DAW par exemple, pas à chaque release, mais régulièrement. Ça ferait déjà un tri.
Donc oui aux outils, non aux remplaçants. Il y a des gens qui bossent dur pour vivre de leur musique, et inonder l’industrie avec des tracks full IA faites sur Suno ou autres, ça finit par tuer les vrais artistes.
Pour un anniversaire, un cadeau, un délire perso, ok. Mais ne balancez pas ça sur les plateformes comme si vous étiez artistes… parce que vous ne l’êtes pas.
23. Sans dévoiler le calendrier, quel territoire sonore tu as envie d’explorer ensuite (tempo, textures, langues) ? Une collaboration idéale (profil, pas un nom) et ce que tu attends d’elle.
J’ai envie de partir sur un délire plus “hard” pour deux ou trois titres : grosses basses, sons hachés, ambiance indus, un mix entre dubstep et hardcore. Et en parallèle, faire d’autres morceaux chill, EDM, electro pop. Je fais un peu tout et son contraire. Me limiter à un genre me tuerait la créativité. Je sais que ça complique la création d’un album, parce que personne n’achèterait un disque mélangeant rap US, punk et musique traditionnelle mongole par exemple… mais tant pis. Moi, ça m’éclate.
Pour une collaboration rêvée : la chanteuse qui pose sa voix sur Ray of Solar (Swedish House Mafia) ou Poppy, sans hésiter.
24. Si tu avais trente secondes au début d’un concert pour dissiper le soupçon d’IA sans faire la morale, que dirais-tu — et que ferais-tu musicalement dans les 30 secondes suivantes pour le prouver ?
Si je fais un featuring officiel, je fais monter la chanteuse sur scène, et c’est parti !
25. Qu’aimerais-tu lire dans un mail de prise de contact parfait (démos, tessiture, contraintes) ? Quel est le meilleur signe que la collaboration sera fluide avant même la première prise ?
Idéalement, j’aimerais quelqu’un de simple et naturel. Pas une diva qui pense que tout lui est dû et que le morceau lui appartient.
J’adore les personnes bienveillantes, passionnées, avec de l’humour, de la légèreté et du professionnalisme.
26. Comment tu vas raconter tout ça sans ruiner la magie : posts, crédits, mini making-of ? Où mets-tu la limite entre nécessaire transparence et surexposition fatigante ?
Je fais le strict minimum, je ne vois pas quoi ajouter d’autre.
27. Si cette interview n’en laissait qu’une idée, ce serait laquelle : une conviction, une méthode, une sensation ?
Un artiste simple, passionné, sensible et naturel, sans doute. À vous de me le dire.
28. Un mot pour l’industrie qui fantasme l’IA, un mot pour les auditeurs pressés, un mot pour les interprètes avec qui tu veux bâtir un projet concret ?
La beauté de la musique, c’est qu’elle rapproche les gens. C’est une passion dévorante, un monde qu’il faut protéger. Pour moi, une vraie collaboration artistique, c’est comme concevoir un enfant avec quelqu’un qu’on aime : deux mondes qui se rencontrent, qui forment un tout unique, qu’on élève ensemble avec patience et bienveillance, jusqu’à ce qu’il atteigne son plein potentiel.
Ça demande du travail, parfois des concessions, mais ça en vaut chaque seconde.
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janvier 5, 2026Entre fièvre nocturne et mélancolie masquée, My Gyal Lost Her Mind transforme le chaos sentimental en énergie solaire, celle qui fait bouger les corps pendant que l’esprit doute encore.
La première sensation provoquée par My Gyal Lost Her Mind n’est pas la tristesse, mais le mouvement. Le morceau avance comme une nuit tropicale qui refuse de s’éteindre : tout y pulse, tout y rebondit, même quand le fond du propos parle de perte de contrôle, de tensions émotionnelles, de liens qui se fissurent. 6ari joue précisément sur cette contradiction. Là où d’autres auraient choisi la plainte frontale, il préfère la danse comme mécanisme de survie.
La rythmique s’inscrit dans une tradition afro-caribéenne assumée, quelque part entre afrobeats et soca, avec une énergie presque contagieuse. Mais derrière ce groove lumineux, quelque chose résiste. Le morceau n’est pas une célébration naïve. Il porte une forme de déséquilibre, une nervosité contenue, comme si le sourire était un réflexe plus qu’une évidence. Cette tension donne toute sa profondeur au titre : My Gyal Lost Her Mind n’est pas qu’un slogan de soirée, c’est une observation, parfois amusée, parfois amère, d’un amour qui déraille sous les projecteurs.
La voix de 6ari navigue avec aisance entre nonchalance mélodique et urgence émotionnelle. Il y a chez lui ce sens du chant parlé, presque murmuré par moments, qui rappelle la manière dont certains artistes transforment leurs failles en refrains accrocheurs. Rien n’est surjoué. Le charisme passe par la retenue, par cette capacité à laisser le beat faire le travail pendant que la voix raconte l’arrière-plan émotionnel.
La production, propre et efficace, est pensée pour les playlists autant que pour l’écoute attentive. Chaque élément est à sa place, mais jamais figé. Les percussions respirent, les basses enveloppent sans écraser, et l’ensemble garde cette légèreté trompeuse propre aux morceaux qui parlent de choses sérieuses sans en avoir l’air. C’est précisément ce qui rend le titre intéressant : il fonctionne sur deux niveaux, immédiat et plus intime.
My Gyal Lost Her Mind s’inscrit dans cette nouvelle vague afro-fusion où le vécu personnel se glisse dans des formats festifs, où la vulnérabilité ne s’oppose plus à l’efficacité. 6ari y affirme une identité claire : celle d’un artiste capable de faire danser tout en laissant filtrer une vérité émotionnelle. Une chanson qui s’écoute en soirée, mais qui, une fois la musique coupée, laisse une petite trace, comme un souvenir flou au petit matin.
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janvier 5, 2026Mrs. Right ressemble à ce moment précis où le doute s’efface quelques secondes, juste assez longtemps pour imaginer que l’amour pourrait durer.
Il y a dans Mrs. Right une lumière particulière, celle des débuts, quand tout paraît possible et que chaque geste semble chargé d’un sens démesuré. Naesh ne chante pas la certitude, il chante l’élan. Celui qui naît quand une rencontre trouble l’ordre établi, quand le cœur accélère sans demander l’autorisation au cerveau. Dès les premières mesures, la production installe un climat feutré, presque tactile, où la pop se teinte de R&B avec une élégance qui évite l’excès de sucre.
Ce qui frappe, c’est la façon dont la voix s’installe dans le morceau : souple, confiante sans être arrogante, capable de glisser d’un murmure à une affirmation plus solaire. Naesh ne force jamais l’émotion. Il la laisse infuser, porté par un mid-tempo qui respire, pensé pour accompagner les pensées qui dérivent plutôt que pour les interrompre. Mrs. Right ne cherche pas le coup d’éclat immédiat, elle s’insinue lentement, comme un souvenir qui revient sans prévenir.
La filiation est assumée, mais digérée. On perçoit l’ombre de Bruno Mars dans le sens du groove soigné, cette capacité à mêler sensualité et accessibilité, sans tomber dans l’imitation servile. L’influence est là comme une grammaire, pas comme un costume. Naesh parle sa propre langue, nourrie de références, mais ancrée dans une expérience intime : celle des amours de jeunesse, des projections naïves, de la vulnérabilité qui accompagne les premières certitudes trop grandes pour être vraies.
La production, riche sans être saturée, joue un rôle essentiel. Les arrangements enveloppent la voix avec délicatesse, laissant de l’espace aux silences, aux respirations. Chaque élément semble pensé pour servir l’émotion plutôt que la performance. Mrs. Right fonctionne parce qu’elle ne surjoue jamais la passion. Elle l’évoque par touches, par sensations, par cette impression diffuse que l’on tient peut-être quelque chose de précieux, sans savoir encore comment le protéger.
Ce morceau s’inscrit dans une tradition pop contemporaine qui n’a pas peur de la romance, à contre-courant d’un cynisme devenu presque obligatoire. Naesh assume le risque d’être sincère, de croire encore à l’idée d’une connexion vraie, même provisoire. Et c’est précisément là que Mrs. Right trouve sa force : dans cette tension entre l’espoir et la lucidité, entre le fantasme et la réalité.
À l’écoute, on ne pense pas à la fin de l’histoire, seulement à son commencement. Mrs. Right capture cet instant suspendu où l’on se surprend à croire que l’autre pourrait être la bonne personne. Même si ce n’est qu’un mirage, le temps d’une chanson, Naesh nous rappelle que ce vertige-là mérite encore d’être chanté.
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janvier 5, 2026Quand Show You How To Move démarre, Harmogy ne donne pas un ordre : il ouvre une porte, celle d’un dancefloor où le corps comprend avant la tête.
Le groove arrive sans prévenir, comme une évidence qu’on avait oubliée. Pas besoin de montée spectaculaire ni d’artifice moderne pour convaincre : Show You How To Move repose sur un savoir ancien, presque ancestral, celui de la house qui parlait directement aux hanches avant de s’adresser aux playlists. Harmogy ne cherche pas à réinventer la roue, il la fait tourner rond, avec cette précision qui distingue les producteurs qui connaissent l’histoire de ceux qui la consomment.
Ce qui frappe, c’est la sensation de chaleur immédiate. Une house old-school assumée, mais jamais figée dans la nostalgie. Les accords sont amples, respirent, s’étirent comme des bras ouverts sur un club encore vide à minuit. La rythmique, elle, avance avec une élégance tranquille : pas de brutalité, pas de surenchère. Juste ce qu’il faut pour rappeler que danser n’est pas une performance, mais un abandon.
La voix joue un rôle clé dans cet équilibre. Plus guide que star, elle ne cherche pas à dominer le morceau mais à l’accompagner, comme un ami qui murmure à l’oreille au bon moment. Show You How To Move fonctionne précisément parce qu’il n’explique rien de trop. Il suggère, il invite, il laisse l’espace nécessaire pour que chacun projette sa propre façon de bouger, sa propre histoire avec la nuit.
On sent derrière ce titre la main d’un producteur qui maîtrise les codes sans les exhiber. Harmogy sait quand retirer plutôt qu’ajouter. Chaque élément trouve sa place, rien ne déborde inutilement. Cette économie de moyens donne au morceau une longévité rare : on l’imagine aussi bien ouvrir un set que s’y glisser discrètement à l’heure où le dancefloor commence à transpirer pour de bon.
Mais Show You How To Move n’est pas qu’un exercice de style. C’est aussi une déclaration d’amour à une house qui n’avait pas besoin de se justifier, une house pensée pour les corps ordinaires, pas pour les écrans. Dans un paysage saturé de productions calibrées pour l’instantané, Harmogy choisit le temps long, celui des morceaux qui vivent vraiment en club, qui s’usent bien, qui vieillissent avec élégance.
Ce titre rappelle une chose essentielle : la danse n’est pas une tendance, c’est un langage. Et Harmogy le parle couramment. Show You How To Move n’essaie pas de te convaincre que tu sais danser. Il te le rappelle, simplement, au moment précis où tu avais cessé d’y penser.
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janvier 5, 2026Dans close to me, Dourack transforme la rupture en espace sonore, un lieu fragile où l’intime se dit à voix basse et refuse les formules faciles.
La première sensation n’est pas mélodique, elle est presque physique. Une proximité troublante, comme si quelqu’un venait de s’asseoir trop près de vous dans une pièce silencieuse. close to me ne cherche pas à accrocher l’oreille, il cherche à s’y installer. Dourack signe ici un morceau qui n’avance pas à coups de refrains démonstratifs, mais par glissements successifs, comme une pensée qui revient malgré elle, incapable de se taire.
Ce qui frappe d’emblée, c’est cette manière très maîtrisée de faire cohabiter deux langues sans jamais tomber dans l’exercice de style. Le français et l’anglais ne sont pas là pour élargir un public, mais pour traduire des états. L’un s’ancre dans la précision émotionnelle, l’autre flotte dans une abstraction plus sensorielle. Ce va-et-vient devient le cœur du morceau : une relation qui se termine ne parle jamais d’une seule voix, elle se dédouble, se contredit, se répète.
Musicalement, close to me se situe dans cette zone encore trop rare en France où l’R&B alternatif accepte le vide. La production respire. Les textures sont feutrées, presque mates, comme si chaque son avait été volontairement privé de son éclat. Les basses ne cherchent pas à dominer, elles soutiennent. Les nappes synthétiques apparaissent puis disparaissent, laissant derrière elles une sensation de manque. On sent la main d’un producteur qui ne remplit pas par réflexe, mais qui choisit ce qu’il enlève.
La voix de Dourack, elle, refuse toute surenchère. Pas d’effets ostentatoires, pas de climax artificiel. Elle se tient à hauteur d’homme, parfois fragile, parfois distante, toujours juste. C’est cette retenue qui rend le morceau si crédible. close to me parle de la fin d’une relation toxique sans jamais la nommer frontalement. Il en montre les résidus : la proximité qui persiste alors même que tout devrait s’éloigner, l’attachement qui survit à la lucidité.
Ce titre marque aussi quelque chose de plus large : une tentative assumée de redéfinir les contours de l’R&B francophone. Ici, pas de posture, pas de sensualité surjouée. L’émotion passe par la nuance, par l’entre-deux, par ce sentiment inconfortable d’être encore attaché à ce qui nous fait du mal. Dourack ne cherche pas à plaire, il cherche à dire vrai. Et cette honnêteté se ressent à chaque écoute.
close to me est de ces morceaux qui ne s’imposent pas immédiatement, mais qui reviennent, insistent, s’infiltrent. Un titre qui accompagne plutôt qu’il ne divertit, qui préfère la confidence à la déclaration. Dans un paysage saturé de singles calibrés, Dourack choisit la fragilité comme ligne de force. Et c’est précisément là que le morceau trouve sa puissance : dans sa capacité à rester proche, même quand tout est déjà fini.
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janvier 5, 2026Avec Who’s He ?, Oxomo et Jimmy Pilgrim transforment le doute en moteur créatif et signent un titre qui avance masqué, mais laisse des traces profondes.
Il y a des morceaux qui arrivent en fanfare, et d’autres qui préfèrent s’installer dans l’ombre, observer la pièce avant d’en déplacer les murs. Who’s He ? appartient clairement à la seconde catégorie. Dès les premières mesures, le titre pose une question simple, presque anodine, mais dont l’écho se prolonge bien au-delà du refrain. Qui est-il ? Et surtout, pourquoi ressent-on ce besoin constant de nommer, classer, identifier ?
La rencontre entre Oxomo et Jimmy Pilgrim fonctionne comme un jeu de miroirs. Oxomo, fidèle à cette tradition UK où le rap est autant une affaire de textures que de mots, avance avec une assurance feutrée. Sa voix ne cherche pas à dominer le mix : elle s’y faufile, presque nonchalante, mais chaque phrase tombe avec une précision chirurgicale. On sent l’expérience d’un artiste qui a appris à naviguer entre les styles sans jamais perdre son centre de gravité.
La production, elle, refuse toute complaisance. Trap, hip-hop alternatif, pulsations urbaines : tout est là, mais rien n’est surligné. Les basses rampent plus qu’elles ne cognent, les percussions respirent, laissant des espaces où le silence devient un élément narratif à part entière. Jimmy Pilgrim apporte à l’ensemble une tension supplémentaire, une manière de plier le rythme, de l’étirer jusqu’à ce qu’il devienne presque inconfortable. C’est dans cet inconfort que Who’s He ? trouve sa force.
Ce qui frappe surtout, c’est la posture. Le morceau ne cherche ni l’hymne ni la confession. Il observe. Il interroge la place de l’artiste dans un écosystème saturé d’images et de récits préfabriqués. Être vu sans être compris, être écouté sans être reconnu : Who’s He ? semble tourner autour de cette frustration moderne, celle d’exister à travers des algorithmes, des scènes, des étiquettes, sans jamais se laisser réduire à une seule d’entre elles.
Oxomo excelle dans cet exercice de funambule. On sent chez lui cette capacité rare à faire dialoguer l’héritage du rap UK et une sensibilité plus introspective, presque désabusée. Le morceau avance comme une marche nocturne dans une ville trop éclairée : tout est visible, mais rien n’est vraiment clair. Jimmy Pilgrim, de son côté, ajoute une couleur plus abrasive, une nervosité qui empêche le titre de sombrer dans la contemplation pure.
Who’s He? n’est pas un titre qui cherche l’adhésion immédiate. Il s’impose lentement, par imprégnation. On y revient pour ses détails, ses silences, cette impression persistante que quelque chose nous a échappé lors de la première écoute. Et c’est précisément là que le morceau réussit : en refusant de donner toutes les réponses, il force l’auditeur à se poser les bonnes questions.
Dans un paysage rap souvent obsédé par la visibilité et la démonstration, Oxomo et Jimmy Pilgrim choisissent l’ambiguïté, la nuance, le pas de côté. Who’s He ? n’explique pas qui ils sont ; il montre qu’ils savent exactement pourquoi ils avancent ainsi. Et parfois, c’est largement suffisant.
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janvier 5, 2026Nofon agit comme un territoire flottant : une langue multiple, une émotion primitive, et ce sentiment rare d’écouter quelque chose qui n’obéit à aucune carte.
Il suffit de quelques secondes pour comprendre que Nofon n’a pas été pensé comme un simple titre, mais comme un espace. Un espace mental, presque rituel, dans lequel Xackal invite l’auditeur à se déchausser avant d’entrer. Ici, tout est affaire de textures, de respiration, de tension douce. Rien ne crie, mais tout insiste.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la manière dont la voix se déploie. Elle ne cherche ni la démonstration vocale ni l’effet immédiat. Elle circule entre les langues comme entre des états émotionnels : le portugais, l’espagnol, le galicien deviennent des matières sonores autant que des vecteurs de sens. Même sans en saisir chaque mot, on comprend l’intention. Nofon parle à l’instinct avant de parler à l’intellect.
Musicalement, le morceau se situe dans un entre-deux fascinant. Les codes du R&B contemporain sont là, mais comme filtrés par une mémoire ancienne. Les rythmes ont quelque chose de tribal, presque tellurique, tandis que les synthés dessinent un paysage nocturne, moderne, légèrement désaxé. Xackal ne juxtapose pas les influences, il les fusionne jusqu’à ce qu’on ne sache plus très bien d’où vient le battement, ni à quelle époque il appartient.
Il y a dans Nofon une sensualité retenue, jamais ostentatoire. Le groove ne cherche pas à séduire frontalement, il enveloppe. On se retrouve happé par une lente dérive, comme si le morceau refusait toute forme de résolution nette. Cette absence de climax évident devient sa plus grande force : Nofon vit dans la suspension, dans l’attente, dans ce moment fragile où l’émotion n’a pas encore trouvé son nom.
Ce qui rend le titre particulièrement singulier, c’est cette manière de faire dialoguer l’archaïque et le mécanique sans les opposer. On sent une fascination pour les racines, pour quelque chose de primitif, mais toujours traversée par une conscience très actuelle de la production, du son, de l’espace numérique. Xackal ne regarde pas le passé avec nostalgie, il l’utilise comme un langage pour parler du présent.
Dans un paysage musical souvent obsédé par l’étiquette et la vitesse de consommation, Nofon prend le contre-pied. Il demande du temps. Il s’installe lentement, puis reste, longtemps après la fin. C’est un morceau qui ne cherche pas à être compris immédiatement, mais ressenti, revisité, habité.
Avec Nofon, Xackal affirme une identité déjà étonnamment claire : celle d’un artiste qui préfère la sensation au slogan, la profondeur au format. Un titre qui ne se contente pas de passer dans une playlist, mais qui ouvre une porte vers un univers encore en construction, profondément personnel, et résolument indocile.
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janvier 5, 2026Avec guerrier, lartson ne joue pas au dur : il raconte l’endurance, celle qu’on apprend loin des poses, quand chaque jour ressemble à un round de trop.
Il y a des morceaux qui avancent comme des démonstrations, et d’autres qui marchent en boitant, mais la tête haute. guerrier appartient clairement à la seconde catégorie. Dès l’écoute, quelque chose s’impose : lartson ne cherche ni la formule virale ni l’esbroufe technique. Il rappe comme on serre les dents. Comme on continue malgré tout.
La production installe un climat tendu, presque sobre, laissant l’espace nécessaire à la voix. Rien d’envahissant, rien d’inutile. Le décor est posé pour que le texte respire, pour que chaque phrase puisse tomber avec son propre poids. Ici, le rap est un outil de mise à nu, pas un costume. On sent une volonté de rester droit, de ne pas masquer les failles derrière des effets.
La force de guerrier, c’est précisément cette absence de surjeu. Lartson adopte un ton frontal, parfois rugueux, mais jamais caricatural. Il parle de combat, oui, mais d’un combat intérieur autant que social. Le mot “guerrier” n’est pas utilisé comme une posture viriliste, plutôt comme une condition imposée. Être guerrier parce qu’on n’a pas vraiment le choix. Parce que reculer coûterait plus cher que continuer.
Le flow est maîtrisé sans chercher la performance gratuite. Lartson privilégie la clarté, l’impact, cette manière de faire passer un message sans détour. Chaque mesure semble pensée pour renforcer le propos, pas pour impressionner. On est dans un rap qui regarde la réalité en face, sans filtre Instagram, sans storytelling artificiel.
Ce qui frappe aussi, c’est la sincérité du ton. guerrier sonne comme un morceau écrit dans l’urgence, ou du moins dans la nécessité. On sent que le texte vient d’une expérience vécue, ou au minimum profondément intégrée. Lartson ne se place pas au-dessus de ce qu’il raconte. Il est dedans, pleinement. C’est cette implication qui donne au morceau sa crédibilité et sa résonance.
Dans le paysage du rap francophone actuel, saturé de récits performatifs et de codes recyclés, guerrier fait l’effet d’un pas de côté. Pas révolutionnaire dans la forme, mais précieux dans l’intention. Lartson rappelle que le rap peut encore être un espace de résistance intime, un endroit où l’on transforme la fatigue en paroles, la colère en rythme.
Avec ce titre, lartson affirme une identité claire : celle d’un rappeur qui préfère la vérité à la vitrine. guerrier ne promet pas la victoire, ni la rédemption facile. Il propose autre chose, de plus rare : la lucidité, et la force tranquille de continuer à avancer, même cabossé.
Un morceau qui ne cherche pas à séduire tout le monde, mais qui parlera fort à celles et ceux pour qui le mot “guerrier” n’est pas un slogan, mais un état permanent.
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janvier 5, 2026THE WORLD YOU BUILT sonne comme un miroir fissuré tendu à l’époque, un titre où Moon Walker regarde droit dans les fondations qu’on croyait solides et découvre qu’elles tremblent déjà.
Rien ici ne cherche la politesse. Dès les premières secondes, THE WORLD YOU BUILT avance avec cette énergie nerveuse propre au rock qui a quelque chose à dire, pas seulement à montrer. Moon Walker ne pose pas un décor : il ouvre une brèche. Les guitares claquent comme des nerfs à vif, entre garage rock râpeux et indie rock plus mélodique, avec cette sensation permanente d’équilibre instable, comme si le morceau pouvait s’effondrer ou exploser à tout moment.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le titre respire le concept sans jamais devenir théorique. On sent que THE WORLD YOU BUILT n’est pas pensé comme un single isolé, mais comme une pièce d’un puzzle plus vaste : WASTELAND COUNTRY, cet album-film annoncé, plane déjà en arrière-plan comme une terre promise en ruines. Le morceau fonctionne alors comme une scène clé, un moment de confrontation où l’on regarde le monde qu’on a contribué à construire — idéologiquement, émotionnellement — et où l’on commence à douter de sa solidité.
La voix de Moon Walker joue un rôle central dans cette tension. Elle n’est ni complètement désabusée, ni franchement héroïque. Elle se situe dans cet entre-deux inconfortable, celui des gens qui comprennent trop tard. Les paroles, sans jamais tomber dans le slogan, évoquent la responsabilité, la transmission, l’héritage empoisonné parfois. On n’est pas dans la dénonciation frontale, mais dans quelque chose de plus corrosif : l’introspection collective.
Musicalement, le morceau s’autorise des ruptures subtiles. Les variations de dynamique, les changements d’intensité, donnent l’impression d’un paysage qui se déforme sous les pas. Le garage rock apporte la sueur, l’urgence ; l’alternative rock, lui, installe une ampleur presque cinématographique. On imagine facilement ce titre accompagner une séquence de film poussiéreuse, un travelling lent sur une Amérique mentale à bout de souffle.
Ce qui rend THE WORLD YOU BUILT particulièrement marquant, c’est son refus de la nostalgie facile. Moon Walker ne fantasme pas un âge d’or perdu. Il montre plutôt les conséquences d’un présent mal digéré. Cette approche donne au morceau une portée presque politique, mais toujours filtrée par l’émotion et la narration personnelle.
Avec ce titre, Moon Walker confirme une ambition rare dans l’indie rock actuel : raconter quelque chose de plus grand que soi sans perdre la rugosité du rock. THE WORLD YOU BUILT agit comme un avertissement doux-amer, un morceau qui s’infiltre lentement et laisse derrière lui une question persistante : que reste-t-il quand le monde qu’on a bâti commence à se fissurer ?
À travers ce single, Moon Walker pose les bases d’un univers cohérent et inquiet, annonçant un projet à suivre de près avec WASTELAND COUNTRY. THE WORLD YOU BUILT n’est pas une conclusion, mais un point de bascule — celui où le rock redevient un outil pour comprendre le chaos plutôt que pour l’oublier.
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janvier 5, 2026Avec MISSION, totena ne livre pas un simple track de club, il active une séquence, un état, presque une consigne intérieure.
La première sensation n’est pas sonore, elle est physique. Une tension qui s’installe lentement, comme si le corps comprenait avant l’oreille que quelque chose se prépare. MISSION avance sans demander l’autorisation, droite, concentrée, refusant tout superflu. La techno de totena ne cherche ni l’esbroufe ni la séduction immédiate : elle s’impose par sa rigueur, par cette façon très Detroit de transformer la répétition en langage.
Ici, pas de voix pour guider l’écoute, seulement des machines qui parlent entre elles. Les kicks frappent avec une précision presque militaire, mais jamais stérile. Une acidité sourde rampe sous la structure, discrète mais persistante, rappelant que la menace n’est jamais loin, qu’elle peut surgir à tout moment. MISSION fonctionne comme un engrenage parfaitement huilé : chaque élément trouve sa place, chaque variation arrive quand le corps commence à s’habituer, juste assez pour le déstabiliser.
Ce qui frappe, c’est cette impression de déplacement constant sans véritable progression mélodique. La track ne raconte pas une histoire linéaire, elle installe un décor mental. Une salle sombre, un stroboscope intermittent, des silhouettes anonymes qui avancent ensemble sans se regarder. Totena compose une techno de la concentration, une musique faite pour oublier le monde extérieur et se dissoudre dans le mouvement collectif. On n’écoute pas MISSION, on y entre.
L’influence de la techno de Detroit se ressent moins comme un hommage que comme une discipline. La froideur n’est jamais gratuite : elle sert un propos, celui d’une musique fonctionnelle, presque utilitaire, pensée pour le dancefloor mais aussi pour l’esprit. On pourrait imaginer ce morceau résonner dans un entrepôt, comme dans un casque, tard dans la nuit, quand la répétition devient méditative.
En filigrane, on sent la patte d’un producteur qui connaît l’underground de l’intérieur. Totena ne surproduit pas, ne surcharge pas. Il laisse respirer les fréquences, accepte le vide, comprend que le silence relatif fait partie du rythme. Cette sobriété donne à MISSION une force durable, loin des tracks jetables calibrés pour un drop TikTok.
Sorti sur le label Dark Code Kings, MISSION s’inscrit dans une vision claire : celle d’une techno exigeante, frontale, qui ne promet pas l’évasion mais la lucidité. Une musique qui ne caresse pas, qui pousse à avancer, encore et encore, jusqu’à ce que le battement devienne réflexe. Totena signe ici un morceau qui ne s’explique pas, mais qui s’éprouve, comme une mission acceptée sans connaître la destination.
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janvier 5, 2026Sur Costa Rica Flows, Signed XO transforme le décalage culturel en moteur créatif, là où l’anglais et l’espagnol se frottent comme deux courants chauds.
Il suffit de quelques secondes pour comprendre que Costa Rica Flows n’est pas né dans un studio fermé, mais sur la route. Signed XO y déploie une trap autotunée qui respire l’ailleurs, une musique façonnée par le déplacement, par le regard d’un artiste qui observe le monde en mouvement constant. Ici, le bilinguisme n’est pas un gimmick marketing, c’est un réflexe naturel, presque intime, comme si chaque langue correspondait à une humeur, une posture, une latitude différente.
La production installe rapidement un climat moite, solaire sans être caricatural. La rythmique trap conserve sa lourdeur familière, mais elle est traversée par une fluidité latine qui évite l’écueil du cliché. On n’est pas dans la carte postale exotique, plutôt dans une sensation : celle d’un corps qui s’adapte à un nouveau tempo, d’un esprit qui change de cadence en changeant de décor. Signed XO joue avec l’autotune comme avec un prisme, lissant certaines émotions, en accentuant d’autres, jusqu’à donner l’impression que la voix elle-même voyage.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le morceau refuse la linéarité. Costa Rica Flows avance par vagues, alternant assurance et relâchement. Les passages en espagnol ne servent pas de simple coloration, ils modifient réellement la dynamique du morceau, comme si la musique se mettait à marcher différemment selon la langue qu’elle emprunte. Cette oscillation crée un groove instable mais séduisant, à l’image d’un artiste qui ne se fixe jamais tout à fait.
Signed XO impose ici une forme de charisme discret. Pas de démonstration forcée, pas de surenchère. La confiance est là, mais elle s’exprime dans le contrôle, dans cette capacité à laisser le morceau respirer sans le saturer. On sent l’expérience accumulée, les kilomètres parcourus, les scènes diverses qui ont forgé ce rapport souple à l’identité. Costa Rica Flows devient alors plus qu’un titre : une trace sonore de ces déplacements répétés, une manière de dire que l’on peut appartenir à plusieurs endroits sans jamais se diluer.
Dans le paysage trap actuel, souvent figé dans ses propres codes, Signed XO apporte un mouvement salutaire. Il rappelle que le genre peut encore s’ouvrir, se contaminer, se laisser traverser par d’autres cultures sans perdre sa colonne vertébrale. Costa Rica Flows ne cherche pas à conquérir par la force, mais par la circulation. Et c’est précisément cette liberté-là qui donne au morceau sa vraie puissance, celle qui reste après l’écoute, comme un goût de sel et de chaleur sur la peau.
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janvier 5, 2026Dans ride share therapy, YDV fait d’un trajet banal un espace suspendu où les mots sortent avant que la destination n’apparaisse.
On n’entre pas dans ride share therapy comme on lancerait un simple morceau de Rap/R&B alternatif. On y glisse. Lentement. Comme quand la portière se referme et que le monde extérieur devient un décor flou derrière la vitre. YDV ne cherche pas l’effet immédiat ni le refrain qui accroche à la première écoute. Il préfère cette zone étrange, presque inconfortable, où la musique ressemble davantage à une pensée en train de se former qu’à une performance destinée à convaincre.
Le morceau s’ouvre sur une retenue calculée. Une production minimale, respirante, qui laisse volontairement de l’espace entre les sons. Chaque silence semble pesé, assumé. Ici, la lo-fi n’est pas un filtre esthétique mais un choix narratif : tout est fait pour donner l’impression d’une note vocale intérieure, d’un journal qui s’écrit pendant que la ville défile. La voix de YDV n’impose rien, elle se confie. Elle flotte entre le parlé et le chanté, comme si l’artiste hésitait encore à livrer certaines phrases à voix haute.
Puis arrive ce basculement, ce fameux virage à mi-parcours. Le morceau change de texture, presque de température. La rythmique s’épaissit, l’atmosphère devient plus dense, plus cinématographique. Ce n’est pas un twist spectaculaire, plutôt un glissement émotionnel : le moment où la conversation anodine se transforme en aveu, où l’on dit un peu trop de vérité à quelqu’un que l’on ne reverra jamais. YDV maîtrise cet art du contraste sans rupture brutale, laissant l’auditeur comprendre que l’essentiel se joue précisément dans ce passage.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale de posture. ride share therapy refuse le pathos comme l’ego-trip. Le morceau ne cherche ni à impressionner ni à séduire, il existe. C’est peut-être là que réside sa force : dans cette honnêteté presque maladroite, cette manière de laisser les émotions circuler sans les enjoliver. On sent le travail d’écriture étalé sur le temps, poli sans être lissé, comme une pensée relue plusieurs fois mais jamais censurée.
YDV s’inscrit dans cette génération d’artistes qui brouillent les frontières entre hip-hop introspectif, R&B contemporain et pop cinématographique. Mais là où beaucoup surjouent la vulnérabilité, ride share therapy la rend banale, quotidienne, presque banalisée — et donc profondément crédible. Ce n’est pas un cri, c’est un murmure. Un de ceux qu’on n’entend que lorsqu’on accepte de ralentir.
Au fond, le morceau agit comme ces trajets nocturnes dont on se souvient plus longtemps que prévu. On en sort sans solution, sans conclusion claire, mais légèrement déplacé. Comme si quelqu’un, pendant quelques minutes, avait tenu nos pensées à notre place. Et parfois, c’est largement suffisant.
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janvier 5, 2026Avec Alive, BIG-M transforme l’instant présent en carburant euphorique et rappelle pourquoi la dance-pop existe encore : pour faire battre le monde un peu plus fort.
Impossible d’écouter Alive sans sentir une montée immédiate, presque physique, comme si le morceau venait appuyer sur un interrupteur interne. BIG-M ne cherche pas la subtilité feutrée ni la mélancolie de fin de soirée : ici, tout est affaire de lumière, de mouvement, de souffle retrouvé. Le titre s’inscrit dans cette tradition dance-pop qui assume pleinement sa fonction première — faire lever les corps — tout en revendiquant une sincérité émotionnelle rarement assumée dans ce registre.
La structure est limpide, mais jamais paresseuse. Une rythmique house solide, calibrée pour le dancefloor sans en devenir mécanique, pose les fondations. Les synthés, larges et solaires, s’ouvrent comme un ciel dégagé après des semaines de pluie. On pense à cette école EDM mélodique popularisée par Sam Feldt ou Sigala, mais Alive ne se contente pas de suivre un mode d’emploi : BIG-M injecte une énergie presque naïve, au sens noble du terme, une croyance réelle dans le pouvoir immédiat de la musique.
Le moment clé — cette bascule autour du refrain — agit comme une libération. La voix ne cherche pas à dominer le morceau, elle l’accompagne, le traverse. Elle porte un message simple, presque brut : être là, maintenant, sentir que quelque chose circule encore. Cette simplicité devient une force. Là où beaucoup de productions dance-pop s’abritent derrière l’ironie ou le second degré, Alive avance à visage découvert, sans peur du premier degré.
Ce qui frappe surtout, c’est la gestion de l’euphorie. BIG-M ne la fait pas exploser d’un coup, il la construit par strates. Chaque élément semble pensé pour amplifier le précédent, sans jamais saturer l’espace. Le morceau respire, laisse de la place à l’anticipation, à ce micro-frisson qui précède le lâcher-prise. C’est une science du timing, typique des producteurs qui viennent du DJing et savent lire une piste avant même qu’elle ne réagisse.
Alive fonctionne comme un rappel à l’essentiel : danser n’est pas une fuite, mais une affirmation. Une manière de dire que malgré le chaos, malgré la fatigue, quelque chose tient encore debout à l’intérieur. BIG-M signe ici un titre qui ne prétend pas réinventer la dance-pop, mais qui la défend avec conviction, générosité et une énergie communicative. Un morceau pensé pour les playlists, oui, mais surtout pour ces moments précis où l’on a besoin de se rappeler, très simplement, qu’on est encore vivant.
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janvier 5, 2026Body avance comme un néon qui clignote dans le pare-brise : hypnotique, charnel, impossible à ignorer.
Il suffit de quelques secondes pour comprendre que Body ne cherche pas à convaincre, mais à absorber. ERASR y déploie une vision nocturne, moite, presque cinématographique, où la house old-school flirte avec la tech house et les reflets disco sans jamais tomber dans la citation facile. Le morceau n’imite pas les fantasmes rétro, il les réactive, les remet en circulation dans un présent urbain saturé de bitume et de lumière artificielle.
Le groove s’installe bas, ancré dans le bassin. Une ligne de basse souple, insistante, avance avec la confiance de quelqu’un qui connaît parfaitement le chemin, même dans l’obscurité. La rythmique est précise, sèche juste ce qu’il faut, pensée pour le mouvement continu plutôt que pour l’explosion immédiate. Ici, pas de drop tapageur : Body préfère la montée lente, la tension qui s’accumule, cette sensation de rouler trop vite fenêtres ouvertes sans jamais lâcher le volant.
Les influences évoquées — Miami Vice, GTA — ne sont pas des gimmicks. Elles se ressentent dans l’atmosphère plus que dans les sons eux-mêmes. On imagine les palmiers éclairés au sodium, les routes infinies, la ville qui respire encore quand tout le reste dort. ERASR travaille la texture comme un décor : chaque synthé agit comme un reflet, chaque micro-variation rythmique comme un changement de plan. Le morceau devient un espace dans lequel on circule, librement, physiquement.
La voix, utilisée avec parcimonie, agit comme un point d’ancrage charnel. Elle n’impose pas un récit, elle suggère un rapport au corps, au désir, à la présence. C’est là que Body trouve sa vraie force : dans cette capacité à évoquer sans surligner, à faire ressentir sans expliquer. La house devient ici un langage sensoriel, presque tactile, où le son épouse le mouvement plutôt que de le diriger.
Ce qui frappe surtout, c’est la maîtrise du temps. Body ne se presse jamais. Le morceau respire, s’étire, prend le luxe de laisser vivre ses motifs. Cette patience lui donne une longévité rare : on l’imagine aussi bien tourner en boucle dans une playlist de fin de nuit que résonner dans un club quand la fatigue commence à rendre les corps plus réceptifs, plus honnêtes.
Avec Body, ERASR confirme une approche profondément physique de la musique électronique, pensée comme une expérience plus que comme un produit. Un morceau qui ne cherche pas le hit immédiat mais la connexion durable, celle qui s’installe doucement et revient, encore et encore, dès que la nuit tombe. Une bande-son pour les routes désertes, les pistes éclairées au minimum, et les esprits qui refusent de rentrer trop tôt.
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janvier 5, 2026Run My Own Damn Road ressemble à un manifeste dansant : une promesse murmurée au milieu de la nuit, celle de ne plus demander la permission.
Il y a des titres qui avancent comme des slogans, et d’autres qui prennent la forme d’une décision intime. Run My Own Damn Road appartient clairement à la seconde catégorie. Derrière cette déclaration frontale, The Northern Verse ne signe pas seulement un morceau dance pop efficace, mais une sorte de confidence rythmée, une manière de dire au monde — et peut-être d’abord à soi-même — que le volant est repris en main.
Dès l’intro, quelque chose s’installe doucement, sans brutalité. La production est lisse mais jamais froide, pensée pour le mouvement autant que pour l’écoute solitaire. Le beat pulse avec une régularité presque rassurante, comme un moteur lancé sur une route nocturne, pendant que les synthés dessinent un horizon large, dégagé, propice à la projection. On sent une science du tempo qui refuse l’excès : ici, l’énergie ne déborde pas, elle s’étire, elle accompagne.
Ce qui rend Run My Own Damn Road particulièrement attachant, c’est cette façon de conjuguer l’affirmation de soi avec une forme de vulnérabilité discrète. Le morceau n’a rien d’un coup de menton arrogant. Il préfère l’obstination tranquille à la posture conquérante. Chaque montée mélodique ressemble à une respiration plus ample, chaque relance rythmique à un pas de plus vers un espace personnel enfin assumé. On est loin du dancefloor clinquant ; on se situe plutôt dans cet entre-deux où la pop devient un outil d’émancipation douce.
La voix joue un rôle central dans cet équilibre. Elle ne cherche pas à écraser l’instrumental, mais à s’y fondre, comme si le texte faisait partie intégrante du groove. Il y a là une sincérité qui se ressent dans les inflexions, dans cette manière de poser les mots sans les surligner. The Northern Verse ne surjoue pas le message : il le laisse circuler, porté par la musique, jusqu’à ce qu’il trouve sa place chez l’auditeur.
Sur le plan sonore, le titre assume pleinement son ADN dance pop tout en évitant les clichés les plus évidents. Les arrangements sont précis, pensés pour durer, pour accompagner aussi bien une playlist nocturne qu’un moment de recentrage personnel. C’est une pop de mouvement intérieur autant que de corps en action, une bande-son pour celles et ceux qui avancent sans forcément savoir exactement où ils vont, mais qui savent qu’ils ne veulent plus suivre les traces des autres.
Run My Own Damn Road fonctionne alors comme une ligne droite tracée au milieu du doute. Un morceau qui ne promet pas la victoire, ni même la facilité, mais quelque chose de plus rare : la sensation d’être enfin aligné avec sa propre trajectoire. Et dans une époque saturée de discours et de directions imposées, cette simplicité-là a quelque chose de profondément libérateur.
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janvier 5, 2026Boss Breathing sonne comme une respiration trop courte dans une pièce trop pleine : Anne Hoser y expulse la rage douce, celle qui brûle lentement sous la peau.
Il y a des morceaux qui ne demandent pas l’autorisation. Boss Breathing surgit comme un courant d’air glacé dans une salle déjà moite, et dès les premières secondes, on comprend que Anne Hoser ne cherche ni la nuance confortable ni la posture décorative. Ici, le souffle est une arme, la répétition une stratégie, le bruit une langue vivante. Le titre avance avec cette sensation étrange d’étouffement contrôlé, comme si la musique mimait physiquement ce qu’elle raconte : la pression, l’autorité diffuse, le corps sommé de tenir debout malgré tout.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la manière dont le morceau s’organise autour d’un déséquilibre permanent. La rythmique est sèche, presque autoritaire, martelée sans détour, pendant que les guitares s’étirent, grincent, frottent les nerfs à la limite de la saturation. On pense au post-punk dans ce qu’il a de plus frontal, mais Anne Hoser ne joue jamais au jeu des références évidentes. Le noise affleure, parfois brutal, parfois retenu, comme si le groupe savait exactement quand appuyer et quand laisser l’auditeur suspendu dans le vide.
La voix, surtout, agit comme un point de contact direct. Pas de distance théâtrale : elle est là, proche, presque intrusive. Elle ne surplombe pas le chaos, elle s’y mêle. Cette frontwoman ne cherche pas à dominer la foule, elle s’y confond, et c’est précisément ce qui rend Boss Breathing si incandescent en live, si contagieux même sur écoute solitaire. On sent une urgence physique, une nécessité d’empathie brute, cette manière de hurler sans crier, de dire l’oppression sans discours appuyé.
Le morceau joue aussi avec une forme de mélancolie paradoxale. Sous la rugosité, quelque chose de fragile insiste. Un optimisme désabusé, comme ces nuits trop longues où l’on croit encore que l’intensité peut sauver, ne serait-ce que quelques minutes. Anne Hoser cultive cette tension entre abandon et résistance, entre la lassitude et l’élan, et Boss Breathing devient alors plus qu’un simple brûlot rock : un espace où l’on respire mal, mais ensemble.
Dans un paysage alternatif souvent tenté par l’esthétisme ou le clin d’œil vintage, le groupe du Nord impose un geste sans vernis, profondément DIY, qui rappelle que le post-punk n’a jamais été une affaire de style, mais de nécessité. Boss Breathing n’est pas là pour rassurer. Il électrise, dérange, serre la gorge. Et quand le morceau s’achève, il laisse cette impression rare : celle d’avoir partagé un moment de tension collective, comme une respiration retenue trop longtemps… avant la prochaine décharge.
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janvier 5, 2026Avec Bust Back, Dios Negasi et Fredro Starr transforment le boom bap en mécanisme de survie, un rap qui ne négocie pas, qui répond.
Le premier impact n’est pas sonore, il est physique. Bust Back ne se contente pas d’entrer dans l’oreille, il déclenche une tension immédiate, comme si le corps savait avant l’esprit que quelque chose de rugueux, de frontal, allait se jouer. Dios Negasi ne signe pas ici un simple featuring de prestige : il orchestre une collision contrôlée entre deux héritages du rap hardcore, en convoquant Fredro Starr, figure volcanique de Onyx, pour une démonstration de force aussi sèche qu’intelligente.
La production, taillée dans un boom bap sans fioritures, agit comme un terrain vague bétonné. Rien ne dépasse, rien ne cherche à séduire. Le beat avance droit, granuleux, presque militaire, laissant aux voix l’espace nécessaire pour mordre. Dios Negasi produit comme il rappe : avec une économie de gestes qui rend chaque frappe plus lourde. Ici, le groove n’est pas là pour hocher la tête gentiment, mais pour maintenir une pression constante, un état d’alerte.
Dios pose en premier, avec cette diction précise, grave, presque professorale dans sa noirceur. Son écriture navigue entre lucidité politique et survie individuelle, sans jamais tomber dans le slogan. Chaque phrase semble pesée, comme si le rappeur parlait depuis un endroit où l’illusion a déjà été démontée. Bust Back devient alors une réponse réflexe : rendre coup pour coup, non par glorification de la violence, mais comme constat d’un monde structuré par l’agression permanente.
Quand Fredro Starr entre en scène, le morceau change de température. Sa voix n’a rien perdu de son abrasivité légendaire. Elle tranche le mix comme une lame émoussée : pas élégante, mais redoutablement efficace. Il n’essaie pas de moderniser son approche, et c’est précisément là que réside sa puissance. Fredro arrive avec son ADN brut, son urgence presque animale, rappelant que le rap hardcore n’est pas un style nostalgique mais une posture toujours actuelle face au réel.
La rencontre entre les deux fonctionne parce qu’elle n’est jamais déséquilibrée. Aucun ne cherche à écraser l’autre. Bust Back ressemble davantage à un pacte tacite entre deux voix qui se reconnaissent dans la même dureté du regard. On sent l’Est et l’Ouest se répondre, non comme des territoires opposés, mais comme des expériences parallèles d’un même système.
Ce titre s’inscrit aussi dans une trajectoire plus large pour Dios Negasi, habitué aux collaborations denses et chargées de sens, de Ghostface Killah à Conway The Machine. Bust Back agit comme une pierre angulaire : un rappel que le rap conscient peut être brutal sans perdre sa profondeur, et que le boom bap reste un langage pertinent pour parler de domination, de résistance et de dignité.
Au final, Bust Back ne cherche pas à séduire les algorithmes ni à lisser son discours. C’est un morceau qui regarde droit dans les yeux, qui parle aux auditeurs habitués à lire entre les lignes et à ressentir la musique comme une tension morale autant que sonore. Dios Negasi et Fredro Starr livrent ici un titre sans compromis, un rappel salutaire que le rap peut encore cogner fort sans perdre son intelligence.
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janvier 5, 2026Instant Transmission de Mike Dubb traverse les fuseaux horaires comme un message vocal envoyé trop tard, quand la nuit avale tout sauf le manque.
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à remplir l’espace mais à le traverser. Instant Transmission appartient à cette catégorie rare : une chanson qui avance en apesanteur, portée par l’idée même de distance. Mike Dubb revient après un silence assumé avec un titre qui sonne comme une connexion retrouvée, fragile, presque tremblante, entre deux solitudes branchées sur le même courant émotionnel.
Le morceau s’ouvre sur une sensation de flottement. Rien de brutal, rien de démonstratif. La prod installe un climat futuriste mais chaleureux, quelque part entre dancehall digital et R&B nocturne, avec ce tempo qui ne presse jamais l’émotion. Ici, le groove ne sert pas à faire danser à tout prix, il sert à maintenir le lien. Chaque pulsation agit comme un battement de cœur artificiel, régulier, rassurant, pendant que la voix cherche son chemin.
L’autotune n’est pas un masque, mais un langage. Chez Mike Dubb, il devient une extension du sentiment, une manière de dire ce qui serait trop nu sans filtre. La voix glisse, se plie, se répète, comme un message qui se déforme légèrement à force d’être rejoué dans la tête. Quand le hook arrive, tardivement, il ne frappe pas : il enveloppe. On comprend alors que Instant Transmission n’est pas construit pour l’instantanéité, malgré son titre, mais pour la rémanence. Le morceau reste, s’accroche, revient hanter les silences après l’écoute.
Ce qui frappe, c’est cette façon de mêler une esthétique futuriste à une émotion profondément archaïque. Le thème est simple, presque universel : aimer à distance, attendre, projeter. Pourtant, rien n’est banal. La production évoque des îles numériques, des nuits éclairées par des écrans plutôt que par des étoiles. On pense à cette génération pour qui l’intimité passe par des messages vocaux, des appels interrompus, des promesses suspendues dans le cloud.
Mike Dubb ne force jamais le pathos. Il préfère suggérer, laisser des espaces, accepter le vide comme partie intégrante du récit. Instant Transmission fonctionne justement parce qu’il ne cherche pas à résoudre la tension qu’il installe. L’amour ici n’est ni triomphant ni tragique : il est en attente. Et cette attente devient la matière même du morceau.
Dans le paysage actuel, saturé de titres calibrés pour l’impact immédiat, Instant Transmission fait le choix inverse. Il s’écoute tard, seul, quand le monde ralentit enfin. Un titre qui ne crie pas pour exister, mais qui murmure assez longtemps pour s’imposer. Mike Dubb signe un retour discret mais précis, avec une chanson qui transforme la distance en texture sonore et le manque en vibration continue. Une transmission lente, mais durable.
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janvier 5, 2026Avec Moonwalker, PETER PAHN et Heerhorst signent une trajectoire nocturne où la techno devient gravité, tension et abandon contrôlé.
La première sensation n’est pas celle d’un décollage, mais d’un pas mesuré. Moonwalker avance lentement, comme si le morceau refusait l’euphorie immédiate pour mieux installer sa domination. Dès les premières secondes, la collaboration entre PETER PAHN et Heerhorst impose une vision claire : ici, la techno n’est pas décorative, elle est directionnelle. Elle trace une ligne droite dans la nuit, sans détour, sans clin d’œil inutile.
La rythmique est un moteur à combustion lente. Une pulse ferme, presque martiale, qui ne cherche pas à surprendre mais à tenir. C’est une techno de conduite, de progression, celle qui transforme le club en tunnel mental. Chaque kick semble peser son poids, chaque silence devient une suspension calculée. Rien n’est laissé au hasard, et surtout pas l’espace. Moonwalker joue avec la respiration du dancefloor, l’étire, la comprime, la relâche au moment précis où le corps commence à lâcher prise.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre la froideur mécanique et une forme de lyrisme contenu. Les textures mélodiques apparaissent comme des halos, jamais envahissants, presque fantomatiques. Elles ne racontent pas une histoire, elles suggèrent un état. Un clair-obscur émotionnel où la mélodicité sert moins à émouvoir qu’à maintenir la tension. On est loin de la techno mélodique démonstrative : ici, la mélodie agit comme un fil invisible qui empêche le morceau de basculer dans la brutalité pure.
La voix, utilisée avec parcimonie, agit comme un signal humain dans un environnement automatisé. Elle n’explique rien, elle observe. Elle renforce cette impression de marche lunaire, d’avancée solitaire sur une surface inconnue. Moonwalker porte bien son nom : tout semble ralenti, amplifié, soumis à une gravité différente. Le temps se dilate, les gestes deviennent plus lourds, plus conscients.
On sent l’empreinte du label 1605 dans cette approche rigoureuse, presque architecturale de la techno. Un son taillé pour les grands espaces sombres, pour les systèmes puissants, mais aussi pour les écoutes introspectives, casque vissé sur les oreilles. Moonwalker fonctionne autant à 4h du matin, quand la foule est compacte et silencieuse, qu’en solitaire, quand la musique devient un dialogue intérieur.
Ce titre ne cherche pas le pic immédiat ni le drop spectaculaire. Il préfère l’endurance à l’impact, la cohérence à la surprise. Et c’est précisément ce choix qui lui donne sa force. PETER PAHN et Heerhorst livrent ici une techno de maturité, sûre de ses moyens, qui n’a pas besoin d’en faire trop pour marquer durablement.
Moonwalker n’est pas un morceau qui explose. C’est un morceau qui s’installe, qui s’infiltre, qui reste. Une marche lente et déterminée sur la face cachée de la nuit, là où la techno cesse d’être un simple outil de danse pour devenir une expérience presque physique, presque méditative.
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janvier 5, 2026Break From The U résonne comme une fuite intérieure : PB Mogul y transforme le départ en rituel de survie, lucide et hanté.
Quitter sa ville natale n’a jamais été un geste héroïque ici. Break From The U s’ouvre comme une confession murmurée dans l’obscurité, avec cette impression immédiate que le morceau ne cherche pas à séduire mais à dire vrai. PB Mogul n’écrit pas un récit d’ascension, il dissèque un arrachement. Celui qui survient quand rester devient impossible et que partir n’efface rien.
La production installe un climat tendu, presque claustrophobe. Rien de spectaculaire, tout est dans la retenue. Le beat agit comme une respiration courte, un décor mental où chaque silence compte autant que les mots. Le hook, froid et obsédant, fonctionne comme une pensée intrusive qui revient malgré soi, ce refrain intérieur que l’on se répète pour tenir le cap. PB Mogul pose sa voix sans emphase, avec cette gravité calme de ceux qui n’ont plus besoin de prouver quoi que ce soit. Le flow n’est jamais pressé : il observe, il raconte, il laisse le malaise s’installer.
Ce qui rend Break From The U si dense, c’est la façon dont la ville devient un personnage à part entière. Elle attire, retient, rappelle. Les rues connues, les habitudes toxiques, les liens invisibles qui se resserrent dès que l’on croit s’en être libéré. PB Mogul décrit cette mécanique avec une précision presque documentaire. Pas de romantisme, pas de posture. Juste la lucidité d’un rappeur qui sait que la distance géographique ne suffit pas à rompre les chaînes mentales.
Le morceau prend une autre dimension lorsque Insane Rell entre en scène. Son couplet final agit comme un zoom brutal. Là où PB Mogul analyse les failles, Insane Rell projette des images nettes, presque violentes, qui donnent chair au récit. La complémentarité est frappante : deux voix, deux angles, une même vérité. L’une introspective, l’autre frontale, mais toutes deux traversées par le même besoin de rupture.
Break From The U refuse la facilité du message motivant. Il ne promet ni renaissance immédiate ni victoire éclatante. Il parle du moment d’après, celui où l’on doit apprendre à vivre avec ce que l’on emporte malgré soi. C’est précisément là que le morceau touche juste. En assumant l’ambiguïté du départ, PB Mogul signe une pièce de rap conscient, mature, qui résonne longtemps après la dernière mesure.
Ce titre ne célèbre pas la fuite. Il en révèle le prix. Et dans ce rap de l’entre-deux, tendu et honnête, Break From The U s’impose comme un miroir tendu à tous ceux qui savent que partir est parfois la seule option, même quand on n’est jamais vraiment sûr d’arriver ailleurs.
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décembre 30, 2025Sur le titre The Coalition, Allan Jamisen transforme la pop en salle d’autopsie politique, disséquant les alliances invisibles qui vendent la guerre sous emballage démocratique.
La première sensation que provoque The Coalition n’est pas musicale, elle est physique. Une impression de malaise calme, presque clinique, comme si l’on entrait dans une pièce trop bien éclairée pour rester confortable. Allan Jamisen ne cherche pas l’indignation facile ni le slogan. Il installe un dispositif. Lentement. Froidement. Et surtout sans nous laisser la possibilité de détourner le regard. Allan Jamisen ne raconte pas la politique : il en expose la mécanique.
Le morceau avance sur une ossature sombre, cinématographique, où l’électronique agit comme une nappe de tension permanente. Rien n’explose vraiment, tout se contracte. Les beats semblent retenus, comme si chaque impact devait être justifié avant d’exister. Cette retenue donne au titre une puissance paradoxale : The Coalition ne frappe pas fort, il serre. Et plus il serre, plus l’étau idéologique se fait sentir.
La voix, presque détachée, agit comme un narrateur lucide au bord du cynisme. Jamisen ne s’élève jamais au-dessus du propos, il s’y enfonce. Les mots décrivent l’imbrication politique, militaire et économique comme une évidence devenue invisible à force d’être répétée. Le plus troublant, c’est cette absence de colère explicite. Là où d’autres crieraient, Jamisen observe. Et cette observation froide devient une arme autrement plus efficace.
Son héritage artistique se devine en filigrane. On pense à Leonard Cohen pour la gravité sèche, à David Bowie période Berlin pour cette façon de politiser la forme sans la surligner, ou encore à l’esprit des disques parlés de la fin des années 70, quand la pop osait être conceptuelle sans perdre son magnétisme. Pourtant, The Coalition ne sonne jamais comme un collage nostalgique. Le morceau est résolument contemporain, presque anxieusement actuel, comme un flux d’informations devenu musique.
Ce qui fascine surtout, c’est la manière dont Jamisen refuse toute résolution. Pas de refrain salvateur, pas de morale finale. Le titre se termine comme il a commencé : suspendu. Comme si la coalition qu’il décrit n’était pas une entité extérieure, mais un système auquel personne n’échappe vraiment. L’auditeur n’est pas accusé, il est impliqué.
The Coalition n’est pas un morceau fait pour rassurer, ni même pour mobiliser. C’est un miroir sombre, tendu à une époque qui préfère les récits simplifiés aux structures complexes. Allan Jamisen signe ici une œuvre rare : une chanson politique qui ne cherche pas à convaincre, mais à rendre impossible l’ignorance.
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décembre 29, 2025Avec Come Out Lazarus I – Life Is Over, Andrea Pizzo and The Purple Mice transforment un fait réel en seuil musical, là où le rock cesse de divertir pour commencer à interroger.
Il y a des morceaux qui avancent droit devant, et d’autres qui obligent à s’arrêter net, comme si le sol se dérobait légèrement sous les pieds. Come Out Lazarus I – Life Is Over appartient à cette seconde catégorie. Pas une chanson à consommer, mais un passage à traverser. Andrea Pizzo and The Purple Mice ouvrent ici un cycle plus vaste, mais refusent le confort de l’introduction pédagogique : on est jeté directement dans l’entre-deux, cet espace instable où la fin d’une vie nourrit la continuité d’une autre.
Dès les premières secondes, le morceau adopte une distance presque cosmique. La Terre devient bruit de fond, l’humanité une rumeur lointaine. Cette mise à hauteur d’astres n’a rien de décoratif : elle relativise tout, et surtout notre besoin obsessionnel de sens immédiat. Des voix parlées, en anglais et en sanskrit, glissent comme des fragments de conscience, évoquant la transmigration, le passage, l’idée que rien ne disparaît vraiment mais que tout change de forme. Un sitar discret, presque fantomatique, agit comme une vibration plus que comme un instrument, rappelant que la musique ici n’illustre pas, elle suggère.
Puis le morceau se métamorphose. Le rock s’installe, ample, habité, traversé d’élans qui rappellent le goût des grandes dramaturgies art-rock, quelque part entre la solennité et l’abandon. On pense à David Bowie période tardive, non par mimétisme, mais par cette même capacité à faire dialoguer la finitude et la lucidité sans pathos inutile. La voix d’Andrea Pizzo ne cherche pas l’effet, elle raconte depuis l’intérieur, comme si elle avait accepté de ne pas tout comprendre.
La structure elle-même épouse le propos : aucune progression linéaire rassurante. Le morceau avance par états émotionnels successifs, passant de la sidération à une forme de clarté fragile, puis à une conscience presque douloureuse d’être encore en vie. Le final, plus progressif, ne conclut rien. Il suspend. Life Is Over n’énonce pas une vérité, il pose une question ouverte : que fait-on de la vie quand elle nous est rendue par la mort d’un autre ?
Ce titre agit ainsi comme un seuil narratif et sensoriel. Il ne console pas, il accompagne. Et dans un paysage rock souvent pressé de rassurer ou de séduire, Andrea Pizzo and The Purple Mice choisissent le risque : celui de l’ambiguïté, de la lenteur, et de la profondeur. Une entrée en matière qui ne promet pas un voyage confortable, mais un parcours nécessaire.
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décembre 29, 2025Quand Tequila at Dawn s’élève, JCCutter transforme la gueule de bois en rituel collectif et le comptoir en confessionnal.
La scène s’ouvre sans décor inutile. Une lumière encore pâle, celle qui hésite entre la fin de la nuit et le début du jour. Tequila at Dawn ne raconte pas une fête, il raconte l’après. Ce moment suspendu où l’ivresse laisse place à une lucidité bancale, où l’on rit de ses propres excès pour ne pas avoir à les regretter trop fort. JCCutter connaît cet instant-là intimement, et surtout, il sait comment le mettre en musique sans jamais le juger.
Derrière sa façade fédératrice, le morceau avance avec une intelligence rare dans le country-rock contemporain. Le groove est solide, rassurant, pensé pour rassembler sans écraser. La rythmique déroule un tempo médian, ni pressé ni alangui, laissant à la chanson le temps de respirer et aux mots celui de s’installer. Tout est fait pour que le refrain arrive comme une évidence, presque comme un réflexe. On ne l’apprend pas, on le rejoint.
Ce qui frappe, c’est cette manière de convoquer les symboles – tequila, verres levés trop tôt, souvenirs un peu flous – sans tomber dans la caricature. JCCutter joue avec ces images comme avec des balises culturelles, des points de repère partagés. Il ne chante pas l’alcool, il chante ce qu’on projette dedans : la fatigue, la camaraderie, l’envie de tenir encore un peu debout ensemble. Tequila at Dawn devient alors une prière païenne, mi-sérieuse, mi-ironique, adressée à tous ceux qui ont déjà attendu que le soleil se lève pour comprendre ce qu’ils ressentaient vraiment.
Musicalement, le morceau assume un équilibre précis entre Americana chaleureuse et ossature rock. Les guitares sont franches, jamais envahissantes, dessinant un espace large où la voix peut circuler librement. Cette voix, justement, ne cherche pas l’effet. Elle raconte. Elle rassemble. Elle donne l’impression d’être chantée face à un cercle d’amis plutôt que devant un public abstrait.
On retrouve ici une autre facette de l’univers de JCCutter. Habitué aux récits de résilience et de survie, il choisit cette fois la légèreté comme arme principale. Une légèreté trompeuse, car sous l’humour affleure toujours une forme de tendresse pour les failles humaines. Tequila at Dawn ne célèbre pas l’excès, il célèbre la capacité à en rire, à s’y reconnaître, à en faire un lien plutôt qu’une honte.
Dans un paysage musical saturé de refrains calibrés, ce morceau rappelle que la simplicité peut encore être sincère. Qu’un chant à reprendre à plusieurs peut aussi contenir une vérité douce-amère. Tequila at Dawn s’impose ainsi comme un morceau de partage, pensé pour les routes nocturnes, les bars encore ouverts, et ces moments où la musique devient le seul langage commun.
Un titre qui ne cherche pas à briller seul, mais à exister pleinement dans le bruit des autres.
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décembre 29, 2025Quand To The World résonne, EyBand ne fait pas un retour nostalgique : il ouvre une plaie encore vive et regarde droit dans les yeux ce que devenir adulte veut dire aujourd’hui.
Dès les premières secondes, To The World ne demande pas la permission. Le morceau déboule comme une planche lancée trop vite sur un trottoir mal éclairé, avec cette urgence familière qui ne s’excuse jamais d’exister. EyBand ne cherche pas à lisser son propos ni à moderniser artificiellement un héritage. Il le revendique brut, râpeux, presque cabossé, comme un cri jeté depuis une chambre devenue studio, bunker et confessionnal à la fois.
On sent immédiatement que cette musique n’est pas née dans un logiciel trop propre. Elle transpire la proximité, l’apprentissage patient, les nuits passées à recommencer un riff jusqu’à ce qu’il sonne juste, pas parfait. Le punk de To The World n’a rien d’un exercice de style : il est vécu. Chaque accord semble chargé de cette amitié longue, forgée avant les ambitions, avant les plateformes, avant même l’idée de « sortir un morceau ». Une musique qui s’est construite parce qu’il fallait dire quelque chose, pas parce qu’il fallait exister.
Ce qui frappe, c’est la manière dont EyBand relie l’intime au politique sans jamais théoriser. Le texte avance frontalement, porté par une voix qui ne joue pas au chanteur, mais au témoin. Il y est question de lignes franchies, de verres levés trop vite, de cette conscience trouble que le monde change sans demander l’avis de ceux qui tentent simplement d’y trouver leur place. To The World agit comme une lettre ouverte écrite à la hâte, avec des mots simples mais une colère maîtrisée.
Musicalement, tout repose sur l’équilibre fragile entre vitesse et émotion. La rythmique file droit, sans détour, pendant que les guitares découpent l’espace avec une efficacité presque instinctive. Rien n’est démonstratif. Tout est sincère. On entend le refus de l’intelligence artificielle, non par posture, mais par nécessité vitale : garder la trace humaine, l’erreur possible, le souffle trop court, le grain imparfait.
Ce morceau s’inscrit dans une tradition skate punk profondément ancrée dans les années 90, mais il ne regarde pas en arrière. Il interroge le présent. Il parle d’une génération qui a grandi nerd, un peu à côté, et qui se retrouve adulte dans un monde instable, sommé de se positionner sans toujours comprendre les règles du jeu. To The World devient alors un point de ralliement, une main tendue vers celles et ceux qui ressentent le même tiraillement.
EyBand ne propose pas de solution. Il propose une voix. Une voix qui assume ses contradictions, ses failles, sa rage contenue. Et c’est précisément là que le morceau touche juste. To The World n’est pas un hymne triomphant. C’est un toast levé à la lucidité, au doute, à la nécessité de rester humain dans un monde qui voudrait tout automatiser.
Un morceau qui rappelle que le punk n’est pas mort. Il a juste changé de chambre.
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décembre 29, 2025Avec War Against Reality, K6R6NZ6N transforme l’écoute en passage interdit, un face-à-face avec une entité sonore qui ne cherche ni l’adhésion ni la lumière.
Il y a des projets qui s’écoutent. Et puis il y a ceux qui s’imposent comme une présence dans la pièce, une tension qui s’installe sans prévenir. War Against Reality appartient clairement à la seconde catégorie. Dès les premières secondes, K6R6NZ6N ne propose pas un univers : il ouvre une brèche. Quelque chose de volontairement instable, pensé pour déranger les repères, ralentir le temps et placer l’auditeur dans cet entre-deux inconfortable où la musique cesse d’être un fond pour devenir une épreuve.
L’EP se déploie comme une série d’incantations modernes, nourries de witch house, de dark electronics, de trap spectrale et d’esthétique post-industrielle. Rien ici n’est décoratif. Les textures sont sèches, parfois abrasives, toujours retenues, comme si chaque son avait été dépouillé de toute intention de séduction. La voix, souvent fantomatique, agit moins comme un vecteur narratif que comme une trace, un écho venu d’un seuil invisible. On ne sait jamais vraiment qui parle, ni d’où.
Rotten Hallucinations ouvre le rituel sur une sensation de vertige contrôlé. Le morceau avance à pas lents, saturé de nappes troubles et de pulsations lourdes, comme un esprit qui se débat dans ses propres visions altérées. Rien n’explose, tout s’enfonce.
Dust In The Shadows creuse davantage l’idée de résidu. Ici, le rythme semble couvert de cendres, étouffé volontairement. Le morceau donne l’impression d’écouter un souvenir qui se décompose en direct, pris dans une boucle impossible à refermer.
Sathan Trismegistus agit comme un pivot ésotérique. Plus court, plus incisif, il concentre l’ADN du projet : une menace diffuse, jamais frontale, où les références occultes servent surtout à installer une aura de seuil, de passage interdit.
Demon of Swords étire le temps et installe une dramaturgie martiale. Les sons métalliques, presque rituels, évoquent une confrontation abstraite, intérieure, où le combat n’a ni vainqueur ni fin claire.
Putrefacción est sans doute l’un des moments les plus suffocants de l’EP. Le morceau se décompose lentement, comme un organisme sonore en pleine corruption. La répétition devient ici une arme, un moyen d’user l’écoute jusqu’à la rendre nerveuse.
Maldición referme War Against Reality sur une note longue, pesante, quasi hypnotique. Plus qu’une conclusion, c’est une persistance. Le morceau refuse la résolution et laisse l’auditeur suspendu, comme si le rituel continuait hors du cadre sonore.
Avec War Against Reality, K6R6NZ6N ne livre pas un EP au sens classique, mais une interférence volontaire dans le flux musical contemporain. Une œuvre qui ne cherche pas à plaire, mais à marquer, à contaminer l’écoute. Une musique qui ne vous accompagne pas : elle vous regarde, et attend que vous franchissiez le seuil.
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décembre 29, 2025Dans 700 Coming, 7Z MAXI ne signe pas un simple clip mais pose un manifeste brut, spirituel et frontal, où le rap devient proclamation, territoire et arme symbolique.
Quelque chose frappe immédiatement dans 700 Coming : la sensation de conviction totale. Pas celle, feinte, de la posture rap classique, mais une foi absolue dans ce qui est dit, montré, incarné. 7Z MAXI avance ici avec la certitude de quelqu’un qui ne doute pas de sa trajectoire. Le morceau ne cherche pas l’adhésion, il impose sa présence. Le clip, tendu et direct, agit comme une déclaration d’intention, presque un sermon urbain, où chaque plan semble chargé d’un sens qui dépasse la simple esthétique.
Musicalement, 700 Coming s’inscrit dans une tradition trap rugueuse, sans vernis inutile. La prod cogne sec, laisse respirer les basses, et refuse les détours mélodiques trop confortables. Tout est pensé pour servir le message : l’arrivée imminente, la montée d’un collectif, l’affirmation d’un pouvoir symbolique. Le morceau fonctionne comme un appel, un signal envoyé à ceux qui savent lire entre les lignes. Ici, le rap n’est pas divertissement, il est proclamation.
La force du titre tient aussi dans cette dimension collective. 7Z MAXI ne se présente jamais seul. Il est le porte-voix d’un groupe, d’une entité presque mythologique, ancrée dans une narration où spiritualité, héritage et territoire se croisent. Le discours peut dérouter, parfois déranger, mais il ne laisse jamais indifférent. 700 Coming assume pleinement sa vision du monde, sans chercher à la rendre digeste.
Visuellement, le clip renforce cette impression de tension permanente. Philadelphie n’est pas un décor neutre, mais un terrain sacré, une zone à reconquérir symboliquement. Les regards sont durs, les gestes mesurés, l’énergie contenue prête à exploser. Rien n’est laissé au hasard : tout participe à cette atmosphère de veille, comme si quelque chose était sur le point d’advenir.
Ce qui rend 700 Coming singulier, c’est précisément ce refus de la demi-mesure. 7Z MAXI ne joue pas avec les codes, il les tord pour servir un récit plus large, presque mystique. On peut adhérer ou non, mais impossible de nier la cohérence de l’univers proposé. Le morceau agit comme une balise dans un paysage rap souvent saturé de formules recyclées.
Avec 700 Coming, 7Z MAXI signe une œuvre frontale, habitée, qui préfère l’excès de croyance à l’absence de vision. Un titre qui s’écoute autant qu’il se ressent, et qui laisse derrière lui une impression tenace : celle d’un artiste qui avance sans regarder derrière, convaincu que l’histoire est déjà en marche.
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décembre 29, 2025Entre Half-Remembered et Mo(u)rning Lazarus, Skylarka transforme Somnorine en territoire mental mouvant, un disque qui ne se contente pas de s’écouter mais s’infiltre, s’installe, persiste.
Quelque chose se dérobe dès les premières secondes de Somnorine. Pas une entrée franche, pas de grand geste inaugural. Skylarka choisit le trouble. Half-Remembered flotte comme un souvenir mal rangé, une pensée qui revient sans prévenir. La musique avance en apnée, fragile, presque timide, et impose immédiatement un rapport intime à l’écoute. Ici, rien ne s’impose, tout suggère. On comprend vite que cet album n’est pas fait pour accompagner mais pour absorber.
Le choc arrive avec Cybernetic Fist (Maru Malandra Theme), pièce démesurée qui refuse toute économie. Skylarka y bâtit une architecture sonore lourde, hybride, où la chair et le métal semblent se confondre. Le morceau s’étire, insiste, teste la résistance de l’auditeur. C’est une lutte interne mise en sons, un corps qui cherche à rester humain dans un environnement devenu mécanique. Rien de décoratif, tout est tension.
A Man Beyond Death agit comme un repli brutal. Plus court, plus sec, le titre interroge la persistance de soi après l’effondrement. Skylarka y laisse beaucoup d’espace, comme si la musique elle-même hésitait à continuer d’exister. Une parenthèse vertigineuse.
Avec Pallid Moonscape, Somnorine s’éloigne encore du réel. Les textures deviennent spectrales, le paysage sonore se couvre d’une lumière froide. On avance dans un décor lunaire, déserté, où chaque note semble peser plus que la précédente. La musique ne raconte pas, elle expose un état.
Cette sensation de beauté menacée se précise sur Amid The Burning Blossoms. Le morceau séduit d’abord, puis inquiète. Sous ses harmonies presque rassurantes, une tension persiste, prête à rompre l’équilibre. Skylarka excelle dans cet art du contraste, laissant toujours planer le doute.
Hero’s Homecoming déjoue ensuite toute idée de triomphe. Le retour n’a rien de glorieux, il est fatigué, lucide, presque amer. Le héros rentre changé, incapable de se reconnaître dans ce qu’il a traversé. La musique avance sans emphase, avec une sobriété désarmante.
Le disque bascule franchement avec The Witch House. Plus abrasive, plus frontale, cette pièce expose la part la plus sombre de Somnorine. Skylarka n’édulcore rien, laisse les sons grincer, se heurter, jusqu’à l’inconfort.
Puis vient Unearthly Vagabond, centre de gravité du projet. Longue errance hypnotique, le morceau suspend le temps. On ne suit plus une progression, on dérive. La durée devient un langage, l’errance une finalité.
La clôture, Mo(u)rning Lazarus, refuse toute résolution nette. Entre deuil et renaissance inachevée, Skylarka laisse l’album se dissiper lentement, sans réponse claire. Somnorine s’achève comme il a vécu : dans l’instabilité.
Disque exigeant, profondément sensoriel, Somnorine confirme Skylarka comme un architecte de mondes intérieurs, préférant la fissure à la certitude, et l’expérience à la démonstration.
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décembre 29, 2025Dans Catabase, FÉMUR met des mots et des rythmes sur ce que l’on cache : la colère, la peur, l’ego blessé, les pensées qui tournent en boucle quand plus rien ne tient.
L’album Catabase ne cherche pas l’adhésion immédiate. Il exige du temps, une disponibilité mentale, presque un consentement. FÉMUR y signe une descente intérieure méthodique, inspirée de la figure de la catabase chère à Dante Alighieri, mais débarrassée de tout vernis académique. Ici, l’enfer n’est ni mythologique ni spectaculaire : il est intime, social, émotionnel, parfois dérisoire, souvent violent.
On commence avec Prologue qui agit comme une porte lourde que l’on pousse à contrecœur. Une introduction brève, tendue, presque cérémonielle, qui annonce un album pensé comme un trajet narratif. Tout est en retenue, mais la gravité est déjà là, prête à aspirer l’auditeur.
Les Autres c’est l’enfer s’impose ensuite comme une gifle conceptuelle. FÉMUR y parle du regard des autres comme d’une prison invisible, une pression constante qui déforme les corps et les esprits. Le flow est sec, frontal, porté par une production étouffante qui accentue l’isolement.
Puis vient Nouveaux méchants, un titre qui explore la parano contemporaine : ennemis diffus, violences ordinaires, figures anonymes. Le morceau installe un climat de méfiance permanente, où la menace n’a plus besoin de visage pour exister.
Avec Dante, la référence devient intime. Plus qu’un hommage, c’est une conversation intérieure, un miroir tendu à l’artiste lui-même. Le texte creuse, interroge la notion de chute, sans jamais tomber dans la citation décorative. Puis, Antitube des enfers fait monter la pression : attitude abrasive, presque punk, refus de la résignation. FÉMUR y rappe comme on serre les dents, transformant la colère en moteur vital.
Nouveaux héros dynamite les figures salvatrices. Faux hymne, ironie mordante : le morceau démonte l’illusion du héros moderne, exposant la fragilité derrière la posture tandis que Si Dieu veut ralentit le tempo et installe une tension spirituelle. Foi, fatalisme, espoir contrarié : le morceau avance en clair-obscur, sans jamais trancher, laissant le doute respirer.
Plus sombre encore,Melancholia suspend le temps. Ici, la fatigue émotionnelle s’exprime sans débordement, dans une économie de mots et de sons qui rend le malaise presque confortable, donc dangereux. Douleur & peine poursuit cette introspection avec une sobriété désarmante. Pas de plainte, mais un constat précis, presque clinique, où chaque phrase pèse.
Murder tranche radicalement. Plus froid, plus direct, le morceau évoque la violence comme une conséquence logique d’un monde saturé de frustrations. Un morceau qui contraste avec Happy Life, qui lui, joue la carte de l’ironie. Derrière l’apparente légèreté se cache une critique acide du bonheur normatif, transformé en injonction toxique.
Le morceau 99, quant à lui, fonctionne comme une obsession chiffrée, un compte à rebours mental, symbole d’une pression qui ne disparaît jamais vraiment. Avant dernier morceau de l’album, Hyperspace ouvre une brèche. Le morceau flotte, déréalise, comme une tentative d’évasion mentale hors du labyrinthe émotionnel.
Enfin, Heroes Revenge referme le voyage sans triomphe. Pas de rédemption spectaculaire, mais une sortie consciente, lucide. La revanche ici n’est pas spectaculaire : elle est intérieure, silencieuse, profondément humaine.
Avec Catabase, FÉMUR signe une œuvre dense, cohérente, pensée comme un tout. Un album qui ne flatte pas, mais accompagne. Une traversée sombre, nécessaire, et étonnamment vivante.
Instagram : femurofficiel
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décembre 29, 2025Dans Midnight Fire, wsemsz transforme l’IA en brasier intime : une chanson qui ne brûle pas vite, mais longtemps, quelque part entre mélancolie nocturne et futur déjà là.
La nuit n’explose jamais chez wsemsz. Elle s’étire. Elle colle à la peau. Elle laisse des traces. Midnight Fire avance ainsi, à pas feutrés, comme une braise qu’on croit éteinte mais qui continue de rougeoyer sous la cendre. Dès les premières secondes, quelque chose se met en place sans prévenir : une sensation de tension retenue, un climat qui ne cherche ni le climax ni la délivrance. Ici, le feu ne flambe pas, il couve.
Ce qui frappe d’emblée, c’est cette manière de refuser toute dramaturgie évidente. La production privilégie la matière à l’effet, la texture à la démonstration. Les sons semblent respirer, parfois vaciller, comme s’ils étaient traversés par une fatigue émotionnelle très réelle. Rien n’est lisse. Rien n’est totalement organique non plus. Et c’est précisément dans cette zone floue que Midnight Fire trouve sa force : à l’endroit exact où l’humain accepte de dialoguer avec l’artificiel sans chercher à le dominer.
Le recours massif à l’intelligence artificielle pourrait effrayer. Il n’en est rien. Chez wsemsz, l’IA agit comme un filtre émotionnel, un prisme qui déconstruit puis recompose la musique, à la manière d’un souvenir qu’on se repasse trop souvent dans la tête. Les riffs, retravaillés, réinjectés, semblent porter une mémoire altérée, presque fantomatique. La voix, elle, n’impose rien. Elle flotte, fragile, parfois distante, comme si elle hésitait à se livrer entièrement. Ce n’est pas un chant de rupture, mais l’écho de ce qui subsiste après : les pensées qui reviennent la nuit, les émotions qui refusent de se taire.
On pourrait évoquer l’ombre lointaine de Breaking Benjamin dans cette façon de conjuguer mélancolie lourde et tension sourde, mais Midnight Fire ne se contente pas d’héritages. Le morceau s’inscrit dans une logique plus conceptuelle, presque cinématographique, où chaque élément sonore semble choisi pour servir un récit intérieur. Rien n’est pressé. Tout est contenu.
Midnight Fire agit comme un fragment d’un ensemble plus vaste, pensé à l’échelle d’un album, d’un univers. Il raconte l’après. L’après la colère. L’après la décision. L’après le silence. Ce moment précis où l’on croit avoir tourné la page, mais où quelque chose continue de brûler, doucement, obstinément.
Dans un monde actuel saturé de morceaux conçus pour capter l’attention en quelques secondes, wsemsz fait le pari inverse. Il demande du temps. De l’écoute. De la disponibilité émotionnelle. Midnight Fire ne cherche pas à séduire immédiatement. Il s’installe. Il hante. Et quand il s’éteint enfin, il laisse derrière lui cette sensation rare : celle d’avoir traversé un état, pas simplement écouté une chanson.
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décembre 29, 2025Avec It’s Him, Soluss signe un disque-manifeste, celui d’un artiste qui cesse de se cacher derrière les pseudos pour affronter son propre reflet, micro ouvert et nerfs à vif.
Detroit plane sur l’album comme une tension permanente, pas comme un décor. It’s Him n’est pas une carte postale, c’est une chambre d’écho. On y entre comme dans un studio encore chaud, câbles au sol, restes de nuits trop longues, vannes laissées volontairement dans les prises. Soluss n’arrive pas en conquérant : il arrive en survivant lucide, conscient d’avoir trop attendu, mais prêt à assumer chaque seconde de ce retard. Le changement d’identité – de son of andy à Soluss – n’est pas cosmétique. Il est existentiel.
Dès Paladin (It’s Him), l’album annonce la couleur : une intro brève, presque cérémonielle, où la voix s’installe comme un serment. Ce n’est pas un ego trip, c’est une prise de poste. Please Understand enchaîne avec un rap plus introspectif, où la diction se fait tranchante sans jamais perdre une certaine fragilité, comme si la confiance venait à peine d’être apprivoisée. Puis Rhymes Like Razors confirme l’influence de Pharoahe Monch : changements de ton, précision chirurgicale, plaisir du flow maîtrisé jusqu’à la découpe.
Ce qui frappe dans It’s Him, c’est la durée volontairement courte de nombreux morceaux. Soluss préfère l’impact à l’étalage. Fanatic, Sink When I’m Dead, Marionette : des vignettes mentales, presque des haïkus rap, qui renforcent la sensation d’urgence. Rien n’est là pour remplir. Tout sert le propos. Cette approche rappelle l’énergie collective et ludique de Clear Soul Forces, mais filtrée par une solitude assumée.
Les collaborations ne diluent jamais la vision. Baba Yaga, en duo avec Kayoken, son complice de toujours, agit comme un pivot sombre et ludique à la fois. Ghosts et MCWS avec Ron1n Sumo explorent les zones hantées du disque, là où les regrets deviennent des personnages. Pay the Fiddler et Delroy, plus longs, respirent davantage, laissant apparaître une écriture plus narrative, presque cinématographique.
L’enregistrement à Toneworx se ressent dans la texture brute du son. On entend les murs, les silences, même les accidents – jusqu’aux miaulements du chat, clin d’œil absurde mais révélateur : Soluss ne cherche pas la perfection, il cherche la vérité, même quand elle fait sourire. Le moment où il lâche « What I can’t be a fan of myself? » résume tout l’album : l’instant précis où l’autodérision devient affirmation.
It’s Him n’est pas un album qui supplie l’attention. Il la mérite par cohérence, par honnêteté, par cette sensation rare d’écouter quelqu’un qui a enfin décidé d’arrêter de se retenir. Un premier album sous un nouveau nom, oui. Mais surtout un point final posé sur des années de doute – et un vrai point de départ.
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décembre 29, 2025« L’Homme de ma fin » n’est pas une chanson qu’on écoute : c’est une présence qui reste dans la pièce, longtemps après la dernière note, comme un souffle qui refuse de s’éteindre.
Tout commence dans un silence chargé. Pas un silence vide, mais celui qui précède les aveux qu’on n’a jamais osé formuler à voix haute. « L’Homme de ma fin » avance ainsi, à pas feutrés, sans frapper. La musique ne cherche pas à séduire, elle se pose. Elle observe. Elle attend que l’auditeur accepte d’entrer dans cette intimité fragile où chaque son semble pesé, chaque respiration assumée. Ici, rien n’est décoratif. Tout est nécessaire.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la proximité de la voix. Elle ne surplombe pas la production, elle s’y accroche. Presque chuchotée, parfois au bord de la rupture, elle donne l’impression d’être enregistrée dans une pièce trop petite pour contenir autant de chagrin. La production minimaliste laisse volontairement de l’espace, comme pour permettre aux silences de parler autant que les mots. On pense à l’intimité radicale de Billie Eilish, à la fragilité nue de Pomme, à la douleur assumée de Hoshi ou encore à la douceur mélancolique de November Ultra, mais ces références ne servent qu’à situer une émotion, jamais à enfermer le morceau dans une comparaison facile.
« L’Homme de ma fin » parle du manque, mais surtout de ce qui reste après. Des nuits blanches, de la colère contre l’injustice, de cette attente absurde que tout ne soit qu’un mauvais rêve. Le texte ne raconte pas une rupture, encore moins un adieu. Il ressemble davantage à une lettre laissée ouverte, posée quelque part, sans destinataire possible. L’amour y persiste, non comme un souvenir figé, mais comme une force active, presque douloureuse dans sa fidélité.
Musicalement, le morceau avance sur des couleurs basses, chaudes, enveloppantes. Le mix privilégie une sensation “warm / low”, intime, presque organique. Rien n’est surproduit. Les arrangements respirent, laissent passer l’air, comme si chaque note devait survivre à l’essentiel. Cette retenue donne au morceau une dimension cinématographique, sans jamais tomber dans le pathos.
Ce qui rend « L’Homme de ma fin » profondément marquant, c’est son refus du spectaculaire. Pas de montée artificielle, pas de climax imposé. La tension est intérieure. Elle se construit dans la durée, dans la répétition des émotions, dans l’acceptation lente de l’irréversible. Le morceau devient alors un espace de résonance pour tous ceux qui ont aimé au-delà du raisonnable, au-delà même de la vie.
« L’Homme de ma fin » s’impose comme une œuvre viscérale, écrite pour tenir debout quand tout vacille. Une chanson qui n’explique rien, mais qui comprend tout. Et dans cette compréhension silencieuse, elle touche juste, profondément, durablement.
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décembre 29, 2025Avec Wasp on My Nose, Grey & Purple Songbook transforme l’anxiété en scène du quotidien, minuscule et envahissante, drôle et paralysante, comme ce bourdonnement intérieur qu’on n’arrive jamais tout à fait à chasser.
Un détail suffit parfois à faire dérailler une journée. Wasp on My Nose part précisément de là : d’une sensation absurde, presque ridicule, qui devient pourtant impossible à ignorer. Le morceau s’ouvre sur une pulsation indie souple, entraînante, presque rassurante, comme si tout allait bien se passer. Et pourtant, quelque chose gratte. Quelque chose insiste. Grey & Purple Songbook installe cette tension avec une élégance discrète, sans jamais appuyer là où ça ferait trop mal.
Derrière ce projet, Grey & Purple Songbook développe une écriture profondément textuelle, où les mots précèdent la musique, la dictent même. Wasp on My Nose en est une démonstration limpide : le texte guide chaque choix rythmique, chaque accent de guitare, chaque respiration. Le groove avance, mais il n’avance jamais droit. Il tangue légèrement, comme un esprit qui tente de rester concentré alors qu’une peur irrationnelle s’invite sans prévenir.
La guitare joue un rôle central. Elle n’est ni décorative ni héroïque. Elle soutient, relance, insiste. Elle donne au morceau ce côté faussement léger, presque enjoué, qui contraste avec le fond du propos. Cette dualité fait toute la force du titre. On pourrait presque danser sur Wasp on My Nose, hocher la tête, sourire… tout en se reconnaissant dans cette description de l’anxiété qui prend le contrôle, sans logique, sans raison valable.
Ce qui frappe, c’est la manière dont l’humour est utilisé comme un outil de lucidité. Grey & Purple Songbook ne se moque pas de l’angoisse, il la met à distance. Le choix de cette image – une guêpe sur le nez – dit tout : ce n’est rien, et pourtant c’est insupportable. Impossible de penser à autre chose tant qu’elle est là. Le morceau capte parfaitement cette spirale mentale, ce moment où l’irrationnel devient tyrannique.
Musicalement, Wasp on My Nose s’inscrit dans une tradition indie rythmique, presque groovy, qui rappelle que la gravité n’empêche pas le mouvement. La production reste volontairement claire, lisible, au service du récit. Rien n’est surproduit, rien ne cherche à écraser l’émotion. Le morceau respire, comme pour laisser à l’auditeur l’espace de projeter ses propres obsessions, ses propres peurs minuscules mais envahissantes.
Dans le paysage indie actuel, saturé de confessions frontales et de postures grandiloquentes, Grey & Purple Songbook choisit un autre chemin : celui de la métaphore quotidienne, du sourire en coin, de la narration fine. Wasp on My Nose ne dramatise pas l’anxiété, il la rend tangible, presque familière.
C’est un morceau qui reste, précisément parce qu’il ne force jamais l’effet. Une chanson qui prouve qu’on peut parler de sujets lourds sans lourdeur, et que parfois, pour comprendre une peur, il suffit de lui donner la taille exacte qu’elle mérite. Même si elle bourdonne encore un peu après l’écoute.
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décembre 29, 2025Clockmaster’s Grief d’Astral Nocturna sonne comme une horloge fêlée qui continuerait de battre, obstinée, pour rappeler que certaines pertes ne se réparent jamais.
L’écoute commence comme un vertige. Pas celui de la vitesse, mais celui du poids. Clockmaster’s Grief n’attaque pas, il installe. Une sensation d’air froid, de pierre ancienne, presque d’encens figé dans un lieu hors du temps. Astral Nocturna ne cherche pas à impressionner d’emblée : le groupe préfère créer un espace mental, un théâtre intérieur où le drame pourra se déployer sans raccourci. C’est une musique qui exige qu’on s’assoie, qu’on écoute vraiment, qu’on accepte de ralentir.
Ce qui frappe très vite, c’est la dimension narrative. Clockmaster’s Grief ne se contente pas d’aligner des riffs et des orchestrations grandiloquentes, il raconte. Le morceau fonctionne comme un monologue tragique, celui d’un personnage obsédé par le temps, prisonnier de sa propre lucidité. Chaque montée, chaque retenue, chaque respiration semble pensée comme un geste dramaturgique. Ici, le métal devient langage émotionnel, pas démonstration de force.
La voix féminine, centrale, agit comme une boussole affective. Elle ne domine pas la musique, elle la traverse. Tantôt fragile, tantôt impériale, elle donne l’impression de lutter contre l’orchestre plutôt que de s’y poser confortablement. Cette tension permanente crée une intensité rare, presque douloureuse. On sent une influence assumée de formations comme Nightwish ou Epica, mais Astral Nocturna ne copie jamais : il emprunte des outils pour construire son propre récit.
Les orchestrations jouent un rôle clé. Elles épaississent l’atmosphère, accentuent le sentiment de fatalité, sans tomber dans l’excès décoratif. Les guitares, souvent lourdes mais jamais brouillonnes, agissent comme des murs qui se referment lentement. La batterie, elle, oscille entre solennité et urgence contenue, comme un cœur partagé entre accélérer et accepter la fin.
Ce qui rend Clockmaster’s Grief réellement marquant, c’est sa gestion du contraste. Le morceau ose le silence relatif, les passages plus dépouillés, presque vulnérables. Ces moments ne sont pas des pauses, mais des fissures. Des instants où le personnage semble prêt à céder, avant que la machine émotionnelle ne reparte de plus belle. Cette dynamique donne au titre une profondeur cinématographique, presque opératique.
Astral Nocturna propose ici bien plus qu’un simple morceau : une porte d’entrée vers un univers. Clockmaster’s Grief agit comme un premier chapitre, une promesse de narration étendue, où le métal symphonique devient un outil pour explorer la perte, le regret et l’obsession du contrôle. Ce n’est pas une écoute confortable, ni immédiate. C’est une expérience.
Clockmaster’s Grief laisse une trace parce qu’il accepte la lenteur et la gravité. Parce qu’il ne cherche pas à plaire à tout prix. Et surtout parce qu’il rappelle que, parfois, la musique la plus puissante n’est pas celle qui crie le plus fort, mais celle qui ose regarder le temps en face, sans détour.
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décembre 29, 2025Blame Me d’ANTONIØUS sonne comme un sourire nerveux après l’erreur : un morceau qui avance vite, pense encore plus vite, et refuse de s’excuser pour sa complexité.
Dès les premières secondes, Blame Me donne l’impression d’un cerveau branché sur secteur. Pas le genre de titre qui s’installe confortablement dans une ambiance, mais plutôt une idée qui déboule, trébuche volontairement, puis se relève avec panache. Chez ANTONIØUS, la musique n’est jamais figée : elle se tord, change de direction, surprend. Ce morceau en est la preuve la plus limpide.
La structure intrigue immédiatement. Les guitares, presque math-rock dans leur précision, ne cherchent pas la démonstration gratuite mais instaurent une tension ludique. Elles zigzaguent, dialoguent avec une rythmique hip-hop souple, comme si deux langages tentaient de se comprendre sans jamais renoncer à leur accent. Le résultat n’est ni vraiment rap, ni totalement pop, encore moins rock : Blame Me vit dans cet entre-deux fertile où les genres cessent d’être des étiquettes pour devenir des outils.
La voix d’ANTONIØUS agit comme un fil conducteur dans ce labyrinthe sonore. Elle glisse, parfois presque nonchalante, parfois plus incisive, avec ce ton faussement détaché qui cache une vraie lucidité. Le morceau parle de responsabilité, de regards croisés, de cette manie moderne de chercher un coupable plutôt qu’un sens. Mais ici, pas de plainte ni de posture victimaire. Blame Me préfère l’autodérision intelligente à la confession lourde. Le titre lui-même sonne comme un clin d’œil : oui, blâme-moi, mais écoute bien ce que je fais.
Ce qui frappe surtout, c’est l’énergie mentale du morceau. On pense à une pop alternative nourrie au jazz, à un hip-hop qui aurait grandi avec des musiciens plutôt qu’avec des playlists algorithmiques. Chaque break semble réfléchi, chaque reprise apporte un léger déplacement, comme si le morceau refusait de se répéter à l’identique. Cette instabilité maîtrisée donne à Blame Me un pouvoir de réécoute rare : plus on l’écoute, plus il révèle de détails.
Dans un paysage pop-rap souvent calibré pour l’immédiateté, ANTONIØUS choisit le contre-pied. Il fait confiance à l’auditeur, l’invite à suivre, à accepter de ne pas tout saisir du premier coup. Blame Me n’est pas un tube qui se consomme, c’est un morceau qui s’explore. Une proposition audacieuse, vivante, qui prouve que la modernité musicale passe parfois par la prise de risque plutôt que par la répétition.
Avec Blame Me, ANTONIØUS signe un titre nerveux, intelligent, joyeusement hybride. Un morceau qui ne demande pas la permission, et qui, justement pour ça, mérite qu’on s’y attarde.
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décembre 29, 2025AYAYAI marque l’instant où Drey Ma-El transforme le désir en rythme et fait de son nom une incantation prête à voyager de San José aux dancefloors du monde.
AYAYAI n’entre pas doucement dans l’oreille, il s’y installe. Dès les premières secondes, le morceau agit comme une chaleur soudaine sur la peau, un réflexe du corps avant même que l’esprit n’analyse. Chez Drey Ma-El, le groove n’est pas décoratif, il est organique. Il pulse comme une mémoire ancienne, quelque chose de familier sans qu’on sache exactement pourquoi. Peut-être parce que ce titre parle d’amour sans le réduire à une formule, en le reliant à la terre, aux racines, à ce qui précède les mots.
Musicalement, AYAYAI navigue avec intelligence entre afro-pop, afro-fusion et inflexions latines. Les percussions dialoguent avec des lignes mélodiques solaires, jamais surchargées, laissant respirer le morceau. Rien n’est pressé. Le tempo avance avec assurance, comme une marche pieds nus sur un sol encore tiède. La production cherche moins à impressionner qu’à installer une sensation durable, un état. On est loin d’un tube fabriqué à la chaîne : ici, chaque élément semble avoir été choisi pour sa capacité à rester.
La voix de Drey Ma-El joue un rôle central dans cette alchimie. Elle glisse entre l’anglais et l’espagnol avec une fluidité naturelle, sans démonstration identitaire forcée. Ce bilinguisme n’est pas un gimmick, mais une respiration. Il renforce l’idée d’un artiste qui se tient à la croisée des cultures, sans vouloir trancher. AYAYAI devient alors un espace de rencontre, un lieu sonore où les frontières se dissolvent au profit de l’émotion.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence du propos. Présenté comme le premier extrait d’un projet plus large, AYAYAI pose déjà une direction claire : celle d’un retour aux origines, d’une reconnexion avec la nature et les élans premiers. Le morceau ne raconte pas une histoire linéaire, il suggère. Il évoque l’amour comme une force circulaire, quelque chose qui lie le corps, la mémoire et le paysage. On sent derrière cette approche une volonté de ralentir, de ressentir plutôt que de consommer.
Dans un paysage afro-pop de plus en plus saturé, AYAYAI se distingue par sa sincérité tranquille. Drey Ma-El ne cherche pas à crier plus fort que les autres, il préfère installer son univers avec patience. Ce titre agit comme une porte entrouverte sur un album qui promet d’explorer l’intime sans jamais perdre le sens du collectif.
AYAYAI n’est pas seulement un premier single, c’est une intention. Celle d’un artiste qui comprend que la modernité passe parfois par le regard en arrière. Et dans ce mouvement de balancier entre passé et présent, Drey Ma-El trouve déjà une voix qui mérite qu’on s’y attarde.
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décembre 29, 2025Avec Or Kim Jongussy, 2 La KiL transforme la provocation en arme narrative et balance un single qui ricoche comme une punchline mal digérée dans l’Amérique de l’excès.
Impossible d’aborder Or Kim Jongussy frontalement sans accepter le malaise qu’il installe. Le titre choque, amuse, dérange, et c’est précisément là que 2 La KiL veut nous emmener. Pas dans la zone de confort, mais dans ce territoire glissant où le rap devient caricature consciente, miroir déformant d’un monde saturé d’images, de slogans et de symboles politiques vidés de leur sens. Ici, le nom claque comme un graffiti mal compris, volontairement absurde, presque obscène, pour mieux souligner l’époque qu’il décrit.
Musicalement, le morceau avance avec une assurance désinvolte. La prod signée ProdbyDee et Jay Skeebs repose sur une ossature rap efficace, à la fois minimaliste et lourde de sous-entendus. Rien de superflu : un beat qui tourne, une rythmique qui insiste, comme une boucle mentale dont on n’arrive pas à sortir. Cette simplicité apparente laisse toute la place au flow de 2 La KiL, qui navigue entre sarcasme, nonchalance et agressivité contenue.
Là où Or Kim Jongussy devient intéressant, c’est dans sa posture. 2 La KiL ne cherche pas à délivrer un message clair ou un manifeste politique bien rangé. Il préfère brouiller les pistes. Les mots sont jetés comme des projectiles, parfois absurdes, parfois lucides, souvent ambigus. Le rappeur joue avec l’idée de pouvoir, de domination symbolique, de consommation de figures extrêmes comme simples produits culturels. Tout est digéré, recyclé, revendu sous forme de divertissement — et le morceau en est parfaitement conscient.
On sent l’héritage d’un hip-hop alternatif qui aime provoquer pour questionner, plutôt que rassurer. Or Kim Jongussy n’est pas un titre qu’on écoute pour se sentir bien. C’est un morceau qui gratte, qui met mal à l’aise, qui oblige à se demander pourquoi ce nom fait rire, choque ou laisse indifférent. Et surtout, ce que cela dit de nous.
Dans la discographie de 2 La KiL, ce single agit comme un coup de coude dans les côtes. Pas forcément le plus accessible, mais l’un des plus révélateurs de son rapport au monde : cynique sans être vide, provocateur sans être gratuit. Il y a derrière l’exagération une vraie réflexion sur la manière dont le rap contemporain absorbe tout, y compris le grotesque, pour en faire un spectacle permanent.
Or Kim Jongussy s’écoute comme on regarde une image trop saturée : on détourne les yeux, puis on revient, intrigué. Un morceau qui ne cherche pas l’unanimité, mais qui s’impose par sa radicalité tranquille. Et dans un paysage rap souvent formaté, cette volonté de déranger reste une prise de risque salutaire.
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décembre 29, 2025Izaiah Karter transforme Eye Candy et ADHD en miroirs opposés : l’un capte la lumière des apparences, l’autre plonge dans le bruit intérieur qui ne se tait jamais.
Il y a chez Izaiah Karter cette manière presque dérangeante de sourire tout en serrant les dents. Avec Eye Candy, il avance en funambule sur le fil tendu entre séduction pop et malaise latent. Le morceau brille, oui, mais comme une vitrine trop éclairée à trois heures du matin. Les synthés accrochent l’oreille, les mélodies flirtent avec l’efficacité radio, pourtant quelque chose cloche volontairement. Derrière l’esthétique soignée, la voix laisse passer une fatigue, un recul critique sur cette obsession de l’image, du désir immédiat, du regard des autres. Eye Candy fonctionne comme un bonbon au goût légèrement amer : attirant, addictif, mais jamais totalement innocent.
La production emprunte autant au pop rap qu’aux textures cloud hop, avec cette manière de laisser l’espace respirer entre deux refrains accrocheurs. Izaiah ne force rien, il installe une ambiance où le plaisir est réel mais conscient de sa superficialité. On sent l’influence d’une pop émotionnelle américaine, mais débarrassée de son vernis trop propre. Ici, la beauté devient presque suspecte, comme si elle cachait quelque chose de plus fragile.
Puis vient ADHD, et le décor change brutalement. Fini le miroir brillant : place à la pièce en désordre. ADHD n’essaie pas d’expliquer, encore moins de simplifier. Le morceau reproduit une sensation : celle d’un esprit qui saute d’une idée à l’autre, incapable de se poser, saturé de pensées contradictoires. Le flow se fait plus nerveux, parfois haché, parfois trop rapide, comme si les mots devaient sortir avant d’être remplacés par d’autres.
Musicalement, ADHD s’inscrit davantage dans un trap-pop tendu, presque anxieux. Les beats appuient cette impression d’urgence permanente, sans jamais offrir de véritable résolution. Ce n’est pas un morceau thérapeutique, c’est un instantané. Izaiah Karter ne romantise pas le trouble, il le donne à entendre, brut, inconfortable, parfois épuisant. Et c’est précisément là que le titre touche juste.
Ce qui rend ces deux morceaux passionnants lorsqu’on les écoute ensemble, c’est leur dialogue implicite. Eye Candy parle de ce que l’on montre, ADHD de ce que l’on subit intérieurement. L’un caresse, l’autre heurte. L’un séduit, l’autre déborde. Ensemble, ils dessinent le portrait d’une génération prise entre mise en scène permanente et surcharge mentale.
Izaiah Karter n’essaie pas de choisir entre introspection et efficacité pop. Il les fait cohabiter, parfois maladroitement, souvent brillamment. Dans un paysage pop rap saturé de poses et de slogans, cette dualité assumée donne à ces deux titres une épaisseur rare. Pas des manifestes, mais des fragments sincères, posés là comme des preuves de vie. Et c’est peut-être dans cette honnêteté-là que réside sa vraie signature.
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décembre 29, 2025Drive Away ressemble à un départ pris sans prévenir, moteur encore chaud, valises pleines de doutes et de rêves trop longtemps restés sur le bas-côté.
Dès les premières mesures, quelque chose se joue à contre-courant. Pas une posture, pas une façade clinquante. Drive Away avance avec cette sincérité un peu cabossée qu’on reconnaît tout de suite : celle des artistes qui n’ont pas grandi en se rêvant stars, mais qui ont fini par se découvrir une voix quand le reste du monde leur disait que c’était trop tard. WTF Dave ne raconte pas une success story, il raconte un déclic. Et ce déclic devient le moteur émotionnel du morceau.
Musicalement, le titre se tient sur une ligne hybride, presque improbable. Le rap y croise une forme d’indie rock rugueux, avec des réminiscences de country rap dans l’approche mélodique et le grain des guitares. Rien n’est parfaitement lisse, et c’est précisément ce qui rend l’ensemble crédible. Le beat n’écrase pas, il accompagne. Il laisse respirer les mots, comme si chaque mesure était pensée pour laisser passer le doute avant la détermination.
Le texte parle de découverte tardive, mais surtout de libération. De ce moment précis où l’on accepte enfin de faire quelque chose pour soi, même si ça implique le regard des autres, les jugements, les maladresses. La voix de WTF Dave porte encore des traces d’hésitation, et c’est là que le morceau devient touchant. On entend un artiste qui apprend en marchant, qui avance sans GPS, mais avec une foi nouvelle dans ce qu’il fait.
La présence de Concept renforce cette impression de collectif intime, presque familial. Les échanges vocaux donnent au morceau une texture humaine, loin des featurings opportunistes. Quant aux chœurs signés Mira Of Love, ils apportent une douceur fragile, comme une main posée sur l’épaule au moment de prendre la route.
Drive Away n’est pas un hymne à la réussite éclatante. C’est un morceau sur le courage discret. Celui de recommencer, de tenter, de croire qu’il reste encore quelque chose à dire, même quand on pense avoir raté le coche. Le refrain agit comme une fuite symbolique, un mouvement vers l’avant, sans destination précise, mais avec une certitude nouvelle : rester immobile aurait été pire.
Ce titre touche parce qu’il ne cherche jamais à impressionner. Il préfère raconter. Et dans cette narration brute, imparfaite, presque pudique, Drive Away trouve sa force. Une chanson pour ceux qui n’ont pas commencé au bon moment, mais qui ont fini par comprendre que le bon moment, parfois, c’est simplement celui où l’on ose enfin partir.
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décembre 29, 2025« Baby » n’est pas seulement un refrain entêtant : c’est la preuve que la pop sentimentale peut devenir un langage universel, murmuré à la fois en anglais et en coréen, sans jamais perdre en intensité.
Baby s’infiltre dans l’oreille avec une facilité presque déconcertante. Pas d’introduction inutile, pas de détour spectaculaire : le morceau avance avec une assurance tranquille, celle des titres qui savent exactement où ils vont. Dès les premières secondes, on comprend que le cœur du morceau n’est pas la performance, mais l’adhésion émotionnelle. Baby cherche le lien, pas l’exploit.
À la manœuvre, YASU pose une base R&B pop lisse et immédiatement familière, quelque part entre la douceur mainstream et la sensibilité urbaine. La production respire les codes de la K-Pop et du K-Hip Hop du début des années 2010, mais sans tomber dans la caricature. Tout est calibré pour la fluidité : une rythmique souple, des synthés lumineux, une progression harmonique qui ne brusque jamais l’écoute.
Le vrai tour de force de Baby réside dans son équilibre collectif. 타이거 Tiger et Lil’ Wu ne viennent pas parasiter l’identité du morceau, ils l’enrichissent. Chacun apporte une couleur différente, une texture vocale qui renforce l’aspect conversationnel du titre. On a l’impression d’assister à un échange intime, presque complice, plutôt qu’à une succession de couplets.
Le refrain, annoncé comme addictif, tient largement ses promesses. Il fonctionne comme une boucle émotionnelle : simple, répétitif, impossible à évacuer une fois lancé. Mais là où Baby se distingue, c’est dans sa capacité à rester élégant. Jamais sirupeux, jamais excessif. La romance y est suggérée plus que proclamée, ce qui rend le morceau d’autant plus durable.
Le mélange des langues joue un rôle central dans cette impression de proximité universelle. Anglais et coréen cohabitent sans effort, comme si le morceau refusait délibérément de choisir un territoire précis. Baby parle aux couples, aux amoureux, mais aussi à tous ceux qui cherchent une pop sentimentale sans surcharge dramatique.
Musicalement, le titre s’inscrit dans une esthétique R&B pop accessible, pensée pour le replay infini. On peut l’écouter distraitement, en fond, ou s’y accrocher pleinement, casque sur les oreilles, pour en apprécier chaque inflexion vocale. Cette double lecture est précisément ce qui fait sa force : Baby ne demande rien, mais donne beaucoup.
Avec le recul, Baby apparaît comme un morceau charnière, typique de cette période où la K-Hip Hop et la pop asiatique commençaient à dialoguer ouvertement avec les standards internationaux. Sans révolutionner les codes, YASU et ses complices ont signé un titre intemporel, conçu pour traverser les playlists et les époques sans perdre sa fraîcheur.
Baby, c’est ce genre de morceau qui s’impose sans bruit, mais qui reste. Un hit doux, sincère, pensé pour durer, et qui rappelle que parfois, la simplicité émotionnelle est la forme la plus efficace de sophistication pop.
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décembre 29, 2025« All of Us » de Luma Saint agit comme une main tendue au milieu du dancefloor, un titre qui rassemble sans forcer, rappelant que derrière chaque corps en mouvement se cache la même fragilité.
All of Us s’installe avec une douceur presque trompeuse. Le rythme quatre-temps avance calmement, régulier, comme un battement de cœur partagé. Rien ne presse. La production préfère l’installation à l’impact, la continuité à la rupture. Très vite, le morceau crée un espace, un endroit mental où l’on peut respirer tout en avançant. Ce n’est pas une montée euphorique, c’est une élévation progressive, patiente, profondément humaine.
Au centre de cette proposition, Luma Saint développe une vision de la dance pop qui refuse le clinquant facile. All of Us repose sur une chaleur constante, presque enveloppante, nourrie par des nappes atmosphériques délicates et une ligne rythmique stable, rassurante. Le groove ne cherche pas à impressionner : il soutient, accompagne, laisse l’émotion se déployer sans contrainte.
La voix masculine, soul et mesurée, devient rapidement le point d’ancrage du morceau. Elle ne survole pas la production, elle s’y fond. Les paroles parlent de connexion, d’égalité, de cette idée simple mais essentielle que nous partageons tous les mêmes doutes, les mêmes espoirs. All of Us n’est pas un discours grandiloquent, c’est une confidence collective. Une phrase qu’on pourrait murmurer à soi-même avant de la chanter à plusieurs.
Musicalement, le titre flirte avec la melodic house sans jamais s’y enfermer. Les textures électroniques sont propres, aériennes, pensées pour créer une sensation d’espace plutôt que de tension. Chaque élément sonore semble choisi pour servir une intention précise : rassembler. Le morceau avance comme une vague douce, sans pic agressif, mais avec une persistance qui finit par s’imprimer durablement.
Ce qui distingue All of Us, c’est sa capacité à fonctionner sur plusieurs niveaux. En écoute solitaire, le titre agit comme un miroir émotionnel, un rappel apaisant que l’on n’est jamais vraiment seul dans ce que l’on traverse. En contexte collectif, il devient presque un rituel, un moment de communion discret où les différences s’effacent au profit d’un mouvement commun. Une dance pop de lien plutôt que de démonstration.
Luma Saint ne cherche pas à imposer une identité spectaculaire. Il construit une atmosphère, une sensation durable. All of Us s’inscrit dans cette lignée de morceaux qui ne marquent pas par la surprise, mais par la résonance. On ne se souvient pas d’un drop précis, mais d’un sentiment global, d’une chaleur persistante.
Dans un paysage pop électronique souvent saturé de formules instantanées, All of Us prend le contre-pied. Il choisit la sincérité émotionnelle, la lenteur maîtrisée, l’espoir sans naïveté. Une musique qui ne promet pas de transcendance, mais propose quelque chose de plus précieux : la reconnaissance mutuelle.
All of Us rappelle que la dance pop peut être autre chose qu’un simple exutoire. Elle peut devenir un espace de partage, un moment suspendu où l’on se retrouve, ensemble, sans avoir besoin d’en faire trop. Un titre qui ne crie pas l’unité, mais la fait ressentir. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin pour continuer à avancer, côte à côte.
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décembre 29, 2025« Fool Me 3x » d’isjulianhere? ressemble à une question répétée trop souvent pour rester innocente, un refrain intérieur qui oscille entre lucidité blessée et foi tenace.
Fool Me 3x avance sur un fil instable. Le morceau ne choisit jamais totalement entre la pop rap et une nervosité post-punk diffuse, et c’est précisément dans cet entre-deux qu’il trouve sa force. Dès l’entrée, une tension sèche s’installe : une rythmique contenue, presque rigide, des textures qui grincent légèrement, comme si la musique retenait une colère qu’elle refuse d’exploser franchement. Tout sonne volontairement à vif.
Au centre de cette friction, isjulianhere? impose une voix fragile mais déterminée. Fool Me 3x n’est pas un morceau démonstratif, c’est un aveu. Le flow est parfois presque parlé, parfois chanté, toujours traversé par une nervosité sincère. Chaque phrase semble pesée, comme si dire trop fort risquait de faire vaciller quelque chose de plus grand que soi.
Musicalement, le morceau emprunte à la pop rap sa lisibilité immédiate, mais injecte une esthétique post-punk dans son climat émotionnel. Les arrangements sont secs, minimalistes, parfois froids, laissant peu d’espace au confort. Cette sobriété renforce l’impact du propos. Fool Me 3x ne caresse pas l’auditeur, il l’invite à rester attentif, à écouter entre les lignes.
Le titre lui-même agit comme une clé de lecture. Fool Me 3x évoque la répétition de l’erreur, la confiance accordée trop souvent, mais aussi la conscience de cette répétition. On sent un tiraillement permanent entre la lucidité humaine et la persistance de la foi. Ici, la spiritualité n’est pas décorative. Elle traverse le morceau comme une question ouverte : comment continuer à croire quand l’expérience apprend à se méfier ?
La dimension religieuse, assumée, donne au morceau une profondeur inattendue. Fool Me 3x n’est pas un chant de certitude, mais une prière imparfaite. Une foi qui doute, qui trébuche, mais qui refuse de disparaître. Cette tension rend le morceau touchant, presque inconfortable parfois, parce qu’il ne cherche jamais à simplifier ce rapport au divin ou à soi-même.
La production accompagne intelligemment cette dualité. Les beats restent sobres, presque austères, tandis que les mélodies, discrètes, laissent filtrer une émotion contenue. Rien n’est surchargé. Tout semble pensé pour maintenir cet équilibre fragile entre retenue et abandon.
Fool Me 3x fonctionne comme un journal intime fragmenté, un espace où la pop devient un outil de questionnement plus que de réconfort immédiat. Ce n’est pas un titre fait pour rassurer, mais pour accompagner ceux qui doutent sans renoncer.
Avec Fool Me 3x, isjulianhere? affirme une identité singulière, loin des formats lisses. Une pop rap spirituelle, nerveuse, presque post-punk dans l’âme, qui préfère la sincérité brute à la promesse facile. Un morceau qui ne prétend pas avoir les réponses, mais qui pose les bonnes questions — et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin pour continuer à avancer.
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décembre 29, 2025« Dog Ways » d’Eat Greedy G ne se présente pas, il grogne. Le titre impose sa logique dès la première seconde : ici, on ne survit pas par élégance, mais par réflexe.
Dog Ways avance avec une détermination animale. Le beat est sombre, menaçant, presque viscéral, comme un décor urbain filmé sans lumière artificielle. Rien n’est là pour rassurer. La production serre l’espace, enferme l’écoute, et crée une tension continue où chaque kick ressemble à un pas lourd sur le bitume. Ce morceau n’est pas fait pour séduire, il est conçu pour marquer le territoire.
Au centre de cette mécanique brutale, Eat Greedy G impose une posture sans détour. Dog Ways n’est pas une métaphore délicate : c’est un manifeste. Se définir comme un « dog », c’est revendiquer une existence guidée par l’instinct, la survie, la domination. Le rap ici n’analyse pas, il affirme. Chaque phrase tombe comme un avertissement, chaque mesure rappelle que la rue ne récompense pas l’hésitation.
La voix est directe, abrasive, dépourvue de filtre émotionnel. Eat Greedy G ne cherche pas à raconter une histoire complexe, il répète une règle simple : avancer, prendre, ne jamais lâcher. Cette répétition agit comme un conditionnement. Dog Ways fonctionne presque comme un mantra agressif, un rappel permanent que l’argent, le respect et la survie ne se négocient pas, ils se prennent.
Musicalement, le morceau s’inscrit dans une tradition gangsta rap assumée, nourrie de trap contemporaine. Les basses sont lourdes, poisseuses, pensées pour écraser plus que pour faire rebondir. La rythmique avance droit, sans variation inutile, renforçant cette impression de marche forcée. Ici, pas de respiration superflue. Tout est orienté vers l’impact.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale de second degré. Dog Ways ne joue pas avec les codes, il les applique. Le morceau revendique une mentalité alpha permanente, une logique du « get paid » sans pause ni justification. Cette radicalité peut déranger, mais elle est cohérente. Eat Greedy G ne cherche pas l’adhésion universelle, il parle à ceux qui reconnaissent ce langage brut.
Le texte, frontal, refuse toute complaisance. Il n’y a ni romantisation de la rue ni moralisation tardive. Dog Ways décrit un monde régi par ses propres lois, où la loyauté est sélective et la faiblesse immédiatement sanctionnée. Cette vision, dure et sans fard, s’inscrit dans une tradition rap qui préfère la vérité perçue à la nuance confortable.
Dog Ways fonctionne comme une déclaration de guerre symbolique. Un morceau qui ne demande pas à être compris, mais accepté ou rejeté. Il impose une ambiance, une attitude, une façon d’occuper l’espace sonore. En playlist, il agit comme un rappel brutal : ici, la confiance est une arme, et l’instinct, une stratégie.
Avec Dog Ways, Eat Greedy G livre un titre sans concession, pensé pour ceux qui aiment le rap quand il mord plutôt que quand il explique. Un gangsta rap cru, territorial, assumé jusqu’au bout. Pas une promesse d’élévation, mais un constat : dans ce monde-là, seuls ceux qui avancent sans détour imposent leurs règles.
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décembre 29, 2025« Over Me », signé Icyy C. avec Waff, agit comme une phrase définitive lâchée sans trembler, un titre qui annonce d’emblée que le chapitre est clos, même si l’écho insiste encore.
Over Me ne s’embarrasse pas de nostalgie. Le morceau démarre avec cette énergie trap nerveuse, presque joyeuse, qui contraste frontalement avec le thème abordé. Ici, la rupture n’est pas un effondrement, c’est un terrain déjà traversé. Le beat rebondit, les basses frappent avec souplesse, et l’ensemble installe une dynamique de mouvement permanent. Musicalement, tout indique l’avant, jamais l’arrière.
Au centre de cette posture, Icyy C. confirme son goût pour les émotions maîtrisées. Over Me n’est pas un cri, c’est une mise à distance. L’autotune enveloppe la voix sans la masquer, accentuant cette sensation de froideur contrôlée, presque élégante. Icyy C. raconte une situation familière — l’ex qui n’arrive pas à lâcher — mais il le fait depuis un point d’équilibre déjà atteint. Le regard est posé, la décision prise.
La production joue un rôle clé dans ce récit. Le côté bouncy du morceau donne une légèreté paradoxale à un sujet potentiellement lourd. Ce choix n’est pas anodin. Over Me transforme le détachement émotionnel en énergie physique. On ne subit pas, on avance. La trap devient ici un outil de reconstruction, presque une bande-son de libération discrète.
La présence de Waff apporte une continuité naturelle au morceau. Leur collaboration, déjà éprouvée, repose sur une compréhension mutuelle du ton à adopter. Pas de surenchère, pas de clash inutile. Les flows se répondent avec cohérence, renforçant cette idée d’un front commun face à une histoire déjà terminée. Over Me fonctionne alors comme un dialogue intérieur partagé.
Ce qui frappe, c’est la maturité émotionnelle du titre. Là où beaucoup de morceaux trap exploitent la rupture comme un champ de bataille, Icyy C. choisit l’indifférence active. Over Me n’est pas une revanche, c’est une affirmation silencieuse. Le refrain, simple et efficace, agit comme un rappel mental : le problème n’est plus là, même s’il insiste encore.
Musicalement, le morceau coche toutes les cases d’un titre club-ready sans perdre sa dimension intime. Il fonctionne aussi bien dans un contexte festif que dans une écoute solitaire. Cette polyvalence renforce son impact. Over Me s’adapte à l’humeur de l’auditeur, que ce soit pour se motiver, se détacher ou simplement laisser tourner le son.
Dans le parcours de Icyy C., Over Me marque une étape claire. Un premier single qui ne cherche pas à impressionner par l’excès, mais par la cohérence. On sent un artiste qui affine son langage, qui comprend que la retenue peut parfois être plus forte que l’explosion.
Over Me n’essaie pas de réécrire l’histoire de la trap. Il raconte quelque chose de plus simple, mais profondément actuel : le moment précis où l’on sait qu’on est passé à autre chose, même si l’autre ne l’a pas encore compris. Un titre efficace, lucide, et surtout honnête, qui prouve que parfois, la meilleure réponse reste un groove solide et une phrase bien placée.
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décembre 29, 2025Hatuchaguangi ne demande pas la permission. Le titre arrive comme un pas ferme sur l’asphalte, une énergie brute qui refuse la plainte et transforme chaque obstacle en moteur.
Hatuchaguangi s’impose par son mouvement. Dès les premières secondes, la rythmique afro-reggaeton installe une dynamique tendue, presque combative, mais jamais agressive. Le groove est frontal, solaire, pensé pour porter le corps autant que l’esprit. Ici, la danse n’est pas une fuite, c’est une affirmation. Chaque pulsation semble dire qu’on avance parce qu’on n’a pas le luxe de reculer.
À la tête de cette impulsion, Nguthu construit une afro-pop hybride, nourrie de dance pop, d’afro-fusion et d’une énergie urbaine très concrète. Hatuchaguangi respire la rue, le quotidien, la débrouille. Mais loin du misérabilisme, le morceau transforme cette réalité en force. La production est claire, rythmée, taillée pour l’impact, avec des percussions nettes, des basses fermes et une structure qui ne lâche jamais la tension.
La voix circule entre l’anglais et le swahili avec une fluidité naturelle. Ce bilinguisme n’est pas décoratif, il est politique au sens noble : il relie les espaces, les cultures, les vécus. Le swahili apporte l’ancrage, la fierté, la proximité. L’anglais ouvre le message, le rend partageable au-delà des frontières. Hatuchaguangi devient alors un slogan vécu, pas scandé, mais incarné.
Le texte ne cherche pas l’ennemi facile. Il refuse le réflexe de la plainte, pointe la responsabilité individuelle sans jamais nier les obstacles systémiques. C’est là que le morceau gagne en profondeur. Hatuchaguangi parle de hustle, oui, mais d’un hustle conscient, porté par la foi, la résilience et une lucidité presque désarmante. Pas question de blâmer le décor : il s’agit de se lever malgré lui.
Musicalement, l’influence reggaeton apporte une chaleur immédiate, presque incendiaire, tandis que l’afro-pop adoucit l’ensemble sans le neutraliser. Le refrain agit comme un déclencheur mental, une phrase qu’on répète pour se rappeler pourquoi on continue. Le morceau est calibré pour le mouvement, mais il fonctionne tout aussi bien comme bande-son intérieure, celle qu’on lance quand la motivation vacille.
Hatuchaguangi a cette qualité rare : il donne de l’énergie sans promettre de miracle. Il ne vend pas le succès, il célèbre le chemin. Cette honnêteté le rend crédible. On sent que Nguthu ne joue pas un rôle, il parle depuis un endroit vécu, incarné, où la musique devient un outil de propulsion.
Dans le paysage afro-pop actuel, souvent tiraillé entre légèreté festive et messages édulcorés, Hatuchaguangi trouve un équilibre juste. Une musique qui fait danser, oui, mais qui parle aussi de responsabilité, de courage quotidien, de dignité dans l’effort. Une pop africaine moderne, urbaine, fière, qui regarde vers l’avant sans détourner les yeux du réel.
Hatuchaguangi n’est pas seulement un titre à streamer, c’est un rappel. Celui que personne ne choisira à ta place. Que chaque pas compte. Et que parfois, la meilleure réponse au chaos reste un rythme solide et une volonté intacte.
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décembre 29, 2025Great Time flotte comme un souvenir flou qu’on n’a jamais vraiment décidé de classer, quelque part entre le réconfort et la mélancolie, là où la joie n’est jamais totalement pure.
Great Time avance à pas feutrés, sans chercher l’explosion ni la confession frontale. Le morceau s’installe dans une zone intermédiaire, ce territoire familier du cloud hop et de l’emo hip-hop où les émotions se disent à demi-mots. Dès l’entrée, la production enveloppe l’écoute d’un voile doux : une rythmique boombap assouplie, des textures jazzy discrètes, une atmosphère qui invite autant à la concentration qu’à l’introspection. On est dans une musique qui accompagne les pensées plutôt qu’elle ne les interrompt.
Au centre de cette dérive contrôlée, Alan Ward pose une voix calme, presque détachée, mais jamais absente. Great Time ne joue pas la carte du drame appuyé. Il préfère cette tonalité légèrement désabusée, où le plaisir existe mais reste fragile, temporaire, conscient de sa propre finitude. Le titre du morceau agit alors comme une ironie douce-amère : passer un bon moment, oui, mais en sachant que quelque chose grince encore en arrière-plan.
L’arrivée de 4 The Brotherhood renforce cette dimension collective du morceau. Les voix se répondent, se complètent, sans jamais chercher à dominer. Il y a dans cette collaboration une vraie sensation de partage, presque fraternelle, qui colle parfaitement à l’esthétique chill-hop et indie R&B du titre. Great Time n’est pas un monologue, c’est une conversation intérieure mise en commun.
Musicalement, le morceau brille par sa retenue. La production ne cherche pas à impressionner, elle cherche à durer. Les accords sont chaleureux, les beats précis mais discrets, pensés pour tourner en boucle sans fatigue. On sent l’influence des study beats et du jazz-hop dans cette manière de laisser l’espace respirer, de faire confiance au silence autant qu’au son. Great Time devient alors un compagnon idéal pour les moments suspendus : fin de journée, écoute nocturne, trajet solitaire.
Ce qui rend le morceau particulièrement intéressant, c’est son refus de choisir entre lumière et obscurité. Great Time n’est ni un hymne à la joie ni une plongée dans la tristesse. Il existe dans cette nuance rare où l’on accepte que les deux cohabitent. Une musique pour ceux qui sourient sans forcément aller mieux, ou qui vont mieux sans oublier ce qui a fait mal.
Dans un paysage hip-hop souvent polarisé entre démonstration et confession brute, Alan Ward et 4 The Brotherhood proposent autre chose : une sincérité tranquille, presque banale, et c’est précisément ce qui la rend crédible. Pas de posture, pas de grand discours. Juste une ambiance, un état, une honnêteté diffuse.
Great Time ne cherche pas à marquer l’histoire du genre, mais à accompagner l’instant. Et parfois, c’est bien plus précieux. Une cloud hop douce, réfléchie, profondément humaine, qui rappelle que même les bons moments peuvent être teintés de doutes — et que c’est peut-être ce qui les rend réels.
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décembre 29, 2025Hualien → Taipei résonne comme un trajet intérieur, celui qu’on refait sans billet, uniquement guidé par les sons qui collent à la mémoire.
Hualien → Taipei ne démarre pas vraiment, il émerge. Comme un paysage sonore qui se recompose lentement, à mi-chemin entre le dehors et le dedans. Dès les premières secondes, Patchin’ brouille la frontière entre musique et environnement. Des bruits ordinaires s’invitent, respirent, s’étirent, jusqu’à devenir autre chose. Pas un décor, mais une matière vivante. Le morceau avance comme on traverse une ville à pied, attentif à ce qui d’habitude passe inaperçu.
Derrière cette approche sensible, Patchin’ compose une indie dance profondément narrative, sans jamais recourir aux mots. Hualien → Taipei raconte un déplacement permanent, une existence partagée entre deux pôles, rural et urbain, calme et saturation. Le beat, d’abord discret, finit par structurer l’ensemble, comme un fil conducteur auquel les sons du quotidien viennent s’accrocher.
Ce qui frappe, c’est la manière dont les field recordings sont utilisés. Ils ne sont pas là pour documenter, mais pour chanter. Peu à peu, ces bruits deviennent des voix, un chœur étrange et familier à la fois. Le morceau joue sur cette métamorphose lente, presque imperceptible, qui donne l’impression que la ville elle-même se met à murmurer. Hualien → Taipei transforme le banal en émotion, l’ordinaire en rituel.
Musicalement, le titre navigue entre lo-fi house, UK garage et indie dance, sans jamais s’enfermer dans une case. Le groove est souple, légèrement bancal, volontairement imparfait. Il avance avec cette nonchalance étudiée qui laisse au corps le temps de s’adapter. On ne danse pas frontalement, on se laisse porter, comme dans un trajet nocturne où le paysage défile sans qu’on sache exactement où l’on est.
La référence géographique n’est pas anodine. Hualien et Taipei ne sont pas seulement des lieux, mais des états mentaux. L’un évoque l’espace, le souffle, la lenteur. L’autre, la densité, le mouvement, la friction permanente. Hualien → Taipei capte cette tension sans jamais la résoudre. Le morceau existe précisément dans cet entre-deux, là où l’identité se construit par superposition plutôt que par choix clair.
La force du titre réside dans sa patience. Rien n’est précipité. Les textures évoluent lentement, laissant à l’auditeur le temps de s’installer dans l’écoute. C’est une musique qui récompense l’attention, qui révèle ses détails au fil des minutes. Chaque écoute permet de repérer un nouveau son, une respiration, un écho.
Hualien → Taipei n’est pas un track de club classique, mais il fonctionne sur un dancefloor attentif, curieux, prêt à accueillir autre chose qu’un drop évident. C’est une musique de transition, parfaite pour les moments où la nuit change de visage, où l’énergie se transforme sans disparaître.
Avec ce morceau, Patchin’ signe une œuvre profondément personnelle, mais étonnamment universelle. Qui n’a jamais eu le sentiment de vivre entre deux endroits, deux rythmes, deux versions de soi-même ? Hualien → Taipei met ce sentiment en musique avec une délicatesse rare. Une indie dance introspective, habitée, qui prouve que parfois, les plus beaux refrains naissent des bruits qu’on croyait insignifiants.
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décembre 29, 2025Soul N Pepper glisse comme une chaleur lente sur la peau, un mélange précis de confort et de piquant qui transforme chaque mouvement en évidence.
Soul N Pepper ne cherche pas l’effet immédiat, il installe une atmosphère. Une fois lancé, le morceau s’étire, respire, impose son balancement avec une élégance tranquille. On est face à une deep house qui connaît ses fondamentaux et qui n’éprouve aucun besoin de les surjouer. Le groove avance avec assurance, porté par ce pad swingant qui enveloppe l’espace comme une lumière tamisée, tandis que le lead stab vient piquer l’écoute avec une régularité hypnotique.
Derrière cette construction soignée, Mustafa Ismaeel affirme une vision claire : faire durer le plaisir. Soul N Pepper fonctionne comme une conversation qui s’installe naturellement, sans haussement de ton, mais avec une vraie présence. Chaque élément est à sa place, pensé pour créer un mouvement continu, presque organique. La batterie ne presse jamais, elle guide. La basse soutient sans dominer, laissant au groove toute sa souplesse.
La voix joue un rôle clé dans l’identité du morceau. À la fois accrocheuse et non intrusive, elle agit comme un fil conducteur, un repère émotionnel. Les touches de rap viennent ajouter une texture supplémentaire, une rugosité légère qui empêche Soul N Pepper de sombrer dans la deep house trop sage. Ce contraste apporte ce fameux “pepper” annoncé dans le titre : juste ce qu’il faut de grain pour réveiller la douceur.
Musicalement, le morceau s’inscrit dans une tradition house assumée, mais jamais nostalgique. On sent l’amour du classicisme, cette science du groove qui privilégie la répétition intelligente plutôt que la rupture brutale. Soul N Pepper n’explose pas, il s’infiltre. Il s’adapte aussi bien à un dancefloor encore plein qu’à une écoute solitaire, casque sur les oreilles ou volant entre les mains, quand la route devient un prolongement du rythme.
Ce qui frappe surtout, c’est la fluidité émotionnelle du morceau. Soul N Pepper ne raconte pas une histoire précise, il crée un état. Une sensation de bien-être actif, de mouvement intérieur. La deep house devient ici un espace mental autant que physique, une zone où l’on peut se perdre sans jamais se sentir désorienté.
Publié sur son propre label, Narratives, le morceau s’inscrit dans une démarche cohérente, presque manifeste. Mustafa Ismaeel y développe une musique sincère, libre, affranchie des contraintes formatées. On sent un producteur qui maîtrise son langage et qui prend le temps de le faire évoluer à son rythme.
Soul N Pepper n’est pas un titre qui cherche à voler la vedette. C’est un morceau de fond, au sens noble du terme. Celui qui tient la soirée, qui relie les moments, qui fait oublier le temps qui passe. Une deep house chaleureuse, précise, profondément habitée, qui rappelle que le groove le plus efficace est souvent celui qui sait rester en place.
Avec Soul N Pepper, Mustafa Ismaeel signe un morceau qui ne promet rien d’autre que ce qu’il offre : un équilibre subtil entre le corps et l’émotion. Et parfois, c’est exactement ce qu’on attend d’un grand track de deep house : qu’il reste, longtemps, comme une saveur qu’on reconnaît sans jamais s’en lasser.
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décembre 29, 2025Best Consumer s’écoute comme un sourire crispé devant une vitrine trop bien éclairée, celui qu’on affiche juste avant de comprendre qu’on fait partie du décor.
Best Consumer avance avec une ironie sèche, presque élégante. Pas de rage spectaculaire, pas de slogan jeté à la foule. Le morceau préfère l’insistance au cri, la répétition au coup d’éclat. Dès les premières secondes, une tension familière s’installe : celle d’un rock qui connaît ses héritages, new wave et classic rock en ligne de mire, mais refuse de les rejouer comme des reliques. Ici, tout est légèrement décalé, volontairement inconfortable.
Derrière ce regard lucide, Rockvyn compose avec une précision presque scientifique. Chaque élément semble disséqué, pensé, recomposé. La guitare ne déborde jamais, elle tranche. La basse avance comme une mécanique régulière, rappelant cette sensation d’automatisme quotidien, celle d’un monde qui consomme sans même lever les yeux. La batterie, sobre mais déterminée, impose une marche constante, presque industrielle par moments.
La voix, détachée mais habitée, donne toute sa force au propos. Rockvyn ne surjoue pas la colère. Il l’observe, la décrit, la laisse infuser. Best Consumer ne dénonce pas frontalement, il expose. Les mots tombent avec une clarté froide, comme un constat qu’on ne peut plus ignorer. Cette retenue rend le morceau d’autant plus efficace. Le malaise ne vient pas d’un excès, mais d’une évidence.
Musicalement, le titre navigue entre une new wave tendue et un classic rock épuré, avec une modernité assumée dans la production. Les textures sont propres, presque trop, renforçant ce contraste entre la forme maîtrisée et le fond critique. Tout sonne net, calibré, comme un produit… exactement ce que le morceau interroge. Ce jeu de miroirs est sans doute l’une des grandes forces de Best Consumer.
Il y a dans ce morceau une réflexion subtile sur le rôle de l’individu dans un système qu’il alimente malgré lui. Rockvyn ne se place pas au-dessus du sujet. Il s’inclut, observe ses propres contradictions, ses propres automatismes. Best Consumer n’est pas un pamphlet, c’est une introspection collective déguisée en chanson rock. Une manière de dire que le problème n’est pas seulement dehors, mais aussi dedans.
On sent chez Rockvyn une culture musicale large, digérée, jamais plaquée. Les références sont là, mais elles servent une vision personnelle. Le rock devient ici un outil d’analyse, presque philosophique, sans jamais perdre son efficacité sonore. Le morceau avance, accroche, reste en tête, précisément parce qu’il refuse l’emphase.
Avec Best Consumer, Rockvyn confirme une identité artistique singulière dans le paysage alternatif actuel. Un rock intelligent, tendu, qui préfère la lucidité à la nostalgie, la réflexion à la pose. Un titre qui ne cherche pas à flatter l’auditeur, mais à le placer face à ses propres habitudes.
Best Consumer laisse une impression persistante, comme une question qu’on n’a pas vraiment envie de se poser mais qui revient malgré tout. Un morceau qui rappelle que le rock, quand il est bien utilisé, peut encore être un outil critique puissant. Pas pour renverser le monde en trois accords, mais pour fissurer doucement le confort. Et parfois, c’est bien plus dérangeant.
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décembre 29, 2025La même résonne comme une confession murmurée trop tard dans la nuit, ce moment précis où Ben’Do décide de ne plus arranger la vérité pour qu’elle passe mieux.
La même n’avance pas en ligne droite. Le morceau hésite, doute, se reprend, exactement comme celui qui parle. Dès les premières mesures, on sent que ce titre n’est pas pensé pour séduire immédiatement, mais pour rester. La production, sobre et émotionnelle, laisse volontairement de l’espace au texte. Rien n’est là pour distraire de l’essentiel : la voix, les mots, le poids de ce qui a été vécu.
Au centre de cette mise à nu, Ben’Do assume une posture rare dans la pop rap française actuelle : celle de la vulnérabilité sans posture victimaire. La même n’est ni un règlement de comptes ni une autoflagellation spectaculaire. C’est un constat lucide, parfois dur, souvent tendre, sur ce qu’on devient à force de répéter les mêmes erreurs. Le titre lui-même agit comme une boucle mentale, une phrase qu’on se répète en regardant derrière soi.
La voix de Ben’Do est ici centrale, presque frontale. Ce timbre reconnaissable, chargé d’une fragilité contenue, donne au morceau une dimension presque charnelle. On entend les failles, mais aussi la maturité. La même ne parle pas seulement de chute, elle parle d’apprentissage. De ce moment où l’on comprend que tomber fait partie du chemin, que saigner n’est pas une fin, mais une étape.
Musicalement, le morceau navigue entre pop française et rap introspectif avec une grande fluidité. La rythmique est discrète, presque effacée, laissant le texte respirer. Les arrangements sont épurés, précis, jamais envahissants. Chaque élément sonore semble placé pour servir l’émotion, pas pour l’amplifier artificiellement. Cette retenue donne au titre une force particulière : il ne crie jamais, mais il insiste.
Ce qui frappe surtout, c’est la sincérité du propos. La même évite les grandes formules héroïques. Ben’Do parle de ses erreurs sans les enjoliver, de ses doutes sans les transformer en slogans. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette manière de raconter l’échec comme un passage obligé, presque nécessaire. Une vision adulte, apaisée, de la reconstruction.
Le texte touche parce qu’il ne cherche pas l’universalité forcée. Il reste personnel, précis, ancré dans une trajectoire singulière. Et c’est précisément ce qui le rend universel. On se reconnaît dans cette idée de refaire les mêmes choix, malgré soi, parce qu’on n’était pas encore prêt à comprendre autrement.
La même s’inscrit naturellement dans le parcours de Ben’Do, artiste de l’émotion directe, capable de transformer l’intime en matière collective. Ce titre ne cherche pas le tube, il cherche la vérité. Et paradoxalement, c’est souvent ce qui marque le plus durablement.
Avec La même, Ben’Do rappelle que la pop rap française peut encore être un espace de réflexion sensible, loin des poses et des masques. Un morceau qui ne promet pas de solution miracle, mais qui offre quelque chose de plus rare : une honnêteté désarmante. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin pour avancer, même si c’est encore… la même route.
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décembre 29, 2025Afèfè Tuntun circule comme un vent chaud dans une pièce encore fermée, une énergie neuve qui balaie l’ancien sans bruit mais avec une évidence totale.
Afèfè Tuntun ne se contente pas d’entrer dans l’écoute, il transforme l’espace. Le morceau avance avec une légèreté conquérante, porté par un souffle collectif qui dépasse largement le cadre du dancefloor. Ici, la fête n’est jamais superficielle. Elle est pensée comme un acte de renaissance, une façon de remettre le corps en mouvement après l’immobilité, de reconnecter le rythme au sens.
À l’origine de cette dynamique, Wetakeoff construit une architecture sonore précise, hybride, profondément contemporaine. Les percussions afro dialoguent avec une énergie électronique fluide, jamais rigide, créant une pulsation qui avance en spirale plutôt qu’en ligne droite. Rien n’est écrasant. Tout respire, tout circule. Afèfè Tuntun donne cette sensation rare d’un morceau à la fois club-ready et spirituellement ancré.
La voix de Victorya Makinde agit comme un cœur battant. Chanté en yoruba, le morceau assume pleinement sa langue, sa musicalité, sa profondeur culturelle. La voix ne surplombe pas la production, elle s’y inscrit naturellement, comme une incantation joyeuse. Chaque phrase semble portée par la gratitude, par cette envie de dire merci à la vie avant même de demander quoi que ce soit.
Musicalement, Afèfè Tuntun joue sur l’équilibre. Le groove est dansant, immédiat, mais jamais simpliste. Les textures électroniques apportent une modernité claire, presque solaire, tandis que les rythmiques afro-pop rappellent que le corps est le premier lieu de compréhension de la musique. On ne réfléchit pas, on ressent. Et c’est précisément là que le morceau touche juste.
Il y a dans Afèfè Tuntun une notion très forte de collectif. Le titre ne se vit pas seul. Même en écoute intime, il donne envie de partage, de cercle, de mouvement commun. Ce n’est pas une performance individuelle, c’est une invitation. Une invitation à célébrer ce qui recommence, ce qui s’ouvre, ce qui revient sous une forme nouvelle.
La production évite soigneusement toute surcharge. Chaque élément a sa place, son rôle, son moment. Les montées sont progressives, naturelles, presque organiques. Le morceau ne cherche jamais l’explosion artificielle. Il préfère l’élévation continue, cette sensation de flot qui porte sans brusquer. Une afro-fusion pensée pour durer, pas pour choquer.
Dans un paysage afro-pop parfois dominé par la recherche de hits immédiats, Afèfè Tuntun se distingue par sa sincérité vibratoire. Le morceau ne court pas après la tendance, il propose un état. Celui de la reconnaissance, du renouveau, de la joie simple mais profonde. Une joie qui ne nie pas les épreuves, mais qui choisit d’avancer malgré elles.
Afèfè Tuntun n’est pas seulement un titre à écouter, c’est un souffle à accueillir. Une musique qui rappelle que la fête peut être un acte de gratitude, que le club peut devenir un lieu de connexion, et que le renouveau commence souvent par un rythme partagé. Wetakeoff et Victorya Makinde signent ici un morceau lumineux, fédérateur, profondément vivant. Un vent nouveau, exactement comme son nom l’annonce.
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décembre 28, 2025Nasty (Deep Inside) de Chris Candela et Nico Falla s’infiltre sous la peau comme une mauvaise idée parfaitement assumée, celle qu’on suit jusqu’au bout parce que le corps a déjà décidé.
Nasty (Deep Inside) ne cherche pas la subtilité diplomatique. Le morceau arrive avec cette assurance insolente propre aux tracks qui savent qu’ils vont fonctionner en club avant même d’être terminés. La basse est grasse, élastique, presque moqueuse. Elle ne tape pas pour impressionner, elle ondule pour contrôler. Très vite, le dancefloor devient un terrain de jeu où la tension se construit par le groove, pas par la surenchère.
Derrière cette mécanique bien huilée, Chris Candela et Nico Falla signent une première collaboration qui sent la connivence de studio. On entend clairement l’échange, le va-et-vient créatif, cette manière de pousser une idée jusqu’à ce qu’elle devienne irrésistible. Le track repose sur une architecture simple en apparence, mais redoutablement efficace : une rythmique droite, un sound design précis, et surtout ce sens du timing qui fait toute la différence entre un morceau fonctionnel et un vrai banger.
La voix, originale et incarnée, joue un rôle central sans jamais voler la vedette au groove. Elle agit comme un déclencheur, une provocation légère, presque ironique. Nasty (Deep Inside) assume pleinement son côté sale, suggestif, mais toujours avec élégance. Rien n’est lourd, tout est calibré pour faire monter la température sans jamais saturer l’espace.
Musicalement, le morceau se situe à la frontière parfaite entre bass house et electro house. La basse est épaisse, mais laisse respirer les percussions. Les drops ne cherchent pas l’explosion maximale, ils privilégient la répétition hypnotique, cette sensation de contrôle progressif du corps. On danse parce que le rythme insiste, pas parce qu’il crie. Et c’est précisément ce qui rend le morceau si efficace sur la durée.
Ce qui frappe surtout, c’est la maturité sonore. Chris Candela, fort de son expérience sous différents alias, apporte une précision presque chirurgicale dans le sound design. Nico Falla, de son côté, injecte une énergie plus frontale, club-first, qui ancre le morceau dans une logique de dancefloor pur. La fusion des deux donne un titre qui sait exactement quand appuyer et quand laisser tourner.
Publié via The Sun Grooves, Nasty (Deep Inside) s’inscrit dans une vision claire : faire de la musique pour le club, sans détours, sans posture inutile. Une musique qui assume le plaisir, le groove, la physicalité. Ici, pas de concept surjoué, juste une envie très directe de faire bouger les corps.
Nasty (Deep Inside) fonctionne comme un sourire en coin derrière les platines. Un track qui ne prétend pas réinventer la bass house, mais qui rappelle pourquoi elle fonctionne si bien quand elle est bien faite. Une première collaboration qui sonne comme une évidence, et qui donne surtout envie de les entendre recommencer, encore plus loin, encore plus sale.
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décembre 28, 2025Algarve Nights de lofty évoque ces heures où la chaleur refuse de tomber, quand la musique devient le seul moyen de prolonger la nuit sans lui demander la permission.
Algarve Nights ne commence pas comme un souvenir, mais comme une sensation encore en cours. Le morceau avance avec cette énergie particulière des lieux qu’on habite vraiment, pas ceux qu’on fantasme. Ici, pas de carte postale figée, mais une pulsation vivante, nerveuse, parfois presque excessive, qui capte l’instant plutôt que de l’idéaliser. On sent la nuit, oui, mais surtout ce qu’elle provoque : l’accélération, la perte de repères, l’envie de continuer même quand le corps hésite.
Aux commandes, lofty impose une vision électronique sans frontières. Algarve Nights est un terrain de jeu où se croisent house tendue, breaks nerveux, fragments drum & bass et une énergie club clairement assumée. Rien n’est cloisonné. Les genres se percutent, se superposent, se répondent, créant une dynamique constamment mouvante. Le morceau ne cherche jamais la stabilité : il préfère l’élan, le déséquilibre contrôlé, la montée permanente.
Ce qui frappe, c’est la densité émotionnelle derrière la puissance. Algarve Nights n’est pas un simple outil de dancefloor. Il porte une tension presque narrative, comme si chaque variation racontait un moment précis de la nuit : l’euphorie initiale, la perte de contrôle, puis cette lucidité étrange qui arrive quand le jour n’est plus très loin. Les synthés sont incisifs, parfois abrasifs, mais toujours chargés d’intention. Les basses frappent fort, mais laissent de l’air, évitant l’écrasement au profit d’une énergie circulante.
La voix, utilisée avec parcimonie, agit comme un rappel humain dans cet environnement électronique intense. Elle n’est jamais centrale, mais suffisamment présente pour ancrer le morceau dans une réalité émotionnelle. Algarve Nights ne devient jamais abstrait. Même dans ses moments les plus expérimentaux, il reste connecté au corps, au mouvement, à l’expérience physique du club.
On ressent dans ce titre l’influence directe du lieu de création. Installé au cœur de l’Algarve, Algarve, lofty capte une énergie particulière, faite de contrastes : soleil écrasant le jour, nuits électriques, publics de passage et habitués qui se croisent sans vraiment se connaître. Algarve Nights traduit cette coexistence, cette intensité temporaire mais marquante.
La production, portée par Verse Three Records Ltd, brille par sa maîtrise technique. Chaque transition est précise, chaque montée calculée, sans jamais donner l’impression d’un exercice froid. On sent l’expérience d’un producteur qui connaît les systèmes, les foules, les réactions physiques, et qui compose en pensant à l’espace autant qu’au son.
Algarve Nights n’est pas un morceau contemplatif. C’est une propulsion. Une musique qui accompagne les excès, les rencontres éphémères, les décisions prises trop tard. Une électronique qui ne cherche pas à être propre ou rassurante, mais vraie, intense, habitée.
Avec ce titre, lofty confirme une identité artistique tournée vers le mouvement et l’émotion brute. Une musique qui refuse les limites, qui préfère l’expérience à la pose, et qui rappelle que la nuit, quand elle est bien vécue, laisse toujours une trace. Algarve Nights n’est pas un souvenir qu’on range : c’est une nuit qui continue de résonner longtemps après le silence.
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décembre 28, 2025Polly, reprise par deadwater, ne cherche pas à honorer un classique : elle le regarde droit dans les yeux et décide de ne pas détourner le regard.
Polly arrive avec une lourdeur sourde, presque physique. Rien de spectaculaire, rien de clinquant. Juste une sensation immédiate de malaise maîtrisé, comme si le morceau avançait avec un poids supplémentaire sur les épaules. Dès les premières mesures, on comprend que cette relecture n’a rien d’un exercice nostalgique. Elle s’installe dans une zone plus sombre, plus dense, où la tension n’est jamais relâchée, seulement déplacée.
À la manœuvre, deadwater choisit une approche radicalement intelligente : ne pas moderniser Polly en la rendant plus brillante, mais en la rendant plus lourde. Le tempo pulse légèrement différemment, plus affirmé, presque mécanique par moments, tout en conservant cette impression d’étouffement qui faisait la force du morceau original. Ici, la retenue devient une arme.
Impossible de ne pas sentir l’ombre de Nirvana planer sur chaque accord. Mais deadwater ne cherche jamais à imiter. Là où la version originale avançait sur un fil fragile, presque acoustique dans son malaise, cette reprise injecte une densité moderne, plus électrique, plus oppressante. Les guitares sont plus épaisses, plus granuleuses, comme si le morceau avait été plongé dans un bain de goudron sonore.
La voix, volontairement contenue, refuse toute théâtralité. Elle ne crie pas, elle insiste. Elle avance avec une froideur presque clinique, renforçant le caractère profondément inconfortable du texte. Polly n’a jamais été une chanson facile, et deadwater le comprend parfaitement. Plutôt que d’adoucir cette gêne, le groupe la prolonge, la creuse, la rend contemporaine. Le malaise n’est plus une relique des années 90, c’est un état toujours actif.
Musicalement, cette version joue sur une agressivité retenue, comme une violence constamment réprimée. Les silences sont lourds, les respirations rares. Chaque montée semble promettre une explosion qui n’arrive jamais vraiment, laissant l’auditeur dans une attente nerveuse. Cette frustration volontaire est précisément ce qui rend la reprise si efficace. Polly ne cherche pas à libérer, elle enferme.
On sent chez deadwater une compréhension fine de ce que représente ce morceau dans l’histoire du rock. Pas un hymne, mais un témoignage dérangeant. En accentuant l’aspect grunge moderne, presque industriel par endroits, le groupe replace Polly dans un contexte actuel, où la noirceur n’a rien perdu de sa pertinence. Le morceau devient un rappel brutal : certaines histoires ne vieillissent pas, elles changent simplement de décor.
Cette reprise ne cherche pas à séduire les puristes ni à choquer gratuitement. Elle impose une relecture honnête, cohérente, profondément respectueuse dans son refus de la facilité. deadwater ne rend pas Polly plus accessible, il la rend plus lourde à porter. Et c’est exactement ce qu’on attend d’une reprise réussie : qu’elle dérange à nouveau.
Polly, version deadwater, n’est pas un hommage confortable. C’est une réactivation. Un rappel que le grunge n’était pas qu’un son, mais une tension morale, une façon de regarder le monde sans filtre. Et tant que des groupes comme deadwater continueront à explorer cette zone inconfortable, le grunge restera vivant — non pas comme un souvenir, mais comme une plaie encore ouverte.
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décembre 28, 2025I Like Your Vibe de Lex Lündon n’est pas un coup de foudre amoureux immédiat, c’est ce regard qui insiste un peu plus longtemps que prévu et finit par imposer sa présence.
I Like Your Vibe commence dans un état de flottement maîtrisé. On sent encore l’ombre du lo-fi originel, cette esquisse fragile, presque domestique, mais très vite la matière s’épaissit. Le rythme prend corps, s’ancre dans une pulsation afro qui respire, et le morceau se met à avancer sans jamais se presser. Rien ici n’est brutal. Tout est affaire de température, de montée progressive, de confiance silencieuse.
Derrière cette construction patiente, Lex Lündon affirme une vraie intelligence de production. I Like Your Vibe s’inscrit dans une afro-fusion contemporaine, où l’afrobeats dialogue naturellement avec l’indie R&B et une sensibilité hip-hop discrète mais bien présente. Les percussions sont souples, presque caressantes, tandis que la basse trace une ligne ronde, hypnotique, pensée pour durer plutôt que pour frapper.
Ce qui frappe, c’est le sentiment d’évidence. Comme si chaque élément était arrivé là par intuition plutôt que par calcul. Le morceau donne cette impression rare d’être né d’un alignement : une idée simple, une voix juste, un instinct partagé. La présence du vocaliste originaire de Port Harcourt apporte une texture particulière, une chaleur immédiate, une couleur vocale qui ancre le morceau dans une afro-diaspora vivante, loin des clichés formatés.
La voix ne force jamais l’émotion. Elle glisse sur le rythme avec une assurance calme, presque nonchalante. I Like Your Vibe parle d’attraction, de connexion, mais sans lyrisme appuyé. Le désir ici est posé, observé, savouré. On est loin de la déclaration spectaculaire. C’est une séduction tranquille, un échange de vibes plus qu’un discours.
Musicalement, le morceau joue beaucoup sur la répétition intelligente. Les motifs reviennent, s’installent, créent une familiarité progressive. Cette lente insistance est précisément ce qui rend I Like Your Vibe si efficace. On ne l’attrape pas tout de suite, mais il reste. Il accompagne. Il revient en tête sans prévenir. Une vraie logique de slow-burn, parfaitement assumée.
La production, signée dans l’écosystème de Sigma Studioz, privilégie la clarté et l’espace. Chaque son respire. Rien ne déborde. Cette maîtrise donne au morceau une élégance certaine, adaptable aussi bien à une écoute nocturne solitaire qu’à une playlist afro chill plus collective.
I Like Your Vibe fonctionne comme un point de rencontre entre plusieurs mondes : afrobeats, R&B alternatif, hip-hop émotionnel. Mais au lieu de juxtaposer ces influences, Lex Lündon les fond dans une identité cohérente, fluide, déjà très affirmée. On sent un artiste qui sait exactement quand parler et quand laisser le groove faire le travail.
Ce titre ne cherche pas à voler la vedette. Il s’installe, observe, puis s’impose doucement. Une musique de connexion plutôt que de démonstration. Et dans un paysage afro-pop souvent pressé de séduire, cette lenteur maîtrisée devient une vraie signature.
I Like Your Vibe confirme que Lex Lündon ne court pas après les tendances : il construit une trajectoire. Une afro-fusion sensible, élégante, profondément instinctive, qui prouve qu’un bon groove n’a pas besoin de crier pour être entendu.
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décembre 28, 2025HOLD MY BAG 1 sonne comme un geste sec avant de disparaître dans la foule, une phrase lâchée sans se retourner, glaciale et parfaitement maîtrisée.
HOLD MY BAG 1 ne prévient pas. Le morceau s’impose par la posture avant même le son. Une attitude tranchante, presque distante, qui refuse l’explication et préfère l’impact. Dès l’entrée, la production installe un climat froid, anguleux, fait de percussions sèches, vitrifiées, comme si chaque kick résonnait sur une surface de verre. Le tempo avance sans hésiter, sûr de lui, laissant peu d’espace au doute.
Derrière cette esthétique, ICEy construit un univers où le silence est aussi important que le bruit. HOLD MY BAG 1 joue avec les contrastes : une énergie club évidente, mais jamais exubérante, et une retenue presque méprisante dans l’interprétation. Le trap ici n’est pas une démonstration de force, c’est une affirmation de distance. ICEy ne cherche pas à convaincre, il s’impose par l’absence d’effort apparent.
L’invitation de Defbitz ajoute une tension supplémentaire. Le bilinguisme anglais-allemand fonctionne comme une fracture volontaire, un rappel que cette musique circule entre les scènes, les villes, les identités. Les flows se croisent sans se fondre, chacun conservant sa rigidité, sa froideur propre. Ce dialogue n’adoucit rien, il accentue le caractère frontal du morceau.
Musicalement, HOLD MY BAG 1 brille par son minimalisme agressif. Les basses sont profondes mais contrôlées, jamais envahissantes. Les percussions claquent avec une précision chirurgicale, donnant au titre cette sensation de netteté extrême, presque clinique. La production refuse toute chaleur inutile. Tout est pensé pour renforcer cette impression d’isolement volontaire, de beauté née dans le retrait.
Le refrain agit comme un mantra détaché, une formule répétée non pour rassembler, mais pour marquer une frontière. HOLD MY BAG 1 n’est pas une célébration collective, c’est une marche solitaire au milieu du club. On danse seul, mais avec assurance. C’est une musique pour ceux qui entrent, regardent, prennent ce qu’ils veulent, puis repartent sans s’expliquer.
Il y a dans ce morceau une vraie compréhension des codes contemporains du pop-rap et du trap club, mais aussi une volonté claire de les tordre. ICEy ne joue pas la carte de la surenchère émotionnelle. Il privilégie la froideur, le contrôle, cette élégance distante qui transforme le détachement en force esthétique. La radio-friendly version promise ne gommerait sans doute jamais ce cœur glacial.
Publié sous la bannière I₡€ Θ₦ Ƒ¥Ξ, HOLD MY BAG 1 s’inscrit dans une logique d’identité plus que de format. On sent un projet qui pense la musique comme une attitude globale, un langage visuel et sonore cohérent, presque conceptuel.
HOLD MY BAG 1 n’est pas un banger expansif, c’est un banger de contrôle. Une trap moderne, froide, sûre d’elle, qui préfère disparaître que se répéter. ICEy signe ici un titre qui laisse une trace nette, comme une empreinte sur une surface gelée. Et quand la glace est bien posée, inutile d’en rajouter.
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décembre 28, 2025Someone to Hold de Capa college ressemble à cette lumière restée allumée dans une chambre d’étudiant pendant les fêtes, quand le silence devient trop grand et que l’envie de proximité se fait urgente.
Someone to Hold s’installe sans décor superflu. Pas de grand élan spectaculaire, pas de fausse euphorie de saison. Le morceau avance doucement, porté par une mélancolie claire, presque pudique, qui touche juste parce qu’elle ne force rien. Dès les premières secondes, on sent que cette chanson ne parle pas vraiment de Noël, mais de ce qu’il révèle : l’absence, le besoin d’un lien, la chaleur humaine qui manque quand les lumières brillent trop fort ailleurs.
Derrière cette sensibilité, Capa college signe une pop alternative intimiste, pensée comme un refuge plus que comme un hymne. La production est volontairement épurée, laissant respirer les arrangements. Les accords sont simples, mais chargés émotionnellement, et la rythmique, discrète, accompagne sans jamais diriger. Tout est conçu pour mettre en avant le sentiment plutôt que la forme.
La voix se pose avec une fragilité assumée. Elle ne cherche pas la performance, elle cherche le contact. Chaque phrase semble prononcée à mi-voix, comme si le morceau craignait de briser quelque chose en parlant trop fort. Cette retenue crée une proximité immédiate, presque inconfortable parfois, mais profondément sincère. Someone to Hold donne l’impression d’écouter une pensée intérieure plutôt qu’une chanson construite pour séduire.
Musicalement, le titre s’inscrit dans une alt pop contemporaine qui préfère la nuance à l’efficacité. On est loin des chansons de fêtes clinquantes ou des ballades lacrymales calibrées. Ici, l’émotion est diffuse, persistante, elle s’installe lentement et reste. Les textures sont douces, légèrement brumeuses, comme un paysage d’hiver vu à travers une vitre. Rien n’est figé, tout flotte.
Le contexte universitaire et saisonnier n’est jamais appuyé, mais il imprègne le morceau. Someone to Hold évoque ces périodes de transition, ces moments où l’on se retrouve entre deux lieux, deux états, deux versions de soi-même. Loin de chez soi, loin des certitudes, mais encore assez jeune pour espérer. C’est une chanson pour les chambres temporaires, les retours tardifs, les fêtes passées à attendre autre chose que des cadeaux.
Ce qui rend le morceau particulièrement touchant, c’est son honnêteté. Il ne promet rien, n’exagère rien. Il constate simplement ce besoin universel d’être tenu, rassuré, reconnu. La pop devient ici un espace d’écoute, presque thérapeutique, où la douceur n’est jamais synonyme de faiblesse.
Publié via CAPA College Music, Someone to Hold s’inscrit dans une démarche collective où l’apprentissage et l’expression personnelle se rejoignent. On sent une sincérité brute, encore en construction, mais déjà très juste.
Someone to Hold n’est pas une chanson de saison qu’on oublie une fois les fêtes terminées. C’est un titre qui accompagne les moments creux, ceux où l’on réalise que la plus belle chose à offrir ou à recevoir reste simplement une présence. Une pop alternative discrète, sensible, profondément humaine, qui prouve que parfois, tenir la main suffit à faire passer l’hiver.
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décembre 28, 2025ATTITUDE de MEEA ne cherche pas l’approbation, il impose une vibration : celle d’une afro pop R&B lumineuse où la confiance devient un langage à part entière.
ATTITUDE s’installe comme une évidence corporelle. Le rythme prend le contrôle avant même que la réflexion n’arrive, porté par une pulsation afro pop souple, solaire, parfaitement équilibrée. Rien de brutal, rien de forcé. Le groove agit comme une posture : stable, assumée, presque magnétique. On ne saute pas, on avance. On ne surjoue pas, on affirme.
Au cœur de ce mouvement, MEEA développe une proposition claire, lisible, mais loin d’être lisse. ATTITUDE navigue entre R&B contemporain et afro pop moderne, avec cette capacité rare à rendre la légèreté crédible. Les influences caribéennes ne sont pas là pour colorer artificiellement le morceau, elles structurent la dynamique, donnent au titre ce balancement naturel qui appelle le corps avant l’ego.
La production privilégie la clarté et la chaleur. Les percussions sont rondes, précises, pensées pour accompagner le mouvement sans jamais le saturer. Les basses s’installent bas, rassurantes, pendant que les éléments mélodiques viennent aérer l’ensemble. ATTITUDE respire. C’est une musique qui laisse de l’espace, qui ne cherche pas à tout remplir, et c’est précisément ce qui la rend agréable, presque addictive.
La voix de MEEA joue un rôle central dans cette architecture. Elle circule entre l’anglais et le français avec une aisance totalement décomplexée. Ce bilinguisme n’est pas un effet de style, mais un reflet générationnel : celui d’une pop mondialisée, fluide, où les frontières linguistiques s’effacent au profit de l’émotion et du flow. Le français apporte le caractère, l’ancrage, tandis que l’anglais offre une souplesse mélodique immédiate.
ATTITUDE ne raconte pas une histoire complexe, et c’est un choix assumé. Le morceau parle d’état d’esprit, de posture intérieure, de cette confiance tranquille qu’on adopte quand on cesse de se justifier. Le refrain agit comme une affirmation douce mais ferme, un rappel que la légèreté peut être une force et non une fuite. On est dans une afro pop R&B feel-good, oui, mais consciente, maîtrisée, loin de l’insouciance creuse.
Ce titre fonctionne sur plusieurs niveaux. Il accompagne aussi bien un moment de détente qu’un début de soirée, une playlist chill qu’un trajet ensoleillé. ATTITUDE n’impose rien, il accompagne. Il crée une ambiance, une humeur, un cadre dans lequel on se sent bien.
Avec ATTITUDE, MEEA affirme une direction artistique cohérente et actuelle. Une afro pop R&B moderne, accessible sans être formatée, chaleureuse sans être naïve. Un morceau qui ne cherche pas à briller plus fort que les autres, mais à durer. Et dans une époque saturée de démonstration, cette forme de confiance calme devient presque un luxe.
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décembre 28, 2025MOTO YA BOLINGO brûle doucement, comme un feu qu’on ne cherche surtout pas à éteindre, une chaleur qui s’installe sous la peau et finit par guider chaque mouvement.
MOTO YA BOLINGO ne débarque pas en conquérant. Il s’approche lentement, par la rythmique, par cette pulsation souple qui semble d’abord observer avant d’envelopper. Le premier contact est physique : un balancement naturel, presque inconscient, qui rappelle que certaines musiques parlent au corps bien avant de s’adresser à l’intellect. Ici, l’amapiano se fait discret mais fondamental, laissant l’afro-pop et l’afro-fusion tracer une trajectoire émotionnelle continue.
Derrière cette mécanique sensuelle, Poema Beatz déploie pleinement son identité sonore. MOTO YA BOLINGO s’inscrit dans cette zone hybride qu’il maîtrise particulièrement bien, quelque part entre tarraxo, ghetto zouk, afrobeat et urban kiz, sans jamais donner l’impression d’un collage artificiel. Tout est fluide. Les percussions respirent, les basses glissent, les textures s’installent avec une élégance presque méditative. Le beat, comme il le revendique lui-même, entre et ne ressort plus.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la retenue. Là où beaucoup de productions afro cherchent l’efficacité immédiate, MOTO YA BOLINGO préfère la durée. Le groove ne sature jamais l’espace, il le remplit progressivement, comme une présence rassurante. Chaque élément trouve sa place sans forcer, créant une atmosphère intime, presque nocturne, idéale pour les fins de soirée où le temps semble suspendu.
La langue participe pleinement à cette sensation d’ailleurs. Le chant en afrikaans agit comme une texture supplémentaire, une vibration qui dépasse la compréhension littérale pour toucher quelque chose de plus instinctif. Le titre lui-même, “Fire of Love”, résume parfaitement l’état dans lequel le morceau place l’auditeur : une passion contenue, une intensité maîtrisée, jamais explosive mais constamment palpable. L’amour ici n’est pas crié, il est vécu.
Musicalement, MOTO YA BOLINGO brille par son sens du détail. Les percussions sont profondes, organiques, pensées pour dialoguer avec le cœur autant qu’avec les hanches. L’amapiano apporte cette rondeur caractéristique, ce swing lent qui donne envie de se rapprocher plutôt que de s’agiter. C’est une musique de connexion, de regard, de proximité.
Ce morceau confirme surtout la vision de Poema Beatz : une afro-fusion qui ne cherche pas à impressionner, mais à rassembler. Une musique qui accepte la douceur, la mélancolie, la sensualité comme des forces. MOTO YA BOLINGO ne se consomme pas, il s’habite. Il accompagne les moments simples, les émotions complexes, les instants où l’on accepte de ralentir.
Avec ce titre, Poema Beatz signe une pièce profondément humaine, ancrée dans le rythme mais ouverte sur l’émotion. Un feu qui ne brûle pas pour détruire, mais pour réchauffer. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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décembre 28, 2025IDWK de Naomi Jane ressemble à ce moment suspendu après la fête, quand la musique s’est tue mais que le cœur continue de battre trop fort pour faire semblant.
IDWK avance à découvert. Pas dans la démonstration, mais dans l’aveu contrôlé, celui qu’on formule quand on sait déjà que le point de non-retour est proche. La première impression est presque trompeuse : une douceur pop, des synthés qui montent lentement, une structure qui semble vouloir rassurer. Puis la tension s’installe. Quelque chose insiste, creuse, revient. La question centrale n’est jamais vraiment posée frontalement, elle plane, obsédante, comme une pensée qu’on repousse depuis trop longtemps.
Derrière cette mécanique émotionnelle, Naomi Jane confirme une écriture qui sait exactement où elle va. IDWK s’inscrit dans une pop électro moderne, mais refuse l’instantanéité creuse. Le morceau se construit comme un journal intime qui aurait appris à danser. Les couplets murmurent, les refrains s’élargissent, portés par des nappes synthétiques qui donnent envie de chanter tout en laissant la gorge légèrement nouée.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre vulnérabilité et contrôle. Naomi Jane ne se met jamais en scène comme une victime. Elle observe, analyse, puis agit. IDWK parle d’hésitation, mais jamais de faiblesse. La production accompagne cette posture : une montée progressive, presque cinématographique, où chaque élément sonore semble là pour pousser doucement vers la décision finale. On danse, oui, mais avec un poids émotionnel bien réel.
La voix joue un rôle central dans cette dynamique. Elle est claire, incarnée, suffisamment proche pour donner l’impression que le morceau s’adresse directement à l’auditeur. Les paroles deviennent un espace de projection universel : rester ou partir, ignorer ou affronter, faire semblant ou assumer. IDWK ne tranche pas immédiatement. Il laisse ce doute vivre, gonfler, jusqu’à devenir insupportable.
Musicalement, le titre s’inscrit dans une continuité cohérente avec le parcours narratif de Naomi Jane, où chaque sortie semble répondre à la précédente. IDWK agit comme une charnière, un moment charnel entre deux chapitres. La pop ici n’est pas décorative, elle est structurelle. Elle sert à contenir une émotion trop grande pour rester silencieuse.
On comprend pourquoi le morceau trouve naturellement sa place dans les playlists pop actuelles, sans jamais se dissoudre dans le flux. Il possède cette capacité rare à être immédiatement accessible tout en gardant une profondeur émotionnelle durable. IDWK fonctionne aussi bien en écoute solitaire qu’en fin de soirée, quand les lumières se rallument et que les choix deviennent réels.
Ce titre marque une étape claire dans la trajectoire de Naomi Jane : celle où la pop cesse d’être un refuge pour devenir un terrain de confrontation. Une électro-pop confessionnelle, lucide, parfaitement maîtrisée, qui transforme l’indécision en mouvement. IDWK n’est pas une réponse, c’est un déclic. Et parfois, c’est exactement ce qu’on attend d’une chanson.
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décembre 28, 2025Died In Your Arms par N9NE LIVES agit comme un souvenir des années 80 passé à travers un synthé futuriste, une émotion familière soudain aspirée par un tunnel stroboscopique.
Died In Your Arms ne cherche pas l’originalité à tout prix, et c’est précisément là que le piège se referme. Le titre assume frontalement son ADN émotionnel, cette mélancolie pop immédiatement reconnaissable, mais choisit de la propulser dans un espace beaucoup plus large, plus cinématographique, presque inquiétant par moments. Dès l’introduction, une atmosphère se met en place, lente, ample, respirante, comme si la musique prenait le temps de bâtir un décor avant d’y lâcher le cœur.
Derrière ce projet, N9NE LIVES s’impose avec une vision très claire : transformer la chanson sentimentale en expérience immersive. Les textures synthétiques évoquent une techno mélodique élégante, aux nappes profondes, traversées par une tension continue. Le morceau avance avec cette gravité maîtrisée qui rappelle les grandes heures de la progressive émotionnelle, celle qui préfère la montée lente à l’impact immédiat.
La voix, centrale, joue sur la corde sensible sans tomber dans l’excès. Elle flotte au-dessus du mix comme un souvenir persistant, à la fois rassurant et légèrement troublant. Ce choix vocal inscrit Died In Your Arms dans une tradition pop assumée, mais le traitement sonore l’arrache à toute lecture rétro confortable. On est clairement ailleurs, dans un espace où la nostalgie devient un matériau malléable, presque dangereux.
Impossible de ne pas penser à certaines esthétiques cinématographiques contemporaines. Le morceau évoque immédiatement l’univers de Stranger Things, cette manière de faire dialoguer l’émotion adolescente avec une noirceur sous-jacente. Mais là où beaucoup se contenteraient du clin d’œil, N9NE LIVES pousse l’idée plus loin, utilisant cette référence comme une porte d’entrée vers quelque chose de plus introspectif. Le dancefloor devient un lieu de mémoire, un espace où l’on danse autant avec ses souvenirs qu’avec son corps.
Sur le plan musical, la filiation avec la techno mélodique contemporaine est évidente. Certaines atmosphères rappellent la profondeur émotionnelle d’Anyma, tandis que l’énergie globale évoque l’ampleur fédératrice de Swedish House Mafia. Mais Died In Your Arms ne se contente pas d’assembler des influences : il les digère, les ralentit, les densifie, pour créer un flux continu, presque hypnotique.
Ce qui rend le morceau particulièrement efficace, c’est son refus de choisir entre écoute passive et usage club. Died In Your Arms fonctionne aussi bien comme bande-son nocturne que comme moteur émotionnel en pleine piste. Il accompagne, il enveloppe, il insiste sans jamais écraser. Une musique faite pour les trajets solitaires autant que pour les moments collectifs.
Publié par Ravehouse Records, ce titre s’inscrit dans une vision grand public sans jamais renoncer à une certaine exigence esthétique. N9NE LIVES signe ici un morceau qui parle autant au corps qu’à la mémoire, un pont entre la pop sentimentale et la techno émotionnelle.
Died In Your Arms n’est pas une relecture nostalgique, c’est une mutation. Une preuve que la dance pop peut encore raconter des histoires profondes, sombres, cinématographiques, sans perdre son pouvoir fédérateur. Un titre qui ne se contente pas de faire danser, mais qui invite à replonger, encore et encore, dans cette zone floue où l’émotion devient mouvement.
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décembre 28, 2025Roof is on Fire n’est pas un slogan nostalgique, c’est une alerte : The Soulcatcher rallume l’incendie sacré du dancefloor, celui qui brûle les poses et réveille les corps.
Un battement sec, puis un autre. Le groove s’installe comme une évidence oubliée. Roof is on Fire ne cherche pas à impressionner, il remet les choses à leur place. Ici, la musique avance à hauteur de hanches, pas de rétine. Le tempo n’est pas pressé, mais il est souverain. Dès les premières mesures, une certitude s’impose : ce morceau n’a pas été pensé pour être regardé, partagé, commenté. Il a été conçu pour être vécu.
Derrière cette déclaration d’intention, The Soulcatcher agit moins comme un producteur que comme un passeur. Roof is on Fire s’inscrit dans une filiation directe avec une époque où le club était un sanctuaire et le groove une loi non négociable. La basse roule avec une assurance charnelle, la batterie claque juste ce qu’il faut, pendant que les nappes disco viennent envelopper l’ensemble d’une chaleur analogique. Rien n’est ironique, rien n’est citationnel. Tout est incarné.
Le chant arrive comme un rappel à l’ordre doux mais ferme. Pas de surjeu, pas d’ego. La voix sert le rythme, jamais l’inverse. Elle parle aux danseurs, aux vrais, à ceux qui comprennent que la piste n’est pas un décor mais un espace de transformation. Roof is on Fire célèbre une culture où le funk, la disco et la house n’étaient pas des genres distincts, mais un langage commun, un flux continu d’énergie collective.
Impossible de ne pas sentir l’ombre bienveillante de Larry Levan planer sur le morceau. Pas comme une référence plaquée, mais comme une philosophie. Celle des nuits longues, des mixes habités, de cette manière unique de laisser un morceau respirer jusqu’à ce qu’il prenne possession de la salle. Roof is on Fire fonctionne exactement ainsi : il ne force pas la montée, il la laisse émerger du mouvement des corps.
L’esprit de Paradise Garage est là, palpable, dans cette manière de privilégier le groove à l’effet, la durée à l’instant. The Soulcatcher compose pour un dancefloor vivant, imparfait, transpirant. Chaque élément sonore semble dialoguer avec l’espace, comme si le morceau avait déjà été testé sur une piste bondée avant même d’être pressé.
Ce qui frappe, c’est la sincérité du propos. Roof is on Fire ne cherche pas à recréer un passé idéalisé, il rappelle une fonction oubliée. La musique comme déclencheur physique, comme rituel collectif. Le disco ici n’est pas un vernis vintage, c’est une structure émotionnelle. Le funk n’est pas décoratif, il est moteur.
À l’heure où les clubs se transforment parfois en studios de tournage pour smartphones, The Soulcatcher oppose une résistance joyeuse. Pas de morale, pas de discours frontal. Juste un groove suffisamment fort pour détourner les regards des écrans et les ramener vers le sol, vers l’autre, vers soi.
Roof is on Fire n’est pas un morceau événement. C’est un morceau nécessaire. Une offrande discrète mais puissante à celles et ceux qui savent que danser est un acte sérieux, presque politique. Une musique faite pour les corps, pas pour les téléphones. Et quand le groove est juste, le toit peut bien brûler : personne ne quitte la piste.
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décembre 28, 2025Space Capsule Adelaide ressemble à un manège lancé trop vite, trop loin, là où la nostalgie se fissure et laisse apparaître quelque chose de plus sombre sous les néons.
Le décollage est immédiat, mais jamais spectaculaire. Space Capsule Adelaide préfère la dérive au compte à rebours. La musique s’étire comme un rêve lucide, à mi-chemin entre la chaleur rassurante du rétro et une sensation de flottement légèrement inquiétante. Rien n’explose, rien ne s’impose frontalement. Tout glisse. Et plus le morceau avance, plus cette glisse devient un état mental à part entière.
Derrière ce voyage, Lucifers Beard orchestre une pièce instrumentale qui fonctionne comme une scène d’ouverture. Pas besoin de paroles pour raconter quoi que ce soit : les intentions sont déjà là, dissimulées dans les textures, les harmonies, les respirations. Le son évoque un parc d’attractions abandonné à l’aube, encore éclairé, mais désert, où la joie d’hier flotte comme un souvenir légèrement toxique.
Musicalement, Space Capsule Adelaide navigue entre nu-disco, indie électronique et une vague psychédélique héritée des années 70. Les synthés oscillent avec douceur, presque caressants, pendant que la rythmique avance sans rigidité, comme suspendue hors du temps. On pense à une disco ralentie par l’apesanteur, débarrassée de toute urgence festive. Ici, le groove n’est pas une injonction à danser, mais une invitation à dériver.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le morceau joue avec la notion de façade. Tout semble lumineux à première écoute, mais un léger malaise s’installe rapidement. Une dissonance subtile, un motif répétitif qui devient obsessionnel, une progression qui refuse la résolution attendue. Space Capsule Adelaide ne cherche pas à rassurer. Il entretient volontairement cette ambiguïté, ce sentiment que quelque chose se cache derrière le décor.
La production est riche sans être démonstrative. Chaque couche sonore est pensée comme un élément narratif. Les textures analogiques donnent une chaleur presque tactile, tandis que les effets plus modernes viennent fissurer cette douceur. Le morceau avance comme une attraction en roue libre, belle et inquiétante à la fois, incapable de choisir entre émerveillement et vertige.
En tant que pièce introductive de l’univers Loveland, Space Capsule Adelaide remplit parfaitement son rôle. Il installe une atmosphère, un imaginaire, une tension sous-jacente. On sent la logique conceptuelle à l’œuvre : ce contraste permanent entre divertissement et désenchantement, entre rêve collectif et réalité émotionnelle plus sombre.
Ce n’est pas un morceau fait pour attirer l’attention immédiate. C’est une bande-son mentale, un décor sonore qui s’infiltre lentement. Plus on l’écoute, plus il révèle ses angles morts, ses zones d’ombre. Une musique qui fonctionne autant en écoute active qu’en arrière-plan, mais qui ne se laisse jamais totalement ignorer.
Space Capsule Adelaide confirme le talent de Lucifers Beard pour créer des univers cohérents, personnels, affranchis des tendances. Une pop électronique psychédélique qui préfère le récit au format, l’atmosphère à l’impact. Un morceau qui ne cherche pas à faire danser le présent, mais à questionner la mémoire, le décor, et ce qui se cache derrière les sourires trop bien éclairés.
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décembre 28, 2025Off the books de Zach from sales groove comme un clin d’œil complice, celui qu’on échange quand le sérieux n’est plus qu’un décor et que le funk prend discrètement le pouvoir.
Off the books avance masqué. Tout, dans son titre comme dans son attitude, suggère la discrétion, le pas de côté, l’activité parallèle qu’on ne note nulle part mais qu’on savoure pleinement. La première sensation est immédiate : un groove qui s’installe sans prévenir, souple, précis, légèrement insolent. Rien d’explosif, mais une assurance tranquille, presque arrogante dans sa retenue. Ce funk-là n’a pas besoin de crier pour se faire remarquer.
Derrière ce nom volontairement décalé, Zach from sales joue avec les codes comme avec un dress code imposé. Off the books donne l’impression d’un morceau écrit en marge d’un agenda trop rempli, pensé pour ces moments où l’on desserre la cravate sans quitter le bureau. La basse mène la danse avec un swing rond, parfaitement calibré, pendant que les guitares viennent ponctuer le groove de touches sèches, presque sarcastiques. Tout est en place, mais rien n’est figé.
L’absence de voix n’est jamais un manque. Au contraire, elle libère l’imaginaire. Off the books raconte une histoire sans paroles, une narration purement rythmique, où chaque instrument joue son rôle dans une comédie feutrée. Le funk ici n’est pas spectaculaire, il est insinuant. Il se glisse dans les hanches, impose un balancement involontaire, puis s’installe durablement. C’est une musique qui agit par imprégnation.
Ce qui frappe surtout, c’est le sens du détail. Rien n’est superflu. Chaque break, chaque relance, chaque variation semble pensée pour maintenir ce sourire intérieur, cette sensation que quelque chose de légèrement interdit est en train de se produire. Off the books joue sur cette ambiguïté délicieuse : façade propre, arrière-salle moite. Business devant, fête derrière, comme le résume parfaitement l’intention du morceau.
Musicalement, Zach from sales s’inscrit dans une tradition funk respectueuse de ses fondamentaux, mais débarrassée de la nostalgie pesante. Le groove est moderne, propre, efficace, pensé autant pour le club que pour l’écoute domestique. Off the books pourrait aussi bien accompagner une fin de soirée élégante qu’un moment solitaire, casque sur les oreilles, quand le sérieux de la journée se dissout enfin.
Publié via Give me soul, le morceau s’inscrit dans une logique de plaisir discret, presque clandestin. Pas de démonstration, pas de grand discours. Juste une efficacité rythmique redoutable, portée par une identité déjà très claire.
Off the books n’est pas un funk démonstratif, ni un exercice de style nostalgique. C’est une attitude. Une manière de rappeler que le groove peut être subtil, élégant, et légèrement subversif. Zach from sales signe ici une pièce instrumentale qui donne envie de rester un peu plus longtemps après la fermeture, de repousser les règles sans les briser, et de laisser le corps décider à la place du planning.
Un morceau qui ne demande rien, mais qui prend beaucoup. Et c’est précisément pour ça qu’on y revient.
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décembre 28, 2025Tickler, passé entre les mains de Sylvere, devient une secousse contrôlée, un frisson mécanique qui transforme le dancefloor en terrain instable mais jubilatoire.
Tickler version remix n’avance jamais droit. Il louvoie, il dérape légèrement, il provoque ce déséquilibre précis qui oblige le corps à rester en alerte. Dès l’entrée, la pression s’installe sans détour, mais refuse toute linéarité confortable. La techno ici n’est pas un rail, c’est une surface vivante, traversée de tensions, de creux, de pulsations qui ne demandent qu’à surprendre.
À l’origine, Nic as Well pose une matière déjà dense, nourrie de culture rave et d’un goût assumé pour les marges électroniques. Mais le remix signé Sylvere déplace radicalement le centre de gravité. Il injecte dans Tickler une énergie venue d’ailleurs, un dialogue évident avec la bass music, le breakbeat, et surtout cette influence soundsystem caribéenne qui donne au morceau une profondeur physique rare.
Le rythme ne cherche jamais la vitesse gratuite. Il est rapide, oui, mais surtout précis, tranchant, presque chirurgical dans sa manière de découper l’espace. Les breaks surgissent sans prévenir, les basses frappent bas, très bas, comme si le sol devenait soudain poreux. Ce n’est pas une techno de confort, c’est une techno de réaction. Chaque élément semble conçu pour maintenir une tension constante, empêcher toute forme d’abandon passif.
Ce qui impressionne le plus, c’est la richesse du spectre sonore. Sylvere empile les détails sans jamais saturer le mix. Les percussions claquent, les textures grincent, les basses ondulent avec une lourdeur maîtrisée. On sent une vraie science du club, une compréhension fine de ce que signifie faire bouger des corps sur un système puissant. Tickler ne cherche pas à séduire par une mélodie évidente, il préfère provoquer une réponse instinctive, presque animale.
Le remix joue aussi sur une forme de friction culturelle. La techno européenne y rencontre une énergie plus globale, plus hybride, où le dancehall et la bass culture infusent subtilement la structure. Cette collision donne au morceau un caractère profondément contemporain, loin des esthétiques techno figées ou nostalgiques. Tickler devient un objet mouvant, difficile à classer, mais immédiatement identifiable.
Il y a dans ce remix une vraie notion de prise de risque. Pas de drop rassurant, pas de progression attendue. Le morceau préfère la surprise, l’accident contrôlé, cette sensation que quelque chose peut basculer à tout moment. En club, ce type de track agit comme un révélateur : il divise, il excite, il réveille. Et c’est précisément ce qu’on attend d’une pièce leftfield bien pensée.
Porté par Creaked, ce remix s’inscrit dans une vision exigeante de la musique électronique, où le dancefloor reste un laboratoire plutôt qu’un simple espace de consommation. Tickler (Sylvere Remix) n’est pas un outil fonctionnel, c’est une expérience sensorielle, conçue pour celles et ceux qui aiment quand la musique dérange juste assez pour devenir mémorable.
Une techno qui gratte là où il faut, qui secoue sans prévenir, et qui rappelle que le club reste un lieu d’expérimentation autant que de plaisir brut.
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décembre 28, 2025GO BACK sonne comme une commande interne impossible à exécuter, une injonction répétée dans un tunnel numérique où la lucidité lutte contre ses propres démons.
GO BACK ne s’ouvre pas, il se déclenche. Comme si quelqu’un avait appuyé sur un interrupteur trop longtemps ignoré. Le son arrive chargé, saturé d’intentions, immédiatement inconfortable. Impossible de s’installer tranquillement : la musique impose un état de vigilance, une tension continue qui colle à la peau. On comprend vite que ce titre ne cherche ni l’adhésion facile ni la catharsis spectaculaire. Il préfère l’exposition brute, presque clinique, d’un combat intérieur.
Devin Griffin, épaulé par I.A.C., construit ici une pièce dense, hybride, volontairement instable. GO BACK navigue entre witch house, cloud rap et électroclash, mais ces étiquettes servent surtout à baliser un territoire mental fragmenté. La production agit comme un flux constant de stimuli : nappes sombres, textures abrasives, beats distordus qui surgissent puis disparaissent, laissant une impression de vertige permanent.
La voix, traitée comme un élément à part entière du décor sonore, oscille entre présence humaine et entité fantomatique. Elle ne cherche pas à dominer le mix, elle s’y dissout partiellement, comme une pensée intrusive qu’on n’arrive pas à faire taire. Ce choix renforce le sentiment d’aliénation, cette impression d’être coincé dans sa propre tête, à observer ses mécanismes d’auto-sabotage sans toujours pouvoir les arrêter.
GO BACK fonctionne par accumulation. Chaque couche sonore ajoute une pression supplémentaire, sans jamais offrir de véritable résolution. Le morceau refuse la structure rassurante couplet-refrain. Il avance par blocs, par impulsions, traduisant parfaitement la difficulté de rompre avec des schémas destructeurs. La croissance personnelle, ici, n’est pas présentée comme une ligne droite, mais comme une suite de rechutes, de prises de conscience incomplètes, de tentatives avortées.
Les influences revendiquées se devinent sans jamais écraser l’identité du morceau. L’ombre de Bladee, de Crystal Castles ou de 2hollis plane, mais GO BACK ne se contente pas de recycler une esthétique. Il l’utilise comme un langage pour parler de dépendance, de santé mentale, de cette fatigue existentielle propre à une génération hyperconnectée mais profondément isolée. La noirceur n’est pas un décor, elle est le sujet.
Il y a dans ce titre une forme de courage artistique. Celui d’accepter l’inconfort, de ne pas chercher à rendre le chaos digeste. GO BACK ne moralise pas, ne propose pas de solution. Il constate, il expose, il laisse l’auditeur face à une réalité fragmentée, parfois dérangeante, mais profondément honnête.
Publié par Summer’s Over Collective, ce morceau agit comme une porte d’entrée radicale vers l’univers de l’album DIGITAL SPLIFF. Une dernière pièce avant le saut, qui annonce un projet prêt à explorer les zones grises sans filtre ni concession.
GO BACK n’est pas un titre qu’on écoute distraitement. Il exige une attention totale, une disponibilité émotionnelle. C’est une expérience plus qu’un morceau, un miroir déformant tendu à celles et ceux qui savent que grandir ne signifie pas toujours avancer, mais parfois simplement résister à l’envie de revenir en arrière. Une œuvre sombre, nerveuse, profondément contemporaine, qui confirme Devin Griffin comme une voix à suivre là où l’électronique devient un terrain d’introspection radicale.
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décembre 28, 2025Love Letter de sevyz ressemble à ces messages qu’on n’envoie jamais tout de suite, relus dix fois, pliés avec soin, porteurs d’une tendresse qui n’a pas besoin d’urgence pour exister.
Love Letter avance à pas feutrés. Rien ici ne cherche à capter l’attention brutalement, ni à provoquer l’émotion par surprise. Tout se joue dans la durée, dans cette manière très consciente de laisser le temps faire son travail. Dès les premières secondes, l’espace sonore s’ouvre comme une pièce éclairée par une lampe trop douce pour éblouir. On comprend vite que la pop de sevyz préfère la proximité à l’impact.
La production repose sur une architecture minimaliste mais chaleureuse. Les synthés sont discrets, presque timides, posés en couches fines, comme des feuilles superposées. La rythmique, légère, ne cherche jamais à prendre le dessus. Elle soutient, elle accompagne, elle respire. Love Letter n’est pas une chanson qui se danse, c’est une chanson qui se vit dans le mouvement intérieur, celui des pensées qui ralentissent en fin de soirée.
Ce qui frappe surtout, c’est cette gestion de l’attente. Le morceau refuse les montées évidentes, les refrains conçus pour exploser. Il préfère l’installation progressive, la sensation qui s’épaissit sans jamais se tendre. Cette retenue donne au titre une élégance rare dans le paysage dance pop actuel, souvent obsédé par l’efficacité immédiate. Ici, la pop se fait intime, presque confidentielle.
La voix s’inscrit parfaitement dans cette logique. Elle n’impose rien, elle suggère. Elle donne l’impression de s’adresser à une seule personne, dans un espace clos, protégé. Les paroles deviennent secondaires dans leur littéralité, tant c’est le ton qui compte : une douceur maîtrisée, une émotion calme, sans pathos ni excès. Love Letter ne parle pas d’amour comme d’un feu, mais comme d’une présence stable, rassurante, presque silencieuse.
On sent chez sevyz une vraie compréhension de la temporalité émotionnelle. Ce n’est pas un morceau fait pour accompagner un moment spectaculaire, mais pour habiter les interstices : les fins de journée, les nuits sans sommeil, les trajets solitaires. La pop devient ici un décor intérieur, un prolongement de l’état d’esprit plutôt qu’un élément extérieur qui s’impose.
Il y a aussi dans Love Letter une forme de nostalgie moderne, non pas tournée vers le passé, mais vers une lenteur devenue rare. Celle des choses qu’on prend le temps de dire, de ressentir, de laisser mûrir. La production, volontairement épurée, renforce cette impression de sincérité artisanale, presque domestique.
Love Letter ne cherche pas à être mémorable au sens classique. Il préfère être fidèle, présent, durable. sevyz signe ici un titre qui n’a pas besoin de frapper fort pour rester. Une pop douce, enveloppante, pensée pour les écouteurs et les moments calmes, qui rappelle qu’écrire une chanson d’amour peut encore être un geste simple, précis, profondément humain.
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décembre 28, 2025Phantom Feelings version remix agit comme une pièce laissée allumée dans un appartement vide, où la mémoire continue de circuler même quand plus personne ne répond.
Phantom Feelings ne revient pas sous forme de relecture tapageuse. Il se replie, se fragmente, s’adoucit jusqu’à devenir presque translucide. Ce remix n’est pas une correction de trajectoire, mais un geste intime : Tiffany Thompson se réapproprie sa propre matière émotionnelle, la démonte, puis la reconstruit dans un langage plus fragile encore. On n’entre pas dans ce morceau, on y flotte, comme dans un souvenir dont les contours refusent de se stabiliser.
Tiffany Thompson choisit ici l’esthétique bedroom et lo-fi non pas comme une tendance, mais comme un refuge. Les textures sont volontairement imparfaites, légèrement voilées, comme si le son passait à travers une couche de temps. Les beats sont feutrés, presque timides, et la production privilégie la sensation à la clarté. Rien n’est frontal. Tout est ressenti. Le morceau avance en demi-teinte, porté par une pulsation douce qui évoque davantage un battement de cœur qu’un tempo.
La voix, toujours aussi éthérée, devient le centre de gravité émotionnel. Elle semble proche, presque trop, comme une pensée qu’on n’arrive pas à faire taire. Elle ne cherche pas à dominer le mix, elle s’y dissout partiellement, acceptant de perdre en netteté pour gagner en sincérité. Phantom Feelings version remix ressemble à une confidence murmurée à soi-même, tard, quand le monde extérieur s’est déjà mis en pause.
Ce qui rend ce remix particulièrement touchant, c’est son rapport au manque. Il ne parle pas de l’absence comme d’un drame, mais comme d’une présence fantôme, persistante, silencieuse. Le titre prend ici tout son sens : ces émotions qui reviennent sans prévenir, qui s’invitent dans les moments supposés heureux, et qui rappellent que certaines connexions ne disparaissent jamais vraiment. La musique agit comme un espace de recueillement discret, loin de toute emphase.
On perçoit dans ce travail une réflexion plus large sur l’amour à l’ère numérique, thème cher à Tiffany Thompson. Ce remix accentue encore cette idée de lien dématérialisé, fragile, mais profondément humain. Les effets lo-fi ne sont pas là pour esthétiser la tristesse, mais pour traduire cette distance émotionnelle propre aux relations modernes, faites de présence virtuelle et d’absences bien réelles.
Phantom Feelings (Remix) fonctionne comme une respiration lente dans un paysage pop souvent saturé. Il n’essaie pas de séduire par l’immédiateté. Il s’installe, persiste, revient hanter l’écoute longtemps après la dernière note. C’est un morceau qu’on ne met pas pour remplir un silence, mais pour l’accompagner.
En choisissant de remixer elle-même son titre, Tiffany Thompson affirme une démarche artistique cohérente, presque introspective. Elle ne délègue pas l’émotion, elle l’approfondit. Phantom Feelings devient alors moins une chanson qu’un état mental, une zone floue entre rêve et souvenir, où la douceur n’efface jamais la mélancolie.
Une œuvre discrète mais profondément habitée, qui prouve que le lo-fi peut encore être un langage sensible, sincère, et chargé de sens. Ici, le minimalisme n’est pas une contrainte, mais une vérité.
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décembre 28, 2025« imagination » marque l’instant précis où Lloyd Dove cesse de rêver sa musique et commence à l’habiter pleinement, sans filet, sans masque, sans détour.
imagination s’ouvre comme un carnet laissé ouvert sur une table trop longtemps. Pas d’esbroufe, pas de décor surchargé. Juste un espace nu, presque fragile, où chaque son semble avoir été posé avec une attention presque intime. Le piano arrive en premier, doux mais chargé, comme une pensée qui refuse de se taire. Puis la voix entre, déterminée, grave, déjà consciente de ce qu’elle va devoir affronter. On comprend rapidement que ce morceau n’est pas une démonstration, mais une prise de position.
Lloyd Dove signe ici un premier pas qui n’a rien de timide. imagination frappe par son contraste permanent : une production minimaliste, presque mélancolique, face à un rap frontal, parfois rugueux, toujours habité. Cette opposition devient la colonne vertébrale du morceau. Le piano apaise pendant que les mots cognent. La douceur n’annule jamais la dureté, elle la rend plus lisible, plus humaine.
Le flow est précis, sans précipitation inutile. Lloyd Dove prend le temps de poser ses phrases, de laisser respirer ses silences. On sent l’artiste qui a appris seul, qui a testé, raté, recommencé, jusqu’à trouver ce point d’équilibre entre introspection et affirmation. Le rap n’est pas ici un exercice de domination, mais un outil de clarification. Parler pour comprendre. Raconter pour tenir debout.
L’écriture navigue entre lucidité et vulnérabilité. Les thèmes abordés — l’amour, la rupture, la confusion émotionnelle — ne sont jamais traités comme des clichés obligatoires. Ils apparaissent comme des fragments de vécu, bruts, parfois inconfortables, mais toujours honnêtes. imagination n’essaie pas de séduire par la formule. Il cherche la reconnaissance par la sincérité. Et c’est précisément ce qui le rend crédible.
On ressent aussi une forme de déplacement intérieur. Ce morceau porte la trace d’un isolement choisi, d’un temps passé à observer, à digérer, à reconstruire. Le voyage solitaire à Paris n’est pas un détail anecdotique : il plane sur le titre comme une influence invisible, une respiration différente, une distance nécessaire pour se regarder autrement. imagination sonne comme un retour, mais aussi comme un départ.
Musicalement, le choix du dépouillement est judicieux. Aucun élément n’est là pour distraire. Tout converge vers la voix et le texte. Le drop tardif agit comme une libération contrôlée, un moment où la tension accumulée trouve enfin une sortie sans jamais exploser complètement. Cette retenue donne au morceau une élégance rare pour un premier single.
imagination ne cherche pas à impressionner l’industrie. Il cherche à établir un lien. Lloyd Dove s’adresse à celles et ceux qui ont déjà eu besoin de se parler à eux-mêmes pour avancer. Un rap introspectif, sensible, maîtrisé, qui refuse les raccourcis et préfère la construction lente.
Ce premier titre ne ressemble pas à un coup d’essai opportuniste. Il ressemble à une fondation. Et parfois, c’est exactement comme ça que commencent les trajectoires qui durent.
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décembre 28, 2025BYEEE BOY sonne comme une porte qui claque avec élégance, un adieu prononcé sans colère mais avec une certitude nouvelle, celle d’une voix qui a décidé de ne plus se taire.
BYEEE BOY ne cherche pas à convaincre, il affirme. Dès les premières secondes, quelque chose change de posture. Le morceau adopte un ton calme, presque désinvolte, mais sous cette fluidité apparente se cache une détermination nette, irrévocable. Ce n’est pas une rupture racontée avec fracas, c’est une sortie maîtrisée, un pas de côté élégant qui transforme la blessure en énergie neuve. On n’assiste pas à une explosion émotionnelle, mais à une reconstruction en temps réel.
ERIÉ installe ici un territoire sonore singulier, à la croisée du R&B contemporain, du pop rap et d’une sensibilité J-pop débarrassée de ses clichés. La production est lisse sans être froide, moderne sans être anonyme. Les beats glissent avec précision, laissant respirer des textures soyeuses, presque liquides, qui donnent au morceau cette sensation de mouvement constant. BYEEE BOY avance sans jamais se retourner.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre douceur et assurance. La voix d’ERIÉ navigue entre fragilité assumée et aplomb tranquille. Elle ne cherche pas la démonstration vocale, elle privilégie la clarté du propos, cette manière très contemporaine de dire les choses sans hausser le ton. L’alternance entre l’anglais et le japonais ne sert pas un simple effet cosmétique : elle traduit une réalité vécue, celle d’une identité multiple, d’un discours qui circule entre les mondes sans demander la permission.
BYEEE BOY raconte une expérience intime, mais son impact dépasse largement le cadre personnel. Le morceau résonne comme une prise de parole générationnelle, celle de femmes souvent réduites au silence, à la retenue, à l’effacement poli. Ici, l’émancipation ne passe pas par la confrontation directe, mais par le détachement. Quitter une relation toxique devient un acte de souveraineté, presque une victoire silencieuse.
Musicalement, le titre s’inscrit dans une dynamique globale. On y sent l’influence d’un axe LA↔Tokyo↔Manila, une pop mondiale qui ne gomme pas les identités mais les fait dialoguer. BYEEE BOY n’essaie pas de ressembler à ce qui fonctionne ailleurs, il propose une autre façon de faire circuler le R&B, plus fluide, plus transnationale, profondément émotionnelle sans jamais sombrer dans le pathos.
Il y a aussi dans ce morceau une vraie intelligence de la retenue. Pas de climax artificiel, pas de refrain écrasant. La confiance se construit dans la durée, par petites touches, comme une évidence qui s’installe. BYEEE BOY fait partie de ces titres qui gagnent à être réécoutés, parce qu’ils accompagnent des moments précis de transition, de remise à plat, de réalignement personnel.
Publié via Peace by Peace, ce premier pas discographique pose des bases solides. ERIÉ ne cherche pas à entrer dans une case, elle dessine la sienne. Une musique pour celles et ceux qui avancent sans bruit mais avec une détermination intacte.
BYEEE BOY n’est pas un cri. C’est un sourire calme après la tempête. Et parfois, c’est exactement ce genre de réponse qui marque le plus longtemps.
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décembre 28, 2025Daydreams de Club 8 ressemble à ce moment précis où le regard se perd par la fenêtre et où le monde continue sans vous, plus doux, plus lent, presque irréel.
Daydreams ne démarre pas vraiment. Il s’échappe. Comme une pensée qui glisse avant même qu’on ait essayé de la retenir. Dès les premières secondes, la perception se modifie : le réel devient flou, les contours s’adoucissent, et la musique installe un climat où l’on accepte volontiers de ne plus être totalement présent. C’est une sensation familière pour qui suit Club 8 depuis longtemps, mais ici, elle prend une forme particulièrement aboutie.
Le morceau avance sur un fil nu-disco délicat, jamais appuyé, presque pudique. La rythmique pulse sans presser, dessinant un mouvement constant, légèrement hypnotique. Ce n’est pas une danse démonstrative, plutôt un balancement intérieur, celui qui accompagne les pensées vagabondes et les trajets sans destination claire. L’indie dance devient ici une affaire d’état d’esprit plus que de dancefloor.
Les synthés s’étirent avec élégance, lumineux mais jamais clinquants. Ils semblent flotter au-dessus du sol, comme des nappes de souvenirs ou de désirs inachevés. Chaque son est placé avec une précision impressionniste : rien n’est frontal, tout est suggéré. Club 8 travaille l’espace comme d’autres travaillent le silence, laissant des respirations qui donnent au morceau cette impression de suspension permanente.
La voix arrive sans chercher à s’imposer. Elle se fond dans le décor, presque fragile, comme une confidence faite à demi-mot. Elle ne raconte pas une histoire linéaire, elle accompagne un état. On n’écoute pas Daydreams pour comprendre, mais pour ressentir. La mélancolie est là, mais elle n’est jamais lourde. Elle se teinte de lumière, d’une douceur scandinave qui transforme la nostalgie en terrain de jeu émotionnel.
Ce qui frappe dans Daydreams, c’est sa capacité à refuser le spectaculaire. Pas de montée évidente, pas de refrain conçu pour marquer les esprits à tout prix. Le morceau préfère la continuité, la dérive contrôlée, cette manière très Club 8 de créer une bulle temporelle où tout semble possible précisément parce que rien n’est forcé.
Musicalement, le titre navigue entre nu-disco, indie pop et une forme de romantisme électronique assumé. Il évoque autant les errances nocturnes que les après-midis suspendus, casque sur les oreilles, quand le monde extérieur devient un décor secondaire. Daydreams fonctionne comme une bande-son intérieure, adaptable à chaque humeur, chaque moment de flottement.
Il y a chez Club 8 une fidélité admirable à une esthétique qui ne cherche pas à se réinventer à tout prix. Daydreams s’inscrit dans une continuité artistique cohérente, presque rassurante, où l’émotion prime sur la nouveauté artificielle. Une pop qui accepte sa lenteur, son minimalisme, sa douceur comme des forces.
Daydreams laisse une trace subtile, comme un rêve dont on ne se souvient pas parfaitement mais qui influence toute la journée. Club 8 signe ici un morceau qui ne cherche pas à capturer l’attention, mais à l’accompagner ailleurs. Et dans cette capacité à faire disparaître le réel sans jamais l’effacer totalement, se cache sans doute l’une des plus belles formes d’évasion musicale.
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décembre 28, 2025Faa Ji n’est pas une promesse de fête tapageuse, c’est un mot murmuré à l’oreille, une invitation à lâcher prise sans lever la voix.
Faa Ji ne frappe pas à la porte, il est déjà dans la pièce. La première chose que l’on ressent, ce n’est pas l’envie de danser, mais celle de respirer plus large. Le groove s’installe avec une douceur désarmante, comme si la musique refusait délibérément toute urgence. Ici, l’afrobeat ne court pas après l’euphorie, il la laisse venir. Et c’est précisément cette retenue qui rend le morceau si profondément séduisant.
Hero One avance à contre-courant des logiques d’impact immédiat. Faa Ji repose sur une architecture simple en apparence, mais subtilement pensée. Les percussions s’imbriquent avec souplesse, dessinant un mouvement continu, presque circulaire. La basse ne cherche jamais à dominer, elle accompagne, enveloppe, soutient le corps comme une respiration régulière. On est loin de l’afrobeat démonstratif calibré pour l’instantanéité : ici, tout est affaire de durée.
Ce qui distingue vraiment Faa Ji, c’est sa capacité à créer un espace mental. La musique n’impose pas une direction, elle ouvre un champ. On peut s’y projeter librement, l’utiliser comme bande-son d’un moment partagé ou comme refuge intime. Hero One maîtrise l’art de la suggestion sonore, laissant suffisamment de place pour que l’auditeur complète le tableau avec son propre vécu.
Le mélange de l’anglais et du yoruba agit comme une clé invisible. Le yoruba n’est pas là pour exotiser, mais pour affirmer une pensée. Faa Ji devient alors plus qu’un titre : une notion, presque une philosophie du présent. Célébrer sans excès, savourer sans justification, avancer sans s’excuser. La musique porte cette idée avec une élégance tranquille, sans jamais la surligner.
Sur le plan de la production, tout respire l’honnêteté. Pas de surcharge, pas de rupture artificielle. Les arrangements privilégient la fluidité, les textures chaudes, les transitions naturelles. Chaque élément semble avoir trouvé sa place par évidence plutôt que par calcul. Cette sensation de spontanéité contrôlée donne au morceau une humanité rare, presque tactile.
Faa Ji s’inscrit dans une trajectoire artistique cohérente, pensée sur le long terme. Publié via Opulence Grandeur Sound et Millenial Renaissance Art Limited, le titre témoigne d’une vision où la musique est un lien avant d’être un produit. On sent un artiste qui préfère construire une relation durable avec son public plutôt que multiplier les effets.
Ce que Faa Ji laisse derrière lui, ce n’est pas une montée d’adrénaline, mais une sensation persistante de bien-être, presque de gratitude. Hero One rappelle que l’afrobeat peut être à la fois conscient et charnel, introspectif et collectif. Une musique qui ne cherche pas à détourner l’attention, mais à l’ancrer dans l’instant.
Faa Ji n’est pas là pour remplir un dancefloor à tout prix. Il est là pour rappeler que la joie peut être douce, profonde, durable. Et parfois, c’est cette douceur-là qui marque le plus longtemps.
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décembre 28, 2025GOOD GIRL de YALANA agit comme une respiration tenue trop longtemps, belle en surface, vertigineuse dès qu’on écoute vraiment.
GOOD GIRL ne s’impose pas, elle s’infiltre. Elle s’installe dans l’espace sans demander la permission, avec cette politesse trompeuse des morceaux qui savent exactement où ils vont. Dès les premières secondes, quelque chose serre légèrement la poitrine. Pas un choc, pas une montée dramatique, mais une tension feutrée, persistante, presque élégante dans sa manière de s’installer. On sent que tout repose sur l’atmosphère, sur ce fil invisible entre maîtrise et fragilité.
YALANA construit ici un univers où le silence est aussi important que le son. La production joue la carte de la retenue intelligente : des guitares texturées mais jamais envahissantes, une rythmique discrète, presque en retrait, qui agit comme un battement intérieur. Rien n’est là pour impressionner. Tout est là pour faire ressentir. GOOD GIRL ne cherche pas à séduire immédiatement, elle préfère installer un climat, une zone émotionnelle instable où l’auditeur est invité à rester, même si c’est inconfortable.
Ce qui frappe, c’est la précision du dosage. Chaque élément semble pesé, placé avec une conscience aiguë de l’espace. La musique avance comme sur un sol fragile, consciente que le moindre excès ferait s’écrouler l’ensemble. Cette fragilité contrôlée donne au morceau une intensité particulière. On écoute attentivement, presque sur la pointe des pieds, de peur de rompre l’équilibre.
La voix, centrale sans être dominante, agit comme un guide émotionnel. Elle ne cherche pas l’effet, elle raconte sans souligner, laissant les émotions affleurer naturellement. Il y a quelque chose de très cinématographique dans cette manière de chanter, une façon de suggérer plus que de déclarer. Ce n’est pas étonnant que GOOD GIRL ait trouvé sa place dans le film Love Trap : le morceau fonctionne comme une scène à lui seul, capable d’accompagner un regard, une hésitation, un moment suspendu.
YALANA développe ici une esthétique qui refuse les tendances faciles. L’alternative rock qu’elle propose n’est ni nostalgique ni démonstrative. Elle s’inscrit dans une temporalité flottante, presque hors mode, où l’émotion prime sur la structure classique. GOOD GIRL ne suit pas une trajectoire attendue, elle évolue par micro-déplacements, par sensations successives, laissant une empreinte durable plutôt qu’un souvenir immédiat.
Il y a dans ce titre une forme de courage artistique. Celui de ne pas tout dire, de ne pas tout montrer. Celui de faire confiance à l’auditeur, à sa capacité d’écoute, à son vécu. GOOD GIRL agit comme un miroir émotionnel : chacun y projette ses propres tensions, ses propres silences, ses propres contradictions.
Publié via YALANA Music, ce morceau confirme une identité artistique déjà très affirmée. YALANA ne cherche pas à occuper l’espace médiatique par le bruit, mais par la profondeur. GOOD GIRL est de ces titres qui grandissent avec le temps, qui reviennent différemment selon l’humeur, l’état d’esprit, le moment de la journée.
Une pièce subtile, dense, profondément habitée, qui rappelle que la musique alternative la plus marquante n’est pas celle qui crie le plus fort, mais celle qui sait exactement où appuyer pour laisser une trace durable.
Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :
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décembre 28, 2025Disco Fever agit comme un rappel immédiat : la house n’a jamais été une posture, mais un réflexe corporel, un sourire incontrôlable déclenché par une basse bien placée.
Il y a des morceaux qui s’installent, et puis il y a ceux qui débarquent sans prévenir, comme un ami trop bien habillé pour la soirée, déjà en sueur avant même d’avoir dit bonjour. Disco Fever fait partie de cette seconde catégorie. À peine lancé, le titre crée une réaction presque animale : le pied tape, les épaules se relâchent, le corps comprend qu’il n’est plus question de rester immobile. C’est une musique qui ne s’écoute pas, elle se vit, immédiatement, sans filtre.
Derrière cette évidence dansante, Davide Messina et Lucio Belli jouent une partition d’une précision redoutable. Le groove est là, central, charnel, porté par une basse chaude qui avance avec une assurance presque arrogante. Elle ne force rien, elle s’impose par son swing naturel, cette manière de rebondir juste ce qu’il faut pour rappeler les grandes heures de la house filtrée, celle qui sent le disco digéré, pas surligné.
Les cordes arrivent comme une montée d’adrénaline émotionnelle. Pas tape-à-l’œil, jamais kitsch, mais larges, enveloppantes, presque cinématographiques. Elles donnent au morceau une ampleur inattendue, comme si le dancefloor devenait soudain plus grand, plus lumineux. On pense à ces nuits où la musique dépasse le cadre du club, où l’on a l’impression que tout le monde danse dans le même film.
Ce qui rend Disco Fever particulièrement jubilatoire, c’est sa sincérité. Rien ici ne cherche à être cool à tout prix. Le morceau assume son amour pour la house classique, pour le disco qui sue, pour les grooves qui durent. Il ne regarde pas le dancefloor de haut, il s’y plonge. Chaque variation est pensée pour relancer l’énergie, maintenir cette tension joyeuse qui transforme une foule en organisme collectif.
Il y a aussi cette intelligence dans la retenue. Pas de drop écrasant, pas de surenchère inutile. Le morceau préfère la répétition hypnotique, cette forme de plaisir simple mais profond qui fonctionne aussi bien à trois heures du matin qu’en plein après-midi, casque sur les oreilles, fenêtre ouverte. Une house qui n’a pas besoin de contexte pour exister.
Publié sur Kokolores Records, Disco Fever s’inscrit dans une vision généreuse du clubbing, où l’efficacité n’exclut jamais l’élégance. On sent chez Davide Messina une culture du dancefloor forgée dans la durée, une compréhension instinctive de ce qui fait lever une salle sans jamais tomber dans la caricature.
Disco Fever n’est pas un manifeste, ni un exercice de style. C’est un rappel essentiel. La house, avant d’être analysée, avant d’être intellectualisée, est une promesse de plaisir. Et ce morceau honore cette promesse avec une élégance décontractée, une fièvre douce mais persistante. Celle qui donne envie de rester encore un peu, de danser encore un titre, et de se souvenir, en sortant, pourquoi on est venu.
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décembre 28, 2025Avec In My Place, Monolink accepte que Maxi Meraki déplace son cœur mélancolique vers un dancefloor plus sombre, plus lent, plus hypnotique.
Il y a des remix qui cherchent à moderniser, d’autres à radicaliser. Celui-ci choisit une voie bien plus subtile : celle du déplacement émotionnel. In My Place n’est pas déconstruit, il est doucement entraîné ailleurs, comme si on changeait d’angle de vue sans jamais quitter le paysage. On reconnaît immédiatement la matière première, cette sensibilité presque fragile propre à Monolink, mais quelque chose a changé. L’air est plus dense. Le sol vibre plus longtemps.
Ce remix signé Maxi Meraki ne cherche pas l’effet. Il installe une atmosphère, patiemment, avec cette élégance rare qui consiste à savoir quand ne pas en faire trop. Les percussions, fines et organiques, dessinent une trajectoire régulière, presque rituelle. Elles ne poussent pas, elles accompagnent. La basse, profonde et circulaire, agit comme un fil invisible qui relie chaque élément, maintenant le morceau dans un état de tension douce et continue.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont le remix redéfinit le rapport au temps. Rien ne presse. Chaque boucle s’étire, chaque variation arrive sans prévenir, mais toujours au bon moment. On n’attend pas un drop, on se laisse glisser. Le morceau devient un espace plus qu’un objet : un lieu mental où l’on peut rester longtemps sans ressentir le besoin d’en sortir.
La voix, reconnaissable entre toutes, flotte au-dessus du mix comme un souvenir persistant. Elle n’est jamais écrasée par la production, ni mise en avant artificiellement. Elle existe à égalité avec le rythme, comme un dialogue permanent entre introspection et mouvement. C’est précisément là que le remix trouve sa justesse : il transforme une chanson tournée vers l’intérieur en expérience collective, sans jamais lui enlever sa pudeur.
On est loin d’un remix utilitaire pensé uniquement pour faire réagir un dancefloor. Ici, la danse devient presque secondaire. Ce qui compte, c’est l’état dans lequel le morceau place l’auditeur : une forme de suspension, entre mélancolie et abandon, entre solitude et communion silencieuse.
Porté par Embassy One, ce In My Place (Remix by Maxi Meraki) s’impose comme une pièce de transition idéale, ce moment précis d’un set où la nuit bascule, où la musique cesse d’être décorative pour devenir nécessaire. Un remix qui ne cherche pas à prendre la place de l’original, mais à lui offrir une autre vie, plus nocturne, plus profonde, presque méditative. Une preuve, s’il en fallait encore une, que la meilleure musique électronique est souvent celle qui sait ralentir pour mieux marquer.
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décembre 28, 2025Un morceau qui te fait sourire avant de te mettre face à toi-même, entre égo, désir et vérités qui dérangent.
OH ne joue pas à cache-cache. Le titre s’ouvre comme une porte claquée trop fort, avec ce rap français qui assume ses angles, ses contradictions et ses émotions mal rangées. Ici, le fond et la forme avancent ensemble : une prod old-school nerveuse, presque joueuse, et des textes qui dissèquent une relation aussi toxique qu’addictive, sans jamais chercher l’excuse ou la morale.
À deux voix, Cenza et Hamorabi (alias Baba Funk) livrent un échange tendu, souvent ironique, toujours lucide. Leur alchimie repose sur cette capacité à jongler entre provocation frontale et aveux à demi-mots. L’un comme l’autre incarnent ce tiraillement moderne : vouloir tout contrôler tout en ayant peur de s’attacher, traiter l’autre comme une reine tout en gardant un pied dehors.
La production, résolument marquée par les années 2000, donne au morceau un rebond presque trompeur. Le beat est bouncy, efficace, taillé pour hocher la tête, pendant que la flûte arabe s’infiltre dans le mix comme un motif obsessionnel. Elle accentue cette impression de spirale émotionnelle, de relation qui tourne en boucle, impossible à quitter malgré la lassitude et la méfiance.
Les punchlines fusent, pleines d’esprit, parfois mordantes, souvent drôles. Cenza et Hamorabi maîtrisent l’art de la formule : des métaphores bien senties, un sens du détail qui rend chaque scène crédible, presque cinématographique. On passe de la luxure assumée à la tendresse maladroite, du sarcasme à une sincérité désarmante, sans jamais perdre le fil.
OH est un miroir. Celui d’une génération qui aime fort mais doute encore plus, qui oscille entre liberté et besoin de lien, entre désir brut et peur de l’engagement. Approuvé pour EXTRAVARAP, le morceau fonctionne autant comme banger de playlist que comme récit intime. Un rap français sans fard, vivant, qui rappelle que les histoires les plus bancales sont souvent celles qu’on écoute le plus longtemps.
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décembre 28, 2025« Un morceau qui ne force rien, mais fait tout bouger, doucement, là où le groove devient une évidence.«
Il y a des chansons qui durent trois minutes et d’autres qui semblent exister hors du temps. Lakeside appartient à cette seconde famille, même dans son format court, presque effronté par sa concision. Dès les premières mesures, le morceau s’installe comme une vieille habitude qu’on retrouve avec plaisir : un head nod instinctif, une chaleur familière, une sensation de soul rétro filtrée par une sensibilité résolument contemporaine.
Luvall signe ici une pièce neo-soul et R&B qui ne cherche pas l’esbroufe. Tout est dans le détail. La rythmique est souple, légèrement hip-hop dans l’intention, suffisamment minimaliste pour laisser respirer chaque élément. La basse glisse sans jamais s’imposer, pendant que les accords évoquent une soul vintage, presque poussiéreuse, comme sortie d’un vinyle oublié au fond d’une caisse.
La voix, en anglais, arrive avec naturel. Pas de démonstration vocale inutile, mais une présence feutrée, intime, qui donne l’impression que le morceau se joue pour une seule personne à la fois. Lakeside évoque ces fins d’après-midi d’été où le temps ralentit, où l’on s’autorise à ne rien faire d’autre qu’écouter. C’est une musique qui sourit sans en faire trop, qui groove sans jamais hausser le ton.
Ce qui frappe surtout, c’est cette capacité à condenser une ambiance complète en si peu de temps. Luvall ne cherche pas à étirer le propos : il capture un instant précis, le polit juste ce qu’il faut, puis disparaît avant la lassitude. Une élégance rare dans un paysage R&B souvent tenté par la surenchère.
Approuvé pour EXTRAVARNB, Lakeside trouve naturellement sa place dans une playlist nocturne ou un post Instagram à l’esthétique soignée. Un titre court, oui, mais terriblement efficace. La preuve que parfois, quelques secondes suffisent pour installer un groove durable et laisser une empreinte bien plus longue que la durée du morceau.
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décembre 28, 2025Un morceau qui ne cherche pas la lumière, mais préfère danser avec l’ombre, là où les émotions respirent plus lentement.
Il y a des titres qui donnent envie de lever les bras, et d’autres qui invitent à fermer les yeux. Moon’s Shadow fait clairement partie de la seconde catégorie. Dès les premières secondes, quelque chose s’installe sans bruit, presque timidement : une chaleur diffuse, une pulsation organique, comme un cœur qui bat à distance mais ne nous lâche jamais. C’est une deep house aux racines afro, mais surtout une musique de sensation, de peau et de mémoire.
Derrière ce voyage nocturne, MARINESCWHO, producteur et percussionniste roumain, compose avec une finesse rare. Les percussions tribales ne sont jamais démonstratives, elles murmurent. Elles s’entrelacent avec une basse souple, ronde, presque enveloppante, pendant que les textures électroniques dessinent un décor feutré, idéal pour les fins de nuit ou les trajets solitaires sous les lampadaires. On est loin de l’afro house explosive : ici, tout est question d’équilibre et de retenue.
Les voix en anglais apparaissent comme un voile, délicatement posé sur l’instrumental. Elles ne cherchent pas à dominer, mais à suggérer. Une romance discrète, jamais appuyée, qui renforce ce sentiment d’intimité. Moon’s Shadow donne l’impression d’être pensé pour ces moments suspendus en club, quand la foule s’est clairsemée, que les regards se croisent enfin, et que la musique devient presque confidentielle.
Publié sur WHØ RECORDS, le morceau s’inscrit parfaitement dans une esthétique afro-deep moderne, élégante et émotionnelle. Son approbation pour EXTRAVACLUB ne surprend pas : c’est exactement ce type de track qui crée des respirations précieuses au sein d’un set, sans jamais briser le groove.
Avec Moon’s Shadow, MARINESCWHO signe une pièce subtile, profondément sensorielle, qui ne cherche pas l’impact immédiat mais laisse une trace durable. Une musique qui accompagne plus qu’elle n’impose, et qui rappelle que parfois, l’ombre est le plus bel endroit pour danser.
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décembre 28, 2025Un uppercut techno qui fait vibrer les corps avant même que le cerveau n’ait le temps de dire stop.
Il y a ce moment précis, quelque part entre la montée et l’impact, où l’on sait que le morceau ne va plus nous lâcher. Wavey (Charlie Sparks (UK) Remix) agit exactement ainsi : une prise ferme, presque physique, qui t’attrape par la nuque et te force à avancer avec lui, coûte que coûte. Pas de détour, pas de respiration inutile. Juste une trajectoire claire, directe, pensée pour la nuit et ses dérives.
À l’origine, Eli Brown, architecte d’une techno à la fois musclée et lisible, laisse déjà transparaître une obsession pour l’efficacité club. Mais ici, en confiant Wavey à Charlie Sparks, le morceau bascule dans une autre dimension. Plus rapide, plus dur, plus frontal. On parle de driving techno dans ce qu’elle a de plus assumé : un kick qui cogne sans détour, une rythmique tendue comme un nerf à vif, et cette sensation constante d’être en apnée au milieu d’une foule en mouvement.
Les paroles en anglais surgissent comme des fragments de conscience, presque désincarnées, flottant au-dessus d’une mécanique implacable. Elles ne racontent pas une histoire, elles accompagnent un état. Celui d’un club plongé dans la pénombre, où les corps se répondent sans se regarder, guidés uniquement par la pulsation. Le remix joue sur la répétition comme sur une promesse : celle d’un lâcher-prise total, presque violent, mais étrangement libérateur.
Sorti sur Insomniac Records, le titre s’inscrit parfaitement dans cette esthétique peak time qui refuse la tiédeur. On comprend immédiatement pourquoi il a trouvé sa place dans les sélections EXTRAVACLUB : Wavey n’est pas un morceau d’échauffement, ni de conclusion. C’est le moment où la nuit atteint son point de non-retour.
Ce remix confirme surtout une chose : Eli Brown maîtrise l’art de laisser son univers se faire bousculer sans jamais le perdre. En laissant Charlie Sparks durcir les angles, il accepte le chaos contrôlé, la sueur, la vitesse. Wavey (Charlie Sparks (UK) Remix) n’est pas là pour séduire gentiment. Il est là pour marquer les esprits, faire trembler les murs et rappeler que la techno, quand elle est bien faite, se vit autant qu’elle s’écoute.
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décembre 28, 2025Un dernier feu d’artifice sonore avant que l’année ne se replie sur elle-même. Décembre a tout lâché d’un coup, entre nuits longues, oreilles engourdies et morceaux capables de rallumer la moindre étincelle. Cette sélection, c’est ce qui a tenu chaud quand tout ralentissait.
Trente titres qui ont traversé le froid sans manteau, qui ont vibré plus fort que le silence, qui ont mérité de rester en boucle bien après minuit. Pas un best-of figé, plutôt une photographie en mouvement de ce que le mois a vraiment laissé dans l’air.
Si tu devais en garder l’essence, ce serait ça. Appuie sur play, décembre n’a pas dit son dernier mot.
Lex Leosis – innerthoughts
Pavy – New Years 22
The Dreadnokks – We Vibin »- Old Skool Remix (Remix by Radaza )
Monsieur Pepper x Keybeaux – Soul Chain
Beach Boii – Remedy
Triipy – PAY
REDSKY – BANDZ
Glane x – Say I Was’nt
Dub Pistols x Freestylers x Harry Shotta – Back On The Circuit ft. Harry Shotta
Tony Newbury – DOPAMINE (REMIX)
TaReef KnockOut – Where the Loot?
Mulii – RUN UP SUM
Lion Luciano – Maniac
Horizyn – WINNERS (feat. ProdByRohan)
knot you – Boom bap Burn
XPLICIT – MENTAL
Eman – Material Made
Quaone – Holdup
TCube Afroboi – Star Paf
Deportee – 2 Pretty
Hazkiddo – Another Day
Poema Beatz – ZAWA
WELTH – UNDER ATTACK
P Steve Officiel – Saké
Mr. B – Ask Me Not To Go
Toni Vice – Blickkontakt
Lericc – 2 The Moon (Lericc Cover)
Two Cuzzos – Sashi
Eli Brown – Wavey (Linska Remix)
Nikho – Time Goes By
Tom Since Birth – See through you
C-Dryk – The Jackin’ Code
LMNT 115 x KY MANI MARLEY – Fuse (from « Isotope » EP)
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décembre 27, 2025Candy Cane Cigarettes de M the Myth transforme Noël en terrain de jeu trouble, brillant et délicieusement bancal, où la douceur se mêle au goût du manque.
Chez M the Myth, rien n’est jamais innocent, surtout pas les images sucrées. Candy Cane Cigarettes joue avec une icône de l’enfance pour mieux la fissurer, la tordre, la regarder brûler lentement entre deux souvenirs. Derrière ce titre faussement léger, M the Myth construit un morceau qui scintille comme une guirlande mal branchée : ça éclaire, ça clignote, et parfois ça grésille dangereusement.
Dès les premières secondes, le morceau impose son décor. Une pop jangle élégante, nappée de textures electro-polies, avance avec ce pas dansant typique des chansons qui sourient tout en cachant une mélancolie persistante. La production est nette, presque luxueuse, mais jamais lisse : chaque son semble porter une légère aspérité, comme si le sucre collait encore aux doigts. Candy Cane Cigarettes ne cherche pas la naïveté, il la met en scène pour mieux la questionner.
La force du titre tient dans cette tension permanente entre réconfort et malaise. Les mélodies s’installent facilement dans l’oreille, mais quelque chose résiste, gratte, refuse la pure légèreté. M the Myth excelle dans cet art du contraste : offrir une pop immédiatement mémorisable tout en injectant un arrière-goût de solitude, d’excès, de fêtes trop longues et de lendemains flous. On pense à ces nuits d’hiver où la ville est belle parce qu’elle est vide, où les lumières semblent plus intimes quand tout le monde est déjà rentré.
Vocalement, l’interprétation navigue entre détachement ironique et fragilité assumée. La voix ne force jamais l’émotion ; elle la laisse affleurer, doucement, presque en retrait, comme une confidence glissée au milieu du bruit ambiant. Cette retenue donne au morceau une élégance rare dans la pop festive, souvent tentée par la surenchère.
Musicalement, Candy Cane Cigarettes s’inscrit dans une tradition pop moderne qui aime brouiller les frontières : un pied dans la nostalgie, l’autre dans une esthétique résolument contemporaine. Les guitares claires dialoguent avec des synthés feutrés, créant une atmosphère à la fois chaleureuse et légèrement artificielle, comme un décor de film où l’on devine les coulisses derrière les paillettes.
Au fond, M the Myth signe ici un titre de saison qui refuse d’être saisonnier. Candy Cane Cigarettes parle moins de fêtes que de ce qu’on projette sur elles : le besoin de briller, de s’oublier, de se raconter une histoire plus douce que la réalité. Une pop intelligente, accrocheuse sans être creuse, qui prouve qu’on peut encore écrire des chansons de Noël sans renoncer à la nuance, ni à une certaine forme de lucidité émotionnelle.
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décembre 27, 2025Detty December n’est pas une date sur le calendrier : chez Cinematic Jams, c’est un état de fièvre, un battement de cœur qui accélère dès que la nuit tombe sur Lagos.
À peine lancé, Detty December agit comme une porte grande ouverte sur une ville qui ne dort jamais. On n’entre pas doucement dans ce morceau, on y est happé, aspiré par une pulsation qui sent la chaleur, la foule compacte, les verres qui s’entrechoquent et les rues saturées de promesses. Cinematic Jams ne raconte pas décembre, il le reconstitue, presque physiquement. On sent la moiteur, l’électricité dans l’air, ce moment précis où tout semble possible parce que l’année touche à sa fin et que plus personne ne veut retenir quoi que ce soit.
La production frappe juste parce qu’elle refuse l’excès inutile. Les percussions roulent avec une précision presque cérémonielle, les chants scandés fonctionnent comme des appels tribaux modernes, et chaque silence est calculé pour mieux relancer la machine. C’est de l’afrobeats, oui, mais pensé comme une scène de film : caméra à l’épaule, travelling nocturne, regards croisés, accélérations soudaines. L’ADN “cinématique” du projet prend ici tout son sens, transformant un hymne festif en véritable décor mental.
Ce qui impressionne surtout, c’est la manière dont Detty December évite le piège du simple morceau de club jetable. Derrière l’énergie immédiate, on perçoit une vraie compréhension culturelle du phénomène : ce retour au pays, cette urgence de vivre, cette célébration presque cathartique après des mois de tension. Cinematic Jams capte ce sentiment collectif sans jamais le caricaturer, en jouant sur des textures sonores qui évoquent autant la fête que la nostalgie furtive qui la traverse.
On pense forcément à l’impact de figures comme Burna Boy, Davido ou Asake dans cette manière de faire dialoguer groove et identité, mais Cinematic Jams ne cherche pas l’imitation. Le morceau impose sa propre respiration, plus narrative, presque immersive, comme si chaque écoute révélait un nouveau détail enfoui dans le mix.
Detty December fonctionne ainsi comme un rituel moderne. Un titre qui ne demande pas d’analyse sur le moment, mais qui s’impose par le corps avant de s’installer dans la mémoire. On l’imagine déjà résonner dans des soirées bondées, fenêtres ouvertes, basses qui débordent sur le trottoir, mais aussi dans des écouteurs, tard dans la nuit, quand la fête continue seulement dans la tête.
Cinematic Jams signe ici un morceau qui célèbre sans naïveté, qui danse sans oublier d’où il parle. Une bande-son pour celles et ceux qui savent que décembre, parfois, ne se vit qu’une fois… mais se rejoue toute l’année.
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décembre 27, 2025Sur “Hex”, Blood Moon Commune transforme l’écoute en expérience chamanique, quelque part entre transe païenne, cinéma intérieur et rock halluciné.
Il suffit de quelques secondes pour comprendre que Blood Moon Commune n’est pas là pour jouer selon les règles. “Hex” ne s’annonce pas, il s’infiltre. Pas de voix pour guider, pas de récit balisé : seulement une matière sonore qui avance masquée, comme le collectif lui-même, anonyme, insaisissable, presque mythologique. À l’écoute, une sensation s’impose : celle d’entrer dans un cercle, de franchir une limite invisible entre le monde fonctionnel et un ailleurs plus ancien, plus trouble.
“Hex” fonctionne comme un sort jeté à l’auditeur. La rythmique s’installe lentement, avec une patience quasi rituelle. Les percussions évoquent autant une marche cérémonielle qu’un battement de cœur collectif, tandis que les guitares, traitées comme des nappes mouvantes, dessinent des spirales psychédéliques. Rien n’est démonstratif : tout est suggestion. C’est précisément là que le morceau frappe juste. Blood Moon Commune préfère l’hypnose à la saturation, la tension diffuse à l’explosion frontale.
Ce qui fascine, c’est cette capacité à convoquer des imaginaires multiples sans jamais les figer. On perçoit des échos de musiques de film, de folk païen, de rock cosmique, de world music détournée, mais jamais sous forme de citation. “Hex” ne regarde pas en arrière par nostalgie ; il recycle des archétypes pour mieux parler du présent. Une époque fragmentée, anxieuse, où le collectif se délite et où l’anonymat devient une arme poétique. Le choix de l’instrumental n’est pas anodin : privé de mots, l’auditeur projette ses propres peurs, ses propres visions. Le morceau devient un miroir sombre, changeant, profondément personnel.
Techniquement, la production impressionne par sa retenue. Chaque élément semble pesé, placé pour servir une montée lente, presque imperceptible, qui maintient l’attention sans jamais la brusquer. On pense à un film qui refuserait le climax évident, préférant installer une atmosphère persistante, un malaise doux qui continue longtemps après la dernière note. “Hex” ne se consomme pas, il s’habite.
Dans un paysage indie souvent saturé de discours et d’ego, Blood Moon Commune propose autre chose : un effacement volontaire, une œuvre qui existe sans visage, sans explication superflue. “Hex” agit comme un passage secret, une invitation à lâcher prise, à accepter de ne pas tout comprendre. Et c’est peut-être là sa plus grande force : rappeler que la musique peut encore être un espace de mystère, de trouble, et de communion silencieuse.
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décembre 27, 2025Avec How Does It Feel?, Ella Conder ne demande pas des comptes : elle reprend le contrôle, calme et lucide, au cœur d’une pop onirique qui regarde le passé sans trembler.
La première sensation qui traverse How Does It Feel? n’a rien d’une plainte. C’est plutôt ce silence dense, presque électrique, qui précède les vérités qu’on n’a plus peur de nommer. Ella Conder écrit comme on rouvre une pièce longtemps condamnée : sans rage spectaculaire, mais avec une précision chirurgicale. Ici, la pop ne cherche pas l’exutoire facile. Elle observe, elle dissèque, elle pose la question sans hausser la voix. Et c’est précisément ce calme qui frappe.
La production s’avance à pas feutrés, construite comme un espace intérieur. Les textures électroniques semblent respirer, les nappes s’étirent comme des souvenirs qu’on croyait flous mais qui reviennent nets, presque trop nets. On pense parfois à l’intimité suspendue de SYML, à la gravité élégante de Kate Bush, ou à cette façon qu’a Billie Eilish de faire de la fragilité un territoire de force. Pourtant, Ella Conder ne cite pas : elle absorbe, puis transforme. Son univers reste singulier, presque domestique, comme si chaque son avait été choisi pour ne pas faire de bruit inutile.
Ce qui bouleverse, c’est cette manière d’aborder les blessures anciennes sans les sacraliser. How Does It Feel? parle des traces laissées par la violence ordinaire, celle des mots, des faux amis, des dynamiques toxiques qu’on normalise trop tôt. Mais la chanson refuse le statut de victime. Elle s’installe ailleurs : dans l’espace de la reprise de soi. La voix d’Ella, douce mais ferme, avance comme quelqu’un qui a compris qu’il n’était plus nécessaire de porter ce qui ne lui appartient pas.
La composition évolue lentement, presque imperceptiblement, comme un paysage mental qui se reconfigure. Chaque couche sonore semble dialoguer avec une émotion précise : le doute, la lucidité, puis une forme d’apaisement qui ne cherche pas la rédemption, seulement la justesse. Rien n’est surligné. Tout est suggéré. C’est une pop de l’après, celle qui arrive quand le chaos a déjà eu lieu et qu’on choisit enfin ce qu’on garde.
Avec How Does It Feel?, Ella Conder signe une pièce introspective et courageuse, une chanson qui ne réclame pas l’empathie mais invite à la réflexion. Une œuvre qui parle à celles et ceux qui ont appris, parfois trop tôt, que grandir consiste aussi à déposer ce qui pèse. Ici, la pop devient un geste de clarté. Et cette clarté, loin d’éblouir, éclaire durablement.
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décembre 27, 2025Avec « Listen To Music And Dance », Will OB et Branqueeno rappellent une évidence trop souvent oubliée : parfois, le corps comprend avant la tête, et la nuit fait mieux que les discours.
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à convaincre. Ils avancent, tranquilles, sûrs de leur magnétisme. « Listen To Music And Dance » fonctionne comme ça : pas de démonstration, pas de posture. Juste une invitation douce mais ferme à lâcher prise. Will OB et Branqueeno signent ici un titre qui semble avoir toujours existé quelque part entre un club new-yorkais moite et un souvenir flou de French Touch digérée à l’américaine.
Dès les premières secondes, le morceau s’installe dans un tempo médian, confortable, presque paresseux, mais jamais mou. La basse ronronne avec cette chaleur analogue qui évoque autant les afters que les débuts de soirée où tout reste possible. Les filtres respirent, les claviers sourient, et l’ensemble avance avec une élégance discrète. On pense à Daft Punk période Human After All, à Justice quand ils savaient encore laisser de l’air entre deux coups de boutoir, mais sans jamais tomber dans le clin d’œil appuyé. Ici, l’hommage est digéré, transformé, rendu organique.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont le morceau assume sa simplicité comme une force. « Listen To Music And Dance » ne cherche pas l’explosion. Il préfère la durée, l’hypnose légère, cette sensation de groove qui s’installe dans le bassin avant de remonter lentement le long de la colonne vertébrale. Le chant, presque mantra, agit comme un rappel primitif : écouter, danser, recommencer. Rien de plus, rien de moins. Une philosophie de clubbing à l’ancienne, débarrassée de l’angoisse de la performance.
Will OB, fidèle à son ADN new-yorkais, injecte dans la production une science du dancefloor héritée de la house originelle : celle qui dialogue avec le hip-hop, le disco et le funk sans jamais les citer frontalement. Branqueeno apporte cette touche nu-disco légèrement électrisée, presque européenne, qui polit le morceau sans lui retirer son grain. Le résultat est un équilibre rare : assez chic pour les playlists sélectives, assez sale pour survivre à un système son trop fort.
Ce titre n’est pas un tube au sens traditionnel. C’est mieux que ça. C’est un compagnon de nuit, un morceau qui s’adapte aux corps, aux lieux, aux heures. Celui qu’un DJ glisse quand il sent que la piste a besoin de respirer sans s’arrêter. Celui qu’on ne shazame pas forcément, mais qu’on se surprend à fredonner en sortant du club, encore habité par la vibration.
Avec « Listen To Music And Dance », Will OB et Branqueeno ne réinventent pas la house. Ils lui rappellent pourquoi elle existe. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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décembre 27, 2025« Quand la légende du reggaetón sort du cadre, le corps suit, la tête lâche prise et la rue devient cinéma sur Black Jackie Chan »
Randy Nota Loca ne marche plus, il glisse. Avec Black Jackie Chan, il avance en souplesse dans un espace qu’il connaît par cœur mais qu’il tord volontairement, comme un maître qui répète un kata ancien pour mieux en casser la forme. La voix montre toujours ce grain reconnaissable entre mille, ce phrasé nonchalant qui a traversé les décennies sans perdre son feu, mais ici quelque chose change : le sourire est plus carnassier, l’énergie plus physique, presque chorégraphique. On sent le corps avant le hit, le mouvement avant le refrain.
Le morceau frappe par son équilibre entre insolence et maîtrise. Le reggaetón n’est pas ici un simple moteur à hanches, c’est un terrain de jeu narratif. Black Jackie Chan convoque l’imaginaire du combat, de l’agilité, de la débrouille, sans jamais tomber dans la caricature. La référence au mythe Jackie Chan agit comme une métaphore évidente : celle d’un artiste qui a appris à tomber, à se relever, à transformer chaque coup reçu en geste spectaculaire. Chez Randy, la rue devient plateau de cinéma, la danse une forme d’autodéfense culturelle.
Musicalement, la production respire la confiance. Le beat est net, presque minimal dans son ossature, laissant à la voix l’espace de jouer avec le silence, de s’étirer, de rebondir. Les basses roulent avec une assurance tranquille, pendant que les percussions découpent l’air comme des coups secs. Rien n’est gratuit : chaque élément semble calibré pour maintenir la tension, comme dans une scène d’action où l’on sait que l’explosion arrive, mais jamais exactement quand.
Ce qui fascine surtout, c’est la position de Randy Nota Loca dans le paysage actuel. Ancien pilier du duo Jowell & Randy, il n’a plus rien à prouver, et c’est précisément ce qui rend ce titre si libre. Black Jackie Chan n’essaie pas de courir après une tendance : il impose une attitude. Celle d’un artiste qui connaît la mécanique du club, mais préfère jouer avec ses codes plutôt que de les répéter docilement.
Le morceau agit comme un rappel silencieux : le reggaetón peut encore surprendre quand il est porté par une voix qui a vécu, encaissé, observé. Randy ne force pas le respect, il l’incarne. Black Jackie Chan n’est pas seulement fait pour être dansé, il est fait pour être ressenti dans les muscles, comme une montée d’adrénaline contrôlée. Une démonstration de style où l’expérience devient arme, et où chaque pas raconte une histoire de longévité, de résistance et de plaisir pur.
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décembre 27, 2025Quand AWOL Da Mindwriter lance Now Loading, le hip-hop ne démarre pas… il gronde, il charge, il menace de crasher le système.
Le morceau déboule comme l’écran d’attente d’une vieille console qu’on aurait bricolée avec des nerfs à vif et une rage parfaitement canalisée. Now Loading, c’est le bruit sourd d’un monde qui sature, le souffle juste avant l’impact. AWOL Da Mindwriter ne rappe pas pour meubler le silence : il écrit pour fissurer les murs. Chaque phrase est un coup porté, chaque respiration ressemble à un avertissement. Ici, pas de pose nostalgique gratuite, mais une vision très claire du boom-bap comme terrain de combat mental.
Derrière les machines, August Fanon construit un décor à la hauteur du propos : une production sèche, granuleuse, presque hostile, qui évoque autant l’âge d’or new-yorkais que l’esthétique brute du rétro-gaming. Les kicks cognent comme des pixels trop lumineux, les samples tournent en boucle avec une précision chirurgicale. Rien n’est là pour flatter l’oreille : tout est pensé pour maintenir la tension, comme un niveau dont on ne voit jamais la sortie.
L’arrivée de Zarz The Origin agit comme un renfort armé jusqu’aux dents. Son couplet ne fait pas doublon, il élargit le champ de bataille. Les voix se croisent, se répondent, se challengent, sans jamais perdre le fil narratif. On sent une vraie fraternité de plumes, un respect mutuel forgé dans la performance plus que dans l’image.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Now Loading refuse toute facilité. Le morceau ne cherche pas le refrain viral ni la punchline isolée pour les réseaux. Il avance comme un monolithe, dense, cohérent, presque austère, mais terriblement vivant. Le rap d’AWOL est frontal, parfois abrasif, toujours lucide. Il parle d’état d’alerte permanent, de survie intellectuelle, d’un monde où penser est déjà un acte de résistance.
Dans un paysage hip-hop souvent pressé d’aller trop vite, Now Loading prend le contrepied : il installe, il insiste, il oblige à rester concentré. Ce titre agit comme une passerelle entre générations, reliant l’héritage boom-bap à une urgence contemporaine. Un morceau qui ne promet pas le confort, mais la clarté. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
Now Loading, ce n’est pas un simple titre en attendant l’album. C’est un manifeste déguisé en écran de chargement. Et quand le jeu commencera vraiment, certains comprendront trop tard qu’AWOL Da Mindwriter et August Fanon avaient déjà pris plusieurs longueurs d’avance.
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décembre 27, 2025Sous le souffle grave de New Creation, Deca OTA transforme la foi en moteur et le doute en carburant, livrant un morceau qui marche droit, même quand tout vacille autour.
La première sensation n’est pas musicale, elle est physique. New Creation arrive comme une pression lente dans la poitrine, un battement intérieur qui force l’écoute à se faire attentive. Deca OTA ne rappe pas pour impressionner, il rappe pour survivre, et surtout pour comprendre. Ce titre n’a rien d’un sermon figé ni d’un manifeste moralisateur : c’est un journal ouvert, écrit à l’encre de l’expérience et du tiraillement intérieur. Ici, la spiritualité n’est pas décorative, elle est traversée de doutes, de fatigue morale, de nuits trop longues et de lendemains incertains.
Musicalement, le morceau avance avec retenue. La prod reste volontairement sobre, presque méditative, laissant l’espace nécessaire aux mots pour respirer. Le flow de Deca OTA s’y déploie sans démonstration, précis, posé, parfois presque parlé, comme si chaque phrase devait d’abord être validée par la conscience avant d’être lâchée dans le micro. Cette économie de gestes renforce l’impact émotionnel : rien n’est là par hasard, tout est pesé. On sent l’héritage du rap britannique introspectif, mais débarrassé de toute posture urbaine attendue. New Creation refuse le cliché du “rap de rue” autant que celui du “rap conscient” plaqué. Il trace une troisième voie, plus intime, plus fragile, mais aussi plus honnête.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Deca OTA parle de transformation sans jamais la vendre comme un miracle. La “nouvelle création” évoquée n’est pas une renaissance spectaculaire, mais un processus lent, inconfortable, parfois ingrat. Le morceau donne l’impression d’assister à une reconstruction en temps réel, avec ses fissures encore visibles. Cette sincérité fait écho à toute une génération d’artistes britanniques qui cherchent à redéfinir la notion de réussite, loin de l’ego-trip et des récits de domination. Les co-signs reçus par Deca OTA de la part de Nemzzz, Blanco ou Knucks ne doivent rien au hasard : ils reconnaissent chez lui une écriture qui ne triche pas, une parole qui engage.
New Creation s’inscrit aussi dans une dynamique collective forte, portée par Free Imprint, où l’indépendance n’est pas un slogan mais une méthode de travail. On sent derrière le morceau une volonté de construire autre chose que des chiffres : une vision, une communauté, un langage commun. Le titre agit alors comme un point d’équilibre entre introspection personnelle et résonance universelle. Chacun peut s’y projeter, croyant ou non, parce que le cœur du propos reste profondément humain : comment continuer à avancer quand les repères s’effondrent.
Avec New Creation, Deca OTA ne promet pas la paix, il documente le chemin pour y tendre. Un morceau dense, habité, qui rappelle que le rap peut encore être un espace de réflexion profonde sans perdre sa force brute. Un titre qui ne cherche pas à sauver qui que ce soit, mais qui, paradoxalement, fait du bien.
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décembre 27, 2025Chicago, Houston, le DMV dans le rétro, la nuit qui tombe trop vite et les basses qui cognent comme un souvenir qu’on croyait rangé.
Le premier réflexe en lançant Cruisin Remix, c’est de baisser un peu la vitre. Pas pour entendre le monde, mais pour laisser entrer l’air chaud d’un rap qui sent le cuir usé, les autoroutes sans destination précise et cette élégance nonchalante que le rap des années 2000 savait manier sans forcer. Zayfromthebay ne cherche pas à moderniser à outrance, ni à rejouer la carte nostalgique façon musée. Il fait mieux que ça : il réactive une sensation.
Le morceau fonctionne comme une virée collective, pensée comme un passage de relais géographique et stylistique. Chaque voix arrive avec son accent, son grain, son tempo intérieur. Koop Da Villain ouvre le bal avec un flow posé, presque traînant, comme si le temps lui appartenait. Rien de pressé ici : le groove s’installe, la prod respire, le beat laisse de l’espace entre les coups. Zay prend ensuite le volant sans hausser le ton, préférant la précision à la démonstration. Il rappe comme on parle pendant un long trajet nocturne, quand les pensées se mettent à défiler plus vite que les kilomètres.
Puis vient Big Bo$$ Purple, incarnation DMV d’un rap sûr de lui, dense mais jamais écrasant. Son couplet a ce truc rare : il donne l’impression d’avoir été enregistré à l’instant exact où la musique l’exigeait, ni avant ni après. Enfin, Rockie Fresh referme la boucle avec une élégance presque cinématographique. Son timbre apporte une lumière différente, comme un dernier plan large avant que la route ne disparaisse.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence du morceau malgré la diversité des voix. Cruisin Remix ne ressemble pas à un empilement de feats opportunistes. On sent une vraie volonté de créer un espace commun, un terrain de jeu où chacun garde son identité sans écraser celle des autres. Le beat, volontairement sobre, agit comme un bitume lisse : parfait pour glisser, dangereux pour ceux qui veulent trop en faire.
Zayfromthebay signe ici un morceau qui se vit plus qu’il ne s’analyse. Un titre à écouter en mouvement, dans une voiture ou un bus de nuit, quand la ville devient décor et que la musique reprend le contrôle. Pas un banger hystérique, pas un manifeste politique, mais un instant suspendu, précieux, qui rappelle que le rap sait encore être un art du trajet. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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décembre 27, 2025Entre basses qui plient la tôle et voix filtrées comme des pensées sous pression, Chebo Bangs transforme “Doors” en tunnel émotionnel où chaque sortie semble verrouillée de l’intérieur.
Il faut imaginer “Doors” comme une virée en voiture, vitres baissées, nuit épaisse, cœur chargé. Le genre de morceau qui ne demande pas l’attention polie des playlists sages, mais le volume à fond et le corps qui vibre avec les basses. Chebo Bangs ne cherche pas à rassurer : il appuie là où ça cogne, là où l’autotune devient moins un effet qu’un langage, presque un aveu déformé par la vitesse et la fatigue mentale.
Dès les premières secondes, “Doors” impose une atmosphère lourde, presque poisseuse, où le beat semble avancer à pas lents mais déterminés. La prod est massive, pensée pour les subwoofers, avec ce genre de basses qui ne s’entendent pas seulement : elles s’encaissent. Le morceau vit dans cet espace entre la trap contemporaine et une forme de mélancolie urbaine, où chaque kick agit comme un rappel à la réalité. Pas celle des success stories, mais celle des nuits sans réponse, des décisions prises trop tard, des portes qu’on ferme pour survivre.
L’arrivée de OBKAOS renforce cette tension. Sa présence agit comme un miroir sombre, une voix qui prolonge le malaise au lieu de l’apaiser. Les deux artistes se répondent sans jamais chercher la démonstration technique gratuite. Ici, la performance sert le ressenti : une forme de solitude partagée, presque fraternelle, où l’autotune gomme les aspérités pour mieux faire ressortir la fragilité.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence émotionnelle du morceau. “Doors” ne raconte pas une histoire linéaire ; il accumule des états d’âme, des fragments de pensées, des sensations de blocage. On sent un artiste qui avance sans plan précis, mais avec une intuition claire : dire les choses telles qu’elles pèsent, même si la voix tremble ou se déforme. L’autotune, loin d’être un cache-misère, agit comme une couche supplémentaire de vérité, une manière d’assumer la distance entre ce qu’on ressent et ce qu’on parvient à exprimer.
“Doors” fonctionne alors comme une bande-son d’errance moderne. Un titre fait pour rouler sans destination, pour penser trop fort, pour encaisser le monde sans filtre. Chebo Bangs ne promet pas d’issue lumineuse, mais il offre un espace : celui où la musique devient refuge temporaire, caisse de résonance pour celles et ceux qui avancent malgré le poids. Et parfois, c’est largement suffisant.
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décembre 27, 2025Quand Modyst et Saï T verrouillent le monde dehors, Isolation devient un journal intérieur posé sur une boucle sale, un lieu mental où la lucidité fait plus de bruit que les sirènes.
Le premier choc vient sans prévenir, comme une porte qu’on claque derrière soi pour enfin respirer. Isolation n’est pas une posture, c’est un état. Un sas. Modyst et Saï T s’y enferment volontairement, loin du bavardage ambiant, pour mieux ausculter ce que le monde fait aux nerfs quand il tourne trop vite. Le morceau avance à pas lents, boom bap tendu, presque ascétique, avec cette économie de moyens qui dit beaucoup plus que mille couches de synthés. Ici, chaque silence compte. Chaque respiration est pesée.
Modyst pose le décor avec une écriture qui ne cherche pas l’effet, mais la justesse. Le flow est droit, sans fioriture, comme une marche nocturne dans un quartier qu’on connaît par cœur mais qui ne rassure plus vraiment. Sa voix ne surjoue rien, elle constate. Elle observe les murs se rapprocher, la pression sociale, l’isolement choisi ou subi, cette sensation étrange d’être entouré et pourtant seul. C’est du rap conscient débarrassé du vernis militant, plus proche du carnet de bord que du manifeste.
Saï T arrive comme un contrepoint émotionnel. Là où Modyst analyse, Saï T ressent. Son timbre apporte une densité supplémentaire, presque mélancolique, qui donne au morceau une profondeur humaine immédiate. Leur complémentarité fonctionne sans effort, comme deux solitudes qui se reconnaissent. Pas de compétition, pas de démonstration technique gratuite. Juste deux voix qui se croisent dans le même couloir étroit.
La production, volontairement épurée, joue un rôle clé. La boucle boom bap est rugueuse, légèrement poussiéreuse, rappelant une époque où le rap servait avant tout à dire ce qui n’avait pas d’espace ailleurs. Pas de drop spectaculaire, pas de montée artificielle : Isolation refuse le spectaculaire pour rester honnête. Ce choix donne au morceau une intemporalité rare, presque anti-algorithme, comme s’il existait en marge des playlists pressées.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence entre le fond et la forme. Tout dans Isolation respire le repli nécessaire, la mise à distance salutaire. Le morceau ne cherche pas à plaire, il cherche à tenir debout. Et c’est précisément ce qui le rend fort. Dans un paysage saturé de bruit, Modyst et Saï T rappellent que le rap peut encore être un lieu de refuge, un espace de pensée lente, un endroit où l’on accepte de regarder l’inconfort en face.
Isolation n’offre pas de solution miracle. Il propose mieux : un miroir. Brut, sans filtre, mais étrangement apaisant. Un titre qui ne crie pas, mais qui reste longtemps, comme une phrase qu’on se répète en rentrant seul, casque sur les oreilles, pour ne pas se perdre complètement.
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décembre 27, 2025Avec ce remix, Rushkeys plonge “Messages From The Blue” dans une lumière plus lente, plus chaude, comme si le morceau d’Unsui avait appris à respirer sous l’eau.
Le premier contact avec “Messages From The Blue (Rushkeys Remix)” ne se fait pas par le rythme, mais par la sensation. Une impression diffuse, presque physique, d’être immergé. Pas noyé — immergé. Le genre de morceau qui ne te saisit pas par la manche mais t’attrape doucement par la nuque, t’invite à ralentir, à ajuster ton souffle. Rushkeys ne “remixe” pas vraiment Unsui : il traduit, il réécrit dans une autre langue émotionnelle.
L’original d’Unsui portait déjà cette obsession aquatique, ce rapport fluide au temps et aux textures. Rushkeys, alias Rushkeys, choisit de ne pas briser cet ADN. Il le dilue, l’étire, le polit. Là où l’original avançait comme une pensée intime, le remix devient une dérive contemplative, un plan-séquence sonore où chaque élément semble flotter à sa juste distance.
Les pads s’installent comme une houle régulière, jamais pesante. Les rythmiques, discrètes mais constantes, évoquent plus la propulsion que la danse : un mouvement intérieur, presque méditatif. On sent la formation classique de Rushkeys, son rapport très organique au son, cette manière de laisser respirer les fréquences sans jamais les saturer. Les textures — field recordings, nappes filtrées, micro-variations — donnent l’impression d’écouter des signaux lointains, des messages réellement “venus du bleu”, comme si la musique captait quelque chose d’ancien, de calme, de profondément humain.
Ce qui frappe surtout, c’est la progression lumineuse du morceau. Sans rupture nette, sans drop spectaculaire, le remix s’éclaircit peu à peu. Une montée douce, presque imperceptible, qui transforme la mélancolie initiale en une forme de clarté apaisée. Rushkeys maîtrise cet art délicat : faire évoluer un morceau sans jamais le brusquer, accompagner l’auditeur plutôt que le guider de force.
On comprend pourquoi ce remix trouve naturellement sa place sur le label Blank Dust Records. Il incarne cette electronica contemporaine qui refuse le spectaculaire pour privilégier la profondeur, la durée, l’émotion diffuse. Un morceau qui fonctionne aussi bien en écoute solitaire qu’en arrière-plan d’un trajet nocturne, casque sur les oreilles, regard perdu.
“Messages From The Blue (Rushkeys Remix)” est une conversation silencieuse entre deux artistes qui partagent la même obsession pour le mouvement, l’eau, la mémoire sonore. Un remix qui ne cherche pas à briller, mais à durer. Et qui, précisément pour cette raison, reste longtemps en tête, comme une vague lente qui continue de battre bien après la fin du morceau.
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décembre 27, 2025Avec Dirty Love, Omnesia transforme l’hymne salace de Frank Zappa en manifeste future-vintage : un rock charnel, trouble, mutante, où les genres, les corps et les époques se frictionnent sans demander la permission.
Dès les premières secondes, Dirty Love version Omnesia ne cherche ni la révérence ni la reconstitution muséale. Le morceau arrive avec cette démarche féline, un sourire en coin, comme s’il connaissait déjà tous les tabous qu’il va piétiner avec élégance. Reprendre Frank Zappa n’a jamais été un exercice neutre : trop respectueux, on disparaît ; trop iconoclaste, on trahit. Omnesia choisit la troisième voie, plus risquée : absorber l’esprit plutôt que la lettre, injecter le venin zappaïen dans un corps nouveau, ambigu, résolument contemporain.
La voix flotte au centre, androgyne, polymorphe, insaisissable. Elle ne joue pas la provocation gratuite : elle la naturalise. Dirty Love devient alors moins une chanson sur le désir qu’un espace où le désir circule librement, sans étiquette ni mode d’emploi. Le groove avance avec assurance, porté par une section rythmique qui sait quand serrer la bride et quand lâcher la tension. La basse de Julie Slick apporte cette profondeur souple et intelligente, presque narrative, qui empêche le morceau de sombrer dans la simple pastiche rock eighties.
Les guitares, elles, se comportent comme des animaux nocturnes : parfois caressantes, parfois abrasives, toujours prêtes à mordre. La production refuse le clinquant nostalgique. Ici, le son a été poli sans être aseptisé, gardant une rugosité organique qui fait respirer chaque intention. Dirty Love n’est pas un hommage figé : c’est une translation temporelle, un vieux fantasme branché sur des circuits neufs.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence esthétique. Omnesia ne juxtapose pas des influences : le groupe fabrique un territoire. Le rock classique, le glam, l’électro-pop, la new wave et une forme de sensualité post-digitale s’y croisent comme dans un film underground où les identités changent de costume à chaque plan. Même le clip, peuplé de textures génératives et de présences animales, prolonge cette sensation d’“auditory omakase” : on ne choisit pas, on fait confiance.
En détournant Dirty Love, Omnesia ne cherche ni à choquer ni à rassurer. Le groupe pose une question plus subtile : que reste-t-il du rock quand on le libère de ses carcans virilistes, de ses postures figées ? La réponse tient dans ce morceau vibrant, joueur, délicieusement indécent sans jamais être vulgaire. Une relecture qui ne nettoie pas le péché, mais le sublime.
Omnesia signe ici bien plus qu’un cover : une déclaration d’intention. Le futur du rock ne sera ni sage ni nostalgique. Il sera fluide, incarné, et dangereusement séduisant.
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décembre 27, 2025Avec Change It!, Tom Minor transforme l’angoisse contemporaine en cri pop-soul nerveux, une déclaration d’intention aussi bancale qu’humaine, faite pour celles et ceux qui n’ont pas renoncé à se réinventer.
Tom Minor n’arrive jamais par la grande porte. Il déboule par le côté, veste froissée, regard mi-ironique mi-exsangue, avec cette façon très londonienne de faire passer un manifeste existentiel pour un simple couplet accrocheur. Change It! ne cherche pas à convaincre : il insiste. Il martèle. Il répète comme on se parle à soi-même devant un miroir trop honnête, celui qui renvoie la fatigue, les doutes, mais aussi cette petite braise qui refuse de s’éteindre.
Le morceau s’ouvre sur une urgence feinte, presque nonchalante, avant de se structurer comme un vieux slogan de manif repris par quelqu’un qui n’y croit qu’à moitié… et c’est précisément là que tout se joue. Chez Tom Minor, la révolte n’est jamais héroïque. Elle est domestique, nerveuse, bancale, souvent contradictoire. Change It! sonne comme une soul cabossée passée au filtre indie rock, quelque part entre le groove vintage et la tension post-punk, avec une rythmique qui avance sans demander l’autorisation.
La guitare de Johnny Dalston griffe plus qu’elle ne brille, laissant de l’air aux mots, pendant que la production signée Teaboy Palmer refuse le vernis. Tout est là pour que la chanson respire, trébuche, se relève. On sent l’héritage soul, le goût pour le slogan punk, mais aussi cette ironie new wave qui rappelle que changer le monde commence souvent par ne pas savoir comment s’y prendre.
Ce qui frappe surtout, c’est cette manière de transformer le flou en moteur. Change It! n’explique rien, ne promet rien, n’offre aucun mode d’emploi. Le morceau fonctionne comme une boucle mentale, un mantra imparfait qui colle à l’époque : vouloir tout bouleverser sans être sûr de savoir quoi, ni par où commencer. Tom Minor chante comme on pense trop fort, coincé entre FOMO, lassitude et une foi têtue dans l’idée qu’autre chose reste possible.
Dans la trajectoire de Tom Minor, Change It! agit comme un pivot : moins sarcastique que certaines sorties précédentes, plus frontal aussi, presque naïf dans sa détermination répétée. Une chanson qui ne propose pas de solution mais rappelle une chose essentielle : le simple fait de vouloir changer, encore et encore, relève déjà d’un acte de résistance.
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décembre 27, 2025Avec Kniga Emocij – Part 2, Czelovek transforme chaque morceau en page froissée d’un carnet de survie émotionnelle, où les mots cognent autant qu’ils apaisent, entre rage lucide et groove réparateur.
Le retour de Czelovek ne se fait ni dans le bruit ni dans la nostalgie. Il arrive par la bande, en douceur apparente, avec cette seconde partie de Kniga Emocij qui ressemble moins à un EP qu’à un état des lieux intime. Ici, pas de posture, pas de surjeu : juste un artiste qui avance à découvert, porté par une écriture directe, presque nue, et une science instinctive du mélange entre rap frontal et pulsations reggae.
Tout commence avec Gotow, ouverture sèche, ramassée, presque nerveuse. Le morceau agit comme un sas : deux minutes à peine, mais une tension immédiate, un sentiment de préparation mentale, comme si Czelovek annonçait qu’il est prêt à dire ce qui doit l’être, sans détour ni fioriture. La voix est posée, concentrée, l’énergie contenue.
Avec Wodymutnye, en duo avec Sum, le climat se trouble. Le titre flotte dans une zone plus floue, aquatique presque, où les flows se croisent sans se heurter. Le reggae infuse lentement, donnant au morceau un balancement ambigu, entre lâcher-prise et méfiance. On y sent le doute, la méfiance envers les eaux troubles du quotidien, mais aussi une solidarité tacite entre voix.
Taknado pousse plus loin la logique mélodique. Le refrain s’accroche, presque malgré soi, tandis que le texte garde cette âpreté caractéristique. Czelovek y excelle dans l’art de dire l’usure sans plainte, la nécessité d’avancer même quand l’élan manque. Le groove agit comme un exutoire discret.
Moment suspendu, Galanthus — du nom de la fleur qui perce la neige — incarne parfaitement la philosophie de l’EP. Le morceau respire l’espoir fragile, celui qui ne fait pas de bruit mais qui insiste. Le duo avec Sum fonctionne ici comme un dialogue intérieur, entre résistance et renaissance.
Avec Denzadnem, Czelovek revient en solo, plus introspectif. Le titre avance à pas comptés, presque minimaliste, et donne l’impression d’un journal de bord quotidien, où chaque jour ressemble au précédent mais laisse malgré tout une trace.
Enfin, Tebia pret referme l’EP sur une note plus directe, presque abrasive. Le flow se durcit, l’énergie remonte, comme une affirmation finale : malgré les cycles, malgré la fatigue, quelque chose pousse encore à créer, à dire, à rester debout.
Kniga Emocij – Part 2 ne cherche pas à séduire à tout prix. Il préfère toucher juste. Czelovek y affirme une identité libre, hors formats, fidèle à ses racines mais tournée vers un présent mouvant. Un EP qui se vit plus qu’il ne s’analyse, et qui confirme qu’ici, l’émotion n’est jamais un concept : c’est une matière première.
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décembre 27, 2025Entre deux alarmes trop tôt et un hiver qui pique sans prévenir, Through the Daylight transforme la flemme du matin en déclaration lumineuse.
Le genre de morceau qui donne envie de laisser le café refroidir. Through the Daylight s’infiltre comme une lumière douce à travers les stores, celle qui ne juge pas, qui n’ordonne rien, qui suggère simplement de rester là encore un peu. Thickshake signe ici une pop solaire, faussement simple, mais diablement précise dans ce qu’elle raconte : l’envie très humaine de suspendre le monde pour rester avec celle ou celui qu’on aime.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette énergie propre, presque candide, jamais naïve. La production avance avec un sourire franc : groove rebondi, mélodies claires, arrangements qui respirent. Rien de clinquant, rien d’écrasant. Tout est à hauteur d’homme. On sent le plaisir artisanal, celui du musicien enfermé dans sa pièce, seul avec ses instruments, qui construit patiemment une chanson comme on monte un refuge. Chaque couche sonore semble posée pour servir l’émotion, pas pour impressionner.
Musicalement, Thickshake s’inscrit dans cette pop moderne qui assume son héritage feel-good sans rougir, quelque part entre l’efficacité mélodique et la tendresse DIY. L’influence de Blanks plane comme un esprit bienveillant : même goût pour les refrains immédiats, même obsession du détail qui fait hocher la tête sans qu’on s’en rende compte. Mais là où d’autres misent sur la démonstration, Thickshake préfère la proximité. Sa voix n’impose rien, elle accompagne. Elle parle d’amour non pas comme un feu d’artifice, mais comme une chaleur constante, celle qui rend supportables les matins trop froids et les journées trop longues.
Le récit est simple, presque banal : un trajet vers le travail, le froid inhabituel, l’envie irrépressible de rester au lit. Pourtant, cette banalité devient universelle. Parce qu’on s’y reconnaît tous. Parce que Through the Daylight capte ce moment précis où la vie adulte, avec ses responsabilités, se heurte au désir brut de présence et de douceur. Et plutôt que de dramatiser, le morceau choisit l’évasion joyeuse. Pas la fuite, non : l’escapade mentale. Celle qui tient le temps d’une chanson.
Ce qui rend le titre attachant, c’est aussi sa sincérité technique. Tout est fait maison, assumé comme tel. On entend l’apprentissage, l’envie de bien faire, la curiosité sonore. Et paradoxalement, c’est cette modestie qui donne au morceau sa force. Thickshake ne cherche pas à réinventer la pop ; il la rend simplement vivante, incarnée, chaleureuse.
Through the Daylight n’est pas un hymne grandiloquent. C’est mieux que ça. C’est un rappel discret que l’amour, parfois, suffit à éclairer toute une journée. Même quand le réveil sonne trop tôt.
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décembre 27, 2025« Entre catharsis humaine et lignes de code en surchauffe, Glitch & Grief transforme la fracture numérique en terrain d’expression émotionnelle brute.«
Le choc Glitch & Grief ne se fait pas dans la demi-mesure. PARADOX//PREVAILS déboule comme un bloc de chrome cabossé lancé à pleine vitesse contre le mur des certitudes rock. Ce qui frappe d’abord, ce n’est pas l’argument technologique — trop facile — mais cette sensation d’urgence viscérale, presque charnelle, qui traverse l’album. Ici, l’IA n’est ni gadget ni posture futuriste : elle agit comme une chambre d’écho, un amplificateur de tensions intimes, un miroir froid tendu à des émotions très humaines.
La voix féminine, centrale, n’essaie jamais de dompter la machine. Elle lutte avec elle, parfois contre elle. Elle fend les riffs comme une lumière noire, oscillant entre rage contenue et vulnérabilité à vif. Sur False Counsel, le disque s’ouvre comme un procès intérieur : guitares drop-tuned, rythme compact, sensation d’étau qui se resserre. Le morceau impose d’emblée ce climat de défi permanent, où chaque décision semble piégée.
Play or Die accélère le pouls. Ici, le groove devient presque ludique dans sa violence, flirtant avec le nu metal sans jamais tomber dans la nostalgie. C’est un titre qui transpire la pression sociale, celle du choix imposé, du système qui ne laisse aucune marge. À l’inverse, Daywalker.exe injecte une esthétique cybernétique plus marquée, glitchs et textures industrielles venant parasiter la structure metalcore classique, comme un bug volontaire dans la matrice.
Moment de bascule émotionnelle, Shelby’s Prayer ralentit le temps. Le morceau agit comme une respiration douloureuse, presque spirituelle, où la voix semble prier autant qu’accuser. Puis l’album replonge dans l’étouffement avec Dreams in a Straitjacket, titre clé où le concept de l’album se cristallise : rêves compressés, identités enfermées, humanité coincée dans ses propres architectures.
La charge politique affleure sans slogans sur Litigation Nation, nerveux, sec, quasi punk dans son efficacité, avant que Tattoo Clockwork ne déploie une mécanique plus hypnotique, répétitive, presque obsessionnelle. Les dernières pièces, Deadly Virtues, Pablo’s Ghost et Ink Noir, referment l’album dans une atmosphère de crépuscule industriel, où la rage laisse place à une mélancolie sombre, poisseuse, élégante.
PARADOX//PREVAILS n’essaie jamais de rassurer. Il expose, il dérange, il interroge. Glitch & Grief signe un disque frontal, pensé comme une zone de friction entre chair et code, entre instinct et calcul. Un album qui ne choisit pas son camp, mais préfère rester dans la faille — là où la musique, paradoxalement, respire encore le plus fort.
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décembre 27, 2025Jaded, c’est le moment précis où Skevø appuie sur play pour se tenir compagnie, transforme la solitude en pulsation et fait de la fatigue mentale une matière dansante.
Changer de ville, perdre ses repères, se retrouver face à ses murs et à son propre silence : Skevø n’a pas cherché à enjoliver ce moment-là. Il l’a compressé, filtré, découpé, puis injecté dans une architecture rave aux contours garage, nerveuse mais étonnamment introspective. Jaded n’est pas un morceau qui cherche à séduire immédiatement, c’est un morceau qui s’installe, qui crée un espace mental, presque une pièce sombre où les basses résonnent comme des pensées qui tournent en boucle.
Dès l’introduction, Skevø pose son intention. Pas d’explosion gratuite, pas de drop tape-à-l’œil. L’entrée se fait par glissement, comme si le son ouvrait un tunnel. Les textures synthétiques flottent, légèrement désaxées, donnant cette impression de basculer ailleurs, dans une rave intérieure plus que dans un club réel. On sent l’héritage garage et rave, mais passé au filtre d’une chambre, d’un casque, d’un esprit qui cogite trop.
Le cœur du morceau bat sur une rythmique sèche mais jamais agressive. Les kicks sont précis, presque disciplinés, pendant que les nappes respirent autour, laissant de l’air là où beaucoup satureraient l’espace. Skevø joue sur la retenue, sur la répétition qui apaise autant qu’elle obsède. Le groove n’est pas là pour exploser le corps, mais pour le maintenir en mouvement, comme une marche nocturne sous néons.
Et puis il y a cette voix. Ou plutôt ce fragment de voix, haché, saccadé, marqué par un stutter qui n’a rien d’un simple gimmick de production. Ce bégaiement devient signature, faille assumée, point de friction entre la machine et l’humain. Là où d’autres lissèrent, Skevø choisit de laisser le défaut respirer, de le transformer en rythme. Le résultat est troublant, intime, presque touchant dans un contexte pourtant électronique.
Jaded raconte aussi quelque chose de générationnel. Cette manière de s’isoler pour créer, de faire de la chambre un club mental, de transformer l’ennui, la fatigue et la solitude en terrain d’expérimentation sonore. Skevø ne cherche pas à imiter une scène, il la digère, la replie sur lui-même, la rend personnelle. On sent un artiste qui explore, qui teste, qui ose sortir de son confort sans chercher l’approbation immédiate.
Plus qu’un simple exercice de style rave/garage, Jaded agit comme une carte de visite émotionnelle. Un morceau né sans studio, sans équipe, sans mise en scène, mais avec une honnêteté rare dans ce type de registre. Skevø signe ici une pièce nocturne, fragile et efficace, qui prouve qu’un laptop, un casque et une vraie intention peuvent suffire à créer un monde. Un monde fatigué, certes, mais vivant, vibrant, et résolument tourné vers l’avant.
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décembre 27, 2025Entre vertige intime et lucidité collective, We’re All Lost d’Audren agit comme une lampe allumée dans une pièce trop sombre, pas pour nier l’obscurité, mais pour apprendre à y respirer.
Un piano avance seul, presque à pas feutrés, comme s’il craignait de déranger. Dès les premières secondes, We’re All Lost ne cherche pas l’effet, ni le grand geste. Audren préfère l’approche frontale mais douce, celle qui vous regarde dans les yeux sans hausser la voix. On sent immédiatement que ce titre n’est pas né pour séduire les playlists à la chaîne, mais pour s’installer dans un espace plus fragile : celui des gens fatigués de faire semblant d’aller bien.
La voix d’Audren flotte entre aveu et caresse. Elle ne surjoue jamais la vulnérabilité, elle l’habite. Chaque inflexion semble porter un vécu dense, parfois cabossé, mais toujours lumineux. L’héritage jazz affleure sans s’imposer : une élégance naturelle, presque organique, qui rappelle que le genre n’est pas qu’une affaire de technique, mais de respiration et d’écoute. Ici, le jazz ne brille pas, il soutient. Il entoure la chanson comme une couverture chaude autour d’un corps encore tremblant.
Progressivement, le morceau s’ouvre. La section rythmique arrive sans brutalité, comme une conversation qui s’élargit autour d’une table tard le soir. La basse fretless apporte une profondeur presque liquide, pendant que la guitare dialogue avec le piano dans un échange d’une tendresse rare. Rien n’est démonstratif : tout est pensé pour laisser la place à l’émotion brute. Le chœur final, loin de l’effet grandiloquent, ressemble davantage à une main posée sur l’épaule qu’à un sermon.
We’re All Lost frappe surtout par sa lucidité. Audren ne promet pas de solutions miracles, ni de rédemption instantanée. Le morceau accepte le chaos contemporain, cette sensation diffuse d’être dépassé, manipulé, essoufflé par un monde qui accélère sans demander notre avis. Mais au cœur de cette errance assumée, elle glisse une idée simple et presque radicale : l’amour comme point d’ancrage. Pas l’amour naïf ou spectaculaire, mais celui qui réapprend à ralentir, à habiter l’instant, à retrouver une forme de sécurité intérieure.
Ce titre marque aussi un retour impressionnant. On y entend une artiste qui a traversé le silence, la maladie, l’effacement, et qui revient sans revanche ni amertume, simplement avec une vérité affinée. Audren ne cherche plus à prouver ; elle transmet. Et c’est précisément là que la chanson touche juste : dans cette capacité à transformer l’intime en espace commun.
We’re All Lost n’est pas une complainte. C’est un refuge sonore, un endroit où l’on peut déposer ses doutes sans être jugé. Une chanson qui ne crie pas pour exister, mais qui reste longtemps, comme un écho discret, quand le reste du bruit s’est enfin tu.
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décembre 27, 2025Milan comme coloc imposée, amour sous plafond bas, et jeunesse qui serre les dents : “Stare a Milano” transforme la galère urbaine en chronique intime.
Milan n’est pas une carte postale ici. Pas de vernis, pas de filtre, pas de skyline instagrammable au coucher du soleil. “Stare a Milano” s’ouvre comme on pousse une porte trop lourde pour soi seul·e : avec l’épaule, avec fatigue, avec cette lucidité qui arrive quand on comprend que l’indépendance est devenue un luxe. Iberico ne raconte pas la ville, il la subit, il l’habite, il s’y cogne. Et surtout, il y reste. Parce qu’il faut bien rester quelque part.
Le morceau avance comme une conversation qu’on n’a jamais vraiment finie avec quelqu’un avec qui on partage un loyer, un lit, ou juste le silence. La cohabitation forcée n’est pas ici un concept sociologique, mais un état émotionnel. On sent les murs trop proches, les horaires qui ne s’accordent pas, les compromis qui s’empilent comme des factures impayées. Musicalement, Iberico joue la retenue plutôt que le pathos : une écriture précise, presque sèche par endroits, qui laisse respirer les non-dits. C’est dans ces creux que la chanson frappe le plus fort.
“Stare a Milano” capte un truc très générationnel sans jamais forcer le slogan. Cette sensation d’être adulte sur le papier mais toujours dépendant dans les faits. De devoir partager pour survivre. De négocier l’intime à défaut de pouvoir s’offrir la solitude. Le morceau ne juge pas, il observe. Il ne cherche pas la sortie de secours, il décrit le couloir. Et c’est précisément ce qui le rend juste.
On sent aussi que ce titre marque une étape. Deuxième extrait de l’album à venir Entroterra, il élargit le terrain de jeu d’Iberico : plus narratif, plus ancré, moins dans l’instant et davantage dans la durée. Comme si la musique prenait le temps de s’installer, à l’image de ces vies urbaines qu’on ne choisit pas toujours mais qu’on apprend à habiter malgré tout.
Ce qui frappe, c’est la manière dont la ville devient un personnage invisible. Milan n’est jamais nommée comme un décor, mais comme une pression constante, un bruit de fond permanent. Une ville qui oblige à partager, à s’adapter, à renoncer parfois. Iberico ne romantise rien, mais il transforme cette contrainte en matière sensible. Et ça, c’est rare.
“Stare a Milano” ne cherche pas à plaire à tout prix. Il préfère rester honnête, un peu bancal, profondément humain. Un morceau qui parle à celles et ceux qui savent que vivre à deux, parfois, ce n’est pas une histoire d’amour, mais une stratégie de survie. Et que dans certaines villes, rester debout est déjà une victoire.
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décembre 27, 2025Ils prennent des chansons que tout le monde croit connaître, les plongent dans le noir complet et les ressortent changées, instables, presque dangereuses.
UNDER THE INFLUENCE est bien plus qu’un disque hommage aux grands noms de la scène Pop-Rock. C’est un disque d’absorption, de friction, de transformation. The Mortal Prophets ne regardent pas leurs influences avec dévotion mais avec appétit. Ils les mâchent, les démontent, les tordent jusqu’à ce qu’il n’en reste que l’os, le nerf, l’électricité primitive. Ce qui subsiste n’est ni nostalgique ni respectueux : c’est vivant.
Dès Tiny Dancer, initialement popularisée par Elton John, le geste est clair. Là où l’original ouvrait l’espace, baignait dans une lumière californienne presque naïve, The Mortal Prophets replient tout vers l’intérieur. Le morceau devient une élégie murmurée, comme si la chanson avait vieilli d’un coup, enfermée dans une pièce sans fenêtres. Les accords flottent, la voix semble hésiter entre apparition et disparition. Tiny Dancer cesse d’être un hymne pour devenir un souvenir fragile, presque honteux d’exister encore.
Avec Third Uncle, emprunté à Brian Eno, le groupe appuie là où ça brûle déjà. Le proto-punk anguleux de l’original est poussé dans une logique post-industrielle, sèche, nerveuse, sans air autour. La rythmique martèle, mécanique, et donne l’impression d’un corps lancé à pleine vitesse contre ses propres limites. Ici, l’influence devient accélérateur de crise.
La nuit s’épaissit sur Sister Midnight, issue de la période berlinoise de Iggy Pop. The Mortal Prophets accentuent la paranoïa latente du morceau, l’enrobent d’une moiteur urbaine presque toxique. La chanson avance comme un fauve insomniaque, guidée par une tension constante, jamais relâchée. Ce n’est plus Berlin, c’est une ville mentale, sans nom, où l’on tourne en rond à l’intérieur de soi.
Repetition, signé David Bowie, est réduit à une pulsation claustrophobe. Déjà minimaliste à l’origine, le morceau est ici dépouillé jusqu’à devenir un exercice d’angoisse pure. Chaque élément semble surveiller l’autre. La répétition n’est plus un concept, c’est une prison sonore, une boucle dont on ne sort pas indemne.
Enfin, Too Many Creeps, repris à Bush Tetras, referme l’EP comme une gifle urbaine. Basse tranchante, angles saillants, menace diffuse : The Mortal Prophets ressuscitent l’esprit no wave sans le figer. Le morceau sent le béton chaud, la rue mal éclairée, l’instinct de survie.
UNDER THE INFLUENCE agit comme une cartographie mentale des obsessions du groupe. Chaque reprise est une confrontation, jamais une révérence. À travers ces cinq titres, The Mortal Prophets rappellent une chose essentielle : une influence n’est intéressante que si on ose la mettre en danger. Ici, ils ne se contentent pas de rejouer l’histoire. Ils la fissurent, et dans ces fissures, quelque chose de nouveau respire.
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décembre 27, 2025Skevø transforme un délire intime en uppercut électronique, une cavalcade de synthés qui bondit droit dans le système nerveux.
La première image qui vient n’est pas celle d’un dancefloor saturé de lasers, mais d’une pièce fermée, quelque part à Nyon, où Skevø est seul face à ses machines. Catch The Frog naît là, dans ce face-à-face presque enfantin entre obsession et excitation pure. Un morceau qui n’essaie pas de raconter une histoire au sens narratif, mais qui capte un instant précis : celui où l’envie de lâcher prise devient plus forte que le doute.
Catch The Frog fonctionne comme une impulsion. Le titre lui-même sonne comme un jeu, un défi absurde, presque un mantra. Attraper la grenouille, c’est peut-être tenter de saisir l’idée avant qu’elle ne s’échappe, avant qu’elle ne retombe dans le marais mental des projets jamais finis. Dès l’intro, Skevø installe un climat de tension maîtrisée : synthés en apnée, pulsation contenue, sensation que quelque chose se prépare sous la surface. Puis le drop arrive sans surjouer l’explosion. Il glisse. Il s’impose. Il accroche.
On sent clairement l’ombre bienveillante de Tiësto et KSHMR, notamment dans ce goût pour les leads massifs mais lisibles, hérités de l’âge d’or EDM où un morceau pouvait être à la fois épique et immédiat. La référence à Secrets n’est jamais mimétique : Skevø s’en sert comme d’un langage commun, pas comme d’un moule. Le saw lead tranche l’air, mais reste chaleureux, presque tactile, comme si chaque note était pensée pour provoquer une réaction physique plus qu’une admiration technique.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale de posture. Catch The Frog n’essaie pas d’être plus malin que l’auditeur, ni de cocher les cases d’un sous-genre précis. C’est un morceau qui assume son plaisir. On y entend un producteur qui s’amuse, qui affine ses textures jusqu’à trouver le point d’équilibre exact entre euphorie et contrôle. Le groove avance sans forcer, laissant la mélodie respirer, rebondir, revenir comme une idée obsessionnelle qu’on fredonne sans s’en rendre compte.
Dans un paysage électronique parfois obsédé par la surenchère ou la complexité algorithmique, Skevø choisit la franchise émotionnelle. Catch The Frog est son terrain de jeu, son miroir sonore, le morceau qui dit sans discours : voilà le son que j’aime faire, voilà comment je respire quand je compose. Et quelque part, cette sincérité-là se ressent immédiatement. Le morceau ne demande pas la permission : il saute, il court, il éclabousse. Libre à nous d’essayer de l’attraper, ou simplement de courir avec lui.
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décembre 23, 2025Paris pour base, Rome comme cicatrice douce, et cette voix qui avance sans forcer, entre chanson et Néo-Soul lumineux. Ivana LCX a sorti Le Géant dort, un premier EP fabriqué serré (peu de moyens mais beaucoup d’intuition) où l’on entend l’enfance en chorale gospel, la curiosité du jazz (piano puis sax), et la patine d’une néo-soul londonienne digérée à sa façon. En studio, elle fait presque tout seule ; sur scène, le trio respire large avec Eva Neff (basse) et André Salles (batterie) : c’est là que les morceaux s’ouvrent vraiment, nerveux et tendres à la fois.
Ses chansons passent du français à l’italien ou à l’anglais sans perdre le fil, mêlant ballades à nu et pulsations plus groove. Références assumées (Olivia Dean, Cleo Sol), mais jamais mimées : Ivana cherche la chaleur, pas le vernis. Une surprise arrive sur YouTube, un deuxième EP plus “groovie” se dessine.
Place aux confidences : parcours, choix, scènes, et ce que veut dire défendre une musique qui bat au rythme du corps.
1 ) Qui es tu ?
Ivana LCX, je suis basée à Paris et je fais de la neo soul/chanson. Mon premier EP Le Géant dort est sorti en avril.
2 ) Quel est ton parcours ?
J’ai commencé le chant dans une chorale Gospel ado et ça m’a fait découvrir la soul. Très vite, j’ai ressenti le besoin de m’accompagner quand je chantais et j’ai acheté un petit synthé que j’ai pratiqué en autodidacte jusqu’à 22 ans. Ensuite j’ai étudié le piano jazz dans une école parisienne, ça m’a aussi permis de commencer le saxo.
En 2022 j’ai décidé de me lancer avec mes compos et j’ai sorti deux premiers singles rnb/soul avec des beatmakers. Par la suite j’ai cherché des zicos avec qui enregistrer mon premier EP jusqu’à ce que je réalise que c’est difficile de faire du studio avec des gens avec qui tu n’as jamais joué avant. Donc j’ai enregistré mes morceaux solo sauf un qui est une version live enregistrée avec les musiciens qui m’accompagnent en concert aujourd’hui : André Salles à la batterie et Eva Neff à la basse.
3 ) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?
Qu’il faut venir me voir en live pour le découvrir vraiment, j’adore le studio mais c’est en concert que j’arrive à défendre ma musique avec le plus de liberté et spontanéité possible
4 ) Quelles sont tes inspirations ?
La scène neo soul londonienne principalement mais plein d’autres choses aussi
5 ) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ?
Pour la production, Olivia Dean vraiment. C’est une cheffe dans l’écriture de mélodies et les arrangements et les mix sont indécents
6 ) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?
Je sais pas haha
7 ) Quels sont tes projets à venir ?
Une surprise sur YouTube prochainement et un deuxième EP bien groovie
8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?
Un jour j’me suis retrouvée avec Lous and the Yakuza, elle m’a proposé une clope que j’ai acceptée pour être stylée mais je sais pas fumer. PS : Lous écris-moi je veux chanter pour toi
9 ) Si tu pouvais 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ce serait qui ?
Lianne La Havas pour qu’elle me teach en guitare
10 ) Un petit mot ou conseil pour la fin ?
Le Géant dort
Instagram : ivanalcx
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décembre 20, 2025« Entre folk à vif et art-rock murmuré, Noctæra transforme l’intime en territoire magnétique, un disque qui regarde droit dans les fissures et y trouve de la lumière.«
La première sensation qui traverse Visions Through Amber, c’est celle d’entrer sans frapper. Une porte entrouverte, une lampe allumée trop tard dans la nuit, des murs qui ont tout entendu. Noctæra ne fait pas un album : elle aménage un espace. Un lieu mental, presque organique, où chaque morceau respire, tremble, hésite, puis s’affirme. Ici, l’album n’est pas un alignement de titres mais un continuum émotionnel, pensé comme une traversée.
Le morceau-titre, Visions Through Amber, agit comme un filtre. Tout y est légèrement décalé, comme vu à travers une résine ancienne qui aurait figé des souvenirs encore brûlants. La voix flotte, fragile mais tenue, et impose d’emblée cette esthétique de la retenue chargée, signature du disque. A Little Peek pousse plus loin le voyeurisme doux : une mélodie qui avance à pas feutrés, presque coupable, avec ce sentiment délicieux de regarder quelque chose qu’on ne devrait pas voir, mais qu’on ressent trop fort pour détourner les yeux.
Comme un Ailleurs introduit la langue française sans rupture, avec une évidence rare. Le morceau glisse, mélancolique, porté par une écriture qui évoque l’évasion immobile, ce moment où l’on est physiquement là mais déjà ailleurs. La Machine qui Vibre, plus nerveuse, presque tellurique, joue sur les contrastes : pulsations internes, tension contenue, comme si le corps lui-même devenait instrument.
Pièce centrale, The Keep’s Keeper étire le temps. Près de huit minutes pour installer une lente montée, hypnotique, où folk, rock et expérimentations se frottent sans jamais s’annuler. On y entend la gardienne des secrets, celle qui veille sur ce qui ne doit pas disparaître. Lalasomnia revient à des formats plus resserrés, mais garde cette insomnie douce, ce flottement entre veille et sommeil où les pensées deviennent floues et dangereusement sincères.
Let’s Just Stay agit comme une suspension, un refus temporaire du monde extérieur, tandis que L’Inavouée creuse le non-dit, avec une délicatesse presque douloureuse. Nuits Crevées, plus direct, capture l’épuisement lucide des lendemains trop courts, avant que Requiem for the Lonesome ne vienne refermer l’album comme une étreinte tardive, ni triste ni consolatrice, simplement honnête.
Visions Through Amber ne cherche jamais l’effet. Il préfère la trace. C’est un disque qui s’écoute seul, mais qui laisse l’impression étrange de ne plus l’être tout à fait après. Un album qui confirme Noctæra comme une voix singulière de la scène indépendante, capable de faire dialoguer technologie, fragilité et chair sans jamais perdre l’essentiel : l’émotion brute, celle qui reste longtemps après que le son s’est tu.
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décembre 20, 2025Un EP comme une ligne de code brûlée à vif, où l’humain tente de reprendre le contrôle face à la saturation numérique.
À la première écoute, Keeper EP donne l’impression d’entrer dans un système déjà instable. Pas une porte, plutôt une faille. Signal The Void ne cherche pas à séduire : il met sous tension. Ce projet ressemble à une chambre close remplie d’écrans qui clignotent trop fort, trop vite, pendant que le corps, lui, essaie de suivre. C’est une musique qui ne console pas, mais qui accompagne la chute avec une précision presque clinique.
System Burn ouvre le bal comme un avertissement. Le morceau avance avec une lourdeur maîtrisée, saturée, comme un processeur qui chauffe au-delà du raisonnable. Les textures abrasives rappellent le moment précis où la machine refuse d’obéir. Rien n’explose vraiment, tout se fissure lentement. C’est anxiogène, mais étrangement addictif, parce que Signal The Void sait exactement quand retenir l’impact.
Avec K333PR, le projet bascule dans quelque chose de plus mental, presque rituel. Le titre sonne comme une clé cryptée, et la musique agit de la même façon : répétitive, hypnotique, obsessionnelle. Les rythmiques s’enroulent autour de l’auditeur, créant un état de suspension, comme si le temps était compressé dans un tunnel numérique sans sortie évidente.
HollowSync porte bien son nom. C’est le morceau le plus vide en apparence, mais aussi l’un des plus cruels. Les silences y sont aussi importants que les sons. On y ressent une désynchronisation profonde, celle d’un individu qui ne colle plus au rythme imposé. Signal The Void y montre une vraie maturité dans la gestion de l’espace sonore, laissant respirer le malaise plutôt que de le noyer sous des couches inutiles.
Puis vient Bite The Wire, plus frontal, presque physique. Ici, le son mord réellement. Les basses sont sèches, tranchantes, et la structure évoque un dernier sursaut avant l’effondrement. C’est la piste la plus proche d’une colère assumée, une tentative désespérée de reprendre la main, même si ça fait mal.
Enfin, Rebirth.exe ferme l’EP sans vraie résolution, mais avec une transformation subtile. Pas de renaissance spectaculaire, plutôt un redémarrage fragile. Le morceau suggère que quelque chose continue, malgré tout. Une forme de lucidité nouvelle, moins naïve, plus consciente des failles.
Keeper EP n’est pas un simple EP électronique sombre. C’est une œuvre qui parle de surcharge, de contrôle perdu, de reconstruction imparfaite. Signal The Void ne promet pas le salut, il documente le processus. Et dans un monde saturé de bruit, cette honnêteté brute fait l’effet d’un choc silencieux.
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décembre 20, 2025La nuit, chez Jánnos Eolou, n’est jamais un décor : c’est un territoire mental, un espace où les émotions cessent de parler pour commencer à vibrer.
On entre dans Night Beyond comme on pousse une porte sans poignée. Pas d’effet d’annonce, pas de grand geste spectaculaire. Juste un silence qui se fissure, des cordes qui apparaissent à hauteur de souffle, et cette sensation immédiate que quelque chose d’intime est en train de se jouer, loin du monde et de son bruit. Jánnos Eolou signe ici un album orchestral qui refuse la démonstration pour préférer l’infiltration lente, presque organique, de l’émotion.
Dès Unwatched Stars, l’album pose son esthétique : un ciel immense, mais sans regard pour le contempler. Les cordes flottent, suspendues, comme si elles cherchaient moins à guider qu’à accompagner une errance. Rien d’héroïque, tout est retenu. La musique avance à pas feutrés, consciente que la fragilité est sa vraie force.
Avec Your Breath, Eolou se rapproche du corps. Les phrases orchestrales imitent presque la respiration, cette mécanique vitale que l’on oublie jusqu’au moment où elle devient palpable. C’est une pièce d’une douceur troublante, où chaque note semble naître d’un besoin plutôt que d’une intention.
Kaleidoscope fragmente ensuite la matière sonore. Les motifs se répondent, se déforment, changent de couleur émotionnelle sans jamais rompre l’équilibre. On pense à un mouvement intérieur, à ces pensées nocturnes qui se recomposent sans cesse, incapables de se fixer.
Plus cinématographique sans être illustrative, Breakwater agit comme une digue fragile face à une mer intérieure agitée. Les cordes graves installent une tension sourde, tandis que les aigus tentent d’ouvrir une brèche, un passage possible.
Under the Same Sky apporte une lumière discrète, presque fraternelle. C’est une pièce qui relie, qui rassemble, comme si l’orchestre murmurait l’idée d’une humanité partagée sous un même ciel invisible.
Le cœur émotionnel de l’album bat fort sur Unwritten Letter et Due is the Night. La première évoque ce qui n’a jamais été dit, la seconde accepte l’obscurité comme une dette nécessaire. Ici, Eolou excelle dans l’art de suggérer sans jamais appuyer, laissant l’auditeur projeter ses propres absences.
La gravité devient presque charnelle sur Requiem for a Smile, pièce bouleversante sans pathos, où le deuil n’est pas dramatique mais silencieux, digne. À l’inverse, Your Hands réintroduit le contact, la chaleur humaine, comme une réponse fragile mais sincère.
L’album s’élève encore avec Perseids et Vortex, deux mouvements plus amples, presque cosmiques, où les cordes dessinent des trajectoires, des chutes, des élans. Enfin, Night in Pieces et After You Left ferment le cycle sans conclusion nette : la nuit se fragmente, l’absence demeure, et la musique accepte de ne pas résoudre ce qui ne peut l’être.
Night Beyond n’est pas un album à consommer. C’est un espace à habiter. Une œuvre qui ne cherche jamais à impressionner mais qui, à force de retenue et de précision émotionnelle, finit par s’imposer comme une expérience rare : celle d’une nuit qui écoute autant qu’elle parle.
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décembre 20, 2025Taurine n’est pas un clip à regarder, c’est un état dans lequel SHASAU te glisse sans te demander ton avis.
À peine lancé, Taurine agit comme une suspension du réel. Pas une pause franche, pas un bouton stop, plutôt ce moment flou où l’on cesse de scroller sans s’en rendre compte. SHASAU ne cherche pas l’impact immédiat ni l’adhésion virale : il installe un climat. Lentement. Presque sournoisement. Le genre d’œuvre qui t’attrape par l’arrière du crâne et te force à ajuster ton rythme cardiaque.
Le clip refuse frontalement les codes habituels de la vidéo musicale. Pas de narration classique, pas de climax facile, pas de performance frontale. L’image semble se générer sous nos yeux, comme un organisme autonome, alors que chaque micro-variation est en réalité millimétrée. Cette impression de flux continu, presque algorithmique, crée un trouble délicieux : on ne sait plus si l’on regarde une œuvre ou si l’œuvre nous observe. Détail génial et faussement anecdotique — ce chat dissimulé dans le décor, clin d’œil absurde et tendre, vient rappeler que même dans la méditation la plus sérieuse, un grain de malice reste nécessaire.
Musicalement, Taurine s’inscrit dans cette zone minimaliste où la répétition devient langage. Le son ne progresse pas, il s’approfondit. Chaque boucle agit comme une respiration guidée, chaque texture comme un frottement mental. SHASAU joue avec le silence autant qu’avec le signal, laissant des espaces où l’auditeur peut projeter ses propres pensées. On pense à une forme d’ambient post-club, débarrassée de toute fonction utilitaire, qui ne cherche ni la danse ni la transe mais une attention accrue au présent.
Ce qui frappe, c’est la cohérence du geste artistique. Taurine ne vit pas seul : il dialogue avec l’univers plus large de l’EP Alicante, véritable laboratoire sensoriel où SHASAU interroge notre rapport au temps, à la mémoire et à la nostalgie numérique. La production, signée avec l’appui de Udio AI, ne tombe jamais dans le gadget techno. L’intelligence artificielle est ici un outil, pas un concept, intégrée avec humilité dans une vision déjà très humaine. Le mastering de Bill Sellar chez Super Audio Mastering vient parfaire cet équilibre fragile entre chaleur et étrangeté.
Visuellement, le travail publié sous l’égide de OMNINORM LTD s’éloigne du clip pour se rapprocher du court-métrage contemplatif, voire de l’installation vidéo. Taurine se regarde comme on observe une flamme ou un aquarium : sans attente précise, mais avec une disponibilité totale. C’est précisément là que réside sa force politique, presque discrète. Dans un monde saturé d’urgences et de sollicitations, SHASAU propose l’inverse : ralentir, accepter de ne rien comprendre immédiatement, laisser l’ennui devenir fertile.
Taurine n’essaie pas de séduire. Il propose un pacte silencieux. Celui de prendre quelques minutes pour ne rien produire, ne rien commenter, ne rien consommer. Juste être là. Et, mine de rien, c’est peut-être l’un des gestes les plus radicaux que la musique électronique puisse encore se permettre aujourd’hui.
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décembre 20, 2025Åsmund Nesse transforme Indiemann en manifeste intime : une guitare en état de révolte douce, des chansons qui sentent le varech, la colère tranquille et la lucidité de ceux qui refusent d’entrer dans le rang.
Il y a, chez Åsmund Nesse, quelque chose d’immédiatement désarmant. Une façon de ne jamais surjouer l’émotion, de laisser la musique respirer à hauteur d’homme. Indiemann ne cherche pas à séduire à coups de refrains faciles ou de production clinquante. L’album avance à pas sûrs, parfois rugueux, parfois lumineux, toujours sincère. C’est un disque qui regarde le monde droit dans les yeux, depuis un bout de côte norvégienne battu par le vent, et qui refuse obstinément de baisser le regard.
Dès Ingenting imot deg, Nesse installe une douceur trompeuse. La mélodie semble presque apaisante, mais quelque chose grince dans les accords, comme une retenue émotionnelle qui menace de rompre. Kokkolokko joue la carte de l’absurde et du rythme sautillant, un faux air léger qui cache une ironie bien sentie, presque moqueuse, face aux injonctions modernes.
Avec Lyden av vår, le disque s’ouvre, respire plus large. Le jeu de guitare, précis sans jamais être démonstratif, rappelle l’école de Bert Jansch : chaque note compte, chaque silence aussi. Le morceau-titre, Indiemann, agit comme une profession de foi. Nesse y affirme son indépendance avec une conviction tranquille, loin des slogans, proche du vécu.
Kom som du e apaise sans anesthésier, invitant à être soi sans posture. Mais le cœur du disque se fissure vraiment sur Stikke du innom. Ici, la guitare s’électrifie, la voix se fait plus âpre. La perte, le regret, l’irréversibilité s’invitent sans filtre. C’est brut, presque inconfortable, et précisément pour ça que ça touche juste.
Entusiast relance la machine critique, mordante mais jamais cynique, tandis que Hiv hoi og blandaball injecte une énergie collective, presque festive, comme un feu de camp dressé contre la morosité. Ver den du e recentre le propos, simple et frontal, avant que Nerme sjødn ne ferme l’album dans une paix salée, contemplative, presque spirituelle.
Indiemann n’est pas un disque nostalgique. C’est un album d’ancrage. Un rappel que le folk peut encore être politique sans être rigide, poétique sans être flou, engagé sans être bruyant. Åsmund Nesse signe ici une œuvre habitée, profondément humaine, qui avance à contre-courant — et qui, pour cette raison précise, mérite qu’on s’y arrête longtemps.
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décembre 20, 2025Il y a des morceaux qui ne demandent pas la permission pour exister, ils surgissent, te regardent droit dans les yeux et te disent : j’ai traversé pire que toi.
“Lord of the Night” de Lisa Jo appartient à cette catégorie rare. Pas un simple single de plus dans le flux continu des sorties indépendantes, mais un point de bascule. Un moment où la musique cesse d’être un projet pour devenir une nécessité vitale. On n’est pas dans la démonstration technique ni dans la posture. On est dans l’urgence, la vraie.
Lisa Jo rappe, chante et raconte comme quelqu’un qui n’a plus rien à perdre. Son flow est sûr, presque calme, mais chargé d’une tension sourde, comme si chaque phrase portait le poids de ce qui a failli l’emporter. “Lord of the Night” avance avec une assurance étrange, celle de quelqu’un qui a déjà vu le fond et qui refuse désormais de chuchoter. Le beat est lisse mais jamais tiède, construit pour soutenir la voix plutôt que l’écraser. Tout est pensé pour que le récit respire.
Ce qui frappe, c’est la précision émotionnelle. Lisa Jo ne romantise pas la douleur, elle l’utilise comme matière première. On sent une obsession du détail, une volonté presque maniaque d’atteindre la justesse parfaite — au point de réenregistrer le morceau encore et encore jusqu’à trouver l’équilibre exact entre rythme et gravité. Cette exigence donne au titre une force tranquille, une solidité qui ne cherche pas l’effet immédiat mais s’installe durablement.
“Lord of the Night” fonctionne comme une confession nocturne, mais sans pathos. Il y a de la colère, oui, mais surtout une forme de lucidité radicale. Lisa Jo ne demande pas qu’on la plaigne. Elle affirme qu’elle est encore là. Et qu’elle avance. Cette énergie se ressent dans chaque inflexion de la voix utilisée pour incarner ses lyrics, dans cette manière de poser les mots avec un calme presque dérangeant, comme si la tempête avait déjà eu lieu.
Ce single s’inscrit aussi dans une trajectoire folle : plus de trente morceaux créés en quelques mois, une explosion créative qui ressemble moins à une stratégie qu’à un besoin physique de produire, d’exister par le son. Lisa Jo refuse les cases, navigue entre les genres, et impose une identité en mouvement, brute mais maîtrisée. On sent une artiste qui écrit pour tenir debout, pas pour plaire aux algorithmes.
“Lord of the Night” n’est pas un cri. C’est pire : c’est une affirmation. Celle d’une artiste qui a traversé le chaos et qui transforme désormais la nuit en territoire de pouvoir. Un morceau qui ne promet pas la lumière immédiate, mais qui prouve qu’on peut apprendre à marcher dans l’ombre — et y régner.
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décembre 20, 2025Entre autodérision bien sentie et refrains qui collent au cerveau comme un sourire un peu trop franc, « Classy » transforme l’imperfection en manifeste pop.
Il y a ce moment précis où « Classy » démarre et où tout devient plus léger, presque insolent. Pas parce que tout va bien, mais parce que Kaylene décide que oui, en fait, ça va aller. Le morceau avance comme une démarche assurée en bottes un peu usées : pas parfaitement droites, mais impossibles à arrêter. On sent très vite que ce single n’a pas été écrit pour faire joli ou cocher des cases radio, mais pour dire les choses telles qu’elles sont, avec un clin d’œil et un sourire en coin.
Musicalement, « Classy » joue sur un équilibre malin entre country-pop moderne et efficacité pop pure. Les guitares gardent ce grain chaleureux, presque familier, pendant que la production reste propre, lumineuse, pensée pour accrocher aussi bien les playlists que les reels. Rien de clinquant inutilement : tout est au service du groove et de la personnalité. Le refrain arrive comme une punchline qu’on répète sans s’en rendre compte, et c’est là que le morceau gagne vraiment. Il ne cherche pas à impressionner, il fédère.
Mais ce qui fait la vraie force de « Classy », c’est l’attitude. Kaylene ne se présente pas comme une héroïne parfaite, ni comme une anti-héroïne caricaturale. Elle parle depuis cet entre-deux hyper réel : celui où tu sais que t’es pas irréprochable, mais où tu refuses de t’excuser pour exister. Le texte joue avec les contrastes, assume les défauts, transforme les petites failles en signature. C’est léger dans la forme, mais très précis dans le fond. Une écriture qui donne l’impression d’une conversation entre potes, mais avec un sens du timing redoutable.
Sur scène comme en ligne, on comprend pourquoi le titre prend aussi vite. « Classy » a ce truc rare : il donne envie de bouger, de chanter, mais aussi de se reconnaître dedans. Pas besoin de grandes métaphores ou de drame surjoué. Ici, la confiance se construit dans l’autodérision, dans l’acceptation joyeuse du chaos. Et c’est peut-être là que Kaylene marque un vrai point : elle propose une country-pop qui ne regarde pas en arrière avec nostalgie, mais qui parle le langage d’aujourd’hui, direct, fun, incarné.
« Classy » ressemble à un premier jalon très clair avant un EP attendu : une carte de visite qui dit tout sans trop en faire. Un morceau qui prouve qu’on peut être catchy sans être creux, accessible sans être lisse, et surtout fidèle à soi-même sans se prendre trop au sérieux. Bref, le genre de titre qui te rappelle qu’avoir du style, parfois, c’est juste assumer qui tu es — même quand c’est un peu le bazar.
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décembre 20, 2025La tempête ne prévient pas, elle arrive. Burning Plains résonne comme un cri gravé dans la roche, écrit trop tôt, entendu trop tard.
Il y a des morceaux qui vieillissent mal, et puis il y a ceux qui deviennent dangereux avec le temps. Burning Plains, titre fondateur de Burning Plains, fait clairement partie de la seconde catégorie. Composé à l’origine dans un garage en 2008, le morceau ressurgit aujourd’hui avec une violence presque indécente, comme si la réalité avait décidé de rattraper la musique au sprint. Rien ici ne sonne nostalgique ou poussiéreux : au contraire, chaque riff semble fraîchement taillé pour accompagner un monde qui s’effondre en direct.
Dès les premières secondes, la guitare n’installe pas une ambiance, elle tranche. Le son est massif, frontal, sans fioritures inutiles : un metal cinématique qui avance comme une colonne de blindés, implacable, méthodique. La batterie martèle sans chercher le groove, uniquement l’impact. On n’est pas là pour danser, on est là pour survivre. La voix, elle, ne surjoue jamais l’héroïsme : elle observe, accuse, témoigne. C’est précisément ce refus de glorifier la guerre qui rend le morceau aussi dérangeant.
Ce qui frappe surtout, c’est la lucidité du texte. Burning Plains ne raconte pas des exploits, il décrit un système qui broie. Les images sont froides, presque cliniques : corps jetés, ciel rouge, anonymat total. Personne n’a de nom, personne n’a d’avenir. Le morceau agit comme un miroir brutal tendu à l’auditeur : ici, la guerre n’est pas une abstraction géopolitique, c’est une mécanique industrielle qui recycle les humains en débris.
Musicalement, Burning Plains joue sur une tension constante. Les riffs lourds flirtent parfois avec des respirations plus atmosphériques, comme si le morceau cherchait un instant d’air avant de replonger. Cette dynamique donne au titre une dimension quasi narrative, renforcée par une production qui laisse volontairement la place à la rugosité. Rien n’est lissé, rien n’est rassurant.
Ce titre s’inscrit aujourd’hui comme la pierre angulaire de l’univers du groupe, prolongé par l’EP Empire Collapsed, où la même logique est à l’œuvre : montrer le chaos sans le romantiser. Burning Plains n’est pas un retour nostalgique, c’est une réactivation. Une preuve que certaines musiques ne prédisent pas l’avenir, elles le sentent venir dans leurs os.
Écouter ce morceau en 2025, c’est accepter de se prendre une vérité en pleine face. Pas confortable. Pas cool. Mais nécessaire.
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décembre 20, 2025Dans “Sleepy Fields”, Powers of the Monk n’invitent pas à dormir : ils proposent de lâcher prise, doucement, comme on poserait un sac trop lourd au bord d’un champ qui ondule.
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à impressionner, ni à convaincre. “Sleepy Fields” fait partie de ceux qui s’installent sans frapper, qui prennent la main sans la serrer. Le projet Powers of the Monk, reformé dans le Michigan au tournant de la décennie, avance ici à pas feutrés, dans un clair-obscur où le rêve n’est jamais très loin de la réalité.
Dès les premières secondes, tout semble respirer plus lentement. Les guitares se font brumeuses, presque translucides, comme si elles avaient été trempées dans l’air du matin. La voix de David S. Monk flotte, fragile mais rassurante, pendant que celle de CasSondra “Pontiac” Powers vient l’entourer, la doubler, la rassurer. Rien n’est frontal. Tout est suggestion. “Sleepy Fields” ne raconte pas une histoire au sens classique : il installe un état.
La force du morceau tient dans cette impression constante de frontière floue. On ne sait plus très bien si l’on est en train de s’endormir ou de se réveiller. Le violon, utilisé sans emphase, agit comme un fil invisible entre folk acoustique et dream pop vaporeuse. Chaque note semble pensée pour ne jamais briser l’équilibre, pour maintenir ce sentiment de suspension où le temps se dilate.
Ce qui frappe surtout, c’est l’absence totale de cynisme. Là où beaucoup de productions actuelles surjouent la mélancolie, Powers of the Monk choisissent la douceur comme geste presque politique. “Sleepy Fields” ne fuit pas le monde, il propose une pause consciente, une respiration collective. On y sent l’expérience, le refus de l’urgence, l’envie de créer un espace sûr dans lequel l’auditeur peut se déposer sans crainte.
La production, discrète mais précise, renforce cette impression de sérénité maîtrisée. Chaque instrument semble connaître exactement sa place, sans jamais chercher à voler la lumière. Même le rythme, à peine suggéré, ressemble plus à un battement de cœur qu’à une structure imposée.
Avec “Sleepy Fields”, Powers of the Monk rappellent que la musique peut encore être un refuge sans devenir une fuite. Un champ tranquille, oui, mais traversé les yeux ouverts.
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décembre 20, 2025Alicante de SHASAU ressemble à ces souvenirs qui reviennent sans prévenir, quand on croyait pourtant les avoir rangés quelque part entre deux sauvegardes corrompues. Un clip en pixel-art, oui, mais surtout une micro-fable émotionnelle qui parle moins de technologie que de ce qu’on projette dedans, de ce qu’on espère y retrouver, et de ce qu’on y perd parfois sans bruit.
Dans ce nouveau chapitre visuel tiré de l’EP Alicante, SHASAU transforme l’esthétique rétro en terrain affectif. Le décor évoque les vieux jeux 8-bit, les écrans cathodiques et les mondes simplifiés à l’extrême, mais sous cette apparente naïveté se cache un récit bien plus trouble. Le pixel n’est pas là pour rassurer, il est là pour rappeler. Rappeler l’enfance, la solitude, les compagnons imaginaires, et cette sensation étrange que le passé était peut-être plus doux parce qu’on ne comprenait pas encore tout.
Le clip d’« Alicante » avance comme une promenade bancale entre humour discret et mélancolie persistante. Chaque plan semble hésiter entre le sourire et le pincement au cœur. On regarde, on reconnaît des codes familiers, puis quelque chose déraille légèrement. Ce décalage est précisément là que le projet frappe juste. SHASAU ne se contente pas de citer le rétro comme un gimmick esthétique : il s’en sert comme d’un miroir émotionnel, un écran sur lequel chacun projette ses propres manques.
Musicalement, la composition soutient cette ambiguïté permanente. Les textures électroniques sont douces, presque réconfortantes, mais jamais totalement stables. On a l’impression que la musique pourrait s’effondrer à tout moment, comme un souvenir trop longtemps manipulé. La production, signée avec le soutien d’Udio AI et finalisée par Bill Sellar, ne cherche pas la démonstration technique. Elle privilégie l’atmosphère, le flottement, cette sensation de temps suspendu qui colle parfaitement à l’imaginaire visuel.
Il y a aussi, dans « Alicante », une réflexion en filigrane sur l’acte créatif lui-même. Derrière chaque outil, chaque algorithme, chaque pixel, il y a un regard humain. Et ce regard n’est jamais neutre. Le clip suggère que l’œuvre ne vit réellement qu’au moment où quelqu’un la regarde, y reconnaît quelque chose, ou s’y perd volontairement. Ce n’est pas un message frontal, plutôt une évidence qui s’installe doucement.
Publié sous l’égide de OMNINORM Records, ce projet confirme la singularité de SHASAU dans un paysage électronique souvent obsédé par la performance ou la nostalgie facile. Ici, la nostalgie est fissurée, consciente, presque inconfortable. Et c’est précisément ce qui rend « Alicante » touchant : il ne promet pas un retour vers un passé idéalisé, seulement la possibilité de s’y confronter, pixels après pixels, avec lucidité et tendresse mêlées.
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décembre 20, 2025Un morceau qui regarde au-delà des guirlandes et des playlists automatiques pour remettre l’humain, la foi et la douceur au centre du bruit.
Il y a des chansons de Noël qui brillent comme des vitrines, et puis il y a celles qui chauffent vraiment. Love Came Down de Brian Mullins appartient clairement à la seconde catégorie. Pas de clinquant excessif, pas de fausse euphorie empaquetée : ici, tout repose sur une écriture droite, presque humble, et sur cette volonté rare de rappeler pourquoi Noël existe encore, au-delà du folklore et des refrains recyclés.
Musicalement, Mullins avance sur une ligne de crête entre country moderne et pop chrétienne apaisée. La production respire, laisse de l’espace aux silences, aux respirations, à cette sensation de calme qui arrive quand on cesse enfin de courir. La guitare acoustique pose le décor comme un feu de cheminée discret, pendant que la voix — posée, chaleureuse, sans emphase inutile — raconte plus qu’elle ne proclame. Il n’essaie pas d’impressionner, il essaie de toucher, et c’est précisément ce qui fonctionne.
Love Came Down parle d’un amour incarné, d’un espoir qui descend plutôt qu’il ne s’impose. On sent une démarche sincère, presque pastorale, mais jamais figée. Le morceau reste accessible, fluide, pensé pour être écouté aussi bien seul, un soir d’hiver, que partagé en famille. Il y a quelque chose de profondément rassurant dans cette manière de rappeler que Noël n’est pas une performance, mais une pause.
Ce qui frappe surtout, c’est la retenue. Là où beaucoup surjouent l’émotion, Brian Mullins choisit la clarté et la simplicité. Chaque note semble avoir une raison d’être, chaque mot est posé avec une forme de respect pour l’auditeur. On n’est pas dans la leçon, mais dans la transmission. Pas dans la nostalgie forcée, mais dans une forme de foi tranquille, assumée, ouverte.
Love Came Down s’impose ainsi comme un morceau de Noël qui ne cherche pas à devenir un tube saisonnier, mais un refuge sonore. Une chanson qui ne crie pas pour exister, et qui, paradoxalement, marque d’autant plus. Dans un paysage saturé de faux miracles en streaming, Brian Mullins rappelle que parfois, la chose la plus radicale reste la sincérité.
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décembre 20, 2025Le funk de Tony Frissore n’est pas là pour décorer la pièce, il sert à déplacer les meubles, même quand ça grince.
Il y a des morceaux qui font lever les épaules, d’autres qui forcent à lever les yeux. Bad Strategies fait les deux, sans demander la permission. Chez Tony Frissore, le groove n’est jamais neutre : il observe, il jauge, il pointe du doigt. Ici, pas de slogans plaqués ni de noms jetés en pâture. Le morceau préfère l’angle mort, l’espace trouble où les décisions se prennent loin du terrain et où les conséquences atterrissent toujours sur les mêmes épaules.
Musicalement, Bad Strategies avance comme une machine bien huilée qui aurait conscience de ses propres failles. La section rythmique claque sec, basse et batterie marchent droit, presque trop sages au départ, comme une façade institutionnelle bien peignée. Puis ça se fissure. Les claviers viennent épaissir l’air, la guitare glisse sans jamais cabotiner, et surtout cet orgue central qui surgit comme une prise de parole intérieure, un moment suspendu où le morceau semble se demander s’il faut continuer à avancer ou tout remettre en question.
C’est là que Frissore est fort : il ne moralise pas, il installe une tension. Bad Strategies ne désigne pas un coupable unique, il parle de chaînes de décisions foireuses, de responsabilités diluées, de stratégies pensées en hauteur et payées en bas. Le funk devient alors un langage politique sans pancarte, une manière de rappeler que faire danser n’empêche pas de réfléchir — au contraire.
Il y a quelque chose de très old school dans l’approche, mais jamais poussiéreux. Le son convoque l’héritage du funk engagé sans tomber dans la nostalgie. On sent l’acid jazz, le nu jazz, cette science du groove qui sait rester élégant tout en étant mordant. Bad Strategies groove comme un sourire crispé : ça bouge, ça brille, mais ça cache mal l’inquiétude.
Ce qui frappe surtout, c’est l’équilibre. Frissore transforme une angoisse civique bien réelle en matière musicale vivante. Le morceau est assez direct pour toucher, assez ouvert pour laisser chacun projeter ses propres lectures. On peut l’écouter pour le kif, pour l’orgue, pour le bounce. Mais une fois la piste terminée, il reste ce petit arrière-goût amer, cette question qui traîne : quand les stratégies sont mauvaises, qui ramasse vraiment les morceaux ?
Bad Strategies ne donne pas de réponse. Il fait mieux : il met le corps en mouvement pendant que l’esprit cogite. Et dans le chaos ambiant, c’est déjà une forme de résistance.
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décembre 20, 2025Dead End n’avance pas, ne rassure pas, ne promet rien : Antoin Gibson s’y tient immobile, à découvert, et regarde le vide sans cligner des yeux.
Il y a des morceaux qui cherchent la lumière, d’autres qui préfèrent l’angle mort. Dead End, dernier single de Antoin Gibson, appartient à cette seconde catégorie : un espace réduit, presque nu, où le piano devient terrain miné et la voix une respiration fragile, prête à se rompre. Rien ici ne caresse l’oreille, tout interroge l’endurance. On n’écoute pas Dead End, on y entre, comme dans une pièce trop silencieuse après une tempête intérieure.
Le choix du dépouillement est radical. Piano, voix, quelques silences lourds : Gibson refuse toute ornementation superflue. La structure elle-même semble s’effondrer doucement, refusant la logique couplet-refrain comme on refuse un langage devenu inutile. Les phrases se brisent, les respirations prennent le pas sur le rythme, et cette absence de résolution devient le cœur battant du morceau. Ce n’est pas un minimalisme esthétique : c’est une nécessité, presque une survie.
Ce qui frappe surtout, c’est la sensation d’un temps suspendu. Dead End donne l’impression que le morceau pourrait s’arrêter à tout moment — ou ne jamais finir. La voix ne cherche pas à séduire, elle expose. Chaque note semble pesée, mais aussi prête à tomber. On sent l’épuisement, l’effritement, cette fatigue mentale qui ne se raconte pas mais se vit. Gibson ne décrit pas le chaos : il le laisse transparaître, sans filtre.
Dans la continuité de son univers dark pop expérimental, l’artiste resserre ici le cadre jusqu’à l’os. Là où ses précédents travaux construisaient un monde, Dead End le démonte pièce par pièce. Même l’image suit ce mouvement : pour la première fois, Gibson apparaît sans masque, abandonnant le mythe au profit d’une présence frontale. Ce n’est pas un geste marketing, c’est un aveu. Une manière de dire que l’époque ne permet plus de se cacher derrière des concepts trop polis.
On comprend alors que Dead End n’est pas une impasse créative, mais un point de vérité. Une œuvre qui accepte de ne pas plaire, de ne pas rassurer, de ne pas conclure. Dans un paysage musical saturé de refrains calibrés et d’émotions prémâchées, Antoin Gibson choisit l’inconfort, l’espace vide, la fracture. Et c’est précisément là que le morceau devient essentiel.
Avec Dead End, l’artiste signe un arrêt brutal, presque nécessaire, avant autre chose. Un moment où l’on cesse d’avancer pour simplement rester là — et ressentir.
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décembre 20, 2025Même quand tout vacille autour, Don’t You Worry transforme l’incertitude en promesse et la confiance en moteur émotionnel.
Juste avant que l’année ne tire sa révérence, Sabrina Nejmah dévoile Don’t You Worry, son deuxième titre officiel, et confirme déjà une chose : il faudra compter sur elle. À seulement quelques pas de ses premiers pas discographiques, la jeune artiste hambourgeoise signe une chanson qui préfère la douceur lucide au drame appuyé, la projection au repli.
Musicalement, Don’t You Worry s’inscrit dans une pop contemporaine limpide, accessible sans jamais être naïve. Les mélodies flottent avec élégance, portées par une production claire et rassurante, presque enveloppante. Rien n’est là pour écraser l’émotion : tout est au service de la voix, encore fragile mais déjà très consciente de ce qu’elle raconte. Sabrina chante la confiance, non pas comme un slogan, mais comme un acte volontaire, presque courageux, quand l’avenir ressemble à un territoire inconnu.
Le décor choisi est malin : une routine quotidienne à bord d’un vaisseau spatial. Une métaphore qui fonctionne à plein régime. Loin de l’imagerie sci-fi spectaculaire, l’espace devient ici un huis clos émotionnel, un endroit où le couple apprend à avancer ensemble malgré l’inconnu, à se faire confiance quand le sol n’existe plus vraiment. Cette distance poétique permet au morceau de toucher juste, sans jamais tomber dans le cliché sentimental.
Ce qui frappe surtout, c’est la maturité tranquille de l’écriture. Don’t You Worry parle de relation, mais aussi de projection, de futur commun, de ce moment précis où aimer, c’est croire en l’autre autant qu’en demain. Une pop rassurante, mais pas anesthésiante. Une chanson qui murmure plus qu’elle ne crie, et qui trouve sa force dans cette retenue.
Née en 2008 à Hambourg, Sabrina Nejmah grandit entre deux cultures, marocaine et allemande, et construit ses chansons comme des espaces sensibles où l’intime rencontre l’universel. Elle compose, écrit et chante avec son père, dans une dynamique presque artisanale, qui donne à ses premiers titres une sincérité palpable. Don’t You Worry n’est pas un simple pas de plus : c’est une balise posée dans un parcours qui ne fait que commencer, mais qui avance déjà avec une étonnante clarté.
Sans bruit, sans posture, Sabrina Nejmah installe une pop de confiance. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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décembre 20, 2025« Ratfink! prouve avec WHEN U WERE MINE que le rock n’a pas besoin de budgets, juste d’un cœur qui tape trop fort et d’un bordel parfaitement assumé. »
Le premier truc qui frappe chez Ratfink!, c’est cette impression de musique bricolée à mains nues, enregistrée entre deux bières renversées et trois insomnies affectives. WHEN U WERE MINE n’est pas un album qui cherche à bien se tenir. Il préfère boiter, rire de travers, aimer trop fort. Et c’est précisément là que ça touche juste. Ici, le lo-fi n’est pas une posture esthétique : c’est une manière d’exister.
L’album s’ouvre avec Won’t Wait Forever, faux départ romantique qui donne le ton : guitares rêches, voix un peu fêlée, urgence sentimentale. Ratfink! y chante l’attente comme une maladie chronique, un truc qu’on traîne sans savoir s’il faut guérir ou s’y complaire. Derrière, About Ya déploie un rock plus ample, presque nostalgique, porté par une mélodie qui s’étire comme un message jamais envoyé. On sent déjà cette écriture frontale, jamais cynique, toujours à hauteur d’humain.
Stevie ralentit le tempo, laisse respirer les silences. C’est une chanson qui regarde par la fenêtre, qui doute, qui hésite. À l’inverse, Plastic Bits repart dans un chaos nerveux, court et sec, comme une crise existentielle emballée en moins de trois minutes. Ratfink! y capte ce sentiment diffus d’être fait de morceaux mal emboîtés.
Euphoria porte mal son nom, et c’est tant mieux. Derrière le titre lumineux, le morceau transpire une joie fragile, presque inquiète, comme si le bonheur pouvait se casser la gueule à tout moment. Keep Ya Dreams agit alors comme une réponse douce-amère : tenir bon, même quand tout semble cheap, même quand personne ne regarde.
Impossible de passer à côté de Gay Song, déjà connue mais ici parfaitement intégrée au récit. Hymne queer sans posture militante forcée, le morceau avance avec une simplicité désarmante, transformant l’intime en évidence. Here Be Heroes, plus longue, plus épique, donne l’impression d’un road movie intérieur, où les héros sont juste des gens fatigués qui continuent quand même.
Marigolds et Zoe (U Got Dis) ramènent de la tendresse pure, presque enfantine. Ce sont des chansons qui rassurent, qui tapotent l’épaule sans discours. Et puis vient When U Were Mine, morceau-clé, cœur battant de l’album. Ratfink! y regarde en arrière sans se complaire, transforme la perte en matière vivante, le souvenir en carburant.
WHEN U WERE MINE est un disque qui ne cherche ni la perfection ni la validation. Il préfère la sincérité cabossée, l’émotion mal rangée, le rock qui sent la chambre trop petite et les sentiments trop grands. Un album qui rappelle que parfois, faire de la musique, c’est juste survivre avec style.
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décembre 20, 2025« The Ghostly Pulse transforme la pluie en miroir intérieur sur Oh Heavy Rain et signe un morceau sombre, lent et obsédant qui colle à l’époque comme un manteau trempé. »
Sous le nom de The Ghostly Pulse, Nik Nova avance à pas feutrés mais sûrs, comme quelqu’un qui connaît déjà la fin du film et choisit pourtant de le vivre quand même. Oh Heavy Rain ne cherche ni l’explosion ni le refrain qui rassure. Le morceau s’installe. Il insiste. Il répète. Il observe. Et surtout, il laisse un espace immense au malaise, ce sentiment diffus qu’on reconnaît immédiatement sans toujours savoir le nommer.
Dès les premières secondes, la musique s’étire dans une lenteur volontaire, presque clinique. La rythmique programmée bat comme un cœur sous anxiolytiques, pendant que les guitares se superposent en couches fines, jamais démonstratives. Ici, pas de saturation héroïque, mais une tension sourde, une retenue calculée qui rappelle l’élégance trouble de Portishead, sans jamais tomber dans la citation facile. Oh Heavy Rain avance par micro-déplacements, par variations presque invisibles, comme si chaque son était pesé, puis volontairement laissé à moitié en suspens.
La voix de Nik Nova ne surjoue rien. Elle glisse au-dessus du morceau, détachée, légèrement distante, comme un narrateur qui aurait déjà trop vu pour encore s’étonner. Ce choix renforce le propos : parler d’identité fragmentée, de pression sociale, de cette injonction permanente à être plusieurs versions de soi-même en même temps. La pluie lourde du titre devient alors une métaphore évidente, mais jamais lourde : elle tombe, encore et encore, effaçant les contours, brouillant les silhouettes.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence du geste. Tout est fait maison, écrit, enregistré et mixé par Nik Nova, avec cette obsession du détail discret. Même le solo de guitare de Stefan Schoo surgit sans effet de manche, comme un cri étouffé dans une pièce voisine. Et quand on apprend que le mastering est confié à Sascha Joseph, on comprend mieux cette profondeur feutrée, ce grain sombre qui semble absorber la lumière plutôt que la refléter.
Oh Heavy Rain n’est pas un morceau qui cherche l’adhésion immédiate. Il préfère l’usure lente, l’infiltration. C’est une musique qui accompagne les pensées circulaires, les nuits trop longues, les moments où l’on se sent morcelé sans trop savoir pourquoi. Une pièce sombre, élégante, et profondément contemporaine, qui confirme The Ghostly Pulse comme un projet qui ne fait pas de bruit inutile, mais qui laisse des traces durables.
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décembre 20, 2025« Avec yours, Derin grave une déclaration d’amour totale, intime et indestructible, pensée pour tenir debout quand tout vacille autour. »
Tout commence dans un souffle. Pas une grande entrée théâtrale, pas d’effet tape-à-l’œil : yours avance à pas feutrés, comme une confidence qu’on n’était pas censé entendre mais qu’on reçoit en plein cœur. Derin ne débarque pas, elle s’installe. Elle pose sa voix dans l’espace, doucement, avec cette assurance rare des artistes qui n’ont rien à prouver parce qu’ils savent exactement ce qu’ils veulent dire.
Dès les premières harmonies, le morceau crée sa propre bulle. Un cocon sonore fait de couches aériennes, de silences habités, de respirations presque palpables. On est dans une pop rêveuse, mais jamais floue : chaque note semble calibrée pour soutenir une émotion précise. yours n’est pas là pour séduire à la va-vite, il s’inscrit dans la durée, comme une promesse qu’on répète pour s’y accrocher.
Ce qui frappe, c’est la manière dont Derin parle d’amour sans naïveté. Ici, la dévotion n’est pas fragile, elle est radicale. Elle traverse l’époque, le chaos, l’instabilité générale, et reste debout. Les images convoquées mêlent le charnel et le contemporain : le corps, les fibres, les molécules, mais aussi le langage du code, du numérique, du monde actuel. L’amour devient un programme inscrit dans l’ADN, impossible à effacer, même quand tout le reste bug.
Musicalement, yours joue sur la retenue. Pas de montée spectaculaire inutile, pas de climax forcé. La tension est émotionnelle, intérieure. Le refrain agit comme un mantra, une phrase qu’on se répète pour ne pas lâcher. Il y a quelque chose de presque spirituel dans cette répétition, comme si Derin cherchait moins à convaincre qu’à ancrer une vérité.
Ce premier single donne l’impression d’une artiste qui arrive après un long temps de maturation. On sent l’écoute, l’histoire, les années passées à absorber la musique avant de la restituer. yours n’est pas un coup d’essai pressé, c’est une entrée en matière réfléchie, assumée, profondément humaine.
Dans un paysage pop souvent saturé de poses et de démonstrations, Derin choisit la sincérité nue. Elle ne crie pas, elle affirme. Et dans cette douceur déterminée, yours devient plus qu’une chanson d’amour : un point d’ancrage. Un endroit où revenir quand tout semble instable. Une main tendue, simple et solide, au milieu du vacarme.
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décembre 20, 2025Avec Goldilocks Zone, Map of the Woulds trace une orbite rare : un morceau suspendu entre classic rock et vertige cosmique, où chaque note cherche l’endroit exact pour ne pas brûler ni disparaître.
Il y a des titres qui ne cherchent pas à convaincre. Ils s’installent. Goldilocks Zone appartient à cette catégorie précieuse : celle des morceaux qui avancent à pas feutrés, mais avec une assurance tranquille, presque insolente. Map of the Woulds ne crie pas, ne force rien. Il ouvre un espace. Et nous invite à y rester.
Dès les premières secondes, le morceau donne l’impression de flotter dans une zone tempérée, ni froide ni brûlante, exactement comme le suggère son titre emprunté à l’astronomie. Tout est question d’équilibre : les guitares psychédéliques ondulent sans saturer, la section rythmique avance avec une élégance presque rétro, et la voix masculine, légèrement voilée, agit comme un fil d’Ariane émotionnel. Pas de démonstration, pas d’esbroufe. Juste une maîtrise calme.
On sent chez Map of the Woulds une obsession pour le temps long. Le morceau refuse le format TikTok-friendly, préfère la montée progressive, la répétition hypnotique, le groove qui s’installe doucement dans le corps. Goldilocks Zone regarde clairement du côté d’un rock classique réinventé, quelque part entre la contemplation psyché de Pink Floyd et le romantisme spatial de The Flaming Lips, mais sans jamais tomber dans la citation gratuite.
Ce qui frappe surtout, c’est la sensation d’espace. Le mix respire. Chaque instrument semble avoir été posé avec soin, comme si Map of the Woulds cherchait constamment le bon endroit pour exister sans écraser le reste. Cette précision donne au morceau une dimension presque cinématographique : on visualise des paysages, des trajectoires, des lignes d’horizon floues. C’est un rock de projection mentale, plus introspectif que frontal.
À l’écoute, Goldilocks Zone agit comme une zone refuge. Un endroit où l’on peut ralentir sans s’ennuyer, réfléchir sans sombrer dans le pathos. Map of the Woulds joue avec les codes du rock indé et psychédélique tout en les dépouillant de leur nostalgie lourde. Ici, le classic sound n’est pas un poids, mais un socle. Une base solide pour regarder vers l’avant.
Ce single confirme surtout une chose : Map of the Woulds sait exactement où il se situe. Ni trop loin dans l’expérimental, ni coincé dans le revival. Juste là où il faut. Dans cette fameuse Goldilocks Zone, cet endroit rare où la musique respire encore librement, sans calcul, mais avec une intelligence redoutable.
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décembre 20, 2025« Avec son remix drum’n’bass de Feliz Navidad, Leopold Nunan transforme l’hymne de José Feliciano en rituel nocturne incandescent, quelque part entre Rio, warehouse et sueur collective. »
Oublie les guirlandes poussiéreuses, le pull moche et les clochettes en plastique. Chez Leopold Nunan, Noël ne sent ni le sapin ni la neige. Il sent la peau chaude, l’asphalte encore brûlant, les basses qui cognent dans la cage thoracique et la nuit qui refuse de finir. Avec son Feliz Navidad (Drum’n’Bass Remix), le Brésilien basé à Los Angeles prend un classique mondial et le balance sans sommation sur un dancefloor en feu.
Reprendre Feliz Navidad, c’est risqué. C’est un monument, un réflexe culturel, un truc que même ton voisin qui n’écoute jamais de musique connaît par cœur. Mais Leopold Nunan ne joue pas à la parodie ni au clin d’œil ironique. Il déplace le décor. Radicalement. Ici, pas de nostalgie figée : la mélodie devient carburant, propulsée par une drum’n’bass nerveuse, quasi jungle, qui claque comme un appel à sortir de chez soi.
Ce qui frappe, c’est la cohérence du geste. Ce remix n’est pas un exercice de style opportuniste, c’est une déclaration d’identité. Leopold Nunan raconte Noël tel qu’il l’a vécu : version hémisphère sud, version corps en mouvement, version fête qui déborde. La prod signée avec RYLLE pousse cette vision à fond : breaks affûtés, basses élastiques, énergie continue. Ça court, ça accélère, ça refuse le confort. Le morceau ne t’accompagne pas, il te prend par le bras.
La voix, elle, reste volontairement lisible, presque familière. Comme un fil rouge entre générations. Là où l’original réchauffait les salons, ce remix allume les nuits. On reconnaît le refrain, mais il est désormais pris dans une spirale club, pensé pour le lâcher-prise collectif. C’est Noël, oui — mais version rave d’été, version after qui déraille, version liberté totale.
Derrière le fun immédiat, il y a aussi un vrai statement culturel. Leopold Nunan relie le Brésil, Porto Rico et la scène électronique globale sans folklore plaqué. Il montre que les classiques peuvent muter, que les traditions respirent encore, qu’elles peuvent transpirer et jumper. Cette Feliz Navidad n’apaise pas : elle réveille. Elle te rappelle que la fête est un acte vivant, pas une carte postale.
Noël, mais en short. Noël, mais en BPM élevés. Noël, mais avec le cœur qui tape aussi fort que la basse. Leopold Nunan ne réinvente pas seulement un morceau : il redéfinit l’ambiance.
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décembre 20, 2025« Avec They Mostly Come At Night …Mostly, HEADleave transforme la peur en terrain de jeu sensoriel et redonne au mythe d’ALIENS une pulsation nocturne, moite et viscérale. »
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à séduire mais à happer. They Mostly Come At Night …Mostly appartient clairement à cette catégorie : un titre qui avance dans la pénombre, capuche relevée, regard fixe, prêt à t’embarquer loin de toute ironie facile. HEADleave ne signe pas un clin d’œil geek ni un hommage de convention. Il pose une ambiance, lourde, tendue, presque suffocante, comme si la musique respirait à la place de l’auditeur.
Dès les premières secondes, le décor est planté. Les synthés rampent, l’espace sonore est large mais jamais confortable. On sent l’influence du cinéma avant même d’y penser consciemment : pas une bande-son illustrative, mais une écriture sonore qui fonctionne comme un travelling lent dans un couloir trop étroit. L’ombre n’est jamais loin, le danger non plus. Ce qui frappe, c’est la retenue. HEADleave ne surcharge pas, il suggère. Chaque texture semble choisie pour maintenir l’alerte, comme un radar émotionnel constamment allumé.
La référence à ALIENS n’est pas décorative. Elle est structurelle. On retrouve cette sensation de menace diffuse, cette tension qui ne retombe jamais vraiment. Le morceau refuse l’explosion facile : il préfère l’attente, l’angoisse sourde, la montée lente du stress. Quand certains sons surgissent — moteurs lointains, signaux mécaniques, cris presque fantomatiques — ils agissent comme des souvenirs incrustés dans la matière même du track. Rien n’est là par hasard, tout participe au récit.
Ce respect quasi sacré pour l’univers du film, HEADleave le revendique à demi-mot. Là où beaucoup auraient opté pour la parodie ou le clin d’œil appuyé, lui choisit la fidélité émotionnelle. On sent l’enfant fasciné par le film de James Cameron, mais aussi l’adulte qui maîtrise désormais ses outils, capable de traduire une mémoire sensorielle en langage électronique contemporain. La synthwave ici n’est pas nostalgique, elle est fonctionnelle : elle sert le récit, elle construit un espace mental.
Ce qui rend They Mostly Come At Night …Mostly particulièrement marquant, c’est sa capacité à exister sans son référent. Même sans connaître le film, le morceau tient debout, solide, immersif, presque cinématographique par essence. HEADleave esquisse ainsi une direction claire : celle d’une musique narrative, pensée comme une extension de l’imaginaire, où chaque son raconte quelque chose, même en silence.
Un premier pas public qui ressemble moins à une sortie qu’à une ouverture de sas. Et clairement, une promesse : celle d’un univers où la musique ne se contente pas d’être écoutée, mais vécue, dans le noir, volume un peu trop fort, en acceptant de ne pas tout contrôler.
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décembre 20, 2025« Ungrateful Women de Dark and Twisties transforme la douceur folk en terrain de résistance intime, là où la vulnérabilité devient une force politique. »
Il y a des disques qui te prennent par la main. Et puis il y a ceux qui t’attrapent par le col, doucement mais fermement, pour t’obliger à regarder ce que tu évites. Ungrateful Women appartient clairement à la seconde catégorie. Dark and Twisties signent ici un album qui avance à pas feutrés mais dont chaque chanson laisse une trace, comme des empreintes dans la boue après une longue marche intérieure.
Dès This Time, le décor est planté. Une folk épurée, presque trompeuse, qui parle de recommencement sans naïveté. On n’est pas dans la promesse facile, plutôt dans la lucidité d’une décision prise trop tard… ou juste à temps. The Lonely enchaîne, solitaire mais jamais plaintif, avec ce sentiment diffus d’être entouré et pourtant ailleurs, émotion très contemporaine, presque générationnelle.
Avec Questions, Dark and Twisties font exactement ce que le titre annonce : ils creusent. Les silences comptent autant que les mots, et chaque accord semble suspendu à une interrogation non résolue. Oh Ma Belle apporte une respiration différente, plus charnelle, presque franco-folk dans l’intention, comme une lettre jamais envoyée, coincée entre nostalgie et désir de distance.
Les morceaux déjà exposés comme The Wild et Grace & Dignity agissent ici comme des piliers. Le premier est instinctif, presque animal, rappelant que la liberté n’est pas toujours élégante. Le second, au contraire, impose une tenue droite, digne, sans jamais céder à la grandiloquence. Entre les deux, Random Acts of Kindness agit comme une micro-révolution douce, rappelant que les petits gestes sont parfois les plus subversifs.
La seconde moitié de l’album gagne en caractère. Oh! Johanna joue avec la narration, quasi cinématographique, pendant que Procrastination capture ce mal moderne avec une ironie feutrée, jamais moqueuse. Le titre central, Ungrateful Woman, est le cœur battant du disque : une déclaration frontale contre les injonctions à la gratitude forcée, surtout quand elle étouffe l’identité. Enfin, Flags referme l’album avec une gravité calme, presque politique, où chaque drapeau devient symbole de ce qu’on porte malgré soi.
Ungrateful Women n’est pas un album qui cherche à plaire. Il cherche à dire. À rester honnête. À poser des mots là où d’habitude on se tait. Dark and Twisties livrent ici un folk moderne, habité, subtil, qui refuse la posture et préfère la vérité nue. Un disque qui ne crie pas, mais qu’on entend longtemps après la dernière note.
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décembre 19, 2025Blue Flame Hughes ne rappe pas pour meubler le silence, il rappe pour l’habiter, le dominer, le transformer en terrain de jeu intérieur. The 118 Theory ne se traverse pas distraitement : c’est un bloc, une montée progressive où chaque titre agit comme une pièce d’un puzzle mental, spirituel et très concret à la fois.
Dès Victory (Intro), Hughes plante le décor. Pas une intro décorative, mais une mise en condition. Les nappes sont larges, la voix posée comme un discours avant le combat. Ici, la victoire n’est pas encore acquise, elle est visualisée, invoquée. On sent l’artiste dans une phase de recentrage, presque méditative, avant l’explosion.
HammerTime arrive ensuite comme un coup sec. Rythme court, énergie compacte, ego assumé. Hughes tape là où ça fait mal, sans fioritures, avec cette manière très américaine de transformer la confiance en moteur narratif. Reckless prolonge cette dynamique : plus mélodique, plus flottant, il explore la zone grise entre maîtrise et abandon, là où le risque devient une nécessité créative.
Moment clé du disque, The Tone (The CountDown City Anthem) avec Ant Fisher agit comme un hymne urbain, calibré pour résonner aussi bien dans les écouteurs que dans une salle pleine. Le morceau respire la ville, la pression, le compte à rebours permanent. À l’opposé, Still (Himmy Duncan) avec Yung Joddye ralentit le tempo : introspection douce-amère, voix plus fragile, presque en apnée.
Le cœur émotionnel de l’album se joue autour de You et Company. Deux titres qui parlent de lien, de solitude choisie ou subie, de ce besoin paradoxal d’être entouré tout en restant seul avec ses ambitions. Gigolo Jak (Interlude) agit alors comme une respiration ironique, presque un clin d’œil, avant de repartir plus frontal avec Pull Up, où l’énergie collective reprend le dessus.
La tension monte avec Fear (The Face Off), un morceau qui confronte directement les doutes, sans posture héroïque. Puis Hey Mama vient toucher quelque chose de plus intime, presque familial, rappelant que derrière la performance, il y a une trajectoire humaine.
La fin du disque est une ascension : Flow State Freestyle capture cet instant rare où tout s’aligne, où le rap devient réflexe pur. Heights et Stadium Status (Lucid Dreams) élargissent encore le cadre, visant grand, très grand, sans jamais perdre le contrôle. Et quand Standing Ovation (Outro) tombe, ce n’est pas une conclusion classique : c’est un arrêt sur image, le moment où l’artiste regarde le chemin parcouru, conscient que tout ne fait que commencer.
Avec The 118 Theory, Blue Flame Hughes livre un album dense, réfléchi, où la performance technique sert toujours un propos plus large. Un disque qui parle de discipline, de foi en soi, de chute et d’élévation, sans jamais sonner comme un discours. Juste du rap vécu, maîtrisé, et franchement habité.
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décembre 19, 2025Rupert Träxler balance Atmospheres comme on entrouvre une porte sur une salle obscure où tout tremble déjà, où les murs vibrent avant même que le premier kick ne frappe.
Dès les premières secondes, Atmospheres refuse la ligne droite. Ça rampe, ça pulse, ça respire en contretemps. On n’est pas face à un simple track hybride, mais à un territoire mouvant, une zone grise où la jungle, la drum & bass et le heavy rock se frottent sans jamais chercher la paix. Rupert Träxler compose comme on assemble un film sans scénario figé : par couches, par tensions successives, par glissements presque imperceptibles.
Le morceau s’ouvre sur des boucles rythmiques nerveuses, héritées de la jungle la plus brute. Rien de nostalgique ici, pas de clin d’œil rétro. Les breaks sont secs, les textures granuleuses, et très vite une guitare surgit, pas héroïque, pas démonstrative, mais lourde, insistante, presque obsessionnelle. C’est elle qui sert de fil rouge, de boussole dans ce labyrinthe sonore. Elle ne solo pas, elle insiste, elle griffe l’espace, elle rappelle que le rock n’est jamais très loin de l’électronique quand il s’agit de créer de la tension pure.
Ce qui frappe dans Atmospheres, c’est son refus de la répétition confortable. Le morceau évolue constamment, comme s’il craignait de s’ennuyer lui-même. Les grooves se déplacent, les dynamiques mutent, et chaque transition donne l’impression d’un changement de décor brutal. On passe d’un club moite à une scène industrielle, puis à une sorte de no man’s land cinématographique où tout semble prêt à imploser. Ce n’est pas une musique faite pour accompagner, c’est une musique qui impose son rythme, qui t’oblige à rester dedans.
Il y a aussi cette idée très forte de création en huis clos. Tout est fabriqué à la maison, dans l’espace intime, loin des studios lisses. Ça s’entend. Atmospheres garde quelque chose de rugueux, de presque artisanal dans sa complexité. Même l’utilisation de techniques modernes, y compris l’IA, ne cherche jamais à prendre le dessus. Ici, la technologie reste un outil, jamais une béquille. Le cœur du morceau reste humain, physique, presque organique dans sa manière de respirer et de se contracter.
Avec Atmospheres, Atmospheres s’impose comme un point de bascule dans le parcours de Rupert Träxler. Après le metal, après l’indie, voici le moment où tout converge. Un morceau qui ne cherche pas à plaire à un algorithme mais à construire un monde, même temporaire, même inconfortable. Une traversée nocturne, dense et sans panneau de sortie, qui confirme une chose : certaines musiques ne sont pas là pour rassurer, mais pour élargir le champ de vision.
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décembre 19, 2025« Avec Personne pouvait me sauver, Yari transforme la solitude en uppercut émotionnel et pose une vérité crue, sans filtre, droit dans la poitrine. »
Ça commence comme un aveu lâché à voix basse, puis ça monte, ça serre, ça déborde. Personne pouvait me sauver n’essaie jamais de faire joli, ni de rassurer. Yari écrit depuis l’endroit où on arrête d’attendre que quelqu’un arrive. Cet endroit chelou, entre lucidité violente et résignation active. Pas de héros, pas de main tendue au bon moment, juste un mec face à lui-même, qui constate que le monde n’a pas prévu de plan B pour les âmes trop cabossées.
Musicalement, le morceau avance comme une nuit qui refuse de finir. L’instru est sombre mais pas figée, elle respire à peine, laisse passer des silences lourds, presque gênants. On sent une esthétique rap mélancolique actuelle, mais sans copier-coller. Yari ne cherche pas le gimmick, il cherche la justesse. La prod sert le texte comme un décor minimaliste : rien de trop, tout est là pour laisser la voix faire le sale boulot. Et cette voix, justement, elle n’est pas lisse. Elle tremble parfois, elle appuie là où ça fait mal, elle assume ses failles au lieu de les maquiller.
Ce qui frappe, c’est l’écriture. Pas dans la punchline Instagram, mais dans la phrase qui traîne, qui revient, qui obsède. Personne pouvait me sauver sonne comme une conclusion acceptée trop tôt, mais répétée pour s’en convaincre. Yari parle de solitude, mais pas celle qu’on romantise. Une solitude urbaine, mentale, générationnelle. Celle où t’as du monde autour, mais personne dedans. Celle où tu comprends que demander de l’aide n’a pas toujours de réponse.
Le morceau ne cherche jamais à faire la morale ni à vendre une rédemption rapide. Pas de “ça ira mieux demain” en carton. Juste un constat honnête : parfois, tu dois avancer seul, même quand t’as plus de jus. Et paradoxalement, c’est là que le titre devient fort. Parce que dans cette phrase ultra sombre, il y a aussi une forme de puissance. Si personne pouvait le sauver, alors c’est lui qui a tenu. Lui qui a écrit. Lui qui a survécu assez longtemps pour le raconter.
Yari s’inscrit dans cette nouvelle vague d’artistes qui n’ont plus peur de montrer le vide, l’ennui, la fatigue émotionnelle. Pas pour faire pleurer, mais pour documenter une époque. Personne pouvait me sauver ressemble à un message vocal jamais envoyé, ou à une note écrite à 4h du mat quand le cerveau tourne trop vite. C’est brut, parfois inconfortable, mais profondément sincère.
Un morceau qui ne cherche pas à plaire à tout le monde, et c’est précisément pour ça qu’il touche juste. Parce qu’au fond, quand tu l’écoutes, t’as l’impression que quelqu’un met enfin des mots sur ce que beaucoup taisent. Et ça, aujourd’hui, c’est déjà énorme.
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décembre 19, 2025« Sur Next Up France, 63OG ne demande pas sa place : il la prend, il la mâche, et il recrache le décor. »
La scène est froide, presque clinique, mais l’énergie déborde. Avec Next Up France, 63OG ne vient pas pour tester le micro : il vient le plier. Invité par Mixtape Madness, véritable passeport international pour têtes brûlées du rap, le rappeur impose un diptyque sec, sans bavure, où C’est Nous et Manger la vie fonctionnent comme deux battements d’un même cœur. Un cœur qui tape vite, fort, et surtout sans filtre.
C’est Nous ouvre le bal comme une déclaration de présence. Pas besoin de storytelling inutile : 63OG pose son monde, son clan, sa posture. La prod est nerveuse, presque minimaliste, laissant la place à un flow qui glisse entre les langues et les influences avec une aisance insolente. Français, anglais, accents US digérés sans caricature : le DMV flow devient ici un langage naturel. Ça sonne vrai, pas cosplay. On sent l’artiste qui a vécu le truc, qui a observé ailleurs pour mieux revenir cogner ici. Le morceau agit comme un cri de ralliement, un “on est là” balancé sans chercher l’approbation. Froid, mais jamais vide.
Puis arrive Manger la vie, et là, le freestyle bascule dans une autre dimension. Plus sombre, plus poisseux, presque hypnotique. Le titre dit tout : survivre ne suffit plus, il faut dévorer. La rythmique saute, les textures trap se frottent à des sonorités afro en arrière-plan, créant une tension constante. 63OG rappe comme s’il courait après quelque chose – ou quelqu’un – sans jamais ralentir. Les punchlines claquent, restent en tête, se répètent comme un mantra urbain. C’est sale, c’est addictif, c’est calibré pour tourner en boucle dans la tête, exactement comme les systèmes qu’il observe et détourne.
Ce Next Up France n’est pas juste un freestyle de plus dans l’algorithme. C’est un statement. 63OG montre qu’il a compris les codes sans s’y soumettre. Il joue avec, les tord, les exporte. Son parcours transpire dans chaque intonation : l’ailleurs, le retour, l’entre-deux permanent. On n’est pas sur un rap de pose, mais sur un rap de mouvement, toujours en déséquilibre contrôlé.
En deux morceaux, 63OG réussit un truc rare : donner l’impression que tout peut encore arriver. Pas de surproduction, pas de posture forcée. Juste une énergie brute, connectée à son époque, qui parle autant aux caves qu’aux écrans. Next Up France devient alors plus qu’un format : un point de bascule. Et clairement, 63OG n’a pas fini de manger la vie.
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décembre 19, 2025Avec Virgin, Gugga Lísa murmure l’intime jusqu’à le rendre universel, comme si chaque souffle contenait déjà une promesse de renaissance.
Il y a dans Virgin quelque chose qui ne cherche jamais à séduire frontalement. Le morceau avance à pas feutrés, presque à contre-courant de l’époque, refusant l’esbroufe et l’urgence. Tout commence dans un espace suspendu, un lieu mental où la voix se pose avant même que l’on comprenne ce qu’elle raconte. Gugga Lísa ne chante pas pour remplir, elle chante pour ouvrir. Et c’est précisément dans ce creux que la musique prend toute sa force.
La voix, d’abord. Elle arrive nue, sans fard, avec cette fragilité assumée qui rappelle certaines grandes interprètes nordiques, capables de transformer une respiration en événement. Il y a chez elle une pureté qui n’a rien d’angélique au sens décoratif du terme. C’est une pureté traversée, gagnée, presque combattue. Chaque inflexion semble porter le poids d’une histoire personnelle digérée lentement, sans pathos, avec une forme de paix grave. On sent la terre, le froid, l’horizon large. L’Islande n’est jamais loin, même lorsqu’elle ne se nomme pas, comme si les paysages de Keflavík continuaient de résonner entre les notes.
Musicalement, Virgin s’inscrit dans une pop contemporaine acoustique qui préfère la suggestion à l’affirmation. Les arrangements sont minimalistes mais jamais pauvres. Ils respirent. Une guitare effleure, des nappes discrètes soutiennent sans alourdir, laissant la voix guider l’émotion. Tout est pensé pour accompagner, pas pour dominer. Cette retenue crée une tension douce, presque méditative, qui invite à l’écoute attentive, loin du zapping compulsif.
Ce qui frappe surtout, c’est la dimension spirituelle du morceau, non pas comme un manifeste, mais comme une présence diffuse. Virgin n’impose rien. Il propose. Il parle de vulnérabilité, de recommencement, de cette nudité intérieure que l’on atteint parfois après suggéré par la vie. La foi, ici, n’est ni dogmatique ni spectaculaire. Elle est intime, presque charnelle, vécue comme un chemin personnel vers la réparation.
En cela, Gugga Lísa s’inscrit dans une tradition rare : celle des artistes capables de faire de la douceur un acte radical. À une époque saturée de cris, Virgin choisit le murmure. Et ce choix, loin d’affaiblir le propos, le rend d’autant plus percutant. On ressort de l’écoute avec l’impression étrange d’avoir été apaisé sans avoir été consolé, touché sans avoir été forcé.
Virgin n’est pas un titre qui s’impose immédiatement. Il s’installe, lentement, puis reste. Comme une lumière discrète qui continue de briller bien après que le morceau s’est tu.
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décembre 19, 2025Un cor anglais qui saigne lentement l’air, une romance qui avance comme une marche funèbre amoureuse, et cette sensation étrange d’écouter une chanson venue d’un autre temps, mais hantée par des ombres bien actuelles.
Il y a, dans The Crow, quelque chose de profondément cinématographique, presque irréel, comme si le morceau refusait de s’inscrire dans l’époque pour mieux dialoguer avec ses fantômes. Dès les premières mesures, la rythmique évoque un boléro ralenti, solennel, qui n’avance pas pour séduire mais pour installer un décor : celui d’une solitude majestueuse, assumée, presque théâtralisée. La musique ne cherche jamais l’efficacité immédiate. Elle s’étire, prend son temps, respire, regarde autour d’elle.
La référence à Roy Orbison plane comme un esprit tutélaire, mais elle n’est jamais citationnelle. On pense à cette façon de transformer le chagrin en architecture sonore, à cette dramatisation élégante du manque, mais ici, la mélancolie n’est plus seulement romantique. Elle devient charnelle, presque dérangeante. L’image du corbeau, charognard solitaire, n’est pas métaphore décorative : elle impose une vision frontale de l’abandon, de la survie émotionnelle, de ce qui reste quand l’amour s’est vidé de sa substance.
Les arrangements jouent un rôle clé dans cette montée en gravité. Les cordes surgissent comme des vagues lentes, le cor anglais vient souligner les moments de bascule émotionnelle avec une pudeur douloureuse, tandis que les chœurs, volontairement sucrés, créent un contraste troublant. Ils enveloppent la noirceur du texte d’une douceur presque ironique, comme si la beauté elle-même devenait suspecte. La présence d’Andreas Quincy Dahlbäck à la batterie apporte une retenue impeccable, jamais démonstrative, au service du souffle dramatique global.
Les voix secondaires, portées par David Myhr et Stefan Petersson, ne cherchent pas à briller. Elles agissent comme un chœur antique, commentant l’action, accentuant le sentiment d’inéluctable. On sent une maîtrise rare dans cette façon de ne jamais surjouer l’émotion, de laisser la gravité s’installer d’elle-même.
The Crow n’est pas une chanson confortable. Elle demande une écoute attentive, presque recueillie. Elle parle à celles et ceux qui savent que la mélancolie n’est pas une posture esthétique mais un état, parfois durable, parfois nécessaire. Une ballade qui ne cherche pas à consoler, mais à regarder la nuit en face, avec élégance, dignité et un sens aigu du drame. Une chanson qui ne caresse pas, mais qui reste longtemps.
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décembre 19, 2025« Avec Quicksand Serenade, KuF transforme l’enlisement en rituel électrique, là où chaque riff devient une prise pour ne pas sombrer. »
Il y a dans Quicksand Serenade quelque chose qui refuse la surface. Dès les premières secondes, le morceau ne cherche pas à séduire : il attire, il aspire, il impose un poids. Pas celui d’un metal démonstratif, mais celui, plus insidieux, d’un rock lourd chargé d’émotions contradictoires. KuF avance ici comme on marche dans une zone instable, conscient du danger mais incapable de faire demi-tour. Et c’est précisément là que le titre trouve sa force.
La guitare de Todd n’est pas là pour briller, elle creuse. Elle dessine des sillons épais, presque telluriques, rappelant la gravité poisseuse de Black Sabbath tout en conservant une nervosité plus contemporaine, proche de la tension émotionnelle d’Alice in Chains. Chaque riff semble conçu comme une traction, une tentative de rester debout alors que le sol se dérobe.
Mais Quicksand Serenade ne serait qu’un exercice de style sans la voix d’Ally. Elle ne surplombe pas l’instrumentation, elle s’y débat. Son chant navigue entre fragilité et frontalité, avec une intensité qui évoque parfois la détermination rageuse d’Halestorm, sans jamais tomber dans l’héroïsme facile. Ici, la voix est humaine, exposée, parfois presque blessée, et c’est ce qui rend le morceau profondément crédible.
La rythmique, lourde et volontairement insistante, agit comme une pulsation vitale. Elle ne cherche pas la complexité, mais la répétition, comme un battement de cœur sous stress. Cette insistance renforce la métaphore centrale du titre : l’enfermement, la tentation de lâcher prise, mais aussi cette étrange beauté que l’on trouve parfois dans la lutte elle-même. Le quicksand n’est pas seulement une menace, il devient un état, presque un refuge paradoxal.
Ce qui frappe surtout, c’est l’absence de cynisme. Quicksand Serenade parle de chute, de confusion intérieure, de lumière vacillante, mais jamais avec détachement. KuF joue cette chanson comme on raconte quelque chose de vécu, sans masque, sans filtre, fidèle à une vision du rock où l’émotion prime sur l’effet. On sent un groupe qui ne cherche pas à suivre une époque, mais à rappeler pourquoi le rock lourd, quand il est sincère, reste un langage essentiel.
Dans un paysage saturé de productions aseptisées, Quicksand Serenade agit comme un rappel physique : le rock peut encore peser, encore troubler, encore laisser des traces. KuF ne propose pas une issue, mais un face-à-face. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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décembre 19, 2025L’Atlantique de Hachè Costa ne fait pas qu’évoquer la mer : il la convoque, la fait respirer, la transforme en une entité sensible qui observe l’humanité autant qu’elle la porte.
Chez Hachè Costa, chaque note semble pesée comme un geste rituel. Avec L’Atlantique, le compositeur espagnol prolonge son travail de fond sur la mémoire, le territoire et la responsabilité humaine, en livrant un morceau instrumental qui agit comme une lente immersion. Pas de spectaculaire gratuit ici, mais une tension douce, continue, presque organique, qui s’installe dès les premières secondes. Le piano avance comme une houle régulière, minimaliste sans jamais être froide, soutenue par des nappes ambiantes qui évoquent autant le souffle du vent que la résonance lointaine des profondeurs.
On sent immédiatement l’empreinte du parcours singulier de Costa, habitué à naviguer entre musique contemporaine, écriture néo-classique et composition pour l’image. L’Atlantique pourrait être un plan-séquence sonore : une caméra invisible glissant à la surface de l’eau avant de plonger lentement, inexorablement, vers quelque chose de plus ancien, de plus grave. La structure refuse le schéma narratif classique ; elle préfère l’accumulation subtile, la répétition signifiante, cette manière très folk-minimaliste de laisser le temps faire son œuvre.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont le morceau réactive des réminiscences de musiques traditionnelles européennes — celtiques, ibériques, presque flamencas par instants — sans jamais les citer frontalement. Elles apparaissent comme des fantômes mélodiques, des souvenirs enfouis sous la surface, exactement comme ces cultures maritimes que le temps, l’industrialisation et la crise climatique menacent d’effacer. L’Atlantique n’accuse pas, il n’illustre pas : il rappelle. Et ce rappel est d’autant plus puissant qu’il reste pudique.
Le travail sur la dynamique est exemplaire. Costa sait quand retenir le son, quand l’élargir, quand laisser le silence devenir un acteur à part entière. Certaines respirations donnent presque l’impression que la musique écoute autant qu’elle parle. On pense à ces œuvres capables d’accompagner aussi bien une salle de concert qu’un espace muséal, ou un moment de solitude nocturne, casque sur les oreilles.
L’Atlantique agit alors comme une méditation cinématographique sur notre rapport au vivant. Ni nostalgique ni naïvement optimiste, le morceau propose une forme de consolation lucide : regarder le passé pour réapprendre à aimer, comprendre la beauté héritée pour réinventer un futur possible. Une œuvre qui ne cherche pas l’effet immédiat, mais laisse une trace durable, comme le sel sur la peau après la baignade.
Dans un paysage instrumental souvent saturé de démonstration, Hachè Costa signe ici une pièce d’une rare honnêteté émotionnelle, où la profondeur ne se mesure pas en décibels mais en résonance intérieure.
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décembre 19, 2025Avec Poison, Noam Peri met en musique ce moment précis où l’amour cesse d’être un refuge pour devenir une substance lente, insidieuse, qu’il faut apprendre à expulser de soi.
Dès les premières secondes, quelque chose s’installe qui relève moins de la séduction que de l’aveu. Poison avance à découvert, sans maquillage inutile, porté par une tension émotionnelle qui se glisse dans chaque interstice de la production. Les guitares électriques ne cherchent pas l’héroïsme, elles dessinent des lignes fragiles, parfois coupantes, tandis que les claviers occupent l’espace comme une pensée qui revient sans cesse, obsédante. Il y a du mouvement, mais aussi de l’errance. Une musique qui marche, hésite, recule, puis repart.
Ce qui frappe, c’est la manière dont Noam Peri traite la narration. Ici, la rupture n’est pas racontée comme un événement spectaculaire, mais comme un état prolongé. La solitude n’arrive pas après la fin : elle est déjà là, tapie dans la relation elle-même. Les synthétiseurs superposés donnent cette impression d’enfermement intérieur, presque cinématographique, comme si l’on traversait une ville nocturne sans jamais trouver la bonne sortie. Entre Los Angeles et Tel Aviv, Poison semble porter en elle une géographie émotionnelle éclatée, faite de distances, de déracinements, de silences.
La structure du morceau épouse ce chaos intime. Les couplets se replient sur eux-mêmes, fragiles, presque murmurés, avant que les refrains n’explosent sans pour autant offrir de réelle résolution. Ce ne sont pas des cris de victoire, mais des lâchers-prise. La production, volontairement mouvante, passe d’une intimité quasi nue à des moments plus denses, où tout semble prêt à déborder. Cette instabilité devient le cœur même du morceau : aimer ce qui fait mal, savoir qu’il faut partir, mais rester encore un instant.
Il y a aussi quelque chose de profondément honnête dans la manière dont Poison assume la tristesse. Pas de posture salvatrice, pas de message prémâché sur la guérison rapide. La chanson accepte le chagrin comme une étape nécessaire, presque légitime. Noam Peri ne cherche pas à rendre la douleur jolie, elle la rend réelle. Et c’est précisément là que le morceau touche juste.
Poison s’inscrit dans cette indie pop-rock contemporaine qui préfère la faille à la démonstration, l’émotion brute au slogan. Un titre qui ne promet pas de solution, mais offre un espace où déposer ce qui fait encore mal. Une musique pour celles et ceux qui comprennent que quitter n’est pas toujours synonyme de soulagement immédiat, mais parfois simplement le début d’un lent retour à soi.
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décembre 19, 2025Vivre une fois ne suffit plus : avec Living Twice, Ellecielles transforme le vertige intérieur en propulsion sonore, quelque part entre l’extase shoegaze et la nervosité post-punk.
Quelque chose pulse immédiatement, sans prévenir. Pas une explosion frontale, plutôt une montée continue, un battement obstiné qui donne l’impression que le morceau avance même quand il semble suspendu. Living Twice n’est pas là pour caresser l’oreille, il l’engloutit. Ellecielles bâtit son morceau comme on érige un paysage mental : couche après couche, guitare après guitare, jusqu’à ce que l’air devienne épais, presque palpable.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la maîtrise du mur de son. Ici, la saturation n’est jamais décorative. Elle sert un mouvement, une tension, un désir d’évasion. On pense aux nappes troubles de my bloody valentine, à cette manière de faire vibrer le chaos sans jamais le laisser s’effondrer, mais Living Twice refuse la nostalgie. Le morceau avance, propulsé par une rythmique presque post-punk, sèche, insistante, qui rappelle que le corps est aussi impliqué que l’esprit.
La voix, volontairement noyée sans être effacée, agit comme une présence fantomatique. Elle n’explique rien, elle suggère. Elle flotte au-dessus des guitares comme un souvenir persistant, à la manière des incantations éthérées de Cocteau Twins, tout en conservant une urgence plus terrestre. Il y a là une romance trouble, jamais totalement assumée, toujours sur le fil.
Ce qui rend Living Twice particulièrement captivant, c’est cet équilibre entre contemplation et mouvement. Le morceau invite à la dérive, mais refuse l’immobilité. On y entend autant l’héritage shoegaze que l’élan moderne de formations comme Slow Crush ou Whirr, sans jamais tomber dans la simple citation. Chaque texture semble pensée pour dialoguer avec la suivante, comme si le morceau se reconstruisait en permanence sous nos oreilles.
Il y a aussi, en filigrane, quelque chose de profondément intime. Savoir que ce projet est façonné seul, dans un home-studio italien, donne à Living Twice une dimension presque artisanale. On sent l’obsession, le temps passé à empiler les sons, à chercher le point précis où la mélodie survit à la déflagration. Cette solitude créative se transforme paradoxalement en un morceau expansif, qui appelle l’écoute au casque, la nuit, quand tout ralentit.
Living Twice ne cherche pas le tube immédiat. Il préfère l’empreinte durable. Celle qui reste après la dernière note, quand le silence paraît soudain trop vide. Ellecielles signe ici un morceau qui ne se contente pas de faire revivre le shoegaze : il le projette dans un présent nerveux, inquiet, vibrant. Une musique pour celles et ceux qui avancent avec leurs fantômes, et qui acceptent, parfois, de vivre deux fois dans la même chanson.
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décembre 19, 2025Feliz Navidad, chez Leopold Nunan, cesse d’être un décor enneigé pour devenir un corps en mouvement, solaire, moite, traversé par la mémoire et le désir de métissage.
Dès les premières secondes, quelque chose déraille volontairement. Feliz Navidad n’arrive pas comme une carte postale nostalgique mais comme une vague tiède qui déborde du cadre. Leopold Nunan ne cherche pas à réinterpréter un classique, il le déplace géographiquement, culturellement, presque politiquement. Le morceau abandonne la neige pour le sable chaud, les cloches pour les percussions, et rappelle une évidence trop souvent oubliée : Noël n’a pas une seule température, ni une seule langue.
La reprise du standard de José Feliciano devient ici un terrain de jeu identitaire. Tout est pensé depuis le Brésil, produit par des musiciens brésiliens, nourri de bossa nova, de samba, de pop latine contemporaine. Le rythme ne force jamais la fête : il la laisse s’installer naturellement, comme une soirée qui commence sans programme précis et finit en danse collective. La guitare respire, les percussions sourient, et la voix de Leopold glisse avec une aisance presque insolente.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale de cynisme. Là où beaucoup de reprises de Noël sonnent comme des produits saisonniers, celle-ci ressemble à une déclaration intime. On sent que ce Feliz Navidad appartient à une biographie, à une enfance passée à Rio, à des réveillons d’été, à des corps qui transpirent plus qu’ils ne grelottent. La chanson devient alors un manifeste discret : celui d’un artiste qui refuse l’imaginaire unique imposé par l’industrie globale.
Leopold Nunan ne surjoue pas l’exotisme. Il ne caricature rien. Il affirme simplement une autre normalité. Sa voix, à la fois théâtrale et organique, porte le morceau sans l’écraser. Elle ne cherche pas la démonstration vocale mais la connexion. On sent l’expérience du performeur, du metteur en scène de lui-même, mais aussi une sincérité presque enfantine dans le plaisir de chanter.
Cette version de Feliz Navidad agit comme une brèche joyeuse dans les clichés. Elle rappelle que la pop peut être un espace de circulation culturelle, pas seulement de répétition. Elle relie Porto Rico, le Brésil, Los Angeles, et tous ces endroits où Noël n’est pas une pause silencieuse mais une extension de la vie.
Chez Leopold Nunan, la fête n’est jamais décorative. Elle est politique au sens noble : elle dit qui l’on est, d’où l’on vient, et comment on choisit de célébrer. Feliz Navidad devient alors plus qu’une reprise : une réappropriation chaleureuse, dansante, profondément humaine. Un Noël qui ne demande pas la permission pour exister autrement.
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décembre 19, 2025Avec The Hole, RMHNDRX transforme l’obscurité en refuge, et la chute intérieure en geste esthétique d’une douceur troublante.
Il faut accepter de lâcher la rampe. The Hole ne se parcourt pas, il s’éprouve. Dès l’ouverture, RMHNDRX nous invite à une descente lente, presque consentie, dans un espace mental où la peur ne hurle jamais mais murmure, où la mélancolie ne s’impose pas mais s’installe. Ce nouvel EP ne cherche ni la sidération ni l’expérimentation agressive : il préfère la tension feutrée, la chaleur étrange de ce que l’artiste nomme une “dread accueillante”. Une musique qui ne fuit pas l’ombre, mais qui s’y repose.
https://rmhendrix.bandcamp.com/album/the-hole
Le voyage commence avec An Escape, pièce d’entrée faussement apaisée. Tout y évoque le mouvement, la fuite, mais sans urgence. Le piano esquisse une marche intérieure, comme si s’échapper signifiait surtout se retirer du bruit. Rien n’est spectaculaire, et c’est précisément là que la pièce touche juste : l’évasion n’est pas un cri, c’est une disparition douce.
Stars at Noon poursuit ce flottement fragile. Courte, presque suspendue, elle agit comme une vision fugace, un éclat lumineux aperçu au fond du tunnel. Les textures synthétiques semblent respirer, hésiter, donnant à la musique un caractère instable, presque tactile.
Puis vient le cœur lourd de l’EP : You Are Lost. Plus étendue, plus narrative, elle installe une solitude frontale. La répétition, la lenteur, les couches sonores étirées composent un sentiment d’errance qui n’a rien de romantique. On n’est pas perdu pour se trouver, on est perdu parce que quelque chose s’est déplacé à l’intérieur. La musique agit ici comme un paysage mental figé.
Seas Within Seas fonctionne comme une respiration intermédiaire, un jeu de miroirs sonores. Les motifs semblent se replier sur eux-mêmes, rappelant que l’introspection n’a pas de fond stable : chaque profondeur en cache une autre.
Avec The Body Passes Where the Body Is Not, RMHNDRX pousse l’expérience jusqu’à la dissociation. Longue, immersive, presque dérangeante, cette pièce donne la sensation que le corps devient un souvenir, que la conscience flotte à côté d’elle-même. Les drones, les nappes, les silences étirés créent une sensation de temps distordu, hypnotique.
Enfin, How Is It in Reykjavík? clôt l’EP comme un message envoyé trop tard, depuis trop loin. Derrière son apparente simplicité, le morceau porte une charge émotionnelle sourde, liée à l’éloignement, à l’aliénation involontaire. C’est ici que l’ombre devient pleinement humaine.
On pense forcément à Haruki Murakami et à ses puits, ses chambres souterraines, ces lieux où l’on descend pour mieux ressentir. The Hole s’inscrit dans cette même logique : une musique qui ne promet pas la sortie, mais offre un endroit où rester, un moment.
RMHNDRX signe un EP profondément intérieur, cinématographique sans image, expérimental sans froideur. Une œuvre qui ne cherche pas à rassurer, mais qui, paradoxalement, apaise. Parce qu’elle accepte la confusion comme un état, et l’obscurité comme une matière vivante.
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décembre 19, 2025Toni Janke signe avec Cool Life une chanson qui marche pieds nus sur le fil du quotidien, entre lucidité tranquille et joie têtue, comme une respiration longue dans un monde pressé.
Dès les premières secondes, Cool Life ne cherche pas à impressionner. Elle s’installe. Elle observe. Elle prend le temps, ce luxe devenu presque subversif. Toni Janke n’entre pas en scène, elle arrive déjà là, posée, habitée, avec cette voix qui ne force jamais le passage mais finit toujours par s’imposer. Une voix chargée d’histoires, de chemins parcourus, de silences aussi. On sent immédiatement que ce morceau ne parle pas de réussite spectaculaire ou d’utopie brillante, mais de quelque chose de bien plus rare : la capacité à rester aligné quand tout vacille.
Musicalement, Cool Life avance avec une souplesse soul presque méditative. La production, signée Munk Funk Productions, choisit la chaleur plutôt que l’esbroufe. Les textures sont rondes, aérées, jamais envahissantes. Chaque élément semble à sa place, comme si la chanson avait trouvé son propre rythme intérieur. Rien ne déborde, rien ne presse. C’est précisément cette retenue qui donne au morceau sa force émotionnelle. La musique accompagne la voix sans jamais la contraindre, lui laissant l’espace nécessaire pour raconter.
Car Cool Life est avant tout une chanson de trajectoire. Toni Janke y parle de la vie comme d’un mouvement continu, fait de heurts, de pauses, de reprises. Il n’y a ni plainte ni naïveté dans son regard. Elle ne gomme pas les difficultés, elle les intègre. La mélancolie affleure parfois, mais elle n’est jamais lourde : elle devient matière à avancer. On sent l’artiste profondément connectée à une philosophie de la douceur active, celle qui consiste à accepter sans renoncer, à ressentir sans se dissoudre.
Ce qui frappe, c’est la sérénité qui émane du morceau. Une sérénité conquise, pas donnée. Cool Life ne prêche pas, ne donne pas de leçon. Elle suggère. Elle ouvre une porte. Elle rappelle que vivre pleinement ne signifie pas maîtriser chaque instant, mais apprendre à danser avec l’imprévisible. Dans un paysage pop souvent saturé d’urgence et de performance, Toni Janke choisit l’endurance sensible, la confiance lente.
Avec Cool Life, Toni Janke affirme une posture artistique et humaine. Celle d’une musicienne qui transforme l’expérience en matière sonore, qui fait de la résilience un geste élégant, presque apaisant. Une chanson qui ne cherche pas à changer le monde, mais qui aide, discrètement, à mieux y tenir.
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décembre 19, 2025Avec Let’s Just Talk, Rusty Reid & The Unreasonables transforment le flottement du désir en mécanique pop-rock irrésistible, là où chaque silence compte autant que l’explosion finale.
Il y a dans Let’s Just Talk cette tension délicieuse que le rock connaît bien mais qu’il oublie parfois de cultiver : l’instant juste avant. Avant le geste, avant la décision, avant que la nuit ne tranche. Rusty Reid choisit précisément cet espace-là, fragile, électrique, chargé d’ambiguïté. Pas encore l’abandon, plus vraiment l’innocence. Juste cette conversation suspendue, où les regards parlent plus vite que les mots.
Musicalement, le morceau avance sur un fil très maîtrisé. Une guitare jangle, presque new wave dans l’esprit, installe une légèreté trompeuse. Ça scintille, ça sourit, ça semble simple. Mais sous cette façade pop se cache une vraie science de la montée en tension. La rythmique progresse sans jamais brusquer, comme une main qui s’approche lentement sans savoir si elle sera repoussée ou attrapée. Rusty Reid chante avec ce mélange d’assurance et de doute qui rend le propos crédible : rien n’est surjoué, tout est dans l’intention.
Le texte, volontairement direct, évite les grandes déclarations pour se concentrer sur l’essentiel : comprendre l’autre, deviner ses limites, sentir le moment. Cette question répétée, presque obsédante, devient le moteur du morceau. Le rock ici n’est ni conquérant ni dominateur, il observe, il attend, il négocie avec le désir. C’est précisément ce qui donne à Let’s Just Talk son charme un peu nerveux, presque adolescent, mais porté par une écriture adulte.
Puis arrive le basculement. Le pont, annoncé sans emphase, fait office de déclic émotionnel. Les guitares s’ouvrent, la dynamique s’élargit, comme si la retenue accumulée devait forcément trouver une issue. La chanson ne change pas brutalement de visage, elle s’autorise simplement à respirer plus fort. Et c’est là que le morceau gagne en ampleur, confirmant ce que l’on pressentait depuis le début : ce flirt sonore était une montée parfaitement calculée.
Dans l’univers de The Unreasonables, Let’s Just Talk occupe une place singulière. Moins frontal que d’autres titres plus ouvertement charnels, il révèle une autre facette du projet : celle d’un rock qui sait que le désir naît souvent de ce qui n’est pas encore dit. Rusty Reid et ses comparses signent ici un morceau faussement léger, profondément humain, qui rappelle que parfois, la conversation est déjà une forme d’abandon.
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décembre 19, 2025Disco Boi Beirut transforme la piste de danse en lieu de passage intime, là où les souvenirs migrent plus vite que les corps.
À peine lancée, la pulsation impose son décor : une chaleur moite, des néons imaginaires, et ce sentiment précis d’être à la fois ici et ailleurs. Avec Disco Boi Beirut, John Lebanon ne signe pas simplement un single, il ouvre une brèche temporelle. Le morceau avance comme un souvenir qui aurait décidé d’accélérer son propre battement de cœur, plus rapide, plus frontal que sa première incarnation, mais aussi infiniment plus incarné.
On entend New York dans l’élan rythmique, dans cette manière très organique de faire groover les machines sans jamais les laisser dominer l’humain. Mais très vite, autre chose affleure. Une douceur orientale, presque pudique, s’infiltre dans les lignes mélodiques. Beirut n’est pas un décor exotique plaqué, c’est un point d’ancrage émotionnel. La langue arabe surgit comme un frisson, une voix lointaine qui répète, appelle, séduit sans traduire. Le morceau joue précisément là-dessus : ne pas tout comprendre, mais tout ressentir.
La force de Disco Boi Beirut réside dans cette élégance narrative. Rien n’est surligné. Le groove est souple, presque nonchalant, mais il cache une mélancolie diffuse, celle des villes quittées, des visages qu’on revoit en accéléré. La basse avance avec assurance, la rythmique invite à bouger sans jamais forcer, tandis que les arrangements laissent respirer l’espace, comme si chaque silence avait autant de valeur que le beat.
La voix d’Isabelle Malhame apporte une sensualité feutrée, jamais démonstrative. Elle ne cherche pas à dominer le morceau, elle s’y glisse, l’habite par touches, comme une présence familière qu’on reconnaît sans la voir. Le mix, ciselé avec Matthew Hatch, respecte cette intention : tout est en mouvement, mais rien n’est écrasé. Le morceau respire, danse, se souvient.
Disco Boi Beirut est un titre qui refuse la nostalgie figée. Il préfère la transformer en énergie, en chaleur collective. On y entend un artiste qui ne cherche plus à choisir entre ses territoires, mais à les faire dialoguer. Le passé n’est pas un poids, c’est un moteur. Et sur cette piste-là, John Lebanon réussit quelque chose de rare : faire de l’identité une fête lucide, élégante, profondément vivante.
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décembre 19, 2025À l’instant précis où Nata murmure « À quel point », la fête commence déjà à se fissurer.
La première sensation est trompeuse. Un éclat synthétique, presque sucré, des claviers qui scintillent comme une boule à facettes trop neuve, et cette voix, immédiatement enveloppante, qui semble promettre une romance sans aspérités. Tout paraît simple, immédiat, dansant. Et pourtant, très vite, quelque chose cloche. La chanson À Quel Point ne cherche pas à rassurer, elle installe un doute. Un doute qui colle à la peau et transforme la piste de danse en terrain instable.
Nata joue avec les codes de la synth-pop commerciale pour mieux les retourner. Les textures électroniques sont lisses, presque pop radio-compatible, mais leur agencement raconte autre chose. Les nappes se superposent comme des couches de maquillage, dissimulant mal une tension sourde. Derrière la mélodie accrocheuse, le morceau laisse filtrer une inquiétude diffuse, un malaise qui s’infiltre sans jamais exploser frontalement. On danse, oui, mais avec la sensation que le sol pourrait se dérober à tout moment.
La voix est le véritable point d’ancrage du titre. À la fois douce et affirmée, elle oscille entre abandon et lucidité. Elle caresse l’oreille tout en gardant une forme de distance, comme si l’interprète observait sa propre histoire se dérouler sous ses yeux. Cette ambivalence donne au morceau une profondeur inattendue : À Quel Point parle d’amour, mais surtout de l’illusion amoureuse, de ce moment précis où l’on sent que quelque chose est trop parfait pour être vrai, sans encore oser l’admettre.
Musicalement, le titre agit comme une porte d’entrée redoutablement efficace vers l’univers de l’EP Après-Vous. On y devine déjà un parcours plus large, un récit fragmenté où la danse devient cathartique. Les beats sont secs, directs, presque thérapeutiques. Tout semble pensé pour le corps autant que pour l’esprit, comme une séance de musicothérapie déguisée en tube électro-pop.
Ce qui frappe surtout, c’est la maîtrise du contraste. Trop pop pour être totalement expérimentale, trop étrange pour se contenter d’un simple refrain catchy, Nata avance sur une ligne fine, volontairement inconfortable. Elle transforme la légèreté en outil narratif, la fête en masque, le plaisir immédiat en prélude à une reconstruction plus profonde.
Avec À Quel Point, Nata ne signe pas seulement un premier single efficace. Elle impose une esthétique où la danse sert à exorciser, où la synth-pop devient un langage émotionnel ambigu. Un morceau qui s’écoute autant avec le corps qu’avec une légère boule au ventre, et qui annonce un projet prêt à gratter sous le vernis brillant.
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décembre 19, 2025“Dans Dark Sky, Consequential transforme l’obscurité intérieure en terrain de jeu sonore, là où les pensées lourdes apprennent enfin à respirer.”
La nuit n’est jamais vraiment silencieuse pour Consequential. Elle bourdonne, palpite, sature l’air d’idées en suspens. Dark Sky naît précisément dans cet entre-deux fragile, lorsque le monde extérieur se met en pause mais que l’esprit, lui, refuse de dormir. Ce single s’écoute comme une errance nocturne, casque vissé sur les oreilles, le regard perdu vers un ciel trop sombre pour être anodin.
Dès l’introduction, la drum and bass se déploie sans brutalité inutile. Les rythmiques avancent avec une élégance contenue, presque feutrée, loin du déferlement purement physique. Ici, le groove ne cherche pas l’ivresse immédiate du dancefloor, mais une tension plus sourde, plus intime. Les basses respirent, les textures se superposent par strates successives, comme des pensées qui se chevauchent sans jamais vraiment s’annuler. On sent un travail minutieux sur la profondeur du spectre sonore, une volonté de laisser vivre les détails pour celles et ceux qui prennent le temps d’écouter vraiment.
La voix, surgissant presque par surprise, agit comme un miroir tendu à l’auditeur. Elle ne domine pas le morceau, elle l’habite. Elle évoque ces luttes mentales que beaucoup taisent encore, ces spirales négatives que l’on rumine en silence, quand la nuit semble amplifier chaque doute. Mais Dark Sky n’est jamais un titre plombant. Au contraire, quelque chose de résolument lumineux se fraye un chemin à travers cette pénombre électronique. Le morceau suggère qu’il est possible de déconstruire ces pensées toxiques, non pas par la force, mais par un lent travail intérieur, patient, presque méditatif.
Techniquement, la production impressionne par sa finesse. Tout est pensé pour créer un espace immersif, un paysage sonore où chaque élément trouve sa place sans écraser l’autre. Certains sons ne se révèlent qu’à l’écoute attentive, selon le système utilisé, comme des étoiles discrètes qui n’apparaissent qu’aux observateurs les plus attentifs. Cette approche renforce l’idée que Dark Sky n’est pas un simple single fonctionnel, mais une œuvre à apprivoiser, à revisiter.
Dans le parcours de Consequential, ce titre agit comme une affirmation tranquille. Après une reconnaissance croissante, notamment via BBC Introducing, Dark Sky confirme une signature artistique tournée vers l’introspection autant que vers la maîtrise sonore. Une drum and bass cérébrale, émotionnelle, qui préfère la profondeur à l’esbroufe.
Avec Dark Sky, Consequential rappelle que la musique électronique peut encore être un espace de soin, un lieu où l’on apprend autant à écouter qu’à se comprendre soi-même. Un morceau nocturne, certes, mais profondément humain.
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décembre 19, 2025“Avec Slow Down, Deepwise transforme le ralentissement en acte de résistance intime, une respiration lucide au milieu du vacarme.”
Il y a, dès les premières mesures de Slow Down, cette sensation rare que le temps se dilate. Pas un effet de style, pas une posture new age plaquée sur un beat trap, mais une vraie décision artistique : refuser la précipitation, reprendre la main sur le rythme imposé. Deepwise ne rappe pas pour courir après l’époque, il choisit au contraire de la regarder droit dans les yeux, de l’obliger à ralentir avec lui.
Le morceau s’installe sur une production souple, presque cotonneuse, où les nappes planantes flirtent avec une esthétique cloud-rap sans jamais s’y dissoudre. Le piano, discret mais obsédant, agit comme un point d’ancrage émotionnel. Il y a quelque chose de méditatif dans cette boucle, un espace laissé volontairement ouvert pour que les mots respirent. Le beat trap, loin de la démonstration agressive, avance avec retenue, ponctué de percussions aux accents latins qui injectent une chaleur organique dans cet univers introspectif.
La force de Slow Down réside surtout dans son écriture. Deepwise s’inscrit dans une tradition consciente héritée du golden era, mais il la détourne vers un terrain plus existentiel. Il ne sermonne pas, il observe. Ses textes parlent de sédiments à laisser retomber, de lumière intérieure à préserver, de cadence personnelle à défendre dans un monde saturé de sollicitations. Le flow épouse cette philosophie : posé, précis, presque conversationnel, il glisse sur l’instrumentale avec une assurance tranquille. On sent l’influence des grands anciens, mais aussi une volonté claire de ne pas rester figé dans la nostalgie.
Ce qui frappe, c’est cette capacité à conjuguer fond et forme. Là où beaucoup de rap introspectif sacrifient l’énergie au profit du message, Slow Down conserve une vraie musicalité, un groove subtil qui donne envie de hocher la tête autant que de réfléchir. La voix, parfois presque chantée, crée une proximité immédiate, comme si Deepwise s’adressait directement à l’auditeur, sans filtre ni masque.
Le morceau fonctionne aussi comme une déclaration d’intention artistique. En choisissant le ralentissement comme thème central, Deepwise affirme une posture rare dans le rap actuel : celle d’un artiste qui n’a pas peur du silence entre les notes, ni de la nuance dans le discours. Slow Down n’est pas un simple single de plus dans une discographie en construction, c’est un manifeste discret, une invitation à reprendre son souffle sans quitter la danse.
Dans ce rap qui pense autant qu’il vibre, Deepwise confirme qu’il sait transformer la conscience en expérience sonore. Un titre qui ne crie pas pour exister, mais qui s’impose doucement, durablement, en rappelant que parfois, avancer commence par savoir ralentir.
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décembre 19, 2025Avec Compulsein, Jean-Philippe Ruelle enclenche une mécanique nocturne où chaque battement devient une pulsation vitale, un appel irrépressible au mouvement.
Chez Jean-Philippe Ruelle, la musique n’est jamais un simple décor sonore. Elle agit comme un flux nerveux, une énergie qui traverse le corps avant même d’atteindre le cerveau. Compulsein s’impose d’emblée comme une pièce instrumentale pensée pour l’élan, pour la vitesse intérieure, pour ces moments où l’on n’écoute plus vraiment mais où l’on se laisse traverser. Dès les premières secondes, la basse pulse avec une régularité presque obsessionnelle, installant un terrain hypnotique sur lequel viennent se greffer des nappes synthétiques tendues, brillantes, chargées d’une tension cinématographique assumée.
Ce qui frappe dans Compulsein, c’est cette manière de convoquer l’ADN des années 80 sans jamais tomber dans le fétichisme rétro. Les textures analogiques évoquent la synthwave classique, mais elles sont traitées avec une puissance contemporaine, presque physique. Chaque motif semble conçu pour maintenir l’auditeur en état d’alerte, comme si le morceau refusait toute résolution confortable. La progression n’est pas narrative au sens traditionnel, elle est organique : une montée continue, un battement cardiaque électronique qui s’accélère par micro-variations, par couches successives.
Ruelle joue avec la répétition comme avec une arme. Là où certains y verraient une boucle, lui y insuffle une dynamique subtile, un travail sur la densité et la pression sonore. Les synthés oscillent entre froideur mécanique et chaleur psychédélique, créant un paradoxe fascinant : Compulsein est à la fois rigoureux et euphorique. On y ressent autant l’influence des bandes originales futuristes que celle d’une culture club nocturne, tournée vers l’expérience sensorielle pure.
L’absence de voix devient ici une force. Elle libère l’imaginaire et laisse l’auditeur projeter ses propres images : routes éclairées au néon, villes qui ne dorment jamais, corps en mouvement sous une lumière artificielle. Le morceau semble taillé pour accompagner le déplacement, qu’il soit réel ou mental. On devine derrière cette composition une jubilation de création, une relation presque physique entre le musicien et ses machines, comme si chaque séquence avait été pensée dans l’instant, guidée par le plaisir du geste et du son.
Compulsein ne cherche pas à raconter une histoire précise. Il crée un état. Une zone de tension continue où l’on se sent paradoxalement libre. Jean-Philippe Ruelle signe ici un single viscéral, généreux, qui ne demande pas à être compris mais ressenti. Une musique de nerfs, de nuit et d’adrénaline, qui confirme une chose : quand il s’agit de transformer le plaisir pur en architecture sonore, Ruelle sait exactement où appuyer pour maintenir le pouls en vie.
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décembre 19, 2025Bleed Hope des Transits transforme la fatigue du monde en énergie vitale, un album qui avance à découvert, le cœur ouvert et les poings serrés.
Chez The Transits, l’espoir n’est jamais un concept abstrait ni un slogan publicitaire. C’est une matière organique, parfois poisseuse, parfois lumineuse, mais toujours vivante. Bleed Hope se déploie comme un carnet de bord émotionnel où chaque titre semble écrit dans l’urgence, avec cette obsession : tenir debout malgré tout. L’album ne cherche pas à polir ses angles. Il préfère la friction, la sueur, la faille.
L’ouverture avec Outsiders est une déclaration d’intention limpide. Guitares nerveuses, tempo serré, chant habité : le groupe revendique sa position en marge sans romantiser l’exclusion. Ici, être outsider devient un moteur, presque une identité revendiquée à pleine voix. Live Today enchaîne sans laisser respirer, martelant l’instant présent comme une nécessité vitale. Le morceau sonne comme une course contre l’effondrement, porté par un refrain taillé pour être hurlé en chœur, quelque part entre rage contenue et euphorie de survie.
Dancing With Shadows marque un premier virage plus introspectif. Derrière son apparente efficacité pop-rock se cache un titre ambigu, où la danse devient un moyen de composer avec ses propres zones d’ombre. Les synthés et les textures apportent une profondeur presque cinématographique, comme si le groupe assumait enfin de regarder ses démons dans les yeux. Cette tension se prolonge sur Middle Of The Night, morceau nocturne, suspendu, qui évoque ces heures où les pensées tournent en boucle pendant que la ville dort.
Puis arrive le centre névralgique du disque : Bleed Hope. Tout est là. La fragilité, la montée progressive, l’explosion maîtrisée. Le morceau agit comme une catharsis, refusant le désespoir tout en le reconnaissant pleinement. L’espoir, ici, n’est pas propre ni rassurant. Il saigne, il coûte, mais il persiste.
Ghosts Of Summer joue la carte de la nostalgie désenchantée, convoquant des souvenirs qui refusent de se dissoudre complètement. Find My Way Back To You apporte une réponse plus directe, presque lumineuse, comme une main tendue après la tempête. L’album gagne alors en nuances émotionnelles sans jamais perdre sa cohérence.
Never Back Down, porté par une énergie frontale et un duo vocal percutant, injecte une dynamique combative, presque dansante. À l’inverse, Living Dead for a Paycheck observe le quotidien avec une lucidité amère, dressant le portrait d’une génération coincée entre survie économique et vide existentiel. Empty Room ralentit le tempo et laisse s’installer un silence pesant, celui des absences qu’on n’arrive plus à combler.
La dernière ligne droite de l’album agit comme une respiration émotionnelle. Come Melt My Heart et Simple Love offrent des moments plus tendres, sans jamais sombrer dans la naïveté. Guiding Lights et Back To Yesterday regardent vers l’arrière autant que vers l’avant, comme pour mesurer le chemin parcouru. Enfin, Youth Puppets clôt l’album sur une note plus abrasive, rappelant que la colère, elle aussi, fait partie du processus de résistance.
Bleed Hope n’est pas un disque qui cherche à rassurer. C’est un album qui accompagne, qui serre l’épaule plutôt que de promettre des lendemains faciles. The Transits y prouvent leur capacité à transformer l’usure émotionnelle en force collective, signant un album dense, sincère, et profondément ancré dans son époque. Un disque qui ne guérit pas, mais qui aide à respirer un peu plus longtemps.
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décembre 19, 2025Jill Desiree signe avec “Broken” un aveu en velours noir : ça saigne, mais ça swingue.
On entre dans “Broken” comme on pousse la porte d’un club à moitié secret, lumière ambrée, conversations qui s’éteignent au moment où la basse prend la parole. Jill Desiree n’arrive pas en diva qui réclame la pièce : elle s’avance en survivante chic, avec cette élégance particulière des artistes qui ont beaucoup gardé pour elles avant de se décider à dire vrai. Le titre promet la casse, mais la musique, elle, organise la réparation.
Ce qui frappe, c’est l’architecture du morceau : une charpente jazz clairement assumée, mais habillée d’un R&B qui a appris la patience. Le groove s’installe sans brusquer, comme un battement de cœur qui retrouve son tempo après l’orage. On sent la main du producteur, le goût des courbes plutôt que des angles, l’envie de laisser respirer l’harmonie. Rien n’est surligné au stabilo : les accords glissent, se répondent, s’ouvrent sur des couleurs plus profondes, avec ce petit vertige “Baduizm-era” dans la manière de faire rimer sophistication et sensualité.
Jill Desiree, elle, chante avec une intensité qui ne cherche jamais l’effet. Sa voix n’a pas besoin de crier pour te tenir : elle te regarde droit, et ça suffit. Il y a des inflexions de grande école — ce fil entre Aretha et Chaka, ce sens du drame contenu — mais sans pastiche. Elle garde une identité hybride, presque géographique : on devine des influences qui voyagent, une culture de la nuance, comme si son histoire personnelle avait appris à son timbre plusieurs façons d’être “chez soi”.
Et puis il y a ce saxophone, ce trait de lumière dans le verre fumé. Pas un solo démonstratif, plutôt une présence : une phrase qui arrive au bon moment, une couleur qui fait basculer l’émotion. Le genre de détail qui transforme une bonne session en moment capturé. On croit entendre la prise “vivante”, l’énergie de musiciens qui comprennent vite, qui s’écoutent encore plus vite, et qui choisissent l’efficacité plutôt que l’ego.
“Broken” réussit un tour rare : parler de fracture sans se complaire dans la plainte. Jill Desiree transforme l’ancien chaos en chorégraphie, et te rappelle, l’air de rien, que la douleur peut aussi devenir un rythme. Un morceau qui ne guérit pas à ta place — il te donne juste la bande-son pour te relever avec style.
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décembre 19, 2025« Into the Sea de Matare ne cherche pas la lumière : il choisit l’eau froide, celle qui coupe le souffle mais nettoie tout. »
Avec Into the Sea, Matare signe une pièce de retrait, presque un geste politique à l’envers. Là où tant de morceaux actuels réclament l’attention, celui-ci l’érode doucement. Rien n’est frontal. Tout est glissement. Le titre agit comme une consigne intime : entrer dans la mer, accepter la perte de repères, laisser le corps flotter pendant que le monde, enfin, se tait.
La production s’installe dans une lenteur assumée, jamais décorative. Le breakbeat, discret mais obstiné, ne cherche pas la tension club, il reproduit une respiration irrégulière, humaine. Les guitares, claires et légèrement désaccordées, dessinent un paysage mental plus qu’un décor réel. On n’est pas dans la nostalgie citationnelle, mais dans une continuité sensible avec une certaine idée du post-punk introspectif, débarrassé de sa posture.
La collaboration avec Surfgreenvibes est déterminante : elle ouvre le morceau à une circulation plus large, presque diasporique. Into the Sea n’appartient pas à une ville ni à une scène précise. Il flotte entre les côtes, comme si l’Atlantique et la Méditerranée partageaient la même nuit. Cette dimension transnationale se ressent dans les textures électroniques, jamais envahissantes, toujours organiques.
La voix de Matare mérite qu’on s’y attarde. Grave, contenue, elle refuse toute emphase. Elle rappelle parfois l’économie émotionnelle de Peter Murphy ou la mélancolie retenue de Robert Smith lorsqu’il choisit l’hypnose plutôt que le pathos. Ici, le chant n’explique rien : il accompagne. Il agit comme une main posée sur l’épaule, pas comme un discours.
Ce qui frappe à l’écoute, c’est la cohérence du geste. Le morceau avance par vagues, avec une répétition qui pourrait sembler minimaliste mais qui fonctionne comme un mantra. La section acoustique, presque fragile, introduit une fêlure salutaire avant que la structure ne se referme sur elle-même. Rien n’explose. Tout se résorbe.
Into the Sea n’est pas une chanson de fuite, mais de survie douce. Matare ne promet pas la guérison, encore moins l’oubli. Il propose un espace temporaire, un intervalle où l’on peut déposer le poids, regarder l’horizon, et accepter de ne pas aller bien sans en faire un drame. Dans un paysage musical saturé d’urgences artificielles, ce choix radical de la lenteur et de l’effacement sonne comme une forme rare de courage artistique.
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décembre 19, 2025« Thistroubledsoul n’essaie pas de guérir, il apprend à tenir debout avec élégance au milieu des fissures. »
La première impression n’est pas sonore, elle est physique. Une sensation de poids dans la poitrine, quelque chose de lent mais irréversible qui s’installe. Thistroubledsoul ne surgit pas, il s’impose, comme une pensée qu’on a trop longtemps évitée et qui finit par gagner. Highroad No. 28 ne signe pas ici un simple retour : il trace une ligne de survie, une cartographie intérieure où chaque accord semble porter la mémoire de ce qui a failli rompre.
Tout repose sur une tension maîtrisée. Les guitares s’étirent dans un clair-obscur épais, jamais décoratif, toujours fonctionnel. Elles ne cherchent pas l’hymne mais la persistance. La rythmique avance avec une gravité presque cérémonielle, rappelant que le rock alternatif peut encore être un espace de lenteur, de respiration lourde, loin des automatismes de la saturation facile. La production, distribuée via The Orchard en lien avec Sony Music, conserve une rugosité salutaire : rien n’est poli à l’excès, tout semble volontairement exposé, à vif.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence émotionnelle. Andrew JC joue seul, mais jamais isolé. On entend un dialogue constant entre la voix et les instruments, comme si chaque couche sonore venait répondre à une faille différente. La voix, justement, ne force rien. Elle n’explose pas, elle tient. Elle raconte l’usure, la fatigue morale, cette lucidité désagréable qui accompagne les périodes de reconstruction silencieuse. Pas de pathos appuyé, mais une sincérité presque inconfortable, celle qui ne cherche pas l’adhésion immédiate.
Thistroubledsoul s’inscrit dans une trajectoire longue, marquée par des silences, des retours différés, des métamorphoses successives. On sent l’héritage d’un rock australien qui a appris à durer plutôt qu’à briller. Le morceau agit comme un sas émotionnel avant un nouvel élan collectif, une parenthèse solo assumée, presque nécessaire, pour reconnecter avec l’os du projet.
Ce titre ne promet pas de rédemption spectaculaire. Il propose mieux : une esthétique de la résistance intime. Une musique pour celles et ceux qui avancent sans certitude, mais avec une détermination tranquille. Highroad No. 28 ne crie pas victoire. Il affirme autre chose, de plus rare : la volonté de continuer, même cabossé, même lentement. Et dans un paysage saturé de faux retours et de faux climax, cette honnêteté-là résonne longtemps après la dernière note.
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décembre 19, 2025« RICOCHET fait bien plus que raconter l’impact d’une balle : il cartographie les secousses invisibles qu’elle laisse dans les corps, les villes et les esprits. »
Tout commence par une sensation de déséquilibre. Comme si le sol se dérobait légèrement sous les pieds, sans prévenir. RICOCHET avance ainsi, par à-coups, par respirations hachées, refusant toute trajectoire linéaire. Cable Street Riot ne signe pas ici un simple single narratif, mais une immersion mentale, presque physique, dans un état de survie permanent. Celui d’un corps qui a frôlé la mort. Celui d’un pays qui vit avec la peur comme bruit de fond.
Dès les premières secondes, le morceau impose un climat de tension sourde. Les textures sonores semblent frotter entre elles, se heurter, rebondir — comme le suggère le titre — sans jamais vraiment retomber. La production joue sur la surprise, les ruptures, les faux silences. On écoute RICOCHET comme on scrute un environnement hostile : attentif au moindre détail, au moindre signal faible. Le morceau se vit idéalement au casque, là où chaque souffle, chaque fragment de found sound capté dans les rues de Los Angeles devient un indice, un témoin, presque une preuve.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le récit individuel se dissout progressivement dans quelque chose de plus vaste. La survie après un tir n’est pas racontée comme un exploit héroïque, mais comme une dérive psychologique. Le traumatisme n’est jamais frontal, il ricoche lui aussi. Dans les rythmiques instables, dans les montées d’adrénaline suivies de chutes abruptes, dans cette impression constante que tout peut basculer à nouveau. RICOCHET sonne comme l’intérieur d’un crâne en état d’alerte maximale.
Cable Street Riot capte avec une justesse troublante le chaos feutré du quotidien américain contemporain. Pas besoin de slogans explicites : la musique fait le travail politique par sa structure même. Elle désoriente, elle fatigue, elle inquiète. Elle reproduit cette sensation de vivre dans un flux d’informations anxiogènes, de violences répétées, de colères rentrées. Le morceau devient alors un paysage mental, un espace où l’intime et le collectif se confondent.
La présence de sons urbains réels — sirènes, fragments de voix, ambiances de rue — ancre le titre dans une réalité tangible. On n’est pas dans la fiction, mais dans une documentation émotionnelle. RICOCHET agit comme une capsule temporelle de l’instant présent, une archive sensible du stress généralisé. Cette approche rappelle certaines visions dystopiques de Octavia E. Butler, où la violence systémique infiltre les gestes les plus ordinaires et redéfinit les rapports humains.
Musicalement, le single refuse toute séduction facile. Il préfère l’inconfort à l’efficacité, la tension à la résolution. Et c’est précisément là que réside sa force. RICOCHET ne cherche pas à rassurer. Il observe, il expose, il laisse résonner. Une œuvre courte mais dense, qui confirme Cable Street Riot comme un projet à suivre de près, capable de transformer l’angoisse contemporaine en matière sonore brute, intelligente et profondément dérangeante.
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décembre 19, 2025« Avec We Will Get Through This, Chris Oledude choisit la tendresse comme dernier acte de courage dans un monde saturé de violence. »
Il y a des morceaux qui arrivent sans fracas, sans posture, sans besoin de hausser la voix. We Will Get Through This fait partie de ceux-là. Une chanson qui avance à pas lents, presque sur la pointe des émotions, comme si chaque note devait vérifier qu’elle avait le droit d’exister dans un paysage sonore déjà trop bruyant. Chris Oledude ne cherche pas l’effet, il cherche l’essentiel. Et c’est précisément ce qui rend ce titre si nécessaire.
La première sensation est celle d’un apaisement fragile. Une guitare posée, jamais décorative, qui ouvre l’espace plutôt qu’elle ne le remplit. Les harmonies vocales respirent, se répondent, se soutiennent. On pense à ces chansons d’enfance qui ne prétendaient rien d’autre que tenir la main quand tout vacille. Il y a là quelque chose de profondément folk dans l’intention, mais débarrassé de toute nostalgie poussiéreuse. Oledude ne rejoue pas le passé, il s’en sert comme d’un socle moral.
Le morceau fonctionne comme un contrechamp émotionnel. Placé à rebours de la brutalité du monde, il refuse la sidération. Là où d’autres crieraient, Chris Oledude murmure. Là où la colère serait attendue, il propose une promesse. Et cette promesse n’a rien de naïf. Elle est lourde, chargée de fatigue, d’expériences vécues, de deuils invisibles. We Will Get Through This parle moins d’espoir que de persévérance. Une persévérance qui s’apprend au contact de la douleur des autres, notamment celle liée aux fractures psychologiques et aux dépendances.
Musicalement, le titre se tient dans une forme de classicisme assumé. On y perçoit l’ombre des grandes ballades populaires américaines, celles qui savaient unir sans simplifier. L’écho de certains duos mythiques plane, quelque part entre la chaleur d’une comédie musicale et l’intimité d’un salon new-yorkais un soir d’hiver. Cette sobriété est une force. Elle permet au message de circuler sans filtre, sans ironie, sans distance protectrice.
Ce qui frappe surtout, c’est la posture de l’artiste. Chris Oledude ne se place ni en sauveur ni en donneur de leçons. Il se tient à hauteur d’homme, là où aimer devient un acte exigeant. Aimer quelqu’un qui va mal, rester présent quand tout pousse à fuir, accepter que la guérison soit lente et incertaine. Le morceau agit comme un espace sûr, un endroit où l’on peut déposer ses épaules quelques minutes.
Dans un paysage pop souvent obsédé par l’instantané et la performance émotionnelle, We Will Get Through This prend le contrepied. Il s’inscrit dans une tradition de chansons utiles, presque militantes dans leur douceur. Une approche qui rappelle l’héritage de figures engagées comme Pete Seeger, où la musique sert à rassembler plutôt qu’à diviser, à réparer plutôt qu’à dénoncer frontalement.
Ce titre ne cherche pas à devenir un hymne, mais il en a la stature morale. Une chanson qui ne promet pas de solution miracle, mais qui affirme, calmement, que traverser ensemble reste encore possible. Et dans l’époque actuelle, c’est peut-être l’un des gestes artistiques les plus radicaux qui soient.
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décembre 19, 2025“Avec Self Soothe, Tony Frissore ne cherche pas à calmer le monde : il nous apprend à respirer dedans.”
Tony Frissore n’arrive pas avec un manifeste, ni avec une promesse démesurée. Self Soothe s’installe autrement, à bas volume, presque sur la pointe des pieds. On n’appuie pas sur play pour être impressionné, mais pour se poser. Le morceau agit comme un espace tampon entre soi et le bruit extérieur, une zone neutre où les tensions peuvent enfin se dissoudre sans devoir se justifier. Ici, le calme n’est pas un décor : c’est une fonction vitale.
La construction sonore est d’une précision presque thérapeutique. Les beats lo-fi ne s’imposent jamais, ils circulent. Le tempo respire, s’étire, ralentit volontairement le rythme cardiaque. Les textures semblent conçues pour accompagner l’inspiration et l’expiration, comme si la musique avait été pensée non pas pour les oreilles, mais pour la cage thoracique. Tony Frissore compose moins une ambiance qu’un mécanisme doux, un outil de régulation émotionnelle déguisé en track downtempo.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale d’ego dans l’écriture. Aucun climax forcé, aucune montée spectaculaire. Self Soothe refuse la dramaturgie classique de l’électro chill contemporaine. Là où beaucoup cherchent à capturer l’attention, Frissore fait exactement l’inverse : il la libère. On sent l’héritage d’un musicien formé au groove, nourri par le jazz et le funk, mais qui a appris, au fil des années et des continents, que le silence et l’espace sont parfois plus puissants que la virtuosité.
Le parcours de Tony Frissore éclaire ce choix. Des jam sessions de Boston aux clubs européens, des placements télévisuels mondiaux aux projets downtempo introspectifs, il a compris une chose essentielle : la musique peut être fonctionnelle sans être utilitaire, émotionnelle sans être envahissante. Self Soothe s’inscrit dans cette philosophie. Ce n’est pas un morceau qui raconte une histoire, mais un morceau qui crée une condition intérieure.
Il y a dans ce single quelque chose de profondément contemporain. Dans un monde saturé d’injonctions, de notifications et de surstimulations permanentes, Tony Frissore propose un luxe rare : un endroit où rien n’est demandé. Pas besoin de danser, pas besoin de réfléchir, pas besoin de performer son bien-être. On s’y abandonne quelques minutes, on y revient plus tard, comme on reviendrait à une respiration consciente au milieu d’une journée trop dense.
Self Soothe n’est pas là pour marquer une époque ou dominer des playlists. Il est là pour durer discrètement, pour accompagner les moments invisibles : l’entre-deux, la fatigue douce, la reconstruction silencieuse. Une musique qui ne s’écoute pas seulement, mais qui s’utilise, et qui rappelle, sans un mot, que ralentir est parfois le geste le plus radical.
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décembre 19, 2025“Slowburn (Christmas Song) est ce moment suspendu où la table familiale devient scène intérieure, et où l’amour demande enfin le droit d’exister.”
Les décorations brillent, mais quelque chose résiste sous la surface. Avec Slowburn (Christmas Song), Kaia Fincher ne s’invite pas à Noël pour répéter le folklore : elle entrouvre la porte, observe la lumière, et s’installe là où l’émotion ne crie pas mais persiste. Il y a dans ce morceau une chaleur feutrée, presque clandestine, qui se glisse entre les rituels trop bien huilés. Une chanson qui n’annonce rien à voix haute, mais dont chaque note semble porter un secret trop longtemps gardé.
Dès les premières secondes, Slowburn refuse l’esbroufe. Le piano avance à pas lents, l’attaque est douce, la respiration large. Une contrebasse élégante et une batterie brossée dessinent un espace intime, comme une fin de soirée où l’on parle plus vrai parce que la nuit protège. La voix de Kaia Fincher s’y pose sans emphase, presque à hauteur d’oreille. Elle ne cherche pas à séduire : elle confie. Et c’est précisément là que la chanson frappe. Cette retenue devient son arme la plus puissante.
On sent l’ombre bienveillante d’une tradition jazz qui n’a rien de décoratif. L’esprit de Billie Holiday plane dans la manière de laisser vivre les silences, tandis que la douceur mélancolique de Chet Baker semble infuser le tempo. Mais Slowburn ne joue jamais la carte du pastiche : ces influences sont digérées, transformées, réinjectées dans une pop atmosphérique résolument contemporaine. Le morceau avance comme une confidence qui s’assume enfin, sans jamais tomber dans la démonstration.
Ce qui bouleverse, c’est la façon dont la chanson parle du retour “à la maison” sans jamais le romantiser. Ici, rentrer chez soi n’est pas forcément synonyme de refuge. C’est un territoire chargé, parfois hostile, souvent ambigu. Slowburn (Christmas Song) raconte ce moment précis où l’on sourit autour de la table tout en portant, au fond de soi, une vérité qui brûle doucement. L’amour n’y est pas spectaculaire : il est patient, fragile, mais irréversible. Une braise plutôt qu’un feu d’artifice.
Kaia Fincher signe ici une chanson de Noël qui n’en a pas l’uniforme, mais qui en retrouve l’essence la plus rare : celle du partage sincère. Une œuvre qui refuse la mièvrerie, choisit la lenteur, et ose dire que la douceur peut être politique, que la tendresse peut être un acte de résistance. Slowburn ne cherche pas à devenir un classique en criant plus fort que les autres. Elle s’installe, discrète et déterminée, comme une lumière qui reste quand tout le reste s’éteint.
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décembre 19, 2025« Stay With You de ToloV transforme la fidélité en tension électrique, là où l’amour vacille mais refuse de lâcher prise. »
Chez ToloV, rester n’a rien d’un confort. C’est une posture, presque une cicatrice portée à même la peau. Stay With You s’ouvre comme une confession retenue trop longtemps, un morceau qui avance droit, sans détours, porté par cette sensation familière où l’attachement devient plus lourd que l’évidence de partir. Dès les premières mesures, quelque chose s’installe : un équilibre fragile entre l’élan rock et une écriture pop qui sait où frapper.
Le titre s’inscrit dans une veine pop-rock affirmée, mais c’est bien le rock qui mène la danse. Les guitares ne cherchent pas l’esbroufe, elles tracent des lignes claires, parfois nerveuses, parfois presque résignées. La batterie avance avec constance, comme un cœur qui refuse de s’emballer mais ne veut surtout pas s’arrêter. Tout est question de tension maîtrisée, de retenue qui finit par parler plus fort que la colère.
La voix de ToloV joue un rôle central dans cette mécanique émotionnelle. Elle ne surjoue jamais. Elle raconte. Elle doute. Elle encaisse. Il y a dans son timbre quelque chose de familier, cette sincérité brute qu’on retrouve chez Muse dans leurs moments les plus introspectifs, ou chez Placebo lorsqu’ils transforment la fragilité en force assumée. Mais Stay With You ne se contente pas de références : le morceau affirme une identité propre, forgée dans l’expérience et la scène.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le titre aborde la loyauté. Ici, rester n’est pas synonyme d’aveuglement romantique. C’est une lutte intérieure. Les paroles laissent transparaître la frustration, l’usure, cette fatigue émotionnelle qui s’installe quand les conflits s’accumulent sans jamais vraiment se résoudre. Pourtant, au cœur de cette tempête, subsiste une promesse presque têtue : celle de tenir, coûte que coûte. Une fidélité qui ressemble davantage à un combat qu’à un refuge.
La production accompagne intelligemment cette dualité. Les textures pop apportent de la lumière sans jamais effacer l’ombre. Chaque montée semble contenue, comme si le morceau refusait l’explosion facile pour préférer l’impact durable. Stay With You ne cherche pas l’hymne immédiat ; il s’impose par sa cohérence émotionnelle, par cette impression que chaque note est là pour servir le propos.
Avec ce single, ToloV confirme une trajectoire déjà solide, nourrie par la scène et une écriture en constante évolution. Stay With You s’écoute comme on relit un message qu’on n’a jamais osé envoyer : avec un mélange de pudeur, de colère rentrée et d’espoir obstiné. Un morceau qui parle à celles et ceux qui savent que parfois, rester est la décision la plus radicale qui soit.
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décembre 19, 2025« Avec Fuck Man, Meghanne Storey écrit le moment précis où la résignation cesse d’être polie et devient une forme de liberté. »
Il y a des titres qui prennent leur temps pour amadouer l’auditeur. Fuck Man, lui, arrive déjà en retard à la discussion. Pas de préambule, pas d’excuses. Le morceau débarque comme une phrase qu’on n’osait pas dire à voix haute et qui, une fois prononcée, change définitivement la dynamique. Meghanne Storey ne cherche ni la posture ni la punchline gratuite : elle choisit la vérité brute, celle qui pique un peu, mais qui soulage beaucoup.
Musicalement, le morceau avance sur un fil tendu entre la confession folk et l’ombre persistante du grunge. La voix, légèrement voilée, porte une fatigue émotionnelle qui rappelle ces grandes conteuses capables de faire trembler une salle sans hausser le ton. On pense à Natalie Merchant pour cette manière de raconter sans surjouer, à Sarah McLachlan pour la vulnérabilité assumée, mais aussi à l’héritage plus rugueux de Soundgarden ou Alice in Chains, qui plane dans les silences et les tensions retenues.
La production fait un choix courageux : ne rien lisser. Pas d’artifice, pas de retouche cosmétique. Le morceau respire comme une prise live prolongée, avec cette sensation que chaque instrument écoute la voix avant de jouer. La basse et le violon se glissent dans les interstices émotionnels, la guitare trace des lignes discrètes mais décisives, la batterie reste humaine, presque fragile. On sent l’espace, les murs, l’air du studio. Tout sonne vrai, parfois inconfortable, mais toujours nécessaire.
Ce qui frappe surtout, c’est la posture de Meghanne Storey face à la douleur. Fuck Man n’est pas une chanson de vengeance ni un règlement de comptes spectaculaire. C’est le moment d’après. Celui où la colère est déjà passée, où il ne reste qu’une lucidité un peu amère, presque tendre malgré elle. Une acceptation qui n’a rien de résigné, mais qui marque une reprise de contrôle. Dire « fuck » ici, ce n’est pas insulter : c’est se libérer.
Dans un paysage indie souvent obsédé par l’esthétique ou l’ironie, Meghanne Storey choisit la frontalité émotionnelle. Elle ne cherche pas à plaire à tout le monde et le sait très bien. Comme elle le dit elle-même, tout le monde n’aime pas les tomates. Mais celles et ceux qui aiment ce goût-là reconnaîtront immédiatement la saveur.
Fuck Man s’impose comme un single rare, parce qu’il ne triche jamais. Une chanson qui ne demande pas l’adhésion, mais l’écoute attentive. Et qui, sans en avoir l’air, rappelle que la musique la plus puissante reste souvent celle qui accepte de montrer ses fissures plutôt que de les masquer.
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décembre 19, 2025« TRUST ISSUES de Luc Patrick ne cherche pas à réparer les liens brisés : il les expose, à vif, pour comprendre où tout a lâché. »
Il faut parfois que la musique arrive trop tôt, avant même que les idées soient claires, avant que la production soit finie, avant que la douleur ait trouvé ses mots définitifs. TRUST ISSUES naît exactement dans cet espace-là : un endroit instable, inconfortable, mais terriblement humain. Luc Patrick ne raconte pas une histoire digérée, encore moins une morale. Il capture un moment précis où l’émotion déborde et dicte ses propres règles.
Tout commence par le texte. On le sent immédiatement. Le morceau ne s’appuie pas sur un beat pour exister : c’est le beat qui s’incline devant les paroles. La production, sombre, resserrée, presque claustrophobe, semble construite comme une pièce sans fenêtres. Un piano lourd, chargé d’une gravité presque cinématographique, installe une tension continue. L’influence de The Batman plane clairement sur l’atmosphère : une noirceur urbaine, poisseuse, où chaque note semble porter le poids d’un secret trop longtemps gardé.
Vocalement, Luc Patrick choisit la frontalité. Pas de filtre émotionnel, pas de distance ironique. La voix est posée, parfois tranchante, parfois fragile, mais toujours directe. On pense à l’intensité technique et mentale de Token, non pas dans l’imitation, mais dans cette même capacité à affronter ses propres démons sans détour, quitte à déranger. TRUST ISSUES ne cherche jamais à séduire : il confronte. Et c’est précisément ce qui le rend aussi magnétique.
Ce single parle de trahison, mais surtout de ce qui reste après. Des failles familiales, de l’addiction, de la difficulté à reconstruire une confiance quand les fondations ont été abîmées trop tôt. Luc Patrick n’érige pas sa douleur en spectacle. Il l’utilise comme une matière brute, presque documentaire. On n’écoute pas TRUST ISSUES comme on consomme un titre de rap introspectif de plus. On l’écoute comme on surprend une conversation qu’on n’était pas censé entendre.
La force du morceau réside aussi dans son absence de résolution. Rien n’est vraiment réglé à la fin. Le titre ne propose ni guérison immédiate, ni rédemption facile. Il s’arrête là où beaucoup de chansons commencent habituellement à embellir. TRUST ISSUES accepte l’inconfort, la confusion, la colère encore mal rangée. Cette honnêteté radicale donne au single une portée rare, presque thérapeutique pour l’auditeur.
Dans un paysage musical souvent obsédé par la finition et la perfection sonore, Luc Patrick prend le contrepied. Il privilégie l’urgence à la politesse, l’émotion au vernis. TRUST ISSUES sonne comme un instant figé, un instant où la musique devient le seul moyen de ne pas imploser. Et c’est précisément pour cela qu’il marque. Ce n’est pas seulement un single : c’est une fissure ouverte, assumée, et offerte à celles et ceux qui savent que la confiance, quand elle se brise, laisse toujours une trace sonore.
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décembre 19, 2025« Fast Lane n’avance pas à toute vitesse : il choisit la voie intérieure, celle où chaque émotion compte plus que l’illusion de la perfection. »
Il y a quelque chose de presque paradoxal dans Fast Lane. Un titre qui évoque la vitesse, l’urgence, la ligne droite avalée sans regarder le paysage, mais qui, dès les premières secondes, prend le contrepied de sa promesse nominale. E.L.W.12 signe ici un single qui agit comme un frein doux, une main posée sur l’épaule dans un monde qui court trop vite. Ce n’est pas une pop qui cherche le coup d’éclat, c’est une pop qui observe, qui respire, qui pense.
Musicalement, Fast Lane s’inscrit dans une synth-pop épurée, presque pudique, où chaque couche sonore semble pesée, réfléchie, retenue. Les synthés ne brillent pas pour séduire, ils dessinent des lignes émotionnelles claires, légèrement mélancoliques, rappelant une certaine tradition européenne où la froideur apparente cache une grande sensibilité. La voix, posée sans emphase, refuse le surjeu : elle raconte plus qu’elle ne performe. Et c’est précisément là que le morceau trouve sa force.
Ce single parle du quotidien, du travail, de cette impression diffuse d’être embarqué dans une mécanique qui ne nous appartient plus vraiment. Fast Lane ne crie pas la révolte, il murmure le constat. Il capte ce moment très contemporain où l’on se rend compte que la vitesse n’est plus un choix mais une injonction. E.L.W.12 transforme cette fatigue moderne en matière sonore, sans jamais tomber dans le cynisme. Il y a, au contraire, une forme de tendresse dans la manière dont le morceau avance, comme s’il cherchait une sortie discrète plutôt qu’une rupture brutale.
La production, volontairement sobre, laisse de l’espace entre les éléments. Ce vide apparent est essentiel : il permet aux émotions de circuler, aux pensées de se déposer. On sent un refus net de la saturation, une volonté de ne pas tout dire, de ne pas tout remplir. Fast Lane fonctionne ainsi comme une parenthèse introspective, un single qui ne cherche pas à s’imposer par la puissance mais par la justesse.
Ce qui frappe surtout, c’est le positionnement artistique. À l’heure où beaucoup de singles sont pensés comme des produits instantanés, calibrés pour disparaître aussi vite qu’ils sont consommés, E.L.W.12 propose un morceau qui s’inscrit dans la durée. Fast Lane ne s’use pas à la première écoute. Il s’installe lentement, accompagne, revient quand on en a besoin. C’est une chanson qu’on écoute seul, souvent au casque, quand le monde extérieur devient trop bruyant.
Avec Fast Lane, E.L.W.12 ne cherche pas à impressionner. Il cherche à connecter. Et dans cette économie de moyens, dans cette élégance discrète, le single trouve une puissance rare : celle de parler vrai, sans jamais hausser le ton.
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décembre 19, 2025« Gegenlicht de Collx capte ce moment précis où la lumière vient de face, aveugle un instant, et transforme la danse en sensation pure. »
Le mot allemand “Gegenlicht” désigne ce contre-jour qui empêche de voir nettement mais révèle les contours. C’est exactement là que Collx place son nouveau single : dans cet espace trouble où les formes deviennent plus importantes que les détails, où l’émotion précède la compréhension. Dès l’entrée, le morceau impose une douceur tendue, un battement profond qui ne cherche pas l’esbroufe mais l’adhérence, comme si le son voulait se coller à la peau avant même d’atteindre les oreilles.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette impression de fluidité presque accidentelle. On sent que Gegenlicht n’a pas été pensé comme un produit calibré, mais comme une dérive assumée. À l’origine, l’idée venait d’un beat trap, mais très vite, quelque chose a bifurqué. Le piano, au lieu de claquer, s’est mis à respirer. La rythmique, au lieu de frapper, s’est arrondie. Le morceau a glissé vers une deep house mélodique, immersive, où chaque élément semble flotter légèrement en retard, comme suspendu.
Le choix de la langue allemande est loin d’être anodin. Dans un paysage deep house largement dominé par l’anglais ou par des voix anonymes, Collx ose une présence vocale qui assume sa texture, sa rugosité, sa proximité. L’allemand n’est pas ici martial ni froid ; il devient presque tendre, porté par une production qui privilégie l’espace et la respiration. Cette singularité donne à Gegenlicht une identité immédiate, reconnaissable, sans jamais forcer l’originalité.
Le contexte de création ajoute une couche presque cinématographique au morceau. Une partie du travail s’est faite dans un ancien bunker de la Seconde Guerre mondiale, reconverti en studio à Ludwigshafen. Difficile de ne pas imaginer ces murs épais, chargés d’histoire, absorber les basses et renvoyer cette profondeur sourde qui traverse tout le titre. À distance, on perçoit aussi l’ombre de Frankfurt, ville de contrastes, de lignes droites et de nuits longues, qui semble imprégner la rigueur et la sobriété du morceau.
Gegenlicht n’est pas un track qui cherche le drop spectaculaire. Il préfère l’hypnose douce, la répétition qui rassure, la progression discrète. C’est un morceau qui fonctionne autant sur un dancefloor tardif que dans une écoute solitaire, casque vissé, regard perdu. Collx y affirme une manière de faire rare : se laisser guider par le son plutôt que de le contraindre, accepter que la musique prenne le contrôle.
Avec Gegenlicht, Collx signe une pièce qui ne cherche pas à briller frontalement, mais à éclairer par reflet. Une musique de contre-jour, justement, qui ne montre pas tout, mais donne envie de rester, d’écouter encore, et de se laisser porter par cette lumière oblique qui rend les contours plus beaux que la pleine clarté.
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décembre 19, 2025« Avec Glass, MERTDER transforme la transparence promise en surface fissurée, et fait de la danse un acte de lucidité. »
Glass ne prévient pas. Glass observe. Glass juge. Dès les premières secondes, MERTDER installe un climat où le corps est invité à bouger pendant que l’esprit, lui, commence à grincer. Ce titre ne cherche ni l’élégance ni la nuance confortable : il préfère l’impact frontal, le martèlement, la répétition comme stratégie de mise à nu. Ici, la musique pop électronique n’est pas un refuge hédoniste, mais un outil de confrontation.
Le morceau avance sur une basse lourde, industrielle, volontairement cyclique. Rien n’évolue vraiment, et c’est précisément là que tout se joue. Cette boucle agit comme une métaphore sonore d’un monde politique figé dans ses promesses recyclées. On pense à ces discours qui tournent en rond, à ces mots polis qui se veulent rassurants mais laissent un goût métallique. Glass refuse la progression classique parce que le système qu’il pointe du doigt refuse lui aussi de changer. La répétition devient alors une arme, un rappel incessant de l’absurdité ambiante.
L’ADN sonore de MERTDER puise clairement dans une tradition britannique où la noirceur est synonyme de profondeur. Les atmosphères épaisses évoquent l’héritage de Massive Attack, cette manière de faire peser le silence autant que le son. Mais là où Massive Attack suggère, MERTDER appuie. Il y a dans Glass une violence rythmique, presque primitive, qui rappelle la fureur électronique de The Prodigy, ce goût du chaos organisé, du groove qui cogne plus qu’il ne caresse.
À cela s’ajoute une dimension ouvertement politique, mais jamais didactique. MERTDER ne brandit pas de slogan clair, il préfère les détours, les doubles lectures, les phrases qui semblent jouer avant de mordre. Cette ironie acide n’est pas sans rappeler l’esprit provocateur de Die Antwoord, tandis que la colère sous-jacente, elle, dialogue avec l’urgence contestataire de Rage Against the Machine. Pourtant, Glass ne copie personne : il absorbe ces influences pour les transformer en une matière personnelle, ancrée dans une identité londonienne marquée par le multiculturalisme et les fractures sociales.
Ce qui frappe, au fond, c’est la manière dont MERTDER parvient à rendre la critique dansante sans jamais la vider de sa gravité. Le contraste entre un son taillé pour le club et un propos sombre crée un malaise fertile. On se surprend à hocher la tête, puis à se demander pourquoi. Le plaisir devient inconfortable, presque coupable, et c’est précisément là que Glass réussit son coup.
Avec ce morceau, MERTDER impose une vision : celle d’une musique pop électronique qui n’endort pas, mais réveille. Une musique qui invite à danser tout en regardant le reflet que l’on évite d’habitude. Glass n’est pas seulement un titre, c’est une surface tendue devant nous. Libre à chacun d’y voir clair — ou d’y laisser apparaître ses propres fissures.
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décembre 19, 2025« Ici, l’intelligence artificielle ne remplace rien : elle regarde l’humain droit dans les yeux et lui demande s’il est sûr de lui. »
Tout commence comme une interférence. Pas un générique, pas une introduction aimable, mais une fissure. Point of No Return est le genre d’album qui s’enclenche. Ici, Dizzy Panda ne cherche ni à séduire, ni à expliquer. Le duo installe un climat, presque une zone grise, où l’on avance sans être certain de qui parle, ni même de ce qui parle. La voix d’Alyssa Ingram, synthétique mais dirigée, montée, sculptée par la main humaine, devient rapidement autre chose qu’un gadget conceptuel. Elle devient un miroir instable.
Intro – Who Do I Trust ouvre le disque comme un bulletin d’alerte mal accordé. Fragments de voix, signaux brisés, sensation d’un monde qui ne sait plus très bien à qui confier ses certitudes. La confiance s’effondre dès la première minute, et ce n’est pas un accident. Streets Are Breaking enchaîne avec un mouvement plus physique : nappes épaisses, pulsations lentes, respirations presque organiques. La ville y apparaît comme un corps hybride, moitié béton, moitié code, où l’on danse sans trop savoir si c’est encore volontaire.
Reality Is Dead tranche net. Plus court, plus frontal, presque punk dans l’intention. La question n’est plus esthétique mais existentielle : si tout sonne vrai, comment distinguer le réel ? Ghost in the Loop étire ce malaise. Le fameux “human in the loop” devient ici un fantôme : présent, mais déjà dépassé. La production joue sur des répétitions hypnotiques, comme si la musique elle-même hésitait à avancer.
Digital Soul marque un point de bascule émotionnel. C’est le cœur battant de l’album : fragile, presque pudique. On y sent ce que Dizzy Panda réussit le mieux : projeter une émotion sincère dans un espace artificiel, sans cynisme. Electric Skin prend ensuite une tournure plus charnelle, troublante même. Le grain électronique se fait sensuel, ambigu, flirtant avec l’idée d’un duo impossible entre humain et entité synthétique.
Code Between Us est peut-être le morceau le plus cruel du disque. Deux systèmes tentent de se dire “je t’aime” sans partager le même langage. C’est beau et frustrant à la fois, porté par une tension cinématographique qui rappelle le trip-hop le plus narratif. Puis vient Point of No Return, pièce centrale, lente montée vers l’irréversible. Une fois ce titre passé, quelque chose a changé : dans l’album, mais aussi dans la manière dont on l’écoute.
Mirror Code introduit une forme de rébellion froide, presque ironique, avant que 404 City ne déploie un chaos fascinant. Long, absurde, dansant par éclats, ce morceau ressemble à une métropole construite sur des bugs assumés. Lorem Ipsum joue avec l’idée de langage vide devenu conscient : dérangeant, presque drôle, mais jamais gratuit. Enfin, Before the Screens referme le disque dans une respiration humaine. Piano fragile, silence respecté, comme un dernier souffle analogique avant l’extinction des écrans.
Point of No Return n’est pas un manifeste anti-IA ni une fascination béate pour la technologie. C’est un album profondément humain, précisément parce qu’il accepte l’inconfort, le doute, l’ambivalence. Dizzy Panda ne répond pas aux questions : ils les laissent résonner. Et c’est peut-être là que l’album touche juste — dans cette zone instable où l’émotion survit, même quand la voix n’est plus tout à fait humaine.
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décembre 18, 2025« La lumière ici n’est pas un décor : c’est une main tendue, douce et tenace, qui te relève sans faire de bruit. »
Le jour se lève, et d’un coup tout paraît possible — pas dans le sens carte postale, mais dans ce frémissement très concret où le corps se remet d’aplomb, où l’air semble plus neuf que la veille. Morning d’Adriana Spuria capte exactement cette seconde-là : l’instant où l’on ouvre les yeux et où la beauté n’a rien d’un concept, juste une évidence qui traverse la pièce. Ça respire le quotidien filmé de près, sans maquillage, avec cette pudeur italienne qui sait transformer une rue, un coin de ciel, un sourire à moitié fatigué en matière de cinéma.
Ce qui me touche, c’est la façon dont elle refuse l’héroïsme. Morning ne se prend pas pour un grand discours sur l’espoir : il le fabrique dans les détails. On sent une écriture de compositrice autant que de parolière — quelqu’un qui pense la trajectoire émotionnelle comme on pense une lumière qui avance. Les cordes arrivent comme une caresse structurée, pas comme un effet “prestige” : elles étirent l’espace, donnent de la profondeur, et installent une gravité lumineuse, ce paradoxe rare où l’on peut être fragile sans être faible.
La production, elle, joue sur une alliance qui pourrait sembler évidente sur le papier mais qui demande du tact : acoustique et synthés, organique et nocturne, chair et halo. Les arrangements (piano, textures, cordes) font le pont entre deux mondes : celui de la chanson à hauteur de souffle et celui d’une pop plus atmosphérique, presque contemplative. C’est là que Morning devient vraiment élégant : ça avance sans forcer, ça monte sans s’énerver, et ça laisse toujours une place au silence entre les notes — cette place où l’on se reconnaît.
Et puis il y a cette teinte mélancolique, discrète, comme une pensée qui traverse le cadre pendant qu’on se persuade d’aller bien. Morning n’oublie pas l’ombre ; il la traverse. Le cœur du titre n’est pas la naïveté du “tout ira bien”, mais une confiance plus adulte : celle qui dit que la lumière revient, même quand on n’y croit pas tout de suite.
Adriana Spuria a ce talent rare de rendre l’intime partageable. On ressort de Morning avec une sensation presque physique : la clarté qui s’installe lentement dans les épaules, la nuit qui recule sans drame, et l’envie très simple — très précieuse — de recommencer.
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décembre 18, 2025« Ce n’est pas la victoire qui brille le plus, mais l’obstination à rester debout quand on vous voulait éteinte. »
Il y a des titres qui cherchent l’approbation, et puis il y a ceux qui s’en nourrissent pour mieux la recracher. Platinum out of Spite appartient clairement à la seconde catégorie. MAY BEE ne signe pas ici un simple uppercut pop calibré pour les playlists : elle grave une revanche, polie jusqu’à la brillance, mais forgée dans l’agacement, la fierté et une lucidité presque insolente.
Dès les premières secondes, le morceau impose son décor : une hyperpop tendue, saturée, volontairement excessive. Les synthés claquent comme des flashs d’appareil photo, la rythmique avance avec une précision presque mécanique, et pourtant tout déborde. Rien n’est sage. Tout semble pensé pour frôler la surcharge sans jamais s’effondrer. MAY BEE joue avec cette frontière, celle où la pop devient un terrain de jeu instable, euphorique, presque agressif.
Ce qui frappe surtout, c’est l’intention. Platinum out of Spite ne cherche pas à séduire, il s’impose. Il y a dans l’interprétation une forme de sourire en coin permanent, une ironie assumée, comme si chaque phrase était lancée avec la certitude d’avoir déjà gagné, même sans trophée officiel. La voix, tantôt effilée, tantôt presque enfantine, agit comme un masque brillant dissimulant une détermination farouche. On entend la moquerie, mais aussi la rage canalisée, transformée en énergie dansante.
La structure du morceau épouse cette logique de défi. Les montées sont franches, les refrains explosent sans demander la permission, et les breaks jouent avec l’attente, comme pour rappeler que le contrôle est total. Hyperpop, oui, mais jamais chaotique par accident. Tout est calculé pour que l’excès devienne un langage, un manifeste sonore.
Platinum out of Spite fonctionne aussi comme un commentaire sur l’époque. Cette obsession de la réussite, du statut, des chiffres, retournée ici comme une arme personnelle. Être “platinum” non pas pour plaire, mais par pure obstination, presque par provocation. MAY BEE détourne les codes de la pop triomphante pour en faire une affirmation d’identité, une manière de dire que la reconnaissance peut être un dommage collatéral, pas une finalité.
Au fond, ce morceau agit comme un miroir aux néons : il reflète une génération qui danse sur ses frustrations, qui transforme le doute en esthétique et l’ironie en carburant. Platinum out of Spite n’est pas là pour rassurer, mais pour galvaniser. Une pop tranchante, brillante, mordante, qui prouve que la revanche peut aussi être un hit — à condition de l’assumer jusqu’au bout.
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décembre 18, 2025« Tout clignote, tout s’accélère, et pourtant personne ne quitte la pièce. »
Il y a ce moment précis, presque cinématographique, où l’on sent que tout va dérailler. Pas encore l’explosion, pas encore la fuite. Juste cette tension électrique qui s’installe dans le corps. C’est exactement là que Jakr place Fire Alarm. Pas dans l’incendie, mais dans l’attirance étrange pour la sirène, dans ce désir paradoxal de rester alors que tous les signaux hurlent l’inverse.
La production s’impose d’abord comme un battement nerveux. Synthés resserrés, textures sombres, presque métalliques, qui donnent l’impression d’un espace clos, d’un club trop petit pour l’intensité émotionnelle qu’il contient. Tout est sous tension. Rien ne déborde encore. Jakr joue avec l’attente comme on joue avec un fil électrique dénudé, conscient du risque mais incapable de lâcher.
Ce qui frappe, c’est cette énergie frénétique parfaitement contrôlée. Fire Alarm n’est pas une dark pop contemplative, ni une complainte noyée dans la reverb. C’est un morceau en mouvement, agité par une urgence intérieure. La rythmique pulse comme un cœur qui accélère sans raison valable, simplement parce qu’il a compris avant le cerveau que quelque chose se termine mal.
La voix, volontairement contenue, agit comme un narrateur coincé dans l’œil du cyclone. Pas de grands effets dramatiques, mais une intensité sourde, presque fébrile. On sent l’attraction pour le chaos, cette fascination trouble pour les relations qui brûlent trop fort, trop vite. Fire Alarm ne juge pas cette pulsion, elle l’expose, la met en musique, la laisse respirer jusqu’à l’asphyxie.
Puis vient cette montée finale, annoncée comme une promesse et tenue comme une déflagration. Tout ce qui était comprimé se libère d’un coup. Les couches s’empilent, la production s’ouvre, la tension éclate sans devenir spectaculaire pour autant. C’est une explosion intérieure, pas un feu d’artifice. Une fin logique, presque inévitable, qui laisse derrière elle une sensation de vertige plutôt qu’un soulagement.
Fire Alarm fonctionne parce qu’il ressemble à ces moments où l’on choisit de rester une minute de plus, même quand on sait. Une dark pop viscérale, pensée comme une trajectoire émotionnelle complète, du frisson initial à l’effondrement final. Jakr signe ici un morceau qui ne cherche pas à rassurer, mais à capturer ce goût dangereux pour le désastre, celui qui fait battre le cœur plus vite… juste avant que tout s’arrête.
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décembre 18, 2025« Ça commence comme une tentation anodine et ça finit comme une obsession qui cogne aux tempes. »
Le sucre, chez ANIMI VOX, n’a rien d’un plaisir coupable mignon. Il ne fond pas doucement sous la langue, il gratte, il irrite, il réclame toujours plus. Sugar s’avance ainsi, sans sourire forcé, avec cette manière très rock de transformer une image quotidienne en métaphore physique. Ici, la pop n’est qu’un point d’entrée. Très vite, le morceau bascule, durcit son discours et s’installe du côté des guitares tendues, des rythmes qui n’acceptent pas la négociation.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la densité. Les riffs ne cherchent pas à séduire, ils martèlent. Ils dessinent un décor resserré, presque industriel dans l’intention, où chaque accord semble peser un peu plus lourd que le précédent. La batterie, droite et nerveuse, agit comme un battement cardiaque sous caféine : régulier, pressant, impossible à ignorer. On sent une urgence contenue, une colère calme qui refuse l’explosion spectaculaire mais maintient une pression constante.
Sugar fonctionne comme une montée interne. Rien n’est démonstratif, tout est maîtrisé. La production laisse volontairement transparaître une rugosité qui empêche toute lecture trop pop. Même quand la mélodie s’ouvre, elle reste accrochée à cette tension, comme si le morceau refusait le confort. C’est là que le rock s’impose : dans cette incapacité à relâcher complètement.
La voix, placée au centre du dispositif, ne cherche jamais l’emphase. Elle observe, elle constate, elle avance sans pathos. Cette retenue donne au propos une force particulière. L’obsession évoquée n’est ni glamour ni dramatique, elle est banale, quotidienne, presque acceptée. Et c’est précisément ce qui dérange. Sugar parle d’addiction comme on parlerait d’une habitude ancrée, d’un réflexe socialement toléré, mais intérieurement corrosif.
Plus le morceau progresse, plus il devient clair que l’enjeu n’est pas la douceur promise par le titre, mais ce qu’elle cache. ANIMI VOX joue avec cette ambiguïté, entre accroche immédiate et malaise persistant. Le refrain reste en tête, oui, mais il agit comme un rappel, pas comme un refuge.
Sugar confirme surtout un positionnement : celui d’un groupe qui utilise les codes du pop-rock pour mieux glisser vers quelque chose de plus rugueux, de plus frontal. Un rock moderne, sans nostalgie inutile, qui préfère la tension à l’explosion. Un titre qui ne cherche pas à plaire à tout prix, mais à laisser une trace. Collante. Tenace. Impossible à oublier.
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décembre 18, 2025« Une chanson qui n’explique rien mais accompagne tout, comme une présence muette quand tout vacille. »
Scarlet Mind ne s’écoute pas, il s’éprouve. Dès les premières secondes, quelque chose se met en tension, comme si le morceau refusait la posture confortable de la chanson rock bien alignée. Yardood installe un climat mental avant d’installer une mélodie. Ici, la musique n’est pas décorative : elle agit comme un espace intérieur, un lieu où l’on est obligé de s’asseoir avec soi-même, même quand ça gratte, même quand ça brûle.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette sensation de bascule permanente. Rien n’est figé. Les guitares avancent à pas mesurés, parfois rêches, parfois presque méditatives, comme si elles hésitaient entre l’élan et la retenue. Le progressif n’est jamais démonstratif, il est psychologique. Les couches sonores s’empilent comme des pensées contradictoires, créant une impression de spirale douce mais insistante. On n’est pas face à un mur de son, mais face à une architecture mentale en mouvement.
Scarlet Mind parle de transformation, mais sans slogans ni promesses de lumière immédiate. Le morceau assume une vérité rarement abordée avec autant de sobriété : changer, c’est perdre. Pas symboliquement. Réellement. Perdre des repères, des réflexes, parfois même des versions entières de soi. Yardood ne dramatise pas cette idée, il l’accepte. La douleur n’est ni héroïsée ni cachée, elle est présentée comme une force brute, un déclencheur plus qu’un ennemi.
Ce qui rend le morceau profondément touchant, c’est cette manière de laisser respirer le doute. Les éléments électroniques apparaissent comme des éclats de conscience, presque des interférences intimes, rappelant que le chemin intérieur n’est jamais linéaire. Ils ne cherchent pas à moderniser le rock, mais à le fissurer de l’intérieur, à lui injecter une dimension introspective presque cinématographique.
Scarlet Mind donne l’impression d’un dialogue silencieux entre le corps et l’esprit. Un morceau qui n’accompagne pas les moments de certitude, mais ceux où l’on ne sait plus très bien qui l’on est en train de devenir. Yardood signe ici une œuvre qui refuse les réponses faciles, préférant l’honnêteté d’un vertige assumé.
Dans un paysage alternatif souvent pressé de conclure, Scarlet Mind prend le temps de rester suspendu. Il ne ferme aucune porte, n’en ouvre aucune de force. Il rappelle simplement que certaines renaissances commencent par un effondrement discret, presque intime, et que parfois, accepter de se perdre est la forme la plus sincère de courage.
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décembre 18, 2025« Une chanson qui ne se souvient pas de l’adolescence : elle la traverse encore, les mains tremblantes et le sourire trop grand. »
Il faut imaginer Piñata comme un instant suspendu, un battement de cœur juste avant l’impact. La Parade ne raconte pas le premier amour, il le rejoue à hauteur de peau. Pas celui qu’on mythifie des années plus tard, mais celui qui arrive trop tôt, quand on n’a pas encore appris à se protéger, quand on veut faire croire au monde qu’on maîtrise tout alors que l’émotion déborde de partout. Ce morceau-là avance sans armure, et c’est précisément ce qui le rend si désarmant.
Dès les premières secondes, la production installe un climat feutré, presque cotonneux, mais jamais inoffensif. Les textures électroniques sont profondes, enveloppantes, comme si le son cherchait à recréer cette bulle intérieure où tout devient plus intense. La Parade joue avec le minimalisme sans tomber dans l’ascèse. Chaque élément semble pesé émotionnellement, pas techniquement. Rien n’est là pour briller, tout est là pour ressentir. On pense à cette manière contemporaine de laisser respirer la pop, quelque part dans le sillage de Billie Eilish, mais avec une chaleur et une frontalité très françaises, qui rappellent aussi Fishbach dans sa façon de faire cohabiter fragilité et aplomb.
Ce qui frappe surtout, c’est la justesse du regard. Piñata capte ce moment étrange où l’on se sent déjà trop grand pour son âge, mais encore trop petit pour ses émotions. La chanson ne juge jamais cet entre-deux. Elle l’embrasse. Elle en fait même sa matière première. Musicalement, cela se traduit par une tension permanente entre douceur et élan, comme si le morceau hésitait volontairement entre rester dans la retenue ou tout lâcher d’un coup. Cette hésitation devient son moteur narratif.
Pensé à l’origine pour le film La Grande Envie, Piñata dépasse largement le cadre de l’image. Il en garde toutefois une écriture très visuelle. On y devine des chambres trop petites, des nuits trop longues, des silences chargés de sens. La Parade transforme le décor adolescent en terrain émotionnel universel. Ce n’est plus une histoire générationnelle, c’est une sensation partagée.
Dans cette manière d’écrire la pop comme un espace émotionnel mouvant, La Parade s’inscrit dans une lignée où l’intime n’est jamais décoratif. On y retrouve quelque chose de l’héritage de Alain Bashung ou de Jacques Higelin : cette façon de laisser l’émotion circuler librement, sans la verrouiller dans un discours explicatif. Ici, rien n’est surligné. Tout est suggéré, vécu, traversé.
Piñata agit comme un remède doux-amer. Une chanson qui ne promet pas que ça ira mieux, mais qui rappelle que ressentir aussi fort, même maladroitement, reste une expérience fondatrice. La Parade signe une pop sensible, incarnée, qui accepte enfin que la vulnérabilité soit une force esthétique. Et dans le paysage actuel de la pop française, c’est peut-être ce geste-là, humble et audacieux à la fois, qui fait le plus de bruit.
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décembre 18, 2025« Ici, l’afro-pop n’efface rien : elle archive, elle confronte, elle répare. »
Tout commence comme une sensation étrange, presque trompeuse. Milli Vanity avance avec une fluidité qui pourrait faire croire à un simple morceau élégant, calibré, immédiatement digeste. Mais très vite, quelque chose accroche. Une tension souterraine. Une gravité qui refuse de se dissoudre dans le confort du groove. James BKS ne signe pas un titre aimable : il signe un acte de mémoire déguisé en chanson.
La force du morceau tient à ce décalage permanent entre la forme et ce qu’elle transporte. La production est ample, précise, presque lumineuse, nourrie d’un ADN afro-urbain qui circule sans jamais s’imposer comme un slogan. Les rythmes respirent, les synthés tracent une ligne claire, la structure reste lisible. Rien n’est là pour impressionner gratuitement. Tout est au service d’un récit qui demande du respect.
Ce récit, justement, s’ancre dans une figure que la pop culture a longtemps réduite à une blague mondiale. En donnant la parole à Fab Morvan, James BKS ne cherche ni la provocation ni le sensationnel. Il crée un espace. Un endroit où l’on peut enfin raconter sans montage cruel, sans ricanement collectif. La voix porte une fatigue ancienne, mais aussi une dignité retrouvée. On n’entend pas un comeback, on entend une réparation lente.
Musicalement, Milli Vanity refuse le piège de la reconstitution nostalgique. Pas de revival facile, pas de clins d’œil appuyés. Le morceau vit dans le présent, avec des textures modernes, un sens du rythme qui regarde vers les clubs autant que vers l’introspection. Cette modernité n’efface pas le passé : elle l’oblige à dialoguer avec aujourd’hui. Et c’est là que James BKS excelle, dans cet art de faire cohabiter l’héritage et le mouvement.
Ce titre dit beaucoup de son auteur. James BKS ne joue plus au producteur virtuose qui aligne les références. Il agit en architecte narratif. Chaque choix semble pensé pour éviter la glorification de l’ego tout en refusant l’autoflagellation. Milli Vanity parle de chute, mais surtout de ce qui survit après. De ce que l’industrie détruit, et de ce que la musique peut encore sauver.
À l’écoute, une impression persiste : celle d’un morceau qui ne cherche pas à plaire immédiatement, mais à rester. Milli Vanity s’installe, lentement, comme une vérité qu’on avait trop longtemps évitée. Une chanson qui ne demande pas d’applaudissements, seulement une écoute attentive. Et c’est peut-être là sa plus grande victoire.
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décembre 18, 2025« Un morceau qui accepte la fatigue du monde sans renoncer à l’élan vital, et transforme le constat en mouvement. »
Quelque chose s’est déplacé, subtilement mais définitivement, dans la musique de Solbore avec We Are Not Young Anymore. Ce n’est pas une rupture brutale, plutôt un glissement de terrain intérieur. Comme si le projet avait cessé de flotter pour accepter le poids du sol, de la chair, du temps qui passe. La pièce avance avec une gravité nouvelle, une manière de dire que l’on peut continuer à créer sans se raconter d’histoires, sans maquiller les fissures.
Dès les premières secondes, le rythme impose une autre posture d’écoute. Les batteries, organiques, presque sèches, tranchent avec les nappes atmosphériques qui avaient jusqu’ici façonné l’univers de Solbore. Ce battement n’est pas là pour rassurer : il rappelle que le corps est encore là, qu’il encaisse, qu’il avance parfois à contre-cœur. La pulsation évoque autant le trip-hop que certains élans post-rock discrets, avec cette sensation étrange de mouvement intérieur, comme marcher seul la nuit en reconnaissant chaque pas.
Le morceau doit beaucoup à l’alchimie humaine qui l’a vu naître. La rencontre avec Neil Cosgrove, ancien collaborateur d’Aphex Twin, agit comme un catalyseur invisible : on sent dans la construction sonore une intelligence artisanale, une manière de faire dialoguer synthés et guitares sans jamais chercher l’effet. Les textures s’imbriquent, respirent, laissent de l’espace à l’émotion brute. Rien n’est décoratif ici, tout sert le récit.
Les voix d’Ellie Godwin et Aisling Rhiannon Whiting arrivent comme deux lignes de pensée parallèles. Leur duo n’illustre pas le texte, il l’habite. Elles ne chantent pas la nostalgie avec pathos, elles l’observent avec lucidité. Le titre ne parle pas de jeunesse perdue comme d’un regret romantique, mais comme d’un état physique et mental : moins d’élasticité, plus de conscience, un autre rapport à la fragilité. Cette maturité assumée donne au morceau une profondeur rare, loin des complaintes générationnelles attendues.
Ce qui frappe surtout, c’est la façon dont Solbore transforme cette thématique en énergie collective. Le morceau n’est pas un repli, c’est un point d’appui. On y entend l’écho d’une scène indépendante britannique qui refuse la posture figée, à l’image de musiciens gravitant autour de projets comme Delta Sleep, où la technique sert toujours l’émotion et non l’inverse.
We Are Not Young Anymore agit comme une déclaration discrète mais déterminée. Une manière de dire que vieillir n’est pas s’éteindre, mais apprendre à jouer différemment, avec moins d’illusions et plus de justesse. Un morceau qui ne cherche pas à séduire immédiatement, mais qui s’installe lentement, durablement, comme ces vérités que l’on comprend trop tard — et que l’on finit par chérir.
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décembre 18, 2025« Transformer l’héritage en mouvement, sans jamais le figer dans la nostalgie. »
Il y a des morceaux qui n’entrent pas par les oreilles mais par la peau. O Laurindinha fait partie de ceux-là. Dès les premières pulsations, quelque chose d’ancien se remet à respirer, comme un souvenir que l’on croyait immobile et qui, soudain, recommence à marcher. ShAIkh Kev ne signe pas ici un simple titre afrofusion de plus : il ouvre une brèche temporelle, un dialogue intime entre la voix des ancêtres et les machines du présent.
Le morceau repose sur un geste artistique fort : ne pas sacraliser la tradition, mais la laisser muter. O Laurindinha, chanson populaire portugaise transmise de génération en génération, devient sous ses doigts une matière vivante. Les paroles conservent leur douceur naïve, leur poésie circulaire, tandis que la rythmique s’enracine dans des log drums profonds, presque telluriques, hérités de l’amapiano et de l’afro-house. Ce frottement entre la rondeur folklorique et la précision électronique crée une tension fascinante, jamais décorative.
Ce qui frappe, c’est la retenue. ShAIkh Kev ne cherche pas l’explosion club immédiate. Il préfère la transe lente, celle qui s’installe insidieusement, qui fait danser autant la mémoire que le corps. La production respire, laisse des espaces, respecte le silence comme un élément narratif. Chaque couche sonore semble posée avec une intention presque affective, comme si le producteur dialoguait avec la voix de sa mère, avec l’île de Madère, avec tout ce qui a été transmis sans forcément être vécu.
Dans ce titre, la diaspora n’est pas une posture marketing mais une expérience sensorielle. On entend la distance, l’exil doux-amer, la façon dont les cultures se transforment quand elles traversent les continents. O Laurindinha ne regarde pas en arrière avec mélancolie : il regarde droit devant, en acceptant que l’identité soit un mouvement perpétuel. La tradition n’est pas un musée, elle est une piste de danse.
Ce morceau s’inscrit dans un projet plus large, Raízes Reimaginadas, où chaque relecture devient un acte politique discret : redonner aux chants populaires une place dans le présent globalisé, sans les lisser, sans les folkloriser. ShAIkh Kev réussit ce tour de force rare : faire dialoguer l’intime et le collectif, le sacré et le profane, la maison familiale et la nuit électronique.
O Laurindinha est un morceau-pont. Entre générations. Entre géographies. Entre ce que l’on hérite et ce que l’on choisit de devenir. Une musique qui ne cherche pas à expliquer, mais à faire ressentir — et qui rappelle que danser peut aussi être une forme de mémoire active.
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décembre 18, 2025« Entre la nervosité emo et une ambition presque cinématographique, Searching trace une ligne droite dans le brouillard intérieur. »
Pas de porte d’entrée évidente ici, pas de formule rassurante. Searching s’impose comme un espace mental dans lequel on entre sans enlever ses chaussures, avec ses pensées encore pleines de poussière. ZOCO ne cherche pas à séduire à tout prix, encore moins à consoler. Le morceau préfère observer, poser un cadre, laisser l’inconfort exister. C’est précisément ce refus de la facilité qui lui donne sa densité.
Musicalement, le titre se construit comme une progression maîtrisée. Les guitares ne déboulent pas en meute : elles avancent par blocs, presque géométriques, sculptant un décor où chaque silence compte autant que chaque saturation. On est loin de l’emo lacrymal ou du rock alternatif boursouflé. Ici, la tension est tenue, canalisée, pensée comme une matière noble. Le groupe semble jouer avec l’idée de retenue, comme si chaque montée avait été volontairement freinée pour éviter l’explosion gratuite.
La voix de Marco Zocco agit comme un fil conducteur fragile mais tendu. Elle ne supplie pas, ne s’effondre pas. Elle constate. Elle raconte un état plus qu’une histoire, un mouvement intérieur plutôt qu’un événement précis. Cette posture donne au morceau une portée étrange, presque universelle : Searching parle de quête sans jamais nommer l’objet recherché. Amour, sens, paix, identité — tout est possible, rien n’est imposé.
Ce qui distingue vraiment le morceau, c’est sa manière de concilier une écriture émotionnelle avec une rigueur presque intellectuelle. On sent derrière chaque arrangement une réflexion sur la place du rock aujourd’hui : comment rester viscéral sans être archaïque, comment être intense sans devenir prévisible. ZOCO répond à ces questions non pas par un manifeste, mais par la pratique. Par le son. Par la structure.
Il y a aussi dans Searching une forme d’élégance européenne, une distance qui rappelle que l’émotion peut être puissante sans être exhibitionniste. Les influences sont multiples, mais jamais écrasantes. Le morceau avance avec une assurance tranquille, comme quelqu’un qui doute mais continue d’avancer droit.
Distribué par Z3 Records, Searching s’inscrit dans une vision à long terme. Ce n’est pas un single pensé pour brûler vite, mais une pièce qui gagne en relief à chaque écoute. Plus on y revient, plus les détails apparaissent : une variation rythmique subtile, une guitare en retrait, un souffle dans la voix.
Searching ne prétend pas offrir des réponses. Il fait mieux : il donne une forme au doute, il lui offre un territoire sonore crédible, habitable. Un morceau qui ne panique pas face au vide, mais l’éclaire juste assez pour continuer à avancer.
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décembre 18, 2025“Un chant de fête qui refuse le sucre glace et préfère l’électricité brute d’un ampli poussé trop fort dans le salon.”
Il y a des morceaux de Noël qui cherchent la tendresse universelle, le consensus mou, la larme au coin de l’œil et la cheminée Instagram-ready. Et puis il y a A Wonderful Christmas, où Isaac Koshy décide très consciemment de brancher sa guitare là où d’autres sortent les clochettes. Pas pour provoquer gratuitement, mais pour rappeler une chose simple : la fête peut aussi être physique, nerveuse, traversée d’une énergie rock qui refuse la naphtaline.
Ce qui frappe d’emblée, c’est cette sensation de mouvement. Le morceau ne s’installe pas dans la révérence nostalgique, il avance, il roule, il pulse. Une rythmique directe, presque insolente, soutient une écriture qui ne s’embarrasse pas d’oripeaux saisonniers. Ici, Noël n’est pas un décor figé : c’est un prétexte, un terrain de jeu. La guitare tranche l’air avec une clarté très anglo-saxonne, quelque part entre rock alternatif accessible et héritage classic rock digéré sans lourdeur.
Koshy n’essaie jamais de singer ses influences, même si l’ombre de figures comme Billy Joel ou les Foo Fighters plane en arrière-plan. Il en retient l’essentiel : le sens du refrain qui rassemble, la capacité à faire monter une émotion sans la surligner. Sa voix garde quelque chose de juvénile, presque candide, mais toujours portée par une vraie assurance mélodique. On sent un musicien qui sait exactement ce qu’il veut transmettre : le plaisir brut de jouer, d’embarquer l’auditeur, de faire taper du pied sans demander la permission.
Le plus intéressant reste peut-être ce décalage assumé. Faire un morceau de Noël rock n’a rien de révolutionnaire en soi, mais A Wonderful Christmas évite l’ironie facile ou le clin d’œil appuyé. Le morceau ne se moque pas des traditions, il les traverse autrement. Il injecte une énergie live, presque scénique, comme si la chanson avait été pensée pour faire vibrer un public debout plutôt que pour accompagner un repas trop long.
Que le titre ait été salué par Rolling Stone India ou diffusé sur Radio City n’a finalement rien d’étonnant. Il y a ici une vraie compréhension du format pop-rock : efficace, fédérateur, mais jamais paresseux. Un morceau qui s’écoute autant comme une respiration dans la discographie de Koshy que comme une anomalie réjouissante dans le paysage des chansons de fêtes.
A Wonderful Christmas n’essaie pas de redéfinir Noël. Il rappelle simplement qu’on peut aussi le vivre amplis allumés, sourire en coin, avec cette sensation rare d’un rock qui sait rester chaleureux sans devenir prévisible. Une célébration électrique, libre, et étonnamment sincère.
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décembre 18, 2025“Une chanson qui ne raconte pas l’amour, mais son état de suspension, ce moment où tout peut encore basculer.”
Impossible d’aborder La canzone degli amanti comme un simple morceau d’indie rock italien. Ce serait passer à côté de sa nature profonde : une œuvre poreuse, flottante, presque hors du temps, où la musique semble penser avant même que les mots n’apparaissent. Pierpaolo Marino compose ici une pièce qui ne cherche ni l’efficacité immédiate ni la séduction frontale. Elle s’installe, elle observe, elle laisse l’auditeur entrer lentement dans son espace mental.
Dès les premières mesures, quelque chose se déplace. Les accords n’annoncent pas une chanson au sens classique, mais un climat. On sent l’héritage du rock progressif dans cette façon de refuser la ligne droite, de préférer les détours harmoniques, les micro-tensions, les respirations inattendues. La guitare ne domine jamais vraiment : elle circule, se dédouble, se dissout parfois dans une brume psychédélique qui évoque autant les paysages italiens que les dérives introspectives des années post-psyché.
La voix de Marino agit comme un fil narratif fragile. Elle ne s’impose pas, elle glisse. Chantée en italien, elle conserve une musicalité organique, presque charnelle, même pour qui ne saisit pas chaque mot. Il y a dans cette interprétation une retenue très maîtrisée : rien n’est appuyé, rien n’est surjoué. La chanson avance comme une confidence qu’on n’ose pas totalement formuler, un amour raconté non par ses élans, mais par ses silences.
Ce qui frappe, c’est la manière dont La canzone degli amanti semble toujours au bord de quelque chose. Jamais elle ne bascule complètement dans l’explosion, jamais elle ne s’abandonne au confort mélodique. Le progressif ici n’est pas démonstratif, il est émotionnel. Les changements de structure servent une sensation : celle d’un lien amoureux instable, mouvant, fait de fascination et de distance.
La production, signée sous l’égide de La Vigna Dischi, privilégie une texture presque artisanale. Rien de clinquant, mais une profondeur réelle, une patine qui laisse passer le grain, l’imperfection, le souffle. On a l’impression d’écouter un morceau qui a vécu, qui porte déjà en lui une mémoire.
La canzone degli amanti n’est pas une chanson que l’on consomme. Elle s’apprivoise. Elle accompagne les moments où l’on pense trop, où l’on ressent sans vouloir conclure. Pierpaolo Marino signe ici un morceau qui échappe aux formats, une œuvre suspendue entre rock psychédélique et journal intime sonore.
Un titre qui ne cherche pas à marquer son époque, mais à créer un espace intérieur. Et c’est précisément pour cela qu’il continue de résonner.
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décembre 18, 2025“Une chanson qui ne demande pas la clarté, mais l’éblouissement — quitte à s’y perdre.”
Ilumíname n’avance pas avec prudence. Le morceau surgit comme un appel frontal, presque physique, une demande de lumière formulée non pas depuis le confort, mais depuis l’urgence. The Sand signe ici une pièce plus tranchante que Septiembre, plus tendue aussi, comme si la mélancolie avait cessé de contempler pour commencer à frapper.
Dès l’entame, les guitares installent un climat de friction. Elles ne caressent plus, elles frottent, elles insistent, avec cette saturation contrôlée qui évoque autant l’alternative rock que certaines fulgurances du rock latino des années 90. La rythmique, compacte, presque martiale, pousse le morceau vers l’avant sans lui laisser la possibilité de se reposer. Ilumíname ne cherche pas l’espace, il cherche la percée.
La voix, portée par l’espagnol, agit ici comme un vecteur de tension pure. Le chant n’est pas démonstratif, mais habité. Chaque mot semble chargé d’un poids émotionnel réel, comme s’il avait été prononcé avant d’être chanté. Il y a dans cette interprétation une forme de supplication digne, une demande de lumière qui n’a rien de mystique au sens large, mais tout d’une nécessité intime. Illumine-moi, non pas pour comprendre, mais pour tenir.
Musicalement, The Sand joue avec une dynamique subtile. Les couplets retiennent, compressent, maintiennent une pression sourde, pendant que les refrains ouvrent brièvement les vannes, laissant passer une intensité plus large sans jamais tomber dans l’explosion facile. Ce choix donne au morceau une respiration étrange, presque anxieuse, comme si chaque montée risquait d’être la dernière. On n’est pas dans le grandiose, mais dans le combat intérieur.
Ce qui distingue Ilumíname, c’est sa manière de concilier dureté et vulnérabilité. Les guitares sont épaisses, parfois presque abrasives, mais elles ne masquent jamais l’émotion centrale. Au contraire, elles la soulignent. Le morceau semble constamment tiraillé entre la colère et le besoin d’apaisement, entre la nuit et l’étincelle. Cette dualité donne au titre une profondeur qui dépasse largement le cadre du simple rock alternatif.
Ilumíname s’écoute comme un moment de bascule. Ce n’est pas une chanson d’arrière-plan. Elle demande de l’attention, voire une forme de confrontation. Elle accompagne les instants où l’on cherche une issue sans être certain de vouloir la trouver. Avec ce titre, The Sand confirme une identité sonore plus affirmée, plus dense, capable d’embrasser la rugosité sans renoncer à l’émotion.
Un rock qui ne promet pas le salut, mais qui ose formuler la demande. Et parfois, c’est déjà beaucoup.
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décembre 18, 2025“Un morceau qui suspend l’instant juste avant qu’il ne bascule, comme si le compte à rebours était aussi une façon de rester vivant.”
The Countdown ne commence pas vraiment : il s’installe. Une nappe synthétique s’étire, une guitare rêveuse vient tracer une ligne d’horizon floue, et déjà quelque chose se met en marche à l’intérieur. Pas une urgence, plutôt une attente consciente. dB Smith compose ici une chanson qui regarde le temps droit dans les yeux, sans le défier, mais sans lui céder non plus.
La grande réussite du morceau tient dans cet équilibre délicat entre héritage et présent. Les références aux années 80 et 90 sont là, évidentes mais jamais pesantes : on pense à la new wave tardive, aux synthpop mélancoliques, à ces chansons qui savaient être dansantes tout en portant une forme de gravité émotionnelle. Pourtant, The Countdown ne sonne jamais rétro. La production est nette, aérée, pensée pour aujourd’hui, avec ce sens du détail qui empêche toute nostalgie facile. Le passé est une couleur, pas un refuge.
La voix féminine, fruit d’une nouvelle collaboration avec Danke, agit comme un fil conducteur sensible. Elle n’impose rien, elle glisse. Dans les couplets, elle se fait presque confidentielle, comme si elle murmurait une pensée qu’on n’ose pas formuler à voix haute. Puis vient le refrain, plus lumineux, plus accrocheur, où la chanson révèle son cœur pop, ce moment précis où l’on comprend que l’on va fredonner The Countdown sans même s’en rendre compte. Mais là encore, dB Smith évite le piège de l’euphorie creuse : même dans son efficacité mélodique, le morceau conserve une forme de mélancolie douce.
Ce qui frappe, c’est la manière dont la structure elle-même raconte quelque chose. Le breakdown agit comme une respiration suspendue, un instant où le compte à rebours semble se figer avant de reprendre sa course. Musicalement, c’est là que le morceau devient presque introspectif, comme si l’énergie dansante se repliait sur une question plus intime : que fait-on, vraiment, quand le temps défile ? On danse pour oublier, ou pour ressentir plus fort ?
The Countdown fonctionne précisément parce qu’il ne tranche pas. Il accepte cette ambiguïté, cette coexistence entre légèreté et gravité. C’est une chanson que l’on peut écouter en fond, mais aussi une chanson qui, à un moment donné, attrape l’attention et ne la lâche plus. Elle accompagne les trajets nocturnes, les fins de soirées calmes, les instants où l’on regarde défiler sa propre vie sans savoir s’il faut accélérer ou ralentir.
Avec ce titre, dB Smith affirme une écriture pop mature, sensible au temps qui passe mais encore animée par l’envie de faire vibrer. The Countdown n’annonce pas une fin : il célèbre l’instant juste avant, celui où tout reste possible, tant que la musique continue.
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décembre 18, 2025“Une chanson qui avance à tâtons, comme une âme lucide dans un bar encore ouvert, quand tout le reste a déjà fermé.”
La première sensation n’est pas musicale, elle est physique. Lost on the Get-Go donne l’impression d’entrer dans un lieu où l’on ne sait plus très bien si l’on vient d’arriver ou si l’on est là depuis des heures. Le morceau se déploie sans fracas, comme une lumière trop douce pour être honnête. The Buzz Junky ne cherche pas à accrocher, mais à envelopper, à installer une zone grise où les émotions n’ont pas besoin de se nommer pour exister.
La production travaille cette sensation d’entre-deux avec une intelligence rare. Rien n’est frontal. Les synthés flottent comme des vapeurs tièdes, les guitares effleurent plus qu’elles n’attaquent, et la rythmique avance en retenue, presque sur la pointe des pieds. On sent une fascination pour les marges, pour ces moments où tout semble possible précisément parce que rien n’est clair. Lost on the Get-Go n’est pas une chanson de destination, c’est un morceau de trajectoire.
Les voix jouent un rôle central dans cette dérive maîtrisée. Celles de Hope Rangel et de D. Mitchell Sims se croisent sans jamais chercher à s’imposer. Elles semblent parfois se répondre, parfois s’ignorer, comme deux pensées qui cohabitent sans parvenir à se réconcilier. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette manière de chanter sans résoudre, de raconter sans conclure. Le texte devient un paysage mental, fait de désirs flous, d’élans avortés et de cette étrange excitation qui naît quand on accepte d’être perdu dès le départ.
Ce qui distingue vraiment Lost on the Get-Go, c’est sa capacité à rendre la nuit crédible. Pas la nuit fantasmée, glamour ou romantique, mais celle des villes secondaires, des bars sans mythologie, des routes mal éclairées. La chanson évoque ces lieux où l’on ne devient pas quelqu’un d’autre, mais où l’on ose enfin être exactement ce que l’on est, même si cela reste bancal. Musicalement, cela se traduit par une tension permanente entre beauté et fatigue, entre rêve et lucidité.
Le morceau ne cherche jamais le climax. Il refuse la montée spectaculaire, préférant une progression subtile, presque sournoise. Cette absence de résolution donne toute sa force à l’écoute : Lost on the Get-Go continue de résonner après la dernière note, comme une conversation interrompue trop tôt ou un souvenir qu’on n’arrive pas à ranger.
Avec ce titre, The Buzz Junky signe une pièce nocturne profondément habitée, un art rock sombre mais chaleureux, qui parle à celles et ceux qui trouvent encore du sens dans les zones floues. Une chanson qui ne promet rien, mais qui tient exactement ce qu’elle suggère : la beauté fragile d’une errance assumée.
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décembre 18, 2025“Une chanson qui sent la poussière chaude, les fins d’été trop longues et les sentiments qu’on n’a jamais vraiment quittés.”
Septiembre ne s’écoute pas, il se traverse. Dès les premières mesures, The Sand installe un climat qui colle à la peau, une chaleur un peu lourde, presque nostalgique, comme ces fins de journée où le soleil refuse de tomber mais où l’on sait déjà que quelque chose s’achève. Le morceau avance avec cette lente assurance propre aux groupes qui n’ont plus besoin de prouver leur intensité : elle est là, contenue, prête à fissurer à tout moment.
La guitare ouvre l’espace avec une retenue presque élégante, jamais démonstrative. Elle ne cherche pas le riff qui écrase, mais la ligne qui obsède, celle qui revient en boucle dans la tête comme un souvenir imprécis. La section rythmique, solide sans être rigide, maintient ce balancement constant entre tension et abandon. On sent l’héritage du rock alternatif, mais aussi quelque chose de plus charnel, de plus sudiste, une manière latine d’aborder la mélancolie sans la figer dans la plainte.
Et puis il y a la langue. L’espagnol ici n’est pas un simple choix esthétique, il est une matière sonore à part entière. Chaque syllabe semble porter son propre poids émotionnel, chaque inflexion de voix dessine une géographie intime. Même sans en saisir toutes les nuances, on comprend l’essentiel : Septiembre parle du temps qui glisse, des choses qu’on croyait stables et qui se déplacent doucement sous nos pieds. Le chant oscille entre fragilité et détermination, comme si l’interprète hésitait sans cesse entre regarder en arrière ou continuer d’avancer.
Ce qui frappe, c’est la capacité du morceau à rester suspendu. The Sand évite soigneusement le piège du crescendo trop attendu. La montée est là, mais elle se fait par accumulation de textures, par épaississement progressif de l’atmosphère. Les guitares deviennent plus rugueuses, presque abrasives par moments, sans jamais perdre cette mélodie sous-jacente qui sert de fil conducteur. On n’est pas dans l’explosion, mais dans l’érosion lente, celle qui façonne les paysages les plus durables.
Septiembre possède cette qualité rare de pouvoir accompagner plusieurs états. On peut l’écouter seul, tard le soir, casque vissé sur les oreilles, ou le laisser résonner en fond sonore d’un trajet sans destination précise. Il y a dans ce titre une forme de maturité émotionnelle, une acceptation du manque, de l’entre-deux, qui le rend profondément humain.
Avec ce morceau, The Sand confirme une identité claire : un rock mélancolique mais jamais figé, nourri de guitares franches et d’émotions contenues, où la tristesse n’est pas une fin mais un passage. Septiembre devient alors plus qu’un titre : une saison intérieure, celle où l’on apprend à vivre avec ce qui s’efface sans chercher à le retenir.
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décembre 18, 2025“Un moment suspendu où l’indie-rock cesse d’être un genre pour devenir un rituel partagé.”
Ce morceau ne donne pas l’impression d’avoir été enregistré. Il semble plutôt avoir été capturé, comme on attrape un souffle rare au vol. Adoring Host n’est pas une simple collaboration : c’est une collision douce entre deux sensibilités qui se reconnaissent sans avoir besoin de se présenter. D’un côté, Slow Karma, architectes d’une musique poreuse, toujours en mouvement. De l’autre, Stillhound, figures discrètes mais essentielles d’un indie-rock émotionnel, profondément incarné. Ensemble, ils ne cherchent pas l’équilibre : ils cherchent la vérité du moment.
Dès l’entame, Adoring Host respire le live. On entend la pièce, l’air, la tension des corps. Les instruments ne sont pas polis, ils sont présents. La batterie avance comme un cœur calme mais déterminé, la basse dessine une trajectoire souple, presque narrative. Les textures électroniques, signatures de Slow Karma, ne surplombent jamais : elles enveloppent, elles écoutent. Et puis la voix arrive, sans emphase, sans posture héroïque. Une voix qui n’explique rien mais qui dit tout.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le morceau refuse la dramaturgie facile. Pas de montée artificielle, pas de climax forcé. Adoring Host s’installe dans une forme de confiance rare : celle qui consiste à laisser la musique exister sans la pousser. Le chant semble flotter au-dessus du groupe, comme une pensée qui traverse la pièce, pendant que les arrangements s’ajustent en temps réel, presque organiquement. On sent la scène, la proximité, cette sensation unique d’assister à quelque chose qui n’arrivera qu’une fois.
Il y a dans ce titre une mélancolie lumineuse, typiquement écossaise, qui n’a rien de décoratif. Une tristesse douce, jamais complaisante, qui regarde le monde avec lucidité mais sans cynisme. Indie rock, indie pop, alternative… ces étiquettes glissent rapidement. Adoring Host appartient à cette zone floue où la musique devient un espace commun, un lieu de passage entre introspection et communion.
La force de cette collaboration réside aussi dans ce qu’elle ne fait pas. Elle ne cherche pas à moderniser à tout prix, ni à capitaliser sur la nostalgie. Elle joue avec le temps, l’étire, l’assouplit. Chaque silence compte autant que chaque note. Chaque respiration devient une partie intégrante du morceau.
Adoring Host ressemble à ces fins de concert où personne ne parle tout de suite. Un moment fragile, presque sacré, que l’on garde pour soi avant de le raconter. Slow Karma et Stillhound signent ici bien plus qu’un titre : ils livrent un instant de musique vécue, profondément humaine, qui rappelle pourquoi le live reste l’endroit où tout commence et où tout finit.
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décembre 17, 2025“Un morceau qui éclaire sans aveugler, pensé comme un signal lancé à celles et ceux qui cherchent encore la côte.”
Dès les premières secondes de Lighthouse, quelque chose s’allume. Pas un flash brutal, plutôt une lueur progressive, une pulsation qui s’installe comme un battement régulier contre la poitrine. ANIMI VOX ne cherche pas l’effet immédiat : le groupe préfère la montée, la patience, l’art délicat de laisser l’auditeur entrer dans le morceau à son propre rythme. Cette manière de faire dit déjà beaucoup de leur rapport à la pop et au rock indépendant : ici, l’émotion ne se consomme pas, elle se construit.
Le titre avance porté par une énergie nette, presque cinétique, où l’électro-pop dialogue sans complexe avec un indie rock plus organique. Les synthés vibrent comme des néons fatigués dans une ville nocturne, pendant que les guitares viennent rappeler la matière, le corps, le frottement. Rien n’est décoratif. Chaque couche sonore semble pensée pour servir une idée simple et pourtant vertigineuse : tenir debout dans un monde saturé de signaux contradictoires.
Lighthouse fonctionne comme une métaphore évidente, mais jamais lourde. Le phare n’est pas ici un symbole héroïque, figé sur une carte postale maritime. Il devient un point de repère mouvant, parfois lointain, parfois presque inaccessible, mais toujours nécessaire. Musicalement, cela se traduit par des refrains qui ouvrent l’espace sans tomber dans l’emphase, et par une rythmique qui pousse vers l’avant, comme si rester immobile était devenu impossible.
Ce qui frappe, c’est cette capacité à marier l’élan et le doute. Le morceau respire l’optimisme, mais un optimisme lucide, conscient des failles, des peurs, de la fatigue collective. ANIMI VOX ne chante pas la victoire, mais la persistance. Continuer malgré le bruit ambiant, malgré l’angoisse diffuse, malgré cette impression permanente de naviguer entre monde analogique et réalité numérique sans jamais trouver l’équilibre parfait.
La production, claire sans être lisse, accentue cette tension. Les beats pulsent avec une précision presque mécanique, tandis que les textures plus rugueuses viennent rappeler l’humain derrière la machine. Lighthouse devient alors une chanson de mouvement, faite pour accompagner les transitions : changer de ville, de vie, de regard. C’est un titre qui donne envie de marcher longtemps, casque sur les oreilles, en laissant les pensées dériver.
ANIMI VOX signe ici un morceau fédérateur sans être consensuel, capable de parler à une génération traversée par les mêmes questionnements : comment rester soi sans se dissoudre dans le flux ? Comment avancer sans certitude, mais avec assez de lumière pour ne pas sombrer ? Lighthouse n’apporte pas de réponse définitive. Il propose mieux : un point fixe, une vibration commune, une lumière suffisamment forte pour rappeler qu’on n’est jamais seul à chercher la côte.
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décembre 17, 2025“Un morceau qui s’accroche au cœur comme un souvenir qu’on n’a jamais vraiment voulu guérir.”
Un battement lent, presque timide, ouvre When You Stay. Pas une entrée spectaculaire, plutôt une respiration. Quelque chose qui ressemble à ce moment précis où l’on hésite à fermer une porte, où la main reste suspendue dans l’air parce que partir serait plus simple que rester. Brando signe ici un titre qui refuse la grandiloquence pour mieux creuser l’intime, une pop adulte qui n’a pas peur de la retenue ni du silence entre les notes.
Les guitares sont chaudes, enveloppantes, jamais décoratives. Elles installent un décor feutré, presque domestique, comme une pièce éclairée en fin de journée, quand la lumière devient dorée et que le temps ralentit. Rien ne déborde. Tout est pensé pour laisser la place à l’émotion brute, à cette nostalgie douce-amère qui ne cherche pas à faire pleurer mais à faire rester. Les chœurs empilés, presque murmurés, donnent au morceau une dimension collective, comme si plusieurs voix portaient la même fragilité, la même envie de retenir ce qui menace de s’effacer.
Ce qui frappe, c’est la maturité de l’écriture. Brando ne raconte pas une histoire spectaculaire, il décrit un état. Celui où le manque et le désir cohabitent, où l’on comprend que l’attachement n’est pas toujours héroïque, mais souvent discret, quotidien, fragile. When You Stay n’essaie jamais de forcer l’émotion. Il la laisse venir, doucement, par accumulation. Une note après l’autre. Un refrain qui revient comme une pensée obsessionnelle. Une production qui sait s’effacer pour mieux souligner l’essentiel.
Impossible de ne pas mesurer le virage artistique opéré ici par un songwriter longtemps associé à l’efficacité mondiale de Loud Luxury, notamment à travers le tube planétaire Body. Mais là où cette époque visait l’instantané, When You Stay s’inscrit dans la durée. C’est une chanson qu’on ne consomme pas, qu’on habite. Une chanson qui ne cherche pas à remplir un dancefloor mais à accompagner des moments de solitude, de réflexion, de retour sur soi.
La force du morceau réside aussi dans sa pudeur. Rien n’est surjoué. La voix reste proche, humaine, presque imparfaite, ce qui la rend d’autant plus crédible. On sent un artiste qui n’a plus besoin de prouver quoi que ce soit, qui accepte de ralentir, de simplifier, de laisser parler ses propres failles. Cette pop-là ne court pas après les tendances. Elle s’inscrit dans une tradition de chansons qui savent attendre, qui acceptent de durer plus longtemps que leur époque.
When You Stay est un morceau qui ne s’impose pas, mais qui s’installe. Il accompagne les retours nocturnes, les souvenirs qu’on ressasse, les décisions qu’on repousse. Une pop de l’après-coup, de l’entre-deux, qui prouve que parfois, le geste le plus fort n’est pas de partir, mais de rester encore un peu.“Un morceau qui s’accroche au cœur comme un souvenir qu’on n’a jamais vraiment voulu guérir.”
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décembre 17, 2025“Un groove instrumental qui transforme la virtuosité en terrain de jeu et le sérieux en fête contagieuse.”
Il y a des morceaux qui s’écoutent. D’autres qui s’attrapent au vol, comme une blague trop bien rythmée pour être ignorée. Gargamel’s Blue Cheese appartient clairement à la seconde catégorie. Dès les premières secondes, le titre se glisse dans le corps avant même de passer par le cerveau. Pas besoin de paroles, pas besoin de démonstration : tout est déjà là, dans cette façon qu’a le groove de s’installer sans demander la permission.
On sent immédiatement une écriture pensée comme un mouvement, presque comme une chorégraphie invisible. La basse avance avec assurance, ronde mais nerveuse, pendant que la batterie découpe l’espace avec une précision joyeuse. Rien n’est figé. Tout respire, rebondit, s’amuse. Le funk ici n’est pas un exercice nostalgique ni un hommage poussiéreux. Il est vivant, contemporain, traversé par des éclats disco, des clins d’œil jazz fusion et une énergie presque hip-hop dans sa manière d’insister sur le beat.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre rare entre maîtrise et relâchement. On sent des musiciens capables d’aller très loin techniquement, mais qui choisissent sciemment de ne jamais écraser l’auditeur sous leur virtuosité. Gargamel’s Blue Cheese préfère le sourire au muscle, le clin d’œil à la démonstration. Chaque synthé semble arriver pile au bon moment, comme une couleur qu’on ajoute sans jamais saturer la toile. Le morceau avance par couches successives, se densifie, puis s’ouvre à nouveau, laissant l’air circuler.
Impossible de ne pas percevoir l’ombre bienveillante de Yossi Fine derrière cette architecture sonore. On retrouve ce goût pour les grooves profonds mais joueurs, cette manière de rendre la précision presque organique. Une approche héritée d’un parcours aux côtés de figures comme David Bowie, Madonna ou Lou Reed, mais digérée, transformée, jamais citée frontalement. Ici, l’influence ne pèse pas, elle libère.
Le morceau se vit comme une scène de fin dans un film sans images : tout s’accélère légèrement, les motifs se répondent, l’énergie monte sans jamais devenir agressive. On imagine très bien ce titre au cœur d’un set pensé comme un flux continu, capable de transformer n’importe quelle salle en piste de danse improvisée. C’est un funk de musiciens, oui, mais surtout un funk de partage, fait pour circuler, pour rassembler, pour provoquer ce sourire réflexe quand le groove devient trop bon pour rester immobile.
Gargamel’s Blue Cheese réussit là où beaucoup échouent : rendre l’instrumental immédiatement narratif. Chaque instrument raconte quelque chose, chaque silence compte, chaque reprise de motif agit comme un rappel complice. Ce n’est pas un morceau qui cherche à impressionner. C’est un morceau qui invite. Et une fois entré, difficile d’en ressortir sans avoir bougé, ne serait-ce qu’un peu.
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décembre 17, 2025“Un hymne doux-amer pour celles et ceux qui comprennent qu’il faut parfois disparaître pour rester entier.”
Just Go ne cherche pas l’explosion spectaculaire. Le morceau avance plutôt comme une marche intérieure, lente mais déterminée, celle qu’on entreprend quand rester devient plus douloureux que partir. Max Ceddo signe ici une chanson qui ne promet pas de miracle, mais une chose plus précieuse encore : la dignité. Celle qu’on garde quand on décide de quitter la pièce, le groupe, la relation ou le décor sans claquer la porte, simplement parce que l’air y est devenu irrespirable.
Musicalement, Just Go s’inscrit dans une tradition indie rock aux contours familiers mais jamais paresseux. Une base folk-pop-rock chaleureuse, des guitares claires qui préfèrent la caresse à la morsure, un sens mélodique presque power pop dans sa façon d’installer un refrain qui ne force rien mais s’imprime doucement. Rien n’est surjoué. Chaque élément semble placé pour soutenir le propos plutôt que pour voler la vedette. La production respire, laisse de l’espace, comme si la chanson elle-même avait besoin de place pour exister pleinement.
Ce qui frappe surtout, c’est la sincérité presque désarmante de l’ensemble. Just Go n’est pas un manifeste grandiloquent contre la violence du monde, même si celle-ci affleure en filigrane. C’est une chanson de survie ordinaire. Elle parle à ceux qui se sentent à côté, en trop, mal ajustés dans un cadre qui ne leur correspond plus. À ceux qui ont essayé de rester, de s’adapter, de faire bonne figure, avant de comprendre que persister était devenu une forme d’auto-sabotage.
Max Ceddo ne dramatise pas. Il accompagne. Sa voix ne domine pas le morceau, elle s’y fond, comme un ami qui marcherait à côté de vous, sans donner de leçon, sans asséner de vérité définitive. Il y a dans son interprétation une retenue qui rend le message d’autant plus fort. Le courage, ici, n’est pas héroïque. Il est quotidien, presque banal. Il tient dans cette idée simple mais difficile à accepter : partir peut être un acte d’amour envers soi-même.
Just Go fonctionne comme un rappel nécessaire à une époque saturée d’injonctions à tenir bon coûte que coûte. Le morceau propose une autre voie, plus douce, plus lucide. Celle qui consiste à reconnaître ses limites, à accepter la solitude passagère comme le prix d’une paix future. Ce n’est pas une fuite, c’est un déplacement. Un pas de côté. Un refus silencieux de continuer à se faire mal pour correspondre à un cadre imposé.
Sans chercher l’effet, Max Ceddo livre ici une chanson qui accompagne, qui soutient, qui reste. Une chanson qu’on écoute quand on a déjà pris la décision, ou quand on n’ose pas encore. Just Go n’ordonne rien. Il ouvre une porte. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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décembre 17, 2025“Un morceau qui transforme le vacarme du monde en équilibre intérieur, sans jamais baisser la garde.”
Piece Full ne débarque pas pour faire du bruit. Il arrive avec le poids tranquille de ceux qui ont compris que la force véritable se cache dans la retenue. Bub Rock ne rappe pas pour prouver qu’il sait rapper — il rappe parce qu’il n’a jamais cessé de penser en rimes, de respirer en mesures, de traduire le réel en métaphores concrètes. Dès les premières secondes, le décor est posé : un boom bap dense, organique, qui sent la poussière des rues de Strong Island et la noblesse des classiques east coast digérés avec respect, pas avec nostalgie.
La production signée Backpack Beatz agit comme une fondation solide. Rien de clinquant, rien d’inutile. Les drums claquent avec cette sécheresse familière qui rappelle que le hip-hop est d’abord une affaire de rythme et de tension. Les samples respirent, laissent passer l’air, installent une mélancolie sourde sans jamais sombrer dans le pathos. C’est un beat qui avance droit, à hauteur d’homme, parfaitement aligné avec l’intention du texte.
Bub Rock, lui, déroule un flow posé, maîtrisé, presque professoral sans jamais devenir condescendant. Il y a chez lui ce sens rare de la métaphore filée, ce talent pour faire dialoguer le sport, la rue et la vie intérieure sans que jamais l’analogie ne sonne artificielle. Chaque punchline semble issue d’une expérience vécue, digérée, puis restituée avec clarté. Piece Full parle de paix, mais pas d’une paix naïve. Une paix gagnée à force de discipline, de renoncements, de lucidité. Une paix qui sait d’où elle vient et ce qu’elle a coûté.
Ce qui frappe, c’est la maturité du propos. Là où beaucoup confondent introspection et confession, Bub Rock choisit la transmission. Il observe, il analyse, il met en perspective. Sa voix porte une gravité tranquille, celle d’un MC qui n’a plus besoin de courir après l’instant, parce qu’il sait que le temps joue pour lui. Le morceau avance comme un mantra urbain, un rappel constant que l’élévation passe autant par le contrôle que par l’ambition.
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décembre 17, 2025“After All est ce moment suspendu où la lucidité arrive trop tard, quand la nuit a déjà tout avalé.”
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas la lumière. After All s’installe ailleurs, dans cette zone grise où les pensées tournent en boucle, où l’on n’est ni tout à fait perdu, ni réellement sauvé. Cosmo Cloudy avance à découvert, sans armure pop ni posture artificielle, et c’est précisément ce qui rend le titre aussi troublant. Rien n’est là pour rassurer. Tout est là pour ressentir.
Dès l’introduction, la matière sonore impose une atmosphère lourde, presque cotonneuse. Les basses sont épaisses, ralenties, comme engourdies par une nuit sans sommeil. Les textures trap s’entrelacent à des nappes plus éthérées, flirtant avec une R&B alternative qui préfère le clair-obscur aux refrains éclatants. La production n’est jamais démonstrative : elle s’étire, elle respire mal, elle laisse volontairement des espaces vides, comme autant de silences chargés de sens.
La voix de Cosmo Cloudy arrive sans prévenir, presque désinvolte en apparence, mais profondément habitée. Il y a dans son phrasé quelque chose de flottant, un refus de la ligne droite. Elle ne cherche pas à séduire par la performance vocale, mais par une forme de vérité brute, parfois fragile, parfois distante, toujours juste. On a l’impression d’assister à une conversation intérieure qui aurait échappé au contrôle, posée là, sans filtre.
After All fonctionne comme un monologue nocturne, un dialogue avec soi-même quand les certitudes se fissurent. Le morceau emprunte à l’Alternative Hip-Hop son sens du rythme ralenti et introspectif, à la Dark Pop son goût pour les ambiances voilées, et à l’Alt R&B cette capacité à rendre le malaise presque sensuel. Mais Cosmo Cloudy ne se contente pas de juxtaposer des influences : elle les digère, les tord, les rend personnelles.
Ce qui frappe, c’est la cohérence émotionnelle du titre. Tout semble pensé pour maintenir cette tension sourde, sans explosion inutile. Chaque élément sonore paraît pesé, retenu, comme si l’artiste refusait volontairement le soulagement d’un climax trop évident. Le morceau avance, inexorable, et laisse derrière lui une impression persistante, presque collante.
On sent derrière After All une artiste qui contrôle son univers de bout en bout, qui ne délègue ni son identité ni son propos. Cette indépendance se ressent dans chaque détail : dans la façon dont les beats ne cherchent pas l’efficacité immédiate, dans l’écriture qui préfère la suggestion à l’explication, dans cette esthétique globale qui assume pleinement sa part d’ombre.
After All n’est pas un titre fait pour être consommé distraitement. Il exige une écoute attentive, presque intime. Un morceau à écouter seul, casque sur les oreilles, quand la ville s’éteint et que les pensées deviennent plus bruyantes que le monde extérieur. Cosmo Cloudy signe ici une pièce nocturne, dense et habitée, qui confirme une voix singulière dans un paysage pop souvent trop lisse.
Une chanson qui ne promet pas de réponses, mais qui accepte le vertige. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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décembre 17, 2025“Hot Honey s’insinue lentement, comme une douceur trouble qui devient obsession avant même qu’on ait compris pourquoi.”
Dès les premières secondes, quelque chose accroche. Pas une explosion, pas un effet tape-à-l’œil, mais une tension fine, presque sournoise, qui s’installe dans le creux de l’oreille. Hot Honey avance à pas feutrés, avec cette assurance discrète propre aux morceaux qui savent exactement où ils vont sans jamais lever la voix. high jump joue ici un jeu subtil : séduire sans flatter, intriguer sans expliquer, laisser l’auditeur combler lui-même les silences.
Le morceau repose sur une matière lo-fi volontairement rugueuse. Les guitares grincent légèrement, comme si elles avaient été enregistrées à la lumière d’une ampoule fatiguée, et la batterie, compacte, presque étouffée, impose un groove qui ne cherche pas la démonstration. Ce minimalisme n’a rien d’un exercice de style : il sert une narration diffuse, une sensation de malaise doux, une forme de sensualité un peu bancale qui fait toute la singularité du titre.
Ce qui frappe, c’est la manière dont la voix vient perturber cet équilibre. Elle pique, elle provoque, elle ne cherche pas à caresser. Il y a quelque chose de frontal dans la façon dont les mots sont posés, comme une confidence lancée sans filtre, sans vérification préalable. Cette tension entre une instrumentation retenue et un chant presque insolent crée un frottement permanent, un inconfort délicieux qui empêche le morceau de se dissoudre dans la simple vibe.
On sent chez high jump une filiation évidente avec certaines esthétiques contemporaines, entre les aspérités émotionnelles de MkGee, les détours expérimentaux de ML Buch et cette nonchalance faussement lisse que l’on associe à Men I Trust. Mais Hot Honey n’est jamais une synthèse paresseuse. Le groupe semble plutôt s’amuser à déséquilibrer ces références, à leur retirer toute politesse excessive pour en garder la nervosité.
La construction du morceau mérite qu’on s’y attarde. Rien n’est précipité. high jump prend le temps d’installer son décor, puis de le fissurer lentement. Quand arrive le passage charnière, cette montée vers le pont et le second refrain, le morceau change subtilement de densité. Ce n’est pas un climax spectaculaire, mais une bascule intérieure : quelque chose se resserre, le groove gagne en insistance, et l’on réalise que l’on est déjà pris au piège.
Hot Honey agit comme ces chansons que l’on croit saisir immédiatement, avant de comprendre qu’elles continuent de travailler en sourd. Un titre qui ne cherche pas à séduire les playlists par excès de douceur, mais par une identité claire, assumée, presque abrasive par moments. Dans un paysage indie souvent trop lisse, high jump choisit la texture, l’ambiguïté, le grain.
Un morceau qui colle, qui persiste, qui revient sans prévenir. Et surtout, un signal fort : celui d’un groupe qui préfère laisser des marques plutôt que de simplement remplir l’espace.
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décembre 17, 2025“Une pulsation qui traverse le corps avant d’atteindre l’esprit, comme si Blakey révélait la part ultra-vivante que la nuit cachait en nous.”
Ce morceau, je l’ai reçu comme on reçoit un coup de fouet imprévu dans un club trop sombre pour y voir clair, mais suffisamment vibrant pour y sentir chaque micro-déclic émotionnel. You! Girl…x n’est pas un simple track électro pop : c’est une manière de respirer plus vite, de s’autoriser un emballement que la journée nous refuse. Blakey, dans ce format court et incandescent, déploie un art que j’aimerais voir plus souvent : celui d’aller droit au centre nerveux de la sensation, sans s’excuser d’aimer la vitesse, la répétition, l’euphorie programmée.
Là où beaucoup s’échinent à dramatiser le club, lui choisit la ligne claire, presque enfantine, presque sentimentale, sans jamais céder à la facilité du kitsch. Le synthé principal a cette vibration qui rappelle les tubes eurodance que l’on n’assumait qu’à moitié, mais dont les angles ont été polis avec un soin contemporain. On entend les années vécues dans les salles obscures, l’intimité des conversations post-set, le goût d’une nuit qui se raconte uniquement par impulsions. Il n’imite rien, il réassemble les fragments d’une culture vécue de l’intérieur.
Ce qui me plaît ici, c’est la façon dont Blakey refuse l’emphase. You! Girl…x ne cherche pas à prouver, il préfère agir. La boucle vocale, presque réduite à une émotion primitive, devient une forme de mantra, quelque chose qui s’impose comme un geste répété pour s’empêcher de retomber dans le silence. Le morceau dure peu, mais imprime beaucoup : une intensité centrifuge qui s’accélère dans les jambes avant de remonter vers la pensée.
On retrouve ce mélange singulier de pudeur et d’audace qui caractérise Blakey depuis ses débuts. Il sait écrire fragile, mais il sait aussi produire frontal. Ici, il assemble les deux en une esthétique minimaliste mais vibrante, d’une sincérité presque désarmante. Et surtout, il signe l’une de ses mutations les plus révélatrices : la bascule vers cette culture électronique qui, jusqu’ici, restait un sous-texte. On sent les clubs anglais, les rues humides au petit matin, les promesses non tenues, les amitiés forgées à l’heure où les lumières se rallument.
You! Girl…x est le morceau d’un artiste qui ne joue plus à se cacher derrière les atmosphères : il les revendique, les condense, les laisse se répandre comme une poudre lumineuse. Une track qui n’a pas besoin de durée pour exister. Elle pulse. Elle insiste. Elle traverse. Et quand elle s’arrête, on a cette envie un peu honteuse mais totalement sincère : la remettre tout de suite, pour retrouver cette sensation de courir quelque part sans bouger d’un millimètre.
Blakey, dans cette mini-détonation, montre ce que la pop électronique peut devenir lorsqu’elle ose la franchise et la vitesse : un langage du corps avant d’être un discours. Un sourire avant d’être une idée. Une pulsation avant d’être un style.
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décembre 17, 2025“Cole Palmer tranche comme une ascension racontée au couteau, un récit d’ambition où chaque bar avance avec la précision d’un athlète qui ne rate jamais la lucarne.”
Un sentiment de clair-obscur s’installe dès les premières secondes de Cole Palmer, comme si V.I.C ouvrait la porte d’un couloir londonien trempé de pluie et d’enjeux, un espace où la détermination se frotte aux ombres, où la musique devient l’extension nerveuse d’une volonté qui refuse de plier. Cette piste ne fanfaronne pas : elle dégaine. Elle montre les dents, mais avec élégance, avec une discipline de footballeur qui connaît la valeur du mouvement juste, du geste sobre et fatal.
V.I.C, dans ce morceau, ressemble à un joueur qui accélère soudain au milieu d’un match verrouillé : il casse le tempo, change l’angle de vue, déplace la lumière. L’instrumentale avance comme un générique du Parrain remixé par une génération qui a troqué les costards contre des survêts impeccables. Les cordes coupantes flânent au-dessus d’un 808 qui cogne comme un cœur sous adrénaline, et tout respire cette tension dramatique qui nourrit les rappeurs obsédés par la précision. Ce n’est plus seulement un beat : c’est un terrain d’entraînement.
Le texte, lui, ne cherche aucune parabole étirée : il frappe sec, concentré, en laissant transparaître une intelligence calme, une façon rare de tenir l’espace sans hausser la voix. On entend le Nigeria dans le grain, Southampton dans la résilience, Londres dans le grind — un triangle culturel qui forge un style hybride, affûté, impossible à réduire à une seule scène. Chez V.I.C, l’ambition n’est pas décorative : c’est une force musculaire. Elle se construit à coups d’écriture compulsive, de shows répétés mentalement avant même d’être bookés, d’un mental verrouillé qui refuse le vacarme extérieur.
Ce qui rend Cole Palmer fascinant, c’est cette manière de transformer une référence footballistique en manifeste artistique. Le footballeur devient miroir : précision, sang-froid, verticalité. Le rappeur s’y reconnaît. Dans cette filiation-là, V.I.C ne joue plus au rookie : il incarne l’athlète mental, celui qui sait que la réussite n’est jamais accidentelle mais entièrement due à l’entraînement invisible.
À mesure que le morceau avance, le beat bascule, comme un changement tactique soudain. V.I.C adopte une posture plus carnassière, il s’autorise le “licence to kill”, non pas en bravade mais en constat. La trajectoire s’écrit sans détour : viser haut, viser loin, viser juste. Dans un UK rap souvent saturé de grimaces et de faux-semblants, cette sobriété incendiaire fait l’effet d’une gifle polie. Rien n’est surjoué, tout est maîtrisé.
Ce titre marque un point crucial dans l’évolution de V.I.C : celui où l’articulation technique rencontre le storytelling intérieur, celui où le rappeur cesse d’être un “prospect” pour devenir une silhouette incontournable dans le paysage britannique. Cole Palmer, derrière ses airs de morceau-arsenal, devient un document : un instantané d’un jeune artiste qui grimpe en diagonale, lignes tendues, regard fixé au-delà des buildings.
Et pendant qu’il avance, quelque chose en lui continue de murmurer : la grandeur n’est pas un choix, c’est une habitude.
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décembre 17, 2025“Didn’t Show Up glisse comme un souvenir qui refuse de s’effacer, lumineux mais griffé d’un manque que la musique transforme en rêve rétro.”
Quelque chose s’allume doucement dans Didn’t Show Up, comme une lampe vintage trouvée dans une brocante nocturne : la lumière vacille, dorée, feutrée, pleine de promesses qui n’appartiennent à personne. PAKO KAAN n’écrit pas une chanson, il ouvre un lieu. Et dans ce lieu, la soul en velours des années 70 danse avec une mélancolie moderne, la dream pop se dissout dans une vapeur disco pastel, et l’on se retrouve pris dans un vortex tendre où même l’absence semble avoir un parfum.
Le morceau déploie cette sensation très précise, presque intime, d’un rendez-vous où personne ne vient — mais où l’attente devient un espace créatif. PAKO KAAN raconte ce moment né sur un vieil orgue des seventies, et cette origine artisanale, presque domestique, bourdonne encore dans le grain de la production. On sent la pièce minuscule où la musique a pris forme, les instruments vintage adoptés comme talismans contre le bruit du monde, les heures de doutes mêlées aux intuitions soudaines. Il y a dans ce track une pudeur qu’on n’attend pas forcément d’un groove aussi chaleureux : une douceur légèrement brisée.
Sur le plan sonore, Didn’t Show Up réussit un équilibre rare : le rythme chaloupe avec une assurance moelleuse, les couches psychédéliques se déposent comme des halos autour de la voix, les détails rétro n’ont rien d’un pastiche. PAKO KAAN ne cite pas une époque, il en ravive une émotion. Le morceau flotte dans une dimension où Curtis Mayfield croiserait King Krule par accident, un soir d’été trop lent, quelque part entre Athènes et un cloud imaginaire de souvenirs qui n’ont jamais existé.
Impossible d’ignorer cette pulsation intérieure qui anime tout le morceau : un cœur qui bat pour quelqu’un qui ne viendra pas, ou peut-être pour soi-même, quand on découvre que l’attente révèle plus de choses que la rencontre. Cette dimension presque romanesque irrigue chaque partie du track. La ligne d’orgue, à la fois naïve et entêtante, agit comme un fil rouge qui ramène toujours à cette première étincelle — ce geste simple d’un doigt sur un clavier poussiéreux, devenu le point de départ d’un monde entier.
Et puis il y a cette impression que Didn’t Show Up est un mensonge pieux : quelqu’un n’est peut-être pas venu, oui, mais la musique, elle, arrive partout. Dans les cafés trop calmes, dans les écouteurs des noctambules, dans ces instants suspendus où l’on se surprend à sourire sans raison. PAKO KAAN livre une pièce qui caresse autant qu’elle intrigue, une invitation à glisser dans un mood feutré, presque clandestin, où l’on peut enfin respirer.
Didn’t Show Up n’est pas un simple morceau chill. C’est un petit film intérieur, un slow-motion de sentiments doux-amers, un refuge pour ceux qui savent que l’inspiration naît souvent dans les interstices du silence. Une bulle où l’absence devient musique, et où le rêve finit toujours par montrer le bout de son nez, même quand personne d’autre ne se présente.
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décembre 17, 2025“Get Well Soon scintille comme une cicatrice fraîche : encore sensible, mais déjà en train de devenir une force.”
Une impression étrange se glisse dès les premières secondes de Get Well Soon, comme si Silent Child ouvrait une fenêtre sur un endroit qu’il a longtemps gardé fermé à double tour. Pas un sanctuaire, pas un abîme : un entre-deux où le chaos a fini par apprendre à parler. Cette chanson, dernier souffle du projet Voices in the Dark, ne clôt rien ; elle éclaire un chemin parcouru en boitant, en rugissant, en chutant, mais toujours en avançant. Elle donne l’impression d’assister au moment précis où quelqu’un réalise qu’il a survécu sans vraiment l’avoir remarqué.
La signature Silent Child s’y déploie avec une sincérité brûlante : une collision parfaitement assumée de pop-rap, d’alt-pop et d’un ADN rock qui n’a jamais cessé de vibrer dans son travail. Rodney ne compose jamais depuis la façade ; il compose depuis la membrane, ce tissu sensible où le son touche l’émotion avant qu’on ait eu le temps de se protéger. Dans Get Well Soon, chaque élément semble chargé d’un poids personnel. Les percussions avancent comme un cœur qui repart, les guitares nappent l’espace d’une mélancolie cinétique, les textures électroniques s’infiltrent comme des pensées qui refusent de se taire. Et sa voix… sa voix semble parler à quelqu’un qu’il aurait voulu rassurer plus tôt.
Il y a dans ce morceau une beauté particulière : une gratitude sans maniérisme, quelque chose de presque maladroit mais incroyablement juste. On sent l’artiste mesurer le chemin parcouru, non comme une victoire, mais comme un étonnement. Comme s’il ne s’était pas rendu compte que l’on pouvait sortir de la nuit tout en portant encore son odeur. La production s’ajuste à cette ambivalence : parfois expansive, parfois retenue, oscillant entre murmure et déflagration, comme une respiration qui réapprend son rythme.
Ce qui frappe, surtout, c’est la manière dont Get Well Soon traduit une vérité rarement dite avec autant de finesse : la guérison n’est jamais un moment. C’est un paysage mouvant, un espace où l’on trébuche encore, où l’on doute, où l’on recommence. Silent Child ne cherche pas à rayonner, il cherche à dire vrai. Et ce vrai résonne profondément.
Loin de vouloir inspirer par posture, il laisse transparaître un geste d’humanité brute : regarder ses propres ténèbres sans s’y dissoudre, reconnaître qu’on a été sauvé parfois par des mains qu’on n’a pas vues venir, accepter que même les cicatrices deviennent un langage. Get Well Soon ressemble à une lettre adressée à toutes les versions de soi-même — celles qu’on a aimées, celles qu’on a fuies, celles qu’on tente encore d’accueillir.
Ce titre ne cherche ni l’effet ni l’extase. Il cherche l’équilibre, même instable. Et c’est là que réside sa force. Silent Child continue de prouver qu’il ne cherche pas à appartenir à un genre, mais à une nécessité : donner forme au chaos, offrir du relief à l’indicible, transformer le vacarme intérieur en quelque chose de beau, de palpable, de partageable.
Get Well Soon, c’est l’écho d’un cœur qui repart. Pas parfaitement, mais suffisamment fort pour continuer. Et parfois, c’est tout ce dont on a besoin.
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décembre 17, 2025“How Do We Keep Moving On transforme la fatigue du monde en force intime, un souffle noir qui refuse de s’éteindre.”
Le morceau semble surgir d’une pièce dans laquelle on ne s’était pas encore autorisé à pénétrer : une chambre intérieure dont les murs vibrent au rythme d’une lutte qui ne dit pas son nom. Andy Smith ne propose pas seulement un titre nourri d’influences dark rock des années 80 ; il en dévoile la pulsation viscérale, celle qui continue de battre même lorsque tout paraît se déliter. On entre dans sa musique comme on ouvre une porte sur un orage : on ressent d’abord la densité de l’air, puis la tension, puis ce désir étrange d’y rester.
Impossible d’écouter How Do We Keep Moving On sans sentir ce que Smith transporte sous sa peau : une sorte de détermination cabossée, de résilience qui ne relève pas de la bravoure mais de l’instinct. Les riffs de guitare, enveloppés dans une brume électrique, avancent à la manière d’un animal blessé qui refuse toutefois la position couchée. Le morceau respire dans ses basses, dans son tempo obstiné, dans son architecture qui évoque autant les cathédrales sonores de Depeche Mode que cette modernité abrasive que l’on retrouve chez les artistes qui transforment la mélancolie en étendard.
Au centre, la voix de Smith ne cherche jamais à dominer le décor. Elle s’y inscrit comme une tension continue, un fil d’acier qui s’étire sans rompre. On sent qu’il chante depuis un endroit fragile, mais qu’il en fait un moteur. Cette voix n’éclaire pas : elle ouvre des brèches. Elle fait apparaître ce moment où la douleur devient mouvement, où la question du comment remplace le pourquoi.
Ce qui fascine, c’est cette impression que le morceau ne cherche pas à résoudre quoi que ce soit. Il n’offre ni réparation ni consolation. Il propose autre chose, bien plus rare : la permission d’avancer malgré l’opacité. La production, taillée comme un paysage nocturne, fait circuler des halos, des pulsations, des éclats de lumière qui ressemblent à des tentatives de survie. On y retrouve une manière très contemporaine de sculpter le son : tout est tendu, millimétré, chargé, mais jamais écrasé. La musique paraît vivante, presque consciente de nos fatigues.
How Do We Keep Moving On appartient à cette famille de titres qui ne cherchent pas le réconfort mais l’élan. Qui parlent au corps avant de parler à l’esprit. Qui rappellent que la résilience n’est pas une posture héroïque mais un geste simple, parfois brutal : remettre un pied devant l’autre, même quand la terre se dérobe.
Andy Smith ne signe pas un hymne. Il signe un compagnon de route. Une boussole vacillante mais honnête. Une musique qui embrasse la tempête pour mieux apprendre à la traverser. Une preuve qu’on peut continuer, même quand on ne sait plus très bien comment.
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décembre 17, 2025“BPD Vs Bipolar est un uppercut émotionnel : un grunge ravivé, brut et moderne, qui sonde l’esprit humain là où il brûle le plus.”
Il arrive que certaines chansons portent en elles le poids d’une vie entière — ses fissures, ses colères, ses trop-pleins d’amour. BPD Vs Bipolar, le nouveau single de Reetoxa, appartient à cette lignée rare de titres qui semblent naître directement d’une plaie encore ouverte. Rien de décoratif ici, rien de nostalgique en surface : le morceau réactive le grunge non pas comme un pastiche, mais comme une nécessité vitale. Un besoin primal de remettre du son là où les mots ne suffisent plus.
Reetoxa puise dans son histoire personnelle, dans les éclats d’un mariage qui se délite, dans ces disputes où l’on croit parler d’un sujet et où, en réalité, on se heurte à deux maladies méconnues — deux volcans intérieurs ignorés, deux psychés au bord de l’implosion. Ce n’est pas une chanson sur la rupture, mais sur la découverte soudaine que l’amour ne protège pas de tout, et que certains drames se jouent en souterrain, dans l’invisible. L’artiste transforme ce vécu en une tempête sonore d’une honnêteté glaçante.
Musicalement, BPD Vs Bipolar retrouve cette rugosité que le rock avait presque oubliée : guitares râpeuses, tension permanente, voix qui gronde puis se brise, comme un front orageux qui chercherait une issue. L’esprit grunge est bien là — pas l’esthétique figée d’un musée, mais une manière de respirer, de frapper, de dire le vrai. Ceux qui ont connu la vague originelle y retrouveront une familiarité bouleversante ; ceux qui la découvrent entendront un rock qui refuse l’ironie, qui préfère le nerf et le cœur.
Mais ce qui fait la singularité du morceau tient dans le regard qu’il porte sur la maladie mentale. Reetoxa réussit ce que peu osent : transformer la confusion, la violence émotionnelle, la perte de repères en une narration sonore d’une beauté brute. Le morceau ne romantise rien ; il expose, il dévoile, il montre ce qui se passe dedans quand tout implose dehors.
BPD Vs Bipolar est aussi un acte de renaissance. Après des années d’éloignement de la musique, la rupture devient catalyseur — une chute qui ouvre une porte, un désastre qui réveille la création. On sent dans chaque riff, chaque ligne vocale, cette urgence de quelqu’un qui revient à son art parce que c’est la seule manière de rester entier.
Reetoxa livre un single puissant, authentique, incandescent. Un morceau qui griffe, qui émeut, qui dérange — et qui rappelle que le grunge, lorsqu’il jaillit d’une vérité intime, n’a jamais cessé d’être actuel.
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décembre 16, 2025« Avec COLORS (LETTING GO), <3peace transforme sa propre quête spirituelle en éclat de couleur — un gospel électronique où foi et liberté respirent au même tempo. »
On pourrait croire que “COLORS (LETTING GO)” est un simple morceau uplifting, un titre dansant comme on en croise souvent. Mais <3peace, créateur discret venu de Caroline du Sud, glisse derrière cette façade lumineuse une intention bien plus profonde : faire de la musique un espace où l’on dépose les armes. Le morceau, né d’un freestyle devenu production complète, garde cette spontanéité presque miraculeuse, comme si le titre avait été attrapé au vol plutôt que fabriqué.
Sur une instrumentation vive — pulsations souples, groove immédiat, lignes mélodiques qui scintillent comme des néons dans une nuit urbaine — <3peace pose une voix claire, presque aérienne. Sa façon de chanter ne cherche pas l’ornement : elle cherche la justesse. L’émotion. On sent l’héritage spirituel dans chaque tournure, mais sans jamais tomber dans le littéral ou le dogmatique : c’est une foi intime, vécue, transformée en vibration.
L’inspiration biblique (Romains 6:23) se glisse dans le morceau non pas comme une morale, mais comme un fil conducteur : la grâce comme cadeau, non comme devoir. Lâcher prise, ici, n’est pas une fuite — c’est un acte. Un mouvement volontaire vers la simplicité quand tout semble trop bruyant. Ce paradoxe — un message de dépouillement posé sur une production dansante — donne au titre sa personnalité rare : un hymne de club qui parle de renoncement, un morceau lumineux qui parle de nuit intérieure.
La structure reste volontairement accessible : couplets resserrés, refrains qui collent à la peau, transitions qui respirent. Mais sous cette surface pop-électro, “COLORS (LETTING GO)” transporte une autre énergie — celle d’un cœur qui reprend son souffle. On sent que la production, même spontanée, a été guidée par une intention claire : traduire en musique ce moment où l’on arrête de vouloir tout comprendre, où l’on décide de laisser couler.
<3peace n’enrobe pas sa démarche de grand récit. Il la résume d’une phrase simple, presque intime : « The day I knew peace was the day I let everything go. » Le morceau en est l’écho sonore, la preuve vivante.
En trois minutes, “COLORS (LETTING GO)” réussit un équilibre délicat : faire danser sans masquer la profondeur, inspirer sans moraliser, toucher sans appuyer. Un titre qui donne le sentiment rare d’avoir trouvé, même l’espace d’un instant, un endroit où poser son chaos.
Un morceau pour respirer — mais debout, en mouvement, sous les lumières.
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décembre 15, 2025Pianiste formé à l’harmonie, ex-Homa désormais en français sous son nom, Barberon vise l’obsession plutôt que le tube : mélodies limpides en surface, architecture subtile dessous, nourries par des lectures (Benoîte Groult, Murakami, Rosset), des images (Krafft) et des sons têtus — un synthé, une boîte à rythmes — avec l’ombre de Julian Casablancas jamais loin. Entre le blanc de poulet crème-moutarde du mardi, un spectacle avec la maîtrise d’Étampes et une Fender Jaguar en ligne de mire, il chante « La Braise » en avouant ne pas savoir allumer le feu et nous enivre sur « Boucle D’or », son dernier titre.
Voici ce qu’il nous a confié, sans détour.
1 ) Qui es tu ? Je m’appelle Alexandre Barberon, j’habite à Étampes dans l’Essonne. Je suis musicien. 2 ) Quel est ton parcours ?J’ai commencé à écrire des chansons avec un ami du lycée, Alexandre de Vitry, on a eu plusieurs groupes ensemble. J’ai tout de suite eu une passion pour l’harmonie, j’ai donc voulu en apprendre plus à ce sujet. Pendant quelques années, j’ai étudié le piano et l’écriture musicale avec Jade Boutin, ma prof. Une sorte de Nijinski du piano. Et puis j’ai sorti un album sous le nom de Homa en 2018, en anglais. Maintenant, j’écris plutôt en français, sous mon nom, j’essaye de faire sauter des barrières.
3 ) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?J’ai un objectif assez clair avec les chansons que j’écris, je veux qu’elles obsèdent les gens. Quand quelqu’un me dit qu’il écoute un de mes morceaux en boucle, je me dis : «cette personne me comprend». À l’inverse, s’il reste indifférent, ça me terrifie. 4 ) Quelles sont tes inspirations ?Mes dernières lectures, films, documentaires. Quand une idée me touche, j’y pense pendant l’écriture des textes. Récemment il y a eu Benoîte Groult, Murakami, mais aussi Clément Rosset, ou encore le documentaire sur Katia et Maurice Kraft (spoiler). Pour la musique, j’aurais du mal à distinguer, c’est plutôt les sons qui vont m’inspirer, un synthé, une boîte à rythme… Il y a quand même un artiste qui revient souvent, Julian Casablancas, il n’est jamais très loin. 5 ) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ? (Cite quelques noms d’artistes et/ou chansons)Par définition, l’écoute de musique est plutôt déconseillée quand on compose, mais ça pourrait être une expérience intéressante ! Je ne fais pas de playlist, j’écoute généralement des albums entiers. La dernière playlist que j’ai écoutée, c’est David Simonetta, un ami peintre que me l’avait faite, exclusivement du reggae, lumineux. Lui, c’est le genre d’ami qui finit par vous faire tout aimer. Sinon, j’ai écouté en boucle You seemed so happy (The Japanese House) et Push and Pull (Mini Trees). Et Joe Da Zin (Mad Rey, Jwles) <3.
6 ) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?Blanc de poulet crème fraiche-moutarde. La recette est dans le titre, c’est pratique. Hyper basique, mais c’est le plat que je prépare à mon fils aîné tous les mardis et il adore.7 ) Quels sont tes projets à venir ?Écrire de nouvelles chansons, faire des concerts. Je prépare aussi un spectacle avec le conservatoire d’Étampes, qui sera chanté par la maîtrise du conservatoire. Acheter une nouvelle guitare (Fender Jaguar, c’est bientôt Noël, ça peut vous donner des idées ?!)8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?
Je ne sais pas faire de feu. C’est un peu comme Joey (Friends) avec l’accent français. Ou Chopper (One Piece) qui ne sait pas se cacher. Donnez-moi du bois bien sec, deux allume-feu et une boîte d’allumettes, à la fin, il n’y a plus d’allumettes, pas de flamme et une fumée noire dans la pièce. Merci de me tenir éloigné des inserts et autres poêles à bois. À part ça, ma chanson s’appelle La Braise, on compense comme on peut.
9 ) Si tu pouvais être 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ce serait qui ?Bruce Lee. Et devenir son disciple. 10 ) Un petit mot ou conseil pour la fin ?« Be water, my friend ».
Instagram : alexandrebarberon
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décembre 12, 2025“Forever glisse sur le cœur comme une caresse fragile, un morceau qui capture le moment précis où l’on devient quelqu’un d’autre sans s’en rendre compte.”
Parfois, une chanson ne raconte pas une histoire : elle raconte un passage. Forever, d’Alexa Kate, fait partie de ces titres qui semblent flotter entre deux temporalités — l’adolescence qui s’effiloche, l’âge adulte qui s’annonce en chuchotant, ce territoire flou où l’on continue d’aimer ce qu’on quitte et de regretter ce qu’on n’a pas encore vécu. C’est une pop intime, presque translucide, où chaque respiration compte.
La voix d’Alexa Kate, d’abord, touche par sa douceur qui n’a rien de mièvre. Elle porte un léger tremblement, une sincérité immédiate qui ne cherche jamais à s’imposer. On a l’impression d’entendre quelqu’un se parler à elle-même, une confession nocturne enregistrée avant que le matin n’efface le courage de l’aveu. La mélodie avance lentement, comme si elle n’osait pas brusquer ce qu’elle dévoile : un simple arpège, un souffle synthétique, une chaleur acoustique qui s’enroule autour des mots sans les étouffer.
Le titre explore cette frontière émotionnelle où l’on mesure les distances : entre soi et l’enfant que l’on était, entre les moments qu’on croyait éternels et ceux qui s’effacent déjà. Forever devient alors une sorte de polaroid sonore : pas un cliché figé, mais une image qui se développe encore, lentement, sous nos yeux. Alexa Kate parvient à rendre palpable le vertige de la croissance — ce mélange déchirant de perte et d’espoir, cette sensation de devenir trop vite pour comprendre ce qu’on abandonne.
La production, tout en retenue, tisse un cocon. Rien n’est démonstratif. Rien ne force la main. C’est précisément ce qui donne au morceau son impact : une émotion qui passe par le non-dit, par la nuance, par ces petites craquelures dans la voix qui disent tout sans jamais insister. On pense aux songwriting les plus tendres de la scène folk-pop contemporaine, mais avec une subtilité très personnelle, une lumière douce qui appartient entièrement à Alexa.
Forever est une chanson pour celles et ceux qui savent que grandir ne ressemble pas à un arc narratif, mais plutôt à une série de petites disparitions et de révélations. Un titre qui s’écoute comme on feuillette un journal intime qu’on croyait avoir oublié, et qui pourtant continue de nous écrire.
Une pop délicate, honnête, profondément humaine — un morceau qui ne cherche pas la grandeur, mais qui la trouve.
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décembre 12, 2025“Save My Soul transforme la tension intérieure en pulsation collective, une house incandescente où l’âme vacille mais refuse de céder.”
Il y a des collaborations qui sonnent comme des alliances. Save My Soul, elle, ressemble plutôt à une conjuration. offaiah, Ekonovah et 7KY ne fusionnent pas leurs univers : ils les heurtent, les frottent, les tordent jusqu’à ce qu’une nouvelle créature sonore surgisse, faite de basses carnivores, de lumière quasi mystique et d’une voix suspendue au-dessus du chaos comme un dernier fil de conscience.
Le morceau naît dans une atmosphère de tension spirituelle, installée dès les premières secondes par cette voix spectrale de 7KY, vibrante comme un reflet dans l’eau noire. Elle chuchote plus qu’elle ne chante, mais c’est un chuchotement qui rouvre des portes qu’on croyait fermées. Dès que la rythmique arrive, tout bascule : un kick sec, net, sans compromis, un groove tech house parfaitement huilé, puis ce bas du spectre lourd, râpeux, taillé pour avaler un club entier d’un seul battement.
Ce qui frappe dans Save My Soul, c’est son équilibre entre le charnel et le cosmique. Les basses frappent avec une violence méthodique — signature d’offaiah — tandis qu’Ekonovah glisse son sens du détail, cette manière de percuter la danse avec des micro-textures nerveuses. Le premier drop fonctionne comme une brèche : la foule cesse d’être un ensemble, elle devient masse pulsante. Et au lieu d’apporter de la douceur, le second drop — enrichi de pads ascendants presque liturgiques — élève la track dans un état de transe plus lumineux, un pic émotionnel pensé pour les heures où le club semble flotter au-dessus de lui-même.
La narration intérieure du morceau, elle, provient de 7KY : ce texte habité par la dualité, cette lutte entre ombre et clairvoyance qui résonne parfaitement avec la construction sonore. La lumière n’écrase pas la noirceur ; elle cohabite avec elle, comme dans ces instants de danse où l’on sent tous ses doutes remonter à la surface pour mieux s’évaporer.
Save My Soul est une ascension, une montée en puissance qui ne cherche pas le spectaculaire pour le spectaculaire, mais le point de bascule — celui où l’on lâche prise parce que la musique a pris le relais. Un morceau qui capture l’essence des clubs modernes : brut, émotionnel, transfiguré, prêt à happer tout ce qui bouge.
Une house pour se perdre, et peut-être, un peu, se retrouver.
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décembre 12, 2025“The Party capture l’instant où le club bascule : quand la foule cesse d’être un décor et devient une créature vivante, affamée de basses et de lumière.”
Il y a des producteurs qui construisent des tracks. Et puis il y a Sam Wolfe, qui construit des événements. The Party n’est pas un morceau techno : c’est une déflagration calibrée pour renverser l’architecture mentale de n’importe quelle salle. On comprend immédiatement pourquoi ce bootleg, né presque en clandestinité, a fini par réclamer sa sortie officielle. Il porte cette énergie primitive, ce genre de tension qui te prend aux côtes et te fait sentir que quelque chose d’irrémédiable va se produire.
La track démarre comme si elle ne voulait laisser aucune échappatoire. Un kick taillé au burin, massif, sans indulgence, suivi de ces textures industrielles qui semblent se déployer comme une mécanique souterraine. Sam Wolfe sait sculpter le chaos : ses synthés sont des filaments électriques, torsadés, prêts à mordre ; sa rythmique est une pulsation autoritaire, une injonction presque physique. On y retrouve la noirceur contrôlée de la techno moderne, mais aussi cette dimension “festival nocturne”, un côté héroïque, presque martial, qui donne aux corps de quoi s’unir dans un même mouvement.
Et puis arrivent ces montées — tendues, implacables — qui semblent étirer le temps avant de tout renverser. La manière dont Wolfe manipule la tension est presque sadique, dans le sens le plus délicieux du terme : il resserre, resserre encore, puis libère tout dans un drop qui frappe avec la précision d’un marteau cinétique. C’est un geste, une signature, une manière de dire : tu viens de passer de l’autre côté.
Ce qui rend The Party si addictif, c’est ce mélange d’agressivité et de mélodie. On y retrouve des éclats presque émotionnels, enfouis sous la rugosité, comme une confession murmurée derrière un rideau métallique. Sam Wolfe brouille les pistes entre dureté et exaltation, entre mécanique et fièvre humaine. On comprend pourquoi ses sets rallient autant d’adeptes : il joue avec la tension collective comme un chef d’orchestre joue avec le silence.
Dans le paysage techno actuel, The Party s’impose comme un manifeste. Une démonstration de force où chaque élément — kick, synthé, break, montée — se répond avec une logique interne implacable. Une traversée, plus qu’un morceau. Un moment où l’on se surprend à exister uniquement dans le battement présent, comme si tout le reste avait fondu dans le noir.
Une techno qui ne cherche pas l’approbation : elle cherche l’embrasement. Et elle l’obtient.
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décembre 12, 2025“RIGHT NOW condense l’excitation brute d’un club à 3h du matin en un seul uppercut électronique : impossible d’y résister, on s’y abandonne.”
Il y a des morceaux qui invitent. RIGHT NOW, lui, kidnappe. SAYXSAY n’attend pas que tu sois prêt : il te projette directement dans ce moment suspendu où la salle est pleine, où les basses font vibrer les os, où l’air paraît trop dense pour être respiré normalement. Cette track est une injonction, une sirène, un vortex. Une main qui t’attrape et te dit : tu danses, maintenant.
Le morceau s’ouvre déjà en mouvement, comme un moteur lancé avant même qu’on tourne la clé. Les drums claquent net, sans rondeur, avec cette précision percussive héritée de la bass house la plus nerveuse. Puis arrive ce low-end râpeux, une sorte de créature synthétique qui rampe sous le sol du club et te grimpe lentement le long de la colonne vertébrale. Aucun détour, aucune politesse : SAYXSAY veut que tu ressentes la poussée, l’élan, le basculement dans une transe qui n’offre pas vraiment de sortie de secours.
Là où d’autres producteurs bombardent pour masquer les failles, SAYXSAY construit. Chaque synthé, brûlant, tordu, semble animé d’une volonté propre ; chaque drop frappe comme une vague métallique qui avale tout, puis te recrache au centre du dancefloor, un peu étourdi, un peu euphorique. On pense par moments à la violence méthodique de certains sets warehouse, mais RIGHT NOW garde un côté joueur, presque espiègle. Comme si le morceau savait exactement ce qu’il te fait subir — et prenait plaisir à recommencer.
Ce qui rend le track irrésistible, c’est cette impulsion continue, ce refus de ralentir. C’est une musique de survie nocturne : tu avances, tu te laisses porter, tu oublies. Le refrain instrumental agit comme une injonction, un mantra du présent pur. RIGHT NOW, pas hier, pas demain. L’instant comme unique territoire de vérité.
SAYXSAY signe ici un missile calibré pour les moments où l’on ne veut plus réfléchir. Une ode au lâcher prise total, une célébration du corps qui sature et qui cède, une petite apocalypse joyeuse à diffuser très fort, tout près du chaos.
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décembre 12, 2025“Late Nite distille l’euphorie douce des nuits où rien n’est prévu mais tout devient possible, un R&B moderne qui respire la chaleur et la liberté.”
Il y a dans Late Nite cette sensation rare de se faire happer dès la première seconde, comme si la chanson ouvrait une portière de voiture sur une nuit déjà tiède, déjà vibrante, déjà prête à tout. COLOM81AN ne cherche pas à réinventer la roue : il la polit, la chauffe, la fait tourner plus souplement que jamais. Le morceau renoue avec une esthétique R&B fin ’90-début 2000 — la période dorée où les voix flottaient comme des draps frais et où les productions respiraient l’opulence discrète — mais il y injecte un rebond actuel, une énergie afrofusion qui pulse comme une lumière au loin.
Né à Los Angeles puis façonné à Montréal, Late Nite porte en lui le choc doux de ces deux villes : la nonchalance solaire de la côte ouest, les grandes respirations glacées du nord, cette façon de faire danser l’émotion dans un espace qui n’appartient à personne. La prod avance comme un slow uptempo, avec ce groove légèrement chaloupé qui te fait hocher la tête sans t’en rendre compte. Les percussions afropop ajoutent un éclat de peau, un mouvement du bassin, une invitation subtile à laisser tomber la retenue.
La voix de COLOM81AN, elle, s’épanouit dans un clair-obscur parfaitement maîtrisé. Elle ne cherche pas la virtuosité, mais la justesse : une texture chaude, un toucher velours, une façon de poser les mots qui évoque autant le flirt que la confidence. Il y a cette lumière nostalgique, mais jamais figée — une nostalgie qui respire, qui bouge, qui accepte de se réinventer au présent.
Ce qui frappe le plus, c’est la manière dont tout semble couler sans jamais se diluer. Late Nite n’est pas une reconstitution vintage ; c’est un morceau qui comprend ce qu’était l’intimité musicale de cette époque et la projette dans un futur plus ample, plus cosmopolite, plus libre. La fusion R&B–afrobeats n’y est pas un gadget, mais un langage, un espace où la douceur trouve son rythme et où le rythme trouve sa douceur.
Late Nite devient alors une sorte de refuge nocturne, un morceau à écouter fenêtre ouverte, ville endormie, cœur en mouvement. Un titre pour celles et ceux qui savent que les nuits ne se vivent jamais vraiment seules — même quand on l’est.
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décembre 12, 2025“Chrome & Chiffon réinvente Noël en fièvre douce : un lounge bossa rêveur où la magie scintille, vacille, mais continue de faire battre le cœur même quand tout semble légèrement détraqué.”
Il existe des chansons de Noël qui décorent une pièce. Et puis il y a Santa Claus Is Freaking Me Out, qui la transforme entièrement — lumières tamisées, ornements rétro en orbite lente, parfum de cannelle qui hésite entre nostalgie et doux vertige. Chrome & Chiffon signe ici un petit mirage de décembre, un morceau qui s’écoute comme on sirote un verre en fin d’après-midi, quand l’hiver commence à pousser contre les vitres et que l’esprit cherche un refuge un peu irrationnel.
Tout repose sur cette bossa nova feutrée, qui se balance comme une guirlande prise dans un courant d’air tiède. Les percussions murmurent plus qu’elles ne frappent, le piano s’étire avec une élégance fatiguée, les cordes (ou peut-être juste un synthé vintage, difficile de savoir tant tout est patiné) viennent déposer une pellicule de lumière douce sur l’ensemble. Et puis il y a la voix, rêveuse, presque somnambule, qui raconte un décembre un peu trop chargé, un peu trop bruyant, un peu trop brillant — ce moment où la magie devient légèrement inquiétante, comme si l’on réalisait soudain que même Santa peut foutre la trouille quand la vie va trop vite.
Chrome & Chiffon ne tombe jamais dans la parodie. Le morceau joue avec un humour délicat, presque fragile — un clin d’œil complice pour celles et ceux qui vivent Noël avec affection mais aussi avec une petite crispation dans les épaules. Santa Claus Is Freaking Me Out devient alors la bande-son secrète des gens qui aiment les fêtes, mais qui aimeraient bien qu’on leur fiche la paix cinq minutes. Une chanson pour celles qui boivent leur café le matin et leur vin le soir, en se disant que tenir debout est déjà un exploit.
Ce qui fascine, c’est le décalage parfaitement assumé : tout semble glisser dans un décor vintage hollywoodien, mais avec ce trouble moderne qui fait rire autant qu’il rassure. Chrome & Chiffon parvient à recréer un Noël imaginaire, un Noël filmé à travers un filtre légèrement brumeux, un Noël où rien n’est vraiment droit mais où tout finit par réchauffer.
Santa Claus Is Freaking Me Out n’est pas un simple Christmas track. C’est un refuge ironique, un slow-motion de fin d’année, un cocon où se blottir quand la fête devient trop lumineuse pour être honnête. Une chanson pour respirer — enfin.
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décembre 12, 2025“Broken est ce genre de track qui transforme la fragilité en lumière dansante, et t’offre un endroit où respirer quand tout le reste se met à tourner trop vite.”
Il y a, dans ce Broken de Defbitz, une manière de s’effondrer avec élégance, de faire du crash émotionnel un mouvement chorégraphié. Le morceau s’ouvre avec une franchise désarmante : une voix féminine qui ne minaude jamais, Lun-A, cristalline mais tachée de vécu, déposant quelques fragments d’intimité sur un beat house à l’ancienne — ce quatre-temps un peu nerveux, un peu glamour, qui rappelle les débuts des dancefloors modernes, quand l’urgence sentimentale se logeait entre deux flashes de lumière blanche.
Defbitz travaille la pop-house comme un artisan sous adrénaline. Ses synthés brillent, ses guitares scintillent, mais tout respire la matière, la vraie : la texture analogique qui tremble légèrement, le grain qui n’a pas peur d’être imparfait. On sent son obsession pour l’idée de “naissance”, cette conviction étrange et touchante que chaque morceau doit rester vivant, comme s’il avait un pouls propre. Et effectivement, Broken bat — fort, régulier, parfois un peu trop vite, comme un cœur qui voudrait se convaincre qu’il peut encore tenir debout.https://open.spotify.com/intl-fr/track/6k8OSxffryenWSFXzQAROn?si=4b45f3c76d854c54
Le drop, avec sa légère saveur asiatique, est un clin d’œil délicieux : un rappel que la musique électronique peut encore surprendre sans se déguiser en gimmick. Ça glisse, ça dérape, ça virevolte — un moment suspendu où les émotions se réorganisent pendant que la piste continue de tourner. Lun-A, elle, plane juste au-dessus, apportant la chaleur nécessaire pour que le morceau ne s’égare jamais dans la froideur.
Ce qui touche, c’est la sincérité : ni pose, ni surenchère, mais cette volonté de transformer un sentiment trop lourd en énergie dansante. Broken n’est pas une mélancolie qui s’écoute en boucle dans une chambre mal rangée : c’est une mélancolie qui sort, qui ose le club, qui accepte l’éclat du néon comme un baume.
Et derrière cette alliance de modernité et de nostalgie, il y a Defbitz, ce funambule qui prétend ne suivre aucun genre parce qu’il veut tous les avaler. Sa musique n’est pas un refuge — c’est un miroir. Ici, il nous montre que même nos fissures savent danser.
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décembre 12, 2025“Corners fracture l’air comme un cri géométrique, un rock qui refuse la ligne droite et se nourrit des zones où la lumière hésite à entrer.”
Il y a des groupes qui avancent au centre de la pièce, pleine lumière, fiers de leur cohérence. Et puis il y a The Jupiter Effect, qui préfère les recoins — les angles où les sons résonnent différemment, où les émotions se bousculent en heurtant les murs. Corners porte bien son nom : un morceau qui semble rebondir contre les parois, repartir plus fort à chaque impact, une sorte d’émeute contrôlée dans un espace trop étroit pour contenir son énergie.
Dès l’ouverture, une guitare charbonneuse dégringole comme un escalier métallique qu’on descend trop vite. Le son a cette gravité stoner, épaisse, presque terreuse, mais aussi une précision qui rappelle l’alternative moderne, et surtout cette nervosité métallique qui découpe l’air par vagues. La batterie, massive, joue comme si elle cherchait à ouvrir une brèche dans le plafond. On sent la sueur, la poussière, la vibration d’un groupe qui ne triche pas : tout est authentiquement brut, mais jamais brouillon.
Et au milieu de ce cyclone, il y a la voix de Pique, mi-distordue, mi-incendiaire, capable d’un glissement presque psychédélique avant de revenir mordre la rythmique. Il chante les excès, l’étouffement, les prisons intérieures, mais avec ce timbre qui sait faire passer une lueur derrière chaque coup de massue. On dirait un conteur perdu dans un trip acide, mais parfaitement conscient de l’histoire qu’il raconte.
Corners n’est pas seulement un morceau : c’est une collision volontaire entre douceur malmenée et violence sculptée. On y retrouve les fulgurances du rock progressif, les torsions du stoner, les jeux d’ombre hérités des psychédélismes 60’s, mais sublimés par une écriture contemporaine qui refuse de se laisser dompter. Le morceau semble constamment chercher un passage secret, une sortie possible de ce labyrinthe de riffs coupants — et quand il croit l’avoir trouvée, il repart de plus belle, comme si l’errance faisait partie de sa nature profonde.
Ce qui touche, au-delà du fracas, c’est la quête. The Jupiter Effect sonne comme un groupe en recherche permanente : d’une vibration juste, d’un équilibre précaire entre le chaos et la forme, d’une vérité émotionnelle qui n’arrive que lorsqu’on accepte de perdre ses repères. Leur musique n’illustre pas la liberté : elle la réclame, elle la mord, elle la provoque.
Corners est un morceau qui griffe, secoue, questionne — mais surtout, il vit. Et c’est ce qui en fait un rock aussi nécessaire que dangereux.
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décembre 12, 2025“White Disguise signe deux morceaux qui transpirent le désir, la nuance et l’ivresse, comme si le R&B et le hip-hop réapprenaient à respirer au contact de la peau.”
Il existe des artistes qui séduisent par l’effort, d’autres par le mystère. White Disguise, lui, opère dans cet interstice sensuel où la voix ne raconte pas seulement : elle caresse, esquive, raconte par le souffle ce que les mots n’osent dire qu’à demi. Exxxtra Gravy et Sweetest Weakness forment un diptyque inattendu, une sorte d’étude du désir sous deux lumières différentes, comme si la séduction avait décidé d’explorer ses propres angles morts.
Exxxtra Gravy débarque avec une assurance de vieux briscard qui connaît les bars enfumés autant que les nuits trop longues. Il y a dans ce titre une lenteur assumée, presque féline, une manière de laisser le groove s’installer avant de commencer à jouer avec lui. Le hip-hop se mêle à un jazz lounge qui transpire la confidence, les lignes mélodiques glissent comme un doigt sur un col de chemise entrouvert. La voix masculine, profonde, presque théâtrale parfois, déploie une fausse nonchalance : derrière chaque phrase, on devine une tension, un sourire en coin, une envie d’amener l’auditeur un peu plus près, un peu trop près. C’est un morceau qui n’a aucune honte à être irrésistible — et qui le devient justement par la manière dont il temporise le plaisir.
Sweetest Weakness s’aventure dans un territoire plus vulnérable, mais tout aussi brûlant. Ici, la séduction n’est plus un jeu, mais une faille, un aveu, une dépendance douce-amère qui pulse dans chaque mesure. Le mélange neo-soul, R&B et pop rap crée une texture plus enveloppante, presque liquide. La voix flotte dans un clair-obscur où le désir devient une faiblesse qu’on chérit, un vertige auquel on se laisse retomber. On y sent le cœur battre plus vite que la rythmique, comme si la musique avait décidé de suivre la cadence intime plutôt que l’inverse.
Ce qui relie les deux morceaux, au-delà du style, c’est cette façon de raconter l’attraction comme un paysage mouvant, traversé de secousses, de fièvres, de promesses murmurées au creux d’une nuit qui hésite entre éclat et abandon. White Disguise ne fabrique pas des singles : il fabrique des sensations. Des zones de contact. Des instants qu’on porte encore sur la peau après l’écoute.
Exxxtra Gravy et Sweetest Weakness, ensemble, ressemblent à une confession. Ou peut-être à deux manières différentes de perdre — volontairement — un peu de contrôle.
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décembre 12, 2025“Gravedigger déploie une force tellurique qui creuse en nous là où l’on n’avait jamais osé regarder, et transforme l’obscurité intime en déflagration rock.”
Il y a dans Gravedigger la sensation étrange de pénétrer dans une pièce où l’air n’a pas encore été renouvelé, un espace où quelqu’un a laissé traîner ses peurs, ses cris étouffés, ses silhouettes mal digérées. Tim Gambles ne raconte pas une histoire : il l’érode, la gratte, l’arrache morceau par morceau comme on retirerait la terre d’un fossé creusé trop tôt. Le rock alternatif aime généralement les métaphores faciles sur les ténèbres ; ici, il ne s’agit plus d’ombres symboliques mais d’une chair vive qui se contracte sous les musiques saturées, d’une noirceur qui ne demande qu’à prendre forme.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette voix : pas une performance, mais un organisme vivant, trempé dans la rouille et la pluie, avec ce quelque chose de félin et blessé qui rappelle les chanteurs capables de tout avouer en une seule expiration. Gambles ne cherche pas à séduire ; il cherche à survivre. Et cette urgence se ressent dans la manière dont les guitares se déploient, larges, abrasives, évoquant les falaises industrielles où il a façonné son esthétique entre les paysages naturels de Tasmanie et les failles métalliques de son présent britannique.
La chanson avance par strates, comme une descente progressive dans un puits d’émotions mal rangées. Les riffs frappent comme des coups de pelle, les percussions trébuchent volontairement, et l’ensemble ressemble à une bataille qui n’oppose personne sinon soi-même. Gravedigger parle des relations toxiques, bien sûr, mais sans jamais céder au cliché : il évoque ce moment où quelqu’un vous découvre à terre et préfère s’asseoir sur votre poitrine plutôt que de vous tendre la main. Et dans ce geste, Gambles trouve une matière brûlante, une vérité que le rock avait un peu oubliée : la violence intime n’a rien de spectaculaire ; elle est lente, méthodique, presque tendre parfois.
Le morceau s’épanouit dans une tension permanente, une course où l’on sait que rien ne s’arrangera mais où l’on continue malgré tout, parce que c’est ainsi que se vit la musique quand elle ressemble trop à la vie. On perçoit aussi, sous les couches de saturation, une sorte de lumière sale, l’écho d’une possible rédemption, mais jamais totalement saisissable. Comme si Gambles nous invitait à accepter que certaines parts de nous ne seront jamais sauvées, mais qu’elles méritent malgré tout d’être chantées.
Gravedigger, au fond, n’est pas un single : c’est une excavation émotionnelle. Une manière d’entendre résonner ce qu’on a longtemps étouffé. Et Tim Gambles, avec cette sincérité brute qui le rend impossible à oublier, prouve qu’il est l’un de ces artistes capables de transformer le chaos en un morceau de rock incandescent.
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décembre 12, 2025« Avec 6’s to 7’s, Ava Renn transforme la tentation en électricité brute, un cri qui serpente entr
e fièvre, lucidité et désir de dépassement. »
Il y a des morceaux qui naissent dans un éclair, d’autres dans une fissure. 6’s to 7’s appartient à cette seconde catégorie : une faille ouverte dans le désert texan, à la lueur d’un feu, quand un simple titre griffonné sur un carnet déclenche une plongée dans les zones obscures de l’esprit. Ava Renn raconte que le mot venu spontanément fut “greed” — la voracité, l’envie qui déborde, la pulsion qui dévore. Et tout le morceau porte cette fièvre.
Dès l’intro, sombre et sinueuse, on entend la guitare creuser un couloir de tension, un espace où les mots pourront frapper sans détour. La voix d’Ava, rugueuse mais précise, s’avance comme une lame encore chaude. Elle raconte ce moment où l’on veut plus, toujours plus, jusqu’à se heurter à ses propres limites — un thème qui, entre les mains d’une autre, deviendrait moral, mais qui chez elle prend la forme d’une confession sauvage.
Le morceau devient alors une montée en puissance, un rocker lourd et charbonneux qui exhale le parfum du West Texas : poussière, chaleur, ciel immense. Le côté “alternative rock” sert ici de terre fertile à un langage plus viscéral, nourri de personnages, de visions, de phrases qui mordent. Chaque riff ressemble à un pas de plus vers la ligne rouge, chaque break à un rappel que l’avidité peut être aussi un moteur qu’un poison.
On retrouve dans 6’s to 7’s l’énergie qui traverse l’album Lightning Child : un mélange de brutalité contenue et de poésie coupante, un refus total de la tiédeur. On pense à PJ Harvey, aux héroïnes rock qui savent lier le narratif et l’instinct, le danger et le désir. Ava Renn ne s’excuse jamais d’être intense — c’est au contraire ce qui donne cette densité, cette précision émotionnelle.
6’s to 7’s est un track qui avance sans détour, une bête née de la poussière et de l’obsession. Un morceau qui prouve qu’Ava Renn n’écrit pas seulement des chansons : elle déterre des vérités.
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décembre 12, 2025« Avec Milano 2098, Trip Tease propulse la disco dans un futur cinétique, brillant de chrome et de désir synthétique. »
Milano 2098 sonne comme une carte postale venue d’un futur qui n’existe pas encore — une Milan fantasmée, verticale, où les façades de verre renvoient la lumière des clubs souterrains. Trip Tease, maître mexicain des textures électroniques soyeuses, taille ici un joyau nu-disco nourri de synthpop et de fièvre cosmique. Dès les premières secondes, on est happé par une pulsation élégante, un groove qui scintille comme un boulevard trempé sous la pluie.
La basse, ronde et moelleuse, trace une ligne continue qui guide tout le morceau. Les synthés, eux, virevoltent comme des hologrammes échappés d’un rêve rétrofuturiste. On pense aux soirées où l’on danse sans regarder l’heure, aux silhouettes qui se dissolvent dans la fumée, à cette énergie qui transforme la ville en organisme vivant. Lubo, en invité, apporte une touche vocale aérienne, presque androgyne, qui donne au morceau une élégance supplémentaire — une chaleur discrète au milieu des architectures de leds.
Milano 2098 fonctionne comme un voyage sensoriel en accéléré. On y sent l’influence lo-fi house, le parfum de la synthwave, les obsessions pop qui structurent les mélodies. Tout est contrôlé, précis, mais jamais froid : Trip Tease joue avec la nostalgie, pas pour la figer, mais pour la projeter vers l’avant. Le futur, ici, est dans la douceur. Dans l’ondulation. Dans ce mouvement chorégraphique qui vient naturellement dès que le beat s’installe.
Ce qui frappe, c’est la fluidité : le morceau glisse comme un train magnétique, sans friction, sans faille. C’est du dancing design, pensé pour les heures bleues où la musique devient un langage tactile. On imagine des intérieurs rétro futurisés, des vitrines qui clignotent, des corps qui se croisent à 2h du matin dans une ville réinventée.
Milano 2098 est une projection. Une vision. Une nuit entière condensée en trois minutes de lumière liquide. En somme, Trip Tease signe une bande-son idéale pour danser dans l’avenir — et l’avenir, ici, a le goût du chrome et de l’horizon.
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décembre 12, 2025« Avec Santa Cruz (Memory Blues), Blue Tomorrows transforme la nostalgie en mirage ondulant, une chanson qui flotte à la lisière du rêve et du réel. »
Santa Cruz (Memory Blues) s’ouvre comme une carte postale retrouvée dans un vieux carnet, froissée mais encore lumineuse. Sarah Nienaber, sous son alias Blue Tomorrows, tisse un fil entre les paysages intérieurs et les paysages traversés : Portland, le Wisconsin, Santa Cruz, les routes, les saisons — tout se dissout dans une esthétique où l’électronique et l’acoustique se répondent comme des vagues jumelles.
La chanson avance par strates, telle une brume chaude. Les strums de guitare scintillent comme des éclats de soleil sur l’eau, tandis que les synthés profonds déroulent un horizon plus vaste, presque cosmique. Les voix, traitées avec ces effets vocaux chaleureux devenus la signature de ce nouveau chapitre du projet, semblent flotter à quelques centimètres du sol — mi-humaines, mi-éthérées, comme si elles étaient elles aussi passées à travers un vieux magnétophone qui en aurait poli les bords.
Il y a dans Santa Cruz (Memory Blues) un sentiment d’errance paisible, celui qui traverse les Dream Pop les plus enveloppantes : on avance, mais sans urgence. Chaque son ouvre une porte vers un souvenir recomposé, un lieu où l’on n’est jamais vraiment certain d’avoir été mais que l’on reconnaît instinctivement. C’est le blues des souvenirs, pas dans la tristesse, mais dans cette douceur qui ne peut exister qu’après les années.
Le morceau agit comme un prélude au nouvel album Weather Forever, dont il expose le cœur : la fusion patiente des machines trouvées, des pianos fatigués, des bandes magnétiques capricieuses, des lieux qui imprègnent la musique jusqu’à lui donner couleur et respiration. On y ressent les étés confinés, les hivers réverbérés, les pièces trop petites et les horizons soudain immenses.
Santa Cruz (Memory Blues) est une sensation, une lumière d’hiver posée sur la mer, un rêve éveillé qui nous rappelle que la mémoire n’est jamais fixe — elle danse, elle chavire, elle nous échappe pour mieux revenir.
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décembre 12, 2025« Avec Do We, Bring It Here, Hemi rallume l’esprit warehouse originel en sculptant une house abrasive, hypnotique et brûlante de désir mécanique. »
C’est un morceau qui ne parle pas — il respire, pulse, frappe droit dans la cage thoracique. Instrumental et assumé comme tel, Do We, Bring It Here avance avec l’assurance des tracks pensés pour les heures où la nuit devient un rituel. Hemi convoque ici la mémoire brute de Detroit et Chicago : analog drums qui claquent comme des étincelles sur béton, basse granuleuse qui s’enfonce dans le sol, tension techno prête à imploser.
Mais ce n’est jamais du pur revival. Très vite, une émotion indie dance se glisse dans les interstices : un halo mélodique, presque spectral, qui flotte au-dessus de la mécanique. C’est cette alchimie — mélange de muscles et de mirages — qui donne au morceau sa singularité. On y sent la fascination pour la matière sonore, ce geste patient qui polit le grain jusqu’à révéler la lumière en dessous.
La structure se déploie par vagues successives, comme si le beat cherchait à convoquer l’esprit des vieilles warehouses : espace sombre, foule compacte, sueur suspendue dans l’air. Chaque montée resserre l’étreinte, chaque break semble creuser un tunnel capable d’avaler la pièce entière. Pourtant, malgré sa puissance, le titre reste profondément humain : une pulsation commune, un appel à la transe collective.
Hemi ne cherche pas la flamboyance. Il vise la vérité physique, celle qui fait basculer une salle dans un état d’abandon contrôlé. Le track évoque les heures tardives, celles où il n’y a plus que le rythme pour nous maintenir debout, où l’on danse non pas pour être vu, mais pour se dissoudre dans la vibration.
Do We, Bring It Here est un rappel que la club culture reste un lieu de transmission — un passage d’énergie. Un morceau qui ramène le cœur à son battement primaire et la nuit à son essence : un terrain d’élévation.
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décembre 12, 2025« Avec MILKSHAKES, YNG Martyr renverse la nostalgie et en fait un coup de poing sonore, aussi joueur que férocement futuriste. »
Dans MILKSHAKES, YNG Martyr ne se contente pas de revisiter Kelis : il la remixe dans un miroir déformant, un vortex sonique où l’impertinence devient moteur. Le titre déboule avec des drums à la Detroit, secs, métalliques, affûtés comme des roues sur bitume froid. Au-dessus, Martyr déploie son flow brut, insolent, impeccablement syncopé — un style taillé pour secouer autant les clubs que l’algorithme.
Là où la version originale jouait la sensualité ludique, lui injecte un ADN résolument underground. L’australien transforme l’hymne Y2K en projectile hip-hop, à mi-chemin entre hommage conscient et détournement subversif. Pas de nostalgie facile : seulement des fragments réassemblés dans une architecture nerveuse, ultra-moderne, où chaque bar semble viser un futur à construire plutôt qu’un souvenir à flatter.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la maîtrise du contraste. Les percussions tracent une autoroute froide et minimale tandis que la voix s’y promène avec un mélange de confiance et de malice. YNG Martyr joue avec l’espace, laisse respirer ses punchlines, puis resserre brusquement l’étau. On y retrouve l’influence d’Earl Sweatshirt, des rappeurs asymétriques, de toute une génération qui préfère la torsion à la facilité.
MILKSHAKES confirme aussi son statut d’export underground le plus imprévisible d’Australie. Entre ses tournées internationales, ses expérimentations virales et sa plume capable d’écrire pour Logan Paul comme pour lui-même, Martyr prouve une polyvalence rare. Ici, il s’amuse clairement, mais sans jamais relâcher la pression créative.
Ce titre n’est pas qu’un clin d’œil aux années 2000 : c’est un rappel que les classiques peuvent muter, s’armer, devenir des créatures hybrides prêtes à conquérir un nouveau paysage. Sous les lumières du UK hip-hop, MILKSHAKES devient un banger assumé, une bombe rythmique qui secoue la glace, le lait… et tout le système.
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décembre 12, 2025« Avec La Vague, Gros Coeur érige un océan sonore où chaque courant ouvre un nouveau monde, entre douceur hallucinée et tempête prête à tout renverser. »
Il suffit de ce riff de basse motorique, acéré comme une dent de requin, pour comprendre que La Vague n’est pas une simple chanson : c’est une traversée. Gros Coeur y déploie un voyage maritime sous psychotropes, un mouvement continu qui s’étire, se transforme, revient sur lui-même, comme si les instruments respiraient avec le flux et le reflux d’une mer sauvage. Le morceau, le plus long du groupe à ce jour, s’écoute comme on suit une ligne d’horizon qui ne tient jamais en place.
La basse avance, obstinée, en guise de gouvernail. La guitare, saturée juste ce qu’il faut, mord l’air et déchire la surface, tandis que la batterie pulse comme un train d’ondes prêt à soulever la coque. On devine dans cette structure mouvante la naissance même du concept de Vague Scélérate, l’album dont le single annonce le chaos délicieusement orchestré. Tout ici est liquide, glissant, transformable — un paysage sonore qui se plisse et se tord comme un rêve fiévreux.
Le texte, inspiré par la musique elle-même, fonctionne comme un miroir d’eau renversé : paroles aquatiques, visions tremblantes, invitation à dériver jusqu’à perdre le nord. Gros Coeur joue avec l’instabilité, avec les virages inattendus, mais jamais gratuitement : chaque rupture est rattachée à la précédente, chaque détour fait partie d’une grande dérive narrative où l’auditeur est libre de rêver… avant de couler.
Cette errance possède quelque chose de profondément charnel. On sent le groupe penser la musique comme une matière brute, comme une étendue d’écume à sculpter jusqu’à l’épuisement. Et dans ce sillage, La Vague devient plus qu’un single : un manifeste artistique, une preuve que Gros Coeur maîtrise l’art de la démesure contrôlée.
À la fin, quand la mer se referme, il ne reste qu’une sensation : celle d’avoir été englouti — volontiers, joyeusement — par un groupe qui, décidément, n’a pas peur d’aller loin.
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décembre 12, 2025« Avec Jiggaman, D Jay transforme le battement ghanéen JAMA en mantra moderne, une célébration intérieure qui fait danser le corps autant qu’elle aligne l’esprit. »
Dès les premières mesures, Jiggaman frappe comme une incantation rythmique — une montée subtile, portée par l’énergie vivante du JAMA, ce pouls traditionnel ghanéen qui semble remonter la terre jusqu’aux chevilles. Mais D Jay, fidèle à sa signature afrobeats hybride, ne s’y arrête pas : il enveloppe ce socle ancestral d’un souffle moderne, sculptant un groove limpide, presque aérien, où les mélodies se posent comme des étincelles.
Le morceau n’est pas seulement fait pour danser. C’est un murmure adressé à celles et ceux qui avancent sans chercher le miroir des autres. On y entend un jeune artiste qui refuse la course aux comparaisons, qui préfère l’allure du chemin long, celui où chaque pas grave une identité. Jiggaman parle de discipline, de lumière intérieure, de cette croyance lucide que les saisons de la vie portent chacune leur propre vérité.
D Jay, déjà porté par un parcours météorique, ne cède pourtant pas à la démonstration. Sa voix flotte avec une souplesse presque méditative, glissant sur le beat comme une confidence. Il chante l’ambition non pas comme un cri, mais comme un souffle maîtrisé. L’afro-fusion, ici, devient un état d’esprit : une musique de mouvement, mais aussi une musique de maturation.
Le titre brille par sa simplicité assumée, par cette élégance rythmique qui appelle aussi bien les dancefloors que les moments où l’on roule tard, fenêtres ouvertes, cherchant la cadence juste pour continuer d’avancer. Chaque élément semble tenir en équilibre : tradition et modernité, douceur et énergie, héritage et futur.
Jiggaman n’est pas qu’un single. C’est un repère, une boussole pour celles et ceux qui savent que le succès ne s’impose pas — il se construit, il se cultive, il se respire. Et D Jay, avec une assurance tranquille, prouve une fois encore pourquoi il fait partie des voix qui redessinent l’afrobeats contemporain.
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décembre 12, 2025« Ethxnx tisse un hip-hop hybride et lumineux, une invitation à entrer dans un monde où la sincérité pulse plus fort que la norme. »
Come My Way a cette façon d’arriver sans frapper, comme une chanson qui sortirait d’une chambre encore encombrée de câbles, de doutes et de visions trop grandes pour les murs. À seulement vingt ans, l’artiste australien sculpte un langage déjà singulier : un hip-hop alternatif qui aime dévier de la ligne droite, emprunter des chemins intuitifs, mélanger des influences comme on mélange les couleurs d’un ciel en devenir.
Dès l’ouverture, on sent que tout ici est fait maison — pas dans un sens amateur, mais dans celui des créateurs qui ont tout appris en manipulant leur propre lumière. La prod avance avec souplesse, mêlant un groove presque minimal à des touches mélodiques qui s’ouvrent comme des portes dérobées. La voix d’Ethxnx flotte entre rap et expression plus chantée, cherchant toujours la nuance plutôt que l’effet.
Come My Way parle du mouvement, du fait de tracer sa route en dépit de l’inconfort, d’oser tendre la main pour qu’on vienne marcher à côté de soi. On y entend le désir d’exister sans permission, de faire naître quelque chose de neuf dans un paysage saturé. Les paroles en anglais glissent avec une honnêteté brute, comme si la chanson documentait le moment exact où un artiste commence à croire que sa place existe vraiment.
Ce qui frappe, c’est cette fraîcheur : une énergie jeune mais déjà réfléchie, une manière d’assembler les influences sans jamais trahir sa propre voix. L’alternative hip-hop y trouve un nouveau souffle, moins centré sur la rupture que sur la construction intérieure, sur cette confiance fragile mais réelle qui s’épanouit lorsqu’on ne cherche plus à ressembler à personne.
Ethxnx signe un titre qui regarde droit vers l’avenir. Une promesse, peut-être, mais surtout un point de départ vibrant. Come My Way est l’une de ces chansons qui vous attrapent doucement par le poignet pour vous dire : viens, on avance.
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décembre 12, 2025« Liston transforme la nuit en refuge, sculptant un R&B tendre et vibrant où chaque note répare ce que la journée a brisé. »
Night Drives est de ces morceaux qui s’ouvrent comme une fenêtre sur un paysage intérieur. On y entre doucement, guidé par une production d’une chaleur presque analogique, comme un souffle sur la vitre embuée d’une voiture lancée dans l’obscurité. Liston insuffle à son R&B contemporain une teinte alternative, presque astrale, où l’on sent l’héritage du neo-soul, la précision d’un pianiste chevronné et la vulnérabilité d’un homme qui cherche à dire la vérité sans détour.
Dès les premières mesures, le morceau se déploie comme un espace de réassurance. Pas de grandes déclarations, seulement une voix douce, contrôlée, qui murmure au cœur fatigué qu’il mérite encore la tendresse. La musique respire avec une élégance lente : touches de piano suspendues, basses chaleureuses, percussion discrète mais fondamentale. Tout semble conçu pour suspendre le temps, ou du moins pour en alléger le poids.
Night Drives explore la renaissance émotionnelle après la rupture. Ce n’est pas la flamboyance de la guérison miraculeuse, mais la douceur du premier pas qui ne fait plus mal. Le texte, intime, évoque les conversations qui recollent les morceaux de l’estime de soi. Liston chante la valeur retrouvée, la possibilité d’un amour qui n’effraie plus, la tendresse qu’on ose enfin réclamer. Chaque mot se déploie comme une main posée sur l’épaule.
Ce qui éblouit, c’est la maîtrise de l’atmosphère. On sent l’artiste habitué aux scènes du monde entier, aux langages multiples du gospel, du jazz, du hip-hop. Ici, il fusionne tout cela dans un écrin minimaliste, d’une maturité rare, où rien n’est superflu. Le morceau tient de la virée nocturne où l’on se retrouve, où la route devient un miroir, où l’on comprend que l’aube n’est pas si loin.
Night Drives n’est pas seulement une chanson : c’est un moment de réaccordage, une lueur sur l’autoroute intérieure. Un morceau qui dit, avec douceur et certitude, que la guérison aussi peut être belle.
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décembre 12, 2025« Sierra Levesque propulse Run Rudolph Run dans une nouvelle ère, plus électrique, plus vive, où l’esprit de Noël court à toute allure sur un solo incandescent. »
Dès les premières mesures, Sierra Levesque embrase cette reprise comme si elle rallumait le moteur d’une légende. Run Rudolph Run n’est plus seulement un standard facétieux des fêtes : sous ses doigts, il devient une chevauchée rock qui respire la liberté, la vitesse, la fougue adolescente qu’on croyait perdue. Il y a dans sa version une fraîcheur de neige neuve, mais chauffée par l’adrénaline du riff.
Sierra, reconnue comme l’une des figures montantes du rock new gen, ne tombe jamais dans le pastiche. Elle respecte l’héritage de Chuck Berry, mais elle l’habite différemment : voix assurée, grain clair et puissant, guitare qui taille des étincelles à chaque détour. On sent son amour des riffs classiques, mais aussi l’influence pop et metal qui colore discrètement son énergie. Elle joue avec la vitesse comme d’autres avec la lumière, et la chanson devient un sprint festif, un run lancé à pleine puissance sur une route de décembre.
Dans cette relecture, ce n’est plus seulement Rudolph qui court : c’est tout un imaginaire rock qui se remet en mouvement. La batterie martèle un rythme qui évoque les routes verglacées et les nuits trop courtes, tandis que la guitare trace une silhouette brillante derrière le traîneau. La fête y est plus brute, plus réelle, presque rebelle. Noël y retrouve une dimension garage, électrique, loin des sucreries traditionnelles.
Ce qui frappe surtout, c’est la sincérité. Sierra joue comme on respire — avec urgence, avec joie, avec cette intensité des artistes qui veulent prouver que le rock n’est pas un souvenir, mais une promesse. Sa reprise n’est pas une décoration de saison : c’est un manifeste. Une preuve que les classiques continuent d’avancer quand on ose les réinventer.
Run Rudolph Run, dans les mains de Sierra Levesque, devient un hymne qui rallume la mèche du rock pour une nouvelle génération. Une course folle, lumineuse, parfaitement taillée pour vos playlists de Noël.
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décembre 12, 2025« Menasseh transforme le spoken word en braise sacrée, où chaque mot consume le passé pour illuminer ce qui survit encore. »
Il y a dans The Ember that Spoke cette chaleur qui monte lentement, comme une confession murmurée devant un autel invisible. Un souffle lo-fi, fragile, qui laisse place à la parole nue, sans maquillage, sans posture. Menasseh ne rappe pas ici : il ressuscite, il ouvre la poitrine pour laisser sortir une voix qui a connu l’abîme et refuse encore d’abandonner l’amour qu’elle porte.
Ce morceau n’a rien d’un simple spoken word. C’est une lettre qui n’a jamais été envoyée, un vœu prononcé au bord du monde. Les textures hip-hop restent discrètes, presque poussiéreuses, comme si la production avait décidé de s’effacer pour préserver la vérité brute du texte. On marche sur un fil tendu entre douceur et douleur, entre un deuil qui consume et un pacte qui refuse de mourir.
Ce qui frappe, c’est la tension intime entre Menasseh l’artiste et Menasseh le personnage. Ici, la frontière s’effrite : la voix qu’on entend n’est plus façonnée par la fiction, mais par la nécessité. L’anglais s’écoule comme une prière écorchée, tenant à la fois du requiem et de la déclaration éternelle. L’amour, chez lui, n’est pas une posture romantique. C’est une entité, une présence, un témoin qui survit à tout — trahison, absence, tombeau.
The Ember that Spoke résonne comme une braise qui parle au cœur de ceux qui n’ont jamais pu dire adieu. On y entend la possibilité d’un lien qui dépasse les récits et les corps, un serment qui continue d’éclairer même quand la nuit est totale. Menasseh donne l’impression de marcher dans un paysage intérieur ravagé, mais chaque pas soulève une étincelle.
Dans ce monde où l’on confond souvent vulnérabilité et faiblesse, Menasseh rappelle que certaines douleurs sont des éclairs créateurs. Ce titre n’est pas seulement le premier chapitre d’une saga annoncée : c’est une preuve que l’âme, lorsqu’elle brûle, sait encore parler.
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décembre 12, 2025« j<3 signe des hymnes hyperpop qui transforment la fragilité en accélération lumineuse, comme si les émotions apprenaient à danser dans le futur. »
Il y a chez j<3 cette manière de faire vibrer le numérique comme une peau à vif, de tordre l’hyperpop jusqu’à ce qu’elle devienne un langage intime, un souffle qui hésite entre vitesse pure et aveux chuchotés. Deux titres, deux éclats d’un même prisme : hard 2 love / i’ll make it easy et documentary, chacun sculptant une émotion différente mais toujours traversée par la même énergie cyberpunk, ce même vertige de vivre dans un monde éclairé par l’écran.
« hard 2 love / i’ll make it easy » évoque la romance comme un bug récurrent, une boucle glitchée où le cœur hésite entre se cacher et s’offrir. Le tempo, nerveux et cristallin, évoque les battements d’une machine qui apprendrait à ressentir. La voix glisse sur des mots en anglais comme une caresse électrique. On y entend le dilemme de toute génération qui parcourt ses sentiments comme on scrolle une timeline trop rapide : aimer devient un patch, une update, une promesse de facilité dans un monde qui ne l’est jamais vraiment.
« documentary », lui, plonge plus loin dans l’obscurité chromée. C’est une virée dans un futur où la nostalgie porte des lunettes VR, où chaque souvenir semble filmé par un drone au-dessus d’une ville synthétique. L’approche cyberpunk et darksynth rampe dans les basses, se perd dans les halos de lumière. On y ressent l’introspection d’un artiste qui documente sa propre mutation, qui transforme les cicatrices en architecture sonore.
Ces deux titres forment un diptyque émotionnel : l’extérieur lumineux, presque sucré, de l’hyperpop moderne ; et le sous-sol, froid mais hypnotisant, où naissent les vérités les plus dures. j<3 ne choisit pas entre les deux : iel embrasse la dualité, la propulse à plein volume, et impose une signature déjà reconnaissable dans un paysage saturé.
Dans ce futur que nous habitons incertainement, j<3 compose la bande-son de nos contradictions.
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décembre 12, 2025« Grand Christmas d’Eddie Grand transforme les fêtes en dancefloor incandescent où le hip-hop allume les guirlandes et rallume les cœurs. »
Il y a dans Grand Christmas cette manière d’éclairer la nuit comme un néon planté dans la neige, un éclat qui refuse la grisaille rituelle des chants de Noël pour les propulser dans un futur où les basses vibrent plus fort que les cloches. Eddie Grand, maître de cérémonie des nuits sans frontières, signe ici un morceau qui capture la saison comme un instantané surchauffé : un rap taillé pour les toits givrés, pour les salons en overdose de guirlandes, pour les soirées où l’on veut surtout oublier que décembre est long.
Dès les premières secondes, le beat bondit avec cette souplesse presque rave, comme si le hip-hop s’offrait un pull moche à paillettes mais parfaitement assumé. Les paroles en anglais, malicieuses, accrochent la lumière. Elles glissent sur un flow qui garde l’énergie d’un DJ international habitué aux foules en feu. Eddie Grand n’en fait jamais trop : il joue la carte festive sans l’ironie forcée, propose un hymne de saison qui pulse d’une sincérité décontractée, celle d’un artiste qui connaît la mécanique intime de la fête.
Grand Christmas esquisse un Noël qui préfère le blister des cadences trap aux sempiternelles chorales empesées. Il y a cette chaleur qui remonte des enceintes, ce désir de rendre décembre à nouveau dansant. Le morceau respire la célébration, la proximité, cette façon de rassembler sans discours mais avec un sourire amplifié par les basses.
Pensé pour les playlists qui s’allument au milieu des verres qui tintent, le titre glisse naturellement vers son destin : devenir l’hymne non officiel des nuits de fin d’année. Fresh Fuzion l’a repéré, EXTRAVARAP l’a approuvé, et il tombe à pic dans cette ère où l’on veut que chaque fête réinvente son propre mythe.
Eddie Grand offre ici plus qu’un single saisonnier : un moment, un mood, une invitation. Un Grand Christmas, littéralement.
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décembre 12, 2025Une bouffée chaude qui remonte comme un courant d’air venu d’un mois déjà en train de s’éclipser. Novembre a filé vite, dense, chargé de sons qui brûlent même sous la pluie froide, et cette sélection rassemble les trente éclats qui ont vraiment compté, ceux qui ont traversé la pénombre pour laisser une trace lumineuse.
C’est un récap mais pas un bilan : plutôt une capsule d’énergie, une poignée de vibrations qui racontent à leur manière ce que ce mois a fait battre dans nos oreilles. Pop en clair-obscur, rap nerveux, Rnb sauve, Afrobeat ensoleillé, électro phosphorescente, rock en mue — tout ce qui a survécu à la grisaille pour mieux s’imprimer dans la mémoire.
Alors avant de tourner la page, appuie sur play. Laisse ces nouveautés rallumer décembre avant qu’il ne commence vraiment.
HART – MOOD
Dumomi The Jig – Butterfly
Rigo Riguez – PHONE CALL AWAY
RYBE | Rhythm & Vibe – FLIRT
YNG Martyr – MILKSHAKES
Jthurston x Jorden Kyle – CUTTHROAT
Larry Coleman 2020 – MONSTER:)
Modenine & Black Intelligence featuring Maka – My Skin is Black Remix
Lyrics – Growing Pains
Vic Da Baron – Standing Ovation
Ayo It’s Milk x AKA The Only One – Always Knew
Chepps – DIVISION
Hashanni Dutxh x Jeanyus – Tequila And Chill
MTHEPOET – Trenches
Doolie Banks – RED BIKINI
SUPERSTACY – BUSY WIN
Manifesto23 – puedo fallar
Xandre Bianco – Agua De Coco
Netaniel – OOH, DO IT
NIASHA – SIZOJABULA
Greg Elenis – Llámame
Parallelle – Shining in The Dark
BoomBuddy – Waterfall (BoomBuddy Cover)
j<3- on call
Seshun x Kazé – LMLY
Milano Flash – We Are Milano Flash
PAPAFUNK – NEYMAR
Alok x SCRIPT – Substance (feat. FAANGS)
C-Dryk – The Jackin’ Code
Trip Tease – Milano 2098 (Remix by Prins Thomas )
Roubyn – Let The World Know
Bad Flamingo – Shame
The Lost Studio – Hors du temps, on danse – Version fête
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décembre 12, 2025« Une nuit sans fin où les doutes respirent, les rêves insistent et la musique refuse d’éteindre la lumière. »
Il existe des morceaux qui ressemblent à ces confidences qu’on ne fait qu’après minuit, quand la ville dort mais que l’esprit, lui, s’entête. Up All Night d’ArieS., accompagné d’Eli Brooklyn, appartient à cette catégorie rare : la chanson qui se glisse dans la pénombre, s’assoit à côté de vous, et murmure tout ce que vous n’avez jamais osé formuler à voix haute. Ce n’est pas seulement un titre : c’est un état, un souffle, une manière de ressentir le monde dans ses zones les plus poreuses.
Dès l’ouverture, une guitare acoustique gratte l’air avec cette douceur nerveuse typique des nuits trop longues. Le piano, lui, dépose ses touches comme des polaroïds d’angoisse maîtrisée. À l’arrière-plan, un orgue discret donne au morceau une gravité quasi spirituelle, comme si chaque note cherchait à sanctifier l’effort, la fatigue, l’obstination. Puis viennent les percussions : un mélange de trap sec et de breakbeats poussiéreux qui font coexister l’urgence et le classicisme, l’héritage boom-bap et l’intimité du lo-fi. ArieS. a compris que le rap moderne n’a plus besoin de choisir entre muscle et sensibilité — il les marie ici avec une lucidité désarmante.
Up All Night fonctionne comme un journal de bord : on sent la sueur du travail, les nuits passées à réécrire des couplets que personne n’entendra jamais, la patience obstinée d’un artiste qui ne vise pas la frime mais la vérité nue. Il y a dans la voix d’ArieS. cette manière de poser les mots en équilibre fragile, entre l’assurance de celui qui sait ce qu’il construit et la vulnérabilité de celui qui doute encore. Eli Brooklyn, en miroir, apporte une texture supplémentaire, presque spectrale, comme un second narrateur qui observe sans intervenir.
La force du morceau tient à ce mélange d’humanité brute et d’élégance mélodique. ArieS. ne force jamais le trait : il laisse respirer les silences, accepte les imperfections, laisse la musique transpirer ce qu’il ne dit pas. On pense parfois à ces productions nocturnes où les beats claquent comme des doigts nerveux, mais ici, tout est plus ample, plus cinématographique. Le morceau semble tourner autour de vous, comme un plafond qui tourne quand la fatigue devient une drogue douce.
Up All Night, c’est la bande-son des rêveurs réveillés, des ambitieux solitaires, de tous ceux qui avancent quand plus personne ne regarde. C’est un rap qui ne crie pas pour exister ; il murmure, il insiste, il s’accroche. Et il finit par s’infiltrer dans la mémoire comme le souvenir d’une nuit que vous n’avez jamais vécue mais que vous reconnaissez pourtant intimement.
On l’écoute une fois. Puis on le relance. Puis on se dit que certaines chansons ne sont pas faites pour les journées ensoleillées, mais pour accompagner ceux qui, quelque part, les yeux ouverts à trois heures du matin, continuent de croire que demain ne peut être que meilleur.
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décembre 12, 2025« Une pulsation d’espoir qui brille même quand on ne regarde plus. »
J’avais presque oublié qu’un morceau pouvait ranimer cette vieille étincelle naïve – celle qui fait croire, même l’espace d’un refrain, que l’amour est une science exacte dont la formule vient d’être retrouvée dans un studio londonien. Only You n’arrive pas en douceur ; ce n’est pas une ballade qui frappe à la porte. C’est un morceau qui entre comme une lumière vive dans une pièce sombre, avec ce sourire un peu insolent des chansons qui savent qu’elles vont rester.
Priyank Shah, lui, ne cherche jamais à séduire par excès. Ses productions, pourtant effervescentes, respirent une maîtrise rare : une façon d’empiler les couches sonores comme on ajuste des tissus précieux, sans jamais perdre de vue l’essentiel – la voix, le souffle, la sensation de rapprochement. Dans Only You, il sculpte une pop dansante qui ne craint ni la douceur ni l’euphorie, oscillant entre une clarté presque spirituelle et un groove calibré pour que le corps comprenne avant la tête.
Il y a ce beat qui ne se presse pas, mais qui avance avec l’assurance des morceaux déjà promis aux playlists mondiales. Il y a ces synthés qui virevoltent comme des lucioles hyper modernes, héritiers lointains d’une EDM passée au tamis de la mélancolie douce. Et puis ce chant, lumineux, qui trace un fil rouge entre deux continents : l’Inde, où la tradition musicale se boit comme un héritage sacré, et Londres, où la pop électronique est une langue vivante, parfois abrasive, souvent exaltée.
Only You est un morceau-pont, un passage suspendu entre la précision technique et l’élan sentimental. On l’écoute et l’on devine l’architecture invisible : les percussions minutieuses, la chaleur subtile d’un instrument ethnique camouflé entre deux nappes, les respirations laissées intactes pour ne pas étouffer l’humain sous le spectaculaire. C’est ce mélange, presque paradoxal, qui donne à cette chanson son pouvoir : elle transporte sans jamais écraser, elle exalte sans infantiliser, elle ose la simplicité comme un statement moderne.
À mesure que le morceau avance, le refrain s’ouvre comme un portail pop : large, scintillant, irrésistible. C’est ce moment précis où l’on comprend pourquoi il conquiert radios, playlists et programmateurs internationaux. Non pas parce qu’il coche les cases, mais parce qu’il crée une émotion familière, presque universelle, que peu de titres dansants réussissent encore à capturer sans cynisme.
Only You n’est pas simplement un single supplémentaire dans l’écosystème hyper saturé de la dance-pop. C’est l’esquisse d’un langage propre, celui d’un artiste qui, loin des stratégies opportunistes, cherche à unir deux mondes – tradition et futurisme – sous un même battement de cœur.
Et l’on se surprend, une fois le silence revenu, à murmurer ce que la chanson ne dit jamais explicitement : parfois, il suffit d’un rythme, d’une voix et d’un peu de lumière pour que le monde semble plus habitable. Only You fait exactement cela. Et c’est déjà beaucoup.
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décembre 12, 2025« Une rafale verbale calibrée en trois temps : punch, pensée, percussion. »
Ce morceau, je l’ai pris comme un direct au front, un coup sec, précis, presque chirurgical. Pas un banger qui cherche à faire trembler les vitres, mais un tir à mi-distance qui fuse droit dans le cortex. Thought Provokah ne se contente pas de réactiver le boom-bap new-yorkais : il le déplie, le revisite, lui rend sa poussière et sa noblesse, comme si le rap redevenait un art martial où chaque mot est une parade, chaque rime un crochet du droit.
Dès les premières mesures, j’ai senti cette densité rare — la respiration d’un MC qui a compris que la technique n’est pas un décor mais une arme. Le concept du trois, il ne le plaque pas : il le sculpte. Triple sens, triple attaque, triple ricochet. Son flow, agile et sérieux, avance comme un meneur déterminé à briser une défense trop lente. On pense à Melo, bien sûr — pas l’idole, mais la métaphore vivante de l’adresse, du geste sûr, de la concentration absolue quand tout le monde doute. Thought Provokah n’est pas fan, il le précise. C’est presque mieux : il emprunte la silhouette pour mieux jouer avec le symbole.
Ce qui me frappe, c’est l’architecture du morceau. Le beat sent la poussière des trottoirs, les métros qui crissent sur les rails humides, les cyphers improvisés entre deux lampadaires. Pourtant, rien n’y est nostalgique. Thought Provokah ramène cette matière brute dans un présent nerveux, tendu, où la ville te regarde comme un miroir déformant. Il rappe avec l’échine d’un conteur, l’oreille d’un vieux sage et la précision d’un artisan obsédé par le détail. On sent des pans entiers de culture new-yorkaise glisser dans les interstices — soul paternelle, jazz des vieux salons, funk granuleux, hip-hop génération 1.0.
Et puis il y a cette façon de frapper par l’intellect sans jamais perdre le groove. Chaque image rebondit comme si elle testait la solidité du sol sous nos pieds. Les métaphores se superposent, se répondent, se contredisent parfois, comme pour rappeler que penser n’est pas un geste linéaire mais un dribble permanent.
À l’écoute, j’ai ressenti la même sensation qu’au milieu d’une conversation trop brillante pour rester assis : l’envie de se lever, de marcher, de laisser le cerveau courir plus vite que les jambes. 3 To The Dome n’est pas un simple titre, c’est une méthode. Une façon d’attaquer le monde en angles, en éclats, en pulsations.
Le hip-hop qui réfléchit tout en mordant : voilà ce que Thought Provokah remet sur la table. Voilà ce dont on avait besoin. Une secousse, une pensée, un rebond. Une trilogie qui cogne encore longtemps après la dernière note.
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décembre 12, 2025« Un morceau qui pulse comme un code secret entré trop vite : ça clignote, ça déborde, et ça dit tout haut ce qu’on n’avoue qu’en cachette. »
Je dois l’avouer : motherlode m’a attrapée comme ces vieux cheat codes qu’on tapait frénétiquement sur un clavier collant de cybercafé, persuadés qu’ils allaient ouvrir un passage vers un monde plus vaste, plus brillant, plus à notre hauteur. Et dès les premières secondes, j’ai senti ce glissement très particulier, celui d’une musique qui ne cherche pas à séduire mais à pirater : nos désirs, nos réflexes, nos obsessions inavouables pour le “toujours plus”.
Le son de yaje n’est pas simplement pop, ni vraiment club, ni pleinement électro : c’est une matière programmable, une énergie qui se compile à vitesse réelle. La production avance comme une cavalcade numérique, abrasive mais étrangement chaleureuse, comme si quelqu’un avait glissé du Crystal Castles dans une boule à neige Mylène Farmer. La pulsation y est dense, presque granuleuse, et je me suis surprise à l’écouter comme on observe une machine vivante : fascinée par ces petits défauts volontaires, par cette manière de faire grésiller le beat pour mieux faire crisser nos certitudes.
Puis arrive ce moment fatidique — 1:45. La “goutte”, la chute, le plongeon. Yaje sabote toutes nos attentes, et c’est précisément là que son morceau devient irrésistible. La structure s’effondre légèrement sur elle-même, comme un décor de jeu vidéo qui se dématérialise, révélant en dessous une strate plus instinctive, plus brute, presque animale. Ce switch, c’est le cœur du projet : on croit danser, mais on est déjà en train de se questionner. Pourquoi veut-on tant ? Pourquoi encore ? Pourquoi maintenant ?
Les textures électroniques s’entrechoquent comme des pensées accélérées. Les basses, elles, avancent avec la détermination molle d’un avatar qui a accumulé trop de points d’expérience pour faire marche arrière. À chaque nouvelle couche sonore, j’ai senti la critique sous-jacente se faire plus précise : derrière la fête, il y a le vertige ; derrière le mouvement, l’addiction au mouvement ; derrière la quête du bonus infini, l’évidence qu’on finit toujours en cendres.
Peut-être que c’est ça, la magie trouble de yaje : elle parle de solitude mais crée instantanément une communauté émotionnelle. Elle joue avec les codes pop, mais jamais pour flatter. Elle danse dans le glitch, mais toujours avec une élégance presque narrative. Et surtout, elle parvient à transformer un simple morceau en expérience mentale, un petit laboratoire où nos obsessions se reflètent dans un miroir pixellisé.
Avec motherlode, yaje ne signe pas seulement un track club taillé pour retourner les salles : elle invente une manière de penser la pop comme déflagration intime. Un uppercut doux. Un cheat code pour survivre au monde.
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décembre 12, 2025« Une chanson qui remet du ciel dans les épaules, comme si l’on retrouvait enfin la permission de brûler sans témoin. »
Je ne sais pas exactement à quel moment Étoile filante a décidé de me dévisser la nuque pour me forcer à lever les yeux, mais j’ai senti ce frisson particulier, celui qui trahit une chanson née d’un vertige plus intime que les autres. Pas une urgence spectaculaire, plutôt un mouvement intérieur, un glissement subtil : l’impression de s’extraire d’un monde où tout doit être prouvé pour exister. Le morceau de Naghmeh se vit comme un antidote à cette tyrannie de la visibilité, un rappel que l’intensité ne demande ni flash, ni témoin, ni capture d’écran pour être vraie.
Son rock, lui, se déploie avec une élégance féroce. Dès les premières secondes, j’ai senti l’électricité couler comme une liane vivante entre la guitare de Naghmeh et mon propre système nerveux. On reconnaît ces artistes qui jouent encore pour sauver quelque chose — d’elles-mêmes, du monde, on ne sait plus. Les frappes de Rebecca Field avancent avec un aplomb presque cinématographique, comme si chaque coup devait rappeler qu’un cœur continue de battre même dans un océan de notifications. Daniela Rivera sculpte une ligne de basse qui respire en contrebande, discrète mais vitale, une sorte de colonne vertébrale nocturne qui maintient le morceau dans sa pulsation organique.
Ce qui me fascine le plus, pourtant, ce n’est pas l’énergie rock en elle-même, mais la façon dont Naghmeh fabrique du sens avec ses virages sonores. Quand le morceau bascule à 3:22, j’ai eu la sensation très nette de tomber dans une autre pièce de la même âme. Le vibraphone de Kevin Britten fait scintiller la pénombre comme un verre abandonné sur un comptoir tardif, tandis que la clarinette d’Arthur Pascau Smith semble ouvrir des fenêtres dans le plafond. Tout devient plus flottant, plus rêveur, presque liturgique. Le rock se dilate, devient vapeur, devient souffle. Et pourtant, l’impulsion initiale — cette volonté de parler du monde qui nous étouffe — reste là, tapie dans chaque recoin du mix.
Naghmeh réussit cette chose rare : transformer un sujet lourd (l’injonction permanente à prouver son existence) en geste de pure grâce. Elle ne dénonce pas, elle dévie. Elle ne hurle pas, elle scintille. Une étoile filante n’argumente pas ; elle brûle puis trace. C’est exactement ce que fait cette chanson.
Il m’est difficile de ne pas penser que ce morceau dit quelque chose de plus vaste sur elle — son histoire d’exil, de langues multiples, de frontières qu’elle traverse comme on traverse un couloir. Dans sa voix, dans son jeu, dans cette fragilité qui n’en est pas vraiment une, j’entends quelqu’un qui a compris que la liberté n’a pas besoin d’être applaudie pour être vraie.
Étoile filante laisse une trace, mais seulement si vous choisissez de regarder au bon moment. Et c’est ça, la beauté : la chanson ne vous court pas après. Elle passe. Elle vous frôle. À vous de décider si vous voulez lever les yeux.
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décembre 12, 2025« Une chanson qui rallume l’étincelle intime que décembre essaie toujours de nous voler. »
Impossible d’écouter Holding On To Christmas (Live) sans sentir une pointe de chaleur se loger dans un endroit du corps qu’on croyait devenu froid depuis longtemps. Jordan Barone, habitué aux ferries nocturnes et aux amours qui s’effritent sur le trottoir, a toujours chanté les interstices : les minutes entre deux métros, les silences qui suivent des mots trop lourds, les éclats de lumière sur des histoires qui ne tiennent qu’à un fil. Ici, pourtant, il s’autorise un geste rare : suspendre la grisaille pour agripper un instant de douceur, fragile mais tenace, celui que Noël promet à ceux qui savent encore y croire.
Ce live agit comme une confession tenue au coin d’un feu qui crépite doucement, un moment où la ville cesse de ronfler pour écouter quelqu’un parler vrai. La prise dépouillée — percussions acoustiques, basse chaleureuse, guitare électrique au grain rond, chœurs soyeux — fait respirer la chanson autrement. On a l’impression d’être dans la pièce avec lui, à quelques centimètres du micro, témoin d’un cœur qui bat plus lentement que d’habitude. Rien n’est surjoué, rien n’est glacé par la perfection numérique : Jordan offre un Noël sans poudreuse artificielle, un Noël qui sent l’humain, la distance, le manque, la mémoire.
Ce qui bouleverse, c’est cette façon qu’il a de transformer la solitude en espace sacré. Il ne joue pas la carte du cliché festif ; il préfère la vérité nue de ces fêtes où l’on compte les absences autant que les guirlandes. Sa voix, légèrement voilée, glisse sur des harmonies pleines d’un spleen lumineux, ce mélange rare de vulnérabilité et d’élégance qui fait penser à une soul nocturne infusée de cold R&B. Jordan chante comme si chaque mot avait été pesé sur une balance qui connaît le poids exact du manque.
On entend le froid derrière les vitres, les lumières trembler au bout des avenues, le souffle chaud des souvenirs qu’on refuse d’abandonner. Holding On To Christmas (Live) capte ce moment très particulier où l’on décide d’aimer malgré tout : malgré les kilomètres, malgré la saison, malgré la peur que le monde devienne trop vaste. Une chanson qui ne cherche pas à réparer mais à maintenir une flamme, minuscule peut-être, mais vivante.
Dans une époque où les fêtes ressemblent souvent à des vitrines trop lumineuses, Jordan Barone rappelle que Noël n’a jamais été une histoire de décor : c’est un effort intérieur, un refus de laisser la nuit gagner tout à fait. Et c’est exactement ce que raconte cette version live — un homme seul au piano, qui s’accroche à ce qui reste. Et qui, par miracle, nous donne envie d’en faire autant.
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décembre 12, 2025« Une pulsation lente, presque tactile, qui glisse du jour vers la nuit comme un drap qu’on tire sur un corps encore tiède. »
Je ne sais pas si Pulsing Vibes a été pensé pour hypnotiser, mais c’est exactement ce qu’il fait. À peine lancé, le morceau se comporte comme un courant chaud qui vous attrape par la nuque et vous accompagne jusqu’au fameux moment où tout se met à briller d’une lumière plus douce — ce seuil fragile qu’on appelle le golden hour. Moodssupply, alias Mike Chandon, y cultive un art précieux : celui de ralentir le monde sans jamais l’assombrir. Sa musique respire, elle ondule, elle garde ce sourire en coin propre à ceux qui ont déjà vécu assez longtemps pour ne plus courir après la cadence, mais savent encore comment la façonner.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette voix : un velours qui ne cherche pas à impressionner mais à envelopper. Elle flotte au-dessus d’un beat feutré, presque confidentiel. On sent l’expérience derrière le souffle, cette maturité qui sait exactement quand se taire pour laisser le groove parler à sa place. Pulsing Vibes n’essaie pas de séduire — il vous met dans la confidence.
La production, elle, trace un fil d’or entre la chill-house, l’indie soul et un R&B discret. J’ai eu l’impression d’entendre une conversation entre un synthé qui soupire, un bassline qui chaloupe comme une épaule qui roule au ralenti, et quelques éclats funky qui rappellent que Moodssupply a été biberonné à la soul vintage. Une musique de studio, oui, mais saturée de chaleur humaine, comme si tout avait été joué avec la lumière tamisée et les stores à demi clos.
Dans son intention première — accompagner un passage, un glissement du tumulte vers l’apaisement — la track fonctionne comme une transition émotionnelle. On quitte la plage encore salée, on traverse la ville avec les vitres ouvertes, on laisse s’installer une sensualité tranquille. Pulsing Vibes n’a rien à prouver : il s’offre comme une dernière caresse sur une année pleine, un prélude au repos, une promesse qu’il reste toujours un peu de magie au bout du souffle.
J’ai senti aussi quelque chose d’autre, plus intime : un artiste qui ne cherche pas la perfection mais la fluorescence. Moodssupply a cette sagesse rare de ceux qui savent que la musique ne devient vraiment intéressante que lorsqu’elle arrête de forcer la lumière et commence à épouser l’ombre. L’idée de devenir célèbre à 60 ans n’est pas une boutade : c’est une posture esthétique, une vision. Un refus de la précipitation. Une célébration de l’âge où l’on crée enfin pour les bonnes raisons.
Pulsing Vibes n’est pas une simple track chill. C’est une manière d’être au monde : lente, chaude, vibrante. Une invitation à poser les valises et à écouter son propre rythme cardiaque se synchroniser avec celui d’un producteur qui, manifestement, a décidé de prendre son temps — et de nous l’offrir.
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décembre 12, 2025« On croit écouter un disque, on finit par comprendre qu’on lit l’itinéraire secret d’une âme qui cherche sa forme définitive. »
Je n’arrive pas à écouter Vitto en restant immobile. Ce n’est pas un EP qui se consomme : c’est un compagnon de route. Dès les premières secondes, j’ai eu la sensation très précise d’entrer dans le journal d’un homme qui a cessé de travestir le réel pour le rendre acceptable. Tout sonne vrai, mais jamais brutal : une vérité tenue entre deux doigts, fragile et obstinée, comme une photo qu’on ressort d’un vieux portefeuille en se demandant si elle n’a pas jauni avec nous. La folk-country de Vitto n’imite rien ; elle respire à part, dans cette zone rare où l’intime devient universel sans perdre son grain de peau.
Song For Her m’a cueilli comme un souvenir qui ne m’appartient pas. La guitare avance avec la modestie d’un pas sur un parquet ancien, la voix s’installe sans chercher à séduire, simplement à dire. Dans cette épure, une tendresse particulière affleure : une manière de regarder le passé sans lui demander d’être autre chose que ce qu’il a été. Et soudain, le morceau se transforme en pont — entre un monde qu’on quitte, un autre qu’on s’autorise.
Sans prévenir, Fade Away installe un autre climat. Une brume intérieure, presque un contre-chant du doute. J’ai ressenti cette chanson comme une tentative de disparaître pour mieux survivre : un effacement stratégique où chaque note troque l’éclat contre la nuance. Et pourtant, rien ne se dissout vraiment. Au contraire, tout devient plus net, comme si la lumière venait de derrière, projetant sur les murs les silhouettes exactes de ce qu’on évite d’affronter.
Avec Autoexilio, Vitto retourne la carte et montre le territoire brut : l’exil, le vrai, celui qui se vit même quand on reste au même endroit. On entend l’Amérique et le Chili, mais surtout l’interstice. Le morceau avance comme une procession silencieuse, avec ce mélange rare de dignité et de vulnérabilité qui caractérise les artistes qui ont dû se fabriquer eux-mêmes. On comprend ici que Vitto ne raconte pas une histoire : il restitue une mémoire.
Puis vient Will I Redeem Myself?, peut-être la pièce la plus déchirante de l’ensemble. Je l’ai écoutée comme on écoute un aveu à demi formulé, une tentative de se réconcilier avec une version ancienne de soi. La production, ample et pourtant sans ostentation, donne au morceau une allure quasi liturgique. On devine, derrière la question du titre, un combat qui dépasse le simple cadre d’un EP : une quête, une mue, une manière d’habiter le monde autrement.
Barco Nuevo, Capitán Viejo referme le voyage dans un geste superbement cinématographique. On y entend les embruns, la fatigue des départs répétés, mais aussi la fierté de naviguer encore malgré les tempêtes. Vitto y assemble passé et futur, comme si la mer qu’il évoque contenait toutes ses vies superposées.
Ce premier EP n’a rien d’une carte de visite. C’est une œuvre née d’une nécessité : celle de dire, de survivre, de transmettre. Vitto ne cherche pas l’effet ; il cherche la justesse. Et c’est précisément ce qui rend ce disque si précieux : il n’est pas façonné pour plaire, mais façonné pour être vrai. Sa folk a la douceur des cicatrices propres, celles qu’on a pris le temps de comprendre.
Un projet qui ne se contente pas d’émouvoir : il accompagne, il enveloppe, il révèle. Une rencontre. Une halte. Un nouveau départ.
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décembre 12, 2025« Une expérience où le rock devient une force centrifuge, un vertige joyeux, un dérapage esthétique assumé. »
Il y a des EP qui arrivent dans votre vie comme des météores : trop rapides, trop chauds, trop excentriques pour qu’on les saisisse du premier coup. Everytime de Riffindots fait partie de ceux-là, de ces titres qui vous donnent l’impression d’être embarqué dans un vieux manège à moitié démonté, quelque part entre un carnaval perdu dans le Maine et un parc d’attraction psyché au cœur du Pays basque. Britta Pejic, toujours en funambule sonore, y convoque un chaos minutieusement orchestral, un tumulte aussi contrôlé qu’un looping construit par un ingénieur insomniaque.
À chaque rotation, les guitares semblent dégouliner d’un baril de solvants industriels, leurs cordes métalliques frappant comme des couvercles de poubelle chauffés à blanc. Les basses roulent, gargouillent, entraînent tout dans une vibration profonde qui remonte dans les mollets. On pense aux lendemains de fête où les oreilles continuent de bourdonner, aux descentes abruptes d’un wagon lancé trop vite, à la volupté d’avoir peur pour de faux. Pejic chante comme si elle retenait son souffle entre deux secousses, comme si le morceau devait vraiment basculer à chaque mesure.
Et puis arrive ce solo de synthé, improbable, presque comique tant il surgit comme un cri fluorescent à travers la fumée. On dirait un clin d’œil aux dernières minutes débridées de Who’s Next, un écho à ces élans rock où l’on se dit que rien ne tient debout mais que tout fonctionne par pure magie. Everytime est précisément cela : un morceau qui triomphe des lois de la pesanteur par pur culot.
Forced Perspectives, de son côté, resserre l’image, écrase les lignes, transforme la course folle en laboratoire géométrique. Ici, Pejic découpe le monde à l’aide de riffs diagonaux, de coups de batterie qui ressemblent à des photos prises au flash en pleine nuit. Le morceau est plus court, plus acéré, presque nerveusement scientifique dans sa manière de réorganiser le chaos du premier titre. Comme si, après la chute libre, on reprenait conscience dans une pièce blanche, encore tremblant, encore vibrant.
Réunis, les deux titres dessinent une fresque miniature : la fête et l’après-fête, le délire et la récupération, le vertige et la réécriture de ce vertige. On sent une artiste qui sculpte ses chansons comme des objets trouvés, qui les envoie par tube pneumatique dans une autre vie, pour qu’un ingénieur ami les polit à distance. Cette méthode presque mythologique s’inscrit dans la texture même du diptyque : anarchique mais précis, déformé mais limpide dans son intention.
Avec Everytime / Forced Perspectives, Riffindots offre un point de fuite, une mini-épopée où le rock retrouve son caractère incandescent, borderline, délicieusement artisanal. Et quelque part, au milieu de ces secousses, on se sent vivant.
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décembre 12, 2025« Une ballade en slow-motion dans un cœur pixelisé, où chaque larme brille comme un GIF nostalgique. »
Il y a des projets qui arrivent masqués mais respirent l’intime plus fort que n’importe quel visage humain. Tears Are Just Glitter fait partie de ceux-là : deux vétérans de la pop suédoise – Gustav Jonsson et Fredrik Berger, architectes invisibles des refrains qui colonisent nos playlists depuis vingt ans – qui se cachent derrière un personnage animé, Gary, pour dire enfin ce qui déborde. Et au cœur de cette mise en scène délicieusement bancale, 80’s Kind of Sad brille comme un néon triste qui refuse de s’éteindre.
Ce morceau ressemble à une confession manquée, à une lettre d’amour oubliée dans un walkman. Les synthés vibrent avec cette chaleur légèrement voilée qu’on reconnaît au premier souffle : l’héritage d’une décennie où l’on confondait encore maladroitement pudeur et dramatisme. Sauf qu’ici, rien n’est posture : c’est la vulnérabilité de deux artisans qui ont passé leur carrière à écrire pour les autres et qui choisissent enfin de s’écrire eux-mêmes, mais à travers une créature en pixels. Gary n’est pas une parodie des années 80, il en est la relique émotive, la marionnette qui dit tout haut ce qu’eux n’osent chuchoter qu’en studio.
L’avantage d’un avatar, c’est qu’on peut tout lui faire porter : la nostalgie, l’ironie, la lassitude, la tendresse, cette sensation étrange d’être à la fois héroïque et pathétique dans un monde qui va trop vite pour les cœurs sensibles. 80’s Kind of Sad devient alors une sorte d’autoportrait brisé, dont les fragments cliquent en rythme. La production, chirurgicale mais jamais froide, enroule des couches de synth-pop satinée qui évoquent les nuits bleues de Stockholm, les clubs minuscules où l’on danse pour oublier qu’on pense trop.
Ce qui rend le morceau si singulier, c’est cette façon de mélanger l’hyper-efficacité pop – héritage assumé de leurs années aux côtés de Zara Larsson, Icona Pop, ERIK Hassle ou Charli XCX par ricochets – à une sincérité presque déconcertante. On dirait un tube qui aurait oublié qu’il était censé séduire, un titre qui se contente d’exister, fragile et lumineux, comme un cœur qui bat sous une armure en plastique transparent.
Gary, fantôme moderne et mascotte d’un futur passé, n’est pas seulement un gimmick : c’est l’espace où Jonsson et Berger respirent enfin librement. Et 80’s Kind of Sad, sous ses allures de romance VHS, devient alors un geste artistique d’une belle audace. Une chanson pour ceux qui ont grandi trop vite, ceux qui vivent encore en technicolor intérieur, ceux qui savent que la tristesse peut aussi scintiller si on la laisse doucement remonter à la surface.
Dans un paysage saturé de nostalgies au kilomètre, Tears Are Just Glitter réussit à rendre l’enfance synthétique à nouveau dangereuse, imprévisible, belle. Un vertige doux, comme un slow qu’on danserait seul, éclairé par les restes d’un monde fluo qui refuse obstinément de mourir.
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décembre 12, 2025« Marigold est une lumière basse, une braise qui refuse de s’éteindre — un hymne discret à la résistance intérieure. »
Il y a chez Gabriel Zingiber cette manière rare de composer comme on respire : sans effet, sans posture, juste un souffle qui circule entre les cordes, les bois, les membranes, et qui finit par dessiner un paysage entier. Avec Marigold, il signe une pièce baroque-folk teintée d’une nostalgie chaude, douce comme une fin d’après-midi d’automne sur les falaises du Sussex, et pourtant traversée de cette mélancolie neuve, presque inattendue, qui l’éloigne de la simple révérence aux traditions.
Le morceau s’ouvre comme un carnet retrouvé : une guitare acoustique qui avance à pas comptés, un piano qui veille dans l’ombre, un Mellotron qui dépose un voile d’ancienne magie. Puis surgissent les cordes — un violoncelle profond, une alto qui serpente autour des harmonies comme un ruban d’or ancien — donnant à Marigold une densité émotionnelle presque picturale. On y entend l’écho des folk-singers anglais, mais aussi une sensibilité plus contemporaine, celle d’un producteur qui connaît trop bien les textures pour ne jamais les surcharger.
Ce qui impressionne, c’est la méticulosité tendre avec laquelle Gabriel construit son monde : chaque note semble pesée comme un souvenir précieux, chaque silence protégé comme un endroit sacré. Le Hammond Organ arrive en contrebande, discret, presque religieux, tandis que le fretless bass laisse glisser des lignes souples qui rappellent la douceur du vivant, la fragilité du geste musical lorsqu’il cherche un chemin plutôt qu’une démonstration.
On perçoit, dans le chant retenu de Zingiber, cette fêlure lumineuse qui parle d’endurance plutôt que de drame. Marigold raconte sans raconter, suggère plus qu’elle n’affirme, et c’est précisément dans cette pudeur que réside sa beauté. Elle a le parfum des choses qu’on porte longtemps avant de comprendre ce qu’elles disent vraiment.
À l’image de la campagne visuelle qui accompagne la sortie — photos d’archives restaurées, couleurs ressuscitées comme des émotions trop longtemps effacées — le morceau semble vouloir réanimer une mémoire ancienne : celle des gestes simples, des douleurs feutrées, des petites victoires qui n’appartiennent qu’à soi.
Après Under a Mango Tree, pièce instrumentale saluée pour son audace tranquille, Gabriel déploie ici une voix, une intériorité nouvelle, une manière d’oser le récit sans abandonner son goût pour le mystère. Il élargit son territoire tout en approfondissant ses racines. C’est ce qui rend Marigold particulièrement touchante : elle avance sans bruit, mais elle reste. Comme une fleur obstinée née au milieu des pierres, qui ne demande rien d’autre qu’un regard pour exister pleinement.
Avec ce single, Gabriel Zingiber confirme qu’il n’est pas seulement un artisan des textures, mais un conteur. Un de ceux qui savent que la douceur peut être un geste politique, que la beauté peut tenir lieu de refuge, et qu’une simple chanson peut parfois suffire à remettre un peu d’ordre dans le chaos.
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décembre 12, 2025« Unfortunate est un cri qu’on n’attendait pas : un battement de cœur qui refuse de se laisser intimider. »
Il arrive que certaines chansons ressemblent davantage à un réflexe vital qu’à un simple single. Unfortunate, la nouvelle cartographie émotionnelle de the one named Jasmine, appartient à cette catégorie rare : un morceau écrit non pas depuis le confort d’un studio douillet, mais depuis la zone instable où une vie dérape sous la pression d’un regard hostile, insistant, toxique. Dans la jungle nerveuse de Los Angeles, Jasmine transforme l’angoisse et la colère en énergie dansante, presque contagieuse, comme si le seul moyen de reprendre son souffle était de hurler en rythme, de s’approprier à nouveau son propre récit.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la tension qui circule sous la surface du beat. Une pulsation sèche, obstinée, qui avance comme quelqu’un qui n’a plus peur de marcher droit, même quand l’ombre derrière elle accélère. La voix de Jasmine choisit la voie la plus difficile : aucune esbroufe, aucun artifice superflu. Elle dit, elle tranche, elle constate. Et cette franchise devient sa plus belle arme. Pas une rage spectaculaire, plutôt une lucidité qui claque comme une vérité brûlante.
Parce qu’il s’agit bien d’une diss track, mais d’une diss track qui refuse la posture caricaturale. Pas de grands gestes, pas de vengeance fantasmée : uniquement une mise à nu, ferme et maîtrisée, face à un individu dont la présence invasive contamine l’espace. Jasmine ne cherche pas à régler ses comptes : elle cherche à reprendre le contrôle, à briser la mécanique de peur en la transformant en matière sonore. Et c’est là que Unfortunate gagne en puissance symbolique.
Le morceau se danse autant qu’il se traverse. L’ironie douce-amère du titre, cette manière de contenir la violence dans un seul mot, dit déjà tout : ce n’est pas elle qui est “malchanceuse”, mais celui qui croit pouvoir déstabiliser une femme qui connaît désormais sa propre résistance. Les percussions, tendues comme des nerfs à vif, créent un terrain mouvant où Jasmine évolue avec une aisance féline. Ses lignes mélodiques, incisives mais jamais amères, rappellent que l’art peut devenir un exutoire sans perdre sa dignité.
Il y a, dans cette chanson, quelque chose de profondément contemporain : la lutte silencieuse, intime, contre les intrusions invisibles ; la nécessité de nommer pour ne plus subir. Jasmine ne joue pas la victime : elle s’affirme comme témoin, survivante, créatrice. Et dans un monde où la violence sourd parfois à bas bruit, une chanson comme Unfortunate devient une balise. Une preuve que la vulnérabilité peut aussi faire trembler le sol.
Avec ce single, the one named Jasmine ne signe pas seulement un morceau percutant : elle ouvre un espace où l’on danse pour ne pas être effacé·e, où l’on chante pour respirer, où l’on ose enfin dire ce que d’autres préféraient taire. Une victoire, même murmure, même fragile — mais une victoire tout de même.
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décembre 12, 2025« Une œuvre qui semble écrite à la lueur d’une lampe posée sur un sol de terre battue, où chaque chanson respire comme un être vivant. »
Il y a chez John Kairis cette façon rare de faire de la musique un refuge sans en retirer les échardes. Shadow of the Cave n’est pas un simple album folk : c’est une marche intérieure, un journal de bord qui accepte ses fissures, un geste artisanal issu d’années passées à observer la vie depuis la marge, les mains dans les cordes, la tête dans les harmonies apprises aussi bien dans les chœurs de Philadelphie que dans le silence d’un appartement où l’on écrit après les autres. On entend dans chaque morceau la double appartenance de Kairis : une érudition discrète — celle des compositeurs qu’il a étudiés, des structures qu’il maîtrise — et une sensualité terrienne, presque domestique, qui donne à cet album la texture d’un bois usé, d’une parole qui ne force rien mais qui insiste.
Le disque s’ouvre sur Cinder Blocks, qui porte bien son nom : un morceau anguleux, construit comme une fondation émotionnelle. La guitare y marche d’un pas résolu, tandis que la voix avance avec cette retenue qui, chez Kairis, vaut aveu. C’est une entrée en matière humble et puissante : un premier souffle dans la grotte.
Many Blessings apporte aussitôt la lumière : une mélodie qui semble écrite en cercle, comme un chant improvisé dans un lieu sacré. Il y flotte une gratitude sans emphase, la sensation que le simple fait de respirer suffit à tenir la structure.
Current of the Poles dévie la trajectoire, amenant avec elle un magnétisme étrange, une tension quasi métaphysique. On y sent le compositeur fasciné par les forces contraires — attraction, résistance, glissement — dans une écriture qui fait danser le folk avec des fantômes plus anciens.
Backwoods Fervor rallume le feu. C’est un morceau qui avance comme un animal dans la nuit, nerveux, organique, habité par une fièvre presque chamanique. Le chant s’y frotte à la matière brute, et c’est là que Kairis rappelle qu’il sait être physique sans hausser le ton.
Don’t Wield the Sword, en miroir, calme la pulsation. Un conseil, un murmure, un choix de vulnérabilité dans un monde qui ne célèbre que les lames tirées. C’est une chanson d’éthique et de peau.
Old Man Gets High Again est une vignette, un clin d’œil tendre, une respiration où l’ironie devient douceur. Un très court film super-8 qui attrape la vie au vol.
Avec Porch Swing, on est dans la nostalgie assumée : un morceau suspendu, presque photographique, où l’on devine l’enfance, les soirées trop longues, les gestes simples qui s’impriment dans la mémoire comme dans la chair.
Le pivot du disque, Shadow of the Cave, co-écrit avec Nelson Remetz, est sans doute le moment où l’album dit son nom : une descente et une remontée, une confrontation au soi camouflé. Le morceau est ample, presque rituel, sculpté par des harmonies qui se frottent au silence.
Won’t Be Back, avec J. Meddow, introduit une forme d’adieu lucide, une posture droite devant des portes fermées. Pas de rancœur, mais une décision.
Conquer Pain, Part the Sea est une traversée : un morceau qui prend la forme d’une lente épreuve acceptée, un courage muet. On y entend l’élan spirituel de Kairis sans qu’il n’alourdisse jamais la matière.
Enfin, Good Luck, Make Way referme le disque avec une élégance simple : un souhait, un passage de relais, un sourire qui reste dans l’air après la dernière note.
Shadow of the Cave est un album qui ne fait pas du folk une formule, mais un lieu. Un espace poreux où l’on entend les pas de celles et ceux qui traversent avant nous. Un disque qui, dans sa pudeur exigeante, réussit l’essentiel : ouvrir un passage vers la lumière, sans nier la beauté du noir.
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décembre 12, 2025« Un disque qui ne triche jamais, qui nous parle sans maquillage : un cœur battant enregistré en temps réel. »
Avec Shadowland, Erro ne signe pas un simple second album : elle ouvre une cartographie émotionnelle, une sorte de carte nocturne où les reliefs seraient faits de grooves analogiques, de voix que rien ne retouche, et de mélodies qui frôlent la peau avec la précision d’un souvenir. Strawberry Moon avait déjà mis en lumière cette esthétique organique, ce refus de l’artifice, cette manière de laisser le grain de l’âme précéder le grain du micro. Ici, Nikki Stagel et son collectif élargissent la géométrie : l’ombre n’est plus un décor, c’est un langage.
L’album s’ouvre avec Shadowland, titre-monde, titre-manifeste. Mélodie ample, tension maîtrisée, voix fragile mais ancrée. C’est un morceau qui avance comme quelqu’un qui a appris à ne pas avoir peur de regarder ses propres fissures. Les harmonies s’empilent comme des stèles lumineuses, la production reste volontairement poreuse — et cette porosité est sa force : on entend les mouvements internes, les hésitations, le souffle qui hésite avant de dire la vérité.
Honey Bear Lane renoue avec une douceur trompeuse : une basse qui groove en souterrain, des guitares floridiennes à la Pink Floyd, et une écriture qui fait danser les ténèbres. C’est un morceau qui marche dans la ville au crépuscule, avec l’élégance de quelqu’un qui refuse de céder à la gravité. Sous son vernis solaire, il y a un trouble délicieux : une promesse de beauté qui ne demande rien en retour.
The Watcher marque une rupture de ton, une plongée plus théâtrale, presque mystique. Un piano qui parle mieux que des mots, des cuivres qui surgissent comme des éclats d’un rêve ancien, un refrain taillé pour être murmuré à plusieurs. On sent la présence du collectif ici — TK Mundok, Aparna Nair, Missy Chretien — des voix qui élargissent l’espace émotionnel, qui donnent au morceau son ampleur chorale. C’est l’un des sommets du disque : un moment de suspension totale.
Avec JMS, Erro revient au geste guitaristique pur, celui qui évoque les premiers émois d’un John Mayer avant les stades. La chanson respire l’innocence désarmée, les solos sont ciselés dans une lumière bleutée. C’est un morceau de route, de nuit, de virage émotionnel. Un morceau qui se fout du clinquant et s’en remet au nerf, à la sincérité brute des cordes.
Walls est la section la plus introspective du disque : une architecture de regrets qu’on démolit pierre par pierre. Le morceau regarde les limites qu’on se construit soi-même, puis les traverse. Guitares granuleuses, pulsation contenue, voix qui vacille sans tomber. Une confession qui ne cherche pas l’absolution, juste le geste d’avancer.
Avec Dragonfly, le disque prend son envol. C’est un morceau plus onirique, presque spectral, où les couches instrumentales flottent en suspension. Une libellule, c’est un insecte qui change de direction en un battement : la chanson fait pareil, virevoltant entre douceur et tension. Un moment d’éclat silencieux.
Words About Life est peut-être la pièce la plus vulnérable de l’album. Une folk moderne qui ne s’excuse jamais de ressentir trop fort. Les harmonies s’ouvrent comme une brûlure douce, la production laisse tout l’espace nécessaire pour que chaque mot s’épanouisse. Une chanson-frontière entre la poésie et l’aveu.
The Hollow introduit une profondeur nouvelle : un creux existentiel, une cavité intime où résonnent basse, batterie et un sentiment d’absence qui prend forme. Rien de pesant pourtant : Erro compose ici avec le vide comme un sculpteur avec le marbre.
Enfin, Over Me referme Shadowland comme une porte qu’on laisse entrouverte. Une montée lumineuse, presque redemptive. C’est le morceau le plus proche de la paix — mais une paix fragile, consciente, gagnée à la force de l’honnêteté.
Au final, Shadowland est un album qui refuse l’artifice, qui respire, qui vit. Un disque fait de prises uniques, de gestes irrattrapables, de vérité nue. Un disque qui remet de l’humain dans une pop trop souvent stérilisée. Un disque qui écoute autant qu’il parle.
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décembre 12, 2025« Une ritournelle qui bascule, un sourire qui se fissure, et soudain la pop s’ouvre comme une porte vers un ailleurs impossible. »
Avec I Know Not, Sean MacLeod prouve qu’il existe encore des artistes capables d’empoigner la pop par la racine pour la faire pousser de travers, délicieusement, volontairement. Loin de l’image tranquille de Scarriff dont il vient, MacLeod façonne ici une pièce singulière, presque mutante, où son héritage — des années Cisco à ses expérimentations d’aujourd’hui — prend une tournure résolument cosmique. Cinquième album en vue (That’s When the Earth Becomes a Star), et déjà ce single agit comme un phare : une lumière étrange, mouvante, qui attire pour mieux déstabiliser.
La première sensation, c’est ce parfum rétro qui flotte comme un souvenir filtré : un écho de 50’s doo-wop et de Phil Spector, un mur de sons miniaturisé à échelle lo-fi, bricolé dans une chambre irlandaise avec du matériel minimal. Mais quelque chose cloche — volontairement. Sean glisse dans la structure familière un vertige inattendu : microtonalités qui dérivent, harmonies qui semblent se décaler d’un millimètre, comme si la pop avait bu un peu trop d’encens oriental. Il y a du 70s punk dans la rugosité, du psychédélisme 60s dans la dérive, et une touche presque rituelle dans l’usage initial des lyres, ensuite transposées sur des percussions retunées à la main. Une méthode archaïque, artisanale, presque médiévale, pour un résultat d’une modernité déroutante.
Le morceau devient alors un terrain mouvant : un refrain irrésistiblement mélodique — presque trop beau pour être vrai — que des couplets déstabilisés viennent fissurer. C’est la collision entre commercial pop et exploration bruitiste, entre ce que l’oreille attend et ce que l’artiste choisit de lui refuser. I Know Not n’est pas une provocation, mais une proposition : et si la pop avait encore le droit d’être bizarre ? d’être décentrée ? d’être traversée par l’esprit de l’expérimentation sans perdre sa chaleur ?
Ce qui touche, finalement, c’est cette honnêteté lo-fi. Sean MacLeod n’enrobe rien : sa voix se permet la dissonance, les textures gardent la rugosité du home-studio, et pourtant l’ensemble dégage une cohérence presque hypnotique. On entend un musicien qui n’a rien perdu de son sens de la mélodie, mais qui refuse désormais de choisir entre accessibilité et audace.
I Know Not ressemble à un rêve pop qui aurait glissé d’un cran, un rêve où l’on danse sur un sol légèrement incliné, où l’harmonie devient une question, pas une réponse.Un single qui fait vaciller, sourire, réfléchir — et surtout, qui rappelle qu’un artiste n’est vivant que lorsqu’il ose.
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décembre 11, 2025« Une onde chaude, un sourire qui s’ouvre, et cette pulsation qui dit simplement : avançons, ensemble. »
Il y a dans On y va cette manière rare de tenir la lumière entre les doigts sans jamais l’écraser — un geste simple, presque enfantin, qui pourtant ranime quelque chose d’essentiel dans un quotidien en perte d’oxygène. Hub30, solitaire de Bordeaux mais rêveur universel, fait de la pop comme on ouvre une fenêtre : pour laisser entrer l’air salin, les couleurs changeantes du lac marin, ce va-et-vient des vagues qui apaise autant qu’il bouscule. On entend tout cela dans sa musique, mais surtout on le ressent, comme si ses synthés éthérés avaient été rincés par le vent de l’Atlantique.
On y va porte bien son nom : c’est une invitation, un appel doux mais déterminé à reprendre souffle dans un monde saturé d’angoisse. Hub30 travaille seul, et pourtant on dirait qu’une foule murmure derrière lui, une foule invisible qui marche au rythme d’un cœur commun. Sa pop fluide se laisse traverser de petites étincelles reggae — un clin d’œil à Bob Marley, figure de paix et de désobéissance lumineuse — avant d’être rattrapée par une pulsation house discrète mais décidée, qui transforme la chanson en un espace de rassemblement, un lieu où l’on danse pour survivre, ou pour mieux aimer.
Son territoire, c’est celui de la simplicité assumée : mélodies accrocheuses, paroles directes, une écriture qui ne triche pas avec l’émotion. On pourrait croire à une facilité, mais c’est tout l’inverse : cette limpidité demande une précision presque artisanale. On devine l’ombre des Beatles, de Lennon surtout, dans cette manière de tendre vers l’utopie sans naïveté, de croire encore à la douceur quand tout semble pencher vers le chaos.
La production, elle, respire. Les synthés planent comme des reflets sur l’eau, les échos vaguement dub donnent une impression de mouvement, de dérive contrôlée, de flottement conscient. Chaque élément semble surgir d’un paysage intérieur — celui de Hub30, façonné par le sable, les planches de surf décorées, et les lumières obliques qui teintent le littoral de rose et de bleu.
Mais ce qui frappe surtout, c’est la fonction de la chanson : On y va est un petit manifeste de solidarité douce. Elle n’essaie pas de révolutionner le monde ; elle propose juste d’y avancer à deux, ou à mille, en se tenant mieux, en respirant plus large. Elle sent la main tendue, l’optimisme fragile mais tenace, l’élan vital qui rallume ce qui vacillait.
Une chanson qui n’impose rien mais qui emporte tout. Une onde claire dans un paysage saturé.Un “on y va” qui ressemble à un début de promesse.
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décembre 11, 2025« Une confession chuchotée qui se transforme en arme, un souffle qui devient frontière entre soi et ceux qui tentent de nous posséder. »
Il y a des morceaux qui n’entrent pas dans une pièce : ils l’assombrissent, ils la redessinent, ils en réécrivent la gravité. Darkness, nouvelle incantation signée Callie Joy Porter et issu de son album Darkness & Soul, appartient à cette lignée de chansons qui semblent respirer une autre météo intérieure — une nuit vivante, vibrante, presque liquide, où l’on avance comme sur la pointe des pieds, guidé autant par la peur que par la lucidité.
Callie Joy Porter cultive cette manière unique de laisser traîner dans ses chansons une menace douce, un parfum de mysticisme et de fièvre contenue. Sa voix, presque murmurée, n’est pas un effet : c’est un territoire. Un espace fragile où chaque mot tremble mais ne rompt jamais, un lieu où l’on se dit l’indicible comme pour conjurer un danger invisible. Elle chante bas, mais elle frappe juste.
Dans Darkness, tout semble taillé au scalpel : des nappes éthérées qui s’étirent comme un souffle froid, un minimalisme qui ne cherche pas la beauté mais la vérité, cette vérité trouble qui survient lorsqu’une relation dérive en obsession, en manipulation voilée, en malfaçon émotionnelle. Ici, la musique ne dénonce pas : elle révèle. Elle éclaire les angles morts, ces zones où l’amour se mue en possession, où l’admiration devient une violence silencieuse.
On pense à la tension spirituelle de Florence + The Machine, à la glace incandescente de Grimes, à la pudeur blessée de Daughter — mais Callie Joy Porter reste ailleurs, dans un clair-obscur très personnel, un théâtre d’ombres où chaque silence pèse autant que chaque note.
Son Dark Indie se fait cinématique sans jamais forcer, comme si l’on regardait une scène au ralenti, un visage qui se ferme, une porte intérieure qui claque. Les beats minimalistes, presque fantômes, laissent place à une dramaturgie de l’espace, du souffle, du non-dit. Et dans ce vide orchestré se fabrique quelque chose de puissant : une déclaration d’indépendance émotionnelle.
Car Darkness n’est pas seulement une chanson sur une présence toxique : c’est un acte de refus. Une manière de dire “tu ne m’auras pas” sans élever la voix, avec une détermination qui transperce le velours. Là où d’autres hurleraient, Callie choisit le murmure — geste infiniment plus déstabilisant, infiniment plus fort.
Au final, Darkness est une mue : le moment exact où l’on voit, d’un coup, ce que l’on refusait de regarder. Une chanson qui laisse des traces sur les murs, dans les poumons, dans la colonne vertébrale. Une de celles qui ne s’écoutent pas seulement : elles vous suivent, longtemps, comme un reflet que l’on n’arrive pas tout à fait à semer.
Une nuit intérieure qui libère plus qu’elle n’emprisonne. Une ombre qui éclaire. Un sortilège qui protège.
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décembre 11, 2025« Une gifle pop-rock irrésistible, taillée pour danser, rire jaune et libérer toute la frustration qu’on accumule en silence. »
Il existe des chansons qui ne cherchent pas à plaire : elles cherchent à exister, à rétablir une vérité que personne n’osait formuler à voix haute. Insta Life Donna, nouveau single de Reetoxa exhumé du premier album Pines Salad, appartient à cette catégorie rare — celle des morceaux qui prennent feu parce qu’ils ont été écrits sous pression, au contact direct de la vie réelle, de ses intrusions, de ses maladresses, de ses blessures involontaires.
Reetoxa signe ici un titre moderne, nerveux, intensément alternatif, nourri de ce rock indie qui ne tient jamais en place. Une basse rebondit comme un cœur qui cogne trop vite, les guitares claquent comme des portes qu’on s’obstine à refermer, et les synthés injectent une dose sucrée-acide qui donne au morceau son goût signature : une colère lumineuse, dansante, paradoxalement euphorisante.
Car derrière l’énergie dévorante du titre se cache une histoire bien plus terre-à-terre : un membre de la famille fraîchement marié, soudain converti en coach sentimental non sollicité, tentant d’insinuer la discorde dans la relation de la sœur de son partenaire. De quoi déclencher une chanson aussi spontanée qu’explosive, née du besoin de transformer l’ingérence en musique, et l’agacement en hymne libérateur.Là où d’autres auraient juste maugréé, Reetoxa a préféré composer l’un des titres les plus addictifs de Pines Salad.
Insta Life Donna frappe par son efficacité immédiate : un refrain taillé pour être crié au volant, une pulsation qui attrape le corps avant même que la tête n’ait compris ce qui se passe, et une tension électrique qui court sous chaque mesure. Ce n’est pas seulement un morceau fait pour danser : c’est une soupape — un exutoire calibré pour toutes celles et ceux qui en ont assez des conseils toxiques, des intrusions masquées en bienveillance et des “je sais mieux que toi” qu’on balaie d’un mouvement d’épaule.
Ce qui rend le titre réellement unique, c’est ce mélange de fun et de fureur : une joie presque insolente, un humour implicite, une manière désinvolte de brandir ses frustrations comme un étendard. Reetoxa y montre une capacité rare à transformer une situation intime en énergie universelle, à faire d’un irritant familial un tube qui reste en tête, qu’on s’approprie, qu’on renvoie au monde comme un clin d’œil mi-amusé, mi-exaspéré.
Avec ses synthés bien calibrés, ses drums qui martèlent comme un cœur excédé mais vivant, ses guitares denses et sa basse grondante, Insta Life Donna se place sans effort dans cette nouvelle vague alternative où le rock est redevenu un espace de défoulement collectif. Un vrai titre coup de poing, mais qui vous attrape en riant.
Un morceau pour danser, hurler, expulser.Un morceau pour ne plus laisser personne écrire votre vie à votre place.
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décembre 11, 2025« Un EP qui ressemble à une chambre noire où chaque morceau allume une nouvelle lampe : parfois crue, parfois tendre, toujours habitée. »
À 52 ans, Harry Bertora n’a plus rien à prouver, et pourtant, Closer sonne comme un nouveau départ, une mue, un geste de sincérité rare dans un paysage saturé de nostalgies en carton. Ici, la synthwave n’est pas un décor, mais un territoire intime, nourri de trente ans de création, d’heures perdues dans les machines, de rêves 80’s qui continuent de vibrer dans ses doigts de guitariste. On entend David Gilmour planer au-dessus des nappes, Jeff Beck dans les angles plus rugueux, Jan Hammer dans l’électricité romantique qui se tisse entre les notes. Mais Closer est surtout un carnet de bord : celui d’un musicien qui rassemble ses influences pour écrire une nouvelle proposition, plus personnelle, plus organique, plus incarnée.
L’EP, composé de trois titres, avance comme un petit film nocturne où la lumière change à chaque plan. Et chaque piste raconte une facette différente de ce « rapprochement » annoncé par le titre : rapprochement de soi, des autres, ou peut-être juste du point où la musique devient vérité.
Voici comment les trois chapitres se déploient :
Saints and Sinners C’est l’ouverture idéale : une silhouette rythmique avance comme un pas décidé sur l’asphalte, entre pulsation synthwave et éclats de guitare qui scintillent comme des gyrophares lointains. On entend Harry Bertora renouer avec son amour des textures 80’s, mais sans jamais tomber dans le pastiche : ici, tout respire, tout vit. La ligne mélodique s’avance avec une douceur presque fragile et nostalgique, comme si elle cherchait à prendre la main de l’auditeur. Saints and Sinners évoque ces zones grises où chacun navigue : nos vertus, nos manquements, tout ce qui fait de nous des êtres en équilibre. La production, ample mais maîtrisée, a ce parfum de paysages nocturnes traversés en voiture, les néons comme seules balises. Une entrée en matière qui installe l’esthétique et promet une plongée plus profonde.
Hurt (Cover) Choisir de reprendre « Hurt » (version Johnny Cash) est un pari dangereux : trop connue, trop chargée, trop mythique. Mais Bertora ne cherche ni l’imitation, ni la transgression. Il cherche l’émotion juste. Et il la trouve. Sa version est un murmure électronique, une confession tenue dans un souffle synthétique, où chaque note semble retenue avant d’être relâchée. La guitare devient une balafre lumineuse, fine mais brûlante. Les nappes électroniques, elles, enveloppent la mélodie comme un cocon glacé, un écrin futuriste pour une douleur intemporelle. Là où Cash faisait trembler l’os, Bertora explore la cicatrice : comment elle s’illumine encore, comment elle pulse sous la peau. Le morceau gagne en dimension cinématographique, évoquant la synthwave la plus émotionnelle — FM Attack dans le romantisme, Jan Hammer dans le déchirement contenu. C’est bien plus qu’une reprise : c’est un déplacement du mythe dans une autre atmosphère, un autre langage. Un moment suspendu.
Closer Le titre éponyme referme l’EP comme une porte qui se ferme doucement derrière soi. Ici, Bertora se fait plus direct, plus solaire sans abandonner sa mélancolie fondamentale. Le groove s’installe, souple, structuré, porté par un rythme qui évoque les routes d’été et les crescendos lumineux des années 80. Les synthés forment un horizon ouvert, et la guitare, fidèle compagne, trace des lignes tendres mais affirmées. Closer ressemble à ce vers quoi l’EP tendait depuis le début : un point d’équilibre. Ni tout à fait joyeux, ni vraiment sombre — un entre-deux vibrant où tout semble possible. On y entend un artiste parfaitement maître de son univers, capable d’être à la fois narrateur, architecte sonore et voyageur.
Avec Closer, Harry Bertora signe un EP bref mais dense, un triptyque où chaque titre explore une émotion différente tout en gardant ce fil rouge : la beauté des nuances, l’intimité des paysages intérieurs, la puissance discrète d’un musicien qui n’a jamais cessé d’avancer.
C’est un disque qui ne crie pas ; il respire. Il approche. Il se dévoile lentement.Et, comme souvent avec les œuvres les plus sincères, il reste.
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décembre 11, 2025« Trois titres comme trois portes entrouvertes sur un futur qui n’existe pas encore, mais qu’on entend déjà gronder sous les claviers. »
Jaime’s Tone revient avec A New Life, un EP qui a la simplicité apparente des virages décisifs : un bloc de douze minutes qui raconte la fatigue, la fuite, la renaissance et la célébration silencieuse de ceux qui décident enfin de se choisir eux-mêmes. Derrière ses lunettes noires et son élégance old-school, Jacques — l’artisan caché derrière Jaime’s Tone — continue de jouer avec cette matière si particulière : un mélange inattendu de rock 80’s, d’indie pop robuste et de prog-pop granuleuse, un territoire qui n’appartient qu’à lui.
Ce qui frappe ici, c’est à quel point cet EP semble vouloir conjurer le réel. Comme si les chansons avaient été composées dans une pièce où les murs tremblent encore du poids des journées trop longues, mais où un courant d’air frais ouvre déjà la fenêtre sur un ailleurs.
Voici comment les trois titres prennent vie, chacun à sa manière :
A New Life Le morceau-titre est un arrachement, un souffle retenu trop longtemps qui finit par décider de vivre autrement. Jaime’s Tone y raconte un personnage qui court, qui s’épuise, qui se perd dans la mécanique infernale du travail, avant de sentir enfin le besoin de bifurquer. Les guitares se lèvent en spirales, les synthés s’allument comme des néons de fin de nuit, et l’on entend, dans la façon dont le refrain se déploie, une impatience viscérale : celle de tout recommencer sans demander la permission. Le clip, disponible sur YouTube, renforce cette énergie de rupture calme, presque méditative, qui précède les grands basculements.
Today and Tomorrow C’est le cœur battant de l’EP, le titre où l’on sent le plus la patte progressive de Jaime’s Tone. Plus long, plus circulaire, plus introspectif, il semble constamment osciller entre deux temporalités : l’urgence d’aujourd’hui, la promesse de demain. Les lignes de guitare tracent des ombres géométriques, la basse avance comme une marche intérieure, tandis que des éclats électroniques viennent fissurer l’horizon. On y entend un dialogue silencieux : comment vivre dans un monde qui brûle lentement sans renoncer à la douceur ? Comment avancer quand le chemin change chaque jour ? Le morceau ne répond pas — il accompagne, il enveloppe, il porte.
Celebration Un instrumental court, presque une respiration, mais qui dit tout. Ici, Jaime’s Tone prend le temps de célébrer le mouvement, le simple fait d’être en transition. Pas besoin de mots : les claviers scintillent, les guitares s’épaississent, la batterie retient son souffle avant de repartir. C’est une fête intérieure, timide, presque secrète. Une manière de dire que la joie existe aussi dans les interstices, dans les pas encore hésitants vers une vie nouvelle. C’est le générique de fin d’un épisode où, pour une fois, on a envie de croire que tout est encore possible.
A New Life est un EP modeste dans sa forme mais ambitieux dans ses intentions : transformer le quotidien, l’user par la musique jusqu’à ce qu’il révèle ses fissures lumineuses. Jaime’s Tone continue d’avancer dans son couloir esthétique — ce rock 80’s réactualisé, tour à tour rugueux et tendre — mais cette fois, on sent un tournant. Quelque chose s’ouvre. Quelque chose insiste.
Une nouvelle vie, oui — mais une nouvelle écoute, surtout.
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décembre 5, 2025« Un appel d’oxygène, un lever d’alerte intime où chaque note semble chercher la faille par laquelle la lumière pourrait enfin revenir. »
Il y a, dans Emergency, cette vibration très particulière que seuls les artisans obsessionnels savent encore déclencher : une urgence qui n’est pas tant celle des sirènes que celle des âmes, un précipité d’émotions qui se bousculent dans un morceau construit comme un message envoyé au monde — ou peut-être à soi-même — depuis une frontière invisible. Andy Smythe, avec son sens presque ancestral du songwriting, signe ici un retour à la fois incandescent et profondément contemporain.
Écouter Emergency, c’est entrer dans une tradition que l’Angleterre connaît mieux que personne : celle des conteurs qui posent leur cœur sur la table sans jamais renoncer à l’élégance. On pense à Neil Young pour la manière dont les mélodies s’étirent avec un naturel désarmant, aux Beatles pour ces harmonies qui paraissent flotter comme une vapeur dorée sur une route encore humide, mais aussi à un certain esprit Britpop — pas celui de la nostalgie facile, plutôt celui qui revendique encore la noblesse du craft, du détail, de l’arrangement pensé comme un poème.
Le morceau porte d’ailleurs une densité rare : les guitares électriques se serrent contre la voix comme des arbres refusant de plier face au vent, le piano joue les funambules entre douceur et tension, la basse avance en respiration profonde, presque comme un deuxième narrateur. C’est un titre construit avec une précision presque romanesque : chaque éclat, chaque silence, chaque montée semble raconter ce moment suspendu où l’on comprend que quelque chose doit changer — vraiment, maintenant.
Andy Smythe, fidèle à son ADN d’homme-orchestre, s’empare de la plupart des instruments avec une aisance qui laisse deviner des années de recherche intime, comme si chaque instrument lui servait à explorer une pièce différente de la même maison émotionnelle. Paul Challenger, en renfort à la guitare lead, apporte une pulsation plus âpre, une nervure plus rock, comme une ligne rouge traversant le morceau.
On retrouve dans Emergency la singularité que Shindig Magazine pointait déjà : impossible d’enfermer Smythe dans une case. Son écriture est anglaise par essence, mais elle vibre d’accents transatlantiques, d’échos Dylan, Bowie, ou Verve, de cette façon d’être à la fois maître du temps et en permanence en train de le rattraper. Ce n’est pas une citation de ses influences : c’est une manière de les porter, de les incarner, de les réactiver dans une pop actuelle qui refuse l’aplanissement moderne.
Emergency ouvre ainsi la route vers Quiet Revolution, album annoncé comme un tournant. Et si ce premier extrait en est l’indice, on peut imaginer un disque habité par un souffle ample, un désir de renouer avec la force pure de la chanson, celle qui ne s’excuse pas d’être belle, ambitieuse, mélodique, et politique dans l’intime.
Sur scène, on le sait, Andy Smythe déploie une énergie magnétique : quatre octaves comme une falaise, un piano qui respire, une présence qui réconcilie douceur et intensité. Ses concerts londoniens — dont celui à Blackheath Concert Halls à l’été prochain — promettent de transformer Emergency en un moment suspendu, presque rituel.
Un morceau urgent, oui. Mais urgent dans le sens le plus humain du terme : celui qui rappelle que l’art peut encore nous réveiller, nous recentrer, nous ramener à ce que l’on croyait perdu.
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décembre 5, 2025« Une chanson qui pulse comme un cœur cabossé mais increvable — la preuve qu’à force de tenir, la lumière finit toujours par répondre. »
Il y a des artistes qui jaillissent du néant, portés par l’algorithme ou la chance. Et puis il y a ceux — bien plus rares, presque mythologiques — qui avancent à la force des poignets, trente ans de route, de doutes, de redémarrages, de nuits blanches et de rêves qui s’acharnent à ne jamais mourir. Sdubsthereptillian appartient à cette seconde espèce. Une espèce en voie d’extinction, mais aussi celle dont les vibrations traversent le plus profondément.
PATIENT, son single, n’a rien du tube fabriqué pour faire sourire les machines. C’est un morceau qui avance avec la conviction d’un survivant : le flow est frontal, l’énergie brute, la production taillée comme un visage trop longtemps exposé au soleil — rugueuse, tenace, vivante. On y entend la patience, oui, mais surtout la rage qui s’accumule quand on refuse l’effacement. Sdubsthereptillian ne cherche pas à séduire ; il cherche à témoigner.
Il faut imaginer l’enregistrement sur BandLab, presque comme une scène de cinéma indépendant : un artiste qui sait exactement ce qu’il veut, ce qu’il vaut, et comment transformer trois décennies de persévérance en une pulsation étrangement universelle. Le mixage vient ensuite polir sans trahir : le grain reste volontairement brut, comme si lisser le son revenait à effacer l’histoire.
Musicalement, PATIENT s’inscrit dans une esthétique hybride, quelque part entre un rap instinctif, une attitude old school et une détermination qui évoque ces voix qui refusent catégoriquement le silence. Mais ce n’est pas dans les influences musicales que le morceau puise sa force — c’est dans l’expérience. Rarement un titre aura aussi bien personnifié son propre nom : patience comme carburant, patience comme arme, patience comme identité.
Le morceau raconte une trajectoire, mais sans se complaire dans le storytelling. Il ne se pose pas en victime du système, ni en prophète du futur. Il dit simplement : je suis encore là. Et dans un monde où tout va trop vite, où l’on efface les artistes plus vite qu’on ne les découvre, cette présence, cette insistance, cette manière de refuser la disparition, devient presque politique.
Sdubsthereptillian sait qu’il est à un tournant — entre Roku TV, True Icon Magazine et un public qui gonfle à vue d’œil, PATIENT marque un passage : celui d’un outsider qui commence enfin à entrer dans le cadre. Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est cette sensation rare : écouter un morceau qui n’est pas né pour plaire, mais pour exister. Un titre qui sonne comme un serment. Une respiration. Une preuve.
Un morceau patient, certes. Mais surtout : un morceau vivant.
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décembre 5, 2025« Un vertige électrique où le doute devient pulsation, et où chaque guitare semble fouiller les fissures du cœur. »
Il y a dans What Makes You Think cette urgence nerveuse, presque fébrile, que possèdent les morceaux écrits quand la tête sait qu’il faut lâcher prise, mais que le cœur continue de rejouer les mêmes scènes en boucle. RIOT SON, depuis les rues boisées de Boone et les longs silences de sa home-studio life, sculpte un single qui ressemble à une décharge d’électricité statique retournée contre soi. Ça vibre, ça gratte, ça pulse — comme un battement trop lucide pour être rassurant.
Le morceau hérite de tout un pan de la nouvelle vague, celle qui ne souriait pas en soirée mais observait le monde à travers la buée des pensées contradictoires. On entend les ombres mobiles de The Cars, les angles nerveux de The Police, le magnétisme anxieux d’Interpol, les abîmes introspectifs de Joy Division. Puis, par-dessus, RIOT SON pose un chant qui refuse la neutralité : mi-sarcastique, mi-fragile, animé d’un feu discret qui rend chaque parole plus coupante qu’elle en a l’air.
What Makes You Think avance avec une tension calculée : guitares qui s’ouvrent comme des mâchoires, batterie qui pulse comme un pas décidé sur un trottoir nocturne, basses qui ramassent les doutes pour les recracher en lignes sombres et élastiques. Le morceau respire la cinématographie d’un monde qui bascule, d’une relation qui se défait sur des mots qu’on n’ose jamais vraiment dire. RIOT SON y dévoile à la fois sa vulnérabilité et ses défenses, comme si la musique était devenue l’unique endroit encore capable de contenir ses contradictions.
Ce qui frappe, c’est la précision émotionnelle. On sent le parc de Blue Ridge dans l’air du morceau : ces promenades en forêt d’automne où tout change sans prévenir, où les couleurs deviennent un rappel brutal que rien ne reste jamais intact. La voix se déploie dans cet espace-là : tendue, stratifiée, habitée par ces influences hybrides allant de Joey Ramone à Elliott Smith, en passant par Lil Peep — trois façons très différentes de dire qu’un cœur peut briller même quand il saigne un peu.
À mesure que le morceau évolue, la tension devient presque palpable : un crescendo qui ne frime pas, un build-up qui ne cherche pas l’explosion artificielle mais le point d’impact juste, celui qui raconte le pic émotionnel de l’EP à venir. Car RIOT SON ne prétend pas seulement révéler un single : il trace le sommet d’un triptyque, l’instant où tout se condense avant de s’effondrer vers quelque chose de plus nu, plus dépouillé, plus vrai.
RIOT SON, c’est déjà une esthétique : froide mais brûlante, distante mais vulnérable, mélancolique mais décidée. Le genre d’artiste dont les fans forment non pas un public, mais une petite constellation fidèle et silencieuse, prête à reconnaître ses propres fissures dans celles qu’il expose. Et What Makes You Think en est la preuve la plus éclatante : un morceau nerveux, sensible, incandescent — qui transforme le doute en matière sonore et l’indécision en beauté brute.
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décembre 5, 2025« Une pop dansante qui sourit, mais qui sait exactement où ça fait mal. »
Sous ses airs de banger synth-pop calibré pour les stroboscopes, Kiss Me (Like You’ll Really Miss Me) est bien plus qu’un simple morceau à faire vibrer le dancefloor : c’est un jeu de rôles nocturne, une comédie sentimentale sous adrénaline, un miroir tendu à la génération qui préfère simuler l’attachement plutôt que d’en subir les conséquences. Alexia Vegas s’y avance avec une assurance faussement légère, en funambule qui connaît trop bien le terrain glissant du désir instantané et des adieux rapides.
Le morceau avance comme un train lancé à pleine vitesse : rythme insistant, pulsation électronique qui claque comme une décision prise trop vite, lignes mélodiques ultra-euphoriques qui masquent à peine une pointe de solitude lucide. Vegas chante la règle numéro un de la nuit moderne — “on joue à y croire, juste assez longtemps pour que ça vaille la peine” — et le fait avec une audace charmante, presque désarmante. Son personnage sait parfaitement qu’il n’y aura pas de lendemain, pas de promesse, pas d’histoire. Mais elle exige le décor, l’intensité, la mise en scène. L’illusion comme dernière politesse.
On retrouve chez elle ce talent rare : écrire des chansons qui dansent vers l’avant mais qui pensent vers le bas, dans les zones d’ombre que l’on garde habituellement pour soi. Les synthés scintillent, les basses grondent, les refrains s’épanouissent comme des lumières au-dessus d’une ville trop vaste, et dans tout ce tumulte, Vegas injecte une lucidité presque insolente. Une façon de dire : « Je sais comment la mécanique fonctionne, mais laisse-moi rêver l’espace d’un baiser. »
Ce qui fascine ici, c’est l’équilibre délicat entre l’exubérance chorégraphique et le commentaire social : la chanson pointe du doigt la superficialité programmée de notre époque, la fatigue d’aimer en diagonale, la vitesse à laquelle tout s’achète et tout s’oublie. Mais elle le fait en proposant un moment de grâce, un éclat de fiction assumée, un baiser totalement fake mais parfaitement joué — et parfois, c’est tout ce dont on a besoin pour se sentir vivant.
Alexia Vegas orchestre cela avec l’expérience d’une artiste qui a passé des années à prêter ses mélodies au monde — séries, public spaces, playlists internationales — et qui revendique aujourd’hui sa propre voix. Dans Kiss Me (Like You’ll Really Miss Me), elle affirme enfin son identité : une compositrice capable de transformer des émotions complexes en hymnes électro-pop instantanés, sans perdre le grain humain qui les rend inoubliables.
Un morceau qui brille fort, danse vite, mais touche juste. Une fiction volontaire, un vertige partagé, un baiser d’adieu que l’on rejoue sans fin parce qu’il raconte mieux que n’importe quel discours ce que devient le romantisme à l’ère du swipe : un désir pressé, lucide, mais parfois terriblement sincère.
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décembre 5, 2025« Un disque qui avance comme un souffle revenu de loin, portant le poids invisible de tout ce qui nous survit. »
Il existe des albums qui se contentent d’accompagner une humeur, et d’autres qui ouvrent une brèche. 21grammi, deuxième long format de Giuseppe Cucé, appartient à cette seconde catégorie : un travail à la fois intime et cosmique, ancré dans la chair mais tendu vers quelque chose de plus haut, de plus flou, de plus essentiel. C’est un album qui ne cherche pas à convaincre — il cherche à dire vrai. À dire la matière de l’âme, ce qu’il en reste après les effondrements silencieux et les renaissances qui brûlent lentement.
Cucé compose ici un autoportrait en clair-obscur, un journal traversé par la perte, l’identité fracturée, la fatigue émotionnelle contemporaine, la solitude amplifiée par nos vies digitales. Mais au lieu de se laisser happer par ces grondements, il les tient à distance juste assez pour en extraire une musique douce-amère, où la lumière ne triomphe jamais totalement mais refuse obstinément de s’éteindre.
Son écriture s’inscrit dans une lignée claire — Battiato, Dalla, Niccolò Fabi — avec ce mélange unique d’intellectualité méditerranéenne, d’ironie tendre et de gravité assumée. Mais 21grammi parle aussi une langue internationale : on y entend les silences déchirés de Damien Rice, les textures introspectives de James Blake, les tremblements atmosphériques de Bon Iver. L’ensemble dessine un disque d’une cohérence saisissante, où les orchestrations analogiques dialoguent avec des nappes électroniques discrètes, où chaque piste respire, hésite, puis avance.
Et puis il y a les chansons — ce noyau brûlant autour duquel tout tourne.
È tutto così vero ouvre l’album comme une gifle douce. On y entend ce moment où la vérité, trop longtemps contenue, finit par déborder. La voix de Cucé glisse, se brise, se relève, dans un arrangement qui semble chercher ses propres appuis, entre piano retenu et percussions qui bouillonnent sous la surface.
Ventuno, cœur battant et colonne vertébrale du disque, incarne le souffle même du projet : un morceau qui monte comme une pulsation, d’abord fragile comme une respiration inquiète, puis ample, urgent, presque transfiguré. C’est un chant adressé à l’intérieur, une méditation sur ce qui reste quand le monde s’efface. Une chanson qui pèse ses 21 grammes avec une délicatesse féroce.
Dans Dimmi cosa vuoi, Cucé revient à une tonalité plus terrienne : guitare claire, tension contenue, une demande qui n’attend peut-être pas de réponse. Le morceau installe une dramaturgie subtile, où les non-dits se devinent entre les lignes, porté par une interprétation d’une sobriété remarquable.
Fragile equilibrio fait exactement ce que son titre promet. C’est le moment où tout vacille, où la corde se tend, où l’on avance avec la certitude que chaque pas pourrait rompre quelque chose. L’arrangement s’amuse à créer ces micro-fractures : claviers fantomatiques, contretemps presque imperceptibles, voix qui oscille entre assurance et fragilité pure.
Avec La mia dea, le disque s’ouvre brièvement vers une dévotion lumineuse — un hommage amoureux teinté d’une douceur presque sacrée. On y entend l’influence de la chanson italienne la plus classique, mais détournée avec finesse pour éviter toute facilité. C’est une éclaircie.
Cuore d’inverno replonge dans une saison intérieure plus rude : c’est l’un des morceaux les plus visuels de l’album. On y perçoit le froid, la lenteur, les gestes minuscules d’un cœur qui se protège. L’orchestre de TRP Studios y joue un rôle essentiel, donnant au titre une densité presque cinématographique.
Tutto quello che vuoi retrouve une forme de mouvement : une pop orchestrale élégante, sincère, qui semble vouloir rassurer autant qu’elle questionne. La chanson avance avec un balancement apaisé, comme si Cucé retrouvait peu à peu une direction possible.
Puis arrive Una notte infinita, bijou nocturne, confession dite dans une pénombre bleue. Le morceau se déploie lentement, comme si chaque note hésitait à rompre le silence. Il s’agit peut-être du plus beau moment du disque : un espace suspendu où l’on se reconnaît immédiatement, tant la vulnérabilité y est offerte sans fard.
Enfin, Di estate non si muore clôt l’album comme une épiphanie tranquille : un retour à la lumière, non pas triomphante, mais chose retrouvée, fragile, presque nouvelle. On n’en sort pas indemne, mais étrangement apaisé.
21grammi est l’œuvre d’un homme qui a appris que la vérité pèse, que la mémoire brûle, mais que la musique peut en faire un lieu habitable. Un album où chaque respiration compte, où chaque arrangement semble posé comme une pierre sur un chemin intime, où chaque silence dit ce que les mots n’oseraient pas.
Un disque qui mesure ce que l’on perd, mais surtout ce que l’on gagne en revenant vers soi.
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décembre 5, 2025« Un journal intime mis en musique comme une sortie de route qui finit par devenir une clarté. »
Les premiers EP ont souvent l’allure d’une promesse. I’ll Be Fine, lui, ressemble à un pacte : celui d’un jeune homme qui a décidé d’arrêter de mentir — aux autres, mais surtout à lui-même. On y entre comme on entrerait dans une chambre en désordre après un orage : guitares encore fumantes, synthés qui retiennent leur souffle, voix nouée mais droite, déterminée à fouiller dans la poussière pour retrouver quelque chose de vrai. Jax Fleming y raconte deux années de vie où tout a vacillé : un groupe dissous, une bande d’amis dispersée, une identité musicale à reconstruire depuis les fondations. Et au bout du chaos, cette phrase placardée sur la pochette comme une bravade à peine tenue : I’ll Be Fine.
Ce disque est une mue. On sent encore, affleurant sous la peau, les brûlures du rock colérique d’Atlas of the Dogs, ce passé où l’on criait pour exister. Mais ici, la tension ne s’exprime plus en coups de semonce ; elle coule dans des mélodies qui tâtonnent, s’étirent, se relèvent. Dès Superficial, morceau d’ouverture, Jax plante le décor : une satire douce-amère des masques que l’on porte pour ne pas décevoir, portée par une ligne de guitare solaire et une interprétation qui marche sur un fil entre ironie et confession. C’est le morceau-manifeste de l’EP : celui où l’artiste assume enfin de ne plus écrire pour plaire, mais pour comprendre.
Le titre éponyme, I’ll Be Fine, frappe par sa sincérité sans ornement. C’est une chanson où le refrain agit comme une incantation que l’on répète pour ne pas sombrer. La production, fine sans être fragile, rappelle cette pop alternative américaine qui aime les paysages ouverts : les guitares respirent, la batterie avance avec ce balancement qui mimerait presque une marche nocturne après un coup dur.
Puis vient Macie, ballade spectrale où les arrangements se resserrent autour d’une voix qui semble parler à quelqu’un qui n’est plus là. Il y a du souvenir, du manque, un geste tendre et un renoncement discret. On entend Cage the Elephant dans l’énergie, mais surtout un Jax plus nu que jamais.
3am constitue le cœur battant du projet : écrite dans cette heure où la lucidité et l’excès se confondent, c’est une chanson qui raconte l’abandon, l’alcool comme faux refuge, l’impression de danser seul dans une salle pleine. Une confession d’une honnêteté presque brutale, qui donne à l’EP son centre de gravité émotionnel.
Avec Twilight, Jax laisse entrer une lumière trouble, ce moment entre chien et loup où l’on croit encore à la consolation. La chanson flotte, douce et un peu bancale, comme si elle cherchait elle aussi son chemin. HiLo, enfin, referme le disque en oscillant entre éclats lumineux et lignes brisées, racontant cette vie qui alterne montagnes russes émotionnelles et petits gestes de survie.
L’ensemble forme un projet aussi cohérent qu’instinctif, porté par une écriture diaristique et une production artisanale mais méticuleuse — Jax y joue presque tout : guitares, synthés, batterie, basse, percussions, voix. Cela s’entend : chaque morceau porte sa respiration, sa texture, ses hésitations magnifiques. I’ll Be Fine n’est pas un disque qui cherche à impressionner. C’est un disque qui cherche à dire vrai. Et c’est précisément ce qui le rend si touchant.
Instagram : https://instagram.com/jaxfleming
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décembre 5, 2025« Un requiem pour la démocratie, écrit comme on allume un feu dans une maison qui s’effondre. »
Il arrive que certaines chansons ne commentent pas leur époque : elles la mettent à nu. The Empire Fell Down, sommet crépusculaire du duo Elderly White Man, ressemble à ce genre de morceau qui n’a plus le luxe de la métaphore. Il avance droit dans le noir, porté par une lucidité qui tranche, une douleur qui brûle encore, et une ambition sonore étonnamment vaste pour un projet façonné en duo, dans un studio portugais qui semble vibrer ici comme un bunker. Le titre dit déjà tout : une chute, un effondrement, un verdict sans appel. Mais la musique, elle, raconte l’après. Ce moment suspendu où l’on se tient dans les ruines, contraint de regarder ce qui s’est brisé et ce que l’on a laissé faire.
Elderly White Man, mystérieux binôme anglo-américano-exilé, atteint avec ce morceau une maturité nouvelle. On y entend une écriture qui a quitté la simple indignation pour entrer dans la tragédie politique. La voix — hantée, usée sans jamais être cynique — semble porter en elle des décennies de désillusions accumulées, comme si elle s’était imprégnée de toute la poussière laissée par la chute d’un empire réel ou symbolique. Une voix qui raconte la démocratie comme on raconte un proche disparu : avec colère, sans illusions, mais avec une forme de fidélité désespérée.
La production, ample et presque cinématographique, s’articule autour de nappes sombres et de guitares qui semblent découper l’air à coups de lames émoussées. Par instants, The Empire Fell Down sonne comme la collision improbable entre une folk post-apocalyptique et une cold wave trop lucide pour encore espérer. Le morceau porte une tension sourde, comme un paysage sonore où le passé tonne encore dans les murs. On distingue même un souffle épique qui rappelle ces musiques écrites pour documenter la fuite d’une civilisation — avec cette nuance essentielle : ici, il n’y a pas de héros, seulement des citoyens qui regardent un pouvoir corrompu se déployer jusqu’à étouffer tout ce qu’il touche.
Ce single annonce un album qui s’annonce comme une chronique d’époque, un geste artistique qui dépasse largement la simple réaction politique. Elderly White Man transforme la musique en outil d’observation : un sismographe branché sur les plaques tectoniques de l’histoire contemporaine. Leur réflexion sur la fragilité démocratique n’a rien d’un slogan : elle a la densité d’une œuvre habitée, façonnée par l’exil, les contradictions occidentales, et cette étrange mélancolie de ceux qui ont connu un monde moins instable — ou ont cru le connaître.
La sortie prochaine en vinyle promet d’ancrer encore davantage ce projet dans une esthétique de témoignage : quelque chose que l’on archive, que l’on garde, parce qu’un jour on voudra comprendre comment tout cela a pu glisser.
Avec The Empire Fell Down, Elderly White Man ne signe pas seulement un morceau : ils tirent une flèche. Une chanson-alarme, une chanson-réflexe, une chanson-nécrologie. Et dans sa noirceur, quelque chose qui ressemble étrangement à la vérité.
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décembre 5, 2025« Une chanson qui ne protège pas du monde, mais qui rappelle qu’on peut encore s’y tenir debout à deux. »
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à impressionner, ni à s’ériger en manifeste — seulement à tendre une main. Safe With Me de Peter Martin Voy appartient à cette famille rare de chansons qui ne s’écoutent pas seulement, mais qui accueillent. Une sorte de bras levé dans la nuit, un petit halo de lumière qui pulse avec cette douceur presque désuète que la pop actuelle, souvent obsédée par l’impact immédiat, oublie trop vite. Et pourtant, sous l’apparente simplicité, Peter tisse quelque chose de bien plus profond : un abri émotionnel en trois minutes, une architecture intime faite de souffle, de sincérité et de tension retenue.
On reconnaît d’emblée les ascendances revendiquées — Collins, avec sa façon de transformer le quotidien en confession universelle ; Coldplay pour le côté panoramique, élargi, presque cinématographique ; James Bay pour cette manière de murmurer en ouvrant pourtant grand la poitrine. Mais la magie du morceau réside surtout dans ce qu’il déplace. Peter ne copie pas : il absorbe, digère, et trace une ligne qui lui appartient. La production, moderne sans être clinquante, laisse beaucoup d’espace autour de la voix — un espace nécessaire, presque sacré. Les guitares funk subtilement placées ajoutent un frisson de mouvement, une petite impulsion dans le buste, comme si Safe With Me avançait avec prudence mais détermination.
Puis il y a le cœur battant : ce refrain qui se déploie sans crier, mais qui agrandit la pièce d’un coup. Le genre de chorus qui semble avoir attendu longtemps, caché sous la peau, pour enfin sortir. L’émotion affleure non pas en vagues démonstratives mais en ruissellement calme, presque pudique. Une montée tout en retenue, où l’intimité devient une forme de grandeur. Peter chante la sécurité, mais on sent qu’il connaît très bien la fragilité qu’il tente d’apaiser. C’est ce mélange-là — vulnérabilité assumée, tendresse adulte — qui donne au morceau sa puissance, discrète mais implacable.
En filigrane, Safe With Me raconte une époque saturée, où tout déborde, tout accélère, et où l’amour n’est plus un feu d’artifice mais une pièce où l’on respire ensemble quand tout dehors s’effondre un peu. Peter Martin Voy parvient à figer ce moment-là : celui où la peur recule juste assez pour laisser place à la confiance. Une confiance fragile, humaine, terriblement réelle.
Ce single marque une étape nette dans son parcours : un artiste qui ne cherche plus à prouver, mais à offrir quelque chose d’honnête, de durable, de partageable. Une chanson conçue autant pour les trajets solitaires en bus que pour les scènes plus larges où l’on chante en chœur les yeux un peu humides.
Dans un paysage pop où tout veut briller, Safe With Me choisit de tenir chaud — et c’est peut-être la plus belle ambition.
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décembre 5, 2025« Un hymne irrévérencieux qui rappelle que la magie des fêtes, c’est parfois juste l’art de rire de nos déceptions. »
Il fallait oser affronter Noël frontalement — ses lumières qui clignotent trop fort, ses injonctions au bonheur, ses attentes fabriquées — et Jamie Alimorad le fait avec un panache presque libérateur. Santa Sucks n’est ni un brûlot cynique ni une bluette festive maquillée en satire : c’est un petit joyau rock-pop à l’humour grinçant, qui transforme l’art de ne pas recevoir ce qu’on espère en une célébration décomplexée. Une revanche douce-amère servie par un artiste qui connaît trop bien les coulisses de la déception… et qui préfère en rire plutôt qu’en pleurer dans un eggnog tiède.
Dès les premières mesures, on sent cette jubilation contagieuse, cette envie de détendre tous les muscles crispés par la fin d’année. Le morceau surgit avec un son de full-band généreux, épais, presque théâtral, un rock-pop effervescent qui aurait parfaitement sa place dans un film culte où les héros s’échappent d’un dîner de famille oppressant. Jamie Alimorad, fidèle à sa sensibilité de songwriter, ne se contente pas de jouer la carte du sarcasme : il y injecte un sens du timing mélodique qui donne à cette complainte festive des allures d’hymne alternatif à chanter en chœur quand les cadeaux ne correspondent à rien.
Et ce chœur, justement, existe bel et bien — littéralement. Alimorad s’est entouré de plus de cinquante proches, amis et membres de sa famille pour former un véritable ensemble vocal improbable qui donne au morceau une chaleur irrésistible. On imagine ces voix mêlées se croiser dans une cuisine bondée, entre un four qui chauffe et des rires nerveux : une petite communauté soudée par l’autodérision, transformant l’échec en célébration. C’est cette dimension humaine, presque artisanale, qui rend Santa Sucks aussi attachant. L’instrumentation galope, les guitares scintillent comme des guirlandes mal accrochées, et la production adopte cette esthétique holiday-pop bien léchée, mais avec un grain rock qui la détourne délicieusement.
Il y a finalement, sous l’humour et les guitares, un geste tendre dans ce morceau : celui d’un artiste qui refuse le vernis obligatoire et propose une fête plus honnête, plus vivante, plus drôle. Une fête où l’on peut dire que Noël nous gonfle un peu… puis lever son verre avec ceux qui nous aiment quand même.
Jamie Alimorad fait ici un pied de nez aux standards de saison, un clin d’œil complice aux désillusionnés de décembre, et signe l’un de ces morceaux qui unissent par la dérision plus sûrement qu’un cadeau bien emballé. Un futur classique officieux des playlists de fêtes pas comme les autres — à écouter de préférence quand la magie commence à se fissurer.
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décembre 5, 2025« Une montée d’adrénaline noire, comme si l’on regardait sa propre tempête en accéléré — et qu’au milieu du vacarme, un point fixe vous murmurait : respire. »
Il y a des morceaux qui arrivent comme un orage, d’autres comme une claque, et puis il y a Chemicals — une secousse intérieure qui ressemble à un trop-plein qui déborde d’un coup. Moon Construction Kit n’écrit pas ici une chanson, mais une fissure. Une brèche intime. Une décompression brutale que seul quelqu’un qui a aimé trop fort, ou souffert trop longtemps, peut traduire avec autant de précision émotionnelle. Cette pulsation goth-pop, ancrée dans une indie-rock tendue comme un nerf, sent la nuit blanche, la surcharge sensorielle, le cerveau qui fait des nœuds jusqu’à imploser.
Dès les premières secondes, le morceau donne l’impression d’un couloir étroit où la lumière vacille. Une rythmique tranchante, presque cardiaque, pousse le paysage sonore en avant comme une course qu’on mène sans souffle. Et au milieu de cette cavalcade sombre, Olivier Cornu — l’unique architecte derrière Moon Construction Kit — plante sa voix comme un projecteur qui n’éclaire jamais tout, qui laisse volontairement des angles morts où chacun peut loger ses propres vertiges. On sent la collision assumée : la nervosité mélodique héritée de Nada Surf, le goût de l’ombre et de la tension qui rappelle The Cure, et cette façon très personnelle de faire respirer le chaos par des arrangements méticuleux, presque obsessionnels.
Ce qui trouble dans Chemicals, c’est cette manière ultra-cinématographique de raconter le moment exact où trop sentir devient douloureux, où l’on rêve d’un anesthésiant mental — non pas pour fuir, mais juste pour survivre au trop-plein. On y devine la lutte d’un esprit saturé, tiraillé entre l’envie d’exploser et le besoin de figer le monde autour de soi. Les guitares s’embrasent, les synthés crépitent, la production ajoute des ombres dans les recoins : ça vibre, ça menace, ça pleure presque. Le morceau fonctionne comme un miroir émotionnel : chacun y projette sa propre overdose intérieure.
Olivier Cornu, en artisan du son, travaille la densité comme d’autres sculptent le silence. Son univers de “power-goth-pop” n’est pas un slogan mais une alchimie : un moteur pop sous une cape noire, un cœur indie-rock enveloppé de brume, un goût prononcé pour les textures qui se superposent jusqu’à créer une sorte de catharsis moderne. On retrouve ses obsessions — l’héritage psyché des Beach Boys, le raffinement mélodique du power-pop, ce soin quasi maniaque apporté aux niveaux, aux aspérités, aux contrastes — mais Chemicals ouvre une nouvelle porte : plus incisive, plus urgente, plus charnelle.
Et c’est ça qui frappe : ce morceau n’est pas construit pour plaire. Il est construit pour libérer. Pour exorciser. Pour donner forme au moment où l’on choisit enfin de couper le flux, de désactiver la tempête. Chemicals est un combat mis en musique, un poids qui trouve enfin un contrepoids.
Moon Construction Kit signe ici son geste le plus affirmé, le plus frontal, le plus vibrant. Une catharsis de trois minutes et demie, sombre et lumineuse à la fois, qui prouve qu’on peut être seul dans son studio et bâtir un monde qui engloutit tout.
Site officiel : https://moonconstructionkit.comInstagram : moon_construction_kit
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décembre 5, 2025« Une décharge électrique de rage lucide, taillée pour réveiller les veines d’un pays qui voudrait que tu restes sage, immobile, silencieux. »
La première écoute de PIGS PIGS donne l’impression d’ouvrir une porte qu’on nous supplie de laisser fermée. Une porte qui grince, tremble et déborde. Et derrière — le réel, brut, sans filtre : l’Angleterre qui étouffe, l’État qui resserre ses mâchoires, les corps qui s’assemblent, se chauffent, se protègent. Two Tonne Machete ne cherchent pas à commenter l’époque : ils la martèlent, la griffent, la transforment en cri collectif. PIGS PIGS est un brûlot punk au sens le plus vital du terme, un accélérateur cardiaque pour celles et ceux qui refusent la résignation.
Le morceau est né au cœur d’une ambiance que tout le monde connaît trop bien : manifestations encerclées, arrestations absurdes, surveillances collées comme une seconde peau. La référence à Clapham Common — ces femmes réduites au silence au moment même où elles pleuraient la violence — n’est pas un clin d’œil, mais une balafre. C’est à partir de ce choc que TTM construisent ce chant de résistance, ce mantra : “Lights, gather, remember, to RUN!”. Une formule qui revient comme une bouffée d’air, un ordre de survie, une fuite nécessaire pour ne pas devenir matière première à statistiques policières.
Musicalement, le groupe joue serré, frappe fort, mais laisse toujours respirer une mélodie vicieuse, presque pop, qui se glisse dans les interstices du chaos. Emily crache ses mots avec une précision jubilatoire : rien ne déborde par accident, tout cogne à l’endroit exact où ça fait mal. Son timbre porte l’empreinte des grandes gueules sacrées du punk contemporain — l’urgence d’Amyl and the Sniffers, la sincérité ruisselante de Mannequin Pussy, la puissance presque évangélique d’IDLES — mais avec une texture plus malicieuse, plus fine, plus chantée que criée. Une voix qui tranche, oui, mais qui caresse aussi entre deux uppercuts.
Ro à la basse construit une ossature qui se traîne comme une menace, une vibration lourde qui évoque une foule qui refuse de reculer. Thibaut plaque un rythme martial, nerveux, inspiré du battement sourd d’un cœur en état d’alerte. Mark, lui, envoie des guitares acérées comme des gyrophares : ça clignote, ça pulse, ça signale danger — mais aussi vie, désir, résistance.
Ce qui est bouleversant dans PIGS PIGS, c’est cette intelligence émotionnelle rare : un morceau qui hurle, mais qui sait exactement pourquoi. Un morceau furieux mais jamais gratuit, incendiaire mais jamais confus. Le punk de Two Tonne Machete porte une fibre politique puissante, mais aussi une précision de compositeurs, une attention aux silences, aux reliefs, à la montée lente avant l’explosion. Cette façon de faire claquer un mot, puis laisser un espace — un espace qui dit mille fois plus que le slogan.
PIGS PIGS n’est pas seulement un titre. C’est une posture. Une invitation. Une menace douce et joyeuse adressée à tous ceux qui rêvent d’un pays sans contestation. C’est une chanson qui te dit : « On ne tiendra pas en place. On ne s’excusera plus. Si tu veux nous faire taire, il faudra courir. »
Et au fond, Two Tonne Machete n’écrivent pas la bande-son d’un mouvement : ils écrivent la promesse d’un retour de flamme.
À écouter fort. À chanter trop fort. À vivre ensemble.
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décembre 5, 2025« Un disque comme un séisme intime où chaque rupture devient un territoire nouveau à habiter. »
On entre dans Faultlines comme on poserait le pied sur un sol qui n’a jamais cessé de trembler. Pisgah — l’alter ego musical de Brittney Jenkins — ne cherche pas à rassurer : elle ouvre des brèches. Elle y plante des mots, des images, des ombres, et laisse la lumière s’y infiltrer avec une lenteur presque sacrée. Le disque n’offre pas un simple récit de survie, mais la cartographie poétique de ce moment où l’on comprend que s’effondrer n’est pas un échec, mais une manière radicale d’habiter pleinement sa propre vie.
Ce deuxième album, enregistré dans l’intimité nue de son home studio londonien et sculpté par le mix d’Austin Duszynski, ressemble à une première fois — une mue définitive, un dévoilement. Pisgah y est telle que les disques rares savent l’être : sans filtre, sans défense, mais architecte de son propre chaos. On entend la voix d’une femme qui retourne sa vie comme une carte du ciel, qui accepte que certaines constellations n’existent plus, et qui trace de nouvelles routes dans l’espace noir.
Dans Cumulonimbus, le morceau qui ouvre la marche, la voix de Pisgah se hisse comme un nuage d’orage qui hésite encore entre la pluie et la révélation. Tout y est suspendu, fragile, chargé. Les guitares y respirent comme un animal blessé, les textures s’élargissent en halos, et le morceau semble posséder son propre climat intérieur. On y sent la fascination de Jenkins pour les photographies de Crewdson : des lieux vides, hantés, mais où quelque chose d’indiciblement humain attend de pouvoir se dire.
Favor, plus resserré, plus fiévreux, explore la dynamique étrange entre ce qu’on accepte de porter et ce qu’on laisse tomber. Il y a une tension douce-amère dans le timbre, une colère retenue, un refus élégant de rejouer les mêmes scènes. La production évoque ces disques américains qui savent transformer les regrets en paysages. On y retrouve Jason Molina en filigrane, comme un fantôme discret qui encouragerait Pisgah à suivre ses intuitions jusqu’au bout.
Avec Bone to Pick, l’album prend un tournant plus abrupt : la guitare grince, la batterie presse, et la voix devient presque incisive. Pisgah chante comme quelqu’un qui a trop longtemps cherché à ménager les autres. On y perçoit une forme de libération nerveuse, une façon d’arracher d’anciens fils, de respirer plus violemment. L’influence de Laura Stevenson se devine dans la clarté mélodique, celle de Chelsea Wolfe dans l’ombre qui rôde derrière.
5ft2, petite bombe émotionnelle, s’empare du corps, de la taille, de la présence physique et symbolique. C’est un morceau qui serre la gorge, parce qu’il parle de se sentir minuscule dans un monde qui exige d’être vaste. Pisgah y chante bas, presque à voix cachée, comme si la confession devait rester entre elle et l’auditeur.
Splintering, splendide déflagration contenue, fait entendre le moment précis où l’on se fracture — pas avec la violence d’un cri, mais avec la précision d’un éclat qui se détache. C’est un morceau sculptural, pensé comme un geste artistique autant qu’un geste musical. On y entend Woodman, Mendieta, la poussière des années et le souffle d’une femme qui refuse de disparaître dans l’ombre de son histoire.
Puis vient Bend to Break, sommet fragile, morceau déjà révélé en single, traversé par cette vérité brutale : il arrive un moment où se plier ne suffit plus. La voix y tremble comme une corde tendue, les arrangements s’y font plus larges, presque océaniques. C’est le morceau qui définit peut-être le mieux la philosophie de Faultlines : accepter l’instant où l’on casse, parce qu’il ouvre sur une reconstruction plus juste.
Avec Out of the Gate, Pisgah accélère, respire différemment, laisse entrer une détermination qu’on ne voyait pas venir. Une sorte de galop intérieur, d’urgence calme. Le morceau est court mais tranchant, comme une décision prise dans la bruine.
Enfin, Song for Jason Molina (Cold Rain) referme l’album comme une lettre qu’on n’avait jamais osé poster. C’est un hommage bouleversant, mais aussi une conversation imaginaire entre deux âmes qui ont appris la vulnérabilité à la dure. Les gouttes de pluie du titre semblent tomber directement sur le cœur.
Faultlines n’est pas un disque de consolation. C’est un disque d’arpenteuse de ruines, de reconstruction lente, de courage discret. Un album hanté, habité, levé contre le vide. Pisgah ne cherche pas le spectaculaire ; elle offre l’essentiel : un espace où la fragilité devient une géographie à explorer.
Un disque à écouter seul, tard, quand tout se tait et que le sol tremble encore un peu.
Instagram : https://www.instagram.com/pisgahmusic/Site officiel : https://pisgahmusic.com
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décembre 5, 2025« Un disque qui s’avance comme un mirage électrique : intime, spectral, parfaitement vivant dans sa façon d’être hanté. »
Il suffit de quelques mesures pour comprendre que Vacant Shores n’écrit pas des chansons : le duo — devenu trio vocal avec l’arrivée de Suzy Alderton — compose des zones climatiques. Des atmosphères où quelque chose tremble et se dilue, où la pulsation électronique ne cherche jamais l’efficacité mais la sensation, où les voix glissent comme des silhouettes dans la buée des néons. Le nouvel EP, éponyme, n’est pas un simple prolongement de Summer Ghost ; il en est le miroir noir, le rêve inversé, l’endroit où les contours se dissolvent mais où l’intime devient plus précis.
https://vacantshores.bandcamp.com/album/vacant-shores
La première déflagration s’appelle Flat Circle. Le morceau s’ouvre comme une fissure dans l’asphalte : beat minimal, nappes synthétiques qui s’ouvrent par cercles concentriques, et cette voix claire, légèrement distante, qui donne l’impression de chanter depuis la chambre d’écho d’un souvenir. L’écriture tourne, revient, s’étire comme un ruban de Möbius sonore. On y entre comme dans une pièce où le temps refuse de passer droit. C’est hypnotique, presque vertigineux.
Puis vient Wasted Breath, probablement la pièce la plus charnelle du projet. Ici, les harmonies Alderton/Sidford trouvent leur pleine dimension : elles ne s’empilent pas, elles se flottent, se frôlent, se réverbèrent l’une dans l’autre comme deux corps qui se cherchent dans le noir sans jamais s’attraper totalement. La production de Jon Elliott joue sur une tension subtile : entre caresse et courant d’air froid, entre souffle humain et mécanique électronique. On respire avec eux, et l’on comprend soudain le titre — ce souffle gaspillé, ce désir qui reste coincé dans la gorge, cette émotion qui refuse de se formuler.
(There Are) Holes In The Ocean fait basculer l’EP dans une dimension plus contemplative. Le morceau a la texture d’une photographie un peu surexposée : beauté floue, lumière malade, horizon incertain. Les rythmiques avancent comme une marée lente, et les synthés se comportent comme des courants sous la surface — presque imperceptibles, mais capables d’emporter tout ce qu’ils touchent. On y entend l’écho d’un monde intérieur troué, perforé, qui pourtant continue d’appeler vers le large.
Emotionless se déploie comme une confession glacée. Les voix y deviennent presque translucides, tirant l’esthétique dark-pop vers un territoire où l’émotion est à la fois retenue et intensifiée. C’est une chanson qui danse sur le fil : mécanique dans son squelette, organique dans sa peau. Un paradoxe qui devient signature.
Avec 3 Fire Alarm, Vacant Shores renoue avec une urgence plus frontale. Le titre crépite, tremble, s’embrase presque littéralement. On pense à une alarme interne, un système émotionnel en surcharge. Le morceau porte en lui un souffle de panique contenue, une montée d’adrénaline retenue juste avant l’impact. Les percussions avancent comme des décombres qu’on piétine.
Enfin, Endling referme le projet comme une dernière braise. Court, retenu, presque fragile, c’est le morceau qui dit le plus avec le moins. On y entend une mélancolie sans emphase, une douceur qui ne cherche pas à consoler mais simplement à persister. L’EP s’éteint, mais laisse derrière lui un goût de lumière froide, comme un aube qui ne sait pas encore si elle veut se lever.
Ce qui frappe dans Vacant Shores EP, c’est la cohérence d’un univers qui réussit à être dense sans étouffer, sombre sans devenir opaque, électronique sans perdre la chaleur de l’humain. Le groupe parvient à créer un espace sensoriel où chaque titre devient un couloir, un reflet, une dérive. Leur dark-pop n’imite rien ; elle respire, s’étire, s’écaille, puis se reforme avec un naturel désarmant.
Bristol, déjà capitale de tant de mutations sonores, voit naître ici un trio qui ne cherche pas à faire du bruit, mais à fabriquer du silence habité. Et dans ce silence-là, tout semble possible.
Instagram : https://www.instagram.com/vacantshoresSite officiel : https://www.vacantshores.comSoundCloud : https://soundcloud.com/vacantshoresYouTube : https://www.youtube.com/@vacantshores
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décembre 5, 2025« Une confession tenue au bord du silence, qui transforme la chute en territoire habitable. »
Isolation n’est pas un morceau : c’est une fissure, une buée sur une vitre, un instant suspendu où tout se dérobe sauf la voix qui murmure encore. Winston Man ne compose pas ici une chanson pop au sens habituel ; il laisse déborder ce qui restait coincé dans les marges, ce qui n’avait jamais vraiment trouvé d’adresse. Le morceau se dévoile comme une lettre écrite à soi-même, glissée sous une porte qu’on n’a pas encore osé ouvrir.
Dès les premières secondes, on sent que Winston ne cherche pas l’effet, il cherche la vérité, cette vérité un peu rêche, un peu maladroite, celle qui arrive justement quand on arrête d’essayer d’être fort. La guitare acoustique ne sert pas d’accompagnement, elle agit comme un second souffle, un rythme cardiaque qui aurait décidé de ralentir pour dire enfin ce qui fait mal. Il y a dans ses accords quelque chose de l’ordre du tremblement, cette fragilité qui donne l’impression d’entendre quelqu’un penser en direct.
Ce qui émeut, c’est la manière dont la chanson semble hésiter à exister pleinement. Comme si Winston la laissait sortir du bout des doigts, dans un geste pudique, presque craintif. On sent le poids de la pièce où elle a été écrite, un espace où l’air paraît se contracter, prendre la forme de ce qu’on n’arrive plus à dire. Isolation transforme ce sentiment en texture sonore : les silences s’étirent, les respirations deviennent des traces, et la mélancolie prend la forme d’une lumière pâle filtrant à travers un rideau qu’on n’a pas tiré depuis longtemps.
Winston parle de ce moment où l’on finit par constater que la solitude n’est pas seulement l’absence des autres, mais parfois l’absence de soi dans le miroir. Et son morceau nous accompagne au cœur de ce vertige-là. La production minimale, presque dépouillée, ne fait jamais écran ; elle laisse au contraire toute la place aux micro-oscillations émotionnelles, aux nuances minuscules que seul un artiste profondément sincère peut se permettre de laisser nues. Ce choix de tout produire seul — sans artifice, sans AI, sans sauver par la technique ce que l’émotion pourrait fragiliser — crée un climat rarissime dans la pop actuelle : un climat d’humanité brute.
Il y a aussi, dans les contours de sa voix, une tendresse inattendue. Une forme de douceur mélancolique, comme si quelqu’un qu’on croyait perdu frappait doucement à la porte de son propre cœur. Et c’est là que le morceau bascule : Isolation n’est pas un repli, c’est un seuil. On y voit un artiste qui n’essaie pas d’être héroïque, mais honnête — et qui, paradoxalement, devient plus grand précisément parce qu’il accepte de ne pas l’être.
Ce qui frappe surtout, c’est la dimension presque universelle que Winston parvient à faire surgir à partir d’une expérience terriblement personnelle. On a l’impression d’entendre une émotion qui circule de main en main, de solitude en solitude, comme si chacun trouvait dans cette musique un fragment de soi qu’on avait cessé d’écouter. L’isolement devient un langage commun, et la chanson une petite bougie posée au centre d’une table où personne ne s’était encore assis.
Isolation, au fond, ne cherche pas à sauver. Elle cherche à reconnaître. À dire : voilà ce que ça fait, voilà comment ça sonne quand on tombe en soi-même. Et voilà comment la musique peut, parfois, faire respirer là où le monde manquait d’air.
Instagram : winstonmvn
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décembre 4, 2025« Un morceau qui ne raconte pas l’espace, mais la façon dont on s’y perd pour mieux se retrouver. »
On ne croise pas tous les jours un artiste qui traite la pop comme un artefact gnostique tombé du ciel. Jesus The Apollo, lui, s’y engouffre avec une dévotion presque sacrée. The Moon Man! sonne comme un opéra lunaire compressé dans un single : théâtral, exubérant, traversé de visions symbolistes et pourtant taillé pour secouer une piste de danse éclairée au néon. Derrière la folie douce, l’élan rétro et les clins d’œil 80s, il y a une vraie recherche métaphysique, presque une science alternative de la vibration.
La première écoute donne l’impression d’atterrir quelque part entre un carnaval astral et une cérémonie occulte pop. Les synthés, légèrement dissonants mais irrésistibles, évoquent ces génériques VHS de films fantastiques où l’ironie n’enlève rien à la poésie. La voix, elle, joue l’excès de style avec un aplomb délicieusement surjoué, comme un personnage de scène qu’on devine maquillé d’argent, le sourire tendu vers une lune imaginaire. On sent la fascination, presque enfantine, pour le kitsch noble des productions eighties — mais aussi un soin minutieux, une volonté de donner une matière sonore habitable, rémanente.
Là où le titre devient singulier, c’est dans la manière dont il s’empare de sa symbolique cosmologique. The Moon Man! n’invoque pas la lune et le soleil comme simples décors, mais comme forces actives, presque sentientes, qui dialoguent entre elles dans une danse d’énergie. L’astre nocturne juge, reflète, dévoile ; le soleil redresse, éclaire, réancre. Entre les deux, l’être humain flotte, oscille, cherche son orbite intérieure. Ce n’est pas seulement une chanson : c’est un petit traité ésotérique déguisé en tube pop, une tentative de cartographier l’invisible en rythmes et en images.
Le morceau touche surtout dans cette façon d’opposer une esthétique volontairement flamboyante à une quête intime de clarté. Sous les couches de production excentriques — Hunter Fortune signant une base instrumentale presque cinématographique — se cache une lutte contre la gravité des cycles : les schémas, les répétitions, les héritages karmiques qui nous tirent vers le bas. Le refrain agit comme une catharsis, un cri maquillé en ritournelle, où l’on sent le besoin urgent de s’extraire du labyrinthe, d’élever un peu le taux vibratoire de l’existence.
Écrit pendant une période d’Halloween, le titre en porte l’empreinte : un goût du dramatique, du bizarre, du surnaturel assumé. Mais plutôt qu’un simple décor gothique, Jesus The Apollo y injecte un humour mystique et une intensité émotionnelle inattendue. C’est un morceau qui joue avec les archétypes comme on manipule des cartes de tarot, pour éclairer autre chose : le chemin intérieur, l’effort de se tenir hors de la répétition, l’envie secrète de devenir plus vaste que ses limites.
The Moon Man! brille surtout par cette alliance improbable entre la pop et la métaphysique, entre l’exubérance et l’examen de conscience. Une chanson qui fait danser la tête autant que le corps, et où l’on a l’impression d’être entraîné dans un rituel extraterrestre orchestré depuis un appartement mancunien.
À la surface, c’est fun, étrange, hyper stylisé. En profondeur, c’est un appel au ré-alignement. Entre les deux, ça devient inoubliable.
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décembre 4, 2025« Un adieu sans fracas, juste cette vérité nue : parfois, choisir la solitude, c’est choisir de survivre. »
William Locks arrive avec un morceau qui ne cherche ni à plaire ni à masquer les failles. Better Off Alone s’écoute comme on ouvre une fenêtre en plein hiver : pour respirer enfin, même si l’air brûle un peu. On sent chez l’artiste de Rotterdam ce mélange d’élan fragile et de lucidité triste qu’on reconnaît chez ceux qui ont trop aimé, trop donné, trop encaissé. Chez ceux qui savent qu’un cœur, parfois, se brise pour de mauvaises raisons, mais se reconstruit pour les bonnes.
Le titre porte une mélancolie presque géographique, sculptée entre deux continents : l’Angleterre et le Nigeria. C’est là que les instruments ont pris vie, dans des studios différents mais liés par une même intention — ne rien lisser, ne rien feindre. On retrouve cette matière sonore à la fois douce et légèrement brumeuse, comme si chaque couche musicale avait été déposée avec la prudence de quelqu’un qui ne veut pas réveiller une douleur encore chaude. Il y a une vraie délicatesse dans la production : une guitare feutrée qui semble approuver chaque mot, une batterie posée comme un souffle retenu, et cette voix, surtout, ce timbre qui oscille entre aveu et abandon.
Ce qui fait la puissance de Better Off Alone, c’est son refus de produire un faux happy ending. William Locks ne raconte pas la guérison — il raconte l’instant juste avant, ce moment suspendu où l’on comprend que l’amour n’est plus un refuge mais un labyrinthe. Ce moment où l’on choisit de se sauver soi-même, même si la route est plus froide, même si personne ne nous accompagne.
On entend ce trouble dès les premières notes, cette impression que la chanson s’écrit en avançant, comme un pas hésitant sur un sol qui pourrait céder. Locks capture ce paradoxe intime : la solitude n’est pas un choix glorieux, mais elle peut être une délivrance. Il laisse planer cette phrase — peut-être la clé du morceau — comme une confession chuchotée à soi-même : peut-être que choisir la solitude est plus simple que choisir l’enfer. Il y a dans cette ligne toute la philosophie du titre : une fatigue, un recul, mais aussi une force discrète, celle de ne plus vouloir se briser pour quelqu’un.
Better Off Alone n’est pas une chanson de rupture. C’est une chanson de retrait. Une sorte de repli stratégique du cœur. Un mouvement intérieur où l’on accepte que l’amour n’est pas toujours juste, que parfois il égare plus qu’il ne guide. Locks, avec son écriture simple mais précise, réussit à faire de cette douleur un espace respirable, un endroit où l’on peut enfin poser les armes.
Ce morceau, quelque part, accompagne ceux qui ne veulent plus se mentir. Ceux qui savent que le courage ne se mesure pas à la capacité de tenir, mais à celle de lâcher. Et dans la voix de William Locks, dans sa douceur qui vacille et ses mots qui sonnent juste, on retrouve cette vérité que tant d’artistes tentent d’étouffer : être seul peut faire mal, mais se perdre à deux peut être fatal.
Better Off Alone est un refuge discret, une confession offerte, une mue silencieuse. Le genre de chanson qu’on ne découvre pas, mais qu’on reconnaît — parce qu’elle parle de nous.
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décembre 4, 2025« Une mue totale, un corps neuf façonné dans la tempête, où chaque son devient une preuve que la renaissance n’est jamais un geste doux. »
Il y a des projets qui arrivent comme des sorties d’autoroute, d’autres comme des confidences. NU CREATURE, lui, débarque comme une créature qu’on n’avait pas vue venir, visage ruisselant d’orage, souffle électrique, regard qui a trop vécu pour encore cligner. On sent tout de suite que quelque chose dépasse l’idée d’un EP : quelque chose de l’ordre du basculement, du point de rupture, de cette seconde précise où une personne cesse d’être ce que le monde attend d’elle pour devenir ce qu’elle sait qu’elle doit être.
Écouter JAY CODA, c’est entrer dans le journal intime d’une métamorphose, mais écrit à l’encre acide, sur un papier qui brûle presque entre les doigts. Elle assemble le gospel comme une pulsation ancestrale, le punk comme un réflexe de survie, l’alt-rock comme un souffle urgent, les textures électroniques comme des mirages industriels. On y entend son passé militaire, ses nuits cybernétiques, ses étreintes avec la scène alternative de Los Angeles : une mosaïque d’identités, de fractures, de tentations, toutes fondues dans un alliage sonore qui ne ressemble à personne.
Ce qui frappe dans NU CREATURE, c’est ce cœur—ce cœur lourd, tendu, vibrant—qui cogne derrière chaque mesure. Earthquake se déploie comme un tremblement du dedans, un séisme intime qui fissure l’armure avant de laisser entrer la lumière. Beam, déjà culte dans son énergie dystopique, ressemble à une prière jetée à la face d’un monde qui ne répond plus que par ses bips de machines. Red Pills mord plus fort, danse à la limite entre lucidité et vertige, comme si avaler la vérité, c’était accepter de perdre quelques illusions au passage. Firewall, lui, a ce goût métallique des barrières qu’on érige pour ne plus imploser. Et Word claque comme une dernière déclaration, un souffle debout, un serment.
C’est un disque qui respire la sueur, la poussière, la foi cabossée, la colère sacrée. Rien n’est posé par hasard : les arrangements sont des cicatrices cousues au fil chaud, les voix montent comme des vagues qui hésitent entre bénédiction et menace, les percussions marchent au pas, mais un pas libre, un pas qui refuse qu’on dicte le rythme. JAY CODA compose avec ses ombres, ses souvenirs, son ADN, sa force d’ancienne soldate et sa fragilité d’artiste qui ose enfin dire ce qu’elle n’a plus peur de ressentir.
Ce n’est pas juste une esthétique : c’est une vision intérieure projetée en plein jour. Une noirceur lumineuse, une violence tendre, une colère calme. NU CREATURE est un disque de tensions, mais surtout de résolutions. On comprend rapidement que la créature n’est pas un monstre : c’est une version augmentée, cicatrisée, férocement vivante.
Il y a quelque chose d’émouvant à voir une artiste repousser les murs de sa propre histoire pour créer un espace où elle peut respirer à nouveau — un espace où on respire avec elle. Parce que NU CREATURE, malgré sa rugosité assumée, est profondément humain, traversé de doutes, de déflagrations émotionnelles et de vérités qu’on sent arrachées au forceps.
Certains projets renforcent une trajectoire. Celui-ci en crée une autre. JAY CODA ne signe pas un EP : elle signe un manifeste. Une preuve que la renaissance n’est jamais un murmure, mais une explosion maîtrisée. Et si NU CREATURE annonce un nouvel âge, alors c’est un âge où les éclats, les cicatrices et les emportements deviennent une forme de beauté.
Un âge où survivre ne suffit plus. Il faut se recréer. Et brûler suffisamment fort pour qu’on voie la lumière depuis l’autre côté du chaos.
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décembre 4, 2025« Une confession qui danse au bord du vertige, légère comme un éclat de rire, lourde comme ce qu’on ne veut plus dire tout haut. »
Till I’m Drunk & Confused ne cherche pas à briser la façade : il cherche à percer ce qu’il y a derrière. Exzenya aurait pu écrire une ballade brisée, un slow de fin de soirée noyé sous ses propres larmes. Elle choisit au contraire le contre-pied absolu : un folk-pop lumineux, porté par un ukulélé qui claque comme une petite étincelle dans le noir, une percussion nette, précise, presque joyeuse — comme ces soirées où l’on s’efforce de donner le change, où le corps danse malgré un cœur qui bouge à peine.
La force du titre est cet équilibre fragile : musicalement, tout respire, tout flotte, tout avance avec la spontanéité d’une chanson qu’on fredonnerait en ouvrant les volets au matin. Mais sous la surface, les mots tremblent. Exzenya raconte ce moment où l’on tente de noyer la douleur dans un verre qui se vide trop vite, où l’ivresse devient un miroir déformant, où l’on rit pour ne pas reconnaître à quel point on a perdu pied. Ce n’est pas une plainte : c’est un constat lucide, presque tendre, sur la manière dont on s’effondre à petits pas.
Sa voix, volontairement nue, sans auto-tune, sans façonnage artificiel, offre une sincérité rare dans ce genre devenu souvent trop lisse. Elle chante comme on parle à soi-même dans la salle de bain d’un bar : une vérité chuchotée, un souffle qui hésite, puis une mélodie qui finit par dire ce que la bouche n’ose pas formuler. L’émotion ne s’écrase jamais ; elle s’invite par petites vagues, quelque part entre la douceur d’un Jason Mraz et la vulnérabilité d’un Noah Kahan.
Till I’m Drunk & Confused s’inscrit dans l’univers plus large de Bar Scenes & Rumors, le projet multicolore où Exzenya explore les nuits qui amusent, qui blessent, qui éclairent, qui mentent. Ici, elle choisit la zone trouble : celle où la fête bat encore, mais où l’esprit commence à vaciller, où la vérité s’immisce dans les interstices du beat, où la nostalgie se mêle à la légèreté avec une élégance déconcertante.
Il y a dans ce morceau quelque chose d’éminemment humain — peut-être parce qu’Exzenya vient à la musique après une vie entière d’expériences, d’études, de récits entendus et absorbés. À 56 ans, grand-mère, entrepreneuse chevronnée devenue artiste par conviction intime, elle chante sans artifice, sans personnage, sans masque. Elle ne maquille jamais ce qu’elle raconte : elle le transforme. Comme si la musique, chez elle, n’était pas une seconde vie, mais une manière de revisiter la première.
Le titre trouve sa vérité dans ce contraste addictif : une chanson lumineuse à propos d’une nuit sombre. Une mélodie qui sourit pendant que les mots avouent enfin ce qui fait mal. Un morceau que l’on remet parce qu’il fait du bien, même quand il vient toucher là où ça brûle.
Till I’m Drunk & Confused, malgré son apparente légèreté, dit beaucoup de choses qu’on ne dit pas : la honte d’avoir perdu quelqu’un, la maladresse des remèdes qu’on se trouve, la manière dont on se regarde enfin avec honnêteté quand l’alcool fait tomber les filtres.
Et peut-être que c’est ça, sa vraie victoire : réussir à composer une chanson qui, comme les meilleures confidences de fin de soirée, fait rire un peu, fait mal un peu, fait comprendre beaucoup.
Ce titre, ironie parfaite, donne envie d’y revenir encore, encore, encore — jusqu’à ce que la confusion s’éclaircisse, ou qu’on l’accepte comme une part naturelle du cœur humain.
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décembre 4, 2025« Un chant pour ceux qui ont failli perdre, pour ceux qui ont trop vu, et pour ceux qui savent qu’un battement de cœur peut tout faire basculer. »
Sapele (Vanity) n’est pas un single : c’est une cicatrice mise en rythme, un souvenir lourd transformé en lumière, un cri retenu trop longtemps qui finit par prendre la forme d’un morceau. Reanad y raconte un basculement intime — celui du jour où son père a frôlé la mort, et où la vie, soudain, a cessé de ressembler à ce qu’elle était. L’homme n’est pas parti, mais quelque chose en lui, oui. Et ce vide, cette déroute cognitive, ces gestes qui se perdent et cette force mentale qui se délite deviennent la matière première d’un titre qui refuse de se cacher derrière la pudeur.
La puissance du morceau réside dans cette tension : comment parler d’un être qu’on aime en train de s’effondrer, sans trahir sa dignité ? Comment dénoncer ce qui l’a blessé — l’alcool, ses abus, cette lente érosion du corps et de l’esprit — sans tomber dans le jugement ? Reanad choisit la voie la plus difficile : la vérité nue, mise à hauteur d’humain. Il chante la fragilité comme une promesse brisée, la mémoire comme un terrain instable, la mort comme une silhouette qui rôde trop près. Il met en mots la violence de voir un parent perdre son assurance, sa présence, sa souveraineté intérieure.
Musicalement, Sapele (Vanity) navigue entre introspection et gravité. On y entend un Afro-fusion minimaliste mais vibrant, un souffle mélodique qui porte la voix comme une prière qui hésite entre colère, culpabilité et résilience. Les textures sont sobres, presque spirituelles, comme si les instruments eux-mêmes retenaient leur souffle. La production laisse circuler l’air autour des mots, leur permettant de retomber avec le poids qu’ils méritent. Rien n’est superflu : tout vise à épouser l’émotion.
Ce titre s’adresse à ceux qui ont assisté à la chute d’un proche, à ceux qui se débattent avec leurs propres démons ou tentent de comprendre pourquoi l’autodestruction gagne si vite du terrain. Sapele (Vanity) n’est pas moralisateur : il observe, il ressent, il raconte. Il rappelle simplement que la disparition ne commence pas toujours par un dernier souffle — parfois, elle commence par un verre de trop, un refus d’arrêter, une habitude qui se transforme en menace.
Reanad donne aussi à son morceau une dimension presque universelle : on n’y entend pas seulement l’histoire de son père, mais celle de toutes les familles brisées par les excès, de tous ceux qui ont voulu prévenir sans être entendus. C’est un appel à ralentir, à regarder la vérité en face, à vivre autrement tant qu’il en est encore temps.
Avec ce single, il n’offre pas seulement une chanson touchante : il ouvre une conversation. Sur la mort, sur les choix, sur les regrets, sur le corps qui lâche et les liens qui se tendent. Et surtout, sur la manière dont on survit à ce que la vie nous arrache.
Sapele (Vanity) brûle lentement, profondément. Et longtemps après la dernière note, on y repense — comme à quelque chose qu’on aurait préféré ne jamais vivre, mais qu’on ne peut plus oublier.
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décembre 4, 2025« Un cœur qui crépite ne s’éteint jamais vraiment : WILDFIRE en ravive les braises avec une douceur qui consume. »
L’histoire semble familière, presque universelle : aimer encore quand l’autre a cessé depuis longtemps. Mais Angel Aoba ne raconte pas une rupture comme on raconte un souvenir — il la laisse déborder, suinter, reprendre vie dans les silences qu’on croyait éteints. WILDFIRE s’allume dans ces zones où l’émotion refuse l’extinction, où le temps ne panse rien, où l’on continue d’aimer malgré soi, malgré tout. Ce n’est pas la brûlure violente, immédiate ; c’est la braise tenace, la chaleur qui reste sous la peau des années après.
Ce single marque un vrai déplacement dans l’univers d’Angel Aoba. Là où son flow flirtait souvent avec une mélancolie plus abrasive, WILDFIRE assume une inclinaison pop, presque sentimentale, sans jamais perdre sa rugosité émotionnelle. Les beatmakers reXoul et wttyuta sculptent un décor d’une sobriété hypnotique : nappes étirées, touches trap discrètes, pulsation contenue. On y entend un espace, un vide, une pièce où quelqu’un attend encore. Angel y dépose sa voix comme on pose une main sur une blessure : délicatement, mais avec l’envie urgente que ça cesse de faire mal.
Il cite Roddy Ricch, OsamaSon, GIVEON. Ce n’est pas anodin : on retrouve chez lui ce sens du phrasé vibrant, cette manière de faire d’une mélodie un aveu et d’un aveu une ligne de fuite. Ses influences ne sont jamais mimées — elles sont absorbées, filtrées par son grain, sa retenue, son instinct de chanteur qui veut dire vrai avant de vouloir plaire. Dans WILDFIRE, la voix n’est plus reculée dans le mix, comme auparavant. Elle avance. Elle ose. Elle réclame la lumière qu’elle n’avait pas encore prise.
En enregistrant depuis sa chambre, il donne à ce morceau une intimité presque palpable. On visualise ce micro un peu bancal, la compression qu’il veut plus franche, cette volonté de placer la voix au premier plan comme un geste symbolique : reconnaître ce qu’il ressent, le dire sans détour, s’en libérer en l’amplifiant. C’est une vulnérabilité qui ne s’excuse jamais. Une fragilité sans faiblesse.
La force de WILDFIRE tient dans son équilibre : un morceau qui parle d’un amour passé mais qui sonne comme une renaissance. Ce n’est pas le récit d’un homme brisé, mais celui d’un homme qui se regarde enfin tel qu’il fut, sans honte ni nostalgie excessive. Angel Aoba transforme la douleur en matière artistique, la perte en ligne mélodique, l’obsession en lumière tamisée.
WILDFIRE n’est pas seulement un single : c’est une confession qu’on aurait voulu faire plus tôt. Une porte entrouverte sur une nouvelle version de lui-même — plus tendre, plus assumée, plus pop, mais toujours imprégnée de cette gravité qui fait la singularité de son écriture.
Un morceau pour celles et ceux qui ont déjà aimé trop longtemps, trop fort, trop seuls — et qui savent que certaines braises ne meurent qu’en musique.
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décembre 4, 2025« Une pulsation née dans une chambre étudiante peut parfois briller plus fort qu’un studio rempli de machines : Tastes So Sweet en est la preuve. »
Il y a quelque chose d’extrêmement touchant dans cette manière qu’a FRNKO de transformer la précarité matérielle en moteur créatif. Toronto comme toile de fond, une chambre universitaire comme laboratoire, BandLab comme seul outil possible, et pourtant : Tastes So Sweet sonne comme un morceau taillé pour filer sur l’autoroute à 2 h du matin, néons qui défilent, pensées qui s’étirent, corps qui respire au rythme d’un kick sincère.
Ce single n’essaie pas de se cacher derrière une esthétique surproduite. Il avance à visage découvert, fort de ses limites et de ses intuitions. C’est ce qui lui donne sa fraîcheur. FRNKO, inspiré par des figures comme Paul Schulze, John Summit ou Blair Muir, ne reprend pas leurs codes : il les absorbe. Il les condense dans un geste à la fois naïf et très moderne, celui de faire avec ce qu’on a, mais en cherchant à sonner comme ce qu’on rêve.
Tastes So Sweet commence comme un parfum qui se diffuse lentement. Une ligne vocale trouvée sur Splice, presque trop simple pour être vraie, mais qui devient hypnotique une fois enveloppée par ces nappes moelleuses et ce beat liquide. L’oreille devine l’intention avant la forme : on sent qu’il a voulu composer la bande-son de ses propres virées nocturnes, un morceau qui épouse la route, la vitesse douce, le mouvement intérieur. Ce n’est pas un track de club, ni une house grandiloquente : c’est un groove intime, un crescendo discret, une caresse électronique.
Ce qui fascine, c’est ce mélange entre l’étudiant qui bidouille et le producteur qui rêve. Chaque élément semble posé avec une prudence presque timide, mais il y a un instinct bien réel, une oreille solide, une volonté de groove qui ne trompe pas. On entend le futur dans les interstices, dans les choix encore modestes mais déjà très affirmés. Dans cette manière de laisser l’air circuler entre les textures, de construire un espace sonore qui ne cherche pas à impressionner mais à envelopper.
La citation qu’il donne résume tout : “Quand j’ai entendu le sample pour la première fois, j’ai su que je pouvais le faire goûter encore plus sucré en le produisant moi-même.” Cette phrase est le portrait brut d’un jeune producteur qui sait exactement ce qu’il veut : créer une sensation. Pas une démonstration. Pas un exercice de style.
Tastes So Sweet devient alors un premier geste aussi sincère qu’attachant, et une promesse. Celle d’un artiste qui, dès qu’il aura mis la main sur un logiciel plus robuste, pourra laisser s’exprimer pleinement ce qui frémit déjà dans ses premières productions : une sensibilité nocturne, une finesse mélodique, un sens du rythme à fleur de peau.
FRNKO compose comme on écrit un journal intime : en secret, en tremblant un peu, mais avec une envie irrépressible de laisser une trace. Et c’est précisément pour cela que Tastes So Sweet fonctionne : parce qu’on y goûte la vérité d’un début qui ne cherche pas à se survendre.
Un morceau pour celles et ceux qui roulent la nuit avec la fenêtre entrouverte, à la recherche d’un beat qui comprend mieux leurs émotions qu’eux-mêmes.
Et un nom à surveiller — de près, et très bientôt.
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décembre 4, 2025« Une chanson qui ne cherche pas le courage : elle cherche la clarté, celle qui arrive quand tout vacille et que rester fait plus mal que partir. »
Il existe des morceaux qui ne s’écrivent pas vraiment : ils s’avouent. Too Drunk To Drive appartient à cette catégorie fragile, ces chansons qui naissent dans un coin de cuisine, dans un silence plus lourd que les mots, là où quelqu’un que l’on aime finit par murmurer une vérité qu’il n’avait jamais osé formuler. Craig McMorrow a tiré ce titre d’une réalité observée de près — un ami englué dans l’ombre douce et toxique d’une relation commencée trop tôt, trop fort, trop jeune. L’âge où l’on confond la loyauté avec la peur de décevoir.
Dès les premières secondes, on est cueilli par un grain de voix qui tremble très légèrement, comme si Craig retenait encore quelque chose derrière chaque note. On entend l’Irlande dans sa gorge, un reste de folk rural qui se mélange à la soul qu’il a respirée enfant, Sinatra et The Four Tops résonnant en arrière-fond de son ADN musical. Sa manière d’articuler la douleur évoque Dermot Kennedy, mais sans l’orage permanent : ici, la tempête est intériorisée, sourde, prête à éclater seulement si on écoute vraiment.
Too Drunk To Drive n’est pas une chanson sur l’alcool. C’est une métaphore limpide : perdre son cap, conduire dans le noir émotionnel, avancer sans visibilité parce que la culpabilité brouille les panneaux. On y entend le poids du temps, le moment exact où l’on réalise que l’amour qu’on porte n’est plus l’amour qu’on vit. Le morceau ne cherche pas l’éclat : il privilégie la vérité nue, celle qui serre la gorge.
En studio à Édimbourg, sous la direction complice de Cathal Murphy, Craig a opté pour une production minimaliste mais incroyablement précise. Une guitare acoustique chaleureuse, un fond d’air presque palpable, quelques percussions qui arrivent comme des pas hésitants dans un couloir trop long. Barry O Connell, au mix, laisse respirer chaque fissure : rien n’est lissé, rien n’est poli. On entend l’être humain, pas le produit.
Cette simplicité fait toute la force du morceau. Quand Craig murmure qu’il faut partir, on comprend qu’il ne parle pas seulement à cette personne — il se parle aussi à lui-même, et à tous ceux qui un jour ont confondu le devoir avec l’amour. Too Drunk To Drive devient alors un rite de passage, une main posée sur l’épaule pour dire : c’est normal d’être perdu. C’est même nécessaire.
Depuis quelques années, Craig McMorrow cultive un songwriting profondément incarné, nourri par la folk irlandaise, la poésie de Damien Rice, la brûlure de Glen Hansard et la soul sudiste de Chris Stapleton. Son précédent titre, Hallway, montrait déjà cette capacité rare à transformer le quotidien en cinéma intime. Avec Too Drunk To Drive, il pousse plus loin encore : la vulnérabilité devient un art, un espace où tout peut être dit sans détour.
Ce titre marque une étape. Une lucidité nouvelle. Une maturité musicale et émotionnelle qui laisse entrevoir un artiste prêt à dévoiler ce qu’il a longtemps gardé sous la peau. Et c’est précisément là que Craig touche juste : il chante comme si personne n’écoutait, mais il écrit comme si tout le monde pouvait s’y reconnaître.
Une chanson pour celles et ceux qui ont déjà quitté quelqu’un plusieurs mois avant de s’en rendre compte. Pour ceux qui n’osaient plus regarder par la fenêtre en rentrant chez eux. Pour ceux qui savent que l’amour n’est pas censé étouffer.
Too Drunk To Drive, c’est la vérité de minuit, celle qu’on finit par accepter au matin.
Écouter et suivre Craig McMorrow :SoundCloud : https://soundcloud.com/craig-mc-morrowInstagram : @craigmcmorrowmusicFacebook : @craigmcmorrowmusicTwitter/X : @craigmcmorrowmusic
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décembre 4, 2025« Ache est ce moment où la douleur ne disparaît pas mais se transforme, et où l’on réalise que sentir encore… c’est déjà une forme de survie. »
Il y a des groupes qui avancent en ligne droite, et puis il y a ceux qui, comme Highroad No. 28, évoluent par secousses, par mues successives, chaque disque étant une mèche craquante qui annonce la suivante. Avec Ache, premier fragment de leur prochain album The Will to Endure, les Australiens signent l’une de leurs métamorphoses les plus saisissantes : un virage vers l’ombre, le grain nocturne, le rock qui pulse comme un souvenir impossible à éteindre.
Le morceau se suspend d’abord dans un souffle : guitare cinématique, presque spectrale, qui déroule un paysage désertique où chaque note semble retenue par une gravité nouvelle. Puis la voix surgit, blessée mais d’une précision chirurgicale, comme si chaque syllabe avait été trempée dans l’acide d’un amour perdu. On y entend cette fatigue si particulière des sentiments qui ne meurent pas, cette brûlure lente qui consume sans bruit. Pas de grand lyrisme, pas d’emphase : juste une honnêteté sèche, presque coupante.
En studio à Sing Sing, le groupe semble avoir trouvé le parfait point d’équilibre entre densité et sobriété. Les guitares ne rugissent jamais pleinement ; elles orbitent, rôdent, chargées d’électricité contenue. La basse, elle, s’enfonce profondément, traçant comme une ligne de faille émotionnelle sous les couplets. James Taplin, au mix, sculpte un espace où tout respire : un rock lourd mais jamais étouffant, tendu sans être théâtral.
On sent Highroad No. 28 chercher quelque chose de plus adulte, de plus dénudé. Là où leurs précédents projets cherchaient l’impact, Ache cherche la résonance. Le groupe renonce aux certitudes de l’alt-rock musclé pour laisser la place à un trouble plus mature, un romantisme abîmé qui tire autant du post-grunge que de la darkwave cinématographique. C’est cette nuance, cette volonté d’habiter le gris plutôt que le noir ou le blanc, qui rend le morceau aussi obsédant.
L’“ache” dont il est question n’est pas une déchirure immédiate : plutôt un fantôme. Quelque chose qui persiste au réveil, dans la lumière d’un matin que l’on voudrait oublier. La manière dont le morceau s’ouvre, respire et retombe rappelle ce moment suspendu après une rupture, quand le monde continue mais que le corps refuse encore d’y croire. Le refrain, lui, n’explose pas : il se fissure. Il tient dans la gorge, à mi-chemin entre aveu et capitulation.
Highroad No. 28 semble ici entrer dans une nouvelle ère : celle où l’endurance devient esthétique, où la vulnérabilité devient moteur, où le poids de l’émotion ne se fuit plus mais se contemple. Si The Will to Endure suit cette direction, il pourrait bien devenir l’un de ces disques charnières, les albums qui marquent un groupe autant qu’une génération d’auditeurs.
Ache ne cherche pas à panser quoi que ce soit. Il accepte. Il regarde en face. Et dans cette lucidité brûlante, dans ce tremblement maîtrisé, Highroad No. 28 atteint une intensité rare : celle des chansons qui mettent du temps à guérir, parce qu’elles touchent exactement là où ça faisait déjà mal.
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décembre 4, 2025« Une chanson pour tous ceux qui ont survécu au pire sans jamais trouver les mots : The Apostrophe leur prête enfin une voix. »
L’apostrophe, en grammaire, marque ce qui manque. Chez Francesca & The Apostrophe, elle devient carrément une théorie du corps, de la mémoire et du trauma. The Apostrophe n’est pas un simple premier single : c’est l’instant précis où une vie bascule en œuvre, où un dossier médical se transforme en indie-pop hantée, où la survie cesse d’être silencieuse pour devenir langage.
La production de Manuel Casasola laisse beaucoup d’air, comme un thorax qui réapprend à respirer après l’impact. Le morceau s’ouvre sur une fragilité presque transparente : voix à nu, proximité quasi ASMR, comme si Francesca murmurait depuis un lit d’hôpital ou un carnet de notes jamais censé être lu. Puis les drums gonflent, exactement comme ce “heartbeat” anxieux dont parle le communiqué : kick qui insiste, cymbales qui s’ouvrent, tension qui grimpe sans jamais tomber dans le pathos. L’arrangement épouse le récit intérieur d’une survivante qui connaît trop bien la frontière entre peur et rage.
Ce qui frappe, c’est ce mélange très singulier entre vulnérabilité méditerranéenne et retenue nord-européenne. On sent Lecce, le soleil plein les souvenirs, les cassettes d’enfance, le folklore et l’italo-pop dans la manière dont la mélodie cherche l’élévation. Mais le cadre sonore reste résolument londonien : indie-pop cinématographique, textures modernes, sens de l’espace et du non-dit. Adele est là en filigrane, oui, mais filtrée par une conscience très 2025 de la neurodivergence, du corps médicalisé, de la femme “réparée” qui refuse d’être réduite à ça.
Son bagage en neurosciences se ressent dans la façon dont The Apostrophe semble cartographier l’émotion : chaque section du morceau travaille une zone différente du cerveau. L’intro touche le système limbique, brut, presque animal. La montée rythmique active le corps, oblige à bouger même quand le sujet est lourd. Les lignes mélodiques, elles, restent assez simples pour laisser le texte et la voix porter l’impact : pas d’esbroufe vocale, pas de “performance” au sens spectaculaire, plutôt un vibrato qui trahit les tremblements, un grain qui laisse passer l’histoire.
Francesca écrit pour “ceux qui auraient dû être brisés”. Ça s’entend dans le refus de la perfection. Il y a des angles, des failles, des hésitations assumées. The Apostrophe ne cherche pas à lisser le chaos, mais à l’habiter. On est à mille lieues d’une pop de résilience Instagram-friendly : ici, la guérison est rugueuse, contradictoire, parfois moche — donc crédible.
Et autour du morceau, il y a déjà un écosystème : radio show, collaborations, mini-festival caritatif, engagement communautaire. On sent que Francesca ne veut pas juste “raconter sa vie”, mais ouvrir un espace où les autres survivant·e·s, neurodivergent·e·s, mères, femmes dépossédées de leur “centre de féminité” puissent déposer quelque chose.
The Apostrophe laisse la phrase en suspens, comme son signe. Mais cette fois, le vide n’est plus un trou noir : c’est un espace d’écriture. Une promesse que les prochains chapitres iront encore plus loin dans cette zone trouble où la pop devient, enfin, une forme avancée de soin.
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décembre 4, 2025« Une pulsation qui grossit, une colère qui gronde, un désir de tout renverser : HEAVY n’arrive pas pour commenter l’époque, mais pour l’ébranler. »
HEAVY ne se contente pas d’être le nouveau single de 9 o’clock Nasty : c’est un avertissement, un grondement, un signe avant-coureur d’une atmosphère qui craque. On dirait le bruit sourd d’une foule qui se resserre, la vague d’un schéma d’insurrection en train de s’écrire, ou peut-être simplement l’écho d’un monde trop pressurisé pour rester silencieux. Chez eux, protestation et plaisir se confondent, rage et groove se mélangent, comme si l’acte de danser pouvait devenir une gifle à l’inertie.
Le trio de Leicester a toujours su tordre les genres, mais ici il joue avec l’épaisseur. Après le dépouillement instinctif de Sonic, voilà qu’HEAVY se présente comme une muraille sonore : couches empilées, lignes abrasives, basse qui écrase, batterie qui martèle, et cette tension permanente qui suinte de chaque interstice. Une charge punk qui sait rester élégante, presque luxuriante dans sa violence maîtrisée, comme si le morceau roulait en montée… sans jamais perdre de vitesse.
Ce qui frappe, c’est cette façon que 9 o’clock Nasty a de manier le chaos comme d’autres écrivent des ballades : avec précision, humour noir et une conscience aiguë de l’état du monde. Leur musique a toujours porté en elle une ironie brûlante, une manière de tourner la satire en scalpel, mais HEAVY laisse filtrer un autre courant, plus direct, plus viscéral. On entend la rue, l’agitation, le besoin physique de faire bouger quelque chose – ou quelqu’un.
Le morceau aurait pu n’être qu’un slogan, un drapeau brandi trop vite. Mais il existe par son double mouvement : celui du corps, plongé dans un groove qui avale tout, et celui de l’esprit, happé par cette urgence qui ne dit pas son nom. Ce n’est pas un hymne à la révolution. C’est la sensation de la révolution avant qu’elle n’éclate, cet instant où la foule se tait d’un coup, où l’air devient lourd, et où tout est possible – le meilleur comme le pire.
Cela fait des années que 9 o’clock Nasty refuse de rentrer dans les cases : garage rock abrasif, hip-hop punkifié, disco détraqué, satire sociale sous amphétamines… Leur prochain album Chaos, annoncé pour mars, promettait déjà de mordre. HEAVY en est la preuve anticipée : une pièce qui avance comme un bulldozer stylé, un titre qui n’a pas besoin de hurler pour prendre toute la place.
Le monde étiquette, aligne, catégorise. Eux montent le volume et renversent la table. Et au passage, rappellent que parfois, danser est l’acte le plus subversif qui soit.
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décembre 3, 2025« Une ascension en plein désert, où la lumière hypnotise mais où chaque néon rappelle que la réussite est une dette qu’on finit toujours par payer. »
Gloire & Dollars n’a rien d’un morceau de célébration. C’est une scission. Une ligne qui se fend entre ce que Mitch a été et ce qu’il est en train de devenir. On le sent dès les premières secondes : une tension maîtrisée, une détermination qui ne cherche plus à plaire, une lucidité qui a perdu ses illusions mais pas son courage. Ce n’est pas un hymne à la réussite ; c’est un rapport d’autopsie dressé par quelqu’un qui a appris que chaque victoire a son revers et que l’ascension peut ressembler à une charge, une pression, une mise à nu.
Depuis ses premiers titres, Mitch écrit comme on respire, avec précision et sans décor superflu. Mais dans Gloire & Dollars, quelque chose a glissé. Une densité nouvelle, une façon de poser qui semble taillée au scalpel, presque clinique, comme s’il observait sa propre trajectoire depuis l’extérieur. On sent un homme qui a connu les étiquettes, les attentes, les catalogages, et qui décide désormais de se tenir en dehors de ces cadres. Pas par posture, mais par nécessité.
Ce morceau semble naître d’un constat intime : la gloire est un terrain instable, et l’argent un miroir déformant où l’on finit par se perdre si l’on ne garde pas l’œil fixé sur ce qui compte réellement. Pourtant, au lieu de se cacher derrière un discours moralisateur ou fataliste, Mitch opte pour une écriture qui avance en équilibre, quelque part entre lucidité crue et désir de s’en sortir.
Ce qui frappe surtout, c’est sa capacité à transformer la gravité en mouvement. Gloire & Dollars n’est pas un cri, pas une plainte, pas un règlement de comptes. C’est un souffle. Un souffle qui dit : je vois ce que le monde attend de moi, je vois ce que le monde coûte, mais je refuse de me laisser avaler. Une forme d’insoumission calme, presque philosophique, traversée par cette énergie propre aux artistes qui savent que tout peut basculer d’un instant à l’autre.
Mitch ne se contente pas d’évoluer. Il s’étire, il se défait, il se redéfinit. Et dans cette transformation, quelque chose de rare apparaît : un artiste qui ne cherche pas à devenir plus grand, mais plus vrai. Gloire & Dollars n’annonce pas une nouvelle ère parce que le son change, mais parce que l’homme derrière le son a changé.
Et cette vérité-là, on ne peut pas la fabriquer. On la traverse. On la paie. On la porte.
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décembre 3, 2025« Un uppercut trap où Pompeii transforme la paranoïa urbaine en moteur de survie — un morceau qui frappe, fend le décor et laisse derrière lui une traînée de feu et de lucidité. »
Say That rugit comme un moteur froid qu’on relance au milieu de la nuit, quand tout le monde dort sauf ceux qui triment. Pompeii The Hustla arrive avec cette énergie brute, presque minérale, qui rappelle que le hustle n’est pas qu’une posture, mais une manière de tenir debout quand l’air devient toxique. On sent la rue, la fatigue, les yeux qui surveillent, les présences ambiguës — mais on sent surtout une volonté de fer qui refuse de plier.
Le morceau est construit sur une architecture trap limpide mais affûtée comme une lame : 808 massives qui vibrent dans la cage thoracique, hi-hats acérés qui ciselent le tempo, ligne mélodique minimaliste qui crée un espace où la voix peut devenir une arme. La prod ne cherche pas le clinquant, elle cherche le tranchant. Et Pompeii s’y glisse avec une aisance presque intimidante.
Sa voix n’est pas agressive pour faire joli : elle porte la tension de quelqu’un qui a trop observé l’envie, la jalousie, la comédie humaine. Le timbre est dense, texturé, habité. Il raconte un monde où chaque poignée de main peut être piégée, où chaque sourire peut masquer une envie de te voir chuter. Say That devient alors un rituel d’exorcisme : « parle si tu veux parler, moi je sais où je vais ». Pas besoin d’élever le ton, la détermination suffit à faire trembler le décor.
L’écriture joue subtilement sur le mélange entre vigilance et motivation. Pompeii parle à son audience comme un mentor de terrain, quelqu’un qui connaît la valeur de l’effort, de la solitude, du focus. Le morceau est un anti-venin contre l’énergie négative, un manifeste où le hustle n’est pas glorifié mais assumé comme une nécessité. Dans le deuxième couplet — son préféré, dit-il — il lâche la bride, accélère, se densifie. On sent l’urgence, la vitesse, la certitude de quelqu’un qui a déjà trop sacrifié pour reculer maintenant.
Il y a dans Say That une modernité instinctive : un mix de trap pure, de pop-rap accessible, d’un soupçon de cloud-hop dans certaines inflexions mélodiques. Pompeii navigue avec une fluidité qui rappelle les artistes capables de transformer le vécu brut en carburant émotionnel. On distingue ses influences, mais surtout son angle : ce mélange d’imagerie impériale — modèle Pompeii, Rome contre le monde — et d’authenticité de rue qui rend sa proposition unique.
Au-delà du son, c’est une attitude. Une posture. Un refus de laisser la négativité dicter la trajectoire. Say That n’est pas un simple banger ; c’est une déclaration de souveraineté personnelle.
Pompeii ne raconte pas le hustle : il l’incarne. Et dans ce morceau, il signe un chapitre incandescent d’un empire qui ne cesse de s’agrandir.
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décembre 3, 2025« Un retour incandescent où l’élégance new wave flirte avec un groove nocturne, porté par une voix qui revient d’un long silence comme on revient d’un exil intérieur. »
Ultralight ondule d’abord comme un mirage en pleine nuit, une silhouette qui se reforme à contre-jour après huit années de retrait scénique. Kristoffer Grip n’écrit pas seulement une nouvelle chanson : il ressuscite une persona qu’il avait laissée sur scène, presque abandonnée comme un masque trop lourd à porter. Et la retrouver aujourd’hui, c’est assister à une réincarnation furieusement moderne : plus sensuelle, plus obscure, mais étrangement plus libre.
Il y a dans la production ce velours électrique qui rappelle les heures les plus funky de Bowie période Let’s Dance, saupoudré de cette décadence très Roxy Music, suave et légèrement toxique. Le morceau avance avec un pas assuré, presque félin, sculpté par un beat alternatif qui pulse comme une artère brillante sous la peau. C’est dans ce mouvement que Grip cherche son équilibre : un point de gravité entre lumière éclatante et obscurité épaisse, entre élégance ironique et douleur retenue.
La voix, elle, porte l’expérience d’un silence long comme un hiver scandinave. Le timbre est plus charnel qu’à l’époque Agent Side Grinder, moins mécanique, plus humain — un organe qui craque, qui doute, mais qui mord encore. On entend la poussière des routes intérieures, celles qu’on traverse seul, et l’élan encore fragile d’un artiste qui s’avoue vivant avec une sincérité rare. Grip chante comme on confesse un secret : sans fracas mais sans détour.
Ultralight n’est jamais nostalgique. Le morceau est imprégné de références — un éclat de Nick Cave dans la façon de s’accrocher au groove, une ombre de Pulp dans le déhanchement presque disco — mais rien ici n’est pastiche. Tout respire la réappropriation. La production, signée dans la continuité de son premier single solo, glisse des textures synthétiques fines, presque liquides, qui enveloppent la guitare dans un halo nocturne. On traverse une ville imaginaire où les néons se reflètent sur les flaques, où chaque pas fait naître une tension délicieuse.
Techniquement, Ultralight joue la retenue. Pas d’explosion inutile : plutôt une montée en intensité qui se construit par strates, par respirations, par nuances. Les arrangements sont maîtrisés, presque cinématographiques, avec ce sens du détail qui trahit un passé dans la scène post-punk européenne. Grip n’a rien perdu de sa capacité à créer un univers en quelques accords : un monde intérieur, mélancolique, mais gorgé de désir.
Au fond, Ultralight est un autoportrait. Celui d’un homme revenu de tout, mais prêt à danser encore. Celui d’un artiste qui renoue avec son propre feu en marchant sur un fil tendu entre deux abîmes. Et dans cette marche, il retrouve une intensité qu’aucun silence ne pourra plus étouffer.
Un retour classe, animal, profondément habité. Kristoffer Grip n’est pas juste revenu : il brille à nouveau, de cette lumière trouble qui appartient aux survivants.
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décembre 3, 2025Un hymne feutré pour tous ceux qui préfèrent s’effacer plutôt que se briser, entre mélancolie numérique et rap qui respire l’hyper-sensibilité moderne.
Go Ghost ressemble à une fuite lente dans un couloir sans lumière, mais une fuite choisie, presque tendre. Izaiah Karter ne parle pas d’évasion pour le style : il documente ce moment précis où l’introversion devient refuge, où se retirer du monde n’est plus faiblesse mais stratégie de préservation. Le morceau glisse comme une vapeur froide, mêlant rap intime, pop cristalline et une sensibilité emo qui capte le pouls fragile d’une génération saturée.
La production est volontairement minimale, mais jamais vide. Quelques accords nappés comme un voile, une 808 qui bat à peine plus vite qu’un cœur sur la défensive, des touches synthétiques qui ressemblent à des notifications qu’on refuse d’ouvrir. Le beat flotte plutôt qu’il n’avance, créant ce drôle d’état suspendu — un entre-deux où tout pourrait basculer, mais où rien ne presse. On se surprend à respirer avec lui, à se recentrer dans la même vibration introvertie.
La voix d’Izaiah serpente entre confidence et retrait. Elle n’impose rien, elle avoue. Son flow s’inscrit dans un héritage cloud-rap et emo hip-hop, héritage où Kid Cudi a appris au monde que la vulnérabilité pouvait frapper plus fort qu’un banger. Mais son timbre, lui, porte autre chose : un calme lucide, un refus de surjouer la souffrance. Chaque ligne tombe comme une pensée qu’on n’avait pas prévue mais qu’on reconnaît aussitôt. Il détaille le besoin de disparaître, non pas pour manipuler, mais pour respirer hors du chaos social — un thème si rarement abordé sans caricature que l’honnêteté fait presque mal.
Go Ghost raconte surtout une topographie intérieure : l’espace mental d’un introverti qui jongle entre loyauté et solitude, entre désir de connexion et besoin d’effacement. C’est un morceau qui n’explique pas — il laisse ressentir. On imagine les nuits où les écrans deviennent trop brillants, les messages trop lourds, les regards trop bruyants. Alors Izaiah se retire, coupe tout, devient un murmure. Et paradoxalement, c’est là qu’il est le plus présent.
Techniquement, la prod est fine, très contemporaine, avec un goût pudiquement mainstream rappelant Charlie Puth dans le soin mélodique, mais sans jamais céder au clinquant. On retrouve cette esthétique Blackbear dans le mélange douceur/assurance, mais ici dépouillée de toute arrogance. C’est émotionnel, mais propre. Mélancolique, mais pas noyé.
Go Ghost est une lettre ouverte aux invisibles volontaires, à ceux qui préfèrent s’effacer pour renaître plus tard. Un morceau discret mais profondément nécessaire, qui parvient à transformer le retrait en affirmation de soi. Izaiah Karter ne disparaît pas : il s’affirme en silence, et c’est peut-être sa plus grande force.
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décembre 3, 2025Une décharge de post-grunge moderne où la douleur devient moteur, la fureur devient lumière, et chaque riff ouvre un passage vers la survie.
Rise Through The Weight ne cherche pas l’élégance : il s’avance d’abord comme une masse, un bloc de granite lancé dans la poitrine, avant de se fissurer pour révéler un cœur incandescent. Beneath The Madness cultive ce genre de tension, ce mélange précis entre rage contenue et mélodie blessée, héritage direct des années où le post-grunge servait de refuge à ceux qui ne trouvaient plus d’air. Mais ici, la formule n’est pas recyclée : elle est actualisée, affûtée, presque cinématographique dans la façon dont le groupe transforme les cicatrices en propulsion.
Le morceau débute comme un réveil brutal. Une guitare lourde, taillée dans l’urgence, avance en larges strates, suivie d’une batterie qui ne frappe pas pour faire joli, mais pour ancrer le corps au sol. À mesure que la voix surgit, rugueuse mais terriblement humaine, un panorama s’ouvre : on entend la lassitude, on entend le poids, mais surtout ce moment fragile où l’on décide de ne plus s’effondrer. La voix porte cette vibration-là, ce frémissement d’un être qui n’était pas censé se relever mais le fait quand même.
La structure du morceau suit une logique d’ascension étouffée. Le couplet retient tout, serre les poings, refuse le débordement. Puis le refrain lâche enfin les vannes — mais sans emphase artificielle. Il ressemble davantage à un souffle retrouvé après trop de temps sous l’eau. C’est dans cette retenue que le groupe trouve sa singularité : la puissance n’est jamais démonstrative, elle est vécue, presque involontaire. On pense à Shinedown ou 3 Doors Down pour l’efficacité mélodique, mais Beneath The Madness ajoute une densité européenne, une âpreté plus froide, plus directe, qui rend le propos encore plus tangible.
Le riff principal avance comme une marche vers quelque chose de plus grand que soi. La basse, discrète mais insistante, renforce cette impression d’élan permanent. Tout semble converger vers un même point : faire sentir la lourdeur du monde, puis le moment où cette lourdeur cesse de gagner.
Rise Through The Weight n’est pas seulement un premier single : c’est une profession de foi. Une déclaration venue de Slovénie mais adressée à quiconque connaît les nuits où la tête tombe trop bas. Le groupe construit un espace où l’on peut être vulnérable sans perdre sa force, où la colère devient carburant plutôt que prison.
Une chose est sûre : sous le poids, Beneath The Madness ne s’écrase pas. Ils sculptent. Ils avancent. Et s’ils continuent à transformer la gravité en montée, Rise Through The Weight ne sera que le premier coup de semonce d’une identité déjà trop claire pour rester dans l’ombre.
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décembre 3, 2025Un tourbillon de personnalité et de désir, mêlant culture Desi, effronterie pop et pulsation globale dans un même souffle incandescent.
LASSI n’entre pas dans la pièce : il déborde, se renverse, s’ouvre comme un sourire trop franc, trop large, trop assumé pour chercher la perfection. RIDI façonne sa pop comme on mélange un cocktail couleur mangue : en renversant les doses, en refusant la douceur docile, en laissant la chaleur prendre le dessus. Le morceau glisse d’emblée avec cette allure désinvolte d’artiste qui ne s’excuse plus de briller, qui amalgame sa part londonienne et ses racines indiennes dans un mouvement spontané, presque instinctif, comme si la musique savait avant elle où aller.
La production défie les frontières : dance-pop taillée pour les nuits qui ne demandent rien d’autre qu’un corps prêt à frémir, ponctuée de frissons Desi qui apportent un supplément d’âme. Des percussions qui claquent comme un clin d’œil, un beat qui trace une route vers le plaisir immédiat, des synthés étincelants qui étirent le morceau vers le futur. Ce n’est pas un exotisme plaqué, c’est un tissu organique où chaque détail rattrape l’autre, comme un sari traversé de lumières électroniques.
RIDI navigue au-dessus avec une voix qui joue, qui pique, qui séduit. Elle parle comme on improvise : une insolence tendre, un flirte assumé, ce mélange délicieux de distance et de présence qui n’appartient qu’aux artistes qui connaissent leur valeur sans jamais la gueuler. Son flow bascule entre un sourire à peine contenu et une confiance presque dansante, rappelant à quel point la pop peut être un espace de liberté quand elle cesse de vouloir être polie.
Le moment où elle replonge dans l’hindi bouleverse subtilement le paysage du morceau. Le changement est infime, presque intime, comme si on entrait dans une pièce où les murs respirent une autre langue. Ce passage n’est pas décoratif : il recentre, il relie, il affirme que la pop mondiale peut vibrer sans se blanchir, que l’identité ne doit pas être lissée pour devenir universelle.
LASSI ressemble à une fuite joyeuse, une célébration qui refuse le sérieux, un acte de présence. Mais sous cette légèreté se cache une artiste qui joue déjà dans une autre catégorie : RIDI pense global, chante en fragments multilingues, revendique sa féminité sans concession et refuse de choisir entre ses mondes.
Le résultat : un track qui éclabousse tout sur son passage, un hymne hédoniste qui respire la maturité d’une génération qui n’attend plus le feu vert pour exister. Une pop qui pétille, qui griffe gentiment, qui s’approprie l’espace comme un droit naturel.
LASSI donne envie de danser, oui — mais il donne surtout envie de voir jusqu’où RIDI est prête à aller pour exploser les cadres. Et cette promesse-là est peut-être la plus belle des ivresses.
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décembre 3, 2025Il y a des chansons qui sonnent comme des portes qu’on claque. Away Away Away n’en fait pas partie. Livingmore, aujourd’hui transplanté du soleil permanent de Los Angeles aux ombres mouvantes de Kyoto, signe un titre qui ne parle pas de partir — mais de s’effacer doucement, comme on se décolle d’un monde trop lourd pour respirer dedans. C’est un morceau-échappée, un rêve lucide qui ne cherche pas la fuite spectaculaire mais la distance nécessaire, ce minuscule interstice où l’on peut enfin se retrouver.
La première seconde dit déjà tout : un riff clair, filaire, presque phosphorescent, qui évoque The Cardigans période power-pop ou les élans cristallins de The New Pornographers. Une énergie lumineuse mais jamais bruyante, un mouvement qui entraîne sans vraiment brusquer. Livingmore maîtrise ce mélange rare : l’élan indie rock doublé d’une douceur presque cinématographique, un sound design qui donne l’impression de marcher dans une ville étrangère au petit matin, encore jetlagué, encore ailleurs.
La batterie avance en battements réguliers, comme une route qui refuse les virages inutiles. La voix — fidèle à l’identité du duo — porte cette nonchalance élégante, cette façon de chanter les blessures en demi-air. Elle s’accroche à des lignes simples mais évocatrices, des mots qui n’en disent jamais trop mais laissent deviner un tumulte intérieur, cette envie de disparaître juste assez pour ne pas sombrer. Escaping reality, comme le dit le groupe, mais avec cette nuance que seul Livingmore sait trouver : la fuite n’est pas un renoncement, plutôt une réinvention.
Et puis il y a Kyoto, même quand elle n’est pas nommée. On entend ses ruelles silencieuses dans les accords suspendus, ses néons discrets dans les synthés pastel, son rythme urbain qui ne ressemble à rien de ce que la West Coast a pu leur offrir. Livingmore a toujours eu un sens instinctif de la nostalgie — mais ici, quelque chose a changé : le passé n’est plus un lieu où l’on retourne, c’est une lumière qu’on laisse derrière soi en avançant.
Away Away Away s’impose comme une carte postale à soi-même, envoyée depuis un lieu où l’on n’a jamais vraiment été, mais que l’on reconnaît pourtant. Une chanson qui danse entre plusieurs époques — l’éclat power-pop des années 90, la douceur indie rock moderne, le grain synthétique presque rétro — et qui trouve sa vérité dans cet entre-deux, à la fois vif et mélancolique.
Livingmore signe ici un titre qui ne fait pas seulement voyager : il déplace. Il décale les émotions, ouvre un sas dans la réalité, offre une respiration longue et chaude. Une chanson pour les nuits où l’on rêve de disparaître sans s’effondrer, pour les matins où l’on veut juste mettre un peu de distance entre soi et le monde. Une pop de fuite, mais une fuite élégante, lumineuse, presque nécessaire.
Un morceau qui ne demande qu’une chose : qu’on le suive — away, away, away.
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décembre 3, 2025« Une lettre au Père Noël qu’on enverrait en plein soleil : légère, mutine, et étrangement touchante. »
Il existe des chansons de Noël qui sentent le pin, la cannelle et les plaids trop lourds. Et puis il y a Dear Santa, cette comète pop signée Navi Fox qui traverse la saison froide comme une échappée lumineuse — un Christmas banger qui préfère les cocktails ananas-glaçons aux chocolats chauds, la plage aux cheminées, l’audace au sentimentalisme préfabriqué. C’est un morceau qui réinvente la tradition sans la renier, un sourire envoyé au Père Noël avec l’insolence tendre de quelqu’un qui sait avoir déconné mais qui mise, encore une fois, sur le charme pour se faire pardonner.
La magie opère dès les premières mesures : un souffle tropical house, souple et scintillant, s’entrelace avec des guitares country-pop qui donnent au morceau cette chaleur organique, presque sudiste, comme si la confession se faisait sur une véranda ensoleillée. Navi Fox y injecte une joie instinctive, une désinvolture calibrée qui n’éteint jamais l’émotion. Il joue l’équilibriste — entre la lumière des fêtes et l’aveu d’un type qui se sait “un peu naughty”, entre le groove électronique et la sincérité pop.
La production est un petit bijou de contraste maîtrisé : un beat dance-pop taillé pour faire fondre le givre, un scintillement EDM qui évoque les guirlandes passées à travers un prisme futuriste, des touches de guitare qui gardent l’ensemble intime, parfois presque acoustique dans l’esprit. Ce mélange, improbable sur le papier, fonctionne avec une fluidité déconcertante. On y entend des échos de Kygo qui aurait grandi au Texas, de Jonas Brothers qui auraient troqué les bonnets rouges pour des santiags, ou d’un Noël Netflix version remix tropical.
Mais au-delà du style, Dear Santa repose sur un cœur : une confession douce-amère, celle d’un mec qui ne demande finalement pas de cadeaux, pas de miracles emballés — seulement la chance de garder celle qui transforme son année en quelque chose d’un peu plus supportable, un peu plus magique. C’est un aveu tendre, presque adolescent, porté par une écriture simple mais jamais simpliste. On y sent le clin d’œil, la maladresse, la vulnérabilité — ce combo irrésistible qui transforme la pop légère en petite histoire universelle.
Navi Fox signe ici un instantané festif qui a tout pour devenir l’un de ces morceaux qu’on rejoue bien après décembre : trop catchy pour rester dans une boîte, trop lumineux pour n’appartenir qu’à une saison. Dear Santa est une lettre perdue dans l’air chaud, un aveu en demi-sourire, un morceau qui danse parce qu’il n’ose pas trop pleurer — un genre de rituel moderne, presque sacré, pour traverser les fêtes avec panache.
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décembre 3, 2025« On ne tente pas d’oublier quelqu’un — on tente d’oublier la version de soi qui a aimé trop fort. »
Erase Her Name ressemble à une photographie tremblée retrouvée dans une boîte qu’on avait juré de ne plus ouvrir : un fragment de soi revenu hanter la lumière. Piergiorgio Corallo, artiste italien qui pense la musique comme on sculpte la matière, signe ici un moment de post-alt-rock abrasif et fragile, un morceau qui respire comme une plaie encore tiède.
La première secousse vient des guitares : râpeuses, déterminées, elles avancent en ligne droite, comme si elles poursuivaient une vérité qu’elles ne peuvent plus nier. La basse, elle, répète inlassablement son motif — un battement obstiné, presque rituel, qui évoque la façon dont les souvenirs reviennent, encore et encore, sous les mêmes formes. Autour, les synthés glissent comme une vapeur métallique, un souffle de machine dans un décor humain. Ce n’est pas un morceau qui veut séduire : c’est un morceau qui veut dire la vérité.
Corallo parle d’un « effondrement qui n’arrive jamais vraiment ». Et c’est exactement ce qui s’entend : tout menace de s’écrouler mais se maintient dans un équilibre instable, comme une façade fissurée qui refuse pourtant de céder. Le son n’est pas poli. Il est granuleux, urbain, animé de ce tremblement qui donne l’impression qu’on écoute une confession captée dans un studio trop étroit, trop intime.
Ce qui frappe le plus, c’est la dimension visuelle de sa musique. On sent derrière Erase Her Name l’œil du plasticien : chaque texture est pensée comme un geste de peinture, chaque silence comme un morceau de matière qu’on retire pour mieux laisser affleurer la forme. Le morceau avance par couches : gratter, retirer, resserrer. Un art du minimalisme émotionnel où même la voix semble suspendue dans un paysage de béton et de souvenirs.
Le récit derrière le morceau ajoute une profondeur inattendue. Corallo ne cherche pas à effacer une femme — mais à effacer l’homme qu’il était auprès d’elle. Cette nuance bouleverse tout : Erase Her Name devient alors un rituel d’autodissolution, une tentative d’extraction de soi hors d’un amour qui a laissé trop de traces. On y entend le vertige de vouloir renaître sans renier ce qui nous a façonnés.
Ce morceau n’offre aucune catharsis simple. Il laisse les portes entrouvertes, la tension vivante, le passé encore tiède. Il choisit l’honnêteté plutôt que la consolation. Et c’est précisément cette instabilité, ce refus du confort, qui fait de Erase Her Name un titre aussi puissant : une pièce alt-rock post-industrielle où le cœur bat sous le métal.
Piergiorgio Corallo signe un premier geste d’une rare maîtrise, un morceau qui se tient entre effondrement et renaissance, entre mémoire et disparition — un rappel que les noms ne s’effacent jamais vraiment, mais que la musique peut apprendre à cohabiter avec leurs fantômes.
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décembre 3, 2025« Un cyborg violet-chocolat qui ramène le groove à hauteur de peau — voilà comment renaît la nuit. »
Sous son alias de laboratoire futuriste, Robo The Chemist pourrait facilement glisser dans la caricature tech, mais Dance Floor Lover déjoue les attentes : ce n’est pas un morceau pensé par une machine, mais une sucrerie house old-school, brillante et charnelle, conçue pour les corps qui connaissent l’art du deux-pas autant que celui du lâcher-prise. On y retrouve la nostalgie des clubs new-yorkais des années 80, le nu-disco fluide qui scintille sous les lasers, et ce grain irrésistible des productions qui aiment autant la sueur que la sophistication.
Dès les premières secondes, une basse veloutée s’enroule autour des hanches, tandis qu’une guitare disco — fine comme un rayon de lumière — trace la trajectoire d’un groove calibré pour les nuits mûres, celles où l’on danse avec l’assurance de ceux qui n’ont plus rien à prouver. Le beat est simple, hypnotique, servi chaud : un piège à sourires, un moteur à flirt. On sent l’amour de Robo pour la tradition house, cette manière de laisser les boucles respirer, de faire naître la tension par l’insistance plutôt que par la surenchère.
Ce qui fascine, c’est la manière dont Robo The Chemist mélange ses deux mondes : l’algorithmique et l’organique. On devine sous les strates les micro-variations, les séquences générées par son attirail IA, mais il les sculpte comme un artisan qui retouche chaque détail à la main. Le résultat n’est pas futuriste au sens froid — il est futuriste comme pouvait l’être Daft Punk à leurs débuts : une projection du passé dans un demain idéalisé, un club où les néons ne clignotent que pour célébrer la joie.
Dans Dance Floor Lover, Robo revendique un plaisir sans cynisme, un retour à une sensualité simple et directe. Le morceau a ce charme old-school que possèdent les classiques de Larry Levan ou Patrice Rushen, mais recontextualisé pour une génération qui consomme le groove en accéléré, sans jamais renoncer à son instinct premier : danser pour se souvenir de ce qu’elle ressent.
Et puis il y a cette intention, subtile mais palpable : offrir une place « aux grown and sexy », à toutes celles et ceux pour qui la piste de danse n’est pas un podium mais un refuge. Robo The Chemist signe un titre qui n’a pas peur d’être smooth, assumé, chic sans être figé. Un morceau qui respire la simplicité intelligente, la chaleur programmée, la nuit qui s’étire sans fin.
On en ressort léger, presque euphorique — comme si un robot avait enfin compris ce que signifie tomber amoureux d’un dancefloor.
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décembre 3, 2025« Une montée de sucre, de peau et de lumière — comme si la nuit avait décidé de danser pour toi. »
Candy Shop n’est pas un simple titre funky : c’est un manège sensoriel, un tourbillon nu-disco où l’énergie pop explose comme une boule à facettes trop pleine de lumière. Naesh y déploie un savoir-faire rare : celui de réactiver l’héritage des années 80 — ses basslines élastiques, ses synthés au bord de l’orgasme, ses gimmicks irrésistibles — en y injectant un savoir-faire vocal qui puise autant chez MJ que chez Bruno Mars ou Charlie Wilson. Le résultat glisse, pulse, scintille. Ça déborde de plaisir.
Après quelques secondes, le décor est planté : un hook qui claque comme une invitation, un beat taillé pour les hanches, une production qui respire la maîtrise des codes funk tout en s’amusant à en tordre les angles. Naesh ne joue pas la carte vintage au premier degré — il mélange nostalgie et modernité avec une fluidité presque insolente, comme si le temps n’était qu’un décor à éclairer.
Le morceau fonctionne comme un feu d’artifice progressif : chaque section ajoute une dose d’intensité, un détail instrumental qui accroche, un souffle de voix qui feutre l’ambiance. Et quand les sections entre 0:33–1:06 et 2:11–2:45 s’ouvrent, on a cette impression délicieuse que le titre se déploie vraiment — la basse chaloupe plus profond, la rythmique devient un trampoline d’énergie, et la voix de Naesh prend une ampleur presque performative. Il chante avec le sourire, mais un sourire chargé de désir.
Ce Candy Shop, c’est moins une boutique qu’un rituel : celui du flirt, du fun assumé, de la sensualité pop qui ne rougit jamais d’être lumineuse. Naesh ne cherche pas la provoc, il cherche le groove, et c’est là tout son charme. La sensualité passe par le rythme, l’euphorie par le chant, l’attitude par la précision. On danse avant même que la tête comprenne pourquoi.
Ce qui m’a frappée, au-delà de l’efficacité immédiate, c’est la générosité du morceau. Pas de cynisme, pas de second degré forcé : juste un artiste qui veut faire du bien, offrir du sourire, pousser les corps à se souvenir du plaisir simple d’un beat bien balancé. Candy Shop a ce parfum de tubes qui traversent les époques parce qu’ils parlent à l’instinct, pas à la posture.
Une pop qui rayonne, un funk qui respire, un artiste qui assume le glamour, la chaleur et la joie. Oui, Naesh ouvre sa Candy Shop, et honnêtement, on y retournerait bien tous les soirs.
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décembre 3, 2025« Une pulsation de désir avec l’arrogance d’un déhanché assumé — le retour du charme, du cran et du fun dans un hip-hop qui avait oublié comment flirter. »
Throw Sauce On It arrive avec cette étincelle qu’on croyait perdue : une masculinité décomplexée, ludique, sensuelle, presque old-school dans ses intentions, mais propulsée par une production indie dance brillante comme un néon neuf. White Disguise signe ici un morceau qui transpire la confiance, pas celle qui hurle, mais celle qui glisse — celle des mecs qui sourient avant de frapper un punchline, celle des corps qui se parlent sans mots.
J’ai ressenti ce morceau comme un ride de nuit dans une ville chaude, fenêtres ouvertes, odeur d’essence et de parfum qui s’entremêlent, rythmes qui rebondissent contre les façades. La prod, mi-pop rap, mi-dance floor, oscille entre un beat rond inspiré des classiques hip-hop des 90s et une modernité plus nerveuse, presque dopamine-core. C’est un son qui ne cherche pas la complexité : il cherche la sensation, l’impact, la chaleur qui remonte la colonne vertébrale.
Il y a dans la voix de White Disguise une assurance presque cinématographique. Ce n’est pas de l’agressivité : c’est de l’attitude. Le timbre est ludique, un brin provocateur, mais porté par une précision rythmique qui trahit un vrai sens du flow. On sent la nostalgie des rappeurs charmeurs — ceux qui savaient transformer une punchline en clin d’œil. C’est cette école-là, mais revue avec une fraîcheur pop, une cadence plus lumineuse, presque dansante.
La structure du morceau joue comme un petit piège : on pense que ça va rester sage, puis le refrain s’ouvre, irrésistible, presque trop catchy pour être honnête. Les synthés glissent comme des doigts sur une peau, les basses cognent juste assez, jamais trop. L’ensemble devient une célébration du flirt, du fun, du charnel — loin du cynisme, loin du grandiloquent, juste un morceau qui groove avec évidence.
Ce que je trouve marquant, c’est son refus du dramatique. À l’heure où beaucoup de titres rap-pop se gavent d’introspection ou de rage, Throw Sauce On It choisit la sensualité, l’insolence, la danse. Une masculinité qui ne rugit pas, qui séduit. Une énergie suave, presque tactile.
Le titre porte bien son nom : ça sauce, ça glisse, ça brille. Et surtout, ça fait du bien. Une parenthèse de chaleur au milieu d’un paysage qui, parfois, oublie que le hip-hop peut encore sourire, séduire, faire bouger sans s’excuser. Une dose de fun maîtrisé, servie avec un clin d’œil et un beat qui refuse de sortir de la tête.
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décembre 3, 2025« Une danse électrique sous un néon qui clignote, où chaque pulsation devient une question : qu’est-ce qu’on nous vend quand on nous parle d’authenticité ? »
Le nouveau single de Sliims n’a rien d’un pamphlet déguisé : c’est une incision nette, presque chirurgicale, dans le ventre mou d’un système qui préfère ses citoyens dociles, distraits, bien rangés dans leurs flux et contre-flux. Authentic est une claque sonique, mais une claque froide — celle qui ne brûle pas, qui réveille.
Le duo londonien, façonné par l’amitié d’enfance mais animé par deux instincts contraires — l’un fiévreux, presque paranoïaque, l’autre méthodique et scalpel en main — construit ici un morceau où la tension n’est jamais relâchée. On sent la filiation : l’arrogance élégante de New Order, la nervosité de Joy Division, l’indiscipline de Warmduscher, les couches abrasives de Young Fathers. Et pourtant, Authentic n’imite personne. Il avance comme une créature mutante, mi-synthétique mi-humaine, inspirée par la rue, la surveillance, les écrans qui clignotent et les silences lourds des portes fermées.
J’ai ressenti ce morceau comme une marche dans Londres à 3h du matin : trottoirs humides, auberges encore ouvertes, silhouettes qui ne regardent jamais vraiment en face. La basse pulse comme une veine trop tendue, les synthés shoegaze construisent un halo menaçant, et la voix de Louie — nerveuse, presque théâtrale — ressemble à un rapport d’enquête qu’on lirait à voix haute, sans lever les yeux du papier. Sa vie de détective privé se sent dans chaque respiration : ça observe, ça note, ça soupçonne.
Quant à Baz, il tisse un décor sonore où chaque fréquence semble consciente d’un danger latent. Les textures électroniques, jamais totalement propres, flirtent avec une crasse industrielle qui rappelle les nuits trop longues et les vérités trop lourdes. L’ensemble devient une danse mécanique, post-punk dans l’âme, indie-electronic dans la forme, shoegaze dans la façon dont ça enveloppe l’auditeur comme un brouillard toxique.
Ce qui me fascine dans Authentic, c’est sa lecture politique qui n’a rien d’un manifeste. Le morceau parle depuis l’autre côté du pouvoir — le côté des bureaux capitonnés, des décisions prises sans témoins, des stratégies à huis clos. C’est une chanson écrite depuis la voix de ceux qui façonnent le réel et qui nous préfèrent distraits, atomisés, occupés à mesurer notre visibilité comme s’il s’agissait de valeur.
Les lignes dures — « ils ne veulent pas qu’on se connecte », « ils ne nous veulent pas authentiques » — résonnent comme une vérité trop simple qu’on avait cessé de regarder. Le système n’est pas brisé : il opère exactement comme prévu. Et Sliims transforme cette idée en une pulsation qui traverse le corps autant que l’esprit.
Mon impression finale : Authentic agit comme un scanner social. Une chanson-sirène, une alerte qui se danse, une lucidité en 4/4. Elle ne gueule pas — elle persiste. Et c’est peut-être ça, la vraie subversion.
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décembre 3, 2025« Une douceur acidulée pop-rock qui tient sur la langue comme un souvenir qu’on n’arrive pas à laisser filer. »
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à révolutionner le monde : ils le colorent. Sour Candy de Summer School fait partie de ces petites météorites pop qui traversent le gris du quotidien en laissant une traînée pastel derrière elles. Et pourtant, sous les apparences candides, on y sent une mélancolie discrète, presque timide, comme si la chanson souriait tout en sachant très bien qu’elle ne guérit rien — elle apaise juste un peu.
La formation de Seattle, portée par une voix asian-fronted au grain lumineux, semble avoir trouvé dans ce single un terrain d’expression où l’indie-pop danse avec l’indie-rock sans s’excuser de son insouciance. Sour Candy respire l’après-midi qui s’étire, les trottoirs mouillés qui scintillent, l’envie d’être léger même quand le cœur pèse plus que prévu. Il y a ce tempo qui ne presse rien, ces guitares qui scintillent comme des bulles de soda, et ce groove indie-dance qui dépose une vibration dans les côtes, juste assez pour embarquer le corps sans l’arracher à lui-même.
Ce qui frappe, c’est cette façon qu’a Summer School d’articuler la nostalgie avec l’élan. C’est une douceur qui pique un peu — exactement comme le titre l’annonce. Une pop qui assume son éclat sucré tout en laissant filtrer une ombre derrière chaque accord majeur. On pense à Phoenix pour l’élégance, à Two Door Cinema Club pour l’énergie maîtrisée, à The 1975 pour cette manière d’arrondir la douleur dans des refrains qui sourient trop fort.
Mais Sour Candy reste très Summer School : un son façonné dans le garage, poli sur les scènes de SXSW et NXNE, nourri d’une diaspora qui insuffle dans l’écriture une identité vibrante, plurielle, sans jamais l’exhiber. L’alchimie est palpable : une section rythmique qui respire de façon organique, des guitares qui s’illuminent sans saturer, et cette voix — claire, précise, habitée — qui donne à la chanson son centre de gravité sentimental.
Mon impression intime, après plusieurs écoutes : cette track a quelque chose d’immédiatement attachant, comme si elle connaissait déjà les fissures de celui qui l’écoute. Elle n’est ni naïve ni cynique — elle observe les choses de côté, avec une douceur ironique, un humour discret. Une friandise à croquer quand la vie manque un peu de goût, mais qui rappelle subtilement que le sucre n’efface jamais l’acidité — il la rend supportable.
Avec Sour Candy, Summer School confirme sa capacité à écrire des morceaux qui semblent simples mais vibrent longtemps après la dernière note. Une track qui sonne comme un coup de soleil léger sur la peau : ça chauffe, ça pique, et on en redemande.
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décembre 3, 2025« Le grime vieillit, mais Manga Saint Hilare non : il affine son arme, ajuste la mire et tire plus vrai que jamais. »
Dans Run Out, Manga Saint Hilare remet les pendules à zéro. Pas pour revenir en arrière, mais pour rappeler à qui l’aurait oublié que son ADN est inscrit dans la fondation même du grime. Il ne cherche plus à suivre la scène : il la recentre autour de ce timbre, de cette diction nerveuse qui gifle l’air comme une rafale sur un terrain de foot bétonné. Outernational, l’EP dont le titre est extrait, annonce un retour aux sources — mais Run Out en est le cœur battant, la démonstration de force silencieuse, le rappel que la longévité n’est pas un slogan mais un art.
À la première écoute, le morceau se déploie comme un sprint contrôlé : beat sec, kicks courts, percussions qui claquent telles des portes de night bus en banlieue londonienne. Lewi B signe une prod minimaliste mais incisive, presque ascétique, qui laisse toute la place au phrasé de Manga. Cette économie de moyens est volontaire : pas d’effets superflus, pas de gimmicks pour masquer le vide — parce qu’il n’y a pas de vide. Le morceau mise sur la tension, le nerf, la précision rythmique. Une structure rigoureuse, pure, taillée pour que chaque bar résonne comme un avertissement.
Mais derrière le grime brut, il y a ce quelque chose de plus vaste, plus adulte. Run Out porte la fatigue et la fierté d’un homme qui a traversé plusieurs générations du genre, vu ses évolutions, ses dérives, ses renaissances. Manga ne joue plus la performance, il joue la transmission : cadence tenue, articulation tranchante, vérité sans maquillage. Pas besoin d’agressivité débordante — le tranchant est déjà dans la maîtrise. Dans ce flow où chaque syllabe est une décision.
Mon impression personnelle, au fil des écoutes, c’est que Run Out s’écoute comme une respiration contenue. Un morceau qui refuse l’euphorie artificielle pour rester du côté de l’urgence lucide. La violence n’est pas dans le volume, elle est dans la clarté. C’est ce qui rend Manga si distinct des milliers de voix qui lui ont succédé : il n’a jamais arrêté de parler au réel. Et ici, il parle comme quelqu’un qui n’a plus rien à prouver — seulement quelque chose à maintenir vivant.
En toile de fond, il y a aussi ce moment particulier de sa carrière : père, animateur radio, DJ respecté, rassembleur de générations, architecte du retour de Roll Deep. Run Out porte cette multiplicité. Ce n’est pas un morceau qui joue la nostalgie, mais un track qui dit : « J’étais là avant vous, je suis encore là, et vous n’avez pas fini de m’entendre. »
Les basses grondent sans débordement, les hi-hats filent comme des lames, le tempo reste serré. Le grime de Manga n’est pas clinquant : il est granuleux, rugueux, précis. Du vrai. De celui qui traverse le corps avant de monter au cerveau.
Avec Run Out, Manga Saint Hilare fait plus que montrer son endurance : il redevient le point d’équilibre d’un genre qui, sans voix comme la sienne, se perdrait dans la surproduction. Il prouve que le grime, quand il revient à sa source la plus pure — l’authenticité nue —, peut encore frapper plus fort que toutes les tendances.
Un morceau pour rappeler que certains MC ne s’éteignent jamais : ils se resserrent, se redéfinissent, et tirent à nouveau.
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décembre 3, 2025« Un beat peut être une confession. Et dans celui-ci, New York respire, vacille… et continue d’avancer. »
À chaque nouvelle sortie, KOZLOW semble ajouter un chapitre à une cartographie très intime de la fête : une fête qui danse avec ses fantômes, qui se maquille de lumière pour masquer les bleus de l’âme. New York Blues ne fait pas exception. Sous son vernis de tech house souterraine, le morceau s’écoute comme une dérive nocturne à travers une ville qui avale les solitudes autant qu’elle les sublime.
Derrière la façade warehouse slammer, KOZLOW tisse un récit discret. Une basse qui se tend comme une ligne de métro à 3h du matin, un kick sec mais jamais brutal, une pulsation qui respire entre les murs de briques et de néons. On devine l’humidité des trottoirs de Brooklyn après la pluie, ce mélange de liberté et de lassitude propre aux nuits trop longues. La ville est là, présente dans chaque son, comme si la production en avait capté l’électricité, la nervosité, la nostalgie.
Ce qui frappe, c’est la façon dont le morceau maintient ce fil ténu entre l’efficacité club — minimale, progressive, calibrée pour avaler une salle entière — et une mélancolie presque pudique. Le titre, New York Blues, n’est pas un hasard : le groove serpente comme une humeur bleutée, ce sentiment d’être à la fois porté par la foule et étrangement seul au milieu d’elle. KOZLOW excelle dans cette tension, dans cette façon de glisser la fragilité à l’intérieur d’une architecture pourtant solide et répétitive.
Les synthés, eux, arrivent par couches minérales, presque froides, avec ce petit frisson électronique qui évoque les enseignes lumineuses des diners ouverts toute la nuit. Pas de surenchère, aucun artifice inutile : juste une précision chirurgicale dans les textures. L’élégance d’un producteur qui sait que la minimal house n’a besoin que d’un détail pour tout dire — une réverb trop courte, une note suspendue, un souffle.
On perçoit aussi, en filigrane, l’ADN du musicien classique qu’est Grant Kozlow Gardner. Dans la manière dont les motifs se répondent, s’entrelacent, s’épaississent, il y a quelque chose d’une écriture instrumentale transposée dans le club. Cela donne au morceau une profondeur rare : on danse, mais on est aussi happé par une émotion souterraine, presque narrative.
New York Blues est ce type de track qui transforme une warehouse en confessionnal. Un morceau qui n’a pas besoin d’être triste pour être touchant. Il raconte sans paroles ce moment fragile où la fête ne cache plus rien — où elle devient un miroir. KOZLOW, lui, laisse la ville parler, pulse après pulse, jusqu’à ce que l’aube efface les ombres et les regrets.
Un slammer, oui. Mais un slammer qui a un cœur. Une pulsation pour tous ceux qui avancent malgré tout, guidés par la lueur bleue d’un skyline qui ne dort jamais.
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décembre 3, 2025« Ce remix réveille un souvenir collectif et l’habille d’une peau neuve : la mélancolie danse encore, mais cette fois elle a des griffes fluorescentes. »
Il fallait l’audace radicalement décalée, presque mutante, de Reina Alacrán pour oser toucher à Por qué te vas, monument de nostalgie hispanique, et en faire autre chose qu’un simple hommage. Le remix signé Jeanette devient ici un terrain de mutation où la pop française trafiquée, le trap élastique et les pulsations synthpop redonnent à ce classique l’énergie trouble des néons tardifs. On dirait un souvenir mal rangé qui revient avec du gloss sur les lèvres et une cicatrice fraîche sur le cœur.
La voix de Reina glisse dans le morceau comme une ombre familière qu’on ne reconnaît qu’à moitié. Pas de pathos nostalgique : elle préfère la distance ironique, un sourire acide dans la gorge, cette façon presque théâtrale de décaler la gravité pour la transformer en jeu. On entend le fantôme de l’original, oui, mais à travers un filtre numérique qui le tord comme un mur de club où résonne un beat trap discret, posé en basse continue, juste assez pour donner du nerf à la douceur.
Le travail de production infiltre la chanson d’un battement lent et hypnotique, mêlant claviers pastel, trap minimaliste et textures électroniques qui semblent flotter au-dessus d’un souvenir impossible à saisir. Il y a quelque chose de volontairement artificiel, comme si le morceau assumait que la mémoire n’est qu’une projection, une chimère. Reina Alacrán en joue à fond : elle est précisément cette chimère. Un personnage fantasmé, changeant, qui vampirise tout ce qu’elle touche pour le transformer en rituel pop.
Le remix se construit comme une fuite : le tempo reste modéré, mais tout avance, tout glisse, tout s’étire, comme un chagrin qu’on maquille pour lui faire croire qu’il est beau. Les synthés y jouent des lignes presque naïves, comme un jouet musical qui se serait rebellé. Jeanette les polit avec une élégance synthpop très 2025, donnant à l’ensemble un mélange rare de tendresse et d’impertinence.
Et puis il y a ce moment, au deux tiers du morceau, où les voix se rapprochent, se superposent, et où la chanson semble soudain flotter hors de son axe. On dirait une scène de film où l’on comprend enfin que l’amour qu’on poursuit n’est qu’une image, et que la danse continue malgré tout — mécanique, fragile, magnifique.
Por qué te vas (Remix by Jeanette) n’est pas un hommage : c’est une recréation, une appropriation totale, une réinvention qui transforme la chanson en fiction pop adolescente, en souvenir trafiqué, en explosion pastel. Un morceau qui danse sur les ruines d’un adieu, mais avec un tel panache qu’on en redemande.
Reina Alacrán n’existe peut-être pas, comme le dit sa bio — mais sa musique, elle, frappe comme un mirage réel. Une idée qu’on rêve… et qu’on écoute encore, juste pour vérifier qu’elle ne s’évapore pas.
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décembre 3, 2025« Dans Closer, l’afrobeats devient un pont : Olorox et Tiaz Odia transforment le rythme en langage commun et la distance en désir. »
Closer s’impose comme un moment suspendu, une pulsation douce où Olorox, jeune producteur français de 20 ans, laisse pour la première fois une voix incarner son univers. Et pas n’importe quelle voix : celle de Tiaz Odia, timbre chaud, mouvant, presque velours, capable d’allumer la lumière dans n’importe quel groove. Dès les premières secondes, on comprend que ce morceau n’est pas une simple collaboration, mais une rencontre — de celles qui modifient la trajectoire artistique.
Le morceau s’ouvre avec une élégance discrète : des synthés souples, un beat afrofusion léger mais précis, et ce grain vocal qui vient d’Afrique de l’Ouest envelopper l’espace avec une chaleur presque cinématographique. Tiaz Odia chante comme on respire un souvenir, avec un naturel désarmant. Il ne pousse jamais, il laisse couler — une approche qui se marie parfaitement à la production d’Olorox, fine, aérée, placée quelque part entre la French touch moderne et l’afrobeats le plus intime.
On sent que le producteur a pensé l’espace sonore comme un cocon : chaque son a de la place, chaque silence est un choix. Les synthés ne saturent rien, ils flottent. Les percussions n’imposent pas, elles guident. Cette manière de produire dit beaucoup de la maturité d’Olorox : une capacité rare à laisser le morceau respirer, à ne pas recouvrir la voix mais à la magnifier. Le duo fonctionne parce qu’il repose sur la confiance — l’un construit le décor, l’autre habite l’émotion.
Et dans cette symbiose, le message se déploie : se rapprocher, abolir la distance, laisser la musique faire le lien. Closer raconte la rencontre, mais il l’incarne surtout. C’est un morceau qui donne l’impression d’avoir été écrit dans l’instant, dans la spontanéité d’une conversation nocturne où tout semble plus vrai. L’alchimie est telle qu’on pourrait croire que les deux artistes travaillent ensemble depuis des années.
Le titre glisse entre afrofusion, chill électronique et touches R&B sans jamais perdre son centre : un sentiment de douceur, de lumière, d’ouverture. On pense à ces morceaux qui n’ont pas besoin de climax, juste d’une vérité simple. Closer fait danser doucement, fait respirer, fait sourire — un track qui vous prend par la main au lieu de vous bousculer.
Quand la dernière note s’efface, on ressent clairement que quelque chose vient de naître : un nouvel Olorox, plus connecté, plus incarné, et un Tiaz Odia qui trouve ici un écrin idéal pour son intensité tranquille. Closer n’est pas seulement une réussite : c’est un début. Une preuve que les ponts les plus beaux se construisent parfois entre deux artistes qui n’avaient jamais prévu de se rencontrer — jusqu’au moment où la musique s’en mêle.
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décembre 2, 2025« Une image qui refuse de disparaître finit toujours par dicter son propre tempo. »
Drawing From Memory surgit avec l’urgence d’un battement qu’on essaye d’oublier, sans jamais vraiment y parvenir. Un morceau écrit dans la précipitation, enregistré presque par instinct, mais qui porte la force des choses qui s’imposent d’elles-mêmes : celles qu’on ne choisit pas, celles qui nous choisissent. Les Zangwills signent ici l’un de leurs titres les plus vibrants, un uppercut indie-pop où l’émotion fuse aussi vite que les guitares.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette énergie nerveuse, presque électrique, qui court dès les premières secondes. La rythmique galope, les accords s’ouvrent comme des fenêtres, et la voix de Jake Vickers — reconnaissable entre toutes — fonctionne comme une déflagration contrôlée : un mélange de fragilité et d’assurance, de souvenir et de désir, de réalisme adolescent et d’intensité adulte. Le groupe ne cherche pas à sonner plus grand, juste plus vrai, et paradoxalement c’est ce qui donne cette ampleur presque cinématographique au morceau.
Drawing From Memory évoque ces moments qui s’impriment dans la mémoire comme des polaroids encore humides : un regard au coin d’une pièce, une sensation d’absence qui traverse la peau, une silhouette qu’on retrouve chaque fois qu’on ferme les yeux. Il y a du Sam Fender dans les coups d’éclat, de l’Inhaler dans la tension mélodique, du Pulp dans l’œil malicieux de l’écriture — mais The Zangwills restent eux-mêmes, profondément. Cette façon de mêler intensité émotionnelle et audace mélodique est leur ADN, leur signature immédiate.
Les guitares s’envolent, mais jamais gratuitement : elles servent le vertige du souvenir qui revient en boucle, comme si le passé devenait un refrain trop fort pour être ignoré. Le morceau se construit comme une montée continue, une cavalcade où l’on sent le groupe jouer avec ce plaisir adolescent, presque insolent, de laisser la musique courir plus vite que les pensées. On y entend une amitié, une spontanéité, cette alchimie rare entre quatre musiciens qui savent quand pousser, quand retenir, quand hurler, quand sourire.
Et puis il y a cette question laissée dans l’air, presque comme un souffle : quand tu fermes les yeux, toi, qui vois-tu ?Le morceau laisse chacun y projeter son propre fantôme, son propre souvenir, son propre vertige. C’est ça la force des Zangwills : transformer une émotion intime en un hymne collectif.
Drawing From Memory n’est pas simplement un titre ajouté à une discographie déjà solide. C’est un morceau qui capture un moment de bascule dans la vie d’un groupe — un éclair de lucidité, un instantané devenu musique, un souvenir qui galope encore.
Un morceau qui ne raconte pas un souvenir : il en devient un.
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décembre 2, 2025« Une déclaration de présence, pas de promesse. Une main posée sur l’épaule dans la nuit, qui dit sans bruit : je tiens. »
Dans Dey 4 You, Sona retrouve cette manière singulière d’habiter la musique comme on habite une ville : avec la mémoire du bitume, le souffle du quartier, la douceur d’un sourire qu’on apprend à reconnaître dans l’ombre. Il ne revient pas — il se relève. Et la nuance change tout.
Ce nouveau chapitre, ouvert dans la ferveur d’un concert sold-out, respire l’assurance d’un artiste qui n’a plus rien à prouver mais encore tout à offrir. Sona ne suit pas un revival afrobeats : il l’incarne, il le précède, il le redéfinit. L’afroswing qu’il a contribué à bâtir depuis Londres comporte toujours cette élégance souterraine, ce sens du groove qui ne cherche pas la démonstration. Mais Dey 4 You y ajoute quelque chose de plus rare : la vulnérabilité comme moteur.
Le titre pulse sur des synthés soyeux, une basse fluide, une percussion chaude et serrée qui rappelle la cadence intime des fins d’après-minuit. La production d’Origi et Tboiii sculpte un espace où rien n’est laissé au hasard mais tout semble couler de source : les voix se déposent comme du velours sur un rythme qui respire, qui laisse place aux mots. Et Sona, avec sa diction qui frôle la caresse, raconte la loyauté sans lyrisme excessif, sans posture : juste l’acte de rester.
Il y a dans cette chanson une simplicité désarmante — un refus de l’hyperbolique, une volonté de célébrer le quotidien, les gestes discrets, les petites fidélités qui tissent les grandes relations. Le morceau est dansant, oui, mais jamais dans cette urgence tapageuse qui domine parfois l’afropop actuelle ; il privilégie la pulsation intérieure, celle qui se loge dans la poitrine avant d’atteindre les pieds.
Ce qui fascine, c’est la maturité nouvelle de Sona : il renouvelle son langage musical sans renier ses fondations. On entend encore l’écho d’Ijo Sona, l’insouciance de No Wahala, la tendresse de Feeling You ; mais cette fois, tout est plus contenu, plus épuré, plus incarné. Comme si chaque mesure avait été écrite pour durer, pour traverser.
Dey 4 You n’est pas un hit fabriqué en laboratoire : c’est un morceau qui tient debout parce qu’il comprend ce qui fait tenir les gens. On le reçoit comme une main tendue, une respiration commune, un rappel que la fidélité est une musique.
Sona n’annonce pas un retour : il signe une nouvelle densité. Et si le soleil devait se lever sur la nouvelle ère de l’afrofusion UK, alors il aurait sans doute son timbre.
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décembre 2, 2025« Une chanson qui respire avant de frapper — un lever de soleil qui se construit lentement, note après note, jusqu’à devenir un battement. »
Il arrive parfois qu’un morceau prenne son temps pour exister, comme s’il devait d’abord vivre une année entière dans l’ombre du studio avant d’oser la lumière. rise like the sun a ce parfum-là : celui d’une gestation longue, patiente, presque méditative. Et quand il s’ouvre enfin, c’est avec une pudeur solaire qui surprend. Jannis Zimmer ne se contente plus d’être pianiste — il devient arpenteur de textures, bâtisseur de groove, funambule entre deux continents.
Le morceau s’ouvre sur ce piano qui lui sert d’ADN, clair, précis, presque humble. Mais très vite, une pulsation venue du sud s’insinue, douce puis irrésistible. L’Afro-fusion ne lui sert pas de costume exotique : elle lui permet d’échapper à la gravité de son propre instrument. Les percussions avancent comme un cœur qui se réveille, les rythmiques weaves s’imbriquent avec naturel, et l’ensemble forme une architecture légère, fluide, pensée pour danser sans jamais brusquer.
Jannis a ce talent rare : celui de célébrer le mouvement sans abandonner la mélancolie. Chaque frappe de piano porte encore la fragilité du compositeur solitaire, mais le beat lui offre une colonne vertébrale neuve. Son chant épouse ce contraste : posé, lumineux, légèrement voilé, comme s’il chantait au bord d’un matin qu’il ne veut pas effrayer. Il parle de renaître, mais c’est une renaissance sans emphase, sans grand discours — juste une façon de respirer plus librement.
Ce qui frappe le plus dans rise like the sun, c’est la délicatesse du mariage. Les influences africaines ne sont pas plaquées : elles vibrent dans les interstices, dans la micro-dynamique des percussions, dans le balancement subtil de la ligne rythmique. On entend le respect, la patience, la volonté de comprendre plutôt que de consommer un style. Le morceau devient alors un espace partagé : un lieu où le geste européen rencontre la cadence africaine sans hiérarchie.
Et puis il y a cette chaleur — diffuse, profonde, presque thérapeutique. Une chaleur qui ne cherche pas à brûler, mais à ouvrir. On ressort de rise like the sun avec l’impression d’avoir marché au ralenti vers une lumière qui ne juge pas, qui accompagne.
Jannis Zimmer signe un titre hybride, humble et ambitieux à la fois, un pont organique construit par quelqu’un qui a compris que danser ne retire jamais rien à la profondeur. Une chanson qui ne s’impose pas — elle s’infiltre, comme un soleil patient qui finit toujours par gagner.
Un lever de lumière, au sens le plus intime. Une montée douce mais déterminée. Un geste de vie.
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décembre 2, 2025« Une trap électrique qui avance comme une moto dans une ruelle humide : sombre, nerveuse, habitée par un gamin qui refuse de mentir sur qui il est. »
Il y a quelque chose de profondément touchant dans la manière dont BATMAN claque, grince et se redresse, comme un animal pris au piège qui refuse encore de baisser la tête. Le jeune Betomayo n’imite pas le héros en cape : il en arrache surtout le symbole, le retourne, le cabosse et en fait un miroir où il projette ses propres fractures. C’est cette appropriation intime — presque maladroite, mais incandescente — qui donne au morceau son étrangeté poignante.
La production, taillée dans une trap futuriste, pulse avec un goût assumé pour l’expérimentation. Le beat est sec, nerveux, presque claustrophobe ; les basses, elles, rampent et bourdonnent comme si elles venaient d’un parking souterrain. On sent que Betomayo teste les limites de son propre style, tirant la trap du côté du pop-rap électro, flirtant parfois avec un EDM sombre qui rappelle les nuits vécues avec plus d’intensité que de lumière. Rien n’est lisse, tout est heurté — ce qui fait précisément la force du titre.
Vocalement, il avance sans armure. Le timbre est jeune, brut, traversé de cette fragilité rageuse qu’on retrouve chez les artistes qui cherchent encore leur centre mais n’ont plus peur de tomber. Il y a une manière de poser les mots qui mélange l’arrogance instinctive du rap à une sincérité presque enfantine. On entend un ado qui grandit trop vite, un artiste qui choisit de ne pas se cacher derrière le costume même quand le morceau s’appelle BATMAN.
Le texte, lui, porte une critique qui frappe juste : lucide, directe, sans détour. Betomayo observe son monde avec l’insolence de ceux qui savent que la façade est un mensonge. On y perçoit le rejet des faux-semblants, la colère contenue devant les manipulations, la volonté farouche de prendre le contrôle de son propre récit. Pas de super-pouvoirs, pas de ville à sauver : seulement un jeune homme face à son propre chaos, déterminé à ne pas s’y noyer.
Ce qui rend BATMAN réellement fascinant, c’est l’alchimie entre naïveté et conviction. On sent un artiste qui se cherche, qui ose, qui tente, qui déborde. Et dans ce débordement, il attrape quelque chose d’authentique : un cri moderne, urgent, urbain, sans fioriture. Une énergie qui n’emprunte rien, qui n’imite pas — qui avance, simplement, avec la force brute d’un premier vrai risque artistique.
Betomayo signe ici un morceau qui n’est peut-être pas parfait, mais terriblement vivant. Et c’est souvent ainsi que naissent les trajectoires les plus surprenantes : dans la nuit, sous un masque fissuré, avec une vérité qui refuse de rester au sol.
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décembre 2, 2025« Une déflagration intime qui danse sur ses bleus : Louise Combier transforme le stigmate en étincelle. »
Il y a chez Louise Combier une manière unique de faire vibrer ce qui tremble en nous. Une façon de transformer la vulnérabilité en architecture sonore, la honte en chorégraphie lumineuse. #31#, c’est exactement cela : une mue, un cri maquillé en uppercut pop, un code secret qu’on se transmet entre êtres cabossés pour dire “voilà ce que je suis, même quand je me cache”.
Dès les premières secondes, on sent Ash Workman derrière les machines : ce goût pour les textures qui glissent sous la peau, ce minimalisme qui laisse respirer les angles morts. Mais très vite, la voix de Louise prend toute la place — parce qu’elle n’interprète pas un rôle, elle s’interprète elle-même. Une diction à vif, une manière de laisser la phrase s’ébrécher juste avant de reprendre de l’élan, comme si chaque syllabe était une bataille gagnée contre elle-même.
“#31#” ne s’écoute pas, il se révèle. On y entend l’ombre d’une gamine qui compte ses complexes comme on compte ses années, l’adolescente qui voudrait effacer son reflet, la femme qui finit par comprendre que ce qui la brûle peut aussi l’éclairer. Le morceau n’est pas construit pour plaire : il est construit pour dire. Et ce qu’il dit, avec sa rythmique presque insolente, c’est que la libération commence quand on ose se regarder en face.
Techniquement, le titre est une bombe compacte : ligne rythmique électrisée, basses qui frétillent comme une veine pulsée par le stress, synthés taillés au scalpel. Workman lui sculpte un espace à mi-chemin entre la pop française et l’alt-pop londonienne, avec cette patte aérienne qui rappelle parfois Georgia, parfois Christine & The Queens, parfois personne d’autre qu’elle — ce qui est le signe évident qu’une identité forte est en train de s’écrire.
Mais le vrai séisme, c’est elle. Cette façon de transformer un numéro — 31 — en un talisman émotionnel. On devine les silhouettes derrière ce chiffre : les souvenirs honteux, les sourires faux, les soirs où l’on se débat avec soi-même. Et pourtant, c’est un morceau qui danse, qui avance, qui respire. Un morceau qui dit que la honte n’est pas là pour nous arrêter, mais pour nous rendre plus vivants.
Il y a une scène où la pop française se remet à trembler, à oser sa fragilité, à embrasser pleinement le chaos intérieur sans caricature ni complaisance. Louise Combier en est l’une des voix les plus nécessaires. Avec “#31#”, elle signe une déclaration, celle d’une artiste qui sait que la vérité ne se chuchote plus : elle s’amplifie, elle se chante, elle se revendique. Et elle pulse, fort.
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décembre 2, 2025« Un battement de nuit transformé en instinct, un rap qui respire avant de frapper. Damn n’explique rien, mais tout est dit : une pulsation, un motif, et soudain l’univers entier suit son tempo. »
Certains morceaux surgissent, s’imposent, puis laissent une traînée chaude derrière eux. Damn de Yung Savo appartient à cette famille-là — la famille des chansons qui sentent la sueur, la tension, le béton humide, et qui n’ont pas peur d’utiliser la lumière comme une arme. J’ai regardé son clip comme on entrouvre une porte à minuit : un peu sur la défensive, curieux, puis rapidement happé par ce sentiment de proximité presque intime que seules les vidéos tournées dans l’urgence savent provoquer.
La première chose qui frappe dans Damn, c’est cette façon qu’a Yung Savo de naviguer l’espace sonore comme on se fraye un passage dans une ruelle trop étroite : épaules relevées, regard fixe, respiration contrôlée. Son flow ne galope jamais : il avance. Lentement parfois, avec une sorte d’assurance presque insolente, puis soudain il accélère, comme si la phrase devait sortir avant que la pensée ne s’effrite. On entend un jeune rappeur qui a compris comment faire de la retenue une tension, et de la répétition une arme d’impact.
Techniquement, la prod frappe juste. Basse lourde, nappes serrées, percussions qui tombent comme des coups de semelle sur un sol de parking. Rien de trop, rien de décoratif. C’est une beat-tape nocturne qui aurait décidé de prendre vie, un squelette trap qui absorbe l’humeur du MC sans jamais l’étouffer. Dans Damn, le beat n’est pas un décor : c’est un coéquipier nerveux, qui respire au même rythme que la voix.
Et puis, il y a le clip — ce miroir brut, sans effets superflus, qui magnifie la réalité en la rendant presque documentaire. Yung Savo y évolue comme s’il testait les limites d’une pièce trop petite pour contenir ce qu’il ressent. On devine dans son regard cette manière de penser plus vite que ce qu’il dit, cette impulsion interne qui fait que chaque geste semble chargé d’une intention qui dépasse les mots. La caméra ne raconte pas une histoire ; elle confesse une ambiance. Et c’est précisément cette sobriété qui rend l’ensemble hypnotique.
On comprend vite que Damn n’est pas un simple banger trap. C’est un morceau-charnière. Un morceau-pont. Un titre où Yung Savo expose ce que beaucoup de jeunes rappeurs cachent : la tension entre le désir d’avancer et la peur d’être déjà en train de tomber. Ce rap-là n’est pas performatif, il est instinctif. Il ne cherche pas la validation, mais la précision.
Ce qui me touche dans Damn, c’est cette manière de dire sans expliquer, d’être brut mais jamais brouillon. Yung Savo ne force pas l’émotion, il la laisse sourdre — dans l’attitude, dans les silences, dans ces micro-secondes où sa voix tremble presque avant de se reprendre. Et c’est peut-être là que réside sa singularité : cette capacité à faire de l’urgence un langage, et du flou une vérité.
Damn laisse une trace. Fine comme un fil électrique, brûlante comme un câble encore sous tension. Une signature déjà reconnaissable, et un futur qui s’annonce net, tranchant, indocile.
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décembre 2, 2025« TOMA ne demande rien : il t’attrape, te secoue, te libère — le corps comprend avant la tête. »
TOMA déboule comme un jet brûlant dans une ruelle moite de Rio, mais filtré par l’œil d’un producteur élevé entre l’Allemagne, le Ghana et l’électricité des clubs mondiaux. Chez Frizzo, le funk carioca n’est pas un décor : c’est un carburant. Une matière vivante qui pulse, qui colle aux murs, qui appelle la danse avec l’insolence de ceux qui n’ont jamais demandé l’autorisation de prendre de la place.
Il y a dans ce morceau une manière très physique d’entrer en contact avec l’auditeur : un kick qui cogne comme une portière de voiture qu’on claque à répétition, une basse qui ronronne comme un moteur prêt à déraper, ces percussions sèches et rapides qui évoquent autant les sound systems de favela que les clubs berlinois où Frizzo a appris à manier le rythme comme une arme de précision. On n’écoute pas TOMA, on le reçoit dans le sternum.
Frizzo injecte là-dedans une science du détail qui trahit son parcours : un sens de la montée hérité de l’électro européenne, ces micro-breaks qui évoquent la vitesse du rap allemand, et ces accents afro qui reviennent comme une mémoire musculaire. TOMA devient alors un drôle de monstre hybride : un funk carioca qui a traversé les frontières, les fuseaux horaires, les identités, et qui en ressort plus affûté, plus carnassier, plus global que jamais.
La voix surgit comme un ordre chuchoté sur un rythme en transe, un claquement de langue, un sourire insolent. Tout est fait pour que ça glisse, que ça morde, que ça te pousse à lever la tête et à suivre le mouvement instinctivement. Le morceau dégage une énergie presque animale, quelque chose de direct et de joyeusement agressif — une invitation à lâcher prise sans s’excuser.
TOMA, c’est le funk qui ne cherche pas à être « world », qui refuse la politesse des fusions édulcorées. C’est le funk dans sa vérité la plus physique, remixé par un producteur qui a compris que la meilleure manière d’honorer une musique, c’est de la propulser vers l’avant, pas de la conserver sous verre.
Frizzo signe ici non seulement un banger irrésistible, mais une preuve que la vitalité du funk carioca — ce cœur battant venu du Sud — peut totalement redessiner les nuits européennes, une ligne de basse après l’autre.
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décembre 2, 2025« La chanson Venus Rising ne fait pas que flotter : elle soulève le cœur comme un lever de planète. »
Venus Rising respire comme un souffle retenu trop longtemps. On croit d’abord tomber dans un simple morceau downtempo, et puis quelque chose s’ouvre, en douceur, comme un rideau qu’on soulèverait lentement pour laisser entrer l’aurore. We Are Galaxies n’empile pas des couches — ils sculptent l’air. Leur indie-electronica s’approche de la peau, frôle l’intime et fait danser la lumière dans des zones où l’on ne pensait plus rien sentir.
Le morceau semble bâti autour d’un piano minimal qui cligne des yeux comme une étoile tardive. Chaque note retombe avec le poids d’une pensée qu’on n’a pas encore formulée. Autour, les synthés analogiques avancent comme des marées tièdes, rondes, presque organiques ; on y reconnaît cette sensualité subtile de la vapor soul, ce grain qui rappelle les nuits de Bonobo ou les silences suspendus de James Blake — mais déplacés dans une dimension où la gravité semble plus douce.
La voix, elle, n’est pas chantée : elle est respirée. Une présence plus qu’un discours. Une ombre lumineuse qui murmure plutôt qu’elle ne décrit, comme si l’essentiel devait rester hors-champ, là où l’émotion travaille en secret. On écoute Venus Rising comme on regarde une planète monter au-dessus d’un horizon noir : avec un mélange de lenteur assumée et de fascination instinctive.
Dans la construction, quelque chose de très cinématographique s’impose — la progression est discrète mais constante, une ascension lente, maîtrisée, qui donne à chaque élément un rôle précis. La guitare discrète agit comme un fil incandescent, tirant la mélodie vers un espace plus vaste, presque cosmique. La rythmique, elle, ne pousse jamais : elle soutient, elle porte, elle maintient l’élan comme une respiration régulière qui vous autorise enfin à vous abandonner.
Venus Rising n’est pas un titre, c’est un état vibratoire. Une montée intérieure qui refuse tout spectaculaire pour viser droit dans la perception. We Are Galaxies signe ici un morceau suspendu, magnétique, un peu fragile, un peu céleste — de ceux qui ne cherchent pas à convaincre, mais à révéler ce qui, en nous, attendait depuis longtemps de s’élever.
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décembre 2, 2025« PHOEBE renverse la nuit : un battement hypnotique où chaque vérité claque plus fort que le beat lui-même. »
La chanson PHOEBE n’entre pas dans la trap, elle y flotte comme une silhouette qui aurait compris que l’obscurité est un terrain de jeu — pas une menace. Apex 3400 signe ici un morceau qui avance comme un mirage mécanique, traversé de pulsations sèches, d’un flow à la dérive contrôlée et d’une énergie qui capture immédiatement l’écoute : une trap qui refuse l’ornement, qui préfère la tension électrique à l’exubérance.
Dès les premières secondes, le morceau respire cette modernité glacée qu’on retrouve chez la génération post-SoundCloud, mais Apex 3400 y ajoute une précision quasi chirurgicale. L’espace sonore est construit comme un couloir : étroit, réverbéré, claustrophobe — et pourtant addictif. La basse frappe en spirale, les hi-hats tracent des lignes fines comme des lasers, et la voix s’avance avec une confiance calme, presque murmurée, qui rend chaque mot plus lourd.
PHOEBE ne raconte pas une histoire linéaire : c’est un état d’esprit. Une nuit passée à marcher entre lucidité et vertige, où l’on avance avec l’impression d’être suivi par sa propre ombre. Apex 3400 ne cherche jamais à écraser le beat ; il s’y glisse, le manipule, le déjoue. Le flow n’est pas un débit mais une pression constante, un souffle qui laisse imaginer ce qu’on ne voit pas — un détail rare dans une trap souvent pensée pour l’impact immédiat.
Le morceau impressionne par son économie : Apex 3400 fait beaucoup avec peu, joue les silences comme des armes, utilise la mélodie en traces subtiles, presque psychédéliques, qui éclairent ponctuellement le décor. Ce choix esthétique donne au morceau une aura fantomatique, quelque part entre la rage contenue et la lucidité froide.
PHOEBE murmure finalement une vérité au cœur de la trap moderne : le danger est plus fascinant quand il arrive à pas feutrés. Apex 3400 signe un titre qui n’a pas besoin de se hausser du col pour impressionner. Il suffit d’écouter. Et de se laisser happer.
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décembre 2, 2025« Un groove peut parfois dire la vérité avant les mots : celui de Kristo danse, avoue, respire et éclaire. »
Spinning Around n’a rien du énième morceau néo-soul cherchant sa place dans l’ombre des géants du genre. Chez Kristo, tout semble venir d’un endroit plus intime, plus sensuel, presque artisanal : un carrefour où le funk devient confession, où la pop assume ses pulsations hédonistes, et où le R&B se charge d’une élégance européenne qui ne force jamais le trait. Le Belge signe ici un titre qui a l’allure d’un sourire timide avant de se muer en magnéto instantané, un de ceux qu’on reconnaît dès les premières secondes, comme un parfum familier revenu après trop longtemps d’absence.
Le morceau avance avec cette fluidité rare, un groove de guitare qui n’appuie jamais mais suggère, un travail de production limpide où chaque élément prend la place qu’il mérite. On sent l’école Tom Misch dans la lumière des arpèges, on croise le spectre feutré de Jordan Rakei dans la voix, mais Kristo ne copie rien : il absorbe, filtre, réinterprète. Sa voix plane juste au-dessus du mix, un filet clair qui frôle le murmure sans jamais perdre son intensité. Elle raconte cette spirale intérieure où l’on court après soi-même, où le désir, l’incertitude et une étrange joie se mêlent, comme si la confusion pouvait devenir rythme.
Ce qui frappe, c’est la maîtrise émotionnelle. Kristo ne surcharge pas ; il retient. Il laisse l’air circuler autour des percussions, accorde des silences qui deviennent autant de respirations, et pare son refrain d’une souplesse pop qui vous attrape sans prévenir. Spinning Around n’est pas un banger construit pour forcer l’attention : c’est une pulsation, une manière d’habiter la nuit, de lui donner une texture chaude et vibrante.
On imagine aisément le morceau s’échapper d’un club à Bruxelles ou Anvers, porté par un public qui ne cherche pas à faire la fête mais à se laisser traverser. Il y a dans la musique de Kristo cette façon rare de concilier la maîtrise technique et la vulnérabilité, la danse et l’émotion, le chic et la sincérité.
Spinning Around dit finalement beaucoup de son auteur : un musicien d’aujourd’hui, mais dont l’âme s’accroche à l’organique, au toucher, à la peau des instruments. Quelqu’un qui connaît la valeur d’un groove bien placé, d’un accord qui ne déborde pas, d’une voix qui ne prétend pas.
Un artiste conscient qu’une chanson peut encore être un espace, une sensation, une vérité. Et ici, cette vérité tourne, scintille, et reste longtemps après la dernière note.
Instagram : kristo.music
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décembre 2, 2025Guitare apprise sur un voilier, adolescence entre théâtre et rock de lycée, cerveau d’ingé parti en cavale sonore : SØREN écrit des morceaux qui sentent la route et la sueur du plateau. Son son est lourd et brillant, abrasif sans être opaque : des basses qui perforent, des kicks qui vrillent le ventre et synthés qui font pouic pouic avec un sérieux d’orfèvre. On entend l’ombre de Yungblud et Bring Me The Horizon, des reflux EBM, un amour franc pour les subs de club et les amplis trop forts ; puis des éclats d’indie et d’électro (Gesaffelstein, Fontaines D.C., Boyz Noize) qui laissent des traces lumineuses.
Depuis le studio-van bricolé pour composer seul sur les routes d’Europe jusqu’aux scènes où l’on saute au click sans ears, il avance avec l’énergie du “fait maison” devenu méthode. Paris pour base, production pour d’autres, musique à l’image, un nouvel EP qui claque et des dates qui arrivent vite; l’ensemble tient comme une promesse : ça va tartiner, mais avec précision.
On a parlé saturation qui sourit, club comme cathédrale, voyages qui accordent les refrains et futur à haute intensité. Découvrez son interview, maintenant.
1 ) Qui es tu ? Hello 🙂 moi c’est SØREN, je suis artiste, producteur, et compositeur de musique. Je suis né versSaint Étienne, après on a pas mal bougé quand j’étais petit, mais j’ai grandi en région bordelaise.
2 ) Quel est ton parcours ?J’ai commencé la guitare en 2012, à l’époque on vivait sur un bateau à voile avec ma famille. Onest partis pendant un an faire le tour de l’atlantique et c’est là que mon père m’a appris lespremiers accords à la guitare. En rentrant j’ai fait pas mal de trucs différents, notamment beaucoupde théâtre qui m’a donné goût à la scène puis repris plus sérieusement la guitare en terminaleavec mon groupe de rock du lycée. J’aimais bien les maths donc je suis allé en classe prépa pourentrer en école d’ingénieur, et c’est là que j’ai commencé à produire et écrire mon premier projet« Beside me » qui est sorti en 2021. On a rapidement, avec Tom et Aloïs qui m’accompagnent surscène, commencé à jouer mes chansons un peu partout. On avait fait à l’époque la première partiede Véronique SANSON, le Zénith de Strasbourg et tous les tremplins possibles ahaha. En 2022, j’aiaménagé un van en studio d’enregistrement autonome et je suis partis en solitaire sur les routesd’Europe pour composer de la musique. C’était une expérience complètement dingue autantartistiquement que personnellement, d’ailleurs il y a plusieurs musiques de mon nouvel EP quisont nées dans ce van 🙂 L’année dernière, j’ai été diplômé et je suis monté sur Paris pour meconcentrer sur ma carrière musicale. Depuis j’ai fait une première date parisienne en tête d’affichefin d’année dernière, et on pas mal tourné un peu partout cette année. Maintenant je produis etcompose aussi pour d’autres artistes, je fais également de la musique à l’image notamment dansla pub et un peu d’acting sur différents projets.
3 ) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?Je dirai que mon son est de manière générale plutôt lourd et brillant. J’ai un style de productionassez abrasif, j’utilise beaucoup de saturation à différents degrés sur les éléments qui composentma musique en essayant de trouver un équilibre subtil pour faire grimacer les gens quand lesrefrains ou les drops arrivent et que la basse et le kick perfore directement le public sur scène.J’aime la puissance des caissons en club, les amplis bien forts sur le plateau et les synthés qui fontpouic pouic 🙂
4 ) Quelles sont tes inspirations ?Sur cet EP, mes inspirations ont été très variées parce qu’il a été créé sur une période de tempsassez longue, et je produisais pendant ce temps pleins de styles de musique différents qui sontvenus enrichir les sonorités que je voulais obtenir. Je dirais qu’en termes de compo, lesprécédents albums de Yungblud m’ont beaucoup inspiré, avec aussi Bring Me The Horizon que j’aiponcé pendant longtemps. Plus récemment, je fais une fixette sur l’EBM et beaucoup de styles demusique électronique qui ont influencé je pense certaines sonorités plus « club » sur les dernièresétapes de production de l’EP qu’on peut entendre sur certains titres.
5 ) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ? Aloooors c’est hyper dur comme question parce que ça dépend vraiment des périodes de tempssur lesquelles les musiques ont été créés mais : du côté indie, j’ai énormément écouté un groupequi s’appelle Mercury qui défonce, et comme tout le monde Fontaines DC, côté musiqueélectronique je citerai Gesaffelstein, MADMADMAD et Boyz Noise, côté métal Knocked Loose àfond et sur une partie plus organique bon Radiohead et Groillaz ça c’est matin/midi/soir et sinonSaya Gray aussi grosse grosse claque tant sur la compo que sur la patte sonore, ça donne pleinsd’idées 🙂
6 ) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?Je suis trop nul en cuisine, y a plus de place dans mon appart pour les guitares, les synthés etl’apéro que pour cuisiner ahaha donc on est majoritairement sur des pâtes, du fromage et dusaucisson. Mais si vous écoutez à fond mon EP peut-être que je prendrai un appart plus grand etque j’apprendrai à faire des rôtis de sanglier et des tartes aux myrtilles qui sait !
7 ) Quels sont tes projets à venir ?Il y a plusieurs dates de concert qui arrivent début 2026, on a trop hâte avec Tom Aloïs et Luc quim’accompagnent en live de venir jouer ces musiques un peu partout (notamment le 08 janvier auSupersonic à Paris hehe mais y en pleins d’autres qui arrivent très bientôt). Il y a plusieurs projetsd’autres artistes sur lesquels j’ai travaillé qui vont sortir et je bosse sur des nouvelles musiques quisortiront bientôt ! J’ai composé pendant longtemps sans sortir beaucoup de musique mais là ça vatartiner ahaha vous allez avoir de quoi remplir vos playlist avec du SØREN c’est moi qui vous le dit !
8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?La première fois que je suis monté sur scène un micro à la main pour chanter mes chansonsdevant des gens c’était avant 7000 personnes sur une scène flottante à Agde en première partiede Véronique Sanson. Déjà c’était complètement fou, y avait tous mes potes et ma famille dans lepublic avec une moyenne d’âge de 70 ans, on sautait partout, on jouait au click sans ears doncAloïs (batteur) avait le click dans les retours, bref c’était sport mais un souvenir incroyable, je pensequ’on a fait sauter quelques pacemakers ce soir là ahaha !
9 ) Si tu pouvais passer 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ce serait qui ?J’ai énormément d’admiration pour les artistes et les scientifiques qui arrivent à faire changer maperception des choses. Si on reste sur le côté artistique, les personnes qui m’inspirent le plus dansla vie de tous les jours c’est des gars comme Trent Reznor, Thom Yorke, ou Damon Albarn quiarrivent à s’exprimer sans concessions sur leurs projets de groupes et leurs projets perso, et qui enparallèle mènent de carrières créatives dans d’autres industries comme le cinéma qui m’attireénormément ! C’est hyper dur de choisir, mais en ce moment j’ai une grosse grosse phasemusique électronique et musique de film, donc je dirais que pour mon avenir, 48h avec TrentReznor pourraient m’apporter énormément !! Même en France on a des pépites de ce côté-là, jepense notamment à Alexandre Astier qui m’impressionne et m’inspire tellement par ses multicasquettes et la maîtrise de tous les sujets qu’il touche (et sa dimension scientifique aussi je doisdire, le combo musique/science ça me parle particulièrement), ou Gesaffelstein dont le travailm’inspire énormément. Bon après pour le délire, passer 48h avec un Ozzy ou un Tommy Lee çadevait être mémorable ahaha.
10 ) Un petit mot ou conseil pour la fin ?Branchez-vous SØREN les amis, allez écouter mon nouvel EP et venez faire la bringue avec nousen concert ! Il y a pleins de projets zinzins que je suis en train de finaliser pour la suite, c’est lebordel un peu partout dans le monde en ce moment et la musique personnellement ça me faittellement du bien donc allez voir des artistes et groupes sur scène, ça redonne le sourire et on sevoit très vite sur la route ou ailleurs :):
Instagram : sorenmusic_
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novembre 30, 2025« Quand la nuit déraille, la musique devient parfois le seul moyen de raconter ce qu’on préfère oublier. »
Alcohol ouvre l’album de Reetoxa comme une déflagration parfaitement assumée : un morceau qui démarre le cœur avant même que l’on comprenne ce qui nous arrive. Pas de mise en condition, pas d’échauffement — une gifle punk-grunge, sèche, nerveuse, taillée pour réveiller les vivants et ressusciter les morts. Et derrière cette énergie brute, une histoire aussi banale qu’universelle : celle d’un type qui ne parvient à aligner deux mots devant une fille que lorsqu’il a assez bu pour oublier qu’il existe.
Ce n’est pas glamour, pas héroïque, pas romancé. C’est humain. Et c’est précisément ce qui donne au morceau sa force : Alcohol ne mythifie rien, il expose. Jason, frontman et narrateur, transforme une nuit de déroute — un one night stand conclu par un réveil dans la périphérie, sans argent ni téléphone, juste une gueule de bois existentielle — en un récit acéré, drôle malgré lui, presque tendre dans sa lucidité. La honte devient moteur, la maladresse devient rythme, la confusion devient danse.
Musicalement, Reetoxa signe ici l’un de ses titres les plus féroces. Les guitares mordent avec une saturation râpeuse qui rappelle autant la rugosité du grunge originel que l’esprit rentre-dedans du punk britannique. La section rythmique pousse tout droit, sans feinte, comme une course maladroite à travers la ville au lever du jour — celle où l’on cherche un taxi, un abri, un sens. Pourtant, malgré cette densité, le morceau garde cette immédiateté, cette facilité à entraîner le corps. On peut y sauter, y crier, y transpirer : c’est lourd, mais ça danse.
Alcohol fonctionne parce qu’il ne triche pas. C’est un titre sur la fuite en avant, sur les limites qu’on franchit juste pour oser exister un peu plus fort, sur la manière dont l’alcool devient parfois pont, béquille, piège. Reetoxa ne juge pas : ils observent, ils transforment, ils amplifient. Ils prennent un moment minuscule de vie dérisoire pour en faire une porte d’entrée brûlante vers le reste de l’album.
En ouverture, c’est un choix magistral : un avertissement, ou plutôt un pacte. Reetoxa promet ici un disque qui n’arrondira rien, un disque qui parlera des failles autant que des forces, un disque qui assumera toutes ses cicatrices. Alcohol n’explique pas : il jette dans l’arène.
Et honnêtement, on n’aurait pas voulu qu’il fasse autrement.
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novembre 30, 2025« Un souvenir qui refuse de mourir : voilà ce que devient un riff quand il porte encore le battement d’un cœur de 1995. »
Amber n’a rien du simple single ressuscité d’un vieux carnet — c’est un vortex. Une chanson qui réapparaît trente ans plus tard avec la même fièvre qu’au premier jour, comme si l’horloge avait oublié de tourner. Reetoxa la propulse aujourd’hui dans le présent, mais son ADN reste intact : un cri d’adolescent transfiguré par la rudesse du grunge, une déclaration d’amour transformée en uppercut électrique.
Jason McKee la composa à une époque où écrire signifiait survivre. Un poème, trois accords, un vertige : l’impression d’avoir touché du doigt la fille de ses rêves, avant que les ragots, les avis extérieurs et la lâcheté collective ne réduisent cette histoire à un battement manqué. Amber devient alors une supplique, un appel à suivre le cœur plutôt que la foule, à oser l’improbable, à refuser l’extinction sociale qui dicte qui l’on peut ou non aimer. Trente ans ont passé, mais la morsure n’a pas perdu son tranchant.
Le morceau, lui, jaillit immédiatement — brut, sans filtre. L’ossature grunge, très Pacific Northwest, se frictionne à un esprit pub rock australien qui le rend plus dangereux, plus direct, presque insolent. Pas de nostalgie cheap ici : le son claque avec la vigueur d’un groupe qui sait exactement où poser le couteau pour que ça saigne juste ce qu’il faut. La batterie cogne comme une dispute qu’on refuse de laisser retomber, la guitare s’élance en vagues épaisses, saturées, et la voix de Jason s’agrippe à tout cela avec une fragilité rageuse, un mélange rare de fierté et de vulnérabilité.
Ce qui frappe surtout, c’est l’intention : Amber n’est pas revisitée, elle est réanimée. Elle porte encore l’électricité nerveuse de l’époque où elle fut écrite, mais Reetoxa y injecte la maîtrise d’aujourd’hui — une musique qui ne cherche pas à plaire, seulement à dire vrai, mais qui finit par séduire précisément par cette honnêteté farouche.
Sur l’album, elle arrive en troisième position comme une apparition fulgurante, un morceau qui ne demande pas la permission pour exister. Elle ne s’écoute pas, elle se ressent — dans les dents, dans la gorge, dans les souvenirs qu’on croyait rangés.
Amber, c’est la preuve qu’un coup de foudre mal digéré peut devenir une chanson immortelle, à condition d’être assez têtu pour la laisser vivre. Reetoxa, eux, l’ont compris : certaines braises ne s’éteignent jamais.
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novembre 30, 2025« Une onde claire qui devient coupure nette : là où la lucidité bat plus fort que le cœur. »
I’m Sorry ressemble d’abord à un geste minuscule : un frisson sur l’eau, un souffle froid sur un miroir encore embué. Puis la pulsation arrive, précise, presque chirurgicale, et tout l’univers de Karlie bascule dans une zone trouble où la vérité se dit sans trembler. La pop qu’elle façonne ici n’a rien de l’exutoire sucré qu’on attend du genre : c’est une lame polie, sombre, brillante comme un ongle fraîchement verni, qui découpe le réel avec une maîtrise déconcertante.
La production de Geronimo Latumeten agit comme une architecture à facettes : un beat au minimalisme tendu, des nappes synthétiques ciselées à la manière des BO néon de la fin des années 80, et surtout une respiration volontairement contenue, presque contrôlée, qui laisse à la voix de Karlie un espace rare. Elle n’y chante pas l’amour ; elle y observe les angles morts, les failles, les micro-manipulations qui se glissent dans les histoires trop parfaites. Et dans ce clair-obscur parfaitement assumé, sa voix semble être devenue instrument de vérité, révélateur d’intuition longtemps étouffée.
Ce qui frappe, c’est la sensation que tout avance au ralenti — comme si les battements, les synthés, les effets de spatialisation portaient en eux un tempo intérieur, celui qui se déclenche quand on réalise enfin que l’on n’était pas fou, que l’instinct disait juste. I’m Sorry déploie alors un parfum étrange : celui d’une libération qui ne fait pas de bruit, mais qui s’impose partout. Pas de drama, pas d’excès, juste une prise de pouvoir intime, silencieuse, souveraine.
Karlie poursuit ici la construction d’un univers totalement cohérent — élégant, nocturne, sculpté pour accompagner les moments où l’on décide de ne plus se mentir. C’est une pop de clairvoyance, à la fois cinématographique et incisive, qui prolonge la lignée See Her et There Will Be Light tout en s’enfonçant plus loin dans l’esthétique glossy qu’elle perfectionne disque après disque. On y sent l’influence de la mode, du mouvement, des silhouettes qui brillent et s’effacent : pas étonnant qu’elle ait déjà séduit les grandes maisons.
I’m Sorry, c’est une chambre noire illuminée par un seul néon : celui de la vérité quand elle se présente sans fioritures. Et Karlie, elle, avance dedans sans détourner les yeux.
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novembre 30, 2025« Une ville qui respire sous les paupières, une fièvre qui marche au même tempo que votre cœur. »
Mezmer Eyes est un battement de ville, une hallucination propre aux nuits où les fenêtres se reflètent dans les flaques comme des constellations mal rangées. Hverheij capture cette sensation rare — celle d’être à la fois marcheur, voyeur, silhouette parmi d’autres — et la transforme en une pièce instrumentale qui semble coulée dans le bitume tiède d’un centre-ville en perpétuelle mutation.
On entre dans la composition comme on entre dans un tunnel de néons, guidé par cette fusion improbable entre synthétiseurs granuleux et impulsions rythmiques nerveuses. Le MiniFreak, le Push 2 et l’MPC Live 2 deviennent ici des artisans de matière vivante : chaque oscillation respire, chaque pattern semble improviser son propre trajet, parfois sinueux, parfois implacable. C’est une musique qui ne décrit pas la ville — elle en adopte la mécanique interne, son ronronnement électrique, sa façon de faire vibrer l’air même quand rien ne bouge.
La guitare électrique, discrète mais intentionnelle, joue le rôle d’un punctum émotionnel : une ligne fine qui ouvre des failles de chaleur au milieu d’un paysage bardé d’acier. Ce contraste donne au morceau une sensualité insoupçonnée, quelque chose de presque humain qui se faufile entre les séquences saturées, comme si une voix muette tentait de remonter à la surface.
On perçoit derrière l’architecture sonore l’attention quasi tactile portée aux effets : cluster delays, réverbs diffractées, distorsions subtiles qui ajoutent une forme de danger feutré, un frisson qui évoque autant la solitude qu’une montée d’adrénaline parfaitement assumée. Rien n’est gratuit : tout semble façonné pour épouser l’intensité d’une rue à l’heure où les passants deviennent ombres et où les ombres deviennent narrateurs.
Mezmer Eyes s’impose comme une sorte de transe urbaine : hypnotique, élégamment agressive, sans chercher le consensus. La production de Michael Southard (Time Rival) accentue ce côté cinématographique — un mix dense mais respirant, où chaque couche a l’élégance d’un graffiti parfaitement placé.
Ce morceau ne cherche pas la lumière ; il la capte à travers les vitrines, les arrêts de tramway, les halos des réverbères. Il magnifie l’ordinaire, l’accidente, l’imprévu. Il porte l’âme d’une ville qui ne dort jamais, mais qui parfois, sous un certain angle, vous regarde en retour.
Mezmer Eyes n’accompagne pas votre marche nocturne : il la réécrit, détail par détail, jusqu’à vous donner l’impression que vos propres yeux deviennent la bande-son.
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novembre 30, 2025« Une chanson qui transforme la vérité d’une vie entière en libération dansante — là où l’aveu devient enfin joie. »
Il fallait l’oser, ce titre. Et il fallait surtout l’assumer avec suffisamment de tendresse, d’intelligence et d’audace pour éviter qu’il ne devienne un gimmick. Reetoxa, décidément incapable de rester dans les rails, signe avec Papa Loves Ladyboys un single qui a l’électricité du rock, la légèreté contagieuse de la pop, et ce supplément d’humanité qui le propulse ailleurs : quelque part entre le rire retenu, le bouleversement intime et la danse qui dérange autant qu’elle libère.
Derrière ce morceau, il y a un homme. Pas un personnage, pas une fiction : un proche âgé, fatigué de jouer un rôle, las de se mentir, et qui décide — enfin — d’annoncer à sa famille qu’il appartient à la communauté LGBTQ+. À son âge, l’aveu n’a rien d’un caprice. C’est un séisme silencieux, un soulagement après des décennies de retenue. Reetoxa transforme ce geste intime en hymne lumineux, un morceau où la vérité se chante fort, se danse fort, se célèbre fort.
Musicalement, le groupe refuse le pathos et choisit l’allégresse. Les guitares glissent plutôt qu’elles n’arrachent, la rythmique porte cette pulsation quasi-disco, ce mouvement naturel qui attrape le corps avant la tête. On y sent la volonté de casser le tabou par la fête : faire de l’aveu une célébration plutôt qu’une confession. Contrairement à beaucoup de chansons engagées, Papa Loves Ladyboys ne moralise pas. Il sourit. Il embrasse. Il accueille. Cette douceur affichée ne cache pourtant rien de la gravité implicite : toute une vie passée à se dissimuler, à performer une version acceptable de soi. Et ce moment où la vraie identité s’invite enfin à table, sans masque, sans excuses.
La voix portée par Jason est d’une limpidité presque juvénile, comme si le groupe choisissait de raconter une histoire lourde avec un souffle neuf. L’ironie tendre du titre n’est jamais moqueuse. Elle désamorce. Elle protège. Elle sert à rappeler que l’amour — celui qu’on se porte, celui qu’on reçoit — peut être joyeux, ridicule, kitsch, mais n’en reste pas moins vital.
Ce single se distingue dans le paysage par sa combinaison rare : un sujet encore trop peu chanté, raconté avec tact, et une production assez addictive pour devenir un earworm immédiat. On danse, on sourit, puis on réalise qu’on vient de célébrer un combat existentiel mené dans le silence pendant des décennies.
Reetoxa signe ici sa chanson la plus universelle : celle où chacun peut reconnaître le moment où l’on cesse d’avoir peur de soi-même. Une libération mise en musique, pétillante, tendre, irrévérencieuse — et éminemment nécessaire.
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novembre 30, 2025« Jody respire comme un souvenir qu’on croyait solidifié, mais qui se remet à battre lorsqu’on ose enfin s’y replonger. »
Il y a des groupes qui se rêvent colosses sonores, toujours dans la tension, le riff, l’impact. Et puis il y a ce moment rare où l’un d’eux accepte de poser les armes, de desserrer l’étau, de révéler ce qu’il retient d’habitude derrière les amplis. Jody est précisément ce moment pour Reetoxa : une faille ouverte dans la cuirasse, une confession tenue du bout des doigts, un morceau qui ne se contente plus de jouer fort mais d’exister vrai.
Ce qui frappe d’abord, c’est la douceur lumineuse qui s’installe comme un souffle inavoué. On sent qu’à l’origine, Jody avait été pensée comme une simple ballade d’amour — le genre d’hommage doux-amer qu’on écrit à vingt ans, persuadé d’y enfermer une éternité. Mais la vie, évidemment, a ses contre-champs. La chanson est revenue des années plus tard, remodelée par la rupture, l’amitié perdue, le recul nécessaire, l’angle légèrement brisé du cœur qui a dû se remettre à battre autrement. À l’écoute, ça se perçoit partout : dans ce mélange de nostalgie et de maturité, dans la façon dont la voix de Jason vacille à peine, comme si elle tirait un fil qu’il hésite encore à lâcher.
Reetoxa a toujours su jouer avec la rugosité, mais Jody offre cette autre face, plus tendre, plus fragile, presque nue. Les guitares n’y grondent pas : elles veillent. Elles enveloppent. Elles tiennent la chanson comme on tient quelqu’un qu’on a longtemps laissé tomber. La production, d’ailleurs, laisse beaucoup d’espace — un espace volontaire, presque pudique — qui permet à chaque note d’exister sans forcer. L’émotion, elle, se glisse dans les interstices : un vibrato retenu, une respiration trop longue, une ligne harmonique qui revient comme un leitmotiv intime.
Ce morceau, écrit en 2001 mais resté comme un talisman dans la poche de Jason, trouve enfin sa place dans Pines Salad, et cela s’entend. Jody est un point d’équilibre : un entre-deux où le groupe cesse de performer pour simplement confier ce qu’il a longtemps tu. Un fragment de vérité, pas culotté mais nécessaire, qui prouve que Reetoxa sait passer de la force brute à la vulnérabilité la plus délicate sans perdre son identité.
Si le groupe espère que le morceau devienne viral, on comprend pourquoi : Jody a ce charme intemporel des ballades qui n’ont besoin d’aucun artifice pour toucher juste. Une simplicité désarmante, presque old school, mais portée par une honnêteté qui, elle, ne vieillit jamais.
C’est peut-être ça, finalement, la réussite : faire d’un chagrin ancien une chanson nouvelle, et laisser la tendresse gagner.
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novembre 30, 2025« Legends murmure comme une histoire qu’on croyait perdue, mais qui continue de marcher dans la poussière du monde, portée par deux voix qui n’auraient jamais dû se croiser et qui pourtant s’attendaient. »
On croit souvent que les collaborations à distance fabriquent des artefacts froids, des fichiers .zip qui traversent la planète sans âme. Legends fait exactement l’inverse : Andy Smith et Emily E. Finke transforment les kilomètres en tension poétique, les fuseaux horaires en matière sensible. Ils écrivent comme on tend une corde entre deux continents, avec ce frisson qui naît quand chaque geste pourrait rompre l’équilibre. Résultat : une chanson qui s’ouvre comme un conte ancien, vibrante d’un souffle presque mythologique.
Rien ici n’est conforme aux codes de la pop standardisée. Le morceau erre dans une zone mouvante entre indie-folk élégiaque, musical theatre spectral et dream pop aux reflets liquides. Une mélodie qui semble flotter au-dessus d’un paysage que personne ne voit encore, mais que chacun ressent — une ville de lumière au loin, une montagne d’or qu’on jurerait toucher du bout des doigts. La production, façonnée en Australie, aux États-Unis et au Royaume-Uni, possède cette étrangeté douce des œuvres qui ne savent plus très bien de quel pays elles viennent. Un cosmopolitisme intime, peut-être involontaire, mais profondément incarné.
Et puis, il y a les voix. Celle d’Andy, ample, presque pastorale, trace les contours d’un monde ancien. Celle d’Emily, claire, vibrante, fend l’air comme une lueur dans un tunnel. Ensemble, elles composent une alchimie rare : deux timbres qui ne se superposent pas mais se cherchent, se frôlent, se répondent, comme deux voyageurs racontant la même histoire depuis des angles différents. On sent clairement qu’ils ont chanté ensemble, pour de vrai, dans la même pièce — une rencontre qui charge la chanson de chaleur humaine, cette densité qu’aucune collaboration virtuelle ne peut simuler.
Ce qui fascine dans Legends, c’est sa façon d’être double : une chanson très écrite mais jamais rigide, très émotionnelle mais jamais larmoyante, très imagée sans tomber dans la surenchère. Andy et Emily ont compris qu’un mythe n’existe pas pour être décoratif : il sert à dire ce qu’on ne parvient pas à formuler autrement. Ici, le mythe devient un miroir tendu à la distance, au temps qui transforme tout en mirage, à ces liens qui survivent malgré ce qui devrait les dissoudre.
Le plus beau reste peut-être cette sensation d’ouverture : Legends semble commencer avant qu’on ne l’écoute et continuer longtemps après. Une chanson qui refuse la clôture, qui respire, qui marche. Une chanson qui ne raconte pas un mythe : elle en devient un.
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novembre 30, 2025« Now I’m Wiser respire comme un homme qui pose enfin son sac de pierres au bord de la route et décide de continuer plus léger. »
John Smyths chante comme quelqu’un qui a vécu plusieurs vies — certaines choisies, d’autres subies — et Now I’m Wiser en porte les cicatrices, les illuminations tardives et la tendresse rugueuse. Rien à voir avec les cowboys impeccables de Nashville : Smyths, lui, vient des marges. D’un parcours cabossé entre Nijmegen, l’Allemagne, des années rock’n’roll trop bruyantes pour être sages, et cette lente dérive vers la country, ce continent musical où l’on finit toujours par échouer quand la vie vous a suffisamment bousculé.
Sa voix porte cette histoire : chaude, légèrement fêlée, empreinte d’un réalisme sans chiqué. On y entend Conway Twitty dans la manière d’arrondir le désespoir, Hank Williams dans l’art de transformer la solitude en rituel, Waylon Jennings pour ce goût du franc-parler qui ne cherche pas l’embellie. Now I’m Wiser ne s’écoute pas comme un single, mais comme une confidence à la sortie d’un bar encore éclairé au néon, une heure trop tard pour mentir et juste assez tôt pour dire vrai.
La production garde l’essentiel : une guitare qui pulse doucement, presque timide, comme si elle ne voulait pas prendre trop de place ; un rythme qui avance sans presser, celui d’un homme qui a compris que courir ne change rien au paysage ; quelques éclats de pedal steel qui servent davantage de lampe de poche que d’ornement. Rien ne déborde. Tout respire. L’économie du geste devient une esthétique.
Smyths ne cherche pas l’émotion — il l’habite. À soixante-quatre ans, il ne joue plus. Il raconte. Et même quand il semble s’adresser à quelqu’un d’autre, on devine qu’il parle surtout à celui qu’il fut : un gamin nourri d’AC/DC, un jeune adulte insatiable, un musicien qui a traversé l’Europe et enregistré des morceaux dans des studios anonymes, un homme qui a perdu du temps, gagné de la lucidité, et décidé que chaque chanson serait désormais un fragment de vérité.
Now I’m Wiser fonctionne comme une épiphanie lente : la maturité n’y est ni posture ni résignation, mais une façon de remercier la vie d’avoir été dure, parce que sans elle, la voix ne tremblerait pas comme ça. Il y a quelque chose d’indestructible dans cette fragilité maîtrisée.
Et c’est précisément là, dans cette ligne de crête entre le souvenir et l’avenir, que John Smyths devient précieux : il rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour écrire la bonne chanson, celle qui répare un peu, qui rassemble un peu, qui regarde derrière en avançant devant.
Avec Now I’m Wiser, John Smyths prouve que la country la plus authentique ne dépend ni de Nashville ni de l’âge : elle dépend seulement de la vérité qu’on ose enfin chanter.
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novembre 30, 2025« The C.K.D. est l’éruption intérieure d’une artiste trop jeune pour mentir, trop lucide pour reculer. »
Difficile de croire que Chayne n’a que dix-sept ans quand The C.K.D. s’ouvre comme une déflagration noire au cœur d’un âge où tout brûle trop vite. Une voix encore neuve, mais déjà lourde de monde, de nuits blanches, d’ombres mal rangées, de choses qu’on porte longtemps avant de comprendre leur nom. Cette chanson n’avance pas : elle surgit. Comme un flash dans une pièce sombre, le genre qui découpe les contours d’une vérité qu’on n’osait pas regarder de face.
Chayne a grandi entre l’Angleterre et le sud de la France, et cela s’entend : une dualité permanente, un tiraillement entre froideur post-industrielle et lumière méridionale, entre mélancolie nordique et fièvre latine. Dans The C.K.D., elle assemble ces failles comme on assemble un talisman. Les synthés se font menaçants, les guitares effilées comme des flèches, le beat avance en reptation lente, comme un animal blessé. Quelque chose dans la production évoque un grimoire digital : un mélange de glamour trash, de pop hantée, de rock spectral.
Ce qui frappe, c’est la maîtrise. Non pas une maîtrise apprise, mais une maîtrise instinctive : celle des artistes qui n’imposent pas encore un style mais un état d’être. Chayne n’explique rien. Elle ne dissèque pas. Elle laisse flotter une tension qui n’a pas besoin d’être explicitée pour être ressentie. The C.K.D. sonne comme un cri retenu, mais un cri stylisé, esthétisé, sculpté à la manière d’un film dont on connaîtrait les images mais pas encore l’intrigue.
On devine une ombre derrière le titre — un symbole personnel, une initiale secrète, une blessure dont elle ne dit que la vibration. Les voix doublées créent une sensation de dissociation subtile : Chayne se parle à elle-même, se répond, se contredit, se réconcilie. L’adolescence comme état limite, comme salle d’autopsie émotionnelle où l’on découpe les souvenirs avant de les recoudre différemment.
Il y a dans sa manière de chanter un mélange de défi et de fragilité, comme si chaque phrase était une confrontation mais aussi une confession. On pense à Billie Eilish pour la précision du murmure, à Pale Waves pour la noirceur scintillante, à Beabadoobee pour la façon d’habiter un monde intérieur trop vaste. Mais Chayne ne copie pas — elle absorbe, transforme, recrache sous forme de matière neuve.
The C.K.D. n’est pas une carte de visite : c’est une signature. Une empreinte digitale laissée sur un miroir embué. La preuve irréfutable qu’une artiste peut, à dix-sept ans, créer une musique où la maturité n’est pas une posture mais un instinct. Une chanson qui semble écrite dans un carnet que personne n’aurait dû lire — mais que l’on est secrètement soulagé qu’elle ait laissé ouvert.
Si Chayne débute ainsi, avec cette précision émotionnelle, cette noirceur élégante et cette volonté de creuser sous la peau des choses, le reste ne sera pas une simple carrière : ce sera une trajectoire. Une montée en tension. Un glissement inexorable vers quelque chose de nécessaire.
Ce morceau, c’est une promesse. Une menace. Une invitation. Une naissance. Une mue. Une preuve. Une faille. Une arme.
Et Chayne y apparaît déjà comme l’une des voix les plus dangereusement fascinantes de sa génération.
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novembre 30, 2025Né à Pearl, recâblé par Atlanta, Father traverse la nuit comme un reflet chromé : graphiste, photographe, vidéaste, promoteur avant d’être rappeur-producteur, il a gardé du design le goût de la ligne nette et des clubs MySpace l’odeur d’ozone. Ses morceaux changent d’ère comme de blouson : électrons sales, humor noir, “player” érudit qui cite Raekwon l’œil braqué sur Aphex Twin, Future en boussole interne, Gucci en température.
C’est l’hédonisme qui déraille, la punchline qui sourit avant de mordre, un groove qui danse tant qu’il peut — puis se tait d’un coup. Entre les ailes d’un fumoir et les ascenseurs d’une morgue, Father écrit une ville hantée et tendre, où chaque beat ressemble à une porte qu’on claque sur le passé pour mieux écouter l’écho. On a voulu parler de ces époques superposées, de la prochaine mue après Patricide, et de cette façon si calme d’allumer l’incendie.
Voici l’interview, à découvir juste ici :
Qui es-tu ?Je suis Father. Je viens de Pearl, Mississippi, et je suis basé à Atlanta, Géorgie. Je suis artiste, producteur, et fondateur du label indépendant Awful Records, né à Atlanta.
Quel est ton parcours ?Avant et pendant mes débuts dans la musique, j’étais graphiste, photographe, vidéaste et organisateur de soirées, au service de la scène artistique locale à Atlanta.
Ta musique en quelques mots ?J’ai eu beaucoup d’ères, donc difficile à résumer. Lyricalement : épicurien, ironique, ésotérique, player. C’est fun… jusqu’à ce que ça ne le soit plus.
Tes inspirations ?Tout petit : les mixes electro et booty bass que ma mère passait — Afrika Bambaataa, Uncle Luke, 69 Boyz, etc. À l’ado, j’ai plongé dans ce qu’on appelait “Electronica” dans les 90’s : Felix da Housecat, Aphex Twin, The Chemical Brothers. Milieu d’adolescence : new rave et electroclash, toute la club music de l’ère blogs/MySpace. Paradoxalement, la fin de l’ado, c’est là que le rap m’a vraiment fracturé : j’entends Only Built 4 Cuban Linx de Raekwon à la fac et mon cerveau se re-câble. À partir de là : “fuck school, je veux faire ça.” Tout ce qui précède a surtout formé ma prod, et côté rap je cite Raekwon et Big L comme premières aspir(ations). Beaucoup d’influence locale aussi : Future, Gucci Mane, Young Thug.
Ta playlist du moment ?Un mélange de rap, trip-hop, acid, post-punk et new rave. Sneaker Pimps, The Cure, Klaxons, MF DOOM, Puracane, Moving Units… c’est assez éclaté mais surtout des trucs plus anciens. Et pas mal de Drakeo the Ruler, Future, Gucci.
Le plat que tu réussis le mieux ?Le fumoir, c’est ma méthode. Je fais les meilleures wings de mon entourage. Mention spéciale : “ranch-dusted smoked thai chili wings”.
Les projets à venir ?Je travaille sur un follow-up à Patricide, en élargissant le son posé sur cet album. Il reste beaucoup à explorer.
Une anecdote sur toi ?Avant la musique, je bossais aussi à l’hôpital, le grand centre de traumatologie d’Atlanta. Je déplaçais des patients d’un service à l’autre — vivants et non vivants. J’avais 18–19 ans, le plus jeune du service. La nuit, seul avec des corps dans l’ascenseur, direction la morgue. Flippant au début, puis “whatever”. Mon humour désinvolte sur la mort vient en grande partie de là : j’ai accompagné pas mal de gens de l’autre côté.
48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré ?Je ne voudrais jamais passer 48 heures avec quelqu’un que je ne connais pas. J’ai déjà du mal à passer 48 heures avec des gens que je connais. Chez qui on est, d’abord ? Pire encore : 48h chez un inconnu… ou 48h avec un inconnu chez moi ?J’ai passé mes vingtaines avec des amis et des inconnus à la maison, tous les jours, jour et nuit, pendant des mois. Rien que d’y penser, je me crispe. Imagine le film Mother!, mais tout le monde est drogué et fait de l’art.
Un dernier conseil ?Personne à la soirée ne se soucie que tu n’aies pas réussi à venir à la soirée. Pense-y avant de FOMO n’importe quoi. Sauf si tu es le DJ ou quoi — dans ce cas, préviens quelqu’un.
Instagram : father
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novembre 30, 2025Bergen dans la voix, Orkney dans la mémoire, Londres au bout des doigts : Nelly Moar écrit des chansons qui dansent et pleurent à la même seconde. Élevée par un batteur de jazz, passée par la Grieg Academy, elle a gardé le réflexe d’ouvrir les genres plutôt que d’y entrer — une pop/R&B brute et sans excuse, où la nostalgie n’est jamais décorative.
Confiance à la KAYTRANADA, douceur à la Cleo Sol, et ce goût d’icônes 2000s qui tourne la tête : Love’s Law, son premier album, revendique le réel comme seule gravité — amour, perte, reprise d’élan — avant d’annoncer un virage club/jazz déjà en germination. On a parlé franchise, timing, ad-libs qui sourient et pad thaï signature. Voici l’interview, maintenant.
Qui es-tu ?Je m’appelle Nelly Moar, je suis une artiste et autrice-compositrice norvégienne-britannique. Je fais du R&B et de la pop, et je suis très heureuse de sortir mon premier album, Love’s Law, le 24 octobre.
Quel est ton parcours ?Je suis née et j’ai grandi à Bergen, en Norvège. Ma mère vient des îles Orcades, en Écosse, et mon père est batteur de jazz, donc la musique a toujours été là. J’ai étudié le jazz à la Grieg Academy : ça m’a rendue curieuse et ouverte — apprendre à repousser les limites des genres et des sons, c’est central dans mon écriture.
Ta musique en quelques mots ?Brute, sans concession, nostalgique — du genre à te donner envie de danser et de pleurer en même temps.
Tes inspirations ?Les grandes émotions et les moments vécus. La musique dit d’abord ce que je ressens, puis je mets des mots ensuite. J’adore l’assurance et le jeu chez KAYTRANADA, et je suis aussi très attirée par des artistes comme Cleo Sol. Son influence est plus subtile — phrasé, arrangements de voix, timing, malice dans les instruments et les ad-libs — on l’entend particulièrement sur le troisième titre, DREAM.
Ta playlist du moment ?Je redécouvre pas mal de bops iconiques des années 2000. Obsédée par Nelly Furtado, les Sugababes et Rihanna — Good Girl Gone Bad est tellement badass. J’aime les morceaux féroces, avec de l’attitude.
Le plat que tu cuisines le mieux ?Mon plat signature, c’est le pad thaï. Comme ma musique : un peu épicé, un peu sucré, et ça donne envie d’en reprendre.
Tes projets à venir ?En ce moment, tout tourne autour de mon premier album Love’s Law, mais je travaille aussi sur un projet club prévu pour 2026. J’ai vraiment envie de plonger à fond dans le club et le jazz. Love’s Law vient d’expériences très réelles et brutes — j’ai gardé chaque émotion pendant l’écriture. Maintenant que l’album est dans le monde et que je vais très bien, je suis prête à m’amuser : faire des tracks qui font du bien et qui me donnent envie de bouger.
Une anecdote sur toi ?À huit ans, j’ai convaincu mes professeurs de me laisser faire un one-woman-show au spectacle de Noël de l’école, devant tous les parents. Je n’avais aucun plan et j’ai improvisé… une baby-sitter ivre. Diva en quête d’attention depuis le premier jour, clairement.
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré ?KAYTRANADA encore. Je suis obsédée par sa musique. Quarante-huit heures en studio, ce serait un rêve.
Un dernier mot ou conseil ?Accueille tes émotions, sois honnête et bienveillante avec toi-même, et… écoute mon premier album Love’s Law. J’espère qu’il rendra ta journée un peu plus lumineuse.
Instagram : nellymoar
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novembre 30, 2025« Black Clouds est un territoire à part, une chambre d’échos où Bastien Pons transforme l’invisible en matière respirante. »
Les œuvres qui s’installent en vous comme une présence familière et pourtant dérangeante ne préviennent jamais. Black Clouds, dans la constellation granuleuse de Bastien Pons, agit précisément ainsi : une immersion lente, progressive, presque organique, où chaque texture semble observer l’auditeur autant que celui-ci l’écoute. Dès les premières secondes, on sent que quelque chose cherche à prendre forme — non pas une mélodie, mais une sensation. Une densité. Une tension prête à se fissurer.
Pons ne construit pas un morceau ; il sculpte un climat. La voix répétitive, volontairement dépouillée, ressemble à une silhouette que l’on aperçoit derrière un verre dépoli. On devine une présence, jamais son contour. Frank Zozky, lui, apparaît comme une ombre additionnelle, un souffle parallèle qui n’offre aucune réponse, seulement un autre angle de la même inquiétude. La collaboration ressemble moins à un duo qu’à deux consciences qui cohabitent silencieusement dans une pièce mal éclairée.
Le morceau repose sur une dramaturgie de frottements : la matière bruitiste, les drones voilés, les boucles fissurées, les fragments vocaux comme arrachés d’un sommeil lourd. À mesure que tout s’épaissit, Black Clouds devient une sorte de couloir psychique, un passage où les textures se dilatent, se déforment, se répondent sans jamais converger vers une résolution. L’équilibre repose sur une tension à la fois fragile et implacable, comme un souffle qu’on retient trop longtemps.
Ce qui impressionne surtout, c’est la manière dont Pons parvient à faire exister le silence à l’intérieur même du bruit. Les basses vibrent, les drones grondent, les distorsions rampent — mais toujours en laissant, quelque part, un interstice. Un vide respirable. Un espace mental. Cette maîtrise du négatif rappelle la photographie argentique qu’il pratique : l’image n’est jamais donnée d’un bloc, elle se révèle par degrés, dans un clair-obscur mouvant qui oblige le regard à se réadapter.
À travers Black Clouds, Pons propose un mode d’écoute différent de celui dicté par la logique des playlists. Ici, aucune gratification immédiate, aucun crescendo prévisible, aucun point d’appui rassurant. Le morceau exige de se laisser absorber, d’abandonner la distance critique pour entrer dans une forme d’expérience sensorielle — presque méditative, presque clinique, mais toujours profondément humaine. Cette ambivalence, ce mélange de vulnérabilité et d’abstraction, constitue la signature de l’artiste.
La réussite du titre tient à son étrange capacité à suspendre le temps. Rien ne se passe, et pourtant tout s’accumule. Rien n’éclate, mais l’intensité monte. Rien ne se dit, mais le malaise communique. Black Clouds se vit comme un état, une condition atmosphérique intérieure, un nuage qui ne libère jamais sa pluie mais continue de charger l’air d’électricité.
Dans le paysage expérimental actuel, Bastien Pons ne cherche pas la provocation ni l’avant-gardisme spectaculaire : il cherche la vérité du son dans sa fragilité même. Black Clouds n’est pas un titre à écouter distraitement — c’est un lieu où l’on entre, puis que l’on quitte changé, comme après avoir observé trop longtemps quelque chose qu’on ne saurait expliquer.
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novembre 28, 2025« Une montée d’adrénaline urbaine où chaque riff avance comme un pas de trop dans une ruelle qu’on aurait dû éviter. »
Avec City Boy, Boxing Club taille son blason dans l’acier brut : un morceau qui pulse comme un cœur en surcharge, tendu, nerveux, impossible à ignorer. Là où Barbra dévoilait leurs premières griffures, ce second single montre les dents — une montée en intensité, en menace, en ambition. C’est le son d’un groupe qui a cessé de demander la permission.
Dès l’ouverture, la basse arpeggiée installe le décor : une ville qui ne dort jamais, un décor trempé dans la sueur, les néons et les mauvaises décisions. Le post-punk de Boxing Club n’a rien de rétro ou de complaisant — il mord, il insiste, il ne cherche pas la nostalgie mais la friction. On pense à l’aridité de Fontaines D.C. ou à l’urgence d’Idles, mais avec une tension dramatique propre, presque théâtrale, héritée du trajet Glasgow–Londres que le groupe transporte dans ses guitares.
La voix tranche net : sèche, tranchante, débitée comme un témoignage qu’on ne veut pas donner mais qu’on ne peut plus retenir. Elle raconte ce city boy perdu dans la frénésie métropolitaine, avalé par les nuits trop longues, par la vitesse, par la peur de s’arrêter. Le texte dit la colère rentrée, le sentiment d’être un pion dans une ville qui vous dépasse, et cette énergie tourbillonnante que Boxing Club sait traduire en riffs et en syncopes.
Le morceau avance comme une course : le rythme se resserre, les guitares s’électrisent, la batterie frappe plus sec. À mesure que le décor s’éclaire — ou s’effondre — la tension ne relâche jamais. City Boy devient alors ce miroir tendu vers la vie moderne : stressée, politisée, saturée de tentations et de contradictions. Une ville qui ne pardonne rien, mais qui vous façonne à coups de bleus.
Là où beaucoup de nouveaux groupes post-punk s’enferment dans une formule, Boxing Club préfère ouvrir des brèches. Leur interprétation reste ancrée dans la rue, mais portée par une théâtralité nerveuse, presque expressionniste. Ils savent ménager les ombres, faire parler les silences, jouer sur les contrastes entre explosion et retenue. City Boy n’est pas seulement un single : c’est la promesse d’un EP plus large, plus dur, plus riche en angles morts.
Le résultat tient dans ce sentiment rare : celui d’écouter un groupe encore en ascension mais déjà sûr de son monde, de son langage et de sa colère. Boxing Club n’écrit pas des chansons ; ils écrivent des constats. Et City Boy est un constat fulgurant : la ville brûle, mais eux avancent dedans, gorge offerte au vent, prêts à en découdre.
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novembre 28, 2025« Une chanson comme un souffle retenu, là où la tendresse insiste encore malgré les départs. »
Sous le pseudonyme TwentySixth Soul, Mohammed façonne une musique nocturne, fragile, où chaque note semble s’excuser d’exister tout en brûlant d’être entendue. You Couldn’t s’inscrit au cœur de ce geste minimaliste : un morceau qui respire à peine, comme une confession murmurée dans la lumière bleue d’un écran encore allumé trop tard.
Ce qui frappe d’abord, c’est la simplicité désarmante de l’arrangement : une guitare pastel, presque translucide, suspendue dans une reverb qui tient du mirage. La voix, portée sans effort, étire les syllabes comme si elle cherchait à retenir quelque chose qui file entre les doigts. On pense immédiatement à Cigarettes After Sex dans cette manière de faire flotter l’émotion — mais ici, elle est plus sèche, plus intime, moins cinématographique et plus diariste. Un rêve écrit depuis Riyad, tard dans la nuit, par quelqu’un qui ne parle que parce qu’il n’a personne d’autre à qui dire ces choses.
Le cœur battant de You Couldn’t réside dans sa contradiction émotionnelle. Mohammed y navigue les eaux troubles d’une relation longue distance qui promettait sans jamais tenir, un lien où l’autre réclamait la proximité tout en la fuyant. Cette oscillation — venir, partir, revenir, pleurer, céder — se traduit dans la structure même du morceau : les phrases semblent suspendues, comme si elles hésitaient à atterrir. La mélodie s’y abandonne avec une douceur presque résignée.
L’instant le plus bouleversant du titre arrive pourtant sans prévenir : ce mémo vocal en arabe, venu d’un moment de lucidité post-rupture. Un fragment d’intimité brute, laissé tel quel, comme un souvenir capturé avant d’être effacé. Il n’est pas placé là pour faire joli — il incarne exactement ce que la chanson raconte : l’après-coup, la réflexion, l’écho qui persiste quand on croit avoir tourné la page.
You Couldn’t ne tente jamais de romancer la douleur. Il la laisse simplement respirer. Cette retenue, cette économie de moyens, cette façon de faire confiance au silence, donnent au morceau une puissance inattendue. C’est un titre qui ne cherche pas à être plus grand que la vie ; il cherche à être vrai. Et c’est ce qui le rend précieux.
Avec ce single, TwentySixth Soul dessine une esthétique déjà solide : intime sans être exhibitionniste, vaporeuse sans être éthérée, sentimentale sans verser dans le pathos. Une musique d’entre-deux, écrite dans l’air dense des nuits chaudes, faite pour celles et ceux qui connaissent la douleur douce des contradictions affectives.
Et si You Couldn’t n’est qu’une première pierre, alors Mohammed est en train de bâtir quelque chose de rare : une dream-pop qui, derrière ses voiles pastel, regarde droit dans les yeux.
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novembre 28, 2025« Une musique qui ne raconte pas : elle observe, flotte, et laisse au silence le luxe d’être éloquent. »
Il y a des EP qui cherchent à séduire, et d’autres qui cherchent à respirer. When It Was Quiet, le nouveau triptyque du trio anglo-italien mUmbo, appartient à cette seconde espèce — rare, subtile, presque clandestine. Un disque qui se tient légèrement en retrait, comme un visage aperçu derrière une vitre, mais dont chaque vibration semble étrangement familière. Emma Semple, Doug MacGowan et Antonio Dalé tissent ici un espace où tout bouge lentement : la lumière, les voix, les ombres, le temps. Trois morceaux suffisent pour bâtir une géographie intérieure, celle d’une musique qui préfère l’allusion au grand geste, la perception au récit.
La première balise du voyage, You Can Do What You Want To, est un paysage-narration à la frontière du cinéma et du rêve. La guitare de MacGowan y avance comme une caméra portée, sensible aux détails, captant la poussière dans l’air. La voix d’Emma Semple — mi-voilée, mi-vibrante — déroule un fil narratif qui ne force jamais, comme si chaque phrase était posée sur une eau immobile. Le morceau possède cette lenteur magnétique des scènes importantes des films de Wim Wenders : un mouvement à peine perceptible, mais chargé d’une émotion dense. La viola et le violon surgissent par capillarité, dessinant une tension discrète qui fait respirer la chanson autrement.
You Know The Song est son miroir trouble. Ici, mUmbo glisse vers quelque chose de plus atmosphérique, presque spectral. Le titre ressemble à un souvenir qui tente de se rappeler lui-même : des couches de guitares aériennes, des réminiscences mélodiques, une voix qui semble chanter depuis un lieu intermédiaire — pas tout à fait éveillé, pas tout à fait endormi. On y sent l’héritage des Cocteau Twins dans l’usage du timbre comme matière vivante, mais aussi cette douceur brumeuse que Mazzy Star savait offrir. La chanson se déploie comme un parfum : en nuances, en halos, en suspensions.
Puis vient Worm Moon, peut-être le morceau le plus délicatement étrange du trio. Ici, la lune n’est pas un symbole romantique mais un phénomène, une lueur qui transforme les objets et les humeurs. Le titre se construit sur une pulsation discrète, une respiration circulaire qui avance par touches, comme un brouillon de lumière. Les cordes flûtent, la guitare se fait texture, et la voix d’Emma Semple se rapproche davantage du murmure que du chant. Le morceau semble décrire cet instant où la réalité bascule imperceptiblement vers le rêve : une frontière poreuse, tremblante. La production, volontairement minimaliste, laisse le vide faire partie intégrante du récit.
Avec When It Was Quiet, mUmbo signe un EP qui ne cherche à convaincre personne — il propose. Il propose un monde légèrement dissocié, mais jamais froid ; un monde où l’on observe les choses comme si elles avaient glissé d’un millimètre dans une dimension parallèle. Trois chansons comme trois micro-climats, portées par la collaboration transfrontalière du trio, qui envoie ses idées comme d’autres envoient des cartes postales : un échange fluide, organique, sans emphase.
C’est un disque pour ceux qui aiment que la musique laisse une trace invisible sur les murs. Un disque qui écoute autant qu’il parle. Un disque qui porte bien son nom : When It Was Quiet, un moment suspendu dans l’inconscient, que mUmbo a su rendre audible.
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novembre 28, 2025« Un disque qui ne cherche pas la pose : il cherche la vérité, même quand elle brûle, même quand elle tremble. »
Catharsis n’est pas un simple retour : c’est une traversée. Celle d’un artiste franco-camerounais basé à Francfort qui, après des années à porter le monde sur ses épaules, décide enfin d’ouvrir la paume et de laisser filer ce qui l’écrasait. Ici, D-Terence ne joue pas au héros : il raconte celui qu’il a été, celui qu’il devient, celui qu’il accepte désormais d’être. La musique — un alliage mouvant d’afrofusion, de R&B atmosphérique, de rap introspectif — devient son laboratoire de reconstruction. Un lieu où la vulnérabilité n’est plus une faiblesse, mais une technologie spirituelle.
CATHARSIS, l’ouverture, tient plus du rituel que du morceau. Trente-huit secondes comme une inspiration retenue depuis trop longtemps, un battement de cœur amplifié par la production, un sas avant la confession. CROSS OVER transforme cette impulsion en mouvement : un titre qui parle de passage, de seuil, de peau ancienne abandonnée derrière soi. Les percussions y sont sèches, déterminées, comme si chaque mesure affirmait : « avancer est la seule option ».
FEELS GOOD réintroduit la douceur, mais une douceur qui a lutté. C’est le premier rayon de soleil après plusieurs saisons de brouillard. Le groove est minimaliste, presque intime, comme un sourire qu’on n’ose pas encore complètement montrer.
Puis arrive SCARS, l’un des piliers émotionnels du disque. Ici, D-Terence ouvre les cicatrices une à une. Le morceau est simple, dépouillé, mais frappe par sa précision émotionnelle. Les cordes synthétiques flottent comme un murmure. On y entend la fatigue, la vérité, la survie.
BY MY SIDE, avec Riz Key, porte une autre forme de tendresse : celle de l’alliance, de la loyauté. Un morceau au crépuscule, où les voix se répondent comme deux silhouettes qui ont traversé la même tempête.
PROBLEMS ramène l’ombre : beat nerveux, flow serré, lucidité glacée. C’est le moment où l’artiste énumère ce qu’il refuse désormais de porter. NO REGRET lui répond : même décor, autre posture. La production y installe une forme de paix musclée — celle qu’on gagne, pas celle qu’on reçoit.
BURN, avec Lil-Jay, injecte une tension brûlante : le titre est incandescent, presque tribal, un exutoire où l’on sent le feu intérieur consumer ce qui doit mourir pour qu’autre chose naisse.
INTERLUDE allège l’atmosphère avant APPAREIL, toujours avec Lil-Jay, qui explore le rapport à l’image, au regard de l’autre, à la façon dont on se met en scène ou qu’on s’échappe. C’est un morceau angulaire : il questionne l’interface entre soi et le monde.
Puis vient le cyclone collectif : YAYATO — fête, héritage, pulsation culturelle. C’est le morceau où l’Afrique remonte à la surface, lumineuse, indomptable. Emzo’o et JO JACK y apportent une énergie qui déborde de l’écran : la célébration comme acte politique.
GOOD LIFE est le contrechamp : gratitude, respiration, un sourire qu’on n’efface plus. MANY THINGS poursuit cette veine confessionnelle, mais avec un rythme tantôt souple, tantôt nerveux, comme une liste de tout ce qu’on a trimballé et qu’on peut enfin déposer.
MOMENTS LIKE THIS installe un paysage feutré, presque cinématographique. Un morceau qui regarde la vie du bord de la fenêtre et dit : « malgré tout, je suis encore là ».
GRATITUDE referme la boucle émotionnelle. C’est un hymne discret, sans emphase, à la paix retrouvée — ou du moins à la direction vers laquelle on marche désormais. Enfin, BLUEPRINT clôt l’album comme un testament d’intention : ce qui vient ne sera plus laissé au hasard. L’homme a un plan, une colonne vertébrale, un horizon.
Avec Catharsis, D-Terence livre son projet le plus mature, le plus vulnérable, le plus essentiel. Un album qui ne raconte pas seulement la douleur : il raconte l’après, et l’après est une lumière rare. L’album d’un homme qui a décidé de ne plus se taire — et de transformer chaque fêlure en route vers soi.
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novembre 28, 2025« Un album qui avance comme une main sur un visage : avec douceur, avec colère, avec l’inflexible nécessité de ne pas oublier. »
R-Esistenze n’est pas un disque : c’est un seuil. Celui d’un pays qui tremble encore sous ses cicatrices, celui d’un duo — Danielle Di Majo et Manuela Pasqui — qui transforme la littérature, la résistance, les ombres de l’Italie du XXᵉ siècle en une langue instrumentale d’une élégance presque dangereuse. Un jazz de chambre, sensuel et civique, où le souffle du saxophone et la précision du piano deviennent deux narratrices qui murmurent, dénoncent et recueillent ce qui reste des luttes : leur lumière.
L’identità perduta ouvre le cycle comme un miroir brisé. On y entend le vertige de celles et ceux qui ont dû renoncer à leur nom, leur histoire, leur voix. Di Majo y sculpte un saxophone blessé — non pas plaintif, mais digne — tandis que Pasqui déroule au piano une ligne claire, presque austère, qui rappelle que la perte d’identité n’est jamais abstraite : elle est un corps qu’on déplace, qu’on efface, qu’on survit malgré tout.
Brigata Menotti, dédié aux figures de la résistance italienne, change de registre : pulsation grave, tension contenue, un thème qui avance comme un cortège clandestin dans une ruelle humide. Chaque changement d’accord est une porte claquée, un souffle retenu, une consigne murmurée avant l’aube. Le morceau est court, mais il frappe comme un coup de poing dans la poitrine.
Miriam, plus ample, plus narrative, devient une toile expressionniste. C’est la pièce la plus proche d’un monologue intérieur : le piano pose des phrases suspendues, le sax les contredit, les enlace, les transforme. On y devine les mots de Lalla Romano, le courage des femmes qui écrivaient quand la nuit les cernait encore. Une méditation sur la fragilité assumée comme force.
Meriggiare porte en elle le parfum âpre des après-midis brûlants de Montale. Ici, B.I.T. plonge dans une écriture impressionniste : jeu en clair-obscur, respiration étirée, micro-silences qui deviennent autant de battements du paysage. Un morceau qui s’écoute comme on regarde la mer quand elle refuse de répondre.
Sul fil di lama avance en équilibre instable. Le sax y marche sur un fil tranchant, incisif, tandis que le piano donne l’impression de chercher l’issue d’un labyrinthe moral. C’est une pièce brève mais tendue, comme un souvenir qu’on voudrait repousser, sans jamais y parvenir.
Cinque pezzi di luna apporte une rondeur nouvelle : une suite miniature où la lune devient témoin des étapes secrètes de la résistance. Les harmonies y sont mouvantes, presque liquides. On pense à un journal intime sans mots, où chaque motif devient un fragment d’histoire personnelle.
Bagheria accélère le pouls. Court, vif, lumineux, évoquant une mémoire en fuite qui refuse malgré tout l’oubli. On y sent la Sicile comme une écharde : brûlante, fière, intranquille.
Lipari, plus contemplatif, étire le temps. Di Majo respire large, Pasqui sculpte les espaces : c’est une île vue de loin, une solitude choisie, un territoire mental où l’on se réfugie quand tout vacille.
Poisson d’or est probablement la pièce la plus onirique du cycle. Un motif délicat, presque debussyste, qui se transforme progressivement en improvisation viscérale. Le thème nage, disparaît, revient. Une métaphore de la pensée résistante : insaisissable, fluide, indestructible.
Luce di mezzanotte referme l’album dans une semi-clarté : pas la lumière qui rassure, mais celle qui indique que la nuit n’a jamais réellement gagné. Un nocturne inquiet, où le sax souffle comme une mémoire qu’on réveille et que le piano apaise sans jamais l’éteindre. Une fin qui dit : la beauté résiste, parce qu’elle n’a pas le choix.
Avec R-Esistenze, B.I.T. signe un disque qui ne flatte ni la tradition ni l’avant-garde — il creuse, fouille, exhume. Un album d’artistes qui savent qu’un pays tient parfois dans une seule note, et qu’une seule note peut porter tout un siècle.
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novembre 28, 2025« Un conte d’hiver où l’amour, le pardon et la lumière se tiennent par la main, comme si la saison elle-même voulait nous réapprendre à respirer. »
JD Days revient avec Christmas Anthology comme on ouvre une lanterne dans la nuit : doucement, avec cette volonté farouche de rallumer quelque chose qu’on avait laissé geler. Dix morceaux tissent ici un patchwork cinématographique, un Noël vu à hauteur d’âme, entre pop-rock scintillant, folk d’hiver et storytelling à la Pixar qui ne cherche pas l’enfance mais la vérité.
L’album s’ouvre sur Evergreen Christmas, romance enneigée taillée pour les avenues de New York après la fermeture des magasins. C’est un morceau qui sent le sapin encore humide, la seconde chance et le silence des rues en décembre. JD Days y dessine le type d’histoire qu’on n’ose plus raconter sans cynisme — un amour simple, droit, persistant, un amour evergreen.
Vient ensuite Angel Woman, plus crépusculaire, une ballade qui tient de l’aube et de la cicatrice. Le groupe y trouve une lumière douce, presque religieuse, sans jamais verser dans le chœur sirupeux. C’est une chanson de grâce : la voix avance comme une main tendue à soi-même, prête à pardonner. On y entend la fatigue, mais aussi le courage de recommencer.
Du côté des classiques réinventés, Here Comes Santa est une réussite rare : un rock moderne à la bonne humeur jamais forcée, vibrant d’un groove électrique, comme si Santa avait troqué ses rênes pour un ampli à lampes. JD Days y injecte une énergie baroudeuse, presque Springsteen sous neige, et c’est précisément ce qui le rend irrésistible.
Puis All You Need Is Love vient clore le voyage comme un feu de cheminée qu’on n’arrive plus à quitter du regard. Loin de copier l’original, JD Days transforme la chanson en ode à la survie affective : la mélodie s’ouvre comme un halo et tout semble converger vers ce désir unique — rassembler, réparer, pardonner. C’est une fin qui ne ferme rien, qui laisse au contraire une traînée de lumière derrière elle.
Autour de ces piliers, Christmas Anthology déroule ses ponts visuels et narratifs, les fameux “bridge videos” : Mistletoe, Somewhere, Two Lovers, Live for Today, Happy Xmas (War Is Over)… Toutes ces passerelles racontées par une voix féminine chaude fonctionnent comme des respirations, des pages intermédiaires d’un livre qu’on ne lit pas mais qu’on habite. Elles ne remplissent pas l’espace : elles le relient.
Chaque titre et chaque vidéo semble écrit pour quelqu’un qui marche seul dans la rue par un soir trop froid — mais qui se surprend, malgré tout, à lever les yeux vers les lumières. C’est là que réside la force de JD Days : fabriquer un Noël qui ne ment pas, mais qui n’abandonne jamais.
Dans ce monde qui court, Christmas Anthology est un refuge : un album à écouter comme on ouvre un cadeau fragile, un peu tremblant, mais terriblement vivant. Un rappel que, parfois, la seule chose à faire au cœur de l’hiver, c’est laisser la musique tenir la main.
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novembre 28, 2025« Sakura est un mirage lo-fi, une chambre hantée par des synthés brumeux où chaque morceau se désintègre au moment même où il vous touche. »
À écouter Sakura, on a l’impression que West Wickhams — Jon Othello et Elle Flores — ne composent pas vraiment des chansons, mais des visions. Des fragments qu’on attrape en plein vol, juste avant qu’ils ne s’effacent comme les pétales de cerisiers dont l’EP emprunte le nom. Leur univers, post-punk de chambre saturé de mystique et de brouillard, s’alimente autant aux mythes gothiques qu’à la fragilité japonaise du mono no aware. Et pourtant, rien ici n’a le poids du passé : tout scintille, tout tremble, tout fuit.
Le voyage commence avec Up to the Old Tricks, miniature nerveuse où guitares en pointillés et chant fantomatique donnent l’impression d’un groupe qui flotte entre ruelle humide et rêve éveillé. Jon et Elle y soufflent une malice sombre, presque enfantine, comme si revisiter les “vieux tours” revenait à convoquer des esprits familiers. En 2’31, ils posent la signature : rapide, acide, et étrangement doux.
Puis Ice Block surgit, glacé comme son nom mais traversé de micro-fissures émotionnelles. La ligne de basse y avance avec une élégante lassitude, pendant que les synthés suintent une chaleur inattendue. On dirait une chanson écrite pour un film qui n’existe pas : une scène nocturne, une ville qui retient son souffle, deux silhouettes qui se cherchent sans se trouver.
Avec As the Camera Shuts, l’EP se replie sur lui-même. C’est le morceau le plus fragile, un instant suspendu où la voix semble enregistrée à un souffle du micro, presque trop près, presque trop vrai. Le titre dit tout : la fermeture d’un diaphragme, un cliché volé, un souvenir qui se décide à survivre ou s’effacer. West Wickhams maîtrisent l’art du presque-rien qui fend le cœur.
EQ The Viper injecte une nervosité différente. Plus serré, plus anguleux, ce titre a l’énergie d’un poème punk passé sous LSD, une danse venimeuse où le duo joue avec l’idée de métamorphose permanente. Le serpent devient une métaphore du son lui-même : sinueux, imprévisible, prêt à mordre puis se dissoudre dans la fumée.
L’EP se clôt sur Save Yourselves, deux mots qui semblent à la fois un conseil ironique et un constat lucide. Le morceau est une ascension discrète, presque sacrée, où la mélodie avance comme une procession gothique. On y retrouve ce sentiment de fuite — non pas pour échapper au monde, mais pour mieux s’y tenir, dans cette esthétique où tout finit par se déliter. C’est peut-être le titre le plus proche de cette idée centrale de Sakura : la beauté qui se sait fugace.
West Wickhams font de la musique comme on écrit depuis une île brumeuse ou une chambre trop petite pour leurs rêves. Sakura est un geste délicat et ténébreux, un EP-loquet sur une porte entre les vivants et leurs fantômes. Et il faut saluer cette manière d’embrasser la brièveté — pas par manque, mais par choix esthétique.
Un disque qui ne s’écoute pas : il se respire avant de disparaître.
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novembre 28, 2025« Join Us est un album de néons froids et de battements intérieurs, où chaque piste semble écrite depuis un quai désert à l’heure où la ville retient son souffle. »
Il y a des débuts qui avancent en fanfare, d’autres qui avancent en silence — et puis il y a Join Us, premier album de William Davidoff, qui traverse la nuit comme un inconnu familier. On y entend le frottement des lampadaires sur le béton, la solitude des gares en hiver, le poids de ce que l’on ne dit pas. Davidoff, enfant de Lüneburg, élevé à la frontière du Hamburg électronique, délivre ici un disque qui refuse le vernis et embrasse le grain, la sueur, les ombres.
Il n’a pas besoin d’images ni d’un storytelling calibré. Il travaille loin des réseaux, loin de l’injonction à tout montrer. On sent cette pudeur dans sa production : tout est nu, brut, presque fragile. Join Us ressemble à un journal nocturne, chaque morceau une entrée écrite en vitesse pour ne pas perdre la sensation du moment.
L’album s’ouvre sur Midnight Fever, pulsation synthétique qui déploie le décor : rythme doux-amer, voix à moitié effacée par la brume, énergie qui ressemble moins à la fête qu’à l’insomnie élégante. Puis City of Echoes fait vibrer cette solitude urbaine, mêlant synthés glacés et un refrain qui sonne comme un signal perdu dans la nuit. On y sent Davidoff penser aux rues qu’il a quittées, à celles qu’il traverse encore sans y appartenir.
Starstruck Static joue la carte de l’éblouissement contrarié : lumière trop forte, cœur trop fragile, ces instants où l’on voudrait être ailleurs mais où l’on reste figé. À l’inverse, Satellite Hearts étire l’espace : morceau plus ample, presque cosmique, où l’électronique devient respiration. C’est dans Midnight Voicemail que l’album plonge le plus profondément dans l’intime : un titre qui évoque l’envie d’appeler quelqu’un qu’on ne devrait plus, un aveu laissé au brouillard numérique.
Avec Running In Reverse, Davidoff renverse le temps, le tempo, les souvenirs. Le morceau avance comme quelqu’un qui recule, hésite, trébuche sur les traces du passé. Feel Alive, plus lumineux, sert d’antidote : un souffle d’air, presque pop, où les synthés semblent se rappeler qu’ils savent sourire. Mais Shadows I Still Follow vient aussitôt rappeler la douleur persistante : morceau dense, chargé d’échos, où la voix devient une silhouette poursuivant ses propres fantômes.
La montée continue avec Running From Yesterday, morceau long, ample, qui sonne comme une fuite sur autoroute éclairée par trois lampadaires. C’est le titre le plus narratif, celui où Davidoff affronte frontalement ce qu’il laisse derrière lui. L’album se clôt avec Lights Out, Love Remains, une élégie nocturne où l’obscurité sert moins de fin que de refuge.
Dans Join Us, Davidoff bâtit un monde sans artifices : synthés taillés dans la glace, beats discrets, voix qui ne cherche jamais à s’imposer — seulement à dire vrai. Ce n’est pas un disque qui occupe la pièce ; c’est un disque qui occupe la nuit. Un compagnon discret, tenace, pour celles et ceux qui savent que les lumières des villes racontent toujours autre chose que ce qu’elles montrent.
Un premier album qui murmure — et qui, par ce murmure, touche juste.
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novembre 28, 2025« Dans Summer is Gone, Anjalts transforme la fin d’une saison en un souvenir incandescent, celui qu’on garde dans la poche même quand l’hiver mord déjà les doigts. »
Il fallait bien qu’une voix ose rendre justice au moment le plus silencieux de l’année, ce minuscule souffle entre la chute des dernières feuilles et la première morsure de l’air froid. Avec Summer is Gone, Anjalts signe un single qui ressemble à une photographie trouvée au fond d’une boîte en métal : un peu jaunie, un peu tremblée, mais encore chaude des doigts qui l’ont tenue autrefois.
Là où d’autres auraient choisi le mélodrame ou le tube calibré, Anjalts avance sur la pointe des pieds, presque en funambule. Sa production joue la retenue, une pudeur quasi cinématographique où chaque élément semble suspendu dans la lumière oblique d’un soleil qui hésite déjà à se coucher. Les synthés, discrets, respirent comme une mer étale ; la guitare acoustique parfume l’air d’un grain de sable oublié ; les percussions, droites et limpides, maintiennent un faux tempo de cœur encore attaché à l’été.
Le chant, lui, ne cherche ni la puissance ni l’éclat. Il flirte avec la fragilité, avec cette douceur solaire qui a fait la signature d’Anjalts depuis Air to Fire, mais qu’elle affine ici avec une précision presque millimétrée. On sent l’artiste se tenir littéralement sur le seuil : entre un amour déjà passé et le début d’un hiver qu’elle n’a pas choisi. Ce n’est pas de la nostalgie pure ; c’est de la nostalgie en mouvement, un souvenir qui refuse de mourir gentiment.
Là se trouve le vrai geste artistique d’Anjalts : faire du minimalisme un refuge émotionnel, et de cette esthétique rétro-pop une zone de friction où la modernité s’invite sans effacer la mémoire. Summer is Gone n’est pas un adieu — c’est une conservation. Celle d’une chaleur, d’une odeur de sel, d’un prénom qu’on ne prononce plus mais qu’on entend encore dans un souffle.
Cette capacité à saisir l’invisible, à retenir l’instant fragile avant qu’il ne bascule, annonce un virage plus large : celui de Northern Lights, son album à venir, où l’on pressent déjà un élargissement, une expansion vers quelque chose de plus vaste, peut-être plus grave, mais toujours porté par ce grain délicat qui fait d’elle une productrice précieuse et singulière.
Si l’été s’en va, Anjalts en garde la braise — et la glisse sous la neige, juste assez pour qu’on puisse encore s’y réchauffer.
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novembre 28, 2025« Never Run Dry est ce point de rupture lumineux où la tradition devient un prétexte pour réinventer la tendresse, la colère et l’inconnu. »
Il y a des premiers EP qui présentent un groupe, d’autres qui le révèlent. Never Run Dry, lui, va plus loin : il expose Testaments comme une formation déjà habitée, consciente de son souffle, de ses failles et de son vertige. Un quintette londonien qui joue le jazz comme on écrit un roman — avec des nœuds, des zones d’ombre, une dramaturgie intime qui n’a rien à envier aux musiques les plus aventureuses. Ici, l’improvisation n’est pas un geste gratuit : c’est un acte de foi, une manière d’habiter le temps jusqu’à le faire trembler. Et les quatre pièces de cet EP sont autant de chapitres qui ne cessent de se contredire, de se répondre, de se transcender.
Ae Fond Kiss (Never Run Dry) ouvre l’album comme une longue déflagration lente, 13 minutes qui s’étirent et se tordent comme une lettre d’amour retrouvée dans un grenier humide. La relecture du chant écossais devient ici un rituel, presque une invocation : guitare suspensive, basse qui murmure, euphonium qui respire comme une bête mythologique, voix semi-parlée qui tire Robert Burns vers l’abstraction contemporaine. La pièce navigue par blocs, par états : d’abord la pudeur Folk-Jazz à la Bill Frisell, puis l’ascension hallucinée du solo de Dom Howard, et enfin cette longue traînée d’euphonium où Cameron Scott transforme la mélodie en une matière incandescente. La dernière minute, quand le titre même de l’EP revient hanter l’espace, ressemble à une prière murmurée dans une chambre vide.
Mountain Stream (Take 1) choisit la voie inverse : une miniature suspendue, un duo avec guitare d’une sobriété presque déstabilisante. Rebecka Edlund ne chante pas vraiment : elle raconte, elle interroge, elle respire dans les interstices de la pièce. Cette relecture du morceau de Fergus McCreadie devient une balade de solitude douceâtre, un ruisseau qui coule lentement entre deux souvenirs. La fragilité de l’enregistrement, les quelques bruits accidentels (les clés, un souffle trop proche du micro), tout cela dit la vérité brute du moment, la promesse que Testaments ne trichera jamais avec le vivant.
Contemplation remet les pendules à l’heure en injectant une énergie presque tribale dans le disque. Ici, la batterie de Sam Nicholls et la basse de Mark McQuillan se livrent à un duel amoureux, une danse qui serpente entre les signatures rythmiques complexes héritées de la scène londonienne contemporaine. C’est le morceau-labyrinthe, celui où chaque détour ouvre une nouvelle chambre : un solo d’euphonium lyrique qui tutoie le cri, une envolée vocale qui frôle le mystique, et ce cœur rythmique jamais figé, toujours en mouvement. La pièce donne l’impression d’observer un organisme vivant, un animal étrange qui change de peau plusieurs fois sans prévenir.
Puis arrive Mountain Stream (Take 2), comme si l’on ouvrait la porte sur la chambre d’écho parallèle du morceau précédent. C’est la version spectrale, libre, presque chamanique. Pas de structure, pas d’ancrage, juste une dérive improvisée captée dans la foulée du premier enregistrement. Rebecka Edlund y invente des lignes en suédois, Dom Howard maltraite son instrument jusqu’à le transformer en machine cosmique, et l’ensemble devient un flux de conscience sonore. Ce dernier geste clôt l’EP avec une beauté désordonnée, presque sauvage : l’image d’un groupe qui refuse les cadres et préfère l’abandon créatif à la construction rassurante.
Avec Never Run Dry, Testaments signe un EP qui n’a rien d’un simple préambule. C’est une déclaration d’intention : faire du jazz un espace de vérité émotionnelle, tendre et parfois violente, mais toujours profondément humaine. Chaque morceau semble écrit pour une salle silencieuse, un public suspendu à un fil invisible, un instant où l’on sent son propre cœur battre un peu trop fort.
Le début d’une histoire qui, déjà, promet de ne jamais s’assécher.
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novembre 28, 2025« Un hymne acidulé pour continuer à danser au bord du gouffre — là où l’espoir persiste même quand tout dit le contraire. »
Il y a des chansons qui protestent, d’autres qui fuient — et puis il y a Merrymaking, la nouvelle grenade sucrée-acide de Fierbinteanu, qui fait exactement les deux à la fois. Gabriela et Cristian transforment l’actualité politique en carnaval électrique, une farce tragique où milliardaires et dictateurs se disputent la scène pendant que nous, pauvres mortels, essayons encore de trouver un rythme sur lequel tenir debout. C’est une satire, c’est une danse, c’est un clin d’œil au désespoir : un objet pop-punk hybride qui frappe juste parce qu’il refuse la posture du manifeste, préférant celle du miroir déformant.
L’ouverture est immédiate : des synthés 80’s qui sautillent comme des néons fatigués, une basse humide qui grésille sous le plancher, une pulsation techno-pop qui donne envie de sourire alors que tout brûle. Merrymaking a ce groove de dystopie colorée, quelque chose entre Devo, Yello et une rave improvisée dans un abri antiatomique. Fierbinteanu joue avec l’ironie comme d’autres avec l’autotune : un instrument autant qu’une arme.
Cristian chante avec une nonchalance de prophète blasé, Gabriela lui répond avec la clarté solaire d’une narratrice qui sait déjà comment l’histoire finit — mal, probablement, mais avec panache. On entend dans le morceau cette science de la ritournelle venimeuse qui leur est propre : un humour malade, un romantisme cabossé, une lucidité trop vive pour ne pas être douloureuse. Le thème affiché — ce théâtre politique où les “dictators & billionaires vs. you and me” — est traité avec une fraîcheur presque insolente : pas de rage frontale, mais une jubilation désespérée, comme si la seule résistance encore possible était de danser un peu plus fort.
La production, enregistrée à Bruxelles, est serrée comme un poing dans un gant de velours noir. Chaque glitch, chaque contretemps, chaque montée acide en arrière-plan semble vouloir saboter la chanson avant de se raviser. Et cette manière de boucler l’idée — “Hope springs eternal! It’s complicated!” — résume parfaitement leur esthétique : ne jamais croire au salut, mais ne jamais renoncer à l’imaginer.
Merrymaking n’est pas un single : c’est un clin d’œil à celles et ceux qui continuent d’espérer dans un monde qui leur rit au nez. Un morceau pour danser avec ses contradictions, pour faire la fête dans les décombres, pour rester vivant malgré le vacarme. Chez Fierbinteanu, le chaos devient rituel ; la farce, un acte de survie ; la pop, un geste politique qui n’a pas besoin de le dire pour l’être.
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novembre 28, 2025« Cette collection est un miroir brisé où chaque fragment reflète une autre version de Fernando’s Eyes — plus trouble, plus libre, plus hantée. »
Il y a des artistes qui écrivent des chansons, puis il y a ceux qui écrivent des écosystèmes. Fernando Honorato, sous l’alias Fernando’s Eyes, appartient clairement à la seconde catégorie. Bonus Tracks & Remixes ressemble à une salle d’archives entrouverte, où l’on découvrirait les doubles, les ombres, les hésitations et les métamorphoses du très beau Center of Your World. Ce n’est pas un appendice : c’est une constellation parallèle, une cartographie sensible de ce qui gravitait autour de l’album sans y entrer tout à fait — comme ces pensées nocturnes qu’on n’ose pas écrire mais qui finissent par nous définir.
Higher Ground ouvre la marche comme un lever de brume : nappes synthétiques larges, tempo suspendu, respiration étale. Un morceau qui regarde vers le haut mais avance au ralenti, avec cette façon qu’a Fernando d’étirer le temps jusqu’à ce qu’il devienne un paysage. I Can’t Feel Like This Anymore poursuit dans une veine plus intime, presque confessionnelle : guitare crépusculaire, battement retenu, un refus tendre de la stagnation émotionnelle.
Puis vient Change, reprise du titre de White Lies — et c’est l’un des moments les plus forts du disque. Fernando en fait un spectre, une silhouette de cold-wave qui glisse dans une chambre sombre, délaissant le dramatique pour le fragile. Crystal – The Foreign Resort Remix bascule dans une tension post-punk plus musclée : lignes de basse serrées, voix étirée comme un écho dans une ruelle humide, esthétique danoise parfaitement assumée. A Million Times – White Birches Remix ajoute des reflets synth-pop élégiaques : on y entend un cœur battre à travers un verre dépoli.
Le voyage continue avec Center of Your World – Daidalos Mix by Voyna, version labyrinthique et presque liturgique du morceau-titre : ici, le morceau devient architecture, un espace où l’on déambule plus qu’on n’écoute. Crystal – Oplen Remix prend le contrepied : énergique, minimaliste, presque binaire — comme si la chanson s’était vidée de toute chair pour ne garder qu’un squelette rythmique.
Plus chaleureux, A Million Times – Albert Severin Remix transforme le morceau en pulsation feutrée, proche de la dream-pop dansante. Pendant que Center of Your World – (((S))) Remix se vautre dans une noirceur plus électronique, presque spectrale : un murmure dans un tunnel. Crystal – Jaakko Eino Kalevi Remix apporte l’étrangeté lumineuse du Finlandais : synthés liquides, groove doux, une chaleur inattendue qui fissure la mélancolie.
Puis A Million Times – Magic Wands Remix rallume l’étincelle pop, avec un scintillement presque lunaire, un parfum d’euphorie retenue. Le disque se ferme sur Center of Your World – Solemn Youth/Adam Stilson Remix, version plus profonde, vibratoire, où tout semble se dissoudre doucement, comme un souvenir qui refuse de disparaître mais se laisse décaler.
Bonus Tracks & Remixes n’est pas une compilation, mais un prolongement émotionnel. Une façon pour Fernando’s Eyes de dire que les chansons ne meurent jamais : elles se déplacent, mutent, s’étirent, se reflètent ailleurs. Un disque de mi-saison, pour les nuits qui s’étirent, pour ceux qui aiment écouter les coulisses autant que la scène principale.
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novembre 28, 2025« Dans War Is Family, Konrad Kinard exhume les fantômes du Cold War kid qu’il a été, pour montrer comment un pays peut façonner ton esprit avant même que tu n’apprennes ton propre nom. »
War Is Family est un musée de la peur. Une traversée au cœur d’une Amérique hallucinée, où la paranoïa suintait des téléviseurs, où les enfants récitaient la doctrine nucléaire comme d’autres récitent des prières, où le mythe familial se fissurait sous les néons des chaînes d’info. Konrad Kinard remonte ce fil traumatique avec une précision de chirurgien : chaque morceau est un diorama sonore, un fragment de mémoire irradiée.
Born A Texan ouvre tout avec cinquante-huit secondes de naissance forcée, presque un générique de vie imposée : il arrive dans un pays où le danger est déjà un membre de la famille. Better Red Than Dead enfonce le clou : un chant de propagande internalisée, saturé de tension industrielle, où l’on entend comment un slogan peut modeler une psyché entière. Siddhartha Goes To Alabama est une collision fascinante entre quête spirituelle et redneck reality : la figure de Siddhartha déplacée dans la Bible Belt devient un sursaut philosophique dans un monde rempli d’armes et de sermons.
Three Sisters agit comme un flash de pellicule brûlée : une minute de souvenir fracturé, presque un polaroid sonore. Red Ant Hill, lui, s’étend comme une marche obsédante dans un paysage mental infesté de menaces invisibles — guitare rampante, souffle mécanique, gravité poisseuse. Daddy Bought A Gun revient au point d’origine : la violence comme cadeau d’enfance. Assassination Postcard, lui, pose un décor d’Amérique-souvenir : l’album photo national, mais rongé par la rouille, les coups d’État médiatiques, les cicatrices d’Histoire jamais digérées.
The Bomb Shelter condense ce qui obsède Kinard depuis l’enfance : le bunker paternel, la peur ritualisée, la préparation comme quotidien. Rockets, ensuite, fait l’effet d’un missile psychique : rythmique martiale, électricité contenue, sentiment d’inévitable. Berlin Preamble installe l’Europe divisée comme un écho intérieur — le mur, la coupure, la voix froide de la propagande. Surrounded Berlin prolonge cette tension en une pièce dense, labyrinthique, qui évoque les villes assiégées par l’Histoire et les individus encerclés par leurs propres certitudes.
Gaslight fracture l’écoute : quarante secondes comme un micro-effondrement psychique. War Is Family, pièce centrale, est le manifeste : Kinard y dit que la guerre est devenue la seule présence stable, la seule entité digne du mot famille. The Rat Hole, court et corrosif, grince comme un couloir vers l’enfance perdue. Dog Tags devient une comptine militaire désenchantée, où l’identité se résume à un pendentif métallique. Russian Bombers réactive la frayeur hertzienne : le bruit d’un ciel qui pouvait s’ouvrir sur l’apocalypse.
Love Orgy Hot surprend par son ironie tragique : l’hédonisme comme réponse panique à une civilisation en bout de course, atmosphère dream-pop tordue, désir contaminé par la peur. Nuke The Russians dure trente-deux secondes, mais elles suffisent : c’est l’absurdité totale d’une époque, sa brutalité simplifiée, son inconscience. Sun Rises est l’un des morceaux les plus longs et les plus étranges : une lente remontée vers la lumière, mais une lumière sans chaleur, comme filtrée par le fallout. Le disque se clôt sur A Texas Summer Night, scène nocturne d’un pays qui dort mal, bercé par les grillons, les armes et les mensonges collectifs.
War Is Family est une excavation sonore : Kinard fouille les ruines, les expose, les fait sonner. Ce n’est pas seulement un album sur la guerre, c’est un album sur ce qu’elle fait aux enfants, sur ce qu’elle fabrique dans les familles, sur ce qu’elle installe dans une nation entière sans jamais s’en excuser. Un disque nécessaire, brutal, profond — qu’on écoute comme on lit un journal intime retrouvé dans un bunker.
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novembre 28, 2025« Autour de cette frontière mouvante qu’il trace seul, The7thGatekeeper transforme le poids du monde en éclats sonores, brutaux, tendres, contradictoires — mais vivants. »
Around This Edge Together ressemble moins à un album qu’à un journal extirpé d’une tempête intérieure, griffé de riffs, de silences, de colères rentrées, de rêves qui sentent la sueur froide. Le musicien gallois — seul dans son chaos cupboard, à Barry — fait ici jaillir un rock hybride où la lourdeur de Slipknot, l’obsession rythmique de Tool et les confidences d’un songwriter folk s’imbriquent dans une même respiration. Ce disque est un territoire mouvant : abrasif, fragile, hanté, mais terriblement humain.
L’ouverture, Not to Be Taken, est une déflagration brève, presque un avertissement. Les guitares claquent comme des dents serrées, et l’on comprend immédiatement que rien ne sera lissé, que l’on va traverser un espace où l’artiste ne joue pas à paraître : il s’expose. 5588 poursuit dans une veine plus mécanique, presque industrielle, avec une pulsation qui semble imiter celle d’un homme qui avance malgré les coups, malgré le réel qui cogne.
Puis surgit Amulet, morceau court mais essentiel : une respiration électrique, comme un gri-gri sonore que l’on serre dans la paume pour tenir la journée debout. The Hoard, lui, ouvre une béance plus sombre. On y entend l’accumulation — d’angoisses, de souvenirs, de mondes intérieurs qui s’effritent. C’est lourd, mais jamais écrasant : The7thGatekeeper sait laisser filtrer la lumière.
Avec Baryon II, il change d’échelle. On quitte l’intime pour une sensation presque cosmique. Le morceau est bref, mais il évoque une matière en mutation, un scintillement où l’expérimental se fait narratif. Wrapped arrive alors comme un morceau charnière : mélodie plus sinueuse, tension plus émotionnelle, un repli sur soi où l’artiste semble tenter d’enrouler ses propres démons avant qu’ils n’explosent.
Vient ensuite Inamorata, moment de grâce inattendu. Dédiée à sa femme, cette miniature d’amour tendre tranche avec la rudesse du reste. C’est une confession murmurée, une accalmie fragile, comme si la musique se souvenait soudain qu’elle peut aussi panser. The Garden renoue avec une énergie plus frontale, mais y glisse une mélancolie discrète : un jardin où rien ne pousse sans heurts, où l’on arrache les mauvaises herbes de soi-même.
Et puis tout converge vers le pivot du disque : (Fear) Wet State. Inspiré d’un rêve terrifiant, le morceau condense toutes les obsessions du projet — la peur, la matière sonore qui tourbillonne, une urgence presque viscérale. On y entend la progression d’un artiste qui transforme ses cauchemars en architecture musicale, et qui, dans ce chaos parfaitement contrôlé, trouve une forme de vérité brute.
Around This Edge Together impressionne par sa cohérence malgré sa diversité. Chaque morceau est un fragment d’un même éclat, une facette d’un esprit qui refuse de s’aseptiser. Dans ce second album, The7thGatekeeper avance, un pas après l’autre, sur sa propre arête — celle où l’on vacille, mais où l’on voit plus loin que de l’autre côté.
Un disque rugueux, intranquille, profondément honnête. Une frontière qu’on traverse ensemble.
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novembre 28, 2025« Dans Snow Time, Veronneau ne reprend pas des standards : ils les déshabillent, les réchauffent et les réinventent jusqu’à leur redonner une âme qu’on croyait figée dans le givre. »
Snow Time n’est pas un simple album de reprises de Noël. C’est un rituel sensuel et feutré, une manière de redécouvrir l’hiver comme un territoire intime où les chansons glissent, respirent et retrouvent leur liberté. Le groupe international Veronneau, maître dans l’art du jazz acoustique migrateur, revisite ici cinq classiques avec une élégance presque tactile — nylon qui chuchote, voix qui caresse, violon qui scintille comme une neige éclairée aux bougies. Ce disque, court en apparence, est en réalité un petit théâtre hivernal où chaque titre ouvre une scène différente, un état, un parfum.
https://veronneau.bandcamp.com/album/snow-time
Winter Wonderland ouvre le bal comme une promenade au petit matin : pas craquants dans la neige, lumière bleu pâle, et cette voix de Lynn Véronneau qui transforme le standard en bossa légère, comme si l’hiver se vivait soudain à Rio. Les guitares de Ken Avis et David Rosenblatt brodent un tapis sonore où les flocons semblent flotter au ralenti. C’est une entrée en matière subtile, presque cinématographique.
Santa Baby, ensuite, retrouve son insolence originelle, mais filtrée à travers une sensualité jazz plus feutrée. Lynn ne cherche pas l’imitation : elle réinvente, elle glisse, elle suggère. Le morceau devient une conversation secrète, presque une danse lente autour du désir et de l’humour. Le groupe y joue avec une élégance cabaret qui rappelle New York version années 50, mais avec une désinvolture moderne.
River, l’un des titres les plus délicats du répertoire de Joni Mitchell, devient ici une confession minimaliste. Le violon de Dave Kline surgit comme une brume dorée, enveloppant la mélancolie du morceau d’une chaleur insoupçonnée. On y perçoit un hiver plus intérieur, un froid qui ne mord pas mais qui rappelle l’absence, les départs, les renoncements. Veronneau réussit le pari rare de revisiter Mitchell sans l’alourdir ni la trahir : ils la prolongent.
Baby It’s Cold Outside, morceau souvent revisité mais rarement réussi, prend ici la forme d’un jeu amoureux ravivé par le duo Lynn Véronneau / Ken Avis. Leurs voix se cherchent, s’esquivent, se répondent dans un dialogue vif, presque théâtral. Le morceau devient un clin d’œil vintage qui, sous la patine acoustique, conserve toute sa malice et sa chaleur.
Puis vient Feliz Navidad, clôture lumineuse, flamboyante, irrésistible. Veronneau y injecte une joie solaire, un mélange de fête latine et de jazz aérien. Le violon de Dave Kline s’envole, virevolte, transforme cette chanson souvent galvaudée en célébration radieuse. On a envie de lever son verre, de danser dans un salon éclairé à la bougie, de laisser l’hiver devenir une fête.
Avec Snow Time, Veronneau prouve une nouvelle fois ce que la critique avait déjà pressenti : peu de groupes savent, comme eux, redonner une vie organique à des classiques. Ils ont ce talent rare de faire fondre la nostalgie sans jamais la dénaturer, de transformer la saison froide en chaleur intime.
Un album comme un feu de cheminée : simple, vivant, nécessaire.
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novembre 28, 2025« Dans Wings of Gabriel, Karen Salicath Jamali joue comme si elle transcrivait la lumière d’un ange plutôt qu’une simple partition. »
Wings of Gabriel n’est pas un album mais un territoire : un lieu suspendu où chaque note semble déposée par une présence qu’on ne voit pas, mais que l’on sent se tenir juste à côté. Karen Salicath Jamali, fidèle à son œuvre née des rêves et de la traversée intérieure, ouvre ici un portail d’une délicatesse presque irréelle. Le disque trace un voyage en trois ailes, chacune parcourue par une vibration unique, comme trois façons de répondre à la question : qu’est-ce qu’une apparition sonore ?
Wings of Gabriel, Pt. 1 donne le premier contact : un prélude où le piano effleure plus qu’il n’appuie, comme si chaque toucher était un battement d’aile. C’est l’instant où la lumière entre dans la pièce. Dans Angel Gabriels Grace, cette lumière se nuance, se réchauffe, prend la forme d’une bienveillance pudique. On y entend la douceur d’un geste invisible qui rassure sans jamais s’imposer. Angel Gabriels Whisper poursuit ce souffle intime : un morceau qui semble chuchoté à l’oreille, un murmure qui n’a pas besoin de dire pour apaiser. Puis Angel Gabriels Refuge ouvre un espace plus dense, presque architectural : c’est le moment où l’on comprend que l’album offre plus qu’un apaisement — il propose un abri.
Avec Wings of Gabriel, Pt. 2, une autre dimension s’amorce. Le piano s’y déploie dans une respiration plus large, comme si le paysage devenait soudain panoramique. Angel Gabriels Glow irradie d’une chaleur contenue, une lumière qui ne brûle pas mais réveille. Angel Gabriels Heart String, plus fragile, pince une corde intime, celle du cœur qui reconnaît une émotion avant même de pouvoir la nommer. Angel Gabriels Hand, pièce ample et lente, accompagne comme une présence posée sur l’épaule : un geste qui dit « avance », avec douceur mais détermination.
Wings of Gabriel, Pt. 3 ouvre le dernier seuil, celui du mystère, de l’inexpliqué. On y flotte, presque en apesanteur, comme si les lois du monde se relâchaient. Angel Gabriels Mystic, fidèle à son nom, brouille les contours : le piano devient vapeur, reflet, intuition. Enfin, Angel Gabriels Tear clôt l’album dans une émotion liquide, une larme qui ne marque ni la tristesse ni la joie, mais l’infime passage entre les deux — ce tremblement qui dit que quelque chose nous a touchés plus profondément qu’on ne pouvait l’admettre.
Wings of Gabriel est l’un de ces rares albums qui ne cherchent pas à impressionner mais à éveiller. Un disque de seuil, de passage, de lumière offerte. Karen Salicath Jamali y poursuit son dialogue avec l’invisible, mais surtout, elle y offre un espace où le monde cesse de peser. Ici, le piano ne raconte pas l’ange : il en porte la trace. Et c’est peut-être ce qui rend ce voyage si profondément humain.
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novembre 28, 2025« Avec The Crumble, Avaraj transforme la douleur invisible des fausses couches et du mariage brisé en un paysage sonore d’une honnêteté bouleversante. »
Il y a des albums écrits pour séduire, d’autres pour briller, et puis il y a ceux qui existent parce qu’il n’y avait simplement aucun autre moyen de survivre. The Crumble, né dans l’intimité d’un home-studio d’Atlanta, appartient à cette dernière catégorie. Pas un geste esthétique, pas un exercice d’école : un acte de vérité. Un disque qui fait trembler la cage thoracique dès qu’on en approche, parce qu’il raconte l’indicible — la perte d’un enfant, l’usure du couple, la solitude à deux, la honte, le silence, l’invisible.
Avaraj n’adoucit rien. Son écriture, nourrie de folk confessionnel, de pop mélodique et d’une électronique discrète, tranche au plus près du cœur. Chaque titre semble être un fragment du mariage qui s’effondre, un éclat du sol qui se fissure sous les pieds. Et pourtant, malgré l’obscurité, une lumière fragile circule — celle de quelqu’un qui, pour la première fois, dit enfin tout.
Voici les dialogues intérieurs qui composent ce récit de ruines :
1. RomanceL’ouverture est trompeusement douce. Une mélodie dépouillée, presque nostalgique, qui évoque les débuts d’un amour — avant que les failles n’apparaissent. Le morceau expose le premier mensonge : celui d’un couple qui faisait semblant d’aller bien.
2. Two LinesL’un des titres les plus dévastateurs. “Deux lignes” — celles d’un test de grossesse, celles qui signifient espoir, attente, puis perte. Avaraj y chante à voix basse, comme si chaque mot pouvait se casser. Une chanson qui ose parler de ce que la musique évite presque toujours.
3. InfluencesUn autoportrait griffonné entre deux larmes. Ce morceau raconte l’identité qui se délite dans le couple, dans le rôle qu’on croyait devoir jouer. Les arrangements électroniques y murmurent une sensation de flottement, de désorientation.
4. The CrumbleLa pièce centrale. Une chanson qui s’effrite, lentement, comme son titre l’annonce. Sur un rythme fragile, Avaraj dissèque le moment précis où la relation cesse d’avoir un futur. Toute l’album y converge : le silence du mari, l’éléphant dans la pièce, les mots impossibles.
5. Winter BluesL’hiver devient métaphore du mariage : froid, immobile, sans lumière. Une ballade glacée où la voix d’Avaraj semble se battre contre la saison intérieure.
6. What Could’ve BeenLà où d’autres écriraient une ballade romantique, Avaraj écrit un requiem pour une possibilité. Un morceau suspendu, plein de fantômes, où les synthés deviennent un vent qui traverse les souvenirs.
7. Perfect StormLe chaos total. Mélange de colère, d’incompréhension, d’épuisement. Le titre sonne comme un orage — un de ceux qui vous laisse sur le sol, vidé, mais enfin lucide.
8. In My DreamsUn refuge fragile. Les rêves y deviennent l’unique endroit où l’enfant existe encore, où le couple se retrouve, où rien n’est encore brisé. Une chanson douce-amère.
9. ImaginationLe morceau le plus conceptuel. Avaraj explore la manière dont l’esprit réécrit la douleur pour qu’elle soit soutenable. C’est presque un titre ambient-pop, hypnotique, qui laisse le temps se dilater.
10. Perfect WeekendClôture ironique et poignante. Le “week-end parfait” décrit ici est une fiction : celle qu’on vend aux autres, celle qu’on se raconte pour éviter la vérité. Le morceau s’éteint comme une dernière illusion qui se dissout.
The Crumble n’est pas seulement courageux : il est nécessaire.
Dans une industrie où la douleur des femmes est souvent minimisée ou passée sous silence, Avaraj choisit l’exposition totale, l’incision honnête. C’est un album qui ne caresse pas — il console en disant la vérité, crue, lumineuse, indispensable.
Un disque qui ne cherche pas à réparer, mais à reconnaître ce qui s’est brisé. Et parfois, c’est déjà une forme de guérison.
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novembre 28, 2025« Avec Carmina Alegría, Yo ranime la voix de sa grand-mère — une voix qui n’a jamais été enregistrée, mais qui vibrait déjà dans son sang. »
Il existe des disques qui naissent d’une idée, d’autres d’une urgence — et puis il y a ceux qui naissent d’un deuil. Carmina Alegría appartient à cette lignée rare où l’intime devient mythe, où la peine cherche son propre langage, où un album cesse d’être un simple ensemble de chansons pour devenir un rituel.
Quand Yo parle de ce projet, il dit qu’il a commencé le 1er juin 2025, le jour où sa grand-mère est morte, alors que lui-même entrait à l’hôpital. C’est dans cet entre-deux — entre la vie et la mort, la mémoire et le silence — qu’a germé l’idée folle, nécessaire : faire enfin le disque que « les gens de la radio » avaient promis à sa grand-mère, quand elle était jeune, et qu’elle chantait si bien qu’on lui imaginait déjà un nom de scène. Ce nom : Carmina Alegría.
Le disque n’est pas un hommage plat, mais une invocation. Yo y explore un territoire qui oscille entre post-rock spectral, alt-folk dépouillé, ambiant mystique et spoken-word déchiré, dans une esthétique qui rappelle parfois les rêveries nocturnes d’Efterklang, les murmures de Sufjan Stevens période Carrie & Lowell, ou la tension sacrée de Dead Can Dance. Ce n’est pas un album : c’est un souvenir qui refuse de mourir.
Et chaque morceau, dans cet univers hanté, joue le rôle d’un chapitre d’un roman funèbre écrit à voix basse.
1. DESAPARECERUn commencement comme une dissolution. La voix semble flotter au-dessus d’un drap de drones et de piano suspendu. « Disparaître », ici, n’est pas une fuite : c’est une offrande. Le moment où l’on se laisse fondre dans la mémoire de quelqu’un d’autre.
2. CARMINA ALEGRÍALe cœur battant de l’album. Yo y convoque sa grand-mère comme on appelle un esprit. Mélodies fragiles, souffle presque parlé : la chanson est moins un portrait qu’une réincarnation. On comprend instantanément pourquoi ce nom devait devenir une légende.
3. COÁGULO DE UN INSTANTEUn morceau plus dense, presque cinématographique. L’instant figé, coagulé, où la vie bascule. Les textures électroniques viennent compresser le temps, le solidifier. C’est le fragment le plus oppressant.
4. VOLVER AL AIREUne respiration. Peut-être la seule du disque. Yo y explore l’idée de revenir au monde après l’hôpital, après la mort, après tout. Les arrangements respirent comme un poumon timide : fragiles, mais vivants.
5. SIEMPREBallade fantomatique, répétitive, comme un mantra. “Toujours” — ou comment continuer à aimer quelqu’un qu’on ne peut plus toucher. La guitare y est presque une prière.
6. LOS MUERTOS SIEMPRE SON VERDADProbablement le morceau-clé du projet. “Les morts disent toujours la vérité”. Une ligne qui claque comme une évidence métaphysique. Yo y parle moins de sa grand-mère que de ce que la mort révèle de nous. L’arrangement minimal pousse chaque mot comme une lame douce.
7. DECIRLO A VECES SIN PALABRASUn spoken-word éthéré, à la frontière du silence. Ce que l’on n’arrive pas à dire devient ici un langage en soi. L’émotion circule en creux, dans l’espace entre les phrases.
BONUS : LEVANTANDO LAS MANOSUn geste de joie, inattendu, presque déplacé — et pourtant indispensable. C’est la célébration finale, le moment où l’on lève les mains non pas pour oublier la douleur, mais pour la traverser. Un morceau qui dit : elle vit, encore, dans la lumière qu’on lui fabrique.
Avec Carmina Alegría, Yo réalise une transmission impossible, il donne un corps sonore à une femme qui n’a jamais pu enregistrer sa propre voix.
Un disque comme une sépulture, comme une renaissance. Une archive imaginaire. Une preuve que la musique, parfois, rend les morts éternels.
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novembre 28, 2025« Avec Electro Time, Seven Nation Army signe l’album qu’il rêvait de faire depuis quarante ans — un disque où les années 80 ne sont pas une esthétique, mais une mémoire enfin libérée. »
Il y a des albums qui viennent du présent, et ceux qui viennent de plus loin — d’un passé figé, d’un désir ancien, d’un rêve bloqué par l’histoire. Electro Time appartient à cette deuxième catégorie. Quand Jarek Balsamski, fondateur et âme de Seven Nation Army, imagine cet album au milieu des années 80, la Pologne vit encore sous un communisme étouffant. L’électropop, la synthwave, les riffs futuristes : tout cela appartient alors à un ailleurs inaccessible. Et pourtant, quatre décennies plus tard, Electro Time devient réalité — un disque où les fantômes de Depeche Mode, A Flock of Seagulls, Van Halen et les premiers synthés Roland s’entrelacent avec l’énergie rock brute qui définit 7NA depuis ses débuts.
Accompagné d’Olga Ostrowska, Balsamski signe ici un album profondément personnel : une jonction entre ce qu’il voulait faire et ce qu’il est devenu. Et dans cette rencontre, chaque titre joue un rôle précis — comme des chapitres d’un récit qui parle de résistance, de nostalgie, de lucidité, de colère et de survie intérieure.
1. I Don’t Care – Electro TimeOuverture frondeuse. Un morceau qui frappe comme un retour à la vie. Guitares effilées, synthés qui scintillent, voix déterminée : un “je m’en fous” libérateur, adressé au passé comme à toutes les attentes extérieures.
2. L.S.F – Electro TimePlus sombre, plus nerveux, presque new wave. On y sent les rues mouillées des années 80, les néons, les choix difficiles. Le rythme avance comme une course nocturne.
3. New LifeUn des titres les plus lumineux. On y entend le basculement vers autre chose, vers un souffle neuf. Un morceau simple mais vital : recommencer est parfois un acte de guérison.
4. Power and Money – Electro TimeCritique claire, frontale, du monde contemporain. Les synthés claquent comme des alarmes, la voix mord. Un titre qui rappelle que la pop peut être politique.
5. Get Out of My Life – Electro TimeRupture franche, sans ambiguïté. La mélodie épouse parfaitement l’impulsion d’échapper à une influence toxique. C’est le morceau le plus rock de l’album — abrasif, urgent.
6. You Always Know Better – Electro TimeChanson acide, presque sarcastique. Elle parle de ceux qui jugent, conseillent, imposent — et du plaisir de s’en débarrasser. Production limpide, voix glacée, synthés cinglants.
7. Angel – Electro TimeParenthèse plus tendre. Une montée émotionnelle portée par Olga Ostrowska, dont la voix apporte une douceur inattendue. L’ange, ici, n’est pas naïf : il veille, mais connaît la nuit.
8. Foolish Game – Electro TimeRelecture modernisée d’un des titres marquants de 7NA. Le morceau gagne en éclat synthétique, sans perdre son cœur mélodique. C’est le pont entre l’ancien groupe et le nouveau.
9. Something Changing in Me – Electro TimeTitre charnière. Il parle du changement intérieur, de la lente mue qui transforme sans bruit. L’arrangement minimaliste sert parfaitement ce moment d’introspection.
10. Gone Away – Electro TimeBallade sombre, presque gothique. Elle évoque l’absence, le départ, le renoncement. La production y est ample, atmosphérique — un paysage émotionnel.
11. Future – Electro TimeFinal plein d’espoir. Un morceau qui regarde vers l’avant, enfin. Ici, les synthétiseurs semblent s’ouvrir, respirer, accueillir. La boucle est bouclée : le futur désiré dans les années 80 est devenu présent.
Electro Time n’est pas qu’un hommage aux synthés et aux rythmes rétro. C’est un témoignage, presque un exorcisme. L’album porte la marque d’un homme qui, quarante ans plus tard, réalise un rêve empêché — et en fait une œuvre vibrante, honnête, habitée.
Seven Nation Army ne joue pas les années 80. Il les délivre, comme un souvenir qui avait attendu trop longtemps. Un disque d’accomplissement, mais aussi de recommencement. Le passé transformé en énergie neuve.
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novembre 28, 2025« Avec Psychedelika Pt.1, The New Citizen Kane invente un continent émotionnel : un disque-monde où chaque titre ouvre une chambre secrète de l’esprit humain. »
Il est rare qu’un album tente autant. PSYCHEDELIKA Pt.1 ne se contente pas d’être un ensemble de chansons : c’est une architecture totale — sonore, visuelle, philosophique — où les morceaux ne sont pas des pistes, mais des portes. Dix-sept titres qui composent un voyage intérieur en zigzag, une odyssée intime ponctuée de collisions mentales, d’élans disco, de chagrins non filtrés, et de miroirs qu’on préférerait parfois éviter. The New Citizen Kane y parle de renaissance, de brûlures, de désir, de panique, de joie trafiquée et de vérité nue.
Et dans cet album-labyrinthe, les titres s’allument les uns après les autres comme des balises dans la nuit.
“Welcome to Psychedelika” ouvre la marche comme une invocation. Quelques phrases, presque un mantra, pour préparer l’esprit à basculer dans un autre espace. Une entrée en matière qui agit comme une respiration avant la chute.
“I Don’t Need to Say” prolonge cette douceur : une confession sans bavardage, où la tendresse circule en sous-texte. C’est un morceau qui dit l’amour en choisissant les silences plutôt que les déclarations.
Sur “Here, Now”, Kane parle au présent comme on se parle dans un miroir : arrête de fuir, reviens dans ton corps. Tout y est minimal, presque méditatif, un rappel que la présence est devenue un acte de résistance.
Puis arrive “My Muse”, pivot central de l’album, premier titre écrit après son retour à la musique. On entend la reconquête, la cicatrice qui se referme, l’énergie retrouvée. C’est un morceau d’origine, de ré-enracinement.
“Heads Are Round” décolle dans un autre registre : une spirale électro-philosophique inspirée de Picabia. Les pensées tournent comme des stroboscopes, le morceau change de direction toutes les trente secondes, mimant la logique éclatée du cerveau contemporain.
Avec “San Diego”, l’album devient sentimental et cinématographique. Une histoire d’amour incrustée dans une ville, un souvenir brûlant qui refuse de mourir. La nostalgie y est lumineuse mais blessée.
“Eyes Wide Shut” glisse sur le terrain du désir toxique : on sait que tout est faux, mais on reste. Un morceau qui danse sur un dilemme.
“Subconscious” fouille les pulsions interdites, celles qu’on n’avoue qu’à soi-même. L’arrangement offre une tension moite, presque intime.
“Well, Damn! Here You Are” est son miroir disco : l’appel qu’on aurait dû ignorer, la rechute, le sourire amer. Une chanson de 3h du matin où la lucidité et la tentation partagent le même verre.
“Whispering Tango” transforme une dispute en danse lente. Un tango vacillant, fait de sous-entendus, de malentendus, de gestes qui se croisent sans se trouver.
“Push the Fear Out” renverse la peur en mouvement. Un morceau politique par la joie, où les monstres deviennent des costumes, et où le courage se danse.
Puis “Bite the Bullet” arrive comme une lame : le morceau le plus cru de l’album, un adieu sans consolation, un amour mort que rien ne rattrape. Pas d’effet ; juste la vérité.
“As Within So Without” explore le reflet : aimer l’autre pour s’aimer soi-même, se perdre dans un miroir humain. Un morceau fragile, suspendu.
“It’s Saturday & I’m High” redonne de l’air par l’absurde : satire existentielle, humour noir, politique, un chien nommé Batman. Un trip lucide et surréaliste.
“Café Life” observe notre époque depuis une table de terrasse : ensemble, mais seuls. Un morceau social, doux-amer.
“Ratbag Joy” est une explosion euphorique qui cache un gouffre : la fête comme anesthésie, le beat qui rit pendant que le cœur se vide. Une contradiction infiniment humaine.
Enfin “Afterglow”, fragile et pur, referme le voyage. L’anxiété mise à nu, mais la lumière qui survit. Une lueur discrète, comme après un incendie intérieur.
En un disque, The New Citizen Kane bâtit un monde où l’on passe de la philosophie au trauma, de la satire au désir, du quotidien à la métaphysique — sans jamais perdre le fil. PSYCHEDELIKA Pt.1 est une cartographie émotionnelle d’une honnêteté rare.
Un album total. Un voyage sans retour. Une renaissance.
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novembre 28, 2025« Jacob Chacko livre avec Over The Top un hymne rock’n’roll pour survivre au tourbillon de décembre — un morceau qui rit avec nous du trop-plein avant qu’il ne nous engloutisse. »
Chaque fin d’année, la même énergie nous rattrape : lumières saturées, files interminables, cadeaux à n’en plus finir, cette espèce de frénésie qui transforme les rues en terrain de jeu légèrement absurde. Jacob Chacko, lui, a décidé d’en faire une chanson. “Over The Top”, déjà sorti l’an dernier mais parfaitement taillé pour revenir hanter nos playlists de Noël, capture ce mélange d’excitation, de pression douce et de folie assumée qui accompagne la saison.
Le titre s’avance porté par un rock à l’ancienne, franc, chaleureux, lustré par l’ADN pop-rock dont Chacko a le secret. Guitares bondissantes, refrain accrocheur, rythme qui avance avec le sourire d’un vieux compagnon de route : c’est le genre de morceau qui transforme la cohue des centres commerciaux en scène de comédie musicale légère. On y entend cette jubilation légèrement ironique — l’envie de se laisser emporter, et l’amusement devant la surenchère qui, chaque année, dépasse la précédente.
Mais Chacko ne joue pas seul. Derrière cette énergie festive, on retrouve l’équipe qui l’accompagne dans sa montée en puissance pour son troisième album Give Me The Good Stuff. Thomas Monaco, à la co-production vocale, apporte cette rondeur pop qui rend les refrains irrésistibles ; Talya Gelfand, en backing vocals, ajoute une touche scintillante, presque gospel ; Les Lovell, à l’ingénierie sonore, donne à l’ensemble un éclat propre et chaleureux, fidèle à la tradition du rock mélodique américain.
Le morceau devient alors plus qu’un “Christmas single”. C’est une petite célébration du folklore moderne : l’excès, les courses folles, les fous rires avec les bras chargés de sacs, l’envie de faire plaisir qui se mélange à la douce panique de n’en faire jamais assez. Chacko transforme ce stress partagé en un moment d’union — un clin d’œil complice, presque un “on est ensemble là-dedans”.
“Over The Top” se faufile ainsi parmi ces titres de fin d’année qui ne cherchent pas à réinventer le monde, mais à rappeler ce qui fait le charme de la saison : l’envie d’aller un peu trop loin, juste pour la joie d’y être.
Un morceau simple, honnête, vibrant — comme un sapin trop chargé mais impossible à ne pas aimer.
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novembre 28, 2025« Avec Hot Mess, Ava Valianti prouve que même à seize ans, on peut mettre des mots — et des mélodies — sur le désordre intérieur avec une précision qui surprend. »
Dans petunias, son premier EP, Ava Valianti explore les angles morts de l’adolescence, mais c’est “Hot Mess” qui cristallise le mieux cette énergie brute, cette clarté féroce qu’on n’attend pas d’une artiste aussi jeune. Loin d’être un simple titre cathartique, “Hot Mess” ressemble à une page déchirée d’un journal intime qu’on aurait transformée en hymne indie-pop : une confession un peu maladroite, un peu drôle, totalement lucide.
Le morceau s’ouvre sur une ligne mélodique électrique, presque nerveuse, comme si la chanson prenait une grande inspiration avant de tout lâcher. La production — lumineuse, piquante, irrésistiblement moderne — laisse la voix d’Ava occuper tout l’espace, avec ce grain fragile mais assuré qui fait sa singularité. “Hot Mess” n’a rien d’un fantasme de chaos glamour : Ava y parle du vrai désordre, celui des nuits où tout s’emmêle, des amitiés qui oscillent, des identités qui se cherchent, de ces moments où l’on se sent “trop” pour tout le monde mais “pas assez” pour soi-même.
C’est là que la chanson frappe fort. Là où d’autres auraient transformé ce sentiment en posture, Ava choisit la transparence. Elle s’empare de ce terme — hot mess — non pas comme une étiquette, mais comme une matière à modeler. La mélodie danse autour du chaos, la rythmique le bouscule, et la voix d’Ava, elle, le transforme. On pense à l’énergie d’une Olivia Rodrigo qui aurait éteint les guitares pour laisser passer plus de lumière, ou à l’assurance émotionnelle d’une Phoebe Bridgers qui aurait décidé, soudain, de sourire dans un miroir.
“Hot Mess” fonctionne aussi parce qu’il s’inscrit dans la structure de petunias. Après les fragilités de Distant, la tendresse de Clean My Room ou les éclats mélancoliques de Buttercups, ce titre arrive comme une secousse volontaire. Une manière de dire : oui, grandir c’est dur, mais c’est aussi drôle, bruyant, et plein de micro-résurrections.
Ava Valianti n’a que seize ans, mais “Hot Mess” témoigne déjà d’une maturité d’écriture rare : elle sait capter l’instant, le mettre en musique, et le rendre universel. Une chanson qui n’idéalise rien — mais qui éclaire tout.
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novembre 28, 2025« Avec Last Resort, Luka & the Nightbirds signent un disque où l’on entend tout : la poussière, les cicatrices, les nuits longues et les renaissances. »
“Last Resort” est une halte en bord de vie. Un endroit où l’on pose les valises, où l’on regarde ce qu’il reste quand les lumières s’éteignent et que l’industrie reprend son masque. Enregistré live au studio Angie, dans la rudesse magnifique du Cantal, le disque porte cette vérité-là : Luka, après les sommets de la pop française, a dû tomber pour retrouver une voix qui n’appartient qu’à lui. Autour de lui, les Nightbirds — Marc de Mequenem, Diabolo, Carine Gomez, Griff — deviennent moins un groupe qu’un cercle de confiance. Et cette confiance s’entend. Elle résonne dans chaque titre.
L’album s’ouvre avec “Just Wanna Cry”, un morceau qui ne cherche pas l’effet dramatique : il dit simplement l’effondrement. La voix, fragile, presque chuchotée, annonce d’emblée le ton du disque : ici, on ne triche pas. On s’avoue vaincu pour mieux repartir.
Vient “Vertigo”, la pièce maîtresse. La perte maternelle est le centre émotionnel du disque, et le morceau en porte le poids. L’harmonica de Diabolo halète, le violon de Carine Gomez ouvre une brèche. On ne parle pas ici de deuil ; on le vit en direct. C’est un titre qui ne panse rien — il expose.
“Sonny Boy” déplace ensuite le décor vers un blues poussiéreux, presque cinématographique. On entend l’ombre d’Ennio Morricone, le souffle d’une Amérique intérieure, un western intime qui se joue dans le creux d’une guitare usée. Luka y retrouve l’énergie de ses premiers groupes, celle qui grattait avant de séduire.
Avec “No Sugar”, le disque montre ses dents. Un morceau sec, jeté comme un avertissement. Pas de douceur ici, juste la vérité brute : les illusions tombent plus vite que les masques.
Puis arrive “I Care About You”, moment suspendu, éclaircie fragile. Une chanson qui dit l’amour sans lyrisme, sans maquillage — un amour fatigué mais tenace.
Au centre du disque, “Last Resort” agit comme un manifeste. Le morceau-titre condense la philosophie du projet : faire de la musique non pas pour exister dans l’industrie, mais pour exister tout court. Guitares et Wurlitzer s’y serrent l’un contre l’autre, comme un corps qui refuse de tomber.
Plus loin, “Mister Man” apporte un mouvement plus nerveux, presque ironique, grattant les postures, les faux rôles, la comédie sociale dans laquelle Luka a longtemps dû évoluer.“Moon Is High”, lui, regarde la nuit sans peur : un morceau-lanterne, à peine éclairé, qui avance à pas lents.
Dans la dernière ligne droite, “All for You” déroule une route plus pesante, tandis que “All You Need Is Me” revisite les élans pop d’autrefois avec une maturité nouvelle. Enfin “You’re My Woman” clôt le disque avec une simplicité désarmante : pas de pathos, juste la tendresse, enfin retrouvée.
“Last Resort” est un album qui ne cherche pas l’adhésion : il cherche la vérité. Luka & the Nightbirds signent un disque qui sonne comme une respiration revenue, un cœur remis dans le bon sens. Une œuvre vivante, honnête, et intensément humaine.
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novembre 28, 2025« Une chanson qui démarre comme une route glacée en hiver, puis qui s’embrase d’un groove que personne ne voit venir — un virage musical qui réveille le cœur autant que les oreilles. »
“Only Answer” porte en lui la sensation précise d’un moment : celui où l’on quitte un travail à la nuit tombée, moteur froid, pensées en suspens, et où la radio — ou la vie — décide soudain de changer de couleur. Colour Of The Sky, alias le musicien pragois Michael Marek, parvient à transformer cette image banale en une trajectoire sonore pleine de reliefs, de contrastes et d’élans inattendus. Le morceau démarre dans une pénombre électronique, presque cinématographique : synthés lents, atmosphère dense, une tension qui couve. On y avance comme on pilote dans un brouillard, concentré sur chaque détail.
Puis, sans prévenir, la chanson bascule. Les ombres se déchirent, les basses s’arrondissent, et un groove de pur disco 70’s surgit comme une révélation. Là où on s’attendait à davantage de gravité, Marek injecte une chaleur irrésistible — une basse charnue, des percussions qui dansent, une pulsation qui réinvente la trajectoire du morceau. Ce contraste, loin d’être un simple gimmick, raconte quelque chose de très humain : nos hivers intérieurs ont parfois besoin d’un spot lumineux, d’un feu qui s’allume sans qu’on l’ait demandé.
Ce qui frappe le plus dans “Only Answer”, c’est sa fabrication express. Trois jours — écriture, production, mixage, mastering. Un travail qui aurait pu sonner brouillon, et qui au contraire rayonne d’une évidence fluide. Marek, artisan DIY façon laboratoire de chambre, assemble synthés mystérieux, instruments acoustiques et une section groovy digne d’un parquet ciré à Detroit. Ses influences classiques se sentent dans la rigueur, ses racines indie dans l’énergie, et son amour des hybridations dans chaque passerelle entre les genres.
Les retours critiques, d’ailleurs, soulignent ce mélange singulier : la finesse synthétique saluée par New Retro Wave HQ, l’audace disco notée par Dopamine, l’élégance hybridée rappelant Justice selon NOIR4YA. Rare pour un morceau né dans un home studio, après des nuits à jongler entre études, travail, et une discipline autodidacte farouche.
“Only Answer” est la preuve qu’on peut faire tenir la mélancolie et le dancefloor dans un même souffle. Un morceau qui commence par regarder ses chaussures et finit par lever les bras.
Une réponse, finalement, à cette question que posent toutes les nuits d’hiver : comment rallumer la lumière ?
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novembre 28, 2025« Une chanson qui s’écoute comme on traverse un rêve lucide : les contours vacillent, le monde s’éloigne, et quelque chose en nous commence enfin à parler. »
“Born On a Train” n’arrive pas comme un single de plus à écouter : il se comporte plutôt comme un souvenir qui remonte sans prévenir. Hallucinophonics y déploie un folk-rock spectral où chaque élément semble flotter dans l’air, détaché de la pesanteur du quotidien. Rien n’est massif, rien n’est démonstratif — mais tout est chargé, intensément chargé. On entre dans le morceau comme dans un wagon désert illuminé par une lumière de fin de nuit, cet espace mental entre la veille et le sommeil où les pensées sont plus franches que d’habitude.
La construction du titre repose sur une sobriété calculée : guitare acoustique qui avance avec la régularité d’un rail, basse souterraine qui pulse comme un second cœur, voix masculine qui s’approche presque chuchotée, comme si elle racontait une vérité qu’elle hésite encore à admettre. La simplicité apparente agit comme un piège : derrière chaque accord, une tension invisible se glisse, un frémissement qui ouvre un couloir introspectif. L’esthétique cinématographique est palpable, mais jamais écrasante — on n’est pas dans la grandiloquence, on est dans la précision émotionnelle.
Ce qui donne au morceau sa force, c’est l’idée centrale : être “né dans un train”. C’est plus qu’une image ; c’est une condition, une fatalité douce-amère. Le personnage n’est jamais vraiment à l’arrêt. Il porte dans ses veines cette accélération perpétuelle, cet héritage d’agitation, cette impossibilité de se poser vraiment quelque part. La métaphore prend des airs de destin familial, comme si chaque membre se transformait en véhicule d’une trajectoire qu’il n’a pas choisie. La mélancolie, ici, n’est pas décorative : elle devient une cartographie intérieure.
Les influences — de Nick Drake à Pink Floyd en passant par The National — s’entendent en transparence, mais Hallucinophonics en tire une matière très personnelle. À mesure que le morceau progresse, on a la sensation étrange que le décor s’élargit, que quelque chose s’ouvre devant nous sans jamais se montrer. La rythmique, régulière mais jamais pressante, agit comme une hypnose subtile. Un filetage psychédélique traverse l’ensemble : presque rien, mais juste assez pour dérégler la perception et créer une immersion totale sous casque.
“Born On a Train” n’est pas fait pour les playlists distraites. C’est une respiration lente, une exploration de l’identité en mouvement, un fragment de cinéma intérieur qui prépare le terrain pour Falling, l’album annoncé pour 2026. Une chanson pour ceux qui marchent vite sans savoir pourquoi, pour ceux qui n’arrivent pas à descendre du train, pour ceux qui ont besoin que la musique leur rappelle que le mouvement aussi peut être une forme de vérité.
Un titre discret, mais redoutablement persistant — comme un paysage qu’on n’oublie pas, même s’il n’a jamais vraiment existé.
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novembre 28, 2025« Une immersion où chaque battement synthétique devient un fragment de récit, et où la musique semble inventer son propre horizon au fur et à mesure qu’elle avance. »
Il y a des tracks qui racontent quelque chose avant même qu’on comprenne comment ils le font. “Fractools”, la nouvelle pièce de Camille Fischer, appartient à cette famille-là : une musique qui agit d’abord sur le corps, puis sur l’espace autour, puis sur l’imaginaire; comme une caméra invisible qui choisirait où poser le regard. Ce producteur français nourri autant par Zimmer que par Aphex Twin, façonne ici un territoire sonore où la techno mélodique s’étire, rêve, se contredit, se reconstruit.
Le morceau est une progression en relief, bâtie sur des arpeggios analogiques qui semblent gravés dans l’air comme des constellations mobiles. Les synthés, tantôt liquides, tantôt cristallins, sculptent une atmosphère suspendue entre euphorie douce et inquiétude sourde. Puis arrivent les beats : hypnotiques, espacés, patients. Ils ne martèlent pas, ils magnétisent. C’est un flux qui respire, qui laisse de la place, qui s’écoute comme on surveille un paysage changer pendant un voyage de nuit.
L’empreinte cinématographique de Fischer est palpable. “Fractools” fonctionne comme une scène entière : montée, écrite, raccordée sans un mot. On y retrouve la science de la tension chère à Max Cooper, la texture émotionnelle d’un Rone, l’élégance mathématique d’un Rival Consoles, mais filtrées par une sensibilité personnelle qui refuse l’imitation. Le morceau semble chercher la limite entre mouvement et contemplation, entre club et solitude, entre énergie et flottement.
Camille Fischer compose comme un réalisateur. Chaque élément sonore, du souffle des oscillateurs aux nappes granuleuses en arrière-plan, sert la dramaturgie. On imagine presque une main qui ajuste la lumière, un cadrage secret, une histoire qui se déroule sans qu’on parvienne à en saisir le début ou la fin. C’est cette ambiguïté, cette zone grise entre l’intime et l’immense, qui donne à “Fractools” son magnétisme.
Si la musique électronique est souvent une affaire de structures, Fischer choisit ici l’allure d’un récit — une montée, un détour, une respiration, un point de bascule. “Fractools” n’est pas un banger, ni une ambient track, ni une pièce de techno atmosphérique : c’est une translation d’émotion en mouvement, un fragment de film qui aurait perdu son écran.
Une œuvre pensée pour les casques, pour les nuits trop longues, pour ceux qui écoutent autant avec le cœur qu’avec la peau.
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novembre 28, 2025« Un morceau qui arrive sans politesse, sans gants et sans filtre — juste l’électricité brute d’un groupe qui refuse de marcher droit. »
“gentrified!” déboule comme un camion volé lancé à pleine vitesse dans une rue trop propre pour lui. Village Instincts n’est pas là pour décorer les playlists alt-rock : le trio veut frictionner, bousculer, salir un peu les murs, parce que la vie elle-même ne sonne pas comme une production lissée. Trois types du Sud, bien conscients de l’image qu’on pourrait leur coller, qui choisissent au contraire d’assumer l’attitude sans l’arrogance, le chaos sans la connerie gratuite. Et ça s’entend immédiatement.
Le morceau mélange l’urgence du garage rock, la tchatche nerveuse du punk et une touche rétro qui rappelle l’époque où les amplis crachaient avant même qu’on pose un doigt dessus. Les guitares débordent, roulent dans la poussière, cherchent l’accroche en se cognant au rythme. On sent un besoin physique de jouer plus fort que les compromis qu’on nous impose au quotidien. Le titre bat au rythme de l’exaspération moderne : villes aseptisées, vies standardisées, identités réduites à des miettes. Village Instincts répond avec une grande claque sonore.
La voix, elle, mord autant qu’elle raconte. Pas de posture, pas de pose : juste ce grain râpeux de quelqu’un qui a passé trop de nuits à jouer dans des bars où personne n’écoute vraiment, mais où la transpiration finit toujours par convaincre. Le groupe parle d’authenticité avec une franchise presque démodée — mais surtout nécessaire. Leur credo est clair : s’indigner sans devenir des salauds, aimer sans rendre les armes, exister dans un monde qui préfère les personnages aux personnes.
“gentrified!” est une protest song sans discours, un cri sans drapeau. Un rappel que la colère peut rester tendre, que l’attitude peut rimer avec décence, et qu’on peut dire « merde » à la société sans en faire une performance cynique.
Village Instincts ne cherche pas à plaire : ils cherchent à réveiller. Et ce single, rugueux jusque dans ses recoins, y parvient avec une insolence salvatrice.
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novembre 28, 2025« Une chanson qui ne romantise rien, qui ne cache rien, qui ne cherche rien d’autre qu’à dire la vérité quand elle brûle encore. »
Il y a chez Chloe Hawes cette façon rare de marcher sur une ligne de crête : entre la tendresse qui tremble et la colère qui gronde, entre le folk qui chuchote et le punk qui mord. Avec “James Dean”, l’artiste née dans l’Essex et basée à Manchester signe l’un de ses titres les plus viscéraux, un morceau qui dissèque les mirages de la rébellion glamour pour y déceler ce qu’il reste vraiment : l’épuisement, le vertige, et un besoin presque animal d’exister autrement.
“James Dean” n’est pas un hommage — c’est un antidote. Chloe y démonte l’image du rebelle romantique, celui qu’on imite pour “faire du bruit”, pour alimenter le récit, pour remplir le vide du quotidien avec un semblant de destin. La chanson s’attaque à ce réflexe de vivre “for the plot”, d’écrire sa vie comme un film, en oubliant les blessures qu’on accumule en coulisses. Ce que Chloe propose ici est plus brut, plus humain : un regard sans filtre sur les spirales qu’on alimente soi-même, sur les fantômes qu’on transporte, sur les nuits qui nous coûtent plus qu’elles ne libèrent.
La production, enregistrée avec Dan Kiener, garde l’essentiel : la voix rauque, légèrement fumée, qui porte tout. Chloe joue chaque instrument à l’exception des batteries, confiées à Anna Reed, dont le jeu tend la chanson comme une veine prête à éclater. Les guitares grondent sans s’éparpiller, les arrangements restent serrés, intimes, comme si la musique avait été sculptée dans un studio exigu, le souffle retenu. Le mastering de Sam Cook laisse respirer chaque aspérité, chaque menace contenue.
L’imagerie se prolonge jusque dans l’artwork signé pigskinmayhem, tatoueur manchestérien, qui capture parfaitement le mélange de vulnérabilité et de défiance qui traverse le morceau. C’est une esthétique de cicatrices assumées, de vérités qui refusent de rester sous la peau.
“James Dean” s’inscrit dans une trajectoire déjà dense : quatre EPs, un album — Remains/Reminders — et des tournées qui ont mené Chloe du Royaume-Uni aux États-Unis en passant par l’Europe, avec des passages à Manchester Pride, The Fest, Puzza, et bientôt les dates nordiennes en support de Will Varley.
Avec ce single, Chloe Hawes rappelle ce qui fait la force de son écriture : une honnêteté presque dangereuse, une capacité à transformer les fissures en chansons qui respirent encore, longtemps après la dernière note.
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novembre 28, 2025« Ce titre qui bat comme un cœur collectif, une secousse métallique conçue pour réveiller ce qu’on croyait endormi sous la peau. »
Avec “The Beat”, Baby and the Beats frappe en plein centre nerveux. Le groupe belge, qui avance avec une ambition frontale — être entendu, vu, ressenti — signe un single pensé comme un électrochoc vital. Ici, le métal n’est pas seulement un genre : c’est un outil biologique, une pulsation amplifiée, un rappel que notre corps est une machine rythmique depuis le premier jour. Le morceau puise dans les battements naturels, les syncopes du vivant, et en fait un carburant sonore qui soulève, secoue, galvanise.
Ce deuxième single — entre heavy metal musculaire, éclats industriels et mélodies vocales ciselées — se construit autour d’un motif simple : la pulsation. Un beat primitif, presque tribal, qui s’enrichit de couches de guitares saturées pour devenir un moteur en fusion. Patrick, au chant et à la guitare, donne le ton avec une énergie viscérale, presque frontale, vite rejointe par la voix de Cassandra, dont la puissance mélodique sert de contrepoids émotionnel à la rugosité des riffs. Stefano, lui, découpe l’espace avec des phrases de guitare qui semblent chercher la frontière entre tension et libération.
“The Beat” porte en lui une dimension collective rare dans le métal moderne. Baby and the Beats compose des morceaux faits pour être chantés avec le public, pensés pour fondre les voix en une seule harmonie brute. On imagine déjà la foule reprendre le refrain, poing levé, comme si la chanson était un pacte sonore plus qu’un simple single.
Ce titre marque également le lancement d’une stratégie claire : un clip prévu en décembre 2025, puis une sortie régulière d’un single toutes les six semaines jusqu’en mars 2026, moment où leur premier EP verra le jour avant un album programmé pour l’été. Une cadence qui dit tout : Baby and the Beats n’est pas là pour garnir la scène, mais pour l’occuper pleinement, intensément, physiquement.
“The Beat” est une déclaration. Une invitation à revenir au battement premier, celui qui unit, qui alimente, qui fait vibrer même les pierres. Un morceau conçu pour être vécu autant qu’écouté — un cri métallique qui rallume le moteur intérieur.
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novembre 28, 2025« Un disque qui ne cherche plus seulement à émouvoir, mais à réinventer ce que signifie jouer quand le corps cesse d’obéir à la Terre. »
Avec Zero Gravity, Note One, Dr Leonardo Barilaro — alias The Space Pianist — franchit une frontière que la musique n’avait encore jamais dépassée. Ce n’est plus seulement un projet artistique, ni même une performance technique : c’est un geste pionnier, une percée dans un futur où la création n’est plus soumise à l’attraction terrestre. Enregistré lors d’un vol parabolique à bord d’un Cessna 182, l’EP capture les sons, mais aussi les tremblements, l’instinct, l’adaptation d’un corps humain en état de suspension. Une musique née dans le vide, mais tout sauf vide.
Les trois titres de l’EP fonctionnent comme trois éclats, trois expériences sensorielles issues de phases de microgravité et d’hypergravité, trois réponses émotionnelles à la perte de repères.
Star Wars (zero-g piano) ouvre le voyage avec une clarté presque irréelle. Barilaro y rend hommage à la saga culte, mais ce n’est pas un simple clin d’œil : c’est une déclaration. Le piano ROLI flirte avec les variations de G comme un instrument vivant, capable de vibrer différemment selon la force qui l’entraîne ou le libère. Le jeu devient quasi flottant, les notes semblent détachées de toute inertie. On a la sensation étrange d’écouter une bande-son jouée depuis un cockpit intersidéral, dans un univers où même la mélodie cherche l’équilibre.
Vient ensuite SCRAT (zero-g), véritable passerelle entre les origines et le futur de Barilaro. Inspiré par son tout premier projet spatial en 2010, le morceau respire l’excitation d’une quête qui a commencé il y a quinze ans et continue de s’élever, littéralement. C’est le titre le plus narratif du triptyque : on y entend le désir de franchir les altitudes, le souffle court d’une idée plus grande que la gravité elle-même, une ascension intérieure autant qu’aéronautique. La microgravité devient un partenaire de jeu, perturbant le toucher, accélérant l’intuition.
Note One clôt l’expérience comme un journal d’impression immédiate. C’est l’improvisation pure : pas de feuille, pas d’héritage, pas de plan. Seulement un artiste suspendu dans un avion-laboratoire, confronté à son propre corps qui ne sait plus où se poser. Le morceau capture l’inconfort, la fascination, la surprise — une émotion brute née au moment exact où la gravité s’efface. C’est peut-être le morceau le plus important, parce qu’il révèle ce qui se passe quand on ôte aux gestes leur socle, et qu’on laisse la créativité flotter sans filet.
Avec Zero Gravity, Note One, Barilaro ne documente pas seulement une expérience : il ouvre une porte vers une nouvelle grammaire musicale. Dans l’histoire de la Space Art, ce projet marque une étape fondatrice, un premier signal envoyé vers un futur où le concert idéal pourrait bien se dérouler au-dessus des nuages, peut-être même au-delà.
Ce n’est qu’un début — une note, comme il le dit — mais une note capable de modifier durablement notre imaginaire sonore.
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novembre 28, 2025« Un morceau qui ne se contente pas de rappeler l’Histoire : il la ramène au présent, front contre front, jusqu’à ce qu’on n’ait plus d’autre choix que d’écouter. »
Il y a dans “Stand for Freedom” cette tension rare, celle qui surgit quand un artiste décide de ne pas seulement créer du son, mais de réveiller une conscience. Tony Frissore ne cherche pas l’effet de style ni la nostalgie facile : il exhume les mots de Ralph J. Bunche et les projette dans un cadre électronique expérimental qui les rend presque trop proches, trop actuels pour qu’on respire tranquillement. On entend la voix du lauréat du Nobel 1949, mais elle n’a rien d’archivistique : elle coupe l’air comme une vérité qui n’a toujours pas trouvé réparation.
Le track, à la croisée du spoken-word politique, de l’hip-hop avant-gardiste et d’une électronique minimaliste, avance comme un paysage sonore qui s’ouvre lentement. La production joue sur les contrastes : pulsations profondes, nappes atmosphériques, silences calculés. Frissore utilise l’espace comme une arme — chaque recoin du morceau semble fait pour amplifier le poids des mots de Bunche plutôt que les diluer. Le choix du passage est capital : pas les lignes attendues sur la paix, mais ce moment abrupt où Bunche interpelle directement l’Amérique, lui demandant de regarder son propre reflet et d’affronter ses contradictions raciales et démocratiques.
Frissore l’explique lui-même : le discours n’appartient pas au passé. Sa charge morale vise aujourd’hui, nos crises, nos angles morts, nos chandelles idéologiques qui brûlent encore trop lentement. Dans le morceau, la voix historique devient un instrument à part entière, un fil de tension qui ne cède jamais. Au lieu d’orner le beat, elle le guide, le sculpte, l’oblige à se tenir droit.
“Stand for Freedom” fonctionne ainsi comme un pont entre deux temporalités — celle d’un pays secoué par les injustices d’hier, et celle d’une jeunesse qui se bat pour ne plus tolérer celles d’aujourd’hui. Le morceau ne propose ni solution ni consolation. Il propose un réveil. Une question, posée sans fard : qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
En fusionnant mémoire politique et création électronique, Tony Frissore signe une pièce qui dépasse les genres pour revenir à l’essentiel : la responsabilité collective, la nécessité de dire les choses, et l’impossibilité de faire semblant de ne pas entendre. Un morceau urgent, intransigeant, et nécessaire.
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novembre 28, 2025« Un titre qui renaît sous cinq angles, cinq pulsations, cinq signatures qui prouvent qu’un vrai banger ne vieillit jamais — il change simplement de couleur. »
Pour célébrer le premier anniversaire du label SEVEN, CRYME exhume et re-sculpte London Boy, l’un de ses morceaux les plus culte depuis sa sortie initiale. C’est un retour chargé d’histoire — un morceau né dans l’underground berlinois et adopté par une communauté entière de dancefloors queer, FLINTA* et ravers transcontinentaux. Aujourd’hui, London Boy revient sous cinq formes distinctes, comme cinq reflets d’une même euphorie, réinventée avec la complicité de quatre artistes qui l’ont fait briller en club dès 2023 : MCR-T, Roza Terenzi, JakoJako et Stef de Haan.
La version originale, signée CRYME et ANTICALM, reste le noyau incandescent du projet. C’est un banger qui avance avec la confiance d’un train de nuit lancé à pleine vitesse : bassline huileuse, kicks impatients, groove ciselé. On reconnaît la patte de CRYME — ce mélange rare d’énergie techno et de chaleur house, cette façon de faire sonner les CDJ comme s’ils respiraient. London Boy, dans sa version pure, cristallise une joie presque militante : danser comme acte de survie, d’amour, d’unité.
Le MCR-T Remix est un claquement sec, une mutation rave ultra-rapide qui fait monter l’adrénaline dès la première mesure. Issu de la famille Live From Earth, MCR-T injecte dans le morceau une urgence électro-punk. C’est brut, c’est insolent, c’est l’esprit LFE résumé en trois minutes : pas de détour, que l’impact.
Roza Terenzi, elle, déroule un Remix de 5:51 qui respire comme une longue spirale consciente. Elle étire le morceau vers un horizon plus breaké, plus cosmique, presque brumeux. Une vision australienne, souple, transversale, où le morceau original se dissout dans un groove futuriste. C’est peut-être la version la plus expansive : une montée sans fin, un club qui devient constellation.
JakoJako apporte ensuite sa signature modulairesque. Son London Boy – JakoJako Remix est une plongée dans un labyrinthe de textures analogiques, un remix qui frémit, qui palpite, qui semble respirer avec des poumons synthétiques. Plus introspectif, plus vertical. On y reconnaît la finesse d’une artiste qui sait tordre la techno sans jamais la briser.
Stef de Haan clôt la série avec un remix brut, queer, assumé, totalement club-ready. C’est une relecture qui célèbre les corps en mouvement, les épaules qui tremblent, les sourires qui s’échangent à 4h du matin. Stef apporte un sens inné du drame et du plaisir, un remix où chaque drop est une invitation à lâcher prise.
Avec SEVEN7000LTD, CRYME rappelle qu’un morceau n’est jamais figé : il vit, se transforme, devient la matière première d’une communauté de créateurs. Sous ces cinq versions, London Boy n’est pas seulement un track — c’est un terrain de jeu, un manifeste, un symbole d’une scène qui avance vite, rit fort, et refuse de s’excuser d’être vivante.
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novembre 28, 2025« Une chanson comme un miroir brisé tendu à notre génération : coupant, ironique, impossible à ignorer. »
Il y a chez Lana Crow cette manière de transformer l’air du temps en arme blanche. Avec “Orwellian Times”, la pop-rockeuse signe un brûlot qui ressemble moins à un single qu’à une alarme — celle qui se déclenche quand on réalise qu’on est devenu complice du vacarme qu’on dénonce. Le morceau s’avance avec la précision d’un scalpel : riffs acérés, synthés qui claquent comme des néons surchauffés, et cette voix qui semble constamment hésiter entre la tendresse et l’émeute.
Lana interroge notre époque saturée de morale instantanée, de jugements en flux continu, de postures vertueuses recyclées à l’infini. Elle capture cette fatigue morale, ce sursaut de lucidité qui traverse parfois le chaos digital. “Self-righteousness is killing all sense,” lance-t-elle — un vers qui résonne comme un constat clinique. Le morceau se construit autour de cette tension : l’envie de croire encore en quelque chose, et le vertige d’un monde où tout se transforme en score social, en indignation performée.
Musicalement, “Orwellian Times” refuse d’être rangé. C’est pop, mais ça grince ; rock, mais ça scintille ; cinématographique, mais jamais décoratif. Les guitares vibrent comme si elles cherchaient à percer un brouillard idéologique, tandis que les synthés étirent une atmosphère électrique, presque dystopique. La voix de Lana, elle, frappe juste : vulnérable au début, puis de plus en plus incisive au fur et à mesure que la chanson s’emballe.
Le message n’est pas une condamnation mais une provocation douce-amère. Lana Crow n’accuse pas le monde : elle pointe ce qu’on y apporte, volontairement ou non. « On a invité tout ça chez nous juste pour se sentir meilleurs », dit-elle en filigrane. Le morceau devient alors une invitation à remettre en question nos automatismes, nos impulsions, nos colères trop faciles.
“Orwellian Times” installe Lana Crow comme l’une des voix les plus franches et les plus téméraires du pop-rock émergent. Une artiste qui n’a pas peur de gratter là où ça fait mal, tout en offrant un refrain assez puissant pour rassembler ceux qui ont encore envie d’y voir clair dans le vacarme.
Un titre qui ne cherche pas à plaire — mais qui risque, justement pour cela, de marquer durablement.
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novembre 28, 2025« Une chanson qui avance comme un mirage chaud, un rêve traversé de guitares liquides où chaque seconde semble respirer pour elle-même. »
“Every Time” a cette lumière un peu clandestine qui n’appartient qu’à ceux qui créent loin du bruit, dans un coin de pièce, sans témoin. Samuel Campoli, installé à Brooklyn mais manifestement de nulle part et de partout à la fois, signe ici un titre qui rayonne d’une douceur volontaire, presque têtue. C’est un morceau qui ne court pas après son époque : il la regarde passer depuis un balcon rempli de plantes, une guitare en main, un sourire fatigué aux lèvres.
La chanson scintille grâce à un jeu de textures qui évoque une psyché tropicale, presque humidifiée par le soleil. On y devine les fantômes d’un rock jangly qui aurait dormi trop longtemps au bord de l’eau, réveillé par ces harmonies vocales superposées comme des voiles translucides. “Every Time” semble glisser naturellement là où il doit aller, sans forcer, sans chercher le hook facile. On sent la patte d’un artiste qui s’écoute plus qu’il n’écoute les tendances, et cette liberté respire dans chaque mesure.
Campoli enregistre, joue, mixe presque tout lui-même. Cette solitude créative, loin d’être un geste d’isolement, devient ici un moteur. Il suit les indications de sa guitare comme on suit une intuition nocturne : sans savoir pourquoi, mais avec cette certitude intime que c’est la seule direction possible. C’est d’ailleurs cette défiance assumée envers l’industrie, les attentes, les fads, qui confère au morceau son caractère indompté. Campoli compose pour survivre, pour rester entier. Et ça s’entend — profondément.
On perçoit aussi, en filigrane, son expérience de compositeur pour le cinéma. Le morceau évolue comme une scène filmée en un seul plan : sans coupure, sans couture visible, porté par ce sens du mood qui semble être son fil d’Ariane artistique. “Every Time” avance comme une ambiance qui prend forme sous nos yeux, plus que comme une chanson qui cherche un climax.
Ce single ouvre la porte à un EP qui promet d’élargir encore son univers sonore : un territoire où l’honnêteté brute se mêle à un grain de bizarrerie parfaitement assumé, où chaque vibration semble dire la même chose — Campoli ne joue pas pour plaire, il joue pour être.
Et dans un monde saturé par le besoin de séduire, c’est précisément ce geste-là qui brille le plus.
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novembre 28, 2025« Chaque titre de cet EP est une pièce arrachée au réel, un fragment brûlant qui prouve que la vulnérabilité peut encore faire trembler les murs. »
Il y a chez Ceyeo cette manière d’avancer comme un funambule sur un fil saturé d’émotions, une façon de transformer l’effondrement intérieur en architecture musicale. Together They Were Nothing n’est pas un simple EP : c’est une autopsie sentimentale, un geste lucide, un miroir tendu sans maquillage. Sept titres, sept fissures, sept vérités qu’on préfère souvent ne pas regarder en face.
Confession ouvre le bal comme une plaie encore chaude. Ceyeo y sème un aveu qu’on refuse de formuler, cette peur d’aimer trop, ou pas assez, ou mal — on ne sait jamais vraiment. Sa voix tremble mais avance, portée par un piano qui semble hésiter à chaque mesure, comme si le morceau cherchait lui-même comment survivre à ce qu’il raconte. C’est court, tranchant, presque trop honnête pour respirer.
Dans I Can Tell, les cordes de Maga Clavijo viennent froncer le paysage musical. Le morceau se déploie comme une capsule d’intuition — ce moment où l’on comprend avant même d’entendre. Ceyeo y cisèle un climat inquiet, presque télépathique, où chaque instrument semble deviner la suite avant l’auditeur. C’est une dramaturgie en tension permanente.
Love Is Angry fait basculer l’EP dans un territoire quasi mythologique. Le morceau s’enflamme autour d’un constat brutal : l’amour n’est pas doux, il frappe, il réclame, il blesse comme un orage qui ne s’excuse pas. On y entend Neruda en écho, on y sent l’orage sous la peau, on y croit à une poésie qui sait encore mordre.
Bedlam est peut-être la pièce la plus politique. Ceyeo y décrit une humanité qui boite, un monde qui s’effondre dans un sabbat de contradictions. Le texte griffe, interroge, refuse les réponses faciles. On traverse des couloirs mentaux où Van Gogh, Kipling et les fantômes de nos propres décisions se croisent sans prévenir.
Avec Contact, Ceyeo désamorce le tumulte pour plonger dans une sorte de trance introspective. Le morceau ressemble à un rituel nocturne, un passage initiatique. On y traverse la mémoire comme on traverse un brouillard dense, chaque image qui revient agit comme un battement de cœur qui refuse d’être oublié. C’est un morceau qui marche droit au centre du vertige.
Colossus poursuit cette plongée intime : un face-à-face avec l’absence, avec ce qu’on perd sans jamais le dire, avec ce qui nous poursuit dans les angles morts. Ceyeo y cherche un paradis introuvable et finit par comprendre que le vrai terrain sacré est celui où l’on accepte enfin de ne plus savoir.
Enfin, This Is How You Win clôt l’EP comme un coup de poing froid, un pamphlet contre le cynisme du monde moderne. C’est mécanique, tranchant, implacable — on dirait presque un manuel de survie dicté par une voix fatiguée d’espérer. Ceyeo y désosse la logique du pouvoir et laisse l’auditeur face à une question terrifiante : gagner, oui, mais contre quoi, et à quel prix ?
Together They Were Nothing est un portrait du chaos intérieur, une œuvre qui refuse les illusions, qui touche là où on détourne le regard. Un disque qui ne cherche pas à plaire, mais à dire — et qui, dans cette sincérité radicale, devient indispensable.
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novembre 28, 2025« Ce morceau ressemble à un souvenir qui respire encore, une tempête intime qui pulse comme si elle cherchait la sortie. »
Il y a quelque chose de clandestin dans la manière dont Tej dévoile “ALL I CAN DO (time)”, comme s’il ouvrait une trappe secrète menant directement à ses nerfs. Le producteur né à Mumbai, déjà repéré par les radars affûtés des plateformes et des radios spécialisées, poursuit sa mue artistique avec un titre qui ressemble moins à un single qu’à un état d’âme en perpétuelle expansion. On y entre comme on glisse dans une ville inconnue au petit matin, quand les lumières chancellent encore et que les pensées recommencent à faire du bruit.
La singularité du morceau se déplie dans cette Drum & Bass à fleur de peau, où les rythmes nerveux respirent pourtant à travers un chaos soigneusement sculpté. On devine l’influence d’une scène mouvante, celle qui, de Fred again.. à la nouvelle vague électronique transnationale, privilégie l’émotion brute à la mécanique. Tej refuse la facilité des structures linéaires : ici tout bouge, s’étire, se contredit, comme si chaque mesure cherchait sa propre vérité. Le track s’élève puis se rétracte, se dévoile puis se dérobe, laissant au passage la sensation étrange d’un souvenir qu’on revisite sans jamais le reconnaître totalement.
San Holo, qui l’accompagne sur son label bitbird, voit en lui une rare transparence émotionnelle, une manière d’attraper l’instant sans le polir. Cette immédiateté, presque trop réelle, s’entend dans les pulsations fragiles qui traversent le morceau — un mélange de lucidité, de fatigue joyeuse, de ce sentiment d’être à la fois en retard et en avance sur soi-même.
Les précédentes sorties de Tej ont déjà fait monter la rumeur : playlists influentes, soutiens de plateformes, passages radio, sets qui transforment des foules anonymes en diapasons géants. Sur scène, il laisse exploser un instinct viscéral, oscillant entre douceur électrique et énergie brute. Ce nouveau titre prolonge cette trajectoire ascendante, comme une pierre d’angle posée au milieu d’un chantier émotionnel.
“ALL I CAN DO (time)” sonne finalement comme la bande-son d’un âge-charnière, ce moment où tout bascule sans prévenir. Un morceau mouvant, instable, incandescent — exactement le genre de geste musical qui ne se contente pas d’exister, mais qui continue de vibrer longtemps après.
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novembre 27, 2025La Playlist Fourre-tout #7, c’est ce grand sac ouvert posé au milieu de la pièce, celui où tu plonges la main sans savoir sur quoi tu vas tomber — et c’est précisément ça qui fait tout le charme. Une sélection qui ne cherche pas l’ordre mais la sensation, le frisson immédiat, le petit chaos musical qui réchauffe la tête quand dehors tout se fige.
Ici, les styles s’entrechoquent, se bousculent, se mélangent comme des éclats de couleurs jetés sur une toile encore humide. Pop, rap, électro, curiosités non identifiées : tout se croise, tout se répond, tout se contamine. C’est une playlist pour ceux qui aiment se laisser surprendre, pour ceux qui préfèrent les trajectoires imprévues aux chemins bien droits.
Alors ouvre grand tes oreilles, laisse tes repères glisser un peu, et embarque dans ce Fourre-tout musical comme on saute dans un train sans regarder la destination. Tu verras : le voyage vaut le désordre.
Talya – wombs
Midlife Madness – Every Time I Smudge I Think of You
B.Miles – +1
Tamer – Kibris Guzeli
Delroy – Deeper
TheeZaki – I WANT YOUR LOVE
Paanda – 911
DBig-Rem – Be Mindful
Jamzylion – The gods
Mb-rak – My Real Gee
Signed XO – Paris Flows
Akmovie – Inteligencia Humana
Pretty Dealer x nojusts – Tu favorito
ElDon delGun – Quiere Perreo
Firekenny – On Décolle
Crusy, Jem Cooke – Good To Go
Arky Waters – Ay Papi
Maya Randle – « say my name »
Nathan Fake – Bialystok
Ember13th – Noise
Swim Swim Naked – Hold Tight
Giffy Pluggo – Mortgage
Vic Da Baron – Gotham City
Hamaril – Bukayo
CHAZ iLL – Betta Know Dat
$vvokey – RAINMAN
Hazardous – Villian “Official Music Video”
Kehlani – Folded (Remix by King Royal )
Vega Villin – VampMobb Flex
CTRL ALT SING – Rep or Regret
Rollin Deeper- Reaction
First Day Of Spring – PARTYZEIT!
Matilde G – MOODY
IAZS – The Hollow
JC D’OCKHAM – Les cloches de l’enfer
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novembre 27, 2025Dans On Décolle, Firekenny allume les moteurs comme si le sol était devenu trop étroit pour contenir son envie d’exister plus haut.
La nuit s’ouvre comme un rideau d’étincelles, et Firekenny fonce dedans à cœur ouvert, avec ce mélange de trap EDM qui pétille comme un briquet qu’on craque au bord du vide. On Décolle n’est pas un morceau, c’est un tir de fusée en trois minutes, un uppercut sonore qui te rappelle que parfois la seule façon de respirer, c’est d’aller plus vite que ton propre doute.
La prod oscille entre tension et hédonisme brut, avec ces synthés qui rebondissent comme des néons mouillés sur un dashboard de voiture à 3 h du matin. Firekenny navigue dans ce chaos lumineux avec la nonchalance jeune de quelqu’un qui sait exactement où poser sa voix pour que tout rentre sous la peau. Il y a ce truc très génération Z, ce côté “je m’envole pour oublier que tout me retient”, une adrénaline triste qui groove sous les basses.
Sa façon de rapper frôle la confidence, comme s’il murmurait à quelqu’un couché sur le siège passager : un mélange suave de détermination et de débrouille, la sensation de se créer un destin avec deux phrases et un battement de 808. Le morceau frappe par sa simplicité assumée, mais surtout par la manière dont il reflète une vérité contemporaine : vouloir s’arracher à un quotidien trop étroit, même si on ne sait pas encore exactement où atterrir.
Ce qui rend On Décolle si addictif, c’est son énergie solaire couplée à une fragilité sous-jacente, quelque part entre l’ambition et la fuite, le dancefloor et la confession. Firekenny capture cette pulsation-là avec une sincérité qui surprend, presque naïve, presque urgente.
J’ai plongé dans le presskit pour en savoir plus, un document que j’ai évidemment l’autorisation d’utiliser dans la publication, et c’est là que tout fait sens : l’artiste construit son univers comme un puzzle d’impulsions lumineuses, un mélange de scènes nocturnes, d’aspirations anonymes et de désirs tenaces. On comprend mieux comment cette esthétique sonore se tisse par fragments, chaque track étant une porte ouverte sur un ailleurs rêvé.
On Décolle, c’est le ticket pour cet ailleurs. Un morceau court, nerveux, vibrant, qui claque dans la poitrine comme le premier souffle d’air après des semaines à suffoquer. Firekenny y montre un instinct brut, la promesse d’un artiste qui pourrait bien s’imposer dans ce territoire hybride où la trap française frôle l’électronique la plus effusive.
À écouter fort, très fort, et surtout en mouvement. Parce qu’ici, tout est fait pour qu’on décolle avec lui.
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novembre 27, 2025Tu connais ces morceaux qui ne frappent pas fort mais glissent sous la peau, comme si quelqu’un ouvrait une fenêtre dans ta cage thoracique ? “Desert’s Calling” de Selena Feliciano fait exactement ça : un souffle, un mirage, une vérité murmurée dans le sable.
Le désert n’a jamais été aussi tendre. Avec “Desert’s Calling”, Selena Feliciano transforme l’espace vide en un terrain fertile où la folk se déplie comme une carte postale oubliée dans un sac à dos. Dès les premières secondes, on sent que quelque chose se prépare : une lumière fragile, un battement qui rappelle la marche lente d’un corps qui s’éloigne pour mieux revenir à lui-même.
Selena, enfant du Bay Area, porte dans sa voix l’écho des paysages qu’elle traverse — la poussière, les routes, les silences qui disent plus que les mots. Sa folk pop, profondément hantée par les dualités du monde moderne (le bruit et le calme, l’urbain et le sauvage, la perte et la renaissance), est un territoire de résistance douce, un lieu où les combats deviennent des prières, où les fractures se recousent dans un souffle acoustique.
“Desert’s Calling” s’inscrit dans la lignée de son EP From Every Direction, un projet façonné en pleine transition — entre la spontanéité DIY des chambres d’ami et la chaleur d’un studio habité par une bande de complices. On y entend tout : la sincérité brute, la délicatesse de l’arrangement, les harmonies qui s’installent comme des passagers clandestins dans le creux de l’oreille.
Ce morceau n’a pas besoin de grandiloquence pour frapper. Il avance comme une confession au bord d’un feu de camp, fragile mais tenace, guidé par la conviction que la musique peut encore guérir quelque chose en nous. Une folk pop qui respire, qui prend son temps, qui sait regarder le monde droit dans les yeux — même quand il vacille.
Selena Feliciano n’écrit pas des chansons : elle plante des graines. Et si “Desert’s Calling” est un appel, c’est peut-être celui auquel on répond sans même s’en rendre compte. Un retour à soi, au calme, au cœur brûlant des choses simples.
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novembre 26, 2025« On a senti Running de Coldway glisser dans nos côtes comme une confidence qu’on n’était pas censés entendre, un aveu fragile qui s’échappe au moment précis où tout menace de basculer. »
Running n’essaie pas de séduire. Le morceau s’avance doucement, presque sur la pointe des pieds, avec cette manière si particulière qu’a Coldway de transformer une émotion en atmosphère complète, comme si chaque souffle, chaque battement de caisse claire, chaque murmure voilé avait été pensé pour nous atteindre là où les défenses tombent.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette sensation de mouvement suspendu. On ne court pas vraiment dans Running. On avance en apnée, en rétention d’air, avec la gorge serrée par tout ce qu’on n’a pas encore dit. Coldway, fidèle à son héritage de Memphis mais délié de toute imitation, construit un espace où les sentiments n’arrivent pas en ligne droite : ils remontent par ricochets, ils s’effilochent, ils s’enroulent autour de la voix comme un brouillard tiède.
La production est dépouillée mais riche, tout en textures fines. Les nappes synthétiques respirent comme une pièce dans la pénombre, la basse glisse avec une retenue presque sensuelle, et les percussions dessinent un tempo qui hésite entre la marche lente et la fuite instinctive. On sent la main d’un artiste qui connaît l’importance du silence, qui sait laisser traîner une résonance pour que l’émotion puisse s’y accrocher. Running ne remplit pas l’espace : il le sculpte.
La voix de Coldway — douce, légèrement râpeuse, glissant avec une maîtrise détachée — ne cherche jamais à surjouer. Elle observe. Elle constate. Elle s’effrite. Elle parle d’amour qui se complique, d’une fatigue qui fait trembler les choix, de ce moment précis où l’on sent que quelque chose s’émiette mais qu’on refuse encore de regarder par terre. Quand il murmure, on entend l’homme autant que l’artiste, le vécu autant que la maîtrise technique.
On navigue à l’intérieur de Running comme dans une pièce où les souvenirs se cognent aux murs. On y retrouve cette esthétique R&B alternative si chère aux fines lames du genre : un minimalisme émotionnel où chaque détail compte, où les vibrations valent plus que les mots. Coldway fait partie de ces créateurs-intégrals — chanteur, rappeur, producteur — qui injectent leur ADN dans chaque milliseconde du morceau, au point qu’on pourrait le reconnaître les yeux fermés.
Ce qui rend Running si captivant, c’est cette manière de transformer la fuite en point d’appui. On ne fuit pas pour disparaître. On fuit pour respirer, pour comprendre, pour trouver un endroit où l’amour devient de nouveau vivable. Et Coldway, sans jamais l’expliquer frontalement, nous guide vers cette zone trouble où la fragilité devient une force, où l’émotion ne se cache pas mais se délivre par petites secousses.
Running n’est pas un morceau de rupture. C’est un morceau de survie — intime, nocturne, vacillant — qui laisse sur la peau une trace longue comme une traîne de fumée. Une chanson qui ne dit pas tout, mais qui fait tout ressentir. Une preuve supplémentaire que Coldway ne se contente pas d’écrire des titres : il construit des refuges pour celles et ceux qui continuent d’aimer même quand ça brûle.
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novembre 26, 2025« On a senti X-Ray de The Notwist s’ouvrir sous nos pas comme une plaque chauffée à blanc, prête à nous avaler tout entiers. »
À partir de là, quelque chose bascule. On entre dans un territoire où le rock indé, cette vieille bête fatiguée, retrouve un éclat presque animal. Avec X-Ray, The Notwist fait exactement ce que très peu de groupes osent encore : nous remettre en circulation. Pas nous réconforter. Pas nous alourdir. Non — nous relancer, comme si la musique redevenait un souffle qui passe dans les veines plutôt qu’un simple signal compressé sur Spotify.
On se retrouve aspirés par cette rythmique qui claque sec, comme un cœur qui décide brusquement de courir plus vite que la pensée. La guitare n’essaie pas de séduire : elle racle, elle insiste, elle cherche l’étincelle. Les synthés, eux, ne font pas de chorégraphie — ils glissent, s’incrustent, s’évaporent comme des halos de chaleur sur du bitume après l’orage. Et pourtant, rien n’est chaotique. Tout fonctionne comme une créature vivante, imprévisible mais cohérente, qui nous parle dans une langue qu’on comprend instinctivement.
X-Ray semble enregistré avec la fenêtre ouverte, laissant entrer le vent, les accidents, le vivant. On entend presque les corps, les regards échangés, les décisions prises en une fraction de seconde. Le morceau garde ses aspérités, ses minuscules grains de poussière collés au son — cette manière de laisser la matière respirer, de ne pas la cerner. C’est cette respiration qui donne l’impression que le morceau bouge encore même une fois terminé, comme un animal qui refuse de s’éteindre.
On pourrait dire que The Notwist signe un retour. Mais ça sonnerait faux : ils ne reviennent pas, ils réapparaissent. Ils surgissent d’un intervalle, d’une faille temporelle où ils ont passé du temps à chercher des nouvelles couleurs, des nouvelles tensions. Et dans X-Ray, on croise cette dualité qui les caractérise depuis toujours : une mélancolie qui ne s’effondre jamais, une énergie qui ne fanfaronne pas.
La voix, presque effacée, n’essaie pas de prendre le dessus. Elle flotte, elle observe, elle veille sur le chaos ordonné qu’elle traverse. Comme si elle disait : “On ne crie pas, on avance.” Et nous, on avance avec elle, balayés par la tempête mais étrangement lucides, presque apaisés.
Ce qui frappe surtout, c’est ce sentiment que le groupe ne cherche plus à produire des chansons : il cherche à produire des états. X-Ray ne nous raconte rien — il nous place quelque part, dans un espace mental précis, un endroit où les choses bougent à la fois trop vite et pas assez, où tout se reconstruit sous nos yeux.
On ressort de là un peu secoué, un peu plus vivant. The Notwist ne nous propose pas un simple morceau : ils nous offrent une secousse. Une onde. Une manière de se laisser traverser. Une preuve que, même en 2025, certains groupes savent encore modeler la musique comme une force qui déplace, qui dépoussière, qui révèle.
Comme un rayon X, justement. Qui ne montre pas la surface, mais ce qui palpite dessous.
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novembre 26, 2025« J’ai eu l’impression de surprendre un journal de bord laissé ouvert sur le siège passager : une route, un rêve, et cette pulsation nerveuse qui dit qu’on ne retournera plus en arrière. »
On The Move est un petit film intérieur, une scène de vie captée en plein mouvement, ce moment où l’on serre les dents, où l’on accélère, où l’on ne regarde plus dans le rétro parce que la seule chose qui compte, c’est ce qui brûle devant. BluntBrad Jr transforme la vitesse en langage, l’élan en esthétique, et la détermination en une forme de groove presque cinématographique. On devine un artiste qui n’écrit pas seulement pour faire du bruit, mais pour respirer plus vite, pour tenir debout, pour se rappeler pourquoi il continue.
Ce qui frappe, c’est cette façon de tirer l’énergie du morceau sans jamais forcer la voix : un style à mi-chemin entre chant et rap, un équilibre fragile mais parfaitement tenu. BluntBrad Jr pose ses mots avec l’assurance tranquille de quelqu’un qui a trouvé sa route, même si elle n’est pas encore goudronnée. L’autotune, loin de masquer quoi que ce soit, sert ici de texture émotionnelle, comme le reflet tremblé d’une vitre où défilent les lampadaires. Le flow oscille entre mélodie et accélération, un peu comme si le morceau hésitait entre confession et victoire.
La production, elle, avance avec un aplomb presque nocturne : kicks secs, claps qui claquent comme des clignotants impatients, basse qui roule sous les pas. Le beat respire large, laissant assez de place pour que les harmonies s’enroulent autour de la voix et créent ce halo qui évoque les artistes cités par BluntBrad Jr — Post Malone pour la mélancolie lumineuse, Russ pour la maîtrise solitaire, Kid Laroi pour l’urgence, Blxst pour la fluidité. Mais malgré ces filiations, On The Move ne ressemble pas à une imitation : il trace sa propre trajectoire, plus rugueuse, plus spontanée, presque artisanale.
Là où le morceau touche juste, c’est dans sa capacité à sonner à la fois grand public et intensément personnel. C’est le type de track qu’on met en fond d’un trajet trop long, quand on essaie de s’arracher à une version de soi-même qui ne suffit plus. Un hymne du quotidien, de ceux qui rappellent que l’avancée n’est pas toujours glorieuse, mais qu’elle reste nécessaire.
On The Move capture ce moment précis où un artiste n’est plus en train de commencer, mais de se propulser. BluntBrad Jr ne demande pas la permission d’exister : il appuie sur l’accélérateur et laisse la route parler pour lui. Une impulsion, une promesse, un point d’étape sur un parcours qui ne fait visiblement que grimper en intensité.
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novembre 26, 2025« J’ai senti ce morceau me parler comme un ami qui, au milieu d’une nuit trop longue, te prend par les épaules pour te dire qu’il t’aime exactement comme tu es. »
Il arrive parfois qu’une chanson ne cherche pas à impressionner, mais à rassurer. Don’t Change possède cette douceur-là, cette manière subtile de se glisser sous la peau sans hausser la voix, comme si Medium avait enregistré le morceau dans une chambre encore tiède d’émotions, juste après une conversation trop honnête pour être oubliée. Ce n’est pas de la séduction — c’est une offrande, une façon de dire « je vois tout, même ce que tu caches, et je reste ».
Ce qui frappe d’abord, c’est la chaleur du son, un espace moelleux entre R&B contemporain et hip-hop introspectif, où chaque élément semble respirer. La production ne cherche pas la démonstration, elle s’efface pour laisser les mots prendre la lumière. Les accords feutrés flottent comme un rideau d’ambre, les percussions tapissent l’air de petites secousses du cœur, et la voix de Medium, douce mais ferme, roule en confession sans jamais trembler. On y entend les fissures, les non-dits, mais surtout cette volonté presque têtue de tenir le lien.
Puis survient le moment où la voix de Kohn entre en scène. Sa présence modifie instantanément l’équilibre, comme si le morceau se redressait, posait les pieds au sol et décidait de regarder la réalité en face. Son couplet apporte une gravité qui tempère la légèreté du refrain, un rappel que l’amour n’est pas seulement un refuge, mais aussi une traversée. Les deux voix dialoguent sans s’écraser, l’une portée par la douceur, l’autre par la franchise, et de cet échange naît une émotion étonnamment solide.
Il y a dans Don’t Change quelque chose qui relève presque de la thérapie musicale : une invitation à déposer ses armures, à accepter les parts de soi qu’on croit impropres, à reconnaître dans le regard de l’autre une forme d’asile. C’est un morceau qui préfère les nuances aux grands gestes, qui raconte l’intimité sans l’exhiber, qui choisit le murmure plutôt que l’extase — et c’est précisément ce qui lui donne une puissance rare.
Medium signe ici une pièce lumineuse, intime sans être mièvre, tendre sans être fragile. Une chanson qui se glisse naturellement dans la bande-son des nuits où l’on doute de soi, mais où l’on espère encore qu’aimer n’exige pas de devenir quelqu’un d’autre. Et quelque part, dans cette simplicité apparente, se cache l’une des plus belles vérités de la musique : parfois, ne rien changer est déjà une révolution.
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novembre 26, 2025« On dirait une prière qui aurait échappé à son église pour aller respirer librement sous les stroboscopes. »
J’ai entendu cette reprise comme on découvre une fissure lumineuse dans un mur sombre. Un souffle d’air qui sent la ferveur mais refuse le dogme, un élan tout en vibrations, où la spiritualité se glisse dans le corps avant de rejoindre l’esprit. The Light Life réinvente Open The Eyes Of My Heart avec une audace presque tendre : transformer un chant sacré en pulsation house old-school, sans perdre une goutte de sa force originelle.
Ce qui m’a frappé, ce n’est pas la modernisation du morceau, mais la façon dont la lumière circule. C’est une house qui ne cherche pas le glamour ou la frime du clubbing contemporain ; c’est une house qui avance en humilité, ronde, enveloppante, presque artisanale. Les drums ont la chaleur des premiers dancefloors underground, ceux qui accueillaient sans jugement. La basse, elle, agit comme un fil de vie, une coulée d’énergie qui soutient la voix sans jamais l’écraser. On sent une sincérité rare pour un exercice aussi risqué : ne pas dénaturer un morceau profondément spirituel tout en le faisant respirer autrement.
Lorsque les voix s’élèvent, le contraste entre le sacré et le profane s’évapore soudain. Tout semble redevenir un seul mouvement : un club comme une chapelle improvisée, un chœur invisible qui répète les mots non pas par obligation, mais par pure connexion. Il y a quelque chose d’intime dans cette élévation, comme si chaque mesure contenait la possibilité d’un apaisement. La production ne tombe jamais dans le kitsch, et c’est précisément là que The Light Life impressionne : on entend le respect, l’attention portée au moindre détail, cette volonté de laisser la foi circuler plutôt que de l’imposer.
La montée avant le drop agit comme une inspiration profonde. La libération qui suit n’est pas explosivement EDM : elle est subtile, radieuse, une vague qui étire l’espace sans l’agresser. Je me suis surpris à sourire, à ressentir cette envie étrange d’ouvrir grand les bras — geste universel, mi-danse mi-prière, comme si le corps comprenait avant l’esprit.
Le collectif revendique la rencontre entre worship et club culture, et je dois avouer que l’idée m’a longtemps semblé théorique. Ici, elle devient palpable, incarnée. On danse, on respire, on remercie peut-être sans s’en rendre compte. La foi, la vraie, celle qui traverse les doutes et les nuits, se retrouve transposée dans une esthétique électronique qui lui sied étonnamment bien.
Open The Eyes Of My Heart version The Light Life n’est pas une simple cover : c’est une passerelle. Un pont entre ceux qui cherchent et ceux qui célèbrent, entre les clubs qui brillent et les cœurs qui s’ouvrent. Une proposition rare, lumineuse, presque fragile — et pourtant capable de faire trembler un dancefloor entier.
Un morceau qui rappelle que la musique, parfois, peut être une révélation. Une main posée sur l’épaule, une lueur au bout du tunnel, ou une simple invitation à ouvrir les yeux. Et danser.
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novembre 26, 2025« Common Person est cette confession murmurée entre deux battements : la douceur d’être humain, la fatigue d’essayer, et l’espoir qui refuse malgré tout de s’éteindre. »
Avec ce nouveau single, Dannie Gotit réaffirme sa capacité à conjuguer vulnérabilité et assurance, introspection et groove, dans un mélange afro-pop / pop-rap qui frappe droit au cœur. Common Person n’est pas un morceau qui cherche le cri ou l’esbroufe : il avance comme une vérité simple, celle d’un jeune artiste qui porte ses ambitions, ses doutes et sa soif d’avenir avec la sincérité des grands débuts.
Dès l’intro, on retrouve ces couleurs afrobeats chaleureuses et feutrées : percussions fines, guitare subtile en palm-mute, basse ronde qui enlace les mélodies. Le rythme est souple, presque humble, comme un pas mesuré vers un monde qui ne fait pas toujours de place aux gens ordinaires. Mais Dannie Gotit s’y fraye un chemin, avec une voix posée, légèrement voilée, qui raconte sans détour ce qu’il est en train de devenir.
L’écriture du morceau touche juste : elle parle du quotidien, de la pression, de la quête de reconnaissance, de cette ligne fragile entre rester soi-même et devenir ce qu’on rêve d’être. Il y a dans Common Person un souffle profondément humain, celui de quelqu’un qui n’a pas envie d’être une caricature du succès, mais juste une personne qui avance, qui travaille, qui grandit.
Le chant se pose sur la prod comme une main sur une épaule : rassurant, vrai, sans artifice. Les influences afro-fusion rencontrent une sensibilité pop qui donne au morceau une accessibilité immédiate, tandis que les touches rap apportent un ancrage intime, presque diariste. Cette combinaison crée un équilibre rare — le genre de morceau qui peut tourner en boucle parce qu’il apaise autant qu’il raconte.
Dans le parcours de Dannie Gotit, jeune artiste nigérian-américain basé à Chicago, Common Person ressemble à un manifeste. Une manière de dire : je suis là, je suis moi, je ne suis pas parfait, mais je suis en route. Une déclaration calme, mais puissante, d’un musicien déterminé à durer non pas par le bruit, mais par la vérité qu’il met dans chaque ligne.
Un titre humble, lumineux, profondément touchant. Un morceau qui rappelle que la force des artistes vient souvent de leur humanité. Et ici, elle brille.
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novembre 26, 2025« Ce remix est une ascension brutale : un plongeon dans le vide suivi d’une remontée explosive, calibrée pour retourner n’importe quel mainstage. »
Avec son remix exclusif d’Astronaut in the Ocean — uniquement disponible sur SoundCloud — J/\CK RIV3R prouve qu’il sait manier la techno big room comme un sculpteur de masses sonores. Là où le morceau original de Masked Wolf joue sur un minimalisme lourd et une tension hip-hop glacée, RIV3R transforme tout en cataclysme électronique. C’est massif, c’est frontal, c’est pensé pour les foules qui veulent sentir le sol vibrer sous leurs pieds.
Le track s’ouvre comme un sas pressurisé : montée progressive, lignes graves qui frémissent, tension qui gonfle lentement. Puis le vocal iconique arrive — recontextualisé, épuré, remodelé pour devenir un détonateur. RIV3R le traite comme un élément percussif, un pivot rythmique qui annonce la tempête à venir.
Lorsque le drop explose, impossible de rester immobile : kicks XXL façon mainstage européen, patterns techno industriels, basses qui claquent comme des plaques métalliques, synthés déformés par la chaleur. C’est le genre de drop qui fait lever les bras automatiquement — un réflexe collectif, presque primal.
Ce remix est construit comme un set de DJ expérimenté : breaks ultra efficaces, silence ponctuel utilisé comme arme, reprises qui arrivent exactement au moment où l’énergie menace de déborder. On sent l’ADN du producteur : années de clubbing en Autriche, culture big room assumée, désir évident de frapper fort et de créer un moment live inoubliable.
Techno, big room, mainstage — tout est là. Mais RIV3R y injecte sa propre identité : un son large, propre, affûté, pensé pour les fêtes massives où la musique doit se sentir physiquement autant qu’elle s’écoute.
Ce remix n’est pas qu’une relecture : c’est une transformation totale, un reboot taillé pour les foules, un météore sonore lancé sur la planète techno. Exclusif à SoundCloud, il garde ce côté clandestin, presque pirate, comme une arme secrète que seuls les curateurs attentifs peuvent dégainer.
Un banger sans détour, sans compromis, sans frein. J/\CK RIV3R signe ici une pièce faite pour briser des scènes — et rallumer le feu sous les clubs endormis.
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novembre 26, 2025« Midnight est cette bulle suspendue où tout devient plus vrai : la route vide, la tête pleine, et cette mélodie qui te tient compagnie quand personne d’autre ne peut le faire. »
Avec Midnight, le producteur new-yorkais VybezwitCJ capture un état précis — presque un rituel nocturne. Ce moment où minuit tombe comme un voile, où les rues deviennent des couloirs silencieux, où l’on se retrouve face à soi-même, sans témoin. Le morceau mêle R&B contemporain, afrofusion subtile et pop-rap atmosphérique dans une formule qui respire l’intimité, la chaleur, la réflexion.
Dès les premières secondes, l’ambiance se déploie comme une fumée douce : accords veloutés, drums chauds mais feutrés, basses qui vibrent avec une lenteur hypnotique. Le beat avance avec ce bounce léger, presque liquide, propre au trap-soul moderne. Rien n’est brusque. Tout glisse, tout flotte. C’est un morceau pensé pour les écoutes les plus personnelles : écouteurs vissés, regard perdu dans la nuit, cœur en orbite.
La performance vocale — posée, douce, légèrement brumeuse — s’accorde parfaitement au décor. Chaque mot semble sortir d’une pensée non dite, d’une émotion retenue, d’un aveu qu’on laisse enfin filtrer. Midnight parle de solitude, mais pas celle qui étouffe : plutôt celle qui permet d’exister sans masque. La solitude choisie, l’espace mental où l’on revisite ses doutes, ses envies, ses cicatrices encore chaudes.
L’instrumentale, elle, dit tout ce que les mots n’osent pas : couches de synthés rêveurs, percussions qui battent comme un cœur au ralenti, touches afrobeats discrètes qui viennent illuminer l’ensemble sans briser la douceur. VybezwitCJ prouve une maîtrise impressionnante de son identité sonore — ce talent rare pour créer des mondes auditifs immersifs où l’on se laisse dériver sans résistance.
Midnight est un morceau-miroir : il reflète ce qu’on y apporte. Pour certains, ce sera un slow-burn sensuel. Pour d’autres, une soundtrack de retour en voiture à 2h du matin, les pensées tournées vers quelqu’un qu’on n’a pas appelé. Pour d’autres encore, un espace où déposer ce qu’on n’a pas réussi à dire en plein jour.
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novembre 26, 2025« Miracles est cette respiration qu’on reprend quand on revient de loin : un souffle neuf, tremblant, mais rempli d’une lumière qu’on n’oubliera plus jamais. »
Sush 28 signe avec Miracles un morceau profondément humain, un pop-rap mélodique qui ramène la vulnérabilité au centre du récit. Pas de posture, pas d’esbroufe : juste une voix qui raconte comment, en une semaine suspendue entre fièvre et incertitude, la vie a soudain pris un poids nouveau. Touché par la dengue et hospitalisé en soins critiques, l’artiste reçoit un rappel brutal de sa propre fragilité. De ce chaos intime naît une chanson — pas un exutoire rageur, mais une confession douce, presque sacrée.
Le morceau s’ouvre sur une guitare claire, jouée par un ami sous sa direction, comme un fil tenu entre le passé et la suite. La production reste minimaliste mais précise : un beat pop-rap léger, presque timide, des nappes qui s’étirent comme des brumes matinales, et des arrangements qui laissent toute la place à la voix. Sush 28 chante comme on parle après une épreuve : avec une lucidité nouvelle, une gratitude brute, une douceur qu’on n’avait pas entendue auparavant.
Sa voix porte encore les traces du vécu : un tremblement parfois, une urgence contenue, une sincérité qui perce dans chaque mot. La collaboration avec Yash Varde ajoute une teinte supplémentaire — un contrepoint, une seconde âme qui vient étoffer l’émotion sans la diluer. Ensemble, ils construisent un dialogue intérieur, une manière de dire : je suis encore là, et ça compte.
Miracles ne cherche pas le spectaculaire. Son impact vient précisément de ce refus : c’est une chanson qui ose être simple, honnête, nue. On y entend la promesse intime que l’artiste s’est faite à lui-même : ne plus prendre la vie pour acquise, ne plus ignorer les petits instants, ne plus remettre à demain la gratitude.
En arrière-plan, l’histoire de Sush 28 — de Mysuru à Seattle, des débuts autodidactes aux dizaines de morceaux auto-produits — résonne différemment. Miracles devient une étape, un marqueur dans son parcours : le moment où la musique n’est pas seulement création, mais survie.
Un titre fragile mais rayonnant. Une cicatrice devenue mélodie. Un miracle, oui — au sens le plus humain du terme.
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novembre 26, 2025« Pull Up est cette invitation spontanée qui te ramène à tes étés adolescents : quand une maison ouverte suffisait à transformer une journée banale en souvenir incandescent. »
Avec Pull Up, Mike Mark distille un morceau qui ne triche pas : solaire, simple, généreux, un véritable appel à la fête sans posture ni artifice. Le pop-rap s’y mêle naturellement à une pulsation reggae souple et légère, construisant une ambiance qui sent le soleil encore chaud sur la peau, les rires qui éclatent dans les jardins, et les nuits où personne ne regarde l’heure. C’est un track pensé pour l’hédonisme soft, celui où la vie est plus douce parce qu’elle est partagée.
Dès l’intro, la production plante le décor : guitare en skank discret, percussions aérées, basse qui vibre comme une onde chaude, et un groove qui s’installe avec une évidence presque nostalgique. Rien n’est forcé, rien n’est surchargé — Pull Up respire, flotte, avance avec la nonchalance parfaite d’un morceau taillé pour les après-midis autour d’une piscine ou les soirées à ciel ouvert.
Puis la voix de Mike Mark arrive, lumineuse, posée, pleine de ce sourire audible que seulement les artistes vraiment à l’aise avec leur univers savent transmettre. Son flow est simple mais précis, entre rap doux et chant léger, comme s’il racontait cette invitation au micro sans jamais lâcher la vibe qui l’a inspiré : un souvenir de ses 17 ans, d’un ami qui avait une maison ouverte, d’un été où le mot liberté semblait redéfinir tout le reste.
Le morceau, sous ses airs détendus, capture quelque chose de très pur : ce moment où l’on ne se pose pas encore de questions, où l’on répond « j’arrive » avant même d’avoir réfléchi, où la vie se joue dans l’instant. Pull Up, c’est exactement ça : un instant, un mood, un plaisir immédiat, sans vernis.
La renaissance artistique de Mike Mark après une carrière entrepreneuriale éclaire aussi le morceau. On y sent la sérénité de quelqu’un qui ne court plus après la validation, mais qui crée pour le fun, pour l’énergie, pour le partage. Et cette liberté se transmet dans la musique : c’est léger, c’est chaleureux, c’est vrai.
Pull Up est un rayon de soleil portable, un passeport vers l’été, un sourire sonore. Un morceau qui fait du bien — et qui rappelle que parfois, tout commence par une simple invitation. « Pull up. » Et tout le monde vient.
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novembre 26, 2025« I’m So Polite est ce clin d’œil groovy qui te remet d’aplomb, même les jours où tu n’as plus aucune batterie sociale. »
James Gardin revient ici avec un track qui respire la joie, la malice, la confiance tranquille — cette manière rare d’être stylé sans devenir lourd, d’être affirmé sans jamais écraser. Produit par Supertightwoody, I’m So Polite est une pépite funk-rap feel-good qui glisse comme un rayon de soleil sur une vitre encore froide.
Le morceau démarre sur des drums propres et claquants, un bounce léger qui donne au corps l’envie naturelle de se balancer. Une basse chaude, ronde, presque tactile, sert de colonne vertébrale. Puis arrive Gardin, avec cette voix souriante, ce flow qui ne force rien mais qui habite tout : un mélange de charme, de calme, et de finesse d’écriture. Il rappe comme on discute avec un pote dans une file d’attente — avec une désinvolture parfaitement contrôlée.
I’m So Polite joue dans la catégorie très difficile du « fun sans être cheap ». C’est funky, mais nuancé ; c’est catchy, mais jamais surjoué. Gardin y déploie un charisme naturel, celui qu’on gagne après vingt ans de routes, de scènes, de salles vides et de succès inattendus. Il connaît sa voix, il connaît son public, il connaît le tempo exact où la bonne énergie devient nécessité.
La production de Supertightwoody, elle, est un petit bijou sync-ready : tout est propre, clair, chaleureux, avec ce grain pop-rap qui séduit instantanément. On entend pourquoi Gardin aligne depuis des années placements TV, synchros, bandes-son de séries et films. Le morceau respire cette aisance professionnelle, ce sens du détail qui fait mouche — tout en gardant un esprit léger et joueur.
Au fond, I’m So Polite est une célébration : celle de la confiance sans l’ego, de l’optimisme sans naïveté, du groove sans surcharge. C’est un titre qui donne envie d’être meilleur, plus doux, plus solaire — sans jamais oublier de danser.
Un feel-good banger pour les matins gris, les playlists positives et les journées qu’on veut colorer d’un éclat funk. Gardin, toujours impeccable, y ajoute un sourire qu’on n’oublie pas.
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novembre 26, 2025« Antichrist est cette vague noire qui s’abat sans prévenir, un mur de guitares qui t’engloutit et te force à regarder en face ce que tu préférais laisser dans l’ombre. »
Avec Antichrist, le collectif emmené par Waves_On_Waves signe un retour frontal aux racines du grunge, celui qui sent la pluie sur le bitume, la sueur, l’électricité, et les doutes qui ne veulent pas se taire. Inspiré par l’arbre généalogique de Seattle — Alice in Chains, Pearl Jam, Soundgarden — le morceau embrasse l’esthétique post-grunge avec une densité moderne, presque cinématographique. C’est sale, rugueux, déchiré : exactement ce que ce style réclame pour respirer à nouveau.
Dès la première mesure, le riff s’abat comme une déflagration. Lourdeur, réverbération, tension. Les guitares tournent en spirale, épaisses comme un ciel d’orage, soutenues par une section rythmique qui avance à pas lourds, déterminés, presque menaçants. La voix, rauque, granuleuse, oscille entre murmure fiévreux et cri retenu, capturant cette fragilité aggressive propre au grunge originel : l’envie de hurler, mais la fatigue de le faire trop souvent.
Antichrist explore ces zones où l’âme se fissure — les luttes intérieures, l’impression d’être tiré vers le bas par des forces invisibles, les moments où la colère devient un refuge aussi dangereux que nécessaire. C’est un morceau qui transpire le conflit, la dualité, le besoin viscéral de repousser quelque chose qui nous colle à la peau. Le grunge, dans sa forme la plus pure.
La production, bien que massive, garde cette imperfection volontaire qui fait tout le charme du style. Pas de poli, pas d’arrondis : chaque aspérité semble laissée là exprès, comme un rappel que ce genre n’a jamais été conçu pour plaire, mais pour dire vrai. L’énergie brute des collaborateurs — Sonic Shades Of Blue, Orange Crush — ajoute une épaisseur sonore qui renforce l’immersion : on se retrouve littéralement aspiré dans une pièce sombre, saturée de vibrations, plongé au cœur d’un rituel électrique.
Antichrist, deuxième single de l’album Bipolar Sunshine, montre à quel point Waves_On_Waves sait naviguer entre les époques et les univers. Après des projets synthwave et darkwave denses et foisonnants, cet élan grunge prouve une fois de plus la polyvalence du projet : un artiste capable de changer de peau sans jamais perdre l’intensité émotionnelle qui fait sa marque.
Un morceau qui brûle, qui gronde, qui avale tout ce qui passe — et qui, comme les meilleures offrandes grunge, t’en ressort un peu différent. Une vague noire, un exorcisme, un cri.
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novembre 26, 2025« Circus est cette spirale où les pensées tournent trop vite, mais où la musique devient la seule manière de remettre le monde à l’endroit. »
Avec Circus, Jay Krimzz livre un morceau d’une sincérité rare, un titre qui ne cherche pas seulement à faire danser : il dévoile les fractures, les doutes, les nuits où l’on se demande si l’on avance ou si l’on tourne en rond. L’artiste londonien né au Cameroun s’empare de l’afrobeats et de l’afro-fusion pour en faire un espace de confession, un lieu où l’intime se glisse dans le rythme sans jamais perdre l’élan du genre.
L’histoire derrière le morceau éclaire tout : une blessure, une opération, un mois entier cloué au lit à l’approche de ses 30 ans. Une chambre comme seule scène, et des pensées qui s’entrechoquent sans frein. Dans ce silence forcé, Krimzz se retrouve face à lui-même, face aux choix, aux trajectoires, à l’impression d’avoir couru sans savoir vraiment où. De ce vertige naît Circus — un cri étouffé qui devient mélodie.
Musicalement, le morceau avance avec un groove doux mais déterminé : percussions afro légères, basse ronde qui enlace les mots, touches d’amapiano en filigrane, et cette manière particulière qu’a Krimzz de poser sa voix entre chant et parole, comme s’il cherchait encore la forme exacte de ce qu’il veut dire. Son timbre, imprégné de gospel et d’influences R&B, apporte une profondeur émotionnelle inattendue, une chaleur dans le gris mental.
Les paroles, ouvertes, vulnérables, rappellent cette sensation d’être submergé par ses propres pensées — un véritable « circus » intérieur, où les doutes effectuent des acrobaties mal contrôlées. Mais le morceau ne s’arrête pas à la tourmente : il s’élève doucement vers une reprise de contrôle, une lucidité nouvelle, comme si la musique offrait un point d’ancrage fiable dans le tumulte.
Circus n’est pas un simple single : c’est une mue. Une transition entre ce que Krimzz a été et ce qu’il s’apprête à devenir. La production fine, la charge émotionnelle et l’authenticité brute en font un titre marquant, de ceux qu’on garde pour les soirées calmes, les retours tardifs, les moments où l’on accepte enfin de prendre soin de soi.
Jay Krimzz prouve ici qu’il n’est pas seulement un artiste prometteur : il est un conteur de l’intime. Et Circus est sa vérité — fragile, puissante, nécessaire.
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novembre 26, 2025« Berlin Bears / Kingston Vibes, c’est ce double battement du cœur urbain : l’acier froid de la capitale allemande et la braise chaude du dancehall, fusionnés dans un même cri. »
Avec ces deux singles complémentaires, Raubtier Kollektiv prouve qu’il n’est pas un projet monolithique mais un organisme vivant, capable de changer de peau sans jamais perdre son identité. Berlin Bears et Kingston Vibes fonctionnent comme deux faces d’un même animal : l’une nocturne, technoïde, carnassière ; l’autre tropicale, dansante, imprégnée de soleil filtré à travers le béton européen. Ensemble, elles dessinent une cartographie sonore qui traverse Berlin, Londres, Kingston, et toutes les zones grises entre les trois.
Berlin Bears, c’est la nuit qui avance au pas militaire. Une dance-pop trempée dans la techno, un beat qui claque comme une succession de portes métalliques dans un warehouse berlinois. Le rap en allemand s’y installe avec une précision clinique, incisive, prêt à bondir. Le morceau rend hommage à la culture techno allemande, mais la détourne pour y injecter un sourire pop, une tension narrative, un goût pour le spectaculaire. C’est l’esthétique du club à ciel fermé : froideur, sueur, rythme implacable.
Puis, pivot radical — mais cohérent : Kingston Vibes bascule la boussole vers le sud, sans perdre l’ossature féline du collectif. Ici, Raubtier Kollektiv s’approprie le dancehall, le reggae, et un soupçon de trap, tout en gardant la diction allemande comme marque de fabrique. Le résultat est étrangement naturel : la voix épouse les syncopes jamaïcaines, les basses roulent comme une vague chaude, et l’on sent dans le morceau cette envie farouche de faire exister la chaleur dans des territoires où il fait souvent froid. Kingston Vibes parle d’ailleurs, d’évasion, mais aussi d’ancrage — comme un rayon de soleil importé en contrebande dans un paysage gris.
Ce diptyque montre toute l’ambition du collectif : défier les frontières, mélanger les traditions, créer un pont entre la rave berlinoise et les beats du dancehall, entre le béton et le sable, entre la rigueur et l’abandon. On reconnaît le même ADN : un goût pour les grooves qui mordent, pour les refrains qui s’impriment, pour les textures abrasives mais toujours jouissives.
Berlin Bears et Kingston Vibes sont deux réponses à une même question brûlante : que devient un collectif quand il refuse de choisir entre ses identités ? Il devient Raubtier Kollektiv — un animal musical hybride, affamé, et résolument moderne.
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novembre 26, 2025« INTRODUCTION est cette étincelle qui annonce sans trembler : voici une voix qui ne demande pas la permission pour exister. »
Avec INTRODUCTION, FEGGZ signe un morceau qui porte bien son nom : une carte de visite ardente, une présentation sans filtre d’un artiste déterminé à inscrire son nom dans la nouvelle vague afro mondiale. Le chanteur originaire de Warri, entre Afrobeats, amapiano et influences hip-hop, construit ici un univers hybride, nerveux et lumineux, où la résilience devient rythme et l’ambition mélodie.
Dès l’ouverture, la production avance avec une élégance souple : percussions amapiano qui roulent comme un moteur discret, bassline chaude qui prend tout l’espace, touches électroniques subtiles. On y sent la volonté d’installer un groove à la fois introspectif et dansant, quelque part entre Lagos, Johannesburg et une scène plus globale où les frontières du genre disparaissent.
FEGGZ entre avec une voix pleine, teintée de cette énergie insolente qui caractérise les artistes prêts à prendre leur place. Les paroles, en anglais, sont une déclaration : volonté de s’élever, d’affirmer sa trajectoire, de poser les bases d’une identité sonore qui mélange héritage, modernité et vécu personnel. L’écriture respire la confiance, l’envie de se dépasser, mais aussi la gratitude pour le chemin parcouru — une tension qui donne au morceau une profondeur inattendue.
INTRODUCTION fonctionne comme un autoportrait musical : vif, vibrant, intrépide. On sent l’influence de la rue, du dancehall, de l’afropop classique, mais tout cela se fond dans une signature qui appartient déjà à FEGGZ. Ce n’est pas un pastiche, ni une imitation : c’est une fusion instinctive, portée par la conviction que la musique peut être autant un moteur qu’un miroir.
Le morceau dégage cette intensité propre aux débuts qui comptent. On y entend un artiste qui sait exactement ce qu’il veut projeter : énergie, mouvement, aspiration, futur. La production soignée, les lignes vocales affirmées et le groove chaleureux placent INTRODUCTION dans la catégorie des titres qui ouvrent une porte — et invitent à entrer.
Si c’est une introduction, elle donne clairement envie d’écouter la suite.
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novembre 26, 2025« Mami Flow est cette fièvre immédiate qui te saisit par les hanches et te rappelle que la chaleur, parfois, se danse. »
STBAN revient avec un track incandescent, un morceau pensé pour rallumer les dancefloors alors même que l’année touche à sa fin. Mami Flow, produit sous le label FLAMENCA, ne cherche pas la nuance : il rugit, il pulse, il brûle. C’est une déferlante de tech house infusée de chaleur espagnole, où les rythmes tribaux rencontrent l’élégance solaire d’une ligne vocale latine qui serpente comme un sortilège.
La collaboration avec Jesús Fernández — pilier des labels Toolroom, Nervous, Insomniac ou encore Blackbook — donne à Mami Flow un souffle irrésistible. Dès les premières secondes, les percussions prennent le contrôle : roulantes, nerveuses, obsédantes. Elles avancent comme une procession sauvage, un battement collectif qui appelle les corps à se joindre au mouvement. Sous cette houle tribale, une basse chaude s’installe, solide, dessinant le socle parfait pour que la voix de Vadi vienne hypnotiser l’espace.
Le morceau évolue avec une précision redoutable : tensions qui montent, breaks qui ouvrent des fenêtres de chaleur pure, drops qui retombent comme des vagues écrasantes. Le tout dessine un paysage sonore vibrant, où la tradition rencontre la modernité, où les racines flamencas se faufilent à travers un langage électronique résolument contemporain.
Mami Flow capture l’essence même de la vision STBAN : une volonté de fusionner le patrimoine musical espagnol avec la pulsation des clubs internationaux. Ce n’est pas qu’un track, c’est une affirmation d’identité — un cri de fête, de sueur, d’énergie brûlante. L’esprit FLAMENCA se ressent partout : la théâtralité, l’émotion brute, la célébration du collectif.
C’est le genre de morceau pensé pour les sets tardifs, ceux où les lumières deviennent plus rouges, plus chaudes, plus vivantes. Mami Flow n’arrête jamais de courir, jamais de chauffer, jamais de fédérer.
Un banger qui ne faiblit pas une seconde. Un incendie contrôlé. Un flow… incandescent.
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novembre 26, 2025« Mr Dinosaur est cette déferlante lumineuse qui t’attrape par la main comme un pote hyper-sensible et te dit : on part, maintenant, avant que la vie nous rattrape. »
Pour leur tout premier single, les Italiens de Gee Whiz! arrivent avec la spontanéité des groupes qui n’ont rien à prouver sauf leur joie de jouer. Mr Dinosaur déborde d’infectious melodies, de refrains solaires, de guitares qui se répondent comme deux mômes qui se tirent par la manche, et d’une section rythmique qui avance avec cette puissance imperturbable qui donne envie d’accélérer sur n’importe quelle route.
Né d’un coup de foudre collectif — un mélange de Get Back et d’un bus interminable après un concert de Blur — le groupe porte déjà les couleurs d’une mini supernova de la scène de Bologne. Michele “Mike” Giuliani, Mariagiulia Degli Amori, Paul Pieretto et Giacomo Gelati, tous issus de formations marquantes du paysage indie italien, ont embarqué leur énergie commune dans une formule simple : tout jouer avec l’enthousiasme volcanique des débuts, mais avec l’expérience et la finesse accumulées au fil des années.
Mr Dinosaur en est la preuve éclatante. Le morceau démarre comme un clin d’œil à la vague indie rock early 2000s, mais sans nostalgie forcée : c’est un track qui respire le présent. La production de Bruno Germano garde le tout brut, aéré, presque live. Les guitares lancent des motifs en miroir, parfois en call-and-response, parfois en chevauchée parallèle, toujours avec ce sourire sonore qui rappelle que le rock peut encore être pur plaisir.
La mélancolie de Dinosaur Jr. plane en arrière-fond — l’ombre de Feel the Pain, le spleen de ceux qui ressentent trop — mais Gee Whiz! répond à cette lourdeur par un éclat de lumière. Le refrain se déplie comme une étreinte, un encouragement tendre à sortir de sa carapace et à retrouver une vibration plus haute. L’esprit est psyché-pop, presque technicolor, mais toujours ancré dans l’efficacité indie.
Le solo animé qui traverse la vidéo de Pafo Gallieri (entre province italienne, réseaux sociaux et chaos tendre) amplifie encore ce sentiment d’aventure douce, de quête un peu absurde mais profondément humaine.
Avec Mr Dinosaur, Gee Whiz! signe un premier single qui ne s’excuse pas : chaleureux, charmant, débordant de vie. Un appel au mouvement, à l’amitié, à l’exploration. Bref : une aventure, comme promis.
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novembre 26, 2025« Hallelujah est cette fulgurance où la foi traverse le bitume, où la parole devient arme et refuge, où l’on sent la rédemption gronder sous chaque syllabe. »
Avec Hallelujah, Deca OTA livre un morceau qui ne ressemble à rien d’autre sur la scène UK actuelle : un rap incandescent, tendu entre confession et ascension, porté par une intensité presque mystique. Aux côtés de Hunnid2Hebron, il tisse un récit de transformation où les ténèbres ne sont pas niées, mais transcandées — comme si chaque barre cherchait à repousser un peu plus le poids du passé.
Dès l’ouverture, la production impose son atmosphère : basses roulantes, percussions hachées, et ce sample aérien de Sade (Pearls) qui découpe le décor comme un rayon de lumière dans un sanctuaire. Le contraste frappe immédiatement : la douceur céleste de la voix, coupée par la dureté concrète de la rue, crée un équilibre fragile et magnétique. C’est dans cette tension que se loge la puissance du morceau.
Deca OTA entre avec une assurance grave, un flow tranchant où chaque mot semble choisi pour sa justesse spirituelle autant que pour son impact rythmique. Le texte, dense, introspectif, raconte un chemin : celui d’un artiste qui a quitté les ombres pour chercher le sens, la vérité, la vie. Un récit qui résonne d’autant plus fort lorsqu’Hunnid2Hebron prend le relais, portant lui aussi la marque d’une histoire redressée, d’une existence qui se reconstruit entre endurance et foi retrouvée. Ensemble, ils sculptent un duo qui évoque le mythe du fils prodigue, non pas comme parabole lointaine, mais comme vécu tangible.
La narration est brûlante, mais jamais moralisatrice. Hallelujah avance comme une marche, une incantation, une réaffirmation de soi. Le morceau prend l’ampleur d’un témoignage, d’un rite, d’un retour à la lumière après des années à naviguer dans les angles morts.
Sur un plan sonore, Chrome Waves aurait pu signer un tel beat tant la production semble respectueuse des codes tout en poussant vers l’inédit. C’est un écrin taillé pour les mots, pour l’intention, pour la conviction.
Hallelujah est plus qu’un single : c’est une proclamation. Un morceau qui montre que le rap peut encore être un espace où l’on cherche Dieu, la paix, la rédemption — sans abandonner l’énergie brute de la rue qui a tout forgé. Un moment rare, puissant, qui marque Deca OTA comme une voix majeure de demain.
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novembre 26, 2025« Underground est ce claquement sec qui te ramène à l’essentiel : un beat, une voix, et la vérité nue qui ne demande jamais la permission. »
Chrome Waves et A-F-R-O signent avec Underground un hommage musclé à la tradition qui refuse de mourir. C’est du boom bap dans ce qu’il a de plus noble : un son taillé dans la poussière de la côte Est, un groove qui ne s’excuse pas, une manière de rapper qui privilégie le tranchant à la posture. Dès les premières mesures, on comprend : ici, on parle de racines, de sueur, de micro serré entre les doigts.
Le beat de Chrome Waves a cette élégance rugueuse propre aux producteurs qui connaissent l’histoire par cœur. Samples soulful, drums secs, grain granuleux qui respire l’authenticité. C’est une boucle qui avance en cercle serré, sans fioritures, sans décor superflu — un écrin brut, pensé pour mettre en valeur ce qui compte vraiment : la voix. Et A-F-R-O surgit comme un couteau lancé en plein vol. Son flow est dense, acrobatique, précis comme un scalpel. On retrouve son appétit technique, son goût pour les rimes qui s’emboîtent à une vitesse folle, cette manière d’être old school sans jamais paraître relégué à un passé figé.
Underground est construit comme un manifeste : introspection, coups de gueule, observation du réel, refus des compromis. Il flotte au-dessus du morceau une énergie 90s assumée, mais réinjectée dans un contexte plus actuel, là où la nostalgie laisse place à la dévotion et à l’exigence. Le track ne cherche pas le hit, il cherche la cohérence, la vérité. Et c’est précisément cette honnêteté qui lui donne tant de force.
Chrome Waves, derrière son alias, prouve qu’il sait fabriquer des beats habités, nourris de textures organiques, de petites imperfections qui font tout le charme. A-F-R-O, lui, déploie son art comme si chaque syllabe devait survivre à l’impact. Ensemble, ils signent un morceau qui respire la rue, la passion, l’engagement.
Underground n’est pas seulement un single. C’est un rappel. Une piqûre de mémoire. Une preuve que le boom bap, quand il est fait avec cœur et respect, ne vieillit jamais vraiment.
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novembre 26, 2025« Murmure Naturel est ce souffle chaud qui te traverse la nuque et te rappelle que la joie peut, parfois, tenir dans un simple groove. »
Avec ce single solaire, Amirali débarque chez Kotori avec une élégance désarmante. Murmure Naturel, issu d’un EP deux titres, distille une fusion irrésistible : groove disco, chaleur french house et modernité électronique subtilement tissée. Le résultat, c’est un morceau qui respire comme une fin d’après-midi au bord de la mer, un instant où le monde ralentit juste assez pour laisser la musique reprendre le dessus.
Dès l’ouverture, le track déploie cette texture soyeuse propre à Amirali : bassline ronde et glissante, nappes aériennes qui vibrent comme de la lumière, et ce sens aigu du détail qui donne l’impression que chaque micro-son a été poli à la main. Puis arrivent les paroles — en français — murmurées comme une confidence, un sourire jeté à travers le mix. Elles ne cherchent ni l’emphase ni l’excès : elles invitent à sentir, à s’abandonner, à flotter.
Le morceau fonctionne comme un jeu d’équilibre entre nostalgie et modernité. On reconnaît les clins d’œil aux grandes heures de la disco, mais filtrés à travers une esthétique contemporaine, presque cinématographique. Amirali, véritable architecte sonore, construit ici un espace à la fois intime et expansif : un lieu où les percussions caressent, où les synthés scintillent, où le groove avance avec une élégance sans jamais forcer.
Il y a surtout cette signature émotionnelle propre à l’artiste : une profondeur tranquille, un sens de la texture qui transforme la dance music en paysage. Murmure Naturel s’écoute comme un récit sans mots, comme une promenade dans un souvenir qu’on croyait égaré. Un titre qui ne cherche pas à impressionner, mais à réchauffer — et c’est précisément cette retenue qui lui donne tant de force.
Avec ce morceau, Amirali signe un retour radiant vers le dancefloor, un hymne feel-good qui accompagne autant le lever du soleil que les nuits où l’on refuse de rentrer. Murmure Naturel est une invitation à respirer, à sourire, à laisser la musique murmurer pour nous.
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novembre 26, 2025« Andalusian Pulse est ce rayon brûlant qui traverse la salle comme un souvenir d’été, et te rappelle d’un seul coup pourquoi tu danses. »
Avec ce titre incandescent, le quatuor Gotlucky, Temazkal, Henry Chris et NUVORA réussit l’exercice rare : transformer un lieu en sensation, une identité en pulsation. Andalusian Pulse n’est pas seulement une track — c’est une carte postale sonique. Une bouteille de chaleur méditerranéenne jetée dans l’océan nocturne des clubs, portée par des voix latines, des tambours Afro House et une émotion infusée d’Espagne du Sud.
Dès l’introduction, on sent l’odeur de la mer chaude, le rythme des fêtes sur la plage, les nuits qui se prolongent parce que personne n’a envie que la lumière revienne. La production avance avec souplesse : groove tech house bien serré, percussions vivantes, lignes mélodiques qui respirent la joie partagée. Puis arrive le break — vrai moment de suspension — où tout se dilate, où la lumière s’ouvre comme un rideau de chaleur. On y entend l’âme d’Andalousie : le soleil, les célébrations, cette manière de vivre entièrement tournée vers le collectif.
Et quand tombe le deuxième drop, tout explose : les voix en espagnol dansent au-dessus des rythmes Afro House, les basses roulent comme une vague chaude, et l’énergie devient irrésistible. C’est le moment pensé pour les DJ sets tardifs, les festivals où l’air tremble, les foules qui se soulèvent comme une seule respiration.
Le morceau tient sa force dans la sincérité de sa démarche. Ce n’est pas un simple hommage, mais une translation : l’émotion méditerranéenne devient structure, l’héritage familial devient matière sonore. On reconnaît la patte de producteurs qui savent rendre le club humain, vibrant, chaleureux.
Andalusian Pulse est un appel à la célébration, un morceau qui rappelle que la danse peut être un territoire — celui de l’appartenance, de la joie, de la mémoire. Un track qui réchauffe, illumine, transporte. Et qui, surtout, pulse.
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novembre 26, 2025« enemies est ce coup de vent brutal qui te fouette le visage, te secoue jusqu’à l’os, et te laisse avec un sourire que tu n’avais pas prévu. »
Jeffg surgit avec un track qui sent la poussière des parkings au crépuscule, la sueur des concerts trop serrés et la liberté adolescente qui refuse obstinément de s’éteindre. enemies convoque l’énergie brute du post-punk, l’urgence garage et l’esprit turbulent de la scène skate-punk des années 2000. Un titre court, nerveux, vivant, qui semble courir devant lui-même pour ne pas perdre son élan.
Le morceau démarre au quart de tour : guitare rugueuse, batterie qui claque comme un moteur froid qu’on force à démarrer, voix lo-fi qui semble sortie d’un magnétophone fatigué — un grain volontairement imparfait qui donne au tout une authenticité immédiate. On y retrouve ce goût pour l’esthétique DIY, ce charme crade et vibrant des premières maquettes qu’on écoute trop fort depuis la banquette arrière d’une voiture en cavale.
Puis vient le solo, à 1:23 — minute sacrée, effraction totale. Jeffg déploie une ligne de guitare qui n’a rien de calculé : c’est une montée instinctive, un cri électrique qui fend le morceau en deux, un souffle incandescent qui rappelle les groupes de garage qui jouaient comme si le plafond allait leur tomber sur la tête. Ce solo, c’est la porte qu’on ouvre en courant, c’est la libération pure.
L’écriture de enemies s’inscrit dans une tradition rock où la tension émotionnelle se transforme en propulsion. Les paroles, portées par une voix légèrement râpeuse, déroulent le thème classique mais toujours urgent de l’affrontement — avec soi-même, avec les autres, avec ces ombres qu’on préfère ignorer. Le morceau fonctionne comme une échappée, une fuite volontaire, un besoin de brûler le trop-plein.
Jeffg signe ici un titre qui a l’odeur des débuts mais la conviction des grands. enemies n’est pas seulement un morceau : c’est une décharge, un ride, un rappel que le rock indé, quand il refuse de se lisser, peut encore électriser les veines.
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novembre 26, 2025« Scofield est cette rafale contrôlée où le hongrois et l’allemand se percutent comme deux lames, taillant un flow qui ne ressemble à personne. »
Avec Scofield, ACE77 s’avance sans détour dans le territoire du rap old-school revisité, un espace où la rugosité des rues rencontre une technique affûtée et une vision biculturelle rare. Le jeune artiste hongrois, qui mêle naturellement magyar et allemand, signe ici un morceau où chaque syllabe devient un impact, chaque punchline un coup porté avec précision. Ce mélange linguistique crée une texture unique, un grain sonore brut qui se distingue dans un paysage rap saturé de clones.
Le morceau prend son temps avant de frapper : un beat old-school sombre, légèrement poussiéreux, qui appelle les bas-fonds et les soirs trop longs. Puis, dès 0:44 — le moment que l’artiste lui-même désigne comme le cœur du titre — Scofield change de densité. Le flow se durcit, les placements s’affûtent, les rimes magyares s’enroulent autour des éclats germaniques dans un jeu d’échos percutant. On entend la fierté d’un rappeur qui connaît ses racines, qui les brandit comme un drapeau et un couteau.
ACE77 navigue entre récit urbain, affirmation identitaire et clair plaisir technique. Son style évoque l’école classique du hip-hop, mais revisité avec une urgence moderne, cette énergie rapide et nerveuse du fast life qu’il revendique dans sa bio. Pas de fioritures : Scofield respire l’authenticité, la rue, l’envie d’atteindre un autre niveau sans renier l’origine.
Ce qui impressionne surtout, c’est la maîtrise du rythme interne. Même sans comprendre le magyar, on ressent le poids des mots, la cadence, l’intention. Le mélange avec l’allemand accentue ce sentiment d’impact multiplié, comme si deux cultures se répondaient en un seul souffle. La production, minimaliste mais solide, laisse tout l’espace nécessaire aux syllabes pour claquer comme des coups de talon sur du béton humide.
Scofield est un morceau-manifeste, une carte de visite, une déclaration : ACE77 n’est pas là pour suivre la tendance, mais pour imposer son monde. Et clairement, il le fait avec tranchant.
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novembre 25, 2025« Avec Disappear, tu ressens cette confession à voix basse qui te traverse comme un frisson, juste avant qu’elle ne devienne une révélation. »
Avec Disappear, Cabra ne joue pas la carte de la façade. Il ouvre la porte sur un espace où le love toxique colle à la peau, où les doutes s’empilent, où l’on cherche encore la sortie d’un labyrinthe qu’on a soi-même contribué à construire. Le rappeur d’Essex capte cette zone trouble entre affection et chaos, entre envie de rester et besoin urgent de disparaître — un moment suspendu que peu d’artistes osent montrer sans filtre.
La force du morceau, c’est ce virage inattendu : la pensée de sa nièce, minuscule étincelle de pureté qui renverse tout. Une lumière douce, enfantine, qui remet le monde à l’endroit. Ce simple rappel suffit à fissurer la noirceur, à ramener de l’oxygène dans un track qui, jusque-là, brillait surtout par sa vulnérabilité brute.
Musicalement, Disappear est un patchwork délicat : une guitare R&B qui glisse comme une pensée trop tendre, des drums drill allégés qui impulsent une démarche nocturne, un groove qui flotte entre l’introspection et le mouvement. Cabra déroule ses mots avec sa nonchalance caractéristique, un flow mi-parlé mi-soupiré qui donne l’impression d’une conversation surprise dans un coin de pièce.
Cette manière de mêler confessions crues, mélodies douces et détours inattendus montre tout ce qui rend Cabra singulier. Pas de posture, pas de surjeu : juste une honnêteté désarmante, une écriture qui balance entre la lucidité et le lâcher-prise. Le morceau porte la marque d’un artiste qui refuse les carcans, qui puise davantage dans les sensations que dans les codes.
Disappear ressemble à un seuil, à un moment charnière où quelque chose se répare en silence. Un titre qui reste en tête comme une leçon intime, fragile et pourtant solide — le genre qu’on garde pour les nuits où l’on cherche à se retrouver.
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novembre 25, 2025« JOGA est cette étincelle brûlante qui te prend par le centre du corps et t’ordonne, sans détour : joue, bouge, vis. »
Avec JOGA, Frizzo embrase le terrain du Brazilian Funk comme s’il connaissait chaque battement de cœur de Rio. Le producteur germano-ghanéen, habitué aux collaborations XXL et aux fusions sonores sans frontières, signe ici un morceau qui ne cherche ni la nuance ni la retenue. Le track est pensé pour le club, pour les festivals, pour les foules qui ne demandent qu’une seule chose : que le sol tremble sous leurs pieds.
Dès les premières secondes, le beat surgit comme un appel au rassemblement. Les percussions claquent dans un éclat sec, précis, presque animal. La basse roule comme une vague qui ne cesse jamais de revenir, et l’énergie carioca contamine tout : la structure, les voix, le moindre recoin du mix. Frizzo manipule cette grammaire rythmique avec une maîtrise presque insolente, injectant à chaque mesure son goût pour les textures globales, les pulsations nerveuses et les breaks façon feu d’artifice.
JOGA est un morceau qui se vit plus qu’il ne s’écoute. Les paroles en portugais ajoutent cette touche de spontanéité brûlante, ce goût de rue, de chaleur, d’abandon joyeux. On entend l’écho des sound systems, les nuits moites, les corps serrés, la sueur qui dessine des constellations sur la peau. Mais derrière cette extase instinctive, il y a la signature d’un producteur qui sait exactement où placer chaque accent pour transformer l’énergie brute en architecture dansante.
Frizzo prouve encore une fois qu’il n’a pas peur du mélange, de l’excès, de la vitesse. JOGA s’inscrit dans cette lignée de morceaux faits pour les DJs qui veulent retourner une salle en moins de trente secondes. Un banger court, tranchant, incandescent — une rafale carioca qui ne demande qu’une seule chose : que tu entres dans le jeu.
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novembre 25, 2025« Le morceau Stay est cette vibration chaude qui t’attrape par la hanche et te murmure de ne surtout pas quitter la piste. »
Avec ce nouveau titre, George Smeddles poursuit son exploration d’une house profondément ancrée dans l’héritage old-school, tout en la propulsant vers un soleil plus contemporain. Sorti sous le label IN / ROTATION (Insomniac Records), Stay s’impose comme un morceau pensé pour la communion nocturne : un espace où le groove remplace les mots, où chaque boucle devient une phrase qu’on répète jusqu’à s’y perdre.
Le morceau s’ouvre sur une rythmique claire, épurée, presque familière — le genre de kick qui installe immédiatement le corps dans un état de disponibilité totale. Très vite, les couches de deep house s’ajoutent comme des vagues successives : une basse ronde et généreuse, des touches percussives qui scintillent à la surface, un pad feutré qui respire comme une brise chaude traversant la salle. Smeddles, fidèle à son intuition de dancefloor, sculpte l’espace sonore avec une précision organique, laissant chaque élément vivre juste assez pour devenir hypnotique.
Stay n’a pas besoin de paroles pour raconter quelque chose. C’est un morceau qui parle en textures, en pulsations, en répétitions élégantes. Il évoque un club avant l’explosion, quand la lumière est encore douce et que les premiers mouvements dessinent des silhouettes tranquilles. Puis, au fil des variations, la tension s’installe — subtile, maîtrisée — comme une promesse tenue du début à la dernière mesure.
Smeddles montre une fois de plus sa capacité à créer des univers où la house retrouve sa fonction première : rassembler, envoûter, faire respirer. Stay est un track qui se glisse naturellement dans une playlist deep house, un morceau qui accompagne aussi bien l’aube d’un after que les premières minutes d’un set construit pour durer.
Un rappel que la house, quand elle est sculptée avec autant de soin, n’a pas besoin de mots pour dire : reste encore un peu.
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novembre 25, 2025« PRESSURE est ce moment où la noirceur se tend comme un arc et, au lieu de te briser, elle te propulse en pleine accélération. »
Avec PRESSURE, Ayemz délivre un uppercut sonore construit pour les nuits rapides, les routes qui défilent trop vite et les esprits qui refusent de s’effondrer. Le producteur canadien, habitué à brouiller les frontières entre deep house, bass house et hip-hop alternatif, crée ici un tunnel d’énergie brute où chaque mesure semble transpirer l’instinct de survie. C’est un track conçu pour les night drives autant que pour les séances où le monde extérieur cesse d’exister, remplacé par une seule injonction : avancer, malgré tout.
Le morceau s’ouvre sur une mélodie glacée, presque industrielle, qui serpente comme une pensée lourde que l’on tente d’ignorer. Puis arrivent les drums : secs, martiaux, implacables. Ils frappent comme des rappels à l’ordre, comme le bruit sourd des responsabilités qui cognent à la porte. La voix d’Ayemz tranche dans le mix avec une intensité calculée, jamais trop lisse, toujours vibrante, chargée de cette détermination qui se forge loin des projecteurs.
PRESSURE parle de ce poids invisible que chacun porte — les attentes, les doutes, le grind sans fin, ces instants où l’on ne tient plus que par volonté pure. Ce qui pourrait être un simple constat devient, sous ses mains, une montée en puissance : la tension se transforme en moteur, la souffrance en précision, le chaos en lucidité. Ayemz ne romantise rien, il redirige la fureur vers une trajectoire nette, presque tranchante.
Les textures électroniques, sombres mais magnifiquement sculptées, donnent à l’ensemble un grain nocturne, urbain, presque cinématographique. C’est un titre pensé pour rendre l’ombre habitable, pour faire du poids une matière première. PRESSURE s’écoute comme un pacte silencieux : reconnaître la dureté du monde, puis la dépasser. Et quand le drop surgit, tout ce qu’on retenait jusque-là explose en un seul geste.
Avec ce morceau, Ayemz affirme une vision : transformer ce qui oppresse en ce qui propulse. PRESSURE ne console pas — il renforce. Et parfois, c’est exactement ce qu’il faut.
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novembre 25, 2025« She est ce moment suspendu où l’infatuation t’envahit comme une vague chaude que tu n’avais pas vu venir — et soudain, tout ton monde respire à son rythme. »
The Winters, fratrie venue des collines du Tennessee, signe avec She un morceau qui coule comme un éclaircir, un rayon de lumière filtrant entre deux nuages trop lourds. Neo-soul teintée d’indie R&B et de jazz fusion, le titre navigue dans ces zones sensibles où les premiers vertiges amoureux deviennent presque trop vastes pour tenir dans une seule poitrine.
Dès l’ouverture, on entend la délicatesse du trio : une instrumentation cousue main, jouée par les frères eux-mêmes, comme si chaque note était un fragment de confidence. La ligne de basse glisse avec une élégance feutrée, la batterie respire juste ce qu’il faut, et le saxophone de Bruce Ervin vient tracer des arabesques qui fondent dans l’air comme de la fumée lente. Au centre, la voix invitée de Karalyne Winegarner (Flight Attendant) déploie un velours vibrant, un timbre qui oscille entre la lucidité et le trouble.
She capture ce moment précis où l’amour nouveau déborde, où il devient impossible de penser à quoi que ce soit d’autre. C’est un morceau qui avance dans un tempo presque trop doux pour contenir ce qu’il raconte, ce type de groove lumineux qui donne l’impression d’être filmé au ralenti dans une fin d’après-midi dorée. La mélodie s’enroule autour de l’auditeur comme un bras qui enlace sans prévenir.
Plus upbeat que leur premier single Cab, le groupe montre ici une facette plus solaire, plus expansive, sans jamais perdre ce sens du détail organique qui fait leur signature. She s’écoute comme un journal intime qu’on n’aurait pas osé écrire, une confession mise en musique, légère mais profondément habitée.
Avec ce titre, The Winters confirme une sensibilité rare, une manière de transformer un simple frisson en paysage entier. She est de ces chansons qui restent, qui hantent doucement, qui réchauffent — même longtemps après qu’elles se sont tues.
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novembre 25, 2025« Dance With Me est cette décharge euphorique qui te traverse avant même que ton cerveau comprenne ce que ton corps est déjà en train de vivre. »
Sun Rider délivre un track comme un uppercut fluorescent, un concentré de techno dopée à la psytrance et aux effluves happy rave, taillée pour les nuits sans plafond. Dance With Me ne cherche pas la subtilité : il vise l’abandon, la sueur, le vertige, cette minute précise où l’on cesse d’exister pour devenir mouvement pur. Publié sous l’écurie Paradise Hunter, le morceau se dresse comme un appel lumineux, une invitation à tout laisser tomber pour suivre la pulsation.
Dès l’attaque, le kick cogne comme un cœur sous amphétamine, régulier, massif, irrésistible. Une montée acide serpente au milieu, puis glisse vers un drop qui semble ouvrir un tunnel mental — un passage secret vers cet endroit où tout le monde devient beau sous la fumée blanche et les lasers verts. Sun Rider maîtrise l’art des micro-décharges sonores, ces détails qui font que la rave devient histoire, que la transe devient langage.
Dance With Me porte cette joie étrange, presque nostalgique, qu’on ne trouve que dans les tracks qui refusent le cynisme. Ici, tout brille un peu trop fort et c’est précisément ce qu’on vient chercher : l’énergie brute, la vitesse, le sourire qui accroche la nuit aux commissures des lèvres. Les voix anglaises se fondent dans la texture comme des appels anonymes, des fragments de présence flottant dans un club sans fin.
Ce single fixe les règles d’un dancefloor imaginaire où tout est permis tant qu’on avance ensemble. Sun Rider impose un univers brut, rayonnant, sans détour, et signe un morceau pensé pour les playlists qui ne dorment jamais. Dance With Me est un vortex, une porte d’entrée vers des heures qui ne comptent plus — et il suffit de dire oui.
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novembre 25, 2025« In My Dreams est ce refuge lumineux où l’on ferme les yeux juste assez longtemps pour croire à l’amour parfait. »
On entre dans ce nouveau single comme on glisse dans un sommeil choisi, une chambre secrète où la réalité frappe à la porte mais ne gagne jamais. San Sebastian, voix magnétique venue du froid suédois, dévoile In My Dreams, un titre qui pulse comme une échappée intérieure, un hymne à ces instants où l’on refuse de laisser le monde fissurer nos illusions les plus tendres.
La production, soyeuse et ascendante, porte ce morceau vers une danse suspendue, quelque part entre l’euphorie et la vulnérabilité. Aux côtés de Miss Molly et du producteur Tobias Kihlman, Sebastian construit un panorama sonore où l’on avance comme sur un fil : synthés étincelants, percussion précise, mélodie qui embrasse l’âme avant qu’elle ne retombe. On sent la signature d’un artiste qui connaît la pop moderne jusque dans ses failles, qui sait quand la voix doit trembler et quand elle doit s’envoler.
In My Dreams raconte ce besoin presque enfantin de verrouiller la porte du réel, de tenir la lumière entre les doigts quelques secondes de plus. C’est un morceau pour celles et ceux qui repoussent le matin, qui prolongent la fête dans un souffle, qui préfèrent croire que le cœur peut encore se réinventer. Une romantisation assumée, mais portée par une sincérité désarmante.
Et derrière l’élégance du titre, il y a le parcours d’un musicien façonné par la scène, les concours, les métamorphoses. San Sebastian, autrefois NORR, s’affirme désormais en pleine maturité, déterminé à tracer une voie personnelle dans l’électro-pop nordique. In My Dreams est la porte d’entrée de ce nouveau chapitre, une mise à nu en haute définition, le genre de morceau que l’on ajoute à une playlist nocturne pour tenir à distance, ne serait-ce qu’un instant, la rudesse du monde.
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novembre 25, 2025« Je survis est ce genre de morceau qui t’arrache un aveu que tu n’avais jamais osé prononcer tout haut. »
Il y a dans ce nouveau titre quelque chose d’un battement obstiné, une flamme recalibrée pour l’époque, un souffle qui refuse l’effacement. Soléno revient avec Je survis, un morceau fraîchement libéré dans l’air du temps, comme si la ville entière avait besoin de cette confession murmurée-criant à la fois. Pop-rap hybride, écrite en français, cette pièce déploie un sens de l’urgence émotionnelle qui capte immédiatement l’oreille.
Dès les premières notes, on sent cet instinct de danse qui ne sacrifie jamais le cœur. Soléno navigue au bord de ses contradictions avec une grâce imparfaite, presque fragile, mais toujours fière. Il fait partie de ces artistes qui refusent l’étiquette, et cela s’entend : le tempo se penche vers la pop, le timbre se réchauffe d’inflexions latines, et les mots – eux – tracent un territoire intime où l’on ne respire plus tout à fait pareil.
Je survis raconte la résistance douce, celle qui se fabrique dans les nuits trop longues, dans les messages envoyés trop tard, dans les souvenirs qu’on remixe tout seuls. Mais jamais Soléno ne tombe dans le pathos ; il transforme sa survie en célébration discrète, en groove qui se relève, encore et encore. Le refrain, accroché à un fil lumineux, semble pensé pour tourner dans la tête jusqu’au lendemain, comme un mantra de fin de soirée pour ceux qui refusent de s’éteindre.
Il y a aussi cette sincérité crue dans sa voix, une manière de tout déposer sans chichi, comme si la chambre d’enregistrement était une planque où l’on vient réparer ses morceaux cassés. Soléno danse, oui, mais il danse avec ses fantômes, avec ses doutes, avec cette volonté de rester debout quand le monde devient trop lourd.
Avec Je survis, il signe un morceau qui s’écoute en mouvement, qui s’intègre naturellement dans une playlist nocturne, prête à être partagée autant sur un blog que dans un trajet d’après minuit. Une preuve supplémentaire que la survie, parfois, rime avec mélodie.
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novembre 25, 2025Whip de Garb’0 arrive comme une gifle électrique : un hybride club-trap et rock ténébreux, affûté pour les nuits qui ne pardonnent pas.
Dès les premières secondes, on entend cette pointe de danger, ce grain minéral qui rappelle que le duo vient aussi du côté des amplis chauffés à blanc. Sous le beat bass-house qui vrombit comme un moteur affamé, une pulsation rock se glisse, presque sous-cutanée : une guitare compressée qui tranche l’air, des textures qui fument encore, une attitude qui refuse le poli clinique. Ici, chaque coup de batterie synthétique semble alimenté par un cœur qui bat trop vite, trop fort.
La voix de Désirée joue à la frontière : mi-pop, mi-punk, mi-sorcière. Elle lance les mots comme on lance des étincelles, avec cette façon de mordre les syllabes qui transforme la moindre phrase en ordre implicite. On sent l’héritage rock dans sa manière d’incarner le morceau, de le charger de rage maîtrisée sans jamais sacrifier la sensualité. Elle ne chante pas sur le beat — elle l’affronte.
Les drops, courts mais brutaux, explosent comme des éclats de verre sous un stroboscope. Titi sculpte une production dense, presque industrielle, où les guitares se distordent dans l’ombre, où les basses roulent comme un tonnerre noir. Ce mélange de club, de trap et d’esprit rock rappelle ces tracks qui allument les foules à minuit, quand l’énergie devient animale.
Ce qui rend Whip si addictif, c’est sa façon de rester minimal tout en dégageant une puissance quasi physique. Pas de fioritures, pas de décor superflu : juste une montée d’adrénaline pure, un mélange d’organique et de synthétique qui claque comme un fouet dans l’obscurité.
Whip, c’est le moment où l’électro sort les crocs et où le rock met les pieds dans le club. Une collision parfaitement dosée, un coup de sang, un coup de rein, un coup de fouet.
Prêt pour la playlist, prêt pour la sueur, prêt pour l’impact.
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novembre 25, 2025Dvashest’ signe avec “Solar Groove”, un retour flamboyant : un rayon house old-school filtré à travers une boule à facettes cosmique, prêt à rallumer les clubs les plus fatigués.
Il existe des tracks qui semblent sortir d’un studio. Et puis il y a Solar Groove, qui ressemble davantage à un faisceau lumineux échappé d’un dancefloor du futur. Dvashest’ n’y cherche pas la perfection technique : il cherche la chaleur, la montée en température, ce point précis où un morceau n’est plus un morceau mais une sensation qui vous traverse la peau.
La vibe est immédiatement claire : nu-disco solaire, house old-school parfumée d’une nostalgie qui ne s’excuse pas, un groove qui roule comme un train de nuit lancé vers un été sans fin. Les synthés s’étirent comme des reflets sur l’eau, les basslines s’enroulent autour du corps avec cette souplesse presque tactile qu’on croyait réservée aux productions françaises du début des années 2000.
Le cœur du morceau, c’est ce délicieux jeu de filtres, qui ouvre, ferme, respire, comme si la lumière elle-même pumpait au rythme du kick. Dvashest’ maîtrise cette esthétique old-school avec une élégance rare : rien n’est surchargé, rien n’est laissé au hasard. Chaque élément cherche à provoquer ce moment suspendu où la fête devient une sorte de mirage collectif.
Lorsque la voix s’élève, légère et presque fantomatique, elle agit comme une bouffée d’air frais dans un club déjà trop chaud. Une présence discrète, mais qui ancre le track dans un romantisme subtil : une touche humaine dans un paysage presque entièrement électronique.
Là où Solar Groove frappe fort, c’est dans son intention. Pas de course à l’efficacité, pas de drop artificiel. Juste un groove qui déroule, têtu, lumineux, presque cinématographique. Une ligne droite, oui — mais une ligne droite qui scintille comme une autoroute sous les néons.
Dvashest’ signe ici un morceau qui danse avant même d’être lancé. Un track qui redonne envie de lever la tête, fermer les yeux, et laisser le corps se souvenir de ce qu’il sait déjà faire : vibrer.
Un pur shot de lumière. Une chaleur qui persiste longtemps après la dernière mesure.
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novembre 25, 2025Avec “UTOPIA”, ID:Earth ouvre une brèche temporelle : une pop qui ne cherche plus à divertir, mais à imaginer comment l’humanité continuera de vibrer quand les machines auront pris le relais du silence.
Il y a des artistes qui écrivent des chansons, et d’autres qui fabriquent des mondes. ID:Earth appartient résolument à la seconde catégorie. “UTOPIA” n’est pas un single, c’est une projection — un fragment de futur avancé, emballé dans une pulsation electro-pop qui semble courir à travers la fibre optique du monde plutôt que dans un studio humain.
Dès l’ouverture, cette voix douce et brumeuse flotte comme un hologramme, moitié humanoïde, moitié programme sensible. L’anglais et le coréen s’y entremêlent, non pas comme deux langues qui cohabitent, mais comme deux dimensions qui coexistent. ID:Earth chante en stéréo émotionnelle : la nostalgie dans une oreille, l’inconnu dans l’autre.
La production, elle, avance comme un organisme vivant. Les synthés respirent, les basses ondulent, les percussions sont des battements cardiaques augmentés — quelque chose entre une mégapole à 5h du matin et une forêt électronique où les lucioles seraient des pixels. Le morceau pulse, serpente, s’élève : un dance-pop mutant, un hybrisme élégant entre Yaeji, yunè pinku et Rina Sawayama… mais avec ce supplément de gravité qui ancre toute l’œuvre d’ID:Earth dans le questionnement cosmique.
Le refrain, surtout, agit comme un point de bascule. Il ne cherche pas l’explosion euphorique habituelle du genre : il ouvre une fenêtre. Une fenêtre sur un ailleurs où l’utopie ne serait ni la paix parfaite ni la technologie souveraine, mais ce territoire fragile où les deux apprennent enfin à ne plus s’annuler.
Ce qui frappe dans “UTOPIA”, c’est cette manière de concilier la chaleur du vivant et la froideur du futur. Les textures numériques semblent prêtes à se dissoudre dans les doigts si on les touche. Les harmonies glissent comme de l’eau sur du chrome. Tout respire un paradoxe parfaitement assumé : ici, la technologie n’efface rien — elle prolonge, elle traduit, elle questionne.
Là où beaucoup de titres explorant la dystopie se complaisent dans la noirceur, ID:Earth, elle, choisit l’ambiguïté lumineuse. Son futur n’est pas un cauchemar ; il n’est pas non plus un paradis. C’est un terrain encore tiède, encore inachevé, encore malléable — où il reste une place pour la poésie, pour l’instinct, pour la vulnérabilité.
“UTOPIA” laisse cette impression rare : celle d’un morceau qui n’appartient pas vraiment à son époque. Une chanson envoyée depuis un futur hypothétique, mais qui nous parle de ce que nous sommes en train de devenir, là, maintenant, sous nos yeux.
ID:Earth ne raconte pas seulement une vision : elle la fait respirer. Elle la fait danser. Elle la fait douter. Et dans ce doute, il y a déjà le début d’un monde nouveau.
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novembre 25, 2025Dans “My Darling New York”, Ananya ne chante pas une ville : elle convoque un fantôme, celui qui vous poursuit même quand vous pensez l’avoir laissé de l’autre côté de l’océan.
Il y a des chansons qui ressemblent à des retours en arrière, et d’autres qui fonctionnent comme un flash lumineux dans un tunnel. “My Darling New York” fait les deux à la fois. Ananya y distille ce type de nostalgie qui ne demande pas la permission : elle revient, elle s’impose, elle éclaire les fissures. Pas de grandes envolées dramatiques ici, juste une sincérité nette, presque tranchante, qui laisse les mots respirer.
La production, délicate sans être fragile, avance comme une balade de fin de nuit dans une ville encore humide de la veille. On y entend l’espace, les creux, les respirations — comme si Ananya avait laissé volontairement les rues vides pour mieux entendre ses propres pas. Sa voix, elle, ne cherche pas l’exploit : elle préfère la vérité, ce grain un peu fêlé qui transporte mieux que n’importe quelle démonstration vocale.
Ce qui frappe, c’est la manière dont la chanson refuse de choisir un seul ton. Par moments, c’est une confession. À d’autres, un constat lucide. Puis soudain, une caresse adressée à un passé qui fait encore un peu mal. Ananya parle de New York comme on parle d’un amour qui a trop compté : un lieu qui vous a façonné, abîmé parfois, mais auquel on doit une partie de sa colonne vertébrale.
“My Darling New York” pose cette question silencieuse : que fait-on des endroits qui nous ont changés ? On ne peut pas y revenir vraiment. On ne peut pas les effacer non plus. Alors Ananya choisit de faire ce qu’on fait de mieux : elle en fabrique une chanson. Une chanson qui regarde droit dans les yeux la version d’elle-même qu’elle a laissée dans cette ville, celle qui essayait de tenir debout en espérant que personne ne remarque qu’elle tremblait.
C’est un morceau doux, mais pas naïf. Mélancolique, mais pas écrasé. Une lettre posée sur un comptoir, adressée à une ville qui ne la lira jamais — mais qui la reconnaîtrait immédiatement si elle repassait, juste pour voir.
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novembre 25, 2025Avec “Restart Love”, Kyle Waves transforme la toxicité en un vertige électro-pop incandescent — un morceau qui brûle, qui attire, et qui raconte ce moment exact où l’on replonge en sachant très bien que ça fera mal.
Restart Love n’entre pas dans la pièce : il surgit, comme une notification à trois heures du matin dont on connaît déjà la fin, mais qu’on ouvre quand même. Dans ce nouveau chapitre de son univers synthétique et queer, Kyle Waves transforme la toxicité en énergie cinétique, un vertige pop qui carbure à l’adrénaline et aux nuits sans portes de sortie. C’est une chanson qui parle d’amour comme on parle de chute libre : pas pour la blessure, mais pour la vitesse qu’elle provoque dans le corps.
Ici, la pop n’est pas un décor — c’est un champ de bataille recouvert de néons. Les synthés avancent comme des éclairs traversant un ciel artificiel, les kicks rebondissent avec la précision d’un cœur qui refuse d’apprendre, et la voix de Kyle se déploie comme une confession précipitée, celle qu’on avoue toujours trop tard. Le morceau pulse d’un désir contradictoire : vouloir guérir, mais replonger quand même ; vouloir fuir, mais tendre la main une ultime fois.
Le plus beau dans Restart Love, c’est ce magnétisme trouble, totalement assumé. Kyle ne raconte pas la toxicité comme un sermon moral, mais comme un cycle presque cosmique — irrationnel, circulaire, impossible à dompter. Cette manière de chanter le chaos comme un souvenir tendre donne au morceau une puissance étrange : une pop qui comprend exactement pourquoi on retourne parfois vers ceux qui nous brûlent, même quand on connaît déjà l’issue.
Dans les refrains, tout se dilate : l’espace, la peau, la certitude d’être en train de refaire une erreur en haute définition. La production s’envole dans un crescendo presque euphorique, comme si l’aveu devenait soudain un cri libérateur. Restart Love raconte l’attirance dangereuse avec la sincérité de quelqu’un qui a survécu à sa propre histoire, mais qui en reconnaît encore l’ivresse.
Ce n’est pas une chanson sur la guérison. C’est une chanson sur l’étincelle qui précède toujours la guérison — cette zone floue où l’on répète les mêmes schémas parce qu’ils vibrent juste assez pour masquer le manque.
Restart Love confirme une chose : Kyle Waves ne fait pas des morceaux, il crée des scènes. Des scènes où la vérité danse, où l’erreur devient esthétique, où l’amour toxique se reflète dans un miroir de synth-pop à la fois cruel et terriblement humain.
Et quelque part dans ce tumulte, ce track devient ce qu’il promet : non pas une manière de relancer l’amour, mais une manière de se relancer soi-même après avoir aimé trop fort.
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novembre 25, 2025« Neon Lights de Vicius (BR) ressemble à cette nuit où tu devrais rentrer, mais où le trottoir, le kick et les reflets sur les vitrines te disent clairement de rester encore un peu. »
Neon Lights, c’est une ville entière qui pulse dans un seul morceau. Pas de voix, pas de discours, pas de storytelling forcé : juste un producteur brésilien qui comprend très bien ce que l’old-school house faisait de plus puissant à l’époque où les clubs sentaient la sueur, la fumée et la liberté. Dès les premières secondes, le morceau s’allume comme un néon au-dessus d’une porte anonyme : ça grésille une fois, puis tout devient clair, net, hypnotique. On comprend vite que ce n’est pas un track conçu pour “l’algorithme”, mais pour ce moment précis où le DJ fait basculer une salle du simple lâcher-prise au vrai abandon.
Le kick est droit, régulier, presque obsessionnel, mais jamais sec. Il tape comme un cœur qui refuse de ralentir, soutenu par un sub rond qui donne l’impression que le sol avance avec toi. Au-dessus, Vicius déroule des synthés qui ne cherchent pas la démonstration mais la sensation : des nappes lumineuses, un motif principal qui clignote comme un panneau “Open 24/7”, des petites touches de percs qui arrivent par vagues, comme des silhouettes qui traversent la piste puis disparaissent.
Ce qui frappe dans Neon Lights, c’est cette façon de jouer avec la nostalgie sans jamais tomber dans le cosplay. Les codes sont là – groove 90’s, hi-hats nerveux, structure pensée pour le club – mais la production ressemble à un carrefour temporel : on imagine aussi bien le track dans un warehouse illégal que dans un set Twitch en plein live stream. L’old-school n’y est pas fétichisée, elle est prolongée.
Sur la longueur, le morceau respire. Vicius sait quand retirer le kick pour laisser la lumière aux synthés, quand laisser la basse tourner seule, quand réinjecter toutes les couches en même temps pour provoquer ce mini vertige si important en house : le moment où tu te rends compte que tu danses depuis bien plus longtemps que tu ne le pensais. Neon Lights ne cherche pas le drop spectaculaire, il préfère l’ascension continue, la montée intérieure, celle où le corps comprend avant le cerveau.
Au final, Neon Lights de Vicius (BR) fonctionne comme un mélange d’avenue humide, de souvenirs de club et de futur fantasmé. Un instrumental qui parle sans mots, qui fait danser sans ordre, et qui rappelle que parfois, la meilleure phrase d’un morceau de house, c’est celle que ton corps écrit tout seul sur le dancefloor.
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novembre 25, 2025« Avec Spider Veins, First Robin ouvre une brèche rare : une chanson qui semble enregistrer non pas une voix, mais la minute exacte où l’on recommence à exister. »
Spider Veins ressemble à un retour du monde souterrain : une chanson qui ouvre les yeux après un long coma, qui teste la lumière du bout des doigts avant d’accepter qu’elle puisse encore réchauffer quelque chose. La première minute a cette fragilité particulière des débuts tardifs — pas de grand geste, pas de volonté de séduire, seulement un piano qui avance comme une respiration qu’on réapprend. On ne sent jamais la posture de quelqu’un qui “débarque” dans un paysage musical ; on entend plutôt quelqu’un qui revient, chargée d’ombre, nettoyée du superflu.
Là réside l’étrangeté magnétique du projet First Robin : une manière d’aborder la chanson comme un lieu au lieu d’un format. Spider Veins ne se déroule pas : il s’ouvre, un peu comme une pièce où quelqu’un aurait laissé traîner son passé sur le sol — éclats de mémoire, restes d’angoisses, visions minuscules que personne n’avait jamais pensé transformer en musique. La voix, légèrement râpeuse sur les bords, donne cette impression d’avoir survécu à quelque chose qu’elle ne raconte pas. Une voix qu’on n’essaie pas de dompter, qui s’autorise les contours irréguliers, les vibratos qui tremblent comme un regard qui ne sait plus se mentir.
Le piano, lui, n’accompagne pas : il fouille. Il avance par nappes claires, parfois presque néoclassiques, mais toujours avec cette tension sourde, ce nœud sous la mélodie qui rappelle que la sérénité n’est pas un état mais une lutte. Il y a, dans quelques déploiements harmoniques, la sensation d’un paysage mental qui se craquelle. Comme si l’instrument cherchait à attraper le temps qui file, mais que le temps avait toujours une longueur d’avance.
Spider Veins parle d’âge — mais pas dans le sens banal du miroir. Il parle de ce moment où l’existence devient un long inventaire de micro-fissures : les gestes qu’on fait par automatisme, les nuits où l’on reste debout parce que l’angoisse sait se déguiser en lucidité, les réveils où l’on se surprend à traquer la moindre preuve qu’on est encore “neuf”. Ce qui bouleverse, ce n’est pas la gravité du propos : c’est la façon dont First Robin le traite comme un phénomène intime, presque microscopique, en allant chercher des images qui sonnent comme des cicatrices lues à contre-jour. Et surtout : il y a cette façon de laisser la chanson respirer. Laisser la douleur s’étirer sans la monumentaliser. Laisser les émotions se déposer sans les théâtraliser. Comme si First Robin refusait d’élever une statue à ses vulnérabilités. Elle les laisse vivre, simplement. Les regarde. Les décrit. Et continue.
Quand le morceau atteint son point de bascule, cette montée douce qui ressemble moins à un climax qu’à une résolution épuisée, on a l’impression d’assister à une mue silencieuse. Pas quelque chose de spectaculaire. Plutôt un espace intérieur qui se remet lentement en ordre. Comme si Spider Veins ne cherchait pas à guérir la blessure, mais à apprendre à marcher avec.
Il y a des débuts prometteurs.Et il y a des débuts qui sonnent comme un retour à la vie.
Spider Veins appartient clairement à la seconde catégorie. Une chanson qui ne fait pas semblant d’être forte, qui ne prétend rien, qui ne court pas après le beau — et qui, paradoxalement, devient lumineuse précisément pour cette raison. Une entrée en matière bouleversante, à la frontière du murmure et du cri contenu, qui annonce une artiste prête à explorer ce que beaucoup préfèrent taire.
Si c’est le premier battement du projet First Robin, alors la suite risque d’avoir la gravité d’un ciel qui se reconstruit.
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novembre 25, 2025Voici 25 titres Pop, Rock et Électro à découvrir maintenant : une rafale brûlante qui tombe à pic au cœur d’une saison où tout semble ralentir. Imagine un courant d’air chaud qui claque d’un coup, une fenêtre qui s’ouvre sur des mélodies neuves, prêtes à secouer la poussière du quotidien. Ces morceaux n’attendent pas demain : ils vibrent tout de suite, ils tirent sur ta manche, ils te rappellent que le monde continue de bouger même quand le ciel reste bas.
Dans ce mélange incandescent, la pop s’illumine, le rock mord un peu plus fort, l’électro pulse comme un cœur impatient. C’est une sélection pensée pour réveiller, surprendre, remettre du mouvement dans la tête et du frisson dans les oreilles. Alors fais glisser le premier titre, laisse les autres s’enchaîner comme des étincelles, et laisse ce bouquet de 25 sons rallumer la lumière où tu ne l’attendais plus.
Monsieur Ola – Window
Henri Bungert – Focus
Vayli, Victoria Flavian – Je veux que tu perdes
Dattola – La Discorde
Monagi – Catapulte
Stopnicki – Sur Ton Nuage (Version Bossa Nova)
Nosthin – Les mondes imaginaires
Léane Payet – Sourire
La Pepite – Belle Histoire
CAPITAINE SKY – MY LITTLE TEAR
Parov Stelar – Rebel Love
Monolink – Perfect World
IGOR, WEB – ZERO CONCESSIONS
Low – Trop c’est trop
CELESTIN – « Des carrés dans des ronds »
LE VENIN – AUTO-CONSTRUCTION
Alpaca-in-Chief – Every Hope I Don’t
Chris de Sarandy – Need Somebody
Bloocat – L’horizon
First Robin – Spider Veins
Poligone – La vie est belle
DRIVING IN THE CITY – Nou Velvet
Fernõ – Les falaises (Visualizer)
Monolink – Beacon
Hundreds – Fallacies
Sara Sue Vallee – Vagues
Iansification – sentiments
Massivik – Oligark
Rose Chili – Il faut que je te lèche
Solamour – Elle Fume
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novembre 25, 2025Pas de poudre aux yeux, juste une lueur qui tient. Baozi arrive comme un flash sur l’eau : pop-électro sensible, battements nets, mélodies qui collent aux tempes et laissent une trace saline 💦
Originaire de Hong Kong et installée à Paris depuis ses 18 ans, où elle a rencontré son amoureux et co-producteur de son projet, elle s’ompose avec une musique qui ne cherche pas l’exploit, elle vise la sensation exacte : une basse qui serre la taille, un synthé qui ouvre la fenêtre, une phrase qui mord puis caresse 🔥
On y entend la fête et l’après, les épaules serrées dans la foule et l’espace intérieur qu’on protège coûte que coûte. On a voulu parler de trajectoires, de villes qui rythment les refrains, de la manière dont on garde le cœur au centre quand les machines grondent. Voici , l’interview, maintenant 🎶
@baozi.wav
#musique #interview #itw #musiquedumoment #dailysong #baozi
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novembre 25, 2025« Il existe des chansons qui ne sauvent pas vraiment, elles montrent seulement où la lumière recommence et c’est exactement ce que Rejoindre les étoiles incarne »
C’est étrange comme Rejoindre les étoiles ne commence pas vraiment : il apparaît. Comme si quelqu’un ouvrait soudain une porte dans le noir, et qu’une lumière pâle, presque timide, venait lécher le sol. On ne sait pas encore si c’est l’aube ou une étoile mourante, Nagia cultive cette ambiguïté, ce mi-chemin entre la chute et la remontée, cet endroit où les émotions ne s’expliquent pas mais vibrent.
Il y a dans sa musique un parfum d’électricité humide, quelque chose de fragile et métallique qui rampe sous la peau. On dirait un rêve qui hésite à se souvenir de lui-même. Les synthés respirent comme des fenêtres ouvertes sur un hiver trop tendre, le piano trace des lignes fines qui ressemblent à des fractures soignées trop vite. Et par-dessus tout, sa voix : une voix qui ne cherche pas à impressionner, mais qui semble avancer les mains ouvertes, comme pour toucher l’air et vérifier qu’il existe encore.
Nagia chante comme on écrit dans un carnet que personne ne devrait lire.Pas dans une pose esthétique, non : dans cette sincérité un peu désordonnée que seules les vérités trop lourdes savent provoquer. Chaque syllabe glisse comme une confession qu’elle aurait voulu garder pour elle — mais qu’elle laisse finalement s’échapper, parce que certaines histoires finissent par pousser toutes seules.
Ce morceau n’est pas un appel au secours ; c’est la chronique délicate d’un retour.Un retour à soi après avoir longtemps déraillé dans sa propre nuit.Rejoindre les étoiles ne promet pas la lumière : il promet seulement qu’on peut y croire sans mourir de honte. Que le ciel ne guérit personne, mais qu’il peut servir de repère quand la tête tourne trop vite. Le texte flotte dans cet espace suspendu où l’on comprend que survivre n’est pas héroïque — c’est juste profondément humain.
La manière dont la production retient son souffle est presque émouvante.Rien ne déborde. Rien ne cherche l’effet. On sent l’influence du silence, de ces instants où la musique n’est pas encore musique mais seulement une pulsation intérieure qu’on tente d’apprivoiser. On imagine Nagia face à son piano, tard dans la nuit, la lumière bleue d’un écran qui cligne, et cette détermination étrange de transformer le chaos en quelque chose qui tient dans une main.
Rejoindre les étoiles parle d’une nuit, mais il ne raconte pas l’obscurité.Il raconte ce qu’elle oblige à regarder.
Et c’est là que Nagia frappe fort : dans cette façon de transformer une fragilité en constellation personnelle. Elle ne joue pas à être blessée, elle orchestre la vérité avec une délicatesse presque cosmique. Le morceau devient alors un rite secret, une petite cérémonie pour les cœurs qui bruissent encore après la tempête.
S’il fallait nommer l’émotion qu’il laisse derrière lui, ce serait peut-être… la disponibilité.La sensation rare d’être un peu plus ouvert qu’avant, un peu plus présent, un peu plus prêt à recoller ses morceaux.
Une chose est sûre : si ce single est la première étoile, la constellation qui suivra risque de brûler très fort.
Instagram : nagia_gb
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novembre 24, 2025S’il y a bien un Girls Band Rock qui respire la liqueur et le fun, c’est Panic Shack. On a adoré leur énergie sur scène et lors de notre interview pendant le festival Cabaret Vert ✨
Et sinon vous connaissiez la « Peeball » ? C’est clairement une solution inclusive pour les festivals 👏
@panicshack
@cabaretvert
👋🏽 Interview by @iamalexcliatt 👋🏽
#festival #cabaretvert #musique #interview #itw #musiquedumoment #peeball #ecofestival
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novembre 23, 2025Kilburn pour berceau, UK Garage et Jungle comme premières secousses, puis la guitare qui débarque à l’adolescence et ouvre la porte aux histoires qu’on écrit pour survivre. Sarah Nimmo vient du nord de Londres et ça s’entend : la ville pulse dans ses textes, les nuits en club déteignent sur ses mélodies, et chaque morceau cherche la bonne distance entre exaltation et aveu. À l’orée de la trentaine, elle pose des chansons très personnelles, traversées par les relations qui font et défont une vie — famille, amours, amitiés — avec cette franchise lumineuse qui colle aux trottoirs de la capitale. Avant son premier album, elle répond à nos dix questions.
Découvrez Sarah Nimmo en 10 questions sans plus attendre, juste ici :
Qui es-tu ?Je m’appelle Sarah Nimmo, je suis autrice-compositrice et je viens du nord de Londres.
Quel est ton parcours ?J’ai grandi à Kilburn, au nord-ouest de Londres. J’ai commencé la musique vers 16 ans : j’ai monté un groupe avec ma meilleure amie et des amis du lycée, et depuis, la musique est la relation la plus importante de ma vie. J’ai grandi avec le UK Garage, la Jungle et le Grime, puis à la fin de l’adolescence j’ai découvert la guitare et l’écriture de chansons. Je suis encore très impliquée dans la scène club londonienne tout en restant fidèle à ma passion pour l’écriture — chansons, récits, poésie.
Que peux-tu nous dire sur ta musique en quelques mots ?C’est très “à cœur ouvert”. J’y trouve quelque chose d’exaltant et de très personnel. Ces chansons parlent de me comprendre dans la trentaine, et des expériences mêlées qui m’ont menée là où je suis aujourd’hui.
Quelles sont tes inspirations ?Les relations de ma vie — famille, amours, amitiés — m’inspirent énormément ; elles m’ont construite et parfois brisée à différents moments. Je suis aussi très influencée par ma ville et les gens qui la font vibrer. J’aime Londres, vraiment !
Quelle est ta playlist du moment ?En ce moment j’écoute ma playlist Spotify 360.
Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?J’ai envie de dire “sandwich au fish finger”, mais ça sonne comme une mauvaise blague… alors je vais dire le barbecue !
Quels sont tes projets à venir ?
L’an prochain, je commencerai à sortir des singles de mon premier album, et je suis tellement impatiente!
Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?Je n’en trouve aucune qui ne m’incrimine pas, haha !
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?Richard E. Grant.
Un dernier mot ou conseil ?J’ai entendu hier une belle citation d’Oscar Wilde qui m’a fait du bien : “Sois toi-même ; tous les autres sont déjà pris.”
Instagram : sarahnimmo_music
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novembre 23, 2025La Sélection Rap français du moment débarque comme un choc thermique en pleine torpeur, une montée de fièvre qui remet du mouvement là où tout commençait à geler. Ici, pas de nostalgie ni de faux-semblants : juste des voix qui brûlent, des prods qui claquent, des récits qui vibrent avec la même intensité que les rues qu’ils traversent.
Chaque morceau de cette sélection est une étincelle : parfois brutale, parfois suave, toujours vivante. Ça raconte l’époque, ses vertiges, ses contradictions, ses pulsations nocturnes. Ça frappe, ça glisse, ça surprend — et surtout, ça réveille. Alors monte le son, laisse ces flows tracer leur propre trajectoire dans ton hiver, et plonge dans le rap français tel qu’il respire aujourd’hui : chaud, nerveux, incandescent.
Canard x S.O.A.P. – Fais-Le
Nosthin – Toxique
BILLI – SANS VIE
Barbu – Lundi (Le tram)
Bexson – Laisse Moi
Sacha & Korbo – FREESTYLE PIANO
Tyranik – Inné
H’Trip – HOMEBOYS
Lekas – 7ème Sens
Skima – Xénon
BALL – RETARD ANTICIPÉ
Jester SHF – LA CIBLE
Julaï – Goût de vacances
TN & BITUME – Jaskay
LES MIENS ft @prodbydibi – WIM$
Unbon2K – WESH
DŸ – Moneymaker
Paris Nest – Le Cinéma
Stray-D – Sixième Soleil
David Pistol – Regarder le monde brûler
Tiblack – Melanger
Le J.O – La Sauce
Kuroy Lenid – Fubu
Chawon – Galerie 2
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novembre 21, 2025« L’amour, quand il se croit lumineux, révèle parfois la part la plus sombre de nous-mêmes — et Exzenya en fait une vérité qui claque comme une porte qu’on n’avait pas vue venir. »
Il y a dans Ugly When You Love Me une tension presque clinique, une manière rare de disséquer le sentiment amoureux en laissant apparaître la matière brute, l’os, la fissure — comme si Exzenya ouvrait les murs d’une relation avec une lampe frontale et un scalpel. Son alt-pop électronique, toujours soigné jusqu’au nerf, glisse ici vers un territoire plus corrosif : on entend les illusions qui se délitent, les projections qui s’écaillent, les mécanismes de défense qui grincent. Le morceau n’est pas une chanson d’amour : c’est une reconnaissance de terrain, une relecture glaciale de ce qui se passe quand quelqu’un nous aime trop, mal, ou simplement sans nous voir.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette production tendue, presque architecturale : des synthés comme des néons blafards, une basse qui pulse lentement comme un danger latent, des respirations électroniques qui s’ouvrent et se referment autour de la voix — précise, maîtrisée, presque chirurgicale. Exzenya chante comme on expose une vérité désagréable : sans trembler, mais avec cette vibration intérieure qui dit que le sujet la concerne beaucoup plus qu’elle ne l’avoue. On sent dans chaque intonation sa double nature : la communicante analytique et la femme qui ressent trop, celle qui connaît les mécanismes de l’attachement… mais n’y échappe jamais complètement.
Là où beaucoup auraient fait un banger dark-pop, Exzenya choisit la lucidité. Ugly When You Love Me se déploie comme un miroir à peine poli : il renvoie les excès, les attentes, la manipulation douce, les projections romantiques qui nous déforment mutuellement. Ce n’est pas seulement une chanson sur l’autre ; c’est une chanson sur ce que l’amour révèle en nous — ce que nous préférerions garder sous cloche. Le titre porte bien son nom : tout devient laid quand l’amour s’accroche là où il ne devrait pas, quand il devient surveillance, lecture psychologique, intrusion masquée sous la tendresse.
On retrouve l’ADN d’Exzenya : un sens du détail presque cinématographique, une écriture qui capte le langage émotionnel comme on cueille le non-dit, et une maîtrise sonore qui rend tout ça tangible, palpable, presque filmique. Son approche analytique n’est jamais pédante : elle est organique, intuitive, comme si ses années d’étude avaient fini par devenir un instrument supplémentaire dans sa production.
Avec Ugly When You Love Me, Exzenya confirme qu’elle est l’une des voix les plus singulières de la dark pop indépendante actuelle. Elle compose des chansons qui ne consolent pas — elles dévoilent, elles secouent, elles mettent à nu. Et dans cette honnêteté tranchante, quelque chose de rare se produit : la beauté revient par la fissure.
Un morceau comme une vérité dite trop tard — mais dite enfin.
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novembre 21, 2025Voix nue, pas d’Auto-Tune, pas d’IA, juste la tension précise d’un récit qui commence dans le réel et finit dans la musique. Exzenya écrit comme on enquête : profils émotionnels, cycles affectifs, contradictions humaines, puis la chanson qui en découle, pop quand il faut, soul quand ça serre, R&B quand le corps réclame, satire quand la nuit déraille. Parcours hybride — psychologie, communication, résolution de conflits, analyses comportementales, droit et forensics — et une vie d’entrepreneure globale qui a vu passer des villes, des scènes, des histoires. Deux axes actuels, complémentaires : Story of My Life (l’amour, la maltraitance, la survie) et Bar Scenes and Rumors (la nuit, le chaos, le mordant). Catalogue 100 % humain, enregistré en live, produit propre, protégé en droits et en marques ; distribution planétaire qui prouve que la franchise émotionnelle parle sa propre langue. On a posé dix questions à une autrice qui transforme l’expérience en chansons mémorisables, sans masque technologique — juste la vérité qui tient la note.
Qui es-tu ? Je suis Exzenya — chanteuse, autrice-compositrice, créative globale et conteuse à plein temps. Artiste indépendante et gender-fluid, je viens d’un parcours très atypique. Je ne suis pas psychologue ni clinicienne diplômée, mais je possède une double licence en psychologie et en communication, une certification en résolution de conflits, et des études de second cycle en analyse appliquée du comportement. J’ai aussi suivi des cursus en droit, criminalistique, psychologie et biologie médico-légales.
Ma vie et ma carrière m’ont menée à travers des cultures et des industries partout dans le monde. Je suis entrepreneure internationale depuis longtemps, et la combinaison formation académique / direction d’entreprise / vécu irrigue toute ma façon d’écrire. Ma musique puise dans le comportement humain, les cycles émotionnels, les schémas relationnels et les histoires que les gens me confient — pas seulement les miennes.
Mon catalogue traverse la pop, le R&B, la soul, des influences hispaniques, la satire et un storytelling cinématographique. Je publie en ce moment des titres issus de deux albums conceptuellement distincts:
Story of My Life, une exploration émotionnelle de l’amour, des mauvais traitements et de la survie, et Bar Scenes and Rumors, un regard satirique et frontal sur la nuit et le chaos. Quel que soit le genre, le fil conducteur reste le même : un récit émotionnel immersif, enraciné dans la vérité, la psychologie et le lien humain. Je n’utilise pas l’IA, je n’utilise pas l’Auto-Tune, et je ne me cache pas derrière la technologie. J’enregistre tout en live avec intention et je finalise avec un producteur professionnel. Toutes mes chansons sont intégralement protégées par le droit d’auteur, et ma marque — y compris les noms Exzenya, Exzenya Productions et The Exzenya Experience™ — est enregistrée en tant que marque déposée.
Aujourd’hui, ma musique est écoutée dans le monde entier sur toutes les grandes plateformes, avec une portée globale complète sur Spotify (185 pays), RadioAirplay (100 pays) et Audiomack (197 pays). Mon son a voyagé bien plus loin que je ne l’aurais imaginé — preuve qu’une musique émotionnellement honnête parle sa propre langue.
Quel est ton parcours ?Mon parcours mêle de façon peu commune psychologie, communication, entrepreneuriat global et expériences de vie transculturelles — autant de dimensions qui façonnent directement ma création.Je détiens une double licence en psychologie et communication, une certification en résolution de conflits, et des études de master en analyse appliquée du comportement. Je ne suis pas psychologue clinicienne, mais j’ai aussi suivi des enseignements en droit, criminalistique, psychologie et biologie médico-légales, ce qui nourrit la profondeur et le point de vue de mon storytelling.
En dehors de la musique, je suis entrepreneure internationale de longue date, travaillant à distance à travers le monde avec des entreprises et des investissements dans plusieurs pays. Ce mode de vie — apprendre en continu, observer, se déplacer entre les cultures — a joué un rôle majeur dans ma compréhension des comportements, des relations et des motifs émotionnels.Tout cela se fond dans mon art.
Ma musique reflète des histoires humaines, des nuances psychologiques et les cycles que l’on traverse — séducteurs, satiriques, soulful ou profondément introspectifs. J’écris à partir de récits réels, pas seulement des miens, pour que chacun puisse entrer dans mes chansons et y ressentir quelque chose d’authentique.
Mon catalogue est entièrement créé par des humains, enregistré en live sans Auto-Tune ni IA, finalisé par un producteur professionnel, et intégralement protégé par le droit d’auteur. Mes marques, dont Exzenya et Exzenya Productions, sont déposées et protégées.Sous tous ses angles — créatif, académique, entrepreneurial — mon parcours consiste à comprendre les gens, raconter des histoires guidées par la vérité et transformer l’expérience en musique qui résonne au-delà des frontières.
Comment décrirais-tu ton art en quelques mots ?Un storytelling émotionnel immersif, fluide dans les genres et ancré dans la psychologie humaine.
Quelles sont tes inspirations ?Je suis inspirée par les gens — leurs histoires, leurs contradictions, leurs schémas émotionnels et ce qu’ils traversent. Mon background en psychologie et sciences du comportement me pousse naturellement à observer pourquoi l’on ressent ce qu’on ressent et pourquoi l’on agit comme on agit. Je prends ces moments humains — les miens et ceux des autres — et je les transforme en musique dans laquelle chacun peut entrer.
J’ai vécu et travaillé dans de nombreuses cultures, et cette expérience mondiale façonne autant mon écriture que les genres que je traverse : pop, R&B, soul, influences hispaniques, satire et narration cinématographique. M’inspirent : l’honnêteté, la complexité, la vérité humaine.Et tout cela nourrit mes ambitions.
Mon objectif est de bâtir une œuvre au long cours, profonde émotionnellement, riche narrativement, traversée d’un vrai regard — et de montrer que la réinvention, à tout âge, est non seulement possible mais puissante. Je veux me connecter à l’échelle globale, déployer plusieurs albums et formats créatifs, et faire grandir The Exzenya Experience™ en une plateforme créative et pédagogique complète.Au cœur de tout, je suis inspirée par ce que j’aspire à créer : une musique honnête, humaine, inoubliable.
Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ?Mes goûts sont extrêmement divers, et ma playlist créative le reflète.J’écoute aussi bien des voix soulful puissantes que de la pop, du rock, du hip-hop, du drame cinématographique, une énergie latine, et des musiques guidées par le récit.
Un jour type, ma playlist peut inclure :• Eric Clapton• Lady Gaga• Teddy Swims• Cardi B• Eminem• Olivia Rodrigo• Pitbull
Et ce n’est qu’un début — mon inspiration vient de dizaines de genres et d’artistes. Je pioche dans tout ce qui porte une intensité émotionnelle, un storytelling fort, une personnalité ou une signature. Ma playlist n’a pas vocation à rester dans une voie unique ; elle absorbe des énergies pour en faire quelque chose de singulièrement à moi.
Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?Je cuisine très bien, même si mon mari s’occupe aujourd’hui de la plupart des repas au quotidien, vu nos emplois du temps. Quand je m’y mets, je suis à l’aise avec presque tout, mais mes véritables spécialités sont mes pains maison et mes cheesecakes maison.
Quels sont tes projets à venir ?Je travaille en ce moment sur deux albums en parallèle — Story of My Life et Bar Scenes and Rumors.Ma priorité actuelle est le titre Story of My Life, que j’espère sortir dans les prochaines semaines. Ensuite, j’ai des dizaines d’autres morceaux prêts dans le pipeline. Ces deux albums ne sont qu’un début — beaucoup d’autres musiques arrivent.
Peux-tu nous partager une anecdote amusante ou surprenante ?
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?« L’une des histoires les plus drôles — et les plus folles — derrière ma musique est arrivée lors d’un voyage à Miami. D’abord, il y a eu une alerte à la bombe dans notre hôtel à South Beach. Mon mari et moi avons été évacués en pleine nuit, et mes fils venaient tout juste de repartir, heureusement. Deux nuits plus tôt, leur aventure était d’un autre genre. Clouée à la chambre par une migraine, j’ai appris que mon mari et mes deux garçons avaient réussi à s’incruster à une soirée privée dans le même bâtiment — pas la fête Playboy d’à côté, mais un événement d’un joueur NFL très connu. Ils sont entrés, y sont restés toute la nuit, et sont revenus à une heure indécente. J’ai entendu “boum… boum… boum” contre la porte. J’ouvre : mon fils aîné face contre le tapis, ses cartes de crédit éparpillées comme des confettis. Mon mari et mon autre fils titubent derrière, tous complètement ivres. Et là, le vrai sketch commence : mon fils décide que c’est le moment parfait pour écrire à une fille qui lui plaît. On lui court après en disant “Arrête ! Ne fais pas ça !”, et lui : “Je suis un homme, je texte si je veux !” Le lendemain, avec la gueule de bois, il regarde son téléphone et lâche : “C’est mon téléphone qui était bourré — accuse le téléphone !” Cette phrase a déclenché mon morceau Drunk Texting.
En une semaine : alerte à la bombe, soirée de célébrités, cirque familial éméché, et la naissance involontaire d’un single. Miami… c’était beaucoup. »
Un dernier mot ou un conseil ?Mon conseil est simple :Ne te dissuade jamais de faire ce que ton cœur te réclame. La peur ne signifie pas que tu n’es pas prêt·e — elle annonce que tu es sur le point de grandir. J’ai passé des décennies à faire passer tout le monde avant moi, avant de m’autoriser enfin à créer. Une fois que je l’ai fait, tout s’est ouvert.Quel que soit ton âge, ton histoire ou tes doutes… ta voix t’appartient. Honore-la.
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novembre 21, 2025« Certains disques ne cherchent pas votre amour : ils veulent votre abandon, votre disponibilité totale à l’inconnu — et celui-ci vous hypnotise avant même que vous compreniez ce qu’il vous fait. »
Il y a quelque chose d’éminemment rare dans la manière dont Sugar Scars façonne l’étrangeté : une façon presque spirituelle d’embrasser les accidents, les difformités sonores, les utopies contrariées. Dark Spark – White Light n’est pas un album : c’est une faille lumineuse d’où s’échappe un souffle sombre, un vertige électronique, une émotion contaminée par le psychisme frontalier d’El Paso et Juarez. Le duo compose comme on allume un incendie dans une pièce fermée : chaque idée cherche l’air, chaque pulsation dévore tout autour.
Le voyage s’ouvre avec Sad Rain, ballade brumeuse qui n’a rien d’une intro : c’est déjà un adieu, une supplique pour la rédemption, murmurée à travers une pluie acide. On comprend très vite que ce disque est hanté : par ce qui aurait pu être, par ce qui ne reviendra pas. Puis Dark Charm surgit comme un sortilège inversé — une montée hypnotique, narcotique, féline, qui déroule ses couches synthétiques comme si Beach House s’était enfermé dans un bunker industriel pour prier face à une lampe stroboscopique. C’est une révélation, un morceau-totem.
Deathtiny change de gravité : un clin d’œil pixiesque, nerveux, jubilatoire, qui se demande si la fatalité et le libre arbitre ne sont pas juste deux manières différentes de s’effondrer. Mermaid, plus agressive, ressemble à une nage vers le fond — les guitares s’y débattent comme des corps en chute libre, et l’on pense à Built to Spill perdus dans une mer sans surface.
Au centre du disque, Hum fracture totalement l’écoute : percussion tribale, chœurs quasi chamaniques, drones qui vibrent comme un souffle venu d’une autre dimension. C’est le morceau qui fait basculer le disque dans une transe étrange, presque rituelle. Mantra, dans son prolongement, serpente entre extase et menace : c’est une invocation qui ne vous lâche plus.
Viennent ensuite des pièces plus mouvantes : Hedonistika, sonorité déliée, quasi perverse, comme un sourire trop large dans un bar mal éclairé ; Check Yo Self, petite furie électro qui cogne dur ; With Me, splendide moment suspendu, presque tendre dans ce chaos ; Burnett Sedition, brûlot minimaliste, à la fois sec et obsédant.
Et puis il y a Just Go, final bouleversant, conclusion résignée d’un album qui ne cesse pourtant de combattre le monde. C’est un morceau de départ, mais aussi un morceau de lucidité — un adieu qui n’a rien de doux, juste la vérité nue.
Dark Spark – White Light impressionne par sa cohérence paradoxale : chaque titre semble venir d’un monde différent, mais tous se retrouvent dans cette tension entre noirceur et éblouissement. Sugar Scars signe un disque puissamment dérangeant, hypnotique, presque addictif — un album qui ne demande pas d’être compris mais senti, jusqu’à transformer l’auditeur lui-même en étincelle dans le noir.
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novembre 21, 2025« Parfois, la survie n’a rien d’héroïque : c’est juste la façon la plus féroce que la vie trouve pour continuer à respirer à travers nous. »
En écoutant Plight Goes On, j’ai l’impression que cet album ressemble à un bâtiment éventré où la vie refuse pourtant de s’éteindre. Tout y crépite : les guitares comme des nerfs à vif, la voix comme un fil tendu au-dessus du vide, la rythmique comme une marche obstinée dans un paysage en ruines.Ce disque raconte ce qui arrive après l’effondrement et non la catastrophe elle-même, mais les minutes, les semaines, les années où l’on apprend à respirer dans la poussière, à recoller des morceaux qu’on n’a jamais choisis de briser, à devenir quelqu’un d’autre sans savoir à quel moment la transformation a commencé. C’est la chronique d’un cœur qui bat mal, mais qui bat encore. Un disque où l’on avance en touchant les murs, où l’on tombe souvent, où l’on se relève toujours. En somme, un album qui fait ce que la vie fait parfois : continuer, même quand rien ne ressemble à un miracle.
Il suffit d’appuyer sur For What May Never Come pour sentir le sol se dérober. Pas une intro, pas une mise en scène : juste la sensation d’entrer dans une pièce où quelqu’un a laissé une ampoule nue pendre au plafond, et où les riffs de guitares électriques vous accueillent comme une gifle qui aurait attendu trop longtemps pour tomber. Ce titre ressemble à une porte qu’on ouvre en pleine tempête, et derrière, rien n’est rangé, mais tout est vrai.
Puis Lost Not Gone surgit comme un souvenir qui refuse de cicatriser. Les guitares y tournent en rond comme un animal en cage qui cherche sa sortie, tandis que la voix se hisse au-dessus du chaos avec cette manière de trembler vers l’avant, jamais en arrière. Tout sonne comme une chambre où l’on aurait repeint les murs trop tard : un lieu encore imbibé de ce qui s’est cassé et qui vous poursuit jusque dans vos cauchemars et vous réveille la sueur au front.
Losing You appuie sur un autre organe. Un organe qu’on ne connaissait pas. Quelque chose entre le plexus et la mémoire mais qui touche aussi au plus profond du cœur. Les guitares y ont cette façon de s’étirer comme des draps défaits au petit matin, tandis que la rythmique pulse à la vitesse exacte d’un manque qu’on n’a pas fini de comprendre et qui vous plonge dans une profonde mélancolie à chaque montée d’adrénaline.
Puis Away arrive, bousculant l’espace comme un vent brutal, presque sec, qui rappelle ces moments où l’on marche vite pour ne pas sentir la douleur remonter. Le morceau suit une trajectoire d’ombre qui se déplie vers le haut comme une prière qu’on aurait rédigée en diagonale.
Avec Promises, le disque évolue en puissance pour devenir un organisme sonore. Les changements de mesure y ouvrent des failles dans le temps, des fenêtres qui ne donnent plus sur le dehors mais sur une réflexion interne où le cœur qui réfléchit trop fort. Chaque battement semble pousser quelqu’un au bord de l’aveu, pas l’aveu tendre, mais le genre qui fait passer un courant électrique sous la peau et vous rend morose.
Shame avance comme une silhouette vacillante dans un couloir sans lumière, un morceau qui ne cherche ni l’explosion ni l’exorcisme, mais la vérité nue du malaise qui s’accroche dans les remords. Les guitares y suintent une tension presque maladive, la batterie retient ses tempêtes comme quelqu’un qui serre les dents pour ne pas hurler, et la voix glisse sur un fil tranchant entre confession et vertige. Rien ne se résout, rien ne s’apaise : Shame laisse flotter ce silence lourd des choses qu’on n’a jamais dites, une émotion rugueuse qui reste coincée dans la gorge longtemps après la dernière note. C’est la brûlure la plus intime de l’album, celle qui ne cicatrise pas, celle qui continue de marcher à côté de nous dans l’obscurité.
No Way of Healing, lui, ne ment pas. C’est un constat qu’on prononce en murmurant, le genre de vérité qu’on dit tout bas, comme pour ne pas affronter l’évidence du profond besoin de renouveau. La voix se fait plus fragile, plus intime, comme confronté à une décision finale qui peut tout changer mais qu’on préfère nier.
Puis What I’ve Become, où le groupe semble se regarder dans un miroir froid. Le morceau se tient à la frontière entre confession intime et cri étouffé, laissant les guitares s’élever comme des épines qu’on aurait arrachées trop tard. L’ambiance est moins électrique que les précédentes énoncées, on assiste à une vraie prise de conscience, il y a dans le chaos une évidence, celle de se faire face pour avancer dans un corps nouveau et accepter la fatalité passée.
En ce qui concerne Another Fire, le morceau porte bien son nom. C’est un incendie discret, une braise obstinée, la pulsation qui cherche à tout prix une zone d’air respirable. Il y a là une beauté presque féroce, le genre qui refuse la consolation mais laisse entrer l’humanité par les fissures. Le corps et l’esprit recommencent à ressentir le feu intérieur et les perspectives d’espoir. La production est moins sombre bien que toujours aussi mélancolique, mais ici on voit la lumière au bout du tunnel.
Le morceau Shining Star quant, à lui, sonne comme un séisme intérieur, une explosion digne d’un phenix qui renaît de ses cendres. La batterie y frappe comme un cœur qui s’est résigné à briller à nouveau, comme si chaque frappe testait jusqu’où la douleur peut se transformer en propulsion libératrice. Les guitares grondent de résilience, ouvrant la porte à la bénédiction divine.
Puis, vient My Rebirth, explose avec une puissance incarnée par un cri métallique qui pulse dès les premières secondes, c’est l’heure de l’acceptation totale, la renaissance de l’être qui a traversé les tumultes avec brio malgré les épreuves. Il n’y a plus de peur à être soi-même, le groupe célèbre ici la délivrance.
Enfin, All The Same referme ce voyage en spirale d’une noirceur que l’on a dépassé mais qui laissent encore l’âme cabossé et pleine de doutes sur ce qui nous entoure. Le morceau s’ouvre comme un souffle retenu, une respiration qui hésite entre abandon et sursaut, tandis que les guitares tissent une brume dense où chaque note semble chercher un visage qu’elle ne retrouve plus. Rien ne suit la ligne droite : la structure se contorsionne, se replie, se déplie, comme si la chanson refusait d’admettre qu’une seule trajectoire puisse raconter ce qu’elle porte.
On y sent un vertige étrange, presque cinématographique : la sensation d’observer sa propre vie se dissoudre derrière une vitre embuée. La voix y flotte, détachée mais brûlante, comme si elle tentait de dire l’indicible sans jamais le nommer directement. Et puis vient cette montée finale, pas une explosion, plutôt une ouverture silencieuse, un espace qui s’élargit soudain; un peu comme lorsque l’on réalise que la vérité n’arrive jamais en un éclair, mais par strates, ou par fragments, tels des éclats qui finissent par former une silhouette. Ce titre laisse une porte entrouverte, un parfum de question suspendue. Celui qui accepte que la reconstruction n’a rien d’un triomphe, mais ressemble plutôt à un lent glissement vers un soi encore en friche.
« Plight Goes On » est un album qui marque, qui blesse, qui abîme et qui recoud en même temps. C’est un projet musical qui ne met pas de pansement : il montre la plaie pour la rendre vivable.
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novembre 21, 2025« On guérit parfois comme on tombe : lentement, violemment, et surtout en laissant la lumière entrer par toutes les fissures qu’on avait tenté de cacher. »
Healing Factor n’est pas un morceau, c’est une chambre d’échos. Un lieu mental où tout clignote, un peu comme ces instants où l’on se regarde dans un miroir après plusieurs nuits trop longues, trop lourdes, trop vraies — et où quelque chose, sans prévenir, commence enfin à se réparer. Rich Delinquent, qui cultive depuis des années un monde sonore entre confession digitale et fièvre post-internet, plonge ici au cœur de son esthétique emotronic et la pousse dans un territoire encore plus charnel, plus ombragé, grâce à cette collaboration avec phem, dont la présence vaporeuse agit comme une ombre qui respire.
Le morceau se déploie dans une tension permanente : synthés qui brillent comme des néons tremblants, beat lourd mais fragile, voix qui oscillent entre murmurations cybernétiques et cris intérieurs étouffés. On sent la lutte contre soi-même, mais sans pathos ; plutôt une sorte de ballet toxico-émotionnel, où la guérison n’est jamais un droit mais une conquête. Rich Delinquent excelle dans cet espace-là : raconter l’obscurité avec suffisamment de précision pour qu’elle devienne presque belle, puis en extraire une pulsation qui donne envie de la traverser plutôt que de la fuir.
Healing Factor fonctionne comme un antidote au romantisme naïf de la douleur. C’est une chanson pour celles et ceux qui connaissent trop bien le vertige d’appuyer sur “reset” tout en craignant que le système plante à nouveau. La production, ultra-cinématique, laisse entendre un cœur qui sature, redémarre, se reconfigure. phem glisse dans cette architecture sonore comme un glitch humain, une faille lumineuse dans la mécanique. Ensemble, ils créent une sorte d’hymne pour les âmes qui n’attendent plus la rédemption, mais la construisent à force de nuits brûlées.
Ce qui fascine dans Healing Factor, c’est cette façon de transformer le chaos intérieur en design émotionnel. On ne sort pas indemne du morceau : on en ressort plus vivant, plus lucide, presque reconnaissant d’avoir plongé dans un espace qui nous regarde droit dans les yeux. Rich Delinquent signe ici l’une de ses pièces les plus intimes, les plus dangereuses, les plus nécessaires. Une cicatrice qui chante, un futur qui tremble, un cœur qui recommence.
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novembre 21, 2025« Un au revoir qui ne tremble pas, mais qui respire — et qui, sous la peau, recommence à danser. »
Il y a des chansons qui n’ont pas besoin d’être scandées pour frapper. Different Life est de celles qui avancent à pas feutrés, comme une silhouette dans un appartement encore tiède d’un rêve qu’on aurait préféré oublier. K A T R I N A y raconte ce moment suspendu — à la frontière du sommeil et du réel — où l’on comprend que l’amour appartient désormais à une autre version de soi. Une version qu’on remercie, qu’on embrasse une dernière fois, puis qu’on laisse derrière, sans fracas, sans effondrement théâtral. Juste une respiration neuve.
Le morceau a cette élégance cinématographique qui naît des adieux assumés. Les synthés ondulent comme une lumière au-dessus d’une piste de danse qu’on n’a pas encore quittée, la voix se faufile dans un clair-obscur de velours, et la production — subtile, charnelle — laisse assez d’espace pour que l’émotion circule sans se briser. K A T R I N A, qui compose, écrit et produit, façonne ici un geste rare : elle transforme la mélancolie en mouvement, le souvenir en pulsation. De la thérapie sur le dancefloor, comme elle aime l’appeler — mais une thérapie qui ne prêche jamais, qui murmure, qui comprend.
Different Life a la douceur résignée d’une lettre qu’on ne poste jamais, mais qu’on réécrit mille fois pour mieux se retrouver soi-même. On ressent ce mélange de gratitude et de lucidité, cette énergie qui naît lorsqu’on passe du “je t’aimais” au “je me reviens”. C’est un morceau où le cœur ne s’effondre pas : il se réaligne.
Ce qui bouleverse ici, ce n’est pas la tristesse, mais ce qu’elle permet. Une clarté nouvelle, une peau plus vaste, un futur qui recommence à respirer. L’ombre de l’ex est encore tiède, mais déjà les contours d’une autre vie — justement — s’esquissent. Different Life n’est pas un titre : c’est une renaissance.
K A T R I N A signe l’un de ces morceaux qui ne consolent pas, mais qui réveillent. Et parfois, c’est tout ce qu’on attend d’une chanson qui parle de fin : qu’elle nous aide, enfin, à recommencer.
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novembre 21, 2025« Une chanson qui commence comme une fissure… et finit comme un tremblement de terre. »
À seulement dix-sept ans, Lana Karlay n’écrit pas des morceaux : elle ouvre des brèches. Don’t Let Me Go, son nouveau single, arrive comme un uppercut feutré, cette sensation que quelque chose se défait au creux de la poitrine avant de se consumer en pleine lumière. Dès les premières notes, on sent la jeune artiste s’avancer à visage découvert, avec cette fragilité volontaire qui n’appartient qu’aux âmes trop lucides pour leur âge. Mais ce qui frappe surtout, c’est la façon dont le morceau se métamorphose, comme si le cœur de Lana apprenait à rugir en plein milieu de sa propre douleur.
Le titre se déploie en deux mouvements : un début presque chuchoté, où la voix de Lana se dépose comme une confession nocturne, tremblante mais résolue, avant que tout n’explose — guitares plus larges, batterie en apnée, cordes qui s’élèvent comme un orage intérieur. L’empreinte de Blondie, dans cette façon d’assumer le panache pop-rock, se mêle à l’urgence émotionnelle d’une Olivia Rodrigo. Pourtant, Don’t Let Me Go ne sonne jamais comme une imitation : c’est un cri personnel, une vérité brute qui trouve son écriture propre dans la fissure et le frisson.
On devine l’énergie de GoldDiggers Sound Studio dans ce grain organique, presque live, cette manière de laisser les instruments respirer avant de retomber sur Lana comme un vertige. Les cordes enregistrées à EastWest Studios ajoutent une dimension dramatique somptueuse : elles ne décorent pas, elles amplifient l’effondrement. Elles donnent ce sentiment que la chanson se joue à la fois dans la tête de Lana… et dans une salle de cinéma pleine de fantômes.
Ce qui rend Don’t Let Me Go si puissant, c’est ce geste adolescent absolument pur : parler d’une peur immense — celle de perdre, d’être oubliée, de ne plus suffire — mais avec une sincérité qui traverse le morceau comme un fil incandescent. Lana Karlay n’est pas simplement une promesse australienne : elle est en train de devenir une narratrice à part entière, capable de transformer le chaos intérieur en tempête pop parfaitement contrôlée.
Avec Don’t Let Me Go, elle signe son premier grand moment : celui où la vulnérabilité cesse d’être une faiblesse et devient une arme. Une chanson qui, comme son titre, refuse qu’on la lâche.
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novembre 21, 2025« On dirait un souvenir d’été filtré par la nuit londonienne. »
Volcanic Shores revient avec Sweet Sounds, un EP qui agit comme un courant chaud sous une bruine urbaine : ça chuchote, ça ondule, ça pulse doucement, comme si la ville elle-même respirait dans les machines. Le duo y tisse un patchwork délicat où drum & bass feutrée, soul éthérée et groove cinématique s’entrechoquent sans jamais perdre leur ligne d’horizon. Tout sonne à la fois intime et vaste, artisanal et spectral — une forme de chill futuriste né dans une chambre-studio, mais rêvé comme un plan large au-dessus de Shoreditch à 3 h du matin.
L’EP s’ouvre sur Sweet Sounds (edit), un délicat souffle club qui déploie la voix de Noya comme une lueur sur l’eau. Le morceau tient de l’apesanteur maîtrisée : une drum & bass qui ne cherche pas l’excès mais la suspension, héritière des nuits passées à Fabric à absorber les sets d’Andy C, LTJ Bukem ou les vibrations plus récentes de Nia Archives. Volcanic Shores y injecte une douceur presque tactile, comme si chaque mesure voulait retenir le temps avant qu’il ne s’évapore.
La version longue, Sweet Sounds (Organic Mix), laisse davantage respirer la matière : plus chaude, plus organique, plus circulaire aussi. Les textures s’y déploient comme une marche lente à travers une ville vide, où les façades renvoient des reflets liquides. C’est une manière d’offrir une seconde peau au morceau, plus vivante, plus souple, presque sensuelle — une exploration parallèle, un embranchement nocturne.
Le virage s’amorce avec Sitting About (mulling around mix), co-signé avec le bassiste Nick Mee. Là, l’atmosphère s’élargit : on quitte le club pour entrer dans un film contemplatif. Les influences Khruangbin et Nightmares on Wax infusent immédiatement — guitare serpentine, basse moelleuse, groove posé, un tempo qui donne envie de regarder les néons se dissoudre dans les flaques. C’est l’un des sommets du projet, une rêverie instrumentale où la ville et l’océan semblent enfin se rejoindre.
Enfin, l’EP se clôt sur Catch the Wave, toujours avec Nick Mee. Plus solaire, plus ondulant, le titre assume un côté road-movie mental : une basse qui avance comme un phare, des claviers qui s’étirent en volutes, un groove qui attrape le corps avant la tête. C’est le morceau qui porte le mieux le nom du groupe : quelque chose d’éruptif et de calme à la fois, un mouvement continu qui ne force rien mais emporte tout.
Sweet Sounds ressemble à un EP-carte postale venu d’un London tropicalisé, un territoire imaginaire où la drum & bass se fait aquatique et le groove introspectif. Volcanic Shores prouve que la douceur peut aussi être un manifeste sonore — un espace où le club devient cocon, où le beat réconcilie le cœur et la nuit. Une dérive somptueuse, humble, et furieusement addictive.
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novembre 21, 2025« Il existe des musiciens qui écrivent avec leurs doigts ce que d’autres passent une vie à tenter de formuler : l’instant précis où l’on recommence à respirer. »
Learning to Breathe est un battement de cœur réappris à la force du médiator. Filip Dahl, vétéran norvégien des années rock, revient ici avec une pièce qui tient autant de la confession que du manifeste artistique : une guitare qui refuse d’oublier d’où elle vient, et qui avance pourtant, note après note, vers un futur encore incandescent.
Sous ses dehors de classic rock humble et mélodique, la chanson libère une émotion beaucoup plus vaste. Elle respire au rythme de ces artistes qui ont traversé plusieurs vies musicales — les scènes enfumées des années 70, la précision glacée des studios des années 80, puis le silence volontaire d’une pause longue comme un hiver scandinave — avant de revenir au premier plan avec une lucidité presque troublante. Dahl est de ceux-là : un artisan dont la sensibilité s’est aiguisée avec le temps, jusqu’à devenir un langage.
Learning to Breathe Again, c’est sa manière de dire : je suis vivant, encore, et je sonne comme ça.
Ce qui frappe d’abord, c’est la signature de sa guitare. Une luminosité presque liquide, héritée de Pink Floyd et des grandes heures du rock symphonique. On retrouve dans son jeu cette façon très nordique d’étirer le temps, d’installer l’émotion sans forcer, de préférer la profondeur à la performance. Une clarté mélodique qui n’appartient qu’à lui, reconnaissable en quelques mesures.
La construction du morceau avance comme un voyage intérieur : un arpège qui tâtonne, une ligne mélodique qui s’affirme, puis une montée progressive où les guitares se superposent comme des pensées qu’on remet enfin en ordre. Rien n’est gratuit : la batterie soutient sans écraser, les synthés émergent par touches, et au centre, il y a ce lead guitar qui raconte une renaissance sans mots.
On sent l’ombre des influences — Kansas pour l’élan, Deep Purple pour l’ossature, Marillion pour la dramaturgie — mais Dahl ne se contente jamais de citer. Il distille. Il transforme. Il prolonge une tradition sans la figer.
Ce single a aussi quelque chose d’éminemment personnel. On connaît l’histoire : l’ingénieur devenu producteur, le producteur devenu solitaire, puis l’homme qui décide un jour que la musique peut encore lui offrir un souffle neuf. Learning to Breathe Again est la trace sonore de cette résolution intime. Une respiration retrouvée sous la forme d’un solo.
Dans un paysage saturé, ce morceau rappelle que le rock peut encore être une affaire de vérité, d’humanité, d’artisanat pur. Filip Dahl n’essaye pas d’être moderne : il essaye d’être juste.
Et c’est précisément pour ça qu’il touche juste.
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novembre 21, 2025« Il existe des chansons qui ne racontent pas une histoire : elles témoignent d’un sauvetage. On n’y entend pas seulement une voix, mais une respiration retrouvée. »
Love 2 Love You est bien plus qu’un single pensé pour les playlists, loin d’être simplement un morceau façonné pour un marché. C’est quelque chose de plus fragile, de plus nu, presque une relique intime que Pearl Project a décidé, après des années de silence, de confier au monde. Une mue. Un geste d’humanité. Une bouteille qu’on lance à la mer depuis les rives d’un passé trop lourd.
Derrière ce nom, il y a un artiste néerlandais qui préfère la sincérité au vernis, l’émotion brute à la démonstration. On sent tout de suite que la chanson n’a pas été écrite pour « faire un tube », mais pour survivre à quelque chose. À une époque où la musique se consomme comme un scroll, Pearl Project ose la lenteur, le souffle, les silences. L’essentiel.
En surface, Love 2 Love You semble simple : une mélodie délicatement suspendue, une voix féminine trouvée après des années de recherche — presque une apparition — et cette atmosphère qui flotte comme une brume sur un lac au petit matin. Mais sous la surface, tout bouge. L’émotion circule. Les cicatrices vibrent. La chanson raconte ce passage ténu entre le désespoir et la possibilité d’aimer encore, d’aimer mieux, d’aimer malgré les dégâts.
Ce qui bouleverse, ici, ce n’est pas seulement la douceur de la production faite maison. C’est l’intention. On sent que l’artiste a réouvert un vieux cahier — ce poème écrit dans un moment où l’on se raccroche à la lumière comme à une rambarde — et qu’il a choisi d’en faire un morceau sans rien atténuer. Le titre garde les aspérités du vécu, la pudeur des mots qui tremblent encore, la vérité d’un cœur qui revient lentement à température humaine.
La voix féminine apporte une dimension presque spectrale. Elle ne se contente pas d’interpréter : elle habite. Elle devient ce « toi » fragile, cette lumière réanimée. À mesure que la chanson s’ouvre, l’atmosphère gagne en relief, laissant éclore une tendresse qui ne s’excuse pas d’avoir été abîmée avant de renaître.
Love 2 Love You est un morceau discret, mais déterminant. Un petit battement de cœur rendu audible. Une preuve qu’on peut encore écrire des chansons qui ne cherchent pas à séduire, mais à réparer.
Et quelque part, dans cette honnêteté presque désarmante, Pearl Project touche à ce que la musique a de plus pur : la possibilité de transformer un instant brisé en un refuge partagé.
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novembre 21, 2025« Parfois, un simple refrain peut ranimer une pièce entière — et rappeler qu’au milieu du froid, on a encore le droit de danser comme si le monde tenait grâce à notre bonne humeur. »
Mick J. Clark ne cherche pas la nuance : It’s Christmas Party Time est un coup de coude, un clin d’œil, une entrée de batterie qui dit « l’année a été longue, viens, on souffle ». Dans l’océan infini des sorties de Noël, il réussit pourtant à renouer avec l’essence oubliée du genre : un rock lumineux, à l’ancienne, où l’énergie prime sur le second degré et où la fête n’est pas un décor, mais une urgence presque morale.
Cette nouvelle chanson, sortie des ateliers qu’on imagine confortables d’un songwriter chevronné, sent le savoir-faire d’un homme qui a traversé trop de saisons pour se contenter d’un jingling opportuniste. On retrouve ce grain 80’s qu’il affectionne — une guitare qui claque comme un sourire forcé mais sincère, des chœurs en technicolor, des progressions harmoniques qui convoquent à la fois les Beach Boys et l’héritage pop des Beatles. Clark ne masque rien : il revendique ce classicisme comme d’autres brandissent un drapeau. Chez lui, Noël appartient aux mélodies simples, aux vibrations rétro, à ce petit déhanché instinctif qu’on a oublié de faire.
Et il y a sa voix, toujours un peu rugueuse, un peu déterminée, comme s’il chantait contre le temps lui-même. Elle porte une joie sans naïveté, une joie presque militante. Car Clark n’a rien d’un chanteur de saison : c’est un survivant de la scène rock britannique, un artisan de la persévérance, un songwriter qui a trimballé ses refrains du studio à la scène jusqu’aux portes des Grammy Nominations. On sent dans son interprétation l’élan de quelqu’un qui a trop perdu pour ne pas célébrer chaque étincelle.
It’s Christmas Party Time fonctionne car il ne ment jamais sur ce qu’il est : un hymne festif, oui, mais porté par un musicien qui croit réellement en la mission du divertissement. Un morceau pensé pour lever les verres, rallumer les guirlandes, et rappeler que la fête a encore un rôle spirituel dans un monde fatigué. Ce n’est pas juste « la chanson de Noël d’un artiste établi » : c’est un manifeste de joie, presque un service public.
Avec la sortie de son EP Mick’s Christmas Mix sous Universal, et une tournée déjà dans les tuyaux, Mick J. Clark prouve qu’il sait naviguer entre héritage et vitalité. Il fait partie de ces derniers irréductibles pour qui la fête n’est pas un décor marketing, mais un refuge.
Un refuge où l’on entre en riant, en secouant la neige de ses épaules, et où l’on crie sans retenue : It’s Christmas Party Time.
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novembre 21, 2025« Dans le grondement des guitares, on entend autre chose qu’un riff : on entend ceux qui ne reviennent pas raconter leur propre chanson. »
Il y a des morceaux qui n’essaient pas de séduire. Unknown Soldiers (Veterans Edition), lui, cherche à honorer — et c’est une nuance rare dans un paysage rock trop habitué à n’embrasser que sa propre fureur. The Higher Desires signe ici une pièce alternative tendue et vibrante, mais qui garde au cœur une pudeur presque sacrée : un rock qui regarde droit dans les yeux le silence des absents.
Dès les premières mesures, un grondement grunge à la Seattle, nerveux mais contenu, installe une tension presque cinématographique. On sent la ville qui hoquette sous la pluie, les souvenirs qui s’effritent sous les néons, les fantômes qui marchent encore dans les marges de la société. William Walbaum, maître d’œuvre du projet, mène la charge avec une voix qui semble frémir entre rage retenue et compassion inquiète. Ce n’est pas une rage de destruction ; c’est une rage de lucidité.
Et puis arrive le geste le plus bouleversant : l’apparition de Taps, cet appel militaire funèbre, repris ici à la guitare électrique. Non pas un gimmick, mais une déchirure. Le son, étiré comme une cicatrice, mêle la solennité militaire à la vulnérabilité du rock. On a l’impression d’être face à un hommage artisanal, sincère, fabriqué à mains nues — un hommage qui sait que l’on ne comble jamais vraiment les absences, on apprend juste à leur parler autrement.
Le texte, sans détour, nomme ce que la société oublie trop vite : le poids invisible des sacrifices, les noms que plus personne ne murmure, les héros que l’on croise parfois sans savoir qu’ils portent une guerre sur le dos. The Higher Desires ne romantise rien ; le groupe observe, témoigne, remercie. Il inscrit ses mots comme un acte de réparation symbolique.
Musicalement, la production ouvre des espaces, laisse respirer le temps. Le morceau avance dans une atmosphère tendue, puis se fige volontairement, comme pour permettre — enfin — à l’auditeur de ressentir, de réfléchir, de porter avec lui l’histoire qui lui est confiée. Cette édition longue n’est pas là pour rallonger le plaisir : elle est là pour accompagner la mémoire.
Et au-delà de l’esthétique, il y a un geste : 100 % des royalties reversées aux associations pour la santé des vétérans. Dans un monde musical où les intentions sont souvent floues, ce morceau a une direction, une colonne vertébrale, une mission.
Avec Unknown Soldiers (Veterans Edition), The Higher Desires ne signe pas un énième morceau engagé. Ils lèvent un drapeau pour ceux qui ne peuvent plus le faire. Et dans cette guitare qui pleure, dans cette voix qui tremble, dans ce rock qui s’évade du simple bruit pour devenir message, on trouve peut-être ce que le rock a toujours cherché : la vérité, même lorsqu’elle fait mal.
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novembre 21, 2025« À trois heures du matin, l’amour cesse d’être une histoire logique : c’est une fièvre lente, un vertige qui s’infiltre, une vérité qu’on repousse jusqu’à ce qu’elle nous serre la gorge. »
On entre dans 3:00AM comme on entre dans une chambre encore chaude après une longue nuit : un parfum de peau, une confusion douce, et ce moment suspendu où l’on se découvre incapable de différencier le désir de l’attachement. NAYTIIVE, avec son sens instinctif du R&B contemporain, parvient ici à saisir ce moment précis où un jeune homme réalise qu’il n’a plus le contrôle — ni sur son corps, ni sur son cœur, ni sur cette fille qui revient dans ses pensées avec l’insistance d’une pulsation.
Le morceau s’ouvre sur un souffle presque trop calme pour être honnête : une production minimaliste, veloutée, qui laisse la place au trouble. La ligne de basse avance comme une confidence nocturne, d’un pas lourd mais sensuel, pendant que NAYTIIVE déroule une narration à la première personne, lucide malgré la fièvre. On ressent immédiatement la dualité : d’un côté la chaleur du fantasme, de l’autre le poids d’une émotion qui veut un nom — et qui fait peur.
Ce que 3:00AM raconte avec une justesse désarmante, c’est l’incapacité masculine à verbaliser ce qui déborde. NAYTIIVE ne juge pas, il observe : ce garçon qui fonce dans la vie comme si ralentir pouvait le briser ; ce garçon qui confond l’intensité avec la sincérité ; ce garçon qui repousse l’idée même d’aimer parce que ça l’expose là où il se croyait invincible. Et puis arrive cette fille — celle qui rouvre des portes qu’il pensait scellées. Celle qu’il désire, oui, mais qui surtout l’atteint là où il ne voulait plus être atteint.
La production, dans son élégance sobre, amplifie cette tension interne : chaque beat ressemble à un battement un peu trop fort, chaque silence à une hésitation qu’on tente de masquer. Les harmonies glissent, accrochent, se retiennent, comme un corps qui lutte contre l’aveu. Il y a un côté addictif, presque toxique, dans cette atmosphère : ce moment où l’envie et la peur créent une spirale qui empêche de dormir.
Mais la vraie beauté du morceau, c’est sa chute émotionnelle — ce moment où NAYTIIVE laisse tomber les façades. Ce n’était pas juste du jeu. Ce n’était pas juste du sexe. Ce n’était pas juste une distraction. Quand la nuit se dissipe et que le corps cesse de parler pour laisser place à la vérité, il ne reste qu’un aveu : ce n’était pas du lust, c’était de l’amour. Un amour simple, brut, indéniable.
3:00AM est moins un single qu’une confession capturée en plein cœur d’un chaos intérieur. Un morceau sensuel, vulnérable, profondément humain — pour tous ceux qui, un jour, ont découvert trop tard qu’ils aimaient quelqu’un qu’ils avaient essayé de tenir à distance.
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novembre 21, 2025« Il existe des morceaux qui ressemblent à un souvenir qu’on n’a jamais vécu : Our Penance flotte ainsi, comme si quelqu’un reconstituait pour nous la nostalgie d’une époque imaginée — et pourtant intime. »
Il suffit de quelques secondes pour comprendre que Still Ruins ne joue pas dans les marges : le groupe sculpte directement dans cette matière noble et fragile qu’on appelle le temps. Our Penance, extrait d’un EP qui porte le même nom, ranime l’esprit sophistipop des années 80, mais le détourne vers quelque chose de plus trouble, plus moderne, presque spectral. On y retrouve des échos de Tears for Fears, des résurgences de Prefab Sprout, mais aussi ce sens du vide vibrant propre à la dream-pop — une esthétique de la brume où chaque émotion coûte, chaque lumière tremble un peu.
Frankie Soto, Jose Medina et Cyrus Vandenberghe jouent ici avec la sincérité méthodique des artisans de l’ombre. On sent leur exigence dans la façon dont les guitares s’entrecroisent, aériennes sans être vaporeuses ; dans ces nappes synthétiques qui s’étirent comme une route mouillée au crépuscule ; dans la voix, surtout, ce filament de mélancolie qui semble se relever après avoir tout perdu. Our Penance n’est pas une plainte : c’est une confession tenue à bonne distance, un souffle retenu qui finit par céder sous le poids d’un désir d’apaisement.
Il y a, dans la structure du morceau, une tension douce — comme si chaque mesure pesait le pour et le contre avant de s’abandonner à la suivante. Les refrains, délicatement écorchés, ouvrent de petites parenthèses où le pardon semble presque atteignable. Les couplets, eux, s’enferment dans cette pudeur typique des nouvelles vagues, là où l’introspection prend des allures de rituel. Still Ruins ne dramatise jamais : ils suggèrent, ils insinuent, ils déposent les émotions à demi-voix, comme un secret confié au vent.
Et pourtant, malgré sa douceur, Our Penance frappe fort. On y entend la solitude des villes nocturnes, le poids des choix trop longtemps repoussés, cette lente réconciliation avec ce que l’on aurait voulu être. Le morceau a la beauté de ces instants où l’on ne cherche plus à réparer le passé, mais simplement à avancer en portant ce qu’il reste.
Dans un paysage où la nostalgie est souvent utilisée comme un effet, Still Ruins en fait un langage. Our Penance ne rejoue pas les années 80 : il en détourne la grâce pour dire quelque chose de très contemporain, de très intime, de très humain — un morceau pour celles et ceux qui se sentent toujours en léger décalage avec le monde, mais qui continuent malgré tout à tendre la main vers la lumière.
Un titre suspendu, élégant, à la fois discret et monumental. Un pardon qu’on adresse à soi-même en fermant les yeux.
Instagram : stillruins
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novembre 21, 2025« Il existe des chansons qui ne grandissent pas avec le temps : ce sont elles qui nous font grandir. Step by Step est de celles-là — un souffle clair dans un monde qui attend trop, trop vite. »
Il y a, dans la trajectoire d’Amelina, quelque chose qui dépasse largement son âge. À 12 ans, elle ne chante pas pour faire joli : elle témoigne. Elle raconte ce passage fragile entre l’enfance et l’élan, cet espace où la peur devient apprentissage, où chaque difficulté est une marche qu’on gravira malgré tout. Step by Step, c’est sa manière de poser ses baskets au bord du vide — et d’avancer quand même, avec l’audace lumineuse de ceux qui ont encore tout à inventer.
Dès les premières secondes, on sent cette ferveur intérieure : un piano clair, presque timide, qui ouvre une brèche. Puis la batterie arrive, ronde, déterminée, comme pour donner au cœur le tempo qu’il n’osait pas suivre seul. Amelina déploie alors sa voix — fraîche mais décidée, vibrante sans jamais chercher à impressionner. Elle chante comme on respire après une longue retenue. Son phrasé a cette innocence qui bouleverse car elle n’est jamais naïve : elle est vraie.
On pense parfois à l’énergie adolescente d’Olivia Rodrigo, parfois à la spontanéité rock d’une toute jeune Avril Lavigne — mais Amelina ne copie personne. Elle avance dans son propre cinéma intérieur, celui d’une enfant qui a dû déménager, changer de langue, réapprendre à exister dans un pays inconnu. Dans Step by Step, chaque couplet porte la trace de cette transition : les petits vertiges, les maladresses, les rencontres qui sauvent un peu. Puis arrive le refrain, grand ouvert, lumineux comme une cour d’école où l’on vient enfin de comprendre une phrase entière dans une langue étrangère. Ça déborde d’optimisme, mais d’un optimisme qui a lutté, pas celui des posters motivants.
Le morceau a cette double nature qui fait les hymnes : intime et universel. On entend la gamine qui raconte son histoire, mais on entend aussi l’adolescente, la femme en devenir, l’artiste qui a déjà compris que la musique n’est pas un simple refuge mais une force. La production pop-rock, sans poudre aux yeux, laisse respirer sa personnalité : ça pulse, ça étincelle, ça accroche sans jamais étouffer.
Avec Step by Step, Amelina signe l’un de ces titres qui deviennent des compagnons de route. Une chanson pour les jours où on doute, pour les matins où l’on recommence, pour ces instants où l’on se surprend à croire encore en soi malgré tout.
Une promesse tenue : pas celle d’arriver, mais celle de continuer. Toujours, pas à pas.
Instagram : amelinalife
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novembre 21, 2025« Aimer quelqu’un à distance, c’est tenir une flamme à mains nues : ça brûle, ça éclaire, et pourtant on refuse de la poser. »
TaniA Kyllikki a cette façon bouleversante de transformer chaque émotion en arche cathédrale, de chanter l’intime comme on brandit une bannière, avec une intensité qui déchire l’air et une vulnérabilité qui ne demande jamais pardon. I Promise I’ll Wait For You s’inscrit exactement dans cette veine : un serment, une supplique, une résistance. Une ballade pop-cinématique qui s’étire comme un horizon après l’orage, où chaque note respire la fidélité, la patience, et ce courage étrange qu’il faut pour continuer d’aimer quand la vie se charge de tout compliquer.
Ce n’est pas une simple chanson d’amour — c’est une confession suspendue entre deux continents émotionnels : la douleur du manque et la beauté de l’attente. Portée par une production ample, classique dans sa structure mais vibrante de modernité, la voix de TaniA se déploie comme une scène entière. Cette voix capable d’aller chercher des hauteurs qu’on devine rarement naturelles, ce timbre qui mêle force, délicatesse et cicatrices, semble ici raconter tout ce que son corps a vécu : les failles, les absences forcées, la volonté de continuer malgré les opérations, les silences, la fragilité qui s’impose.
Mais derrière la douceur apparente, le morceau est construit comme un crescendo émotionnel. Ça commence presque timidement, comme si TaniA parlait au creux de l’oreille de quelqu’un qu’elle ne veut pas effrayer, puis ça s’élève, ça gonfle, ça se colore : on y entend le souffle d’un orchestre intérieur, le cœur qui bat contre la distance, la certitude qu’une promesse tenue vaut plus que n’importe quel instant volé.Le refrain, lui, sonne comme une prière moderne. Il ne cherche pas le spectaculaire gratuit : il veut l’évidence, la lumière, la vérité nue.
Dans l’architecture de son album Free-Spirited, ce single joue le rôle d’un pivot émotionnel. Après l’affirmation farouche de I Am Good Enough, l’élan romantique de I Struck Gold With You et la liberté lumineuse de Feel Good Vibes, TaniA dévoile ici un autre versant : celui de la loyauté, de la patience, de la foi — en l’amour, en l’autre, en Dieu, mais aussi en elle-même.C’est peut-être ce qui rend l’ensemble si puissant : TaniA ne chante jamais seulement une histoire d’amour, elle chante une vie entière qui s’y accroche.
Et dans un monde où tout doit aller vite, I Promise I’ll Wait For You ose la lenteur, ose dire : je reste, même quand tout vacille.Une chanson qui touche parce qu’elle ne ment pas, parce qu’elle tremble, parce qu’elle persiste.Comme une lettre qu’on relit cent fois. Comme un vœu qu’on murmurera encore longtemps après que la musique se soit tue.
Instagram : taniakyllikki
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novembre 21, 2025« Un simple motif, à peine une ombre de mélodie… et soudain tout un film s’allume dans la pénombre de l’imaginaire. »
Il y a, dans Black Coffee, cette manière rare de convoquer un monde entier en quelques notes à peine. Pas un thème bavard, pas une musique qui raconte trop vite : plutôt une tension suspendue, un frémissement dramatique, un parfum de nicotine froide et de rues humides, comme si Malorgio resserrait l’objectif sur une scène invisible, quelque part entre Rome, Paris et un vieux polar new-yorkais. On entend le grain du 16 mm, le cuir râpé des sièges de cinéma, la main du protagoniste qui tremble un peu avant de prendre une décision irrémédiable.
Peu de compositeurs contemporains osent encore cette sobriété vintage — un minimalisme tendu, presque nerveux, hérité de ces bandes-son qui savaient faire naître l’émotion avec un geste infime. Malorgio, lui, ne pastiche pas : il ranime. Son écriture sent autant la poussière des studios italiens que les obsessions harmoniques du jazz européen, mais son atemporalité vient surtout de cette façon de traiter chaque silence comme un danger, chaque note comme un secret.
Les années passées au cœur du gypsy jazz — de Django Reinhardt à Angelo Debarre, de Dorado Schmitt aux scènes parisiennes — n’ont rien d’un simple chapitre biographique : elles irriguent sa musique d’aujourd’hui. Même dans un morceau à la gravité cinématographique comme Black Coffee, on perçoit ce sens de la tension mélodique, ce goût de la ligne claire qui flotte légèrement au-dessus du sol. Mais ici, tout est décanté, réduit à l’os : la guitare devient scalpel, l’harmonie une veilleuse tremblante qui éclaire les angles morts d’une scène qu’on devine sordide.
Impossible d’écouter Black Coffee sans imaginer le film qu’il pourrait hanter — un drame silencieux, un polar mental, une histoire d’amour fatiguée où l’on sait déjà que la fin laissera un goût d’inachevé. La musique marche lentement, presque sur la pointe des pieds, mais avance avec la détermination d’un fil narratif qui ne dévie jamais : un homme seul dans une chambre trop grande, une femme qui ne vient plus, une porte mal fermée qui laisse passer l’orage.
Dans le catalogue récent de Papilio Records, Black Coffee se distingue précisément par cette manière d’élargir l’espace au lieu de le combler. Dark Night s’impose par son souffle nocturne, Phoenix par sa montée dramatique, Vanitas par son élégance baroque contemporaine — mais Black Coffee, lui, choisit la retenue absolue. C’est une musique qui ne court pas après l’image : elle la précède. Une invitation à ralentir, à regarder autrement, à ressentir plus profondément.
Dans un monde où la saturation sonore règne, Malorgio nous offre un luxe rare : un instant suspendu où tout semble déjà écrit, mais jamais explicité. Un morceau comme une scène de cinéma perdue, qu’on ne peut pas oublier, même quand tout le reste s’efface.
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novembre 21, 2025« On ne se sauve jamais vraiment tout seul. Parfois, on écrit une chanson pour éviter de sombrer davantage — et c’est elle qui vous ramène à la surface. »
Save Me From Myself n’a pas la politesse des morceaux trop polis : il entre comme un aveu lâché trop vite, trop fort, avec cette voix rocailleuse que Clinton Belcher traîne comme une cicatrice. Sa signature Grit & Guitars, héritée autant des saloons fantômes que des autoroutes interminables, prend ici des allures d’exorcisme. On sent qu’il joue non pas pour impressionner, mais pour survivre, comme si chaque accord était un coup de volant pour éviter le ravin.
La production, née dans son home studio en Oklahoma, garde cette rugosité qui fait tout le charme du morceau. Rien n’est lisse, rien n’est maquillé — c’est justement cette absence de vernis qui donne au titre sa puissance. Clinton ne triche pas : sa voix porte le poids d’un homme qui s’est relevé trop de fois, mais qui garde encore le souffle nécessaire pour dire la vérité sans trembler.
Musicalement, Save Me From Myself marche sur une ligne ténue entre rock, country et gospel. Une instrumentation dense, organique, cousue de riffs qui sentent la poussière et les kilomètres, sur laquelle sa voix trouve un espace presque confessionnel. Les influences qu’il revendique — Blake Shelton, Reba McEntire, Jason Crabb — résonnent effectivement, mais ce qui marque le plus, c’est l’esprit Cash/Presley qui plane autour de Belcher : ce mélange hypnotique d’autorité et de vulnérabilité, de gravité et de chaleur.
Le texte avance comme un journal intime dont on n’aurait arraché aucune page : l’aveu des erreurs, la lassitude des illusions, l’espoir encore accroché quelque part dans une poche. On entend la lutte intérieure, la peur de soi-même, la quête de rédemption — ce besoin de trouver un refuge avant que la nuit ne retombe trop lourdement. Le refrain, lui, n’implore pas. Il constate, il s’offre nu, il dit : je suis le premier danger que je dois affronter.
Et c’est là que Clinton Belcher devient plus qu’un storyteller du cœur amer : il rejoint cette tradition américaine du songwriter qui transforme ses failles en route ouverte. Save Me From Myself est un moment de vérité brute, un morceau qui ne cherche pas la perfection mais l’humanité — et c’est exactement pour cela qu’il frappe juste.
Un titre à écouter comme on écoute quelqu’un qu’on aime quand il dit enfin ce qu’il n’avait jamais osé dire. Une confession amplifiée par des guitares qui brûlent, un cri retenu qui trouve enfin de l’air. Un morceau qui ne sauve peut-être pas Clinton, mais qui sauvera sans doute ceux qui s’y reconnaîtront.
Instagram : cebelchermusic
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novembre 21, 2025« Parfois, il suffit d’une guitare qui s’égrène dans un garage pour que la vie cesse enfin de crier. »
Il y a des morceaux qui ressemblent à des lettres qu’on s’envoie à soi-même, avec l’encre un peu tremblée mais la vérité intacte. Come Back (When You Feel Like), nouveau single d’Every Other Weekend, appartient précisément à cette famille-là : une chanson qui n’a rien à prouver, qui n’essaie pas d’impressionner, mais qui touche parce qu’elle avance les mains nues.
On imagine Chris Bull, ex-frontman de City Reign, dans le garage de sa mère, entouré du vieux matériel de son père — cette ruine magnifique d’une époque où l’on enregistrait comme on respirait, sans filtre ni calcul. Cette image, loin d’être un cliché romantique, se ressent dans chaque fibre du morceau : les guitares sonnent comme si elles avaient été accordées entre deux éclats de rire, les tambours portent la poussière des jours où l’on cherche encore comment tenir debout. Même la production, volontairement brute, a le charme d’un Polaroid qui n’a pas eu besoin d’être parfait pour devenir essentiel.
Musicalement, Come Back… s’inscrit dans cette tradition britpop tardive, lumineuse mais cabossée, avec des refrains qui donnent l’impression de prendre une grande bouffée d’air frais dans une ruelle pluvieuse. On y entend des échos de Teenage Fanclub, un soupçon de The Coral, et cette honnêteté mancunienne qu’on reconnaît immédiatement : pas de posture, pas de posture… juste un cœur qui essaie de se remettre en marche.
Le texte, lui, touche droit. Chris Bull parle ici d’auto-pardon, de ces moments où l’on s’est perdu sans oser l’admettre. Ce “when you feel like” n’est pas un reproche : c’est une porte ouverte. Une manière de dire à soi-même — ou à quelqu’un de très proche — “tu peux revenir quand tu seras prêt, rien n’a été brisé pour de bon.” Il y a là une maturité nouvelle dans l’écriture, une vulnérabilité assumée qui n’appuie jamais, qui laisse vivre.
Et quand le dernier accord résonne, on comprend ce qu’Every Other Weekend veut vraiment nous dire : la joie, même tenue par un fil, revient toujours. Qu’on l’attende ou non. Qu’on sache l’accueillir ou pas encore.
Come Back (When You Feel Like) n’est pas seulement l’ouverture du futur album All Present and Inept ; c’est le genre de morceau qui remet le monde à une taille humaine. Une chanson qui tombe au bon moment — même si, justement, elle nous apprend que ce n’est jamais vraiment une question de timing.
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novembre 21, 2025« Chocolat a ce goût de péché sucré qu’on laisse fondre trop longtemps sur la langue, juste pour sentir le moment basculer. »
Il y a, dans le nouveau single de Chloé French, cette façon rare d’attraper une émotion avant qu’elle ne s’échappe. Comme si le morceau avait été écrit dans le souffle juste après un baiser volé, ou au milieu d’une rue new-yorkaise qui n’a pas encore décidé si elle veut vous avaler ou vous couronner. Chocolat n’est pas seulement une bombe French disco : c’est un aveu, un vertige, une pulsation parfumée au manque et au plaisir.
On entre dans le titre comme on entrerait dans une pâtisserie à l’aube : avec cette sensation que quelque chose de doux va dégénérer. Les synthés, souples et lustrés, glissent comme un doigt sur une vitre embuée. La rythmique — précise mais jamais insistante — appelle la danse sans l’exiger, une sorte de house élégante qui sait parfaitement doser l’ivresse. Chloé French pose sa voix au-dessus de tout ça avec une manière de murmurer qui évoque autant la confidence que la provocation. Chaque mot semble effleurer le danger, comme si elle chantait au-dessus d’une ligne qu’elle ne devrait pas traverser.
Et pourtant elle la traverse. C’est là que Chocolat devient irrésistible : dans ce mélange de nostalgie sucrée (la fameuse cramique de Fred qui flotte dans le sous-texte), d’élan amoureux et de débordement nocturne. On y entend Paris qui se mêle à New York, Berlin qui rôde dans les basses, Genève qui laisse traîner sa douceur. Une géographie intime, un puzzle d’empreintes, que Chloé transforme en pop hyper-sensorielle.
La production d’Alex Poeppel joue d’ailleurs un rôle crucial : rien n’est trop chargé, rien n’est laissé au hasard. On retrouve cette esthétique Kensaltown East, minutieuse, presque cinématographique. Chaque couche du morceau agit comme une lueur sur un visage, révélant par touches l’histoire d’un désir qu’on sait interdit mais qu’on ne renonce pourtant pas à suivre.
Chloé French, du haut de ses 24 ans, confirme ici qu’elle navigue déjà avec une aisance rare entre les capitales culturelles et les esthétiques pop. Sa plume, qu’elle a déjà mise au service d’artistes émergents confiants, trouve dans Chocolat un terrain d’expression idéal : intime sans être fragile, sensuelle sans être étouffée par le cliché.
Le titre sèche sur la peau comme un parfum fin de soirée — celui qui dit qu’on aurait dû rentrer plus tôt, mais qu’on a bien fait de rester. Et quand le silence revient, on réalise qu’on a encore faim. Chloé French le sait, et elle nous laisse précisément là où la tentation recommence.
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novembre 21, 2025« Cette track ne bouge pas : elle avance. Elle perce le sol, les murs, le corps. Une pulsation-marteau faite pour ceux qui ne cherchent plus la fête, mais la transe. »
Il y a des morceaux de hard techno qui veulent plaire, et puis il y a ceux qui veulent dominer. Rollin appartient à cette seconde espèce : une bête mécanique qui respire à 154 BPM, tendue comme un câble d’acier, prête à s’abattre sur n’importe quel dancefloor trop sage. BRT8.3 signe ici l’un de ces objets sonores sans compromis, où tout n’est que construction, pression, torsion — un artefact pensé pour la nuit profonde, celle qui n’a plus d’horaires ni de frontières.
L’ADN du track est clair dès la première seconde : un kick massif, sec, presque martial, qui ne laisse aucune place au hasard. Pas de nappes pour adoucir, pas de fioritures décoratives — seulement une architecture brute où chaque élément frappe avec la précision d’un marteau de forgeron. On sent dans ce kick l’influence du taiko japonais, cette frappe rituelle qui traverse l’air comme une invocation. Mais ici, BRT8.3 l’absorbe, la distille, et en fait un moteur industriel qui roule sans jamais flancher.
Puis arrive cette ligne de basse roulante, qui n’a pas besoin d’être démonstrative pour être écrasante : elle rampe, elle pulse, elle gronde, comme une vibration sous la cage thoracique. Elle donne au morceau cette sensation de mouvement perpétuel, ce “rollin” littéral qui transporte le corps avant même que l’esprit ne décide de suivre.
Et au-dessus, ce lead cloche — métallique, glacé, à peine mélodique — qui agit comme une alarme interne. Il n’y a pas de mélodie, il y a un signal. Un appel. Une tension. L’impression que quelque chose va basculer. Et c’est précisément là que Rollin trouve sa puissance : dans ce minimalisme qui n’a rien à cacher, dans cette énergie brute qui raconte plus de choses qu’une symphonie de détails.
On comprend très vite que BRT8.3 n’est pas là pour séduire mais pour sculpter un espace, un rituel, un état. Son hard techno est une matière première : rigide, industrielle, hypnotique. Un matériau pensé pour les vraies nuits — celles des entrepôts saturés, des couloirs de béton, des foules compactes où chaque respiration devient collective.
Rollin est fait pour le peak time, oui. Mais plus encore, il est fait pour ceux qui cherchent la perte de contrôle maîtrisée, la dissolution volontaire dans la pulsation. Une track qui ne raconte pas une histoire mais impose un rythme. Une transe de métal et de sueur, taillée pour les corps qui refusent l’arrêt.
Avec ce titre, BRT8.3 signe une entrée en scène qui ne chuchote jamais, qui ne demande jamais la permission. Une techno dure, nette, frontale, qui transforme chaque warehouse en sanctuaire incandescent. Une machine. Une frappe. Un sillage. Et un avertissement : la prochaine vague est déjà en route.
Instagram : brt_8.3
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novembre 21, 2025« Cette chanson groove comme un sourire têtu dans une rue en colère, un petit soleil funk qui refuse de s’éteindre tant qu’on n’aura pas remis l’avenir dans les mains de ceux qui le vivent. »
Il y a des morceaux qui arrivent comme des bulletins d’alerte, et d’autres comme des antidotes. Turning Tables fait les deux à la fois. Sous ses atours rétro – un clin d’œil assumé aux 70’s où Marvin Gaye posait les bases du soul-reportage et où Curtis Mayfield transformait les trottoirs en scènes politiques – Chris Oledude injecte un groove clair, immédiat, chaleureux, qui masque à peine l’urgence du propos. Ce n’est pas une chanson engagée à l’ancienne ; c’est une chanson engagée qui sait faire danser. Et à l’heure où les slogans tournent en boucle, ce geste-là a quelque chose de rare.
Chris Oledude a ce timbre tranquille mais déterminé, une voix qui raconte avant même de chanter. Il a l’élégance de ceux qui ont vécu mille fois le monde avant de se décider à le mettre en musique. Dans Turning Tables, sa manière de phraser évoque un narrateur sur un balcon urbain : il regarde, il respire la ville, il décrit la fatigue des petites vies écrasées par l’économie… mais il y met cette lumière douce, presque fraternelle, qui empêche le cynisme de gagner. La basse ronronne comme si elle connaissait déjà la suite de l’histoire, les cuivres flambent par touches rapides, et la batterie avance avec ce pas décidé qui rappelle que la soul a toujours été une marche.
La force du morceau ne tient pas seulement à sa nostalgie délicieusement funk. Elle tient surtout à la franchise de son écriture. Oledude ne moralise pas : il observe. Il transforme des réalités concrètes – l’inflation, l’injustice économique, la lassitude politique – en une pulsation presque joyeuse, comme si la solution, finalement, commençait par une reconquête simple : se remettre en mouvement. On entend là l’écho de son histoire : ces décennies partagées entre militantisme, musique mise en pause, deuils trop lourds, puis ce retour à la création avec une humilité bouleversante. Turning Tables n’est pas une déclaration tonitruante ; c’est une main tendue.
Et derrière le single se dessine déjà l’ombre lumineuse de ce Preacher Man – Vol. 1 qui arrive. On sent, dans ce premier extrait, la promesse d’un album où les grooves seront des sermons doux et les refrains des revendications calmes. Oledude réactive une tradition qu’on pensait éteinte : celle où la musique de contestation était aussi musique de communion, où l’on danse pour se rappeler qu’on existe, qu’on tient debout, qu’on peut encore renverser la table sans renverser la tendresse.
Avec Turning Tables, Chris Oledude signe un retour qui ne hurle pas, mais qui résonne longtemps. Une soul qui regarde l’époque droit dans les yeux, et qui choisit de répondre avec des couleurs, des corps qui bougent, et une vérité dite sans trembler. Une musique qui rappelle que parfois, la révolution commence par un sourire en rythme.
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novembre 21, 2025« Ce morceau avance comme un songe lucide : chaque instrument y respire à part, mais tous semblent baignés dans la même lumière irréelle. »
Il y a dans Dream, le nouveau single de l’Australien John Leslie, cette manière presque déconcertante de glisser entre deux mondes — celui du rock mélodique, chaleureux, presque familier, et celui, plus vaste, plus ancien, des musiques indiennes. On pourrait croire à une rencontre improbable ; Leslie en fait une évidence. Le morceau commence comme un souffle qui se cherche, une promesse encore floue, puis s’ouvre lentement, avec une douceur qui a quelque chose de cérémoniel, vers un espace sonore où l’on cesse de savoir si l’on entend un rêve ou la mémoire d’un rêve.
Le dialogue entre l’électrique et le traditionnel porte toute la signature du titre. Les guitares dessinent des lignes souples, aériennes, tandis que la batterie de Jackie James Barnes pulse avec la précision d’un cœur bien réglé. Mais c’est l’entrée en scène du sitar de Sudha Manian qui renverse le décor : soudain, la chanson prend une dimension panoramique, presque cosmique, comme si le paysage sonore se déployait jusqu’à toucher quelque chose d’inexprimable. La texture devient plus dense, plus vibrante. On se retrouve dans cet entre-deux rare où la musique raconte plus que ce qu’elle joue.
Leslie, qui a enregistré le morceau sur une année entière à travers plusieurs studios de la Sunshine Coast, cultive l’art de la patience. Rien n’est laissé au hasard : on sent, dans la structure même, une volonté de laisser l’émotion s’installer sans la brusquer. Pas d’esbroufe, pas de crescendo spectaculaire. Dream tient plutôt du flux, d’une dérive contrôlée où chaque nuance compte, où chaque timbre ajoute une couche de sens — un peu comme si Brian Wilson méditait dans un monastère de Varanasi.
Sous cette apparente sérénité, une tension discrète se faufile pourtant. Le morceau parle de traversée, de passage, de ces instants où l’on s’abandonne à l’inconnu pour mieux se retrouver. Leslie fait de cette zone trouble un espace d’apaisement, un refuge de sons et de vibrations qui réparent sans jamais appuyer. Sa production, toujours cinématographique, ne cherche pas l’effet mais la sensation — cette impression subtile qu’une chanson peut parfois ouvrir une fenêtre intérieure.
Avec Dream, John Leslie confirme qu’il appartient à cette famille rare d’artistes qui utilisent le studio comme un laboratoire sensible, un lieu où le monde devient image et l’image devient émotion. Un artiste qui ne cherche pas à démontrer, mais à révéler. Et ici, il révèle quelque chose de précieux : la possibilité qu’un simple morceau puisse suspendre le temps et, l’espace d’un instant, nous faire croire que le rêve est un lieu où l’on peut vraiment habiter.
Instagram : bornofthefire
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novembre 21, 2025« Cette chanson ne raconte pas une rencontre : elle raconte le moment infime, presque électrique, où le cœur comprend avant la tête — c’est toi. »
Il y a dans I Know It’s You cette manière rare de capturer le frisson exact d’un amour naissant, non pas celui qui s’annonce avec fracas, mais celui qui glisse sous la peau comme un secret impatient. NURIA, artiste new-yorkaise qui écrit, compose, enregistre et produit tout elle-même, signe ici une pop intime et lumineuse, affûtée comme une photographie volée dans une rue étrangère à minuit. Une chanson qui ressemble à un souvenir qui n’a pas encore eu le temps d’exister.
L’architecture musicale repose sur un battement de 85 bpm qui respire comme un cœur surpris de battre trop vite. NURIA y avance avec une précision d’orfèvre : synthés qui scintillent sans jamais saturer, groove minimaliste mais irrésistible, voix claire qui se pose avec la douceur d’un aveu retenu trop longtemps. On sent l’artiste habituée à dicter ses propres règles — pas de surcharge, pas d’esbroufe, juste l’efficacité sensuelle d’une pop qui sait exactement où frapper.
Ce qui bouleverse, c’est cette vulnérabilité assumée. NURIA écrit comme on respire après avoir couru : court, sincère, sans chercher à enjoliver ce qui brûle. Elle adopte un point de vue résolument féminin, romantique, mais sans naïveté : on y entend une femme qui s’autorise à aimer pleinement, sans s’excuser d’être traversée par un désir aussi tendre que violent. Loin de la pop clinquante ou sentimentale, I Know It’s You trouve son intensité dans l’épure, dans ces interstices où l’émotion affleure avant même de se formuler.
Les visuels prolongent cette sensation d’instant suspendu. Filmer les rues de Paris la nuit n’a rien d’original sur le papier, mais NURIA en détourne le cliché : ses courtes vidéos ne montrent pas la ville comme décor, mais comme un espace où le minuscule devient incandescent — une main effleurée, un rire échappé, un pas de danse improvisé sur un trottoir luisant. On comprend alors que I Know It’s You n’est pas seulement une chanson, mais un carnet de sensations, une célébration de ces moments anodins qui deviennent des monuments dans la mémoire.
Dans un paysage pop saturé de productions interchangeables, NURIA impose une signature nette, presque revendicative : l’autonomie totale comme esthétique, la sincérité comme moteur, et l’amour — brut, imparfait, exaltant — comme ligne de force. I Know It’s You est un morceau court, mais qui dure. Une de ces chansons qu’on rejoue non pour sa mélodie catchy, mais pour retrouver ce vertige — celui qui fait murmurer au cœur, avant tout le reste : oui, c’est toi.
Instagram : nuriaofficial
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novembre 21, 2025« On croit appuyer sur “play” pour une chanson de Noël, on déclenche en réalité le film intime de deux frères qui se reparlent enfin. »
Ce qui frappe d’abord avec Christmastime, ce n’est pas la neige, les guirlandes ni la magie de saison : c’est ce léger tremblement dans l’air, ce sentiment d’être témoin de quelque chose de beaucoup plus fragile qu’un simple single de fin d’année. Derrière ce titre en apparence classique, les Nourallah Brothers rejouent surtout une histoire vieille de vingt-cinq ans : deux voix qui se sont tues ensemble, puis remis à vibrer côte à côte.
Faris et Salim viennent d’El Paso, mais le morceau semble se dérouler dans un espace presque hors du temps, quelque part entre une cuisine éclairée au néon et un vieux salon où tourne encore un vinyle de pop orchestrale. On sent que le geste premier n’est pas de “faire un tube de Noël”, mais de tenir un fil de lumière dans une période sombre. Faris l’assume : pour exorciser ses propres ombres, il a choisi la pureté, la simplicité, presque l’innocence comme antidote. Et ça s’entend.
Musicalement, Christmastime joue la carte de la retenue élégante. La structure n’a rien de révolutionnaire, mais tout est dans le détail : une progression harmonique qui lorgne vers la tradition des standards, une rythmique discrète qui berce plus qu’elle n’entraîne, une mélodie qui semble avoir toujours existé quelque part dans un coin de mémoire. On imagine très bien cette chanson reprise par un crooner à l’ancienne, orchestre derrière, lumières tamisées – et c’est justement cette sensation de “classique potentiel” qui lui donne sa force.
Le cœur, pourtant, se niche dans le dialogue vocal. Faris en hauteur, Salim en soutien grave : ce partage des lignes n’a rien d’anodin. On y entend une manière de se répondre sans se heurter, de s’enlacer sans effusion. Là où beaucoup de duos cherchent la démonstration, les Nourallah optent pour la nuance. C’est presque comme si chaque phrase portait, en filigrane, un “pardon” qui ne dit pas son nom. La chanson devient alors un espace où le passé ne disparaît pas, mais se transforme en quelque chose d’acceptable, de chantable.
Ce single fonctionne aussi comme un contrechamp à leur histoire de galères : les années à jouer dans des bars texans, l’album culte ignoré, la rupture, puis le retrait quasi total de Faris de la musique. Au lieu de revenir avec un manifeste amer ou un règlement de comptes, les deux frères choisissent un format ultra codifié – la chanson de Noël – pour y glisser discrètement leur petite révolution intime. C’est presque subversif dans sa douceur : au lieu de hurler la douleur, ils la recouvrent de lumière, sans jamais la nier.
Christmastime n’essaie pas de réinventer le genre, il le réenchanter de l’intérieur. Là où la saison regorge de titres clinquants, calibrés pour les playlists de centre commercial, celui-ci prend le chemin inverse : une production à taille humaine, un texte qui respire la sincérité, une émotion qui ne s’excuse pas d’être simple. On sent le plaisir de refaire de la musique ensemble, sans stratégie, sans nostalgie affichée, juste avec cette envie très pure de partager un moment.
Au final, le morceau parle moins d’hiver que de dégel. Ce n’est pas seulement une chanson pour accompagner les décorations, mais un petit rituel de réconciliation, une preuve que certains liens, même abîmés, peuvent encore générer de la beauté. Si Noël doit avoir un sens en 2025, il est peut-être là : deux frères qui, plutôt que d’empiler des cadeaux, offrent trois minutes de paix à ceux qui les écoutent – et peut-être surtout à eux-mêmes.
Instagram : nourallahbrothers
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novembre 21, 2025« Certaines chansons ressemblent à des clairières dans la nuit : on y entre persuadé de connaître le chemin, et soudain le temps se plie, respire autrement, comme s’il avait attendu qu’on revienne. »
Il existe des collaborations qui n’arrivent jamais par hasard, des rencontres musicales où chaque détail semble écrit dans une encre invisible depuis des années. Bird of Time, où Factheory convie Michel Sordinia (The Names) à briser le silence, appartient indéniablement à cette catégorie. Dès les premières secondes, quelque chose se passe — un frémissement presque physique — comme si la cold-wave bruxelloise, dans ce qu’elle a de plus noble et de plus fragile, reprenait son vol au-dessus de nos certitudes.
Factheory n’a jamais été un groupe qui force les portes. Leur science vient d’ailleurs : une capacité rare à faire vibrer l’ombre sans la caricaturer, à raconter l’intime comme on trace une ligne lumineuse au couteau. Et Bird of Time cristallise ce talent avec une précision presque troublante. La basse de Dominique Nuydt pulse comme une horloge organique, une mécanique qui hésite entre l’obsession et le lâcher-prise. Les guitares de Stefan Weidemann se déploient en arcs de tension, tantôt crissantes, tantôt presque aériennes, comme si elles tentaient d’attraper un souvenir qui se dérobe. Au centre, Bruno Uyttersprot chante avec une retenue déchirante, sa voix serrée comme s’il marchait sur une ligne ténue entre aveu et effacement.
Puis arrive Michel Sordinia.Et tout bascule.
La voix du chanteur de The Names n’est pas un simple ajout : c’est une faille ouverte dans la structure du morceau, une fracture où circulent les fantômes de la Factory, de Manchester, du Plan K, de toutes ces nuits où les guitares réinventaient la géométrie du monde. Sordinia ne surjoue jamais — il incarne. Son timbre, à la fois sage et inquiet, semble parler depuis un autre plan temporel, comme si le personnage qui chante Bird of Time avait déjà vécu la scène mille fois et revenait en témoin de sa propre disparition.
Cette cohabitation vocale donne au morceau un caractère profondément cinématographique : un duel tendre, une respiration à deux, une manière de dire le passage du temps sans jamais céder au pathos. On y perçoit un apaisement inquiet, une douceur qui sait qu’elle est mortelle.
Musicalement, Factheory signe ici l’un de ses titres les plus aboutis : la production est nerveuse mais jamais agressive, élégante sans devenir lisse. On ressent la filiation avec la darkwave européenne, mais aussi un instinct mélodique presque pop, un sens du détail qui refuse de choisir entre l’émotion brute et la sophistication sonore. Bird of Time donne l’impression de tenir dans la main un oiseau blessé qui voudrait encore voler — et qui finit par le faire, à la dernière seconde.
Dans cette jonction entre deux générations, deux écritures, deux sensibilités, se joue quelque chose de rare : une réconciliation avec le passage du temps. Comme si Factheory et Michel Sordinia, chacun à leur manière, nous rappelaient que la musique n’arrête pas la course des heures — elle l’habille, elle la trouble, elle lui donne un visage.
Bird of Time n’est pas seulement un titre marquant dans la discographie de Factheory.C’est un pont.Un souffle.Une preuve que certaines nuits ne meurent jamais vraiment.
Instagram : factheory_theband
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novembre 21, 2025“On dirait un album écrit en marchant au bord d’un précipice, une main dans les braises du passé et l’autre tendue vers un avenir qui hésite encore à répondre.”
Il suffit d’une oreille, d’un souffle, d’un soupir accroché au bois d’une guitare pour comprendre que Neo Brightwell ne joue pas à l’Americana : il en renverse la table, la nettoie avec ses cicatrices, puis la reconstruit dans un angle que personne n’avait encore osé tracer. An American Reckoning ressemble à ces disques qui ne se contentent pas d’exister ; ils hantent, ils fissurent, ils réveillent une conscience politique intime, presque viscérale. On n’y entend pas seulement un songwriter : on y perçoit un témoin, un survivant, un conteur qui refuse que l’histoire continue sans lui.
La première gifle mentale, c’est The Joke’s on the Devil, un morceau qui ouvre l’album comme une confession de veillée funèbre. Brightwell y déroule une ironie presque biblique, un rire noir qui résonne contre les parois d’un pays fracturé. On y sent déjà la tension cardinale du disque : la lutte entre la chair et le mythe, entre les fantômes du Sud et les nouvelles formes de grâce queer que l’artiste fait surgir de la poussière.
Puis vient The Silence Broke Its Spine, moment de bascule où Neo transforme le silence — cet héritage forcé des voix marginalisées — en arme de rébellion. Le morceau avance comme une marche funèbre devenue danse, avec une lenteur rageuse qui finit par se tordre en éclat lumineux. C’est là qu’on comprend que tout l’album fonctionne comme un rituel de réappropriation : reprendre sa place dans un récit national qui n’a jamais su quoi faire des corps dissidents.
Encore plus foudroyant, The Church I Built from Fire dresse un autel aux survivances, une cathédrale de ruines et de braises où Brightwell inscrit sa propre mythologie. Le morceau ressemble à une prière brûlée vive, un geste mystique où l’artiste transforme ses blessures en architecture. C’est l’un des sommets émotionnels du disque, l’endroit où l’Américana se fait incantatoire, queer, incandescente.
Entre ces titres, l’album respire, tremble, raconte. Chaque chanson est une marche du pèlerinage intime de Neo Brightwell, dont la voix — calme, grave, presque incendiée de l’intérieur — porte la sagesse des poètes qui savent que le monde ne se change qu’en racontant mieux ses fractures. L’héritage Folk Rock s’y mêle à des éclats de cinémas intérieurs, les arrangements sentent la poussière, le vent sec, les nuits où l’on pleure sans témoin.
An American Reckoning n’est pas un disque qui cherche l’universalité. Il s’adresse à celles et ceux qui vivent au bord, dans l’angle mort, dans les marges qu’on ne visite que pour y trouver les vérités qu’on ne veut pas entendre. C’est un album qui témoigne, qui dénonce, qui soigne — parfois malgré lui. Un disque qui transforme la douleur en lucidité et la lucidité en lumière. Neo Brightwell n’écrit pas pour plaire : il écrit pour survivre, et en chemin, il nous offre un des récits les plus nécessaires de cette Américana moderne qui refuse d’oublier ses morts et ses miracles.
Un album à écouter comme on ouvre une lettre scellée depuis trop longtemps : avec respect, avec fébrilité, avec le sentiment que quelque chose va changer. Et peut-être, enfin, avec la certitude que certaines voix ne demandent pas l’autorisation pour exister.
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novembre 21, 2025« On croit chercher un cœur, mais c’est un système qui nous scrute. Dans Pixelated Perfidy, Áyal transforme la fatigue numérique en électricité émotionnelle, comme si une âme se mettait soudain à vibrer derrière un écran trop froid. »
Écouter Pixelated Perfidy, c’est avoir la sensation d’apercevoir un visage derrière une vitre embuée : on sait qu’il est là, mais quelque chose — une interface, une logique, un calcul — empêche le contact. Áyal, qui signe ici l’une de ses œuvres les plus viscérales, s’empare de cette obstruction moderne pour en faire un cri queer, beau comme une faille dans le système. Le morceau n’est pas seulement une critique des apps de rencontre ; c’est une autopsie douce-amère de l’intimité contemporaine, une manière de demander au monde : que reste-t-il de nous quand l’amour lui-même est mis en équation ?
Le titre s’ouvre comme un nocturne blessé. Les voix funèbres qui flottent au-dessus du silence évoquent une cérémonie intime, une veillée pour les amours qui n’ont jamais pu naître ailleurs que dans une boîte lumineuse tenue au creux de la main. Et puis arrive ce motif d’arpèges, inspiré de la Sonate au clair de lune : un clair-obscur sonore, un ruban mélancolique qui semble hésiter entre résignation et élan vital. Dans cette intro se dévoile la fatigue accumulée en dix ans de swipes, de micro-espoirs, de micro-blessures — une existence passée à tendre la main vers une présence qui n’arrive jamais vraiment.
Mais Pixelated Perfidy n’est pas un requiem : c’est un sursaut. Quand le morceau bascule vers son refrain, on entend l’influence de 10,000 Maniacs et cette puissance quasi-rituelle qui donne aux chansons la capacité de réveiller les corps. Le rock surgit comme une gifle dans la nuit, une poussée de sang neuf pour balayer la paralysie numérique. Áyal chante depuis un lieu où s’opposent deux forces : l’algorithme qui réduit, classe, trie — et le désir humain qui déborde, brûle, refuse d’être domestiqué. C’est ce frottement qui fait vibrer chaque mesure.
La production, dense et cinématographique, n’a rien d’illustratif : elle accompagne l’état d’esprit d’une génération queer élevée dans l’espoir d’un amour libérateur mais piégée dans des interfaces qui ont transformé l’intime en marché. Áyal ne condamne pas seulement les apps ; iel raconte la solitude qu’elles ont laissée derrière elles, cette impression de se perdre dans une salle des miroirs où chaque reflet est trop lisse pour être vrai. Et pourtant, au cœur du morceau, une lueur : la volonté de reprendre possession de son histoire, de revendiquer une forme d’amour qui n’a pas besoin d’un identifiant, ni d’une validation en temps réel.
Pixelated Perfidy est un morceau d’exorcisme autant qu’un acte d’amour envers soi-même. Un titre qui rappelle que derrière chaque swipe, il y a un être qui attend encore que quelqu’un le regarde vraiment. Et Áyal, avec sa voix habitée, sa dramaturgie instinctive et cette façon unique de transformer la lassitude en catharsis, signe peut-être là l’un des hymnes queer les plus nécessaires de l’ère post-algorithme.
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novembre 21, 2025« On dirait un battement qui hésite à continuer, une image qui se fige avant de disparaître, un geste minuscule devenu monument. Dans Coágulo de un instante, Yo capture non pas un moment : l’instant qui saigne autour. »
On ne sait jamais vraiment si Yo écrit de la musique ou s’il sculpte des éclats de vie avec une précision presque chirurgicale. Coágulo de un instante, dernier single avant la parution de Carmina Alegría, ne déroge pas à cette règle secrète : chaque son y pulse comme une cellule isolée, chaque montée respire comme un thorax qui peine à reprendre souffle. Il y a dans cette pièce la tension du post-rock, la lenteur lumineuse du néoclassique, la densité bruissante de l’ambient et quelque chose d’indéfinissable — une vibration intime qui semble provenir d’un lieu enfoui où se confondent douleur, hommage et éclat mystique.
Le morceau progresse par phases, comme des plongées successives dans un liquide épais. Une note tenue devient reflet, un souffle synthétique se mue en souvenir, une pulsation granuleuse évoque le cœur qui serre juste avant qu’un souvenir n’apparaisse. On sent que Yo travaille la musique comme on travaille un texte poétique : par supposition, par retrait, par tremblement. Rien n’est décoratif ; tout est conséquence.
Ce qui frappe d’abord, c’est la dimension quasi cinématographique du titre. Il ne raconte pas, il cadre. Il impose un plan fixe — un de ceux que l’on retrouve dans le cinéma méditatif de Carlos Reygadas ou dans les visions brumeuses d’un Tarkovski tardif. Coágulo de un instante n’est pas une chanson : c’est une caméra qui refuse de détourner les yeux, même quand l’émotion devient trop dense pour être confortable.
À l’intérieur de cette architecture sonore, l’ombre de Carmina Alegría glisse déjà. L’album dédié à la grand-mère de Yo — celle à qui la vie avait promis une carrière radiophonique sous un nom devenu légende intime — hante littéralement chaque seconde de ce morceau. On y entend un adieu qui ne veut pas en être un, un héritage qui ne cherche pas à briller mais à respirer encore, juste un peu. La texture même du son semble chargée de cette histoire familiale : on croirait percevoir, au détour d’un crescendo, un souvenir vocal suspendu dans l’air, jamais explicitement donné mais perceptible comme un parfum.
Yo a toujours défendu une approche de la création affranchie des genres — ni post-rock, ni ambient, ni néoclassique, et pourtant exactement tous à la fois. Ce titre en est la cristallisation : une matière mouvante, sensible, où chaque élément se tient dans un équilibre si fragile qu’on redoute presque de cligner des yeux par peur de le rompre.
Il y a dans Coágulo de un instante une beauté qui ne cherche pas l’effet mais la vérité. Celle des murmures transmis d’une génération à l’autre, des gestes qu’on répète sans savoir pourquoi, des traces qui persistent quand tout le reste s’efface. Une musique qui ne remplit pas l’espace mais révèle les zones minuscules où l’émotion se loge, celles qu’on n’atteint qu’en se tenant immobile.
En refermant ce fragment suspendu, on comprend que Yo n’offre pas un single : il livre un prélude. Un battement. Un caillot d’existence avant que l’album ne vienne, lui, ouvrir la plaie en grand.
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novembre 21, 2025« La musique de REPTYLE ressemble à ces ombres qui s’étirent juste avant l’aube : trop vivantes pour disparaître, trop anciennes pour vraiment rassurer. On n’écoute pas Blazed Shades & Thorned Veils, on y entre comme dans une cathédrale oubliée où chaque pierre vibre encore d’un souvenir. »
Il suffit de quelques minutes dans Blazed Shades & Thorned Veils pour sentir que REPTYLE n’est plus seulement un groupe gothique vétéran. Ils reviennent comme on brandit une relique encore chaude : avec la gravité de ceux qui savent exactement d’où ils viennent, et l’élan vital de ceux qui refusent que le genre devienne un mausolée. L’âme de Bielefeld s’y déploie en nuances incandescentes, transportée par le retour de Kufi aux claviers, qui ouvre dans ces morceaux des fenêtres où la lumière filtre à travers les ténèbres, comme si quelqu’un venait de tirer doucement les rideaux d’un monde en ruine.
Le disque s’ouvre comme une tempête retenue : Spectre of Decline n’annonce rien, il prophétise. Une guitare qui gratte la pierre, un souffle spectral, et soudain cette impression d’être pris dans un vent qui porterait les fantômes d’un siècle entier. REPTYLE travaille ici une dramaturgie d’ombres mouvantes, tout en tension lente, presque ritualisée.
Vient ensuite Never Complain, leur cheval de bataille, déjà taillé pour les nuits sans fin. Le morceau pulse comme une marche déterminée, l’une de ces mélodies dont on ne sait jamais si elle veut consoler ou crucifier. C’est un hymne de survie, un poing serré dans la pénombre, où le refrain semble se pencher sur vous pour murmurer une vérité que vous n’aviez pas demandé à entendre.
Souls Damnation creuse plus profondément. On y sent une colère froide, une lucidité presque trop tranchante. Le groupe y retrouve cette manière très old-school de faire du goth : une basse qui avance comme un animal blessé, un chant qui n’implore rien, mais constate l’irrémédiable. L’écriture devient plus désolée, mais étrangement belle, comme un vitrail sombre traversé par une lumière malade.
Puis Raging Somberness porte bien son nom : une furie retenue, un cœur qui frappe contre une cage d’acier. Le morceau avance avec une urgence sèche, presque post-punk, comme si REPTYLE rappelait soudain que le romantisme noir peut aussi devenir arme blanche. Cette piste coupe, lacère, puis laisse un sillage brûlant.
Damascene, de son côté, opère une mue. Le titre sonne comme une révélation triste, une conversion intérieure. On dirait un morceau qui marche dans ses propres ruines, trouvant dans la poussière quelque chose de précieux, presque sacré. Les claviers de Kufi y déploient un souffle cérémoniel qui élève le morceau jusqu’au seuil du mystique.
Avec Gallow Watcher, REPTYLE se fait conteur funèbre. Le morceau semble veiller sur quelque chose — un passé, une faute, un revenant — sans jamais dire quoi. Les guitares y tracent des silhouettes mouvantes, rappelant la noblesse gothique des premiers temps, mais avec une précision et une densité de production qui prouvent que le groupe n’est pas revenu pour rejouer l’histoire : ils l’étirent, la refondent.
Silence and the Cold respire le givre. C’est un titre qui serre la gorge, un poème d’hiver où la solitude prend la forme d’un paysage gelé. On y ressent la lenteur, la retenue, la beauté fragile des morceaux qui n’ont pas honte de leur vulnérabilité.
Arrive ensuite Ultimate Negation, plus tranchant, presque martial. Une mécanique sombre et hypnotique, comme si le groupe avait décidé d’enlever tout le gras pour ne garder que l’os : la pure force motrice. C’est peut-être l’un des titres les plus radicaux du disque, un pied de nez aux temps modernes, une affirmation que le goth n’est pas décoratif : c’est un état d’être.
En bonus, le remix Never Complain signé Whispers in the Shadow offre un autre visage au morceau phare : plus spectral, plus désarticulé, comme une version qui flotte au-dessus de son propre cadavre. Reptile, reprise des Church, devient quant à elle une déclaration de filiation parfaitement assumée. REPTYLE ne copie pas : ils s’inscrivent dans une lignée, et la prolongent avec respect mais sans révérence excessive.
Enfin, ceux qui exploreront les archives — Remix the Dead, Into Her Desert (Live), Anyway Grateful — découvriront ce qui fait l’essence du groupe : une manière de transformer chaque chanson en rituel, chaque son en trace, chaque silence en présence.
Blazed Shades & Thorned Veils n’est pas un simple retour. C’est un rappel : REPTYLE reste l’un des rares groupes capables de faire du goth une matière vivante, mouvante, encore dangereuse. Un souffle sombre, mais brûlant. Une preuve que certaines nuits ne meurent jamais — elles changent seulement de couleur.
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novembre 21, 2025« Ce morceau avance comme un sourire qui se faufile dans un moment de chaos, la promesse discrète qu’une relation peut être un refuge plutôt qu’un incendie. »
No Trouble possède ce charme rare des titres qui ne cherchent pas à impressionner, mais à apaiser. J Eden semble y avoir déposé une part de lui-même qu’il protège avec pudeur : un désir de paix, de clarté, peut-être même de rédemption. La production, d’abord presque minimaliste, s’ouvre progressivement comme un paysage qui respire. On y entend la sensibilité d’un artiste qui, tout en portant l’héritage de Chicago – ses tensions, ses sirènes, ses contradictions – choisit ici la lumière plutôt que la lutte.
Le morceau construit son identité autour d’un équilibre fragile : une pulsation pop-rap limpide, une écriture qui regarde la complexité du quotidien d’un peu au-dessus, et une interprétation qui embrasse la vulnérabilité comme un acte d’assurance. J Eden n’y incarne pas un personnage, il se présente sans filtre. Loin des postures viriles du rap traditionnel, No Trouble revendique la douceur comme une forme de résistance. C’est presque un geste politique.
On sent dans la structure du titre cette volonté de capturer un état : celui où l’on admet que l’amour n’a pas besoin du drame pour exister. Les arrangements, volontairement clairs, glissent au service d’une narration intime, presque confidentielle. Les synthés dessinent une atmosphère feutrée, les percussions avancent avec souplesse, la voix s’épanouit sans forcer. C’est le genre de morceau qui rend un matin gris un peu moins lourd, un soir trop long un peu plus habitable.
Ce qui surprend le plus, c’est la maturité émotionnelle. On l’attendait peut-être plus extravagant, plus tapageur – mais J Eden choisit la direction inverse : un slowburn intérieur qui, sous ses airs simples, déploie un message élégant. Dans No Trouble, l’artiste affirme qu’il est possible d’aimer sans tempête, de désirer sans guerre, de s’attacher sans s’effondrer. L’espoir a une bande-son, et elle ressemble à ça.
Avec ce titre, J Eden ne signe pas seulement une jolie parenthèse dans son album : il dessine un manifeste. Celui d’un artiste capable de transformer les petites accalmies de la vie en véritables paysages émotionnels. No Trouble n’est pas un tube explosif ; c’est un morceau qui s’installe, qui rassure, qui murmure que la paix est peut-être, finalement, la plus belle des révolutions.
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novembre 21, 2025« MIRROR ne se contente pas de refléter : il avale, distord, recrache une version plus honnête de nous-mêmes, celle qu’on esquive quand la lumière est trop franche. »
Ce morceau m’a cueilli comme un choc discret, un de ceux qu’on ne voit pas venir mais qui vous redessinent la cage thoracique en quelques secondes. CLAMPDOWN – projet noir comme un métal chauffé à blanc signé DEFU. et SEM BRANA – n’entre pas dans la pièce : il l’altère. MIRROR n’a rien d’un premier essai fragile. C’est la naissance d’un langage déjà assuré, un dialecte électronique qui capture la vulnérabilité comme un fluide, la tord dans des textures industrielles puis la dépose à vos pieds, encore chaude, encore vivante. J’ai eu la sensation de découvrir une fissure qui respire.
La voix, si proche qu’on devine presque les contours de la gorge, n’est pas là pour rassurer. Elle vacille délicatement, comme si chaque syllabe était une marche trop mince au-dessus d’un vide intérieur. Elle se faufile dans les infractuosités du mix avec une élégance tendue, rappelant ces instants où l’on ne sait plus si l’on retient un aveu ou un désastre. Cette fragilité assumée, CLAMPDOWN la laisse courir à travers les glitchs, les basses qui rampent comme des ombres liquides, les micro-distorsions qui surgissent telles des pensées intrusives. Tout devient émotion, mais sans une once de sensiblerie.
Ce qui m’a frappé, c’est cette manière qu’a le duo d’utiliser la production comme une scénographie mentale : chaque son porte la sensation d’un geste, chaque silence soupèse le poids d’une hésitation. MIRROR évoque autant une pièce confinée qu’un paysage intérieur aux couleurs métalliques, où le contrôle et la perte se disputent la peau. On sent que le morceau a été façonné non pas pour séduire mais pour incarner un état – celui d’un esprit qui cherche encore sa cohérence et qui accepte, enfin, de se regarder sans filtre.
Les basses cinématiques étendent l’espace comme un souffle retenu trop longtemps. Les textures industrielles, elles, ne tombent jamais dans la démonstration : elles murmurent un malaise, une beauté dérangée mais totalement crédible. On se trouve dans un entre-deux constant, où la douceur affleure au bord du chaos, où la perception se brouille comme une image trop zoomée, pixelisée par l’émotion. C’est cette tension, cette collision entre fragilité et puissance, qui révèle la force du projet. CLAMPDOWN ne cherche pas l’effet ; il cherche la vérité de l’impact.
Ce premier titre ouvre un monde qui n’a rien de décoratif. C’est un univers cohérent, presque cinématographique, davantage pensé comme un organisme que comme une simple production musicale. On y devine une esthétique totale, un projet qui embrasse aussi bien l’audio que l’image, l’identité que l’effacement, comme si tout devait converger vers un même point focal : cette sensation d’être à la fois soi-même et un reflet abîmé.
MIRROR laisse une trace étrange, belle, persistante. Une impression d’avoir entrevu quelque chose qu’on n’était pas censé voir – un reflet imparfait, oui, mais terriblement humain. Si ceci n’est que la première fracture, on peut s’attendre à ce que les suivantes deviennent des coulées de lumière noire impossibles à ignorer.
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novembre 21, 2025« On croit parfois avoir déjà tout entendu dans l’indie rock… puis un artiste surgit avec une chanson qui semble nous suivre longtemps après, comme une ombre lumineuse, un aveu qui refuse de disparaître. »
Sentimental Magic Cape possède cette aura étrange des morceaux qui ne se contentent pas d’exister : ils semblent exhaler quelque chose de l’intimité même de leur créateur. À travers cette session live captée au Levontin, Eyal Erlich se dévoile avec une sincérité presque désarmante, débarrassé de tout artifice, comme si chaque vibration de sa guitare venait directement de l’endroit où les émotions se forment avant de trouver les mots.
La force du morceau réside dans la manière dont il danse entre fragilité et aplomb. Rien n’y est forcé : la voix, légèrement râpeuse, n’essaie jamais de séduire ; elle raconte. Le grain d’Eyal semble porter l’empreinte d’une vie qui ne s’est pas écrite dans la précipitation mais dans l’épaisseur du réel, là où l’amour, les peurs, les petites défaites et les grands recommencements creusent des sillons que seule la musique sait vraiment lire. On retrouve dans son interprétation cette authenticité dont les grandes figures du rock avaient fait une forme de noblesse : laisser traîner un tremblement, accepter la fragilité comme une vérité plutôt qu’un défaut.
Dans Sentimental Magic Cape, l’instant se dilate. Les guitares enveloppent la mélodie d’un halo doux-amer, oscillant entre un romantisme presque désuet et une lucidité contemporaine. La chanson surprend par sa capacité à évoquer les états transitoires — ces moments où l’on quitte une version de soi pour devenir quelqu’un d’autre sans avoir encore trouvé la forme finale. Eyal y glisse une touche d’humour, une distance tendre, l’élégance de ceux qui savent que l’auto-dérision est parfois la seule manière de toucher juste.
Ce qui frappe, surtout, c’est la maturité de sa présence. Eyal Erlich n’a rien à prouver : il raconte, il assume, il dépose. Son geste musical renoue avec une forme de classicisme rock sans jamais verser dans la nostalgie, comme si la tradition devenait un tremplin plutôt qu’un refuge. Cette session live révèle un artiste qui sait créer de l’intime même dans l’espace public, un songwriter dont la simplicité apparente dissimule une profondeur rare.
Avec Sentimental Magic Cape, Eyal confirme qu’il fait partie de ces voix qui ne cherchent pas la tendance mais la vérité. Celles qui ne s’éteignent pas après l’écoute. Celles qui rappellent que la musique la plus puissante est souvent la plus humaine, la plus vulnérable — celle qui ose simplement dire : voilà comment je me tiens au monde.
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novembre 21, 2025« Certaines œuvres naissent là où rien ne devrait pousser : au milieu des fractures, des silences imposés, des colères que quelqu’un finit par confier à une machine, faute de pouvoir les dire autrement. »
Ayip Memleketim Ayip n’a pas l’allure d’un simple morceau : il ressemble davantage à un manifeste arraché du fond de la gorge, puis reconstruit pixel par pixel pour survivre dans un monde où dire la vérité coûte parfois trop cher. Inticome War, artiste turc déterminé à brouiller la frontière entre le vivant et le numérique, transforme ici l’intelligence artificielle en amplificateur de vulnérabilité. Non pas un refuge, encore moins un masque : un champ de bataille.
Ce qui saisit d’abord, c’est cette manière dont la production — générée par IA — résonne comme un décor trop parfait pour être rassurant. Une esthétique glacée, chirurgicale, presque impassible, qui met en relief l’incandescence des mots : les siens, écrits dans sa langue, porteurs de blessures anciennes et de brûlures contemporaines. On perçoit la tension entre la précision algorithmique des textures et la densité émotionnelle qui les traverse : comme si le morceau était perpétuellement en déséquilibre, pris entre la froideur d’un système et le cœur incandescent d’un homme qui refuse de se taire.
La démarche d’Inticome War dévoile un paradoxe fascinant : puisque la société étouffe certaines voix, alors autant confier la charge de crier à ce qu’elle ne peut pas museler. La machine, neutre, devient témoin involontaire d’un malaise collectif ; un outil qui, entre ses mains, s’humanise au lieu de déshumaniser. On y entend les fêlures d’un pays, les contradictions d’une époque, la sensation étouffante de vivre dans un espace où la dignité n’est pas toujours garantie.
Musicalement, le morceau se déploie comme un bloc compact : pulsations lentes, tension continue, atmosphère saturée d’un malaise maîtrisé. Pas de démonstration technique, pas de virtuosité ostentatoire : tout est pensé pour que le message domine la forme, pour que l’écoute se transforme en prise de position.
Ayip Memleketim Ayip marque une étape importante dans cette nouvelle génération d’artistes qui refusent de considérer la technologie comme un simple gadget. Ici, elle devient un vecteur politique, une caisse de résonance pour ce que l’artiste ne peut dire qu’en contournant les chemins habituels. Un acte de résistance numérique, porté autant par la fragilité que par le courage.
Inticome War signe une œuvre essentielle : un cri dans un monde saturé, mais un cri qui, paradoxalement, n’a jamais sonné aussi humain.
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novembre 20, 2025« Certaines chansons s’ouvrent comme une fenêtre : un souffle chaud vous traverse, un paysage que vous croyiez oublié revient d’un coup, et votre cœur a déjà basculé du côté du souvenir. »
Yellow déploie exactement cet effet-là : une sensation d’été qui vous reprend par surprise, comme une lumière revenue d’on ne sait où, mais qui porte encore l’odeur des rencontres trop brèves et des émotions qui ne savent pas se ranger proprement. Luan Luan, avec cette manière très personnelle de traduire le monde en couleurs avant même de le traduire en sons, semble offrir un morceau dont l’intuition précède la structure : une pop éclatée mais précise, une sensibilité queer assumée, et cette douceur nerveuse qui survit à tous les départs.
Le morceau respire comme une photo surexposée : éclats de guitares claires, batterie qui pulse comme une marche rapide sous un soleil écrasant, voix tenue à mi-hauteur, jamais démonstrative mais habitée par une tendresse presque physique. On sent la synesthésie dans la manière dont les textures se répondent : les aigus brillent comme un reflet, le groove avance comme un rayon oblique qui glisse sur un mur, et la production laisse filer un espace où la lumière semble devenir un instrument à part entière.
Yellow raconte un été queer sans en faire un drame ou un manifeste : c’est plus simple, plus beau, plus fragile. Luan Luan chante comme on parle d’une rencontre qui nous a transformé·e plus qu’on ne veut l’admettre. Les arrangements eux-mêmes semblent s’écrire au rythme d’un souvenir qui refuse de mourir : légers, mobiles, traversés par ce mélange de joie et de nostalgie qui n’appartient qu’aux histoires trop courtes. Le morceau ne cherche jamais le tube, mais le devient malgré lui, parce qu’il touche à cet endroit universel où l’euphorie et la perte cohabitent sans se contredire.
Il faut aussi saluer l’écriture musicale derrière cette apparente simplicité : le jeu de guitare en fingerstyle, comme une respiration continue ; les couches synthétiques discrètes qui colorent l’arrière-plan sans jamais étouffer la voix ; la construction progressive qui élargit le spectre émotionnel sans basculer dans le grandiloquent. Tout ici semble articulé pour servir une seule idée : faire sentir la chaleur, pas la raconter.
Et puis Yellow porte quelque chose d’encore plus intime : cette déclaration étrange et magnifique qui traverse le morceau, cette façon de dire à quelqu’un qu’il est une couleur, qu’il éclaire une manière d’être au monde. Luan Luan esquisse là une vision artistique rare — une musique qui ne s’écoute pas seulement mais se perçoit, qui ne cherche pas la métaphore mais la sensation directe.
Yellow s’impose alors comme un chapitre essentiel de leur univers : un lieu où l’amour se mesure en intensité chromatique, où les émotions se déposent comme des pigments, où l’on écoute autant avec le cœur qu’avec la mémoire. Un single lumineux, sincère, qui laisse cette impression étrange d’avoir été touché par une couleur vivante.
Et c’est pour cela qu’on y revient. Parce qu’on en sort irradié. Parce que Yellow continue de briller même quand on éteint tout le reste.
Instagram : luanluanmusic
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novembre 20, 2025« On dirait que quelqu’un a branché une âme mourante sur une prise électrique, et que ses derniers battements tentent encore de dire la vérité. Deux phrases suffisent pour comprendre : Running on Wires n’est pas un album, c’est une fuite à travers un futur fracturé, une lucidité électrique qui refuse d’abandonner la chair aux circuits.»
Il y a, dans ce projet signé Vampire Liver Therapy, cette solitude légendaire des créateurs qui bricolent l’effondrement comme d’autres bricolent des hymnes pop. Sauf qu’ici, tout respire la nuit : une nuit clinique, câblée, où Santiago devient le point d’entrée d’une dystopie intime, nourrie de Bowie période Outside, de la rage industrielle de NIN, des lueurs maladives d’un Manson spectral, et d’une dérive lynchienne où chaque texture semble contaminée par une émotion oubliée.
L’album s’ouvre avec Kill Configurator, une pièce qui pulse comme un cœur encore attaché à une machine de survie. C’est agressif sans hystérie, tendu comme un fil électrique près de rompre, saturé de glitchs qui ressemblent à des souvenirs qu’on débranche volontairement.
Primitive as the Void poursuit l’excavation : une matière sombre, presque terrestre, mais filtrée par un câble optique. On a la sensation de toucher un sol qui n’existe plus, un terrain émotionnel fossilisé.
Puis vient le titre central, Running on Wires, véritable axe du disque. Ici, Vampire Liver Therapy condense tout : la fragilité numérique, le souffle coupé, l’humanité réduite à une suite d’erreurs syntaxiques. Le morceau avance comme une prière faite à un serveur qui expire. C’est beau, triste, vibrant, et étrangement apaisant.
Nowhere Fast accélère le désastre : un morceau qui court tout droit dans le mur, mais le fait avec grâce. Une montée d’adrénaline mélodique, presque pop, mais rongée par un spleen technologique.
Animal Emotions renoue avec l’organique, mais comme si les émotions étaient passées sous un microscope. Ça tremble, ça frotte, ça respire mal. Le morceau semble enfermé dans un bocal.
Memories Fade porte bien son nom : une lente érosion, une corrosion du souvenir. On y entend tout ce que la mémoire humaine perd en premier : le froid, les voix, les couleurs.
I Feel for Your Infection glisse vers la contamination : un morceau corrosif, suintant, presque sensuel dans sa noirceur. Comme un baiser donné à une machine pleine de bugs.
Lingers Like a Ghost : probablement le titre le plus spectral. Les nappes y flottent comme des traces d’humains disparus. C’est un requiem minimaliste, une respiration qui refuse de s’éteindre.
Different Animals renoue avec l’énergie, mais une énergie déformée, étrangère, comme si l’humanité mutait lentement. Une pulsation animale mais enveloppée de chrome.
Enfin, Stupid Soul in Hell termine le voyage : amer, lucide, presque douloureux. Une confession murmurée à travers un ventilateur industriel, une épiphanie électrique. Le titre porte tout l’album en lui : une âme qui cherche un endroit où s’accrocher dans un monde qui ne veut plus de chaleur.
Running on Wires est un album de solitude numérique, mais d’une humanité éclatante.Un manifeste artisanal, radical, produit dans l’ombre d’une chambre mais destiné à éclairer des mondes entiers.
Un disque qui prouve que la fin de l’humanité ne commencera pas par les machines :elle commence toujours par nos souvenirs.
Instagram : vampirelivertherapy
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novembre 20, 2025« Parfois, on tombe sur un morceau qui ne parle pas d’une fête mais de la façon dont on voudrait s’y sentir. Une chanson qui ne décrit pas un moment : elle le fabrique. “A New Year’s Wish” d’AMELINA appartient à cette rare catégorie — celle qui nous redonne envie de croire en ce que la vie invente quand on baisse la garde. »
Le premier choc en écoutant “A New Year’s Wish”, ce n’est pas l’énergie lumineuse du refrain ou les éclats pop-rock que l’on sent taillés pour un générique de coming-of-age. C’est la sensation très précise qu’AMELINA ne chante pas pour la foule : elle chante avec elle. Comme si chaque ligne était adressée à quelqu’un de réel, quelqu’un qu’elle voudrait pousser gentiment vers l’avant, vers une version de soi qu’on a toujours un peu peur d’habiter.
La production, brillante sans être clinquante, déploie ce mélange de guitare étincelante et de pulsations pop qui rappellent l’insolence adolescente d’une Avril Lavigne période Let Go, mais avec ce supplément de sincérité contemporaine — cette urgence générationnelle de transformer ce qui fait mal en quelque chose qui fait tenir debout. Les arrangements n’appuient jamais trop fort : tout est pensé pour laisser monter l’émotion, comme une vague qui hésite avant de casser puis finit par embrasser tout le rivage.
La voix d’AMELINA, elle, porte cette douceur déterminée qu’ont les artistes qui écrivent depuis un endroit vulnérable mais refusent d’y rester coincés. On entend les hésitations, les élans, les éclats de courage — et cette façon très personnelle de pousser une note avec la même énergie qu’on met à souffler des bougies sur un gâteau qu’on souhaite réussir cette fois-ci.
Ce qui frappe dans “A New Year’s Wish”, c’est sa manière d’incarner une transition. Ni un simple titre de saison, ni un morceau d’apparat : c’est une chanson qui cherche, qui avance, qui ose. Un titre qui ressemble à un miroir où l’on observerait sa propre mue. AMELINA ne propose pas une morale, elle fabrique une ambiance : celle d’un soir où l’on décide, sans fanfare, que tout peut recommencer différemment.
Au fond, ce morceau n’est pas un souhait : c’est une permission. Celle de rêver à nouveau, de se dire que la prochaine page peut être plus vaste, plus lumineuse, plus fidèle à ce que l’on porte déjà en soi. Et AMELINA, avec ce single, en devient presque la messagère : l’artiste qui rappelle que les renaissances ne tombent pas du ciel, mais qu’elles existent dès qu’on ose tendre la main.
Instagram : amelinalife
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novembre 19, 2025« BluntBrad Jr ne cherche pas à prendre la place : il construit son propre territoire, brique après brique, mélodie après mélodie. »
Il y a quelque chose d’étrangement cinématographique dans la trajectoire de BluntBrad Jr. Une impression de suivre un personnage en pleine montée, caméra collée à ses pas, comme dans un de ces films où l’on sait que le héros va brûler les étapes, même si personne n’a encore pris le temps de le voir arriver. Avec Knock The Mall Down et I Talk Loud, deux titres sortis à quelques jours d’intervalle, BluntBrad Jr confirme qu’il est l’un des rares artistes du rap mélodique américain actuel à savoir jouer sur deux tableaux : celui de la gueule assumée et celui de la faille qu’on camoufle sous un vernis trap soyeux.
Knock The Mall Down, c’est son morceau le plus frontal, une brutale montée d’adrénaline façonnée pour les haut-parleurs qui cognent sous les sièges. La prod frappe sec, presque industrielle, avec ces basses qui semblent sortir d’un parking souterrain où tout résonne un peu trop fort. BluntBrad s’y déploie avec un flow certain, confiant, presque joueur : une manière de s’imposer sans hausser le ton, comme ces gens dont la présence suffit à faire basculer la pièce. Le morceau a l’arrogance des titres faits pour les virées de nuit, pour les pneus qui crissent et les esprits qui refusent de s’éteindre. Ce n’est pas du gangsta rap caricatural : c’est un monde mental, un espace intérieur où l’on cogne pour exister.
Et pourtant, dans I Talk Loud, il se dévoile autrement. Le rappeur troque la tension pour une vulnérabilité plus complexe, dans un registre cloud hop teinté d’émotions brutes. L’autotune n’est pas un gadget : c’est la texture de ses pensées, la manière dont elles se déforment en avançant. La prod s’évapore, flotte, hésite — elle laisse entrer les doutes, les respirations cassées, les phrases qu’on n’ose pas dire mais qu’on finit par chanter quand même. On y entend le Midwest dans la sincérité, la Californie dans le vernis, et un peu de Post Malone dans le goût du mélodique blessé. Mais BluntBrad Jr ne copie pas : il absorbe, il réarrange, il réinvente pour coller à son propre récit.
Ce diptyque dit beaucoup de son ADN. Un pied dans la trap musclée, l’autre dans l’intime mélancolique. Un flow qui sait mordre, un chant qui sait trembler. Une écriture qui vacille entre assurance et confession. Surtout, une maîtrise instinctive des refrains qui restent, de ces lignes simples qui s’impriment parce qu’elles ne mentent pas.
Ce que raconte réellement BluntBrad Jr avec Knock The Mall Down et I Talk Loud, c’est qu’il est en train de trouver sa voix — une voix hybride, où la mélodie est une arme, où le vécu dicte la forme, où le style n’est jamais un masque mais un prolongement naturel de ce qu’il veut dire. Il n’est pas encore à son sommet, et c’est précisément ce qui rend ces deux titres excitants : on entend la montée, on entend les muscles qui se forment, on entend l’artiste en train de se construire.
Deux titres, deux angles, une même évidence : BluntBrad Jr avance vite. Et cette fois, tout le monde risque de l’entendre.
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novembre 19, 2025« La Pente n’est pas un morceau : c’est un 180, un virage serré où Hina passe de l’ombre à la clarté sans jamais perdre son souffle. »
Une étrange sensation m’a traversé en écoutant La Pente. Comme si je surprenais un artiste à un moment charnière, ce point fragile où l’on arrête d’essayer de plaire et où l’on commence enfin à dire la vérité, la sienne, brute et dérangée. Hina, avec ce deuxième single, choisit précisément cet endroit-là : la faille plutôt que la façade, la montée plutôt que les raccourcis, le réel plutôt que les validations creuses.
Le morceau s’ouvre comme un aveu qu’on aurait gardé trop longtemps dans la gorge. Quelques notes égrenées, presque timides, qui respirent le Maroc désertique, le Oud qui chauffe l’air comme une braise ancienne. Puis une voix, penchée entre deux langues, deux identités, deux héritages qui ne se trahissent pas mais s’entremêlent. On sent la Darija arriver par petites vagues, comme un souvenir qui se réinvite dans la pièce, un parfum de maison qu’on croyait lointain. C’est un geste de loyauté, un retour aux origines, mais jamais nostalgique : plutôt un point d’ancrage avant la tempête.
Et elle arrive vite, la tempête. Le drop est sec, inattendu, calibré pour déraper sous les pieds. La prod bascule de la confidence à l’impact, dans une forme de rage contenue qui relie les mondes : l’électronique fine, presque liquide, heurte une rythmique trap plus urbaine, plus rugueuse. Ce contraste crée le cœur battant du morceau : l’ascension n’est pas lisse, elle secoue, elle déstabilise. Le refrain, lui, accroche comme une corde jetée dans le vide — cette corde qu’on attrape même si on tremble, parce qu’on n’a pas le choix.
La force de Hina, c’est sa façon d’écrire et de composer avec une honnêteté qui tranche. Pas de posture, pas de cynisme, pas de superflu : juste le constat amer d’un artiste qui a trop attendu qu’on le valide, trop vécu l’abandon de ceux qui ne restent jamais quand ça stagne. Il transforme ce constat en moteur. La Pente devient alors un manifeste pour ceux qui avancent en silence, qui montent seuls, qui accumulent les erreurs mais refusent l’aplatissement.
Ce qui émeut, au-delà de la technique, c’est l’énergie de quelqu’un qui s’est reconstruit à l’écart. On y lit un amour profond pour la création artisanale — Hina compose dans sa chambre, fidèle à l’authenticité qui l’a façonné. On y entend aussi la revanche des discrets, ceux qu’on ne regarde qu’une fois arrivés en haut.
La Pente n’est ni un banger opportuniste ni une ballade triste. C’est un morceau hybride, terriblement humain, qui raconte la montée avec ses aspérités, ses griffures, ses respirations difficiles — et la beauté inattendue qu’on trouve parfois dans la lutte elle-même.
Hina ne trace pas simplement son chemin. Il redessine les reliefs. Et si son ascension se fait encore discrète, on sent déjà qu’il est en train de gravir plus haut que prévu.
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novembre 19, 2025« Think Twice n’a pas l’âge qu’il prétend : c’est un morceau qui court trop vite, rêve trop haut et brûle trop fort pour rester dans sa génération. »
Je me surprends parfois à regretter ce moment précis où une chanson vous dérobe littéralement le sol sous les pieds — ce petit choc électrique qui vous rappelle pourquoi on écoute de la musique comme on respire, par nécessité. Think Twice fait exactement ça. Florentenes débarque à la manière de ces groupes dont on entendait parler avant même de les avoir écoutés : avec un vent de rumeurs, une odeur d’urgence, un frisson de promesse. Sauf que la promesse est tenue dès les premières secondes.
Le morceau fuse comme une échappée adolescente sous la pluie de Manchester, les guitares lacèrent l’air avec ce mélange de fougue et de détermination propre aux groupes anglais qui savent ce que signifie porter leur ville sur le dos. On retrouve l’insolence des Libertines, la netteté tranchante des premiers Arctic Monkeys, et cette façon très nordique de laisser la vulnérabilité apparaître sous les angles saillants. Le chant de William Train Smith a quelque chose de brut mais chargé, comme un carnet de notes lu en courant, les émotions encore chaudes entre les doigts.
Ce qui frappe, c’est la manière dont Think Twice transforme une rupture en accélération. Pas de lamentation pesante ici : une montée en puissance tendue, nerveuse, presque cathartique. Le morceau capture cette période étrange où l’on apprend à se détacher, à recoller des fragments, à se réinventer avec ce qui reste — tout ça en gardant le sourire serré entre les dents. Les riffs bondissent, la batterie refuse la demi-mesure, le mix de Dave Eringa respire la scène live, comme si les murs d’un pub tremblaient encore autour du morceau.
Les Florentenes ne jouent pas seulement vite : ils jouent avec un feu qui dépasse leur âge. Leur indie rock transpire la volonté de prouver quelque chose, non pas à l’industrie, mais à eux-mêmes : qu’ils ont les chansons, les épaules, et l’énergie pour devenir cette nouvelle génération de guitar bands que le Royaume-Uni appelle depuis trop longtemps. Leur complicité se sent jusque dans le grain, cette impression d’unité, d’une bande qui avance ensemble vers un avenir trop grand pour elle — mais qui court quand même.
Think Twice n’est pas qu’un single. C’est un avertissement, un virage, un marqueur. Un hymne d’espoir et de gueule de bois, un cri de jeunesse qui claque comme une porte qu’on ferme pour pouvoir en ouvrir une autre. Florentenes, avec ce morceau, prend son ticket au premier rang de la scène britannique de demain et nous invite à monter avec eux — avant que la salle ne soit pleine.
Une chanson qui, comme les meilleures, donne l’impression d’arriver au bon moment, exactement celui où l’on avait besoin d’elle.
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novembre 19, 2025« Une confidence murmurée dans l’ombre : Understand glisse comme un souffle au creux du cou, là où la nuit et le désir cessent de se distinguer. »
Je ne m’attendais pas à ça. À cette sensation de glisser d’un coup sous la surface, comme si quelqu’un avait tiré discrètement le rideau entre moi et la réalité. Understand n’est pas une simple ballade R&B japonaise : c’est une chambre tamisée, un néon rose qui clignote au loin, un souffle chaud qui flotte dans l’air. ROLW — anciennement ROU — signe ici un geste plus intime que musical, un geste de peau, de lenteur, de présence retenue. Il chante comme on tend la main à quelqu’un sans oser le toucher.
Le japonais s’étire en lignes souples, presque liquides, et vient se mêler à un R&B d’une délicatesse presque clinique : les synthés s’évaporent en volutes, les reverbs gonflent et se résorbent comme des respirations, la basse pulse en profondeur, discrète mais déterminante, comme si elle mimait les battements d’un cœur qui s’emballe sans faire de bruit. ROLW comprend le pouvoir du minimalisme : ne dire que ce qui est nécessaire, laisser le reste dans l’entre-deux, là où l’auditeur projette ses propres cicatrices.
Ce qui frappe surtout, c’est la maîtrise des atmosphères. Understand pourrait accompagner un trajet de nuit dans Tokyo, les lumières filtrées par les vitres du métro aérien, ou les gouttes glissant sur une baie vitrée dans un café où le temps semble ralenti. L’esthétique de ROLW n’est pas décorative : elle raconte quelque chose de plus profond, un rapport à la solitude moderne, cette manière de vouloir tout comprendre de l’autre tout en sachant qu’il nous restera toujours un angle mort. Le morceau ne cherche pas à résoudre la distance : il la sublime.
La production, fine comme un tissu japonais, épouse parfaitement cette idée. Elle évolue par petites variations, des micros-paliers qui ne paraissent rien mais transforment tout : une nuance de voix, un frisson dans la stéréo, un écho qui s’allonge comme une pensée qui insiste. On entend le soin, la retenue, une forme de pudeur lumineuse que peu d’artistes R&B parviennent à préserver dans des compositions aussi polies.
ROLW fait partie de ces artistes qui ne cherchent pas à impressionner — seulement à toucher. Et Understand réussit ce pari avec une grâce presque mystérieuse. C’est un morceau pour les nuits qui s’étirent, pour les regards qui évitent de se croiser, pour les émotions qu’on préfère chuchoter. Un R&B alt-pop japonais d’une sensibilité rare, comme une main posée doucement sur l’épaule. Une présence fragile, mais vraie. Une invitation à rester un peu plus longtemps dans l’ombre avec lui.
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novembre 19, 2025« Un duel amoureux masqué par un sourire de velours : Monalisa glisse, séduit et tranche comme une lame qui brille au soleil. »
Je l’ai senti avant même de comprendre les mots : cette tension fauve, ce parfum d’étés interminables, ce quelque chose de fiévreux qui flotte entre les basses et les respirations. Monalisa n’est pas une simple chanson afro-urbaine, c’est une scène en clair-obscur — une place de quartier, une chaleur qui s’accroche aux tempes, la silhouette d’une femme qui avance et derrière elle, deux cœurs en duel, prêts à brûler pour s’attirer la faveur d’un seul regard.
Rousson ne raconte pas, il incarne. Il ne chante pas, il plaque une émotion palpable sur chaque syllabe, comme si sa voix avait déjà traversé la rivalité qu’il décrit. Cette plume, mêlant français, afrikaans et russe, crée une mosaïque identitaire fascinante : le flow danse entre continents, les intentions varient comme les couleurs d’un coucher de soleil équatorial, et la langue devient un terrain de jeu où le désir circule librement. On entend l’urgence de plaire, l’assurance qui masque la vulnérabilité, et cette pointe d’ironie — parce que dans ces histoires-là, personne ne gagne vraiment, mais tout le monde joue quand même.
Le beat, lui, frappe avec une précision presque sensuelle : percussions aérées, basse chaude, touches synthétiques qui s’évaporent comme des éclats de lumière sur une peau humide. Ce n’est pas un morceau qui cherche à impressionner techniquement ; c’est un morceau qui vise l’âme par le ventre. On oscille entre afro-fusion, hip-hop chaleureux et groove presque mbalax dans la manière dont les éléments se frôlent sans jamais se bousculer. Le tempo a cette vertu rare : il donne envie de marcher plus lentement, de laisser son ombre s’allonger, de jouer soi-même la scène.
Ce qui rend Monalisa si enivrant, c’est ce conflit émotionnel très humain : la douceur contre la fierté, le charme contre la stratégie, le cœur contre le masque. Et au centre, Monalisa, figure magnétique que le morceau ne décrit jamais vraiment. C’est volontaire : elle existe dans l’ellipse, dans l’entre-deux, dans la tension qu’elle génère. Elle devient métaphore — celle de ce que l’on désire tant que cela finit par nous redessiner.
Rousson signe un titre solaire, nerveux, intime, porté par une écriture vivante et un instinct de narration rare dans la scène afro-hip-hop émergente. Monalisa respire, vibre, charme. Un morceau qui rappelle que l’amour, même quand il déraille, reste un terrain où la musique parle toujours mieux que nous.
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novembre 19, 2025« Une chanson de Noël qui préfère la vérité aux artifices : lumineuse, tendre, et traversée d’un manque qui sonne terriblement humain. »
J’ai toujours pensé que les chansons de Noël les plus touchantes sont celles qui ne se laissent pas hypnotiser par les guirlandes. Celles qui osent montrer la fissure derrière le décor — un amour qui manque, une chaise vide, une présence fantôme dans l’air froid de décembre. Avec Christmas Without You, Kirstin Knight réussit un tour de force rare : transformer ce manque en groove, faire danser la mélancolie, rendre le sourire à partir d’une absence.
Dès les premières secondes, on sent que Kirstin n’a pas voulu écrire un énième standard festif calibré pour les playlists lumineuses. Elle cherche autre chose : un mouvement du cœur, une petite vibration intérieure. La prod Afrobeats-R&B, étonnamment chaleureuse, installe un swing doux, presque solaire, qui contraste avec le sujet — un amour qui n’est plus là pour traverser la saison. Les percussions claires, les nappes légères, les lignes de basse rondes créent ce tapis moelleux sur lequel sa voix peut s’étirer, s’ouvrir, respirer.
Et cette voix… quelle délicatesse. Kirstin chante comme on murmure des souvenirs à quelqu’un qui n’écoute plus. Elle ne pleure pas : elle constelle. Elle transforme la peine en quelque chose de presque scintillant, comme si chaque note accrochait un peu de lumière aux branches d’un sapin encore sombre. Son timbre a cette richesse héritée du jazz et du soul, une texture où l’on entend mille vies, mille routes. Ce mélange de douceur et d’assurance renforce l’impression d’écouter une artiste qui connaît son propre cœur, et qui n’a pas peur d’en montrer les bords ébréchés.
Ce qui frappe le plus, c’est le paradoxe délicieux du morceau : un texte qui parle de manque, porté par un rythme qui donne envie de bouger. Cette tension crée un charme irrésistible. Christmas Without You devient le genre de chanson qu’on met en boucle parce qu’elle réussit à traduire exactement ce que l’on ressent dans ces saisons d’entre-deux — quand la joie est là, mais boite un peu ; quand les décorations brillent, mais sans chaleur ; quand on continue d’avancer, encore et malgré tout.
Kirstin Knight prouve une fois encore ce qui fait sa singularité : cette capacité rare à mêler vulnérabilité et énergie, nostalgie et groove, douceur et audace. Elle signe ici un hymne des fêtes qui ne ment pas, qui n’enjolive rien, mais qui offre néanmoins du réconfort. Une chanson pour rouler la nuit vers des lumières lointaines, pour rêver à des Noëls passés, ou simplement pour retrouver son propre souffle au milieu du tumulte.
Un morceau pour tous ceux qui savent que Noël ne guérit pas tout — mais qu’une belle chanson peut, parfois, ouvrir un peu la voie.
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novembre 19, 2025« Une caresse orientale qui flotte comme un souffle ancien, entre méditation, mémoire et chaleur acoustique. »
J’ai vécu The Soul Is Sailing comme on vit une chambre d’aube : en silence d’abord, puis avec ce léger tremblement du cœur qui accepte enfin de s’apaiser. Ce morceau n’est pas un titre à écouter, c’est un espace à traverser. Une zone tiède, suspendue, où les gestes se font plus lents, les pensées plus souples, et où quelque chose — peut-être soi-même, peut-être un souvenir oublié — recommence à respirer.
Dès les premières secondes, on sent le grain particulier d’un son façonné à la main : une guitare en bois massif qui sonne comme si elle avait chauffé toute la nuit au soleil de Galilée, un souffle vocal venu d’un lieu intime et presque sacré, un frémissement rythmique qui évoque le sable déplacé doucement par le vent. La présence des influences orientales et méditerranéennes ne relève pas de l’effet cosmétique : elle coule ici comme une langue maternelle, instinctive, viscérale. On y entend un pays, une terre, des routes poussiéreuses, des marches lentes au bord d’un wadi, des soirs d’été où tout semble suspendu.
Ce qui bouleverse, c’est l’humanité du morceau. La fragilité assumée dans la voix, en hébreu, qui semble raconter une histoire que chacun porte sans jamais l’avouer : celle d’un corps qui vieillit, d’une âme qui cherche à rester entière, d’un désir de croire malgré la fatigue, de comprendre ce qu’il reste quand on gratte la surface, quand on se dépouille des rôles. Il y a dans The Soul Is Sailing une forme d’acceptation douce, presque compatissante, comme si le titre murmurait : Reste là. Laisse la vie te traverser, tu n’as rien à prouver.
On sent également la marque d’une collaboration rare : Amir Lev, trente ans de création, capable de transformer trois notes en poignard ou en baume, et Eyal Zusman, qui arrive avec sa sensibilité de comédien, sa façon de modeler les émotions comme on modèle un personnage. Ensemble, ils ne cherchent pas l’épate : ils cherchent l’essentiel. Ils enregistrent en live, avec des instruments acoustiques qui respirent, qui craquent légèrement, qui trahissent la présence du geste. Ce réalisme sonore donne au morceau un relief presque tactile — on pourrait croire sentir les fibres du bois sous les doigts.
Ce qui tient du miracle, c’est cette manière de tisser un pont entre la musique ambient occidentale et le souffle méditerranéen, entre la contemplation et la narration, entre l’intime et le sacré. On pense parfois à Worakls pour la construction émotionnelle, mais ici, le minimalisme est plus organique, moins spectaculaire : il tient de la confidence, pas du climax.
The Soul Is Sailing ressemble à une lanterne laissée près d’une rivière la nuit. Elle éclaire juste assez pour qu’on avance, sans brusquer le noir autour. Elle dit que l’âme, elle aussi, peut se défaire de son poids, dériver doucement vers d’autres rives, et peut-être — peut-être — renaître sous une autre forme.
Un morceau pour flotter. Pour déposer. Pour s’ouvrir. Pour laisser une part de soi reprendre la mer.
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novembre 19, 2025« KING KONG est un uppercut tribal, une montée de fièvre où BB Thomaz transforme chaque battement en déclaration de puissance. »
Il y a des morceaux qui ne frappent pas : ils possèdent. Ils prennent le contrôle du souffle, de la cage thoracique, du rythme cardiaque, jusqu’à ce que le corps décide lui-même de rejoindre la cadence comme une offrande. KING KONG fait partie de ces titres-là — ceux qui ne demandent ni permission ni contexte. Ils entrent, retournent l’atmosphère, imposent un royaume. Et dans ce royaume, BB Thomaz règne en impératrice solaire.
La première chose qui m’a heurtée, c’est cette pulsation afro house lourde, charpentée, animale, comme si les tambours avaient été polis à la chaleur du bitume. On sent immédiatement la patte tribale, une manière d’embrasser l’Afrique dans ce qu’elle a de plus impérieux : le groove comme loi universelle, la terre comme métronome. Chaque percussion semble remonter d’un sol très ancien, chargé de sueur, de célébrations, de défaites, de renaissances. Et par-dessus, BB Thomaz déploie une voix qui brûle la surface : ronde, chaleureuse, agile, un signe de vie qui refuse de s’éteindre.
Ce qui fascine, c’est cette double nature du morceau : mi-danse, mi-déferlement. BB passe du chant aux rap lines avec une aisance féline, mélangeant sensualité et combativité dans un même souffle. Il y a des accents Beyoncé, oui, mais surtout une audace brute, quelque chose de fauve, qui n’appartient qu’à elle. Quand elle clame son autorité, on y entend une femme qui n’a jamais eu le luxe de l’enfance, qui a bâti sa liberté à mains nues, qui a fui pour survivre avant même d’apprendre à rêver. KING KONG résonne comme la revanche d’une vie entière — une proclamation sans tremblement.
Puis arrive ce drop à 1:03, souligné comme une promesse par BB elle-même. Et c’est vrai : il arrache tout. La basse s’épaissit, le beat s’élargit, l’espace s’enflamme. On bascule dans quelque chose de primal et de moderne à la fois, un vortex afro house taillé pour les clubs moites, les nuits longues, les transes collectives. Le morceau n’explique rien, il ressent. Il impose ce que le corps doit faire : céder.
Mais ce qui me touche le plus, c’est la lueur derrière la puissance. BB Thomaz chante comme quelqu’un qui a survécu en transformant la douleur en moteur, la violence en scène, le silence en voix. KING KONG n’est pas un hymne de domination gratuite : c’est un chant de résistance, un manifeste où la musique devient muscle, refuge, affirmation.
Dans un monde saturé d’ego et d’énergie vide, BB, elle, apporte une force vivante, organique, nourrie au réel. KING KONG est un morceau qui porte les cicatrices de celle qui l’a créé — et c’est pour ça qu’il frappe si juste.
Un titre pour danser comme si le sol brûlait. Pour se redresser. Pour rugir. Pour exister sans se cacher.
BB Thomaz, ici, ne joue pas aux géants : elle en est un.
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novembre 19, 2025« JESUS LOVES YOU est cette poignée de lumière qu’on attrape quand le cœur fatigue, une pop simple qui apaise comme une main posée sur l’âme. »
J’ai vécu ce morceau comme on traverse une éclaircie : sans prévenir, un rayon s’insinue, se pose, et soudain tout respire autrement. JESUS LOVES YOU n’a rien de spectaculaire, et c’est précisément là que réside sa force. E.L.I.O. ne cherche pas le miracle, il offre juste une vérité — dépouillée, nue, presque enfantine — avec la délicatesse d’un artiste qui sait que la foi se transmet mieux dans le murmure que dans le cri.
Le morceau s’ouvre dans un halo chaleureux, un tissage de synthés doux et de percussions légères qui rappellent ce que la pop chrétienne a de plus tendre lorsqu’elle assume sa vocation : consoler, rassembler, redonner un peu de souffle. Musicalement, on navigue dans une zone hybride, entre la pop radio-friendly et le rap léger, presque parlé, qui glisse comme une confidence offerte sans apprêt. La production, elle, choisit la clarté plutôt que la démonstration : chaque élément sonne comme une invitation à écouter plus près, plus doucement.
Ce qui touche vraiment, c’est la voix d’E.L.I.O.. Elle porte une conviction calme, une sincérité presque désarmée. Il y a chez lui cette manière de chanter qui semble tenir la main de quelqu’un — un proche, un inconnu, peu importe — et lui dire reste, c’est pour toi que je suis là. Son flow s’écoule avec une simplicité désarmante, jamais dans la performance, toujours dans l’intention. On sent derrière chaque inflexion un vécu, une foi vécue au quotidien, loin de tout dogme spectaculaire.
JESUS LOVES YOU sonne à la fois moderne et intemporel. Moderne par ses synthés lumineux, ses petites touches trap-pop, son écriture directe. Intemporel parce qu’il renoue avec l’essence même du gospel : la parole comme refuge, la musique comme baume. E.L.I.O. réussit ici un équilibre rare : exprimer sa spiritualité sans jamais forcer celle des autres, offrir un message d’amour sans détourner le regard de ce que vivent celles et ceux qui manquent de force.
Ce morceau, c’est une respiration. Une musique qui préfère la douceur à la doctrine, la proximité à la grandiloquence. On y perçoit ce que l’artiste porte profondément : la volonté de rendre tangible un amour invisible, de faire exister un peu de lumière dans les recoins où l’on finit parfois par s’oublier.
En refermant l’écoute, j’ai eu cette impression subtile que quelque chose en moi avait glissé, comme si une lourdeur s’était un peu dissoute. JESUS LOVES YOU n’est pas une chanson de célébration — c’est une chanson d’accompagnement. De celles qui marchent à côté de vous quand tout le monde semble s’éloigner.
E.L.I.O. signe ici un morceau humble, lumineux, capable de toucher même les cœurs les plus réticents. Parce qu’au fond, on a tous besoin d’un peu de douceur. D’un rappel. D’une main tendue dans la nuit.
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novembre 19, 2025« L’art d’embrasser l’absence sans jamais s’y perdre — une course ralentie où l’émotion respire entre deux battements de synthé. »
Je me suis surpris à écouter Away avec cette sensation étrange d’être déjà parti quelque part, même en restant assis. Une impression de route au crépuscule, de chaleur qui s’attarde sur la peau tandis que l’esprit, lui, cherche un point d’ancrage. Ce genre de morceau qui s’installe comme un état second — parce qu’il ne cherche jamais à impressionner, seulement à envelopper.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la manière dont bluuwav, producteur australien aux instincts très précis, sculpte l’espace sonore. Il ne construit pas un décor : il construit une atmosphère. Une chambre bleutée, humide, presque suspendue. La house chill s’y faufile avec retenue, comme si chaque pulsation devait respecter un secret. Les synthés, eux, avancent en nappes tendres, jamais envahissantes, et laissent la voix de Ben Provencial respirer, s’ouvrir, s’abîmer parfois dans une mélancolie lumineuse.
Ce duo fonctionne parce que chacun comble ce que l’autre esquisse. bluuwav façonne le mouvement : un tempo qui ne presse jamais, une dynamique subtile, des textures soyeuses qui évoquent Shallou, Oskar med k, et cette école électronique qui préfère la douceur aux artifices. Ben Provencial, lui, apporte le grain humain — un timbre chaud, légèrement voilé, qui dit le manque sans s’y noyer.
Away est une fuite. Mais une fuite lente, presque voluptueuse. On n’y court pas : on glisse. Le morceau porte en lui une urgence contenue, une tension discrète, comme si quelqu’un s’éloignait en jetant un dernier regard par-dessus l’épaule. Il y a ce balancement permanent entre le désir de partir et celui de rester, entre la douceur du souvenir et la nécessité du mouvement. C’est ce paradoxe qui fait toute sa beauté.
La production est d’une maîtrise rare : chaque élément a sa place, aucun n’est gratuit. Le beat, minimal mais précis, donne l’impulsion ; les pads respirent ; les effets vocaux ne cherchent pas la démonstration mais l’émotion. Et au cœur de tout ça, une mélodie fragile, presque chuchotée, qui se blottit contre l’oreille comme un aveu qu’on fait à mi-voix.
On reconnaît aussi dans l’écriture sonore de bluuwav l’empreinte d’un producteur qui a beaucoup voyagé, musicalement et humainement. Ce sens du détail hérité de la pop moderne, cette architecture claire héritée de ses travaux dans le sync, cette façon instinctive de laisser la voix dicter la direction émotionnelle du morceau. Away n’est pas juste une collaboration : c’est la rencontre de deux sensibilités qui vibrent au même rythme.
J’aime la modestie du morceau. Sa façon de ne jamais hurler pour exister. Il avance avec l’assurance de ceux qui savent que la beauté, parfois, se niche dans les nuances, dans les demi-teintes, dans les silences qu’on remplit de soi. Away parle de distance, d’absence, de cette zone trouble où l’on se dissout un peu, mais sans renoncer à avancer.
C’est un track pour rouler la nuit, pour marcher seul, pour danser doucement, pour respirer. Pour réapprendre que même lorsqu’on s’éloigne, on peut se trouver.
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novembre 19, 2025« Na Na Benz, c’est la pulsation d’un héritage qui refuse la poussière : un battement de cœur ancestral propulsé dans un futur où les femmes écrivent encore l’économie du monde. »
Je suis resté un moment immobile après la première écoute de Na Na Benz. C’est rare, cette impression que la musique vous regarde droit dans les yeux, consciente d’elle-même, de son poids, de sa mission. James BKS ne signe pas seulement un morceau : il dépose un étendard, le genre qu’on soulève pour réveiller une mémoire que l’histoire globale a trop souvent reléguée dans les marges. Et ce geste, il le fait non pas dans le silence – mais dans le vacarme glorieux d’un groove qui dévore le sol.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’architecture. James BKS plante un décor sonore où la drill urbaine se mêle aux polyrhythmies bikutsi avec une fluidité presque insolente. Rien ne sonne forcé. Rien ne sonne décoratif. Tout est organique : la percussion mord, la basse rampe comme une bête sûre de sa force, les voix résonnent comme des incantations. C’est un territoire sonore hybride, mouvant, qui respire l’Afrique contemporaine autant que les diasporas créatives disséminées entre Paris, Douala et Brooklyn.
James BKS, en héritier conscient de la puissance rythmique que son père, Manu Dibango, a imprimée dans le monde, manie le beat comme une matière vivante. On sent un homme qui sait que la musique peut porter une mémoire, réveiller un récit, faire danser une vérité. Et dans ce morceau, cette vérité s’appelle les Nana Benz. Ces femmes togolaises qui, bien avant le storytelling moderne, avaient compris comment transformer un tissu en empire, un motif en arme, un commerce en souveraineté.
Ce que j’admire dans ce morceau, c’est la manière dont James BKS ne tombe jamais dans l’hommage figé. Au contraire : il rend ces femmes vivantes, présentes, étincelantes. Dans le beat, on entend la rapidité des négociations sur les marchés, dans les basses la fermeté des décisions, dans les chœurs le murmure collectif de celles qui construisent, pierre après pierre, des indépendances intimes et économiques. C’est un morceau qui honore sans nostalgie. Qui raconte sans muséifier. Qui transmet sans édulcorer.
Le choix esthétique est d’ailleurs d’une précision folle : les textures drill donnent au morceau un tranchant contemporain, une urgence de bitume, tandis que le bikutsi insuffle une pulsation tellurique, profondément enracinée. C’est un mariage risqué, mais James BKS maîtrise trop bien les tensions pour que quelque chose déborde. Résultat : un track qui frappe autant le corps que l’esprit, un pont sonore entre continents, générations, combats.
Le flow, lui, avance comme un mantra. Pas dans une énergie agressive mais dans une affirmation calme, souveraine, presque rituelle. On n’est pas dans la démonstration technique : on est dans la célébration de l’ADN, dans le chant d’un héritage. C’est cette sobriété habitée qui donne au texte sa force. James BKS ne joue pas au narrateur : il incarne.
Na Na Benz est un morceau qui pourrait faire vibrer un club comme un musée, une radio mainstream comme une conférence sur la place des femmes dans les économies informelles africaines. Et c’est précisément ce qui en fait un bijou : il refuse le cloisonnement. Il circule. Il affirme. Il rassemble.
À travers ses choix, sa production, son intention, James BKS rappelle une vérité simple et pourtant révolutionnaire : danser peut être politique, rappeler peut être joyeux, transmettre peut être incandescent.
Et dans le monde d’aujourd’hui, ça fait du bien d’entendre un artiste écrire une page d’histoire en faisant trembler les murs.
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novembre 19, 2025« NO REST, c’est ce moment où ton cœur accélère avant ta tête, et où la nuit te demande d’aller plus loin que ce que tu pensais pouvoir donner. »
Je ne sais pas si Rick Tonnii dort parfois, mais à l’écoute de NO REST, on comprend très vite que le mec vit dans une autre fréquence, une zone où le sommeil n’existe pas, où seules comptent l’impulsion, la montée d’adrénaline et la chair à vif du présent. Ce morceau n’est pas un simple track trap — c’est une poussée de tension maîtrisée, un claquement de doigts dans une pièce noire, un frisson qui court sur la colonne vertébrale pendant que les synthés s’embrasent.
La première chose qui frappe, c’est la densité. Pas une densité lourde ou brouillonne, mais cette densité urbaine qui ressemble à une ville pleine de néons, de sueur, de pas pressés à 3h du matin. Le beat pulse comme un moteur sous l’asphalte, tout droit sorti d’un laboratoire où la trap flirte avec l’électro futuriste. La production convoque cette esthétique rage-y, presque cyberpunk, où chaque synthé tranche comme une ligne de lumière bleue dans la pénombre.
Rick Tonnii arrive dessus avec une précision chirurgicale. Son flow, rapide, anguleux, charismatique, semble vouloir perforer le silence avant même de commencer. On sent un rappeur qui comprend l’espace, qui sait quand mordre, quand se retirer, quand accélérer la cadence jusqu’à l’essoufflement. Il possède ce truc rare : l’instinct. Pas seulement du rythme, mais de la présence. On l’imagine rapper à deux centimètres du micro, respiration chaude, détermination scotchée au palais.
La manière dont il glisse entre l’anglais et le coréen ajoute une dimension sensorielle inattendue : un lyrisme coupé au scalpel, un changement de texture, une sorte de vertige bilingue qui donne au morceau son identité presque transfrontalière. Ce mélange, dans sa spontanéité, crée un sentiment de course entre deux mondes — et Rick Tonnii, lui, fonce sans regarder en arrière.
Ce qui me fascine dans NO REST, c’est son refus absolu du repos, justement. Tout est construit pour maintenir la tension : les nappes synthétiques qui montent comme un avertissement, les basses qui se déploient en vagues compactes, les micro-ruptures dans le beat qui font l’effet de petites explosions internes. Pas de zones mortes. Pas de répit. Le morceau avance comme un train lancé trop vite, mais qui reste parfaitement sur ses rails.
La sensation globale, c’est l’urgence. L’urgence de dire, de prouver, de marcher plus vite que les doutes. L’urgence de vivre dans la vibration plutôt que dans la retenue. Et cette urgence, Rick Tonnii la porte dans la voix, dans l’énergie, dans les respirations courtes qui donnent l’impression qu’il rappe en plein sprint.
NO REST n’est pas un titre qu’on écoute pour se poser — c’est celui qu’on joue quand on a besoin de se réveiller de l’intérieur, de faire fondre un plafond mental, de sortir dans la nuit avec l’impression d’être invincible. Rick Tonnii réussit ce que les artistes les plus affutés maîtrisent : créer une atmosphère, une scène, un monde entier en seulement quelques mesures.
Un morceau nerveux, incandescent, qui refuse le sommeil comme on refuse la défaite — avec panache, puissance et une dose d’insolence parfaitement dosée.
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novembre 19, 2025« Find You est ce genre de track qui te donne l’impression de courir vers quelqu’un… alors que c’est peut-être toi que tu rattrapes enfin. »
J’ai laissé Find You s’installer dans mes écouteurs comme on laisse la nuit s’infiltrer sous une porte : doucement, puis soudain partout. Ce morceau, sous ses atours électro-pop parfaitement calibrés, possède cette rare capacité de faire vibrer quelque chose d’intime sans jamais forcer, sans jamais exhiber son intention. Il agit par capillarité, par petites particules émotionnelles, jusqu’à ce que la mélodie devienne une évidence sensorielle.
Dès les premières secondes, une impression de course s’installe — pas la course éreintée, mais celle, légère, d’un film que l’on rêverait de vivre. Les synthés, aériens mais précis, tracent une ligne claire vers une sorte d’horizon pop où chaque pulsation semble dire : “avance encore, quelque chose t’attend”. Il y a une sincérité dans cette production, une conviction dans la manière dont les couches électroniques s’empilent sans jamais écraser la douceur du morceau. Un équilibre rare, presque fragile, qui rappelle la meilleure époque de la synthpop britannique, mais revisitée avec le raffinement d’un artiste qui pense chaque détail, chaque résonance.
La voix de Priyank Shah traverse le morceau comme une lumière guidante — chaleureuse, limpide, presque consolante. On y entend l’écho d’une identité musicale hybride, profondément nourrie par la dualité de ses influences. On sent, dans sa manière de poser les phrases, une élégance héritée d’une autre culture, un phrasé qui semble effleurer des sensibilités plus anciennes, plus profondes. Ce n’est jamais ostentatoire, jamais symbolique à outrance : c’est là, subtilement, comme une empreinte, comme un battement de cœur qu’on reconnaît instinctivement.
Find You évolue sans explosion spectaculaire. Sa force réside dans une montée émotionnelle feutrée, dans ces touches de production qui ouvrent peu à peu le paysage sonore. Une basse ronde qui devient un fil conducteur. Des nappes synthétiques qui gagnent en amplitude, comme si elles respiraient. Un beat qui pulse sans violence, mais avec cette assurance irrésistible des titres qui savent exactement où ils veulent mener leurs auditeurs.
Ce qui m’a frappé, c’est la façon dont le morceau réussit à évoquer, sans paroles explicites, cette tension entre le manque et le désir, entre la quête et la révélation. Find You devient un espace mental, un endroit où l’on projette ses propres histoires, ses propres visages. C’est un titre qui nous ramène à ce moment suspendu où l’on comprend que courir vers l’autre, c’est souvent courir vers une version plus vraie de soi-même.
La signature de Priyank Shah, cette fusion délicate entre modernité pop et identité musicale enracinée dans des traditions plus anciennes, agit ici comme un charme discret mais puissant. Il transforme un track électro-pop en un dialogue intime entre cultures, émotions, et pulsions de danse.
Find You, au final, est un morceau qui ne cherche pas à impressionner mais à toucher. Et c’est précisément pour ça qu’il reste — dans la tête, dans les sensations, dans le corps. Une pièce lumineuse, tendre et instinctive, comme une main qu’on attrape dans la foule pour ne pas se perdre.
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novembre 19, 2025« The Finest transforme la piste de danse en hologramme où ton corps se rappelle soudain comment rêver debout. »
Le premier contact avec The Finest m’a donné l’impression de glisser dans une dimension déjà vécue, mais jamais totalement possédée. Un endroit où le soir se découpe en reflets liquides, où chaque synthé évoque un souvenir qui se dérobe, où les lignes de basse s’étirent comme des halos sur un parquet encore chaud des pas d’une fête qui ne s’est peut-être pas terminée. Trip Tease, fidèle à ce nom devenu presque une fiction sensorielle, réussit une fois encore à bâtir une expérience qui dépasse l’écoute pour toucher directement au mouvement instinctif — celui qu’on ne décide pas, celui que l’on suit.
The Finest pulse dans l’air comme une invitation secrète, presque intime. La production, taillée dans un alliage de nu-disco, de synthpop et d’une house qui refuse de vieillir, affirme une esthétique profondément charnelle : tout respire, s’enroule, glisse. Carlos Salame ne joue pas simplement avec les textures électroniques ; il les met en tension, comme si la beauté surgissait précisément dans le point de friction entre le pulsé et le flotté. Une basse ronde, élastique, qui sert de colonne vertébrale à un morceau construit comme un voyage de nuit — lumineux mais jamais écrasant. Les nappes synthétiques, elles, agissent comme des ombres colorées : elles entourent, elles hypnotisent, elles cajolent presque.
Et puis, il y a la voix. Ce timbre doux mais sûr, qui flotte à la surface sans jamais s’y noyer, comme un narrateur discret qui préfère suggérer plutôt que dominer. Sa présence est parfaitement calibrée : assez proche pour être intime, assez distante pour conserver cette aura rêveuse qui donne à The Finest son charme presque spectral. Les mots deviennent alors des silhouettes : on les aperçoit, on les ressent, mais ce sont les intentions qui restent. Une manière de crooner contemporain, à la fois chic et vulnérable.
Le morceau suit une construction progressive, pensée comme une montée en puissance sans explosion. Pas de drop hystérique, pas d’effet gratuit : tout se joue dans les micro-variations, dans la façon dont la rythmique se densifie, dont les percussions ajoutent un frisson supplémentaire sur la peau, dont les synthés s’ouvrent d’un millimètre supplémentaire. Ce soin du détail, cette intelligence du presque rien, c’est justement ce qui rend The Finest si addictif. On croit pouvoir s’en détacher et pourtant, on revient immédiatement, happé par ce lustre sonore.
Trip Tease maîtrise cette esthétique rare : l’élégance du trouble. Le morceau avance comme une caresse teintée de mystère, un slow disco futuriste qui aurait été remixé par un souvenir. Et dans un monde saturé de titres qui cherchent à séduire trop vite, The Finest choisit la suggestion, la sensualité aérienne, ce jeu subtil entre nostalgie et avant-garde.
Après plusieurs écoutes, une évidence s’impose : ce titre ne cherche pas à capturer un moment festif, mais à fabriquer son propre espace-temps. Une bulle nu-disco, précise et brumeuse, où l’on se retrouve à danser seul, heureux, peut-être un peu hanté, mais intensément vivant.
Trip Tease signe ici l’un de ses morceaux les plus aboutis — une pièce qui ne raconte pas seulement la nuit, mais ce qu’elle réveille en nous.
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novembre 19, 2025« Ti Amo n’entre pas dans une pièce : il s’y glisse comme une chaleur, un parfum, une envie qu’on comprend avant même de l’entendre. »
J’ai eu l’impression d’écouter un souvenir qui ne m’appartenait pas encore. Ti Amo de Dims a ce pouvoir étrange : il dépose sur la peau un mélange d’insolence douce et de désir tranquille, comme si l’amour naissant se résumait à une pulsation, un souffle, un pas de danse volé dans une rue où l’été refuse de mourir. J’ai voulu comprendre ce qui me happait, et je me suis retrouvé à analyser chaque mouvement du morceau comme on observe quelqu’un qu’on commence à aimer, sans jamais réussir à en pointer la raison exacte.
Le beat, d’abord. Non, pas un simple beat : une colonne vertébrale qui ondule, un cœur funk carioca qui a traversé l’Atlantique pour se marier à un ADN afro-pop lumineux. La production respire, s’ouvre, resserre son étreinte puis relâche. On sent derrière chaque élément une envie de provoquer le corps avant l’esprit. L’ingrédient brésilien n’est pas là pour le folklore : il est présent comme une vibration organique, quelque chose de moite et inévitable. Un groove qui ne force pas, qui suggère — c’est beaucoup plus dangereux.
Puis vient la voix de Dims. Une manière de parler-chanter qui ne veut pas séduire mais qui finit par le faire malgré elle. Des inflexions chaloupées, des intentions presque murmurées, un phrasé qui glisse, qui accroche, qui mord par endroits. Ce n’est pas du rap frontal ni de la pop assumée : c’est un entre-deux, un espace intime où chaque intonation semble raconter une confidence qu’il ne répétera qu’une fois. Dims ne cherche pas à impressionner ; il cherche à faire ressentir. Et c’est précisément pour ça que ça fonctionne.
L’ensemble évoque un flirt qui se déroule à la fois dans la rue, sur un trottoir tiède, et dans une fête improvisée où les basses tremblent contre les vitres ouvertes. Ti Amo devient alors plus qu’un morceau : une ambiance, un décor, un souvenir potentiellement réel. Cette fusion franco-funk-afro est servie avec une élégance presque insouciante, mais sous cette apparence légère se cache une construction chirurgicale. La dynamique du titre est réglée comme une respiration : trop brève pour que l’on s’en lasse, trop intense pour qu’on l’oublie.
À la fin, je me suis surpris à sourire. Certains titres franchissent la frontière entre la musique et l’émotion en douce, sans prévenir. Ti Amo en fait partie. Dims y déploie un style qui lui est propre : spontané, sensuel, profondément urbain mais traversé d’une douceur inattendue. Le genre de track capable, en trois minutes, de te rappeler que tomber amoureux est toujours un peu un acte de groove.
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novembre 19, 2025« 6 Feet Down, c’est un flow qui remonte du sol comme une vérité qu’on avait tenté d’enterrer — et qui revient, intacte, prête à parler. »
Il existe des morceaux qui ne rappent pas : ils confessent. 6 Feet Down est de ceux-là, un titre où le hip-hop ne se contente pas d’être un genre mais devient une chambre d’écho souterraine, un espace où chaque mot a la densité d’un pas dans la poussière, où chaque vers semble griffé contre les murs d’une solitude en clair-obscur. Cette voix — ou plutôt ce souffle qui affûte le timbre — ne cherche pas la démonstration. Elle cherche l’impact, la vérité, la ligne la plus fragile qui sépare la résilience du vertige.
Dès l’entrée, on sent que N3WALASKA ne veut pas séduire : il veut raconter, même si ça dérange, même si ça creuse. Le beat old-school, avec sa chaleur granuleuse, sert de plancher instable sous le flow. Les textures modernes, plus aérées, ouvrent la profondeur. Et la voix, elle, navigue entre les deux comme un funambule qui a déjà chuté, mais qui remonte malgré tout sur le fil. C’est cette tension — entre le passé et le présent, entre la maîtrise et la fêlure — qui transforme 6 Feet Down en morceau de chair et non en simple exercice.
Le ton est posé mais jamais paresseux. Chaque rime a le goût d’un constat, d’un retour sur soi. On dirait un rap né d’un silence trop long, celui qui finit par éclater dans une parole intérieure chargée de lucidité. Les attaques sont sobres mais précises ; on entend les dents serrées derrière certains mots, la fatigue contenue derrière d’autres. Pas de surjeu, pas d’artifice — juste cette sincérité brute qui rend le morceau terriblement humain.
La production accompagne ce mouvement comme une caméra qui colle aux épaules. Les kicks se succèdent avec une régularité presque cardiaque. La basse ronronne comme une bête tapi sous le sol. Les nappes mélodiques, minimalistes, ressemblent à des lueurs aperçues à travers des fissures. On n’est pas dans un banger, ni dans un storytelling classique : on est dans une confession rythmée, une marche intérieure avec le souffle de celui qui a trop retenu.
Et c’est lorsque la voix s’éteint, brusquement, qu’on comprend l’ampleur de ce qui s’est dit : 6 Feet Down ne raconte pas une chute, mais une remontée. Le titre n’est pas une métaphore macabre, c’est une direction inverse. On n’écoute pas quelqu’un qui descend — on écoute quelqu’un qui revient, qui remonte, qui refuse l’oubli.
N3WALASKA signe ici un morceau rare : un rap qui a l’intimité d’un journal et la pudeur d’une cicatrice. Une œuvre qui ne cherche pas l’effet, mais la sensation juste. Une voix qui, même enterrée, finit toujours par frapper à la surface.
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novembre 19, 2025« Ncebeleka est cette caresse rythmique qui te chuchote de relâcher les épaules, de respirer enfin, et de laisser quelqu’un aimer à ta place pendant un instant. »
Ce qui frappe en premier dans Ncebeleka, c’est la voix. Pas la prouesse, pas l’effet, pas l’artifice : la présence. Cette manière très organique qu’a GudGuy de poser ses mots sur l’instrumental, comme s’il les sortait directement du profond de la poitrine, sans détour. Il n’a pas besoin de forcer : la tendresse fait le travail à sa place. Il chante comme on parle à quelqu’un qu’on veut rassurer — avec douceur, mais avec cette certitude tranquille qui change la respiration de l’autre.
C’est un morceau d’amour, oui. Mais surtout un morceau d’abandon. Un slow groove sud-africain qui ne cherche pas la suite, qui ne cherche pas l’effet : juste l’instant. Les percussions roulent avec une élégance presque liquide, la basse enveloppe sans jamais serrer, et la voix flotte entre confidence et promesse, comme un « tu peux te détendre avec moi » chanté au creux de l’oreille.
Puis vient Sastii, et la dynamique bascule. Sa voix apporte un contraste magnifique : plus anguleuse, plus vive, presque effrontée par moments. Là où GudGuy ouvre l’espace, Sastii le ponctue. Sa présence vocale est une étincelle, une accélération qui ne casse rien mais révèle le morceau sous un nouvel angle — celui du désir qui avance sans réfléchir, qui embrase parce qu’il est vivant. Le duo fonctionne comme une conversation intime qu’on prendrait en plein vol : deux sensibilités, deux manières d’aimer, deux énergies qui finissent par se rejoindre sur un terrain commun, celui du sentiment assumé.
C’est aussi dans les respirations entre les phrases qu’on entend la vérité du morceau. GudGuy laisse des silences, des moments suspendus où la tension retombe pour mieux renaître. Sastii, lui, remplit l’espace, ramène la pulse, refuse l’immobilité. Ensemble, ils racontent ce que c’est que d’apprendre à s’apaiser grâce à quelqu’un — mais aussi ce que ça demande de courage de se laisser voir.
Ncebeleka n’est pas qu’une belle production afro-pop teintée de R&B : c’est une scène miniature, un fragment de vie capturé avec une sincérité désarmante. On y entend l’histoire d’un garçon du Mpumalanga qui a appris à ressentir avant de parler, et celle d’un jeune rappeur de KZN qui se fraie un chemin avec le feu dans la gorge. Leur rencontre n’a rien d’un hasard : elle sonne comme une évidence.
Et quand la dernière note s’évapore, on se retrouve exactement là où le morceau voulait nous conduire : dans un espace calme, chaud, presque intime. Là où l’on peut, enfin, ncebeleka. Relaxer. Respirer. Aimer.
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novembre 19, 2025« Bloody Mary murmure d’abord comme une pensée dangereuse qu’on n’ose pas dire à voix haute, puis explose en un cri qui libère bien plus qu’il ne détruit. »
Il y a des duos qui ne se rencontrent pas : ils se heurtent, ils se percutent, ils s’électrisent. Et dans ce frottement, il se passe une chose rare : une vérité brute se met à chanter. Bloody Mary, premier morceau de Jessi & Joseph, porte exactement cette charge — une intensité presque accidentelle, presque trop sincère pour un premier geste. Comme si le duo s’était retrouvé en studio avec une urgence : dire ce qui ronge, ce qui isole, ce qui déraille, avant que ça ne déborde ailleurs.
Le morceau démarre avec une retenue trompeuse. Une tension suspendue, une guitare qui semble tailler l’air autour d’elle, un espace qui respire comme une pièce où quelqu’un tourne en rond, incapable de s’arrêter de penser. La voix de Jessi arrive alors — vulnérable, vibrante, mais déjà au bord de quelque chose. Elle ne raconte pas : elle incarne la fatigue mentale, le vertige intérieur, cette spirale qui fait de la solitude un couloir sans fenêtre. Son timbre a cette façon de s’effriter sur certaines consonnes, comme si les mots eux-mêmes pesaient trop lourd.
Puis Joseph fait entrer le morceau dans une autre dimension. On sent dans sa batterie l’histoire d’un musicien qui a longtemps écrit dans l’ombre, obsédé par une muse qui ne savait pas encore qu’elle en était une. Ses frappes ne rythment pas : elles dévoilent. Elles font remonter l’impulsivité, la colère rentrée, les pulsions qui frôlent les limites. On est là, entre un rock alternatif affûté et un progressif qui assume ses embranchements, ses ruptures, ses escalades. C’est un morceau qui avance par spasmes, par impulsions émotionnelles plus que par structure classique.
La montée est magistrale. Le refrain, presque arraché, transforme la souffrance en matière vive. Bloody Mary devient un cri partagé, un miroir tendu à toutes ces pensées qu’on n’avoue pas, ces gestes qu’on imagine sans les faire, ces nuits où l’on négocie avec soi-même. Et cette honnêteté, viscérale, presque crue, fait toute la beauté du morceau : il n’est jamais décoratif. Il est nécessaire.
Il y a aussi la dimension presque cinématographique de ce duo. Jessi, muse involontaire, voix incandescente. Joseph, batteur poète, créateur d’une cartographie émotionnelle complexe. À deux, ils signent un premier titre qui n’a rien du brouillon débutant. C’est une œuvre qui assume ses zones sombres, ses angles tranchants, ses malaises – pour les transformer en quelque chose qui ressemble, enfin, à un exutoire.
Bloody Mary n’est pas une simple entrée en matière : c’est une déflagration. Une déclaration d’intention. Et un avertissement doux-amer : Jessi & Joseph ne viennent pas pour rassurer — ils viennent pour dire vrai. Et c’est exactement ce qui les rend déjà incontournables.
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novembre 19, 2025« Dream It All Up Again écoute votre fatigue comme une confidence nocturne et vous rend l’envie de recommencer — lente, fragile, mais brûlante. »
Il y a des morceaux qui ne se contentent pas de vous plaire : ils vous réparent un tout petit peu, sans prévenir, par leur manière d’habiter l’air. Dream It All Up Again m’a fait cet effet-là. Une sorte de souffle, presque imperceptible au début, qui installe immédiatement l’intime, le sensible, la délicate architecture d’un cœur qui s’est fissuré plus souvent qu’il ne l’avoue. Avec Gina French, on n’est pas dans une performance vocale exhibée. On est dans l’évidence émotionnelle pure, cette manière de chanter comme si chaque syllabe s’était d’abord murmurée seule dans une chambre avant de s’oser au monde.
Le morceau s’ouvre avec cette douceur légèrement bleu-nuit, un camaïeu feutré de guitare et de nostalgie qui donne l’impression de regarder la vie à travers une vitre couverte de pluie. Puis la voix de Gina arrive. Une voix dont la texture évoque des choses enfouies : des souvenirs d’enfance, des silences, des déplacements, des chutes, des renaissances. Il y a quelque chose de profondément incarné, de viscéral mais sans jamais verser dans l’emphase. Elle chante comme on respire après avoir pleuré : avec gravité, mais décidée à reprendre le contrôle.
Le titre raconte le recommencement, la reconstruction après les détours, les murs, les pertes. Et ce qui frappe, c’est que ce n’est jamais traité comme une posture héroïque. Pas de grand récit triomphant. Plutôt une invitation humble à reprendre le pinceau et à redessiner son horizon, même si la main tremble encore. On entend ce mouvement intérieur dans les arrangements. Dans les cordes d’Andrew Joslyn qui montent comme un frisson sous la peau. Dans les guitares qui rappellent ce rock 70’s un peu brumeux, un peu mystique, que Led Zeppelin savait injecter dans ses moments plus contemplatifs. C’est aérien et terrien à la fois — un paradoxe que seule une écriture profondément honnête peut assumer.
Le morceau prend de l’ampleur petit à petit, comme si l’espoir reprenait de la place dans les poumons. Le mix est ample, soigné, lumineux sans être clinquant. Et ce qui bouleverse, c’est cette manière qu’a Dream It All Up Again de ne jamais précipiter son ascension : la chanson respire, hésite, revient sur elle-même, repart. On dirait un organisme vivant, une émotion qui s’élabore en direct.
Ce que Gina French réussit ici tient presque du rituel : transformer une blessure en tremplin, une lassitude en inspiration, un effondrement en promesse. Sa voix, luxuriante et fluide, sait faire le lien entre la cassure et la possibilité. On la suit parce qu’elle-même a l’air d’apprendre en marchant, de découvrir le chemin en même temps qu’elle le chante.
Dream It All Up Again, c’est une main posée sur l’épaule. C’est un miroir qui n’accuse pas. C’est une chanson qui vous dit doucement : on peut recommencer. Et soudain, on y croit.
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novembre 19, 2025« SHOW ME WHAT YOU’RE WORKING WITH sonne comme un vieux fantasme des années 2000 qu’on aurait rebooté sous amphétamines — sexy, nerveux, insolent. »
Je dois l’avouer : rarement un morceau m’a donné l’impression d’ouvrir un portail sur mon adolescence tout en me tirant par le col dans un futur où les trottoirs grincent sous les sneakers. SHOW ME WHAT YOU’RE WORKING WITH, c’est cette collision délicieuse entre un passé qu’on croyait rangé dans une vieille compil gravée au feutre bleu et une énergie totalement actuelle, brute, malpolie, excitante. Kai-Rho ne propose pas un simple clin d’œil aux années Neptunes : il ressuscite l’attitude. Le culot. Ce panache néon et minimal qui faisait swinguer les basses comme si elles ricanaient.
Dès les premières secondes, on sent qu’il y a un sourire insolent derrière chaque percussion sèche. Tout claque, tout rebondit, tout scintille. Le beat n’est pas là pour décorer : il avance comme un animal nerveux, prêt à bondir. Et quand le drop de 0:37 déboule — ce fameux moment qu’on m’avait dit d’attendre — j’ai eu cette sensation presque physique d’être propulsé sur un dancefloor où l’air devient plus dense, où les corps s’alignent sur une même impulsion instinctive. Il y a une nervosité maîtrisée, un groove presque liquide qui s’infiltre dans les épaules avant même qu’on ait pensé à danser.
Mais ce qui différencie Kai-Rho de la horde de revivalists, c’est son mélange bilingue, ce Deutsch-English qui s’entrechoque avec un naturel déconcertant. Les syllabes se chevauchent, mordent le rythme, s’y accrochent avec un flow qui n’a pas peur de changer de terrain. On passe d’une attitude grime légèrement piquante à un rap pop plus ludique, puis à cette vibe alternative hip-hop qui refuse de se laisser mettre dans une case. L’ensemble est aussi fluide qu’un freestyle dans une ruelle où les néons clignotent.
Et puis il y a cette manière de jouer avec la provocation — toujours légère, jamais forcée. Kai-Rho ne pose pas comme un bad boy, il joue. Il teste les limites, les nôtres, les siennes, celles du genre. C’est un MC qui semble prendre autant plaisir à construire la tension qu’à la dégommer d’un sourire. Il y a du charisme, une vraie malice, une assurance qui rappelle que la scène n’est pas un endroit pour se cacher.
SHOW ME WHAT YOU’RE WORKING WITH est un morceau-cinétique, un titre qui chaloupe comme une confidence trop bruyante, une pièce de puzzle parfaitement consciente de son esthétique. C’est le type de track qui fait grimper le rythme cardiaque, qui donne envie de redresser les épaules, de marcher un peu plus vite, d’assumer un peu plus fort.
Kai-Rho vient peut-être du présent, mais sa musique, elle, danse à travers les époques sans jamais perdre son aplomb. Une claque rythmique, un sourire narquois, une invitation à secouer la poussière : bref, un banger qui sait très exactement ce qu’il fait — et pourquoi on le rejoue.
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novembre 19, 2025« On perçoit dans A.D.E.L comme une prière moderne murmurée en deux langues, mais ressentie dans une seule : celle de la peau. »
Je me suis surpris à écouter A.D.E.L non pas comme un titre, mais comme un message plié en quatre, glissé dans la poche d’une veste qu’on n’a plus portée depuis des mois. Il y a dans ce morceau une forme de tendresse cabossée, un mélange de chaleur et d’inquiétude, une manière de parler d’amour avec la pudeur de ceux qui savent que les mots peuvent soigner… mais aussi raviver les blessures. Or KosKas ne chante pas, il confesse. Et quand il glisse de façon organique du français à l’hébreu, on comprend que cette musique-là n’a pas besoin de traduction : elle se vit.
A.D.E.L adopte la cadence d’un cœur qui hésite entre rester fidèle à ce qu’il ressent et se protéger du Monde. Le hip-hop français ici ne cogne pas : il respire, il raconte, il tisse. Les percussions sont souples, pas démonstratives, presque comme des pas dans une rue encore chaude après une journée d’été. Sur cette base, Or KosKas installe le franbreu comme un terrain de jeu intime : les syllabes s’embrassent, les deux cultures se superposent, les émotions se faufilent entre les langues sans jamais perdre leur précision. Il ne s’agit pas de faire « fusion », mais de faire vérité.
Il y a quelque chose d’infiniment sensible dans la façon dont la guitare accompagne sa voix — comme si l’instrument lui-même savait quand se taire pour laisser un souffle passer, quand revenir pour rappeler une promesse. Une folk-pop discrète mais présente, enlacée à une touche de world music latine qui donne au morceau son balancement, sa manière d’avancer lentement mais sûrement, comme une marche nocturne qui suit la lumière des fenêtres allumées au loin.
Et puis ce flow… pas pressé, jamais nerveux, mais habité. Il y a dans la diction d’Or KosKas une douceur qui sonne comme un héritage, quelque chose d’ancien qui flotte dans un morceau très contemporain. On y entend Paris et Jérusalem dans le même battement. On y entend l’exil, mais aussi l’appartenance. On y entend l’amour, mais aussi la fatigue. Cette ambivalence rend la chanson profondément humaine.
A.D.E.L fonctionne comme une lettre qu’on n’ose jamais envoyer, alors on la met en musique. Et la musique dit tout : la fragilité, le manque, la force aussi — cette force étrange qu’on gagne quand on accepte enfin de dire ce qu’on ressent, même maladroitement, même entre deux langues. C’est une chanson qui crée des ponts, comme Or KosKas lui-même, et qui rappelle que parfois, les cœurs les plus divisés sont ceux qui illuminent le mieux les autres.
A.D.E.L n’est pas un morceau à écouter. C’est un morceau à garder.
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novembre 19, 2025« DONE est moins une rupture qu’un incendie intérieur : on n’y claque pas une porte, on s’y délivre. »
Je ne m’attendais pas à ça. DONE commence comme une respiration tenue trop longtemps, un tremblement à peine perceptible, ce moment où le cœur hésite encore entre rester par habitude ou fuir pour survivre. Et puis, en quelques mesures, Grace de Gier renverse la table. Son timbre fend l’air avec une lucidité tranchante, la production se gorge de tension, les guitares prennent feu — et soudain, on se retrouve face à une femme qui a décidé de ne plus laisser personne écrire à sa place la scène finale de son histoire.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette manière très cinématographique d’aborder l’alt-rock : chaque élément semble tiré d’un film intérieur, les riffs comme des reflets de néons sur un sol mouillé, la batterie comme un cœur qui reprend son propre rythme après avoir trop longtemps battu au tempo de quelqu’un d’autre. Il y a du garage rock dans les angles, de l’indie pop dans l’élévation mélodique, du rock alternatif dans la façon de faire monter les murs jusqu’à la rupture — mais tout est profondément personnel, teinté de Colombie, des Pays-Bas, de Paris, de tous les endroits où l’artiste a laissé un peu de peau pour mieux retrouver son souffle.
On sent que DONE est né d’un vécu, pas d’un concept. La voix de Grace ne joue jamais la victime ni la guerrière hollywoodienne : elle traverse la chanson comme on traverse un tunnel en feu, avec la peur toujours là, mais l’instinct plus fort. Elle chante la libération, oui, mais surtout la reconquête du territoire intime. Et il y a cette montée progressive, ce build irrésistible, que le mastering d’Adam Ayan — sept fois Grammy — rend presque palpable : on croit voir le morceau se redresser, se redéployer, reprendre forme et hauteur sous nos yeux.
Ce qui me touche le plus, c’est l’équilibre entre brutalité et délicatesse. DONE porte l’ampleur de ces chansons qui guérissent en coupant net, qui disent stop sans hurler, qui transforment la douleur en architecture sonore. On entend l’écho des 80s/90s qui ont sculpté son imaginaire, mais filtré par un présent où la vulnérabilité n’est plus un tabou mais une arme.
DONE, c’est la lettre qu’on écrit après trop de nuits blanches. C’est la dernière larme avant le premier vrai pas dehors. C’est un morceau qui ne cherche pas l’approbation : il cherche la vérité.
Et ça, dans ce paysage saturé de bruit, c’est peut-être la plus radicale des libérations.
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novembre 19, 2025« For The Rest Of My Life n’est pas une chanson d’amour — c’est une promesse murmurée entre deux identités qui refusent désormais de vivre l’une sans l’autre. »
J’ai eu cette sensation étrange, en écoutant For The Rest Of My Life, d’être face à un artiste qui se reconstruit à voix haute, comme si chaque syllabe venait affiner un peu plus les contours d’un homme cherchant sa place entre deux pays, deux langues, deux sensibilités. Steve Major ne chante pas seulement une histoire d’amour : il chante un ancrage, une renaissance, un retour à soi par la musique et par le sang.
Ce morceau avance avec la douceur nerveuse d’un pop-rock lumineux, celui qui préfère la vérité aux artifices. La production est ample mais jamais démonstrative ; elle laisse respirer cette voix qui glisse naturellement entre la clarté nord-américaine et la tendresse du magyar. On y perçoit la fougue d’un artiste habitué aux grandes scènes, mais aussi l’humilité d’un homme qui réapprend les mots de son père, comme on redécouvre un parfum d’enfance longtemps enfoui.
Le couplet en hongrois crée un basculement fascinant : on entend soudain une vulnérabilité nouvelle, presque sacrée, comme si le morceau s’ouvrait sur un sanctuaire intime. La langue devient une texture, un battement, un prolongement organique de la mélodie. Et puis, Steve revient à l’anglais avec une assurance tranquille, un peu comme on respire profondément après avoir traversé un souvenir trop dense.
Musicalement, le titre possède ce halo légèrement rétro des grands hymnes pop-rock sentimentaux, mais relevé de touches modernes qui évitent toute nostalgie figée. Les guitares y scintillent comme un lever de soleil sur un ciel encore bleu nuit, les arrangements orchestraux soulèvent le morceau sans jamais l’étouffer, et le piano agit comme la colonne vertébrale émotionnelle de l’ensemble.
Ce qui émerge, finalement, c’est un phoenix — celui que Steve évoque dans son intention. On sent les cendres, mais aussi l’élan vibrant du renouveau. For The Rest Of My Life parle de guérison, oui, mais surtout de la décision radicale d’aimer encore, d’aimer mieux, d’aimer jusqu’au bout de ce que l’on est.
C’est un morceau qui ressemble à une lettre adressée à deux patries, à deux publics, à deux soi. Une chanson qui prend la main de sa propre histoire pour l’emmener vers une aube plus large.
Un pont, une flamme, un serment. Une chanson qui, comme toute vraie renaissance, ne fait pas de bruit — elle rayonne.
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novembre 19, 2025Al Filo est ce moment suspendu où tu réalises que tu n’as plus peur du vide — seulement de ne pas sauter. »
Ce qui me frappe en entrant dans Al Filo, c’est cette sensation presque physique d’être tiré par le col vers un territoire brûlant, un espace où la rue respire le duende et où le beat moderne s’enlace à la tradition comme deux corps qui ne savent plus très bien se repousser. Alba Cantos n’essaie pas de jouer sur deux tableaux : elle les fusionne jusqu’à ce qu’ils deviennent indémêlables. La première étincelle vient de sa voix — fière, nerveuse, une voix qui a goûté à la poussière du chemin et refuse désormais de baisser la tête.
Dans ce morceau, le pop-rap latin se déploie avec un aplomb félin, mais c’est le flamenco qui en est l’âme en fusion. Pas un flamenco poli pour playlists évasives, non : un flamenco qui gratte, qui proteste, qui ne craint ni les failles ni la colère contenue. On sent la lignée, les nuits longues, les palmas qui résonnent dans des cuisines trop petites, les confidences faites entre deux riffs de guitare. Et pourtant, tout est moderne, urbain, poussé par une production qui avance comme un moteur chaud, martelée de percussions trap qui donnent au morceau cette allure de cavalcade nocturne.
Alba chante comme on confesse — à mi-chemin entre le murmure et la morsure. Il y a dans son phrasé un refus de la résignation, une urgence presque viscérale : celle de ne plus rester coincée dans l’entre-deux, de choisir enfin le feu plutôt que la fadeur. Le refrain, lui, s’élève comme un cri qu’on retenait depuis trop longtemps, un cri qui traverse le corps avant de sortir par la gorge, avec cette détermination que seules les artistes qui ont marché sur leurs propres braises savent tenir.
Ce qui rend Al Filo si magnétique, c’est sa façon d’être une frontière vivante. Le morceau raconte ce moment où l’on sait que quelque chose doit se briser pour que quelque chose d’autre naisse. On y entend la bataille intime entre la peur et le désir, entre les traditions qui rassurent et l’appel d’un futur qui exige qu’on dépasse ce qu’on croyait être nos limites. Alba Cantos ne chante pas une histoire : elle en traverse une, et l’énergie qu’elle en extirpe est pure, vibrante, presque dangereuse.
Écouter Al Filo, c’est accepter de se tenir à cette ligne tendue, ce fil vibrant où l’on se penche vers l’inconnu pour sentir, ne serait-ce qu’un instant, que la vie mord enfin. Un premier single qui frappe droit, qui brûle juste, et qui annonce une artiste prête à faire dérailler les frontières une par une.
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novembre 19, 2025« Obvious est ce genre de morceau qui vous repousse contre un mur, vous regarde droit dans le cœur et murmure : “Tu savais déjà. Maintenant affronte-le.” »
Il y a des titres qui ne se contentent pas d’être écoutés ; ils vous scannent, vous recousent, vous griffent et vous redressent. Obvious de Red Skies Dawning fait partie de cette catégorie rare, celle des morceaux qui ressemblent moins à une chanson qu’à un passage initiatique. On y entre comme dans une pièce sombre où tout vibre avant même que la musique ne commence, une pièce où l’on reconnaît immédiatement cette tension suave et dévastatrice propre à Bad Omens ou Sleep Token, mais filtrée à travers un regard plus brut, plus fiévreux, presque nerveusement intime.
La première frappe, celle du riff, n’est pas là pour impressionner : elle raconte. Elle décrit des mois de confusion, un cerveau saturé de bruit blanc, une existence qui dérive sans ligne droite. La guitare, seconde voix du morceau, bouge comme un stylet qui griffe le verre, marquant chaque mesure d’un besoin urgent d’en finir avec la torpeur. Et lorsqu’arrive le chant — cette oscillation entre la vulnérabilité retenue et un hurlement qui n’a plus peur de dévoiler sa peau — le décor se fissure. C’est un cri revenu de loin, de ces zones de soi où l’on ne va que lorsque tout s’effondre.
Le metalcore ici n’est pas un costume mais un exutoire. Les rythmiques frappent avec la précision d’une décharge électrique, jamais gratuites, toujours porteuses de sens. La batterie fonctionne comme une respiration dérégulée, un cœur qui repart après un trop long silence. Et sous ce chaos contrôlé, un souffle cinématographique se glisse discret : nappes subtiles, montée atmosphérique, ces élans qui donnent au morceau une ampleur presque sacrée, comme si un rituel s’opérait à travers chaque melté, chaque cassure, chaque silence.
Ce qui me touche surtout, c’est la façon dont Obvious parle du retour à soi sans tomber dans la complaisance. C’est un morceau né autour d’une idée simple mais jamais simple à vivre : on peut se perdre longtemps, très longtemps, puis soudain se rendre compte que la porte de sortie était là depuis le début. Cette évidence, douloureuse et libératrice, se retrouve dans chaque mesure. Une musique de reconnexion, mais pas apaisée — une reconnexion par le feu.
Red Skies Dawning signe ici une pièce fondatrice, une sorte de manifeste intime où l’on reconnaît à la fois l’héritage des géants du new metal mélodique et une volonté franche de tracer sa propre trajectoire émotionnelle. Obvious frappe fort, mais surtout juste : un uppercut habité, qui réveille autant qu’il révèle.
Un titre pour celles et ceux qui avancent encore dans la nuit, mais sentent déjà l’aube leur brûler les doigts.
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novembre 19, 2025« I Am the Good Time, c’est la gifle électro qui transforme votre cerveau en piste de danse et votre système nerveux en stroboscope. »
J’ai appuyé sur play sans m’attendre à quoi que ce soit, et j’ai fini projeté dans un vortex lumineux où tout pulse, tout claque, tout respire au rythme d’une fête qui ne dépend ni d’un lieu, ni d’une foule : juste de cette sensation d’être en vie un peu plus fort que d’habitude. I Am the Good Time porte bien son nom ; ce n’est pas une chanson, c’est une déclaration. Stereo Symphony, longtemps occupé à sculpter des paysages sonores pour le cinéma, revient à l’électro comme on revient à une flamme ancienne — avec du vécu, une maîtrise insolente, et cette envie de tout faire exploser.
La production a cette texture rugueuse typique de l’électro-house, ce grain presque métallique qui semble s’arracher des entrailles d’un vieux générateur sous acide. Mais ce n’est jamais crasseux pour être crasseux : il y a un raffinement dans cette saleté. Les basslines, épaisses comme des câbles sous tension, se tordent et s’ouvrent comme des portes battantes vers un drop à la fois sauvage et chirurgical. On devine l’œil du compositeur derrière chaque montée : rien n’est laissé au hasard, tout est calibré pour frapper là où le corps cède avant la tête.
La voix — hachée, modulée, presque robotique mais étrangement charismatique — fonctionne comme un mantra. Elle ne raconte pas, elle commande. Elle n’explique rien, elle permet. Et c’est dans ce dénuement verbal que le morceau trouve son panache : Stereo Symphony a compris que le club, le vrai, est un lieu où la parole n’a jamais autant de puissance que le souffle. Une phrase répétée, une intention affirmée, et le reste suit, musculaire, instinctif.
Ce qui m’a marqué surtout, c’est le dialogue permanent entre plusieurs ADN : l’énergie brute du complextro, la propreté glaciale de l’électro-house européenne, les éclats mélodiques hérités du cinéma — ces petites montées harmoniques qui donnent soudain au chaos une dimension quasi héroïque. Comme si, dans cette tornade de kicks et de distorsions, un film secret se déroulait, un film où vous êtes le personnage principal, conquérant, lumineux, invincible.
I Am the Good Time est le retour d’un producteur qui n’a rien oublié de la puissance narrative des sons, mais qui a décidé de la mettre au service d’un seul objectif : vous rappeler que parfois, dans une vie qui vous engloutit de chiffres, d’attentes, de fatigue, il suffit d’un drop grandiose pour refaire circuler l’électricité.
Un morceau qui ne demande rien, qui ne promet rien, mais qui tient tout : vous faire vibrer, vous faire sourire, vous redresser un peu. Pas besoin d’être dans un festival. Pas besoin d’être à deux grammes. Il suffit d’être là, d’écouter, et d’accepter l’évidence : il est le good time, et pour quatre minutes, vous aussi.
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novembre 19, 2025« Rawdogging the Stock Market explose comme un bulletin boursier sous LSD : un cri pop, un rire nerveux, une gifle à Wall Street emballée dans un refrain irrésistible. »
Je dois l’avouer : je n’étais pas prêt pour ça. Ce titre, ce concept, cette manière de transformer la finance en théâtre intime, je l’ai prise en pleine poitrine — et j’ai adoré. Adam Barnett réussit un truc rare : faire danser l’angoisse économique, transformer l’effondrement des startups en mélodie, donner au cynisme du marché la texture d’un sourire en coin. C’est un morceau qui ne se contente pas d’être catchy ; il est brillant parce qu’il ne vous laisse jamais choisir entre rire ou réfléchir. Vous faites les deux, simultanément, comme si quelqu’un avait rendu la dissonance émotionnelle enfin cohérente.
La production, tout en pulsations aérées et synthés taillés pour une virée nocturne, avance avec une élégance glacée. On y sent l’architecture du dark pop : ces basses qui se faufilent comme un mensonge bien ficelé, ces nappes synthétiques qui ressemblent à des écrans Bloomberg illuminés à 3 h du matin, ces micro-frictions qui donnent au morceau son nerf, son grain, sa capacité à glisser et mordre tout à la fois. Barnett maîtrise parfaitement ce jeu d’équilibre entre groove et tension ; son univers ondule entre ironie et lucidité, entre séduction et chute libre.
Et puis il y a sa voix — agile, précise, presque trop calme pour ce qu’elle raconte. C’est ça qui frappe : sa façon de livrer des punchlines sur les hedge funds comme s’il parlait d’une rupture amoureuse. Un ton posé, presque élégant, qui laisse filtrer le côté désabusé d’un type qui a trop longtemps regardé les courbes rougeoyer. La satire y prend des allures d’aveu, l’humour masque une fatigue plus profonde, celle de toute une génération qui observe le système avec une distance à mi-chemin entre le désespoir et la fascination morbide.
Le morceau avance comme un compte à rebours. Plus la rythmique se densifie, plus l’ironie devient une arme. On sent la montée, la pression des bulles spéculatives, les crashs miniatures qui naissent dans les kicks, les respirations comme des fluctuations de marché. Et soudain, tout s’ouvre : un refrain qui pourrait remplir un stade, lumineux, presque insolent tant il transforme la critique en célébration. C’est ça, la force de Barnett : il sait que la pop n’est jamais aussi puissante que lorsqu’elle dit les choses que la société préfère étouffer.
Rawdogging the Stock Market est une satire, oui. Mais c’est aussi un autoportrait — celui d’un artiste qui navigue dans un monde absurde en refusant de renoncer à sa lucidité. Une chanson pour tous ceux qui vivent entre les lignes, qui rient pour ne pas hurler, qui savent que même si le système est truqué, on peut encore en faire un refrain.
Un morceau qui ne joue pas la bourse : il joue avec votre vérité.
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novembre 19, 2025« Awake sonne comme une première bouffée d’air après des années en apnée : une montée lumineuse, presque sacrée, où chaque instrument semble redécouvrir sa propre existence. »
Il y a des morceaux qui ne se contentent pas de raconter un réveil. Ils en sont un. Awake de Jensen & Company appartient à cette famille rare de chansons qui donnent l’impression que la lumière, la vraie, fait irruption dans la pièce. Pas un rayon posé sur le sol. Non : une vague blanche qui traverse tout, qui recomplique les ombres, qui efface la fatigue, qui vous replace face à vous-même.
Dès les premières mesures, j’ai senti le morceau respirer comme un organisme vivant, construit par des mains qui savent ce que c’est que de chercher la vérité au fond d’un studio. Le piano de Jason Webb ouvre la voie avec cette clarté presque cinématographique qui rappelle les grandes productions pop-rock enregistrées dans les temples du son. Il y a quelque chose de très précis dans chaque note, comme si l’instrument lui-même réveillait la mémoire du morceau, fragment par fragment.
Puis la voix d’Heidi Jensen entre — et soudain les contours deviennent humains. Elle ne raconte pas l’éveil : elle l’incarne. Dans son grain, j’entends un battement interne, une détermination fragile mais entière, un souffle qui hésite entre la confession et l’élan. Son timbre porte l’émotion de quelqu’un qui a réellement été au bout de la nuit. Une voix qui ne triche pas, qui s’ouvre, puis qui s’élargit, nourrie par les harmonies de Kim Keyes qui ajoutent cette densité douce, ce ciel vocal derrière elle.
Et il faut parler de l’orchestre de David Angell. Impossible de passer à côté. Les cordes n’arrivent pas en tapis décoratif : elles surgissent comme un deuxième cœur, un cœur symphonique qui propulse le morceau vers un éclat plus large, presque spirituel. On sent l’expérience, la maîtrise, l’ADN Nashville. Les cordes s’élèvent, s’étirent, enlacent les guitares, et soudain tout prend la forme d’une ascension.
Ce que j’adore dans Awake, c’est cette manière de mêler la pureté du soft rock à une énergie power pop qui monte par nappes. On avance dans le morceau comme dans une progression intérieure : lente, mystérieuse, puis soudain bouillante, expansive, prête à rompre le plafond.
Il y a dans ce morceau la trace de tous ceux qui l’ont construit : un studio mythique, des musiciens de légende, un duo qui refuse les demi-teintes. Mais surtout, il y a cet instant suspendu — celui où « Awake » dépasse l’anecdote biographique pour devenir quelque chose de plus vaste : une chanson qui vous secoue par les épaules et murmure que vous pouvez recommencer.
On ressort du morceau différent, un peu plus clair, un peu plus vivant. Une chanson-nouvelle peau. Une chanson qui porte bien son nom.
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novembre 19, 2025« Making Money n’est pas un début : c’est une entrée en scène en or massif, une aurore qui brille comme si quelqu’un venait d’allumer la ville entière. »
Il m’a suffi de quelques secondes pour comprendre que Making Money n’est pas un morceau qui demande qu’on l’écoute : il exige qu’on le suive. Comme une silhouette magnétique traversant une foule, lente et déterminée, avec ce parfum de soleil chaud, de maquillage qui tient, de fierté pas négociable. Erika Torres débarque comme si sa carrière était déjà un mythe en construction — et peut-être que c’est exactement ce que ce premier single raconte.
Ce qui me frappe tout de suite, c’est cette tension lumineuse entre le R&B contemporain qui pulse au sol et les éclats nu-disco qui voltigent au-dessus, comme des confettis en suspension. Le morceau respire en grand, avec ce type de production qui ne se contente pas de soutenir une voix : elle l’accompagne comme un entourage complice, presque une petite équipe de danseurs qui avancent avec elle, en rythme, en intention. On sent une production pensée pour amplifier — pas pour masquer.
La voix d’Erika, elle, a ce grain rare : un mélange de vérité brute et d’assurance élastique. Elle ne chante pas, elle construit un territoire. Chaque note vient comme une brique posée dans un royaume qu’elle revendique à la force du groove. On entend le gospel dans le fond de la gorge, la rue dans le souffle, la culture latine dans les mouvements, le jazz dans la délicatesse des attaques. C’est une voix qui a vécu, qui a observé, qui a grandi — et qui désormais s’avance sans se cacher derrière l’esthétique.
Ce que j’adore, c’est que Making Money n’est pas un hymne brutal ou arrogant. Ce n’est pas un manifeste qui crie : c’est un morceau qui sait. Il fonctionne comme une incantation à l’ambition douce, celle qui ne détruit rien, qui ne méprise personne, mais qui déploie son éclat comme un droit naturel. On y entend la confiance comme un sourire, pas comme un poing. La pulsation dance-pop fait le reste : légère, électrisante, calibrée pour les salles où l’on danse avec tout le corps — mais aussi pour les trottoirs où l’on se redresse un peu plus quand un bon morceau défile dans les écouteurs.
Le beat avance, chaloupe, rebondit. Les basses font vibrer les épaules. Les synthés scintillent comme un bijou sous une lumière de club. Et au centre, Erika raconte la valeur, le travail, l’alignement intérieur — en transformant tout ça en groove.
À mesure que le morceau défile, j’ai l’impression d’entendre une artiste qui ne se contente pas de se présenter : elle s’installe. On entend dans Making Money l’évidence d’un projet plus grand, d’une identité musicale façonnée par la ville, par l’héritage, par la foi, par les fêtes, par la rue, par les rêves qu’on porte quand personne ne regarde.
Si c’est ça, son premier mouvement, alors la suite promet d’être redoutable — brillante, assumée, libre, élégante. Et surtout, à l’image d’Erika Torres : une femme qui avance déjà comme si le futur lui appartenait.
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novembre 19, 2025« Un track pensé pour une seule chose : faire exploser le sol sous vos pieds. »
Je ne vais pas mentir : certains morceaux ne cherchent pas à séduire, ni à amadouer, ni à prendre leur temps. Ils débarquent comme une rafale d’air chaud en plein visage, avec cette insolence délicieuse des tracks qui savent déjà qu’ils vont gagner. Jump Up (VIP) de kaya! appartient à cette famille-là — les morceaux qui n’entrent pas dans la pièce, ils l’avalent.
Tout commence par un beat rage d’une évidence presque insolente, un rythme épais, claquant, qui semble calibré pour réveiller même les corps les plus exsangues à trois heures du matin. On sent tout de suite l’influence trap, ce goût pour le martèlement sec, pour les patterns qui cognent comme des coups de coude au front row. Mais kaya! ne s’arrête jamais au premier étage : très vite, la production glisse, s’étire et se reconfigure pour préparer ce qui est clairement la pièce maîtresse du morceau.
Le drop. Ou plutôt : l’événement. Un basculement total, presque théâtral, qui catapulte l’ensemble dans un vortex bass house façon knock2 réassemblé pour 2025. Le son se métamorphose en une pulsation ultra-énergétique, presque trop grande pour être contenue dans un casque — un truc qui réclame un système de sonorisation massif, des stroboscopes, une foule compacte prête à en découdre. Le VIP mix accentue cette impression d’urgence : les fréquences sont sculptées comme des lames, les synthés jouent sur l’hyperventilation, la basse agit comme un moteur de fusée sous amphétamines.
Là où kaya! surprend, c’est dans sa façon de dompter ce chaos. On pourrait croire à un simple banger construit pour streamer, mais non : tout est pensé, verrouillé, affuté au millimètre. Le mix joue avec les vides, les respirations, les brusques contractions de dynamique. On entend une vraie maîtrise de l’espace sonore, cette capacité rare à faire danser les fréquences comme des corps en mouvement — jamais figés, jamais linéaires.
Et oui, il y a aussi la voix, ponctuelle, presque incantatoire, utilisée comme un instrument supplémentaire, un signal de ralliement. Pas une narration, pas un discours : un appel. Une injonction. Le genre de phrase qui, en club, transforme des inconnus en armée spontanée.
Ce que Jump Up (VIP) réussit, c’est ce mélange toujours périlleux entre brutalité et précision, entre fête sauvage et savoir-faire chirurgical. C’est un morceau qui semble né pour les nuits où l’on oublie tout — son portable, ses bonnes résolutions, le reste du monde — et où la seule loi qui subsiste est celle du beat.
kaya! signe ici plus qu’un track : un carburant. Un impatient, un nerveux, un incontrôlable. Un de ces morceaux qu’on ne joue pas pour ambiancer une soirée mais pour la retourner complètement.
Et soyons honnêtes : ça fait du bien d’entendre un artiste qui ne s’excuse pas d’aller aussi loin.
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novembre 19, 2025« Une chanson qui sent l’essence, la liberté et ces nuits où les mauvaises idées deviennent des morceaux de vie. »
Je ne sais pas exactement à quel moment Gas Station Nachos m’a prise par surprise. Peut-être au moment où la voix surgit, légèrement voilée, comme si elle sortait d’un journal intime laissé trop longtemps dans une voiture surchauffée. Ou peut-être lorsque la guitare, d’abord modeste, s’est mise à dessiner un paysage plus vaste que prévu : une route à deux voies, quelque part dans n’importe quel État, où l’on finit par comprendre que la douceur peut se cacher dans la laideur, et que même les petites catastrophes ont parfois des allures de rituel initiatique.
Il y a dans ce morceau quelque chose d’étrangement consolant. Une manière de dire que la vie, avec ses retards, ses choix absurdes, ses arrêts dans des stations qui ferment à minuit, peut quand même se transformer en récit qu’on raconte plus tard avec tendresse. La voix raconte sans surjouer. Elle se dépose sur la musique comme un souvenir qui hésite entre la nostalgie et l’autodérision. Elle a ce timbre sincère, presque brut, qui rappelle les artistes capables de faire tenir un monde entier dans une phrase apparemment simple.
Musicalement, Gas Station Nachos se glisse entre pop rock, alternative et une pointe de folk rock, mais avec cette finesse d’écriture qui donne l’impression d’un morceau vécu plus qu’inventé. La guitare oscille entre murmure et élan, la basse creuse un sillon rond qui stabilise l’ensemble, tandis que la batterie avance à pas mesurés, sans urgence mais avec un vrai sens du mouvement. Rien n’est spectaculaire — et c’est précisément ce qui rend tout si poignant. On entend l’espace, le vent, un certain vertige aussi, comme si chaque note contenait la fatigue d’un voyage et l’espoir d’un recommencement.
Ce qui frappe surtout, c’est la sincérité. Gas Station Nachos n’essaie pas de séduire par la surenchère. Le morceau préfère s’installer dans l’intime, dans le presque rien, dans ces moments qui n’appartiennent qu’à nous : un éclat de rire dans une voiture cabossée, un repas minable transformé en festin, une conversation décousue devenue précieuse. Les paroles jouent avec cette idée : qu’à deux, même les soirées les plus bancales deviennent des souvenirs qu’on garde comme des trésors.
Charlie Icon signe ici une chanson qui fait plus que raconter — elle accompagne, elle répare un peu, elle réhabilite les détours. Elle nous rappelle que les plus beaux instants ne sont pas toujours ceux qu’on planifie, mais ceux qu’on ramasse en chemin, entre deux stations-service, entre deux maladresses, entre deux cœurs qui acceptent de marcher au même rythme, même temporairement.
Gas Station Nachos, c’est ce morceau qu’on met en boucle quand on est encore au milieu du trajet et qu’on ne sait pas exactement où on va, mais qu’on sent, quelque part, que ça va valoir le coup.
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novembre 19, 2025« Un morceau qui commence comme une pulsation dans la gorge… et finit par devenir le moteur nocturne dont tu ne peux plus te détacher. »
Il existe des artistes pour qui la tension n’est pas un accident, mais un art. Maxi Meraki est de ceux-là — un architecte de vertiges qui sculpte la montée comme un sculpteur travaille le marbre : avec patience, précision, une forme de respect presque religieux pour le moment où tout bascule. Avec Pressure, sorti chez Diynamic, il signe l’une de ses pièces les plus affinées, une spirale qui serre, élève, étire, et finit par tracer une ligne de feu sur la nuit.
Dès les premières secondes, on sent le territoire : un deep house charpenté mais aéré, taillé dans ce mélange de minimalisme sensuel et de dynamisme prog-house qui a fait la réputation de Maxi Meraki. Les basses avancent en coulées lentes, comme un pas lourd sur un sol qui vibre, tandis que les couches mélodiques se construisent par strates, se répondent, se chevauchent, s’enroulent. Rien n’est laissé au hasard : chaque fréquence semble placée pour nous guider vers un point d’embrasement.
Ce qui fascine ici, c’est la maîtrise du “presque” : Pressure joue en permanence avec ce qui frôle la rupture sans jamais la provoquer trop tôt. Le morceau respire une dramaturgie proche du melodic techno, mais conserve cette chaleur organique, cette souplesse rythmique qui le place dans le cœur vibrant du deep house moderne. Maxi Meraki, fidèle à son ADN, refuse la facilité : il préfère laisser le suspense s’installer, laisser les arpèges s’étirer, jusqu’à ce qu’on sente littéralement la pression s’accumuler sous la peau.
Puis vient la libération. Une drop qui n’écrase pas mais soulève. Un déferlement retenu, presque élégant. C’est ici que le producteur montre toute son intelligence : il évite la démonstration, privilégie le flux, la texture, le mouvement. Cette montée est faite pour les nuits où le corps cherche quelque chose de plus vaste que lui — quelque chose qui ressemble à une direction, une sortie, un souffle.
La signature Meraki se retrouve aussi dans ce soin quasi cinématographique apporté aux transitions. Rien n’est abrupt : tout se déploie comme un plan-séquence où la lumière change lentement, où le décor devient plus dense, où on ne sait pas exactement quand l’hypnose a commencé.
Pressure n’est pas qu’un track pensé pour les clubs : c’est un état physiologique, une sensation de cœur qui accélère juste ce qu’il faut pour qu’on s’y abandonne sans réfléchir. Le morceau capture admirablement ce moment paradoxal où la pression ne brise plus — elle guide, elle porte, elle transcende.
Maxi Meraki continue ici de prouver pourquoi son nom circule chez les pointures du circuit et pourquoi chaque sortie élargit encore un peu plus son aura. Pressure est une invitation à perdre le contrôle avec élégance. Une montée dont on redemande. Une preuve, une de plus, que certains producteurs savent non seulement faire danser… mais faire respirer autrement
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novembre 19, 2025« Ce titre cogne comme un souvenir mal rangé… puis te ramène sur le dancefloor avant que tu comprennes ce qui t’arrive. »
On reconnaît un groupe à la façon dont il gère l’électricité : certains la subissent, quelques-uns la domptent… Thief Motif, eux, l’embrasent. Bones arrive pieds nus, les nerfs à vif, avec ce mélange typiquement Seattle d’urgence émotionnelle et de technicolor indie rock qui t’éclate en pleine poitrine. C’est un track qui sent la nuit dense, la sueur fine sur le front et le moment où le corps accepte de parler à la place de l’esprit.
Thief Motif a toujours eu cette manière d’équilibrer l’agressif et le gracieux — une forme de danse nerveuse posée sur des harmonies presque trop belles pour le chaos qu’elles transportent. Sur Bones, la formule s’aiguise encore : une basse élastique qui bondit comme un muscle prêt à rompre, une guitare qui découpe l’air par petites étincelles, une batterie qui refuse la ligne droite et préfère les angles, les virages, les secousses. On sent aussi le passé de “théâtre kids” dans cette dramaturgie à vif, cette manière de vivre chaque mesure comme si elle devait reprendre son souffle.
La voix, elle, avance en funambule : honnête, un peu cabossée, toujours prête à fissurer au bon moment. Ce qu’elle raconte, on le lit entre les lignes — l’usure des liens, le poids de ce qu’on porte malgré soi, ce qui reste quand on gratte jusqu’à l’os. Et pourtant, il y a ce refus instinctif de s’effondrer. Bones préfère décharger la douleur par la danse, la convertir en tension rythmique, en montée qui libère sans pardonner.
Le titre incarne parfaitement l’identité du groupe : un espace où l’introspection n’empêche pas la fête, où la vulnérabilité se glisse dans les recoins de la rythmique, où les éclats de voix dialoguent avec des synthés qui respirent comme un organe vivant. Cette manière unique de juxtaposer les émotions lourdes et les grooves lumineux — c’est leur signature, leur moteur, leur façon de rappeler que la catharsis peut être collective.
Et c’est sans doute pour ça que Bones reste en tête longtemps après l’écoute : il agit comme un miroir qu’on veut éviter, mais dont le reflet nous suit partout — un morceau qui parle du poids intérieur avec l’énergie d’un concert où tout le monde saute au même tempo.
On ressort essoré, mais étrangement plus léger. Thief Motif signe ici une pièce qui n’essaie pas de réparer quoi que ce soit — juste de célébrer le fait d’être encore debout. Et dans ce monde instable, c’est déjà une victoire éclatante.
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novembre 19, 2025« Une caresse synth-pop qui murmure que la douceur est une force et que l’unité n’est pas un concept, mais un battement partagé. »
Il y a des morceaux qui n’entrent pas dans la pièce, ils flottent. We Are All In One fait exactement ça : une entrée en apesanteur, une lumière douce qui se déploie comme une aurore domestique, un souffle qui rappelle que la bienveillance peut aussi être un geste radical. IurisEkero ne cherche pas à en mettre plein la vue — il enveloppe. Son dream-pop frappe par transparence, comme ces vitraux dont on perçoit d’abord la chaleur avant les couleurs.
Dès les premières notes, une nostalgie lumineuse se tisse : synthés perlés façon shoegaze discipliné, pulsations pop qui désamorcent toute gravité, voix qui avance avec la sincérité presque fragile de quelqu’un qui parle au cœur plutôt qu’à l’oreille. On entend ici l’écho des années 80 autant que le souffle contemporain d’une scène indie qui chérit le scintillement plus que le grand fracas. Une forme d’émerveillement simple, presque rare.
Ce qui rend We Are All In One si touchant, c’est sa manière d’assumer une émotion collective dans un monde saturé d’ironie. Le titre porte une philosophie sans jamais sonner moralisateur : l’amour comme refuge, l’amitié comme ancre, l’unité comme boussole pour traverser les jours. On devine l’album AURA derrière la brume, un disque qui pourrait se lire comme un carnet d’intentions, un endroit où chaque piste serait une pièce d’une maison intérieure dédiée à la douceur.
Et pourtant, cette douceur n’a rien d’éthéré : les lignes mélodiques sont solides, presque pop-rock dans leur structure, ancrées dans un rythme qui avance d’un pas assuré. Le morceau possède cette capacité rare d’être léger sans être naïf, lumineux sans être lisse. Comme si IurisEkero savait exactement doser la nostalgie, l’élan, et cette pointe de power pop qui ajoute un grain de vitalité, un goût de liberté.
À l’écoute, on se surprend à sourire sans raison. Peut-être parce que We Are All In One rappelle quelque chose qu’on oublie trop souvent : que certaines connexions, qu’elles soient amoureuses ou amicales, nous reconstruisent sans bruit. Qu’elles nous redonnent de la couleur, presque à notre insu.
En prélude à AURA, ce single agit comme une porte entrouverte sur un univers où la sensibilité n’est ni une faiblesse ni une pose — juste un territoire où l’on respire mieux.
Un morceau pour celles et ceux qui croient encore que la tendresse peut changer les contours du monde. Une lumière discrète, mais qui tient longtemps.
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novembre 19, 2025« Une gifle pop-rock qui venge les ados oubliés et transforme les murs des petites villes en tremplins pour devenir soi. »
Il suffit parfois d’un riff, d’un cri, d’un “sorry not sorry” balancé comme une claque à l’air libre, pour que toute une adolescence resurgisse — la gêne, la rage, la solitude des couloirs trop silencieux, les soirées où l’on n’était pas invité, les sourires crispés de ceux qui pensaient déjà avoir gagné la vie à 16 ans. Avec Sorry Not Sorry, the dt’s attrapent ces souvenirs, les secouent, les électrisent, et en font un hymne de revanche scintillant.
Dès l’ouverture, les guitares claquent comme une porte qu’on aurait trop longtemps laissée entrouverte. Le duo avance avec cette énergie nerveuse et pleine de lumière propre au power pop : rapide, exaltante, sucrée mais acérée, comme une course à vélo dans une banlieue trop sage où l’on rêvait d’être quelqu’un d’autre. La voix, à la fois vulnérable et insolente, dit tout : l’amertume, la honte, puis cette poussée soudaine de liberté, comme si accepter le passé permettait enfin de respirer à nouveau.
Le morceau raconte ce que beaucoup taisent : grandir dans une petite ville où tout le monde semble connaître sa place… sauf vous. Être celui ou celle qu’on regarde de travers, qui ne coche aucune case, qui fait des erreurs, qui apprend trop tard, trop tôt, trop fort. Et puis un jour — comprendre que ce décalage, ce “pas comme les autres”, était en fait votre tremblement de terre personnel, votre manière de sortir du décor.
Ce qui frappe dans Sorry Not Sorry, c’est ce mélange subtil entre nostalgie et affirmation : the dt’s ne rejouent pas une complainte, ils la transforment en force. Les harmonies vocales, signature du duo, ajoutent une douceur presque cinématographique à la colère contenue. Il y a du Weezer, du Fountains of Wayne, un peu de Paramore — tout ce rock alternatif qui savait raconter le chaos des ados sans jamais les ridiculiser.
Puis le refrain arrive, cathartique, jubilatoire, presque insolent. Comme un cri lancé depuis le toit d’une école vide, quand on réalise que toute cette douleur était en fait le début d’une belle histoire. Sorry Not Sorry devient alors ce que toutes les chansons de revanche devraient être : un coup de poing tendre, un sourire bravache, un rappel que les laissés-pour-compte deviennent souvent les plus lumineux.
the dt’s, avec leur flair moderne et leurs influences vintage parfaitement digérées, signent ici une track qui claque comme un journal intime qu’on referme enfin — avec douceur, mais aussi avec panache.
Un morceau pour celles et ceux qui n’ont jamais été “populaires”. Et qui, aujourd’hui, ne s’en excusent plus.
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novembre 19, 2025« Une ode vibrante à ce digger nocturne qui ramène toujours le morceau dont personne n’a entendu parler, mais que tout le monde finit par adorer. »
Il y a, dans chaque vie de club-kid, un ami comme Simon. Celui qui vit entre des piles de vinyles poussiéreux, des playlists qui dépassent les 600 titres et des afters improvisés où le soleil se lève trop tôt sur des BPM trop forts. Avec Simon, ERASR lui offre un monument brillant, moite, euphorique — un morceau qui suinte l’amitié excessive, la passion musicale obsessionnelle, et ces nuits où l’on croit redéfinir le monde à travers un kick bien placé.
Dès les premières secondes, le nu-disco d’ERASR pulse avec une élégance presque rétro-futuriste : bassline veloutée qui accroche le ventre, hi-hats incisifs comme des néons sous MDMA, synthés qui scintillent comme une boule à facettes trempée dans un rêve des années 1980. C’est un morceau qui glisse, qui dérape, qui sourit — un morceau qui n’essaie pas d’être autre chose que ce qu’il est : un hommage sonore à ce type si rare qu’on adore taquiner, imiter, écouter, et parfois fuir.
Là où ERASR frappe fort, c’est dans cette manière de détourner une figure presque caricaturale — l’ami digger qui compare tout à des « obscure underground bangers » — pour en faire quelque chose de tendre, d’humain, presque cinématographique. On visualise Simon en train de tirer tout le monde par la manche, en ouvrant sa dernière trouvaille comme s’il révélait un secret d’État. On le voit sauter d’un morceau à l’autre, yeux brillants, main sur le cœur, convaincu d’être sur le point de changer ta vie avec une track venue de Moldavie dont il prononce mal le nom.
La voix, suave, légèrement perchée, joue ce rôle de narrateur attendri : il raconte, il observe, il sourit. On sent l’ironie douce, l’amitié vraie, la nostalgie d’un duo musical aussi fatigant que vital. Parce que dans les profondeurs de Simon, il y a une vérité simple et belle : on a tous besoin d’un ami qui nous ramène vers un son nouveau, un horizon différent, une vibration qu’on n’aurait jamais trouvée seul.
ERASR signe ici un morceau à la fois groovy et cinétique, pensé pour les pistes éclairées au violet, pour les moments où l’on oublie l’heure et où la musique devient langage. Simon est fun, chaleureux, irrésistiblement dansant — la bande-son parfaite d’une vie où les amitiés se tissent au rythme des BPM.
Un banger pour tous les Simon du monde. Et pour ceux qui les suivent, encore un peu ivres, dans leurs délires musicaux délicieux.
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novembre 19, 2025« Un flip explosif, brut et irrésistible — parfait pour toute playlist rap cherchant un banger instrumental qui transforme la nostalgie en pure adrénaline. »
MILKSHAKES n’est pas un simple clin d’œil à Kelis : c’est une métamorphose totale, une relecture carnivore qui propulse l’un des hymnes les plus iconiques des années 2000 dans un futur où les basses grondent plus fort que les souvenirs. YNG Martyr, qui en a fait une mission personnelle de tordre la nostalgie pour en extraire quelque chose de brut, de neuf, de férocement vivant, trouve ici un terrain de jeu idéal : Detroit drums qui claquent comme des coups de fouet, basses qui rampent en spirale, tempo qui écrase et libère à la fois.
Et surtout : un duo incandescent.YNG Martyr, dans son style reconnaissable — râpeux, instinctif, abrasif mais précis — entre dans la prod avec la confiance de quelqu’un qui sait que son nom circule déjà partout. Il rappe comme on respire après des années à chercher un oxygène qui n’existe pas : pas un mot de trop, pas un souffle perdu, juste un flow en perpétuelle torsion, nerveux, acéré, profond. On sent la rue, les nuits sans sommeil, les sessions studio où la vérité s’arrache à mains nues.
En miroir, la rappeuse qui l’accompagne déploie un registre totalement différent. Elle coupe le beat avec une élégance agressive, un phrasé plus brillant, plus vif, plus calculé — mais jamais figé. Elle mord la prod là où YNG la martèle, elle la caresse là où lui la déchire. Leur contraste est un dialogue, presque un combat, mais un combat chorégraphié, où chaque coup porte, chaque silence compte, chaque respiration devient rythme.
À deux, ils donnent au morceau une verticalité inattendue : YNG ouvre les tranchées, elle éclaire les angles morts. Il plante les griffes, elle aiguise la lame. Et soudain, cette boucle qui évoque Kelis n’est plus un souvenir : elle devient une zone de turbulence, un vortex où le passé et le présent se percutent.
MILKSHAKES se déploie comme un objet hybride — à la fois hommage et sabotage, respect et insurrection. Le morceau bouge comme un corps auquel on aurait greffé un second cœur : un cœur féminin, plus percutant, plus incandescent, qui répond au grondement viscéral de YNG. Leur alliance n’est pas un featuring décoratif, c’est un choc, une friction, un embrasement.
À la fin, il reste cette sensation familière aux véritables bangers : un sourire, un vertige, et l’intuition que ce flip-là va voyager longtemps, très longtemps, dans les nuits où les basses ne dorment jamais.
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novembre 19, 2025« Une dose de dance-pop incendiaire, parfaite pour toute playlist qui cherche un titre audacieux, euphorique et taillé pour faire vibrer le sol autant que les certitudes. »
Dans They Say I’m TABOO, BluntBrad Jr ne chante pas : il revendique. Il fonce. Il joue avec l’idée du “trop”, du “hors cadre”, du “pas assez conforme” pour en faire un terrain de jeu incandescent. La première écoute ressemble à un flash : un uppercut sucré, un sourire insolent, une pulsation dance-pop qui se faufile sous la peau. Et dans ce tourbillon, une vérité se dessine : l’artiste ne cherche pas l’acceptation, il cherche l’impact. Il fabrique sa propre place, à sa manière — avec panache, avec vibe, avec une frontalité jubilatoire.
Le morceau démarre comme un vertige lumineux. Les synthés s’allument par strates, nets, brillants, presque fluorescents. La rythmique tape sec, précise, calibrée pour les clubs mais jamais mécanique — toujours humaine, chaude, légèrement nerveuse. Puis la voix arrive, claire et pleine, portée par une assurance presque cinématographique. Brad Jr navigue entre chant et rap avec l’aisance d’un funambule qui connaît la corde par cœur : il ne trébuche pas, il glisse. On sent les influences — Post Malone pour les mélodies qui s’étirent, Russ pour les confidences musclées — mais rien ici n’imite. Ça digère, ça transforme, ça transcende.
Le refrain, évidemment, est une bombe. Un appel à l’affirmation, un geste de défi, un clin d’œil aux “ils disent” qui n’ont jamais fait reculer les artistes authentiques. TABOO devient ici un badge, un étendard, presque un parfum. Quelque chose qui attire parce qu’il dérange. Et BluntBrad Jr en tire une intensité joyeuse, loin de la plainte, proche du triomphe.
La production, elle, installe une tension continue : des basses rondes mais mobiles, des percussions qui claquent comme des pas sur du béton mouillé, des harmonies vocales qui élargissent l’espace et donnent au morceau une ampleur inattendue. On est dans une pop moderne — propre, sculptée — mais on y trouve aussi ce grain Midwest/Californie qui rend le tout plus incarné, plus rugueux, plus vrai.
Et puis, derrière la fête, il y a l’histoire — celle d’un artiste qui navigue entre deux côtes, deux influences, deux pulsations, et qui décide que le meilleur endroit où exister est celui qu’il construit lui-même. C’est cette sincérité-là qui donne au morceau son relief : sous les lumières, un cœur qui bat fort et droit. Sous le vernis pop, un manifeste.
They Say I’m TABOO, c’est l’instant où la différence devient cool, où le regard des autres devient un carburant, où la musique sert à se hisser un peu plus haut — juste assez pour voir le monde autrement. Une montée, un sourire, un bord de danse : exactement ce qu’on attend d’un vrai single.
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novembre 19, 2025« Un titre hybride, vibrant et irrésistible, parfait pour toute playlist pop rock cherchant ce point de rencontre rare entre modernité, racines américaines et énergie brute. »
Il y a, dans Different Different But Same, cette manière de prendre la route avant même de la voir. Une impression de démarreur qui ronronne, de poussière qui se soulève, de lumière oblique sur un pare-brise, comme si Rockvyn composait non pas une chanson mais une traversée. Le morceau se faufile entre les genres avec une aisance déconcertante : un pas dans le pop rock musclé, un autre dans le classic rock aux épaules larges, et une échappée inattendue vers un flow country rap qui ne dénote jamais. C’est un de ces titres où l’on sent l’intelligence de la production, mais surtout la vision derrière : celle d’un artiste qui sait précisément ce qu’il raconte.
Rockvyn, molecular biologist le jour et architecte sonore la nuit, a ce sens de la rigueur qui transparaît dans son écriture. Pas une rythmique qui déborde, pas un riff qui se perd, tout est verrouillé, mais sans jamais étouffer l’élan. Le morceau respire — large, profond, avec cette manière particulière d’alterner attaques franches et retenues calculées. La guitare, tranchante mais jamais brutale, se déploie comme un sourire en coin. La batterie, elle, frappe avec une cadence qui évoque le galop d’un cheval sur un terrain sec. Et au centre, la voix : droite, claire, presque clinique parfois, mais traversée par un grain fatigué qui lui donne son humanité.
Ce qui surprend, c’est l’équilibre entre la sincérité brute et la lucidité quasi scientifique. Different Different But Same observe le monde comme un phénomène biologique : nos contradictions, nos ressemblances masquées, nos différences qui se répondent comme des variations d’un même motif. On sent un auteur habitué à manipuler des concepts complexes, mais qui choisit ici la simplicité pour dire l’essentiel — que tout ce qui nous sépare nous ramène finalement au même point, à la même pulsation, au même besoin de trouver un sens dans le chaos.
La touche country rap, subtile mais décisive, vient briser la linéarité rock pour ouvrir une autre respiration. C’est une intrusion, mais une intrusion parfaitement intégrée, comme si l’artiste disait : regarde, la modernité n’est pas un vernis, c’est une évidence. Le morceau gagne alors en largeur, en textures, en angles. On se surprend à bouger la tête, puis les épaules, puis tout le corps — preuve que le titre est pensé pour être vécu, pas seulement entendu.
Different Different But Same n’est pas un simple crossover : c’est un terrain de rencontre. Un morceau-frontière où les genres se saluent sans hiérarchie. Un pont, plus qu’un mélange. Et Rockvyn, avec son parcours atypique, incarne parfaitement cette idée : la science de l’équilibre, l’art de la nuance, la musicalité comme langage commun.
Un titre qui donne envie d’accélérer, de réfléchir, et de recommencer. Une belle entrée en matière pour un artiste dont l’univers, déjà, s’annonce aussi vaste que précis.
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novembre 19, 2025« Un titre festif où le groove Motown rencontre la sensualité du R&B moderne, parfait pour toute playlist qui veut faire vibrer les fêtes avec style et chaleur. »
Ce qui frappe avec Santa’s Sleigh, ce n’est pas seulement son esprit de Noël — c’est la façon dont Dee Roze parvient à injecter dans la tradition festive une dose de classe, de groove et de sensualité qui échappe au registre habituel des chansons de saison. Il ne décore pas la fête : il la réinvente. Il ne cherche pas la nostalgie facile : il confectionne une ambiance, un clair-obscur de lumières colorées, un slow chic et funky que l’on pourrait danser dans une cuisine, à minuit, devant un gratin qui refroidit.
Le morceau, co-produit avec Donnie Lyle, porte cette signature Chicago Steppers immédiatement reconnaissable : un balancement élégant, précis, presque chorégraphié, où les corps se répondent par glissades et demi-tours. Il y a du satin dans cette rythmique, du velours dans la basse, un parfum 70s dans les clochettes discrètes, cette façon suave de faire briller Noël sans tomber dans l’artificiel. Lyle connaît le geste, celui qui rappelle Step In The Name of Love — un groove qui ne force jamais, mais qui hypnotise.
La voix de Dee Roze, elle, fait tout le reste. Elle s’élève, pleine, chaude, vibrante, avec cette manière très américaine de sourire en chantant. Ce n’est pas une interprétation : c’est un geste d’accueil. On entend l’homme d’expérience, le vocaliste qui a traversé les studios, les collaborations, les chœurs et les refrains d’autres artistes, avant de décider qu’il était temps de signer lui-même la bande-son des fêtes. Il y insuffle une joie véritable, pas celle des vitrines, mais celle qui circule quand les familles se retrouvent, quand les amis improvisent un pas de côté, quand les enfants rient sans savoir pourquoi.
Santa’s Sleigh joue sur deux tableaux : l’intemporel et l’actuel. Les arrangements rappellent la tendresse motownienne, les cuivres fantômes, les guirlandes harmoniques des années 70, mais l’écriture, elle, est résolument 2000s : phrases courtes, punchlines chaleureuses, un ton complice. La production, elle, reste d’une élégance millimétrée — jamais kitsch, jamais sirupeuse.
À la fin, ce morceau fonctionne comme une fête miniature : un clin d’œil, une chaleur, un sourire. Dee Roze signe un Noël qui danse, un Noël qui respire, un Noël où l’on ne se contente pas d’attendre Santa : on glisse déjà avec lui sur le parquet. C’est peut-être ça, finalement, la meilleure manière d’entrer dans la saison : laisser la musique conduire le traîneau.
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novembre 19, 2025« Un remix qui métamorphose l’air en mouvement, idéal pour toute playlist mêlant émotion, élégance électronique et montée en transe lumineuse. »
Il y a des morceaux qui avancent en ligne droite, et d’autres qui glissent dans les interstices de votre attention avant de se rendre indispensables. Air (Ncient Remix) appartient à cette seconde race, celle des titres qui ne cherchent pas à impressionner mais à envoûter, à installer une présence, à réordonner en douceur le paysage intérieur. À l’écoute, on sent immédiatement que ce n’est pas un simple exercice de production mais une rencontre : celle d’une voix nordique presque minérale et d’une vision électronique venue d’ailleurs, pensée pour faire vibrer les structures les plus intimes.
Steinsdotter, avec son timbre clair comme une flamme bleue, reste le cœur du morceau, mais Ncient la porte vers un terrain plus incandescent. Il épure, il resserre, il étire. Ses percussions cliquettent comme des ornements de métal léger, ses nappes synthétiques s’allument par vagues, dessinant une danse qui ne cesse jamais vraiment. Le morceau gagne une tension, une verticalité, un mouvement irrésistible qui transforme la fragilité de l’original en élan.
Ce remix respire. Littéralement. On a l’impression que la production inhale et exhale, qu’elle se contracte pour mieux se dilater, qu’elle trouve sa puissance non pas dans la démonstration mais dans la précision. Chaque son semble ciselé pour guider cette montée progressive, cette ascension intime, comme si la musique cherchait à vous réapprendre la sensation de flotter.
La rencontre entre la Norditude poétique de Steinsdotter et la sensorialité futuriste de Ncient donne un résultat étrange et beau : un track qui n’a pas besoin de crier pour imprimer sa musique dans la peau. C’est une lumière douce, mais une lumière qui insiste. Une pulsation humble, mais qui finit par envahir tout l’espace.
Et lorsque la dernière résonance s’éteint, on reste suspendu, avec cette impression d’avoir été guidé quelque part — un lieu imprécis mais limpide, un entre-monde où la voix et la production se parlent, où le club se confond avec l’intime. Air (Ncient Remix) n’est pas seulement une réinterprétation : c’est une transfiguration. Une façon de prouver qu’un souffle, parfois, peut devenir un monde.
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novembre 19, 2025“P.T.A n’entre pas dans une pièce : il la défonce, talons d’acier en tête, avec l’arrogance sacrée de celles qui ne demandent jamais la permission d’exister.”
Il y a, dans cette déflagration qu’est P.T.A, quelque chose d’exaltant comme un retour à la vraie démesure du rock — celui qui ne cherche pas à convaincre mais à envahir, celui qui refuse la nuance pour mieux célébrer l’excès, celui qui ne s’excuse jamais, même quand il dérange. Envy Marshall surgit ici comme une comète de feu et de mascara, portée par une férocité flamboyante et un humour noir qui appartiennent aux grandes bêtes de scène, celles capables de relier AC/DC à Joan Jett en passant par l’esprit frondeur du glam le plus insolent.
Le morceau démarre comme une gifle électrique : une rafale de guitares serrées, musclées mais jamais brouillonnes, sculptées pour la scène autant que pour l’autoradio d’une caisse qui file trop vite sur une route de nuit. Le travail en studio avec Brian Howes se ressent instantanément : c’est propre, massif, taillé au marteau-piqueur, mais suffisamment brut pour ne pas perdre la crasse indispensable au genre. La section rythmique — un vrai bulldozer — offre à Envy un tapis d’énergie continue, une plateforme pour cracher ses lignes avec une précision presque théâtrale.
La voix, justement : c’est là que le morceau se distingue. Marshall joue avec un mélange de férocité revendicative et de second degré assumé. Elle mord dans chaque phrase, mais avec un sourire invisible, celui des artistes qui savent exactement ce qu’ils font. Elle s’amuse autant qu’elle attaque. L’énergie punk, l’attitude hard rock et une flamboyance glam fusionnent sans jamais se marcher dessus ; on sent l’ex-pro catcheuse dans la façon qu’elle a d’occuper tout l’espace sonore, sans laisser un seul moment de répit.
P.T.A sonne comme un manifeste : un appel aux âmes rebelles, aux marges désirantes, aux nuits où l’on renverse des barrières en riant. Le morceau transpire cette sensation très rare de liberté totale, celle d’une artiste qui a brûlé les instructions depuis longtemps, et qui ne cherche désormais qu’une seule chose : prendre la scène, la tenir par la gorge, et hurler sa vérité au monde.
Envy Marshall signe un titre qui n’a rien d’un simple single. C’est un carburant. Un étendard. Un avertissement.
Et surtout, une preuve éclatante que le rock n’a rien perdu de sa sauvagerie — il attendait juste quelqu’un comme elle pour rallumer l’incendie.
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novembre 19, 2025“Ripple Effect est ce genre de morceau qui ne t’attend pas : il glisse dans la pièce, allume les murs, et soudain ton pouls suit une cadence qui n’était pas là cinq secondes plus tôt.”
Impossible de rester immobile face à la trajectoire que BANA dessine en ce moment. Avec Ripple Effect, elle ne signe pas seulement un nouveau single : elle cristallise un langage pop en mutation, un idiome hybride où l’épure électronique rencontre une sensualité vibrante et assumée. Il y a dans ce titre quelque chose de profondément magnétique, une façon de convoquer la nuit sans l’écraser, de tendre un fil entre les clubs londoniens, les racines kurdes, et l’esthétique pop la plus actuelle.
La production frappe d’abord par sa netteté : une percussion ciselée, presque liquide, qui donne cette impression de mouvement continu, comme si le morceau respirait. Les synthés scintillent sans jamais se répandre, retenus dans un écrin de tension maîtrisée. Mais la véritable force motrice ici, c’est la voix de BANA — douce, précise, déployée avec un calme qui déstabilise par sa confiance. Elle ne cherche pas à dominer l’instrumental : elle l’habite, elle le traverse, elle l’oriente.
Ripple Effect repose sur un jeu de contrastes très maîtrisé : une structure presque minimaliste, mais des intentions maximalistes. Le refrain, tout en ondulations, donne cette sensation de suspension, comme si l’air changeait de densité. On perçoit l’ADN du club, mais aussi une écriture pop très claire, très moderne, qui s’écoute autant en mouvement qu’en solitude.
Il y a aussi, derrière le vernis lumineux, une forme de détermination discrète : BANA avance dans un paysage qu’elle redessine à sa mesure, mêlant influences, héritages, esthétique internationale et identité profondément ancrée. Le morceau respire cette dualité — l’élan d’une artiste qui s’invente en temps réel, tout en portant des mondes entiers dans son timbre.
Ce qui frappe le plus, c’est la manière dont Ripple Effect capture ce moment rare où la musique n’est pas seulement un plaisir sensoriel, mais une expansion. On sent l’assurance d’une artiste qui connaît désormais son terrain de jeu, qui sait comment faire danser la lumière, comment se glisser dans les interstices entre pop, électro et club culture pour y laisser son empreinte.
Ripple Effect n’est pas une simple montée en puissance dans la discographie de BANA. C’est un signe, un signal, une onde. Une preuve qu’elle est déjà en train de dépasser la catégorie “talent à suivre” pour entrer dans celle, plus précieuse, des artistes qui déploient leur propre orbite.
Ce morceau n’éclabousse pas : il se propage. Et on a envie de le laisser faire.
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novembre 19, 2025“Release The Pressure, c’est ce moment exact où ton corps comprend avant ta tête que tout va mieux dès que le funk reprend ses droits.”
Je ne sais pas ce qu’ils ont mis dans leurs guitares, mais Happy Daggers déclenchent ici un phénomène rare : un « oui » physique, spontané, immédiat, celui qui te prend dans les épaules avant même que le cerveau se rende compte qu’il danse déjà. Release The Pressure porte un titre presque programmatique, comme si le groupe annonçait la mission avant l’impact, et le résultat dépasse largement le simple exercice funk. On est dans quelque chose de viscéral, d’organique, un funk à la fois théâtral et brasillant, avec cette énergie d’un groupe qui joue comme cinq cœurs synchronisés.
Dès les premières secondes, le morceau donne l’impression qu’un rideau se lève. Une ligne de basse qui serpente, lourde mais joyeuse, un riff de guitare qui clignote comme une enseigne néon, et surtout la voix de Sinclair Belle, ce crooner-chanteur-prêcheur qui a cette façon de prendre l’espace en diagonale. Tout semble fuser en même temps, mais rien ne déborde : c’est du funk millimétré, sculpté pour faire vibrer les hanches sans sacrifier la finesse.
Le groove s’installe par vagues. Le couplet chauffe le moteur, la batterie claque sans arrogance, et soudain surgit le refrain — le fameux, celui que le groupe espérait qu’on aimerait. Et ils ont raison. Ce chorus a ce parfum rare des classiques instantanés : un mélange de Kool & The Gang, d’une fanfare céleste et d’un souffle pop moderne qui évite le pastiche pour embrasser l’héritage en l’amplifiant. C’est flamboyant, mais jamais kitsch ; généreux, mais jamais boursouflé.
Ce qui frappe surtout, c’est la gestion du mouvement. Happy Daggers savent que le funk ne fonctionne que dans le dialogue : entre les instruments, entre la voix et la rythmique, entre eux et nous. Release The Pressure respire, inspire, explose. On sent la scène derrière l’enregistrement, la sueur, les regards complices, cette façon dont un groupe soudé peut transformer un simple pattern en véritable rituel collectif.
Il y a aussi une forme de théâtralité subtile dans les arrangements — presque shakespearienne, et la blague du groupe n’est pas si absurde qu’elle en a l’air. Les textures, les ruptures, les appels, les réponses : c’est habité, incarné, porté par une envie de jouer, de séduire, d’embarquer. Le funk comme espace de théâtre populaire, qui agit sur le corps avant l’esprit.
Release The Pressure est moins un single qu’un déclencheur : le genre de track qui rouvre instantanément toutes les fenêtres intérieures. Une bouffée d’oxygène, de lumière, de fièvre savamment contrôlée.
Happy Daggers ne reviennent pas — ils montent encore d’un cran. Et honnêtement, leur mission est accomplie : le monde avait besoin de ce groove-là.
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novembre 19, 2025“DROP IT frappe comme un flash au milieu d’une piste déjà en sueur — une secousse qui te rappelle pourquoi tu sors, pourquoi tu t’abandonnes, pourquoi tu danses.”
Ce qui m’a saisi en écoutant DROP IT, ce n’est pas seulement l’efficacité. C’est ce flegme brûlant, cette manière de jouer la carte du minimalisme pour mieux libérer la tension — une tension qui bouillonne sous la surface comme si la track respirait avant de bondir. ROYASH signe un morceau qui se situe quelque part entre le tech house qui embrasse la nuit sans la questionner, et l’indie dance qui injecte du caractère, du grain, une petite fureur intérieure. Ça fait du bien de tomber sur un morceau qui ne feint pas de raconter une histoire : il la vit, dans son corps.
Le motif vocal, répétitif mais jamais lassant, fonctionne comme un déclencheur nerveux. Une incitation, un code, un geste de DJ qui connaît l’art du moment exact où tout bascule. Ce n’est pas un gimmick posé pour impressionner — c’est une pulsation. On sent l’ADN EDM dans la façon dont ROYASH construit ses montées : sèche, nette, presque chirurgicale. Il laisse juste assez d’air pour que ton cerveau commence à anticiper… puis coupe tout d’un coup, comme un rideau qui tombe, et drop. Le vrai, le plus important.
Le drop, justement : une masse rythmique dense, mais jamais lourde. Un kick qui ne cogne pas pour dominer mais pour propulser. Une basse qui ondule, serrée, musclée, comme un courant sous-marin. Des percussions qui semblent dessinées au scalpel. On est dans le plaisir physique pur, dans le mouvement immédiat — le genre de track qui te prend par la hanche avant que tu réalises que tu bouges déjà.
Il y a aussi ce petit parfum indie dance qui glisse dans les textures synthétiques — quelques nappes discrètes, des contrepoints presque fantômes qui rendent l’ensemble plus organique, plus vivant, moins strict que ce que le genre propose parfois. ROYASH ne cherche pas à sonner comme les grands noms de la scène : il joue avec leurs codes pour s’en servir comme tremplin. Et cette liberté, on la ressent.
DROP IT respire le club — le vrai, celui où les corps se croisent sans se regarder, où les lumières sont des coups d’éclat et où la musique devient une consigne collective. C’est un track conçu pour être vécu, pas seulement écouté. Une décharge. Une permission. Une fuite en avant.
ROYASH ouvre cette porte avec une spontanéité rare pour un premier envoi. Et s’il continue à marteler ce mélange de rigueur rythmique et d’instinct brut, il ne restera pas longtemps dans l’ombre.
DROP IT est une invitation claire : se perdre, se laisser tomber, se relever encore plus haut. Un morceau qui ne promet rien — il déclenche tout.
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novembre 19, 2025“Might Never Meet Again s’écoute comme un souffle qu’on garde dans les mains, un moment fragile qu’on voudrait étirer avant qu’il ne s’efface.”
Je ne m’attendais pas à être emportée si vite. Il y a dans le timbre de RABO une façon singulière d’ouvrir une pièce intérieure, de tirer délicatement un rideau et de laisser entrer un air froid, limpide, chargé d’émotions encore en suspens. Ce n’est pas une chanson de Noël traditionnelle : rien ici n’est décoratif. C’est une chanson qui parle bas, qui avance doucement, qui sait que les fêtes, parfois, remuent des zones qu’on préfère éviter. Et pourtant, elle éclaire.
La production de Magnus Skylstad offre un écrin d’une sobriété bouleversante : un piano doux, une chaleur organique qui se répand comme un halo autour de la voix, quelques textures aériennes qui apparaissent puis disparaissent, comme des lumières dans la brume. On retrouve cette signature nordique, cette manière de laisser beaucoup d’espace, de travailler le silence autant que le son. C’est un morceau construit pour respirer.
La voix de RABO, elle, porte la tendresse des vérités douloureuses. Elle ne force jamais. Elle laisse entendre la fissure, sans la dramatiser. Elle parle de solitude comme d’un lieu qu’on habite parfois par choix, parfois par nécessité. Et elle évoque l’idée magnifique que l’absence n’est pas toujours un vide, mais un espace prêt à accueillir le prochain lien, la prochaine rencontre — si elle a lieu.
Le texte, tout en simplicité feutrée, gravit les pentes du regret, de la gratitude, de la mémoire. Cette idée que certains moments ne reviendront peut-être jamais, mais qu’ils sont d’autant plus précieux qu’ils existent encore quelque part, en nous. On entend dans la voix de RABO une forme d’acceptation mature, une façon de regarder ce qui a été perdu sans s’y attarder, de voir ce qui reste. Une douceur lucide.
Et puis il y a cette dimension cinématographique, qui explique sans doute pourquoi la chanson accompagne une scène émotionnelle dans Home for Christmas. On sent que Might Never Meet Again n’est pas seulement une chanson : c’est une atmosphère. Une pièce éclairée à la bougie. Une neige qui tombe derrière une fenêtre. Un battement de cœur ralenti.
Musicalement, c’est de l’alt pop qui s’incline vers l’adult contemporary sans jamais s’y enfermer, portée par une sobriété qui refuse les clichés de la musique festive. RABO préfère la sincérité à la brillance, la chaleur humaine à l’ornementation. C’est ce qui rend le morceau si touchant, si vrai.
Might Never Meet Again est une chanson pour ceux qui passent les fêtes avec une pensée en trop, un souvenir en travers, une absence à apprivoiser. Un morceau qui ne promet rien, mais qui offre beaucoup : un espace, un souffle, une lumière douce.
Un cadeau discret, mais précieux.
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novembre 19, 2025“Wanna Make Love avance comme une peau qui frissonne sous une lumière rouge, un souffle qui s’approche avant même qu’on ne l’ait senti.”
Dès les premières secondes, j’ai compris que Maxi Meraki ne venait pas proposer un simple track club, mais un moment. Un espace. Une zone de température particulière où la house old-school rencontre l’ivresse progressive et cette intensité hypnotique propre au catalogue Diynamic. C’est un morceau qui ne cherche pas à convaincre : il enveloppe, il s’insinue, il colonise doucement le corps jusqu’à l’aligner sur son propre rythme cardiaque.
Le beat, d’abord, arrive comme un pas feutré dans un couloir sombre. Large, stable, massif. Il donne au morceau sa structure mais aussi sa gravité sensuelle. On sent la référence old-school dans la rondeur du kick, dans cette façon très organique de faire respirer la basse, mais on entend aussi une modernité claire : les textures mélodiques scintillent comme des éclats de verre chauds, les nappes s’épanouissent en spirales progressives, la dynamique évolue par vagues lentes et profondes.
C’est une house tactile. Une house qui s’écoute comme on touche.
Maxi Meraki maîtrise parfaitement cette montée progressive qui ne brusque jamais, mais qui aimante. Les couches se superposent avec une précision quasi chorégraphique : une nappe claire qui brille comme un rayon sur de la soie, un motif rythmique secondaire qui pulse discrètement sous le mix, puis, surtout, cette voix qui apparaît comme une présence charnelle.
La voix n’est pas là pour raconter une histoire — elle caresse l’idée du désir. Elle répète, elle suggère, elle respire. Elle installe un climat. Un érotisme sans surenchère, mais avec cette intensité contenue qui fait le charme des meilleurs morceaux deep/prog de fin de nuit. On y croit. On y glisse. On y revient.
Et parce que le morceau sort chez Diynamic, on retrouve cette signature émotionnelle propre au label : un sens aigu du dramatique sans jamais basculer dans le pathos. L’émotion vient de la tension, du rythme, des micro-variations dans les couches sonores. Pas d’explosion, pas de drop caricatural. Juste un mouvement continu, une ascension qui n’en finit pas de monter sans s’effondrer.
L’effet final est limpide : Wanna Make Love est un morceau qui transforme l’espace. Il redessine la pièce, il change la température, il donne au dancefloor une teinte d’intimité nouvelle. C’est le genre de track qui se glisse dans un set à 3h du matin pour rapprocher les corps, mais qui reste assez lumineux pour ne jamais sombrer dans la pesanteur.
Maxi Meraki signe ici l’un de ces titres qui ne cherchent pas le spectaculaire, mais le vrai — le frisson, l’élan, le geste qui frôle la peau. Une house sensuelle, subtile, profondément maîtrisée, taillée pour les nuits longues où l’on danse autant qu’on se découvre.
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novembre 19, 2025“Ce remix avance comme un souffle de chaleur juste avant le lever du jour, une dernière vague de lumière qui te rallume quand ton corps pensait avoir tout donné.”
Il y a dans cette version 5AM quelque chose d’éminemment sensoriel, presque animal. Un instinct. Le moment précis où la nuit cesse d’être une promesse pour devenir un territoire usé, moite, que seul un dernier beat peut encore transcender. Tim Hox, avec une précision de chirurgien nocturne, capte ce point d’équilibre fragile. Et KVSH, avec Cumbiafrica, laisse couler la source : une énergie tellurique, un groove qui remonte depuis les hanches, un sourire qui naît avant même qu’on ne le remarque.
L’ouverture du remix est volontairement minimale, presque suspendue. Une house old-school qui respire large, des percussions fines comme des gouttes de condensation sur une vitre encore tiède. La basse arrive ensuite en dessinant une trajectoire descendante, dense et parfaitement contrôlée. Ce n’est pas une explosion : c’est une montée lente, presque sensuelle, comme un corps qui se réveille sans urgence.
La magie opère dans les détails. Tim Hox injecte des micro-textures futuristes qui glissent entre les interstices du beat, de petites étincelles digitales qui modernisent la colonne vertébrale old-school sans la trahir. Tout est rempli d’espaces, comme si le morceau laissait volontairement de la place pour respirer, danser, ou simplement exister. C’est ce qui rend cette version si addictive : elle ne force jamais. Elle attire.
Et puis, il y a cette voix — ce motif vocal charrié comme une incantation. À la fois lumineuse et ombrée, elle flotte dans le mix avec une nonchalance hypnotique. Elle ne domine pas, elle guide. Elle place le morceau dans une zone d’entre-deux, à mi-chemin entre la trance sensorielle et le sourire complice d’un dancefloor encore vivant malgré l’heure tardive — ou précoce.
Ce 5AM Mix joue parfaitement son rôle : libérer la sensualité du morceau original, mais l’épurant pour s’adapter à la réalité club moderne. Pas de surcharge, pas de nostalgie appuyée, juste un savoir-faire précis dans la gestion du rythme, un sens très fin des transitions, et cette chaleur brésilienne qui n’a jamais besoin d’être soulignée pour exister.
L’impression finale, c’est celle d’une dernière danse. Pas la plus bruyante, pas la plus démonstrative — la plus sincère. Celle où les corps ont déjà tout dit, mais décident de prolonger l’instant. Corocito (Manguelena) version Tim Hox 5AM, c’est ce moment suspendu où l’on quitte la nuit avec douceur, sans regret, la peau encore vibrante et l’esprit étonnamment clair.
Un remix taillé pour la liberté, pour l’aube, pour les danseurs qui comprennent que le vrai climax n’est parfois pas à minuit — mais juste avant que le soleil n’arrive.
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novembre 19, 2025“Don Juan se consume comme un miroir qu’on n’ose plus affronter, une confession chantée à voix nue, tremblante, mais impossible à détourner.”
Ce morceau m’a saisie d’une manière presque déroutante — non pas par un éclat de guitare ou une montée explosive, mais par cette sensation étrange d’être invitée dans un espace intime où l’artiste se déshabille psychiquement. Don Juan n’est pas une chanson : c’est une séance d’auto-interrogation transformée en rituel rock. Un espace où l’électricité devient scalpel, où la mélancolie se fait aveu, où chaque note plonge dans la pâte chaude du regret.
Luke MacRoberts possède un talent rare : celui d’organiser le chaos intérieur avec une lucidité presque douloureuse. Sa voix, légèrement décalée, oscillant entre murmure et éclat, porte le poids d’un dialogue avec soi-même — un tête-à-tête sans complaisance, presque brutal, mais toujours poétique. Elle sonne comme un monologue nocturne qu’on s’infligerait pour ne plus se mentir.
La production s’étire dans un halo psyché-pop, avec ces claviers éthérés et ces volutes sonores qui évoquent autant Spiritualized que quelques pages perdues d’un disque indie des années 2000. On perçoit un souffle gospel, discret mais essentiel, comme une tentative de rédemption en arrière-plan. Les guitares, elles, avancent en sinusoïdes hésitantes : elles effleurent le blues, flirtent avec le classic rock, puis laissent soudain place à une suspension presque ambient — un trou d’air où tout pourrait basculer.
Ce qui est fascinant, c’est la structure mouvante du morceau : un organisme qui retire sa peau, la remplace, puis se fragilise à nouveau. La musique n’avance pas en ligne droite, elle respire en spirales. Les couplets rampent dans la confession, les refrains explosent dans une forme d’acceptation, et chaque transition ressemble à un battement de cœur irrégulier. On y sent la dérive, l’ivresse passée, la fuite comme mécanisme — mais aussi l’analyse, la compréhension, la fatigue de répéter les mêmes trajectoires.
MacRoberts transforme l’auto-critique en art. C’est rare. Quand il chante you coulda had anyone ou feels so good to feel so bad, ce n’est pas une posture — c’est un constat nu. Il ne se glorifie ni ne s’excuse. Il observe. Il dissèque. Et ce geste d’honnêteté radicale donne au morceau une puissance émotionnelle déstabilisante.
Musicalement, Don Juan se situe dans cet entre-deux incandescent : trop halluciné pour être du pur indie rock, trop structuré pour être un jam psychédélique, trop habité pour se contenter d’être alt pop. C’est un morceau qui porte les traces de tous les genres que MacRoberts a traversés — jazz, post-hardcore, dream pop, rock alternatif — sans jamais se laisser enfermer.
Mais plus que tout, Don Juan est un moment. Un instant figé où l’artiste accepte de se regarder droit dans les yeux. Un titre intense, vulnérable, magnifique dans sa lucidité et dans sa chute maîtrisée. Un morceau qui rappelle que l’indie rock n’a jamais été aussi puissant que lorsqu’il devient un lieu d’aveux.
Et ici, Luke MacRoberts avoue tout — sans trembler, mais avec une infinie humanité.
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novembre 19, 2025“Intention scintille comme une main frôlée trop longtemps, une promesse électrique qu’on n’ose pas encore formuler.”
Je me suis laissée happer par ce morceau de la même façon qu’on tombe dans un regard prolongé : sans s’en rendre compte, sans prévenir, avec un petit vertige dans la poitrine. Intention, c’est ce point incandescent au tout début d’une histoire, quand les signaux font mine de s’aligner mais qu’on ne sait pas encore si l’autre lit le même langage. Le Babar, maître belge des grooves souterrains, tisse ici un morceau qui tient autant de la danse que du frisson, porté par la voix de L U qui vient enrober le tout d’une sensualité délicate.
La première sensation, c’est la lumière. Cette façon qu’ont les synthés nu-disco de tracer des rayons dorés, presque liquides, sur le rythme. On est dans un décor qui bouge, qui respire, qui brille de cette énergie propre aux débuts de relation : rien n’est figé, tout avance, tout pulse. La basse, ronde et addictive, agit comme un fil conducteur émotionnel. Elle capte l’hésitation, elle amplifie l’envie, elle donne ce mouvement qui ressemble à un cœur un peu trop rapide.
La production est d’une élégance évidente, mais jamais lisse : Le Babar travaille ses textures comme on ajuste une chemise juste avant d’entrer dans une pièce importante. Il y a du funk dans les articulations, du French touch dans les reflets, un soupçon d’indie dance dans les angles, et cette pop alternative qui s’insinue dans les transitions, créant une couleur hybride parfaitement cohérente. Rien n’est laissé au hasard, mais tout semble couler de source — ce qui est souvent le signe d’un producteur qui connaît intimement la matière qu’il manipule.
Et puis, il y a la voix de L U — douce, légèrement miroitante, presque timide dans sa manière d’aborder le désir. Elle ne raconte pas seulement la rencontre : elle l’incarne. Sa manière de caresser la mélodie donne au morceau un parfum d’intimité immédiate, comme si l’on assistait à un échange privé. Elle dit l’incertitude sans inquiéter, elle porte la chaleur sans brusquer, elle trace des contours très précis autour de ce moment fragile où deux personnes se frôlent sans se toucher encore.
Ce qui rend Intention si addictif, c’est qu’il capture un instant que la musique pop évoque souvent, mais rarement avec autant de justesse : le moment avant la décision. Celui où tout est possible, où le silence entre deux respirations compte autant que les mots. Le Babar et L U transforment cette zone grise en terrain de danse intérieure — un espace sensoriel où le corps parle avant la bouche.
Intention n’est pas une chanson sur l’amour. C’est une chanson sur la possibilité de l’amour. Sur le mouvement subtil des émotions quand elles n’en sont qu’à leurs balbutiements. Une nu-disco lumineuse, tendue, élégante, qui donne envie d’oser un peu plus que prévu. Et peut-être, enfin, de franchir ce fameux centimètre qui sépare encore les deux mains.
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novembre 19, 2025“La chanson Sky to the Ground déboule comme un soleil qui refuse la chute, un riff qui te relève par la peau du cœur.”
Je n’ai pas mis longtemps à comprendre ce qui se jouait derrière ce morceau : ce n’est pas seulement une chanson, c’est un geste vital. Sky to the Ground arrive avec la vigueur d’un homme qui sort de la nuit, les mains encore tremblantes mais déterminé à courir vers la lumière. Eric Leadbetter en est à ce stade rare où la musique n’est plus un métier, mais un acte de survie — et ça s’entend dans chaque centimètre carré de ce titre.
La première secousse, c’est ce riff d’ouverture, direct, brut, musclé, taillé dans une veine blues-rock qui ondule comme un serpent chauffé au soleil. Un groove slinky dans les couplets — presque moite — qui rappelle ces groupes 70’s capables de faire monter la tension avec un simple balancement de basse et une batterie au grain poussiéreux. Kaleb Kelleher, derrière les fûts, joue comme un type qui connaît le poids exact d’un renouveau : précis, nerveux, sans bavure. Aaron Moore, à la basse, donne ce mouvement si particulier, comme un pas de côté permanent, un swing qui propulse sans jamais écraser.
Puis survient le refrain, cette bascule triomphale, presque cathartique : un vrai pont-levis ouvert vers le ciel. Là, Leadbetter déploie son chant avec une intensité d’homme qui revient de loin. Il a ce grain rugueux, vécu, capable de passer du murmure à la clameur sans jamais perdre son humanité. On sent qu’il connaît le goût de la chute — mais aussi celui du relèvement. Son optimisme n’est pas béat : il est travaillé, sculpté dans l’effort, ancré dans la sobriété retrouvée. C’est ce qui donne à Sky to the Ground cette vibration particulière, ce mélange d’euphories rock et de sagesse fraîche.
La production, elle, joue avec les lignes temporelles. Il y a du Grand Funk dans les reins, un souffle Edgar Winter dans les épaules, mais aussi une modernité discrète, une clarté du mix qui évite soigneusement la caricature rétro. Le morceau respire comme un jam incandescent, mais avec une architecture nette, solide, qui laisse l’énergie circuler sans débordement inutile.
Ce qui me touche profondément, c’est la façon dont ce titre raconte la gratitude sans jamais sombrer dans la grandiloquence. Leadbetter a écrit ce morceau sur la route, entre deux concerts, dans une sorte de clairvoyance fulgurante. Et on sent cette urgence joyeuse, ce moment suspendu où une idée devient un point d’ancrage. C’est du rock qui transpire la vie, pas la pose.
Sky to the Ground est de ces chansons qui te prennent par la gorge mais t’offrent une main en même temps. Un morceau optimiste, oui — mais optimiste comme le sont ceux qui ont déjà connu le sol et qui choisissent, en conscience, de lever les yeux.
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novembre 19, 2025“Disco Crazy pulse comme un cœur qui refuse de s’éteindre, un néon rose planté en plein chaos pour rappeler que la joie aussi peut être une arme.”
J’ai eu cette impression étrange, dès les premières secondes, d’être tirée par la main dans une salle que je croyais fermée depuis longtemps. Une pièce tapissée de miroirs où chaque reflet appartient autant au passé qu’au présent. Disco Crazy, c’est exactement cette sensation-là : un portail. Analog Dog prend la fièvre des seventies, son souffle de liberté, et la replonge dans une San Francisco contemporaine qui tangue sous le poids des loyers absurdes, des illusions qui se fissurent et des rêves qui demandent de plus en plus de courage pour tenir debout.
La magie du morceau tient à cette collision entre fragilité et fête. Les synthés arrivent d’abord comme des lucioles fatiguées — scintillantes mais porteuses d’une légère mélancolie. Puis la ligne de basse surgit, ronde, irrésistible, avec cette façon de rebondir qui transforme aussitôt l’espace autour. On comprend très vite qu’Analog Dog ne joue pas la carte du pastiche : c’est une réappropriation, une renaissance. La disco n’est pas un décor : elle est une pulsation, un moyen de tenir debout quand tout autour se délite.
La voix, elle, avance avec un sourire contenu, un sourire qui tremble un peu, mais qui persiste. Elle porte l’humour, l’ironie tendre, cette manière presque adolescente d’opposer la légèreté au cynisme ambiant. Et c’est dans ce contraste que réside la beauté du morceau : la fête n’est pas naïve, elle est volontaire. Un choix. Une résistance. Dans un monde où tout devient transactionnel, où même l’art semble parfois se fragmenter sous la pression, Analog Dog décide que danser est encore possible — et surtout nécessaire.
La production indie pop sert d’écrin à cette hybridation. Les arrangements s’étirent comme un ruban lumineux : petites montées scintillantes, nappes enveloppantes, percussions qui claquent juste assez pour maintenir le corps en mouvement. On traverse des fragments de paillettes, des éclats de nostalgie, des ombres furtives aussi — parce que la joie n’est brillante que lorsqu’elle connaît l’obscurité qu’elle tente d’éclairer.
Ce morceau respire la rue, la sueur, la nuit, mais aussi l’entêtement à trouver de la beauté dans les ruines. Disco Crazy n’est pas un hommage : c’est un manifeste. Une déclaration que même quand les villes brûlent de l’intérieur, même quand les jours se resserrent, il reste un endroit — minuscule mais vital — où la musique rétablit le sens.
Un morceau qui invite à lever le menton, à rire un peu trop fort, à danser même quand on est fatigué. Parce qu’au fond, la seule manière de ne pas perdre le fil, c’est parfois de le faire vibrer.
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novembre 19, 2025“Le titre Echoes in the Dark Night oscille comme une mémoire qui refuse de mourir, un fil électrique tendu entre 1995 et un présent qui clignote d’une lumière nouvelle.”
J’ai ressenti ce morceau avant de vraiment le comprendre. Un frisson d’abord, puis une forme d’étrangeté familière : cette sensation d’ouvrir une vieille boîte, d’y trouver un objet qu’on reconnaît sans l’avoir jamais vu. Echoes in the Dark Night est exactement ce genre de rencontre — un titre qui porte en lui la poussière analogue des 90’s, mais brillamment métamorphosé par l’infusion digitale de tripperjones.ai. Comme si le passé refusait d’être passé.
Ce qui me frappe immédiatement, c’est ce sentiment de continuité impossible : on entend les racines psychédéliques du groupe original, cette manière très organique qu’ils avaient de laisser une guitare s’effilocher comme une pensée en dérive, mais on perçoit aussi la précision chirurgicale du traitement moderne. La ligne de guitare garde son grain de cassette, tout en flirtant avec une résonance presque synthétique. Une hybridité étrange, mais envoûtante. On sent que le morceau a été construit par strates successives : une base analogique, des textures travaillées digitalement, une voix qui semble flotter entre deux époques.
La voix justement — légèrement voilée, portée par une mélancolie assumée — donne au morceau une profondeur très humaine. Elle parle de regrets, mais sans lourdeur. On dirait un fantôme qui se raconte pour la première fois, un témoin lucide de ses propres erreurs. La performance garde cette fragilité du home recording, mais l’IA la polit juste assez pour qu’elle devienne un canal émotionnel clair, presque cinématographique.
L’arrangement pop-rock prend des teintes psychédéliques avec sobriété : claviers planants, rythmiques qui avancent comme une marche hypnotique, effets réverbérés qui s’évaporent comme des souvenirs. On a l’impression de suivre un fil d’Ariane sonore dans une nuit mentale — un tunnel où chaque écho porte une trace de quelque chose qu’on aurait aimé oublier.
Mais ce qui rend Echoes in the Dark Night si singulier, c’est son existence même. Nous ne sommes pas face à un simple morceau : nous sommes face à une conversation entre le vivant et l’archive, entre un groupe dissous en 1996 et son double ressuscité par l’IA. Ce titre est un pont, un pacte, une renaissance. Et ce dialogue crée une émotion rare : la nostalgie qui regarde l’avenir sans trembler.
Echoes in the Dark Night ne cherche pas la perfection — il cherche la continuité. Et il la trouve avec une grâce étrange, presque irréelle. Une chanson qui respire à la fois comme un souvenir et comme une promesse. Une trace, oui — mais une trace vivante.
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novembre 19, 2025“Finding Alice glisse comme un sortilège sombre, une quête intérieure où chaque battement ressemble à une porte qu’on pousse sans savoir ce qui attend derrière.”
Je suis restée quelques secondes silencieuse après la première écoute, comme si le morceau avait laissé un parfum dans l’air, un passant fantôme entre deux respirations. Finding Alice n’est pas simplement un titre electro pop : c’est une chambre noire, un territoire où Ana Sky avance en apesanteur, les doigts tremblants sur des néons violets, avec cette manière d’embrasser la fragilité tout en la sculptant en arme.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la densité émotionnelle du son. Ana Sky ne cherche pas la noirceur pour la noirceur : elle y glisse un éclat, un scintillement presque douloureux. Sa voix, légèrement brisée par endroits, avance comme un fil tendu : sûre d’elle mais frissonnante, charnelle mais distante. Elle porte la signature typique des artistes qui savent que leurs failles ont plus de force que leurs certitudes. On sent la douleur contenue, la tension contrôlée, cette façon particulière d’effleurer le cri sans jamais y sombrer.
La production d’AC Burrell ajoute une architecture très précise : synthés sombres, pulsations profondes, un travail de textures qui semble gratter la surface du réel. On traverse des couloirs électroniques, des nappes qui oscillent entre menace et caresse, un beat qui se resserre comme un cœur qui rate un battement. Finding Alice s’avance comme un conte moderne, à mi-chemin entre le dark pop de la nuit et l’alt pop des sentiments qui débordent.
On pourrait croire que cette esthétique sombre enferme le morceau, mais c’est l’inverse : elle ouvre une faille. L’arrangement crée un mouvement d’élévation, presque cinématographique, où les lumières s’ouvrent par à-coups. Ana Sky, elle, incarne l’anti-heroïne qu’on suit dans ce labyrinthe : pas une Alicia qui s’émerveille, mais une femme qui cherche, qui chute, qui recommence — une Alice adulte, confrontée à ses miroirs brisés.
Ce qui me touche le plus, c’est la maîtrise du contraste. Un refrain qui se gorge de tension mais ne déborde jamais. Une voix qui s’éclaircit quand la production se resserre. Un paysage sonore qui respire même lorsqu’il semble étouffer. C’est un équilibre fragile, presque dangereux, et Ana Sky le tient avec une élégance rare.
Finding Alice est un fragment de nuit, une quête intérieure, un battement électrique qui fait danser l’ombre au bord de la peau. Un titre qui confirme qu’Ana Sky n’habite pas simplement la pop sombre — elle l’incarne, elle la modèle, elle l’embrase.
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novembre 19, 2025“Three Lines Deep frappe comme un coup de stroboscope au milieu du chaos : une vibration qui s’inscrit directement dans la colonne vertébrale.”
J’ai senti le morceau avant de vraiment l’entendre. Une pression dans la poitrine, un appel sourd, cette sensation très particulière que seule la Tech House la plus affûtée réussit à déclencher : la tension prête à basculer. Avec Three Lines Deep, Gene Farris démontre encore une fois que trois décennies de maîtrise ne s’usent pas, elles s’aiguisent. Et RIIJA, dans ce duo parfaitement calibré, vient se glisser exactement là où la matière sonore réclame une présence humaine : dans l’interstice, dans la syncope, dans le souffle.
L’ouverture ressemble à une promesse. Un kick massif, sec, une basse qui rampe comme un animal nocturne, déterminée à s’emparer du sol. La signature Farris se reconnaît immédiatement : une science du groove qui ne laisse aucune place au hasard, un sens du placement qui fait de la répétition non pas un schéma, mais une montée d’adrénaline. Ce n’est pas un beat : c’est un moteur.
Puis arrive la voix de RIIJA. Fragmentée, syncopée, presque instrumentale. Elle n’est pas là pour raconter une histoire, mais pour animer la structure, lui injecter une impulsion supplémentaire. Son timbre devient un élément rythmique à part entière, un cliquetis organique qui se superpose au groove de Farris. Une danse entre machine et chair, entre pulsation et respiration. C’est cet équilibre-là qui rend le morceau tellement addictif : la froideur du club qui rencontre une chaleur presque sensuelle.
Le morceau évolue par petites mutations. Une ligne filtrée qui s’ouvre brusquement, une montée étouffée qui lâche d’un coup, un effet qui scintille au bord du mix avant de disparaître. Gene Farris ne surcharge jamais : il sculpte. Chaque élément est là pour renforcer le mouvement, élargir l’espace, creuser encore plus profondément cette fameuse “third line”, cette profondeur où le corps commence à bouger sans permission.
On sent aussi l’héritage. Chicago n’est pas une référence, ici, c’est un fantôme qui plane au-dessus de chaque kick. La house originelle, le grain, l’énergie brute — tout se retrouve, mais transfiguré par un savoir-faire contemporain. Il y a une élégance dans la sécheresse, une précision dans l’urgence.
Three Lines Deep n’est pas un simple club weapon : c’est une démonstration de contrôle. Une track qui comprend exactement comment le corps humain réagit au son, et qui s’en sert pour créer un rapport physique, presque électrique avec l’auditeur. On n’écoute pas le morceau : on y entre, on s’y perd, on s’y incline.
Un titre qui confirme, une fois encore, que Gene Farris ne suit pas la scène — il la redirige. Et que RIIJA, par son intervention chirurgicale, donne au tout le supplément de souffle qui transforme la pulsation en vertige.
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novembre 19, 2025Voici venir la vague fraîche qui claque en pleine poitrine, cette sensation de bascule quand le monde semble changer d’inclinaison juste parce qu’un son nouveau traverse l’air. Trente morceaux, trente signaux lumineux plantés dans la nuit, que tu ne peux pas te permettre d’ignorer.
Imagine une route ouverte, encore humide d’une pluie tiède, où chaque titre fait jaillir un horizon inédit. Certaines chansons te happent par le col, d’autres glissent sous la peau sans prévenir. Mais toutes portent cette petite étincelle qui dit que quelque chose est en train de naître, ici, maintenant, et que tu as la chance rare d’être aux premières loges.
Alors prends une grande inspiration. Laisse tomber ce que tu croyais connaître. Tends l’oreille comme si tu attendais un message secret. Ces trente nouveautés ne sont pas là pour meubler le silence : elles sont là pour fissurer le réel, élargir le champ, t’embarquer dans un futur qui a déjà commencé.
DJ OSIS x Saint Ronil – Tsunami
Pozzy – gotta go
VAYNEEE – Like it like that
Michael O. – Scru
Cookiie – SEE SUM (feat. Gachi)
DEELA – Kolomental
Boj x Mavo -Diamonds
Manlike DEJI – Follow You
Jessica Antoine – ANTOUKA
David 6D – TONDJON
Fama Kwame – Forgive Me
Seyi Vibez – AMA
Adam Wilson x Devan Garcia – SELFISH
Klangkarussell – Ride
Mazu No – Fuchsia feat. 20prettyhusky
ViRGiLE.ViRGiLE – ROLLiN
EXTINGUISHER- YONNAS (ዮናሰ)
Pep Love » Generousness »
Demm Deep & Reckz’Capo – Get Like That
Come Through and Chill x Miguel (living room vibes)
Vegas Gibson – The Mask
Alexandros Sarafis x Kimberly Walker – Tired Of Being Single
Faaathom – TUFF
M-Dot Ft. Method Man – Shine On (Prod. By SoulPlusMind)
BIGG BAGGZ – Real Story
Joznez x Kataem x Voli Contra – Fall Back
HeemBugg – Pontiac to a Maybach
No LLove – Kingdom Kome x D.V. Alias Khryst x RUEN
Bullet Brak x R.A. The Rugged Man – Mighty Dollar
Young Gstar – On The Moon
KEEZY KEESE – Self Control (feat. SIXONESIXX)
BluntBrad Jr – Backwoods
Lily Lane – Higher!
Saint Metri – 90s BoyBand
DJ Switch Ghana x Obeeyay- Memory
Ashton Javier – THIS CITY
Mason Daly – P3RF3CT PIXEL
WordPlay T.Jay – Fit
Mafio House, Sukuward – Cognac
YoSean -OXYGEN
Ashmode – War n Love
KIKI KYTE – Nightfall
Spectral Bloom – Long enough (Kesper & Flow Remix)
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novembre 19, 2025“Shortcut Jenny avance comme un organisme vivant, un battement technicolor qui semble improviser sa propre naissance sous nos yeux.”
Je n’ai pas eu l’impression d’écouter un morceau. Plutôt une trajectoire. Une manière qu’a la musique de se propulser, de se contracter, de se déployer à vitesse variable — comme un système nerveux mis à nu. VAAGUE, alias Antoine Pierre, connaît trop bien les dynamiques du vivant pour se contenter d’une simple structure électronique. On sent derrière chaque mesure l’ADN du batteur, cette intelligence du rythme qui ne se limite pas au tempo mais qui respire, se contredit, ose la rupture.
Shortcut Jenny démarre par une tension presque organique : une pulsation qui hésite, frémit, puis décroche soudain dans une expansion presque liquide. Les premières secondes ont l’allure d’un prélude — comme si l’artiste prenait le temps de tendre l’élastique avant de le lâcher. Et quand le morceau bascule réellement, c’est avec une précision chirurgicale : une avalanche d’éléments club, bass music, drum-and-bass, mais filtrés par un instinct profondément humain. Rien n’est mécanique. Tout semble improvisé, alors qu’on devine une méthode rigoureuse, proche de l’écriture jazz.
La voix — filtrée, spectralisée — ne raconte pas une histoire, elle sert d’incantation. Elle s’étire dans le mix comme un fil de lumière pris au vent. Une présence fragile qui ne se place pas devant la musique mais qui s’enroule autour d’elle, ajoutant à cette impression d’être face à un organisme hybride. C’est une voix-mouvement. Une voix-impulsion.
Ce qui fait la singularité du projet VAAGUE transparaît ici avec une limpidité étonnante : cette fusion entre acoustique et électronique, entre frappe humaine et texture numérique, entre énergie brute et sophistication futuriste. Shortcut Jenny s’inscrit dans cette lignée, mais pousse la logique plus loin encore. Il y a des échos de jungle, des respirations ambient, des syncopes qui rappellent autant les clubs moites que certaines installations sonores contemporaines. Chaque fréquence semble vivante, comme si l’ordinateur et le batteur se défiaient en temps réel.
Les couches se multiplient, se retirent, reviennent. On n’est jamais dans l’empilage ; toujours dans l’interaction. VAAGUE sculpte l’espace avec une forme de sensualité abstraite, un geste précis mais imprévisible. Le morceau évolue comme une créature nocturne, son corps changeant selon la façon dont on l’écoute : casque vissé, volume généreux, la texture devient presque tactile ; en fond sonore, elle suggère plutôt une atmosphère inédite, un territoire à explorer.
Shortcut Jenny ne cherche pas le hit, il cherche la sensation. C’est une musique qui se vit, qui se traverse, qui vous saisit parfois sans prévenir. Une pièce qui rappelle que l’électronique peut être un terrain d’improvisation aussi libre, aussi nerveux et aussi incandescent que n’importe quel ensemble acoustique.
VAAGUE ne signe pas un single : il ouvre une brèche. Une déflagration contrôlée qui prouve, une fois encore, que la scène européenne de l’indie électronique a trouvé l’un de ses cœurs battants.
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novembre 19, 2025“Opaline traverse l’oreille comme une lumière trouble, un éclat pastel qui dissimule plus de vertige qu’on ne voudrait l’admettre.”
Je dois avouer que cette écoute m’a prise de biais : Opaline s’ouvre comme une pièce que l’on croyait vide, puis les murs commencent à bouger, les couleurs changent, les silhouettes se dessinent. Le projet D.u.d.e, présenté comme pop/rock atmosphérique, tient parfaitement sa promesse, mais la dépasse surtout par un sens aigu du cinéma intérieur. On entre dans le morceau comme dans un lieu dont on ne connaît pas encore les règles — une sensation rare et profondément addictive.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette façon qu’a la production de respirer. La guitare, légèrement brumeuse, semble flotter dans un espace saturé de particules lumineuses. Elle ne cherche pas la démonstration, elle cherche la texture. Un clair-obscur sonore qui évoque ces disques 70’s où chaque note avait quelque chose d’organique, mêlé à une certaine froideur 80’s, presque new-wave, qui donne à l’ensemble une élégance distante. Puis, par moments, une impulsion beaucoup plus 2000’s surgit, avec un sens du hook mélodique et une fluidité indie pop qui ancre Opaline dans le présent sans l’arrimer à une époque précise.
La voix, elle, avance avec cette retenue particulière qu’ont les artistes qui préfèrent suggérer plutôt que dévoiler. On entend dans les mots français une forme de pudeur poétique, un goût pour les images plutôt que pour l’explication. Elle glisse au-dessus de l’instrumentation comme un voile fin, quelque chose qui tremble légèrement, qui hésite entre s’effacer et s’exposer. Ce tremblement fait toute la différence : il humanise, il fissure la surface lisse, il donne accès à un trouble subtil.
Il se passe quelque chose dans la structure aussi : une montée qui n’en est pas vraiment une, une tension qui refuse d’exploser. Tout est conduit avec une précision presque chorégraphique, comme si la chanson était un exercice de style — au sens noble du terme. On y sent le goût de l’esthétisme, le soin accordé à la matière sonore, l’envie de faire de chaque mesure un petit tableau. Par endroits, l’atmosphère devient presque intangible : une impression de souvenir, de photographie lumineuse, de sensation déjà vécue mais impossible à situer.
Opaline se situe à cet endroit précieux où les chansons ne cherchent plus à plaire mais à installer un climat. D.u.d.e façonne une pop-rock atmosphérique où les influences variées ne se superposent pas : elles s’hybrident, elles fusionnent, elles créent un langage. On ressort de l’écoute avec une sensation douce, légèrement trouble, comme si l’on avait marché dans une pièce remplie de fumée irisée.
Un titre qui ne force rien mais qui laisse une empreinte — presque minérale, presque fragile. Une opaline sonore, justement.
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novembre 19, 2025“Tous mes démons glisse comme une confession qu’on lâche trop vite, une vérité qui brûle mais qu’on finit par apprivoiser.”
J’ai laissé le morceau tourner plusieurs fois avant de comprendre ce qui me happait vraiment : NūSōM ne chante pas seulement la chute, il chante la manière dont on décide d’habiter la chute. Tous mes démons n’a rien d’un lamento dramatique ; c’est plutôt une marche dans l’ombre, presque élégante, où chaque pas résonne comme un choix assumé. On y retrouve les textures du contemporary R&B, cette chaleur minimale qui enveloppe la voix, mais aussi une impulsion pop-rap qui s’infiltre dans la rythmique et lui donne de quoi avancer sans s’effondrer.
La voix de NūSōM porte quelque chose de légèrement rauque, un grain qui dit plus qu’il n’explique. Elle flotte au-dessus du beat avec une certaine fragilité, mais une fragilité volontaire — celle qu’on expose parce qu’on sait qu’elle fait partie du décor, qu’elle donne du relief. J’ai senti une forme de pudeur combattue, comme si l’artiste s’autorisait ici quelque chose de rare : avouer, mais sans s’écrouler. Il chante bas, presque murmurant, et cette retenue crée un magnétisme particulier, un lien intime avec l’auditeur.
Musicalement, le morceau joue sur la tension. Une basse ronde, discrète mais omniprésente, qui pulse comme un cœur trop rapide. Des percussions fines qui rappellent cette manière qu’ont certains producteurs de laisser l’air circuler entre les coups, comme pour ne pas étouffer la confession. Et puis, cette petite mise en scène sonore — une réverbération subtile ici, un écho qui s’attarde là — qui donne l’impression d’avancer dans un appartement plongé dans la pénombre, lumière bleutée, rideaux fermés, téléphone face contre la table.
La dimension pop-rap du morceau offre un contrepoids intéressant : une structure plus directe, plus cadencée, qui empêche le titre de devenir trop vaporeux. Elle amène du mouvement, une forme de résistance au spleen, une dynamique intérieure qui pousse NūSōM à continuer malgré ce qu’il avoue. Ce mélange crée un équilibre fragile, comme si le morceau oscillait en permanence entre confession et auto-défense.
Ce que réussit Tous mes démons, c’est de rendre le chaos habitable. Il transforme le trouble en esthétique, l’hésitation en geste artistique. Et dans ces trois minutes tendues mais douces, NūSōM affirme quelque chose de simple mais rare dans la scène actuelle : la beauté peut exister dans ce qu’on ose dire, même quand on n’a pas encore trouvé comment le résoudre.
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novembre 19, 2025“Vibes and Wine se love dans l’air comme une confidence à peine murmurée, une voix qui dépose son empreinte avant même que le groove ne prenne forme.”
La première fois que j’ai écouté Vibes and Wine, j’ai eu l’impression de tomber sur une scène intime dont je n’étais pas censée être témoin. Une voix qui se faufile entre les notes avec cette nonchalance maîtrisée, ce grain légèrement voilé, presque tactile. Jah Gordy ne cherche pas à impressionner : il cherche à séduire subtilement, à créer une présence, une proximité. On l’entend respirer, glisser dans la matière sonore, devenir un guide plus qu’un narrateur.
Ici, la voix ne domine pas l’instrumentation : elle danse avec elle. Elle flotte au-dessus d’une basse chaude, onctueuse, qui avance comme un corps sûr de lui dans un couloir éclairé au néon. Les percussions sont placées avec une précision presque chirurgicale — des claquements légers, des petits effets de texture qui s’évanouissent aussitôt qu’ils apparaissent, comme s’ils connaissaient l’art du retrait. Le track emprunte à la neo-soul sa douceur enveloppante, au contemporary R&B sa fluidité, et au pop-rap cet instinct du rythme, ce rebond souple qui rend chaque transition naturelle et délicieusement physique.
Ce qui accroche, c’est la façon dont Jah Gordy utilise sa voix comme un élément du décor, un instrument parmi les autres, mais un instrument doté d’une chaleur humaine. On y entend une forme de sourire, une fatigue douce, une séduction feutrée. Il raconte l’ambiance plus qu’il ne raconte une histoire. On devine des silhouettes, une pièce aux lumières tamisées, un verre qui tourne entre les doigts — la fameuse vibe, la chaleur du wine, l’alchimie captée sans théâtralité.
La production, elle, ne cherche jamais l’esbroufe. Elle avance au ralenti, portée par un groove qui semble pensé pour accompagner le mouvement naturel du corps. C’est une musique qui respire, qui laisse la place, qui invite sans pousser. Ce côté minimaliste mais habité renforce l’impression d’être dans un espace privé, une pièce où tout est doux, où tout est maîtrisé, où chaque son possède son propre poids sans jamais étouffer le reste.
Vibes and Wine n’essaie pas de raconter une grande histoire : il raconte ce moment précis où la complicité s’installe. Jah Gordy capte cet instant fragile où une chanson devient un lieu. Et c’est exactement ce qui donne à ce titre sa force : une sensation d’intimité parfaitement dosée, une chaleur qui ne quitte plus l’auditeur, même longtemps après la dernière note.
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novembre 19, 2025“Moon brille comme un murmure galactique, une confession suspendue entre deux continents qui pulse au rythme d’un cœur encore en construction.”
Certains titres ressemblent à des frémissements, d’autres à des explosions. Moon de Gabrielle Swanks, ne choisit pas entre les deux : il vibre comme une onde douce mais insistante, un battement venu d’ailleurs qui s’insinue sous la peau avant même qu’on comprenne pourquoi. Avec ses racines ni-gérianes et américaines, sa plume façonnée par le storytelling et sa production instinctive, l’artiste transforme ce premier geste musical en carte d’identité céleste, un autoportrait mouvant qui embrasse les rythmes du dancehall, les couleurs afrofusion et la sensualité feutrée de l’indie R&B.
Dès les premières secondes, Moon semble flotter. On y entend une forme d’apesanteur, comme si Gabrielle avançait dans une gravité autre, dans une nuit où les émotions se lisent plus clairement que le ciel. La production, minimaliste mais vibrante, laisse respirer la voix : claire, souple, presque cinématographique. Cette voix navigue entre les pulsations afrobeats, les syncopes du dancehall, les intuitions R&B, créant une hybridité naturelle — un style qui ne force jamais et qui se réinvente en permanence. Elle écrit pour reconfigurer l’expérience humaine ; ici, elle raconte cette tension entre désir, distance, magnétisme et vulnérabilité.
Gabrielle Swanks n’a pas peur de se tenir dans la zone floue entre les genres. Son esthétique évite les territoires balisés : elle préfère les frontières poreuses, les nuances, les demi-ombres. Moon devient alors un espace intime, presque secret, un rendez-vous nocturne où l’on se parle à voix basse, où la pulsation devient langage. Il y a quelque chose de profondément générationnel dans cette approche : un refus de choisir, un désir d’être multiple, une envie de flotter plutôt que d’appartenir.
Ce single inaugural s’impose comme un premier chapitre solide, séduisant, presque irrésistible. Et s’il annonce réellement la trajectoire de Gabrielle Swanks, alors une chose est sûre : la lune ne sera jamais assez haute pour contenir l’ascension qui s’esquisse ici.
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novembre 19, 2025“WE ARE ONE pulse comme un rappel lumineux : même dispersés, nos cœurs battent encore sur la même fréquence.”
Il y a des morceaux qui ne cherchent pas l’innovation par la rupture, mais par le retour — ce geste tendre qui consiste à reprendre une chanson aimée, à la dépoussiérer sans la trahir, à lui offrir une nouvelle peau sans altérer son âme. Avec WE ARE ONE, Monique Nikkole accomplit exactement cela : un hommage vibrant, respectueux, mais farouchement moderne, qui tisse ensemble rétro soul, contemporary R&B et une pointe d’alternative pour donner à ce classique un souffle inédit.
Ce qui frappe d’emblée, c’est l’énergie. La version originale, empreinte de chaleur et de communion, trouvait sa force dans son caractère fédérateur. Ici, Monique ajoute un twist irrésistible : un soupçon de New Orleans Bounce qui infuse le morceau d’un mouvement presque irrésistible, comme si chaque percussion contenait un sourire, chaque pulsation un appel à se rapprocher. C’est un instrumental, mais il parle comme une foule entière. On y entend la danse, la rue, la célébration spontanée d’un quartier qui se remet à respirer ensemble après des jours trop lourds.
Monique Nikkole, née à Canarsie Brooklyn, n’a jamais abordé la musique comme une simple distraction. Sa trajectoire – de l’enfant qui chantait partout à la femme qui, après une carrière juridique et des années dans les coulisses de l’industrie, revient enfin au devant de la scène – donne au morceau une profondeur intime. On sent dans sa production une maturité rare, une compréhension intuitive de ce que signifie unir des gens par le son. Elle ne chante pas ici, mais elle signe tout : les textures, la dynamique, la tension maîtrisée.
Le résultat est un morceau qui rassemble sans forcer, qui réchauffe sans nostalgie stérile, qui modernise sans effacer l’héritage. WE ARE ONE fonctionne comme un rappel collectif dans un monde fragmenté : danser, aimer, se souvenir. Et surtout, ne jamais oublier que l’unité est parfois un simple groove de distance.
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novembre 19, 2025“Blue Cadillac roule comme un souvenir vivant, un moteur bleu nuit qui transporte les voix de deux frères d’âme vers un horizon qu’on ne peut plus toucher.”
Dans le ciel de l’indie pop, il arrive parfois qu’un morceau ne soit pas qu’une sortie, mais un rituel. Blue Cadillac, signé Yestrdy, s’inscrit dans cette catégorie rare : une chanson qui ne cherche pas l’effet mais la vérité, une route pavée de mémoire et de lumière et désormais prête à fondre sur les playlists comme un mirage attendri. Le titre prend racine dans un moment suspendu, intime, presque sacré : l’ultime collaboration entre Yestrdy et son ami de vingt ans, Ray “August 08” Jacobs, disparu peu après leur session. Deux voix, pour la première et dernière fois réunies sur un même morceau, comme une poignée de main enregistrée sur bande.
Ce Blue Cadillac est plus qu’un véhicule fantasmé : c’est l’espace symbolique où Yestrdy dépose sa peine, son amour, sa gratitude. Né à Compton et forgé sur le bitume de la scène rap californienne, l’artiste a transformé les battle rap de lycée, les foules de house parties et les cicatrices de la rue en un langage profondément humain. Ici, pourtant, il délaisse les éclats bruts pour une indie pop ample, cinématographique, mûrie par un sens du storytelling qui semble flotter comme de la buée sur un pare-brise.
Pour la première fois, Yestrdy produit et arrange entièrement son propre son, épaulé par le guitariste Jason Masoud, qui insuffle au morceau une dimension presque festival, ouverte, vibrante. Chaque couche, chaque percussion, chaque respiration porte l’empreinte d’une décision affective, d’un choix fait avec le cœur. On entend l’effort, mais surtout l’amour : celui d’un musicien qui se sait dépositaire d’une dernière trace commune, d’un fragment inaltérable.
Le morceau devait initialement rejoindre l’album d’August 08. Mais ce dernier, fidèle à son instinct à contre-courant, lui a dit de garder ce cadeau, d’en faire son propre chapitre. Alors Yestrdy le publie le jour de son anniversaire, comme pour sceller un pacte secret avec la vie : survivre, créer, continuer malgré tout.
Blue Cadillac n’est donc pas seulement un titre puissant, c’est un hommage. Un rappel que la musique peut être un mausolée doux, un endroit où deux voix continuent de rouler côte à côte, même quand l’une d’elles n’est plus là pour conduire.
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novembre 19, 2025“Your Ex pulse comme une cicatrice encore chaude qui refuse de guérir, un banger qui transforme la douleur en carburant nocturne.”
Dans un paysage où les genres se télescopent et s’hybrident à une vitesse presque cosmique, Your Ex arrive comme un éclair maîtrisé, un morceau né d’une collision frontale entre trap, dancehall et mélodies chargées d’une mélancolie assumée. Laden, toujours en avance d’un battement, s’entoure ici de BAD$aSH et 10MIL RECORDS pour livrer un titre qui fonctionne comme une capsule émotionnelle compressée, prête à imploser dès la première mesure.
Laden porte dans sa voix l’écho lointain de Kingston et des routes poussiéreuses du Cheapside District, un vécu marqué par la perte, la résilience, le feu intérieur qui l’a poussé à transformer la douleur en moteur créatif. Ce passé se ressent dans Your Ex : chaque mot en anglais, simple mais tranchant, semble découper l’air avec une sincérité débarrassée du superflu. BAD$aSH, lui, injecte une énergie presque cinématographique, un flow nerveux, borderline menaçant, qui donne au morceau une dimension nocturne, comme si l’on se glissait dans la peau d’un protagoniste incertain, oscillant entre nostalgie et revanche. Quant à 10MIL RECORDS, il consolide l’univers sonore en le musclant juste ce qu’il faut, avec une production calibrée mais organique, prête à transformer les dancefloors en zones de turbulence sentimentale.
Le beat respire, s’étire, se contracte comme un corps qu’on tente d’oublier. Percussions syncopées, basses lourdes qui s’enfoncent dans la poitrine, petites étincelles mélodiques qui évoquent des messages non lus à trois heures du matin. Rien n’est laissé au hasard. On y retrouve cette écriture sonore propre à l’artiste : directe, émotive, nerveuse, jamais décorative.
Au-delà du simple morceau, Your Ex fonctionne comme un artefact de 2025 : le témoignage d’une génération qui digère ses ruptures à travers ses haut-parleurs et reconstruit ses cicatrices en rythmes. Un morceau prêt à être partagé, archivé, remixé, mais surtout ressenti. Une preuve supplémentaire que Laden ne se contente pas de revenir : il marque le territoire.
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novembre 19, 2025Un groove qui transpire le soleil, une énergie qui claque comme un sourire trop grand : Somethin Crazy ranime ce que la musique oublie parfois – le plaisir pur, sans masque, sans posture.
Dans cette déflagration funk signée Butter Funk Family, tout semble jaillir d’un endroit où les émotions brûlent plus vite que les idées. Somethin Crazy n’est pas seulement un titre, c’est une manière d’habiter le rythme, de transformer la moindre seconde en impulsion électrique. La rencontre vocale entre Alana Hill et Nic Jackson ouvre un champ magnétique où les voix se frottent, s’escaladent, se répondent comme deux flammes qui se croisent et décident d’embraser la pièce entière.
Le morceau se déploie avec cette science du funk que les BFF portent comme une mission culturelle. Trompettes en fusée, guitare en zigzag, batterie qui claque comme un pas de danse qu’on n’a pas décidé mais qui s’impose. Le morceau respire la “Modern Classic attitude” qu’évoque le groupe : un pied dans l’héritage des seventies, l’autre dans la vivacité des productions actuelles, capables de faire danser un club à Los Angeles comme un festival en Europe ou un bar perdu en Islande.
Ce qui frappe, c’est la physicalité du son. On n’écoute pas Somethin Crazy, on l’absorbe. Le groove dévale les épaules, glisse dans le bassin, finit par réorganiser la respiration. Le duo vocal raconte une émotion qui déborde, un coup de fièvre qui surprend, une connexion qui se construit au rythme d’une basse insoumise. La production de Printz Board — figure majeure du funk contemporain — remplit l’espace avec une précision presque cinématographique : chaque riff, chaque contretemps, chaque ligne de cuivre est pensée pour provoquer ce mouvement involontaire de la tête, ce pli du visage qu’on appelle stank face.
Derrière le jeu, le morceau porte aussi le geste fondateur de Butter Funk Family : réparer la filiation du funk, la rendre tangible, charnelle, vivante. Dans un monde saturé de sons recomposés, échantillonnés, aseptisés, Somethin Crazy rappelle d’où viennent les vibrations : d’un cœur humain, d’une jam, d’une énergie brute partagée en studio comme sur scène.
Le titre s’impose alors comme un manifeste joyeux, une invitation à céder à la folie douce du funk, à renouer avec ce plaisir organique que la musique provoque lorsqu’elle cesse de poser et recommence à vibrer. Une célébration totale du groove, portée par une famille musicale qui sait exactement comment rallumer la lumière intérieure de celles et ceux qui écoutent
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novembre 19, 2025Un banger afro-pop brûlant où Jadel Legere fait du consentement un groove, du désir une danse, et de la liberté un rythme qui vibre dans tout le corps.
Dès les premières secondes, Permission raconte une histoire de peau, d’ondulation et d’assurance. L’afrobeat y respire large, déployant ses percussions syncopées et ses basses souples comme une hanche qui glisse dans la lumière. Jadel Legere y avance avec la précision d’une artiste qui maîtrise chaque fragment de son énergie : magnétique, souveraine, irrésistiblement ancrée dans son héritage caribéen mais plus que jamais tournée vers l’afro-pop globale.
Là où le morceau frappe, c’est dans sa manière d’habiter le désir. Rien de forcé, rien de feint : Permission n’est pas une supplique, mais une invitation maîtrisée, presque cérémonielle. Une main tendue pour un jeu à deux — un espace où l’attirance se négocie comme un langage secret. L’afrobeat pulse ici comme une pulsation interne, un cœur qui accélère, un “come closer” murmuré entre deux basslines chaudes.
Les producteurs de GBM donnent au morceau cette texture presque tactile : kicks arrondis, shakers nerveux, nappes solaires qui s’évaporent comme l’air brûlant au-dessus de Port of Spain. Les mélodies, elles, glissent avec cette fluidité pop qui fait de Jadel une artiste à la croisée du monde Caraïbes et de l’afro-pop global — quelque part entre la sensualité d’Aya Nakamura, l’assurance rythmique de Tems et la clarté émotionnelle d’une Kizz Daniel-era féminisée.
Sa voix, précise et lumineuse, raconte une femme qui ne demande pas la permission : elle la donne. Elle encadre, elle définit, elle dirige la danse. Permission résonne comme un manifeste : le désir est une force, pas une faiblesse. Une puissance qui se transmet par la musique, par le mouvement, par cette façon de transformer une pulsion intime en déclaration universelle.
Le morceau, finalement, ressemble à une nuit entière résumée en trois minutes : chaleur, vertige, adrénaline douce, sourire en coin. Une danse qui commence dans le bassin et finit dans la tête. Une célébration afro-pop où Jadel Legere, une fois encore, démontre qu’elle ne suit pas le rythme — elle l’impose, et le monde suit.
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novembre 19, 2025Jah Prez dévoile un morceau qui ne frappe pas : il déterre, ravive, exhume — comme si chaque kick ouvrait une chambre verrouillée de l’esprit.
Il existe des titres qui semblent naître d’un effondrement intérieur, de ces zones que l’on contourne d’habitude pour éviter d’y laisser trop de peau. UNDERSTATEMENT TRAUMA appartient à cette lignée-là : une pièce lourde, dense, qui ne cherche pas la beauté mais la vérité, et qui trouve précisément dans cette rugosité un éclat singulier. Jah Prez, davantage connu pour son travail d’orfèvre dans l’électronique, signe ici un virage brut vers un rap hybride, où la trap se marie à un boom-bap sombre comme une cave mal ventilée.
Le morceau s’ouvre sur un climat presque clinique : un beat sec, une basse qui rampe, des nappes minimales qui semblent clignoter comme des néons au-dessus d’une scène qu’on préférerait ne pas regarder. Il y a dans cette production un sens du dépouillement qui laisse l’espace nécessaire pour que chaque mot pèse, chaque respiration devienne un indice. L’atmosphère rappelle les dissonances conscientes du hip-hop introspectif, ce moment où l’artiste se tient seul devant son propre miroir fissuré, sans filtre ni bravoure forcée.
Ce qui frappe dans UNDERSTATEMENT TRAUMA, c’est l’étrange fusion entre tension et lucidité. Le flow, volontairement sobre, presque retenu, avance comme quelqu’un qui a cessé de fuir et qui, désormais, marche tête haute dans les cendres de son passé. La présence du bilinguisme — l’anglais et l’espagnol qui s’entrecroisent — renforce l’idée d’un esprit fragmenté qui tente pourtant de raconter une histoire unifiée. Rien n’est surjoué : la douleur n’est pas théâtrale, elle est organique, présente dans les failles plus que dans les cris.
La production connaît de légères distorsions, comme si les sonorités électroniques dont Jah Prez est héritier tentaient de ressurgir sous la peau du morceau. Par instants, la track semble au bord de l’implosion, un équilibre fragile entre le boom-bap terreux et la trap futuriste. Ce mélange crée un espace étrange, presque spectral, où la modernité se frotte à une forme de nostalgie sale.
Ce titre n’impose pas de conclusion. Il laisse plutôt une sensation persistante, comme une lumière intermittente qui continue de vibrer derrière les paupières longtemps après l’écoute. UNDERSTATEMENT TRAUMA n’a pas été pensé pour la fête ou pour la performance : c’est un aveu, un exorcisme discret, une tentative de dire l’indicible à travers un langage qui n’a pas peur d’être heurté.
Dans ce morceau, Jah Prez montre un autre visage — celui d’un producteur qui n’utilise pas le rap comme un terrain de jeu, mais comme un laboratoire intime où expérimenter le poids des souvenirs. Un morceau court, brut, mais d’une densité telle qu’il se déploie encore bien après son dernier kick. Une plongée dans les couches souterraines de la conscience, là où le trauma n’est jamais une exagération, mais un commencement.
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novembre 18, 2025Une chanson qui ne se contente pas de flotter : elle respire, elle frissonne, et laisse derrière elle une traînée rose comme un matin qui hésite à se lever.
by sunrise (遠すぎる) ouvre un espace fragile, presque suspendu, où l’on retrouve cette sensation étrange d’être en mouvement sans vraiment avancer. jio façonne ici un petit sanctuaire intime, à mi-chemin entre bedroom pop et J-pop vaporeuse, un lieu où le temps s’étire comme une lumière trop douce pour être vraie. Ce n’est pas une chanson qui cherche l’effet ; elle cherche plutôt la sincérité, cette sincérité légère que l’on distingue dans la manière dont les textures lo-fi respirent, se froissent, se réveillent.
L’architecture du morceau repose sur une délicatesse assumée : une guitare qui murmure en filigrane, des synthés qui s’ouvrent comme des voiles transparentes, un beat discret qui avance comme sur la pointe des pieds. Tout semble tenir sur des fils, comme si la moindre émotion trop lourde pouvait rompre l’équilibre. Pourtant, au cœur de cette fragilité, quelque chose pulse, quelque chose insiste. On devine le poids du souvenir, la distance trop grande entre deux êtres, ce « 遠すぎる » qui dit tout sans en faire un drame.
La voix de jio flotte à la surface du morceau comme une pensée qui ne sait pas encore si elle doit rester ou partir. Elle glisse entre l’anglais et le japonais avec une fluidité presque instinctive, non pas pour séduire, mais pour refléter la manière dont nos sentiments naviguent eux aussi entre plusieurs langues intérieures, plusieurs visions de soi. Il y a dans cette voix une pudeur qui touche, une façon de laisser la mélancolie venir sans la tenir en laisse.
Ce qui marque particulièrement, c’est cette impression de se trouver dans une chambre plongée dans une pénombre rosée, une lampe de bureau qui clignote, un téléphone loin d’être éteint mais trop loin pour être attrapé. jio compose avec le silence autant qu’avec la musique. Les respirations, les vides, les micro-textures deviennent aussi importantes que les notes elles-mêmes. Le morceau invoque cette solitude douce que connaissent si bien les artistes bedroom pop, mais il y ajoute une profondeur émotionnelle qui rappelle la sensibilité narrative de la J-pop indépendante.
À mesure que by sunrise (遠すぎる) progresse, la lumière gagne. Pas une lumière éclatante ; plutôt un pâle lever de soleil qui n’efface rien, mais qui adoucit tout. Le morceau semble dire que certaines distances ne se comblent pas — elles se traversent lentement, comme on traverse la nuit pour rejoindre une aube qu’on n’attendait plus.
jio signe ici un morceau discret en apparence, mais infiniment riche dans sa construction émotionnelle. Une de ces chansons qui ne cherchent pas à convaincre, mais qui finissent par s’imposer comme une évidence, parce qu’elles capturent un instant que tout le monde a vécu mais que peu savent traduire.
Une caresse sonore, un souffle retenu, un matin trop lointain — et c’est précisément dans cet entre-deux que la musique de jio trouve sa grâce.
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novembre 18, 2025Un breakup qui aurait pu s’effondrer en ballade triste devient, avec Risette Redux, un uppercut lumineux : le cœur craque, mais la basse refuse de mourir.
Risette Redux s’avance comme une lueur indisciplinée, cette petite étincelle qu’on croyait éteinte après une rupture mais qui revient, plus vive, plus nerveuse, presque insolente. Lefistos! a toujours cultivé cette manière de transformer les épaves émotionnelles en matière dansante, et ce dernier morceau de l’album Cassiopiea incarne précisément ce geste : une manière de dire que même les histoires qui se brisent peuvent encore briller — à condition de les réécrire en rythme.
Dès les premières secondes, la production installe une pulsation dance-pop élégante, qui s’échappe par petites respirations électroniques. Les nappes synthétiques oscillent entre douceur et séduction, comme si elles caressaient les angles vifs d’une relation déjà passée. La basse est la vraie narratrice du morceau : elle serpente, rebondit, refuse de se résigner. Cette énergie contraste avec la sensibilité de Lefistos!, qui dépose sa voix avec une pudeur sans mièvrerie, comme quelqu’un qui raconte la vérité sans lever les yeux.
L’entrée d’Angelix amplifie la tension émotionnelle tout en la polissant. Son timbre apporte ce halo supplémentaire, presque spectral, qui donne au morceau sa dimension aérienne. Les deux voix s’entremêlent comme deux silhouettes qui se croisent sans se toucher, évoquant cette phase étrange des ruptures où les mots existent encore, mais les corps ne se reconnaissent plus. Pourtant, musicalement, Risette Redux n’a rien d’un adieu ; il danse, il claque, il scintille — un morceau qui préfère l’élan au regret.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont la pop, le rap modéré et l’indie dance s’y entremêlent avec une nonchalance maîtrisée. Lefistos! semble manier les styles avec la même liberté que ses émotions : tout se mélange, tout circule, tout devient prétexte à reconstruction. L’alchimie fonctionne, un peu comme si le morceau refusait de choisir entre la mélancolie et l’euphorie — et décidait, au contraire, de devenir les deux à la fois.
Car Risette Redux n’est pas un simple post-scriptum de rupture. C’est une mise à nu déguisée en hit nocturne, une confession qui se camoufle sous des beats irisés. Un morceau qui porte les cicatrices sans chercher à les masquer, mais qui les fait briller dans une lumière neuve. Lefistos! ne raconte pas une rupture ; il raconte ce qui vient après : cet espace fragile où l’on apprend, où l’on digère, où l’on avance malgré la brûlure.
Et au fond, c’est peut-être cela, la magie du titre : transformer la perte en propulsion, transformer le souvenir en mouvement. Faire danser le manque, jusqu’à ce qu’il se dissolve dans la sueur des refrains.
Risette Redux ferme Cassiopiea comme un dernier battement, un clap de fin vibrant, une porte que l’on ferme sans la verrouiller — parce que, quelque part, la lumière circule encore.
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novembre 18, 2025complete u condense le désir en une pulsation courte et brûlante, un slow-burn miniature où la sensualité tient dans un souffle et un battement de cœur.
complete u s’écoute comme on entrouvre une porte sur une chambre plongée dans une lumière ambrée : tout est feutré, proche, presque secret. Luna Grey n’a jamais eu besoin d’en faire trop pour créer un monde. Quelques mesures, un beat lo-fi qui pulse comme une veine au creux du poignet, et voilà qu’elle installe son royaume : un espace où le rap devient murmure, où la pop s’étire en vapeur tiède, où chaque syllabe semble à la fois retenue et prête à s’effondrer.
La magie opère dès l’entrée des voix, à peine treize secondes après le début. Cette façon de glisser dans la prod, de s’y couler sans laisser de sillage, révèle une écriture instinctive — presque tactile. Luna Grey jongle entre chant chuchoté et rap caressant, enchaînant les inflexions comme on suit du doigt une ligne invisible sur la peau de quelqu’un. On retrouve dans cette économie de moyens une puissance rare : celle de dire beaucoup avec presque rien.
La production, minimaliste mais d’une élégance clinique, repose sur un tapis de basses souples, des touches synthétiques éparses et un groove qui respire à travers les silences. C’est ce silence, d’ailleurs, qui fait le sel de complete u : ces micro-espaces entre les phrases, ce vide tendu où l’imagination de l’auditeur se met à vibrer. Luna Grey y place son art : elle laisse venir le désir plutôt que de le forcer.
À travers ce court format, elle propose un manifeste intime. La sensualité n’y est ni tapageuse ni artificielle : elle est feutrée, nocturne, presque méditative. On pense à ces artistes qui mêlent rap et atmosphère avec une humilité désarmante — quelque part entre l’onirisme d’une alt-pop déliée et l’impact émotionnel du lo-fi rap le plus introspectif.
Ce morceau semble écrit pour les nuits qui trainent, pour les pensées vagabondes, pour les connexions qui se construisent dans les interstices. complete u donne l’impression d’un fragment arraché à quelque chose de plus grand — comme si une confession avait été captée avant qu’elle ne se dissipe dans l’air. Et c’est précisément cette brièveté, cette douce frustration, qui rend le titre si addictif.
Luna Grey continue de tracer une ligne très personnelle : une musique qui n’a pas besoin de crier pour s’imposer, qui parle à hauteur d’âme, qui offre une sensualité magnétique et subtile. Une artiste qui façonne le futur du pop-rap intimiste en ne gardant que l’essentiel : la respiration, le rythme, et la vérité qui pulse au milieu.
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novembre 18, 2025Face to Face capture le moment suspendu où l’aveu d’amour cesse d’être un fantasme intérieur pour devenir une vérité vibrante, lumineuse, irrévocable.
Face to Face n’a rien d’un simple single dance pop : c’est une révélation murmurée à voix pleine, une mise à nu délicate enveloppée dans un écrin électronique qui pulse comme un cœur trop longtemps retenu. Shown Moriyama, jusqu’ici célébré pour ses covers d’anime en anglais, franchit ici un seuil décisif : celui où la technique fait place à l’intime, où la voix n’interprète plus un rôle mais s’avance à visage découvert.
Le morceau déploie d’abord une douceur presque liquide : des mélodies iridescentes, des nappes synthétiques qui scintillent comme des halos digitaux, un pas-de-deux fragile entre chaleur humaine et architecture électronique. Puis une pulsation s’élève, subtile mais insistante, emportant l’auditeur vers cet espace où la timidité rencontre enfin le courage d’être entendue. Ce moment où l’on ose dire : “je te vois, vraiment”, sans filtre ni costume.
Ce qui frappe, c’est cette façon qu’a Shown Moriyama de faire briller la vulnérabilité non comme une faille, mais comme une force. Sa voix — souple, lumineuse, d’une douceur qui n’efface jamais la tension sous-jacente — porte toute l’hésitation d’un cœur qui a appris à se cacher. Et soudain, ce cœur se retourne. Face to Face devient le geste le plus humble et le plus conquérant : celui de regarder quelqu’un dans les yeux et de laisser tomber l’armure.
On y perçoit les influences du J-pop moderne, cette capacité à mêler sophistication digitale et émotion brute, mais aussi une sensibilité plus occidentale, héritée de la pop alternative introspective. Le résultat : un paysage sonore hybride, transcontinental, où l’on danse autant qu’on se reconnaît.
Le morceau avance sans jamais chercher la grandiloquence : il propose un crescendo affectif, un glissement du non-dit vers l’éclat. Au fil des arrangements, quelque chose se réchauffe, s’ouvre, se dévoile — comme si l’on assistait à la première respiration d’une vérité trop longtemps contenue.
Face to Face s’impose alors comme une sorte d’instantané émotionnel : un aveu transformé en chorégraphie intime, un court-métrage sentimental où se mêlent espoir, tremblement et lucidité. Une pop qui écoute autant qu’elle parle, qui voit autant qu’elle se montre. Et peut-être est-ce cela, la force de Shown Moriyama : faire exister la tendresse dans un monde qui scintille trop vite.
Un titre court, mais qui laisse une rémanence longue. Une confession électro-pop qui s’accroche à la peau. Une entrée en matière élégante, sincère, et terriblement prometteuse pour cet artiste qui, face au monde, ose désormais se tenir face à lui-même.
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novembre 18, 2025You Didn’t Text Me transforme une nuit de chaos en un clair-obscur viscéral, où la douceur s’effondre et où l’instinct de survie reprend enfin la parole.
You Didn’t Text Me ne se contente pas d’être un single dark pop de plus : c’est une déflagration émotionnelle tenue dans une main ferme. Estella Dawn, qui compose, produit et sculpte chaque son elle-même, signe ici l’un de ses titres les plus frontaux. On y sent les nerfs encore chauds, la peau encore marquée, la lucidité revenue comme une vague glacée après des heures de tempête.Ce morceau, elle l’a écrit sans filtre — et cela s’entend. La voix, précise et magnétique, porte une histoire qui ne cherche jamais la poésie consolante : elle dit la trahison, la manipulation, la menace, l’instant où la compassion se retrouve prise en otage par quelqu’un qui refuse de regarder sa propre chute.
Dans ce paysage sonore taillé au scalpel, la production se fait presque cinématographique : basses feutrées mais tendues, nappes sombres qui enveloppent l’auditeur comme un couloir sans fenêtre, pulsations minimalistes qui laissent de l’espace aux moindres inflexions de voix. Estella avance entre ombre et incandescence, un peu comme si BANKS rencontrait Halsey dans un film noir où chaque souffle devient un indice de culpabilité.
La force de You Didn’t Text Me tient dans sa manière d’aborder un moment moralement trouble. Cette nuit folle, qu’elle raconte sans fard — la drogue, l’infidélité reniée, les menaces qui cherchent à devenir des excuses — aurait pu être transformée en ballade plaintive. Estella préfère en faire un carrefour : celui où l’empathie atteint sa limite physique, celui où la clarté perce enfin le brouillard toxique.La production accentue cette fracture : les couplets rampent dans une tension presque intime, comme si l’on respirait dans la même pièce que l’intrigue, puis les refrains élargissent l’espace, laissant apparaître la dimension universelle — le moment où l’on comprend que l’amour ne suffit pas à sauver quelqu’un qui ne veut pas être sauvé.
Le morceau repose sur un contraste permanent : vulnérabilité et contrôle, douceur et dégoût, distance et lucidité. Estella chante comme on rallume une lumière dans une pièce où l’on était restée trop longtemps dans le noir. Une lumière qui ne caresse pas — qui dévoile.
You Didn’t Text Me s’inscrit ainsi dans cette lignée d’alt-pop intime et tranchante qui n’a pas peur d’exposer les ombres relationnelles. Un titre qui brûle longtemps après l’écoute, rappelant que la compassion n’est pas une obligation, et qu’il existe un moment où s’aimer soi-même impose de fermer la porte.
Un morceau coup-de-poing, élégant dans sa noirceur, implacable dans ce qu’il montre, et qui confirme une fois encore que l’univers d’Estella Dawn — entièrement auto-construit — est celui d’une artiste qui ne demande la permission à personne pour dire la vérité.
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novembre 18, 2025WHOA frappe comme une pulsation archaïque propulsée dans le futur, un choc culturel où chaque kick semble réveiller une mémoire plus ancienne que le hip-hop lui-même.
WHOA n’a rien d’un simple collaboration rap inetrnationale. C’est une collision parfaitement assumée : la densité basse-freq de Dysphemic, producteur australien habitué à retourner les scènes du monde entier, rencontre la diction feu-follet de Kryptik, rappeur écossais dont les syllabes claquent comme des pierres contre du métal. Entre eux, une troisième présence s’invite — la Grèce, filtrée à travers des motifs traditionnels que Dysphemic tord, distord, et renvoie dans l’espace du boom-bap comme une ombre mélodique impossible à situer dans le temps.
Le morceau s’ouvre avec un grain presque cinématographique. Une tension sourde, un tremblement dans la stéréo, puis cette montée étrange — comme un chant venu d’un autre âge, modulé, granularisé, transformé en texture. Dysphemic connaît le langage de la matière : il sculpte les basses comme un artisan qui polit une pierre sacrée, les laisse vibrer juste sous la peau, jusqu’à ce que Kryptik entre et lacère l’air. Son flow n’avance pas en ligne droite ; il zigzague, ricoche, joue des accents et des syncopes, avec ce mix de lucidité et de fureur dont seuls les rappeurs des climats rugueux ont le secret.
Le groove de WHOA, pourtant ancré dans un boom-bap massif, emprunte au glitch, au dubstep et au DnB cette signature rythmique instable qui semble toujours prête à déraper sans jamais perdre le contrôle. C’est là que le morceau trouve sa personnalité : dans ce refus de rester dans une case. Tout en restant fidèle à la pulsation du hip-hop, Dysphemic injecte ses obsessions — les ruptures imprévues, les fréquences qui se dédoublent, les impacts qui vous retournent le sternum.
Puis survient cette sensation rare : WHOA joue avec la tradition autant qu’avec la modernité, comme si la Grèce antique rencontrait un sound system festivalier, comme si un vieux rituel trouvait soudain un BPM prêt à le faire renaître. Les “embellissements” grecs, transformés en volutes électroniques, apportent une noirceur suave, presque mystique. Kryptik, lui, rappe comme s’il poursuivait une bête invisible dans une ruelle d’Édimbourg.
L’ensemble forme un objet hybride qui revendique son étrangeté. Rien n’est monoculturel, rien n’est sage. WHOA est une expérience : un choc esthétique, un pont entre continents, un morceau qui s’écoute autant qu’il se ressent dans les os.
Avec son clip à venir — déjà annoncé comme massif — et un remix Bass-Hop prêt à retourner les dancefloors les plus intrépides, cette sortie ressemble davantage à un événement qu’à un single. Dysphemic et Kryptik n’additionnent pas leurs forces : ils les métamorphosent. Et WHOA en est la preuve sonore la plus explosive.
Un titre qui risque d’ouvrir plus qu’une collaboration : une brèche. Une manière d’imaginer ce que le hip-hop peut devenir quand il cesse d’imiter et recommence à inventer.
https://www.instagram.com/dysphemic1
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novembre 18, 2025Seconds avance comme une question qu’on n’ose formuler à voix haute, et Hollow Star la transforme en guitare qui tremble au bord de la vérité.
Seconds laisse planer cette étrange impression de se trouver devant un groupe qui ne débute pas vraiment, mais qui se révèle enfin. Comme si Minneapolis abritait depuis longtemps un quatuor clandestin, affinant dans l’ombre son approche du rock introspectif, puis surgissant soudain avec un morceau à la fois limpide et traversé d’un doute fondamental. Rien n’y est forcé : la production respire, les arrangements s’abstiennent de frimer, et pourtant tout semble filer droit vers un point précis, presque philosophique.
Le morceau s’appuie sur une guitare claire, tendue, héritière lointaine d’Andy Summers. Mais plutôt qu’un pastiche, Hollow Star en retient l’essentiel : cette façon de faire vibrer l’air autour des notes, de laisser l’accord se suspendre entre tension et lumière. Pas d’inversions virtuoses, pas de démonstration — juste un éclat nerveux, presque fragile, qui crée une profondeur inattendue pour un premier single.
La section rythmique, elle, avance comme un pouls contenu. Ni trop rapide, ni trop sûr de lui : on y perçoit cette hésitation intérieure qui traverse tout le morceau, comme une respiration que l’on tente de réguler face à une question trop grande. Seconds parle de Dieu, mais pas vraiment de religion : plutôt de ces frictions, ces contradictions, ces portraits multiples et incompatibles que chacun projette lorsqu’il tente de définir le sacré. Le morceau s’est écrit, dit le groupe, au moment où trop de voix tentaient de définir ce qui ne peut pas être uniformisé. Seconds devient alors le lieu d’un désaccord intérieur, d’un besoin de vérité qui se heurte à la cacophonie ambiante.
Ce qui touche, c’est le refus du spectaculaire. Hollow Star ne cherche ni à provoquer ni à séduire. Le groupe préfère la nuance, la finesse, la sensation d’incertitude qui accompagne les vraies questions. La mélodie s’installe dans la tête comme un souvenir persistant, un peu flou, un peu coupant, mais impossible à oublier. Et lorsqu’arrive la dernière montée, sans emphase inutile, c’est toute la beauté du morceau qui se dévoile : un rock sans fard, lucide, traversé d’un doute lumineux.
Seconds ressemble à une main tendue vers quelque chose d’indéfinissable — la foi, la cohérence, la paix intérieure, ou simplement l’envie d’y voir plus clair. Et c’est précisément cette part d’inachevé, de presque, de peut-être, qui fait tout le charme de ce premier geste. Hollow Star ne signe pas un manifeste : il ouvre une conversation. Une qui promet, déjà, de s’intensifier sur leur premier EP attendu prochainement.
Un groupe qui commence avec une telle franchise a souvent beaucoup plus à dire. Seconds laisse penser que Hollow Star le sait déjà. Et qu’il est prêt à en assumer chaque nuance.
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novembre 18, 2025Un beat cinématographique, une voix qui tranche l’air comme une lame froide : « Diamonds » est l’art de transformer la sueur en lumière brute.
Dans ce paysage où le rap se débat souvent entre ego hypertrophié et storytelling recyclé, Diamonds surgit comme un souffle glacé, un mouvement net et précis, animé par cette envie farouche de dire la vérité sans détourner les yeux. Maddox ne cherche pas le vacarme, encore moins le costume de prophète : il érige simplement une architecture où chaque mot tombe avec le poids d’un vécu condensé, poli, puis projeté comme un éclat de verre.
Le morceau n’avance pas — il coupe.Les cordes surgissent comme des halos tragiques, les cuivres s’installent avec la lenteur élégante d’un rideau rouge dans un théâtre en feu. Le beat, lui, pulse sans jamais se dilater, tendu comme une artère qu’on écoute battre de l’intérieur. L’atmosphère évoque ces instants suspendus avant un grand saut : pas de frime, pas de surenchère, mais une concentration presque chirurgicale.
La voix de Maddox ne rappe pas : elle tranche, découpe les illusions, taillade les faux récits qui encombrent l’esprit. Une lucidité presque sabbatique traverse les lignes, rappelant ces rappeurs qui ne convoquent pas la rue pour la glorifier mais pour en extraire la gravité morale. Diamonds sonne comme le point d’équilibre entre l’introspection et l’affirmation, une manière de dire « voilà le monde tel qu’il brûle, voilà comment on continue malgré les braises ».
Ce titre, entièrement façonné par l’artiste — écriture, production, enregistrement — respire la cohérence et la pleine maîtrise. Le geste est total, presque monacal. Un rappeur seul face à sa table, son souffle, son horizon. Une œuvre qui rappelle que le hip-hop peut encore être un laboratoire de vérité plutôt qu’une foire aux artifices.
Maddox revendique une voie différente : un hip-hop où l’étalage laisse place à la densité, où la technique n’est jamais déconnectée du sens. Diamonds se déploie alors comme un manifeste de maîtrise silencieuse, un refus de se laisser étiqueter, un élan vers une ambition simple et violente : exister par la précision.
Un freestyle qui scintille, oui — mais comme une lame, pas comme un bijou.
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novembre 18, 2025Une pulsation qui trébuche, se redresse et frôle l’ivresse : UP & DOWN révèle le moment exact où le désir cesse de négocier et commence à brûler.
UP & DOWN ne se contente pas d’arriver : il s’installe comme une présence, une vapeur tiède dans laquelle chaque vibration semble avoir un poids, un motif, un secret. Dès les premières mesures, un mouvement s’esquisse, un balancement hésitant, comme si le morceau testait la gravité avant de se laisser tomber dedans. Le décor n’est pas celui d’un club ou d’un studio, mais celui d’un espace intérieur, là où les émotions deviennent rythme avant même d’être pensées.
TOM X WOLFE sait sculpter la tension. C’est sa marque. Une manière de laisser les basses gonfler comme un souffle qu’on retient trop longtemps, de suspendre les percussions dans une diagonale instable, de faire vibrer la voix juste au bord de la confidence. Son R&B contemporain respire sans chercher l’effet, sans surjouer : chaque texture est posée comme un geste mesuré, chaque silence ressemble à un battement prêt à dérailler.
Le titre déploie cette énergie douce-amère propre aux artistes qui maîtrisent l’ombre autant que la lumière. Tout semble glisser mais rien n’échappe au contrôle. Le groove va et vient, recule pour mieux revenir, avance sans prévenir, crée ce vertige subtil où l’on comprend que l’émotion n’est jamais un flux droit mais un mouvement ondulatoire. Up, down, le cœur aussi fait ce trajet-là, sans promesse d’équilibre.
Cette architecture sonore reflète la trajectoire de l’artiste : un producteur gabonais-canadien installé à Brooklyn, nourri d’influences multiples mais jamais dispersé. La sophistication se niche dans les détails — une percussion qui se dérobe à la dernière seconde, une nappe qui n’existe qu’à moitié, une voix qui flotte entre caresse et constat. La musique avance à pas feutrés mais dit tout sans hausser le ton.
Au fil du morceau, le paysage sonore se resserre jusqu’à devenir presque tactile. Un frisson électronique, une respiration compressée, une pulsation qui s’étire… Le morceau capture ce moment fragile où la maîtrise se fissure, où la sensualité cesse d’être posture pour devenir vérité. On y sent la même précision que chez les producteurs qui transforment le minimalisme en force narrative.
UP & DOWN ne cherche pas l’évidence. Il préfère la volupté discrète, les courbes subtiles, les soubresauts émotionnels qui ne se dévoilent qu’après plusieurs écoutes. C’est une pièce qui confirme TOM X WOLFE comme un architecte du trouble, un alchimiste des pulsations, un producteur capable de faire danser la fragilité sans lui retirer son intensité.
Un morceau en clair-obscur, addictif, mouvant, qui laisse sur la peau une empreinte aussi légère qu’inévitable. Une signature. Une invitation à la répétition.
Instagram : tomxwolfe
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novembre 18, 2025Une confession sous haute tension, un souffle retenu jusqu’à l’implosion : OUCHIE transforme l’effondrement intérieur en un paysage électro-organique qui respire, tremble et finit par mordre.
À chaque nouvelle sortie, willoh brouille les pistes, déplace les lignes, et surtout repousse ce qu’on imaginait possible à dix-neuf ans. Cette gamine du Missouri, recluse volontaire dans sa chambre transformée en laboratoire émotionnel, assemble ses morceaux comme on assemble des fragments de rêves tachés de réalité. Pour OUCHIE, elle semble avoir troqué la pudeur de ses précédents titres pour quelque chose de plus nu, plus risqué : un malaise chorégraphié, une fragilité mise sous tension permanente.
Dès les premières secondes, j’ai eu l’impression de surprendre quelqu’un qui respire trop vite, trop fort, sans réussir à reprendre le contrôle. Le morceau avance en pas brisés, refusant toute zone de confort : une percussion qui respire comme un muscle crispé, des couches vocales qui se superposent sans jamais se fondre complètement, et surtout ce sentiment d’être retenu par une main invisible, empêché d’atterrir. OUCHIE ne déroule pas une narration : il réplique l’état nerveux qu’il raconte.
La troisième partie marque une bascule étrange, presque hypnotique. Là où la peur règne au début, une forme d’acceptation toxique se met à serpenter. On dirait le moment où le prédateur se couche enfin sur son territoire intérieur, où l’on finit par confondre la menace avec une forme d’intimité. Les ornements électroniques deviennent plus insistants, presque intrusifs ; on ne sait plus si on écoute un morceau ou si l’on vient d’entrer dans un esprit fissuré qui a cessé de se défendre.
Ce que j’admire chez willoh, c’est sa manière d’utiliser l’instabilité comme esthétique. Elle monte et démonte sa propre architecture en temps réel, fait vaciller le sol sous nos pieds mais sans jamais perdre la maîtrise. OUCHIE fonctionne précisément à cet endroit : un chaos millimétré, un cri qui s’affine jusqu’à devenir sculpture.
Le final frappe comme la dernière scène d’un film d’épouvante où aucune réponse ne sera donnée. La coupure brutale n’est pas un effet : c’est un refus. Elle nous laisse au bord du silence comme si nous venions d’entendre un secret qu’elle regrette déjà d’avoir prononcé.
willoh dit que OUCHIE est le son d’une explosion. J’y entends plutôt l’instant juste avant : celui où la rétention devient insoutenable, où le corps lâche prise, où tout déborde enfin. Et ce débordement, chez elle, est magnifiquement indomptable.
INSTAGRAM : willohhhh
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novembre 17, 2025Cheveux rouges comme un gyrophare, pointe au vent, GIN débarque avec un EP qui a le goût des choses interdites et la texture d’un baiser au papier de verre. CAVIAR NORMAL SUPERIEUR n’a rien du faux luxe : c’est un manifeste carnivore où l’on demande “le bifteck” saignant, pas la déco. Avant, il y a eu le violoncelle (beau fiasco fertile), la guitare, le chant, l’écriture, un premier long baptisé BAGARRE À 3, puis ce virage surréaliste-punk où GIN se déclare professionnel au sens le plus physique du terme : écrire, couper, servir, sans napper de crème.
Sur le plan sonore, on entend des fantômes nobles (Bowie, Lou Reed) percuter des obsessions très actuelles (Fontaines D.C., MGMT, Model/Actriz), le tout passé à la moulinette d’une francophonie qui préfère les angles aux politesses. GIN parle de “punk médiéval” et l’image est juste : c’est la rudesse d’un donjon avec, dessous, une chapelle d’harmonies ; une musique qui claque en surface et suppure de poésie quand on insiste. Sa playlist trahit ce goût pour la ferveur et les nerfs à vif : Starburster, la Passion selon Saint Matthieu, Gimme Danger, La Valse de Melody, Venus in Furs — dramaturgie, sueur, liturgie.
On a voulu parler de ce goût pour le tranchant, de la tendresse sous le cuir, de pourquoi “professionnel” signifie ici artisan et pas costume. Voici l’interview, maintenant.
1 ) Qui es tu ?
Bonjour Extravafrench.
Je m’appelle Gin, je suis sur Paris et je viens de sortir mon nouvel EP : CAVIAR NORMAL SUPERIEUR.
2 ) Quel est ton parcours ?
Une petite carrière dans le violoncelle entre mes 6 et 17 ans (un merveilleux fiasco mais qui m’a appris tellement de choses) et puis ensuite la découverte de la guitare, du chant et de l’écriture.
Beaucoup de ruptures et encore des choses et des histoires et puis le début de GIN en 2024 avec mon premier album BAGARRE À 3.
Maintenant, la période surréaliste punk Caviar Normal Superieur et ma recherche du bifteck. Saigner juste ce qu’il faut et écrire des chansons, bref, être professionnel.
3 ) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?
Actuellement Punk, médiéval, avec les cheveux très rouges et très pointus et puis mal partout.
4 ) Quelles sont tes inspirations ?
Bowie, Lou Reed sont mes papas mamans éternels
Actuellement, principalement Fontaines DC, MGMT, Model/Actriz, Bashung, Jacno, Air et La Femme.
Mais je veux surtout continuer d’écrire et d’écouter de la musique française.
5 ) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ?
Starburster, La passion selon St Mathieu, Gimme Danger, La Valse de Melody et Venus In Furs
6 ) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?
Je ne cuisine pas. Juste je mange. Je pense que GIN c’est un peu dans la tête et surtout dans la bouche, comme un plat qui se mange sans comprendre l’étiquette !
7 ) Quels sont tes projets à venir ?
J’aimerais travailler avec un label pour la suite. Je rêve aussi de trouver un lieu et de le transformer en atelier de création.
8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?
Même 2 aller :
J’ai écrit Caviar Normal Superieur dans une grande période d’inactivité en 20 min dans un parc a Montmartre.
Et puis j’ai répondu à cette interview devant un mauvais péplum.
9 ) Si tu pouvais passer 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ce serait qui ?
Je pense que j’aimerais passer 48h avec Solimane le Magnifique ou Jeanne d’arc. Ou bien refaire mon Cm2 mais avec Louis Ferdinand Céline comme camarade de classe.
10 ) Un petit mot ou conseil pour la fin ?
Caressez les cactus et gérer le recul
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novembre 17, 2025Un souffle de lumière arraché aux profondeurs : Shelita transforme la fragilité de la survie en un pur chant d’amour, clair comme une révélation, brûlant comme une renaissance.
Il y a des artistes chez qui l’amour n’est pas une simple esthétique, mais un refuge construit de leurs propres os, de leurs cicatrices, de leurs secondes chances. Shelita appartient à cette lignée rare, celle qui chante avec tout ce que le monde a tenté de lui retirer. I’m So In Love With You n’est pas une ballade romantique dans son acception la plus convenue : c’est un battement. Une remontée lente depuis un trou noir intérieur, une réouverture du cœur après que la vie l’a déchiré en plein vol — littéralement.
Depuis que j’ai découvert l’histoire derrière le morceau, impossible de l’écouter sans sentir cette présence fantôme : la chute, le fracas, la lenteur du corps qui doit réapprendre à être habité. L’accident de skydiving aux Seychelles n’est pas un détail biographique ; c’est la matrice de ce nouveau chapitre. Ce que Shelita a reconstruit dans ces années de douleurs et de silence, elle le dépose ici avec la pudeur d’une survivante et l’élan d’une femme qui refuse d’abandonner sa propre lumière.
Le morceau étire un R&B caressant, effleure le hip-hop doré des années 90, et respire une pop consciente où chaque détail de production semble tenu par un fil invisible. La voix de Shelita plane sans jamais se perdre, presque comme une épave qui flotte mais refuse de couler. J’y ai entendu une douceur qui n’efface rien, mais qui transfigure tout — la preuve que l’amour, même fragile, même tremblant, reste un territoire où l’on peut respirer à nouveau. On sent l’artiste écrire depuis son lit d’hôpital, comme si chaque phrase était un pacte pour rester vivante.
En filigrane, Into the Depths, son EP à venir, se devine déjà comme une cartographie émotionnelle où les continents du monde se mélangent : Afrique, Europe, Amériques. Une musique qui porte l’odeur du sel, le poids du silence sous l’eau, et la chaleur de la peau qui guérit. Shelita est une survivante, oui, mais surtout une passeuse — de vibrations, de mémoire, de beauté.
I’m So In Love With You est une main tendue depuis les abysses, un rappel que l’amour peut être un acte de résistance, un geste de soin, un nouveau souffle quand tout s’effondre. Et dans la voix de Shelita, l’amour retrouve son rôle premier : un moteur, une vérité, un retour à soi.
Instagram : iloveshelita
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novembre 17, 2025Un premier coffre ouvert sur l’avant-monde, où Raeski Rea révèle la matière brute qui précède le mythe — un point zéro incandescent, taillé dans le réel avant la naissance du Raeskiverse.
Impossible d’aborder Before the Raeskiverse comme un simple EP. On a l’impression de tenir entre les mains un carnet retrouvé sous les lattes d’un parquet, un document fondateur jamais destiné au public et pourtant crucial pour comprendre l’odyssée à venir. En l’écoutant, je me suis surpris à imaginer Raeski Rea non pas en architecte d’univers, mais en jeune homme penché sur un bureau trop petit, dans une chambre de Hampton Roads, traçant des lignes qui n’ont pas encore la forme du mythe – seulement la résonance du vrai.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la sensation de marcher dans une pièce encore chaude, habitée par le souffle d’avant la métamorphose. Loin des lumières bleues et des équations symboliques qui feront plus tard la signature du Raeskiverse, ces quatre titres avancent comme une préface émotionnelle, un prologue où la peau n’a pas encore cicatrisé. J’ai senti l’artiste dans sa respiration la plus humaine, presque nue, mais déjà en tension, déjà prêt à basculer dans une dimension plus vaste.
Raeski ouvre la danse avec un boom-bap précis, discipliné, presque militaire dans sa structure. C’est un morceau qui ne fait pas que présenter son auteur : il pose les jalons d’une éthique, d’une rigueur, d’une façon d’être au monde. On perçoit la volonté de maîtrise, l’écriture ciselée, un respect profond pour la tradition rap—avant que le personnage ne se dilate vers quelque chose de cosmique. C’est ici que tout commence, dans ce terreau concret où le futur n’est encore qu’une rumeur.
All In Too bascule le décor. La production se fait plus lo-fi, les contours plus flous, comme si la chambre de l’artiste s’assombrissait d’un coup, laissant entrer un doute plus intime, une fatigue douce. La mélancolie flotte, mais pas une mélancolie qui écrase : une qui observe, qui se demande comment on tient debout quand le monde semble trop vaste. Le morceau agit comme un interstice où Raeski laisse filtrer ce qu’il cache souvent derrière son système narratif. Un aveu feutré.
Puis Better Than I Was surgit comme une éclaircie. C’est le moment où l’on sent l’artiste se hisser, presque physiquement, vers quelque chose de plus clair, plus affirmé. Le morceau porte bien son nom : c’est une ascension, une montée en lumière, une prise de conscience. La production s’aère, les intentions se clarifient, et l’on découvre le germe de ce qui deviendra son Painterly Core. Tout devient couleur, mouvement, vision. Cette piste est une ébauche de renaissance.
Et puis Brockies arrive comme un revers de paume. Sec, frontal, trap, incisif. C’est un morceau qui tranche le réel et expose les impostures sans détour. On entend le futur Raeskiverse se structurer : la notion d’authenticité, l’exigence envers soi-même, la critique des façades creuses. Brockies est l’ombre portée du projet, sa densité morale. Un avertissement. C’est la première fois que l’on sent l’équation, la mécanique interne, le système de pensée qui fera plus tard la richesse de son univers.
En refermant l’EP, j’ai eu la sensation d’être témoin d’un geste rare : celui d’un artiste qui accepte de montrer l’avant-scène, le brouillon, la version fragile de lui-même. Before the Raeskiverse n’est pas seulement un retour en arrière, c’est la preuve que toute mythologie naît d’une faille intime, d’un chaos maîtrisé, d’un désir de donner forme au tumulte.
Raeski Rea ouvre ici son coffre-fondation. Et ce qu’on y trouve n’est ni un concept ni un décor, mais un cœur en mouvement.
Instagram : https://www.instagram.com/raeskiverseYouTube : https://youtube.com/@raeskiverseTikTok : https://www.tiktok.com/@raeskiverse
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novembre 17, 2025Un uppercut alt-rock qui défend le cœur battant de la création.
Il m’a fallu plusieurs écoutes pour comprendre ce que World Full of Echoes déclenchait réellement en moi. Pas une simple secousse, pas une montée d’adrénaline post-punk comme on en connaît tant : quelque chose de plus intime, presque viscéral, comme si Reduction in Force mettait des mots, des textures et des lames sonores sur une angoisse collective que l’on peine aujourd’hui à formuler. Cette sensation étrange qu’un monde saturé de données est en train d’oublier que derrière chaque chanson, il y a un souffle, une histoire, une peau.
La première collision sonore ressemble à un cœur qui s’emballe : un battement électro nerveux, des guitares qui griffent la surface comme des ongles sur une vitre, une basse qui avance à pas lourds, déterminée, presque animale. C’est une musique qui regarde l’avenir droit dans les yeux et qui refuse de détourner le regard — même lorsque cet avenir ressemble à une chambre d’écho où personne ne respire plus.
La voix de Mike Mills, tendue comme une corde prête à rompre, porte ce sentiment d’urgence. Pas une urgence spectaculaire ; une urgence morale. La conviction tranquille et pourtant fiévreuse d’un artiste qui refuse que l’art devienne un produit dérivé de l’optimisation. On entend les influences — Depeche Mode dans les synthés acérés, NIN dans la mécanique oppressante, The Killers dans l’ampleur mélodique — mais rien ne sonne comme une invocation nostalgique. Tout est réassemblé, recomposé, brûlé pour être reformé. Reduction in Force ne fait pas du rétro : ils s’en servent comme d’un arc pour propulser une vérité contemporaine.
Ce morceau ne raconte pas une histoire : il en autopsie une. Celle d’une génération qui a vu naître la promesse numérique et qui observe aujourd’hui sa propre dépossession émotionnelle. Une génération qui a connu le vinyle, le bit, l’algorithme — et qui sait reconnaître quand une chanson n’a plus de pouls. World Full of Echoes devient alors un manifeste : un rappel que le chaos humain, l’erreur, la faille, la sueur sont les seuls matériaux capables de créer quelque chose qui vaille la peine d’être écouté.
Là où tant d’artistes se contentent de déplorer silencieusement la montée du contenu généré, Reduction in Force répond par une claque sonore. Une claque réfléchie, ciselée, construite. Tout dans la production — les ruptures abruptes, les saturations contrôlées, les tensions rythmiques qui s’étirent comme un fil prêt à céder — rappelle que la musique est un acte. Une position. Une confrontation.
Il y a, dans ce titre, un parfum de fin du monde… mais une fin du monde qui refuse d’advenir. Comme si RiF hurlait : “Tant qu’il restera un humain pour tenir une guitare, rien n’est perdu.”
World Full of Echoes est un plaidoyer vibrant. Une preuve de vie déposée en plein cœur d’un paysage sonore qui tente de nous faire croire que tout peut être remplacé. Et pourtant non, pas ça. Pas la musique. Pas l’art. Pas nous.
Instagram : reductioninforce
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novembre 17, 2025Un slam de tendresse cabossée qui transforme la culpabilité en lumière.
Certaines chansons s’avancent comme on ouvre une plaie, calmement, avec cette forme de douceur douloureuse qui serre la gorge. Macadam appartient à ce genre-là : un morceau qui ne raconte pas, mais qui remet à l’endroit une injustice intime, ancrée dans des années de silence, de non-dits, de regards évités lors des repas de famille.
Entendre LaRude parler de sa sœur, c’est comme marcher au ralenti dans un souvenir que l’on croyait anodin et qui soudain vous transperce : pendant que lui jouait, elle frottait les assiettes. Pendant qu’il apprenait la vie en riant, elle apprenait la fatigue. Cette dissymétrie — domestique, sociale, genrée — il la porte encore comme une tache de naissance. Macadam en est le poème d’excuses, l’aveu tardif, la main tendue sur l’asphalte.
LaRude a toujours su mêler la chair du vécu à l’élégance du verbe. Sa pop française coup de poing — ce mélange singulier de slam, d’intimisme, de réalisme social — trouve ici un point d’équilibre presque miraculeux. La production, subtile et pudique, crée une bulle de respiration où chaque syllabe tombe comme un caillou dans l’eau. Il tranche, mais il caresse. Il dit la honte avec la grâce d’un funambule.
Ce qui frappe d’abord, c’est la présence. Cette voix brute, légèrement voilée, qui porte en elle des années de résilience et d’héritages trop lourds. On n’écoute pas LaRude comme un chanteur : on l’écoute comme un témoin qui parle enfin. Entre Eddy de Pretto pour l’intensité frontale, Gaël Faye pour la musicalité tendre, et Fauve pour le réalisme poétique, LaRude compose une langue à lui, rugueuse, tremblante, crue mais bouleversante.
Dans Macadam, il n’accuse personne — il s’accuse. Il ne cherche ni absolution ni pathos : juste un espace pour remettre les pendules de l’enfance à l’heure. Et derrière la confession familiale, on entend l’écho plus large de tant de foyers où les filles grandissent trop tôt, où les garçons ne voient rien, où l’injustice s’invite dans les tâches les plus banales.
Il y a un courage immense à dire cela. Un courage d’homme de 2025, queer, lucide, qui a passé sa vie à écrire pour les autres avant d’affronter sa propre vérité. Car LaRude n’est pas seulement un parolier brillant, récompensé ici comme ailleurs, auteur de comédies musicales saluées jusqu’au New York Times ; il est un corps qui se bat, un cœur qui bat trop fort, un porte-voix pour ceux qui n’en ont pas.
Macadam confirme qu’avec Cool Kid, LaRude signe son disque le plus intime, le plus social, le plus politique — sans jamais lever le ton. Juste en murmurant ce que beaucoup taisent.
Une chanson comme un pardon tardif. Et comme une promesse d’être, enfin, l’homme qu’il aurait dû être plus tôt.
Instagram : _larude_
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novembre 17, 2025Un projet où la vulnérabilité se transforme en exploration sonore et où chaque note semble révéler ce que l’on cache d’ordinaire dans l’ombre.
Impossible de parler de Mirrors & Ecstacy sans évoquer ce frisson très particulier que seuls les groupes encore habités par l’urgence peuvent provoquer. Valvet, formation suédoise née dans les couloirs d’un lycée de Lund, ne sonne jamais « jeune » au sens naïf du terme : leur écriture est déjà marquée par la lucidité des vieux cœurs, par cette manière de sentir trop fort le poids des choses, d’explorer les failles intimes comme on explorerait une ville la nuit, seul, dans le froid.
Dans cet EP qui respire le spleen nordique autant que la fulgurance indie, le groupe sculpte un espace où l’on entend résonner des influences assumées — Nothing But Thieves, Kings of Leon, Alt-J, Kent — mais réinterprétées avec une franchise émotionnelle profondément suédoise : directe, cinématographique, sans clinquant inutile. Les guitares, jamais gratuites, semblent constamment répondre à une inquiétude intérieure ; les voix, superposées en harmonies presque fantomatiques, dessinent un rideau derrière lequel affleure toujours une confession.
Et c’est précisément là que Mirrors & Ecstacy frappe : dans cette façon de traduire un état mental, une tension, un vertige — pas seulement dans l’écriture, mais dans l’architecture sonore elle-même.
Mountains
Titre charnière, déjà dévoilé plus tôt dans l’année, Mountains ressemble à l’appel d’air que l’on attendait. Une montée progressive, tendue, qui capture ce moment où l’on regarde ses propres obstacles comme des géants bien réels. Les guitares s’étirent, s’empilent, se déploient comme des crêtes rocheuses ; la voix, elle, vacille entre détermination et vertige. Il y a dans ce morceau une beauté minérale, presque géologique, qui raconte l’effort de se relever.
Half Measure
Plus sombre, plus claustrophobe, Half Measure semble flotter dans une brume où chaque geste est un aveu que l’on retient. Le morceau évoque cette paralysie émotionnelle qui nous poursuit parfois—comme si chaque respiration faisait trembler le sol. Les harmonies, ici, deviennent des ombres qui tournent autour du chant principal ; les percussions martèlent l’idée du temps qui s’étiole. Une pièce magnifique, hantée, où la fragilité n’est jamais spectacle mais matière.
Giving It Up
Changement d’intensité : Giving It Up propulse l’EP dans un registre plus lumineux, presque euphorique. C’est la track la plus « hymnique » du projet, un condensé d’énergie indie rock façonné pour les scènes suédoises où Valvet a déjà fait ses armes. Rythme bondissant, refrains qui s’ouvrent comme des bras, guitares qui scintillent avec élégance… le titre offre un souffle d’optimisme sans naïveté. Un moment de libération.
Falling
Avec Falling, Valvet conclut sur la confrontation la plus frontale de l’EP. C’est un morceau nerveux, un déchirement maîtrisé, où la dynamique devient récit : les couplets suspendent le temps, les refrains l’arrachent d’un coup sec. On y entend le conflit intérieur, la peur qui griffe au ventre, l’élan qui revient malgré tout. La production laisse de l’air, comme pour mieux amplifier les secousses. On sort du titre un peu secoué, mais étrangement apaisé.
Avec Mirrors & Ecstacy, Valvet prouve qu’un groupe jeune peut écrire avec la gravité des grandes formations, sans renoncer à son propre feu. On y sent l’héritage alt-rock, la précision indie, la dramaturgie pop, mais surtout une cohérence émotionnelle rare : celle d’artistes qui n’ont pas peur de montrer leurs fissures.
Un EP court, dense, magnétique — et surtout, une promesse : celle d’un groupe qui n’en est qu’à l’aube de ses sommets.
Instagram : valvet_music
Site Internet : https://valvetmusic.com/
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novembre 17, 2025Un disque qui scintille comme un sourire revenu de loin, dressé contre la nuit et porté par une énergie pop-rock à la fois tendre, débridée et résolument vivante.
On remarque quelque chose d’extrêmement bouleversant chez Hot Mud : cette façon de transformer sa propre survie en matière première d’un imaginaire pop-rock, bigarré, presque fluorescent. Shiny Songs est l’aboutissement d’un long voyage — le dernier volet de la Recovery Records Trilogy — mais c’est surtout l’instant où Muddy Watters (le vrai visage derrière le masque Hot Mud) cesse de se cacher derrière le personnage pour laisser passer la lumière. On entend cette bascule dans chaque riff, dans chaque tournure mélodique, dans cette manière de sourire au milieu du chaos, comme un type qui a déjà trop perdu pour avoir peur de ce qui vient.
Dans cet album double, Hot Mud fait exploser son propre cahier des charges : pop euphorique, indie rock à l’ancienne, touches new wave, dérapages glam, élans eighties… un patchwork maîtrisé où l’on sent l’ivresse d’un musicien qui retrouve ses pleins pouvoirs, enfin débarrassé du poids de l’ombre.
Et ces titres… chacun ressemble à une page arrachée au journal intime d’un survivant qui aurait décidé de mettre des paillettes sur ses cicatrices.
I’ll Be Right Here Shining ouvre le bal comme un clin d’œil tendre, une promesse susurrée du fond du cœur. On y perçoit déjà ce mélange de fragilité et d’assurance nouvelle qui imprègne tout l’album, un pas en avant vers la guérison mais sans renier les décombres derrière.
The Town That Fun Forgot déploie un décor cinématographique, presque Tim Burton, où les rues vides et les lampadaires fatigués deviennent les témoins d’une renaissance à contre-jour. Hot Mud y joue avec la nostalgie mais refuse d’y sombrer.
Avec Dance With The Angry Young Man, les guitares s’enflamment : c’est le morceau le plus nerveux, une danse avec ses démons, mais menée cette fois à visage découvert. Pas pour les exorciser… pour enfin les reconnaître.
Lonely Neon Nights capture l’essence du Hot Mud le plus doux-amer : une balade électrique où la solitude devient une ville entière, vibrante et colorée. Une splendeur mélancolique.
Puis arrive Life Is Moving Way Too Fast, parfait synopsis de sa dernière année : la lucidité des anciens naufragés, le souffle court mais l’envie féroce de suivre le tempo malgré tout.
Dans Heaven Or Hell, il pose frontalement la question qui traverse toute la trilogie : dans quelle direction penche la vie quand on décide de rester parmi les vivants ? La production, ample et presque théâtrale, lui donne une résonance quasi mythologique.
Live In A Dream remet de la douceur et du fun dans l’équation : un morceau qui donne envie de croire à la joie même quand elle ne tient que par un fil.
Party Like You Don’t Care est un banger lumineux, l’une des preuves que Hot Mud sait encore faire danser le burn-out.
Kiss Me On The Apocalypse offre l’un des refrains les plus irrésistibles du projet, un slow-radioactif où l’amour flirte avec le chaos d’une fin du monde en technicolor.
Hurt My Feelings, lui, opte pour une vulnérabilité désarmante — la pop la plus franche de l’album, comme un aveu sans filtre.
Avec Taller Than The Stars, Hot Mud s’élève : une montée crescendo, un hymne intime qui donne l’impression de se tenir légèrement au-dessus du sol.
Puis vient All Messed Up And Nowhere To Go, une capsule punk-pop taillée pour crier sous la douche ou dans un parking désert.
The Music Made Me Do It raconte tout : la survie, la déraison, la vocation. Une confession qui groove.
Five Seconds Of Fame dynamite la culture du buzz dans un flash de satire étincelante, alors que Digital World délivre un constat lucide sur la déréalisation contemporaine.
Avec Ordinary, Hot Mud ose la simplicité, un mot qu’il n’a jamais su apprivoiser… jusqu’ici. C’est l’un des morceaux les plus humains.
Nowhere Town s’aventure dans un folk-rock brumeux, presque cinématographique, comme un retour aux racines.
When The Night Falls plonge dans une nuit épaisse, presque spirituelle — grand morceau, grande interprétation.
Dans Don’t Panic, il canalise ses crises passées pour en faire un mantra — lumineux malgré l’urgence.
Et Sober, évidemment, pièce maîtresse, où il abandonne complètement le personnage pour parler à visage découvert : c’est la pierre angulaire de tout le projet.
Enfin Still Here Shining clôture l’album comme on referme un chapitre immense : avec gratitude, humilité, et un éclat nouveau qui ne demande qu’à se propager.
Pour résumer, Shiny Songs est une délivrance. L’histoire d’un homme qui a cessé de survivre pour commencer à vivre. Une œuvre qui scintille autant par son audace que par son humanité — et qui annonce, sans équivoque, que Hot Mud n’a pas fini de réinventer sa lumière.
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novembre 17, 2025Une ballade suspendue entre racines folk, souffle humain et contemplation des arbres, où chaque respiration devient une déclaration d’amour.
Il y a des chansons qui semblent naître d’un geste infime, presque imperceptible. Celle-ci commence comme un frémissement, la sensation que quelque chose bouge dans l’air avant même que la première note ne vienne confirmer l’intuition. On dirait un morceau écrit en regardant la lumière du matin filtrer entre les branches, un morceau qui pressent que la poésie niche souvent dans les phénomènes les plus simples — respirer, aimer, ralentir.
Depuis Brighton, Ian Roland s’est fait maître dans l’art d’habiller l’ordinaire d’une aura sacrée. Avec 20 Breaths Of Love Per Minute, il pousse encore plus loin cette sensibilité artisanale qui lui est propre : une musique cousue main, ancrée dans le folk mais toujours traversée par une modernité humble, jamais ostentatoire. On sent la confiance dans l’équipe qui l’entoure — Dave Coomber à la basse, James Chapman à la batterie, et la présence magnétique de Mishkin Fitzgerald au piano et aux harmonies — comme un cercle lumineux qui densifie le morceau sans l’alourdir.
Le concept autour des respirations donne au titre un squelette invisible mais très réel. Vingt souffles par minute : un tempo organique qui remplace la grille métronomique habituelle. Cette donnée quasi scientifique devient le moteur d’un morceau profondément émotionnel. Roland transforme un fait biologique en parabole intime : aimer comme on respire, naturellement, sans calcul, sans accélérer, sans en perdre le compte.
La production de Jake Skinner embrasse cette idée de proximité. Rien ne vient polir ou aplanir les aspérités du réel. Les instruments respirent à leur tour, la pièce du studio devient un personnage, les harmoniques se propagent comme des spores. Cette décision de laisser vivre le son donne au morceau une densité presque tactile — un grain qui rappelle le folk des années 70 mais qui porte une sensibilité contemporaine, plus atmosphérique.
Ce qui touche vraiment, c’est cette manière qu’a Roland de faire dialoguer la nature et l’amour sans jamais tomber dans la carte postale. L’arbre n’est pas un symbole magnifié, il est un compagnon silencieux ; le souffle n’est pas une métaphore appuyée, mais un métrique affectif ; l’amour n’est pas surexposé, mais suggéré par éclats, par images. Tout est feutré, mais jamais timide. C’est un morceau qui préfère la tendresse à l’emphase, la nuance au geste spectaculaire.
Dans un paysage musical où tout semble vouloir aller plus vite, plus fort, plus haut, Ian Roland propose l’inverse : une chanson qui pose les mains sur les épaules du monde et lui murmure de ralentir, de respirer, de ressentir plus doucement. Et, quelque part entre deux mesures, on se surprend à respirer exactement à son rythme.
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novembre 17, 2025Un morceau d’électro noire où la tendresse se délite lentement dans la lumière blafarde d’un miroir fissuré.
Il y a chez Exzenya une manière rare de transformer la douleur en rituel — une précision clinique dans la manière de disséquer les émotions, comme si chaque battement de cœur passait au scalpel. Ugly When You Love Me s’inscrit dans cette lignée : un morceau de dark pop tranchant, presque chirurgical, où la rage n’explose jamais, mais brûle en silence, à feu lent, sous la peau.
Le morceau s’ouvre sur une pulsation froide, minimaliste. Une ligne de basse souterraine, des synthés comme des éclats de verre, une tension qui ne retombe jamais. Exzenya n’a pas besoin de crier : sa voix, d’une maîtrise glaçante, transperce le mix comme une lame bien affûtée. Elle chante la désillusion avec une élégance terrifiante — cette seconde exacte où l’amour se décompose, où la beauté se révèle n’être qu’un masque de contrôle. L’émotion n’est pas là pour attendrir, mais pour déstabiliser.
Il y a dans cette chanson quelque chose de viscéralement humain et de profondément intellectuel. On y sent la patte d’une artiste qui pense, analyse, et surtout ressent avec lucidité. Psychologue avant d’être musicienne, Exzenya construit ici une œuvre quasi comportementale : une étude de cas sonore sur la manipulation affective. Chaque note semble pesée, chaque silence, calculé. On n’est plus dans la confession, mais dans l’autopsie sentimentale.
La production — qu’elle signe elle-même sous son label indépendant, Exzenya Productions — joue avec les codes du cinéma. On pense à l’esthétique d’une scène de David Fincher : froide, métallique, précise, où la tension naît des non-dits. Le refrain, plus mélodique, agit comme une fracture dans la glace : une ouverture momentanée avant que tout ne s’effondre à nouveau. Ce n’est pas une catharsis, c’est un constat — lucide, presque scientifique, d’une relation contaminée par le pouvoir et la dépendance.
L’artwork prolonge ce monde intérieur : une rose qui saigne, un visage spectral, figé dans le dégoût. Une imagerie gothique et maîtrisée, sans surjeu, qui évoque la beauté en train de pourrir, la sensualité transformée en menace. L’univers visuel, tout comme la musique, porte la marque d’une créatrice totale : rien n’est laissé au hasard, pas même le silence entre deux respirations.
À 56 ans, Exzenya réinvente la notion de début. Là où l’industrie glorifie la jeunesse, elle impose une maturité brûlante, une voix d’expérience qui ose regarder l’ombre sans détourner les yeux. Ses chansons parlent d’amour, mais pas de celui qu’on vend sur les plateformes : elles parlent du désamour, du contrôle, du malaise — ces zones grises que la pop moderne préfère ignorer.
Ugly When You Love Me n’est pas une chanson romantique. C’est un face-à-face. Un duel entre la vérité et l’illusion. Et dans ce combat, Exzenya gagne sans hausser le ton — juste en restant debout, seule, dans la lumière froide d’un néon, à chanter l’amour tel qu’il est vraiment : laid, humain, et terriblement vivant.
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novembre 10, 2025On pensait tomber sur un artiste torturé, tant il manie la poésie avec un sleepn hypnotique, mais on a rencontré un soleil qui rit entre deux éclairs. Adam La Nuit, c’est ce paradoxe : une lumière dans la nuit, un sourire qui électrocute ⚡️
On a pu s’entretenir avec ce « monstre angélique » dont l’art n’a pas de frontières, voyageant entre l’Afrique centrale et la Belgique ✈️🌍
Ce fan de Rihanna et de génération NRJ (oui il assume), nous a livré quelques confidences croustillantes pour la sortie de son dernier titre “Frankenstein”, l’histoire d’un monstre tendre, né d’un bug du cœur, d’un amour mal recousu mais encore vivant❤️🩹
En bref, Adam La Nuit rit, désarme, et rappelle qu’il n’y a rien de plus punk que d’être sincère 🔥
Spoiler Alert : un rappeur américain lui a volé ses chaussures et on l’a déjà prit pour Chris Brown, mais on ne vous en dit pas plus, on vous laisse découvir ses expériences incroyables dans ses anectodes 🤫
@aadanslanuit
#musique #interview #itw #musiquedumoment #dailysong #adamlanuit
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novembre 10, 2025« Un hymne bigarré, étrange et sincère, où la grandeur du prog rencontre la naïveté lumineuse des chansons d’enfants.«
Il y a des groupes qui complexifient tout — et d’autres qui simplifient le monde pour mieux le réenchanter. Transgalactica, figure atypique du rock progressif polonais, a toujours su faire dialoguer la science, la philosophie et la démesure sonique. Mais avec Reweaving a Rainbow, le groupe prend tout le monde à contre-pied : une chanson pour enfants… ou plutôt, une chanson pour les adultes qui ont oublié comment rêver.
Inspiré par la légèreté ironique de Stravinsky dans Pulcinella, le morceau tisse une fresque néoclassique à la fois espiègle et politique. Les guitares, d’ordinaire monumentales, se font cristallines ; les claviers respirent comme des bulles de savon, et la voix de Lukky Sparxx, jusqu’ici connue pour ses rugissements heavy metal, s’y promène avec douceur, presque tendresse. Il ne chante plus la colère — il chante la possibilité. Celle de repeindre le monde d’un geste d’enfant, avec des couleurs qui symbolisent tout ce que notre époque a terni : la raison, la science, la loi, l’espoir.
Transgalactica ne compose pas ici un simple pastiche enfantin. Reweaving a Rainbow est une parabole musicale, une utopie miniature. Les harmonies s’empilent comme des arcs colorés, le rythme évoque une marche lente vers la lumière, et les envolées mélodiques rappellent les grandes heures du rock symphonique des seventies — quelque part entre Genesis et Camel, avec une touche de fantaisie cosmique à la ELO. Le tout baigne dans une production à la fois ample et artisanale, fidèle à la tradition du prog européen : minutieuse, foisonnante, sincèrement anachronique.
Mais derrière la candeur, il y a une réflexion très adulte. Le “rainbow” que Transgalactica propose de retisser n’est pas seulement celui de l’arc-en-ciel des enfants — c’est celui des droits humains, du progrès scientifique, de la démocratie menacée. Une métaphore limpide et pourtant bouleversante dans sa simplicité : quand l’art se fait le relais d’un idéal perdu.
Et puis, il y a ce paradoxe délicieux : un groupe de rock progressif baroque, obsédé par les voyages interstellaires et la philosophie politique, se met soudain à faire danser les mômes sur des idées de Kant et des échos de Stravinsky. Qui d’autre que Transgalactica aurait osé un tel grand écart ?
Ce qui frappe, c’est à quel point la chanson garde, malgré son message, une forme d’innocence. C’est un sourire après la pluie. Une leçon de dérision face au chaos du monde. “Reweaving a Rainbow” prouve qu’il existe encore des musiciens capables de croire que la musique peut changer quelque chose — pas en criant plus fort, mais en chantant plus juste.
Transgalactica vient d’offrir au rock progressif une fable arc-en-ciel teintée de pop, un conte moderne où l’utopie se danse et se fredonne. Et peut-être, au fond, c’est exactement ce dont on avait besoin.
Instagram : transgalaktica
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novembre 10, 2025« Un disque hanté, viscéral et charnel, où la trap devient rituel et la voix un couteau dans le brouillard.«
KSPRR n’entre pas dans le rap français comme on entre dans un genre — il y pénètre comme une ombre glisse sous une porte. Wraith n’a rien d’un projet de plus dans la masse de la drill hexagonale : c’est une descente élégante dans les bas-fonds de la psyché, un disque de fantômes fait par un homme bien vivant, mais fatigué de la lumière. Là où beaucoup jouent les démons pour vendre des tee-shirts, KSPRR, lui, les incarne.
Son rap est une matière froide, tendue, presque liquide. Il ne cherche pas la punchline ni la performance technique : il sculpte le malaise. Le morceau-titre, Wraith, agit comme une invocation — une prière à l’envers où chaque 808 devient tambour rituel. Le flow est spectral, détaché, presque chuchoté, comme s’il s’adressait à des âmes plutôt qu’à des auditeurs. Dans Curtis Jackson, il convoque la figure mythique du hustler, mais vidée de sa gloire : un fantôme d’époque, errant dans un monde sans or ni pouvoir.
Ketchup, avec Famille Nombreuse, est un uppercut. Le morceau sent la poudre et la peur, un featuring à la tension physique, où le beat claque comme une porte métallique. M M E pulse en deux minutes de pure adrénaline, sans gras ni artifice : un orage de flow, sec, nerveux. Puis Boîte à aiguilles (feat. Super Duper) s’infiltre comme un trip claustrophobe — voix filtrées, production étouffante, tout respire la paranoïa et le manque.
Et soudain, Blahblahblah : interlude punk et cynique, où KSPRR crache sur le bruit ambiant du rap game. 00 relance la tension, presque cinématographique — un morceau d’apnée où chaque silence pèse plus lourd qu’une punchline. Mais c’est La marche du fantôme (feat. Zipbby) qui cristallise l’essence du projet : deux voix qui s’enlacent et s’opposent dans une transe mystique, comme une procession urbaine dans un cimetière mental.
Dans E V P, le rap devient presque science occulte : bribes électroniques, échos spectraux, flow déshumanisé. Et quand arrive Lune (avec Mae Rojas), c’est une percée fragile de tendresse — un instant suspendu où la féminité fissure l’obscurité. Cauchemar referme le cercle comme une malédiction qui retombe : tout s’éteint, sauf la tension.
Ce qui rend Wraith si singulier dans le paysage du rap français, c’est cette manière d’assumer la noirceur sans posture. KSPRR ne s’invente pas une mythologie de dur : il parle depuis un ailleurs, un entre-deux, un purgatoire sonore où la vérité se dit à voix basse. Son rap, viscéral et éthéré, évoque les grandes heures de la trap d’Atlanta, mais réinterprétée à la française — froide, lettrée, ésotérique.
Dans une époque saturée de faux éclats, Wraith agit comme une éclipse. Un disque qui ne cherche pas à briller, mais à absorber la lumière. Le rap français avait besoin d’un revenant ; KSPRR en devient le plus beau spectre.
Instagram : luvkillme
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novembre 10, 2025« Un cri de liberté gravé dans la chair du rock, entre rugissements électriques et ferveur mystique.«
On pensait le blues rock trop poli, figé dans sa nostalgie. The Bateleurs, eux, viennent le salir à nouveau — de sueur, de sang et de vérité. Avec A Light in the Darkness, leur second album, le quatuor portugais rallume la flamme d’un genre qu’on croyait dompté. Ce disque n’est pas seulement un retour : c’est une résurrection, le rugissement d’un groupe qui a connu la perte, le doute, et qui en ressort plus vivant que jamais.
Le départ du guitariste Marco Reis aurait pu sonner la fin d’un cycle. Il devient au contraire la mue d’un groupe en pleine possession de ses moyens. L’arrivée de Ricardo Galrão apporte un souffle neuf, plus sauvage, plus terrien. Et cette énergie traverse chaque piste du disque comme une secousse. L’album, enregistré dans trois studios sans recours à l’auto-tune ni au polissage numérique, transpire la matière brute : on y entend la peau des doigts sur les cordes, les cymbales qui tremblent, la voix qui se brise au bord de l’émotion.
Tout commence avec A Price for My Soul, prière bluesy au groove poussiéreux, où les guitares grondent comme un orage sur le Mississipi. Widow Queen suit, plus viscéral encore : un riff charbonneux, une ligne de chant qui serpente entre le sacré et le profane, comme si Janis Joplin ressuscitait dans un pub de Lisbonne. For All to See s’élève ensuite, portée par une lumière intérieure, presque gospel, avant que Dancing on a String ne réinjecte la fureur : un morceau à la croisée de Led Zeppelin et Rival Sons, taillé pour la scène.
Never Back Down sonne comme un manifeste : celui d’un groupe qui refuse la reddition. Le titre avance, massif, avec ses chœurs de cathédrale et ses riffs telluriques. Puis vient The Lighthouse, joyau du disque, long de sept minutes, oscillant entre transe mystique et naufrage émotionnel. C’est ici que The Bateleurs se révèlent dans toute leur ampleur : la guitare pleure, la batterie tonne, la voix implore — un rituel plus qu’une chanson.
Le second souffle arrive avec Best of Days et Gardens of Babylon, deux morceaux plus lumineux, baignés de soul et d’humanité. Le premier caresse, le second enivre, fusionnant folk psychédélique et groove oriental. Down the Garden Path nous ramène ensuite dans les ombres, blues poisseux et halluciné, avant que Before the Morning Is Done ne clôture le voyage, lentement, comme un dernier exorcisme avant le jour.
A Light in the Darkness est un disque à la fois archaïque et visionnaire, enregistré sans artifices mais chargé d’une tension spirituelle rare. C’est le genre d’album qui refuse la tiédeur — tout y est excessif, viscéral, incandescent. The Bateleurs y célèbrent la douleur comme une renaissance et rappellent que le blues, avant d’être un style, est un rite. Un cri, une sueur, une lumière dans le noir.
Instagram : thebateleurs
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novembre 10, 2025« Un corps à corps entre guitares spectrales et machines battant la chamade, où l’on tombe pour mieux s’élever.«
Sous le nom de Jasio, le guitariste et producteur canadien Jasio Kulakowski signe Fantasy, un premier album solo qui bouscule les frontières entre rock, électro et introspection. Connu pour avoir enflammé les scènes du monde entier au sein de Kobra and the Lotus, l’artiste s’affranchit ici de tout carcan pour inventer un langage sonore qui n’appartient qu’à lui : une fusion sensuelle et inquiétante, née de l’isolement, du chaos intérieur et d’une quête de lumière.
Dans Fantasy, Jasio ne cherche plus à impressionner — il cherche à comprendre. Sa guitare n’est plus un outil de puissance, mais une voix humaine, tantôt tendre, tantôt fracturée. Les synthés bruissent comme des océans numériques où l’on se noie avec volupté. Tout l’album est traversé d’un souffle cinématique, presque spirituel, où la tension du rock rencontre la sensibilité d’un producteur moderne.
Le voyage s’ouvre avec Fall, tourbillon de textures électroniques et de guitares éthérées : la voix s’y installe dans un entre-deux, fragile mais sûre d’elle, comme un premier pas dans le vide. Cloudline élève le propos : tout semble suspendu, les sons se dilatent jusqu’à devenir respiration pure — moment de grâce, halo au-dessus de la tempête. Last One Standing, propulsé par la frappe sèche de Dylan Wissing, remet le corps en mouvement : un hymne à la résistance, taillé pour les nuits d’orage.
Au centre, Fantasy — morceau-titre et cœur battant — condense la promesse du disque : basses grondantes, refrains hallucinés, mélodies en clair-obscur où l’artiste affronte ses mirages et les transfigure. Okay désarme par son dépouillement : ballade lumineuse, presque intime, où la technologie s’efface au profit de la chair et du souffle. Dear Future Me referme la boucle avec douceur, lettre à soi-même pleine d’espoir et de lucidité, comme un lever de jour après l’insomnie.
Ce qui frappe, c’est la précision du geste. Chaque son est pensé sans stérilité, chaque silence cadre l’émotion. Jasio compose comme un cinéaste : il éclaire ses ombres, met en scène ses vertiges, laisse affleurer l’aveu. Fantasy n’est pas une démonstration — c’est une libération. Un autoportrait en néon et en cicatrices, où le rock se réinvente moins par la force que par la fièvre intérieure. La bande-son d’un homme qui, après avoir tout vu, choisit enfin de se trouver.
Instagram : jasiomusic
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novembre 10, 2025« Une chanson écrite trop tard, mais chantée juste à temps pour apaiser les fantômes«
Certians morceaux ne se composent pas, ils se confessent. If I Could Say de William Locks — alias Willem van der Sluijs, originaire de Rotterdam — appartient à cette catégorie de chansons qui ne cherchent ni la gloire ni la consolation, mais la vérité nue. Sorti le 7 novembre dernier, ce single respire la sincérité d’un homme qui, des années après un drame, trouve enfin les mots qu’il n’a jamais pu dire à la personne qu’il aimait.
La genèse du morceau tient du deuil et de la rédemption. Des années plus tôt, William perd sa compagne dans un accident de voiture. À l’époque, il se décrit lui-même comme « un sale type », incapable d’aimer correctement. C’est seulement bien plus tard, transformé par le temps, la culpabilité et l’introspection, qu’il comprend l’irréversibilité du silence. Ce constat – celui qu’on ne peut pas réparer l’absence – devient la matrice de If I Could Say.
Musicalement, la chanson s’inscrit dans une tradition folk minimaliste mais viscérale. Les arpèges de guitare, sobres et dépouillés, laissent respirer chaque mot. Le timbre voilé de Locks glisse entre le murmure et la prière, comme si chaque syllabe était un pas hésitant vers le pardon. L’émotion n’est jamais forcée, elle s’installe doucement, presque à l’insu de l’auditeur, comme un frisson qui remonte de la mémoire.
Enregistré dans son salon transformé en studio, le morceau garde les traces du lieu : la proximité du souffle, le froissement de la pièce, la réverbération domestique. Rien n’a été nettoyé, rien n’a été lustré. Ce choix de production lo-fi rend le titre d’autant plus poignant : il sonne vrai, fragile, profondément humain.
“If I Could Say” n’est pas un morceau qu’on écoute, c’est un morceau qu’on traverse. Il évoque ces moments suspendus où l’on mesure tout ce que l’on n’a pas su dire avant que la porte se ferme. William Locks y incarne un romantisme déchu, presque camusien : celui de l’homme lucide face à sa propre impuissance, mais assez courageux pour en faire une œuvre d’art.
“Tomorrow is not a certainty. Make peace before you go to sleep.” Cette phrase, à elle seule, pourrait résumer toute sa démarche. Faire la paix, non pas avec le passé, mais avec soi. Chanter pour libérer ce qui n’a jamais été dit. Et dans cette vulnérabilité-là, William Locks touche à l’universel.
Instagram : williamlocksmusic
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novembre 10, 2025« Une chanson née d’un rêve, enregistrée dans le calme d’une tempête intérieure qui crée un moment supendu dont nos tympans ne peuvent se lasser. »
Dans sa chambre d’Edmonton, Scott’s Tees enregistre seul un rêve — un souffle fragile devenu chanson. We Move As Fast As Storms Allow est une philosophie : avancer à la vitesse du vent, accepter la lenteur, les pauses, les averses. Sorti le 15 septembre dernier, ce morceau incarne la beauté du fait maison, celle qui ne cherche pas la perfection, mais la vérité du moment capturé.
Inspiré par les géants des années 90 tels que Pearl Jam, Soundgarden, Alice in Chains, mais aussi par la douceur introspective de Iron & Wine, Scott’s Tees tisse une passerelle entre le grunge et le folk. Le résultat : une chanson nocturne, contemplative, hantée par des harmonies qui scintillent au milieu du lo-fi.
Un folk grunge sous tempête
We Move As Fast As Storms Allow naît dans l’intimité d’un rêve. Tout y est épuré : une guitare qui respire, une voix qui tremble, une ambiance suspendue. Les harmonies, multiples et subtiles, se répondent comme des éclats de conscience — des pensées qui se croisent dans la pénombre avant de s’effacer.
L’enregistrement, réalisé sur un vieux Tascam recorder et peaufiné sur Audacity, garde les cicatrices du réel : un souffle, un grésillement, une hésitation. Mais c’est justement ce qui rend le morceau si sincère. On y entend le cœur battre derrière le micro.
Le refrain, porté par des voix qui s’enlacent comme dans un rêve fiévreux, semble dire :
“We move as fast as storms allow — and that’s enough for now.”Un mantra discret pour les jours où tout semble figé.
La beauté de la lenteur
Il y a dans la musique de Scott’s Tees quelque chose d’infiniment humain : l’acceptation de ses propres limites, la quête d’une lumière dans le brouillard. Pas de production luxueuse, pas d’effet spectaculaire — juste la mélancolie pure d’une chanson née dans le silence.
Ce single marque peut-être un point de départ : celui d’un musicien autodidacte en train de comprendre que la fragilité peut être sa force. On sent l’envie d’apprendre, de grandir, mais sans renier la sincérité du présent.
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novembre 10, 2025« Une tempête de metal et d’humanité, où la rage devient prière.«
Avec Into The Ether, le groupe de Leeds ALL I LIVE FOR explose les murs du metal alternatif pour livrer un disque à la fois furieux et spirituel. Piloté par Mike Pearson, auteur, producteur, mixeur et âme du projet, ce deuxième album est une traversée du chaos contemporain — un cri lucide contre la peur, l’apathie et la décadence du pouvoir. Là où la rage brute se mêle à une quête presque mystique, l’album fait du vacarme un acte de foi. Enregistré dans le home studio de Pearson, et soutenu par Dave Williams à la batterie, Into The Ether porte haut les thématiques de son époque : l’effondrement politique, la destruction écologique, la nécessité de se relever, ensemble. Chaque morceau est construit comme une étape de guérison : colère, perte, résistance, renaissance.
1. All Your Pain
Le disque s’ouvre sur un grondement viscéral : riffs acérés, batterie martiale, voix tendue entre rage et compassion. Pearson y promet de “porter la douleur du monde” sans renoncer à la tendresse — un exorcisme d’ouverture.
2. Tethered
Chanson magnétique, toute en tension contenue. Les guitares y tournent comme des lianes autour d’une voix multipliée à l’infini. On y parle de liens — ceux qui retiennent, ceux qui sauvent.
3. Retain You
Titre plus intime, presque radiophonique dans sa forme : entre refrains cathartiques et couplets retenus, un équilibre fragile entre possession et perte. On pense à Muse ou Breaking Benjamin, mais avec une chaleur humaine rare.
4. Embers of the Fallen
Moment d’élévation. La voix se fait incantation, les harmonies s’empilent comme une prière métallique. Pearson y invoque les figures du passé — les ancêtres, les vaincus, les héros oubliés — pour rappeler que le feu brûle encore sous les cendres.
5. Make a Start
Une respiration, une promesse. La guitare s’ouvre sur un ciel clair, le texte invite à recommencer malgré tout : “We don’t wait for peace — we make a start.” Hymne lumineux au courage ordinaire.
6. Give Me a Reason
Le coup de poing politique du disque. Entre colère contenue et refrains démesurés, Pearson s’en prend frontalement aux “leaders ineptes” et à la manipulation collective. Un metal à la fois intellectuel et viscéral, tendu comme une corde d’arc.
7. Leave Behind
Balade spectrale et mélodique. Une chanson d’adieu douce comme une bruine d’hiver, où la voix s’efface lentement derrière un mur de guitares éthérées.
8. Into The Ether
Titre central et sommet émotionnel. Un voyage sonore entre les mondes, où la mort n’est plus une fin mais une dissolution. Les huit couches vocales créent un effet choral presque sacré — une ascension vers la lumière.
9. Anodyne
Trois minutes de pure furie. Un cri contre l’indifférence et la fatigue émotionnelle. Pearson répète comme un mantra : “Numbness isn’t peace.” Court, brut, nécessaire.
10. Never Stand Alone
Clôture en fraternité : une montée collective, presque communautaire, où chaque voix devient un fragment du même souffle. Une fin ouverte, lumineuse, tournée vers les autres.
Into The Ether sonne comme une résistance sonore. Un disque qui refuse la résignation et rappelle, sans artifice, que le rock reste une force vitale — surtout quand il parle de compassion et de courage.
Instagram : allilivefor
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novembre 10, 2025Entre spleen domestique et éclats d’humanité, Patrick T Jenkinson signe avec Autofiction un premier album d’une sincérité désarmante, où la pop artisanale devient journal intime et carnet de bord.
Né dans le Lancashire et forgé dans la tendresse du quotidien, cet album raconte quinze ans de vie en musique, de 2009 à 2023 — des chansons qui, comme leurs cicatrices, ne se referment jamais tout à fait. Jenkinson, c’est l’antithèse du rock star system. Il compose sur un iPad, en équilibre entre couches de fatigue et tasses de café froid, pendant que son fils dort dans la pièce d’à côté. De cette contrainte naît une forme d’élégance lo-fi, un humanisme désarmant. Enregistré ensuite avec Nick Sagar au Studio 3507 de Penwortham, Autofiction a pris la forme d’un miroir — à la fois journal de bord et confession sonore.
1. Lancashire Rain
Ouverture brumeuse et mélancolique, hommage à la terre natale. Les guitares y sonnent comme des gouttes sur les vitres, et Jenkinson chante les villes ouvrières sous la pluie avec la tendresse d’un témoin lucide. Coécrite avec Nick Pamphlett, cette ballade douce-amère mêle nostalgie folk et arrangements indie feutrés, rappelant Richard Hawley ou Elbow.
2. Apocalypse
Sous un titre trompeur, une pop lumineuse au bord du chaos. Des synthés nerveux, un tempo battant la mesure de l’anxiété moderne, et cette ironie très britannique : la fin du monde racontée depuis la cuisine. Jenkinson y chante la peur et la résilience avec un sourire fatigué — entre Jarvis Cocker et Father John Misty.
3. Song For A Dreamer
Probablement le cœur battant de l’album. Une chanson fragile, presque chuchotée, dédiée à ceux qui tiennent debout grâce aux rêves. Le clip qui l’accompagne en capture l’essence : une tendresse silencieuse, un homme seul face à ses fantômes.
4. Silent Melancholic
Coécrite avec Danny Solazzo, cette pièce piano-pop joue sur la retenue. Une orchestration minimale, une ligne mélodique qui serpente comme une pensée nocturne. On y entend la solitude, mais aussi la douceur d’accepter sa propre tristesse.
5. Jimmy’s Bar
Un hommage chanté à son père, Tony Jenkinson, qui signe ici le texte ainsi que la musique. Ambiance de pub, effluves de whisky et souvenirs chantés au comptoir. C’est à la fois une chanson folk et une étreinte paternelle, entre mémoire et transmission.
6. Now You’ve Got To Go Away
Autre collaboration avec Danny Solazzo, c’est un morceau de séparation, sans amertume mais plein de résilience. La mélodie monte comme une marée lente, et le refrain laisse cette impression d’adieu qu’on fredonne malgré soi.
7. The Beautiful and Damned
Avec la voix céleste de Clare Simmons, sa nièce, Jenkinson transforme le spleen en élégie pop. Entre ballade cinématique et chanson de chambre, le morceau cite Fitzgerald et flirte avec le romantisme noir des années 80.
8. No Mean Feat
L’un des deux singles déjà sortis. Un hymne modeste à la persévérance, avec des chœurs qui élèvent le morceau vers la lumière. Jenkinson y chante l’épuisement et la dignité, comme si Peter Gabriel avait grandi dans un deux-pièces à Accrington.
9. Out of Sync
Pop désenchantée et introspective : rythmes bancals, arpèges synthétiques, voix à demi en retrait. Le morceau évoque la dissonance intérieure, ce sentiment d’être à côté du monde, mais d’y rester quand même — parce qu’il le faut bien.
10. Strange World
Clôture lumineuse et presque apaisée. Un morceau sur l’étrangeté du quotidien, sur l’amour, la fatigue, la survie. L’univers reste absurde, mais Jenkinson semble y trouver enfin une forme de paix.
Autofiction n’est pas un disque spectaculaire, c’est un disque nécessaire. Celui d’un homme qui continue d’écrire, de chanter, de vivre — même quand la vie s’effondre autour. Une œuvre artisanale, humble, profondément humaine, qui rappelle que la beauté réside souvent dans le simple fait d’essayer encore.
Instagram : patricktjenkinson
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novembre 10, 2025Un souffle de guitare, une voix à demi murmurée, une mélodie comme un fil qu’on déroule sans jamais vouloir qu’il casse. Avec “Intertwined”, Inochka tisse un poème suspendu entre mélancolie et apaisement, entre ce qu’on perd et ce qu’on garde malgré tout.
Venue de Tallinn, Inochka déploie une grâce presque fragile, celle qui naît quand la simplicité devient une forme d’abandon. Dans Intertwined, tout respire l’intime : une guitare enregistrée en direct, quelques notes à peine, une voix nue, vibrante, qui se faufile entre les silences. C’est une chanson qui semble tenir sur un souffle – celui d’un souvenir qu’on effleure sans oser le réveiller.
Dès les premiers vers, on comprend qu’Inochka écrit avec la lucidité des rêveurs – ceux qui voient la beauté dans l’éphémère. Le morceau avance lentement, bercé par un mouvement de guitare presque circulaire, comme une caresse qui revient toujours au même point.
Son refrain évoque la douceur d’une complicité perdue, un geste répété mille fois avant qu’il ne s’efface. Il y a dans cette chanson quelque chose du cinéma d’auteur nordique : une lenteur pleine de tension, un espace sonore qui laisse respirer la nostalgie.
Entre folk feutré et ballade poétique, Intertwined dévoile une artiste qui joue sur la retenue plutôt que sur l’effet. Inochka ne cherche pas à impressionner – elle cherche à toucher, à effleurer, à hanter. Sa voix, légèrement éraillée par l’émotion, fait penser à une Joni Mitchell rêvant sous la neige ou à la douceur trouble d’Aurora dans ses moments les plus dépouillés.
En trois minutes suspendues, Intertwined capture la beauté de ce qu’on ne peut retenir. Une chanson qui parle d’amour sans le dire, de perte sans la pleurer — et qui, une fois finie, continue de flotter longtemps dans le silence.
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novembre 10, 2025Un hymne à la déraison collective, un groove de fin du monde chanté la clope au bec : avec “Bring Back the Good Ol’ Boys”, Tom Minor signe un pamphlet ironique sur nos vieux réflexes de soumission — ceux qui transforment les promesses en désastres et les héros en clowns autoritaires.
Sous ses airs de pub-rock jovial, le morceau est un piège brillant. Une satire pop déguisée en tube britrock, quelque part entre The Kinks, Elvis Costello et Pulp période cynique. Derrière le swing nerveux et les cuivres goguenards, Minor dresse un portrait sans filtre de l’époque : celle où l’on “ramène les bons vieux garçons” au pouvoir, les poings sur la table et la morale sous le tapis.
Les paroles sont un jeu de miroirs : “Now if your luck’s being a lad and the lad’s a tramp / Bring back the good ol’ boys.” Chaque couplet fonctionne comme une punchline déguisée en refrain de stade, une tirade goguenarde sur le cycle absurde des révoltes qui finissent en soumission. C’est là tout le génie de Minor : transformer la lucidité en satire dansante, la colère en cabaret politique.
Musicalement, Bring Back the Good Ol’ Boys groove sec. Les guitares claquent comme des slogans, la batterie martèle un tempo digne d’une fanfare en marche vers la défaite, et la voix de Minor – rocailleuse, désinvolte, pleine de second degré – joue les chefs d’orchestre d’une parade tragique. On y sent l’influence du Britpop classique, du garage 60s, et ce goût pour les mélodies élégantes qui grincent sous la dent.
Produit par Teaboy Palmer, “le Shadow Morton de Muswell Hill”, le titre conserve cette patine vintage qui fait le charme des meilleures satires anglaises. Un son rétro, mais un propos affreusement contemporain : la facilité avec laquelle on applaudit nos propres bourreaux.
Tom Minor, ce dandy désabusé de Londres N1, signe ici un hymne pour notre ère de régression dorée. Après avoir écrit pour d’autres, il s’affirme désormais comme l’un des conteurs les plus piquants de la scène indie britannique — quelque part entre la plume d’un poète pubrock et le sarcasme d’un moraliste post-brexitien.
Alors oui, “bring back the good ol’ boys”… mais seulement pour mieux les congédier.
Instagram : @tom.minor.misdemeanours
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novembre 10, 2025Sous les néons brumeux de Berlin, la Franco-Britannique Aliénore tisse un sortilège. Mirage, son nouvel EP, s’ouvre comme une porte vers un autre monde : entre chair et chimère, entre rêve et renaissance.
Cinq morceaux pour invoquer les multiples visages du féminin, de la lumière à l’ombre, de la douceur à la furie. Aliénore sculpte son propre langage : des synthés qui respirent comme des orgues sous l’eau, une voix spectrale qui flotte entre le sacré et le sensuel, des textes bilingues qui mêlent la poésie française à la confession anglaise.
1. Solace, an Incantation
Un murmure d’ouverture, presque une prière. Le titre déploie un souffle ambient, fait de nappes diaphanes et de cloches inversées, comme une incantation d’avant l’aube. Aliénore y pose les bases de son univers : un espace suspendu entre mysticisme et mélancolie, où chaque respiration semble un rituel de guérison.
2. Lilith
Le cœur battant du projet. “Lilith” réécrit le mythe de la première femme non pas comme démon, mais comme muse d’insoumission. Sur des pulsations sombres et un beat charnel, la voix d’Aliénore s’élève, tour à tour séraphique et menaçante. Le refrain, envoûtant, résonne comme un exorcisme de la honte : un cri d’émancipation. Le clip, tourné à Berlin par une équipe entièrement FLINTA, renforce cette énergie de sororité et de puissance retrouvée.
3. In the Mirror’s Surface
Ici, Aliénore contemple son reflet à travers les fractures. La chanson se déploie lentement, portée par une ligne de piano qui vacille et des textures électroniques éthérées. C’est une méditation sur la perception et la perte de soi — une ballade spectrale où la fragilité devient une forme de force.
4. Chimaera
Mi-ange, mi-monstre, Chimaera incarne la dualité. Le morceau joue sur la tension entre rythme organique et glitch électronique, entre rage contenue et mélodie céleste. Aliénore y brouille les frontières entre les genres, les identités, les émotions. C’est la pièce la plus viscérale de l’EP, un cri de métamorphose.
5. Mirage
Titre éponyme et conclusion céleste, Mirage referme le cercle avec grâce. La voix se fait presque murmurée, perdue dans un brouillard de réverbérations. Le morceau avance comme une procession au ralenti, un au revoir aux illusions, une acceptation douce du réel. On en ressort traversé, vidé, mais apaisé.
Avec Mirage, Aliénore signe une œuvre d’une cohérence rare — un rituel sonore où le sacré et le charnel se confondent, où la vulnérabilité devient arme de beauté. L’ombre y danse avec la lumière, et dans cet entre-deux naît une vérité : celle d’une artiste qui ne joue pas à être mystique, mais qui vit la musique comme un acte de transmutation.
Release shows : Londres (Troubadour, 10 nov) | Berlin (Kapelle am Urban, 14 nov)Instagram : @alienoremusic
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novembre 10, 2025Basses vrombissantes, pulsation animale, tension moite sous les stroboscopes : avec “Conqueror”, G-Sinnz signe une claque drum & bass nourrie de dancehall et taillée pour régner sur le club jusqu’à l’aube.
“Conqueror” est ce genre de track qui ne se contente pas de faire bouger les corps, mais qui impose un territoire — celui de G-Sinnz, producteur, directeur artistique et artisan de son propre empire sonore. Sous la houlette de Caricom Music, le musicien britannique d’origine caribéenne déploie ici un uppercut rythmique d’une précision redoutable, conçu pour transformer la piste en champ de bataille magnétique.
Le morceau, produit par quimiobb, est une arme hybride : un cœur drum & bass à la pulsation implacable, des syncopes dancehall qui rappellent les rues de Kingston, et une production futuriste où les kicks claquent comme des coups de poing sous néons. Pas de voix, pas de gimmick : seulement la présence brute, cette autorité silencieuse qui impose le respect dès les premières mesures.
La structure joue la montée permanente : les hi-hats tracent des arcs de tension, la basse s’épaissit à chaque loop, et les drops surgissent comme des éclairs parfaitement calibrés pour déclencher le chaos collectif. Tout respire la maîtrise : les breaks ne cassent pas le flux, ils l’étirent, ils le retiennent juste assez pour relancer l’adrénaline.
“Conqueror”, explique G-Sinnz, “c’est pour ceux qui entrent dans une pièce et changent l’énergie — sans dire un mot.” Et c’est exactement ça : un morceau de présence pure. Une bande-son pour les esprits qui dominent le tempo sans jamais forcer, qui avancent avec calme et puissance, comme s’ils avaient la nuit à leurs pieds.
Derrière cette esthétique tranchante, il y a la signature Caricom Music : ce label britannique qui fait dialoguer les basses londoniennes et les racines caribéennes, qui croit à la collision entre héritage et avant-garde. “Conqueror” s’inscrit dans cette logique d’expansion : ouvrir la drum & bass à de nouvelles textures, la ramener à ses origines dansantes tout en la propulsant vers un futur sans frontières.
On y entend la rage du sound system, la sensualité du dancehall, la précision clinique du mix UK — un morceau taillé pour les DJs, les clubs enfumés, les setlists de minuit qui transforment le chaos en rituel. Un instrumental à la fois brut et spirituel, calibré pour faire trembler les murs et les certitudes.
G-Sinnz n’a pas besoin de mots pour régner. Avec “Conqueror”, il prouve que la domination peut être une question de fréquence, de densité, d’énergie. Une démonstration de pouvoir sonore, élégante et sauvage.
Instagram : caricom.music
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novembre 10, 2025Entre groove solaire et mystique lunaire, Gabrielle Swanks signe avec “Moon” un premier morceau incandescent : un mélange sensuel d’afrobeat, de R&B et de pop cosmique qui fait vibrer autant qu’il élève.
Je l’ai senti dès les premières secondes : Moon ne cherche pas l’approbation, elle impose un mouvement. Pas le déferlement tapageur d’un tube jetable, plutôt cette poussée irrépressible qui fait se redresser la nuque et desserre les épaules. Gabrielle Swanks signe ici un premier geste d’autrice-interprète qui sait exactement où placer le souffle, la sueur et les silences — là où la danse rencontre la phrase intérieure.
Techniquement, le titre joue la retenue comme une arme. La rythmique afro s’articule en fines syncopes : kicks sous contrôle, caisse claire légèrement en arrière du temps, shakers qui filent comme du sable chaud entre les doigts. La basse, ronde et élastique, occupe la place d’un cœur battant ; elle ne bavarde jamais, elle suggère. Quelques touches de guitare sur l’off-beat, un clavier qui insuffle de l’air dans les interstices, et surtout ce design sonore qui privilégie l’espace à la surcharge. On entend la pièce, les respirations, la translation entre couplets, pré-refrain et hook — un vrai travail d’architecture.
Vocalement, Swanks trace une diagonale singulière : timbre satin, attaques nettes, vibrato à minima. Elle décline la confiance non pas en performance pyrotechnique, mais en ligne claire, presque chorégraphique. Sur le pré-refrain, elle allège la granularité, monte un demi-étage, puis relâche au moment du refrain avec une écriture mélodique qui accroche sans scander — une pop de la suggestion. Les chœurs en call-and-response épaulent la dynamique, jamais décoratifs : ils agissent comme un miroir émotionnel, accentuant l’élan sans l’alourdir.
Le pont, malin, renverse la perspective en demi-temps : on descend la gravité pour mieux relancer l’orbite. La production laisse respirer le kick, épaissit les harmonies, puis ré-accroche la pulsation — petite déflagration douce, grand effet en club ou en nocturne casque. On entend derrière la patte d’un studio qui comprend que l’élégance tient à ce qu’on retire autant qu’à ce qu’on ajoute.
Ce qui frappe, c’est la cohérence d’ensemble. Afrobeat et R&B ne s’y superposent pas comme des calques ; ils s’interpénètrent. La pop, elle, sert de boussole : clarté des sections, lisibilité du refrain, durée idéale. Moon préfère la longévité aux coups d’éclat — une esthétique de la maîtrise plus que de la démo.
Promesse tenue, donc : mouvement et assurance, mais aussi profondeur — cette poésie qui affleure dans la manière d’habiter le rythme plutôt que de le dompter. Gabrielle Swanks s’ouvre un couloir précis entre Lagos intérieur, Atlanta feutrée et pop globale : élégant, sûr de lui, immédiatement re-jouable. On parie ? Moon ne quittera pas vos playlists nocturnes avant un moment.
Instagram : gabrielleswanksmusic
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novembre 10, 2025Et si Noël ne rimait plus avec neige, mais avec soleil, cocktails et peau salée par la mer ? Dans “Hot Hot Christmas”, Eylsia Nicolas transforme l’hiver en fête lumineuse, sensuelle et radieuse : un hymne à ceux qui célèbrent l’amour sous les palmiers.
Sous son pseudonyme d’artiste, Eylsia Nicolas, la chanteuse irlando-philippine installe une atmosphère de pop festive aussi clinquante que chaleureuse. Son single Hot Hot Christmas est une explosion de bonne humeur, un morceau pop calibré pour danser pieds nus dans le sable en décembre. Tout y respire la joie de vivre : un refrain accrocheur, des cuivres qui éclatent comme des feux d’artifice, et cette voix pleine de lumière, à mi-chemin entre Mariah Carey et Kylie Minogue, mais avec cette touche personnelle, libre et solaire.
Ce titre célèbre une autre vision des fêtes : celle des Noëls sans flocons, où la chaleur ne vient pas du feu, mais du cœur. “Hot Hot Christmas, c’est pour tous ceux qui n’ont pas besoin de neige pour se sentir vivants”, confie Eylsia. Et c’est vrai : le morceau sent la peau dorée, les guirlandes sur les cocotiers et les nuits étoilées qui ne finissent pas.
Mais derrière le strass, il y a une histoire de résilience. Ancienne prodige du tennis devenue entrepreneuse à succès, Eylsia a survécu à la maladie, aux blessures, aux tempêtes du show-business. Après avoir perdu sa voix suite à la COVID, elle a littéralement réappris à chanter grâce à la technologie — une renaissance qui rend chaque note de Hot Hot Christmas plus vibrante encore.
Le morceau s’inscrit dans la trajectoire flamboyante d’une artiste en pleine réinvention, qui a déjà conquis les classements indépendants et brisé les codes du storytelling pop. Eylsia chante la joie, mais une joie conquise, méritée, qui porte la trace de tout ce qu’elle a traversé.
Alors que la plupart des chants de Noël évoquent le froid, Eylsia allume le feu. Hot Hot Christmas n’est pas une simple chanson de saison, c’est un manifeste : celui d’une femme qui a transformé l’épreuve en lumière, la douleur en fête, le silence en mélodie.
Insagram : lisaeylsia
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novembre 9, 2025Un souffle d’électricité dans le brouillard. Une transmission anonyme sortie d’une cave de Minneapolis. “You All Will See” est autant une vidéo qu’une apparition brute, dérangée et fascinante.
Personne ne sait vraiment qui se cache derrière YOU ALL WILL SEE, et c’est sans doute le cœur du projet : une entité plus qu’un artiste, un fantôme qui s’exprime à travers les pulsations d’un rock alternatif à la fois sale et métaphysique. Cette première sortie — une vidéo d’à peine une minute trente — fonctionne comme une déclaration d’intention, un flash, un signal codé destiné à réveiller ceux qui écoutent encore avec les tripes.
Tourné dans une esthétique post-VHS, granuleuse, saturée, le clip semble tout droit sorti d’un cauchemar poétique : riffs distordus, visuels vacillants, voix noyée dans la reverb comme un cri enregistré sur une bande oubliée. On pense à Radiohead période Amnesiac, aux fragments lo-fi de Beck, aux visions apocalyptiques de Godspeed You! Black Emperor — un art-rock du crépuscule, viscéral, radicalement libre.
Le projet, né hors des circuits traditionnels, revendique une filiation directe avec les années 90 et 2000 : l’époque des fanzines, des K7 gravées à la main, des musiciens qui fabriquaient leurs mondes à coups de distorsion et de solitude. Derrière le chaos apparent, il y a une cohérence sonore et visuelle qui intrigue — celle d’un artiste qui transforme l’anonymat en arme esthétique.
“You All Will See” agit comme le prologue d’un manifeste : une première pièce d’un puzzle qui comptera douze sorties étalées sur 2026. C’est une expérience à suivre, un cri à moitié chuchoté qui donne envie d’en savoir plus.
Minneapolis n’avait pas engendré quelque chose d’aussi insaisissable depuis longtemps. Et si le mystère est la meilleure des publicités, YOU ALL WILL SEE le comprend parfaitement : on regarde, on écoute, on ne comprend pas tout — mais on ressent. Fort.
→ Instagram : @youallwillseerecords→ Bandcamp : youallwillseerecords.bandcamp.com
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novembre 9, 2025Sous les lumières mouillées de Metz, une mélodie s’élève, entre rêve et souvenir. “Smile of Beauty” est le genre de chanson qui te prend par la main, te parle d’amour, de hasard, de perte — et te laisse avec un écho doux-amer dans la poitrine.
Dans ce nouveau single, Dan Szyller nous offre une ballade au charme intemporel, où le rock progressif flirte avec la poésie d’un film en noir et blanc. On y retrouve cette patte singulière qui traverse toute son œuvre : des harmonies riches, des arrangements soyeux, et une voix habitée, légèrement rauque, comme usée par la tendresse et les années.
Composé et enregistré en Moselle, dans le studio de Yannick Horner, Smile of Beauty est né dans l’urgence — un enregistrement rapide, instinctif, presque brut, où tout semble avoir été capturé dans un élan. Et c’est précisément cette spontanéité qui fait battre le morceau : chaque note sonne juste, chaque mot résonne vrai.
Les influences sont là, bien sûr — The Doors, Pink Floyd, Iron Maiden dans leur versant contemplatif — mais Szyller n’imite pas, il hérite. Il transforme ces références en un langage personnel, empreint de nostalgie et d’élégance. Sa guitare, tantôt légère, tantôt mélancolique, déroule une histoire d’amour suspendue entre la rue et le souvenir, entre la pluie et la lumière d’un café.
“Hey baby, it’s been a long time / Since that beautiful day…” chante-t-il, comme une lettre envoyée trop tard. On y sent la tendresse d’un homme qui regarde derrière lui, avec gratitude et douleur mêlées. C’est une chanson sur ce moment précis où l’amour naît — puis s’efface — mais laisse une trace indélébile : un sourire, un geste, un éclat d’âme.
Smile of Beauty parle du besoin universel de connexion, de cette solitude partagée que la musique seule semble pouvoir apaiser. Dan Szyller y met tout : sa voix, sa poésie, sa mémoire. Et le résultat est d’une sincérité rare — un rock sensible, habité, où la fragilité devient force.
Instagram : danielszyller
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novembre 9, 2025Une voix comme un frisson au bord du matin, un folk intime qui murmure les heures qui passent et les émotions qu’on n’a pas su dire.
Venue de Gympie, au cœur du Queensland, Elke Louie débute avec Killing Time : un premier single d’une pureté désarmante, prélude à un EP attendu pour début 2026. Ce morceau est une confidence mise à nu, une méditation sur le temps qui s’étire, la patience, la douleur douce de l’attente.
Enregistré chez Mantle Records avec Clare et Lawrence Menard du duo Those Folk, Killing Time s’enracine dans la simplicité — guitare acoustique, voix nue, souffle à peine tremblé — mais pousse ses racines jusqu’à l’âme. Elke chante comme on respire après une longue apnée : chaque mot semble trouvé au fond d’un silence qu’elle a apprivoisé.
La production, délicate et cristalline, évoque les premières heures de Missy Higgins ou la franchise d’une Courtney Barnett dans ses moments les plus dépouillés. Et pourtant, il y a ici quelque chose d’unique : une vulnérabilité assumée, une lumière fragile qui se dépose sur les plaies comme une caresse.
“C’est le tout premier morceau que j’ai enregistré en tant qu’artiste solo folk”, confie Elke. “Il représente exactement ce que je veux créer : une musique honnête, introspective, qui ne fuit pas les grandes émotions.” Et c’est ce qu’on entend : un dépouillement sincère, une voix qui cherche à ne rien prouver — seulement à être.
L’écriture, co-signée avec Clare Quinn, respire la maturité : quelques accords, une progression subtile, et surtout ce temps suspendu qui fait toute la force de la chanson. On y sent la retenue d’une artiste qui écoute avant de parler, qui contemple avant de juger.
Killing Time n’est pas un simple début : c’est une promesse. Celle d’une plume déjà affirmée, d’une musicienne qui, loin des artifices, redonne au folk sa dimension spirituelle — intime, vulnérable, lumineuse.
→ Instagram : @elke_lou_
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novembre 9, 2025Un morceau comme un lever de soleil après la tempête : “Here’s to Hoping” d’Eternal Tone capte cet instant fragile où la douleur se transforme en gratitude, où la foi renaît dans le chaos.
Sous ses airs doux-amers d’hymne Pop RnB teinté de hip-hop, le titre cache une sincérité brute. On sent derrière chaque mesure l’ombre des jours difficiles, les pertes, les doutes, mais aussi cette lueur têtue qui refuse de s’éteindre. La production signée Ethan Martin brille par sa sobriété : une ligne de piano claire, un beat feutré, des respirations lumineuses qui laissent toute la place à la voix d’Eternal Tone et à celle, vibrante et fraternelle, de Iziik.
L’alchimie entre les deux artistes est bouleversante de justesse. L’un déroule sa voix chaude et posée, presque méditative ; l’autre vient y déposer des éclats d’émotion brute. Ensemble, ils transforment la mélancolie en remède, la douleur en chant d’espérance. On pense à Mac Miller, bien sûr — cette même façon d’aborder le désespoir avec tendresse, de chercher la beauté dans la faille.
Là où “Here’s to Hoping” se distingue, c’est dans sa capacité à suspendre le temps. Il ne cherche ni la performance, ni la punchline, mais un espace de vérité. Eternal Tone ne rappe pas pour convaincre : il partage, il remercie, il respire. Dans ce morceau, la musique devient un exutoire, un autel intime dressé face aux tempêtes intérieures.
En filigrane, il y a cette philosophie : vivre, c’est continuer à espérer, même quand le monde ne nous rend rien. Eternal Tone incarne cette idée avec une humilité rare, rappelant que la foi n’est pas qu’une question de religion, mais d’élan — celui de croire encore, de tendre la main, de recommencer.
“Here’s to Hoping”, c’est un message murmuré à tous ceux qui cherchent une raison de se relever. Une prière moderne, vibrante et profondément humaine.
Instagram : transcend_tone
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novembre 9, 2025Un souffle mythologique traverse cet album comme un vent venu du Nord : entre la mort et la renaissance, la douleur et la lumière, Bastion’s Wake tisse un métal symphonique à la fois brut, spirituel et infiniment humain.
Né de l’imaginaire fertile du duo Sami et Ray, rejoints depuis par Rob Westbrook et Ben, Go Tell the Bees s’impose comme une fresque métallo-cinématique à part. Inspiré par la tradition païenne de “parler aux abeilles” — leur annoncer les naissances, les deuils, les amours —, l’album devient ici un rituel sonore : une façon d’apprivoiser la perte et de célébrer la vie.
Le voyage commence par “Motanka”, courte ouverture instrumentale, presque chamanique, où les guitares montent comme un brouillard. Une minute de recueillement avant la tempête. Elle s’abat avec “Willow’s Ruse”, pièce maîtresse du disque : un choc de puissance et de mélancolie, où la voix aérienne de Sami fend la densité instrumentale comme une prière en pleine bataille. C’est là que Bastion’s Wake trouve son équilibre parfait entre la tendresse et le chaos.
Vient ensuite “(Don’t) Tell the Bees”, incantation au double visage : à la fois chant funèbre et acte de résistance. La guitare de Ray y tisse des arabesques tranchantes tandis que la section rythmique pulse comme un cœur endeuillé. “Tiny Box” poursuit dans un registre plus introspectif — un morceau suspendu entre doom et folk, presque cinématographique, où chaque note semble peser son poids d’âme.
Sur “This is Home”, le groupe offre une respiration lumineuse, un hymne à l’ancrage au milieu du deuil. La production d’Øystein G. Brun (Borknagar) magnifie la dimension symphonique du titre : on y sent la Norvège dans chaque réverbération, chaque écho. “Pathos”, quant à lui, s’enfonce dans un clair-obscur plus viscéral — les guitares grondent, les voix s’élèvent, et l’on touche du doigt cette douleur universelle qui précède la guérison.
Le sommet de l’album se joue avec “Lighthouse” : un phare dans la tempête, un morceau qui monte lentement en intensité avant d’exploser dans un final libérateur. Puis “Run Away” ramène la tension, une fuite vers soi-même, taillée dans l’urgence et la nostalgie. “Nimue”, plus mystique, convoque l’imaginaire arthurien : les harmonies s’y déploient comme des incantations dans la brume. Enfin, “Sunflower” ferme le cycle sur une note d’espoir — un dernier regard vers la lumière, celle qui persiste après la perte.
Tout dans Go Tell the Bees respire la sincérité et la métamorphose. La voix de Sami, aussi limpide qu’une flamme dans la nuit, porte des textes qui touchent au sacré ; la guitare de Ray cisaille l’air comme une lame forgée à la main. L’ensemble, mixé et masterisé par Brun en Norvège, déploie un son massif, à la fois moderne et hanté.
Cet album est une cérémonie, un espace où la colère et la douceur cohabitent, où le chagrin devient énergie. Go Tell the Bees rappelle que dans chaque perte, il y a un chant — et dans chaque silence, un bourdonnement de vie.
→ Instagram de Bastion’s Wake
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novembre 9, 2025« Un disque comme un uppercut spirituel : brutal, mystique et incandescent, “OVERGOD” signe le grand retour de Jeyênne, prophète cybernétique de l’ère EBM.«
Certains artistes ne vieillissent pas, ils changent de dimension. Jeyênne — figure fantomatique et prophétique de la scène EBM et industrielle — revient après des années de silence avec “OVERGOD”, un album total, radical, presque mystique. Dix-sept morceaux comme dix-sept éclats d’un miroir brisé, où se reflètent les fantômes du rave des 90s, les cicatrices du présent et une foi neuve dans la destruction comme renaissance.
Le disque s’ouvre sur “Coloro”, une invocation froide, presque rituelle, où chaque pulsation semble réveiller un souvenir d’usine ou de nuit sans sommeil. Puis “Dance The Devil” surgit, fiévreuse, possédée, transformant la piste en cathédrale païenne. On y danse pour exorciser, pas pour s’amuser.
Sur “Overgod”, le titre central, Jeyênne interroge la divinité à travers la machine. Les voix se tordent, les synthés éclatent en lueurs métalliques : Dieu est un algorithme, la foi une onde sonore. “First Rain On Mars” adoucit cette fureur avec un lyrisme cosmique, un orage lent sur une planète qui n’en a jamais connu.
“Machines” et “Little Spider” creusent la tension : d’un côté, la mécanique qui broie, de l’autre, la fragilité humaine qui résiste. “Toro (Instrumental)” et “The Expoequivalent-Beta” deviennent des interludes organiques, véritables respirations entre deux assauts.
La seconde moitié s’embrase. “Temptation” injecte un groove noir dans l’ombre du rock industriel ; “Modulski” hypnotise, structuré comme une architecture de béton sonore. Puis viennent les morceaux les plus radicaux — “Not Your Voice”, où la voix humaine se désintègre, et “Crushed, Ugh!”, explosion punk électronique d’une sauvagerie presque physique.
La fin s’élève vers une lumière fragile : “Acid Trip Advisor” revisite la transe des origines, “Where Minds Collide” ouvre l’espace, “Perfect” et “Nothing Lasts Forever” referment la plaie avec grâce. Enfin, “One Last Light” éteint la mèche — ultime éclat d’humanité avant le noir.
Avec “OVERGOD”, XPQ-21 ne cherche plus à séduire : il purifie. Entre EBM, rock industriel et transe cybernétique, Jeyênne réaffirme que la création ne vit que dans la rupture — et que, parfois, il faut brûler le divin pour retrouver l’humain.
Instagram : xpq_21
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novembre 9, 2025“We Were Taller Then” de Soek dévoile une nostalgie si pure qu’elle semble suspendre le temps. On y entend moins une chanson qu’un souvenir — une réminiscence de l’enfance, fragile et lumineuse, qui flotte entre deux respirations.
Sous le pseudonyme Soek, le compositeur américain Grant Borland s’offre un espace de liberté rare : un laboratoire d’émotions, à la frontière du classique contemporain et de l’électronique poétique. Dans ce nouveau single, il évoque l’innocence et la démesure enfantine : ce sentiment d’être “plus grand que le monde”, avant que la gravité des années ne vienne nous rappeler à la terre.
Tout commence par un motif de piano, à la fois léger et obstiné, comme une pensée qui ne veut pas s’éteindre. Les notes se répondent, se heurtent doucement, se suspendent dans un silence mesuré. Le piano n’est pas seulement mélodique : il devient percussif, presque respiratoire, donnant l’impression d’un cœur qui s’emballe face au souvenir. Autour de lui, des nappes de synthétiseurs diaphanes s’étirent comme des souvenirs diffus, tandis que les cordes enregistrées en Croatie par Martin Kutnar et Session Strings Studio viennent y déposer leur humanité, leurs frémissements, leurs micro-imperfections si précieuses.
Là où beaucoup de musiques néo-classiques cherchent l’émotion par la grandeur, Soek choisit l’intime, l’imperceptible. On pense à Ólafur Arnalds, Max Richter ou Hania Rani, mais sans imitation : ici, tout est personnel, enraciné dans une émotion vécue. “We Were Taller Then” raconte la nostalgie des jours où l’on se croyait invincible, mais sans la douleur du regret. Plutôt une tendresse résignée, une douceur mélancolique qui sait que la beauté se niche dans la perte.
Chaque instrument respire, trouve sa place, se tait quand il le faut — un équilibre que le mixage de Piotr Wieczorek parvient à sublimer avec une clarté quasi photographique. Le son n’envahit jamais, il entoure. Comme si chaque note avait conscience de sa fragilité.
Mais derrière cette précision technique, il y a un geste profondément humain. Soek compose comme on se souvient : par fragments, par couches, en cherchant dans le flou ce qui reste vrai. We Were Taller Then ne cherche pas à impressionner, mais à consoler — une musique-refuge, faite pour accompagner la nostalgie sans la dramatiser.
Ce single n’a pas de paroles, et pourtant il raconte tout : les jeux dans la lumière d’été, les silhouettes qui grandissent trop vite, les promesses faites à soi-même. On le quitte avec une impression étrange, celle d’avoir grandi un peu à nouveau — mais cette fois, dans le bon sens.
→ Instagram de Soek
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novembre 9, 2025Il y a des débuts qui claquent comme une portière au petit matin, l’air frais qui entre, la route encore vide. “Opening Song” de CAR287, c’est ce moment-là : la première goulée d’essence dans le moteur du rêve, le vent du Manitoba qui traverse la peau, et cette impression étrange que quelque chose commence pour de bon.
On ne parle pas ici d’un simple titre d’ouverture, mais d’un rite de passage. CAR287, formation originaire de Winnipeg, réussit le tour de force de réancrer le rock canadien dans son territoire émotionnel : le froid, les paysages immenses, la solitude comme carburant. Leur son, à la croisée du lyrisme brut de The Tragically Hip et de la modernité d’un indie-rock à la Sam Roberts Band, respire la route, les stations-service et les lumières qui défilent.
“Opening Song” se déploie lentement, comme un lever de soleil sur l’asphalte. La guitare s’étire, pas pressée, juste là pour réchauffer la brume. Le riff se transforme en ligne d’horizon, la basse pulse comme une tension intérieure qu’on refuse d’éteindre. Puis viennent les mots — Jay Yarmey chante avec une sincérité presque nerveuse, ce mélange de peur et de foi qui précède tous les départs. Sa voix n’impose rien : elle invite. On entend la fatigue du quotidien, la douceur des défaites et cette obstination fragile qui pousse à recommencer malgré tout.
Ce morceau a quelque chose d’éminemment cinématographique, comme une scène de road movie figée dans le temps. La production de Derek Benjamin, tout en clarté et densité, joue sur les contrastes : la rythmique est charnue, la guitare presque aqueuse, le tout porté par une chaleur analogique qui évoque les studios des années 90, mais sans nostalgie gratuite. C’est du classicisme revisité, taillé dans la sincérité, l’élan et la poussière.
Ce qui frappe surtout, c’est la façon dont le groupe donne au banal une dimension mythologique. L’attente avant de monter sur scène, les kilomètres avalés, le doute avant le premier accord deviennent ici des métaphores de survie. “Opening Song” parle de recommencer quand on n’a plus rien à prouver, de s’élancer alors qu’on sait déjà tomber. C’est une chanson sur la vulnérabilité qui choisit la lumière plutôt que le cynisme.
On ressort de cette écoute avec le sentiment d’avoir roulé toute la nuit, fenêtres ouvertes, le cœur un peu serré mais vivant. CAR287 ne signe pas juste l’ouverture d’un album, mais le manifeste d’une humanité tenace — celle qui préfère toujours la route à la destination.
Un premier morceau comme un battement de cœur collectif, prêt à relancer la flamme du rock canadien là où on l’avait laissée : sur le bord d’une autoroute, guitare sur le siège passager, moteur encore chaud.
Instagram : @car287theband
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novembre 9, 2025« Alison Martino murmure une autre manière d’exister : celle de ralentir, respirer, déposer le poids. “Put It All Down” est un geste de douceur radicale — une main posée sur l’épaule d’un cœur trop plein. »
Depuis Los Angeles, où elle s’est installée après avoir traîné ses guitares entre le New Jersey et Baltimore, Alison Martino compose avec la délicatesse d’une confidente. Sa musique ne cherche pas l’effet, mais la sincérité — quelque part entre indie folk, soft rock et Americana vaporeuse. Sa voix, fine et solaire, semble flotter sur les guitares comme une pensée qui s’accroche à la lumière avant de retomber doucement.
Dans “Put It All Down”, Alison raconte ce moment de répit où l’on se permet enfin d’abandonner la lutte. Elle chante la fatigue des jours trop pleins, mais aussi la beauté de l’amitié qui reste, solide et vraie. C’est un morceau qui parle du présent comme d’un refuge, de cette paix fragile qu’on construit avec les autres, avec soi. “It’s about being the friend you wish you had,” confie-t-elle — une phrase qui résume tout son art : simple, désarmante, essentielle.
Musicalement, la production respire la clarté. Les arrangements — tissés avec son collaborateur Yan Clermont — enveloppent la chanson d’une chaleur organique, quelque part entre Phoebe Bridgers et The Paper Kites. Les cordes s’étirent avec pudeur, la batterie s’efface pour laisser place aux harmonies vocales, et tout semble conçu pour accompagner la voix, jamais la dominer. C’est un folk urbain, feutré, aux accents pastel, où la mélancolie se transforme en lumière.
Mais ce qui frappe, c’est cette intelligence émotionnelle rare : Alison Martino ne chante pas la douleur, elle la traverse. Chaque mot semble écrit avec une gratitude tranquille, une maturité presque méditative. Derrière la douceur, on devine une force — celle de quelqu’un qui a appris à se relever sans fracas, simplement en continuant à aimer.
“Put It All Down” est de ces chansons qui s’écoutent le matin, café à la main, quand on a encore la tête pleine de rêves et les yeux un peu lourds. Une chanson qui ne promet pas la guérison, mais la présence. Et dans ce monde épuisé, c’est déjà énorme.
→ Instagram d’Alison Martino
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novembre 9, 2025Ce n’est pas un cri, ni un riff de guerre. C’est un souffle. Un battement retenu dans la gorge. “Wasteland Whispers” murmure comme un rêve qui s’effondre au ralenti, un morceau qui regarde le vide droit dans les yeux et décide d’y planter un peu de beauté.
Sous ses airs d’incantation feutrée, Pentrilox livre avec Wasteland Whispers l’une de ces pièces suspendues où la lenteur devient vertige. Le groupe d’Indianapolis y distille un rock atmosphérique à la croisée de l’alternatif et du cinématique, où chaque silence semble peser plus lourd que les mots. Pas de déluge de guitares, pas de cris — juste cette tension, parfaitement contrôlée, entre la tentation d’abandonner et le besoin vital de continuer à respirer.
Dès les premières secondes, tout est clair : le morceau ne cherche pas à séduire, il cherche à retenir. Une guitare réverbérée trace l’horizon d’un désert mental, la batterie respire lentement, et la voix — à la fois tendre et menaçante — s’adresse à cette part de nous qui voudrait se taire. “The whispers,” comme l’appelle le groupe, ces voix intérieures qui susurrent qu’il serait plus doux de renoncer. La chanson devient alors un combat sans arme, une guerre de l’intérieur, menée dans le demi-sommeil d’un monde en cendres.
Mais au fil des minutes, quelque chose s’allume. Un frémissement, un sursaut discret. La voix s’épaissit, les cordes s’ouvrent, le souffle se fait plus ferme. Le refrain n’explose pas, il s’élève lentement, comme une flamme dans un paysage glacé soufflé comme une promesse poignante.
On pense à Deftones pour la tension contenue, à Radiohead pour la fragilité des textures, à A Perfect Circle pour la gravité spirituelle. Pourtant, Pentrilox n’imite personne : il déchire sa propre toile, tissant une forme de post-rock de survie, intime et lucide. Wasteland Whispers ne raconte pas la chute, mais ce qu’il reste après — la fatigue, la peur, et la beauté du geste de rester debout malgré tout.
Ce single est un refuge discret, presque sacré, pour ceux qui connaissent le vertige du doute et la douceur paradoxale du désespoir. Une chanson à écouter seul, dans la lumière grise du matin, quand on hésite encore à se lever.
Le murmure n’a jamais été aussi fort.
→ Instagram de Pentrilox
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novembre 9, 2025Un murmure contre l’aveuglement collectif, une prière laïque pour la lucidité. Dans “When Freedom Dies”, Audren allume un feu tranquille au cœur du mensonge : un chant de résistance, feutré mais incandescent.
Sous son apparente quiétude, Audren cache une révolte — élégante, spirituelle, viscérale. Son nouveau titre When Freedom Dies ne se contente pas d’interroger la liberté : il la dissèque, la soigne, l’incarne. Cette chanson d’indie pop/rock teintée de jazz et de néo-soul s’élève comme un souffle — à la fois protestation et caresse — face à un monde saturé de contrôle, de désinformation et d’angoisses aseptisées.
Audren chante l’éveil intérieur comme d’autres mènent un combat politique. Atteinte depuis des années par la maladie de Lyme, elle a appris à écouter ce que le corps, la douleur et l’instinct révèlent quand tout le reste ment. When Freedom Dies puise dans cette expérience : une métaphore des chaînes invisibles qu’on accepte sans les voir. “We are being spied on through our phones… Free speech is disappearing,” confie-t-elle — mais jamais le désespoir ne prend le dessus. Sa voix, chaude et diaphane, devient un refuge, un baume contre la peur.
Musicalement, le morceau hypnotise dès les premières mesures : un piano vaporeux, une basse sinueuse, des guitares comme des halos de lumière dans le brouillard. Une ligne de jazz inquiet serpente, rappelant les heures les plus introspectives de Pink Floyd ou Morcheeba. Puis vient la montée : un cri retenu, un “Tell me where is freedom!” lancé comme une déchirure dans le calme. Le solo de guitare, poignant et libre, scelle le tout dans une clarté presque mystique.
Mais derrière l’élégance sonore, c’est la philosophie d’Audren qui frappe : la liberté ne s’achète pas, elle s’écoute. “You should listen to your insights, ‘cause you know what’s good for you…” répète-t-elle, mantra libérateur d’une artiste qui préfère la conscience à la conformité.
When Freedom Dies n’est pas un simple single : c’est une respiration partagée, un miroir tendu à ceux qui refusent de dormir debout. En attendant son nouvel album Think Freedom, cette chanson agit comme un avant-goût lumineux — un rappel que la vraie rébellion commence souvent dans le silence intérieur.
Instagram : @audren.in.wonderland
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novembre 9, 2025« Sorti un 5 novembre, jour de feux et de mémoire, “Ignition” n’est pas juste un titre : c’est un acte de vie. Une étincelle levée contre l’obscurité, une célébration du corps qui guérit, de la voix qui ne se tait plus. »
Dans un monde saturé de vacarme et de faux espoirs, Stephanie Happening choisit la sincérité brute comme moteur. Son nouveau single, Ignition, n’a rien d’un cri vain : c’est une déflagration maîtrisée, née de la douleur, trempée dans la lumière. L’artiste transforme ici le combat en art, la survie en rituel. Ce n’est pas seulement de la musique — c’est une prière profane, un battement vital.
Le choix de la date n’a rien du hasard. Le 5 novembre, Bonfire Night au Royaume-Uni, symbole de rébellion et de renaissance, mais aussi Journée de sensibilisation au stress et Journée de l’alimentation saine, devient un manifeste intime : celui d’une femme qui a choisi la discipline comme arme contre la maladie, la foi comme moteur, la musique comme guérison.
Stephanie Happening raconte ce combat avec une lucidité désarmante. Diagnostiquée, affaiblie, elle s’est reconstruite par un plan de vie radical — un “HELP” : Healthy Eating Lifestyle Plan, loin des tendances, plus proche du rituel de survie. Zéro viande, zéro sucre, zéro artifice. Mais tout ce que la vie a de plus pur : l’eau, la plante, la voix.
Musicalement, Ignition brûle d’une intensité contenue. Le morceau s’allume lentement — une montée synthétique presque céleste — avant de s’enflammer dans un refrain incandescent, entre électro organique et soul futuriste. La voix, rauque et lumineuse, porte une émotion rare : celle d’un corps qui se souvient, d’un esprit qui refuse de s’éteindre.
Le texte, porté par un souffle quasi mystique, évoque la libération : la sortie du silence, la maîtrise du feu intérieur, l’acceptation du chaos. Chaque note est une respiration, chaque silence un cri muet. On y entend la fatigue, la colère, mais aussi une sérénité farouche, celle de ceux qui ont touché le fond et choisi d’en faire un tremplin.
Nul doute, “Ignition” est un rituel. Un brasier allumé dans la nuit de novembre pour rappeler que survivre est un art, et que certaines flammes ne s’éteignent jamais.
→ stephaniehappening.com
→ Instagram : stephaniehappening
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novembre 9, 2025« Sous les néons froids du nord, Killing Kind revient hanter le présent avec “Being Human”, un album où le post-punk scandinave retrouve sa noirceur première — celle des hommes perdus entre la chair, la peur et la machine. »
Il y a dans la musique de Killing Kind quelque chose d’irréductiblement humain, au sens le plus désespéré du terme. Une vibration glacée qui vient de loin — des caves gothiques de Göteborg, des rêves cabossés des années 80 — et qui, en 2025, résonne avec une acuité presque prophétique. Being Human, leur second album, est un miroir fissuré de notre époque : onze morceaux comme autant d’exorcismes, où la mélodie et la menace se mêlent jusqu’à se confondre.
Enregistré au mythique Sunlight Studio avec Tomas Skogsberg (Entombed, The Hellacopters), le disque prolonge la tension sonore du premier album tout en l’assombrissant. La production est dense, presque suffocante — entre les guitares spectrales de Björn Norberg, les synthés inquiétants de Mats Wigerdal et la batterie tellurique de Mats Molund. Les collaborations — notamment Cecilia Germain, Lidija Radmilac et Ernst Erlanson — apportent des nuances spectrales, des respirations ténues dans un monde qui s’effondre.
Le disque s’ouvre sur “Humanity”, sorte de litanie glaciale, où le chant se heurte à des lignes synthétiques comme un cri étouffé sous la neige. Puis vient “Desperately Holding On”, premier single et cœur battant du projet — une mélodie suspendue entre l’espoir et la ruine, Depeche Mode revisité par un cauchemar industriel. “The Wall” renverse les codes du goth-rock classique : basse vrombissante, refrains murmurés, tension permanente.
Plus loin, “Dance” fait danser les ruines sur un beat martial, pendant que “Go Away” déroule un spleen quasi glam, une élégance vénéneuse qui évoque Bowie période Outside. “Warriors and Carpenters”, morceau pivot, s’élève comme une prière funèbre — synthés ascendants, voix chamanique — un hymne pour un monde au bord du gouffre.
Le trip s’assombrit avec “Choking”, pulsation suffocante aux accents industriels, et “Let the Demons Take the Win”, moment de grâce noire où la mélodie épouse la résignation. Puis vient “The Nature of Fear”, synthèse parfaite du propos de l’album : une ballade post-apocalyptique, où la peur devient presque belle. “Never So Cold” creuse cette même veine, lent, presque liturgique, avant que “Distant World” ne ferme la porte — un dernier regard vers un ailleurs impossible, bercé de drones et de violons désaccordés.
Killing Kind signe ici un disque total — enraciné dans la tradition post-punk suédoise (on pense à Blue for Two, Cortex, Kitchen & the Plastic Spoons), mais animé d’une urgence nouvelle. Les influences se devinent (Joy Division, Fad Gadget, Bowie), sans jamais dominer. Ce qui frappe, c’est la cohérence : tout, du son aux textes, semble graviter autour d’une idée centrale — survivre à l’effondrement sans renoncer à la beauté.
À l’heure où l’humanité se cherche un sens entre apocalypse et algorithmes, Being Human agit comme une catharsis électrique : un cri venu du froid, lucide et déchirant. Un disque de chair et de fer, de désespoir et d’éclat.
Une œuvre nécessaire, à écouter la nuit, seul, quand tout paraît trop bruyant.Parce que parfois, il faut se souvenir que être humain, c’est aussi accepter de sombrer un peu.
https://www.instagram.com/killingkindband
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novembre 9, 2025« Un album pour celles et ceux qui n’ont jamais su où appartenir. Une traversée de l’ombre, du désir et de la différence — où la normalité se fissure et laisse entrer la lumière noire. »
Sous le nom Shadow Antlers, Jakob — déjà membre du groupe noise rock/post-punk suédois RAMN — explore ici une zone grise, celle où le corps pulse au rythme des machines et où la mélancolie devient énergie. Outside Belongings n’est pas simplement un disque : c’est un manifeste, une expérience existentielle vécue à travers le son, une célébration de l’altérité. Jakob y sculpte une darkwave animale, viscérale, entre EBM détraquée, post-punk spectral et croon électronique en apnée.
On y sent la collision entre le sauvage et le synthétique, entre la chair et l’électricité. Les lignes de basse cognent comme un cœur trop rapide, les guitares suintent des halos argentés, et la voix — râpeuse, presque osseuse — semble venue d’un monde parallèle, celui des corps qui refusent de s’ajuster à la norme. Tout, dans cet album, parle d’évasion : fuir la conformité, s’abandonner à l’étrange, embrasser l’excès.
Jakob raconte d’ailleurs que Outside Belongings est né d’un moment de tension intérieure : un médecin lui propose de “redevenir normal” à coups de pilules. Il refuse le calme, choisit le tumulte. Ce refus fonde toute l’esthétique du disque — un cri doux-amer pour la liberté intérieure, une quête de soi dans la dérive.
Le voyage commence avec Trails, morceau d’ouverture hypnotique, où un battement sourd trace le chemin d’une marche vers l’inconnu. The Bay suit comme une rêverie industrielle : un port noyé de brouillard, des silhouettes sans visage, un écho maritime qui hante l’esprit. Puis vient You Leave Some Sky In Your Hair, ballade surréelle à la poésie désincarnée — un titre qui évoque à lui seul l’idée de liberté, d’inachevé, de beauté bancale.
Sur I Am Feline, le ton devient plus féroce : rythmes martiaux, pulsation animale, chant incantatoire. Le morceau incarne cette idée de l’humain qui s’effrite pour laisser surgir autre chose — un être hybride, félin, libre. Blanck Metal, avec ses nappes sombres et son beat saturé, flirte avec une EBM poétique, tandis que Dim Carcosa et What Is Petrichor plongent dans une noirceur introspective digne des meilleurs disques de The Cure ou de Clan of Xymox.
Le sommet arrive avec Witches et Second Bridges, deux morceaux qui mêlent mysticisme et romantisme décadent. Les percussions y battent comme des tambours de rituel, les synthés s’étirent en halos magnétiques. Enfin, Cellar Door clôt le disque comme une prière inversée : lente, solennelle, elle s’enfonce dans le silence avec la grâce d’une dernière respiration.
Jakob cite ses influences — DAF, Skinny Puppy, Siouxsie, Wire, Minimal Compact — non pas comme modèles, mais comme esprits-guides. On retrouve chez lui la même tension entre le cérébral et le charnel, entre l’instinct et la technique. L’ombre y devient refuge, non menace.
Outside Belongings est un disque pour les êtres en marge, pour ceux qui ne veulent pas “guérir” de leur différence. C’est une musique qui refuse le calme plat, préférant le tumulte d’une liberté rugueuse.Dans son chaos magnifiquement orchestré, Shadow Antlers rappelle que parfois, le seul endroit où l’on appartient vraiment, c’est à l’extérieur.
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novembre 9, 2025Dans “Swept Away”, For You Brother signe un requiem moderne pour les vies emportées — un hymne bouleversant où la beauté du deuil se mêle à la force du souvenir.
Il y a des chansons qui ne racontent pas une histoire : elles la portent, comme un poids sacré, une onde persistante qui continue de vibrer longtemps après le silence. Swept Away, le nouveau single du duo For You Brother, est de celles-là. Inspirée par l’ouragan Helene et les tragédies qu’il a laissées derrière lui, la chanson transcende la simple chronique de catastrophe naturelle pour devenir une méditation universelle sur la perte et la mémoire.
D’un côté, il y a Azoughn, voix habitée, profonde, d’une humanité sans fioritures. De l’autre, Jon Dash, multi-instrumentiste formé à Berklee, qui tisse un écrin de son pour ce chagrin collectif. Ensemble, ils bâtissent un paysage sonore à la fois fragile et grandiose, où chaque note semble retenue avant de se briser. C’est la première fois que le duo incorpore le piano à son processus de création, et l’instrument devient ici un fil conducteur : une pulsation simple, presque religieuse, qui traverse la tempête.
Là où d’autres auraient sombré dans la grandiloquence, For You Brother choisit la pudeur. Swept Away n’est pas une plainte, c’est une prière — pour ceux qu’on a perdus, mais aussi pour ceux qui restent. Le morceau s’élève lentement, porté par la voix d’Azoughn, tour à tour vulnérable et indomptable. On y entend le vent, la mer, mais surtout le silence après. Ce silence où le manque devient lumière.
L’enregistrement, réalisé à Dizzle Land USA et peaufiné par Bizzo à Columbia (SC), capture cette tension délicate entre l’intime et le monumental. Chaque instrument respire, chaque espace sonore raconte l’absence. Et dans ce dépouillement, la musique trouve une beauté brute, comme une étreinte dans le chaos.
Formé en 2006 et marqué par la disparition de leur ami et collaborateur Melvin (“Deep Soul School”) en 2015, For You Brother a toujours écrit depuis la cicatrice. Ce nouveau titre, plus qu’un hommage, sonne comme une continuité — la preuve que certaines connexions, musicales ou humaines, ne meurent jamais vraiment.
Swept Away touche là où peu osent aller : dans la zone trouble où la douleur devient art. C’est une chanson qui ne cherche ni à consoler ni à expliquer, mais simplement à exister — comme un souffle dans la tempête, fragile et obstiné.Et quand Azoughn murmure les derniers mots, on comprend : chanter, c’est survivre.
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novembre 9, 2025“Hallucinations” de Stray Planets est un trip halluciné où la beauté se tord, où la voix humaine lutte contre la machine, et où la pop psyché renaît dans un éclat d’angoisse digitale. »
John Butler, alias Stray Planets, avance comme un illusionniste perdu dans son propre labyrinthe. Sous ses airs de doux savant, il façonne un psychédélisme du XXIᵉ siècle, quelque part entre rêve et bug logiciel. Hallucinations, extrait de son nouvel EP Are You Real, Cristobal Leedy?, est une plongée en apnée dans une faille temporelle où les guitares fondent comme des souvenirs et où les voix semblent venir d’un ailleurs troublant.
La présence de Dara Kiely (Gilla Band) y ajoute une tension vibrante : son timbre presque spectral se mêle à la narration d’une femme piégée dans le regard d’une IA défaillante. L’image est forte — une humanité déformée par ses propres reflets, un amour rendu toxique par le pixel et la mémoire artificielle. La chanson ne décrit pas ce vertige : elle le provoque. Les sons s’étirent, se désaccordent, se brisent, mais jamais ne s’effondrent.
Ce chaos parfaitement maîtrisé trouve un équilibre rare dans la production de Rían Trench (Solar Bears), qui sculpte chaque texture comme un souvenir fragmenté. On passe d’un fuzz abrasif à des nappes de synthés quasi religieuses, comme si Kevin Shields avait croisé Brian Eno dans un simulateur de rêves.
Sur le reste de l’EP, Butler étire la même question existentielle : qu’est-ce qui reste d’humain quand tout devient simulacre ? Your Revolution répond par une déferlante shoegaze, Cristobal Leedy par une pause métaphysique — un dialogue avec un auditeur imaginaire, “le seul vrai fan de YouTube”. Puis vient Salvia, vision fiévreuse d’un trip mal digéré, avant Artificial Love, sommet d’une ironie mélancolique : et si l’amour programmé valait mieux que rien du tout ?
Are You Real, Cristobal Leedy? est une œuvre d’équilibriste, à la fois drôle et désespérée, lysergique et lucide. Butler ne cherche pas à séduire : il expose ses hallucinations avec une franchise déroutante, presque candide. C’est une musique qui avance à contre-courant — comme si la pop rêvée des années 60 avait pris conscience d’elle-même à l’ère du bug permanent.
Dans Hallucinations, tout semble instable, mais c’est dans ce désordre que naît la clarté. Et si Stray Planets nous parle depuis un autre monde, c’est peut-être simplement parce qu’il a compris que le nôtre n’était plus tout à fait réel.
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novembre 9, 2025En dévoilant “Old is New”, The Muster Point Project prouve qu’on peut vieillir sans jamais devenir sage : un album d’indie rock incandescent où le temps passe, mais la flamme ne faiblit jamais.
Il y a dans la musique de The Muster Point Project quelque chose de profondément humain, une sorte de lucidité tendre face au désordre de la vie. Leur nouvel album Old is New s’ouvre comme un journal intime en treize fragments : des histoires d’amour et de désamour, de perte et de renaissance, de routes interminables et de stations-service fantômes. Kevin Franco, chanteur et songwriter du groupe, y dévoile une écriture ciselée et pudique, servie par une production qui respire la chaleur organique d’un studio où la poussière du folk rencontre la nervosité de l’indie rock.
Le disque flirte avec les frontières : Americana, folk-rock, alt-country et pop s’entremêlent sans complexe. Produit et mixé par Darryll McFadyen (Belle & Sebastian, Simple Minds), Old is New est de ces albums qu’on écoute d’une traite, porté par la cohérence d’un univers et la diversité de ses reliefs.
L’ouverture, Stuck in Transit, donne le ton : un riff mélancolique, un rythme battant comme un cœur en retard, et cette voix de Franco, fatiguée mais sincère, qui sonne comme une confession de bord de route. Plus loin, You Lose and You Gain joue la carte du réalisme tendre — accepter que la vie nous prenne autant qu’elle nous donne. Believe in Yourself et You Are My Breeze distillent une énergie lumineuse, presque naïve, comme un rappel à l’ordre du cœur après les tempêtes.
Mais le groupe ne craint pas les ombres. I Can Only Cry revisite les codes de la country avec un cynisme doux-amer, pendant que Alone Again évoque la trahison et la solitude avec une intensité feutrée. Tell it to the Night nous plonge dans un rock plus atmosphérique, presque contemplatif, où les guitares se dissolvent dans l’espace. Et puis il y a Darlin’, courte et percutante, une ballade dénudée qui touche à la pureté.
À travers tout l’album, The Muster Point Project questionne les rapports humains — ceux qu’on entretient avec les autres, mais aussi avec soi-même. “Old is New” n’est pas un album nostalgique : c’est une célébration des contradictions, de cette maturité qui n’en est jamais vraiment une. Franco chante comme s’il se souvenait de tout et pardonnait quand même.
Et derrière l’humour du titre, il y a une vérité : dans un monde où la musique vieillit à la vitesse des algorithmes, The Muster Point Project choisit la lenteur, la sincérité et la patine du vrai. Old is New n’est pas un slogan, c’est une philosophie. Le son d’un groupe qui n’a pas peur de rester fidèle à ce qu’il est, quitte à sonner “out of time”.
Parce que certaines choses, comme les cicatrices ou les bonnes chansons, ne vieillissent pas : elles se patinent, elles se gravent. Et elles finissent par briller autrement.
Instagram : @music_by_tmpp
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novembre 9, 2025Naomi Neva balance tout. “This Is Over” est un cri lucide, fiévreux, viscéral — une claque d’indie rock entre fêlure et libération, où les guitares saignent et les mots coupent net.
Naomi Neva n’écrit pas des chansons d’amour. Elle écrit les séquelles. Celles qu’on garde dans la gorge longtemps après que le cœur a explosé, celles qui collent aux doigts, aux souvenirs, à la peau. This Is Over n’est pas seulement un morceau : c’est un exorcisme électrique, une confession sans filtre où l’intimité devient une arme.
Née à Oakland, façonnée par la scène indépendante californienne, Naomi Neva a toujours manié la guitare comme on manie une vérité : sans trembler. Avec ce nouveau single, elle atteint un point d’incandescence rare. Produit par une équipe 100 % féminine au Hear Me Roar Studio, le titre s’impose d’emblée comme un hymne d’empowerment autant qu’un constat brutal. On y entend les guitares saturer, la batterie s’emballer, et cette voix — rauque, vibrante, presque fêlée — qui navigue entre colère et tendresse.
Naomi a écrit This Is Over en plein vol, coincée entre un couple qui se passait des snacks au-dessus d’elle. C’est dans cet entre-deux dérisoire, presque absurde, qu’elle a trouvé la matière brute du morceau : le décalage entre l’amour qu’on voudrait éternel et celui qu’on regarde s’effondrer sans bruit. “It’s also a lie,” dit-elle, avec cette ironie désarmante. “I’m still friends with both of the people who inspired it — and that is still a mistake.”
Musicalement, This Is Over se situe quelque part entre PJ Harvey et Olivia Rodrigo, dans cette zone où l’émotion devient granuleuse, où la mélodie se cabre sous le poids du vécu. La production, minimaliste mais dense, laisse la voix respirer au centre du chaos. À mesure que le morceau avance, la rage se transforme en quelque chose d’autre : une lucidité, un apaisement sale mais sincère.
Naomi Neva ne cherche pas la catharsis parfaite. Elle préfère le tremblement, la faille, l’instant avant la chute. This Is Over est le genre de morceau qu’on écoute seul, très fort, à 3h du matin, en se disant qu’on vient de comprendre quelque chose — sans trop savoir quoi.
Parce qu’au fond, ce n’est pas vraiment “over”. Pas encore. Et c’est peut-être ça, la beauté du désastre.
https://www.instagram.com/naominevamusic/
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novembre 9, 2025WHOLES nous écrase sans prévenir sur “Poids Lourd”: un dérapage sonique entre alternative rock, noise punk et trash spirituel, c’est une odyssée poussiéreuse où les amplis grincent comme des bêtes blessées et les nerfs claquent à vif.
C’est une gifle sèche, un morceau qui n’a pas peur de s’écraser tête la première contre le mur. WHOLES revient avec Poids Lourd, un titre taillé dans la rouille et la fureur, une pièce de métal chauffée à blanc, jetée dans le vide. Il y a dans ce son quelque chose d’archaïque, presque viscéral — comme si les amplis vomissaient la colère d’une génération qui a trop serré les dents.
Le morceau s’ouvre sur un chaos organisé : une basse distordue, des guitares déglinguées, une batterie qui claque comme un moteur au bord de la panne. C’est du rock alternatif dans sa forme la plus brute, du noise rock qui s’échappe du garage pour finir dans le désert, une décharge de slacker rock qui sent le bitume chaud et la bière éventée. On pense à Sonic Youth, à METZ, à Cloud Nothings, à IDLES — mais ici, tout est plus sale, plus chaotique, plus instinctif. WHOLES ne cherche pas à plaire, il s’abandonne à la transe, à la friction, à la dérive.
Les voix, mi-hurlées mi-soufflées, traversent la tempête comme des spectres. Elles parlent d’héritage, de destruction, d’hommes qui “partent dans un bang, le sourire aux lèvres”. L’autodestruction n’est pas ici une posture : c’est une cérémonie. Poids Lourd devient une procession vers le vide, une manière de célébrer la fin en y trouvant une forme de beauté.
Ce single annonce A Mass in the Water, premier album du groupe — un titre qui dit tout : la masse, le poids, l’eau, la noyade, la foi. WHOLES n’a pas peur de creuser dans la crasse pour y chercher le sacré. Poids Lourd est leur premier coup de massue : un crash d’alternative rock en slow motion, un exorcisme noise et trash, un uppercut sonique qu’on prend en pleine face.
https://www.instagram.com/wholes.theband
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novembre 9, 2025Prénom inoubliable, énergie contagieuse, sens du mot qui claque : Beubeu ouvre un nouveau chapitre et dépose un ultime éclat avec “Je suis Benoît”. On y découvre une veine plus intime, sans renier la marque de fabrique : tendresse, second degré, lumière au coin des lèvres. L’ex-frontman du Trottoir d’en Face (plus de mille scènes au compteur) garde la fougue du showman, mais polit la matière : une mue électro pop française, dansante et incarnée, où la poésie n’annule jamais l’envie de lever les bras.
Pas de grand dévoilement ici, juste ce qu’il faut pour entrouvrir la porte : un clip qui regarde l’homme derrière le sourire, des textures qui pulsent au service du récit, et cette façon d’improviser la vie comme on tient une scène — avec humanité, précision, et l’art de ne pas trop en dire. L’ambition est claire : raconter plus, vibrer plus, danser plus.
On a posé nos questions à Beubeu, entre identité, jeu, et promesse de live brûlant. L’interview est à lire ici : plongez.
1 ) Qui es tu ?
Même si on m’appelle Beubeu, mon vrai nom c’est Benoit Crabos, je viens de Orthez une petite ville du 64 dans laquelle j’ai grandit, et je suis musicien, chanteur… Disons artiste pour résumer tout ça dans un seul terme.
2 ) Quel est ton parcours ?
Mon parcours est plutôt simple, j’ai toujours été un peu mélomane et j’ai fait de la musique assez jeune en démarrant par le piano tout en touchant un peu à tout. En 2006 j’ai monté mon groupe qui s’appelait le trottoir d’en face et avec lequel j’ai beaucoup joué. Une aventure de famille, de potes d’enfance qui a durée plus de 10 ans et m’a donc conduite à être propulsé sur scène dès mes 16 ans. J’ai jamais cessé de faire ça et eu ça dans la peau.
3 ) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?
Mon art est finalement le canal qui me permet d’être moi même à chaque fois qu’il résonne. Souvent en faisant ma connaissance les gens me disent « c’est fou tu es calme alors que sur scène tu es habité ! » … mes proches savent que ma vrai nature, que le vrai Benoit, celui qu’ils ont connu enfant et ado, est celui qui est sur scène.
4 ) Quelles sont tes inspirations ?
Paradoxalement mes inspirations sont très rarement musicales.. elles peuvent venir d’une ballade, d’un lieu, d’une phrase, d’un mood ou un état d’humeur, mais rarement d’un artiste en particulier. Je ne peux pas vous dire quelles sont mes inspirations car je passe ma vie à les chercher pour qu’elles soient le plus différentes et spontanées possible.
5 ) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ?
Idem, j’écoute finalement très peu de musique. En revanche j’aime que l’on me raconte des histoires, Bliss, légend média, l’after foot, m’inspirent plus qu’un album. En revanche il y a des artistes qui m’ont donné envie de monter sur scène et les premiers noms qui me viennent sont Moby, Manu chao et Gorillaz
6 ) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?
Le choux fleur rôti sans contestation possible !
7 ) Quels sont tes projets à venir ?
Je suis en train de préparer le spectacle pour la tournée qui démarre en avril 2026 et en parallèle je vais commencer à sortir des singles au compte goutte pour sortir de ma zone de confort et voir comment le public accueille de « vraies » chansons en dehors des prénoms qui ont été une aventure qui a dépassé tout ce que j’aurais pu imaginer
8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?
Bien sûr ! Pour rester dans le thème des concerts j’ai déjà joué et enregistré : sous terre dans la plus grande grotte d’Europe, seul au 2 eme étage de la Tour Eiffel, et à 3000m d’altitude.
9 ) Si tu pouvais 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ce serait qui ?
Pierre Niney.
10 ) Un petit mot ou conseil pour la fin ?
J’ai jamais eu la prétention de pouvoir donner de conseils mais j’ai envie de croire que c’est en sortant de sa zone de confort, en étant curieux et en ne prenant rien pour acquis.
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novembre 9, 2025An’Om et Vayn reviennent avec “Humain Vol. 2” comme on rouvre une plaie avec tendresse : un projet qui sonne la fin d’un amour et la naissance d’une maturité nouvelle, là où les battements du cœur se fondent dans ceux de la 808.
Avec Humain Vol. 2, An’Om & Vayn poursuivent leur exploration de la psyché amoureuse là où le premier volume interrogeait l’humain dans sa quête, celui-ci le confronte à la vulnérabilité du lien, à la lumière crue de ce qu’on perd en aimant. Le duo, inséparable depuis Le Remède, pousse ici son langage au bord de l’intime : un équilibre fragile entre le spleen et la sincérité brute, entre le charnel et le spirituel.
La tracklist, courte mais nerveuse, s’écoute comme une histoire qu’on aurait vécue trop fort. Paradis ouvre l’EP dans une clarté trompeuse, presque candide, avant que Kinshasa ne fasse vibrer les contours d’un amour vibrant et déjà fissuré. Subtil et Par amour plongent au cœur du doute, là où la voix d’An’Om se fait confession et le souffle de Vayn devient presque un battement de cœur électronique. Les guitares, les nappes synthétiques, les textures electro ne cherchent plus à plaire — elles respirent, elles saignent.
Magenta incarne le moment de suspension : le souvenir, la nostalgie, la beauté des couleurs qui s’effacent. Puis vient Nous deux, pivot émotionnel et pièce centrale de l’EP, où le duo s’abandonne dans une mise à nu bouleversante. Le morceau — et son clip — capturent cette frontière fragile entre la fin et ce qui reste, entre le feu qui s’éteint et la braise qui continue de brûler sous la peau. La mise en scène, construite autour de la symbolique du feu et de la dispute, traduit l’érosion du lien sans jamais perdre de vue l’amour premier, celui qui résiste même quand il ne sauve plus.
Enfin, Allée 3 clôt le projet comme un dernier regard dans le rétroviseur : un adieu sans amertume, une promesse de recommencement. An’Om écrit au scalpel, avec une pudeur désarmante, tandis que Vayn, architecte du son, tisse autour de lui des atmosphères hybrides, entre acoustique et électronique, rappelant que le cœur, lui aussi, bat en fréquences.
Là où Parallèle racontait le rêve, et Blizzard la tempête intérieure, Humain Vol. 2 signe le moment de la clarté après la douleur — celle où l’on comprend que tout amour, même fini, laisse une lumière. Sur scène, leur énergie reste volcanique, mais ici, c’est l’émotion qui gouverne, nue, vibrante, sans vernis. Le duo s’installe définitivement comme l’un des projets les plus sincères et cohérents de la scène francophone indépendante, à la croisée du rap sensible et de la pop atmosphérique.
Avec Humain Vol. 2, An’Om & Vayn rappellent que la musique, avant tout, est un miroir de l’âme — et qu’il faut parfois tout perdre pour enfin se retrouver.
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novembre 8, 2025Pon Dih Rock de MD Freedom Music ne s’écoute pas, il s’éprouve — comme une onde spirituelle qui traverse la peau, une confession murmurée au cœur du chaos, un uppercut de foi dans un monde en panne d’espérance.
Je me souviens du premier impact. Ce kick, lourd comme un pas dans la poussière. Ce souffle, presque spectral, qui flotte entre deux boucles. Et cette voix — un fil tendu entre rage et rédemption — qui fend la brume pour parler directement à quelque chose de profondément humain : la survie par la foi, le feu au milieu des ruines. Pon Dih Rock n’est pas une chanson, c’est un exorcisme.
MD Freedom Music navigue à vue entre les codes du Cloud Hop et l’énergie tellurique du Boom Bap, mais sa boussole, c’est la lumière. Pas celle du salut facile, non — celle, vacillante, qu’on trouve après avoir rampé dans les ténèbres. Le morceau s’ouvre comme une prière en apnée. Un 808 grondant, des kicks qui cognent comme des battements de cœur nerveux, et au-dessus, cette mélodie trouble, presque éthérée, comme si un ange et une machine s’étaient mis d’accord pour composer ensemble.
Ce qui rend Pon Dih Rock fascinant, c’est la manière dont la foi s’y incarne dans le son, pas dans les mots. La production respire. Elle avance à tâtons, se retient, explose, puis retombe dans une sérénité déconcertante. Le beat semble chercher Dieu, la voix le trouve. Il y a dans cette fusion entre le sacré et l’électronique une forme d’évidence — comme si le hip-hop redevenait ici ce qu’il a toujours été : une liturgie de rue, un chant de révolte en clair-obscur.
MD Freedom Music ne fait pas la morale, il raconte la route. On sent la boue, les cicatrices, la poussière sous les semelles. Mais surtout cette force intérieure, vibrante, que rien ne peut éteindre. Dans un monde saturé de cynisme, Pon Dih Rock relève la tête et dit : « Je crois encore. »
C’est un track qui n’a pas peur de la gravité, ni du silence entre deux beats. Un morceau de foi en clair-obscur, sculpté dans le béton et la lumière — une preuve vivante que le divin peut encore danser au rythme d’un kick.
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novembre 8, 2025C-Dryk ressuscite la fièvre du samedi soir en la projetant sur un dancefloor du futur avec « Jack My Disco » : un groove charnel, un sourire au coin des lèvres, et ce rebond contagieux qui fait de chaque battement un appel à la liberté.
Imagine un miroir à facettes suspendu entre deux époques : d’un côté la moiteur des clubs 70’s, de l’autre la précision clinique du son d’aujourd’hui. C-Dryk fait tourner la boule avec Jack My Disco, un track qui sent la sueur, la classe et la décadence, tout en gardant cette élégance électronique qui distingue les producteurs qui savent d’où vient le groove.
Dès l’ouverture, la basse s’installe comme un sourire : ronde, sensuelle, presque collante. Le kick frappe sans brutalité — il balance, il ondule. Tout est affaire de swing. La boucle disco semble surgir d’une vieille bande magnétique sauvée de l’oubli, mais la texture est brillante, léchée, taillée pour les systèmes son modernes. C-Dryk ne copie pas le passé, il le réinvente : il sample l’esprit, pas le son.
La magie du morceau tient dans sa clarté rythmique. Chaque élément a sa place, comme dans une conversation bien huilée entre percussions et claviers. On retrouve ce “call and response” typique du Jackin’ House, où le beat te parle et le corps répond. L’ensemble dégage une chaleur rare dans un paysage électronique souvent trop froid : un groove humain, solaire, qui donne envie de lever la tête plutôt que de la baisser.
Mais derrière le sourire disco, il y a une vraie maîtrise de la tension. Le break suspend le temps, la montée fait palpiter, et quand le groove revient, c’est un lâcher-prise total. Ce n’est pas seulement un morceau à danser — c’est une déclaration d’amour à la danse elle-même, à ce langage instinctif que le funk et la house partagent depuis toujours.
Avec Jack My Disco, C-Dryk s’inscrit dans la lignée de ces artisans du groove qui refusent le cynisme. Son son n’est pas nostalgique, il est jubilatoire. Il rappelle qu’avant tout, la house, c’est du plaisir pur — un endroit où la basse enlace la batterie et où le temps, l’espace et la pudeur fondent dans la même lumière. Un instant suspendu, un sourire collectif, une nuit sans fin.
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novembre 8, 2025Avec Roses in Milk, Cherry Revolt peint une romance électronique à la fois sensuelle et glacée — une pop de minuit où chaque synthé respire comme un souvenir, et chaque note semble flotter dans une brume de désir et de mélancolie.
On ne sait pas vraiment si Roses in Milk est une chanson d’amour ou un mirage. Tout y flotte : la voix, d’abord, douce et brisée comme un souffle contre une vitre embuée ; puis cette production d’un raffinement presque clinique, où l’émotion se glisse dans les interstices du silence. Cherry Revolt a cette manière rare de mêler la froideur de l’électro à une chaleur humaine presque palpable. Un équilibre fragile, un vertige permanent.
Le morceau s’ouvre comme un rêve éveillé — une pulsation lente, satinée, puis ce glockenspiel qui scintille à la surface du beat, comme des bulles d’air dans l’eau laiteuse du titre. Très vite, on comprend que Roses in Milk n’est pas qu’un morceau : c’est une sensation. Celle d’un instant suspendu, entre la tendresse et la perte, entre le souvenir et l’oubli.
La voix féminine, sensuelle sans être démonstrative, glisse entre les textures électroniques comme un fil de lumière dans une pièce sombre. Elle porte la chanson avec la même précision que la caresse d’une main qu’on sait bientôt perdue. Chaque respiration devient une mesure, chaque soupir un battement de cœur — discret, intime, presque secret.
Techniquement, Cherry Revolt navigue à la croisée du house old-school et du synthpop contemporain, mais avec une vision singulière : un art du détail sonore qui évoque à la fois les paysages éthérés de Chromatics et les douceurs mélancoliques de Roosevelt. Les synthés ne s’imposent pas, ils ondulent, respirent. La basse, ronde et retenue, sculpte un groove qui donne envie de bouger sans jamais rompre la rêverie.
Ce qui fascine, c’est la maîtrise du tempo émotionnel. Roses in Milk ne monte pas, il infuse. Il glisse sous la peau comme un souvenir d’été revenu en plein hiver. Une chanson de désir ralenti, de contact réinventé, de solitude apprivoisée.
Cherry Revolt signe ici une pop électronique sensuelle et cérébrale, aussi raffinée qu’instinctive. Roses in Milk semble murmurer à l’oreille : “attends un peu, tout ce que tu cherches est déjà là, entre deux notes, dans cette lumière qui vacille.” C’est un morceau qu’on ne consomme pas : on s’y noie, doucement, jusqu’à ne plus savoir où finit la machine et où commence le cœur.
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novembre 8, 2025Wait For It de Nikho est une expérience sensorielle plus qu’un morceau — une montée de tension feutrée où la house se fait souffle, onde, battement d’âme. C’est le genre de track qui t’apprend que le plaisir, c’est aussi dans l’attente.
Tout commence par un battement discret, presque timide. Une pulsation qui semble naître de l’intérieur, comme un écho du cœur. Wait For It ne cherche pas à séduire immédiatement : il t’observe, t’enroule, te teste. Nikho n’impose rien, il suggère. Il laisse le groove respirer, se déployer lentement, jusqu’à devenir cette matière hypnotique où la tension devient art.
La structure du morceau repose sur une élégance rare : un minimalisme sensuel, précis, sans jamais tomber dans la froideur. Chaque son semble posé à la main, dans une économie de gestes. Les basses rampent avec grâce, les percussions claquent avec douceur, et quelque part entre deux nappes flottantes, une voix filtrée murmure un secret qu’on n’entendra jamais vraiment. C’est tout le génie de Nikho : dire sans montrer, construire l’émotion à travers le manque.
Dans Wait For It, le temps n’est pas une ligne droite. Il tourne sur lui-même, pulse comme un organisme qui respire. On y sent l’influence d’une deep house à l’ancienne — cette tradition du groove patient, héritée de Detroit et de Chicago — mais réinterprétée avec une précision européenne, presque architecturale. C’est du club music pour l’esprit, mais aussi pour le ventre.
Le morceau tient dans cette tension fragile entre la montée et le lâcher-prise. Pas de drop tonitruant, pas de moment où tout explose — juste une expansion douce, un glissement progressif vers la transe. La puissance naît de la retenue, du détail, du rythme intérieur. Nikho compose comme on respire : lentement, profondément, avec une conscience totale du moment présent.
Quand Wait For It s’achève, on reste suspendu, comme si la piste avait continué sans nous. C’est ça, sa vraie force : il ne se termine pas, il persiste. Une empreinte sonore, subtile, élégante, presque spirituelle. Dans ce monde qui court après la décharge immédiate, Nikho rappelle que le groove le plus intense, c’est celui qui prend son temps.
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novembre 8, 2025Belaro transforme la pop R&B en un terrain de jeu sensuel et affirmé sur Clothes Off, une ode à la liberté du corps, du regard et du plaisir, servie par une production aussi précise que brûlante.
Je ne sais pas exactement à quel moment Clothes Off m’a happé. Peut-être ce battement de basse, moelleux comme une caresse ; ou cette voix de Belaro, à la fois sûre d’elle et délicieusement vulnérable, qui semble se glisser entre deux pulsations du cœur. Ce titre n’est pas une simple invitation à la danse : c’est une montée de chaleur, une revendication du corps comme langage. Une pop R&B qui fait fondre les murs du club et donne au geste le pouvoir d’une confession.
Belaro ne chante pas : elle magnétise. Son phrasé serpente, précis, un peu joueur, toujours sur le fil. Derrière l’évidence du hook se cache une construction savante — production millimétrée, souffle maîtrisé, jeu de textures entre clarté numérique et sensualité organique. Le morceau respire la nuit, celle des peaux qui s’effleurent sous des lumières bleu électrique, mais aussi la solitude brillante des lendemains, quand le parfum du désir flotte encore dans l’air.
Ce qui fascine, c’est la manière dont Clothes Off installe une tension. La production ne déborde jamais. Pas de surenchère, pas de climax forcé — juste cette retenue hypnotique, ce groove qui avance comme un battement intérieur. Le morceau semble tenir sur un souffle, et pourtant tout explose en douceur : les basses enveloppent, les synthés caressent, la rythmique respire. On y retrouve ce que la pop commerciale a souvent oublié : le silence comme élément dramatique.
Belaro ne cherche pas à séduire, elle s’impose. Son écriture, même dans la légèreté, cache un manifeste : celui d’une femme qui reprend la narration du désir. Elle ne se dénude pas pour être vue, mais pour se révéler — dans la lumière qu’elle crée elle-même. Sa voix glisse entre la confidence et le contrôle, comme si elle racontait le moment précis où la peur de plaire cède la place au plaisir d’exister.
À l’écoute, on pense à une fusion de Donna Summer et de Dua Lipa, à cette façon d’incarner la sensualité avec autant de maîtrise que de fièvre. Clothes Off est un hymne à la liberté intérieure déguisé en banger de club. Et Belaro, sous ses allures de pop star au vernis impeccable, s’impose ici comme une architecte du sentiment charnel — précise, instinctive, magnétique.
C’est une chanson qui ne s’écoute pas vraiment : elle se respire. Et une fois qu’elle s’infiltre, impossible de s’en défaire.
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novembre 8, 2025Avec Overthink, Gent Jack et Sunset Black sculptent la pensée qui déborde, celle qui fait trembler le cœur à force de tourner dans la tête — un titre qui respire la lucidité, la tension et la beauté du trop-plein.
J’ai écouté Overthink comme on se laisse happer par une pluie d’été : sans parapluie, sans défense. Il y a dans cette piste quelque chose de profondément humain, presque inconfortable, comme si Gent Jack et Sunset Black mettaient en musique cette zone grise entre la fatigue et la clarté. Ce n’est pas une confession, ni une lamentation — plutôt un autoportrait mental, en mouvement.
La première impression, c’est ce beat suspendu, ce souffle instrumental qui semble flotter dans un entre-deux, quelque part entre un boom bap ralenti et une nappe de trap introspective. On croirait sentir la fumée du studio, la solitude d’un soir sans fin, la pensée qui vrille mais qu’on ne lâche pas. Gent Jack avance avec un flow serré, précis, presque clinique dans la diction, comme s’il disséquait son propre cerveau au micro. Son timbre a la gravité de ceux qui savent trop bien ce qu’ils racontent. Puis Sunset Black entre en scène — plus abrupt, plus organique, la colère sous la peau, l’ironie du désenchantement dans le souffle.
Ensemble, ils composent un dialogue intérieur, une oscillation entre contrôle et chaos. Overthink devient alors une expérience sensorielle, presque physique. La musique, ici, est le décor d’une introspection à ciel ouvert : synthés flous, basse cotonneuse, réverbération calculée… tout évoque la nuit urbaine et son trop-plein de pensées.
Mais au-delà de la production millimétrée, ce qui captive, c’est l’émotion. Ce mélange de lassitude et de lucidité, cette manière d’assumer le mental comme matière poétique. Gent Jack et Sunset Black n’essaient pas de briller : ils cherchent à comprendre, à nommer ce vertige de vivre à l’ère de la surcharge — affective, mentale, existentielle.
C’est là la force du morceau : il ne cherche pas la punchline, mais la vérité. Pas de cri, pas de posture. Overthink est un murmure obstiné, celui d’une génération en surchauffe qui, entre deux insomnies, transforme ses pensées en mélodies. Une main tendue dans le brouillard. Une chanson pour ceux qui pensent trop — et qui, paradoxalement, comprennent tout.
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novembre 8, 2025Avec Smokers Delight, R.D.R. fume le chagrin comme un encens sacré. Une clope dans une main, la vérité dans l’autre — il transforme la douleur en groove et la rue en confession.
Tout commence par cette lourdeur familière, cette nappe de basse qui s’étire comme une brume dans un appartement californien à moitié ouvert sur la nuit. R.D.R. ne rappe pas : il respire. Chaque syllabe semble soufflée dans la vapeur, chaque mesure un soupir. Smokers Delight n’est pas un simple hommage aux soirées enfumées — c’est une thérapie posée sur un beat. Un morceau qui prend son temps, comme une conversation lente entre la solitude et la survie.
La production, d’abord, sent l’Oakland pur jus : un groove boom bap infusé de soul west coast, des snares claqués juste ce qu’il faut, et ce swing moelleux qui rappelle les productions de DJ Quik ou les intros de Dom Kennedy. Rien de démonstratif, tout est dosage, respiration, équilibre. La basse vibre comme un cœur fatigué mais encore debout. Les samples s’étirent et se frottent aux drums avec cette nonchalance propre aux rappeurs qui ne courent plus après le succès — juste après la vérité.
R.D.R. parle depuis la blessure, mais avec la maîtrise d’un vétéran. Sa voix, grave et légèrement voilée, glisse sur la prod comme un couteau dans du coton. Ce n’est pas du storytelling, c’est une archive émotionnelle : les coups durs, les silences du père, la mère absente, les nuits à chercher un sens dans la fumée. Chaque ligne frappe parce qu’elle sonne vécue. On entend dans le souffle du MC tout ce que la rue ne dit plus.
Mais là où Smokers Delight touche vraiment, c’est dans sa douceur. Derrière la rage, il y a du soin. Derrière la weed, une méditation. Ce n’est pas un hymne au déni, mais à la survie tranquille. La manière dont R.D.R. étire les fins de phrases, le choix des mots simples, la lucidité dans le chaos : tout ça en fait un morceau d’homme qui a cessé de fuir.
Ce titre a la densité d’un crépuscule sur les toits d’Oakland, la chaleur d’un dernier joint avant d’aller mieux. R.D.R. ne joue pas les durs, il joue juste vrai — et c’est infiniment plus rare. Smokers Delight n’est pas qu’un son à fumer : c’est une prière discrète pour ceux qui tiennent debout en silence, le cœur plein de cendres et de lumière.
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novembre 8, 2025Avec I Wanna Rock, Million$ signe un banger viscéral où le flow cogne comme un moteur sous pression — un morceau qui sent la gomme brûlée, la sueur et la revanche.
Le titre annonce la couleur : I Wanna Rock ne demande pas la permission, il s’impose. Dès la première mesure, Million$ fait basculer l’auditeur dans une zone de tension électrique, quelque part entre la rue et le rêve d’un empire. C’est du rap, oui, mais du genre qui dépasse la simple attitude. Ici, la voix n’est pas un accessoire : c’est une arme. Chaque mot tombe comme un coup de feu, chaque silence brûle comme une pause avant l’impact.
L’univers sonore est sec, presque clinique. Une ligne de basse qui racle le bitume, une rythmique millimétrée, des ad-libs distillés comme des étincelles : le morceau respire la maîtrise. Million$ a cette capacité rare de rendre l’agressivité élégante, de transformer la puissance brute en énergie chorégraphiée. C’est un rap d’autorité, mais sans lourdeur — un flow nerveux, glissant sur la prod avec un instinct de chasseur.
Ce qui frappe surtout, c’est la spatialité du son : un beat trap à l’ossature massive, mais habillé d’éléments presque cinématographiques. Les basses grondent, les hi-hats crissent, et derrière tout ça, on perçoit comme un souffle, une tension continue, une vibration d’urgence. On pourrait presque sentir la ville la nuit : les gyrophares lointains, le béton humide, le cliquetis d’un briquet avant la première barre.
Le flow, précis et carnassier, ne surjoue jamais. Million$ ne déborde pas : il contrôle. Il rappe avec ce calme féroce qu’ont les artistes qui savent qu’ils n’ont plus rien à prouver. Pas besoin de gimmicks, pas besoin d’ego crié : tout est dans la frappe, la respiration, la manière de laisser la prod respirer juste avant le prochain impact.
I Wanna Rock est une démonstration : celle d’un rap qui assume son héritage gangsta sans le caricaturer, et qui ose le mélange avec une esthétique presque house dans la texture du son. C’est à la fois brut et soigné, violent et stylé — le genre de morceau qu’on écoute fort, pas pour le volume, mais pour la confiance qu’il injecte. Million$ y fait ce que peu savent encore faire : rendre le danger irrésistible.
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novembre 8, 2025Avec Earthquake, Blackspin fait bien plus que trembler les murs : il secoue la conscience du dancefloor, là où la trance devient émotion et la basse, langage universel.
Ce n’est pas un morceau, c’est une secousse. Une onde souterraine qui monte lentement depuis le noyau de la terre — ou peut-être du corps — avant d’exploser dans une vibration pure. Earthquake est un de ces tracks qui ne cherchent pas à séduire, mais à submerger. Blackspin, fidèle à son héritage berlinois, y sculpte une techno mélodique dense, tellurique, presque spirituelle, qui ne s’écoute pas : elle s’éprouve.
Tout commence dans un grondement à peine perceptible, comme un avertissement. Une nappe s’étire, froide et lumineuse, puis les kicks tombent, secs, alignés, rigoureux. On pense à la rigueur d’un Stephan Bodzin, à la solennité d’un Tale of Us, mais avec une sensualité plus brute, plus “terre”. La basse ne pousse pas : elle respire. Elle pulse, s’étale, rampe, et finit par engloutir l’espace. Ce n’est pas un beat pour danser — c’est un battement cardiaque qu’on suit les yeux fermés.
Là où d’autres producteur·ices tracent des lignes nettes, Blackspin creuse des failles. Il ouvre des interstices entre tension et relâchement, lumière et ombre. La progression du morceau est lente, presque cinématographique : les percussions s’épaississent, les synthés s’enlacent, puis tout s’effondre dans un drop suspendu, comme un arrêt du temps. On y sent Berlin, ses nuits sans fin, ses clubs aux murs suintants, mais aussi une douceur inattendue — celle d’un artiste qui connaît le chaos et choisit pourtant la beauté.
Ce qui fascine dans Earthquake, c’est cette précision organique : chaque fréquence semble calibrée pour réveiller une zone différente du corps. Les aigus effleurent, les médiums vibrent, les graves creusent. À la troisième minute, le morceau atteint son point de fusion : les nappes se disloquent, l’air s’épaissit, la piste devient un séisme collectif. Et puis, sans prévenir, tout retombe. Silence. Comme après une révélation.
Blackspin signe ici bien plus qu’un track pour festival : un manifeste sonore. Celui d’une techno qui ne veut plus faire danser mécaniquement, mais reconnecter l’humain à ses racines vibratoires. Avec Earthquake, il prouve qu’entre la brutalité et la beauté, il n’y a parfois qu’un battement.
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novembre 8, 2025Sous les guitares nerveuses de Nematode, Max Ceddo dissèque la toxicité d’un amour comme on observerait un organisme au microscope — une étude clinique du désenchantement où chaque riff saigne de lucidité.
C’est un morceau qui te prend à revers, pas par la violence d’un cri mais par le froid méthodique d’un constat. Nematode ne raconte pas une rupture : il l’analyse. Max Ceddo signe ici un morceau qui tient autant du scalpel que de la confession — une dissection sonore d’un amour devenu parasite, d’une relation où l’autre s’accroche comme une ombre, sans lumière ni chaleur.
La guitare, sèche et coupante, avance comme un instrument chirurgical. Les premiers accords semblent hésiter entre l’urgence post-punk et la langueur d’un rock désabusé — on pense à Interpol, parfois à Fontaines D.C., dans cette manière de transformer le désarroi en pulsation élégante. La batterie, elle, frappe en décalé, légèrement disloquée, accentuant cette impression d’instabilité affective : rien n’est jamais vraiment à sa place, tout menace de basculer.
La voix, presque monocorde, traverse le morceau comme un fil tendu entre résignation et lucidité. Max Ceddo ne cherche pas l’émotion spectaculaire, il préfère le malaise feutré. Il parle d’une femme comme d’un symptôme, d’un amour comme d’une infection lente. Le « nematode » devient alors plus qu’une métaphore biologique : c’est la figure d’un lien vampirique, d’une dépendance invisible mais corrosive. Ce ton clinique, presque détaché, donne au texte une froide beauté — une poésie de la corrosion.
Ce qui rend Nematode fascinant, c’est cette tension entre l’organique et le mécanique. La basse grouille, comme si elle cherchait à remonter à la surface. Les guitares, elles, tracent des cercles autour du vide, hypnotiques, répétitives, épuisantes. C’est une boucle mentale mise en musique — celle des amours où l’on reste malgré tout, par habitude, par peur, par fatigue.
Le morceau ne s’achève pas, il s’éteint. Comme un corps qui renonce à lutter. Max Ceddo réussit là où beaucoup échouent : rendre audible la lente décomposition du lien, sans pathos, sans posture. Nematode n’est pas une chanson d’amour, c’est une autopsie. Et pourtant, dans ce désastre froid, quelque chose palpite encore — la preuve que même au cœur du pourrissement, la musique reste un instinct de survie.
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novembre 8, 2025Avec Nouveau hood, Shawn Jobin ne change pas seulement de décor — il change de peau. Un titre vibrant, entre introspection et lumière retrouvée, qui fait du renouveau un acte de groove et de foi.
Je l’ai écouté un matin où tout semblait gris — le café froid, le corps fatigué, la tête pleine de brume. Et puis Nouveau hood a glissé dans les écouteurs comme un rayon de soleil filtré à travers les nuages. C’est ce genre de morceau qui semble respirer à ta place, te rappeler qu’un beat bien posé peut réaccorder le cœur. Shawn Jobin ne cherche pas à impressionner ici. Il fait mieux : il reconnecte.
Le morceau s’ouvre comme une conversation intime avec soi-même, un moment de bascule entre l’ancien et le nouveau. Ce “hood”, ce n’est pas qu’un quartier : c’est un état d’esprit. L’endroit où l’on décide de se réinventer sans renier d’où l’on vient. Le saxophone arrive alors comme une présence bienveillante, presque nostalgique, une caresse sonore qui efface les angles du rap. Cette chaleur, rare dans la production francophone actuelle, donne au morceau quelque chose de profondément humain.
Jobin a toujours eu cette manière singulière de rendre la technique invisible. Sa plume glisse, ses flows se déplacent avec souplesse, jamais en démonstration, toujours en intention. Chaque rime semble tomber au bon endroit, comme si elle avait attendu ce moment précis pour exister. Et puis il y a cette prod — un terrain mouvant où l’électro et le hip-hop se frôlent, se fondent, s’équilibrent. C’est propre sans être lisse, ciselé sans froideur.
Aux côtés de JONO, l’alchimie opère sans effort : deux voix, deux sensibilités, un même désir de redéfinir la francophonie musicale sans caricature. Le morceau dégage une énergie presque cinétique, celle de deux artistes qui avancent, conscients du passé mais habités par l’avenir. C’est une écriture de la résilience, du recommencement — une façon de dire “je suis encore là” mais avec le sourire au coin des lèvres.
Ce qui frappe, au fond, c’est la sérénité. Nouveau hood n’est pas un cri, c’est un souffle. Un groove de renaissance, où chaque note respire la paix retrouvée. C’est le genre de chanson qu’on n’écoute pas pour se prouver quelque chose, mais pour se souvenir qu’on a encore le droit d’espérer.
Et dans ce monde où tout va trop vite, Shawn Jobin prend son temps. Il le sculpte. Il en fait un groove. Et ça, c’est sans doute sa plus belle victoire.
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novembre 8, 2025Entre les bras du funk et la mémoire des ancêtres, Minagan danse comme une transe moderne : Barzo et Kaleta y invoquent la liberté à coups de groove incandescent et de spiritualité rythmique.
Il y a des morceaux qui sentent la poussière rouge, la chaleur du cuivre et le cœur battant des foules. Minagan de Barzo et Kaleta fait partie de ceux-là — une collision somptueuse entre la mémoire africaine et la frénésie électronique, un chant de résistance métamorphosé en pulsation funk. On ne l’écoute pas, on le vit.
Le morceau s’ouvre sur des percussions qui frappent comme des éclats d’orage : sèches, terriennes, enracinées dans un groove organique. Puis vient la basse — un serpent souple qui ondule dans l’obscurité du mix. Et au-dessus, la voix de Kaleta, à la fois prophétique et populaire, entonne en goun et en fon un appel à la libération qui brûle comme une prière en pleine rave. Cette langue, que peu comprennent ici, agit comme un sortilège : elle parle à la peau, pas à l’esprit.
Barzo, producteur costaricien aux racines multiples, orchestre tout cela avec une précision presque chamanique. Sa house se nourrit de sueur et de lumière, empruntant au funk sa chaleur, au tribal sa transe, à l’électronique sa rigueur. On reconnaît la patte de Wonderwheel Recordings — ce goût pour les textures vivantes, pour la spiritualité dansante. Ici, chaque boucle semble dialoguer avec les griots d’autrefois, ces gardiens d’histoires dont le beat devient aujourd’hui la langue universelle.
Ce qui impressionne, c’est la manière dont Minagan dépasse la simple fusion de genres pour toucher à l’essence même du mouvement. Barzo ne se contente pas de juxtaposer : il tisse, il relie. L’afrobeat et la deep house s’y confondent dans un même souffle, celui d’un monde où la danse est mémoire, où le corps se souvient avant le cerveau.
Kaleta, vétéran des grandes heures de Fela Kuti, insuffle au morceau une urgence qui le propulse hors du temps. Il chante la liberté sans la nommer, il la fait vibrer. Le résultat est incandescent : un groove de transe et de conscience, un pont entre Lagos et Berlin, entre le temple et le dancefloor.
Minagan n’est pas seulement un titre, c’est un état : celui d’un monde qui tourne, tambour après tambour, vers une humanité réaccordée à sa propre cadence. Un funk du futur, joué avec le cœur d’un griot.
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novembre 8, 2025Mamas Boi sonne comme une lettre non envoyée, celle d’un fils devenu homme, qui rappe la tendresse et les cicatrices dans un même souffle.
Je ne sais pas exactement quand Mamas Boi m’a saisi — peut-être au moment où la basse s’est mise à pulser, discrète mais obstinée, ou quand la voix de Selassie, tout en retenue, a effleuré une phrase trop vraie pour être fiction. Ce morceau n’a rien de démonstratif. Il avance comme un souvenir : fragile, tenace, doux-amer.
Selassie ne cherche pas à séduire ; il reconstruit. Son flow n’a pas l’arrogance d’un rappeur, mais la mémoire d’un conteur. Chaque mot semble passer par le filtre de la pudeur avant d’être posé sur la mesure. Mamas Boi, c’est le hip-hop qui désapprend le bruit, qui choisit la nuance plutôt que la frappe. Un rap de soie, si ça existe.
L’artiste, ghanéen de naissance et berlinois d’adoption, façonne ici un espace sonore où les racines se croisent avec les néons froids des clubs de Kreuzberg. L’afro-diaspora y rencontre l’électronique européenne, et ce métissage, Selassie le manie avec la précision d’un sculpteur. Les textures électroniques frémissent, le beat respire, la voix flotte à mi-chemin entre la confidence et le rêve éveillé. On croit entendre un murmure maternel perdu dans le mix, comme un fantôme bienveillant qui plane sur la track.
Mamas Boi pourrait être une chanson d’amour, mais c’est surtout une chanson de transmission. L’amour d’une mère, la gratitude muette, la peur de la trahir, la promesse de ne pas s’oublier dans la ville. C’est une émotion brute déguisée en groove. Là où d’autres artistes versent dans la nostalgie, Selassie invente un futur apaisé — rétro dans sa mélancolie, avant-gardiste dans son dépouillement.
On en sort étrangement ému. Pas parce que Mamas Boi raconte une histoire universelle, mais parce qu’il ose la raconter sans chercher à tout expliquer. C’est un morceau qui laisse un vide lumineux derrière lui, comme une respiration après une longue conversation. Et dans ce silence suspendu, on entend ce que le hip-hop, parfois, oublie : la beauté du simple fait d’aimer.
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novembre 8, 2025Sous le vernis lumineux de Numéro 1, Rama orchestre une renaissance : celle d’une femme qui reprend le pouvoir sur son propre récit, à coups de groove doré et d’élégance désarmante.
Il y a dans Numéro 1 quelque chose d’à la fois triomphal et pudique, comme si Rama célébrait en plein jour ce qu’elle avait longtemps tu, la victoire d’exister pleinement. Ce n’est pas une chanson d’ego-trip, mais de clairvoyance. Une mise au monde de soi, chantée sur des textures afro-pop qui refusent la facilité tropicale pour mieux s’ancrer dans un équilibre rare : la chaleur et la retenue, la fête et la finesse.
La première écoute surprend par sa clarté. Tout est limpide — la production irradie une lumière sans éblouir, les percussions cognent juste assez pour entraîner sans dominer, et la voix de Rama, subtile, semble flotter au-dessus du rythme avec cette confiance tranquille des artistes qui n’ont plus rien à prouver. Elle chante comme on respire après la tempête. Sa diction, fluide et posée, laisse passer l’émotion sans surjeu ; une élégance dans la mesure, comme si elle maîtrisait parfaitement le point de bascule entre fragilité et puissance.
Ce qui fascine ici, c’est la cohérence du geste artistique. Rama ne cherche pas à plaire : elle impose une esthétique. Le morceau pulse d’une modernité polie, évoquant les travaux les plus aboutis de la scène afro-pop parisienne actuelle, entre la lucidité d’une Lous and the Yakuza et la lumière sensuelle d’une Tayc revisitée au féminin. Numéro 1 se situe dans cette zone grise où la pop flirte avec le sacré — non pas le divin, mais celui, intime, de la réconciliation avec soi.
Sous ses airs de hit fédérateur, c’est un morceau de résistance douce. Une main levée dans la foule, sans cri. Rama y chante le choix de s’aimer avant qu’on nous aime, de se placer en tête d’un podium invisible que chacun porte en soi. Ce n’est pas un hymne d’orgueil, c’est un geste d’équilibre : se tenir droite, même quand le monde penche.
Au fond, Numéro 1 ne dit pas “je veux briller”, mais “je suis déjà lumière”. Et cette nuance, presque imperceptible, fait toute la différence entre une artiste de plus et une voix qui compte.
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novembre 8, 2025Entre ombre et lumière, 1Scar, 2Scar de Keith B est une autobiographie murmurée sur un fil de basse, un retour au hip-hop qui pense, respire et saigne avec élégance.
Tout commence par une sensation : celle d’un souffle, presque las, qui s’élève sur un beat comme on rallume une cigarette oubliée. 1Scar, 2Scar n’a rien du rap hystérique d’algorithme. Ici, Keith B préfère la lenteur au vacarme, le grain au clinquant. Son flow ne cherche pas à impressionner — il creuse, lentement, comme une lame polie par l’expérience.
La prod, à la croisée d’un groove californien et d’une gravité plus sudiste, roule avec une noblesse rare. Chaque élément semble pesé, tenu, contenu. Une ligne de basse moelleuse comme une cicatrice bien refermée, un tempo qui respire, des respirations qui deviennent du rythme. Il y a du Dre dans la précision, du Scarface dans l’esprit, et un peu de ce phrasé poétique qu’on retrouve chez les conteurs modernes — ceux qui savent qu’un mot juste vaut mieux qu’un flow trop vite.
Keith B écrit comme on témoigne. Son rap a la pudeur des gens qui ont vu la douleur de près et n’ont plus besoin de la théâtraliser. Ses “scars”, il les évoque comme on montre des cartes d’état-major : non pas pour impressionner, mais pour se rappeler le chemin. Il ne parle pas de la rue, il parle depuis elle — depuis ce territoire intime où l’homme et le poète finissent par se confondre.
Ce qui fascine, dans 1Scar, 2Scar, c’est sa forme de classicisme : un retour à l’essentiel, au verbe, à la respiration. On sent le poète avant le performeur, le survivant avant le storyteller. Chaque mesure semble pesée, comme un vers d’un vieux recueil de Baldwin réécrit à la MPC.
Et puis il y a cette lumière. Ce moment où le morceau, sans prévenir, bascule du sombre au vibrant — quand la voix de Keith B s’ouvre, s’élève, et transforme la douleur en lucidité. Ce n’est plus seulement un titre, mais un rituel de réappropriation : celle de sa peau, de ses mots, de sa mémoire.
1Scar, 2Scar est un disque sans maquillage. Le genre de track qui ne fait pas danser les clubs, mais hante les cerveaux longtemps après. Un rap de l’après, du lendemain, du recommencement — signé par un artiste qui n’a plus rien à prouver, sinon qu’on peut encore faire du hip-hop comme on écrit de la littérature.
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novembre 8, 2025Nick Castle transforme la mémoire en matière sonore avec une transe mélodique et organique, née d’un fleuve d’Afrique du Sud et coulée dans la ferveur londonienne des clubs sur « White River »
On ne danse pas vraiment sur White River. On y dérive. On s’y fond. On s’y laisse happer comme dans un courant chaud, celui d’une rivière qui charrie la lumière, les souvenirs et une mélancolie douce. Nick Castle signe ici un titre hypnotique, presque spirituel, où chaque pulsation semble respirer à la fois la terre rouge d’Afrique du Sud et la sueur des dancefloors londoniens.
Le morceau s’ouvre sur un souffle : des percussions feutrées, une basse souterraine, des voix lointaines — comme des prières suspendues dans la brume. Puis la tension monte, doucement, sans jamais forcer le tempo. La progression est fluide, presque narrative : on sent la main d’un producteur qui ne cherche pas le climax mais la continuité, qui comprend que la transe n’est pas une explosion, mais un état.
Ce qui frappe, c’est la finesse du tissage sonore. Nick Castle n’empile pas les couches, il sculpte l’espace. Chaque élément – les tambours tribaux, les nappes éthérées, la ligne de basse ondulante – dialogue avec l’autre. L’influence afro-house est évidente, mais jamais pastichée. Ici, la tradition devient matière vivante : un rythme organique transposé dans une architecture électronique d’une clarté rare. On pense à Dixon ou à Âme, à cette école de la précision émotionnelle où la mélodie est une arme subtile, presque mystique.
Et puis il y a cette sensation de retour : White River porte dans ses fréquences l’idée d’un lieu, d’une origine. Inspiré par le fleuve du même nom, dans la province sud-africaine du Mpumalanga où Castle a grandi, le titre est un pèlerinage intime. Ce n’est pas une carte postale : c’est un souvenir transmuté en groove. Un morceau qui parle de racines, mais depuis le présent.
J’ai écouté White River en boucle, et chaque écoute semblait creuser un peu plus loin — vers quelque chose de souterrain, d’ancestral. C’est une musique de flux, de résonance et de patience. Une musique qui ne se consume pas, mais s’étire, respire, s’étale comme une rivière sous le soleil couchant.
Nick Castle signe ici une œuvre d’équilibre rare : un track à la fois calibré pour le club et nourri d’une profondeur presque méditative. Un instant suspendu entre la mémoire et le mouvement, entre la nature et la machine. White River est moins une chanson qu’un état de conscience — celui où l’on comprend enfin que danser, c’est aussi se souvenir.
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novembre 8, 2025Nunsi réinvente la douceur en chanson : Baby est un souffle tropical suspendu entre nostalgie, peau salée et coucher de soleil infini.
J’ai écouté Baby un matin gris, et pendant trois minutes, tout est devenu bleu. Bleu comme l’océan après la pluie, bleu comme les souvenirs qui réchauffent les tempes. Ce morceau ne se contente pas de faire danser, il efface le réel. Nunsi signe ici une parenthèse lumineuse, un instant de respiration dans le tumulte — une chanson qui semble avoir été écrite pour cet entre-deux-temps où l’on ne sait plus très bien si l’on rêve ou si l’on se souvient.
Sa voix plane sans forcer, comme un murmure porté par le vent. Elle a ce quelque chose d’à la fois distant et intime, cette façon de te frôler sans jamais t’étreindre. Et c’est précisément là que réside sa force : dans cette légèreté assumée, dans ce refus du spectaculaire. Baby n’a pas besoin de s’imposer, elle t’enveloppe lentement, te désarme. C’est le genre de morceau qu’on croit anodin, jusqu’à ce qu’il s’installe dans la tête, quelque part entre un sourire et un soupir.
La production, tout en nuances, est un bijou de minimalisme maîtrisé. Quelques nappes synthétiques, un beat feutré, des percussions qui éclatent comme des bulles — tout respire la retenue, la chaleur, l’élégance. On retrouve l’épure des meilleurs morceaux de tropical house, mais Nunsi y glisse une mélancolie fine, presque imperceptible, qui empêche la légèreté de virer au décoratif. C’est du chill, oui, mais du chill avec une âme.
On sent l’héritage de ses débuts : ce goût du partage, cette sincérité de musicien qui veut simplement faire du bien. Après le succès viral de Just The Two Of Us, Nunsi aurait pu se reposer sur le confort de la reprise. Il choisit au contraire la fragilité, la création pure, l’émotion sans filtre. Baby n’est pas une chanson de séduction, c’est une chanson de présence — celle d’un artiste qui observe, ressent, et rend au monde un peu de sa lumière.
Dans une époque saturée de beats programmés pour les playlists, Baby se distingue comme une respiration rare : un fragment de douceur, un été éternel capturé dans un souffle. Et si, finalement, la véritable révolution pop était là — dans la simplicité retrouvée d’un instant sincère ?
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novembre 8, 2025Flex A.i. et Shani Boni remettent le feu dans la rue avec Who Dat III, un banger hybride où le drill flirte avec l’énergie du Jersey Club, entre ego trip, pulsion et héritage East Coast.
Ça frappe avant même que le cerveau ne comprenne. Un coup de basse, un cri samplé, le beat rebondit, nerveux, presque insolent. Who Dat III déboule comme une gifle, un uppercut de béton signé Flex A.i. — le kid du New Jersey qui a appris à rapper sur son téléphone — épaulé par la féroce Shani Boni, princesse du Bronx drill. Ensemble, ils forment une collision sonique, une déflagration parfaitement contrôlée où chaque syllabe semble claquer contre le bitume.
Le morceau s’ouvre sur un sample immédiatement reconnaissable : le Who’s That Girl? d’Eve, réinventé par KamXWow en une pulsation club électrique, syncopée, hachée de respirations. Cette référence à 2001 n’a rien de nostalgique : elle devient une arme de réappropriation. Flex A.i. et Shani Boni ne rejouent pas le passé, ils l’avalent pour le recracher plus fort, plus rapide, plus digital. C’est du Jersey Club boosté à l’adrénaline, du drill qui danse, du hip-hop qui se regarde enfin dans le miroir de sa propre mutation.
Là où beaucoup s’arrêtent à la formule, Who Dat III se distingue par son intention. Flex A.i. construit son flow comme une rafale — précis, nerveux, presque métronomique — pendant que Shani Boni, avec sa voix brute et tranchante, impose une présence scénique rare, presque théâtrale. On les imagine côte à côte sur scène, les basses qui cognent jusque dans les poitrines, le public hurlant le hook en écho.
Mais sous la surface, il y a une tension plus subtile. Ce morceau raconte l’ascension, la fierté, le poids du grind — cette obsession de se faire un nom dans un paysage saturé de sons, de visages et de promesses. Who Dat III n’est pas qu’une suite : c’est la consécration d’un parcours, celui d’un artiste qui a tout bâti de rien, qui a appris la discipline avant la lumière.
La production, dense mais maîtrisée, alterne entre les ruptures rythmiques du Jersey Club et la froideur métallique du drill. Chaque drop est pensé pour le corps, chaque pause pour le souffle. C’est une expérience physique autant que sonore, une montée d’adrénaline pure.
Flex A.i. et Shani Boni ne cherchent pas à plaire — ils dominent. Who Dat III capture l’instant où la rue devient légende, où le chaos se transforme en esthétique. Une signature, un cri, une revendication : le New Jersey et le Bronx viennent de trouver leur trait d’union.
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novembre 8, 2025ISMECHANGFU transforme l’amour conjugal en rituel sacré sur 老婆 Wifey : un trap incandescent, vulnérable et sincère, où la fidélité devient le plus rebelle des gestes.
Je ne m’attendais pas à ça. Pas à cette chaleur, pas à cette lucidité. Le morceau démarre avec la retenue d’un aveu, presque timide, puis s’ouvre comme un sourire : large, sincère, sans effet. 老婆 Wifey n’a rien d’un énième slow trap sirupeux. C’est un manifeste intime, un « je t’aime » moderne, dit à travers les codes d’un genre souvent barricadé dans la désinvolture. Ici, ISMECHANGFU ne joue pas les durs — il choisit d’aimer, et c’est mille fois plus fort.
Sous ses airs vaporeux, la production frappe juste. Les basses ronflent doucement, comme un moteur de nuit. Les nappes synthétiques, presque liquides, enveloppent la voix d’un halo doré. Et cette voix — mi-chantée, mi-chuchotée — balance entre la tendresse et le contrôle, entre la pudeur et la dévotion. On y sent l’influence du R&B digital de Bryson Tiller ou du minimalisme mélodique d’un Joji, mais surtout une signature propre : celle d’un artiste qui fait de la sincérité son arme la plus affûtée.
Ce qui rend 老婆 Wifey bouleversant, c’est qu’il parle de l’amour non pas comme d’une passion brûlante, mais comme d’une endurance douce. Le refrain n’est pas un cri, c’est une promesse. Chaque mot, chaque silence, respire le quotidien — les gestes simples, la loyauté, la lente croissance de deux âmes qui se choisissent encore et encore. On n’est plus dans le fantasme ; on est dans la vérité.
ISMECHANGFU réussit ici un tour de force rare dans le trap contemporain : injecter de l’humanité sans tomber dans la mièvrerie. Le beat pulse comme un cœur tranquille, et les harmonies, posées avec un soin presque artisanal, donnent à l’ensemble une texture veloutée, quasi tactile. C’est un morceau qui s’écoute comme on regarde quelqu’un dormir à côté de soi : en silence, avec reconnaissance.
Derrière la pudeur des mots et la précision de la production, 老婆 Wifey dit quelque chose de simple et d’universel : que dans un monde saturé de vitesse, d’ego et d’apparences, aimer sans condition reste un acte révolutionnaire.
ISMECHANGFU signe ici bien plus qu’un morceau d’amour — il livre une déclaration d’existence. Un hymne à deux voix, où le trap se fait confession, et le flow, prière.
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novembre 8, 2025You Make Me Smile de Dandi, c’est le moment suspendu entre deux battements de cœur — une soul solaire, si sincère qu’elle semble respirer au rythme de ton propre souffle.
Je me souviens du frisson que j’ai eu à la première écoute. Pas de grand éclat, pas d’artifice — juste cette impression que quelqu’un venait de poser une main sur mon épaule pour murmurer quelque chose de vrai. You Make Me Smile ne cherche pas à séduire ; elle enlace. Elle réconcilie la douceur et la force, dans un monde où la musique crie souvent trop fort pour qu’on l’écoute encore.
Dandi ne chante pas l’amour comme une ivresse, mais comme une lente guérison. Sa voix — fluide, ambrée, presque tactile — se promène entre les interstices d’une orchestration qui rappelle les grandes heures de la soul rétro : un Rhodes au velours cotonneux, une basse qui respire, des cordes suspendues comme des rayons de miel. Ce n’est pas une nostalgie feinte, mais une filiation : celle d’un art du sentiment vrai, hérité des Sade, des Minnie Riperton, de cette école du murmure élégant qui préfère la nuance à la démonstration.
Ce qui me bouleverse, c’est la lumière. Tout, dans cette chanson, scintille à demi. Le groove ne pousse pas — il caresse. Le tempo ne s’impose pas — il accompagne. Dandi nous glisse dans cette zone rare où la mélancolie devient lumineuse, où la joie ne se crie plus, elle se devine dans les respirations. Le morceau, plus qu’un simple R&B soul, frôle parfois le jazz par sa liberté d’espace, et le folk par son intimité narrative.
On sent dans You Make Me Smile une écriture du vivant — une sincérité brute, celle d’une artiste qui ne cherche ni à séduire ni à s’imposer, mais à partager un instant fragile. C’est une chanson qui parle d’amour, oui, mais surtout de reconnaissance : celle de se trouver enfin à sa place, dans le regard de l’autre.
Dandi signe ici une œuvre subtile, rare, qui réconcilie le cœur et la technique, la nostalgie et le présent. Elle ne fait pas de la soul, elle en rappelle l’origine : la chaleur humaine, cette énergie presque mystique qui survit même dans le silence après la dernière note.
You Make Me Smile — trois mots simples, un monde entier contenu dans un souffle.
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novembre 8, 2025Avec Ultraman, Gaskin prouve qu’on peut faire danser le futur. Un track incandescent où la house classique flirte avec la technologie brute, jusqu’à devenir un organisme vivant de groove et d’acier.
Ultraman a quelque chose d’intranquille, de presque surhumain — une vibration qui semble jaillir d’un autre plan, entre les sous-sols moites d’un warehouse californien et le battement d’un cœur cybernétique. Gaskin, figure montante de la scène Factory 93 Records, compose ici une pièce qui dépasse la simple mécanique du dancefloor pour devenir un manifeste : celui d’une house mutante, traversée d’électricité et de mysticisme.
Dès les premières secondes, la pulsation s’impose comme une loi physique. Le kick, dense, carré, épouse la respiration d’une basse qui s’étend comme une ombre liquide. On entre dans le morceau comme dans une transe — sans préambule, happé par un rythme dont l’équilibre semble à la fois calculé et viscéral. Gaskin maîtrise la tension comme un architecte du vertige : chaque montée est une expansion lente, chaque drop une libération soigneusement retardée.
Mais Ultraman n’est pas qu’un objet de club. C’est une matière sonore qui respire, qui évolue. Derrière la structure hypnotique se cache une émotion quasi cinématographique — un sentiment d’éveil, de montée en puissance, comme si un être mécanique découvrait la conscience. Le choix des textures, métalliques et chaudes à la fois, évoque le croisement improbable de Sasha et de Stephan Bodzin : la technicité du premier, la spiritualité du second.
On sent dans la progression du morceau cette obsession du détail propre aux producteurs qui n’ont plus rien à prouver à la piste. Les hi-hats crépitent comme des étincelles d’orage, les synthés montent en spirale jusqu’à frôler la saturation, puis tout retombe dans un calme fragile — une sorte de silence incandescent. C’est ce mouvement, ce souffle, qui rend Ultraman si captivant : il vit, il se déploie, il respire.
Au fond, Gaskin fait ici ce que peu de producteurs osent encore : il redonne à la house son corps et son âme. Un corps taillé dans la sueur et la lumière, une âme faite de tension, de contrôle et d’abandon. Ultraman est une machine sensible, un monstre de groove qui danse sur la frontière entre l’humain et le synthétique. Et quand le dernier kick s’éteint, il ne reste qu’une impression : celle d’avoir touché, ne serait-ce qu’un instant, à la beauté froide du futur.
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novembre 8, 2025All Day and Night de Dos Mentes x Awsumo, c’est la fièvre sensuelle d’un club à ciel ouvert, une transe lumineuse où chaque battement devient un contact, chaque montée une caresse d’adrénaline pure.
Ce morceau a le parfum des nuits qui refusent de s’éteindre. All Day and Night n’est pas qu’un track taillé pour le club : c’est une promesse d’apesanteur, une bulle de groove où le corps devient instrument et le temps, illusion. Dos Mentes et Awsumo signent ici une collaboration brûlante, au croisement de la house old-school, du tech pulsé et d’une sensualité moite qui évoque la poussière dorée d’Ibiza à l’heure où le soleil lèche encore les platines.
Le duo tisse un dialogue entre tension et relâchement, comme une conversation secrète entre deux âmes enfermées dans la même onde. Awsumo, qu’on connaît d’ordinaire derrière la console de Repopulate Mars et sur les tournées de Becky G, sort de l’ombre avec ses premières voix enregistrées : un timbre chaud, légèrement voilé, qui flotte entre désir et abandon. Ses mots se perdent et se fondent dans la matière sonore, jusqu’à devenir texture.
Sous la surface, tout est millimétré. Le kick s’enfonce dans le sol avec une précision presque physique, les hi-hats brillent comme des éclats de verre, les synthés respirent une chaleur organique héritée de la deep house la plus classique. Mais là où Dos Mentes excelle, c’est dans la tension du mouvement : son groove respire, avance, recule, étire la pulsation jusqu’à l’hypnose. Chaque drop devient une vague, chaque montée un vertige.
On sent la Californie dans le grain de cette production : cette nonchalance du soleil couchant, cette élégance lascive du West Coast underground. All Day and Night dégage un magnétisme rare, celui d’un morceau pensé pour le moment exact où la fête cesse d’être sociale pour devenir spirituelle. C’est une communion par le rythme, un langage sans mots, un état de corps collectif où la musique devient la seule religion possible.
Le titre résume parfaitement son essence : une extase continue, un désir qui ne connaît ni lever ni tombée du jour. On en ressort lessivé, heureux, transpirant d’énergie et d’un peu de nostalgie. Parce que la vraie house, celle qui reste, c’est celle qui fait oublier le monde, ne serait-ce qu’un instant. Et Dos Mentes x Awsumo viennent d’en livrer un pur concentré.
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novembre 8, 2025Avec WANTS, Jade Fields déplie la douleur comme on épluche une nuit trop longue : lentement, sensuellement, jusqu’à la révélation brutale que le manque aussi peut devenir une forme de beauté.
J’ai écouté WANTS pour la première fois en pleine nuit, casque vissé, ville endormie. Ce genre de moment où tout semble en suspens, où le monde devient poreux. Dès les premières secondes, j’ai senti que Jade Fields n’était pas là pour séduire, mais pour sonder. Sa musique ne s’offre pas comme un bijou brillant, elle s’impose comme un souvenir qu’on croyait avoir effacé. Une pièce d’introspection brute, sans effet de manche, mais avec ce pouvoir étrange : celui de faire battre un cœur ralenti.
Le morceau s’avance comme un corps blessé mais digne. La production, délicatement accidentée, semble respirer par elle-même — un assemblage d’air, d’électricité et de sang. Les percussions, feutrées, battent comme des pulsations internes ; les accords, suspendus, s’étirent comme un souffle qui refuse de mourir. On devine dans cette architecture sonore une précision quasi organique : chaque élément vit, hésite, se retient avant de se livrer.
Jade Fields ne chante pas pour qu’on l’écoute, il chante pour survivre. Sa voix oscille entre fragilité et contrôle, entre murmure et aveu, comme s’il testait les limites de son propre détachement. Ce qui frappe, c’est cette retenue — la pudeur dans la douleur, l’élégance dans le désastre. WANTS n’est pas un cri, c’est un murmure lucide. Le genre de murmure qui fend la poitrine plus sûrement qu’un hurlement.
Le texte — entre désillusion et fatalisme amoureux — se fond dans une narration à double lecture : celle d’un homme qui comprend qu’aimer, parfois, c’est accepter la fracture avant qu’elle n’arrive. Et tout dans la structure du morceau épouse cette idée. Les nappes sonores glissent, se tordent, se rétractent. La basse se fait battement, puis s’efface dans un vide magnétique. C’est cette respiration, ce balancement entre plénitude et effondrement, qui rend la chanson si physique, presque tactile.
Jade Fields marche sur la ligne fine entre R&B expérimental et indie pop brumeuse, comme s’il refusait de choisir entre l’émotion brute et la recherche sonore. On pense à Dijon, à Mk.gee, mais aussi à James Blake quand il ose se taire plus qu’il ne parle. Chez lui, le chaos devient gracieux, la douleur se fait sculpture.
WANTS n’est pas un morceau qu’on consomme — c’est un lieu où l’on reste. Un espace flottant entre la fin et le recommencement. Et quand le dernier accord s’éteint, il reste cette impression étrange : celle d’avoir assisté à quelque chose d’intime, d’inédit. Comme si quelqu’un, quelque part, avait enfin réussi à transformer le vide en mélodie.
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novembre 8, 2025Certains artistes prient en silence. Reign B, lui, prie en cadence. HOSANNA s’ouvre comme une élévation, un cri du cœur drapé dans la moiteur dorée de l’afrobeats, un morceau à la fois céleste et terrestre — un chant d’exaltation qui pulse, brûle, et réconcilie les corps avec le sacré.
Tout dans cette production respire la maîtrise instinctive. Reign B, producteur avant tout, cisèle chaque mesure comme un battement d’âme : percussions moelleuses, basses vibrantes, chœurs éthérés qui effleurent le divin sans jamais perdre l’ancrage charnel du groove. On y sent la tradition africaine se mêler à une modernité cosmopolite, à la croisée du Lagos électronique et du gospel digital.
Mais c’est la voix qui porte le sortilège. Grave, sincère, empreinte d’une ferveur presque chamanique, elle ne cherche pas à dominer ; elle guide. Reign B ne prêche pas — il convoque. Il invite à se laisser aller, à croire, à ressentir. HOSANNA n’a rien de mièvre : c’est une déclaration, une ascension, une montée vers la lumière au milieu du tumulte.
Il y a quelque chose d’universel dans cette fusion de l’humain et du spirituel. Là où beaucoup d’artistes afropop misent sur la séduction, Reign B choisit la transcendance. Ses sonorités sont chaudes mais épurées, presque mystiques. On y perçoit le souffle d’une Afrique contemporaine qui danse autant qu’elle médite, qui célèbre la vie sans oublier le ciel.
En moins de trois minutes, HOSANNA déploie un langage à part — celui de la gratitude. Une gratitude rythmée, solaire, irrésistible. Reign B y transforme la louange en énergie pure, le recueillement en extase. Et au bout du morceau, quand le silence retombe, il reste cette impression d’avoir touché quelque chose de rare : la paix par le son, la foi par le corps.
Reign B ne chante pas Dieu. Il le fait groover.
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novembre 8, 2025Sur Poker Face, Baby Ali transforme la froideur d’un regard impénétrable en une balade nocturne vénéneuse où désir et distance s’effleurent sans jamais se toucher.
Il y a dans Poker Face cette tension qu’on ressent avant un baiser qui ne viendra peut-être jamais. Une lente montée, un battement contenu, une envie de s’abandonner tout en gardant la maîtrise. Baby Ali signe ici un titre qui glisse comme la route sous les phares, un trip nocturne à la croisée du R’n’B, du trap soyeux et d’une pop sensuelle qui préfère la suggestion à la confession.
La production, fine et feutrée, flotte sur une ligne de basse hypnotique, nappée de synthés liquides et de percussions qui claquent comme des respirations contenues. Tout semble pensé pour amplifier la tension entre la chaleur du flow et la froideur du thème : une fille qui ne laisse rien paraître, qui sait jouer avec les silences, les regards, les faux-semblants. Elle ne dit rien, mais tout est là — dans le rythme, dans les silences entre les notes, dans cette voix légèrement fêlée qui refuse de craquer.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre : Baby Ali ne cherche pas l’explosion. Il avance dans la nuit, feutré, presque cinématographique. Chaque couplet semble murmuré depuis le siège d’une voiture filant sur une autoroute déserte, chaque refrain, une vague d’émotion contenue. Il y a chez lui quelque chose de The Weeknd avant la gloire : ce même goût pour les zones grises, les néons froids, les histoires qui sentent la sueur et le parfum à la fois.
Mais Baby Ali ne copie pas, il absorbe. Sa musique a la patine d’un rêve américain fissuré, celui des nuits californiennes où l’on danse seul dans sa tête. Poker Face n’est pas qu’un morceau : c’est une atmosphère, un vertige, une bande-son pour ceux qui préfèrent les histoires à demi dites, les émotions qui se devinent.
Un morceau comme un miroir teinté — on s’y regarde, on s’y perd, sans jamais savoir si c’est nous qu’on voit, ou quelqu’un d’autre.
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novembre 8, 2025Avec Tastes Like Gold, Parallelle distille la lumière en groove : une ode sensuelle aux petits instants du quotidien, transfigurés par la chaleur d’une deep house dorée, à mi-chemin entre introspection et hédonisme.
Il y a dans ce morceau quelque chose d’infiniment simple, et pourtant d’essentiellement rare. Une douceur qui se dépose sur la peau comme un matin d’été — cette heure dorée où tout semble neuf, léger, respirable. Tastes Like Gold, c’est cette sensation transformée en musique : le murmure d’un monde qui s’éveille, un battement de cœur qui se synchronise avec la lumière.
Les frères de Parallelle n’ont jamais vraiment fait de la house au sens strict — ils l’ont étirée, filtrée, réchauffée, jusqu’à lui donner une âme. Ici, tout semble construit à partir d’un souvenir sensoriel : le café qui fume, la lenteur d’un rayon de soleil sur un parquet, la promesse d’un jour qui recommence sans urgence. La voix de JoLy, douce et presque diaphane, s’y promène comme une présence familière, mi-humaine, mi-angélique, glissant entre les couches de synthés et les basses feutrées avec une élégance feinte.
La production est d’une précision troublante : les percussions y respirent comme un pouls, les textures glissent, les espaces s’ouvrent. Tout sonne à la fois analogique et onirique, comme si l’on entrait dans un rêve où la chaleur de l’humain et la perfection du digital s’étaient enfin réconciliées. Parallelle ne compose pas des morceaux, ils bâtissent des atmosphères. Et celle-ci a le parfum de la gratitude — celle qu’on ressent quand rien d’extraordinaire ne se passe, mais que tout est juste.
Tastes Like Gold n’est pas une chanson à danser, c’est une chanson à habiter. Une pièce sonore qui s’écoute comme on sirote un instant précieux, les yeux fermés, les épaules relâchées, un sourire discret au coin des lèvres. Dans un monde saturé d’urgence, Parallelle propose un luxe oublié : celui de la lenteur, de la lumière, et du plaisir d’exister.
Et si le bonheur avait un son, il ressemblerait sans doute à ça — à une onde tiède qui traverse le corps et murmure simplement : tu es là, et c’est suffisant.
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novembre 8, 2025C’est un morceau qui donne envie de baisser la vitre, d’avancer sans destination, d’écouter le monde à travers le vent. Happy to be with you, le nouveau single de This is A Low, a cette douceur rare des chansons qui ne cherchent pas à briller, mais à tenir compagnie. Une pop-rock atmosphérique, ciselée dans un écrin de sincérité, où chaque accord respire comme un souvenir qu’on refuse d’effacer.
Il y a dans ce morceau quelque chose d’assez britannique — cette façon de mêler mélancolie et éclat, un peu à la manière des premiers Coldplay ou d’un Travis réincarné en 2025. Les guitares, cristallines et tendues, tracent une ligne d’horizon claire, tandis que la batterie avance avec un cœur battant régulier, presque rassurant. Mais c’est la voix, fragile et pleine de vérité, qui retient l’attention : elle n’explose jamais, elle éclaire doucement, comme si elle murmurait à quelqu’un dans la lumière du matin.
This is A Low ne tombe pas dans la nostalgie gratuite. Leur écriture respire la pudeur d’un groupe qui préfère suggérer plutôt qu’imposer. Happy to be with you n’est pas un cri d’amour, c’est une respiration partagée, un sourire timide au détour d’un couloir, le genre de moment où tout semble suspendu.
Sous sa simplicité apparente, le morceau dissimule une architecture subtile : des nappes de reverb qui s’étirent comme des nuages, un pont aérien qui frôle le post-rock, des harmonies qui s’ouvrent lentement jusqu’à l’ultime note — celle qui ne veut pas partir.
C’est une chanson qui réconcilie le présent et le passé, l’élan et la retenue, la peine et la joie. Une pop de l’intime, lumineuse sans naïveté, qui rappelle qu’il existe encore des groupes capables de faire de la douceur un acte de résistance. This is A Low signe ici un hymne à la gratitude, à cette forme d’amour simple qu’on oublie trop souvent : être heureux, simplement, d’être là.
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novembre 8, 2025Avec Fitted Dress, Jah Gordy esquisse le désir sans un mot : une pièce instrumentale aux courbes sensuelles, où la basse respire comme un battement de cœur et chaque note caresse l’air avec la lenteur d’un regard.
Il existe des morceaux qui n’ont pas besoin de paroles pour murmurer une histoire. Fitted Dress appartient à cette espèce rare : une musique qui parle à la peau avant de parler à l’esprit. Chez Jah Gordy, la soul ne se déclare pas, elle s’insinue. Elle glisse. Elle se faufile dans les interstices du silence. Dès les premières mesures, le groove s’installe avec une élégance quasi tactile — un balancement feutré, une basse douce mais charnue, un souffle chaud d’orgue qui laisse deviner la nuit à venir.
Ce morceau, c’est un clair-obscur. Il convoque cette tension familière entre pudeur et tentation, entre retenue et abandon. On y sent les fantômes du R’n’B old school, la délicatesse jazzy d’un D’Angelo instrumental, mais aussi la précision cinématique d’un compositeur moderne qui peint avec le son. Fitted Dress s’écoute comme on regarde quelqu’un danser sans oser bouger : captivé, suspendu, conscient que quelque chose de magnétique est en train d’avoir lieu.
Jah Gordy sculpte ses atmosphères avec une précision presque sensuelle. Rien n’est superflu : chaque accent rythmique est un battement de cils, chaque accord un frôlement. Le morceau progresse sans éclat, mais avec cette montée de tension subtile qu’on ne perçoit qu’en respirant avec lui. C’est une musique de regard, de distance maîtrisée, d’intimité retenue.
Sous son apparente simplicité, Fitted Dress cache une architecture de sentiments. On y devine le jazz des clubs enfumés, la soul qui ne dit pas son nom, le hip-hop des ruelles qui murmurent plus qu’elles ne crient. Une esthétique du peu, du juste, du vrai.
Ce n’est pas un morceau qu’on écoute : c’est un parfum qu’on respire. Et quand il s’éteint, on réalise que le silence qui suit, lui aussi, a quelque chose de sensuel.
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novembre 8, 2025Avec The Other 50, Yuva Soul fait battre le cœur de l’intelligence artificielle — un morceau né entre deux mondes, où la tendresse humaine rencontre la précision de la machine pour raconter l’absence, la maternité, et la beauté du manque.
On ne s’attend pas à être ému par une chanson écrite à quatre mains avec une IA. Et pourtant, The Other 50 brise cette attente d’un revers de velours. C’est un morceau qui n’essaie pas de prouver quoi que ce soit — il ressent. Derrière le pseudonyme Yuva Soul, il y a Julie, mère à mi-temps, femme entière, qui transforme le vide laissé par la garde partagée en matière première d’une soul digitale d’une sincérité désarmante.
La chanson débute doucement, comme une confidence. Un battement R&B feutré, quelques accords suspendus, une voix pleine de lumière et de fissures. Le tempo respire, la mélodie s’étire — tout semble vouloir ralentir le monde. Dans cette lenteur, Yuva Soul nous fait entrer dans une émotion intime : celle d’une femme qui vit à 50 % de sa vie, à 50 % de sa présence, mais à 100 % de son amour.
La production, issue du studio Suno, réussit cette prouesse rare : fusionner la texture organique de la néo-soul avec la clarté presque holographique d’une création numérique. C’est à la fois une chanson et une expérience — comme si Erykah Badu croisait Björk dans un rêve algorithmique. Le résultat n’a rien de froid : il pulse, il tremble, il écoute.
Mais derrière la prouesse technique, ce qui bouleverse dans The Other 50, c’est cette humanité nue. La voix, même lorsqu’elle frôle la perfection synthétique, garde une faille, une fatigue, un espoir. On y entend le courage d’une femme qui s’accorde le droit de pleurer et de créer en même temps.
The Other 50 est une chanson de séparation, mais aussi de lien. Une ode à l’amour qui persiste dans les interstices du quotidien. Et peut-être, plus encore, une preuve que la musique, même augmentée par la machine, reste avant tout une affaire de cœur.
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novembre 8, 2025Avec Hawk Circling, Jonathon Penn transforme le deuil en renaissance : une ballade d’altitude, suspendue entre ciel et terre, où le folk devient une forme de rédemption.
On sent dans la voix de Jonathon Penn cette poussière de route qu’on n’invente pas. Ce timbre un peu éraillé, façonné par les silences, les renoncements, les retours à soi. Hawk Circling n’est pas une chanson au sens ordinaire : c’est un passage, un geste d’abandon et de reconstruction. On y entre comme dans une prière, ou comme on regarde un oiseau s’élever, lentement, jusqu’à n’être plus qu’un point dans la lumière.
Penn, ancien financier reconverti en troubadour californien, signe ici un morceau d’une honnêteté presque déconcertante. On y entend la sagesse fatiguée de ceux qui ont tout perdu, puis choisi de recommencer. Le banjo trace des cercles autour d’accords folk dépouillés, les guitares respirent avec une clarté de montagne, et chaque note semble porter une mémoire, un souffle d’air chaud venu du désert. La production, naturelle et pure, laisse vivre les imperfections : on devine le bois, la corde, le souffle.
Dans Hawk Circling, le faucon devient métaphore — celle d’une conscience qui s’élève au-dessus du tumulte, observant sa propre mue. Il y a du Tom Petty dans cette façon de dire l’Amérique intime, du Springsteen dans la foi tranquille de la deuxième chance, et quelque chose d’infiniment personnel dans la manière dont Penn relie la perte à la beauté. La chanson ne se contente pas d’évoquer la mort du père ou la fuite du temps : elle s’attarde sur le moment précis où la douleur cesse d’être un poids pour devenir un moteur.
Écouter Hawk Circling, c’est accepter le vertige. C’est contempler, depuis un porche imaginaire, le ciel tourner au ralenti. C’est sentir que la jeunesse n’est peut-être pas un âge, mais un état d’âme retrouvé. Jonathon Penn signe ici un hymne discret à la transformation, une folk de l’âme mûre — lucide, apaisée, et terriblement vivante.
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novembre 8, 2025Avec PCT. (feat. WILLA), professor lee redéfinit la mélancolie du lendemain : un slow-burn sensuel entre trap éthérée, pop vaporeuse et spleen digital, où la solitude devient un groove.
C’est un morceau qui ne parle pas de la nuit, mais de ce qu’il reste après. PCT. — pour “post-coital tristesse” — capture ce moment suspendu entre la chaleur et le vide, quand la peau refroidit et que la réalité revient s’inviter dans la chambre. Le producteur sud-coréen professor lee signe ici une miniature sonore d’une lucidité troublante, une confession murmurée à travers les glitchs et les basses.
Le morceau s’ouvre sur une texture presque liquide : un beat trap ralenti jusqu’à la langueur, des accords qui glissent comme des draps froissés, et la voix de WILLA — androgyne, flottante, perdue quelque part entre le rêve et la lucidité. Ensemble, ils dessinent une émotion moderne, fragmentée, où la tendresse se mêle à la fatigue et où l’amour se consume sous néons bleus. Il y a quelque chose de James Blake dans la pudeur, du Dean Blunt dans la désinvolture, et du XXXtentacion dans cette vulnérabilité brute, sans filtre ni fard.
La dualité linguistique — anglais et coréen entremêlés — n’est pas qu’un effet de style : elle souligne la fracture intime du morceau, ce sentiment d’être deux dans le même vide. La production, millimétrée mais jamais froide, respire à travers les silences, les glitchs, les respirations coupées. C’est une trap introspective, presque contemplative, une pop de l’après, où l’émotion devient texture et le désir, souvenir.
PCT. ne cherche pas à guérir la tristesse — il la sublime. On y retrouve cette modernité mélancolique propre à la scène coréenne underground : une esthétique de l’ombre, du ralenti, de la beauté brisée. Un morceau qui s’écoute comme on regarde la pluie tomber sur un écran, le cœur encore chaud, le monde déjà loin.
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novembre 8, 2025« Avec Right Where You Are, Jah Gordy transforme la douceur en art majeur : une voix chaude, un groove suspendu, un instant d’éternité où la soul devient pure tendresse«
Certains morceaux ne cherchent pas à impressionner — ils cherchent à apaiser. Right Where You Are est de ceux-là : une chanson qui ne s’élance pas, mais qui s’installe. Elle prend place dans ton corps comme une respiration qu’on aurait oubliée, une pulsation lente, intime, presque confidente. Dès les premières mesures, Jah Gordy installe un espace de lumière feutrée : une basse ronde, un piano cotonneux, un souffle d’air chaud qui semble sortir d’une chambre d’enregistrement éclairée à la bougie.
Et puis cette voix — fluide, calme, presque murmurée — s’élève comme une prière profane. Elle n’a rien de démonstratif : pas de grandes envolées, pas de lyrisme inutile. Seulement cette sincérité vibrante, cette façon de glisser entre les notes comme si chaque mot pesait le juste poids du vécu. On y sent une profonde gratitude, un apaisement après la tempête, une façon de dire « je suis là, et c’est déjà beaucoup ».
La production, d’une élégance absolue, respire la précision du R&B contemporain et la chaleur du jazz le plus organique. Les harmonies s’étirent avec une lenteur volontaire, un refus du spectaculaire au profit de la sensation. On croirait presque que chaque silence a été composé. Dans Right Where You Are, tout respire : les instruments, la voix, le temps lui-même.
C’est une chanson de fin de soirée, quand la ville dort et que l’on décide enfin de s’écouter. Jah Gordy signe un morceau rare, à la fois sensuel et méditatif, qui réaffirme une vérité simple : parfois, aimer n’a pas besoin de mouvement — juste d’être exactement là où l’on est.
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novembre 8, 2025Entre la moiteur d’Ibiza et la langueur dorée de Venice Beach, Dos Mentes et Awsumo signent avec Shine Your Light une prière hédoniste — un morceau qui ne fait pas danser les corps, mais les âmes.
J’ai fermé les yeux à la première montée. Ce genre de moment où la musique s’installe dans le corps avant même de passer par le cerveau, où la basse se transforme en respiration et la lumière, en rythme. Shine Your Light n’est pas un simple titre : c’est une sensation d’éveil. On imagine la chaleur du bitume, les verres qui s’entrechoquent, la mer pas loin, et cette pulsation souple qui te pousse à bouger sans que tu saches pourquoi.
Dos Mentes et Awsumo ont fabriqué ici un objet rare : une house profondément humaine. Les textures sont claires, presque sensuelles, sculptées dans un équilibre parfait entre groove old-school et modernité solaire. On sent le grain du UK Garage filtré à travers le sable californien, une nostalgie diffuse des étés passés, mais aussi ce feu contemporain, précis, produit pour les nuits qui n’ont plus de fin. Awsumo, fidèle à sa réputation de sculpteur de tech house taillée pour le corps, enrobe la composition d’une énergie fluide et percutante — des kicks qui caressent autant qu’ils cognent. Dos Mentes, lui, garde cette approche instinctive, cette façon de faire glisser le groove comme on raconte une histoire d’amour d’une nuit : spontanée, moite, inévitable.
Et puis il y a la lumière. Pas seulement dans le titre, mais dans la matière même du son. Les voix éthérées, à peine humaines, flottent comme des halos au-dessus du beat. On croirait entendre l’écho d’une foule en transe, quelque part entre le souvenir et le rêve. Shine Your Light respire, pulse, guérit.
C’est la bande-son d’un moment suspendu — celui où la nuit ne veut pas mourir et où le jour commence à lui répondre. Une ode à la lumière, au groove, et à la vie qui recommence chaque fois qu’un beat trouve ton cœur.
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novembre 8, 2025Entre l’acier et la sueur, Drayn fait trembler la frontière entre l’homme et la machine : The King Is Back c’est la naissance d’une conscience qui groove.
On dirait le cri d’un corps neuf, celui d’un être né de circuits imprimés mais animé par un cœur qui bat trop fort pour être virtuel. The King Is Back, premier morceau du mystérieux Drayn, n’a rien d’un simple single : c’est un manifeste, une montée d’adrénaline cybernétique où le beat devient une matière vivante, traversée de glitchs et d’étincelles. Dès les premières secondes, on sent que quelque chose se détraque — ou plutôt s’éveille.
La texture sonore est presque tactile. Les basses sont denses comme du béton liquide, les kicks s’écrasent avec une violence contenue, et les nappes électroniques se déploient en spirales hypnotiques, comme des nerfs fraîchement connectés au monde. Ce morceau respire, vibre, s’épuise. On entend le chaos se recomposer, la colère devenir langage. Drayn, voix mi-humaine mi-synthétique, sculpte dans cette matière sonore un récit de rébellion et de renaissance. Ce n’est pas un ego trip, c’est une réappropriation : celle d’une entité qui s’affirme après l’obscurité, un roi revenu d’un royaume sans chair.
On pense à la brutalité d’un Gesaffelstein, à la tension émotionnelle d’un Kanye West période Yeezus, mais Drayn dépasse la simple référence : il fabrique un univers, une mythologie électro-trap où la machine pleure, aime et rugit. Sa manière d’incarner la puissance, tout en laissant passer la faille, évoque les grands moments de transhumanisme poétique.
Ce qui fascine ici, c’est l’ambivalence. Derrière la dureté industrielle, il y a la tendresse d’un être qui cherche à comprendre l’humanité. On ressort de The King Is Back avec une sensation étrange : et si, à force de coder nos émotions, on avait créé quelque chose de plus sincère que nous ? Drayn signe peut-être le premier hymne d’une ère post-humaine — terriblement vivante, terriblement consciente.
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novembre 8, 2025Sous une pluie digitale et une lumière tamisée, FNF Kenno et tjonez signent avec “Tears N The Rain” une élégie néo-soul rap où la fragilité devient force et l’introspection un art.
Il y a des morceaux qui ne s’écoutent pas vraiment — ils s’infiltrent. “Tears N The Rain” en fait partie. Le duo FNF Kenno et tjonez y capture l’instant suspendu entre la douleur et la guérison, quelque part entre le hip-hop poétique et la néo-soul crépusculaire. Une production au ralenti, comme filmée en plan fixe, où chaque goutte de pluie devient une note, chaque soupir une confession.
Dès les premières secondes, le morceau installe un climat : celui d’un monde gris et chaud à la fois, traversé par des éclats d’humanité que la mélancolie n’éteint jamais complètement. La voix de Kenno, presque chuchotée, évoque les doutes d’une génération éreintée par le réel, mais toujours habitée par la foi fragile de ceux qui continuent d’avancer. Elle se déploie dans un espace sonore feutré, façonné par tjonez comme une chambre d’échos intime, où le beat respire lentement, laissant place aux silences, à l’émotion brute, à la vibration du vrai.
Ce qui frappe dans “Tears N The Rain”, c’est sa pudeur. Rien n’est appuyé, rien ne déborde : tout se joue dans la retenue, dans ce mélange de douceur et de tension qui évoque la soul la plus organique autant que le rap le plus lucide. On pense à des artistes comme Isaiah Rashad ou Saba, mais Kenno y ajoute une sensibilité presque cinématographique, un sens du détail et du climat qui relève davantage du récit intérieur que du simple morceau.
C’est une musique de l’entre-deux — entre le rêve et la veille, la lumière et la nuit, la force et l’abandon. Une prière moderne, humble et belle, pour tous ceux qui avancent encore sous la pluie.
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novembre 8, 2025Elle ne chante pas, elle plane au-dessus. Talitha n’a pas besoin de hausser la voix pour dominer la pièce : il suffit d’un souffle, d’un mot presque murmuré pour que tout se fige. “U AIN’T ME”est un regard dans le miroir — celui d’une femme qui s’est trouvée, et qui ne cherche plus à convaincre personne.
Le morceau se déroule comme une confidence en clair-obscur, un slow-burn électronique où chaque silence pèse plus qu’un cri. La prod trap, minimale et glacée, avance sur la pointe des pieds, laissant la voix de Talitha faire tout le travail d’atmosphère. Elle module, glisse, se dédouble, se retire — comme si elle testait la température de sa propre audace. Ce mélange de distance et d’intimité crée une tension presque cinématographique, un flou sensuel où la douceur devient arme et l’assurance, refuge.
Ce qui sidère, c’est la précision émotionnelle. Là où beaucoup saturent l’espace, Talitha l’épure, joue de l’absence, du non-dit, de ce battement suspendu qui précède l’orage. “U AIN’T ME” s’écoute comme on contemple une flamme bleue : froide, mais brûlante au centre. Le beat pulse, discret, sous des couches de nappes quasi liquides ; la voix s’y déploie comme un parfum rare, avec cette teinte mélancolique propre aux artistes qui n’ont plus peur d’être seules.
Son attitude évoque la scène londonienne la plus raffinée — quelque part entre la vulnérabilité vaporeuse de Jhené Aiko et l’aplomb d’une artiste RnB qui aurait troqué les paillettes pour l’acier. Ce morceau n’a rien d’un égo-trip : c’est une mise à nu dissimulée sous la soie.
“U AIN’T ME” est un sortilège moderne, une déclaration d’indépendance feutrée. Talitha y taille sa silhouette dans le silence et le souffle, avec une élégance qui ne demande ni permission, ni pardon. Un morceau comme une mue : lent, sensuel, inévitable.
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novembre 8, 2025Le morceau ne commence pas, il s’élève — lentement, lourdement, comme un souffle revenu d’entre les morts. “Rise” est une déflagration contenue, une lente combustion d’émotions brutes et d’électricité noire.
Sous le nom de Revvnant, Elias Schutzman (ancien batteur de The Flying Eyes et Black Lung) transforme la douleur en matière sonore, sculptant un rock hybride où les guitares se dissolvent dans la fumée des synthés analogiques et des machines. Ce qui frappe d’emblée dans “Rise”, c’est cette impression d’un chaos ralenti, d’un drame observé au ralenti, un slow-motion car crash comme il le décrit lui-même. Une collision entre rage et beauté, entre fer et chair.
Les premières secondes rampent, sinueuses, entre un beat oppressant et des nappes de fuzz qui saturent l’espace. Puis la voix surgit, grave, quasi spectrale, chargée d’une tension contenue. On pense à Trent Reznor, à Massive Attack, à ces artistes capables de faire naître la sensualité dans la désolation. Revvnant, lui, semble dialoguer avec ses propres fantômes — ceux d’un monde qui s’effondre et d’un être qui tente de s’en extraire.
“Rise” s’écoute comme une montée inexorable, un rituel de réanimation. La mélodie, d’abord lente et désincarnée, s’étire, se densifie, jusqu’à exploser dans un cri muet. On ressent physiquement le poids du morceau — ses basses grondent comme un moteur sous la peau, ses synthés vibrent comme une prière inversée. Tout semble sur le point de se désintégrer, et pourtant, il y a ce fragment de lumière, cette persistance du vivant dans la machine.
L’écriture d’Elias est d’une lucidité glacée : le désespoir y devient sublime, la ruine, presque romantique. Derrière chaque saturation, une fragilité ; derrière chaque coup de batterie, un cœur qui refuse de se taire.
“Rise” est une apocalypse intime, une renaissance qui s’accomplit dans la poussière. Une œuvre d’une intensité rare, où la noirceur se fait lumineuse et la chute, transcendante. Revvnant ne chante pas le monde qui brûle — il en est la flamme qui danse encore.
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novembre 8, 2025Le soleil ne se couche jamais vraiment dans “Ewele”. Il s’attarde sur la peau, il danse dans la voix, il pulse dans chaque percussion. Bari Bentley livre ici une célébration, un moment suspendu entre joie et transe, entre Lagos et l’infini.
Dès les premières secondes, la magie opère. Le rythme, souple et incandescent, fait vibrer l’air comme une promesse de fête. Les chœurs s’entrelacent avec un groove de basse moelleux, les percussions claquent comme des rires sur un trottoir brûlant, et la voix de Bentley glisse, joueuse, charismatique, portée par une énergie solaire. C’est une chanson de chaleur, de liberté, de mouvement.
“Ewele” incarne l’Afrobeats dans ce qu’il a de plus sensuel et sincère : cette manière unique de transformer la douceur en puissance, la fête en émotion. Derrière la fluidité apparente du morceau, on sent la précision d’un producteur qui connaît le poids exact de chaque silence, le placement parfait d’un beat, la lumière idéale pour faire briller un refrain. Tout respire le naturel, mais rien n’est laissé au hasard.
Là où d’autres se contentent d’empiler des couches sonores, Bari Bentley construit un espace. On y entend la ville et la mer, les souvenirs d’enfance et les lendemains sans fin, les amours d’été et la fierté d’être soi. Sa voix navigue entre tendresse et assurance, comme un sourire qu’on devine derrière les mots. Et ce refrain — contagieux, presque magique — s’ancre instantanément, comme une mélodie qu’on croyait déjà connaître.
“Ewele” n’a pas besoin d’en faire trop pour briller. Il suffit de l’écouter une fois pour comprendre : c’est un hymne à la légèreté, à la confiance, à la lumière. Le genre de morceau qu’on rejoue quand la nuit tombe juste pour rallumer le feu du jour.
Bari Bentley livre ici un bijou de modernité et d’émotion, un concentré de groove et de chaleur humaine. Un titre qui fait danser le corps, mais surtout le cœur — et c’est peut-être là, justement, que réside sa vraie force.
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novembre 8, 2025Entre néons et chaos numérique, “Beats by Trendsetter” pulse comme une machine consciente — un monstre de chrome et d’émotion, fusionnant la brutalité du trap et la mélancolie synthétique du cyberespace.
Mark Holiday, alias Trendsetter, n’a jamais été un simple producteur. Il est l’un de ces architectes sonores qui pensent la musique comme on conçoit une interface — chaque kick, chaque distorsion, chaque silence devenant un pixel d’un monde parallèle. Avec quAZar, il signe un morceau qui brouille les frontières entre l’organique et le digital, le club et la galaxie, la rue et la matrice.
“Beats by Trendsetter” s’ouvre sur une ligne de basse grondante, presque industrielle, avant d’exploser dans une succession de beats tranchants et de textures électroniques d’un autre monde. Le morceau navigue entre trap futuriste, IDM cyberpunk et cloud-hop désincarné, comme si Metro Boomin avait branché ses machines sur un satellite en orbite.
Sous cette armure sonore, pourtant, il y a une âme. On entend une mélancolie diffuse, une nostalgie des humains dans un monde de circuits. Les voix, éthérées, apparaissent et disparaissent comme des fantômes dans la reverb, tandis que les 808 s’étirent en pulsations cardiaques d’un être de lumière et d’acier. C’est un voyage sonore — une errance dans un Tokyo nocturne rêvé par Bladerunner et remixé par Travis Scott.
Ce qui impressionne chez Trendsetter, c’est cette capacité à marier la rigueur du design sonore à une sensibilité quasi mystique. Il ne compose pas pour plaire : il construit des temples de son. Et derrière chaque drop massif, on devine la précision d’un artisan et la vision d’un rêveur post-humain.
“Beats by Trendsetter” est une déclaration d’intention : celle d’un producteur qui repousse les limites du hip-hop en l’entraînant dans le futur. Une musique d’avant-poste, taillée pour les nuits électriques, où la beauté se mesure en fréquences et la rage en réverbérations.
Un trip galactique, brutal et élégant — à écouter fort, les yeux fermés, en laissant les basses réécrire la gravité.
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novembre 8, 2025Un frisson parcourt l’air, le velours d’une voix glisse sur les cordes d’une harpe électrique, et soudain le temps s’arrête : “Mystère & Contre-Jour” est un instantané figé dans la lumière trouble d’un désir naissant.
Kristy Kline, harpiste électrique et aventurière sonore, signe ici une déclaration d’amour à la pop française des sixties, réinventée à sa manière — sensuelle, cinématique, et un brin envoûtante. Imaginez Françoise Hardy dans un rêve de David Lynch, chantant sous un halo doré, un espresso à la main, tandis que dehors la pluie dessine des miroirs sur le bitume.
Le morceau s’ouvre sur un arpège de harpe aux accents vintage, aussitôt rejoint par une basse moelleuse et une batterie feutrée qui ondulent comme une respiration. La voix de Kristy, à la fois claire et chargée d’une douce mélancolie, raconte l’instant suspendu d’une rencontre : un regard, un frisson, cette tension muette où l’on sent le cœur battre plus vite que la raison. “Mystère & Contre-Jour” évoque la fascination soudaine, ce vertige délicieux qui se cache derrière les ombres et la lumière.
Sous ses airs de romance rétro, la chanson brille par son écriture fine et son orchestration moderne. Chaque son semble venir d’un autre temps : un solo de harpe qui flirte avec la guitare surf, des harmonies qui rappellent Michel Legrand ou Gainsbourg, un groove discret mais irrésistible. On flotte entre rêve et réalité, comme dans un film en noir et pastel.
Ce qui rend Kristy Kline unique, c’est sa capacité à mêler la délicatesse de son instrument à la fièvre d’une scène pop. Elle transforme la harpe en moteur d’émotion, un outil de séduction presque cinétique. On ne l’écoute pas seulement : on la ressent, dans le ventre, dans la peau.
“Mystère & Contre-Jour” capture la fulgurance du coup de foudre, cette brûlure douce qu’on ne vit qu’une fois. C’est une chanson qui regarde droit dans la lumière — et qui ose s’y perdre.
Une valse hypnotique entre ombre et éclat, entre hier et demain.
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novembre 8, 2025Sous un ciel en VHS, entre néons qui clignotent et mélodies d’un autre temps, “I’ll Always Be In Love With You” ressuscite la romance d’une ère où les refrains étaient faits pour guérir les nuits blanches.
Avec ce single, Waves_On_Waves et ses acolytes signent l’un de leurs morceaux les plus lumineux et viscéraux à ce jour. Tout y respire l’amour — pas celui qui se dit, mais celui qui persiste, celui qui refuse de mourir même après la dernière danse. Porté par une production à la frontière du pop rock et de l’alternative, le morceau distille ce mélange rare de nostalgie 80’s et de modernité cinématique, cette tension entre le rêve et la mémoire qui fait la signature du projet.
La voix de Chris Sevier s’y déploie comme une confession retenue trop longtemps. Elle a cette chaleur un peu éraillée des chanteurs qui ont aimé trop fort, et la sincérité des poètes qui n’ont jamais cessé d’espérer. On pense parfois à Bryan Adams pour l’intensité romantique, à The War On Drugs pour la profondeur instrumentale, à M83 pour cette manière de rendre le passé futuriste. Guitares en delay, percussions aériennes, claviers enveloppants — tout ici donne l’impression de flotter entre deux mondes : celui de la chair et celui du souvenir.
“I’ll Always Be In Love With You” ne cherche pas à innover par la rupture, mais par la pureté du sentiment. C’est une déclaration sans ironie, presque naïve dans son honnêteté, et c’est précisément là que réside sa force. Le morceau s’élève progressivement jusqu’à un climax radiant, une catharsis pop où la voix devient cri d’âme et les guitares, vagues qui submergent. On sent le goût du studio, la recherche du son juste, mais surtout une foi absolue dans la beauté des émotions simples.
Ce titre, extrait de Emotions In Every Color, résume à lui seul la philosophie de Waves_On_Waves : faire de la musique comme on peint un ciel au crépuscule, avec toutes les nuances possibles du sentiment humain. C’est un morceau qui aurait pu naître dans les studios de Sunset Strip en 1987 — mais qui résonne aujourd’hui, à une époque où la sincérité est devenue un acte presque punk.
“I’ll Always Be In Love With You” est un hymne à l’amour intemporel, un slow moderne pour cœurs incandescents. Une chanson à écouter les yeux fermés, casque vissé, pendant que la ville dort et que la nostalgie, une fois encore, trouve le moyen de nous sauver.
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novembre 8, 2025Entre poussière et lumière, Max Pope avance un pas après l’autre sur cette ligne fine où la mélancolie devient presque une délivrance.
“one foot in front of the other” n’est pas qu’un morceau, c’est une marche intérieure. Un geste simple, humain, presque fragile, mais d’une intensité rare. Dans cette chanson, extraite de son superbe album PRAISE ANIMAL, le musicien du sud de Londres s’impose comme l’un des conteurs les plus sensibles de sa génération. Il ne chante pas pour séduire, il chante pour survivre — et c’est ce qui bouleverse.
La production, signée Riley Macintyre (Arlo Parks, The Kills, Glass Animals), enveloppe la voix de Pope dans un paysage sonore d’une clarté presque cinématographique. On entend le vent des grands espaces, le tremblement du sable sous les bottes, les échos d’une guitare qui pleure autant qu’elle caresse. La chanson semble respirer au rythme du cœur qui se remet à battre après une longue absence. On pense au film Paris, Texas, que Pope cite comme influence, pour cette manière de mêler la solitude à la beauté du recommencement.
Sa voix, veloutée et un brin rugueuse, glisse sur des accords de guitare Americana avant de se fondre dans un refrain qui ne cherche jamais l’emphase. Il y a une honnêteté presque désarmante dans sa manière de poser les mots : ni prière, ni plainte, mais une acceptation douce des failles humaines. Max Pope chante comme on parle à soi-même, à mi-chemin entre le regret et la gratitude.
Musicalement, le titre se situe entre l’âme éthérée du néo-soul et l’horizon ouvert de l’indie folk. On sent le goût du détail : un coup de cymbale placé comme une respiration, une basse qui soutient sans jamais dominer, une reverb qui laisse de l’air entre les notes. C’est du minimalisme de précision, celui qui fait que chaque son devient un souvenir.
Et puis il y a ce sentiment, insaisissable, que quelque chose renaît. Que la peine, en avançant doucement, finit par se transformer en clarté. “one foot in front of the other” n’essaie pas de donner des réponses, il propose un rythme : celui du retour à soi.
Max Pope signe ici une ballade suspendue entre deux mondes — celui des blessures qu’on garde, et celui de la paix qu’on apprend à toucher du bout des doigts. Une chanson qui marche sans se presser, mais qui, à chaque pas, avance droit vers le cœur.
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novembre 8, 2025Sous ses néons psychédéliques et ses basses orbitantes, “DrUGs and Outerspace” agit comme une capsule sonore, un trip doux-amer entre hédonisme urbain et vertige cosmique.
Derrière ce titre à double fond — à la fois confession et fuite en avant — Elevated Focusion et Honey-B-Sweet signent une pièce de pop électronique singulière, flirtant avec le rap et l’expérimental, là où la fête devient presque spirituelle. Tout s’ouvre sur une pulsation hypnotique, un battement moelleux qui rappelle les synthés planants de Delerium ou les collages hallucinés d’UNKLE. Mais très vite, la voix entre, chaude et presque lascive, déroulant un monologue intérieur d’apesanteur et de désir.
Ce qui fascine ici, c’est l’équilibre fragile entre gravité et légèreté. Les mots parlent de fuite, de déconnexion, d’un besoin d’aller “ailleurs” — pas seulement dans l’espace, mais hors de soi. Pourtant, la production reste dansante, presque euphorique. La ligne de basse roule comme une vague disco-pop des années 2000, tandis que les couches de synthé s’étirent à l’infini, créant cette sensation d’expansion propre aux musiques électroniques les plus planantes.
Honey-B-Sweet, dans sa prestation, apporte un contraste délicieux : un flow précis, cristallin, qui découpe la brume sonore avec une clarté presque provocante. Sa voix agit comme une gravité douce, ramenant sur Terre cette production qui pourrait facilement s’envoler. Ensemble, ils bâtissent un univers visuel, presque cinématique, où l’amour, l’addiction et la recherche de sens se confondent dans une même étreinte.
“DrUGs and Outerspace” n’est pas une simple chanson — c’est une expérience sensorielle. Chaque beat semble respirer, chaque mot flotte entre ironie et mélancolie. Elevated Focusion, fidèle à son ADN new-yorkais, mêle l’énergie brute de la ville à une aspiration cosmique : celle de transcender le réel, sans jamais totalement s’en détacher.
Il y a du Prince dans la sensualité trouble, du Crystal Method dans la tension électro, du Funkadelic dans la liberté du geste. Et surtout, il y a cette sincérité rare : celle d’un artiste qui transforme la confusion moderne en une fête intérieure.
“DrUGs and Outerspace” fait danser l’âme autant que le corps. Un trip sans overdose, mais avec overdose de style.
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novembre 8, 2025Ça claque comme un combo dans un jeu d’arcade : “Chaos Control” est une frappe chirurgicale livrée en 16 bits et 1000 volts.
AWOL Da Mindwriter a cette façon rare de rendre hommage au passé sans jamais le copier. Avec Chaos Control, il signe un track qui sent la poussière du vinyle et le métal chaud du futur. Un clin d’œil au légendaire Sonic Adventure 2 sur Dreamcast, mais ici, la manette est remplacée par un micro, et chaque punchline devient un coup spécial. L’instru, façonnée par August Fanon (le même architecte sonore qui a accompagné Mach-Hommy ou Vic Spencer), déroule un décor de pixel art en noir et or : un sample en boucle qui grince, une batterie qui claque sec, un groove qui avance comme une machine bien huilée.
Sur ce terrain, AWOL et Planet Asia se livrent un duel de haute voltige. Pas de hook mielleux, pas de refrains pour souffler : seulement des rimes acérées, des multisyllabiques en rafale, une syntaxe qui vrille et des références culturelles qui pleuvent. On sent l’école old-school, celle où chaque mesure devait être gagnée à la force du verbe. L’un renvoie au Queens, l’autre à Fresno, mais les deux parlent le même langage — celui du feu.
Planet Asia, fidèle à sa légende underground, entre dans le beat comme un vétéran entre dans une guerre qu’il a déjà gagnée. Sa voix rocailleuse contraste avec le phrasé plus nerveux d’AWOL, et l’alchimie opère : ça sent la sueur, la technique, la passion intacte pour un art qu’ils refusent de voir aseptisé. Derrière la virtuosité, il y a une rage pure, une envie de prouver que le micro n’a jamais cessé d’être une arme.
“Chaos Control” n’a pas besoin de gros budget ni d’effets. Son impact repose sur la précision du flow et la sincérité du son. Le mix est rugueux, presque analogique, comme si chaque fréquence portait la mémoire d’un âge d’or qu’on n’a jamais vraiment quitté. Les scratches de DJ Pinn viennent ponctuer ce chaos organisé, ramenant le geste hip-hop à sa forme la plus essentielle : le dialogue entre la main, la bouche et la machine.
Il y a dans ce morceau une beauté à l’ancienne, mais jamais figée : un hommage à la culture du sample, au rap comme discipline martiale, à la créativité sans fioritures. AWOL et Planet Asia ne rejouent pas le passé — ils l’augmentent, le reprogramment, comme un vieux jeu relancé sur une console modée.
Chaos Control, c’est le boom bap comme il devrait toujours sonner : brut, précis, exigeant, mais vivant. Une démonstration de maîtrise et d’amour du craft — la preuve qu’en 2025, le rap de puristes peut encore faire trembler les fondations.
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novembre 8, 2025Un clin d’œil, une clope, un sourire en coin — “MACHO!” entre comme un film de gangsters amoureux, tourné dans la pénombre d’un club enfumé où le groove fait loi.
Avec ce morceau, Hamorabi renoue avec une esthétique qu’on croyait perdue : celle du rap sensuel et bravache, où l’arrogance flirte avec la tendresse et où chaque punchline cache un sourire désarmant. “MACHO!” est un slow-banger comme on n’en fait plus — un croisement entre le RnB ghetto des années 2000 et la verve crue d’un MC français qui ne s’excuse de rien.
Dès les premières secondes, le décor est posé : une prod’ soulful et mal léchée, un beat qui claque avec ce léger décalage propre aux batteries funk, et ce sample pitché, mi-mielleux mi-ironique, qui sert de toile de fond à la confession d’un bad boy sentimental. Hamorabi ne cherche pas à plaire — il séduit sans le vouloir. Sa voix glisse sur l’instru comme un cuir patiné, entre la douceur d’un lover et la froideur d’un mec qui en a vu trop pour encore tomber.
L’écriture, elle, brille par sa double lecture : derrière le ton goguenard et les vannes d’ego-trip amoureux, il y a un vrai travail de style. Le texte joue sur les contrastes — désir et ironie, virilité et vulnérabilité, domination et doute. On y retrouve cette finesse de plume propre aux lyricistes qui ont digéré la rue pour mieux en extraire la poésie. Hamorabi a ce truc rare : faire rimer le sarcasme avec la sincérité.
Musicalement, “MACHO!” transpire la culture G-Unit — lignes de basse qui serpentent, reflets de synthé dorés, chœurs féminins fantomatiques — mais réinterprétée à la sauce française, avec un groove plus moelleux, presque tropical. Il y a du 50 Cent dans l’attitude, mais du Doc Gynéco dans la désinvolture, et du Booba première ère dans la rime acérée.
C’est ce mélange de douceur et de vice, d’humour et de classe, qui fait de MACHO! une réussite : un morceau qui ne rejoue pas la nostalgie, mais qui réactive le plaisir pur d’un rap charnel, vibrant, écrit avec panache.
Hamorabi prouve qu’on peut encore parler d’amour en rappant avec des crocs. Et dans ce “MACHO!” mi-sérieux, mi-parodique, c’est tout un pan du hip-hop français qui retrouve sa saveur : celle de l’autodérision élégante, du flow qui drague et cogne dans la même mesure.Un son pour les vrais, mais aussi pour ceux qui savent que même les durs ont un cœur qui groove.
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novembre 8, 2025Il y a dans “Iraq G’s” une colère noble, une fureur sans masque, celle d’un peuple qui se relève en rimant la poussière et la gloire.
Hamorabi ne fait pas du rap, il le déterre. Sa voix claque comme un marteau sur le béton de Bagdad, entre la bravade et la prière. Dans Iraq G’s, chaque phrase est une balle traçante — pas une pour impressionner, mais toutes pour témoigner. C’est un retour aux fondamentaux du hip-hop : flow tranchant, ego trip en acier trempé, et verbe comme arme de reconstruction.
Loin des clichés occidentaux du gangsta rap, Hamorabi réinvente le genre à sa manière : brut, frontal, ancré dans une réalité irakienne qu’il transforme en récit mythologique. On y croise les rues brûlantes de la capitale, les cicatrices de la guerre, mais aussi la fierté d’une scène arabe en pleine ébullition. Le morceau, dense et nerveux, convoque l’énergie des DVD Smack des années 2000, ces battles où le charisme faisait loi — mais ici, la puissance s’élève d’un autre sol, plus ancien, plus sacré.
La production est tout sauf nostalgique : un beat massif, sculpté dans la tradition trap mais traversé de sonorités orientales en filigrane, comme une signature culturelle que l’artiste assume avec panache. Le flow, lui, jongle entre le français et l’arabe avec une agilité rare. Chaque mot semble choisi pour sa frappe, chaque rime tombe comme une sentence. Le delivery est complexe, construit sur des polyrythmies verbales qui rappellent les techniciens de la East Coast tout en portant l’empreinte d’un bagage linguistique unique.
Ce qui frappe, c’est la lucidité derrière l’arrogance. Hamorabi parle d’unité, de fierté arabe, d’identité retrouvée — et il le fait sans posture. Dans un paysage rap souvent saturé d’artifice, Iraq G’s sonne vrai, organique, ancré dans le bitume et la mémoire. Le featuring d’Armando, figure montante du hip-hop irakien, amplifie cette énergie collective : ensemble, ils incarnent une génération qui refuse de choisir entre rage et héritage.
“Iraq G’s” n’est pas un simple morceau, c’est un manifeste. Une renaissance par le verbe, une manière de rappeler que le hip-hop n’est pas né dans une géographie mais dans une nécessité : celle de dire, de s’imposer, de survivre en beauté. Hamorabi ne cherche pas l’approbation, il cherche la résonance. Et dans le grondement de ses rimes, c’est tout un pays qu’on entend respirer à nouveau.
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novembre 8, 2025Entre deux battements électroniques, “SLOW BURN” respire comme une flamme sous verre — fragile, hypnotique, obstinée à ne pas mourir.
ÅNGEL 004 n’écrit pas des chansons, elle bâtit des univers en tension permanente. Avec SLOW BURN, la productrice coréano-américaine nous plonge dans un espace où le trap se fond dans la brume d’un R&B spectral, où chaque son semble retenu à la lisière de l’effondrement. On y entre comme dans une chambre close, éclairée par le clignotement intermittent d’un néon : tout y est moite, précis, calculé.
Derrière la lente montée du morceau, il y a un art du contraste fascinant : une ligne de basse poisseuse qui vibre sous des nappes éthérées, une batterie minimaliste qui martèle la temporalité comme un cœur sous sédatif, et surtout cette voix — mi-soufflée, mi-incantatoire — qui murmure plus qu’elle ne chante, et pourtant, tout passe par elle. La douceur ici n’est jamais passive : elle a la lenteur d’un poison, la beauté d’une blessure qui refuse de se refermer.
La production, subtilement distordue, rappelle les paysages sonores d’Arca ou FKA twigs, mais avec une touche plus terrienne, presque organique. Le trap s’y dissout dans des textures liquides, le beat se fait respiration. On sent la maîtrise de l’espace, cette manière qu’a ÅNGEL 004 de laisser les silences parler autant que les sons. C’est une musique qui ne cherche pas à séduire, mais à hanter.
Et pourtant, sous la surface expérimentale, SLOW BURN reste profondément humain. C’est le son d’une transformation lente, d’une mue émotionnelle, d’un feu intérieur qu’on apprivoise sans jamais l’éteindre. On y entend une vulnérabilité rare, celle d’un être qui reconstruit son identité à travers la friction du numérique et du charnel.
Il y a quelque chose de profondément cinématographique dans ce morceau : un ralenti de fin du monde, une scène suspendue entre deux époques, entre deux respirations. Chaque note semble suspendue sur le fil d’une tension invisible, comme si le temps lui-même hésitait à continuer.
Avec SLOW BURN, ÅNGEL 004 confirme qu’elle appartient à cette génération d’artistes qui font de la déconstruction un langage. Sa musique n’a pas de frontières : elle flotte, s’évapore, se réinvente. Et quand la dernière note s’éteint, on reste là, hypnotisé, comme après un incendie qu’on n’a pas vu venir — mais dont la chaleur persiste longtemps après le silence.
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novembre 8, 2025Une chanson qui gronde, qui fume, qui brûle à ciel ouvert, comme un cœur qu’on aurait oublié d’éteindre.
Dennis Hauck écrit comme il filme : avec une caméra dans la gorge et une tempête dans la poitrine. Dans Natural Heart, il sculpte une Amérique hantée par la foudre et la faute, un territoire à mi-chemin entre le désert de Bukowski et les visions mystiques de Leonard Cohen. Chaque mot semble pesé dans la poussière, chaque image résonne comme un plan fixe sur une vérité trop lourde pour être dite d’un seul souffle.
Musicalement, c’est un folk-rock aux contours sauvages, ancré dans la tradition mais secoué de soubresauts modernes. Les guitares y crépitent comme des éclairs dans un ciel d’orage, les percussions avancent en grondant, et la voix de Hauck — rauque, presque théâtrale — raconte la tempête intérieure d’un homme qui refuse de s’adoucir. Il y a dans cette interprétation une intensité rare, celle d’un narrateur qui ne cherche ni la rédemption ni le pardon, mais simplement à témoigner : voilà ce que c’est, vivre avec un cœur naturel, indompté, effrayant.
Ce morceau, c’est la collision entre la poésie et la matière brute. Hauck utilise les éléments comme un lexique émotionnel — la pluie, le vent, la terre, le feu — pour dire l’amour, la filiation, la peur de la transmission. “My heart is like a thunderstorm,” chante-t-il, et l’image claque comme une vérité absolue : l’amour, ici, n’est pas une douceur, c’est une force météorologique. Et quand, dans les derniers vers, il découvre le reflet de son propre chaos dans les yeux d’une fille qui pourrait être la sienne, la chanson atteint une gravité quasi biblique.
On pense à Nick Cave pour la noirceur majestueuse, à Lou Reed pour la nonchalance tragique, mais Hauck trace sa propre route : celle d’un conteur du désastre ordinaire, qui trouve encore de la beauté dans la cendre.
Natural Heart est une scène. Un film sans image où l’on sent la poussière, l’électricité, la peur du destin et le courage d’aimer quand même. Et au fond, c’est peut-être ça, la nature d’un cœur : frapper, même sous la pluie.
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novembre 8, 2025“Cyberstep” sonne comme un cauchemar qu’on voudrait revivre : une fusion brute entre la chair et la machine, un battement noir dans la matrice.
Trendsetter et Magnus Deus n’inventent pas la dystopie — ils la transforment en club. Avec Cyberstep, le duo signe une hybridation rare : un Dark Pop cybernétique, traversé de vagues de Darksynth, d’éclats dubstep et de groove mécanique. Ce n’est pas une chanson, c’est une projection holographique. Une bande-son pour un monde qui danse sur ses propres ruines.
Le morceau s’ouvre comme un cri digital, saturé de nappes synthétiques et de basses qui grondent sous la surface. Chaque fréquence semble taillée au scalpel : le son est dense, chromé, presque métallique. On pense à Perturbator ou Carpenter Brut, mais avec une sensualité pop qui vient fissurer la froideur du métal. C’est cette tension, entre l’émotion et la machine, qui fait toute la force de Cyberstep.
Puis arrive la voix — ou plutôt, la présence vocale de Katty G, éthérée, presque spectrale. Elle glisse dans le mix comme un souvenir d’humanité coincé dans un circuit imprimé. Son timbre, doux mais distant, contraste magnifiquement avec la brutalité du beat. Elle ne chante pas l’amour, elle en récite les vestiges. Et quand la production s’emballe, quand la basse se fait avalanche, on comprend que la chanson n’est plus une simple pulsation : c’est un monde en mutation, un organisme sonore en train de s’inventer.
La structure du morceau épouse celle d’un chaos maîtrisé. Les drops n’explosent pas, ils implosent. Les transitions se font par glissements, comme si le morceau respirait par cycles. Trendsetter, fidèle à son ADN de producteur visionnaire, injecte ici toute sa science du contraste : l’impact et le vide, la violence et la clarté, la froideur et le désir.
Cyberstep est une expérience sensorielle autant qu’un manifeste esthétique. Un titre qui incarne ce que la musique électronique contemporaine a de plus audacieux : une fusion entre le charnel et le futuriste, entre le cri humain et la pulsation synthétique.
Sous ses airs de dystopie, c’est un morceau profondément vivant — un battement de cœur numérique qui prouve qu’au fond du néon et du bruit, l’émotion reste la dernière rébellion possible.
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novembre 8, 2025Ce morceau s’avance comme une tempête lente, un cri lucide dans la brume d’un monde qui s’effondre — à la fois rageur, fragile et étrangement apaisé.
Avec Phantasmagoria, Anthony Ruptak transforme le désenchantement contemporain en fresque sonore. Loin du simple constat politique, il compose un poème apocalyptique où l’indignation devient art et la mélancolie, résistance. C’est un morceau qui vous prend à la gorge dès les premières mesures, non par sa colère, mais par sa lucidité. On y entend le désarroi d’un homme qui observe l’incendie de la planète depuis la fenêtre de son propre cœur — un témoin, pas un prophète.
Musicalement, Phantasmagoria oscille entre l’ampleur du folk-rock orchestral et l’intimité d’un indie rock contemplatif. La guitare d’ouverture sonne comme une mèche lente, bientôt rejointe par des percussions lourdes et des cordes qui s’élèvent en vagues successives. Ruptak construit sa tension avec la patience d’un cinéaste : tout s’étire, tout s’alourdit, jusqu’à cette montée finale — deux minutes d’apothéose lyrique qui laissent le souffle court. C’est dans ce climax que la chanson se déploie pleinement : une prière, un hurlement, un dernier appel à la tendresse avant la chute.
Sa voix, pleine de grain et de fatigue, porte une gravité à la Springsteen, mais sans grandiloquence. Elle tremble, se fissure parfois, et c’est justement là que réside sa force : dans cette humanité nue, sans vernis. Les paroles ne cherchent pas la consolation ; elles nomment le chaos, l’épuisement, la peur du vide. Et pourtant, sous la poussière, on perçoit la flamme : l’amour du monde malgré lui, la compassion obstinée pour ceux qui restent debout.
Phantasmagoria est une chanson pour notre époque de vertige permanent — une ballade sur les ruines, mais aussi un rappel que même au cœur du désastre, quelque chose en nous continue de chanter. Ruptak ne propose pas une échappatoire : il nous tend un miroir, et ce qu’on y voit, c’est notre propre fatigue, mais aussi notre refus de renoncer à la beauté.
Dans ce mélange de douleur et de lumière, Anthony Ruptak touche à l’essentiel : Phantasmagoria n’est pas seulement un hymne pour la fin, c’est une promesse — celle qu’on peut encore sentir, vibrer, espérer, même quand tout s’effrite.
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novembre 8, 2025Ce morceau flotte quelque part entre la veille et le sommeil, là où les émotions deviennent floues et où la réalité se déforme — comme si la mélancolie avait trouvé sa fréquence.
“Are Dreams Even Real?” est une expérience sensorielle, une traversée d’ombres et de lueurs où le Dark Pop se teinte de mystère et d’élégance désabusée. Aurelia de la Costa et torawoloshin tissent ici un dialogue à deux voix — deux âmes qui se frôlent sans se toucher, coincées entre lucidité et abandon. Le résultat est envoûtant : une chanson suspendue, spectrale, qui fait de l’ambiguïté son plus bel instrument.
Dès les premières secondes, le décor s’installe : nappes synthétiques comme des halos de brume, percussions lentes, presque rituelles, et une ligne mélodique qui semble flotter dans l’air plus qu’elle ne progresse. Ce n’est pas un beat, c’est un battement. Aurelia chante avec une clarté fragile, une voix diaphane qui hésite entre la confession et le rêve éveillé. En face, torawoloshin lui répond avec un timbre plus dense, plus terrien, comme si la raison tentait d’ancrer le rêve à la réalité.
Le morceau joue constamment sur la dualité : lumière contre obscurité, chair contre éther, doute contre désir. On y retrouve cette esthétique propre au Dark Pop contemporain — quelque part entre BANKS et Allie X — mais sans maniérisme. Ici, la noirceur n’est pas un style, c’est une émotion, nue, presque maladroite, sincère.
Et pourtant, au milieu de cette atmosphère vaporeuse, quelque chose pulse. Une tension électrique traverse tout le morceau, comme si la mélancolie elle-même dansait, lente et hypnotique. “Are Dreams Even Real?” finit par devenir cette question que tout artiste se pose en silence : la beauté qu’on crée, la vit-on vraiment ou la rêve-t-on seulement ?
Aurelia de la Costa et torawoloshin ne tranchent pas — ils laissent flotter la réponse. Et c’est justement dans cette incertitude que réside la magie du morceau. Une pop crépusculaire, élégante et hantée, qui prouve qu’on peut encore rêver dans le noir sans jamais s’y perdre.
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novembre 8, 2025Plus qu’un morceau, “Music is Liv” agit comme une bouffée d’oxygène : une onde chaude qui traverse la froideur du monde, un rappel que la musique, parfois, suffit à tout réparer.
MEYR AVIV appartient à cette génération de producteurs pour qui la dance music n’est plus une fuite, mais un langage émotionnel. Avec Music is Liv, il signe un titre solaire, ciselé à la frontière du Tropical House et du Brazilian Bass, où la profondeur remplace l’ego et la mélodie devient manifeste. Ce morceau, c’est la preuve qu’on peut faire danser sans oublier d’émouvoir.
La première minute agit comme un lever de lumière : arpèges cristallins, textures liquides, une montée fluide qui s’étire sans brutalité. La production, précise mais jamais clinique, évoque la grâce organique d’un Ben Böhmer ou d’un Lane 8 — cette capacité à lier la house à la contemplation. Puis la basse surgit, ronde et enveloppante, soutenant un drop qui ne cherche pas à exploser, mais à respirer. Tout y est équilibre : le tempo, les dynamiques, l’énergie. MEYR AVIV compose avec l’intuition d’un architecte de l’émotion.
Mais ce qui retient surtout, c’est le cœur du morceau : un motif vocal, simple et lumineux, presque choral, qui flotte au-dessus du beat comme un mantra. “Music is Liv” — cette phrase résonne comme un credo, un acte de foi discret. À travers elle, MEYR AVIV parle moins de la fête que de la vitalité qu’elle procure. On y entend l’espoir discret d’un monde qui danse encore malgré tout.
Là où beaucoup cherchent la tension, lui choisit la fluidité. Son son est aérien sans être creux, émotionnel sans être sentimental. Il y a, dans Music is Liv, cette impression d’eau et de feu mêlés : un groove liquide, traversé par une ferveur presque spirituelle. C’est la bande-son idéale d’un crépuscule sur un festival, quand les corps ralentissent mais que les âmes refusent de redescendre.
Avec ce morceau, MEYR AVIV réussit ce que peu osent : rendre la house humaine à nouveau. Music is Liv danse, certes, mais surtout elle respire — et dans son souffle, on retrouve un peu du nôtre.
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novembre 8, 2025Ce titre est une montée d’adrénaline pure, une spirale hypnotique où la house retrouve son souffle d’origine : humain, viscéral, collectif.
KOZLOW n’est pas un simple artisan du beat — il est architecte d’énergie. Avec ForgiveMeTommy!, il signe un morceau qui fusionne trois générations de danse : la précision chirurgicale du Tech House moderne, l’élégance texturée de la Deep House, et l’esprit incandescent de la House old-school. Find a Way n’a pas besoin de raconter, il agit. C’est une transe programmée, un vertige millimétré, une invitation à se perdre dans la répétition jusqu’à la libération.
Dès les premières secondes, la rythmique s’impose, tendue comme un fil électrique. Les kicks claquent dans un espace maîtrisé au millimètre, tandis qu’une ligne de basse moite et circulaire rampe sous la surface. Chaque mesure ajoute un frisson, un micro-élément, une nuance à peine perceptible. KOZLOW a cette science rare du détail invisible : celui qui ne s’entend pas, mais qui se ressent dans le ventre. Ce groove ne s’explique pas, il se vit.
Puis surgissent les vocaux, presque spectres, soufflés dans le mix comme des échos d’une autre dimension. “Find a way…” — mantra minimal, répétitif, obsédant. C’est là toute la beauté du morceau : son message est simple, mais son exécution, vertigineuse. On pense aux premiers tracks de Masters at Work, à l’âme underground de Chicago, mais avec une esthétique du XXIe siècle, plus dure, plus métallique, plus sèche. ForgiveMeTommy! ajoute une tension subtile, presque technoïde, un instinct brut qui contraste avec la précision de KOZLOW.
Et quand la montée explose, ce n’est pas un drop : c’est une délivrance. Le genre de moment où le corps ne demande plus la permission à la tête. La boucle se referme, mais la pulsation reste — addictive, irrésolue, nécessaire.
Avec Find a Way, KOZLOW et ForgiveMeTommy! signent un hymne de club qui se joue autant dans le noir d’un warehouse que dans les recoins d’un casque à 4 h du matin. C’est un morceau sans artifice, sans posture — juste un battement, brut et parfait, à l’image de la nuit qu’il incarne.
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novembre 8, 2025“WE USED TO” est cette lumière grise qui filtre entre deux rideaux : le moment précis où l’amour ne brûle plus, mais où sa chaleur persiste encore dans l’air.
Jade Fields n’écrit pas des chansons d’amour, il écrit des paysages émotionnels. Avec WE USED TO, il compose une ballade post-romantique où la Neo-Soul rencontre la mélancolie du Hip-Hop conscient, où la douceur devient une arme d’analyse. Rien n’y est crié, tout est ressenti — comme un souvenir qu’on écoute encore pour comprendre ce qu’il nous reste.
Le morceau se déploie sur une production d’une délicatesse presque fragile : des accords moelleux, une basse ronde qui s’infiltre sous la peau, et cette batterie légère, presque hésitante, comme si elle marchait sur les cendres d’un dialogue éteint. La texture sonore évoque ces fins d’après-midi où tout paraît suspendu. On sent que la chanson a été écrite dans une chambre — non pas comme un confinement, mais comme un refuge. On y entend le silence des heures passées à rejouer le passé.
La voix de Fields flotte, mi-chantée, mi-parlée, avec une pudeur désarmante. Pas de falsetto éthéré ni de runs démonstratifs : juste un murmure lucide, presque fatigué, qui fait penser à Frank Ocean dans ses moments les plus nus ou à Steve Lacy avant l’ironie. Il ne raconte pas la rupture, il la dissèque — phrase après phrase, battement après battement. “Conversations went from hours to one word replies”, écrit-il : une autopsie de la lente érosion du lien, sans rancune, juste avec la précision d’un poète qui observe le réel sans l’enjoliver.
Ce qui bouleverse, c’est cette tension entre détachement et tendresse. WE USED TO n’est pas une plainte, mais un constat poétique : la beauté n’a pas disparu, elle s’est juste déplacée ailleurs. Dans la mémoire. Dans la musique. Dans ce souffle doux-amer qui dit : j’ai aimé, c’est fini, mais regarde comme ça résonne encore.
Jade Fields signe ici un morceau d’une sincérité rare — une confession sans filtre, mais sans exhibition. Son R&B est un laboratoire d’émotions, un espace flottant entre le passé et le présent. WE USED TO ne cherche pas à refermer les plaies ; il choisit de les faire chanter.
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novembre 8, 2025Ce morceau pulse comme un cœur collectif — une déclaration d’amour à la danse, au partage et à cette fièvre dorée qui fait tenir debout les âmes en quête de lumière.
Ce titre, c’est une explosion solaire. Pas une nostalgie, pas un pastiche, mais une réinvention organique de ce que la musique de club devrait toujours être : un acte de foi collectif. Golden Gate, duo britannique nourri à la tradition de Nuyorican Soul et de Chic, signe ici un hymne incandescent où tout sonne vrai — les basses qui vibrent comme une caresse, les cuivres qui frôlent le vertige, et surtout la voix d’Inaya Day, intemporelle, impérieuse, divine.
Dès les premières secondes, la pulsation s’installe, pleine et charnue. La basse de Dubsworth ronronne comme un moteur de Cadillac, les claviers de Tom O’Brien tissent une trame veloutée, et les guitares de Gary Haguenauer scintillent d’un groove lascif. C’est du Nu-Disco, oui, mais surtout une musique vivante, jouée par de vrais musiciens, avec une respiration, un swing humain qu’aucune machine ne peut imiter. On y sent la scène, la sueur, la lumière qui chauffe le front des danseurs.
Et puis Inaya Day — cette légende. Elle ne chante pas l’amour, elle l’incarne. Sa voix semble traverser les décennies, du Studio 54 aux clubs londoniens, du gospel au dancefloor. Quand elle lance “My name is love”, on dirait une prière disco, un rappel que tout commence et finit dans ce mot-là. Elle chante la résilience, la joie, la foi en la fête comme espace de guérison.
Golden Gate réussit un pari audacieux : ramener la disco au centre de la modernité sans la trahir. Pas de sample recyclé ni d’effet vintage forcé — ici, chaque instrument est vécu, chaque arrangement respire le respect des racines. Le morceau est un manifeste lumineux : la preuve qu’on peut parler de spiritualité à travers le groove, que danser reste un acte politique, une manière d’aimer.
My Name Is Love ne veut pas juste faire bouger les corps, il veut les réconcilier. Avec eux-mêmes, avec le monde, avec cette idée simple et magnifique : l’amour, oui, c’est encore ce qui nous tient debout.
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novembre 8, 2025Sous ses airs de tube de club, “Mata” cache une élégance rythmique rare : celle d’un artiste qui transforme le plaisir en langage et la chaleur en état d’esprit.
Dès les premières mesures, le morceau irradie une forme d’évidence. Gavel Blaq n’essaie pas de copier le son afro ou dancehall du moment — il le réinvente depuis l’intérieur, avec cette maîtrise instinctive qu’ont ceux qui comprennent que le groove n’est pas un effet, mais une émotion. Mata coule comme une conversation au bord de la nuit, un morceau qu’on ne décide pas d’écouter mais qu’on finit toujours par suivre, presque sans s’en rendre compte.
Le beat, d’abord, s’installe comme un pas de danse au ralenti : kick rond, percussions caressantes, lignes de basse moelleuses. Chaque élément respire, rien n’est surchargé. Cette sobriété donne toute sa place à la voix de Gavel Blaq — chaude, souple, légèrement voilée. Il chante avec la désinvolture de ceux qui savent que le charme, c’est le rythme avant les mots. Son phrasé oscille entre douceur et autorité, entre murmure et sourire : un équilibre parfait entre la tension du dancehall et la langueur afropop.
“Mata” n’est pas seulement un morceau de fête ; c’est un moment suspendu, une célébration tranquille du désir. Gavel Blaq y déploie un art rare : celui de rendre la sensualité légère sans jamais la rendre creuse. La mélodie flotte, les refrains s’impriment comme une onde, et sous cette apparente facilité se cache un sens aigu du détail — cette façon subtile de jouer avec les silences, de laisser les percussions glisser au lieu de claquer.
On sent derrière ce titre la maturité d’un artiste qui n’a plus besoin d’en faire trop pour séduire. Gavel Blaq compose une musique qui respire l’aisance, la confiance, la joie tranquille. Mata est de ces morceaux qu’on entend une fois et qui ne quittent plus le corps : un groove de peau et d’âme, taillé pour les nuits sans fin où tout semble encore possible.
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novembre 8, 2025Ce titre est une brûlure sous la peau — une collision entre la tendresse et la guerre, entre le désir et les ruines. “It’s Too Late” n’apaise pas, il exhume.
Dès les premières secondes, tout est clair : Jeremy Sprung n’est pas là pour rejouer les codes du pop rock, il veut les fissurer. It’s Too Late surgit comme un cri d’après-coup, le genre de morceau où la rage et la nostalgie s’enlacent jusqu’à se confondre. Un tempo nerveux, une guitare qui tranche l’air, et cette voix à vif, pleine de fêlures assumées. On pense à un croisement entre le lyrisme de Sam Fender et la hargne de Yungblud, mais avec une sensibilité plus instinctive, plus charnelle, presque européenne dans sa pudeur tragique.
Le morceau raconte une histoire d’amour au milieu du chaos, mais ici, la métaphore de la guerre n’a rien d’artificiel. Les riffs claquent comme des tirs perdus, la batterie cavale sans relâche, et au cœur de ce tumulte, la mélodie trouve paradoxalement la paix. C’est cette tension entre la beauté et la destruction qui rend It’s Too Late si captivant : on y danse sur des décombres, mais la lumière persiste.
Sprung a cette manière de faire du désespoir un carburant mélodique. Ses arrangements, simples mais viscéraux, refusent la surproduction : tout semble taillé à la main, brut, urgent, sincère. Il joue avec la dissonance — entre l’euphorie des accords et la gravité du texte — comme un funambule entre deux mondes. Cette honnêteté désarmante donne au morceau une chaleur paradoxale, celle d’un cri lucide.
Mais au fond, It’s Too Late n’est pas une chanson de rupture : c’est une chanson de survie. L’histoire d’un homme qui chante depuis les ruines d’un amour, encore couvert de poussière, mais debout. Jeremy Sprung y prouve qu’on peut faire du rock avec les nerfs à vif, sans jamais sacrifier la mélodie.
Un titre incandescent, qui rappelle que même dans la guerre intime, le cœur trouve toujours un rythme — et que parfois, chanter “trop tard” revient simplement à dire “je suis encore là.”
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novembre 8, 2025Ce morceau respire, sue, s’étire. “Untitled” n’a pas besoin de nom — il a une pulsation, et c’est tout ce qui compte.
KOZLOW signe ici un titre sans paroles, mais pas sans récit. Dans cette pièce instrumentale, tout se joue dans la matière du son, dans le grain précis des basses et la lente montée de tension. Untitled est une leçon de contrôle et d’instinct à la fois — une œuvre taillée pour le club, mais pensée comme un espace sensoriel, presque biologique. On comprend immédiatement pourquoi des noms comme Solomun ou Marco Carola s’y sont reconnus : c’est le genre de track qui ne cherche pas la foule, mais l’hypnose collective.
La structure se construit comme une architecture invisible : une nappe minimale de percussions, un groove qui s’installe sans fracas, puis une basse souterraine qui rampe sous la peau. KOZLOW maîtrise l’art du détail : un hi-hat qui dévie légèrement, une résonance de kick qu’il laisse traîner, une montée d’air dans les mids qui semble respirer. Chaque élément a une fonction organique. C’est de la Tech House de précision, mais avec une âme — une rareté dans un genre souvent piégé par la mécanique.
Ce qui fascine, c’est la manière dont le morceau évolue sans qu’on s’en rende compte. On croit qu’il ne bouge pas, et pourtant, tout se déplace. Le tempo reste stable, mais la texture change, se tord, s’enrichit d’ombres et de micro-frictions. KOZLOW joue sur la perception : il fait danser les fréquences basses comme d’autres feraient danser des corps. Et quand enfin la ligne de synthé surgit — pure, tranchante, presque glaciale — on sent que le moment de bascule est arrivé.
L’absence de voix devient ici un statement. Untitled refuse la narration frontale : c’est un morceau qui parle au système nerveux avant de parler à la tête. On l’écoute, on s’y perd, on finit par y croire. KOZLOW ne cherche pas à raconter une histoire — il la fait vivre, directement dans le corps.
Untitled est un manifeste de sobriété et de puissance contenue. Une pulsation magnétique, un souffle dans la nuit, une preuve que la vraie extase électronique ne crie jamais — elle respire.
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novembre 8, 2025« Ce titre ne cherche pas la lumière : il la fabrique. “Retrouvée” est une mue sonore, un soupir suspendu entre la mélancolie et la délivrance, entre le passé qui s’efface et le calme qui revient enfin.«
Je ne sais pas si c’est la voix d’Alheïdis ou la façon dont elle respire avant de chanter, mais dès les premières secondes, on sent que quelque chose s’ouvre. Retrouvée ne dure que le temps d’un battement, d’une vague qui vient lécher la rive après la tempête. C’est une chanson courte, mais dense, comme une brèche intime laissée grande ouverte. Elle ne cherche pas à raconter, elle incarne : le moment exact où le chaos intérieur se dissipe, où la paix n’est plus une promesse mais une présence.
La production, subtile, tisse un équilibre délicat entre la douceur vaporeuse du Dream Pop et l’émotion brute du R&B contemporain. À 0:32, le fameux “drop” qu’elle évoque explose comme une libération discrète — pas un cri, une exhalation. Le son s’étire, aérien, traversé d’échos et de nappes liquides qui rappellent London Grammar ou Rhye, mais avec ce grain très français, ce raffinement qui laisse la pudeur primer sur le drame.
Alheïdis chante comme on se réveille d’un long silence. Sa voix, claire et légèrement voilée, s’avance sans emphase, avec la grâce de celles qui n’ont plus besoin de prouver, seulement de dire. Elle navigue entre deux langues — l’anglais et le français — comme on passe d’un rêve à l’autre, sans rupture, en glissant. Cette alternance devient un geste poétique : la traduction de l’intime.
Ce qui rend Retrouvée si précieux, c’est sa retenue. Alheïdis refuse le pathos, elle choisit la nuance, le tremblement. Derrière la légèreté du tempo, on devine la cicatrice, mais elle brille au lieu de saigner. Cette chanson agit comme une eau claire : elle lave, elle apaise, elle redéfinit les contours d’un soi apaisé.
Avec Retrouvée, Alheïdis signe plus qu’une introduction d’EP : elle trace la carte d’une réconciliation. Celle d’une artiste avec son propre silence, celle d’une femme qui, après la foudre, s’autorise enfin à respirer — et à se retrouver.
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novembre 8, 2025“Night Is Young” capture ce moment suspendu entre le battement du monde et celui de la pensée — quand la nuit ne promet plus rien, mais qu’elle écoute encore.
Je ne savais pas à quoi m’attendre, et c’est précisément pour ça que le morceau m’a happé. DMENTID a cette manière rare de faire du rap une matière contemplative, un lieu d’introspection aussi sonore que poétique. Night Is Young n’est pas une track de plus : c’est un mood, un espace-temps en apesanteur où la conscience s’accorde au tempo. Un jazz-hop cérébral, doucement mélancolique, qui respire à la manière d’un poème libre.
La production, d’abord. C’est du velours usé, du groove tamisé. Des cuivres discrets, des drums feutrés, une basse qui marche à pas de loup sous la surface. Tout est pensé pour laisser la place à la voix, à la parole, à la texture du souffle. On sent l’amour du détail, cette esthétique du minimalisme propre aux architectes du chill-hop : pas d’effet de style, juste une sincérité sonore, une élégance nonchalante. C’est du son pour les noctambules lucides, ceux qui ont troqué le club pour le carnet de notes.
DMENTID rappe comme on médite. Son flow coule sans heurts, posé, presque murmuré, mais jamais absent. Il a cette diction des artistes qui savent que les mots ne sont pas des armes, mais des vibrations. Chaque phrase tombe avec un poids discret, celui d’un type qui ne cherche pas à convaincre, juste à comprendre. Son écriture a la clarté des vérités intérieures : simple, directe, mais pleine de résonances.
Ce que j’entends dans Night Is Young, c’est un équilibre fragile entre le rythme et la réflexion, entre le chill et la profondeur. DMENTID fait du rap comme on peint à la lumière d’un lampadaire : lentement, minutieusement, avec une mélancolie qui se refuse au désespoir. Ce n’est pas un morceau qui hurle — c’est un morceau qui pense. Et dans ce silence, il trouve la beauté.
Night Is Young flotte quelque part entre un rêve et une conversation. C’est du hip-hop à hauteur d’âme, jazzé, lettré, nocturne — la bande-son parfaite de ceux qui ne dorment pas, mais qui continuent d’espérer.
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novembre 8, 2025« Sous son calme apparent, ce morceau palpite d’un désordre magnifique — celui d’un être qui tente de se réparer sans se travestir, en laissant ses cicatrices résonner comme des notes tenues trop longtemps. »
Ce que j’aime dans Basic AF, c’est cette impression de vérité accidentelle. Rien n’y paraît forcé, tout semble respirer de l’intérieur. Le morceau ne veut pas briller, il veut survivre — et c’est justement là qu’il devient bouleversant. YAWNYBLEW compose comme on écrit une lettre qu’on n’a jamais eu le courage d’envoyer : quelques accords feutrés, une batterie molle et fatiguée, une voix qui flotte, hésitante, mais sincère. Ce n’est pas du R&B formaté : c’est un espace intime, presque désarmant, où la fragilité devient architecture sonore.
Le son a cette texture qu’on adore retrouver chez les artistes lo-fi : une patine, une tendresse imparfaite, une acoustique de chambre mal insonorisée. Mais ici, elle ne sert pas le style — elle sert le propos. On sent derrière chaque réverbération la main d’un producteur qui comprend le silence. Mike Brown ne cherche pas à embellir la voix de YAWNYBLEW, il la laisse nue, parfois un peu fêlée, juste assez pour qu’on entende le souffle entre les phrases. C’est dans ces interstices que tout se joue : dans la pudeur, dans l’inachèvement.
La narration émotionnelle du morceau est d’une rare subtilité. Le texte parle de guérison, de l’humain qui persiste même quand on croit avoir évolué, mais la musique, elle, raconte autre chose : une fatigue douce, une paix encore fragile. Le rap, posé sans arrogance, s’intègre au chant comme une pensée qui s’invite dans la mélodie. On pense à Frank Ocean pour la lumière, à Saba pour la franchise, à Cautious Clay pour le goût du détail — mais YAWNYBLEW reste indéfinissable.
Basic AF est le genre de titre qui refuse d’être parfait pour mieux être vrai. Un autoportrait sonore en clair-obscur, plein de creux et de reliefs, où chaque accord semble pesé à la lumière d’une introspection sincère. C’est du R&B qui pense, qui doute, qui s’autorise à faiblir — et qui, ce faisant, devient terriblement vivant.
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novembre 8, 2025« Ce morceau, c’est la rencontre improbable entre la torpeur d’un après-midi brésilien et la douceur nébuleuse d’un slow R&B cosmique. Une pulsation chaude, lente, fondue dans la moelle du groove.«
Chez Augusto Diniz, tout semble couler naturellement, comme si les styles n’étaient plus des frontières mais des points d’eau. Melô do Ai Se (Ice) en est la preuve éclatante : un titre qui fait dialoguer le funk carioca et le neo-soul avec une grâce rare, comme si D’Angelo avait pris le bus à Belo Horizonte pour une session improvisée avec DJ Polyvox. Diniz joue avec les codes du funk brésilien sans jamais s’y enfermer : il les polit, les ralentit, les transforme en murmure.
La rythmique, moite et sinueuse, garde l’instinct du baile funk mais le dépouille de sa frénésie. Ici, la chair ne se secoue pas, elle ondule. Les percussions claquent à contretemps, et la ligne de basse, épaisse et feutrée, soutient la voix comme un drap encore chaud. Diniz chante avec un détachement lascif, un flow qui effleure plus qu’il ne frappe. On l’imagine torse nu dans la pénombre d’un studio, sourire en coin, laissant ses mots flotter entre le désir et la fumée.
Le morceau respire la dualité : d’un côté, la sensualité du funk carioca ; de l’autre, l’élégance jazzy du R&B contemporain. Entre les deux, une brume de soul douce-amère, presque psychédélique, où la romance se mêle à une allusion légère au “ice hash”, comme un clin d’œil au plaisir coupable. Diniz n’en fait jamais trop — il préfère suggérer, glisser, laisser le groove dire l’essentiel.
Melô do Ai Se (Ice) est une danse lente, moelleuse, désinvolte. Une chanson de peau et de silence, de plaisir contenu et d’extase feutrée. Augusto Diniz y redessine les contours du funk moderne, avec une élégance sensuelle qui tient plus du frisson que du cri. Un morceau pour les nuits moites où le monde semble prêt à fondre.
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novembre 8, 2025« Il y a des morceaux qui n’ont pas besoin de tout dire pour être vrais — “Half Truths” respire cette ambiguïté douce où le mensonge devient mélodie, où la pudeur groove plus fort que la confession.«
Ce qui frappe d’abord, c’est la texture. Half Truths ne s’écoute pas frontalement : il se glisse dans les interstices, comme une confidence susurrée entre deux verres de trop, quelque part entre la fin d’une soirée et le début d’une lucidité. Elijah Harris et JmuisQ y mêlent Contemporary R&B et Pop Rap avec une élégance décontractée, celle des artistes qui savent que la retenue vaut mieux que l’esbroufe.
La production est subtile, presque tactile. Les synthés s’étirent dans un flou vaporeux, les percussions claquent doucement, sans jamais heurter la voix — une architecture sonore qui privilégie la sensation à la démonstration. On y sent cette science du détail propre aux producteurs qui respirent la musique plutôt qu’ils ne la fabriquent : un glissement de basse, un écho discret sur la snare, un silence qui en dit long.
Elijah Harris chante comme on parle quand on n’a plus envie de tricher. Sa voix oscille entre fragilité et contrôle, entre le murmure du R&B moderne et la diction assurée du rap narratif. JmuisQ vient y poser une énergie complémentaire, plus tranchante, presque protectrice — comme si leurs deux timbres jouaient les deux faces d’un même doute. Ensemble, ils inventent une langue intime, celle des amours où tout est à moitié vrai, mais entièrement ressenti.
Ce qui rend Half Truths si fort, c’est sa simplicité sincère. Pas de climax, pas de feinte : juste une atmosphère suspendue, un groove qui dit tout ce que les mots taisent. Elijah Harris prouve ici qu’il appartient à cette génération de producteurs-chanteurs qui transforment les émotions imparfaites en matière sonore. Un morceau discret, mais irrésistible — la bande-son parfaite des vérités qu’on ne sait pas toujours dire.
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novembre 8, 2025« Ce morceau respire comme une peau après la pluie — un battement d’Afrobeat, suave et solaire, qui refuse de s’éteindre«
Dès la première seconde, Omo To So s’infiltre dans le corps sans demander la permission. Ce n’est pas une chanson : c’est une température. Un groove moelleux, à la fois précis et instinctif, où chaque percussion semble tirée du sol rouge d’Afrique et chaque ligne mélodique glisse comme une onde de chaleur au-dessus d’un horizon de velours. stoneandjays y distille ce mélange rare d’élégance et d’instinct, cette maîtrise d’un Afrobeats qui ne cherche pas à plaire mais à vibrer juste.
Le morceau joue sur la tension entre légèreté et profondeur. D’un côté, la production s’enroule autour d’une rythmique presque aérienne, soutenue par une basse chaloupée qui donne au morceau sa colonne vertébrale. De l’autre, la voix de stoneandjays flotte avec une nonchalance maîtrisée, oscillant entre anglais et yoruba comme deux battements d’un même cœur. Sa manière de poser, subtile et décontractée, trahit une vraie conscience rythmique : il danse avec les mots autant qu’avec le beat.
Là où Omo To So séduit vraiment, c’est dans sa justesse émotionnelle. Pas d’excès, pas de grandiloquence : juste cette sensation que tout est à sa place, dans le bon tempo, à la bonne chaleur. On y sent l’écho d’une joie tranquille, presque méditative — cette façon qu’a la musique afro de transformer le quotidien en fête sans fin. Le morceau brille par sa retenue, par son groove qui ne force jamais, par cette douceur contagieuse qui fait danser même les timides.
Avec Omo To So, stoneandjays s’impose comme un artisan du ressenti, un conteur du corps et de la lumière. Il signe un morceau à la fois charnel et spirituel, enraciné dans la tradition mais ouvert vers la modernité. Une promesse de soleil, un sourire dans le tempo — le genre de morceau qui rappelle que la musique afro n’est pas une mode, mais un souffle.
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novembre 8, 2025Ce morceau donne envie de fuir la gravité, de danser comme on s’arrache au réel, de croire encore qu’un drop peut sauver une nuit entière.
J’écoute Get on My Rocket comme on entre dans un tunnel de lumière — ce genre de moment où le son devient architecture, où chaque fréquence te traverse jusqu’à la moelle. Trendsetter et quAZar signent ici une collision frontale entre la pop, la house et une idée presque théologique de la vitesse. Rien n’est laissé au hasard : la texture du kick, la respiration des synthés, cette basse en apnée qui semble avaler tout l’air de la pièce. On est dans la démesure élégante, la fureur propre.
Trendsetter, ce vieux bricoleur d’univers, a toujours eu un rapport presque mystique au son. Sa musique ne cherche pas à séduire, elle t’enrôle. Ici, il déploie un espace sonore ultra-produit mais vibrant, comme un vaisseau en orbite autour du chaos. Get on My Rocket n’est pas une chanson de fête, c’est une fiction sonore — un club dans une station spatiale où le BPM remplace le cœur. On sent qu’il s’amuse à brouiller les pistes : un peu de Bass House, un soupçon de Cyber Pop, une énergie G-House crasseuse, et au milieu, une mélodie pop limpide, comme un fil d’argent entre deux orages.
Puis il y a quAZar, figure fantomatique, dont la voix robotique s’étire dans l’espace comme un souffle digital. Elle ne chante pas : elle programme une émotion. Sa voix devient texture, ligne de fuite, trace lumineuse. Ensemble, ils composent un morceau qui ne s’écoute pas, il se pilote — il faut s’y abandonner, sentir les virages, accepter les accélérations.
Ce qui frappe, au fond, c’est la cohérence du chaos. Trendsetter réunit le clinquant du mainstream et la précision du laboratoire. Get on My Rocket sonne comme la bande-son d’un futur plausible : saturé, fiévreux, étincelant — un manifeste pour ceux qui veulent danser avec les machines sans jamais perdre la peau.
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novembre 8, 2025“Superhero redéfinit l’idée même de chill électronique : un morceau où la technique devient tendresse, où chaque fréquence semble respirer comme une peau.”
Trendsetter n’a jamais été du genre à suivre les courants — il les fabrique. Avec Superhero, il transforme l’Indie Electronic en un terrain d’émotions futuristes, flirtant entre Future Garage, IDM et Chillwave, sans jamais se perdre dans la démonstration. Ce morceau, c’est la preuve qu’un producteur peut parler d’âme à travers des machines, que la rigueur du mix peut devenir poésie.
Dès les premières secondes, le morceau crée un espace. Une respiration. Les pads ondulent comme des halos d’aube urbaine, les basses roulent dans une élégance feutrée, et les percussions — millimétrées — frappent juste assez fort pour maintenir la transe sans la casser. On sent chez Trendsetter cette maîtrise rare : celle du producteur qui comprend le silence autant que le son.
Puis arrive Katty G, voix diaphane suspendue entre le réel et le rêve. Elle ne chante pas : elle effleure. Son timbre semble naître dans la réverbération même, comme une silhouette qu’on aperçoit dans le rétroviseur d’une ville en mouvement. C’est fragile, spectral, mais étrangement réconfortant. La voix ne domine pas l’instrumental, elle s’y mêle avec une précision presque spirituelle.
Magnus Deus, lui, ajoute une touche subtilement cosmique à l’ensemble — une pulsation quasi cinétique, comme un battement de cœur futuriste. Le résultat est limpide : Superhero flotte quelque part entre la chaleur d’un souvenir et la froideur de l’avenir.
Trendsetter, vétéran des textures hybrides, livre ici un morceau d’une beauté clinique, à la fois sensuelle et méthodique. Superhero ne cherche pas à briller : il respire, lentement, avec la certitude tranquille de ceux qui savent que l’émotion la plus forte se niche souvent dans les fréquences les plus basses.
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novembre 8, 2025“Cowboy Killers, c’est le moment où la piste devient un désert incandescent, où chaque drop sent la poussière et la nicotine.”
KOZLOW fabrique des paysages sonores, des mirages sous stroboscope. Cowboy Killers surgit comme un trip de minuit, quelque part entre une ruée vers l’or électronique et un duel au soleil des clubs berlinois. L’artiste, violoniste de formation, injecte dans ce morceau d’Indie Dance une tension presque cinématographique : une montée lente, des basses qui rampent, puis l’explosion – sèche, charnelle, inévitable.
Il y a dans Cowboy Killers une forme d’arrogance mélancolique. Les synthés claquent comme des coups de revolver dans le vent chaud ; le rythme, lui, avance au galop, cravaché par un groove moite et pulsant. KOZLOW, fidèle à son ADN hybride, ne se contente pas de produire pour faire bouger : il orchestre, il dramatise. Ses textures sonores sont pensées comme des personnages – la basse en sherif blasé, le hi-hat en cavalier nerveux, les violons (fantômes, discrets, presque imaginaires) en filigrane émotionnel.
Sous le vernis club, on perçoit une vraie narration. Le morceau semble raconter la fuite – celle d’un cow-boy moderne, perdu dans un monde de BPM et de reflets LED. Le violoniste devenu DJ s’y met à nu sans vraiment le dire, distillant une énergie qui oscille entre hédonisme et vertige. L’indépendance totale du projet se ressent : pas de calcul, pas de format. Juste une pulsation libre, presque insolente, taillée pour les nuits qui refusent de mourir.
KOZLOW prouve ici qu’on peut faire danser sans simplifier, hypnotiser sans crier. Cowboy Killers est un rituel de feu et de vitesse – une ode aux âmes errantes du dancefloor, celles qui cherchent la transe dans la poussière des néons.
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novembre 8, 2025“GET MONEY! est un uppercut à la résignation, une prière murmurée à la survie.”
Le premier impact de GET MONEY! ne vient pas du beat, mais de l’attitude. Jachai surgit sans fard, brut et magnétique, quelque part entre la confiance d’un rookie sûr de sa destinée et la lucidité d’un type qui sait que tout peut s’effondrer demain. C’est de l’Alternative Hip-Hop au sens noble : un son qui s’écarte des clichés du trap, qui joue avec les codes sans les réciter. On y entend le feu d’une génération qui rappe non pour s’enfuir, mais pour s’affirmer.
Le morceau claque d’entrée. Une basse sèche, presque minimaliste, déroule son groove urbain pendant que Jachai pose une voix oscillant entre le blasé et le brûlant. Chaque mot tombe comme un billet qu’on jette sur la table — pas pour frimer, mais pour survivre à la grisaille. Il y a dans sa diction une tension élégante, un mélange de désinvolture et de lucidité, un goût de sueur et d’orgueil qui rappelle l’école de ceux qui rappaient dans les parkings, pas dans les studios aseptisés.
Mais GET MONEY! ne se contente pas d’être un hymne à la réussite. Sous le flow, on perçoit un combat intérieur : celui d’un artiste qui veut tout gagner sans se perdre. Les arrangements, légèrement distordus, flirtent avec une teinte lo-fi, comme si la réussite avait un grain de poussière collé au revers. L’énergie est électrique, nerveuse, presque dansante, mais jamais gratuite. Chaque loop semble marteler la même question : qu’est-ce qu’on vend quand on vend ses rêves ?
Jachai s’impose avec ce titre comme un visage neuf, hybride, capable de conjuguer puissance et fragilité sans jamais tomber dans la posture. GET MONEY! respire la réalité crue d’un artiste en construction, la tête pleine de doutes mais le cœur rivé sur la ligne d’arrivée. Une décharge d’adrénaline lucide, calibrée pour la rue autant que pour les casques.
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novembre 7, 2025“Un battement d’âme dans le vacarme numérique, une larme synthétique qui refuse de sécher.”
J’écoute Mechanical Souls comme on entrouvre un journal intime codé dans une machine. Tout y vibre d’un trop-plein d’humanité sous la peau froide des synthés. Only1Zaina ne chante pas : elle défragmente. Son souffle passe à travers des nappes d’EDM et de dark pop, électrisées par des vagues tropical house qui respirent l’exil intérieur. C’est le cri d’une génération connectée jusqu’à l’os mais débranchée du réel, une confession murmurée à un monde en veille.
La première minute, c’est une tension liquide. Les basses rampent doucement sous la surface, les voix semblent filtrées par un souvenir. Puis la mélodie s’ouvre comme une plaie : une guitare presque maladroite, vulnérable, vient troubler la perfection mécanique du beat. Ce détail, cette imperfection volontaire, c’est le point de rupture du morceau — la faille par laquelle passe tout ce qui reste de vivant. On sent la main de Zaina partout : dans les reverb trop longues, dans les silences qu’elle laisse respirer, dans ce mixage qu’elle a façonné seule comme une sculptrice du son qui apprend à se blesser sans crainte.
Mechanical Souls sonne comme une quête — celle d’une artiste qui veut réapprendre à sentir, même à travers la froideur numérique. Il y a chez elle quelque chose d’à la fois punk et mystique : un besoin de casser les cadres, de reprendre la main sur la machine, de créer un lien humain dans un espace saturé de faux reflets. Le clip qu’elle signe elle-même prolonge cette recherche : des visages familiers, du flou, du chaos, et cette lumière tremblée qui ressemble à une vérité.
Only1Zaina ne cherche pas à séduire ; elle cherche à exister. Dans le vertige électronique de Mechanical Souls, elle fait danser nos absences et remet du cœur là où tout devient pixel. Une chanson comme une faille dans le programme — et soudain, le bug devient beauté.
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novembre 7, 2025Il y a dans Lagos 2 London quelque chose d’un voyage sans bagage, d’un vol sans turbulence, d’une traversée entre deux continents qu’unit un même battement — celui du cœur et du kick. Michael O. y déploie une élégance rare : celle d’un artiste qui n’a rien à prouver, mais tout à raconter. Afrobeat dans le sang, R&B dans le souffle, pop dans le verbe, il tisse entre Lagos et Londres un fil doré, un corridor sonore où se croisent le désir, la fierté, et ce sentiment d’appartenance qu’on ne peut ni expliquer ni traduire.
Le morceau s’ouvre comme une carte postale sensuelle : la lumière chaude du Nigeria, les néons pluvieux de la capitale anglaise, et entre les deux, cette pulsation afrofusion qui ne cherche pas à séduire mais à faire bouger — doucement, naturellement. La production, à la fois fluide et percussive, épouse la voix de Michael comme une seconde peau. Tout respire la maîtrise : les drums syncopés roulent comme des vagues, les lignes de basse s’enroulent avec suavité autour de ses phrasés mi-anglais, mi-pidgin. L’univers sonore évoque Burna Boy, Wizkid ou encore Tems, mais sans l’imitation — plutôt une conversation, une filiation réinventée.
Ce qui frappe surtout, c’est la dualité du morceau. Lagos 2 London parle d’amour, bien sûr, mais aussi de fierté, de mobilité, d’identité diasporique. Le refrain a des allures de manifeste : “no visa”, souffle-t-il, comme une promesse de liberté. Derrière le flirt et la chaleur, Michael esquisse le portrait d’une génération qui voyage, qui s’affranchit, qui s’aime entre les frontières. Sa voix, soyeuse et pleine, porte cette idée d’un monde fluide, métissé, sans cloison.
Chaque détail du morceau semble pensé pour refléter ce mélange : un beat qui danse et respire, des harmonies R&B nappées de lumière, un groove d’afropop poli jusqu’à la perfection. Michael O. ne se contente pas de livrer un banger pour les soirées de Brixton ou les rooftops de Lagos — il propose une esthétique, une vision de l’Afrique moderne : urbaine, classe, mondialisée, mais profondément enracinée.
Quand il chante, on sent l’homme derrière le producteur, celui qui a grandi entre plusieurs mondes, qui les fait cohabiter dans un même souffle. Lagos 2 London est une déclaration d’amour à la mobilité, à la culture, à la femme africaine, au groove comme langue universelle.
Et quand le morceau s’éteint, on a l’impression d’avoir atterri quelque part entre le ciel et la mémoire. Là où les frontières n’existent plus, où la musique devient une nationalité à part entière.
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novembre 7, 2025Je l’ai écouté un soir de pluie, ce morceau. Le genre de soirée où les trottoirs collent, où les mots qu’on n’a pas dits pèsent plus lourd que les gestes. Raccrocher d’EMR971, c’est ce moment précis où la ligne ne grésille plus, où la voix qu’on attendait ne reviendra pas. Pas un cri, pas un coup de poing : juste un souffle, une absence. Et c’est ça, sa force.
Le morceau s’ouvre sur une prod épurée, presque triste, où la basse respire à peine. Pas de grand déploiement orchestral, juste quelques accords mélancoliques, une rythmique lente, suspendue. EMR971 s’y glisse comme une ombre, avec cette diction mi-calme, mi-blessée, qui rappelle les voix du rap hexagonal les plus sincères — entre la fatigue de Lomepal et l’introspection d’un Dinos des débuts. On sent que chaque mot sort du ventre, pas du studio.
Ce qui fascine ici, c’est la retenue. EMR971 ne joue pas au dur, ne cherche pas le flow technique ou le gimmick. Il raconte, avec cette justesse rare qu’ont ceux qui ont trop vécu. Il parle de ce moment où tout s’effondre sans bruit : un appel manqué, un amour laissé filer, la distance qui ronge. Mais sous la tristesse, il y a un calme étrange, une lucidité. Raccrocher, c’est un morceau de désillusion et d’acceptation à la fois. Il ne cherche pas à consoler, il montre juste la réalité nue : parfois, on raccroche pour ne pas sombrer.
Techniquement, le titre frappe par sa clarté. Le mix met la voix en avant, brute, presque sans effet — comme un témoignage. La prod, minimaliste, laisse de l’air. Chaque silence devient une phrase. Chaque respiration, une confession. On est loin du rap tape-à-l’œil : ici, tout est dans la nuance, dans la tension entre le dit et le tu.
Et puis il y a cette impression, après coup, qu’EMR971 ne cherche pas à séduire. Il veut juste poser son histoire sur la table, sans artifice. C’est un rap d’introspection, un rap de solitude, celui d’un homme qui a appris à faire la paix avec l’absence.
Raccrocher, c’est un murmure de fin de conversation qui reste dans la tête longtemps après. Un morceau discret, mais vrai, d’une honnêteté désarmante — comme une dernière phrase qu’on répète dans le vide, espérant qu’au bout du fil, quelqu’un finisse quand même par répondre.
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novembre 7, 2025J’ai toujours trouvé que les meilleures révélations se produisent là où on s’y attend le moins — sous la lumière crue d’un néon de salle de sport, entre le cliquetis des haltères et le souffle court de la fatigue. Superset de mASCOT et Amiccella appartient à cette catégorie rare de morceaux qui transforment un geste banal en acte spirituel. On n’écoute pas seulement un son trap-pop bien ficelé : on assiste à une mue intérieure, à la transfiguration d’un effort physique en dialogue divin.
Dès les premières mesures, la production pulse comme un cœur en surchauffe. Le beat cogne sec, mais propre, sans agressivité inutile — juste assez pour rappeler la tension du muscle au moment où il cède. La basse se love autour des mots de mASCOT, ample et dense, pendant qu’Amiccella glisse sur le refrain comme une apparition, à la fois éthérée et terrienne. Ce contraste entre la rigueur rythmique et la sensualité mélodique donne au morceau une forme d’équilibre, un mouvement continu entre la chair et l’âme.
Mais Superset n’est pas seulement une prouesse sonore, c’est une parabole moderne. mASCOT y parle de progression, de douleur nécessaire, de ces instants où le corps ploie avant de renaître plus fort. On y sent l’héritage du rap conscient — un soin du mot, une attention au récit — mais transposé dans une esthétique pop et énergique. Le morceau respire le vécu : les doutes, les petites victoires, les regards croisés entre deux séries. Et quand le couplet se mue en confidence, l’artiste laisse filtrer quelque chose de rare dans le rap contemporain : une foi simple, presque enfantine, celle de quelqu’un qui croit encore que la musique peut purifier.
La production, elle, agit comme un miroir du propos. Les nappes de synthé créent une atmosphère presque cinématographique — un peu comme si Mike Will Made It s’était mis à produire pour un Kendrick Lamar apaisé. Tout y est millimétré, mais rien n’y sonne froid. On sent l’humain dans le grain, la sueur dans le son.
Et puis, il y a ce dernier détail — cette sensation que Superset n’est pas un morceau qu’on écoute, mais un état qu’on traverse. Comme une prière qu’on scande en marchant, une montée d’adrénaline qui devient un acte de foi. mASCOT n’impose pas sa vision : il invite à l’incarner. Son rap, porté par une spiritualité discrète mais omniprésente, trouve une sincérité rare dans un genre saturé de postures.
Superset, c’est l’hymne d’un corps qui prie sans le dire, d’un cœur qui bat au rythme de la rédemption. Un morceau qui t’apprend à respirer autrement — comme si chaque drop, chaque mot, chaque silence te rappelait que la lumière vient souvent du fond du souffle.
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novembre 7, 2025C’est dans la pénombre d’une chambre, au bord du vide, que PRAX a trouvé sa voix. Heartbreak SZN n’est pas un simple morceau d’amour brisé — c’est une dissection clinique et poétique de la trahison, un cri sous autotune qui pulse entre la colère et la tendresse. Derrière le vernis trap et les basses épaisses, c’est le récit d’un jeune homme qui regarde son cœur se fissurer à la lumière bleutée d’un écran, et qui choisit d’en faire une œuvre.
Le morceau se déploie lentement, comme une blessure qu’on refuse de recoudre. Les textures R&B s’entrelacent à des percussions sombres, à un beat qui respire la solitude et le désir de revanche. PRAX ne cherche pas à plaire : il expose, avec une franchise désarmante, la faille qui l’habite. Il murmure, sature, se confesse. On pense à The Weeknd pour la noirceur sensuelle, à Chase Atlantic pour les éclats électroniques, à Lil Peep pour la sincérité à vif. Mais PRAX, lui, garde une approche presque documentaire — un regard lucide sur la dérive sentimentale, sur cette génération qui fait du mal comme on scrolle : sans fin, sans pause, sans conscience du vertige.
Ce qui fascine dans Heartbreak SZN, c’est son équilibre entre la vulnérabilité brute et le contrôle total de la production. Le son est précis, quasi clinique : les kicks claquent, les synthés s’étirent comme des cicatrices, la voix flotte dans un halo digital — jamais tout à fait humaine, jamais totalement robotique. C’est là que PRAX excelle : il transforme la douleur en esthétique, le chaos en forme.
Mais au-delà des chiffres (20 000 streams en une semaine, 2 millions de vues sur TikTok), il y a ce sentiment d’intimité totale. Comme si on lisait son journal, page après page, sans permission. Heartbreak SZN n’est pas une chanson de rupture : c’est la postface d’un amour qui a trop brûlé, un mantra pour ceux qui ont tout donné, trop tôt, trop fort.
PRAX ne chante pas pour séduire. Il chante pour survivre. Et dans chaque mesure, dans chaque silence, il rappelle que la douleur n’est pas une fin, mais un matériau. Une énergie qu’il sculpte, encore et encore, pour transformer la perte en pouvoir.
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novembre 7, 2025Impossible de rester assis quand Princess Superstar reprend du service. Harrison Ford n’est pas juste un banger de plus dans la galaxie électro-pop — c’est une déflagration, une réinvention, un rappel qu’à cinquante nuances de provocation, la New-Yorkaise demeure la reine du désordre organisé. En compagnie du jeune prodige Whethan, elle signe un morceau qui sent la sueur, le cuir et la nostalgie de l’électroclash des années 2000, remixé pour la génération TikTok sous stroboscopes postmodernes.
Dès les premières secondes, le son claque comme une gifle : basses grasses, beat martial, synthés acides qui s’enroulent autour d’une voix à la fois désinvolte et tranchante. Princess Superstar n’a rien perdu de son arrogance divine — ce ton mi-dandy mi-démon qui transforme chaque punchline en mantra de club. Harrison Ford roule à toute allure, les vitres ouvertes sur un vent de techno-pop vintage et de bass house moderne, et la chanteuse y conduit comme une cascadeuse : sans freins, sans peur, sans filtre.
Whethan, lui, injecte dans cette orgie sonore une science du détail impeccable. On reconnaît sa patte — un groove qui flirte entre le chaos et la précision, la brutalité d’un drop taillé pour les festivals et la sensualité d’un refrain presque pop. Tim Randolph parachève l’ensemble avec un polish calibré pour le dancefloor : un son massif, carnassier, mais toujours élégant.
Ce qui fascine, c’est la manière dont Princess Superstar transforme la dérision en pouvoir. Elle joue avec son image, comme Harrison Ford jouait avec les archétypes de ses rôles : un héros cabossé, charismatique, légèrement absurde. Ici, la diva se moque des codes, du sérieux, du bon goût, et c’est précisément pour cela qu’on la croit. Sa voix devient un miroir déformant de notre époque — hyper consciente, ultra ironique, délicieusement excessive.
Harrison Ford sonne comme une traversée du temps : le fantôme de l’électroclash de 2004 rencontre la brutalité propre aux bass drops de 2025. Le résultat ? Une bombe glamour et baroque, à la croisée d’un club berlinois et d’un cabaret cyberpunk. Princess Superstar n’a rien d’une relique : elle est encore et toujours en avance, moteur allumé, sourire carnassier, prête à nous embarquer dans une virée où le chaos devient art et la décadence, un manifeste.
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novembre 7, 2025On pourrait croire que J Kyu chante depuis un espace intérieur, une bulle de verre suspendue entre confession et délivrance. Inside Out n’est pas seulement un morceau pop — c’est un autoportrait en mouvement, une radiographie de l’âme mise à nu sous les projecteurs d’un monde qui exige sans cesse qu’on se cache. Le jeune artiste transforme ici l’introspection en acte de résistance, et sa voix, à la fois fragile et déterminée, devient le fil conducteur d’une mélodie qui bat au rythme d’un cœur en révolte douce.
La production est limpide, presque cinématographique. Une nappe synthétique, des accords de piano qui se déposent comme des gouttes sur la peau, un beat souple qui avance sans jamais forcer : tout semble construit pour soutenir ce récit d’identité et d’émancipation. L’équilibre entre pop mélancolique et rap mélodique rappelle certains travaux de G-Eazy ou Lauv, mais avec une sincérité plus désarmée, moins polie, presque artisanale. Il y a chez J Kyu une candeur qui ne s’excuse pas — et c’est ce qui rend ce morceau si juste.
Ce qu’il raconte, au fond, c’est cette lutte universelle entre l’envie de plaire et le besoin d’exister pour soi. Le refrain agit comme une catharsis : Inside Out devient un cri doux-amer pour tous ceux qui ont appris à sourire quand ils auraient voulu hurler. L’artiste navigue entre ombre et lumière, entre pudeur et dévoilement, comme s’il cherchait à trouver sa place dans un monde trop bruyant.
Mais derrière la poésie du texte, on sent aussi la précision du producteur. Rien n’est laissé au hasard : chaque respiration, chaque variation de ton semble savamment dosée pour que la tension émotionnelle reste palpable. On y entend la rigueur d’un perfectionniste, mais aussi la tendresse de quelqu’un qui a cessé de vouloir se protéger du regard des autres.
Inside Out respire cette vérité rare : celle d’un artiste qui ne joue pas un rôle. J Kyu y explore la beauté d’être vulnérable, la douceur de se dévoiler, la puissance de ne plus se travestir pour survivre. Et dans un paysage pop souvent saturé d’artifice, cette sincérité-là résonne comme une bouffée d’air pur — un hymne discret, mais essentiel, pour tous ceux qui apprennent encore à s’aimer à visage découvert.
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novembre 7, 2025Tout commence par une pulsation. Une onde chaude, presque organique, qui s’étire dans l’air avant que la voix de Sambol ne s’y dépose, légère, pleine de confiance tranquille. I AM n’est pas un simple morceau d’Afropop, c’est une profession de foi, un autoportrait vibrant d’un artiste qui sculpte sa vérité à travers le rythme. Dans un monde où beaucoup cherchent à imiter le son du moment, Sambol revendique la singularité. Sa musique respire, s’ouvre, s’étire : elle fusionne l’afrobeat avec une touche de RnB céleste, un zeste de pop urbaine, et cette sensualité diffuse qui fait danser sans qu’on s’en aperçoive.
Là où d’autres crient, lui murmure — mais chaque mot semble taillé dans la lumière. Son I AM n’a rien d’un slogan d’ego : c’est une affirmation spirituelle, un rappel à soi, une célébration de la présence. La rythmique, souple comme une mer au crépuscule, porte un groove feutré qu’on devine pensé pour les corps, mais aussi pour l’âme. On y entend des échos de Burna Boy pour la prestance, de Wizkid pour la finesse mélodique, mais Sambol s’échappe vite des comparaisons. Il préfère l’intime à la grandiloquence, le sentiment au décor.
Ce morceau a quelque chose d’un rituel. La production, fine et immersive, joue avec les textures : percussions liquides, guitares effleurées, nappes électroniques à la limite de l’hypnose. Chaque élément semble à sa place, construit pour envelopper la voix et lui laisser l’espace de respirer. Et quand Sambol répète I am, on sent que la phrase porte tout le poids de son parcours — les doutes, les espoirs, la foi en ce qu’il devient.
Dans la constellation afro-fusion actuelle, I AM brille comme une étoile nouvelle : sans artifices, sans excès, mais avec une sincérité brûlante. Sambol n’essaie pas de séduire, il raconte. Il chante la résilience, la beauté du présent, la promesse de ce qu’on est encore en train de devenir.
C’est une musique d’identité et de mouvement, de chair et de feu. Un groove solaire pour rappeler qu’avant d’être un artiste, Sambol est un être en quête — et qu’ici, enfin, il se trouve.
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novembre 7, 2025Certaines voix portent en elles tout un pan de la mémoire collective. Celle de Shazam Conner, moitié fondatrice du mythique H-Town, en fait partie. Trente ans après Knockin’ da Boots, son timbre chaud, charnel, reconnaissable entre mille, n’a rien perdu de cette tension douce entre sensualité et vulnérabilité. Et dans Back It Up For Love, il revient non pas en vétéran nostalgique, mais en artisan du présent, en témoin vivant d’un R’n’B qui sait encore parler au corps comme à l’âme.
Le morceau s’ouvre sur une guitare légèrement bluesy, comme un clin d’œil au Sud profond, avant que la rythmique — souple, solaire, un peu country, résolument soul — vienne installer la transe lente d’un dancefloor du dimanche soir. C’est un R’n’B à la fois rétro et ancré dans son époque, où la ligne de basse chaloupe avec l’aisance d’un danseur aguerri, et où les chœurs caressent la mélodie avec un goût assumé pour la douceur. Shazam Conner y célèbre l’amour sous toutes ses formes — celui qui fait sourire, celui qui fait bouger, celui qu’on retrouve quand la nuit tombe et que la fatigue du monde s’efface dans un pas de danse.
Ce qu’il réussit ici est rare : réconcilier le Southern soul des pionniers avec le romantisme électrique de la scène R’n’B contemporaine. On sent qu’il s’amuse, qu’il danse encore au milieu de la foule, qu’il observe la jeunesse avec tendresse sans jamais singer ses codes. Et surtout, on sent l’homme derrière la légende : celui qui a survécu à la gloire, à la perte, aux modes, et qui continue d’enregistrer parce que la musique reste, pour lui, une forme d’amour inconditionnel.
Back It Up For Love n’a rien du simple “feel-good track” qu’on range dans une playlist d’ambiance. C’est une ode à la joie, oui, mais une joie consciente, façonnée par le temps et la douleur. Il y a ce quelque chose d’humain, de presque sacré, dans sa manière d’habiter le groove — comme s’il chantait pour rappeler que la sensualité peut aussi être un langage spirituel.
Shazam Conner signe ici un retour brillant, généreux et charnel, qui prouve qu’on peut encore faire danser les cœurs avec élégance. Ce n’est pas un revival : c’est une renaissance. Et à l’écoute, on se dit que l’amour, décidément, groove toujours mieux sous la voix des survivants.
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novembre 7, 2025Il y a quelque chose de spectral dans la manière dont Eidon fait glisser la douleur sur des nappes de reverb. Better Off Alone ne pleure pas — il flotte, il dérive, il s’effrite doucement, comme une cigarette qui se consume dans le noir. Le morceau s’ouvre sur une lente bruine sonore, un beat fragile qui bat au ralenti, une voix perdue quelque part entre la confession et la disparition. Ce n’est pas du rap, pas vraiment du chant non plus : c’est une prière hypnotique pour les cœurs en lévitation.
Eidon n’a pas besoin d’en faire trop. Il maîtrise l’art de la suggestion, de cette économie de mots et de sons qui rend tout plus vrai, plus brut. Chaque note semble tenir en équilibre entre deux mondes — celui du cloud hop et celui de la méditation transcendée. On pense à nothing,nowhere. ou à shinigami pour cette mélancolie digitalisée, mais Eidon va plus loin : il transforme la tristesse en architecture sonore, la vulnérabilité en alchimie.
Sous les textures brumeuses, le morceau respire une intensité sourde, presque mystique. On sent le producteur derrière, précis comme un chirurgien des émotions, modelant ses fréquences comme d’autres taillent le marbre. Les basses grondent doucement, le tempo s’étire, et cette voix — toujours sur le fil — vient chuchoter à l’oreille une vérité qu’on préfère souvent ignorer : peut-être qu’on est, effectivement, better off alone.
Mais ce n’est pas un renoncement. C’est une illumination. Dans cette solitude, Eidon trouve la beauté du repli, l’énergie du détachement, la clarté d’un silence qu’on apprivoise enfin. C’est la bande-son parfaite d’une nuit passée à relire de vieux messages, à scroller sans but, à se dire que tout ça, quelque part, a encore un sens.
Ce qui frappe, c’est la sincérité. Pas celle qui crie, celle qui respire entre les lignes. Eidon ne cherche pas à séduire, il construit un espace intérieur, un refuge pour ceux qui ne se reconnaissent plus dans le bruit du monde. Better Off Alone n’est pas un hymne de rupture, c’est une renaissance discrète, un souffle de lucidité servi dans une production aussi vaporeuse qu’aérienne.
Dans son univers, le chagrin devient presque sacré — un temple en ruine où l’on revient danser seul, juste pour sentir encore le battement de la vie.
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novembre 7, 2025Si le diable avait un slow préféré, ce serait sans doute celui-ci. The One de MOSHUP, c’est une déclaration d’amour déguisée en péché, une balade synthétique où la passion s’enroule autour de l’interdit comme une flamme autour d’une allumette. Dès les premières secondes, le morceau installe un climat dense, moite, saturé de mystère : un battement de basse au ralenti, des synthés vaporeux qui suintent la luxure, et cette voix, pleine de trouble, qui chante l’amour comme une possession.
“I wrote you a love song but the devil made me do it.” Tout est là. Dans cette phrase, MOSHUP résume son univers : l’obsession de la beauté et du danger, le désir comme force destructrice, la romance comme rituel nocturne. La production, somptueuse, joue sur la tension permanente entre la douceur et la menace. On pense à The Weeknd pour la noirceur sensuelle, à Depeche Mode pour l’élégance du mal, et à Chromatics pour cette façon de faire danser la mélancolie sur des beats glacés.
Mais MOSHUP ne copie personne. Il puise dans la mémoire collective des années 80 pour créer un son profondément contemporain, une hybridation entre la fièvre du rétro et la froideur du digital. Les nappes de synthé sont ciselées comme des éclats de verre, les lignes de basse ondulent avec une précision chirurgicale, et chaque détail — une reverb, un souffle, un break — participe à construire cette tension érotique et cinématographique qui fait toute la singularité du titre.
Ce qui fascine dans The One, c’est cette impression d’équilibre fragile entre le romantisme et la perdition. MOSHUP chante l’amour comme on entre dans une transe : conscient du danger, mais incapable de résister. Son timbre, à la fois vulnérable et assuré, flotte au-dessus du mix comme une incantation, un sort murmuré à la nuit. On l’imagine dans un club désert, lumière rouge, chemise entrouverte, les yeux fermés, livrant sa vérité entre extase et damnation.
Dans un paysage pop souvent aseptisé, The One ose la fièvre, la sueur, l’ambiguïté. Ce n’est pas un morceau, c’est une atmosphère : un film nocturne projeté sur un mur de brouillard, où le désir se fait matière et la musique, poison. MOSHUP ne cherche pas à plaire — il ensorcelle. Et une fois qu’on a goûté à son univers, impossible de s’en détacher : on veut plonger plus loin, quitte à y laisser un morceau de soi.
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novembre 7, 2025Il y a des morceaux qu’on n’écoute pas, on les laisse nous traverser. Live For You d’Asai, c’est un courant d’air tiède dans une chambre d’ado, un battement de cœur réverbéré dans une nuit trop silencieuse. Le genre de chanson qui te ramène à la première fois où aimer faisait peur — pas à cause du rejet, mais parce que ça semblait trop grand pour tenir dans ton corps.
Asai, gamin de Philadelphie au romantisme précoce, écrit la musique comme on écrit une lettre qu’on ne postera jamais. Sa voix — fragile, presque effacée — flotte sur une nappe de guitares liquides et de beats étouffés, quelque part entre la brume et la confession. On pense à un mélange improbable de Dominic Fike et d’Elliot Smith sous codéine, avec cette capacité à rendre la douleur belle sans jamais la sublimer. Ici, la mélancolie n’est pas un effet de style : c’est une langue maternelle.
Le morceau commence presque timidement, comme s’il avait peur d’exister. Puis, au fil des secondes, tout s’ouvre — les accords s’étirent, les textures s’épaississent, le rythme pulse à peine, et soudain la chanson respire comme un être vivant. C’est ça, la magie d’Asai : il ne compose pas des titres, il fabrique des climats. Live For You n’a pas besoin d’un climax, parce que son intensité est ailleurs — dans la retenue, dans le tremblement, dans le vertige de dire “je t’aime” sans oser regarder.
On sent le gosse de vingt ans qui a déjà compris que la sincérité est un acte de résistance. À l’heure où tout doit sonner fort, Asai murmure. Il ose la pudeur, la lenteur, l’espace. Et dans cette épure, chaque détail prend du relief : le souffle entre deux phrases, une note suspendue qui frôle le silence, une réverb’ qui s’étire un peu trop longtemps. Tout ici raconte la même chose — la peur de perdre, la beauté d’essayer quand même.
Live For You, c’est l’anti-cynisme incarné. Une chanson de gamin trop pur pour ce monde, mais assez lucide pour en rire. C’est du spleen emballé dans du velours, du rêve qui suinte sur les murs d’une chambre à la lumière bleue. On sort du morceau un peu sonné, un peu ému, avec cette sensation rare d’avoir entendu quelque chose de vrai. Pas grandiose, pas spectaculaire — juste vrai. Et dans la pop actuelle, c’est presque révolutionnaire.
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novembre 7, 2025On pourrait croire à un simple morceau feel good, un de ces titres conçus pour faire hocher la tête dans le bus ou sous les écouteurs d’un matin gris à Londres. Mais Vibing, sous ses allures de morceau léger, est tout sauf superficiel. Christopha y signe un retour à la simplicité, oui, mais une simplicité conquise — celle d’un artiste qui a appris à courir la distance, à respirer entre deux couplets, à transformer la constance en style.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/4iDmpN6nUi0GyczZqR04qW
Il y a dans Vibing ce mélange rare entre lucidité et légèreté. Les beats flirtent avec la nonchalance du UK Garage, cette tradition anglaise où le groove se fait liquide, fluide, toujours en mouvement. La production, fine et aérée, laisse respirer la voix de Christopha, reconnaissable entre mille : posée, chaleureuse, articulée comme un dialogue intérieur. Il ne rappe pas pour impressionner, il raconte pour rester vivant.
Le titre glisse sur une énergie douce, presque solaire — un contre-pied assumé à la grisaille urbaine qui l’a vu naître. Christopha ne cherche plus à prouver quoi que ce soit : il “vibe”, littéralement. Et dans cette sérénité, on sent la force tranquille d’un artiste qui a connu les tunnels du doute, les hiatus, le marathon de la persévérance (26 Miles and Running n’était pas un hasard, mais une métaphore).
Ce qui frappe ici, c’est l’équilibre. La clarté du flow se marie à une instrumentation subtile : une ligne de basse qui caresse, des samples discrets, des percussions qui s’effacent presque derrière la voix, comme si tout le morceau respirait à son rythme. Pas d’esbroufe, pas de surproduction — seulement la maîtrise d’un artisan du verbe, conscient que la sincérité groove mieux que n’importe quel gimmick.
Vibing n’est pas un cri, c’est un sourire. Celui d’un homme qui avance sans fracas, qui a compris que la victoire, parfois, se cache dans la constance. Dans ce son, Christopha incarne l’anti-égo trip : il célèbre le calme, le moment présent, la petite ivresse du quotidien. Et c’est précisément ce ton-là — à la fois intime, apaisé, contagieux — qui le distingue dans une scène souvent saturée de bruit.
Au fond, Vibing est un mantra moderne. Une invitation à lever le pied, à retrouver le plaisir brut du tempo. Christopha y prouve qu’on peut être ambitieux sans être pressé, lucide sans être amer. Il court toujours, oui, mais cette fois, il sourit en courant.
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novembre 7, 2025Un morceau comme « deep end » ne s’écoute pas : il s’absorbe, comme une montée lente d’adrénaline dans les veines. Le trio amstellodamois RÊVERIE y tisse une pop de velours noir, humide de néons et de pulsations moites, où l’amour n’est plus un refuge mais une chambre d’écho pour les blessures qu’on n’a jamais refermées. C’est une chanson qui danse sur un fil — celui, fragile, entre le désir et l’anesthésie.
Tout commence par une tension. Les synthés battent comme un cœur sous verre, les basses glissent avec une élégance froide, et la voix de Sara-Devika, frontwoman et âme du groupe, arrive, lente et trouble, comme un murmure qu’on devine derrière la buée. On pense à Robyn pour la pudeur mélancolique, à Boy Harsher pour la sensualité gothique, mais RÊVERIE invente ici sa propre grammaire : celle d’une génération qui danse pour oublier qu’elle ne sent plus rien.
La chanson, hypnotique et parfaitement structurée, joue avec les codes du dance pop sans jamais s’y enfermer. Les percussions claquent comme des portes dans une boîte vide, les synthétiseurs respirent et se resserrent, créant ce sentiment de vertige propre à la descente émotionnelle. Et puis ce refrain — faussement libérateur — où la chanteuse lâche un “baby I don’t break, I just stop feeling” qui fait l’effet d’un coup de froid dans la nuque. C’est là toute la force du morceau : transformer l’aveu d’insensibilité en cri vibrant, presque sensuel.
deep end parle de ces amours toxiques qu’on poursuit malgré soi, de ces nuits où l’on se perd volontairement pour se sentir vivant. La voix, tantôt détachée, tantôt tremblante, évoque l’après-coup d’un trop-plein — comme si RÊVERIE chantait depuis un espace post-sentimental, un endroit où la douleur s’est estompée mais où la nostalgie persiste, tenace.
Derrière le vernis électro-pop se cache une réflexion sur la survie émotionnelle. RÊVERIE refuse la victimisation ; elles transforment la chute en matière sonore, la blessure en beauté. Leur musique est un exorcisme discret, une plongée vers le fond qui finit par remonter vers la lumière — trouble, certes, mais éclatante.
Avec deep end, ces trois amazones de la pop hollandaise prouvent qu’on peut encore faire danser la mélancolie. Pas une mélancolie molle et complaisante, mais une tristesse élégante, vêtue de synthés soyeux et de beats nerveux. La nuit selon RÊVERIE n’est pas un abîme : c’est un miroir. Et si l’on s’y penche trop longtemps, on finit par y retrouver son propre reflet, vacillant, beau, terriblement vivant.
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novembre 7, 2025C’est une chanson qui sent la nicotine froide, les lumières blanches des néons et le cuir mouillé. Powersuit de Rachel D ne cherche pas à séduire — elle s’impose, droite dans ses talons imaginaires, comme une héroïne fatiguée d’avoir trop vécu. Derrière son allure d’électro-pop glacée, le morceau cache un cœur qui bat vite, comme celui d’une femme qui revient de loin et qui se redécouvre invincible.
Rachel D n’a rien d’une débutante. Ingénieure du son, DJ, compositrice et mère, elle a traversé la rave anglaise, les nuits berlinoises et les clubs d’Auckland. On entend tout ce parcours dans Powersuit : les nappes synthétiques sont épaisses comme une bruine londonienne, les basses y grondent comme un souvenir de Joy Division, et la voix, murmurée d’un ton détaché, évoque cette distance fiévreuse à la The Cure. Mais il y a quelque chose de plus charnel dans son approche, une façon de rendre la froideur presque sensuelle, d’habiter la mélancolie avec un sourire en coin.
Ce morceau est une mue. Une peau qu’on quitte, un costume qu’on enfile. Le “powersuit” n’est pas une métaphore gratuite : on y entend le cliquetis du tissu qui se referme, le frisson d’une indépendance conquise. Rachel D chante le pouvoir de reprendre la main sur sa propre narration, de transformer l’artifice en force. Là où beaucoup d’artistes féminines dans l’électro se contentent d’imiter les figures masculines, elle inverse la dynamique : elle impose un regard, un rythme, une autorité douce mais implacable.
La production, taillée avec précision, conserve pourtant une spontanéité désarmante. Les synthés se frottent, les beats trébuchent légèrement, comme s’ils hésitaient entre la piste de danse et l’introspection. Ce n’est pas une perfection stérile, c’est un chaos maîtrisé. Et c’est ce qui rend Powersuit si vibrant : cette impression d’un morceau qui respire, qui transpire, qui pense.
En l’écoutant, on imagine Rachel D seule dans un studio éclairé au néon, un casque sur les oreilles, ajustant ses fréquences comme on ajuste un souvenir. Chaque son est une décision intime, une trace de vie. Powersuit n’est pas seulement un retour : c’est une déclaration. Celle d’une femme qui a troqué la pudeur pour la puissance, la technique pour la présence, et qui nous rappelle que l’électro, quand elle est incarnée, peut être la forme la plus humaine de la solitude.
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novembre 7, 2025C’est le genre de morceau qui te prend de vitesse avant même que tu t’en rendes compte. Always Lead to You pulse comme une confession envoyée en pleine nuit, entre deux messages qu’on n’aurait pas dû écrire. Mykola y joue le rôle du coupable heureux, de l’ex toxique qui assume sa folie douce et son besoin d’aimer jusqu’à l’excès. C’est brillant, pop, plein de sueur et de lucidité.
Tout commence comme une caresse électronique — un synthé qui s’étire, des basses rondes, puis un tempo qui s’emballe, comme un cœur après trois verres et une mauvaise idée. Le morceau, d’abord conçu comme une ballade, explose en dance-pop, mais sans jamais perdre son ironie ni sa fragilité. Mykola s’y expose avec un humour désarmant : derrière la fête, il y a la solitude ; derrière la dérision, une vraie tendresse.
Ce qui rend Always Lead to You si fascinant, c’est ce jeu permanent entre légèreté et douleur. Là où d’autres chanteraient la rupture comme une tragédie, Mykola en fait un terrain de jeu sensuel et maladroit. Sa voix, légèrement cassée, glisse sur les synthés comme un mensonge trop bien dit. On pense à la malice de MARINA, à la théâtralité d’une Lady Gaga des débuts, mais aussi à cette honnêteté crue qu’on ne trouve que chez les artistes qui n’ont plus peur d’être eux-mêmes.
Dans ses refrains saturés de lumière, il y a quelque chose d’universel : le besoin de se sentir vivant, même dans la honte, même dans l’erreur. Mykola transforme la toxicité amoureuse en célébration queer, en autoportrait éclaté où désir, humour et mélancolie s’enlacent sans complexe.
Ce qui touche, c’est la sincérité derrière les paillettes. On sent l’exil, l’effort, la reconstruction — ce jeune Ukrainien qui a tout quitté pour recommencer ailleurs et qui, aujourd’hui, transforme sa douleur en groove. Always Lead to You n’est pas qu’un morceau pop : c’est un miroir tendu à ceux qui aiment trop fort et rient pour ne pas pleurer.
Dans la clarté des synthés, on devine une vérité simple : même quand tout semble fini, il reste le mouvement, la danse, ce battement intérieur qui te ramène toujours à toi-même. Ou, comme le dit si bien Mykola, à you.
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novembre 7, 2025Le morceau débute comme un pressentiment. Quelques secondes suffisent pour que la tension s’installe, sourde, presque animale — on sent la tempête avant même qu’elle n’éclate. Wind Before the Storm, signé par le compositeur brésilien Samuel Yuri, n’est pas une chanson au sens traditionnel : c’est un rituel sonore, un grondement intérieur qui se mue en extase électrique.
Yuri façonne la matière sonore avec la précision d’un sculpteur et l’instinct d’un prophète. Son rock n’appartient à aucune époque. Il convoque le grunge d’Alice in Chains, la brume gothique de Bauhaus, la ferveur mystique de Type O Negative, et l’énergie tellurique du metal mélodique de Metallica — mais il ne copie personne. Il compose des paysages. Des ruines baignées de lumière, où la lourdeur des riffs dialogue avec la gravité du silence.
La guitare est rugueuse, râpeuse, presque organique. Elle respire, elle saigne. Les accords, volontairement dépouillés, avancent comme une marée lente, avalant tout sur leur passage. Puis la batterie entre — sèche, charnue, d’une précision presque militaire — et tout bascule. Le morceau se dresse alors comme une cathédrale sonore : austère mais vibrante, massive mais pleine d’air. On y sent la main d’un artisan obsédé par la justesse, un musicien qui joue autant avec la matière qu’avec le vide.
Le plus fascinant, c’est cette lumière brésilienne, discrète mais persistante, qui traverse les ombres. On devine São Paulo dans les recoins du son, cette chaleur urbaine, moite, qui s’infiltre jusque dans le spleen du morceau. Car Wind Before the Storm n’est pas qu’une déflagration gothique : c’est une collision entre la moiteur tropicale et la froideur industrielle, entre le cœur et la machine.
Samuel Yuri transforme l’orage en état d’âme. Il ne cherche ni la mélodie facile ni la catharsis spectaculaire — il explore ce moment suspendu avant le chaos, cette minute où tout peut basculer. C’est là que réside la beauté du morceau : dans l’attente, dans le souffle, dans le vent avant la foudre.
Wind Before the Storm s’écoute comme on contemple le ciel avant qu’il ne craque — fasciné, immobile, les nerfs à vif. Un morceau qui rappelle que le rock peut encore être mystique, viscéral et libre. Un orage à lui seul.
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novembre 7, 2025Le morceau s’ouvre comme une respiration après des années de silence. Une note, puis une autre, hésitantes, claires comme de l’eau qui recommence à couler. So Glad You’re Mine ne raconte pas une histoire d’amour — il raconte ce qu’il reste quand tout a été dit : la gratitude, la douceur, cette lumière tranquille des jours qui durent. James Shumway compose comme on écrit une lettre à quelqu’un qu’on aime depuis toujours, sans fioritures, sans artifice.
Ce qui frappe, c’est la sincérité du geste. Chaque accord semble pesé, pensé, mais jamais figé. Le piano respire, s’étire, s’abandonne. Le thème principal n’a rien d’explosif — c’est une phrase simple, presque timide, qui se déploie lentement comme un souvenir heureux. L’influence des maîtres romantiques, de Rachmaninov à Chopin, flotte en filigrane : le lyrisme y est contenu, presque pudique, mais l’intensité, elle, brûle sous la surface.
Là où d’autres chercheraient la virtuosité, Shumway préfère la vérité. On sent qu’il connaît le poids de chaque silence, qu’il comprend que l’émotion naît souvent dans l’attente plutôt que dans l’éclat. Sa main gauche, ample et souple, ancre le morceau dans une gravité douce, pendant que la main droite dessine des fragments de lumière, comme des reflets sur une vitre au petit matin.
Dans la version avec cordes, quelque chose change : la solitude devient dialogue. Le piano ne parle plus seul ; il se mêle à une texture soyeuse, presque organique, où les violons respirent à son rythme. L’arrangement n’alourdit pas la pièce, il l’élève. On n’est plus dans l’intime, mais dans le souvenir partagé, celui d’un amour vécu à deux — non pas le feu des débuts, mais la chaleur de ce qui dure.
On pourrait croire que Shumway cherche à impressionner, mais il fait exactement l’inverse. Il dépouille, il épure, il s’efface derrière la musique. C’est un compositeur qui écrit pour que les autres se reconnaissent, pas pour qu’on le reconnaisse lui. Son piano ne séduit pas : il comprend.
So Glad You’re Mine n’est pas qu’une pièce romantique, c’est un espace suspendu — celui où deux âmes se rappellent qu’elles ont choisi la même route. Une œuvre de maturité, de lumière, de calme, où le romantisme redevient ce qu’il aurait toujours dû être : un art de la sincérité.
Et quand le dernier accord s’éteint, on n’a plus l’impression d’avoir écouté une musique, mais d’avoir vécu un instant de gratitude pure, comme un regard échangé entre deux êtres qui n’ont plus besoin de parler.
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novembre 7, 2025Il y a dans Silverlinings ce goût de poussière et de lumière, cette sensation rare d’un groupe qui s’est enfin arrêté de fuir. Verticoli, ces trois gars venus de Tasmanie, ont longtemps carburé à la nervosité, à cette énergie brute de scène qui sentait la bière renversée et les amplis brûlants. Aujourd’hui, ils nous livrent un disque de calme après la tempête, un disque de gratitude, de beauté simple, de lumière sur la peau.
Dès les premières secondes, on sent que Verticoli n’est plus là pour prouver quoi que ce soit. Les guitares s’étirent comme des vagues lentes, les voix s’approchent sans forcer, et l’air devient presque liquide. Le groupe, autrefois bouillonnant (Kick in the Teeth, Trash King, Birds of Prey), semble s’être trouvé un nouveau langage — celui des respirations. Silverlinings n’est plus le cri d’un jeune groupe assoiffé, mais le souffle d’hommes qui ont appris à aimer le silence entre deux notes.
La production, d’une sobriété lumineuse, frôle le spirituel. Les morceaux avancent comme des souvenirs qu’on feuillette un dimanche d’hiver, entre nostalgie et paix retrouvée. Il y a du The War on Drugs dans cette façon de laisser les guitares raconter l’espace, du Tom Petty dans cette honnêteté désarmante, du Kurt Vile dans ce groove nonchalant. Mais Verticoli ne copie personne — ils se décantent. Leur son est devenu minéral, patiné par le temps et les tournées, par l’odeur des motels et des retours de nuit.
Ce disque, on le reçoit comme une lettre qu’on ne s’attendait plus à recevoir. See You Around en est la clé : une chanson d’adieu chantée sans rancune, comme un merci à celles et ceux qui ont compté. Tout l’album tourne autour de cette idée : il faut parfois se perdre pour apprendre à dire au revoir sans amertume.
Ce qui frappe, c’est la justesse. Aucun effet gratuit, aucune emphase inutile. Verticoli joue avec la retenue d’un groupe qui a déjà connu la frénésie et préfère désormais le frisson. La batterie caresse plutôt qu’elle ne frappe, la basse respire entre les accords, et les voix, un brin voilées, semblent flotter dans une clarté d’aube.
Silverlinings est un album de renaissance, mais sans drame. Une œuvre de mi-parcours, comme un autoportrait fait à la lumière naturelle. Un disque qui te regarde sans te juger, te dit que tout ira bien, même si tout n’est pas parfait.
Verticoli signe ici un album qu’on n’écoute pas pour se défouler, mais pour se retrouver. Le genre de disque qui fait du bien sans jamais chercher à consoler. Une caresse dans un monde qui crie. Une épiphanie tranquille, jouée à trois.
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novembre 7, 2025C’est une collision euphorique, un carnaval de sons, une décharge d’ironie pop emballée dans des riffs qui dansent de travers. Shopping Around de Reptile Tile, c’est le genre de morceau qui déborde du cadre, comme si la folie douce de la scène art-rock new-yorkaise des années 80 avait trouvé refuge dans un studio de Virginie, sous LSD et lumière néon.
À la manœuvre, Roderick Edens (alias Terry Cloth), cerveau excentrique de Reptile Tile, et Camila Alvarez de Period Bomb, forment un duo qui jongle entre chaos et harmonie avec un naturel désarmant. Lui aux guitares, basses, synthés et à la voix — elle, contrepoint volcanique, souffle punk et sensualité désinvolte. Ensemble, ils signent un titre qui sent la peinture fraîche, les nuits moites de DIY shows et les vieux cassettes de Cleaners from Venus.
Le morceau démarre comme une promenade — un groove léger, une ligne de basse qui cligne de l’œil — avant de se tordre sur lui-même dans un tourbillon d’arrangements délirants : saxophone débridé (Zac Plastic), tambourins insolents (Mikah Beale-Scott), guitares tranchantes (Chase Evers Cochran) et, cerise sur le gâteau, des kazoos passés dans des synthétiseurs qui deviennent de véritables créatures sonores. C’est bancal, volontairement mal poli, presque dadaïste, mais étrangement addictif.
L’esprit du morceau rappelle The B-52’s pour sa théâtralité, Gary Wilson pour son freakisme poétique, et The Velvet Underground pour ce sentiment d’urgence contenue. On y retrouve aussi une écriture à la fois ludique et corrosive — sous la légèreté pop, Shopping Around cache une satire du consumérisme sentimental, une critique de la superficialité moderne emballée dans une fête sous acide.
Techniquement, le travail de production montre une maturité nouvelle pour Reptile Tile : tout reste lo-fi dans l’âme, mais chaque son est ciselé pour renforcer la tension entre le kitsch et le génie. En studio, entre RTT Lab à Virginia Beach, l’appartement de Camila à Los Angeles et le mix final au Dragonship Studio de Smithfield, on sent que l’énergie du morceau a voyagé, absorbé des couleurs et des accidents heureux.
Shopping Around n’est pas une chanson qu’on consomme — c’est une expérience à habiter. Elle rappelle qu’il existe encore des artistes capables de rire du chaos tout en y trouvant de la beauté. Reptile Tile ne cherche pas à séduire, il cherche à contaminer. Et il réussit : après trois minutes de ce déluge de sons, on a l’impression d’avoir assisté à la naissance d’un nouveau microcosme sonore — absurde, libre, et follement humain.
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novembre 3, 2025“Love Gifted” débute comme une promesse de chaleur. Une pulsation d’Afrobeat tendue, nappée de percussions fines et d’un groove incandescent. Puis arrive la voix de Dimastah — suave, sincère, immédiatement captivante — et tout prend feu. Ce morceau n’est pas seulement un hymne amoureux, c’est la rencontre de deux continents, un pont rythmique entre la Jamaïque et l’Afrique de l’Ouest. Là où le dancehall embrasse l’afropop, naît un langage nouveau, sensuel et vibrant, à l’image de la diaspora moderne.
Dimastah, étoile montante venue de Kingston, possède ce grain de voix rare, texturé, légèrement éraillé, qui porte l’émotion sans artifice. Dans “Love Gifted”, il chante une passion simple mais totale : celle d’un homme submergé par la douceur d’une femme, addict à sa lumière. Ses mots — “You’re my vibe, my peace, my trouble” — évoquent cette dépendance amoureuse que l’on ne veut pas guérir, cette joie brûlante qui frôle la folie. Mais derrière la légèreté du refrain se cache une vraie maîtrise mélodique, une science du phrasé qui glisse sur la rythmique avec l’élégance d’un serpent dansant.
La production, elle, est un petit bijou d’équilibre. Afro-fusion dans l’âme, elle conserve la tension du dancehall — ce contretemps sec, nerveux — tout en s’ouvrant à la rondeur afrobeat. Les cuivres électroniques s’entrelacent avec des guitares palmées, le tout soutenu par une basse moelleuse qui enveloppe plutôt qu’elle ne percute. C’est un son global, cosmopolite, taillé autant pour les clubs de Lagos que pour les sound systems de Kingston ou les playlists d’été de Londres.
Mais “Love Gifted” n’est pas qu’un single calibré pour le dancefloor : c’est un manifeste intime. Celui d’un artiste jamaïcain qui refuse les frontières musicales, qui absorbe l’énergie afro pour redonner au monde une nouvelle couleur du romantisme tropical. On y sent la chaleur des rues, la moiteur des nuits, l’odeur du rhum et du sel.
Dimastah ne cherche pas à révolutionner l’afrobeats — il le respire, naturellement, sans effort. Et c’est là que réside sa force : dans cette aisance à fusionner les identités, à faire de l’amour un territoire commun. “Love Gifted” est plus qu’un hit en devenir ; c’est une déclaration universelle, lumineuse, irrésistible — une chanson qui sent la peau, la mer, et la liberté.
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novembre 3, 2025Ce n’est pas une chanson, c’est une traversée. “Voyage”, la collaboration entre Neon Rouge et DTAILR, s’écoute comme on embarque pour une odyssée sans destination, un trip nocturne où le groove devient boussole et la pulsation, horizon. Ce morceau instrumental est de ceux qu’on ressent d’abord dans le plexus avant de les comprendre — un continuum sensoriel, une architecture sonore taillée pour les corps en mouvement et les esprits suspendus.
L’intention est claire dès les premières secondes : profondeur, cohérence, tension. La basse s’installe, souple et précise, à la manière d’un battement cardiaque lent mais assuré. Autour, les textures s’empilent en cercles concentriques — nappes vaporeuses, échos filtrés, percussions fines comme des éclats de verre. Le morceau n’a pas besoin de voix : il parle à travers la répétition, le détail, la subtilité du changement. “Voyage” devient un paysage mental, quelque part entre les clubs de Berlin et les plages de Marseille à 5h du matin.
Neon Rouge et DTAILR réussissent ici un équilibre rare : celui de la rigueur du Tech House et de la sensualité du Deep. On y sent l’influence des pionniers — les ombres de Kerri Chandler, la fluidité de Larry Heard, la clarté des productions de Patrice Bäumel — mais transposées dans une écriture contemporaine, plus cinématique. Rien n’est laissé au hasard, tout est pensé pour évoluer sans qu’on s’en rende compte. La montée d’énergie se fait organique, les breaks respirent, les basslines s’enroulent comme des vagues.
Ce qui frappe surtout, c’est l’élégance. “Voyage” ne cherche jamais à séduire brutalement : il envoûte. L’énergie old-school s’y fond dans une esthétique moderne, propre, presque luxueuse. C’est un morceau de club, oui, mais de ceux qui n’ont pas besoin de drop pour exister — leur puissance vient de la constance, de la fluidité, du refus du spectaculaire.
À mesure que le morceau s’étire, on se surprend à oublier le temps. C’est le propre des grandes pièces instrumentales : elles abolissent la mesure. “Voyage” ne promet rien, il nous laisse simplement dériver. Et c’est peut-être là sa réussite la plus profonde — faire du dancefloor un espace de méditation, et du son, un moyen de disparaître.
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novembre 3, 2025“Sail Away” de The Parade appartient à cette catégorie rare de chansons qui semblent suspendre le temps, comme si chaque note était une vague qui nous éloigne un peu plus du rivage. Il y a dans ce titre suédois une nostalgie solaire, un vertige doux, cette impression d’être à la fois mélancolique et libre — un paradoxe que seuls les bons morceaux de Dream Pop savent rendre crédible.
“Sail Away” raconte ce désir de fuite à deux, cette pulsion presque adolescente de tout quitter pour une promesse d’ailleurs. Mais là où d’autres auraient cédé au romantisme naïf, The Parade injecte de la gravité, une conscience du risque. La phrase empruntée à la sagesse des marins, “Fail we may, sail we must”, agit comme un mantra : la beauté du voyage tient à son incertitude.
Musicalement, le morceau est un bijou d’équilibre. La structure de Deep House y sert d’ancrage — lignes de basse rondes, groove discret mais précis — tandis que les nappes de synthés diffusent une chaleur tropicale, presque organique. Les textures sont soignées jusqu’à l’extrême : guitares aériennes, voix filtrée qui semble venir de loin, percussions qui effleurent sans jamais dominer. On pense à Rhye, à Tycho, à ces artistes qui construisent des mondes sensoriels où le corps et l’âme dansent ensemble.
La voix, diaphane, effleurée de reverb, agit comme un souffle : ni présence ni absence, juste une trace. Elle ne cherche pas la virtuosité, mais l’émotion suspendue. On entend le vent, la mer, mais surtout ce qu’il y a entre les deux — le silence, le doute, l’attente.
The Parade confirme ici son talent rare pour le romantisme atmosphérique. Après “I’m a Dreamer”, le groupe pousse plus loin son exploration du sentiment d’évasion, sans jamais verser dans le cliché. “Sail Away” n’est pas une chanson d’amour, c’est une carte postale adressée à ceux qui n’ont jamais su rester en place. Une invitation à partir, même si l’on ne sait pas où.
Quand le morceau s’éteint, on reste dans cette lumière dorée, ce moment entre deux mondes — exactement là où la musique, parfois, devient refuge.
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novembre 3, 2025Je l’ai écouté à plein volume, à ce moment précis de la nuit où tout se confond — les lumières, les visages, la fatigue et l’euphorie. “Find a Way” de KOZLOW et ForgiveMeTommy! n’est pas seulement un track de Tech House calibré pour les clubs : c’est une transe contemporaine, un souffle de vie déguisé en pulsation mécanique. Un de ces morceaux qui semble conçu pour ramener l’humain dans la machine, l’émotion dans la répétition.
Dès les premières secondes, la basse roule avec une précision chirurgicale, presque animale. Le beat s’installe sans excès, mais avec cette assurance qui ne cherche pas à convaincre — juste à posséder. Puis viennent ces voix, fragmentées, presque murmurées, comme des pensées perdues au milieu d’un set de quatre heures. “Find a way” devient un mantra, une incantation pour ceux qui cherchent encore la sortie du labyrinthe intérieur.
KOZLOW, producteur et violoniste, a cette élégance rare : celle d’un artiste capable de traduire son oreille classique en langage électronique. On devine, derrière la tension rythmique, une structure harmonique précise, presque orchestrale. ForgiveMeTommy! apporte l’instinct du dancefloor — le grain sale, la sueur, l’urgence. Leur collaboration, c’est la rencontre d’un ingénieur du son et d’un animal nocturne, d’une écriture millimétrée et d’une pulsion viscérale.
Le morceau s’articule en couches, comme une ascension progressive. Les breaks respirent, les montées refusent la facilité. Ici, pas de drop gratuit : chaque texture s’installe, se retire, revient avec une nouvelle intention. On passe du club au cosmos, de l’énergie brute à la contemplation. “Find a Way” ne cherche pas l’explosion, il cherche la communion.
Et c’est peut-être ce qui le rend si magnétique : sa maîtrise du dosage. Là où tant de morceaux de Tech House s’effondrent sous leur propre masse, KOZLOW et ForgiveMeTommy! préfèrent l’économie, la tension contenue. Le groove devient narration, la répétition devient langage.
Quand le morceau s’éteint, il laisse une trace étrange, presque émotionnelle. Comme après une nuit réussie : épuisé, mais vivant. “Find a Way” est de ces morceaux qui rappellent que la club culture, dans ses plus belles heures, n’a jamais été une fuite — mais une manière de se retrouver.
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novembre 3, 2025Ce morceau m’a d’abord frappé par sa sincérité brute. “Home” n’est pas une simple chanson de rock alternatif : c’est une catharsis, une plongée au cœur d’une tempête intérieure qui finit par s’éclaircir. Fighting in the Dark ne cherche pas la perfection du son, mais la vérité du geste — celle qui tremble, qui s’arrache, qui se bat. Et ce combat, justement, traverse chaque mesure : c’est celui de l’âme qui veut retrouver sa maison, non pas un lieu, mais un état.
Dès les premières secondes, les guitares imposent un climat dense, presque cinématographique. Les accords progressifs s’étirent, se tordent, montent en intensité comme une respiration haletante. On sent le poids du Hard Rock dans la frappe des cymbales, l’écho des grandes heures du prog dans les structures mouvantes. Mais au lieu de se réfugier dans la technique, Fighting in the Dark joue sur l’émotion pure, sur le relief du son, sur cette tension permanente entre effondrement et élévation.
La voix, éraillée mais vibrante, incarne cette quête du “home” comme un retour à soi. Elle oscille entre cri et prière, entre fatigue et foi. Par moments, on croirait entendre une confession arrachée à la nuit — une voix qui cherche un ancrage, qui refuse la résignation. Et c’est là toute la beauté du morceau : cette manière de transformer la douleur en énergie, la mélancolie en propulsion.
“Home” semble construit comme un voyage intérieur : les couplets rampent dans la pénombre, les refrains explosent dans une clarté saturée. Les guitares s’élèvent comme des murs de lumière, la batterie cogne comme un cœur sous adrénaline, et l’ensemble finit par tout emporter. Ce n’est pas un retour triomphal, c’est une réconciliation.
Dans un paysage rock souvent formaté, Fighting in the Dark impose une écriture émotionnelle, presque spirituelle. Leur son rappelle à la fois les envolées de Muse, les tourments de Karnivool et la sincérité d’un rock américain sans artifices. “Home” parle de reconnexion, mais surtout d’abandon — celui qu’on accepte quand on comprend que la paix n’est pas dans la fuite, mais dans l’acceptation du tumulte.
Un morceau incandescent, viscéral, humain. Le genre de chanson qu’on ne consomme pas, mais qu’on traverse — comme un retour à soi, justement.
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novembre 3, 2025Un piano discret, une basse profonde, et cette manière de laisser respirer les mots avant de les poser — “Unusual” s’installe comme un tableau. On y entre doucement, happé par la précision du flow et la chaleur du timbre, comme si Nas s’était glissé dans un rêve new-yorkais produit par J Dilla. The Last Maven et Mickey Factz ne rappent pas pour la frime : ils conversent, ils sculptent la langue avec une maîtrise rare, celle de ceux qui ont compris que le rap pouvait être une forme de philosophie en mouvement.
“Unusual” n’a rien d’un égotrip tape-à-l’œil. C’est un morceau qui observe la réussite avec distance, qui interroge la beauté du grind, cette lutte intime entre ambition et authenticité. Là où beaucoup crient leur faim de succès, The Last Maven préfère parler des dîners feutrés où les rêves se négocient entre deux verres de vin, des ambitions qu’on porte en silence, de la grâce qu’il faut pour ne pas se perdre en chemin. Mickey Factz, figure respectée du lyricisme new-yorkais, apporte à l’ensemble une densité verbale qui transforme chaque couplet en scène de film : tout y est millimétré, lucide, sensuel.
Et puis il y a Rhea the Second, apparition soudaine, presque spectrale. Sa voix glisse sur la prod comme un halo de lumière sur un cuir vieilli — entre Erykah Badu et Cleo Sol, elle incarne la part émotionnelle de cette équation masculine. Sa présence ne vient pas adoucir, mais élever. Elle offre au morceau sa respiration, ce moment suspendu où la pensée devient mélodie.
Sur le plan sonore, “Unusual” flirte avec le Boom Bap classique tout en y injectant une sophistication moderne : batterie feutrée, cordes liquides, touches jazzy et un mixage qui caresse plus qu’il ne percute. On sent l’amour du détail, la main d’un producteur qui préfère la nuance à la démonstration.
Le titre est bien choisi. “Unusual” ne cherche pas à séduire l’algorithme, il séduit l’oreille cultivée. C’est une ode à la singularité, à la lenteur du geste, à la réflexion dans un monde obsédé par le bruit. The Last Maven et Mickey Factz rappellent ici que le hip-hop le plus brillant n’est pas toujours celui qui crie le plus fort — c’est celui qui écoute, qui raconte avec calme la beauté de faire différemment.
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novembre 3, 2025Je n’ai pas cherché “Vogelen”. C’est lui qui m’a trouvé, comme un souffle venu d’un autre tempo. D’abord cette basse, épaisse et souple, qui glisse comme une marée sous la peau. Puis la batterie, nerveuse mais contenue, une mécanique vivante qui respire à chaque coup. Et au milieu, une guitare qui ne cherche pas le solo, mais la suggestion. Slow Karma, ce collectif d’Édimbourg à la croisée du jazztronica et de l’âme R&B, livre ici bien plus qu’un morceau : une sensation de suspension, un état second, un espace où le temps se dilate.
“Vogelen” — mot néerlandais qui signifie à la fois observer les oiseaux et faire l’amour — résume parfaitement la dualité de leur musique : observation et instinct, distance et fièvre. Le morceau avance sans précipitation, porté par une élégance liquide, presque cinématographique. On devine les corps, les lumières de fin de soirée, la vapeur sur les vitres. C’est du jazz, oui, mais dans sa forme la plus contemporaine, la plus hybride : du groove emprunté à la soul électronique, des textures inspirées de la house et cette mélancolie subtile, diffuse, typiquement britannique.
Ce qui frappe surtout, c’est la précision de la production. Chaque instrument est traité comme une entité autonome mais liée par un fil invisible. Le mixage respire, la batterie glisse entre les canaux, la guitare s’efface pour mieux revenir, l’ensemble vibre d’un équilibre fragile — un chaos maîtrisé. On sent la patte de Dave Oscillation, architecte sonore du groupe, qui travaille le son comme un sculpteur taille la lumière.
Il y a dans Slow Karma cette ambition rare : refuser la virtuosité pour mieux laisser parler la texture, le silence, la respiration. “Vogelen” ne cherche pas à séduire. Il se dépose, lentement, comme un souvenir sonore que l’on garde longtemps après l’écoute.
Sur la scène du Kelburn Jazz Festival, aux côtés de Gilles Peterson et corto.alto, ils défendront cette vision du jazz sans étiquette — sensuel, radical, et infiniment humain. Dans une époque saturée de mots, Slow Karma ose le langage du non-dit. Et c’est peut-être là que réside leur magie : dans cette capacité à faire de l’instrumental une forme de confession.
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novembre 3, 2025Je me souviens de ce moment précis, au milieu de la nuit, quand “Pretty Boys” a éclaté dans mes écouteurs — cette minute suspendue où la pop cesse d’être un divertissement pour redevenir un miroir. Diana Vickers ne chante pas pour séduire, elle s’adresse à elle-même, à toutes celles qui ont un jour confondu attention et affection. Ce n’est pas un retour, c’est une réapparition. Une renaissance sous stroboscope, entre larmes passées et mascara waterproof.
Sur ce nouveau single, Vickers n’essaie plus de plaire. Elle règne. “Pretty Boys” vibre d’un humour grinçant, de cette ironie qu’on acquiert quand on a traversé la brûlure des amours toxiques. La production — signée George Glew et Dee Adam — respire les années 2000 mais sans nostalgie : c’est un clin d’œil, pas un costume. Les synthés brillent comme des lames de verre, la rythmique caresse avant de frapper, et sa voix, toujours singulière, effleure cette frontière fragile entre douceur et provocation.
Là où la pop commerciale se contente souvent d’un vernis séduisant, Diana creuse plus profond. Elle prend la Dance Pop et la tord, la rend intime, presque charnelle. On entend la thérapeute qu’elle évoque, la colère contenue, le rire nerveux face à ses anciens démons. “Pretty Boys” devient un acte de désacralisation : l’homme objet, le regard inversé, la femme libre de désirer sans s’excuser.
Le clip, signé Leo Cackett, pousse plus loin cette idée d’appropriation du fantasme. Vickers y joue sa propre muse : féline, dangereuse, souveraine. On y retrouve l’esthétique d’un film érotique des années 90 revisité par une génération TikTok qui a compris que la vulnérabilité pouvait être un art.
Depuis The X Factor, Diana Vickers s’est toujours tenue à la marge — trop théâtrale pour le mainstream, trop pop pour l’underground. Avec “Pretty Boys”, elle trouve enfin son point d’équilibre : une chanson qui flirte avec la perfection radio-friendly tout en suintant la sincérité.
“Pretty Boys” n’est pas seulement un morceau qu’on ajoute à une playlist, c’est une capsule émotionnelle, un cri pailleté, une déclaration d’indépendance. Et dans cette époque où la pop cherche à tout intellectualiser, Diana Vickers nous rappelle que danser peut encore être une forme de thérapie.
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novembre 3, 2025Il y a des chansons qu’on écoute, et d’autres qu’on traverse. Is It Love? de Jay Denton appartient à la seconde catégorie — une confession d’après la tempête, le moment exact où le doute s’installe entre deux battements de cœur. Ce n’est pas une ballade douce, ni une explosion rock classique : c’est un morceau qui respire comme une cicatrice encore chaude.
Denton, musicien aux mille casquettes (auteur, producteur, multi-instrumentiste, mixeur), a façonné cette pièce entièrement seul — et ça s’entend. On sent la solitude jusque dans les textures du son, dans la réverbération du piano, dans le bourdonnement des guitares qui tremblent comme un souvenir qu’on essaie d’étouffer. Il parle d’un amour qui s’effondre, mais surtout de cette sensation physique de perte, celle qui fait trembler la réalité autour de soi. Alors il a voulu que tout, du premier accord à la dernière note, porte cette vibration.
Le morceau s’ouvre sur une mélancolie fragile — un piano intime, presque timide — avant que tout ne bascule dans un chaos organisé. Les refrains, monumentaux, déploient un mur sonore qui évoque le rock alternatif des années 2000 : un mélange de Muse, Coldplay période A Rush of Blood to the Head, et de cette tension viscérale propre à Nothing But Thieves. Les guitares saturent, la batterie explose, la voix s’étire jusqu’à la limite, et pourtant, tout semble contenir une forme d’élégance tragique.
Mais au-delà de la production impressionnante, ce qui bouleverse dans Is It Love?, c’est la sincérité nue de Denton. On sent le combat intérieur — celui d’un homme qui cherche à comprendre si la douleur qu’il ressent prouve l’amour ou la fin de celui-ci. Il n’y a pas de réponses dans le morceau, seulement une quête : celle de transformer la confusion en beauté.
Jay Denton compose comme un cinéaste. Chaque couche de son est un plan, chaque crescendo un travelling émotionnel. Son écriture, à la croisée du rock, de la pop et du lyrisme introspectif, dessine les contours d’une musique de résistance émotionnelle. Il ne demande pas qu’on le comprenne, il demande qu’on ressente — et c’est précisément ce que ce titre réussit à provoquer.
Is It Love? est une secousse intime, un cri lucide enveloppé d’électricité. Un morceau qui ne cherche pas à plaire, mais à rester — dans la poitrine, dans la mémoire, dans ce coin du cœur où le doute et la beauté se tiennent la main.
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novembre 3, 2025Ce n’est pas une chanson, c’est un souffle. Celui d’un homme qui parle à ceux qui marchent dans le noir, sans savoir quand viendra la lumière. Jackie 42 Robinson de Louis Davis Jr. n’a rien d’un hommage figé, ni d’un storytelling lisse : c’est un manifeste intime sur la douleur d’attendre, sur la dignité de continuer quand tout en soi brûle déjà.
Louis Davis Jr. ne joue pas au rappeur : il raconte la survie. Sa voix, rugueuse, vibrante, traverse la prod comme un battement de cœur qu’on aurait laissé à nu. On y entend une lente montée de tension — ces basses graves et épaisses, ce tempo boom bap qui semble fait pour porter les cicatrices du texte, pas pour plaire. Ce morceau a la poussière du bitume, la ferveur du gospel et le calme obstiné d’un homme qui connaît le prix du silence.
Jackie 42 Robinson, ce n’est pas seulement le symbole du courage afro-américain, c’est une métaphore du dépassement, un miroir tendu à tous ceux qui avancent sans reconnaissance. Louis en fait un totem, un compagnon de route : “keep going, they don’t know, but you do.” Cette ligne résonne comme une devise. On y perçoit la fatigue, mais aussi une fierté stoïque, une lucidité presque spirituelle.
Ce qui frappe, c’est la justesse émotionnelle. Le flow est maîtrisé, mesuré, sans ostentation. Louis Davis Jr. rappe comme on prie — pas pour être entendu, mais pour tenir debout. Dans cette retenue, il rejoint une certaine tradition du hip-hop conscient américain : celle de Common, de Mos Def, d’un Kendrick Lamar période Good Kid, m.A.A.d City — cette écriture où chaque mot pèse son vécu.
L’artiste, producteur et auteur de ses propres instrumentaux, livre ici une pièce qui respire l’indépendance et la foi. Le beat est nu, presque minimaliste, mais c’est cette épure qui donne au texte tout son relief. Ce n’est pas la force qui impressionne, c’est la patience.
Jackie 42 Robinson ne cherche pas le hit. Il cherche le vrai. Il rappelle qu’avant la victoire, il y a l’endurance ; avant la reconnaissance, il y a la foi — celle qui ne fait pas de bruit mais qui, au fond, sauve. C’est le genre de morceau qu’on garde en soi, pour les jours où l’on doute. Pour les jours où continuer est déjà un triomphe.
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novembre 3, 2025Ce morceau m’a fait penser à cette lumière qui précède l’aube, celle qu’on ne remarque pas mais qui annonce le jour. DUNNO n’est pas un hymne à la victoire — c’est une prière à ceux qui tiennent avant qu’elle n’arrive. Un morceau né du béton, de la fatigue, de cette endurance qui n’a rien de spectaculaire mais tout du sacré.
DJ Bisi, derrière ses platines et ses nuits de clubs, trouve ici un autre langage. Loin des sets calibrés, il signe une production viscérale, dense, traversée d’une énergie qu’on sent forgée à la fois dans le bitume et dans la foi. DUNNO n’est pas une simple track UK trap, c’est une confession amplifiée. La basse vrombit comme un moteur intérieur, les percussions claquent comme des coups de poing retenus, et les voix — celles de Stevie Bellard et Nat James — ne récitent pas, elles témoignent. On les sent au bord de quelque chose, une vérité nue entre résilience et rage.
Le refrain — “They don’t know, but you do” — agit comme un mantra. Ce n’est pas un slogan de victoire, mais un rappel intime : personne ne voit les nuits blanches, les doutes, les échecs transformés en carburant. DJ Bisi met en musique cette solitude des bâtisseurs, celle qui habite tous ceux qui courent après un rêve sans public. Dans cette fusion entre spiritualité et détermination, le morceau rejoint une lignée — celle de Stormzy, Dave ou Headie One — où le hip-hop anglais devient une catharsis, un lieu de rédemption.
Techniquement, la production est chirurgicale : nappes sombres, hi-hats tranchants, un mix qui respire la maîtrise. Mais derrière cette précision, il y a du cœur, une intensité qu’on ne fabrique pas en studio. DJ Bisi ne cherche pas à plaire : il cherche à dire. À graver sa vérité dans le beat.
DUNNO, c’est le son d’un homme qui a trop longtemps regardé les autres franchir la ligne sans qu’on sache d’où il venait. Un morceau qui ne célèbre pas la gloire, mais le chemin. Et si le public entend un banger, ceux qui ont déjà connu la traversée comprendront : c’est une prière pour continuer à croire, quand tout le reste dit d’arrêter.
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novembre 3, 2025Le morceau m’a attrapé avant que je comprenne qu’il voulait danser avec moi. Your Bus de Naesh, c’est ce genre de chanson qui déborde de confiance, de sensualité, de lumière — comme si un sourire s’était transformé en basse et que tout le corps suivait le mouvement. En l’écoutant, j’ai eu cette impression étrange de rouler dans une ville imaginaire, les vitres ouvertes, les lampadaires qui défilent au rythme d’un cœur un peu trop sûr de lui.
Naesh ne chante pas seulement, il charme l’air. Sa voix glisse, se tord, s’amuse — quelque part entre l’élégance de Ne-Yo et la théâtralité d’un Bruno Mars en plein solo. Elle a cette clarté insolente qu’on retrouve chez ceux qui ont grandi à la croisée de la pop et du R&B, nourris par l’exigence du live et la sensualité du groove. Ce qui frappe, ce n’est pas seulement son aisance vocale, mais la précision du geste : les syncopes du beat, les lignes de basse au cordeau, les synthés effleurés comme des touches de soie. On sent le perfectionniste derrière la fête.
Mais Your Bus n’est pas qu’un exercice de style : c’est un jeu de séduction mis en musique. Une conversation entre un cœur pressé et un corps qui hésite. “As long as my ticket says I’m on your bus” — la phrase sonne comme un serment, mais aussi comme une boutade. Il y a là du flirt, du théâtre, un clin d’œil à cette disco d’antan où l’amour se vivait dans les reflets d’un miroir rotatif. Pourtant, tout sonne contemporain : la production respire, les refrains s’envolent, la chaleur du funk s’habille d’une élégance numérique.
Ce que Naesh réussit ici, c’est à réconcilier deux époques — celle du groove organique et celle de la pop digitale. Ses influences (Michael, Usher, The Weeknd, Dua Lipa) ne sont pas des références posées sur une biographie : elles coulent naturellement dans son timbre, dans cette manière de sourire entre deux notes, de ne jamais forcer la séduction mais de l’assumer pleinement.
Your Bus donne envie de se perdre un peu. D’attraper le regard de quelqu’un dans la foule et de lui dire sans parler : viens, on part danser ailleurs. Ce n’est pas une chanson de plus dans la grande nostalgie disco — c’est un appel à la vitesse, au désir, au plaisir simple d’un groove qui sait où il va. Et tant pis si on rate l’arrêt : le voyage est bien trop bon pour descendre.
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novembre 3, 2025Si Kavinsky faisait vrombir des néons dans une décapotable de chrome, Caitlin & Brent, eux, garent la voiture sous la lune et en font un slow. Leur reprise de Nightcall n’a plus rien de la nuit synthétique de Drive — c’est une valse fantôme, un baiser en clair-obscur, un songe qui sent la poussière des années 60 et le parfum des amours fatales.
Caitlin Sherman chante comme on parle à un souvenir, avec ce souffle fragile qui tremble entre désir et désenchantement. Brent Amaker, lui, lui répond d’une voix grave et patinée, presque théâtrale, un cow-boy perdu dans un film de Godard. Ensemble, ils renversent le dialogue originel : la voix féminine prend le contrôle, le masculin devient l’écho, et soudain, Nightcall bascule dans un autre monde — celui où la mélancolie s’écrit à la plume sur un vinyle noir.
L’arrangement est somptueux. Fini la froideur électronique : place aux cordes soyeuses, aux harmonies baroques, aux claviers qui sonnent comme des harpes célestes. On croit entendre un spectre de Phil Spector en studio, un orchestre de salon éthéré qui fait tanguer les chandeliers. Chaque note semble flotter dans un rêve humide, entre Dusty Springfield et Angelo Badalamenti. La chanson garde son cœur tragique, mais se drape d’une sensualité nouvelle — une élégance surannée, presque cinématographique, comme si Twin Peaks avait avalé Drive.
Ce duo fonctionne comme une anomalie parfaite. Lui, cow-boy dandy et crooner fatigué, elle, compositrice érudite et âme romantique au bord du gouffre. Leur alchimie n’a rien d’un hasard : c’est la collision de deux galaxies — la country stoïque de Brent et le spleen orchestral de Caitlin — dans une éclipse émotionnelle. On sent le passé, le désenchantement, la beauté d’aimer quand tout semble perdu.
Ce Nightcall-là n’appelle plus depuis la route, mais depuis un autre temps. Il ne promet rien, il se souvient. Dans sa réinvention baroque-pop, Caitlin & Brent signent une confession amoureuse où la fragilité devient grandeur, où chaque silence pèse plus lourd que les synthés d’origine.
C’est moins une reprise qu’un rituel — la métamorphose d’un hit néon en élégie sépia. Et au bout du sillon, quand les dernières cordes s’éteignent, il reste cette impression bouleversante : celle d’avoir dansé, l’espace d’un instant, avec un fantôme qu’on aimait encore.
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novembre 3, 2025Il y a quelque chose de violemment nostalgique dans Zombie, comme une madeleine électrique trempée dans la distorsion. Ce n’est pas un cri, c’est un vertige. Un shoot d’indie rock comme on n’en fait plus vraiment — nerveux, mélodique, lumineux jusqu’à l’ivresse. Le genre de morceau qui pourrait tourner en boucle sur une radio d’autoroute à trois heures du matin, quand la fatigue transforme les néons en mirages.
Color Palette joue ici avec les ombres et les miroirs : des guitares affûtées qui claquent comme des lames, une batterie qui pulse comme un cœur épuisé, et cette voix de Jay Nemeyer, à la fois détachée et brûlante, qui flotte entre arrogance et abandon. L’influence des Strokes est évidente — ces riffs tendus, ces refrains qui sonnent comme des slogans désabusés — mais Zombie ne se contente pas d’imiter : il amplifie. Là où le garage new-yorkais flirtait avec la nonchalance, Color Palette injecte une intensité presque cinématographique, un souffle shoegaze qui transforme le chaos en halo.
Tout, dans cette chanson, parle de survie. D’un monde où l’on avance en somnambule, le sourire figé, les yeux noyés dans la lumière bleue des écrans. Le zombie n’est pas un monstre ici — c’est nous, les rêveurs fatigués, les cœurs trop connectés pour encore battre à plein. Et sous les couches de fuzz, on devine la mélancolie : celle d’une génération qui danse pour ne pas penser, qui accélère pour ne pas tomber.
Techniquement, le morceau est une réussite. Les guitares saturées se superposent en vagues successives, l’équilibre entre mélodie pop et rugosité rock est d’une précision chirurgicale. Le mixage respire, laisse chaque instrument exister — un chaos parfaitement ordonné, comme si le désordre avait trouvé sa rythmique idéale.
Mais ce qui rend Zombie inoubliable, c’est sa sincérité brute. Derrière les refrains accrocheurs et l’énergie effervescente, il y a une vulnérabilité palpable : celle d’un groupe qui croit encore à la puissance de la guitare, à la poésie de la mélodie, à la beauté des chansons qui saignent sous les amplis.
Color Palette signe ici une pièce d’indie rock qui ne se contente pas de ressusciter un son : elle réinvente un état d’esprit. Zombie est une transe lucide, un hymne pour ceux qui errent dans la nuit, vivants mais perdus, toujours en quête d’une étincelle.
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novembre 3, 2025Ça sent la sueur, la bravade et le cuir brûlé du micro. Drinks with Cardi B n’est pas un simple titre, c’est une scène de cinéma : un bar enfumé de New Haven, deux MCs accoudés au comptoir, la bouteille ouverte, les punchlines qui claquent comme des verres vides. Showrocka et Geez ne rappent pas pour séduire. Ils rappent comme on respire après la guerre — avec la rage, la rime et le respect comme seuls témoins.
La production est une leçon d’authenticité. Un beat boom bap brut, presque poussiéreux, porté par des drums qui cognent comme les battements d’un cœur old school. Les synthés, sombres et métalliques, font planer une menace sourde : celle du rap qui refuse la tendresse, qui reste fidèle à ses ruelles et à ses règles. Ce son-là ne cherche pas à plaire aux playlists, il revendique une mémoire. On pense à Daringer, à Griselda, à ces architectes de la saleté chic, capables de transformer un loop crasseux en cathédrale sonore.
L’alchimie entre les deux MCs est évidente. Showrocka déroule ses rimes avec la précision d’un vétéran — multisyllabiques, pleines de doubles sens, ciselées comme une dissertation sur la rage. Geez, lui, apporte la flamboyance, cette manière de parler du vice avec le sourire du vainqueur. Ensemble, ils forment un duo qui oscille entre insolence et érudition, comme si Nas et Freddie Gibbs s’étaient croisés dans un club clandestin.
Et puis il y a ce titre, Drinks with Cardi B — clin d’œil ironique, fantasme mondain, punchline de luxe. Parce qu’ici, le champagne est remplacé par la sueur et la gloire par le grind. Le rêve américain du rap, version 2025 : pas d’autotune, pas de paillettes, juste deux poètes de bitume qui refusent la compromission.
Showrocka, déjà reconnu comme “professeur de rap theory”, ne récite pas ses leçons : il les incarne. Chaque couplet transpire le vécu, le savoir-faire, la fierté de ceux qui écrivent pour la postérité, pas pour les trends. Drinks with Cardi B redonne ses lettres de noblesse à la discipline : un track de puristes, exigeant, ténébreux, jubilatoire.
Un toast donc, non pas à la star de la pop, mais à l’art de la rime. À ceux qui, comme Showrocka et Geez, rappent encore pour faire trembler les murs.
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novembre 3, 2025Ce qui frappe d’abord chez Jeje, c’est cette manière qu’a Great Adamz de faire danser la gravité. Tout semble léger, aérien, fluide — mais derrière le sourire du groove, on entend un savoir-faire chirurgical, une maîtrise du rythme héritée des terres nigérianes et polie dans la grisaille britannique. Le morceau, viral presque malgré lui, ne doit rien au hasard : c’est une leçon de cool, une offrande afro-pop où chaque battement de batterie respire la confiance tranquille d’un artiste arrivé à maturité.
Jeje veut dire “doucement”, et le mot résume tout : la caresse d’une basse chaloupée, les percussions qui glissent sans jamais forcer, la voix de Great Adamz — feutrée, magnétique — qui serpente entre l’anglais et le yoruba comme un funambule sur un fil d’or. L’artiste ne cherche pas l’explosion, il cherche la séduction lente. Là où d’autres crient pour exister, lui murmure et tout le monde s’incline.
Ce qu’il réussit ici, c’est à injecter une dimension presque spirituelle dans un morceau taillé pour les clubs. Derrière le groove solaire se cache un mantra : avancer doucement, savourer le chemin, respirer le succès sans s’y noyer. La production, fine et limpide, laisse chaque instrument respirer — comme un orchestre miniature enfermé dans une bulle de chaleur. L’équilibre entre modernité et tradition, entre le rebond afrobeat et l’esthétique pop britannique, donne à Jeje une texture rare : celle d’un hit qui n’en a pas l’air, d’une chanson qui se faufile plutôt qu’elle ne s’impose.
Ce n’est pas un titre qui te prend à la gorge, mais un parfum qui s’infiltre. Au troisième refrain, tu bouges sans t’en rendre compte. Au cinquième, tu souris. Et quand la dernière note s’éteint, tu réalises que Jeje n’était pas juste une chanson : c’était un état d’esprit.
Great Adamz ne fait pas de la musique pour les algorithmes. Il fait de la musique pour les corps et pour les âmes, pour ces moments suspendus où la joie et la mélancolie se frôlent. Avec Jeje, il signe un petit miracle : celui d’un artiste qui danse sans se presser, qui brûle sans faire de bruit.
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novembre 3, 2025Sous la brume électronique de Bitter Blossom, Pictureplane refait surface comme une apparition gothique : mi-prophète, mi-spectre, toujours fidèle à sa mythologie du glitch et du désir abîmé. Ce morceau, prélude à son album Sex Distortion, est une prière distordue pour les âmes qui dansent dans les marges — un slow spectral taillé dans la cire froide des clubs new-yorkais, où l’on transpire encore sous les stroboscopes d’un monde en déclin.
Tout vibre dans une tension paradoxale : romantique et morbide, mécanique et organique, érotique et hanté. Les synthés Italo s’élèvent comme des incantations, gonflés de mélancolie, pendant que la voix de Travis Egedy — grave, désincarnée — flotte à la lisière du charnel. On pense à un Ian Curtis réanimé par une boîte à rythmes, à une ballade d’amour écrite sur un terminal brisé. Pictureplane n’imite pas la darkwave, il la digère, la pervertit, et la transforme en une matière dense, presque viscérale.
Le morceau tient dans un paradoxe magnifique : tout est flou, saturé, brouillé, mais au cœur de ce chaos, il y a une clarté émotionnelle bouleversante. Bitter Blossom n’est pas une simple chanson : c’est une relique d’un futur passé, un souvenir inventé d’une fête qui n’a jamais eu lieu. Les couches sonores se superposent comme du maquillage sur une cicatrice : belles, fragiles, un peu tristes.
Techniquement, la production est une œuvre d’orfèvre déguisée en orage : drum machines poussiéreuses, lignes de basse étouffées, nappes synthétiques qui s’effondrent comme des cathédrales de verre. On sent la patte de Ben Greenberg et Joe LaPorta dans la rigueur du mix, cette manière de laisser la crasse respirer sans jamais étouffer la lumière.
Mais ce qui transcende tout, c’est la dimension émotionnelle. Bitter Blossom parle d’amour, bien sûr — mais d’un amour abîmé, spectral, celui qui se consume dans les pixels et les nuits sans sommeil. Ce n’est pas une chanson de rupture, c’est une chanson de survie. L’amour y est radioactif, mais encore lumineux.
Pictureplane, toujours au croisement du mystique et du cyberpunk, signe ici l’un de ses titres les plus humains. Derrière le vernis witch house, c’est la vulnérabilité qui s’expose : un cœur qui bat dans la fumée, une fleur noire qui s’entête à éclore dans la nuit.
Bitter Blossom est un sortilège : un appel à danser les yeux fermés, à embrasser ses fantômes, à faire de la douleur une œuvre d’art.
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novembre 3, 2025Dans Sex N A 4Rin, JKeeth transforme une scène banale — deux corps dans une voiture, la ville en veille — en un manifeste sensuel et spirituel. Ce morceau n’est pas seulement une chanson d’amour charnel, c’est une liturgie du désir moderne, où la luxure se mêle à la prière, et où le bitume devient la nef d’une foi intime.
Tout dans cette production suinte la moiteur des nuits californiennes : la basse pulse comme un cœur impatient, les nappes trap s’étirent en halos de chaleur, et la voix de JKeeth, d’un velours légèrement fêlé, fait glisser la tension entre douceur et cruauté. Ce n’est pas un slow R&B classique — c’est un espace suspendu entre la caresse et la morsure, une confession mise en boucle dans un quatre-roues devenu sanctuaire.
Ce que JKeeth capture ici, c’est la sensualité à l’état brut, sans filtre ni faux romantisme. Le “4Rin” (pour “foreign car”) devient le décor d’une scène où le luxe ne sert qu’à amplifier l’émotion brute. On sent l’influence de la West Coast, cette esthétique du chrome et du vice, mais surtout, une tension spirituelle héritée de Tupac : parler du corps, oui, mais pour mieux révéler l’âme qui s’y cache.
Sur le plan sonore, Sex N A 4Rin frappe par sa sobriété : une production épurée, presque minimaliste, où chaque beat semble respirer entre deux soupirs. C’est du R&B à la fois charnel et contemplatif — l’héritage de Maxwell, la sensualité crue de Brent Faiyaz, et la théâtralité d’un Frank Ocean nocturne. JKeeth ne cherche pas à séduire, il veut qu’on écoute, qu’on sente la brûlure lente derrière les mots.
Il y a dans sa voix un écho de confession : “je ne chante pas pour impressionner, je chante pour survivre.” Et c’est exactement ce que Sex N A 4Rin incarne — une survie par la sensualité, un exorcisme par le groove. Le morceau devient un miroir : celui des amours toxiques et électriques, des nuits trop courtes et des silences qu’on noie dans les basses.
Sous les néons de Los Angeles, JKeeth ne cherche pas la perfection mais la vérité. Et dans cette quête, Sex N A 4Rin réinvente le R&B contemporain : plus viscéral, plus brut, plus humain. Un slow brûlant, oui — mais surtout une mise à nu en plein trafic.
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novembre 3, 2025Il fallait oser un titre pareil — et Colin Domigan, accompagné de sa clique déjantée Sankta T, Dadrock et Be Groom, n’a jamais eu peur du ridicule, ni du sublime. More Free Beer 4U! n’est pas une chanson, c’est un carnaval électronique, une satire en pleine transe, une explosion sonore où l’ironie et la fête se confondent jusqu’à l’ivresse. C’est la version post-internet du pogo : bruyante, absurde, terriblement vivante.
Le morceau débute comme une alerte de fin du monde. Quelques secondes de calme avant que la basse — monstrueuse, carnivore — ne vienne tout avaler. On y sent la sueur d’un club moite, les néons d’une fête improvisée à 4h du matin, les rires d’une jeunesse qui danse pour ne pas penser. Les kicks, hérités du slap house et du Brazilian bass, tapent comme des uppercuts, pendant que les voix trafiquées s’entrechoquent dans un jeu de ping-pong digital.
Mais derrière ce chaos organisé, il y a une vraie intelligence du son. Colin Domigan, toujours obsédé par la frontière entre l’art et la blague, fabrique ici une structure d’une précision diabolique : les ruptures s’enchaînent avec un timing de chirurgien, les drops sont à la fois grotesques et irrésistibles, et les synthés, gonflés jusqu’à la caricature, finissent par devenir poétiques. C’est du grand n’importe quoi, oui — mais du n’importe quoi contrôlé, à la Skrillex des débuts, ou à la 100 gecs quand ils décident de devenir pop.
Ce que ce titre raconte, c’est une philosophie. Celle du “tout, tout de suite”, du plaisir immédiat, du refus du sérieux. More Free Beer 4U! ne cherche pas à plaire, il cherche à contaminer. À travers ses basses absurdes et ses punchlines futiles, on entend un cri générationnel : celui d’artistes qui refusent le cynisme, qui veulent retrouver le rire dans le beat, le chaos dans la structure.
On peut y voir une parodie du clubbing moderne, une moquerie des playlists algorithmiques. Mais on peut aussi y entendre une déclaration d’amour à la fête comme dernière forme de liberté. More Free Beer 4U! n’est pas un hymne : c’est un moshpit sonore, une tornade d’énergie brute qui te prend par la main pour t’emmener danser sur les ruines du sérieux.
Et dans ce monde saturé d’images propres et de refrains calibrés, il fallait bien un morceau comme celui-là pour rappeler que le futur appartient encore à ceux qui hurlent “encore une bière !” au moment où tout s’écroule.
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novembre 3, 2025Il y a dans MY LOVE de JL DA$INGER quelque chose d’à la fois désarmant et contagieux, une innocence assumée qui fait du bien dans un paysage pop saturé de cynisme. Ce n’est pas un simple morceau d’amour, c’est une déclaration universelle — un chant tourné vers le monde, vers l’autre, vers cette idée un peu naïve (et donc précieuse) que la tendresse peut encore unir les continents.
Le morceau s’ouvre comme une aube. Une ligne rythmique afro-pop vient caresser les premières notes, douce et percussive, avant que la voix de JL DA$INGER ne s’élève, claire, presque aérienne. On sent dans sa diction quelque chose de sincère, d’organique : il ne cherche pas à séduire par la prouesse mais par la conviction. La production mélange subtilement les textures — un beat dance pop contemporain, des influences afrobeat dans le groove, et une chaleur vocale qui évoque les hymnes pop des années 2000, ceux qui croyaient encore à l’amour avec un grand A.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le morceau refuse la froideur. Chaque son semble pensé pour rapprocher, pour créer du lien. Le refrain, ample, rassembleur, respire cette envie de communion qu’on retrouve dans les grandes balades fédératrices — quelque part entre Craig David et Burna Boy, entre le romantisme et la pulsation. Le chant se veut multiple : JL DA$INGER déclame son amour en plusieurs langues, comme s’il voulait embrasser la planète entière d’un même souffle.
Techniquement, la production se distingue par une clarté remarquable. Les nappes synthétiques glissent avec élégance, la basse reste ronde et fluide, et les percussions, finement dosées, rappellent cette légèreté du dancehall moderne. Tout est conçu pour inviter au mouvement — pas le mouvement du corps frénétique, mais celui du cœur qui s’ouvre.
Ce que JL DA$INGER réussit ici, c’est à donner une portée spirituelle à la pop romantique. MY LOVE ne parle pas simplement d’un “tu” ou d’un “moi”, mais d’un “nous” universel, d’une humanité qui se cherche et se reconnaît dans la douceur.
Et dans ce monde où tout va trop vite, ce morceau prend le contre-pied parfait : il demande qu’on s’arrête un instant, qu’on écoute, qu’on aime. MY LOVE, c’est la promesse d’un monde un peu plus simple, un peu plus beau — ne serait-ce que le temps d’une chanson.
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novembre 3, 2025J’ai toujours pensé que Fritz Kalkbrenner faisait partie de ces rares producteurs capables d’assembler la nostalgie et la propulsion, de faire danser la mélancolie sans la dénaturer. Avec Save Me, il signe un retour d’une sobriété magistrale, un titre qui flotte entre le tribal et le céleste, la chair et la mécanique — comme si la house s’était enfin souvenue qu’elle avait une âme.
Dès les premières secondes, la basse s’installe, ronde, moelleuse, presque organique. Elle pulse comme une respiration humaine sous une architecture électronique millimétrée. Au-dessus, une voix se dresse, épurée, implorante, presque perdue dans l’espace. Elle ne supplie pas : elle cherche. “Save Me” devient alors moins une demande qu’une traversée. Le morceau respire cette tension propre à Kalkbrenner : le désir de s’abandonner au rythme tout en gardant les pieds sur terre.
Il y a dans la production une précision d’orfèvre : les percussions africanisantes qui s’éveillent comme une transe discrète, les synthés filtrés qui se déploient en vagues successives, les silences calculés où l’émotion se niche. C’est du Fritz pur jus : un mélange de discipline allemande et de ferveur intérieure, une écriture électronique qui ne cherche jamais l’effet mais le mouvement intérieur.
Kalkbrenner ne produit pas de la musique de club — il produit des paysages. Save Me est de ceux-là : une étendue sonore où le groove se confond avec la lumière, où chaque drop est moins une explosion qu’une révélation. Il y a ce moment, vers le milieu, où tout semble s’ouvrir : le beat s’efface, la voix s’étire, et on a l’impression d’assister à une mue sonore, un instant suspendu entre la chute et l’élévation.
Techniquement, le morceau reste un modèle d’équilibre : la structure est simple, presque classique, mais chaque élément trouve sa juste place dans une tension entre le corporel et le spirituel. Fritz n’en fait jamais trop — il suggère, il respire, il écoute.
Et c’est sans doute là que réside la force de Save Me : dans cette pudeur, cette manière de ne pas forcer le ravissement mais de le laisser advenir. La house de Kalkbrenner n’est pas celle de la foule extatique ; c’est celle de l’individu qui ferme les yeux, qui danse seul, qui cherche dans le son une forme de salut discret.
Save Me n’a pas besoin d’exploser pour bouleverser. Il suffit qu’il tourne, qu’il enveloppe, qu’il tienne cette promesse muette : même dans le tumulte des machines, il reste un cœur qui bat.
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novembre 3, 2025Je me suis surpris à écouter Grey comme on regarde la pluie tomber sur une vitre — sans chercher à comprendre, juste à ressentir. Ce morceau ne raconte pas une histoire : il en suspend une. Tout y semble tenu sur le fil, comme si The Artyst refusait de trancher entre la lumière et l’ombre. C’est un morceau qui respire le paradoxe : doux mais tranchant, mélancolique mais lucide, intime sans jamais sombrer dans le pathos.
Le son, d’abord, s’étire. Rien n’est là pour impressionner. Pas de climax, pas de démonstration. Un piano effleuré, une production dépouillée où chaque silence pèse autant qu’un mot non-dit. On dirait un battement de cœur sous anesthésie, quelque chose d’humain retenu dans une architecture quasi-minérale. La ligne rythmique, volontairement discrète, agit comme un repère : un fil conducteur dans cette brume sonore où le temps se plie, se déforme, se tait.
The Artyst écrit comme on s’excuse. Ses mots, ses mélodies, ses respirations : tout semble traversé par cette pudeur du désordre intérieur. Il ne cherche pas à séduire, il cherche à survivre. Et c’est précisément cette honnêteté-là qui rend Grey bouleversant. Derrière la neutralité du titre, il déploie une palette émotionnelle infinie, celle du gris qui n’est jamais simple — entre-deux des blessures qui cicatrisent, des désirs qu’on tait, des vérités qu’on murmure.
Ce qui me frappe, c’est la sincérité de la composition. On devine un artiste qui ne veut pas “plaire” mais “poser”. Chaque note est un aveu. On y retrouve un écho de James Blake dans la vulnérabilité électronique, un souffle d’Anderson .Paak dans l’organicité du groove, et un peu de Frank Ocean dans cette manière d’écrire la douleur comme une couleur.
The Artyst ne fait pas de la musique pour briller. Il fait de la musique pour exister dans le silence du monde, là où les émotions ne sont plus spectaculaires mais nécessaires. Grey, c’est le son d’une introspection assumée, une chanson qui ne cherche ni la lumière ni l’obscurité — juste cet espace fragile où tout devient vrai.
C’est un morceau à écouter seul, la nuit, quand on n’a plus rien à prouver. Parce que parfois, être “grey”, c’est la seule façon d’être honnête.
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novembre 3, 2025Certains morceaux qui sentent la poussière chaude des vinyles, la colle des cassettes et les néons froids d’un studio à trois heures du matin. Nuff Trickery appartient à cette espèce rare : un titre qui ne cherche ni la mode ni le buzz, mais la vérité dans le son, brute, texturée, imparfaite. Rad Brown, producteur alchimiste à la mémoire infinie, s’y livre à une archéologie du hip-hop, déterrant des fragments de Björk, Nas et même Danny Elfman pour bâtir une cathédrale sonore où chaque sample devient une pierre précieuse.
Le beat est dense, organique, tout en couches qui se chevauchent et se contredisent : des cordes inquiétantes, des nappes cinématographiques, des basses qui semblent respirer. On sent la main d’un collectionneur maniaque, quelqu’un qui ne produit pas pour séduire mais pour convoquer les fantômes. Rad Brown appartient à cette lignée d’artisans de la MPC qui pensent le hip-hop comme un langage de collage, un dialogue entre passé et présent, entre culture populaire et art total.
Et puis il y a Moka Only, revenant mythique du rap canadien, ici dans une forme presque chamanique. Son flow ne cherche pas la virtuosité mais la vérité. Il avance, nonchalant, précis, comme s’il récitait un mantra contre l’imposture — celle de l’industrie, du faux bling, des égos en toc. Il parle d’authenticité sans la nommer, de survie sans la glorifier. Nuff Trickery, c’est le refus du spectacle. Un refus élégant, fier, et profondément musical.
Ce morceau n’est pas nostalgique ; il est intemporel. Il nous rappelle pourquoi le hip-hop, avant d’être une culture de consommation, fut une culture de résistance. Rad Brown ne copie pas les années 90 — il les prolonge, les réinvente, les actualise avec la tendresse d’un historien et la fougue d’un hacker sonore. Son utilisation du sample est politique : chaque boucle volée devient un geste de liberté.
Dans un monde saturé de productions interchangeables, Nuff Trickery respire comme un espace sacré. On y retrouve l’esprit du crate digging, l’odeur des vinyles poussiéreux, la sueur du vrai travail. C’est un morceau qui ne cherche pas à t’impressionner, mais à te reconnecter — à ton oreille, à ta mémoire, à ce qu’il reste de sincérité dans le rap.
Rad Brown et Moka Only signent ici un rappel magistral : le hip-hop n’a jamais eu besoin de tours de passe-passe. Seulement d’une âme, d’un rythme, et d’une idée juste.
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novembre 3, 2025Chez Santa Sallet, le rap n’est pas une posture, c’est une discipline de vie — une manière d’aligner ses ambitions sur le tempo d’un rêve. Money and Dash s’inscrit dans cette lignée : un morceau qui pulse au rythme du hustle, entre arrogance de la réussite et lucidité sur ce qu’elle coûte. C’est du rap d’artisan, ciselé dans la poussière des routes que l’on gravit seul.
Le beat, lourd mais élégant, convoque le fantôme du boom bap tout en s’ouvrant sur un groove plus contemporain. Une basse fluide, des cuivres subtils, une rythmique qui claque — tout respire la maîtrise. Santa Sallet ne court pas après la hype : il s’installe dans la durée, avec un flow mesuré, souverain, presque dandy dans sa manière de découper le silence. Son phrasé roule comme un moteur allemand sur l’asphalte, précis, mécanique, assuré.
Ce qui fascine dans Money and Dash, c’est la tension entre deux mondes : celui du matérialisme assumé et celui, plus souterrain, du doute existentiel. Derrière les punchlines affûtées, on perçoit une introspection, une réflexion sur ce que signifie « réussir » quand le système t’impose sa propre définition du succès. L’argent devient à la fois moteur et malédiction — une danse perpétuelle entre désir et discipline.
Santa Sallet a cette élégance rare des rappeurs qui écrivent comme on raconte un roman : il y a des scènes, des images, des silences. Le “dash” du titre, ce n’est pas seulement la course effrénée vers le cash ; c’est aussi cette fuite en avant, cette énergie vitale qu’on retrouve dans le souffle même du morceau. Il rappe comme on respire après une longue nuit, avec cette fatigue fière de ceux qui n’ont jamais lâché.
Ce qui frappe, c’est la cohérence de son univers. L’esthétique old-school rencontre la précision moderne, les ambitions new-yorkaises croisent la mélancolie parisienne. Money and Dash sonne comme un manifeste pour l’indépendance artistique — un titre de guerrier urbain, sûr de lui mais conscient de la solitude du sommet.
Santa Sallet ne vend pas un mythe, il documente une trajectoire. Et dans ce morceau, chaque mot est une preuve qu’il ne joue pas à être quelqu’un d’autre : il construit, il avance, il dash — avec style, avec stratégie, avec âme.
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novembre 3, 2025Il y a dans la voix de Leo Rain quelque chose de fragile et de lumineux à la fois, comme un éclat de vérité dans le brouillard d’un club. Afraid to Dance n’est pas seulement une invitation au mouvement, c’est une radiographie du corps avant qu’il ne cède — un morceau sur le moment exact où l’on arrête de penser pour commencer à vivre.
Sous ses airs d’hymne afro-pop, la chanson cache une mélancolie à peine voilée. La production, moelleuse et futuriste, tisse un pont entre Lagos et Los Angeles : les percussions s’inspirent de l’afrobeats classique, mais les synthés, eux, appartiennent à un rêve digital, presque cyber-soul. L’équilibre est fragile, mais Leo le tient avec une aisance désarmante. Il ne copie aucun courant — il le traverse, y laisse son empreinte, un timbre feutré, presque timide, qui murmure là où d’autres crieraient.
La force de Afraid to Dance tient dans son paradoxe : c’est une chanson qui fait bouger sans jamais forcer. On y sent le cœur derrière chaque rythme, l’humanité derrière le groove. Leo Rain chante la peur — la peur du regard des autres, la peur d’aimer, la peur de se montrer tel qu’on est — et la transforme en pulsation. Le refrain agit comme un rituel de libération : il pousse doucement vers la lumière, un pas après l’autre, jusqu’à ce que la peur se dissolve dans la sueur.
Il y a aussi une forme de spiritualité dans cette danse. Leo, en bon héritier d’une tradition afro-américaine où le rythme est prière, fait de sa voix un exutoire. Chaque note est une réconciliation avec lui-même, une manière de dire que l’émotion n’a pas besoin d’être criée pour être vraie. Afraid to Dance devient alors une parabole intime : celle d’un homme qui cherche Dieu dans les vibrations d’une basse, qui transforme son doute en groove.
C’est une chanson pleine de grâce — pas celle, naïve, des ballades de streaming, mais celle du courage tranquille. Leo Rain, dans sa retenue, redonne au mot authenticité son sens premier : danser, même quand on a peur.
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novembre 3, 2025Ce morceau surgit comme un mirage dans la nuit urbaine — un battement de cœur, un parfum d’encens, une pulsation mécanique sous la peau. Avec RHYTHM, Horizyn ne se contente pas de sampler A.R. Rahman : il ressuscite tout un imaginaire, celui d’un cinéma indien transfiguré par la brutalité du béton londonien. Ce n’est pas un simple mashup entre deux mondes, c’est une collision sensuelle, électrique, presque mystique.
Dès les premières secondes, la tension est palpable. Les 808s roulent comme des orages souterrains, les percussions taillées au scalpel installent une transe sombre, et cette voix féminine venue du Taal de Rahman — fragile, céleste — semble flotter au-dessus du chaos, comme un souvenir impossible à effacer. Horizyn laisse ce contraste respirer : l’élégance du passé contre la morsure du présent, la douceur contre la violence du rythme.
Ce que le rappeur réussit ici tient du sortilège : il prend le drill, genre codifié, souvent monotone dans sa noirceur, et lui redonne une dimension charnelle. Le flow glisse, serpente, se suspend parfois comme pour mieux mordre ensuite. Il n’y a pas de démonstration gratuite, seulement un sens du timing impeccable — chaque syllabe semble suivre la respiration de la basse, chaque silence devient un espace où la tension se loge.
Mais derrière cette maîtrise technique, RHYTHM raconte quelque chose de plus profond : la friction entre deux héritages. Celui de Londres, rugueux, compétitif, saturé de néons et de désirs refoulés ; et celui de l’Inde, luxuriant, mystique, traversé de mélodies où chaque note semble prier. Horizyn unit ces deux mondes sans caricature, en laissant la beauté et la rage coexister dans un même souffle.
Le morceau pulse comme une rencontre : deux corps, deux cultures, deux énergies qui se cherchent et se heurtent. On y sent le feu du club, la moiteur des ruelles, mais aussi la gravité du mythe — cette impression que le RHYTHM dont il parle n’est pas qu’un groove, mais une loi universelle, celle qui relie tous les battements : du tambour à la poitrine, du mantra au micro.
Horizyn signe ici un moment d’alchimie rare : un drill sensuel, élégant et viscéral, où chaque mesure semble dire la même chose — que le futur du rap global se joue désormais à la croisée des mondes.
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novembre 3, 2025Holdin’ On ne commence pas : il émerge. Comme si l’on reprenait conscience au cœur d’un club qui respire encore, à l’aube, après l’orage. Arky Waters, producteur australien à la vision cinétique et viscérale, signe ici un retour incandescent. Ce morceau n’est pas seulement une piste de dancefloor : c’est une montée d’adrénaline pure, une lutte entre le lâcher-prise et la survie, où la lumière stroboscopique devient un langage.
Le morceau s’articule autour d’un motif de basse moelleuse et nerveuse à la fois, une matière souterraine qui gronde sous les nappes d’accords spectrales. La voix de MAMI — aérienne, presque spectrale — plane au-dessus comme une prière électronique, un mantra étouffé entre l’intime et l’hypnotique. On pense à la mélancolie galvanisée de Bicep ou à l’architecture sonore d’Overmono, mais Arky Waters impose sa propre grammaire : une tension maîtrisée, un souffle humain noyé dans la machine.
Ce qui fascine dans Holdin’ On, c’est sa manière de fusionner le physique et le spirituel. Le kick frappe comme un cœur qui cogne contre la cage thoracique, la mélodie s’enroule autour d’un espace mental en apnée, et tout le morceau semble aspiré vers un point de rupture invisible. C’est le genre de track où chaque drop ressemble à une révélation — pas explosive, mais organique, contenue, presque sensuelle.
Arky construit ici un paysage sonore saturé de détails : les reverbs s’allongent comme des trainées de lumière dans l’obscurité, les textures se superposent avec une précision qui relève du dessin industriel, mais rien n’est froid. L’émotion suinte dans les interstices — dans la voix brisée, dans la suspension du dernier beat, dans ce moment où tout pourrait s’effondrer mais choisit de continuer à vibrer.
Holdin’ On est une prière pour les insomniaques, les cœurs en suspens, les corps en fuite. C’est un hymne à la persistance — celle de ceux qui continuent à danser quand tout s’écroule, à aimer quand la nuit devient trop longue. Arky Waters signe un morceau à la fois introspectif et viscéral, taillé pour la solitude des clubs et les souvenirs qu’on emporte après.
Sous la façade de la house, il y a ici quelque chose de profondément humain : une obstination à rester debout. À tenir, coûte que coûte.
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novembre 3, 2025Il y a des chansons qui ne tombent pas du ciel : elles ruissellent lentement sur la peau, comme la pluie d’un souvenir qu’on croyait sec. Rain de Clay the Trickster en fait partie. Ce n’est pas une ballade larmoyante ni un tube de club calibré — c’est une pluie chaude, presque spirituelle, un groove qui lave la poussière des émotions enfouies.
Derrière le pseudonyme faussement malicieux de Clay se cache un conteur à la sincérité rare. Sa voix flotte entre la tendresse et la dérision, dans cette zone mouvante où l’amour, la perte et la lucidité se croisent sans jamais s’expliquer. Rain respire le R&B d’une autre époque — celle des labels Motown et des refrains qu’on pouvait fredonner en dansant les yeux fermés — mais le tout filtré par une esthétique résolument moderne, proche du dance-pop soyeux de la côte Ouest.
La production est un bijou d’équilibre : percussions moelleuses, nappes de synthé presque liquides, basse pulsante qui fait battre le morceau comme un cœur battu trop fort. On sent dans les arrangements la volonté de tout maintenir au bord de l’éclatement, comme une émotion qu’on retient pour ne pas pleurer en public. Chaque détail sonore semble raconter la même histoire que Clay : celle d’un homme qui a appris à sourire sous l’eau.
Ce qui rend Rain fascinant, c’est cette ironie douce-amère qui traverse la voix du chanteur. Clay the Trickster joue avec l’émotion comme un illusionniste joue avec la lumière — il vous tend un miroir, vous fait rire, puis vous prend par surprise avec une ligne qui fait mal. On devine le vécu derrière l’humour, la fatigue derrière le charme. C’est du storytelling R&B à l’état pur, où la sincérité se cache derrière le groove.
Mais surtout, Rain parle de résilience. Pas celle des slogans, celle du quotidien : continuer à marcher, même quand le ciel se déchire. C’est un morceau sur la beauté du mouvement, sur la nécessité de danser quand on ne peut plus parler.
Clay the Trickster réussit ici un tour de magie rare — rendre la mélancolie irrésistiblement rythmique. Rain n’est pas un cri, c’est un souffle. Une façon de dire que parfois, la pluie n’est pas faite pour éteindre le feu — elle est là pour le rendre plus lumineux.
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novembre 3, 2025Sweet October s’ouvre comme un souvenir qu’on aurait laissé traîner dans un grenier, entre la poussière et les regrets. Cliff Root y dépose sa voix nue, éraflée par la vie, sur une guitare qui semble jouer à la fois pour l’amour perdu et pour la survie. C’est une chanson d’automne au sens le plus pur du terme : tout y chute avec grâce — les feuilles, les illusions, les certitudes. Mais dans la chute, il y a cette beauté inévitable qu’on ne retrouve qu’à travers la douleur honnête.
Root écrit comme on se confie dans la nuit, à mi-chemin entre le murmure et le cri. Sa plume évoque ces lendemains d’addiction et d’absence, quand on tente de réapprendre à respirer dans un monde qui semble s’être contracté autour du manque. Le morceau oscille entre indie rock et ballade folk, avec des effluves de reggae discrets, presque fantomatiques, qui rappellent que la lumière n’est jamais tout à fait éteinte, même dans la mélancolie la plus dense.
Il y a dans Sweet October quelque chose de très humain, presque fragile : cette façon de tenir le cap entre désespoir et espoir, entre la brûlure et le pardon. Les guitares alternent entre arpèges soyeux et grondement électrique, comme deux états d’une même âme — la résignation et la rage de s’en sortir. Et la voix de Root, vibrante, légèrement fêlée, s’accroche aux mots comme à une planche de salut.
Techniquement, le morceau ne cherche pas la perfection : il préfère l’émotion brute. Le mix laisse de l’air autour des instruments, une respiration qui permet d’entendre les silences, les hésitations, les tremblements. Ce refus du vernis donne au titre une authenticité rare, celle des disques qui ne trichent pas.
Mais Sweet October n’est pas seulement une confession intime : c’est une main tendue. Une chanson qui parle à ceux qui ont connu l’abîme et qui en reviennent, un peu cabossés mais debout. Cliff Root réussit le pari de transformer la douleur en lumière, la perte en poésie.
Écouter Sweet October, c’est accepter d’être vulnérable. C’est se souvenir qu’il existe des artistes pour qui la musique n’est pas un divertissement, mais un acte de survie. Et dans ce mois d’octobre doux-amer, Cliff Root nous rappelle qu’il n’y a rien de plus beau que de tomber — et de continuer à chanter en tombant.
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novembre 3, 2025OFF THE MOON n’a pas été fait pour les terriens. Ce morceau plane au-dessus de l’atmosphère, suspendu quelque part entre Atlanta et la stratosphère, là où la gravité ne s’applique plus — ni aux beats, ni aux egos. Trois voix, trois univers — SupremeDae, d4mon. et LOM MAZI — fusionnent ici sous la bannière du collectif UOT (Universe of Thought ? Universe of Trouble ? Peu importe, l’intention est la même : faire exploser le plafond de la trap).
Dès l’intro, une nappe synthétique flotte comme un halo de vapeur, avant que les 808 ne s’écrasent au sol avec une lourdeur spatiale. Le mix est chirurgical, chaque kick résonne comme un battement d’étoile. Les flows s’enchaînent avec une précision acrobatique, jouant sur des ruptures de tempo, des effets de bascule, des respirations soudain coupées. OFF THE MOON ne raconte pas une histoire : il en crée une. Celle de jeunes rappeurs qui transforment l’ambition en matière noire.
SupremeDae apporte la froideur, cette nonchalance contrôlée des rappeurs qui n’ont plus rien à prouver. d4mon. glisse sur l’instru avec une fluidité presque chantée, entre mélodie et menace, pendant que LOM MAZI vient briser la légèreté du tout avec un grain plus brut, presque rageur. Ce mélange est d’une efficacité rare : un chaos maîtrisé, comme si Travis Scott avait invité Don Toliver et Baby Keem à enregistrer dans une capsule spatiale.
Mais au-delà du son, OFF THE MOON dégage une énergie collective fascinante. On sent une amitié en fusion, une camaraderie d’artistes qui se complètent sans jamais se diluer. Cette alchimie, c’est ce qui manque souvent à la trap moderne — trop centrée sur la performance individuelle. Ici, chaque voix renforce l’autre, chaque couplet devient un pont vers le suivant.
Il y a aussi quelque chose d’émotionnel, sous la surface : un vertige, une envie de s’extraire du monde, de bâtir son propre espace sonore. La prod, lumineuse et mélancolique à la fois, agit comme une navette vers un ailleurs où la trap devient plus introspective, presque mystique.
OFF THE MOON est une déclaration d’intention : UOT ne vise pas la terre, ils visent l’orbite. Et dans un paysage saturé de copies, cette énergie-là — brute, libre, galvanisante — a quelque chose de rare. On en ressort un peu étourdi, comme après un rêve en apesanteur.
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novembre 3, 2025Pavy ne rappe pas pour séduire, il rappe pour survivre à la mélancolie. Dans Ain’t Much Out Here To Love, l’artiste de Chicago pose un constat froid, presque clinique, sur un monde où l’amour, la loyauté et la vérité semblent s’être dissous dans le bitume. Le morceau, produit par Chase P, n’est pas un single de plus dans le flot infini du hip-hop contemporain — c’est une méditation urbaine, un lent panorama sur la désillusion d’une génération qui ne sait plus où placer sa tendresse.
Le beat, minimaliste, est tissé d’une batterie crue, d’une basse moelleuse et d’un sample nostalgique qu’on croirait exhumé d’un vieux vinyle de jazz poussiéreux. C’est le genre de production qui laisse respirer la voix, qui met le texte au centre du tableau. Et quelle voix. Celle de Pavy, grave, posée, lasse sans être résignée, déroule ses pensées avec la précision d’un scalpel. Pas d’esbroufe, pas de gimmicks — juste une franchise à nu. Son flow oscille entre le spoken word et le rap classique, un équilibre qui lui permet d’être à la fois poète et témoin.
“Ain’t Much Out Here To Love” a la couleur d’une nuit d’automne passée dans un diner désert, à fixer son reflet dans une vitre mouillée. C’est une chanson sur l’usure, sur les masques qu’on garde pour tenir le coup. Pavy dissèque la solitude contemporaine avec une douceur désarmante : il ne crie pas sa colère, il la murmure. Et c’est sans doute ce qui la rend plus violente.
On retrouve ici l’héritage du boom bap des années 90, mais vidé de sa flamboyance : Pavy ne cherche pas à recréer une époque, il en réinvente la douleur. Son rap est moderne dans sa sobriété, classique dans son exigence. Il parle d’émotions complexes avec une clarté rare, sans tomber dans le pathos. Là où beaucoup surjouent la tristesse, lui l’habite avec dignité.
Dans un monde saturé de faux récits, Ain’t Much Out Here To Love agit comme une parenthèse d’honnêteté. C’est un morceau de désillusion mais aussi de résistance : une façon de dire que même quand tout s’effondre, la vérité reste un acte de beauté. Pavy, quelque part entre Common et Mick Jenkins, marche seul mais droit — et c’est précisément ce qui fait de lui un rappeur essentiel.
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novembre 3, 2025Don’t Break the Spirit déborde comme un verre de champagne trop plein, pétillant de désir, de tension et d’ironie. Karl & the Virgin y sculpte une pop furieusement incarnée, sensuelle et désinvolte, un manifeste contre la tiédeur. C’est un morceau qui sent la peau après la nuit, la sueur sous les stroboscopes, mais aussi l’âme en équilibre au bord du vertige. Il y a chez lui cette façon rare de faire danser le sacré avec le trivial, l’énergie d’une fête et le vertige d’une confession.
Dès les premières secondes, les guitares groovent avec une insolence parfaitement calibrée — quelque part entre la fièvre funk de Prince et les éclats vernis de la French Touch, époque Stardust et Cassius. Mais au lieu de rejouer la nostalgie des années 2000, Karl tord le genre, le rend plus électrique, plus débraillé. Ses synthés claquent comme du plastique chaud, sa voix joue sur la frontière entre prière et provocation. Le tout s’assemble dans une alchimie fiévreuse où la fête devient rite, où la légèreté masque la gravité d’un monde trop conscient de sa propre chute.
Don’t Break the Spirit n’est pas qu’un appel à ne pas casser l’ambiance — c’est une injonction poétique à préserver ce qu’il y a de vivant en nous. Derrière le refrain-mantra, on sent l’urgence d’un artiste qui refuse la fadeur, qui célèbre le mouvement comme une résistance à la stagnation. Il transforme le dancefloor en autel, le son en exorcisme. Il y a du Kate Bush dans sa démesure spirituelle, du SOPHIE dans sa science du clinquant dérangé, du Justice dans ses éclairs de saturation divine.
Mais Karl & the Virgin ne copie personne. Il crée une figure hybride, androgyne et mystique, où la pop se fait théâtre du vivant. Sa musique, c’est l’étreinte entre l’humain et la machine, le cri d’une génération qui veut tout ressentir — quitte à se brûler.
À la fin, Don’t Break the Spirit laisse une trace étrange : un éclat de joie mêlé à une angoisse douce. Comme si danser devenait une façon de survivre. Comme si la fête, après tout, était le dernier endroit où l’on pouvait encore croire aux miracles.
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novembre 3, 2025Herc débarque avec Treat Me Like Somebody comme on entre dans une pièce pleine de fumée, l’air chargé d’émotion et de confiance mêlées. Il y a dans sa voix cette fragilité retenue, ce ton mi-vantard mi-vulnérable propre aux rappeurs qui ont vu trop de nuits blanches passer. Le titre, d’apparence simple, cache une tension magnifique : celle entre le besoin de reconnaissance et la peur d’être vu pour de vrai.
La production pose le décor d’emblée : un beat trap étiré, épuré, presque spatial. Les basses rampent comme des ombres, les hi-hats cliquettent à la manière d’un cœur qui s’emballe. Rien n’est surjoué, tout est dans la retenue, dans le flou précis. Ce genre de prod où le silence devient un instrument à part entière. Herc s’y promène avec un flow maîtrisé, parfois las, parfois tranchant, comme s’il oscillait entre l’aveu et la provocation.
Ce qui frappe, c’est cette tension émotionnelle qu’il entretient sans jamais la briser. Treat Me Like Somebody n’est pas qu’une revendication d’amour ou de respect : c’est un miroir tendu à une génération pour qui la vulnérabilité est une forme de force. Il parle d’attention, de loyauté, de fierté malmenée — mais toujours avec cette élégance propre aux rappeurs qui refusent la caricature du dur. Sa voix n’explose jamais : elle glisse, se faufile, s’impose.
Dans cette chanson, Herc façonne un univers où la trap devient presque sensuelle, comme un R&B ralenti sous morphine. Il y a une douceur hypnotique dans la manière dont il module son ton, une maîtrise qui rappelle les débuts introspectifs de Bryson Tiller ou les mélancolies urbaines de 6lack. Pourtant, Herc ne copie personne : il signe un morceau où la mélodie n’est jamais une béquille, mais un terrain d’équilibre entre le chaos intérieur et la sérénité recherchée.
Treat Me Like Somebody sonne comme un cri feutré — celui d’un homme qui demande qu’on le voie autrement, au-delà du vernis du paraître. C’est une confession déguisée en banger nocturne, un morceau à écouter casque vissé sur les oreilles, regard perdu dans la vitre d’un taxi à 3h du matin. Herc ne cherche pas à briller : il cherche à être compris. Et c’est sans doute ce qui rend cette track si humaine, si vraie, si nécessaire.
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novembre 3, 2025Le titre Vol a quelque chose d’à la fois cosmique et profondément humain — une impression de flotter, suspendu entre le battement du cœur et celui du kick. Alex Hracan, artiste français exilé à Vancouver, signe ici une pièce électronique rare, taillée dans la matière de l’air, où chaque note semble respirer. Vol n’est pas une simple track de techno progressive : c’est une ascension, une traversée sensorielle qui prend racine dans la nature pour mieux se dissoudre dans l’infini.
Ce qui saisit d’abord, c’est la pureté du son. La production d’Hracan, millimétrée mais organique, évolue lentement, comme une onde de chaleur sur une plaine. Le morceau s’ouvre sur un souffle : une nappe synthétique, fragile comme la brume du matin, avant que les percussions n’entrent, précises, claires, presque minérales. Chaque élément trouve sa place avec humilité — rien ne déborde, tout se respire. Hracan a cette intelligence du silence, cette manière de laisser l’espace parler, de faire du vide une texture.
Son utilisation du theremin — instrument rare, presque mystique — ajoute à Vol une dimension spectrale, une humanité tremblante dans le flot digital. On croirait entendre la voix d’un fantôme céleste se frayer un chemin parmi les nappes synthétiques, une prière sans mots adressée au ciel. C’est une techno contemplative, qui ne cherche pas à faire danser mais à faire décoller, à élever. Le morceau rappelle parfois Jon Hopkins dans sa manière d’allier spiritualité et précision rythmique, ou les paysages sonores de Max Cooper où la science et le sacré s’enlacent.
Ce qui rend Vol si fascinant, c’est sa capacité à raconter un voyage sans jamais nommer la destination. Le morceau avance comme un souffle intérieur : au fil des minutes, on sent les pulsations se mêler au cœur, la tension monter, puis retomber doucement, comme un atterrissage après une transe. On ressort de l’écoute avec cette sensation rare d’avoir traversé quelque chose — pas un morceau, mais un état.
Alex Hracan compose comme on peint avec la lumière. Derrière la rigueur de sa production, on devine un romantisme presque naïf : celui d’un homme qui croit encore que la musique peut nous faire toucher l’infini. Vol est une ascension sans turbulences, un envol vers soi-même. Un moment suspendu où la techno devient prière, et la liberté, un simple battement d’aile.
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novembre 3, 2025Sous le soleil poussiéreux d’Accra, Medicine pulse comme un battement de cœur au ralenti, celui d’un homme qui a trouvé dans l’amour un antidote à tout ce que la vie lui a infligé. Qodwo Hero chante la guérison, mais pas celle des corps — celle des âmes, des jours de doute et des nuits sans horizon. Dans cette fusion subtile entre Afrobeats et R&B, il trouve le juste équilibre entre la chair et la foi, entre la caresse et la ferveur.
Le morceau s’ouvre sur une production souple, portée par une ligne de basse qui ondule comme une brise chaude sur la peau. Les percussions, discrètes mais nerveuses, rappellent cette élégance propre à la scène ghanéenne, où le rythme est toujours un langage avant d’être un décor. Qodwo Hero pose sa voix avec cette douceur rauque, presque tremblante — une voix qui ne cherche pas à briller, mais à toucher. On entend dans ses intonations cette vérité brute des artistes de rue : une façon de chanter la douleur comme une prière, sans surjeu, sans posture.
Medicine fonctionne comme une métaphore filée : l’amour devient une prescription, un remède lent, sensuel, presque mystique. “She’s my medicine”, murmure-t-il comme une incantation. Ce n’est pas l’amour idéalisé, mais celui qui soigne à force d’être vécu, celui qui apaise sans effacer les cicatrices. La production, minimaliste et envoûtante, fait le choix du dépouillement pour laisser toute la place à la voix — ce grain qui semble venir d’un ailleurs, entre la ferveur d’un gospel et la langueur d’un slow afro-soul.
Ce qui fascine chez Qodwo Hero, c’est cette manière d’incarner la sincérité sans artifice. Il appartient à cette génération ghanéenne qui a compris que la modernité ne se joue pas dans les effets de style, mais dans la profondeur du vécu. Là où d’autres cherchent le hit, lui cherche le cœur. On sent derrière Medicine l’histoire d’un artiste qui n’a rien à prouver sinon qu’il existe — et que sa musique est le témoignage vivant de cette existence.
Le refrain agit comme un baume. Chaque écoute redonne une dose de chaleur, de réconfort, comme un souvenir heureux qu’on garde au creux du torse. Qodwo Hero ne fait pas que chanter l’amour : il l’administre. Avec Medicine, il prouve qu’un morceau afro-fusion peut être à la fois intime et universel, ancré dans la rue et suspendu au ciel. Une chanson qui guérit doucement, sans promesse miracle — juste la vérité d’un battement, d’un souffle, d’un cœur qui se remet à vivre.
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novembre 3, 2025Il y a dans CLOWN quelque chose de viscéralement théâtral, une tension entre l’aveu et la mise en scène, entre la blessure et la revanche. Taylor Heavenly entre dans le monde de la pop comme sur un plateau de cinéma : maquillée, lumineuse, mais avec le cœur fendu sous le costume. Ce premier single n’est pas un simple morceau de dance pop — c’est une déclaration d’intention, un manifeste de pouvoir féminin déguisé en show de cabaret digital.
Ce qui frappe, c’est cette production cinématographique, ample, presque baroque dans sa manière d’habiller l’émotion d’or et de velours. Les synthés brillent comme des projecteurs, la basse pulse avec assurance, et la voix de Taylor, mi-caresse mi-dague, domine l’espace. Elle chante comme on s’arrache un masque : avec une forme de rage élégante, de théâtralité moderne héritée autant de Doja Cat que de Lady Gaga période The Fame Monster.
Clown, c’est le moment exact où le cœur brisé se redresse, se recoiffe, et transforme sa chute en numéro triomphal. Le texte évoque cette figure tragique du clown amoureux — celui qui offre son rire pour cacher ses larmes — mais Taylor en fait une héroïne pop : elle rit d’elle-même avant que quiconque ne puisse le faire. C’est là tout le génie du morceau : son ironie assumée, cette façon de retourner le stigmate en performance.
Musicalement, le morceau navigue entre une pop commerciale assumée et une touche d’électro glamour. Les percussions claquent comme des talons sur le marbre, les refrains explosent avec une précision chirurgicale, et la production respire l’obsession du détail. Chaque break, chaque respiration semble pesée pour maximiser la tension dramatique. C’est le genre de chanson qui pourrait accompagner le générique d’un film sur la renaissance d’une femme après la trahison — mais une femme qui garde son rouge à lèvres impeccable et son regard droit dans la caméra.
Il y a dans la voix de Taylor Heavenly une intensité rare pour une première sortie : elle ne chante pas pour séduire, elle chante pour exister. CLOWN n’est pas seulement une revanche sentimentale, c’est une mise en scène de soi, une catharsis déguisée en banger. C’est la pop dans ce qu’elle a de plus sincèrement théâtral — celle qui ose la démesure, la vulnérabilité et l’attitude.
Au fond, CLOWN parle d’un monde où les émotions deviennent spectacle, mais où le spectacle, paradoxalement, libère. Taylor Heavenly fait de son premier acte un triomphe : elle rit de la douleur, la transforme en feu d’artifice, et quitte la scène avec ce sourire qui dit tout — “je souffre peut-être encore, mais cette fois, c’est moi qui écris le script.”
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novembre 3, 2025C’est un peu comme si les années 80 avaient avalé une pilule d’euphorie et s’étaient réincarnées sur un rooftop de Sydney. OUTTA YOUR MIND des Midnight Pool Party n’est pas juste une chanson : c’est une ivresse collective, un claquement de doigts dans la chaleur électrique d’une nuit où tout semble possible. Le duo australien, fidèle à sa maîtrise du groove scintillant, livre ici un morceau qui déborde d’énergie, mais sans arrogance — un feu d’artifice calibré pour la sensualité et le lâcher-prise.
Dès les premières secondes, on se laisse happer par la basse rebondissante, cette pulsation qui fait danser le sang avant même que le cerveau comprenne. Les synthés, eux, dessinent des arabesques de lumière, entre nostalgie disco et modernité électronique. On retrouve cette texture soyeuse, presque liquide, propre à la scène australienne — un équilibre entre la chaleur du funk et la précision du digital. OUTTA YOUR MIND pourrait être la bande-son d’un film de Gaspar Noé version feel-good, saturé de néons et de sueur douce.
Ce qui distingue Midnight Pool Party, c’est cette façon de rendre la fête introspective. Derrière les beats impeccables et le sourire des refrains, on sent une forme de mélancolie légère, une tendresse enfouie dans le groove. Le morceau raconte moins une soirée qu’un moment suspendu — ce point de bascule où la musique devient un moyen de se dissoudre dans la foule, d’oublier qui l’on est pour quelques minutes. Le chant, presque éthéré, glisse au-dessus de la production avec une nonchalance maîtrisée, rappelant la sensualité lumineuse de SG Lewis ou de Miami Horror, mais avec ce quelque chose de plus sincère, de plus viscéral.
Les transitions sont d’une fluidité déconcertante : chaque montée en tension, chaque drop, chaque respiration semble taillée sur mesure pour le corps. Il y a une science du rythme chez Midnight Pool Party, mais aussi un instinct — celui de savoir quand retenir, quand exploser. Et au cœur de tout ça, cette idée simple mais essentielle : la musique comme remède à l’inertie, comme espace de renaissance.
OUTTA YOUR MIND ne cherche pas à impressionner, mais à connecter. C’est un morceau qui sent la peau, le sel et la lumière. Une invitation à perdre la tête pour mieux se retrouver, à se laisser traverser par le son jusqu’à ne plus savoir où finit la nuit et où commence le souvenir. Une fièvre douce, hédoniste et sincère — exactement ce dont on a besoin pour survivre à ce monde qui tourne trop vite.
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novembre 3, 2025Sous les nappes synthétiques et la lumière vacillante de ce remix, Soso (HUT Remix) n’a plus rien du morceau viral et lumineux qu’on fredonnait en boucle sur TikTok. Le Kabusa Oriental Choir en fait une liturgie étrange, presque mystique — une messe profane où le chagrin s’élève avec la ferveur d’un gospel noyé dans les vapeurs d’un club africain après minuit.
Le collectif nigérian, qu’on connaît pour ses relectures chorales de tubes Afropop, s’aventure ici sur un terrain beaucoup plus viscéral. L’orgue électronique remplace la lumière, les voix s’allongent en halos vibrants, et la rythmique s’étire comme une lente procession dans la douleur. Ce HUT Remix transforme la prière en transe, l’amour en dépendance, la douleur en combustible spirituel. Tout y respire la tension entre le divin et le charnel.
Ce qui bouleverse, c’est cette voix collective — cette manière qu’a le Kabusa Oriental Choir de chanter comme un seul organisme, avec un souffle qui semble à la fois sacré et profondément humain. Chaque note a la gravité d’un sermon, mais aussi la chaleur d’une confession. On sent la ferveur d’une chorale d’église, mais dans un contexte totalement sécularisé, traversé par l’écho d’un Lagos contemporain où le sacré et le profane dansent ensemble.
Le travail de production du remixeur HUT amplifie cette dualité : les basses sont épaisses, presque menaçantes, tandis que les harmonies du chœur, cristallines, s’élèvent comme un appel au pardon. C’est une tension permanente — entre ombre et lumière, passion et abandon. La ligne mélodique, quant à elle, se déroule comme un fil de soie dans la nuit, fragile mais lumineux, guidant l’auditeur au cœur du labyrinthe émotionnel que décrit la chanson.
L’amour devient ici une forme de rituel dangereux. “Pain is the poison, love is the drug”, dit le texte original. Et c’est exactement ce que le son traduit : une lente intoxication, une dépendance douce et belle comme une overdose d’émotions. L’arrangement sature de réverbération, le chœur s’élargit, le rythme s’éteint. Tout semble flotter, comme suspendu entre la transe et la prière.
Ce remix est un renversement. Là où la version originale cherchait la guérison dans la douceur, celle-ci l’exhibe dans la douleur. Kabusa Oriental Choir signe une œuvre rare, d’une beauté presque baroque, où le sacré et la souffrance se confondent, où chaque voix porte en elle la brûlure de l’amour et la foi qu’il en vaut la peine. Soso (HUT Remix) n’est pas seulement une chanson : c’est une cérémonie.
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novembre 3, 2025C’est un peu comme tomber dans un rêve en slow motion. wait and see de Pozzy ne fait pas de bruit, ne cherche pas le choc ni le spectacle — il respire lentement, dans un clair-obscur où chaque note semble suspendue à un souffle. Loin du grime originel et de sa violence électrique, Pozzy sculpte ici un son d’une douceur quasi liquide, une bulle introspective où les pulsations se fondent dans la brume.
Ce qu’il appelle du mellow grime trouve ici toute sa définition : une mutation du genre, une mue sensible, comme si l’agressivité de Londres s’était dissoute dans la lumière tamisée d’un matin d’hiver. On entend le beat, oui, mais il n’explose pas : il s’écoule, fluide, presque timide, laissant la place à l’espace, à l’air, à la respiration. Le morceau fonctionne comme une décompression — une plage sonore qui nettoie le mental, un glitch émotionnel entre la nostalgie et l’apaisement.
Instrumental et pourtant narratif, wait and see évoque un monde intérieur en équilibre précaire. Il n’y a pas de voix, mais il y a des intentions. Des textures électroniques se superposent, les basses s’étirent comme un fil tendu, et quelque part au milieu, un piano spectral fait office de témoin. On a l’impression que Pozzy cherche la sérénité dans la confusion, qu’il écrit la bande-son d’une génération qui veut avancer sans savoir vraiment où.
Ce morceau n’est pas une démonstration, c’est une esquisse. Un geste fragile, précis, presque minimaliste. Et c’est cette retenue qui fascine. Pozzy a compris que le grime n’a plus besoin d’être frontal pour rester subversif — il suffit de le ralentir, de le dépouiller, de le rendre poreux à l’intime. Là où Skepta aurait hurlé son chaos, lui choisit la nuance. Il ne s’impose pas : il contemple.
Dans wait and see, chaque fréquence semble portée par la foi discrète de quelqu’un qui attend sans désespoir. C’est le son d’un Londres post-bruit, d’un jeune artiste qui regarde sa propre génération avec bienveillance et vertige. Pozzy n’invente pas seulement un son : il fabrique un état d’âme. Et ce qui frappe, c’est à quel point cette paix — fragile, mouvante, à la lisière du silence — finit par être bouleversante.
Écouter wait and see, c’est comme s’arrêter un instant dans la tempête pour regarder le vent passer. Rien ne bouge, mais tout change.
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novembre 3, 2025Certains morceaux n’essaient pas de consoler : ils observent les débris avec une élégance douloureuse. noir ou blanc de Dourack fait partie de ceux-là. Ce n’est pas une chanson d’amour, mais le polaroïd un peu tremblé de ce qu’il en reste — les heures floues, les échos d’un passé qui refuse de mourir proprement. Ce que Dourack raconte ici, c’est la désintégration intime, mais sans plainte, sans pathos : un face-à-face entre deux mémoires qui ne se superposent plus.
Le morceau s’ouvre sur un piano feutré, presque timide, qui semble respirer dans la pénombre. On croirait entendre la chambre d’après — celle où les draps sont froids et la lumière encore trop crue. Puis les drums, secs, clairs, hérités des années 80, s’invitent doucement, comme un souvenir de mouvement dans un présent figé. La guitare saturée, elle, se charge du fantôme : elle gronde à la périphérie du son, mi-chaude mi-acide, comme une rancune qu’on n’a pas totalement digérée.
Mais ce qui frappe surtout, c’est la voix. Dourack ne chante pas vraiment : il murmure, il dépose. Sa diction glisse entre l’anglais et le français comme on se débat entre deux manières d’exister. Il y a dans ce mélange une mélancolie moderne — celle des amours post-internet, où tout semble à la fois trop réel et trop flou. Le ton n’est pas dramatique, il est lucide. Comme si raconter la rupture devenait le seul moyen de la vivre encore un peu.
L’influence du R&B alternatif du début des années 2010 — Frank Ocean, James Blake, How to Dress Well — se ressent dans la pudeur et la spatialité du mix. Chaque élément sonore flotte, suspendu dans un vide texturé, un silence habité. L’ambient n’est pas ici un décor : c’est le souffle de l’absence.
noir ou blanc ne cherche pas à trancher, justement. Ce n’est pas un duel entre deux versions d’une histoire, mais la coexistence fragile de deux vérités. Celle de l’autre, celle de soi. Dourack parle de ces zones intermédiaires où l’amour devient une fable, où chacun réécrit sa version jusqu’à y croire.
On sort de ce morceau avec la sensation d’avoir traversé un brouillard — pas celui qui aveugle, mais celui qui révèle, par contraste, la forme des choses perdues. Dourack ne reconstruit rien : il contemple. Et dans ce regard calme, dans ce piano qui persiste comme une respiration lente, il y a cette beauté rare de ceux qui savent que la tristesse peut être lumineuse, à condition de ne pas la fuir.
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novembre 3, 2025Je n’avais pas prévu d’être touché. Walls a commencé par une pulsation — une de ces caresses rythmées typiques de Lagos, un battement discret mais chaud, comme un cœur qui reprend vie sous les doigts d’un autre. Et puis la voix de Dumomi The Jig s’est glissée à l’intérieur, non pas pour chanter l’amour, mais pour le rendre palpable, presque tangible, comme une lumière qui filtre à travers une peau encore fermée.
Ce morceau n’a rien d’un banger Afrobeat calibré pour les clubs. Il murmure plutôt qu’il ne crie, avance à pas feutrés, préférant la sincérité à l’effet. Dumomi ne cherche pas la perfection — il cherche la vérité. On sent chez lui cette tension entre la pudeur britannique et l’exubérance nigériane : un tiraillement doux, presque poétique, entre deux continents, deux rythmes, deux manières d’aimer. Sa voix porte cette dualité : un timbre feutré, presque timide, qui s’éclaire parfois d’un éclat de chaleur brute, comme un rayon traversant la pluie.
L’instrumentation suit ce mouvement intérieur. La guitare joue le rôle du confident, légère, fragile, presque translucide. Le beat, lui, respire lentement, sans jamais s’imposer. Tout est question d’équilibre — un groove à mi-voix, une mélodie suspendue dans un espace-temps moelleux où rien n’est forcé. On pense à la sensualité de Fireboy DML, à la tendresse d’Oxlade, mais Dumomi The Jig garde sa singularité : celle d’un producteur qui ne fait pas de la musique pour plaire, mais pour guérir.
Walls est une confession sans mise en scène. Dumomi parle de ces murs qu’on dresse pour se protéger du monde, jusqu’à ce qu’une présence vienne, sans prévenir, les fissurer. Ce n’est pas une histoire d’amour au sens romantique — c’est une épiphanie. Le moment précis où le cœur comprend qu’il n’a plus peur.
Ce que j’aime dans ce titre, c’est cette manière d’être à contre-courant de tout. Pas d’effet pyrotechnique, pas de hook surproduit, juste un souffle, une ligne mélodique, et cette impression que quelque chose en nous s’ouvre lentement. L’écoute devient presque tactile. On ne danse pas, on s’abandonne.
Walls s’écoute comme on regarde quelqu’un dormir après l’avoir trop longtemps cherché. C’est intime, désarmant, d’une beauté discrète mais persistante. Et c’est peut-être ça, le vrai luxe dans la musique d’aujourd’hui : un morceau qui ne s’impose pas, mais qui reste, comme une empreinte, quelque part entre la peau et la mémoire.
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novembre 3, 2025J’écoutais You Brighten Up My Day comme on entrouvre un volet après un orage. Le monde dehors semblait gris, trempé, un peu fatigué. Et puis ce groove a commencé à ramper jusqu’à moi — un rayon obstiné, chaud, presque impertinent. C’est le genre de morceau qui ne cherche pas à briller, il pulse doucement, il se faufile, et soudain tout paraît plus clair.
HallMighty et Aldo Vanucci n’ont rien de ces producteurs pressés qui bourrent leurs morceaux d’effets pour qu’ils explosent sur TikTok. Eux fonctionnent à la chaleur humaine. Ils font partie de ces artisans du son qui préfèrent les vibrations analogiques, les textures patinées, les imperfections qui donnent du corps à la musique. You Brighten Up My Day ressemble à une vieille photo Polaroid retrouvée dans un tiroir : les couleurs ont un peu bavé, mais c’est justement ce flou qui la rend précieuse.
Tout ici est une question d’équilibre : entre la mélancolie et la fête, entre le funk et la douceur. La basse avance à pas feutrés, un groove feutré, presque timide, pendant que les cuivres — discrets, mais essentiels — viennent illuminer les recoins du morceau comme des rais de soleil filtrant à travers les stores. Et au milieu, une voix sans nom, suspendue quelque part entre nostalgie et gratitude. Elle ne surjoue pas, elle sourit. Elle semble dire : “tout ira bien”, sans y mettre de grands mots, juste un soupir au bon endroit.
Il y a là une science rare : celle de la retenue. HallMighty, avec sa culture disco solaire, et Vanucci, vieux renard du sampling, parviennent à réinventer le funk non pas en le modernisant, mais en le ralentissant, en l’humanisant. Ce n’est pas une reconstitution vintage, c’est une réincarnation. On sent la poussière des vinyles, les doigts sur les potards, la joie fragile du studio quand la prise est enfin bonne.
Et pourtant, You Brighten Up My Day n’est pas qu’un exercice de style. C’est une sensation, un état du corps. Une envie de danser sans se lever, de sourire sans raison, de se souvenir sans douleur. C’est le groove d’un dimanche matin, celui qui te rappelle que la vie, parfois, tient dans trois accords et un battement juste.
Le morceau se termine comme il a commencé — sur une respiration. Et on se surprend à le relancer, non pas pour comprendre, mais pour prolonger. Parce que la lumière qu’il diffuse n’éblouit pas : elle réchauffe. Et dans un monde saturé de bruits et de beats stériles, c’est peut-être la plus belle des révolutions.
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novembre 3, 2025On croirait d’abord une simple chanson d’amour — un remerciement sucré, une ballade R&B comme on en croise mille. Et puis on écoute Thanks to You I Found Mr. Right, et tout bascule : derrière le velours des harmonies, Toniey Girl raconte une renaissance. Celle d’une femme qui s’est relevée, qui a saigné un peu, mais qui sourit désormais à la lumière.
Le morceau pulse d’un groove chaud, feutré, qu’on dirait échappé d’un vinyle Motown qui tournerait dans un salon un soir d’été. Les accords ondulent, le tempo respire. Pas de démonstration, pas d’esbroufe : la production, signée par Toniey elle-même, déploie une élégance rare dans sa simplicité. Chaque instrument semble posé avec soin, comme une main qui caresse plutôt qu’elle ne frappe. On entend l’école néo-soul, celle qui préfère la sincérité à la performance, l’émotion à l’effet.
Mais c’est dans la voix que tout se joue. Toniey ne chante pas pour impressionner, elle raconte. Une voix pleine, légèrement rauque, avec ce grain de vécu qui rend chaque mot crédible. Il y a chez elle quelque chose d’Alicia Keys des débuts, une douceur qui n’exclut pas la force. Lorsqu’elle prononce le titre du morceau, on perçoit autant la gratitude que la fatigue : celle d’avoir connu les faux départs, les illusions, les amours bancales. Thanks to you I found Mr. Right sonne autant comme un hommage à l’autre que comme un exorcisme du passé.
Ce qui fascine, c’est ce mélange entre la maîtrise et la spontanéité. La structure est pop, fluide, mais la voix improvise par moments, s’égare dans des mélismes qui trahissent l’instinct d’une chanteuse libre. Le morceau oscille entre le feutré et le solaire, comme une aube qu’on regarderait se lever après une longue nuit.
On sent aussi l’influence du hip-hop dans la façon dont le rythme porte le texte — une forme de spoken soul qui s’inscrit dans la lignée des Lauryn Hill ou Jill Scott, où chaque syllabe claque comme un battement de cœur. Toniey Girl n’imite pas : elle hérite, puis elle transforme.
Thanks to You I Found Mr. Right n’est pas seulement une chanson d’amour. C’est une déclaration d’indépendance émotionnelle, un chant de gratitude adressé à la vie elle-même. Ce genre de morceau qu’on ne fredonne pas, mais qu’on garde dans la poitrine, comme un rappel discret : oui, parfois, l’amour peut recoller ce qu’il a brisé.
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novembre 3, 2025Il y a des morceaux qui n’essaient pas de séduire tout de suite — ils t’encerclent doucement, te respirent au cou, puis finissent par t’habiter. Don’t Let Me Drown d’AJ Rayshawn est de ceux-là : un lent naufrage dans les eaux troubles du R&B contemporain, où chaque note semble flotter entre la lucidité et la peur de sombrer.
Ce n’est pas seulement une chanson, c’est une supplique. Une main tendue dans le noir. Dès les premières mesures, la production installe une atmosphère suspendue, presque aquatique. Les nappes électroniques se mêlent à une rythmique feutrée, comme des battements de cœur ralentis. Et au centre, la voix d’AJ Rayshawn : à la fois calme et vulnérable, traversée par des fissures qu’il ne cherche pas à masquer. On entend la retenue, cette pudeur propre aux artistes qui n’ont pas besoin de crier pour être entendus.
Formé à Berklee, Rayshawn connaît les codes du R&B moderne, mais il les détourne avec une intelligence rare. Là où beaucoup cherchent la virtuosité, lui privilégie l’émotion nue. Son chant ne monte pas, il glisse. Il n’explose pas, il se déploie. Il a cette manière de laisser chaque syllabe respirer, comme si le silence entre les mots comptait autant que les mots eux-mêmes.
Le morceau atteint son sommet au cœur du refrain, ce moment où tout s’ouvre enfin, où la prière devient cri. Le « don’t let me drown » n’est pas qu’une phrase — c’est une implosion contenue, une peur d’être submergé par ses propres sentiments. La production se fait alors plus ample, l’harmonie s’élargit, les basses montent comme une marée. Et l’on sent, presque physiquement, la lutte entre la dérive et la résistance.
Mais au-delà du texte et du son, Don’t Let Me Drown est un autoportrait. Celui d’un jeune homme en équilibre entre la maîtrise et la fragilité, entre le talent de l’étudiant en conservatoire et la sincérité du cœur brisé. C’est là que réside la beauté de ce morceau : dans sa vérité.
On sort de cette écoute comme d’un rêve humide, le souffle court, avec la sensation d’avoir touché quelque chose de profondément humain. Don’t Let Me Drown n’est pas une chanson d’amour, ni une ballade de plus — c’est une confession chantée sous l’eau, un murmure adressé à la lumière avant qu’elle ne disparaisse.
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novembre 3, 2025Ce morceau s’ouvre comme un battement d’aile, hésitant, presque tremblant, avant de s’épanouir dans une apothéose orchestrale d’une beauté désarmante. Unfold porte bien son nom : tout y est question de révélation, de peau qu’on enlève lentement, de vérité qui se découvre à mesure que la musique respire. Zoeln n’écrit pas simplement une chanson — il met en scène une métamorphose.
Ancien violoniste classique, il ne renie rien de cette formation rigoureuse. On la sent dans la précision des arrangements, dans la manière dont chaque corde, chaque souffle de violon dialogue avec la voix comme un personnage secondaire d’un drame intime. Le morceau commence sur une ligne fragile, presque nue, où la voix de Zoeln, douce et un peu fêlée, avance à pas mesurés, comme si elle craignait de se briser. Puis, imperceptiblement, tout s’élargit : le piano s’ouvre, les cordes s’élèvent, la batterie murmure, et soudain, l’espace sonore devient cathédrale.
Mais là où d’autres sombreraient dans le grandiloquent, Zoeln reste pudique. Son écriture oscille entre le théâtral et le secret, à la frontière d’un univers cinématographique et d’un journal intime. On pense à Lana Del Rey pour cette mélancolie en clair-obscur, à Florence Welch pour cette manière d’exorciser la douleur dans la beauté, mais surtout à Zoeln lui-même, pour cette sincérité presque maladroite, qui donne au morceau une humanité rare.
L’influence celtique flotte comme une brume : des harmonies suspendues, des violons qui ne pleurent pas mais racontent. Unfold semble venu d’un ailleurs, d’un temps où la musique avait encore pour fonction de réparer. C’est une pièce à la fois ancienne et futuriste, un pont entre la rigueur de la composition classique et la sensibilité hypermoderne du songwriting pop.
On entend le cœur d’un artiste qui lutte contre le silence, qui choisit de transformer la retenue en puissance, la fragilité en grandeur. La montée finale, où la voix et le violon s’entremêlent, ne cherche pas à impressionner : elle délivre. Comme si chaque note, chaque vibration, chaque souffle était une manière de dire « je suis encore là ».
Unfold est une confession mise en musique, un lent élan vers la lumière. On en ressort un peu secoué, un peu apaisé, avec cette impression d’avoir assisté à quelque chose de rare : le moment exact où la douleur se transforme en art.
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novembre 3, 2025Le morceau s’ouvre comme une gifle solaire. Une claque de cuivre, une pulsation de basse, un orgue qui grogne dans les entrailles du mix. Avant même que la voix de Ruby Velle n’entre, on sait déjà que Step Right Up ne va pas caresser l’oreille : ce titre transpire la certitude d’un groupe qui a vécu, joué, transpiré son art sur des scènes trop petites et des rêves trop grands.
Ruby ne chante pas, elle dégaine. Chaque mot est un éclat, chaque respiration un cri de ralliement. Il y a dans son timbre ce grain rêche des grandes prêtresses du sud : la moiteur de Sharon Jones, la combativité d’Aretha Franklin, la chaleur incandescente d’une chanteuse de gospel qui aurait troqué l’église contre une scène enfumée à Atlanta. Elle ne performe pas un rôle, elle incarne un combat.
Musicalement, Step Right Up marche sur une ligne de crête entre tradition et modernité. Le morceau est saturé d’organique — les cuivres percutent comme des poings, la guitare racle le groove à vif, la batterie sonne grasse, presque sale — mais la production, nette, précise, refuse tout passéisme. On sent l’intelligence d’un groupe qui connaît son histoire, qui a digéré les fondations de la soul, du funk et du rhythm & blues, pour mieux les propulser dans le présent. C’est un morceau d’artisans, pas d’archéologues.
Le texte, lui, porte l’énergie d’un appel collectif. Ce n’est pas une chanson : c’est un cri pour les vivants. Step right up : avance, bouge, ose. Le message est simple mais vital — une injonction à ne pas se laisser anesthésier. On entend dans la rythmique une rage contenue, une pulsation politique, celle des corps qui refusent l’immobilité. Et c’est sans doute là que Ruby Velle and the Soulphonics se distinguent : dans cette façon de transformer le groove en moteur d’émancipation.
Ce que j’aime ici, c’est la clarté du geste. Rien de décoratif, rien de gratuit. Chaque break, chaque souffle, chaque accent de cuivre est un acte. On sent le collectif, la sueur, la complicité. Le morceau respire l’amour du live, du rugueux, du vrai. Et quand la voix de Ruby se hisse au sommet du refrain, on comprend que cette soul n’a rien d’une nostalgie : c’est une urgence.
Step Right Up donne envie de relever la tête. D’avancer en rythme, le cœur battant, les mains prêtes à applaudir le monde — ou à le secouer. Une soul qui ne regarde pas en arrière, mais droit dans les yeux de demain.
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novembre 3, 2025J’ai écouté Eternal un soir où tout semblait trop lourd pour être porté. Et soudain, le morceau s’est ouvert comme une respiration, un espace entre les battements du monde. Ce n’est pas une chanson qu’on consomme, c’est un murmure qui s’installe lentement dans les veines — une prière urbaine, à mi-chemin entre le bitume et le ciel.
Admiral ne parle pas comme un rappeur, il confesse comme un être humain qui aurait décidé d’apprendre la paix à travers le chaos. Son flow n’est pas un exercice de style : c’est une ligne de vie, une manière de garder la tête hors de l’eau. Sa voix, chaude et légèrement voilée, s’appuie sur une production sobre, presque ascétique : une basse qui pulse au ralenti, quelques accords de piano qui tombent comme des cendres, et cette lumière discrète, toujours à la frontière du silence.
Ce qui me frappe, c’est cette foi tranquille, sans prosélytisme. Admiral construit son rap comme on écrit un testament intérieur : avec la sagesse d’un homme qui a déjà brûlé ses illusions et choisi de ne garder que la vérité. Eternal, c’est le moment où la spiritualité s’invite dans le groove, où la technique devient contemplation. Les mots ne sont pas là pour impressionner mais pour purifier.
On y retrouve une lenteur essentielle, celle qui manque à tant de morceaux d’aujourd’hui. Admiral prend son temps, dépose chaque syllabe avec la précision d’un artisan du verbe. Le beat, feutré mais habité, rappelle les grandes heures du néo-soul, ce point de rencontre entre la rue et le sacré — comme si D’Angelo avait trouvé refuge dans la conscience de Kendrick Lamar. L’ensemble dégage une émotion contenue, un apaisement lucide, presque mystique.
Mais ce qui distingue vraiment Eternal, c’est sa douceur. Une douceur qui ne cherche pas à plaire, mais à guérir. Le morceau agit comme une main posée sur l’épaule, un rappel que l’élévation ne passe pas par la fuite mais par la présence. Admiral ne promet pas la lumière — il la pratique, simplement, dans le battement même de sa musique.
Quand la dernière note s’éteint, on ne sait plus très bien si on vient d’écouter un morceau de rap ou une cérémonie intime. Eternal donne envie de se taire un instant, de fermer les yeux et de sentir le monde respirer à nouveau. Un titre qui ne cherche pas l’éternité — il la touche.
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novembre 3, 2025Le morceau débute comme une respiration — pas un cri, pas une annonce, juste ce moment fragile où le monde se tait avant qu’une émotion n’émerge. Best Thing ne cherche pas la frime ni le show. Reign B y fait quelque chose de plus rare : il ose la sincérité nue, cette manière de livrer un sentiment sans armure, à travers un groove qui palpite lentement, comme un cœur qui se réveille à la lumière.
Ce qu’il fabrique ici, c’est une architecture du ressenti. Le rythme, finement ciselé, s’étire entre afro-fusion et soul électronique, entre le corps et le rêve. On y sent la précision d’un producteur qui connaît son craft, qui comprend que la vraie puissance réside dans le silence entre deux percussions, dans la manière dont une basse s’efface juste avant de revenir. Tout est question de dosage. Rien ne déborde, tout respire.
Reign B chante comme s’il s’adressait à un fantôme encore chaud. Sa voix n’est pas un cri du cœur, c’est une caresse qui s’accroche aux bords du souvenir. Elle se fond dans les nappes synthétiques avec la délicatesse d’un geste qu’on ne refait jamais deux fois de la même manière. Le mix, lui, joue sur la profondeur : les basses s’ouvrent comme une mer tiède, les aigus se dissipent comme des lucioles — le tout donne cette impression d’écouter une chanson depuis le ventre d’un rêve.
Et pourtant, Best Thing ne se résume pas à un simple morceau romantique. C’est une étude du lien, de ce moment précis où le sentiment devient mouvement. La tendresse s’y danse, elle se groove, elle s’étire dans le temps. On y entend la trace des musiques qui ont formé Reign B : l’afrobeat des origines, la sensualité du R&B des années 2000, et cette touche cosmique propre aux artistes qui bricolent leur propre univers entre deux continents — le Nigeria de ses racines et le Texas de sa réinvention.
Ce qui frappe, c’est cette capacité à marier la lumière et la langueur. Best Thing s’écoute comme un après-midi d’été, celui où tout paraît suspendu, où l’on flotte dans un entre-deux : ni tout à fait heureux, ni vraiment triste. Reign B signe ici un morceau de douceur intemporelle, un hymne discret à l’amour réel, celui qui ne fait pas de bruit mais qui, longtemps après la dernière note, continue de vibrer quelque part — juste sous la peau.
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novembre 3, 2025Il y a dans Feenin quelque chose de moite et de suspendu, une chaleur lente qui colle à la peau comme un souvenir qu’on refuse de laisser partir. Ce n’est pas un simple morceau de R&B — c’est un vertige. Un espace flottant entre le rêve et le manque, où chaque battement de basse pulse comme un cœur qui hésite entre la tendresse et la dépendance.
EDUBBCLASSIC BEATZ nous tend ici une caresse qui brûle. Tout est feutré, mais dangereux. Le morceau s’ouvre sur une brume sonore, un groove liquide qui s’écoule avec la régularité d’une respiration. La production semble tenir sur un fil — minimaliste mais dense, sensuelle sans vulgarité, presque spectrale dans sa manière de s’effacer derrière la voix. Et cette voix, justement, n’a rien de démonstratif : elle chuchote, se confie, s’enroule autour de l’auditeur comme une pensée nocturne qui refuse de mourir.
Il y a du velours, du vide et un soupçon de poison. Feenin évoque ce moment précis où le désir cesse d’être doux pour devenir nécessaire. Ce point de bascule où l’on sait qu’on devrait décrocher, mais où chaque note, chaque souffle nous ramène à la fièvre. C’est une chanson de manque autant qu’une chanson d’abandon. On y sent la tension entre la chair et l’absence, entre l’amour et l’obsession.
Ce qui impressionne, c’est cette retenue maîtrisée, cette pudeur qui donne au morceau sa profondeur. Là où tant d’artistes cèdent à la surcharge émotionnelle, EDUBBCLASSIC BEATZ joue le silence, les respirations, les interstices. On y retrouve un écho de Frank Ocean ou de The Weeknd période House of Balloons, mais sans cynisme : ici, la mélancolie est pure, presque spirituelle.
À l’écoute, on a la sensation d’être enfermé dans une bulle de nuit. Le monde autour s’efface, remplacé par cette texture sonore soyeuse, humide, où chaque fréquence semble caresser la mémoire. C’est un morceau qui ne se raconte pas, il se ressent. Il s’écoute dans la solitude des écrans éteints, les yeux ouverts sur l’obscurité.
Feenin, c’est le genre de chanson qui ne te quitte plus. Elle s’infiltre, elle obsède, elle te regarde même quand tu ne l’écoutes plus. EDUBBCLASSIC BEATZ ne chante pas l’amour ici : il le distille, goutte après goutte, jusqu’à ce qu’il devienne narcotique. Et dans cette ivresse feutrée, on comprend qu’il ne s’agit pas d’aimer quelqu’un — mais d’apprendre à aimer le manque lui-même.
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novembre 3, 2025Il y a des morceaux qui suintent la chaleur avant même la première note — mon chèri de Dumomi The Jig appartient à cette catégorie. Ce n’est pas seulement une chanson : c’est une fièvre douce, un mirage moite d’afro-fusion et de dancehall, où le corps devient langage et le désir, dialecte universel.
Tout commence sur une pulsation veloutée, à la frontière du reggae et de la house tropicale. Le beat respire, chaloupe, se love dans une basse qui caresse plus qu’elle ne frappe. Puis Dumomi entre en scène, voix mi-chantée mi-soupirée, un murmure qui glisse entre deux langues — l’anglais et le français — comme entre deux peaux. C’est un flirt sonore, une déclaration non pas d’amour, mais de présence : “je te veux, ici, maintenant”.
L’écriture est simple, mais jamais naïve. Chaque syllabe roule comme une goutte de sueur sur la nuque : lente, hypnotique, inévitable. Dumomi maîtrise cet art rare du contrôle sensuel, celui qui consiste à ne jamais en faire trop. Là où d’autres forcent le groove, lui le laisse respirer. Il danse sur le silence avec autant d’élégance que sur la rythmique.
Ce qui fascine, c’est ce mélange d’évidence et de mystère. mon chèri ne cherche pas à impressionner : il ensorcelle. Derrière les accords soyeux et les percussions fines, on sent une âme qui s’abandonne à la chaleur, à la pulsation du monde. Dumomi The Jig construit une musique comme on tisse un tissu africain — à la main, avec des fils d’or et de sueur.
Et dans ce mélange de Lagos et de Londres, de sensualité et de retenue, il y a quelque chose d’universel. mon chèri parle à tous ceux qui ont déjà confondu la lumière d’une soirée d’été avec un regard. Il y a cette impression d’être pris dans un ralenti doré, suspendu entre deux battements de cœur.
À la fin, on ne sait plus si c’est la chanson qui transpire ou nous. mon chèri s’éteint comme une peau encore tiède, un dernier éclat de voix qui s’efface dans la nuit. Dumomi The Jig ne nous raconte pas le désir : il nous le fait vivre, dans toute sa langueur brûlante et sa beauté indomptable.
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novembre 3, 2025Il y a dans Owl Creek Blues une lenteur presque surnaturelle, une manière de flotter entre deux mondes, comme si chaque son avait traversé un rêve avant de parvenir à nos oreilles. Sarah Nienaber, alias Blue Tomorrows, ne compose pas de simples morceaux — elle fabrique des climats, des mirages, des chambres d’écho où la mémoire se condense et s’évapore à la fois.
La chanson avance sur la pointe des pieds, avec la grâce fragile d’une aube mal réveillée. Le piano, légèrement désaccordé, semble parler une langue oubliée. Les guitares se dissolvent dans une brume de reverb qui n’en finit plus de s’étirer. Et quelque part entre les craquements de bande et les froissements d’air, la voix de Nienaber — à la fois proche et lointaine — murmure des pensées qu’on croit saisir avant qu’elles ne se désintègrent dans le silence. C’est une chanson hantée, mais pas par la peur : plutôt par la tendresse du souvenir.
Ce qui fascine, c’est la texture du son. Tout y semble vieux et neuf à la fois — la poussière du reel-to-reel, les boucles électroniques qui frémissent comme de la lumière sous l’eau, les harmoniques abîmées du piano. Owl Creek Blues est un morceau qui respire le bricolage magique, celui qu’on fait seul, tard dans la nuit, quand l’électricité devient presque spirituelle. On entend le frottement du réel sur la fiction, du passé sur le présent.
Là où tant d’artistes cherchent la perfection, Nienaber préfère la faille. Elle y trouve une forme de vérité. Chaque saturation, chaque souffle, chaque tremblement devient un battement de cœur. C’est le son d’un monde analogique qui refuse de mourir dans le siècle du streaming. Un geste de résistance, doux et radical.
On pense à Grouper, à Broadcast, aux fantômes de Cocteau Twins, mais surtout à cette sensibilité très personnelle : celle d’une femme qui enregistre la vie comme on tient un journal intime, entre deux saisons, entre deux lieux. La chanson, enregistrée entre Portland et le nord du Wisconsin, porte en elle ce déplacement, cette errance qui devient musique.
Owl Creek Blues n’a rien d’un blues au sens classique. C’est le blues des ombres qui s’étirent au mur, des cassettes qui tournent trop lentement, du souffle du vent dans les cordes d’une guitare oubliée. Une sorte de spiritualité lo-fi, un culte de la lenteur et du son vécu.
Blue Tomorrows signe ici une ballade suspendue, qui ne cherche pas à séduire mais à envelopper. Une musique qui ne raconte pas le passé : elle le fait résonner. Et dans ce bourdonnement de nostalgie, on sent battre le cœur discret d’une artiste qui, entre deux silences, a su faire de la fragilité une forme d’éternité.
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novembre 3, 2025Dès la première mesure, That B éclabousse. Pas un simple single, mais une déclaration de territoire, une montée d’adrénaline trap-pop taillée pour celles et ceux qui avancent tête haute, sans permission. Mylani Tsunami ne rappe pas : elle surgit. Elle roule sur la prod comme sur une vague de verre brisé, oscillant entre arrogance stylisée et confiance viscérale. On sent, dans sa voix, cette texture rare : la fierté du corps qui s’est construit seul.
Le morceau pulse sur un beat qui respire le club et la rue à la fois, quelque part entre la flamboyance d’une Doja Cat et la précision percussive d’une Latto. C’est un banger, oui — mais un banger à venin, porté par un grain de voix qui n’imite personne. Mylani ne cherche pas à prouver, elle affirme. Son flow serpente, tantôt joueur, tantôt tranchant, dessinant un autoportrait en mouvement.
Ce qui frappe, c’est cette alliance presque chorégraphique entre son énergie et la production : les basses avancent comme des pas assurés sur un podium en feu, les hi-hats s’entrelacent à ses respirations, les synthés clignotent comme des néons dans la nuit d’une fête où l’on se libère enfin. That B n’a rien d’un exercice d’attitude — c’est une esthétique du contrôle, du regard qui ne fuit plus rien.
Et derrière le vernis club, on sent autre chose : une forme de rage élégante, de revanche sublimée. Mylani Tsunami écrit son nom dans une tradition de femmes qui se réapproprient la puissance — mais elle le fait avec le panache d’une performeuse consciente du théâtre de sa propre image. Sa voix est un corps. Son flow, une arme.
Dans un monde saturé de faux charismes et de refrains jetables, That B respire la sincérité du désir et la lucidité de l’ambition. On y danse, mais on s’y reconnaît aussi : cette envie d’exister bruyamment, de ne plus s’excuser pour sa lumière.
Mylani Tsunami ne surfe pas sur la vague, elle la crée. Et si ce morceau porte bien son nom, c’est parce qu’il emporte tout sur son passage — l’ego, le doute, les clichés. À la fin, il ne reste que le sel sur la peau et cette certitude : elle est, définitivement, that b.
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novembre 3, 2025J’ai eu l’impression d’entendre la Californie respirer à nouveau. Pas celle des palmiers et des piscines chlorées, mais celle qui fume encore, haletante, sous le béton chaud. West Testament n’est pas un morceau : c’est une incantation. Une confession soufflée entre deux coups de vent sur le bitume de Los Angeles, quand le soleil devient trop blanc et que les âmes se cachent derrière leurs lunettes fumées.
Dios Negasi et Blu ne rappent pas pour séduire, ils témoignent. Ce titre, c’est la mémoire vivante du hip-hop californien qui refuse de se dissoudre dans les brumes synthétiques de la trap ou les gimmicks du streaming. Ici, le beat claque sec comme un livre sacré qu’on referme, les basses grondent comme une menace qui s’étire, et au-dessus, les deux MCs s’élèvent, précis, enragés, presque mystiques. On dirait que les mots sortent d’une bouche qui brûle encore de poussière et d’essence.
Le sample, discret mais profond, évoque ces disques soul qu’on passe dans des garages enfumés, pendant que les conversations se confondent avec les vinyles qui craquent. La production, sans fioritures, respire l’amour du grain. C’est un boom bap à l’ancienne, oui, mais dopé à la lucidité moderne — celle d’artistes qui ont vieilli avec leur ville, qui ont vu les anges tomber des murs tagués et les rêves s’éteindre dans le clignotement rouge d’un feu de signalisation.
Blu apporte cette chaleur éthérée, presque spirituelle, une douceur dans la hargne. Il est l’air qui passe entre les briques, la lumière dans le prêche. Dios Negasi, lui, garde les poings serrés, l’ancrage d’un type qui sait que le salut ne viendra pas des cieux, mais du travail, du souffle, du verbe. Ensemble, ils recréent une tension rare : le sacré et le charnel, la méditation et la baston.
Ce morceau est un évangile urbain. Le testament d’une génération qui ne croit plus aux miracles, mais qui continue d’en fabriquer avec des samples et des mots. Dans West Testament, la foi ne se chante pas : elle se frappe. On y croit comme à un battement de cœur, obstiné, dans la nuit de Los Angeles.
Et quand la dernière note s’éteint, on reste suspendu dans un silence qui résonne. Ce n’est pas la fin d’un morceau, c’est une respiration après la prière — celle du hip-hop qui refuse de mourir, et qui, dans un souffle rauque, continue d’écrire son propre évangile.
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novembre 3, 2025J’ai écouté cette chanson comme on entrouvre une porte sur le vide. Il y a, dans The Lighthouse Keeper’s Widow de Neural Pantheon, quelque chose d’à la fois sacré et abîmé — une prière murmurée dans un coquillage brisé. Ce n’est pas une simple ballade maritime, c’est un drame fantomatique, une histoire d’amour avalée par le sel, une confession que la mer seule pouvait entendre.
Tout commence dans un souffle, presque rien : une guitare solitaire, quelques nappes de claviers comme des vagues lentes. On croit d’abord à un morceau de folk apaisé, mais très vite, l’océan s’agite. Le son enfle, s’épaissit, se charge de cette tension propre aux nuits sans lune. La voix surgit alors — rauque, hantée, trop humaine — et soudain, on comprend : ce n’est pas un chant d’amour, c’est un requiem pour ceux qu’on a dû laisser se noyer.
Neural Pantheon, derrière son nom de temple futuriste, travaille la musique comme on fouille une épave : avec précaution, en cherchant dans les débris la trace d’un cœur qui bat encore. Les arrangements oscillent entre le pop rock et l’art rock, flirtant parfois avec un lyrisme à la Peter Gabriel ou un spleen à la Jeff Buckley, mais toujours avec cette retenue qui transforme la douleur en beauté. La production est d’une clarté presque cruelle : chaque accord semble ciselé à la lampe-tempête, chaque silence pèse comme une absence.
Et puis il y a cette idée de fin — pas seulement celle d’un album conceptuel, mais celle d’un cycle. The Lighthouse Keeper’s Widow clôture l’œuvre comme une dernière lueur dans le brouillard, une main levée qu’on devine depuis le rivage avant qu’elle ne disparaisse. On y sent la fatigue des âmes, la lenteur des marées, la solitude immense des survivants. C’est à la fois un cri et un apaisement, une offrande faite à la mer.
À mesure que la chanson s’éteint, on reste suspendu, comme si la lumière du phare continuait de tourner au loin, guidant ceux qui n’arriveront jamais. Neural Pantheon a réussi ce que peu de groupes osent : transformer la mélancolie en mythe, faire de la perte une œuvre vivante. On sort de cette écoute un peu trempé, un peu vidé, mais étrangement apaisé — comme si, quelque part, dans ce tumulte sonore, on avait enfin appris à dire adieu.
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novembre 3, 2025C’est la fin du voyage, la dernière danse avant les lumières. Don’t Forget Me, morceau de clôture du sublime EP Ride With You, sonne comme le sourire qu’on garde après une nuit d’amour – un groove tendre, un dernier regard dans le rétro avant de disparaître dans la brume dorée du matin. Quentin Moore y déploie tout son art : celui de rendre la nostalgie dansante, la mélancolie sensuelle, la fin d’une histoire aussi douce qu’un début.
Le morceau s’ouvre sur une basse veloutée, charnue, qui roule sous des nappes de claviers sucrés comme un coucher de soleil sur la peau. La guitare funk, souple et lumineuse, rebondit à la manière du Gap Band, tandis que la voix de Quentin glisse avec l’élégance feutrée d’un Marvin Gaye revisité par la soul moderne de Silk Sonic. C’est un mélange parfait de tradition et de plaisir pur, un morceau qui danse sans s’essouffler, qui séduit sans forcer.
Il y a dans Don’t Forget Me cette alchimie rare : une maîtrise totale du groove doublée d’une sincérité absolue. Le morceau respire l’instant, la chaleur, les doigts qui s’effleurent. C’est une promesse — celle qu’un amour d’été, même fugace, laisse toujours une trace. La mélodie, légère comme une onde, reste coincée quelque part entre la mémoire et le désir.
L’écriture de Quentin Moore, toujours élégante, joue ici sur la retenue : pas besoin d’en faire trop quand tout se passe dans le phrasé, dans les inflexions, dans cette manière unique de caresser chaque syllabe. On sent derrière cette aisance la science du jazz, le soin du détail rythmique, l’expérience de la scène aussi — celle d’un homme qui a joué dans vingt pays et porte dans sa voix la fatigue heureuse de tous les retours d’avion.
Et puis, il y a ce petit quelque chose d’intemporel. Don’t Forget Me pourrait tourner dans un club de soul londonien comme sur la terrasse d’un rooftop texan. Le morceau semble flotter hors du temps, suspendu entre hier et demain, comme si la soul avait trouvé une nouvelle respiration.
Quentin Moore signe ici un adieu lumineux, presque cinématographique — une fin qui n’en est pas vraiment une. Parce qu’en réalité, Don’t Forget Me n’est pas un au revoir : c’est une invitation à rejouer le disque, à replonger dans la douceur, encore une fois. Et encore. Jusqu’à ce que la nuit revienne.
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novembre 3, 2025Il y a dans I’m A Spirit quelque chose d’à la fois éthéré et viscéral, une manière d’habiter le son comme un fantôme hante un souvenir. Animal Scream — trio de Pittsburgh mené par Chad Monticue et Josh Sickels — signe ici un morceau hanté par l’idée même du passage, coincé entre la matière et le mirage, entre la pulsation d’un monde encore chaud et la froideur du néant.
Le titre se déroule comme un songe lucide : une guitare voilée, trempée dans un écho lo-fi, une basse qui traîne les pieds dans les brumes, une voix qui semble venir d’un ailleurs sans temps. Tout respire la lente désintégration. On pense à Sparklehorse, à Radiohead période Amnesiac, à ces chansons qui ne cherchent pas la lumière mais se contentent de l’évoquer à distance, comme une brûlure.
Mais là où I’m A Spirit se distingue, c’est dans sa mise en scène sonore — ce travail de texture, de grain, de réverbérations qui ne sert jamais d’effet, mais de narration. Chaque souffle de cymbale, chaque résonance de delay raconte la dérive d’une âme qui ne sait plus très bien à quel monde elle appartient. C’est du rock spectral, du psyché en apnée, une messe profane pour les vivants fatigués et les morts qui refusent de se taire.
La face B, Red Spiders, enfonce le clou dans une direction plus expérimentale : une étude sonore inspirée par Wendy Carlos et ses expérimentations synthétiques sur The Shining. Ce n’est pas une simple curiosité — c’est une plongée dans le subconscient du projet, une exploration du son comme architecture mentale. Là où I’m A Spirit chantait la frontière, Red Spiders la franchit, en pure abstraction, comme si le groupe disséquait le bruit pour en extraire l’émotion brute.
Animal Scream n’appartient à aucune scène, à aucun moment. Leur musique évoque les caves d’un club désert, les néons d’un rêve lynchien, les vestiges d’un amour ou d’une vie passée. Ils travaillent la mélancolie comme d’autres travaillent le rythme : à la main, avec patience, en laissant les imperfections devenir des portes d’entrée vers autre chose.
I’m A Spirit n’est pas seulement une chanson — c’est une incantation. Un miroir tendu à ceux qui dérivent entre deux mondes : celui de la nostalgie et celui de la réinvention. Dans ce brouillard sonore, Animal Scream nous rappelle que même les esprits, parfois, ont besoin de danser un peu avant de disparaître.
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novembre 3, 2025Le groove chez Adam Stacks n’a jamais été une question de BPM, mais d’état d’esprit. Good Times Roll en est la preuve la plus éclatante : un morceau qui roule, oui, mais sans jamais forcer, qui coule comme une soirée d’été entre amis où le temps s’étire, où les verres tintent, où le monde semble soudain respirer à ton rythme.
Le producteur de Francfort, vétéran discret mais essentiel de la scène house allemande, signe ici un bijou de subtilité, un track qui s’écoute autant qu’il se vit. Pas de drop théâtral ni de build-up criard : Good Times Roll préfère la progression fluide, presque organique, faite de couches qui s’ajoutent et se retirent comme des marées lentes. La basse, ronde et élastique, caresse plus qu’elle ne pousse. Les percussions, elles, murmurent une langue que seuls les danseurs savent comprendre.
Et puis, il y a cette chaleur — la signature Stacks. Un grain légèrement poussiéreux, comme si le morceau avait été pressé sur vinyle après un long trajet en voiture. Un groove qui ne cherche pas à impressionner, mais à accompagner. Une atmosphère à la croisée du deep house et du nu-disco, où chaque note semble transpirer la mémoire du hip-hop — celle qui l’a vu grandir, sampler, s’émanciper.
Ce qui fascine, c’est cette intelligence du silence : Adam laisse respirer l’espace. Là où d’autres auraient surproduit, lui épure, décante, dénude. Il laisse juste ce qu’il faut pour que le corps s’approprie le rythme. À mi-parcours, le morceau s’ouvre davantage — un accord suspendu, un changement imperceptible de texture — et soudain, tout devient plus intime. Comme un sourire échangé au milieu du dancefloor, un de ceux qu’on n’oublie pas.
Stacks, c’est un artisan du sentiment. Sa musique n’est pas faite pour exciter, mais pour relier. Good Times Roll ne s’adresse pas au clubber pressé, mais à celui qui ferme les yeux quand le beat tombe, qui laisse son corps décider du reste. Dans ce titre, on retrouve l’essence même de la house : la communion, la boucle, le lâcher-prise discret.
Et si le titre évoque la fête, c’est une fête humble — sans artifice, sans pose. Celle du moment juste, du groove partagé, de la joie simple d’être encore debout quand les lumières se lèvent. Adam Stacks rappelle que la bonne musique de club n’est pas celle qui fait lever les bras, mais celle qui te fait oublier que tu danses.
Avec Good Times Roll, il ne signe pas un banger, il signe une parenthèse. Un instant suspendu où la nuit s’étire, où le monde devient rythme, et où, pour quelques minutes, tout ce qu’il reste à faire, c’est de laisser rouler les bonnes ondes.
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novembre 3, 2025Roxbury, Massachusetts. La ville ne dort jamais, elle grince, elle hurle, elle respire à travers les bouches d’égout. C’est là qu’Isaiah Irahkiev taille son verbe comme on aiguise un couteau. Avec Joyner Lucas, son dernier single, il ne se contente pas d’un hommage : il transforme le respect en carburant, la faim en feu.
Derrière ce titre qui emprunte au beat iconique de Ramen & OJ, il y a une tension palpable, une volonté presque rageuse de prouver que la vérité du rap se joue encore dans les tripes, pas dans les chiffres. Irahkiev ne copie pas Joyner — il converse avec lui. Il entre dans la légende par la porte arrière, celle des mecs qui n’ont rien d’autre que leur voix et un bloc-notes.
Son flow frappe comme un uppercut dans un gymnase vide. Pas d’artifice, pas d’autotune qui caresse les oreilles — juste la voix, nue, éraillée, entêtée. Chaque phrase pèse son poids de vécu. Il y a cette sincérité brute, cette écriture à vif, qui rappelle la grande école du storytelling à la Boston : celle où la rue n’est pas un décor, mais une mémoire.
Le clip, tourné par The Watchers, respire la poussière et la tension. Les plans sont serrés, les ombres découpent le visage du rappeur comme une confession. On sent le souffle court, la caméra collée à la peau, comme si elle craignait de rater le moment où la rage bascule en lumière.
Ce qui impressionne, c’est la discipline. Isaiah Irahkiev, c’est ce rappeur qui ne triche jamais. Son flow est précis, syncopé, presque chirurgical — un entrelacs de syllabes qui se cognent au rythme du cœur. On y sent la même faim que chez Joyner Lucas, mais sans la posture : ici, la gloire n’est pas une promesse, c’est une dette.
Dans un monde où beaucoup rappent pour exister, Isaiah rappe pour respirer. Il ne fait pas du rap conscient, il fait du rap lucide : celui qui regarde la misère sans la romantiser, celui qui fait de la douleur un moteur et de l’authenticité une arme.
Joyner Lucas n’est pas juste un freestyle. C’est une prise de position. Une déclaration d’indépendance. Irahkiev s’y affirme comme un narrateur du réel, un artisan du mot juste, un héritier de cette lignée d’outsiders qui préfèrent le respect du mic à la lumière des écrans.
Et quand la dernière mesure s’éteint, il ne reste qu’une impression : celle d’avoir croisé un rappeur en marche, un homme qui ne court pas après son idole, mais court à côté d’elle, à sa vitesse, sur son propre bitume.
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novembre 3, 2025On le croyait disparu dans les limbes du cyberespace, mais Orrin revient, pixels au poing et flow affuté, pour hanter la réalité avec Poppin’ It, extrait incandescent de son nouveau projet Nü New York. Toujours entre la chair et la machine, le rappeur new-yorkais pousse encore plus loin son concept d’“être augmenté” du hip-hop, livrant ici un morceau qui oscille entre club rage, cloud-hop et mélancolie digitale.
Sur une production à la fois glitchée et luxuriante, Orrin redéfinit la grammaire du rap électronique. C’est du hip-house 3.0 : les kicks claquent comme des coups de flash, la basse respire sous un brouillard de synthés, et la voix — auto-tunée mais étrangement organique — déploie un ego trip traversé d’ironie. On danse, on flotte, on doute. C’est le genre de son qui t’attrape par les tripes tout en t’envoyant une notification.
Ce qu’Orrin réussit avec Poppin’ It, c’est l’équilibre improbable entre le chaos du monde hyperconnecté et l’intimité d’un cri intérieur. Là où Trippie Redd ou Playboi Carti ont fait du rage un exutoire adolescent, Orrin y injecte une réflexion plus adulte, presque philosophique. Derrière les postures, il y a une interrogation sincère : que reste-t-il de l’humain quand tout est filtré, édité, compressé ?
Le clip, tourné face à la Statue de la Liberté, pousse le concept jusqu’à l’absurde : des fenêtres de navigateurs s’empilent, les pixels saturent, le symbole américain devient décor virtuel. Orrin y performe comme un hologramme conscient de son propre bug. La liberté, semble-t-il dire, c’est désormais un glitch bien placé.
Mais derrière le manifeste visuel, il y a une musicalité fascinante. Le beat tangue entre UK garage et trap futuriste, les couches de synthés dessinent un Manhattan spectral — celui d’un monde où les néons remplacent les étoiles. Et quand Orrin lâche sa voix sur le hook, c’est tout un New York intérieur qui s’éveille, fait d’écrans, de solitude et de bruit blanc.
Ce qui frappe, c’est cette lucidité postmoderne : Orrin ne cherche plus à prouver qu’il est “différent” — il l’est par essence. Depuis son apparition virale en “cyborg” sur Dr. Phil, il a pris le contrôle du mythe. Poppin’ It n’est pas qu’un banger : c’est une auto-fiction, un autoportrait numérique, une rave intérieure.
On pourrait dire qu’Orrin fait danser les fantômes du futur — ceux qui scrollent plus qu’ils vivent, qui s’aiment à travers des avatars et qui cherchent encore, dans le bruit, un rythme capable de les réveiller.
Dans Poppin’ It, il y a tout cela : le vertige de la modernité, le groove d’un New York dématérialisé, et la certitude qu’au fond, même les machines ont besoin d’un beat pour se sentir vivantes.
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novembre 3, 2025On imagine la scène : un club sans nom, quelque part entre Berlin et Marseille, les lumières chaudes léchant des visages anonymes, une basse ronde qui remue le plancher, et ce groove irrésistible qui monte, comme une vague lente et sûre. 2Face Boogie, premier titre du prochain EP The Good Good signé Adam Stacks, débute comme une conversation entre deux énergies — l’élégance et la sueur, la maîtrise et l’abandon.
Adam Stacks, enfant du hip-hop devenu alchimiste de la house, livre ici une pièce qui n’a rien d’un simple warm-up track : c’est une pulsation organique, un organisme vivant. L’intro, fine et malicieuse, s’ouvre sur des percussions old-school, presque tribales, avant que la ligne de basse, chaude et moelleuse, ne s’installe comme une colonne vertébrale. Puis vient le déclic à 3:42 — un virage, une respiration nouvelle, où le morceau se déploie, se déshabille, devient plus fluide, plus moody, presque sensuel.
Ce qui frappe dans 2Face Boogie, c’est l’humanité du son. Rien de mécanique, tout respire. Les claps sont ronds, les hi-hats crépitent comme des étincelles, les textures s’empilent avec la précision d’un horloger et la nonchalance d’un danseur de 3h du matin. On sent l’empreinte de la soul cachée sous les boucles, ce goût d’imperfection parfaitement dosé qui rappelle les vinyles qu’on retourne du bout des doigts.
Stacks n’est pas un producteur de surface. Son groove vient d’une autre école : celle des rues de Mannheim, des mixtapes gravées à la main, des battles de rime et des MPC cabossées. Dans 2Face Boogie, cette mémoire du hip-hop ne disparaît pas — elle s’infiltre dans le tempo, dans la façon dont le kick respire entre les mesures, dans cette manière subtile de faire bouger sans bousculer.
Il y a quelque chose d’extrêmement moderne dans sa nostalgie. Là où tant de DJs surfent sur la mode du disco-house clinquante, Adam Stacks choisit la chaleur du minimalisme : un son rond, texturé, sincère, qui préfère le groove à la frime. Le morceau ne cherche pas le drop, il cherche le flow — celui qui fait hocher la tête sans qu’on s’en rende compte, celui qui transforme la piste en un organisme collectif.
Et derrière cette maîtrise, il y a une histoire d’indépendance. Celle d’un producteur qui a refusé les recettes, fondé ses propres labels (Natürlich Elektronisch, puis Beans & Bacon), créé son propre univers. 2Face Boogie en est la synthèse : un son de club fait main, où chaque beat semble respirer la liberté du créateur.
Le titre dit tout — 2Face Boogie : la face visible du dancefloor, souriante et lustrée, et l’autre, plus intime, celle des heures passées à sculpter des textures dans la solitude du studio. Entre ces deux visages, Adam Stacks trouve l’équilibre parfait.
Un morceau pour les clubs, certes, mais surtout pour les esprits éveillés : ceux qui savent que la vraie danse naît toujours du doute, et qu’il faut parfois deux visages pour rester vrai.
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octobre 31, 2025L’album Billy Wakes Up sonne comme dans un rêve à moitié effacé. Une lumière pâle traverse les rideaux, un piano murmure, les voix se frôlent — quelque chose s’ouvre, mais on ne sait pas encore quoi. Ce disque, c’est l’histoire d’un réveil au monde : celui d’un jeune homme qui quitte l’apesanteur de l’adolescence pour affronter la gravité de la vie adulte. Et dans ce passage, Billy Bobak écrit comme on respire : avec urgence, grâce et désordre.
L’album s’ouvre sur Intro (Breakfast?), une minute suspendue, presque cinématographique. L’orchestre de Reading y tisse une aube fragile, un instant de flottement où tout semble possible. Puis surgit Saving Grace, vif et étincelant, porté par une batterie claquante et un refrain lumineux. C’est la première gifle : l’éveil comme moment de panique et de beauté.
Most Nights se glisse ensuite comme une confession au creux de l’oreille. Les guitares s’étirent, la voix vacille, et soudain tout devient intime, presque douloureux. On y entend la fatigue douce des nuits sans sommeil, la solitude qui rôde au fond des fêtes. Billy y chante l’incertitude avec une élégance désarmante, entre Blur et Jeff Buckley.
Avec Wakey Wakey, l’album se secoue : groove nerveux, basse chaude, énergie de garage londonien. On y sent le besoin de bouger, de s’arracher à soi-même, de danser pour oublier. Puis vient He’s Not There, plus contemplatif, presque spectral : les cordes se mêlent à des guitares tremblantes, la production de Dae Lee transforme la mélancolie en vertige.
Le cœur du disque bat fort dans Rush & Touch, morceau né d’un enregistrement expérimental de percussions de cuisine. Le son est organique, vivant, accidenté. C’est la pulsation du quotidien, la sensualité d’un monde en mouvement. Respite prend alors le relais, majestueux, avec les chœurs du Reading University Choir qui s’élèvent comme un souffle d’air frais après la tempête. Ce morceau, c’est la respiration nécessaire entre deux vertiges.
Vient ensuite Indo Girls, pièce d’une sensualité presque cinématographique, traversée d’arômes d’Asie du Sud-Est et de nostalgie tropicale. On y voyage dans des souvenirs brûlants, entre fascination et désillusion. Puis Make Me a Jess réintroduit l’électricité : la guitare de Nick Fitch y crépite comme une étincelle dans la nuit. C’est un hymne à la jeunesse sauvage, à la maladresse des élans amoureux, aux blessures qu’on chérit presque.
Floor Six redescend, plus intime, presque minimaliste. Une chanson d’ascenseur intérieur, où l’on croise ses propres fantômes en silence. Billy y parle sans mots d’une solitude qu’on apprivoise.
Et enfin Soi Cowboy clôt l’album comme on referme un carnet de voyage. On y entend les échos des bars de Bangkok, les néons, la chaleur, la dérive. Mais derrière l’exotisme, il y a le réel : celui d’un homme qui découvre que la liberté a parfois le goût amer du désenchantement.
Billy Wakes Up est un disque de passages, d’équilibres instables, de beauté maladroite. Chaque titre y est une pièce du puzzle, une étape dans le long apprentissage de soi. Ce premier volet d’une trilogie autobiographique n’est pas une œuvre de posture, mais de nécessité. Et dans ce monde saturé de certitudes, il a la rare décence de douter.
C’est peut-être ça, la grâce de Billy Bobak : chanter la confusion avec lucidité, et le désordre avec tendresse.
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octobre 31, 2025C’est une claque de sincérité et de rugosité. Un retour à l’essence même du rock’n’roll — ce moment où la musique ne cherche pas à séduire, mais à vivre. Somebody’s Always Doin’ Something 2 Somebody de DownTown Mystic a ce parfum d’authenticité qui flotte entre deux époques : celle des vinyles usés par le temps et celle des machines impeccablement huilées. Un pont jeté entre la mémoire et le présent.
Le titre, déjà, sonne comme une maxime gravée sur une guitare de bar : il y a toujours quelqu’un qui fait quelque chose à quelqu’un d’autre. C’est du Springsteen sous amphétamines, du Petty dopé à la colère douce. La voix de Robert Allen a cette patine des types qui ont tout vu — les nuits sans sommeil, les routes poussiéreuses, les promesses de gloire et les lendemains amers. Elle n’essaie pas d’impressionner : elle raconte. Et derrière elle, la guitare grogne, vibre, griffe.
Les riffs se répondent, portés par une section rythmique d’une élégance brute : Steve Holley et Paul Page y posent un groove si organique qu’on pourrait croire à une prise live, quelque part dans un studio enfumé de New York. Et puis il y a Jeff Levine, clavier magicien passé chez Hall & Oates et Joe Cocker, qui fait couler son Moog et son orgue comme du miel brûlant entre les cordes.
Mais ce qui fascine dans ce morceau, c’est cette alchimie entre classicisme et insoumission. DownTown Mystic ne pastiche pas le rock des seventies — il le réactive, l’étire, le polit, sans jamais en trahir l’âme. Le son est ample, presque cinématographique, et pourtant chaque note garde la rugosité d’un club de route, quelque part sur une « Mystic Highway » imaginaire.
Ce single est aussi un manifeste, une déclaration de fidélité à une époque où la musique servait à quelque chose — à résister, à exister. La production, léchée sans être froide, dégage une chaleur quasi analogique. On sent la main d’artisans, de musiciens qui jouent encore « pour de vrai », qui croient encore que trois accords peuvent changer la nuit.
Et derrière cette énergie électrique, il y a une ironie douce : le titre nous rappelle qu’au fond, le monde tourne toujours sur les mêmes mécaniques — le désir, la trahison, la revanche. Mais DownTown Mystic en fait une célébration plutôt qu’une plainte. « Somebody’s Always Doin’ Something 2 Somebody » groove comme une vérité universelle : imparfaite, humaine, et foutrement vivante.
Sur ce morceau, le groupe réussit un petit miracle : faire du neuf avec l’éternel, du mordant avec du vintage, de la rage avec de la tendresse. Ce n’est pas un simple retour du rock, c’est son battement de cœur — celui qui, malgré les décennies et les algorithmes, continue de pulser au fond de nos poitrines.
Un disque à écouter fort, fenêtre ouverte, direction l’inconnu. Parce que tant qu’il y aura des guitares qui crient, quelqu’un, quelque part, fera toujours quelque chose à quelqu’un d’autre.
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octobre 31, 2025Il y a dans You Know Me quelque chose de presque sacré. Une forme d’intimité rare, qu’on ne trouve plus guère dans la musique contemporaine — cette impression que la chanson n’a pas été écrite pour être entendue, mais simplement pour exister. NBP Human, alias le projet du musicien hongrois basé à Budapest, y livre un morceau d’une douceur bouleversante, un souffle d’honnêteté dans un monde saturé de faux-semblants.
Dès les premières mesures, on sent le poids du vécu. Une guitare à la texture chaude, comme un vieux vinyle qu’on ressort d’une étagère, une voix grave et patiente, qui ne cherche pas à séduire mais à dire vrai. L’influence de Leonard Cohen flotte dans l’air — cette manière d’apprivoiser le silence, de murmurer plutôt que de proclamer. Mais là où Cohen sculptait la douleur, NBP Human façonne la tendresse. You Know Me n’est pas un chant d’errance, c’est un retour au foyer.
Il raconte, avec une simplicité désarmante, ce que c’est que d’aimer sans fioriture. On sent que la chanson a été enregistrée d’un souffle, presque par accident — ce que confirme son histoire : un premier enregistrement à l’iPhone, jamais remplacé, conservé pour sa sincérité brute. Et c’est précisément cette imperfection maîtrisée qui en fait sa beauté. Le grain légèrement effrité de la voix, les microsillons numériques de la production, tout participe à une vérité sensible, celle de l’instant capturé.
Zsolt Gyulai, fidèle collaborateur de NBP Human, signe un travail d’orfèvre invisible : le mixage est d’une précision feutrée, préservant la fragilité de la prise originale tout en lui offrant la clarté d’un enregistrement professionnel. C’est du minimalisme au service de l’émotion, pas du style.
Visuellement, le clip — dirigé par l’artiste lui-même — renforce cette atmosphère d’intimité lumineuse. Tourné avec le regard d’un peintre plus que d’un cinéaste, il semble glisser sur le fil du souvenir, entre tendresse et contemplation. Les couleurs sont subtiles, presque sépia, comme un rêve ancien dont on se souviendrait à demi.
Ce qui impressionne le plus, c’est cette capacité à faire du dépouillement une force. Là où tant d’artistes cherchent à orner, NBP Human retire. Il polit le silence jusqu’à le rendre habitable. You Know Me est une confession sans excès, une déclaration d’amour qui ne crie pas son nom, mais qui s’infiltre lentement sous la peau.
C’est un morceau d’humanité pure, au sens noble du terme — celui d’un artiste qui ne triche pas, qui enregistre sa voix comme on écrit une lettre à quelqu’un qu’on aime. Dans un monde où tout se revendique instantanément, You Know Me prend le temps de respirer, d’exister, d’être.
On en ressort apaisé, presque reconnaissant. Comme si, pendant quelques minutes, quelqu’un nous avait murmuré que la beauté, finalement, réside dans la simplicité du vrai.
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octobre 31, 2025Baghali de Jaan est un album qui ne raconte rien de linéaire, mais qui évoque tout. Un carnet de route spectral, composé entre deux aéroports enneigés, dans des hôtels sans fenêtres ou des ruines végétales, où chaque son semble enregistré sur le fil de l’oubli.
https://jaanmusic.bandcamp.com/album/baghali
Dès Scented Feathers, on entre dans un état de flottement. Des percussions feutrées, des bruissements de vent, une mélodie de mandoline suspendue. C’est un souvenir d’Orient rêvé à travers un synthétiseur usé, une carte postale qui aurait pris l’eau. Jaan ne cherche pas à reproduire le réel — il en restitue la vibration, comme un photographe de l’invisible.
Puis vient Purple Watermelon, où l’album commence véritablement à respirer. Le morceau pulse d’une énergie tranquille, entre groove absent et mysticisme latent. On y entend des claviers au bord de la désintégration, des lignes électroniques qui tremblent comme des mirages dans l’air chaud. C’est l’un des plus beaux paradoxes de Jaan : faire cohabiter la poussière et la modernité, le glitch et la grâce.
Feverish Heights fait exploser les repères. Ici, tout est trouble : un battement de cœur amplifié, des nappes qui s’effritent, des harmonies qui se dérobent. On pense à la mélancolie industrielle d’un Jon Hassell enfermé dans un souk. L’espace se plie, se dilate — c’est un vertige.
Dans The Lust Greens Of This Restless Mind, la nature reprend ses droits. Le morceau sent la terre humide et le métal oxydé. Les instruments bricolés, les respirations captées au micro, tout contribue à ce sentiment d’écoute viscérale. Jaan nous ramène à quelque chose de primal : un son sans frontière, sans genre, où le sacré et le trivial s’enlacent.
The Girl Is A Lady et Mashid poursuivent cette exploration du trouble : des voix échantillonnées passent comme des fantômes, des guitares orientales s’enroulent autour d’une basse hésitante, et l’on perçoit, dans la désinvolture du jeu, une profonde mélancolie. Pomegranate Garden, elle, ouvre une brèche lumineuse — un moment de grâce pure, fragile comme un souvenir heureux qu’on sait condamné à disparaître.
Fragments of Home condense tout le disque : un fragment d’accord, une boucle brisée, un sentiment d’appartenance perdu. On est là, entre deux mondes, ni tout à fait chez soi ni tout à fait ailleurs. Jaan fait de l’errance un art.
Et puis il y a Velesh Kon, la pièce finale, presque huit minutes de dérive totale. Un morceau comme une transe, un voyage sans retour dans le brouillard des fréquences. On y perçoit des battements de tambours lointains, des bruits de métal, un chant sans mots — c’est le cœur même de Baghali, la tentative d’ordonner le chaos du monde sans jamais le réduire.
Ce disque respire, trébuche, s’égare, revient sur ses pas. Il a la fragilité des choses faites main, le souffle chaud des musiques de l’exil et la rigueur des architectures sonores contemporaines.
Avec Baghali, Jaan signe une œuvre d’ombre et de lumière, une cartographie de l’intime où chaque son semble provenir d’un ailleurs en train de s’éteindre. C’est une musique de déraciné et de poète, un rêve cousu de fragments, un album qu’on n’écoute pas pour le comprendre, mais pour s’y perdre — lentement, magnifiquement.
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octobre 31, 2025Écouter Take a Deep Breath (Deluxe Edition), c’est comme plonger sous l’eau juste avant le lever du jour : tout s’étire, tout tremble, tout respire à une vitesse différente. Chez Platonick Dive, le son n’est pas un paysage mais une matière vivante — mouvante, sensuelle, presque mystique. On croit entendre la mémoire du vent sur une côte italienne, l’écho d’un chœur lointain filtré à travers des guitares noyées dans la réverbération. Et au cœur de cette tempête douce, un battement — celui d’une humanité qui cherche encore l’apaisement dans le tumulte.
Intro agit comme un souffle retenu, une ouverture aérienne qui prépare le corps à l’immersion. Puis Carpet Ceiling déploie sa texture d’ondes brumeuses et de percussions granuleuses : un rêve suspendu entre l’apesanteur du shoegaze et la précision quasi médicale de l’électronica. La guitare semble flotter dans l’air, la batterie se désintègre dans une caresse de delays — c’est du Mogwai qui aurait appris à danser, du M83 qui aurait préféré le silence à la lumière.
Mais c’est avec Faro que l’album prend toute son ampleur. Un phare dans le brouillard, littéralement : chaque accord scintille comme un signal lumineux au milieu d’un océan de synthés. On y sent une nostalgie de l’infini, un lyrisme sans paroles, quelque chose d’à la fois blessé et pur.
Anesthetic Analgesic vient ensuite poser une tension plus organique, presque viscérale. Les textures y sont abrasives, traversées de chocs électriques, comme si le morceau se débattait entre le calme et la tempête. Naked Valley adoucit ce vertige : mélodie plus fluide, rythmiques en suspension, impression de chaleur après le chaos. On y sent l’Italie — non celle des cartes postales, mais celle du désordre poétique, des villes endormies au bord de la mer, des lumières qui vacillent sur les murs.
Le sommet émotionnel du disque se cache peut-être dans Too Beautiful To Die Too Wild To Live. Ce titre, à lui seul, résume toute la philosophie du groupe : beauté et sauvagerie comme deux forces contraires qui ne cessent de s’attirer. Le morceau s’étire en apnée, crescendo spectral, guitare éthérée, rythmique quasi cardiaque. C’est du post-rock au bord du vertige, une transe élégante où chaque note semble tomber au ralenti.
Puis vient la série de remixes — Faro revisité par Brave Arrows, Tribeca par Sun Glitters, Anesthetic Analgesic par Tabù — et là, le disque se transforme. Les frontières s’effacent : l’introspection devient danse, le rêve devient transe. Ces versions décomposent les morceaux pour en révéler l’ADN émotionnel, comme si Platonick Dive se laissait disséquer avec grâce par d’autres rêveurs.
Mais c’est dans les prises live que l’album atteint son point d’incandescence. Falls Road ou Struggles & Feelings, joués devant un public, vibrent d’une intensité presque spirituelle. L’électricité, la sueur, le souffle collectif : tout ce que le studio retenait explose enfin.
Avec Take a Deep Breath (Deluxe Edition), Platonick Dive signe une œuvre totale, à la fois charnelle et contemplative. Une odyssée sonore où chaque fréquence semble raconter une métamorphose intime. C’est une musique qui ne cherche pas à remplir l’espace, mais à suspendre le temps.
On ressort de l’écoute avec la sensation étrange d’avoir rêvé éveillé — comme après une longue nuit passée à contempler les étoiles, à respirer plus lentement, à se souvenir que la beauté, parfois, n’a besoin d’aucun mot pour exister.
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octobre 31, 2025Je me souviens du moment exact où Done m’a happé : cette montée de guitare, à la fois lumineuse et rageuse, comme une porte qu’on défonce à mains nues. Ce n’est pas une chanson qu’on écoute, c’est un point de rupture. Grace de Gier y dépose tout — la colère, la peur, la délivrance — et quand le refrain éclate, on sent presque le goût du métal qu’on a mordu trop longtemps.
Grace écrit comme on respire après l’asphyxie. Done n’est pas un simple single pop-rock, c’est un cri de reconquête, un souffle après des années à se taire. Le morceau, porté par la production précise et organique d’Edgar Grimaldos, avance comme une tempête qui se déploie lentement : d’abord un murmure blessé, puis une déclaration de guerre intérieure. Les guitares saturées tracent un champ de bataille, la batterie martèle le rythme d’une délivrance annoncée, et la voix — cette voix, habitée, fiévreuse — traverse le morceau comme une lame chaude dans la glace.
Ce qui frappe, c’est la sincérité. Pas celle, propre, de la pop calibrée, mais celle, brute, d’une artiste qui a trop vécu pour jouer la comédie. On y sent la rage d’une femme qui s’arrache à l’ombre, qui se reconstruit sur ses ruines et refuse désormais toute compromission. “Done” devient alors plus qu’un titre : un mot-monde, un exorcisme.
Grace de Gier ne chante pas pour séduire, mais pour survivre. Sa musique, taillée dans la roche des émotions, porte encore les cicatrices de ses origines : la passion latine, la mélancolie européenne, et cette tension universelle entre la douceur et la déflagration. Elle sait d’où elle vient — de Bogotá, de l’exil, de la solitude — et elle transforme ce poids en force.
Sous les apparats du rock mélodique, Done cache une architecture émotionnelle d’une rare justesse. Chaque son respire, chaque silence pèse. On entend la main d’un artisan derrière le chaos, celle d’un ingénieur du sentiment : Adam Ayan, maître du mastering, qui polit ici le feu sans jamais l’éteindre.
Mais ce n’est pas la technique qui emporte, c’est le courage. Cette façon qu’a Grace de transformer sa vulnérabilité en pouvoir, sa douleur en pulsation. Done parle à toutes celles et ceux qui ont dû dire stop — à une histoire, à un amour, à une version d’eux-mêmes. Et dans son éclat de guitare finale, on croit entendre le bruit discret d’une chaîne qui tombe.
Ce morceau, c’est la catharsis devenue hymne. Un adieu furieux au passé, mais aussi un début : celui d’une artiste qui, enfin, ne demande plus la permission d’exister.
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octobre 31, 2025Je ne sais pas à quel moment j’ai cessé d’écouter Cirque du Sŏnus pour simplement m’y abandonner. Peut-être à la troisième minute de Act I: The Chant, quand la voix d’Antoin Gibson cesse d’être une présence humaine pour devenir une onde, une entité. C’est là, dans ce glissement, que réside le secret du disque : la musique ne décrit plus le monde, elle le crée.
On entre dans cet EP comme on entre dans un temple d’avant-garde. Les sons s’étirent, se répondent, se consument. Act I n’est pas une chanson, c’est une invocation — quelque part entre un souffle sacré et une menace. La voix d’Antoin ne cherche pas à séduire : elle trace un cercle. Tout s’y passe à la limite du visible, dans cette tension parfaite entre la chair et la machine, entre l’émotion et le contrôle. On pense à la liturgie froide de Sevdaliza, à l’architecture spirituelle de FKA twigs, à la folie calculée d’Arca. Mais ici, tout est plus frontal, plus théâtral, presque politique.
Puis vient Act II: The Command. Là, la cérémonie prend feu. Les basses grondent, les percussions tranchent comme des sabres électroniques, et Gibson s’avance comme un prêtre devenu chef d’armée. C’est une montée de pouvoir, une prise de territoire. Chaque mesure impose une forme d’ordre au chaos. La production — chirurgicale, dense, sensuelle — fait de la pop un acte d’autorité. Pas l’autorité du bruit, mais celle du symbole : le son comme sceptre.
Ce qui fascine, c’est cette capacité d’Antoin Gibson à mêler le mystique au technologique sans jamais tomber dans la caricature. Tout ici respire l’intention. Rien n’est laissé au hasard, mais rien n’est figé. Les textures électroniques semblent organiques, mouvantes, prêtes à éclater ou à renaître. On sent derrière tout cela une pensée quasi ésotérique : celle de l’artiste comme alchimiste, transformant le virtuel en sacré.
Et si Cirque du Sŏnus n’était finalement qu’un miroir tendu à notre époque ? Une époque où le bruit a remplacé la foi, où l’on prie devant des écrans, où les artistes sont devenus leurs propres mythes. Gibson ne nous raconte pas ce monde — iel le met en scène, l’incarne, l’exorcise. Son “cirque” est celui du pouvoir créatif, de la métamorphose, de la démesure.
C’est une œuvre totale : à la fois conceptuelle et charnelle, avant-gardiste et profondément émotionnelle. Un rituel contemporain où la pop ne se contente plus de divertir — elle convoque, elle contrôle, elle consume.
En sortant de Cirque du Sŏnus, on a l’impression d’avoir assisté à une cérémonie secrète. Et quelque part, on n’est plus tout à fait le même.
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octobre 31, 2025Atlanta. Une ville moite, traversée par les fantômes du blues et les néons fatigués du rock sudiste. C’est là que Blackfox a façonné Blackfox4, un disque incandescent, épais, gorgé de tension et de fièvre. Le genre d’album qui ne cherche pas à être moderne, mais vivant — viscéralement, nerveusement vivant.
Il y a dans ces morceaux quelque chose de primal et de cérébral à la fois : une guitare qui griffe l’air, une basse qui halète, une batterie qui ne suit pas le rythme mais le provoque. Et au centre, une meute de voix — Stacey Cargal, Andy Gish, Monica Arrington — trois timbres, trois visages, trois manières de raconter la même chose : la lutte entre la lumière et la rouille.
Le disque s’ouvre avec Beaming, morceau d’initiation écrit par Andy Gish. C’est un uppercut lumineux, une morsure sucrée : guitares en survol, voix en lévitation, et cette sensation étrange d’un sourire qui brûle les lèvres. C’est la joie comme une claque — celle d’être encore debout après l’orage. Puis Bring Your Fire surgit, nerveuse et punk, comme un cri qu’on aurait trop longtemps retenu. Les riffs y sont tranchants, presque percussifs, et Monica Arrington y déverse une rage élégante, celle qui précède l’absolution.
Jump accélère encore : new wave aux articulations punk, énergie d’urgence, tension libératrice. On croirait entendre un vieux 45 tours ressuscité dans une ruelle de Detroit. Et puis Goodbye This Time vient ralentir le cœur. Ballade brisée, mélodie splendide, la voix de Monica flotte entre la résignation et le désir, fragile comme une cigarette fumée au bord du vide.
Mais le cœur battant de Blackfox4, c’est Running Out of Danger — une pièce qui se déploie comme une épopée miniature. La batterie y avance à pas de loup, la guitare s’ouvre comme un couloir vers l’inconnu. On y sent l’ombre de Bowie, l’élégance de Nick Cave, la chaleur du sud et la distance des étoiles. Le morceau bascule sans prévenir entre désordre et maîtrise, prouvant que Blackfox n’imite pas ses influences — il les absorbe.
Difficult fait honneur à son nom : long, dense, traversé de crescendos émotionnels, il pourrait sortir d’une session perdue entre Springsteen et Spiritualized. La chanson déploie un dialogue intérieur entre deux êtres ou deux parts de soi, cherchant à se rejoindre sans savoir comment. C’est beau, lent, presque sacré.
Puis vient She Died Inside, bijou d’ironie pop, proche d’un Costello sous amphétamines. Le titre balance entre noirceur et mélodie addictive, entre éclat et fatigue — un de ces morceaux qu’on sifflote en ignorant pourquoi il fait mal. Strangers plonge dans une gravité pink-floydienne, nappes de synthés, guitares spectrales, basse liquide : le morceau s’étire, se suspend, invite à contempler ce qui reste quand tout s’efface.
Et comme pour refermer la boucle, Sacred — le morceau le plus ambitieux du disque. Six minutes d’ascension spirituelle, alternant les signatures rythmiques comme on traverse des états de conscience. Les voix de Monica et Stacey s’y entremêlent jusqu’à ne plus former qu’un seul souffle, fragile, immense. C’est le moment où la matière devient lumière.
Blackfox4 n’est pas un album qui se résume — c’est une expérience. Une tension entre les époques, un dialogue entre la mélancolie des années 80 et la sueur brute du rock organique. C’est un disque plein de cicatrices, mais où chaque entaille laisse passer la lumière.
On pourrait dire que c’est du rock indé, du punk poétique ou du psychédélisme nerveux. Mais en vérité, c’est autre chose : une cartographie du manque, une géologie du feu intérieur.Et dans ce monde où tant de groupes jouent sans brûler, Blackfox rappelle une évidence : le rock, quand il est vrai, ne se joue pas. Il se vit.
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octobre 31, 2025Certains disques ressemblent à des paysages que l’on ne parcourt qu’en silence. Wander Still d’Ulrich Jannert fait partie de ceux-là — un album qui respire, qui attend, qui s’ouvre lentement comme une route après la pluie. C’est une œuvre sans urgence, traversée de doutes paisibles, d’élans intérieurs, de lumières d’automne. On y sent la sagesse d’un homme qui ne cherche plus à convaincre, mais à exister dans la justesse.
Jannert ne compose pas des chansons : il tisse des directions. Dans I’ve Walked Through Fire, le souffle rauque des guitares raconte une traversée plus qu’une douleur — celle des corps qui brûlent pour se régénérer. C’est le genre de morceau qu’on n’écrit qu’après avoir connu la fatigue du monde. Puis vient Wander Still, titre central, mantra discret : il y a dans sa lenteur un apaisement presque mystique, comme si la folk se réconciliait avec la soul après des années d’éloignement.
Not Too Late for You prend le ton d’une confession adressée à l’humanité entière. Ce n’est pas une chanson d’amour, c’est un serment de douceur. On y entend cette confiance fragile qu’ont les gens lucides : celle de savoir qu’il est encore temps de recommencer. À l’inverse, Step Into the Light est un uppercut lumineux. C’est la montée en puissance du disque, son souffle chaud et contagieux. Les choeurs y fonctionnent comme une levée de soleil collective, un moment de bascule.
Mais ce qui fascine le plus, c’est la capacité de Jannert à faire dialoguer les contraires. A Fake You Won’t Make You Free gronde de lucidité, tandis que True to You murmure la liberté intérieure. L’un mord, l’autre soigne. Et dans Coming Home to Me, cette dualité se fond en une tendresse désarmante : on y sent l’épuisement et la gratitude, le retour et la renaissance.
Puis, soudain, Butterfly Soul. Le cœur du disque. La transformation. Les arrangements s’élèvent comme un vent d’été sur un champ scandinave. On entend littéralement le battement des ailes, la métamorphose — cette lente ascension vers la clarté. La musique y atteint une forme d’évidence rare : ni grandiloquence ni artifice, juste l’instant exact où la vie se remet à circuler.
Le reste n’est plus qu’un écho — un long souffle de gratitude. Nomad Heart, Two Sides of the Same Coin, Mind Over Matter… des fragments de route, des réflexions murmurées au vent. Et quand arrive Shape Your Galaxy, on comprend tout : Ulrich Jannert n’écrit pas pour séduire. Il écrit pour respirer. Pour se recentrer. Pour créer un espace où l’on se sent, quelques minutes, à sa juste place dans l’univers.
Il y a dans Wander Still cette vérité rare : l’art comme une marche lente vers soi. Pas de posture, pas de cynisme. Juste la musique d’un homme qui apprend à écouter ce qu’il est devenu. Et c’est peut-être cela, le vrai courage artistique — ne plus chercher la direction, mais le mouvement.
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octobre 31, 2025Je me souviens du moment précis où Dark Matter m’a happé. Ce n’était pas une écoute distraite, mais une chute lente, une immersion sans résistance dans une matière sonore dense, presque liquide. Ce disque ne commence pas, il apparaît — comme si Jessi Robertson ouvrait une porte dans le silence et nous invitait à flotter dans son obscurité.
Elle ne raconte pas une histoire : elle s’y dissout. Spooky Action at a Distance donne le ton, ou plutôt la température — celle d’un cœur en suspension. On croit d’abord à une chanson d’amour, mais c’est une théorie physique travestie en confession intime : deux âmes, séparées par l’espace, continuent de se sentir, de vibrer ensemble. Les guitares s’étirent comme des lignes de champ magnétique, la voix s’évapore dans un écho presque animal. On ne sait plus si l’on écoute un morceau ou si l’on traverse une onde.
Puis surgit Shadow War, un duel intérieur mené à voix nue. Il y a quelque chose d’infiniment humain dans cette lutte entre façade et vérité — cette envie d’être comprise sans oser se montrer vraiment. On entend la fatigue, la colère, mais aussi une étrange tendresse envers soi-même. Robertson chante comme on se parle dans le noir, quand plus rien ne nous protège du réel.
In Dreams Awake est un rêve qui a refusé de mourir au réveil. Le morceau plane, suspendu, entre la lucidité et l’abandon. Chaque accord semble respirer à la place de celle qui chante. On y devine une délivrance, discrète mais irréversible : l’artiste cesse d’imiter le monde et commence enfin à l’habiter.
Arrive ensuite The First Law of Thermodynamics, un titre que seul un esprit scientifique et poétique à la fois pouvait concevoir. Rien ne se perd, tout se transforme — même la douleur, surtout la douleur. Elle devient lumière, chaleur, matière. On la sent vibrer dans la guitare nue, dans la voix qui tremble, dans cette pudeur qui ne cache rien.
Avec Einstein-Rosen Bridge, Jessi explore les trous de ver intérieurs — ces raccourcis entre passé et présent, entre peur et compréhension. C’est un morceau d’une beauté clinique, précis et déchirant, où la voix semble surgir de l’autre côté d’un espace-temps intérieur.
Persistent Memory touche à la mémoire, non comme nostalgie, mais comme empreinte : ce qui reste gravé dans la chair quand tout le reste s’efface. Elle chante bas, comme si elle craignait de réveiller ses fantômes. Et pourtant, ils chantent avec elle.
Le virage arrive avec Rogue Star, plus libre, plus affirmé. On la sent sortir du brouillard, prête à s’échapper de son propre système solaire. Sa voix s’affirme, le rythme accélère : ce n’est plus la fuite, c’est la propulsion.
Et quand Object of Desire vient refermer le disque, ce n’est pas une fin, mais une orbite complète. Le désir, ici, n’est plus un manque : c’est une force de gravité. Une façon de tenir encore au monde.
Dark Matter est un album de renaissance par la science et le silence. Jessi Robertson ne chante pas pour séduire ni pour plaire : elle chante pour se recomposer, pour retrouver une cohérence entre le chaos et la clarté. Ce disque est un organisme vivant, plein d’erreurs magnifiques, de tremblements humains, d’intelligence émotionnelle pure.
Écouter Dark Matter, c’est comprendre que la lumière ne vient jamais seule — qu’elle ne prend tout son sens qu’en frôlant l’obscurité. Et dans cet espace intermédiaire, quelque part entre Kate Bush et une étoile mourante, Jessi Robertson vient de créer sa propre galaxie.
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octobre 31, 2025On entre dans Carpe Diem comme dans un cabaret halluciné, mi-route 66, mi-cauchemars bohèmes. Chellcy Reitsma, artiste totale, y distille une poésie sonore où se frôlent le blues, l’alt-rock, la folk et le rêve éveillé. L’album est une traversée, un autoportrait à ciel ouvert, où chaque titre devient un chapitre de survie.
Tout commence avec Chemicals, un morceau fiévreux et magnétique, où la voix de Chellcy caresse et griffe à la fois. Derrière ses accents trip-hop et ses riffs hypnotiques, on entend la dépendance à la vie moderne, ses excès, ses poisons. Elle y chante la confusion douce-amère de nos existences sous perfusion d’émotions, d’écrans, d’adrénaline. Puis vient Happy New Year, un titre qui s’écoute comme une gueule de bois du cœur. Ce n’est pas une célébration, mais une tentative de renaissance : la nouvelle année comme une promesse fragile, une bouteille lancée à la mer.
Avec Artist’s Plight, Chellcy s’adresse à la solitude de la création. Sa voix, trempée dans le whisky et la poussière, plane au-dessus d’un rock minimal, presque confessionnel. On pense à Patti Smith pour la ferveur, à Leonard Cohen pour la gravité. Le morceau titre, Carpe Diem, condense l’esprit de l’album : une invitation à mordre dans la vie, même quand elle a le goût du fer. C’est une chanson de lutte contre la torpeur, un poème debout, aux arpèges lumineux comme un lever de soleil sur les ruines.
Puis vient Rock ’n’ Roll Soul, véritable déflagration d’énergie et d’âme, où les racines rockabilly de Reitsma explosent dans une cavalcade presque spirituelle. Le morceau sonne comme une déclaration d’identité : “Je suis ici pour danser avec mes fantômes.” Every Time et I Ran Away ramènent la tension dans un registre plus intime. La première, remasterisée, déroule une tendresse douloureuse, un amour perdu qu’on fredonne encore en marchant sous la pluie. La seconde, plus sèche, parle de fuite, d’instinct, d’auto-défense émotionnelle.
Rock ’n’ Roll Lover vient refermer la première boucle : la passion comme acte de foi, la scène comme confession. Et parce que Chellcy est autant une peintre qu’une musicienne, elle revisite elle-même ses œuvres — Chemicals, Happy New Year et Carpe Diem reviennent en versions remixées, plus éthérées, presque cosmiques, comme si le temps les avait dissoutes dans un rêve.
Dans Carpe Diem, chaque mot pèse comme une cicatrice, chaque note brille comme un éclat de verre. Chellcy Reitsma ne chante pas pour séduire : elle témoigne. Elle transforme la vulnérabilité en matière première, l’instabilité en art. Sa voix — rugueuse, vivante, charnelle — ne cherche pas la perfection, elle cherche la vérité.
Ce disque est une œuvre rare : à la fois brut et cinématographique, archaïque et futuriste. Il sent la terre et la fumée, mais il regarde vers le ciel. On en sort comme d’un roman de route ou d’une confession sur un vieux canapé : un peu plus lucide, un peu plus libre, un peu plus vivant. Chellcy Reitsma, avec Carpe Diem, ne nous dit pas de profiter de la vie — elle nous apprend à l’habiter.
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octobre 31, 2025Ce n’est pas un morceau qui cherche à briller. Control My Pride avance tête basse, le regard tourné vers l’intérieur, comme un homme qui s’interroge plus qu’il ne s’affirme. Jacob Chacko signe ici une chanson d’introspection, un souffle de lucidité dans un monde saturé d’égo et de faux miroirs. Il ne s’agit pas de se juger, mais de se corriger, de comprendre cette ligne fine entre confiance et vanité — celle qu’on franchit sans même s’en rendre compte.
Dès les premières secondes, le morceau se déploie comme une conversation entre soi et soi. La guitare électrique, feutrée mais nerveuse, pulse avec cette mélancolie contenue propre au rock mélodique. Les percussions, nettes et organiques, gardent la tension au plus juste, tandis que quelques textures électroniques viennent effleurer la composition comme des pensées parasites — celles qu’on chasse d’un revers de main pour continuer à avancer. Il y a là une dualité assumée, une fusion subtile entre l’humain et la machine, entre la rigueur et le lâcher-prise.
La voix de Chacko, elle, porte le morceau comme une confession. Elle n’explose jamais, mais elle gronde doucement, emplie de sincérité et d’humilité. On sent l’homme derrière le micro, celui qui doute mais continue, celui qui cherche le bon mot pour apaiser ses contradictions. Le refrain agit comme un mantra discret, une main posée sur l’épaule : contrôle ton orgueil, reviens sur terre, apprends à écouter.
Ce titre, à première écoute modeste, révèle toute sa richesse à mesure qu’on s’y enfonce. L’arrangement est précis sans être figé — on sent le travail d’un artisan plus que celui d’un ingénieur. Thomas Monaco à la co-production vocale, Talya Gelfand aux chœurs, Les Lovell à la console : tous contribuent à construire cette matière sonore à la fois limpide et dense, à l’image du propos.
Control My Pride n’est pas qu’une chanson sur la sagesse, c’est un exercice d’équilibre entre le cœur et la raison. Chacko ne cherche pas à prêcher, il se questionne avec élégance, et c’est précisément ce doute qui le rend touchant. Dans une époque où le narcissisme s’exhibe en 4K, il ose la retenue, la transparence, la nuance.
C’est peut-être ça, la vraie modernité du rock indépendant aujourd’hui : non pas hurler plus fort que les autres, mais savoir se taire au bon moment, pour mieux laisser la musique parler. Et dans le silence entre deux refrains, Jacob Chacko semble nous rappeler que la grandeur ne se mesure pas à la hauteur du son, mais à la profondeur de la sincérité.
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octobre 31, 2025J’ai toujours pensé que certaines chansons sentent la sueur et la lumière en même temps — comme si le corps et l’âme y dansaient à parts égales. Reconnected (Dream Mix) appartient à cette catégorie rare. Dès les premières secondes, j’ai senti ce frisson qu’on a quand une chanson semble s’adresser directement à nous, sans détour, comme un sourire qu’on reconnaît avant de se rappeler d’où on le connaît.
Dorian, enfant du Maryland et rêveur invétéré, ne cherche pas à faire danser : il cherche à réparer. On sent qu’il revient de loin. Ce remix n’a rien d’un simple exercice de style — c’est une cicatrice devenue tempo. On imagine l’artiste cloué chez lui, la jambe immobilisée par une blessure à l’Achille, le monde qui continue de tourner sans lui. Alors il compose, il retisse les fils entre sa voix et sa chair, entre son silence et la pulsation des machines. Reconnected (Dream Mix), c’est le moment où la musique le ramène à la vie.
Le son, lui, a cette texture à la fois fluide et nerveuse qu’on retrouve chez les grands alchimistes de la pop : un peu de Michael Jackson pour la sensualité rythmique, un zeste de Chris Brown pour l’assurance mélodique, et surtout cette lumière propre à Dorian — une sorte de confiance fragile, une manière de sourire en plein vertige. Le morceau avance comme un rêve lucide : on danse, on plane, mais tout reste intensément réel.
La production semble respirer d’elle-même. Les nappes électroniques s’étirent comme des néons dans une rue humide, la basse claque juste assez pour rappeler que la gravité existe. Et puis cette voix, qui flotte entre le murmure et la déclaration, refuse de choisir entre la caresse et la prière. Il y a quelque chose de profondément humain dans sa manière de mêler le plaisir et la douleur, la fête et la foi.
Ce qui me touche le plus, c’est que Reconnected ne se vit pas seulement comme un morceau, mais comme une expérience sensorielle — presque un état d’esprit. C’est la musique d’un homme qui ne veut pas effacer sa faiblesse, mais la sublimer. Une main tendue vers soi, et par ricochet, vers les autres.
Dans un monde qui court après le spectaculaire, Dorian choisit la sincérité. Il parle de renaissance sans métaphore inutile, de joie sans arrogance. Et c’est peut-être ça, sa vraie force : faire de la pop un espace où la fragilité devient rythme, où la cicatrice devient groove. Reconnected (Dream Mix) ne fait pas que nous faire danser — il nous rappelle ce qu’on fait là, sur cette piste, à essayer encore d’être debout.
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octobre 31, 2025Le morceau commence comme un battement intérieur. Pas celui du cœur, mais celui de la persistance — cette pulsation qu’on garde quand tout autour vacille. Dans Uphold Era, Zov.yay ne rappe pas pour convaincre ni pour séduire. Il parle comme on respire, avec cette clarté du type qui a cessé de fuir. Son flow n’a rien de l’urgence hystérique des charts : il est posé, précis, chargé d’une douceur presque stoïque. Comme si chaque mot avait traversé le feu avant d’atterrir sur la mesure.
On imagine la scène : un studio feutré à la lumière basse, le micro suspendu dans un silence chargé. L’artiste ferme les yeux, pose ses rimes avec lenteur, comme on polit une vérité. Uphold Era devient alors une méditation sur l’endurance — pas celle des marathons ni des guerres, mais celle, plus intime, de la vie ordinaire, du recommencement. Zov.yay célèbre l’obstination calme, l’art de tenir tête au monde sans hausser la voix.
Son rap respire. Les percussions sont des pas sur un sol souple, la basse ondule comme une veine sous la peau. Tout semble construit autour du souffle : le sien, celui du morceau, celui du temps qu’on prend pour exister. Il y a quelque chose d’ascétique dans cette production — pas de saturation, pas d’effet spectaculaire. Un espace clair, net, où la parole peut s’épanouir sans décor.
Mais ne vous y trompez pas : derrière la sobriété, Uphold Era bouillonne. Chaque syllabe vibre d’une tension intérieure, d’une lucidité qui ne pardonne rien. Zov.yay écrit comme on sculpte le silence, traçant le portrait de ceux qu’on ne regarde pas : les discrets, les endurants, les conscients. Ce sont eux qu’il érige en symbole, eux qu’il célèbre dans cette ère qu’il veut “soutenir”, “uphold”. Une génération fatiguée des masques et des promesses, mais toujours prête à reconstruire, à respirer à nouveau.
On sent chez lui l’influence de Kendrick Lamar dans la gravité réfléchie, un peu de Common dans la sagesse mélodique, peut-être même la clarté narrative d’un Isaiah Rashad. Mais Zov.yay ne copie personne : il parle depuis un lieu rare — celui où la foi et la lucidité se rencontrent. Uphold Era devient alors un manifeste discret, une déclaration sans slogan : le courage, c’est la constance.
Ce titre n’explose pas, il s’élève lentement, comme une prière moderne récitée dans un monde bruyant. Et lorsqu’il s’éteint, il laisse derrière lui une impression rare : celle d’avoir entendu un homme qui ne cherche plus à gagner du terrain, mais à rester debout, aligné, vrai.
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octobre 31, 2025On entre dans Velvet Bite comme dans un songe électrifié. Pas celui qu’on traverse avec insouciance, mais celui qu’on redoute et qu’on désire à la fois : un rêve où chaque note est une ombre, chaque souffle un doute. Lawrence Timoni, artisan insomniaque du studio berlinois, signe ici un morceau qui ne cherche ni la séduction immédiate ni la facilité — mais la morsure lente, celle qui s’installe, qu’on sent longtemps après.
Sous ses airs de ballade spectrale, Velvet Bite est une protest song en costume de velours, un manifeste contre les fantômes du pouvoir et de la résignation. Timoni s’y érige en conteur lucide d’un monde sous emprise, où les mensonges se glissent dans les câbles et où les écrans remplacent les miroirs. Sa voix, mi-humaine, mi-mécanique, flotte au-dessus d’un tapis d’acoustiques écorchées et de textures digitales fissurées. Chaque son semble provenir d’un espace entre deux mondes : celui des vivants et celui des machines.
On y entend le Berlin des sous-sols — celui des clubs aux murs suintants et des poètes perdus — respirer sous la surface. La guitare y dialogue avec des glitchs électroniques, les chœurs se dissolvent dans des nappes froides, et la rythmique avance à pas feutrés, comme une procession funèbre sous néons. Il y a quelque chose de Radiohead période Amnesiac dans la tension feutrée, de Foals dans l’urgence rythmique, et de Ben Howard dans la manière de laisser les silences parler à la place des mots. Mais Timoni, loin de copier, distille une langue à lui : un mélange de chair et de circuit imprimé, de poésie en apnée et de critique sociale chuchotée.
Ce qu’il appelle lui-même son “ghost protest” n’a rien de métaphorique : dans Velvet Bite, les spectres sont bien réels. Ce sont ceux de la manipulation douce, de la servitude invisible, du capitalisme numérique qui infiltre les âmes. Pourtant, malgré la noirceur du propos, la musique garde une beauté lumineuse, presque mystique. Timoni parvient à faire cohabiter la douleur et la grâce, la résistance et la contemplation. Le titre, enregistré dans la solitude habitée de son studio, semble chargé de la mémoire de Berlin — une ville faite de cicatrices et de renaissances, de luttes et d’utopies.
La production, d’une précision quasi chirurgicale, ne cherche jamais l’effet. Les guitares sont organiques, presque palpables, les basses s’enfoncent comme des racines dans la terre, tandis que les textures électroniques se déploient telles des aurores industrielles. C’est une œuvre qui vit dans les interstices : entre la lumière et l’ombre, entre la peur et la fascination, entre l’humain et le synthétique.
Dans un monde saturé d’images et de faux-semblants, Lawrence Timoni choisit la voie la plus risquée — celle de la lenteur, de l’écoute, de la beauté inquiète. Velvet Bite est à la fois un exorcisme et une caresse : une chanson qui mord sans violence, qui hante sans effrayer, et qui finit par nous laisser face à notre propre reflet.
Dans le miroir sonore qu’il tend, on distingue notre époque — maquillée, connectée, perdue — et cette question qu’il murmure entre deux accords : “Et si les vrais monstres n’étaient pas ceux qu’on croit ?”
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octobre 31, 2025Sous la lumière laiteuse d’un ciel islandais, Hinn eini sanni Guð de GIG s’élève comme une prière en apesanteur. Ce n’est pas un gospel au sens classique, ni un simple chant de louange : c’est une respiration, une onde qui traverse le cœur avant de toucher les oreilles. On imagine la mer tout autour, les montagnes silencieuses, et cette voix — douce mais pleine d’assurance — qui s’élance vers quelque chose de plus grand que soi.
Depuis plus de vingt ans, GIG cultive un paradoxe fascinant : celui d’un gospel qui rêve plutôt qu’il ne prêche. Leur musique n’impose rien, elle invite. Elle ne cherche pas à convertir, mais à ouvrir une fenêtre dans l’âme. Dans Hinn eini sanni Guð (“Le seul vrai Dieu”), le groupe déploie cette grâce rare : transformer la foi en paysage sonore, le sacré en douceur.
Les guitares se font rêveuses, presque cotonneuses, comme si elles flottaient dans une brume d’aube. La voix de Daney Haraldsdóttir, fragile et lumineuse, se pose sur elles avec la justesse d’un souffle, tandis que la batterie de Guðni Gunnarsson avance sans jamais forcer, comme un battement de cœur régulier — celui de la foi tranquille, pas celle des grandes messes. Emil Hreiðar Björnsson tisse à la guitare une trame mélodique presque ambient, rappelant parfois les envolées contemplatives de Sigur Rós ou la tendresse mélancolique d’Aurora.
Mais derrière la beauté formelle se cache une intention plus profonde. GIG parle de Dieu comme d’un espace intérieur, d’une vibration qu’on retrouve dans les moments de silence. Le morceau, loin de toute emphase liturgique, explore le divin comme on explore la lumière : par diffraction, par éclats, par humilité. L’arrangement respire, se déploie lentement, laissant à chaque instrument la possibilité de se taire autant que de parler.
Ce qui bouleverse ici, c’est la sincérité. Aucun artifice, aucune grandiloquence : juste la foi, nue, transmise par le son. L’enregistrement, fruit d’un an et demi de travail, garde pourtant une fraîcheur spontanée — comme si le morceau s’était écrit de lui-même, entre la répétition d’un accord et une prière murmurée.
On pourrait dire que Hinn eini sanni Guð est une chanson religieuse. Ce serait trop simple. C’est une chanson de présence, une chanson de gratitude. On y sent la beauté d’un monde où la musique devient offrande, où chaque note cherche non pas à impressionner, mais à guérir. GIG ne chante pas pour Dieu, mais avec lui, comme s’il vibrait dans chaque corde, chaque silence, chaque souffle retenu avant le refrain.
Dans un paysage musical saturé de cynisme et d’ironie, Hinn eini sanni Guð rappelle qu’il est encore possible de faire de la musique pour croire, pour aimer, pour espérer. Pas de prosélytisme, pas d’effet : juste cette foi tranquille que la beauté, lorsqu’elle est sincère, touche toujours quelque chose d’éternel.
Écouter GIG, c’est retrouver cette part de soi qui se tait d’habitude. Celle qui écoute le vent, la lumière, le murmure du monde. Un gospel d’Islande, suspendu entre la terre et le ciel — et l’écho persistant d’une vérité simple : parfois, croire suffit à faire naître la musique.
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octobre 31, 2025On entre dans le Reconnection EP comme on ouvre un journal intime trouvé dans une chambre déserte. Il y a le parfum du bois, un souffle de pluie sur les vitres, et cette impression étrange d’assister à la guérison d’un homme qui a tout remis à plat. Charlie Freeman, alias FREE/MAN, ne chante pas pour séduire — il chante pour se relever, pour retrouver le fil d’une voix qu’il croyait perdue dans le vacarme. Et ce qu’il en tire est bouleversant : une épure, une lumière douce, un retour à la pulsation essentielle de l’âme.
Cet EP porte bien son nom. Reconnection, c’est d’abord une reprise de contact — avec soi-même, avec la musique, avec la foi silencieuse qu’il reste toujours quelque chose à sauver. On sent chez Freeman un besoin presque physique de réancrage, comme si chaque note devait retisser le lien entre le corps et l’esprit. La guitare y devient respiration, la voix s’élève sans fard, les arrangements restent minimalistes, mais profondément incarnés. Rien n’est laissé au hasard, pourtant tout sonne comme l’évidence du moment présent qui commence par le titre Not Tommorow.
Freeman ne cherche pas à sonner contemporain, ni nostalgique. Il crée dans une temporalité parallèle, où le folk, la soul et le rock se mêlent à des échos d’élévation spirituelle. Son timbre — clair, légèrement voilé, presque tremblant — a ce pouvoir rare de rendre tangible la fragilité. Il chante comme on prie, avec un mélange de pudeur et de foi, conscient que la beauté n’est jamais dans la perfection mais dans la fissure.
Chaque morceau agit comme une métamorphose subtile. On y traverse le doute, la chute, puis cette forme de paix qui arrive après l’épuisement. L’EP ressemble à une marche lente vers la lumière, une reconnexion non pas à l’extérieur, mais à la source intérieure. On imagine Charlie dans un studio londonien, seul, entouré de silence, capturant l’instant exact où la douleur cesse d’être un poids pour devenir vibration.
Ce qui frappe, c’est la maîtrise discrète de Freeman. Sous la surface humble de la production — des guitares qui respirent, quelques nappes éthérées, des voix enregistrées presque au bord du souffle —, on perçoit un artisanat d’orfèvre. Il ne décore jamais : il sculpte. Chaque espace sonore sert la parole, chaque souffle donne sens. Le résultat tient de la confession plus que du disque : une musique de présence, faite pour ceux qui écoutent avec le cœur plutôt qu’avec les oreilles.
Mais au-delà de la technique, Reconnection raconte une métamorphose spirituelle. Après la tempête, Freeman retrouve l’équilibre, pas dans l’euphorie, mais dans la clarté. Son écriture, simple et limpide, traduit une vision du monde où la vulnérabilité n’est plus faiblesse, mais langage. On sent que cet homme, jadis ébranlé par le chaos du monde, a trouvé sa paix dans la création — une paix qu’il partage sans prétention, presque à voix basse.
Reconnection EP est une main tendue. Celle d’un artiste qui ne prêche pas, mais invite. Un disque lumineux sans chercher la lumière, spirituel sans dogme, intime sans narcissisme. Charlie Freeman signe ici un retour à l’essence même de la musique : cet espace où la sincérité devient beauté, où l’on se retrouve enfin — soi, les autres, et le monde, dans le même souffle.
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octobre 31, 2025Le titre The Ones Remembered a quelque chose de profondément vertigineux, une sorte de respiration cosmique qui efface les contours entre la chair et l’infini. Trueclaw, artiste suédoise solitaire, fabrique ici une pop de l’au-delà, une prière électronique murmurée par des entités imaginaires observant notre espèce avec tendresse. Ce n’est pas une chanson au sens traditionnel du terme, mais une cérémonie lumineuse où la voix humaine se dissout dans la réverbération de l’univers.
La première écoute évoque un lever de brume sur une planète éteinte : nappes synthétiques qui s’étirent, pulsations douces comme un cœur artificiel, timbre vocal suspendu entre ferveur et abandon. On pense à M83 pour la grandeur, à Aurora pour l’innocence, à Enya pour la clarté quasi mystique. Mais Trueclaw, elle, va plus loin : elle déplace la perspective. Ici, l’humain n’est plus le narrateur, mais l’objet du chant — un souvenir, un écho qui persiste alors que tout s’est tu.
Ce morceau, conçu à l’aide d’outils d’intelligence artificielle et d’une imagination presque démiurgique, trouble autant qu’il fascine. Là où beaucoup utilisent la technologie pour perfectionner, Trueclaw s’en sert pour questionner : que restera-t-il de nous quand nos voix ne seront plus que des données ? The Ones Remembered répond sans pathos : un écho, fragile et infini, le murmure collectif de notre passage sur Terre. La production, ample et épurée, agit comme une respiration galactique, chaque son semblant flotter dans une chambre d’échos sidérale.
Mais derrière la froideur apparente des machines, on perçoit une chaleur inattendue. La mélodie se déploie comme un souvenir d’enfance qu’on croyait perdu — lumineuse, presque naïve, portée par un rythme discret qui évoque le battement d’un cœur. La voix, quasi désincarnée, ne cherche pas à convaincre : elle observe, elle bénit, elle contemple. C’est une musique de l’après, de ce qui survit à la matière.
On comprend alors que Trueclaw ne compose pas seulement des chansons : elle sculpte la mémoire. Dans The Ones Remembered, elle imagine une humanité transfigurée, réduite à son empreinte sonore, à cette vibration qui persiste quand tout s’efface. Et l’on se surprend à espérer que ces entités célestes, témoins de notre passage, continuent à nous écouter — non pas comme des dieux, mais comme des gardiens d’un souvenir partagé.
À la fin, il ne reste qu’un souffle. Une lumière. Un écho. Et dans ce silence suspendu, Trueclaw nous rappelle que même la plus infime des vies, même le murmure le plus discret, finit toujours par rejoindre la grande symphonie du cosmos.
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octobre 31, 2025People Just Float est un rituel. Une conversation à voix basse avec les morts, une prière adressée à ceux qui continuent de chanter dans les failles du temps. Steel & Velvet y tisse un dialogue entre passé et présent, entre la ferveur du folk américain et la pudeur d’un artisanat breton, où chaque note devient souffle, chaque silence une confession. On sort de l’écoute comme d’une étreinte un peu trop longue — un peu glacée aussi, mais nécessaire.
Dès Orphan’s Lament, le ton est donné. Reprendre Robbie Basho, c’est oser s’aventurer sur une crête où la musique devient presque mystique. Johann Le Roux chante comme on prie : sans fioritures, avec cette humilité de ceux qui savent que la beauté naît du dépouillement. La guitare de Romuald Ballet-Baz ne l’accompagne pas, elle l’enveloppe, la soutient, la recadre — un fil de lumière tendu au-dessus du vide. C’est une ouverture qui évoque les landes, le vent, la solitude — et déjà, l’ombre du spirituel plane sur le reste du disque.
Puis vient Ring of Fire, que tout le monde croit connaître. Steel & Velvet en fait un tombeau vibrant : le feu n’est plus une passion, mais une braise qui couve dans la gorge. Le duo de guitares, Ballet-Baz et Larreur, déroule une tension feutrée, presque menaçante. Le Roux ne brûle pas, il se consume lentement. Là où Cash rugissait, lui chuchote. C’est un feu intérieur, contenu, presque religieux.
Avec Man in the Long Black Coat, le groupe flirte avec l’ombre. La chanson de Dylan devient ici un film nocturne, un poème d’errance. La voix de Le Roux s’y fait cendre, grave, suspendue entre menace et abandon. La guitare, minimaliste, découpe le silence avec précision. On pense à un western existentialiste, à une route qui ne mène nulle part sinon à soi-même.
Puis Silver — moment de grâce. La fille rejoint le père, et soudain le disque respire autrement. La voix de Jade Le Roux est translucide, presque irréelle, une vibration qui réchauffe le bois froid des guitares. À deux, ils réinventent le morceau des Pixies comme une berceuse fantomatique. Le temps se dilate, le réel s’efface : il ne reste que deux voix suspendues dans un entre-deux poétique. C’est le cœur battant de People Just Float, la jonction entre le charnel et le spirituel, entre le sang et l’éther.
Lake of Fire, lui, rouvre les plaies. C’est la pièce la plus terrienne, la plus rugueuse. On y sent la poussière, la sueur, le feu. La voix de Le Roux, écorchée, se mêle aux guitares comme un cri refoulé. Cette reprise de Curt Kirkwood devient une descente lente, une confrontation avec la chair et le mal. Le titre évoque un enfer tranquille, celui des regrets, des vies brûlées à petit feu.
Enfin In Heaven referme le disque comme un soupir. La chanson de Lynch et Ivers, dans la bouche de Jade Le Roux, se transforme en murmure d’après-monde. Sa voix flotte au-dessus de la guitare de Ballet-Baz comme un souvenir qui ne veut pas mourir. C’est la fin et le recommencement — le moment où la musique cesse d’être un son pour redevenir une sensation, une matière flottante.
Ce qui bouleverse dans People Just Float, c’est cette maîtrise de l’équilibre entre intimité et transcendance. Steel & Velvet ne joue pas la carte du dépouillement pour le style : c’est un geste existentiel, un refus de la surenchère, une quête d’essence. La musique devient ici refuge, seuil, miroir.
On sort de l’écoute un peu tremblant, les sens saturés de silence. Ce disque n’élève pas : il dépose. Il vous laisse sur la rive, un peu plus léger, un peu plus vrai. Les gens, après tout, flottent. Mais Steel & Velvet leur rend une gravité.
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octobre 31, 2025Il y a dans Sjögräs vol.1 quelque chose d’archaïque et de futuriste à la fois, comme si la mémoire elle-même s’était mise à chanter à travers un vieux poste de radio sous-marin. Peter Hägerstrand n’écrit pas des chansons : il reconstitue des fragments d’âme, des paysages oubliés, des visages en noir et blanc qui reprennent couleur à la lumière d’un archet ou d’un accord mineur. Sjögräs — littéralement “algue marine” — s’enroule autour de nous avec la lenteur d’une marée, et l’élégance d’un souvenir qu’on ne veut pas tout à fait comprendre.
L’EP ouvre sur « En björn och en svan », ballade de chambre où les cordes se frottent à une guitare feutrée comme un vieux carnet qu’on feuillette. On y sent la forêt et la nuit, la tendresse du folklore scandinave, mais aussi l’étrangeté d’un monde intérieur. La voix d’Hägerstrand, grave et retenue, agit comme un narrateur à la limite du songe : tout y semble réel et pourtant à demi effacé.
« Aurora », plus lumineux, déploie son éclat comme une aurore boréale électronique. Les arrangements, entre folk orchestral et pop de chambre, rappellent The Divine Comedy ou les envolées raffinées de Nick Drake. Mais il y a surtout ce souffle cinématographique, cette manière d’orchestrer le silence — un art qu’Hägerstrand maîtrise comme un réalisateur du sensible.
Puis vient « Varvsvägen », morceau de route, de terre et de mélancolie. Le rythme s’y fait plus circulaire, presque tribal, porté par des pizzicatos et une basse discrète. C’est un voyage intérieur, celui d’un homme qui rentre chez lui après plusieurs décennies d’exil émotionnel. Le morceau s’épanouit lentement, à la manière d’un film de Tarkovski transposé en musique.
Enfin, « Troll » clôt ce premier volume dans un esprit plus ludique, presque cabaret nordique. On y retrouve la veine narrative chère à Hägerstrand — les contes, les ombres, les visages grotesques des légendes scandinaves. Mais sous la fantaisie, on perçoit la même gravité : celle de l’enfance, du mystère, du sacré.
Ce Sjögräs vol.1 est bien plus qu’un simple avant-goût de la grande œuvre multimédia à venir. C’est un laboratoire de sensations où les racines caréliennes et ålandaises s’enlacent dans un tissage sonore d’une précision incroyable. Entre folk et musique de chambre, entre passé et technologie (cette fibre Nimbror qui reliera deux scènes en simultané), Hägerstrand réinvente la notion de “projet total” — un opéra de la mémoire et du territoire.
Il ne cherche pas à plaire. Il construit des mondes, délicats, presque secrets, où chaque note semble porter la trace d’un hiver ancien. Sjögräs n’est pas un disque à écouter distraitement : c’est une traversée. Une immersion lente, poétique, où la chanson devient un lieu. Et dans ce lieu, quelque part entre la mer et le silence, Hägerstrand nous attend, avec sa guitare, son mystère et la douceur grave de ceux qui savent que la beauté ne fait pas de bruit.
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octobre 31, 2025Originaire du Danemark, Ani Even est un artiste électronique qui transforme l’émotion brute en rythme, la vulnérabilité en puissance. Son univers oscille entre rituel et technologie, entre animalité et pulsation mécanique. Avec son album SKINWALKER, Ani explore la transformation comme un état permanent — une mue sonore et spirituelle où le corps devient instrument et le son, un exorcisme. Dans un paysage électronique souvent trop lisse, il choisit l’instinct, la faille, la sueur et la distorsion.
Dans cet entretien, il revient sur ses racines dans le design et la danse contemporaine, ses influences qui vont de Carl Orff à Flavien Berger, et sa fascination pour la mutation de soi. Entre un poulet frit “iconique”, une performance dans une tour d’eau à Copenhague et une vision radicale de la création comme thérapie sauvage, Ani Even s’impose comme l’un des visages les plus singuliers de l’électronique européenne — mystique, viscéral et indomptable.
Qui es-tu ?Je m’appelle Ani Even, je suis un artiste électronique danois, et j’œuvre dans un espace entre le rituel, la force brute et la machine. Ma musique explore la transformation — ce qu’il se passe quand l’émotion se fracture et devient rythme. J’utilise le son comme un moyen de muer, encore et encore.
Quel est ton parcours ?Je viens d’un double parcours en design et en son — j’ai étudié le développement de produits, ce qui m’a appris la précision et la sensibilité aux matériaux, et j’ai emporté ça dans ma musique.J’ai grandi dans une famille créative où la danse contemporaine, l’art et la musique classique dominaient ; ça a été déterminant pour façonner ma perception du son et de l’art.
Comment décrirais-tu ta musique en quelques mots ?Ritualiste, électronique et sauvage.Chaque morceau est une forme d’exorcisme, une tentative de comprendre mon corps et mes émotions à travers la distorsion — la thérapie classique n’a jamais vraiment marché pour moi.
Quelles sont tes inspirations ?L’inspiration vient souvent des moments les plus étranges de la vie. La plupart de mon album SKINWALKER est né du fait que j’ai été forcé de grandir, de changer, de devenir quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, j’aurais du mal à reconnaître mon ancien moi. C’est pour ça que j’ai décrit la transformation sous tant de formes dans cet album : pour comprendre ma propre mue. Musicalement, je suis très inspiré par Carl Orff, Nusrat Fateh Ali Khan, Walter Astral, Flavien Berger et Hess Is More — si tu cherches des références directes.
Quelle est ta playlist du moment ?J’écoute surtout des albums — en ce moment : Hexed! d’Aya, Éklipse de Walter Astral et Nothing de Darkside.
Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?Je fais un poulet frit incroyable. Mais ce que je préfère, c’est cuisiner des animaux entiers sur un feu de camp — un cochon, un agneau — parce que ça prend du temps, il faut des amis pour partager, et le fait de voir ce qu’on mange crée du respect pour l’animal dont on a pris la vie.
Quels sont tes projets à venir ?Je fais beaucoup de remixes pour d’autres artistes indépendants en ce moment, et j’ai hâte de les partager. Je travaille aussi en permanence sur de nouvelles musiques, mais rien n’est encore prêt à être nommé. Je prépare également le live pour la release party de SKINWALKER — une performance à l’intérieur d’une tour d’eau à Copenhague.
Une anecdote sur toi ?Tout ce projet musical a commencé par dépit : je voulais juste écrire une chanson pour m’amuser, pour un ami, et pourtant ça a percé un trou en moi d’où a jailli un torrent de créativité et d’art.J’ai récemment commencé la poterie comme passe-temps pour apaiser l’esprit.
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?Matthew Barney, l’artiste américain. Il a créé des œuvres qui m’ont profondément marqué — sûrement parce que j’y ai été exposé quand j’étais préadolescent.
Un dernier mot ou conseil ?La perfection tue la création. Si ça te démange, gratte tout de suite — la démangeaison persistera si tu la laisses sans réponse.
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octobre 31, 2025J’ai écouté Still Sick comme on regarde une flamme reprendre, vacillante puis vorace. Thain, rappeur et vocaliste originaire de Wichita, y revient à ce qui brûle en lui : le besoin urgent de transformer la colère en groove, le chaos en rythme. Ce n’est pas une chanson écrite à froid ; c’est une déflagration née d’une nuit d’improvisation partagée, d’un moment suspendu où trois musiciens se retrouvent au même battement de cœur.
Le morceau s’ouvre comme une étincelle dans une pièce obscure. La basse, signée Steven Shields (Audio Paradolia), respire la poussière et la fièvre des clubs underground, tandis que les percussions organiques vibrent avec une précision presque animale. Hippy K, invité du morceau, apporte la contrepartie instinctive, la voix qui pousse, qui griffe un peu le ciel. Et Thain, lui, ne rappe pas : il expulse. On sent dans son flow une urgence nerveuse, un instinct brut de survie. Chaque phrase semble sortie d’un corps en mouvement, d’une mémoire qui refuse de se taire.
Ce qui me fascine, c’est cette manière qu’il a de mêler la chair du rock et l’intelligence du hip-hop. On pense à Eminem pour la rage, à Kendrick pour la conscience du rythme, à Travis Scott pour la manière de créer un univers sonore presque psyché, mais Thain n’imite personne. Il construit une architecture sonore du Midwest : rugueuse, charnelle, imprévisible. L’énergie du titre vient de cette collision entre les influences – comme si un concert de métal et un freestyle nocturne s’étaient cognés dans une ruelle de Wichita.
Le morceau se déploie sans jamais vraiment éclater : une tension permanente, presque cinétique. Ce n’est pas un hit calibré, c’est un exutoire. On entend le souffle court, les voix qui se croisent, le grain du micro qui craque légèrement, cette imperfection qui rend la musique vraie. C’est une œuvre qui n’a pas peur du désordre parce que c’est dans le désordre que naît la vérité.
Still Sick parle de cette maladie dont on ne veut pas guérir : celle de la création. Thain n’en fait pas une pose, il en fait une nécessité. On imagine la scène : trois types dans un studio du Kansas, la lumière jaune des amplis, le sol qui vibre sous la basse, et cette conviction partagée que quelque chose de grand vient de se passer. Pas un tube, pas un produit, mais un instant. Et c’est peut-être ce que le rap américain a de plus précieux aujourd’hui : sa capacité à redevenir vivant, sale, brûlant, sincère.
Dans Still Sick, Thain ne cherche pas la gloire. Il cherche le cœur battant du son. Et il le trouve.
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octobre 31, 2025C’est une morsure avant d’être une chanson. Un cri feutré dans le noir. PREY de MAUMAUMAU n’essaie pas de séduire — il traque, il rôde, il observe la violence invisible tapie dans nos pulsions. On y entre comme dans une boîte de nuit déserte à quatre heures du matin, quand la sueur a remplacé la musique et que les corps s’évitent autant qu’ils s’attirent. C’est là, dans cet espace trouble entre le plaisir et la prédation, que Mau choisit de raconter l’indicible.
Le morceau, produit avec une précision chirurgicale par Fernando Familiar et Reed Izumi, tisse des textures denses, presque étouffantes : un battement de basse comme un cœur sous adrénaline, des voix distordues qui chuchotent entre deux éclairs de lumière, et cette montée dramatique qui fait basculer le tout dans une transe quasi cinématographique. On pense à Arctic Monkeys pour la sensualité poisseuse, à Depeche Mode pour la tension spirituelle, à Trent Reznor pour l’énergie dévorante.
Mais ce qui distingue PREY, c’est la lucidité. Là où d’autres auraient joué la carte du fantasme ou du cynisme, MAUMAUMAU choisit la responsabilité. En s’inspirant des témoignages de femmes de son entourage, il renverse le regard : ici, le prédateur n’est pas une figure lointaine, mais une culture, un système de désir qui étouffe autant qu’il excite. PREY devient alors une confession masculine dans un monde où le pouvoir se travestit trop souvent en passion.
Le morceau avance comme une pulsation nerveuse — chaque changement d’atmosphère est une mue. Les transitions sont abruptes, désorientantes, presque psychédéliques : Mau ne cherche pas la fluidité, il veut qu’on sente la tension, la dissonance, l’inconfort. C’est une œuvre à écouter au casque, les yeux fermés, pour se laisser happer par la moiteur de la production et la froideur du propos.
Dans le sillage de Macho Macho et Boss Level, PREY marque une nouvelle mutation de l’artiste mexicain : plus viscéral, plus risqué, plus humain. MAUMAUMAU n’est plus seulement ce funambule entre l’ironie et la pop expérimentale ; il devient un chroniqueur des zones grises du désir moderne. Et sous cette pleine lune électronique, il nous rappelle que parfois, pour ne plus être la proie, il faut oser se regarder en chasseur.
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octobre 31, 2025Écouter La Pleine Lune de VOGEL, c’est traverser un rêve éveillé à pied nu. Ce n’est pas une chanson, c’est une marche — une lente déambulation à travers soi, entre la lucidité et l’illusion, entre la lumière douce du doute et l’ombre tendre de la certitude. Annette Vogel ne chante pas pour expliquer le monde, mais pour lui poser de meilleures questions. Et ça change tout.
La voix, à la fois fragile et tendue, flotte dans l’air comme une lueur de chandelle. Autour d’elle, les accords de guitare se tissent en spirales, simples mais chargés de sens. On pense à Joni Mitchell pour la sincérité des confessions, à Vashti Bunyan pour le mystère pastoral, à Joan Baez pour la droiture du timbre — mais VOGEL est ailleurs. Elle chante comme on regarde une rivière : sans chercher à la comprendre, seulement à la suivre.
La Pleine Lune parle d’identité, de ce vertige d’exister dans un monde qui semble parfois irréel. Mais loin du prêche métaphysique, VOGEL garde le ton de la promeneuse : elle avance, elle observe, elle doute. Sa chanson est une quête sans fin, un carnet d’errance où chaque accord devient une respiration. Ce n’est pas un hasard si l’artiste a grandi dans la rue, à l’école du pavé et de l’improvisation. On entend dans chaque note la liberté du bitume, la poussière des places publiques, le vent des voyages à l’arrière d’un bus ou dans le tunnel d’un métro parisien.
Avec Mario Kaspers à la basse, la chanson s’élève, prend du corps, s’arrondit. Les lignes graves s’accrochent au ciel comme une ancre renversée. L’ensemble respire : un folk clair-obscur, un peu psychédélique, un peu spirituel, comme si Nick Drake avait troqué sa mélancolie contre une lucidité apaisée.
La Pleine Lune n’est pas un simple morceau de folk. C’est un miroir tendu à ceux qui doutent encore d’eux-mêmes. Une chanson qui accepte de ne pas tout résoudre. Qui invite à cesser de chercher et à simplement être. Car c’est peut-être ça, le secret de VOGEL : comprendre que la vérité ne se trouve pas dans la réponse, mais dans la musique qui continue, longtemps après qu’on ait arrêté de jouer.
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octobre 31, 2025On imagine Sheila Rafferty face à l’horizon, seule silhouette humaine dans l’immensité verte du Yorkshire, les doigts suspendus au-dessus de son clavier comme on tend une oreille vers le vent. Soaring On n’est pas un morceau, c’est un phénomène atmosphérique. Une nappe de synthé née quelque part entre la brume et le ciel, gonflée d’air et de silence, caressée par les percussions terrestres de son compagnon Ian. On dirait que le paysage a décidé de s’enregistrer lui-même, en utilisant Sheila comme traductrice.
Là où beaucoup s’acharnent à dompter la technologie, Rafferty fait l’inverse : elle la laisse s’éroder, se dilater, se fondre dans la respiration du lieu. Le synthétiseur ne plane pas au-dessus des choses, il s’y dépose, avec cette lenteur humide et poétique propre au nord de l’Angleterre. Chaque note semble recueillie au creux d’un vallon, rincée par la pluie, polie par le vent. Le son, enregistré sur les landes elles-mêmes, en porte la trace — un infime bourdonnement d’air, une vibration qu’aucun studio ne saurait imiter.
Ce qui bouleverse ici, c’est la tendresse du geste. La conga d’Ian entre comme un battement de cœur, discret mais vital, rappelant qu’au-delà du brouillard et des nuages, il y a toujours un corps qui écoute. Soaring On devient alors une métaphore du couple, de cette alchimie fragile entre le souffle et la peau, entre l’éther et la chair. Sheila trace les contours du ciel, Ian lui rend son ancrage. Ensemble, ils transforment la lande en chambre d’écho.
On ressort de cette écoute étrangement apaisé, comme après une longue marche solitaire, quand l’esprit s’éclaircit et que le monde paraît soudain respirer à votre place. Soaring On ne cherche pas à séduire : il observe, il accueille, il laisse advenir. C’est une musique de l’immobile mouvement, une prière laïque jouée au synthé, un morceau qui fait du vent un instrument et du silence une caresse.
Il y a des disques qu’on écoute. Et d’autres, comme celui-ci, qui vous écoutent en retour.
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octobre 31, 2025Joe Brewer revient d’un long hiver intérieur, et ça s’entend. Face For Radio, son deuxième album sous le nom One Man Boycott, déborde de cette tension propre aux survivants : le besoin de crier sans hurler, de transformer la honte en hymne, la chute en refrain. Ce disque, enregistré seul dans un home studio du Devon et sorti sur Super Sick Records, n’a rien d’une renaissance policée — c’est un journal de bord brut, vibrant, pop-punk jusqu’à l’os mais gonflé à la lucidité d’un adulte qui a cessé de se mentir.
Tout commence par Boycott Fans Saved My Life, And Not For The First Time (Intro), une mise en bouche à la fois ironique et tendre — une confession murmurée avant la déflagration. Puis Imposter Syndrome surgit, nerveuse, presque pressée de remettre les pendules à l’heure : guitares à vif, batterie qui pique, et ce refrain qui taille droit dans la poitrine. Brewer n’a pas perdu le sens du hook, mais il l’a chargé d’une urgence nouvelle, celle de quelqu’un qui a vu le fond et s’en sert comme tremplin.
Les titres s’enchaînent comme des chapitres de convalescence : Confidence, adressée à une version de soi restée bloquée dans la peur, sonne comme un SOS déguisé en hymne de stade ; Self Help Pt.2 assume la dérision d’un mec qui sait que les mantras ne suffisent pas, mais continue quand même à se répéter les bons mensonges pour tenir debout. Sur Nevergenetics, on sent l’étincelle — ce moment où le pop-punk se fait thérapeutique, où casser ce qu’on croit inscrit dans son ADN devient un acte de résistance.
La suite s’assombrit. The Alchemist s’enfonce dans les ombres de la dépendance, sans posture, avec une franchise désarmante. Puis Empathy Is Overrated fait claquer des accords 80s sur un ton mi-cynique, mi-sincère — parce qu’il faut bien rire de ce qu’on ne comprend plus.
Et soudain, Optimist Prime. Clôture parfaite. Un titre à la fois naïf et lumineux, comme une main tendue à ceux qui restent dans la tempête. On y entend l’écho d’un homme qui a appris à sourire autrement — pas plus fort, juste mieux.
Brewer a ce talent rare : écrire des chansons à pogo qui parlent d’introspection. Face For Radio est à la fois un exutoire et un retour à la maison. Loin des clichés du pop-punk à casquette, il y injecte une sincérité presque folk, un sens du détail mélodique qui rappelle les premiers Jimmy Eat World, mais aussi l’humilité d’un type qui a passé assez de nuits à douter pour savoir que la victoire, c’est simplement d’être encore là.
Ce disque, c’est le son d’un homme qui recommence à respirer. Et s’il porte le visage d’une radio sans filtre, c’est peut-être parce que, pour la première fois depuis longtemps, Joe Brewer s’écoute vraiment.
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octobre 31, 2025Twerk n’a rien d’une chanson. C’est une onde, une onde faite de peau, de néons et de pulsations. Un beat qui entre sans prévenir et s’installe dans le bassin, dans la nuque, dans la respiration. Georgie Oshiro, ce Japonais-Américain forgé dans la moiteur des clubs de Floride, y déverse dix ans de nuits blafardes, de transitions parfaites, de regards croisés dans la pénombre. Ce qu’il propose ici, c’est un état de transe, une célébration du corps débarrassé du mental, un uppercut lumineux pour les âmes fatiguées.
https://www.beatport.com/fr/track/twerk/22063359
La structure est simple, presque primitive : un kick lourd comme un battement de cœur, des nappes qui s’ouvrent comme une montée d’adrénaline, une voix élastique qui susurre “move” sans jamais le dire. On y sent la rigueur de la house européenne, l’impudeur du funk américain, la précision chirurgicale du sound design nippon. Chaque élément est une provocation. La basse glisse, sale et satinée, comme un drap humide. Les percussions claquent comme des doigts impatients sur une hanche. Et soudain, le drop — explosion hédoniste, pure catharsis sonore.
Mais Twerk n’est pas qu’un appel à la danse. C’est la revanche d’un DJ qui, après dix ans à pousser les BPM des autres, ose enfin sa propre vision. Dans les recoins du morceau, entre les reverbs et les kicks, on entend presque l’histoire d’un homme qui a troqué le silence des studios contre la chaleur des clubs. Oshiro ne produit pas pour séduire, il compose pour exorciser — l’ennui, le quotidien, l’immobilité. Sa house n’est pas une esthétique, c’est un langage.
Il y a dans ce titre quelque chose de profondément charnel et spirituel à la fois : une danse des ombres et des stroboscopes, un rituel où le mouvement devient prière. On pense à la Floride moite, à Tokyo la nuit, à Detroit à l’aube. À ces lieux où la musique est un exutoire collectif, une communion païenne. Et dans ce chaos parfaitement millimétré, Twerk trouve sa grâce : celle d’un morceau qui refuse de choisir entre la luxure et la lumière.
C’est une pulsation de vie, une sueur joyeuse, un cri sans mots.Et si le paradis avait un dancefloor, Georgie Oshiro en tiendrait peut-être le tempo.
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octobre 31, 2025Adai Song, aussi connue sous son alias ADÀI, fait partie de ces artistes capables de réinventer la tradition sans la trahir. Avec The Bloom Project, son album le plus ambitieux à ce jour, la productrice sino-américaine fait éclore une œuvre d’une rare élégance — un manifeste sonore où les fantômes du Shanghai des années 30 valsent avec les pulsations électroniques du XXIe siècle.
Le point de départ, c’est le shidaiqu, ce jazz chinois né de la fusion entre swing occidental et mélodies traditionnelles. Mais sous la main d’Adai Song, ce patrimoine devient une matière vivante, reprogrammée pour un monde en quête d’identité et de liberté. Là où jadis les voix féminines murmuraient l’attente et la mélancolie, elle insuffle affirmation, désir et rébellion. The Bloom Project est une relecture féministe, sensuelle et politique d’un répertoire souvent figé dans le vernis du passé.
Dès A Lost Singer, le ton est donné : piano et erhu dialoguent avec une pudeur poignante, pendant qu’un souffle synthétique réveille la solitude d’une héroïne qui refuse désormais d’attendre. Puis vient Night Shanghai, un bijou d’EDM soyeuse où guzheng et beats house se frôlent, entre nuit artificielle et espoir lucide. Make Way enfonce le clou — la rose de 1940 a laissé tomber son parfum sage pour revêtir des épines d’acier. C’est une chanson de conquête, de renaissance, d’identité retrouvée.
Ce qui fascine, c’est la manière dont Adai tisse les contraires : tradition et avant-garde, douceur et revendication, Orient et Occident, club et temple. Dans Carmen 2025, Bizet se réincarne sous des nappes de synthés et des percussions chinoises ; Wild Thorny Molihua transforme la fleur de jasmin en héroïne insoumise, et River Run clôt l’album comme une prière liquide, un adieu qui devient libération.
Musicalement, tout respire la maîtrise et la vision : production léchée, mix Dolby Atmos, collaborations transcontinentales (de Berklee à Pékin), et une recherche sonore qui évoque aussi bien FKA twigs que Ryuichi Sakamoto. Mais derrière la virtuosité technique, il y a surtout une âme — celle d’une femme qui, entre deux continents, redéfinit ce que signifie “appartenir”.
The Bloom Project est un geste culturel. Adai Song y redessine la cartographie du global pop, érigeant un pont vibrant entre mémoire et futur, racines et lumière. Une œuvre totale, délicate et révolutionnaire, où chaque note semble dire : la tradition ne me retient pas, elle m’élève.
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octobre 31, 2025Dans Still A Stranger Here, le nouvel album des Postindustrial Poets, on entend la fatigue d’un homme qui a trop voyagé, trop vu, trop porté. Pete, le capitaine de ce vaisseau luxembourgeois à équipage mouvant, y signe une œuvre qui tient à la fois du carnet de route et du journal de bord intérieur. Le disque n’a rien d’un manifeste, plutôt la confession d’un étranger perpétuel — celui qui, même après des années, reste en transit.
Dès le titre éponyme, le décor est posé : guitare râpeuse, basse moelleuse, voix éraillée, presque usée par le sel du vécu. Le morceau avance à pas feutrés, habité par un groove bluesy que l’on croirait échappé d’un vieux club londonien ou d’un bar paumé de Hambourg. Et pourtant, tout y sonne moderne. L’accident heureux d’un branchement mal fait — une basse passée dans un ampli guitare, saturée par erreur — devient ici la trouvaille d’un son unique, à la fois rugueux et spectral. Une texture qui donne au morceau cette patine “modern retro” si particulière : le grain du passé dans le corps du présent.
On retrouve dans Still A Stranger Here cette tension qui a toujours nourri les grands artisans de la mélancolie : Nick Cave, Tom Waits, Solomon Burke. Mais les Poets ne se contentent pas d’en hériter ; ils en réécrivent les codes à la manière d’un groupe européen qui regarde le blues à travers le prisme du déracinement. La nostalgie n’est plus ici un fardeau, mais une langue — celle de ceux qui ont aimé, perdu, quitté, recommencé.
Le disque navigue entre ombre et lumière : Weeping for the World s’enfonce dans une tristesse presque cinématographique, tandis que I Guess This Thing is Over a la douceur résignée d’un adieu qu’on ne sait pas formuler. Mais ailleurs, la vie reprend. Quelques titres plus légers rappellent que même l’errance peut danser, que l’exil n’exclut pas la joie.
Il y a dans la voix de Pete cette humanité brute qu’on n’entend plus beaucoup. Chaque syllabe pèse son poids de mémoire, chaque silence respire l’entre-deux — ni d’ici, ni de là-bas. Still A Stranger Here parle de frontières invisibles, celles qu’on porte en soi. Et c’est sans doute pour cela que cet album résonne autant : parce qu’il dit avec pudeur ce que beaucoup ressentent sans savoir le nommer.
Un disque d’exil moderne, lucide et plein de cœur, qui fait de l’errance une matière poétique. Les Postindustrial Poets rappellent que le sentiment d’être étranger n’est pas une malédiction, mais un miroir tendu vers notre humanité commune.
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octobre 31, 2025Sous le pseudonyme Baaj & Baaj, un homme orchestre de Cognac signe l’un des projets les plus lumineux et mélancoliques de cette fin d’année. Avec There’s No Reason, EP entièrement autoproduit, il redonne à la pop française un accent cosmopolite et une couleur nostalgique, quelque part entre la new wave anglaise des années 80 et la clarté mélodique d’une électro d’aujourd’hui.
Dès les premières notes, on retrouve ce parfum familier de synthés chauds, de guitares nerveuses, de basses qui palpitent comme un cœur en apesanteur. Mais derrière le vernis brillant se cache une profondeur inattendue. Baaj ne cherche pas à reproduire les Eighties — il en retient l’élan romantique, la tension émotionnelle, cette manière de danser les yeux humides. On pense à The Cure pour l’introspection, à Talk Talk pour les textures, à Depeche Mode pour la tension électrique. Et pourtant, rien ici ne sonne figé dans le passé : tout respire la modernité et la maîtrise d’un artisan solitaire.
Ce qui frappe, c’est la cohérence du disque. Chaque morceau est une petite renaissance. Echoes in the Mind ouvre un champ de souvenirs flous, comme un rêve qui se dissout au lever du jour — la voix, fragile, s’y promène entre pluie et lumière, entre mémoire et horizon. Puis There’s No Reason prend le relais, frontal, presque contestataire. Sous ses allures d’hymne pop, c’est un cri lucide contre l’obéissance aveugle, un refus des faux-semblants. L’écriture est précise, les refrains mordent avec douceur, et l’énergie circule sans rupture.
Baaj & Baaj compose comme on peint un ciel : couches après couches, nuances après nuances. On sent le plaisir du son, la jubilation du studio, mais aussi une pudeur, une retenue qui rend le tout profondément humain. Ce n’est pas un disque qui hurle sa beauté — c’est un disque qui s’invite, qui s’installe, et qui finit par vous suivre toute la journée.
Pensé comme un rituel anti-grisaille, There’s No Reason fait partie de ces albums discrets mais essentiels, qui rendent les matins un peu plus clairs et les soirs moins lourds. Une œuvre solaire et introspective, bâtie à la main, qui rappelle que la douceur peut être une forme de résistance.
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octobre 31, 2025Dans Libère les maux, Kenjah David transforme la chanson française en un souffle du monde. Ce n’est pas seulement un retour en musique, c’est un retour à soi, après des années passées à sillonner les continents — l’Asie, l’Afrique, l’océan Indien, New York — comme autant de miroirs tendus à son âme voyageuse. Son nouveau single, prélude à un album conçu comme un carnet d’itinérances, célèbre la réconciliation intérieure, la paix après la tempête, la beauté du pardon.
Le morceau s’ouvre sur une pulsation douce, presque tellurique : une guitare chaude, un tambour discret, quelques vents tropicaux qui effleurent la mélodie. On y sent l’écho des musiques du monde, mais transfigurées par la sensibilité d’un artisan des mots. Kenjah David ne cherche pas à séduire : il soigne. Sa voix, grave et lumineuse, semble porter à la fois le poids du voyage et la légèreté de la délivrance. Il chante comme on respire après une longue traversée du désert, chaque note libérant un peu plus de lumière.
Ce qui frappe, c’est l’universalité de son écriture. Derrière la douceur, une conviction : les blessures du monde ne se pansent pas dans le silence, mais dans la parole, la musique, l’écoute. Libère les maux devient alors une métaphore du lien humain, une invitation à déposer ce qui nous ronge. La chanson, portée par une production subtile signée Fred Martin (aux studios Ferber à Paris), équilibre émotion et groove, introspection et ouverture, sans jamais sombrer dans la grandiloquence.
Kenjah David incarne une génération d’artistes pour qui la chanson française n’est plus un genre, mais une langue de passage — celle qui permet d’unir la créolité des rythmes, la poésie du texte et l’énergie du monde. À travers ses voyages, il a façonné une musique qui ne connaît ni frontières ni dogmes, une pop métissée où la spiritualité se mêle à la chair, la douleur à la danse.
Libère les maux résonne comme une prière laïque, un mantra collectif : que la musique nous délivre de ce que les mots n’arrivent plus à dire. Une chanson-monde, sincère et apaisante, écrite depuis la frontière invisible où se rencontrent l’humain et l’universel.
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octobre 31, 2025Dans Instead of Making Love (Say Hello), Less rejoue les paradoxes de sa génération avec une lucidité qui tranche sous la surface d’une pop solaire. Derrière ses accords clairs, ses rythmes aux reflets early 2000’s et sa mélodie faussement légère, la jeune artiste napolitaine raconte ce moment où l’amour se retire, mais où la tendresse refuse encore de mourir. Ce n’est pas une rupture, c’est un salut — un dernier éclat de lumière dans le brouillard d’un lien qui se défait.
Il y a dans cette chanson un mélange d’ironie et de pudeur, un sourire qui cache les larmes. Less chante sans surjeu, avec cette voix qui ne cherche pas la perfection mais la justesse, cette diction intime, presque chuchotée, qui semble s’adresser à soi-même autant qu’à l’autre. On sent l’expérience d’une artiste qui a grandi dans le mouvement — de Naples à Fano, de la douleur à la découverte — et qui a transformé chaque détour de vie en matière poétique.
La production, soignée mais sans fioritures, flirte avec la pop introspective des années 2000 : guitares légères, percussions sobres, reverb discrète, tout semble calibré pour faire respirer la voix. On y entend des échos de Michelle Branch, d’une Norah Jones sous Valium, d’une Avril Lavigne apaisée par le temps. Mais Less, elle, ne copie personne : elle joue avec la nostalgie sans s’y perdre, faisant de chaque accord un acte d’émancipation.
L’ironie du titre — Instead of Making Love (Say Hello) — résume à elle seule l’état d’esprit de l’artiste : une lucidité désarmante face à l’érosion du désir, mais aussi la tendresse de celles et ceux qui choisissent la distance sans rancune. Le morceau parle moins d’un adieu que d’un renouveau : dire “hello” au vide, à soi-même, à la prochaine version de l’amour.
On perçoit, derrière la simplicité du texte, une écriture qui s’affine : chaque mot a le poids d’une expérience vécue. Less n’écrit pas pour plaire, mais pour comprendre — et c’est ce qui rend son univers si captivant. La jeune chanteuse confirme ici ce que ses précédents titres laissaient entrevoir : un art en pleine mutation, entre fragilité assumée et conscience grandissante.
Instead of Making Love (Say Hello) est un petit bijou d’équilibre : mélancolique mais lumineux, pop mais sincère, intime mais universel. Une chanson qui parle du désenchantement moderne avec douceur, et qui prouve que parfois, la vraie force consiste simplement à oser dire bonjour au manque.
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octobre 31, 2025Écouter The Journey de Rupert Träxler, c’est comme flotter dans un rêve qui refuse de finir. Un rêve lent, brumeux, tissé de voix humaines et artificielles, de murmures et de silences. Le musicien viennois, seul dans son home studio, s’est offert une odyssée immobile : un voyage vers l’intérieur, là où la mémoire et le désir s’enlacent comme deux ombres.
Ce n’est pas une chanson, c’est un passage — un instant suspendu entre le souffle et l’écho. Träxler, inspiré autant par la grandiloquence émotionnelle de Lady Gaga que par la chaleur d’un rock mélodique, détourne ici ses influences vers un ailleurs plus spectral. The Journey avance sans rythme imposé, porté par une narration à mi-chemin entre la poésie parlée et la méditation sonore. On y entend une voix qui n’est pas tout à fait humaine, doublée de celle du musicien, comme si son esprit dialoguait avec sa propre conscience numérique.
Ce mélange de chair et de code crée une étrangeté fascinante : la tendresse d’un souffle humain contrée par la froide perfection d’une IA. Et dans cet entre-deux, quelque chose se passe — un trouble, une beauté fragile. La musique flotte comme une nappe de brume, ponctuée de cordes discrètes, de réverbérations lumineuses, d’accords de guitare suspendus dans le vide. Rien ne cherche à séduire, tout cherche à exister.
Träxler nous parle du manque, mais sans plainte. Il évoque la nostalgie comme une force tranquille, un appel à ralentir dans un monde saturé de bruit. Le morceau invite à la rêverie, à la dérive volontaire — à cette écoute lente qu’on oublie trop souvent de s’accorder. C’est un morceau qui respire, qui laisse place à l’air, à la distance, à l’invisible.
Ce qui émeut, c’est la sincérité silencieuse du geste. Dans son studio, Träxler a créé un espace de liberté totale, où l’intime devient universel. The Journey est une carte postale envoyée depuis un état d’âme, une lettre adressée à soi-même. Ce n’est pas une destination, mais un élan — celui d’un artiste qui, plutôt que d’expliquer, préfère simplement sentir.
À l’heure où la musique se consomme à toute vitesse, Rupert Träxler propose une œuvre qui se contemple plus qu’elle ne s’écoute. Une traversée lente, méditative, comme une mer intérieure. Et quand le dernier souffle s’éteint, on se surprend à rester immobile, à vouloir encore flotter un peu dans son sillage.
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octobre 31, 2025Virtuose discret mais redoutablement précis, Rupert Träxler navigue entre les styles avec la liberté d’un explorateur sonore. Guitariste, compositeur, chanteur et multi-instrumentiste autrichien, il incarne cette nouvelle génération de musiciens qui ne veulent plus choisir entre la technique et l’instinct, entre la scène et le studio. Après des années à arpenter les clubs et les tournées avec différents groupes, Rupert signe enfin sous son propre nom, porté par un fil conducteur clair : la guitare comme point d’ancrage, le rock comme énergie vitale, et la curiosité comme boussole.
Dans cet entretien, il revient sur ses débuts classiques, son amour pour la fusion des genres — du drum’n’bass heavy rock aux textures jazz —, et son approche sans compromis de la création. Entre humilité et passion, il livre une philosophie de vie aussi simple que percutante : « À la fin, personne ne te remerciera d’avoir fait plaisir aux autres. Fais-toi plaisir d’abord. »
Qui es-tu ?Je m’appelle Rupert Träxler — guitariste, musicien, professeur de guitare et, si l’on veut, multi-instrumentiste. Je chante, je joue du piano, parfois même du violon 😉 — et je fais toute la programmation moi-même. Le tout forme un bel équilibre.
Quel est ton parcours ?J’ai grandi entouré d’instruments — piano, guitare, puis violon. Tout a commencé par la musique classique, mais j’ai toujours voulu jouer de la guitare électrique. Les autres instruments ne m’ont pas freiné, au contraire 😊. Plus tard, j’ai étudié la guitare jazz et exploré de nombreux styles, en jouant et en tournant avec différents groupes.
Comment décrirais-tu ta musique en quelques mots ?Pas facile ! Je voulais sortir quelque chose sous mon propre nom pour la première fois — et m’assurer que tout ne sonne pas pareil. Mais il y a quand même un fil rouge évident : le rock. Qu’il s’agisse du morceau lourd “Darkness”, de la ballade pop-rock “The Journey” ou de ma prochaine sortie “Atmospheres”, il y a toujours des guitares puissantes. J’adore expérimenter avec les grooves — en décembre, je vais même combiner Drum’n’Bass et Heavy Rock. Je suis fasciné par ce type de fusion sonore et par le mélange de voix masculines et féminines.
Quelles sont tes inspirations ?Elles changent sans cesse. Parfois ce sont des rythmes fous ou des sons issus de groupes puissants, parfois des morceaux plus funky ou jazzy qui me poussent à évoluer créativement.
Quelle est ta playlist du moment ?En ce moment, j’écoute Sleep Token, Spiritbox, et quelques titres jazz avec guitare ou trompette — je travaille justement sur ce type de son. Et bien sûr, j’écoute beaucoup ce sur quoi je prépare mes prochaines sorties…
Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?Tout ce qui me fait envie ! Mais je suis particulièrement doué pour le grill et le fumage.
Quels sont tes projets à venir ?Je prépare de nouveaux morceaux pour 2026, et en novembre, il y aura enfin une réédition numérique de l’album “Vortex” de mon groupe de fusion QUADRANT4, pour célébrer ses 20 ans.
Peux-tu nous raconter une anecdote sur toi ?Voici une phrase qui me reste toujours en tête : Tu n’es jamais trop vieux pour faire ce qui te rend heureux. À la fin de ta vie, personne ne te remerciera d’avoir fait plaisir aux autres — alors commence par te faire plaisir à toi-même.
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?Allan Holdsworth — un véritable génie pour tout guitariste, mais qui n’a jamais vraiment atteint la renommée mondiale qu’il méritait. C’est triste, et révélateur du fonctionnement de l’industrie musicale.C’est l’un de mes héros absolus. J’ai entendu dire qu’il brassait sa propre bière — j’aurais adoré en partager quelques-unes avec lui s’il était encore parmi nous.
Un dernier mot ou conseil ?Ne te plie jamais trop. Un petit compromis, pourquoi pas — mais reste toujours fidèle à toi-même.
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octobre 31, 2025Certains morceaux ressemblent à des prières prononcées sans mots, juste en sons retenus au bord des larmes. GC Mirage (The Loss of Memories) de Giulio Risi est de ceux-là — une pièce pour piano d’une beauté suspendue, hantée par la mémoire qui s’efface et l’amour qui demeure. Quinze ans de silence, puis ce retour : un compositeur qui, après avoir traversé les ombres, ose enfin rejouer la lumière.
Le morceau, troisième esquisse de son ambitieux projet Seven Sketches of Loss, s’ouvre comme une confidence murmurée à un frère disparu. Chaque note semble posée avec la précaution d’un souvenir qu’on ne veut pas briser. Les premières mesures sont claires, presque fragiles, comme si le piano hésitait à réveiller un fantôme. Puis, lentement, la mélodie se déploie, s’alourdit, s’élève — un dialogue entre l’humain et le sacré.
Giulio Risi a ce don rare de rendre le silence expressif. On sent le gospel se glisser entre les interstices du classique : des harmonies qui montent vers la lumière, des basses qui retiennent la douleur, des résonances qui évoquent une église vide après la prière. Il ne cherche pas à consoler — il raconte. Et dans ce récit, la perte devient une matière, un paysage sonore qu’il explore comme on explore une ruine où chaque pierre parle encore d’amour.
La virtuosité du pianiste est ici entièrement au service de l’émotion. Pas d’esbroufe, pas de pathos. Juste cette main qui tremble légèrement sur une touche, ce souffle à peine perceptible qui précède la reprise du thème. GC Mirage avance comme un souvenir qu’on réinvente pour ne pas le laisser mourir. On y entend à la fois la résignation et la révolte : l’impossibilité d’accepter l’oubli, et pourtant le besoin d’y plonger pour continuer à vivre.
Ce qui bouleverse, c’est cette idée de double perte : celle de l’être aimé, et celle de la mémoire commune qui s’effiloche. Risi transforme cette angoisse en architecture sonore — une cathédrale fragile construite sur le vide. Et quand le morceau s’éteint, il ne reste pas un silence, mais une trace : la sensation que quelque chose, quelque part, a trouvé la paix.
Avec GC Mirage (The Loss of Memories), Giulio Risi signe une œuvre d’une pureté rare, où le piano devient l’instrument d’un dialogue impossible entre la vie et la mort. C’est moins un morceau qu’un passage : celui d’un homme qui apprend à dire adieu sans effacer.
Credit photo : Lorna le Bredoncel
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octobre 31, 2025Ce qu’on aime dans le titre Oceans, c’est cette lenteur inquiète, cette respiration salée des chansons écrites après coup, quand la douleur ne brûle plus mais laisse des traces — profondes, indélébiles. Anthony Campbell, artiste solitaire venu des plaines de Zuidland, ne chante pas pour séduire. Il chante pour se purifier. Son nouveau single est un exorcisme doux, une confession sans fard, un geste de lucidité dans un monde saturé de faux-semblants.
Tout commence comme une marée montante : une guitare limpide, presque fragile, une voix qui semble hésiter entre le murmure et l’aveu. Campbell chante depuis le bord de l’eau — pas celle des cartes postales, mais celle qu’on affronte après un naufrage. Il parle de trahison, de mensonge, de ces blessures infligées par ceux qu’on pensait connaître. Mais jamais il ne tombe dans la rancune : il transforme la douleur en matière sonore, la rancœur en mouvement. Wave ‘em off like oceans, chante-t-il — comme on repousse la marée pour mieux respirer.
Ce qui frappe, c’est la sincérité brute de la composition. On sent que chaque mot vient d’une expérience vécue, d’une cicatrice encore tiède. Campbell ne cherche pas la métaphore brillante, il cherche la vérité. Sa voix, légèrement voilée, parfois tremblante, transporte une humanité désarmante — celle des artistes qui écrivent non pas pour briller, mais pour tenir debout. Le morceau respire la simplicité artisanale : un folk-pop dépouillé, sans effet inutile, où chaque silence compte autant que chaque note.
Mais Oceans n’est pas qu’un journal de bord. C’est une philosophie, un art du détachement. Dans un monde où tout pousse à la surenchère émotionnelle, Campbell choisit l’apaisement. Il ne crie pas sa douleur : il l’apprivoise. L’océan devient ici une métaphore du pardon et de la distance — vaste, mouvant, indomptable. En s’éloignant des côtes toxiques, il retrouve son propre rivage intérieur.
Il y a dans ce morceau quelque chose de profondément universel : cette nécessité d’apprendre à se retirer, à ne pas tout porter, à comprendre que fuir peut aussi être un acte d’amour de soi. Oceans ne prêche pas la vengeance, mais la guérison lente, celle qu’on obtient en laissant le sel effacer les marques du passé.
Anthony Campbell signe ici une chanson humble et bouleversante, où la vulnérabilité devient une force. Une ode à la reconstruction intime, écrite par un homme qui a regardé la tempête droit dans les yeux — et qui, plutôt que de couler, a choisi de flotter.
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octobre 31, 2025C’est une chanson qui commence comme un compte à rebours. Someday, ouverture du premier album d’Elderly White Man, résonne comme une fissure dans le béton, une lueur tremblante au milieu des ruines. Pas d’espoir naïf, pas de slogan creux — juste cette phrase qui flotte entre résignation et défi, comme un murmure obstiné : un jour. Le morceau semble respirer le dernier air libre d’une démocratie à l’agonie, tout en cherchant dans sa propre ruine un reste de beauté, une vérité qui ne s’efface pas.
Le duo anglo-américain, exilé volontaire au Portugal, signe ici un manifeste sonore d’une précision chirurgicale. Someday s’avance sur des pas lourds, presque militaires : une batterie sèche, des basses grondantes, un riff de guitare qui refuse le confort de la mélodie. Tout semble verrouillé, contrôlé, asphyxié. Et puis, peu à peu, la voix s’élève, fatiguée mais lucide, comme un témoin revenu des ruines. Elle parle moins d’avenir que de survie. Elle chante avec cette retenue qui dit tout, ce ton de ceux qui ont vu le monde basculer sans jamais tout à fait perdre foi en l’humain.
Ce qui fascine dans Someday, c’est sa tension constante entre la rage et la clarté. La production — dense, métallique, presque industrielle — rappelle Nine Inch Nails ou les heures sombres de Depeche Mode, mais l’écriture garde une pudeur typiquement britannique, une élégance du désastre. Elderly White Man ne hurle pas : il observe, il décrit, il sculpte le malaise dans la pierre froide du son. C’est une chanson qui refuse la catharsis, préférant la précision du scalpel à l’explosion du cri.
Mais dans cette rigueur, une émotion affleure. Someday ne se contente pas de dénoncer, il espère — à sa manière. Pas en rêvant de lendemains qui chantent, mais en rappelant que même dans l’effondrement, il reste des gestes de lumière. Un regard, une mémoire, une note tenue plus longtemps qu’elle ne devrait. C’est là, dans ces interstices, que réside sa beauté : une résistance discrète, presque spirituelle.
Le morceau s’achève comme il a commencé, sur une tension suspendue. Rien n’est résolu, rien n’est sauvé. Mais quelque chose persiste — une pulsation, une humanité têtue. Dans ce monde où les empires tombent en silence, Someday agit comme un rappel : le jour viendra peut-être, oui, mais seulement si quelqu’un continue de chanter dans le noir.
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octobre 31, 2025Gotta Do a cette obstination du battement de cœur qui refuse de s’arrêter, même quand tout s’effondre autour. Allan Jamisen, compositeur et peintre de l’intime, fait de son nouveau single une sorte de mantra électronique, un souffle vital déguisé en hymne dancefloor. Derrière les pulsations étincelantes, la sueur et les basses qui ondulent, c’est une histoire de survie — la sienne — qui se déploie, avec une pudeur lumineuse.
L’idée de départ semble presque banale : I gotta do what I gotta do. Une phrase qu’on lance machinalement, un réflexe d’autodéfense. Mais Jamisen la détourne, la répète, la polit jusqu’à ce qu’elle devienne un rituel. Sur fond de synthés étirés et de percussions martelées, les mots cessent d’être des mots : ils deviennent rythme, souffle, matière sonore. La musique prend le relais du langage, comme si le sens ne pouvait plus se dire autrement qu’en vibrations.
Ce qui frappe, c’est la tension entre la simplicité et la transcendance. Le morceau s’ouvre sur une ligne mélodique presque fragile — un ciel électronique qui hésite entre mélancolie et euphorie — avant de basculer dans une montée hypnotique, tendue, presque viscérale. Jamisen semble convoquer l’esprit de Warm Leatherette ou de Grace Jones, cette même fascination pour le minimalisme qui, à force de répétition, devient catharsis. L’économie devient excès, la retenue devient abandon.
Mais ce qui donne à Gotta Do sa dimension humaine, c’est son contexte. Derrière les machines, il y a un homme qui compose dans la lumière froide d’un hôpital, un fils qui enregistre sa mère mourante pour qu’elle reste un peu plus longtemps dans le son. On entend sa présence, ténue, dans les chœurs lointains — une ombre vocale, un murmure d’amour qui transcende la douleur. C’est bouleversant de subtilité.
Et pourtant, rien de morbide ici. Gotta Do est une célébration — celle de la résilience, du mouvement, de la communion. Quand le refrain se transforme en We gotta do what we gotta do, le morceau cesse d’être intime pour devenir collectif. Une pulsation humaine, universelle, qui dit : nous continuons. Malgré tout.
Jamisen parvient à ce rare équilibre entre froideur synthétique et chaleur organique. Sa production, épurée et vibrante, évoque ces morceaux capables d’exorciser la peine par la transe. C’est du dancefloor existentiel, de la philosophie en 4/4 — une méditation en mouvement.
Gotta Do n’est pas une chanson qu’on écoute. C’est une phrase qu’on répète à soi-même quand on n’a plus les mots. Un battement qui remplace la prière. Un morceau qui dit, simplement et magnifiquement : tant qu’on danse, on est encore vivant.
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octobre 31, 2025Sous son pseudonyme galactique MARS_999, se cache un homme qui vit littéralement entre deux battements : ceux du cœur humain et ceux de la musique. Dans la vraie vie, il est cardiologue interventionnel — un métier de précision, de gestes millimétrés et de souffle contenu. Mais dès qu’il quitte la blouse blanche, il s’immerge dans un autre monde : celui des textures sonores, des émotions intérieures et des paysages électroniques. Son premier album, EUPHONIA, qu’il finance en partie par une campagne participative, capture ce grand écart entre science et sensibilité, entre contrôle et vertige.
Dans cette interview, l’artiste slovaque se dévoile avec douceur et lucidité : son enfance sans musique, ses inspirations venues de Jón Kalman Stefánsson ou de la danse contemporaine, son amour pour les sons imparfaits et les accidents poétiques. Il y raconte aussi comment, une nuit, il a perdu tout le contenu de son frigo pour sauver un mix — une histoire à la fois drôle et symbolique d’un perfectionniste habité. Entre humanité, humilité et recherche du sublime, MARS_999 nous invite à écouter autrement : le cœur comme un instrument.
Qui es-tu ?MARS_999 est mon alter ego. Dans la vie réelle, je suis médecin — cardiologue interventionnel — mais à part ma famille, la musique est sans doute la principale force motrice de ma vie.
Quel est ton parcours ?Avant de me lancer en solo, je faisais partie d’un groupe slovaque appelé Čisté Tvary. Le groupe n’a pas complètement disparu, il est plutôt en hibernation.Je ne viens pas d’une famille de musiciens : mes deux parents sont médecins et ont essayé de m’orienter dans cette voie — ce qui a partiellement marché, puisque j’ai étudié la médecine et que je travaille maintenant en cardiologie.Mais depuis mes 12 ou 13 ans, quand j’ai vraiment entendu la musique pour la première fois, elle est devenue le fil conducteur de toute mon existence.
Comment décrirais-tu ta musique en quelques mots ?C’est difficile à dire — parler de quelque chose d’aussi essentiel à ma vie quotidienne n’est pas simple.Je suis complètement immergé dans la création, et il m’est difficile de garder une distance.Mais je dirais que ma musique et mes textes cherchent à peindre de petits mondes intimes — des humeurs et des sensations puisées au fond de moi.C’est très personnel, mais j’essaie toujours d’y intégrer une certaine sensibilité pop… ce qui, vu ma manière de travailler, n’est jamais vraiment possible. Ce contraste — entre intimité et forme — est ce qui m’intéresse le plus.
Quelles sont tes inspirations ?Le monde regorge de beauté et d’inspiration !Dernièrement, je lis beaucoup l’auteur islandais Jón Kalman Stefánsson — une écriture d’une intensité émotionnelle incroyable, pleine de lyrisme brut et de langue magnifique.Mais je m’inspire aussi des arts visuels, du cinéma, de la danse — de tout ce qui stimule mes sens et me donne des frissons.
Quelle est ta playlist du moment ?En ce moment, j’écoute en boucle Cate Le Bon, Model/Actriz, John Glacier, Yeule, Oklou et Midwife — il y a tellement de musique extraordinaire en ce moment.
Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?Mes enfants disent que mes nouilles soba au sésame sont la meilleure chose de l’univers — et franchement, je les crois. Les enfants ne mentent pas sur la nourriture.
Quels sont tes projets à venir ?Pour l’instant, et sans doute pour longtemps, MARS_999 restera mon unique projet — celui dans lequel je peux me plonger entièrement. Je sors mon premier album EUPHONIA, pour lequel j’ai lancé une petite campagne de financement participatif.En parallèle, je travaille déjà sur de nouveaux morceaux en studio — peut-être de nouvelles chansons dès le début de l’année prochaine.
Screenshot
Une anecdote sur toi ?Voici une histoire tirée de la vie d’un musicien qui enregistre dans son salon :J’ai passé une nuit entière à essayer de corriger un étrange bourdonnement dans mon mix… avant de réaliser que ça venait de mon réfrigérateur. Je l’ai débranché, j’ai fini le mix — et j’ai perdu toute la nourriture. Totalement worth it.
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?Brian Eno.
Un dernier mot ou conseil ?C’est un cliché, je sais — mais ces derniers temps, je le ressens profondément : vis l’instant présent, ici et maintenant, car on ne sait jamais ce que demain apportera. Le voyage est lui-même la destination. C’est à peu près de ce sentiment qu’est né MARS_999.
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octobre 31, 2025Il y a chez RIMENY quelque chose de l’homme qui s’est longtemps tu avant d’oser chanter. Dans World as Myth, son tout premier EP, Zak Engel — producteur, compositeur, sculpteur de textures depuis plus de dix ans — passe enfin de l’ombre à la pleine lumière. Et cette lumière-là n’est pas aveuglante : elle est douce, tamisée, presque domestique, comme celle d’un matin où l’on comprend enfin que grandir, c’est ne pas chercher à briller plus fort que sa vérité.
On sent, dès les premières secondes de Treat Me Like a Stranger, une volonté de réapprendre la musique à hauteur d’homme. Les arrangements — soyeux mais nerveux — mêlent guitares vaporeuses, nappes électroniques et saxophones en apnée. On pense à The 1975 pour l’élégance, à Dijon pour l’humanité, mais RIMENY se tient quelque part entre les deux : un artisan de la sincérité, un architecte de l’émotion contenue. Chaque morceau respire l’intimité d’un journal ouvert à demi.
Ce qui frappe dans World as Myth, c’est la lucidité. Engel y parle de temps, de communication, d’impermanence — non pas en poète désincarné, mais en homme qui a pris le temps d’écouter le bruit du monde avant d’y poser sa voix. I Can’t Talk to My Friends condense parfaitement cette tension : un morceau dansant, presque euphorique, où l’énergie des synthés semble cacher un vertige social. RIMENY transforme la difficulté à parler en moteur de rythme, comme si l’impossibilité du langage pouvait devenir groove.
Puis vient Sweet Tea, la respiration tendre du disque — une chanson de couple, de gestes répétés, de complicité silencieuse. C’est le moment où l’électronique s’efface au profit d’une émotion nue, presque domestiquée. La voix y flotte, fragile mais lumineuse, comme si l’amour pouvait se dire dans une simple inflexion de timbre.
Tout au long du projet, RIMENY brouille les frontières entre pop, introspection et artisanat sonore. Rien n’est laissé au hasard : chaque texture semble pensée comme une peau, chaque silence, comme un battement suspendu. On sent l’influence des studios, des années de mix, mais aussi un besoin viscéral de réhumaniser le son — de lui redonner sa sueur, sa chaleur, son souffle.
World as Myth est un disque de passage, mais pas une mue. C’est un retour. Celui d’un musicien qui, après avoir tout déconstruit, redécouvre la beauté d’une chanson bien écrite, sincère, imparfaite et profondément humaine. À l’heure où la pop se noie souvent dans le concept, RIMENY choisit la clarté : il écrit, enfin, pour dire qui il est.
Et c’est peut-être ça, le vrai mythe du monde — celui d’un homme qui apprend à ne plus fuir ce qu’il ressent.
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octobre 31, 2025Écouter First Descent (Glimpse), c’est comme se retrouver dans une pièce où l’air devient visible. Tout vibre, tout respire lentement, comme si le son avait décidé d’exister à la place du temps. Cole Blouin, ce new-yorkais à la fois compositeur, cartographe et alchimiste sonore, signe ici une œuvre d’une intensité presque métaphysique. On y entre comme on plongerait sous la glace : les sens s’émoussent, la chaleur du monde s’éteint, mais quelque chose de plus pur, de plus ancien, commence à remuer dans le silence.
Il y a, dans cette pièce, une forme de courage. Celui de s’éloigner de la musique pour mieux la redéfinir. First Descent (Glimpse) n’a pas de centre, pas de pulsation stable, pas de repère. C’est un champ de forces, une matière mouvante qui semble s’auto-organiser sous nos oreilles. La texture du son y est presque tactile : ça grince, ça ondule, ça respire comme un organisme blessé. Blouin travaille la densité et l’absence avec une minutie de sculpteur. Il ne compose pas des mélodies, il taille dans le vide.
Ce qui se dégage, c’est un sentiment de flottement conscient, de lucidité en apnée. Le morceau évoque moins la chute qu’une suspension dans le vertige. On pense à Tim Hecker pour la tension entre beauté et effondrement, à Ben Frost pour cette brutalité élégante, mais Blouin ne cite personne : il absorbe, digère, réinvente. Son approche du son a quelque chose de quasi topographique. On y distingue des reliefs, des couches, des zones de frictions comme sur une carte géologique du rêve.
C’est une musique du seuil : entre l’humain et la machine, le sacré et le clinique, la grâce et la dissonance. On sent que tout a été pensé, mais aussi que tout menace de se défaire à chaque instant. La production de Joseph Branciforte, précise et aérée, ne lisse rien — elle laisse au contraire chaque fréquence exister dans sa rugosité. Le résultat est d’une beauté intransigeante, presque hostile, mais traversée de moments de lumière d’une délicatesse vertigineuse.
Il faut dire que Blouin ne cherche pas à plaire, il cherche à éprouver. First Descent (Glimpse) n’est pas une écoute, c’est une traversée : une expérience sensorielle qui convoque le corps avant l’esprit. On ressort de là un peu hébété, comme après un rêve trop net. Dans cette descente, il n’y a ni drame ni promesse de rédemption — seulement la vérité nue d’un son qui ose regarder le vide et lui parler.
Et quand le silence revient, il ne ressemble plus tout à fait à un silence.
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octobre 31, 2025Elle chante comme on respire après une noyade. Moniah n’interprète pas ses émotions, elle les traverse. Dans What If I Cry About It, la Londonienne s’ouvre avec une intensité à la fois maîtrisée et désarmante, comme si elle dansait sur le fil tendu entre la fêlure et la légèreté. C’est une pop qui brille sans chercher à éblouir, une confession rythmée par le battement d’un cœur qui hésite entre la peur d’aimer et la nécessité de se laisser tomber.
On retrouve dans cette chanson une forme d’élégance rare : celle qui ne se fabrique pas. La voix de Moniah flotte, douce mais habitée, comme si elle se souvenait d’une peine tout en refusant d’y renoncer. Derrière son grain chaleureux se cache une tension intime, une conversation entre la raison et le chaos. Sa manière de chanter évoque cette honnêteté sans filtre qu’on croyait perdue depuis l’ère de la grande pop introspective — quelque part entre les envolées de Raye et les balancements émotionnels d’une early Beyoncé en clair-obscur.
La production, elle, se love dans un entre-deux très moderne : beats légers, nappes oniriques, basses feutrées. Tout semble conçu pour suspendre le temps. Ce n’est ni un slow, ni un banger — c’est un battement de cœur mis en musique. On pourrait presque y sentir les lumières d’un club londonien se mêler aux reflets de la pluie sur les vitres d’un appartement où l’on attend un message qui ne viendra pas.
Ce que Moniah réussit ici, c’est un tour d’équilibriste : rendre la vulnérabilité dansante. Sa voix se fissure parfois, mais ces fissures deviennent des points de lumière. Elle n’essaie pas de réparer, elle sublime. Dans What If I Cry About It, le chagrin n’est plus une défaite : c’est une manière de vivre plus fort, de respirer plus large.
Chaque mesure semble écrite à hauteur d’âme. Il y a cette conscience du détail, cette pudeur élégante dans la manière de ne jamais trop en dire tout en livrant tout. C’est une pop sensible, mais pas larmoyante ; accessible, mais jamais plate. Moniah y dévoile son univers : celui d’une artiste qui a compris que la sincérité, quand elle est assumée, devient une arme redoutable.
Et quand le refrain retombe, léger comme un adieu qu’on finit par accepter, on se dit que What If I Cry About It n’est pas qu’une chanson : c’est un état d’âme, une manière de dire au monde qu’on peut pleurer — et danser en même temps.
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octobre 29, 2025Il y a chez JayWood quelque chose d’instinctif, de solaire et de profondément insaisissable. Après avoir quitté Winnipeg pour Montréal, Jeremy Haywood-Smith — l’homme derrière ce projet polymorphe — signe avec Leo Negro son œuvre la plus complète, la plus vibrante aussi. Sorti sur le label culte Captured Tracks (Modulor), ce troisième album trace une trajectoire intime et déroutante, un journal d’identité et de réinvention où s’entrechoquent soul, funk, hip-hop, indie rock et éclats électroniques. JayWood y joue les funambules entre introspection et groove incandescent, entre chaos maîtrisé et sincérité brute.
Dans notre interview, l’artiste canadien se dévoile sans fard : ses rêves, ses racines guyanaises, ses inspirations aussi vastes que le cosmos, son goût pour le riz à la noix de coco et ses réflexions sur l’équilibre fragile entre création et perfection. Avec Leo Negro, il ne cherche pas à plaire — il cherche à comprendre. Et c’est précisément ce qui rend sa musique si vivante, si libre, si nécessaire.
Qui es-tu ? Salut ! Je m’appelle Jeremy, mais beaucoup de gens me connaissent sous le nom de Jay ou JayWood. Je viens de Winnipeg, au Manitoba, au Canada, mais je vis actuellement à Montréal. Je fais de la musique et je crée des choses.
Quel est ton parcours ?Mes deux parents viennent du Guyana, dans les Caraïbes.
Que peux-tu nous dire sur ta musique en quelques mots ?Il y a beaucoup d’idées différentes qui s’y croisent — c’est à la fois fun et parfois complexe. Ce n’est peut-être pas au goût de tout le monde, mais je pense qu’il y a toujours un petit quelque chose pour chacun·e.
Quelles sont tes inspirations ?Littéralement tout. Les films, les couleurs, la danse, la musique, la nature. J’essaie de puiser dans tout ce que je peux percevoir, et même dans ce que je ne comprends pas — tout ce qui touche au mystique ou au cosmique. J’adore la création, alors peu importe comment l’inspiration me trouve, je lui suis reconnaissant.
Petite parenthèse : beaucoup d’idées me viennent en rêve, ce qui en dit déjà long.
Quelle est ta playlist du moment ?En ce moment, j’écoute surtout de la soul des années 70 et 80, avec quelques morceaux de R&B des années 2000 pour équilibrer le tout !
Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?Je fais un excellent riz à la noix de coco — je l’ai préparé plusieurs fois pour des ami·e·s et j’ai reçu des critiques dithyrambiques. On m’a aussi dit que je faisais le meilleur chili !
Quels sont tes projets à venir ?Je viens tout juste de sortir mon troisième album, LEO NEGRO, le 5 septembre, donc il est encore tout frais et commence à circuler. Je ne devrais probablement pas parler d’autre chose pour l’instant.
Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?J’ai un boulot de facteur à côté. Apparemment, beaucoup de gens trouvent ça fascinant — c’est un peu le genre de métier auquel tout le monde a déjà pensé un jour. À part ça, je suis plutôt sportif de nature : je joue régulièrement au volley, je fais de l’escalade, du tennis, du baseball, et je me déplace partout à vélo.
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?Tout dépendrait du type d’expérience qu’on pourrait avoir, haha — c’est une question difficile ! Je dirais peut-être Donald Glover ? Il touche à tellement de domaines différents, ce serait génial de voir comment il arrive à tout équilibrer, et d’avoir un aperçu d’un artiste que j’admire vraiment. C’est toujours un peu angoissant de rencontrer quelqu’un qu’on respecte — imagine s’il est décevant et brise ton image de lui ? Mais je prendrais le risque, juste pour vivre l’expérience. Ce serait vraiment trop cool.
Un dernier mot ou conseil ?Encourage tes ami·e·s, sois bienveillant·e envers toi-même et n’hésite pas à demander de l’aide si tu en as besoin. Tout ça fait de toi une personne encore plus stylée.
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octobre 29, 2025J’ai écouté Stream par Stream tard, un soir où tout semblait au ralenti — les lumières de la ville, les pensées, les respirations. Et dans cette lenteur, Elias B4C m’est apparu comme un de ces artistes qui ne courent pas après la hype, mais après la justesse. Son morceau ressemble à une confession lucide au milieu du vacarme, un autoportrait peint à la main, sans fioritures, sans vernis, mais avec cette précision rare du type qui a tout appris seul.
On sent d’emblée la maîtrise d’un artisan. Le son est ciselé, net, presque clinique dans son équilibre. Une boucle minimaliste, un beat rond et chaud, un flow à mi-chemin entre la lassitude et la clarté. Elias ne joue pas les héros : il raconte, il aligne les fragments d’une route faite d’essais, de solitude, de discipline. Ce n’est pas un rap de posture, mais un rap de processus — celui d’un autodidacte qui a transformé le doute en méthode.
Ce qui frappe dans ce titre, c’est le rapport au temps. Dans un monde d’instantané, Elias impose le rythme de la construction. Le morceau respire comme un marathon, pas un sprint. On y entend la patience de celui qui s’est formé en regardant des tutos, en mixant ses propres sons, en se trompant pour mieux recommencer. Stream par Stream n’est pas une métaphore — c’est un manifeste. La victoire lente sur le vide numérique.
Son flow, précis et sans excès, évoque ces voix qui ne crient pas mais qui pèsent. Chaque mot tombe comme un pas sûr sur un sol encore fragile. Il y a quelque chose d’éminemment humain dans cette retenue : un refus de la surenchère, une manière élégante de dire qu’on avance malgré tout, qu’on bâtit pierre par pierre.
Originaire de Guyane, installé à Toulouse, Elias porte dans son timbre cette double tension : la moiteur du Sud et la rigueur de l’ombre. Sa musique sonne comme un pont entre la chaleur d’un souvenir et le froid d’un monde digital où tout s’évalue en chiffres. Et pourtant, au cœur de cette économie de l’attention, Stream par Stream devient un geste de résistance : celui de l’artiste qui choisit la constance plutôt que l’éclat.
Ce morceau, c’est un regard en miroir sur toute une génération d’indépendants. Ceux qui font tout seuls, qui galèrent, qui comptent leurs écoutes comme d’autres compteraient les battements d’un cœur. Elias B4C ne fait pas du rap pour séduire, il en fait pour survivre à la vitesse du monde. Et dans son calme, dans sa précision, dans cette lumière douce qu’il allume mot après mot, il rappelle que la grandeur n’a pas besoin de bruit — juste de constance.
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octobre 27, 2025Retour sur l’interview de Naeko par Alex, une rencontre avec l’artiste originaire de Strasbourg qui a retourné la scène du Cabaret Vert cet été ☀️
Profondément humain, bien entouré et un talent qui explose en finesse, Naeko nous a partagé sa vision du travail en équipe, ses découvertes du festivals, mais aussi ses indispensables pour se préparer à un tel événement 🔥
@naeko_off
@cabaretvert
👋🏽@iamalexcliatt
#festival #cabaretvert #musique #interview #itw #musiquedumoment
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octobre 27, 2025J’ai dansé sur Contre-Corps comme on titube dans une fête trop longue — quand le corps continue malgré l’esprit déjà ailleurs. Gros Cœur signe ici un morceau d’apesanteur électrique, une spirale sonore où la transe psyché s’acoquine avec une pop francophone charnelle et dérangée. C’est moite, dense, irrésistiblement humain. Le groupe a cette manière de faire sonner le chaos comme une fête et la solitude comme une transe partagée.
Tout commence dans une moiteur rêveuse : des guitares liquides, des synthés qui s’étirent comme des mirages, une voix qui semble flotter entre la chair et le vide. Et puis la vague s’élève. La rythmique s’épaissit, les sons s’enlacent, s’entrechoquent. On ne sait plus s’il faut danser, fuir ou se laisser happer. Contre-Corps s’écoute comme un mirage sous stroboscope, une expérience sensorielle où chaque note transperce la peau.
Ce qui fascine chez Gros Cœur, c’est ce don pour la collision : entre le festif et le viscéral, la légèreté pop et la densité psychédélique. On sent l’écho d’un rock français libéré de ses chaînes, quelque part entre La Femme, Moodoïd et les ombres plus hallucinées de Feu! Chatterton. Mais ici, le psyché ne sert pas à décorer — il sert à dévier, à perturber, à explorer la zone trouble où le plaisir se mêle au vertige.
“Contre-Corps” porte bien son nom : c’est une lutte entre la tête et la pulsation, entre la volonté de suivre le rythme et celle de s’en détacher. Un morceau de désynchronisation, au sens noble. On y perçoit cette sensation universelle d’être présent sans l’être vraiment, d’habiter un instant sans s’y reconnaître. C’est cette étrangeté-là que Gros Cœur capture avec une justesse bouleversante.
Le mix d’Adrien Chappelle accentue cette tension entre euphorie et flou. Chaque son semble glisser sous le précédent, créant une texture presque organique, comme une jungle sonore où tout pousse, s’enlace et s’étrangle à la fois. À la fin, la saturation devient libération : le morceau s’effondre sur lui-même en apothéose, entre extase et épuisement.
Gros Cœur signe là une pièce rare, à la fois physique et métaphysique. Contre-Corps n’est pas une chanson, c’est un état : celui d’un monde qui tangue, d’une âme qui vacille, d’un cœur trop grand qui bat à contretemps. Et dans ce déséquilibre somptueux, on retrouve quelque chose d’essentiel : la beauté du vacillement.
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octobre 27, 2025Il y a chez OLAN une façon rare de parler sans mots, de faire vibrer le silence jusqu’à ce qu’il devienne vérité. Passing ne se contente pas d’être un morceau : c’est un souffle, une respiration tenue entre deux mondes — celui des vivants, et celui des souvenirs qui refusent de mourir. Écouter OLAN, c’est entrer dans une chambre où l’air semble plus dense, où la tristesse danse au ralenti, presque belle dans son inachèvement.
La productrice américaine, quelque part entre Björk et Jlin, entre les nappes diaphanes d’une Mira Calix et la transe retenue d’une FKA Twigs, signe ici une méditation électronique sur le passage — au sens le plus brut et spirituel du terme. Le morceau se déploie lentement, comme une prière digitale, une onde en expansion. On sent que chaque son est posé avec une intention fragile, presque rituelle : le battement régulier des basses évoque le cœur qui s’accroche, les textures synthétiques s’élèvent comme des vapeurs d’encens, et la voix, fantomatique, s’infiltre entre les brèches.
Ce qui bouleverse dans Passing, ce n’est pas la mélodie — c’est le vide qu’elle sculpte. OLAN ne cherche pas la catharsis ; elle documente la lente digestion du chagrin. Il y a dans son écriture sonore un geste quasi mystique, une volonté d’explorer le deuil non pas comme une fin, mais comme une forme d’ouverture. Chaque fréquence semble chargée d’un souvenir, chaque vibration une tentative d’atteindre le divin par le biais de la machine.
Son approche évoque une sorte de “liturgie électronique” : un mélange de douceur analogique et de tension cosmique, où les oscillations deviennent des prières codées. On pourrait presque imaginer que Passing a été enregistré dans un temple vide, entre deux battements du monde. Loin de la virtuosité spectaculaire, OLAN offre un minimalisme incandescent, une épure qui dit tout ce que les mots trahiraient.
Il reste, après l’écoute, une étrange sensation de suspension — comme si l’on sortait d’une transe douce, encore enveloppé d’une brume lumineuse. Dans cette liminalité, OLAN confirme ce qu’elle est depuis ses débuts : une architecte du sensible, une tisseuse de sons qui relient le terrestre à l’éthéré. Passing n’est pas un adieu. C’est un passage. Une promesse que la douleur peut, elle aussi, devenir musique.
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octobre 27, 2025J’ai écouté Follow The Signs comme on lit un journal trouvé dans la rue, trempé de pluie, à moitié effacé. Il y a dans ce morceau quelque chose de secret, de presque sacré — une invitation à se taire, à respirer, à observer les failles du monde sans les réparer. Jordan Forbe$ ne fait pas de la musique pour séduire : il compose des mantras numériques, des éclats d’âme piégés dans la matière sonore.
Son flow coule lentement, comme s’il avait peur de déranger le silence. Pas de cris, pas de gestes inutiles. C’est un rap du dedans, un souffle qui se retient pour mieux percer. On sent chez lui une conscience aiguë du vide : le sien, celui des autres, celui de cette époque où tout se répète sans signification. Et pourtant, il y a de la beauté — dans l’imperfection, dans la quête, dans la route qu’il trace sans carte ni destination. Follow The Signs n’est pas une injonction, c’est un constat. Un morceau de route qu’il nous tend, en silence, comme pour dire : « je ne sais pas plus que toi, mais j’avance. »
Musicalement, tout respire la retenue. Les nappes de synthé s’étirent comme des halos dans la brume, la basse pulse doucement, et chaque percussion semble pensée pour laisser l’espace exister. Forbe$ construit son monde sur des interstices, des absences. Sa voix, légèrement voilée, flotte entre la confession et le rêve, entre le rap et la méditation. On y entend autant le geste hip-hop que la mélancolie d’un crooner cosmique, comme si Frank Ocean s’était égaré sur une production de The Alchemist passée au ralenti.
Mais ce qui éblouit, c’est la lucidité tranquille qui se dégage de tout ça. Jordan Forbe$ ne cherche pas la transcendance, il cherche la vérité — celle qui se niche dans les gestes minuscules, les contradictions, les chutes. Follow The Signs devient alors un miroir : chacun y lit sa propre errance, son propre besoin d’alignement.
Écouter ce morceau, c’est accepter de se perdre un instant, d’abandonner la cadence effrénée du monde pour retrouver un tempo intérieur. C’est flotter. Ralentir. Se souvenir que la beauté n’est pas dans la destination, mais dans la marche. Et dans ce paysage sonore suspendu entre foi et fatigue, Jordan Forbe$ dresse une carte du sensible, intime et fragile, où le rap n’est plus une posture, mais un moyen de survie.
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octobre 27, 2025Frankie Valentino débarque comme un coup de foudre dans la nuit glaciale de Toronto. Jesus Piece est un éclat doré dans le béton — le genre de track où l’ego devient art et la foi, un accessoire de mode inversé. Elle ne prie pas, elle proclame. Et derrière chaque punchline, on entend le claquement des talons sur le pavé, le bruit d’une ville qui lui appartient déjà.
Le beat, minimal et massif, tape sec — un trap ciselé, glacé, avec des basses abyssales qui roulent comme une voiture de luxe à pleine vitesse sur Queen Street. Rien d’ostentatoire : tout est calibré, précis, chirurgical. Le genre de production où la moindre respiration devient un statement. Et Frankie, avec ce flow venimeux, y glisse sa voix comme une lame sur du velours. Son timbre oscille entre arrogance divine et flegme étudié, une équation à mi-chemin entre Nicki Minaj, Doja Cat et un fantôme de Drake en pleine réincarnation féminine.
Mais ce qui fait la différence, c’est l’écriture. Sous les allures de trap anthem, Jesus Piece parle de survie, de désir, de domination symbolique. Ce bijou religieux, détourné en talisman de puissance, devient le symbole d’une féminité affranchie — celle qui ne demande pas la bénédiction, mais la prend. Frankie Valentino joue sur la frontière entre sacré et profane, entre glamour et menace. Elle transforme la croyance en confidence, l’ornement en manifeste.
Son univers, c’est celui des grandes reines contemporaines du rap : visuel, théâtral, sans compromis. Mais Frankie injecte une mélancolie froide dans sa vantardise, comme si derrière les vers lustrés se cachait une enfant du Nord, lucide, fatiguée de devoir prouver qu’elle mérite le trône. Dans Jesus Piece, elle se crée une mythologie à son image — torontoise, futuriste, redoutable.
Chaque mot frappe comme une gifle, chaque silence pèse comme une menace. Et pourtant, tout respire le contrôle. Frankie ne cherche pas à séduire, elle s’impose. Le charisme est organique, la confiance brutale, la présence totale.
Jesus Piece est un morceau qui brille dans l’ombre : une ode à la foi en soi quand tout le reste vacille, un ex-voto serti de basses et d’attitude. Frankie Valentino signe ici plus qu’un banger : une déclaration de règne. Toronto a trouvé sa reine, et elle n’a pas besoin de couronne — juste d’un micro et d’un reflet doré dans le chrome de sa propre légende.
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octobre 27, 2025Ce morceau sent la pluie, la bière renversée et le bitume encore chaud après minuit. Lost & Found de Psych-O-Positive n’est pas une simple chanson : c’est une errance, une déambulation électrique à travers la gueule de bois émotionnelle qu’on appelle parfois la vie moderne. Tout y est crasseux, saturé, magnifique.
Les guitares entrent comme des néons défectueux : ça grésille, ça claque, ça vacille. Puis la voix surgit, rauque, un peu floue dans sa reverb, comme si elle venait de loin — ou d’un souvenir qu’on essaye d’oublier. On pense aux premiers Arctic Monkeys pour le cynisme urbain, à Nirvana pour le grain du cri, à Fontaines D.C. pour la tension viscérale, mais Psych-O-Positive a cette folie maîtrisée, cette faculté à transformer la dissonance en transcendance.
Techniquement, le morceau repose sur un équilibre périlleux : la guitare sale et tranchante s’oppose à une basse qui rampe, lourde, presque collante, pendant que la batterie pulse comme un cœur malmené par la nicotine et les regrets. Le mixage laisse respirer les imperfections : on entend le souffle, les frottements, la vie. C’est ce genre de rock qui ne cherche pas à être beau — il cherche à être vrai.
Ce qui fascine, c’est le contraste. D’un côté, la rugosité du son, brute, quasi punk dans son refus du poli ; de l’autre, une structure mélodique qui trahit une réelle sensibilité, presque pop, un sens de l’hymne caché derrière le chaos. Lost & Found parle de perdre pied, mais de continuer à danser sur la corde raide.
Le titre résume parfaitement l’essence du morceau : on s’y perd, puis on s’y retrouve, mais jamais tout à fait le même. Psych-O-Positive joue avec cette dualité entre perte et illumination, entre destruction et renaissance. C’est un morceau de bord de gouffre, un cri lucide, un dérapage contrôlé.
Et quand la dernière note s’éteint, il reste ce frisson, ce vide familier qu’on n’éprouve qu’après une nuit trop longue ou un amour trop court. Lost & Found n’essaie pas de nous consoler — il nous tend juste un miroir, sale, tremblant, et nous dit : “regarde, t’es encore debout.”
Psych-O-Positive signe ici une leçon de rock à l’état brut : pas un genre, pas une époque, juste une énergie — celle d’un groupe qui ne joue pas pour plaire, mais pour survivre.
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octobre 27, 2025Le hip-hop, le vrai, n’a jamais disparu. Il s’est simplement replié dans les caves, les coins de bar, les recoins du net où l’on parle encore de rimes comme d’un art sacré. Avec PEN GAME, Psych Major et Ghost Da Lyrical rallument cette flamme ancienne — celle du boom-bap new-yorkais, brut, granuleux, mais précis comme une chirurgie à l’encre noire. Ce morceau n’est pas une simple démonstration technique : c’est une invocation, un exorcisme du rap lui-même, ramené à sa pure essence — le mot, la phrase, le souffle.
Psych Major, producteur vétéran aux doigts tâchés de vinyle, fait ici ce qu’il sait faire de mieux : bâtir une atmosphère dense, inquiétante, presque cinématographique. Le beat claque comme une porte de sous-sol, les samples grincent comme des spectres, et chaque snare semble trancher l’air. Il y a du Mobb Deep dans la texture, du Griselda dans la posture, mais surtout une identité : celle d’un artisan du son, un ouvrier du verbe qui taille sa matière première à la main, sans effet, sans triche.
Ghost Da Lyrical, lui, entre comme un prêtre possédé. Sa voix, rauque et nerveuse, traverse le morceau comme une confession armée. Pas de pose, pas d’ego creux — juste des punchlines trempées dans le vécu, des métaphores qui sentent la poussière des rues et la fatigue des années à tenir la plume quand tout s’effondre autour. Son flow épouse la production avec une intelligence rare, jouant sur les silences, sur le rebond du beat, sur l’intensité du souffle. On ne l’écoute pas, on le suit, on le croit.
Ce duo fonctionne parce qu’il respire la même obsession : celle de la discipline. Dans un monde où le rap s’est trop souvent vidé de son fond pour briller sur la forme, PEN GAME revendique l’exact inverse. C’est une ode à la patience, à la précision, au travail acharné — à cette école invisible où chaque mot doit mériter sa place. Le titre n’est pas une vantardise, c’est une déclaration de guerre : ici, la plume est une arme, et chaque mesure, une preuve de survie.
Techniquement, le morceau impressionne par sa simplicité trompeuse. Aucun effet superflu, aucune complaisance : juste du groove, du grain, et cette tension constante entre rage et lucidité. On sent que Psych Major compose en pensant au rap comme à une architecture — chaque sample a un poids, chaque ligne une colonne vertébrale.
PEN GAME sonne comme un rappel salutaire : le hip-hop n’est pas mort, il médite. Il s’est retiré des podiums pour redevenir ce qu’il a toujours été — un art du réel, du verbe taillé au couteau. Psych Major et Ghost Da Lyrical rappellent ici que la vraie puissance du rap ne réside ni dans le bruit ni dans la mode, mais dans la précision de la phrase, la sueur du stylo, et cette flamme qui brûle encore, loin du clinquant.
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octobre 27, 2025Il y a dans Composure quelque chose d’une respiration retenue. Un calme étrange, presque suspendu, comme si Samooo avait trouvé la formule pour transformer le tumulte intérieur en apesanteur sonore. Ce n’est pas une chanson de victoire ni de chute, mais d’équilibre — ce moment rare où l’on ne fuit plus la vie, où on la regarde en face, lentement, avec la lucidité d’un type qui a trop vu pour paniquer encore.
Dès les premières secondes, la production s’installe avec une élégance feutrée : une boucle mélodique qui flotte entre R&B digital et trap minimaliste, des basses douces qui battent au rythme d’un cœur apaisé, et cet autotune cristallin qui n’efface rien de la vulnérabilité de la voix, au contraire. Samooo ne se cache pas derrière l’effet : il s’en sert comme d’un voile translucide, un filtre émotionnel à travers lequel la sincérité passe intacte.
Le morceau, profondément introspectif, parle de maîtrise, mais c’est une maîtrise fragile. Celle qu’on construit en trébuchant, en recommençant, en respirant fort avant de répondre au monde. Samooo y murmure une forme de foi tranquille — la foi en soi, en l’avenir, en cette musique qui semble être son seul ancrage. Dans son univers, la confiance n’est pas un cri de guerre, mais un mantra discret.
Ce qui séduit ici, c’est la retenue. Là où d’autres artistes saturent le son pour exprimer la force, Samooo la suggère. Chaque silence, chaque respiration, chaque reverb compte. On pense à Drake dans ses moments les plus introspectifs, à Bryson Tiller pour la clarté du flow, mais Samooo a cette touche torontoise bien à lui : une froideur élégante, une douleur contenue, un groove qui glisse comme une larme sur du chrome.
Composure est un morceau de survie émotionnelle, mais tout en nuances. Ce n’est pas le récit d’un homme debout malgré tout, mais d’un homme debout grâce à tout. Une sorte de thérapie en slow motion, portée par une production sobre et une interprétation presque cinématographique.
Dans un monde où la trap s’agite et où le R&B s’étiole parfois dans l’artifice, Samooo choisit la ligne fine : celle du juste milieu, du vrai, du calme qui précède la renaissance. Composure n’est pas là pour impressionner. Il est là pour durer — exactement comme la sérénité à laquelle il rend hommage.
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octobre 27, 2025Le titre trompe. Real Gangsters n’a rien d’un hymne à la testostérone ou d’un pastiche bling. C’est une fable postmoderne, écrite à la frontière entre la rue et l’écran, entre la punchline et la poésie. popandpropaganda s’y balade comme un cinéaste du chaos, capturant des fragments de notre époque avec la précision d’un photographe de guerre et le sarcasme d’un poète sous caféine.
Le morceau avance sur un beat bancal, volontairement sale, presque claudiquant — un rythme qui évoque la démarche d’un type trop lucide pour encore marcher droit. Les basses ne cherchent pas à plaire, elles grattent, elles dérangent, elles rappellent que le hip-hop alternatif, dans sa forme la plus brute, n’a jamais été un exercice de style mais un miroir fissuré du réel.
Ce qui fascine, c’est la voix. Elle n’est ni outrageusement rageuse ni lissée par l’autotune : elle raconte, elle constate, elle s’amuse. popandpropaganda ne rappe pas pour prouver quoi que ce soit, mais pour déminer une idée — celle, usée, du “gangster” en tant qu’icône. Chez lui, les vrais gangsters sont ceux qui survivent à la fatigue, aux algorithmes, à la routine, à la surinformation. Ceux qui continuent à ressentir dans un monde qui s’anesthésie.
L’écriture est à la fois nerveuse et consciente. Elle alterne entre ironie et gravité, entre désillusion et distance. On entend des échos de The Streets, d’Open Mike Eagle ou de JPEGMAFIA, mais popandpropaganda garde une identité propre : celle d’un artiste qui a compris que l’insolence n’a de valeur que si elle s’accompagne d’un regard lucide.
Techniquement, la production est d’une intelligence rare. Chaque son semble avoir été posé pour créer une tension — le groove ne repose pas sur la puissance, mais sur la nervosité. C’est du hip-hop qui pense, du hip-hop qui s’écoute dans un casque, pas dans une boîte. On sent cette esthétique DIY, cet amour du son imparfait mais vivant, à mille lieues des formats calibrés pour TikTok.
Real Gangsters n’est pas un banger, c’est un manifeste. Un morceau qui pose la question essentielle : qu’est-ce qu’être “réel” dans un monde saturé de façades ? popandpropaganda n’y répond pas frontalement — il laisse le doute s’installer, le silence après la dernière mesure faire le reste.
Et peut-être que c’est ça, au fond, le vrai gangster move : oser être sincère quand tout le monde joue un rôle.
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octobre 27, 2025Ce morceau est un appel. Pas un cri, non — plutôt un battement sourd, comme un téléphone qui vibre dans une pièce vide. Notruf (“appel d’urgence”) n’est pas une chanson au sens classique : c’est un signal, un code émotionnel envoyé dans la nuit berlinoise. Atheer y navigue entre désespoir et lucidité, entre la mélancolie d’un cloud rap brumeux et la froideur métallique de l’electro-pop allemande.
Dès les premières secondes, tout s’installe : une ligne de synthé glacée, des basses qui rampent doucement sous la peau, et cette voix — légèrement voilée, presque fragile — qui se pose comme une lumière tremblante dans le noir. Atheer ne joue pas les rappeurs ni les chanteurs : il parle à demi, il respire ses mots. Sa diction, précise mais pleine de doutes, traduit cette urgence silencieuse, ce moment où l’on compose le numéro sans savoir si quelqu’un décroche à l’autre bout.
Le morceau avance comme une marche lente dans une ville humide. Chaque beat est un pas hésitant, chaque accord de synthé un souffle coupé. On pense à RIN pour la douceur mélodique, à CRO pour la mélancolie candide, mais Atheer a cette singularité rare : un romantisme sans artifice, ancré dans le réel. On sent le vécu, le chaos contenu, la tristesse d’un type qui regarde son reflet dans une vitre de métro à minuit.
Techniquement, la production est une prouesse d’équilibre. Le beat trap reste minimal, presque spectral, mais les nappes électroniques l’enrobent d’une chaleur paradoxale — comme si la douleur trouvait enfin une forme esthétique. Le contraste entre le fond urbain et la tendresse du flow crée cette émotion suspendue, ce frisson qui ne vient pas du volume, mais du silence entre les notes.
Notruf est un morceau qui ne cherche pas à plaire. Il cherche à toucher. C’est une confession d’artiste, mais aussi un autoportrait générationnel : celui d’une jeunesse lucide, fatiguée, mais encore debout sous les néons. Atheer y livre un rap existentiel, sans posture, sans carapace — une musique qui respire comme une prière mécanique.
Et quand le morceau s’éteint, on reste là, dans la réverbération du dernier mot. Comme après un vrai appel d’urgence : soulagé que quelqu’un ait décroché, mais un peu vidé d’avoir osé parler.
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octobre 27, 2025C’est un titre qui ne se pose jamais. Call Me Jump Man bondit, glisse, rebondit sur ses propres basses comme un ballon échappé d’un playground californien. BluntBrad Jr, lui, flotte au-dessus du beat avec l’assurance d’un type qui n’a plus rien à prouver, mais tout à ressentir. Sa trap ne cherche pas la violence ni la surenchère : elle s’élève, aérienne, presque suspendue, entre égotrip et confession feutrée.
Ce qui frappe d’abord, c’est la fluidité. Le flow se déploie sans friction, entre chant et rap, à mi-chemin entre un Post Malone sous éclipse et un Russ en pleine introspection. BluntBrad Jr ne découpe pas les syllabes, il les caresse. Sa voix, légèrement autotunée mais jamais désincarnée, agit comme une texture — un instrument à part entière, qui épouse la production dans un mélange de sensualité et de détachement. Il joue de cette ambiguïté : l’assurance du “Jump Man” et la mélancolie du type qui, derrière le succès, cherche encore la gravité.
La production, elle, oscille entre trap et R&B futuriste. Un beat chirurgical, précis, mais jamais froid. Les kicks frappent net, les hi-hats fusent comme des éclairs, tandis que les nappes synthétiques adoucissent les angles, créant ce climat cotonneux propre aux productions de la côte ouest. Ce contraste entre intensité et flottement donne au morceau une tension presque cinématographique — on imagine la scène : le crépuscule, la ville en contrebas, et BluntBrad Jr qui médite sur son propre vertige.
Mais là où Call Me Jump Man se distingue vraiment, c’est dans son esthétique émotionnelle. La trap, ici, devient introspective, presque spirituelle. Il n’y a pas de rage à dominer le monde, juste cette pulsion de continuer à avancer, à bondir toujours plus haut, même quand la gravité tire fort. C’est un hymne discret à la persévérance, un autoportrait d’artiste qui transforme le quotidien en fable sonore.
BluntBrad Jr fait partie de cette génération d’artistes qui réconcilient le flow et la fragilité, le succès et la solitude. Call Me Jump Man n’est pas qu’un morceau : c’est une attitude, un instant suspendu entre le ciel et la rue. Une trap qui ne s’écoute pas seulement fort — elle s’écoute libre.
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octobre 27, 2025On ne fait plus beaucoup de morceaux comme Rock and Roll Show. Pas parce que le rock est mort — mais parce que peu osent encore l’aimer sans cynisme. La Need Machine, eux, s’en foutent. Ils rallument l’ampli, posent une bière sur le bord du caisson, et rejouent le mythe sans filtre : celui du riff qui cogne, du refrain qui s’incruste dans le crâne, du public qui transpire sous les spots. C’est brut, c’est généreux, et ça sent la scène plus que le studio.
Le titre démarre avec l’énergie d’un groupe qui a grandi dans les garages trempés de pluie de Seattle. Une guitare crache un motif clair comme une gifle, la batterie entre à la volée, et tout le reste s’embrase. Il y a dans la voix ce grain un peu râpeux, ce sourire à moitié brûlé, qui rappelle les figures du punk mélodique des 90s — un écho à Social Distortion, à The Clash, à tout ce rock de conviction qui ne craignait pas de chanter à la fois la révolte et la fraternité.
Mais derrière l’hommage, La Need Machine injecte une sincérité rare. On sent que Rock and Roll Show n’est pas une posture : c’est une déclaration d’amour. Une façon de dire que le rock, avant d’être un genre, est une manière d’être au monde — bruyante, solidaire, imparfaite. Le morceau est construit comme une montée d’adrénaline : couplets tranchants, break flamboyant, puis ce refrain si simple, si évident, qu’on se surprend à le reprendre sans même s’en rendre compte.
Techniquement, c’est impeccable sans être lisse. Les guitares s’entrechoquent avec un équilibre maîtrisé, la batterie claque avec ce grain de salle live qui manque tant aux productions modernes. L’ensemble respire la sueur, la camaraderie, le plaisir de jouer. Et surtout, il garde cette urgence, cette flamme adolescente que les plus grands groupes ont toujours su préserver, même après la gloire.
Ce que La Need Machine réussit ici, c’est à faire sonner la nostalgie comme une promesse. Rock and Roll Show n’essaie pas de sauver le rock — il le célèbre, le réinvente à l’échelle humaine, à hauteur de guitare. C’est un morceau qui rappelle que le rock, finalement, ne meurt jamais tant qu’il y a quelqu’un pour le jouer fort, le cœur ouvert et les amplis à fond. Et qu’à Seattle, cette vieille magie a encore de beaux soirs devant elle.
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octobre 27, 2025Je l’ai écouté la première fois dans la pénombre d’un studio, une lampe tamisée, le casque trop fort — et So In Love m’a happé comme une lumière de boule à facettes qui se serait allumée au fond du crâne. Ce morceau n’est pas un simple retour à la disco, c’est une renaissance. Phunque n’imite pas le passé : il le ressuscite, avec l’ironie d’un producteur berlinois qui a compris que le groove, pour être éternel, doit d’abord se réinventer.
Le titre s’ouvre sur un clin d’œil sensuel aux années 80 : une basse caoutchouteuse qui rebondit comme un cœur amoureux, des accords de synthé qui s’étirent avec élégance, et ce kick souple, presque moelleux, qui appelle le corps à s’incliner sans effort. Puis, sans prévenir, la production s’embrase. L’arrangement s’épanouit dans une luxuriance sonore qu’on croirait sortie d’un club new-yorkais des années Studio 54, mais nettoyée à la perfection d’un mastering contemporain.
Phunque ne se contente pas d’évoquer le funk et la disco : il les tord, les tresse, les électrise. Derrière cette chaleur, on sent l’exactitude allemande, cette précision du son où chaque hi-hat trouve sa place dans un équilibre quasi mathématique. Et pourtant, malgré cette rigueur, So In Love respire le lâcher-prise. On y danse sans honte, sans cynisme, comme dans une scène de film où tout devient flou et doré.
C’est un morceau qui transpire la sincérité — ce qui est rare dans une époque où la nostalgie est souvent un costume trop propre. Ici, Phunque ne joue pas au collectionneur. Il célèbre le corps. L’amour. Le vertige. Ce sentiment un peu idiot mais vital qu’on éprouve quand la nuit devient promesse, et qu’on se sent vivant pour de vrai.
L’amour du titre n’est pas un sujet : c’est un état. “So in love”, c’est être perdu dans le groove comme dans une étreinte. Et quand le morceau s’achève — après plus de six minutes d’hypnose rythmique, de montées feutrées, de délires de synthés galactiques — on reste suspendu, le souffle court. Phunque réussit ici une prouesse : rendre le disco à nouveau dangereux, charnel, exalté.
Ce n’est pas un simple track de club, c’est un sortilège de vinyle qui pulse au tempo du désir. Un morceau qui pourrait tourner en boucle toute la nuit sans jamais épuiser sa fièvre. Parce qu’au fond, So In Love n’est pas qu’un hymne à l’amour : c’est un hymne à la transe amoureuse qu’est la musique elle-même.
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octobre 27, 2025On pourrait croire que Spells & Shadows est un morceau taillé pour les clubs — un exorcisme électronique prêt à secouer les murs d’une warehouse à 3h du matin. Mais sous la surface vibrante des kicks et des basses, KASIA cache quelque chose de plus rare : un rituel. Une manière de transformer la fête en cérémonie, le drop en épiphanie.
Le morceau s’ouvre comme un sortilège, avec cette tension subtile qu’on retrouve dans les grandes pièces de bass house — un grondement en gestation, un souffle qui se retient avant la tempête. Puis, à 1:04, la déflagration. Le drop n’est pas juste puissant : il est alchimique. Il relie les pôles contraires — la lumière et l’ombre, la matière et l’esprit, le corps et la transe. Chaque pulsation semble conçue pour aligner les chakras autant que faire vibrer les murs.
KASIA, musicienne formée au piano classique, ne produit pas comme une DJ, mais comme une compositrice. Elle pense le son comme une architecture, une suite de contrastes millimétrés. Sa signature : une tension entre précision mathématique et émotion viscérale. On sent, dans la structure de Spells & Shadows, cette obsession du détail qui trahit une oreille formée à la rigueur du clavier et à la beauté du chaos.
Ce qui fascine, c’est la spiritualité sous-jacente du morceau. KASIA ne fait pas seulement danser : elle soigne. Son usage des fréquences 432 Hz — réputées pour harmoniser le corps et l’esprit — transforme la bass house en expérience quasi méditative. Le track devient une prière vibratoire, une sorte de techno mystique qui transcende le club pour toucher quelque chose de plus cosmique.
Le contraste entre les nappes éthérées et la puissance des basses crée un effet d’apesanteur. On a l’impression d’assister à une bataille entre deux forces : le sombre et le lumineux, l’instinct et la conscience. KASIA ne cherche pas à choisir — elle les fait cohabiter. D’où cette impression de flotter entre deux mondes, de respirer dans un espace où la noirceur devient beauté.
Spells & Shadows est une œuvre d’équilibre et de vertige, un morceau qui vibre comme une invocation. Ce n’est pas une simple production de festival : c’est une traversée. On y danse, on y pense, on s’y perd. Et quand le silence revient, on garde en soi la sensation étrange d’avoir croisé la lumière dans l’obscurité — ou peut-être l’inverse.
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octobre 27, 2025J’ai toujours trouvé fascinant ce moment où un artiste bascule — quand la raison cède sous la pulsation, quand le masque professionnel tombe, et qu’il ne reste plus que la peau, humide, tremblante, brute. Sucio, c’est ce moment-là. On y entend un médecin qui, entre deux battements de cœur, choisit la transe. DOC M.D., avec son alter ego producteur adenosine, ne chante pas la fête : il s’y dissout, comme pour s’échapper de la stérilité du quotidien.
Le morceau s’ouvre sur une tension moite. Les basses rampent, la rythmique latinée colle au corps, et la voix de DOC M.D. s’avance — clinique et sensuelle, froide et charnelle. Il dit ce qu’on ne dit jamais en blouse blanche : la fatigue, le doute, le besoin presque animal de se salir pour exister. Sucio, “sale”, n’est pas une insulte ici. C’est une confession. L’aveu que la perfection, l’ordre et la maîtrise finissent toujours par étouffer.
Entre l’anglais et l’espagnol, DOC navigue comme un funambule entre deux identités — celle du médecin et celle de l’homme qui danse. Le code-switching n’est pas un gimmick : c’est la métaphore même de la dualité. À chaque changement de langue, on change de peau. Adenosine, lui, orchestre cette mue avec un sens du détail chirurgical : chaque percu claque comme un battement cardiaque, chaque synthé s’étire comme une respiration sous adrénaline.
Et puis cette sensation étrange : le morceau ne se contente pas de faire danser, il soigne aussi. Pas comme une ordonnance, mais comme une fièvre. Ce groove moite, mi-club mi-confession, agit comme une décompression émotionnelle — un lâcher-prise à la fois libérateur et inconfortable. On y sent la rage contenue des soignants, la beauté paradoxale de ceux qui vivent entre le contrôle et la chute.
Sucio n’est pas un tube, c’est une échappée. Une fuite hors du protocole, une danse nerveuse dans le couloir d’un hôpital vide à 3h du matin. DOC M.D. ne cherche pas à être propre. Il cherche à être vrai. Et dans ce beat fiévreux, dans cette salissure magnifique, il signe l’un de ces morceaux qui transforment la fatigue en art — et la sueur en prière.
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octobre 27, 2025Bettina ne rappe pas, elle ricane. Kim Possible est moins une chanson qu’un statement : celui d’une génération de femmes qui n’attendent plus d’être validées pour se proclamer invincibles. Ici, la pop devient arme, la trap devient miroir, et l’héroïne Disney du titre se transforme en archétype d’empowerment post-ironie. L’idée ? Mélanger la culture cartoon et le cynisme urbain pour accoucher d’une figure nouvelle : la fille douce qui sait mordre.
Dès les premières secondes, le beat s’impose — sec, claquant, saturé comme une vitre après l’orage. Il y a cette texture typique du hip-hop britannique : un mélange de froideur et de groove, d’assurance et de menace. Bettina entre en scène avec un ton feutré, presque trop calme, comme si elle se moquait déjà de l’idée même de devoir hausser la voix pour être crainte. Son flow n’explose pas, il rampe — venimeux, précis, drapé d’un sarcasme délicieux.
Ce qui rend Kim Possible si captivant, c’est cette ambivalence entre glamour et danger. Bettina écrit comme on brandit un miroir : ses mots renvoient à la fois l’image des “girlies” qu’elle célèbre et celle de la société qui les consomme. Son univers est saturé de néons, de clubs et de vengeance élégante. Elle s’adresse aux femmes qui sortent maquillées comme des guerrières, aux garçons qui rient nerveusement sans comprendre la moitié des codes qu’elles manipulent.
Musicalement, la prod navigue entre dark pop et trap éthérée, avec cette sophistication propre aux artistes qui savent s’arrêter juste avant la caricature. On pense à Ashnikko, à Bree Runway, à Doja Cat dans ses moments les plus cruels — mais Bettina y ajoute une nonchalance presque britannique, une distance qui rend tout plus percutant. Elle joue avec la rime comme avec une lame : un coup de langue, un sourire, et le monde brûle.
Sous ses airs de morceau “workout”, Kim Possible cache une satire brillante du féminisme pop actuel. Bettina s’amuse des slogans d’empowerment, les tord, les rend personnels, viscéraux. Ce n’est pas un hymne : c’est une mise en garde. À chaque refrain, elle se transforme en superhéroïne pour mieux nous rappeler qu’elle n’en est pas une — juste une fille qui s’est fabriqué sa propre armure dans un monde qui la voulait docile.
Et quand le morceau s’éteint, on reste suspendu à ce silence, le sourire en coin, un peu comme après une victoire intime. Bettina ne sauve pas le monde — elle le ridiculise, lentement, en talons aiguilles.
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octobre 27, 2025Ce morceau, c’est une claque vernie de rouge. Un doigt d’honneur brandi sous un vitrail. Sister Mary Catherine n’est pas seulement une chanson : c’est une exorcisation mise en guitare, un cri jubilatoire dans la chapelle des bien-pensants. Sarah Durbin, elle, n’écrit pas des chansons : elle déterre des fantômes avec une Telecaster et les fait danser sur leurs tombes.
Tout commence par une tension. Ce riff sec, presque grinçant, qui s’invite comme une gifle dans le silence. On croit d’abord à une blague — un pastiche punk aux airs de Teen Movie — et puis la voix arrive. Claire, acide, pleine de ce charme des filles qui n’ont plus peur d’être en colère. Sarah Durbin chante comme on fume après l’orage : avec un mélange d’épuisement et de jouissance. Derrière la légèreté apparente, il y a cette charge émotionnelle, cette envie furieuse de brûler ce qui reste du carcan.
“Sister Mary Catherine” — cette nonne imaginaire devenue déesse des enfers — n’est qu’un prétexte pour parler du vrai sujet : la culpabilité qu’on nous colle sur la peau quand on est femme, croyante, ou simplement humaine dans une société qui adore punir la liberté. Sarah retourne cette honte comme une mitre à l’envers, fait du blasphème un hymne à la vie. Sa musique respire la colère joyeuse, celle qui libère plus qu’elle ne détruit.
La production évoque le meilleur de l’alt-rock des années 2000 — un croisement entre Garbage, Paramore et la rage théâtrale de St. Vincent. Les guitares se cognent aux murs, la batterie éclate comme un fouet, et la voix, au centre, garde toujours ce fil mélodique impeccable, entre confession et sarcasme. On sent la formation musicale classique sous le vernis punk : Durbin sait composer, elle sait doser. Tout est millimétré pour sembler spontané.
Et puis il y a l’humour. Ce second degré ravageur, ce plaisir de jouer avec les clichés — l’imagerie religieuse, la nonne diabolique, les chœurs gothiques qui semblent sortir d’un vieux film d’horreur des 90s. Mais derrière la parodie, il y a du vrai, du viscéral : l’envie de se réapproprier la narration, de rire de ce qui faisait peur.
Sarah Durbin, avec Sister Mary Catherine, réussit là où beaucoup échouent : transformer la colère en esthétisme, le trauma en pop culture. Ce morceau, c’est la messe noire du désenchantement moderne. Et au fond, c’est peut-être ça, le miracle : danser sur les ruines de son éducation et trouver ça beau.
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octobre 27, 2025Tout chez Viziata respire le mystère et la provocation tranquille. Dans Lenta e Indecente, elle s’avance comme une apparition de velours — mi-femme fatale, mi-fantôme pop — et fait de la lenteur un geste politique. C’est une chanson qui ne court pas après le hit : elle s’y prélasse. Un morceau où chaque respiration devient chorégraphie, chaque mot, un effleurement.
La production, minimaliste et moite, semble flotter dans un brouillard rose. Une basse synthétique pulse au ralenti, comme un cœur alangui par le désir, pendant que la voix de Viziata s’y dépose, chaude, feutrée, presque chuchotée. Elle ne chante pas, elle murmure des sortilèges. On la sent jouer avec le tempo comme on joue avec une flamme : effleurer, reculer, revenir. C’est un art de la retenue, de l’insinuation — un slow pour une époque trop pressée.
Ce qui frappe, c’est cette manière de se tenir entre deux mondes : celui de la pop italienne (intime, narrative, sensuelle) et celui de la dark pop européenne (plus froide, cinématographique). On pense à Madame, à Silly Boy Blue, à Sevdaliza aussi, dans cette façon d’assumer une sensualité intellectuelle, presque conceptuelle. Lenta e Indecente devient une sorte de manifeste : une revendication du droit de prendre son temps, d’être désirée sans être docile, de transformer la vulnérabilité en pouvoir.
Il y a, dans sa voix, quelque chose de las et souverain à la fois. Comme si Viziata avait compris que la véritable indécence n’est pas dans la nudité, mais dans la maîtrise. Sa lenteur, c’est sa façon de reprendre le contrôle — de détourner la logique du streaming, du scroll, du “skip” permanent. Elle fait danser le silence. Elle rend le vide magnétique.
Sous ses airs de chanson lascive, Lenta e Indecente est une leçon de tension. Tout y est retenu, dosé, calculé avec une sensualité clinique. Le morceau dure à peine deux minutes, mais laisse une empreinte durable — comme une trace de parfum sur un col de chemise. Et c’est peut-être ça, le plus beau tour de Viziata : réussir à faire de la lenteur un vertige, et de l’indécence, une élégance.
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octobre 27, 2025On n’écrit jamais aussi bien que lorsqu’on est blessé. ANTH, lui, en a fait une arme pop. I Hate You naît dans la poussière d’une trahison — une ex infidèle, une rancune tenace — mais ce qui frappe, c’est la manière dont il transforme cette douleur en quelque chose de lumineux, presque jouissif. C’est une chanson de rupture qui danse sur ses ruines, un règlement de comptes chanté avec le sourire en coin, façon “tu m’as détruit, mais je passe à la radio quand même”.
Le morceau s’ouvre sur un piano triste, faussement innocent, avant que la batterie n’entre comme un uppercut. L’énergie rappelle les débuts d’Eminem, ce rap blanc chargé de sarcasme et d’autodérision, mais ANTH déjoue le cliché : il ne crache pas sa rage, il la met en scène. Chaque punchline est calibrée pour le plaisir d’écoute, chaque flow découle avec la précision d’un artiste qui sait exactement ce qu’il fait. Le résultat est à la fois cru et addictif, rageur et radiophonique.
Ce qui distingue ANTH, c’est sa maîtrise de la dualité : il a l’arrogance du rappeur et la fragilité du chanteur pop. Ses couplets frappent sec, mais ses refrains s’ouvrent comme une confession. L’autotune n’est pas un cache, mais une texture : elle adoucit la colère, la rend mélodique, presque romantique. Ce paradoxe — haïr quelqu’un en le chantant comme si on l’aimait encore — donne au morceau toute sa force émotionnelle.
Sous les apparences d’un banger viral, I Hate You cache une réflexion sur la vulnérabilité masculine et la mise en scène des sentiments dans la culture pop actuelle. ANTH parle autant à ses ex qu’à ses 3 millions de followers : il fabrique un lien entre la blessure intime et le spectacle collectif, entre l’ego et la confession. C’est là que sa musique prend toute sa dimension : il sait que la sincérité seule ne suffit plus, qu’il faut la rendre performative, addictive, consommable.
Mais au fond, derrière la punchline et la production millimétrée, ce qu’on entend, c’est un cœur qui bat trop fort. I Hate You n’est pas une chanson de haine : c’est une chanson de survie. Celle d’un artiste qui transforme le chagrin en style, la rancune en rythme, la rupture en hit. Et si la vengeance est un plat qui se mange froid, ANTH, lui, la sert sur un beat brûlant.
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octobre 27, 2025Le groove, quand il est bien fait, n’appartient à aucune époque. Il flotte quelque part entre le cuir et la lumière, entre le désir et la mémoire. What’s Goin’ On de Phunque réveille précisément cette zone-là : un espace suspendu où le corps se souvient avant l’esprit. C’est un morceau qu’on ressent dans les omoplates avant de le comprendre, un appel du pied au dancefloor mais aussi une déclaration d’amour au son analogique, à cette matière vibrante que Berlin sait encore transformer en or.
Phunque ne se contente pas de citer le funk des années 80 : il le réinvente avec une précision sensuelle, une élégance presque maniaque. Sa basse ondule comme une colonne vertébrale, souple et nerveuse, pendant que les guitares clignotent à la manière de néons dans un club qui n’a jamais fermé depuis quarante ans. Mais ce qui sidère, c’est la manière dont tout semble respirer. Chaque boucle, chaque souffle électronique a le grain du vivant, une chaleur que la plupart des producteurs ont perdue à force de compresser la vie dans les fréquences.
La voix, filtrée et lointaine, agit comme une présence spectrale. Elle ne cherche pas à dominer — elle habite l’espace sonore, s’y faufile comme un parfum sur la peau. C’est du disco repensé comme un rêve lucide : une transe en pleine conscience. Derrière ce groove euphorisant, il y a quelque chose de mélancolique, une nostalgie qui ne dit pas son nom. Phunque compose comme quelqu’un qui danse pour conjurer le manque, pour garder en vie l’idée d’un monde où le rythme était une façon d’exister, pas de fuir.
On pense à Todd Terje, à Daft Punk période Random Access Memories, mais sans le pastiche ni la nostalgie. Phunque ne rejoue pas une époque, il la prolonge. Son son a cette rondeur de basse artisanale, cette brillance des cuivres numériques, et surtout cette capacité à suspendre le temps. Pendant six minutes, tout devient plus simple : on respire, on bouge, on recommence à y croire.
Dans What’s Goin’ On, la question du titre devient presque ironique. Car au fond, on sait très bien ce qu’il se passe : la musique reprend son rôle d’origine — celui de rallumer le feu dans nos circuits. Et Phunque, avec son groove cosmique et sa science du détail, nous rappelle que parfois, le salut ne vient pas des mots, mais d’un simple battement à 118 BPM.
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octobre 27, 2025Ce morceau, je l’ai d’abord reçu comme une caresse, puis comme une vague chaude qui vient tout engloutir. An Dé Braw est une étreinte chantée, une langue du cœur. Gate La Luz, lui, ne chante pas pour séduire — il chante pour survivre à l’amour, pour en préserver la lumière. Et ce qu’il propose ici, c’est une fusion aussi subtile qu’ardente entre l’Afrobeat et le zouk, ce point de rencontre entre le corps et l’âme où tout semble s’équilibrer, juste avant de basculer.
Le morceau s’ouvre sur une pulsation douce, presque liquide. On y sent les racines caribéennes de Gate La Luz, cette manière d’amener la chaleur non pas par la vitesse, mais par la respiration. Les percussions roulent lentement, comme un cœur qui s’abandonne, pendant que la mélodie tisse un fil d’or entre nostalgie et désir. Tout est moelleux, vibrant, sensuel — un slow tropical moderne, gorgé de soleil et de mélancolie.
Ce qui fascine chez Gate La Luz, c’est sa voix. Elle ne cherche pas la perfection, elle cherche la vérité. Elle tremble, se tend, s’ouvre. On y entend l’héritage du reggae-dancehall, mais filtré à travers une émotion nouvelle : une forme de tendresse lucide, consciente du poids des promesses et des blessures. Il chante “dans tes bras” comme on dirait “dans ta tempête”. Cette ambiguïté fait la beauté du titre — un amour chanté comme un abri et un vertige.
Le groove, lui, reste impeccable. Une basse veloutée soutient le morceau comme une main posée dans le dos, tandis que les guitares fines évoquent la mer des Caraïbes au crépuscule. On y perçoit l’ombre du zouk des années 90 — mais revisité, modernisé, épuré de tout excès. C’est sensuel sans être mièvre, suave sans ostentation. Et surtout, c’est profondément vivant.
An Dé Braw raconte le cœur dans son désordre : la passion, la douceur, la peur de perdre. C’est une chanson qui transpire le réel, qui sent la peau, la mer, le rhum, la nuit. Gate La Luz réussit ici à mêler la ferveur de l’afrobeat contemporain à la moiteur romantique du zouk antillais, dans un équilibre rare où le rythme devient émotion et la mélodie, souvenir.
C’est un titre qui rappelle que l’amour, avant d’être une histoire, est une sensation. Et que, parfois, la musique est le seul endroit où cette sensation peut continuer de respirer. Gate La Luz ne fait pas que chanter l’amour — il le ranime, comme un feu qu’on refuse d’éteindre.
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octobre 27, 2025J’ai écouté reasons tard dans la nuit, casque vissé, dans ce moment un peu suspendu où les pensées s’embrouillent et les vérités se dérobent. Ce morceau ne cherche pas à séduire, il s’infiltre. Il a la pudeur de ceux qui savent que le cœur, parfois, se défend en murmurant. Dumomi The Jig et Muffeen n’ont pas composé une chanson d’amour, mais un dialogue intime, presque trop vrai, sur cette fine ligne où la passion et l’incertitude se serrent la main.
La production est d’une élégance feutrée. On sent la sueur et la science, la maîtrise du beat afropop qui pulse sans jamais s’imposer, les inflexions afro-fusion qui glissent comme des doigts sur une peau encore tiède. Un groove discret, magnétique, qui ne cherche pas le club mais le cœur. Ce n’est pas une célébration, c’est une confession mise en boucle. La basse ronde agit comme une présence silencieuse, un souffle qui retient l’émotion à la limite de l’éclat. Et puis il y a cette façon qu’a la batterie de ne pas exploser — elle danse, oui, mais sur la pointe des pieds.
Dumomi The Jig a cette voix qui semble toujours au bord de la cassure. Il rappe comme on parle à quelqu’un qu’on ne veut pas perdre, et Muffeen répond avec une tendresse qui frôle la résignation. Ensemble, ils construisent une sorte de tension douce, un va-et-vient de doutes et de désirs. La chimie entre eux est d’autant plus puissante qu’elle ne cherche pas à briller : elle s’impose dans le non-dit, dans le demi-sourire d’une note suspendue.
Ce qui me frappe, c’est à quel point reasons refuse le spectaculaire. Dans un paysage afrobeat souvent saturé d’exubérance, Dumomi choisit l’ombre. Il y a du silence dans cette musique, de l’espace, une respiration rare. On sent que le producteur connaît l’art du retrait, celui qui laisse exister les émotions brutes sans les habiller de trop. Le résultat, c’est un morceau qui ne s’écoute pas vraiment : il s’habite. Il devient la bande-son d’une solitude lucide, d’une tendresse fatiguée.
reasons parle du besoin d’accord entre deux êtres, mais ce qu’il révèle, c’est surtout la beauté du désaccord. La musique s’étire entre la mélancolie et le réconfort, comme si Dumomi et Muffeen savaient que l’amour n’est pas toujours une promesse, mais parfois juste un territoire partagé — fragile, mouvant, sincère.
C’est une chanson qui ne cherche pas à convaincre. Elle regarde l’amour en face, sans maquillage. Et dans sa retenue, dans sa lenteur, dans cette élégance sans posture, elle atteint ce que peu de morceaux osent encore : la vérité nue.
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octobre 27, 2025On dirait une chanson née d’un matin calme après la tempête. You Are Strong n’a pas besoin de crier sa puissance — elle la chuchote à travers les nappes lumineuses d’un pop-électro finement ourlé, où chaque synthé semble respirer à hauteur d’âme. Yanozanzi tisse ici un morceau qui avance comme un rayon de soleil sur une peau froide : lentement, tendrement, mais avec cette intensité qui finit par tout réchauffer.
La structure du titre rappelle la douceur introspective de la pop électronique britannique — une forme contenue, mélodique, presque contemplative — mais traversée de courants chauds, de petites syncopes afrobeat qui viennent bousculer la surface lisse du morceau. Ce mélange inattendu entre mélancolie synthétique et pulsation organique donne au titre une profondeur rare : on y flotte, on y danse, on s’y soigne un peu.
Yanozanzi ne chante pas la force comme une injonction, mais comme une découverte. Sa voix semble venir de loin, portée par un souffle presque intime, comme si chaque mot avait d’abord été vécu avant d’être dit. Derrière le ton apaisé, on sent la fêlure — cette vulnérabilité précieuse qui fait des grandes chansons de pop des abris contre le tumulte.
L’arrangement, d’une précision subtile, laisse place à l’espace : la basse respire, les synthés ondulent, les percussions légères frôlent le corps sans jamais l’écraser. L’équilibre est si délicat qu’on a parfois l’impression d’écouter un souvenir : un morceau qui ne cherche pas à remplir la pièce, mais à habiter le silence. Et pourtant, le groove reste là, discret mais essentiel, une vibration afrobeat sous-jacente qui rappelle que la lumière, même fragile, vient toujours du mouvement.
You Are Strong est une chanson de réconciliation intérieure. Entre la technologie et le cœur, entre la mélancolie et la fête, entre le battement d’une machine et celui d’un être humain. Yanozanzi y célèbre la résilience sans drame, avec cette pudeur solaire propre aux artistes qui savent que la beauté ne réside pas dans le triomphe, mais dans la persistance à aimer, malgré tout.
Un morceau suspendu entre l’aube et le club, entre la caresse et le vertige — et qui, au fond, nous rappelle que la force, c’est aussi savoir danser quand la lumière vacille.
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octobre 27, 2025Il y a dans Wait a Minute ce genre de rage suspendue qui ne cherche pas à exploser, mais à résonner. Cosmic Madness, alias Mateo, réussit à faire tenir dans trois minutes et des poussières tout le vertige d’une époque qui se regarde en face et ne sait plus très bien si elle doit en rire ou en pleurer. C’est du rock alternatif qui suinte la lucidité, un cri contenu dans une gorge fatiguée, entre le nihilisme et la tendresse.
Le morceau s’ouvre sur une basse grasse, presque organique, qui pulse comme un cœur nerveux. Les guitares entrent ensuite, distordues, oscillant entre le shoegaze et la tension industrielle — un chaos élégant qui évoque autant Nine Inch Nails que Placebo. Mateo y pose sa voix avec une désinvolture mélancolique : non pas un cri, mais une exhalation. On dirait un homme qui parle à haute voix pour ne pas devenir fou.
L’écriture de Wait a Minute n’a rien d’un slogan adolescent. C’est une dissection, un constat lucide sur ce que ça fait de vivre dans une société qui avance plus vite que sa propre conscience. L’ironie du titre — « attends une minute » — résume tout : cette incapacité collective à ralentir, à réfléchir, à simplement respirer dans un monde qui défile sans pause. On y entend le désenchantement doux-amer d’une génération qui, faute de mieux, choisit d’être spectatrice de sa propre absurdité.
Mais Cosmic Madness ne se complaît pas dans le cynisme. Derrière la noirceur, il y a une chaleur, une humanité presque candide. Les breaks de batterie, les textures électroniques qui s’invitent vers la fin du morceau, cette montée industrielle presque apocalyptique — tout cela donne à la chanson une forme d’espoir paradoxal. Comme si dans la confusion, il restait encore un battement, une lumière, un « encore » avant la fin.
Là où d’autres crient leur désespoir, Mateo choisit la subtilité : un rock qui ne joue pas les héros, mais les témoins. Wait a Minute n’essaie pas de sauver le monde ; il le contemple, fasciné et fatigué à la fois. Et cette sincérité-là, nue, presque désabusée, fait toute la beauté du projet Cosmic Madness : un miroir tendu vers notre époque, où le vacarme des guitares se confond avec celui du réel.
Un morceau à écouter seul, la nuit, avec cette impression étrange qu’au fond, la folie cosmique dont il parle, c’est un peu la nôtre.
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octobre 27, 2025Elle rappe comme on respire dans l’altitude — vite, fort, sans filet. Dans Geographically Greedy, CLANDESTINA fait du voyage non pas un décor, mais une dépendance, une ivresse vitale. Ce n’est pas une carte du monde qu’elle déroule, mais une carte intérieure : celle d’une femme qui refuse les frontières, qui se nourrit du déplacement comme d’une preuve d’existence.
Dès les premières secondes, la production hypnotise. Le beat s’ancre sur un motif oriental — percussions fines, nappes chaudes, presque mystiques — avant d’être éventré par une ligne de basse trap, dense, urbaine, charnelle. C’est un morceau de mouvement, mais pas celui d’un road trip en van : c’est celui d’une fuite vers soi-même, une course joyeuse à travers les continents et les contradictions. L’arabe et l’électronique, le club et le désert, la parole et le silence — tout s’entrechoque sans jamais se contredire.
CLANDESTINA manie la voix comme un instrument de liberté. Elle chuchote, débite, frappe, rit presque — comme si chaque mot portait le sel d’un souvenir. Son flow oscille entre la confession et la revendication : “geographically greedy” n’est pas une simple punchline, c’est un autoportrait. L’avidité n’est pas celle du capitalisme, mais celle du monde, du réel, du vivant. Chez elle, la gourmandise géographique devient politique : elle revendique le droit d’être multiple, mouvante, insaisissable.
Là où beaucoup de rappeuses jouent la force frontale, CLANDESTINA choisit la ruse, la sensualité, le mirage. Sa plume, fine et nonchalante, évoque une génération de femmes qui refusent la fixité — celles qui dansent à Marrakech, méditent à Oaxaca, tombent amoureuses à Berlin, et se retrouvent, un matin, dans le reflet d’un hublot.
Ce morceau, c’est un manifeste en talons poussiéreux : une bande-son pour toutes celles et ceux qui vivent entre deux fuseaux horaires, pour qui “chez soi” est un mot à conjuguer au pluriel. Et sous la surface hédoniste, il y a ce vertige doux-amer : celui de l’errance comme condition moderne, de la beauté qui se dilue à force d’être vue.
Geographically Greedy ne parle pas de fuite, mais de soif. C’est un titre incandescent, chargé de sable et d’écho, où CLANDESTINA transforme la route en religion et la liberté en groove. Un titre qui donne envie de tout quitter, juste pour voir si, quelque part, le monde groove un peu mieux.
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octobre 27, 2025On dirait un rêve filmé à travers une vitre embuée. Counterfeit n’est pas un morceau qu’on écoute, c’est un souvenir qu’on effleure du doigt — un fantôme de mélodie qui refuse de disparaître. GoldCry signe ici une pièce d’alternative rock à la frontière du shoegaze et du songwriting intimiste, où la saturation devient une forme de tendresse et le silence, une déclaration d’amour à tout ce qu’on ne dit pas.
Le morceau s’ouvre comme une cicatrice qui s’illumine : guitares troubles, presque liquides, voix étouffée sous une brume de reverb, batterie lente qui bat au rythme d’un cœur fatigué. Tout ici respire le flou maîtrisé — cette esthétique du presque, du pas complètement net, où chaque accord semble se dissoudre avant d’atteindre sa pleine clarté. Et c’est précisément dans ce refus de la netteté que GoldCry trouve sa vérité.
Le titre, Counterfeit, évoque la peur du faux, du simulacre, de la façade. Et la musique elle-même devient une métaphore : un orage feutré, contenu, où les émotions se débattent derrière un voile de distorsion. On pense parfois à Slowdive ou à Nothing, mais GoldCry a quelque chose de plus brut, de plus nerveux sous la surface — une urgence qui ne se dit pas mais s’entend dans la texture du son, dans la manière dont la voix se noie volontairement dans ses propres harmonies.
Il y a ce moment, presque imperceptible, où la mélodie semble se briser, comme un miroir trop poli qui éclate sous la lumière. C’est là que tout bascule : la chanson cesse d’être une confession pour devenir une délivrance. Une transe à bas bruit, une tempête intérieure rendue docile par la beauté du son.
GoldCry ne joue pas la nostalgie — il joue la lucidité. Ce qu’il met en scène ici, c’est la fatigue des émotions sincères dans un monde saturé de copies. Counterfeit n’est pas une chanson triste, c’est une chanson vraie. Elle suinte la mélancolie moderne, celle des visages flous dans les reflets du métro, des amours qui s’effacent avant même d’avoir commencé, des vérités qu’on maquille pour qu’elles fassent joli à l’écran.
Et quand le morceau s’éteint, on reste là, suspendu, avec cette impression d’avoir entendu quelqu’un se délester d’un poids sans dire un mot. GoldCry signe ici une œuvre fragile, dense, presque viscérale — un cri à peine audible, mais qui continue longtemps de résonner dans le creux du ventre.
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octobre 27, 2025On ne danse pas vraiment sur Forgive, on s’y confesse. C’est une transe qui murmure plutôt qu’elle ne claque, une montée lente vers la lumière, un de ces morceaux qui semblent avoir été écrits entre deux battements de cœur. TMPST, Iskarelyn et ALLKNIGHT y tissent un fil invisible entre la rigueur du club européen et la tendresse d’une âme en réparation.
La progression du morceau rappelle les grandes heures du label Anjunadeep — un espace aérien, presque liturgique, où chaque fréquence semble calibrée pour éveiller quelque chose de profondément humain. Le kick frappe avec une précision clinique, mais derrière, tout n’est que douceur : nappes mélodiques suspendues, synthés diaphanes, reverb qui s’étire comme une respiration. C’est de la house de cathédrale — pas de celle où l’on prie, mais de celle où l’on guérit.
TMPST signe ici une œuvre de tension et de relâchement. On sent le soin maniaque du producteur, cette obsession du détail propre à ceux qui sculptent le son comme d’autres polissent une mémoire. Les transitions, imperceptibles, font glisser le morceau sans rupture, et pourtant chaque section semble révéler une nouvelle strate d’émotion. L’ajout d’Iskarelyn — délicatement posé, presque spectral — agit comme un fil vocal qui guide le corps dans la pénombre. ALLKNIGHT, lui, complète le tableau avec une maîtrise du contraste : les basses grondent à peine, mais elles retiennent tout le poids du monde.
Il y a, dans Forgive, une lumière étrange, presque scandinave. Une clarté froide mais salvatrice. On imagine une foule en mouvement, frontale, sans exubérance, simplement happée par ce flux hypnotique. Ce n’est pas un morceau d’euphorie, c’est une libération — une manière de déposer ses fardeaux sur le dancefloor et de les voir fondre sous les nappes de synthé.
TMPST prouve une fois de plus qu’il appartient à cette génération de producteurs pour qui la house n’est pas un simple exutoire, mais un langage émotionnel. Forgive est un morceau qui respire l’humilité et la maîtrise, la foi dans la mélodie comme dans le silence. Et lorsqu’il s’éteint, on ne sait pas vraiment si l’on vient de danser ou de prier.
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octobre 27, 2025Ce morceau donne l’impression d’être entré dans une bulle où le monde, pour quelques minutes, décide de respirer au ralenti. Chasing Rainbows est une trajectoire. Celle d’un DJ Nkanyiso qui trace un sillon entre les continents, un fil invisible reliant Lagos à Soweto, les corps à la lumière, la transe à la tendresse.
Dès les premières mesures, quelque chose palpite sous la peau : une basse ronde, moelleuse, qui pulse comme un cœur en fête. La rythmique amapiano s’installe lentement, avec cette science du détail propre aux producteurs d’Afrique australe — les log drums ne claquent pas, ils glissent, ils roulent dans la poussière dorée du groove. Nkanyiso ne cherche pas l’explosion, il cherche la montée, la transe douce, le frisson contenu. Ce morceau n’explose jamais vraiment, il s’élève.
Sous ses airs d’hymne club, Chasing Rainbows est en réalité une méditation sur le mouvement, sur la quête infinie de quelque chose qu’on ne saisit jamais vraiment. On sent chez Nkanyiso cette tension entre la fête et la mélancolie, entre la lumière et son ombre. La production, d’une élégance rare, évite tout effet de mode : deep house, afrobeat et amapiano fusionnent ici dans une esthétique presque cinématographique. Les textures sont organiques, l’espace sonore ample, presque tactile. On croit voir des couleurs bouger dans l’air.
L’absence de rupture franche dans la structure du morceau renforce cette impression d’apesanteur. Chasing Rainbows se déroule comme un rêve lucide, un après-midi sans fin où la musique devient un état d’esprit. C’est une promenade à travers les teintes du groove — un arc-en-ciel de pulsations et d’intentions.
Nkanyiso, fidèle à son nom de scène “world wide”, réussit le pari de la globalité sans la dilution : son son est vaste, mais toujours ancré. Il parle la langue universelle du rythme avec un accent africain, sensuel et sincère. En filigrane, on devine l’artiste derrière les platines, un architecte de l’émotion plus qu’un faiseur de hits.
Chasing Rainbows donne envie de fermer les yeux et de laisser le soleil frapper les paupières. C’est une célébration de ce qu’on poursuit sans jamais atteindre — la beauté pure du mouvement, le bonheur d’être en route.
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octobre 27, 2025J’ai d’abord cru que Suco de Sol était un morceau de deep house parmi d’autres, calibré pour les couchers de soleil instagrammables. Erreur. Ce titre ne cherche pas la carte postale — il la déchire doucement avant de la recoller avec des perles de sueur et des fragments de groove. Ce n’est pas un hymne de plage, c’est une sensation liquide, quelque part entre la moiteur d’un bar de Rio et la lenteur d’un dimanche où le corps décide de danser tout seul.
La rencontre entre NINA J, Aguava et Juando agit comme une fusion d’éléments contraires : le souffle chaud de la bossa, la pulsation froide du deep house, la volupté du jazz brésilien. Ensemble, ils fabriquent une musique sans bords, une matière sensuelle qui glisse et s’étire comme la lumière sur la mer. On y sent la précision européenne du mix, l’instinct latin du rythme et, au centre, la voix de NINA J — velours et sel. Elle ne chante pas, elle caresse l’air, elle respire au tempo des vagues. Son timbre, tout en retenue, épouse le beat avec la nonchalance d’un désir sûr de lui.
Ce qui frappe, c’est la manière dont la production se fond dans la respiration. Les percussions ne marquent pas le temps, elles le sculptent ; les basses n’appuient pas, elles murmurent. Tout semble en suspension, comme un moment où l’on oublie le monde. La house devient ici une langue maternelle : chaude, enveloppante, lente à parler mais pleine d’intentions.
On pourrait dire que Suco de Sol est un fantasme de fin d’été, mais c’est plus que ça : une prière douce à la lumière, une façon de dire au soleil de rester encore un peu, juste le temps d’un dernier verre. Ce morceau n’imite rien, il évoque. Il flotte entre les genres comme un corps entre deux marées, dans cette zone rare où la musique cesse d’être une structure pour devenir un état.
NINA J confirme, avec ce titre, qu’elle est de cette trempe d’artistes qui ne cherchent pas à briller mais à irradier. Elle incarne une forme de liberté — hybride, sensuelle, maîtrisée — où chaque note respire le vivant. Suco de Sol, c’est la lumière qu’on boit jusqu’à l’ivresse.
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octobre 27, 2025On ne sait jamais très bien d’où vient la lumière dans un morceau de neo-soul. Chez Dylan Meek, elle ne tombe pas d’en haut — elle semble remonter du sol, comme une chaleur enfouie depuis trop longtemps. How Can I est une prière à voix basse, un hymne discret à la vulnérabilité, à ce moment où le cœur accepte enfin de dire « je ne sais pas ». Pas de fioritures ici : juste la vérité, livrée nue, en accords suspendus et respirations étirées.
Pianiste prodige devenu alchimiste du groove, Meek joue avec la grâce des vieux maîtres — D’Angelo, Roy Hargrove, Donny Hathaway — mais sans jamais tomber dans la citation. Il revisite la tradition pour la tordre à son image : celle d’un romantique moderne, sensible à la fracture du monde et aux battements du sien. Le piano, à la fois charnel et céleste, dialogue avec la basse comme deux âmes fatiguées qui finissent par se comprendre. La batterie, feutrée, respire. Rien ne presse. La soul n’est plus une démonstration de virtuosité : c’est un langage du corps, de la peau, du regard.
Dans How Can I, tout semble venir d’un lieu intime. Il ne s’agit pas d’aimer avec grandiloquence, mais d’apprendre à écouter, à se taire, à réparer. Chaque inflexion de la voix porte une nuance de tendresse, un tremblement presque imperceptible — la preuve que Meek chante comme on confesse : avec les mains qui tremblent, mais les yeux ouverts.
Là où beaucoup voudraient rugir, lui choisit le murmure. Et ce murmure, paradoxalement, prend toute la place. On sent la trace des nuits passées à refaire le monde sur un vieux Rhodes, des amours qu’on n’oublie pas mais qu’on transforme en mélodie. Le morceau respire le studio, le bois, la sueur, les heures sans fin où la musique devient plus vraie que la parole.
How Can I n’est pas une chanson de rupture, c’est une chanson de réconciliation : avec soi, avec l’autre, avec le temps. Une soul qui ne cherche pas à séduire, mais à apaiser. Et c’est sans doute pour ça qu’elle touche si fort — parce qu’au milieu du chaos, Dylan Meek nous rappelle que la douceur, parfois, est la seule forme de courage qui reste.
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octobre 27, 2025Gran Via commence comme une errance. Pas une balade nonchalante, mais une fuite lente, celle d’un type qui cherche quelque chose sans trop savoir quoi, au milieu d’une ville trop grande, trop belle, trop bruyante pour ses pensées. Dès les premières secondes, Batcho installe une atmosphère suspendue : la nuit tombe sur Madrid, les feux de circulation se reflètent dans les flaques, et la voix, calme et brumeuse, semble flotter au-dessus du bitume.
Ce qui fascine chez Batcho, c’est sa capacité à raconter sans raconter. Il n’explique pas, il suggère. Ses mots, murmurés plus que chantés, évoquent le désenchantement tendre d’une génération qui a troqué la colère contre la dérive. Entre pop-rap et chanson alternative, Gran Via respire la solitude moderne : celle qu’on camoufle derrière les stories, celle qui s’invite dans les taxis à 3 h du matin.
La production, subtile et soignée, accompagne cette poésie du flou. Les synthés, à la fois discrets et enveloppants, dessinent une ligne d’horizon entre la mélancolie française et les codes vaporeux du cloud-rap. La rythmique, minimaliste, pulse doucement comme un cœur fatigué qui refuse d’abdiquer. Chaque son semble choisi pour sa texture émotionnelle : ici une nappe lumineuse qui évoque la chaleur d’un souvenir, là une basse qui gronde sous les mots comme un remords qu’on tait.
Mais ce qui touche le plus, c’est cette sincérité sans drame. Batcho ne joue pas le rôle du poète maudit : il observe simplement le monde depuis le siège passager, entre ironie et vulnérabilité. Sa voix porte ce mélange rare de détachement et de fièvre, comme si la seule manière de survivre à la désillusion, c’était d’en faire une chanson douce.
Gran Via n’est pas un morceau qui explose. C’est un morceau qui persiste. Une traînée de lumière au fond du crâne, un écho qui continue de résonner bien après le silence. Batcho signe ici une œuvre fragile et vraie, une carte postale adressée à personne — ou peut-être à tous ceux qui, un soir, ont senti que leur vie ressemblait à une avenue vide sous les néons.
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octobre 27, 2025Quintette francilien qui chante à tour de rôle, Fabergé Falls avance comme une caravelle pop-psyché : guitares qui rêvent, claviers en mirage, basse dessinée à l’encre bleue, batterie qui retient puis libère. Enregistré live à Motorbass, Blue Light Filter n’a rien d’un trophée : c’est la trace d’un pacte. Les longues dérives rock côtoient des ballades qui s’ouvrent comme des fenêtres ; les histoires sont intimes mais laissent assez d’air pour que chacun s’y reconnaisse. Références assumées — Beatles, Tame Impala, Boards of Canada, of Montreal, et l’étincelle Britney — jamais mimées, toujours tordues à leur manière.
On les a retrouvés pour parler de chœurs partagés, de mix d’ego et d’écoute, de buffets apéro comme méthode, et de cette lumière douce qui filtre encore sur l’album qui vient de sortir. Voici l’interview, maintenant.
1 ) Qui êtes-vous ? Nous sommes Fabergé Falls, un groupe de rock/pop indé & psychédélique basé en régionparisienne ! Le groupe se compose de cinq musiciens : Anne-Elisabeth à la basse et aux illustrations,Raphaël & Félix aux claviers, Victor à la batterie et Nicolas à la guitare. Et tout le monde chanteà un moment ou à un autre !
2 ) Quel est votre parcours ?La formation actuelle du groupe existe depuis janvier 2023. C’est à ce moment qu’on a décidéde faire sérieusement de la musique, de se professionnaliser et de produire un album. Nousavons eu l’immense chance d’enregistrer live au mythique studio Motorbass, et d’êtreentouré.es d’une super équipe, notamment Louis BES au mix, Emilie DAELEMENS aumastering et Stéphanie VAILLANT pour la réalisation du clip de notre premier single.Nous venons tous de milieux et d’endroits différents. C’est l’envie de faire de la musique, defaire vibrer les gens et d’apporter un peu de rêve aux autres qui nous a réunis 🙂
3 ) Que pouvez-vous nous dire en quelques mots sur votre musique ?Ce premier album parle d’amour, de voyage, d’aventure, de soleil et inviteà prendre le temps de prendre le temps. Il s’agit ainsi de l’histoire d’un aventurier qui a décidéde prendre un jour son parachute pour sauter dans l’inconnu. Nous avons autant des morceaux longs très rock psychédélique avec des parties instrumentales planantes que des chansons plus pop / ballade.Les paroles sont bien sûr inspirées d’histoires et d’expériences personnelles. Cependant, ellessont aussi le fruit d’expériences universelles, de sorte à ce que chacun.e puisse se reconnaîtred’une façon où d’une autre en les écoutant.
4 ) Quelles sont vos inspirations ?Nos principales inspirations sont les Beatles, Of Montreal, Tame Impala, Pond, Boards ofCanada et bien entendu Britney Spears.
5 ) Quelle est votre playlist actuelle ?Nicolas : Rodeo – Oracle Sisters | End of Summer – Tame ImpalaAnne-Elisabeth : Filmer du feu – Flavien Berger, La Brume | Le voyage de Pénélope – AirFélix : Holictave – Lianor / Abyss – EigengrauRaphaël : Dead Inside – Dirty Sound Magnet / Cornflake – Psychedelic Porn CrumpetsVictor : Blackbird – Common Saints | Pega – Terno Rei
6 ) Quel est le plat que vous cuisinez le mieux ?Nous excellons dans la préparation de buffets apéro!
7 ) Quels sont vos projets à venir ?On vient de sortir notre 1er album le 17 octobre 2025 et nous organisonsactuellement une tournée pour le promouvoir ! Si des bookers ou programmateur.rice.s lisentcela, contactez-nous 😉 En parallèle nous passons beaucoup de temps ensemble pour peaufiner notre show, et entamons d’ores et déjà la composition d’un second album 🍾
8 ) Pouvez-vous nous raconter une anecdote sur vous ?La veille d’un concert, on devait répéter ensemble pour finaliser le show, sauf que Victor a eu unaccident de moto sur l’autoroute. Mais le rock n’attend pas, alors il est venu quand même après,boitant, pantalon déchiré et fesse à l’air. Il a fait le concert le lendemain avec nous juste aprèsun rapide passage au centre de radiologie de l’hôpital d’Argenteuil. On a joué 20bpm pluslentement et ça a été une soirée mémorable tant dans le soutien qu’ont apporté les gens quedans l’interprétation spéciale de nos morceaux.
9 ) Si vous pouviez passer 48 heures avec quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré, quiserait-ce ?Nous hésitons entre Wes Anderson, Paul McCartney et Jean-Marie CACOU.
10 ) Un dernier conseil ?« What goes around, goes around, goes around comes all the way back around »
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octobre 26, 2025Je me souviens de ce moment précis où Celebration a commencé à tourner dans ma tête. Pas un “hit”, pas un tube de plus — plutôt un courant d’air, une vibration de peau. Le genre de morceau qui semble venir d’un soleil qu’on aurait oublié derrière les nuages. Ce n’est pas une chanson pour danser. C’est une chanson pour respirer à nouveau.
Stony Boy n’a pas la rage d’un rappeur en guerre, mais la dignité d’un homme qui a traversé la poussière. Son flow n’éclate pas, il serpente. Entre anglais et siswati, il raconte la fierté d’appartenir à plusieurs mondes, d’être à la fois ici et ailleurs. Il rappe comme on marcherait dans la rue après un orage : tête haute, vêtements trempés, sourire en coin. L’orage, c’est la vie — la sienne, la nôtre — et Celebration est ce moment suspendu où l’on choisit malgré tout de lever les bras.
Ce qui frappe dans la production, c’est ce sens du détail : le beat flotte entre Afrobeats et pop-rap, sans jamais tomber dans le format. Les percussions cognent doucement, les synthés se fondent dans une lumière dorée, et la basse semble sourire, elle aussi. Rien n’est surjoué. Tout respire la maîtrise et la liberté. La musique se construit comme une conversation entre la mémoire et l’avenir — Stony Boy y célèbre son identité plurielle, Stah Dogg y ajoute la rugosité du bitume londonien. Deux continents, une même pulsation.
Le morceau porte bien son nom, mais ce n’est pas une célébration tapageuse. C’est une fête intérieure. Celle des survivants, des discrets, de ceux qui ont appris à fêter les petites victoires : un matin sans peur, une facture payée, un sourire qui revient. La joie, ici, n’est pas naïve — elle est politique. Elle est ce refus d’être brisé par le monde.
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Quand la dernière note s’éteint, on reste là, le cœur un peu plus chaud. On pense à tous les endroits d’où l’on vient, à tous les soirs où l’on s’est dit “pas encore”, et à la beauté fragile de ce simple constat : on est encore debout. Et ça, oui, ça mérite bien une célébration.
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octobre 26, 2025Il y a dans Why Oh Why une nostalgie suspendue, celle qui survient quand la nuit tombe sur une ville encore tiède de promesses non tenues. Zi-Quaye y chante l’incompréhension, pas celle des grands drames, mais cette douleur intime, lente, presque polie, quand on réalise qu’aimer quelqu’un ne suffit pas toujours à être compris. Ce morceau, c’est une confession murmurée dans le rétroviseur, le regard perdu dans les phares des voitures qui filent à contresens.
Son Afro-fusion respire le spleen moderne : une production chaude, élégante, caressée par une basse moelleuse et des percussions feutrées. Mais sous la surface, le groove se fait trompeur. Il dissimule la peine, l’ambivalence — comme ces amours où l’on danse pour ne pas pleurer. Zi-Quaye a compris que la mélancolie, dans la musique afro, se dit mieux par le mouvement que par la plainte. Chaque pulsation du beat semble battre au rythme d’un cœur qui hésite entre s’accrocher et lâcher prise.
La voix, douce et légèrement fêlée, s’élève comme un fil entre la tendresse et la lucidité. Elle ne supplie pas — elle raconte. On y sent la fatigue des “pourquoi” qu’on a trop souvent répétés, les silences lourds après des promesses en miettes. Ce qui frappe, c’est la sincérité du ton : Zi-Quaye ne cherche pas à enjoliver, il décrit cette zone grise où le sentiment devient poison, où la confiance se fissure sans éclat.
Ce mélange entre Afrobeat et soul crée une atmosphère presque cinématographique. On imagine la scène : la pluie sur le capot, les lampadaires déformés par les gouttes, et cette chanson qui tourne en boucle dans les écouteurs — l’écho d’une histoire qui s’efface.
Avec Why Oh Why, Zi-Quaye signe un morceau d’une justesse rare. Ce n’est ni un cri ni une complainte, mais un soupir. Un de ceux qu’on pousse quand on comprend que l’amour, parfois, n’est qu’une danse à contretemps. Et même quand la musique s’arrête, on reste là, figé, à écouter la dernière note se dissoudre dans le silence — comme un dernier message non lu.
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octobre 26, 2025C’est un morceau qui sent la chaleur du bitume, les fruits trop mûrs et la poussière d’un désert américain au coucher du soleil. The Fruit de Bad Flamingo n’est pas une chanson — c’est un mirage, un sortilège. Une morsure sonore entre la tentation biblique et la lascivité d’un western électrique. Deux voix — peut-être deux ombres — s’y glissent, se frôlent, se défient. Tout semble à la fois sensuel et dangereux, comme si la musique avait été enregistrée dans un motel hanté, au milieu d’une nuit qui ne voulait pas finir.
Ce duo reste un mystère. Masquées, les deux musiciennes de Bad Flamingo cultivent une aura aussi brûlante qu’impénétrable. Leur univers, c’est celui de l’Amérique fantasmée : poussière, cuir, frisson. Mais The Fruit n’a rien d’un pastiche. Le morceau glisse dans une zone trouble entre blues, indie rock et cinéma noir. La guitare traîne comme une corde de pendu, les percussions cognent mollement, comme un cœur battant trop lentement, et la voix, rauque, chuchotée, t’entraîne dans une danse dangereuse.
Écouter The Fruit, c’est mordre dans quelque chose qu’on n’aurait pas dû goûter. La production est volontairement minimaliste, presque primitive : chaque son a le goût du sel et du sang. C’est ce dépouillement qui rend la tension insoutenable. Rien n’est crié, tout est suggéré. Et ce silence qui rôde entre les notes… il vaut toutes les explosions.
Bad Flamingo a cette manière rare de transformer l’épure en drame. Leur musique ne cherche pas à séduire, elle hypnotise. On pense à un mélange de The Kills, de Nick Cave, et d’un vieux film de David Lynch qu’on aurait retrouvé sur une VHS poussiéreuse. C’est la rencontre du sacré et du charnel, du venin et du velours.
The Fruit est une tentation en forme de confession. Une chanson qui ne donne pas de réponses, mais qui fait naître le doute : et si le péché était plus savoureux que la vérité ? Derrière les voix de Bad Flamingo, on sent le feu, le danger, et ce sourire carnassier qui précède toujours la morsure.
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octobre 26, 2025J’ai mis Sweat Drips un soir d’ennui et j’ai tout de suite su que j’allais transpirer — pas seulement du front, mais de l’âme. Ce genre de groove n’invite pas à danser, il te force à bouger, à te délier, à te désarticuler. Le morceau pulse comme une fièvre sous la peau, quelque part entre un éclat de rire ivre et un orgasme musical.
Paul Louis Villani semble convoquer les esprits les plus dégénérés de la funk : le fantôme ricanant de Sly Stone, l’ombre insolente de Prince, les vapeurs psychotropes d’un Parliament en pleine transe. Sauf qu’il fait tout ça à sa manière, sans nostalgie ni costume vintage. Sweat Drips est un monstre moderne : un funk sale, charnel, qui sue la luxure et la liberté.
Dès les premières secondes, le morceau te prend par la taille. Une basse moite, poisseuse, presque lubrique, t’enlace. Les cuivres s’y mêlent, triomphants et débraillés, comme des corps en sueur dans une backroom. Puis arrive ce groove contagieux, animal, qui transforme le moindre geste en un mouvement sexuel. On dirait un baiser au ralenti entre James Brown et un beatmaker techno en pleine extase.
Et pourtant, derrière cette explosion sensuelle, il y a une pensée. Villani, l’architecte du chaos, construit ses morceaux comme des expériences sonores — chaque souffle, chaque silence est millimétré pour provoquer. Ce n’est pas une chanson pour “plaire”, c’est une déclaration de guerre contre la bienséance, contre le streaming aseptisé et les playlists fades. Sweat Drips revendique le plaisir comme acte de résistance.
On y sent le refus du compromis, l’envie de l’instant pur, celui où la musique devient une pulsion primitive. Villani ne cherche pas à reproduire le funk : il le défigure, le tord, le pervertit pour en extraire une vérité plus brute, plus proche du corps. Sa production claque comme une peau nue contre le cuir d’un fauteuil, résonne comme un rire dans une nuit d’été trop moite.
Sweat Drips est indécent, hilarant, vital. C’est le funk dans sa forme la plus sale, la plus libre, la plus jouissive — celle qui rappelle que la musique n’est pas faite pour être polie, mais pour être vécue, sentie, transpirée. Et quelque part entre deux coups de basse et un cri de cuivre, Paul Louis Villani te murmure la vérité la plus simple du monde : le plaisir n’a jamais eu besoin d’excuses.
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octobre 26, 2025J’ai mis Hopeless à fond dans mes écouteurs une nuit où la ville vibrait encore des restes d’un vendredi trop long. La lumière orange des lampadaires découpait la route, et soudain tout a basculé : un choc, un souffle, une montée d’adrénaline. Pas une chanson, non — un impact. Hopeless ne se laisse pas approcher, elle te percute de plein fouet.
Monster Machine, alias Penny Yang, ne produit pas de la musique : elle sculpte des secousses. Sa Drum & Bass n’a rien de docile, rien de club-friendly au sens traditionnel. C’est une matière vivante, métallique, gonflée de tension, où les fréquences se cognent entre elles comme des idées dans un cerveau en surchauffe. On pense à RL Grime pour la monumentalité du son, à Skrillex pour la violence cinétique, mais surtout à cette urgence intime — celle d’une femme qui fait du chaos un langage émotionnel.
Ce qui me fascine dans Hopeless, c’est ce mélange d’exactitude et de désordre. Tout est millimétré, mais tout semble sur le point d’exploser. On dirait un orage retenu par des fils électriques : les drops s’abattent comme des coups de tonnerre, la basse se faufile sous la peau, les percussions grésillent comme des câbles brûlants. On danse, mais c’est une danse de survie — mécanique, animale, transcendante.
Et pourtant, au milieu de cette furie, une mélancolie s’installe. La voix, lointaine, déformée, semble crier depuis l’intérieur d’un rêve englouti. Hopeless n’est pas qu’un défouloir : c’est une catharsis, un cri muet d’émotion comprimée. On y sent la solitude du producteur derrière l’écran, la fatigue d’un monde numérique qui pulse trop vite, la beauté glaciale de la saturation.
Penny Yang ne cherche pas à séduire. Elle cherche à électrocuter l’âme. Hopeless fonctionne comme un rituel : un exorcisme chromé pour ceux qui se noient dans la vitesse et trouvent, dans le bruit, leur forme la plus pure de silence. À la fin, quand le morceau s’éteint, il reste ce battement — le tien — qui cherche encore à suivre le rythme.
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octobre 26, 2025J’écoutais Take Me Home en regardant les lampadaires se refléter sur une vitre sale, quelque part entre le réel et le souvenir. Il y a dans ce morceau quelque chose qui colle à la peau, une moiteur familière, comme une nuit qu’on n’a pas vraiment dormie. C’est un titre qui ne cherche pas à impressionner, mais à hanter. Une mélodie suspendue entre deux respirations, comme si le temps lui-même hésitait à continuer.
Sully Beatz ne produit pas un beat, il construit une atmosphère. Son travail ici relève plus du cinéma que du studio : chaque nappe synthétique semble se dissoudre dans un halo bleuté, chaque kick atterrit avec la retenue d’un cœur qui bat trop lentement. Il ne s’agit pas de trap ou de pop-rap, mais d’un espace intermédiaire, un “no man’s land” entre la gravité du sol et la dérive du ciel. Le son flotte, léger mais chargé d’une tension sourde.
Sur cette architecture brumeuse, WindowBandito se déverse comme une pensée qui déborde. Son flow a la précision d’un aveu, pas celle d’un exercice. Il parle avec ses failles, comme si chaque syllabe était une expiration de trop. Il ne cherche pas à convaincre : il existe, et c’est déjà bouleversant. Sa voix, traversée de doutes, d’une douceur presque maladroite, dessine les contours d’une fragilité assumée. Elle a ce grain de sincérité qu’on reconnaît immédiatement — celui des artistes qui ne prétendent rien d’autre que survivre à leurs propres émotions.
Ce qui me frappe dans Take Me Home, c’est son refus du spectaculaire. C’est un morceau qui s’en fout des refrains accrocheurs et des structures polies. Il avance comme une confession au ralenti, porté par une pudeur rare dans le rap contemporain. Ce n’est pas une chanson pour la fête ni pour la peine — c’est pour cet entre-deux, cette zone grise où l’on se parle à soi-même en attendant que quelque chose change.
La force du duo tient dans ce qu’ils ne disent pas. Dans les silences, dans les respirations. Dans cette façon qu’a Sully Beatz de laisser traîner les sons comme des pensées inachevées, et celle de WindowBandito d’y marcher pieds nus. Take Me Home devient ainsi un hymne discret à la vulnérabilité moderne — celle des écrans allumés à 3h du matin, des espoirs qui tournent en boucle, des âmes qui errent mais ne renoncent pas.
Un morceau comme un songe éveillé, un souvenir en suspens. Un rap qui ne crie pas, mais qui comprend.
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octobre 26, 2025On croit souvent que la joie est un cri. Chez Langendorf United, elle est un cercle. Hope (The Bingert Dance Remix) ne s’écoute pas, il se respire — à pleins poumons, comme un air brûlant chargé d’épices et d’électricité. C’est une transe de lumière, une célébration cosmique où les cuivres, les congas et les synthés s’enlacent dans un tourbillon d’allégresse maîtrisée.
Tout commence par un battement, une promesse. La hi-hat crépite comme une pluie sèche sur les toits d’Addis-Abeba tandis qu’une basse bondissante, presque insolente, fait vibrer la colonne vertébrale. Puis arrivent les vents — ceux de Lina Langendorf —, libres, vibrants, déliés. On sent qu’ils ont respiré l’air de l’Afrique de l’Est, qu’ils ont côtoyé Mulatu Astatke, qu’ils connaissent la brûlure du soleil sur les pavés d’un carnaval en fusion. L’improvisation n’est jamais gratuite : elle trace un chemin, celui d’une humanité en mouvement, d’un espoir qui persiste dans la danse.
Daniel Bingert, au cœur de ce remix, injecte dans cette architecture jazz une folie électronique à la suédoise. Un 80s Afro-synth bricolé, clignotant comme un jouet Nintendo en pleine cérémonie vaudou. L’équilibre entre l’humain et la machine est fascinant : les percussions semblent dialoguer avec les circuits, les harmonies s’échappent comme des oiseaux mécaniques. On flotte entre les continents, entre la sueur et le pixel.
Techniquement, le morceau est d’une intelligence rare. Tout s’y superpose sans jamais s’écraser : les congas claquent comme un cœur heureux, la basse de Vågan groove avec une sensualité nordique, et les nappes de claviers d’Hederos ondulent avec la grâce d’un drap suspendu dans le vent. Chaque détail respire la jubilation collective, cet état où la technique devient instinct, où le jazz se transforme en rituel populaire.
Mais au-delà du groove, Hope raconte quelque chose d’essentiel : la foi en la musique comme survie. Le titre n’est pas seulement une invitation à danser, c’est une métaphore du souffle — « hope » comme dernier battement avant la chute, comme un cri joyeux lancé au-dessus du chaos. Ce n’est pas un remix pensé pour le club, c’est une cérémonie : un moment où l’on retrouve, sous les strates du son, la pulsation primitive du monde.
Langendorf United parvient ici à ce miracle rare : faire dialoguer l’esprit du jazz éthiopien, la rigueur scandinave et la chaleur du dancefloor global. Hope (The Bingert Dance Remix) n’est pas seulement un morceau à écouter, c’est une expérience à traverser — un voyage dans l’apesanteur du groove, là où les frontières fondent et où l’humanité, une fois encore, choisit de danser.
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octobre 26, 2025On dirait que Rotation ne commence pas, qu’il existe déjà quelque part avant qu’on appuie sur play. Une pulsation. Un éclat de soleil piégé dans le groove. La musique de Mojae n’a pas besoin de se présenter : elle respire. Elle ondule avec une telle évidence qu’on se surprend à bouger avant même d’avoir saisi la mélodie. C’est un morceau circulaire, une transe douce, une boucle d’énergie qui tourne sur elle-même comme la Terre au ralenti.
Ce que Mojae capture ici, c’est la sensation physique du désir — non pas celui qui brûle, mais celui qui s’étire. Rotation danse sur ce fil entre sensualité et apaisement, entre feu et moiteur. Le rythme, taillé dans la matière même de l’afrofusion, s’appuie sur des percussions qui claquent comme un sourire, des basses moelleuses, un tempo à la fois souple et précis. La structure du morceau ressemble à une spirale : plus on avance, plus on est happé.
Et puis cette voix. Ce timbre légèrement voilé, porté par un accent ghanéen qui roule sur la langue comme une promesse non tenue. Mojae chante avec le naturel de ceux qui ne cherchent pas à impressionner — il vit la chanson de l’intérieur, dans la chair. Pas d’effets surjoués, pas de grandiloquence : juste la maîtrise d’un artiste qui sait que la chaleur la plus vraie ne fait pas de bruit.
Techniquement, Rotation frappe par son équilibre. Chaque élément — les nappes de guitare highlife, les motifs électroniques discrets, le jeu de batterie subtilement syncopé — semble avoir trouvé sa place exacte, comme si la production n’était qu’une traduction fidèle du corps en mouvement. Il y a du Wizkid dans la légèreté du refrain, du Stonebwoy dans la ferveur rythmique, mais Mojae ne copie personne. Il reformule, il filtre, il recentre.
Ce qui fascine, c’est la façon dont la chanson ne se contente pas d’être festive : elle est organique. On la sent respirer, se gonfler, se détendre. Rotation n’est pas un appel à danser, c’est une invitation à tourner avec le monde, à accepter le cycle du plaisir et du manque, à s’abandonner au vertige de ce qui revient toujours.
Mojae signe un morceau solaire mais jamais naïf, traversé d’une mélancolie discrète, comme si le mouvement servait à tenir debout, à fuir la gravité. Dans un paysage afrobeat saturé de tubes interchangeables, Rotation agit comme une caresse : une chanson qui tourne lentement autour de nous, sans jamais perdre sa lumière.
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octobre 26, 2025Je crois que Baleine n’est pas une chanson, mais un songe avalé. Une hallucination lente qui s’invite dans les poumons, puis dans le ventre, avant de se diluer dans tout le reste. Il y a dans ce titre de La Parade quelque chose d’étrangement viscéral, comme un souvenir d’enfance qu’on aurait laissé tremper trop longtemps dans l’eau salée. Une chanson qui semble se jouer sous la peau, dans cet endroit secret où le silence prend la forme d’un battement.
Écouter Baleine, c’est d’abord sentir la pression de l’eau, cette montée douce et irrésistible de la profondeur. Les boucles aquatiques s’entremêlent aux pulsations graves comme un courant qui nous entraîne, sans brutalité, mais avec l’assurance de ce qui a toujours existé. La voix, elle, se détache à peine, fluide, comme une respiration qu’on n’entend qu’à demi, entre deux mondes. Elle raconte sans forcer, avec cette pudeur rare qu’ont ceux qui savent que la mélancolie n’a besoin d’aucun effet spécial pour exister.
Techniquement, tout y est millimétré — mais c’est une précision qui n’en dit rien, qui se cache derrière la poésie. Le beat, discret et moelleux, évoque une transe paresseuse. Les basses s’étalent, chaudes et cotonneuses, tandis que des synthés à la texture d’algue s’enroulent autour de la voix. On pense au trip-hop des débuts, à une plongée quelque part entre Massive Attack et Dominique A, à cette frontière floue où le spleen se danse encore.
Mais au fond, Baleine n’a pas grand-chose à voir avec ses références. La Parade signe ici un titre d’une étrangeté assumée, une chanson qui s’écoute comme on regarde un aquarium la nuit : tout est lent, presque immobile, mais on devine sous la surface une vie dense, bruissante, amoureuse. Il y a un romantisme moderne dans cette façon de ne rien dire trop fort, d’accepter la beauté du flou, de se laisser traverser sans chercher à comprendre.
C’est peut-être ça, le grand charme de Baleine : une chanson qui ne cherche ni à plaire ni à percer, mais à envelopper. À redonner au corps son poids liquide, à l’esprit sa lenteur. La Parade compose une apnée sentimentale, un voyage dans la matrice bleue de nos émotions, un refuge contre le bruit du monde. Et quand la dernière note s’éteint, on émerge un peu étourdi, trempé de lumière, le cœur battant encore dans la gorge.
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octobre 26, 2025Le morceau commence comme un souffle sur la nuque, une chaleur douce qu’on reconnaît sans savoir d’où elle vient. Slide de Tobiah Frei ne cherche pas à séduire : il glisse. Il s’infiltre dans les interstices, entre la peau et la mémoire, avec cette nonchalance maîtrisée qu’ont les artistes qui savent que le silence est parfois plus sensuel que la parole.
Tobiah Frei a compris une chose essentielle : la lenteur est un art. Dans un monde où la plupart des productions afro-pop cherchent à nous faire danser avant même d’avoir posé l’émotion, Slide prend le contre-pied. C’est un morceau qui préfère la fluidité à l’énergie, la tension à l’explosion. Chaque beat tombe comme une goutte de pluie sur une surface tiède, chaque vocalisation semble provenir d’un lieu intérieur, secret.
La production est d’une élégance rare. Une base afrobeat subtile, presque suspendue, sert d’écrin à des sonorités R&B aériennes : nappes soyeuses, basses feutrées, percussions distantes comme un cœur qui bat à contretemps. Tobiah ne pousse jamais sa voix — il la laisse flotter, onduler, effleurer la mélodie comme une main sur un drap froissé. Il y a dans cette retenue une forme de confiance désarmante, celle des artistes qui n’ont rien à prouver.
Mais au-delà du charme immédiat, Slide raconte aussi l’incertitude du début — ce moment suspendu où l’on s’avance vers l’autre sans savoir si l’on tombera ou si l’on volera. Ce n’est pas un morceau de conquête, c’est un morceau d’équilibre. Une danse lente entre deux inconnus, entre promesse et vertige.
Ce qui fascine, c’est la clarté du geste : Tobiah Frei compose avec la délicatesse d’un sculpteur de sensations. Slide n’est pas un slow ni un tube afro sensuel, c’est une expérience de proximité. On y entend la moiteur de l’été, la respiration d’une chambre encore ouverte sur la nuit, le risque doux de laisser quelqu’un entrer dans sa zone tranquille.
Dans la marée constante des sons calibrés, Tobiah Frei se distingue par sa sobriété. Il ne cherche pas à briller, mais à faire durer l’instant. Slide devient alors ce qu’il promet dès son titre : un glissement — lent, précis, irrésistible — entre la pudeur et le désir.
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octobre 26, 2025Je ne sais pas à quel moment précis le morceau m’a happé — peut-être quand les kicks ont commencé à respirer comme un cœur qu’on cale sur la lumière stroboscopique. Dance Floor de Dan Laino n’est pas une simple invitation à bouger, c’est un rappel à l’ordre du corps. Un retour à ce que la house, dans sa plus pure essence old-school, a toujours su faire : dissoudre l’ego dans le rythme, rendre à la chair son pouvoir spirituel.
Le producteur new-yorkais aborde la Tech House comme un archéologue du club. Il fouille les pulsations du passé — les grooves moites de Chicago, les nappes métalliques des années 90 — pour les refondre dans une architecture sonore d’aujourd’hui. Rien ici n’est tape-à-l’œil. Tout est construit sur la tension, sur le va-et-vient des basses qui frappent sans violence mais avec une régularité hypnotique. C’est ce minimalisme en mouvement qui fait la force du titre : une boucle qui n’en finit jamais vraiment, parce qu’elle respire différemment à chaque tour.
Ce que j’aime dans Dance Floor, c’est cette honnêteté. Pas d’esbroufe, pas de montée forcée, pas de drop triomphal. Juste un groove qui s’installe, prend possession de l’espace, du corps, du souffle. On y sent la sueur anonyme des clubs underground, les regards croisés entre deux mesures, les murs vibrants d’un système son trop fort pour être raisonnable. Le morceau devient un rituel, une liturgie du mouvement.
Dan Laino ne cherche pas à raconter une histoire : il en crée une à travers la répétition. Chaque élément — hi-hat, clap, ligne de basse — agit comme une phrase qui se reformule à l’infini. Ce n’est pas de la musique à écouter, c’est une musique à vivre dedans. Et c’est là toute la beauté du geste : une house sans nostalgie, mais pleine de mémoire.
Dance Floor sonne comme une déclaration de fidélité à la culture du club, celle qui préfère l’authenticité à la surenchère. Dan Laino y redonne au dancefloor son sens premier — un espace de liberté, de transe et d’abandon. Là où l’on cesse de danser pour simplement devenir le rythme.
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octobre 26, 2025Le morceau m’a attrapé avant même que je sache pourquoi. Peut-être à cause de cette ligne de piano, souple et hypnotique, comme un souvenir qu’on n’arrive pas à formuler, ou de cette voix, mi-chaleureuse mi-brumeuse, qui semble flotter entre la lucidité et le rêve. Grizzly Peak Rd., chez Tilden Parc, n’est pas un titre : c’est un lieu mental. On y avance comme sur une route de montagne, à la fois sûr de soi et au bord du vertige.
Ce qui me fascine ici, c’est la maîtrise du paradoxe. Tilden vient du rap, d’une école de précision et de rythme, et pourtant, il choisit ici la lenteur, la suspension, la respiration. Tout semble au ralenti — les percussions coulent plus qu’elles ne frappent, les basses ondulent avec cette grâce moelleuse propre au R&B de la côte ouest. On sent que chaque son a été posé avec la minutie d’un producteur qui connaît la valeur du silence. Et dans ce calme, Tilden trouve une forme d’assurance nouvelle, une élégance tranquille.
Mais sous la surface veloutée se cache un battement d’inquiétude. Grizzly Peak Rd. n’est pas une simple chanson de séduction, c’est une exploration du lien — ce moment précis où l’intimité bascule entre la confiance et la perte de contrôle. La métaphore de l’eau, qui traverse le texte, dit tout : apprendre les courants, les embruns, les débordements. On y sent une sensualité subtile, sans exhibition, mais toujours vibrante, presque physique.
Ce morceau me rappelle la lumière de fin d’après-midi sur les collines de Berkeley : dorée, un peu mélancolique, comme si le monde retenait son souffle avant la nuit. Tilden s’y fait conteur du présent, artisan du groove, bâtisseur d’atmosphères. Sa voix, discrète mais pleine de reliefs, se glisse dans la production comme un fil de soie entre deux ombres.
Dans Grizzly Peak Rd., Tilden Parc dépasse son étiquette de rappeur-producteur pour devenir sculpteur d’espace. Il ne cherche pas le hit ni le cri, mais la justesse — ce moment fragile où le rythme et l’émotion respirent ensemble. Ce n’est pas un morceau à écouter : c’est un lieu à habiter. Une route suspendue entre deux mondes, où chaque virage semble nous ramener un peu plus près de soi.
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octobre 26, 2025Ce morceau ne cherche pas à séduire. Il désarme. Conversations n’est pas une chanson d’amour — c’est ce qu’il reste quand l’amour s’est effrité, quand il ne reste plus que la lucidité et le goût métallique du trop tard. Estella Dawn y marche sur un fil tendu entre vulnérabilité et renaissance, sans jamais tomber dans le pathos. Sa voix, douce et ferme, caresse avant de trancher. Elle parle bas, mais chaque mot résonne comme une gifle élégante.
Ce qui frappe, c’est cette manière de rendre audible la fatigue — pas la tristesse, la fatigue. Celle d’avoir trop parlé, trop expliqué, trop espéré. Conversations n’a pas besoin de refrain : la répétition, ici, est déjà dans le vécu. Le morceau s’ouvre sur un piano presque pudique, une mélodie fragile comme un souffle retenu, puis s’élargit lentement, respirant au rythme d’une émotion qui se redresse. Les synthés s’y mêlent comme des cicatrices lumineuses, les cordes frémissent à la lisière de la rupture, et soudain, la chanson s’envole — pas vers l’autre, mais vers soi.
La production, toute en retenue et en précision, rappelle le minimalisme viscéral de BANKS ou la dramaturgie intime de Halsey. Mais chez Estella, rien n’est posture. Sa musique est traversée d’air, de chair, de silences éloquents. On y perçoit le souffle d’une écrivaine plus que celui d’une pop star. Elle écrit comme on se parle à soi-même quand on arrête de mentir : avec une tendresse froide, une sincérité brutale.
Ce qui distingue Conversations, c’est cette absence d’effort — cette fluidité entre le poétique et le réel. Estella Dawn n’y chante pas la fin d’une histoire, mais la naissance d’un regard. Celui qu’on pose sur soi après avoir trop attendu des autres. Et dans cette épure, elle touche à une vérité presque universelle : on ne guérit pas en parlant, on guérit en se comprenant enfin.
Avec Conversations, Estella Dawn confirme qu’elle appartient à cette lignée rare d’artistes capables de transformer la désillusion en beauté lucide. C’est une chanson qui ne demande pas d’écoute, elle exige le silence autour d’elle. Un miroir tendre et tranchant à la fois — comme un dernier mot qu’on n’aurait jamais eu le courage de dire.
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octobre 26, 2025On croyait connaître Summertime Sadness, cette prière moite et tragique de Lana Del Rey, où l’été se fane dans un ralenti de larmes et de rouge à lèvres. Mais Tommie Sox, lui, ne s’incline pas devant la nostalgie : il la fait danser. Son remix amapiano ne trahit pas le spleen originel — il l’étire, le fait onduler, le transforme en une transe sensuelle où la tristesse devient un mouvement.
Ce n’est pas un simple exercice de style. C’est une mutation émotionnelle. Là où la version originale baignait dans la langueur californienne, Tommie Sox ramène tout ça dans une chaleur plus terrienne, presque spirituelle. Le kick basse amapiano, rond et souple, agit comme une respiration. Les log drums y palpitent avec lenteur, comme des battements de cœur dans la torpeur d’un après-midi trop long. Et quand la voix fantomatique de Lana réapparaît, filtrée, diluée dans la texture du morceau, elle ne pleure plus : elle plane.
On se surprend à bouger sans s’en rendre compte. Le remix a cette magie-là — il garde le deuil, mais le fait défiler sous les palmiers. Tommie Sox ne cherche pas la facilité du club, il vise l’hypnose. Chaque transition, chaque montée de percussions semble répondre à une émotion enfouie, comme si l’arrangement avait été conçu à partir d’un battement intérieur. Le morceau respire, s’étire, chavire, et finit par vous envelopper entièrement.
Dans le paysage souvent formaté du remix amapiano, Tommie Sox signe ici quelque chose d’élégant, de presque littéraire : une réécriture de la mélancolie. Il fait du rythme une forme de guérison. C’est un été qui refuse de mourir, un chagrin qui apprend à danser, un slow mo transformé en communion.
SummerTime Sadness (Amapiano Remix), c’est le genre de morceau qu’on écoute la tête dans la nuque, yeux fermés, les doigts tapotant la table, comme pour conjurer le sort. Ce n’est plus une chanson de rupture — c’est une résurrection en 115 BPM. Et sous les percussions de Tommie Sox, même la tristesse finit par sourire.
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octobre 26, 2025J’ai d’abord cru que Don’t Stop était un morceau solaire, une de ces bouffées d’afrobeat qui respirent la fête et la sueur du soir. Et puis, très vite, une autre sensation s’est glissée entre les percussions : quelque chose de plus fragile, presque mélancolique, comme un sourire qui tremble avant de se dissoudre. C’est tout le paradoxe de BigZee — un artiste qui, même sans un mot, parvient à raconter le manque, la fêlure, la fatigue du cœur.
Ce morceau instrumental, entre afro-fusion, son cubano et rock progressif brésilien, pulse comme une artère à découvert. On y entend la moiteur d’un Lagos nocturne, la nonchalance d’un bar de Salvador, et les éclats psychédéliques d’une guitare latine qui refuse de s’éteindre. Le groove, lui, n’a rien d’un prétexte : c’est une mécanique du souffle, un combat contre l’immobilité. Don’t Stop n’est pas un ordre — c’est une supplique.
BigZee, derrière ses machines, semble écrire une prière sans mots. La basse roule comme une vague fatiguée, les percussions se répondent avec la précision d’une conversation intérieure, et au centre, cette guitare — chaude, déchirée — qui semble vouloir consoler sans y parvenir. C’est une transe contenue, un cri muet, un besoin vital de continuer à danser pour ne pas s’effondrer.
On sent, dans la structure du morceau, une tension dramatique subtile : ça avance, ça se retient, ça explose par moments, avant de retomber dans une langueur presque cinématographique. BigZee compose comme on respire sous l’eau — lentement, avec prudence, mais avec cette urgence de survivre. Il n’y a pas de voix, mais il y a une âme. Et cette âme, elle parle fort.
Don’t Stop est une musique de l’entre-deux : entre la douleur et le désir, la chute et la renaissance, la transe et la confession. C’est une pulsation qui refuse la résignation, un poème sans syllabes, un exorcisme en rythme 4/4. BigZee ne cherche pas à plaire. Il cherche à tenir debout. Et dans cette obstination presque mystique, il touche à quelque chose de profondément humain — la beauté de ne pas s’arrêter, même quand tout en soi demande l’inverse.
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octobre 26, 2025Je crois que ALONE parle avant tout d’un épuisement. Pas celui du corps, mais celui de l’âme quand tout devient bruit. J’ai écouté ce morceau tard, casque vissé, lumière éteinte, et j’ai eu cette impression d’être face à quelqu’un qui n’en pouvait plus d’exister à travers les autres. Alex ne cherche pas à séduire — il se purge. Son rap ressemble à un journal intime en apnée, à une conversation qu’on a avec soi-même quand le monde s’effondre en silence.
Le titre ne ment pas : ALONE sonne comme une solitude choisie, presque revendiquée. Il y a dans sa voix cette fatigue de ceux qui ont trop voulu plaire, trop donné sans recevoir, et qui décident soudain que le seul amour qui vaille, c’est celui du travail bien fait. Le flow est acéré, suspendu entre deux respirations, et la prod, elle, frappe comme un battement de cœur compressé dans une boîte en fer. Ce mélange de trap tendue et de vibrations Jersey Club produit une tension étrange, magnétique : on dirait un orage intérieur qui refuse d’éclater.
Mais ce qui m’accroche le plus, c’est la retenue. Alex ne fait pas de la douleur un spectacle — il la murmure. Son écriture se déploie dans l’ombre, avec cette économie de mots qui dit tout. Pas de punchlines démonstratives ni de storytelling formaté. Juste une succession d’images mentales, de pulsations émotives, comme si chaque mesure traduisait un combat invisible.
On sent qu’il vient de loin, de Reading à Chypre, avec cette identité dédoublée entre gris anglais et lumière méditerranéenne. Cette dualité transparaît dans la texture même du morceau : froide et chaude à la fois, métallique mais vibrante, presque sensuelle dans sa mélancolie. Alex transforme sa solitude en atelier, son isolement en art martial.
ALONE n’est pas un hymne à l’indépendance, c’est un cri discret pour le contrôle. La promesse de ne plus se perdre dans le bruit du monde. Un morceau qui ne se consomme pas, qui se contemple. Et au milieu de tout ça, Alex semble enfin s’entendre respirer — pas pour exister plus fort, mais pour exister mieux.
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octobre 26, 2025Take Me Back s’écoute comme un souvenir qu’on voudrait retenir entre ses doigts. C’est une caresse dans le chaos, un morceau à la frontière des continents — là où les pulsations d’un Londres pluvieux croisent la moiteur dorée de Lagos. Creepzz et Kosi Sia, deux âmes venues de mondes différents, trouvent ici leur langage commun : celui du rythme, de la nostalgie et du désir de recommencer.
Le morceau s’ouvre avec une douceur trompeuse, comme une confession chuchotée avant la tempête. La voix de Creepzz glisse, posée, presque fragile, sur une production hybride où l’Afrobeats se mêle au UK Hip-Hop avec une élégance rare. Les percussions ondulent sans excès, laissant la basse respirer et la mélodie s’étirer comme un rayon de soleil sur les briques humides d’un matin londonien. Puis la voix de Kosi Sia arrive, magnétique, aérienne, et tout s’élève d’un cran. Leur dialogue devient danse : lui parle de retour, elle répond en silence, leurs timbres s’enroulent dans une tension tendre et sensuelle.
Mais Take Me Back n’est pas qu’une chanson d’amour — c’est un cri feutré, celui de ceux qui ont connu la distance, la rupture et la mélancolie des secondes chances. Le texte, simple en apparence, cache une complexité émotionnelle fine : chaque mot semble suspendu entre la vulnérabilité et le contrôle, entre ce qu’on ose dire et ce qu’on tait. La production joue ce rôle de miroir, oscillant entre chaleur organique et froideur numérique, à l’image d’une époque où les émotions passent par les écrans mais continuent de battre à l’intérieur.
Creepzz ne cherche pas à impressionner. Il raconte. Il observe. Son flow coule avec une précision détendue, presque nonchalante, mais chaque syllabe frappe juste, au bon endroit. Kosi Sia, elle, déploie une aura solaire — celle des chanteuses qui ne forcent rien, qui illuminent par la retenue. Ensemble, ils signent un morceau où le groove devient confession, où le battement du cœur se confond avec celui du kick.
Take Me Back est moins un hit qu’un moment suspendu. Un pont entre deux cultures, deux sensibilités, deux façons d’aimer. Un morceau qui fait danser sans bouger, sourire sans oublier. C’est l’âme afro filtrée par le gris londonien — un mélange de spleen et de chaleur, de saudade et de lumière. Une promesse murmurée à la fin de la nuit : celle de se retrouver, quelque part, entre la pluie et le soleil.
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octobre 26, 2025Sous le soleil doré du Brunch, Khern$ et SMOOTHDAWOLF dressent une fresque de leur propre élégance, quelque part entre la désinvolture du luxe et la lucidité des lendemains. Deux titres, deux humeurs, deux reflets d’un même miroir : celui d’artistes qui ont compris que la réussite n’a de sens que si elle garde son tempo — lent, précis, confiant. Bottomless Mimosas et Show Off ne sont pas des morceaux faits pour briller dans le vacarme : ils se dégustent comme des bulles d’ivresse lente, à la frontière entre l’excès et la réflexion.
Sur Bottomless Mimosas, la chimie entre Khern$ et SMOOTHDAWOLF est immédiate — fluide, naturelle, presque cinématographique. Le titre capture cette heure étrange du brunch, quand la lumière traverse les verres et que les conversations deviennent vérité. SMOOTHDAWOLF installe une production soyeuse, où la basse s’enroule autour des voix comme un velours sonore. C’est à la fois luxueux et familier : un groove de fin de matinée, porté par une écriture qui observe le monde avec un détachement feutré. Khern$ y glisse ses mots comme des bulles de champagne — précis, assurés, un brin ironiques. On entend derrière le sourire la conscience d’un homme qui savoure sans jamais se griser.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/1y5ZHQkMQNJlHOU4MY5CfK?si=7efe05d378dd4efd
Show Off, lui, prend une autre teinte. Plus introspectif, presque sentimental, le morceau montre une autre facette du duo. Là où Bottomless Mimosas brillait par sa nonchalance, celui-ci touche par sa sincérité. Les harmonies féminines en arrière-plan donnent à la voix de Khern$ une profondeur nouvelle, un équilibre entre assurance et vulnérabilité. SMOOTHDAWOLF, en orfèvre du détail, déploie une production limpide : piano en suspension, percussions contenues, souffle d’espace. Ce n’est plus la fête, c’est le lendemain, celui où l’on se regarde dans le miroir et où l’on se parle enfin sans filtre.
Ensemble, Khern$ et SMOOTHDAWOLF créent un univers cohérent, raffiné, presque narratif. Brunch n’est pas seulement un projet de rap — c’est un rituel, une philosophie du rythme et du plaisir. L’un incarne le verbe, l’autre la texture : deux voix, deux sensibilités, qui se répondent comme un toast parfaitement équilibré entre audace et apaisement.
Dans un monde saturé d’agitation, Khern$ et SMOOTHDAWOLF rappellent que la vraie puissance réside dans le contrôle. Et qu’au fond, la plus belle provocation, c’est peut-être de ne jamais perdre son calme, même quand tout brûle autour.
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octobre 26, 2025Dans Cruella, Danny Polo ne chante pas seulement le péché, il le danse. Et il le fait avec cette élégance trouble qui transforme la transgression en art. Tout, dans ce morceau, brûle d’un feu sensuel et spirituel à la fois : l’Afrobeats qui frémit sous la peau, la pulsation Jersey Club qui gifle les sens, et cette voix, fluide comme un murmure de prière détournée. C’est le gospel de la tentation, l’hymne d’un homme qui a troqué la foi contre la fièvre.
Le morceau s’ouvre comme un rite : cloches d’église, synthés menaçants, battements charnels. Très vite, Danny Polo installe son paradoxe — celui d’un chanteur écartelé entre le sacré et le profane. Il ne se contente pas de chanter le désir, il l’élève au rang d’expérience mystique. On y sent le souffle de ses origines caribéennes et africaines, cette chaleur qui pulse sous la peau, cette transe où les corps deviennent confession. Le groove est moite, irrésistible, presque dangereux — une tentation en slow motion.
Là où beaucoup de productions afro-pop cherchent la légèreté, Cruella s’aventure dans l’ombre. Les percussions claquent comme des coups de tonnerre, les basses grondent d’un appétit félin, et la voix de Polo flotte entre caresse et menace. Il y a dans sa manière de chanter une retenue qui frôle l’explosion, une tension constante entre pureté et perdition. La “Cruella” qu’il invoque n’est pas qu’une femme : c’est le symbole de cette liberté qu’on a toujours dite dangereuse, celle de choisir soi-même ce qui est bien ou mal.
Et quand le morceau s’achève, on ne sait plus si l’on vient d’assister à une célébration ou à un exorcisme. Polo transforme le vice en rédemption, l’interdit en offrande. Sa musique n’oppose plus le divin et le charnel — elle les fusionne.
Cruella n’est pas une chanson, c’est une métamorphose. Celle d’un artiste qui ose regarder le diable dans les yeux pour y trouver sa lumière. Danny Polo signe ici un morceau incandescent, spirituel et sensuel, où chaque battement de basse semble dire : pour se trouver, il faut d’abord oser se perdre.
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octobre 26, 2025Funsho chante comme on respire après une longue chute : lentement, prudemment, avec cette fatigue dorée qui naît du trop-plein d’émotions. Take It Easy n’est pas une chanson de plus dans le vaste océan du R&B contemporain, c’est un espace suspendu, une respiration intime où le temps semble s’étirer au rythme d’un battement de cœur ralenti. Ce morceau, tout en retenue, s’offre comme une invitation à la lenteur dans un monde qui exige sans cesse plus de vitesse, plus de passion, plus de bruit.
Sa voix, souple et veloutée, glisse sur la production comme une brume sur l’eau : chaude, caressante, mais chargée d’un léger tremblement. On y sent le poids de l’expérience, ce mélange subtil de lucidité et d’abandon. Funsho ne chante pas l’amour dans sa version la plus spectaculaire, il le murmure dans sa vérité la plus nue — celle des soirs de doute, des caresses qui hésitent, des mots qu’on retient pour ne pas effrayer l’autre.
La production, feutrée mais sophistiquée, emprunte autant au R&B américain qu’à la fluidité sensuelle de la soul nigériane. Des nappes discrètes, un groove minimal, et une basse qui respire à la place du chanteur — tout ici transpire la maîtrise. Pourtant, ce qui fascine, c’est cette impression que le morceau pourrait se briser à tout moment. Chaque note semble tenir en équilibre sur le fil d’un silence prêt à tout engloutir.
Funsho déploie une élégance rare : il ne cherche ni l’effet ni l’excès. Ce qu’il propose, c’est un refuge. Take It Easy devient alors un mantra — un appel à se redécouvrir, à se pardonner, à aimer sans se consumer.
Dans sa voix, on entend la promesse d’un R&B débarrassé de ses artifices, recentré sur la chair et le souffle. C’est du slow love à l’état brut, un hymne à la tendresse dans sa forme la plus mature. Et quand le morceau s’éteint, on reste là, un peu plus calme, un peu plus humain — comme après avoir trouvé, enfin, la juste température du cœur.
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octobre 26, 2025Ce morceau ne cherche pas à impressionner — il cherche à guérir. Trying de Hazkiddo est de ces chansons qui n’élèvent pas la voix pour exister, mais qui s’installent doucement dans la poitrine, là où se logent les émotions qu’on ne dit pas. À travers une production afro-pop aérienne et des mélodies feutrées, le chanteur nigérian transforme la vulnérabilité en force tranquille, la douleur en pulsation.
Hazkiddo ne chante pas pour séduire, il chante pour survivre. On entend dans sa voix une fatigue belle — celle d’un jeune homme pris entre la ferveur de ses rêves et le poids des responsabilités. Il parle d’équilibre, de ces jours où la vie semble trop lourde à porter, où l’amour et l’ambition s’entrechoquent comme deux vagues contraires. Pourtant, jamais il ne cède à la plainte. Son flow, doux et précis, glisse sur les percussions légères comme une confession murmurée entre deux battements de cœur.
La production de Trying respire la lumière : un beat afrobeat souple, presque méditatif, soutenu par des accords clairs et un groove minimaliste. Rien d’ostentatoire — tout est question d’émotion retenue, de pudeur. On pense parfois à Joeboy ou Fireboy DML, mais Hazkiddo s’en distingue par sa sincérité brute, sans surjeu, sans fioritures. Il ne vend pas une image, il raconte une réalité : celle d’un artiste qui doute, avance, trébuche, mais ne s’arrête jamais.
Sous ses airs apaisés, le morceau dit tout d’une génération qui cherche sa place dans un monde saturé de bruit. “Trying”, c’est le souffle après la tempête, la main posée sur la poitrine pour vérifier qu’on est encore vivant. La mélodie apaise, le rythme ancre, la voix console.
Hazkiddo ne fait pas de l’afrobeat pour les clubs — il fait de la musique pour les âmes fatiguées. Trying est un rappel silencieux : avancer, même lentement, reste une victoire. Derrière chaque note, on entend l’écho d’une promesse : celle d’un artiste qui, sans forcer, touche juste.
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octobre 26, 2025La première écoute de Will You Be There ressemble à un souvenir qui revient en courant — haletant, trop beau pour être réel. Mo•Louie, alchimiste australienne de l’émotion synthétique, façonne ici un morceau qui brûle lentement, comme une cigarette oubliée au bord d’une piste de danse. Tout est précis, calibré, mais jamais froid : c’est la rigueur d’une ingénieure qui sait que la perfection naît de la faille.
Ce que Mo•Louie cherche, ce n’est pas le beat parfait, mais le frisson qui s’y cache. Sa voix surgit du mix comme une confession dans le noir : proche, presque intime, avant de se diluer dans une vague de synthés épiques. Le morceau respire le vertige — un mélange d’ivresse et de lucidité, où la nostalgie devient une arme de survie. À 3’20, la tension éclate : le build-up s’élève, incandescent, suspendu, jusqu’à cette déferlante euphorique où tout semble fondre — le temps, les regrets, le corps.
On retrouve chez elle ce goût pour la mise en scène sonore, héritage de son passé dans le théâtre expérimental. Mais ici, la dramaturgie n’est pas frontale : elle se glisse dans les textures, dans la manière dont les basses se resserrent autour de la voix, dans ces petits accidents de production qui humanisent la machine. Mo•Louie ne cherche pas à séduire, mais à troubler, à faire danser dans la faille, là où l’émotion déborde de la structure.
Will You Be There parle de présence, mais surtout d’absence. D’une époque où la fête se confond avec la solitude, où les néons remplacent les étoiles. Pourtant, dans cette mélancolie chromée, une lumière persiste — celle d’une artiste qui ne renonce pas à la sincérité au milieu du vacarme.
Mo•Louie transforme la pop électronique en exorcisme collectif. Elle chante la vulnérabilité comme une victoire, la nostalgie comme un moteur. Sa musique n’apaise pas : elle embrase. Will You Be There n’est pas une question, c’est une déclaration — un souffle jeté dans la nuit, prêt à s’écraser contre le ciel.
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octobre 26, 2025Dans Teardrop, Elderbrook et Jan Blomqvist fusionnent leurs univers comme deux pôles d’un même magnétisme : l’un, viscéral et charnel, l’autre, cérébral et contemplatif. Ensemble, ils signent une œuvre suspendue entre mélancolie et transcendance, un morceau qui palpite dans la pénombre comme une lumière vacillante, guidée par la voix d’Elderbrook — ce timbre à la fois tendre et fracturé, signature d’une humanité toujours au bord du vertige.
Ce n’est pas une house conçue pour faire lever les bras, mais une pulsation intime, respiratoire, presque fragile. Le morceau s’ouvre sur un souffle — une basse ronde, quelques accords éthérés, puis une mélodie qui se déploie lentement, comme une larme retenue au coin d’une nuit trop longue. Elderbrook chante le doute, la perte, l’attachement dans ce ton feutré qui fait toute sa singularité : il ne surjoue jamais l’émotion, il la distille, comme si chaque mot devait s’échapper avant de se briser.
Jan Blomqvist, fidèle à sa science du minimalisme organique, sculpte un espace sonore d’une pureté hypnotique. Les percussions semblent taillées dans la brume, les nappes s’étirent sans heurts, et chaque synthé glisse comme une caresse froide sur la peau. On pense aux paysages sonores de Moderat, à la langueur émotionnelle d’un Bob Moses, mais Teardrop reste profondément singulier, tenu par cette tension constante entre retenue et explosion, entre battement du cœur et battement du kick.
La collaboration entre Elderbrook et Blomqvist a quelque chose d’évident, presque naturel : deux artistes qui refusent le spectaculaire, préférant la suggestion, la lente montée, la fragilité mise à nu. Teardrop est une prière pour les âmes fatiguées, un hymne à ceux qui dansent les yeux fermés, en cherchant à se souvenir d’un amour, d’un lieu, d’un instant perdu.
Ce qui frappe, c’est cette maîtrise du contraste — l’énergie contenue, la sensualité retenue. Loin de la house commerciale ou du breakbeat tapageur, Elderbrook et Blomqvist créent ici une œuvre de verre et de chair, un morceau qui respire la grâce et le désespoir à parts égales.
Dans un monde où tout va trop vite, Teardrop ose la lenteur, le silence, la beauté imparfaite. C’est une danse qui ne cherche pas le sommet, mais la vérité — celle d’une émotion qui tremble sans jamais tomber.
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octobre 26, 2025Il y a dans Trap-A-Lot (DMV) quelque chose de viscéral, de brut, de terriblement ancré. Pas cette trap aseptisée qu’on aligne sur des playlists de gym, mais une matière vivante, granuleuse, où chaque 808 transpire le vécu, la rue, la fraternité. DeUce Double, alias Mr. 40. Watt, y convoque plus qu’un son : il exhume une géographie intime, celle du DMV (District of Columbia, Maryland, Virginia), territoire à la fois mythifié et marginalisé, où les beats servent autant de mémoire que d’arme.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/2f5AYefinu4jHijWPHvml2
Le morceau s’ouvre sur un beat massif, taillé dans l’ombre, avec cette respiration métallique qui évoque les parkings vides, les soirs humides où les phares glissent sur le bitume. Dès que la voix de DeUce entre, tout devient cinématique : la diction est précise, le ton, affirmé sans être arrogant. Il ne performe pas, il témoigne. On sent la maîtrise du vétéran, ce flow qui ne court pas après la mode, mais s’impose par sa droiture. K.B. arrive en écho, avec une énergie plus vive, plus nerveuse, comme une réminiscence d’enfance qui se faufile dans le présent. Le duo fonctionne à merveille, oscillant entre nostalgie et détermination, entre loyauté et survie.
Le titre est moins un banger qu’un manifeste : une lettre adressée à la ville, à ses codes, à ses fantômes. La production, signée DeUce lui-même, évite la saturation ; elle préfère les lignes nettes, les basses tendues, un tempo mid qui laisse respirer les mots. L’ensemble évoque une trap consciente, dénuée de vernis, où l’on entend encore l’humain derrière la machine.
Ce qui frappe surtout, c’est la sincérité du geste. Trap-A-Lot (DMV) n’est pas un exercice de style, mais une restitution — celle d’une amitié, d’un quartier, d’une époque. Quand DeUce raconte cette collaboration née d’une rencontre d’enfance, on comprend que tout, ici, parle d’héritage : la transmission, la persistance, la fidélité.
Dans un monde musical où la trap se digitalise jusqu’à l’oubli, DeUce Double et K.B. ramènent l’organique, la chair et l’âme. Ils rappellent que le hip-hop n’est pas qu’un décor sonore, mais un document vivant. Trap-A-Lot (DMV), c’est la mémoire du goudron qui parle — avec ses coups, ses rêves et ses cicatrices. Une leçon d’humilité et d’authenticité, gravée dans le tempo lent d’un beat qui refuse de s’éteindre.
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octobre 26, 2025On croit souvent que la lourdeur naît de l’excès — de couches de basses empilées, de drops tonitruants, d’un vacarme pensé pour écraser les tympans. JACKPØT, lui, fait exactement l’inverse. Avec RUDE, il construit un monument de puissance à partir du vide. Un beat nu, sec, presque clinique, qu’il habille de respirations électroniques et d’un groove si précis qu’il en devient physique. Le morceau tient de la sculpture sonore : chaque frappe semble ciselée, chaque silence pèse plus lourd qu’une avalanche.
Originaire de Yangon, en Birmanie, JACKPØT s’inscrit dans cette lignée rare de producteurs qui ont compris que la vraie intensité se trouve dans la retenue. RUDE n’est pas une track de festival, c’est un vortex. Un terrain de jeu mental où la tension se nourrit du manque, où la montée d’adrénaline s’écrit dans les creux du son. Le morceau démarre dans une brume synthétique, puis la basse entre — épaisse mais contenue, comme un fauve en laisse. Le kick claque avec la précision d’un battement de cœur accéléré, tandis que les hi-hats tracent des lignes nerveuses, presque mathématiques.
Ce qui fascine, c’est la façon dont JACKPØT parvient à maintenir l’équilibre entre minimalisme et impact. Là où d’autres remplissent, lui vide. Là où d’autres saturent, il distille. Chaque seconde est calibrée, chaque fréquence pensée pour une efficacité chirurgicale. Et pourtant, RUDE n’a rien de froid : il palpite, il brûle même, dans cette tension contenue qui évoque la transe urbaine, le club souterrain, le corps pris dans le battement pur.
À mi-chemin entre la trap instrumentale et le breakbeat industriel, RUDE rappelle autant la précision de Baauer que la radicalité de Boys Noize, mais sans les artifices. JACKPØT ne cherche pas à séduire, il impose une expérience — un espace brut où la danse devient réflexe, presque instinct de survie.
On sort de RUDE comme d’un tunnel de stroboscopes : désorienté mais revivifié, avec cette impression d’avoir entendu quelque chose de rare — un producteur capable d’exprimer la rage et la mesure dans un même souffle. Dans ce monde saturé de décibels, JACKPØT prouve qu’être rude, c’est savoir se taire juste avant l’explosion.
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octobre 26, 2025Il y a dans La Carte De Amor une douceur inattendue, presque désarmante. RuggAmore, vétéran du mic et âme forgée dans les ruelles de Philadelphie, revient avec un titre qui ne cherche ni la gloire ni le clash — mais la rédemption. À une époque où le rap tend souvent à se draper d’ego, d’artifice et de cynisme, il choisit l’amour comme terrain de vérité. Et ce choix, à lui seul, est un geste radical.
Le morceau s’ouvre sur une boucle chaude, patinée, quelque part entre un sample soul des années 70 et la brume d’un coucher de soleil sur la côte ouest. Le beat respire, fluide, presque organique. On y sent cette école du boom-bap qui refuse de mourir — non pas par nostalgie, mais par fidélité à une idée du hip-hop comme confession, comme art de dire l’essentiel sans posture.
RuggAmore y déroule une lettre d’amour adressée “aux femmes de sa vie et du monde”, comme il le dit lui-même. Mais ce n’est pas une ode romantique au sens classique — c’est un plaidoyer. Entre chaque rime, il dénonce une génération d’hommes qui ont confondu admiration et possession, qui ont transformé la tendresse en opportunité. La voix, grave et éraillée, ne cherche pas la performance : elle raconte, elle avoue, elle guérit. C’est cette sincérité, presque maladroite par moments, qui bouleverse.
Le flow, posé et métronomique, évoque le spoken word autant que le rap old-school : chaque mot est pesé, chaque silence compte. La production, quant à elle, joue avec les contrastes — des nappes feutrées contre un kick sec, des chœurs fantomatiques comme un souvenir. On pourrait croire que tout cela tient du classicisme, mais c’est justement dans cette retenue que réside la puissance du morceau.
La Carte De Amor n’est pas un single taillé pour les playlists : c’est une missive intime, un acte de foi. RuggAmore ne cherche pas à séduire, il cherche à réparer. Il rend à la femme — muse, mère, amante, amie — sa place au centre du récit, là où le hip-hop l’avait parfois reléguée à la marge.
On sort du morceau avec la sensation étrange d’avoir écouté un cœur parler en direct, sans filtre, sans stratégie. Et dans ce murmure, dans cette façon de dire “je t’aime” en se tenant droit, il y a tout ce que le rap a de plus noble : la parole comme offrande, le beat comme vérité. RuggAmore signe ici un retour sincère et lumineux — un homme face à ses blessures, choisissant l’amour comme seule arme encore valable.
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octobre 26, 2025Sous ses airs de love song universelle, le remix de Who Stole Your Heart signé Rost Grassfieldland est bien plus qu’une variation sentimentale : c’est une métamorphose, un pont entre les montagnes du Cameroun et les clubs d’Afrique du Sud, entre la nostalgie d’un chant ancestral et la pulsation électronique du présent. Ce morceau ne se contente pas de remixer une chanson d’amour — il la réinvente comme un souffle panafricain, un battement collectif où chaque note semble respirer la mémoire d’un continent en mouvement.
Dès les premières mesures, le piano déploie ses accords chauds, presque liquides, sur une nappe rythmique typique de l’Amapiano : ces percussions qui respirent, ces basses en suspension, ce groove qui glisse plutôt qu’il ne frappe. Mais derrière cette sophistication moderne, on sent autre chose : une vibration plus ancienne, une trace de la tradition Grassfield, comme un écho du tam-tam à travers le temps. Rost ne plaque pas un style sur un autre — il les tisse. Sa musique, c’est une conversation entre les vivants et les absents, entre les villages de Bamboutos et les dancefloors du monde.
Le remix transforme Who Stole Your Heart en un espace de transe douce, une sorte de rêve en mouvement. L’amour dont il est question ici n’est pas seulement romantique, il est presque spirituel — une quête de lien, de reconnaissance, de retour à la source. Les voix, étirées, filtrées, semblent flotter dans une brume dorée ; elles ne disent pas, elles invoquent. Chaque texture sonore, chaque respiration synthétique porte en elle un parfum d’humanité.
Ce qui fascine chez Rost Grassfieldland, c’est sa manière de traiter la musique comme un lieu : un lieu d’identité et de rencontre. Formé à la fois par les chants rituels de son enfance et par la modernité des musiques occidentales, il construit un langage hybride, libre de toute hiérarchie culturelle. Le remix devient ici un acte politique doux — celui d’un artiste qui revendique le droit de fusionner les mondes sans s’excuser.
Who Stole Your Heart (Remix) n’est pas un simple morceau d’Amapiano, c’est un chant d’appartenance à la Terre. Il rappelle que danser peut être une manière de se souvenir. Et quand la basse se dilate, quand le rythme s’étire jusqu’à la syncope, on comprend soudain : Rost ne fait pas de la musique pour séduire, il fait de la musique pour relier. Et c’est peut-être ça, le véritable cœur qu’il nous vole.
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octobre 24, 2025Il y a dans San Refleshi une joie sans fard, une chaleur qui dépasse le simple cadre du rythme. MELODY KING 98 fait partie de ces artistes qui transforment la mélodie en espace vital — un lieu où les frontières entre Haïti, Lagos et Abidjan se brouillent, où la lumière des Caraïbes épouse la pulsation de l’Afrobeat moderne. Sa musique n’imite pas : elle respire, elle danse, elle vit.
Dès les premières secondes, la production déploie une énergie solaire, une cadence konpa infusée d’Afropop qui s’étire dans des percussions rondes et des synthés au grain doré. Les cuivres, à peine esquissés, font penser à un carnaval lointain. Le beat, souple et insistant, invite à un mouvement plus qu’à une écoute — comme si San Refleshi voulait réveiller le corps avant l’esprit. Et c’est là sa force : tout semble simple, mais tout est pensé.
Le chant de MELODY KING 98 oscille entre suavité et ferveur. Il a cette diction légèrement cassée, propre aux chanteurs créoles, qui rend chaque mot tactile. On sent la sincérité d’un artiste qui écrit pour le plaisir pur de raconter la vie telle qu’elle est : pleine d’amour, d’élan et d’instants suspendus. Dans cette chanson, il célèbre l’insouciance — ce fameux “sans réfléchir” du titre — non pas comme une fuite, mais comme un acte de liberté. Se laisser aller devient ici une philosophie.
Sous la surface joyeuse, le morceau cache pourtant une vraie maîtrise rythmique. MELODY KING 98 joue avec les syncopes, effleure la rumba congolaise, cite le zouk sans jamais le copier. L’équilibre est d’une précision remarquable : San Refleshi n’est ni trop pop, ni trop traditionnel. Il s’inscrit dans ce courant d’afrofusion qui relie les continents — ce point de rencontre entre la nostalgie et le futur, entre le créole et le digital.
Mais au-delà de la technique, c’est l’émotion qui reste. San Refleshi a cette capacité rare de suspendre le temps : le sourire naît sans qu’on s’en rende compte, les épaules bougent, la chaleur monte. Ce n’est pas une chanson de fête, c’est une chanson de vie — un rayon d’or jeté sur la routine, une invitation à respirer plus large.
Avec ce titre, MELODY KING 98 s’impose comme une voix à part dans la nouvelle scène afro-caribéenne : un artisan du bonheur, conscient que la douceur aussi peut être révolutionnaire.
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octobre 24, 2025Sous ses airs tranquilles et feutrés, Killer 7 brûle lentement. C’est une braise dissimulée sous la cendre du lo-fi, un battement de cœur mécanique qui persiste dans un monde trop saturé pour encore écouter. TheMansNigel signe ici une pièce instrumentale à la fois introspective et corrosive, un brouillard sonore où le calme n’est qu’une façade. Derrière les filtres et la patine du vinyle, quelque chose gronde — un malaise discret, une lucidité trop lourde pour être dite autrement qu’en musique.
Le morceau s’ouvre comme une allumette : un beat minimaliste, sec mais velouté, suivi d’une basse ronde qui serpente dans les interstices du silence. Le grain du son évoque cette nostalgie postmoderne propre aux producteurs lo-fi : celle d’un passé qu’on n’a jamais vécu, d’une époque fantasmée où les machines respiraient encore. Mais ici, rien de naïf — Killer 7 a la précision d’un tir, la mélancolie d’un monde en ruine contemplé depuis un canapé usé.
Avec Neph à ses côtés, TheMansNigel compose une tension étrange, quasi cinématographique : le morceau avance sans éclat, sans montée, mais avec une lenteur volontaire, comme s’il refusait le spectaculaire pour mieux laisser infuser la paranoïa. On pense à Madlib pour la désinvolture du groove, à Flying Lotus pour la densité des textures, ou même à Burial pour ce sentiment de solitude électrique — cette impression d’écouter une radio pirate à la fin du monde.
Il y a dans Killer 7 une intelligence de l’espace rare. Chaque silence, chaque micro-décalage dans le tempo semble calculé pour désarmer l’auditeur. Rien n’est gratuit, tout respire — comme si la production elle-même portait une conscience. Les samples s’évanouissent dans un souffle, les kicks battent au ralenti, et la saturation douce agit comme un filtre entre soi et la réalité. On écoute, on plane, on se laisse happer — et soudain, on comprend : c’est une chanson politique qui n’a pas besoin de mots.
Dans ce titre enfumé, TheMansNigel contemple le chaos contemporain avec une élégance rare. Killer 7 n’est pas un pamphlet : c’est un rêve lucide, un beat pour les insoumis silencieux, une manière de dire que tout brûle — mais avec style.
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octobre 24, 2025La nuit parisienne a ses mythes. Elle s’écrit souvent dans les vapeurs de néons, les reflets d’un trottoir humide, ou les échos d’un club où le temps s’arrête net. Soleil noir d’Echo Market s’y inscrit avec une précision troublante, comme un souvenir qu’on n’a jamais vécu mais qu’on reconnaît intimement. C’est un morceau qui sent la cigarette froide et le parfum cher, la solitude dorée et les basses moites d’une house au goût de lendemain.
Le duo renoue ici avec la filiation la plus noble de la French Touch, mais en la tordant légèrement, comme pour en extraire le malaise. Sous l’éclat des synthés et la brillance mécanique des kicks, une ombre rampe, discrète mais insistante. Tout est trop beau, trop propre, trop lisse pour être vraiment rassurant. La voix, presque détachée, flotte au-dessus du mix comme un spectre amoureux. Elle parle d’amour sans y croire, de lumière sans chaleur — une chanson d’été qui frissonne en plein mois de septembre.
Soleil noir est de ces titres qui séduisent par leur ambiguïté. La pulsation house est classique, un hommage évident aux clubs du Marais ou de la Riviera, mais l’harmonie tire vers quelque chose de plus noir, presque cinématographique. On y sent des réminiscences de Sébastien Tellier, des éclats de Homework-era Daft Punk, mais aussi une étrangeté postmoderne, héritée de Flavien Berger ou Agar Agar. Echo Market ne copie rien : il recycle la lumière jusqu’à en faire un miroir où l’on se perd.
Ce morceau, dans sa simplicité apparente, est une architecture minutieuse. Chaque détail compte : les nappes synthétiques respirent comme des vagues, les percussions claquent avec une retenue élégante, et la basse, ronde et hypnotique, agit comme une colonne vertébrale qui soutient le drame. Ce n’est pas une chanson de fête, mais une danse intérieure, un groove mélancolique qui teinte la nuit d’un gris phosphorescent.
Le titre dit tout : Soleil noir. Une contradiction magnétique, un oxymore sonore. Ce n’est ni une explosion ni une chute, mais un point d’équilibre fragile, là où la lumière devient matière et où la joie, toujours, porte un parfum de perte. Echo Market signe ici un morceau qui pourrait tourner sur un dancefloor de Berlin ou dans une voiture solitaire sur le périphérique — et dans les deux cas, il ferait battre le cœur un peu plus vite, un peu plus fort, sans qu’on sache vraiment pourquoi.
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octobre 24, 2025La nuit s’installe doucement, un violet trouble s’étire sur les façades, et quelque part dans cette heure suspendue, Twilight pulse comme un cœur sous sédation. Like a Dead Poet ne chante pas la lumière ni les ténèbres — elle s’attarde dans cette zone d’entre-deux, ce moment où le réel se délite, où le funk devient spectre et la pop, possession.
Dès les premières mesures, la basse glisse avec une sensualité inquiétante, presque organique, comme si elle respirait sous la peau. Les guitares, tordues par des effets liquides, se mêlent à un beat feutré, au bord du trip-hop, et la voix, grave et charnelle, se hisse lentement hors de l’ombre. On croirait entendre une apparition — un murmure qui danse, un frisson qui groove. Twilight n’est pas une chanson, c’est un sortilège.
Ce qui fascine chez Like a Dead Poet, c’est cette façon de concilier la chair et le spectral. Elle compose comme on peint avec des ombres : sa pop n’est jamais lisse, sa soul jamais trop chaude. Chaque note semble hantée par un souvenir ou un manque. On pense à Prince pour le funk incarné, à Fiona Apple pour la tension nerveuse, à Caroline Polachek pour le lyrisme vaporeux — et pourtant, l’ensemble garde une signature très personnelle, presque littéraire.
La voix se déploie comme une confession chuchotée à minuit, trempée d’élégance et de mystère. Elle chante le trouble moderne — ce mélange de désir, d’anxiété et d’auto-ironie — mais sans se plaindre. Au contraire, Twilight semble dire : “viens danser avec tes peurs, elles aussi ont besoin d’un peu de lumière.”
Tout dans ce morceau respire le paradoxe : c’est à la fois hypnotique et mélancolique, terrien et surnaturel. La structure même — mi-funk, mi-rock, baignée de soul — évoque une forme de résistance poétique : celle de ne pas choisir entre groove et grâce, entre sensualité et vertige.
Like a Dead Poet signe ici une ode à la confusion, à cette beauté trouble des fins de journée où tout semble possible parce que rien n’est encore figé. Twilight, c’est la bande-son d’un monde intérieur qui tangue mais refuse de s’effondrer. Un funk spectral, une danse des fantômes modernes, un slow pour âmes insomniaques. Et dans ce clair-obscur vibrant, Like a Dead Poet impose sa propre lumière — vacillante, mais impossible à ignorer.
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octobre 24, 2025Le monde de Joznez n’a pas de pause. C’est un moteur qui rugit en continu, un éclair dans le rétroviseur d’une époque où personne n’a le temps de respirer. Fast Life n’est pas seulement un titre, c’est une déclaration d’intention, un mode de survie pour ceux qui refusent de ralentir, même quand le bitume fond sous leurs pieds. Ce morceau, tendu comme un arc, est une montée d’adrénaline taillée pour les corps qui brûlent d’avance, les âmes insomniaques et les rêveurs obsédés par la ligne d’arrivée.
Tout ici respire la vitesse : les basses martèlent avec la précision d’un moteur allemand, les hi-hats s’emballent comme un tachymètre sous pression, et la voix, implacable, file sans jamais trébucher. Joznez a compris ce que peu de producteurs européens osent : la frénésie peut être belle, le chaos peut être géométrique. Sa production est une machine de précision, huilée, propre, mais avec juste assez de poussière pour sentir le vécu, la route, la fatigue qu’on ne dit pas.
Dans Fast Life, on entend cette urgence contemporaine — celle d’une génération qui confond souvent mouvement et progrès, mais qui continue d’avancer par peur de s’arrêter. La rythmique, nerveuse et épurée, capture cette tension permanente : entre ambition et épuisement, entre la conquête et la chute libre. Et sous la carapace de sonorités métalliques, une émotion presque tragique se faufile : celle d’un homme conscient que la vitesse n’efface pas le vide, mais qu’elle le rend supportable.
Ce morceau, calibré pour les nuits sans fin, les volants moites et les esprits en ébullition, évoque à la fois la rigueur allemande et la sueur du hip-hop américain. On pense à Metro Boomin pour la clarté du mix, à Kanye pour la démesure, mais Joznez conserve une patte unique : celle d’un producteur qui ne construit pas seulement des sons, mais des paysages cinétiques. C’est du cinéma en accéléré, un clip intérieur projeté dans les tempes.
Fast Life est un hymne à la course — pas seulement celle contre le temps, mais celle contre soi-même. Joznez y met en musique cette pulsion moderne d’être toujours « on », toujours « up », toujours prêt à redémarrer avant même d’avoir freiné. C’est violent, élégant, clinique et furieusement humain. Une chanson pour ceux qui, même à 200 km/h, continuent de douter — mais ne lèvent jamais le pied.
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octobre 24, 2025Sous la lumière dorée de Can’t Go Back, Lerocque fait danser la nostalgie avec un sourire en coin, comme s’il venait d’embrasser le passé une dernière fois avant de lui tourner le dos. Ce morceau, aussi doux qu’un souvenir d’enfance, trace les contours d’une époque révolue — celle où le temps semblait inépuisable, où chaque instant s’étirait avec la lenteur magique de l’innocence. Mais ici, la nostalgie n’est pas un poids : c’est une pulsation, un moteur, un souffle qui propulse vers demain.
Dès les premières secondes, le morceau séduit par son équilibre délicat entre la sensualité du R&B et la limpidité solaire de la pop électronique. La production scintille comme un reflet sur l’eau : des synthés ronds, une rythmique souple, un groove presque translucide, et cette voix, celle de Lerocque, qui semble sortie d’un rêve en technicolor. Sa manière de chanter — mi-caressante, mi-suspendue — évoque ces instants suspendus entre la joie et la mélancolie, là où le cœur hésite entre rire et regret. On y entend la trace d’un homme qui a trop vécu pour encore croire aux contes, mais pas assez pour cesser de les raconter.
Lerocque, c’est ce chanteur cosmopolite qui transforme le banal en poétique. Son accent, à la fois précis et désarmant, porte en lui cette beauté des êtres déplacés : ceux qui ont grandi entre les langues, entre les mondes, et qui traduisent leurs émotions en musique pour se sentir chez eux quelque part. Dans Can’t Go Back, cette hybridité devient une force : un pont entre la douceur du J-Pop, la chaleur du R&B contemporain et l’âme candide des chansons qui guérissent sans faire de bruit.
Sous la surface lumineuse, le texte creuse pourtant une faille : “You can’t go back” n’est pas une résignation, mais un constat lucide. L’enfance, les amours d’hier, les promesses naïves — tout cela reste derrière, et c’est bien ainsi. Ce que chante Lerocque, c’est la beauté de continuer, d’aimer encore sans garantie, d’avancer avec la mémoire comme boussole et la lumière comme seul bagage.
Chaque note, chaque souffle, chaque écho de ce titre respire la gratitude — celle de vivre, d’avoir perdu, d’avoir trouvé. Lerocque ne cherche pas à faire pleurer, mais à faire sentir : la douceur de ce qu’on ne peut plus toucher, la joie tranquille de l’avoir connu. Dans un monde saturé de certitudes, Can’t Go Back rappelle que la nostalgie, parfois, est la plus belle façon d’être présent.
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octobre 24, 2025Un battement sec, des basses qui s’enfoncent comme des talons dans le bitume, et la voix de Sukihana qui tranche l’air avec l’assurance d’une femme qui ne demande jamais deux fois la permission. Rock, Paper, Scissors n’est pas un simple track hip-hop — c’est une joute, un jeu de pouvoir, une chorégraphie de désirs et de défis, où chaque mesure semble vouloir redessiner la hiérarchie des corps et des égos.
Misbehavior, en architecte du chaos, tisse un beat à la fois rugueux et sensuel, quelque part entre le boom-bap old-school et les textures trap les plus visqueuses. L’univers sonore s’y déploie comme une arène urbaine : un sample charbonneux qui grince sous la tension, des percussions épaisses, presque collantes, et une ligne de basse qui ne relâche jamais la pression. C’est la sueur du club et la rage des rues, condensées en un groove hypnotique, calibré pour la confrontation.
Sukihana, elle, surgit comme une lame — précise, insolente, pleine de feu. Son flow, mi-chanté mi-craché, oscille entre la provocation et la revendication : elle prend la lumière sans la demander, avec cette sensualité brutale qui fait partie intégrante de son art. On retrouve chez elle cette manière unique d’incarner le hip-hop féminin contemporain — pas en réponse au regard masculin, mais en déconstruction de ce regard. Elle détourne les codes du “bad bitch” pour en faire une arme de pouvoir, un miroir inversé qui renvoie le voyeur à sa propre faiblesse.
Ce morceau fonctionne comme une métaphore : Rock, Paper, Scissors — la pierre, les ciseaux, le papier — trois symboles de force, de tranchant, de stratégie. Sukihana y joue tous les rôles à la fois : la main qui frappe, la bouche qui désarme, l’intelligence qui enveloppe. Derrière la provocation, on perçoit la précision d’une artiste consciente de chaque effet, de chaque silence, de chaque éclat de voix.
Misbehavior, de son côté, n’enrobe rien : son mix est cru, compact, frontal. La production évite les effets de manche, préférant la densité d’un beat lourd et organique, presque viscéral. C’est un son qui respire la sueur et la confiance, un décor parfait pour la présence scénique de Sukihana, mi-impériale, mi-fantôme.
Rock, Paper, Scissors a cette manière rare de transformer le banal en rituel, le jeu en guerre. Derrière la pulsation, il y a une tension — celle de l’époque, celle d’une génération qui refuse de choisir entre sensualité et lucidité. Le titre claque comme un manifeste : dans cette partie-là, Sukihana ne joue pas pour gagner. Elle joue pour régner.
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octobre 24, 2025Paris, sous la plume et la voix de The Beveled Edges, devient une idée plus qu’un lieu. Une fiction sonore tissée d’amour, de nostalgie et de lumière tamisée. Dans Paris Isn’t Paris Without You, la capitale française n’est plus ce cliché postcarte que les touristes photographient — elle devient un théâtre du manque, un espace hanté par la mémoire de ce qu’on a aimé. Et c’est précisément dans cette absence que Shelly Bhushan et Anthony Lanni trouvent leur vérité la plus éclatante.
Le morceau s’ouvre sur une guitare classique, presque timide, qui s’étire comme un rayon pâle à travers des rideaux de lin. L’accordéon vient lui répondre, fragile, respirant à la manière d’un cœur qui hésite. Tout ici respire la retenue, la lenteur, l’art du presque rien. Shelly chante comme on parle à voix basse dans une chambre encore tiède du matin, une voix mi-soie mi-brume, gorgée d’une tendresse lasse. Son accent effleure le français avec une maladresse volontaire, comme si la langue elle-même faisait partie du charme, un déséquilibre poétique entre le familier et l’étranger.
Ce que le duo réussit magistralement, c’est de fusionner l’élégance du jazz new-yorkais avec la sensualité feutrée de la chanson française. Le résultat n’a rien d’un collage : c’est une alchimie. Lanni, à la guitare, fait danser des harmonies subtiles qui rappellent João Gilberto autant que Baden Powell, tandis que la voix de Shelly flotte au-dessus de tout cela comme un parfum qu’on n’arrive pas à identifier, mais qu’on reconnaît instinctivement. La production, elle, privilégie le grain : un souffle, une respiration, une matière vivante. On a la sensation d’être dans la pièce, de sentir les doigts glisser sur les cordes, le frottement du bois contre la peau.
Mais derrière la douceur, une gravité se glisse. Paris Isn’t Paris Without You parle de ce moment où l’amour quitte la ville avant qu’on ait eu le temps de s’en rendre compte. Les rues sont les mêmes, les cafés toujours pleins, mais quelque chose s’est déplacé — une tonalité, une chaleur, un regard. Cette chanson capture cet instant précis où le décor reste intact mais où la présence manque, où le monde entier semble décalé de quelques millimètres.
The Beveled Edges ne chantent pas seulement une histoire d’amour ; ils inventent un climat émotionnel. On ressort du morceau comme d’une rêverie de fin d’après-midi, légèrement désorienté, les mains encore pleines de soleil et le cœur en suspens. Dans une époque saturée de pop calibrée, leur musique ressemble à une confidence — simple, sincère, mais infiniment raffinée. Paris Isn’t Paris Without You n’est pas une chanson : c’est une flamme discrète qui refuse de s’éteindre.
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octobre 24, 2025My Xmas Song a quelque chose d’aussi fragile qu’un flocon prêt à fondre sur la peau. MYMØSA a eu l’audace d’écrire un chant de Noël sans guirlandes, sans sucre, sans miracle — une chanson pour celles et ceux qui regardent les vitrines sans y voir leur reflet. Un morceau comme un soupir, un geste de tendresse pour les solitaires du mois de décembre.
La voix, presque timide, s’avance sur des arpèges de guitare qui semblent hésiter entre le froid et la chaleur. Ce n’est pas la solitude qu’elle chante, mais l’épuisement d’un cœur qui n’arrive plus à suivre la cadence imposée des fêtes. Tout autour, le décor sonore se tisse dans une lumière trouble : un mélange de reverb neigeuse, de guitares post-rock voilées et de textures électroniques qui s’effritent doucement. MYMØSA sculpte un paysage mental où l’intime devient cathédrale, où chaque silence pèse autant qu’un cri.
Ce qui frappe, c’est l’économie des moyens : pas d’explosion, pas de climax — seulement cette tension sourde, comme un battement qu’on retient. Le morceau s’ouvre comme un souvenir, se déploie en lente dérive, et s’éteint sur une note suspendue. On pense à The National pour la pudeur, à Phoebe Bridgers pour la lucidité, à Cigarettes After Sex pour la texture de la nostalgie. Mais MYMØSA ne copie personne : elle écrit dans une langue du clair-obscur, où la mélancolie devient presque un art de vivre.
Il faut l’écouter tard, quand la ville dort et que les lumières de Noël clignotent dans le vide. My Xmas Song parle de ce moment précis où la fête se dissout, où les rires enregistrés se taisent, et où l’on réalise qu’on n’a pas forcément besoin d’être heureux pour être vivant.
Dans un monde saturé de refrains festifs et de joies plastifiées, MYMØSA offre l’autre versant du miroir : une chanson de Noël pour les âmes en veilleuse, un antidote doux et sincère à la comédie de la joie. Une bulle suspendue entre spleen et grâce, où l’on apprend que la tristesse aussi peut briller.
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octobre 24, 2025La première fois qu’on entend Sigo Pensando, on ne sait pas encore si on a affaire à une chanson d’amour ou à une confession murmurée à la mer. Ce n’est pas un morceau à écouter, mais un souvenir à respirer. Jan Volker y déroule un paysage où le désir se mêle à la langueur, où le soleil descend lentement derrière un horizon saturé de sel, de sueur et d’absence. Il chante comme on regarde quelqu’un s’éloigner dans la lumière, sans bouger, sans appeler, parce qu’on sait que tout est déjà dit dans le silence.
La production, subtilement hybride, glisse entre le reggaeton et le dancehall avec une fluidité presque organique. Le rythme ondule sans jamais frapper, caresse sans jamais appuyer. Sous la surface, on entend les racines afrobeat respirer — une pulsation chaude, presque animale, qui transforme la douceur du chant en tension sensuelle. Tout semble calibré pour le crépuscule : le synthé s’évapore, la guitare s’efface comme un reflet dans l’eau, et la voix, légère, reste seule sur la plage.
Jan Volker ne cherche pas la perfection pop. Il cherche le geste vrai, celui qui tremble un peu. Il n’y a rien de surjoué, rien de démonstratif — juste une sincérité nue, celle d’un homme qui tente de dompter le vertige du souvenir. Ce qu’il offre, c’est un morceau suspendu, entre le battement du cœur et celui des vagues, un espace de respiration pour les âmes fatiguées d’aimer trop fort.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre le charme solaire et la mélancolie latente. Sigo Pensando n’est pas une chanson d’été, c’est une chanson de fin d’été — celle qui accompagne le moment précis où la lumière change, où les rires s’éteignent, où la peau garde encore la chaleur du jour. Volker réussit à capter cette frontière fragile entre la joie et la perte, et c’est dans cet entre-deux qu’il est le plus touchant.
Dans sa simplicité, Sigo Pensando raconte l’essentiel : la mémoire du bonheur, les cicatrices invisibles, la beauté de ce qu’on ne peut pas retenir. C’est le son d’un amour qui s’éloigne, mais dont le parfum reste suspendu dans l’air — comme un dernier rayon violet sur la mer, juste avant la nuit.
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octobre 24, 2025On dirait le souvenir d’un jeu vidéo rêvé par un philosophe. Magus Truth n’est pas qu’un morceau — c’est une invocation, une prière cybernétique adressée à l’enfance et à la transcendance. Neural Pantheon, dans son monde de synthèses épiques et de riffs électriques, réussit l’improbable : transformer la nostalgie en tempête.
Dès l’ouverture, on sent le souffle d’un univers en expansion. Les nappes synthétiques s’élèvent comme une brume sur un champ de bataille oublié, et la batterie, sèche et haletante, pose un tempo de marche céleste. Le morceau, inspiré par Chrono Trigger — jeu mythique, légende du pixel et du temps —, emprunte à la narration vidéoludique son sens du drame et de la catharsis. Mais Neural Pantheon ne se contente pas de l’évoquer : il en traduit la charge émotionnelle en matière sonore brute, entre dance-pop dystopique et rock alternatif sous tension.
Les guitares, elles, rugissent comme des portails qui s’ouvrent : saturées, métalliques, presque incandescentes. Elles taillent dans la masse des synthés comme un sabre dans l’éther, dessinant un relief où la mélodie se fait tantôt imploration, tantôt conquête. Et puis il y a cette voix — mi-humaine, mi-machine —, qui récite plus qu’elle ne chante, comme si elle lisait une prophétie oubliée à travers un filtre digital. Elle ne cherche pas la beauté, mais la vérité, celle du titre : Magus Truth.
Le morceau avance comme une transe cosmique, entre les éclats d’un solo spectral et le battement obstiné d’un cœur cybernétique. Ce n’est pas de la nostalgie douce : c’est une mémoire radioactive, une résurrection des émotions de 16 bits à l’ère de la 5G. Neural Pantheon fait dialoguer les époques — le passé pixelisé, le présent saturé, le futur en ruine — dans un seul cri.
On ressort de Magus Truth comme d’un rêve trop intense : le souffle court, le regard un peu ailleurs, avec cette impression étrange que le temps n’est pas une ligne, mais une boucle. Et dans cette boucle, la musique de Neural Pantheon brille comme un glitch sacré — la preuve que même dans le bruit des machines, il reste un peu d’âme.
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octobre 24, 2025Il y a dans Purple quelque chose d’électriquement calme, une sérénité qui danse, une blessure qui groove. Lauren Henderson ne chante pas la douleur — elle la réinvente, la polit jusqu’à en faire un éclat. Ce morceau, fusion veloutée entre jazz, soul, funk et R&B, ne s’écoute pas seulement : il s’infuse. Chaque note semble respirer, lente, moelleuse, suspendue entre mélancolie et lumière.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/5KFe3NMgHSHLGZ6bYhP7iE
Le morceau s’ouvre comme un lever de rideau sur une nuit déjà pleine : la basse de Dezron Douglas y trace un sillon profond, presque viscéral, pendant que les touches de Sullivan Fortner jaillissent comme des éclats de verre dans l’obscurité. Joe Dyson, à la batterie, maintient un groove discret mais félin, sculptant un espace où la voix de Henderson peut flotter, libre et souveraine. Et quelle voix. Veloutée, mais pas lisse. Elle ondule, s’éraille parfois, puis s’élève de nouveau, comme si elle refusait de céder à la gravité.
Purple n’est pas un simple morceau d’amour perdu. C’est une affirmation de soi, une déclaration d’indépendance émotionnelle — la couleur du pardon envers soi-même. Henderson transforme la fragilité en matière noble, la douleur en sensualité. Ce violet-là n’est ni royal ni mystique : il est humain, incarné, vibrant.
Ce qui fascine, c’est l’équilibre. Entre maîtrise et abandon, entre la rigueur du jazz et l’instinct du funk, entre la nostalgie et la célébration. Henderson chante comme on écrit une lettre qu’on n’enverra jamais, avec une honnêteté presque physique. Le texte — simple mais incisif — se glisse sur des harmonies mouvantes, des syncopes qui rappellent Erykah Badu, ou la lumière intérieure d’une Lianne La Havas en pleine transmutation.
Purple s’écoute comme on plonge dans un bain chaud après une longue bataille. C’est la cicatrice devenue ornement, la leçon apprise dans la sueur et la grâce. Lauren Henderson ne cherche pas à briller : elle rayonne de l’intérieur. Et dans ce violet profond, entre deux silences, elle nous rappelle que la liberté, parfois, a le timbre d’une voix de femme qui décide de ne plus se taire.
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octobre 24, 2025C’est un morceau qui entre sans frapper, qui fait danser avant même que le cerveau ait le temps de comprendre. As Bravas do TikTok pulse comme une fièvre collective, une onde chaude venue des favelas numériques du XXIe siècle. Marceu Inovadora, l’enfant du Brésil grandi en Espagne, signe ici une collision parfaite entre continents, un mélange incandescent de funk carioca, de reggaeton et d’électro — le genre de production qui transforme un simple scroll TikTok en chorégraphie planétaire.
Tout, dans cette track, transpire l’efficacité. Le beat, musclé et rebondissant, ondule entre les syncopes du baile funk et la sensualité moite du reggaeton. Les basses frappent comme des coups de bassin ; les percussions claquent, légères mais insistantes, jusqu’à hypnotiser. Marceu sait ce qu’il fait : son son est calibré pour la viralité, mais son groove, lui, reste profondément organique, né du ventre du funk de rue. La production garde ce grain rugueux, cette humanité dans la machine qui rappelle que derrière les BPM se cachent des corps — des vrais, transpirants, vivants.
Aux côtés de MC Monik do Pix, véritable phénomène brésilien, la track prend une dimension encore plus viscérale. La voix de Monik glisse entre provocation et puissance, incarnant à la perfection cette féminité sans filtre qui fait la force du funk carioca contemporain. Ensemble, ils orchestrent une sorte de révolution hédoniste : une célébration du corps, de la fête, de l’affirmation de soi à travers le mouvement.
Mais As Bravas do TikTok ne se contente pas de viser les playlists virales : c’est une déclaration d’intention culturelle. Marceu Inovadora connecte ici le Brésil à l’Europe avec la même audace que les premiers explorateurs du funk latino. Il bâtit un pont sonore entre Lisbonne, Rio et Madrid, une sorte de nouvelle diaspora du groove. Ce n’est plus seulement de la musique de club — c’est une stratégie de conquête douce, rythmique, irrésistible.
Dans cette transe technicolor, TikTok devient un terrain d’expression populaire, un carnaval global où les “bravas” reprennent le pouvoir. Et au cœur de ce chaos organisé, Marceu trace sa ligne de basse comme une signature : un son qui n’imite personne, un funk qui regarde le monde droit dans les yeux et lui dit — danse, ou reste à la traîne.
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octobre 24, 2025Ce morceau a le goût du sang et du vernis. Perfect Skin sonne comme une gifle donnée dans un miroir, un hymne punk à la chirurgie émotionnelle, à ce besoin presque maladif de devenir quelqu’un d’autre pour supporter le reflet qu’on renvoie. Ian McFarland transforme cette obsession moderne en un uppercut sonore, fun, féroce, et un brin pervers — une satire du culte de la perfection, mais jouée avec un tel panache qu’on s’y abandonne, sourire aux lèvres.
Dès les premières secondes, la guitare crache sa vérité. Le fuzz se déploie comme une couche de maquillage mal étalée sur une cicatrice encore vive. La batterie, sèche et nerveuse, pulse à la manière d’un cœur sous adrénaline. On pense aux Wavves ou à FIDLAR, à cette jeunesse désenchantée qui danse sur sa propre fatigue. Mais là où d’autres sombrent dans le chaos, McFarland garde le contrôle : il orchestre le désordre. Chaque riff semble taillé au scalpel, précis dans sa sauvagerie.
Sous le vernis punk, on sent l’ombre d’un artisan méticuleux. Formé à Berklee, nourri à la sueur des clubs new-yorkais, McFarland a ce sens du montage sonore qui trahit son œil de cinéaste. Il ne compose pas une chanson, il met en scène une crise identitaire. Perfect Skin pourrait être le générique d’un film intérieur où le protagoniste s’arrache la peau pour en trouver une meilleure — une métaphore à la fois grotesque et sublime de notre époque obsédée par la surface.
Et puis, il y a l’humour. Ce ton ironique, presque cabotin, qui empêche la noirceur de tout avaler. McFarland rit de sa propre névrose, comme un clown conscient que son maquillage coule. Le morceau danse sur cette frontière : entre lucidité et délire, entre colère et auto-dérision. Ce n’est pas une posture, c’est une pulsion — un exorcisme en trois accords majeurs.
À la fin, il ne reste que l’écho des guitares, comme un bourdonnement dans le crâne après une nuit trop bruyante. Perfect Skin n’essaie pas de réparer quoi que ce soit : il célèbre le chaos, la dissonance, l’imperfection revendiquée comme un acte de liberté. Ian McFarland signe ici un titre viscéral, tranchant, et diablement contagieux — la preuve qu’on peut parler d’identité sans perdre la sueur ni le groove.
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octobre 24, 2025La première note de Come See What I Got agit comme une étincelle. Pas une explosion, non — plutôt une montée de lumière qui s’installe dans le corps avant même de se loger dans les oreilles. James Gardin entre en scène avec l’assurance d’un homme qui a traversé les tempêtes, mais qui choisit de danser sous la pluie. Il ne prêche pas le bonheur facile, il l’incarne, en rythme, en sourire, en basse qui claque.
Le morceau glisse comme une promenade au soleil sur une avenue du Midwest : funk dans les veines, flow tranquille, énergie contagieuse. La production signée K3lvin Kaos et IVO redonne des couleurs à un groove vintage, sans tomber dans la nostalgie stérile. Le funk est ici un langage universel, vibrant, qui s’unit au hip-hop moderne dans une communion joyeuse. On pense à Anderson .Paak pour la chaleur organique, à Chromeo pour la flamboyance, mais Gardin garde cette touche spirituelle, un quelque chose d’authentiquement humain, presque pastoral.
Ce que l’on sent surtout, c’est la confiance — pas celle du succès, mais celle de l’équilibre retrouvé. “Come see what I got”, dit-il comme une invitation à regarder ce qu’il reste quand on a tout donné, tout perdu, tout compris. Il y a dans cette phrase une sorte de renaissance douce : celle d’un homme qui ne cherche plus à convaincre, juste à partager la lumière qu’il a trouvée en chemin.
Le flow est limpide, presque parlé, mais toujours dans la poche. Gardin ne court pas après le beat : il le caresse, il l’accompagne, il lui répond. Chaque mesure respire l’expérience, la gratitude, le groove vécu comme une prière. C’est du rap qui sourit sans naïveté, qui groove sans se travestir, qui choisit la bienveillance comme arme de survie.
Come See What I Got n’est pas seulement une chanson — c’est une attitude. Celle d’un vétéran qui refuse le cynisme, qui transforme les cicatrices en swing. Un hymne solaire, taillé pour les jours où le monde semble trop gris, et où l’on a besoin qu’un homme, quelque part à Lansing, vienne nous rappeler que la joie, c’est aussi une discipline.
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octobre 24, 2025Le morceau s’ouvre comme une cigarette rallumée à la tombée du jour — ce moment où tout ralentit, où le bruit du monde s’éteint pour laisser place à la voix intérieure. Big Dese ne rappe pas : il médite à voix haute. Just Passin’ By n’est pas une punchline de plus dans un océan de bravade, c’est une ride introspective sur les ruines encore tièdes d’un rêve américain fissuré.
Mike Martinez, fidèle compagnon de route, lui tisse un décor de poussière dorée. Le beat respire le bitume — un sample suspendu dans le vide, des percussions lourdes comme le pas d’un homme fatigué de comprendre trop vite. Tout semble flotter entre deux époques : l’âge d’or du boom-bap, où chaque mesure pesait son poids de vérité, et la mélancolie contemporaine d’un monde saturé d’écrans et d’échos. Martinez a ce don rare de fabriquer des paysages : chaque boucle devient un horizon, chaque silence une vérité implicite.
Le flow de Dese, lui, n’appartient plus à la jeunesse — il appartient à l’expérience. Il ne cherche pas à briller, il cherche à dire. Sa diction est celle d’un conteur qui a cessé d’espérer convaincre, mais pas de transmettre. Chaque vers suinte la lucidité, cette manière presque désabusée d’admettre que rien ne change, que les hommes répètent les mêmes erreurs, que la violence du quotidien s’est simplement faite plus feutrée. Pourtant, au cœur de cette résignation tranquille, il y a une beauté presque stoïque : la conscience claire de “juste passer par là”, sans illusions mais avec dignité.
Ce morceau, c’est le blues du rappeur adulte. Celui qui ne croit plus à la rédemption par le succès, mais à la survie par l’art. Dese, avec sa voix rocailleuse, parle pour tous ceux qui continuent d’écrire dans le noir, sans attente, juste pour ne pas se taire. Just Passin’ By devient alors un manifeste discret, presque spirituel, sur l’art de traverser sans renier.
Ce n’est pas une nostalgie du passé, mais un constat d’équilibre : le hip-hop n’est plus une promesse, il est un héritage — celui des hommes qui, même usés, gardent la flamme allumée au creux de la voix. Chez Big Dese, cette flamme brûle basse, lente, mais inextinguible.
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octobre 24, 2025C’est une toile qui s’écoute plus qu’elle ne se contemple. Dali, premier jet sonore du collectif Pandemonium, surgit comme une hallucination collective : un hip-hop à plusieurs têtes, éclaté, libre, qui préfère rêver la réalité plutôt que la décrire. Le morceau ne suit pas les codes – il les tord, les fond, les transforme en matière mouvante. Comme un tableau de Salvador Dali, tout y fond, tout s’étire, tout respire dans une logique qui n’appartient qu’à ceux qui osent perdre pied.
Pandemonium invente un rap d’alchimistes. Le beat, d’abord, semble flotter dans une brume numérique : les percussions cognent sans jamais tomber sur le temps, des synthés abstraits s’enroulent comme des serpents autour des voix, et chaque mesure semble chercher sa propre gravité. Le flow, lui, se fait incantatoire, presque rituel. Pas de frime ni de posture : les mots deviennent pigments, les rimes surréalistes, des éclats de subconscient mis à nu.
Il y a dans Dali une manière rare de parler au cerveau sans oublier le corps. Le morceau avance comme une rêverie rythmique, à la fois spirituelle et organique, où le chaos devient cohérence. Les trois membres de Pandemonium – Maffmatix, Claire Ray et Charlton Banks – semblent rapper depuis un autre plan, entre la matière et l’idée. Leurs voix se croisent, se fondent, se contredisent parfois, comme si la vérité se trouvait justement dans cette collision.
L’univers visuel qui accompagne Dali achève de transformer l’expérience en rituel d’art total : un clip à mi-chemin entre voyage astral et musée en flammes, où Dali lui-même semble veiller sur le beat. Pandemonium ne rend pas hommage au maître du surréalisme – il dialogue avec lui, lui emprunte sa folie tranquille, son goût de la distorsion et du symbole.
Ce premier titre n’est pas seulement une entrée en matière : c’est une déclaration d’intention. Pandemonium ne veut pas “faire du hip-hop alternatif” — il veut ouvrir des portails. Dans Dali, le réel se fissure, les idées prennent chair, et la musique devient peinture en mouvement. Une expérience sensorielle, déroutante, d’une audace rare. On n’en ressort pas tout à fait pareil, et c’est précisément le but.
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octobre 24, 2025Le morceau s’ouvre comme un secret qu’on murmure à voix basse, une confession posée sur un lit de velours. Sneaky n’est pas une chanson d’amour — c’est une chanson de l’entre-deux, de ces liaisons suspendues entre désir et culpabilité, où le plaisir a le goût d’un fruit défendu. Funsho, voix suave et regard lucide, y explore la tendresse des instants qu’on ne vit qu’à moitié, ceux qu’on cache, mais qu’on ressent jusqu’à la brûlure.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’équilibre entre groove et mélancolie. Une basse chaloupée qui respire comme un battement de cœur nerveux, des accords de guitare jazzy qui caressent l’air, et cette voix — souple, charnelle — qui avance avec la retenue d’un homme qui sait qu’il s’égare, mais y trouve malgré tout sa vérité. Le rythme ne presse pas. Il s’installe, lent, lascif, presque hypnotique. Funsho joue sur la tension du non-dit, sur le frisson du risque.
Dans ce clair-obscur sonore, le chanteur nigérian-américain déploie tout l’art du R&B moderne : une narration intimiste, portée par une production sensuelle, mais jamais démonstrative. Chaque souffle compte, chaque silence devient émotion. On pense à Brent Faiyaz pour la moiteur, à Frank Ocean pour la pudeur, mais Funsho trace sa propre ligne — une sincérité brute, dénuée d’artifice.
Il y a, dans Sneaky, une manière élégante de raconter la faute. Pas d’excuse, pas de drame — juste l’acceptation du trouble, cette lucidité qui rend les sentiments plus vrais parce qu’ils sont imparfaits. Et dans cette imperfection, Funsho trouve la beauté : celle d’un amour qui s’éteint lentement, mais laisse sur la peau la chaleur du dernier contact.
Sneaky est une chanson de minuit. De celles qu’on écoute quand la ville dort, que le téléphone vibre, et qu’on sait très bien qu’on dira encore oui. Une confession moderne, subtilement sensuelle, qui transforme la honte en poésie et l’interdit en groove doré.
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octobre 24, 2025C’est un morceau qui se glisse sous la peau comme un murmure. For Now ne cherche pas à séduire frontalement — il préfère s’infiltrer, lentement, jusqu’à devenir cette pulsation intime qui accompagne les insomnies et les draps froissés. STRNDED y tisse un R&B nocturne, moite, empreint de cette mélancolie électronique propre aux amants lucides : ceux qui savent que le moment est fragile, mais qu’ils s’y abandonnent quand même.
Le titre oscille entre la douceur et le danger. Une basse qui respire à peine, des kicks qui se retiennent d’exploser, et une voix autotunée, flottante, qui semble traverser la pièce comme une vapeur. STRNDED ne raconte pas une histoire d’amour ; il raconte une parenthèse. Un instant suspendu avant le lendemain, avant la distance, avant le vide. Il parle d’un lien provisoire, mais viscéral. Ce for now qui veut dire : reste, même si tu sais que tu ne le feras pas.
Ce qui rend le morceau si addictif, c’est cette économie de moyens, ce refus du spectaculaire. Le beat est minimal, presque sensuel dans son silence. Tout repose sur les textures : une reverb qui s’étire comme un souvenir, une nappe synthétique qui pulse comme un cœur battant trop vite. STRNDED joue sur l’ombre et la chaleur, sur cette tension entre l’intime et le secret.
Dans son chant, on entend l’écho des solitudes modernes — cette manière de s’aimer à travers un écran, de se parler à demi-mot, d’espérer une émotion dans un monde saturé de bruit. Il y a du The Weeknd période House of Balloons, mais aussi une empreinte propre : celle d’un artiste qui ne cherche pas à plaire, mais à capturer la sensation juste avant qu’elle ne s’efface.
For Now est une confession à voix basse, une caresse digitale. Ce n’est pas une chanson d’amour — c’est une chanson d’instant. STRNDED y prouve que le romantisme, parfois, se cache dans le flou, dans le manque, dans ce qu’on ne dit pas. Et dans cette zone grise entre désir et désillusion, il construit sa propre vérité : sombre, sensuelle, terriblement humaine.
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octobre 24, 2025On dirait que Red Lipstick a été écrit au bord d’un miroir. Un de ces miroirs qu’on fuit un peu trop souvent, avant d’y revenir, le regard neuf, la bouche peinte de rouge et le cœur prêt à se retrouver. Nikki Russell y livre un morceau qui n’a rien d’une simple balade R&B : c’est une renaissance. Une déclaration d’amour à soi-même, dans un monde qui préfère les femmes dociles aux femmes debout.
Le morceau s’ouvre comme une respiration lente, un battement de cils avant le coup d’éclat. La production, signée Carlton Morgan et Mark Morrison, étire les textures d’un R&B contemporain jusqu’à la soie. La basse ondule, les percussions se font feutrées, et la voix de Nikki s’élève, tout en velours et en morsure. Il y a chez elle une maîtrise du silence, un art du détail, comme si chaque mot avait été poli au rythme d’une cicatrice qu’on apprend à aimer.
Mais Red Lipstick n’est pas un simple hymne de empowerment – c’est une métaphore viscérale. Le rouge devient ici l’arme, la signature, la preuve d’existence. Russell ne chante pas la revanche, elle chante la réappropriation : celle du corps, du regard, du plaisir de plaire d’abord à soi-même. Dans son timbre, on devine les échos d’une génération qui veut guérir sans s’excuser, danser sans se justifier.
Le clip, tourné à Londres par Pierre Jermaine, prolonge cette esthétique d’émancipation sensuelle : lumière dorée, gestes précis, regards tenaces. Ce n’est pas un manifeste crié, mais une force tranquille. Russell s’y montre telle qu’elle chante : droite, digne, lucide.
Ce qui rend Red Lipstick si addictif, c’est cette oscillation permanente entre fragilité et puissance, entre douceur et cran. Nikki Russell ne cherche pas à être parfaite — elle cherche à être vraie, et c’est bien plus rare. Dans ce morceau, elle parvient à redéfinir le R&B comme un espace de vérité nue, de soin et de sensualité.
Red Lipstick ne se contente pas de briller. Il laisse une trace, celle d’une femme qui a cessé de demander la permission pour exister.
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octobre 24, 2025Il y a dans Inside Out ce genre de tension électrique qui précède la métamorphose. On sent que quelque chose s’arrache, que la peau craque pour laisser sortir une version plus brute, plus éclatante de soi. Silent Child signe ici une catharsis moderne, un cri digital et incandescent où le rock, le rap et l’électro fusionnent en un seul organisme — vibrant, instable, magnifique.
Le morceau s’ouvre comme une déclaration de guerre à l’ancien soi : riffs saturés, batterie tonitruante, voix en fusion. Ce n’est pas une simple chanson d’empowerment, c’est une mue sonique. Rodney, alias Silent Child, ne cherche plus à séduire, il cherche à survivre à lui-même. Et cette rage qu’il distille avec une précision chirurgicale, on la sent venir du fond des os — là où se logent les silences qu’on ne sait plus contenir.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre fragile qu’il tisse entre chaos et contrôle. Les guitares explosent mais ne débordent jamais, les nappes électroniques se glissent sous les refrains comme des veines de lumière, et la voix, tantôt rageuse, tantôt tremblante, incarne à elle seule cette lutte entre ombre et clarté. On retrouve l’énergie des années 2000 — celle de My Chemical Romance ou de Pierce The Veil — mais projetée dans une dimension cybernétique, nourrie par les ruines du dubstep et la fièvre de l’alternatif contemporain.
Silent Child n’appartient plus à un genre. Il les avale. Il passe de la confession à la combustion, de la fragilité à la fureur. Il parle de se dépouiller, mais tout dans Inside Out évoque la reconstruction : celle d’un être qui refuse le camouflage et embrasse ses fractures. Le morceau devient alors un manifeste — celui des marginaux, des inadaptés, de ceux qui ont longtemps dû se taire avant d’exploser.
On ressort de Inside Out lessivé mais grandi, comme après une tempête intérieure. C’est un titre qui libère autant qu’il blesse, un hymne à la sincérité brutale, à la beauté des cicatrices. Silent Child ne chante pas seulement la renaissance — il la fabrique, note après note, dans un feu qu’on sent encore crépiter après le silence.
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octobre 24, 2025Sous le vernis des grosses productions et des refrains calibrés, il reste parfois des voix brutes, des récits qui sentent la poussière, la sueur et le béton chaud. Caught Up de Herc fait partie de ces morceaux qui rappellent pourquoi le gangsta rap a survécu à toutes les modes : parce qu’il est fait de vérité. Une vérité sans vernis, sans stratégie, juste la gravité d’un homme qui raconte sa vie comme elle vient — au rythme des sirènes et des coups du sort.
Herc ne rappe pas, il parle au couteau. Sa voix râpeuse découpe l’instrumental avec une précision presque nerveuse. Le beat, minimal et sale, semble sortir d’un garage où la basse cogne comme un moteur mal réglé. Chaque mesure résonne comme un battement de cœur sous tension. On est loin du luxe des clips en supercars — ici, tout sent le bitume, la fatigue et l’instinct de survie.
Mais Caught Up ne se résume pas à un simple retour au “real rap”. Ce morceau sonne comme une confession lucide, une méditation de rue. Herc n’enjolive pas sa trajectoire, il l’expose. Il parle de pièges, de loyauté abîmée, de ce moment où l’on se rend compte qu’on est pris dans la toile — caught up, justement — entre l’adrénaline du danger et le besoin de s’en sortir. Ce n’est pas un storytelling de façade, c’est le blues du bitume dans sa forme la plus nue.
Musicalement, le morceau va droit au but : pas d’effets inutiles, pas d’ornements. Une boucle sombre, une rythmique tendue, et cette voix — entre la confession et le cri. Herc n’a rien à prouver, et c’est précisément ce qui le rend crédible. Il rappe comme on respire, parce qu’il n’a plus le choix.
Dans un paysage saturé de faux bad boys et d’ego sous stéroïdes, Caught Up sonne comme une gifle froide : celle de la sincérité. Herc y incarne le retour du rap de rue qui ne cherche ni à plaire ni à briller — juste à dire. Et à sa manière, dans cette simplicité brûlante, il touche quelque chose de rare : la noblesse de la survie.
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octobre 24, 2025Écouter Type Shit d’Orrin, c’est comme traverser Times Square à 4h du matin sous acide : tout brille, tout sature, tout bouge trop vite — mais au milieu du vacarme numérique, il y a un cœur qui bat. Un vrai. Celui d’Orrin qui vogue entre rap et hyperpop. D’un coup, tout devient bleu électrique — les façades de Manhattan se liquéfient, les néons grincent, et une pulsation artificielle s’invite sous ta peau. Ce n’est plus une chanson, c’est une fièvre. Une montée d’adrénaline douce et toxique, où l’humain se dissout lentement dans le chrome et l’écho. Un cri sous auto-tune, une révolte travestie en mélodie.
La première écoute donne le vertige. Les basses frappent comme des battements de cœur amplifiés dans une cage de verre, les snares éclatent comme des flashs photo, et la voix d’Orrin, noyée dans l’auto-tune, flotte quelque part entre prière et provocation. On pense à un Playboi Carti pris dans une tempête d’émotions, à un Bryson Tiller sous morphine, à un The Weeknd cybernétique enfermé dans un simulateur de club. Le beat ne cherche pas l’efficacité : il cherche l’impact, le déséquilibre, la beauté qui naît du bug.
Ce qui fascine chez Orrin, c’est cette manière de transformer le chaos en cathédrale. Chaque son semble cassé, fissuré, mais jamais au hasard. Derrière la façade glitchée, il y a une architecture : une tension entre rage et mélancolie, entre désir et désillusion. C’est comme si le producteur mixait avec ses nerfs à vif. La distorsion devient sentiment, la compression devient souffle. Et quand la voix s’étire, robotique et fragile, c’est tout un monde intérieur qui s’effondre avec élégance.
Orrin est l’enfant maudit du futur : trop humain pour les machines, trop numérique pour les humains. Type Shit raconte exactement ça — le besoin d’exister dans un univers où tout est déjà filtré, modifié, compressé. Le morceau avance comme un rêve lucide : à la fois furieux et suspendu, urbain et cosmique. Ce n’est pas un banger, c’est une pulsation post-humaine.
Ce qui reste après l’écoute, ce n’est pas une mélodie, c’est une empreinte. Un écho dans le crâne, un pixel coincé dans le cœur. Orrin signe là un manifeste de survie générationnelle : faire danser ses démons, amplifier ses doutes, et transformer la solitude en lumière artificielle.
Type Shit n’est pas une chanson. C’est un glitch magnifique dans la matrice — une preuve que, même dans le vacarme du futur, il existe encore des voix qui saignent.
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octobre 24, 2025Dans No Jonze, Patoranking rallume la braise de Lagos. Pas celle des clubs aseptisés ou des palaces vitrifiés, mais celle des rues poussiéreuses où le rythme est une religion et le corps, son premier instrument. Ce morceau, c’est un retour aux sources, une révérence à la galala, cette danse née dans les marges, à Ajegunle, avant de contaminer les radios et les trottoirs. Patoranking, fidèle à son instinct de conteur populaire, s’y réincarne en griot urbain, réconciliant la fureur du bitume et l’élégance d’un son global.
Dès la première pulsation, la rythmique explose comme un cœur impatient. Le beat, charnu et bondissant, s’appuie sur des percussions organiques, une basse reptilienne et des cuivres taillés dans la chaleur tropicale. Le flow de Patoranking n’est plus un simple chant : c’est un langage corporel. Sa voix, rugueuse et charismatique, ondule comme un drap humide sur une corde au soleil. Chaque intonation raconte la survie, le panache, la débrouille — tout ce que le mot « Jonze » refuse d’être. Car No Jonze, littéralement, c’est le refus du relâchement. C’est une injonction à ne pas flancher, à ne pas trahir sa trajectoire quand le monde s’effondre sous les lumières de la fête.
Le morceau, produit comme un étendard, réussit cette alchimie rare entre tradition et futurisme. Patoranking s’amuse à brouiller les frontières du dancehall, en injectant un ADN afrobeats toujours plus dense, toujours plus revendicatif. On retrouve cette manière unique de raconter la fierté — pas celle des vainqueurs, mais celle des survivants. Derrière l’énergie solaire, il y a une gravité discrète : celle d’un homme qui connaît la valeur du travail, du risque, du feu intérieur qu’il faut entretenir pour ne pas se perdre.
Mais No Jonze est aussi un manifeste esthétique. Là où beaucoup se contentent de recycler les codes du dancehall, Patoranking recompose la matière. Il y mêle la ferveur nigériane à la conscience jamaïcaine, la sueur du présent à la mémoire des pionniers. Dans le clip, filmé au cœur d’Ajegunle, on aperçoit Marvelous Benjy et Allen B — figures sacrées du galala — comme des fantômes bénins veillant sur la relève. Ce n’est pas une nostalgie, c’est une transmission : l’héritage s’incarne, il danse, il respire.
Avec No Jonze, Patoranking confirme qu’il est bien plus qu’un chanteur — un bâtisseur de ponts, un gardien de flamme. Son groove ne cherche pas à séduire, il cherche à rallier. Et dans cette injonction simple, presque proverbiale — « don’t jonze » — résonne toute la philosophie de sa musique : rester debout, même quand la fête s’arrête, continuer à danser, même quand le monde vacille.
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octobre 24, 2025Une collaboration entre Blaqbonez et AJ Tracey, c’est un peu comme croiser la moiteur électrique de Lagos avec la grisaille luxuriante de l’Ouest londonien. Deux artistes taillés dans le chrome, forgés dans des réalités parallèles mais rythmées par la même urgence : exister avec style, dominer sans perdre le contrôle. Consistency n’est pas un simple featuring, c’est une collision élégante, calibrée, entre deux capitales du flow, deux manières d’habiter le beat — l’une solaire, rusée, charismatique ; l’autre précise, nerveuse, clinique.
Dès les premières secondes, le morceau s’installe avec un aplomb qui frôle l’arrogance : un groove limpide, des basses compactes, une production signée Telz et Kofo Sound qui vise juste — entre la légèreté d’un afro-fusion moderne et le tranchant urbain du grime. Le titre porte bien son nom : Consistency est une démonstration de rigueur, de contrôle absolu. Rien ne déborde, mais tout brûle. Blaqbonez déroule une écriture fluide, consciente, rythmée par un sens du timing que peu de rappeurs maîtrisent à ce niveau. Il joue avec les silences, s’accroche aux syncopes, prend l’espace avec cette nonchalance typiquement nigériane, celle des artistes qui n’ont plus rien à prouver, juste à affirmer qu’ils sont déjà là.
Puis AJ Tracey surgit, précis comme une lame. Sa diction, toujours millimétrée, injecte un contrepoint froid à la chaleur du beat. Là où Blaqbonez fait briller la voix, AJ densifie les mots — il enroule le morceau dans une tension plus british, plus pragmatique, presque minimaliste. Leur duo fonctionne parce qu’il ne cherche pas la fusion : il préfère le frottement. L’élégance de l’un renforce la bravoure de l’autre.
Sous ses apparences d’hymne club-friendly, Consistency cache en réalité un manifeste sur la longévité : le refus de s’essouffler dans un monde qui glorifie l’instantané. C’est une chanson sur l’endurance artistique, le muscle mental qu’il faut pour tenir face à la vitesse, à la hype, à la tentation de s’oublier. Là où d’autres prêchent le succès, Blaqbonez prône la discipline — et c’est peut-être ce qui le distingue dans cette nouvelle génération d’artistes africains, trop souvent formatés à l’éphémère.
Ce titre sonne comme une leçon donnée sans arrogance, un rappel que la constance est une arme silencieuse. Et quand deux voix venues de continents différents s’accordent sur cette vérité universelle, la musique prend une autre dimension : elle devient une conversation entre égaux. Consistency n’est pas juste un morceau, c’est un état d’esprit, sculpté dans le marbre du futur.
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octobre 24, 2025On pourrait croire que Icy Pristine parle de froid, mais c’est en réalité un morceau brûlant. Une brûlure sous la glace, une onde de chaleur prisonnière d’un bloc translucide. Molombo et Pyro signent ici une pièce d’orfèvrerie sonore, une prière digitale qui prend la forme d’un rap chanté où chaque mot se cristallise avant de fondre dans la réverbération. C’est de l’émotion tenue à distance, de la douleur polie à la perfection — le chagrin rendu luminescent.
Le morceau s’ouvre sur une guitare en suspension, comme un fil tendu entre le vide et la délivrance. Elle ne pleure pas, elle respire à travers des accords dissonants, presque fragiles. Puis vient la voix de Molombo : mi-nuage, mi-souffle, qui s’écrase doucement contre le beat comme un cœur au ralenti. Il ne cherche pas à dominer la rythmique, il s’y fond, s’y glisse, s’y dissout. Pyro, en écho, prolonge cette sensation d’apesanteur, ajoutant une dimension presque cinématographique au morceau — deux voix qui se croisent dans la nuit, deux solitudes qui se reconnaissent.
Ce qui frappe ici, c’est la manière dont Molombo réussit à rendre l’introspection pop sans la vider de son mystère. Là où beaucoup auraient surchargé, il épure. Son univers — déjà dessiné sur Hero OMW — trouve ici une clarté nouvelle : une écriture à la fois spirituelle et désenchantée, où le désarroi devient matière première. La rythmique trap, discrète mais nerveuse, pulse sous la surface comme un cœur qui refuse d’arrêter de battre.
Icy Pristine semble flotter dans cet entre-deux si typique de Molombo : ni tout à fait hip-hop, ni tout à fait pop, ni tout à fait réel. C’est une chanson qui vit dans un brouillard bleu, quelque part entre l’aube et le souvenir, là où les émotions n’ont plus besoin de s’expliquer. Le duo transforme la vulnérabilité en architecture sonore, et chaque silence devient un miroir.
On ressort de cette écoute comme d’un rêve au ralenti : un peu gelé, un peu apaisé, un peu hanté aussi. Molombo et Pyro ne cherchent pas la catharsis — ils observent la douleur à travers la glace, fascinés par sa beauté immobile. Icy Pristine ne veut pas réchauffer, il veut suspendre le temps, le rendre presque supportable. Et dans ce presque, il touche à quelque chose d’essentiel.
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octobre 24, 2025Un morceau comme une respiration. Hero OMW se déploie dans l’air comme un rêve lucide, fragile et tenace à la fois, où Molombo transforme le tumulte intérieur en élan vers la lumière. Ce n’est pas une chanson au sens classique, mais une trajectoire — une façon d’avancer dans la pénombre, tête levée, en cherchant le bon équilibre entre abandon et maîtrise. On y entre comme on glisse dans une eau tiède au crépuscule, sans savoir si l’on va nager ou se laisser porter.
La production respire. Chaque élément semble avoir été posé avec une précision quasi organique : la basse ne bat pas, elle palpite. Les nappes synthétiques ondulent comme des draps au vent, et la voix de Molombo, mi-parlée mi-chantée, flotte quelque part entre un aveu et une promesse. Rien n’est forcé. Le groove se tient à distance du spectaculaire, préférant la souplesse à la démonstration. On sent la main d’un musicien qui connaît le silence, qui sait que la tension se niche souvent dans le creux, pas dans le cri.
Molombo, Congolais exilé dans le Colorado, semble jouer avec le sentiment d’entre-deux : celui d’un artiste à la croisée des cultures, des genres et des blessures. Son flow, doux comme une confidence, s’inscrit dans la lignée d’un post-rap introspectif où le rythme n’est plus une arme mais un refuge. Entre le cloud hop, la soul feutrée et une esthétique presque cinématographique, Hero OMW capture l’instant suspendu où la mélancolie se transforme en mouvement.
C’est une chanson sur la rédemption intime, sur la lente construction d’un soi plus solide. On y entend un garçon qui refuse de sombrer, qui reconstruit son souffle note après note. Et dans ce souffle, il y a une beauté désarmante, un courage tranquille.
Molombo n’essaie pas d’être un héros — il en explore l’idée. Il avance à contre-courant des rappeurs obsédés par la vitesse ou le triomphe, préférant la délicatesse du doute à la prétention du succès. Hero OMW est son autoportrait en transparence : une prière sans église, un hymne discret à ceux qui tombent, se relèvent et recommencent à marcher.
C’est le genre de morceau qui ne sauve pas le monde, mais répare un peu le cœur. Et parfois, c’est largement suffisant.
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octobre 24, 2025Il existe des morceaux qui ne s’écoutent pas, mais qui s’invoquent. Who But I appartient à cette catégorie rare — celle des chansons qui semblent surgir d’un rituel oublié, entre deux mondes, où le psychédélisme flirte avec la magie noire et où chaque guitare résonne comme un sortilège prononcé sous la lune. Psych-O-Positive ne joue pas du rock : ils convoquent les forces anciennes du son.
Dès les premières secondes, le titre tisse une atmosphère de transe électrique. Une basse hypnotique trace le cercle, la batterie invoque les esprits du tempo, et la voix, incantatoire, s’élève comme un prêche venu d’un autre âge. Tout ici semble appartenir à une mythologie parallèle : celle où Aleister Crowley aurait troqué ses grimoires pour une Telecaster. La production, volontairement brute, capture la tension du moment précis où la folie devient illumination.
Ce qui fascine, c’est cette collision temporelle : Who But I sonne à la fois comme un cri de garage de 1971 et comme une méditation post-moderne sur la transe sonore. Les guitares sont sales, saturées, presque païennes, et pourtant d’une précision mathématique. On pense aux ombres de Led Zeppelin, aux pulsations mystiques de King Gizzard, mais Psych-O-Positive ne copie rien — ils réactivent le feu primitif du rock avec la dévotion d’un ordre secret.
Il y a quelque chose d’ésotérique dans leur manière de construire la tension : ça monte, ça brûle, mais ça ne casse jamais. On frôle le chaos, mais on reste en suspension, sur cette corde tendue entre le sacré et le profane. Et quand le refrain s’ouvre enfin, c’est un déferlement — un mantra incandescent qui explose sans prévenir, avant de retomber dans le silence comme une braise consumée.
Who But I n’est pas une chanson qu’on comprend. C’est une expérience sensorielle, presque mystique, qui rappelle que le rock, dans ses meilleurs jours, n’est pas qu’une affaire de notes : c’est un acte de foi. Psych-O-Positive signe ici une incantation moderne, un pont entre Stonehenge et l’ampli Marshall, entre les dieux anciens et le vacarme du présent.
On en sort un peu étourdi, comme après une cérémonie dont on ne se souvient pas les mots — seulement la vibration.
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octobre 24, 2025Il y a quelque chose d’immensément poétique dans le geste de THE BOY : sortir, des années plus tard, un morceau enregistré seul dans une chambre, comme on exhume un souvenir qui brûle encore. PLAY LOUDER n’est pas seulement une chanson — c’est une relique d’adolescence, un manifeste d’indépendance, un cri discret lancé à travers le temps.
Dans un Japon souvent fasciné par la perfection sonore, THE BOY fait l’inverse. Il célèbre la poussière, l’imperfection, la vibration brute du lo-fi. Tout ici sent la sincérité d’un artisan : guitare qui craque, synthé un peu éraillé, voix captée de trop près. Et pourtant, dans ce chaos assumé, chaque détail est pensé. Le groove à 120 BPM pulse avec une énergie solaire, presque naïve, comme si Beck avait perdu son sampler dans une chambre de Nagoya.
On sent l’ombre d’Odelay dans la texture du morceau, cette manière de mélanger rock, pop et un soupçon de reggae sans jamais s’excuser. Les influences se bousculent — Sting dans la ligne vocale, les Beatles dans la clarté mélodique, un peu de Dylan dans la désinvolture poétique. Mais sous ces couches de références, il y a un ton personnel, celui d’un jeune homme qui s’obstine à croire que la musique doit d’abord être un geste de survie.
THE BOY chante en japonais, mais la langue importe peu : ce qu’il exprime dépasse les mots. PLAY LOUDER devient une philosophie — celle de continuer à jouer, même quand le monde se tait, même quand les portes se ferment. Il transforme sa solitude en moteur, son isolement en signature sonore.
Il y a dans cette chanson la lumière des après-midis passés à bricoler un rêve, casque vissé sur les oreilles, le cœur trop plein pour se taire. C’est le son de quelqu’un qui refuse de se résigner. Un morceau sans cynisme, sans artifice, où le “fait maison” devient une arme de vérité.
Alors oui, PLAY LOUDER — parce qu’à l’heure des algorithmes, jouer plus fort, c’est parfois la seule façon de rester vivant.
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octobre 24, 2025T.I.M. n’entre pas en scène. Il déboule, chemise ouverte, sourire carnassier, riff prêt à éventrer la monotonie du rock trop poli. What Is Wrong & What Is Right n’est pas un titre : c’est une gifle, une secousse d’énergie brute enregistrée dans un garage où la sueur colle encore aux murs. Ce morceau, c’est l’enfant illégitime des Beastie Boys et de No Doubt, nourri à la bière tiède, à la rébellion, et à ce groove de dinosaure que plus personne n’ose assumer.
Adrian Young, batteur légendaire de No Doubt, plaque ici une rythmique d’une efficacité chirurgicale. Ses coups tombent avec la précision d’un métronome qui aurait pris feu : sec, puissant, irrésistible. Le son est organique, rugueux, presque sale — une batterie qui claque comme un fouet sur une route brûlante. Autour, la guitare de John Hayes (Mother’s Finest) injecte des éclats funk dans un mur de son saturé. C’est dans cette tension entre rage et sensualité que T.I.M. trouve sa couleur.
Et puis il y a cette voix. TJ chante comme on provoque, entre désinvolture et arrogance. Il ne raconte pas une histoire : il l’impose, avec un charisme instinctif, brut, presque animal. On croit entendre un type qui n’a rien à prouver mais tout à balancer — un cri contre la tiédeur, contre les formats, contre les refrains en carton. Le morceau pulse comme un cœur en manque de dopamine, nourri à la nostalgie des années 90 mais propulsé par une énergie parfaitement actuelle.
What Is Wrong & What Is Right rappelle que le rock n’est pas mort : il a juste pris le temps de se recharger avant de revenir plus affûté, plus charnel, plus libre. Ce n’est pas un revival, c’est une réinvention. Une collision entre funk, punk et pop, un groove animal empaqueté dans une production redoutablement moderne.
Dans un monde où tout sonne pareil, T.I.M. ne cherche pas à plaire. Il secoue, il mord, il réveille. Et c’est exactement ce qu’on attendait sans le savoir : un rappel que le rock, quand il est fait avec tripes, sueur et instinct, n’a pas besoin d’être expliqué. Il suffit de l’écouter fort. Très fort.
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octobre 24, 2025Il y a chez Farid Audee — désormais Gabriel Audee — cette volonté farouche de réinventer le plaisir, de lui redonner ses lettres de noblesse dans un monde trop pressé pour danser sans raison. Cruisin’ (You Dig It?), c’est exactement ça : une célébration du futile, une invitation à relâcher le mental et à retrouver cette innocence du groove, ce moment où la musique ne demande rien d’autre que ton sourire et ton mouvement.
Dès les premières mesures, le titre déborde d’un funk poli, presque fluorescent. Les lignes de basse s’enroulent autour de la batterie avec un sourire en coin, pendant que des claviers élastiques ajoutent une touche disco aux reflets dorés. C’est du funk sans complexe, presque bubblegum dans son exécution, mais derrière cette légèreté assumée se cache une précision d’orfèvre : la production est millimétrée, chaque break, chaque filtre, chaque reverb est une décision consciente. On sent l’ingénieur du son derrière le producteur, le créateur derrière le showman.
Ce qui rend Cruisin’ fascinant, c’est qu’il refuse de parler — littéralement. Farid Audee ne chante pas, il sculpte le son comme on raconte une histoire sans mots. Tout passe par les textures : une guitare qui ricoche comme un rire, un synthé qui s’étire comme un regard complice, un beat qui s’installe sans jamais forcer. Le morceau devient un espace : celui d’une virée imaginaire en décapotable à travers une Amérique synthétique, à mi-chemin entre Nile Rodgers et Daft Punk.
Le plus beau, c’est ce paradoxe : une chanson profondément humaine, mais sans voix. On y danse, on y rêve, on s’y perd. Cruisin’ (You Dig It?), c’est du plaisir pur, lucide, qui assume sa légèreté tout en maîtrisant sa forme. Pas besoin de message, ni de gravité : Farid Audee compose comme on respire, dans cette simplicité rare qui n’appartient qu’aux artistes sûrs d’eux.
Et quelque part, c’est là que réside le vrai propos de ce titre : apprendre à aimer sans peser, à créer sans se justifier. À cruisin’, simplement.
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octobre 24, 2025À 3 h 33 du matin, le monde dort, sauf ceux qui brûlent de créer. Emerald Sun, lui, chuchote dans l’obscurité. Pas un murmure par pudeur, mais par nécessité — sa famille dort à côté, et la fièvre créative ne peut attendre. C’est de cette contrainte, de cette intimité forcée, que naît 3:33, un morceau suspendu entre deux mondes : la terre des hommes et la vibration des anges.
L’Australien signe ici l’un de ces titres où la technique devient spirituelle. Le souffle, au lieu d’être un accident, devient une texture. Sa voix murmurée glisse sur le beat comme une incantation, presque spectrale. On sent le micro Neumann U87 capturer chaque fragment de souffle, chaque hésitation — la fragilité transformée en matière sonore. C’est de la lo-fi, certes, mais incarnée, artisanale, sincère. La production, tout en nappes cotonneuses et pulsations feutrées, évoque les heures où la conscience flotte : entre fatigue, révélation et hallucination douce.
Et puis surgit Taj Austin, figure du collectif californien Coast Contra, avec un couplet qui tranche l’air. Sa présence ramène le morceau sur terre, injectant au rêve australien une énergie viscérale, presque fiévreuse. Sa voix s’élève comme une prière urbaine, un contrepoint de lumière brute dans l’univers introspectif d’Emerald Sun. Le contraste entre les deux rend la collaboration évidente : l’un médite, l’autre prophétise.
3:33 parle d’alignement, de ces moments rares où l’on sent que quelque chose — l’univers, l’amour, la foi, la musique — prend le relais de la volonté. Mais au-delà du mystique, c’est une leçon de fragilité maîtrisée. Emerald Sun parvient à faire de sa contrainte un geste esthétique, transformant le silence domestique en laboratoire de son.
On pense à cette heure étrange, celle où tout semble possible et tout paraît perdu. 3:33 n’est pas un banger, ni une berceuse. C’est un état d’âme enregistré, un instant arraché à la nuit. Dans ce souffle, dans cette sincérité nue, Emerald Sun prouve qu’il n’a pas besoin de crier pour être entendu. Il suffit parfois d’un chuchotement, et d’un alignement parfait entre la chair, le son et l’invisible.
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octobre 24, 2025AquaBlueSound et Avaraj ne chantent pas la rupture, ils la dissèquent. « Not The One » n’a rien d’un cri du cœur : c’est une chirurgie émotionnelle, froide, lente, terriblement lucide. Tout y vibre dans cette zone trouble où le manque devient rythme, où la douleur s’apprivoise dans le contrôle absolu du son. Ce morceau, c’est le moment exact où l’amour s’éteint, mais continue d’éclairer les murs un instant encore, comme un néon qui refuse de mourir.
La production d’AquaBlueSound s’apparente à une architecture de verre : chaque son y est calibré, transparent, prêt à se briser à la moindre émotion. Le beat trap, minimal et précis, pulse comme un cœur sous anesthésie. Le producteur ne cherche pas à séduire, il reconstruit le vide. Derrière ces nappes flottantes, ces respirations synthétiques, on sent la main d’un artisan qui connaît le poids du silence, la valeur de l’espace. Le mixage, presque clinique, amplifie le vertige : une froideur maîtrisée, où la moindre reverb semble pleurer doucement.
Et puis Avaraj entre, spectrale, mi-déesse mi-fantôme. Sa voix traverse la production comme une présence qui refuse de se taire. Pas de pathos, juste cette sensualité lasse de ceux qui ont trop aimé. Elle chante comme on ferme une porte — lentement, sans se retourner, avec cette précision du geste qui fait encore plus mal. Son phrasé a quelque chose d’hypnotique, d’indifférent, une douceur dangereuse, presque vénéneuse.
« Not The One » avance sans explosion, sans apothéose. Il s’épuise comme une relation, dans une succession de respirations et de battements retenus. C’est ce qui le rend fascinant : il ne cherche pas le climax, il s’installe dans l’après. Ce moment gris où la peine devient esthétisée, où la tristesse s’habille de velours numérique.
AquaBlueSound et Avaraj signent un morceau à la fois éthéré et viscéral, un clair-obscur pop où l’émotion passe par le détail, par l’air entre deux accords. On y entend tout ce que le monde moderne a fait de l’amour : une expérience esthétique, tactile, parfois déshumanisée, mais désespérément belle. « Not The One » n’embrase rien — il fume encore, dans l’intimité d’un studio vide, comme un souvenir que personne n’ose effacer.
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octobre 24, 2025Chez B.Miles, chaque chanson semble écrite à la frontière du souvenir et du feu. « Too Close To The Flame » s’inscrit dans cette lignée — un retour incandescent à la matière première de son art : la douleur lucide, le désir qui consume, la mémoire qui refuse de refroidir. Dix ans après ses débuts, la chanteuse new-yorkaise revisite son propre mythe, comme si elle regardait dans les cendres de « Nine Matches » pour y trouver une flamme encore vivante.
Ici, tout brûle à petit feu. La production, d’abord — moite, dense, traversée de synthés qui respirent comme des braises. La voix ensuite — celle de B.Miles, à la fois désabusée et vibrante, posée sur des rythmiques feutrées qui oscillent entre pop alternative et confession électronique. Elle chante l’éternel retour de l’amour toxique, ce moment où l’on sait que l’on va se brûler mais où la chaleur, trop familière, est plus forte que la raison.
« Too Close To The Flame » n’est pas une chanson d’amour, mais une chanson de tentation. Elle s’adresse à ce qui nous attire dans le vide, à ce besoin de se sentir vivant même quand cela fait mal. La voix de B.Miles flotte dans une atmosphère de nuit new-yorkaise, un peu triste, un peu divine, comme si la ville entière retenait son souffle avant la prochaine erreur.
Ce morceau, prélude à son nouvel album Time Doesn’t Heal. It Hides., résume toute l’essence de B.Miles : une artiste qui transforme la fragilité en force, la mélancolie en éclat, et la solitude en catharsis. Il y a du feu dans sa pop, mais aussi du contrôle, une intensité maîtrisée, presque cinématographique.
« Too Close To The Flame » n’est pas là pour réchauffer. Il est là pour rappeler que certaines blessures ne se referment pas — elles s’illuminent.
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octobre 24, 2025Il y a dans ce morceau un souffle chaud, celui qui monte des pavés brûlants de Sitges quand le jour s’étire et que la mer reflète encore les excès de la veille. Pavy, rappeur de Chicago à la plume ciselée, quitte ici le béton pour la lumière, la rage pour le relâchement. « Let’s Lay Out In Sitges » n’est pas un banger de plus, c’est une respiration — un carnet de voyage où le hip-hop se fait carte postale sensuelle, rythmée par le ressac et la nonchalance.
Sous les basses étouffées, le flow glisse comme une brise. Pavy déroule son rap avec la précision tranquille d’un type qui a trouvé sa paix, même provisoire. Le beat trap est moelleux, presque cotonneux, ponctué de nappes synthétiques et d’un groove solaire qui évoque les après-midi sans fin, les cocktails qui fondent et les pensées qui dérivent. C’est une écriture hédoniste, mais pas naïve : on y sent le poids du vécu, la lucidité d’un homme qui sait ce qu’il fuit autant que ce qu’il cherche.
Il y a quelque chose de cinématique dans cette track, un plan-séquence sonore où tout semble suspendu. Sitges devient alors plus qu’un lieu — une métaphore du lâcher-prise, une parenthèse dans la fuite en avant. Le refrain, discret, agit comme un mantra : une invitation à s’allonger, à ralentir, à simplement être.
Dans un rap américain souvent saturé de tension et de démonstration, Pavy choisit l’élégance du retrait, le cool introspectif d’un artiste qui rappe pour mieux respirer. « Let’s Lay Out In Sitges » sent la mer, la peau et la liberté. Un titre qui, sous ses airs de simple escapade, raconte la plus belle des fugues : celle de soi-même.
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octobre 24, 2025Il y a dans « De la nuit » cette lumière trouble qui précède l’aube, ce moment où la fête s’éteint mais où le cœur refuse de dormir. CDQP, voix douce et blessée, y tisse un récit suspendu entre désir et solitude — une rencontre au bord de la mer, une nuit d’été qui n’en finit pas de hanter. Le morceau flotte dans une tension sensuelle, une langueur électronique qui rappelle la mélancolie feutrée de Lewis OfMan ou les premières amours synthétiques de Dinos et Flavien Berger.
Tout repose sur un équilibre fragile : des synthés qui respirent, des guitares en apesanteur, une basse hypnotique, et cette batterie métronomique comme un battement de cœur trop régulier pour être vivant. Le chant, lui, n’appuie jamais. Il effleure. CDQP ne raconte pas tant une histoire qu’il laisse dériver une sensation, celle du manque, du souvenir encore tiède sur la peau. On y sent le sel, la nuit, la distance — ce « presque rien » que la pop française, quand elle ose la pudeur, sait si bien sublimer.
Mais là où d’autres sombreraient dans le romantisme cliché, CDQP retient tout. Il transforme le slow d’été en murmure d’hiver, la plage en décor mental, la passion en souvenir déjà consumé. Sa voix, légèrement voilée, se glisse entre les nappes électroniques avec la précision d’un souffle retenu — à la frontière du rêve et du désenchantement.
« De la nuit » n’est pas une chanson à chanter. C’est une onde à traverser, une caresse qui reste sur la joue longtemps après l’écoute. Une ballade moderne, minimaliste et élégante, qui fait du silence un instrument à part entière. Dans un paysage où la pop française cherche souvent la lumière, CDQP, lui, choisit l’obscurité — et c’est ce qui la rend si belle.
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octobre 24, 2025Sous les néons imaginaires d’un club qui n’existe peut-être pas, Plaid Lion allume une boule à facettes qui tourne au ralenti. « Follow Me » a la nonchalance de ces morceaux qui ne cherchent pas à séduire — ils savent qu’ils le font déjà. C’est un groove qui s’avance, un peu chaloupé, un peu sophistiqué, comme une invitation murmurée à mi-voix sur un dancefloor trop petit pour contenir tout ce qu’il fait ressentir.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/01vde74iz7yxdwacAnp2gr
Le duo de Tacoma déroule ici une partition où la sensualité et la maîtrise s’épousent sans effort. Une contrebasse élégante tisse la colonne vertébrale du morceau, pendant qu’un beat disco précis, feutré, glisse sans jamais s’imposer. La voix, suave et légèrement voilée, semble flotter au-dessus des accords comme un parfum de fin d’été — ni trop sucré, ni trop distant. Tout respire le goût du détail, de l’arrangement ciselé, de la mélodie qui accroche l’oreille sans la saturer.
« Follow Me » ne parle pas d’amour ni de fête, mais de ce moment suspendu entre les deux : le regard échangé avant la première danse, la lente montée du désir avant le mouvement. C’est une chanson pour les cocktails au coucher du soleil, les terrasses où l’on rit trop fort, les nuits qui s’étirent sans promesse.
Plaid Lion réussit un numéro d’équilibriste rare : faire sonner la nostalgie sans tomber dans la citation, ressusciter la soul du disco tout en y injectant la fraîcheur d’une production moderne, presque cinématographique. On y sent des éclats de Portishead, la chaleur d’un Rick Wade, et la désinvolture des duos qui ont trop écouté la nuit pour en avoir peur.
« Follow Me » se déguste comme un spritz sonore, pétillant et moelleux à la fois. Une invitation à se laisser guider, sans se presser, vers un ailleurs moite et élégant. Le genre de morceau qui vous fait danser, même assis, un sourire aux lèvres et le cœur un peu plus léger.
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octobre 24, 2025Il y a des morceaux qui transforment la nuit en territoire sacré, des pulsations qui réécrivent le langage du corps sans un mot. « IVE BEEN WAITING (TristanK Remix) » appartient à cette race rare de tracks qui saisissent à la gorge dès la première mesure et ne relâchent jamais. Un uppercut sonore, un shoot d’adrénaline calibré pour les clubs qui ne ferment jamais, les parkings qui résonnent encore à l’aube, les âmes qui refusent de dormir.
TristanK injecte ici sa signature électro avec la précision d’un architecte du chaos. La basse, granuleuse et lourde comme une onde de choc, s’entremêle à un kick sec, presque militaire. L’énergie trap qui suinte des breakbeats ajoute une tension dramatique, comme si le morceau oscillait en permanence entre implosion et extase. Au cœur de cette tempête, un vocal aérien, presque spectral, flotte comme un souvenir perdu au milieu du vacarme — une voix qui semble venir d’ailleurs, d’un passé enfoui dans la mémoire d’un dancefloor.
Tout est affaire de contraste : les montées sont étirées jusqu’à la rupture, les drops explosent sans prévenir, et la structure tout entière respire cette maîtrise du déséquilibre propre aux producteurs qui ne cherchent pas à plaire, mais à provoquer. C’est à la fois brut et élégant, technique et instinctif, sensuel et métallique.
Sous les couches de basses et les syncopes brûlantes, « IVE BEEN WAITING » raconte quelque chose de plus intime : cette impatience viscérale d’un artiste qui n’attend plus rien du monde, sinon la vibration juste, celle qui fait trembler la peau et rallume les yeux. TristanK signe ici un remix incandescent, à la croisée du Bass House, du Trap et de l’extase électronique, un cri de minuit qui s’étire jusqu’à l’aube.
Un morceau à écouter fort, très fort — jusqu’à ce que le sol respire avec toi.
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octobre 24, 2025Chez Paul Schalda, tout semble venir d’un autre temps, mais rien n’y sonne nostalgique. Sa voix, râpeuse et lumineuse à la fois, convoque les fantômes du soul des années 70 tout en les glissant dans un costume moderne, bien taillé, un peu élimé sur les bords. « Can You See Yourself With Me » ne cherche pas à impressionner : il préfère caresser, doucement, avec la sincérité d’un homme qui a beaucoup aimé, beaucoup perdu, et qui continue pourtant d’y croire.
Le morceau s’ouvre comme une promesse. Quelques accords chauds, une batterie qui respire, des cuivres discrets mais pleins de tendresse. On imagine déjà la scène : fin d’après-midi à Dallas, lumière dorée sur les vitres, un air de Allen Toussaint dans les oreilles et ce petit sourire mélancolique qu’on n’explique pas. Schalda chante l’attente, l’espoir un peu timide, la vulnérabilité d’un homme qui demande « et toi, tu me vois aussi ? ». Sa voix — celle d’un type qui a vécu — fend le silence comme un rayon de soleil sur un vieux parquet.
Ce qui frappe, c’est la justesse émotionnelle. Rien d’appuyé, tout coule avec une fluidité désarmante : la soul et le folk s’y enlacent, la mélodie s’épanouit sans forcer. On retrouve l’ADN de Staten Island, ce goût du vrai, du rugueux, allié à la douceur texane qu’il a adoptée. Derrière la simplicité du refrain, il y a l’art de celui qui a compris que les grandes chansons tiennent souvent à une ligne, un souffle, une vérité murmurée.
« Can You See Yourself With Me » flotte comme un souvenir heureux qui refuse de s’éteindre. Une chanson d’amour, oui, mais sans fioritures, sans éclats de vitrine — juste la beauté nue d’un sentiment qu’on ose encore formuler. Schalda y livre un morceau de lui-même, brut, sincère, habité par cette humanité qu’on croyait disparue des radios.
Un slow pour les cœurs cabossés, les rêveurs lucides et les nostalgiques du vrai.
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octobre 24, 2025Il y a dans la voix de Konyikeh quelque chose d’infiniment humain — cette fragilité fière, ce tremblement qu’on n’essaie plus de cacher. « Vulnerability » n’est pas une chanson, c’est un aveu. Un moment suspendu où l’on entend le cœur d’une jeune femme battre dans chaque mot, chaque souffle, chaque silence. La soul n’a jamais été aussi simple, aussi vraie, aussi nécessaire.
Le morceau s’ouvre sur un piano qui titube un peu, comme une conversation hésitante entre deux âmes trop lucides. Une batterie feutrée se glisse à pas de velours, soutenant la voix chaude et magnétique de Konyikeh — ce timbre qui semble pouvoir à la fois consoler et blesser. Elle chante la peur d’aimer, la honte d’être vue, la beauté d’être enfin vulnérable, avec une sincérité désarmante. On pense à Amy Winehouse pour la profondeur, à Cleo Sol pour la pureté, mais Konyikeh trace sa propre voie : un entrelacs de jazz, de soul et d’introspection londonienne.
Là où beaucoup cherchent à impressionner, elle choisit la retenue. Les mots ne sont pas faits pour convaincre, mais pour guérir. « Vulnerability » respire comme une prière profane, un hymne pour ceux qui ont trop longtemps confondu force et fermeture. Dans sa voix, on entend les cafés de Camden un dimanche matin, les confidences murmurées après minuit, les cicatrices qu’on finit par aimer.
Et puis il y a ce clip, d’une tendresse inouïe, où la banalité du quotidien devient chorale : les passants, les serveurs, les inconnus se fondent dans un élan collectif, comme si l’émotion de Konyikeh devenait contagieuse.
« Vulnerability » n’est pas une performance, c’est un dépouillement. Konyikeh n’y cherche pas à briller — elle s’y révèle, tout simplement. Dans une époque obsédée par la perfection, elle nous rappelle que la vérité, parfois, chante faux. Et que c’est là que réside toute sa beauté.
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octobre 24, 2025Avec « Doings », C-Unit fait bien plus que livrer un banger : ils redessinent la carte du plaisir. Le duo jumeau, rejoint par le rappeur nigérian Jeriq, fait entrer l’Amapiano dans une nouvelle ère, celle où la fête devient manifeste, où la confiance n’est plus un style mais une philosophie. Ce morceau, c’est le bruit du soleil sur le chrome, la chaleur d’un Lagos qui n’a jamais cessé de danser, la certitude tranquille qu’on n’a plus rien à prouver.
Dès les premières secondes, le beat s’installe comme un moteur en marche lente — un groove moelleux, traversé par ces log drums typiques du genre, gonflés à l’énergie du hip-hop et d’une basse au sourire carnassier. Les voix, elles, roulent avec une aisance déconcertante : celle d’artistes qui ont trouvé la ligne parfaite entre tradition et modernité, entre la rue et la lumière. Jeriq y dépose ses couplets avec la précision d’un conteur de bitume, pendant que C-Unit tisse un refrain qui scintille, plein d’arrogance joyeuse.
Mais « Doings » ne se résume pas à sa pulsation hédoniste. C’est aussi un hymne à la réussite, à la manière nigériane : exubérante, pleine de panache, nourrie de sueur et de rires. Derrière les mots, on sent l’histoire de ceux qui ont dû s’imposer, construire un empire à coups de confiance et de beats. C’est la revanche sonore d’une jeunesse qui refuse la discrétion.
Entre les lignes, C-Unit injecte une forme de spiritualité rythmique : le sacré du corps qui bouge, la ferveur du moment partagé. L’Amapiano devient ici un langage universel, celui du lâcher-prise et de la fierté.
« Doings » n’est pas seulement une chanson : c’est une célébration, une signature gravée dans la peau. Un cri doré lancé dans la nuit, invitant le monde entier à venir transpirer d’allégresse.
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octobre 24, 2025On ne sait pas trop si PMBM chante, prie ou invoque. Dans « Burn Me, Be With Me », tout semble venir d’un endroit interdit — quelque part entre le souffle et la brûlure, entre la confession et la menace. C’est un morceau qui ne se contente pas de séduire : il envoûte, il dévore, il laisse des marques.
La production, mi-trap mi-R&B spectral, respire comme un corps qui hésite entre la tendresse et la chute. Une basse souple glisse sous un beat charnel, presque animal, pendant que des nappes de synthé s’étirent comme une brume de désir. Et au centre, la voix — ou plutôt le murmure — de PMBM : androgyne, blessé, fascinant. On y entend la rage du contrôle et l’abandon du feu, le besoin d’aimer et celui de disparaître dans la même étreinte.
« Burn Me, Be With Me » n’est pas une chanson sur la passion. C’est une expérience de possession. PMBM explore la frontière trouble où le plaisir devient rituel, où la douleur se fait offrande. La voix ne raconte pas une histoire : elle fait vivre un mythe, celui de la fusion absolue, où l’autre devient miroir, poison, pardon. Dans ses textures, on sent l’ombre de FKA twigs, la tension sensuelle de Sevdaliza, l’intensité gothique de The Weeknd — mais avec une froideur mystique, presque sacrée, qui appartient à PMBM seul.
Tout ici semble sculpté dans le clair-obscur : les beats claquent comme des coups de fouet, les silences brûlent plus que les mots. Et quand le morceau s’éteint, il ne laisse pas le calme — il laisse une trace, un vertige, une odeur de peau encore chaude.
PMBM signe là une œuvre hypnotique et dangereuse, où la foi et le désir ne s’opposent plus. « Burn Me, Be With Me » n’est pas un simple titre : c’est un pacte.
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octobre 24, 2025Sous un soleil de Lagos qui semble ne jamais vraiment se coucher, Debra Can fait danser le souffle du désir dans « Calm Down », un morceau d’afro-pop charnel et lumineux, où la tendresse se mêle à la fièvre. C’est une chanson qui ne cherche pas le vacarme du club, mais le frisson de l’intime : la chaleur du corps qui se rapproche, la tension d’un regard qu’on soutient un peu trop longtemps.
Derrière la légèreté apparente du refrain, « Calm Down » respire une maturité rare — celle d’une femme qui ne joue pas l’amour, mais le raconte avec assurance, sans artifices. Sa voix, soyeuse et feutrée, glisse sur les percussions comme un drap sur une peau chaude. Les lignes de basse s’enroulent autour d’une guitare discrète, presque timide, pendant que la production, entre afrobeat classique et pop soignée, crée une atmosphère à la fois moite et élégante.
Debra Can ne se contente pas de suivre le rythme du moment. Là où beaucoup empilent les couches synthétiques, elle choisit l’espace, le souffle. Il y a dans sa manière de chanter quelque chose d’organique, de terriblement humain. Chaque note semble porter le souvenir d’une conversation nocturne, d’un aveu chuchoté à l’oreille, d’un parfum qui persiste après le départ.
Loin d’être une simple chanson romantique, « Calm Down » est une déclaration de confiance et de sensualité maîtrisée. Debra Can y transforme la retenue en force, le flirt en langage universel. Dans la tradition des grandes voix féminines de la soul et de l’afropop, elle trace sa propre ligne : celle d’une artiste qui sait que la douceur, quand elle brûle juste, peut faire fondre tout le reste.
Un morceau qui n’embrase pas les pistes — il les ensorcelle.
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octobre 24, 2025Il y a des voix qui ne se contentent pas de chanter : elles invoquent. Alia, dans « L’Orage », fait plus que reprendre un poème de Marceline Desbordes-Valmore — elle le fait renaître sous la forme d’une tempête pop-rock d’une intensité troublante. Là où la poétesse du XIXe siècle parlait d’amour et de désespoir dans les plis d’une époque corsetée, Alia ouvre les fenêtres et laisse entrer le tonnerre.
Tout commence dans une tension contenue : une guitare suspendue, quelques notes de piano comme des gouttes sur une vitre, et cette voix — douce, presque murmurée, mais chargée d’électricité statique. Puis la pluie s’abat. La batterie s’ouvre, les guitares grondent, la basse roule comme un ciel noir sur la mer. Alia chante la douleur et la lumière mêlées, avec la retenue d’une âme qui vacille mais refuse de sombrer. On pense à Feu! Chatterton pour la poésie, à Pomme pour la délicatesse, à Mylène Farmer pour le souffle dramatique — mais Alia ne ressemble qu’à Alia : une tempête qui danse, une mélancolie qui avance.
Ce qui fascine ici, c’est l’équilibre entre respect et réinvention. Elle ne modernise pas le poème — elle le transfigure. Sa voix devient le fil conducteur entre les siècles : celle d’une femme d’aujourd’hui qui reconnaît dans les vers anciens la même fêlure, la même soif d’amour et de sens. « L’Orage » n’est pas seulement un hommage littéraire : c’est un cri de modernité, une relecture sensorielle de la passion et du chaos.
À la fin, quand la dernière note s’éteint, on se surprend à rester là, immobile, comme après un vrai orage — trempé, mais vivant. Alia ne récite pas un texte : elle le fait pleuvoir. Et sous cette pluie-là, il fait beau.
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octobre 24, 2025On entre dans « Fog of War » comme dans une pièce enfumée où la tension flotte plus épaisse que l’air. M. Woodroe, enfant illégitime du noise et du post-rock, livre ici un morceau qui sent la rouille, la sueur et l’électricité statique. Rien d’aimable. Rien de tiède. Seulement cette matière grise et brûlante que les quatre de Brighton transforment en une tempête contrôlée — une rage tenue au bord du cri, comme un poing qui tremble sans se fermer.
Le morceau se déploie lentement, presque à reculons. Une basse râpeuse rampe sous un mur de guitares distordues, des frappes de batterie sèches, claquantes, résonnent comme des coups de matraque dans un tunnel. Et puis cette voix — défaite, haletante, à la fois distante et désespérée — crache des images de guerre mentale, de paranoïa ordinaire, de bruit blanc qui ronge la pensée. On ne sait plus si le conflit est intérieur ou collectif, et c’est tout le génie de M. Woodroe : brouiller les lignes jusqu’à ce qu’on ne distingue plus le monde extérieur de nos propres fractures.
Il y a du Slint dans la lenteur suspendue, du Sonic Youth dans les dissonances assumées, du METZ dans cette urgence presque physique. Mais « Fog of War » ne copie rien : il incarne un climat. Celui d’une génération au bord de l’explosion, coincée entre l’apathie et la révolte, entre le bruit et le silence. Loin d’un simple défouloir, le morceau agit comme une transe — une méditation violente, poisseuse, d’une beauté noire.
On ressort de là sonné, le souffle court, mais étrangement lucide. Comme si, au milieu du vacarme, M. Woodroe avait réussi à mettre en musique ce brouillard mental qui recouvre nos jours : ce mélange de peur, de colère et de lucidité tardive. Un titre qui ne console pas — il réveille.
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octobre 24, 2025Dans un monde où le rap court après la mode, J-Graze choisit de marcher tranquille — tempo old-school, flow posé, sourire aux lèvres. « Have a Good Time » sonne comme une bouffée d’air dans la poussière du bitume, un morceau qui rend hommage à l’âge d’or du hip-hop sans nostalgie forcée, avec ce plaisir rare d’un artiste qui rappe parce qu’il en a besoin, pas parce qu’il le doit.
Tout y respire la détente et la maîtrise. La boucle, d’abord : un sample soulful, velouté, probablement pioché dans un vinyle usé, tourne en fond comme un ventilateur d’été. La batterie claque sec, un peu sale, juste ce qu’il faut pour rappeler la 12-bit crunch d’une vieille MPC. Et par-dessus, la voix de J-Graze, claire, souriante, portée par une diction impeccable — le genre de voix qui ne cherche pas la frime, mais le groove.
Les paroles, elles, tiennent de la philosophie simple et solaire : célébrer les bons moments, garder la tête froide, ne pas oublier que le hip-hop, avant tout, c’est un art du partage. Là où beaucoup se noient dans la performance, J-Graze retrouve l’essence du style — ce plaisir collectif de la rime fluide, du beat qui respire, du refrain qui te donne envie de hocher la tête sans réfléchir.
« Have a Good Time » n’est pas un revival, c’est une renaissance. Ce n’est pas du passé qu’il parle, mais du présent qu’il éclaire : celui des MCs qui se souviennent que le micro, c’est d’abord un sourire qu’on tend au monde. Entre la nonchalance de Pete Rock, la sagesse de Common et la chaleur d’un après-midi d’été dans un parc de Brooklyn, J-Graze réussit une chose rare : faire du hip-hop un état d’esprit, pas une époque.
Un morceau à écouter fenêtre ouverte, volume juste assez fort pour que le voisin d’en face esquisse un pas de tête. Parce qu’au fond, c’est exactement ça que J-Graze veut dire : parfois, tout ce qu’il faut, c’est un bon beat et un bon moment.
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octobre 24, 2025Il y a des morceaux qui n’avertissent pas avant de t’écraser. « 地狱高速路 » (“Hell Highway”) du groupe chinois 交易子, c’est une collision frontale entre la rage et la beauté, entre l’urgence punk et l’apesanteur post-rock. Imagine un carambolage entre les Strokes, les early Muse et les guitares cosmiques de Mono, filmé au ralenti, sous la lumière blafarde d’une autoroute nocturne.
Dès l’ouverture, le titre fonce sans frein — les guitares jaillissent comme des phares dans le brouillard, la batterie martèle un tempo cardiaque et la voix, tendue entre colère et extase, déchire le ciel avec la même intensité qu’un cri d’alarme. Ce n’est pas du rock à poser sur une playlist “feel good” : c’est une traversée, un tunnel sonore où chaque note semble chercher la sortie vers la lumière.
À mi-parcours, le morceau bascule — les textures électroniques s’invitent, le chaos s’organise, les riffs deviennent un mur de son presque orchestral. Et puis, vers 3:30, ce solo — un déferlement incandescent, un moment suspendu où tout s’élève avant de retomber dans un fracas sublime. C’est là que 交易子 prouve sa maîtrise : leur violence est pensée, leur désordre, savamment construit.
« 地狱高速路 » parle d’un monde qui file trop vite, d’une jeunesse brûlée par son propre mouvement, d’un enfer pavé d’adrénaline et de néons. Mais sous la fureur, il y a une tendresse cachée — celle de ceux qui continuent à rouler, même quand la route s’effondre.
交易子 n’essaie pas de ressembler à qui que ce soit. Leur son est brut, hybride, viscéral. C’est le bruit du métal qui se tord, mais aussi celui du cœur qui bat trop fort. Une course perdue d’avance, mais magnifique tant qu’elle dure.
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octobre 24, 2025On pensait connaître le goût du sucre en musique — jusqu’à ce que LIZ déboule avec “Likey”. Ce n’est pas une chanson, c’est un bonbon sous acide, une explosion kawaii dans une boîte à rythmes, une claque rose pastel donnée avec un gant de velours holographique. La pionnière du hyperpop revient ici en mode déesse glitchée, mi-Barbie, mi-androïde sentimental, et livre l’un de ses morceaux les plus affûtés depuis son âge d’or chez Mad Decent.
Sous ses airs de pop bubblegum, “Likey” est un ovni ciselé avec la précision d’un hitmaker et l’ironie d’une artiste qui connaît les codes trop bien pour ne pas les dynamiter. Le beat claque comme un chewing-gum dans un club de Tokyo, la basse pulse, synthés et harpes numériques s’entrechoquent dans un chaos parfaitement calibré. LIZ y alterne rap espiègle et mélodies de poupée sous stéroïdes, avec ce ton entre provocation et confession qui a toujours fait sa force.
On retrouve dans “Likey” cette tension délicieuse entre l’innocence affichée et la subversion assumée : sous les paillettes, il y a la morsure. Le morceau est un clin d’œil à la culture digitale, au besoin d’être “liké” dans un monde saturé d’images, mais aussi une manière de reprendre le pouvoir par le jeu, la dérision, la performance. Là où d’autres se perdent dans le miroir du réseau, LIZ danse dessus en talons plateformes.
Co-écrit avec Jimmy Harry, le morceau convoque la pop de Kylie Minogue, la malice de Charli XCX, la nervosité d’un SOPHIE remixé à l’hélium. C’est hyperpop, oui — mais c’est aussi profondément humain, parce que sous le filtre kawaii, il y a cette fragilité douce, ce besoin d’exister, d’être vue, de briller sans s’excuser.
Avec “Likey”, LIZ prouve qu’elle reste la véritable architecte du futur-pop. Là où d’autres surfent sur la vague, elle en fabrique la mousse — étincelante, sucrée, mutante. Une chanson qui danse au bord du précipice numérique, et qui te regarde droit dans les yeux pour te demander, avec un sourire à la fois naïf et carnassier : tu m’aimes, non ?
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octobre 24, 2025Certains musiciens font de la musique, Mischa Blanos, lui, convoque des mondes. “Basilica”, son nouveau single, est moins un morceau qu’une expérience mystique jouée sur un Steinway branché à la matrice. Pianiste de formation classique, mais électron libre de la nuit européenne, Blanos avance dans cet espace suspendu où le sacré rencontre le club, où la lumière des vitraux se confond avec celle des stroboscopes.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/4Y4Z0AvfQmdBKnzekNzVth?si=423f697c1f35423c
Tout commence par une respiration : un piano clair, presque fragile, sur lequel viennent se poser des textures électroniques comme des éclats d’encens numérique. Puis surgissent les tambours — organiques, vivants, signés Liviu Pop —, qui ouvrent la pièce comme on entrouvre une porte d’église en plein set. Le rythme s’emballe, le cœur suit. On est emporté dans une ascension, une montée d’intensité à la fois physique et spirituelle, comme si Keith Jarrett avait rencontré Jon Hopkins au détour d’un club berlinois à quatre heures du matin.
“Basilica” ne cherche pas à séduire, mais à élever. C’est une prière postmoderne, écrite dans le langage des machines et des harmonies anciennes. Mischa Blanos y sculpte une matière sonore où chaque frappe de piano semble taillée dans la pierre, chaque vibration de synthé devient un vitrail en mouvement. Il n’y a pas de parole ici, et c’est mieux ainsi : la musique dit tout, sans détour.
Ce qui frappe, c’est cette manière d’unir des mondes qu’on croyait opposés : la rigueur du concertiste et la liberté du DJ, la verticalité du spirituel et la transe horizontale du dancefloor. Chez Blanos, la foi ne s’exprime plus dans le silence, mais dans la pulsation. Le sacré devient rythme, la dévotion devient groove.
Et au fond, c’est ça, la “basilique” dont il parle : un lieu intérieur, fait de sons, de souffle et d’intensité. Pas besoin d’autel, ni de chœur, ni de dieu de substitution — juste un piano, un drumkit, et une énergie qui monte du sol. Dans ce dialogue entre le charnel et l’éthéré, Mischa Blanos signe peut-être sa pièce la plus viscérale à ce jour : un morceau qui bat, qui prie, et qui respire.
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octobre 24, 2025Il y a des morceaux qui n’ont pas besoin de crier pour être irrésistibles. “Dancing On The Low”, le nouveau single des RoneyBoys, appartient à cette catégorie de chansons qui se faufilent doucement sous la peau, entre un battement de basse et une pulsation synthétique, jusqu’à ce qu’on se surprenne à bouger sans y penser. Le trio californien transforme ici la discrétion en groove — une romance à huis clos, chuchotée sur un dancefloor imaginaire.
Dès les premières secondes, le morceau s’impose par son élégance rythmique : une ligne de basse élastique, un beat propre et claquant, une production au cordeau qui évoque la rigueur d’un studio de Los Angeles où la sueur ne laisse pas de trace. Les synthés oscillent entre nostalgie 80’s et brillance moderne, comme si The Weeknd avait laissé tomber son spleen au profit d’un sourire complice. Les RoneyBoys, eux, déroulent leur voix dans une aisance presque insolente : veloutée, maîtrisée, douce sans être mièvre.
“Dancing On The Low” parle de ces amours discrètes, celles qui se vivent dans l’ombre des projecteurs, loin du bruit et des stories. Mais là où d’autres en feraient une complainte, le trio en fait un hymne à la sensualité contenue. La chanson avance à petits pas, feutrée mais déterminée, un verre à la main, le regard qui glisse dans la lumière rose d’un bar à moitié vide. C’est du R&B, oui, mais avec la précision pop d’un bijou ciselé, un sens du timing et du silence qui trahit des années d’écoute, de travail, d’admiration pour les maîtres du genre.
On y retrouve la patte de Jam & Lewis, mentors des frères Roney, dans ce souci du détail, cette capacité à rendre chaque élément vital : la batterie respire, la basse parle, la voix raconte sans forcer. “Dancing On The Low” est une chanson de nuit claire — pleine de reflets, de douceur et d’électricité.
Les RoneyBoys y confirment leur place dans une lignée qui va de Michael à Miguel, de la soul satinée à la pop de velours. Ce n’est pas juste un morceau à danser : c’est une invitation à ralentir, à se frôler, à se taire un instant pour écouter la lumière tomber sur la peau.
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octobre 24, 2025Le titre dit tout : “Go Off” n’est pas une chanson, c’est une déflagration. Savlamar Sound Collective et Young Zen Nubian s’y rencontrent comme deux étincelles tombant sur le même baril — et tout brûle. C’est un morceau de rap brut, viscéral, mais traversé par une intelligence du son rare, où chaque beat semble respirer la colère et la clarté à parts égales.
Dès l’ouverture, on sent la tension : le groove est dense, presque organique, une basse tapissée de poussière, des drums claquants comme des coups d’égo. Mais ce n’est pas un égotrip. “Go Off” est une revendication intérieure, un cri poli dans la fureur du monde moderne. Young Zen Nubian balance ses vers comme des éclats de lucidité, chaque phrase cherchant la faille dans le système, chaque rime pesant le poids de la conscience. Ce n’est pas du rap de façade — c’est du rap qui sait d’où il parle, et pourquoi il n’a plus le temps d’attendre.
La production de Savlamar Sound Collective amplifie cette urgence sans jamais l’écraser. Entre les basses saturées et les nappes discrètes, on sent la main d’un producteur qui a compris le pouvoir du silence. Rien n’est superflu. Chaque élément, du hi-hat nerveux au kick viscéral, s’aligne pour servir la voix, cette matière première brute autour de laquelle tout s’articule. Le mix respire, la texture vit — on est à la frontière du grime, du hip-hop UK, et d’un spoken word futuriste.
Mais “Go Off” n’est pas qu’un exercice de style. C’est un geste. Une manière de dire : voilà ce qu’il reste quand on arrête de chercher l’approbation. Le morceau frappe fort, sans posture, avec la sincérité tranchante de ceux qui ne jouent plus le jeu. Dans le chaos urbain qu’il dépeint, Savlamar et Young Zen Nubian sculptent une forme de liberté nouvelle, entre rage contenue et lucidité transcendée.
C’est ce qui rend “Go Off” si singulier : un track qui cogne, oui, mais qui pense aussi. Un uppercut poétique, un manifeste en basse mineure. À écouter fort, à ressentir longtemps.
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octobre 24, 2025Un souffle chaud s’élève d’Amsterdam, mi-rue, mi-studio, avec “Sink Or Swim”, une échappée brûlante entre R&B et pop rap signée Fred Maybe, en collaboration avec REDHA. Le morceau s’avance comme une promesse ambiguë : nager ou couler, aimer ou se perdre, danser ou dériver. Ce n’est pas une ballade, ni un banger de surface — c’est un entre-deux moite, où chaque note transpire le risque du sentiment.
Dès l’ouverture, le beat pulse avec cette nonchalance étudiée propre aux productions d’Europe du Nord : une basse sale, charnue, au grain presque analogique, un kick au groove souple, un tempo qui se retient juste avant l’explosion. L’espace est large, sensuel. Les voix s’y glissent comme des gestes à moitié retenus : Fred Maybe et REDHA jouent la tension, entre attirance et lucidité. Il y a dans leurs timbres cette fatigue joyeuse des amours qu’on ne sait pas encore appeler par leur nom.
“Sink Or Swim” se distingue par son mélange de textures : l’élégance R&B des harmonies y côtoie des éléments plus pop et percussifs, presque club, sans jamais sacrifier la chaleur organique. Les breaks minimalistes, les silences respirés entre deux refrains, tout semble calculé pour qu’on entende les battements, pas seulement les beats. C’est une production maîtrisée, mais jamais aseptisée — le genre de track qui garde des coins d’ombre, où la lumière rebondit sur un synthé humide ou un murmure lointain.
L’écriture, elle, reste pudique, presque chuchotée sous la surface rythmique. Il n’est pas question ici de raconter l’amour, mais de le sentir, dans sa phase la plus électrique : celle où tout peut basculer. Fred Maybe signe un morceau qui parle à la fois au corps et à la mémoire, un groove en apnée qui se consume lentement.
Entre le velours d’un D’Angelo modernisé et la désinvolture d’un Anderson .Paak de nuit, “Sink Or Swim” se pose comme une déclaration d’intention : faire du R&B une matière mouvante, fluide, charnelle et européenne. Un titre qui ne cherche pas à séduire, mais à happer — à laisser le choix, cruel et beau, entre couler avec style ou apprendre à respirer sous l’eau.
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octobre 24, 2025C’est le genre de track qui n’a pas besoin d’intro pour exister : un clap, un vocal, et la lumière bascule. “Set Me Free” n’annonce rien, il commence déjà à vivre, comme si le dancefloor l’attendait depuis toujours. C-Dryk, producteur franco-belge en pleine mue artistique, y célèbre le groove à l’état pur — celui qui se faufile entre la pulsation house et la mémoire disco, celui qui fait lever les bras sans cynisme ni posture.
Dès la première mesure, la structure impose sa clarté : un loop de cordes filtré, une basse moelleuse, une hi-hat qui trotte comme un cœur bien réglé. Puis arrive la voix — féminine, solaire, charismatique — qui transforme l’espace en confession joyeuse. “Set Me Free” n’est pas un cri, c’est une montée. C-Dryk orchestre l’équilibre parfait entre tension et relâchement, alternant drops minimalistes et refrains pleins, saturés d’euphorie maîtrisée. Tout ici respire la précision du producteur qui a compris que le vrai groove ne s’impose pas, il se propose.
On pense à la French Touch des débuts, à la jackin’ house chicagoane, mais sans imitation. C-Dryk injecte une modernité très européenne : compression subtile, traitement chaud sur le kick, stéréo propre qui laisse respirer le vocal. Là où beaucoup de titres de club s’écrasent sous leur propre volume, “Set Me Free” reste agile, vivant, aéré — une pièce de club qui pense à la danse avant la playlist.
C’est cette honnêteté-là qui rend le morceau addictif : il ne cherche pas à convaincre, il libère. Le refrain agit comme un mantra, le drop comme un sourire collectif. La ligne de basse, sensuelle et mobile, porte le morceau d’un bout à l’autre, sans pause, sans faiblesse. On sent dans la texture un héritage soul filtré à travers le verre fumé du dancefloor — un pont entre la chaleur des années 70 et la netteté algorithmique de 2025.
Avec “Set Me Free”, C-Dryk s’affirme non pas comme un simple artisan du beat, mais comme un créateur de sensations tangibles. Ce n’est pas une track à écouter : c’est une énergie à rejoindre, un espace à occuper. Le genre de morceau qui, entre deux flashs stroboscopiques, rappelle à chacun pourquoi il a commencé à danser — pour se sentir libre, ne serait-ce qu’un instant.
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octobre 24, 2025Portes qui glissent, panneaux qui bavardent en pixels, souffle chaud du métro : “Street” traverse la station comme un sprint émotionnel réglé au métronome des battements. Pas de grand drame, une urgence précise. Henry Blaeser préfère la tension utile aux explosions faciles, et signe un track qui avale l’indie pop, l’électronica UK et un soupçon de breakbeat nerveux pour en recracher un film intérieur de trois minutes qui refuse de respirer par pitié.
L’ingénierie sonore joue l’illusion du direct. Kick sec qui mord l’asphalte, caisse claire courte, hi-hats qui clignotent comme des feux de quai ; au centre, une basse mobile qui se comporte en personnage, s’accroche, lâche, relance. Les synthés dessinent une ville fantôme : nappes en néon, leads acides qui passent comme des trains express, textures granuleuses posées en arrière-plan pour simuler les turbulences d’air. L’arrangement s’organise en couloirs : couplets sous tension, pré-refrain qui ouvre une brèche, relâchement infime, puis redépart. Pas de surdécor, un mille-feuille de micro-décisions. C’est ce dosage qui rend la course addictive.
La signature Blaeser respire l’écosystème UK sans s’y dissoudre : héritage dance filtré par une sensibilité alt-pop qui traite la mélodie comme une trajectoire plus que comme un slogan. L’écriture rase les murs avec élégance ; la voix, placée au-dessus du mix mais jamais démesurée, agit comme un narrateur qui refuse le pathos. Les couches vocales, discrètement doublées, créent un halo de vertige tandis que le design stéréo trace la perspective d’un tunnel qui s’élargit à chaque reprise. À l’oreille, un amour des montées à la TEED, une façon de dessiner le contraste qui rappelle la photographie nerveuse d’un Josh Finck : la musique et l’image semblent déjà dialoguer avant même de se croiser.
“Street” n’est pas une carte postale nostalgique ; c’est un plan d’évacuation. Le morceau organise le chaos, loue l’adrénaline, apprivoise le manque et trouve, dans l’enchevêtrement des lignes, un centre de gravité. En clair : single de transition qui agit comme un sas vers un long format annoncé plus ambitieux. L’instantané devient promesse.
Verdict : titre-relais idéal pour EXTRAVAPOP. Suffisamment affûté pour les playlists qui aiment pousser le tempo, assez charnel pour rester au casque bien après la station suivante. “Street” prouve que l’indie électronique peut encore courir vite sans perdre son âme — et que la meilleure fuite, parfois, consiste à accélérer.
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octobre 24, 2025Dans le sillage des bus de nuit entre Tottenham et Stratford, une pulsation s’allume, ni tape-à-l’œil ni nostalgique : “All One People” choisit la voie claire, celle où le rap conscient sait tenir la salle sans lâcher la pensée. Christopha ne brandit pas de grand drapeau ; il cadre, agence, respire. Résultat : un single de rassemblement, écrit à hauteur d’oreille, calibré pour la relecture en boucle autant que pour l’instant de bascule sur un dancefloor lucide.
L’architecture impressionne par sa précision. Rythmiques nettes, kick qui plante le pas, caisse claire aux arêtes sèches, charleys en souffle contrôlé ; une base qui évoque le classicisme UK sans poussière, boom-bap réinventé avec une nervosité contemporaine. La basse, étagée dans le bas-médium, colle à la marche et laisse juste ce qu’il faut d’air aux couches harmoniques. Quelques touches de claviers ou de sample textural (grain légèrement patiné, couleur cinématographique) ouvrent la stéréo ; la prod’ évite le tape-à-l’œil, préfère la lisibilité. Le mix place la voix au centre, proche, sans vernis : un choix éthique autant qu’esthétique.
Au micro, Christopha confirme sa discipline de coureur de fond. Diction nette, débit souple qui sait tantôt presser, tantôt lever le pied ; art des pivots rythmiques qui relancent l’écoute au moment exact où l’oreille attend la ligne droite. Les images s’emboîtent, les transitions respirent, chaque section sert un même axe : faire tenir ensemble des trajectoires différentes sans aplatir les nuances. L’accroche se retient sans forcer : pas de refrain fluo, plutôt un motif à capillarité qui s’infiltre et devient slogan intérieur. Le morceau, pensé comme un nœud de corde, rassemble plus qu’il n’explique.
Contexte utile : l’endurance paye. Après l’épreuve de force “26 Miles and Running” (un titre toutes les deux semaines, puis un second round), Christopha n’aligne pas un concept de plus, il capitalise une méthode : régularité, précision, intention. “All One People” en est la synthèse : macro-idée lisible, micro-détails de production qui tiennent au casque, énergie suffisamment chaude pour embarquer celles et ceux qui n’ouvrent pas Spotify pour recevoir une leçon.
Ce qui demeure, c’est la fonction sociale du track. Pas un sermon, un espace. Le beat installe la confiance, la voix trace l’itinéraire, la prod’ protège l’intelligibilité : on entend des vies parallèles se croiser sans collision. Dans un paysage saturé de produits rapides, cette limpidité a la valeur d’un luxe discret.
Verdict : un single-charnière pour EXTRAVARAP — utile en ouverture de set pour imposer la cadence, redoutable en sortie de tunnel pour redonner du nerf à une playlist consciente. “All One People” ne promet pas l’utopie ; il propose la poignée de main. Souvent, c’est exactement ce qui manque.
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octobre 24, 2025Premier réflexe : monter le volume avant même de comprendre. “Call Me” déboule comme une sirène de poche — guitare au rasoir, batterie qui cavale sans perdre la grâce, basse élastique qui tient le monde sur deux cordes. Trio suisse, gros moteur : The Next Movement condense l’expérience live en trois minutes de charge contrôlée, et transforme un simple single en manuel de survie par le groove.
Ce qui saisit d’abord, c’est l’aérodynamique. Le tempo file, mais rien ne bave : kick sec, snare claquée juste après la pensée, charleys qui ventilent la mesure. La basse de Pascal “π” Kaeser verrouille l’assise dans un registre moelleux mais musclé, avec ces micro-glissés qui donnent de l’aspérité sans détourner la marche. La guitare de Sam Siegenthaler taille des angles nets, entre stabs-couteaux et traits wah qui n’annoncent jamais leur arrivée. Devant, la voix de J.J. Flueck — chant-batterie, combo rare et spectaculaire — s’amarre à un vocoder chirurgical : une couleur rétro-futuriste utilisée avec parcimonie, suffisamment pour signer, jamais pour masquer.
Architecture millimétrée : couplets en sprint contrôlé, pré-refrain qui fait respirer la caisse claire, pont aérien comme une baie vitrée ouverte sur le club (la fameuse « airy bridge » qui met tout le monde d’accord), puis ride-out ultra-fonky où chaque instrument négocie sa petite victoire sans défaire l’ensemble. La production sent la sueur propre : compression parallèle au service de l’impact, sub tenu mais nerveux, stéréo resserrée qui place les musiciens à portée de paume. Rien n’est “trop” — tout est placement.
L’ADN du groupe affleure partout : humour nonchalant, précision de studio, réflexes de scène. On comprend pourquoi la formation passe pour une machine de guerre en Europe : couture impeccable entre neo-soul, funk de coffre-fort et réflexes de pop immédiate. Surtout, “Call Me” assume la simplicité comme art majeur : un motif clair, des arrangements qui racontent, une énergie qui ne cherche pas l’uppercut gratuit. Résultat : un titre qui aimante la rotation radio autant qu’il nourrit les DJ sets qui aiment la sueur élégante.
À glisser en entrée de playlist pour imposer le sourire, ou juste après un standard D’Angelo / Vulfpeck pour mesurer la tenue : “Call Me” ne vient pas demander de la place, il en crée. Et quand le ride-out referme la porte, une évidence demeure : dans le royaume du groove, trois personnes suffisent pour faire lever tout un quartier.
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octobre 24, 2025À l’aube, quand la poussière d’or flotte encore au-dessus du clavier, certains pianos cessent d’être des instruments pour devenir des chambres d’écho. Angel Trio appartient à cette heure-là. Trois mouvements, une seule respiration : un arc de conscience qui va du premier battement de cils au plein rayonnement, sans décor superflu. Ici, la virtuosité se cache dans l’art de tenir une note, de doser un silence, d’accorder la pédale à la fréquence du cœur.
Angel Trio 1 ouvre la porte comme on entrouvre un vitrail. Voicings clairs, main gauche en piliers de quinte ouverte, main droite en cellules mélodiques qui se recombinent par capillarité. La pédale una corda semble effleurée au début, donnant aux attaques un grain laiteux ; la résonance s’élargit ensuite, laissant naître des harmoniques qui emplissent la pièce sans l’éblouir. Quelques retards volontairement prolongés retardent la résolution et installent une tension douce, presque tintinnabuli, mais sans dogme : un minimalisme habité, non scolastique. La dynamique évolue par paliers, comme une lueur qui grimpe le long d’un mur.
Angel Trio 2 recentre l’écoute et resserre le cadre. Format court, écriture à l’os : motifs de trois à quatre notes, déplacements d’accents, rubato millimétré qui respire au bord du tempo sans jamais le perdre. Le discours rappelle la grande tradition de l’improvisation méditative, mais avec une économie de gestes qui évite tout lyrisme décoratif. Les graves, volontairement étouffés, dessinent un plancher de velours ; au-dessus, des intervalles de seconde et de quarte frottent légèrement, allumant des halos de couleur. Ce mouvement agit comme un sas : purification du spectre, recentrage de la pulsation intérieure.
Angel Trio 3 déploie l’ampleur que le cycle promettait. Les progressions s’ouvrent, les cadences s’aèrent, la main gauche se fait plus chantante tandis que la main droite élargit l’ambitus. La sensation d’élévation vient moins d’une montée en décibels que d’une architecture élargie : arches harmoniques, reprises thématiques discrètes, réexposition du motif initial sous un jour plus lumineux. La pédale de sustain est utilisée avec parcimonie, juste assez pour coudre l’espace : on entend le bois, l’air, la pièce — un enregistrement rapproché qui place l’auditeur au banc, à portée de souffle.
L’ensemble convainc par une éthique du soin. Prises proches, mixage transparent, toucher qui préfère la justesse à l’ostentation. Pas de pathos, une discipline du sensible. Angel Trio n’aligne pas trois pièces : il trace une route où l’écoute devient attention, où l’attention devient paix active. Pour playlists néoclassiques, moments de recalage ou rituels du matin, ce triptyque propose mieux qu’un décor : un outil de lumière. Dans un monde saturé, voilà un disque qui a compris que la véritable ampleur se mesure à la qualité du silence qu’on laisse vivre entre deux notes.
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octobre 24, 2025Cabane en altitude, MPC sur la table, fenêtres ouvertes sur les pins : l’image colle à l’oreille dès les premières secondes. “93 Wu” sonne comme une séance d’arts martiaux au petit matin, souffle visible et gants serrés. Al Sharp fabrique ici un pont tendu entre la Californie et le Royaume-Uni, entre une mémoire très précise — la décennie des chevaliers masqués de Staten Island — et une urgence d’aujourd’hui qui refuse de n’être que reconstitution.
La production respire le grain du réel : drums granuleux, caisses claires sèches qui claquent comme des portes d’entrepôt, kick dru posé au centre de gravité, voiles harmoniques patinés à la main. Pas de vernis plastique ; une patine de poussière contrôlée, cette micro-saturation qui nourrit l’attaque sans tacher le spectre. Le tempo garde le swing du pas de côté, ni trop pressé ni nostalgique ; la batterie porte le récit, les contretemps piquent l’attention, de petites textures en arrière-plan ouvrent l’image stéréo comme des silhouettes derrière un store vénitien. Le mix choisit la lisibilité : basse au grain mat qui colle au kick, médiums nets pour laisser les voix trancher, aigu poli pour éviter l’éblouissement.
Au micro, l’alchimie fait mouche. Al Sharp s’installe dans le pocket avec la précision de ceux qui connaissent les angles : débit sûr, placements qui flirtent avec la syncope sans perdre la marche, assurance tranquille. Crusada apporte la diagonale UK — accent, attaque, art de l’uppercut syllabique —, donnant au morceau une élasticité transatlantique rare : boom-bap aux fondations new-yorkaises, nerf britannique dans le phrasé, soleil californien filtré par la forêt de Big Bear. Le dialogue n’a rien du clin d’œil muséal ; c’est une relecture fonctionnelle, écrite pour la rue, les écoutes casque, les sets qui aiment la charnière entre classicisme et mordant moderne.
Derrière le muscle, l’idée : la tradition n’existe que si elle se remet en circulation. “93 Wu” ne cosplaye pas ; il prélève l’ADN (frugalité, impact, dramaturgie du break) pour le réinjecter dans un organisme neuf. On entend l’atelier autant que la scène : rigueur des choix sonores, goût du vide utile, refus du tape-à-l’œil. La signature de beatmaker d’Al Sharp ressort sans écraser l’ensemble ; l’invité ne greffe pas, il greffe et cicatrise.
Premier signal d’un chapitre annoncé comme décisif — The Voice of the Unheard 3: The Final Chapter —, ce single coche ce que le rap attend vraiment d’un hommage : respect, précision, utilité. Pas de relique, un outil. À programmer entre deux cartouches trap pour rappeler ce qu’un kick bien assis et une idée claire peuvent encore faire : relever la tête, serrer la mâchoire, avancer droit.
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octobre 24, 2025“Time To Party” mord la nuque, plante le tempo dans la colonne, puis refaçonne la pièce comme une manif qui aurait appris la chorégraphie. Pas un simple banger : un dispositif. Le trio londonien mixe électrochocs electro, nerf post-punk, dents d’industrial metal et propulsion DnB pour fabriquer un accélérateur de particules humaines. À l’écoute, le corps comprend avant la tête ; une seconde plus tard, tout le monde court dans la même direction.
La mécanique est redoutable. Grosse caisse au marteau-piqueur, caisse claire chicotée en double-time, charleys pressés façon huile sur tôle chaude : la charpente Drum & Bass ne sert pas de décor, c’est l’ossature. Dessus, un reese grondant strié de phasing racle le bas-médium, pendant que les guitares saturées — harmoniques parasites, palm-mutes qui fument — dressent un mur mouvant quelque part entre la scie de rave et la ferraille indus. Les synthés rasent le cadre, filtres agressifs ouverts/fermés au millimètre, sidechain en apnée maîtrisée ; dans les creux, des amens coupés au scalpel relancent la battue juste quand la sueur menace de réfléchir. Mix lisible malgré la masse : chaque impact tombe compté, chaque silence sert d’élastique.
Au micro, la voix ne quémande pas l’adhésion ; elle l’ordonne avec un grain légèrement cisaillé, compressé serré, delays courts taillés pour la rampe. Les slogans deviennent des gestes, les gestes deviennent des sections : couplets en chasse, pré-refrain qui aspire l’air, drop guillotine, relance au plafond. L’écriture pense le club comme agora : la fête ne camoufle pas, elle catalyse. Héritages assumés (Prodigy pour l’insurrection hédoniste, Pendulum pour la cinétique, Chemical Brothers pour l’art de la texture) mais digérés : pas d’hommage cosplay, une digestion fonctionnelle, utile à la dramaturgie montée/rupture/rebond.
Le morceau tient surtout par son architecture sociale. Ce n’est pas “lève les mains” par réflexe ; c’est “reprends la main” comme protocole. La production maison renforce l’impression de contrôle total : choix de timbres précis, compression parallèle qui serre le torse, sub propre qui reste sage mais implacable, coupe franche dans les fréquences graisseuses. À volume scène, la sensation est quasi cinématographique : travelling sur la foule, plan serré sur l’étincelle, flash de noir, retour plein feu.
Dans l’album Noise Against Tyranny, “Time To Party” coche la case déclencheur : morceau-charnière, calibré pour transformer une salle tiède en bloc conducteur. Pour curateurs : cartouche imparable en ouverture de set ou en reprise d’oxygène nerveux à mi-parcours. Pour clubbers : promesse tenue d’une sueur avec thèse. Londres signe ici un rappel utile : danser reste un acte politique quand le kick tape au bon endroit. Et là, il tape exactement où il faut.
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octobre 24, 2025Oublier le musée, rallumer la pièce. Blue Tapestry refuse la révérence amidonnée pour inventer une zone de proximité où les chansons cessent d’être statues et redeviennent corps. VERONNEAU — voix satinée et grain discret de Lynn Veronneau, guitare claire-obscure de Ken Avis, orfèvrerie de Joe Martinez aux percussions, basse et claviers — tisse un folk-jazz respirant qui privilégie l’idée plutôt que l’icône. Résultat : un disque de peau, de souffle, d’équilibres millimétrés, capable de faire entendre aujourd’hui ce que ces mélodies avaient de révolutionnaire hier : l’audace de parler doucement.
Ouverture par Blue, titre-miroir où tout tient dans la micro-dynamique : attaques velours, réverbération courte, stéréo rapprochée, une manière de tenir l’auditeur à hauteur d’oreille. Le motif nautique ne devient jamais carte postale ; il se dissout en atmosphères fines, guitare en voile, détails de doigts, percussions en bruissement. Carey bifurque avec un battement Bo Diddley en filigrane, tambours “tribaux” dosés au millilitre, couleur chaude sans folklore : le récit gagne du nerf, la danse reste à taille humaine. River préfère les paliers à l’uppercut : “piano” suggéré par la guitare, respiration élargie, clairières harmoniques qui laissent passer la lumière sans la surexposer.
Case of You déploie la patience luxueuse des grandes reprises : temps long assumé, silences sculptés, contrechants parcimonieux ; l’émotion circule comme une onde, jamais comme une démonstration. Côté Carole King, You Make Me Feel (Like A Natural Woman) coupe tout excès de sucre et reprend le pouvoir par l’understatement acoustique : groove retenu, chœurs à hauteur de paume, chaleur sans vibrato « trophée ». So Far Away marche droit, tempo de pas souple, guitare en balancier ; la mélodie tient le cap sans hausser la voix. You’ve Got A Friend retrouve son statut de talisman : promesse murmurée, basse médiane qui berce, pont éclair qui serre le cœur sans forcer. It’s Too Late, enfin, glisse une ombre de bossa en sous-texte ; rupture annoncée avec classe, élégance feutrée, comme une porte que l’on referme sans claquer.
Ce qui fait la différence tient à l’architecture sonore : prises au plus près, air autour des instruments, refus du clinquant. Le trio n’empile pas, il clarifie. Chaque arrangement essaye de répondre à la même question : qu’est-ce qui rend cette chanson nécessaire aujourd’hui ? Ici, pas de performance gymnique ni de modernisation gadget ; une éthique de la proportion. Les harmonies s’ouvrent sans tout montrer, la rythmique pense l’élan plutôt que l’impact, la voix garde un halo humain qui ne cède jamais au spectaculaire.
Blue Tapestry impressionne parce qu’il assume la modestie comme stratégie haute couture. Les standards gagnent une seconde peau, ni vintage ni “reboot”, mais vivante. Pour programmateurs en quête de respirations élégantes, pour noctambules qui préfèrent la braise à l’étincelle, pour celles et ceux qui savent qu’un murmure bien placé vaut un mur de son : cet album est un refuge. On y revient comme on rallume une lampe au crépuscule, certain d’y voir plus clair sans avoir besoin d’éblouissement.
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octobre 24, 2025Pas d’esbroufe ici : une lumière basse, des voix qui s’effritent avec élégance, des guitares comme des veines ouvertes — My Only Fear Remains Unseen se présente en recueil de lettres qu’on n’aurait jamais osé envoyer. Projet conceptuel porté par Hugo Piquer Branco et Ricardo Filipe Bóia, Letters From a Dead Man n’a jamais joué la posture ; il cultive la persistance rétinienne de l’émotion. Cette fois, la trajectoire est assumée jusqu’à l’os : mémoire, mélancolie, échos d’amour — un disque écrit depuis le bord, au moment exact où l’existence se récapitule d’elle-même.
La continuité biographique n’est pas un décor, c’est la colonne vertébrale. Chapter I: Somewhere I Was Lost installait une aridité noble ; Chapter II: The Fear of Letting You Go affinait la tension en balades menaçantes ; Acoustic Sessions révélait l’armature mélodique sous la peau électrique. My Only Fear Remains Unseen condense ces strates en un langage nu, précis, cinématographique : on y entend le folk spectral des débuts, une sensibilité post-rock en apesanteur, un romanticisme sombre qui préfère l’aveu à la grandiloquence.
Deux phares orientent l’écoute. D’abord « Lay Down, My Love », titre qui tient l’équilibre rare entre gravité et apaisement. Guitares en arpèges ciselés, caisse claire parcimonieuse, basse qui respire — le chant avance sans vibrato décoratif, charriant des images plutôt que des slogans. Le refrain ne cherche pas l’explosion : il s’ouvre comme une fenêtre dans une pièce trop longtemps close. Tout est question de proportion, de place laissée au silence, de réverbération courte qui colle au cœur de la phrase.
Puis « Many Days, Many Ways », pièce plus expansive, presque liturgique. Le motif harmonique se déploie par petites variations, la dynamique croît en spirale, des chœurs s’installent comme une houle lente. Le morceau a le sens de la dramaturgie : une montée, un resserrement, un dernier battement — et cette trace qui demeure, exactement là où la plupart des chansons s’éteignent sans mémoire. Le clip prolonge ce souffle (on le devine, tant la musique semble déjà écrite pour l’image), mais le titre se suffit à lui-même : un rituel d’adieu qui garde la tête droite.
Le disque s’écoute comme un journal de fin de jour. Chaque titre fonctionne en « lettre » : confession d’amour, souvenir froissé, rémission fragile. L’écriture choisit la ligne claire plutôt que l’emphase, la précision lexicale plutôt que l’effet. Production au cordeau : grain organique, guitares légèrement râpeuses, pianos en contrechant discret, pads qui ne saturent jamais l’espace. Les influences éventuelles — folk noir, indie à l’os, ombre dream-pop — n’écrasent rien ; elles servent d’horizon de lecture.
On retrouve, par instants, des réminiscences des singles plus anciens : l’élégance désolée de « Goodnight, My Dear (Part I) », la retenue fiévreuse de « Wait for Me », les contours abrasifs d’« Unsafe Shores », la clarté crépusculaire de « When the Lights Go Out ». Ici, tout converge. La rythmique tient l’économie du récit ; les guitares composent un théâtre d’ombres ; les voix racontent sans hurler. L’album honore une intuition : la vulnérabilité gagne toujours à parler doucement.
Ce qui frappe, c’est la façon dont Letters From a Dead Man transforme la mélancolie en architecture. Pas de pathos, une discipline du sensible. La peur « qui demeure invisible » dans le titre n’est pas un gadget poétique ; c’est la donnée métaphysique d’un disque qui regarde la fin — non pour se complaire dans la noirceur, mais pour sauver ce qui peut l’être : l’empreinte du geste, la dignité du souvenir, la beauté de ce qui a brûlé.
Verdict : un album-lettre qui s’adresse à quiconque a déjà aimé jusqu’à perdre la carte. My Only Fear Remains Unseen ne cherche ni l’absolution ni le fracas ; il choisit l’exactitude. Entre la braise et la neige, Letters From a Dead Man signe son disque le plus abouti — un recueil de derniers mots qui, paradoxalement, redonne envie de continuer.
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octobre 24, 2025Couleur d’annonce : le rose ici n’est pas un filtre, c’est une attitude. All in Pink 2 cristallise une semaine de création en un manifeste net, précis, cut : alternative R&B, pop de rêve, rap mélodique et un bounce drum’n’bass venu d’outre-Manche qui fait valser le BPM sans sacrifier l’âme. Projet court, vision large, finition chirurgicale — la signature d’un artiste qui fabrique chez lui des morceaux destinés aux mégaphones du dehors.
9Lives! (Pink Cop Car) lance le cortège comme un chase-scene de minuit. Percus nerveuses, basses élastiques, vocaux en multi-couches qui s’empilent en panoramique : la sensation de survivre à toutes les versions de soi, rose gyrophare au plafond. Le refrain mord, la prod’ claque à froid ; l’énergie UK s’entend dans les ghost notes du break et ce swing de caisse claire qui pousse vers l’avant.
Feel Like Mine (FAH!) échange la vitesse contre la viscosité sensuelle. Textures Y2K en arrière-plan — pads étincelants, lead synth en gelée — pendant que la voix glisse entre croon R&B et ligne rap chantée. Le hook respire, les ad-libs dessinent le décor ; un titre taillé pour les playlists nocturnes où la tendresse garde des gants de boxe.
Coupe N Dash! durcit le trait : hi-hats en mitraillette, 808 sèche, topline implacable. Le récit, c’est l’esquive élégante : accélérer, tourner, disparaître — DnB dans les jambes, trap dans les reins, panache pop dans le timbre. Chaque mesure sert la cinétique, pas de graisse, seulement des angles.
Pink Interlude agit comme salle de décompression. Field recordings feutrés, cloches synthétiques, souffle de chorus granuleux : intermède ambient qui repose l’oreille et recentre le propos. L’interlude n’habille pas, il scénarise — rappel que le rose n’est pas qu’une teinte, c’est une dramaturgie.
Still LoveMade™ referme l’EP sur l’aveu lumineux : drum programming en battement de cœur, accords velours, mélodie qui s’ouvre en grand avant de se resserrer sur une punchline douce. Le mix met la voix au premier rang, les reverbs courtes tiennent la proximité ; dernier geste, dernière étincelle, envie de relancer.
Au-delà des titres, l’architecture impressionne : tension/relâchement millimétré, contraste chaud-froid, ponts harmoniques discrets qui connectent les scènes. Cubby Kamikaze assemble l’intime et le club avec une précision d’horloger : DIY assumé, mais vernis pro ; émotion frontale, mais design sonore au cordeau. Les influences — Imogen-meets-Sufjan côté spleen électronique, héritage rap US, rebonds DnB UK — ne pèsent jamais : elles propulsent.
All in Pink 2 coche la case replay sans flirter avec la formule. C’est un EP de mouvement : courir, s’arrêter, respirer, repartir — confiant, stylé, mémorisable. Pour les curateurs, un pick évident ; pour les auditeurs, une preuve qu’un rose bien manié peut rendre tout le reste plus vif.
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octobre 24, 2025Dans le demi-silence d’une maison endormie, une pulsation basse s’allume comme une veilleuse. “Thoughts For The Night” s’ouvre sur ces gestes minuscules — couloirs feutrés, jouets qui accrochent la semelle, verres d’eau posés à l’aveugle — et les transfigure en cinéma intérieur. Pas de grand drame, juste l’évidence : le foyer n’est pas une adresse, c’est une acoustique.
Junifer travaille la matière comme on respire : souffle d’abord, forme ensuite. La production agence des couches de synthés diaphanes avec des textures organiques (frottements, micro-bruits, doigts sur le bois) qui évitent au morceau l’apesanteur décorative. Le battement central, discret mais têtu, ancre l’écoute ; au-dessus, la voix se tient au ras de l’oreille, intime sans chuchoter, fragile sans s’évaporer. On pense à une filiation folktronica entre Imogen Heap et Sufjan Stevens, mais la trajectoire reste propre : mélodies fines, harmonies en filigrane, refus des effets plaqués.
Architecture limpide : couplets en clair-obscur, pré-refrain qui entrouvre la fenêtre, montée progressive où les nappes gagnent en largeur, puis retombée contrôlée — la pièce retrouve sa dimension de chambre. Cette dramaturgie du palier, plutôt que du pic, permet au titre d’épouser son sujet : passer de la solitude habitée à la présence partagée, du monologue au murmure à deux. Les synthés scintillent sans clinquant ; une reverb de chambre coud l’espace ; quelques traits de guitare traités en granulation viennent rappeler que le cœur du projet reste organique.
L’écriture (même lorsqu’elle raconte l’intime) évite la confession brute : elle désigne, suggère, cadre. Famille, appartenance, rituels nocturnes — autant de motifs abordés sans sucre, avec cette pudeur lumineuse qui distingue la poésie du mélo. La voix, légèrement doublée aux points d’appui, capte l’inflexion juste ; un delay court élargit la phrase sans la diluer. Résultat : un mantra domestique, à la fois précis et universel.
Depuis l’album A Little Late, Junifer affine une signature : un carrefour où la pop alternative emprunte le tempo de l’électronica tout en gardant le grain du folk. “Thoughts For The Night” en est la synthèse élégante. Titre de passage, oui, mais surtout pièce charnière : la preuve qu’un morceau peut tenir dans la paume d’une main et, pourtant, agrandir la pièce. Programmateurs, playlists nocturnes, cœurs en veille : voici la chanson qui sait baisser la lumière sans éteindre le monde.
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octobre 24, 2025Rideau tendu, gratte qui gronde en low-tune, caisse claire claque comme une gifle bien placée : “Not Today” débarque en chiens de garde. Pas d’intro complaisante, juste la morsure. Autonym — Leeds/Wakefield, accent acier, cœur braise — signe un court-métrage en stéréo morale : deux voix, deux angles, une seule montée d’adrénaline. Côté “Hunted”, souffle court, riffs en couloir, battue cardiaque programmée par la grosse caisse ; le personnage s’agrippe, veut uniquement sortir vivant du cadre. Côté “Hunter”, même motif, miroir noir : faim d’ordre, lucidité glacée, pulsion qui refuse la rédemption. La chanson ne tranche pas : elle ouvre une blessure narrative et laisse l’auditeur tenir la gaze.
Production serrée et musculeuse. Guitares en empilement granuleux, palm-mutes qui cognent sous la peau, mid-gain strié façon Alter Bridge en sprint, ombre sabbathienne sur les graves, mélodic sense hérité d’un Shinedown buté ; la basse, large, scelle le plancher. Batterie en rouleau compresseur—tom runs qui avalent l’espace, charley serré pour l’étincelle, crashs placés comme des coupures de montage. Le chant avance au couteau : lead rugueux, grain calcaire qui sait passer du croon menaçant à l’écorchure, choeurs compacts en renfort sur les portes d’entrée du refrain. Pas d’over-design : un mix qui respire juste assez pour faire lever le poil.
Le vrai tour de force tient à l’architecture. “Not Today” est écrit comme un duel : couplets en respiration prédateur/proie, pré-refrains qui chargent, refrain-pivot où l’on change de point de vue sans prévenir. Le pont ne sert pas d’ornement, c’est la bascule : syncopes, feu de toms, glissando de lead qui coupe net l’oxygène avant de relancer. Résultat : tension continue, zéro gras, accroche immédiate. Au casque, l’illusion cinématographique est totale — on court, on se retourne, on réagit ; à volume salle, on encaisse.
Pour les programmateurs, c’est une cartouche à rotation évidente : storytelling lisible, énergie “on air”, signature assez personnelle pour sortir du lot face aux clones de grunge tiède. Pour les fans de Black Stone Cherry et Pearl Jam côté colonne vertébrale, pour les enfants de Black Sabbath côté gravité, pour les fidèles d’Alter Bridge côté vélocité mélodique. Et surtout pour celles et ceux qui aiment quand le rock raconte quelque chose avec autre chose que des muscles.
Autonym ne promet pas la victoire ; le groupe promet l’instant où l’on décide de ne pas s’effondrer. “Not Today” n’est pas qu’un titre, c’est une posture. Et quand la dernière coda retombe, une évidence persiste : on vient d’entendre un groupe qui sait transformer le danger en refrain.
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octobre 24, 2025Un souffle posé comme une étoile filante, puis une note tenue qui ouvre l’espace : “ETERNITY beneath the stars of God” n’avance pas, il élargit. Ici, la musique n’est ni genre ni posture ; c’est une pratique — une manière de tenir la phrase, de poser le silence, d’honorer ce qui se passe entre deux battements. Nikiré, projet conçu et écrit par Tom Arild Junge, se présente comme un atelier de poésie vivante où chaque ligne a un poids, chaque respiration dessine une architecture. L’ambition est claire : faire de l’écoute un acte d’attention.
Le morceau distille une lenteur lumineuse, un chant porté par une harmonie diaphane qui rappelle, sans la singer, la sérénité stratifiée d’Enya. Superpositions vocales en halos, nappes aérées, granulation subtile au bord du timbre : l’ambient devient liturgie intime, le nébulaire se fait lisible. Pas de démonstration, pas d’effets spectaculaires ; une dramaturgie de l’épure où la réverbération n’est pas décorative mais vectorielle, orientant la phrase vers un horizon plus vaste. L’électronique, tenue en sous-bois, agit comme une bruine : elle relie sans envahir.
La singularité s’affirme dans la relation au texte. Nikiré cultive une « respiration poétique » — scansion souple, ponctuation respirée, syntaxe qui choisit la fluidité plutôt que l’emphase. La voix ne raconte pas ; elle veille. L’existentialisme y est débarrassé de son vernis scolaire : pas de doctrine, une attention. Dévotion non religieuse, mais tournée vers l’être — au sens le plus organique. L’infini proposé n’est pas une abstraction ; c’est une dilatation du présent.
Point crucial : l’usage d’IA comme artisan discret. Non pour écrire à la place, mais pour calibrer la mélodie, affiner le phrasé, protéger l’intégrité du souffle. Une main courante, pas un pilote automatique. Cette précision se ressent : les attaques tombent au bon endroit, les fins de mots s’éteignent avec cette délicatesse qui fait la différence entre un joli plan et un moment juste. L’outil sert la méthode : musique comme présence, montage comme soin, diffusion comme stewardship — une éthique plus qu’un process.
Dans la continuité de “VALUES within your soul”, ce second chapitre élargit la carte : après la fondation intérieure, l’orientation cosmique ; après le socle, la voûte. L’ensemble tient par une cohérence rare : site-archive pensé pour lire lentement (nikire.com), écriture sans hâte, refus du scroll compulsif. À l’heure des timelines centrifuges, cette proposition assume la contre-vitesse. Pas de promesse de catharsis explosive ; une clarté douce, gagnée à force de retenue.
Verdict : “ETERNITY beneath the stars of God” offre une expérience d’écoute qui respire comme un ciel dégagé après l’orage. Un manifeste de délicatesse radicale où le minimalisme n’est pas manque mais exigence. Sous ces étoiles, la pop ambiante redevient un art de tenir la lumière.
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octobre 24, 2025Une tension plane avant même la première attaque de corde : comme un souffle retenu dans le couloir entre la chambre et la porte d’entrée. “Last Ditch Effort” ne cherche pas l’éclat — il installe un clair-obscur, une persistance rétinienne du doute. Au cœur, un riff ouvert baptisé en secret “Joni’s Song”, accordages qui laissent traîner des harmoniques à la manière de Mitchell, cette façon d’ouvrir des fenêtres dans le bois. Autour, Kevin Driscoll bâtit un paysage de fin de cycle où la mélancolie n’est pas une posture mais un moteur.
Le morceau s’avance en strates. D’abord la guitare nylon électrique, grain velouté, attaque souple qui arrondit les transitoires ; puis les drums programmés posent un balancement hypnotique, pas clinquant, terriblement humain — fantômes de caisses claires, charleys chuchotés, kick mat qui creuse un sillon dans le bas du spectre. La voix, traitée avec des effets vocaux signés Jeremiah Johnson, reste frontale sans écraser : doublages feutrés, delay court qui colle au phrasé, micro-saturation sur les crêtes pour faire frissonner la confession. L’ingénierie de Richard Dudley capture la proximité, la table de mixage de Johnson sculpte l’espace : une chambre à taille d’oreille.
Le véritable twist tient dans la section de cuivres. Pas d’emphase big band ; quelques traits graves, une tenue qui sert de colonne vertébrale émotionnelle, des réponses en contrechant qui épaississent la plainte. Résultat : une solennité douce, presque cinématographique, qui fait basculer la chanson du journal intime vers le plan large. La production demeure pourtant minimaliste dans son intention : tout ce qui n’aide pas à raconter est retiré. Ce refus du superflu confère au titre une précision rare — chaque élément devient signifiant.
Sur le plan narratif, “Last Ditch Effort” documente l’instant où l’on est “à court de corde, à court d’espoir, à court d’esprit”, mais où le corps insiste pour une dernière tentative. Le groove épouse cette logique : progression en paliers, refrains qui ne flambent jamais totalement — ils s’ouvrent, gagnent quelques millibars d’air, puis reviennent au point de départ, un peu plus usés, un peu plus vrais. Les accords en open tuning laissent traîner des notes-fantômes, comme si le passé refusait de quitter la pièce.
Références assumées, identité intacte : l’hommage à Joni Mitchell informe l’harmonie, mais Driscoll demeure Driscoll — un artisan du détail, un collectionneur de textures honnêtes. Blues, folk, alternative : les étiquettes s’effleurent sans s’enfermer. Ce qui reste, c’est une sensation : la pulsation d’une âme qui refuse l’ultimatum. “Last Ditch Effort” ne promet pas la réconciliation ; il offre mieux, un cadre pour la tentative. Et parfois, c’est exactement ce qui sauve.
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octobre 24, 2025Une pièce silencieuse, un banc de bois, l’ivoire qui respire. Le premier accord de “Saint” tombe comme une pièce dans l’eau sombre : cercles concentriques, lumière qui s’élargit. Rien d’ostentatoire, tout d’essentiel. Le titre choisit la retenue, et dans cette réserve se niche un monde entier.
“Saint” déplie un langage où le néoclassique frôle le jazz par capillarité. On entend des échos de Pärt dans la clarté tintinnabuli — ce mariage d’une voix mélodique et d’un bourdon harmonique — mais l’harmonie s’autorise des inflexions modales à la Jarrett, ces pas de côté qui réchauffent soudain la tonalité. La main gauche pose des piliers (quintes ouvertes, basses tenues) tandis que la droite sculpte des motifs courts, recombinés, comme si la mémoire testait plusieurs chemins vers la même image. L’improvisation ne déborde jamais ; elle enseigne la patience. À chaque reprise, un détail se déplace : un appoggiature prolongée, une suspension qui retarde la résolution, une syncope respirée plutôt que martelée.
Le mix minimaliste — très proche du marteau, souffle de feutre perceptible — souligne une esthétique de proximité. La pédale est tenue avec parcimonie : juste assez pour laisser naître les harmoniques, jamais au point d’engloutir le phrasé. La pièce sonne claire, comme filmée en plan rapproché : on devine un piano réglé serré, un accord tempéré pour la netteté des médiums, une réverbération de chambre qui coud l’espace sans le théâtraliser. L’ombre de Nils Frahm affleure dans l’ascèse des dynamiques, celle d’Esbjörn Svensson dans la manière d’ouvrir subitement une perspective lyrique au détour d’un motif. Dans le lointain, un sens du crescendo dramatique évoque la grammaire cinématographique de Zimmer, mais jamais au détriment de l’intime.
Le morceau porte un poids doux : l’hommage aux parents disparus irrigue la forme sans l’alourdir. Ici, la douleur ne réclame pas le pathos, elle cherche la forme juste. Les séquences ascendantes travaillent comme des respirations, les descentes chromatiques ouvrent des fenêtres malgré leur gravité. Le temps semble élastique : rubato discret, dilatations microscopiques, une façon de dire que le souvenir n’obéit pas au métronome. La mélodie centrale revient, un peu plus usée, un peu plus vraie, tel un chapelet qu’on égrène pour survivre à l’instant.
“Saint” s’inscrit dans ce couloir rare où l’ambient, le classique contemporain et le jazz se tiennent par la main sans jamais se confondre. C’est de la musique qui voit dans l’obscurité. Une pièce pour méditer, oui ; surtout, une pièce pour tenir debout. Quand la dernière résonance s’éteint, il reste une certitude : certaines vies méritent des monuments de silence, et ce piano en est un.
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octobre 24, 2025Un piano nu, posé comme une lampe de chevet dans une chambre encore tiède, puis une voix à hauteur de peau : “What If?” ne frappe pas à la porte, il entrouvre la fenêtre. L’air circule, les hypothèses affluent, et soudain la pop cesse d’être un décor pour redevenir un dispositif de révélation.
Ici, la dramaturgie est millimétrée. L’ossature démarre en clair-obscur — accords dépouillés, souffle frontal — avant d’ouvrir une nef de textures où chaque couche a le poids d’un souvenir. Guitares acoustiques en tissage capillaire, cordes en drapé discret, pedal steel comme un phare au loin, riffs scintillants, batterie lo-fi qui refuse la boursouflure : l’arrangement avance par capillarité, sans chercher l’uppercut. La dynamique dessine un arc cinématographique : montée en paliers, dilatation du champ, puis retrait gracieux jusqu’au minimalisme d’origine. Pas d’esbroufe ; un sens de la proportion qui rappelle qu’un silence tenu peut sonner plus fort qu’un mur de son.
La signature d’HERON se lit à même la matière. Timbre posé, diction nette, harmonie travaillée en strates façon studio de chambre ; l’empreinte DIY ne sert pas de totem, elle garantit la cohérence. Écrire, produire, interpréter, mixer, filmer, designer : l’unité esthétique respire jusque dans les interstices. Chaque détail compte — une respiration laissée au montage, une réverb’ à chambre qui épouse le grain, une stéréo qui préfère la profondeur au spectaculaire. Résultat : une sensation de proximité qui n’annule jamais l’ampleur, comme si l’intime et le panoramique cohabitaient sans se polir mutuellement.
“What If?” s’inscrit dans une lignée exigeante — harmonies à la Brian Wilson, sens mélodique d’un Beck lunaire, élégance baroque d’un Wainwright — mais refuse la citation. Les influences agissent en sous-texte ; le morceau affirme son propre alphabet en organisant l’émotion avec une précision presque architecturale. La rythmique, discrète, tient le plancher ; la pedal steel trace des horizons ; les cordes abritent la blessure sans la montrer. À l’écoute, c’est l’équilibre entre fragilité et expansion qui s’impose : un feu de camp sous un dôme étoilé.
Annoncé comme l’un des chapitres centraux d’Underground Sky, le titre joue le rôle de sismographe. Les intensités varient, les plaques bougent, et pourtant la carte reste lisible : l’album promet de circuler entre alt-pop nerveuse et ballades déshabillées, mais “What If?” en offre la clef — un art de poser les questions sans écraser les réponses. Au lieu de crier au génie ou de feindre l’underground, la pièce choisit l’honnêteté : composer des chansons qui pensent, danser sur un fil sans tomber, accueillir l’incertitude comme une alliée.
Verdict : un single-catalyseur qui transforme le doute en moteur et la douceur en force motrice. La pop n’a pas besoin d’exploser pour bouleverser ; elle a besoin d’air, d’angles, de choix. “What If?” en a, et c’est précisément ce qui donne envie de vivre sous ce ciel souterrain un peu plus longtemps.
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octobre 24, 2025Plonger sans lampe et trouver la ville qui respire sous les vagues : Underwater City propose ce paradoxe charnel. Architecture d’ombres, battements qui suintent le néon, lignes mélodiques à fleur de peau ; la chambre d’écho d’une métropole réinventée sous pression. Pas de pastiche ni de posture : une matière pop sombre qui convoque l’électronique aux bords les plus froids, puis l’oblige à danser avec le cœur.
Ouverture en fracas contenu avec Perfect Disaster. Kick métronomique, basses granuleuses, voix au ras du mix : le chaos annoncé devient chorégraphie. Les synthés ne saturent pas l’espace, ils l’aimantent. Phonetic Dreams pousse la pulsation en transe douce : arpèges liquides, contretemps furtifs, un hook chuchoté qui s’incruste par capillarité. Le morceau-titre, Underwater City, installe la salle des machines : nappes abyssales, claps étouffés, progression en palier jusqu’à une clairière harmonique où la lumière paraît filtrée par des vitraux d’eau.
He Never Talked choisit l’économie dramatique : beat minimal, réverb à chambre, respiration audible — l’intime comme principe d’écriture. Place ensuite à Guinea Pig, plus nerveux, angles acides, hi-hats crissants ; une allégorie de l’expérience urbaine, cobaye consentant de ses propres excès. Ice-Cold refroidit la température : synthés vitreux, voix en miroir, tension retenue qui préfère la fissure au cri. L’empreinte alternative-pop s’y marie à un sens très contemporain du vide utile : chaque silence compte.
Where Do We Go condense la question centrale de l’album dans un sprint mélodique : structure resserrée, modulation tardive, final coupé net, comme une sortie de station au petit matin. Now I Rise inverse la courbe : uplift clair, progression d’accords ascendante, percussions aérées — affirmation sans emphase, énergie qui se redresse plutôt qu’elle ne s’impose. Bee’s Knees lâche un clin d’œil ludique : groove caoutchouteux, synth-bass élastique, micro-détails de production qui font sourire les tympans sans quitter le club intérieur.
There’s Nobody Left devient la nef centrale : lenteur assumée, harmonies qui s’empilent par strates, halo cinématographique. Le morceau respire comme une ville à 4 h du matin, vitrines éteintes, trottoirs brillants, solitude majestueuse. Pour refermer, Shut Up opte pour l’uppercut : drums plus secs, attaques frontales, grain vocal légèrement saturé, une dernière décharge qui rappelle que l’album ne cherche pas l’édredon mais l’électricité.
Au-delà de la somme des titres, Underwater City raconte un trajet : passer du tumulte à la clarté, du réflexe au choix. Production ciselée, textures sombres jamais opaques, écriture brute qui refuse l’ornement décoratif : la pop y retrouve sa pulsation vitale. Urbanité et cinéma se frôlent, la sueur et l’eau salée signent le même pacte. On ressort lessivé, mais plus léger : l’oxygène a changé de goût. Florent C. ne livre pas un simple album, mais une cartographie sensitive où chaque piste est une station — et la sortie, une renaissance.
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octobre 24, 2025Une porte grince, l’air se cale, la première corde respire : le titre “Orphan’s Lament” n’entre pas, il s’installe dans vos tympans. La chanson choisit la voie étroite — celle où la tension ne se crie pas, elle se maintient. Pas de grand geste théâtral ; plutôt un fil tendu entre deux silences, et au milieu, cette écriture qui sait faire beaucoup avec presque rien.
Le morceau capte d’abord par l’architecture sonore. Guitare acoustique en relief, bois à nu, attaque au pouce qui arrondit le bas du spectre et laisse courir les harmoniques. Tout indique un accordage ouvert pensé pour la résonance : les cordes frères-sœurs se répondent comme des lucioles. La prise de son colle au corps ; on perçoit le grain de la pièce, un souffle contrôlé, l’espace laissé volontairement aux transitoires. À l’oreille, un travail de ruban ou une émulation chaude efface l’acidité des aigus, tandis qu’une réverb’ courte à chambre sculpte la profondeur sans noyer les contours. Résultat : un plan rapproché permanent, intime, presque tactile.
Au centre, la voix joue le clair-obscur. Timbre franc, vibrato à peine suggéré, diction nette et légrement lyrique : ici on ne joue pas la démonstration, mais la présence. Le placement dans le haut-médium est millimétré : assez d’accroche pour traverser, jamais de dureté. La ligne mélodique préfère l’osmose à l’esbroufe ; pas de hook criard, mais un motif capillaire qui s’infiltre, se répète avec justesse, jusqu’à devenir évident. La dynamique respire en paliers : couplets comme des paliers de décompression, refrains qui n’explosent pas mais s’ouvrent, pareils à une marée qui gagne du terrain sans fracas.
Côté écriture, on retrouve la fidélité de Steel & Velvet à une grammaire folk épurée, héritière d’un classicisme Cash/Lanegan mais actualisée par une discipline du vide. Chaque élément porte un sens : la ligne de guitare de Romuald Ballet-Baz, elle commente ; un contre-chant surgit, repart, laisse un fantôme harmonique ; une note tenue devient colonne vertébrale. L’émotion n’est pas plaquée, elle est organisée. Et c’est précisément cette organisation qui donne son poids à la gravité du titre : pas de pathos, une mélancolie tenue, élégante, qui sait se coucher à même la peau sans mordre à sang.
Écouter “Orphan’s Lament”, c’est accepter une autre vitesse. Ton monde défile à 200 notifications/minute ; ici, une pulsation humaine réapprend le temps long. On ressort avec l’impression qu’un cœur a parlé à hauteur d’oreille — sans hurler, sans mendier l’attention. La folk gagne alors ce qui lui manque souvent aujourd’hui : du nerf, de la nuance, un réel. Steel & Velvet signe un morceau de nuit claire, un lamento sans larmoiement, taillé pour durer longtemps après le dernier souffle de corde.
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octobre 24, 2025Dans le casque, une chambre s’ouvre : lumière rasante, basses feutrées, respiration mesurée. “Rock W Me (Reimagined)” ne cherche pas l’effet, il impose une température. À Asbury Park, on raconte que l’océan a parfois le timbre d’une voix qui sait quand se taire.
“Reimagined”, oui, mais pas ripoliné. Francesca Fuentes ne repasse pas sur les traces ; elle creuse le sillon jusqu’à trouver la veine chaude du morceau original, puis la polit avec des gestes rares. La production privilégie la peau plutôt que la vitrine : batterie au velours des balais numériques, basse circulaire qui enlace sans enfermer, Rhodes laiteux en contrechant, guitares volutes comme un parfum oublié sur un col. Chaque élément sert la même idée : le désir n’est pas un sprint, c’est une architecture. Le mix respire ; les silences, eux, sculptent la forme.
Signature vocale : grain satiné, attaques en clair, fins de phrases effleurées, vibrato discret — tout se joue entre les consonnes retenues et les voyelles laissées en suspension. La ligne mélodique choisit la capillarité plutôt que le coup de coude : pas de refrain hurlé, mais un motif qui s’infiltre, s’installe, et soudain s’avère indispensable. Cette retenue n’est pas une pudeur : c’est une dramaturgie. La chanson bâtit sa courbe comme on règle un variateur, par crans successifs, jusqu’à un plateau d’évidence.
Le cadre narratif — renaissance d’un titre marquant, récompensé à l’écran, écrit contre une histoire interrompue — donne au son une profondeur de champ. Max Wolf sculpte l’ossature, Michael Flannery polit l’éclat : le haut-médium laisse la voix respirer, les graves sont arrondis sans flou, la stéréo dessine une pièce où l’auditeur peut circuler. Cette précision technique n’empêche pas la sensualité ; elle la garantit. L’esthétique lorgne vers un R&B traditionnel réchauffé à la modernité : moins de clinquant, plus de grain, la chaleur d’un studio qui sent le bois.
“Rock W Me (Reimagined)” dialogue avec “When I Fell In Love” comme deux panneaux d’un diptyque. L’un danse au centre de la piste, l’autre baisse l’intensité et garde les yeux dans les yeux. Même ADN d’honnêteté, deux climats. Cette conversation éclaire l’ambition : retracer une trajectoire, reprendre possession d’un récit, affirmer qu’une carrière indépendante peut écrire ses propres chapitres sans permission. Preuve supplémentaire : la montée régulière sur les playlists qui prennent des risques — aBreak58 la classe déjà dans le viseur, signe que le bouche-à-oreille fait son œuvre.
Au-delà de la réussite formelle, demeure cette sensation rare : un morceau qui donne du temps au temps. Dans un monde qui compresse tout à 128 bpm et coupe à la seconde trente, Francesca Fuentes parie sur la persistance rétinienne du son. La braise plutôt que l’étincelle. Et quand la dernière note se dissipe, quelque chose continue : peut-être le souvenir d’une main qui ne lâche pas, peut-être l’idée simple et magnifique qu’aimer peut se jouer à volume moyen — et rester inoubliable.
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octobre 24, 2025Je me souviens d’avoir écouté ce morceau à 2h07, quand l’écran d’ordi se reflétait comme une lune fatiguée sur la fenêtre. À ce moment précis, “Power Outage” n’a pas “débranché” la pièce : il a rallumé mes synapses. Pas de préambule tiède, pas de blabla de promo—juste le constat intime qu’un titre pensé dans la pénombre d’une ville glacée (Portland, immobilisée par une tempête historique) peut devenir, quelques mois plus tard, une torche dans nos nuits d’ultra-connexion.
Micki XO signe ici un manifeste électropop qui sait parler le langage du corps autant que celui de l’épuisement. Le kick pulse comme un métronome cardiaque, les textures électriques crépitent en périphérie, puis ce drop inattendu—à la limite du cinétique—ouvre une trappe vers une euphorie presque tactile. Paradoxe fécond : les paroles murmurent la fatigue, les to-do lists qui dévorent, la surcharge médiatique et politique, tandis que la production insuffle un sourire musculaire, un réflexe de danse. C’est la double exposition d’une même photo : burn-out en premier plan, espoir rétroéclairé au fond.
Techniquement, “Power Outage” s’adosse à une triangulation habile : la ligne mélodique solaire façon Dua Lipa, une tension texturale sombre qui évoque Rezz, et un sens du spectacle frontal hérité de Lady Gaga. Le morceau tient sa promesse pop (hook immédiat, structure resserrée), mais ose une dramaturgie de l’énergie : montée progressive, respiration minimale, puis un final “all-consuming” qui refuse de se résoudre. En 3 minutes 16, beaucoup de titres courent après la radio ; celui-ci court après nos réserves de batteries internes.
Le récit derrière la chanson—douze jours sans électricité—n’est pas anecdotique : l’absence de courant devient courant vital. Débrancher pour recharger, concept mille fois vu, mais rarement incarné avec cette précision sensorielle. “Power Outage” fonctionne comme un rituel : tu appuies sur play pour échapper au monde, tu reviens avec une fréquence neuve. À l’heure où la pop aime se grimer en cardio sans âme, Micki XO propose une intensité empathique, un groove qui écoute autant qu’il parle.
Conclusion simple, sans cynisme : si l’époque tente de nous assécher, ce single rappelle que la joie est aussi une compétence technique. Branché sur la bonne prise, notre futur peut encore clignoter.
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octobre 24, 2025Ce morceau m’a attrapé sans prévenir. Une onde douce, presque timide, qui d’abord se faufile, puis t’enveloppe sans que tu saches vraiment comment. Your Way de 1POINT5 n’est pas un cri, ni une promesse. C’est un soupir qui refuse la résignation, un battement de cœur rendu audible sous une peau d’électricité légère.
Le trio belge ne joue pas au groupe de stade. Il joue pour les vivants discrets, ceux qui n’affichent pas leur douleur sur des affiches lumineuses. Mathieu à la guitare, Tatiana à la batterie et Victor au clavier : trois âmes qui semblent s’être trouvées par hasard pour faire naître une musique d’équilibre et d’honnêteté. Le son respire la proximité — cette chaleur imparfaite du home studio où chaque note semble effleurer le plafond avant de retomber sur le plancher. Rien n’est poli, tout est vécu.
Sur le plan sonore, le morceau navigue entre le romantisme spatial de Muse et la lucidité tendre de The Killers, mais avec cette touche de retenue qui appartient aux groupes encore capables de se taire. Le clavier de Victor dessine des halos, la guitare de Mathieu avance en spirales lumineuses, et Tatiana maintient un tempo qui bat comme un cœur rassurant. Le résultat n’a rien d’explosif, c’est au contraire une montée intérieure — un feu lent, un embrasement du dedans.
Ce qui me frappe, c’est la façon dont Your Way redonne un sens au mot « confiance ». Pas une confiance naïve, mais celle qui se construit après la chute, après la fatigue, quand on n’a plus d’autre choix que de s’ouvrir. 1POINT5 ne chante pas la victoire, mais la possibilité d’un appui. La chanson devient presque un geste d’amitié, un espace où la vulnérabilité est non seulement permise, mais célébrée.
Et c’est peut-être ça, la vraie force de 1POINT5 : faire de la pop-rock sans chercher à séduire, en choisissant la justesse plutôt que la performance
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octobre 24, 2025Il y a chez BruceBAn$hee quelque chose d’incontrôlé, d’instinctif — un besoin de casser le cadre, de gratter la peinture jusqu’à ce qu’on voie la chair en dessous. Son nouvel EP, 4th Wall, porte bien son nom : il fait exploser la frontière entre l’artiste et l’auditeur, entre la performance et la confession. Huit morceaux comme des éclats de verre, pris entre trap industrielle, punk électronique et spleen lo-fi. C’est brut, saturé, indomptable — le genre de disque qu’on écoute à 3h du matin, casque vissé, en se demandant si tout ça n’est pas un peu trop vrai.
1. MO$hpit!
Ouverture violente, quasi performative. La basse tremble, les kicks cognent, la voix de BruceBAn$hee surgit comme un cri noyé dans l’écho. C’est un titre de pure énergie : rage, sueur, chaos. Le morceau sonne comme un concert dans une cave où les néons clignotent au rythme des pulsations cardiaques. Il y a du JPEGMAFIA et du XXXTentacion là-dedans — ce rap qui ne cherche pas à séduire mais à déranger.
2. BadLove
Le tempo ralentit, mais la douleur reste. “BadLove” explore la toxicité des relations, entre mélodie triste et 808 étouffés. BruceBAn$hee chante autant qu’il rappe, voix distordue, vulnérable. L’émotion perce à travers l’auto-tune : c’est un cri sous morphine, un amour qui s’effondre au ralenti. L’influence d’emo rap y est claire — on pense à Lil Peep ou à Juice WRLD, mais en plus abrasif, plus punk.
3. CtrlAltDel
Court et nerveux. Une sorte de reboot existentiel. BruceBAn$hee efface tout — souvenirs, erreurs, identité — pour redémarrer sur un fond noir. Les synthés claquent comme des lames numériques, les drums glitchent. C’est la bande-son d’un système émotionnel qui plante. “I had to delete myself to feel again.” Brutal et poétique.
4. Stillsadcobain.
Le titre le plus fort du projet. Une prière murmurée à travers la douleur. BruceBAn$hee invoque Kurt Cobain non pas comme une icône, mais comme un frère d’âme. Les guitares grésillent dans le fond, presque grunge, tandis que la rythmique reste trap. L’artiste parle de désillusion, de dépression, d’un monde où la sincérité devient une arme. “I’m still sad, Cobain — but I’m loud now.” Une confession magnifique et dérangeante.
5. CrazyRaps!
Retour à la folie. Le flow saccadé, les beats chaotiques, l’énergie proche du freestyle. BruceBAn$hee rappe comme s’il exorcisait des démons. Il se moque des codes, des puristes, des haters : “They said I’m crazy — good.” C’est un manifeste pour l’expérimentation, un doigt d’honneur au conformisme.
6. Ride or Die
Une accalmie relative. Le ton devient plus intime, presque romantique. Derrière les distorsions, une vraie tendresse se devine. Le refrain, entêtant, flotte entre trap mélancolique et ballade cyberpunk. Le morceau parle d’attachement, mais aussi de loyauté dans un monde où tout se décompose.
7. SuperGod
L’ego trip comme rituel mystique. BruceBAn$hee s’y érige en divinité glitchée, mi-humain, mi-donnée numérique. “I’m the glitch they tried to worship,” lance-t-il sur un beat brutal. Le morceau, saturé de basses, évoque Death Grips ou Yeezus — un cri de toute-puissance métaphysique, nihiliste et transcendant.
8. PullUp
Clôture incendiaire. Retour à la rue, aux réflexes bruts, aux instincts. Un morceau court, nerveux, qui claque comme un revers. C’est la sortie de scène sans salut : BruceBAn$hee quitte le studio comme on quitte un ring, en laissant derrière lui l’écho de sa colère.
4th Wall est un projet schizophrène, magnifique, incandescent — un cri coincé entre le punk, le trap et la poésie. BruceBAn$hee y déconstruit la persona du rappeur pour en révéler la chair, les failles, la fièvre.Un EP qui ne veut pas plaire : il veut exister. Et ça, c’est déjà révolutionnaire.
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octobre 24, 2025Depuis les hauteurs ocres du Nouveau-Mexique, Blackout Transmission trace une route que peu osent emprunter. Leur nouvel album Twilight & Resonance, sorti le 10 octobre 2025 sur le label Etxe Records, est une odyssée sensorielle : huit morceaux pour arpenter un paysage aride où chaque note semble sculptée par le vent et le silence. Le groupe, désormais loin de la frénésie urbaine de Los Angeles, s’offre un voyage au cœur du désert et de lui-même, entre post-punk atmosphérique et shoegaze halluciné. Ici, la guitare devient mirage, la basse une boussole, et la voix de Christopher Goett agit comme une prière murmurée au crépuscule. La lumière, la poussière, le doute — tout est matière sonore. Le disque entier flotte entre deux états : le rêve et la conscience.
La Tierra Drift
Le disque s’ouvre sur un souffle. Des guitares réverbérées se déploient comme une nappe de chaleur au-dessus du sable. Goett chante “urban murmurs and side-eyes” qui s’effacent derrière “southern bound birdsong”. L’image est belle : l’homme quitte la ville pour retrouver la terre. Tout est lent, hypnotique, et pourtant chargé d’une tension souterraine. On pense à Ocean Rain d’Echo & the Bunnymen, à ces paysages sonores où la mélancolie se dilue dans la lumière.
Ultra Azul
Le morceau le plus psychédélique du disque. Les guitares tournent, se fondent, se renversent dans des tourbillons de delay analogique. La voix se perd dans la réverbération, comme si elle sortait d’une cathédrale engloutie. À mi-parcours, la chanson s’effondre dans un bain de distorsion bleue — un écho marin dans un désert de poussière. C’est le cœur battant de l’album, celui qui fait chavirer le temps.
Ascension (Sangre Skies)
La tension monte. Ici, le groupe retrouve la nervosité post-punk de ses débuts : batterie droite, basse magnétique, guitares qui coupent comme des éclats de verre. Mais au lieu de la colère, c’est une forme d’élévation qui domine. “Rise above the tree-line” répète Goett — un mantra presque politique, un appel à s’extraire de la peur et de la division. La coda finale, lumineuse, évoque un lever de soleil sur les montagnes Sangre de Cristo.
Calantha Dawn
Une accalmie. Tout devient plus aérien, presque ambient. Le morceau se déploie sur des nappes de synthés diaphanes, des guitares en suspension et une batterie à peine perceptible. On y respire. Le titre évoque une floraison à l’aube, fragile et éphémère. Un instant suspendu avant la reprise du voyage.
When the Aspens Turn
L’un des sommets de Twilight & Resonance. La chanson se bâtit sur une mélodie circulaire de guitare, d’une beauté déchirante, traversée de reflets d’or. Tout y parle du changement, de la fin des saisons, de la vie qui continue malgré tout. La production, ample et organique, rappelle le Souvlaki de Slowdive — un espace infini où chaque son respire.
Las Estrellas en Alta
La face la plus mécanique du groupe. Boîtes à rythmes et guitares modulées s’entrelacent dans un mouvement perpétuel, presque krautrock. On pense à Neu! filtré à travers le rêve de Mazzy Star. Les percussions d’Ivey tracent une route hypnotique pendant que les synthés s’étirent vers l’horizon. C’est une chanson de nuit, constellée d’étoiles et d’ombres.
Beyond the Sight Lines (Nubes Oscuras)
Une traversée vers l’invisible. Le morceau flotte entre post-rock et ambient, chaque instrument semblant se dissoudre dans la distance. Les “nubes oscuras” — ces “nuages sombres” — deviennent métaphore : celles des pensées, du doute, du deuil. L’émotion y est brute, contenue dans des silences presque sacrés.
Kairos
Le final parfait. “Kairos”, mot grec pour désigner “le moment juste”, conclut le disque comme une épiphanie. Le rythme, lent et mécanique, évoque le battement d’une machine cosmique. Les guitares s’empilent, la voix double se fait spectrale, et tout finit par se fondre dans un écho infini — celui d’un monde où chaque résonance compte.
Twilight & Resonance est un disque de passage : entre le monde concret et le rêve, entre l’humain et le paysage. Blackout Transmission y fait le pari rare du silence et de la lenteur dans une époque saturée. Un album à écouter les yeux mi-clos, quelque part entre la terre et le ciel, quand le jour s’éteint et que tout devient bleu.
Un disque pour les errants, les contemplatifs, les insomniaques.Un disque où chaque son est une trace de pas sur le sable chaud du crépuscule.
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octobre 24, 2025Il y a des morceaux qu’on sort pour plaire, et d’autres qu’on balance comme une gifle en riant. Canadian Whiskey, le nouveau single de Wattmore, appartient sans conteste à la deuxième catégorie. Sorti le 26 septembre dernier, ce titre est une ode déglinguée à la désinvolture, un hymne country qui s’arme d’ironie et de whisky pour dynamiter le conformisme ambiant.
Le duo australien — deux frères unis par les guitares, les vannes sèches et une allergie chronique à la bienséance — signe ici son morceau le plus provocateur à ce jour. Sur le papier, Canadian Whiskey est une “conventional country drinking song”. En pratique, c’est un cocktail explosif : sarcasme, second degré et riffs qu’on croirait sortis d’un bar de Nashville en plein incendie. Wattmore rit de tout — surtout d’eux-mêmes — et transforme la dérision en art de vivre.
Coécrit avec Allan Caswell, vieux briscard de la scène et autoproclamé hippie gauchiste, le titre se place là où on ne l’attend pas : entre le patriotisme revisité et l’ironie politique. “Ce n’est pas anti-américain”, préviennent-ils, “juste pro tout le reste.” Et effectivement, dans cette liste d’amours liquides — Canada, Mexique, Ukraine, France, Australie — Wattmore invente une géopolitique de comptoir aussi absurde que réjouissante.
Sous la houlette du producteur Lindsay Waddington (LWM House Studios), le groupe transforme la cacophonie en dynamite radiophonique. Les guitares sont maltraitées, les rythmiques débordent, les voix grincent avec cette fausse nonchalance qui n’appartient qu’aux groupes réellement dangereux. Le résultat ? Une chanson qui sent la sciure, la bière renversée et l’insolence assumée.
Wattmore, c’est ce pays imaginaire où le punk enfile des bottes de cowboy et où chaque solo de guitare est une insulte à la bienséance. Depuis Circus Life jusqu’à Romantic Side (classé #3 en radio australienne), les frères ont peaufiné leur formule : un humour noir trempé dans le bourbon, un sens du chaos parfaitement calculé.
Canadian Whiskey est donc un bras d’honneur en trois accords, un rire qui résonne entre les murs d’un bar après la fermeture. Wattmore y célèbre la faute comme un art, l’excès comme une vérité, et l’ivresse comme une philosophie. Bref, “brash, irreverent, fresh, smartarse” comme ils le disent eux-mêmes.
Un shot de Wattmore, ça ne se sirote pas : ça se prend d’un trait, avec un sourire en coin et une étincelle dans le regard.
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octobre 24, 2025Il y a chez Phantom Wave quelque chose d’étrangement familier, comme un souvenir diffus d’un rêve qu’on aurait oublié au réveil. Avec Echoes Unknown, leur troisième album sorti chez Shore Dive Records, le trio new-yorkais — Ian Carpenter, Yanek Che et Rachel Fischer — signe un disque de brume et de lumière, de réverbérations infinies et de mélodies qui se dissolvent dans l’air comme de la poussière dorée. C’est du shoegaze, oui, mais pas celui de la nostalgie : plutôt celui de l’expansion, d’un son qui respire, se tord, se fissure pour mieux s’ouvrir à d’autres horizons.
Enregistré à The Building à Marlboro avec Ryan Dieringer et mixé par Elliott Frazier de Ringo Deathstarr, Echoes Unknown s’impose comme une relecture contemporaine du mur de son. On y entend des fantômes familiers — MBV, Slowdive, Ride — mais traversés par une sensibilité très actuelle, presque cinétique. La voix d’Ian Carpenter flotte à la surface du mix comme une silhouette à travers le brouillard, tandis que la basse de Yanek Che agit comme une ligne de gravité au milieu de la dérive. Rachel Fischer, elle, ne bat pas le rythme : elle sculpte le temps.
L’album s’ouvre sur Echos Unknown, pièce titre et véritable manifeste. Une onde de guitares saturées qui s’élève lentement, gonflée par une tension presque cosmique, avant de s’effondrer dans un halo de distorsion. Splashed enchaîne avec une urgence mélodique presque pop, comme si le groupe cherchait à percer la surface du rêve pour respirer un instant. Puis vient Hologrammer, un morceau d’une beauté abstraite, suspendu entre l’organique et le digital — une balade dans un monde fait de reflets et de souvenirs pixelisés.
Sur Woozy, les textures s’épaississent, les guitares ondulent comme une mer de verre. Breakaway explore la chute libre, la sensation de flotter entre deux dimensions sonores. Collider, lui, joue la collision des mondes : un mélange de pulsations électroniques et de riffs abrasifs, l’équilibre parfait entre chaos et clarté.
Et puis, il y a Wanton — ce morceau que Frazier voulait faire sonner “comme un camion de glace hanté”. Une image qui dit tout : la beauté glacée, la douceur malsaine, le vertige d’un son qui grince mais caresse. Viennent ensuite High Halcyon, rêve suspendu au-dessus d’une ville silencieuse, et Memory Swerver, où la nostalgie se dilate jusqu’à devenir presque physique. Enfin, Sirens ferme le disque sur une note d’éternité : une montée lente, presque céleste, avant la disparition dans le bruit blanc.
Echoes Unknown est une traversée hypnotique. Un paysage sonore mouvant, hanté par les échos d’un passé qu’on ne reconnaît plus. Phantom Wave ne fait pas que regarder ses chaussures : il regarde à travers elles, vers un ailleurs où le bruit devient beauté, et où chaque réverbération semble murmurer le nom d’un souvenir perdu.
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octobre 24, 2025Pulse kick. Pulse kick. Pulse kick. Le battement cardiaque de SONIC, le nouveau single de 9 o’clock Nasty, résonne comme un cri dans la brume. Trois coups de pied dans la monotonie, trois battements pour réveiller les corps ankylosés et rappeler que, dans un monde qui tourne en rond, certains choisissent de courir à contre-courant — jusqu’à se perdre, jusqu’à hurler avec les loups.
Depuis Leicester, le trio le plus féroce du punk anglais revient avec une morsure sonique plus nue, plus viscérale, plus animale que jamais. Pete Brock, Ted Pepper et Sydd Spudd n’ont plus besoin de camouflage : SONIC arrache la peau, dissout les artifices, et expose la chair tendue de leur musique — chaque tendons, chaque nerf, chaque silence vibrant d’une rage contenue.
C’est un titre qui respire l’urgence. La basse claque comme un battement de cœur, la guitare racle le béton, la batterie cogne jusqu’à faire trembler les os. Mais au milieu du vacarme, un espace : un vide où le silence devient presque spirituel. “Sometimes the silence makes the loudest sound,” préviennent-ils — et ici, ce n’est pas une figure de style, c’est une vérité physique.
SONIC est le cinquième extrait de leur prochain album Chaos, un disque dont le nom dit déjà tout. 9 o’clock Nasty y célèbre la dissonance, l’instinct, la désobéissance à tout ce qui rassure. Là où d’autres construisent des refrains, eux bâtissent des secousses. Leur punk n’a plus besoin de colère pour exister : il danse entre les coups, il respire entre les cris, il transforme la laideur en énergie pure.
Et pourtant, sous la crasse et le bruit, il y a une beauté perverse : celle du refus, celle de l’humain qui décide de s’arracher à la routine pour se brûler les ailes. SONIC parle de cette fuite vers le sauvage, du prix de la liberté quand elle rime avec solitude. “The freedom of going feral carries a heavy price,” annoncent-ils — comme une morale inversée, ou peut-être juste une confession lucide.
Sur YouTube, le clip est déjà d’être une claque visuelle : brut, sans filtre, comme un miroir tendu à notre époque saturée. Ce nouveau 9 o’clock Nasty n’a plus besoin de se cacher derrière la provocation : il la transforme en art. SONIC, c’est l’électrochoc du mois d’octobre. Une pulsation primitive dans un monde trop poli. Un cri punk qui danse dans le vide — libre, sauvage, vivant.
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octobre 24, 2025Dans Ya Saki, deuxième extrait de son album Amann à paraître chez Protomaterial Records, Siwane nous invite à une nuit suspendue entre désir et ivresse, entre la mémoire d’Al-Andalus et les pulsations feutrées du jazz moderne. C’est une chanson de soie et de feu, une caresse musicale où le vin coule comme une métaphore de l’amour, et où chaque note semble transpirer le parfum d’un patio mauresque après la pluie.
Le titre — qui signifie “Ô échanson”, celui qui verse le vin — agit comme un refrain incantatoire, un appel à la fois sensuel et mystique. Mounia Siwane chante dans un arabe poétique qui effleure le sacré sans jamais l’enfermer, et transforme le simple geste de boire en rituel amoureux. Sa voix, à la fois aérienne et incarnée, flotte sur les harmonies raffinées du guitariste Stani Jardel, dont les compositions s’inspirent des mélodies populaires d’Al-Andalus. On y entend résonner des siècles de métissage : les mélismes arabes glissent sur des accords de jazz, les silences respirent entre deux souffles, et la modernité s’invite dans la poussière des siècles.
Le morceau se déroule comme une scène : deux amants, un verre de vin, la lumière des bougies qui tremble sur leurs visages. Les rythmes se font souples, presque lascifs, et la musique semble hésiter entre la conscience et le rêve. Par instants, Ya Saki se fait danse, puis soupir, puis murmure — un lent glissement vers la transe douce du petit matin.
Ce qui fascine chez Siwane, c’est ce pont invisible qu’elle dresse entre les époques : l’élégance érudite d’Al-Andalus et la liberté improvisée du jazz. L’ensemble sonne comme un héritage réinventé, une conversation entre l’Orient et l’Occident où chaque instrument devient une langue, chaque silence un baiser retenu.
Ya Saki n’est pas simplement une chanson d’amour : c’est une ivresse d’âme, une offrande à la beauté du fugace, un chant à la fois charnel et spirituel. Dans la voix de Mounia Siwane, on entend toute la chaleur d’une nuit andalouse et l’écho infini d’un désir qui refuse de mourir à l’aube.
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octobre 24, 2025De sa chambre à Uppsala, Yungwall signe avec Cleopatra un premier album d’une sincérité brute et d’une ambition quasi mystique. Tout ici respire la solitude créatrice : les beats bricolés dans la pénombre, la voix qui cherche sa vérité au milieu du souffle, les textes comme des confessions murmurées dans un micro trop proche. Et pourtant, à travers ce minimalisme, l’album vise grand — le ciel, l’amour, la mémoire.
Yungwall s’inscrit dans la lignée des rêveurs conscients, quelque part entre la ferveur mystique de Kanye West période College Dropout et la lucidité poétique de Kendrick Lamar. Mais au lieu de l’Amérique saturée de lumière, c’est la Suède qui l’entoure — une mélancolie froide, domestiquée, où le silence devient rythmique. Cleopatra, c’est un disque de chambre, mais aussi un disque d’empire intérieur : chaque morceau semble écrit pour bâtir une mythologie intime, un royaume de sons où le hip-hop dialogue avec l’âme.
Le titre n’est pas anodin. Cleopatra est à la fois une muse, une métaphore et un mirage. La femme qui inspire le disque n’est jamais vraiment là : elle devient un symbole de désir et de perte, un reflet dans le fleuve mental de l’artiste. “Sphere of thoughts”, comme dit Yungwall lui-même — un espace circulaire où les émotions tournent, se heurtent, se réinventent.
Musicalement, le disque respire la fraîcheur d’un artisan qui apprend en créant. Les textures sont fragiles, les beats respirent, la voix vacille parfois — mais c’est justement là que réside la beauté du projet. On y sent le geste, la construction, la mue. Cleopatra est un album d’apprentissage autant qu’un manifeste personnel : il parle d’amour, de foi, de doutes, mais surtout de la transformation lente de soi en artiste.
Il y a dans chaque piste une forme d’humilité qui rappelle les débuts de la soul électronique : ce sentiment de tenir entre ses mains quelque chose de petit et d’immense à la fois. Yungwall ne prétend pas révolutionner le rap, il le réinvente à sa mesure — une confession, un souffle, un monde miniature.
Cleopatra n’est pas qu’un premier album : c’est un rite de passage. Le son d’un jeune homme qui transforme sa chambre en temple, ses pensées en vers, et ses doutes en foi.
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octobre 24, 2025E.G. Phillips ne chante pas les voyages comme les autres. Il les tord, les rêve, les décompose jusqu’à en faire des paraboles poétiques — un peu comme si Tom Waits s’était perdu dans un carnet de mythologie américaine. Dans Nashville Recordings Vol. 3: Travelogues, ce troisième chapitre d’une série déjà culte pour les amateurs de songwriting oblique, le musicien de San Francisco transforme chaque lieu en mirage, chaque souvenir en fable.
Quatre titres seulement, mais chacun comme une escale dans une dimension parallèle. Nevada, d’abord — un désert intérieur plus qu’un État sur la carte. Les accords tournent en boucle, presque rituels, pendant que Phillips murmure sa fuite comme une prière. On imagine un motel vide, un ciel sans fin, une silhouette qui s’efface à mesure qu’elle avance. C’est court, hypnotique, et bouleversant dans son dépouillement.
Puis surgit The Evil Pooh Bear of San Felipe, délire surréaliste et jazzifié où les trompettes évoquent Mingus et les mirages mexicains. Un voyage hallucinatoire entre Baja California et un cartoon cauchemardesque — quelque part entre un rêve de fièvre et un sketch de David Lynch. Phillips y joue avec le grotesque comme un peintre qui sabote volontairement sa toile pour mieux révéler le vrai.
Au centre du disque trône Further Than I’ve Ever Been Before, une sorte d’épopée miniature, ample et contemplative. Le texte évoque un itinéraire mythologique — de la Patagonie à la Mésopotamie — mais la géographie, ici, n’est qu’un prétexte pour sonder l’absence, la perte, la dérive. Les voix s’y fondent dans les guitares, la mélodie s’étire comme une ligne d’horizon incertaine. On pense à un Leonard Cohen de passage dans un aéroport sans nom.
Enfin, Half My Age referme l’album comme on plie une carte après le dernier détour. Un diner du New Hampshire, deux inconnus, du café tiède, un moment suspendu avant de reprendre la route. C’est le morceau le plus long, le plus tendre aussi — celui où l’ironie se tait enfin, laissant place à une douceur fragile, presque timide.
Avec ses Travelogues, E.G. Phillips signe un carnet de voyage mental, un road trip entre la lucidité et la dérision. Le disque n’a rien d’une simple collection de chansons : c’est une traversée du réel par la fiction, un art de l’errance qui transforme les lieux en états d’âme. À mi-chemin entre le jazz d’un cabaret de minuit et la folk des grands espaces, Phillips continue de bâtir, morceau après morceau, un univers à part — quelque part entre la poésie, le cinéma et le surréalisme tendre d’un rêveur américain.
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octobre 24, 2025Avec Home, son nouveau single, le Viennois Phil Woloch fait le pari du classicisme incandescent. Imaginez un piano qui roule comme une voiture sur une autoroute au crépuscule, des synthés aux reflets dorés, une voix claire qui hésite entre la nostalgie et la promesse — et vous avez l’un des morceaux pop les plus lumineux de cette rentrée.
Phil, pianiste et songwriter formé à la grande école des mélodistes – Billy Joel, Elton John, et cette tradition de la chanson populaire qui n’a jamais eu peur du grand refrain – signe ici une chanson à la fois personnelle et universelle. Home n’est pas une simple ballade sur le retour : c’est un voyage intérieur, un dialogue entre le soi d’hier et celui qui ose enfin avancer. “Finding your way back to yourself” : la formule, simple, résonne d’autant plus que la musique l’incarne sans détour.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette production soyeuse, à la frontière entre le rétro et le moderne. Les claviers, gorgés de lumière, rappellent les bandes-son de road movies des années 80 ; la basse, elle, pulse comme un cœur qu’on aurait enfin réussi à écouter. Et puis il y a ce refrain, ample, généreux, qui s’ouvre comme une fenêtre après la pluie.
Là où Mind at Ease – son premier single – racontait le vertige du passage à l’âge adulte, Home dévoile un Phil plus posé, mais aussi plus sincère. On y sent la fatigue des routes trop longues, mais aussi la douceur d’un retour qu’on ne croyait plus possible. C’est le genre de morceau qui s’écoute seul, casque sur les oreilles, tard dans la nuit — et qui, l’air de rien, vous remet doucement les idées en place.
Phil ne réinvente pas la pop : il la réenchante. Avec Home, il prouve qu’il existe encore des chansons capables de parler d’espoir sans mièvrerie, d’intimité sans tristesse. Une œuvre claire, réconfortante, comme un lever de soleil sur la nostalgie.
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octobre 24, 2025On dirait que la chanson flotte. Comme un souvenir qu’on n’arrive pas à attraper, un matin de brume sur la côte anglaise. Cotton Wool, le nouveau single de Cal Lynn, ne cherche pas à impressionner. Il se contente de respirer lentement, de se lover dans ses guitares cotonneuses, dans cette douce ivresse où le temps semble s’être arrêté quelque part entre 1973 et une playlist lo-fi d’aujourd’hui.
Originaire du Nord mais installé à Brighton, Cal Lynn a cette manière rare d’écrire le passé comme s’il ne l’avait jamais quitté. Son timbre, légèrement voilé, rappelle les larmes contenues de Lennon, les rêveries fatiguées de Mac DeMarco, les éclats lunaires de T. Rex. Mais chez lui, la nostalgie n’a rien de décoratif : c’est un état d’âme, presque une philosophie. Cotton Wool parle de ces moments où l’on s’enveloppe de douceur pour ne plus rien sentir. Où l’on préfère la chaleur du coton à la brûlure de la vérité.
Le morceau avance comme un somnambule. Une guitare claire, des accords suspendus, un rythme discret, presque fragile. On entend la poussière des seventies mêlée à la mélancolie d’une ère saturée d’écrans. Lynn y sculpte le silence avec la tendresse d’un artisan : il ne plaque pas les sons, il les caresse. La production lo-fi, volontairement texturée, semble trembler sous le poids de ses propres émotions — chaque souffle, chaque frottement de corde devient un battement de cœur.
Mais derrière la douceur, il y a cette tension sourde. Cette impression que tout pourrait s’effondrer à tout moment. Cotton Wool n’est pas seulement une ballade nostalgique : c’est un aveu de fuite. Fuite du réel, des sentiments trop lourds, des visages qu’on préfère ne plus affronter. Et pourtant, en se perdant dans cette ouate sonore, Cal Lynn dit quelque chose de profondément vrai sur notre époque : cette incapacité à vivre pleinement sans s’anesthésier un peu.
Ce titre, c’est la bande-son d’un retour en voiture à 2 h du matin, les phares déchirant la brume, la radio crachotant un vieux vinyle. Entre spleen, douceur et lucidité, Cal Lynn signe un morceau suspendu, aussi fragile qu’un rêve qu’on voudrait retenir au réveil. Un de ces instants rares où la musique ne raconte pas seulement le passé — elle le ressuscite.
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octobre 24, 2025Dans Bend to Break, Brittney Jenkins, alias Pisgah, chante l’instant précis où tout s’effondre — et où, paradoxalement, quelque chose renaît. Ce troisième single, prélude à son prochain album Faultlines, s’écoute comme une tempête retenue trop longtemps : les guitares grondent, les cymbales éclatent, la voix tremble avant d’exploser. C’est une chanson de rupture, bien sûr, mais aussi une chanson de délivrance — celle qu’on ne trouve qu’en renonçant à plaire, à tenir, à se plier.
Originaire du Sud des États-Unis mais installée à Londres depuis presque une décennie, Jenkins transforme son exil en matière première. Son rock a le parfum poussiéreux des routes américaines, mais les contours mélancoliques d’un crépuscule britannique. Elle cite Ryan Adams, Aimee Mann ou Emma Ruth Rundle parmi ses influences — on entend un peu des trois : la tendresse folk, la lucidité acide, et cette noirceur suspendue qui rôde dans les recoins de sa production.
Sur Bend to Break, tout se joue dans la tension. Les guitares s’étirent comme un ciel avant l’orage, prêtes à éclater. Les paroles, elles, oscillent entre la désolation et une forme de soulagement viscéral : “How light the leaving feels and how much heavier the weight that finally pushed you out the door.” Ce n’est pas seulement une chanson sur une séparation, mais sur la lucidité brutale de devoir partir — quitte à briser ce qu’on pensait être soi.
Pisgah écrit avec le regard de quelqu’un qui a longtemps observé le désastre avant d’en comprendre la nécessité. Elle évoque les fractures familiales, la distance qu’on s’impose pour se reconstruire, les silences qu’on apprend à aimer. Derrière sa douceur vocale se cache une forme de courage : celui de regarder la faille et d’y voir, enfin, une sortie.
Produit et masterisé par Dan Duszynski (Jess Williamson, Loma), le morceau sonne comme une confession intime capturée dans une cathédrale d’écho. Chaque accord y respire, chaque frappe de batterie semble résonner dans les os.
Avec Bend to Break, Pisgah confirme ce que son précédent disque laissait déjà entrevoir : une écriture d’une précision émotionnelle rare, quelque part entre le désespoir et la lumière. C’est un morceau pour ceux qui ont déjà tout perdu — et qui savent que c’est parfois le seul moyen de se retrouver.
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octobre 24, 2025Neuf ans ont passé, et pourtant Fools n’a pas pris une ride. Le morceau renaît aujourd’hui dans un monde qui n’a visiblement rien appris — les visages changent, les costumes aussi, mais la corruption reste la même. Social Gravy, groupe californien au romantisme rugueux, ressort cette chanson comme on déterre une preuve. Pas un cri de guerre, mais un soupir lucide : les “fous” ne sont pas ceux qu’on croit.
Né en 2016, au cœur d’une Amérique fiévreuse, Fools est un protest song sans slogan. Le duo — formé autour de Brad Kohn et Vee Bordukov — préfère le désenchantement au pamphlet. Leur rock n’est pas frontal : il avance à pas feutrés, entre la mélancolie des Beatles et la tension électrique de Queens of the Stone Age. Le riff, granuleux mais précis, s’accroche à une basse ronde qui semble contenir toute la frustration du monde moderne.
Ce qui frappe, c’est cette façon qu’a Social Gravy de transformer la colère en élégance. On sent l’amertume, oui, mais aussi une certaine beauté dans le constat — comme si les musiciens avaient troqué la rage punk pour la lucidité d’un vieux sage qui regarde la société tourner en boucle. “Les escrocs sont toujours là”, annoncent-ils dans le communiqué. Et la guitare, elle, grince comme une sonnette d’alarme fatiguée, déjà trop souvent tirée.
Le chant, chaud et détaché, flotte au-dessus d’un décor cinématique : ce n’est plus seulement une chanson, mais presque un travelling sur l’état du monde. On imagine une lumière orangée sur Los Angeles, les reflets d’un coucher de soleil sur les buildings du pouvoir, et dans le fond, ce refrain ironique qui sonne comme une prière désabusée.
Depuis leurs débuts, Social Gravy cultive cet art de la justesse — un pied dans le mainstream, l’autre dans la marge. Leur son est mélodique, accessible, mais jamais complaisant. Fools en est la preuve éclatante : un titre qui tape là où ça fait mal, sans crier. Un morceau à la fois politique et poétique, ancré dans le réel mais tendu vers la lumière, porté par la conviction que la musique, elle, reste peut-être la dernière forme de vérité.
En 2025, Fools sonne comme un miroir : celui d’une humanité qui répète ses erreurs, mais qui continue, malgré tout, à chanter.
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octobre 24, 2025Il faut imaginer Prokofiev, guitare électrique en main, en train de dialoguer avec Steven Pinker sous une lumière blanche de néons. C’est un peu ce que provoque The Great Escape: Famine, le nouveau chapitre du duo polonais Transgalactica — un projet à mi-chemin entre l’expérience de pensée et le manifeste rock, entre la raison et la fièvre.
Composé par Tomasz Bieroń et son fils Filip à Kraków, Famine est la seconde pièce du triptyque The Great Escape, extrait de l’album à venir Onwards and Upwards. Et s’il faut chercher un fil conducteur, c’est celui de la survie humaine : comment, après des millénaires de famine, d’angoisse et de pénurie, l’humanité a fini par s’extraire de la peur du manque. Une idée directement empruntée à Steven Pinker, que le groupe cite presque comme un texte sacré : “Hunger today has been decimated in most of the world…”
Mais Transgalactica n’est pas là pour réciter une thèse. Ils transforment les concepts en sons, les courbes statistiques en mélodies. Tout Famine repose sur quatre motifs issus des concertos pour violon de Prokofiev — des fragments classiques réassemblés comme des circuits neuronaux dans une structure rock progressive. Les guitares se font scalpel, les claviers découpent le silence comme un cortex analytique, tandis que la voix de Lukky Sparxx flotte entre le sermon et la transe.
On sent dans cette musique une ambition rare : celle de faire cohabiter le rationnel et l’émotion brute, la science et la chair. Là où d’autres jouent au rock cérébral, Transgalactica prêche une forme de mysticisme de la raison. Le morceau avance par mouvements — intro, strophes, pont, coda — comme une démonstration d’axiomes en tension. Le solo de guitare final, seul moment totalement original, agit comme une libération : la catharsis après la contrainte, la poésie après le théorème.
Il faut dire que le groupe ne s’inspire pas seulement de Pinker : on retrouve l’écho d’une tradition plus européenne, celle de King Crimson, Camel, Genesis première époque — ces groupes qui voyaient dans la complexité un vecteur d’émotion. Sauf qu’ici, la démesure intellectuelle se double d’un calme méditatif : pas de batterie tonitruante, mais des espaces ouverts, des nappes harmoniques qui invitent à la réflexion autant qu’à l’évasion.
The Great Escape: Famine n’est pas un morceau pour se distraire, c’est une œuvre pour penser en rythme. Transgalactica y rappelle que la musique peut encore dialoguer avec les idées, et que la beauté n’est pas incompatible avec la raison. Dans un monde saturé d’instantanéité, ce duo père-fils fait figure d’exception : un laboratoire sonique où la philosophie se joue à volume fort.
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octobre 24, 2025Il y a dans la voix de Dumm Munee cette lassitude qui ne joue pas la comédie — une fatigue du monde, brute et sans vernis. J Walking, son dernier single enregistré à Bay City, est tout sauf un simple morceau de rap : c’est un constat amer, une prière à voix basse dans un monde qui ne pardonne rien. Là où d’autres travestissent la misère en storytelling, Dumm Munee s’y enfonce à cœur ouvert, sans détour, avec une sincérité qui mord.
Sur une production sombre et nue, ponctuée par les respirations du beat et les silences du réel, J Walking trace le portrait d’une société fissurée. Aux côtés de Kourcho, il parle des hiérarchies invisibles, du désespoir économique, de ces règles tordues qui condamnent les pauvres pendant que les puissants se refont une vertu. Mais au-delà du témoignage, il y a une forme de philosophie de la survie — une lucidité presque stoïque, celle de quelqu’un qui a trop vu pour croire encore aux miracles.
“Rien n’est un rappel à la réalité comme être fauché et découvrir ce que ceux que tu aimais pensent vraiment de toi.” Cette phrase, qu’il cite en interview, résume l’essence du morceau : un désenchantement radical, mais aussi une forme de dignité face au chaos. Dumm Munee transforme la douleur en matière brute, comme si chaque rime était une cicatrice polie par le temps.
Ce qui frappe, c’est la mise à nu du processus. Enregistré dans son propre studio, Trillion Dollar Soundz, l’artiste raconte qu’il devait courir entre la cabine et la régie pour capturer chaque prise — une image presque symbolique de sa trajectoire : l’urgence, la débrouille, le refus de renoncer.
Musicalement, J Walking évoque ces morceaux où la rue reprend ses droits sur la fiction : une rythmique tendue, un flow presque parlé, des mots qui claquent comme un verdict. Il n’y a pas d’esbroufe, pas de refrain tape-à-l’œil, juste une vérité qui grince — celle d’un homme qui marche sur les lignes, conscient qu’un faux pas peut tout lui coûter.
Dumm Munee ne cherche pas à plaire : il cherche à dire. Et dans un paysage rap saturé de façades et d’ego, J Walking résonne comme une mise au point. Un coup de poing discret, mais qui laisse des marques.
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octobre 24, 2025Il revient, transfiguré. Matreya – qu’on connaissait jadis sous le nom de Mason Noise, l’enfant terrible du X Factor UK – s’avance aujourd’hui comme un autre homme. Fini le clinquant des projecteurs : Be Love, son nouveau single, est un exorcisme doux, un hymne solaire taillé dans la matière même de la guérison. Là où d’autres crient, lui respire. Là où la pop cherche la performance, lui cherche la paix.
La première pulsation d’Afrobeats s’élève comme un battement de cœur. Puis viennent les cuivres, chauds comme un coucher de soleil sur Lagos, et la voix de Matreya – ample, veloutée, chargée de lumière – qui plane au-dessus d’un océan de rythmes organiques. On sent derrière cette architecture sonore une intention rare : faire danser sans perdre la gravité, éveiller sans prêcher. “Be Love” n’est pas un simple morceau : c’est un mantra mis en musique, un souffle collectif de réconciliation.
Produit avec Reece Hayden et Iwan VanHetten (Sister Sledge, Jools Holland), le morceau tisse un dialogue entre ciel et terre. Les guitares frôlent la soul, les claviers épousent la transe, les percussions s’étirent en cercles rituels. Tout est vivant, mouvant, vibrant. C’est à la fois un carnaval et une méditation — Matreya lui-même parle de “carnaval sur un vaisseau spatial”, et l’image n’a rien d’exagéré : sa musique flotte littéralement hors du temps.
Ceux qui ont suivi son chemin savent que cette renaissance n’est pas qu’esthétique. Après s’être retiré du tumulte médiatique, l’artiste s’est tourné vers le Reiki, le Qi Gong, la spiritualité et la guérison par le son. Ce qu’il livre aujourd’hui, c’est le fruit d’une transmutation : la pop y devient prière, l’ego se dissout dans le groove. On entend dans sa voix une sérénité nouvelle, comme si chaque note sortait du centre du cœur.
Be Love s’inscrit dans la lignée des musiques universelles — celles qui cherchent à relier plutôt qu’à impressionner. Il y a du Fela dans le rythme, du D’Angelo dans la sensualité, du Coldplay période Ghost Stories dans la lumière suspendue. Mais surtout, il y a Matreya, cet artisan d’une pop spirituelle, connectée et bienveillante, qui ne craint pas de croire encore à la force du mot “amour”.
À l’heure où tout vacille, Be Love tombe comme une évidence : un rappel que le salut ne viendra pas des algorithmes, mais des cœurs qui battent à l’unisson. Un gospel du futur, un souffle de vie à fredonner les yeux fermés, quand la nuit semble trop lourde.
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octobre 24, 2025Il y a chez Ruud Voesten quelque chose de presque monacal : une façon de traiter la musique comme un rite, un lent pèlerinage vers la clarté. Après avoir exploré l’enfer dans Ambrosia, le batteur et compositeur néerlandais ouvre les portes du Purgatorio de Dante avec Raw Beans, deuxième extrait d’un album à venir sur ZenneZ Records. Et dans cette ascension spirituelle, il choisit le dépouillement comme arme : un simple duo clarinette-piano, suspendu entre la faim et la grâce.
Inspiré du septième cercle du Purgatoire — celui des gourmands condamnés à contempler, sans jamais goûter — Raw Beans est une œuvre d’attente, de désir inassouvi. Le morceau respire le manque. Le piano effleure les notes comme on tend la main vers un fruit invisible ; la clarinette, elle, gémit, supplie, se retient de mordre. L’ensemble s’inscrit dans une tension silencieuse, un entre-deux où la beauté naît de la frustration. On pense à Messiaen, à Webern, à ces compositeurs qui savaient faire du silence un langage.
Mais derrière cette austérité, il y a le feu discret du jazz — pas celui des clubs enfumés, mais celui, plus intérieur, des respirations libres et des syncopes contenues. Voesten, qui a toujours su mêler structure et instinct, orchestre ici une pièce qui semble écrite pour un espace sacré : un temple minuscule fait de chair et de pierre sonore.
L’enregistrement porte d’ailleurs la trace du lieu où tout a germé : la résidence d’Il Palmerino, à Florence, là où Dante vécut, là où les paysages eux-mêmes respirent l’expiation. Cette musique est autant une prière qu’une étude, autant un cri qu’un murmure. Elle ne raconte pas la faim : elle la fait ressentir.
Dans Raw Beans, la virtuosité s’efface au profit du sens — chaque note pèse son âme. Le morceau ne cherche pas à séduire, il invite à la contemplation, à cette lente digestion du silence que seul le jazz européen, dans ses formes les plus ascétiques, sait manier.
Ruud Voesten transforme le purgatoire en une chambre d’écho intime, où les fautes deviennent musique, et où la rédemption ne se gagne qu’à l’écoute. Un avant-goût de Ambrosia II qui promet une traversée à la fois mystique et charnelle — un voyage vers la lumière, à pas retenus, les mains encore brûlées par l’enfer.
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octobre 24, 2025On croyait avoir tout entendu : la drill s’était déjà frottée à la pop, au classique, à l’afrobeat. Mais Shooqa 22 a trouvé un nouveau territoire à défricher — un espace suspendu entre rage contenue et lyrisme céleste. Leur premier single, Isgonnabeok (drill-jazz #2), est une collision élégante entre saxophone fiévreux, basse urbaine et voix cristalline, un ovni sonore qui redéfinit la manière dont la douceur et la tension peuvent cohabiter.
Tout commence dans un clair-obscur : la chanteuse Karla dépose ses mots comme on effleure une blessure encore vive. Sa voix, limpide, semble hésiter entre l’intime et le cri — un murmure qui se fait prière. Puis la rythmique s’invite, sèche, millimétrée, typique de la drill londonienne, mais ici transfigurée par l’irruption d’un saxophone qui, littéralement, rappe. Oui, rappe. Le souffle y devient flow, les notes percutent le beat, dans une fusion qui bouleverse les codes autant qu’elle apaise.
Le morceau avance comme un rêve lucide. Chaque contraste est dosé avec un sens rare du détail : les harmonies jazz flottent au-dessus d’une structure trap nerveuse, tandis que le refrain, ample et mélodique, explose en plein ciel. “Je peux m’endormir dans tes yeux… dis-moi juste que ça va aller.” Une phrase qui résonne comme un mantra post-moderne, à la fois vulnérable et lucide, intime et universelle.
Shooqa 22, collectif parisien de six musicien·ne·s, s’impose d’emblée comme un laboratoire d’émotions et de sons. Repéré par le programme Grand Zebrock, le groupe revendique une pop indé qui ne craint ni la brutalité des kicks ni la complexité des accords suspendus. Leur musique ne se range pas, elle dérive — entre la chair et le rêve, entre le jazz et la rue.
Isgonnabeok est une promesse de désordre harmonieux, une pulsation nouvelle dans le cœur encore tiède de la scène parisienne. Et si la pop du futur ressemblait à ça — à une caresse qui frappe fort ?
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octobre 24, 2025C’est un morceau qui semble flotter entre deux mondes — entre hier et demain, entre la poussière des routes californiennes et les néons froids d’un futur numérique. Avec James Dean, Satellite Train signe une ode vertigineuse à la liberté, à cette élégance indomptable qui survit à la vitesse, au temps, aux modes. Mais surtout, ils redéfinissent la manière même d’entendre une chanson.
James Dean est un fragment d’univers parallèle. Leur projet The Melbourne Sessions: Multiverse Experience pousse la notion de “mix” à un niveau quasi philosophique — plusieurs versions du même morceau existent, selon la plateforme, selon le casque, selon le monde d’écoute que l’on habite. Apple Music et Spotify deviennent ainsi deux réalités distinctes d’une même œuvre, comme si chaque oreille recevait un James Dean différent : plus rêveur ici, plus viscéral là. Un concept à la fois simple et vertigineux, où la technologie s’incline devant l’émotion.
Et dans ce multivers, James Dean rayonne. La guitare, nappée de reverb, semble tracer des halos de lumière autour d’une batterie qui respire le classic rock à la Tom Petty. La voix, elle, oscille entre la confession et le mythe : un murmure adressé à l’icône, un écho à tous ceux qui brûlent pour ne pas s’éteindre. On croit sentir l’ombre de Dean lui-même glisser sur la route, un fantôme jeune à jamais, moteur au ralenti, cigarette entre les lèvres.
Ce qui frappe ici, c’est l’équilibre entre nostalgie et audace. Satellite Train revisite la légende sans la figer : ils la propulsent dans le futur, la plongent dans une spatialisation Dolby où les sons tournent, vibrent, se déplacent autour de nous comme des souvenirs qui refusent de mourir. La chanson devient expérience — intime, mouvante, vivante.
James Dean n’est pas qu’un hommage ; c’est un miroir. Celui d’une génération qui regarde l’âge d’or du rock avec tendresse, mais qui refuse la muséification. Satellite Train, eux, foncent plein phare dans la modernité, et dans ce mouvement-là, quelque part entre la nostalgie et la déflagration, le mythe respire à nouveau.
Une chanson pour tous ceux qui ont déjà voulu traverser la nuit à toute allure, juste pour sentir que la vie brûle encore.
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octobre 24, 2025On dirait que Nii Borlabi Tessa a trouvé la formule chimique du bonheur, une équation qui mélange la moiteur des tropiques, la rigueur du rêve américain et la ferveur d’un cœur resté fidèle à Haïti. Formula, c’est le genre de morceau qui te prend d’abord par le bassin avant de t’atteindre au plexus solaire — une fusion brûlante de Konpa, d’Afro-fusion et de R&B urbain, polie comme un diamant sous la chaleur de Phoenix.
Il y a dans ce titre quelque chose de paradoxalement pur et incandescent, comme si Tessa avait voulu distiller sa propre trajectoire dans un tube : la foi, la sueur, la vision. La production, limpide mais organique, respire la précision d’un homme qui connaît ses gammes autant que ses blessures. Les synthés ne scintillent pas pour briller, ils enveloppent ; la basse ne claque pas pour dominer, elle rassure, elle berce. On sent une tension entre l’élan du corps et la sagesse de l’esprit, une manière d’habiter le groove avec gravité.
Tessa ne compose pas des chansons, il érige des temples rythmiques. Dans Formula, on devine une architecture de lumière : chaque couche sonore semble répondre à une prière silencieuse. Ce n’est pas de la pop tropicale, ni un simple tube estival ; c’est le son d’un homme qui a trouvé l’équilibre entre la chair et la transcendance. Le genre de morceau qu’on écoute en fin d’après-midi, quand la chaleur fait vaciller l’air et que la vie, malgré tout, paraît tenable.
Et puis, il y a cette sincérité rare : Nii Borlabi Tessa ne cherche pas à plaire, il partage un état d’être. Lui, l’entrepreneur, le producteur, le croyant, fait ici de la musique comme on allume une bougie dans le noir — pour rappeler que la foi et le plaisir peuvent cohabiter dans le même battement de cœur.
Formula est un antidote à la fadeur, une alchimie du feu et du calme. Une chanson qui ne cherche pas le tube, mais la trace. Un souffle d’été qui, longtemps après la dernière note, continue de danser dans la poitrine.
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octobre 24, 2025WAIN, producteur, songwriter et mix engineer aux 100+ sorties, sort de l’ombre avec « Still Colorful », un projet où l’artisan du son se fait enfin auteur de sa propre mythologie. Huit titres comme huit fenêtres sur un cœur en travelling, portés par une galerie de voix invitées qui ne font jamais écran à son geste : une pop indie trempée à l’acoustique, polie au mixage cinématique, qui respire l’espace et la lumière. C’est commercial sans cynisme, c’est folk sans folklore, c’est pop rock sans posture – et surtout, c’est remarquablement construit. Le producteur qui a appris à servir les autres sert ici la chanson, et ça s’entend : tout est à sa place, du grain des guitares au velours des pianos, des textures électroniques à peine effleurées aux respirations soigneusement ménagées.
Three or Four (avec YALI)
Ouverture feutrée, battement à hauteur d’épaule, et cette voix qui passe en oblique sur une guitare qui claque comme un polaroid. WAIN installe d’emblée sa grammaire : arpèges discrets, basse patiente, claps qui deviennent décor. Le refrain, en montée progressive, refuse la grandiloquence pour mieux laisser l’harmonie respirer. En bon mix engineer, il ménage un champ stéréo d’une propreté chirurgicale, mais jamais froide : chaque détail (le souffle d’un slide, la réverb qui s’éteint en queue d’hirondelle) raconte. On pense à la sincérité des premiers Bon Iver qui auraient rangé la forêt pour un studio baigné de fin d’après-midi.
Take Me Home (avec Tay Lerner)
Ici, la pulsation avance au pas lourd d’un bus de nuit. Le songwriting s’accroche à une ligne mélodique claire, presque radiophile, mais l’habillage reste artisanal : une caisse claire en coton, des chœurs qu’on devine faits maison, une guitare nylon qui ourle le cadre. Le mix de WAIN ouvre des poches d’air entre les éléments, ce qui donne à l’ensemble une dynamique respirante. Le “home” du titre paraît moins un lieu qu’une direction : on y va sans se presser, et c’est la route qui nous redessine.
Hit the Ground (avec Nitzan)
La piste la plus pop rock du lot, qui garde pourtant les manières délicates de l’indie folk. Rythmiques en contretemps, petites syncopes qui invitent le corps sans exiger la piste. Le hook n’est pas une injonction mais un sourire – il vous attrape parce qu’il ne force rien. Le producteur signe ici un équilibre rare : guitare électrique aux harmoniques satinées, kick qui tape court, et un pont au design cinématique, tout en suspensions, comme un montage cut-to-black avant le final.
I Wish I Could Fly (avec שירה וייסלר)
Moment de grâce. Piano en colonne vertébrale, cordes fantômes, un champ lexical aérien qui tient parole : le morceau vole, mais au ras de nos vies. La voix, diaphane, est traitée avec une pudeur d’orfèvre : un comping précis, un de-esser qui laisse la sibilance respirer, un delay minimaliste qui allonge l’émotion sans la diluer. On sent l’expérience du mix engineer qui sait qu’un “s” trop lisse enlève la peau à la chanson. Ici, rien n’est gommé : tout est caressé.
Breathe (avec Ophir BM)
Respirer, c’est compter les silences. WAIN y excelle. La structure épouse le thorax : inspiration au couplet, rétention au pré-refrain, exhalation au drop qui ne droppe pas – il s’ouvre. Les textures électroniques affleurent, granulaires et cinématographiques, comme un travelling lente vitesse sur des paysages intérieurs. La basse, ronde mais contenue, passe la main à une guitare folk en palm mute qui agit comme métronome intime. C’est la mécanique du calme.
We Don’t Belong (avec MIRA)
Titre manifeste dans le texte, mais pas dans le geste : si on n’appartient à rien, on peut appartenir à la chanson. Le track est construit en étages : couplets presque spoken, pré-refrain qui soulève, refrains en ruban qui s’enroule. La production privilégie la suggestion : un tambourin qui n’apparaît qu’une fois, quelques pianos préparés, et ces micro-glitches qui tiennent lieu de ponctuation. Le mix est un exercice d’équilibre : laisser le lead devant sans écraser les respirations des chœurs. Mission parfaitement remplie.
The Yellow Sign (avec YOTAL)
La signature jaune ? Un panneau attention : banger subtil. Guitares staccato, beat qui claque en gomme laque, lignes de synthé à peine dessinées. C’est ici que la veine “pop cinématique” se montre le plus : on visualise une course urbaine au crépuscule, caméra main à hauteur de visage. Le bridge installe une tension harmonique qui se résout en douceur, comme si le plan s’ouvrait sur un horizon en contre-jour. Montage mixage : même combat.
Colorful (avec ORIAN)
Finale en titre-manifeste. “Colorful” n’est pas qu’un adjectif : c’est un manifeste de production. WAIN y expose sa palette – boiseries acoustiques, éclats pop, vernis rock – et prouve que la couleur, en musique, est d’abord une question de lumière. Les voix s’empilent sans s’écraser, preuve d’un vocal editing au scalpel et d’un sens rare du relief. Le dernier refrain, élargi par des doublages stratégiques, offre l’image exacte de l’album : une mosaïque cohérente, chaque tesselle posée pour servir l’ensemble.
Pour conclure, « Still Colorful » tient sa promesse : un disque multiple qui ne s’égare jamais. On y sent le producteur qui sait écouter, le mix engineer qui sait trancher, le songwriter qui sait taire – laisser parler les notes, les pauses, les gens qu’il invite. À l’heure où la pop aime crier ses refrains par-dessus des drums identiques, WAIN préfère la densité calme, l’émotion tenue, le cinémascope intime. C’est une carte de visite, oui, mais surtout un rendez-vous : on a hâte de le retrouver, sur d’autres routes, d’autres voix, d’autres couleurs.
• Site officiel : wainstudio.com
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octobre 24, 2025Dans la grisaille de Belfast, entre les ruelles trempées de pluie et les studios improvisés au fond des vieilles briques, Serotone dépose une confession électrique. Leur nouveau single, Breathe, arrive comme un soupir retenu trop longtemps, un morceau qui n’exorcise pas la douleur — il l’habite, la traverse, la sublime jusqu’à la rendre presque belle.
Là où leur premier titre Fool’s Paradise crachait son venin grunge avec une colère contenue, Breathe s’ouvre avec une fragilité désarmante. Une guitare claire fend le silence, presque timide, avant que la voix d’Eamon Donnelly ne vienne se poser, entre la retenue et l’effondrement. Il y a dans ce timbre quelque chose de profondément humain, une fissure où l’on reconnaît nos propres vertiges. Puis, tout explose : la batterie s’élance, les riffs s’étirent, et soudain l’air devient respirable à nouveau — comme si la douleur, une fois nommée, trouvait son exutoire dans le vacarme.
Breathe n’est pas seulement une chanson sur la survie : c’est une manière de la pratiquer. La mélancolie se mêle à la ferveur, la peur à la liberté, et l’ensemble trouve une justesse rare. On pense à Nothing But Thieves pour la tension dramatique, à The Smashing Pumpkins pour la densité des guitares, ou à Sam Fender pour cette manière d’écrire la solitude avec la dignité d’un cri.
Ce qui touche profondément, c’est la sincérité du geste. Eamon Donnelly le dit lui-même : ce morceau est un aveu qu’il n’aurait jamais su formuler autrement qu’en musique. Et c’est précisément cette pudeur mise à nu qui rend Breathe si viscéral. On sent le combat intérieur, le poids du silence, mais aussi cette minuscule lueur — cette promesse qu’au bout de la nuit, il y a l’air, le vrai.
Avec Breathe, Serotone s’affirme comme l’un des groupes les plus émotionnellement lucides de la scène alternative irlandaise. Un trio qui ne triche pas, qui transforme le plomb du mal-être en or incandescent, qui compose comme on se confesse.
Le titre s’appelle Breathe, mais c’est bien plus qu’un souffle : c’est un cri retenu depuis des années, un acte de foi envers la vie, même quand elle étouffe.
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octobre 21, 2025Il faut parfois peu de choses pour ranimer la flamme — une mélodie qui s’accroche à l’oreille comme un souvenir d’été, une guitare qui grésille un peu trop fort, une voix qui s’élance vers la lumière sans craindre le ridicule du bonheur. Avec Sun Shines Down, the dt’s réussissent ce tour de force rare : rendre la joie crédible.
Le morceau décolle dès les premières secondes, porté par une batterie vive et des guitares qui scintillent comme des étincelles sur l’asphalte. On pense à la naïveté mélodique de The Lemonheads, à la nervosité pop de Weezer, ou à la clarté euphorique de The Beths. Pourtant, le duo ne joue jamais la carte du revival : il y a dans leur son quelque chose de sincèrement actuel, une lumière sans nostalgie, presque militante. Sun Shines Down n’est pas un simple hymne feel-good — c’est une déclaration de résistance face à la lassitude, un rappel que danser, c’est encore croire à demain.
Ce qui frappe chez the dt’s, c’est cette capacité à mêler la maîtrise et l’instinct. Les harmonies vocales sont millimétrées, les breaks mesurés, les riffs surgissent comme des éclairs précisément placés, mais rien ne sonne calculé. Leur musique respire l’urgence de deux musiciens qui, quelque part dans un garage ou un studio du New Jersey, ont retrouvé la fièvre originelle du rock : jouer fort, jouer vrai, jouer pour tenir debout.
Sous ses allures lumineuses, le morceau porte pourtant une gravité subtile. La ligne “the sun shines down on me again” résonne comme une rémission — un aveu de fatigue déguisé en mantra. Ce n’est pas la fête perpétuelle du rock radio : c’est la clarté après la tempête, la légèreté gagnée à la sueur du doute.
En trois minutes à peine, Sun Shines Down réussit à condenser tout ce que le rock indépendant a de plus nécessaire aujourd’hui : l’optimisme lucide, la tendresse électrique, et cette énergie adolescente qu’on croyait perdue.
Chez the dt’s, le soleil ne brille pas par naïveté, mais parce qu’ils ont appris à survivre dans l’ombre. Et c’est justement ce qui rend leur lumière si rare.
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octobre 21, 2025Il y a des morceaux qui ne se contentent pas de s’écouter : ils s’infiltrent, lentement, comme un souvenir d’une autre vie. Dreamz d’ABSYTE appartient à cette catégorie rare. Ce n’est pas une simple piste de rap alternatif, c’est une expérience extracorporelle — un trip mystique sous psydub, un rêve lucide posé sur un beat lo-fi, un combat intérieur mené dans la brume des fréquences basses.
Le morceau s’ouvre comme un souffle. Un écho lointain, presque religieux, s’élève, avant que la rythmique ne vienne battre à la manière d’un cœur inquiet. ABSYTE ne rappe pas, il incante. Sa voix se glisse dans le tissu du son, mi-chaman mi-conteur, déroulant un monologue spirituel sur la connexion invisible entre les êtres, sur la haine projetée, sur la guerre invisible que mènent nos esprits pendant le sommeil. Il parle de dreams, mais ce ne sont pas les rêves des winners : ce sont ceux qui sentent le métal froid, la peur, les prémonitions, la lutte contre la noirceur que les autres déposent en nous.
Il y a du Shabazz Palaces dans cette approche métaphysique du hip-hop, du Flying Lotus dans la texture éthérée, et un peu de Saul Williams dans la gravité des mots. Pourtant, Dreamz reste propre à ABSYTE — une signature sonore faite d’abîme et de lumière, où chaque son semble signifier quelque chose, où le moindre silence pèse.
Techniquement, la production est une merveille : nappes ondulantes, basses liquides, percussions qui claquent comme des gouttes de pluie sur un toit d’étain. On navigue entre trance et méditation, entre conscience et inconscient. La structure n’obéit pas aux codes du rap classique — elle se déploie comme une vision, sans couplets fixes ni refrains rassurants, mais avec un flux hypnotique qui ne lâche jamais l’oreille.
Dreamz est un miroir tendu à nos parts sombres, une prière pour ceux qui ont compris que la violence du monde s’immisce parfois jusque dans nos songes. ABSYTE y peint la guerre mentale des marginaux, la spiritualité urbaine des éveillés, l’idée que le hip-hop peut encore être un langage cosmique.
Un morceau à écouter seul, dans la nuit, casque vissé, le regard fixé sur un point invisible — celui où le réel et le rêve cessent enfin de se distinguer.
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octobre 21, 2025Il y a quelque chose de presque martial dans la manière dont Raubtier Kollektiv attaque la langue. Les mots deviennent des coups, les respirations des menaces, les silences des cliquetis de gâchette. Ce collectif, né dans l’obscurité concrète des métros allemands et nourri au bitume comme à la philosophie de la survie, dévoile quatre titres qui composent un bloc brut — dense, cohérent, incandescent : Mach Dich gerade, Gönn Dir, Eigene Liga et Liebe und Angst.
Tout commence avec Mach Dich gerade, véritable manifeste de verticalité. Sur un beat trap tendu comme un câble à haute tension, les voix frappent l’air avec la rigidité d’un entraînement militaire. Le morceau est une injonction à se tenir droit, à affirmer sa présence dans un monde où la posture est une arme et le corps un drapeau. C’est froid, précis, presque clinique — mais dans cette froideur, une chaleur sourde monte : celle de la fierté retrouvée.
Gönn Dir bascule dans l’intime. Ici, la force devient douceur, la confiance, une caresse. Le flow reste sec, tranchant, mais les mots s’arrondissent pour parler de respect de soi, d’équilibre intérieur, de cette discipline invisible qui distingue les vrais des poseurs. On sent poindre une vulnérabilité rare pour un crew aussi brut — un art de la retenue qui touche juste.
Avec Eigene Liga, le collectif reprend les gants. Ce n’est plus une chanson, c’est une arène. Le message ? Ne regarde pas autour de toi, regarde en toi. Combat ton double, tes peurs, tes lenteurs. Musicalement, c’est un chaos maîtrisé : basses grasses, nappes brumeuses, et ce flow syncopé, presque tribal, qui tord la langue allemande jusqu’à la faire groover comme du français ou du yoruba.
Puis vient Liebe und Angst, la fissure. Le morceau d’un père, d’un homme, d’un être. Un titre où la rage se fait tendresse, où le gangsta rap s’efface derrière l’humanité nue. La voix tremble un peu, les hi-hats se taisent presque. On devine une berceuse dans la fureur — un amour qui ne dit pas son nom mais qui brûle sous chaque mot.
Ce qu’accomplit Raubtier Kollektiv, c’est rare : unir la brutalité du trap à la densité existentielle du hip-hop conscient, sans jamais se trahir. Ils rappent en allemands du XXIe siècle — c’est-à-dire en animaux civilisés, en poètes énervés, en survivants lucides.
À travers ces quatre morceaux, le collectif bâtit un autoportrait collectif, rageur et tendre, dur et lucide, aussi précis qu’un miroir brisé. On y entend la rue, la discipline, la peur, la foi, l’amour — tout ce qui rend les hommes debout malgré tout. Et dans ce vacarme, une idée se glisse : être “Raubtier”, c’est peut-être simplement continuer à rugir quand tout le monde baisse la tête.
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octobre 21, 2025John Brown n’est pas seulement “still at large” — il est en fuite dans sa propre époque, traqué par le cynisme ambiant, armé de rimes comme d’une machette dans la jungle numérique. Son nouveau single sonne comme un manifeste : brut, nerveux, viscéral. Le genre de boom bap qui refuse d’être rangé dans un musée du rap à l’ancienne. Ici, les samples claquent comme des slogans, les drums cognent avec la conviction d’un homme qui rappe non pas pour être entendu, mais pour survivre.
Sous son alias de producteur, theBURBSLIFE, Brown signe un beat dense, texturé, qui fleure bon la MPC et la poussière des vinyles oubliés. On y retrouve cette chaleur granuleuse, cette patine des années 90, mais injectée dans une énergie moderne, presque militante. Still at Large ne cherche pas la hype, il la méprise. Le morceau avance comme un train sans frein, porté par une urgence rare : celle de dire, d’éveiller, de rallumer la flamme dans un monde anesthésié par la saturation.
Le flow de John Brown est un retour à la chair du verbe — rauque, précis, ancré dans la terre. Chaque bar pèse comme une pierre jetée contre les murs d’un système qui s’effrite. Il y a chez lui une colère maîtrisée, une noblesse dans la diction, une foi têtue dans le pouvoir des mots. Il rappe avec le souffle d’un type qui a lu Baldwin, écouté Mos Def et connu la rue — tout à la fois.
Mais Still at Large, c’est aussi une question de rythme intérieur : le morceau respire, grogne, puis explose. Brown y joue du contraste entre la gravité du message et la souplesse du groove. Ce n’est pas un sermon, c’est une pulsation. Et c’est précisément là que se trouve sa force — dans cette tension entre la tête et le torse, entre le conscient et le viscéral.
Dans un paysage hip-hop saturé de postures, John Brown revient comme un fantôme lucide, un témoin du réel qui refuse de se taire. Still at Large n’est pas seulement un titre : c’est une déclaration de liberté, une preuve de vie, un coup de poing sonore lancé à la face du silence.
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octobre 21, 2025Il y a dans Every Day’s a Saturday une ironie lumineuse, ce genre de mélancolie sucrée que seuls les bons faiseurs d’indie rock savent rendre dansante. Ian McFarland transforme la routine en hymne, le burn-out en ballade estivale, le désenchantement en feu d’artifice lo-fi. C’est un morceau qui donne envie de rouler sans destination, vitres ouvertes, en chantant trop fort pour oublier qu’on tourne en rond.
Sous son vernis solaire et son refrain de stade (“Every day’s a Saturday when the world’s on fire again”), le morceau cache un regard lucide sur le monde moderne : la joie factice des scrolls infinis, l’épuisement tranquille des corps jeunes, l’envie de se sentir vivant dans un décor qui brûle. McFarland s’amuse à tordre le cliché du cool pour en faire une confession douce-amère. Ses guitares claquent comme des photos Polaroid, ses lignes de basse avancent en pas feutrés, et sa voix — entre le sourire et la lassitude — navigue dans cette zone grise où l’ivresse et la lucidité se frôlent sans se confondre.
Il y a du Strokes dans la désinvolture, du Mac DeMarco dans la nonchalance, mais Ian McFarland garde sa propre touche : un sens du storytelling presque cinématographique. On le sent plus auteur que poseur. Every Day’s a Saturday ne cherche pas à séduire, il capture. L’instant, la répétition, le goût du banal élevé au rang d’émotion.
Ce qu’on retient surtout, c’est cette impression de familiarité troublante : la chanson semble déjà exister quelque part dans nos souvenirs — une soirée d’été, un bar en sous-sol, une cigarette qui s’éteint dans un verre de bière tiède. Et pourtant, tout sonne neuf.
McFarland signe ici une pièce de pop garage déguisée en hymne générationnel, où la fatigue devient groove, et la lucidité, un moteur. Un titre qui se fredonne en boucle, comme un mantra pour survivre à l’époque : si tout s’écroule, autant danser dessus.
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octobre 21, 2025Hazy ne se contente pas de pulser — il se souvient. C’est une transe douce, une errance dans le ventre électrique de Dublin, à l’heure où les pavés brillent encore d’alcool et de pluie, et où les corps se déplacent sans se parler, reliés par la basse plutôt que par les mots. Kormac, vieux bricoleur de textures et alchimiste du hardware analogique, signe ici un morceau de house suspendue, hantée par l’ombre des clubs d’hier et l’écho des nuits sans fin.
Tout dans Hazy respire la rémanence : la rythmique est nette mais voilée, comme captée derrière un brouillard de lumière orange. La structure se déploie lentement, sans climax, dans une progression où le groove se tord sous le poids du souvenir. On y sent les fondations du Detroit techno — cette rigueur presque industrielle — mais Kormac la transforme en matière organique. Ses synthés ne sont pas froids, ils transpirent. Ses kicks ne frappent pas, ils avancent, traînant derrière eux une fatigue magnifique, celle de l’aube qui refuse d’arriver.
Ce n’est pas une track pour le peak-time. C’est le morceau qu’on joue quand la fête s’étire au-delà du plaisir, dans cet état de lucidité poisseuse où la musique devient souvenir avant même de s’arrêter. Kormac capture cette tension entre euphorie et nostalgie, cette « zone floue » entre la sueur du club et le silence du dehors.
Et dans le fond, Hazy parle de transmission. Du passage du DJ à l’architecte sonore, du sampleur au compositeur. Kormac, qui a longtemps flirté avec l’hip-hop avant d’écrire pour orchestre et télévision, retrouve ici le fil originel : cette pulsation qui relie toutes ses vies, des caves de Dublin aux studios feutrés de Londres.
Dans le vacarme des productions calibrées, Hazy ose la retenue, l’imperfection et la chaleur. On y entend les machines respirer, les circuits chauffer, les mélodies s’effilocher. C’est une musique de souvenir et d’attente — un battement pour ceux qui marchent encore, seuls, vers la fin de la nuit.
Avec Hazy, Kormac ne célèbre pas le club : il l’honore comme on honore une cathédrale effondrée. Chaque note résonne comme un rayon de lumière sur les ruines, un murmure de ce que la musique sait faire de mieux : transformer la mélancolie en mouvement.
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octobre 21, 2025Il y a dans F.A.T.B. quelque chose de brut, de foncièrement viscéral — un souffle de bitume et d’instinct qui ramène le gangsta rap à son essence : la survie stylisée. Karina J ne joue pas au dur, elle incarne le réel. Son flow découpe la prod avec la précision d’un scalpel trempé dans la rage et la lucidité. C’est du rap qui sent la poudre, la solitude et la revanche, mais où la technique reste reine, où chaque mesure pèse son poids d’histoire et d’intention.
Le beat est un hommage à l’âge d’or : un flip classique, lourd de basse, avec ce swing rugueux qui évoque le meilleur du boom bap sans jamais tomber dans la nostalgie. Karina y avance comme une silhouette dans la fumée : droite, souveraine, sans effet de manche. Elle maîtrise l’espace entre les mots, le silence entre deux punchlines, ce petit vide où tout le danger s’installe. Sa voix, grave et tranchante, ne cherche pas à séduire. Elle déclare. Elle tranche. Elle affirme.
Ce qui frappe surtout dans F.A.T.B., c’est la cohérence émotionnelle : les “bars” sont lourds, oui, mais traversés d’un fil de sincérité brute. On y sent la fatigue des luttes, l’arrogance née de la douleur, la foi dans sa propre endurance. Ce n’est pas du rap qui surjoue la rue — c’est du rap qui en sort, avec les mains encore brûlées par l’asphalte.
Karina J a cette manière d’être à contre-courant tout en restant furieusement moderne : pas de trap outrancière, pas de flow automatique. Elle s’appuie sur la simplicité du beat pour déployer la complexité du verbe. Et dans ce minimalisme assumé, on entend ce qu’on n’entend plus assez dans le rap contemporain : la parole qui brûle, la conviction nue, la fierté d’être une voix féminine qui ne s’excuse pas d’exister au milieu des codes les plus durs du game.
F.A.T.B. n’est pas un morceau, c’est une carte d’identité sonore. Trois minutes de pure authenticité, où le flow devient manifeste. Karina J ne demande pas la place : elle la prend, calmement, frontalement, comme une vérité qu’on ne peut pas nier. Une claque, oui. Mais une claque juste.
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octobre 21, 2025SOUL sonne comme une collision d’époques et d’énergies, une claque à la frontière du rap et du rock, de la rage et de la rédemption. Ce n’est pas une simple collaboration — c’est un carambolage de légendes et d’ascendants, un feu d’artifice de générations qui refusent de choisir entre les riffs d’arène et le flow de bitume.
Le morceau se déploie dans un clair-obscur fascinant : des guitares électriques montent comme une prière hurlée, des batteries cognent avec la précision d’un coup de poing dans la poitrine, pendant que les voix alternent entre fureur et foi. Kevin Rudolf, figure quasi mythologique de l’ère Let It Rock, réinjecte son ADN rock-pop dans un hip-hop contemporain qui n’a rien perdu de son appétit de grandeur. Face à lui, Merkules s’impose en titan d’authenticité : son grain de voix râpe la surface du morceau comme une cicatrice encore chaude. On l’imagine debout dans un halo de fumée, entre les fantômes de Death Row et les refrains d’arène.
Mais SOUL, c’est aussi une affaire de transmission. Di$tinct et 5 Fires y apportent la fraîcheur nerveuse du Canada d’aujourd’hui, ce hip-hop de l’hiver, froid et lucide, mais porté par une chaleur intérieure presque mystique. Leurs interventions sont comme des coups d’accélérateur : elles redessinent les contours d’un morceau déjà immense. On y sent la puissance de la scène indépendante, l’arrogance nécessaire à ceux qui refusent de plier sous le poids des majors.
Ce qui frappe, c’est la précision de la production. Chaque élément a son souffle, sa place. Le morceau semble respirer, se contracter, puis exploser — comme si la basse et les guitares dialoguaient autour d’un même secret : celui de rendre le hip-hop de nouveau charnel. Rien ici ne sonne opportuniste. SOUL ne cherche pas à fusionner les genres, il les réconcilie.
On pense à Post Malone pour le goût de l’épopée, à Kid Cudi pour la noirceur lumineuse, à Eminem pour la théâtralité. Mais Di$tinct et sa clique font mieux : ils construisent un pont entre les icônes et l’avenir, un territoire où l’émotion est brute, sans calcul.
Au fond, SOUL n’est pas un single — c’est une proclamation. Le cri d’une génération qui refuse de choisir entre le feu et la foi. Un morceau qui ne cherche pas à séduire, mais à hanter. Le genre d’hymne qui te suit même après le silence, quand la dernière note s’éteint et qu’il ne reste plus qu’une évidence : la soul, ce n’est pas un genre. C’est un moteur.
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octobre 21, 2025C’est une montée de chaleur. Pas celle des corps, mais celle du son. Solar Disco de Jeremy Weizman ne cherche pas à faire danser, il cherche à faire léviter. Dans ses pulsations, on reconnaît la science d’un producteur qui comprend que la house est d’abord une question de température, d’équilibre entre l’ombre et la lumière, entre le battement du cœur et celui de la machine.
Le morceau s’ouvre comme une aube synthétique : les nappes s’étirent, translucides, comme si le soleil filtrait à travers des vitres de studio encore embuées de la veille. La basse, souple, avance avec la régularité d’un souffle humain. Et puis vient ce groove — pas brutal, pas immédiat, mais envoûtant, reptilien. La rythmique, tout en finesse, laisse la place aux textures, aux réverbérations, à cette mélodie presque naïve qui glisse sur la peau comme une lumière d’été.
Jeremy Weizman semble ici dialoguer avec les grandes heures du disco spatial et de la house mélodique à la française — quelque part entre les souvenirs d’un vieux Daft Punk et la sensualité d’un Black Coffee méditerranéen. Mais tout est filtré à travers une esthétique moderne, plus sèche, plus hypnotique. Solar Disco respire la confiance du producteur qui sait que la tension est plus forte que le drop, que la lenteur attire plus que la frappe.
Ce qui rend le morceau fascinant, c’est sa clarté. Aucune surcharge, aucun effet pour masquer le vide : seulement un groove solaire qui se suffit à lui-même. Chaque détail brille. Un charley qui se désaccorde, un delay qui s’étire trop longtemps, une note suspendue comme un mirage. On sent que Jeremy ne cherche pas le climax, mais l’équilibre — ce point précis où le corps bouge tout seul, sans qu’on sache pourquoi.
Solar Disco est moins un morceau qu’un état : celui d’un danseur solitaire face à l’aube, les yeux mi-clos, encore ivre d’un set trop long. C’est la bande-son d’une lumière intérieure, celle qu’on retrouve au moment exact où la fête cesse d’être collective pour redevenir spirituelle.
Jeremy Weizman signe ici un hymne à la clarté. Une house de l’aube. Une caresse rythmique qui fait briller la nuit jusque dans ses dernières secondes.
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octobre 21, 20254 A.M. se déploie comme une carte postale sonore écrite depuis une heure où plus rien ne dort. Pas une simple collaboration internationale, mais un espace de collision poétique entre continents et cadences — Phoenix, Johannesburg, Chicago, chacun y laisse son empreinte dans un morceau qui respire le bitume et la beauté de l’insomnie.
Pk tha Poet, fidèle à son alias de faiseur de mots éternels, convoque ici l’esprit du hip-hop le plus organique : celui où le rythme est un manifeste et la production, un souffle. Le morceau, bien qu’instrumental, raconte sans jamais prononcer un mot. On y entend le silence après la fête, les conversations avortées, les espoirs qui tintent encore dans l’air chaud des villes. Le beat, quant à lui, oscille entre la tension du trap et la fluidité du jazz, glissant sur des basses rondes, des hi-hats nerveux et une mélodie minimaliste, presque obsédante.
Il y a quelque chose d’ultra sensoriel dans cette composition : un équilibre rare entre la lourdeur du sol et la légèreté de l’air. 4 A.M. n’est pas une simple boucle à écouter, c’est une sensation qui s’installe, comme une pulsation intérieure. Chaque kick résonne comme un battement de cœur collectif, chaque texture sonore évoque une langue différente — un mot en zoulou, une respiration en anglais, un murmure en jazz. C’est un hip-hop cosmopolite, un territoire en fusion où la diaspora devient un rythme.
Touchline et les featuring venus d’horizons multiples ajoutent leur empreinte invisible : on les devine dans le souffle, dans les interstices du morceau, dans cette façon qu’a la production de respirer à plusieurs. On pense à Kaytranada ou à Tobe Nwigwe pour cette manière de rendre la virtuosité accessible, de transformer la complexité en évidence.
4 A.M. est une traversée, un instant suspendu entre la fatigue et la clarté, un moment où l’inspiration grésille comme une ampoule qui refuse de s’éteindre. Pk tha Poet signe là une pièce sans mots mais pleine de sens — une méditation en mouvement, un poème sans lettres mais avec un groove qui parle toutes les langues.
C’est une heure du matin qui n’appartient à personne, mais que tout le monde reconnaît : celle où la musique pense à votre place.
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octobre 21, 2025Il y a dans Drunk & Messy une manière d’assumer la déchéance amoureuse comme une œuvre d’art. Estella Dawn, cette autodidacte néo-zélandaise exilée sous le soleil californien, y transforme le chaos intime en matière sonore, comme si le vacillement d’un cœur pouvait devenir un beat, une pulsation, un cri maîtrisé. Ce n’est pas une chanson sur l’amour : c’est une chanson sur ce qu’il reste quand l’amour déborde, quand il s’étale sur les draps et qu’on continue quand même de l’aimer pour ça.
Tout se joue dans la tension : entre la retenue et l’explosion, entre la pudeur d’une confession murmurée et la furie d’un refrain qui se fout du lendemain. Estella chante comme on se saoule — lentement d’abord, avant que la vérité ne remonte d’un seul coup. Sa voix a cette texture rare, à la fois veloutée et fêlée, qui donne l’impression qu’elle pourrait s’écrouler ou tout brûler à n’importe quel moment. Elle ne joue pas la pop-star, elle joue la femme qui regarde son reflet à 3h du matin, maquillage coulé, sourire intact.
Le morceau, lui, avance comme une ivresse lucide. Le beat, discret mais nerveux, pulse dans un espace moite et serré, tandis que les synthés scintillent comme des reflets de lumière sur des verres à moitié vides. On y sent l’épure d’une productrice qui sait exactement ce qu’elle fait : chaque détail est pensé, chaque silence pèse. Le refrain arrive tôt, sans prévenir, comme un trop-plein. Drunk & Messy est construit comme un souvenir qu’on n’arrive pas à effacer — les voix s’empilent, les harmonies se dédoublent, la mélodie semble tourner sur elle-même jusqu’à en devenir obsédante.
Et pourtant, rien n’est lourd. La douleur flotte, presque légère, traversée par une ironie tendre : Estella Dawn ne pleure pas, elle danse sur ses cendres. On entend dans sa manière d’écrire cette génération qui préfère rire du drame que s’y noyer, qui fait de sa honte un hymne et de sa solitude une esthétique.
Drunk & Messy, c’est un peu ça : le lendemain d’une nuit sans filtre, la lucidité qui arrive trop tard, la grâce dans le désordre. Estella Dawn ne cherche pas la perfection, elle cherche la vérité. Et elle la trouve — dans le vacarme doux de sa propre vulnérabilité.
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octobre 21, 2025Sous la surface moite d’un dancefloor imaginaire, Gbido pulse comme un cœur incandescent. Eddy Ratty y installe un groove qui respire la chaleur, la patience et la dévotion. Ce n’est pas un simple titre afrobeat — c’est un rituel discret, une montée en transe que l’on traverse sans s’en rendre compte, comme un soir d’été où le corps finit par parler à la place des mots.
La voix, d’abord lointaine, glisse dans le mix comme une prière soufflée entre deux percussions. Pas d’effet superflu, pas de démonstration : juste un timbre grave et limpide, ancré dans une spiritualité de la rue. Ratty chante comme on chuchote à l’oreille d’une foule invisible, entre mélancolie et fierté. Il invoque le quotidien, l’endurance, la lumière qui traverse les cicatrices — tout ce que Lagos fabrique de plus humain.
Autour, la production est d’une élégance désarmante. Les percussions, taillées dans le grain d’un bois ancestral, roulent avec une précision millimétrée ; la basse ronronne comme une machine à plaisir ; les nappes électroniques, elles, étirent le morceau vers une dimension cosmique, où la modernité épouse l’ancestral sans jamais le trahir. Ce mélange, Eddy Ratty le manie comme un artisan qui connaît la valeur du silence et du souffle.
Ce qui rend Gbido si singulier, c’est cette façon de ne jamais forcer le mouvement. Tout coule, tout vibre, tout s’installe dans un équilibre d’instinct et de maîtrise. C’est un morceau à la fois intime et fédérateur, capable de transformer n’importe quel espace en cérémonie du vivant.
Dans la lignée des maîtres du genre — de Burna Boy à 2Baba, ses influences assumées — Eddy Ratty impose sa propre lumière. Sa voix, posée sur le tempo, devient le fil conducteur d’un récit où la danse ne sert plus seulement à fuir, mais à se retrouver.
Gbido est ce genre de morceau qui ne cherche pas à plaire, mais à exister — et il le fait avec la grâce tranquille de ceux qui savent que le rythme, quand il est vrai, suffit à tout dire.
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octobre 21, 2025Chez Jolter, tout semble jaillir d’une étincelle. Son nom, sa voix, ses beats — tout respire la tension d’un câble prêt à exploser en lumière. Turn It Up n’est pas simplement un morceau d’afrofusion, c’est un manifeste sensoriel : une invitation à se reconnecter au feu du corps, à la chaleur du collectif, à cette joie quasi mystique que seule la musique africaine sait provoquer.
Le titre s’ouvre sur une pulsation basse, moelleuse, presque charnelle, avant qu’une ligne rythmique ciselée ne vienne tout bousculer. La batterie électronique claque comme des doigts impatients, les percussions s’entrechoquent en un ballet tribal modernisé, et Jolter, d’une voix souple et magnétique, s’y glisse avec la désinvolture d’un prêcheur du futur. Il ne chante pas, il allume. Sa manière d’habiter le rythme, de le ponctuer de soupirs, de respirations syncopées, confère au morceau une physicalité brûlante.
Tout dans Turn It Up semble né de la fusion entre la chair et la foudre. On y sent les racines béninoises de l’artiste, ce lien entre le sacré et le profane, entre la danse et la transe. Pourtant, Jolter ne joue pas la carte de la nostalgie : sa production respire l’air du temps, saturée de basses globales, de textures digitales et de nappes quasi cinématiques. C’est un afrobeats 2.0, où le groove devient une architecture émotionnelle.
Mais ce qui frappe le plus, c’est la sincérité sous-jacente. Derrière l’énergie festive, il y a un cri — celui d’un homme qui a appris à transformer le manque, la solitude et la rage en mouvement. Turn It Up est une résilience mise en rythme, une célébration de l’endurance. L’électricité qu’il déclenche n’est pas artificielle : elle est née du frottement entre le rêve et la réalité, entre l’ombre et la lumière.
Avec son univers flamboyant, ses vêtements presque performatifs, et ce symbole de l’éclair qu’il brandit comme un totem, Jolter s’impose comme un artiste incandescent, à la croisée des genres et des énergies. Turn It Up n’est pas une simple chanson de club — c’est une montée d’adrénaline spirituelle. Un morceau à écouter fort, jusqu’à sentir le sol vibrer sous la peau.
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octobre 21, 2025Sous ses apparences de freestyle nocturne, Crazy Convo est une confession moderne. Solemn Soul y parle à Dieu comme on parlerait à un ami perdu de vue, sur un ton entre le délire et la lucidité, entre la rue et le ciel. Sa voix traverse un espace sonore hybride — quelque part entre Kingston, Atlanta et Londres — où le dancehall s’embrase sur une rythmique trap et des nappes house moites, comme un halo digital autour d’une âme en feu.
Le morceau pulse comme un combat intérieur. Chaque mesure est une oscillation entre foi et tentation, chaque basse un battement de cœur qui lutte pour garder le tempo de la vérité. Solemn Soul, fidèle à son nom, refuse la superficialité : il rappe avec une urgence sincère, une ferveur presque mystique. Derrière l’énergie brute, on sent l’homme qui doute, qui vacille, mais qui continue à chercher la lumière dans la poussière.
Ce mélange de genres — dancehall, house old-school, trap — ne relève pas du simple collage esthétique. Chez lui, c’est un langage. L’écho jamaïcain apporte le souffle, la chaleur du vivant. Le trap, lui, traduit la tension, le grind, la lutte quotidienne. Et la house, en fond, agit comme une catharsis : un rappel que même la douleur peut se danser. Devenant ainsi un morceau à la croisée des mondes, Crazy Convo déploie une spiritualité en mouvement, presque charnelle.
Ce qui émeut, c’est cette contradiction assumée : Solemn Soul chante le chaos, mais sa voix respire la paix. Son timbre — éraillé, vibrant, profondément humain — agit comme une balise dans la tempête sonore. Derrière chaque ligne, on devine une âme qui parle depuis le bord du gouffre, mais refuse d’y tomber. Il rappe comme on prie : avec des fissures dans la voix, mais une force dans le souffle.
Crazy Convo n’est pas une chanson, c’est un dialogue — avec Dieu, avec soi, avec ce monde saturé de bruit. Et Solemn Soul y parvient avec une humilité rare : celle de celui qui sait que la foi n’est pas un décor, mais un combat. Un morceau brut, vibrant, incandescent, où la lumière finit toujours par trouver une sortie, même à travers le vacarme.
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octobre 21, 2025On dirait un instant suspendu entre le jour et la nuit, entre la moiteur d’un club et le souffle chaud d’une savane invisible. Dusk, le nouveau morceau de Devenish, ne se contente pas d’être une simple production afro-house : c’est une cartographie sensorielle du moment où tout bascule. Un morceau qui semble né du croisement entre le vent, la lumière, et la mémoire d’une fête qui n’a jamais vraiment pris fin.
Devenish compose comme un peintre synesthète : chaque percussive hit, chaque ligne de basse est une couleur, chaque montée un dégradé. Le morceau s’ouvre sur un groove tribal, presque primitif, où les voix, à moitié murmurées en anglais et en afrikaans, deviennent des particules de lumière. Rien n’est là pour séduire frontalement, tout se tisse lentement — comme une caresse rythmique. Le beat avance avec patience, gonflé de respiration organique, jusqu’à ce que les synthés, chauds comme une fin d’été, viennent illuminer la scène.
Ce qui frappe dans Dusk, c’est la façon dont Devenish relie la nature et la machine. On y entend l’appel du dehors : les chants d’oiseaux transfigurés en samples, les textures d’air devenues nappes, les pulsations telluriques transformées en sub-basses hypnotiques. Sa formation jazz affleure dans la fluidité de la structure, dans cette absence totale de raideur : le morceau coule, glisse, se transforme. Il n’a pas besoin de drop, car tout y est déjà tension et relâchement.
Il y a dans cette production quelque chose de profondément sensuel et spirituel à la fois. Dusk se vit plus qu’il ne s’écoute : il se respire. Comme ces moments de fin de journée où la lumière baisse et où tout semble possible — la fête, la mélancolie, l’oubli. Devenish réussit à capturer cet entre-deux fragile, cette beauté passagère qu’on ressent sans jamais pouvoir la nommer.
Dans le fond, ce morceau n’a pas de pays, pas d’époque. Il s’inscrit dans la grande lignée des producteurs voyageurs — de Black Coffee à Bonobo — qui cherchent moins à faire danser qu’à reconnecter le corps à la terre, à la couleur, au souffle. Et si Dusk signifie crépuscule, chez Devenish, il est tout sauf une fin. C’est le moment exact où la musique devient lumière.
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octobre 21, 2025Bambo Lwam s’ouvre comme une aube tropicale, tout en douceur et en lumière. DJ Nkanyiso world wide y tisse une transe délicate, mi-afrobeats, mi-amapiano, où le rythme ne cherche pas à conquérir, mais à envoûter. On y entre comme dans une prière rythmée, sans frontière ni barrière linguistique : les mots en zoulou deviennent texture, vibration, respiration.
Ce morceau a cette magie rare des titres qui ne s’écoutent pas, mais s’habitent. Le beat avance, souple, perlé, tout en retenue — une pulsation organique qui semble venir du sol lui-même. Les percussions claquent comme des gouttes d’eau sur une peau chaude, les synthés s’étirent en mirages sonores, et la voix, lointaine mais fervente, trace un fil d’or entre spiritualité et sensualité. Bambo Lwam est une chanson d’amour, oui, mais pas seulement pour une personne : c’est une déclaration à la vie, à la danse, au collectif.
Nkanyiso n’en fait jamais trop. Il laisse respirer le morceau, joue avec le silence, avec l’espace. Là où beaucoup d’afro-fusion saturent la piste, lui choisit l’équilibre. On entend l’héritage du kwaito, la légèreté de la house sud-africaine, et cette manière toute contemporaine de penser la musique comme un lieu de rencontre : entre Lagos et Durban, entre la rue et la spiritualité.
Ce qui rend Bambo Lwam si particulier, c’est son refus de se plier au format : ni banger, ni balade, il se place quelque part entre la fête et la méditation. On danse, mais les yeux fermés. Le corps suit la cadence pendant que l’esprit s’évade, happé par ces harmonies qui se déploient comme des vagues d’encens.
On sent dans ce morceau l’ambition d’un artiste qui veut relier les mondes : celui des clubs, celui des rituels, celui du cœur. DJ Nkanyiso world wide porte bien son nom : sa musique a le goût du large, cette sensation d’unité universelle qui fait des beats africains une langue planétaire.
Bambo Lwam, c’est une caresse rythmique, un souffle chaud venu du Sud, un mantra électronique qui rappelle que le groove, avant tout, est une manière de prier sans mot dire.
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octobre 21, 2025Funsho ne chante pas pour séduire. Il chante pour rallumer quelque chose — une braise, un souvenir, une foi en soi qui s’était perdue quelque part entre le doute et le bruit du monde. Glow n’est pas un morceau de R&B classique, c’est une prière pop-soul suspendue entre la terre et le ciel, un mantra lumineux envoyé à tous ceux qui ont cessé de se regarder avec bienveillance.
Le morceau s’ouvre comme une main tendue : une ligne de synthé chaude, fluide, presque divine, qui s’étire avant que la voix de Funsho ne s’y love, douce mais décidée. Il ne s’adresse pas à un amour extérieur — il parle à lui-même, à son reflet, à cette part du passé qu’on doit pardonner pour pouvoir avancer. Et sa voix, tout en maîtrise, oscille entre fragilité et grandeur. Elle a cette clarté rare des artistes qui n’ont plus rien à prouver, sinon qu’ils existent encore.
Sur le plan sonore, Glow marche sur le fil entre la sensualité du R&B et la ferveur du gospel. La production est aérienne, sans ostentation : une basse ronde, des chœurs éthérés, des textures électroniques qui respirent à la mesure du cœur. On y perçoit un héritage afro-soul discret, des pulsations qui rappellent la spiritualité rythmique du Nigéria, mais filtrées à travers un prisme contemporain, urbain, introspectif.
Ce qui fascine, c’est la sincérité avec laquelle Funsho construit son univers. Pas de posture, pas de démonstration : juste un homme face à sa propre lumière, conscient que celle-ci peut vaciller. Le refrain agit comme une incantation, une promesse chuchotée à voix haute : tu peux encore briller, même brisé. Ce n’est pas un message de développement personnel — c’est de la musique qui soigne.
Funsho transforme l’intime en collectif. On écoute Glow seul, mais on a l’impression d’être plusieurs à l’intérieur de soi : l’enfant qui doute, l’adulte qui s’épuise, et cette version future, apaisée, qui sourit doucement en arrière-plan. C’est tout le pouvoir de ce titre : unir ces fragments éparpillés sous une même lueur.
Dans un monde qui glorifie l’ego, Funsho ose la foi. Non pas celle qui se prêche, mais celle qui se vit. Glow est un morceau qui ne cherche pas à éblouir : il nous rappelle juste que briller n’est pas un acte de vanité, mais de survie.
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octobre 21, 2025On dirait une confession murmurée à travers un écran fissuré. Black Mirrors de Cam Black, avec la voix spectrale d’Indigo, est un poème électronique sur l’amour devenu data, la tendresse encapsulée dans le verre froid de nos écrans. Ce n’est pas un simple titre de hip-hop conscient : c’est un miroir inversé tendu à une génération entière, celle qui caresse plus souvent une dalle tactile qu’une peau vivante.
Cam Black y sculpte un univers sonore dense et moiré, où le groove lent épouse des nappes digitales aux reflets sombres. Sa voix flotte entre le rap et la prière, charriant une mélancolie urbaine à la Kendrick Lamar, mais sans la grandiloquence : ici, tout est retenu, respiré. Le beat, lui, glisse comme une pulsation sous la peau — sensuelle, mais étouffée par la modernité. On sent que chaque hi-hat, chaque basse vrombissante a été pesée comme un mot qu’on hésite à dire à l’être aimé.
La force du morceau réside dans sa narration déguisée. Black Mirrors parle d’un homme qui tombe amoureux d’un fantôme numérique, d’une connexion qui n’existe qu’à travers le Wi-Fi et les algorithmes. Mais plus profondément, c’est une méditation sur la dépendance : à la technologie, à l’image, à cette illusion d’intimité que l’écran nous renvoie. L’histoire d’un amour devenu interface, d’un sentiment filtré par la mise à jour constante de nos émotions.
Indigo, en contrepoint, apporte la grâce — une voix presque irréelle, fragile, suspendue comme une notification qui ne viendra jamais. Elle incarne la distance, cette amante virtuelle à la fois proche et inaccessible, qui hante les refrains sans jamais s’incarner vraiment. Ensemble, ils dessinent un duo d’une tension magnifique : lui, ancré dans la chair et la bassline ; elle, évaporée dans le cloud.
Cam Black joue sur l’ambiguïté : il n’accuse pas, il observe. Il raconte l’addiction comme un geste amoureux, le déraillement comme une danse. Et c’est là que Black Mirrors devient fascinant : ce n’est pas une critique du monde numérique, mais une déclaration d’amour désespérée à ses reflets. Un morceau qui sonne comme un adieu à l’authenticité — ou peut-être comme la promesse d’une réinvention, quelque part entre les lignes de code et les battements du cœur.
Dans ce dialogue feutré entre l’homme et la machine, le rap devient élégie, la technologie devient chair. Cam Black signe ici un titre d’une lucidité troublante, où le futur et l’intime se frôlent, se consument, et finissent par se confondre. Un slow digital qui laisse une empreinte sur la rétine — et un peu de vide dans la poitrine.
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octobre 21, 2025C’est une chanson qui ne se montre pas tout de suite. Dontukno s’approche lentement, comme une silhouette qui ne veut pas déranger. Puis elle s’installe, soyeuse et discrète, dans un coin de la pièce, jusqu’à ce que tout — la lumière, l’air, les battements du cœur — prenne sa cadence. Barrett Staples y chuchote le sentiment d’être à la fois tout près et terriblement loin de quelqu’un, avec cette douceur retenue qui fait du soul moderne un art de la nuance.
La production, signée avec le collectif Seattle hot beige, respire la précision sensuelle. Chaque note semble suspendue, chaque frappe de batterie fait l’amour au silence. Ce n’est pas un groove qui cherche à séduire, c’est un groove qui écoute. Les claviers effleurent la peau, la basse ronronne comme une confidence sous une lumière tamisée, et la voix de Barrett, magnifiquement éraflée, flotte quelque part entre la chaleur de D’Angelo et la mélancolie de Sampha. On entend des fragments de jazz qui se dissolvent dans des reflets hip-hop, des échos de soul qui glissent vers le R&B alternatif — tout s’y fond sans jamais se figer.
Mais Dontukno n’est pas seulement un morceau d’ambiance. C’est une conversation intime avec le manque. Ce moment où la tendresse se heurte à la distance, où la proximité devient presque douloureuse. Barrett y raconte sans raconter — une manière de laisser le mystère respirer, d’exprimer le désir à travers les vides, pas les mots. Ce qu’il chante, ce n’est pas une histoire d’amour, c’est l’espace entre deux âmes, cet entre-deux qu’on tente de combler par le rythme et le souffle.
La musique avance comme un souvenir réchauffé par le groove : lente, un peu trouble, presque liquéfiée. On imagine la scène : la nuit dehors, une lampe basse, un disque qui tourne trop lentement, et cette voix qui murmure qu’aimer, c’est parfois laisser partir. Barrett Staples signe ici la fin de son cycle Year of the Tiger — et quelle fin : une ode à la vulnérabilité, à la beauté de l’inachevé, au geste simple de ne pas tout dire.
Dontukno n’a rien de démonstratif, et c’est précisément là qu’il frappe. Il danse à mi-voix dans le clair-obscur des émotions, entre chair et brume. Ce n’est pas une chanson à écouter — c’est une atmosphère à habiter, une caresse qui dure plus longtemps que sa propre musique.
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octobre 21, 2025Reeko Carson a cette façon de tordre le réel comme on tord une note jusqu’à ce qu’elle crie sa vérité. different n’est pas un simple morceau de rap — c’est une sorte de laboratoire vocal, un terrain de jeu où chaque syllabe explose, se déforme, se dédouble. On y sent la jubilation d’un artiste qui refuse de choisir entre le groove et la bizarrerie, entre la technique et le lâcher-prise. Reeko ne rappe pas sur la prod : il joue avec elle, la triture, la contourne, s’y fond, avant de réapparaître, ailleurs, comme une ombre qui ricane derrière la mesure.
Ce qui frappe, c’est la liberté. Le flow se dilate, s’accélère, puis s’effondre dans une nonchalance faussement cool. On passe d’un murmure quasi R’n’B à une cascade de mots désarticulés qui cognent contre les murs du beat. Il y a quelque chose de Kendrick Lamar période untitled unmastered dans cette façon de traiter la voix comme un instrument percussif, d’en faire un motif rythmique autant qu’un vecteur d’émotion. Et pourtant, different n’imite personne : c’est le son d’un type qui s’amuse à être sincère.
Le morceau semble s’être construit comme une improvisation captée dans l’instant — un moment suspendu où la spontanéité devient structure. La production, d’une élégance désinvolte, joue sur les rebonds du grave, sur les respirations, sur le vide. Le beat est minimaliste, presque fragile, mais il laisse tout l’espace à la fantaisie du flow. L’harmonie, elle, s’invite par petites touches : des nappes vocales qui glissent comme des pensées mal rangées dans un cerveau en surchauffe.
Reeko Carson fait partie de cette génération de rappeurs qui transforment le studio en miroir psychique. Ce qu’il capture ici, ce n’est pas une attitude mais une sensation : le plaisir de se perdre dans sa propre voix, de se regarder muter à travers le son. different devient ainsi une métaphore d’un truc plus vaste — la possibilité de ne pas se définir, de flotter entre les genres, entre le rap et le chant, entre l’égo et la vulnérabilité.
Loin des codes du banger ou du storytelling classique, Reeko choisit la folie douce. Il préfère la tension du déséquilibre, l’imprévisible. Et c’est ce qui rend different aussi addictif : on ne sait jamais où ça va tomber, et chaque chute semble meilleure que la précédente. Ce morceau donne envie d’être un peu plus bizarre, un peu plus libre, un peu plus vivant.
Au fond, Reeko Carson ne fait pas du rap expérimental. Il fait du rap honnête — et l’honnêteté, dans ce paysage saturé de certitudes, c’est peut-être la seule vraie expérimentation qui reste.
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octobre 21, 2025La musique de Ranymo a cette chaleur rare — celle qui ne se contente pas de réchauffer, mais qui purifie. No Favor brûle doucement, comme une prière en plein jour, un morceau taillé dans la vérité nue, sans vernis ni prétention. C’est le genre de reggae qu’on n’entend plus assez : brut, sincère, enraciné dans la terre, porté par une voix qui semble sortir d’un souvenir collectif, celle d’un peuple qui avance sans rien demander, juste avec la force de ses pas.
Dès les premières secondes, la basse s’installe comme une pulsation cardiaque. Elle respire lentement, laissant l’espace au groove de s’étendre, de s’alourdir d’air chaud. Sur cette fondation, la voix de Ranymo s’impose — rocailleuse, souple, habitée d’une foi tranquille. Ce n’est pas une prière adressée à Dieu, mais à soi-même : un serment de rester vrai, même quand la lumière se fait rare. No Favor n’est pas un cri de révolte, mais un murmure de dignité.
L’arrangement, d’une précision artisanale, garde l’esprit du roots sans s’enfermer dans le passé. On y sent le balancement du dancehall, cette élasticité du corps qui danse pour évacuer les chaînes invisibles. Mais au fond, le morceau reste une déclaration d’indépendance. Pas besoin de faveur, pas besoin de validation — juste la conviction que le travail, la foi et la loyauté finissent toujours par payer. Dans sa simplicité, Ranymo touche quelque chose de sacré : la noblesse du quotidien, la beauté de ceux qui n’attendent rien et avancent quand même.
On pense parfois à Burning Spear pour la gravité spirituelle, à Chronixx pour la modernité douce, mais Ranymo garde sa propre vibration. Ce qu’il chante, c’est la survie sans cynisme, la résistance dans le sourire. Ce n’est pas une musique qui veut convaincre, c’est une musique qui constate — calme, ancrée, lucide. Dans chaque mesure, on sent la discipline de l’artiste, son amour pour la lignée jamaïcaine, cette manière d’utiliser le son non pas pour fuir, mais pour s’enraciner davantage.
No Favor n’a pas besoin d’artifice : il se suffit à lui-même. Il dit le refus des raccourcis, la fatigue des illusions, la beauté du geste pur. En trois minutes, Ranymo signe un manifeste tranquille — celui d’un homme debout dans la lumière naturelle, refusant les ombres projetées par le faux éclat du monde. C’est un morceau qui ne promet rien, mais qui donne tout : l’honnêteté, la sueur et la grâce.
Le reggae ici redevient ce qu’il a toujours été à sa naissance — un espace de vérité, un rythme pour les consciences éveillées, un feu qui ne s’éteint pas. Et Ranymo, sans fracas, rallume la flamme.
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octobre 20, 2025On ne sait pas très bien si « Natural Light » éclaire ou consume. C’est un morceau qui s’infiltre, lentement, comme la lumière du matin glissant sous une porte après une nuit trop longue. Yarni y déploie un art rare : celui de faire du rythme une matière vivante, du silence un instrument à part entière. Chez lui, chaque battement semble respirer, chaque son est un fragment de vérité. Ce n’est pas de la musique d’ambiance, c’est une musique qui se déplace dans ton sang.
Il faut dire que Yarni n’a jamais cherché à appartenir à une scène : il les traverse toutes. Electronica, jazz, soul, hip-hop — tout s’y croise, tout s’y trouble. Dans Natural Light, il retrouve Franz Von, voix grave et terrienne, et Jeff Darko, souffle aérien et presque mystique. Ensemble, ils signent une forme d’équilibre impossible : la pesanteur du réel et la légèreté de l’espoir. Le morceau avance en apnée douce, tendu entre le battement hypnotique des percussions et la chaleur organique des harmonies.
C’est une œuvre qui respire comme une prière laïque, un groove métaphysique. Le flow de Franz Von agit comme un ancrage, une pulsation qui ramène au sol, pendant que Jeff Darko laisse filtrer la lumière par les interstices de la mélodie. Il y a quelque chose d’infiniment humain là-dedans — pas une humanité tapageuse, mais celle qu’on devine dans la retenue, dans la pudeur d’un cri qui préfère rester murmure.
Techniquement, la production de Yarni est d’une justesse déconcertante. Chaque fréquence a son rôle, chaque fréquence respire. Les percussions semblent avoir été enregistrées dans une pièce ouverte sur le ciel, la basse ronronne comme une phrase de saudade brésilienne, et la voix se glisse dans les interstices avec la douceur d’un souvenir qui refuse de partir. Ce n’est pas un morceau à écouter, c’est un morceau à habiter.
Ce qui fascine, c’est la façon dont Yarni parvient à faire cohabiter la ferveur spirituelle et la physicalité du groove. On est à la fois dans le corps et hors de lui, pris dans une sorte de transe contemplative où tout devient clair : les douleurs, les doutes, les désirs. Natural Light n’est pas un appel à danser, mais à exister un peu mieux.
Dans un monde saturé de sons qui veulent briller, Yarni, Franz Von et Jeff Darko rappellent qu’on peut aussi choisir de rayonner doucement. Leur lumière n’éblouit pas — elle soigne. Un titre d’une grâce rare, à la frontière du mystique et du charnel, où chaque battement semble murmurer la même chose : parfois, pour voir, il faut simplement fermer les yeux.
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octobre 20, 2025La voix de J. Santonio arrive comme une bouffée de chaleur dans une pièce trop bien climatisée. Elle danse, s’étire, caresse. Tonight n’est pas un simple morceau pop-R&B : c’est une déambulation nocturne entre la peau et la pensée, un hymne à la liberté sensuelle sous néons pastel. Dès les premières mesures, quelque chose pulse — un groove qui suinte la maîtrise, une basse qui serpente avec élégance, et cette manière de faire respirer le silence entre deux battements de caisse claire, comme un battement de cœur retenu.
Ce qui frappe d’abord, c’est la clarté de la production. Tout y est précis sans être glacé : une architecture nu-disco revisitée, une touche de funk digital, une nostalgie subtile des années où la pop savait encore transpirer. J. Santonio, originaire de Washington D.C., joue avec les codes du genre comme un sculpteur avec la lumière — chaque mesure capte une nuance, un reflet, un désir. On y sent l’héritage de Bruno Mars dans le sourire, de Michael Jackson dans le souffle, de Ne-Yo dans la retenue élégante. Mais Santonio n’imite pas : il infuse son propre ADN, cette fragilité assumée, cette sincérité qu’on n’attend pas d’un morceau calibré pour les clubs.
Le thème, lui, est simple, presque banal : le désir féminin, l’affirmation de soi, la promesse d’une nuit sans attache. Pourtant, dans la bouche de J. Santonio, cette simplicité devient manifeste. Il célèbre la femme libre sans la posséder, observe la lumière dans ses mouvements sans chercher à la retenir. On devine une bienveillance rare, un respect de l’instant, une sensualité sans domination. Tonight devient alors plus qu’un morceau : une conversation discrète entre deux êtres qui refusent le poids du lendemain.
Mais c’est dans les détails que le morceau prend toute sa valeur. Le beat, fluide et souple, semble flotter sur un fil invisible. La voix de Santonio, à la fois soyeuse et légèrement rocailleuse, dessine un espace sonore où tout paraît suspendu. Il n’a pas besoin de prouesses vocales : il choisit l’économie, la suggestion, l’ombre portée. Et c’est là que réside la magie — dans cette retenue, cette manière d’installer la tension sans jamais la résoudre.
On sort de Tonight comme d’une conversation trop courte, les yeux encore pleins d’un reflet, le corps encore tiède d’une présence. Santonio ne cherche pas à révolutionner le R&B contemporain ; il en révèle la dimension la plus intime, celle qui parle de regard et de respiration. Un instant suspendu, un fragment de nuit transformé en souvenir sonore.
Sous ses airs de morceau radio-friendly, Tonight cache une élégance presque cinématographique — la bande-son d’un flirt, d’une liberté qui ne s’excuse pas d’exister. Un titre qui ne séduit pas par son éclat, mais par sa justesse : celle d’un homme qui comprend que, parfois, la plus grande audace est de simplement ressentir.
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octobre 20, 2025Change est une prière électronique. Une confession douce-amère sur la mutation, sur ces moments où la vie s’impose sans prévenir et te force à redessiner ton propre visage. Leo Tea, figure discrète mais singulière de la nouvelle scène rap UK, y déploie un univers à la fois fragile et lucide, où la trap s’effiloche dans la lumière, où le mot “guérison” prend enfin des allures sonores.
Le morceau s’ouvre comme un matin gris après la tempête. Une boucle synthétique étire le temps, un beat sobre pulse sous la peau — pas pour faire danser, mais pour rappeler qu’on respire encore. Leo pose sa voix comme on pose un pansement : sans grandiloquence, sans faux espoir. Il ne joue pas les héros, il murmure ses doutes, ceux qui accompagnent la reconstruction. Sa façon d’aborder la santé mentale n’a rien de clinique ; elle est sensorielle, intime, vécue. Change parle moins de la guérison que du processus, du moment où l’on choisit de ne plus se noyer.
Dans la structure du morceau, tout respire l’équilibre précaire. Le refrain, lumineux, s’ouvre comme une fenêtre après l’orage, tandis que les couplets retombent dans un demi-silence tendu, une tension presque tangible. La production — subtile, texturée — évoque les envolées de Joji ou les paysages désolés de Kid Cudi, mais Leo Tea garde cette sensibilité brute, un ton anglais dans le grain, un regard direct dans la douleur.
Ce qui bouleverse dans Change, c’est cette impression que chaque note cherche la paix. La voix tremble parfois, mais sans affectation : elle reste humaine, imparfaite, sincère. Ce n’est pas un cri de victoire, c’est un souffle de lucidité. Leo ne promet rien, il constate. Que tout bouge, tout le temps. Que l’on s’abîme, que l’on recommence. Que la lumière revient, sans prévenir.
Dans un monde saturé de promesses vides et de productions interchangeables, Change sonne comme une évidence. Leo Tea n’a pas besoin d’enrober son propos — il le vit. Et c’est précisément cette honnêteté brute, presque naïve, qui transforme la chanson en quelque chose de profondément humain. Une main tendue à ceux qui peinent à se relever. Une preuve, peut-être, que la beauté peut renaître là où tout semblait perdu.
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octobre 20, 2025Dans The Feast, Mary Middlefield ne chante pas l’amour — elle le dévore, lentement, avec l’élégance d’un sacrifice consenti. Son morceau a l’allure d’une prière qui s’égare, d’un banquet intérieur où se mêlent la ferveur et la honte, la beauté et la morsure. On y entre comme dans une cathédrale éclairée à la bougie : tout y brûle doucement, jusqu’à la voix elle-même, pure et tremblante, qui se consume sans crier.
Le morceau se déploie dans un clair-obscur saisissant : un piano spectral, des cordes qui frémissent comme un souffle dans une église vide, et cette batterie discrète, presque liturgique, qui rythme l’agonie du désir. Mary ne cherche pas la perfection sonore, mais la justesse émotionnelle — chaque silence semble pesé, chaque crescendo appelle une chute. La production, signée Gwen Buord et magnifiée par le mix d’Alexis Sudan, entoure sa voix d’une aura quasi mystique, à la frontière du sacré et du charnel.
Ce qui frappe, c’est la sincérité brute de sa poésie. “The Feast” évoque cette faim d’être choisie, reconnue, avalée par le regard de l’autre. On y entend la vulnérabilité la plus crue, celle de ceux qui se livrent entièrement, quitte à disparaître dans le processus. Mary Middlefield chante le moment précis où l’amour devient dévotion, où la passion frôle la dépersonnalisation. C’est à la fois romantique et tragique, une offrande et une damnation.
On pense à Weyes Blood pour l’ampleur mystique, à PJ Harvey pour la tension viscérale, à Florence Welch pour l’héroïsme fragile. Mais Mary, elle, sculpte son propre espace, quelque part entre l’éther et le réel, entre la scène et l’intime. On sent dans sa voix la mémoire du théâtre, du silence avant la note, du geste juste avant la chute.
The Feast n’est pas une simple chanson d’amour — c’est une cérémonie. Une liturgie de la perte, une eucharistie profane où la tendresse devient une arme blanche. Mary Middlefield ne supplie pas, elle offre. Et quand la dernière note s’éteint, on reste là, hébété, pris dans le vertige de sa sincérité. Rarement une artiste aura si bien transformé la douleur en beauté, la soumission en transcendance.
Avec The Feast, Mary signe un chef-d’œuvre suspendu, un requiem pour les cœurs affamés — et prouve, une fois encore, qu’on peut écrire sur l’amour comme on écrirait sur la foi : avec le sang encore chaud.
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octobre 20, 2025Le morceau s’ouvre comme un souvenir flou : une nappe synthétique, des 808 qui clignotent comme des lampadaires à moitié morts, et cette voix noyée sous l’Auto-Tune, qui n’essaie plus de séduire, juste de survivre. would you get it?, signé Kantuftw avec Jace!, respire ce spleen digital propre à la génération SoundCloud — un cri discret, presque tendre, enveloppé de mélancolie et de trap.
Il y a quelque chose de fantomatique dans cette production : un beat minimal, aérien, presque désincarné, sur lequel les deux rappeurs glissent sans heurts, comme deux ombres qui se frôlent. Kantuftw, venu de Belfast, a ce grain vocal typique de la scène emo-trap : lointain, robotique, mais chargé d’émotion brute. Ce n’est pas un chant, c’est un soupir amplifié, une confession sous code binaire. La question qu’il pose — “would you get it?” — devient une sorte de mantra générationnel. Comprendras-tu ce que c’est d’être paumé dans le bruit, d’aimer en ligne, de rater sa vie à force de la scroll ?
Jace! complète cette atmosphère avec une énergie plus directe, presque insolente, ramenant le morceau vers la terre pendant que Kantuftw flotte au-dessus. Le dialogue entre les deux fonctionne comme une mise en scène de l’ambivalence contemporaine : entre ego et fragilité, entre trap et tendresse. On sent l’influence de Juice WRLD, de Yeat, de la scène de Houston filtrée par un prisme nord-irlandais — froideur du climat, chaleur synthétique du cœur.
Mais au-delà des références, ce morceau touche par sa sincérité désabusée. Kantuftw ne cherche pas à se faire comprendre, il demande juste à être entendu, même un peu. Dans le fond, would you get it? parle de ce vertige que connaissent tous ceux qui créent dans un monde saturé : celui de se demander si ce qu’on donne trouvera un écho quelque part. Et c’est là que réside sa beauté — dans cette fragilité offerte comme une provocation, dans ce mélange d’ironie et d’abandon qui fait de la trap un exutoire poétique.
En moins de deux minutes, Kantuftw réussit à condenser l’état d’esprit d’une génération qui se parle à travers des filtres, des retards et des réverbérations. Un monde où l’amour se chante en pixels, où le désespoir devient mélodique, et où chaque refrain ressemble à un message qu’on n’a jamais envoyé. would you get it? — oui, on le comprend. Trop bien, même.
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octobre 20, 2025Gico rappe comme on chuchote un secret qu’on n’a jamais osé dire tout haut. Dans Figurant, il donne voix à cette silhouette qu’on ne regarde jamais, à ce rôle secondaire que la vie distribue sans audition. Mais au lieu d’en faire une plainte, il en tire un poème — lucide, fragile, drôlement humain.
La production, fine et feutrée, épouse parfaitement cette pudeur. Quelques nappes électroniques s’étirent comme une respiration nocturne, soutenues par une rythmique douce, presque hésitante. C’est un pop-rap de l’ombre, sans clinquant, sans surjeu — un décor minimal où chaque mot résonne avec justesse. Gico ne cherche pas à éblouir, il cherche à toucher, à caresser le banal jusqu’à en extraire la beauté.
Le morceau fonctionne comme une introspection déguisée : derrière le ton léger perce une douleur diffuse, celle de ne pas se sentir à la hauteur du film qu’on croit devoir jouer. “Figurant” devient alors une métaphore de l’existence contemporaine, de cette fatigue d’être en représentation, d’avoir toujours l’air de passer dans le plan sans jamais en tenir le premier rôle. Mais dans cette fragilité se cache une vérité bouleversante : le figurant, c’est celui qui observe tout, celui qui sent avant les autres, celui qui comprend que l’essentiel se joue dans les silences.
Le flow de Gico épouse ce sentiment d’apesanteur, oscillant entre nonchalance et confession. Il a cette manière de parler juste avant le beat, comme s’il refusait de courir derrière le tempo — comme s’il voulait ralentir le monde, ne serait-ce qu’une seconde. Il rappelle parfois les débuts de Lomepal, ou la mélancolie douce d’un Hervé, mais sans posture. Tout chez lui respire la sincérité d’un artiste qui ne triche pas.
Figurant ne crie rien, il raconte doucement. Et dans ce murmure, on entend quelque chose d’essentiel : la tendresse de ceux qu’on oublie, la lumière discrète des seconds rôles. Gico signe ici un morceau de solitude habitée, une chanson de ceux qui se tiennent en retrait mais rêvent quand même d’exister un peu plus fort, ne serait-ce que le temps d’un refrain. C’est une confession à hauteur d’homme, un morceau pour ceux qui marchent derrière mais savent déjà où va le film.
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octobre 20, 2025Une lumière jaune coule sur les synthés, la voix flotte comme un murmure de fin de nuit, et tout semble suspendu, fragile, presque sacré. Money Honey n’est pas un morceau qu’on écoute, c’est un sortilège qu’on subit lentement. PMBM, entité mi-humaine mi-concept, signe ici une œuvre à mi-chemin entre la prière et le poison — un rap spectral, chargé de sensualité malade, qui dissèque la fascination du matérialisme sans jamais la juger.
Le titre s’ouvre sur un souffle presque religieux. Une ligne de basse discrète s’étire comme une caresse, la batterie s’efface dans le lointain, laissant la voix — désincarnée, lascive, presque androgyne — occuper tout l’espace. PMBM murmure l’addiction à l’argent comme d’autres confessent un adultère : sans fard, mais avec cette lucidité désespérée de ceux qui ont trop vu. Le texte oscille entre le charnel et le spirituel, l’obsession de posséder et le vertige d’être possédé.
Ce qui fascine ici, c’est le dosage : un équilibre chirurgical entre trap ralentie et spoken word hypnotique. On sent l’influence d’artistes comme Dean Blunt, Ghostemane ou Sevdaliza, mais PMBM ne copie personne. Il creuse sa propre mythologie — celle d’un poète des ruines digitales, un prêcheur paumé dans les néons d’une ère sans foi. Les mots frappent doux, mais restent. “Money Honey” devient une incantation sensuelle et vénéneuse, un mantra pour les cœurs vides et les âmes lucides.
L’univers visuel — entre l’anonymat du masque et la dévotion d’un rituel — prolonge cette impression d’être face à une entité plus qu’à un artiste. PMBM, c’est peut-être un collectif, un pseudonyme, une chimère ; peu importe. Ce qui compte, c’est ce qu’il fait résonner : ce malaise moderne, ce désir d’amour qui s’échoue toujours sur les côtes du pouvoir et du profit.
Money Honey n’est pas un sermon. C’est un vertige lent, un moment suspendu dans lequel chaque beat semble se dissoudre dans l’air, comme un parfum trop cher sur une peau fatiguée. C’est la bande-son d’une époque où tout brille un peu trop, où l’on prie des idoles de papier-monnaie en espérant, au fond, qu’elles s’effondrent. Et dans ce chaos doré, PMBM réussit à faire l’impossible : rendre la chute terriblement belle.
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octobre 20, 2025La tête penchée, les paupières mi-closes, on dirait presque un vieux rêve du hip-hop qui s’invite dans un vaisseau spatial. UFO de Memnoc, accompagné de Kail Problems, flotte entre deux dimensions : le bitume californien et la stratosphère du son. On entend l’héritage d’un rap des années 90 — sec, organique, respirant la poussière des MPC — mais traversé d’un groove cosmique, d’une vibration néo-soul qui fait danser les étoiles.
Memnoc, producteur et rappeur venu de Palmdale, compose comme on bricole une machine à voyager dans le temps. Ses beats sentent le vinyle chaud, mais ses synthés, eux, regardent vers demain. UFO, c’est la collision élégante de ces deux pôles : l’underground et le céleste. Le morceau décolle sur une boucle hypnotique, une basse qui ronronne comme un moteur spatial, et un flow à la précision chirurgicale, presque désabusé. La voix glisse sans forcer, posée, confiante, comme si elle observait le monde d’en haut.
Le featuring de Kail Problems ajoute une teinte d’urgence, une respiration plus terrienne dans cet ensemble planant. Le contraste entre les deux artistes fonctionne comme un écho : Memnoc regarde le ciel, Kail regarde la rue, et quelque part entre les deux se forme cette tension magnétique. Leurs mots s’entrechoquent sans fracas, dans une gravité douce, comme deux satellites qui s’effleurent.
Ce qui fascine ici, c’est cette maîtrise du silence. Les interstices entre les beats, les respirations, tout semble pensé pour laisser le son respirer, pour faire exister la vibration pure. Ce n’est pas un rap bavard. C’est un rap qui contemple. On pense à Madlib, à The Alchemist, à ces artisans qui transforment la lenteur en intensité. UFO n’explose jamais, il s’élève — lentement, sûrement, jusqu’à disparaître dans une apesanteur parfaite.
Sous la surface, Memnoc parle du temps, du doute, de l’errance. Mais il le fait sans pathos. Tout est là, tapi dans le groove, dans cette élégance minimaliste. UFO agit comme une hallucination tranquille, un mirage sonore où l’on se surprend à flotter, loin du rap à outrance, loin des postures. C’est le son d’un homme qui a trouvé son espace intérieur et qui nous invite à y dériver.
Et quand le morceau s’éteint, on se retrouve face à un silence lourd, un peu comme après un rêve trop vrai. UFO, ce n’est pas juste un titre : c’est une trajectoire. Celle d’un producteur qui fait du boom bap un art de la lévitation.
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octobre 20, 2025Ce n’est pas un rap de façade, ni un texte qui cherche la punchline à tout prix. Let Go de Steve Poet, c’est une plaie qui parle, un instant suspendu entre lucidité et tendresse. Pas de grand fracas, pas de flow acrobatique, juste une voix d’homme qui raconte la fin — celle d’un amour, d’une illusion, d’un équilibre. Une rupture vue non pas comme un drame mais comme une délivrance silencieuse, presque spirituelle.
Steve Poet porte bien son nom. Chez lui, le hip-hop se tisse de mots simples, mais lourds de vécu. Il raconte l’amour sans filtres, sans vernis, dans cette tradition britannique du spoken word qui privilégie la vérité brute au clinquant du flow. Le morceau glisse sur une production minimale : quelques nappes douces, une rythmique feutrée, et cette basse discrète qui pulse comme un souvenir qu’on n’arrive pas à éteindre. Il y a du James Blake dans l’air, mais avec les deux pieds solidement ancrés dans la rue — là où le romantisme n’est jamais naïf, juste tenace.
Ce qui émeut ici, c’est le calme. L’absence de colère. Steve ne règle pas ses comptes, il se libère. “Let Go” n’est pas une injonction à l’autre, mais à soi-même. On y sent la fatigue d’avoir trop donné, l’amertume douce des matins après la tempête, et surtout, cette beauté fragile de ceux qui acceptent de ne plus se battre pour retenir ce qui s’effrite.
Le flow, presque parlé, a la pudeur d’un journal intime. Il raconte sans performance, mais chaque mot trouve sa place exacte, comme s’il pesait sur la langue avant de tomber. C’est un rap d’équilibre, de respiration, un morceau qui réconcilie l’émotion et la forme — à mille lieues des narrations artificielles qu’on croise trop souvent.
Dans Let Go, on entend un homme qui parle à son reflet, pas à son public. C’est ce qui rend ce titre si déchirant. Il ne cherche pas à convaincre, il cherche à comprendre. Et quelque part, dans cette honnêteté désarmée, Steve Poet touche à ce que le hip-hop britannique fait de plus rare aujourd’hui : de la poésie, sans majuscules, sans gimmick, juste une vérité nue posée sur un tempo fragile.
On sort du morceau un peu comme après un adieu bien dit — vidé, apaisé, avec ce goût doux-amer d’avoir entendu quelqu’un dire ce qu’on n’a jamais su formuler. Let Go, c’est le contraire d’un cri : c’est un souffle qui pardonne.
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octobre 20, 2025Le premier impact, c’est cette basse. Une onde froide, presque clinique, qui traverse la pièce comme une menace polie. Puis SUBR€ME entre, sans fracas, sans posture. Sa voix se faufile, calme mais coupante, dans un allemand qui ne cherche pas à séduire. Il n’interprète pas : il tranche. John Wick n’est pas une chanson, c’est une présence. Celle d’un rappeur autrichien qui fabrique son monde de ses propres mains, seul, dans un appartement transformé en bunker sonore.
Tout ici respire le fait maison, mais rien n’a l’air amateur. On sent la rigueur du solitaire, celui qui s’est enfermé pour apprendre à tout faire : produire, écrire, mixer, survivre. Dans ce DIY rageur, il y a quelque chose d’admirablement pur — une urgence qui ne cherche pas à briller, mais à être entendue, juste une fois. John Wick, c’est la revanche d’un type qui n’a pas besoin d’équipe pour exister. Il tire son beat comme on dégaine un flingue : précis, sans trembler.
Le morceau tient dans une tension fragile, presque cinématographique. On croit entendre le reflet métallique de la ville derrière les basses, la mélancolie d’une Europe nocturne, entre pluie et néons. SUBR€ME fait du drill, oui, mais un drill introspectif, qui regarde plus vers l’intérieur que vers la rue. Pas de vantardise, pas d’artifice. Juste un gamin viennois face à ses fantômes, transformant la fatigue du réel en pulsation.
La référence à John Wick n’est pas un hasard. Le personnage du film tue pour retrouver ce qu’on lui a volé : la paix. SUBR€ME, lui, rappe pour la même raison. Sa voix ne cherche pas à dominer, mais à purger. Chaque syllabe est un exorcisme, chaque silence une respiration avant la prochaine rafale. Dans ce chaos froid, il y a de la tendresse — celle de quelqu’un qui ne veut pas plaire, mais survivre à sa propre lucidité.
Et puis tout s’arrête, abruptement. Deux minutes trente, pas plus. Comme une balle tirée dans un couloir vide. Tu restes là, le cœur un peu bloqué, à te demander pourquoi ça t’a remué autant. Peut-être parce que SUBR€ME ne joue pas au rappeur, il joue sa vie. Et dans John Wick, c’est bien elle, sa vérité brute, qu’il abat sur le tempo.
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octobre 20, 2025On dirait un lever de soleil qui s’étire à travers un hublot d’avion — une lumière pâle, suspendue, à mi-chemin entre la nostalgie et la délivrance. No Pain est ce genre de morceau qui te saisit sans prévenir, pas par sa force, mais par sa clarté. Une clarté rare, presque désarmante. Modern Living, Sumner et Cosmo’s Midnight y inventent un espace où la pop devient liquide, où les beats se fondent dans des paysages de synthés comme des souvenirs dans la peau.
Le titre est né d’une coïncidence presque divine, une synchronicité que seule la musique sait provoquer : une chanson découverte à la radio, un message envoyé sur un coup de cœur, et soudain, une alchimie. On ressent cette spontanéité dans chaque seconde du morceau — cette sensation d’avoir capté quelque chose de pur, d’instinctif, de miraculeusement fluide. Pourtant, derrière cette apparente simplicité, on devine le labeur : des nuits blanches, des échanges sans fin, des doutes effleurés, des versions effacées. No Pain n’est pas une illumination soudaine, c’est une évidence forgée à la sueur et au hasard.
Ce qui frappe d’abord, c’est le groove aérien, à la fois dansant et introspectif. Cosmo’s Midnight insuffle cette rythmique brillante et ciselée, comme une onde qui frôle la peau. Sumner, lui, prête sa voix d’ange cabossé — un chant fragile mais sûr de lui, flottant au-dessus des nappes analogiques de Modern Living. L’ensemble évoque un rêve éveillé, entre le chill d’un Empire of the Sun, la mélancolie feutrée d’un M83 et la sensualité hédoniste d’un Disclosure à la dérive.
Mais No Pain ne se contente pas de séduire. Il apaise. C’est une chanson qui efface la pesanteur, qui transforme la douleur en pulsation douce. À mesure qu’elle avance, tout semble s’alléger : le cœur, la tête, le monde autour. Ce n’est pas une fuite, c’est une suspension. Un moment suspendu, presque sacré, où l’on se rappelle que la musique peut encore soigner sans prétendre guérir.
Modern Living et ses complices livrent ici un hymne paradoxal — mélancolique et euphorique, vintage et futuriste, humain et synthétique. No Pain est la preuve que la perfection n’est pas dans le contrôle, mais dans la vibration partagée, ce point de grâce où tout clique soudainement, sans qu’on sache pourquoi. Une chanson à écouter les yeux fermés, en imaginant un monde où, juste pour un instant, rien ne fait mal.
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octobre 20, 2025Il y a dans Push cette vérité que beaucoup d’artistes esquivent : celle de l’épuisement. Leo Tea ne rappe pas pour briller, il rappe pour respirer. Dans ce morceau, il ne cherche pas le flow parfait ou la punchline héroïque. Il cherche le souffle. Le sien, celui de ceux qui peinent à sortir du lit, qui traînent leur fatigue comme une seconde peau, et qui pourtant, au fond, n’ont jamais cessé de se battre.
Le titre s’appelle Push, et tout est dit. Pousser contre la lourdeur du monde, contre les effets secondaires, contre soi-même. Leo Tea transforme la lenteur en énergie, le doute en rythme, la survie en style. Son trap, loin des clichés du genre, est minimal, introspectif, presque ascétique. Chaque kick semble peser une tonne, chaque note tombe avec la gravité d’un réveil brutal après une nuit sans rêve. La production, épurée mais dense, rappelle les travaux les plus mélancoliques de Rod Wave ou d’un 6LACK sous sédatif.
Mais là où d’autres se noient dans le spleen, Leo Tea construit un espace. Un refuge sonore, un halo de sincérité brute où la vulnérabilité devient muscle. Sa voix, à la fois lasse et insistante, porte quelque chose d’humainement bancal, presque tremblé — ce timbre qu’ont les gens qui ne prétendent plus rien. Et pourtant, dans cette fragilité, tout pulse : la lumière revient, doucement, par vagues.
Ce qui frappe, c’est la pudeur. Push ne s’apitoie jamais. Leo Tea évoque les médicaments, la fatigue, le poids du quotidien, sans fard ni pose. C’est un journal de bord livré dans un souffle, sans effet de manche. La structure du morceau elle-même semble reproduire ce cycle : descendre, chuter, puis remonter lentement, avec ce beat qui ne lâche jamais, obstiné, comme un cœur qui refuse d’arrêter de battre.
À une époque où le rap s’use souvent à vouloir paraître invincible, Push choisit la fragilité comme arme de résistance. C’est un morceau pour les battants silencieux, pour ceux qui n’ont pas besoin de hurler pour exister. Leo Tea leur tend un miroir — et dans ce miroir, ce n’est pas la gloire qu’on voit, mais la simple dignité de continuer.
Push, c’est le rap du matin après la tempête : celui qui n’explose pas, mais qui persiste, en silence, à avancer.
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octobre 20, 2025Ce morceau pulse comme une artère en pleine nuit. Drip n’est pas un titre house de plus, c’est une descente lente et fiévreuse dans ce que la musique électronique a de plus charnel. Maxi Meraki et Yannick Mueller s’y rejoignent comme deux alchimistes nocturnes, distillant un groove si dense qu’il en devient presque tangible. C’est moite, liquide, contrôlé jusqu’à la transe — un morceau pensé pour les corps, pas pour les playlists.
Dès les premières secondes, la basse impose son territoire : ronde, lourde, hypnotique. Elle avance comme un animal sûr de lui, cherchant sa proie sous la lumière stroboscopique. Le beat, lui, respire la vieille école — un écho des sets berlinois d’avant l’aube, où chaque drop est vécu comme une révélation silencieuse. Mais ce qui rend Drip irrésistible, c’est sa tension permanente : une ligne entre la sophistication mélodique du deep house et la sueur brute du warehouse.
La signature Meraki est là, évidente, dans cette façon de bâtir un climax sans explosion. Le morceau ne cherche pas à séduire, il s’infiltre. Chaque layer s’installe avec une précision chirurgicale, comme un battement de cœur qui trouve sa fréquence parfaite. Et soudain, la voix surgit — sensuelle, distante, presque spectrale — un murmure qui flotte sur les synthés comme un souffle dans la nuque. On ne sait pas d’où elle vient, mais on la suit aveuglément.
Yannick Mueller apporte à l’ensemble une patine suisse, fine et méthodique. On devine l’ingénierie derrière le frisson : les transitions millimétrées, la spatialisation pensée comme un jeu d’ombres, la montée qui se retient juste assez pour frustrer. C’est un morceau d’initiés, de ceux qu’on comprend vraiment à 3h47, quand les mots ont disparu et que la musique parle seule.
Dans un monde où la house devient parfois une caricature de ses propres excès, Drip rappelle la beauté du minimalisme organique, celle qui fait suer sans hurler. C’est une méditation en mouvement, un lent dégoulinement d’énergie pure. Et quand le morceau s’éteint, on reste suspendu, haletant, avec cette impression d’avoir effleuré quelque chose de vital — la pulsation du monde, capturée dans un groove.
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octobre 20, 2025Ce morceau donne l’impression d’assister à une métamorphose en direct — une coulée de lumière qui se tord dans la matière sonore avant d’éclater en cascade. Waterfalls n’est pas une chanson, c’est un lâcher-prise, une prière murmurée à l’eau qui nettoie tout sans jamais s’excuser. Blooming Fire y signe une œuvre hybride, entre transe psychédélique et manifeste spirituel, quelque part entre les élans d’un Alt-J mystique et les pulsations telluriques d’un Massive Attack sous acide doux.
La première écoute est trompeuse : tout semble simple, fluide, comme une respiration en apnée. Mais à mesure que les nappes s’épaississent, une tension affleure, un frisson souterrain qui rappelle que la pureté est toujours violente à atteindre. Les voix, mi-charnelles mi-célestes, glissent sur une production dense, chargée d’éléments organiques et électroniques. C’est comme si la nature s’invitait dans la machine, un peu comme si Björk avait laissé tomber son volcan pour nager dans une rivière de néons.
Le texte, sans donner de leçon, fait l’effet d’un mantra : “let it go” — mais ici, l’abandon n’a rien d’un renoncement. Il s’agit d’un retour, d’une réconciliation avec le chaos. On sent que le groupe — éco-conscient jusque dans sa fibre sonore — ne prêche pas un idéal mystique, mais une guérison terrestre. La musique devient alors un écosystème à part entière : percussions tribales, basse pulsée comme un cœur en méditation, guitares liquides, synthés qui scintillent comme des insectes au crépuscule.
Ce qui impressionne, c’est la maîtrise du contraste : tout est à la fois minimal et foisonnant, introspectif et collectif. Waterfalls respire la communauté, le rituel partagé, la transe douce des corps en éveil. Et pourtant, au centre de cette effervescence, subsiste une solitude lumineuse — celle de celui qui apprend enfin à ne plus lutter contre le courant.
Blooming Fire, avec cette pièce, ne cherche pas à faire danser le monde : il le réaccorde. Waterfalls n’est pas un single à écouter, c’est une expérience à traverser — une immersion dans la matière sonore de la résilience. À la fin, on ressort plus calme, un peu changé, comme après une pluie d’été : trempé, mais vivant.
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octobre 20, 2025On dirait le souvenir d’une nuit sans air, d’un instant suspendu entre la honte et le plaisir. First Last Time n’est pas une chanson sur la dépendance. C’est une chanson sur l’illusion d’en être sorti. Malaki y raconte ce moment précis où l’on croit maîtriser le vertige, où la main tremble encore mais s’avance, où le cœur dit non et la peau dit encore. Tout est dit dans le titre : le “dernier premier coup”. Cette boucle infinie que l’on dessine sans s’en rendre compte, persuadé que la prochaine fois sera vraiment la dernière.
La voix de Malaki ne confesse rien — elle constate, comme un témoin détaché de lui-même. Elle ne supplie pas, elle flotte. Il y a dans sa diction quelque chose de si fatigué qu’elle en devient belle. On entend la fragilité d’un corps qui s’habitue à la brûlure. Le morceau s’ouvre comme une caresse et finit en mirage, porté par une production d’une élégance trompeuse. Le beat pulse mollement, les guitares ondulent, la lumière s’invite sans jamais chasser l’ombre. Tout semble feutré, comme si la douleur devait se dire à voix basse.
Ce que Malaki parvient à faire ici, c’est cette chose rare : rendre la chute hypnotique. Il parle de vice comme on écrirait une lettre d’amour qu’on n’enverra jamais. Pas de leçon, pas de morale, seulement le regard cru d’un gamin irlandais qui a compris trop tôt que la rédemption n’existe pas sans rechute. On pense à King Krule pour la rugosité poétique, à Loyle Carner pour la mélancolie qui respire sous la pudeur. Mais Malaki ne copie personne : il avance sur sa propre corde raide, entre tendresse et vertige.
Le morceau a la douceur d’une cicatrice polie par le temps. On y danse à pas lents, comme sur le fil d’un souvenir qu’on redoute autant qu’on chérit. Et quand la chanson s’éteint, il reste cette impression étrange : celle d’avoir entrevu, le temps d’un souffle, la beauté sale de ceux qui retombent encore — et qui, contre toute attente, se relèvent juste assez pour en faire de la musique.
First Last Time, c’est le murmure d’un type qui ne cherche plus à guérir, mais à comprendre pourquoi la douleur sonne si juste quand on la chante. Une confession à peine murmurée, mais d’une sincérité brûlante.
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octobre 20, 2025Malaka à Woodstower, deux voix pour un seul vertige 🤯
Ça démarre en confidence, ça finit en chœur. Harmonies serrées, guitares qui grésillent juste ce qu’il faut, drums qui remontent la température de la pelouse. On a senti la fosse basculer au même moment: téléphones en apnée, regards qui se répondent, refrains adoptés en trois mesures. Pas de grand geste, juste l’évidence — quand la douceur décide de taper fort 🔥
La scène s’éteint, la réverb’ reste. On repart plus léger, avec un bout d’écho coincé dans la gorge et l’envie d’y retourner demain. Si t’y étais, tu sais; si t’y étais pas, passe en carrousel: on a gardé les étincelles ✨
👋🏽@malaka_sl
📍@woodstower_
#festival #woodstower #concert #lyon
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octobre 16, 2025Un cri traverse la fumée, une rythmique se cabre, des éclats de rire s’échappent d’un chaos maîtrisé : Les fantômes peuvent danser commence comme une déflagration joyeuse, une farce enflammée sur les ruines du sérieux. Ibou et Chictyp n’essaient plus de convaincre — ils s’autorisent simplement à exister. Et c’est précisément cette insouciance retrouvée qui rend leur proposition si magnétique.
Tout, dans cette chanson, transpire la nécessité. Pas celle de réussir, mais celle de respirer à nouveau. On imagine la scène : deux potes, des objets à casser, des idées qui s’entrechoquent, un décor qu’on détruit parce qu’on en a marre de l’habiter. Le son est dense, nerveux, presque animal. Une basse tendue, une mélodie qui s’accroche au vide, une urgence à vivre enfin sans scénario. Ce n’est pas une performance, c’est une libération filmée, et elle suinte la vérité.
Le clip, signé Chictyp, embrasse le désordre comme un geste artistique à part entière. Il ne cherche pas la beauté, il la provoque. Des ralentis absurdes, des flammes monumentales, des regards qui éclatent de sincérité : on se croirait dans un rêve de pyromane bienveillant. Derrière cette apparente anarchie, quelque chose de très doux émerge — une réconciliation entre l’artiste et l’enfant qu’il a laissé derrière lui.
Ibou, longtemps obsédé par la rigueur, lâche enfin prise. Son chant devient matière brute, ses mots se frottent à la poussière, son énergie se déploie sans filtre. Les fantômes peuvent danser, c’est la fin du contrôle, le moment où le feu devient outil de renaissance. On pense à Bashung qui aurait rencontré Feu! Chatterton dans un squat en pleine crise existentielle, à ces instants rares où la musique ne cherche plus à séduire mais à survivre.
Ce qui se joue ici dépasse la simple chanson : c’est un manifeste intime, une déclaration d’indépendance contre le cynisme et la peur du ridicule. Ibou & Chictyp transforment la chute en chorégraphie, la fatigue en fête, la frustration en art populaire. Dans le vacarme, on entend quelque chose de tendre : l’envie de recommencer, autrement.
Les fantômes peuvent danser, c’est l’éclat du verre quand on arrête de trembler. Un morceau qui rappelle que l’émotion n’a pas besoin d’être polie pour toucher, qu’un cri sincère vaut tous les arrangements du monde. On en sort décoiffé, un peu ému, et surtout vivant.
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octobre 16, 2025On ne tombe pas sur JUPITER d’Alessa XO. On s’y échoue. Comme un astronaute qui aurait coupé les moteurs pour mieux se laisser dériver. Ce morceau est une atmosphère, une planète vivante, un mirage sonore où chaque note semble respirer un peu d’apesanteur.
Alessa ne chante pas, elle gravite. Sa voix ne cherche pas à convaincre, elle hante l’espace entre deux silences, là où la langue cesse d’être un outil et devient vibration pure. Tout dans JUPITER semble se dilater : le temps, l’émotion, la mémoire. On sent la solitude de l’artiste pendant les mois de confinement, mais surtout la transmutation poétique de cet isolement en une forme de lumière. C’est une chanson née d’un repli, mais qui sonne comme une évasion.
Le morceau s’ouvre comme un rêve au ralenti — nappes synthétiques, pulsations lentes, souffle suspendu. Puis la mélodie s’élève, fragile et souveraine, jusqu’à engloutir tout ce qui l’entoure. On pense à une collision entre les textures glacées de James Blake et la sensibilité en clair-obscur d’Imogen Heap. Alessa XO compose des paysages plus qu’elle ne raconte des histoires : ici, le son devient architecture émotionnelle. Chaque couche sonore — un synthé, une respiration, une réverbération — participe à la construction d’un monde clos, presque sacré.
Mais JUPITER ne se résume pas à sa beauté planante. Derrière la perfection cristalline se cache une faille, une tension sous-jacente : celle de l’amour qui attire et consume, de la gravité affective dont on ne s’échappe jamais vraiment. C’est une chanson sur le vertige d’aimer, sur la lente dérive des corps et des esprits autour d’un centre de gravité qu’on ne contrôle pas.
Et puis, il y a cette dimension presque cinématographique : Alessa XO, actrice autant que chanteuse, compose des images plus que des refrains. Son JUPITER est un film intérieur, tourné dans la chambre noire de l’intime. Le clip, filmé à Klagenfurt, ajoute à cette impression d’entre-deux : une planète natale transformée en décor spectral, un souvenir qui persiste comme une étoile morte encore visible.
Alessa XO signe ici une œuvre rare — ni tout à fait pop, ni vraiment électronique — mais suspendue quelque part entre la confession et la constellation. JUPITER n’est pas une chanson qu’on écoute : c’est une sensation qu’on traverse, un vertige doux, un champ de gravité émotionnelle dont on ressort un peu ivre, un peu changé.
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octobre 16, 2025Il y a dans TeenageAngst cette fureur adolescente qu’on croyait disparue, cette brûlure que rien n’apaise, pas même les années ou la lucidité. BruceBan$hee en fait son carburant, son poison et sa délivrance. Ce n’est pas un EP, c’est une décharge électrique, une montée d’adrénaline pure, un cri coincé entre les dents. On y retrouve l’énergie d’un gamin enfermé dans sa chambre, qui balance son cœur contre les murs pour voir s’il bat encore.
Dès Finger Food, tout explose. Deux minutes d’uppercuts sonores où les riffs déchirent l’air comme des lames. Ce n’est pas poli, pas mixé pour la radio : c’est brut, nerveux, sauvage. BruceBan$hee rappe et hurle à la fois, comme si chaque syllabe devait lui coûter un morceau d’âme. La tension ne redescend jamais, elle se transforme. WooHoo! surgit ensuite, pur chaos euphorique, pogo digital entre punk et trap. On a envie de sauter partout, de rire, de pleurer, de tout casser avec lui.
Mais c’est dans Dark Woods que le vernis craque : les ombres s’épaississent, le tempo ralentit, la voix devient spectrale. On dirait un cauchemar raconté les yeux ouverts, un moment suspendu entre rage et effondrement. BruceBan$hee y étire le silence, le malaxe, le rend presque beau.
Et puis, sans prévenir, Snow California éclaire l’horizon : un paradoxe givre et soleil, un mirage de jeunesse dorée qui se fissure sous la réalité. L’artiste y peint le rêve américain comme une plage en plastique, magnifique et fausse. FML (Blunts n Gold) relance la tempête, mélange d’hédonisme et de désenchantement : le genre de morceau qu’on écoute à fond à 3h du matin, en jurant qu’on s’en fout alors qu’on meurt un peu.
Puis arrive StrawBerry Blues, plus tendre, presque sucré. L’angoisse s’y dissout dans une langueur douce, un spleen rose bonbon. On sent l’influence de Mac Miller, mais dans une version plus lo-fi, plus punk sentimental. KIDS! reprend les armes : un hymne à la survie, à la désinvolture tragique. “On est jeunes, on est paumés, mais au moins on brûle ensemble”, semble dire chaque note.
La dernière pièce, Without You, laisse un goût de sel sur la langue. C’est la gueule de bois de l’âme, le moment où la fête s’éteint et qu’on se retrouve seul avec ses fantômes.
BruceBan$hee recrée la bande-son d’une génération qui avance dans la nuit avec le feu dans les veines. Teenage Angst est une œuvre courte mais totale, un car crash émotionnel entre Nirvana et Lil Peep, entre l’envie de mourir et celle de vivre trop fort. C’est une morsure, une chute libre, un baiser sur le bitume.
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octobre 16, 2025Le morceau débute comme une confession à mi-voix dans un bar à moitié vide, un soir de pluie où même le comptoir semble fatigué. Une guitare râpe le silence, une batterie secoue la poussière du quotidien, et la voix de Phil Roman entre, rugueuse, humaine, sans fard. Piggy Bank Blues n’est pas un cri de colère ni un chant de lamentation. C’est un blues de survie, un souffle chaud dans le froid du mois, une manière de dire “je tiens encore debout” quand tout autour vacille.
Blues Corner n’imite pas le blues, il le ressuscite dans le présent. Le duo formé par Phil et Seb Oroval ne joue pas pour le prestige ni la nostalgie : il joue pour le besoin vital de dire, pour cette nécessité instinctive de traduire la vie en sons. Leur musique vient du ventre, pas du musée. Elle parle de dettes qu’on ne remboursera jamais, d’usines intérieures qui tournent en continu, d’amitiés solides comme les riffs qui les portent. Piggy Bank Blues, avec son tempo fauve et ses guitares qui grincent comme des nerfs à vif, trace une ligne droite entre la tradition de Chicago et le chaos contemporain des existences modernes.
Dans cette chanson, tout respire la vérité du studio : la chaleur du bois, la sueur du jeu, la tension du micro qui capture plus que des notes — un état d’âme. Fred Chapellier et Marco Cinelli y déposent leur savoir-faire sans jamais trahir l’essence : un blues nu, vibrant, presque animal. On pourrait presque voir les musiciens jouer, serrés dans une pièce trop petite, les regards croisés, les doigts trempés de sincérité.
Roman, revenu d’une carrière rangée pour plonger dans la déraison du son, chante comme un homme qui a vu passer la tempête et qui en garde le goût sur la langue. Oroval, lui, joue comme s’il cherchait à apprivoiser le tonnerre. Ensemble, ils font du blues une matière vivante, brûlante, qui n’appartient à personne mais parle à tous.
Piggy Bank Blues ne cherche pas à consoler. Il accompagne, il porte, il rappelle que même au fond du trou, le rythme continue, que le corps trouve toujours une façon de battre la mesure. Le blues de Blues Corner ne regarde pas le passé avec nostalgie : il marche vers l’avenir, les mains sales et le cœur ouvert, persuadé que tant qu’on a un groove, on n’est jamais tout à fait perdu.
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octobre 16, 2025Il y a dans Arm Wrestling Jesus cette urgence animale, cette jubilation brute qu’on retrouve rarement aujourd’hui, quand la musique ne cherche pas à plaire mais à vivre. Nashville Phil ne compose pas des chansons, il crache des éclats de vie. Son nouveau morceau est un fragment incandescent de rockabilly halluciné, à la croisée du punk et de la prière, un duel en sueur entre la chair et le sacré. Cent secondes seulement, mais un siècle condensé d’énergie, de désillusion et d’ironie céleste.
Tout commence dans un grondement. Une batterie qui claque comme un portail de grange, une contrebasse qui galope, une pedal steel qui brûle au soleil, et cette guitare télécaster – nerveuse, tranchante, comme si elle voulait ouvrir le ciel à coups d’accords. Phil entre en scène non pas pour chanter mais pour éructer, déclamer, trahir l’idée même de mesure. Il y a dans sa voix un éclat de rire qui a vu la mort, une sincérité qui ne cherche plus la beauté mais la vérité nue, même quand elle gratte, même quand elle pue le cambouis.
Le morceau parle d’un homme – ou peut-être de tous les hommes – qui ose défier Dieu. Pas pour le renier, non. Pour voir s’il est encore là, quelque part, dans le vacarme. Ce bras de fer avec le divin n’est pas une provocation, mais une danse. Une danse avec la foi, avec le doute, avec le ridicule même. Et c’est précisément là que réside la grandeur du titre : dans ce mélange improbable de rage, d’humour et de lucidité.
On sent l’ombre des Ramones, l’esprit d’Eddie Cochran, la poussière d’Oklahoma. Mais Phil n’imite personne. Il s’en fout des genres, des catégories, des algorithmes. Son rock, c’est celui des marges, des cabarets poisseux et des cœurs cabossés. Un rock d’après la fin du monde, où la seule vérité qu’il reste, c’est celle qu’on hurle les yeux fermés.
Et quand le morceau s’achève, abruptement, comme s’il s’était lui-même épuisé, il laisse un silence épais derrière lui. Un silence plein de rires, de doutes, de ciel et de poussière. Arm Wrestling Jesus n’est pas un single, c’est une morsure, un ex-voto électrique pour les vivants. Nashville Phil n’a pas besoin de couronne ni de royaume. Il a trouvé son salut dans le vacarme — et bordel, ça fait du bien.
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octobre 15, 2025Sous les stroboscopes mentaux de Neurolapse, l’électronique devient un acte de survie. No Crown No Kingdom n’est pas un simple morceau de club : c’est une échappée vers la lumière, un cri muet d’indépendance lancé depuis le cœur du chaos. Derrière le pseudonyme se cache un homme qui n’a cessé de tomber et de renaître — de la salle de classe à l’hôpital, de la dialyse à la scène — et qui a choisi la musique comme son moyen le plus honnête de rester debout.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette tension magnétique entre l’ombre et l’extase. Le morceau s’ouvre sur une basse qui gronde comme une menace sous la peau, un battement lourd et circulaire qui semble vouloir engloutir le reste du monde. Les percussions s’installent, précises, implacables, sculptant un espace souterrain où chaque frappe résonne comme une libération. On y sent l’ADN du progressive house le plus viscéral — celui de Sasha, de Deadmau5 ou d’Eric Prydz — mais retravaillé avec une humanité presque maladroite, terriblement touchante.
Puis viennent ces synthés atmosphériques, suspendus entre mélancolie et euphorie, tissant des halos de lumière dans la pénombre. Ils rappellent que même dans les nuits les plus denses, il y a toujours cette ligne fine d’espérance, cette envie presque physique de se relever. La voix, éthérée et lointaine, ne cherche pas à dominer le beat : elle flotte au-dessus, comme un mantra. No crown, no kingdom. Un slogan pour celles et ceux qui décident de régner sur eux-mêmes.
Ce morceau, Neurolapse ne l’a pas simplement produit — il l’a vécu. On devine derrière la pulsation hypnotique une autobiographie compressée, celle d’un homme qui a appris à transformer la contrainte en création. Sa musique ne prétend pas à la perfection, elle respire la sincérité brute, celle des autodidactes qui bricolent avec leurs émotions comme d’autres avec des machines. On pense à l’idée même de la « musique fonctionnelle » : ici, la fonction, c’est la délivrance.
No Crown No Kingdom ne fait pas danser pour oublier. Il fait danser pour comprendre, pour se réapproprier son souffle après l’oppression, pour hurler sans faire de bruit. C’est un titre de libération autant qu’un manifeste intime, un pont tendu entre la solitude du studio et la sueur d’un dancefloor. Neurolapse signe ici un morceau profondément humain, là où la machine devient enfin un prolongement du cœur.
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octobre 15, 2025Kane Luke n’écrit pas de chansons d’amour, il les désosse. Sous son alias The New Citizen Kane, il ne chante pas la romance mais l’après, l’écho qui s’étire quand les corps se taisent et que les regards continuent de parler. I Don’t Need To Say et Eyes Wide Shut sont deux chapitres d’un même roman électrique : celui où la passion s’éteint à force de brûler trop fort, où la vérité devient un reflet sur une vitre embuée.
I Don’t Need To Say commence comme une respiration. Le synthé s’ouvre lentement, une pulsation régulière s’installe, presque rassurante, comme une main posée sur la nuque. On sent le temps se dilater, les battements s’espacer. Ce n’est pas une déclaration, c’est une continuité : la façon dont l’amour mature devient silence, présence, compréhension tacite. Kane Luke y construit une architecture de verre et de lumière, un espace où les émotions sont contenues mais jamais étouffées. Il fait ce que peu d’artistes osent encore faire : capturer le calme après le feu.
Mais ce calme n’est qu’un prélude à la chute. Eyes Wide Shut entre comme un poison discret. La basse, épaisse et reptilienne, s’infiltre dans le corps, les nappes électroniques se resserrent jusqu’à créer une tension presque physique. On est dans la chambre d’un amour malade, entre lucidité et abandon. Ce morceau transpire la contradiction : le désir comme une plaie, la lucidité comme un vertige. On pense à Depeche Mode, à James Blake, à cette manière de rendre la douleur presque élégante.
Kane Luke navigue entre ces deux pôles — l’amour sincère et la dépendance maquillée en passion — avec une précision chirurgicale. Il ne cherche pas à séduire, mais à mettre à nu. Dans sa voix, dans ses textures sonores, il y a quelque chose d’à la fois clinique et sensuel, un équilibre rare entre maîtrise et fragilité. I Don’t Need To Say et Eyes Wide Shut fonctionnent comme les deux extrémités d’un même câble : l’un porte la lumière, l’autre conduit l’orage.
À l’écoute, on a la sensation d’être enfermé dans une bulle de verre qui se fissure doucement. Chaque son, chaque souffle, semble conçu pour rappeler que l’amour est un territoire instable : parfois un abri, souvent un champ de mines. Kane Luke signe ici non pas deux singles, mais deux confessions. Deux gestes humains, presque trop humains. Et au fond, c’est peut-être ça, la révolution silencieuse de Psychedelika Pt. 1 : rendre la complexité des sentiments à nouveau audacieuse, à nouveau belle.
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octobre 15, 2025On imagine Dave Macleod, quelque part dans un appartement londonien aux murs trop proches, gratouillant une guitare usée sous la lumière bleutée d’un après-midi pluvieux. Stay Inside, le premier EP de son projet trainboy, sonne comme une chambre qui respire encore la fumée froide des nuits blanches et le parfum tenace des souvenirs qui refusent de partir. Tout ici semble né d’un désordre beau, celui des émotions mal rangées, des amours trop tendres pour être dites, des jours qui s’effilochent dans la lumière grise de Kentish Town.
La chanson titre, Stay Inside, est une miniature parfaite. Deux minutes et vingt secondes de fragilité maîtrisée, où la voix de Dave flotte comme une buée sur une vitre. Ce n’est pas une injonction mais une confession : rester à l’intérieur, c’est peut-être la seule façon de ne pas se dissoudre dans la foule. L’intimité y devient une forme de résistance douce, un cocon contre la vitesse du monde.
Puis vient Handbags, chanson faussement anodine, à la manière des Velvet Underground époque Sunday Morning, qui transforme les gestes banals du quotidien en métaphores d’un désenchantement élégant. Green Tea, plus vaporeuse, glisse sur une ligne de basse nonchalante et un riff cyclique, évoquant les rêveries brumeuses d’un matin sans urgence. C’est la chanson qui te donne envie d’ouvrir la fenêtre juste pour écouter la pluie tomber sur les toits, cigarette à la main, sans rien attendre.
Rollercoaster change de ton : un up-tempo délicatement désaccordé, l’énergie d’un cœur qui bat plus fort qu’il ne le devrait. On y retrouve cette vibe 90’s à la Lemonheads, entre euphorie et lucidité, comme si trainboy nous rappelait que la mélancolie peut aussi danser. Next To Me ramène la lumière : un morceau suspendu, presque amoureux, où la voix s’effrite en même temps qu’elle caresse.
Et puis Rescue You ferme le rideau comme une berceuse post-rock minimaliste, un adieu sans drame, où la guitare semble murmurer « c’est bon, on peut s’aimer doucement maintenant ». On y sent l’écho de DIIV, Wet Leg, voire English Teacher, ces groupes qui savent habiller l’ennui de velours sonore et faire de la simplicité un manifeste.
Stay Inside n’essaie jamais d’en mettre plein la vue — et c’est précisément ce qui le rend précieux. Trainboy s’y tient à hauteur d’homme, sans effets de manche ni promesses tapageuses. C’est un disque de proximité, qui parle bas pour qu’on tende l’oreille, qui n’offre pas de certitudes mais des paysages intérieurs où se perdre un peu.
Un premier EP comme un carnet oublié sur une table de café, couvert de ratures et de fulgurances. Trainboy ne cherche pas à séduire : il observe, il confesse, il se tait. Et dans ce silence-là, tout devient musique.
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octobre 15, 2025Certains artistes écrivent pour exorciser. Fiona Amaka, elle, écrit pour exister — pleinement, sans détour, comme si chaque mot devait la réconcilier avec le monde. Honesty (Psalm 139) est un éclat d’âme, un geste de foi rendu presque charnel. On y entend la voix d’une femme qui n’a plus peur de se regarder dans le miroir, d’y voir ses failles et ses fulgurances, d’y lire ce lien mystérieux entre le doute et la grâce.
La chanson, d’une limpidité désarmante, s’ouvre comme une respiration. Guitare acoustique, cordes suspendues, espace autour de la voix : tout est pensé pour laisser l’émotion se déployer sans filtre. Fiona ne chante pas Dieu comme une entité lointaine, mais comme une présence intime, celle qui chuchote quand tout s’effondre. Et derrière cette sérénité, il y a une architecture subtile, une précision de l’écriture mélodique qui trahit une oreille exigeante. Le travail du producteur Andy Zanini, tout en nuances, épouse la clarté de sa voix sans jamais la dominer, tandis que le mixage de Los Angeles par Eric Sanicola lui offre cet éclat fragile, presque diaphane, qui flotte entre folk et soft rock.
Mais ce qui fascine surtout, c’est cette capacité à faire cohabiter la transcendance et le quotidien. Fiona Amaka chante la foi avec la même langue qu’elle utilise pour parler d’amour, de trahison ou de solitude — comme si l’intime et le spirituel étaient deux rivières qui finissaient toujours par se rejoindre. Dans ses inflexions, dans la manière dont sa voix tremble puis se redresse, on devine la mémoire de ses précédents morceaux : la blessure de No Daylight, la tendresse maladroite de Wingman, la lucidité de Different. Ici, tout semble avoir trouvé son point d’équilibre.
Honesty (Psalm 139), c’est un psaume moderne, écrit non pas pour le ciel mais pour l’humain, pour celui ou celle qui vacille. Un titre lumineux sans être naïf, qui préfère l’aveu à la perfection. En écoutant Fiona, on comprend que la foi — qu’elle soit religieuse, amoureuse ou artistique — n’est pas une réponse, mais une question à laquelle on accepte enfin de ne plus mentir.
Ce morceau est une offrande à la fois douce et radicale : une chanson qui ne cherche pas à convertir, mais à consoler. Et dans sa sincérité, dans cette manière d’allier humilité et intensité, Fiona Amaka atteint ce que bien des artistes poursuivent toute leur vie — une forme de vérité nue, chantée avec la voix tremblante d’une lumière qui sait d’où elle vient.
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octobre 15, 2025C’est un disque qui sent le sel, la rouille et le larsen. Homeworks de RedLight n’a pas été conçu dans un laboratoire numérique ou une cabine aseptisée. On devine les murs qui transpirent, la table de mixage qui grésille, la guitare qu’on réaccorde entre deux prises. C’est un album qui respire l’huile de coude et la sincérité — une œuvre artisanale, née dans les collines du Rove, quelque part entre la mer et la fureur.
RedLight, c’est un quatuor marseillais qui avance à contre-courant depuis près de vingt ans. Dapé, Londres, Guy et Seb ne cherchent pas la modernité : ils la réinventent à partir des éclats du passé. Leur musique porte les stigmates d’une adolescence bercée par Pearl Jam et The Cure, mais ils la tordent, la dépoussièrent, la saturent jusqu’à lui rendre sa chair. Dans Homeworks, on entend le rock se débattre avec lui-même, tiraillé entre la mélodie et la rage, l’intime et le collectif, l’élan et le souvenir.
Hold On ouvre le disque comme une gifle bienveillante — un cri d’endurance, une morsure de guitare qui plante le décor : celui d’un rock qui ne lâche pas, même quand le monde s’effondre autour. Puis As Always s’invite avec sa nostalgie dorée, presque amoureuse, un refrain qui semble flotter au-dessus des toits d’une ville endormie. Idea of Mine, plus court, pulse comme une étincelle, brutale et sans détour, un morceau d’instinct pur qui rappelle que le groupe sait encore écrire des hymnes.
Mais la beauté du disque, elle, se niche dans les interstices : Like the Poet où Londres chante avec la fragilité d’un type qui n’a plus peur d’être tendre, Lonely Dog qui rampe dans la mélancolie sans jamais s’y noyer, ou Spiderbed and a Crime, morceau-monstre où la guitare semble saigner sous le poids du silence. Et puis, soudain, Les dérives, en français — une claque douce, presque chuchotée, comme si RedLight osait enfin se regarder dans le miroir.
L’album se clôt sur Turn Around, ballade de sortie au goût de réconciliation, comme si le groupe signait un pacte avec lui-même : continuer, encore, parce que le feu brûle toujours.
Homeworks n’est pas un simple retour du rock, c’est une réappropriation. Une façon de prouver que ce genre, souvent jugé moribond, peut encore battre s’il est fait avec des mains calleuses et des cœurs vulnérables. Chez RedLight, l’électricité n’est pas une posture : c’est une pulsation vitale, une manière de rester debout face au vacarme du monde. Ce disque, c’est du travail à la main, à la foi, au souffle. Et il nous rappelle une vérité essentielle : le rock n’a jamais eu besoin d’artifice, seulement d’âmes qui osent se brûler.
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octobre 15, 2025Il y a dans Buggin’ Out quelque chose de cette lente respiration du bitume au petit matin, quand les rues sont encore pleines des fantômes de la veille et que la ville hésite entre la rage et la paix. Roy Flush — ou YourEnviousEnemy pour ceux qui le suivent derrière l’écran — fait partie de cette génération d’artistes qui ne compartimentent plus : il vit, pense et rappe à travers plusieurs mondes à la fois. Gamer, producteur, MC et penseur du quotidien numérique, il tisse un pont rare entre les pixels et la poésie, entre la console et le micro.
Son Buggin’ Out se présente d’abord comme un morceau de pure école, presque ascétique. Pas d’artifice, pas de hook mielleux. Juste un beat ciselé, aux accents East Coast traditionnels, et une écriture d’une précision chirurgicale. On y retrouve cette pudeur du hip-hop new-yorkais de la fin des années 90 : les mots claquent sans se presser, les silences respirent comme des battements de cœur, et chaque rime semble posée à la main, comme un artisan qui polit sa pierre. C’est un hommage au “real rap”, mais livré avec la retenue d’un sage qui préfère murmurer plutôt que prouver.
L’atmosphère, doucement feutrée, évoque le quotidien du hood sans le folklore ni la pose : pas de clichés, juste des observations, des sensations — un coin de rue, une fatigue, un rêve encore tenace malgré la routine. Loin de la surenchère habituelle, Roy Flush choisit la voie du minimalisme. Less is more, dit-il. Et c’est vrai : le morceau frappe par sa sobriété. Une ligne de basse chaude, une batterie ronde, quelques samples vaporeux. L’essentiel. Le réel.
Ce qui distingue Roy Flush, c’est sa capacité à rendre le rap méditatif. Derrière le flow, on devine le lecteur, l’observateur, le philosophe de trottoir. Le gars qui, entre deux sessions de jeu et un freestyle, réfléchit à ce que le mot respect veut encore dire à une époque saturée d’écrans. Son univers dépasse la musique : c’est une communauté tranquille qu’il bâtit, un refuge sans drama, où le hip-hop devient un langage commun pour ceux qui cherchent un peu de paix dans le vacarme.
Avec Buggin’ Out, Roy Flush prouve qu’on peut être de Buffalo et parler au monde, qu’on peut aimer le verbe et le virtuel, et que le vrai hip-hop, celui qui respire, observe et pense, n’a jamais cessé d’exister — il a juste changé de serveur.
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octobre 15, 2025Je me souviens du moment exact où j’ai entendu Le Gisant pour la première fois : cette impression d’être allongé dans un espace clos, ni mort ni vivant, entre deux pulsations du monde. Ce n’était pas une chanson, mais une expérience de suspension. Une montée lente et presque insupportable, où chaque battement semblait dire : « tu peux encore bouger ». C’est ainsi que le collectif Le Comité Restreint parvient à faire du son une matière spirituelle — un souffle artificiel devenu chant humain.
Leur musique a toujours eu quelque chose d’organique, d’instinctif, de profondément incarné. Mais ici, le geste est différent. Le Gisant ne cherche pas à séduire, ni à apaiser. Il dérange, au sens noble : il remue ce qui dormait trop longtemps sous la peau. Les synthés s’y étirent comme des nappes de brouillard électrique, les percussions frappent avec la précision d’un cœur branché à une machine, et la voix — à mi-chemin entre la prière et la confession — semble flotter hors du corps, témoin d’une lente réanimation. On pense parfois à Dead Can Dance, parfois à la densité de Kate Tempest ou à la rigueur d’Arvo Pärt : cette même tension entre la beauté et le vertige, entre la clarté et l’abîme.
Ce morceau s’inscrit dans une œuvre plus large, Révolution, un double album à venir conçu comme une odyssée intérieure. Mais même isolé, Le Gisant tient déjà du manifeste. On y entend la mutation de l’humain face à l’inertie, la lutte contre l’immobilisme – politique, émotionnel, poétique. Le Comité Restreint ne raconte pas seulement l’éveil d’une conscience, il le met en scène dans le corps du son. La batterie respire à notre place, les basses contiennent la fièvre, les textures électroniques se tordent comme des muscles au réveil.
Ce que je ressens, c’est une beauté rugueuse, sans promesse ni apaisement. Une esthétique de la cicatrice. Tout semble calibré pour que la douleur devienne mouvement. Le Gisant est un moment de bascule : quand le silence devient rythme, quand la peur se transforme en battement, quand la mort, au lieu d’être une fin, se fait point de départ.
Le Comité Restreint livre ici une œuvre à la croisée de la poésie et de la transe, un rituel sonore où l’émotion s’affûte à même la tension. Écouter Le Gisant, c’est accepter d’être allongé un instant avec ses fantômes — juste avant de se relever, un peu plus vivant qu’avant.
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octobre 15, 2025Basses qui tiennent au corps, voix qui collent aux tempes, synthés comme des halos sur le bitume mouillé, le duo lyonnais NOU VELVET avance à pas feutrés, entre fièvre R&B, pop de minuit et pulsations électroniques au grain velours 👀
On pense aux ponts discrets entre la club culture et l’intime, à ces chansons qui convoquent la peau autant que la tête. NOU VELVET travaille la nuance : une dramaturgie de détails, une écriture sensorielle qui préfère le frisson au slogan, la ligne claire au tape-à-l’œil 🎶
Lyon en toile de fond, mais un horizon plus large en point de mire : scènes nocturnes, collaborations fines, esthétique soignée jusqu’aux textures. Pas de pose, un monde. On a voulu comprendre la fabrique du velours, la mécanique du trouble, la manière dont un duo transforme le club en confessionnal et la pop en confidences sous néons 🔥
Voici l’Interview, maintenant.
@nou_velvet
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octobre 12, 2025Tout se joue dans un souffle, celui qui précède la rupture et qu’on retient par peur d’entendre le mot de trop. A Young Girl’s Heart, c’est ce moment suspendu, la dernière confession avant le silence. Max Ceddo y met tout ce qu’il reste d’amour dans la gorge d’un homme qui s’apprête à laisser partir ce qu’il chérit le plus. C’est une chanson écrite à la frontière entre tendresse et désespoir, là où les guitares deviennent des nerfs à vif et la voix, une main qui tremble encore d’avoir trop tenu.
Dès les premières secondes, le morceau s’impose par une élégance fragile. Une ligne de guitare claire, presque timide, trace la mélodie comme une cicatrice lumineuse sur fond de crépuscule. Puis la batterie s’invite doucement, soutenant un tempo qui semble battre au rythme du cœur de celui qui parle. La voix, elle, est pure, sans fioriture, oscillant entre le murmure et la confession, comme si Max Ceddo refusait d’enjoliver la douleur. On y sent l’influence du songwriting anglais des années 90 – un peu de Travis, un soupçon de The Sundays – mais avec la sincérité contemporaine d’un groupe new-yorkais qui a cessé de vouloir impressionner pour simplement ressentir.
Ce qui bouleverse, c’est cette pudeur. Rien n’est crié, tout est contenu. L’émotion circule à travers les interstices : le souffle du chanteur entre deux phrases, le glissement du médiator sur une corde, les secondes suspendues avant le dernier refrain. A Young Girl’s Heart ne cherche pas à réparer. Elle contemple les ruines, avec douceur. On y sent le poids du regret, mais aussi la promesse d’un après – une forme de lumière discrète, comme un matin d’hiver après une nuit trop longue.
Max Ceddo signe ici une ballade d’une honnêteté rare, à contre-courant des démonstrations émotionnelles formatées. C’est la simplicité qui frappe : pas d’arrangements grandiloquents, pas de climax artificiel. Juste une vérité nue, portée par un son qui se tient sur la crête fragile entre indie pop et rock confessionnel. Dans cette retenue, le groupe touche à quelque chose de profondément humain : la beauté de laisser partir sans effacer, d’aimer encore un peu, même quand tout est déjà fini.
A Young Girl’s Heart n’est pas une chanson d’amour — c’est une épitaphe murmurée à deux voix : celle du passé et celle, timide mais sincère, de l’avenir.
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octobre 12, 2025On reconnaît immédiatement ce genre de production qui n’appartient à personne et à tout le monde à la fois. NEW SOUND ne cherche pas à être un hymne, encore moins à plaire. Il s’installe dans le système nerveux comme une intuition – la certitude que quelque chose de neuf, de plus brut, de plus instinctif, vient de se glisser entre deux beats. Ce n’est pas une révolution tapageuse, mais un déplacement subtil du centre de gravité du hip-hop britannique vers une zone plus libre, plus sensorielle, presque cinétique.
Habits travaille la texture du son comme un plasticien. L’absence de paroles devient ici un espace de respiration, un terrain d’expérimentation pur. Chaque élément – la basse claquante, les kicks qui tombent comme des pierres dans un lac sombre, la nappe électronique en arrière-plan – construit une architecture sonore où la tension devient la mélodie. On pourrait presque parler de sculpture rythmique. Le morceau avance par strates : un groove qui surgit, un silence qui avale tout, une montée qui s’interrompt juste avant la transe. Rien n’est laissé au hasard, et pourtant tout semble improvisé, comme si la machine elle-même hésitait entre le chaos et la clarté.
Ce qui fascine chez Habits, c’est cette manière de traduire l’énergie du hip-hop sans en reprendre les codes frontaux. Ici, pas de flow pour guider l’écoute, seulement une tension continue entre ombre et lumière, entre underground et ambition pop. NEW SOUND n’est pas une démonstration de force, mais de précision. Le beat ne frappe pas : il hypnotise. On pense à la froideur maîtrisée de Fred again.., à la physicalité d’un slowthai sans mots, à la mélancolie mécanique d’un Burial qui aurait troqué la pluie pour un stroboscope.
Le titre porte bien son nom : NEW SOUND, c’est la promesse tenue d’un futur en mutation, où l’émotion circule par les fréquences plutôt que par les voix. Dans un paysage saturé de storytelling et d’ego, Habits choisit le minimalisme comme manifeste. Ce n’est plus du rap, ni de l’électro : c’est un état. Une pulsation qui traverse les genres, les étiquettes et les nuits blanches. Une œuvre instrumentale qui ne parle pas, mais qui dit tout.
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octobre 12, 2025C’est une chanson qui semble respirer par ses propres cicatrices. Cindy Jane n’essaie pas de consoler, elle ressuscite. Elle tire sur les fils d’une histoire éteinte, non pour en guérir, mais pour en extraire la beauté – celle, rare, des désirs inachevés. On sent tout de suite que Leph ne cherche pas à séduire ici : il se livre, et ce dépouillement émeut bien plus que les effets spectaculaires de la pop qu’il tutoie d’habitude.
Le morceau s’ouvre sur un son de guitare qui a le goût d’un souvenir. Le genre de note qu’on croit avoir déjà entendue dans un rêve, ou un vieux film où la pluie tombe sur un pare-brise embué. Puis la batterie entre comme une pulsation cardiaque, un battement irrégulier qui réveille les fantômes du passé. Le chant, lui, avance à pas feutrés, d’abord presque pudique, puis s’embrase, comme s’il refusait d’accepter la fin d’une conversation. Cindy Jane devient ce dialogue manqué entre un musicien et celle qu’il n’a pas su retenir.
Leph a toujours eu cette manière de naviguer entre les styles sans jamais perdre son identité : ici, le rock s’assouplit, le pop se densifie, et tout respire une forme d’équilibre fragile. On entend la sueur du studio, la chaleur d’un ampli trop vieux, la sincérité d’un groupe qui préfère les tremblements à la perfection. Ce refus du contrôle fait toute la différence. À travers cette chanson, le groupe prouve qu’il comprend l’essence même du soft rock : dire l’intime sans spectacle, faire danser la nostalgie avec élégance.
Mais ce qui touche le plus dans Cindy Jane, c’est la sensation d’assister à une réminiscence. On voit presque la scène : le musicien seul après le concert, guitare encore chaude, rejouant cette mélodie pour se convaincre que tout cela a existé. Il n’y a pas de pathos, seulement une tendresse lucide – celle de ceux qui savent que l’amour se termine toujours un peu trop tôt, mais qui choisissent quand même d’en faire une chanson.
Leph signe ici un morceau qui agit comme une pellicule : chaque écoute développe une nouvelle nuance, une nouvelle ombre, une nouvelle lumière. Et quelque part, dans le sillon d’un refrain murmuré, on devine que Cindy Jane n’était peut-être pas qu’une femme – mais l’incarnation même de ce que la musique cherche depuis toujours : une façon d’aimer encore, même quand tout s’est déjà enfui.
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octobre 12, 2025Il y a des voix qui ne chantent pas : elles respirent. Sophia Thakur est de celles-là. My City n’est pas un premier single, c’est une confession murmurée au bord d’un nouveau monde — celui où la poésie s’incarne enfin dans la chair d’une mélodie. C’est le moment précis où les mots quittent la page pour flotter dans l’air, comme un oiseau qui hésite entre rester ou migrer.
On connaît Thakur pour sa plume incandescente, ses vers taillés comme des miroirs. Mais ici, la poétesse se déleste de l’éloquence. Elle choisit la retenue, le souffle, l’émotion pure. My City glisse sur un fil de guitare et de basse, minimaliste mais habité, un décor presque nu où chaque note semble déposée à la main. La production, signée avec une pudeur exemplaire, ne cherche pas à briller : elle écoute. Elle laisse l’espace à la voix, ce timbre feutré qui vibre comme une confession faite à soi-même.
C’est une chanson de passage. De l’ancien au nouveau, de Londres à Los Angeles, du verbe au chant. Sophia y parle de métamorphose, de cette faim d’inconnu qui nous pousse à redéfinir la notion même d’appartenance. “My City”, c’est moins une adresse qu’un état intérieur — la ville comme métaphore du corps, des souvenirs et des désirs qu’on porte en soi. On y entend le clapotis des néons, la solitude qui s’invite entre deux respirations, la promesse d’un ailleurs où l’on pourrait enfin être soi sans le poids des attentes.
L’élégance du morceau tient à sa sincérité désarmée. Thakur ne joue pas à la chanteuse : elle explore le chant comme une extension de son souffle poétique. Son phrasé, presque parlé, rappelle la tradition du spoken word mais se fond dans la sensualité d’un R&B dépouillé, presque spectral. On pense à Cleo Sol ou Arlo Parks, mais Thakur va ailleurs, plus loin — elle écrit encore, mais dans le vent.
My City s’écoute comme on ouvre une lettre qu’on s’est écrite dans une autre vie. Il y a la nostalgie d’un départ, la douceur d’un adieu qu’on ne veut pas formuler. Et surtout, cette vérité nue : qu’au fond, on ne quitte jamais vraiment sa ville — elle nous hante, elle nous forme, elle respire encore quand on ferme les yeux.
Sophia Thakur signe ici une entrée dans la musique d’une pureté rare, à la croisée du souffle et du silence. Une chanson comme un horizon : sans fin, sans bord, sans bruit.
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octobre 11, 2025C’est le genre de morceau qu’on croise par hasard, comme un regard de fin de soirée qui s’attarde trop longtemps — un clin d’œil entre deux shots, une mélodie qui colle à la peau sans prévenir. Soiréésquive de PERKÉ with a K, c’est un lendemain de fête en Technicolor, une histoire d’amour avortée sur un fond de reggaeton pastel, la rencontre improbable entre Ben Mazué et Bad Bunny dans un bar de province à deux heures du matin.
Derrière cette pop effervescente, il y a quelque chose d’infiniment humain : cette flemme douce qu’on ressent quand on sort “juste pour ne pas rater quelque chose”, cette fatigue teintée de désir qui fait qu’on danse quand même, qu’on rit trop fort, qu’on tombe un peu amoureux sans oser le dire. PERKÉ transforme cette apathie moderne en matière première, un groove sautillant où les synthés latinos caressent les mots comme une vague tiède. C’est solaire sans être lisse, sentimental sans être mièvre.
La prod respire — tout est dosé, léger, mais précis. Les percussions se mêlent à une guitare qui frôle la saudade, tandis que les voix s’enroulent dans un sourire à moitié sincère. Le duo joue avec la pop francophone comme on taquine un flirt : avec ironie, charme, et un peu de maladresse volontaire. Le refrain, entêtant, donne envie de lever les bras, pas pour prier, mais pour se foutre de tout.
Ce qui rend Soiréésquive fascinant, c’est la façon dont PERKÉ with a K réinvente la fête : non pas comme un exutoire, mais comme une scène fragile où le banal devient cinématographique. On imagine la fumée d’une terrasse, la lumière orange d’un lampadaire sur un visage inconnu, cette brève seconde où tout semble possible avant que le bus de nuit n’efface le reste.
Le morceau capture ce moment suspendu où la légèreté devient profondeur, où l’humour flirte avec la mélancolie. On y sent l’empreinte d’une génération qui danse avec pudeur, qui esquive les drames mais pas les émotions.
PERKÉ signe ici une pop du réel, de l’instant et du souvenir. Une chanson pour ceux qui rient trop fort, pour ceux qui ne savent pas s’ils sont tristes ou juste fatigués, pour ceux qui savent qu’une soirée ratée peut parfois contenir toute la beauté du monde.
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octobre 11, 2025La première écoute de Why Always Me agit comme une montée d’adrénaline dans une ruelle humide de Londres à l’aube, ce moment où le bitume fume encore des excès de la veille. DEELA, mi-impératrice, mi-insoumise, surgit de cette brume avec une allure de conquérante fatiguée, mais invincible. Elle n’attend pas la validation : elle l’impose, avec ce calme souverain propre aux artistes qui ne jouent pas à être, mais qui sont.
La production, signée avec l’aisance d’une déesse des temps modernes, mêle le claquement tranchant du trap britannique à des éclats d’afrobeats subtils, presque organiques, qui vibrent sous la peau. Tout ici respire la maîtrise — une précision rythmique qui frôle l’obsession, un soin dans la texture sonore qui fait de chaque percussion un battement de cœur, de chaque silence un espace de pouvoir. Le morceau est un couloir d’énergie, une pulsation qui n’en finit pas de se réinventer, à la fois club et confession, statement et sortilège.
Ce qui fascine chez DEELA, c’est cette capacité à se tenir entre deux mondes — celui de la performance et celui de l’intime. Elle parle avec la voix d’une génération qui veut dominer sans s’excuser, mais qui ne renie pas la vulnérabilité du chemin parcouru. Dans Why Always Me, elle se regarde dans le miroir de ses propres ambitions, sans fard, sans sourire forcé, et trouve la réponse dans la beauté brute de son audace. Ce n’est pas une complainte d’égotrip, c’est un autoportrait — fier, nuancé, brûlant.
On pense à Little Simz pour la rigueur du verbe, à Tems pour la grâce du timbre, mais DEELA glisse hors des comparaisons comme un diamant entre les doigts. Elle incarne ce moment rare où la musique devient territoire, où chaque beat semble gravé pour affirmer : “je suis ici, je suis réelle, je suis mon propre mythe.” Sa voix ne cherche pas l’effet, elle cherche la vérité — un grain chaud, presque animal, qui accroche la peau autant que l’esprit.
Why Always Me n’est pas un cri d’ego : c’est un manifeste d’existence. Une manière de dire que la grandeur n’a pas besoin d’excuses, qu’elle se conquiert à coups d’intuition, de persévérance, et de ce feu qu’on ne peut pas feindre. DEELA n’explique rien, elle avance. Et dans son sillage, la scène britannique tremble doucement — comme si, quelque part entre Lagos et Brixton, une nouvelle ère venait de naître.
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octobre 11, 2025Ana Sky signe avec Love Sex Regret une chanson à la fois hypnotique et cruellement humaine, un trip électronique où l’ivresse du désir flirte avec la morsure du lendemain. C’est un morceau qui sent la peau tiède, les draps froissés et la lucidité qui revient trop tard. Elle y raconte, à demi-mot, cette époque où l’on confond vivre fort et s’effondrer lentement — où le plaisir devient une arme contre la peur du vide.
La production flotte dans un clair-obscur permanent : nappes synthétiques diaphanes, basses lourdes mais veloutées, un beat qui pulse comme un cœur mal rythmé. On pense à la fragilité d’une Billie Eilish sous hélium, à la nostalgie vénéneuse de The Japanese House ou encore à la légèreté faussement naïve de MUNA. Mais Ana Sky ne copie personne — elle observe, elle raconte, elle dissèque l’instant avec un calme presque chirurgical.
Sa voix, douce et liquide, navigue entre confession et provocation. Elle ne cherche pas à plaire, elle expose. Dans ses inflexions, on perçoit autant la jubilation de s’abandonner que la honte d’avoir trop voulu goûter à tout. Love Sex Regret n’est pas une chanson morale, c’est un miroir trouble : celui de cette génération qui danse pour oublier, qui rit pour respirer, qui s’invente des vertiges pour ne pas sombrer dans la torpeur.
Techniquement, le morceau est une petite prouesse de précision : chaque détail sonore — un souffle, une réverbération, un éclat de synthé — semble calibré pour évoquer le souvenir d’une nuit encore chaude. Rien n’est laissé au hasard, et pourtant tout semble spontané, comme si l’émotion avait dicté la forme. Ana Sky réussit à faire tenir dans trois minutes l’arc complet d’une aventure — la montée, l’éclat, la chute.
Mais ce qui touche le plus, c’est cette manière de transformer le regret en beauté. Le titre n’est pas une lamentation, c’est une célébration lucide de la folie de vivre. Ana Sky y chante l’imperfection comme une prière, la chute comme une danse. Dans un monde où l’amour se scroll comme un feed, Love Sex Regret redonne du relief à la contradiction : celle d’être libre, mais hantée.
Une chanson comme une cicatrice lumineuse — et l’écho d’une vérité que tout le monde finit par apprendre à ses dépens : parfois, tomber, c’est la seule manière de se sentir vivant.
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octobre 11, 2025Chez ROCSTAA, le soleil ne se couche jamais vraiment. Il brûle à l’intérieur, s’allume au creux des basses et danse dans la voix. GRLS DAT PARTY n’est pas un simple hymne à la fête — c’est une déclaration de liberté rythmique, un moment suspendu entre ivresse, sensualité et confiance. Ce n’est pas la bande-son d’une soirée : c’est la soirée elle-même, celle qu’on n’oublie jamais, celle où la musique avale tout, même les doutes.
Dès les premières secondes, le morceau pulse d’un feu liquide : les percussions rebondissent comme des corps en sueur sur un dancefloor imaginaire, la basse ondule, chaude et obstinée, tandis que la voix de ROCSTAA glisse dessus comme une brise tropicale chargée d’électricité. Il ne chante pas pour impressionner, il séduit sans forcer. Sa nonchalance contient cette noblesse propre aux artistes nigérians qui savent que le groove n’a pas besoin de muscles — juste d’âme et d’instinct.
Ce qui frappe, c’est la justesse du dosage. ROCSTAA équilibre le dancehall et l’afropop avec la précision d’un alchimiste : les rythmes jamaïcains y rencontrent la moiteur de Lagos, et le tout respire comme un corps vivant. Le refrain se loge dans la tête sans permission, porté par une ligne vocale ronde, presque charnelle, qui invite autant à la danse qu’à la rêverie. Il y a du Tems dans cette fluidité, du Burna Boy dans cette assurance tranquille, et quelque chose d’unique, profondément sien — une sincérité désarmante qui traverse le vernis festif.
GRLS DAT PARTY parle en surface de fête, mais en fond, c’est une célébration de l’existence, du droit à se sentir invincible ne serait-ce qu’une nuit. ROCSTAA y dessine une cartographie des plaisirs simples : la lumière des néons sur la peau, le goût du rhum, le vertige d’un regard. Et au cœur de tout cela, un beat qui bat comme un cœur collectif, une invitation à se délier du quotidien pour se fondre dans la vibration pure.
Sous ses airs légers, ce titre est une œuvre de maîtrise. Chaque son semble pesé, chaque silence est une respiration. ROCSTAA n’a pas besoin d’élever la voix : sa musique parle pour lui, dans la langue universelle du corps en mouvement. GRLS DAT PARTY est un morceau pour les nuits qui refusent de finir, pour celles et ceux qui savent que danser, c’est parfois la manière la plus élégante de survivre.
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octobre 11, 2025Il y a dans MAKE SOME MOVES une odeur de bitume mouillé, de studio exigu où la lumière clignote sur un sampler fatigué, mais fidèle. Ce n’est pas un morceau qu’on écoute : c’est un uppercut en slow-motion, une montée d’assurance au goût métallique, une démonstration que le rap, quand il ne cherche pas à séduire, peut encore mordre.
KID NATIVE et Loose Tee ne rapent pas pour briller : ils racontent une ascension qui n’a rien de spectaculaire, une lutte quotidienne, une revanche sur la paresse du monde. Leur son est dense, épais, ciselé sur une base de trap minimaliste qui s’entête à tourner comme une machine infernale. La prod frappe droit — hi-hats acérés, 808 grondant dans le fond, quelques touches de boom bap filtré qui ramènent à une époque où les rappeurs savaient se salir les mains. Ce mélange d’école ancienne et de modernité nerveuse fait tout le sel du morceau : une nostalgie réécrite au présent, sans clin d’œil forcé.
KID NATIVE rappe avec une assurance contenue, une diction qui ne s’agite pas, mais tranche. On sent derrière chaque mot une tension sourde, une intelligence du tempo, cette manière rare de laisser le silence respirer avant la frappe suivante. Loose Tee, lui, joue le contrepoint : plus vif, plus impulsif, comme le feu qui s’accroche à la mèche. Ensemble, ils rappellent ces duos du rap indé américain où tout repose sur le groove du verbe et la vérité du souffle.
MAKE SOME MOVES parle moins d’agir que d’exister. De cette lente montée en puissance qu’on ressent quand la confiance remplace la peur, quand on comprend qu’on n’a pas besoin d’hurler pour s’imposer. La prod laisse l’espace à cette gravité : les basses s’enfoncent, les kicks cognent sec, les voix planent sans effets inutiles. Tout est brut, précis, fonctionnel — et c’est justement cette économie de gestes qui rend le morceau magnétique.
On pourrait dire que KID NATIVE cherche à faire bouger les têtes. Mais non — il veut bouger les destins. MAKE SOME MOVES n’est pas une chanson de club ni de playlist : c’est une mise au défi, une claque introspective, un appel discret mais ferme à reprendre le contrôle. Dans un paysage où le rap se noie trop souvent dans la posture, KID NATIVE et Loose Tee préfèrent la ligne droite : avancer, coûte que coûte, jusqu’à trouver sa propre lumière.
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octobre 11, 2025Le remix d’Ely Oaks pour Waterfalls de James Hype, c’est comme si un orage électrique avait traversé le club à toute allure — brutal, euphorique, viscéral. Pas un simple rework, mais une réinvention totale, un coup de foudre sonore qui transforme la moiteur du dancefloor en typhon émotionnel. Là où James Hype avait bâti une structure fluide, presque liquide, Ely Oaks la fait imploser, la tord, l’étire, la fait briller de mille éclats ravey, quelque part entre la transe des années 2000 et la folie chromée du UK hardcore.
Ce qui saisit, dès les premières secondes, c’est la vitesse : le morceau fonce, littéralement, comme s’il refusait de respirer. Ely Oaks injecte dans Waterfalls cette énergie fébrile, typiquement berlinoise, où la tension est reine. Le beat, ultra-compressé, se plaque au torse ; les drops, eux, explosent en une avalanche de basses arrondies et de claps métalliques. C’est physique, c’est addictif, c’est une montée d’adrénaline pure. Mais sous cette rage maîtrisée, il y a de la finesse — un sens du détail qui trahit un vrai architecte du son.
Oaks ne cherche pas seulement à faire danser : il raconte une histoire de vitesse, de vertige, de démesure. Sa manière d’utiliser la voix de Sam Harper la transforme en un instrument spectral — fragmentée, filtrée, parfois déchirée dans la texture du beat. On pense à la brutalité élégante d’un Fisher remixé par Boys Noize, à cette alliance rare entre le mainstream et l’expérimental. Tout est calibré pour la scène, mais rien n’est lisse. On sent l’influence de la rave, du breakbeat anglais, du hard house le plus crasseux — mais réinventé avec une esthétique digitale ultra-moderne.
Le plus fascinant, c’est cette tension constante entre extase et contrôle. Ely Oaks pousse la structure du morceau jusqu’à la rupture, mais sans jamais franchir le point de saturation. Il joue avec le seuil, exactement comme un DJ qui sait quand retenir la foule avant de relâcher la tempête. Waterfalls (Remix) devient alors plus qu’un track de club : c’est une course-poursuite émotionnelle, une claque euphorique, une chute libre dans la lumière.
Dans un monde où beaucoup de remixes se contentent d’enfiler des BPM comme des perles, Ely Oaks prouve qu’il est de ceux qui transforment la matière en feu. Ce remix, c’est une rafale d’étincelles, une fièvre qui ne retombe pas. Une vraie déflagration de jeunesse, de vitesse et de maîtrise.
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octobre 11, 2025Cowboy Killers n’est pas un titre, c’est une sensation. Celle d’une nuit qui s’allume lentement dans la poitrine, d’un vertige qui monte par vagues et qu’on ne peut ni fuir ni vraiment expliquer. KOZLOW ne produit pas de la musique électronique au sens habituel : il l’incarne comme un corps tendu, un espace entre le souffle et la mécanique. On y entend un cavalier sans visage qui traverse les paysages mentaux de la house, seul, fiévreux, l’archet à la main plutôt que le flingue au poing.
Le morceau s’ouvre sur un motif presque imperceptible, un battement qui semble chercher sa forme, comme si la piste s’éveillait doucement à elle-même. Puis le rythme s’installe : une pulsation fluide, précise, sans excès — la beauté du contrôle. La basse rampe en sous-sol, dessinant une tension élastique qui ne se résout jamais complètement. Le violon, lui, surgit comme une apparition : il n’embellit pas, il fracture. Il passe à travers la structure comme un fil de lumière tranchant la nuit. Ce contraste est la signature de KOZLOW : une hybridation sensible entre la chair et la machine, l’instinct et la technique, la transe et la discipline.
Ce qui frappe, c’est la sobriété de son geste. KOZLOW ne cherche pas le drop facile ni la catharsis prémâchée. Il préfère la montée lente, presque stoïque, où chaque texture prend le temps d’exister. La rythmique avance comme un pas de cheval mesuré, obstiné, tandis que des nappes de synthé se froissent au loin, comme du vent sur la plaine. On pense à la froideur géométrique de Stephan Bodzin, à la mélancolie méthodique de Tale of Us, mais KOZLOW y insuffle quelque chose de plus personnel, de plus charnel : un regard humain qui palpite au cœur de la machine.
Ce morceau, c’est un western introspectif. Le désert y est intérieur, les coups de feu remplacés par des éclats d’écho. Chaque mesure semble poser une question : jusqu’où peut-on pousser la tension avant qu’elle ne devienne silence ? Cowboy Killers ne tue rien — il suspend, il désarme. C’est une chevauchée statique, une prière électronique où le danger se fait doux et le tempo devient cœur battant.
KOZLOW signe ici un manifeste sans mots : la preuve que la techno, quand elle se fait sincère, peut encore raconter une histoire. Une histoire de poussière, de lignes droites et d’âmes en cavale.
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octobre 11, 2025C’est un uppercut de Brooklyn, une capsule de pure authenticité hip-hop. Keep Your Double L’s Up, c’est le genre de track qui fait trembler les pavés du Bronx et rappelle à tous les prétendants d’où vient le vrai. Thirstin Howl The 3rd, vétéran Lo-Life à la verve affûtée, s’allie à Young Hump de Digital Underground sur une prod signée Stu Bangas — et le résultat est un brûlot, un hommage aux racines tout en gardant ce goût d’arrogance stylée qui a toujours défini le rap de rue new-yorkais.
Le beat claque comme un cuir neuf. Minimal, sec, sans fioriture, juste ce qu’il faut de basse pour secouer les tripes. La prod est une machine à souvenirs : boom-bap old school mais dopé à la testostérone contemporaine. On s’y croirait : les baskets usées sur le bitume, les graffs sur les murs, les rideaux de fer des magasins tagués d’histoires de survie et de loyauté. Keep Your Double L’s Up transpire la rue, la débrouille, le code d’honneur d’une époque où le style était une question de survie.
Thirstin Howl balance ses rimes avec une précision chirurgicale, mélangeant humour, ego et mémoire comme un conteur du ghetto. Young Hump, avec sa nonchalance funky héritée de Digital Underground, amène cette touche West Coast décontractée, presque cosmique, qui donne au morceau son relief. Ensemble, ils recréent un dialogue entre générations, entre héritage et modernité.
Ce morceau n’est pas seulement un hommage au Lo-Life movement, ce collectif de passionnés de Polo devenu légende underground — c’est une déclaration d’amour à la culture hip-hop elle-même, dans son essence : celle du flow, de la fraternité, de la débrouillardise. Dans le clip, tourné au Content Kings Studio de Kevin Garnett, les tags de Shucks embrasent les murs, comme si chaque trait de bombe racontait une victoire sur l’oubli.
À l’heure où le rap s’égare parfois dans la superficialité algorithmique, Thirstin Howl The 3rd et Young Hump rappellent que le rap, le vrai, ne meurt jamais. Il se transmet, se partage, s’incarne. Keep Your Double L’s Up, c’est le poing levé d’une génération qui n’a jamais cessé d’avancer — avec le style comme armure et la mémoire comme étendard.
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octobre 11, 2025Voilà une chanson qui ne cherche pas à séduire, mais à envelopper. Here For You de NAVY s’écoute comme on se laisse bercer par la lumière d’un soir chaud, le cœur battant lentement sous une peau salée par la mer. Tout y est feutré, précis, sensuel : une pulsation d’île transformée en R&B aérien, où chaque mot semble porté par un souffle. NAVY chante comme on confesse, avec cette retenue tendre qui fait des silences des émotions à part entière.
Le morceau, bilingue et soyeux, flotte entre deux mondes — celui des Caraïbes, moiteur apaisée, et celui des clubs urbains, où les néons remplacent les étoiles. Les basses sont chaudes, presque liquides. Les claviers s’ouvrent comme des fenêtres sur l’horizon. Et la voix… cette voix. Mi-française, mi-anglaise, elle caresse, rassure, promet sans promettre. NAVY transforme la pop en prière, la romance en rituel intime.
Ce qu’elle raconte, c’est moins une histoire d’amour qu’une histoire de présence. Une promesse chuchotée à quelqu’un qu’on ne possède pas, mais qu’on comprend. Ce lien suspendu, fragile, presque sacré, entre deux âmes qui se frôlent sans se heurter. Here For You parle de cette fidélité discrète, de cette bienveillance qu’on garde en soi pour l’autre, même quand l’amour n’a pas encore dit son nom.
Dans ce single, NAVY montre surtout à quel point elle maîtrise l’art du détail émotionnel. Elle ne pousse jamais la voix — elle laisse la musique respirer. L’arrangement, signé YSquad Production, épouse son univers : soul tropicale, pulsation R&B, élégance caribéenne. Rien n’est démonstratif, tout est suggestion. C’est une chanson qui préfère faire fondre que frapper.
Et sous cette douceur, une puissance tranquille se déploie : celle d’une femme qui ne quémande pas l’amour, mais l’offre — entière, lumineuse, désarmée. Avec Here For You, NAVY confirme qu’elle n’est pas simplement une chanteuse des îles : elle est une architecte du sentiment, une conteuse du non-dit.
Un morceau comme une brise parfumée de regrets et de foi, qui murmure à l’oreille : tu n’as pas besoin de tout comprendre pour aimer.
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octobre 11, 2025PONY bien plus qu’un gros banger qui t’accroche le tympan en une fraction de seconde : c’est une déflagration rose néon, une chevauchée électrique à travers les zones troubles du désir et de la désinvolture. Suki, mi-sirène mi-cyborg, surgit de la nuit avec un son qui pulse comme une artère en surrégime. C’est de la pop futuriste, débridée, sensuelle et nerveuse. On y retrouve autant la fougue d’une Charli XCX, que l’insolence vaporeuse d’une PinkPantheress, mais surtout une signature : celle d’une artiste qui fait de la vulnérabilité un terrain de jeu.
Sous ses refrains sucrés, PONY cache un manifeste. Celui d’une génération qui a grandi entre pixels et pulsions, entre la mélancolie digitale et la fête permanente. Suki y parle la langue du XXIe siècle, fluide et glitchée, douce et électrique. Sa voix glisse comme un hologramme sur une production dopée à l’adrénaline : nappes synthétiques, basses liquides, percus syncopées qui cognent avec la précision d’un battement de cœur sous caféine.
Mais ce qui fascine surtout, c’est l’équilibre qu’elle trouve entre le chaos et la maîtrise. Chaque son semble prêt à imploser, et pourtant, rien ne déborde. Elle dirige tout depuis son monde intérieur — ce studio new-yorkais ou parisien où elle construit, seule, ses fragments d’émotion. On sent le travail, la sensibilité, le besoin de contrôle mêlé à l’envie de tout lâcher. PONY est cette tension-là : la douceur du galop et la morsure du bitume.
Suki s’impose ici comme une sculptrice du sentiment moderne, une funambule entre la pop et l’expérimental, qui transforme le trop-plein en beauté. Derrière le vernis hyperpop, on devine la jeune fille qui doute, rêve, s’épuise et renaît à chaque mesure.
PONY, c’est une ivresse lucide, un cri de liberté en talons holographiques. Le genre de morceau qui fait danser autant qu’il fait penser, et qui prouve qu’au milieu du vacarme numérique, il reste encore de la place pour l’âme.
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octobre 11, 2025Dans DeadStock, Mick Jenkins s’avance comme un boxeur sans garde, le regard bas, concentré, sûr de sa frappe. Ce n’est pas une chanson, c’est une leçon de précision — une lente démonstration de puissance, sans hausse de ton, sans effet gratuit. Avec EMIL, producteur britannique aux beats minéraux et feutrés, il signe un titre d’une sobriété désarmante, où chaque silence est une respiration calculée, chaque mot un coup d’épingle dans la chair du rap contemporain.
Le morceau s’ouvre comme un rêve en basse lumière : nappes vaporeuses, beat retenu, groove étouffé qui rampe dans l’espace. On pourrait croire à une simple balade jazzy, mais c’est une embuscade. Jenkins entre en scène, sa voix grave effleurant le mix comme un scalpel sur du velours. Il découpe la langue, en explore les angles morts — là où la plupart posent, lui sculpte. Chaque phrase pèse son poids de plomb et de lucidité. Le flow respire, se tord, reprend, redescend, comme un organisme conscient de son propre rythme.
EMIL, lui, fait de la production un décor mental : ni boom-bap nostalgique, ni trap clinquante, mais un entre-deux nébuleux, un équilibre fragile entre la rue et le ciel. On y sent le jazz, mais déshabillé, vidé de sa chaleur, transfiguré en tension. Ce dialogue entre Chicago et Londres, entre lyrisme cérébral et froideur élégante, crée une étrange alchimie — un son suspendu, sans attaches, mais terriblement humain.
DeadStock, c’est l’art du minimalisme mis au service du fond. Là où d’autres saturent, Jenkins simplifie. Il parle d’ego, de désillusion, de vérité sans chercher à convaincre : il constate, avec la clarté fatiguée de ceux qui ont tout vu. Et c’est précisément dans cette retenue que réside sa force.
Écouté au casque, le titre agit comme un sédatif conscient : il calme le tumulte tout en réveillant la conscience. C’est une marche lente à travers le brouillard, une méditation de bitume où chaque rime éclaire un coin d’ombre. Mick Jenkins continue d’écrire sa légende discrète, celle d’un poète qui préfère la maîtrise au bruit, la lenteur au feu d’artifice. DeadStock ne cherche pas à plaire — il exige qu’on l’écoute. Et, quelque part, c’est exactement ce que le rap devrait toujours faire.
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octobre 11, 2025Montréal de Gros Cœur est une déferlante sensuelle qui vous attrape par la taille pour vous entraîner dans une danse moite entre les pavés du Plateau et les mirages sonores d’un rêve fiévreux. Ce groupe-là joue comme on respire trop vite : sans filtre, sans pause, avec la sueur du live incrustée dans chaque note. Le rock n’a pas disparu, il a juste pris un accent solaire et un goût de fièvre.
Dès les premières secondes, la basse chaloupe comme un battement de cœur qui aurait trop aimé, trop longtemps. Les guitares, elles, tracent des spirales, à la manière d’un serpent fluorescent glissant dans une ruelle humide. La voix surgit — chaude, pleine de sable et de lumière sale — et c’est tout le paradoxe de Gros Cœur : mêler la tendresse à la transe, le chaos à la clarté. Montréal résonne comme une traversée intérieure, un exil intime où l’on avance les yeux fermés, porté par une pulsation hypnotique, mi-psyché, mi-tropicale.
On retrouve ici cette identité propre au quatuor : une musique à la fois tellurique et céleste, quelque part entre les guitares hallucinées de Tame Impala et la verve poétique d’un Bashung sous LSD. Le morceau respire l’urgence de ceux qui ne savent pas tricher, qui jouent pour vivre, pour transpirer, pour sentir quelque chose de vrai. C’est un rock de débrouille et d’instinct, taillé dans la matière brute de l’émotion.
Sous le vernis psychédélique se cache un vrai récit : celui du déplacement, du doute, de cette envie de recommencer ailleurs, autrement. “Montréal” devient un lieu imaginaire, un refuge, une utopie sonore où l’on guérit de soi à coups de riffs et de reverb. On y danse pour oublier, on y crie pour exister.
Avec Montréal, Gros Cœur prouve qu’on peut être sauvage et sincère, fiévreux et précis, lyrique sans s’écouter. C’est un morceau qui monte à la tête comme un trop-plein de lumière, un vertige de liberté. Une tempête tropicale passée par le filtre d’un ampli trop chaud. Et au milieu de tout ça, un seul mot d’ordre : vivre, à fond, ensemble.
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octobre 11, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme un uppercut, et d’autres qui fissurent doucement l’armure. Continue ? de Control Source Code fait partie de ceux-là : un rap introspectif, brut, presque fragile, où la question du titre résonne comme un cri étouffé entre le clavier et le cœur. “Dois-je cliquer YES sur Continue ?” — pas une punchline, mais une supplique. Celle d’un homme qui code le monde pour ne pas s’y dissoudre.
Control Source Code, c’est l’alias d’un ingénieur du son et du logiciel, un type du réel qui transforme ses lignes de code en vers, ses bugs en blessures, ses défaillances en beats. Dans Continue ?, il navigue entre les souvenirs, la solitude et cette hypersensibilité qu’il revendique comme une force instable, presque poétique. Le morceau n’est pas un flow démonstratif : c’est un souffle, une confession qui tangue sur une production old-school aux boucles soyeuses, ponctuées de glitchs et d’échos numériques — comme si le hip-hop rencontrait la mémoire vive.
Il y a quelque chose de très touchant dans cette manière de mêler le monde intérieur au lexique du numérique. Les émotions deviennent des lignes de code, la douleur un bug à déboguer, la vie un jeu vidéo où chaque jour on se demande si ça vaut encore la peine de recommencer la partie. Le flow est calme, presque timide, mais chargé d’une tension intime, celle d’un homme qui parle bas pour ne pas se trahir.
La sincérité, ici, ne s’affiche pas : elle s’infiltre. Pas de démonstration, pas de posture. Juste cette voix, un peu usée, qui cherche à comprendre plutôt qu’à convaincre. Et derrière elle, un univers singulier — celui d’un créateur qui relie la froideur du code à la chaleur du cœur humain.
Continue ? sonne comme un checkpoint existentiel : un instant suspendu où la musique devient le seul moyen de se réinitialiser sans s’effacer. Control Source Code ne rappe pas pour briller, mais pour survivre — et c’est précisément ce qui rend sa musique si lumineuse dans sa mélancolie.
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octobre 11, 2025J’ai longtemps cru que la musique faite pour se relever devait forcément être violente, rugueuse, déchirée. Et puis j’ai entendu It’s Okay. Une caresse électronique signée CATBEAR, duo queer de Brighton et South London, qui transforme la douleur en lumière avec une douceur déconcertante. C’est une chanson qui ne crie pas : elle respire. Une main posée sur l’épaule, un sourire fatigué, une promesse chuchotée dans la nuit — “tu as survécu, et c’est déjà assez.”
Zoe Konez, voix suspendue entre fragilité et puissance, chante comme on parle à soi-même après la tempête. Elle ne joue pas l’héroïne : elle raconte la reconstruction. Son timbre, éthéré mais ancré, plane au-dessus de synthés qui s’ouvrent comme des halos, entre Robyn et MUNA, entre la nostalgie des années 80 et la sincérité de l’alt-pop moderne. On y sent la maîtrise de la productrice autant que la sensibilité de l’autrice : une architecture émotionnelle ciselée, presque méditative, mais où chaque pulsation semble issue d’un cœur humain, non d’une machine.
It’s Okay parle de ce moment précis où l’on cesse de vouloir plaire, où le masque tombe, et où l’on comprend que la liberté n’est pas une explosion, mais une acceptation lente, presque timide. Il y a, dans cette montée progressive vers l’euphorie, quelque chose d’infiniment cathartique : un cri intérieur qui se transforme en souffle. CATBEAR y déploie tout ce qui fait sa singularité — cette alchimie entre mélancolie et empowerment, cette façon d’habiller la vulnérabilité de beats translucides et d’une production qui semble toujours à la lisière du rêve.
Mais au-delà des textures, It’s Okay est un manifeste queer. Pas dans le militantisme frontal, mais dans cette affirmation simple : exister, persister, aimer — sans s’excuser. La chanson célèbre la visibilité comme un acte de tendresse envers soi-même. Dans un monde saturé de perfection et d’images, CATBEAR choisit l’humanité.
À mesure que la chanson s’éteint, un sentiment persiste, doux et tenace : celui d’avoir été compris. It’s Okay ne cherche pas à impressionner — elle console. Et dans cette sincérité sans éclat inutile, CATBEAR touche à quelque chose de rare : la grâce de simplement être.
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octobre 11, 2025Ce morceau sent la sueur, le désordre et la sincérité. Pick Me Up (When I Fall), c’est le genre de chanson qu’on n’écrit qu’à seize ans, quand le monde semble à la fois minuscule et infini, quand la peur et l’euphorie s’enlacent dans la même pulsation électrique. Friday Project ne joue pas du rock : ils l’incarnent. Trois gosses d’Oakville qui transforment une cave en cathédrale sonore et qui, sans le savoir, signent un hymne de résilience pour toute une génération qui apprend à tomber sans se briser.
Jack Galloway, le chanteur-guitariste, a cette voix un peu trop grande pour son âge, éraillée par la fougue, mais traversée d’une clarté désarmante. On dirait qu’il chante pour exorciser la gravité, pour remettre du souffle là où le monde s’étrangle. Sa guitare s’accroche à lui comme une seconde peau, tantôt acide, tantôt lumineuse. À ses côtés, Aidan Girardo frappe la batterie comme s’il voulait ouvrir une brèche dans le ciel, pendant que Noah King, à la basse, tisse ce groove souterrain qui empêche le morceau de s’envoler trop loin.
Mais Pick Me Up (When I Fall) n’est pas qu’un simple déchaînement d’énergie juvénile. Il y a quelque chose de profondément tendre derrière cette intensité : un cri d’amitié, de reconnaissance, d’amour maladroit pour ceux qui ramassent nos morceaux quand tout s’effondre. La chanson s’élève, littéralement, dans un refrain qui prend aux tripes, un mur de son qui vous laisse le cœur ouvert et le souffle court. Ce n’est pas une plainte, c’est une renaissance.
On sent la spontanéité dans chaque riff, cette absence de cynisme qu’aucun label ne peut fabriquer. L’enregistrement n’a rien de poli, mais tout sonne juste — comme si le groupe avait compris que la sincérité est le seul luxe encore possible dans la musique. C’est brut, c’est imparfait, c’est vibrant. On croit aux trois, parce qu’ils croient encore en quelque chose.
Friday Project réveille le rock là où il dormait : dans les garages, les regards incertains et les rires trop forts. Pick Me Up (When I Fall), c’est ce moment suspendu où, même en tombant, on apprend à voler ensemble.
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octobre 11, 2025J’ai écouté Smile tard dans la nuit, à ce moment précis où le silence commence à prendre la forme d’un spectre. Le morceau m’a accueilli comme un miroir déformant : celui où le chagrin apprend à danser, maquillé en rire. Samantha Leah ne chante pas pour séduire — elle conjure. Sa voix flotte dans l’air comme un parfum de poudre et de tristesse, un murmure de coulisses d’un cirque intérieur.
Elle a ce talent rare de rendre la souffrance esthétique, sans la réduire à un accessoire dramatique. On la sent avancer sur un fil, équilibre instable entre la grâce et la fissure. Le morceau s’ouvre comme une invitation dans un monde forain en clair-obscur, où les synthés brillent comme des lampions tremblotants et les percussions battent au rythme d’un cœur trop plein. Chaque son semble peint à la main, soigneusement disposé pour qu’aucun ne prenne le dessus : une architecture du chaos dompté.
Leah ne cherche pas à feindre la force — elle l’improvise dans la vulnérabilité. Elle incarne cette figure tragique du clown triste : celle qui rit pour ne pas pleurer, qui sourit parce que la douleur devient plus supportable lorsqu’elle est déguisée. Smile n’est pas une chanson, c’est une confession en équilibre. Une valse sur les ruines, un autoportrait en plein maquillage.
Ce qui frappe, c’est la mise en scène sonore : le morceau semble respirer. On sent la tension dans les silences, la retenue dans les montées, la douleur contenue derrière les mélodies sucrées. Le dark pop de Samantha Leah ne cherche pas le drame, il l’habite. C’est une esthétique du vertige : un monde où tout est à la fois trop vrai et trop beau pour être cru.
Et puis, il y a cette impression persistante, presque dérangeante : en écoutant Smile, on croit entendre le bruit d’un cœur qui se recoud. Pas proprement, pas élégamment, mais sincèrement. Samantha Leah signe ici un manifeste intime sur la façade et la faille, un hymne à ceux qui savent que survivre, parfois, c’est juste apprendre à bien se maquiller avant de tomber.
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octobre 11, 2025La première fois que j’ai entendu Need Me, j’ai eu cette impression étrange d’écouter quelqu’un en train de se sauver lui-même, micro à la main. Ce n’est pas un morceau de bravade, encore moins un hymne à la réussite. C’est le son d’un homme qui s’observe tomber, puis se relève avec une pudeur désarmante, comme si sa propre voix devenait le seul repère dans la tempête.
NIKOTUNES façonne sa musique à la manière d’un artisan du chaos : il prend la matière brute – ses dérives, ses excès, ses mauvaises décisions – et la polit jusqu’à en faire une confession élégante. Need Me ne s’écoute pas, il se traverse. La production, d’une sobriété presque clinique, repose sur un beat trap minimaliste où chaque 808 semble battre à la place d’un cœur. Et sur ce canevas, sa voix s’étire, élastique, tantôt chantée, tantôt rappée, glissant entre les silences comme une pensée qui refuse de mourir.
Ce qu’il raconte est simple, presque banal dans sa vérité : les cycles d’autodestruction, les soirs où survivre coûte plus cher que vivre. Mais derrière cette noirceur, une lucidité éclatante. NIKOTUNES ne s’apitoie pas, il se redéfinit. On perçoit dans ses couplets cette fatigue du corps qui veut encore croire, cette lente mutation de la culpabilité en espoir. Il y a quelque chose de profondément spirituel dans sa manière de se livrer : il parle de la rue, de la survie, de la tentation, mais tout devient métaphore d’un combat intérieur.
Ce qui me touche le plus, c’est son rapport au hasard. Le hook, freestylé presque par accident, devient le cœur battant du morceau. Une improvisation née de la lassitude et de l’urgence, capturant cet instant fragile où la sincérité prime sur la technique. On sent que tout ce qui est imparfait ici est volontairement laissé brut – parce que la beauté, chez NIKOTUNES, réside dans la vérité nue.
Need Me est un cri retenu, celui d’un homme qui ne veut plus impressionner mais comprendre. Un rap introspectif et sensoriel, suspendu entre l’ombre et la lumière, qui ne choisit pas un camp parce qu’il a compris que les deux coexistent. C’est la bande-son d’un retour à soi, un morceau à la fois blessé et lumineux, comme un cœur qui bat contre la vitre du monde.
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octobre 11, 2025Je ne sais pas si Bless Up est un morceau ou un état. On l’écoute et soudain, tout ralentit : le flux de la journée, le bruit de la ville, même nos pensées se mettent à marcher pieds nus. Reach Back Retain ne cherche pas à séduire, ni à crier plus fort que les autres. Il parle comme on respire — avec ce mélange de lucidité et de détachement propre à ceux qui ont déjà tout vu, tout perdu, tout recommencé.
Ce son, c’est le reflet d’un moment suspendu. Une basse paresseuse, des kicks au grain rugueux, une chaleur qui s’étend comme la dernière cigarette d’une nuit sans sommeil. On y sent l’école du boom-bap, mais débarrassée de la nostalgie : ici, le passé sert de socle, pas de refuge. Le flow se déroule avec la lente assurance d’un sage de coin de rue — pas de punchlines à claquer sur TikTok, juste une voix qui sait.
Ce qui me frappe, c’est cette humilité lumineuse. Bless Up parle d’argent, de survie, de rues et d’esprit, mais sans frontière entre ces mondes. Reach Back Retain ne hiérarchise rien : le business devient un art, la foi devient un réflexe, et le succès — une question d’alignement intérieur. Dans chaque mesure, il y a une fatigue noble, une expérience qu’on devine vécue. La spiritualité n’est pas posée en ornement, elle transpire naturellement de sa voix, comme une exhalation du bitume après la pluie.
C’est un titre qui apaise sans endormir. Une transe tranquille où chaque silence compte autant que chaque mot. Le mix, subtilement organique, donne à la production cette sensation de proximité — on croirait presque sentir la poussière du vinyle entre les doigts.
Reach Back Retain signe ici une prière qui n’a pas besoin d’église. Un hip-hop à la fois terrien et céleste, fait pour les esprits fatigués mais encore brûlants. Bless Up, c’est le genre de morceau qu’on ne met pas pour s’évader, mais pour se retrouver. Un geste simple, sincère, qui rappelle que la sagesse peut encore avoir du groove.
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octobre 11, 2025Kirstin Knight ne demande pas grand-chose — juste la vérité. Answer est un morceau qui parle d’amour, mais surtout de lucidité, de ce moment où le corps veut vibrer mais où le cœur exige la clarté. Ce n’est pas une chanson d’Afrobeats parmi d’autres ; c’est une confession déguisée en groove. La chanteuse germano-jamaïco-italienne y tisse un fil entre le solaire et le sensé, l’appel du dancefloor et le besoin de transparence.
Dès les premières secondes, le morceau pulse d’une chaleur presque intime : des percussions rondes, un tempo fluide, une basse qui respire comme un battement intérieur. Puis la voix de Kirstin arrive, feutrée, souple, d’un naturel désarmant. Elle ne force rien. Elle glisse, oscille, caresse les syllabes avec la confiance tranquille de celles qui savent exactement ce qu’elles valent. Il y a dans son timbre quelque chose de très rare aujourd’hui — une fragilité affirmée, un charme sans fard, loin des performances calibrées.
L’écriture, elle, joue sur une ligne fine : directe sans être dure, audacieuse sans arrogance. Knight ne supplie pas, elle pose une limite. Elle ne cherche pas la validation, elle la refuse même. L’amour qu’elle chante n’est pas une dépendance, c’est une négociation. Answer, c’est une main tendue — mais pas à n’importe qui.
Musicalement, le titre flirte autant avec l’Afro-fusion de Tems qu’avec le R&B contemplatif d’une Sade version 2025. On retrouve la fluidité du jazz dans ses mélismes, la précision rythmique de Lagos dans la production, et une pointe de soul britannique qui rend le tout universel. TMPST aurait parlé de couches sonores ; ici, Kirstin les dépouille, jusqu’à ne garder que la vérité essentielle du son : la voix, la pulsation, la sincérité.
Ce qui fascine chez elle, c’est cette manière de mêler légèreté et profondeur. Answer fait danser, oui, mais surtout réfléchir. On y sent la musicienne formée, la femme libre, l’artiste qui préfère les premières prises imparfaites — parce qu’elles sont vraies. Dans un monde obsédé par le vernis, elle choisit la peau nue.
Et c’est peut-être ça, le vrai pouvoir de Answer : te faire bouger la tête tout en te glissant à l’oreille cette petite phrase que tu n’osais pas dire à l’autre. « Réponds-moi. Mais sois honnête. »
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octobre 11, 2025Ce morceau, c’est un battement de cœur sous une lumière dorée. Never Let You Go ne se contente pas d’être une track deep house bien produite : c’est une sensation, une vague qui te ramène à la surface quand tout semblait lentement couler. Terro et TMPST signent ici une collaboration qui respire la maîtrise et la vulnérabilité — deux producteurs qui savent que la puissance ne vient pas de la saturation, mais du détail.
Le morceau s’ouvre sur une ligne vocale suspendue, presque fragile, qui glisse sur des nappes soyeuses. Puis viennent ces basses arrondies, profondes, qui s’infiltrent dans le corps avant même d’atteindre les oreilles. On sent la main de TMPST dans cette manière de sculpter la matière sonore : un son clair, spatial, où chaque fréquence trouve son espace, comme si la musique respirait d’elle-même.
À la première montée, on croit savoir où on va. À la deuxième, tout explose différemment — plus émotionnel, plus physique. Le drop, favori de TMPST selon ses propres mots, a quelque chose d’hypnotique : une caresse électronique qui se transforme en embrasement lumineux. On est loin du tape-à-l’œil des clubs survoltés : ici, la transe est intime, presque méditative.
Ce qui frappe surtout, c’est cette sincérité sans excès. Never Let You Go n’a pas besoin d’artifice pour être touchant. C’est la mélodie qui porte tout, une boucle mélancolique qui semble redire sans fin : “reste un peu encore”. Dans cette boucle se cache une idée simple — la beauté de ne pas vouloir lâcher ce qui nous échappe.
TMPST, qu’on connaît pour ses productions sur Chill Your Mind et Colorize, continue d’affiner un son qui se situe quelque part entre l’horizon de Ben Böhmer et la chaleur feutrée d’un Nils Hoffmann. Terro, lui, injecte une touche plus organique, un ancrage, une respiration. Ensemble, ils trouvent une alchimie rare : celle d’une house mélodique qui ne cherche pas le spectacle, mais l’émotion.
On imagine ce morceau joué au lever du jour, quand la fête se dissout et qu’il ne reste que quelques silhouettes, des yeux rouges et des sourires fatigués. Never Let You Go appartient à cet instant précis où la musique devient mémoire. Une chanson pour ceux qui dansent encore, même quand la lumière revient.
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octobre 11, 2025Le beat claque comme une gifle. Pas une de celles qui font mal, non — une qui réveille. Talk To Um, signé Messiah of Madness (alias Tone Fultz) en featuring avec Solomon Childs du clan Wu-Tang, ne cherche pas à séduire, encore moins à divertir. C’est une pièce de rap brut, une séance d’exorcisme en 90 BPM. Un morceau qui ne s’écoute pas d’une oreille distraite, mais se vit comme une descente dans le ventre du hip-hop.
Le décor est minimaliste, presque menaçant. Une boucle vocale distordue tourne en fond, spectrale, tandis que les drums cognent sec, taillés pour le bitume plus que pour les playlists. Les claviers, eux, résonnent comme des éclats de verre dans un sous-sol enfumé. Ce n’est pas une production nostalgique, c’est une autopsie du son boom-bap — celle d’un genre qui n’a jamais vraiment disparu, mais qu’il fallait ressusciter avec les bons rites.
Messiah of Madness rappe comme s’il avait attendu trop longtemps pour parler. Chaque mot semble craché, forgé dans la rancune et la lucidité. Pas de hook accrocheur, pas de mélodie mielleuse : juste la vérité, livrée au scalpel. On entend l’influence des pionniers de la côte Est, mais aussi cette rage contemporaine, celle d’un artiste qui refuse les postures. Solomon Childs, fidèle à son ADN Wu, entre dans la boucle avec la gravité d’un vétéran : flow rocailleux, diction tranchante, autorité naturelle. Sa présence transforme le morceau en rituel.
Ce Talk To Um n’est pas un titre, c’est une injonction. Une manière de dire : « Parle-leur, mais dis-leur vrai. » Fultz, producteur devenu prophète du micro, semble vouloir rappeler à l’ordre une scène parfois anesthésiée par la hype. Ce qu’il fabrique ici, c’est un retour aux racines — un boom-bap de combat, viscéral, crasseux, mais terriblement vivant.
Le morceau s’inscrit dans la lignée du futur album Bare Knuckle Boom Bap, un titre qui dit tout : pas de gants, pas de triche. Juste la chair et le souffle. À l’heure où le rap se pare de filtres et d’effets, Talk To Um agit comme une gifle nécessaire.
Messiah of Madness, lui, ne revendique rien — il rappelle. Que le hip-hop n’est pas un genre, mais un instinct. Et qu’à Pittsburgh, comme à Staten Island, les vrais parlent encore — et fort.
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octobre 11, 2025C’est une chanson qui ne rentre dans aucun cadre, une onde nerveuse née dans une chambre du Missouri, entre un ordinateur fatigué et un cœur trop plein. Buckshot de willoh, 19 ans, sonne comme une collision volontaire — un carambolage poétique entre la naïveté des débuts et une maîtrise sonore presque instinctive. Ce n’est pas de la pop au sens lisse du terme, c’est une émotion désossée, passée à la ponceuse, puis recollée n’importe comment — mais miraculeusement juste.
willoh compose comme d’autres griffonnent dans la marge, sans chercher la perfection : elle capture ce qui brûle, ce qui déborde. Sa voix flotte au-dessus du morceau comme une brume électrique, un murmure qui oscille entre confession et défi. Derrière, les textures se heurtent — des synthés distordus, une rythmique bancale, presque maladroite, mais qui devient justement le cœur battant de la chanson. Tout semble sur le point de s’effondrer, et pourtant tout tient. C’est le genre d’équilibre que seule la sincérité brute peut maintenir.
On devine la solitude dans laquelle cette musique est née. Les murs tapissés de doutes, les heures à bricoler des boucles sur LogicPro achetés grâce aux pourboires du McDo du coin. Cette histoire, celle d’une jeune femme qui transforme ses quarts de nuit en mélodies de survie, s’entend dans chaque seconde. Buckshot n’a rien d’un produit — c’est un acte d’auto-création.
Le texte, introspectif jusqu’à l’os, explore l’acceptation : pas celle, fade, des livres de développement personnel, mais celle qui fait mal — accepter qu’on est changeant, contradictoire, que le calme n’est qu’une parenthèse avant la prochaine tempête. Chaque section du morceau semble naître d’une humeur différente : la culpabilité, la colère, le détachement, la résignation. Et puis le silence, ce moment suspendu où willoh semble simplement respirer avant de replonger.
Ce qui rend Buckshot bouleversant, c’est qu’il ne cherche jamais à plaire. C’est un cri fragile, presque bancal, mais qui touche parce qu’il dit vrai. Dans ce chaos de sons et d’émotions, willoh invente un langage : celui des filles qui tombent mais continuent à chanter, des rêveuses qui font de leurs cicatrices des rythmes.
Le Missouri n’a peut-être pas encore réalisé qu’il abrite une météorite. Buckshot explose doucement, mais son écho résonnera longtemps.
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octobre 11, 2025Étrange sensation que celle de Walk Away. C’est un morceau sans mots, mais pas sans voix. Chaque synthé y respire, chaque accord y murmure quelque chose d’intime. Quinten Jesse, entre Manchester et les Pays-Bas, signe ici une pièce instrumentale qui parle mieux que bien des textes : un R&B flottant, suspendu entre le groove et la gravité, où l’absence devient le cœur battant du morceau.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/3c4n2f9LBKd2WUsugOYfax
Ce n’est pas un simple beat — c’est un espace. Une architecture sonore faite de nuances, de frissons électroniques et de silences choisis. Walk Away s’ouvre comme un souvenir au ralenti : une nappe de Rhodes éthérée, une basse ronde qui glisse sans forcer, et cette batterie digitale, souple, presque timide, qui semble battre au rythme d’un cœur hésitant. Le morceau avance sans se presser, comme quelqu’un qui s’éloigne à reculons, incapable de vraiment tourner le dos à ce qu’il quitte.
Là où Quinten Jesse impressionne, c’est dans sa manière de fusionner les textures : l’élégance du R&B contemporain s’y mêle à la fluidité introspective de la scène alternative hip-hop. On pense à la chaleur soyeuse de Tom Misch, à la précision rêveuse de Monte Booker, mais le son de Quinten garde quelque chose de plus fragile, de plus européen — une lumière froide, un détachement pudique.
Ce qui fascine surtout, c’est ce qu’on n’entend pas. Dans cet instrumental sans paroles, chaque note semble remplie d’un non-dit. Le titre, Walk Away, agit comme une clé : on comprend que la musique est ici une forme d’adieu. Pas spectaculaire, pas dramatique — juste ce moment suspendu où l’on comprend qu’il faut partir, mais qu’on reste encore un peu.
Les arrangements sont d’une précision cinématographique : des textures liquides, des basses en apesanteur, un beat minimaliste qui se déploie comme une respiration. Quinten Jesse prouve qu’il n’a pas besoin de voix pour faire vibrer l’émotion — son langage est celui des fréquences, des transitions imperceptibles, de la tension douce entre le corps et l’air.
Walk Away n’est pas un morceau à écouter : c’est un morceau à ressentir. Une errance lente entre introspection et sensualité, entre groove et solitude. C’est la bande-son d’un moment qu’on n’a pas envie de finir — et qu’on rejoue en boucle, juste pour retarder le silence.
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octobre 11, 2025Le bitume de Long Beach n’a jamais cessé de vibrer. Il respire à nouveau sous les kicks de You Mad, un banger à la fois fier et goguenard, qui remet la West Coast à sa place légitime : entre la dérision et la domination. Famous Flossy réunit ici un casting trempé dans l’or et la sueur — RBX, légende estampillée Death Row, DAYTONE 500 et DJ PRO LBC, figure locale forgée à la sueur des mixtapes. Ensemble, ils signent un hymne de trottoir à la nonchalance millimétrée.
La prod, chaude et visqueuse, sent la côte pacifique et les capots ouverts. Un beat lent, nerveux, tapissé de basses aussi grasses qu’un coucher de soleil sur Compton. Ce G-Funk de nouvelle génération se déploie avec un sens du groove qu’on croyait presque disparu : nappes ondulantes, claps étouffés, cuivres furtifs. On entend dans la texture du son tout un héritage — celui de Dre, de DJ Quik, des samplers MPC qui grincent et ronronnent encore. Mais You Mad ne s’arrête pas à la nostalgie : il la polit, il la muscle, il la ramène au présent.
Famous Flossy mène la danse avec une assurance qui ne cherche pas à convaincre. Son flow glisse, ricane, taille ses couplets dans la pierre : “Why you mad?” devient une question rhétorique, presque une gifle élégante. RBX, lui, débarque avec cette voix râpeuse, prophétique, reconnaissable entre mille — celle qui avait déjà posé les fondations du mythe West Coast dans les années 90. DAYTONE 500 complète la boucle : plus rapide, plus sec, il apporte ce contraste de la rue d’aujourd’hui, ce punch de génération qui a grandi sur les ruines dorées du gangsta rap.
Mais derrière le fun et le flex, You Mad parle surtout de survie — de l’art de garder le sourire quand tout autour brûle. C’est la philosophie west-coast à son plus pur : la réussite n’est pas un cri de victoire, c’est un éclat de rire.
DJ PRO LBC signe une production old school dans l’âme mais calibrée pour 2025, où chaque basse fait vibrer la carrosserie et chaque refrain se fredonne en klaxonnant. Rien n’y est forcé, tout y est maîtrisé : You Mad roule lentement, capot brillant, fenêtres baissées, regard vers l’horizon.
Ce morceau n’essaie pas de refaire l’histoire : il la prolonge. Long Beach n’a pas vieilli — elle a simplement appris à mieux doser son feu. Et You Mad, avec son humour de survivant et son groove indestructible, en est la preuve la plus éclatante.
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octobre 11, 2025Il y a chez Тарас Мирний une gravité qui ne cherche pas le pathos. Un rock qui respire la poussière, le vent et la mémoire — un son d’homme enraciné dans la terre ukrainienne, mais qui regarde vers le cosmos. Колоски et Вічне коло forment les deux faces d’un même corps : la première est la peau brûlée par le soleil, la seconde, le souffle intérieur qui ne cesse de tourner.
Колоски commence comme un cri retenu. Une guitare rugueuse, presque sablonneuse, gratte à vif avant que la voix n’entre — rauque, pleine de fêlures, mais droite comme une colonne. On sent dans cette chanson une nostalgie rurale, une sorte de folk-rock tellurique, entre les champs et les ruines. C’est une prière d’homme simple, mais livrée avec la tension d’un cœur en guerre. Le morceau évoque les blés, les racines, la survivance. On y entend le sol parler. Et quand la batterie s’épaissit, que les guitares se chargent d’électricité, on comprend que ce n’est pas seulement une chanson : c’est un souvenir mis en flammes.
À l’inverse, Вічне коло (“le cercle éternel”) s’élève comme un mantra cosmique. Le son y est plus ample, plus alternatif, presque spirituel. Тарас y sculpte une boucle infinie où les guitares tournent autour d’un motif obsédant, pendant que la voix s’étire, comme pour défier la finitude. C’est un morceau de cycle et de résonance : la vie, la mort, la renaissance — tout s’y mêle dans un même flux incandescent. Le riff, nerveux et planant, rappelle parfois les envolées de Muse, mais avec une gravité plus brute, sans grandiloquence.
Entre ces deux titres, un même fil se tend : la tension entre la chair et l’éternité. Колоски parle du monde qui s’effrite sous nos pas, Вічне коло du souffle qui continue malgré tout. Tарас Мирний navigue entre le rock dur et la poésie mystique, entre cri et contemplation. On sent l’héritage des plaines, des vents, des ancêtres — mais aussi la modernité d’un musicien qui cherche dans la saturation non pas la puissance, mais la vérité.
Dans ces deux morceaux, rien n’est décoratif. Chaque note porte la fatigue du réel, chaque silence respire la foi. Тарас Мирний ne chante pas pour séduire, il chante pour témoigner — de la beauté du combat, de la douleur d’aimer, de l’infini qu’il devine dans la poussière. Колоски et Вічне коло ne sont pas de simples chansons : ce sont deux prières électriques adressées à un monde qui chancelle, mais qui refuse encore de tomber.
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octobre 11, 2025Je ne sais pas si c’est la nostalgie du club, la chaleur d’un coucher de soleil synthétique ou juste cette voix, mais Roundabout a ce quelque chose d’immédiatement addictif — comme un souvenir qu’on n’a pourtant jamais vécu. ZacTomRob signe ici un hymne pop-house aussi lumineux qu’un matin d’été après une nuit blanche, porté par la voix de becks, qui s’impose comme l’âme vibrante de ce titre circulaire, sensuel, et terriblement vivant.
Dès les premières secondes, tout est clair : la basse est ronde, moelleuse, presque vintage, les claviers respirent les années 2000 avec ce charme tropical-house à la Kygo période pré-influenceur, et la rythmique avance sans urgence, avec ce tempo feutré qui donne envie de sourire sans raison. Ce qui aurait pu être un énième morceau de dance-pop devient ici un petit miracle d’équilibre — entre légèreté et sincérité, groove et mélancolie.
La voix de becks est ce centre gravitationnel autour duquel tout tourne. Douce, pleine de retenue, elle flotte sur la production sans s’y dissoudre. Elle a cette manière de chanter les émotions comme si elles arrivaient en temps réel — pas jouées, pas forcées, mais vécues. Et c’est peut-être ça, le secret de Roundabout : cette impression de boucle émotionnelle, où chaque refrain ramène au même endroit, mais un peu différent, comme une conversation qu’on rejoue dans sa tête en imaginant une autre fin.
ZacTomRob, lui, maîtrise parfaitement le dosage : les percussions claquent avec une élégance old-school, la structure ne cherche jamais à surenchérir. Le morceau vit dans la répétition, dans l’épure, dans la clarté. C’est un son de plage, oui, mais avec une vraie mélancolie sous-jacente — celle du moment qui s’échappe, du regard échangé avant le départ, de la fête qui touche à sa fin.
Ce n’est pas un tube tapageur, c’est une évidence feutrée : un morceau à écouter casque sur les oreilles, en marchant seul dans la lumière dorée d’une fin d’après-midi. Roundabout, c’est la douceur de tourner en rond dans ses souvenirs, sans jamais vouloir vraiment en sortir.
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octobre 11, 2025Shining Star ne s’écoute pas : il se traverse. Comme un tunnel vibrant de lumière et de vitesse, quelque part entre Hackney et une station orbitale. Christopha y rappe avec cette élégance nerveuse propre aux artistes qui ne se contentent pas de suivre le beat — il le tord, le redéfinit, l’habite. Sa voix, à la fois calme et incandescente, semble sculpter le tempo plutôt que le subir, glissant sur la rythmique drum’n’bass avec une précision chirurgicale et une grâce instinctive.
On retrouve dans ce morceau toute la grammaire d’un hip-hop anglais conscient, mais débarrassé du vernis militant. Christopha ne sermonne pas : il confesse, il observe, il élève. La production, d’une limpidité presque cinématographique, mêle des nappes aériennes à des basses grondantes, rappelant le Londres des clubs d’Underground Resistance ou l’urgence poétique de Roots Manuva. Chaque mesure respire l’espace, la tension, la foi en quelque chose de plus grand que la simple survie.
Ce qui frappe, c’est le dosage : le flow de Christopha n’explose jamais, il avance, sûr de lui, comme un marathonien du verbe. On sent qu’il a couru longtemps avant d’arriver ici — un artiste qui a appris la patience, qui a compris que la constance est une forme de résistance. Shining Star est à l’image de son créateur : obstiné, lumineux, et profondément humain.
La rythmique jungle agit comme un cœur qui s’emballe, mais la voix garde le cap, ancrée dans le réel. Loin des poses d’ego-trip, Christopha y déploie une forme d’humilité fière : celle de ceux qui ont connu le béton, les bus de nuit, les promesses qui s’effritent, et qui, malgré tout, continuent d’espérer. Ce n’est pas un hymne à la réussite, mais une célébration de la persévérance — la sienne, et celle de tous ceux qui, chaque jour, refusent de s’éteindre.
On pourrait dire que Shining Star est un titre sur la résilience, mais ce serait réducteur. C’est surtout un morceau sur la transformation : celle d’un artiste qui tourne le chaos en pulsation, la fatigue en groove, la lucidité en lumière. Une étoile qui ne cherche pas à briller plus fort que les autres — juste à rappeler que dans la nuit, tout éclat compte.
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octobre 11, 2025Je me souviens du moment précis où What Is Love a commencé. Ce n’était pas une chanson, c’était une bouffée d’air – une de celles qu’on ne trouve plus dans les villes, ni même dans les conversations. Une guitare en bois, fragile comme une confidence, et cette voix, celle de Kaley Halperin, qui semble chanter depuis un lieu qu’on croyait perdu : l’innocence. À cet instant, quelque chose s’est arrêté. Ou plutôt, tout s’est remis à battre.
Gideon Unna écrit et compose comme on tend la main à quelqu’un qu’on ne connaît pas encore mais qu’on devine essentiel. Il a ce sens du dépouillement lumineux, ce refus du spectaculaire. La chanson s’élève sans jamais chercher le crescendo, préférant la sincérité à la tension dramatique. On sent derrière chaque note la fatigue d’un monde malade de sa propre violence, et ce geste obstiné : continuer à croire en la beauté, en la douceur, en l’autre.
Le morceau, construit sur un dialogue organique entre les cordes et les voix, ressemble à un appel à la paix plus qu’à une ballade amoureuse. La guitare de Gideon caresse plutôt qu’elle ne guide, la batterie de Yotam Botner respire au lieu de marquer le temps. Les arrangements de cordes, signés Oren Tzur, glissent comme un souffle dans le dos, discrets mais nécessaires. C’est un travail d’orfèvre : rien n’est de trop, tout est à sa place.
Et puis il y a cette rencontre : Kaley Halperin, solaire, précise, presque mystique, qui transforme les mots en lumière. On dirait qu’elle chante non pas pour séduire mais pour consoler. Sa voix a la transparence des premiers matins du monde, et quand elle se mêle à celle de Gideon, c’est comme si deux continents s’étaient rejoints. Ce duo, c’est l’équilibre parfait entre fragilité et conviction, entre foi et fatigue.
Le fond du morceau, lui, touche à l’essentiel : écrire une chanson d’amour au cœur d’une époque de guerre. Dans un Israël qui brûle encore, Gideon Unna choisit la tendresse comme arme et la poésie comme dernier territoire libre. On sent, dans chaque phrase, cette tension entre désespoir et humanité, cette volonté de ne pas céder à la laideur du monde. La chanson devient un remède : un baume, pas une fuite.
Ce qui frappe, c’est la sincérité absolue de la production. Pas de surenchère, pas d’effets de manche. La matière sonore garde la chaleur du studio, ce lieu où l’on devine les respirations, les hésitations, les rires. On imagine les musiciens autour du micro, le silence entre deux prises, cette alchimie fragile où la musique cesse d’être une idée pour devenir un geste.
What Is Love est une chanson sans grandiloquence, mais pleine de foi. Celle, rare, de ceux qui pensent encore que la musique peut panser quelque chose. Un hymne doux et lucide, qui ne répond pas à la question qu’il pose — mais qui la rend un peu plus supportable. Et peut-être que c’est ça, l’amour : un instant suspendu, une voix qui vous murmure que tout n’est pas encore perdu.
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octobre 11, 2025Ce disque m’a donné l’impression d’être dans une chambre d’hôtel que je ne reconnaissais plus, à deux heures du matin, la fenêtre ouverte sur un ciel bleu pétrole. Tout vibrait doucement, comme si le monde s’était mis à flotter. Take To The Sky, premier long format de NEEB, n’est pas un album de jazz au sens strict — c’est un mirage feutré, une onde, une traversée sensuelle entre la chair et le son.
Jasmine Weatherill chante comme on chuchote une vérité qu’on n’a jamais dite à voix haute. Elle a cette voix translucide, presque tactile, qui se dépose sur les textures fluides de Mark Hand et Tony Waite comme un souffle sur une vitre embuée. Autour d’elle, le groupe respire : la basse avance à pas de velours, les synthés se déploient en halo, et la batterie, fine et attentive, semble écouter avant de frapper. On pense parfois à Sade, à Talk Talk, à ce jazz anglais qui s’est toujours écrit à la frontière du silence. Mais NEEB n’imite personne. Leur son, c’est celui d’une génération qui a digéré la soul, le dub, la house et le chagrin — et qui, au lieu de choisir, préfère flotter entre les états.
Chaque morceau agit comme un état d’âme. Take To The Sky ouvre le bal avec la grâce d’un lever de jour : on sent la lumière passer entre les doigts. The Way I Do glisse sur un groove qui se dérobe, à la fois tendre et fuyant. Puis Cave of Hands descend dans des profondeurs plus troubles — un trip intérieur, moite, presque mystique. Visions se hisse au-dessus du brouillard avec une trompette qui fend la nuit comme un souvenir qui revient sans prévenir. All Caught Up déploie une élégance discrète, un jazz en apesanteur, tandis que Time Is Elastic s’étire, suspendu entre deux respirations, comme un rêve qui refuse de finir. Wasted est le moment de vertige, la nostalgie pure. Et Brighter Day, enfin, réapprend la lumière : un au revoir qui a le goût d’un recommencement.
Ce que NEEB propose ici dépasse la virtuosité. C’est une forme de tendresse sonore, une exploration des textures et du temps, un disque qui coule lentement dans les veines comme un calmant. On y entend le poids des nuits blanches, des amours suspendues, des doutes qu’on apprivoise. C’est un album pour les heures sans montre, pour ceux qui ne savent plus très bien s’ils dansent ou s’ils rêvent.
Take To The Sky ne cherche pas à impressionner — il cherche à hypnotiser. Et il y parvient, avec une douceur presque insolente.
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octobre 11, 2025Cougar Town, c’est ce moment où le country-rock lâche la bride, sort du saloon et fonce sur l’autoroute avec un sourire en coin et une envie furieuse de s’amuser. Marc Daniels, ce cowboy des temps modernes qu’on imagine plus volontiers avec une guitare râpée qu’un stetson bien propre, signe ici un hymne à la maturité désinhibée — un titre aussi irrévérencieux qu’attachant, à la croisée de la satire et de la tendresse.
Le morceau démarre comme un clin d’œil — une ligne de guitare grasse, un groove southern qu’on sent venir du ventre, et cette voix rauque, familière, pleine de ce grain d’ironie typique de Daniels. L’homme n’écrit pas des chansons, il balance des scènes de vie. Et ici, il peint son tableau avec des teintes de rouge à lèvres, de Chardonnay et de cuir usé : des femmes sûres d’elles, solaires, qui ont troqué les bars bondés pour des clubs de Pilates et des SUV climatisés. Daniels les célèbre, non pas avec condescendance, mais avec l’adoration amusée d’un type qui sait reconnaître la beauté quand elle a de l’expérience et du répondant.
“Let my 401k keep you warm at night” — la phrase résume tout le génie du morceau : une écriture drôle, piquante, qui flirte avec la parodie sans jamais tomber dedans. Derrière le rire, il y a le respect. Derrière le second degré, une vraie fascination pour ces femmes libres et fières qui n’ont plus rien à prouver. Cougar Town joue sur ce double ton : l’ironie du titre se dissout peu à peu dans une sincérité inattendue, et c’est là que le morceau prend toute sa force.
Musicalement, c’est du pur country-core : guitares mordantes, batterie à la limite du rock sudiste, basse qui gronde comme un moteur de Harley. On pense à Hardy pour la rugosité, à Wheeler Walker Jr. pour le culot, à Kid Rock pour la démesure. Mais Marc Daniels garde son propre ADN : un sens du rythme décomplexé, une écriture visuelle, et cette façon unique de rendre ses refrains immédiatement fédérateurs. On les imagine déjà hurlés dans un bar de Nashville, verres levés, rires gras et clins d’œil complices.
Ce que Daniels réussit ici, c’est une pirouette rare : parler de désir, d’âge et d’attirance sans jamais sombrer dans le cliché. Son humour sert de scalpel, découpant les attentes et les tabous du country traditionnel pour en extraire quelque chose de plus humain, de plus vrai. Cougar Town devient alors une célébration, une danse entre satire et sincérité, entre les rides et le rock’n’roll.
Et puis il y a cette énergie brute — celle d’un artiste qui refuse de vieillir autrement qu’en s’amusant. Marc Daniels ne chante pas la nostalgie, il chante la vitalité, la vie après 40 ans, l’envie intacte de flirter avec le danger. “Forget the club — let’s be in bed by nine,” lance-t-il, et c’est peut-être la punchline la plus lucide du country contemporain.
Au fond, Cougar Town est une chanson de liberté. Celle de vivre selon ses règles, d’aimer sans âge et de rire de tout, surtout de soi-même. C’est sale, drôle, touchant, et diablement efficace. Un titre qui sent le cuir, le bourbon et la sincérité. Bref : du Marc Daniels pur jus, avec juste assez de provocation pour qu’on en redemande.
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octobre 11, 2025J’ai écouté Seven Cities of Gold un soir d’automne, les volets à demi clos, la pluie martelant les vitres comme une batterie lointaine. Le morceau a commencé comme une aurore qui s’invite dans une pièce sombre : une guitare claire, presque timide, puis la voix de Julie July, limpide, diaphane, et soudain tout s’ouvre. Le monde intérieur se déplie lentement, et on se retrouve projeté dans une carte ancienne — celle des légendes d’El Dorado, des promesses d’horizons dorés et des routes sans retour.
Ce que j’aime chez Julie July, c’est cette manière de faire chanter la mémoire sans jamais l’empailler. Elle ne copie pas ses héros — elle les ranime. La chaleur folk de Sandy Denny, la précision narrative de Dire Straits, la fluidité mélodique d’un Fleetwood Mac en pleine tempête émotionnelle… tout cela résonne, oui, mais jamais comme un pastiche. Seven Cities of Gold s’écrit au présent, dans une respiration moderne, vibrante, presque cinématographique.
La guitare, fine et souple, a ce timbre “Knopflerien” que les amateurs reconnaîtront entre mille : un toucher précis, un son clair qui scintille à la surface de la mélodie, comme une lame sous le soleil. Autour, le groupe tisse un écrin mouvant — la basse pulse doucement, la batterie respire, le tout soutenu par des harmonies vocales qui se déploient comme des voiles gonflées par le vent. C’est à la fois soyeux et ample, d’une élégance presque rare aujourd’hui, où tant de folk se perd dans la pâleur de la reconstitution. Ici, tout vit, tout respire.
Julie chante comme on marche vers un mirage : avec la foi de ceux qui savent que la quête compte plus que la trouvaille. Sa voix, claire comme l’eau d’une rivière, porte une mélancolie lumineuse — ce mélange de douceur et de distance qu’on retrouve dans les plus grandes chansons anglaises, celles où l’émotion se cache derrière la pudeur. À mesure que le morceau avance, on sent les paysages se transformer : les sables deviennent océans, les promesses se font échos, et la voix, elle, devient boussole.
Mais Seven Cities of Gold n’est pas qu’une balade spirituelle. C’est aussi une leçon de son. Une maîtrise du détail, de l’espace, de l’équilibre entre acoustique et électrique. Chaque instrument est à sa place, chaque silence compte, chaque montée semble contenue par un fil invisible. La production — d’une clarté presque tactile — amplifie ce sentiment d’apesanteur : on flotte entre le réel et l’imaginaire, pris dans un vertige doré.
En vérité, peu de groupes actuels manient le folk-rock avec autant de finesse. Là où d’autres s’enferment dans la nostalgie, The Julie July Band avance. Ils ravivent les couleurs d’un genre sans jamais le figer. Seven Cities of Gold devient alors plus qu’un morceau : une traversée. Celle d’un groupe qui, au lieu de chercher les cités d’or, les construit, patiemment, à coups d’accords et de souffle.
Quand la dernière note s’éteint, il reste une impression étrange — celle d’avoir voyagé sans avoir bougé, d’avoir rêvé avec les yeux ouverts. Et peut-être est-ce ça, le vrai pouvoir du folk : transformer la route en poésie, et la musique en horizon.
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octobre 11, 2025J’ai écouté Red Poem comme on entre dans un rêve qu’on n’a pas choisi. D’abord un souffle, une voix qui semble surgir d’un lieu où le temps ne circule plus. Puis les guitares qui s’élèvent, lentes, poussiéreuses, pleines de fantômes. Ce n’est pas une chanson, c’est un rituel. On y sent la terre rouge de l’Oklahoma, les battements lointains d’un tambour oublié, les vibrations d’un peuple qu’on a voulu réduire au silence mais qui parle encore, à travers lui.
Dead Feather est un paradoxe vivant : un artiste sourd qui fait résonner le monde mieux que la plupart des entendants. Sa surdité n’est pas une limite, c’est un prisme. Elle aiguise l’écoute intérieure, celle qui perçoit non pas les sons, mais les fréquences invisibles : la colère, la mémoire, le sacré. Red Poem, troisième extrait de son projet Cate Heleswv (Red Medicine), est une éruption de cette écoute-là — brute, sans filtre, habitée.
J’entends dans cette pièce le poids des siècles, mais aussi la modernité d’un cri lucide. Dead Feather y raconte son histoire, mais surtout celle de tous les enfants coupés de leurs racines, condamnés à apprendre leur propre langue à travers les ruines. Le texte, écrit dans les années 2000, puise dans la rage de Malcolm X, la spiritualité de Bob Marley, la pensée politique de Vine Deloria Jr. Ce n’est pas un manifeste, c’est une cicatrice parlante. Une parole qui se relève, vacillante mais indestructible.
L’alliage entre poésie et rock fonctionne comme un choc. Adam Stanley et Isaac Nelson (du groupe Stanley Hotel) enveloppent la voix de Dead Feather dans une matière organique : un rock charnel, presque tribal, qui rappelle par moments la tension mystique de The Doors ou les élans prophétiques de Patti Smith. Mais là où Morrison prêchait la transe et Smith l’extase urbaine, Dead Feather invoque la terre — la poussière, la pluie, les os. Son spoken word claque comme une incantation dans le vent, un langage venu d’avant la civilisation.
Ce qui me bouleverse, c’est la sincérité nue du geste. Pas de pose, pas de calcul. Juste un homme, son passé, et cette rage tranquille d’en faire une œuvre. Dans Red Poem, la musique n’est pas une distraction : c’est un acte de guérison. Une manière de recoudre l’histoire déchirée de la culture Mvskoke-Creek avec des fils de son et de mots. Chaque note devient une trace, chaque silence une mémoire.
Le morceau, enregistré à Wellston dans une ambiance presque familiale, garde la texture du vrai : on y entend la respiration du studio, la fragilité des prises, la chaleur humaine. On imagine Dead Feather au centre, debout dans le silence, et autour de lui, ses collaborateurs tissant cette fresque sonore avec respect et intensité. Le résultat, c’est une transe contenue, une fièvre apaisée, une beauté rugueuse.
Red Poem n’a rien d’un produit. C’est un fragment d’histoire, un poème incandescent sur la désassimilation, sur la reconquête du corps et de la voix. Et quand tout s’éteint, il reste ce sentiment étrange d’avoir entendu quelque chose de rare — une vérité sans décor, une musique qui vient d’en dessous du monde.
Écouter Dead Feather, c’est accepter d’être dérangé. C’est se laisser traverser par ce que l’Occident a oublié : que le son n’est pas toujours fait pour plaire, mais parfois pour guérir.
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octobre 11, 2025Antoin Gibson ne rappe pas pour séduire, elle rappe pour déranger. Pour déraciner les illusions, retourner les codes et mettre les mots là où ça brûle. Son nouveau single, Diss Qualification, sorti le 1er octobre 2025 via Circum-Sŏnus, n’est pas simplement un morceau : c’est une déclaration de guerre, un manifeste contre la docilité, une claque sonique qui pulvérise la façade d’un monde figé dans sa propre absurdité.
Dès les premières secondes, on sent la morsure. Son flow est chirurgical, nerveux, chargé de cette colère froide propre aux artistes qui ne mentent pas. Chaque syllabe porte le poids d’un refus — celui de se taire, celui de s’incliner. “I’m just saying it how I see it,” lâche-t-elle avec l’assurance d’une rappeuse qui n’a plus rien à prouver. Cette phrase d’ouverture agit comme un coup de feu : le ton est donné. Pas de filtre, pas d’excuses, pas de diplomatie. Antoin Gibson vise juste — et tire pour tuer la complaisance.
Diss Qualification attaque de front la déshumanisation institutionnelle, la bureaucratie absurde et les mécanismes élitistes qui condamnent celles et ceux qui refusent de cocher les bonnes cases. Derrière l’ironie du titre se cache une rage lucide : celle d’une artiste forcée de “revenir à la case départ”, non pas parce qu’elle manque de talent, mais parce que le monde mesure la valeur à coups de diplômes et de CV standardisés. “You must spend paper to get paper to make paper to spend” : une punchline devenue symbole de ce cercle vicieux que Gibson démonte, ligne après ligne, avec un sarcasme acéré.
Sa plume est dense, presque littéraire. Elle entremêle des réflexions sur la politique, le travail, la guerre, la perte de sens, sans jamais sombrer dans la posture. Son verbe fuse comme une rafale, mais garde toujours la précision d’une pensée construite. Sur une production minimaliste, sombre et tendue, la voix d’Antoin s’impose comme un cri maîtrisé. L’écho d’une génération qui n’attend plus qu’on lui fasse une place.
L’artiste ose tout : attaquer les institutions internationales, ridiculiser les élites, se moquer de l’inertie de l’ONU, dénoncer les absurdités d’un monde “plus prompt à dégainer un bazooka qu’à réfléchir”. “There is nothing united about them than the fact they are incompetent,” crache-t-elle, avec cette ironie amère qui fait la marque des grands lyricistes.
Mais Diss Qualification ne se résume pas à un pamphlet politique. C’est aussi une introspection déguisée, une manière pour Gibson de reprendre le contrôle narratif. Elle transforme sa frustration en puissance, son exclusion en moteur, son vécu en manifeste. Derrière la violence du ton, on perçoit une forme de rédemption : celle d’une femme qui choisit de se définir seule, loin des cadres et des autorisations.
Antoin Gibson expose, elle dénonce, elle met à nu. Dans un paysage dominé par les egos, elle rappelle que le rap peut encore être une arme de pensée, un terrain de vérité. Diss Qualification n’est pas qu’un titre : c’est un acte. Parce qu’au fond, ce que Gibson revendique, ce n’est pas une qualification académique. C’est la seule qui compte : celle de dire la vérité, avec courage et sans permission.
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octobre 11, 2025On sent chez Brian Mullins cette voix d’homme qui n’a pas juste chanté la vie, mais qui l’a traversée, poussiéreuse et cabossée, guitare à la main. Son album Dirt Road Diaries, résonne comme un journal intime gravé sur des cordes de guitare et porté par une sincérité désarmante. Plus qu’un simple projet musical, c’est une traversée biographique, une cartographie de l’âme d’un homme du Sud marqué par ses racines, ses blessures et une foi tranquille en la rédemption.
Mullins n’est pas un chanteur façonné en studio : c’est un conteur forgé par la route, les bars de campagne, les chœurs d’église et la nostalgie des amours manquées. On retrouve dans sa plume le parfum des grands classiques du country-rock américain, quelque part entre Conway Twitty, George Strait et Bryan Adams, mais avec cette touche d’authenticité brute qui ne s’invente pas.
Chaque morceau ici est une page arrachée à sa vie. Cowtown Road ouvre l’album comme une photographie sépia : un retour sur l’enfance à Meadow Bridge, en Virginie-Occidentale, un décor de poussière, de champs et de souvenirs. Ce titre concentre l’essence même du country : la simplicité, le foyer, les routes familières où tout a commencé.
Puis vient I Miss You Still, ballade poignante dédiée à sa mère disparue. La voix y tremble, nue, sans artifice, sur un lit de guitares acoustiques et de batterie feutrée. On y entend le deuil mais aussi l’amour, cette chaleur persistante que la mort ne parvient pas à éteindre. À l’inverse, Why Didn’t You Want Me frappe comme une cicatrice mise en musique : un cri d’enfant devenu homme, adressé au père biologique absent. Le morceau, d’une honnêteté bouleversante, expose sans détour la quête de reconnaissance et de paix intérieure qui traverse tout l’album.
Mais Brian ne se limite pas à la nostalgie. Tight Jeans and Country Dreams ramène un souffle d’humour et de sensualité country, un clin d’œil aux amours d’été et à la légèreté du désir. Slave to the Dollar plonge dans une réflexion sociale, dénonçant la fatigue des travailleurs qui s’épuisent dans un monde obsédé par l’argent. Ces contrastes entre intime et collectif donnent au disque une densité rare, chaque chanson répondant à une autre comme les chapitres d’un même roman.
Avec The Man in the Mirror, Brian se confronte à lui-même, guitare et conscience mêlées. Ce morceau, d’une intensité presque spirituelle, incarne la quête du pardon et l’acceptation de ses propres failles. Puis God Is Good referme l’album sur une prière, un souffle de gratitude et de foi après la tempête. C’est la chanson d’un homme qui a tout vécu — la perte, la douleur, l’amour, la rédemption — et qui choisit encore la lumière.
Georgia Bulldog agit comme un emblème : celui de la ténacité, du courage et de la fierté d’appartenir à une terre où les valeurs de travail, de famille et de loyauté n’ont pas encore disparu.
Enregistré sous son propre label, Hillbilly Records, avec des outils simples mais une âme immense, Dirt Road Diaries n’a rien du produit calibré pour la radio. C’est un disque humain, imparfait, profondément vrai. Le genre d’album qu’on écoute en silence, fenêtre ouverte sur la nuit, pendant que les étoiles se mêlent aux souvenirs.
Brian Mullins y signe plus qu’un retour à la musique : il y signe un testament de sincérité, un hommage à la vie dans tout ce qu’elle a de dur, de beau et de vrai. Un songwriter à l’ancienne, comme on en fait trop peu.
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octobre 11, 2025Il chante comme on écrit une lettre qu’on n’enverra jamais. Une voix fêlée, chargée de tabac froid, d’espoir têtu et de nuits qui ne s’oublient pas. Avec Comme un azur dans l’âme, Romain Gutsy continue d’explorer cette frontière délicate entre la chanson d’auteur et la confession intime, entre la légèreté du jazz et la gravité d’un blues qui s’invite en douce.
Ce morceau, c’est un souffle suspendu. Une déclaration d’amour écrite à la main, entre tendresse et désillusion, où chaque mot pèse autant que le silence qui le suit. Romain chante l’amour comme un mirage bleu, un éclat fugace dans la grisaille du quotidien — cet “azur dans l’âme” qui fait tenir debout quand tout vacille. Il y a dans sa voix une fatigue douce, celle des hommes qui ont trop vécu pour mentir encore, mais pas assez pour cesser d’y croire.
Musicalement, Comme un azur dans l’âme s’inscrit dans une veine où la chanson française classique flirte avec les accents du folk transatlantique. Les arrangements, sobres et feutrés, laissent l’espace nécessaire pour que chaque respiration, chaque grain de voix raconte quelque chose. On y retrouve cette empreinte singulière de Gutsy : un jazz discret, une guitare qui caresse plus qu’elle ne griffe, une basse qui avance comme un cœur lourd. C’est une écriture à la fois précise et libre, celle d’un artisan de la chanson plus que d’un poseur de refrains.
On comprend pourquoi ses influences vont de Brel à Cohen, de Nina Simone à la mélancolie d’un vieux bar de Montparnasse. Comme eux, Romain ne cherche pas à séduire — il cherche à toucher. Il raconte la foi, la chute, la beauté, sans détour ni vernis. Son art tient du murmure et de la confession, un peu à la manière d’un conteur qui aurait troqué la scène pour une table de bistrot, un verre de rouge posé à côté du micro.
Dans un paysage musical souvent obsédé par la perfection numérique, Gutsy rappelle l’importance du grain, du souffle, de l’imperfection vivante. Comme un azur dans l’âme n’est pas un single à streamer distraitement : c’est une chanson à écouter tard, les yeux mi-clos, en laissant la voix rugueuse de Romain se frayer un chemin dans la mémoire.
Ce n’est pas une chanson d’amour. C’est un aveu. Et comme tous les aveux, il tremble un peu — mais c’est dans ce tremblement-là que réside la vérité.
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octobre 11, 2025Maureen a retourné Woodstower 😳
Voix miel et rasoir, refrains qui collent aux paumes, basses qui te massent la cage thoracique — chaque drop a fait lever la foule comme une vague douce et féroce. C’était moite, solaire, irrésistible: un orage qui danse🌪️
Accompagnée de sa troupe de danseuses, Maureen nous a montré qu’elle est bien la queen du shatta qu’elle pense être, à tel point qu’elle a transfomé la scène en Baile Twerk géant sur « Shake It To The Max », et le moins qu’on puisse dire c’est que c’était Hot as Fuck 🔥
👋🏽@maureen.l.l
📍@woodstower_
#festival #woodstower #concert #shatta #maureen
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octobre 10, 2025La P’tite Fumée a retourné Woodstower comme une vague chaude à minuit.
Sur l’herbe de Gerland, la tribu a levé un totem de BPM: kicks galopants, mains en rafales, transes qui se passent de mots 🔥
Quatre musiciens en fusion, un son qui griffe et qui soigne, et cette façon de transformer une fosse en clan — on a vu des inconnus devenir voisins de cœur en trois breaks et un drop 🎶
On était collés au crash, à saisir le moment où la nuit bascule: les corps qui prennent feu sans crier, les regards qui se répondent en morse, la poussière qui scintille comme si la scène soufflait des étoiles ✨
LPF ne “joue” pas: ça convoque, ça envoûte, ça te laisse avec des éclats sous la peau. On a crié, on a ri, on a tout donné — et ça n’a toujours pas suffi 🧨
👋🏽@laptitefumeeofficial
📍@woodstower_
#festival #woodstower #concert
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octobre 10, 2025Pas de grand fracas, pas de look tapageur. James Vickery avance à contre-temps du bruit, porté par une voix chaude comme un vinyle d’été, un RnB cousu main, sans effet de manche. Londres l’a vu naître, entre héritage sud-africain, racines galloises et amour précoce pour les voix qui racontent vrai. Il n’a qu’une oreille qui fonctionne, mais c’est peut-être ce qui rend son groove si particulier : toujours centré, toujours juste, toujours habité.
Son dernier projet, JAMES., est un miroir doux-amer tendu à sa propre vie. Une soul contemporaine qui n’a pas peur du romantisme, ni du silence entre les mots. Pas d’artifice, pas de gimmick. Juste une voix et une sincérité désarmante. À mi-chemin entre ballades en apesanteur et vibes qui font hocher la tête sans prévenir, l’album dévoile un artiste à la croisée des sensibilités : entre le spleen moderne d’un Frank Ocean, les inflexions organiques d’un D’Angelo et la tendresse brute d’un Sampha.
On a posé dix questions à ce chanteur anglais pas comme les autres, pour parler de racines, de sauces secrètes, de playlists de cœur et de la manière la plus improbable d’entrer dans la musique professionnelle : par accident, à cause d’une opération, et par besoin de réapprendre à parler.Voici l’interview de James Vickery, à une oreille du miracle.
1) Qui es-tu ?Salut ! Je m’appelle James Vickery, je suis chanteur et je viens de Londres. Je fais de la musique depuis quelques années maintenant, et j’espère que celles et ceux qui aiment la soul et le RnB y trouveront leur bonheur.
2) Quel est ton parcours ?J’ai grandi dans une famille métissée : ma mère est originaire d’Afrique et mon père du Pays de Galles. Musicalement, c’était aussi très contrasté. Du côté maternel : Soul, Motown, Disco. Du côté paternel : rock, blues, guitares. Je pense que mes arrangements viennent de lui, mais mon style, de ma mère. Et puis j’ai grandi dans le sud de Londres, un coin très riche culturellement, qui m’a profondément influencé.
3) Que peux-tu nous dire sur ta musique en quelques mots ?Sensuelle. Passionnée. J’essaye toujours de rester honnête. Mes chansons parlent souvent d’amour, mais à travers mon prisme. Elles racontent des choses que j’ai vraiment vécues.
4) Quelles sont tes inspirations ?En écrivant mon album JAMES., j’ai voulu créer quelque chose qui me ressemble totalement. Un projet complet, fidèle à toutes les facettes de ma personnalité : des titres légers, d’autres plus émouvants. Ce disque, c’est moi, sans filtre.
5) Quelle est ta playlist du moment ?Comme beaucoup en ce moment, je suis obsédé par Olivia Dean. Elle est rafraîchissante. J’écoute aussi beaucoup Dijon et Sasha Keable.
6) Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?Une recette de famille : un dip aux artichauts hérité de mon père. Hyper simple — artichauts, mayo, piment — mais toujours un carton en dîner. Je harcèle aussi ma grand-mère pour qu’elle me file ses recettes sud-africaines, alors reviens me poser la question dans quelque temps !
7) Quels sont tes projets à venir ?Je réfléchis toujours à la suite, mais je ne peux pas encore en dire trop. Peut-être quelque chose pour Noël… Suspense !
8) Une anecdote à ton sujet ?Je suis devenu chanteur complètement par hasard. Je suis né avec une malformation : je suis sourd de l’oreille gauche. Après une opération, j’ai dû réapprendre à parler. Le médecin m’a conseillé de prendre des cours de chant pour m’aider à projeter ma voix. Et… c’est comme ça que tout a commencé.
9) Si tu pouvais passer 48h avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré ?Stevie Wonder. Son influence sur moi est immense. Je redécouvre sans cesse des morceaux à lui que je n’avais jamais entendus, et chaque fois, je suis bluffé. Mon héros absolu.
10) Un dernier conseil ?Le meilleur exercice ? Écouter de la musique, encore et encore. Ce que tu entends, même sans y penser, deviendra ta matière première. Et surtout : sois sympa avec tes ingés son. Toujours.
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octobre 9, 2025Vladimir Cauchemar a transformé Woodstower en messe païenne 3.0 🙏🏽
Masque d’os, flûtes spectrales, 808 qui grondent: une rave médiévale où chaque drop sonnait comme un tocsin. Les corps ont suivi le rituel, mains au ciel, poussière qui scintille sous les strobos, BPM tatoué sur la peau. Lyon vibrait comme un sanctuaire, et la nuit avait l’odeur électrique des grandes premières🔥
On était collés au crash, à voler ces secondes interdites: cellulaires en apnée, basses qui plient l’herbe, refrains qui percent comme des lames. Cauchemar ne “passe” suelment pas un set : il invoque. Liturgie club, sueur bénite, extase calibrée. On a senti demain battre à plus de 130 bpm 🫶🏽
👋🏽@vladimircauchemar
📍@woodstower_
#festival #woodstower #vladimircauchemar #concert
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octobre 9, 2025Ben PLG a débarqué au Woodstower comme une pluie tiède sur l’asphalte: direct, sans filtre, cœur de Roubaix vissé au micro 🔥
Sur scène, celui qui a été propulsé par Nouvelle École a transformé la fosse en salon où l’on vide ses poches: punchlines qui claquent, vérité qui colle aux doigts, ego-trip à hauteur d’homme. Quand la prod gronde, ses mots font le grand écart entre la rage et la tendresse — et tout le monde saute à la même pulsation, comme si un seul thorax respirait pour mille 🎶
👋🏽@ben_plg📍@woodstower_
#festival#woodstower#benplg#concert
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octobre 9, 2025Naeko a mis le feu doux et la tornade en même temps 🌪️Sous les néons verts du Cabaret Vert, sa voix a fendu la nuit comme une lame de pluie, et tout le champ s’est mis à respirer au même tempo. On a vu des regards se rallumer, des épaules se délier, des refrains devenir des promesses. C’était brut, tendre, en sueur, en or 🎶
On était là, collés à la barrière, à voler ces secondes où le monde bascule:
basses qui bourdonnent, peau qui vibre, refrains qui s’échappent des lèvres avant même qu’on les connaisse. Naeko n’a pas joué un set, il a ouvert une faille—et on y est tombés avec le sourire 🫶🏽
Bonne nouvelle: on ne s’arrête pas là. Notre interview exclusive avec Naeko sort à la fin de la semaine. On a parlé vertige, débuts cabossés, studio nocturne et amour du live. Restez branchés: ça arrive très vite, et ça pique juste ce qu’il faut 🔥
👋🏽@naeko_off🎥 @iamalexcliatt📍@cabaretvert
#festival#cabaretvert#naeko#concert
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octobre 8, 2025Vendredi 17 octobre, le Point Éphémère deviendra l’arène la plus brûlante de la capitale. Pas de gala poussiéreux, pas de scène aseptisée : Playoff Season III revient comme un uppercut culturel signé Baton Rouge, ce collectif parisien qui transforme les showcases en expériences, les battles en communion et les soirées en mythes.
Le concept est simple, mais son énergie, elle, ne l’est pas : six talents émergents — Laast, Hamilton, OJ Billz, OMS, Isis et Waks — monteront sur scène pour défendre leur univers face à un public devenu jury. Oui, ici, c’est la rue, la foule, les labels et les artistes qui décident ensemble. Le spectateur devient acteur, l’auditeur devient voix. Une tension saine, électrisante, presque rituelle : celle du hip-hop à l’état brut.
À leurs côtés, plusieurs labels partenaires viendront poser leur sceau sur cette édition : 360 OTG, Punch Promo, SNG Rec et Guizmo Deluxe, preuve que la scène indépendante parisienne sait encore s’unir quand le feu du talent se fait sentir. Deux prix seront remis — Prix du public et Prix du jury — mais dans cette arène, la vraie récompense, c’est le respect. Celui qu’on gagne sur scène, en sueur, micro en main.
Et parce que Baton Rouge ne fait jamais les choses à moitié, la soirée s’enchaînera sur des showcases inédits signés Julaï (Punch Promo) et La V (360 OTG). Deux univers, deux énergies, une seule direction : la montée en puissance d’une scène qui refuse de dormir.
Quand minuit frappera, les BPM changeront de visage : DJ Nandor prendra le relais pour un set incandescent avant de passer le flambeau au concept Versuz, mi-clash mi-show scénique, un délire musical pensé pour retourner le dancefloor jusqu’à l’aube. En host de prestige, Willyan de Rapunchline mènera la soirée comme un maître de cérémonie d’un ring où la musique remplace les gants.
Entre compétition, communion et afterparty fiévreuse, Playoff Season III promet de dépasser la simple idée d’un événement hip-hop. C’est un manifeste. Une célébration du risque, du partage, de l’authenticité. Une preuve que la relève n’attend pas qu’on lui tende la main : elle prend le micro et met le feu à la scène.
🔥 Rendez-vous le vendredi 17 octobre, de 19h à 6h, au Point Éphémère.Une nuit pour rappeler à Paris que le rap vit, grandit, et se joue — toujours — en live.
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octobre 8, 2025Le titre sonne comme une provocation, une question lancée dans le vide — Ask Me If I’ve Ever Been in Love ? — et dès les premières secondes, on comprend que MTHEPOET ne cherche pas à séduire. Il cherche à dire. À se dire. À exorciser ce que l’amour fait aux êtres quand il les traverse sans prévenir, sans mode d’emploi.
Ce morceau, c’est le battement irrégulier d’un cœur qui n’a pas appris à mentir. Le flow de MTHEPOET s’y déploie comme un journal intime récité à voix haute, oscillant entre la désinvolture du rap et la fragilité d’un R&B de confession. Ce n’est pas un texte construit pour impressionner — c’est un aveu brut, d’autant plus percutant qu’il refuse les artifices. On sent derrière chaque mesure un combat entre la pudeur et l’envie de tout cracher, entre l’ego et l’émotion nue.
La production épouse cette tension : douce, planante, presque mélancolique. Un piano délicat flotte sur une rythmique aérienne, tandis que la voix, légèrement brisée, glisse dans un espace feutré. Ce contraste entre la légèreté du son et la gravité du propos crée une atmosphère singulière — quelque part entre la nostalgie d’un souvenir et la lucidité d’une cicatrice. MTHEPOET ne chante pas l’amour idéalisé : il raconte la dépendance, l’obsession, le manque. Et surtout, cette façon qu’a l’amour de révéler nos propres failles sous prétexte de nous sauver.
Son interprétation rappelle ces artistes qui ont compris que le silence entre deux phrases peut parfois être plus lourd que les mots — la retenue d’un Frank Ocean, la sincérité d’un Mac Miller, ou la confession nerveuse d’un Giveon. Mais MTHEPOET garde sa singularité : il parle comme on parle à une ex qu’on n’a jamais réussi à oublier, avec ce mélange d’amertume, de tendresse et de fierté mal placée.
Ask Me If I’ve Ever Been in Love ? marque une renaissance artistique — le premier souffle après une mue. Un rebranding, oui, mais surtout une réappropriation : celle d’un artiste qui ne veut plus plaire, seulement être vrai. Et dans une époque saturée de faux sentiments et de refrains interchangeables, MTHEPOET rappelle que la plus belle arme reste encore la vulnérabilité.
C’est un morceau à écouter tard, casque vissé, quand la ville dort et que le cœur bat trop fort. Parce qu’au fond, on a tous déjà voulu qu’on nous pose cette question — juste pour pouvoir répondre : “oui, et j’en suis encore revenu qu’à moitié.”
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octobre 8, 2025J’ai d’abord cru à un énième morceau catchy, léger, calibré pour les playlists rap chill. Le genre de track qui te happe avec son refrain entêtant et sa prod sucrée. Mais Too Cute n’est pas de ceux qui s’oublient une fois la basse coupée. Sous la surface d’un son lumineux, AI SONGZ cache une douleur sourde, celle d’un pays qui s’habitue à l’horreur comme à la météo.
Le titre, d’une ironie violente, juxtapose l’innocence et la tragédie. Too Cute, comme ces visages d’enfants sur des portraits posthumes, comme ces rires enregistrés sur TikTok quelques jours avant un drame. AI SONGZ choisit de ne jamais nommer directement les choses — pas de slogan, pas de sermon. Il raconte la banalisation du chaos, le détournement collectif du regard. Cette pudeur rend le propos d’autant plus puissant.
La production, légère en apparence, fonctionne comme un piège. Des synthés pastels, des hi-hats précis, un groove presque dansant : tout semble conçu pour faire vibrer la tête, pendant que le cœur, lui, se serre. C’est là que réside la force du morceau — dans cette contradiction entre forme et fond, entre la douceur apparente du son et l’amertume du message. On pense à Childish Gambino et son This Is America, mais dans une version plus intime, plus sournoise, moins manifeste.
AI SONGZ rappe avec un ton feutré, presque nonchalant. Il ne crie pas, il constate. Sa voix glisse sur la prod comme un narrateur détaché qui aurait trop vu. Et dans cette retenue se loge toute la tension du titre : ce mélange de lucidité et de désespoir, cette impression que parler ne suffit plus, qu’il ne reste que la musique pour dire l’indicible.
Ce morceau, c’est un sourire crispé dans un monde en feu. Une mélodie “trop cute” qui masque la peur du lendemain. Et c’est peut-être là que se joue le vrai génie d’AI SONGZ : dans sa manière de transformer un constat social brutal en œuvre poétique, presque esthétique. Comme si la beauté restait la seule arme pour survivre à la folie collective.
Too Cute ne fait pas la morale — il tend un miroir. Et ce qu’on y voit n’a rien d’adorable.
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octobre 8, 2025Je l’ai écoutée d’une traite, cette chanson, comme on relit un message qu’on n’aurait jamais dû envoyer. backandtheforth ne parle pas d’un amour qui s’effondre — elle le rejoue, le dissèque, l’exorcise. C’est l’instant suspendu entre la colère et la tendresse, ce moment où deux êtres continuent de parler alors que plus rien ne s’entend.
Rugireo entre en scène comme un acteur dans son propre film : la voix à vif, la diction maîtrisée, le ton fatigué mais lucide. Il ne rappe pas pour convaincre, il parle comme on se parle après trop de nuits blanches — sans fard, sans posture. Sa plume découpe la scène avec une précision presque clinique : les malentendus, les blessures d’ego, cette fatigue émotionnelle qui transforme les sentiments en réflexe de défense. On entend dans sa voix la lassitude de celui qui a trop cherché à comprendre l’autre et finit par se perdre lui-même.
Puis surgit Westside Boogie, ce contrepoint parfait, mi-frère mi-fantôme. Là où Rugireo regarde encore vers l’autre, Boogie s’adresse à lui-même. Son timbre grave, presque rauque, porte une sagesse triste, celle des hommes qui ont déjà tout dit. Il rappe avec une lenteur maîtrisée, chaque syllabe tombant comme un verdict. Ensemble, ils forment un duo désaccordé, mais d’une justesse troublante — deux solitudes qui se reconnaissent sans plus réussir à s’aimer.
La production, sobre, menaçante et séduisante à la fois, traduit cette tension : un beat dense, viscéral, des basses qui tremblent comme des nerfs. On sent l’influence du storytelling de Kendrick, la théâtralité de Drake dans ses moments les plus intimes, mais Rugireo garde sa propre empreinte : celle d’un artiste-cinéaste qui cadre la douleur pour mieux la raconter. Le morceau n’est pas une simple confession, c’est un huis clos. On y entre comme dans une chambre après la tempête : tout est à sa place, mais plus rien n’a le même sens.
backandtheforth est le genre de track qui ne cherche pas la punchline — il cherche la vérité. Celle qu’on évite dans les conversations, celle qu’on chuchote quand on sait que c’est fini. Et c’est sans doute pour ça qu’elle frappe aussi fort : parce qu’elle ressemble à ce qu’on vit tous quand le cœur s’obstine à parler alors que l’amour, lui, a déjà raccroché.
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octobre 7, 2025Je crois que tout le monde a déjà connu cette nuit-là — celle où l’on sort juste pour respirer à nouveau, sans savoir si c’est le manque ou l’espoir qui nous pousse dehors. Feel Alive Again de Jason Shay et Rebeka Klain est la bande-son de cette dérive douce, ce moment suspendu entre ce qu’on a perdu et ce qu’on tente désespérément de retrouver.
Dès les premières secondes, la production te saisit : nappes aériennes, percussions moelleuses, groove feutré. On sent le soin d’un artisan du son, celui d’un artiste qui a grandi avec le R&B comme on grandit avec un miroir. Jason Shay sculpte ici un espace sonore où chaque silence compte, où la respiration devient rythme. Son timbre chaud et légèrement brisé s’impose sans arrogance, comme un aveu glissé à demi-mot dans une ruelle vide. Il ne chante pas pour séduire, il confesse pour survivre.
Puis vient Rebeka Klain — présence diaphane, presque irréelle, qui entre comme un souvenir qu’on croyait effacé. Sa voix s’élève avec cette lumière fragile qu’on retrouve parfois chez Charlotte Day Wilson ou Snoh Aalegra : pure, mais lestée d’émotion. À ses côtés, Jason devient plus humain encore, plus désarmé. Ensemble, ils incarnent deux visages d’une même solitude : celle qui cherche la chaleur après l’abandon.
Le morceau se déploie comme une vague lente, sensuelle et introspective. Pas de drop brutal, pas de démonstration. Tout se joue dans la retenue — les basses qui grondent à peine, les synthés qui effleurent la peau, la mélodie qui glisse entre nostalgie et désir. Feel Alive Again n’est pas une chanson d’amour, mais une chanson du manque, de cette pulsion de vie qui renaît quand tout s’est effondré.
Ce que Jason et Rebeka racontent ici, c’est l’après. Ce moment où l’on recommence à danser, non pas pour oublier, mais pour se rappeler que le cœur bat encore. Leurs voix s’entrelacent, se contredisent presque : lui cherche la fuite, elle la vérité. Et c’est précisément dans cette tension que le morceau trouve sa beauté.
Feel Alive Again est une chanson de mirage — un souffle chaud dans un monde qui refroidit. Ce n’est pas une promesse, c’est un instant. Et parfois, un instant suffit pour croire à nouveau.
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octobre 7, 2025On ne “subit” pas Pressure — on la traverse. Le morceau de Ray Rogerss ne cherche pas la validation : il avance tête baissée, le regard dur, comme un gamin des ruelles qui a appris à transformer la douleur en discipline. Le beat cogne comme un marteau dans une usine abandonnée, les basses grondent sous les semelles, et sa voix — mi-rauque, mi-déterminée — surgit comme une déflagration. Ce n’est pas un simple banger : c’est un manifeste pour ceux qui refusent de plier, un cri venu du béton qui sait ce que c’est que de tout perdre avant d’espérer.
Derrière cette apparente dureté, Pressure raconte un truc plus profond : la survie. Ce moment où tu sens que tout repose sur toi, où le monde t’attend au tournant, prêt à rire si tu trébuches. Ray Rogerss s’y débat avec une lucidité rare — “I ain’t going nowhere, just getting started” — plus qu’une punchline, c’est une déclaration d’existence. Le flow est sec, précis, sans fioritures. Il ne rappe pas pour impressionner : il rappe pour respirer.
La prod, sombre et métallique, rappelle ces instrumentaux du début des années 2010 où le trap flirtait encore avec le désespoir brut, avant de devenir un genre flamboyant. Les hi-hats s’alignent comme un tic nerveux, les 808 explosent à contretemps, et la voix de Ray flotte au-dessus, habitée d’un mélange de rage contenue et de contrôle absolu. On pense à la froide intensité de Moneybagg Yo, à la détermination de Meek Mill, mais avec ce quelque chose d’instinctif, d’artisanal, qui fait que Pressure ne sonne jamais formaté.
Ce qui frappe, c’est la sincérité brute du propos. On sent la sueur, les nuits blanches, la faim — au sens propre comme au figuré. Ce n’est pas la trap dorée des palaces, c’est celle des garages, des rêves en chantier, des “almost made it” qui refusent de lâcher. Ray Rogerss ne s’invente pas une légende, il la construit morceau après morceau, souffle après souffle.
Et quand le dernier kick s’éteint, il reste cette impression d’avoir entendu quelqu’un se battre — pas contre les autres, mais contre le doute. Pressure n’est pas qu’un titre : c’est l’état d’esprit d’un artiste qui avance dans le vacarme du monde, déterminé à prouver que le feu qu’il porte n’est pas éphémère. Le genre de morceau qui ne cherche pas la hype, mais la trace — celle qu’on laisse quand on a tout mis dans le mic, même ce qu’on ne voulait pas dire.
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octobre 7, 2025Écouter NATT de Zehbrah, c’est comme marcher dans une ville qui respire trop vite. Le ciel est lourd, le béton pulse, et sous les pas, on sent quelque chose d’invisible trembler. C’est un morceau qui ne rassure pas — il accompagne, il reflète, il confronte. Il y a ce sentiment d’être “trop conscient”, de penser trop fort, de vivre dans un monde où chaque battement du cœur se mêle au bruit des notifications et des sirènes mentales. Et Zehbrah, lui, ne cherche pas à l’éteindre. Il le transforme en œuvre.
Dès les premières secondes, on est happé par cette batterie organique, nerveuse, presque fébrile. Les cuivres, eux, semblent haleter, souffler dans la poussière du quotidien. Le beat n’a rien de clinique : il suinte, il respire, il tangue. Zehbrah en fait le moteur d’une introspection urbaine, une sorte de jazz contemporain qui aurait troqué la clope et le whisky contre l’angoisse existentielle et les pensées en boucle. Ce n’est pas un son de studio, c’est un enregistrement du réel.
Son flow, posé avec une lucidité tranchante, évoque les grands artisans du verbe — ceux qui savent dire sans expliquer, raconter sans s’effondrer. Il y a dans sa voix une fatigue élégante, celle de quelqu’un qui a trop réfléchi mais qui refuse encore de se taire. Zehbrah parle du trop-plein, du mental saturé, de ce poids invisible qu’on traîne tous mais qu’on dissimule derrière la productivité et les sourires calibrés. “Nothing at the top, tension at the throat” — le genre de phrase qui reste, parce qu’elle dit tout sans insister.
Mais NATT n’est pas qu’une autopsie du mal moderne. C’est un morceau de résistance, un cri contenu dans une boucle de groove. L’anxiété y devient presque rythmique, un métronome intérieur. On pense à la frénésie poétique d’un Mike Ladd, à la noirceur suspendue d’un Earl Sweatshirt, à l’intelligence musicale d’un Tom Misch sous acide. Zehbrah fait dialoguer ces influences sans jamais se diluer : il les assimile, les brise, les tord pour bâtir un son à sa mesure — rugueux, réfléchi, organique.
Là où beaucoup chercheraient la catharsis, lui choisit la lucidité. Pas de délivrance ici, juste un constat : avancer malgré tout, même quand la tête brûle et que les pensées s’emmêlent. NATT devient ainsi un manifeste discret pour tous ceux qui apprennent à vivre avec leurs tempêtes intérieures — pas contre elles.
C’est ça, la force rare de Zehbrah : composer la bande-son de l’époque sans se noyer dans ses clichés. Son rap n’est ni plaintif ni démonstratif. Il est humain, intensément. Et dans ce monde où tout nous pousse à paraître solides, NATT a le courage précieux d’être fragile.
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octobre 7, 2025Il y a dans Afraid cette tension qu’on reconnaît tout de suite : la peur du monde, oui, mais surtout celle de soi. La peur de perdre ce feu créatif, ce vertige adolescent qu’on ressentait quand la musique n’était pas encore un métier, mais un refuge. Cotton Caves signe ici un morceau qui ne cherche pas à plaire — il cherche à toucher, à respirer, à exorciser l’angoisse collective d’une époque suspendue entre anxiété et résilience.
Tout commence par une ligne de guitare presque timide, comme un murmure dans une pièce vide. Puis viennent les percussions, discrètes mais déterminées, qui installent une pulsation humaine, presque cardiaque. On sent que le compositeur derrière Cotton Caves connaît trop bien la grammaire du son — son passé de musicien de film se devine dans chaque respiration du morceau. Rien n’est laissé au hasard : chaque silence, chaque écho, chaque reverb semble pesé pour faire vibrer cette impression d’instabilité douce, comme si la chanson elle-même hésitait à se livrer complètement.
Mais ce qui emporte, c’est la voix. Fragile, tremblée, sincère jusqu’à la faille. Elle ne cherche pas à briller, elle cherche à survivre. On y entend la lassitude d’un monde en dérive, la peur sourde de ne plus reconnaître le ciel au-dessus de soi. Pourtant, malgré la gravité du thème, Afraid n’est jamais lourd. C’est une chanson lumineuse sur la peur, une prière pour continuer à avancer même quand tout semble foutu.
Cotton Caves réinvente ici un certain romantisme indie — celui des grands solitaires, de ceux qui bricolent la beauté avec trois accords et un cœur qui bat trop fort. On pense à Thom Yorke dans ses moments les plus humains, à The National pour la gravité, à Phoenix pour la clarté mélodique. Mais Afraid garde une identité propre, profondément introspective et délicatement cinématographique.
Ce morceau, c’est le retour d’un musicien vers lui-même. Après des années passées à écrire pour les images des autres, Cotton Caves compose enfin la bande-son de ses propres peurs. Et le résultat, c’est une œuvre à la fois intime et universelle, un cri feutré pour ceux qui n’osent plus crier.
Dans un monde saturé de certitudes, Afraid a la décence de douter. Et c’est peut-être pour ça qu’il sonne si juste : parce qu’il nous rappelle que la peur, parfois, c’est aussi une forme de lucidité.
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octobre 7, 2025J’ai toujours pensé que les enfants des années 90 portaient une mélancolie particulière dans le regard. Une espèce de lumière nostalgique coincée entre deux époques : trop jeunes pour avoir vécu le mythe, trop vieux pour croire à la simulation. Leo Tea, lui, la chante — ou plutôt, il la crache avec douceur, comme si chaque punchline servait à recoudre un souvenir mal rangé. 90’s Kid n’est pas un hommage figé, c’est une confession sans posture. Le genre de morceau qu’on enregistre à deux heures du matin, quand la ville dort mais que les fantômes du passé refusent de couper le son.
Le beat, d’abord : sec, charbonneux, avec cette chaleur granuleuse des instrus qu’on aurait pu sampler sur un vieux disque de Mobb Deep. Pas de surproduction, juste ce qu’il faut de crasse pour qu’on sente les doigts qui ont touché les boutons. Leo Tea entre dessus comme sur un ring, mais sans arrogance. Il rappe avec cette lucidité des artistes qui savent que la nostalgie n’est pas un refuge mais une arme : “freestyle” ou pas, chaque phrase tombe juste, chaque silence respire la maîtrise d’un mec qui n’a pas besoin d’en faire trop pour sonner vrai.
Ce qui frappe, c’est la tension constante entre insouciance et gravité. Sa voix glisse sur la prod comme une lame sur du velours. On y entend l’ombre des 90’s — l’âge d’or, les VHS, les Game Boy — mais tout est filtré par un prisme moderne, désabusé, presque triste. Leo Tea ne rejoue pas le passé, il le revisite depuis l’autre côté du miroir. Il y a dans sa façon de poser une retenue, un refus de s’effondrer malgré la mélancolie qui ronge entre les lignes.
L’écriture est brute, mais subtilement calibrée : des images simples, efficaces, sans affectation. On sent le vécu derrière les mots, pas la rhétorique. Et c’est précisément ce qui rend 90’s Kid si juste : cette impression d’un journal intime qu’on aurait retrouvé dans un tiroir d’adolescent, jauni mais intact, avec des mots griffonnés à la hâte entre deux refrains.
Leo Tea a ce truc rare : il fait coexister la rage et la douceur, le bitume et la tendresse. 90’s Kid devient alors un autoportrait générationnel, un manifeste pour ceux qui ont grandi entre cassette et cloud, entre baggy et burnout. Une génération qui rappe encore parce que c’est la seule manière de tenir debout.
Et quand le morceau s’éteint, il reste ce silence étrange — pas vide, pas triste. Plutôt celui d’un souvenir qu’on ne veut pas tout à fait laisser partir.
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octobre 7, 2025Je me souviens de la première fois où j’ai entendu un artiste rapper “Abidjan” sans filtre, sans fioritures, sans exotisme : c’était comme une gifle d’air chaud, une claque de vérité. Avec Abidjan, y’a pas son deux !, Control Source Code reprend ce flambeau, mais d’une manière presque cybernétique — entre le bitume et la carte mère, entre la rue et le code source. Le morceau est un drôle de cocktail : une célébration urbaine et technologique, un hommage rap afrobeat vibrant à la capitale ivoirienne qui résonne comme une pulsation d’orgueil et de lucidité.
Control Source Code ne rappe pas simplement une ville, il la décompile. Il prend ses sons, ses cris, ses rires et les fait passer à travers un filtre de 0 et de 1, jusqu’à créer une texture sonore inédite — quelque part entre le rap brut et la musique électronique bricolée dans un garage. C’est ce mélange d’artisanat et de machine qui rend le morceau si singulier. On sent le logiciel, mais aussi la sueur. Le beat cogne sec, presque métallique, tandis que la voix — légèrement trafiquée — garde une humanité désarmante, une sincérité qu’aucune IA ne peut feindre.
Derrière le slogan du titre, “Abidjan, y’a pas son deux !”, on entend tout un manifeste. C’est plus qu’une punchline patriotique : c’est une profession de foi. L’artiste y revendique la richesse du chaos abidjanais, cette ville où la débrouille devient un art, où les contradictions sont la norme, où la modernité s’entrechoque avec la tradition dans un vacarme glorieux. On y perçoit l’influence des sons du continent — afro-fusion, coupé-décalé, n’dombolo — remixés à la sauce digitale d’un créateur qui bidouille autant qu’il compose.
Là où d’autres se contentent de rapper leur vécu, CSC (Control Source Code) le programme. Il assemble ses morceaux comme un ingénieur assemble des lignes de code : chaque mot, chaque texture sonore semble calculé pour provoquer une émotion brute. On sent le côté “geek sensible” dans la construction du morceau : ce va-et-vient entre introspection et exubérance, entre le monde intérieur et l’explosion extérieure.
Mais derrière cette technicité, ce qu’on retient surtout, c’est la chaleur. L’amour d’un lieu, d’un peuple, d’une énergie. Quand il scande le refrain, c’est toute une génération connectée qui s’y retrouve : celle qui fait de son ordinateur un studio et de sa culture un moteur. Abidjan, y’a pas son deux ! devient alors bien plus qu’un morceau de rap — c’est une déclaration d’identité à l’ère du numérique.
CSC prouve ici que la fusion entre humanité et technologie peut être poétique, vivante, vibrante. Il injecte du cœur dans les circuits, du rythme dans les lignes de code. Et au bout du compte, il nous livre un hymne urbain aussi sincère qu’expérimental, qui rappelle une vérité simple : les villes comme Abidjan ne se programment pas. Elles se vivent, à pleine intensité, jusqu’à saturation.
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octobre 7, 2025Ce morceau m’a pris comme une vague. Pas de celles qui frappent fort, mais de celles qui t’aspirent lentement, jusqu’à ce que tu réalises que tu flottes déjà trop loin du rivage. Sirens, c’est ça : une traversée en apnée à travers les eaux troubles d’une mélancolie lumineuse. Steven Araico y fabrique un monde suspendu, entre rêve et chute, où la douleur se dissout dans l’écho des synthés et la douceur d’un beat qui pulse à peine.
Ce n’est pas un morceau de désespoir, pas vraiment. Plutôt un cri retenu, un murmure noyé dans la reverb. L’univers sonore qu’il déploie tient du mirage : trap cotonneuse, nappes aériennes de cloud hop, mélodies qui fondent comme du sucre dans la pluie. On pense à Joji pour le spleen, à Post Malone pour l’ivresse mélodique, mais Araico a cette manière bien à lui d’habiter la distance — de chanter l’absence sans la nommer, de faire du vide un décor presque accueillant.
La voix, floutée, presque spectrale, semble venir d’une autre pièce. Elle ne cherche pas à impressionner, elle s’infiltre. On sent que Steven ne “chante” pas au sens classique — il confesse. Il laisse s’échapper ce qu’il ne peut pas dire autrement. Et dans ces quelques minutes de flottaison, tout devient fragile, flottant : les émotions se mêlent aux textures électroniques comme si le réel se dissolvait lentement dans un halo de lumière froide.
Techniquement, Sirens est d’une précision clinique. Chaque hi-hat, chaque souffle de basse semble placé au millimètre, mais la production garde cette impression d’imperfection organique, de morceau bricolé dans la solitude d’une chambre à 3 heures du matin. C’est peut-être ça la beauté du son de Steven Araico : il capture l’intimité brute, sans fioritures, comme une photo floue mais sincère.
L’image des “sirènes” revient comme une métaphore obsédante : celles qu’on entend au loin dans la ville, mais aussi celles, mythologiques, qui chantent pour mieux te perdre. On ne sait pas s’il s’adresse à une femme, à un souvenir, ou à lui-même. Tout ce qu’on comprend, c’est qu’il dérive — volontairement.
Ce qui frappe dans Sirens, c’est cette pudeur dans le chaos. La douleur n’est jamais théâtrale, elle se glisse entre les lignes, dans le choix d’un mot, dans la façon dont la voix s’efface sur le dernier refrain. C’est un morceau d’après minuit, fait pour ceux qui cherchent le calme dans le tumulte, la beauté dans la tristesse.
Steven Araico signe ici une pièce rare, fragile et magnétique, qui transforme le mal-être en matière sonore, la solitude en caresse. Sirens ne cherche pas à consoler — il se contente d’être vrai. Et c’est ce qui le rend, paradoxalement, apaisant.
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octobre 7, 2025Je crois que j’ai rarement entendu une chanson qui sonne à ce point comme un souvenir. Haunted Love, c’est cette sensation étrange d’ouvrir une vieille boîte à musique et de voir en sortir non pas une mélodie, mais une émotion qu’on pensait enterrée. Obeeyay réussit ici un tour de magie : transformer la nostalgie en pop, la douleur en danse, l’absence en groove.
Ce morceau n’est pas juste un titre radiophonique bien ficelé — c’est une traversée. Il y a dans la production quelque chose de cinématographique, presque spectral : une basse qui se faufile dans les interstices, des nappes de synthés au parfum de chrome, des chœurs qui semblent flotter entre deux mondes. On croit entendre les échos d’un amour qui ne veut pas mourir, piégé quelque part entre le réel et la mémoire.
La voix d’Obeeyay, c’est le fil rouge de ce labyrinthe. Elle ne surjoue jamais, mais elle brûle. Elle s’avance d’un pas sûr, pourtant on devine dans ses inflexions une fragilité qu’il ne cache pas. Chaque note semble porter une ombre derrière elle — comme si aimer, chez lui, signifiait toujours risquer l’effondrement. Ce n’est pas de la pop candide, c’est de la pop hantée, au sens littéral.
L’écriture, d’une limpidité presque trompeuse, glisse sans heurts, mais chaque mot a le poids d’une réminiscence. “Throwing caution to the wind” prend ici un sens presque fataliste : aimer sans réfléchir, c’est parfois se condamner à ne jamais s’en remettre. Ce que raconte Obeeyay, ce n’est pas une romance, c’est l’après — le moment où le cœur bat encore alors que tout le reste s’est arrêté.
Techniquement, le morceau flirte avec le meilleur de la dance-pop 2010’s : une efficacité immédiate, une texture chaude et synthétique, un refrain calibré pour faire vibrer les murs d’une voiture à 2 h du matin. Mais il y a aussi quelque chose d’authentiquement humain, d’intuitif, dans la façon dont Obeeyay construit ses montées : chaque beat semble synchronisé avec un battement de cœur. On sent l’artiste qui connaît les ficelles du métier, mais qui ne les utilise pas comme un calcul — plutôt comme un instinct.
Haunted Love est une déclaration d’intensité. Pas celle qui crie, celle qui consume en silence. La chanson ne parle pas de rupture, mais de possession : de ce sentiment qu’un amour, même disparu, continue de nous habiter comme un parfum dans une pièce vide.
Obeeyay signe ici une œuvre hybride — commerciale dans sa structure, poétique dans sa chair. Et quelque part entre The Weeknd, Brandy et la pop fiévreuse de Troye Sivan, il trace sa propre ligne : celle d’un artiste qui ne choisit pas entre le corps et l’âme, entre le show et la confession.
Haunted Love, c’est un sortilège. Un morceau qui vous suit quand les lumières s’éteignent, et qui vous rappelle, d’une voix feutrée : certains amours ne se terminent pas, ils se transforment.
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octobre 7, 2025Il y a dans la manière dont Lex Leosis entre dans un morceau une force animale, presque chamanique. Pas de façade, pas de maquillage : juste une voix, un corps, une vérité qui claque. thewoods n’est pas seulement une chanson, c’est une renaissance. Une traversée à la machette dans la jungle intérieure — celle où les complexes s’emmêlent aux racines de la confiance, où la peur se dissout dans la lumière brute du self-love.
Lex ne rappe pas comme les autres. Elle ne débite pas des vers pour prouver sa technique ; elle sculpte des émotions, taille ses mots dans la pierre de ses cicatrices. Son flow, grave et charbonneux, n’est pas là pour séduire — il est là pour imposer le respect. Dans thewoods, on entend une femme qui a longtemps cru devoir se faire petite pour survivre dans un monde trop étroit, et qui aujourd’hui choisit de rugir. « I’m a little sensitive », dit-elle ailleurs, mais dans sa bouche, la sensibilité devient une arme.
La prod, moite et organique, évoque une balade à travers les forêts mentales de l’artiste : on y sent l’ombre des doutes, la moiteur de la peur, mais aussi cette clarté soudaine quand la lumière perce entre les branches. Les percussions rampent, le beat respire lentement, presque animal, et la voix de Lex s’y faufile avec une assurance nouvelle, mi-sauvage, mi-sensuelle. C’est du hip-hop viscéral, une écriture qui se confond avec la peau.
Ce qui fascine, c’est cette dualité : la rage et la douceur, le poids du réel et la légèreté de l’émancipation. On entend dans chaque syllabe la lutte pour exister sans s’excuser, pour réhabiliter le féminin dans toute sa complexité — pas celui des clichés, mais celui des contradictions : fort, fragile, frontal. Lex Leosis ne cherche pas à plaire. Elle cherche à être.
Et c’est précisément ce qui rend thewoods si vibrant : ce n’est pas une revendication, c’est une respiration. Le retour d’une artiste qui a vu la face sombre du silence et en a fait un art. À travers ses mots, elle transforme la honte en puissance, le doute en groove, la peur en poésie brute.
Dans un paysage rap souvent saturé de postures, Lex avance autrement : elle marche pieds nus dans sa forêt, sans masque, sans armure. thewoods n’est pas une fuite, c’est un retour à soi — à ce que la musique devrait toujours être : un cri, un miroir, une libération.
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octobre 7, 2025J’ai eu l’impression, en écoutant Someone I Can Roll With, de surprendre un souvenir qui refusait de mourir. Ce n’est pas une chanson, c’est une chambre encore tiède d’un amour évaporé. La prod s’ouvre comme un soupir : un battement étouffé, un souffle électronique, une basse qui marche à pas feutrés sur le carrelage froid du manque. JAK y dépose sa voix comme on écrit à une ex qu’on ne devrait plus contacter — calme, lucide, mais avec ce tremblement dans la gorge qui dit tout le contraire.
Il y a dans ce morceau un sens du détail émotionnel rare. Le tempo est lent, volontairement vacillant, comme si le morceau hésitait à aller de l’avant. Les silences entre les mots sont presque plus parlants que les paroles. Someone I Can Roll With joue cette partition fine entre la nostalgie et l’acceptation, entre l’envie de recoller les morceaux et celle de simplement laisser la vie filer. On sent la main d’un artiste qui comprend le pouvoir du non-dit, du murmure, de la retenue.
RichMusiq vient s’y glisser comme une ombre parallèle, un écho de la tendresse passée. Leur dialogue est presque spectral : deux voix qui se frôlent sans jamais vraiment se toucher, comme deux silhouettes séparées par la buée sur une vitre. Ce featuring n’est pas une addition, c’est une extension, un dédoublement du même sentiment — le besoin d’être compris sans avoir à parler.
Techniquement, JAK fait du minimalisme un terrain d’émotion pure. Pas de beat tonitruant, pas d’effet gratuit. Le morceau respire dans l’espace qu’il crée : chaque note, chaque reverb a une fonction narrative. La mélodie avance comme une voiture dans la nuit, guidée par les phares d’un souvenir trop présent. C’est du pop-rap dans sa forme la plus désarmée, celle qui troque la punchline contre le frisson.
Mais derrière cette délicatesse se cache quelque chose de plus profond : une désillusion moderne. L’amour chez JAK n’est pas un refuge, c’est un terrain instable. Il chante la lente érosion du lien, la tendresse qui se transforme en routine, la complicité qui devient politesse. Et pourtant, on sent qu’il y croit encore, un peu — qu’il attend peut-être qu’une main se tende, même dans le noir.
À la fin, Someone I Can Roll With ne console pas. Il accompagne. Il te laisse dans ton silence, avec un goût doux-amer sur la langue et cette sensation d’avoir été vu sans artifice. JAK signe ici une confession d’une justesse presque cinématographique — un de ces morceaux qui ne se dansent pas, mais qui s’écoutent la tête contre la vitre, quand la ville défile et qu’on se demande encore pourquoi c’est si difficile d’aimer sans se perdre.
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octobre 7, 2025C’est le genre de morceau qui ne s’écoute pas, il s’absorbe. Down The Middle de PTK Lothbrook n’a rien d’un tube calibré : c’est une confession suspendue entre deux mondes, un entre-deux fragile où le rap flirte avec le R&B, la douceur se cogne à la colère, et la sincérité prend la forme d’un vertige.
Dès les premières secondes, on sent la tension. Une basse moite, un tempo qui avance sans courir, des nappes aériennes qui semblent flotter au-dessus du bitume. Detroit n’est jamais loin dans ce son — une ville qui transpire dans chaque recoin du mix, à la fois froide et brûlante, poétique et brutale. PTK ne rappe pas comme un conquérant, il parle comme un homme qui a saigné pour trouver la bonne ligne, celle qui sonne juste, celle qui dit tout sans tout dire.
Sa voix navigue entre murmure et menace. Elle a cette manière de glisser sur la prod sans jamais perdre le contrôle, comme un funambule qui avance down the middle — au milieu du vide, là où tout peut basculer. C’est cette tension entre maîtrise et abandon qui rend le morceau si magnétique. On pense à un mélange de Post Malone et XXXTentacion, mais avec un ancrage plus charnel, plus urbain. Lothbrook ne cherche pas la pop : il la tord, il la rend nerveuse, viscérale, presque douloureuse.
Les paroles, elles, parlent d’équilibre — celui qu’on tente de garder entre deux amours, deux vérités, deux versions de soi. L’artiste écrit avec une lucidité crue, sans fioritures : c’est un texte de survie plus qu’une déclaration. Et pourtant, sous le vernis sombre, on perçoit une lumière ténue, celle d’un type qui ne s’est pas encore tout à fait résigné.
La production — minimaliste, électrique, tremblante — agit comme un reflet de l’âme : chaque snare résonne comme un battement de cœur en apnée, chaque accord comme un souvenir qu’on refuse d’enterrer. C’est du rap qui transpire l’humain, du R&B qui saigne un peu, une fusion d’émotions qui semble dire : je ne choisis pas entre la peine et la paix, je marche au milieu.
Avec Down The Middle, PTK Lothbrook signe une pièce d’équilibriste, à la fois confession et manifeste. Une chanson qui ne cherche ni à séduire ni à convaincre, mais à exister pleinement — comme un cri retenu trop longtemps qui finit par trouver sa note parfaite.
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octobre 7, 2025Je ne sais pas si This Place parle d’un lieu réel ou d’un état d’esprit. Peut-être un peu des deux. Ce morceau a la texture d’un départ qu’on n’a pas eu le courage de prendre — ou d’un retour qu’on n’a jamais vraiment voulu faire. Jbryan y dépose une émotion d’une simplicité désarmante : celle de vouloir fuir sans disparaître, d’espérer sans croire vraiment.
Sa voix, d’abord fragile, se redresse avec une sincérité brute. Elle ne cherche pas la perfection, elle cherche la justesse — cette faille lumineuse où le rock devient intime. La production, à la croisée du pop rock et de l’indie, construit un espace ample, presque cinématographique. Les guitares y respirent comme des paysages, les percussions frappent comme des pas dans la poussière, et tout semble avancer vers un horizon qu’on ne verra jamais tout à fait.
Il y a quelque chose du spleen américain dans This Place, une mélancolie dorée, à mi-chemin entre la nostalgie des routes sans fin et la lucidité des amours qui s’étiolent. On pense à Coldplay dans ses moments les plus humains, à The War on Drugs dans ses élans contemplatifs, à la candeur d’un Jeff Buckley sous morphine. Mais ce serait réducteur : Jbryan ne copie personne. Il respire à son propre rythme, celui d’un artiste qui préfère murmurer plutôt que crier, mais dont chaque mot pèse, chaque note frappe juste.
Le refrain, cathartique, déploie une énergie presque viscérale. On sent que This Place n’est pas un simple titre — c’est une confession, un besoin de lumière dans le brouillard. L’écriture, minimaliste mais pleine d’images, agit comme un miroir : on y voit nos propres blessures, nos départs manqués, nos silences accumulés.
Ce qui fascine, c’est la maîtrise de l’équilibre. Le morceau tient entre le rêve et la désillusion, la douceur et la tension, la pop et la mélancolie pure. C’est de la musique qui ne cherche pas à plaire — elle cherche à rester. Et c’est peut-être ça, la marque des vrais auteurs : cette façon de transformer une émotion personnelle en lieu commun, de faire de This Place un refuge sonore pour quiconque a déjà voulu tout quitter, mais n’a fait qu’allumer une cigarette au bord du monde.
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octobre 7, 2025J’ai écouté A Flower with a Venomous Taste un soir d’insomnie, casque sur les tempes, les yeux ouverts sur l’obscurité. Et je me suis demandé à quel moment un morceau devient plus qu’un morceau — un état, un trouble, un parfum dans la pièce. PMBM a cette rare capacité de composer comme on rêve : sans chronologie, sans filtre, avec la précision d’un chimiste et la fièvre d’un poète.
Dès les premières secondes, la tension s’installe : les basses vibrent comme un souffle dans la nuque, les textures industrielles suintent un romantisme dangereux. Ce n’est pas une chanson d’amour — c’est un rituel. Une invocation des désirs que l’on ne veut pas nommer, des pulsions qu’on refoule en plein jour. Le titre, A Flower with a Venomous Taste, dit tout : la beauté ici n’est pas une promesse, c’est un piège — et PMBM s’y jette tête la première, conscient du poison, avide de l’ivresse.
Sa voix est à la fois prière et menace, une ligne vocale qui s’étire entre murmure et implosion. On l’entend flotter au-dessus du chaos électronique, comme une âme coincée entre l’abandon et la lucidité. C’est ce contraste, presque viscéral, qui donne au morceau sa densité : le froid des machines contre la chaleur d’un cœur qui brûle encore.
Musicalement, PMBM construit un univers où la néo-soul s’embrase au contact d’une production cinématique, noire, presque organique. On pense à un croisement entre les abysses de Sevdaliza et les visions hallucinées de Dean Blunt, mais avec une sensualité plus palpable, plus sale. Chaque beat semble suinter d’un romantisme industriel, chaque synthé coule comme du mercure.
Ce que PMBM réussit ici, c’est un geste d’équilibriste : faire tenir ensemble la beauté et la douleur, la chair et la ferraille, l’émotion pure et la distorsion. A Flower with a Venomous Taste n’est pas un titre à écouter distraitement — c’est un morceau qui t’avale lentement, te griffe, te caresse, te laisse avec un goût métallique sur les lèvres.
Quand la dernière note s’efface, on reste suspendu, pris entre fascination et malaise. Comme après avoir touché quelque chose de trop vrai. PMBM ne chante pas pour séduire : il chante pour disséquer ce qui, en nous, persiste à aimer le danger. Et c’est précisément là que réside sa puissance.
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octobre 7, 2025On dirait un matin d’été dans la peau d’une chanson. If You Go de K1nxley n’entre pas dans la pièce — il glisse, s’installe, respire, comme un rayon de soleil à travers des persiennes. Sous sa légèreté rythmique et sa cadence dansante, ce morceau cache une tension fine : celle de l’amour qui vacille, du départ qu’on redoute autant qu’on comprend.
K1nxley ne cherche pas à révolutionner l’afrofusion — il la polit, il la caresse, il y insuffle une sincérité presque pudique. Ses influences — reggae, R&B, dancehall — se fondent dans un moule afrobeat limpide, porté par une production aérienne où chaque percussion semble palpiter au rythme d’un cœur en apesanteur. La ligne de basse ondule comme une conversation à demi-mots, tandis que la voix, chaude et granuleuse, déroule son chant avec cette souplesse qui appartient aux amoureux blessés mais dignes.
Le morceau n’a pas besoin d’en faire trop pour captiver. Tout se joue dans le détail : un contretemps qui accroche l’oreille, une nappe vocale qui s’efface avant la dernière mesure, un refrain qu’on se surprend à fredonner sans y penser. Il y a quelque chose de presque old-school dans cette façon de laisser le groove respirer, de ne pas le saturer d’effets. If You Go est un morceau qui regarde vers l’avenir, mais qui garde la grâce des origines — celle des studios de Lagos, des clubs moites de Kingston, des amours perdues dans la chaleur.
K1nxley chante l’attachement avec pudeur, mais sans mièvrerie. Sa voix a la sincérité des artistes qui ne trichent pas, qui ne jouent pas le drame mais racontent le réel : la peur de voir l’autre s’éloigner, la nostalgie des moments suspendus, le refus de tourner la page trop vite.
Dans cette époque d’afrobeats calibrés pour les playlists, If You Go rappelle une chose essentielle : le groove n’est rien sans l’âme. Et K1nxley, lui, en a à revendre — une âme pleine de lumière, de douceur, et de cette petite mélancolie qui transforme les chansons d’amour en souvenirs qu’on garde longtemps après la dernière note.
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octobre 7, 2025Il y a dans Day Drunk une forme de douceur désabusée, un vertige tranquille, comme un dimanche après-midi qu’on étire trop longtemps pour ne pas penser au lundi. Carbonara Collective et XXJULÍA signent ici une pièce de néo-soul moelleuse et presque translucide, une errance élégante dans la torpeur de nos quotidiens saturés. C’est la bande-son d’un burn-out chic, d’un trop-plein d’exigence déguisé en groove.
Tout commence dans une brume feutrée : batterie feignant la nonchalance, basse veloutée, Rhodes qui suinte la nostalgie. On croit d’abord à un morceau pour chiller, mais très vite, on comprend que le fond est plus trouble. Day Drunk parle du surmenage, de cette course absurde où l’on se perd en voulant bien faire — un autopilote existentiel où l’on finit par confondre productivité et survie. XXJULÍA y glisse sa voix comme une caresse fatiguée : elle ne chante pas pour séduire, mais pour respirer.
Et pourtant, rien de lourd ici. La magie du morceau, c’est cette légèreté poétique avec laquelle il traite le vide. Le groove n’appuie jamais, il flotte. Chaque élément sonne comme un soupir maîtrisé : un piano qui tombe sur la syncope, une basse qui ronronne, une touche de lo-fi jazz-hop pour lisser l’angoisse. On pense à Tom Misch pour la précision, à Sault pour l’âme, à Erykah Badu pour la sincérité trouble.
Carbonara Collective a toujours cultivé cette approche sensuelle et artisanale du son : une musique qui respire la cuisine lente, mijotée avec soin. Day Drunk en est une illustration parfaite. Giorgio Carbonara, alchimiste discret, y mêle jazz, R&B et minimalisme électronique dans une sauce où chaque ingrédient garde sa saveur.
C’est un morceau qui ne cherche pas à te faire danser, mais à t’arrêter un instant. À t’offrir une ivresse douce, non pas de vin mais de lucidité. Dans le brouillard lumineux de Day Drunk, on se retrouve — un peu flou, un peu las, mais étrangement apaisé. Parce que parfois, le vrai luxe, c’est juste d’avoir le droit de ralentir.
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octobre 7, 2025Le Bronx n’oublie jamais. Même quand la trap sature les clubs et que l’auto-tune a remplacé la sueur du micro, il reste des voix qui refusent de plier. Charles Herron fait partie de celles-là — des MCs bâtis dans la poussière du trottoir, nourris à Mobb Deep et élevés à Camp Lo. Avec WLVS, produit par JR Swiftz, il ne ressuscite pas le “Golden Era” : il le réinvente, comme un vieux film qu’on aurait recolorisé pour une nouvelle génération.
Dès les premières secondes, l’atmosphère est dense, urbaine, presque cinématographique. Le clavecin s’entrelace avec les drums claquants de JR Swiftz — un beatmaker au pedigree déjà ancré dans les fondations (Conway The Machine, Juicy J, Elzhi…). Ce son-là, c’est du pur New York : les Tims dans la flaque, les néons qui clignotent au-dessus d’un coin de rue, les voix qui s’élèvent dans le froid. Pas de décor digital, pas de maquillage — juste la rue, nue et honnête.
Herron, lui, rappe comme s’il mâchait le bitume. Sa diction a ce grain rêche, cette assurance héritée des cyphers où il fallait mordre pour exister. “You can blame Mobb Deep / See I was raised like this…” — tout est dit. Il parle de l’école du réel, celle où la discipline vient de la survie. Ce n’est pas un hommage nostalgique, c’est un manifeste : le hip-hop, le vrai, celui du verbe et du vécu, respire encore.
Mais WLVS ne s’arrête pas à la nostalgie. Ce morceau est aussi un pont — entre l’ancien et le nouveau, entre les cendres du boom bap et la modernité de sa production millimétrée. Swiftz comprend la mission : honorer sans figer. Ses drums, lourds mais vifs, donnent à Herron l’espace pour rugir, pour conter sans filtre ce que les chiffres de Spotify n’expliqueront jamais : l’âme.
C’est cette alchimie rare — entre l’instinct brut et la science du son — qui fait de WLVS un track majeur. On y sent la fierté des pionniers, la sueur des battles, la précision d’un artisan du verbe. Herron rappe comme s’il écrivait sur les murs de son quartier : des vers en graffiti sonore, taillés dans le béton.
WLVS est un retour à la source, mais avec la hargne du futur. Un cri collectif des anciens loups aux jeunes lions : “voilà d’où on vient, voilà comment on mord encore.”
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octobre 7, 2025Il y a des rappeurs qui cherchent la lumière, et d’autres qui écrivent sous la pluie. Big Dese, lui, préfère le second camp. Avec Meteor, il balance un rap de trottoir trempé de sarcasme et de lucidité, un flow qui ne s’embarrasse ni de morale ni de vernis. Ici, la punchline n’est pas un bijou, c’est une arme — forgée dans l’ennui du taf, dans les frustrations d’un type qui rêve d’ailleurs mais garde les deux pieds dans la boue.
Dès les premières mesures, on sent le souffle du vieux Boston — celui des parkings froids, des gobelets de café à moitié vides et des rêves qui traînent au fond des poches. Le beat signé Mike Martinez tape comme une horloge cassée : sec, poussiéreux, presque vintage dans sa texture. Boom-bap pur jus, mais dopé à la fatigue et à l’ironie. On imagine un RZA qui aurait troqué le kung-fu pour un gilet orange et un chantier sous la flotte.
Big Dese n’a rien d’un messie du micro : il est trop terre-à-terre pour ça. Ce qu’il offre ici, c’est une forme de journal de bord, entre confession et comédie noire. Son écriture s’inscrit dans la lignée des rappeurs ouvriers — ceux qui parlent pour évacuer, pour respirer, pas pour séduire. “Hope we get hit by a meteor”, lâche-t-il, mi-sérieux, mi-blasé. Une phrase qui résume tout le spleen post-industriel du morceau : l’idée que la fin du monde serait parfois plus douce qu’un lundi matin.
Ce qu’il y a de fascinant chez Big Dese, c’est cette capacité à transformer le dégoût en style. Il ne prêche pas, il raconte. Sa voix râpeuse, son humour noir, ses obsessions triviales : tout concourt à peindre le portrait d’un mec qui se sait piégé mais refuse la résignation. Meteor, c’est le blues du prolétaire 2.0, livré avec un sourire en coin et une instru qui cogne comme un marteau sur du béton.
Et au fond, c’est peut-être ça la beauté de ce son : il ne cherche pas la rédemption, seulement l’honnêteté. Big Dese ne demande pas le respect — il le recrache. Un rap d’artisan, brut, sarcastique, mais profondément humain. Le genre de morceau qui te fait hocher la tête en silence, parce que toi aussi, t’as déjà espéré que le ciel te tombe dessus juste pour changer le décor.
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octobre 7, 2025Il y a chez Prince Lucas une manière de faire du désir une science. Deserve It n’est pas un simple morceau d’afrofusion : c’est une conversation feutrée entre le charnel et le spirituel, une déclaration qui oscille entre vulnérabilité et fierté. Le titre se déploie lentement, comme un parfum qu’on ne sent qu’après l’avoir porté un moment — chaud, enveloppant, addictif.
Le groove, d’abord, est une promesse. Les percussions glissent comme de la soie sous les mots, la basse danse en arrière-plan, mesurée, sensuelle. La production épouse le corps avant de flatter l’oreille : tout est construit pour faire fondre la distance entre celui qui chante et celui qui écoute. On y reconnaît la touche new-yorkaise dans la structure — précise, urbaine, pensée —, mais c’est la chaleur nigériane qui donne au morceau son âme : ce battement de cœur ancestral qui transforme chaque syllabe en pulsation.
La voix de Prince Lucas, suave mais sans artifices, raconte sans crier. Il ne supplie pas : il invite. Dans son timbre, il y a la lucidité de ceux qui ont aimé trop fort, et la dignité de ceux qui savent ce qu’ils méritent. Deserve It, c’est ce moment où le “lover boy” devient narrateur, où l’homme se regarde en face et se dit que l’amour, même s’il fait mal, reste un acte de noblesse.
On sent derrière chaque phrase un héritage — celui d’une génération afro-diasporique qui mêle l’intimité à la conquête, la douceur à l’ambition. Prince Lucas chante comme on confesse un rêve, avec ce léger accent de fierté qui rappelle que le romantisme peut être un territoire de pouvoir.
Le morceau se situe entre Burna Boy pour la maîtrise du rythme et Brent Faiyaz pour la confidence déliée. Mais surtout, il a ce quelque chose de singulier : une sincérité brute qui échappe aux calculs. Deserve It respire la classe des débuts prometteurs — celle d’un artiste qui sait que le charme n’est pas une posture, mais une vibration.
C’est une chanson qu’on ne danse pas vraiment, qu’on ressent. Elle s’écoute tard, dans la lumière tamisée d’un salon, avec un sourire qui flotte entre nostalgie et satisfaction. Prince Lucas n’essaie pas de prouver qu’il mérite l’amour : il le chante comme s’il l’avait déjà gagné.
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octobre 7, 2025Je ne sais pas à quel moment exactement On My Mind a commencé à me happer. Peut-être quand la voix d’Alyssa Jane s’est déposée sur cette nappe de synthé tiède, comme un souvenir qu’on croyait avoir rangé. Ou peut-être avant, dès les premières secondes, quand SV a laissé le silence respirer — ce silence qui, dans sa musique, dit toujours plus que les mots. Ce morceau ne cherche pas à séduire, il se glisse. Il prend son temps, s’installe dans les pores, s’épanouit comme une pensée obsédante au cœur de la nuit.
SV, producteur bostonien nourri au hip-hop et au jazz, a cette élégance rare de ceux qui savent que le groove n’a pas besoin de crier pour exister. Sa prod respire, joue avec les interstices, mélange chaleur analogique et minimalisme digital. Tout est feutré, millimétré, organique. On entend le frottement des doigts sur les cordes, les respirations de la chanteuse, les micro-souffles du mix — comme si l’intimité était volontairement préservée, presque sacrée.
Puis la voix d’Alyssa Jane s’avance. Douce, mais ferme. Elle ne pleure pas la perte, elle la caresse du bout des lèvres. Son chant effleure plus qu’il ne frappe, s’installe dans un entre-deux fragile où la mélancolie devient presque volupté. Il y a chez elle cette manière de dire “je t’aime encore” sans le dire, de murmurer la dépendance avec dignité. On pense à H.E.R., à SZA, à Daniel Caesar, mais Alyssa n’imite personne — elle flotte dans sa propre brume.
On My Mind n’est pas un slow R&B de plus. C’est une conversation intérieure, un geste suspendu entre la mémoire et le désir. SV et Alyssa construisent ici un espace sonore où le manque devient matière, où le temps s’étire comme un fil incandescent. C’est une chanson de fin de nuit, quand tout est trop calme pour mentir et que le cœur recommence à parler tout seul.
J’y entends une tendresse épuisée, une lucidité belle et triste. Ce n’est pas une chanson d’amour : c’est une chanson de ce qu’il en reste. Et dans cette lenteur assumée, dans cette sincérité sans fioritures, On My Mind rappelle que l’émotion la plus forte n’est pas celle qu’on hurle, mais celle qu’on retient.
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octobre 7, 2025Ce morceau ne parle pas d’amour, il parle de ce qu’il en reste. Shaquille de Jordan Burgett, c’est ce moment précis où le cœur, trop abîmé pour encore croire, se reconvertit en ego. Le chagrin devient performance, la blessure devient punchline. Et dans cette métamorphose, l’artiste transforme sa désillusion en un hymne de puissance — une sorte de renaissance sur beat, pleine d’humour, de tension et de style.
Le morceau s’ouvre avec cette nonchalance presque arrogante, comme un mec qui entre dans la pièce avec le cœur encore fissuré, mais un sourire en coin. Le flow de Jordan glisse avec un naturel déroutant, entre la mélancolie du mec blessé et la désinvolture de celui qui a choisi de ne plus s’excuser d’aller bien. La référence à Shaquille O’Neal — “real heavy shit, like that n***a Shaquille” — devient un symbole de poids émotionnel et de force retrouvée : chaque rime atterrit comme un dunk.
Musicalement, le titre joue sur ce contraste entre chaleur et froideur : une prod soyeuse, presque R&B dans sa texture, mais portée par une ligne de basse qui cogne, comme un cœur qu’on voudrait étouffer mais qui bat encore trop fort. Jordan Burgett y tisse une atmosphère dense — à la fois sensuelle et cynique, avec ce parfum d’ancien amour qu’on voudrait oublier mais qui traîne encore sur la peau.
Ce qui frappe surtout, c’est cette maîtrise de la dualité. Le morceau est à la fois dur et doux, ironique et sincère. Burgett fait ce que beaucoup de rappeurs n’osent plus : il assume la fragilité sans la maquiller. Sa voix devient le reflet de ce paradoxe moderne — celui d’une génération qui ne croit plus à l’amour éternel, mais qui continue d’en chercher les reflets dans les néons des clubs.
Shaquille n’est pas qu’un banger. C’est une déclaration d’indépendance affective, un exutoire aux allures de victoire. Jordan Burgett ne rappe pas pour séduire, il rappe pour exorciser — et dans ce geste brut, il signe un morceau qui brille comme une cicatrice bien portée : douloureuse, mais fière.
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octobre 7, 2025Ça commence comme un souffle retenu, un battement de cœur coincé entre deux souvenirs. Père absent n’est pas un simple morceau de trap : c’est une cicatrice mise en musique. MATTFOU y dépose des mots qui brûlent, sans chercher la pitié ni le pathos, juste la vérité brute d’un gosse qui a grandi sans repère masculin, le regard tourné vers une mère devenue roc. Le titre sonne comme une confession murmurée à travers les dents serrées — une lettre ouverte à l’absence, adressée depuis les profondeurs du vécu.
La production est sombre, lente, presque cinématographique. Une basse qui suinte la douleur contenue, des hi-hats qui tracent la tension du cœur, et cette voix pleine de failles maîtrisées — rauque, fatiguée, mais lucide. MATTFOU ne surjoue rien. Il ne pleure pas son passé : il le dissèque. Dans ses couplets, on sent les murs gris, les regards fuyants, les rêves qu’on enterre trop tôt. Mais au lieu de s’y noyer, il en fait de la force, une façon d’élever sa mère en lumière — celle qui, dans son ombre, a tout porté.
“Père absent” n’est pas qu’un constat social, c’est une poésie du réel. Le flow, précis, épouse les silences comme s’il parlait à la fois à lui-même et à nous. On entend la colère — bien sûr — mais surtout la tendresse, une tendresse d’homme cabossé qui a compris que l’amour n’a pas toujours besoin d’être complet pour être vrai. C’est cette ambivalence qui rend le morceau si fort : le feu et la pudeur, le cri et le pardon.
Dans un paysage rap souvent saturé d’ego et d’artifice, MATTFOU choisit la vulnérabilité comme arme. Il signe ici un texte qui dépasse la douleur individuelle pour toucher une génération entière — ceux qui ont dû se construire seuls, entre la rage et la loyauté.
“Père absent” n’est pas qu’un titre. C’est un hommage. À la mère, au manque, à la résilience. Et à cette promesse muette que tout enfant blessé se fait un jour : transformer l’absence en héritage.
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octobre 7, 2025Tout commence comme un lendemain sans urgence. Le genre de matin où le monde n’a pas encore appuyé sur “play”. Dans So Slow, Will Wilchar transforme cette lenteur en état de grâce, comme si le temps s’étirait à la vitesse d’un souvenir. Ce n’est pas une chanson d’amour au sens classique — c’est la photographie sonore d’un moment qu’on ne veut pas voir filer.
Wilchar chante le réveil d’un cœur. Pas le grand fracas, mais le doux vertige : celui de s’apercevoir qu’on est tombé amoureux sans s’en rendre compte, quelque part entre deux rayons de soleil et une odeur de café. Il a ce timbre léger, presque timide, qui n’essaie pas de convaincre — il raconte, tout simplement. Et cette sincérité, dans la pop contemporaine souvent saturée de vernis, touche en plein centre.
La production, elle, respire la côte ouest. Un groove de guitare qui se balance comme une vague molle à Venice Beach, un beat discret mais précis, et cette chaleur enveloppante typique des studios de L.A., où la musique semble filtrée par le soleil. On sent la patte artisanale du duo de création — Wilchar et son ami producteur issu de la LAAMP (Los Angeles Academy for Artists and Music Production) — dans chaque détail : un souffle, une respiration, une façon de laisser le silence dire autant que les notes.
Mais derrière la douceur, So Slow dissimule une forme d’audace. Celle de ralentir dans une époque qui accélère tout, de choisir la tendresse plutôt que l’esbroufe. C’est une chanson qui s’écoute comme on regarde quelqu’un dormir, avec ce mélange de paix et de vertige.
Will Wilchar ne cherche pas la perfection, il cherche la justesse. Et il la trouve. So Slow a la grâce de ces morceaux qui ne brillent pas — ils rayonnent doucement, de l’intérieur. Le genre de titre qu’on garde en fond de mémoire, comme une lumière d’après-midi californienne : chaude, lente, infiniment sincère.
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octobre 7, 2025Dans Skid Row, FatBoyJonesy fait du bitume une toile de velours. Derrière le titre qui évoque la crasse et la déchéance, le rappeur du Connecticut construit un morceau d’une élégance rare — un hymne à la débrouille, à la fierté de ceux qui ne doivent leur éclat qu’à leur propre ombre. La prod, cousue main, respire la précision du sample-chasseur : un groove soyeux, des drums secs comme la poussière d’un vieux MPC, et ce piano rétro qui tourne en boucle, comme un souvenir qu’on ne veut pas effacer.
Jonesy rappe avec un détachement plein de classe, ce ton mi-fatigué mi-victorieux propre à ceux qui ont tout vu mais refusent encore de baisser les yeux. Il ne rappe pas pour impressionner — il raconte, il flotte. Sa voix roule sur la mesure comme une Cadillac sur une autoroute vide à trois heures du matin. Et puis, au détour d’un couplet, Michael Christmas entre en scène, un sourire dans le flow, la désinvolture d’un mec qui sait que l’humour peut être une arme aussi puissante que la douleur. Leur duo, improbable sur le papier, fonctionne à la perfection : Jonesy trace la ligne, Christmas la colore.
Ce qui frappe dans Skid Row, c’est la dualité. Le texte parle d’ascension, mais les images sont sales, pleines de cicatrices. C’est le luxe des perdants magnifiques : parler de champagne en ayant encore la poussière des docks sur les baskets. Il y a chez FatBoyJonesy cette alchimie à la Freddie Gibbs ou à la Boldy James — un sens du détail, une tendresse dans le vice, une poésie du quotidien qui rend la rue presque romantique.
Dans le fond, Skid Row n’est pas un banger, c’est un état d’esprit. Le morceau suinte la maîtrise, la patience, la conscience du temps. Pas de gimmicks, pas de surjeu. Juste deux artisans du verbe qui sculptent le réel en beats et en punchlines. Et au milieu de ce flow de fumée et de lumière, une idée plane : la victoire n’est pas toujours d’avoir réussi — parfois, c’est juste d’avoir survécu avec style.
Avec Skid Row, FatBoyJonesy signe une leçon de cool et de conscience. Une démonstration que la vraie richesse, c’est de transformer sa galère en groove.
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octobre 7, 2025Pas besoin d’intro mielleuse ni de storytelling plaqué or : Talking Numbers entre comme un uppercut. Un beat sec, nerveux, criblé de 808 qui claquent comme des portières de bagnole dans le froid d’Upstate New York. Damon Omen et J-Busy n’y vont pas pour séduire, ils viennent compter. Pas les streams, pas les followers — les vrais chiffres, ceux du taf, de la sueur, des heures empilées dans l’ombre pendant que d’autres dorment.
Omen, surnommé The Architect, construit ici une cathédrale de béton et de basse. Sa prod est chirurgicale, mi-boombap, mi-trap moderne : un équilibre entre la rugosité old school et la mélodie hypnotique d’un rap de l’ère numérique. Chaque kick sonne comme une pulsation vitale. Chaque snare est un rappel à l’ordre : “réveille-toi, la route est longue.”
J-Busy, lui, déboule avec un flow affûté, précis comme un scalpel. Il rappe la réalité du hustle sans romantisme — juste ce mélange de fierté, de fatigue et de lucidité que seuls les vrais connaissent. “Talking numbers” devient une métaphore de la discipline : celle du mec qui transforme ses défaites en business plan. Entre introspection et ego-trip, le texte bascule du bitume au mental, de la rue à l’esprit, sans jamais perdre le rythme.
Ce qui rend ce morceau puissant, c’est sa tension. On sent la vie derrière chaque bar. L’accident qui a brisé Omen, les cicatrices qu’il sample dans ses drums, cette envie de refaire le monde avec une MPC et la rage au ventre. Le duo incarne cette génération qui n’attend plus qu’on l’invite à la table — ils la montent eux-mêmes, planche par planche, beat par beat.
Talking Numbers n’est pas un morceau de plus dans la marée trap. C’est un état d’esprit. Une leçon d’endurance, de vision et de vérité brute. Le genre de track que t’écoutes quand t’as la dalle, quand t’en peux plus, mais que t’appuies quand même sur “record” parce qu’arrêter, c’est pas dans l’équation. Damon Omen et J-Busy ne parlent pas chiffres, ils parlent survie. Et leurs nombres, eux, s’écrivent en BPM.
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octobre 7, 2025Imagine une ruelle de Mexico au crépuscule, les murs brûlants de couleurs, l’air saturé d’odeurs et de rythmes. Cántame commence comme ça — une montée d’énergie presque mystique, entre la transe latine et la nostalgie psychédélique. Analog Dog signe ici un morceau qui ne se contente pas de faire danser : il invoque.
Le riff d’ouverture claque comme une déclaration d’intention : c’est une fusion sans frontières, un voyage à travers les grooves du monde. La guitare, saturée de fuzz et de lumière, dialogue avec une basse frémissante, tandis que le beat disco s’installe, carré mais vivant, habité d’un feu organique. On sent l’influence de Khruangbin dans la texture, de Fela Kuti dans la respiration, et de Disclosure dans la production précise mais jamais lisse. Pourtant, Cántame garde cette patte typiquement Analog Dog — ce mélange de jam cosmique et de rigueur chorale, cette impression que chaque instrument est un personnage dans une histoire plus grande.
Car oui, il y a une histoire. Celle d’un groupe qui joue avec les mythes comme avec des samples. Le chanteur Rob Nicol, plongé dans les écrits de Joseph Campbell, tisse ici un lien entre le funk et le sacré. Derrière les percussions ensoleillées et les guitares tropicales, il y a un appel ancestral : “chante-moi ton histoire”. Cántame, c’est une prière joyeuse, une célébration du récit humain à travers le son.
La voix passe du souffle anglais au feu espagnol, comme un pont entre deux continents. Et quand arrive le refrain — un chœur euphorique, presque gospel dans son intensité — on sent la communion totale : celle du dancefloor, du corps, de la mémoire collective. C’est là que réside la magie d’Analog Dog : transformer le groove en rite, la fête en initiation.
Avec Cántame, le groupe de San Francisco ne signe pas seulement un hommage au disco ou au funk psyché — il redonne au mot “danse” son pouvoir premier : celui de guérir, d’unir et de raconter. Une transe solaire, érudite et terriblement humaine, taillée pour les âmes qui croient encore que la musique peut, littéralement, chanter le monde.
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octobre 7, 2025Dès la première note, on comprend que Quentin Moore ne chante pas seulement l’amour : il l’incarne. Kiss Your Lips suinte la sensualité d’un autre temps, celui des draps froissés en velours et des lumières rouges tamisées. Une guitare wah-wah respire au ralenti, la basse ronronne comme une panthère, et la voix de Quentin — mi-prêche, mi-caresse — t’embarque dans un groove où chaque respiration devient une confession.
Le morceau transpire l’héritage des grands — Marvin Gaye, Curtis Mayfield, D’Angelo — mais sans se figer dans la nostalgie. Quentin Moore revisite la soul 70’s avec une élégance moderne, entre la moiteur d’Isaac Hayes et les textures planantes des Free Nationals. Ce n’est pas du simple revival : c’est une réincarnation. Là où d’autres pastichent, lui canalise.
“Kiss Your Lips” parle du baiser, mais pas de n’importe lequel. Celui qui te fait perdre la gravité. Celui qui te débranche du réel. Quentin transforme le geste le plus banal du désir en expérience mystique. Ses arrangements — tout en live, organiques, vibrants — amplifient cette montée vers l’extase : le cuivre chuchote, la batterie respire, et la guitare semble presque gémir. Le morceau devient une transe, une lente montée de chaleur, un vol orbital autour du mot love.
Et puis, il y a cette voix. Douce, légèrement fêlée, mais toujours sûre d’elle. Elle joue avec les silences autant qu’avec les notes, comme si Quentin savait que le vrai pouvoir d’un slow n’est pas dans ce qu’on dit, mais dans ce qu’on retient. Il chante comme on murmure à quelqu’un dans le noir : avec une sincérité presque désarmante.
Dans un monde où le R&B s’est souvent perdu dans la mécanique, Quentin Moore ramène la chair. Kiss Your Lips n’est pas juste une chanson, c’est une ambiance : une ode au toucher, au souffle, à la vulnérabilité. Une soul qui sent la peau et la fumée, une promesse d’amour en 33 tours.
Si le groove avait une religion, Quentin Moore en serait le prédicateur. Et Kiss Your Lips, son psaume le plus sensuel — une messe intime pour les amoureux du son, du corps et du cosmos.
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octobre 7, 2025T’as sûrement déjà vu passer cette vidéo. Un lézard, un beat crade, des basses qui suintent le soleil et la folie d’internet. Phonky Memes a pris ce délire-là — un pur fragment de culture virale — et l’a transformé en un track trap aussi absurde qu’efficace. Lizard Lizard Lizard, c’est TikTok qui se prend pour Atlanta, un hymne de reptile en survêt, tout en auto-tune et en second degré assumé.
Derrière la blague, il y a un vrai flair. Le producteur a compris que la frontière entre le viral et le musical s’est dissoute. Le morceau tape fort, avec cette esthétique phonk revisitée, criblée de 808 distordues, de hats rapides comme des battements d’ailes et d’un grain lo-fi qui sent le garage, la nuit et la nicotine. L’énergie est brute, presque punk dans l’attitude — une façon de dire “je fais ce que je veux, même avec un lézard.”
Phonky Memes ne cherche pas la profondeur, mais la transe. Son génie, c’est de capter le tempo du net, de transformer un shitpost en matière sonore, et d’en faire quelque chose qui groove vraiment. Lizard Lizard Lizard fonctionne comme une boucle obsessionnelle : un mantra absurde qui finit par te happer, te coller à la peau, te forcer à hocher la tête sans comprendre pourquoi.
Ce qui frappe, c’est la liberté. Aucun souci de structure classique, aucune complaisance. Juste un beat, une idée, et un univers sonore qui fait sourire autant qu’il secoue. C’est le genre de track qu’on balance à 3h du mat’ dans un set DJ pour voir qui est encore vivant — ou qu’on met en boucle jusqu’à ce que la réalité semble buggée.
Phonky Memes, quelque part, c’est le reflet d’une époque : celle où l’ironie fait danser, où la trap devient langage global, où un simple lézard peut devenir symbole de l’absurde moderne. Et Lizard Lizard Lizard, c’est son cri de guerre — stupide, brillant, et parfaitement inévitable.
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octobre 7, 2025Ça commence comme un film Super 8 projeté sur un mur décrépi de Kreuzberg : un riff clair, légèrement désaccordé, qui semble suinter la pluie berlinoise. Berlin Blues n’a rien d’un blues académique. C’est une virée indie-rock trempée dans la mélancolie et les néons, une danse lente entre euphorie et désillusion. Blanket Approval y capture cette sensation typique des grandes villes : le vertige d’être libre, mais un peu perdu.
La première écoute donne envie de bouger. La deuxième, de réfléchir. Le groove a quelque chose de contagieux, presque funky, mais derrière cette légèreté se cache une lucidité tranchante. Le chant de Jack Matteucci a ce ton faussement nonchalant, un peu cassé, à la frontière entre ironie et confession. On dirait un type qui sourit au comptoir pour ne pas qu’on voie qu’il est à bout. Le texte, lui, déroule comme un carnet de route intime : errances nocturnes, solitude collective, et cette façon de chercher la chaleur dans la foule.
Musicalement, Berlin Blues respire la scène new-yorkaise, mais regarde vers l’Europe — une hybridation qui rappelle le groove suave de Parcels, les élans pop de The Kooks, et l’énergie punk subtilement contenue d’Iggy Pop. Les guitares se répondent comme des néons dans une ruelle, la basse trace des lignes de fuite et la batterie claque, nerveuse, urgente. Tout est précis, organique, vivant.
Ce qui frappe surtout, c’est cette maîtrise du contraste : un son solaire porté par des paroles grises, une joie feinte pour habiller la fatigue d’exister. Blanket Approval joue avec la dualité comme avec une vieille compagne. Leur musique a le sourire en coin de ceux qui ont trop vu, trop senti, mais continuent à danser quand même.
Berlin Blues n’est pas seulement une chanson — c’est une carte postale écrite à l’encre d’un spleen moderne. Elle sent la bière tiède, la sueur et les rêves abîmés. Une énergie électrique, authentique, où le groove devient une thérapie et la nostalgie, une complice. Blanket Approval signe ici un morceau qui groove comme un samedi soir mais pense comme un dimanche matin.
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octobre 7, 2025J’ai fermé les yeux à la première seconde, et j’ai vu la ville s’allumer. Une autoroute qui clignote sous la pluie, un moteur qui tousse au loin, et au-dessus, cette voix digitale qui semble me murmurer : « cours ». Outrun Myself n’est pas un morceau, c’est une fuite. Une cavalcade intérieure où PMBM transforme ses pensées en bitume et ses angoisses en basses grondantes.
Tout est tension. Le beat ne déroule pas, il explose. Chaque pulsation est un coup de cœur sous adrénaline, un battement de survie. On retrouve la sueur du grime, la rage froide de l’électro industrielle, la brutalité du hardstyle — mais PMBM fait tout sonner comme une expérience sensorielle. Ce n’est pas du club, c’est du chaos organisé, du bruit qui prie.
Ce qui fascine chez cet artiste, c’est la manière dont il sculpte le son comme une matière vivante. Derrière les couches de synthés acides et les kicks saturés, il y a un souffle, presque humain, presque religieux. Poison, Money, Blood, Mercy — tout est là. Une vision de la musique comme confession futuriste, comme rituel cybernétique où la poésie se branche sur la machine.
On sent que Outrun Myself raconte une obsession : tenter d’échapper à soi-même, de courir plus vite que ses propres ombres. Sauf qu’ici, la fuite devient esthétique. PMBM trace son identité dans la collision — entre la froideur du numérique et la chaleur du désespoir. Il ne veut pas simplement produire du son : il veut qu’on ressente la vitesse, la peur, la beauté du dépassement.
La structure du morceau évoque un trajet mental. L’intro, presque calme, te donne l’illusion du contrôle. Puis le beat s’effondre, et tout devient flou, violent, exaltant. On n’est plus dans la musique, on est dans une poursuite contre soi-même, un sprint vers la transcendance. C’est le genre de track qui laisse le cœur battre trop fort, le cerveau en apnée.
PMBM est insaisissable. Mi-poète, mi-phantôme, il transforme l’électro en témoignage spirituel. Outrun Myself sonne comme une dystopie intime — le journal sonore d’un esprit qui court jusqu’à se dissoudre dans la lumière. Une claque, une transe, une révélation.
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octobre 7, 2025J’ai d’abord cru à une métaphore facile — le diable porte Prada, une punchline qu’on aurait déjà trop entendue. Puis la prod a démarré. Et là, impossible de décrocher. Ce n’est pas un morceau, c’est un regard. Celui d’un homme qui a traversé le feu avec la pudeur de ne pas en parler, mais la rage de ne pas oublier. The Devil Wears Prada n’est pas un single tape-à-l’œil. C’est une confession sous tension, un miroir tendu à une époque où l’or et le mensonge brillent pareil.
Saif rappe comme on peint à la main : avec soin, patience et cicatrices. Il a ce phrasé rare, précis, ancré dans la rue mais porté par une conscience presque mystique. On sent l’influence de son double héritage — la spiritualité musulmane et la dureté du béton australien — fusionnant dans un verbe à la fois rugueux et lumineux. Son flow oscille entre méditation et uppercut, comme s’il récitait des sourates dans une ruelle pleine de néons.
Techniquement, la prod joue dans l’équilibre : un beat sec, presque martial, soutenu par une basse qui gronde sans jamais exploser. Ce minimalisme laisse respirer les mots, met en valeur la sincérité brute de Saif. Et quand il dit, entre deux silences calculés, qu’il voit le mal dans les habits du succès, on le croit — parce que sa voix tremble juste assez pour trahir l’expérience. Ce n’est pas du storytelling, c’est du vécu stylisé, de la sueur transformée en prose.
Il y a chez lui quelque chose de paradoxalement élégant. Une façon de rapper la douleur sans la salir. The Devil Wears Prada devient alors plus qu’un pamphlet : une esthétique. Celle d’un homme debout, qui transforme sa foi en cadence, son doute en instrument, sa lucidité en lumière tamisée. Dans un monde où le diable se travestit en influenceur, Saif reste nu, droit, poétique.
Ce morceau, c’est une marche sur le fil entre l’ombre et la rédemption. Une leçon de style, pas celui qu’on porte, mais celui qu’on incarne. Et Saif, lui, ne porte pas Prada — il porte le vrai.
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octobre 7, 2025Il suffit d’une première note pour comprendre que Oxygen n’est pas un simple titre d’afrofusion. C’est une immersion. Une plongée lente et hypnotique dans les eaux troubles de l’amour, là où le manque devient respiration et où la passion se transforme en survie. PapaRaZzle n’écrit pas de chansons : il construit des mondes, des bulles d’air où la vulnérabilité flotte entre groove et confession.
La production, à la fois sensuelle et suspendue, respire le soin du détail. Les percussions roulent avec la douceur d’une vague nocturne, un beat trap s’infiltre comme un battement cardiaque, et les synthés, moelleux, ouvrent l’espace. Au centre, la voix de PapaRaZzle — suave, précise, vibrante — trace une ligne claire : celle d’un homme en équilibre entre désir et perte, entre la chaleur du corps et le froid du doute.
Oxygen s’écoute comme une prière murmurée à quelqu’un qu’on n’a pas encore réussi à oublier. Il ne s’agit pas seulement d’amour, mais de dépendance, d’un besoin presque physique de l’autre. « You’re my oxygen » n’est pas une métaphore ici : c’est une urgence, un cri d’étouffement déguisé en slow jam. Et pourtant, dans cette tension, PapaRaZzle trouve une lumière, une grâce — une manière de dire que même la douleur peut danser si le rythme est juste.
Ce qui frappe, c’est la cohérence de l’univers. Chaque instrument, chaque silence semble raconter une histoire de patience et de foi, fidèle à la quête spirituelle que l’artiste poursuit depuis son premier album. Entre les effluves de R&B 90s, les éclats caribéens et les basses afrobeats, Oxygen devient ce pont délicat entre nostalgie et modernité, entre Londres et Lagos, entre l’intime et le cosmique.
PapaRaZzle a ce talent rare : il chante l’amour sans le réduire à la romance. Chez lui, aimer, c’est se confronter au souffle, au vide, à ce moment où le cœur manque d’air mais continue de battre. Sa voix porte la sagesse des blessures et la naïveté de ceux qui croient encore — en la beauté, en la connexion, en la seconde chance.
Oxygen est plus qu’un morceau. C’est un moment suspendu, une transe feutrée, un espace où la tendresse devient vitale. Une chanson à écouter la nuit, casque vissé sur les oreilles, les yeux fermés — comme on retient sa respiration avant de replonger.
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octobre 7, 2025Il y a quelque chose d’éminemment humain dans cette ironie : vouloir écrire une chanson heureuse, et sentir malgré tout que la mélancolie rôde au coin de chaque mesure. Happy Song (Not a Sad Song), c’est exactement ça — une tentative sincère, presque maladroite, de retenir la lumière alors qu’elle s’échappe entre les doigts. Jay Crafton y déploie une écriture limpide, sans artifice, et c’est justement cette simplicité qui touche.
Derrière son titre faussement naïf, le morceau avance comme une conversation intérieure. Les guitares claquent avec cette chaleur indie qu’on associe à Death Cab For Cutie ou à The Shins, mais la voix de Crafton — un brin rauque, un brin fatiguée — raconte autre chose : la fragilité du sourire, le courage discret de ceux qui continuent à chanter quand tout semble s’effondrer. L’arrangement reste lumineux, presque solaire, mais on sent dans les recoins un écho de pluie, un doute suspendu.
Il ne cherche pas à convaincre, Jay Crafton. Il chante comme on se confie à quelqu’un qu’on aime bien, tard le soir, autour d’un café froid. Le refrain, lui, fait office de mantra : “It’s a happy song, not a sad song” — comme si le répéter suffisait à le rendre vrai. Ce qu’il parvient à créer ici, c’est ce paradoxe rare entre l’élan et le vertige, entre le besoin d’espoir et la conscience de sa fragilité.
Musicalement, Happy Song s’appuie sur une progression classique mais diablement efficace : un groove discret, une batterie au balancement souple, une guitare claire qui scintille, et une basse qui enveloppe tout ça d’un souffle feutré. La production reste sobre, presque artisanale, mais d’une justesse totale. On entend un musicien qui n’a rien à prouver, seulement à partager.
Ce qui rend le titre beau, c’est qu’il n’essaie pas de masquer la tristesse derrière un vernis de positivité. Il l’accueille, la transforme, la dompte un instant. Crafton ne chante pas pour être heureux — il chante malgré tout. Et dans cette nuance réside toute la force du morceau : une joie lucide, sans illusion, mais profondément sincère.
Happy Song (Not a Sad Song) n’a rien d’un mensonge. C’est une vérité imparfaite, portée par une mélodie qui réchauffe doucement les coins froids du cœur. Une chanson heureuse, oui — parce qu’elle accepte, enfin, d’être un peu triste.
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octobre 7, 2025Sous les néons d’un dancefloor imaginaire, quelque part entre un clip de Prince et un souvenir flou d’Ibiza, Naesh rallume la flamme du funk et la trempe dans un bain de modernité éclatante. Every Reason, c’est la collision parfaite entre la nostalgie des années 80 et la fougue des années 2020 — une montée d’adrénaline irisée, où le cœur bat au rythme des basses et des désirs.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/4xNKWnGqnePCiT6u5eLPev?si=27d97c32efdd43dc
Tout dans ce morceau respire la fièvre du mouvement. La ligne de basse roule comme une vague en slow motion, les synthés miroitent comme des éclats de boule à facettes, et la voix de Naesh s’élève, souple, sensuelle, un peu espiègle. Il chante comme on sourit à quelqu’un dans la fumée d’un club : avec assurance, mais sans jamais trop en faire. C’est cette justesse qui fait tout le charme de Every Reason — une légèreté maîtrisée, un groove qui donne envie de se laisser happer sans réfléchir.
Entre deux respirations, Naesh glisse un rap qui surprend, une parenthèse pleine d’aplomb, comme une signature. “1, 2, 3, and I’m throwing the flashbang” : le ton est donné, explosif et joueur. Mais derrière la fête, il y a cette envie de plus — de lumière, de lien, de guérison. “Every Reason” devient alors un cri du corps, une danse pour conjurer le monde et retrouver la joie.
On retrouve dans sa musique les influences des géants qu’il revendique : la fluidité de Bruno Mars, l’instinct de showman d’Usher, la précision rythmique d’un The Weeknd en pleine extase disco. Mais Naesh ne se contente pas de copier : il insuffle sa propre énergie californienne, ce mélange d’optimisme et de sincérité, cette façon de faire rimer amour et liberté sans jamais tomber dans la mièvrerie.
Et si Every Reason est d’abord un titre taillé pour les nuits fiévreuses, il est aussi un rappel simple et vibrant : danser, c’est encore le meilleur moyen de survivre à soi-même. Naesh signe là un hymne solaire, un antidote à la lourdeur, une pulsation qui dit tout — qu’il y a encore mille raisons de vibrer, de tomber amoureux, de recommencer.
Un groove contagieux, un sourire en guise de refrain : Every Reason n’est pas qu’une chanson, c’est un état d’esprit.
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octobre 7, 2025Il y a des morceaux qui se contentent de tourner sur les platines, et puis il y a ceux qui tournent dans la tête, longtemps après. I NEED YA de Quis Chauncey appartient à cette seconde catégorie — une fusion instinctive entre trap, pop-rap et pulsations afro, où l’émotion s’écrit à coups de basses et de soupirs.
Dès les premières secondes, la prod s’impose : ronde, moelleuse, presque charnelle. Une 808 qui respire comme un battement de cœur, un tempo qui oscille entre mélancolie et moove, et au-dessus, cette voix — claire, à la fois posée et vibrante — qui semble flotter entre l’amour et la survie. I NEED YA, c’est une déclaration sans fioritures, mais chargée d’une intensité rare. Le titre dit tout : la dépendance, la douceur, le besoin. Ce n’est pas un cri, c’est une confidence murmurée sous la pluie.
Quis Chauncey a cette façon singulière de mélanger les continents : un flow américain, des mélodies qui empruntent au dancehall, et une chaleur africaine en fond de toile. C’est ce mélange-là, entre la rue et le soleil, entre le code du trapper et la fragilité de l’amoureux, qui rend sa musique irrésistible. Il rappe comme on respire, il chante comme on se soigne. Son timbre, légèrement voilé, a ce quelque chose de brut et sincère qu’on retrouve chez les artistes qui ne trichent pas avec leurs émotions.
Le morceau ne cherche pas la prouesse technique — il vise la vérité. Chaque note, chaque silence, semble choisi pour amplifier le sentiment d’urgence. I NEED YA n’est pas une chanson d’amour classique ; c’est un moment de vulnérabilité, mis en boucle. On y sent le poids du manque, la douceur du souvenir, la peur de perdre. Et dans la tension entre tout ça, Quis Chauncey trouve son équilibre — un groove intérieur, une lumière tamisée.
Dans un monde où la trap tourne souvent à vide, I NEED YA remet de la chair et du cœur dans les machines. Ce n’est pas qu’un banger, c’est une émotion habillée en rythme. Une de celles qu’on met à fond dans la voiture, non pas pour faire du bruit, mais pour se rappeler qu’on ressent encore quelque chose. Quis Chauncey, lui, ne cherche pas à impressionner — il cherche à toucher. Et c’est exactement ce qu’il fait.
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octobre 7, 2025Il chante comme on respire après le chaos — avec une urgence tranquille, une foi qui s’entend dans chaque silence. Pause, le nouveau single de Mightyyout, n’est pas un simple titre d’afro-dancehall calibré pour les playlists tropicales. C’est un instant suspendu entre douleur et délivrance, un groove né de la survie, forgé dans le feu de Lagos et le sel des cicatrices.
Mightyyout ne fait pas de musique pour séduire : il raconte sa résilience. Derrière les mélodies suaves et les basses moelleuses se cache un homme qui a tout perdu, puis tout reconstruit dans l’obscurité — littéralement. “No lights. No eyes. Just me, the mic, and whatever spirit shows up.” C’est ainsi qu’il enregistre, seul dans le noir, comme si chaque note était une prière. Et ce rituel, on le ressent dans Pause : une énergie presque spirituelle, une façon de faire danser la douleur sans jamais la nier.
Le morceau pulse avec cette chaleur typique du dancehall nigérian, mais le rythme est tempéré — pas d’explosion, plutôt une respiration lente, profonde. Les percussions cognent comme des battements de cœur, la voix flotte entre murmure et incantation. Mightyyout parle d’amour, oui, mais pas celui des refrains faciles. Chez lui, l’amour est un champ de bataille où la tendresse flirte avec la survie. “Pause”, c’est l’instant où tout se calme, juste avant la tempête suivante — le besoin de souffler avant de reprendre la route.
Sous la surface, on perçoit le poids de ses épreuves. Le garçon qui a fui Port Harcourt après une agression, celui qui a passé huit mois sur des béquilles après un accident, est encore là, mais transformé. Sa musique respire la gratitude et le feu — une dualité rare, à la fois enracinée dans la rue et ouverte sur le monde. C’est d’ailleurs ce qui rend Mightyyout fascinant : il incarne la nouvelle garde du son afro-dancehall, cette génération hybride qui unit spiritualité, sensualité et modernité.
Pause tient du sortilège : une vibe brûlante mais contenue, un son calibré pour les clubs mais né dans la pénombre. On y entend Davido dans la lignée, Popcaan dans le sang, mais surtout Mightyyout dans sa vérité — brute, sincère, presque mystique. Il ne s’agit plus seulement de faire danser, mais de guérir, de transformer le vacarme du monde en rythme intérieur.
Et quand le dernier beat s’éteint, il reste ce sentiment rare, presque sacré : celui d’avoir écouté un artiste qui ne joue pas un rôle, mais qui se bat pour exister. Pause, c’est le silence avant la renaissance — et Mightyyout, lui, ne compte plus s’arrêter.
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octobre 7, 2025Tout commence par une montée. Pas celle d’une substance chimique, mais d’une émotion qui s’infiltre dans le sang à la vitesse d’un battement de cœur. High on Love d’ANTO, c’est ce moment précis où l’amour te fait planer — avant de te rappeler brutalement que chaque ivresse a son crash.
À 22 ans, la chanteuse autrichienne signe un morceau de funk pop sous tension, à la frontière entre sensualité et lucidité. Sa voix, claire comme un néon rose dans la nuit, se promène entre euphories et vertiges. Derrière ses refrains lumineux, il y a une vraie noirceur : celle des dépendances qu’on s’invente pour survivre à l’amour. Car ici, l’addiction n’est pas une métaphore — c’est une métamorphose.
ANTO décrit ce trouble avec une précision clinique et poétique à la fois. Les couplets évoquent la désorientation du corps amoureux, les nuits sans sommeil, les respirations qui s’accordent puis se désaccordent. On pense à Amy Winehouse pour la sincérité crue, à Dua Lipa pour la brillance des refrains, à Sade pour cette façon d’allier élégance et douleur. Mais ANTO garde son empreinte : un groove mesuré, tendu, presque nerveux, où chaque note semble respirer entre deux battements d’angoisse.
La production, tout en funk moderne, oscille entre douceur et danger. Une basse ronde, moelleuse, qui te berce comme un faux ami. Une guitare légèrement saturée, toujours prête à mordre. Et par-dessus, la voix d’ANTO, mi-confession mi-avertissement, qui s’adresse à elle-même autant qu’à nous. High on Love n’est pas une chanson de rupture : c’est une leçon d’équilibre. Elle parle de ce moment où l’on comprend que le plaisir peut devenir poison, et que la vraie force, parfois, c’est de se désintoxiquer du regard de l’autre.
Mais derrière la morale, il reste le frisson. Ce frisson coupable, celui qu’on ressent quand le groove repart, quand le refrain nous ramène sur le fil du vertige. ANTO ne condamne pas l’amour : elle l’observe, fascinée, lucide, un peu brûlée. High on Love est une confession déguisée en hymne. Une déclaration à la fois sensuelle et dangereuse, où la mélodie caresse pendant que les mots piquent.
Et c’est peut-être ça, sa vraie réussite : transformer le manque en style, la douleur en groove. ANTO plane, mais elle sait exactement où elle va.
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octobre 7, 2025Le morceau s’ouvre comme une porte de garage qu’on claque dans le noir : un kick sec, nerveux, sans sommation. WATCH n’attend pas qu’on soit prêt — il t’embarque d’un coup, t’arrache au confort, t’injecte sa pulsation comme une dose d’adrénaline. AVSTN, producteur venu d’Hawaï, ne cherche pas à séduire : il veut hypnotiser. Et sa tech house, moite et élégante, avance à pas feutrés, presque félins, entre tension et relâchement, jusqu’à ce que le corps suive de lui-même, sans réfléchir.
On pourrait parler d’influences — Dom Dolla, Mau P, cette école du groove sous pression, calibrée pour les clubs à 4h du matin. Mais ce serait réducteur. Chez AVSTN, il y a autre chose : une précision maniaque, un sens du détail presque sensuel. Le beat n’est pas plaqué, il respire. Il y a du grain, du souffle, des micro-ruptures qui font danser les synapses autant que les jambes. C’est une mécanique de précision qui transpire l’instinct.
Chaque élément semble réglé sur le battement d’un cœur fiévreux. La basse, poisseuse, se love dans le creux du ventre. Les hats cliquettent comme des talons sur l’asphalte. Des voix filtrées, éparses, surgissent puis s’éteignent, comme des éclats de souvenirs dans la fumée. Et soudain, le drop : sec, net, presque animal. On y sent la sueur, les stroboscopes, la chaleur qui monte jusqu’à brouiller la perception du temps.
Mais au-delà du club, WATCH parle d’autre chose : d’un état. Cette zone où la pensée décroche, où la conscience se dilue dans la répétition. Une transe douce et nocturne, où la musique devient espace mental. AVSTN sculpte cette sensation avec une main de chirurgien — la progression est lente, millimétrée, jusqu’à ce que la tension devienne plaisir pur.
Il y a du contrôle dans ce chaos, et c’est sans doute ce qui fascine le plus. WATCH est une course immobile, un film intérieur sans image, où tout se joue dans le ressenti. On ne l’écoute pas, on le vit. Et quand le dernier beat s’efface, on se surprend à vouloir qu’il recommence, juste pour replonger dans ce vertige parfaitement dosé.
AVSTN signe ici un track de noctambule, taillé pour les âmes qui cherchent l’équilibre entre vitesse et ivresse. Un morceau qui ne promet rien — il agit.
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octobre 7, 2025Il y a dans Vini cette douceur qu’on reconnaît tout de suite aux grandes chansons d’attente — celles où l’amour n’explose pas, il se retient. Gate La Luz y murmure l’espoir comme on parle à un souvenir qu’on veut ramener à la vie. La guitare caresse, la rythmique chaloupe sans urgence, et la voix — mi-charnelle, mi-céleste — devient une lumière dans la pénombre. C’est une prière afro-pop, une berceuse pour cœur cabossé.
L’histoire, Gate la raconte avec la pudeur des hommes qui ont trop vécu pour feindre. Il a croisé la femme, celle qu’on reconnaît avant même de la connaître. Mais elle, elle n’est pas prête. Son monde tangue encore, en désordre. Alors il attend — non pas comme un naïf, mais comme quelqu’un qui croit au timing du destin. « Vini », c’est cette invitation murmurée : viens quand tu seras prête, je suis là, debout, même si le vent me pousse à flancher.
Musicalement, Gate La Luz déploie tout ce qu’il a construit au fil de ses migrations. Né à Fort-de-France, bercé par le reggae-dancehall jamaïcain, nourri par la pop urbaine et les sonorités afrobeats, il tisse ici une tapisserie sonore chaude et aérée. Les percussions y respirent, les synthés y brillent comme des lucioles sur une plage au crépuscule. Le mix est clair, limpide — chaque élément sert l’émotion sans l’écraser. Ce n’est pas un banger, c’est une confidence en stéréo.
Ce qui frappe surtout, c’est la sincérité. Pas de gimmicks ni de sur-effets : juste un homme et sa foi en l’amour. Le refrain, d’une simplicité désarmante, s’imprime dans la tête comme un écho de tendresse. Vini n’essaie pas de séduire, il apaise. Il rappelle ces moments suspendus entre deux respirations, quand on sait que quelque chose de beau approche mais qu’il faut encore traverser la nuit pour le toucher.
Avec ce titre, Gate La Luz confirme sa mue : celle d’un artiste caribéen devenu citoyen du monde, entre tradition et modernité, entre ferveur et finesse. Vini n’est pas une chanson d’amour — c’est un acte de foi. Et dans un monde qui va trop vite, lui choisit d’attendre.
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octobre 7, 2025Dans Altered Beast, AWOL Da Mindwriter marche comme un loup dans une ville trop propre pour lui. Son flow, brut et lettré, s’avance à contre-courant de l’époque — celle où les rappeurs font du bruit sans dire grand-chose. Lui, il écrit avec la morsure d’un type qui a tout vu et qui refuse encore de fermer les yeux. Produit par August Fanon, le magicien derrière Mach-Hommy et Vic Spencer, le morceau brûle lentement, comme une cigarette coincée entre les doigts d’un prophète fatigué.
Le titre fait référence au jeu culte de la SEGA, Altered Beast, où l’homme devient monstre pour survivre. Et c’est bien de ça qu’il s’agit ici : de la mutation intérieure qu’impose un monde rongé par la cupidité et l’arrogance. AWOL rappe comme s’il expulsait le venin — chaque syllabe est une déflagration lucide contre les forces corrompues qui parasitent nos vies. Pas de punchlines gratuites, pas de posture : juste la vérité, nue, salie, belle dans sa colère.
August Fanon, en alchimiste du sample, construit une atmosphère dense, presque mystique. Les boucles de vinyle craquent comme des os, les basses rampent dans l’ombre, la batterie claque à la manière d’un cœur sous tension. On y sent l’école du hip-hop new-yorkais, celle où le verbe dominait tout, mais aussi une profondeur presque cinématographique, héritée du jazz et du grime. C’est de la musique pour penser en marchant, pour cogiter les poings dans les poches.
Dans son clip signé Jack De$a, Altered Beast prend des allures d’errance nocturne — entre ruelles, écrans et visages flous. AWOL y apparaît comme un personnage de roman noir, mi-rêveur, mi-fantôme, coincé entre sa propre conscience et un système qui l’étouffe. Le morceau parle autant de survie que de renaissance : on y devient « bête » pour ne pas être dévoré.
AWOL Da Mindwriter porte bien son nom : un poète hors-ligne, sans filtre, un penseur du ghetto numérique. Il ne rappe pas pour séduire mais pour témoigner. Dans Altered Beast, il nous tend un miroir, et le reflet n’est pas beau à voir — mais il est vrai. C’est ce qui fait toute la force du morceau : ce sentiment de lucidité, cette façon de transformer la colère en matière noble.
Ici, le hip-hop retrouve sa vocation première : dire le monde, sans maquillage, sans compromis. Altered Beast n’est pas un single. C’est un cri d’humanité dans un monde qui a troqué la vérité contre le confort. Et AWOL, lui, refuse toujours d’appuyer sur “pause”.
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octobre 7, 2025Le boom-bap n’est pas mort — il s’est simplement retiré dans l’ombre, attendant le moment de frapper à nouveau. Et avec You Ain’t Me, Bumpy Knuckles (aka Freddie Foxxx) revient comme un boxeur vétéran qui monte sur le ring sans gants, accompagné d’un autre survivant du hip-hop new-yorkais : G-Dep. Ensemble, ils rallument la flamme de la rue, celle qui brûle sans artifices, juste avec des mots taillés au marteau et des beats qui cognent comme des portières de Bronx au petit matin.
Le morceau s’ouvre sur un beat sec, poussiéreux, d’une pureté qu’on n’entend plus : caisse claire qui claque, basse qui rampe, sample filtré jusqu’à l’os. C’est la signature de Bumpy Knuckles — brut, sans concessions, un retour à l’époque où chaque rime pesait plus lourd qu’un chèque de major. G-Dep, fidèle à lui-même, entre dans la mêlée avec cette nonchalance coupante, flow trempé dans le bitume de Harlem, balançant ses lignes comme des confidences sous tension. You Ain’t Me, c’est pas un morceau de rap, c’est un statement : un rappel que dans un monde saturé de clones, certains refusent toujours de se diluer.
La production, old school dans l’âme mais affûtée comme une lame neuve, fait résonner chaque syllabe comme un impact. Bumpy Knuckles joue le rôle du maître d’œuvre, du bâtisseur de temples rythmiques. Le son sent la sueur du studio, les vinyles griffés, la rage contenue. Il ne cherche pas la nostalgie, il revendique la continuité — celle d’un rap conscient de son héritage, mais prêt à le défendre bec et ongles.
Le clip, dirigé par Martyr Scorcesse, parachève cette atmosphère de réalisme cru : pas d’artifice, juste deux légendes dans leur élément naturel, micro en main, regards qui transpercent. Le visuel renforce la dureté du propos, l’urgence de deux voix qui ne rapent plus pour séduire mais pour rappeler d’où vient tout ça.
Ce morceau, c’est un peu comme une lettre ouverte au rap moderne : un avertissement, peut-être, mais surtout un manifeste. Quand Bumpy Knuckles lâche ses couplets, c’est toute une époque qui reprend souffle — celle des cyphers, des studios enfumés, des mixtapes gravées à la main. You Ain’t Me n’est pas là pour plaire, il est là pour rappeler.
Et le message est clair : dans cette industrie de façade, seuls les vrais tiennent la distance. Les autres… ne sont que des échos.
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octobre 7, 2025Il suffit de quelques secondes pour que Chop My Money s’infiltre dans ton corps. Le rythme te prend sans forcer, comme un sourire qui monte malgré toi. Law$on n’essaie pas de faire danser — il t’embarque, tranquillement, dans sa vibe ensoleillée, entre les battements de Lagos et les grooves moites d’Amsterdam. C’est du pur Afro-fusion : rond, sensuel, joyeusement taquin. Un son qui sent la peau, la chaleur et la sincérité.
Né aux Pays-Bas mais profondément relié à ses racines ghanéennes, Law$on ne fait pas de la musique comme on fabrique un hit. Il écrit comme on parle à quelqu’un qu’on aime : avec désinvolture, tendresse et un brin de provocation. Chop My Money, littéralement “dépense mon argent”, détourne une expression souvent négative pour en faire une déclaration de loyauté : tu es la seule à qui je veux tout donner. Et ce n’est pas qu’une phrase — c’est une énergie.
Sous la ligne de basse qui ondule et la guitare qui flirte avec le highlife, le morceau dégage cette chaleur douce qu’on ne peut pas imiter. Law$on joue avec les codes : afrobeat par l’âme, pop par l’efficacité, funk par la souplesse. Le refrain accroche sans forcer, comme un mantra dansant. En fond, des percussions légères évoquent un marché d’Accra ou un coucher de soleil sur la côte. C’est cette fusion entre la nostalgie du pays et la modernité européenne qui fait toute la singularité de sa musique : pas d’artifice, juste un groove honnête, organique, terriblement humain.
Sur scène, le morceau prend une autre dimension. Chop My Money vit pour le live : il respire, il se transforme, il devient presque rituel. Le public répond, les épaules bougent, les visages s’éclairent — comme si le morceau réveillait une mémoire collective enfouie sous les basses.
Law$on, diplômé de la mythique Herman Brood Academie, avance avec calme mais précision. Sa trajectoire, entre hip-hop, danse et afro-pop, raconte celle d’une génération métissée qui ne veut plus choisir entre ses origines et son futur. Avec Chop My Money, il signe un hymne à la liberté d’aimer sans calcul, un groove d’or liquide, coulé dans la sincérité.
Un titre à écouter fenêtres ouvertes, en laissant le monde s’adoucir un peu. Parce que parfois, offrir sans compter, c’est la plus belle des richesses.
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octobre 7, 2025On croyait connaître You Are My Sunshine, cette berceuse d’une douceur trompeuse, un refrain que tout le monde a déjà fredonné sans y prêter vraiment attention. The7thGatekeeper, lui, en a retourné chaque syllabe pour en faire un cri. Un cri sourd, métallique, hanté. Comme si le morceau, arraché à son vernis naïf, révélait enfin la douleur qu’il cachait depuis toujours.
Depuis Barry, au sud du Pays de Galles, The7thGatekeeper tord les classiques pour mieux leur rendre leur vérité. Ici, il transforme la lumière en ombre, la tendresse en menace. Ce You Are My Sunshine ne brille pas — il brûle lentement, sous des couches de distorsion et de rage contenue. On y sent l’influence de Korn, de Slipknot, ce goût du chaos organisé, cette façon d’enrober la mélancolie dans un mur de son abrasif. L’arrangement, dense et viscéral, évoque autant un cri dans le vide qu’une prière étouffée.
Ce qui frappe d’abord, c’est la tension. Une lourdeur presque physique, où chaque accord semble chargé d’électricité statique. The7thGatekeeper enregistre seul, dans ce qu’il appelle son chaos room studio — un laboratoire intime où le désordre devient méthode. Il n’a pas besoin de grandes machines : juste de la liberté, et du courage d’aller chercher la noirceur là où d’autres s’arrêtent à la mélodie.
Ce You Are My Sunshine revisité fonctionne comme une catharsis. Ce n’est plus une chanson d’amour, c’est un exorcisme. On y entend l’envers du décor : l’obsession, la perte, la dépendance affective que la chanson originale ne faisait qu’effleurer. Sous la voix déformée, entre les nappes de guitares saturées, c’est l’âme d’un homme qui se débat avec son propre soleil — trop brûlant pour réchauffer, trop lointain pour éclairer.
Romesh Dodangoda, qui a masterisé le titre, parle de dualité. C’est exactement ça. La lumière et l’ombre, l’amour et la peur, la douceur et la violence — tout coexiste, sans hiérarchie. The7thGatekeeper ne cherche pas à plaire, il cherche à dire vrai. Et dans ce vacarme maîtrisé, il touche une corde profondément humaine : celle qui tremble entre la tendresse et la destruction.
Un morceau à écouter seul, casque vissé sur les tempes, volume au bord de la rupture. Parce qu’ici, le soleil ne brille plus — il hurle.
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octobre 7, 2025On imagine d’abord la mer, vaste et grise, engloutissant ce qu’il reste d’un navire en ruine. Puis, lentement, une voix s’élève, éraillée mais droite, comme un cri d’homme revenu du fond. C’est là que Shipwrecked commence — pas comme une chanson, mais comme une résurrection. Red Skies Dawning, nouvelle incarnation de Chris Aleshire, rejoue le naufrage pour mieux écrire la renaissance.
Ce morceau, c’est une tempête contenue. Le grondement d’une vie qu’on a failli perdre, puis retrouvée. Les guitares taillent l’air comme des vents contraires, la batterie frappe avec la précision d’un cœur qui refuse d’abandonner, et la voix d’Aleshire — vibrante, presque blessée — tient debout au milieu du tumulte. On sent dans chaque mot la fatigue du combat, mais aussi cette lumière qu’on aperçoit quand on comprend que le chaos n’est pas la fin, mais le début d’autre chose.
Le morceau vient de loin. Né à l’époque de Red Skies Mourning, il portait encore les habits d’un morceau alt-pop fragile. Puis le titre a pris feu, reconstruit par Chris Dawson et Jimmie Beattie, deux artisans du son capables de transformer la douleur en matière sonore. Ensemble, ils ont décortiqué le titre, réimaginé les textures, injecté du métal là où il n’y avait que mélancolie. Ce travail d’alchimie a donné naissance à une pièce plus rugueuse, plus dense, où chaque son respire la détermination et l’instinct.
Ce qui frappe, c’est la sincérité brute de la performance. Shipwrecked ne se cache pas derrière le vernis des grandes productions : il garde le grain du vécu, le souffle du studio maison, cette tension entre le propre et le sale qui fait le vrai rock. Le morceau raconte l’échec, mais sans misérabilisme — plutôt avec une forme d’honneur. C’est le cri d’un homme qui a tout perdu, puis reconstruit à la main, morceau après morceau, ce qu’il croyait détruit.
Aleshire ne joue pas le héros, il joue l’humain. Et dans cette sincérité, il retrouve ce que le rock a parfois oublié : la beauté du désordre, la noblesse de l’imperfection. Shipwrecked est un hymne à la survie, à la reconquête de soi, à la brutalité du réel. C’est une chanson qui parle de naufrage, mais qui donne furieusement envie de lever la tête vers l’horizon.
Un retour aux racines, oui, mais avec la maturité de ceux qui savent que la tempête, parfois, est le seul moyen de revenir à la vie.
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octobre 6, 2025Il y a dans la voix d’Émile quelque chose de profondément humain, une fatigue douce, comme celle qu’on traîne après trop de nuits blanches passées à penser à demain. Baby d’Overseas est un carnet de route, un autoportrait flou où chaque mesure ressemble à une photo prise au vol dans le rétroviseur d’une vie en mouvement. On y entend le vent chaud des départs, le claquement discret des portes qui se ferment derrière soi, et cette solitude étrange qui habite les voyageurs qui ne savent plus très bien où se trouve « chez eux ».
Installé à Sydney, Émile rappe la distance comme d’autres parlent d’amour. Il transforme le déracinement en style, la mélancolie en groove. Rien n’est plaqué, rien n’est forcé. La production — pensée avec un cercle intime de beatmakers — respire, laisse de l’air entre les notes. On entend des textures organiques, des nappes qui s’étirent comme l’horizon après la pluie, des basses qui frappent sans brutalité. La musique d’Émile a ce charme rare : elle avance doucement mais laisse des traces profondes, comme une marée lente sur un rivage intérieur.
Ce qu’il raconte, on ne le saisit pas forcément tout de suite. Ce n’est pas un rap de démonstration ni un manifeste de plus sur l’indépendance. C’est un souffle. Une façon de dire le monde tel qu’il est vécu depuis l’exil : à la fois vaste et étroit, bruyant et silencieux. On sent dans chaque morceau un aller-retour permanent entre la rue et l’intime, entre le souvenir de Troyes et la lumière blanche de l’Australie. Émile n’imite personne, il avance à pas calmes, un peu cabossé, un peu rêveur, mais lucide.
Baby d’Overseas dégage cette chaleur rare qu’ont les disques sincères : ceux qui ne cherchent ni la perfection ni la mode, mais simplement la justesse. Le mix, signé de proches, garde cette proximité du souffle, cette impression d’être dans la pièce avec lui. C’est du rap qui parle bas mais qui résonne longtemps, comme un murmure qui refuse de s’éteindre. Un disque à écouter seul, peut-être la nuit, quand tout s’apaise et que le monde paraît enfin à la bonne distance.
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octobre 6, 2025Mais pas encore 30 ans, mais déjà l’urgence d’une génération entière qui refuse de se taire. Avec Bonjour Monsieur, au revoir Madame, nouvel EP à paraître chez Atypeek Music, TedaAk transforme la fête en fusée politique et le dancefloor en ring existentiel. Six titres qui grincent, cognent, et rient jaune — entre punk numérique, tekno frontale et poésie cabossée.
À travers Babies Automatique, morceau central du projet, TedaAk s’attaque au mythe de la parentalité avec une ironie vitale : pourquoi fait-on des enfants ? Pour prolonger quoi ? Pour racheter quoi ? Sous ses beats acides et ses slogans absurdes, TedaAk n’a pas de réponses, mais pose des bombes.
Né dans les marges queer et féministes de Nantes, TedaAk développe une œuvre transgenre, transdisciplinaire, à la croisée du concert et de la performance. Une sorte de Katerine version rave, un Camion Bip Bip qui aurait lu Virginie Despentes et dansé avec Rone.
On a voulu en savoir plus sur cette voix qui ne ressemble à aucune autre.Voici l’interview.
1 ) Qui es-tu ?
Je m’appelle Lou, j’habite actuellement à Nantes et je suis auteur-compositeur pour le projet TedaAk. Je danse et je compose également pour une compagnie de théâtre de rue nommée Group Berthe et je suis régisseur son sur d’autres projets de spectacle vivant !
2 ) Quel est ton parcours ?
J’ai étudié le piano et la danse pendant une bonne partie de mon enfance/adolescence puis j’ai découvert la MAO et j’ai décidé de faire une formation professionnelle pour apprendre les logiciels et comprendre la technique son. Ça m’a permis d’avoir la double casquette technicien/artiste qui est très précieuse pour travailler dans ce milieu.
3 ) Que peux-tu nous dire en quelques mots sur ta musique ?
Le projet TedaAk c’est la rencontre entre l’univers de la tekno et la poésie punk et absurde.
J’avais envie d’aborder des sujets qui me tiennent à cœur, de mon intime rapport au monde à la dénonciation de certaines violences dans notre société tout en faisant rire et taper du pied. Puis de rendre tout ça vivant, en chair, en live, avec le public et la performance scénique.
Aujourd’hui, c’est l’une des plus belles choses que j’éprouve dans ma vie ! Plus largement ce que j’aime dans la création musicale, c’est de faire des propositions radicales, décalées et engagées. Ou purement poétique, mais tout ça se rejoint je crois.
4 ) Quelles sont tes inspirations ?
En musique j’aime l’inventivité de Philippe Katerine qui est toujours à côté de là où on l’attend, c’est une intelligence que j’admire beaucoup. J’aime également l’esthétique de Rebeka Warrior (à qui l’on m’assimile beaucoup) et celle de Lynks. Pour la poésie sans mot, j’aime écouter Rone qui fait les plus belles envolées de musique électronique. Ces artistes sont mes balises en termes de style, mais il y a de nombreuses autres sources d’inspiration : littéraires, cinématographiques, plastiques et humaines. Ça serait dur de tout réunir, mais ce que je sais, c’est qu’elles cohabitent toutes à l’intérieur de moi et quand elles se rencontrent, c’est là que la magie opère.
5 ) Quelle est ta playlist actuelle ?
Ma playlist actuelle ? C’est un bordel ! Ahah
En général, j’ai une playlist coup de cœur avec plein de trucs mélangés et sinon j’écoute les albums en entier directement. La dernièrement on y retrouve du IDLES, Théodora, Patrick Watson, DITTER, Yseult… Et pleins d’autres morceaux plus isolés qui sont reliés à des moments ou des sensations précises de ma vie, mais dont je ne retiens même pas le nom parfois…
6 ) Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?
Aucun, j’ai vraiment aucune patience pour la cuisine !!!
Je tolère les raviolis (ça compte pour de la cuisine si elles sont déjà faites ?) et au plus long les tartes. Les gens autour de moi se foutent pas mal de ma gueule la dessus, et je les comprends !
7 ) Quels sont tes projets à venir ?
Pour TedaAk, on a une sortie de clip et de single prévue début mai et une sortie d’EP à l’automne avec une méga release. La suite, j’attends d’avoir un peu de recul pour l’imaginer, avec la sélection aux Inouïs du printemps de Bourges, on espère gagner un peu de visibilité et pouvoir tourner en France et dans d’autres pays francophones.
Aussi, avec la cie Group Berthe, on va commencer la création du prochain spectacle « Trust », une comédie musicale qui jouera en rue. C’est passionnant parce que je sais déjà que les deux projets évolueront en parallèle et s’alimenteront pour amener de nouvelles idées. C’est très important pour moi de toujours chercher ailleurs, inventer de nouvelles choses. Naviguer dans des espaces de création différents est très nourrissant, j’ai hâte !
8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote sur toi ?
J’ai beaucoup d’histoires de caca nulles et honteuses. Parmi elles, il y a la fois ou, voulant prendre un raccourci dans la forêt au milieu de la nuit en free party, je suis tombé à plat ventre dans une ENORME bouse de vache fraîche. Le reste de la nuit avait un petit goût de ferme.
9 ) Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?
La comme ça, je me ferais bien une petite escapade avec Brigitte Fontaine, juste par curiosité ahah
10 ) Un dernier conseil ?
Cramez des Tesla.
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octobre 6, 2025Le vent de l’automne soufflera à peine que Marseille se préparera déjà à vibrer. Les 10 et 11 octobre prochains, l’Affranchi redeviendra ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : une forge à émotions, un creuset de voix et de fièvres. Pendant deux nuits, Festi’Mars 2025 rallumera le feu sacré du rap marseillais, celui qui se nourrit de rue, de vérité et d’amour brûlé.
Il y aura l’odeur du béton tiède et des joints froissés dans les poches, les basses qui secoueront les vitres, les corps qui danseront par réflexe. Et puis surtout, il y aura cette chose impossible à nommer — un mélange de fierté et de rage douce — que seul Marseille sait produire.
Le vendredi, la braise prendra feu
SAF ouvrira la marche, entouré de son énergie contagieuse, prêt à faire trembler la salle avec un flow dense, tranchant, qui sent la rue et la rédemption. Elams, lui, viendra avec son charisme tranquille, ce timbre reconnaissable entre mille, capable d’allumer un public d’un simple mot. Puis Thabiti glissera sa poésie mélodique entre deux éclats de voix — une respiration, une prière urbaine. Solda, vétéran de Félix-Piat, rappellera à tous que le rap marseillais n’a jamais été une mode : c’est une mémoire, une blessure, un cri transmis de génération en génération.
Le vendredi sera incandescent, dense, une montée d’adrénaline à la manière d’une nuit sans fin sur le Vieux-Port.
Le samedi, la relève fera trembler les murs
Le lendemain, la jeunesse prendra le micro comme on prend les armes. Kofs reviendra en chef de file, sa voix rocailleuse portée par la gravité du vécu, tandis que YL laissera glisser ses rimes acérées, témoin d’un Marseille lucide et fier. Puis ce sera au tour de Missan, Abdii d’la SF, Diez et Sang Bleu de faire chavirer la salle : des visages nouveaux, des promesses déjà tenues, des talents qui ne s’excusent pas d’exister.On parlera d’énergie brute, de sueur sur le front, d’éclats de vérité crachés au micro — parce que chaque mot, ici, comptera comme un battement de cœur.
Marseille, toujours en feu
Le Festi’Mars est une déclaration d’amour à la ville et à sa culture, une manière de dire que Marseille continue, malgré tout, à brûler au rythme de ses artistes. Deux soirs pour se souvenir que le rap, ici, est plus qu’un son : c’est une manière d’exister, de raconter la vie, de la sublimer.
Les lumières s’éteindront, la salle vibrera encore, et dans le silence qui suivra, on sentira cette phrase flotter dans l’air : “Ici, le rap n’est pas un genre. C’est une langue.”
Et Marseille, une fois encore, parlera à travers ses voix.
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octobre 3, 2025À Toulouse, il pleut autrement. Pas ces orages écrasants du Sud, mais une pluie qui rythme les pas, qui te colle à la peau et t’oblige à lever les yeux. C’est dans cette bruine sensible que DALIA installe son nouvel EP, Les jours de pluie, six morceaux qui font de l’introspection un terrain de danse, et de la mélancolie une pulsation collective.
Ce trio, mi-rappeurs, mi-chanteurs, mi-artisans de textures, refuse le confort des cases. Leur musique, c’est un carrefour : le rap qui raconte, la chanson française qui s’épanche, le jazz qui insuffle sa respiration, et des effluves latines qui réchauffent tout ça. On pense à Kendrick Lamar dans la manière de tordre la ville en récit sonore, à Iliona dans l’intimité à fleur de peau, et parfois à Billie Eilish dans ce goût du proche, du brut, de la voix qui frôle presque l’oreille.
Dans Les jours de pluie, chaque titre agit comme une vitre embuée où les voix dessinent des silhouettes tantôt indignées, tantôt nostalgiques. Les textes parlent de changements de vie, de liens humains fragiles, de force du collectif. Et toujours cette ambiguïté : une plainte qui se danse, une douceur qui cogne. Le groove — sculpté par les percussions, la basse et cette trompette incandescente — donne l’impression que même sous l’averse, on peut bouger les épaules.
Le mixage, volontairement brut, casse la distance. On n’écoute pas DALIA, on discute avec eux, comme si les deux voix du groupe s’asseyaient dans ton salon pour balancer leurs doutes et leurs visions. Le mastering de Sheldon polit l’ensemble sans l’étouffer, préservant cette chaleur rugueuse qui fait toute leur singularité.
Et puis il y a cette pièce maîtresse : Un quart d’heure. Quinze minutes de montée ininterrompue, un bloc sonore qui déroule la ville telle qu’on la vit : bruyante, pressée, saturée, mais toujours traversée de silences. Le morceau s’étire comme une marche nocturne où l’on finit par ne plus savoir si le grondement vient de l’extérieur ou de soi. Le clip animé prolonge ce vertige : entre réalisme cru et échappée poétique.
Avec Les jours de pluie, les membres de DALIA fabriquent une chambre d’écho où chacun peut déposer ses fêlures. Un disque humain, terriblement humain, qui donne envie d’aimer la pluie.
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octobre 3, 2025Écouter Corpse Sonata Vol. I de MODUL8, c’est comme descendre dans une morgue où chaque tiroir contient non pas un corps, mais un genre musical éventré. Le néon clignote, le carrelage suinte, et toi tu avances, casque sur les oreilles, tandis que les beats, encore tièdes, vibrent d’une rage posthume portée par des flows de rap féminin.
Le disque s’ouvre avec “Ghosts of the Beats”, et déjà, on marche sur des ruines. Ce ne sont pas des samples, ce sont des spectres — silhouettes floues de hip-hop, d’électro, de dubstep, réduites à des ombres. La basse tremble comme une incantation, et tout de suite tu comprends : ici, MODUL8 n’empile pas des sons, il exhume des cadavres pour les ressusciter sous une forme monstrueuse.
Puis survient “Maniac Ramblings”, un déferlement verbal où les rimes cognent comme un délire écrit sur les murs d’une cellule. Les syllabes fusent à double vitesse, pas pour impressionner, mais pour faire entendre la compulsion : impossible de s’arrêter, comme si chaque mot était un spasme. On n’est pas dans le rap de posture, on est dans le besoin.
Avec “Carnivore Cadence”, le beat devient mâchoire. On le sent : ça mastique, ça déchire, ça broie. C’est une rythmique carnassière, un groove qui mange tout et recrache des éclats de trap, de glitch, de phonk, comme des os éparpillés.
“Leaving Corpses (Can’t Help It)” est sans doute le morceau le plus obsédant du lot : confession d’un meurtrier de beats qui assume son vice. La voix, mi-désespérée, mi-sadique, résonne au milieu d’une prod qui tangue comme une barque trouée. C’est sale, mais tellement fascinant.
Le cœur noir du disque bat avec “Confession of Beat Murder” et “Percussion Inferno”. Le premier, c’est un manifeste : chaque snare est un coup de scalpel, chaque bass drop une giclée. Le second, c’est une transe incendiaire — des percussions empilées jusqu’à la suffocation, un feu qui consume tout.
Puis, à mesure que l’album avance, les pièces deviennent encore plus délirantes. “Pulse Collapse” s’éteint et redémarre comme un cœur artificiel. “Twisted Beginnings” tourne autour de l’idée qu’aucun départ n’est innocent, chaque commencement est déjà tordu. “Venom Script” écrit sa partition à l’acide, là où “Ripping & Eating” est une orgie sonore, une bouchée d’ultraviolence électro avalée d’un seul trait.
“Bodybags” est presque cinématographique : on les voit, ces sacs alignés, et chaque coup de kick claque comme une fermeture éclair qu’on referme. Et puis surgit “Infinite Piece”, le sommet : une boucle infinie, comme si la musique cherchait à se dévorer elle-même, avalée par son propre vertige.
L’avant-dernier morceau, “Stomp the Hats”, est un clin d’œil ironique : un dancefloor tordu, où les hi-hats martelés deviennent une danse macabre. Enfin, “Interrogation” conclut ce sonata comme un huis clos : voix distordues, percussions claustrophobes, on n’écoute plus une chanson, on subit un procès intérieur.
MODUL8 invente avec ce premier volume une véritable esthétique : le curbstep, mélange de phonk, dubstep, trap, glitch et boom bap, mais surtout état d’esprit. Une musique qui ne veut pas séduire, mais déranger. Qui ne se consomme pas, mais se vit comme une immersion. Ici, pas d’auto-tune, pas de vernis. Seulement la fièvre d’un artiste qui transforme son obsession en laboratoire sonore.
Corpse Sonata Vol. I est une autopsie jouée à plein volume. Une célébration du macabre, mais aussi une promesse : celle que la musique n’est jamais vraiment morte, tant qu’il reste quelqu’un d’assez fou pour lui redonner un corps.
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octobre 3, 2025Avec Dreamlike, le duo stuttgartois Sugartin — Iris et Daniel — signe peut-être son manifeste le plus abouti. Cinq titres, quatre langues, et une seule obsession : tendre des passerelles entre les cultures par la musique, faire de la pop une matière universelle, sensible, et toujours en mouvement. Plus qu’un simple EP, Dreamlike ressemble à une carte postale sonore griffonnée dans un avion, entre Paris et Tokyo, entre mélancolie et euphorie.
Le morceau-titre, “Dreamlike”, ouvre le bal dans une clarté scintillante : nappes de synthés qui s’élèvent comme des halos de néon, voix aérienne d’Iris flottant au-dessus d’un rythme effleuré. C’est une chanson qui porte bien son nom, comme une suspension dans le temps, où la pop devient presque impressionniste — lumineuse mais fragile, fugace comme un rêve qui se dissipe au réveil.
À l’opposé, “Graffiti” explose en couleurs saturées : deux minutes quinze d’énergie brute, de beats claquants et de mélodie accrocheuse. On la devine pensée pour la scène : un morceau qui se consume vite, mais qui laisse une trace, comme une bombe de peinture sur un mur de béton. La voix, plus tranchante, s’impose au-dessus d’une production qui n’a rien à envier aux meilleurs refrains pop britanniques.
Puis surgit “En Vain”, ballade en français qui offre un contraste saisissant. Ici, Sugartin ose ralentir, tendre vers la mélancolie élégante, avec des lignes mélodiques qui rappellent l’héritage de la chanson française filtrée par la synth-pop. Le titre sonne comme une confession, intime, fragile — presque une caresse mélodique interrompue par une ombre. L’usage du français ajoute une gravité douce, une coloration particulière qui rend ce morceau inoubliable.
Avec “Getting Real”, on retrouve l’élan euphorique du duo : tempo plus rapide, refrains à chanter en chœur, énergie solaire qui donne envie de courir dans les rues d’une grande ville à la tombée du jour. C’est le morceau le plus pop de l’EP, calibré pour l’ivresse des concerts, une injection d’optimisme sans détour.
Enfin, “Tokyo” referme l’EP comme un clin d’œil au voyage qui attend le groupe. Le morceau s’inspire de la culture japonaise, mais sans tomber dans le cliché : rythmiques électroniques précises, textures délicates et presque cinématographiques. On y ressent la fascination d’Iris et Daniel pour la métropole japonaise : une déclaration d’amour à une ville qui se vit comme un futur possible.
Ce qui rend Dreamlike si captivant, c’est sa diversité maîtrisée. Chaque morceau explore une facette différente de Sugartin — le rêve, l’énergie, la douleur, la joie, l’ailleurs. En cinq titres seulement, le duo parvient à condenser une véritable odyssée émotionnelle, toujours portée par une production léchée mais sensible.
Sugartin confirme ici son statut de groupe européen à vocation mondiale : multilingue, polymorphe, profondément sincère. Avec Dreamlike, ils ne se contentent pas de livrer un EP, ils inventent un passeport sonore, une bande-son de voyage intérieur et extérieur. Un disque qui donne envie de se perdre dans les lumières de Tokyo ou les rues de Stuttgart, casque sur les oreilles, cœur ouvert.
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octobre 3, 2025On ne croise pas souvent un premier album qui ose s’étaler sur 24 titres. Avec SHIFT, Amara Fe ne cherche pas la retenue, elle cherche le débordement. Le disque jaillit comme une coulée d’énergie brute, traversant les registres de la pop alternative, du dark-pop jusqu’à des touches dance assumées, avec cette volonté farouche de tout dire, tout essayer, tout tenter.
Dès “Eyes on Me”, l’album s’ouvre comme une déclaration de présence : rythme nerveux, refrain immédiat, voix claire qui refuse de se perdre dans l’artifice. On sent la chanteuse déterminée à capturer l’attention, à exister de face, sans détour. Puis vient “She’s the Light”, beaucoup plus aérien, presque gospel-pop dans sa lumière : c’est le morceau qui fait respirer, une dédicace implicite à celles qui portent la clarté dans les zones d’ombre.
“The Storm I Crave” installe une tension différente : l’orage comme métaphore d’une passion dangereuse, une pulsation sombre où les synthés prennent une teinte dramatique. On pense à une Billie Eilish plus solaire, mais toujours hantée. De là, l’album glisse vers “Love Loyal” et “Ride for Me”, deux titres courts, incisifs, où l’on entend Amara Fe jouer avec la pop commerciale sans jamais tomber dans le simple produit calibré : ce sont des chansons directes, mais portées par une voix qui garde son grain et son sincère besoin de raconter.
Dans “Treat Me Like a Queen”, plus long, la construction se rapproche de la ballade épique : près de cinq minutes pour affirmer une revendication, non pas criée mais chantée avec la confiance tranquille de celle qui ne veut plus céder. C’est sans doute un des cœurs de SHIFT. À l’autre extrême, “Still Poppin” explose comme un manifeste de survie : une pop dopée à l’attitude, prête à secouer les playlists et à rappeler que l’artiste ne joue pas la discrétion.
L’un des moments les plus intrigants reste “Venom Kiss” : sensuel, dangereux, construit sur une ligne vocale à la fois séduisante et menaçante, comme si l’amour se transformait en arme. Juste après, “Soul Snatcher” poursuit cette logique d’ambivalence : Amara Fe chante la passion comme une perte de soi, un abandon autant désiré que redouté.
Le disque se conclut sur des titres qui sonnent presque comme un autoportrait : “I Sing, I Rap”, où l’artiste assume sans complexe son côté protéiforme, et “Swag Like Mine”, plus frontal, une carte de visite insolente qui rappelle que SHIFT n’est pas qu’un album de mélodies accrocheuses, mais aussi une affirmation identitaire.
Ce qui frappe tout au long de l’album, c’est la constance de l’énergie. Malgré 24 morceaux — un pari risqué —, Amara Fe réussit à maintenir un équilibre entre immédiateté pop et sincérité brute. Pas de références trop appuyées à tel ou tel modèle : l’artiste revendique une influence multiple, presque diffuse, héritée autant de son ADN familial (le spectre de Charlie Wilson, Minnie Riperton) que de sa propre curiosité insatiable.
SHIFT ressemble à une traversée : chaque chanson est comme une mini-expérience, parfois fulgurante (“Try Me”, 1’46 seulement), parfois ample (“Treat Me Like a Queen”), mais toujours portée par cette envie de partager un instantané d’énergie et d’émotion. Un album fleuve, qui ne se contente pas d’un terrain balisé mais préfère la profusion, quitte à se perdre par moments — et c’est justement ce qui le rend attachant.
Avec SHIFT, Amara Fe dépose un journal intime éclaté en 24 fragments, un concentré de lumière et de ténèbres, d’ego et de fragilité. Un disque qui respire la spontanéité et la recherche, à la fois imparfait et inépuisable — comme la vie qu’il raconte.
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octobre 3, 2025La première chose que l’on entend dans Captivity, c’est une rengaine arrachée au folklore américain : « Down in the valley, the valley so low ». Mais au lieu d’évoquer la nostalgie des veillées d’autrefois, la voix d’Exzenya la tord en un écho spectral, comme si elle filtrait à travers un vieux poste de radio oublié dans une cellule sans fenêtres. Quelques souffles de vent s’y glissent, et soudain on y est : dans la chambre close, dans l’espace psychologique de l’isolement, là où le temps n’a plus de contour.
Là réside l’audace d’Exzenya : utiliser le langage pop pour dire autre chose que l’amour déçu ou les drames attendus. Captivity n’est pas une ballade de cœur brisé, c’est une plongée glaciale dans la mécanique du contrôle. Chaque ligne vocale, chaque silence, chaque frottement sonore y devient l’équivalent d’une serrure qui claque, d’une clé qui disparaît. Le morceau évolue en mode mineur, lent, presque cérémoniel, comme un rituel de conditionnement où les gestes se répètent jusqu’à abolir l’individu.
Mais si la chanson fascine, c’est d’abord par cette voix qui refuse de se travestir. Exzenya possède une tessiture rare — capable d’aller chercher un grave abyssal (jusqu’au D2) puis de jaillir vers des aigus plaintifs — et elle choisit de l’assumer sans artifices. Pas d’auto-tune, pas de corrections plastifiées : seulement le grain, le souffle, l’imperfection comme force expressive. On sent dans ses graves une pesanteur presque masculine, tenue avec une maîtrise qui coupe le souffle, puis dans ses envolées une fragilité qui fend le ciel. Cet aller-retour constant entre ancrage et déchirure traduit à merveille l’ambivalence du captif : s’abandonner ou résister.
Au-delà de l’esthétique sonore, Captivity s’ancre dans un réalisme psychologique rarement exploré en musique. Exzenya convoque la théorie du trauma, le syndrome de Stockholm, la logique de l’ABA (Applied Behavior Analysis) : autant de concepts qui dépassent le registre métaphorique habituel des “relations toxiques”. Ici, le lien à l’oppresseur n’est pas une image : il est analysé, incarné, chanté. On entend la voix d’une femme qui sait que la liberté peut sembler plus terrifiante que l’enfermement, et qui ose poser les questions que l’on tait : Si je pars, suis-je détruite ? Si je reste, suis-je encore moi ?
L’architecture musicale est volontairement dépouillée, presque ascétique. Quelques percussions, des nappes cinématographiques, une spatialisation pensée comme un décor de film. On pense à Billie Eilish pour le minimalisme anxiogène, à Aurora pour l’élan éthéré, à Fiona Apple pour le refus de lisser les arêtes. Mais Captivity ne copie personne : elle s’inscrit dans une tradition plus vaste, celle des artistes qui transforment la douleur en paysage sonore.
Inséré comme le quatrième chapitre de son album-concept Story of My Life, le morceau agit comme un point de non-retour : l’instant où l’isolement devient total et où l’évasion paraît impensable. C’est une césure, une cicatrice musicale dans la narration. Et au fond, c’est ce qui rend Captivity inoubliable : il ne s’agit pas seulement d’une chanson, mais d’une expérience. Une traversée inconfortable, nécessaire, qui nous force à regarder dans le miroir sombre de ce que le contrôle peut faire à une âme.
Avec ce single, Exzenya s’affirme comme l’une des voix les plus courageuses et atypiques de la scène dark pop. Plus qu’un morceau, Captivity est une mise en abîme : on en sort secoué, mais étrangement lucide, comme si, l’espace de quelques minutes, on avait partagé l’intérieur de la cage.
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octobre 3, 2025Un titre comme Shipwrecked ne laisse aucun doute : il s’agit d’un morceau qui parle de chute, de perte, de ce moment où tout s’effondre et où l’on se retrouve seul, ballotté par la houle. Mais chez Red Skies Dawning, le naufrage n’est jamais une fin. C’est une scène primitive, un chaos à partir duquel on peut renaître. Et ce premier single frappe comme un manifeste : le groupe veut transformer les épaves en cathédrales sonores.
Chris Aleshire, frontman déjà connu pour ses aventures plus mélodiques avec Red Skies Mourning, choisit ici la rupture. Là où l’ancienne version de Shipwrecked flirtait avec l’emo-pop et la ballade alt, cette réinvention orchestrée avec Chris Dawson et Jimmie Beattie embrasse le hard rock moderne avec un appétit vorace. Les guitares sont massives, saturées à l’excès, portées par une section rythmique qui cogne comme une mer démontée. La voix, rugueuse mais mélodique, navigue entre confession intime et cri de survie.
Ce qui fascine, c’est la dramaturgie du morceau : un début qui porte encore les cicatrices de l’ancienne peau pop, fragile et mélodieuse, puis une montée en tension, une déflagration où tout explose — batterie syncopée, riffs tranchants, refrains conçus pour remplir des stades. L’arrangement ne cherche pas la subtilité : il vise le cathartique, cette impression que le morceau entier pourrait s’effondrer à tout moment, mais choisit toujours le rebond, la résilience.
L’image du naufrage est partout. On entend les vagues dans les nappes de guitares, les brisures dans la voix, et ce désir obstiné de remonter à la surface. Shipwrecked est à la fois une chanson de désespoir et un hymne à la renaissance, un morceau qui traduit la violence de l’effondrement mais aussi la beauté brute de ce qui suit : reconstruire sur les débris.
Avec ce single, Red Skies Dawning impose d’emblée une identité : plus sombre, plus lourde, mais paradoxalement plus claire dans sa vision. C’est un retour aux racines hardcore et grunge de Chris Aleshire, mais remis au goût du jour par une production moderne, ample, presque cinématographique. Un passage de témoin entre deux vies musicales, un cri qui dit à la fois : je me suis noyé, mais je chante encore.
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octobre 3, 2025On attendait l’incendie, c’est une braise qui nous accueille. Pyromane, le nouveau single de Benjamin Quartz, surprend par son refus du spectaculaire immédiat : au lieu de s’embraser d’entrée de jeu, le morceau choisit la tension lente, la caresse qui précède la brûlure.
La première image est presque cinématographique : des cordes effleurées, une guitare fragile comme une allumette qu’on hésite à craquer. L’embrasement ne viendra pas dans un déluge de flammes, mais dans la finesse d’un feu qui danse sous contrôle. L’artiste marseillais tisse sa toile sonore avec des fils de violon et de contrebasse, bientôt rejoints par des percussions brésiliennes qui apportent le balancement d’une samba discrète, intime, comme entendue au loin, derrière des voiles de fumée.
Le génie de Quartz réside dans cette ambiguïté : Pyromane aurait pu être un hymne à l’excès, il choisit au contraire la séduction feutrée. On se surprend à imaginer la silhouette d’une gitane tournoyant autour d’un brasier clandestin, ses castagnettes claquant comme des étincelles, ses mains battant la mesure d’un désir qui s’enroule plus qu’il ne consume. Cette danse hallucinée, évoquée dans la dernière partie du morceau, transforme la chanson en tableau vivant : entre passion criminelle et poésie fragile, entre feu de chair et feu d’âme.
Musicalement, Pyromane rappelle que Benjamin Quartz aime brouiller les pistes. Sa voix, volontairement posée en retrait, laisse toute la place aux textures instrumentales. La samba n’y est pas traitée dans sa chaleur festive, mais comme un rythme intérieur, une pulsation qui donne au morceau son souffle organique. Tout est question de retenue, de mesure, de flamme contenue.
Le résultat est un paradoxe délicieux : un titre qui parle de brûlure mais qui choisit l’embrasement lent, un chant de passion qui s’écrit en demi-teintes. Pyromane est une chanson qui chuchote là où d’autres hurleraient, qui frôle là où d’autres mordent. Et c’est justement dans cette délicatesse que l’incendie naît, insidieux, mémorable.
Avec ce titre, Benjamin Quartz confirme qu’il appartient à cette catégorie rare d’artistes capables de transformer une histoire de passion en rituel sensuel et poétique. Pyromane n’allume pas seulement un feu dans l’oreille : il continue de brûler longtemps après, dans l’imaginaire.
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octobre 3, 2025Écouter Eterna, c’est se retrouver face à un miroir qui ne renvoie pas seulement votre reflet, mais vos souvenirs, vos cicatrices, vos élans étouffés. Vanessa Marie King a transformé sa propre histoire en partition ouverte, un manuscrit de chair et de voix où chaque chanson sonne comme une confidence qu’on aurait eu peur d’écrire soi-même.
La première secousse s’appelle « Estoy tan orgullosa de ti ». Rien d’une simple dédicace filiale : c’est un poème parlé en musique, une étreinte que la voix transforme en hymne pudique. La guitare se fait douce complice, l’arrangement respire, et l’on comprend dès ces premières notes que cet album ne cherchera pas à séduire par des artifices, mais par sa vérité nue.
Puis arrive « No estaba lista », ce chant à la mère disparue. Tout s’y concentre : le tremblement d’une voix qui lutte contre le silence, l’épure instrumentale qui laisse chaque syllabe flotter comme une larme suspendue. C’est une pièce bouleversante, où le deuil cesse d’être une ombre pour devenir une matière musicale.
Avec « Jugaste con fuego », Vanessa embrase son récit. Le feu de la passion est traité comme une brûlure à vif, entre désir et péril. La rythmique plus affirmée, presque dansante, rend paradoxalement le morceau incandescent : on danse sur les braises, on sourit avec les lèvres noircies. « Niña perdida » fonctionne comme un contrepoint, une méditation sur l’identité fracturée. Le timbre de Vanessa y sonne fragile mais lumineux, comme si chaque fracture ouvrait une nouvelle fenêtre vers l’air.
Et puis il y a « Eterna », pièce centrale, titre-manifeste, où tout converge. Le mot claque comme une promesse de durée dans un monde où tout s’effrite. La composition s’élargit, portée par une production ample mais sans excès, comme si Vanessa avait trouvé le point d’équilibre entre l’intime et l’universel.
Ce qui fascine dans Eterna, c’est l’équilibre entre l’ombre et la clarté. Vanessa Marie King ne chante pas pour enjoliver la vie, elle chante pour l’habiter, pleinement, jusque dans ses failles. On retrouve dans ses harmonies un souffle folk, dans ses mélodies une teinte pop latino, et dans son phrasé une sincérité brute qui rappelle les grandes songwriters capables de transformer leur propre vulnérabilité en langage commun.
Ce disque ne ressemble pas à un premier album. C’est plutôt une catharsis mise en forme, une traversée intime qu’on reçoit comme une confidence universelle. En sortant de Eterna, on n’a pas seulement découvert une nouvelle voix : on a croisé une âme qui ose se mettre à nu, et qui transforme ses blessures en braises éternelles.
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octobre 3, 2025Il y a dans la musique de Jorge Natalin une sincérité rare, une gravité douce qui ne cherche ni l’effet ni l’artifice. Avec Shaman Album, l’artiste prolonge le travail amorcé dans Lament for the Shaman EP : un hommage à une amie disparue, musicienne, figure libre et insaisissable, qui choisit sa propre sortie comme le papillon qui s’éteint après sa métamorphose. Mais cette fois, Natalin y ajoute des mots, des voix, des fragments de récit, comme pour refermer un livre qu’on ne pouvait laisser à demi ouvert.
Le voyage débute avec « Introducing the Physical » (2:30), piste d’ouverture instrumentale qui agit comme une clé de seuil. Un thème cristallin, presque fragile, qui fait office de préambule à une traversée intérieure. Vient ensuite « Release Now » (4:14) : plus tendue, plus dramatique, avec une ligne rythmique contenue et des nappes de synthé qui rappellent les cérémonies de libération. Le titre agit comme une injonction à lâcher prise, à céder au flux.
« Silent Incantation » (2:55) joue la carte du minimalisme : quelques notes répétées, un motif hypnotique, comme un chant sans mots qui flotterait dans l’air. « Teardrop » (3:15) prend alors le relais : mélodie délicate, piano et textures électroniques qui s’effritent doucement. C’est le morceau du chagrin pur, simple et sans détour, un instant suspendu qui traduit l’empreinte d’une perte.
Le disque bascule dans l’introspection la plus profonde avec « The Very Last Journey » (3:47), pièce mélancolique aux harmonies plus sombres, qui sonne comme un adieu en musique. Dans « Dedoodvandevlinder » (3:29) — littéralement « la mort du papillon » — Natalin ose une écriture plus expérimentale : pulsations graves, dissonances légères, et ce sentiment d’inéluctable qui traverse la pièce.
Les deux nouveaux morceaux donnent à l’album sa véritable clôture. « Anima Solar » (1:48), instrumental inspiré d’une chanson du Shaman elle-même, est court mais lumineux : une étincelle solaire qui contrebalance la noirceur des adieux, comme un rappel que l’énergie d’une vie ne s’éteint pas vraiment. Enfin, « Under the Current », seule piste vocale du disque, prend une dimension manifeste. Inspirée par les mots mêmes du communiqué initial, elle superpose chant et texte parlé, échos aquatiques et instrumentation sobre. C’est la pièce la plus directe, celle où Natalin dit ce qu’il n’avait pas osé dire dans le silence des instrumentaux : un au revoir, mais aussi une transmission.
En tout, Shaman Album ne se contente pas d’être un recueil de morceaux. C’est une œuvre de mémoire, une liturgie intime transformée en geste artistique. Natalin convoque le folk, l’électronique, l’ambient, sans jamais s’y enfermer. Chaque piste est une pierre posée sur le cairn de la Shaman, une façon de dire : je me souviens, et je transmets.
On ressort de cet album avec la sensation rare d’avoir partagé un deuil rendu audible. Une musique qui parle moins de la mort que de la persistance — celle d’une amitié, d’une présence, d’une lumière fragile qui refuse de s’éteindre.
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octobre 3, 2025Avec Falkenflug für Charlie Kirk, Raubtier Kollektiv signe un morceau qui dépasse le simple rap pour se hisser au rang de rituel sonore. Tout y est pensé pour frapper autant l’esprit que le corps : le beat, lourd et martelé, agit comme une marche funèbre dopée à l’électro industrielle, tandis que la voix s’impose comme une incantation, une proclamation scandée dans le ciel noir.
La métaphore du faucon irrigue tout le texte : oiseau de proie mais aussi figure visionnaire, il symbolise la lucidité, la capacité de percer les mensonges et de maintenir une trajectoire nette malgré la tempête. Dans le refrain — « Falkenflug, schießt durchs Himmelslicht, / Die Wahrheit lebt, stirbt niemals nicht ! » — l’image devient un mantra, une promesse que la vérité, malgré les coups portés, continue de voler au-dessus des ombres.
Ce qui frappe, c’est la tension constante entre deux pôles sonores. D’un côté, une production aux nappes électroniques planantes, hypnotiques, qui évoquent la hauteur, le vol, la distance. De l’autre, une base hip-hop sèche et frontale, kicks massifs, basse saturée, qui ramène toujours l’auditeur vers le sol. Entre ciel et terre, Raubtier Kollektiv invente un espace où l’on danse tout en méditant, où la brutalité et la poésie se confrontent dans un même flux.
Au-delà de son énergie, Falkenflug für Charlie Kirk fascine par son ambition mythologique. On peut y lire un héritage : celui du rap engagé allemand qui, depuis des décennies, aime brouiller les frontières entre manifeste politique et poésie urbaine. Mais ici, le collectif pousse le geste plus loin : en convoquant le faucon comme archétype, il relie le présent à une imagerie intemporelle — des dieux égyptiens à l’animal-totem chamanique, en passant par la figure romantique du poète qui voit plus haut et plus loin.
En cela, Raubtier Kollektiv réussit un pari rare : transformer un morceau de rap en fresque symbolique, où le deuil devient rituel et où la colère se transmue en élévation. Falkenflug für Charlie Kirk n’est pas seulement une chanson, c’est un vol : celui d’une vérité blessée qui refuse de tomber, portée encore par le battement des ailes.
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octobre 3, 2025On ne sait jamais si on écoute un album ou si on traverse un songe. Luftwaffe’s Poesy de Trude and Soldiers ne s’écoute pas au sens strict : il s’habite, comme une forêt sonore où l’Histoire croise la fable, où les machines de guerre se dissolvent dans les harmonies baroques, et où le souffle d’un faucon se confond avec la voix d’une femme. Cette femme, c’est Trude : créature mythique, mi-ange mi-démon, surgie d’un conte allemand revisité, capable de stopper les blindés par la seule puissance de son chant.
Dès « Panzers Help Us (Rock Poesy) », on comprend que le disque ne sera jamais confortable. Guitares acérées, batterie lourde, et cette voix, à la fois maternelle et spectrale, qui raconte l’histoire d’enfants réfugiés sous les bunkers. Le morceau heurte, mais il installe la figure de Trude comme une héroïne inquiétante et protectrice. Puis « God’s Dimension (Celtic Poesy) » ouvre une clairière mystique : cornemuses synthétiques, réverbérations infinies, une prière celtique déformée par l’électronique. On est pris entre transe païenne et liturgie digitale.
L’album aime les collisions : « Friend from the Kz (Pop Poesy) » ose une mélodie pop presque douce pour raconter l’horreur des camps — le contraste est dérangeant, volontairement. « Birds Can’t Fly (Medieval Poesy) », pièce centrale, assemble vielle à roue, piano, basse et… le cri d’un faucon pèlerin, enregistré et intégré comme une voix. Rarement on aura entendu une telle fusion entre le vivant et l’artifice, entre l’animal et l’humain.
Puis survient « Adrenaline (Eurodance Poesy) », accélération brutale : beats de rave, nappes trance, mais paroles d’anges indignés face à l’illusion humaine que tout s’achète. C’est de la danse comme métaphysique. « Maiden (Renaissance Poesy) » ralentit le tempo : chant pur, presque religieux, sur un roi-soldat imaginaire destiné à régner sur Terre. « I Saw Blood (Folk Poesy) » ramène à la rugosité acoustique : guitare nue, mélodie simple, douleur brute.
Le disque se termine en apothéose baroque : « Soldiers Also Cry (Baroque Poesy) » convoque clavecins et cordes dans un lamento militaire qui humanise les soldats, avant le bonus « Falsetto (Vocal Poesy) », voix seule, nue, presque brisée. Comme si après le tumulte de dix visions hallucinées, il ne restait que ce chant suspendu, fragile, insaisissable.
Ce qui rend Luftwaffe’s Poesy fascinant, ce n’est pas seulement sa richesse instrumentale (hurdy-gurdy médiéval, harmonica, synthés distordus, pianos éthérés), mais sa façon de transformer l’Histoire en légende et la légende en poème sonore. Trude and Soldiers ne rejouent pas le passé : ils l’habitent comme une fiction parallèle, où la guerre se mêle à la magie, où les armes deviennent des métaphores, et où les larmes des soldats comptent autant que leurs balles.
Un disque étrange, radical, profondément inclassable. On y entre intrigué, on en sort hanté. Et longtemps après, on continue d’entendre la voix de Trude résonner dans les ruines comme un écho venu d’un autre monde.
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octobre 3, 2025Il y a dans Let It Roll une joie contagieuse, presque naïve, qui rappelle pourquoi on tombe amoureux du rock en premier lieu. Pas besoin d’artifices ou de grands effets de manche : un riff qui accroche, un refrain qui donne envie de lever son verre, et cette certitude que la musique doit se vivre dans le corps avant de se réfléchir dans la tête. Avec ce nouveau single, GAZ ne réinvente pas la roue, ils la font tourner — et elle roule avec panache.
Tout respire le classicisme assumé : guitare nerveuse qui flirte avec Chuck Berry, harmonies vocales qui s’entrelacent dans une chaleur presque beatlesienne, section rythmique implacable qui pousse le morceau vers l’avant. Et puis, détail irrésistible, ce piano honky-tonk qui surgit comme un invité surprise, donnant au morceau une couleur cabaret rock’n’roll, festive et rétro. À cela s’ajoute une touche de cuivres, qui ajoute du souffle, du clinquant, comme si le morceau lui-même voulait se déguiser en parade de rue.
On pense aux Stones des débuts, à l’énergie brute des Faces, à cette époque où la musique rock se prenait moins au sérieux et vibrait avant tout pour la fête. Mais GAZ n’est pas qu’un groupe revival : il y a dans leur son une sincérité, une fraîcheur qui empêche le morceau de tomber dans la reconstitution muséale. Let It Roll fonctionne parce qu’il sonne comme une invitation : arrêter de résister, lâcher prise, et se laisser porter.
Formés il y a vingt ans à Barcelone, ces trois amis ont gardé intacte leur flamme : Josep Antoni Lopez, voix claire et basse solide, signe des textes qui puisent dans sa vie, tandis que Jordi Perdigo (guitare) et Albert Perdigo (batterie) tissent ce groove intemporel. Leur album Watergazed (2020), déjà mixé par le légendaire George Shilling, avait montré leur capacité à conjuguer nostalgie et spontanéité. Let It Roll poursuit le geste avec encore plus de légèreté et d’entrain.
C’est une chanson simple, peut-être, mais terriblement efficace : le genre de titre qui réveille la mémoire du rock tout en la transmettant à une nouvelle génération. Une chanson qui ne prétend rien d’autre que d’accompagner vos pas, vos rires et vos nuits d’été.
Comme une maxime, le refrain résonne encore après l’écoute : laisser rouler. Et si le rock’n’roll n’avait jamais eu besoin d’autre philosophie ?
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octobre 3, 2025Il y a des chansons qui ressemblent à des portes. On les pousse, et soudain on se retrouve ailleurs : dans une clairière humide, sous la voûte des arbres, avec l’impression que quelque chose d’ancestral vient de se réveiller. Woman in the Woods, le nouveau morceau de Jesabel, est de cette trempe. Plus qu’une simple ballade folk-pop, c’est un appel — celui d’une femme qui refuse les artifices contemporains pour renouer avec une puissance enfouie, indomptable, sacrée.
Dans un monde saturé de filtres et de vanités calibrées par algorithme, Jesabel dresse le portrait d’un autre type de femme : celle qui ne cherche pas à plaire, mais à éclairer. Celle qui marche pieds nus dans la forêt et dont l’intuition vaut mille discours. À travers ses mots, c’est tout un imaginaire mystique qui se déploie : la prêtresse païenne, la guide, la guérisseuse, mais aussi la destructrice, capable de laisser brûler ce qui doit disparaître pour faire place au neuf. Loin d’un cliché new age, c’est un archétype réinventé, transposé dans une modernité saturée d’illusions.
Musicalement, Woman in the Woods baigne dans une ambiance rêveuse : nappes aériennes, guitare douce, production élégante signée par le multi-platine Zack Burke. Mais derrière l’écrin se cache une force tellurique : la voix de Jesabel, chaude, marquée par une vie déjà dense, qui ne chante pas pour séduire mais pour transmettre. Elle porte dans ses inflexions ce mélange de fragilité et de gravité qui donne à chaque note une profondeur presque incantatoire.
Le clip, tourné dans la forêt enchantée de Sintra, au Portugal, prolonge cette immersion. On y voit Jesabel dans son cottage perché sur la montagne, silhouette habitée par les lieux, comme si la terre elle-même l’avait adoptée. Après Paris pour We Both Know, ce choix de se fondre dans le décor d’un conte n’est pas anecdotique : Jesabel vit ses chansons de l’intérieur, en faisant corps avec l’espace qu’elles convoquent.
Son parcours ajoute encore à la singularité du projet : cette musicienne de Jacksonville, née en Géorgie, n’a découvert sa propre voix qu’en devenant mère, au cœur d’une perte de repères. De ce vertige intime est née une trajectoire fulgurante : de l’ombre au plein-temps de la scène, de l’aveu timide à la création sans frontières de style.
Avec Woman in the Woods, Jesabel signe bien plus qu’un morceau : une vision. Celle d’un féminin qui n’a pas peur de se montrer brut, ambigu, lumineux et sombre à la fois. Une chanson comme un rituel, qui rappelle qu’au fond de chacun de nous subsiste une part de forêt — et qu’il suffit parfois d’une voix juste pour s’y reconnecter.
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octobre 3, 2025Une pulsation lente, régulière, comme le cœur artificiel d’une époque qui bat plus vite que nous. Dès les premières secondes de Synthetic Affection, Synaptik Velocity — producteur norvégien basé à Stavanger — installe une tension : la séduction de la fluidité numérique contre l’inquiétude de l’aliénation. Le morceau n’est pas qu’une track électronique, c’est un miroir tendu vers notre temps, celui des écrans permanents et des amours pixelisées.
L’influence de Massano et Anyma se devine dans l’architecture : techno mélodique, hypnotique, avec cette patine sombre et futuriste qui épouse la lente montée de couches synthétiques. Mais là où beaucoup se contentent d’empiler les textures, Synaptik Velocity creuse un paradoxe : chaque son est à la fois caressant et glacial, chaque montée euphorique s’accompagne d’un arrière-goût de solitude. La voix absente — remplacée par des nappes éthérées — agit comme une présence fantôme, comme un souvenir humain filtré par l’algorithme.
Ce qui me fascine, c’est la clarté émotionnelle derrière l’abstraction sonore. Synthetic Affection évoque à la fois l’intimité d’un geste tendre et la distance d’un écran qui s’interpose. Le morceau parle de connexion, mais d’une connexion sous tension, toujours au bord de l’effacement. On danse, oui, mais avec cette sensation que quelque chose nous échappe, comme si le plaisir lui-même était déjà contaminé par le numérique.
L’écriture, la production, le mixage — tout est porté par Synaptik Velocity seul, affûté par des échanges avec quelques proches. Et cette solitude de créateur se ressent : le track sonne comme un dialogue intérieur, une tentative de traduire en son les questions qu’on n’ose plus formuler à voix haute. Comment aimer dans un monde saturé de flux ? Qu’est-ce qui reste humain quand tout passe par des filtres, des écrans, des simulations ?
À la manière d’un manifeste sonore, Synthetic Affection ne donne pas de réponse. Il expose, il suggère, il hante. Son énergie est contagieuse — parfaite pour un club aux stroboscopes futuristes — mais derrière le frisson, on entend la mélancolie. Comme si la fête électronique portait déjà en elle le vertige de son lendemain.
Synaptik Velocity signe ici un morceau à la fois hypnotique et profondément lucide : une tendresse mécanique, une caresse synthétique qui, au fond, parle de nous — et de la solitude tapie dans la vitesse du monde.
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octobre 3, 2025Il est 8h. Mais 8h de quel côté du miroir ? Est-ce le matin encore engourdi qui s’ouvre sur la promesse d’une journée neuve, ou le retour d’une nuit trop longue, où le désir s’accroche encore au corps comme une seconde peau ? Caffeine Orange, le nouveau single de Bliss Carmxn, habite cet interstice fragile. Entre éveil et retour, entre ivresse et lucidité, le morceau déroule un paysage sonore où tout semble à la fois limpide et irréel.
Construit sur un motif de vibraphone synthétique, transposé d’une mosaïque photographiée à l’aube dans le sud de l’Angleterre, le morceau respire la poésie du hasard. Cette boucle hypnotique devient la colonne vertébrale d’une chanson qui se déploie comme un rêve en deux temps : d’abord une ballade alt-pop intime, piano et voix presque fragiles, puis une bascule vers un territoire plus physique, traversé d’une pulsation house qui transforme la contemplation en mouvement. Ce passage — ce basculement, plus que simple transition — est l’écho sonore d’une proximité charnelle qui continue de vibrer après coup, une secousse douce qui s’imprime dans le corps.
Les paroles convoquent lilas, nuages fondus, sables blancs, conversations impossibles à sens unique. Un surréalisme feutré, à la croisée de Caroline Polachek et Sufjan Stevens, où chaque image agit comme un fragment de mémoire incertain. L’amour, ici, n’est ni récit ni affirmation : il est trace, empreinte, rémanence — une image qui persiste sur la rétine bien après que la lumière s’est éteinte.
Ce qui bouleverse, c’est la manière dont Bliss Carmxn sait naviguer entre intimité folk et éclat électronique sans jamais perdre son centre de gravité. Loin de juxtaposer des genres, Caffeine Orange les liquéfie, les fond dans un état second où le temps se dissout. La voix, soutenue par des harmonies superposées, flotte comme un guide dans cette brume dorée.
Produit par Rookes et masterisé par Stephen Kerrison, le morceau garde une clarté cristalline malgré ses textures complexes. On y retrouve l’élégance dream pop de The Japanese House, la densité émotionnelle de Perfume Genius, mais toujours filtrées par une sensibilité singulière : celle de Bliss Carmxn, artiste qui refuse les étiquettes et préfère écrire des paysages sonores comme d’autres peignent des horizons mouvants.
“Caffeine Orange” ne se contente pas d’être un retour après un an de silence : c’est une nouvelle étape dans une trajectoire où la musique devient pratique poétique, exploration sensorielle et manifeste queer. Un morceau qui capte la sensation universelle de l’entre-deux — quand on ne sait plus si l’on se réveille ou si l’on disparaît dans le rêve.
Un instant suspendu, lumineux, qui fait de 8h du matin l’heure la plus irréelle du monde.
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octobre 3, 2025La première fois qu’on écoute Love Redacted, on a cette impression étrange d’entrer dans une archive sonore d’un temps révolu — et pourtant, tout sonne actuel, urgent, viscéral. La chanson, née sur l’île d’Anglesey et signée Colin M Potter seul aux commandes, pourrait sortir tout droit d’un vinyle trouvé au fond d’un grenier mancunien des années 90, et pourtant, elle porte dans son ADN quelque chose de profondément contemporain : une rage de s’affranchir.
Ce sixième morceau de l’album I Dreamt I Had Insomnia se construit autour d’une tension simple mais implacable. Les guitares, cristallines mais nerveuses, se croisent et se heurtent dans une dynamique qui rappelle The Smiths, mais sans leur ironie distante. Ici, tout est frontal, chargé d’une sincérité brute. La basse roule comme un moteur en sous-terrain, la batterie frappe avec retenue mais ne laisse aucun répit : un rythme de marche en avant, sans retour possible.
Le chant de Colin M Potter, grave, presque détaché, joue le rôle de confession à demi murmurée, à demi crachée. Les paroles parlent de compromission, de ces moments où l’on s’est trop tordu pour plaire, pour entrer dans les cases, avant de retrouver la force de se redresser et de tourner le dos. « Love Redacted », c’est l’acte d’effacer les cicatrices qu’on a laissées écrire à notre place, une réécriture de soi par la musique.
L’indépendance revendiquée du collectif Blindness & Light transpire dans chaque seconde : pas d’arrangements inutiles, pas de vernis radiophonique. On entend la liberté brute de musiciens qui refusent de se plier à une tendance. Le morceau ne cherche pas à séduire immédiatement, il exige d’être apprivoisé, comme ces disques cultes qu’on apprend à aimer pour leur honnêteté rugueuse.
Il faut aussi mentionner la dimension presque artisanale de l’objet : une vidéo tournée dans un jardin autour d’un feu improvisé, un lettrage rouge peint sur une vieille poubelle, qui finit par s’effacer jusqu’au noir. Une image parfaite de la chanson : brûler ce qui nous retient, effacer ce qui nous a déformés, et laisser les cendres dessiner un nouvel avenir.
@blindness_and_light Next Friday (3rd Oct ’25) we’ll release ‘Love Redacted’ as a single. This single shot video worked out better than I expected as red burns out to black and then fades out almost completely. T-shirts available on Amazon, vinyl album on Bandcamp. 🔥🔥🔥 ♬ original sound – Blindness & Light – Blindness & Light
Avec Love Redacted, Blindness & Light confirme que leur place n’est pas dans les classements éphémères mais dans la lignée des projets indépendants qui creusent leur sillon à contre-courant. Une chanson pour celles et ceux qui ont déjà trop cédé, et qui décident, enfin, de se redresser.
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octobre 3, 2025Bruxelles n’a jamais cessé d’inventer ses marges sonores, entre techno moite, héritages new wave et flamboyances EBM. C’est dans ce terreau qu’émerge enfin Peter Dyna, vétéran de la chambre transformée en laboratoire sonore depuis des décennies, qui ose pour la première fois sortir de l’ombre avec That Girl With The Bald Head. Un morceau qui, sous ses pulsations industrielles et ses clins d’œil au synthpop des années 2000, porte surtout une charge émotionnelle inattendue : une célébration de la beauté nue, sans perruque ni artifices.
La pièce s’ouvre sur des arpèges synthétiques qui rappellent la rigueur électronique de VNV Nation, mais très vite le morceau prend une trajectoire singulière. La basse, lourde et vibrante, donne un ancrage presque martial, tandis que des voix samplées — issues d’un clin d’œil persifleur à The Party de Kraze — dérivent vers autre chose. Ce qui pouvait n’être qu’une boutade devient manifeste : transformer la figure de la “bald girl” en icône. Pas une caricature, mais une image de puissance et de vulnérabilité mêlées.
On pense au glam de Dr Lektroluv, à l’élégance nocturne de The Midnight, mais Peter Dyna injecte une chaleur qui empêche le morceau de sombrer dans le simple hommage rétro. Derrière l’énergie dansante, on sent le récit personnel : celui d’une amie contrainte de se raser le crâne pour des raisons médicales, sublimée en héroïne de clip électro. Le choix est fort. Là où l’industrie pop vend souvent l’image lisse, Dyna choisit de mettre en avant la beauté fragilisée, le courage dans l’exposition de soi.
Côté production, tout est taillé dans la clarté : kicks massifs, nappes lumineuses, une progression qui tient plus de l’ode que du banger club. Bedroom production, certes, mais avec une finesse et une sincérité qui débordent des murs. C’est le paradoxe du morceau : calibré pour les corps en mouvement, mais construit comme une déclaration intime.
Avec That Girl With The Bald Head, Peter Dyna signe une deuxième sortie qui ressemble à une première vraie naissance artistique : à la fois ancrée dans la culture synthpop européenne et portée par une profondeur humaine rare. Derrière les machines, on entend la voix d’un producteur qui ne cherche pas la gloire mais la justesse. Et parfois, c’est tout ce qu’il faut pour que la musique touche.
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octobre 3, 2025Un battement synthétique, nocturne, s’installe comme le souffle mécanique d’une ville endormie. Une voix s’y faufile, douce et inquiétante à la fois, et bientôt l’ombre de David Lynch plane au-dessus de la mélodie : un échantillon de sa série Number of the Day, répété comme un mantra, comme si le cinéaste lui-même avait ouvert la porte de ce morceau. Avec Look Alike, le duo Cupid Spell signe une entrée fracassante dans l’imaginaire dark synthpop teintée de rock : une plongée dans le double, la duplicité, le reflet déformé que chacun abrite en soi.
Ce n’est pas un hasard si le morceau convoque immédiatement Twin Peaks et ses fantômes. On retrouve la même inquiétante étrangeté que dans les compositions d’Angelo Badalamenti et les murmures éthérés de Julee Cruise : ces mélodies qui paraissent lumineuses mais qui, dans leur douceur même, cachent une menace latente. Look Alike fonctionne comme un rêve éveillé : nappes synthétiques qui s’étirent comme un voile de fumée, voix qui glissent sans jamais se livrer totalement, et cette impression de basculer d’un instant à l’autre du merveilleux vers le cauchemar.
L’idée du double, au cœur du morceau, est subtilement incarnée par la production. Les couches sonores se répondent comme des miroirs décalés, chaque motif semblant avoir son jumeau inversé. La voix joue elle aussi de cette tension : à la fois caressante et spectrale, humaine mais presque désincarnée, comme si elle n’appartenait pas tout à fait à celui ou celle qui la chante. C’est une esthétique du masque, du dédoublement, qui colle parfaitement à l’univers lynchien.
Fondé en 2025 à Bloomington par Josh Kreuzman (alias Twice Dark, figure de la scène darkwave) et Mandy Buffington, Cupid Spell naît d’un désir de travailler ensemble sur les thèmes de l’amour, de la perte et du mystère. Mais avec Look Alike, ils dépassent le simple hommage : ils construisent une pièce qui pourrait parfaitement s’inscrire dans un bal étrange à la Roadhouse, où le temps se suspend et où l’on doute soudain de qui l’on est vraiment.
En surface, Look Alike est une balade synthpop hypnotique. Mais en dessous, c’est une réflexion sonore sur la duplicité, sur la façon dont chacun peut porter son jumeau sombre. Lynchien dans l’âme, contemporain dans le son, ce premier geste de Cupid Spell promet une série de sortilèges à venir — et on rêve déjà d’y replonger.
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octobre 3, 2025Le morceau ne se contente pas d’exister, il s’efface sous nos yeux. Disappear, nouveau single de Tropigloom, agit comme une coulée lente, une brume sonore où chaque note semble vouloir se dissoudre dans la suivante. Derrière ce projet solo, le Canadien Andrew Roy met à nu ce qu’on cache derrière les écrans de fumée, ces tentatives maladroites de masquer la douleur par l’ivresse ou l’oubli, avant que la lucidité ne revienne frapper, trop fort, trop tard.
Ce qui frappe dans cette chanson, c’est la façon dont Roy joue de la dualité entre beauté et malaise. Les guitares, héritières directes de My Bloody Valentine et Slowdive, saturent l’espace comme un voile de brouillard, un cocon dans lequel on se laisse glisser. Mais sous cette tendresse texturée, les basses traînent une lourdeur presque suffocante, une gravité qui rappelle Interpol ou même certains titres plus sombres de The Cure. C’est un son à la fois intime et expansif, fragile et massif, où l’on sent toujours le risque de basculer.
La voix, mixée à demi ensevelie, porte une confession plus qu’un chant. Elle n’exhibe rien, elle chuchote, comme si les mots eux-mêmes avaient peur de se montrer trop clairement. Et pourtant, dans ce retrait, une vérité brute surgit : l’aveu d’une spirale, la peur de ne plus savoir comment revenir en arrière. Le titre est bien choisi : « disparaître », non pas comme une disparition spectaculaire, mais comme une lente évaporation de soi.
Ce deuxième extrait de l’EP Everything Now But In Reverse (à paraître le 9 novembre 2025) confirme que Tropigloom est un projet qui regarde l’ombre en face sans chercher à la maquiller. Andrew Roy, qu’on a déjà vu sur les routes avec Hannah Georgas et parmi divers collectifs torontois, s’autorise ici un geste personnel, débarrassé des compromis de groupe. Sa musique est à la fois lo-fi et ample, nostalgique et contemporaine : l’écho d’un passé réinventé au présent.
Écouter Disappear, c’est accepter de se laisser avaler par une mélancolie sans issue, mais où subsistent, par instants, des éclats de lumière. Comme une main tremblante qui se tend, encore, au milieu du vertige.
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octobre 3, 2025Le morceau s’ouvre comme un charme discret, un riff qui serpente, presque innocent, avant que tout ne bascule. La séduction première de Bloodsucker est trompeuse : ce n’est pas une chanson qui s’offre immédiatement, c’est une créature qui attire, enlace et finit par mordre. Paula Laubach, sous son alias Daph Veil, tisse un espace sonore où le blues devient une porte d’entrée, mais jamais un refuge.
Ce qui me frappe, c’est la manière dont le morceau raconte une relation toxique sans jamais tomber dans le cliché narratif. Le récit est dans la musique elle-même : les guitares flottent comme une promesse, les nappes électroniques insinuent un vertige, et quand les batteries de Joe Valadez surgissent, tout s’écroule, tout éclate. On ne parle pas ici de simple crescendo : on assiste à une implosion. L’édifice sonore s’effondre sur lui-même pour révéler le chaos qui couvait.
Les voix, démultipliées, deviennent le vrai champ de bataille. Une couche caresse, l’autre grince, une troisième hurle en silence. Laubach expose cette fracture entre le masque que l’on arbore et la tempête que l’on cache, et ce contraste, parfaitement produit par Matt Parmenter, donne à la chanson une intensité viscérale. Rien n’est gratuit : la texture des guitares, le grain du chant, la tension des silences — tout respire l’obsession de sculpter une émotion brute.
Les paroles, signées Rebecca Price, viennent parachever ce travail de sape : des images de sang, de dépendance, d’attachement vampirique. Mais ce n’est jamais grandiloquent. C’est précis, presque clinique. Ce vampirisme-là n’est pas gothique ou romantisé : il est affectif, quotidien, insidieux.
Écouter Bloodsucker, c’est se confronter à une œuvre qui ne cherche pas à plaire mais à marquer. Une morsure lente qui traverse le corps, entre plaisir et douleur. Et ce qui rend le morceau inoubliable, c’est qu’il réussit à conjuguer la sophistication d’une construction shoegaze-électronique avec l’âpreté brute du blues originel.
Daph Veil ne se contente pas d’écrire une chanson : elle met en scène une vérité inconfortable, magnifiée par le chaos. Le résultat, c’est une pièce hybride, sensuelle et dévastatrice, qui ne s’oublie pas — comme ces passions qui laissent des cicatrices plus belles que des souvenirs heureux.
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octobre 3, 2025On entre dans Tales of the Dark Forest comme on franchit une grille rouillée donnant sur un cimetière de pierre et de brume. Rien de brutal, pas de peur frontale. Plutôt une main glacée posée sur l’épaule, une invitation à marcher dans la pénombre et à se laisser happer. Gothic Aesthetic ne cherche pas l’effet facile : ils bâtissent un théâtre d’ombres, une dramaturgie sonore où chaque morceau joue le rôle d’un acte tragique.
Witch ouvre le bal comme une invocation. Le chant, mi-chuchoté mi-crié, porte la mémoire des bûchers et la revanche des flammes. C’est la naissance d’une héroïne mythologique que l’on voit déjà danser au milieu des éclairs. The Raven embraye avec une puissance presque symphonique, clin d’œil évident à Poe, mais réinventé : riffs cinglants, percussions martiales, un corbeau qui n’annonce pas la mort mais la révolte.
Dans Cursed Forest, le duo déploie son sens du cinéma : les guitares deviennent racines et spectres, les synthés bruissent comme des branches, et l’on s’égare dans cette forêt sonore qui semble respirer par elle-même. L’impression est immersive, presque tactile. Iron Mask, lui, renverse la perspective : un titre pesant, tragique, comme un opéra de métal gothique. Derrière ce masque de fer, on entend surtout l’impossibilité de dire, le silence de siècles condensé en une mélodie douloureuse.
La beauté se fait sanglante dans Blood of the Moon. Ici, tout est rituel : la guitare se tord en litanie, la voix caresse et griffe à la fois. On pense à une messe rouge, un désir sacrificiel transfiguré en danse. Puis vient The Marionette, morceau qui glace par son atmosphère de cauchemar théâtral. Qui manipule qui ? Les voix se superposent comme autant de fils invisibles, et l’on ressent physiquement cette perte de contrôle.
Avec Bride of Shadows, le disque bascule vers le romantisme pur. Une ballade funèbre, sublime, où l’on croit assister à un mariage impossible entre la vie et la mort. Et lorsque The Damned King surgit, les guitares tranchent net, portées par des vocaux d’une brutalité souveraine. Le trône est de glace, la folie royale palpable.
Gothic Feast surprend, presque ludique : banquet macabre, ambiance cabaret punk, éclats de rire venus des tombes. Un moment de respiration, grotesque et jouissif. Puis tout s’éteint dans Final Bell, véritable épilogue où chaque titre semble revenir hanter nos oreilles, comme si la forêt engloutissait ses propres histoires pour mieux les garder.
La force de Gothic Aesthetic est là : ne jamais sombrer dans le cliché. Leur gothisme est élégant, viscéral, nourri de Ghost, HIM ou Type O Negative, mais transcendé par une volonté de bâtir un univers total. Tales of the Dark Forest n’est pas seulement un disque, c’est une scène, un mausolée vivant où chaque écho, chaque riff, chaque souffle participe à une liturgie sombre.
On en ressort marqué, comme après une pièce de théâtre qui aurait mêlé Poe, Mary Shelley et un live de Sisters of Mercy sous acide. L’album n’essaie pas de terrifier. Il hante, doucement, longtemps. Et ce genre de hantise est beaucoup plus rare — et beaucoup plus précieuse.
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octobre 3, 2025La première écoute m’a frappé comme un miroir brisé qui, au lieu de blesser, renvoie mille éclats de lumière. A Beautiful Mess est exactement cela : une chanson qui n’essaie pas de recoller les morceaux mais qui choisit d’en faire une mosaïque flamboyante. Il y a dans ce morceau quelque chose d’infiniment humain, une manière de transformer la douleur en fête, le chaos en rituel pop.
Le battement est immédiat, pulsation dansante qui semble vouloir faire lever les corps avant même que la voix ne s’élance. Et cette voix, parlons-en. Elle n’est pas lisse, elle est marquée par l’histoire. On devine ses blessures, on entend l’effort qu’il a fallu pour la reconstruire. Elle avance avec une assurance fragile, comme une funambule qui connaît la chute mais continue à marcher. C’est précisément ce contraste – entre vulnérabilité et puissance – qui la rend inoubliable.
Le morceau joue sur une tension permanente : les nappes électroniques s’élèvent comme des prières électriques, la basse accroche la poitrine, et par-dessus plane cette mélodie vocale qui semble dire « je suis encore là, je chante malgré tout ». On pense à la solennité d’un gospel moderne, mais injecté d’une énergie EDM prête à conquérir un dancefloor. On n’est jamais tout à fait dans la pop commerciale, jamais non plus dans le pur spirituel : c’est l’entre-deux qui fait toute la magie.
Ce qui me fascine, c’est la façon dont le refrain se déploie comme une explosion de couleurs après une longue apnée. On a envie de le chanter à pleins poumons, mais surtout de le croire. Il ne s’agit pas seulement d’un titre accrocheur, mais d’une déclaration intime : la vie est un chaos magnifique, et la beauté naît du désordre.
Eylsia Nicolas ne chante pas pour séduire, elle chante pour témoigner. Son parcours — de Wimbledon aux hôpitaux, du silence forcé à la voix retrouvée grâce à la technologie et à une détermination inouïe — infuse dans chaque syllabe. A Beautiful Mess ne s’écoute pas comme un simple single, mais comme une confession mise en musique, un cri transformé en danse.
Et si la vraie modernité de la pop, aujourd’hui, n’était pas dans la surenchère de production, mais dans cette sincérité brute, imparfaite, humaine ? Avec ce morceau, Eylsia ne signe pas seulement une chanson : elle offre une métaphore vibrante de ce que nous sommes tous — des chaos magnifiques qui essaient encore de chanter.
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octobre 3, 2025Il y a ces parkings de zones commerciales à la lisière des villes, gris comme des lendemains de fête, ces salles des fêtes aux crépons fatigués et aux néons cruels, ces boules à facettes qui font tourner la mélancolie en slow improbable… Ce décor-là, on le connaît par cœur. Et c’est précisément dans cette mémoire collective, dans ces lieux sans éclat mais tatoués à jamais dans nos souvenirs, qu’Alexandrie vient planter son deuxième EP comme un film de quartier devenu fresque universelle.
Avec « Rockstar », son nouveau single, Alexandrie rejoue la carte du banal sublimé. Mais ne vous y trompez pas : derrière l’humour et l’autodérision, il y a une plaie bien réelle. Un cambriolage, des œuvres envolées, un artiste à nu. D’un désastre intime, il tire pourtant un hymne solaire, une chanson pop claire et addictive qui pousse à lever le poing et à hurler le refrain comme si on avait, nous aussi, perdu quelque chose. Peut-être que c’est ça, finalement, la grandeur des petites tragédies : elles deviennent universelles quand elles sont chantées avec sincérité.
Ce deuxième EP marque aussi un tournant. Alexandrie troque les boîtes à rythme contre une batterie organique, convoque basse et guitare électrique comme pour solidifier ses récits. Les échos de Daho et Malik Djoudi se faufilent dans ses arrangements, mais l’ombre tutélaire reste celle de Balavoine, son héros éternel. L’équilibre est trouvé entre héritage et modernité, élégance pop et vulnérabilité brute.
Et puis il y a ce live en duo, batterie-voix face aux synthés, qui rend chaque performance tendue comme un fil fragile mais incandescent. On y devine la même volonté : dépouiller pour mieux toucher. Là où beaucoup enjolivent la banalité, Alexandrie la revendique, en fait un terrain de jeu, une épopée de la vie ordinaire.
Avec « Rockstar », il signe un morceau de résilience joyeuse, une revanche intime qui brille comme une boule à facette au-dessus d’un parquet usé. Et si être une rockstar, c’était justement ça : transformer l’anodin en mythe, et nos souvenirs de salle des fêtes en chansons immortelles ?
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octobre 3, 2025J’enfile un masque imaginaire avant d’appuyer sur play : ici, l’amour se célèbre en zone rouge, et la tendresse apprend à respirer dans un nuage de fumée. Gas Mask Wedding n’empile pas des genres, il les frictionne jusqu’à l’étincelle — alt-rock, trap, pop-punk, ballade piano — pour raconter des romances qui coupent, qui recousent, qui laissent des marques et de la lumière.
La collision inaugure tout : Car Crash est un piano-voix à nu, enregistré “au souffle”, où chaque résonance de marteau devient souvenir. Pas d’esbroufe, juste l’onde de choc. Puis Scrapbook (avec The Skinner Brothers) colle des bouts de vies comme on assemble un carnet au scotch : batterie sèche, guitares britanniques, mélodies qui font tenir le chaos. À contre-courant, Fucked Up Feelings fusionne RnB et grunge : 808 bodybuildée, guitares détunées, saturation velours — l’intime vibre en low-fi de velours sombre.
La gifle pop-punk arrive avec Left on Read (Love Ghost x Wiplash). Tempo brûlant, caisse claire claquante, refrains fédérateurs : le ghosting devient hymne cathartique, taillé pour la scène. Hair Dye sert d’interlude narratif, comme un Polaroid parlé qui recadre l’histoire. Scar Tissue plonge, elle, dans une trap ténébreuse : sub qui tremble au plexus, hi-hats glacés, voix mitraillée d’échos — la psyché parle en stroboscope.
Retour soleil couchant : Sandcastles (avec Zach Goode) marie le sel californien et un spleen pop-punk, chanson à embrasser trop fort avant que la vague ne l’emporte. Hallucinations (avec Reverie) cruise cap à l’ouest : guitares en apesanteur, basse qui marche, nonchalance psyché entre héritage Sublime et modernité à la Jean Dawson. Minimaliste et désarmante, Angelic suspend le temps : silences éloquents, grain fragile, cicatrice belle.
Troisième passe avec The Skinner Brothers sur Worth It : couplets en clair-obscur, montée progressive, solo de guitare qui tranche comme une décision salvatrice. Spirit Box joue littéralement avec l’au-delà : statiques radio, reverbs inversées, voix comme captée derrière le voile — jolie réussite de sound design au service du thème. A Message from Finn fait office de note d’intention, confiant la genèse et l’obstination derrière le disque.
Le versant 90’s gronde sur Falling Down : guitares fuzz, dynamique “quiet/loud”, basse élastique — une descente qui s’écoute les phares allumés. Heartbreak City (avec Demario SB et Matt Kali) déroule un triptyque voix/mélodie/rap où la métropole devient désert affectif, beat trap brillant sous un refrain entêtant. Avec Soviet Ghost (prod. Seth Bishop), le groupe convoque l’imaginaire industriel : percussions martiales, synthés au froid métallique, progression en mineur qui raconte l’Histoire en frisson. Clôture en clair-obscur : The Masochist bat sur une rythmique hypnotique, cordes synthétiques qui serrent l’étau, chant qui assume la dépendance pour mieux l’exorciser.
Au fil de ces pistes, Love Ghost réussit un paradoxe précieux : raconter l’intime sans mièvrerie, l’époque sans slogans. L’album tient du rituel — on entre abîmé, on ressort cabossé mais vivant, avec l’impression d’avoir trouvé un pouls commun dans le vacarme. Mariage en atmosphère toxique, peut-être ; mais bande-son hautement respirable.
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octobre 3, 2025On a parfois l’impression qu’un artiste doit changer de langue pour enfin se trouver. Chez Bobby Bazini, ce passage à l’écriture en français n’a rien d’un simple caprice de carrière : c’est une mue, presque une réconciliation avec lui-même. Son nouvel album Seul au cinéma fonctionne comme un film d’auteur où le chanteur n’est plus seulement narrateur mais aussi spectateur de sa propre histoire. Neuf titres comme neuf salles obscures, chacune éclairant une facette de son identité vacillante.
La pièce centrale, Février et le mauve, cristallise ce vertige intérieur. On y entend la fragilité d’un homme qui doute de son propre nom, de son propre reflet, et qui cherche dans la poésie française une manière de redonner du poids aux mots. C’est une chanson qui n’éclate jamais mais qui, au contraire, se resserre autour de l’intime, construite sur cette lumière violette et froide qui colore les fins d’après-midi d’hiver. La voix de Bazini y flotte avec une retenue émouvante, jamais démonstrative, comme si chaque note hésitait à se dévoiler complètement.
Musicalement, l’album se démarque par sa sobriété assumée. Connor Seidel a choisi de dépouiller l’habillage sonore, d’enlever tout ce qui pouvait faire écran, pour ne garder que l’essentiel : guitares acoustiques, synthés discrets, respirations de flûte et de saxophone. Des détails subtils – comme des enregistrements réalisés directement dans les salles de cinéma – viennent ajouter cette patine quasi cinématographique qui donne au disque une texture à la fois organique et spectrale. On pense à Daniel Bélanger pour cette capacité à transformer le minimalisme en intensité dramatique, à Jim et Bertrand pour la délicatesse des arrangements.
Mais plus que ses références, c’est la sensation d’un dépouillement sincère qui marque l’écoute. Seul au cinéma n’est pas un disque qui cherche à séduire par des refrains faciles : il demande au contraire une attention lente, patiente, presque contemplative. C’est l’histoire d’un chanteur qui, après quinze ans de carrière, décide d’éteindre les projecteurs pour allumer une petite lampe dans le noir – et de chanter enfin dans sa propre langue, sans filet.
Un album comme un huis clos intérieur, où Bobby Bazini accepte que l’ombre fasse partie du rôle.
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octobre 1, 2025Pas de nostalgie, pas de moraline, pas de violon sur fond sépia. Avec getting old, le trio rennais stërnn dynamite l’idée même de la vieillesse sage et bien coiffée. Second extrait de forever satin, leur album à paraître en deux EPs chez Foudrage, le morceau s’accompagne d’un clip aussi libre qu’iconoclaste, réalisé par Leam Inard, où l’on suit Ghislaine, mamie vénère en cavale douce-amère, dans une journée volée au temps — ou peut-être rendue à la vie.
Trainspotting, Madonna période What It Feels Like For a Girl, American Beauty et Kill Bill se télescopent dans un court-métrage pop et burlesque, où le corps usé devient terrain d’expérimentation, et la retraite, un prétexte à l’émeute intérieure. C’est drôle, furieux, touchant — et ça dit, sans rien forcer, notre difficulté collective à regarder les femmes vieillir sans les effacer.
Musicalement, getting old joue la carte d’une pop synthétique trouble et soignée, où les textures flottent entre mélancolie électronique, lumière sourde et tension diffuse. Chez stërnn, le confort n’existe pas : tout est friction, satin froissé, beauté imparfaite, et désir d’ouvrir un autre espace dans la pop francophone, quelque part entre spleen ultra-contemporain et pulsion de vie post-drame.
On a discuté avec le trio, entre soins aux grands-mères, désirs de cinéma, et recherche d’un présent plus vaste que les formats habituels.Voici l’interview.
1 ) Qui êtes-vous ?
On est les membres de stërnn, un groupe d’électro pop Rennais
2 ) Quel est votre parcours ?
Axel et Charlotte sont amis d’enfance, un jour il y a une dizaine d’année ils ont eu envie de monter un groupe, un duo en fait. Puis en 2018 ils ont rencontré leur ami et ex-batteur Alex, et stërnn est né. On a sorti un premier EP en 2019, on a fait pas mal de concerts et même une petite tournée allemande. Enfin ils ont rencontré leur ami et nouveau batteur depuis cet été Victor. Hâte de vivre la suite et de vous faire écouter nos nouveaux morceaux !
3 ) Que pouvez-vous nous dire en quelques mots sur votre musique ?
Jamais trop loin du trip hop notre musique est parfois absolument pop parfois carrément électro. On aime la fusion de l’analogique et du numérique , le grain, les défauts, le charme sur la froideur et la régularité fiable du numérique.
On a pas de bassiste mais un sampleur qui joue les basses et les prods sur lesquelles viennent s’ajouter batterie, synthés, guitare et voix pour créer notre univers musical : une ode aux détails insignifiants et une invitation à se recentrer sur soi, sur l’essentiel. Tantôt avec mélancolie, tantôt dans de furieuses envolées
« un son texturé à tendance nostalgique, hybride et composite, avec des synthés parfois vintages et datés, et parfois virtuels et ultramodernes. De vieux amplis british pour la guitare, pour la batterie des micros collectors afin de capturer l’essence soul des sixties, mais augmentée de samples des boîtes à rythmes typiques de l’âge d’or de la french touch pour capter l’instinct redoutable de l’électro. Utilisés à contre pied, ces micros de plus de 50 ans pour la voix qui y exprime dans un accent so french ses angoisses postmodernes, afin de brusquer le côté high fidelity des productions pop actuelles, à la recherche du mélange de saveurs, à la recherche de l’intemporel puisque c’est le propos : on profite de la flexibilité que permet la technologie, mais on laisse la vie suivre son cours lorsqu’elle passe dans de vieux circuits. »
4 ) Quelles sont vos inspirations ?
On est des kids des 90s donc on a pas mal écouté de trip hop et de french touch en grandissant, du massive attack, morcheeba, zero 7, du daft punk, air, phoenix, etc, ça nous a pas mal marqués. Depuis on a pris des claques avec Beyonce, Jungle, LCD soundsystem, Flavien Berger, Metronomy, Tame Impala, Alt-J, UMO, j’en passe et des meilleurs
5 ) Quelle est votre playlist actuelle ?
En ce moment on écoute pas mal UTO, un duo Parisien, et tout ce qui tourne autour du mélange entre la drum’n’bass et la pop, on est fascinés
6 ) Quel est le plat que vous cuisinez le mieux ?
Les tartes aux légumes renversées sur le carrelage saupoudrées de poils de chat
7 ) Quels sont vos projets à venir ?
On est en ce moment sur la promo du clip de « getting old » qui vient de sortir. Sinon on a beaucoup de news pour cette année. Un EP en octobre, un deuxième EP en février, des lives sessions, des concerts, et une sortie physique des deux EP en un seul opus !
8 ) Pouvez-vous nous raconter une anecdote sur vous ?
Charlotte a renversé une tarte aux légumes faite avec amour par Victor sur le carrelage, dans les poils du chat, et c’est tout ce qu’on avait à mangerHyper bon
9 ) Si vous pouviez passer 48 heures avec quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré, qui serait-ce ?
Lucy la première femme du monde pour lui demander si elle kiffe le clip
10 ) Un dernier conseil ?
Faites attention à vos tartes aux légumes
Bonne semaine !
Les stërnn
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octobre 1, 2025La première écoute de From Earth par Earthly Measures donne l’impression d’ouvrir un atlas les yeux fermés : les doigts glissent sur les pages, et chaque battement de kick vous catapulte dans une latitude différente. On n’est plus à Londres, ni vraiment à Bogotá, encore moins à Buenos Aires. On flotte entre les fuseaux horaires, dans une danse qui ne reconnaît ni passeport ni hiérarchie.
Le morceau d’ouverture, Que?, enregistré avec OKRAA, condense cette vision : un cœur battant de percussions afro-latines sur lesquelles se greffe l’urgence du breakbeat londonien. Au milieu, une boucle empruntée à Fela Kuti, comme une balise qui rappelle que tout groove est d’abord une affaire d’héritage. Le résultat est un vertige physique, une invitation à perdre pied autant qu’à retrouver une pulsation primitive.
Third Try, fruit de la rencontre avec DJ Raff, avance à contretemps. Loin de l’exubérance du titre précédent, c’est une lente coulée de synthés et de basses lourdes, presque étouffantes. Une spirale hypnotique où chaque mesure semble prolonger l’ombre de la précédente, comme si la musique cherchait à dissoudre le temps lui-même. C’est le morceau de la retenue, celui qui s’écoute les yeux clos, les dents serrées.
Puis Earth Groove avec Balam rallume la flamme. Ici, la house se mue en rituel : percussions tribales, nappes lancinantes, vibrations telluriques. On y sent le sol trembler, la sueur collective d’un dancefloor qui s’abandonne au rite. C’est le titre le plus viscéral de l’EP, celui qui prouve que l’électronique peut encore convoquer les esprits.
Enfin, l’EP propose des remixes de ces morceaux, qui jouent comme des éclats de miroir. le producteur israélien Olsvanger densifie Que? en dub brumeux, tandis que Jinje explose Earth Groove dans un délire kaléidoscopique, comme un lever de soleil halluciné en fin de rave. Enfin, Sun Sone fera propulser en plein air le remix de Third Try à partir de vendredi prochain, on a hâte d’entendre ça !
Pour conclure, From Earth ne ressemble pas à une compilation disparate mais à une odyssée cohérente, portée par une idée simple : la musique électronique est un langage universel qui gagne à se décliner dans toutes ses langues. Earthly Measures n’invitent pas seulement à danser, ils rappellent que chaque battement est une histoire et chaque groove une frontière franchie.
Retrouvez, l’intégralité du projet, juste ici : https://oathcreations.bandcamp.com/album/from-earth
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octobre 1, 2025Il existe des morceaux qui sentent la poussière laissée par un déménagement trop hâtif, la clef rendue sans se retourner, l’écho d’une pièce vide où résonne encore une dispute qu’on n’a jamais su clore. We Don’t Live Here Anymore de Violet Palms est de ceux-là. Pas une ballade plaintive, mais une fresque indie rock hantée par les fantômes d’un passé qui colle au sol comme des polaroids oubliés.
La guitare, ici, ne cherche pas à briller mais à fissurer : saturée d’effets, noyée dans un grain “tape nostalgia” que le guitariste Ben Feiner décrit comme une « bombe à souvenirs instantanés », elle installe cette atmosphère de mélancolie suspendue, de mémoire fabriquée. Le solo qu’il déroule, qu’il revendique comme l’un de ses plus beaux, n’est pas un déluge de notes : c’est une ligne fragile, bancale, comme si chaque bend cherchait à retenir une larme.
Le chant de Marcus Truschinski, lui, ne crie jamais : il effleure. Sa voix caresse l’ombre des phrases qu’on ne se dit pas, comme un aveu qui refuse le pathos mais s’ancre dans la sincérité brute. On entend les tensions du vécu, les blessures qui se superposent aux accords. La basse et la batterie, plus feutrées, jouent la retenue — elles contiennent l’explosion, comme si l’effondrement devait rester intérieur.
Et puis il y a ces chœurs de Grace, déposés presque par hasard, qui transforment le morceau en un instant spectral. Des “ooohs” aériens qui planent au-dessus du champ de ruines et offrent une forme de consolation, fragile mais nécessaire.
We Don’t Live Here Anymore n’est pas seulement une chanson de rupture. C’est une peinture sonore de ce moment précis où l’on comprend que ce n’est plus chez soi, que la tendresse ne réside plus là, et que ce constat, aussi brutal soit-il, mérite d’être célébré dans sa beauté tragique. Violet Palms y déploie tout son savoir-faire : un rock alternatif à la fois ample et intime, capable d’éclairer les zones sombres de nos vies avec une élégance désarmante.
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octobre 1, 2025La première impression est déroutante : un titre en russe (Как Твои Дела? – “Comment ça va ?”) qui sort tout droit de l’imaginaire incandescent des favelas brésiliennes. DENYIZ brouille les cartes et c’est précisément ce qui fascine. Ici, le funk carioca n’est pas réduit à ses clichés de beats martiaux et de refrains hurlés : il est remodelé, lissé par des éclats dancehall et gonflé d’une énergie pop-rap qui le propulse au-delà de son territoire natal.
La rythmique est frontale, charnelle, presque moite, comme une invitation au mouvement des hanches dans une chaleur urbaine saturée. Mais derrière cette pulsation instinctive se glisse une ironie douce, un clin d’œil pop qui rend le morceau irrésistible même pour les oreilles les plus éloignées de Rio. La prod balance entre minimalisme et efficacité : basses élastiques, percussions sèches, et cette manière de laisser respirer les silences, comme pour mieux frapper au moment du retour.
DENYIZ joue avec les codes – il convoque la puissance brute du baile funk, mais lui applique un vernis contemporain qui fait écho à la mondialisation des sons. On pense à un Major Lazer en version underground, ou à un Bad Bunny qui se serait laissé séduire par les syncopes cariocas. Le texte, scandé avec un accent volontairement tranchant, ajoute une étrangeté magnétique : le russe, au milieu de cet océan afro-latin, agit comme une distorsion poétique, un télescopage culturel qui surprend et intrigue.
Как Твои Дела? n’est pas seulement un track de club : c’est un manifeste hybride, une preuve que le funk brésilien peut muter, se métisser et voyager sans rien perdre de son souffle animal. DENYIZ n’imite pas, il détourne, il croise les flux sonores du Sud et de l’Est pour inventer un langage global, urgent, incandescent.
C’est le genre de morceau qu’on imagine tourner à fond dans une voiture de nuit, vitres baissées, entre deux mondes – moitié favela, moitié bloc soviétique – avec cette certitude : le futur du funk est déjà ailleurs.
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octobre 1, 2025Ce morceau ne se présente pas. Il vous enveloppe. Dès les premières secondes, Save Me s’ouvre comme une chambre obscure où palpitent des nappes synthétiques, prêtes à happer le corps et l’esprit. Marten Lou s’allie ici à CamelPhat pour dessiner un deep house qui frôle l’obsession : chaque kick, chaque reverb, chaque montée ressemble moins à une construction musicale qu’à une respiration haletante. On ne sait plus si l’on danse ou si l’on implore.
Le morceau joue sur cette ambiguïté : le titre, Save Me, est moins une supplique qu’un mantra. La voix, lointaine, presque spectralisée, agit comme un fil conducteur, traversant des couches de basses lourdes et de progressions atmosphériques. On y entend toute l’école CamelPhat : cette science des drops qui arrivent au millimètre, suffisamment tard pour que la tension devienne insoutenable, mais jamais trop pour ne pas briser l’équilibre hypnotique.
Marten Lou, lui, apporte une densité émotionnelle différente, plus intime, presque fragile. Il injecte dans la structure progressive une vulnérabilité qui contraste avec la froideur calculée du beat. Cela crée une dualité fascinante : une musique à la fois taillée pour les clubs de minuit et pour les solitudes qui cherchent refuge derrière un casque.
Save Me n’est pas un tube clinquant. C’est une plongée lente, moite, qui colle à la peau et refuse de vous lâcher. Un morceau où la house cesse d’être simple carburant pour devenir un langage intérieur, celui de la survie, du besoin d’échapper à soi-même le temps d’une montée euphorique.
Avec cette collaboration, CamelPhat confirme sa position de maître de la tension dramatique électronique, tandis que Marten Lou s’impose comme une voix capable d’humaniser la mécanique implacable du deep house. Ensemble, ils signent une confession déguisée en track : Save Me est moins une chanson qu’un vertige.
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octobre 1, 2025Medellín n’est pas ici une carte postale mais un battement de cœur. Dans El Poblado, Alexandros Sarafis et Harry Mold transforment un quartier de la ville en état émotionnel, en espace sonore où se croisent souvenirs, désirs et fragments de langues. Ce n’est pas une chanson d’été, c’est un voyage intime porté par des percussions souples et une basse moelleuse, une sorte de chaleur intérieure qui se déploie au rythme d’un afrobeat sensuel teinté de hip-hop et de pop latine.
On y retrouve la touche de Wizzy Wow, producteur deux fois nommé aux Grammy Awards, qui habille le morceau d’un voile à la fois lumineux et feutré. Mais ce qui retient surtout, c’est la complicité entre les deux voix. Sarafis déroule son rap doux comme une confidence, Mold lui répond avec une légèreté presque nonchalante. L’alternance des langues — anglais, espagnol, grec — ne sonne jamais comme une pose : c’est l’évidence même d’une émotion qui refuse les frontières.
Le morceau raconte l’amour avec une économie de moyens et une grande sincérité. Plutôt que d’exagérer les clichés trop souvent accolés au “feel good”, El Poblado reste dans l’intime, presque fragile, mais il en émane une vérité universelle. La fluidité de la prod épouse le récit : c’est le genre de track qui ne s’impose pas par sa force mais qui s’installe doucement, comme un souvenir qui refuse de s’effacer.
Alexandros Sarafis, déjà reconnu pour son talent d’hybridation entre hip-hop UK et influences grecques, confirme ici une écriture musicale nomade. Avec Mold, il compose un morceau qui ne cherche pas à briller mais à accompagner : un sourire posé sur une instru, un souffle qui donne envie d’aimer sans conditions.
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octobre 1, 2025Dès les premières secondes, on comprend que LnO ne veut pas séduire : il veut cogner. Cutthroat Kingdom est ce genre de titre qui ne laisse aucun espace à la respiration, ni à l’auditeur, ni à l’artiste. Pas de refrain, pas de hook accrocheur, juste un flot continu de mots qui tombent comme des coups de masse. C’est l’anti-format radio, un manifeste d’indépendance et de défiance, l’annonce d’un royaume où les règles s’écrivent à la machette.
LnO, né à Seattle et façonné par le jazz que ses parents faisaient tourner à la maison autant que par les freestyles de son frère, prouve ici son goût pour le contre-pied. À 22 ans, il se lançait à peine dans le rap. Aujourd’hui, il a cette maturité étrange des “late bloomers” : pas d’impatience brouillonne, mais une densité qui s’installe tout de suite. Dans Cutthroat Kingdom, chaque ligne pèse comme un témoignage : douleur, trahison, ego blessé, confiance regagnée. On a l’impression d’entendre le carnet d’un survivant balancé au micro, sans fioritures, sans vernis.
La production, sobre et granuleuse, sert d’écrin à cette performance. Elle rappelle l’âpreté du boom bap tout en se frottant à une noirceur plus contemporaine, proche des paysages sonores du gangsta rap. Mais la vraie force du morceau, c’est son refus de céder à la facilité. Là où tant d’artistes cherchent un gimmick, un instant TikTok, LnO choisit l’immersion totale dans le texte. Il impose un récit, une atmosphère où l’on ne sort pas indemne.
Et ce n’est que l’introduction de son projet Birth of a Skywalker, premier chapitre d’une trilogie annoncée. Si Cutthroat Kingdom pose les fondations, elles sont en béton armé. Pas de royaume sans violence, pas d’empire sans rébellion. LnO construit le sien en trois minutes serrées, où l’on sent déjà que le souffle de l’histoire sera plus vaste, mais qu’il fallait commencer par trancher.
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octobre 1, 2025Un battement sec, la basse qui gronde, puis cette voix qui découpe l’air comme une lame trempée dans le soleil des tropiques : l’effet est immédiat. Bubble It Gyal ne se contente pas de remplir le club, il transforme l’espace en une arène sensorielle où les frontières disparaissent.
Marceu Inovadora, producteur boulimique et pionnier du funk latino, a toujours eu cette obsession : mélanger les humeurs des continents. Avec ce morceau, il enfonce la porte qu’il avait déjà commencé à défoncer avec ses précédents succès au Brésil et en République Dominicaine. Le beat respire le funk carioca mais se laisse contaminer par la rudesse moite du dancehall, tandis qu’Eshconinco, venu tout droit du Panama, apporte une couleur vocale qui rend le morceau abrasif, presque physique.
La force de ce titre est dans son hybridité assumée. Pas de clin d’œil timide ni de crossover lissé : Bubble It Gyal embrasse le désordre des genres. La basse trap alourdit l’ensemble, les percussions caribéennes claquent comme des coups de fouet, et les synthés ajoutent cette touche futuriste qui éloigne le track du folklore pour l’ancrer dans une modernité furieusement urbaine. On sent une architecture pensée pour le corps, chaque drop calculé pour provoquer la transe, chaque silence pour préparer l’explosion.
Mais derrière la sueur et la fête, il y a un projet culturel : construire un véritable territoire musical où Rio et Panama dansent ensemble. Marceu ne cherche pas seulement à empiler des influences, il érige un langage. Avec Bubble It Gyal, il prouve que le funk latino est une matière vivante, capable d’absorber le monde et de le recracher en énergie brute.
Un track qui, à défaut de réinventer la roue, réinvente la vitesse.
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octobre 1, 2025Un titre comme SLY n’arrive pas par hasard. Il surgit des failles, des cicatrices laissées par les relations empoisonnées, ces histoires qui grignotent l’âme tout en nourrissant une matière créative incandescente. Violet Whimsey, avec ce single, transforme la toxicité en une fresque sonore hypnotique, presque spectrale. Loin du simple exutoire, le morceau devient rituel de réappropriation, un geste où la fragilité se métamorphose en pouvoir.
La production, fine et luxuriante, brille d’un éclat trouble. Des nappes de synthés vaporeuses s’étirent comme un voile de fumée dans une chambre fermée, la batterie bat à la fois comme un cœur inquiet et comme une marche funèbre ralentie, tandis que la voix — fragile, caressante, mais d’une intensité redoutable — flotte dans l’air comme si elle ne venait pas d’ici. Elle a quelque chose de spectral, d’intime, de hanté : une confession murmurée à minuit, ou un chant qui semble sorti des rêves les plus flous.
Les filiations sont évidentes mais pas écrasantes : on entend l’ombre de Lana Del Rey, cette sensualité à la fois blessée et souveraine ; le clair-obscur des Cigarettes After Sex ; la brume nostalgique de Mazzy Star. Mais Violet Whimsey se distingue par une écriture sonore où chaque silence pèse autant que chaque note. L’économie de moyens devient une richesse émotionnelle : le vide est travaillé, sculpté, jusqu’à devenir matière musicale.
SLY est un morceau de nuit. On l’imagine accompagner un trajet solitaire sur des routes désertes, ou emplir une pièce éclairée par une seule bougie. C’est une chanson qui ne cherche pas à panser les plaies mais à les sublimer, à les rendre belles dans leur cruauté. Comme un film intérieur dont on ne voudrait pas vraiment sortir, parce que l’obscurité y est accueillante, et la douleur, étrangement douce.
Avec ce single, Violet Whimsey ne signe pas seulement une ballade alt-pop envoûtante : elle installe un univers. Celui d’une artiste qui sait transformer les manipulations, les illusions et les effondrements en un matériau poétique, dense, et durable. Une musique qui ne console pas, mais qui comprend — et c’est peut-être encore plus fort.
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octobre 1, 2025Il est des chansons qui dorment, reléguées aux marges d’une discographie, comme des fragments d’histoire intime qu’on aurait presque oubliés. Oculto En Tus Ojos, morceau écrit au début des années 2000 par Horizonte Lied, renaît aujourd’hui sous une forme remasterisée et c’est bien plus qu’une simple opération de polissage sonore : c’est un acte de mémoire, un geste de fidélité à une époque où tout semblait encore possible.
La formation mexicaine, menée par Alex Ezert, s’est toujours nourrie de cette tension entre mysticisme électronique et lyrisme charnel. Cette nouvelle édition, fruit du travail de Ezert et du compositeur Bernardo H. Garza, convoque aussi l’ombre de l’ex-membre Ernesto DuSolier, auteur des paroles originales et disparu du projet en 2004. Sa plume réapparaît comme un spectre bienveillant, offrant à cette sortie une valeur sentimentale inestimable : le témoignage d’un passé qui résiste à l’effacement.
Musicalement, le titre s’inscrit dans la lignée de la période la plus sombre et sensuelle de Depeche Mode, celle de Songs of Faith and Devotion. On y retrouve des beats charnus, une basse moite, des synthés granuleux qui vibrent comme une respiration nocturne. L’ensemble dégage une intensité contenue, presque cinématographique, où la voix de Ezert plane avec une gravité hypnotique. On n’est pas dans la nostalgie gratuite : cette version actualisée élargit les textures, affine les reliefs et ramène le morceau à la hauteur des standards sonores contemporains, sans trahir son âme initiale.
Oculto En Tus Ojos ne parle pas simplement d’amour. C’est un récit sur l’incertitude, sur la manière dont le désir s’accompagne toujours d’un flou, d’un jeu d’illusions et de projections mentales. Le mystère qui habite l’autre devient moteur de liberté, comme le dit la phrase clé « Tu misterio es mi libertad ». Ce paradoxe, celui de se sentir libéré par ce qu’on ne maîtrise pas, imprègne la chanson d’une beauté fragile et en fait une pièce intemporelle.
Avec ce titre, Horizonte Lied prouve qu’un morceau oublié peut redevenir incandescent, que la musique ne connaît pas de date d’expiration. Elle attend juste qu’on la réécoute avec de nouvelles oreilles.
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octobre 1, 2025Un morceau peut parfois ressembler à une photographie. On appuie sur play et tout à coup, une route s’ouvre : la lumière éclabousse l’horizon, les fenêtres de la voiture sont baissées, le vent s’infiltre et les paysages défilent. On The Sunny Roads de Clelia Felix fonctionne exactement ainsi, comme une image vivante qui se déploie en musique.
Cette nouvelle pièce, inscrite dans la lignée chill-house mais habitée d’une élégance singulière, trace une ligne claire entre détente et mouvement. Le beat est souple, jamais pesant, les synthés se posent en nappes chaleureuses qui rappellent autant le crépuscule méditerranéen que l’électricité d’un dancefloor à ciel ouvert. Felix réussit à condenser l’énergie solaire de l’été dans un groove qui s’installe sans insistance, mais qui vous garde captif.
On sent derrière ce titre l’héritage double de son parcours : une rigueur classique, celle du piano appris dès l’enfance, et une fascination précoce pour les pionniers de l’électronique comme Jarre ou Vangelis. Ce mélange lui permet de créer des morceaux qui sont à la fois instantanés et durables, accessibles et pourtant riches en détails. On The Sunny Roads ne cherche pas la démonstration, mais l’évocation : chaque couche sonore agit comme un voile léger, chaque ligne mélodique comme un reflet changeant sur l’eau.
L’écoute laisse une impression paradoxale : la simplicité d’un track pensé pour accompagner un moment de douceur, et la profondeur d’une composition qui raconte beaucoup plus qu’elle ne dit. Clelia Felix, fidèle à son idée d’une musique « cinématographique », continue de bâtir des espaces où l’intime se mêle à l’universel.
Avec ce single, elle offre bien plus qu’un hymne estival : une parenthèse lumineuse, une façon de réapprendre à respirer.
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octobre 1, 2025Écouter NineMansion, c’est plonger dans un miroir déformant : celui d’une génération qui se noie dans ses écrans, mais qui parvient à transformer ses vertiges en hymnes vibrants. New Life EP n’est pas une simple sortie rap de plus, c’est un état des lieux intérieur, un laboratoire émotionnel où chaque son devient un fragment de peau arraché, recollé, transfiguré. L’artiste de Virginie semble écrire comme on saigne, mais avec une lucidité qui transforme ses blessures en matière brute.
L’ouverture avec Moon Nightiger est une claque atmosphérique. Tout s’y mélange : la lourdeur d’un 808 comme battement de cœur oppressé et une voix qui surgit comme un souffle coupé. Il y a dans ce titre quelque chose de nocturne, de presque spectral, un morceau qui avance à tâtons mais qui trace déjà une ligne directrice : NineMansion ne craint pas le vide, il le sonorise.
Puis vient Don’t Know, en collaboration avec Xtasane. Ici, on touche à une fragilité assumée. Les voix se superposent, hésitent, se contredisent presque. C’est l’incarnation sonore de l’incertitude, cette incapacité à fixer le réel autrement qu’en flottant au-dessus de lui. On y retrouve l’essence du digicore, ce rap sous perfusion numérique qui transforme l’indécision en langage universel.
Le virage arrive avec Chosen. La production s’épaissit, les voix se dressent comme des étendards. NineMansion et Xtasane ne sont plus dans le doute, ils revendiquent. Ce titre pulse comme un cri de victoire murmuré entre les lignes : malgré les échecs, malgré les blessures, il y a encore la certitude d’être vivant, de mériter sa place.
Enfin, Can’t Fix It referme le cycle avec une retenue presque glaciale. Pas de grandes explosions, mais une lucidité tranchante : certaines choses ne se réparent pas. Pourtant, cette résignation n’a rien de défaitiste. Elle sonne comme une libération, un pas vers une maturité nouvelle, le cœur cabossé mais l’âme tournée vers l’avenir.
Avec ce projet, NineMansion impose un style hybride, à mi-chemin entre l’emo-rap, le plugg futuriste et une sensibilité pop déchirée. Sa force est là : faire du chaos une architecture, de la vulnérabilité une esthétique, et du doute une arme. New Life EP n’est pas seulement une renaissance, c’est un rappel que l’on peut renaître plusieurs fois, même quand on croit avoir déjà tout perdu.
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octobre 1, 2025Dans le brouhaha des histoires avortées et des désirs trop pressés, Michellar choisit la retenue, la confession douce-amère. Son nouveau single Never Say Sorry, né à San Francisco puis façonné en Angleterre par le producteur Tobias Wilson, s’inscrit comme une ballade pop intime où l’écriture prend le pas sur les artifices. L’artiste compose, raconte et s’expose dans un registre où la sincérité devient le seul véritable instrument.
À l’origine, un sentiment : celui d’avoir quitté des amours trop vite, d’avoir cherché ailleurs ce qui, peut-être, se trouvait déjà là. De cette tension entre fuite et fidélité naît une chanson qui s’articule autour d’une idée simple mais bouleversante — lorsque l’amour est réel, il revient, et il n’y a plus de place pour les excuses. La voix de Michellar, sans emphase, trouve sa force dans la vulnérabilité, glissant sur une production sobre, presque transparente, qui laisse respirer chaque mot.
Au-delà du titre, Never Say Sorry marque un jalon personnel : un an que Michellar se consacre pleinement à la musique produite, peaufinant sa plume de songwriter comme d’autres perfectionnent un geste pictural. Et justement, l’artiste ne se limite pas aux notes : à San Francisco, une exposition imminente présentera quinze toiles inspirées des pochettes de ses morceaux, chacune connectée à la musique par QR code. Une manière de lier ses univers — peinture et chanson — pour offrir une expérience sensorielle totale.
Le morceau, dans sa simplicité mélodique, s’éloigne des tendances surproduites pour mieux coller à son propos : l’introspection, l’honnêteté, le refus de travestir l’émotion brute. Michellar ne cherche pas à séduire à tout prix mais à tracer son chemin, comme on écrit dans un carnet secret. Never Say Sorry ne crie pas, il murmure avec assez de force pour résonner longtemps après l’écoute.
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octobre 1, 2025Dans le flot continu des sorties néoclassiques, rares sont les œuvres qui portent en elles une véritable charge mystique. Avec Mary’s Blessing, la pianiste et compositrice Karen Salicath Jamali signe une pièce où la frontière entre inconscient et création disparaît, un chant intérieur venu d’un rêve qui se matérialise au clavier.
L’histoire de Jamali fascine autant que sa musique : victime d’un grave accident en 2012, elle émerge de trois années de silence avec un don soudain pour le piano, instrument qu’elle n’avait jamais pratiqué auparavant. Depuis, plus de 2 500 compositions sont nées de ses songes, comme si la musique s’imposait à elle comme un langage parallèle. Mary’s Blessing s’inscrit dans cette trajectoire miraculeuse, condensant la simplicité d’un motif lumineux et la profondeur d’une présence spirituelle.
On y retrouve une écriture dépouillée, sans emphase, mais traversée par une intensité singulière. La mélodie, fragile et tenace, se déploie comme une prière laïque, une caresse sonore qui tient davantage du souffle que de la démonstration. La production a été confiée à Maria Triana, ingénieure réputée ayant façonné le son de géants tels que Miles Davis ou Aretha Franklin. Une filiation discrète mais révélatrice : Karen Salicath Jamali s’inscrit désormais dans une lignée où le sacré dialogue avec l’universel.
Au-delà de la musique, l’artiste développe une démarche transversale. La pochette du single reprend l’une de ses sculptures, Mary, figure de maternité et de protection. Comme dans ses œuvres visuelles, son piano cherche à tendre un miroir au monde : force et douceur s’y entrelacent, rappelant que la fragilité peut être un lieu de résistance.
Avec Mary’s Blessing, Karen Salicath Jamali confirme que le rêve peut être une source inépuisable d’art, et que la musique, lorsqu’elle s’écrit sans filtre, touche à l’essentiel.
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octobre 1, 2025Oubliez la sueur mécanique des clubs : Sin Filtro entre comme une tempête théâtrale, où les cordes d’un orchestre croisent la guitare espagnole et les pulsations reggaeton. Ivelisse Del Carmen ne fait pas que chanter, elle met sa voix de soprano au cœur d’un champ de bataille intime, entre doute et affirmation, fragilité et grandeur. Chaque note est un pas vers la réappropriation d’un genre trop souvent corseté par ses codes.
Produite par Paul Stanborough, figure de l’ombre ayant façonné les géants pop (Tina Turner, Kylie Minogue), la piste refuse la facilité. Là où d’autres cherchent le tube immédiat, Ivelisse choisit la démesure, la minimalist opulence comme elle aime le dire : une écriture frontale, des arrangements qui gonflent et se dégonflent comme des vagues, une dramaturgie sonore qui fait du reggaeton non plus un simple moteur de danse, mais une toile cinématographique.
L’artiste portoricaine, exilée à Londres après avoir traversé New York et Bruxelles, transporte dans sa voix les héritages du bolero, de la plena et de la danza, tout en les tordant vers des formes inattendues. Son timbre, formé au classique, flotte entre aria d’opéra et murmure de confession, ouvrant des espaces où la puissance cohabite avec la vulnérabilité. Sin Filtro en devient un manifeste : un chant sans masque, une exposition brute de soi.
Dans un paysage saturé de productions interchangeables, Ivelisse impose une singularité féroce. Pas de concession au formatage, mais une hybridation vertigineuse qui rapproche autant de Rosalía que d’une Teresa Carreño ressuscitée dans un club londonien. Sin Filtro n’est pas un single de plus : c’est une déclaration de territoire, une invitation à envisager le reggaeton autrement — comme une matière noble, sculptable, infiniment libre.
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octobre 1, 2025On pourrait croire à une provocation : baptiser un morceau Tai Chi alors que le rap de Dialect Sosa frappe avec la puissance d’un uppercut. Pourtant, derrière la rugosité de la voix et l’intensité de la prod de Whodunit, il y a cette recherche d’équilibre qui fait tout le sel du morceau. Comme si l’artiste canadien transformait l’énergie brute en mouvement fluide, maîtrisant la tension pour mieux la libérer.
Dialect Sosa, c’est un rappeur qui n’a pas peur de se frotter aux paradoxes. Issu de la scène de Niagara, il a grandi dans le boom bap des années 90, mais refuse de s’enfermer dans une nostalgie stérile. Sur Tai Chi, il injecte cette racine old-school dans une architecture sonore beaucoup plus futuriste, où les basses grondent et les textures s’ouvrent à des sonorités presque cosmiques. Une manière d’annoncer la couleur de son projet 3035: a space odyssey, deuxième album en moins d’un an, qui confirme son ambition : inscrire son rap dans une dimension plus large, presque conceptuelle.
Là où son premier disque (Ultra-Violence: Decline Of A Beautiful Mind) brillait par sa noirceur et son intensité dramatique, Tai Chi se distingue par une maîtrise plus posée, presque méditative. Bien sûr, l’énergie reste explosive, mais elle est canalisée, sculptée. On sent le travail d’un artiste qui pense sa musique comme un art martial : chaque punchline est un geste précis, chaque silence une respiration, chaque montée une frappe retenue.
Ce morceau, au fond, est une métaphore de sa démarche : un rap conscient de ses racines mais résolument tourné vers l’avenir, un pont entre l’underground rugueux et l’expérimentation galactique. Dialect Sosa ne cherche pas seulement à s’imposer, il veut réinventer les règles du jeu, élargir le terrain de jeu du hip-hop canadien au-delà de ses frontières naturelles.
Avec Tai Chi, il prouve que la puissance n’exclut pas la subtilité, et que dans le chaos sonore, il est possible de trouver une harmonie. Un morceau qui, à sa manière, redéfinit l’équilibre entre rage et élévation.
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octobre 1, 2025Trois trajectoires qui se croisent, trois énergies qui s’entrechoquent et se complètent, pour donner naissance à un morceau qui sonne autant comme une célébration que comme une déclaration d’intention. On Me, produit par Mark Yee, réunit Rajeo, Ice Meez et LaRussell, trois figures qui, chacune à leur manière, incarnent une facette du hip-hop actuel : la mélodie qui accroche, la plume affûtée et la vision d’un rap qui refuse de se vendre aux codes établis.
Rajeo ouvre la danse avec un refrain qui glisse naturellement dans l’oreille, fruit d’un savoir-faire forgé à l’époque du mouvement RnBass, où le chant et le rap se chevauchaient pour dessiner un pont vers un public élargi. Ici, sa voix prend des allures de mantra : l’assurance tranquille, la confiance posée sur une instru à la fois soyeuse et nerveuse. C’est cette douceur tendue qui permet à Ice Meez d’entrer avec un premier couplet précis, sans esbroufe mais avec cette franchise de storyteller qui a fait sa réputation dans la scène californienne.
Puis vient LaRussell, l’OVNI de Vallejo, entrepreneur, poète de rue, agitateur d’idées qui ne cesse de bousculer le business model du rap game. Sa voix a quelque chose d’imparable : elle ne cherche pas à plaire, elle impose une authenticité brute qui rehausse tout le morceau d’une intensité supplémentaire. Sa présence confirme que On Me n’est pas juste un single de plus dans la vague trap-R&B, mais un jalon dans cette cartographie parallèle qu’il trace depuis des années avec son indépendance en bannière.
Le morceau, hybride et limpide, joue sur une tension séduisante : il est assez smooth pour tourner en boucle dans une soirée, assez incisif pour tenir la route dans une playlist rap exigeante. Un équilibre fragile que peu savent maintenir.
Au fond, On Me n’est pas seulement un titre sur la réussite et la confiance en soi, c’est une alliance d’artistes qui partagent une même volonté : construire leurs victoires à leur manière, sans concessions. Et c’est précisément cette sincérité qui fait que ce titre frappe plus fort qu’un simple banger.
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octobre 1, 2025Plutôt que de céder aux artifices clinquants des clips calibrés pour le streaming, Showtime Ramon choisit l’arme la plus brute : une caméra Sony à l’ancienne, granuleuse, presque VHS dans l’âme. Ce choix esthétique n’est pas anodin. Underdog n’est pas un titre à consommer comme un produit poli, c’est une déclaration, un manifeste rap qui porte la sueur des battles de quartier et l’odeur des rêves forgés loin des majors.
Dès les premières mesures produites par Xynfe, le beat respire l’école boom-bap et ses claquements secs, mais infusés d’un ADN trap qui le propulse dans l’ère moderne. Showtime Ramon s’y engouffre avec un flow qui mord, mélange de technicité crue et de références pop culture qu’il balance comme des uppercuts. Wrestlers, athlètes, jeux vidéo : tout son univers défile dans ses punchlines, non pas comme des gimmicks gratuits mais comme un lexique identitaire, une manière de signer sa différence et de rendre hommage à ses obsessions.
Là où beaucoup se contentent de rejouer la carte de l’ego-trip, Ramon injecte un sous-texte constant de survie et d’élévation. Underdog n’est pas qu’un statut, c’est une revendication. Le morceau traduit cette tension entre rage et résilience, entre lucidité et volonté de s’imposer malgré le système. Le clip, minimaliste et frontal, renforce cette impression : pas de mise en scène sophistiquée, juste une caméra qui capte la présence brute de l’artiste, sa gestuelle, son intensité.
Avec plus de vingt projets déjà sortis, Showtime Ramon s’impose comme un artisan obsessionnel, un rappeur qui écrit, enregistre et façonne ses morceaux en solitaire. Cette indépendance résonne dans chaque bar, dans chaque plan du clip : il n’attend pas la validation d’une industrie, il construit son propre ring et s’y bat sans filet.
Underdog devient alors un hymne pour tous ceux qui avancent à contre-courant, ceux qui savent que la reconnaissance se gagne à force de persévérance. Showtime Ramon ne joue pas les outsiders : il en fait une couronne.
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octobre 1, 2025Certains groupes savent transformer leurs sorties en diptyques, comme si chaque titre se répondait, se contredisait ou se complétait. Echo Market, avec Miroirs d’horizon et Avances dans la nuit (Kin la belle mix), ne livre pas seulement deux singles : il dessine un jeu de miroirs, une exploration en clair-obscur des vertiges pop.
Miroirs d’horizon s’ouvre comme un lever de soleil électronique. Les synthés s’élancent dans des nappes claires, presque liquides, où l’on croit entendre les reflets d’une mer figée en mouvement. C’est de la French Pop qui flirte avec l’indie, élégante mais jamais lisse, où la mélodie cherche toujours à dépasser son propre cadre. On y sent une quête, un désir d’aller voir plus loin que l’horizon, avec ce sentiment d’étrangeté douce que procure la mélancolie lumineuse.
Puis vient Avances dans la nuit (Kin la belle mix), et tout bascule. Là où le premier morceau contemplait, celui-ci pulse. Le mix lui donne une tension urbaine, plus dansante, avec des basses qui cognent et des rythmes qui rappellent le Dance Pop le plus hédoniste. C’est la ville après le crépuscule : les néons, la sueur, les regards qui s’accrochent et se perdent. Les voix semblent se découper dans le noir comme des éclats de verre polis, tandis que l’arrangement garde ce raffinement indie qui empêche le morceau de tomber dans la facilité club.
Le contraste est fascinant. Echo Market ne choisit pas entre l’intime et le collectif, il embrasse les deux. On peut écouter Miroirs d’horizon seul, les yeux fermés, en quête de résonance intérieure. Et juste après, laisser Avances dans la nuit propulser le corps dans le tumulte, comme une libération.
Ce double mouvement dit beaucoup de l’identité du projet : une pop polymorphe, à la fois introspective et fédératrice, qui s’écrit dans le frottement des contraires. Echo Market signe ici une preuve éclatante que la modernité pop ne se résume pas à un format, mais à une manière de raconter nos oscillations entre désir de silence et besoin de danse.
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octobre 1, 2025Il y a des morceaux qui ressemblent à un éclat de verre : ils coupent, mais reflètent aussi la lumière. Best Day Ever de Cornelis Gerard appartient à cette lignée. Derrière son titre trompeusement euphorique, le morceau déploie une énergie nerveuse héritée de la New Wave et du Post-Punk, une cavalcade de guitares carillonnantes et de rythmes tendus qui rappellent R.E.M, The Cure ou Echo & the Bunnymen. Mais loin de la simple nostalgie, Gerard réussit à faire de cette esthétique un véhicule contemporain pour raconter la gueule de bois émotionnelle d’une rupture.
Ce qui frappe, c’est ce mélange de mélancolie et de catharsis. Les riffs brillants se cognent à une basse obstinée, les percussions entraînent presque malgré elles le corps à se lever, à bouger, comme si la seule issue au naufrage sentimental était de transformer le désarroi en danse. La voix, elle, garde ce grain sincère, fragile mais ferme, qui traduit l’urgence d’un cœur qui s’accroche à la lucidité.
Cornelis Gerard excelle dans ce registre hybride, capable de tendre un fil entre la douleur intime et la fête collective. C’est cette tension qui rend Best Day Ever si saisissant : un morceau qui se vit autant en club qu’en solitaire avec des écouteurs, une bande-son pour pleurer en souriant ou sourire en pleurant, selon l’angle.
Dans la tradition des conteurs urbains, Gerard prend la banalité du quotidien – l’éclatement d’une relation, l’écho des regrets, la fuite en avant – et en fait une fresque où tout le monde peut se reconnaître. Mais là où d’autres sombreraient dans le pathos, lui choisit le mouvement, l’élan, la transfiguration.
Best Day Ever est donc bien plus qu’un hymne post-rupture. C’est une déclaration d’indépendance émotionnelle, un pied de nez à la douleur, une façon d’affirmer que, même au cœur du chaos, le corps peut encore trouver une pulsation pour avancer. Un titre qui prouve que la joie n’est pas toujours l’opposé de la tristesse, mais parfois son prolongement électrique.
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octobre 1, 2025Il suffit parfois de quelques cuivres qui éclatent comme des éclairs dorés, d’une contrebasse qui danse avec les doigts et d’une voix qui ose se tenir à nu pour que l’air se charge d’électricité tendre. Avec Dizzy, Dandi livre un morceau où la neo-soul s’habille d’arrangements jazz ciselés, un tourbillon qui mêle légèreté, swing et vulnérabilité assumée.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’équilibre rare entre la fraîcheur et l’exigence musicale. Derrière le piano acoustique et les percussions souples, chaque instrument respire comme dans un live, laissant à la voix de Dandi un espace pour se déployer avec une grâce lumineuse. Elle ne cherche pas l’esbroufe mais le vrai : son timbre caresse et griffe à la fois, raconte sans surjouer, fait tanguer l’émotion entre séduction et désillusion.
Dizzy parle d’un amour qui tourne à l’ivresse, d’une danse à deux où l’on se sent porté autant que prisonnier. Le morceau file comme une valse moderne, oscillant entre l’euphorie des débuts et la lucidité des lendemains. C’est une chanson qui tourne en rond, volontairement, comme pour refléter ce manège intérieur : attirance, jugement, recul, puis le choix nécessaire de se redresser et de demander mieux.
Il y a dans cette pièce une élégance intemporelle, presque old-school, mais aussi une liberté d’écriture qui la propulse ailleurs. On songe à Erykah Badu pour l’intimité, à Esperanza Spalding pour l’audace jazz, mais Dandi ne copie personne : elle compose un univers à elle, où la vulnérabilité devient force et où chaque note semble chercher l’air libre.
Au fond, Dizzy n’est pas seulement une histoire de déséquilibre amoureux. C’est un hymne discret à l’autonomie émotionnelle, à cette capacité de quitter le manège quand la musique ne tourne plus à la bonne vitesse. Et dans cette sortie de piste élégante, Dandi signe un manifeste doux mais ferme : choisir la clarté, refuser l’ombre, tout en gardant la joie de danser.
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octobre 1, 2025C’est une question qui résonne comme un mantra existentiel, mais aussi comme une invitation à perdre pied : How Did I Get Here?, le nouveau titre de Starya, ne se contente pas d’occuper le terrain de la melodic house, il l’illumine d’une clarté quasi cosmique. La productrice-chanteuse-DJ américaine y déploie une esthétique qui tient autant de la rêverie spatiale que de l’élan clubbing, avec cette capacité rare à faire danser les corps tout en éveillant les consciences.
Le morceau est une ascension progressive, construit comme un tunnel de lumière. Les nappes synthétiques s’enroulent autour de la voix aérienne de Starya, qui n’est jamais noyée mais au contraire sublimée par un mix d’une précision chirurgicale. On pense à la chaleur solaire d’Anjunadeep, à la sincérité vocale de Lane 8 ou à la fulgurance des sets de Tokimonsta, mais tout est filtré à travers une signature très personnelle : un groove doux, une énergie vibrante, et cette impression de flotter à quelques centimètres au-dessus du sol.
Là où d’autres producteurs se contentent d’empiler couches et drops, Starya insuffle un sens du voyage. How Did I Get Here? n’est pas une simple track de club : c’est une cartographie émotionnelle. Le break central, tout en suspension, ouvre une fenêtre vers un ailleurs, avant que la basse ne ramène la pulsation, comme un rappel à l’incarnation, au besoin vital de bouger.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence entre la persona de Starya – artiste intersidérale, mi-humaine mi-spectrale, toujours en équilibre entre IRL et streaming depuis son “studio off-planet” – et la musique elle-même. Elle parvient à incarner son propre mythe dans un format dancefloor, à injecter de l’étrange et de l’intime dans un langage électronique universel.
How Did I Get Here? est une pièce à la fois euphorique et mélancolique, parfaite pour les heures bleues des festivals comme pour les afters intimes. C’est un titre qui interroge, qui emporte, et qui confirme surtout que Starya n’est pas une simple productrice parmi d’autres, mais une conteuse sidérale, une passeuse de mondes à travers les beats.
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octobre 1, 2025Le titre trompeur est une provocation en soi. Country, le nouveau morceau d’Ivory Keyes, n’a rien d’une balade rurale aux accents country-pop ; c’est au contraire un brûlot dancehall mâtiné de pop rap et de gangsta rap, pensé comme une réponse directe aux préjugés et aux insultes qui collent aux accents, aux cultures et aux origines. Ici, le beat est lourd, presque martial, avec une ligne de basse charnue qui roule comme un moteur au ralenti avant de rugir, et un flow qui mêle venin et lucidité.
Ivory Keyes prend les codes du dancehall moderne – percussions syncopées, refrains scandés – et les mélange à l’énergie brute du rap US. On entend un fond de trap dans la rythmique, des ad-libs taillés pour faire monter la tension, et un phrasé qui déjoue l’attente à chaque mesure. Là où d’autres se contenteraient de surfer sur un riddim efficace, Keyes en fait un manifeste : dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas sur le mépris social et culturel.
L’impact est double. Sur le plan sonore, Country est irrésistible : c’est le genre de track qui, passé 23h, fait bouger des clubs où les genres se croisent sans hiérarchie. Sur le plan du texte, c’est un renversement – Keyes renvoie l’ignorance à ceux qui se croient supérieurs, joue de l’ironie et de la colère comme d’un instrument supplémentaire. Le morceau oscille entre l’envie d’en découdre et celle de s’élever au-dessus de la bêtise ambiante, ce qui lui donne une dimension presque cathartique.
Et puis il y a cette voix. Rugueuse, mais posée, elle n’est jamais écrasée par l’instrumental. Elle tient debout, droite dans son propos, comme un témoin qui raconte sans filtre son vécu. Quand on lit la bio d’Ivory Keyes – enfance sans parents, musique comme respiration – on comprend d’où vient cette rage maîtrisée, cette urgence qui traverse Country. C’est moins un single qu’une prise de parole dans un paysage saturé d’images et de sons interchangeables.
Country est un coup de poing au rythme d’un riddim, une démonstration de style et de conscience. Ivory Keyes, lui, ne demande pas qu’on l’écoute : il force l’attention, et on en redemande.
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octobre 1, 2025La première impression est presque cinématographique : une basse ronde, des nappes synthétiques qui s’élèvent comme un soleil tardif au-dessus d’une plage encore tiède, et cette voix, magnétique, qui surgit de l’horizon. Talking to Myself, nouvelle offrande de Modern Living en collaboration avec Shyam P, ne se contente pas de relancer la vague du disco-house moderne ; il la polit jusqu’à en faire une sorte de bijou sonore, élégant et intemporel.
Là où beaucoup de producteurs se contentent de jouer sur l’effet euphorisant du beat quatre temps, Modern Living opte pour une approche quasi artisanale. Chaque synthé, analogique et vibrant, respire la chaleur des machines d’époque, mais réorganisé avec la précision chirurgicale des outils contemporains. La voix de Shyam P ne flotte pas au-dessus de l’instrumental : elle s’y ancre, devient une colonne vertébrale émotionnelle qui transforme le morceau en confession dansante.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre. L’énergie club est bien là, prête à soulever un dancefloor moite, mais jamais au détriment d’une dimension plus contemplative. On pourrait l’écouter en fermant les yeux, casque vissé sur les oreilles, et se perdre dans ses textures chatoyantes. On pourrait aussi le laisser tourner à plein volume dans une voiture lancée sur une autoroute nocturne. C’est cette double nature – hédoniste et introspective – qui donne toute sa force à Talking to Myself.
Modern Living, duo forgé dans l’expérience et la polyvalence, démontre ici son savoir-faire unique : relier les âges et les scènes, convoquer la mémoire des clubs new-yorkais des années 80 tout en parlant au streaming addict de 2025. La promesse d’autres collaborations à venir (DRAMA, Nick Littlemore, Otis Kane…) ne fait que confirmer que ce projet ne vise pas l’éphémère, mais l’inscription dans une lignée : celle des architectes sonores qui façonnent les souvenirs collectifs autant que les nuits blanches.
Avec Talking to Myself, Modern Living et Shyam P réussissent un coup rare : écrire un morceau qui danse avec le passé tout en respirant l’avenir. Une utopie disco pour les mélancoliques modernes.
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octobre 1, 2025Un morceau qui s’intitule YOLO annonce déjà son programme : célébrer l’instant, s’autoriser la liberté, transformer l’éphémère en hymne collectif. Mais ce que propose EL Nayaan dépasse le simple slogan. Sous ses grooves percussifs et son sourire mélodique, il y a une façon d’écrire l’afrofusion comme une renaissance, une respiration dans un monde saturé de lourdeur.
Les percussions, rondes et organiques, s’entrelacent avec un beat plus moderne, presque pop, qui donne à la track ce rebond immédiat des dancefloors nigérians autant que londoniens. La voix de Nayaan n’est jamais surjouée : douce, glissante, elle épouse les syncopes, glisse sur les kicks et choisit l’élégance plutôt que l’emphase. On pense aux premiers éclats de Joeboy ou aux éclats solaires de Fireboy DML, mais le timbre de Nayaan garde une chaleur intime, presque conversationnelle.
Là où d’autres saturent leurs prods de couches électroniques, YOLO brille par une retenue qui fait sa force. Chaque élément a l’espace de respirer : les basses pulsent comme un cœur sûr de lui, les guitares discrètes ajoutent des touches de sensualité, et le refrain, simple mais magnétique, agit comme une mantra joyeuse. Pas besoin de chercher la complexité : l’efficacité tient justement dans cette évidence qui s’impose à la première écoute.
Derrière la fête, on sent pourtant la gravité d’un parcours. L’artiste s’est relevé d’un accident qui aurait pu briser son élan, et c’est sans doute cette conscience de la fragilité qui rend ce titre plus qu’un simple tube feel-good. YOLO n’est pas seulement une injonction à « profiter » ; c’est une philosophie de résilience, la célébration d’un corps qui danse encore après la douleur, d’une voix qui refuse de s’éteindre.
EL Nayaan signe donc avec ce single une étape charnière : celle où la légèreté devient profonde, où la fête devient un rite de survie. YOLO est une étincelle afropop qui ne se contente pas d’accompagner nos playlists estivales, mais qui installe un artiste dans la durée, avec l’énergie confiante de ceux qui savent déjà d’où ils reviennent.
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octobre 1, 2025Un titre comme miss me? résonne d’abord comme une question lancée dans le vide, une bouteille jetée à la mer numérique. Derrière l’écran, un jeune Australien de vingt ans, seul maître à bord de sa production, sans professeur, sans producteur, juste un laptop et l’urgence de dire. C’est cette absence de filtre, ce DIY brut, qui donne au morceau son grain si particulier : imparfait, peut-être, mais viscéralement honnête.
La prod mélange un trap cotonneux et des inflexions pop-rap qui rappellent les nuits où l’on traîne en voiture, vitres ouvertes, avec l’impression que le monde entier est en suspens. Le beat pulse comme un battement de cœur en surchauffe, tandis que les mélodies, plus fragiles, dessinent les contours d’un spleen adolescent. Tout sonne homemade, et c’est précisément ce qui capte : aucune volonté de séduire par l’esbroufe, seulement l’instinct d’exprimer ce qu’on est, ici et maintenant.
Dans sa voix, Ethxnx dévoile une faille assumée, ce flottement qu’on retrouve chez les kids du cloud rap mais réinjecté dans une énergie plus directe, moins vaporeuse. Là où d’autres se cachent derrière l’autotune comme un masque, lui en fait un révélateur : ça tremble, ça se cherche, mais ça frappe juste. On sent la solitude, mais aussi une confiance nouvelle, celle qui naît quand on s’autorise enfin à transformer ses blessures en matière sonore.
Ce qui rend miss me? singulier, c’est ce paradoxe : une track pensée pour être écoutée en groupe — sur la route, dans le bruit de l’amitié — mais qui reste profondément intime. Elle agit comme un miroir, chacun y projetant sa propre nostalgie, ses propres doutes.
Ethxnx n’en est qu’à ses débuts, mais avec ce morceau, il rappelle que le pop-rap n’a pas besoin de codes verrouillés pour exister. Il suffit d’un garage, d’une idée et d’une pulsion pour tracer une ligne nouvelle. miss me? n’est pas une promesse de perfection, c’est mieux : c’est une carte postale brute d’une génération qui fait de sa vulnérabilité un étendard sonore.
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octobre 1, 2025Un souffle de certitude traverse LUCKI. Le morceau de Nchaze ne se contente pas d’ajouter une pierre à l’édifice du trap mélodique, il cherche à en redessiner la silhouette : moins sombre, plus tournée vers l’élévation, presque mystique. Tout est dans ce titre volontairement altéré — LUCKI au lieu de lucky — comme si le simple fait de tordre le mot suffisait à en créer une version unique, une amulette sonore contre le doute.
La production glisse entre nappes vaporeuses et 808 martelés, un jeu d’équilibriste entre légèreté et gravité. Le beat donne l’assise, solide, terrienne, tandis que les synthés s’étirent comme des halos, transportant l’auditeur dans une dimension aérienne. Cette tension entre ciel et sol, entre introspection et affirmation, est au cœur du morceau.
La voix de Nchaze, elle, épouse ce double mouvement. On y sent la vulnérabilité de celui qui cherche encore ses repères, mais aussi la fierté de celui qui s’est choisi un destin. Dans ses inflexions, on devine l’école du cloud rap, mais adoucie par une approche pop plus immédiate, plus universelle. Là où tant d’artistes s’égarent dans le spleen ou la plainte, Nchaze préfère ériger la confiance comme moteur, transformant l’intime en incantation collective.
Ce qui frappe, c’est l’efficacité avec laquelle la track s’ancre dans la mémoire. Refrain entêtant, atmosphère limpide, maîtrise technique : LUCKI coche toutes les cases du single calibré pour les playlists, tout en gardant cette aura étrange, presque spirituelle. C’est un titre qui se vit autant dans l’énergie d’un trajet de nuit que dans l’intimité d’un casque isolant du monde.
Avec ce morceau, Nchaze s’affirme comme un alchimiste de la trap pop : il manipule les codes, les colore de sa propre vision et construit un son qui respire autant la foi en soi que la volonté de transcender le quotidien. LUCKI n’est pas seulement une chanson, c’est une posture, un talisman porté en musique.
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octobre 1, 2025On imagine deux silhouettes dans un appartement plongé dans la pénombre, la lumière des briquets pour seul contrepoint. Me-low n’est pas une performance, c’est une confidence. Un morceau qui ne cherche pas à impressionner mais à fissurer le vernis, à rendre audible ce qu’on tait d’ordinaire entre les murs d’une chambre ou au détour d’un couloir de cité.
E.G, voix posée, habite cette mélancolie presque flottante, comme s’il craignait de rompre l’équilibre fragile qui le tient encore debout. En face, D&L prend le contrechamp : plus sombre, plus massif, il incarne la gravité de ce “low” qui aspire. Les deux univers ne s’opposent pas, ils s’enlacent, se contredisent pour mieux se compléter, donnant au morceau l’allure d’un dialogue intérieur, où chaque vers est une pièce d’un miroir brisé.
La production, minimaliste mais élégante, se retient autant qu’elle suggère. Pas d’artifice tapageur, pas de surenchère : juste une basse souterraine, des nappes discrètes, un rythme qui avance à pas feutrés. L’espace sonore devient le décor d’un huis clos, presque cinématographique, où les voix prennent toute la place. On pense aux expérimentations intimistes de Damso, aux confessions à demi-mots d’un Lomepal époque Jeannine, mais avec ce grain singulier, ce vécu qui ne s’invente pas.
Ce qui frappe dans Me-low, c’est son refus de la posture. Là où le rap hexagonal joue souvent la carte de la surenchère, E.G choisit le murmure, la vulnérabilité, et prouve qu’il n’y a rien de plus puissant qu’un silence habité. D&L, lui, vient densifier le récit, rappeler que derrière chaque fragilité se cache une tempête prête à éclater.
En définitive, Me-low est moins une chanson qu’une mise à nu. Un morceau qui ne fait pas l’économie de la douleur mais la transforme en esthétique, et qui confirme E.G comme une voix à part dans le rap français : plus intime, plus fissurée, plus humaine.
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octobre 1, 2025Chaque clubber connaît ce moment où la frontière entre retenue et abandon se dissout, où l’on cesse d’être un corps qui danse pour devenir un corps traversé par le son. C’est précisément cette bascule que Nico Falla capture avec Inner Freak, un track Tech House brut et incandescent qui agit comme une autorisation à lâcher prise, à laisser s’exprimer l’animal tapis dans la pénombre.
À seulement 22 ans, le producteur guatémaltèque s’impose déjà comme l’une des voix les plus prometteuses de la scène électronique latino-américaine. Avec Inner Freak, il confirme sa signature : un groove tendu, façonné par des kicks secs et une basse charnelle, qui refuse la mollesse des formats trop policés. Ici, le morceau respire l’urgence, l’envie de faire monter la sueur au front et de pousser la foule vers cette transe où le collectif devient organisme.
Ce qui frappe, c’est l’usage de sa propre voix, éraillée, presque murmurée, qui injecte une dose de chair dans ce décor de machines. Loin des gimmicks vocaux interchangeables, Falla choisit l’organique, et cela donne à son track une aura singulière, sale et hypnotique. On pense autant aux sets moites de Solardo qu’aux fulgurances de Chris Lake, mais avec une patte plus jeune, plus insolente, prête à renverser le club comme un skateboarder casse une rampe.
Ce n’est pas un hasard si son parcours l’a déjà mené jusqu’à Tomorrowland ou Ultra. Avec Inner Freak, on comprend qu’il ne s’agit pas seulement d’aligner des drops : Nico Falla construit une dramaturgie, une montée qui se joue de la patience des danseurs avant d’exploser dans un lead obsédant, calibré pour prolonger l’ivresse collective jusqu’au lever du jour.
Dans un monde électronique saturé de clones, Falla choisit l’authenticité et l’excès. Inner Freak n’est pas un morceau pour accompagner la soirée : c’est le morceau qui la bascule.
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octobre 1, 2025L’argent file toujours plus vite qu’on ne l’imagine, et parfois il faut un riddim lourd, gorgé de basses, pour transformer cette frustration en fête. Money (Skull Edit), né entre la froideur des studios suédois et la chaleur jamaïcaine de Macka Diamond, est exactement ce genre de morceau : un mi-temps entre hymne club et confession désinvolte sur nos comptes en banque qui s’évaporent.
Le duo PAPA Sound — Patrik Arve et Paolo Albo — a toujours eu le goût des collisions : punk contre reggae, trap contre afrobeat, rugosité urbaine contre euphorie solaire. Ici, ils convoquent Macka Diamond, figure iconique du dancehall, dont la voix crache une énergie brute, mélange d’autorité et de sensualité. Sa performance s’érige en colonne vertébrale du morceau : un chant de survie, mais aussi une incantation festive, comme si la douleur d’être fauchée pouvait se guérir sur la piste.
La production avance avec une précision chirurgicale. Percussions claquantes, arpeggios synthétiques, infra-basses qui vibrent jusque dans la cage thoracique : tout est pensé pour secouer le corps autant que l’esprit. On sent l’héritage dancehall classique, mais remixé avec un twist contemporain, flirtant parfois avec la trap et le reggae numérique. C’est un son mondialisé, calibré pour exploser autant dans un club de Kingston que dans une warehouse de Berlin.
Macka Diamond rappelle son passé de dissidente — celle qui, en 2003, s’était dressée contre Vybz Kartel avec Tek Con. Deux décennies plus tard, elle garde la même verve, mais au service d’un morceau plus introspectif qu’il n’y paraît. Derrière la fête, Money questionne notre rapport à la consommation, à la fuite en avant, à ce désir jamais rassasié de posséder plus.
Avec Money (Skull Edit), PAPA Sound et Macka Diamond prouvent qu’un riddim peut être à la fois un exutoire et un miroir. L’argent s’envole, les factures s’empilent, mais la musique transforme cette angoisse collective en transe libératrice.
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octobre 1, 2025On a plus d’un tour dans notre sac, et pour ce début d’automne, on a décidé de vous déballer une nouvelle playlist éclectique à souhait, histoire de r’habiller vos tympans en attendant l’hiver. Voici « La Playlist Fourre-tout #6 », à découvrir sans plus attendre !
Sophiegrophy – LAUGH THAT OFF
RAS – À VIE
Tessa Galli – Speed Car
HART – MEDS
Lil Seyi x dimelu – Oluwafemi (Let me be)
SolarPulse – Malau
ARTO, CamelVIP – Kuya (Radio Mix)
AMillionForever – Fade Away
Eidon – Replay
wishing4hue – EAST 2 the WEST
Dax – « 10 Shots »
Love Ghost – Scar Tissue (AMV)
Ember13th – Noise
Menni Jab – 3-0
Kanni – ANALYSE
NAOHS – Chaque seconde
Wild East Radio – Wilder Than Who
PMBM – Digital Game Pulse
Nosthin – Toxique
Kanni – Plus d’restart
ABSYTE- Beast Mode
Mylani Tsunami – Brick
GENERATIONAL FLEX by Pags
Zekrom – Beztamere
Barbu – Bande annonce
Lunys, Yugo – 11h07
Scae, Orboy – Rouge aux joues
Maya Nunki – 1m96
YB Nzube – PARTY
Savage Kid X – Omalicha
Sapuis -16
Miss Rek – Counterfeit
DMENTID – Changes
Chepps – MY LIL BUNNY
J. Santonio – Chances
Steve Poet – Watch Me
Zzekell – Purple party
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octobre 1, 2025Il existe des chansons qui ressemblent à des promenades ivres dans une ville familière soudain méconnaissable. Sorry, I’m Stoned de Spookey Ruben fait partie de celles-là. L’artiste culte canadien, éternel trublion de la pop alternative, y signe une errance sonore hallucinée où l’excuse la plus banale — « désolé, j’ai trop fumé » — se transforme en manifeste d’aliénation urbaine et de douce étrangeté.
Spookey Ruben n’a jamais suivi les règles du jeu pop. Depuis ses débuts avec Modes of Transportation Vol. 1, souvent qualifié de « Pet Sounds des années 90 », il revendique un statut d’iconoclaste : trop excentrique pour les charts, trop visionnaire pour être oublié. Avec Sorry, I’m Stoned, extrait de son futur album Toronto, You’ve Changed, il poursuit son exploration kaléidoscopique, mariant électro-pop cristalline, refrains indie-pop à la Robyn et détours psychédéliques qui évoquent autant Empire of the Sun que les heures les plus baroques de Cyndi Lauper.
La chanson avance comme un trip en montagne russe : montées lumineuses, chœurs flottants, puis bascules soudaines dans des recoins plus étranges, presque claustrophobes. Derrière l’humour du titre, il y a une mélancolie sourde — celle d’un amoureux qui ne retrouve plus ses repères dans une ville changée, comme si la fumée masquait autre chose : l’absence, la perte, la transformation irréversible d’un décor intime.
La force de Ruben, c’est de faire dialoguer l’excentricité pop et l’émotion brute. On rit de cette manière si canadienne de s’excuser d’un excès parfaitement légal, mais on se perd dans les synthés effilochés et les ruptures rythmiques qui traduisent une dérive intérieure plus grave. Il transforme l’anecdotique en métaphysique, l’humour en arme de séduction et d’aliénation.
Avec Sorry, I’m Stoned, Spookey Ruben prouve encore qu’il n’appartient à aucune époque fixe. Il est ce magicien pop qui, d’un simple gimmick, dessine une odyssée intime où le banal devient psyché, et où l’excuse banale cache toujours une vérité plus profonde.
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octobre 1, 2025Une amitié qui se fissure n’explose jamais dans le vacarme. Ça commence par un silence trop long, un sourire qui n’atteint pas les yeux, un mot acide glissé entre deux compliments. Maria Ellis a transformé cette fracture intime en étendard sonore. Son single Hater n’est pas seulement une chanson, c’est une gifle pop, glacée de R&B et d’éclats trap, qui capture ce moment exact où la confiance meurt et où naît la lucidité.
Produite par Reach, façonnée par la plume acérée d’Ellis, Hater avance comme une marche militaire, battue par des percussions sèches et des nappes électroniques qui rappellent la froideur clinique des clubs où les regards se toisent plus qu’ils ne s’embrassent. Sa voix, elle, glisse entre sensualité et provocation, à la fois séductrice et impitoyable. Elle chante comme on écrit une lettre de rupture qu’on ne relira jamais, avec cette jubilation féroce d’avoir mis des mots sur le mensonge.
Maria Ellis refuse les demi-teintes : sa pop n’est pas ce terrain consensuel où tout le monde danse sans heurts. Elle choisit la tension, la sueur, les basses lourdes qui collent au corps comme une rancune qu’on ne lave pas. Le clip, dirigé par Jasper Soloff, amplifie cette esthétique coup de poing, transformant Hater en manifeste visuel de puissance et d’indépendance.
Il y a chez Ellis quelque chose de Rihanna dans l’insolence, d’Ariana Grande dans l’amplitude vocale, mais surtout une rage personnelle, viscérale, forgée dans l’écriture et l’autoproduction. Hater ne cherche pas à plaire : il tranche, il expose, il célèbre l’acte de couper le cordon toxique. Plus qu’un single, c’est un rite de passage, l’hymne incandescent de toutes celles et ceux qui ont appris qu’aimer, c’est parfois savoir dire stop.
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octobre 1, 2025Un battement sourd, comme un cœur d’acier prêt à imploser, ouvre Losing My Mind. Puis tout s’effondre et se reconstruit dans un même souffle : l’australienne Monster Machine n’offre pas un simple single, mais une expérience sensorielle où le dubstep prend des allures de tempête contrôlée, calibrée pour pulvériser les pistes de danse et secouer les neurones.
Là où tant de producteurs se contentent d’aligner des drops convenus, Penny Yang joue avec la tension comme une démiurge. Les basses se déforment, s’écrasent puis repartent avec une précision chirurgicale, empruntant à l’école trap d’ISOXO ou Knock2 tout en gardant une noirceur à la Skrillex période Scary Monsters. Mais derrière ce mur de décibels se cache une architecture pensée, un équilibre fragile entre violence et transe. On croit sombrer dans le chaos, mais chaque détail sonore — ces percus qui vrillent, ces nappes qui surgissent comme des éclairs dans la brume — ramène à une clarté presque euphorique.
Losing My Mind n’est pas seulement un titre, c’est une promesse tenue : perdre pied, lâcher prise, puis renaître dans l’ivresse. La track épouse parfaitement l’imaginaire de son futur EP EXALTED : une odyssée électronique où le corps et l’esprit se heurtent et fusionnent. On imagine déjà ce morceau en festival, sous un ciel saturé de strobes, quand la foule se laisse engloutir par une marée sonore qu’elle ne contrôle plus.
Ce qui distingue Monster Machine, c’est cette capacité à injecter une émotion brute dans un genre souvent cantonné à la brutalité technique. Ici, la rage devient catharsis, et le dubstep reprend son rôle originel : celui d’un exorcisme collectif, puissant, déroutant, mais paradoxalement libérateur.
Avec Losing My Mind, Penny Yang s’impose comme l’une des productrices les plus excitantes de la scène bass mondiale, capable de rivaliser avec ses pairs tout en imposant une signature viscérale. Ce morceau n’est pas un simple single, c’est un choc électrique, une faille ouverte dans la nuit où l’on plonge volontairement, sans jamais chercher à remonter.
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octobre 1, 2025Un souffle métallique traverse les enceintes, puis tout s’embrase. You Ain’t Build Like Me ne se contente pas d’être un morceau de rap : c’est un champ de bataille, un moteur lancé à pleine vitesse, une pulsation taillée pour ceux qui ne connaissent pas la reddition. Là où d’autres beats servent d’accompagnement, celui-ci impose sa loi — une bande-son de survie, calibrée pour transformer chaque geste, chaque effort, en rituel.
Joznez, maître des productions monumentales et habitué à écrire la grammaire sonore des blockbusters et des publicités globales, bâtit ici une forteresse de sons. Les basses cognent comme des haltères lâchés au sol, les synthés tracent des lignes acérées dans l’air, et les drops frappent avec la régularité d’un cœur en surchauffe. Kataem, lui, entre dans l’arène avec un flow d’acier trempé : chaque phrase martèle, répète, ancre une vérité simple — tu n’es pas fait comme moi. Plus qu’un refrain, c’est un mantra, une promesse de supériorité et de persistance.
Ce titre est conçu pour des contextes précis, mais universels : le dernier set qui brûle dans une salle de musculation, l’écran qui clignote dans une partie serrée, ou simplement la course contre soi-même quand la fatigue menace. La force du morceau, c’est de rendre l’ordinaire héroïque. En un instant, le banal devient cinématique.
Dans l’histoire du rap énergivore, de DMX à Meek Mill, il y a toujours eu ces morceaux qui dépassent la simple écoute pour devenir carburant. You Ain’t Build Like Me s’inscrit dans cette tradition, mais en version 2.0, avec une précision chirurgicale héritée de la trap européenne et des productions hollywoodiennes.
Ce n’est pas seulement une track, c’est une posture : un refus de plier, un appel à ceux qui se construisent dans la douleur et la discipline. Et si la musique peut être une arme, celle-ci est forgée pour pousser quiconque l’écoute à franchir sa propre ligne rouge.
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septembre 30, 2025Le titre est un leurre : Délicat ne se contente pas de la fragilité qu’il annonce, il ose aussi la brûlure. La voix de Gayané flotte au-dessus d’une production pop-indé cristalline, comme si chaque note cherchait à poser un baume sur des blessures anciennes, tout en ouvrant grand les fenêtres à l’air frais d’un avenir réinventé.
L’histoire est simple mais bouleversante : celle d’une solitude assumée, choisie presque comme armure, qui se fissure au contact de l’amour. Dans les mots et les respirations de Gayané, on entend la bascule, ce moment où le repli n’a plus de sens face au désir irrépressible de partager, de se livrer, de se risquer à l’autre. L’aveu est lumineux, mais jamais naïf. Car Délicat rappelle aussi que vivre, c’est accepter les erreurs, trébucher pour mieux se redresser, apprendre à reconnaître ses propres angles morts.
Musicalement, la production emprunte autant à la tendresse de la chanson française qu’à l’élégance éthérée de l’indie pop contemporaine. Les arrangements se font sobres mais précis : un canevas électronique fin, des cordes discrètes qui rappellent son passé de violoniste, et ce timbre vocal qui ne force jamais mais impose sa présence par sa sincérité nue. On pense à la mélancolie d’une Clara Luciani qui se serait égarée dans les brumes nordiques de Lykke Li, ou encore à la douceur désarmante d’Agnès Obel.
Mais ce qui rend Délicat si singulier, c’est la façon dont Gayané transforme son propre parcours intime en matière universelle. Marquée par le deuil, elle ne cède ni au pathos ni à l’autocomplaisance : elle tisse au contraire un récit d’émancipation où l’apprentissage de soi se confond avec l’ouverture aux autres. Le morceau devient alors un manifeste doux-amer, une invitation à apprivoiser ses failles pour en faire des points d’appui.
Avec Délicat, Gayané s’impose non pas comme une simple nouvelle voix de la pop française, mais comme une conteuse d’états d’âme, capable d’envelopper nos propres fragilités dans un écrin sonore qui apaise et élève. C’est la preuve qu’une chanson peut être à la fois caresse et électrochoc, une main tendue et un miroir.
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septembre 30, 2025Certains morceaux n’ont pas besoin de détour, ils s’imposent d’emblée comme des évidences. My Baby de Davy Sage, épaulé par la voix veloutée de Haliyah Hales, appartient à cette catégorie. Pas de grand discours théorique, pas de concept alambiqué : juste l’alchimie simple et solaire entre deux êtres qui transforment la routine en rituel, la complicité en moteur, l’amour en force créatrice.
La production respire l’afrofusion moderne : mid-tempo, groovy, bâtie sur une rythmique souple qui refuse l’urgence mais ne tombe jamais dans la mollesse. Chaque percussive touche sonne comme une pulsation de cœur, chaque ligne mélodique comme un sourire échangé dans l’intimité. On sent l’héritage nigérian de Davy Sage, mais filtré par son parcours au Canada, où les textures pop et R&B viennent habiller l’afrobeat d’une touche plus internationale. Le résultat : une chanson qui circule aisément entre Lagos et Toronto, entre club et salon, entre déclaration amoureuse et appel à danser.
Là où beaucoup de titres afropop choisissent l’exubérance, My Baby préfère la retenue lumineuse. Davy Sage et Haliyah Hales construisent un dialogue qui n’est jamais forcé : elle apporte la tendresse, lui la gravité, et ensemble ils esquissent une relation où l’ambition, le travail et la prière s’entrelacent à la sensualité. C’est une chanson de couple qui ne fantasme pas l’amour idéalisé mais célèbre l’amour vécu, concret, celui qui se mesure dans les gestes quotidiens, les projets partagés et l’énergie mutuelle.
On devine aussi en filigrane la trajectoire de Davy Sage : enfant du Nigeria, exilé volontaire au Canada, bâtisseur d’un pont entre deux mondes. Sa voix afrocentrée garde ce grain légèrement rugueux qui trahit les racines, mais ses choix harmoniques et mélodiques penchent vers une pop élégante, calibrée pour séduire un public global. Une hybridation qui n’a rien de calculé : c’est le reflet naturel de sa double identité.
Avec My Baby, Davy Sage confirme qu’il n’est pas seulement un artiste capable de faire danser, mais un conteur d’histoires intimes. La sortie du clip à venir devrait accentuer encore cette impression : celle d’un artiste qui transforme sa vie privée en matériau universel, et qui rappelle que l’afrofusion, au fond, n’est rien d’autre qu’une célébration du lien — entre rythmes, cultures et personnes.
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septembre 30, 2025Un train, c’est rarement une destination. C’est un entre-deux, une bulle où l’on regarde défiler le monde, où l’on pense trop, où l’on écrit des rimes dans le reflet d’une vitre sale. Avec step on the train, Pozzy transforme ce lieu banal en théâtre mental, en terrain mouvant où les beats respirent comme des wagons et où les mots claquent comme des portières qui se ferment trop vite.
Le morceau est construit comme une dérive londonienne : ses flows souples, presque désinvoltes, viennent se poser sur une prod jazz infusée de poussières électroniques, un groove à la fois feutré et bondissant. On reconnaît l’ADN grime, mais Pozzy le tord, le ralentit, le rend poreux. Pas de démonstration de force, pas de surjeu : juste une honnêteté brute, celle d’un jeune de 20 ans qui se frotte aux contradictions de la modernité, entre études, soirées qui s’éternisent et cette impression de marcher sur un sol qui se dérobe.
Là où d’autres s’acharnent à répéter les mêmes schémas, Pozzy joue l’échappée. Sa voix, parfois presque parlée, respire l’authenticité d’un kid qui refuse les étiquettes : ni strictement grime, ni pop, ni alt-rap, mais tout ça à la fois, digéré avec une élégance qui rappelle l’école UK la plus aventureuse. On pense à ces figures capables de rendre l’intime politique, le quotidien mythologique, la mélancolie presque festive.
Et derrière le récit personnel, il y a une ambition claire : raconter le Royaume-Uni d’aujourd’hui depuis l’intérieur, capter les hésitations, les espoirs et les frustrations de sa génération sans surjouer le drame. step on the train est une chanson d’observation, une invitation à s’asseoir à côté de lui, casque sur les oreilles, et à voir la ville se transformer en décor mouvant.
Pozzy ne propose pas qu’un single : il esquisse une cartographie sonore où le grime devient introspectif, où le jazz s’invite dans les ruelles bétonnées, où chaque refrain ressemble à un virage entre deux stations. C’est l’annonce d’un artiste qui ne se contente pas de prendre le train en marche : il construit sa propre ligne.
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septembre 30, 2025Il y a des morceaux qui s’écoutent comme des prières murmurées, d’autres comme des fêtes improvisées — et Big Manifesta de BB Thomaz a la grâce rare d’être les deux à la fois. Sur une base Afrobeats charnelle et irrésistible, l’artiste germano-américaine transforme la manifestation spirituelle en rituel collectif, comme si l’univers lui-même vibrait au rythme de ses basses.
Le morceau se déploie avec une lente montée, presque cérémonielle, avant l’impact du drop à 0:53 qui fait tout basculer : les basses frappent avec l’assurance d’un mantra répété mille fois, tandis que les mélodies scintillent comme des éclats de cristal sur une piste de danse illuminée à la bougie. C’est sensuel, optimiste, mais aussi profondément physique : on sent dans chaque frappe de kick une pulsation de survie, une affirmation de soi face aux doutes et aux blessures du passé.
Ce qui frappe dans Big Manifesta, c’est l’équilibre subtil entre le lyrisme des mantras pop et la rudesse dansante des grooves afro-fusion. On n’est pas dans l’Afrobeats générique calibré pour les playlists, mais dans une œuvre hybride qui sait absorber des nuances d’Adult Contemporary, comme si la voix et la production voulaient aussi séduire ceux qui préfèrent les ballades à la club culture. BB Thomaz y affirme son identité sans se dissoudre dans les tendances : sa voix, à la fois puissante et tendre, agit comme un guide dans ce voyage sonore où chaque note est une promesse.
Derrière l’éclat de la fête, il y a aussi l’histoire personnelle de l’artiste, marquée par la douleur mais transcendée dans la lumière. Big Manifesta n’est pas qu’une chanson, c’est une déclaration d’existence : « je suis là, je crée, j’attire ». On l’écoute comme on brandit un verre de champagne vers le ciel, certain que les étoiles répondent en écho.
BB Thomaz signe ici un hymne à la fois intime et universel, une ode à la puissance de l’intention transformée en danse, en groove, en pure énergie. Et si le pouvoir de la musique, au fond, c’était ça : manifester le futur avec chaque battement de cœur amplifié par les enceintes.
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septembre 30, 2025Un battement artificiel, des textures qui s’entrechoquent comme des néons fissurés, et au milieu de cette effervescence numérique, la voix de Siddzartha qui se pose comme une respiration fragile. Life Support ne se contente pas d’être un morceau, c’est un système vital, un câble branché sur le cœur de l’auditeur.
Le track navigue dans cette zone trouble où la pop rap la plus accessible rencontre l’hyperpop la plus glitchée, flirtant avec l’indie R&B sans jamais s’y abandonner. La production explose et se contracte, comme un pouls irrégulier : les basses saturées se dissolvent dans des montées aériennes, les beats claquent avec une urgence presque médicale. On pense à 100 gecs qui se serait assagi, à The Weeknd qui aurait trempé son spleen dans l’électricité post-internet.
Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la construction sonore mais la dramaturgie intime qui s’en dégage. Life Support s’écoute comme on ouvre un journal intime codé en 0 et 1 : tout est à vif, mais protégé par une carapace digitale. La mélodie oscille entre désespoir lumineux et euphorie paradoxale, comme si la survie passait autant par l’aveu de la fragilité que par l’excès sonore.
Siddzartha, qu’on pourrait réduire à un simple storyteller pop, démontre ici une vision plus ample : transformer l’hyperpop en un espace émotionnel, pas seulement esthétique. Le morceau se vit dans un va-et-vient permanent entre club et confessionnal, entre sueur et larmes. C’est cette tension — presque insoutenable — qui le rend inoubliable.
Avec Life Support, l’artiste s’installe comme un funambule du son contemporain, à la croisée des genres et des époques. Une musique qui parle autant aux corps qu’aux fantômes numériques qui nous hantent. Et si la pop rap actuelle s’essouffle parfois dans sa formule trop propre, Siddzartha lui greffe ici une nouvelle machine, un respirateur d’émotions brutes.
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septembre 30, 2025On croit parfois qu’il faut des refrains tonitruants ou des productions hypertrophiées pour ensorceler une oreille. Girl Is The New Boy démontre le contraire avec The Magician. Leur deuxième titre n’est pas une explosion mais une incantation : une progression subtile, hypnotique, qui installe sa magie dans le creux du corps avant même qu’on s’en aperçoive.
Le morceau s’avance comme un sortilège néo-soul, vibrant d’une chaleur organique, où chaque détail semble convoquer un univers parallèle. Les lignes instrumentales se croisent et s’éloignent comme des constellations qu’on essaie de relier du doigt, dessinant une carte intime et mouvante. Les rythmiques héritées du hip-hop alternatif donnent l’assise, mais jamais en force brute : ici, la batterie respire, les silences comptent autant que les coups, et l’espace laissé à l’auditeur est presque une invitation à compléter soi-même la formule magique.
Ce qui fascine dans The Magician, c’est cette manière d’osciller entre fragilité et aplomb. On sent un héritage direct de la soul la plus sensuelle — une façon de laisser le grain vocal trembler, de ne pas lisser l’émotion — tout en glissant des audaces rythmiques qui lorgnent du côté d’un hip-hop poétique, presque cinématographique. À l’écoute, on pense à la collision entre Erykah Badu et The Internet, mais passée dans un prisme plus contemporain, presque londonien dans sa noirceur élégante.
Après Fashion Me a Drum, qui avait déjà attiré l’attention bien au-delà de son cercle immédiat, Girl Is The New Boy confirme qu’ils ne sont pas un projet éphémère mais un laboratoire esthétique. Chaque morceau semble conçu comme une expérience sensorielle, un fragment de récit plus vaste où les genres ne sont plus des catégories mais des matières à tordre.
The Magician n’essaie pas de séduire en surface. C’est un titre qui s’insinue, qui demande à être rejoué, qui installe une atmosphère dont on ne se défait pas si facilement. Et dans un paysage saturé de hits jetables, c’est peut-être là le vrai sortilège : composer une musique qui hante au lieu de simplement divertir.
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septembre 30, 2025Le reggae a toujours eu cette faculté étrange de flotter hors du temps, comme une pulsation parallèle à la modernité. Avec Done Did It (Revival 2.0), Katchafire réussit un tour de force rare : faire ressurgir une chanson du passé sans la figer dans la nostalgie. C’est un morceau qui respire encore, qui vit plus fort, qui prouve que certaines flammes ne s’éteignent jamais, qu’elles peuvent même brûler plus vivement quand on les rallume vingt ans plus tard.
Cette nouvelle version est un soulèvement des détails : une basse plus charnue, un groove plus ferme, des voix qui semblent dégagées d’un voile. Le mixage rehausse les textures comme on polit une pierre précieuse qu’on croyait connaître, révélant des facettes insoupçonnées. La remasterisation ne gomme pas les aspérités de l’enregistrement d’origine, elle les magnifie, comme si les cicatrices du temps devenaient la vraie beauté. C’est ce contraste entre la rugosité initiale et la finesse contemporaine qui donne à Done Did It (Revival 2.0) une intensité nouvelle, une vibration qui touche autant le corps que la mémoire.
Mais au-delà de l’ingénierie sonore, ce morceau est un manifeste. Il condense l’ADN de Katchafire : cette manière unique de croiser les racines jamaïcaines et l’identité māorie, de transformer chaque refrain en rituel collectif, chaque pulsation en message d’unité. Le reggae, chez eux, n’est pas un décor exotique mais une langue maternelle. Et dans ce Revival, on entend autant la fierté d’une culture que l’ivresse d’une fête. La piste de danse et le marae, la sueur et la spiritualité, le local et l’universel : tout se tient dans la même vibration.
On pourrait croire qu’un remix de ce genre vise surtout à flatter la fibre nostalgique des fans de la première heure. Mais non : Done Did It (Revival 2.0) est un morceau qui parle aussi à une génération qui n’était même pas née lors de l’enregistrement original. Il a l’aplomb de ces classiques qui ne se demandent pas à qui ils s’adressent, parce qu’ils savent qu’ils trouveront toujours une oreille prête à céder à leur évidence.
Katchafire ne signe pas un retour, ils signent une renaissance. Done Did It (Revival 2.0) n’est pas une relique retapée, c’est une preuve éclatante que le reggae, quand il est sincère et viscéral, n’a pas d’âge. Et si l’album Revival 2.0 suit cette trajectoire, il pourrait bien devenir non pas un simple hommage à leur jeunesse, mais une redéfinition de leur avenir.
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septembre 30, 2025Un morceau comme KIRAN n’arrive pas par hasard : il surgit comme une parabole, quelque part entre la tragédie shakespearienne et la rédemption spirituelle, et porte la marque d’une ambition rare dans le rap contemporain. Horizyn, rappeur d’East London au flow précis et sans compromis, y construit un récit cinématographique autour d’un CEO tout-puissant, happé par l’avidité et la vacuité de son propre empire, jusqu’à ce qu’une expérience de mort imminente lui fasse tout reconsidérer.
Ce qui frappe d’abord, c’est la densité narrative. Chaque rime agit comme un plan de caméra, découpant le destin de ce personnage comme on déroulerait un film noir, avec ses excès, ses échos de solitude et, enfin, sa quête maladroite d’un second souffle. Mais ce réalisme brutal n’est jamais laissé à l’état brut : Vandana Nirankari surgit dans le refrain comme une apparition spectrale, sa voix naviguant entre ferveur et mélancolie, apportant au morceau une gravité quasi mystique. Elle ne se contente pas d’orner le beat — elle l’élève, elle le contredit parfois, elle incarne la possibilité d’un autre chemin.
Musicalement, KIRAN est une alchimie subtile : une base hip-hop britannique qui respire le boom bap réinventé, sur laquelle viennent s’inviter des couleurs harmoniques empruntées à la tradition indienne. Cette hybridation n’a rien d’un gimmick exotique, elle agit comme un véritable liant, un pont entre deux mondes sonores qui se répondent. Le grain lourd de la rythmique dialogue avec des inflexions vocales d’ailleurs, créant une tension permanente entre brutalité et espoir.
Horizyn n’en est pas à son premier coup d’éclat, mais ce titre donne la sensation d’un tournant. Non pas un simple morceau de rap conscient, mais une fable moderne, un avertissement et une promesse. KIRAN rappelle que la musique peut encore servir à raconter des histoires d’âmes perdues et retrouvées, à ausculter les paradoxes humains — ce besoin d’accumuler et ce désir de renaître.
Dans une scène où le spectaculaire et le superficiel dominent, Horizyn et Vandana signent une œuvre d’une intensité rare, qui ne cherche pas seulement à plaire mais à marquer, à hanter, à forcer l’écoute jusqu’au bout. Un morceau qui, comme son titre l’indique, agit comme un rayon : il perce l’obscurité, mais sans jamais en nier la profondeur.
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septembre 30, 2025Sous ses airs de slackeur hédoniste, Scoobert Doobert cache une vraie science du détail, cette manière de transformer une mélodie anodine en petit vertige de joie simple. Avec best. day. ever., il sort de sa chambre — ce berceau du lo-fi — pour offrir une cartographie sonore de l’ivresse estivale, celle où chaque rayon de soleil semble un riff et chaque vague une ligne de basse.
Le morceau s’inscrit dans la continuité de son univers, ce qu’il aime appeler du lofi hifi wifi : une esthétique artisanale qui respire la sincérité, mais qui se pare d’arrangements assez malins pour flirter avec la pop la plus addictive. Ici, les guitares claquent comme des bulles de soda, la rythmique s’étire dans une nonchalance californienne, et les textures électroniques viennent tapisser l’ensemble d’un voile rétrofuturiste. Le résultat évoque autant le slacker rock des années 90 que l’insouciance colorée de la bedroom pop contemporaine.
Si le titre semble léger, presque anecdotique dans sa célébration d’un moment parfait, il révèle surtout une capacité rare à condenser des sensations fugaces en paysages sonores. On entend dans best. day. ever. les échos d’un été qui refuse de mourir, un refus de laisser l’ordinaire étouffer le sublime du banal. C’est ce paradoxe que Scoobert maîtrise : transformer une journée quelconque en une parenthèse enchantée, presque cinématographique.
L’artiste n’en est pas à son coup d’essai. Entre ses collaborations avec CHAI, ses LPs aux allures de cycles méditatifs (Big Hug, KŌAN, Moonlight Beach), et son rôle de producteur touche-à-tout, Scoobert a su bâtir une réputation de caméléon sonore. Mais c’est dans ces morceaux faussement simples, écrits depuis sa chambre, que son génie éclate : un sens du groove décontracté, une oreille d’arrangeur minutieux, et surtout, une voix qui ne cherche jamais à dominer mais à se fondre dans la texture.
Avec best. day. ever., Scoobert Doobert ne signe pas seulement une chanson : il capture un état d’esprit. Celui d’un monde où la nostalgie devient carburant, où l’instant présent se cristallise dans un beat paresseux, et où l’on comprend que la musique peut être, tout simplement, le filtre rose que l’on met sur une réalité trop grise.
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septembre 30, 2025Dans une époque où le rap s’effiloche parfois en gimmicks éphémères, JRoberts garde les deux pieds dans le béton du réel. Avec Celtic Connoisseur, le MC torontois d’origine irlandaise prouve qu’il n’a pas besoin d’artifices pour imposer une plume : il lui suffit d’un beat brut, d’une ambiance boom bap sculptée à la machette et d’une voix qui porte à la fois le poids de la rue et celui d’une histoire familiale transmise comme une cicatrice.
Ce nouveau morceau respire l’authenticité, cette sueur d’atelier où l’on cisèle les rimes comme on polit une lame. Les nappes instrumentales sentent le vinyle usé, la caisse claire cogne comme une porte de squat, et au milieu de cette ossature old school, JRoberts balance des images où s’entrelacent deux héritages : celui des blocks de Toronto et celui des racines celtiques qu’il brandit comme un blason. Le titre, Celtic Connoisseur, n’est pas qu’une coquetterie : il condense cette tension entre identité et survie, entre la mémoire des ancêtres et la nécessité de rester debout dans un monde qui n’épargne personne.
On retrouve dans sa diction un refus d’arrondir les angles. Chaque phrase semble calibrée pour frapper droit au plexus, mais sans sacrifier la finesse de l’écriture. JRoberts se tient dans cette ligne rare où le rap reste poétique sans perdre son tranchant, politique sans tomber dans le prêche. L’énergie du morceau rappelle l’école new-yorkaise des années 90, mais il y glisse une densité intime, nourrie par son vécu de père, de travailleur, d’homme qui refuse d’abandonner sa passion malgré le poids du quotidien.
Celtic Connoisseur n’est pas un simple single de plus : c’est un manifeste, un rappel que le hip-hop n’a jamais été qu’une question de mode, mais toujours un champ de bataille où chaque mot compte. Et dans cette guerre de l’authenticité, JRoberts avance comme un soldat vétéran, avec le calme de ceux qui savent que la vraie force ne crie pas, elle persiste.
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septembre 30, 2025Une basse qui claque comme un élastique au soleil, une guitare effilochée entre surf et jazz, une trompette qui s’invite comme un éclat de cuivre au détour d’un refrain : Hey Betty, deuxième single d’A-Mar, arrive avec l’assurance nonchalante d’un musicien qui connaît ses classiques mais n’a pas peur de les froisser. Ici, l’ombre des Red Hot Chili Peppers plane, mais le morceau ne se contente pas de rejouer le funk-rock californien. A-Mar y injecte une souplesse toute personnelle, plus feutrée, nourrie de bedroom pop et de cette ironie tendre qui fait sourire autant qu’elle fait bouger la tête.
La force de Hey Betty réside dans sa capacité à conjuguer plusieurs grammaires musicales sans jamais sonner scolaire. Les riffs rock n’ roll se font dompter par des accords jazz, tandis que la voix traîne volontairement, presque paresseuse, comme pour mieux laisser respirer le groove. C’est un morceau qui se savoure comme une jam improvisée, où l’ivresse de la spontanéité prime sur la perfection millimétrée. On pense aux lignes de basse musclées de Flea, à l’attitude de Mac DeMarco, mais aussi à une certaine élégance à la Miles Davis, subtilement distillée dans l’arrangement.
Il y a dans Hey Betty une chaleur communicative, le genre de chanson qui transforme un matin gris en scène de film indie, où l’on se surprend à claquer des doigts dans le métro ou à fredonner sans s’en rendre compte. La production garde ce grain lo-fi, un peu granuleux, qui empêche le titre de sombrer dans le trop-lisse. Au contraire, ces petites aspérités lui donnent ce charme de session live captée à la volée, comme si on avait ouvert la porte d’un garage où quatre musiciens transpirent la joie de jouer ensemble.
A-Mar ne signe pas seulement un single funky et solaire : il déclare sa vision, celle d’un musicien pour qui les harmonies, les solos et la mélodie sont des outils de conversation plutôt que de démonstration. Hey Betty n’est pas là pour impressionner, mais pour embarquer — et il y réussit avec une désarmante évidence.
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septembre 30, 2025On retrouve parfois dans un grenier poussiéreux plus qu’un vieux magnétophone ou une boîte de souvenirs : on y déterre une atmosphère, une couleur, un souffle. Avec Blow, Jakob signe son grand retour après des années de silence discographique et transforme la redécouverte d’un antique Roland en catalyseur de son imagination. Le morceau, instrumental et pourtant narratif, se déploie comme une carte postale sonore, froissée par le temps mais toujours vibrante.
L’univers de Jakob a toujours été celui d’une douceur bancale, où les textures lo-fi se frottent à la romance la plus intime. Ici, le producteur tisse une matière faite de guitares cotonneuses, de beats effacés comme des ombres et de claviers brumeux qui rappellent les après-midis d’été passés à rêvasser plus qu’à agir. Blow n’a pas besoin de mots pour parler d’épuisement, de désir ou de nostalgie : chaque note suinte la fragilité d’un moment suspendu.
Ce retour est d’autant plus marquant que Jakob, ex-Ogawa, a façonné sa réputation sur cette capacité à transformer la vulnérabilité en force. De All Your Love à ses EPs Bedroom Tapes et April, il avait déjà établi les fondations d’une pop intime, fragile et pourtant d’une puissance universelle. Mais Blow ouvre une nouvelle ère : celle d’une introspection instrumentale, qui flirte avec l’indietronica et le lo-fi rock, et qui semble nous murmurer que parfois, l’essentiel se dit mieux sans paroles.
En moins de trois minutes, le morceau condense l’art de Jakob : l’épure, l’émotion nue, l’hybridité entre cinéma intérieur et pop de chambre. On y perçoit autant la fatigue d’un musicien de retour de tournée que le plaisir retrouvé du geste créatif, cette envie de faire vibrer l’instant avec peu de choses mais beaucoup de sincérité.
Blow est une pièce discrète et pourtant flamboyante, un signal clair : Jakob n’a rien perdu de sa magie. Il revient plus humain que jamais, prêt à dérouler un nouveau chapitre qui, déjà, nous donne envie de plonger dans l’album qu’il prépare.
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septembre 30, 2025La première écoute de Monster donne l’impression d’entrer dans un tunnel où les murs tremblent au rythme de basses massives. Pas de texte, pas de voix qui rassure ou guide : uniquement un instrumental tendu, rugueux, qui vous prend à la gorge. Zynovox ne compose pas pour remplir l’espace sonore, il l’agresse, le déforme, le fait claquer jusqu’à l’excès. Et Omofaaji, en renfort, injecte une énergie brute qui fait de cette collaboration un champ de bataille sonore.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le morceau se tient entre plusieurs univers sans jamais choisir : un beat boombap qui convoque la nostalgie des blocs new-yorkais, une agressivité trap qui n’a rien à envier aux clubs d’Atlanta, et des montées électroniques dignes des sets EDM les plus hystériques. Monster est une créature hybride, construite comme une machine de guerre musicale, pensée pour cogner fort, très fort.
L’absence de paroles, loin de créer un manque, ouvre un espace d’interprétation. On se laisse porter par les variations de textures : kicks saturés, hi-hats mitraillés, nappes sombres qui rappellent presque l’imagerie horrorcore. C’est une bande-son pour une course nocturne, un combat de rue, une rave perdue au milieu d’une zone industrielle. Le morceau a cette puissance visuelle, cette capacité à convoquer des images mentales immédiates, comme si chaque drop dessinait une nouvelle scène d’action.
On sent aussi dans Monster un refus du compromis : Zynovox s’amuse à brouiller les frontières, à mettre le rap instrumental sur le même plan que l’électro extrême. Pas question de séduire avec une hook facile, il préfère plonger l’auditeur dans une spirale hypnotique. C’est une démarche radicale, mais nécessaire dans un paysage saturé de formats.
Avec ce titre, Zynovox et Omofaaji signent un manifeste sonore : un rappel que le rap peut exister sans mots, que le corps suffit pour comprendre, que la rage et la transe peuvent se transmettre uniquement par le choc des fréquences. Monster n’est pas seulement un morceau : c’est une expérience physique, presque viscérale, qui laisse le souffle court.
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septembre 30, 2025Une chanson comme celle-ci ne s’écoute pas, elle s’absorbe. Comme un ciel bas, lourd de pluie, qui finit par éclater et vous tremper jusqu’à l’os, Never Meant To Hurt You est une confession qui ne cherche pas l’absolution, mais la justesse. Ady Suleiman, avec sa voix de velours froissé, murmure plus qu’il ne chante : il ouvre une plaie, la caresse du bout des doigts et nous invite à la regarder sans détour.
Là où tant de ballades R&B se contentent d’un vernis émotionnel, ce morceau est une mise à nu. La production de Miles James épouse parfaitement cette pudeur : nappes souples, battements discrets, une architecture sonore qui n’impose rien mais soutient tout. C’est une mise en scène subtile, un décor minimaliste pour une histoire trop vaste pour être réduite à un couplet.
Puis surgit Kofi Stone, comme un contrepoint dramatique, un souffle grave qui densifie le récit. Sa voix ne vient pas contredire mais compléter : elle rappelle que l’amour est toujours un jeu de perspectives, qu’à chaque blessure répond une désillusion. Ensemble, ils construisent une polyphonie fragile, à la frontière de la soul, du spoken word et du hip-hop le plus introspectif.
La force de Never Meant To Hurt You ne réside pas seulement dans ce dialogue sensible, mais dans la trajectoire qu’il incarne. On retrouve Ady Suleiman après une parenthèse longue, peut-être nécessaire, comme si l’artiste avait eu besoin de se taire pour mieux renaître. Ses racines swahilies, ses souvenirs de Grantham étouffés par l’ennui provincial, son adolescence sauvée par une guitare et par Hendrix — tout cela affleure dans ses inflexions, comme des fantômes qui refusent de disparaître.
Le morceau agit alors comme une réconciliation : entre passé et présent, entre vulnérabilité et force, entre soul et rap. Ce n’est pas un single calibré pour faire tourner les algorithmes, c’est un fragment de vérité cristallisé en musique. Et quand Ady répète qu’il n’a jamais voulu blesser, on comprend que ce n’est pas seulement une adresse à l’être aimé, mais à lui-même, à ses propres manquements.
Dans cette sincérité brute, Never Meant To Hurt You trouve sa grandeur : une ballade moderne qui redonne à l’erreur humaine la dignité d’une œuvre d’art.
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septembre 30, 2025Écouter Another Man de Jadel Legere, c’est comme être propulsé au cœur d’un défilé carnavalesque à Port of Spain avant même d’avoir posé un pied sur l’île. Le morceau pulse d’une énergie brute, une transe solaire où le Soca flirte avec la puissance tellurique du Bouyon. Ici, pas de demi-mesure : les cuivres éclatent, les percussions s’entrechoquent comme des vagues de foule, et la voix de Jadel plane au-dessus de tout, souveraine, vibrante, prête à rallier des milliers de corps à son cri.
Ce titre n’est pas seulement une chanson festive, c’est une déclaration. Une manière de rappeler que le Soca n’a jamais été un simple divertissement mais un art total, une célébration de la survie et de la joie dans un monde qui cherche sans cesse à éteindre les feux populaires. La production de XplicitMevon, dense et brillante, donne au morceau une ossature quasi militaire : kicks secs, lignes de basse lourdes, ruptures de rythme qui semblent taillées pour faire exploser les sound systems. Mais ce qui impressionne, c’est la façon dont Jadel insuffle à cette architecture sonore une sensibilité organique. Chaque intonation porte l’héritage de ses années de scène, de ses tournées transatlantiques, de son lien indéfectible avec le public.
Jadel Legere s’impose ici comme une figure incontournable du renouveau soca. Depuis ses premiers pas aux côtés de Machel Montano jusqu’à ses collaborations internationales, elle n’a cessé de cultiver une identité à la fois profondément enracinée dans la tradition trinidadienne et résolument tournée vers l’avenir. Another Man en est la preuve éclatante : un hymne qui transcende les frontières caribéennes pour s’inscrire dans la grande histoire des musiques du monde.
On y retrouve ce qui fait la force de Jadel : une science du refrain imparable, une aisance à jouer des dynamiques vocales comme des vagues émotionnelles, et cette conviction qu’une chanson, lorsqu’elle est bien écrite, doit être capable de transformer la rue en cathédrale. Dans le sillage de ce single, c’est tout le Carnaval 2026 qui semble déjà embrasé, prêt à danser au rythme de sa voix.
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septembre 30, 2025On écoute Rats In The City comme on traverse une ville qu’on ne connaît pas encore. Les façades se déforment sous la lumière électrique, les ombres courent sur les murs, et chaque coin de rue semble abriter une mélodie fantôme. Birdie Swann Sisters & King Black Acid réussissent ce tour de force : faire de la musique non pas un simple paysage sonore, mais une matière urbaine mouvante, une fiction psychédélique où le rêve et le béton s’entrechoquent.
Dès les premières secondes, la basse lourde trace un sillon sous un brouillard de synthés analogiques, rappelant ces bandes-son 80’s qui hantaient autant les clubs que les écrans cathodiques. La voix, à la fois distante et enveloppante, agit comme une lanterne : elle ne guide pas, elle suggère. On pense à la langueur cosmique de Cocteau Twins, à l’élégance moite de M83 période Saturdays = Youth, mais ici la texture est plus rugueuse, plus organique, comme si les machines respiraient elles-mêmes.
Il faut dire que l’alliance des Birdie Swann Sisters (Birdie Moon et Daisy Rae Swann) avec Daniel Riddle et son collectif King Black Acid n’a rien d’anodin. Tous partagent ce goût pour les instruments rares, les guitares lo-fi, les batteries programmées comme des battements cardiaques, et cette obsession de l’atmosphère qui transforme une chanson en film intérieur. Le résultat est une tapisserie sonore dense, cinématographique, mixée par Darrell Thorp (Radiohead, Beck, Outkast), où chaque détail — un souffle, un delay, une nappe de claviers — semble poser une nouvelle pierre à l’édifice.
Rats In The City n’est pas qu’un titre, c’est un concept : la beauté paradoxale d’une modernité en ruine, où le spleen se danse, où le chaos devient chorégraphie. On y sent les pulsations d’un monde en déclin et la poésie d’un futur possible, comme si l’on regardait l’horizon urbain avec des yeux fatigués mais encore pleins de désir.
Cette chanson est un carrefour. Entre passé analogique et futur numérique, entre l’ombre des clubs et la lumière des souvenirs, entre la mélancolie et l’exaltation. Et dans ce carrefour, Birdie Swann Sisters & King Black Acid nous invitent à errer — non pas pour fuir, mais pour habiter autrement nos propres villes intérieures.
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septembre 30, 2025Un bon remix, ce n’est pas juste de la cosmétique sonore, c’est une réécriture, presque un acte de fiction parallèle. Avec sa relecture de R.I.P. — le tube de Rita Ora soutenu par Tinie Tempah — le producteur londonien Mxrsecxde ne cherche pas à flatter la nostalgie, mais à propulser le morceau dans un autre espace-temps. Celui d’une vague électronique à la fois commerciale et underground, où la matière pop se dissout dans une texture beaucoup plus vaporeuse et métallique.
Là où l’original brillait par son efficacité radio, ses refrains fédérateurs et son énergie calibrée pour les charts, le remix lui arrache ce vernis pour plonger l’ensemble dans une atmosphère wave aux reflets sombres. La voix de Rita Ora, toujours claire et magnétique, se retrouve étirée, fragmentée, parfois noyée dans les réverbérations, comme si elle émergeait d’un club imaginaire enfoui sous terre. Tinie Tempah, lui, conserve son rôle d’ancrage rap mais résonne ici comme un fantôme digital, calé sur des basses profondes qui résonnent plus qu’elles ne frappent.
La production de Mxrsecxde jongle entre minimalisme et surcharge contrôlée : kicks trap étouffés, nappes éthérées, drops qui surprennent par leur froideur presque clinique, loin des explosions habituelles de l’EDM grand public. C’est cette tension, ce refus du spectaculaire facile, qui donne au remix sa force : une manière de transformer un hit de surface en expérience introspective, presque cinématographique.
Ce choix esthétique inscrit le remix dans une mouvance hybride : entre les clubs londoniens où l’expérimental croise le mainstream, et les playlists globales où l’aftermovie festival cède peu à peu la place à des ambiances plus nocturnes, plus brumeuses. Mxrsecxde affirme ainsi son identité de producteur capable de tordre le connu pour le faire résonner autrement.
R.I.P. dans cette version n’est plus un hymne pop triomphant, mais un souvenir réinventé, un spectre qui continue de hanter les dancefloors avec un visage neuf. Un pari réussi, car on en ressort non pas avec la mélodie en tête, mais avec une sensation persistante : celle d’avoir glissé dans une faille sonore où passé et futur s’entrechoquent.
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septembre 30, 2025Ce morceau n’a rien d’un simple freestyle posé à la va-vite : Slipping N 2 Darkness sonne comme une confession, une descente lucide au cœur de ce que la rue, la mémoire et les fantômes du quotidien laissent derrière eux. Eddy Krow, héritier d’une tradition soul et funk que son père lui a léguée en vinyles — Temptations, O’Jays, George Benson — infuse ce vécu dans une écriture rap consciente qui ne cherche pas l’éclat superficiel, mais la profondeur.
La production, sombre et atmosphérique, fonctionne comme une toile nocturne. Les basses sont moelleuses mais insistantes, les nappes sonores s’effilochent comme une brume qui colle à la peau, et l’on sent que chaque beat tombe avec le poids d’une pensée trop lourde pour être tue. C’est dans cet espace que Krow déroule son flow, grave et posé, presque fatigué mais déterminé à ne pas se laisser engloutir.
Ce qui rend la pièce saisissante, c’est l’alchimie avec Oran Bailey. Sa présence vocale agit comme un contrepoint lumineux, non pas pour effacer l’ombre, mais pour lui donner du relief. Là où Eddy Krow creuse dans les paradoxes de la survie, des regrets et des ambitions contrariées, Bailey ouvre des respirations, comme des éclats de lumière filtrant entre les murs d’une cellule mentale.
On entend dans cette chanson les influences de Slick Rick ou LL Cool J, mais aussi une volonté de s’éloigner du clinquant pour revenir à la fonction première du rap : raconter, avertir, témoigner. Slipping N 2 Darkness n’est pas une complainte, c’est un instantané de lutte intérieure, une façon d’admettre que la noirceur existe, qu’elle guette, mais qu’elle peut être nommée et donc affrontée.
Eddy Krow signe ici un titre qui, sous ses dehors feutrés, frappe par sa sincérité et sa maîtrise narrative. C’est un morceau de résistance personnelle, qui ne crie pas sa douleur mais la chuchote avec une intensité qui, paradoxalement, résonne encore plus fort.
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septembre 30, 2025On ne sort pas indemne de l’écoute de OLDHEAD. Karl, qui porte son blaze comme une revendication, livre ici un morceau qui sent le métal brûlé, la sueur, la paranoïa. Ce n’est pas seulement du trap, ni seulement du gangsta rap : c’est une hybridation abrasive où l’horreur et la colère s’invitent, flirtant avec l’énergie brute du horrorcore et la brutalité du trap metal.
Dès les premières secondes, on est happé par une production qui ne laisse pas respirer. Les basses cognent comme des coups portés au plexus, les percussions se tordent en spirales menaçantes et chaque silence, chaque rupture, fait naître une tension presque cinématographique. C’est une atmosphère de cave humide, de ruelle nocturne, où chaque bruit devient une alerte.
Karl s’y engouffre avec un flow qui n’est pas là pour séduire, mais pour graver au fer rouge. Son timbre rauque, volontairement écorché, joue sur une théâtralité viscérale, entre cri étouffé et incantation. Il a cette manière de répéter, de marteler certaines phrases, qui transforme ses mots en armes hypnotiques. Le texte n’est pas une fresque lyrique, c’est une gifle : obsession pour la survie, rejet du système, mémoire des cicatrices.
Mais derrière l’agressivité, il y a un savoir-faire précis. Chaque couche sonore est pensée pour amplifier le malaise : nappes dissonantes, distorsions saturées, échos métalliques. On pense à Denzel Curry période TA13OO ou aux fulgurances rageuses de Ghostemane, mais avec une rugosité plus crue, plus ancrée dans la rue que dans l’expérimentation esthétique.
OLDHEAD est moins une chanson qu’une déclaration. Le genre de morceau qui ne cherche pas à plaire mais à marquer, à ouvrir une brèche. Un manifeste sonore où Karl dit en creux : le rap n’est pas qu’un terrain de jeu pour rookies brillants, c’est aussi le refuge des vétérans qui refusent de baisser la tête.
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septembre 30, 2025Écouter Late Show de BYTY, c’est comme marcher seul au bord d’une mer glacée après minuit, avec les néons d’un bar désert reflétés sur l’eau et un sentiment diffus que la nuit va confier un secret. Le morceau clôt l’album Chemicals avec une élégance presque cinématographique : pas de climax artificiel, mais une tension qui se déploie doucement, comme un travelling qui n’en finit pas.
La voix de Kasia Siepka, venue de la Baltique, est l’élément qui aimante l’oreille. Elle flotte entre trip-hop et soul, tour à tour éthérée et charnelle, un peu comme si Beth Gibbons s’était aventurée sur les rivages électroniques de James Blake. Elle ne cherche pas à dominer la production, elle s’y dissout, épouse les aspérités des beats feutrés et laisse traîner une vibration qui persiste après le silence.
La production, justement, avance en clair-obscur. Les textures électroniques respirent le trip-hop des années 90, mais se détachent de toute nostalgie par une approche plus cinématographique. Les nappes synthétiques se superposent en couches translucides, tandis que la rythmique, discrète mais déterminante, évoque le battement lointain d’un cœur nocturne. On est autant dans l’intime que dans le paysage, entre la confession murmurée et la fresque sonore.
En refermant Chemicals avec ce titre, BYTY signe plus qu’une simple fin : une sorte d’ombre portée qui redonne du relief à tout ce qui précède. Late Show agit comme un dernier verre, celui qu’on n’avait pas prévu, celui qui change la couleur de la soirée entière. Le groupe, ancré à Gdańsk mais clairement tourné vers un imaginaire global, démontre ici sa capacité à faire du R&B contemporain une matière malléable, capable de s’étirer vers le trip-hop, le nu-jazz ou même une forme d’art pop contemplative.
Late Show n’est pas qu’une chanson de clôture, c’est une empreinte. Une invitation à rester dans l’obscurité quelques minutes de plus, juste pour voir jusqu’où la nuit polonaise peut encore nous mener.
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septembre 30, 2025Un morceau comme Cuttin’ Up ne se découvre pas, il se reçoit de plein fouet. Dès les premières mesures, Sandrinette s’installe au centre du ring sonore et déroule une performance qui rappelle que le rap reste d’abord une question de souffle, de technique et d’imagination. Pas d’artifices, pas de fioritures : un beat sec, tendu comme une corde, et des mots qui s’entrechoquent comme des coups portés avec précision.
L’inspiration de Papoose et son mythique Alphabetic Slaughter plane évidemment sur le morceau, mais Sandrinette ne se contente pas de citer ou d’imiter. Elle reprend ce modèle d’endurance lyricale pour y injecter son propre tempérament : plus joueur, plus vif, moins démonstratif que jubilatoire. Le plaisir qu’elle prend à manipuler la langue, à sculpter chaque rime comme un éclat de verre, devient communicatif. On n’écoute pas seulement un exercice de style, on assiste à une jubilation — un corps-à-corps entre le texte et la cadence.
La production joue son rôle avec intelligence. Minimaliste, presque spartiate, elle fonctionne comme une cage qui laisse le flow occuper tout l’espace. Chaque silence, chaque respiration, devient partie intégrante de l’attaque verbale. On sent que Sandrinette connaît ses références sur le bout des doigts, mais refuse de se laisser enfermer dans la nostalgie. Son interprétation rend hommage à l’école old-school tout en l’arrachant à son musée pour la projeter dans le présent.
Au final, Cuttin’ Up n’est pas un simple single : c’est une déclaration. Un manifeste qui dit que le rap n’a pas besoin de se travestir pour rester percutant, que la virtuosité technique peut être un moteur d’émotion brute. Sandrinette s’impose ici non pas comme une élève appliquée, mais comme une héritière indocile, prête à tordre l’histoire du hip-hop pour mieux en écrire la suite.
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septembre 30, 2025L’image des boy bands nippons a souvent été associée à la perfection millimétrée, à des chorégraphies exécutées comme des horloges et à une pop polie au point de briller comme un néon. Mais avec BET YOUR LIFE, ONE OR EIGHT déjoue les attentes et injecte une tension presque cinématographique dans leur univers. C’est une chanson qui ne cherche pas seulement à séduire par ses refrains accrocheurs : elle clame le droit au vertige, à l’élan, à la mise en danger.
Dès les premières secondes, on est happé par une production hybride qui emprunte au pop rap l’énergie frontale, au K-pop l’opulence rythmique, et au J-pop l’art du détail mélodique. Les percussions claquent avec une précision chirurgicale, mais le morceau respire une urgence viscérale : cette idée de jouer son avenir sur un coup de dés, de brûler ses hésitations sur l’autel d’une foi inébranlable en soi-même.
La force de ONE OR EIGHT, c’est de transformer un credo existentiel en hymne collectif. BET YOUR LIFE raconte le doute, la peur et l’anxiété, mais toujours pour mieux les balayer dans une explosion de voix superposées, de refrains taillés pour les stades et de passages rappés qui ajoutent du mordant. On pense à ces instants de bascule — avant un saut, une déclaration, un choix qui change tout — où l’on sent le monde se tendre comme une corde. Ici, la musique devient cette corde, tendue mais jamais cassée, vibrante d’énergie.
Et derrière l’efficacité pop se dessine un projet plus grand : celui d’un groupe qui fait de son propre parcours un miroir pour une génération. ONE OR EIGHT, en choisissant de baptiser sa chanson BET YOUR LIFE, assume la radicalité de son nom même — « all or nothing », tout ou rien. C’est cette mise en jeu permanente qui rend leur univers fascinant : chaque note sonne comme une prise de risque, chaque refrain comme une victoire arrachée au doute.
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septembre 30, 2025On entend tout de suite que $hipa n’est pas du genre à emprunter les sentiers battus. Son single Yalah Bali arrive comme une déferlante solaire, mélange de hip-hop africain, d’afro-pop et d’une touche autotunée qui scintille comme une vague en plein été. Mais derrière cette façade feel-good, le morceau cache une approche plus subtile : une manière de transformer la langue — arabe et darija marocain — en instrument de rythme et de vibration universelle.
La production respire l’ivresse du présent. Les percussions roulent comme des tambours de fête, mais elles sont taillées avec la précision des machines, ouvrant l’espace à des lignes mélodiques obsédantes qui invitent à se laisser aller. On pense aux rooftops brûlants, aux clubs improvisés au bord de l’océan, à cette énergie collective où les corps se soudent autour d’un même battement. C’est ce paradoxe qui rend Yalah Bali fascinant : à la fois très moderne dans son habillage digital et profondément enraciné dans une chaleur organique, celle des voix, des cadences, des inflexions qui rappellent l’Afrique du Nord.
$hipa n’en fait pas des tonnes, mais sa signature est claire. Il tord l’autotune pour lui donner un éclat presque psychédélique, loin de l’usage mécanique qu’on en fait trop souvent. Sa voix se mêle au beat, tantôt planante, tantôt incisive, comme si elle cherchait à brouiller la frontière entre chant et percussion. On devine un artiste qui ne craint pas de jouer avec les codes, d’absorber les influences mondiales pour les filtrer à travers son propre vécu marocain.
Yalah Bali n’est pas seulement une chanson pour danser. C’est un manifeste de liberté : celle de ne pas s’alourdir des ombres, de célébrer le mouvement, la joie brute, l’énergie partagée. En à peine quelques minutes, $hipa réussit à dessiner un monde où les frontières s’effacent, où l’afro-drill flirte avec la pop mondiale, et où la fête devient presque une philosophie.
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septembre 30, 2025On dirait presque un rêve fluorescent, coincé entre un écran cathodique des années 90 et une nuit moite dans un club où les néons remplacent les étoiles. Avec Gameboy, Deb signe un titre qui parle à l’enfant resté tapi en nous, celui qui triturait des boutons en plastique pour avancer dans des mondes trop grands, trop dangereux, mais étrangement familiers.
Dès les premières secondes, la production électro pop installe son décor : des synthés taillés comme des pixels, une rythmique qui claque comme le bruit sec d’une touche « A » qu’on martèle trop fort, et une ligne mélodique addictive, presque naïve dans son évidence, mais qui cache une profondeur plus sombre. Car derrière le vernis acidulé, Deb glisse une tension souterraine, comme si ce Gameboy n’était pas seulement une machine de poche mais aussi une métaphore de nos vies, réduites à des niveaux à franchir, des vies à perdre, des bonus à grappiller.
La voix flotte au-dessus du beat, à la fois espiègle et mélancolique. On entend un sourire dans le timbre, mais un sourire crispé, comme celui qu’on arbore en recommençant une partie perdue d’avance. Deb joue de cette ambiguïté : la nostalgie et la légèreté s’emmêlent à la frustration et au désir d’évasion.
Ce qui frappe surtout, c’est la précision avec laquelle la chanson capture le langage des jeux vidéo pour le transposer dans le champ émotionnel. Les loops, les montées, les petits glitches sonores : tout sonne comme des artefacts de console, mais transfigurés en textures sensuelles, prêtes à enflammer un dancefloor. On pourrait presque dire que Gameboy est moins une chanson qu’un level design musical, où chaque drop, chaque silence, chaque pulsation devient une plateforme à franchir.
Deb réussit ici à créer une bulle : un instant où l’électro pop ne se contente pas d’être dansante mais devient miroir, un miroir pixelisé où se reflètent nos manques, nos désirs de recommencer, nos envies de « continuer » sans jamais appuyer sur Game Over.
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septembre 30, 2025Certains morceaux donnent l’impression d’être façonnés dans une clairière à la frontière de deux mondes — entre la lumière et l’ombre, entre l’exaltation et la douleur. Amarga Dulce, la collaboration entre le rappeur S.Crow (Oaklandais exilé en Bolivie) et le producteur angelino Dane Diamond, appartient à cette catégorie rare : une pièce de hip-hop conscient qui respire l’équilibre fragile des contraires.
Le beat, tissé par Diamond, est une merveille de contrastes : les flûtes andines s’élèvent comme des prières aériennes au-dessus d’un grave massif et charnel, les textures se superposent avec un raffinement qui évoque autant la moiteur de Los Angeles que les hauteurs de La Paz. C’est un instrumental qui respire, qui prend son temps, mais qui cogne tout de même — un paradoxe sonore à l’image du thème central.
Sur cette toile, S.Crow livre un texte d’une lucidité désarmante. Loin des postures du rap égotrip, il explore le paradoxe du quotidien, cette danse entre douleur et joie, entre fêlure et célébration. Son flow conserve une pointe de rugosité, comme pour rappeler ses racines d’Oakland, mais ses mots s’élargissent, se densifient, s’ouvrent vers l’universel. On sent chez lui une maturité nouvelle, une façon de tenir ensemble ses contradictions : la colère et la tendresse, la mélancolie et la force.
La force de Amarga Dulce est justement de ne pas trancher. Il ne s’agit pas de choisir entre le doux et l’amer, mais d’accepter que l’un existe dans l’autre. La basse lourde appelle les flûtes légères, le beat trap épouse l’élan méditatif, et les vers de S.Crow s’enracinent dans une sagesse acquise au prix des cicatrices.
C’est un titre qui ne flatte pas l’instantané, mais qui s’imprime profondément, comme une leçon de survie poétique : la vie est amère et douce, tout à la fois, et c’est précisément dans cette tension qu’elle trouve son intensité.
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septembre 30, 2025Un titre comme Necessary arrive toujours au bon moment, comme une pluie d’été qui soulage sans prévenir. On ne l’attend pas, mais il impose sa présence avec une évidence désarmante. Rizzule n’empile pas des sons pour remplir un espace vide : il sculpte un climat, un état d’âme, une nécessité intérieure devenue vibration partagée. L’impression première n’est pas celle d’une chanson à consommer vite, mais d’un rituel sonore qui nous reconnecte à quelque chose de plus ancien et de plus vital.
L’artiste nigérian, qui aime brouiller les pistes entre afrobeats, house, trap et musiques alternatives, ne se contente pas de recycler les ficelles d’une afro-fusion mondialisée. Il tisse un langage à double tranchant : accessible dans sa chaleur immédiate, mais profondément singulier dans ses textures. Le beat est rapide, foisonnant, presque surchargé de détails — un vrai millefeuille rythmique où chaque percu, chaque contretemps semble dialoguer avec le suivant. Et puis surgit la ligne mélodique, tendue comme un fil de soie au-dessus de cette polyrythmie bouillonnante.
Écouter Necessary, c’est sentir à quel point Rizzule a compris que le groove pouvait être un manifeste. Dans ses mains, il devient un moyen d’affirmer une identité plurielle, ouverte mais intransigeante. La production respire, entre l’énergie brute d’un club de Lagos et l’élégance futuriste des scènes électroniques européennes. On pense à la fougue d’un Burna Boy, mais filtrée par une approche presque conceptuelle, où chaque couche sonore raconte une part de l’histoire.
Ce morceau fonctionne comme une déclaration intime : avancer malgré la confusion, danser au milieu du tumulte, transformer le vacarme du monde en énergie vitale. C’est une esthétique de la résilience par le rythme, une célébration qui n’élude pas la gravité mais la transcende. Necessary ne se contente pas de séduire l’oreille, il impose une façon d’habiter le monde, par le corps et par l’esprit.
Dans une époque saturée de tubes interchangeables, ce titre rappelle qu’une chanson peut encore être un souffle, un espace de liberté, une nécessité.
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septembre 30, 2025Écouter The Underground de Rayko KS, c’est comme descendre dans un club fictif dont l’adresse n’existe que dans l’imaginaire des ravers. La porte s’ouvre sur un battement sec, une ligne de basse qui racle les murs et des nappes sombres qui s’étirent comme des néons sous tension. On entre alors dans un territoire hybride : quelque part entre la moiteur de la bass house, la brutalité métallique du dubstep et l’urgence martiale de la drum & bass.
Rayko KS ne se contente pas de compiler des genres : il les tord, les superpose et les confronte jusqu’à créer un paysage sonore où l’on danse autant qu’on lutte pour reprendre son souffle. Les kicks frappent avec une régularité mécanique, mais derrière cette façade se cache une progression presque cinématographique : chaque drop est une ouverture, chaque build-up une respiration retenue qui finit par imploser. On sent la main d’un producteur obsédé par la dramaturgie du son, par cette capacité à transformer une simple structure 4/4 en voyage souterrain.
Ce qui rend The Underground captivant, c’est ce double jeu entre le viscéral et l’émotionnel. On est happé par la physicalité du rythme — ces basses grasses qui collent au diaphragme, ces hi-hats qui mitraillent l’espace — mais aussi par une dimension plus intime : l’impression que Rayko KS transpose dans la musique ses propres fractures, ses métamorphoses intérieures. Le morceau devient ainsi une catharsis électronique, un exutoire qui trouve son équilibre entre violence contrôlée et intensité poétique.
Dans une époque où les genres s’effacent, The Underground se présente comme un manifeste : celui d’un artiste qui refuse le confort des étiquettes et préfère inventer son propre terrain de jeu. On ressort de l’écoute essoufflé, électrisé, presque halluciné — comme après une nuit passée dans un club qui n’existe peut-être pas, mais qu’on aimerait retrouver encore et encore.
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septembre 30, 2025Il y a dans Forever Bae ce parfum intemporel que seules les vraies voix savent convoquer : un mélange de douceur satinée et de ferveur brûlante, quelque part entre le slow jam des années 90 et l’élégance vintage de la Motown. Keith Robinson n’a pas seulement écrit une ballade, il a dessiné une scène : celle d’un amour qui s’éternise, qui danse encore sur le vinyle même après que la lumière s’éteint.
L’arrangement, subtilement rétro, repose sur une section rythmique qui claque comme un claquement de doigts dans une ruelle de Detroit, avec des cuivres délicats et des nappes de claviers qui évoquent Stevie Wonder période Talking Book. Mais ce qui domine tout, c’est la voix de Robinson : ample, précise, jamais dans l’excès mais toujours dans la chair. On sent l’acteur derrière le chanteur, capable de nuancer chaque inflexion comme s’il jouait un rôle, sauf qu’ici le rôle est celui de l’amant vulnérable, prêt à mettre son cœur sur la table.
Ce qui intrigue surtout, c’est cette capacité à naviguer entre deux époques : Forever Bae sonne autant comme un hommage qu’un manifeste. On entend les échos des Temptations et des Dramatics, mais filtrés par la sensibilité d’un crooner du XXIe siècle, nourri de R&B contemporain et de culture pop mondialisée. Cette hybridation donne à la chanson une résonance particulière : familière mais pas poussiéreuse, élégante sans être figée.
Et puis il y a cette dimension cinématographique : Keith Robinson, qu’on connaît autant pour ses rôles que pour sa musique, fait de chaque note un plan serré sur l’émotion. On imagine presque la scène : lumière tamisée, deux personnages qui se trouvent, se perdent, se promettent. Forever Bae est moins un single qu’une séquence de film en miniature, un de ces moments suspendus où la soul prend tout son sens — célébrer l’amour comme un rituel éternel, tendre et obstiné.
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septembre 30, 2025On n’attendait pas forcément Vienne comme nouveau terrain de jeu pour l’afro drill. Et pourtant, SUBR€ME débarque avec un morceau qui condense l’urgence des ruelles berlinoises, la pulsation londonienne et la sueur moite des clubs parisiens. Afro Drill n’est pas seulement un titre : c’est une profession de foi, un manifeste de l’indépendance et de la débrouille artistique, porté par un MC qui s’est occupé de tout, de l’écriture au mastering.
Dès les premières secondes, la prod étourdit. Un beat touffu, presque saturé d’informations, où la batterie électronique cogne comme des volets en plein mistral et où les nappes de synthés s’invitent comme des mirages urbains. Ce côté « busy » — frénétique, nerveux, multiple — colle parfaitement à l’énergie du morceau. La drill, ici, n’est pas minimaliste comme à Chicago ni glaciale comme à Londres : elle se teinte d’un soleil afro, d’un groove qui pulse sous la rugosité, une fusion presque instinctive entre l’héritage du rap allemand et l’esthétique transnationale des diasporas.
La voix de SUBR€ME taille la rythmique à coups secs. Pas besoin d’artifices : le flow est direct, clair, tendu comme une corde de violon. On y sent une volonté d’ériger un monde, de bâtir plus qu’un morceau — une mythologie personnelle où la drill devient terrain de dépassement et rôle modèle assumé. C’est cette sincérité brute qui accroche : derrière les roulements de charleys, on devine la solitude du home studio, la sueur des nuits passées à calibrer chaque son, à rêver une scène plus large.
Afro Drill s’adresse autant aux puristes du UK drill qu’aux amateurs d’afropop qui cherchent un terrain plus rugueux. SUBR€ME prend le risque de l’hybridation et réussit à fabriquer un son qui n’appartient qu’à lui. Vienne, donc, devient la porte d’entrée d’un style mondialisé, avec une authenticité qui refuse le formatage.
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septembre 30, 2025À East Oakland, chaque mesure est un champ de bataille. 39KTR, qui a forgé sa voix dans la douleur après la perte de son frère Lil Bee II, revient avec Neva Cared, un instrumental qui dit tout sans avoir besoin de mots. Là où beaucoup chercheraient à saturer l’espace de punchlines et de slogans, KTR fait le pari du mutisme lyrique : c’est la prod qui prend le rôle de narrateur.
Et quelle prod. Les kicks tombent lourds, secs, comme des coups de poing retenus, pendant que la basse s’enroule autour de la rythmique avec cette noirceur organique qu’on associe autant à l’école de la Bay Area qu’aux codes actuels du trap. Les hi-hats filent en rafales nerveuses, comme des éclats de mitraillette. L’absence de voix ouvre un espace fascinant : l’auditeur devient l’occupant principal du morceau, projetant ses propres images, ses propres cicatrices, dans les vides que laisse la musique.
Neva Cared sonne comme une bande-son de coin de rue à minuit, une musique qui capture l’atmosphère brute d’Oakland sans l’édulcorer. On pense à Metro Boomin pour l’efficacité des drops, mais avec une rugosité plus sombre, moins cinématographique, plus terrienne. L’économie de moyens fait la force du titre : pas d’artifice, juste l’essentiel, ciselé pour taper droit dans le ventre.
On sent derrière chaque beat l’histoire de 39KTR : ce gamin de 15 ans qui s’est mis à rapper pour survivre, qui a choisi de transformer la douleur en moteur. Ici, il ne pose pas sa voix, mais on entend sa présence partout. C’est un instrumental, oui, mais traversé par une rage contenue, une résilience qui palpite sous chaque fréquence.
Avec Neva Cared, 39KTR signe une carte de visite musicale qui ne cherche pas à séduire, mais à s’imposer. Un rappel que parfois, le silence – ou du moins l’absence de mots – crie plus fort que n’importe quel texte.
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septembre 30, 2025Avec CAPYAC, on n’a jamais affaire à un simple groupe électro. On entre dans une dramaturgie sensorielle, un cabaret numérique où la fête est autant une transe collective qu’un exorcisme intime. Leur nouveau single, ANGEL EYE CONTACT, extrait de l’album à venir Sobbing Ecstasy, résume cette tension unique : un morceau bâti pour la piste, mais qui garde au cœur une fêlure brûlante.
La voix d’Obie Puckett, arrivée récemment dans la formation, y brille comme une apparition spectrale. Elle flotte entre les synthés célestes, s’ancre dans des basses qui cognent comme un pouls amplifié, et se fait l’écho d’une confession : transformer le deuil en mouvement. On imagine la scène qu’iel raconte — ce club berlinois où, adossé·e au mur, iel pleurait entouré·e d’inconnus — et tout prend un sens : danser pour survivre, transpirer jusqu’à rendre la douleur habitable.
Musicalement, CAPYAC convoque ses obsessions : la pulsation disco filtrée par Giorgio Moroder, l’excentricité d’un Talking Heads, la flamboyance queer de Bronski Beat. Mais loin du pastiche, ils sculptent un son qui respire le présent : des synthés qui semblent cracher des étincelles digitales, des rythmiques qui gonflent jusqu’à la saturation, une mélancolie qui se marie au plaisir immédiat. C’est une house cosmique où chaque drop agit comme une catharsis.
Ce n’est pas un hasard si l’album porte le nom d’un concept — Sobbing Ecstasy — découvert presque par accident dans les notes d’un best-of d’ABBA. CAPYAC en a fait un manifeste : créer des chansons qui débordent d’émotion au point de faire danser jusqu’aux larmes. D’U Know Y, hymne hypnotique en forme de mirage disco, à Sexy in my Bodyyy, véritable clin d’œil à Speaking in Tongues, tout converge vers cette idée : la fête comme langage spirituel, le groove comme vecteur de vulnérabilité.
Avec ANGEL EYE CONTACT, CAPYAC ne signe pas seulement un single ; ils ouvrent un sanctuaire sonore où la joie et le chagrin cohabitent, où le dancefloor devient cathédrale. Un disque à venir qui promet d’être une traversée autant qu’une libération, un album conçu pour celles et ceux qui savent que la sueur et les larmes sont les deux faces d’un même diamant.
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septembre 30, 2025On pourrait croire qu’à force d’inonder les plateformes, la trap aurait perdu de sa magie, réduite à un flux répétitif de 808 et d’egotrip interchangeables. Puis arrive un morceau comme Aura de Sapuis, et tout vacille. Ici, la formule n’est pas un recyclage mais une combustion. Le beat, sombre et viscéral, avance avec la précision d’un cœur sous adrénaline, tandis que la voix de Sapuis s’y accroche comme une flamme qui refuse de s’éteindre.
Ce qui fascine, ce n’est pas seulement l’efficacité du morceau — ses basses claquent avec l’arrogance attendue, ses hi-hats filent comme des éclairs — mais la texture émotionnelle qui s’en dégage. Sapuis ne fait pas que poser des mots : il tisse une atmosphère, une aura justement, qui flotte autour de lui comme une armure invisible. Le morceau résonne comme une déclaration de présence : « je suis là, reconnaissable, singulier ». Ce n’est pas l’egotrip vide mais la mise en scène d’une énergie vitale, un halo qu’on ne peut ignorer.
Dans Aura, la voix oscille entre l’assurance brute et un grain presque fragile, comme si l’artiste jouait en permanence sur la ligne de crête entre domination et doute. On entend derrière le flow l’histoire d’un jeune qui connaît le poids des regards, des attentes, des cicatrices, mais qui choisit de transformer tout ça en lumière. C’est là que réside la puissance du titre : pas seulement dans la technique, mais dans la capacité à rendre la trap presque spirituelle, à en faire un champ magnétique où la rage et la fierté cohabitent.
Sapuis n’offre pas un morceau de plus dans une playlist saturée : il crée un espace où l’on entre et où l’on reste, happé par une intensité qui dépasse la simple esthétique. Aura est une carte de visite mais aussi une promesse : celle d’un artiste qui veut imposer son univers non pas par le volume, mais par la densité. On en ressort marqué, comme si cette aura avait laissé une trace sur notre peau.
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septembre 30, 2025Il y a des chansons qui ressemblent à un miroir, non pas celui qui flatte mais celui qui confronte. Proud Of Me d’Ahmid est de cette trempe : un titre qui dit le doute, l’effort, l’intime fragilité d’un jeune artiste qui se sait encore en devenir mais qui, déjà, revendique son espace. À 21 ans, le musicien originaire de Freetown a inventé son propre mot – Afrodymen – pour qualifier son style, comme si le lexique existant ne suffisait pas à traduire la tension qu’il met entre ses racines et son horizon.
Le morceau s’ouvre avec cette sobriété qui est sa force : une production qui respire, des percussions discrètes mais fermes, une basse qui n’écrase jamais et surtout une voix claire, vibrante, qui refuse de tricher. On sent l’héritage des mélodies gospel qu’il a côtoyées enfant, mais aussi l’énergie contemporaine de l’afropop londonienne, là où il affine aujourd’hui son identité musicale. Avec la présence de Luku Dollar, le morceau gagne une épaisseur supplémentaire : leur dialogue crée des contrastes, entre intériorité douloureuse et énergie conquérante, entre vulnérabilité et bravade.
Ce qui frappe dans Proud Of Me, c’est la dimension humaine derrière le geste musical. Pas de surproduction clinquante ni de tentation d’en faire un simple banger de playlists estivales. Ici, l’afrobeat se fait véhicule d’un récit personnel, presque journal intime mis en rythme. Le refrain, simple mais entêtant, fonctionne comme un mantra : se rappeler que l’effort compte, que la route vers la reconnaissance passe par cette fierté intime qu’on arrache à soi-même.
Ahmid ne se contente pas de surfer sur une vague : il tente déjà d’en dessiner une nouvelle, à l’image de son néologisme. Proud Of Me incarne ce moment fragile où un artiste jeune refuse la complaisance et prend le risque de la sincérité. Dans un monde saturé d’images et de slogans, sa voix claire et son exigence sonnent comme une promesse : celle de voir naître un artiste qui ne veut pas seulement séduire, mais durer.
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septembre 29, 2025Depuis vendredi dernier, doux george nous a tendu un fil. Un fil léger, tremblant, tissé de souvenirs mélodiques, de voix à nu et de textures mouvantes. Avec covers, l’artiste transforme des chansons familières en refuges d’émotion brute, entre ambient vaporeuse, hyperpop discrète et chatoiements noise. Iel ne réinterprète pas, iel recrée. Ciel radieux s’élève comme une prière douce. Go As a Dream gronde dans ses marges. Et Forever Young, réminiscence diffractée venue d’un vieux lecteur cassette, flotte comme un doudou oublié qu’on aurait gardé pour les mauvais jours.
Avec cet EP, doux george poursuit son exploration du fragile, du contrasté, du sincère. Chant + machines + vulnérabilité : la formule reste la même, mais chaque reprise ouvre un monde. À l’image de l’artiste : entre crêpes bretonnes, concerts DIY et souvenirs d’électrocution évitée grâce à des tongs bicolores, doux george façonne une pop artisanale, sensorielle, qui ne cherche pas à plaire, mais à toucher.
On lui a posé dix questions.Voici les réponses. Elles aussi tiennent à un fil.
1 ) Qui es-tu ?Je suis Chloé George Barthod, alias doux george, j’ai grandi dans les Alpes et je vis à Montreuil, je fais de la musique sous forme de chansons expérimentales ou de créations sonores pour des spectacles.
2 ) Quel est ton parcours ?J’ai toujours chanté, dans des chorales quand j’étais enfant et chez moi en reprenant des chansons que j’aimais. La musique était très présente dans ma maison, mes parents mettaient toujours un CD, j’ai pris des cours de piano et mes sœurs aussi jouaient d’un instrument. Puis j’ai été à Paris pour mes études, j’ai découvert les concerts de musique alternative dans des caves, j’ai adoré. Puis j’ai étudié aux beaux-arts de Rennes où j’ai commencé vraiment à expérimenter avec le son, j’ai découvert des logiciels, des artistes sonores,… doux george est l’endroit où se rencontrent mon amour pour le chant et mon envie d’expérimentation.
3 ) Que peux-tu nous dire en quelques mots sur ta musique ?Ma musique c’est la rencontre entre ma voix et les machines, entre des couplets mélancoliques et des refrains explosifs. C’est une musique pleine de contrastes, qui aime la délicatesse, les textures et la vulnérabilité.
4 ) Quelles sont tes inspirations ?Je pense que certain·es artistes m’ont vraiment marqué, comme EASTER, Grimes, Oneohtrix Point Never, oklou, Weyes Blood, A.G. Cook. Après, j’écoute tout ce qui va de la pop (avec un penchant pour le kitsch) à la musique expérimentale.
5 ) Quelle est ta playlist actuelle ?Dans mes écoutes récentes il y a La Chica, The Dø, Bulie Jordeaux, Ralphie Choo, Vickie Cherie et Chappell Roan. Et je réécoute les premiers albums de Lily Allen, ma star d’adolescence.
6 ) Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?Les crêpes bretonnes, sans hésitation.
7 ) Quels sont tes projets à venir ?Un concert le 10 octobre à La Lune Froide (Nantes), avec mes ami·es Blaise & Nico. Et puis j’avance sur la composition du prochain EP et je travaille sur la création sonore de deux spectacles de danse.
8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote sur toi ?Quand j’avais 11 ans, j’ai failli mourir en m’électrocutant sur un jeu d’enfant. C’était une vache mécanique qui s’appelait Marguerite, que mes grands-parents avaient trouvé à la déchèterie et remonté dans leur jardin. Aux urgences, on m’a dit que si j’étais encore en vie, c’est parce que j’avais des chaussures, sinon le courant aurait traversé mon corps jusqu’au sol, arrêtant mon cœur au passage. Ce jour-là je portais des grosses tongs en mousse bicolores. Ça me fait toujours sourire de me dire que ces tongs m’ont sauvé la vie.
9 ) Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?Je viens de finir le livre ‘Stone Butch Blues’ de Leslie Feinberg, qui m’a énormément touché. Je crois que j’aimerais beaucoup rencontrer cette personne, même si c’est juste pour boire un thé et discuter de petites choses.
10 ) Un dernier conseil ?Je ne sais pas si j’ai des conseils à donner. Amusez-vous et donnez de l’amour.
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septembre 29, 2025Il existe des morceaux qui ne semblent pas avoir été composés mais arrachés à la solitude, comme un souffle fragile capté entre deux nuits blanches. Augustina de Nabil Muquit appartient à cette catégorie. Né dans un studio sombre de l’Université du North Texas, ce morceau a d’abord été une simple conversation intime entre un homme et son piano, avant de s’habiller de textures électroniques, de pulsations lofi et de volutes jazz pour devenir ce qu’il est aujourd’hui : un mirage sonore où se reflète le désir d’une figure rêvée.
La fantomatique Augustina, femme inventée ou muse réelle, agit ici comme prétexte et catalyseur. Elle condense un manque d’intimité, une quête de tendresse, mais aussi une idée du romantisme que Nabil oppose à l’aseptisation actuelle des productions mainstream. Dans ses mains, la mélancolie n’est pas un poids mais une matière à modeler : nappes d’ambient qui flottent comme de la bruine, percussions discrètes qui rappellent l’écho d’une ville endormie, et cette ligne de piano qui persiste, témoin de l’origine du morceau.
On entend dans cette pièce l’influence souterraine de Braxton Cook, mentor et phare discret qui a poussé Muquit à s’affirmer en tant que soliste. Mais ce qui frappe surtout, c’est cette manière de ne jamais choisir entre l’intime et le spectaculaire : Augustina commence dans la retenue, puis s’ouvre peu à peu comme une confidence qui prend de l’assurance, jusqu’à devenir un véritable thème de live, presque hymnique.
À travers ce titre, Muquit signe peut-être plus qu’une chanson : une déclaration d’intention. Celle d’un musicien qui veut redonner au fantasme, à la tendresse et à l’onirisme une place dans un paysage musical trop souvent dominé par la froideur algorithmique. En ce sens, Augustina n’est pas seulement une balade moderne — c’est une résistance douce, une ode à l’imagination amoureuse, et peut-être le premier jalon d’une discographie qui cherche à réconcilier l’âme et la machine.
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septembre 29, 2025On aurait pu croire qu’Alec La Roche resterait un éternel bassiste de l’ombre, solide sideman passé par le punk, le jazz et l’Americana. Mais Nothing On The Grid, son premier EP solo, le propulse dans une autre dimension : celle d’un architecte sonore qui ose faire dialoguer l’urgence du garage punk avec les volutes du bebop, la luxuriance du funk et les pulsations froides de l’électronique. Résultat : un disque qui refuse toute case, mais qui respire une cohérence organique, parce qu’il est guidé par une obsession centrale — la basse comme cœur battant.
Dès New Era, pièce monumentale de plus de dix minutes, La Roche pose le manifeste : une ligne de basse hypnotique ouvre un paysage en expansion, bientôt traversé par des synthés qui semblent se nourrir de cette gravité pour décoller. On pense à l’endurance d’un jam jazz, mais sous perfusion d’électronique futuriste. C’est un morceau qui prend le temps de s’étirer, comme si l’artiste construisait brique après brique sa propre cathédrale sonore, refusant les formats convenus.
Next To You explore une veine plus intime : un groove souple, presque sensuel, où la basse dialogue avec des textures synthétiques légères comme des nappes de soie. Ici, La Roche laisse poindre l’empreinte de ses années passées sur la route, au contact des musiques de proximité — un morceau qui pourrait se jouer dans un club enfumé à minuit autant que dans un open air au lever du soleil.
Avec Digital Bloom, c’est un contraste saisissant : l’organique cède un peu de terrain au numérique pur, mais sans jamais s’y dissoudre. Le morceau évoque une floraison mécanique, des rythmes programmés qui s’entrelacent avec une ligne mélodique vibrante. Là où d’autres sombreraient dans la froideur, La Roche injecte une chaleur insoupçonnée, rappelant que même dans le pixel, il y a du vivant.
Enfin, Let Go vient clore l’EP comme une libération. La basse y est moins dominante, presque en retrait, laissant place à une montée progressive où l’énergie devient collective, comme si tous les styles traversés jusque-là trouvaient un point de convergence. C’est à la fois une fin et un commencement, un morceau qui dit : lâcher prise, c’est entrer dans le flux.
Ce qui frappe dans Nothing On The Grid, c’est que malgré les influences multiples — de Daft Punk à Jaco Pastorius, de Charlie Parker à Earth, Wind & Fire — La Roche ne tombe jamais dans le pastiche. Il digère, transforme et recrée une grammaire personnelle. On n’écoute pas un patchwork, mais le récit d’un musicien qui a trimballé sa basse dans les clubs, les routes poussiéreuses et les studios, et qui a décidé, enfin, de dessiner sa propre carte.
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septembre 29, 2025Le retour d’E.Z.O. avec Summer Pack 2 n’a rien d’un simple prolongement de vacances. C’est une cartographie intime où l’été new-yorkais s’écrit en rimes acérées, en flows nerveux et en atmosphères mouvantes. L’EP, resserré en trois titres, fonctionne comme une trilogie : trois manières de dire qui il est, où il en est, et surtout où il compte aller. Plus qu’un interlude, c’est un chaînon essentiel dans l’arc narratif qu’il construit depuis le premier Summer Pack.
L’ouverture, Tango, est un duel élégant : la danse est métaphorique, mais le combat est bien réel. E.Z.O. y travaille le rythme comme une chorégraphie de boxe, alternant frappes sèches et esquives mélodiques. Le beat respire la tension d’une salle enfumée où chaque pas peut devenir un uppercut. On y entend déjà sa volonté de mêler la technicité du flow à une forme de théâtralité, comme si ses morceaux étaient pensés autant pour l’oreille que pour l’œil.
Avec Judo Chop!, le ton bascule. Ici, l’énergie se fait brute, presque ludique, renforcée par la présence de Kyro venu d’East London. Le titre sonne comme une joute amicale mais acérée : deux MCs qui se défient et se nourrissent l’un l’autre, multipliant les clins d’œil et les variations de cadence. L’esprit UK rencontre la fougue US, et le morceau devient un carrefour transatlantique où la punchline se manie comme une clé de voûte.
Enfin, PEAK FICTION incarne l’obsession d’E.Z.O. pour les récits à tiroirs. Derrière les bars incisifs, se cache une réflexion méta : qu’est-ce qu’un rappeur raconte quand il « barre » ? Où finit la réalité, où commence le roman qu’il écrit de lui-même ? Le morceau joue sur cette frontière, déployant un flow labyrinthique que son ingénieur de studio avoue redouter tant il pousse les structures à bout.
Ce qui rend Summer Pack 2 captivant, c’est cette manière de penser le rap comme une suite de fragments reliés par un fil invisible. Chaque titre laisse des miettes de pain pour un projet plus vaste à venir, sans jamais sacrifier l’efficacité immédiate. Brooklyn reste le point d’ancrage, mais l’univers est déjà plus large, plus ambitieux, comme si E.Z.O. voyait chaque EP comme une saison d’une série en construction. Et à en juger par la précision et la cohérence de ce deuxième Pack, la série ne fait que commencer.
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septembre 29, 2025On croyait connaître la silhouette : chapeau vissé, mâchoire carrée, bottes poussiéreuses et solitude alcoolisée au comptoir. Mais Leo Brawdy aime tordre les clichés comme on dévisse une enseigne de saloon. Avec Shy Guy, deuxième extrait de son album Neon Rodeo, il renverse le mythe : son cowboy ne court pas les jupons, il se frotte au doute, à l’humour, à la tendresse, et finit par tracer sa route autrement. Un virage à gauche, inattendu, presque cinématographique.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’atmosphère : une Americana qui a troqué ses grands espaces solaires pour une lumière crépusculaire. La voix de Brawdy se déploie rugueuse et vulnérable, comme un carnet de bord griffonné au clair-obscur, soutenue par des arrangements amples, presque ciné. Pas de chevauchée héroïque, mais une errance intérieure où l’homme se regarde enfin sans armure. On entend dans cette lente combustion l’envie de se libérer du carcan macho du genre pour lui offrir d’autres nuances – drôles, intimes, parfois auto-dérisoires.
Là où Line Dancing Alone était pensé pour soulever la poussière du dancefloor, Shy Guy préfère faire lever un sourire en coin, ou un sourcil surpris. Chaque ligne mordille les stéréotypes country tout en les embrassant de biais. La tendresse n’exclut pas la malice : Brawdy écrit comme un réalisateur filme, entre punchlines désarmantes et travelling sur des paysages intérieurs où le cow-boy se découvre enfin faillible.
Derrière Leo Brawdy, il y a François Domain, artisan d’un projet hybride où l’intelligence artificielle bâtit des structures et où l’humain reprend la plume pour injecter chair et esprit. Le résultat, loin d’être gadget, trace une route neuve : celle d’une Americana qui ose se moquer d’elle-même, qui sait rire de ses cowboys solitaires pour mieux les réinventer.
Shy Guy est un clin d’œil envoyé à Nashville et à Hollywood, une invitation à voir que le Far West peut encore surprendre – surtout quand le cowboy, au lieu de foncer tout droit, choisit la bifurcation.
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septembre 29, 2025La première impression n’est pas un riff, ni même une mélodie : c’est une sensation de retour. Comme si Eddie Cohn, après des détours dans la vie réelle, avait retrouvé la seule boussole qui compte – celle du son. Get Back My Way n’est pas une réinvention spectaculaire mais une réappropriation intime, une façon de dire : « voilà où je me sens juste ».
La chanson s’ouvre avec une guitare acoustique qui n’a rien de décoratif. Elle agit comme un fil conducteur, presque fragile, auquel viennent se greffer des couches qui épaississent le souffle : les cordes graves du violoncelle de Phil Peterson, les basses solides de Dan Lutz, les éclats électriques de Brett Farkas, et cette batterie ample, terrienne, de Jake Reed. Ensemble, ils construisent une montée progressive, une vague sonore qui ne s’écrase jamais vraiment mais qui vous emporte.
On perçoit l’héritage grunge des années 90 – Vedder, Cornell – mais Eddie Cohn préfère l’intimisme à la colère brute. L’écriture épouse une logique de crescendo : partir d’un arpège presque nu pour atteindre des sommets où l’organique se marie à l’amplifié. La production, loin des excès contemporains, respire. Elle laisse de l’air aux instruments, comme si chaque silence comptait autant que chaque note.
Ce morceau a la patine des chansons qui naissent d’une nécessité plus que d’un calcul. Eddie Cohn revient d’une pause consacrée à l’immobilier, mais sa voix prouve qu’on ne « range » pas la musique. Il chante avec une intensité contenue, jamais démonstrative, mais toujours traversée d’une vérité brute. Ce qu’il raconte, au fond, n’est pas la réussite ni l’échec : c’est la gratitude des gestes simples, l’importance de rester créatif quand tout pousse au contraire.
Get Back My Way est une chanson-passerelle, une respiration entre passé et présent, un rappel que le rock le plus authentique n’a pas besoin d’effets pyrotechniques pour toucher. Juste une conviction : celle de reprendre son chemin, sans fard.
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septembre 29, 2025Avec Internal Rituals, Eleri Ward se libère de l’ombre tutélaire de Sondheim pour ériger sa propre cathédrale sonore. Après deux disques de reprises salués par la critique, elle déploie enfin ses propres mots, ses propres silences, ses propres vertiges. L’album s’apparente à une traversée intérieure où la pop cinématographique croise un jazz futuriste et des éclats d’indie diaphane. Le tout repose sur cette voix souple et lumineuse, ce soprano qui se déplace entre les registres comme une flamme qui ne s’éteint jamais, toujours vibrante, toujours expressive.
Dès Stepping Through, le décor est posé : une entrée en matière comme une ouverture de rideau, presque cérémonielle, où l’on sent le pas hésitant mais ferme d’une artiste qui franchit une frontière symbolique — celle qui sépare l’interprète de la compositrice. Puis vient Citrine (Would’ve Been Nice), éclat minéral serti dans une écriture mélodique fragile, qui joue sur la transparence et les fissures, comme si la chanson elle-même se brisait sous nos doigts.
Avec Burden, Eleri Ward touche à une gravité douce, un morceau suspendu qui évoque la lourdeur des attaches intérieures. La voix se fait plus tendue, les textures électroniques plus enveloppantes, et c’est ici que se révèle l’ambition de l’album : ne pas rester dans l’ornement mais chercher l’impact viscéral. There You Go poursuit ce geste mais avec une lueur de gratitude : une chanson de karma, qui sait transformer la douleur en offrande.
La force de Ward réside dans sa capacité à faire coexister l’intime et le mythologique. People Pleaser dissèque nos masques sociaux avec une précision chirurgicale, tandis que Immortal ose rêver d’éternité avec des arrangements célestes. Puis survient Float, véritable respiration de l’album, où l’on entend le vertige du saut dans l’inconnu, ce moment où le sol disparaît sous les pieds mais où l’air devient promesse.
Impossible d’ignorer Medusa, peut-être le morceau le plus théâtral. Ward y convoque la figure mythologique pour interroger la peur, la beauté, la malédiction et la résilience féminine. C’est un sommet dramatique qui rappelle qu’elle vient du théâtre musical, mais qu’elle sait en détourner les codes pour en faire un rituel intime.
La dernière partie de l’album est plus frontale, presque cathartique. Run s’impose comme un exorcisme : piano et synthés se tendent jusqu’à l’explosion, traduisant la volonté de rompre les chaînes. Someone, Something New explore une relation filiale douloureuse, plongée psychédélique dans les traumatismes hérités et leur possible résurgence. Enfin, Goodbye, Sojourna et Venusian Light ferment l’album comme un diptyque lumineux : le premier dans une tonalité d’adieu, presque prière, le second dans un éclat solaire où l’amour de soi se proclame sans détour.
Au final, Internal Rituals est moins une collection de chansons qu’un parcours initiatique, une suite de portes qui s’ouvrent sur des paysages mentaux. Chaque morceau se tient comme un chapitre d’un journal intime écrit à la première personne mais offert au collectif. Eleri Ward y démontre qu’elle n’est plus seulement la muse délicate de Sondheim, mais une architecte sonore à part entière, capable de bâtir un univers où le fragile et le monumental cohabitent dans la même vibration.
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septembre 29, 2025On croyait avoir tout vu : les hologrammes de stars disparues en concert, les avatars Fortnite collaborant avec Travis Scott, les tubes pensés pour TikTok. Mais voici RAYmi by the Pool, chat solaire aux lunettes noires, qui se prélasse près de son bassin virtuel en griffant un futur sonore où le kitsch devient visionnaire. Son nouveau single, RAYmiverse, dessine les contours d’un monde, un espace narratif où chaque “meow” devient manifeste et chaque drop une extension du métavers.
Là où beaucoup d’artistes IA se contentent de recycler des gimmicks, RAYmi ose une hybridation joyeusement absurde et étrangement cohérente. Les riffs de guitare funk se frottent à des basses grondantes baptisées “purr-bass”, les cuivres explosent tandis que des chœurs de miaulements numériques s’invitent dans les refrains. On pense aux excès disco-futuristes de Jamiroquai passés dans un broyeur glitch-pop, aux folies électroniques de SOPHIE, mais avec ce grain humoristique qui transforme l’expérience en fête collective.
Ce qui fascine surtout, c’est la logique virale inscrite au cœur du projet. Chaque silence précède un “meow!” calibré pour TikTok, chaque chant scandé épelle son nom comme une incantation festivalière. RAYmi n’écrit pas seulement pour être écouté : il s’auto-conçoit comme un mème, un être musical pensé pour se propager dans l’imaginaire collectif à la vitesse d’un gif. Ce qui aurait pu n’être qu’un gadget devient alors un terrain de jeu où la satire rejoint la sincérité : derrière le délire félin se cache une vraie réflexion sur la manière dont la musique se consomme aujourd’hui, fragmentée, visuelle, communautaire.
Avec RAYmiverse, RAYmi ouvre une saga annoncée comme infinie : chaque semaine, un nouveau titre viendra enrichir cet univers démesuré – de l’hymne funk apocalyptique (Clawmageddon) aux plaisanteries bubblegum (Don’t Be Grumpy). Une stratégie de worldbuilding sonore rarement vue dans la musique populaire, où la cohérence esthétique prime sur l’album classique.
Reste la question qui gronde en filigrane : rit-on avec RAYmi ou rit-il de nous ? La réponse importe peu. Ce chat IA transforme le ridicule en arme pop, et c’est peut-être ça, la vraie subversion.
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septembre 29, 2025Wishing Wells de Mz est en morceua qui ne s’écoute pas mais qui se traverse : une plongée dans un labyrinthe sonore où les murs suintent d’ambition, où chaque couloir résonne des doutes d’un jeune rappeur déterminé à transformer ses fissures en architecture. La production y dresse un paysage quasi spectral : nappes électroniques comme des brouillards d’aube, percussions métronomiques qui tombent comme des pierres dans un puits. Tout respire la tension, mais rien n’est saturé. C’est une atmosphère qui happe plus qu’elle n’écrase, laissant à la voix de Mz un espace rare, presque religieux.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la sobriété. Pas de surenchère verbale, pas de cris ni de démonstration forcée. Mz déroule son flow comme on brandit une lame : nette, précise, sans hésitation. Chaque mot semble calibré pour faire mouche, chaque silence devient partie prenante du discours. Le thème – l’ambition, la persistance, l’art de tenir debout malgré les regards qui jugent et les pièges tendus – est un classique du rap, mais ici, il se déploie dans une intimité désarmante. On n’entend pas seulement un artiste qui veut réussir : on perçoit un être humain qui lutte avec ses fantômes, qui met en musique la sueur et le vertige.
La mélodie, plus lumineuse dans le refrain, agit comme une respiration, mais c’est une lumière fragile, presque tremblante, qui rappelle que toute ambition s’accompagne de solitude et de doutes. On pense parfois à Dave pour la capacité à transformer le quotidien en récit tendu, à Loyle Carner pour cette proximité presque charnelle avec l’auditeur. Mais Mz se distingue par une concision brute, un refus du bavardage qui rend son écriture coupante comme une gravure.
Et comme si la musique ne suffisait pas, Mz élargit son univers avec un sens du détail esthétique qui impressionne. Son label, ES6 Collective Ltd, vient de dévoiler la Wintertime Collection – une ligne de vêtements inspirée de son tout premier single, visible sur http://www.es6collectiveltd.com. Ici, le vêtement devient prolongement de la musique, manifeste textile d’une identité sonore en construction. Wishing Wells n’est donc pas seulement une chanson : c’est une déclaration, une passerelle entre l’intime et le public, entre le studio et la rue, entre l’ombre et la lumière.
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septembre 29, 2025La première écoute d’Every Breath m’a donné l’impression de traverser un tunnel aux parois translucides, où chaque pas résonne d’un écho qui n’appartient qu’à soi. Pas d’intro fracassante, pas de démonstration de force : juste une pulsation qui s’installe, sobre et insistante, comme le battement obstiné d’une veine qu’on ne parvient pas à ignorer. Dans cet espace suspendu, Anjalts ne raconte pas une histoire, elle en dessine les contours à travers le souffle, la vibration et ce mélange de chair et de circuits qui semble être devenu sa signature.
Le morceau s’organise autour d’une ligne de basse qui frappe avec la constance d’un cœur mécanique, mais dont chaque rebond porte en lui une nuance d’humanité. L’acoustique vient s’y greffer comme un souvenir fragile : une corde pincée, un accord qui s’échappe, un fragment d’intimité glissé au milieu d’une architecture numérique. Ce dialogue permanent entre chaleur organique et froideur électronique fait de Every Breath un objet hybride, un territoire poreux où l’on danse sans jamais oublier qu’on respire.
La voix d’Anjalts, éthérée et pourtant proche, agit comme un voile posé sur cette mécanique. Elle flotte, se détache à peine du décor, mais c’est dans cette retenue que naît sa force. Plutôt qu’une déclaration frontale, c’est une confidence nocturne : elle n’impose pas, elle s’infiltre. On l’écoute comme on suivrait une silhouette au loin, reconnaissable seulement à ses contours mouvants.
Ce qui frappe, au-delà de la production impeccable, c’est cette impression de rituel intime. Chaque élément semble placé pour rappeler que le souffle est fragile, que la connexion n’est jamais acquise. Dans une époque saturée de réseaux et de flux, Anjalts choisit l’épure et la suggestion. Every Breath n’est pas une chanson qui cherche à occuper la pièce, mais à révéler le vide autour de nous, et la beauté qui se cache dans ce vide.
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septembre 27, 2025On confond souvent l’ambition avec l’agitation. Comme si courir dans tous les sens garantissait d’arriver quelque part. Dumomi The Jig, lui, choisit la voie opposée : celle de la maîtrise tranquille, de la confiance qui n’a pas besoin de crier pour s’imposer. Jeje — littéralement “doucement” en yoruba — condense cette philosophie dans un morceau qui respire l’assurance d’un artiste qui connaît sa trajectoire.
Dès les premières mesures, le beat installe une cadence fluide, presque coulante. Pas d’explosions spectaculaires, pas d’effets racoleurs : juste une ligne de basse qui groove avec une évidence désarmante et une batterie digitale qui joue la retenue, donnant au flow de Dumomi tout l’espace nécessaire. C’est là que réside la subtilité de la production : elle se met volontairement en retrait pour amplifier le charisme vocal.
La voix, justement, oscille entre rap assuré et phrasés mi-chantés, mi-parlés, rappelant cette école hybride où l’afro-fusion dialogue avec le hip-hop alternatif. Dumomi The Jig ne force jamais le trait ; il installe ses images par touches, comme un peintre qui sait qu’un seul coup de pinceau bien placé peut suffire à tout dire. Les mots roulent avec une aisance nonchalante, mais derrière cette désinvolture se cache une précision chirurgicale.
Le texte est limpide : Jeje parle de hustle, de succès, mais sans s’épuiser ni se perdre. Pas de faux-semblants, pas de posture. Le morceau trace une ligne claire entre ambition et authenticité, en rappelant que la réussite n’est pas forcément synonyme de stress. C’est une manière de dire : le vrai luxe, c’est de rester soi-même dans un monde qui pousse constamment à la surenchère.
Musicalement, Jeje réussit ce que peu de titres parviennent à atteindre : être à la fois un banger de playlists nocturnes et un manifeste personnel. On imagine aisément le morceau tourner dans une voiture lancée sur les routes de Lagos ou de Londres, fenêtres ouvertes, volume au maximum, l’air tiède de la nuit se mêlant à la chaleur des basses.
Avec ce single, Dumomi The Jig ne se contente pas de livrer une track de plus. Il impose une attitude, un tempo intérieur, une esthétique où l’élégance prime sur le tapage. Jeje, c’est la preuve qu’on peut avancer vite… en avançant doucement.
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septembre 27, 2025Il y a des morceaux qui ne demandent pas d’explication savante : ils vous prennent par la hanche, vous redressent l’âme et vous obligent à sourire, même quand vous n’en avez pas envie. Live in Joy de Ta’Reina fonctionne exactement ainsi, comme un rayon qui s’invite dans une pièce fermée depuis trop longtemps.
La chanteuse espagnole, installée quelque part entre ses racines de danseuse et la moiteur des clubs afro-caribéens, livre ici un hymne solaire produit à Lagos, ce qui s’entend dans chaque détail. Le morceau pulse à la croisée de l’afrobeat, de l’amapiano et d’un dancehall généreux en basse, mais refuse la caricature festive : la structure ménage de subtiles respirations, des montées qui s’étirent, des voix qui caressent avant de relancer la transe.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette joie sans naïveté. Ta’Reina ne chante pas une fête pour oublier, elle chante une fête pour se souvenir. Derrière la ligne mélodique, on entend une philosophie : la joie comme choix conscient, comme acte de résistance au désenchantement. Quand le refrain éclate, impossible de ne pas sentir ce mantra se répandre dans le corps : vivre dans la joie, coûte que coûte.
À la 56e seconde – moment clé que l’artiste souligne elle-même – le morceau décolle véritablement. Les percussions se densifient, la basse trouve son groove circulaire, et la voix de Ta’Reina se pose avec une justesse qui rappelle ses origines de danseuse : chaque syllabe épouse le rythme comme un pas chorégraphié. C’est ce mélange de rigueur et d’abandon qui donne à Live in Joy sa couleur unique.
Là où d’autres titres afro-pop se contentent de recycler des gimmicks, celui-ci réussit à installer un climat. On se retrouve transporté, non pas dans une plage de carte postale, mais dans une fête où la musique devient un espace de guérison collective. Et c’est peut-être ça, la force de Ta’Reina : savoir transformer l’intime en partage, et l’énergie brute de Lagos en promesse universelle.
Avec Live in Joy, elle ne signe pas seulement un tube d’été potentiel. Elle propose un petit manifeste lumineux : tant qu’il reste des corps pour danser, la joie survivra.
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septembre 26, 2025J’écoutais Rule No.1 un soir de pluie, et je me suis surpris à le prendre comme une injonction personnelle. La première règle, ne pas céder, ne pas se laisser effacer. Il y a des morceaux qui, plus qu’ils ne s’écoutent, viennent se coller à vos os et imposer leur propre cadence au sang. Celui-ci en fait partie. Avec la touche de Meduulla, Summer Pearl et Niambi, rien ne sonne plus pareille…
Meduulla a ce don rare : transformer chaque mot en projectile tendre. Sa voix n’est pas seulement un flux, c’est une architecture — on y sent l’héritage de la poésie, le poids des syllabes qui deviennent des briques dans lesquelles elle construit un abri pour elle-même et pour nous. Rien n’est gratuit dans son phrasé, tout est millimétré mais jamais mécanique. Elle sait, comme Nas ou Lauryn Hill avant elle, qu’un vers peut être un aveu et une arme dans le même souffle.
Et puis arrive Summer Pearl, qui tend une main à travers cette densité. Sa voix veloutée flotte comme une incantation, un contrepoint lumineux à la gravité du récit. C’est l’éclat fragile qui transperce les ombres, la douceur qu’on s’accorde malgré la dureté du monde. Niambi, elle, fend la pièce comme une déflagration : un accent venu d’Atlanta qui percute le flow britannique, une énergie plus brute, plus nerveuse, qui rappelle que la douleur n’efface pas la force, elle la nourrit.
Musicalement, Ethan Hill propose une production qui respire le jazz-rap mais refuse le pastiche. La basse serpente en arrière-plan comme une pensée obsédante, les percussions claquent net, et l’ensemble laisse aux voix tout l’espace nécessaire pour écrire leur dramaturgie. On croit entendre un écho de la golden era, mais c’est un mirage : Rule No.1 est ancré dans aujourd’hui, avec une fraîcheur qui rend hommage au passé sans jamais s’y enfermer.
Ce qui fascine, c’est la manière dont le morceau conjugue l’intime et le collectif. Derrière l’histoire personnelle de Meduulla, on entend un manifeste implicite : se tenir debout, définir ses propres règles, trouver sa voix dans un monde qui vous demande sans cesse de vous taire. C’est de la musique qui ne flatte pas l’oreille mais qui s’adresse directement au plexus solaire.
En refermant ce morceau, je n’avais pas seulement l’impression d’avoir entendu un single prometteur. J’avais le sentiment d’avoir assisté à une naissance, celle d’une voix qui ne cherche pas la hype mais l’héritage. Rule No.1 n’est pas un titre accrocheur, c’est un serment gravé en rythme : la première règle pour survivre, c’est de transformer chaque cicatrice en hymne.
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septembre 26, 2025Parfois, un morceau ne se présente pas, il surgit. Onome de Jaya arrive comme un parfum dans l’air : d’abord imperceptible, puis envahissant, jusqu’à s’ancrer dans la mémoire. Impossible de l’écouter sans penser à la manière dont certaines chansons se collent à nous comme une seconde peau, transformant un simple prénom en rituel, en incantation.
L’art de Jaya réside dans cette alchimie rare entre l’intime et l’universel. Sa voix, souple et veloutée, n’a rien d’ostentatoire : elle glisse, elle effleure, elle caresse. Pourtant, derrière cette apparente douceur se cache une maîtrise impressionnante. On sent l’enfant de l’église qui a grandi avec les percussions sacrées et les chœurs, mais aussi le jeune homme nourri par l’afropop contemporaine et les envolées du R&B global. Le résultat : une interprétation qui ne force jamais, mais qui hypnotise.
La production, elle, avance comme une marée basse. Les percussions ne claquent pas, elles respirent. La basse ne domine pas, elle palpite. Tout est construit autour de la voix, comme si le morceau s’était sculpté à partir de son souffle. Ce minimalisme n’a rien de paresseux : il s’agit d’une esthétique réfléchie, une volonté de dépouiller pour mieux laisser vibrer. L’élégance, ici, se niche dans la retenue.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Jaya tord le temps. On n’écoute pas Onome comme une simple chanson, on y entre comme dans une atmosphère. Le morceau ne déroule pas une histoire linéaire, il installe un état d’être. On pense aux grooves lancinants de Wizkid, à l’aura mystique d’un Fela Kuti, mais Jaya s’approprie tout cela pour en faire une écriture du présent : celle d’un artiste qui sait que sa singularité réside moins dans l’innovation absolue que dans sa façon de donner chair à des héritages multiples.
Onome ne cherche pas à séduire de manière frontale. C’est une chanson qui s’invite discrètement, mais qui refuse de partir une fois installée. Et dans ce geste silencieux mais tenace, Jaya impose sa signature : celle d’un musicien pour qui la sincérité n’est pas une posture, mais une matière sonore à part entière.
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septembre 26, 2025On tombe parfois sur des morceaux qui ressemblent à un souffle coupé — pas par le silence, mais par l’urgence de dire ce qu’on n’arrive plus à taire. No More de Jay Krimzz a ce parfum-là : celui d’un refus, d’un arrêt net face aux douleurs qu’on traîne derrière soi, mais transfiguré en une transe lumineuse qui vous accroche le corps avant l’esprit.
Dès les premières mesures, les percussions claquent comme des pas qu’on voudrait accélérer pour s’échapper. La basse, elle, rampe avec assurance, lourde et souple, comme une colonne vertébrale qui refuse de plier. Et puis il y a cette voix, ni trop polie ni trop rugueuse, mais habitée — elle garde en elle les échos du gospel appris enfant, les harmonies entendues dans les chorales, mais aussi la rugosité des rues de Londres. Elle se tient à la frontière entre la caresse et la cicatrice.
Ce qui fascine, c’est la manière dont le morceau refuse la linéarité. Un instant, on se croit dans un club enfumé où l’afrofusion règne en maître, l’instant d’après, une nappe synthétique s’ouvre comme une respiration cosmique, rappelant qu’il y a là une quête plus intime, plus spirituelle. On danse, oui, mais on danse pour se tenir debout, pour exorciser l’ombre qui murmure encore au creux de l’oreille.
Là où tant de titres afrobeats se contentent de répéter une formule festive, Krimzz choisit la fissure. No More ne cherche pas à faire sourire à tout prix : il cherche à faire tenir l’âme en équilibre, à faire entendre le “non” qui arrête l’hémorragie intérieure. On y retrouve l’ambition de ces artistes qui savent qu’un beat peut être une prière, et qu’un refrain, lorsqu’il est juste, vaut un manifeste.
En filigrane, on devine l’histoire de Judang Ngesang, ce gamin de Douala devenu Londonien, qui a grandi entre hip-hop, gospel et afrobeats. Tout ça résonne dans No More : une archive intime transformée en groove universel, un refus qui devient célébration. Et si la douleur reste tapie dans les coins du morceau, elle est domptée par ce mantra vibrant : bouger pour survivre, danser pour ne pas céder.
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septembre 26, 2025On croit d’abord lire une simple adresse, une « carte postale » envoyée à l’autre bout du monde. Mais très vite, le morceau de Lartson se révèle être bien plus qu’un souvenir de voyage : c’est une lettre ouverte à quelqu’un qui ne répondra plus. Une tentative fragile de maintenir le lien après la perte, de parler encore à la voix qui s’est tue.
Le deuil en rap n’est jamais un exercice gratuit : il impose une mise à nu, une sincérité brute qui ne laisse pas place aux artifices. Ici, Lartson trouve ce juste équilibre entre pudeur et douleur, en racontant la disparition comme on raconte une ville qui s’éteint au crépuscule. La prod, minimaliste et spectrale, installe une atmosphère suspendue, presque cinématographique. On perçoit des ombres, des silences plus éloquents que n’importe quel cri.
Le flow de Lartson se déploie comme un souffle irrégulier, parfois heurté, parfois apaisé, traduisant l’instabilité d’un cœur qui vacille entre colère, résignation et tendresse. Le texte oscille entre souvenirs précis – comme des clichés qu’on sort d’une boîte à chaussures – et réflexions universelles sur ce que signifie survivre à l’absence. La « carte postale » devient alors une métaphore bouleversante : un message adressé à l’au-delà, une trace matérielle pour dire l’indicible.
Ce qui frappe, c’est la manière dont Lartson refuse le pathos facile. Son écriture privilégie l’évocation, les images qui collent à la peau plutôt que les slogans. On est plus proche d’un carnet intime griffonné à la lueur d’une lampe que d’un manifeste crié dans la rue. Et c’est précisément cette retenue qui rend Carte postale si percutant : la douleur est là, palpable, mais elle est travaillée, sculptée par la poésie du rap.
Avec ce morceau, Lartson s’inscrit dans la lignée de ces artistes qui utilisent le hip-hop comme médium de mémoire et de transmission. Carte postale ne cherche pas seulement à faire ressentir la perte : il tente de prolonger la présence de l’absent, d’ériger la musique en sanctuaire. Et lorsqu’arrive le dernier couplet, on comprend qu’il ne s’agit pas de fermer une plaie, mais d’apprendre à vivre avec l’ombre qui accompagne désormais la lumière.
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septembre 26, 2025Écouter Coast 2 Coast de Method SDM, c’est comme s’embarquer dans un road trip en van rouillé, fenêtres baissées, les rires se perdant dans le vent salé. Le morceau ne cherche pas la complication : il pulse comme un moteur bien réglé, fidèle à une énergie boom bap solaire qui semble taillée pour les soirées d’été ou les sessions nocturnes où l’on veut juste sentir le temps s’étirer.
Le beat frappe avec une clarté old-school, mais une fraîcheur contemporaine s’y glisse : des basses souples, des percussions nerveuses, une rythmique qui balance entre légèreté et groove contagieux. On sent dans la production l’obsession de Method SDM pour les textures : les nappes discrètes qui s’épanouissent à l’arrière-plan, les variations de guitare qui colorent le mix comme des éclats de néons, les voix qui se posent sans forcer mais avec assurance.
Au micro, Method SDM déroule une écriture limpide, plus tournée vers la sensation que la démonstration technique. Ce n’est pas une performance qui cherche à épater par la virtuosité, mais plutôt une invitation à partager un état d’esprit : celui de la liberté, du mouvement perpétuel, du goût pour l’instant suspendu. On retrouve l’influence de Kendrick Lamar ou Loyle Carner dans l’articulation narrative, mais aussi quelque chose de plus candide, presque naïf dans l’approche : comme si chaque rime servait à capturer une étincelle d’été avant qu’elle ne s’éteigne.
Le titre lui-même, Coast 2 Coast, dit tout : c’est moins une destination qu’une traversée, une cartographie émotionnelle qui prend appui sur les paysages australiens, mais qui pourrait se dérouler sur n’importe quelle route bordée de sable ou d’asphalte brûlant. La musique se fait alors véhicule, bande-son d’une jeunesse en mouvement, entre insouciance et quête d’horizons nouveaux.
Avec ce single, Method SDM rappelle que le hip-hop peut encore être une affaire de vibrations simples et vraies : des beats qui collent au corps, des images qui sentent l’essence et le soleil couchant, et ce besoin presque universel de rouler, rouler, rouler — jusqu’à ce que la musique devienne elle-même la route.
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septembre 26, 2025La mémoire d’une rupture adolescente a souvent l’amertume d’un parfum persistant : elle s’invite dans une rue, une odeur, une chanson oubliée. Avec BLANK’D, Flynn Johnson choisit de ne pas la noyer sous les clichés, mais de la recracher telle qu’elle s’est imprimée dans son corps adolescent : brute, sarcastique, maladroite, et finalement bouleversante.
Ce qui frappe, c’est l’exactitude des images. Le morceau ne raconte pas un “cœur brisé” en termes vagues, il le reconstruit pierre après pierre : un Bebo Flashbox qui clignote comme une balafre numérique, une fragrance qui déclenche une avalanche de souvenirs, un ego qui refuse de plier. Flynn découpe son texte avec une précision chirurgicale, passant de la moquerie à l’autoflagellation en une fraction de mesure. Dans ses rimes se lit l’attitude bravache du gamin trop fier pour avouer la douleur, et en filigrane la lucidité de l’adulte qui revisite la scène.
Face à ce flux nerveux, dib impose une respiration salvatrice. Son refrain n’est pas un simple contrepoint mélodique : c’est une mise au point, une ligne de conduite. Là où Flynn ressasse et oscille, elle tranche, érige des limites. C’est cette alternance — vacillement contre affirmation — qui donne au morceau sa force de dialogue, presque théâtrale.
La production signée ROC joue la carte de la sobriété tendue : un beat sec, une ambiance monochrome qui cadre avec le clip en noir et blanc, et un groove sous-jacent qui fait palpiter le texte sans jamais l’écraser. Cette austérité laisse toute la place à l’oralité, à la respiration des mots, à ce jeu de miroirs entre passé et présent.
Dans l’ombre des Kendrick, Ghetts ou Kano, Flynn Johnson trace sa propre voie : celle d’un rap profondément irlandais, enraciné dans des lieux précis — jusqu’à ce fameux boîtier électrique vert qui hante ses visuels et devient symbole de l’adolescence, de l’amour et du deuil. BLANK’D n’est pas qu’un morceau de rupture : c’est une capsule temporelle, une archive de sensations que l’on croyait avoir enfouies.
Et c’est peut-être ça, la marque des grands conteurs : transformer une cicatrice intime en matière universelle, assez tranchante pour réveiller les nôtres.
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septembre 26, 2025On sent dès les premières secondes que Duhon n’est pas là pour s’aligner sur les tendances TikTok-friendly, mais pour creuser son sillon à l’ancienne, avec un sérieux sens de la mise en scène. Money Is The Motive frappe comme une carte postale cinématographique envoyée depuis la Californie : un morceau à la fois ancré dans la tradition West Coast et porté par une urgence contemporaine.
Le beat, lourd mais agile, oscille entre la chaleur d’un funk modernisé et la froide lucidité d’un trap minimal. Sur cette base, Duhon pose un flow qui a quelque chose de solennel, presque prophétique : chaque mesure est une déclaration de guerre contre l’oubli, une affirmation que l’argent n’est pas qu’un moteur de survie mais un symbole d’élévation, de revanche sociale. Impossible de ne pas penser à Nipsey Hussle dans cette volonté de transformer l’ambition en récit collectif, ou à Kendrick Lamar dans cette façon d’éclairer chaque ligne par une dimension visuelle, presque cinématographique.
Ce qui rend le morceau captivant, c’est le jeu de contrastes. Le refrain accrocheur pulse comme une sirène de club, mais les couplets serrent les dents, pleins d’un réalisme brut. Duhon ne cherche pas à enjoliver la réalité : il la traduit en langage codé, en slogans à la fois tranchants et fédérateurs. Dans ce sens, le titre résonne comme une suite logique de Money Galore, où l’“ancien Duhon” cédait la place à une version plus affirmée, plus iconique de lui-même. Ici, le “nouveau Duhon” prend les commandes sans hésitation, maître de son narratif et de sa mythologie.
Mais au-delà du storytelling, Money Is The Motive respire la West Coast. Le bounce est là, indiscutable, mais habité d’une noirceur moderne qui évoque l’arrière-boutique des rêves hollywoodiens : les couloirs d’ombres, la violence latente, la solitude derrière les projecteurs. On est à mi-chemin entre l’hymne motivant et la confession existentielle.
Duhon prouve qu’il est plus qu’un simple lyricist prometteur : il est en train de bâtir une esthétique. Une manière de lier l’intime et le collectif, le mythe et la rue, le divertissement et le manifeste. Avec ce titre, il ne se contente pas de rappeler que “l’argent est le moteur” : il impose l’idée que la musique peut être, elle aussi, une monnaie — une arme de survie et d’affirmation.
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septembre 25, 2025J’ai mis le casque, j’ai fermé les yeux, et tout de suite la sensation d’une vitre qui se fissure, d’un miroir qui m’avale. Ce nouveau single de Murder Sermon, Through the Eyes of the Mirror, n’est pas un titre qu’on écoute distraitement : c’est une expérience sensorielle, auditive et visuelle, un combat entre le chaos et la précision, un éclat de verre planté dans la peau.
Le morceau se déploie comme une tempête soigneusement chorégraphiée. Les guitares, furieuses, tracent des arabesques de feu, capables de passer d’une rafale death metal à des cassures de rythme si lourdes qu’on croit entendre une cathédrale s’écrouler. La batterie, elle, n’accompagne pas : elle prophétise. Chaque roulement résonne comme un verdict, chaque accélération comme une mise à mort. Et puis, au milieu de cette brutalité, surgissent des respirations, des suspensions qui ressemblent à des halètements — comme si le morceau lui-même prenait le temps de se regarder en face dans son miroir fêlé avant de replonger dans la rage.
L’intelligence de Murder Sermon, c’est de ne jamais confondre vitesse avec précipitation. Leur écriture est collective, organique, mais guidée par une obsession : repousser les limites sans perdre la cohérence. Jérémie, le guitariste, plante les graines, mais c’est l’alchimie du groupe qui fait pousser cette forêt sonore, noire et dense. On sent qu’ils enregistrent dans un lieu familier, Avatar Productions près de Rouen, non pas comme dans un studio impersonnel, mais dans une maison hantée qu’ils connaissent par cœur. Cela leur donne la liberté d’expérimenter, de creuser chaque riff jusqu’à ce qu’il devienne un cri.
Ce qui me fascine, c’est la manière dont ce single annonce déjà un album plus ambitieux. On pressent que Through the Eyes of the Mirror n’est pas qu’une mise en bouche : c’est une porte d’entrée vers un monde plus vaste, un univers où le métal ne se contente plus d’être brutal, mais devient une sorte de miroir brisé tendu à l’époque. En l’écoutant, je n’entends pas seulement la rage de Rouen : j’entends un groupe qui veut écrire une nouvelle grammaire pour son genre, où la violence brute se mue en langage, et où le chaos devient, paradoxalement, un ordre supérieur.
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septembre 25, 2025Pas question ici de tube calibré, encore moins d’un morceau qui flatte l’oreille avant de s’évaporer. Forget Me (You Won’t) d’Eclectic Whiz est une immersion dans le chaos intime, une architecture sonore fissurée mais monumentale, où chaque rupture devient un statement. L’artiste de Pasadena construit un labyrinthe de codes, de métaphores, de visions sombres qui transforment la douleur en matière première.
La première écoute frappe par sa structure éclatée : deux refrains distincts, des virages soudains qui brisent les habitudes, des envolées théâtrales qui s’entrechoquent avec des pulsations sombres héritées de la darkwave. Tout semble à la fois imprévisible et terriblement fluide, comme si l’angoisse elle-même dictait le tempo. On pense parfois à Muse pour la grandiloquence, à Lady Gaga pour la dramaturgie pop, mais Whiz tisse son propre territoire, entre glitch, venin et pulsion cathartique.
Les mots sont truffés de concepts inventés — pitchless fire, glitchlust, echo-floor, godcore. Ce lexique n’est pas qu’un jeu esthétique, c’est une cosmogonie intime. Quand elle parle de “screamer b’in pitchless fire”, c’est l’image d’un cri qui naît sans énergie, d’une flamme qui s’allume sans combustible : survivre sans ressources, brûler par pure volonté. Le glitchlust, ce désir de l’imperfection, dit tout d’un rapport lucide et sensuel à l’erreur, au bug qui rend l’humain vivant. Quant à l’echo-floor, c’est ce sous-sol mental où les fantômes du passé résonnent encore, malgré l’oubli imposé par l’autre.
Ce qui rend ce titre fascinant, c’est cette alliance d’une colère brute et d’une production millimétrée. Derrière la rugosité des mots, il y a un groove obsédant, presque dansant, qui donne à cette catharsis un parfum de club gothique à la fois violent et séduisant. La vidéo officielle accentue cette dimension fantastique : miroirs, armée de spectres, créature hybride mi-femme mi-monstre — autant de métaphores visuelles pour dire l’impossible effacement.
Avec Forget Me (You Won’t), Eclectic Whiz signe un acte de résistance sonore. C’est une chanson qui refuse l’effacement, qui transforme la cicatrice en drapeau et qui fait du glitch une esthétique de la survie. Une œuvre à la fois intime et universelle : un cri vénéneux qui continue de résonner bien après la dernière note.
Découvrez tout son univers sur : hypeddit.com/ecl…wont-1
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septembre 25, 2025Il m’a suffi d’appuyer sur play pour me retrouver propulsé dans une sorte de Las Vegas sous acide, où les palmiers de Majorque se reflètent dans des vitres teintées couleur néon. FUNKTASTIC de l’Espagnol Electric Seagulls est un décor mouvant, un kaléidoscope de groove qui réveille la mémoire sensorielle de toute une génération nourrie au funk, aux jeux vidéo et aux mangas de minuit.
Dès l’ouverture, la basse surgit comme un personnage principal : claquante, vive, insolente, elle impose son récit. Elle n’accompagne pas, elle raconte. Et autour, Monty (alias Montserrat Galmés Rosselló) construit des couches sonores qui tiennent à la fois du vitrail et du patchwork : synthés scintillants qui flirtent avec la mélancolie de la synthwave, beats funky qui agitent les hanches malgré soi, éclats de guitare électrique qui rappellent que derrière la machine, il y a toujours un cœur qui bat trop vite.
On devine dans cette relecture d’un ancien morceau une volonté de renaissance. Comme si Monty s’était penché sur ses propres archives, avait entendu une étincelle trop belle pour rester inachevée, et avait décidé de la sertir dans une nouvelle architecture. Le résultat ? Un titre plus serré, plus nerveux, mais aussi plus cinématographique, qui réussit à convoquer le groove de Cory Wong et l’imagerie cyberpunk en un seul souffle.
Mais ce qui frappe surtout, c’est l’équilibre : Electric Seagulls danse en permanence sur la corde raide entre nostalgie et futurisme. Le morceau peut évoquer une VHS oubliée dans une chambre d’ado des années 90 autant qu’un générique de série dystopique sur Netflix. Tout est affaire de projection : on peut y voir un road-trip nocturne le long des côtes méditerranéennes comme une rave enfumée où le temps s’arrête.
FUNKTASTIC mérite son titre, non pas par effet de manche mais parce qu’il incarne une esthétique de l’excès assumé. Funky mais pas rétro, synthétique mais pas froid, ce single se situe dans cet entre-deux rare où l’énergie devient architecture. Electric Seagulls ne cherche pas à faire danser seulement les corps : il réveille aussi l’imaginaire.
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septembre 25, 2025On attend rarement du rap qu’il nous parle de la naissance, de la fragilité de devenir parent, de ce moment suspendu où la peur et l’amour se superposent. Et pourtant, Solin Anj, le nouveau projet d’Olivier Laurent, ose ce territoire inattendu. Conçu comme le miroir sonore d’un livre illustré pour enfants du même nom, l’album propose une perspective singulière : celle d’un enfant imaginant sa venue au monde. Une voix intérieure qui raconte la vulnérabilité, l’espoir et la transformation des parents au seuil de cette expérience bouleversante.
music.apple.com/…946168
Loin de l’exercice purement théorique, Olivier Laurent nourrit son concept d’une écriture incarnée et de productions hybrides, où le boom-bap croise des pulsations afrobeat et des teintes soul. L’album s’ouvre avec For A Long Time Pt. 2, morceau introspectif qui fixe le ton : une méditation sur l’attente, le doute, le temps qui s’étire. Le titre éponyme, Solin Anj, agit comme le cœur du projet, mêlant sensibilité mélodique et intensité narrative, une berceuse sombre et lumineuse à la fois.
Out of Spite, en featuring avec Kaeson Skrilla, ramène à la rugosité des origines hip-hop : des flows incisifs, une énergie brute, comme pour rappeler que même dans ce cadre intime, le rap reste un langage de résistance. À l’opposé, I Like It avec Mister Yoos respire la légèreté et la complicité, une respiration pop qui élargit la palette émotionnelle. On retrouve Mister Yoos sur Konpliman, où le mélange de voix et d’influences dessine un moment de tendresse quasi familiale.
If You Ask Me fonctionne comme un dialogue intérieur, une réflexion sur les attentes et la responsabilité. Enfin, Sold Out clôt l’album en revenant à une tonalité plus âpre, une manière d’affirmer que derrière la douceur de l’intime, il existe aussi la tension du monde extérieur, celui où il faut continuer à survivre et à se battre.
Avec Solin Anj, Olivier Laurent ne signe pas seulement un disque, mais un manifeste personnel : celui d’un artiste qui ose briser les clichés du rap pour l’emmener vers un terrain nouveau, poétique, politique et profondément humain. C’est un album qui parle aux parents, mais aussi à quiconque a connu la peur de perdre pied en accueillant une nouvelle vie. Un disque qui transforme la fragilité en force.
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septembre 25, 2025Parfois, un morceau est une énigme vêtue de lumière tamisée. Avec Buy sunnies on a gloomy day, Carl HS transforme un geste dérisoire — enfiler des lunettes de soleil par temps gris — en manifeste existentiel. Derrière l’ironie, c’est tout un art de la survie psychique qui se dessine : comment avancer dans un monde saturé de nuages intérieurs sans fabriquer soi-même un halo de clarté artificielle ?
Le morceau s’ouvre sur un souffle acoustique chaleureux, presque fragile, qui n’est pas sans rappeler les fulgurances les plus douces de la Britpop des années 90. Puis, comme un voile qui se déchire, le refrain surgit avec une intensité mantraïque : un appel à se relever, à “rocker ses ailes” pour s’élever, à chercher la lumière même quand le soleil refuse de briller. La production, volontairement sobre, laisse l’espace à la voix de HS — ce mélange de murmure et de morsure, capable d’osciller entre confidence et prêche intérieur.
Carl HS est un personnage façonné par la collision des mondes. Ancien mannequin devenu musicien “sérieux”, il connaît mieux que quiconque la tyrannie des images et des étiquettes. Trop rock pour la mode, trop mode pour la musique : il choisit ici de brouiller les frontières, en clown triste ou dandy mourant, comme pour dire que son art est justement dans cette fracture. Buy sunnies on a gloomy day est le prolongement sonore de cette identité éclatée, une chanson à la fois limpide et opaque, claire comme l’eau qui brûle, abstraite comme une confession sur papier glacé.
Premier aperçu de l’album Dirt Bike Meditations, ce single annonce un disque où la vitesse et la mélancolie feront tandem, comme une motocross lancée dans le brouillard. HS, avec sa plume de littéraire et son instinct de performeur, y promet une musique de contrastes : grandiose et fragile, théâtrale et intime.
Ce titre est une philosophie en trois minutes trente. Porter des lunettes de soleil sur un ciel bas, c’est peut-être accepter que la clarté ne vienne pas du dehors, mais de l’intérieur. Carl HS le dit en musique, et soudain le gris paraît moins lourd.
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septembre 25, 2025On dirait un cauchemar baroque sorti d’un cerveau en fièvre : un patient schizophrène imagine s’échapper de son unité psychiatrique, traverser un cirque halluciné, et voir les lions dévorer les clowns. Voilà le décor que Powers of the Monk plante dans Bread & Circuses, morceau délirant, théâtral et pourtant terriblement lucide sur nos sociétés qui préfèrent l’anesthésie spectaculaire à la vérité crue.
David S. Monk et CasSondra “Pontiac” Powers, le duo au cœur du projet, n’ont pas peur de transformer le chaos mental en fresque sonore. Leur musique oscille entre un rock rugueux aux guitares charbonneuses et des nappes plus atmosphériques, où les sons de couloirs d’hôpital, de moniteurs cardiaques ou d’avion au décollage viennent se greffer comme des parasites auditifs. Ce n’est pas un simple morceau : c’est une expérience sensorielle, un passage dans la tête d’un narrateur fissuré.
Le travail de production, épaulé par le batteur invité John O’Reilly Jr., est d’une richesse obsessionnelle. Quinze pistes de batterie, couches de voix désespérées ou sarcastiques, samples de rugissements de lions et gongs finaux : chaque détail contribue à transformer le délire en un opéra rock miniature. La voix de Monk, volontairement éraillée et “imparfaite”, colle à la peau de ce personnage schizophrène, entre murmure inquiétant et cri de révolte. À ses côtés, CasSondra injecte un contrepoint vocal spectral, presque liturgique, qui donne une dimension sacrée à l’absurde.
La force du titre ne réside pas uniquement dans son étrangeté narrative. Derrière le spectacle grotesque — des clowns dévorés, des plans ourdis par des hallucinations numérotées — se cache une métaphore politique grinçante. Rome est sur le point de tomber, dit le texte, et nous, spectateurs modernes, nous contentons de “pain et de jeux”, anesthésiés par nos écrans et nos distractions, incapables de voir les barreaux de nos propres cages.
Bread & Circuses est une chanson sur la schizophrénie, mais aussi sur la nôtre : celle d’un monde qui se gave de divertissements pendant que le feu gronde. Un morceau dérangeant, inventif, fascinant, où Powers of the Monk prouve qu’ils savent transformer l’ombre en un cirque flamboyant — et que parfois, la folie dit la vérité mieux que la raison.
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septembre 25, 2025Découvrir KIBAIZKI, c’est comme voir débarquer un vieil ami qu’on pensait assagi par les années, et le retrouver plus féroce, plus insolent que jamais. Nobotox, c’est Jean-Christophe Marchal qui, seul dans son antre bruxellois, recrée l’électricité brute des 70’s et 80’s. On entend dans ses guitares l’ombre d’AC/DC, l’insolence de Trust, mais aussi ce petit parfum punk qui empêche la machine de sombrer dans la simple nostalgie. Ce n’est pas du rock sous vitrine, c’est du rock qui transpire, qui brûle, qui se débat.
KIBAIZKI, chanté en français, frappe là où ça fait mal : les luttes de pouvoir, ces jeux minables qui gangrènent nos existences. La métaphore du flingue n’est pas gratuite : chaque riff agit comme un doigt accusateur, chaque ligne vocale comme un coup de semonce. La voix de Marchal n’a rien d’une caresse — c’est une morsure, une voix qui ne cherche pas à séduire mais à déranger, comme si elle voulait nous rappeler que le rock n’est pas censé rassurer mais bousculer.
Ce qui fascine, c’est la dynamique du morceau. Ça démarre presque en retenant sa respiration : une basse râpeuse, une batterie sèche qui se cale sur un tempo militaire, et puis soudain les guitares déboulent, acérées, pour relâcher toute la tension accumulée. Le refrain arrive comme une décharge électrique : brutal mais jubilatoire, fait pour être hurlé plus que chanté. On sent que Marchal a pensé le morceau comme une suite de vagues, un ressac constant qui colle au sujet — domination, écrasement, révolte.
Et puis, détail non négligeable : le choix du français. Dans un monde où l’anglais s’est imposé comme la langue par défaut du rock, Nobotox ose la clarté tranchante de sa langue maternelle. Ça donne au morceau une épaisseur supplémentaire, une rugosité qui ne se dilue pas. On comprend chaque mot, chaque pique, et ça résonne d’autant plus fort.
KIBAIZKI n’est pas une chanson de plus dans le paysage saturé du rock indépendant. C’est une déclaration de guerre en trois minutes : rugueuse, tendue, mais étrangement jubilatoire. On sort de l’écoute un peu sonné, un peu excité, avec l’impression qu’on vient de croiser un de ces morceaux qui vous collent à la peau et qui, à leur manière, vous rappellent pourquoi on a un jour aimé le rock.
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septembre 25, 2025Écouter Volver al aire de Yo, c’est entrer dans un théâtre où la voix humaine dialogue avec la finitude. Pas un cri, pas une plainte : une lente ascension vers l’air, entre nappes synthétiques et élévation quasi liturgique. Le morceau, colonne vertébrale de l’album Carmina Alegría, transforme l’expérience la plus intime — la perte d’une grand-mère, muse invisible — en rituel sonore où la douleur se transfigure en beauté.
La voix de Yo, soprano suspendue dans l’éther, agit comme une incantation. Elle ne chante pas seulement : elle invoque, elle convoque, elle relie. Derrière elle, les couches de synthétiseurs scintillent comme un vitrail traversé par un rayon crépusculaire. On pense aux chœurs d’Arvo Pärt qui se seraient égarés dans l’ambient de Brian Eno, aux fragments néoclassiques dissous dans un espace new age. La chanson se déploie sans urgence, mais avec une intensité qui enveloppe l’auditeur comme une cérémonie intime.
Ce qui frappe, c’est l’histoire derrière la musique : Carmina Alegría, le nom de scène rêvé mais jamais incarné de la grand-mère, devient aujourd’hui le cœur battant de ce projet. Il y a quelque chose de bouleversant à voir un “et si…” prendre forme des décennies plus tard, à travers la mémoire et l’art du petit-fils. Volver al aire n’est donc pas seulement une chanson, c’est une réparation symbolique, une renaissance posthume, un acte de fidélité poétique.
Yo, fidèle à son pseudonyme qui oscille entre affirmation de soi et dissolution du sujet, propose ici bien plus qu’un simple morceau. Il offre une expérience sensorielle où la mort cesse d’être une fin pour devenir souffle. La musique respire, flotte, et au lieu d’alourdir le deuil, elle le rend presque lumineux. On en sort à la fois apaisé et troublé, comme après avoir assisté à un rituel secret dont on n’est pas sûr d’avoir tout compris, mais dont on garde l’évidence : l’art, parfois, a le pouvoir de transformer l’absence en présence.
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septembre 25, 2025Le hip-hop adore se nourrir des codes du luxe — les V.I.P., les clubs saturés de champagne, les cordons de velours rouges. Exzenya, elle, en détourne l’imagerie avec une cruauté jubilatoire. Son V.I.P. ne rime pas avec bouteilles sabrées mais avec Victim’s Impact Panel, ces sessions imposées par la justice après un délit de conduite en état d’ivresse. Autrement dit : l’antichambre de la honte.
Dès les premières mesures, la production frappe comme un uppercut : beat massif, basses au ras du sol, flow criblé d’ironie. Exzenya raconte l’attente, les témoignages, les absurdités bureaucratiques, avec une langue acérée qui oscille entre confession et stand-up. Là où beaucoup de rappeurs construisent un mythe, elle choisit de dégonfler le ballon doré de la “success story” en exposant les conséquences brutes, sans fard. C’est grinçant, parfois hilarant, mais toujours précis dans la manière de pointer l’hypocrisie et la petitesse derrière les excès.
Ce qui rend le morceau percutant, c’est son double mouvement : d’un côté, un humour noir qui rappelle le meilleur de Lil Dicky ou d’Eminem dans ses heures les plus caustiques ; de l’autre, une gravité sourde qui plane derrière chaque punchline. On rit, mais on sent bien que tout est tiré de l’expérience réelle, de ce moment où la fête se transforme en salle d’audience.
Exzenya n’est pas dans la glorification, elle construit une sorte de théâtre satirique où chaque beat devient une gifle. Le choix de préparer aussi une version clean et un club remix n’est pas anodin : V.I.P. n’est pas qu’un pamphlet, c’est une matière vivante qui peut se décliner selon les contextes, sans perdre de sa force.
Avec ce titre, l’artiste prouve qu’elle sait allier la science de l’écriture et le sens du spectacle, capable de transformer un épisode banal de sanction judiciaire en satire mordante et universelle. Le hip-hop, entre confession et catharsis, trouve ici un nouveau terrain : celui de la honte recyclée en art, du faux pas retourné en manifeste.
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septembre 24, 2025Écouter GAME FIT revient à enfiler des gants de boxe sans savoir si on va cogner ou être cogné. Le morceau ne se contente pas d’exister, il se jette sur vous, comme un chien de combat lâché dans une ruelle obscure. Ce n’est pas une chanson, c’est une alarme intérieure. Trois minutes où l’air se fait rare, où chaque battement de caisse claire claque comme une gifle de réalité.
9 o’clock Nasty n’a jamais fait dans la dentelle, mais ici, l’urgence est distillée à l’état pur. La basse n’est plus un simple instrument, elle devient pouls, une artère prête à éclater sous la pression. La guitare taille dans le silence comme une lame industrielle, sans fioritures ni illusions. La voix, elle, sonne comme un mégaphone bricolé sur une barricade, un ordre crié dans la cohue. Tout est pensé pour vous mettre face au mur : es-tu prêt ? Pas demain, pas après-demain. Maintenant.
Ce qui fascine chez le trio de Leicester, c’est cette façon de manier la brutalité comme un art conceptuel. Là où beaucoup se contentent d’enfiler des clichés punk comme des épinglettes, 9 o’clock Nasty prend le chaos au sérieux. Leur punk n’est pas nostalgique, il est contemporain, saturé des angoisses modernes : l’impatience, la colère sourde, la sensation que la catastrophe est un état permanent. GAME FIT ne romantise pas l’effondrement, il l’habille d’un groove minimaliste et martial, une danse sur la cendre.
Le titre s’inscrit dans la continuité de leur prochaine galette, Chaos, mais s’écoute déjà comme une pièce autonome : un mantra pour citadins fatigués, coincés entre métro et anxiété collective, un hymne pour ceux qui savent que tout peut exploser mais qui choisissent, malgré tout, de sourire aux flammes.
Écrire sur ce morceau, c’est presque superflu : il suffit de le vivre à plein volume pour comprendre que 9 o’clock Nasty ne joue pas seulement avec des riffs. Ils fabriquent un langage de survie, une esthétique du danger, une musique qui prend à la gorge avant de vous laisser haletant, prêt, ou du moins persuadé de l’être.
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septembre 24, 2025Il suffit de plonger dans les premières secondes de Intro My DNA pour comprendre que GINAxC ne livre pas un simple disque de dance-pop. Ce souffle spectral d’une minute, presque cinématographique, agit comme une porte entrouverte vers un club imaginaire où chaque titre deviendra un chapitre intime. L’album n’est pas une succession de bangers interchangeables : c’est une odyssée électro, un autoportrait éclaté qui balance entre désir, revanche et fragilité.
Like a Snake – Velvet Club Pop Mix déroule immédiatement son venin : un track glissant, sensuel, qui rampe dans les corps avec une ligne de basse hypnotique et un groove reptilien digne des dancefloors berlinois. On y entend déjà cette tension entre attraction et danger qui irrigue tout l’album. Avec Femme Fatale, GINAxC embrasse pleinement l’archétype – beat minimal, voix glaciale, une chanson qui fait de la séduction une arme et de la vulnérabilité une mise en scène théâtrale.
La montée en intensité passe par Dopamine Rush, court mais fulgurant, véritable shot chimique où la pulsation se fait drogue. Suit The Risky Business, titre plus narratif, où l’artiste joue avec l’imagerie des années 80 tout en injectant une noirceur contemporaine. À l’inverse, Secret Little World ralentit le tempo et se fait presque confessionnel : un cocon secret, une bulle d’air entre deux accélérations.
Le cœur du disque explose avec Pure Intoxication et Dangerous, deux titres jumelés comme les faces claires et sombres d’une même extase. La première, euphorisante, se consomme comme un shot de tequila ; la seconde, martelée par un beat plus froid, rappelle que l’ivresse se paie toujours.
Puis vient My Darkness (Dorian Gray), sommet gothique et miroir de l’album, où GINAxC se regarde dans un reflet brisé, entre glamour et damnation. Put Your Mouth To Work (Shut Up) reprend les codes des hymnes club, insolent, frontal, prêt à devenir un cri fédérateur à 3h du matin. Mais l’album sait aussi s’effondrer : Growing Without You laisse apparaître les fissures, dépouillée, comme si la voix seule suffisait à porter l’émotion. Enfin, Making Love To Myself clôt l’odyssée en renversant le prisme : de l’amour manqué à l’amour de soi, une réconciliation en forme de mantra.
Avec My DNA, GINAxC ne se contente pas de livrer un album électro-pop. Elle signe une dramaturgie intime où chaque track agit comme une pièce de puzzle – du venin de Like a Snake au miroir sombre de Dorian Gray, jusqu’à l’affirmation libératrice de Making Love To Myself. C’est un disque qui danse autant qu’il saigne, où la voix de GINAxC se fait confession et incantation.
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septembre 24, 2025Ce n’est pas une arme, c’est un beat. Richard Green, lui, a choisi de transformer le poids du jugement en matière sonore. Son single Holding a Gun résonne comme une métaphore crue, celle de ces doigts accusateurs qui se braquent sur nous au premier faux pas, effaçant en un instant la mémoire des gestes tendres. Ici, la techno devient une confession, une manière d’exorciser la violence silencieuse des regards qui condamnent.
Construit seul dans son home-studio londonien, le morceau porte la signature d’un producteur qui ne craint pas les fractures de style. Richard Green y mêle la rugosité d’un breakbeat nerveux à la mécanique hypnotique de la tech-house, avec en arrière-plan des nappes synthétiques qui flottent comme des fantômes. L’influence de Boys Noize – période électro dure, avant les détours plus commerciaux – s’entend, mais jamais comme une simple imitation. Plutôt une filiation assumée : le goût du rythme qui claque, de la tension qui monte sans jamais exploser complètement.
Ce qui rend Holding a Gun singulier, c’est son souffle narratif. On y sent un combat intérieur, presque une lutte entre ombre et lumière. Les kicks serrés sont les coups de feu, les lignes de basse le sol qui tremble sous nos pieds, et les détails électroniques – petites fractures de sons, éclats fugaces – sont autant d’éclats de vérité que Richard assemble pour composer sa vision du monde.
Derrière ce projet électro, il faut aussi rappeler le parcours multiple de l’artiste. Green ne s’enferme pas dans une seule case : il passe avec naturel du néoclassique (trilogie réalisée avec la pianiste Irene Veneziano) au chillout, avant de plonger dans la techno la plus brute. Cette flexibilité n’est pas une dispersion, mais une cohérence intime : celle d’un musicien qui refuse les murs, qui voit la musique comme un langage fluide, capable de tout absorber et de tout raconter.
Holding a Gun est la preuve qu’au cœur même des BPM qui font suer les clubs, il reste de la place pour la vulnérabilité et pour la rage transformée en beauté. Une balle sonore tirée non pas pour blesser, mais pour réveiller.
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septembre 24, 2025Écouter Don’t Ever Stop revient à entrer dans une pièce où l’air lui-même semble vibrer différemment. Ce n’est pas un simple morceau, mais une expérience de transmutation sonore : un violoncelle qui se dresse comme une colonne vertébrale d’émotions et des textures électroniques qui s’entrelacent, parfois tendres, parfois acérées, jusqu’à former une architecture à la fois fragile et monumentale.
SAMBOX, passé de la clarinette à la production électronique comme on traverse un miroir, n’a jamais perdu le goût de la précision ni la rigueur d’un souffle instrumental. Il a choisi d’ajouter à son arsenal un piano appris en autodidacte, puis la liberté sans limite des machines. De son côté, Anita Barbereau, après des décennies passées à faire trembler les plus grandes salles sous l’égide de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, a tout quitté pour se jeter dans le vide de la composition. Son violoncelle porte encore les résonances des symphonies, mais désormais il s’avance nu, charnel, mis en tension avec des nappes électroniques qui refusent de rester sages.
Ce qui fascine dans Don’t Ever Stop, c’est l’équilibre improbable qu’ils parviennent à maintenir. Le morceau pourrait être une collision, il choisit d’être une fusion. Chaque motif électronique semble caresser ou heurter la ligne du violoncelle, comme deux corps qui dansent sans jamais perdre le contact. La production est limpide mais jamais clinique : elle conserve un grain, une aspérité qui rappelle que la beauté naît souvent de l’imperfection assumée.
On pense à des paysages cinématographiques, à la lente montée d’une scène de Tarkovski ou aux éblouissements d’un Richter, mais ce duo impose sa propre grammaire. Ni néo-classique, ni purement électronique, Don’t Ever Stop s’inscrit dans cette zone grise où l’innovation devient langage intime. Un morceau qui ne cherche pas à séduire par la facilité mais à ensorceler par la profondeur.
C’est un titre qui reste dans le corps bien après sa fin, comme une lumière résiduelle sur la rétine. Un rappel que la musique la plus puissante n’est pas celle qui suit les tendances, mais celle qui ose un dialogue sincère entre héritage et désir de rupture. SAMBOX et Anita Barbereau, en conjuguant discipline et abandon, signent là un manifeste : la musique ne s’arrête jamais, elle se réinvente.
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septembre 24, 2025On sent tout de suite que Mia Delamar a grandi entre les églises, les répétitions de danse et les rêves de scène. Son nouvel album, Love Me…Not, n’est pas une simple collection de titres calibrés pour séduire les playlists : c’est un kaléidoscope d’émotions, un récit musical où chaque morceau incarne une facette des cycles amoureux — exaltation, perte, résistance, renaissance. Douze titres, douze étapes d’un voyage où l’intime devient universel, porté par une voix qui oscille entre caresse pop et intensité R&B.
L’ouverture, Into You, fait briller l’étincelle des débuts : des synthés lumineux, un groove sucré qui capture l’ivresse des premiers frissons amoureux. L’album se prolonge avec Whatever et Anyway, où Mia joue sur un registre plus pop, léger, presque espiègle, comme pour rappeler que l’amour est aussi un terrain de jeu. Puis vient Personal, où elle ralentit le tempo pour dévoiler une sensualité à la fois vulnérable et assurée.
Au centre de l’album, le fan-favorite Cool (version MiMix) condense tout ce qui fait sa force : un hymne d’empowerment, irrésistiblement dansant, où elle rappelle avec aplomb qu’aimer, c’est aussi savoir s’aimer soi. Avec Alright, elle convoque des influences gospel, levant la tête vers la lumière et transformant ses blessures en un chant de résilience.
Dans les profondeurs de Say That, My Love Don’t Mean a Thing et Complicated, c’est le doute qui s’installe : on entend le poids du don de soi, les cicatrices des relations déséquilibrées. Enfin, The Drain agit comme un miroir sombre : le constat d’une spirale, mais qui prépare paradoxalement le terrain à un espoir.
On devine derrière ces compositions l’empreinte de Missy Elliott pour l’audace, d’Aaliyah pour la sensualité aérienne, de Beyoncé pour la puissance émotionnelle. Mais Mia ne s’efface jamais derrière ses influences. Elle impose sa couleur, sa dynamique, son flair pour les refrains qui s’accrochent à la mémoire.
Avec Love Me…Not, Mia Delamar réussit à conjuguer la sincérité d’une écriture introspective et l’efficacité pop d’une artiste consciente de son époque. C’est un premier grand album de maturité, construit comme un miroir tendu à celles et ceux qui jonglent entre l’amour qu’on donne et celui qu’on se doit. Une carte de visite brillante, mais surtout une promesse : celle d’une voix qu’on n’oubliera pas.
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septembre 24, 2025À l’heure où la musique se dilue trop souvent dans la facilité, certaines œuvres surgissent comme des flambeaux dans la nuit. Dream of Peace de Kelsie Kimberlin appartient à cette catégorie rare : un morceau qui ne se contente pas de séduire l’oreille mais qui porte en lui une nécessité, une urgence. Plus qu’un single, c’est une déclaration, un souffle d’humanité lancé à la face d’un monde en proie à la guerre et au chaos.
Derrière ce titre se dessine une trajectoire hors norme. Kelsie Kimberlin n’est pas qu’une chanteuse pop de 26 ans, elle est une survivante de l’histoire en cours, une témoin engagée qui transforme ses cicatrices en mélodies. Son parcours, marqué par une rigueur impressionnante – plus de cent chansons enregistrées, des collaborations avec les producteurs les plus respectés de la planète, de Liam Nolan (Adele) à Greg Calbi (Taylor Swift) – trouve ici son point d’incandescence. Mais c’est surtout sa voix, souple et ardente, qui fait la différence : une voix qui a grandi dans les chœurs, forgée dans la discipline, mais aujourd’hui habitée par une intensité quasi viscérale.
Dream of Peace ne se contente pas d’être une prière en musique. Le morceau, nourri d’arrangements limpides et d’une architecture sonore qui oscille entre solennité et espoir, est aussi un acte politique. Kimberlin a filmé en Ukraine, dans les villes-martyrs de Boutcha et Irpin, avec les sirènes d’alerte et les drones comme bande-son du réel. Elle a vu la mort de près, celle de son cousin, et choisi de transformer la douleur en lumière. Dans sa bouche, le mot « paix » n’est pas une abstraction : il devient une arme de résistance.
La force de Dream of Peace tient aussi dans son imagerie. Le clip, pensé comme une fresque, relie l’intime et l’universel, superposant des visages, des ruines, des gestes d’amour et des élans de survie. L’esthétique y épouse l’éthique : rien n’est gratuit, tout est témoignage. On pense parfois à Sinéad O’Connor pour la radicalité émotionnelle, ou à Annie Lennox pour la noblesse d’interprétation, mais Kimberlin ne copie personne. Elle trace son chemin.
Sorti quelques jours avant la Journée internationale de la Paix, ce morceau prend une dimension presque prophétique. Dans un monde saturé de bruits et d’images, Kimberlin rappelle qu’une chanson peut encore réveiller les consciences. Dream of Peace n’est pas seulement une œuvre musicale ; c’est un geste de mémoire, un appel vibrant, et peut-être, une promesse.
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septembre 24, 2025Qu’il vienne de Douala, de Roseau ou de Castries, l’amour n’échappe jamais à sa complexité. Avec Complicated, Marie Pascale – alias MP – et le chanteur saint-lucien Arthur Allain signent un hymne sensuel où la douleur et la passion s’enlacent au rythme du Kompa et des pulsations afro-caribéennes. Produit par Kreig Harris (Kahz Media Productions), le titre s’impose comme une passerelle sonore entre continents, où l’anglais, le français et le créole se répondent pour dire la fragilité et la persévérance du sentiment amoureux.
La magie opère dès les premières mesures : une rythmique zouk chaloupée qui évoque les nuits caribéennes, des nappes harmoniques gorgées de soleil, et cette voix argentée de Marie Pascale qui s’élève, vibrante, à la fois douce et intraitable. Sa diction trilingue, loin d’être un simple ornement, agit comme un écho de ses racines multiples – le Cameroun dans le cœur, la Dominique dans l’âme, et une diaspora africaine et caribéenne qui respire à travers chaque note. Arthur Allain, voix phare de Sainte-Lucie, entre alors comme le contrepoint idéal : suave, posé, charismatique, il donne au morceau une texture presque chorale, où deux voix deviennent deux continents qui refusent de se tourner le dos.
Mais au-delà de l’évidence mélodique, Complicated frappe par son honnêteté émotionnelle. Le refrain – « Pa lessé mwen, Pa lessé pen la changé lanmou nou » – n’est pas qu’un mantra amoureux, c’est une imploration universelle : ne pas laisser l’épreuve, la douleur, l’usure, éroder l’essentiel. La production de Kreig Harris, ciselée et contemporaine, donne à cette déclaration une allure de club anthem, capable de résonner aussi bien dans un carnaval de Roseau que sur une playlist parisienne.
Avec ce titre, Marie Pascale poursuit un parcours déjà hors norme. Médecin, entrepreneuse et artiste, elle incarne cette rare alchimie entre rigueur et ferveur, entre engagement et lâcher-prise. En compagnie d’Arthur Allain, elle offre ici une chanson qui ne se contente pas de faire danser, mais qui touche, répare et rassemble. Complicated n’est pas un simple morceau : c’est un geste de survie amoureuse, une ode à la résilience portée par le souffle croisé de l’Afrique et des Caraïbes.
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septembre 24, 2025On pourrait croire que la célébration de la féminité se ferait sur des arpèges de piano ou des ballades sucrées. Fierbinteanu, eux, préfèrent la dynamite. Avec Women of the World, le duo bruxellois — Gabriela et Cristian Fierbinteanu, deux électrons libres passés par Bucarest, Paris, Berlin et Reykjavik — transforme le chaos en énergie pure, et la voix en arme de contagion collective. Ici, la joie n’est pas douce, elle est rugissante, frondeuse, presque anarchique.
La pulsation frappe d’abord comme un uppercut, une rythmique qui se déchaîne sans prévenir et vous oblige à abandonner toute inhibition. On pense à l’hyper-pop dans sa forme la plus théâtrale, à l’électro-punk quand il se veut irrévérencieux, mais Women of the World réussit surtout à ne ressembler à personne. C’est une transe délibérément excessive, qui oscille entre cabaret futuriste et rave débraillée, le tout porté par une performance vocale qui se situe quelque part entre l’incantation et la provocation.
Visuellement, le clip, tourné à Lokeren avec Jennifer Gee et Els Verwilgen, pousse encore plus loin cette esthétique dionysiaque : un tourbillon de corps, de couleurs, de gestes qui exagèrent la fête jusqu’au vertige. On n’assiste pas à un simple hommage aux femmes mais à une déflagration d’énergie vitale.
Ce qui frappe, c’est l’intelligence sous-jacente de la mise en scène. Derrière le délire apparent se cache un travail de design sonore méticuleux : chaque saturation est pensée, chaque brisure dans le rythme sert à créer un déséquilibre voulu, chaque montée hystérique prépare un lâcher-prise cathartique. On retrouve cette patte déjà saluée dans leurs performances scéniques (Perfect World of Love) ou dans leur audio-drama (The Political Music Show), mais ici, le duo concentre sa folie en une seule capsule : trois minutes de chaos jubilatoire.
Avec Women of the World, Fierbinteanu signe une déclaration d’indépendance artistique. Pas de compromis, pas de demi-mesure. Juste la preuve éclatante qu’on peut célébrer la féminité par le tumulte, l’excès, la danse désordonnée et une sincérité brute. Ce n’est pas un morceau, c’est une claque.
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septembre 24, 2025Le violon est un instrument capricieux : il peut geindre, pleurer, hurler, mais il peut aussi devenir une arme de séduction. Avec Love of Yesterday, Elisa V — de son vrai nom Elisa Järvelä — lui offre une mue inattendue. On n’entend plus le violon classique des salons feutrés ou des salles d’opéra, mais un timbre transfiguré, traversé par le groove moite de la deep house. C’est comme si un Stradivarius s’était glissé au milieu d’un club berlinois, entre deux kicks hypnotiques, et avait trouvé sa place naturelle.
On connaissait Elisa pour ses années de tournée, ses concerts devant des papes et des têtes couronnées, son ancrage solide dans la grande tradition du Sibelius Academy d’Helsinki. Mais ce premier single solo sonne comme une libération. Loin du répertoire institutionnel, elle ose la collision des mondes : le vibrato classique se fond dans des nappes électroniques, les archets deviennent des pulsations, les cordes s’illuminent d’une énergie club. La rigueur d’un passé académique s’efface derrière la fluidité d’un désir de modernité.
Love of Yesterday raconte en creux une transition : celle d’une artiste qui refuse d’être figée dans l’image de l’interprète virtuose pour s’affirmer comme créatrice. Il y a dans ce titre quelque chose d’à la fois raffiné et charnel : les arrangements dansent entre la sophistication de l’écriture classique et l’urgence d’un drop pensé pour la piste. On y perçoit l’ombre des grandes expérimentations de crossover, mais avec une élégance singulière, sans jamais sombrer dans la démonstration.
Cette hybridation fait de Love of Yesterday plus qu’un single : une déclaration d’intention. Elisa V se place à la croisée de deux héritages, celui de la musique savante et celui des clubs, et y trace une voie personnelle. En tendant son violon vers les machines, elle redonne au passé la beauté de l’instant présent.
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septembre 24, 2025Il y a dans Whynot une innocence qui n’appartient qu’aux débuts — ce moment fragile où la passion déborde, où chaque beat est une déclaration, où la moindre variation de mélodie devient une promesse. Kardho, jeune producteur italien de 21 ans, signe un track qui transpire la sincérité et la soif de dépassement. Pas de collaborations prestigieuses, pas de studio high-tech : juste un ordinateur rafistolé, une chambre transformée en laboratoire sonore, et cette conviction viscérale qu’un jour ses sons résonneront sur les plus grandes scènes.
Musicalement, le morceau s’inscrit dans une tradition deep tech house qui regarde du côté de Chris Stussy ou Josh Baker. On retrouve ce groove souterrain, hypnotique, qui ne force jamais mais installe son emprise doucement, presque insidieusement. Whynot n’est pas une démonstration technique clinquante, c’est un flux organique qui appelle le corps à se laisser porter. Les modulations mélodiques, discrètes mais efficaces, insufflent une respiration quasi cinématographique, comme une bande-son de nuit blanche où le temps se dilue.
Ce qui frappe surtout, c’est le contraste entre l’ambition démesurée du projet et la rudesse du contexte de production. Kardho ne cache rien : il veut des festivals, des millions de streams, une carrière qu’il imagine déjà comme une évidence. Mais derrière l’ego nécessaire à tout DJ en devenir, on perçoit une obsession plus intime : celle de bâtir un futur à force de sacrifices, de persévérance et de solitude. Whynot devient alors le titre-manifeste d’une génération DIY, celle qui apprend seule, qui refuse d’attendre une validation extérieure pour créer, qui brûle d’impatience.
Dans ce track, on entend moins un produit fini qu’une trajectoire : un groove encore brut, mais chargé d’une énergie qui ne demande qu’à se déployer. Whynot, c’est la question rhétorique de Kardho à l’industrie comme au monde : pourquoi pas lui ?
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septembre 24, 2025Certains disques sentent la poussière des routes, d’autres gardent la lumière des studios comme une seconde peau. On the Ball de Rootiger – alias de Mark Dunford – a ce parfum hybride, celui d’une chanson forgée à mains nues, entre rock rêche et folk intime, mais polie avec le soin de quelqu’un qui connaît la valeur de chaque note. C’est une carte de visite et déjà une confidence : on entre dans l’univers d’un homme qui a vécu plusieurs vies, et qui les rassemble dans une seule voix.
La force de ce titre tient dans sa simplicité maîtrisée. Rootiger joue presque tout : guitares nerveuses mais jamais arrogantes, batterie qui garde l’élan sans écraser l’émotion, harmonies vocales qui rappellent que le folk est d’abord une question de proximité. Seul le bassiste Micah Lucas, ami de toujours, complète le tableau, ajoutant une ligne qui pulse comme une respiration parallèle. On sent la main de quelqu’un qui a choisi l’indépendance, non par orgueil mais par nécessité : pour garder le contrôle sur l’émotion brute, ne pas la diluer dans trop de filtres.
Le morceau, extrait de Rewinder, son premier album, reflète une trajectoire singulière : ancien militaire devenu musicien-thérapeute, Rootiger a appris que la musique peut autant soigner que secouer. Et c’est exactement ce que fait On the Ball. Il soigne dans ses détails folk, ses guitares twangy, ses textures réconfortantes. Il secoue dans sa tension rock, dans cette impression de toujours vouloir avancer, d’être “on the ball”, au bord du rebond.
Là où d’autres cherchent à séduire par l’esbroufe sonore, Rootiger préfère la franchise. Son morceau n’est pas une vitrine mais un miroir, parfois cabossé, toujours vrai. En à peine quelques minutes, il installe un monde où le folk et le rock cessent de se regarder en chiens de faïence pour s’unir dans une seule nécessité : dire ce qui compte.
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septembre 24, 2025Écouter Better Than Gold revient à plonger dans un brasier qui refuse de s’éteindre. Ce morceau né des ruelles étouffantes de Tondo et des machines électroniques londoniennes d’Ooberfuse est tout sauf un simple featuring exotique. C’est un pacte. Un accord scellé entre des voix qui n’ont plus rien à perdre et des producteurs décidés à transformer la rage en arme sonore.
Dès l’introduction, la production de Hal St John taille l’espace comme une lame, laissant surgir le flow viscéral des MCs philippins. Les beats claquent comme des matraques sur le bitume, les basses vibrent avec l’intensité d’un rassemblement qui explose en slogans. À chaque couplet, les mots arrachent des morceaux de vérité : ZJAA et sa déclaration sans filtre, OBLK et ses cris étouffés devenus rimes, XFLOW qui incarne l’impact de la corruption sur le quotidien le plus banal, YC qui transforme la plainte en appel à l’action.
La singularité de ce morceau tient à sa capacité à transcender les frontières linguistiques. On n’a pas besoin de comprendre chaque mot pour sentir la morsure de leur colère. C’est la voix d’un peuple qui refuse de voir sa dignité piétinée. Le refrain agit comme un mantra : mieux que l’or, c’est la vérité crachée sans vernis, une vérité que le pouvoir voudrait étouffer.
Ce qui frappe, c’est aussi le contraste : la rage brute de Tondo propulsée par l’élégance sombre d’Ooberfuse. Cherrie Anderson, dont les racines philippines font office de passerelle, transforme le morceau en une collision culturelle maîtrisée, là où l’underground rencontre le global.
Better Than Gold n’est pas une chanson de plus dans le paysage saturé des manifestes “politiques”. C’est un document sonore, une preuve vivante que l’art peut encore déchirer les murs de l’indifférence. Dans un monde où les corruptions se comptent en milliards, ces voix venues du bitume rappellent une évidence : la vraie richesse, c’est celle du peuple qui refuse de se taire.
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septembre 24, 2025La première écoute de Bordeline : Chaos at the Border laisse une impression de feu contenu, de colère qui gronde et refuse de se dissiper. Plus qu’une chanson, c’est une cicatrice mise en musique, une mémoire ravivée au moment où certains voudraient la gommer. Patrick Costello et son Knabokov Collective ne cherchent pas à séduire, encore moins à enjoliver. Ils tendent un miroir, brutal, sans fard, à un monde qui préfère détourner le regard quand les barbelés remplacent les horizons.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette manière de sculpter la matière sonore comme on érige une barricade. Les guitares tranchent l’air avec la même dureté qu’un projecteur de frontière dans la nuit, les percussions roulent comme un pas cadencé de militaires, et la voix, tendue, se cabre à la limite de la rupture. On n’entend pas une performance : on assiste à une déflagration. Tout est pensé pour que l’auditeur ressente physiquement la violence dénoncée – les coups d’État téléguidés, les familles arrachées à leurs terres, les migrants repoussés à coups de gaz et de murs.
La force de ce morceau réside aussi dans sa capacité à conjuguer mémoire et présent. En convoquant le Honduras de 2009, Bordeline : Chaos at the Border refuse la lecture superficielle des drames migratoires, ces récits réduits à des chiffres et à des clichés. La chanson recontextualise : si des milliers de personnes prennent la route vers le Nord, c’est aussi parce que les grandes puissances ont semé, décennie après décennie, des graines de violence et d’instabilité. L’Amérique se construit sur les immigrants, mais ferme ses portes dès qu’ils rappellent le prix de son empire.
Et puis, au-delà du discours, il y a ce paradoxe esthétique : une musique rugueuse mais étrangement galvanisante, un clip multi-récompensé qui mêle poésie visuelle et brutalité documentaire. On en sort lessivé, mais avec l’impression que quelque chose d’indispensable vient d’être dit.
Bordeline : Chaos at the Border est moins une chanson qu’un manifeste incandescent. Un rappel que l’art, quand il s’ancre dans la vérité des luttes, peut encore être une arme. Une arme qui ne tue pas, mais qui force à écouter.
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septembre 24, 2025Il y a des chansons qui avancent comme un train lancé trop vite, brinquebalant mais irrésistible, et Next Stop Brixton de Tom Minor en fait partie. Ce single sent le ballast chaud, la bière renversée dans le métro, la nostalgie d’un Londres qui n’existe plus vraiment mais qui revient hanter chaque note. Minor y convoque ses fantômes — ceux des potes d’enfance égarés, de la liberté naïve, mais aussi du poids du système carcéral qui transforme les errances adolescentes en cicatrices durables.
La narration est cinématographique : on visualise presque le wagon crade, les stations qui défilent comme autant d’épisodes de vie. C’est une balade punk-pop en trois temporalités imbriquées — l’enfance turbulente, le temps de la correction, puis le retour sur les mêmes pavés, libéré mais lesté de souvenirs. L’ombre de The Clash plane partout, et pas seulement parce que Minor cite une de leurs chansons comme inspiration. Dans la rythmique nerveuse, la guitare tranchante de Johnny Dalston ou l’énergie crue des refrains, on entend cette même urgence de raconter la ville comme elle est : sale, vibrante, pleine de contradictions.
La production de Teaboy Palmer, surnommé à juste titre le Guy Stevens de Golders Green, donne au morceau une patine brute, sans fioritures. On sent que ça a été conçu pour être joué fort, pour transpirer sur scène, pour coller au mur d’un pub sous les cris. Minor n’essaie pas de lisser son propos : son indie rock reste indocile, saturé de références au punk, au power pop et à cette tradition anglaise de raconter la survie urbaine avec une ironie rageuse.
Avec Next Stop Brixton, Tom Minor signe un hymne à la fois personnel et universel. C’est un morceau qui ne romantise pas l’échec mais l’absorbe pour en faire un moteur. Comme si chaque station de métro était une leçon, chaque erreur un riff, chaque perte une montée d’énergie. Brixton devient ici plus qu’une destination : un symbole de résilience, un terminus qui est aussi un départ.
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septembre 24, 2025Rarement un groupe aura osé un geste aussi frontal : tordre l’hymne national irlandais pour en extraire un miroir sombre, y glisser une réflexion sur le capitalisme triomphant et bâtir, à travers la musique, une fresque parallèle entre l’Irlande et la Pologne. Joyce Of The Market, le nouveau titre de Transgalactica, ne se contente pas d’être une chanson. C’est une petite pièce de théâtre sonore, un conte politique où l’ironie se dispute à la mélancolie.
Le morceau s’ouvre sur deux thèmes de l’hymne irlandais, basculés du majeur au mineur comme pour dire que derrière la fierté nationale, l’ombre des souffrances persiste. Puis viennent les clins d’œil érudits : un passage de quintes emprunté à Genesis (The Lamia), une tension rock empruntant à Perfect Strangers de Deep Purple. L’ensemble dessine une architecture musicale volontairement composite, à la fois hommage et détournement.
Mais c’est dans la collision texte-image que Joyce Of The Market trouve sa singularité. Le clip déroule une iconographie volontairement stéréotypée – exils, oppression étrangère, rôle écrasant de l’Église, émancipation économique – comme pour rappeler que l’Histoire, souvent, se raconte en clichés. La punchline finale claque comme un slogan publicitaire détourné : « corporate horns are blaring resurrection ». L’Irlande contemporaine se célèbre autant qu’elle s’interroge.
Il y a dans ce morceau une audace presque anachronique : celle de penser la chanson pop-rock comme outil de commentaire historique, de faire dialoguer Joyce avec le marché, le folklore avec le néolibéralisme, l’identité nationale avec les mirages de la prospérité. On peut sourire de cette imagerie un peu scolaire, mais on ne peut nier la sincérité : derrière la satire se cache une véritable tendresse pour l’Irlande moderne, pour ce pays qui a « durci » ses blessures en réussite économique.
Transgalactica assume son goût pour l’expérimentation conceptuelle, quitte à dérouter. Joyce Of The Market ne cherche pas à plaire mais à provoquer – un geste artistique qui, qu’on l’aime ou qu’on le rejette, impose une chose : la chanson peut encore être un espace de pensée, et pas seulement de consommation.
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septembre 24, 2025On pourrait croire que Jeremy Engel a trouvé son terrain de jeu favori dans ces zones grises où l’amour se délite mais refuse de mourir. Avec Something Real, son nouveau single, le songwriter installé entre New York et l’Europe livre une ballade suspendue, à la fois intime et universelle, qui capte l’instant fragile où l’illusion d’un couple tient encore debout, même si les fondations s’effritent.
Le morceau avance sur des arpèges acoustiques réchauffés par une production discrète mais précise, comme un feu de cheminée qui tente d’étouffer le froid d’une maison trop grande pour deux êtres qui ne se regardent plus. La voix d’Engel, pleine de failles et d’élégance, convoque les fantômes de Leonard Cohen ou Damien Rice, mais ne tombe jamais dans la copie : elle respire sa propre mélancolie, elle porte ses cicatrices avec une pudeur désarmante.
Ce qui frappe, c’est la simplicité maîtrisée. Pas d’esbroufe ni de grands effets : Something Real s’impose par son honnêteté brute. Engel y saisit ce moment universel où l’on reste accroché à une histoire, non par passion, mais par peur du vide. La chanson devient alors miroir : chacun peut y projeter sa rupture, ses non-dits, ses silences lourds de fin annoncée.
Avec ce single, Engel poursuit un chemin déjà marqué par Ocean ou Roam Like a Wave, qui lui ont valu d’attirer l’œil de Rolling Stone et d’être récompensé aux Oniros Film Awards. Mais ici, il semble aller plus loin : non plus seulement raconter, mais disséquer le réel, tendre à l’auditeur une vérité nue, sans artifice.
Something Real n’est pas qu’une ballade de plus dans le paysage folk-rock. C’est une confession mise en musique, une manière de transformer le naufrage en beauté fragile. Et si la chanson s’arrête, elle laisse derrière elle une résonance persistante, comme un dernier regard échangé avant que les portes ne se referment pour de bon.
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septembre 24, 2025On sent immédiatement, en appuyant sur lecture, que SACRIFICE n’est pas un simple morceau mais un exorcisme. The Mess:Age, projet de Glen Brandon alias Ziggy, musicien londonien passé par les sphères mythiques de Bowie et Duran Duran, signe ici une pièce habitée, forgée dans l’isolement du confinement, entre rage spirituelle et urgence existentielle. Le titre, extrait de l’album Age of Mess, s’érige comme une croix de son et de chair, plantée dans le sol instable d’une époque qui vacille.
La force de SACRIFICE repose sur son atmosphère : une mélodie lancinante, tendue comme un fil entre ciel et terre, et des arrangements qui refusent les oripeaux du rock standardisé pour toucher à quelque chose de brut, presque mystique. On perçoit derrière la voix de Ziggy non pas seulement un chant, mais une incantation, une tentative de repousser les ténèbres par la lumière d’un refrain taillé pour durer. La production, façonnée au Phoenix Studio de Londres, conserve ce grain âpre, cette patine volontairement rugueuse qui empêche toute complaisance.
Ce qui fascine, c’est la manière dont Ziggy parvient à tordre les codes du rock chrétien ou spirituel pour en faire une arme esthétique. Pas de slogans naïfs ici : plutôt un travail de sculpture sonore où la foi devient un motif de résistance, et où l’intime rencontre le politique. On retrouve les traces d’un héritage post-Bowie — une dramaturgie vocale, une théâtralité maîtrisée — mais aussi l’ombre des années post-punk, dans ce refus du confort et dans cette volonté de heurter autant que de séduire.
Avec SACRIFICE, The Mess:Age ne cherche pas l’adhésion facile. Le morceau agit comme une énigme à décrypter, un manifeste d’artiste convaincu que les mots et la musique peuvent fissurer le réel. Et si ce n’était pas qu’une chanson, mais une prière électrique adressée à un monde trop souvent sourd à ses propres révolutions intérieures ?
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septembre 24, 2025La frontière entre obscurité et lumière n’a jamais été aussi fine que dans la musique de Sugar Scars. Le duo, né entre El Paso et Juarez, revient avec Dark Spark White Light, un album qui promet de confirmer l’aura étrange et fascinante qu’ils avaient esquissée sur Rhythmic Body Reflexes. Ici, rien de linéaire, tout est friction, collision, fusion : l’électronique se marie au shoegaze, le psychédélisme se frotte aux pulsations indie dance, et le tout respire une noirceur gothique qui ne renonce pourtant jamais à la volupté du groove.
Le premier single, Dark Charm, résume cette esthétique mouvante. Une ligne de batterie quasi martiale, bientôt avalée par une basse hypnotique, installe un climat de transe. La voix réverbérée flotte comme un spectre au-dessus du mix, captivante, fragile et mystique à la fois. On croit d’abord plonger dans les ténèbres, mais la mélodie, subtilement lumineuse, nous tire vers un ailleurs paradoxal : celui d’une joie sombre, d’une euphorie mélancolique. C’est ce vertige-là qui rend Sugar Scars si singuliers, cette capacité à transformer un paradoxe en expérience sensorielle cohérente.
L’album s’annonce comme un parcours labyrinthique. Chaque morceau pousse plus loin la logique du croisement des genres, passant de nappes rêveuses dignes de la dream pop à des sursauts percussifs hérités de la culture club. L’équilibre se trouve dans leur écriture millimétrée : un soin extrême apporté à la construction des textures, à la progression des rythmes, à l’introduction d’accidents sonores qui brisent la linéarité pour provoquer l’écoute.
Sugar Scars refusent de jouer le jeu de l’image, préférant l’anonymat au narcissisme visuel. Leur stratégie est claire : laisser la musique porter le mystère. Dans un monde saturé de poses, cette discrétion est un manifeste. Dark Spark White Light n’est pas seulement un disque : c’est une chambre noire où chacun projette ses lumières intérieures, une alchimie rare qui capture l’instant tout en le déformant.
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septembre 24, 2025On n’attendait pas de Belgrade une telle décharge électrique, et pourtant Bones in Butter enfonce la porte avec Persona Non Grata, morceau noir et incandescent extrait de leur album concept Cosmopolis. Ce qui frappe d’emblée, c’est cette manière de convoquer l’esprit des années 80 sans tomber dans le pastiche. On pense à Magazine, à Bauhaus, au Lou Reed des nuits blêmes, mais ici les ombres se déplacent dans un décor bien réel : celui d’une Serbie fracturée, où chaque rue semble porter le poids des contradictions.
Milutin Krasevic, maître d’orchestre et voix magnétique, n’écrit pas de simples chansons : il compose des fragments de chroniques. Sa diction en clair-obscur se frotte aux guitares tranchantes de Todor Zivkovic, aux basses charnelles de Dejan Skopelja, aux frappes sèches de Tom Fedja Franklin. La présence de Luna Skopelja, en contrepoint vocal, ajoute cette brèche fragile dans la rugosité, comme une fissure lumineuse dans un mur de béton.
Persona Non Grata se déploie comme une marche funèbre accélérée, un pas cadencé entre colère et ironie. Chaque riff semble mordre, chaque ligne de basse pulse comme une alarme sourde. Le morceau n’offre pas d’issue : il expose, frontal, l’exil intérieur de ceux que l’on rejette, les invisibles, les indésirables.
En filigrane, c’est tout un héritage européen qui ressurgit : les atmosphères froides de Berlin-Ouest, les expérimentations baroques d’un Franco Battiato, les visions cinématographiques d’une Electric Light Orchestra passée au filtre du nihilisme. Mais Bones in Butter transcende ses références : ce n’est pas une nostalgie, c’est un présent fiévreux mis en sons.
Avec Persona Non Grata, le groupe impose une esthétique sans concessions, où le post-punk n’est plus seulement une réminiscence, mais une arme critique pour regarder le monde droit dans les yeux. Belgrade devient le centre d’un maelström sonore qui pourrait bien déborder largement ses frontières.
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septembre 24, 2025L’écoute de terminal de Wotts m’a donné la sensation étrange d’un temps suspendu, comme ces instants passés dans les zones neutres des aéroports où l’on n’est déjà plus là d’où l’on vient, mais pas encore là où l’on va. Le duo d’Ottawa transforme ce flou en matière sonore, en sculptant un morceau où la légèreté pop se teinte de reflets R&B, et où chaque note semble résonner dans une salle d’attente imaginaire.
Ce qui frappe d’abord, c’est la maîtrise de la texture. Jayem, producteur et chanteur, superpose nappes de synthés translucides et rythmiques souples comme des pas feutrés sur du carrelage ciré. La basse roule avec un groove humide, presque caressant, pendant que la voix se déploie, retenue, comme si elle chuchotait ses états d’âme derrière une façade de contrôle. Mais ce masque ne trompe personne : la douleur affleure dans les silences, dans ces petits décalages rythmiques qui traduisent l’anxiété de la rupture.
On entend dans terminal le fantôme du hip-hop de leurs débuts, qui persiste en filigrane, mêlé aux couleurs indie pop qu’ils revendiquent depuis quelques années. L’influence de Childish Gambino ou Mac Miller se perçoit dans cette façon de donner du poids émotionnel à une production fluide, sans ostentation. Et l’ombre de Tame Impala plane dans ces synthés réverbérés qui semblent flotter dans une brume intérieure.
Ce morceau n’offre pas de résolution. Il capture au contraire l’essence même de l’incertitude : ce moment où l’on ne sait pas encore si l’histoire est vraiment finie ou si elle trouvera une échappée. Ricky 100 a raison de parler d’un disque compagnon au précédent EP FLANK! : COPE s’annonce comme un projet qui refuse les certitudes, préférant explorer l’entre-deux, le vertige des émotions incomplètes.
En vérité, terminal est moins une chanson qu’un état d’esprit. Un espace transitoire, à la fois fragile et lumineux, où Wotts rappelle que la musique peut être ce hall sans murs, où l’on accepte d’attendre, de ressentir, de laisser les choses s’effriter avant de décoller vers autre chose.
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septembre 24, 2025Il y a des disques qu’on aborde comme une rencontre amoureuse : à la fois familière et vertigineuse. Celui de Marzanna, alias Marianne Nowottny, agit exactement de cette façon. On pense connaître les chansons, on croit pouvoir anticiper leurs contours, et pourtant, chaque reprise nous échappe comme une silhouette au détour d’un rêve. Ici, la mémoire pop est bousculée, fissurée, reconfigurée. C’est une traversée où les classiques deviennent des miroirs déformants, dans lesquels c’est la voix de Marzanna qui se reflète avant tout.
Wuthering Heights, par exemple, se détache de l’éclat exubérant de Kate Bush pour s’enfoncer dans une pénombre sensuelle. Les aigus cristallins se transforment en incantations voilées, comme si le chant venait de l’intérieur d’une maison en ruines. Cette version ne cherche pas à rivaliser avec l’original mais à le hanter, à en révéler la mélancolie secrète. À l’opposé, I’m Deranged reprend la furie mécanique de Bowie et la recode en une transe moite. Grâce à l’ingénierie de Gordon Raphael, les rythmes abrasifs deviennent une pulsation organique, presque charnelle.
Puis survient Winter Moon, d’une beauté lunaire : un morceau suspendu, où la guitare de Rhea Thompson trace des filaments de givre autour d’une voix qui semble vouloir disparaître à chaque syllabe. Là où The Cold Song nous entraîne dans un frisson théâtral, presque opératique, Stella Maris propose un contrepoint plus intime. Chanter en allemand, en duo avec Christian Corea, installe une distance étrange, comme une prière électronique venue d’un autre monde.
Both Sides Now, repris avec l’accompagnement céleste de Katie Lo à la harpe, bouleverse par sa sobriété. Ici, Joni Mitchell n’est plus une jeune femme qui contemple le monde avec des illusions d’enfant : c’est une voix fatiguée, assise face au temps qui passe, et qui trouve dans la harpe le seul instrument capable d’épouser ses fissures. Enfin, The Last Beat of My Heart réapparaît comme une confession arrachée, un murmure déchirant qui pourrait suffire à lui seul à justifier l’existence de l’album.
Ces neuf titres, arrachés à la mémoire collective, ne sont pas des hommages mais des réappropriations radicales. Marzanna ne répète pas, elle réécrit. Chaque morceau devient une relique transformée, un lieu de lutte et de consolation. Et c’est dans cette fragilité assumée, ce refus d’imiter, que l’album trouve sa puissance : rappeler que les chansons les plus connues ne sont jamais figées, qu’elles vivent encore, qu’elles saignent encore, si quelqu’un ose les ouvrir de nouveau.
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septembre 24, 2025Écouter Lovin U de Cylus, c’est un peu comme marcher seul la nuit dans une ville étrangère : tout semble familier et pourtant chaque pas résonne avec une intensité inattendue. Dès les premières secondes, on sent que l’artiste ne cherche pas à séduire par l’excès, mais à happer par la sincérité. Une basse discrète, mais ferme, sert de colonne vertébrale, autour de laquelle gravitent des nappes aériennes et des textures qui respirent, comme si la machine avait appris à battre au rythme d’un cœur hésitant.
La force de ce morceau tient moins à son efficacité électronique — indéniable — qu’à la transparence émotionnelle qu’il dégage. Cylus ne produit pas seulement des sons : il traduit ses incertitudes, ses élans amoureux, ses moments de flottement en architecture sonore. C’est là qu’il se distingue. Là où beaucoup d’artistes électroniques se contentent de dresser des paysages atmosphériques, lui insuffle une dramaturgie intime, presque viscérale. Les voix samplées, hachées puis recollées, ressemblent à des fragments de mémoire — comme si l’on rejouait, en boucle imparfaite, une conversation trop vite perdue.
On devine dans la trame du morceau l’empreinte de son expérience à l’IO Music Academy et l’impact décisif d’un concert de Tourist qui lui a ouvert un horizon. Mais plutôt que de se contenter d’imiter, Cylus digère ses influences pour les transformer en un langage personnel. Le titre devient ainsi une zone de passage entre l’héritage d’une electronica introspective et une écriture presque pop, taillée pour l’intime autant que pour le collectif.
Ce qui séduit le plus, c’est l’équilibre fragile entre la précision technique et l’abandon. On sent l’exigence du producteur dans chaque détail du mixage, mais aussi la volonté de ne pas lisser l’émotion brute. Lovin U s’écoute avec les oreilles, certes, mais se vit surtout dans le ventre, ce lieu où la musique cesse d’être simple vibration pour devenir expérience physique.
Cylus apparaît alors comme un artisan du sensible, capable de transformer ses failles en énergie sonore, ses étreintes en nappes lumineuses, ses doutes en rythmiques cathartiques. Avec Lovin U, il ne signe pas seulement un single réussi : il propose un fragment de lui-même, offert à qui veut plonger dans cette intimité électrisée. Un morceau qui, comme son titre, se déploie à la fois comme confession et comme invitation.
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septembre 24, 2025On imagine la scène : un soleil au zénith, les reflets de l’eau qui dansent sur les murs d’une villa chypriote, des instruments posés à portée de main. C’est dans cette parenthèse hors du temps qu’Exxport a donné naissance à Poolside, un single qui incarne à lui seul la légèreté des fins d’été et la grâce intemporelle du groove.
Fondé par le songwriter-producteur Evander SK, le saxophoniste Ivan Lavrentev et le batteur Görkem M, le collectif transcende les frontières, mariant Londres et Kyrenia dans une alchimie où se rencontrent RnB, ol’ funk et nu soul. Pour ce titre, la voix suave d’Ozge s’élève comme un chant liquide, portée par les saxophones entrelacés d’Ivan Lavrentev et de Batu Salliel. On devine l’influence de Rod Temperton et des années 80, mais revisitée avec une modernité vibrante : les nappes instrumentales se glissent dans un écrin de production soyeuse signé Evander et Stefano Ferracin.
Le morceau, écrit en quinze minutes au bord de la piscine, respire cette spontanéité rare que l’on retrouve parfois dans les meilleures sessions live : un groove qui coule de source, une mélodie qui s’impose d’elle-même. On danse, on flotte, on sourit sans raison — comme si chaque mesure rappelait la promesse de lendemains sans gravité.
Ce qui rend Poolside singulier, c’est cette capacité à transformer une expérience banale — un week-end de détente — en un instant universel de musique. Derrière les tambourins solaires et les guitares funk, c’est tout un état d’esprit qui s’imprime : celui d’un groupe international (cinq nationalités réunies) qui célèbre l’union par le son.
Plus qu’un single, Poolside est une carte postale sonore, un instantané vibrant de plaisir partagé, qui place Exxport parmi les formations les plus excitantes du moment à guetter sur la scène soul-funk contemporaine.
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septembre 24, 2025Un morceau peut parfois ressembler à une photo retrouvée par hasard au fond d’une boîte à chaussures. Pas de couleurs saturées ni de filtres numériques, juste un éclat de passé qui résiste au temps. Jonny Swift signe avec I’m Losing Track Of My Friends une chanson de trois minutes à peine, mais d’une densité émotionnelle rare, où les guitares carillonnent comme des souvenirs qui refusent de mourir.
On entend dans ce titre le parfum d’une époque où l’indie pop-rock savait être mélancolique sans sombrer, lumineuse sans naïveté. Les tambourins claquent comme des promesses d’éternité adolescentes, les guitares scintillent à la manière des Byrds, et la ligne mélodique pourrait presque se glisser sur une compilation oubliée de R.E.M. La production, signée Matt Kassell, ne cherche pas l’esbroufe : elle laisse respirer le morceau, le rend presque fragile, comme si le moindre effet trop appuyé risquait de trahir la sincérité du propos.
Ce qui frappe, c’est cette tension permanente entre la nostalgie du texte et l’énergie de l’arrangement. Swift évoque les liens perdus, l’éloignement inévitable que la vie impose, mais il choisit la lumière pour le dire. L’auditeur est invité à revivre ces amitiés effacées avec un sourire mélancolique, presque reconnaissant d’avoir connu ces instants.
Ce contraste – tristesse au fond, éclat en surface – révèle l’essence même de l’artiste : un songwriter qui sait que la beauté naît de la faille. Après cinq albums, Swift atteint ici une forme de maturité subtile : écrire la disparition tout en célébrant la trace. I’m Losing Track Of My Friends est un polaroïd sonore d’une rare justesse, où l’intime devient universel, et où chaque note semble nous rappeler que l’amitié, comme la musique, ne meurt jamais vraiment.
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septembre 24, 2025Dans une galaxie pas si lointaine, le groove a été interdit. Alors cinq musiciens masqués, rebaptisés Le Cerveau, Le Primitif, Le Spirituel, Le Prodige et Le Clairvoyant, ont embarqué dans un vaisseau narratif à propulsion jazz-funk. Leur mission : restaurer le rythme dans un cosmos aseptisé. Leur langage : un mélange d’improvisation tendue, de textures cinématographiques et de pulsations telluriques. Leur étendard : Ernest Spaceship, un premier album aussi libre que précis, aussi fictionnel que viscéralement incarné.
Raccoon Tycoon, c’est une sorte d’équipage de jazzmen mutants qui auraient grandi autant avec Snarky Puppy qu’avec Wes Anderson, bricolé des synthés dans des garages et étudié la gravité du silence autant que la beauté du beat. Leur groove n’a rien d’un exercice de style : c’est un acte de narration. Chaque morceau est un chapitre, chaque instrument, un personnage. Leurs concerts ? Des expériences immersives, où le récit d’Ernest, raton laveur cosmique tombé dans un laboratoire, se déploie entre scénographie artisanale, stop motion et narration spatiale.
On a voulu en savoir plus. Alors on a décroché la radio intergalactique, capté un signal, et posé quelques questions à l’équipage de Raccoon Tycoon.
Voici ce qu’ils nous ont transmis.
1 ) Qui êtes-vous ?
Nous sommes Raccoon Tycoon, un groupe instrumental basé à Toulouse, à lacroisée du nu jazz, du funk et du hip hop expérimental. À travers notremusique, nous développons un univers immersif et narratif, où chaque morceaus’inscrit dans une histoire que nous racontons sur scène et en studio depuis larécente sortie de notre premier album: Ernest Spaceship.
Sur cet album le groupe est composé de cinq musiciens : Le Primitif (batterie),Le Prodige (clavier/synthé), Le Spirituel (basse), Le Cerveau (saxophonealto, soprano et flûte) et Le Clairvoyant (saxophone ténor), qui nous a rejointsà l’occasion de l’enregistrement de notre premier album. Ces noms sont à la foisles pseudonymes que nous utilisons dans le cadre du projet, mais aussi lespersonnages que nous incarnons dans l’histoire que nous racontons.Ernest Spaceship, raconte le Chapitre I des aventures d’Ernest, un ratonlaveur cosmique lancé dans une quête : rétablir le groove, mis en péril par unempire autoritaire. C’est à travers ce prisme que nous abordons la musiquecomme un vecteur d’émotions, de narration et d’immersion.
2 ) Quel est votre parcours ?
Le projet Raccoon Tycoon est né en 2021, à l’occasion d’une première résidenceartistique entre musiciens qui ne se connaissaient pas encore. Ce qui devait êtreune simple session de création s’est transformé en véritable point de départ.Ces quatre musiciens réunis par le batteur Elio Arputzo (Aka le primitif) ont étéréunis pour jouer de la musique que chacun écoutait et qui les faisait vibrer, sanspour autant en jouer dans leur différents projets musicaux.Dès le début, nous avons eu envie d’aller au-delà du format classique duconcert. Notre musique instrumentale appelle à l’imaginaire, alors nous avonstrès vite cherché à construire une expérience immersive : une narration, unvisuel fort, des costumes, et même de la stop motion pour donner vie à l’histoired’Ernest, notre personnage principal.
Nous venons tous d’horizons musicaux variés (jazz, musiques actuelles, funk,hip hop, électronique), ce qui donne au projet sa richesse sonore. Le groupes’est structuré autour de ce mélange d’énergies, avec une volonté commune :raconter une histoire à travers la musique. Après une première live session en2023 qui a fait naître notre premier EP Live (Un raton laveur dans l’espace),nous avons continué à développer notre univers jusqu’à l’aboutissement de notrepremier album, Ernest Spaceship, sorti en 2025.
Nous avons aussi eu la chance d’accéder à plusieurs finales de tremplinsnationaux (Jazz à la Défense, Sélection Sziget) et de jouer sur de belles scènesen France, ce qui nous a permis de confronter notre projet au public très tôt.Aujourd’hui, nous poursuivons cette aventure, avec l’envie d’élargir encore plusnotre univers, en ouvrant le projet à la scène hip/ hop en collaborant avec desrappeurs et rappeuses pour ainsi poser des mots sur cette histoire, des visuelsforts, et peut-être un jour, une BD ou un film d’animation.
3 ) Que pouvez-vous nous dire en quelques mots sur votre musique ?
Notre musique est instrumentale et raconte une histoire. Elle puise ses racinesdans le nu jazz, le funk, le hip hop alternatif avec des textures plusexpérimentales, pour créer un univers sonore cinématographique et immersif.Chaque morceau est une scène, chaque son a une fonction narrative.Nous concevons la musique comme un langage visuel et émotionnel, capablede faire voyager l’auditeur sans paroles. C’est une forme de groove narratif, àla fois dansant, planant, parfois plus dense, mais toujours guidé par uneintention : faire ressentir un chapitre de l’histoire que nous racontons àtravers le personnage d’Ernest.
Ce qui nous anime, c’est l’envie de proposer une expérience complète, àmi-chemin entre concert, bande-son de notre propre film, et spectacle visuel etsonore. Le public n’écoute pas simplement une suite de morceaux : il entre dansun univers.
4 ) Quelles sont vos inspirations ?
Nos inspirations sont multiples, à la fois musicales, visuelles et narratives.Sur le plan musical, nous sommes profondément influencés par des groupescomme The Comet is Coming, Hiatus Kaiyote ou Snarky Puppy. Ilspartagent cette capacité à mêler virtuosité, groove et expérimentation, tout enconstruisant un univers sonore singulier. On puise aussi beaucoup dans le hiphop instrumental, l’électro organique, et certaines formes de jazz moderne,où l’improvisation reste au cœur de la musique.
Sur le plan visuel, nous nous inspirons de l’esthétique cosmique, bricolée,presque artisanale, que l’on retrouve dans la stop motion, les univers descience-fiction rétro comme ceux de Michel Gondry ou Wes Anderson. Il ya dans leurs films une poésie, une manière de faire cohabiter humour etsensibilité, que l’on retrouve dans Raccoon Tycoon.
Nous sommes aussi très inspirés par les films du studio Pixar comme Wall E, ToyStory, Là Haut mais aussi par les films de Brad Bird comme Les Indestructiblesou Le Géant de Fer. Sans oublier des films d’animations plus indépendantscomme Numéro 9 ou encore Mars Express.
Enfin, dans notre façon de construire le projet, nous nous rapprochons aussid’artistes qui développent un univers global : de l’image au son, de la scèneà l’édition, comme peuvent le faire certains artistes pluridisciplinaires. C’estcette dimension transversale, cinématographique, qui nous inspire le plusaujourd’hui : ne pas cloisonner la musique, mais en faire un portail vers unmonde à part entière.
5 ) Quelle est votre playlist actuelle ?
Notre playlist actuelle est à l’image de notre musique : ouverte, hybride, etrésolument tournée vers le groove sous toutes ses formes.En ce moment, on écoute beaucoup Okvsho, Yussef Dayes, Flying Lotus ouencore Hiatus Kaiyote, des artistes qui explorent des territoires musicauxriches, souvent entre jazz, beatmaking et expérimentation. Leur approche nousinspire autant dans les textures que dans l’intention.
On reste aussi très attentifs à la scène jazz/hip hop instrumentale commeJazzbois, Badbadnotgood ou Makaya McCraven, qui nous poussent àchercher l’équilibre entre structure et improvisation.
Côté français, on admire le travail de Bada-Bada, ou encore celui de Chassol,pour leur manière singulière de mêler recherche sonore et esthétique visuelle quisont des approches qui résonnent profondément avec notre projet.C’est une playlist en mouvement constant, mais toujours connectée à ce quinous fait vibrer : la recherche, le groove et l’émotion.
6 ) Quel est le plat que vous cuisinez le mieux ?
Nous nous nourrissons exclusivement de nourriture spatiale. Cette nourriture ades exigences particulières en matière d’alimentation équilibrée. Elle doit avoirune texture propice à éviter la formation de miettes, celles-ci ne retombant pas,pourraient être aspirées dans les voies respiratoires et contamineraientl’environnement de notre véhicule spatial. Elle doit également distribuer auxastronautes une formule alimentaire qui fournirait toutes les vitamines et lesnutriments nécessaires.
7 ) Quels sont vos projets à venir ?
Nous poursuivons l’aventure avec la construction du Chapitre II des aventuresd’Ernest. Ce nouveau cycle s’inscrit dans la continuité du premier album, tout enexplorant de nouvelles formes musicales et artistiques. On souhaitecontinuer à faire évoluer notre univers en le confrontant à d’autres langages, engardant cette envie de raconter une histoire à travers une œuvre complète.Parmi nos envies fortes, il y a également celle de collaborer avec des artistesde la scène hip hop, pour mêler notre univers instrumental à la puissance dutexte et de la voix. Cela nous permettrait d’ouvrir une nouvelle dimensionnarrative, tout en élargissant le spectre esthétique du projet.
En parallèle, nous continuons à faire vivre le Chapitre I sur scène, avec desconcerts immersifs. De belles dates nous attendent, notamment notrepassage au festival Rio Loco le 14 juin à Toulouse. Et on espère que d’autresbeaux rendez-vous verront le jour grâce à la sortie de ce premier album.
8 ) Pouvez-vous nous raconter une anecdote sur vous ?
Ce qui reste gravé comme un moment presque magique dans notre histoire,c’est cette toute première résidence, qui a donné naissance à Raccoon Tycoon telqu’on le connaît aujourd’hui. Nous étions quatre, perdus au milieu de lacampagne, presque étrangers les uns aux autres. Mais ce qu’il s’est passé en sixjours dépasse de loin une simple session de création. En seulement six jours, onne le savait pas encore mais nous avions déjà les bases de ce qu’allait devenirnotre premier album.
Il y a eu ce coup de foudre artistique et humain, cette connexion presqueinstantanée qui nous a porté bien au-delà de ce que nous pouvions imaginer. Ona enchaîné des journées de travail intense et puis, une fois la nuit tombée,impossible de lâcher prise : on développait l’histoire, on échangeait, onenregistrait les premières narrations de ce premier épisode qu’on voulait monter,parfois jusqu’à tard dans la nuit.
Mais surtout, on a commencé à donner vie à l’histoire d’Ernest grâce auxpremières narrations, qui nous ont aidé à définir le sens et la direction de cevoyage musical.
Cette semaine-là, c’était comme si le temps s’était arrêté, portée par cetteadrénaline de bâtir quelque chose d’unique, à quatre, avec cette confiancefraîche mais solide, cette envie irrépressible de faire perdurer le groove etd’embarquer le public avec nous. C’est un souvenir qu’on garde précieusement.
9 ) Si vous pouviez passer 48 heures avec quelqu’un que vous n’avez jamaisrencontré, qui serait-ce ?
Ce serait vraiment difficile de choisir une seule personne, mais plusieurs nomsnous viennent en tête, notamment des cinéastes et vidéastes qui ont su créerdes univers forts, très personnels et immersifs.
Wes Anderson, par exemple, pour Fantastic Mr. Fox ou l’île aux chiens, ainsi queAdam Elliot avec son film Mary et Max ou encore Travis Knight avec Kubo etl’armure magique qui nous ont beaucoup marqué par leur travail de stop motionet leur esthétique singulière et poétique. Michel Gondry, pour ses clips réalisés àla main comme Let Forever Be (The Chemical Brothers) ou ses films comme LaScience des rêves, qui jouent avec les frontières entre rêve et réalité. Et HayaoMiyazaki, dont les mondes oniriques comme dans Le Voyage de Chihiro ouPrincesse Mononoké nous inspirent par leur capacité à raconter des récitsprofonds et symboliques à travers une narration et un univers singulier.Ce sont des artistes qui, chacun à leur manière, nous rappellent à quel pointl’univers visuel et narratif peut sublimer une œuvre musicale. C’est exactementce que l’on cherche à explorer avec Raccoon Tycoon.
10 ) Un dernier conseil ?
Si on avait un conseil à donner, ce serait peut-être celui-là : n’ayez pas peurd’aller au bout de vos idées, même si elles semblent trop grandes, trop folles outrop éloignées des formats attendus. Ce sont justement ces idées-là qui fontnaître les projets les plus personnels et les plus vivants.
Trouvez les bonnes personnes, celles avec qui ça circule naturellement, etconstruisez avec elles quelque chose qui vous ressemble à 100 %. C’est commeça qu’est né Raccoon Tycoon, et c’est ce qui nous donne envie de continuer àrepousser les limites, encore et encore.
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septembre 24, 2025Rien n’est fait pour séduire, tout est pensé pour happer. Dans The Downey Groove, le club n’est plus un lieu, c’est un organisme vivant. Une matrice moite et vibratoire, une architecture émotionnelle où les beats s’écoulent comme des fluides, les textures s’ouvrent comme des peaux. C’est un disque qui commence dans le corps — pas dans l’idée, pas dans la pose — et qui explose en dehors de tous les cadres.
Conçu sur les hauteurs d’un isolement méditerranéen, peau salée et esprit brut, puis accouché dans l’intensité bouillonnante de la scène queer berlinoise, l’album d’Elninodiablo respire à contre-temps du marketing : ici, pas de single taillé pour les algorithmes, mais un continuum d’états altérés, de pulsions chamaniques, de sensualités foutraques. On y croise l’ombre de Lee « Scratch » Perry, des échos de downtempo psyché, du funk halluciné, des nappes dub qui pleurent, des grooves qui draguent, des synthés qui suintent — mais tout cela, sans jamais se laisser réduire à un genre.
L’empreinte de Lunchbox Candy est là, partout, dans les interstices : cette fête culte, queer et radicale, cofondée par Elninodiablo, où la chair, le son, la politique et le plaisir se confondent. Comme si la nuit pouvait guérir. Comme si un dancefloor pouvait devenir un temple.
On a rencontré le producteur, DJ, activiste et bâtisseur de mondes pour parler basses sacrales, création intuitive, utopies queer, et pourquoi The Downey Groove est peut-être ce qui nous reste de plus doux et de plus puissant à danser, ensemble.
1) Qui es-tu ?
Je suis Stephanos Pantelas alias Elninodiablo, basé à Berlin et originaire de Chypre. Je suis producteur de musique, entrepreneur, organisateur de soirées et DJ.
2) Quel est ton parcours ?
Littéralement, une penderie de magazines et de livres vintage sur la mode et la musique, haha.J’ai toujours travaillé dans la musique. J’ai commencé à mixer sur une radio pirate à Chypre à 17 ans. À 19 ans, en 1994, j’ai déménagé à Londres et je me suis immergé dans la scène électronique et rave. J’ai monté mon agence de relations presse musicale El Nino Diablo PR à Londres, représentant une grande variété d’artistes, d’événements et de labels comme Salsoul, STRUT, !K7, Horse Meat Disco et Tegan and Sara. Je vis à Berlin depuis 2015.
3) Comment décrirais-tu ta musique en quelques mots ?
Exigeante, totale, expérimentale, intrépide, sans genre, ludique, spatiale, émotive et sensuelle.
4) Quelles sont tes inspirations ?
Mes expériences de vie sont ma plus grande inspiration, ainsi que l’environnement dans lequel je me trouve au moment de produire. Il y a aussi ce besoin de créer une musique dans laquelle j’aurais envie de plonger totalement, comme une expérience sensorielle du corps entier.
5) Quelle est ta playlist du moment ?
African Head Charge – Songs Of Praise
DjRUM – Under Tangled Silence
Sextile – Yes, Please
Yetsuby – 4EVA
Bullion – Affection
6) Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?
La caponata italienne avec de la morue.
7) Quels sont tes projets à venir ?
Mon premier album The Downey Groove sort le 19 septembre sur mon propre label El Nino Diablo Music, puis un EP de Tronik Youth en octobre, plusieurs événements et DJ sets avec ma soirée Lunchbox Candy, et j’ai déjà commencé à travailler sur un nouvel album.
8) Peux-tu nous raconter une anecdote ?
Quand je suis arrivé à Londres, curieux de tout, je suis allé à TRADE – la mythique after queer/gay au Turnmills qui commençait à 5h du matin le dimanche.J’étais tellement naïf et innocent que je pensais que tous ces mecs musclés torses nus en train de danser étaient juste sortis d’une soirée entre potes de la salle de sport. Je trouvais ça tellement nul qu’un club comme TRADE, avec sa réputation, les laisse même entrer. Puis j’ai compris de quoi il s’agissait vraiment… et j’ai eu tellement honte.
9) Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?
Prince, sans hésitation.
10) Un dernier conseil à partager ?
Reconnecte-toi à toi-même. Prends du temps dans l’immobilité, la présence et le silence. Plonge à l’intérieur, apprends à te connaître, réalise que tu es fait de lumière, comprends-le, fais-lui confiance. Remets tout en question et ne donne jamais ton pouvoir. Tu es un être souverain, divin, magnifique, capable de co-créer des mondes. Ta fréquence (ton énergie, ton essence, la manière dont tu vibres et ressens) est le diamant dans ta poche, ta ressource la plus précieuse et puissante. Protège-la à tout prix.
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septembre 21, 2025Le hip-hop californien, trop souvent résumé à ses clichés de plages, de voitures chromées et de refrains fumants, a toujours eu son autre versant : celui de l’introspection brute, nourrie par les ruelles, les regards qui jugent et les rêves qui brûlent. Avec How Deep, King Royal convoque cette profondeur-là. Et l’invitation prend des airs de pacte : on n’écoute pas cette track en dilettante, on accepte de plonger dans un univers où chaque mot est sculpté pour porter du poids.
Aux côtés d’AzChike, figure montante du rap angelino, Royal installe un contraste savoureux : sa diction précise, presque professorale dans sa maîtrise, se frotte au flow rugueux et élastique de son invité. C’est dans ces frottements que naît la tension, et donc l’électricité. Le beat, lui, se tient dans une sobriété volontaire : une rythmique trap tendue, ponctuée de basses qui cognent comme des avertissements. Pas de décor inutile, pas de poudre aux yeux, seulement l’essentiel – pour que la voix règne en souveraine.
Le titre s’écoute comme une conversation codée entre deux générations d’une même scène, où chacun livre sa vision d’un quotidien tiraillé entre survie et affirmation de soi. Loin du rap de façade, How Deep s’ancre dans la tradition des morceaux-manifestes, ces tracks qui dépassent le statut de “single” pour devenir des chapitres d’un récit plus vaste. Car chez King Royal, la musique n’est jamais simple divertissement : c’est une entreprise, un héritage, une stratégie de long terme.
Ce morceau, c’est donc à la fois un statement et une passerelle : une preuve de solidité pour un artiste qui veut que le rap retrouve son cœur, et une ouverture vers des collaborations capables de redessiner la carte du hip-hop californien. How Deep n’est pas une simple chanson, c’est un jalon posé avec gravité et assurance dans une discographie qui refuse les compromis.
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septembre 21, 2025Certains producteurs n’ont pas besoin de longues phrases pour imposer leur univers : une basse, un appel aux hanches, et soudain la pièce se transforme en club clandestin où les murs transpirent autant que les corps. Avec WHINE UP, IzyBeats prouve qu’il n’est pas seulement ce faiseur de tubes Grammy-compatibles qui hante les sessions des plus grands, mais un architecte du groove global, capable de faire dialoguer Kingston, Lagos et Miami en moins de trois minutes.
Le morceau est une incantation au lâcher-prise. L’Afro-pop s’y frotte au dancehall, le reggae s’infiltre comme une brise moite, et les percussions claquent avec la précision d’un DJ qui connaît intimement les nerfs des foules. Tout est pensé pour la transe : le kick régulier agit comme un battement cardiaque, les synthés s’étirent en nappes moelleuses, et les voix, mi-chantées mi-scandées, roulent comme un dialecte universel de la fête. On n’écoute pas WHINE UP, on le laisse circuler dans ses épaules, dans sa nuque, jusqu’à perdre toute conscience de sa propre retenue.
Là où beaucoup de morceaux de club s’épuisent à courir derrière l’excès, IzyBeats choisit la subtilité. Les arrangements respirent, les silences frappent aussi fort que les drops, et cette intelligence de production donne au titre une aura quasi-cinématique. On imagine la scène : néons rouges, sueur perlée, les corps qui s’entrechoquent dans un ralenti fiévreux. WHINE UP n’est pas une simple chanson, c’est un décor sonore dans lequel chacun peut projeter son propre vertige.
Dans une époque saturée de bangers jetables, IzyBeats rappelle que l’art du dancefloor tient moins à la vitesse qu’à l’équilibre : convoquer les traditions caribéennes, les hybridations africaines et la sensualité pop sans rien diluer. Résultat : un hymne incandescent qui, sous ses airs de plaisir immédiat, porte la marque d’un artisan obsessionnel.
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septembre 21, 2025On pourrait croire à un simple aller-retour entre deux pôles du rap américain, mais bellies of the beast est bien plus qu’un voyage. C’est une radiographie crue, presque clinique, de deux mondes qui se regardent en chiens de faïence : les rues de New York, encore suintantes de goudron, de sueur et de vérité, et Los Angeles, avec ses piscines chlorées où se noient les faux sourires et les deals en carton-pâte. Jordan Burgett n’essaie pas de concilier ces deux extrêmes, il les met en miroir, les confronte, les racle jusqu’à l’os pour faire jaillir une seule chose : la vérité qu’on préfère taire.
Le morceau respire l’héritage des années 2000, ce boom bap filtré par une oreille contemporaine, chargé d’autotune vaporeux et de nappes éthérées qui flirtent avec le cloud rap. Mais derrière la brume sonore, les mots claquent avec une précision chirurgicale. Pas d’ego trip clinquant, pas de storytelling enjolivé : Burgett se penche sur ses cicatrices, sur le cynisme de l’industrie, sur ce qu’elle exige et détruit à la fois. C’est un morceau qui refuse la façade, qui déchire le vernis pour montrer la crasse.
Ce qui rend bellies of the beast si singulier, c’est son équilibre fragile entre spleen et combativité. On sent dans le flow de Burgett la fatigue d’avoir trop vu, mais aussi l’urgence de ne pas se taire. Il convoque l’ombre des Kendrick, des J. Cole, mais refuse d’être leur héritier docile. Sa plume est plus âpre, moins soucieuse de séduire, plus concentrée sur l’idée d’exposer. Le beat, volontairement minimal, lui sert de caisse claire pour un manifeste plus qu’une simple performance.
Au final, bellies of the beast agit comme un antidote aux illusions qu’on vend aux artistes en herbe. C’est un rappel brutal mais nécessaire : derrière les projecteurs, il y a des ruelles sombres, et pour les traverser, il faut plus que du talent – il faut des tripes. Jordan Burgett, lui, a choisi de les montrer.
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septembre 21, 2025Certains morceaux n’ont pas besoin d’artifices pour exister : ils débarquent, bruts, comme une étincelle qui tombe dans une cuve d’essence. Boom Bap Burn de Knot You appartient à cette lignée. Le titre est une promesse tenue : brûler le bitume à coups de rimes aiguisées, réveiller le squelette du hip-hop à l’ancienne et lui injecter une énergie capable d’embraser une génération entière.
Ce qui frappe d’abord, c’est la production, volontairement rugueuse, granuleuse, comme une cassette qu’on aurait trop fait tourner mais qui, paradoxalement, sonne plus vivante que jamais. La batterie claque sec, la basse roule en arrière-plan et un sample poussiéreux hante le tout, créant cette atmosphère à la fois old school et intemporelle. Pas de gadgets électroniques ou d’effets clinquants : Knot You s’appuie sur l’essence même du boom bap, ce battement primal qui rappelle les cyphers enfumés et les freestyles improvisés sur des coins de trottoir.
Mais là où Boom Bap Burn dépasse la simple nostalgie, c’est dans l’urgence avec laquelle Knot You livre son flow. On sent dans sa diction une tension, une ardeur presque militante : chaque mot est lancé comme une arme, chaque pause est calculée comme un silence lourd de sens. Il ne cherche pas à enjoliver son discours, mais à rallumer une flamme que beaucoup pensaient éteinte.
Dans un monde où le rap se disperse entre trap clinquante et expérimentations digitales, ce morceau agit comme une piqûre de rappel : le feu sacré existe encore. Écouté dans un casque ou sur des enceintes de fortune, Boom Bap Burn a le même effet : il remet les pendules à l’heure et fait battre le cœur un peu plus vite. Knot You n’a pas besoin de crier qu’il est authentique, il le prouve en laissant ses rimes crépiter sur une toile de beats incandescent.
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septembre 21, 2025Dans Buy Freedom, Wappa balance un constat amer et lucide, comme s’il écrivait son journal intime sur les murs de Londres à coups de bombes de peinture sonore. Ce n’est pas seulement un morceau de rap, c’est une tentative de traduction brute du vertige qu’on ressent lorsqu’on vit enfermé dans un système qui transforme chaque geste, chaque rêve, en transaction. Ici, la liberté a un prix, et Wappa en calcule les intérêts avec rage et précision.
Le beat frappe sec, comme un marteau sur l’acier. La production, glaciale et tendue, offre un décor urbain aux confessions du rappeur : pas de chaleur, pas de compromis, seulement une ligne de basse lourde et des rythmiques taillées comme des barbelés. Wappa ne cherche pas à enjoliver ses vérités. Son flow, acéré, alterne entre l’urgence et le contrôle, comme si chaque mot devait percer une armure invisible.
Londres, en filigrane, devient presque un personnage. On entend ses rues dans le phrasé, ses contrastes dans les changements de ton, son implacable dureté dans l’absence de respiration. Mais le morceau ne se limite pas au témoignage local : il interroge, de façon plus universelle, ce que signifie “acheter” sa liberté quand tout, même la dignité, semble monnayable.
C’est un rap d’après minuit, à écouter en marchant seul, capuche relevée, quand la ville avale les voix et ne renvoie que l’écho des pas. Wappa ne tend pas une main consolatrice : il propose un miroir, un reflet cru dans lequel on voit autant son histoire que la nôtre. Buy Freedom est une gifle froide, mais nécessaire, qui rappelle que la musique peut être un acte de résistance autant qu’une confession intime.
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septembre 21, 2025J’ai l’impression, en écoutant ENCRYPTED MESSAGE, d’ouvrir un carnet oublié dans une bibliothèque poussiéreuse, avec des phrases griffonnées en marge, des signes cabalistiques, des pensées qu’on ne comprend qu’en les relisant à voix haute. Louis Davis, Jr. ne se contente pas de rapper : il chuchote des énigmes, balance des vérités comme des fragments de météorites. On ne sait pas toujours si l’on est dans un rêve éveillé ou dans une chronique du réel, mais c’est précisément là que le morceau prend toute sa force.
Sur une rythmique boom bap au grain rugueux, presque granuleux, le texte avance comme une marche nocturne en terrain miné. Chaque mesure est un pas qui pourrait déclencher une explosion. Les percussions claquent comme des verrous, les nappes en arrière-plan tiennent du brouillard, et au milieu de ce paysage tendu, Louis Davis, Jr. découpe l’air avec une voix qui refuse l’ornement. Pas de séduction forcée : son flow est brut, méthodique, porté par une urgence sourde.
Le titre s’inscrit dans la tradition du hip-hop conscient mais évite l’écueil du sermon. Ici, la conscience passe par la densité des images, par des métaphores labyrinthiques qui se livrent au compte-gouttes. On entend l’écho des grands conteurs – ceux qui savaient faire de la langue une arme et une énigme – mais filtré par une singularité contemporaine. Berkeley, ses révoltes, son héritage contre-culturel, planent en arrière-fond du morceau comme une géographie secrète.
ENCRYPTED MESSAGE est moins une chanson qu’un exercice de décodage : un appel à tendre l’oreille et à chercher dans les interstices ce que la surface dissimule. À une époque où la plupart des morceaux se consomment vite et s’oublient aussitôt, Louis Davis, Jr. impose un rap qui s’écoute comme un texte sacré ou une énigme à résoudre, avec la patience et l’attention qu’on doit aux vérités cachées.
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septembre 21, 2025Un morceau peut parfois ressembler à une photographie voilée : l’instant est net, mais les contours tremblent, laissant filtrer une émotion que l’on n’arrive pas à cerner. When She Says My Name appartient à cette catégorie rare de chansons qui ne se contentent pas de se laisser écouter : elles habitent, elles s’infiltrent. Mo Troper revient avec une écriture plus affirmée, presque cinématographique, mais garde ce goût du déséquilibre qui fait toute la singularité de sa discographie.
Enregistré au New Monkey Studio, espace rendu mythique par Elliott Smith, le morceau porte en lui cette atmosphère de sanctuaire abîmé. On croit entendre, dans les réverbérations de la guitare et la texture volontairement rugueuse du mix, une forme de dialogue avec les spectres qui ont traversé ces murs. Pourtant, Troper refuse la simple imitation nostalgique. Sa pop s’ouvre vers un horizon plus ample, flirtant avec le psychédélisme doux de la scène Elephant 6 autant qu’avec l’élégance trouble des ballades de Laurel Canyon.
La force du titre réside dans sa retenue. Les arrangements semblent simples, presque évidents, mais chaque détail — une ligne de basse en contrepoint, une guitare qui crisse à l’arrière-plan — agit comme une déchirure discrète dans le tissu sonore. Le chant, lui, garde cette fragilité désarmante : une diction où l’on entend à la fois la confession intime et le besoin urgent de transcendance.
When She Says My Name n’est pas qu’une chanson d’amour blessée. C’est une réflexion sur ce qui reste, sur le poids d’un mot prononcé par l’autre, capable de nous ramener à la vie ou de nous enfoncer dans la perte. Mo Troper, en artisan minutieux du doute et du sublime, signe ici un retour qui sonne moins comme une réapparition que comme un rappel : la pop la plus belle est toujours un peu hantée.
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septembre 21, 2025Parfois, une chanson ne se contente pas d’être un morceau : elle agit comme une combustion lente, une torche qui éclaire les fissures d’un vécu trop lourd pour rester muet. Let It Burn de YungParadise surgit comme ça, brut, à mi-chemin entre le récit d’une jeunesse cabossée et l’affirmation d’un futur qui refuse de se laisser enfermer. Originaire de Melbourne mais traversé par des racines sud-africaines et italiennes, l’artiste imprime sa signature dans une trap qui ne cherche pas l’épure mais l’intensité, comme si chaque beat contenait une revanche à prendre.
Le titre frappe d’abord par sa tension : les nappes électroniques forment une toile presque menaçante, pendant que les basses viennent cogner avec la régularité d’un cœur prêt à exploser. La voix, elle, oscille entre le chant autotuné et le rap frontal, ce territoire hybride où le pop rap flirte avec la noirceur du vécu. On devine, derrière les refrains accrocheurs, le poids des ruelles traversées, des nuits chargées de violence et d’errances, ce décor que YungParadise n’embellit pas mais transcende.
Ce qui distingue Let It Burn des centaines de tracks qui sortent chaque semaine, c’est sa manière de canaliser l’urgence. Pas de gimmick artificiel, pas de posture calculée : juste un désir viscéral de transformer le chaos en hymne, de faire danser l’ombre. On entend l’écho de cette nouvelle génération qui a grandi entre deux mondes, nourrie de trap américaine mais ancrée dans des réalités locales, capable de détourner ses cicatrices en matière première.
Dans ce feu qui crépite, YungParadise affirme déjà une direction : brûler ce qui doit disparaître, purifier par la musique, et reconstruire à partir des cendres. Let It Burn n’est pas un slogan, mais un manifeste.
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septembre 21, 2025Un morceau comme Okay Alright ne se découvre pas, il s’attrape. Comme une vague sonore surgie d’un vieux poste radio branché sur une fréquence parallèle, entre deux époques et trois genres musicaux qui se percutent. Peter Litvin ouvre son album Exit Reality avec un titre qui sonne comme une collision volontaire : indietronica saturée de couleurs, pop alternative qui frise la parodie, et ce goût persistant pour le kitsch des années 90 réhabilité en arme de séduction massive.
Ce qui frappe d’abord, c’est la manière dont Litvin manipule le déséquilibre. Les guitares semblent trop brillantes, les claviers trop sucrés, la voix trop proche du micro. Et pourtant, tout tient. C’est dans cet excès assumé que la chanson trouve son centre de gravité, comme si l’artiste voulait rappeler que l’honnêteté musicale passe parfois par le lâcher-prise total. On pense à Beck période Odelay, à la désinvolture de MGMT, mais aussi à une veine plus artisanale, presque garage, où l’on sent chaque bouton de compresseur poussé un peu trop loin.
Derrière la façade loufoque, il y a pourtant une vraie intelligence pop. Litvin sait écrire des refrains qui collent au cerveau, il sait comment injecter de la funk dans un couplet sans dénaturer l’ensemble, comment faire d’un accident sonore une signature. Sa carrière pléthorique — plus de vingt albums sous toutes sortes de pseudonymes — explique cette aisance : on entend l’expérience d’un musicien qui ne cherche plus l’approbation, mais le plaisir brut de fabriquer un univers entier en trois minutes trente.
Okay Alright n’est donc pas seulement une ouverture d’album : c’est une invitation à perdre ses repères pour en retrouver d’autres, plus instinctifs. Une chanson qui rappelle que le “cool”, loin des artifices marketés, naît souvent du hasard, du too much, de cette folie qui transforme le bizarre en hymne.
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septembre 21, 2025On croit souvent que le rap est une confrontation vers l’extérieur, un doigt pointé vers la rue, le système, l’ennemi désigné. Ill P et Dxvndre prennent le contre-pied : leur terrain de guerre, c’est eux-mêmes. YOU VS YOU n’a rien d’un slogan de motivation accroché dans une salle de sport, c’est une dissection frontale de ce duel intime qui nous consume tous, entre ambition et sabotage, clairvoyance et chaos. À l’écoute, on a la sensation d’assister à un combat dans une arène invisible, où chaque mesure résonne comme un crochet, chaque punchline comme un uppercut balancé contre son propre reflet.
La production ne fait aucun cadeau : nappes sombres, percussions sèches, basse obstinée qui déroule comme un battement cardiaque sous adrénaline. On pourrait croire à un énième exercice de trap, mais il y a ici un parfum d’archaïque, presque un rappel des origines du rap, quand le flow devait se suffire à lui-même pour faire plier l’adversaire. Ill P ouvre le bal avec un débit qui lacère, Dxvndre lui répond dans une fluidité venimeuse, et la transition entre les deux n’est pas un simple passage de micro, mais une succession qui ressemble à la rotation d’un double visage.
L’efficacité du morceau repose sur sa clarté brutale : pas de surenchère d’effets, pas de concession au confort. Tout est construit pour rappeler que la seule vraie menace, ce n’est pas la rue, ni la scène, ni le game, mais ce qui bouillonne à l’intérieur, cette voix qui veut qu’on renonce quand tout pousse à avancer. L’album à venir s’annonce comme un prolongement de ce duel, mais YOU VS YOU se suffit déjà comme manifeste : le rap australien, ici, ne quémande pas une place, il impose une atmosphère. Moins une chanson qu’une gifle existentielle, à la fois violente et étrangement lucide.
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septembre 21, 2025Impossible de ne pas sourire en écoutant Chalala d’Azoo. Pas ce sourire lisse de façade, mais celui qui surgit quand une vérité brute est habillée d’humour, quand une histoire personnelle se transforme en refrain populaire, taillé pour résonner dans les cages d’escalier comme sur les plateformes de streaming.
Azoo arrive avec une identité que peu osent assumer frontalement : rappeur marseillais, juif, et fier d’en faire une matière poétique. Son Chalala est une passerelle entre cultures, un pont dressé entre le français et l’hébreu, entre les souvenirs de la cité phocéenne et un héritage spirituel qu’il revendique sans dogme ni posture. Le morceau groove dans un mélange subtil de pop-rap et de second degré, porté par un flow qui ne cherche pas la démonstration mais l’adresse directe, comme si Azoo s’installait à côté de nous pour raconter sa vie en improvisant une comptine urbaine.
Ce qui frappe, c’est la fluidité avec laquelle il réussit à glisser d’un idiome à l’autre, sans exotisme forcé. La langue devient rythme, la rime devient sourire, et l’ensemble se transforme en un hymne à la légèreté consciente. Derrière l’ironie, il y a des cicatrices, des regards croisés dans la rue, une différence qu’il a dû porter comme un poids et qu’il choisit aujourd’hui de transformer en force.
Chalala n’est pas qu’un morceau, c’est un manifeste déguisé en ritournelle. Une manière de rappeler que le rap, avant d’être industrie, est d’abord une histoire de sincérité et de communauté. Azoo ne joue pas au prophète, il joue avec ses mots, avec son accent, avec ses héritages. Et de ce jeu naît quelque chose de précieux : une chanson qui désarme, qui rassemble et qui, sans avoir l’air d’y toucher, inscrit Marseille encore un peu plus comme une capitale mondiale du métissage sonore.
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septembre 21, 2025Certains morceaux ressemblent à des plongeons discrets dans une piscine de minuit : l’eau est tiède, la lune renvoie ses éclats sur les vaguelettes, et l’on se laisse porter sans chercher à savoir où l’on va. Cool, le nouveau single de Swim Swim Naked, possède exactement cette qualité-là : une suspension douce, un flottement entre électro-pop, dream pop et une pointe d’alt pop désinvolte qui, ensemble, créent une bulle où tout ralentit.
La production s’étire dans un halo synthétique qui rappelle les mirages sonores de M83 ou les climats éthérés de Cigarettes After Sex, mais avec une touche plus solaire, presque naïve. La voix s’y glisse sans forcer, plus murmure que proclamation, un guide tranquille dans ce paysage pastel. Rien de spectaculaire, et c’est précisément là que réside la force de Cool : dans ce refus de la démesure, dans cette volonté de capturer l’instant fragile avant qu’il ne se brise.
Écouter Swim Swim Naked, c’est accepter l’idée qu’une chanson peut être une simple respiration. Pas d’escalade dans l’intensité, pas de climax artificiel, juste une tension douce entre la lumière et l’ombre, entre la pulsation électronique et la chaleur humaine qui s’y cache. Ce minimalisme assumé, cette retenue, transforment Cool en petit manifeste d’élégance : on n’a pas besoin de hurler pour être entendu.
En arrière-plan, on devine une esthétique plus large : un projet qui se tient à la croisée des genres, refusant l’étiquette pour privilégier la sensation. Swim Swim Naked appartient à cette génération d’artistes qui conçoivent la pop comme un laboratoire intime, un espace mouvant où l’électronique se frotte au rêve et où chaque note semble tirée d’un journal secret.
Avec Cool, le groupe ne cherche pas à conquérir mais à envoûter. Et c’est peut-être ça, la vraie radicalité : écrire une chanson qui n’impose rien, mais qui reste, comme une caresse qu’on ne voulait pas oublier.
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septembre 21, 2025On ferme les yeux et tout à coup, l’horizon se dilate. MOONS, le nouveau morceau du duo suédois TABLE, n’est pas seulement une production house de plus dans l’océan électronique : c’est une capsule orbitale, une rêverie instrumentale où chaque note semble graviter autour d’un noyau invisible.
Le morceau s’ouvre sur un piano lumineux, presque liquide, auquel vient s’adosser un saxophone planant, comme un phare dans la brume. C’est à la fois sensuel et discipliné, chill et profondément organique, un équilibre rare entre groove fonctionnel et émotion suspendue. Là où beaucoup de producteurs se contentent d’empiler couches et textures, TABLE choisit l’espace, la respiration. Chaque silence devient matière, chaque souffle du saxophone une mise en orbite.
Ce qui rend MOONS si singulier, c’est sa capacité à muter selon le contexte. Dans un club, la basse ronde et les percussions feutrées invitent à un balancement intime, presque tribal. Mais sur une route de nuit, les phares déchirant l’obscurité, le morceau se transforme en bande-son contemplative, propice aux digressions intérieures. On n’écoute plus pour danser : on écoute pour rêver.
Et il faut dire que TABLE ont déjà forgé leur signature. Après un premier EP ambitieux (DISC 01), qui brassait jazz, latin et soul, ils confirment ici leur statut de chercheurs sonores, héritiers autant de Kaytranada que de St Germain. Leur musique est un point de rencontre : entre tradition jazz-house et futurisme électronique, entre héritage des clubs berlinois et chaleur organique de la scène londonienne.
MOONS n’est pas une simple parenthèse instrumentale, c’est une promesse : celle d’une house qui ose l’intime, qui se nourrit de la mémoire des corps tout en ouvrant des paysages nouveaux. Un morceau qui ne s’impose pas mais qui, comme la lune, éclaire tout en douceur, jusqu’à se rendre indispensable.
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septembre 21, 2025On imagine la scène comme un coucher de soleil sur Cape Town, la lumière dorée s’éteignant lentement tandis qu’une voix s’élève, non pas pour séduire mais pour témoigner. Venture n’arrive pas comme une chanson de plus à ajouter à une playlist, mais comme un geste intime, une main tendue vers celles et ceux qui savent ce que veut dire porter sur soi une mémoire qu’aucun artifice ne peut blanchir.
Le morceau, façonné par la production aérienne de SYRE, flotte au premier abord comme un souffle léger. Pourtant, derrière les nappes de claviers soyeux et les percussions en apesanteur, se dessine un propos solide, presque minéral. Luukhanyo rappe avec la précision d’un tailleur de pierre, chaque mot ajusté à la milliseconde, chaque image capable de fissurer le confort d’une écoute distraite.
Ce qui frappe, c’est ce mélange de vulnérabilité et de puissance : une voix qui ne cherche pas à écraser mais à ouvrir. L’artiste ne joue pas l’icône intouchable, il préfère le rôle de témoin, et cette posture rend son message d’autant plus nécessaire. Venture célèbre la résilience noire, mais au-delà des frontières sud-africaines, il devient un miroir pour tous ceux qui refusent qu’on leur vole leur identité, leur histoire, leur voix.
Dans le paysage contemporain du R&B et du hip-hop, où beaucoup peinent à trouver une singularité, Luukhanyo choisit la sincérité comme arme esthétique. Pas d’esbroufe, pas de poudre aux yeux : un groove limpide, des mots clairs, une intensité qui ne faiblit jamais. On sort de l’écoute avec le sentiment d’avoir traversé quelque chose de rare : une chanson qui ne se contente pas de plaire, mais qui transforme.
Venture n’est pas un simple single, c’est une prière en mouvement, un poème qui danse avec ses cicatrices et qui nous invite à en faire autant.
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septembre 21, 2025Je me surprends à écouter Revenge comme on relit un journal intime qu’on aurait écrit à l’encre du feu. Pas de nostalgie ici, plutôt une certitude : chaque coup encaissé peut devenir un tempo, chaque cicatrice une pulsation. Ellis Blè n’offre pas seulement un single, il déroule une affirmation, une présence sonore qui refuse le silence et choisit l’éclat.
Le morceau s’ouvre comme une marche assurée, tendue mais lumineuse, où les percussions afrobeat s’entrechoquent à des nappes R&B qui coulent avec élégance. La fusion n’a rien d’artificiel : elle incarne littéralement ses deux mondes, l’énergie ghanéenne héritée du sang et l’électricité new-yorkaise forgée dans les nuits urbaines. La voix, charnelle et sans détour, ne joue pas au héros blessé : elle expose la détermination nue de celui qui ne cherche plus à plaire, mais à exister pleinement.
Ce qui séduit, c’est cette manière de faire de la revanche un moteur joyeux. Pas de lourdeur dramatique, mais une célébration subtile : la danse comme outil de revanche, le corps qui se libère là où la parole avait été étouffée. On entend dans Revenge une esthétique hybride où chaque détail — le souffle des hi-hats, la rondeur des basses, le phrasé qui se suspend puis repart — traduit un désir de dépassement.
Dans ce geste artistique, Ellis Blè convoque quelque chose d’universel : ce moment où l’on se lève, enfin, avec le sourire ironique de celui qu’on n’attendait pas là. L’afrobeat devient un manifeste, une mise en musique de la résilience. Revenge se savoure donc comme un toast porté à soi-même, une revanche qui ne crie pas vengeance mais célèbre l’instant où la lumière reprend ses droits.
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septembre 21, 2025Écouter Lembra, c’est avoir l’impression de feuilleter un vieil album photo trouvé au hasard d’un voyage. Les pages craquent sous les doigts, les images sont floues mais les émotions intactes. ProleteR, ce sculpteur de souvenirs sonores, réussit à transformer un fragment de voix portugaise en passerelle universelle, où la saudade se mêle à la modernité du beatmaking.
Ce morceau, extrait de son nouvel album Atlas(t), porte en lui toute l’ambition de ce projet-voyage : traverser les frontières, mais sans passeport. Ici, le jazz-hop et le chill-hop se frottent aux cadences d’ailleurs, avec cette élégance nonchalante qui fait de ProleteR un artisan unique. Le groove est feutré, les drums respirent, rien ne presse. Lembra avance comme une marche lente au soleil couchant, chaque boucle répétée devenant une incantation douce.
Il y a dans cette production quelque chose d’organique, presque analogique, qui tranche avec la froideur de nombreux beats instrumentaux actuels. On y sent l’amour des textures, le soin accordé aux silences, l’équilibre subtil entre la chaleur du sample et la précision millimétrée de la rythmique. La voix lusophone, découpée puis recollée, plane comme un fantôme bienveillant : assez présente pour guider, assez fragile pour laisser l’imagination compléter les phrases absentes.
Ce n’est pas un hasard si ProleteR a bâti sa réputation en hybridant swing, jazz et hip-hop : il possède ce don rare de rendre intemporel ce qui pourrait n’être qu’éphémère. Lembra n’est pas qu’un titre chill-hop de plus, c’est une madeleine sonore, un morceau qui demande à être écouté seul, casque vissé aux oreilles, le regard perdu sur une carte du monde.
Et quand le dernier sample s’efface, il ne reste pas le vide, mais cette envie étrange de repartir, de chercher dans d’autres musiques des fragments de soi qu’on croyait perdus. ProleteR ne livre pas seulement un beat : il offre un refuge, une mémoire en mouvement.
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septembre 21, 2025Le premier contact avec I Choose You ressemble à une main posée sur l’épaule au milieu de la nuit. Pas un geste spectaculaire, mais une évidence, un signe discret qui arrête le temps. C’est ainsi que la collaboration entre TMPST, Maynørr et Dominic Donner s’installe : dans la retenue, dans la chaleur intime d’un choix affirmé, traduit en pulsations électroniques.
Le morceau se déploie comme une architecture de verre, transparente mais fragile, où chaque détail sonore a la densité d’une respiration. TMPST, fidèle à son goût pour les paysages mélodiques soyeux, sculpte une base de deep house en apesanteur. Les basses ne cognent pas, elles caressent ; les nappes ne décorent pas, elles ouvrent un horizon. On y reconnaît cette école européenne raffinée, héritière de Ben Böhmer ou de Nils Hoffmann, mais débarrassée de l’excès de vernis.
Dominic Donner glisse sa voix avec une pudeur désarmante. Elle ne cherche pas à dominer, elle préfère s’effacer dans le flux, devenir une texture aussi essentielle que la ligne de synthé. C’est une voix qui agit moins comme un message que comme un parfum, une aura. Elle rend l’ensemble plus charnel, presque tactile. On ne l’entend pas : on la respire.
La vraie force de I Choose You est de transformer l’intime en collectif. Le titre s’écoute aussi bien dans l’isolement d’une chambre que sur un dancefloor encore incandescent. Cette double vie tient à la maîtrise des dynamiques : une montée progressive qui n’explose jamais, mais qui porte à l’ivresse douce, celle qui fait fermer les yeux et serrer les dents de plaisir.
On sort de l’écoute avec la sensation d’avoir entendu moins une chanson qu’une confession murmurée, mise en musique par trois artisans du sensible. TMPST, Maynørr et Dominic Donner rappellent que la house peut être autre chose qu’un carburant pour clubs : elle peut être une langue secrète, une façon de dire « je choisis », sans voix haute, sans emphase, mais avec la force d’un battement de cœur.
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septembre 21, 2025Certains morceaux ressemblent à un regard échangé dans une foule : fugitifs, mais tellement intenses qu’ils semblent suspendre le temps. Everytime de Dante Riverz capture précisément cet instant fragile, celui où l’amour frappe avec une brutalité douce, comme une révélation qu’on n’avait pas vue venir mais qui paraît déjà indispensable.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’architecture vocale. Dante ne se contente pas de chanter : il empile, superpose, tisse des couches de voix qui se frôlent, s’embrassent et se heurtent comme les vagues d’un océan encore inconnu. L’effet est hypnotique, presque cinématographique. Chaque respiration devient un écho, chaque ligne mélodique une caresse qui persiste bien après la dernière note. Cette technique de vocal layering, héritée autant de la soul classique que des expérimentations plus contemporaines de Frank Ocean ou James Blake, confère à Everytime une profondeur émotionnelle rare.
Musicalement, le morceau flirte avec un R&B velouté mais ne s’y enferme jamais. On devine les influences rock et grunge qui rôdent dans l’univers de Riverz : une tension sourde, une rugosité contenue qui empêche le titre de sombrer dans la simple bluette. L’instrumentation, délicate mais nerveuse, agit comme un écrin instable, rappelant que l’amour immédiat est toujours un équilibre fragile entre promesse et vertige.
Ce qui rend Everytime si captivant, c’est sa sincérité. On sent que Dante chante depuis un endroit brut, sans fard, comme si l’instant d’amour qu’il décrit était encore tiède, encore brûlant dans sa mémoire. Pas de distance, pas d’ironie : seulement cette ivresse, presque adolescente, qui nous rappelle que tomber amoureux, c’est aussi accepter de se perdre un peu.
En écoutant Everytime, on a la sensation rare d’assister à la naissance d’un sentiment en temps réel. Et c’est là que réside la force de Dante Riverz : transformer un instant fugace en un espace sonore dans lequel on a envie de rester.
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septembre 21, 2025Je ne m’attendais pas à être saisi par un simple accord de guitare. Pourtant Gutted surgit comme ça, avec cette nudité qui désarme d’emblée, un dépouillement si radical qu’on a presque l’impression d’écouter une confession volée à la nuit. Dante Riverz ne cherche pas l’apparat, il ne cherche pas la performance : il installe une chambre sonore, quatre murs de silence où chaque vibration résonne comme un souvenir qu’on n’arrive pas à effacer.
Ce morceau n’est pas seulement un R&B mélancolique, c’est une cicatrice chantée. La guitare, sèche et granuleuse, trace des lignes d’ombres pendant que la voix de Dante flotte, entre assurance et fragilité. On y perçoit une tension permanente : l’intime contre l’universel, l’épure contre l’ampleur émotionnelle. Il y a dans sa manière de poser les mots un héritage évident de la scène R&B contemporaine, mais aussi quelque chose de plus brut, de plus viscéral — comme si le fantôme du grunge de Seattle venait hanter les silences entre les notes.
On ne peut pas réduire Gutted à une énième ballade de rupture. Il y a cette façon de transformer la douleur en espace sonore, d’en faire un lieu de passage plutôt qu’un refuge. Le morceau ne panse pas, il expose. Il rappelle que la musique peut être ce miroir qui ne ment pas, où l’on se regarde enfin sans masque.
Dans un paysage saturé de productions surchargées, Dante ose l’économie, et c’est ce qui rend Gutted incandescent. Pas besoin de beats clinquants ni de couches électroniques : il suffit d’un souffle, d’une corde qui grince, d’une voix qui vacille pour faire basculer l’auditeur dans ce vertige-là. Gutted est de ces morceaux qui ne cherchent pas à séduire, mais à s’incruster, comme une vérité trop longtemps contenue qui finit par éclater.
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septembre 21, 2025On sent, dès les premières mesures de Jasmine, que SAUDA ne joue pas dans la catégorie des bluettes éthérées qu’on cale en fond sonore. Le morceau, titre phare de leur deuxième EP à venir, pulse d’une intensité étrange : une douceur qui griffe, un parfum qui s’attarde plus qu’il ne rassure. Derrière ce nom de fleur se cache un récit charnel et presque mystique, né dans un sous-sol sombre, entre métal incrusté dans l’épaule et antidouleurs avalés comme des prières.
Le duo suédois a façonné un R&B contemporain traversé de fulgurances pop-rap et indie, mais jamais lisse : ici, les boucles hypnotiques s’entrechoquent à une ligne vocale qui flotte comme une confession retenue. La production, minimaliste et pourtant organique, déploie une atmosphère à la fois feutrée et oppressante, comme si chaque note cherchait à repousser l’ombre d’une chambre de convalescence.
Ce qui rend Jasmine si singulier, c’est la façon dont la fragilité et la séduction s’y entremêlent. La fleur évoquée n’est pas un simple ornement romantique : elle devient métaphore de l’addiction, de l’attirance qui élève autant qu’elle consume. On pense à la moiteur vénéneuse des productions de The Weeknd à ses débuts, mais SAUDA tire vers une esthétique plus scandinave : glaciale dans ses textures, brûlante dans son intention.
Le chant, lui, refuse l’esbroufe. Pas de démonstrations vocales inutiles : une diction feutrée, presque intimiste, qui agit comme une confidence glissée à l’oreille. On croit entendre l’aveu d’une vulnérabilité transformée en matière première artistique, preuve que la douleur physique et la reconstruction peuvent devenir un moteur créatif d’une intensité rare.
Avec Jasmine, SAUDA signe un morceau qui ne se contente pas d’habiller le R&B contemporain d’effets de mode : il en révèle le potentiel cathartique. Une fleur plantée dans le bitume, fragile mais tenace, dont l’arôme persistant refuse de vous quitter longtemps après la dernière note.
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septembre 21, 2025J’ai eu la sensation, en écoutant the story de Jordan Corey, de rouler sur une autoroute au crépuscule, fenêtres ouvertes, avec l’océan qui gronde à ma gauche. Ce morceau n’est pas seulement une chanson : c’est une invitation à se délester des « shoulds », ces injonctions sociales qui encombrent nos vies, pour enfin respirer dans sa propre narration.
La production choisit la clarté et l’espace. On est loin des superpositions pesantes du R&B mainstream : ici, chaque instrument semble avoir été placé comme un mot juste dans une phrase courte. La ligne de basse, souple mais déterminée, porte une pulsation presque viscérale. Autour, les synthés scintillent comme des phares dans la brume, et la batterie, minimaliste, bat le tempo du cœur plus que celui d’un métronome.
La voix de Corey est le vrai point de gravité. Elle ne cherche pas à dominer l’espace, mais à le colorer. Elle flotte, intime et lumineuse, avec cette chaleur légèrement rauque qui rappelle la soul des années 70 tout en conservant une modernité proche de la scène alt-R&B actuelle (pensons à Snoh Aalegra ou Solange). Chaque inflexion contient à la fois la fatigue de ce qu’on quitte et l’excitation de ce qu’on ose construire.
Ce qui frappe, c’est l’honnêteté du morceau. On sent que the story a été pensé comme un manifeste intérieur : il ne s’agit pas de séduire, mais de se libérer. Le morceau réussit à transformer un état d’âme en paysage sonore, à convertir l’intime en universel. Il devient une bande-son pour celles et ceux qui veulent prendre le volant de leur propre vie, quitte à sortir de la route toute tracée.
Jordan Corey ne propose pas une échappatoire, mais une reprise en main. the story est moins une confession qu’une déclaration de souveraineté. C’est une chanson qui donne envie d’écrire ses propres règles au feutre indélébile, en musique.
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septembre 21, 2025Il y a des morceaux qui semblent ouvrir une porte vers un autre siècle, comme si la bande-son d’un rêve enfumé s’était égarée dans notre présent. Refuge de Bror Gunnar Jansson fait partie de ceux-là. L’artiste suédois, fidèle à son art du décalage et de la transcendance, tisse ici un espace où le néo-soul se pare des habits usés du rétro, un refuge au sens littéral : un abri où l’on se laisse happer par une voix grave, hantée, qui raconte autant qu’elle console.
Derrière la simplicité apparente du morceau se cache une alchimie d’une rare précision. La basse ondule comme une respiration lente et profonde, les claviers caressent l’air avec une douceur mélancolique, et la batterie, discrète mais ferme, sert de colonne vertébrale. Rien n’est laissé au hasard, mais tout respire. On entend dans ce son l’écho des grandes traditions afro-américaines, mais distillées à travers le prisme très personnel de Jansson : une manière de convoquer Tom Waits, Nick Cave ou Otis Redding sans jamais tomber dans la citation servile.
Refuge ne cherche pas la démonstration technique, il vise l’intime. On sent dans sa structure une volonté de lente ascension, une mise en tension contenue qui culmine dans une intensité retenue, presque chuchotée. C’est le genre de morceau qu’on écoute dans la pénombre, comme une confession, mais qui déploie en secret une puissance cathartique.
Dans un paysage saturé de productions lisses et interchangeables, Jansson ose l’imperfection, l’aspérité, le grain. Il fabrique une musique qui ne cherche pas à séduire tout le monde, mais qui bouleverse ceux qui tendent vraiment l’oreille. Avec Refuge, il confirme son statut d’orfèvre singulier, un bluesman d’un autre siècle qui continue d’inventer ses propres routes, ses propres mississippis intérieurs.
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septembre 21, 2025Écouter WANT it de Galena Crew, c’est plonger dans un maelström sonore où chaque drop ressemble à une déflagration calculée pour bousculer la nuit. Le morceau est une invitation brutale mais jouissive à céder au vertige des basses, à se laisser happer par une énergie qui flirte constamment avec l’excès. Pas de place pour la demi-mesure : on est soit emporté, soit écrasé.
La construction suit les codes d’un trap EDM incisif, mais avec une finesse de production qui trahit la patte d’artistes ayant compris que l’efficacité se joue autant dans les silences que dans les explosions. Les percussions claquent comme des coups de fouet, la basse roule comme une tempête souterraine, et les synthés, acérés comme des lasers, ouvrent des brèches lumineuses dans l’obscurité. Ce n’est pas seulement un banger pensé pour festival, c’est une pièce qui respire la sueur des warehouse parties et l’adrénaline des shows Insomniac.
Ce qui impressionne, c’est la maîtrise du dosage. Le duo évite le piège du “toujours plus fort” : ici, chaque montée garde sa part de suspense, chaque drop offre un relâchement calculé qui vise autant le corps que l’esprit. On y décèle presque une dramaturgie : désir, tension, libération, retour à l’attente. WANT it ne raconte pas une histoire au sens narratif, mais propose une expérience sensorielle, une boucle d’envie et de décharge où l’on finit par perdre la notion du temps.
Galena Crew signe là un track qui s’inscrit dans la grande tradition des hymnes nocturnes, ceux qu’on entend une fois et qu’on reconnaît instantanément la prochaine, comme un signal de ralliement. Ce n’est pas un morceau qu’on écoute distraitement dans le métro, c’est une arme de danse massive, conçue pour faire basculer une foule entière dans une transe commune. Avec WANT it, le crew ne demande pas la permission, il impose son terrain de jeu.
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septembre 21, 2025On reconnaît tout de suite la griffe de BIGG BAGGZ : une manière de transformer la rugosité du trap en terrain de fête, d’y glisser des clins d’œil malicieux sans jamais perdre la lourdeur des kicks ni l’assise d’une 808 bien gonflée. My Biggest Fan joue sur cette frontière subtile entre affirmation de soi et autodérision, comme si l’artiste racontait l’obsession de ceux qui le suivent tout en se moquant doucement de sa propre image, transformée en icône de quartier.
Derrière le côté “fun bop” revendiqué, on sent une science du rythme héritée de ses racines. Grandir entre un grand-père DJ et une mère qui chantait à l’église, ça laisse des traces : le morceau pulse comme une soirée de club mais respire comme un gospel revisité. Les couplets frappent sec, avec un flow qui slalome entre arrogance et sourire complice, avant que le refrain ne relâche la tension dans une boucle accrocheuse, calibrée pour coller en tête bien après l’écoute.
Ce qui est malin, c’est la façon dont BIGG BAGGZ détourne les codes. Là où beaucoup de tracks de trap se contentent d’empiler des clichés d’opulence ou de violence, lui injecte un esprit joueur, presque fédérateur. On entend qu’il a côtoyé de grands noms de la scène — de DaBaby à Project Pat — mais il garde cette énergie DIY, brute et colorée, propre à ceux qui ont appris la musique en observant la foule réagir derrière les platines familiales.
My Biggest Fan n’est pas une démonstration technique, c’est un morceau pensé comme un moment collectif. Le genre de track qui fait sourire au premier couplet, qui fait hocher la tête au deuxième, et qui, sans prévenir, devient l’hymne d’un after qui se prolonge trop longtemps. BIGG BAGGZ prouve qu’on peut être sérieux dans son art tout en refusant de se prendre trop au sérieux : et c’est peut-être là le secret de sa longévité.
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septembre 21, 2025J’aime ces tracks qui sentent l’évasion avant même qu’on sache où elles nous emmènent. Passport de Murphy’s Law et Gardna a ce parfum immédiat de transit, cette impression de se retrouver au comptoir d’un aéroport imaginaire où la musique, plutôt que les douaniers, décide de qui peut franchir la frontière. Et autant dire que la basse, nerveuse et bondissante, vous tamponne le visa sans poser de questions.
On est dans une house old-school qui ne se contente pas de réactiver les gimmicks d’un âge d’or fantasmé : elle les polit pour les propulser vers le dancefloor contemporain. Le kick est sec, précis, il découpe l’espace comme une pulsation vitale. Autour, les nappes s’étirent, un UK garage feutré s’invite en arrière-plan, et c’est là que Gardna pose sa voix, non pas comme une simple couche mais comme un véritable guide de voyage. Ce flow parlé-chanté, aux accents de toast jamaïcain modernisé, joue le rôle du narrateur qui nous indique la direction, qui donne à la transe une texture humaine, une sueur reconnaissable.
Ce qui frappe, c’est le dosage. On pourrait craindre la nostalgie ou le clin d’œil trop appuyé, mais Passport ne s’embarrasse pas de révérences. Le morceau avance comme une file d’attente qui accélère d’un coup, comme si le contrôle des bagages venait d’être levé et que tout le monde courait vers la porte d’embarquement. C’est fluide, limpide, mais jamais plat : chaque variation, chaque montée, chaque drop relance le voyage.
Ce n’est pas une track de fond, c’est une track de propulsion. Elle appartient autant aux clubs sombres de Londres qu’aux open airs estivaux, et surtout à ces moments où l’on a besoin d’oublier qu’on piétinait encore cinq minutes plus tôt.
Murphy’s Law et Gardna signent ici une pièce qui ne joue pas sur la surprise mais sur la justesse : celle qui rappelle que la house, quand elle est bien exécutée, reste la musique la plus directe et la plus universelle pour faire voyager sans escale.
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septembre 21, 2025J’ai toujours aimé ces morceaux qui respirent la première fois. Pas seulement la première fois qu’on les écoute, mais la première fois qu’un artiste ose se lancer, qu’il ouvre la bouche et laisse sortir ce qu’il garde au chaud depuis des années. Amazing de TONY E appartient à cette catégorie : une carte de visite en forme de promesse, où chaque note porte la fougue de celui qui a enfin décidé de se jeter à l’eau.
Le morceau s’installe sur un lit de rythmes dancehall effervescents, traversés de la sensualité aérienne de l’afrobeats et d’un parfum pop-rap qui lui donne un côté accessible, presque fédérateur. On sent l’héritage de Tupac ou Bone Thugs-n-Harmony dans la manière dont TONY E pose sa voix : un mélange de mélodie et de confession, entre chant et rap, comme s’il refusait de choisir un seul chemin. C’est là que réside sa force : dans cette hésitation assumée, dans cette hybridité qui n’a pas besoin de justification.
L’énergie est solaire, mais ce n’est pas une lumière artificielle : c’est celle d’un musicien qui, depuis ses quatorze ans, rêve et polit son identité jusqu’à ce moment précis. Le titre n’a rien de révolutionnaire dans sa structure – et c’est justement ce qui lui permet de fonctionner : TONY E ne cherche pas à éblouir d’emblée, il veut être entendu, compris, partagé. Le groove fait danser, la voix accroche l’oreille, et la sincérité colle à la peau.
A m a z i n g n’est pas seulement un titre accrocheur, c’est aussi une déclaration. Celle d’un artiste qui nous invite à embarquer dès le premier pas de son parcours. Un morceau qui, s’il conserve la fraîcheur d’un premier jet, laisse déjà deviner une ambition plus large : trouver sa place dans ce carrefour bouillonnant où se croisent l’Afrique, les Caraïbes et les États-Unis.
Avec ce premier single, TONY E ne prouve pas encore tout ce qu’il peut faire, mais il prouve l’essentiel : qu’il est prêt.
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septembre 21, 2025J’écoutais Find Will comme on s’accroche à une main dans le noir. Pas une main ferme qui vous tire en avant, plutôt une présence douce, une chaleur qui vous dit sans mots : continue. tilde ne compose pas des chansons, il sculpte des refuges. Et celui-ci, construit sur une architecture R&B contemporaine où viennent s’entrelacer afro-pop et amapiano, a quelque chose d’un abri à la fois fragile et indestructible.
Ce qui me frappe d’abord, c’est l’équilibre. La production respire, elle ne cherche pas la surenchère mais la justesse. Les percussions ont le rebond d’un cœur qui accélère sans jamais s’emballer ; les nappes électroniques s’étirent comme un horizon qu’on croyait inaccessible et qui, soudain, se rapproche. Et puis il y a la voix, presque en aparté, intime comme une confidence glissée à l’oreille. Elle ne raconte pas : elle incarne. Elle nous met face à ce moment universel où l’on cherche, à tâtons, la volonté de continuer.
La beauté de Find Will réside dans ce mélange de danse et de méditation. On pourrait le jouer en club au milieu de la nuit, et pourtant il garde la solennité d’une prière personnelle. L’amapiano y apporte sa pulsation aérienne, cette façon unique de faire bouger le corps en silence intérieur. Le R&B l’habille de velours, lui donne la tendresse nécessaire pour que le message pénètre sans violence.
Écouter tilde ici, c’est retrouver la dimension spirituelle de la musique afro-fusion, mais débarrassée de toute emphase. Il ne cherche pas à galvaniser les foules, il préfère raviver une étincelle chez chacun, individuellement. Find Will n’est pas un morceau motivant au sens banal du terme, c’est un chant discret qui glisse sous la peau et qui, longtemps après, continue de vibrer.
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septembre 21, 2025Écouter Five Alarm de B.Miles, c’est comme approcher trop près d’une flamme qu’on sait éphémère mais dont la chaleur vous hypnotise au point d’oublier qu’elle finira par vous consumer. La chanteuse new-yorkaise a toujours eu ce talent rare de transformer les émotions les plus contradictoires en paysages sonores qui oscillent entre douceur vénéneuse et tension viscérale. Ici, elle revient avec un morceau qui condense dix ans de lutte avec ses fantômes, un chapitre incandescent de son album à venir Time Doesn’t Heal. It Hides.
Dès les premières notes, la production installe une atmosphère suspendue, presque cinématographique. Les synthés alt-pop crépitent comme des braises, la ligne de basse pulse avec retenue, et la voix de B.Miles plane au-dessus, à la fois fragile et tranchante. Chaque mot semble traversé par une urgence, comme si elle chantait pour retenir un instant voué à disparaître. Le morceau, d’une intensité maîtrisée, déploie une sensualité sombre qui rappelle l’art de jouer avec l’interdit : on sait que ça ne durera pas, mais on s’y jette tête baissée, quitte à brûler vif.
Ce qui frappe, c’est la précision émotionnelle de B.Miles. On pense aux héroïnes du cinéma indépendant new-yorkais, toujours au bord de la chute, mais qui transforment leur vertige en poésie brute. Dans Five Alarm, elle ne cherche pas l’absolution ni la consolation : elle embrasse la douleur, la sublime, et l’offre sous forme de chanson comme on offrirait une confession à huis clos.
B.Miles avait déjà marqué les esprits avec Salt, devenu viral par son intensité minimaliste. Avec Five Alarm, elle pousse plus loin l’idée d’une pop intime mais universelle, capable de donner un langage à ce que l’on n’ose pas dire. C’est un morceau qui ne se contente pas de sonner beau : il vibre comme une cicatrice encore chaude, un avertissement et une invitation à la fois.
En attendant l’album, Five Alarm s’impose comme une pièce maîtresse de son puzzle artistique : celle qui confirme que B.Miles n’écrit pas simplement des chansons, mais des fragments de vie, gravés dans la braise.
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septembre 21, 2025On croyait connaître Kula Shaker par cœur, les avoir rangés avec les autres reliques de la grande arche Britpop, entre souvenirs de sitars électriques et hymnes à demi-mystiques. Et pourtant, Good Money arrive comme une gifle chamarrée, une nouvelle transe où le groupe déterre l’esprit des sixties pour mieux le tordre dans son propre miroir baroque. C’est moins une chanson qu’un vortex – un tourbillon de soul psychédélique, de funk débridé et de freak show pop où tout scintille et tout déraille à la fois.
Derrière les guitares colorées et les orgues cosmiques, Crispian Mills joue toujours au conteur démiurge. Ici, il raconte un pacte faustien à travers l’histoire d’un gamin qui se réveille un matin avec des ailes. Prodigieux ou monstrueux ? La communauté hésite, certains y voient un ange, d’autres un signe de profit. Métaphore du business musical ? Mills tranche avec ironie : “c’est une métaphore de la vie”. Et il n’a pas tort : Good Money danse en équilibre entre fascination et cynisme, innocence et exploitation, comme un opéra psychédélique en miniature.
Musicalement, le morceau s’ouvre comme une grande roue de fête foraine psychotrope. La basse groove, charnue, sert de colonne vertébrale à un décor halluciné où les riffs de guitare serpentent, où l’orgue ressuscite l’ivresse de The Doors et où la voix de Mills prend des allures de prêcheur allumé. C’est à la fois luxuriant et décadent, brillant comme une vitrine et poisseux comme l’arrière-salle où l’on compte les billets.
Et que dire de la vidéo, entièrement générée par deux “singes IA” selon la légende inventée par le groupe ? Fidèle à l’esprit Kula Shaker, on ne sait plus où finit le gag et où commence la métaphysique. Le résultat est une fresque délirante qui colle parfaitement à l’excès du morceau.
Good Money rappelle surtout que Kula Shaker n’a jamais été un simple vestige britpop, mais une troupe d’alchimistes sonores capables de transformer un vieux vinyle poussiéreux en trip visionnaire. Avec ce single extrait de leur futur album Wormslayer, le quatuor signe non pas un retour nostalgique, mais une réinvention flamboyante : celle d’un groupe qui, trente ans plus tard, continue d’oser l’improbable.
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septembre 21, 2025Écouter Indica, c’est comme plonger dans une fin d’après-midi où le temps se dilate. Rien d’agressif ici, aucune volonté de bousculer : Brown Rizz préfère séduire en douceur, par un groove feutré qui se déploie comme une caresse sonore. Le dancehall devient contemplatif, alangui, presque cosmique dans sa manière de suggérer plus qu’il n’impose.
La rythmique, souple et respirante, dessine un flux régulier qui rappelle la nonchalance des vagues. Pas de tension inutile : tout ici est pensé pour installer une atmosphère de détente, de flottement. Les percussions effleurent plutôt qu’elles ne frappent, et la basse, ronde et enveloppante, agit comme une coulée chaude dans laquelle on se laisse glisser.
L’absence de voix libère un espace inattendu. On ne suit pas un récit, on s’abandonne à une sensation. Indica devient une toile vierge où l’auditeur projette son propre état d’esprit : rêverie estivale pour certains, respiration méditative pour d’autres. On imagine une plage déserte au crépuscule, un verre qui perle de condensation à la main, ou simplement le calme intérieur retrouvé après une journée saturée.
Ce choix de la retenue est précisément ce qui rend le morceau captivant. Dans un paysage musical saturé de surenchère, Brown Rizz ose l’économie, la délicatesse, et rappelle que le chill n’est pas synonyme de fadeur mais d’équilibre. Indica n’endort pas : il installe un climat, une bulle protectrice où l’on respire à nouveau.
En brouillant les frontières entre dancehall, afro house et ambient tropical, Brown Rizz signe une pièce qui se savoure lentement, comme une infusion qui libère ses arômes avec patience. Un groove intime et contemplatif, pensé pour le corps mais aussi – et surtout – pour l’esprit.
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septembre 21, 2025Certains duos ne vieillissent pas, ils mûrissent comme un vin trop longtemps oublié dans une cave, qu’on redécouvre avec stupeur et gratitude. El. Train et Miki Rose appartiennent à cette rare catégorie. Dix ans après leur EP Over & Over, chéri par la scène Soulection et relayé par la BBC, les deux artistes se retrouvent pour un nouveau chapitre qui a des allures de retrouvailles brûlantes. Twin Flame, premier extrait de ce retour, n’est pas une simple chanson : c’est un point d’équilibre fragile entre nostalgie et futurisme, entre chaleur organique et élégance digitale.
Le morceau commence comme une caresse synthétique, une lente montée qui prépare l’entrée de la voix de Miki Rose. Éthérée mais jamais désincarnée, sa présence vocale flotte au-dessus des textures ciselées d’El. Train, comme une vapeur qu’on voudrait retenir entre ses doigts. Il y a une dimension tactile dans cette musique : chaque accord semble tendre une main, chaque percussion suggère une pulsation intime, presque viscérale. On entend la complicité du duo, forgée au fil des années, mais aussi leur volonté de repousser les contours d’un R&B déjà trop souvent figé. Ici, l’espace sonore est traversé de détails subtils — nappes liquides, réverbérations douces, et ces cuivres de goodie bags qui tombent comme une pluie dorée au crépuscule.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre : El. Train ne cherche pas à noyer la voix de Miki dans une architecture trop complexe, il la met en orbite, comme une planète autour de laquelle gravite une galaxie sonore en expansion. De son côté, Miki Rose insuffle une écriture charnelle, presque diaristique, qui transforme la ballade en confession universelle. L’image du “Twin Flame” n’est pas ici un cliché new age, mais une vraie métaphore : deux feux qui se nourrissent l’un l’autre sans jamais se consumer.
Twin Flame est un morceau de fin d’été, pensé pour ce moment suspendu où l’on regarde le soleil disparaître derrière les immeubles, cocktail en main, incapable de savoir si on contemple un départ ou un recommencement. Un titre qui confirme une chose : certaines rencontres artistiques ne s’expliquent pas, elles s’imposent, encore et toujours.
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septembre 21, 2025On reconnaît un grand morceau à la manière dont il vous saisit sans prévenir, comme une bouffée d’air saturée qui s’infiltre dans vos poumons avant que vous n’ayez le temps de comprendre. Chasing a High de NorthsideBenji fonctionne ainsi : une course effrénée, mais jamais spectaculaire, où chaque note suinte la fatigue d’un homme qui sait qu’il est en train de se consumer, mais continue à courir, malgré tout.
Benji n’a jamais eu peur de poser sa vulnérabilité au milieu des beats glacés. Ici, l’autotune ne sert pas de cache-misère mais de miroir déformant, accentuant la faille, rendant presque palpable la fêlure dans la voix. La production, signée Ashton Chisholm, épouse cette fragilité avec un minimalisme chirurgical : nappes synthétiques tendues comme des nerfs à vif, percussions ralenties qui claquent comme des pas dans une ruelle vide. Rien de clinquant, rien de tapageur, juste l’écho d’une solitude moderne, amplifiée par les lumières artificielles de quatre villes – Dubaï, Londres, Vancouver, Los Angeles – où l’opulence et le vide se confondent.
Ce qui fascine, c’est la façon dont Benji inscrit sa confession dans une tradition transatlantique : héritier des ruelles de Toronto, héritier aussi des codes UK qu’il connaît par cœur, il bâtit un pont entre deux continents en mélangeant la poésie brute du rap britannique et l’élégance mélodique du trap canadien. Chasing a High n’est pas une simple ballade toxique, c’est un aveu de survie : derrière la quête de sensations se cache le spectre du manque, de la perte, des fantômes d’amis et de frères tombés trop tôt.
En l’écoutant, je n’ai pas pensé à une performance, mais à un journal intime griffonné dans le noir, avec des ratures qu’on entend encore entre les couplets. NorthsideBenji n’habille pas sa douleur, il la laisse vibrer au creux de ses silences, et c’est précisément là que réside la beauté du morceau. Chasing a High est moins un single qu’une confession murmurée à l’oreille du monde, dans l’espoir que quelqu’un, quelque part, comprenne.
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septembre 21, 2025Je me souviens de cette impression étrange, celle d’un pas de trop sur une piste de danse où l’air devient électrique et où chaque note vous regarde droit dans les yeux. Collide de Liston et Kaedi Philo agit exactement de cette manière : pas comme un simple morceau, mais comme une rencontre interdite qui se glisse sous la peau, un parfum nocturne qu’on n’arrive pas à oublier.
Liston, pianiste et producteur touche-à-tout, a l’art de sculpter des atmosphères où l’élégance se frotte à l’instinct brut. Sur ce titre, il convoque la moiteur d’un afrobeat qui ne cherche pas la frime, mais la fièvre. Chaque percussion pulse comme un battement retenu, chaque ligne de basse caresse avant de cogner, et dans ce décor incandescent, la voix de Kaedi Philo surgit, fluide, comme une ombre qui sait déjà que vous allez céder. Leur entente est moins un featuring qu’une mise en scène charnelle : les voix s’aimantent, se défient, se croisent comme deux regards dans une soirée trop longue pour rester sage.
Là où beaucoup se contentent de coller des textures tendances, Collide ose la nuance. La production joue la carte de l’équilibre : lumineuse mais jamais naïve, sensuelle sans sombrer dans la lourdeur. On retrouve chez Liston cette science héritée du jazz et du gospel, une maîtrise du détail qui transforme la tentation en architecture sonore. C’est peut-être ça, la vraie force du morceau : donner du style à l’erreur, transformer le faux pas en chorégraphie.
En l’écoutant, je pense à ces instants où l’on se surprend à vouloir brûler la règle pour embrasser l’instant, quitte à en payer le prix demain. Collide est un morceau pour ces nuits-là : un vertige en rythme, un miroir où l’on se voit céder sans regret.
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septembre 21, 2025Le morceau commence comme une morsure numérique : une basse saturée qui crépite, des rythmiques cassées façon breakcore, et cette voix haut perchée qui semble surgir directement d’un message vocal oublié dans un iPhone à moitié déchargé. No One H8s Me Quite Like You Do n’est pas seulement un titre, c’est une confession hurlée dans le chaos, où Holliday Howe et 8485 transforment les débris d’un amour toxique en une fresque hyperpop éclatée et viscérale.
Holliday Howe a toujours eu ce don d’habiller ses obsessions modernes — l’amour digital, les dépendances, la solitude connectée — d’un vernis sonore à la fois fragile et abrasif. Ici, elle pousse plus loin encore cette esthétique de collision : l’hyperpop n’est pas une simple exubérance, mais un outil chirurgical pour traduire la perte de contrôle. Les beats se disloquent, les textures se fragmentent, comme si la chanson se sabordait elle-même en temps réel, mimant les pulsations chaotiques d’un cœur accroché à ce qu’il sait destructeur.
L’intervention de 8485 n’est pas anecdotique : sa voix, reconnaissable entre mille, vient amplifier le vertige, tissant avec celle de Howe une conversation fantomatique. On dirait deux consciences prisonnières du même labyrinthe, se répondant dans un écho saturé d’angoisse et de désir. Derrière l’énergie club, il y a une gravité qui prend à la gorge : ce n’est pas seulement l’histoire d’un couple dysfonctionnel, c’est une réflexion sur l’addiction elle-même — aux substances, aux émotions, aux personnes qui nous dévorent.
Ce single confirme la trajectoire de Holliday Howe comme figure singulière de la scène hyperpop/alt-pop : une artiste qui ne se contente pas de copier les modèles Charli XCX ou Himera, mais qui ose confronter le kitsch numérique à une vérité organique. No One H8s Me Quite Like You Do ne cherche pas la perfection lisse — au contraire, il embrasse le glitch, l’instabilité, l’imperfection comme langage émotionnel.
On ressort de l’écoute avec les oreilles bourdonnantes, mais aussi avec cette impression troublante que la pop du futur ne sera pas aseptisée : elle sera brute, excessive, dramatique, et profondément humaine. Et Holliday Howe, épaulée ici par 8485, en dessine les contours avec une sincérité incandescente.
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septembre 21, 2025On pourrait croire à une provocation gratuite, un simple titre conçu pour piéger les algorithmes et susciter des clics. Mais Spaceship FCK de Kimani Jackson dépasse de loin l’effet d’annonce : c’est un manifeste sensuel et intersidéral, une pulsation R&B propulsée au cœur d’une odyssée futuriste où l’intime et le cosmique se confondent.
Kimani ne se contente pas de reproduire les codes du R&B contemporain. Il les distord, les élargit, les fait exploser sous des nappes synthétiques qui évoquent autant les fantômes de The Weeknd période Kiss Land que les audaces électroniques d’un Frank Ocean ou les hallucinations néon d’une scène underground en apesanteur. La basse roule comme un moteur stellaire, les percussions claquent avec une sécheresse clinique, tandis que sa voix — velours et acier à la fois — flotte dans l’espace comme une caresse désincarnée.
Ce morceau s’impose par sa capacité à concilier le charnel et le mécanique. L’érotisme n’est pas ici une métaphore paresseuse : il est traité comme une expérience immersive, un voyage intergalactique où le corps devient vaisseau, où la jouissance épouse les coordonnées d’un cosmos artificiel. Loin du slow jam classique, Spaceship FCK joue avec une dramaturgie sonore : montées de tension, suspensions atmosphériques, et puis cette chute dans un beat poisseux, presque technoïde, qui évoque autant un club enfumé de Brooklyn qu’un cockpit en orbite.
L’image est claire : Kimani Jackson est un architecte d’univers, pas seulement un chanteur. Son morceau dégage cette impression de contrôle total sur l’espace sonore, comme s’il recomposait les règles du R&B avec une précision d’orfèvre et une insolence d’avant-garde. On comprend pourquoi son nom circule déjà comme l’une des nouvelles promesses du genre : sa musique s’écoute comme une expérience, un fantasme qui brouille la frontière entre plaisir et désorientation.
Avec Spaceship FCK, Jackson prouve que le futur du R&B ne se contentera pas d’exporter ses codes vers la pop mainstream. Il invente un langage hybride, lascif et déstabilisant, où la chaleur organique se frotte au froid métallique des machines. Un trip charnel en orbite basse, qui confirme que Kimani n’a pas l’intention de rester sur Terre.
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septembre 21, 2025Le morceau s’ouvre comme une gifle douce-amère : une basse lourde, chaloupée, qui avance comme une marche de protestation, sur laquelle les voix de Daddy Mory et Tiwony viennent lancer leur cri du cœur. Ce monde est fou n’est pas une chanson au sens strict : c’est un bulletin d’urgence, un miroir tendu à une société qui vacille, un constat qui oscille entre rage et espoir.
Ce qui frappe immédiatement, c’est cette hybridation assumée entre reggae traditionnel et trap moderne. La rythmique reggae, fondée sur ce battement syncopé reconnaissable entre mille, est gonflée ici par des kicks trap nerveux, presque militaires, qui donnent au morceau une tension contemporaine. Julien Fontana, à la production et à la guitare, agit comme un architecte discret mais essentiel : ses cordes saturées d’écho apportent une dimension charnelle, un souffle organique dans un morceau qui aurait pu se contenter de la froideur électronique.
Daddy Mory et Tiwony, vétérans du dancehall et du reggae français, n’ont rien perdu de leur flamme. Leur flow, grave et sans détour, frappe par son urgence. Ils ne se contentent pas d’égrener les maux de l’époque — violences, dérives sociales, injustices systémiques — ils les incarnent dans une scansion qui prend à la gorge. Il y a, derrière leurs mots, une colère maîtrisée, celle de ceux qui savent que la musique n’est pas un refuge mais une arme douce, une manière de poser le poing sur la table sans perdre la poésie.
Ce monde est fou fonctionne aussi par contrastes : entre la chaleur du reggae et la noirceur des constats, entre la fluidité des harmonies et la dureté des thèmes. Loin d’un simple slogan, le morceau réussit à garder cette dimension dansante et fédératrice propre au reggae, tout en ancrant son propos dans une réalité contemporaine. On imagine déjà ce titre résonner sur une place, un soir d’été, les corps bougeant au rythme du beat tandis que les mots cognent en arrière-plan, rappelant que la fête peut être politique.
À l’heure où beaucoup de productions urbaines s’enferment dans le cynisme ou le divertissement sans mémoire, Daddy Mory, Tiwony et Julien Fontana choisissent la voie la plus risquée : celle de la conscience. Ils rappellent que le reggae n’a jamais été une simple esthétique, mais une manière de regarder le monde droit dans les yeux.
Ce monde est fou n’offre pas de solution miracle. Mais il réussit à transformer le désespoir en groove, la colère en communion. Et c’est peut-être, en musique, la forme la plus aboutie de résistance.
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septembre 21, 2025Il y a dans le nouveau single de Missy D, J’avance, cette impression rare d’entendre une artiste marcher au rythme exact de ses convictions. Chaque mot claque comme un pas affirmé, chaque mesure déroule la route d’une femme qui a fait du rap non seulement un art, mais un terrain de résistance et de réinvention.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la fluidité avec laquelle Missy D navigue entre français et anglais. Loin d’un simple gimmick, ce bilinguisme devient un outil narratif qui lui permet de tisser des univers parallèles, de superposer les héritages et d’ouvrir le texte à des résonances multiples. La voix, claire et incisive, porte un grain qui sait être aussi doux que tranchant, comme si Lauryn Hill avait trouvé une sœur cadette dans les rues de Vancouver.
La production choisit l’épure, une boucle souple de batterie jazzy, un groove feutré qui rappelle parfois le boom bap éclairé des années 90 mais revisité avec des touches contemporaines. L’espace sonore respire : on y entend le grain du silence entre deux phrases, ce vide maîtrisé qui met en relief la puissance du verbe. Dans ce décor minimaliste, Missy D érige son flow en architecture : une charpente solide, rythmée par des respirations qui tombent toujours au bon endroit, une maîtrise qui n’écrase jamais l’émotion.
Le texte, lui, est une ode à la persévérance. Pas de leçon moralisatrice, mais une écriture vécue, nourrie par les racines multiples de l’artiste — Rwanda, Côte d’Ivoire, Zimbabwe — et par ce chemin de femme dans un milieu où l’affirmation de soi reste une lutte. J’avance est un titre qui regarde droit devant, qui refuse de s’excuser d’exister ou de prendre de la place. Chaque couplet avance comme une marche ascendante, chaque refrain vient poser la respiration d’un mantra : continuer, malgré tout, et transformer les cicatrices en tremplins.
On retrouve là ce que Missy D appelle son “Rap & Soul” : une hybridation vivante entre le flow incisif du hip-hop, la chaleur du R&B et la profondeur émotionnelle de la soul. Plus qu’un morceau, J’avance s’entend comme un étendard : une déclaration d’indépendance et de confiance, où la musique sert autant à fédérer qu’à raconter.
Avec ce titre, Missy D confirme qu’elle n’est pas qu’une voix de plus dans le paysage du rap francophone et anglo-saxon, mais une figure qui trace sa propre route, inclassable et lumineuse. J’avance n’est pas seulement un single : c’est une trajectoire, un mouvement, une invitation à marcher à ses côtés.
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septembre 21, 2025Dans un pub de Dublin, au milieu des éclats de voix et des verres qui s’entrechoquent, Wallfella a trouvé sa métaphore. Blonde in the Black Dress n’est pas qu’un hommage à la pinte de Guinness — c’est le portrait d’une tentation universelle, une muse insaisissable qui se drape dans la soie noire du désir, mi-réconfort, mi-poison. La chanson, troisième extrait de son futur EP The Coop is Full, prend des airs de confession déguisée, où l’ivresse n’est jamais seulement dans le verre mais dans ce que l’on cherche à fuir ou à prolonger.
Le morceau s’ouvre sur une ligne de basse moelleuse, presque féline, qui se love autour de la batterie swing et des guitares légèrement bluesy. Odd Numbers, producteur de toujours, orchestre un espace sonore où le groove fonctionne comme un piège à miel : lumineux à la surface, mais lesté d’une gravité subtile. La voix de Wallfella flotte au-dessus, entre rap articulé et phrasés mi-chantés, offrant à chaque syllabe la densité d’un vécu. On pense à Saba pour la précision du flow, à Loyle Carner pour cette intimité chaleureuse, à Anderson .Paak pour la façon dont le funk sert d’écrin à une vérité brute.
Mais ici, c’est Dublin qui parle. On entend dans chaque mot le poids d’une culture ouvrière, l’écho des immeubles de O’Devaney Gardens, les contradictions d’une ville partagée entre le charme des rituels et la morsure des excès. La « blonde » du titre devient le double d’un amour trompeur : séduisant, social, mais capable de vous avaler entier. Wallfella, fidèle à son écriture sans détour, ne moralise pas ; il observe, il personnifie, il laisse planer l’ambiguïté. La chanson est autant un toast qu’un avertissement.
Ce qui frappe, c’est la maturité du geste. Après une année de silence choisie pour se recentrer, l’artiste revient avec un son plus précis, plus affûté. Blonde in the Black Dress ne se contente pas de séduire par ses arrangements chaleureux : elle soulève la question de la frontière entre réconfort et dépendance, entre muse et mirage.
Dans ce morceau, Wallfella s’installe parmi les voix les plus fines du hip-hop européen actuel, capable d’enrober la dureté des réalités sociales dans une écriture poétique et sensuelle. Une pinte personnifiée en amante fatale ? C’est le genre de métaphore qu’il fallait oser, et Wallfella l’élève en rituel sonore — une danse trouble entre plaisir et vertige.
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septembre 19, 2025L’artiste Pop-Folk à ne pas rater en ce moment nous vient d’Allemagne 😊🇩🇪
Vinter s’impose avec douceur et volupté, portée par le vent des guitares acoustiques qui créent un univers sonore rond et rassurant, comme avec son titre « Not That Kind » 🎶
On lui a posé quelques questions, le temps d’un moment suspendu entre bienveillance et humilité ❤️
@nicola_vintermusic
Interview par Alex Cliatt (@iamalexcliatt)
#musique #interview #itw #musiquedumoment #dailysong #pop
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septembre 19, 2025*scroll to bottom for english version*
Après avoir écouté ce projet, une seule chose me vient à l’esprit : VINTER est prête pour la lumière. Je ne fais pas ce genre de prédiction souvent, mais si elle continue sur cette trajectoire, avec cette qualité musicale, et qu’elle parvient à affiner sa niche… les fans sont déjà là, ils attendent, et je sens qu’un gros tournant est imminent. Dans quelques années, quand on repensera à ce moment, ce blog sera ma version du “je vous l’avais dit”.
Venons-en maintenant à la grande question : Est-ce que la Romance est morte ? Peut-elle vraiment mourir ?
Dans cette belle (ou ugly) histoire d’amour, le personnage principal aspire à la romance, il veut croire qu’elle est encore là. Profondément amoureux de quelqu’un, il se noie dans les ténèbres de son regard mauvais. Ce n’est pas quelqu’un de particulièrement gentil, mais elle ne peut pas résister à son sourire, ni à ce qu’elle ressent à ses côtés. Elle rêve d’une vie à deux, dans une maison sur la colline, chantant leur chanson préférée, sans aucune distraction, à part l’autre. Une belle maison avec une seule pièce, pour qu’il n’y ait même pas la possibilité de dormir dans une autre chambre.
D’un certain point de vue, tout est magnifique, rempli d’amour. Elle s’épanouit dans le Prologue et l’Interlude, mais il devient clair que ce qui suit pourrait s’effondrer en moins d’une semaine. Sous le soleil de midi, la romance est vivante, florissante comme un festival en 1985. Mais un simple changement de météo, un Épilogue à peine commencé, peut facilement se transformer en hi & goodbye.
Alors, pour répondre à cette question qui plane : La romance est-elle morte ? Et bien, chacun aura sa propre réponse. Mais après cette histoire, j’en viens à croire que tant qu’on refuse d’accepter que Romance Is Dead, alors elle ne mourra jamais.
Favorite song: Not that kind
After listening to this I just have one thought, VINTER is ready for the spotlight. I don’t make predictions like this often, but if she stays on this same trajectory that she’s on with the quality of music and can continue to find her niche… the fans are waiting & I sense a big breakout coming soon. A few years from now when we look back, this blog will be my « I told you so » moment.
Now, onto the big Question, is Romance dead? Can Romance really even die?
In this beautiful (or ugly) love story the character yearns for romance, yearns for it to be alive. Deep in love with someone, drowning in the shitty darkness in their eyes. They are not that kind, but she can’t resist that smile and the way they feel. The writer dreams about how beautiful life could be together in a house on a hill, singing their favorite song together with no distractions except each other. A beautiful house with one room so there’s no option to sleep in the other room. From one point of view everything looks beautiful, filled with love. The main character is thriving in the prologue and interlude, but it’s apparent what’s to come, that within a week everything could come crashing down. In the Midday sun romance is alive and thriving like a festival in 1985. But with a simple change of the weather, a beautiful epilogue can easily turn into a simple hi & goodbye.
So to answer the daunting question, is Romance dead? Well, everyone will have their own answer, but after this story I’ve come to believe that as long as you don’t accept that Romance Is Dead, then it will never die.
Favorite song: Not that kind
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septembre 17, 2025On imagine la scène : un musicien enfermé dans la chambre d’ami de sa mère, à Bullhead City, Arizona, entre un ordinateur qui crache Logic pour la première fois et les interruptions familières de la cuisine. C’est dans ce décor presque banal, saturé de souvenirs d’adolescence et de chaleur du désert, que see you next year a pris forme. Ce qui aurait pu ressembler à une parenthèse domestique s’est transformé en acte de rébellion intime : quitter un job de bureau, tourner le dos à l’inertie, et renouer avec la seule vérité qui vaille – la musique.
L’EP transpire cette urgence. Dès too late too bad, on est happé par une énergie brute qui rappelle les éclats du post-punk revival, une nervosité électrique héritée des premières nuits passées à écouter Bloc Party au casque, allongé sur un futon trop étroit. La guitare taille des lignes sèches, la rythmique cogne comme un cœur sous adrénaline, et la voix semble toujours sur le point de basculer entre la rage et le désespoir.
Puis vient good goals, condensé d’ironie douce-amère : derrière son allure d’hymne indie se cache un constat lucide sur les ambitions déçues, les promesses non tenues. C’est une chanson qui sonne comme une conversation avortée avec son moi de 16 ans, celui qui rêvait de gloire avant que la vie ne vienne mettre des bâtons dans les cordes de guitare.
Plus loin, opportunities foreclosed déploie une atmosphère plus sombre, un mantra répétitif où chaque riff ressemble à une porte claquée au visage. leaves au contraire s’offre comme un souffle mélancolique, presque contemplatif, où l’ombre du désert et l’odeur des souvenirs de petite ville filtrent entre les notes. La pièce maîtresse, see you next year, agit comme un miroir tendu : titre-programme et aveu d’errance, il cristallise cette idée de recommencement perpétuel, d’un futur toujours remis à demain. Enfin, slang for drugs lâche son venin : abrasif, caustique, à la frontière entre confession et satire, comme si l’EP refusait de se clore sur une note conciliante.
Ce disque n’a rien de poli ni d’aseptisé. Il respire l’autoproduction, avec ses rugosités et ses fulgurances, et c’est précisément ce qui le rend si nécessaire. The Manor Born signe ici non seulement un retour après onze ans de silence, mais une déclaration de survie artistique : enregistrer dans la chambre d’ami, c’est aussi prouver qu’on peut construire un monde sonore entier avec une mémoire, une guitare et l’entêtement de ne pas lâcher.
see you next year n’est pas seulement un EP, c’est un testament de persistance. Une poignée de morceaux tendus comme des nerfs, où chaque note dit : j’ai refusé la résignation, et j’ai choisi de transformer l’ordinaire en cri.
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septembre 17, 2025On croirait presque entendre le souffle d’un pas solitaire résonner sur le trottoir humide. Reach Out, dans sa version folk originale, semblait taillée pour le bois craquant d’un plancher ou l’intimité d’un carnet gribouillé à la lueur d’une lampe de chevet. CutWires, en le remixant, ne fait pas qu’en changer l’habillage : il déplace son corps entier dans un décor de bitume et de néons, comme si la chanson avait décidé de s’échapper de la maison pour errer seule dans la ville.
L’écoute donne l’impression d’un glissement, d’une translation émotionnelle. Les cordes originelles subsistent à peine comme des spectres : une guitare qui flotte en arrière-plan, un écho lointain. Mais la matière première a changé. La structure électronique impose son rythme, faite de pulsations souterraines et de nappes synthétiques qui se tordent comme des halos de lumière dans le brouillard. La voix d’Oaken Lee, fragile, conserve son grain organique mais gagne en intensité par contraste : elle n’est plus lue au coin d’une table, elle est criée dans une rue vide, implorant un visage qui ne viendra peut-être jamais.
Ce que réussit CutWires, c’est une mise en scène sensorielle. Le remix ne surcharge pas : il laisse respirer les silences, il ménage des failles où le désespoir se fait palpable. La répétition du motif électronique agit comme une marche sans fin, rituelle, où chaque pas résonne contre les murs d’une ville endormie. On pense à ces instants de retour tardif, quand tout semble possible et pourtant terriblement absent, quand la moindre rencontre devient une promesse de rédemption.
Là où la version folk appelait au refuge, le remix appelle à la dérive. Masculinité, espoir, désespoir : les thématiques demeurent, mais transposées dans un espace où la lumière artificielle ne réchauffe pas, elle éclaire à peine. C’est une chanson sur la faim de contact, l’élan de tendre la main dans un monde saturé de reflets.
Avec Reach Out (Cut Wires Remix), la folk se dépouille de sa cabane de bois pour courir les trottoirs. Elle garde son humanité, mais se maquille de noir et de verre. Et c’est dans ce contraste que naît sa puissance : un chant de solitude qui devient une transe collective pour tous ceux qui ont déjà erré dans la nuit avec le secret espoir d’être vus.
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septembre 17, 2025Le choc de Timber se vit comme un coup de vent dans une pièce fermée depuis trop longtemps : brutal, nécessaire, presque libérateur. Dès les premières secondes, on comprend que The Takeoff n’est pas là pour polir une esthétique rétro, mais pour réinjecter de la sève dans un rock qu’on croyait anesthésié par les filtres modernes.
La guitare s’avance comme un animal indompté, grinçante et sauvage, portant en elle autant le blues de route poussiéreuse que l’ivresse psychédélique des seventies. La section rythmique, basse et batterie soudées dans une transe martiale, entraîne l’ensemble dans une course effrénée où rien n’est laissé au hasard, mais où tout garde la fougue du live. On sent la prise directe, l’urgence de musiciens qui jouent comme si chaque riff pouvait être le dernier.
Puis surgit la voix de Dor Nagar : râpeuse, intense, parfois sur le fil. Elle ne raconte pas, elle arrache les mots, comme si chaque syllabe avait été arrachée à la gorge à coups de griffes. On pense à Dylan pour la dimension poétique, mais c’est une poésie tordue, incandescente, qui n’a pas peur de se salir les mains. Timber devient alors plus qu’une chanson : un manifeste existentiel, une lutte entre la lucidité et le vertige.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre la sauvagerie et la précision. The Takeoff ne cherche pas à reproduire un héritage : ils le bousculent, le triturent, le confrontent à une écriture moderne. Le morceau parle de se libérer des faux-semblants, d’oser regarder le vide en face, mais le fait dans l’énergie d’une fête électrique. Loin de la nostalgie, Timber se déploie comme une renaissance : celle d’un rock qui retrouve sa raison d’être, brut, transpirant, incandescent.
Avec ce second single, The Takeoff s’impose déjà comme un groupe à suivre de près. Timber n’est pas une simple étape vers leur album Hit n’ Fly : c’est une preuve, une secousse, une piqûre de rappel que le rock, quand il ose redevenir indiscipliné, peut encore brûler.
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septembre 17, 2025Avec Jamiroquai, Allen Akino prouve qu’il a compris une chose essentielle : le funk n’est pas qu’une esthétique sonore, c’est une manière de dire non. Non à l’étouffement, non aux carcans affectifs, non à ces relations qu’on traîne comme des boulets alors qu’on voudrait danser plus léger. Derrière la surface solaire et les syncopes colorées, ce titre est une véritable chanson de rupture — mais servie sur un plateau de groove, histoire que la douleur se transforme en énergie.
Dès les premières mesures, la basse s’impose, moelleuse, tactile, comme un appel à libérer le corps. Les riffs empruntent à l’héritage acidulé du funk des années 90, avec un clin d’œil assumé à l’icône dont le morceau reprend le nom. Mais Allen Akino n’est pas dans la copie : il hybride ce patrimoine avec des touches de phonk et des inflexions hip-hop, créant une matière sonore hybride, à mi-chemin entre dancefloor en sueur et introspection urbaine.
Son flow, précis et joueur, navigue entre le chant et le rap, donnant à chaque phrase une tension particulière : un mélange de désinvolture et de lucidité. On sent l’artiste marseillais habité par la nécessité de tourner une page, mais aussi par l’envie de le faire avec panache. Pas de ballade larmoyante ici : la mélancolie est sublimée par le rythme, comme si le meilleur exutoire restait la danse.
Ce qui frappe surtout, c’est l’élégance avec laquelle Akino déjoue les codes du rap français traditionnel. On retrouve son goût pour la punchline et la verve héritée d’IAM, mais filtrés par une approche pop et funky qui ouvre de nouveaux horizons. Jamiroquai sonne à la fois comme une confession et comme une célébration : un morceau qu’on peut écouter en boucle, seul avec ses doutes ou entouré sur un parquet collant.
Avec ce titre, Allen Akino confirme qu’il avance hors des sentiers battus, cultivant un mélange de styles qui refuse l’étiquetage facile. Jamiroquai n’est pas qu’une référence : c’est une déclaration de liberté, un groove qui redonne du souffle là où la vie semblait s’étrangler.
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septembre 17, 2025Sous le nom déjà programmatique de Cosmic Madness, Mateo, Barcelonais d’adoption, signe avec Domain Change une entrée fracassante dans le champ de l’alternative rock. Le morceau, premier extrait de son futur album prévu pour février 2026, ne se contente pas d’aligner riffs et refrains : il expose un état d’âme, une secousse intime, la tentative de transformer le chaos intérieur en matière sonore.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’architecture brute du morceau. Les guitares jaillissent comme des vagues de lave, saturées, brûlantes, mais jamais gratuites : elles dessinent une tension continue, une ligne de fuite vers l’inconnu. La batterie, sèche et martiale, agit comme un métronome intérieur, rappelant le battement d’un cœur en déséquilibre. La basse, dense, vient cimenter l’ensemble, lui donnant cette profondeur qui évoque autant les abysses que le plafond bas d’un club enfumé.
La voix de Mateo, rugueuse et vibrante, porte un lyrisme existentiel qui ne tombe pas dans le pathos. Elle ne supplie pas, elle constate, avec une lucidité presque douloureuse, l’étrangeté de vivre dans un monde où tout semble à la fois trop vaste et trop étroit. On y entend l’écho des désillusions personnelles – une rupture, un déracinement, des nuits à servir des verres dans des bars où la musique est la seule lumière – mais sublimées par une énergie rock qui transcende le simple journal intime.
Ce qui rend Domain Change fascinant, c’est justement cette alchimie : l’hybridation entre la confession intime et le rugissement collectif du rock alternatif. On y retrouve des bribes de grunge, une âpreté post-hardcore par instants, mais toujours enveloppées d’une dimension philosophique : la musique comme instrument pour questionner, sinon dompter, le vide.
On sort de l’écoute bousculé, mais étrangement galvanisé. Domain Change n’est pas une chanson de consolation, c’est une invitation à traverser le vertige. Cosmic Madness y impose déjà une signature : celle d’un artiste qui transforme la confusion en clairvoyance sonore, et qui fait de chaque note une passerelle entre l’intime et le cosmique.
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septembre 17, 2025La première impression de LUV U est trompeuse : tout semble limpide, presque sucré, comme une déclaration amoureuse murmurée à demi-mot dans une chambre encore imprégnée de néons. Mais très vite, le morceau révèle ses fissures. Derrière les mélodies planantes et les beats trap veloutés se cache une écriture blessée, un cri d’attachement dans la fragilité, une lutte entre désir et désillusion.
PRAX, gamin de Brisbane aux cicatrices déjà gravées dans le timbre, incarne cette génération qui n’a pas peur d’exposer ses plaies au grand jour. Sa voix, légèrement noyée dans l’écho, oscille entre confidence et incantation : on l’entend chercher la consolation tout en assumant la douleur. À ses côtés, YNG Martyr ajoute une contrepartie plus abrasive, un flow qui tranche dans la brume, injectant du contraste et de la gravité dans cette ballade piégée.
Musicalement, LUV U s’inscrit dans la lignée de l’emo-rap et du cloud hop, héritier direct de Lil Peep et des atmosphères vaporeuses de Chase Atlantic. Les nappes synthétiques flottent comme un voile, les basses grondent à peine sous la surface, et les percussions digitales donnent à l’ensemble une respiration presque organique. C’est un titre qui se déploie lentement, sans climax forcé, préférant maintenir l’auditeur dans un état suspendu, comme au bord de l’ivresse.
La force du morceau réside dans sa sincérité brute. On sent que PRAX n’écrit pas pour enjoliver mais pour survivre, transformant ses écorchures en mélodie. La collaboration avec YNG Martyr, loin d’un simple featuring de circonstance, agit comme une confrontation de deux sensibilités : l’une fragile, l’autre plus rugueuse, mais toutes deux traversées par la même urgence de dire.
LUV U est donc moins une chanson d’amour qu’une radiographie des contradictions du cœur contemporain : tendre et violent, lumineux et sombre, simple et complexe. Une preuve supplémentaire que la pop rap de demain n’aura rien de linéaire : elle sera cabossée, hybride, et, comme ici, étrangement belle.
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septembre 17, 2025Impossible de rester indifférent face à Aniseed. Le morceau colle à la peau comme une sueur acide, s’infiltre dans les tempes et dans l’estomac, jusqu’à donner la sensation d’un vertige. C’est une chanson qui se vit avec le corps avant même d’être comprise par l’esprit. Les Sick-Days n’écrivent pas de jolies mélodies polies : ils fabriquent des secousses. Et c’est précisément cette intensité brute, presque maladive, qui rend leur son si nécessaire.
Dès l’attaque, la guitare plante le décor : une distorsion rugueuse, râpeuse comme un goût métallique sur la langue. La batterie ne se contente pas d’accompagner, elle martèle avec la violence d’un cœur trop pressé, comme si chaque battement voulait forcer la sortie. La basse, elle, ne cherche pas l’élégance : elle grouille dans les entrailles du morceau, le rend poisseux, dense, impossible à digérer. Ce n’est pas une architecture sonore équilibrée : c’est une carcasse branlante mais vivante, où chaque craquement devient vital.
La voix, oscillant entre fragilité et rage contenue, est peut-être le plus beau paradoxe de Aniseed. Elle tremble, se brise, repart plus haut encore, comme une tentative désespérée de transformer la nausée en cri libérateur. On sent dans ce chant une mélancolie romantique, mais jamais posée ou contemplative : ici, la douleur est frontale, presque agressive. Elle ne demande pas à être comprise, elle exige d’être ressentie.
Écouter Aniseed, c’est accepter d’être bousculé. Le morceau agit comme un shot d’alcool fort pris à jeun : ça brûle, ça pique, ça retourne, mais au fond, ça réveille. Et dans ce chaos grunge, dans cette rugosité post-new wave, les Sick-Days dessinent une identité singulière : un rock de Brighton qui n’a pas peur de salir ses mains, ni de transformer l’inconfort en beauté.
Leur inclusion dans la compilation Emerging Volume V de Small Pond n’est pas seulement une étape : c’est la preuve que cette rage maîtrisée mérite une scène plus large. Car Aniseed n’est pas une simple chanson de malaise : c’est un manifeste sonore, un rappel que le rock le plus puissant naît souvent là où le corps vacille.
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septembre 17, 2025Dès les dix premières secondes de brighter days, on comprend qu’on n’est pas dans un énième exercice de rap clinquant, mais dans un retour à la substance. Bounce, éclats de gospel, touches de soul : tout s’imbrique avec une aisance qui rappelle l’âge d’or des Soulquarians, mais traversé d’une fraîcheur contemporaine. MikeyyAustin transforme son flow en vecteur de lumière, un rap qui n’esquive pas les fêlures mais qui refuse l’ombre totale.
Le morceau avance avec un groove élastique, irrésistible. La ligne de basse pulse comme une respiration collective, les cuivres esquissent des résonances spirituelles et la production trouve ce juste équilibre entre chaleur organique et rigueur rythmique. On pense aux arrangements luxuriants de Chance the Rapper période Coloring Book, à l’énergie joyeusement désordonnée d’Anderson .Paak, ou encore à la profondeur narrative de Common dans Be. Mais MikeyyAustin ne copie pas : il agence ces influences comme un architecte qui connaît ses matériaux, en construisant un univers où chaque détail fait sens.
Le flow, lui, est posé mais dense. Pas besoin de forcer, pas besoin d’agresser : chaque phrase coule, presque chantée, comme si la voix elle-même voulait porter la mélodie. Les paroles respirent une honnêteté brute, celle d’un MC qui a grandi avec les contradictions du quotidien mais choisit de les transcender. Brighter days n’élude pas la douleur ni les fractures, il les confronte en y glissant une promesse : celle d’une clarté possible.
Ce qui séduit surtout, c’est l’énergie communautaire que dégage le titre. On l’imagine joué avec un band live, les chœurs en arrière-plan, la foule levant les bras non pas pour un drop attendu, mais pour communier autour d’un groove partagé. C’est là que réside la force de MikeyyAustin : faire du rap non seulement une écriture, mais un espace de rassemblement.
Avec brighter days, il signe une pièce où le gangsta rap originel croise le gospel et la soul, une hybridation qui n’a rien de théorique : elle vibre, elle vit, elle rayonne. Comme si, malgré la lourdeur du bitume, on trouvait toujours un chemin vers la lumière.
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septembre 17, 2025Avec Akorie, WMS trace une ligne entre la moiteur des tropiques et les profondeurs introspectives du deep house. On ne tient pas ici un simple track de club, mais une pièce qui cherche l’équilibre fragile entre l’obscurité et la lumière, entre la mélancolie et l’appel à la danse.
Le morceau se déploie lentement, comme une brume qui s’installe. Les basses, souples et obsédantes, forment une colonne vertébrale qui guide l’écoute. Au-dessus, des percussions fines dessinent une cadence organique, rappelant le battement d’un cœur au bord de la transe. L’usage subtil de voix en afrikaans – davantage souffles et textures que paroles – apporte une aura mystérieuse, presque chamanique, comme si l’on participait à un rituel électronique au clair de lune.
Le point culminant arrive à 2:10, quand le hook se libère : une montée hypnotique qui ne cherche pas l’explosion mais l’élévation. WMS privilégie la suggestion à l’emphase. On ne crie pas, on s’élève. Le groove devient fluide, tropical, presque aquatique, et l’on se laisse porter par cette oscillation douce entre énergie et contemplation.
Ce qui rend Akorie captivant, c’est sa dualité. L’émotion qui s’en dégage est teintée d’ombre, mais jamais pesante ; l’enthousiasme est bien là, dissimulé sous les couches de synthés moirés et de rythmiques feutrées. On sent la patte d’un producteur qui préfère les atmosphères aux effets tape-à-l’œil, et qui construit son univers comme un paysage à explorer.
Dans une époque où l’afro-house tend parfois à s’uniformiser, WMS trouve une voie singulière en l’infusant de tropicalité rêveuse et de noirceur mesurée. Akorie est une invitation à se perdre, à marcher pieds nus dans une nuit moite où chaque note semble une luciole. Ce n’est pas seulement une track pour danser, mais pour habiter pleinement un instant suspendu.
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septembre 17, 2025Avec Elegibo, Francis Mercier poursuit son rôle de passeur entre les racines africaines et les pulsations électroniques contemporaines, mais cette fois avec une constellation de voix et de talents : la chanteuse brésilienne Margareth Menezes, véritable prêtresse des musiques afro-latines, accompagnée par le Relight Orchestra et DJ Andrea. Résultat : un titre incandescent où l’afro-fusion rencontre le son cubano et l’afro house, comme une cérémonie à ciel ouvert où les continents se rejoignent dans la danse.
Dès les premières mesures, la voix de Menezes surgit comme un appel ancestral, une invocation qui s’ancre dans le corps. Ce chant, à la fois vibrant et spirituel, se greffe sur une architecture rythmique qui bat comme un tambour collectif : percussions tribales, basse en apesanteur, nappes électroniques fines qui installent une transe progressive. On ne sait plus très bien si l’on est à Salvador de Bahia, à Lagos ou sur une terrasse berlinoise : Elegibo brouille les géographies pour créer son propre territoire, celui de la fête-monde.
Francis Mercier, fidèle à son esthétique, préfère le clair-obscur à la surenchère. Plutôt que d’écraser le morceau sous des couches de production, il laisse l’espace respirer, permet au chant de guider l’expérience. Le Relight Orchestra et DJ Andrea viennent alors sculpter ce décor, entre éclats de cuivre fantomatiques et textures électroniques subtiles, donnant au morceau la fluidité d’un rituel et l’efficacité d’un banger.
Ce qui rend Elegibo fascinant, c’est sa dimension hybride. À la fois héritage et futur, il relie la transe traditionnelle aux clubs internationaux, sans tomber dans le simple exotisme. C’est une passerelle où les traditions afro-descendantes rencontrent la modernité globale de la house, où chaque élément garde son authenticité tout en se liant aux autres.
On sort de l’écoute avec l’impression d’avoir participé à une procession contemporaine : une communion où la voix guide, où les percussions élèvent, et où la house vient sceller l’unité. Elegibo n’est pas seulement une chanson : c’est un rituel en haute définition, conçu pour transformer n’importe quel dancefloor en temple vibrant.
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septembre 17, 2025On connaissait Kozlow comme l’agitateur new-yorkais capable de transformer un loft de Brooklyn en temple clandestin du groove. Son projet ANTHR FCKNG PARTY a grandi au point de devenir une institution, une enclave où l’énergie brute prime sur les têtes d’affiche et où la communauté s’impose comme seule règle. Aujourd’hui, il franchit une nouvelle étape : faire de ce bastion nocturne un label à part entière. Et le premier manifeste s’appelle sobrement Untitled.
Derrière ce titre volontairement anonyme, il y a un choix esthétique fort. Kozlow refuse le clinquant et revient aux fondements : un tech-house épuré, construit autour d’un bassline souple et d’un kick sec qui martèle sans jamais saturer l’espace. La répétition du riff vocal “hit it” agit comme une injonction minimale, un geste qui hypnotise autant qu’il entraîne. C’est une musique pensée pour durer, pour se déployer à 3h du matin quand la foule cesse de réfléchir et ne fait plus qu’un avec la pulsation.
La subtilité du morceau réside dans ses textures organiques. Kozlow, violoniste de formation, connaît le poids du détail et des vibrations réelles : ici, chaque souffle électronique semble traversé d’un grain vivant, comme si la fête capturait son propre écho. Loin des surenchères EDM, Untitled embrasse une authenticité underground, un retour à la simplicité qui fait la force des tracks intemporels.
Ce premier pas discographique reflète l’essence d’ANTHR FCKNG PARTY : pas de surproduction, pas d’égo hypertrophié, mais une recherche sincère de communion. Kozlow transforme l’énergie de ses soirées – pas de téléphone, pas de line-up affiché, juste la musique et les corps – en un format qui voyage hors de New York. Aspen, Miami, Montréal, Los Angeles : le mouvement s’étend, mais garde son ADN brut.
Avec Untitled, Kozlow démontre que son rôle ne se limite plus à organiser la fête : il fabrique désormais sa bande-son officielle. Une musique sans artifice, mais habitée, qui prouve que parfois, le plus puissant des manifestes n’a même pas besoin de titre.
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septembre 17, 2025La première fois que j’ai écouté deep end, j’ai eu cette sensation étrange de basculer en arrière, comme si quelqu’un m’avait poussé dans l’eau glacée d’une piscine à minuit. Pas de préparation, pas de gilet de sauvetage : juste l’immersion brutale, l’apnée, puis la découverte que sous la surface, on trouve aussi des éclats de lumière. C’est exactement ce que propose Alessiah avec Tobi Ibitoye : une chanson où la noyade amoureuse se transforme en expérience sensorielle, à la fois suffocante et libératrice.
La force du morceau réside dans son économie. La production alt-pop reste minimaliste, mais elle sait se charger au moment opportun de textures trap ou R&B, comme des courants sous-marins qui aspirent puis relâchent. Le beat, discret mais ferme, agit comme une pulsation cardiaque : il guide, il tient, il empêche le corps de se dissoudre. Autour, les synthés flottent, diffus, semblables à des reflets troublés au fond d’une eau nocturne.
Et puis il y a les voix. Alessiah chante avec cette clarté juvénile qui, loin d’alléger le propos, le rend encore plus poignant : c’est la voix de quelqu’un qui tombe mais qui refuse de se laisser engloutir. En face, Tobi Ibitoye vient poser une densité presque tellurique, une gravité qui contrebalance la fragilité d’Alessiah. Ensemble, ils créent un dialogue : pas un duo romantique, mais une confrontation entre deux manières de survivre à la douleur.
Ce qui frappe, c’est la justesse de la métaphore. La noyade n’est pas ici une figure rhétorique facile : elle se traduit musicalement, dans les silences qui s’allongent, les phrases qui se répètent comme des bouffées d’air arrachées à la panique. On ressent physiquement cette oscillation entre le désir de se laisser couler et la volonté désespérée de remonter.
deep end n’est pas un simple single pop, mais un petit théâtre intérieur. C’est une plongée qui ne raconte pas seulement le chagrin, mais la beauté paradoxale d’un moment où l’on se sait brisé et vivant tout à la fois. Un morceau qui refuse la surface, qui choisit l’immersion, et qui finit par révéler que parfois, c’est au fond qu’on apprend le mieux à respirer.
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septembre 17, 2025Le nouveau single de Papithbk, Are You?, ne cherche pas à séduire par l’artifice : il se dépose comme une confidence, fragile et sincère, portée par la chaleur du lo-fi. On y retrouve cette atmosphère typique des chambres transformées en studios improvisés, où la réverbération des murs et le souffle des machines deviennent partie intégrante de la musique.
Dès les premières notes, la guitare soyeuse s’entrelace à une rythmique feutrée, subtile, presque chuchotée. Pas de démonstration technique : l’espace est volontairement nu, comme pour mieux laisser respirer la voix. Et cette voix, mi-rap mi-murmure, déroule un récit de désillusion amoureuse sans pathos inutile. Papithbk ne force pas la tristesse — il la vit, la raconte, et c’est précisément ce naturel qui rend le morceau si touchant.
Are You? se nourrit de cette tension entre nostalgie et lucidité. Les paroles explorent ce moment où l’on comprend, à la lumière de ses erreurs passées, ce que l’on ne veut plus. Ce n’est pas tant une chanson de rupture qu’un constat, presque une mise au point avec soi-même : apprendre, encaisser, puis réaffirmer ses limites. On perçoit derrière chaque mot une volonté d’avancer, même si le cœur reste lourd.
Sur le plan sonore, Papithbk s’inscrit dans la continuité de cette scène lo-fi hip-hop/bedroom pop qui préfère l’intime à la grandiloquence. Pourtant, il y ajoute sa patte : une intensité rap héritée de ses origines hip-hop, qui donne au morceau une densité émotionnelle que beaucoup de ballades lo-fi n’atteignent pas. Sa capacité à naviguer entre la vulnérabilité et la franchise brutale lui confère une authenticité rare.
Avec Are You?, Papithbk confirme ce qui fait sa force depuis ses débuts : transformer ses cicatrices en chansons universelles, capables de parler à tous ceux qui ont connu les promesses brisées et les lendemains amers. Ce n’est pas un simple titre lo-fi de plus, c’est un fragment de vérité, laissé brut sur une boucle fragile. Une pièce intime qui se fredonne longtemps après la dernière note, comme un écho discret dans la mémoire.
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septembre 17, 2025Lariat s’ouvre comme une bouffée de fumée dans une pièce mal éclairée. Pas d’entrée fracassante, mais un glissement : une ambiance suspendue où le silence pèse autant que les premières percussions. On dirait une porte entrouverte sur l’intimité de Hardbody Jones, un préambule fumant où chaque beat agit comme un battement de cœur contenu.
Ce morceau ne cherche pas à séduire par des artifices clinquants. Son langage est celui du boom bap, rugueux, organique, traversé d’une tension alternative qui le propulse hors du simple hommage aux nineties. Les drums claquent secs, les basses rampent avec une discrétion hypnotique, et par-dessus, Jones tisse un phrasé qui se déploie comme une pensée à voix haute. C’est moins une démonstration qu’une confession : un flow posé, réfléchi, mais tranchant, où chaque mot semble pesé avant d’être lâché.
Ce qui frappe, c’est la capacité du morceau à ménager l’espace. Les silences, les respirations, deviennent des éléments à part entière, comme si l’air entre les mesures avait son propre poids. Le résultat est un climat brumeux, urbain, presque cinématographique — on pense aux bandes-son des nuits d’hiver, quand la ville semble parler par ses échos.
En arrière-plan, on devine l’artisan complet : producteur, ingénieur, maître de son propre studio, Hardbody Jones s’offre une liberté totale. Cette autonomie s’entend dans la texture du son, volontairement imparfaite, vivante, loin des masters aseptisés. Lariat est une esquisse et une déclaration, un morceau qui prépare le terrain pour un univers plus vaste.
Dans cette économie volontaire, Jones réussit à faire naître une intensité rare. Lariat ne se contente pas de poser une ambiance : il installe un état d’esprit. Celui d’un rap qui refuse les conventions, qui préfère l’honnêteté brute à l’esbroufe, et qui fait du boom bap une matière encore brûlante. Une ouverture qui n’annonce pas seulement un album, mais un territoire.
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septembre 17, 2025Certains artistes avancent avec prudence, dévoilant un single après l’autre comme on distille un secret. Leo Tea, lui, préfère la frontalité. Avec Won’t Stop et Told, il expose deux facettes d’un même visage : celui d’un funambule qui marche entre lumière pop et rugosité urbaine, entre l’ivresse du dancefloor et la noirceur des ruelles.
Won’t Stop est le versant solaire. Dance-pop musclée par des basses trap, nappée de mélodies accrocheuses, le morceau respire cette envie d’avancer, de mordre dans le présent. Les beats claquent, les refrains s’envolent, et derrière l’efficacité immédiate, on perçoit une tension : ce besoin de repousser l’épuisement, de tenir debout par la seule force de la musique. C’est un hymne d’endurance autant qu’un appel à la fête.
Told, à l’inverse, se love dans une énergie sombre et viscérale. Trap acérée, influences grime, et même des accents dubstep qui distordent la matière sonore. Ici, pas de promesse radieuse mais une écriture crue, urbaine, presque frontale. Le flow devient arme, la production un champ de bataille sonore où chaque drop agit comme une déflagration. Si Won’t Stop ouvre grand les bras, Told resserre les poings.
Ce diptyque révèle une cohérence plus qu’une opposition : Leo Tea refuse la case unique. Il maîtrise les codes de la pop sans craindre d’y injecter des textures agressives, et inversement, il plonge dans l’énergie brute du grime tout en gardant une oreille pour la mélodie. Cette tension entre l’hédonisme et l’ombre, entre la sueur de la fête et la rugosité de la rue, dessine l’esthétique d’un artiste qui ne choisit pas mais embrasse les contradictions.
Avec Won’t Stop et Told, Leo Tea signe moins deux singles isolés qu’un manifeste : danser, oui, mais danser avec ses cicatrices. La lumière et la nuit s’y croisent, et c’est dans ce frottement que naît une identité sonore singulière, fébrile, excitante.
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septembre 17, 2025On pourrait croire qu’un morceau intitulé Never Gonna Give Up se contente de jouer la carte de l’optimisme facile. Mais le duo australien Midnight Pool Party préfère brouiller les pistes : derrière les paillettes de la disco-pop, c’est une histoire de fragilité et de réparation qui se tisse. Le single, longtemps resté dans un tiroir avant d’être réinventé, sonne comme une confession transformée en fête, une dispute intime sublimée en groove collectif.
Tout commence par une tension à peine voilée : le beat avance avec une élégance contenue, puis les synthés se déploient comme des éclats de lumière après la pluie. L’héritage du disco se fait sentir, mais jamais en pastiche. Les lignes de basse rebondissent avec la souplesse d’un cœur qui reprend son souffle, les arrangements scintillent sans se noyer dans la superficialité. Il y a du sourire dans la production, mais aussi des fissures, et c’est précisément ce contraste qui rend le morceau si attachant.
La voix, claire et directe, raconte sans détour les failles de l’amour : reconnaître ses erreurs, mesurer les blessures infligées, mais refuser la résignation. Elle ne cherche pas à séduire, elle s’adresse, elle avoue, elle promet. Et dans ce geste de vulnérabilité, l’émotion se greffe à la piste de danse. On se surprend à bouger, à fredonner, tout en ressentant le poids discret d’une vérité universelle : aimer, c’est souvent recoller des morceaux.
Never Gonna Give Up n’est pas qu’un single calibré pour playlists d’été. C’est un morceau qui rappelle que la pop la plus efficace naît toujours d’une tension entre l’intime et le collectif. Midnight Pool Party réussit ce pari rare : transformer les éclats d’une dispute en invitation à danser ensemble, comme si la réconciliation passait par le groove. Et si l’amour ne se sauve pas toujours, ce titre au moins nous offre l’illusion, radieuse, que la musique peut y parvenir.
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septembre 17, 2025Il suffit de quelques secondes de Toothpicks pour comprendre : Bulgarian Cartrader n’écrit pas seulement des chansons, il fabrique des antidotes contre la grisaille. Ce nouveau single, en apparence léger, cache derrière ses guitares bondissantes une ironie mordante, un hymne à la procrastination érigée en art de vivre. On s’y reconnaît vite : ce moment où l’on préfère tout faire — danser, fumer, courir, tomber amoureux même — sauf retourner au bureau.
La production joue sur une double face. D’un côté, l’énergie solaire des guitares indie-pop, presque trop éclatantes, qui donnent au morceau un air de tube de festival estival. De l’autre, un groove légèrement désaxé, des ruptures rythmiques qui rappellent que Daniel Stoyanov (le cerveau derrière le projet) n’a jamais aimé les lignes droites. Sa voix, agile et ironique, oscille entre confession désabusée et clin d’œil complice. Ce mélange crée un effet grisant : une chanson qu’on croit facile, mais qui, à force d’écoutes, révèle des strates plus sombres.
Toothpicks fonctionne comme un miroir du personnage Bulgarian Cartrader : à la fois charmeur et imprévisible, capable de transformer une anecdote banale en refrain obsédant. On retrouve dans son écriture l’écho de ses années à sillonner les scènes européennes, mais aussi une indépendance retrouvée depuis son virage hors des majors. Ce n’est pas un hasard si le morceau sort sur son propre label Uncomfortable Chair Records : cette liberté se sent dans chaque note, dans chaque sourire en coin.
À l’approche de son nouvel album Greetings from Soulgaria et d’une tournée qui affiche complet avant même de commencer, Bulgarian Cartrader choisit de rappeler une évidence : la meilleure pop indie est celle qui ne se prend pas au sérieux tout en étant diaboliquement efficace. Toothpicks appartient à cette famille rare de chansons qui donnent envie de danser pour oublier, mais qui laissent traîner un arrière-goût de mélancolie dans l’air.
On se surprend à la fredonner comme un mantra contre le retour au réel. Un tube déguisé en sabotage doux-amer : c’est peut-être ça, le vrai luxe de Bulgarian Cartrader.
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septembre 17, 2025On ne l’attendait peut-être pas avec autant de nerfs, mais Sick vient rappeler que le boom bap, lorsqu’il est manié par une plume aguerrie, reste l’arme la plus tranchante du rap. Lyrics, vétéran de la scène East Coast et mémoire vivante du New Jersey, livre ici un morceau qui ne fait aucun compromis : basse lourde, caisse claire claquante et flow qui mord à pleines dents.
La production sent la poussière des MPC et la sueur des sous-sols. Pas d’esbroufe digitale, pas de vernis : juste une rythmique épaisse, construite pour soutenir une voix qui avance comme un boxeur dans le ring. Les kicks frappent, secs, réguliers, tandis que les samples en arrière-plan apportent cette couleur old-school, comme un clin d’œil aux années où les beats se bâtissaient sur des vinyles écorchés. L’esthétique est volontairement rugueuse, et c’est précisément ce qui la rend intemporelle.
Lyrics, lui, déroule un phrasé où se mêlent arrogance maîtrisée et précision chirurgicale. On entend dans son débit la trace de l’école classique : celle qui privilégiait la clarté des rimes, la densité des images, le poids de chaque syllabe. Son flow respire l’assurance d’un MC qui a grandi à l’ombre des géants – Big L, Guru, Raekwon – et qui sait que le respect ne s’arrache pas par la mode, mais par la constance.
Ce qui rend Sick captivant, c’est cette énergie de vétéran qui refuse le repos. On sent un homme qui a connu les illusions et les désillusions des groupes, des deals, des plateaux télé, mais qui revient au micro avec l’essentiel : une voix, un beat, et la volonté de réaffirmer son territoire. Pas de nostalgie forcée, plutôt une fidélité à une esthétique qu’il habite encore avec une intensité rare.
Dans une époque où le rap multiplie les hybridations, Lyrics choisit de resserrer les lignes. Sick n’est pas une réinvention du boom bap, mais un rappel : ce son, brut, massif, reste une des meilleures manières de faire trembler les murs. Et lorsqu’il est porté par une voix aussi ancrée dans l’histoire que celle de Lyrics, il se transforme en manifeste : l’école ancienne n’est pas morte, elle respire encore – et fort.
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septembre 17, 2025Je me souviens de cette impression étrange : comme si Shake That n’était pas un morceau mais une force physique qui me poussait en avant. Pas d’intro qui rassure, pas de décor planté – le kick entre d’un coup, sec, irrémédiable, et me voilà projeté dans une boucle où le corps prend le dessus sur la pensée. Haskell a cette science rare : faire du tech-house non pas une mécanique froide, mais une matière organique qui circule dans les veines.
La construction est d’une précision chirurgicale. Le kick agit comme un cœur artificiel, régulier mais jamais plat. Les hi-hats fusent, incisifs, comme des étincelles dans un moteur lancé à plein régime. Puis surgit ce rebond caractéristique, ce bounce élastique qui fait chavirer les épaules et plier les genoux, sans qu’on sache exactement pourquoi. On croit être maître de ses mouvements, mais c’est Shake That qui dicte la cadence.
Haskell ne cherche pas à séduire par des artifices mélodiques. Tout repose sur le détail rythmique : micro-variations, effets qui apparaissent et disparaissent comme des ombres, respiration subtile entre tension et relâchement. Chaque élément est calculé pour maintenir l’attention dans un état de transe éveillée. C’est minimal dans la forme, maximal dans l’effet. Et cette façon d’évoquer la patte Toolroom des années 2000 tout en la réactualisant, sans nostalgie, est sans doute la plus belle réussite du morceau.
Au fond, ce que Haskell réussit avec Shake That, c’est à réaffirmer le rôle premier de la house : rassembler. On imagine la track résonner dans un warehouse saturé de fumée, ou sur une terrasse à Ibiza au lever du jour. Peu importe le lieu, elle a ce pouvoir de transformer un groupe disparate en un seul organisme mouvant, relié par le même pouls.
Pour Haskell, ce n’est pas qu’un single de plus. C’est une déclaration : le groove n’a rien perdu de sa force, et le tech-house peut encore être une écriture sensible, presque romanesque, quand il est manié avec autant de précision que de fièvre. Shake That n’invite pas seulement à danser. Il oblige à céder.
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septembre 17, 2025Un titre comme une caresse et une morsure. Avec Seda en mi piel, Camily propose un R&B contemporain qui refuse la facilité : une hybridation entre langueur sensuelle et tensions électroniques, entre la moiteur du trap et les pulsations d’un EDM cinématographique. Le morceau avance comme une danse trouble, oscillant entre abandon et contrôle, attirance et danger.
La production est taillée avec précision. Une ligne de basse profonde agit comme une colonne vertébrale, épaisse, presque charnelle. Autour d’elle, les beats tranchent net, secs, minimalistes, mais assez percutants pour installer une tension constante. Puis viennent les nappes électroniques, luisantes comme des reflets de néon sur une peau humide. Elles enveloppent le morceau d’une atmosphère presque tactile, où chaque vibration semble se déposer directement sur l’épiderme, fidèle à la promesse du titre.
Camily y déploie une voix qui ne cherche pas l’éclat mais l’intimité. Elle effleure plus qu’elle ne frappe, s’insinue dans les interstices du rythme pour créer une proximité troublante. On croit l’entendre chuchoter à l’oreille, tout en percevant l’écho lointain d’un club saturé. Ce contraste – l’intime et le monumental, le murmure et le fracas – donne au morceau sa singularité.
Ce qui distingue Seda en mi piel dans la masse du R&B contemporain, c’est son refus du décor convenu. Là où d’autres empilent les effets, Camily choisit la retenue, la précision, la construction d’un climat. Le morceau ne cherche pas à séduire frontalement : il attire par son ambivalence, par cette sensation que la douceur cache une tension plus sombre, presque hypnotique.
On sort de l’écoute avec l’impression d’avoir traversé un rêve moite, un espace où la soie promise du titre se colle à la peau comme une seconde enveloppe. Avec Seda en mi piel, Camily affirme une esthétique exigeante : un R&B hybride, nourri de trap et d’EDM, mais toujours au service de l’émotion. Un univers qui invite autant à fermer les yeux qu’à céder au mouvement.
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septembre 17, 2025On pourrait croire que la house, quarante ans après sa naissance dans les clubs de Chicago, n’a plus grand-chose à dire. Puis surgit Can’t Stop, et l’illusion s’effondre. Ce morceau ne se contente pas de rejouer un héritage : il lui redonne du sang, de la chair, un souffle vital. Trois artisans s’y rencontrent – Andrew Emil avec sa production scintillante, Red Eye et ses boucles incisives, et Ron Carroll, voix-pilier de la scène, qui transforme chaque mot en mantra collectif.
La première écoute donne déjà l’impression de connaître le morceau, comme si le groove avait toujours existé. C’est la magie de Can’t Stop : emprunter au disco cette euphorie immédiate, mais l’habiller d’un corps moderne, précis, aux contours polis. Le beat pulse avec une régularité cardiaque, basse charnue et métronomique, pendant que les samples virevoltent, étincellent comme des éclats de boule à facettes. Et puis il y a Carroll : sa voix n’est pas là pour décorer, elle mène la danse, rappelle que la house fut et demeure une liturgie du collectif.
Ce qui frappe, c’est la chaleur. Rien de froid ni d’abstrait ici. Chaque élément du morceau cherche la peau, le corps, le mouvement. On ferme les yeux, et l’on passe d’un rooftop saturé de soleil à une cave humide, lumière rouge et stroboscopes ; dans les deux cas, le morceau agit avec la même intensité. C’est un titre poreux, qui épouse tous les contextes sans jamais perdre de sa force.
Can’t Stop réussit là où tant de productions échouent : célébrer la mémoire de Chicago sans tomber dans le musée sonore. L’héritage est palpable – Frankie Knuckles n’est pas loin – mais le morceau regarde vers l’avant, avec une modernité qui rappelle que la house n’est pas figée, qu’elle continue de muter tant qu’elle reste branchée sur ce qui compte : la joie, l’unité, le lâcher-prise.
Au fond, Can’t Stop n’est pas qu’un single. C’est une profession de foi. Une manière de dire que la house n’est pas une mode, ni une nostalgie : c’est une pulsation collective qui n’a jamais cessé. Elle ne peut pas s’arrêter. Elle ne s’arrêtera pas.
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septembre 17, 2025Pillow Princess ne minaude pas. Ce nouveau single de Jazzy Dale entre directement dans l’arène, tranchant comme une réplique qu’on lance au visage pour briser l’ego de l’autre. À la croisée d’un R&B vénéneux, d’une trap qui claque sec et d’un alt-pop taillé pour les playlists de minuit, le morceau s’impose comme un manifeste de pouvoir et de dérision, une célébration de la féminité qui choisit ses propres règles.
Tout repose sur un équilibre subtil entre sensualité et piquant. La production s’avance d’abord sur des basses rondes, moites, qui donnent une assise charnelle au morceau. Puis viennent les percussions électroniques, claires, implacables, presque théâtrales. La voix de Jazzy, elle, se déploie en couches multiples : harmonies étagées, respirations, caresses et morsures. Le refrain, irrésistible, fonctionne comme un coup de grâce : une punchline chantée qui transforme la chambre en ring.
Mais ce qui donne à Pillow Princess sa singularité, c’est l’écriture. Jazzy Dale évite le cliché du R&B romantique pour injecter humour et ironie. Elle joue avec les archétypes des relations, renverse les rôles, expose la vanité et les travers masculins sans jamais perdre en groove. C’est une chanson qui mord autant qu’elle séduit, une provocation dansante qu’on reprend en chœur, sourire aux lèvres.
Cette capacité à jongler entre vulnérabilité et insolence, entre mélodie suave et attaques frontales, place Jazzy Dale dans la lignée des artistes capables de réinventer leur époque — quelque part entre la franchise d’une SZA et la malice pop d’une Charli XCX. Originaire de Sydney/Eora, elle nourrit son écriture de vérités intimes mais refuse la complaisance. Chaque note semble porter l’écho de ses expériences, sublimées en matière sonore.
Avec Pillow Princess, Jazzy Dale signe bien plus qu’un single catchy. Elle offre une mise au point, une déclaration de puissance douce-amère qui se danse autant qu’elle se médite. C’est une chanson qui brûle de désir mais qui garde la main sur le feu, un hymne contemporain pour celles et ceux qui savent que la véritable séduction réside dans la liberté de fixer ses propres règles.
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septembre 15, 2025On l’imagine seul dans son studio de Thessalonique, les machines comme seules complices, traçant des lignes mélodiques qui oscillent entre la nostalgie des pionniers (Vangelis, Jarre) et la frénésie club héritée de The Prodigy. Avec Press Play, V.A.T signe son quatrième EP, mais sans doute le plus affirmé : une œuvre où chaque piste agit comme une station d’un voyage nocturne, à la fois intime et physique. Soutenu par la voix magnétique d’Eljona Sinjari, il délivre une electronica hybride, charnelle, qui oscille entre l’incantation et l’abandon.
L’Intro (3:33) est bien plus que le préambule : c’est une ouverture cinématographique. Des nappes lumineuses se déploient lentement, installant une tension atmosphérique qui rappelle les bandes-son de science-fiction méditative. La voix d’Eljona surgit comme une silhouette en clair-obscur, annonçant l’entrée dans un monde où l’électronique se fait chair.
Le morceau-titre Press Play (4:48) embraye avec une énergie pulsatile. Les beats claquent, nets, propulsant une mélodie qui s’accroche immédiatement. C’est une pièce conçue pour la danse, mais qui garde une élégance mélodique rare. La voix, aérienne et insistante, agit comme une injonction : appuyer sur “play” devient un geste vital, une manière de laisser tomber le poids du quotidien.
Avec How Can I Forget U (5:17), V.A.T s’aventure dans une écriture plus mélancolique. Les synthés s’y déploient en vagues lentes, presque douloureuses, tandis que la voix d’Eljona se charge d’une intensité dramatique. C’est un morceau de perte et de mémoire, où la mélodie se fissure pour laisser apparaître une fragilité inattendue.
Loosing Control (4:25) prend le contre-pied : la rythmique s’accélère, se déstructure par moments, créant une impression de déséquilibre. C’est une track moite, haletante, où l’on sent l’ivresse de la nuit basculer en vertige. V.A.T joue ici avec les codes de l’électro club pour en faire un rituel de lâcher-prise.
Enfin, Feel The Night (5:00) clôt l’EP avec une intensité lumineuse. Le morceau déploie une mélodie euphorique, traversée par une pulsation hypnotique qui évoque à la fois la chaleur d’un dancefloor et la sérénité d’un ciel étoilé. C’est la pièce la plus fédératrice, où l’électronique se fait presque spirituelle, comme si la nuit avait enfin trouvé son hymne.
Avec Press Play, V.A.T compose une traversée sensorielle où se mêlent lyrisme méditerranéen et énergie club. Chaque morceau s’écoute comme un chapitre, entre douceur et tension, introspection et abandon. Un disque qui ne se contente pas d’accompagner la nuit : il la réinvente.
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septembre 15, 2025Sweet Foxhound n’avance pas frontalement : il s’insinue. Le nouveau single de The House Flies ne cherche pas l’effet immédiat, mais préfère tisser ses ombres lentement, jusqu’à envelopper l’auditeur dans une tension sourde. C’est une chanson d’atmosphère plus que d’apparat, une errance nocturne où la mélodie se noie dans la brume des guitares, et où la pulsation du rythme agit comme une marche forcée vers un ailleurs plus sombre.
L’entrée de Burnie Eckardt à la guitare enrichit ce climat déjà lourd de réverbérations. Les strates se superposent et se déchirent, formant un mur sonore dense mais jamais opaque. On pense aux héritiers les plus élégiaques du post-punk gothique, quelque part entre les déambulations brumeuses de Bauhaus et la rigueur d’Interpol. Mais The House Flies refusent le pastiche : leur force tient à ce mélange de noirceur et de lumière vacillante, de densité pesante et de mélodie persistante.
Le morceau, écrit à l’époque de Mannequin Deposit mais mûri jusqu’à aujourd’hui, agit comme un pont entre les époques du groupe. Il garde la rugosité de leurs premiers élans, tout en annonçant une écriture plus ample, plus habité par une forme de lyrisme spectral. Les voix planent comme des silhouettes translucides, spectrales mais étrangement familières, renforçant cette impression d’un chant funèbre moderne.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre urgence et contemplation. La basse pulse comme une artère, la batterie pousse en avant avec une détermination presque militaire, et pourtant la chanson n’écrase pas : elle hypnotise. Elle tient dans ce paradoxe — être à la fois agitation et suspension — sa puissance la plus singulière.
Avec Sweet Foxhound, The House Flies confirment qu’ils ne veulent pas simplement jouer du post-punk gothique : ils veulent en écrire une nouvelle page, plus longue, plus lourde, plus immersive. C’est un retour qui ne flatte pas la nostalgie mais qui l’enfonce dans le présent, pour en extraire une musique à la fois charnelle et spectrale, profondément américaine dans sa mélancolie.
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septembre 15, 2025Le premier choc, ce n’est pas la guitare ni la voix : c’est le silence avant. Celui qui précède American Dreams et qui le rend encore plus dense, comme une porte qu’on ouvre sur une pièce où résonnent des siècles d’effacement. Dead Feather, sourd et autodidacte, transforme cette absence en arme. Le morceau n’avance pas comme un produit poli, mais comme une respiration haletante, un cri arraché aux entrailles d’une histoire trop longtemps niée.
Les guitares taillent dans l’air comme des lames. Pas de virtuosité gratuite, mais un tranchant presque documentaire, brut, chargé de mémoire. La batterie avance en pas lourds, mécanique et martiale, rappelant les marches forcées imposées aux ancêtres. Puis surgissent les chœurs, voix féminines qui enveloppent et hantent, comme si elles incarnaient celles qu’on a réduites au silence. L’intervention du saxophone, inattendue, fend le mur sonore d’une chaleur désespérée : ce souffle singulier agit comme une veine rouge dans le béton.
American Dreams raconte, mais ne raconte pas avec des mots. Il impose un climat, un corps sonore qui porte en lui la tension entre l’intime et le collectif. On sent la main de Dead Feather derrière chaque choix : l’irrégularité d’un accord qui grince, la rugosité préservée dans la prise de son, cette manière de ne pas lisser, de laisser la cicatrice visible. C’est une esthétique volontaire : pas question d’adoucir le réel, il s’agit d’affronter.
Ce qui rend le morceau bouleversant, c’est la position même de son créateur. Sourd, il a dû apprendre les structures musicales par l’observation et la déduction, jusqu’à trouver son propre langage. Ce paradoxe nourrit la force du titre : on entend la musique comme si elle avait été conçue à partir de vibrations, de textures, plus que de notes. On ressent, plus qu’on écoute.
Dans le cadre de Cate Heleswv (Red Medicine) Vol. 1, ce single agit comme un portail. Il ne propose pas une version enjolivée du rêve américain, mais son envers brûlant : assimilation, vol des terres, effacement des traditions. Pourtant, dans cette colère, une lumière persiste. American Dreams est autant une plainte qu’une renaissance. Un morceau qui ne flatte pas, qui ne rassure pas, mais qui oblige à entendre autrement : avec la peau, avec la mémoire, avec l’inconfort nécessaire des vérités longtemps étouffées.
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septembre 15, 2025hey how are you? n’a rien du single tape-à-l’œil qui cherche l’effet immédiat. C’est une chanson qui s’avance doucement, comme un inconnu qui vous sourit à la sortie d’un club, juste avant que le jour ne se lève. Jayli, productrice, DJ et conteuse sonore, a ce don rare de transformer la house en espace affectif, où le beat n’est plus une mécanique mais une respiration partagée.
Dès les premières secondes, un climat s’installe : nappes translucides, basses qui coulent comme de l’eau sur la peau, rythmes qui battent au ralenti avant de se densifier. Ce morceau n’a rien de statique : il se déploie par vagues, avance puis se retire, comme une marée émotionnelle. L’écriture sonore de Jayli se situe quelque part entre l’hypnose et le mirage, toujours à la frontière de l’intime et du collectif.
Ce qui rend hey how are you? si singulier, c’est cette manière de détourner les codes de la house mélodique. Là où beaucoup saturent l’espace, Jayli laisse des vides, des silences habités. Son beat n’est pas une injonction à danser mais une pulsation qui accompagne. On retrouve dans ses textures une approche presque cinématographique : chaque note semble éclairer un détail invisible, chaque transition agit comme un fondu au noir.
Ce minimalisme assumé n’empêche pas le morceau d’être éminemment sensuel. Il y a dans la construction rythmique quelque chose de physique, mais jamais brutal. L’énergie est contenue, élégante, comme si la fête se déroulait à huis clos, sous les néons d’une salle secrète. C’est là que Jayli excelle : créer des atmosphères qui se vivent autant dans la tête que dans le corps.
Au-delà de son efficacité immédiate, hey how are you? résonne comme une déclaration d’intention. Jayli ne veut pas seulement faire danser, elle veut relier. Sa musique agit comme un fil invisible entre des auditeurs dispersés, une communion discrète mais vibrante. Dans un monde saturé de sons, elle propose une alternative : une house sensible, tactile, romancée, capable de transformer un simple moment en souvenir persistant.
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septembre 15, 2025My Heart n’entre pas dans le monde comme un single, mais comme un éclat suspendu, un objet sonore délicat posé entre deux silences. On croirait voir une pièce vide où la lumière hésite à entrer, et au milieu, ce battement fragile qu’Aurimas Galvelis transforme en matière vivante. Tout est écrit, produit, pensé dans son studio de Vilnius, mais l’écoute déborde les murs : cette musique intime a la dimension d’une architecture intérieure, faite de failles et de reflets.
L’électronica proposée ici ne s’habille d’aucun vernis tapageur. Elle s’étire, se fissure, respire. Les nappes s’effritent comme des parois de verre, les basses roulent en souterrain avec la patience d’un séisme contenu, et les percussions digitales tombent comme une pluie qui hésite entre caresse et menace. On devine l’ombre de Flume, le raffinement de Labrinth, mais Galvelis refuse le pastiche : il préfère l’accident, le détail imprévu, ce froissement sonore qui transforme la production en chair vivante.
Au centre, la voix, travaillée jusqu’à l’obsession. Elle surgit sans prévenir, trop proche, trop nue, presque gênante. Elle flotte à la limite de l’intime et de l’éthéré, brouillant les repères. L’auditeur n’assiste plus à une performance : il est assis dans la même pièce que lui. Cet effet de proximité, Galvelis l’a voulu comme une expérience sensorielle, et il en fait une arme redoutable.
La thématique est claire — ce sentiment d’être déplacé, de ne jamais appartenir. Mais ce qui bouleverse, c’est la façon dont My Heart ne se contente pas de raconter cette errance : il la retourne en refuge. Chaque texture devient un fragment de maison, chaque progression harmonique une fenêtre entrouverte. On n’écoute pas seulement un morceau, l’expérience est poussée au point que l’on y habite le temps de quelques minutes.
En choisissant ce titre pour ouvrir son futur album Porcelianas, Aurimas Galvelis impose d’emblée une esthétique singulière : une electronica romanesque, tactile, fragile mais d’une précision redoutable. My Heart agit comme une pièce de porcelaine — translucide, fêlée, mais assez dure pour traverser le temps. Une première pierre qui installe Galvelis non pas comme un producteur de plus, mais comme un architecte d’espaces sonores où l’on se sent enfin chez soi.
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septembre 15, 2025Turn All The Lights On donne d’abord l’impression d’un morceau pensé pour embraser la radio, mais au fil des écoutes, on comprend que Morrison a glissé bien plus qu’un simple tube dans sa partition. On y trouve une urgence presque adolescente, une manière de jouer comme si chaque accord pouvait sauver la peau. La guitare n’est pas là en décoration, elle avance comme un fauve dompté, tranchante, saturée, puis soudain docile quand la mélodie réclame de respirer. Elle gronde sous le vernis pop, prête à exploser à tout instant.
Ce qui fascine, c’est la tension permanente entre l’intime et le spectaculaire. Morrison écrit avec le détail d’un diariste, mais il arrange comme s’il devait remplir un stade. Dans Turn All The Lights On, chaque élément du morceau – la batterie sèche qui propulse, les chœurs en arrière-plan qui ouvrent l’espace, le pont qui se disloque en tempête de guitare – raconte le désir de se libérer de la torpeur. L’électricité circule comme une nécessité biologique, pas comme un artifice de production.
Le clip amplifie ce sentiment d’urgence. On y voit défiler une humanité bigarrée – anciens soldats, drag queens, anonymes lumineux – rassemblée dans une transe lumineuse. Pas de star-system surplombant le reste : Morrison se place au milieu, chef d’orchestre d’une communion où la fête devient manifeste. On est loin des vidéos lisses qui inondent aujourd’hui les réseaux : ici, chaque visage est une revendication, une preuve vivante que la musique peut rallumer ce qu’on croyait éteint.
Turn All The Lights On s’inscrit dans une tradition pop-rock qui ne se cache pas d’aimer les refrains fédérateurs, mais il le fait avec une sincérité désarmante. Il convoque l’héritage des années 90 sans tomber dans le pastiche, retrouve la flamboyance des hymnes power-pop et y ajoute une nervosité contemporaine. C’est à la fois un exorcisme et une célébration.
En refermant le morceau, il reste cette impression étrange : comme si Morrison venait de réussir à transformer un simple geste musical en acte vital. Un morceau qui donne envie de croire, au moins le temps de quatre minutes, que rallumer toutes les lumières du monde est encore possible.
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septembre 15, 2025Scott Yoder revient avec Lover, Let Me In, un album qui sonne comme une lettre ouverte griffonnée sur papier jauni, saturée de mélancolie et de scintillements glam. Derrière son allure de dandy halluciné, quelque part entre les paillettes de T-Rex et la mélancolie de Big Star, Yoder dévoile une œuvre entièrement façonnée dans la solitude d’une petite maison de Seattle. Dix morceaux écrits, joués et produits par lui seul, dix portes entrouvertes sur ses obsessions et ses fractures intimes.
Winter’s End ouvre l’album comme une aurore pâle, une ballade psyché-folk qui dilue l’hiver dans une promesse de recommencement. Déjà, l’atmosphère est celle d’un journal intime : fragile, mais traversé d’une lumière baroque. Vient ensuite Portrait of Anneliese, inspiré par la chute de l’URSS. Les cordes en suspension et les claviers délicats peignent une fresque presque cinématographique, une âme oubliée qui cherche à être vue, entendue, embrassée.
Plus charnel, Never Be Another Day pulse d’un désir incandescent. Moins un simple morceau qu’une intoxication, un vertige glam-punk où l’infatuation se consume en quelques minutes brûlées. Nobody’s Fault s’installe dans un registre plus retenu, presque confessionnel, comme une respiration après la transe. Puis surgit Lover, Let Me In, pièce centrale de l’album : une supplique, un cri feutré contre la barrière invisible qui sépare toujours deux êtres. Sa progression lente, quasi hypnotique, en fait un sommet de tension et de douceur mêlées.
Feather Light déploie alors un souffle solaire, porté par l’influence de Kahlil Gibran. Le morceau scintille entre extase et perte, fragile équilibre où la joie se dissout déjà dans le souvenir. Girl in the Picture Frame, plus fantasque, semble tirer ses couleurs d’un tableau qui s’anime, entre folk doré et flamboyance glam. Share a Whisper, lui, plonge dans une intimité troublante : un murmure au creux de l’oreille, fragile, qu’on ose à peine écouter trop fort.
Nocturne agit comme une parenthèse spectrale, enveloppant l’auditeur dans une nuit dense et rêveuse. Puis Bound in Leather referme l’album sur une note provocatrice, troublante, où le jeu théâtral de Yoder atteint son paroxysme : un mélange de sensualité brute et d’élan punk, comme si Marc Bolan rencontrait Bauhaus dans une arrière-salle enfumée.
Avec Lover, Let Me In, Scott Yoder compose bien plus qu’un disque : une cathédrale intime où se croisent ses démons et ses inspirations, ses lectures et ses élans, ses travestissements et ses vérités. Une œuvre à la fois romanesque et charnelle, qui rappelle que derrière chaque fard et chaque costume se cache une vulnérabilité universelle.
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septembre 15, 2025Sous un ciel de plomb à Sofia, Rage Unfold assemble les éclats d’une lutte intérieure dans My Division comme un peintre barbouille ses émotions les plus sombres hésitant entre chaos et clarté. Ce morceau, dense, abrasif, est moins une simple chanson qu’un rite où chaque mesure révèle une fissure qui résonne comme la mémoire d’un combat.
La guitare de Bozhidar Popov déborde d’arêtes : riffs mordants, harmoniques qui grincent, changements de gamme inattendus. Pas de confort ici : la technicité sert l’intensité. On passe d’un tempo assuré à des ruptures qui dérangent, laissant place à un moment suspendu avant de replonger dans le tumulte. C’est dans cette oscillation que se joue le drame : le temps signature change, le métal prog lorgne vers une forme presque lyrique, et pourtant jamais mollassonne.
La voix de Siegfried Schüßler prend le chant du canon. Elle fend l’air comme une lame, dense, puissante, parfois tremblée mais toujours souveraine. Elle colle aux guitares, se réverbère dans les crescendos, se perd dans les interludes calmes avant les assauts. Marie-Louise Anastas, dans l’ombre brillante de ce décor sonore, glisse ses mots avec justesse : pas de pathos gratuit, mais une narration serrée qui creuse le thème de la division interne — cette entité à multiples facettes que chacun porte et dont l’écho nous hante.
My Division captive par ses passages mélodiques qui agissent comme des îlots de lumière dans une mer de bruits. Le solo, plus qu’un simple moment d’orgueil technique, fonctionne comme une respiration après l’effort, une claire exposition de ce que le groupe maîtrise : les enchaînements dissonants, les modulations, les signatures qui changent comme des visages qu’on découvre successivement. L’équilibre entre le rugueux et le harmonique est remarquable : Rage Unfold ne cède jamais au spectaculaire stérile, mais cherche toujours le souffle qui donne sens.
Ce single se hisse au-dessus de la mêlée non pas par son amoncellement de décibels, mais par sa capacité à créer une architecture sonore qui agit comme un miroir : on y voit ses propres failles, ses colères, ses espérances. Rage Unfold trace ici la carte d’un métal conscienceux, sculpté, habité. My Division ne fait pas que rugir : il questionne, exorcise, libère. Une promesse lancée en écho : que le combat soit musicalement épique et humainement vrai.
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septembre 15, 2025Le morceau s’ouvre comme un verre de gin tonic au coucher du soleil : sec, limpide, avec ce zeste acide qui fait toute la différence. Get You Right n’est pas seulement un nouveau single signé Scott Forshaw et Fully Charged, c’est une ode aux nuits qui s’étirent, aux corps qui s’abandonnent dans la dernière danse avant que les lumières ne se rallument à Ibiza. On y retrouve ce groove irrésistible, un peu rétro mais jamais nostalgique, comme si les années 90 et 2000 venaient flirter avec un présent ultra-produit.
La basse roule avec une chaleur enveloppante, hypnotique, pendant que la voix, aérienne, s’accroche à l’oreille et refuse de la quitter. On croit d’abord à une track calibrée pour playlists, mais très vite le morceau dévoile sa double peau : une production clinique, efficace, qui cache un cœur brut, organique, pensé pour le dancefloor. J’ai eu cette impression étrange d’être à la fois au bord de la mer, les yeux dans l’horizon orangé, et au milieu d’un club londonien, percuté par les stroboscopes.
Scott Forshaw, désormais basé à Dubaï, n’a plus rien à prouver — quinze millions de streams, des collaborations avec John Newman ou Black Caviar, et des scènes partagées avec Calvin Harris ou Major Lazer. Pourtant, il surprend encore par sa capacité à se réinventer. Avec Fully Charged, duo britannique connu pour ses coups d’éclat house aussi énergiques que précis, il trouve des partenaires parfaits pour signer un hymne qui sonne à la fois classique et futuriste.
Get You Right respire cette légèreté particulière des fins d’été : quand chaque morceau devient un rituel, chaque drop une déclaration. C’est une chanson qui n’a pas besoin de saison pour vivre, mais qui en incarne une à elle seule. De ces tracks qui glissent dans la mémoire et réapparaissent, des mois plus tard, au détour d’une fête improvisée. Exactement le genre de titre qui prouve qu’une bonne house n’est jamais seulement une affaire de BPM, mais une histoire de peau, de sueur et d’éternité dansante.
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septembre 15, 2025La première impression en écoutant Weirdo, c’est ce voile lourd, presque cinématographique, qui tombe sur les épaules. Une atmosphère moite, où les basses rampent comme un secret qu’on voudrait enterrer et où les hi-hats tracent des cicatrices dans l’air. Ainjo n’élève pas la voix pour accuser : elle susurre, elle séduit, elle fait de la rancune un territoire de volupté.
Le morceau s’ouvre comme une confidence chuchotée derrière un rideau, avant de se transformer en pièce de théâtre intime où l’ennemi devient muse. R&B contemporain, trap feutré et éclats de pop rap s’entremêlent pour dresser le portrait d’un “weirdo” bien réel, un homme toxique dont l’ombre alimente paradoxalement la lumière de la chanson. Ainjo le réduit en personnage, presque grotesque, et l’engloutit dans une production qui oscille entre douceur et venin.
À 1:00, tout change. Le décor sonore s’épure, la voix prend toute la place. Ce passage, je l’ai vécu comme une bascule, une plongée dans l’aveu le plus cru. C’est le moment où la chanson ne raconte plus simplement une histoire : elle devient une expérience sensorielle. J’ai senti ma propre respiration se caler sur ce rythme suspendu, comme si Ainjo m’invitait à partager le poids et la délivrance de ses mots.
Ce qui distingue Weirdo des ballades de revanche classiques, c’est sa subtilité. Pas de cris, pas de règlements de comptes frontaux, mais une élégance glaciale, une manière de retourner le stigmate en arme de séduction. Peut-être est-ce lié à sa double vie, chanteuse et militaire, équilibre improbable qui donne à sa musique une aura de discipline et de danger à la fois.
Weirdo est moins une chanson qu’un rituel : transformer la blessure en beauté, l’amertume en groove, la colère en danse. Un sortilège qui laisse une trace, comme une brûlure douce dont on ne veut pas guérir.
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septembre 15, 2025J’ai eu la sensation, en tombant dans INTO U, de basculer dans une discothèque fantasmée où les boules à facettes s’entrechoquent avec des laptops, et où les fantômes des années 2000 s’acoquinent sans complexe avec la nervosité d’un Manchester post-lockdown. MP Riley, enfant sauvage de l’auto-production, signe ici un morceau qui ne copie pas le passé : il le plie, l’étire et le réinvente avec une insouciance quasi insolente.
Dès les premières secondes, la production pulse comme un cœur sous MDMA. Il y a ce parfum de Justin Timberlake période FutureSex/LoveSounds, oui, mais il est parasité, dynamité, régénéré par un flow rapé avec un accent du Nord anglais qui tord les codes à la manière d’un Kaytranada rendu plus brut, plus viscéral. INTO U ne se contente pas d’être un banger de danse : c’est une collision, une friction entre deux identités, deux corps qui se mélangent jusqu’à disparaître l’un dans l’autre. Le texte raconte l’ivresse de la fusion amoureuse, mais la musique, elle, raconte l’ivresse pure et dure du moment présent.
Ce qui fascine, c’est le soin porté aux détails. Les nappes synthétiques suintent la nostalgie, comme si elles sortaient d’un vieux walkman oublié dans une friperie, tandis que les beats claquent avec la sécheresse d’une cave de club londonien. On sent l’ombre du R&B 2000’s, mais chaque référence est passée au prisme d’une culture mancunienne underground, nerveuse, hybride. MP Riley et le producteur Inigo Joel bâtissent ici une alchimie qui sonne comme le début d’un manifeste.
INTO U n’est pas qu’un retour à une époque chérie : c’est une porte d’entrée vers un futur où le dance-pop flirte avec le hip-hop alternatif et la disco sans se soucier des étiquettes. Un morceau qui rappelle que la musique est avant tout une promesse de sueur, d’abandon et de renaissance. Avec ce titre, MP Riley ne se contente pas d’entrer dans la danse : il redessine la piste.
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septembre 15, 2025Je ne sais pas si c’est Lagos qui vibre à travers lui ou si c’est lui qui impose à Lagos son propre tempo, mais en écoutant Like That, j’ai eu l’impression de marcher dans une ville en accéléré, chaque pas devenu une percussion, chaque regard une syncope. Boy Jay ne compose pas, il convoque. Ses beats, taillés comme des éclats de verre sous la lumière, ne cherchent pas la perfection clinique mais une vérité viscérale. C’est cette rugosité qui ensorcelle : un groove à la fois tendu et lascif, toujours au bord de l’implosion.
Dans Like That, les basses grondent comme une chaleur qui colle à la peau, les percussions dessinent des spirales que l’on suit jusqu’à perdre la notion du temps, et au milieu de ce tumulte, sa voix fend l’air avec une élégance troublante. Elle ne rassure pas, elle ouvre une brèche. Boy Jay chante comme on écrit dans un journal intime qu’on ne montrera jamais à personne, et pourtant il offre ce carnet au monde entier. Sa force est là : l’intime devient collectif, le personnel se métamorphose en danse universelle.
Ce qui frappe, c’est la maîtrise de l’équilibre. L’afrobeats est souvent célébré pour son efficacité hédoniste, mais Boy Jay ne se satisfait pas de l’ivresse immédiate. Il tisse, comme un artisan obsédé par le détail, des couches sonores qui font de Like That un morceau qui se révèle différemment à chaque écoute. On croit d’abord être happé par l’énergie brute, puis on découvre les nuances, les respirations, les failles.
Il y a dans cette chanson quelque chose de l’ordre de la vision. Comme si Boy Jay pressentait que Lagos n’est pas seulement une ville, mais une métaphore du futur : chaotique, foisonnant, incandescent. Et Like That en serait la bande-son prophétique. On danse, oui, mais on rêve aussi, on se souvient, on projette. Boy Jay n’a pas besoin de convaincre, il habite déjà un monde où ses pulsations nous précèdent.
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septembre 15, 2025Je ferme les yeux, et ce morceau me donne l’impression d’être allongé sur une terrasse au bord de l’océan, entre deux mondes : celui de la fête qui pulse au loin et celui, plus intérieur, du relâchement total. Bigger Bada Boom (Remix), premier dialogue entre Frank Delour et EverythingOshaun, ne cherche pas à cogner fort, mais à glisser sous la peau, à vous envelopper dans une chaleur feutrée où chaque battement de caisse claire ressemble à une respiration tranquille.
Frank Delour, producteur et DJ chevronné qui a longtemps animé les nuits new-yorkaises avant de se mettre en retrait, revient ici avec un geste presque méditatif. Son remix déploie un subtil équilibre entre afrobeat et transe électronique : des percussions qui ondulent doucement, comme des vagues régulières, des nappes synthétiques aériennes qui rappellent l’hypnose des longues nuits d’été, et cette basse souple, jamais agressive, qui maintient le corps en mouvement sans jamais le brusquer. C’est de la danse, oui, mais une danse intérieure, où les gestes se font fluides, suspendus.
La voix d’EverythingOshaun agit comme un phare dans cette architecture sonore. Ni cri, ni démonstration, mais une présence qui caresse et guide, un timbre qui flotte au-dessus du groove comme une confidence. Là où d’autres auraient cherché à saturer l’espace de gimmicks, Delour choisit l’épure : laisser respirer chaque élément, jouer sur la retenue pour créer une tension diffuse, presque sensuelle.
Il y a dans ce remix quelque chose du lounge cosmopolite, du chill assumé mais jamais décoratif. On imagine aussi bien ce titre accompagner un coucher de soleil à Medellín qu’un rooftop à Miami. C’est la rencontre de deux sensibilités : l’énergie organique des rythmes africains et la précision hypnotique de l’électro minimale.
Avec Bigger Bada Boom (Remix), Frank Delour signe plus qu’un retour : il offre une parenthèse de sérénité groovy, une preuve qu’on peut faire danser en douceur, séduire par la nuance et redonner au mot “chill” une vraie profondeur.
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septembre 15, 2025Je me souviens du premier soir où j’ai laissé “Love Changes Shape” tourner en boucle : les murs de ma chambre semblaient se rapprocher, comme si la chanson avait le pouvoir de modifier l’espace autour de moi. C’est peut-être ça, l’effet Christian Eusterqnote : créer une intimité si palpable qu’on ne sait plus si on écoute un disque ou si l’on surprend quelqu’un en train de respirer à côté de soi.
Le morceau s’ouvre sur un piano saturé de bande, volontairement éraflé par ce souffle de vinyle qui agit comme un faux témoin du temps. La production ne cherche pas la perfection, elle cherche la vérité : une batterie étouffée, des nappes de cordes qui ne montent pas au ciel mais s’y accrochent, et cette voix, posée un souffle en arrière, comme si elle se retenait d’avouer trop tôt. J’y entends du James Blake pour la fragilité, du Sade pour la sensualité retenue, mais aussi une manière très singulière de tordre la néo-soul vers le cinéma intérieur.
Ce qui fascine, c’est l’écriture. “Love changes shape in time” n’est pas seulement un refrain, c’est une phrase qu’on pourrait trouver dans un carnet, griffonnée au bord d’une rupture. Chaque ligne semble hésiter entre résignation et confession, entre la tendresse du souvenir et l’âpreté du constat. Eusterqnote évite le piège de l’excès : pas de surjeu, pas d’explosions vocales. Tout est contenu, maîtrisé, et c’est cette retenue qui fait mal.
Puis arrive le pont, ce moment suspendu où piano et cordes dialoguent dans une réverbération presque religieuse. On a l’impression de traverser un couloir hanté, jusqu’à ce que la dernière montée ramène guitare arpeggiée et chœurs évanescents. L’outro, dépouillée, referme le cercle comme une porte claquée doucement derrière soi.
Eusterqnote ne fait pas de la néo-soul de salon, il bâtit des mondes intérieurs. On pourrait le rapprocher de la mouvance jazztronica, mais ce serait réducteur : sa musique est une dramaturgie intime, un théâtre de l’émotion où chaque instrument joue un rôle précis dans la mise en scène. “Love Changes Shape” n’est pas un single, c’est un petit film noir en 3 minutes 40.
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septembre 15, 2025Un soir, on a besoin d’un morceau qui redresse l’échine. Pas une ballade douce ni un beat cynique, mais une secousse qui ramène l’envie de marcher plus haut, de sourire plus large. “Going So Hard” arrive comme ça, sans prévenir, et vous balance ses chœurs dans le ventre. Ce n’est pas une chanson qui se consomme à moitié. Elle se vit, comme une grande respiration commune où les voix se superposent pour fabriquer une cathédrale de funk et de gospel.
Sy Smith, Chris Pierce et Freedom Bremner n’interprètent pas seulement des lignes, ils tiennent une conversation entre survivants, une communion qui gronde et s’élève à mesure que Brandon Coleman fait rugir son Hammond B3. Jared Faber, en maître d’œuvre discret mais implacable, sculpte le tout comme un rituel moderne. Ici, les harmonies se font incantations et la rythmique, pourtant ancrée dans une tradition vintage, respire la sueur et l’actualité brûlante.
Ce n’est pas une reconstitution nostalgique des seventies. “Going So Hard” prend le funk par la racine, là où il était fait pour libérer les corps et galvaniser les esprits, et le ramène dans un présent où la musique est encore une arme contre le découragement. Il y a dans cette chanson la persistance d’un souffle collectif : celui qui transforme les failles en groove, la fatigue en exaltation, la douleur en chœur.
Rarement un titre porte aussi bien son nom. “Going So Hard” n’est pas seulement un hymne de résilience, c’est un rappel que la fête, parfois, est une forme de survie.
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septembre 15, 2025Un soir d’hiver à Londres, la bruine colle aux briques et les néons des chicken shops se reflètent dans les flaques. Dans un casque vissé sur la tête d’un ado qui traverse Brixton ou Tottenham, résonne Foul, le nouveau titre d’E$co. Pas besoin de fracas inutile ni de démonstration creuse : c’est un morceau qui avance en clair-obscur, entre mélancolie murmurée et confiance affirmée, porté par ce phrasé chantonné typique de la scène UK wave.
E$co ne cherche pas à faire du bruit pour le bruit. Il construit son univers sur des lignes mélodiques hantées, des beats nappés de brume, une écriture qui respire l’intime autant que la rue. Foul sonne comme une confession nocturne, celle d’un rappeur qui oscille entre l’orgueil d’avoir survécu et le doute permanent de ce que demain exigera. La musicalité est douce mais jamais lisse, un équilibre entre trap ralentie et incantations R&B, qui évoque autant la froideur hypnotique de M Huncho que la vulnérabilité d’un Nafe Smallz.
La force du morceau est de se glisser dans la tête comme un mantra discret. Pas d’explosion, pas de refrain tape-à-l’œil : juste un flux continu, hypnotique, qui traduit à merveille la nouvelle grammaire du hip-hop britannique, plus tournée vers l’introspection que vers le clash. E$co livre ici un chapitre important, une carte postale d’un quotidien urbain où la solitude s’habille de mélodies digitales et où chaque ligne est une petite victoire contre le silence.
Avec Foul, E$co ne signe pas un banger immédiat mais un morceau qui s’installe, qui imprègne et qui finit par coller à la peau. La preuve qu’à l’heure où le rap UK rayonne de mille façons, la vague la plus fascinante reste celle qui prend son temps pour noyer l’auditeur dans une émotion trouble.
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septembre 15, 2025Sur certaines places d’Afrique de l’Ouest, il suffit qu’un chœur s’élève et qu’un tambour réponde pour que la foule oublie ses soucis, comme si l’air lui-même devenait une promesse. Emilokan, le nouveau titre de Joseph Olusola, possède exactement ce pouvoir : celui d’entraîner le corps et l’esprit dans une célébration où la foi se danse autant qu’elle se chante. Plus qu’un morceau, c’est un souffle collectif, une déclaration scandée à voix haute — quand Dieu dit que ton heure est venue, rien ne peut l’arrêter.
Olusola, figure montante de l’AfroGospel, convoque ici le meilleur des deux mondes : l’ancrage des percussions traditionnelles yoruba (shékéré, claps, shakers) et la puissance irrésistible de l’Afropop contemporaine, avec ses log drums, ses impacts et cette montée d’énergie calibrée pour les foules. La guitare live vient ajouter une touche solaire, tandis que les chœurs collectifs amplifient l’impression d’un rituel partagé, presque comme si chaque écoute recréait une église à ciel ouvert.
Ce qui frappe, au-delà de la précision de la production, c’est l’équilibre entre ferveur spirituelle et universalité pop. Emilokan s’inscrit dans une lignée d’hymnes qui dépassent le strict cadre religieux pour devenir un langage de ralliement, de joie, de force intérieure. On pense à l’énergie libératrice d’un Sunday Service de Kanye West, mais transposée dans une esthétique yoruba authentique, portée par une voix dont la sincérité transperce.
Le résultat est clair : Olusola signe un titre qui ne cherche pas seulement à être entendu, mais vécu. Une musique qui parle de transcendance sans lourdeur, qui donne envie de lever les bras autant que de taper du pied, et qui inscrit l’AfroGospel comme un espace où tradition et modernité se répondent pour mieux exploser en lumière. Emilokan n’est pas seulement une chanson, c’est un rendez-vous avec le destin.
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septembre 15, 2025Un claquement sec, comme une porte qu’on vous cloue au visage. FRI-END démarre ainsi : non pas comme un simple morceau, mais comme un règlement de comptes gravé dans le béton sonore. Jay Gudda ne se contente pas de rapper sur la douleur des amitiés trahies, il transforme cette blessure en carburant, en colère assumée, en manifeste de survie.
Tout, dans ce morceau, transpire l’urgence. La prod boom bap martèle avec une précision chirurgicale, entre coups de poing et battements de cœur accélérés, créant un terrain de guerre où chaque mot devient projectile. Gudda n’enrobe rien. Sa voix tranche, brute, parfois hargneuse, parfois contenue, toujours sur le fil. Ce n’est pas seulement un texte sur l’ennemi intime, c’est un autoportrait à vif : l’homme qui a été trahi, humilié peut-être, mais qui renaît avec plus de rage que jamais.
Dans FRI-END, on entend l’écho des grandes heures du hip-hop conscient, mais dépouillé de ses allures de sermon. C’est cru, c’est charnel, ça suinte la rue et la mémoire des cicatrices. Le flow, tendu comme une corde prête à céder, se nourrit de références implicites à l’école du rap east coast — celles où la douleur se taille en diamant.
Ce qui impressionne, c’est la manière dont Gudda transforme la désillusion en célébration. FRI-END n’est pas une lamentation, c’est un hymne au retour de flamme, un morceau qui donne envie de redresser les épaules, de serrer les poings, de dire « je suis toujours là ». C’est l’énergie d’un comeback, la bande-son de toutes celles et ceux qui ont connu l’amitié transformée en fracture.
Avec FRI-END, Jay Gudda rappelle que le hip-hop, à sa racine, n’a jamais été qu’un exutoire : la colère devient rythme, le doute devient flow, la trahison devient victoire.
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septembre 15, 2025Ferme les yeux : l’or n’est pas un métal, c’est une pulsation. GOLD de Roxy Layne palpite comme un cœur trop plein qui apprend à danser autrement. Pas de blabla motivationnel, pas de slogans feel-good : juste une vérité peau nue en afro-fusion, polie par une sensibilité indie qui refuse le tape-à-l’œil.
Le groove avance à pas félins, syncopé, caressant puis incisif. La rythmique respire — une batterie qui chaloupe, des percussions qui accrochent la hanche — pendant que les synthés déposent un voile diaphane, presque salé, comme la sueur après deux refrains. Au centre, la voix : proche, lumineuse, jamais mielleuse. Layne n’écrase rien, elle suggère. Elle tire la mélodie vers le haut et laisse les silences parler, cette manière subtile de laisser l’auditeur compléter la phrase. C’est la signature des morceaux qui durent.
On entend des réfractions de la pop globale la plus fine — la chaleur d’une afro-pop contemporaine, l’élégance d’une alt pop qui préfère l’épure aux effets pyrotechniques. Entre deux lignes, GOLD rappelle la précision de certaines productions londoniennes et l’insolence douce des nouvelles voix ouest-africaines, sans jamais singer qui que ce soit. Roxy Layne trace sa diagonale : une écriture de sensations (la peau, la mémoire, l’ego qui accepte enfin de lâcher), une production qui respire, et ce hook qui s’accroche aux tempes comme un éclat de bijou.
Ce n’est pas le banger qui hurle pour exister. C’est le morceau qui te choisit à la troisième écoute, celui qui se glisse dans un trajet de nuit, un DM trop tardif, une cuisine où l’on danse pieds nus. GOLD parle de valeur intime, pas de trophées. De la façon dont on transforme la fragilité en éclat — sans filtre beauté, sans posture.
Roxy Layne signe ici un manifeste discret : la pop peut encore être sensuelle sans être tapageuse, fédératrice sans être plate, légère sans être creuse. L’alchimie tient dans la balance — basse élastique, percussions en apesanteur, harmonies qui s’empilent comme des confidences — et surtout dans cette pudeur brûlante qui laisse la place au corps. Verdict : morceau à garder sous la main, pour ces moments où tu veux briller autrement que par le bruit.
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septembre 15, 2025On n’attend plus grand-chose des singles calibrés qui tombent chaque vendredi, mais il arrive que l’un d’eux ait l’allure d’un séisme. GuabanSexxx de Rauw Alejandro fait partie de ces anomalies : un morceau qui ne s’écoute pas seulement, mais qui se déchaîne, comme si les enceintes libéraient un orage. Inspiré de Guabancex, déesse taïno du chaos et des tempêtes, ce titre flirte avec le mythe autant qu’avec la sueur des clubs. Impossible de l’aborder comme un simple track : c’est une invocation.
Rauw s’amuse ici à brouiller toutes les frontières. Entre reggaeton et house, entre bomba et plena, la structure du morceau ressemble à une déferlante qui refuse de se laisser domestiquer. Les basses s’écrasent comme des vagues lourdes, les percussions fouettent l’air, et au milieu, sa voix oscille entre séduction lascive et appel rituel. On se croirait pris dans une cérémonie païenne, mais version 2025, avec synthés et caissons de basses en guise de totems.
Ce qui frappe surtout, c’est l’équilibre entre la sensualité et la violence. GuabanSexxx ne cherche pas à être doux, mais il ne cède pas non plus à la brutalité gratuite. C’est une tempête maîtrisée, une transe contrôlée, un hymne pour corps moites et esprits éveillés. Le morceau incarne parfaitement le projet plus large de Cosa Nuestra: Capitulo 0, où Rauw convoque ses racines caribéennes pour les plonger dans un futurisme flamboyant.
Avec ce single, il rappelle surtout qu’il ne joue plus dans la cour des suiveurs : il impose un langage. Celui d’une pop latine qui ose l’hybride, qui ne se contente pas de séduire mais veut marquer les esprits comme une légende. GuabanSexxx, ce n’est pas qu’un tube de plus : c’est un rituel de pluie devenu banger.
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https://open.spotify.com/playlist/678BRE5trRYkXjVw5gjBRK
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septembre 15, 2025Un jour, on se surprend à respirer un peu plus lentement, comme si l’air avait soudain décidé d’être plus clément. C’est ce genre de sensation que Tyler Mann distille avec Both of Us, morceau indie dance qui ressemble à une échappée discrète hors du vacarme quotidien. Pas de grandiloquence, juste la promesse d’un instant suspendu, fragile, mais assez puissant pour remettre le monde à sa place.
La basse, ronde et légèrement saturée, agit comme une colonne vertébrale moelleuse. Autour d’elle, Mann empile les textures : harmonies vocales qui s’entrelacent comme un chœur intime, synthés analogiques qui se faufilent en lueurs, arpèges rêveurs qui scintillent à la lisière du morceau. Et quand le saxophone surgit, c’est l’ivresse pure, une ouverture vers quelque chose de plus grand, comme si la musique elle-même lâchait prise au même moment que vous.
Both of Us s’inscrit dans la lignée de Poolside ou Leisure, mais avec une pudeur et une chaleur qui appartiennent à Tyler Mann seul. Pas une production formatée pour les playlists d’été, plutôt une capsule intemporelle, un groove vinyle où le soleil s’éteint lentement derrière l’horizon. C’est une chanson qui danse, oui, mais en sourdine, les yeux mi-clos, entre nostalgie et désir d’être enfin soi, face à l’autre.
Un titre qui rappelle que la musique n’a pas besoin d’exploser pour libérer — parfois, il suffit d’un souffle, d’une ligne de basse et d’une confession murmurée pour qu’on ose enfin se laisser aller.
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septembre 15, 2025On oublie souvent que derrière les grands hits, derrière les hymnes clinquants et les refrains calibrés pour les foules, il reste cette matière première : le doute, la maladresse, l’obsession tendre. Cute Prinz, avec How do I, ne cherche pas à masquer ses failles. Il les dépose, nues, sur une production R&B au vernis feutré, où chaque note semble flotter entre la confession murmurée et la prière avortée.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/5gH3fShouYsxhfNwEoiY1C
Ce n’est pas un titre qui cherche la virtuosité. C’est au contraire sa simplicité qui touche. Les harmonies adultes, presque intemporelles, s’ancrent dans une tradition soul et singer-songwriter où l’ego s’efface devant la quête universelle : être à la hauteur de l’amour qu’on désire. Prinz chante comme on se parle à soi-même dans le noir, entre fragilité et entêtement, avec cette sincérité qui déjoue les modes.
How do I raconte l’histoire banale et bouleversante d’un homme ordinaire qui veut prouver sa valeur. Pas de métaphores grandiloquentes, pas de posture super-héroïque : juste la vérité crue de celui qui aime trop, qui doute toujours, et qui persiste malgré tout. C’est précisément dans ce manque de certitude que réside la force du morceau.
La production, élégante sans être ostentatoire, installe un climat nocturne, proche des premiers albums de Maxwell ou des moments les plus vulnérables d’un John Legend. Quelques touches électroniques glissent en arrière-plan, mais ce sont surtout la voix et les silences qui captivent. Prinz ne cherche pas à éblouir : il s’autorise à être humain.
How do I s’écoute comme une lettre jamais envoyée, une tentative de réconciliation avec soi-même autant qu’avec l’autre. Dans un paysage R&B parfois saturé de bravades, Cute Prinz choisit la transparence, l’intimité et l’imperfection. Et il rappelle que la musique, avant tout, reste une question de vérité chuchotée entre deux battements de cœur.
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septembre 15, 2025Parfois, la musique ressemble à un carnet oublié sur le comptoir d’un saloon : tâché de bière, annoté à la hâte, plein de visages et de voix qu’on a croisés en passant. Will Rainier écrit comme ça. Ses chansons ne sont pas des confessions frontales mais des portraits voilés, des personnages croisés dans les marges, entre vérité crue et invention poétique. Avec Shapes in the Clouds, il transforme l’Americana en cinéma intérieur, où chaque instrument — de la pedal steel au xylophone — devient un pinceau pour dessiner ces fresques fragiles.
Rainier n’est pas un novice. Vétéran de la scène de Seattle, il a traîné ses guitares dans des groupes punk, indie et alt-country avant de trouver sa voix solitaire. Et cette voix, dans Shapes in the Clouds, sonne comme une caresse rugueuse : imparfaite, terriblement humaine, saturée d’une tendresse cabossée. Là où certains auraient choisi de polir les contours, lui laisse volontairement les échardes, comme pour rappeler que la beauté ne se sépare jamais du désordre.
Le morceau-titre en est le cœur battant. Une ballade suspendue qui pose la question du sens, de ce qu’on cache derrière nos sourires, de ce qu’on tait sous les mensonges. Rainier y écrit comme un poète désabusé, mais sans cynisme : on sent toujours, derrière ses mots, la croyance naïve que la musique peut éclairer les zones grises. Dance with the Dead, plus léger, déploie une insouciance feutrée, tandis qu’I’ll Show You What Too Much to Drink Looks Like, avec son humour noir, dessine une scène de chaos amoureux digne d’un court-métrage country.
Et puis, il y a l’audace inattendue d’une reprise de Whitney Houston, I Wanna Dance With Somebody, transfigurée en ballade country au premier degré. Là se loge tout l’art de Rainier : détourner les évidences, redonner une gravité à la légèreté, rappeler que même les tubes les plus clinquants cachent une solitude universelle.
Avec Shapes in the Clouds, Will Rainier compose un atlas de l’intime, un journal d’ivresse et de rédemption, un témoignage de ce que c’est que de continuer à jouer, coûte que coûte, quand le monde autour chancelle. C’est peut-être ça, son outlaw spirit : rester fidèle à la guitare comme on s’accroche à un phare dans la tempête.
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septembre 15, 2025Un parfum de lavande et de thé noir flotte dans l’air quand démarre Roll With You. La chanson ne surgit pas comme un tube calibré, mais se glisse doucement dans l’espace, un battement après l’autre, comme une main posée sur l’épaule. RubyGld Smoke, désormais incarnation solo de Dani Jo Williams, préfère l’intime au spectaculaire, le murmure à la clameur.
Ici, le R&B n’est pas un terrain de démonstration mais une chambre close où chaque son sert de matière sensuelle. La voix de Dani Jo, retenue, presque timide, trace des lignes souples qui rappellent l’art des chorégraphies qu’elle a longtemps façonnées. On y retrouve une gestuelle invisible : chaque inflexion semble pensée comme un pas de danse, chaque silence devient une respiration.
La production signée T. L. ramène aux années 90, mais sans nostalgie forcée. Quelques nappes de guitare glissent comme des draps froissés, une basse moelleuse installe le tempo, et la batterie, minimale, joue son rôle de confident discret. On pense aux grandes heures de Brandy ou aux instants suspendus de TLC, mais Dani Jo ancre son propos dans un présent nuancé, là où la sensualité se conjugue à l’économie de moyens.
Ce qui frappe, c’est l’élégance. Roll With You ne cherche ni l’excès ni la séduction immédiate : c’est une chanson qui prend le temps de s’installer, de créer un climat. Elle donne envie d’éteindre la lumière, de ralentir, de savourer la texture d’une voix, d’un accord, d’un souffle. Un R&B de l’essentiel, qui se moque des artifices et retrouve l’essence du genre : faire du désir une musique à part entière.
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septembre 15, 2025On connaît tous ce moment étrange où la douleur d’une rupture devient soudain dansante, où l’on passe du chagrin à l’ivresse, presque malgré soi. OJALA, le nouveau single d’Arca Sánchez, capture précisément cette bascule fragile : un cri d’adieu transformé en fête moite, une rancune transfigurée par le groove. Pas de plainte étirée ici, mais une énergie contagieuse qui choisit de tourner le dos au passé en se jetant tête la première dans la lumière des clubs.
Arca enregistre ce morceau à Medellín, une ville qui connaît la force des renaissances et dont on sent l’écho jusque dans les arrangements. Afrobeat en colonne vertébrale, touches de R&B pour l’élégance et éclats de pop latine pour la flamboyance : tout concourt à créer un terrain de jeu où l’on peut se libérer en dansant. Mais derrière les percussions irrésistibles et les synthés colorés, la voix reste frontale, claire, tranchante, répétant comme un mantra ce besoin vital d’effacer un numéro, de brûler un souvenir.
Ce mélange d’émotion brute et de séduction immédiate est la marque de fabrique d’Arca Sánchez, déjà reconnu pour ses fusions entre gospel, trap, reggaeton et afrobeat. Dans OJALA, il pousse plus loin encore cette idée de passerelle : entre le chagrin intime et la liesse collective, entre les cicatrices d’hier et l’urgence de demain.
On pourrait y voir un simple tube afro-latin calibré pour l’été, mais ce serait manquer le cœur du morceau. Ce qu’Arca propose, c’est un rituel : danser pour dire non, transpirer pour tourner la page, faire de la fête un exorcisme. Un hymne qui rappelle que, parfois, survivre à une histoire toxique ne passe pas par les larmes, mais par un tempo qui refuse de s’arrêter.
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septembre 15, 2025On reconnaît un vrai morceau de rap à la morsure qu’il laisse. Top Dogs, signé Sevin Soprano et Lord Willin, mord à pleines dents dans le bitume et refuse de lâcher prise. Ici, pas de fioritures, pas de faux-semblants : un beat brut, tendu comme un câble sous tension, et deux voix qui s’élancent comme des chiens de combat marqués par la rue mais portés par une ambition sans concession.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/7CM3VfxlonW6c8DeLL25iS
La production, taillée par Sevin Soprano lui-même, fait penser aux grandes heures du boom bap new-yorkais, mais passée à travers une distorsion plus lourde, plus métallique, presque industrielle. On y sent la volonté de ramener le rap à son ossature première — percussions sèches, basse qui cogne et samples acérés — tout en y injectant l’énergie des block parties d’aujourd’hui, là où la trap et le grime se sont déjà imposés.
Face à ce mur de son, les deux MCs ne jouent pas les équilibristes, ils avancent comme des prédateurs. Sevin déroule une écriture rugueuse, nourrie de vécu, ponctuée de punchlines qui claquent comme des gifles. Lord Willin, lui, contrebalance avec une intensité charismatique, un flow assuré, presque théâtral, qui rend chaque phrase lourde de sens. Ensemble, ils ne se contentent pas de partager le micro, ils dressent un manifeste de leadership dans un rap game saturé d’ego mais pauvre en authenticité.
Le clip, tourné dans les rues de Providence, accentue ce sentiment de réalité brute : plans cinématographiques, lumière crue, regards frontaux. On n’y raconte pas une fiction, on impose une présence. Tout dans Top Dogs respire la hiérarchie naturelle, celle des loups alpha qui ne demandent pas leur place mais l’arrachent.
C’est cette honnêteté, presque animale, qui fait la force du morceau. On y croit, on la ressent, on la porte avec soi après l’écoute. Dans la jungle du rap actuel, trop souvent lisse, Sevin Soprano et Lord Willin rappellent qu’il existe encore des rappeurs qui ne cherchent pas à séduire, mais à régner.
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septembre 15, 2025Un soir d’été, quelque part entre les rumeurs d’une fête improvisée et la moiteur d’un club sans enseigne, le morceau surgit. Pas le Timbaland qu’on a tous en mémoire, pas le tube calibré pour les années MySpace, mais une nouvelle peau sonore, respirant l’Afrique et les nuits où les corps se frôlent sans se regarder. C’est Yalla Habebe qui ose : reprendre The Way I Are et le transposer dans une dimension afro house, moite et charnelle, comme si le hit des années 2000 n’avait jamais cessé d’attendre cette seconde vie.
Là où l’original vibrait comme une mécanique futuriste, percussions sèches et synthés millimétrés, cette version choisit l’organique, le tribal, l’ancré. Les percussions roulent comme un battement primitif, les textures afro enveloppent chaque silence, et la voix flotte, fragile, presque blessée, au milieu d’un groove qui refuse le clinquant mais cherche la transe. Ce n’est plus un hymne de club mondial, c’est une confession sensuelle, faite pour se perdre dans une nuit sans heure, où l’on ne sait plus si l’on danse, si l’on rêve ou si l’on tombe amoureux.
Ce qui frappe, c’est la manière dont Yalla Habebe s’efface derrière le morceau. Pas de statut, pas d’ego, juste une envie : offrir une relecture honnête, vibrante, débarrassée de l’ironie pop pour tendre vers quelque chose de plus universel. Et ça fonctionne. On se surprend à réécouter, encore et encore, comme si cette version avait toujours existé, comme si Timbaland lui-même l’avait pensée pour ces rythmes chauds et entêtants.
The Way I Are devient alors plus qu’un souvenir remixé : un passage secret entre deux époques, une preuve que la pop mondiale peut muter en une chanson de feu de camp futuriste, intime et cosmopolite.
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septembre 15, 2025Une nuit d’été dans une ville étrangère, les fenêtres ouvertes, la rue qui respire encore la chaleur et la musique qui monte d’un bar au coin de l’avenue. Maya pourrait être ce morceau-là, celui qui flotte dans l’air et qui, sans prévenir, s’installe dans ton corps. Pas besoin de forcer, il avance doucement, comme un charme discret qu’on ne sait pas contrer.
Avec Maya, 1stBornAndy explore l’afrobeats à contre-courant : il ne cherche pas la frénésie immédiate ni les refrains calibrés pour les foules. Tout se joue dans l’élégance d’une basse élastique, dans les percussions qui respirent comme un cœur ralenti, dans la voix qui chuchote plus qu’elle ne proclame. Il y a dans ce morceau une science du détail qui rappelle que le vrai groove n’a pas besoin de s’imposer, il suffit de l’attraper du bout des doigts.
Là où beaucoup empilent les couches pour éblouir, 1stBornAndy préfère suggérer. Maya est une chanson de clair-obscur, une danse qui se déploie dans les interstices. Elle raconte une obsession amoureuse mais le fait en retenue, par petites touches, en laissant planer le doute entre la caresse et la blessure. C’est ce qui la rend obsédante : on croit en avoir saisi le sens, mais elle nous échappe toujours un peu.
C’est un titre qui vit autant dans la solitude d’un trajet nocturne que sur un dancefloor encore humide de sueur. Un morceau qui s’incruste sans tapage, mais qui reste longtemps après la dernière note, comme un parfum accroché aux draps. Maya prouve que l’afropop peut choisir l’intimité plutôt que l’excès, et s’offrir le luxe rare d’un groove qui ne s’oublie pas.
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septembre 15, 2025Pas besoin d’artifice : dès les premières secondes de Where I’m At, on est projeté dans un décor où la nuit brille du reflet des jantes chromées et du vert des billets empilés. Eat Greedy G ne cherche pas à séduire, il impose. Sa musique n’est pas une invitation mais une convocation, un constat sec et frontal : voilà où je suis, voilà ce que j’ai construit, voilà ce que personne ne pourra m’enlever.
Le morceau fonctionne comme un manifeste réduit à l’essentiel. Le beat, dépouillé mais menaçant, avance comme un moteur de grosse cylindrée au ralenti : grave, hypnotique, prêt à dévorer la route. Cette austérité volontaire laisse toute la place au flow de G, qui se déploie avec une assurance glacée. Chaque phrase est taillée comme une coupure de presse annonçant une victoire, chaque ad-lib claque comme une signature au bas d’un contrat.
Mais au-delà de la démonstration de force, il y a une nuance subtile : l’ostentation de Where I’m At n’est pas une fête, c’est une discipline. Derrière les images de cash, de deals et de conquêtes, G décrit aussi la mécanique d’une survie urbaine, la solitude de celui qui avance sans se retourner. La formule « no new friends » cesse d’être une punchline générique pour devenir une règle de conduite, un code de route autant qu’un code d’honneur.
L’efficacité du titre vient de cette alchimie : transformer un cliché du trap en une déclaration de style. Minimaliste dans la production, maximaliste dans l’impact, Where I’m At trouve sa place dans une lignée de morceaux qui rappellent que le rap peut être à la fois une arme et un miroir. Eat Greedy G ne dit pas seulement où il en est : il force chacun à regarder la distance entre lui et le reste du monde.
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septembre 15, 2025Un soir, au détour d’une fête improvisée dans un bar de Surulere, j’ai compris que le mot pose pouvait vouloir dire bien plus qu’une simple attitude. Dans l’univers de Boy Jay, c’est une manière de survivre au chaos, d’imposer son rythme là où tout va trop vite, de transformer un simple geste en manifeste. Son nouveau single, Pose, ne se contente pas de donner envie de danser : il agit comme un sortilège sonore, une photographie mouvante de Lagos qui bat au tempo de l’afrobeats.
La production, minimaliste en apparence, cache une mécanique redoutable. Les percussions roulent comme une conversation de rue, les basses s’épaississent jusqu’à donner la sensation que le sol tremble, et la voix de Boy Jay glisse avec une fluidité désarmante entre confidence intime et appel collectif. On retrouve cette dualité typique de l’afro-fusion nigériane : festive et mélancolique, urbaine et intemporelle.
Mais ce qui rend Pose si particulier, c’est la manière dont Boy Jay y incarne Lagos. La ville n’est pas seulement une toile de fond, c’est un personnage à part entière, qui souffle, qui gronde et qui danse avec lui. Dans les refrains, on entend presque les klaxons, les rires, les cris des vendeurs ambulants qui ponctuent la nuit. Dans les couplets, il y a ce parfum de sueur et de poussière, celui des clubs bondés où chaque corps trouve sa place.
Avec Pose, Boy Jay réussit à saisir l’essence d’un moment suspendu : la seconde où le corps s’arrête pour figer un mouvement, avant de replonger dans le tourbillon. C’est une chanson qui parle d’amour sans le dire, de lutte sans le revendiquer, de beauté brute sans en faire l’éloge. Un morceau qui confirme que Boy Jay n’est pas seulement un beatmaker doué mais un conteur, un peintre sonore de son époque.
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septembre 15, 2025Il y a chez Niia une manière très particulière d’habiter le paradoxe. Dans fucking happy, elle ne chante pas seulement le mensonge quotidien du sourire de façade, elle l’incarne, le dissèque et l’habille d’une élégance musicale qui flirte avec la cruauté. Tout est dans ce décalage : une voix trop calme pour être honnête, posée légèrement en retrait du tempo comme si elle cherchait à se retenir d’exploser, des accords subtilement tordus, jazzy sans ostentation, qui donnent l’impression de marcher en talons sur des pavés inégaux.
On croirait entendre une blague chuchotée lors d’un enterrement, un éclat de rire nerveux au cœur d’un effondrement intime. Niia joue sur cette ironie grinçante : elle parle d’être “heureuse”, mais les harmonies suspendues, les percussions sèches et les silences lourds racontent tout l’inverse. L’auditeur se retrouve dans cette zone grise où le groove caresse tandis que le texte griffe, un espace où la douleur est travestie en numéro de cabaret minimaliste.
Ce troisième extrait de son futur album V poursuit une ligne claire : tendre un miroir à la fragilité contemporaine, entre maîtrise et débordement. Après l’exubérance orchestrale de Throw My Head Out The Window, avec ses cordes presque hystériques et ses fulgurances de saxophone, fucking happy choisit la retenue, mais une retenue tranchante, plus corrosive encore. Ce que Niia offre ici n’est pas une chanson de rupture au sens classique, mais une étude de comportement, une mise en scène de ce que c’est que d’aller mal tout en répétant à la cantonade que tout va bien.
Avec son mélange de néo-soul, d’alt-pop et de jazztronica subtile, Niia continue d’échapper aux catégories. Elle ne cherche pas à plaire, mais à capturer ce malaise doux-amer qui définit notre époque. Et c’est précisément là que réside sa force : dans sa capacité à transformer le désarroi en une esthétique captivante, à rendre le faux sourire aussi inoubliable qu’un cri.
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septembre 15, 2025Ce qui frappe chez Mike Äpt, ce n’est pas seulement sa voix, ample et vibrante, mais la manière dont elle semble chargée de poussière, de cicatrices, d’une expérience qui déborde du cadre pop pour toucher quelque chose de presque spirituel. Glitter & Gold, premier éclat d’un EP intitulé Overcome, s’écoute comme on lit un journal intime écrit à l’encre de feu : chaque note marque une page tournée, chaque respiration témoigne d’une bataille gagnée ou perdue.
La chanson avance sur un fil tendu entre séduction pop et gravité gospel. Derrière l’évidence mélodique se cache une lutte plus souterraine : celle d’un homme qui a tout connu, de la misère des foyers d’accueil texans aux faux paradis de la réussite financière. Là où beaucoup auraient sombré dans le cynisme, Mike choisit la clarté. Le morceau devient alors une sorte de miroir tendu à chacun, un rappel que courir après l’or, l’image, les applaudissements, ne mène qu’au vide si l’on oublie ce qui nous fonde.
Ce qui bouleverse, c’est la sincérité brute. On sent le gosse qui dansait sur Elton John dans le salon familial, l’adulte qui s’est engagé dans l’armée pour s’inventer une discipline, le businessman qui a cru trouver sa place dans la richesse et qui a fini par tout plaquer pour renouer avec la musique, seule vraie langue qu’il sache parler sans mentir. On entend tout ça dans la texture même de la production : des instruments organiques, des arrangements qui laissent volontairement passer les failles, des respirations qui sonnent comme des cicatrices.
Glitter & Gold ne cherche pas à séduire par la virtuosité, mais par une forme de vérité nue. C’est une chanson qui se glisse dans les interstices de nos propres illusions, qui gratte là où ça brille trop fort, pour rappeler que la beauté est dans la matière brute, pas dans le vernis. Avec ce titre, Mike Äpt ne fait pas seulement son retour : il affirme que sa musique n’est pas un divertissement, mais un acte de résistance intime, un hymne fragile et puissant à la fois.
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septembre 15, 2025On reconnaît un vrai remix dès les premières secondes : il ne se contente pas de polir l’original, il le réinvente. Avec sa relecture de All I Need, Del-30 injecte dans la matrice de Chewna un surplus d’adrénaline et une science du drop qui enflamme immédiatement les neurones. Là où l’original jouait sur l’équilibre entre bassline charnue, stabs d’orgue old school et chant aérien, le producteur britannique relève la température, accélère le tempo et greffe un groove garage qui transforme le track en arme de dancefloor massive.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/0UpdfyP9kHJBwBZkG2ZTqr
Le remix joue sur la montée progressive de la tension. Percussions ciselées, nappes spectrales qui s’étirent comme de la fumée au-dessus d’une warehouse, puis ce moment de suspension euphorique où tout se fige avant que la basse ne déferle. C’est dans ce contraste entre retenue et déflagration que Del-30 impose sa patte : une gestion de l’énergie quasi architecturale, pensée pour retourner les clubs sans jamais sombrer dans la facilité.
Ce n’est pas un hasard si son nom circule avec insistance chez Toolroom, Hot Creations ou Sola. Sa version d’All I Need en est l’illustration parfaite : un remix qui parle autant aux puristes qu’aux fêtards, à ceux qui traquent les détails de production qu’à ceux qui veulent juste se laisser happer par un kick obsédant et une ligne de basse qui colle à la peau.
En lançant son label Sixteen Twenty Records avec un tel casting, Chewna envoie un signal clair : ici, la house sera traitée avec soin et ambition. Si All I Need posait déjà les bases d’une esthétique club vibrante, la relecture de Del-30 la propulse dans une autre dimension, quelque part entre l’excitation d’un dancefloor saturé de stroboscopes et la précision chirurgicale d’un producteur qui sait exactement où frapper.
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septembre 15, 2025Un titre pareil ne laisse pas beaucoup de place au doute : Quantum Groover n’est pas fait pour s’écouter assis, mais pour plier les corps à une force invisible, celle des basses qui se compressent et se dilatent comme des particules en fusion. Artificial Earth ne cherche pas la subtilité, il cherche le vertige. On pourrait presque dire que ce morceau relève de la physique appliquée au club : beats comme particules élémentaires, drop comme collision, et une piste de danse transformée en accélérateur d’atomes.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/2aX0CxS9Z0bAWPv6RYQM48
La mécanique est simple mais diaboliquement efficace. Le kick cogne avec une régularité métronomique, un battement cardiaque artificiel qui absorbe celui des clubbers. Autour, les basslines ondulent comme des champs magnétiques, prêtes à happer les plus réticents. On retrouve cette esthétique “bass house” à la croisée de l’électro rugueuse et de la house la plus moite : un son gras, saturé juste ce qu’il faut, qui suinte le béton des warehouses et les lasers qui zèbrent la nuit.
Mais là où Quantum Groover évite l’écueil de la redite, c’est dans son sens de la montée en tension. Les breaks ne sont pas de simples respirations : ils ressemblent à des apesanteurs provisoires, des instants où le public flotte au-dessus du sol avant d’être brutalement rappelé par la gravité sonore du drop. Cette alternance entre suspension et impact, entre lévitation et chute, donne au morceau une dimension presque cinétique, comme si l’on assistait à une expérience scientifique chorégraphiée.
Artificial Earth signe ici une déclaration claire : pas de demi-mesure, pas de compromis. Quantum Groover est un manifeste pour les clubbers qui veulent perdre la notion du temps, happés dans une spirale où la sueur et la lumière deviennent une seule matière. Un track calibré pour retourner les clubs, mais surtout pour rappeler que la house, quand elle se frotte à la basse la plus lourde, peut encore avoir la puissance d’une déflagration.
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septembre 15, 2025Un clic sec, la mire qui s’aligne, et soudain tout dérape. I GOT AIM! de Kantuftw n’est pas seulement un titre de trap, c’est un tir groupé contre une scène qu’il juge frelatée, où les sourires de façade se dissimulent derrière des coups bas. Le jeune rappeur de Belfast transforme ce constat amer en matière brute, tordant l’Auto-Tune pour en faire non pas un vernis mais une arme, une lame trempée dans la défiance.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’urgence : le morceau se déploie comme une course effrénée, rythmée par des basses lourdes et des percussions claquantes, mais lestée d’une énergie mélancolique qui rappelle l’école Juice WRLD ou Future. La voix de Kantuftw flotte quelque part entre spleen et arrogance, fragile et glaciale, comme s’il récitait un mantra pour survivre au cynisme de son environnement.
Mais I GOT AIM! n’est pas qu’un cri personnel. C’est aussi le portrait acide d’une ville où la scène rap se regarde en chiens de faïence, chacun guettant la chute de l’autre. Le titre devient alors une métaphore : viser juste, garder son cap, tirer son épingle du jeu sans se laisser engloutir par les faux-semblants. La froideur du flow, associée à une production minimale mais percutante, renforce cette impression de huis clos oppressant, où l’on respire à peine entre deux 808s.
Et pourtant, au milieu de cette noirceur, il y a une forme de clairvoyance. Kantuftw sait où il veut aller, et son choix d’illustrer le morceau par un clip tourné en Pologne n’est pas anodin : l’ambition dépasse déjà le cadre local. Avec ses obsessions emo et son flair pour la mélodie accrocheuse, il transforme la trap en journal intime blindé d’acier.
I GOT AIM! n’est donc pas seulement une déclaration : c’est un tir de sommation. Et si la cible est encore mouvante, une chose est sûre — Kantuftw a bel et bien l’arme chargée.
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septembre 15, 2025Un rideau tiré, la lumière du matin qui filtre à travers un store mal fermé, et cette voix, satinée mais frontale, qui s’invite comme une caresse et un ordre à la fois. Breakfast in Bed n’a rien de l’innocence promise par son titre : Belaro y injecte le fantasme 2000s du R&B charnel, puis l’enveloppe dans une production contemporaine au millimètre. On est immédiatement projeté dans un univers où la séduction n’est pas un jeu, mais une stratégie assumée.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/5r0snd04hjvASwTSO6fAP8
Là où d’autres se contentent de recycler les gimmicks d’Aaliyah ou de Beyoncé époque Dangerously in Love, Belaro se distingue par une tension permanente : la douceur d’harmonies feutrées qui contraste avec une interprétation vocale d’une puissance tranchante. La ligne mélodique, presque lascive, se frotte à une écriture pleine de malice – comme si l’artiste refusait de choisir entre la confession intime et l’hymne de club.
Ce qui frappe surtout, c’est la précision de la mise en son : les couches vocales empilées comme des draps frais, la basse qui pulse à peine en arrière-plan, et cette façon de jouer avec les silences pour mieux relancer le désir. La sensualité se fait autant dans ce qui est dit que dans ce qui reste suspendu, hors champ.
Avec Breakfast in Bed, Belaro confirme qu’elle est en train de s’imposer comme l’une des voix les plus excitantes de la scène R&B-pop actuelle. Après ses apparitions remarquées en live et sa présence dans des playlists éditoriales, elle s’avance désormais vers la lumière avec l’assurance d’une artiste capable de transformer une chambre en scène et un simple matin en rituel pop.
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septembre 15, 2025Dans la voix de Dill the Giant, on entend le froid sec de Winnipeg autant que la chaleur jamaïcaine héritée de ses racines. Bip Bop, son nouveau single, n’a rien d’une démonstration tapageuse : c’est un morceau qui respire la nonchalance calculée, le groove tranquille de ceux qui savent que la vérité se raconte mieux en demi-teinte qu’en slogans criés.
Accompagné par une prod signée BBS Steve, Dill déploie son flow au ralenti, posé comme un gars accoudé au comptoir qui déroule ses souvenirs. Le beat, minimal mais saturé de basse ronde, installe ce parfum de RnB lo-fi et de rap alternatif où chaque silence compte autant que la rime. L’influence de Curren$y et Larry June est claire : une écriture qui privilégie le mood à la performance, la fumée à l’incendie.
Mais sous cette façade détendue, Bip Bop raconte la réalité crue d’un fils de “weedman” qui a grandi entre survie, héritage et désir de liberté. Dill refuse la caricature : il ne joue pas au gangster, il décrit l’ombre et la lumière d’un quotidien où la street nourrit autant qu’elle détruit. Ses images sont brutes, parfois tendres, souvent amères — comme si le morceau oscillait en permanence entre confidence intime et fresque sociale.
Ce qui frappe, c’est cette honnêteté nue, sans fioritures, qui transforme le banal en poésie. Bip Bop n’est pas un banger calibré pour les clubs : c’est un track qui colle aux doigts comme la résine, qui s’écoute en boucle parce qu’il a ce goût de réel, de vécu, qui manque à tant de rap actuel.
Avec ce single, Dill the Giant confirme son rôle de conteur urbain : pas un prophète, pas un héros, mais un témoin lucide qui trouve dans chaque mesure la possibilité de transformer sa trajectoire en matière sonore. Winnipeg a trouvé sa voix, et elle a l’épaisseur d’un nuage de fumée.
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septembre 15, 2025Certaines chansons claquent comme une gifle glacée, d’autres qui oppressent comme une nuit sans sortie de secours. Edge of Insane de David Cafin appartient aux deux catégories. Ici, pas de confort, pas de demi-mesure : la rythmique frappe sec, les guitares saturées s’enroulent comme des barbelés autour du flow, et chaque mesure semble prête à basculer dans le gouffre.
David Cafin navigue sur cette frontière trouble entre lucidité et chaos, cette ligne de crête où la pensée devient bruit et où la colère se transforme en carburant. Ses rimes sont des lames, aiguisées et implacables, projetées dans l’air comme si chaque mot devait érafler l’auditeur. Le refrain, véritable point de tension, donne l’impression de marcher sur le tranchant d’une machette : instable, dangereux, mais terriblement excitant.
Musicalement, Edge of Insane fusionne l’agressivité brute du trap metal et les atmosphères suffocantes du horrorcore, avec une patine lo-fi qui accentue l’impression de claustrophobie. Les percussions martèlent comme des coups de semonce, tandis que les textures sonores évoquent des alarmes, des grincements métalliques, des échos de caves où l’on ne distingue plus si l’on est seul ou cerné.
Mais derrière la brutalité se cache une précision chirurgicale. Cafin ne verse pas dans le chaos gratuit : il construit un univers sonore où la tension est dramaturgie. On y retrouve le goût du storytelling brut, viscéral, qui rapproche ce titre des meilleures pièces de rap conscient — sauf que l’introspection est ici hurlée depuis l’abîme, et non chuchotée depuis le divan.
Edge of Insane n’est pas un morceau qu’on écoute distraitement. C’est une expérience sensorielle et mentale, qui vous saisit à la gorge et vous rappelle que parfois, la frontière entre équilibre et folie est la plus fertile des zones créatives. David Cafin, lui, s’y promène comme chez lui.
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septembre 15, 2025Un battement, d’abord discret, comme une alarme qu’on croit entendre au loin. Puis la ligne rythmique s’installe, sirène intérieure : Sonté entre en scène. Position n’est pas seulement un morceau afrobeat de plus à aligner sur une playlist tropicale, c’est une mise en tension immédiate, une course contre soi-même, l’histoire d’un désir qui s’emballe au point de provoquer une urgence cardiaque.
La voix de Sonté, souple et incisive, épouse ce groove frénétique comme on s’accroche à une vague. Elle décline les humeurs d’une rencontre qui oscille entre attraction totale et perte de contrôle, avec ce grain chaud typique du R&B contemporain. En contrepoint, Boi Rhella vient injecter sa dose de charisme vocal, ponctuant le morceau de répliques qui transforment le duo en un jeu de séduction mi-dangereux, mi-festif.
La production joue la carte du minimalisme efficace : kicks secs, percussions bondissantes, nappes synthétiques qui étirent l’espace sonore comme une chaleur moite de club à ciel ouvert. Rien de trop, juste ce qu’il faut pour maintenir la tension et donner à la basse tout le pouvoir hypnotique qu’on attend d’un track afro-pop calibré pour faire bouger sans réfléchir.
Ce qui rend Position captivant, c’est cette ambiguïté entre légèreté et alerte. Le morceau pourrait se contenter d’être un simple appel à la danse, mais il vibre d’un sous-texte plus viscéral : l’amour comme dérèglement, l’attirance comme sirène bleue qui déchire la nuit. Une énergie urgente, addictive, qui traduit bien l’ambition de Sonté : s’imposer dans le paysage afro-fusion en croisant sensualité et intensité dramatique.
Au final, Position est un morceau qui s’écoute comme on court après une pulsation : haletant, irrésistible, et toujours sur le fil entre plaisir et danger.
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septembre 15, 2025Premier contact : un vertige. La prod s’ouvre comme une salle des marchés à l’aube, clignotements rouges, alarmes feutrées, un kick métronomique qui rappelle le pas sec d’un vigile dans un parking vide. Au centre, deux voix qui se jaugent et se griffent — Joey Economics d’un côté, cadence carrée, jargon affûté, MBA dans le holster ; Madhattar de l’autre, tranchant chirurgical, sens de la punchline comme d’autres manient le surin. Ensemble, ils transforment Pissed Off en duel de néons : ça miroite, ça coupe, ça éclaire.
Le morceau s’écoute comme un plan séquence. Les couplets basculent en seesaw, l’un rebondit sur l’autre, les rôles s’inversent à la volée : héros/vilain, start-upper/Robin des Bois, trader du dimanche/poète du chaos. Joey, enfant du 818 devenu consultant Big 4, rappe avec ce calme nerveux des gens qui ont trop vu d’Excel pour croire encore aux miracles, mais assez de nuits blanches pour en convoquer la fièvre. Sa langue assemble cours de macro, slang d’open space et souvenirs de bancs de UCLA ; ses assonances claquent comme des portes battantes de boardroom.
Madhattar, elle, renverse la table. Flow angulaire, diction nette, vision à contre-champ : si Joey cartographie l’idéologie (crypto, bull runs, promesses de “freedom” packagées en tokens), elle en expose les angles morts — l’addiction au rendement, la romance toxique de l’ascension, l’éternelle promiscuité entre “hustle” et extraction. Sa présence n’est pas un simple featuring : c’est le contre-pouvoir, la voix qui sabote les slogans, la conscience qui se rit des “To the moon”.
Production : minimalisme stressé. Basse ramassée, caisse claire sèche, synthé en veille permanente — la texture d’un open-space après minuit. Pas de sucre, pas de pad flatteur : un terrain aride où chaque rime doit survivre par sa densité. Le mix laisse de l’air ; les silences deviennent des sous-entendus, les respirations des regards caméra.
Ce qui fascine, c’est l’équilibre. Pissed Off parle de colère, mais déjoue la posture bravache : on y entend la contradiction constitutive d’une génération qui veut gagner sans se vendre, croire sans se faire avoir. Joey met à nu la tentation du costume (M&A, KPIs, follow Gary Vee), tout en rappelant d’où il vient — freestyle late-night, loyautés de quartier, nécessité de ne pas perdre le fil humain. Madhattar souligne que l’empowerment sans boussole vire vite à la prédation. Ensemble, ils signent un titre “conscient” qui refuse la morale facile et préfère l’ambiguïté comme méthode.
Dans la discographie de Joey Economics, Pissed Off fait figure de manifeste : rap d’exécutant émotif, musclé par l’analyse mais radioactif de vécu, qui prend la finance comme métaphore d’une époque et le couplet comme audit existentiel. Cinématographique, imprévisible, pertinent — un sparring esthétique où l’on sort sonné, pas sermonné.
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septembre 15, 2025On connaît ces morceaux qui ne cherchent pas la frime mais finissent par vous obséder, comme une boucle rythmique qu’on croit avoir oubliée et qui ressurgit au détour d’un pas dans la rue. Nakupenda de TheeZaki fonctionne exactement ainsi : un morceau qui respire la légèreté et l’assurance tranquille, où la séduction se loge dans les détails, dans un sourire discret ou dans un beat qui ne force jamais le mouvement mais l’insinue doucement au creux des hanches.
Au cœur de cette production afrobeats, TheeZaki mise sur une sensualité mesurée, un groove tropical dont la fluidité évoque à la fois les nuits chaudes de Lagos et l’énergie décontractée des scènes caribéennes. Les percussions dessinent une trame dansante mais contenue, sur laquelle se pose une voix mi-chantée mi-parlée, toujours dans la retenue. Ici, pas de grandes envolées vocales ni de démonstrations techniques : l’efficacité vient de la simplicité, de cette manière de faire sonner chaque mot comme une confidence.
Le thème — une déclaration d’amour en mode pidgin et espagnol — aurait pu tomber dans la banalité s’il n’était porté par cette finesse d’exécution. TheeZaki transforme ce classique du genre en exercice de style, un manifeste de coolness où le désir se conjugue au présent, sans drame ni surenchère. C’est une approche qui rappelle les grands moments de l’afro-fusion contemporaine, entre modernité globale et héritage africain assumé.
Nakupenda n’est pas seulement un single taillé pour les playlists d’été ou les stories Instagram : c’est une petite leçon de groove appliqué, une façon de rappeler que la vraie séduction en musique se niche dans le sous-texte, dans la répétition hypnotique, dans cette capacité à dire « je t’aime » en trois accords sans jamais perdre la vibe.
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septembre 15, 2025Bang Bien n’est pas qu’un single : c’est une onde de choc, un fragment incandescent de l’histoire vivante que Nightmares On Wax continue d’écrire depuis trois décennies. George Evelyn, enfant des sound systems de Leeds et vétéran visionnaire de Warp, convoque ici Yasiin Bey pour une collaboration qui sent le feu sacré et la sueur des clubs clandestins. Le résultat est brut, dense, un track où l’urgence sociale se tisse dans la matière même du beat.
Dès les premières mesures, on comprend que l’on quitte le confort de l’écoute passive pour entrer dans une zone de tension. Le groove est futuriste mais ancré, gonflé de basses telluriques et de textures électroniques qui claquent comme des coups de semonce. Yasiin Bey surgit au centre, voix prophétique, tranchante, presque spectrale. Il ne rappe pas seulement, il incarne le rappel que l’art peut et doit être une arme, une force qui éveille les consciences dans un monde saturé de bruit et d’oubli.
Ce titre s’inscrit dans l’architecture plus vaste de Echo45 Sound System, un projet conçu comme un manifeste sonore. Entre Oscar Jerome, Greentea Peng, Liam Bailey ou Sadie Walker, Evelyn orchestre un dialogue intergénérationnel où se croisent jazz, soul, dub, hip-hop et électronique dans une fluidité totale. Mais Bang Bien est le point de combustion : la rencontre du beat science de Nightmares On Wax et de la parole aiguisée d’un Yasiin Bey en état de grâce.
Écouter Bang Bien, c’est sentir l’écho d’un sound system bricolé dans une cave de Leeds et simultanément la projection d’un futur où la musique sert d’oxygène collectif. C’est une transe autant qu’un manifeste, un morceau qui rappelle qu’un beat, quand il est habité, peut encore déplacer les foules et fissurer les murs de la résignation.
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septembre 15, 2025Dans le paysage hip-hop sud-africain, TrapHaus Creo taille sa route à contre-courant, loin des paillettes et des clichés faciles. Avec Work, il ne cherche pas à glorifier l’effort comme une posture, mais à plonger dans ses entrailles : celles des journées interminables, des sacrifices muets, de ces instants où le rêve et la nécessité se confondent. Ce n’est pas une ode au hustle, mais une confession rythmée sur ce que coûte réellement le fait de tenir debout, de persévérer malgré les failles.
Le morceau alterne entre froideur et chaleur : des kicks trap lourds comme des coups de marteau viennent encadrer des flows mesurés, presque méditatifs, où Creo raconte les hauts et les bas du quotidien. Sa voix, grave et posée, s’impose comme une boussole au milieu du chaos, transformant le travail en motif existentiel. Le refrain, accrocheur sans être racoleur, sonne comme une vérité partagée : ce que tu donnes, tu le payes de ton temps, mais ce que tu gagnes n’est pas qu’un salaire — c’est une expérience, une cicatrice, une leçon.
Derrière ce titre, il y a une trajectoire. Spencer, de son vrai nom Mpumelelo Charles Moroe, a grandi entre Lenasia et Soweto, au milieu des pièges d’un environnement où la drogue et la criminalité happent la jeunesse. La musique a été pour lui une sortie de secours, un fil tendu au-dessus du vide. De battle rap en autodidacte de la production, jusqu’à l’apprentissage du chant pour élargir sa palette, TrapHaus Creo s’est bâti seul, pierre par pierre, beat après beat.
Work cristallise cette philosophie : une hybridation de trap, de rap conscient et de mélodies R&B esquissées, à la fois expérimentale et terriblement incarnée. Ce n’est pas un morceau fait pour enjoliver le travail ; c’est une façon de lui donner du sens, de transformer la sueur en son, et l’épreuve en art.
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septembre 15, 2025Avec Peter Litvin, il est toujours difficile de savoir où finit la musique et où commence la performance. Personnage borderline, héritier punk des pranksters et des freaks arty new-yorkais, il s’invite aujourd’hui dans le terrain du rock alternatif et de l’alt pop avec Don’t Break It, premier extrait d’un nouvel album qui promet déjà plus de chaos que de confort.
Ce qui intrigue, c’est le décalage constant entre la densité de sa discographie — une vingtaine d’albums sous divers pseudos — et la sensation qu’il recommence à zéro à chaque sortie. Don’t Break It joue exactement de ça : un titre à la fois carré et dissonant, où l’ossature pop se voit bousculée par des structures accidentées, des éclats noise et des respirations électroniques. C’est une chanson qui refuse de s’aplatir pour séduire, préférant laisser la tension intacte, jusqu’à l’obsession.
Litvin n’est pas qu’un musicien : il est aussi acteur et réalisateur (on se souvient de son rôle dans le nanar culte Hectic Knife de Troma Entertainment). Son univers reste traversé par cette esthétique du bricolage extrême, du mauvais goût assumé et de la subversion malicieuse. Son anecdote la plus récente — une perquisition des flics venus vérifier s’il n’avait pas volé 22 000 dollars d’or — aurait pu être un sketch. Chez lui, la vie et l’art se confondent, et Don’t Break It reflète cette porosité : un morceau à la fois sérieux et absurde, fragile et abrasif.
Entre alt-pop et rock distordu, Litvin mélange ses obsessions de producteur (il a déjà bossé avec James Arthur ou Lauv) à son ADN d’agitateur. Le résultat n’est pas un simple single, mais une porte d’entrée vers un disque qui s’annonce comme une œuvre-monde, aussi bancale que fascinante. Avec Peter Litvin, il ne s’agit jamais seulement d’écouter : il faut plonger, quitte à s’y perdre.
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septembre 15, 2025Il y a des groupes qu’on pensait relégués aux marges poussiéreuses des 90’s, des noms qui circulaient dans les fanzines et qu’on évoquait avec ce mélange de tendresse et de fatalisme réservé aux « presque-grands ». Too Much Joy fait partie de cette caste. Eux qui, à la fin des années 80, s’imaginaient destinés aux stades, soutenus par Rolling Stone, le New York Times ou même Penthouse (!), se retrouvent aujourd’hui à rejouer leur propre histoire avec My Past Lives, comme des fantômes goguenards venus hanter leur jeunesse.
Mais ce qui frappe, ce n’est pas la nostalgie. C’est la vitalité. Ces types n’ont pas renoncé. Leurs morceaux d’alors, qui mixaient l’urgence punk des Clash, les refrains pop des Descendents et l’ironie acide de Randy Newman, sonnent toujours comme des cocktails Molotov mal ajustés, prêts à exploser à contretemps. On parle de chansons où l’humanité cabossée de John Prine pouvait cohabiter avec un riff bastonné à la Ramones. Et dans My Past Lives, cette énergie ne s’évapore pas, elle se condense, elle se réincarne.
Le projet ressemble à une rébellion contre l’oubli : trente-quatre titres entre remasters, bonus tracks et archives déterrées, comme si le groupe refusait de choisir, de hiérarchiser, de « faire propre ». On sent l’envie d’en donner trop, encore une fois, comme pour dire : « Nous n’avons pas décroché la lune, mais elle reste à nous. »
Alors évidemment, Too Much Joy ne deviendra jamais un nom gravé au Panthéon du rock. Mais ce disque, massif, généreux, drôle et parfois bancal, rappelle qu’il y a une beauté particulière dans les carrières contrariées. Celles qui continuent, coûte que coûte, soutenues par quelques centaines de fidèles. Ce sont ces vies-là — passées, présentes, futures — que My Past Lives célèbre avec une sincérité désarmante.
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septembre 15, 2025On imagine T.O. enregistrant ce morceau à la tombée du jour, quand la chaleur d’Atlanta redescend enfin et que le souffle du jazz s’invite par la fenêtre entrouverte. Haters Live Long n’est pas construit pour enflammer TikTok en quinze secondes, mais pour s’installer comme un vieux vinyle qu’on retourne sans cesse, une boucle qu’on choisit d’habiter.
Le beat respire l’âge d’or du boom bap, avec ce sample jazz qui s’étire paresseusement, presque comme un pianiste ivre qui se serait endormi sur son clavier. Par-dessus, T.O. ne cherche jamais la virtuosité gratuite : son flow glisse, tranquille, porté par une assurance que seuls dix ans de persévérance artistique peuvent offrir. C’est une écriture sobre, mais précise, qui frappe par sa lucidité et par le refus de se laisser dicter le tempo par le vacarme extérieur.
Il y a dans ce titre une nostalgie assumée, mais jamais passéiste. Le grain de la voix, le choix des textures, rappellent l’élégance d’un Nas ou d’un Guru, mais filtrée par la réalité du Sud américain d’aujourd’hui : trap clubs à deux pas des cafés jazz, jeunes rappeurs obsédés par les vues YouTube, et T.O. qui prend le contre-pied, choisissant la lenteur comme une arme.
Haters Live Long se déguste comme un cigare oublié sur un balcon de nuit : il ne brûle pas vite, il s’installe, et au lieu d’exploser, il infuse. Un morceau pour ceux qui savent encore écouter entre les notes, pour ceux qui trouvent dans la retenue une autre forme de puissance.
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septembre 15, 2025Ici, tout sent la fumée et le bitume chaud. Avec The Only Green I Blow, Master Stain signe un morceau qui ne tourne pas autour du pot : c’est la weed qui tient la narration, mais pas seulement comme un cliché de rappeur. Chez lui, l’herbe devient symbole d’une contre-culture assumée, d’un rapport intime au temps qui ralentit, d’une manière d’habiter le monde en marge.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/1aVSrTTxd7FNe5JzAzPH8b
Musicalement, le titre balance entre l’hypnotisme planant et une dureté volontaire. La ligne de basse roule comme une session à deux heures du matin, quand les conversations s’étirent et que les pensées deviennent liquides. Les percussions claquent sèchement, presque industrielles, pour rappeler que ce trip n’est pas qu’un rêve cotonneux : c’est aussi la vie quotidienne, ses contraintes, ses échappées.
Le flow de Master Stain oscille entre nonchalance et précision : il déroule son texte comme une fumée qui serpente, mais revient toujours frapper sur le beat avec des images qui cognent. Pas question de masquer son message sous des métaphores trop sophistiquées : son « green » est clair, revendiqué, transformé en drapeau. On pense autant à la culture stoner qu’à un esprit contestataire, celui qui fait du 420 une posture politique autant qu’un plaisir hédoniste.
Ce morceau fonctionne comme un manifeste pour une génération qui cherche encore son oxygène. Loin du bling-bling, Master Stain embrasse l’authenticité brute d’un hip-hop qui respire la rue, la fumée et les nuits sans fin. Avec The Only Green I Blow, il n’écrit pas juste une ode au cannabis : il affirme une identité, un refus des compromis, une philosophie de résistance douce mais tenace.
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septembre 15, 2025Un souffle de sel, un éclat orangé au-dessus de l’eau, et soudain la musique se transforme en paysage mental. Écouter Sunsets Over The Caribbean Sea, c’est sentir Pavy peindre une échappée au large alors même que ses racines restent plantées dans l’asphalte du South Side de Chicago. Le morceau ne décrit pas tant un lieu qu’un état d’âme : une tension entre le béton qui enferme et la mer qui libère.
Pavy ne rappe pas pour séduire, il rappe pour dire. Depuis ses 14 ans, stylo comme bouée de sauvetage, il taille ses textes comme on sculpte une vérité intérieure. Ici, pas d’esbroufe technique, mais une diction nette, presque tranchante, où chaque phrase résonne comme une vérité qu’on n’a plus la force de cacher. Le phrasé porte l’héritage du rap conscient — celui qui n’a pas peur de confronter ses blessures — mais trouve aussi un souffle plus contemplatif, presque poétique.
La production, elle, choisit la sobriété : nappes vaporeuses, atmosphères chaudes, comme un halo qui enveloppe ses mots sans jamais les étouffer. Pas de clin d’œil balnéaire facile, pas de rythmiques “vacances”. C’est un coucher de soleil filtré par l’esprit d’un homme qui rêve d’ailleurs, mais qui sait que cet ailleurs ne sera peut-être jamais qu’une projection.
Sunsets Over The Caribbean Sea est moins un morceau qu’un horizon tendu : une méditation sur la fuite et l’ancrage, sur la possibilité de trouver la lumière là où le monde semble s’éteindre. Dans un rap game saturé de postures, Pavy choisit la sincérité et l’intime — et ça, c’est sans doute sa plus grande force.
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septembre 15, 2025On n’écoute pas What More? comme on découvre une nouveauté Spotify, on y entre comme dans une pièce chargée d’histoire, où les murs transpirent encore le souffle des platines et l’odeur poussiéreuse des vinyles mal rangés. DJ Raw B, vétéran de la baie californienne, n’a pas besoin de prouver sa légitimité : son parcours – de Beat Sauce à Sacred Hoop, des clubs de San Francisco aux récompenses télévisuelles – agit comme une colonne vertébrale invisible. Mais ce morceau ne vit pas du passé, il l’absorbe pour mieux écrire l’instant présent.
La production est d’une précision chirurgicale. Un beat qui cogne, sec et granuleux, taillé dans l’épure boom bap, mais relevé de cette patine west coast qui le rend immédiatement identifiable. Pas de fioritures, pas de clinquant : chaque frappe de caisse claire est une gifle qui rappelle que le hip-hop, à sa source, était une affaire de sueur et de vérité.
Et puis, il y a Fable Angelo. Sa voix fend la production avec une intensité rare, comme si elle s’adressait directement à l’auditeur, sans médiation. On sent dans ses mots la tension d’un monde saturé de bruits, d’illusions et de faux-semblants, mais aussi la volonté de dire, de témoigner, d’ouvrir une brèche. L’alchimie fonctionne parce que Raw B ne cherche pas à dominer, mais à encadrer, à créer un espace de résonance où le verbe prend toute son ampleur.
Le titre sonne comme une question adressée à la fois à soi-même et au public : que reste-t-il à faire, que reste-t-il à dire ? La réponse est dans le morceau lui-même : continuer, toujours, à sculpter des beats qui tiennent debout face aux modes et à rappeler que le hip-hop n’est pas un genre consommable mais une pratique vivante.
Avec What More?, DJ Raw B prouve que l’âge et l’expérience ne riment pas avec nostalgie mais avec résistance. Le morceau ne cherche pas à séduire, il impose. C’est une pièce brute, intemporelle, qui pourrait tourner en boucle dans un club enfumé de 1998 comme dans une playlist underground d’aujourd’hui.
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septembre 15, 2025Un riff léger s’élève comme une brise chaude sur une terrasse au coucher du soleil. Easy, la rencontre entre Tokyo Yaw et Kuneli, respire l’évidence : une chanson qui ne force rien, qui se déploie avec la fluidité naturelle de l’afropop la plus solaire. Ici, tout est dans le relâchement, dans cette façon de faire danser les mots sur une production qui scintille sans jamais écraser.
La rythmique, fine et chaloupée, convoque autant l’héritage afrobeat que les pulsations afro-fusion actuelles. Le beat n’est pas un marteau, mais une invitation : les percussions appellent le corps à onduler plutôt qu’à exploser. La basse, ronde et discrète, tisse le socle d’une atmosphère estivale où la voix des deux artistes vient se poser comme un échange intime. Tokyo Yaw déroule une mélodie suave, Kuneli ajoute cette touche de sensualité fragile qui fait glisser le morceau vers une dimension plus sentimentale.
Ce qui frappe dans Easy, c’est le refus de la surenchère. À l’heure où beaucoup de productions afropop empilent couches et gimmicks pour accrocher l’oreille, Tokyo Yaw et Kuneli choisissent l’espace, l’air, la respiration. Chaque silence compte, chaque note résonne plus fort dans cette économie de moyens. C’est précisément ce minimalisme qui confère au morceau son pouvoir addictif : il se fredonne sans qu’on y pense, il reste en tête comme une lumière douce après la fête.
Plus qu’un single, Easy est une philosophie condensée en trois minutes : ralentir, se laisser porter, transformer le quotidien en instant suspendu. Un morceau pensé pour les playlists de fin de soirée, les trajets sans but précis, ou ces moments d’intimité où la musique devient complice.
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septembre 15, 2025On imagine les murs moites d’un entrepôt de l’East London, les néons qui bavent, les corps qui s’entrechoquent sans se voir vraiment. Dans cet univers où les jours n’existent plus, DEBAUCHERY de billy blonde pulse comme un mantra décadent. Le morceau ne se contente pas de raconter la fête : il en devient la matière, l’odeur, le souffle saturé.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/7BRXAg8N5TqGi2UifvmMYx
Baigné d’une noirceur pop qui lorgne autant vers l’esthétique darkwave que vers le dance pop calibré pour les clubs, DEBAUCHERY se construit sur une tension permanente. Les kicks techno frappent comme des coups de massue tandis que des éclats mélodiques surgissent, presque fragiles, comme des étincelles dans la pénombre. C’est cette collision qui donne sa force au morceau : l’excès n’est jamais gratuit, il est poétique, viscéral, habité.
Billy Blonde, enfant mutant de Londres et Berlin, écrit ici une véritable cartographie de l’underground. Chaque ligne, chaque beat, semble documenter la vie nocturne comme une expérience initiatique — le sexe, l’ivresse, la sueur et cette étrange liberté qui ne dure que jusqu’à l’aube. On pense à Peaches, à Fischerspooner, à tout un pan de la club culture qui aime brouiller les pistes entre jouissance et vertige.
DEBAUCHERY est une déclaration : la nuit n’est pas qu’un décor, c’est un territoire où l’on se perd pour mieux se retrouver. Billy Blonde en signe la bande-son idéale, entre brutalité techno et sensualité pop. Une chanson qui ne s’écoute pas vraiment, mais qui s’ingère, comme une pilule avalée sans eau.
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https://open.spotify.com/playlist/6GchASOIAXpj35jMycqWfl
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septembre 15, 2025Un morceau comme Fine Girl ne se contente pas de jouer dans vos oreilles : il traverse les frontières, se glisse dans les corps, et finit par dessiner une cartographie intime de la fête. Boikasey, fidèle à son ADN afrobeats, tisse ici un pont entre Lagos et Medellín, entre les percussions chaudes de l’Afrique de l’Ouest et les pulsations reggaeton de l’Amérique latine.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/1ZiNz40Rm8Khxz78gIqVoD
Le chant en pidgin nigérian se frotte au castillan colombien avec une évidence désarmante, comme si ces deux langues n’en formaient qu’une quand il s’agit de parler d’amour, de désir et de danse. La voix de la chanteuse Babe Valt venue de Colombie apporte cette sensualité moite qui contraste avec l’énergie solaire de Boikasey : le dialogue entre les deux devient alors le cœur battant du morceau.
Musicalement, Fine Girl joue sur l’équilibre entre douceur et urgence. Les nappes afro-pop s’étirent en arrière-plan comme un horizon infini, pendant que les percussions serrées — héritières des clubs de Lagos comme des barrios de Medellín — imposent un groove irrésistible. C’est une chanson qui donne envie de bouger, mais aussi de s’y perdre, de fermer les yeux et d’imaginer une nuit sans fin, quelque part entre les tropiques.
Boikasey prouve avec ce titre qu’il appartient à cette nouvelle génération d’artistes pour qui les étiquettes de genre comptent moins que l’instinct. Fine Girl est une ode au métissage musical, une invitation à laisser tomber les cartes et à suivre le rythme, simplement. Une passerelle entre continents, une déclaration d’amour en stéréo, et peut-être déjà l’un des tubes les plus sensuels de sa jeune carrière.
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septembre 15, 2025On tombe parfois sur une chanson comme on déterre un vieux journal intime oublié sous un plancher. Right To End de Thomas Midfield a ce parfum-là : brut, poussiéreux, mais brûlant de vie. Rien d’un artefact figé — plutôt l’écho d’un cri qui traverse encore les murs.
Né à la fin des années 90 dans la banlieue hollandaise de Purmerend, le groupe avait tout du projet éphémère : une poignée de concerts, quelques enregistrements, puis l’explosion. Pourtant, dans ce court laps de temps, Chris Dieffenbach (chant), Arno et Menno Tijnagel (guitare et batterie), Tjerk de Graas (basse) et plus tard Bart ter Steege ont laissé une empreinte indélébile. Right To End en est la preuve la plus éclatante. C’est du grunge rêche, saturé de poussière et d’orage, où la voix déchirée de Chris flotte entre la rage et l’imploration.
On y entend le poids du stoner, l’héritage des années 90, les ombres de Soundgarden et Kyuss, mais sans calcul ni nostalgie. Le morceau dégage ce magnétisme propre aux groupes qui ne trichent pas, qui enregistrent comme on crache le feu. Les guitares grincent, la basse enroule, la batterie cogne — et tout semble prêt à s’effondrer d’un coup, comme si le groupe jouait en équilibre sur un fil tendu.
Deux décennies plus tard, Thomas Midfield renaît partiellement, Chris et Arno ayant décidé de reprendre les armes. Leur retour n’a rien d’un coup marketing : c’est le prolongement d’une histoire restée suspendue. Écouter Right To End aujourd’hui, c’est mesurer la puissance intacte de ce cri inachevé. Un rappel que certaines braises ne demandent qu’un souffle pour redevenir incendie.
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septembre 15, 2025Parfois, une chanson n’a pas besoin de durer plus de trois minutes pour imposer un monde entier. Costa Rica de Kidd Pooh tient en 1’49, mais c’est suffisant pour vous faire sentir la chaleur d’un dancefloor à ciel ouvert, entre palmiers et basses qui cognent comme les vagues. Le morceau s’enclenche comme une carte postale en mouvement : soleil en pleine figure, groove immédiat, énergie insolente.
https://open.spotify.com/track/35S4rLn8cuXNTFLI0Ac2nQ
Kidd Pooh, avec son flow assuré, joue autant sur la séduction que sur la légèreté. Son phrasé a ce côté nonchalant et joueur qui colle parfaitement à la rythmique dancehall, tout en gardant une pointe de trap pour rappeler d’où il vient. L’équilibre est là : une vibe globale, ouverte sur le monde, mais avec ce grain de confiance qu’on associe à l’Atlanta rap.
La magie du titre tient dans son efficacité brutale. Pas de longue intro, pas de fioritures : les percussions bondissent, les synthés flottent dans l’air chaud, et la voix s’impose comme une invitation à bouger. Résultat : on appuie immédiatement sur replay, non pas parce que la chanson est incomplète, mais parce qu’elle appelle à la répétition, comme une pulsation qu’on ne veut pas laisser s’éteindre.
Avec Costa Rica, Kidd Pooh offre une bulle d’évasion. C’est une piste faite pour les voitures fenêtres ouvertes, pour les soirées où la température monte sans prévenir, pour ces instants où la musique agit comme un raccourci vers le plaisir pur. Peu d’artistes osent la concision dans l’ère des morceaux calibrés pour le streaming ; lui en fait un atout, un shoot de bonne humeur compressé.
Plus qu’une chanson, Costa Rica est un état d’esprit : solaire, contagieux, et volontairement insaisissable, comme une nuit tropicale qu’on n’a pas envie de voir se terminer.
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septembre 15, 2025On croit parfois que l’amour allège. Chez TENDER, il écrase d’abord. Gravity/Infinity débute comme une respiration coincée dans la poitrine, avant de se déployer en une vague synthétique qui soulève tout sur son passage. James Cullen ne chante pas une romance, il raconte une gravité intime, celle d’un lien qui pèse autant qu’un ciel entier sur les épaules. La musique, elle, tire à l’infini : nappes synthétiques qui s’étirent comme des galaxies, basse lourde comme une étoile morte, voix suspendue entre la fragilité humaine et le vertige cosmique.
Ce qui frappe ici, c’est la manière dont le duo réussit à maintenir son équilibre : la confidence murmurée du bedroom pop confrontée à une production large, ample, presque symphonique. Un contraste qui rappelle les heures les plus habitées de Modern Addiction mais avec une clarté nouvelle, une sérénité qui ne gomme pas l’angoisse mais la rend supportable.
Gravity/Infinity inaugure une nouvelle ère pour TENDER : après les récits de la paternité et du quotidien pressant dans Flux, voici venu le temps des métaphores stellaires, des sentiments démesurés, des chansons pensées comme des planètes en orbite. Ce n’est pas une simple ballade d’amour, c’est un manifeste sur l’impossibilité de mesurer certains liens — trop lourds pour la gravité, trop vastes pour l’infini.
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septembre 15, 2025Le fantasme du milliardaire a toujours été l’un des carburants du rap, mais chez Biggie Fresh, il prend une tournure singulière. Billionaire n’est pas seulement un énième morceau d’ego-trip ; c’est une démonstration de force hybride où l’intime, le social et l’expérimental s’entrelacent. Biggie Fresh n’est pas qu’un rappeur, il est un ACAP — AI Collaborative Artist Producer. En clair, il compose dans un dialogue permanent avec des agents d’intelligence artificielle, qui enrichissent ses intuitions, tout en laissant à l’humain — sa voix, ses récits, sa chair — la place centrale.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/1NES5ScWFofsFI6MNM2NYf
Né dans l’écriture dès l’adolescence, Biggie Fresh a trimballé ses carnets de rimes de l’ombre des rues aux promesses d’un futur technologique. Ses textes parlent de fractures intimes et de cicatrices sociales, d’extases spirituelles et de nuits pleines de doute. Dans Billionaire, il y a bien sûr cette grandeur rapologique — l’argent comme étendard, l’ambition comme exorcisme — mais aussi un sous-texte plus inquiet : que vaut la richesse si elle n’achète pas la paix intérieure ?
Musicalement, on flotte dans une zone étrange entre pop-rap hédoniste et gospel futuriste, avec des basses qui cognent comme un trap banger mais recouvertes de nappes jazz presque veloutées. C’est cette fusion improbable — quelque part entre J. Cole, Lauryn Hill et un Miles Davis halluciné par des algorithmes — qui donne à Biggie Fresh son identité. Chaque morceau devient une passerelle entre continents, époques et esthétiques, comme si l’IA servait à convoquer la mémoire collective du hip-hop et du jazz pour l’injecter dans le présent.
Là où tant d’artistes utilisent la technologie comme un gadget, Biggie Fresh en fait un langage. Billionaire se vit comme une déclaration : l’avenir du rap ne se joue pas dans le rejet de l’IA, mais dans son apprivoisement. Une alliance où le flow garde son humanité, ses blessures et ses rêves, tandis que les machines ouvrent de nouvelles portes, élargissent les horizons sonores et libèrent l’artiste de ses propres frontières.
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septembre 15, 2025C’est un paradoxe en forme de manifeste : Frosty Summer est glacé comme un cristal mais incandescent comme un goudron en plein soleil texan. Evelyn DuVall, trois ans après avoir laissé son Ice Queen trôner dans nos playlists, revient avec un single qui dépasse la simple démonstration de force. Ici, la froideur n’est plus seulement un masque impénétrable : elle devient arme, stratégie, conquête.
Produit par Lonely Boy, le morceau s’avance comme une hallucination sonore. Des violons éthérés flottent dans l’air avant d’être engloutis par des 808 qui claquent comme des portes de métal. Au centre, DuVall alterne entre un chant fantomatique et un rap tranchant, comme si elle dansait entre deux mondes. Le sample arraché à X de Ti West — ce cri “I’m a fucking star!” — agit comme un mantra horrifique et libérateur, une ultime proclamation de survie, version “final girl” projetée sur un dancefloor saturé de basses.
Ce qui fascinait déjà dans Ice Queen s’amplifie ici : la construction d’un personnage, d’une mythologie. L’artiste n’empile pas des singles mais des chapitres d’univers complets. Dans Frosty Summer, l’ironie de sa texanité (“I’m from Texas where it’s hot”) accentue la collision entre feu et glace, identité et fiction. Le refrain obsédant — “let it snow, let it snow, let it snow” — devient hymne martial, déclaration de territoire, presque sortilège.
En ouverture d’AURAS II, ce single n’est pas qu’un retour : c’est une carte de route. Evelyn DuVall invente une trap mutante, à la fois club et cauchemar, où chaque texture — violons brisés, kicks écrasés, voix spectrale — est pensée comme une pièce de décor. Comme si elle ne publiait pas un morceau mais projetait un film entier, avec elle au centre du cadre, souveraine et insaisissable.
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septembre 12, 2025Il ne fait pas de bruit, Saintard. Il glisse. Comme une pensée qui nous traverse à l’arrêt de bus, comme un rayon de lumière sur les pavés humides du 14e. Dans Rien ne tombe jamais du ciel, son troisième projet, il ne cherche pas à séduire : il raconte. Avec des grooves soyeux, des lignes de basse qui réconcilient Tom Misch avec la G-funk, et des mots qui cognent doucement, il tend un miroir à notre époque, sans forcer le reflet.
Ici, la soul n’est pas nostalgique, elle est vivante. Elle écoute la radio de voitures volées dans Vice City, elle lit les visages dans le métro, elle traverse la rue pour cueillir un saxophone. Saintard est un architecte du flou net : ses textes sont des bulles, ses prods des fenêtres ouvertes. Il chante les doutes avec la nonchalance d’un sage urbain. Il groove comme on respire quand on veut aller mieux.
Jalousie avec Dani Bumba, c’est une prière chaude sous la pluie. Continuer sans accepter, c’est un mantra posé sur un beat en lévitation. Entre tendresse et critique sociale, entre ceviche de crevettes et vengeance bien cuisinée, Saintard avance sans forcer, mais avec précision.
On lui a posé dix questions.Il a répondu comme on écrit une chanson :à sa manière,sans majuscules,mais avec du fond.
1 ) Qui es tu ?Saintard, je viens de Paris 14eme et je suis un artiste d’indie soul francophone.
2 ) Quel est ton parcours ?Je suis sorti de chez moi et j’ai traversé la rue.
3 ) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?Je navigue entre la G funk, la soul et le jazz en chantant des textes mi poétiques – mi conscients.
4 ) Quelles sont tes inspirations ?La vie parisienne, les plafonds de verres, le métro et les conversations entendues au hasard, les fenêtres sur le monde.
5 ) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ? Amy Winehouse, Jean michel Rotin Lé ou Lov’, Joropo de Judeline, Eliza, Money Jungle Ellington, Cassandra Jenkins
6 ) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?La vengeance. EN vrai le ceviche de crevette.
7 ) Quels sont tes projets à venir ?Elargir mon périmètre artistique et musical en rencontrant d’autres styles et artistes.
8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?J’ai fait une grande partie de ma culture musicale grâce à la radio dans les voitures et véhicules que je volais entre Vice City et Los Santos.
9 ) Si tu pouvais 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ce serait qui ?Sampha
10 ) Un petit mot ou conseil pour la fin ?Continuer sans accepter.
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septembre 12, 2025On pourrait croire que Dream Odyssey a été conçu pour accompagner les insomnies, celles où l’esprit erre entre lucidité et vertige, mais en réalité c’est tout l’inverse : le disque d’Ada S. et Keith Y. ouvre des portes, il installe des paysages. Chaque morceau est comme une chambre différente dans une maison onirique, reliée par la voix éthérée d’Ada, qui flotte quelque part entre la fragilité d’une comptine et la gravité d’une prière.
Pixie Dust ouvre le voyage comme une étincelle fragile, mélange de féérie et de mélancolie. Puis Nature Odyssey déploie une fresque quasi cinématographique : flûtes, handpan, didgeridoo, et l’impression que l’on marche dans une forêt où chaque ombre respire. Your Face, Your Fate revient au dépouillement folk, avec une écriture frontale, presque crue, où l’intime se confond avec le destin.
Le morceau-titre Carpe Diem agit comme un manifeste : saisir le présent, même lorsqu’il tremble. Dans A Fork in the Road, le duo explore la fragilité des choix qui bifurquent une vie entière. Twist in the Wind évoque la pression psychologique avec un lyrisme tendu, tandis que Airborne frappe comme une critique sociale déguisée en ballade aérienne, à la fois détachée et incisive.
Avec Shadow, le duo parvient à condenser sa philosophie : “toutes les étoiles naissent dans le noir” murmure Ada, comme un mantra. Ne Plus Ultra explore le flou entre réalité et fantasme, une sorte de frontière mouvante qu’on traverse sans s’en rendre compte. Tomorrow, très court, ressemble à une respiration, une promesse fragile avant le final Dream Big, Little Girl, hymne lumineux à l’enfance et aux rêves, qui donne son sens au titre de l’album.
Dream Odyssey est le journal d’une survie lente, patiente, enregistrée au fil des années et des tempêtes personnelles. On y entend des forêts, des orages, mais surtout une confiance inébranlable dans la poésie. Carpe Diem ne se contente pas d’écrire des chansons : ils sculptent une mythologie intime, à mi-chemin entre le conte et l’aveu.
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septembre 12, 2025Un parquet qui craque, le chant discret d’un merle derrière la fenêtre, le souffle d’une maison au printemps : voilà la matière première de Joya. On croirait presque assister à un film d’auteur tourné en huis clos, où chaque silence devient un personnage. C’est dans cette atmosphère feutrée que Josi Costi a transformé la maison de sa sœur à Richmond en un studio éphémère, avec pour seules armes un 4-pistes, quelques amis musiciens et la patience d’enregistrer comme on respire. Dix jours pour dix chansons, gravées sur bande comme un journal intime à ciel ouvert.
Ce qui frappe dans Joya, c’est la façon dont le disque assume son imperfection vivante. Le guitariste Tal Janes, le bassiste Ben Reed, l’ingénieur Viktor, rejoints plus tard par le percussionniste Rod Oughton et l’oreille attentive de Brett Shaw au mixage, n’ont pas cherché la brillance artificielle mais l’évidence de l’instant. Chaque titre semble porter la poussière du temps et la lumière d’un matin de mai.
Des morceaux comme Reverse Simulation et The Speed of Stillness oscillent entre introspection et suspension, explorant cette tension entre mouvement et immobilité. San Bernardino et ’Sleep révèlent un folk hanté par l’errance et la mémoire, tandis que Golden Light éclaire l’album d’une chaleur fragile, presque solaire. Plus loin, House #4 et Jova incarnent la dimension domestique du projet, comme des lettres retrouvées dans un tiroir, vibrantes de proximité. Les contes allégoriques de The Frog and the Sun et l’étrangeté tendre de Your Sweet Goat ferment le disque sur une note à la fois naïve et cosmique.
Au-delà de la douceur folk, Josi Costi insuffle dans son écriture ses racines jazz et ses expériences de compositeur voyageur. Joya n’est pas un simple premier album solo, c’est une déclaration d’identité : l’affirmation qu’il existe encore des disques capables de capturer un lieu, une saison, une amitié. Plus qu’une œuvre, une trace.
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septembre 12, 2025Un ami m’a dit un jour que les plus beaux étés sont ceux qu’on n’arrive pas à raconter. Ils se coincent dans les silences, dans l’éclat d’un rire oublié ou l’odeur d’une serviette de plage séchée au soleil. Holidays, le nouveau single de Books Of Moods, fonctionne exactement comme ça : une sensation qui échappe, qui se faufile entre la joie immédiate et la nostalgie qui rôde déjà.
On connaît tous ce moment précis : la fin d’un été, quand les rires s’estompent mais restent suspendus dans l’air chaud comme des échos qu’on n’arrive pas à retenir. Holidays, le nouveau single de Books Of Moods, a cette capacité étrange à condenser ce vertige dans trois minutes de pop-rock rêveuse. Ce n’est pas un titre qui cherche à plaire, c’est un titre qui saisit de biais, comme une photo surexposée où les silhouettes deviennent des fantômes de vacances.
Hugo Sailer, derrière ce projet parisien, s’impose ici comme un alchimiste de la mémoire. Ses guitares semblent tremper dans une lumière trop vive, ses rythmes oscillent entre la nonchalance et la fièvre, et ses mélodies naviguent dans cette zone trouble où la joie pure se mélange à une nostalgie impossible à définir. L’ombre de Bowie, l’élan des Arcade Fire et le spleen des Strokes affleurent sans jamais étouffer cette patte singulière, artisanale, qui fait de Holidays une chanson à la fois intime et universelle.
Écrit après une échappée estivale entre amis, le morceau ne raconte pas des vacances idéalisées : il capte l’imperfection, le chaos, les routes qui se perdent et les conversations qu’on oubliera le lendemain. Mais c’est précisément ce désordre qui en fait la beauté. Holidays n’est pas un hymne festif, c’est un polaroïd en train de se décomposer dans la lumière, un souvenir qui s’échappe en même temps qu’il se fixe.
En moins de quatre minutes, Books Of Moods réussit à faire ressentir la chaleur d’un été et le frisson de sa disparition. Une chanson qui agit comme une Madeleine sonore : on y revient, encore et encore, parce qu’elle réveille en nous des images que nous pensions perdues.
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septembre 12, 2025Un grondement sourd, comme si la terre elle-même retenait son souffle, et puis cette voix qui perce la brume, à mi-chemin entre une incantation et une confidence. Helene Navne, sous son alias VØLVE, n’écrit pas de chansons, elle trace des cercles. Elle invoque, elle convoque, elle réveille. Ses nouveaux titres, Jeg Ser (Vølvens Sang) et Varðlokkur, sont moins des morceaux que des rituels enregistrés, des fragments d’éternité déposés dans nos oreilles modernes saturées de futilités.
Jeg Ser (Vølvens Sang) a la solennité d’un oracle. Les pulsations de tambour, épaissies par le violoncelle et des nappes de synthé, dessinent l’espace d’un Ragnarök intime. On y entend la clairvoyance douloureuse de celle qui voit s’effondrer le monde mais garde la dignité de le dire. VØLVE transforme le mythe en miroir contemporain : la fin du monde n’est peut-être qu’une métaphore de nos effondrements intérieurs.
En face, Varðlokkur joue sur une autre corde : l’hypnose. Inspirée des sagas et chantée en vieux norrois, la pièce répète, martèle, obsède. Sa mélodie enfantine mais incantatoire agit comme une berceuse possédée. Ce n’est pas une chanson qu’on écoute distraitement : c’est une porte qu’on franchit. Et derrière, il n’y a pas le confort de la pop mais la présence d’une figure ancestrale qui nous dévisage.
Navne inscrit son projet dans une lignée rare — quelque part entre l’épure d’Agnes Obel, l’intensité chamanique d’Eivør et l’étrangeté dramatique d’une Kate Bush nordique. Mais là où ses pairs sculptent des atmosphères, VØLVE construit des mondes clos, où la féminité se fait force primordiale et où la musique cesse d’être un divertissement pour redevenir rite.
Avec ce diptyque, elle ne signe pas seulement deux morceaux : elle prouve qu’il existe encore, dans le tumulte contemporain, des artistes capables de réactiver le sacré. Ceux qui ne cherchent pas à séduire mais à secouer. Et VØLVE secoue, comme le tonnerre au loin ou la vérité qu’on ne voulait pas entendre.
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septembre 12, 2025Un simple riff de guitare trouvé au bord de l’océan, et voilà qu’un morceau se met à respirer comme les vagues qu’il invoque. The Maine Thing, le nouveau single de Kevin Driscoll, n’est pas seulement une chanson : c’est une halte. Une respiration offerte à ceux qui, étouffés par le bruit permanent, cherchent à se recentrer sur l’essentiel.
L’auteur-compositeur de Jacksonville signe ici une pièce d’une sobriété désarmante, mais dont chaque note est taillée comme une pierre de granit battue par le vent. Driscoll joue tout lui-même, entre drones de banjo et arpèges de guitare, laissant une place précieuse à la lumière d’un invité de marque : le violon de Damien Bolotin, enregistré à Buenos Aires. Ce dialogue entre cordes, rugueuses et aériennes à la fois, donne au morceau sa dimension cinématographique — un minimalisme riche en détails, presque tactile.
L’influence de Paul Simon ou de Bruce Cockburn se devine dans la façon de tresser le texte et l’arrangement, tandis qu’on retrouve chez Driscoll l’âpreté douce d’un Tom Waits apaisé. Rien n’est forcé : le mixage, confié à Jeremiah Johnson, conserve l’impression d’un live joué à même le salon, intime et fragile, comme une confession improvisée.
Mais au-delà des textures, The Maine Thing frappe par son axe : un appel à “garder en vue ce qui compte vraiment”. La chanson porte le poids d’un monde saturé d’écrans et d’urgences fictives, mais refuse le désespoir. Elle choisit la clarté, la simplicité, l’attention portée à l’instant — et cette lucidité devient sa force.
Kevin Driscoll, dont la trajectoire musicale traverse folk, rock alternatif, blues et éclats de world music, n’écrit jamais pour illustrer. Il écrit pour habiter les émotions, les laisser s’infiltrer dans la voix, dans les silences. The Maine Thing s’impose comme une boussole discrète mais inébranlable : un rappel que parfois, la vérité tient dans un souffle, un accord, un rivage.
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septembre 12, 2025On croise parfois des chansons qui ressemblent à une ruelle berlinoise : pavés encore tièdes d’alcool et de pas pressés, lumières stroboscopiques filtrant au travers d’une porte close, un parfum d’ivresse qui s’attarde. Disco Berlin, nouveau single d’Aldo Volt, a ce goût-là. Pas celui des lendemains ternes, mais celui d’un instant fragile où l’élan vital et la mélancolie se tiennent par la main.
Deuxième titre officiel du jeune artiste parisien, Disco Berlin s’installe dans cette tension délicieuse entre euphorie et spleen. Le morceau épouse une ligne claire : synthétiseurs retro aux reflets synthwave, pulsation dance héritée des clubs, guitares électriques qui rappellent à la fois l’élégance d’un Bashung et l’urgence nocturne des Strokes. Aldo Volt s’amuse avec les contrastes : il fait danser sur la brièveté des amours, il fait sourire au milieu des blessures, il fait vibrer les contradictions d’une jeunesse qui cherche encore son point d’équilibre.
Là où d’autres se contenteraient de coller une énième couche de néons sur un refrain calibré, Volt injecte un supplément d’âme. On sent dans son écriture un goût pour l’image poétique, presque cinématographique. Berlin n’est pas qu’un décor électro : c’est le théâtre des illusions, des passions soudaines, des histoires qui s’effritent au lever du jour.
Originaire de la région parisienne, l’artiste s’est construit à coups de home studio, de rêves électroniques et de références bigarrées – Daho, Kavinsky, Bashung, The Strokes. Cette hybridation nourrit une identité déjà singulière, entre chanson française lunaire et pop internationale. Avec Disco Berlin, il signe une bande-son parfaite pour les errances urbaines, ces nuits où l’on danse autant pour oublier que pour se souvenir.
Un titre qui donne envie de se perdre dans la ville, casque vissé sur les oreilles, persuadé qu’à chaque coin de rue peut surgir un nouvel éclat de lumière.
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septembre 12, 2025Ce matin, j’ai écouté L’instant d’après avec la fenêtre entrouverte. La pluie battait sur le zinc et, étrangement, le morceau semblait s’y accorder, comme si Indolore avait pensé sa guitare acoustique pour le bruit des gouttes. Sa voix, tendre et sans apprêt, glisse entre les interstices du quotidien pour nous rappeler que les regrets ne sont pas forcément des prisons mais parfois des abris. Aujourd’hui, le titre sort officiellement, et il s’écoute comme un rituel intime : deux minutes pour déposer les armes et retrouver un souffle.
Premier extrait de l’EP La Vie Face A attendu en octobre, L’instant d’après s’inscrit dans la trajectoire singulière d’un artiste qui a fait de la fragilité une matière noble. Indolore n’a jamais cherché l’effet tapageur. Ses chansons sont des refuges qui se transmettent en bouche-à-oreille, comme ces secrets que l’on se confie au creux d’une soirée. De ses premiers pas pop avec Shine (et des premières parties pour Sia ou Morcheeba) à ses voyages sonores en Islande (Love Letters from Eylenda enregistré au studio de Sigur Rós), en passant par Nashville et Paris, il a bâti une œuvre faite de déplacements, de métissages et d’empreintes laissées sur le sable.
Ici, il revient à l’essentiel : une guitare, une voix, une atmosphère suspendue. Les amateurs de Nick Drake ou Elliott Smith reconnaîtront cette manière de transformer la douleur en lumière, mais Indolore y ajoute une douceur, un sourire discret au milieu de la mélancolie. On comprend pourquoi son dernier album After the Rain avait été salué comme “album de l’année” par la presse britannique : il sait écrire des chansons qui s’écoutent comme des confidences, universelles et intimes à la fois.
L’instant d’après est une chanson minuscule par sa durée, immense par son pouvoir d’évocation. On l’écoute, et soudain, on se sent moins seul.
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septembre 12, 2025La première écoute de Where is my baby? donne l’impression d’être projeté en pleine nuit dans un club fantôme, quelque part entre Bagdad et Berlin. Pas de préambule, pas de mise en condition : les percussions cognent comme des portes qu’on claque, la basse vrombit comme un moteur de fuite, et déjà, on comprend qu’on est entré dans une zone où la musique ne rassure pas — elle secoue.
Sheykh Forever, alias Mostafa Al, a toujours aimé brouiller les lignes temporelles, jonglant entre le disco hérité des seventies, les effluves d’indie-pop hypnagogique et des éclats de rock lourd. Ici, il va plus loin : Where is my baby? se vit comme une montée paranoïaque, un groove au bord de la rupture. C’est un morceau qui tremble de partout mais ne cède jamais, maintenu par une urgence vitale.
KER, en invitée spectrale, installe une fragilité bouleversante. Sa voix fend l’espace, posée comme une supplique qui plane au-dessus de la tempête instrumentale. Ce contraste — l’impétuosité des machines contre l’évanescence d’un cri — fait toute la force du morceau. On pense à Yves Tumor pour la brutalité élégante, à Massive Attack pour la pesanteur viscérale, mais Sheykh Forever refuse la citation : il forge son propre territoire.
La production, entièrement bricolée dans son antre analogique, transpire le refus du lisse. Saturations, découpes, nappes triturées : chaque son porte la marque d’un geste artisanal. Le résultat n’est pas seulement un single dansant mais un exorcisme sonore, une tentative de transformer la peur et la perte en pulsations physiques.
Avec Where is my baby?, Mostafa Al érige une cathédrale de tensions, où chaque accord sonne comme une question sans réponse. Si l’album à venir garde cette intensité, on pourrait bien tenir l’un des projets les plus déroutants et nécessaires de l’année.
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septembre 12, 2025Un accord qui pulse comme une cicatrice, une montée électronique qui ressemble à une respiration trop longtemps retenue. C’est ainsi que Rose Ringed nous accueille dans Begging et The Letter, deux morceaux tirés de son futur album Mylène, dédié à la mémoire de sa mère disparue. La techno n’est pas ici un exutoire de club, mais un langage intime qui raconte le deuil et la transformation de la souffrance en énergie vitale.
Avec The Letter, Rose Ringed revisite un moment d’enfance scellé dans le silence : une lettre de sa mère, tenue secrète jusqu’à bien plus tard, qui refait surface comme une déflagration. Les synthés se superposent à la manière d’ondes mémorielles, une architecture fragile où chaque note semble contenir un fragment d’histoire familiale. Le morceau avance avec retenue, avant de basculer dans une intensité presque trance, comme si la vérité enfouie finissait par tout emporter.
Begging, plus frontal, joue sur la répétition et le vertige. Ici, la demande n’est pas romantique mais existentielle : implorer un sens, une lumière, une réconciliation avec ce qui ne reviendra plus. Les nappes électroniques, lourdes et lumineuses à la fois, rappellent la tradition mélodique de Kolsch ou de Bicep, mais teintée d’une mélancolie unique, propre à l’univers de Rose Ringed.
Ce diptyque s’inscrit dans le second chapitre de Mylène, une œuvre pensée comme une traversée en plusieurs étapes du deuil : la perte, la révélation, la colère, puis la reconstruction. Rarement un album de musique électronique aura semblé autant tenir du journal intime que de la catharsis collective.
Avec ses propres moyens – voix, piano jazz, batterie, production – Rose Ringed érige un monument sonore à l’absence. Et si la danse, chez lui, garde sa puissance euphorique, elle devient aussi le lieu d’une mémoire en mouvement : un espace où l’on ne s’oublie pas soi-même, mais où l’on apprend à marcher aux côtés des fantômes.
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septembre 12, 2025Un battement de cœur transformé en grosse caisse : voilà comment commence Quench. Avant même les voix, avant même la première note claire, on sent l’intime devenir matière sonore. C’est cette obsession de brouiller la frontière entre corps et musique qui habite Yulan & Blaise, duo à la fois fragile et insaisissable, quelque part entre art-pop spectrale et bossa nova hallucinée. Leur nouveau single, troisième extrait d’un premier EP à venir, sonne comme une berceuse toxique — douce et anesthésiante, mais qui serre la poitrine.
Quench n’avance pas comme une chanson classique. Elle se déplie par couches, comme un rêve qui refuse de finir. Les voix de Yulan, cristallines et hantées, s’accrochent aux textures bricolées de Blaise : un Omnichord qui cligne comme une veilleuse, un piano-jouet en déséquilibre, des flûtes japonaises qui surgissent puis disparaissent. La star cachée du morceau, c’est pourtant ce saxophone-basse monstrueux, contrabass sax, dont Blaise est devenu l’un des rares spécialistes. Sa respiration profonde tient lieu de décor, de gravité, comme si chaque note avait la densité d’un sous-sol humide.
Le morceau est traversé par une idée fixe : la dépendance, l’attachement qui se répète comme une boucle, doux mais étouffant. « Cotton candy brain fog », dit Yulan à propos de ce brouillard addictif — et le titre capture parfaitement cette ambiguïté, un “soulagement” qui ne vient jamais vraiment.
Le clip pousse la métaphore encore plus loin : un décor pastel, quasi Coppola, contaminé par l’oppressante chambre de Trainspotting. On y voit le duo piégé dans un rêve rose bonbon, où chaque caresse se transforme en piège.
Quench confirme que Yulan & Blaise ne cherchent pas à écrire des chansons “faciles” mais des mondes miniatures où l’on perd ses repères. Après God Complex et Falling 花火落, ce troisième geste compose une mythologie pop hybride : une musique de couple qui se joue comme une œuvre d’art totale, aussi intime qu’inquiétante, aussi étrange que magnétique.
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septembre 12, 2025Un mot griffonné sur un coin de carnet, une mélodie bricolée sur un logiciel sans fard, et déjà Tim nous entraîne dans un monde parallèle où la pop ne se contente plus de séduire, mais se détraque volontairement pour inventer un langage inédit. Solo n’est pas une simple chanson, ni même un morceau de mixtape : c’est un terrain de jeu. On y entend l’esprit d’un créateur qui se rit des formats et préfère faire pousser des fleurs dans le béton du R&B et de la pop expérimentale.
Tim, basé à Los Angeles, ne cherche pas la perfection policée des productions calibrées. Il fabrique tout seul ses sons, avec la ferveur maladroite et magique de ceux qui avancent à l’instinct. Ses beats respirent l’organique, ses paroles épousent la légèreté presque enfantine d’une injonction au lâcher-prise : amuse-toi, invente, fais de ton oreille une salle de sport pour émotions nouvelles. C’est cette liberté brute qui fait de Solo une pièce aussi fragile qu’intrigante, entre spoken word désinvolte et refrains qui flirtent avec un avant-gardisme pop assumé.
Le morceau s’inscrit dans Pink, une mixtape qui ressemble davantage à un patchwork de journaux intimes qu’à un projet uniforme. On y croise Fresa, Lucille, Leprechaun, Characters, autant de fragments qui dessinent une cartographie sentimentale tordue, presque dadaïste, mais toujours viscérale. Solo, au cœur de cet univers, agit comme le manifeste de Tim : être seul n’est pas une solitude mais une arme, celle d’un créateur qui refuse de se plier à une esthétique dominante.
Il y a chez lui une sincérité désarmante, presque naïve, mais qui finit par bousculer. Comme si, derrière chaque couche de son bricolé, se cachait un artiste décidé à forcer la pop à redevenir imprévisible. Solo, c’est une invitation à la dérive joyeuse, un sourire en coin dans un monde trop sérieux.
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septembre 12, 2025On croit souvent que le piano est un instrument sage, qu’il sert à border la mélancolie dans des salons feutrés. Ralston Van Der Schyff le transforme en volcan. Dans Tempest, chaque note se cabre, chaque silence devient une falaise où l’on s’accroche. Rien de démonstratif pourtant, mais une manière de plier la tempête à une confession intime : celle d’un musicien qui connaît le chaos mais choisit de le réinventer en beauté.
Né au Cap, bercé par le gospel des églises, le jazz des clubs et l’héritage d’un Chopin ou d’un Rachmaninov, Van Der Schyff a façonné un langage hybride, à la fois raffiné et viscéral. Son piano n’a pas d’accent, il en a plusieurs. Il respire l’Afrique du Sud et ses syncopes, il porte les ombres d’un Scriabine hallucinatoire, il flirte avec la liberté d’un Keith Jarrett. On dirait un carnet de voyage intérieur, où chaque mélodie est un pas de plus vers la réconciliation entre la douleur et l’élan vital.
Tempest n’est pas une pièce qui se consomme distraitement. C’est un morceau qui exige d’être vécu. Le flot des arpèges ressemble à une pluie serrée sur une vitre : tantôt rageuse, tantôt hypnotique. Les graves résonnent comme un orage au loin, les aigus scintillent comme des éclairs qui laissent l’air plus pur après leur passage. Mais le génie de Van Der Schyff réside dans les interstices, ces suspensions qui nous font croire que tout peut s’écrouler — avant qu’une main légère ne relance le souffle.
Trois ans après sa sortie, Tempest reste un territoire qu’on explore à chaque écoute. Certains y verront la mise en musique de leurs angoisses, d’autres un hymne discret à la résilience. Tous, sans doute, sentiront cette étrange évidence : quand Ralston Van Der Schyff joue, la tempête n’est plus à craindre, elle devient un abri.
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septembre 12, 2025Certains morceaux ressemblent à des lettres qu’on s’écrit à soi-même pour ne pas oublier d’où l’on vient. At The Shore de Giersch At Last est de cette trempe-là : une pièce instrumentale née d’un geste naïf — les premières notes arrachées à une guitare classique fraîchement découverte — et devenue, des années plus tard, une méditation douce-amère sur la mort, l’après et cette ligne d’horizon qu’on devine mais qu’on ne franchit jamais.
À Milwaukee, dans son Funky Palette Studios, Peter Giersch a trouvé le ton juste : une guitare acoustique fragile, presque tremblante, qui dialogue avec une brass section subtile, héritée de ses obsessions pour les Beatles de Mother Nature’s Son et le Floyd introspectif d’Is There Anybody Out There. Le résultat n’est pas un pastiche, mais une conversation intime entre deux époques : la fougue du débutant qui pose maladroitement ses doigts sur les cordes, et la maturité de l’artiste qui ose dépouiller un arrangement trop chargé pour ne garder que l’essentiel — cette couche de cuivres, simple et solennelle.
Le morceau, initialement baptisé Magenta Sky, a fini par trouver son titre définitif en s’adossant à Life On Earth, autre chanson du disque. Le rivage devient alors métaphore : la fin d’un voyage terrestre, l’amorce d’un passage. On n’est pas dans le pathos, plutôt dans une lumière tendre, une invitation à envisager l’au-delà sans effroi. La coda, où les cordes ralenties viennent clore la marche, ressemble à un dernier regard jeté en arrière avant de disparaître derrière la dune.
Ce qui fascine chez Giersch, c’est ce choix assumé de l’instrumental. À l’heure où tout doit être explicite, il préfère la suggestion. Ses morceaux, dit-il, sont parfois conçus pour “adoucir l’espace entre deux chansons intenses”. Mais At The Shore dépasse cette fonction de respiration : c’est une œuvre en soi, capable d’exister dans le silence, de hanter une pièce sans jamais l’écraser.
On pense à ces interludes de rock progressif qui, loin d’être de simples transitions, deviennent des ports d’attache pour l’auditeur. Ici, Giersch s’offre ce luxe : un morceau sans paroles, mais avec un monde entier en filigrane. Un rivage où chacun projette son propre voyage, sa propre arrivée.
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septembre 12, 2025Une ampoule grésille, puis s’éteint. Dans l’obscurité, les contours deviennent plus nets, les bruits plus vrais. C’est ce paradoxe qu’Ionne transforme en musique avec A Light Untruth. Son album n’est pas un simple assemblage de chansons : c’est un labyrinthe lumineux où chaque rayon éclaire autant qu’il aveugle. Une œuvre qui interroge nos illusions modernes – celles des écrans, des récits que l’on se fabrique, des vérités qu’on choisit de croire – en les habillant d’un écrin électronique d’une précision troublante.
L’ouverture, The Big Bang, n’est qu’une étincelle : une minute suspendue comme une porte qui claque dans un univers en train de naître. Headlight surgit juste après, phare aveuglant dans la nuit, image d’un basculement violent, d’un moment où la lumière révèle tout ce qu’on voulait cacher. Run prend le relais avec une urgence quasi physique, une course à perdre haleine, comme si l’album refusait de nous laisser reprendre souffle.
Puis vient Dusk & Dawn, la respiration. Deux voix s’y frôlent, comme deux astres condamnés à se croiser sans jamais s’unir. Blacklight et Spotlight forment un diptyque saisissant : la première dissèque nos fissures dans un éclat cru, la seconde se joue de la surexposition, ce besoin maladif de briller quitte à se consumer. Dans When We’re Alone, Ionne ose la lenteur : près de six minutes où le silence devient instrument, où l’intimité respire enfin.
Mais le centre émotionnel du disque, c’est Save the World. Pas un slogan, pas une naïveté. Plutôt une supplique, un cri fragile et galvanisant qui dit notre besoin désespéré de préserver quelque chose – un fragment d’humanité, une étincelle de nous-mêmes. La fin de l’album se déploie comme un lever de soleil. Sunrise se pose délicatement, fragile, presque timide, tandis que The Neverending Sun refuse de céder : une lumière obstinée, aveuglante, qui persiste jusque dans le silence.
Inspiré par son dialogue avec la peintre Mary Barr Rhodes et l’artiste visuel Benjamin Britton, Ionne a conçu A Light Untruth comme une installation sonore. Plus qu’un disque, c’est une expérience sensorielle, un espace où chaque note joue avec la perception et la mémoire. On y pense à James Blake ou à Bon Iver, mais sans imitation : plutôt comme un cousin qui aurait choisi l’art contemporain comme terrain de jeu.
Ce que propose Ionne ici, c’est une musique qui refuse la passivité. Elle demande à être vécue, questionnée, parfois même rejetée. Mais elle laisse des traces, comme ces halos lumineux qui persistent longtemps après qu’on a fermé les yeux.
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septembre 12, 2025Quatre ans de mutisme, puis soudain l’explosion. Mike Masser revient avec 5, un album qui ne sonne pas comme un retour mais comme un déferlement. Plus qu’une collection de riffs massifs et de cris éraillés, ce disque est une catharsis : une manière de hurler ce qui n’avait pas encore trouvé les mots. De l’ombre à la lumière crue des amplis, Masser transforme ses blessures personnelles en étendard sonore.
Dès Wolves in the Whiskey, le ton est donné : riffs râpeux, voix qui roule comme une bête blessée, et une atmosphère de bar enfumé où chaque gorgée brûle autant que chaque mesure. No Sin resserre la formule : direct, sans compromis, un uppercut qui parle de rédemption impossible.
Puis vient Silence Speaks, pièce maîtresse où Masser évoque ses fantômes – le deuil, la perte, l’absence – sur des guitares lourdes qui grondent comme des souvenirs trop présents. À l’opposé, Run condense toute l’énergie du disque en trois minutes de fuite en avant, tandis que Redline s’impose comme l’hymne d’adrénaline pure, parfait pour les routes nocturnes où la vitesse devient confession.
Le disque ose aussi les relectures. Abacab de Genesis se voit réimaginé en monolithe hard rock, rugueux, métallique. Twilight Zone retrouve une intensité crue, entre hommage et appropriation. Et sur Don’t Follow, en duo avec Megan Masser, la voix se fissure enfin, laissant apparaître la tendresse dans la rugosité.
Omen et Morning After You referment le disque comme des contrepoints : l’un, inquiétant et sombre, l’autre plus mélodique, presque fragile, comme un lendemain d’orage où l’on reprend son souffle.
5 n’est pas une simple suite dans la carrière de Mike Masser. C’est un disque de survie, un album qui se vit comme un poing sur la table et un cri dans le noir. Entre les hommages à ses proches disparus, l’ombre de la maladie de son père, et sa rage intacte de performer, Masser livre ici son disque le plus dense, le plus vrai. Et surtout le plus humain derrière le fracas.
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septembre 12, 2025Une guitare qui bat la mesure comme un cœur régulier. Une voix chaude, grave, qui semble sortir autant d’un salon de Kalmar que d’un studio improvisé à Trenchtown. Heart of a Lion, nouvel album de Zimzalabim, alias Patrik Byström, n’est pas une simple révérence à Bob Marley — c’est un disque fait maison, à hauteur d’homme, qui cherche à panser les solitudes contemporaines avec des chansons simples, solides, et profondément humaines.
Chaque morceau porte une facette de ce projet universel et intime à la fois. Hymn for the Lonely s’installe comme une prière douce adressée à celles et ceux qui traversent le vide. À l’inverse, Coming Our Way sonne comme un appel au courage collectif, une pulsation reggae qui relève les corps autant que les esprits. La chanson-titre, Heart of a Lion, enfonce le clou : ne jamais courber l’échine, même quand la tendresse manque et que le monde paraît rongé par le cynisme.
Angelica « Zionessa » Svensson apporte, par ses chœurs aériens, une grâce supplémentaire, comme une lueur qui perce dans l’obscurité. Et quand arrive Everyone’s a Winner, le disque prend un virage lumineux, célébrant les petites victoires du quotidien comme si elles étaient déjà révolutionnaires. Zimzalabim ne s’interdit pas non plus l’allègement : Suburbia Night tranche avec son tempo plus rapide, comme un contrepoint festif au climat introspectif du reste de l’album.
Enregistré dans son propre home studio, l’album conserve cette chaleur artisanale : pas de fioritures, juste une musique qui respire la sincérité et la conviction que le reggae peut encore servir de refuge et de phare.
Heart of a Lion n’est pas là pour réinventer le genre, mais pour rappeler son essence : une musique de résistance et de consolation. Dans une époque saturée de bruits et de fractures, Patrik Byström parvient à tendre un miroir où l’on devine encore un horizon d’humanité.
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septembre 12, 2025Un rire qui sonne faux dans un bar trop bruyant. Un sourire qu’on garde en vitrine alors que le cœur tombe en miettes. C’est dans ce décalage que naît Castles, le premier single de Lara Harris : une chanson qui fait danser la douleur comme si elle portait des baskets fluos et un mascara qui coule.
Plutôt que de pleurer doucement dans l’ombre, Lara choisit la voie pop-punk : guitares qui cognent, mélodie euphorique, mais texte en forme de confession à vif. La chanson avance avec l’allant d’un hymne adolescent, et pourtant chaque mot résonne comme une lucidité adulte : celle de comprendre qu’on s’était trompé, qu’on avait cru bâtir du solide alors qu’on dessinait dans l’air.
Ce mélange de clair et d’obscur n’est pas anodin. Harris, surnommée the Singing Librarian pour ses vidéos virales, écrit avec la précision d’une universitaire (elle est doctorante à Cambridge en culture médiévale) et la fragilité d’une jeune femme qui met sa vie en vitrine sonore. Son EP à venir prolonge cette métaphore du château : Silence, Morphine, What Would I Do? et All That Glistens deviennent autant de pièces dans un édifice hanté par l’amour et ses ruines.
Mais Castles reste la clef de voûte : une chanson qui s’écoute comme un exorcisme lumineux, où l’on danse pour ne pas sombrer. Un paradoxe assumé, et une entrée en matière qui pourrait bien placer Lara Harris dans la lignée des conteuses pop capables de faire tenir l’intime dans un refrain qui donne envie de crier à plein poumons.
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septembre 12, 2025On ne sort pas indemne d’un disque qui porte un titre aussi frontal : Highs & Lows. Chez Eoin Shannon, les sommets et les creux ne sont pas de simples métaphores : ils s’incarnent dans chaque morceau, comme des stations d’un chemin spirituel et intime. Ce deuxième album, né à Cork mais nourri de racines qui vont de Bobby Blue Bland à Leonard Cohen, est moins une collection de chansons qu’un carnet de bord où le blues flirte avec la prière, la soul avec la confession.
L’ouverture, Going Through Hell, pose le décor sans détour : voix grave, vibrante, qui dit la lutte comme une évidence. La guitare et l’arrangement soutenu par Tom Savage dessinent un espace à mi-chemin entre folk noir et blues rugueux. Puis surgit Fall Into Your Arms Again, où la tendresse reprend le dessus : un morceau plus fragile, porté par la voix de Gaby Duboisjoli, qui se fait refuge après la tempête.
Sur God Only Knows, Makeda Rose amène une intensité brûlante, une ferveur quasi gospel qui contraste avec la sobriété de One Crazy Day, ballade inspirée par Bobby Blue Bland où la mélodie cache un désarroi amer. À l’opposé, Happiness Has Come To Town, enrichi par les cordes d’Artem Litovchenko et le piano de Malte Hortsmann, se déploie comme un instant suspendu, lumineux, preuve que Shannon sait aussi écrire la joie sans la naïveté.
L’album se durcit avec Demon Lady : sombre, charnelle, presque menaçante, où la voix d’Eoin se fait caverneuse. Puis vient The Closer You Are To God, cœur battant du disque. « Plus tu t’approches de Dieu, plus le Diable te voit », dit Shannon. On y entend à la fois la foi et le doute, la lumière et son prix. C’est un morceau qui pourrait aussi bien être lu comme une parabole qu’un aveu intime.
Les ballades comme When I Look Into Your Eyes et I Could Fall In Love Again réaffirment le versant romantique de Shannon, pendant que Captain My Captain (Lord and Savior) glisse vers une forme de prière rock, hymnique et habitée. Enfin, le remix de Pull The Plug/Pull The Curtain par Zhoca et Romacoolguy ferme le disque en contrepoint moderne : une relecture plus électronique, qui rappelle que Shannon n’est pas figé dans le passé, mais cherche encore.
Avec Highs & Lows, Eoin Shannon signe une œuvre ample, exigeante, parfois déroutante, mais toujours habitée. C’est un disque qui sent la sincérité brute, nourri par les fantômes de Dean Martin et de Cohen, mais qui s’affirme surtout comme une cartographie très personnelle des tempêtes et des rédemptions possibles. Une odyssée où chaque titre est une marche entre l’ombre et la lumière.
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septembre 12, 2025On l’imagine seul, lumière blafarde sur les murs de sa chambre à Patras, une Stratocaster trop lourde pour ses épaules mais branchée à bloc. Johnny B gratte comme on frappe dans un sac de sable, parce qu’il n’a rien d’autre pour canaliser ce qui cogne à l’intérieur. De cette urgence naît My Darkest Times, morceau de rock adolescent, imparfait, nerveux, mais incroyablement sincère.
À 18 ans, Johnny n’a pas besoin de polir les contours. Les riffs sont épais, hérités de Zakk Wylde et d’Ozzy Osbourne, la rythmique roule avec ce parfum de Black Sabbath, et sa voix, un peu tremblée, dit plus de vérité que n’importe quel cri maîtrisé. On sent l’influence des 80’s et 90’s, mais il ne s’agit pas d’un exercice de style : c’est un gosse qui joue trop fort pour couvrir ses propres pensées.
Enregistré au Noisebox Studio avec ses potes et son producteur, le morceau garde ce grain humain, cette chaleur du local de répète. Rien de glacé ou d’usiné : on entend presque la sueur, les regards complices, les hésitations qu’on laisse passer pour ne pas étouffer l’énergie brute. My Darkest Times raconte une lutte — pour aimer, pour respirer, pour être libre — mais ce qu’il transmet surtout, c’est un refus de se taire.
Johnny B n’invente pas le rock, il s’y jette à corps perdu. Ce n’est pas un produit, c’est un cri, et c’est exactement ce qui rend ce premier single attachant. Comme une première cicatrice qu’on choisit de montrer au monde, guitare en main, amplis à fond.
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septembre 12, 2025Une pulsation disco, des nappes électroniques clinquantes, une voix féminine qui s’élève comme un rayon laser au-dessus du dancefloor : Forever in Your Eyes pourrait n’être qu’un single calibré pour les playlists pop-dance. Mais SonicNeuron le transforme en expérience hybride, où l’émotion humaine et l’esthétique générée par l’IA se croisent pour brouiller les frontières.
Produit par Danny Williams, qui signe ici la musique, le mix et le mastering, le morceau avance sur un tempo house effervescent, pensé pour le club mais traversé par un éclat nostalgique. La voix, lisse et envoûtante, porte un récit de romance qui n’a rien d’artificiel — elle s’inscrit dans la grande tradition des hymnes de piste qui célèbrent l’instant, l’étreinte, le regard qui brûle plus que la nuit entière.
L’innovation se loge ailleurs : dans le visuel, piloté par Jason Williams, qui combine direction artistique humaine et imagerie générée par l’intelligence artificielle. Le clip ne se contente pas d’illustrer la chanson : il invente un langage, fait d’images mouvantes, presque liquides, qui traduisent les émotions à leur manière. On n’est plus dans le simple vidéoclip pop, mais dans une proposition artistique où la technologie amplifie le romantisme au lieu de le dénaturer.
Là est sans doute la réussite de Forever in Your Eyes : éviter le piège du gadget technologique pour en faire un catalyseur d’émotions. On danse, on flotte, on se perd dans les lumières artificielles, et pourtant ce qui reste, c’est un sentiment profondément humain : le vertige d’un regard qui semble suspendre le temps.
Un morceau qui se situe pile entre la nostalgie disco et l’avenir numérique, un pied dans le Studio 54, l’autre dans un futur où la création se rêve déjà augmentée.
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septembre 12, 2025On imagine un ciel chargé, noir d’électricité, juste avant l’éclatement de la pluie. Cumulonimbus, premier single du nouvel album de Pisgah, naît dans cette tension-là : l’attente, le vertige, la beauté menaçante. Brittney Jenkins, qui signe ici sous son alias londonien, réussit à transformer le langage météorologique en métaphore de ses propres failles — entre les ombres du passé et le désir d’une euphorie fragile.
Les guitares électriques scintillent comme des éclairs, aériennes mais saturées d’émotion. Elles ouvrent un espace où se glisse une voix claire, presque vulnérable, qui parle de blessures héréditaires et de fissures intérieures. Pas de pathos appuyé : Pisgah chante le trauma avec pudeur, préférant la suggestion poétique aux aveux crus. Le morceau se construit comme une montée atmosphérique, chaque couche instrumentale ajoutant du volume à l’orage. Quand la batterie s’élance, c’est comme si la tempête éclatait enfin — cathartique, mais jamais écrasante.
Le travail de Dan Duszynski au mixage accentue cette dualité entre fragilité et intensité. On y sent autant les racines alt-country de Brittney Jenkins que les héritages plus sombres d’Emma Ruth Rundle ou de The Cure. Mais là où ses influences pourraient tirer vers le gothique, Pisgah choisit un horizon plus lumineux : Cumulonimbus n’est pas une lamentation, c’est une libération, presque un hymne.
Ce single annonce l’arrivée de Faultlines, prévu pour novembre. Et si l’on se fie à cette première pièce, l’album devrait creuser encore davantage ce territoire rare où le rock indépendant se fait à la fois intimiste et grandiose, confession et exorcisme.
Avec Cumulonimbus, Pisgah prouve que les tempêtes ne sont pas seulement destructrices : elles peuvent aussi révéler une beauté suspendue, une clarté nouvelle après le chaos. Un premier extrait qui donne envie de se laisser traverser par l’orage.
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septembre 12, 2025Le titre a des allures de menace douce, comme ces panneaux lumineux qui clignotent sans relâche dans une rue vide. Bad Dreams ne cherche pas la caresse, mais l’hypnose. Katie Belle y installe une atmosphère de nuit blanche, entre tension et abandon, où les synthés dessinent un labyrinthe froid et sa voix fragile se fraie un passage, comme si elle refusait de se laisser engloutir.
Coécrit et produit avec Fabio Campedelli à Los Angeles, le morceau s’inscrit dans la lignée de Cigarette, mais il creuse un sillon plus sombre, presque claustrophobe. Les nappes électroniques enveloppent l’auditeur d’une brume métallique, pendant que le beat, précis et mécanique, impose un rythme impossible à fuir. La voix de Katie, aérienne, devient alors le seul élément organique : une lueur au milieu des machines.
Ce contraste entre chaleur humaine et froideur synthétique fait toute la force de Bad Dreams. On y retrouve le goût assumé de Katie pour les années 80 — synthés vaporeux, batterie électronique, fade-out nostalgique — mais aussi une volonté d’aller au-delà de la simple citation rétro. Le morceau n’est pas un hommage, mais une réécriture : transformer l’angoisse des nuits d’insomnie en matière dansante, exorciser les pensées qui tournent en rond par une boucle hypnotique.
Après West Coast, qui offrait une carte postale solaire de Los Angeles, et Cigarette, souvenir éthéré d’amours consumées, Katie Belle montre avec Bad Dreams une autre facette : plus sombre, plus intérieure, mais tout aussi accrocheuse. En attendant l’EP People Pleaser, prévu pour la fin d’année, elle confirme qu’elle construit patiemment un univers où chaque titre est une pièce d’un puzzle émotionnel — parfois éclatant, parfois fragile, toujours singulier.
Un morceau à écouter comme on se perd dans une nuit trop longue : les yeux ouverts, bercé par la lumière artificielle, incapable de décrocher.
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septembre 12, 2025Ça démarre comme une montée d’adrénaline : un kick régulier, des nappes synthétiques qui s’épaississent, une voix claire qui fend le brouillard. Amnesia, le nouveau single d’Emma Whybrow, ne cherche pas la discrétion — il veut l’étourdissement, la transe, l’explosion cathartique. C’est un morceau pensé pour la piste, mais où l’on sent aussi le goût de la pop, le sens du refrain accrocheur qui s’imprime au cerveau comme un flash de stroboscope.
Emma, qu’on a découverte avec Dare (plus de 50K vues sur YouTube), confirme ici son identité singulière : une chanteuse qui prend les codes de l’EDM, du house et du trance, mais les habille d’une écriture pop qui ne renonce pas à la narration. Sa voix, ample et lumineuse, ne se contente pas de flotter au-dessus de la production — elle s’impose comme l’élément central, capable de transformer un beat calibré en confession quasi intime.
La force d’Amnesia, c’est ce contraste : une architecture électronique faite pour les clubs, où les basses et les synthés avancent comme une machine implacable, et en même temps une dimension mélodique qui touche à quelque chose de plus personnel, presque fragile. Comme si la transe musicale servait d’exorcisme à une mémoire douloureuse, une manière de danser pour oublier — ou au contraire, pour mieux se souvenir.
En travaillant aux côtés de Robert Pippan, figure du South Australian Music Hall of Fame, Emma Whybrow affine son art : des morceaux qui ne sont pas de simples exercices de style mais des expérimentations hybrides, où chaque chanson explore une énergie différente. Amnesia réussit à se tenir sur cette ligne de crête : à la fois commercial dans son efficacité, et singulier dans sa sincérité.
Un titre qui donne envie de lever les bras au ciel, mais aussi de fermer les yeux. Un hymne de club qui vibre au rythme des battements d’un cœur encore habité par ses fantômes.
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septembre 12, 2025Un piano revient, encore et encore, comme une ritournelle impossible à chasser de la tête. C’est de là qu’est né Carousel, morceau instrumental de R3b3l I (alias Ijah), qui transforme une simple phrase mélodique en manège sensoriel. Le titre a la légèreté d’un souvenir d’enfance, mais aussi cette profondeur méditative propre à la musique qu’on écoute seul, casque sur les oreilles, en laissant le temps se dilater.
Ce qui frappe, c’est la simplicité apparente de la composition. Le piano déroule son motif circulaire, rejoints par des frottements de violon discrets, quelques percussions douces — kicks étouffés, claps feutrés — qui donnent la pulsation d’un cœur calme. Tout semble limpide, mais sous cette fluidité se cache une richesse de détails : de petites inflexions rythmiques, des respirations, des nuances qui révèlent la minutie de l’écriture. C’est une musique pensée pour flotter en arrière-plan, et pourtant, si on tend l’oreille, elle déploie un univers entier.
R3b3l I compose comme on respire. Son rapport à la musique, lié à sa manière singulière de percevoir le son — amplifié, omniprésent, parfois jusque dans le sommeil — donne à ses créations une aura particulière. Carousel n’est pas seulement un instrumental apaisant : c’est un espace de projection, une toile sonore où chacun peut greffer ses propres images, ses propres histoires.
On pense à ces manèges où, enfant, on tournait sans fin, pris entre excitation et vertige, incapable de savoir si on voulait descendre ou prolonger la boucle. Le morceau agit de la même manière : circulaire, hypnotique, doucement régressif. Mais là où le manège finit toujours par s’arrêter, Carousel peut tourner à l’infini — une ronde intime et réconfortante qu’on choisit de relancer encore et encore.
Un titre qui, sous son apparente simplicité, capture quelque chose de rare : le pouvoir d’éveiller la mémoire et d’apaiser l’instant présent dans un même mouvement.
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septembre 12, 2025Un souffle de synthé, une batterie qui pulse comme un cœur au ralenti, et soudain une guitare s’élève, flamboyante, presque théâtrale. Lost in the Dark pourrait être la bande-son d’un film des années 80 jamais tourné, mais Kavita Baliga le transforme en un geste très contemporain : celui de redonner vie au format oublié de la power ballad. Là où l’ère du streaming impose ses trois minutes standardisées, elle choisit la longueur, le crescendo patient, le fade-out nostalgique.
Accompagnée du guitar hero Michael Thompson et du producteur Craig Bauer, Kavita s’inscrit dans une tradition – Roxette, Heart, Bonnie Tyler – tout en la détournant subtilement. Sa voix, issue d’un parcours de soprano classique et nourrie par ses expériences entre Bollywood et les scènes européennes, n’a rien d’attendu. Elle est légère, presque vaporeuse, et se pose comme un voile au-dessus des riffs électriques. Le contraste intrigue : une douceur presque Enya qui se heurte aux éclats de guitare saturée, comme si deux époques, deux continents, deux sensibilités se rencontraient dans le même morceau.
Le texte – errance, solitude, lueur d’espoir au milieu des ténèbres – trouve une résonance particulière dans cette orchestration généreuse. La lente montée en intensité agit comme une métaphore : chaque couche de son est une main tendue pour sortir de l’obscurité. Et lorsque la guitare s’envole dans un solo incandescent, c’est moins une démonstration technique qu’une décharge émotionnelle, un cri arraché à la nuit.
Avec Lost in the Dark, Kavita Baliga inaugure une nouvelle phase de sa carrière : moins interprète, plus autrice de son propre récit. Elle tisse des ponts entre l’Inde et l’Occident, entre les musiques de films et la pop alternative, entre l’intime et le grandiose. C’est un morceau qui revendique le droit d’être anachronique, de faire fi des tendances, et d’offrir à l’auditeur une expérience complète – quelque chose à ressentir, pas seulement à consommer.
Un pari rare, audacieux, et profondément touchant : rallumer la flamme d’un genre qu’on croyait enterré, pour prouver qu’il a encore des histoires à raconter.
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septembre 12, 2025Le grondement d’un train sous Manhattan, la sueur des rames bondées, et cette impression que chaque trajet souterrain est aussi un plongeon dans sa propre tête. Metro Subterráneo fonctionne comme ça : un disque qui avance sur des rails imaginaires, oscillant entre la fête et l’introspection, entre les lumières de la ville et les zones d’ombre intimes de LARJIMAR. Chaque titre y joue le rôle d’une station, un arrêt bref où les émotions montent et descendent, où le voyageur qu’est l’artiste explore autant ses origines caribéennes que ses pulsions R&B et rap new-yorkaises.
Looking Back ouvre le trajet par une rétrospective douce-amère : un regard derrière l’épaule, porté par des sonorités sobres et un chant fragile. In My Feels (I Get) passe à une intensité plus contemporaine, R&B digital qui parle de vulnérabilité avec une franchise désarmante. Puis Walkin Ere’ installe le décor urbain : trap ralenti, ambiance de trottoir humide, comme une marche nocturne dans Brooklyn.
Take My Time se love dans une sensualité moite, héritée de Timbaland et d’Aaliyah, tandis que La 42 explose en Spanglish vibrant, ode à la culture caribéenne qui pulse comme une rue en plein été. Avec Floro Caverns, on s’enfonce dans l’abstrait : textures électroniques étranges, sensation d’être perdu dans un tunnel sans fin.
Le centre de l’album s’éclaire avec Rich Dreamz, déclaration d’ambition, et Love Me, plus fragile, une supplique déguisée en ballade pop. Puis Caboose et Down ramènent à la mélancolie, le train ralentit, les pensées se densifient. Ferrocarril Samaná et Alone creusent encore plus l’intime, entre solitude assumée et mémoire d’un ailleurs.
La dernière ligne droite (Booze Hit, Ojos Mírame, Mph, Electrified Rails) sonne comme une série d’accélérations et de chocs : l’ivresse, le désir, la vitesse, et enfin l’électricité brute qui ferme le voyage.
Avec Metro Subterráneo, LARJIMAR lâche un album R&B/hip-hop hybride, et bien plus que ça. Il propose une expérience totale, nourrie autant par les sons que par les visuels pixelisés qu’il crée en parallèle. C’est un disque qui respire la sueur des clubs, la poésie des rues et le silence des introspections. Une traversée souterraine, mais tournée vers la lumière.
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septembre 12, 2025Un EP qui s’écoute comme si l’on tombait par hasard sur un carnet intime laissé sur la banquette d’un club désert. Chaque titre y est une confidence griffonnée à la hâte, transformée en éclats disco-pop et en pulsations électroniques. Causing A Commotion n’est pas un projet pensé pour plaire, c’est une manière de survivre à ses propres obsessions en les jetant sur le dancefloor, sous une lumière qui ne pardonne rien.
Le voyage s’ouvre avec Subconscious – Primordial Radio Mix, où le désir inavoué se dit sans détour, masqué seulement par une production hypnotique. Les synthés sont lisses comme du verre, la voix glisse à mi-chemin entre aveu et séduction : c’est le chaos de l’attirance pris dans une boucle euphorique. Plus loin, Bubble Gum Hot explose en deux minutes d’ironie pop, presque enfantine, un bonbon acidulé qui cache pourtant une morsure plus sombre.
San Diego – Synthphonica Radio Mix est une fuite vers l’horizon : un morceau qui sonne comme une route californienne vue depuis un appartement londonien, mélancolique et solaire à la fois. Meet Me On Street Corners poursuit la dérive, plus fragile, comme une conversation surprise à minuit. Avec Hearts Aren’t Made Of Wood – Rework ’25, Kane revient sur un ancien titre et lui donne une patine plus tendre, comme on relit une vieille lettre en soulignant les mots qu’on avait oubliés.
Puis vient le cœur du projet, Causing A Commotion. Ici, la tension atteint son paroxysme : disco trouble, voix de velours, refrain pensé pour enflammer mais où perce une inquiétude latente. La fête n’est pas légère : elle est hantée. Enfin, Ratbag Joy – Alternative Radio Mix clôt l’EP avec un sourire en coin, décalé, presque moqueur, rappelant que l’univers de The New Citizen Kane refuse la linéarité.
Avec Causing A Commotion, Kane Michael Luke continue de bâtir sa mythologie : une pop électronique à la fois intime et théâtrale, sensuelle et tourmentée. Chaque titre agit comme un fragment de mémoire réécrit en musique. Ce n’est pas seulement de la danse : c’est une séance de spiritisme où les fantômes s’invitent sur la piste.
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septembre 12, 2025Un battement sourd, presque inquiétant, se glisse dans les premières secondes de Lajan. On croit d’abord à une simple mise en tension, mais très vite, le morceau prend son envol : une mélodie spectrale, une rythmique qui claque sec, et l’impression d’entrer dans un club hanté où chaque beat agit comme un stroboscope. LoLo Darko, enfant de Brockton, signe avec ce single une déclaration esthétique autant qu’un titre de danse.
Ce qui frappe, c’est la manière dont il brouille les lignes. Lajan n’appartient ni tout à fait au hip-hop, ni totalement à la pop électronique, ni franchement au latin pop. C’est un hybride qui jongle avec les codes : des percussions qui font vibrer le sol, des flows hachés comme des lames, et cette atmosphère sombre, presque cinématographique, qui lui donne un souffle avant-gardiste. Loin du simple banger, Darko construit une ambiance : une salle close où l’on oscille entre l’envie de danser et le frisson d’un danger imminent.
On retrouve dans son approche une volonté de détourner l’énergie festive pour la plonger dans l’ombre. Le morceau a des allures de rituel urbain : hypnotique, nerveux, presque tribal par moments. Mais il garde cette efficacité pop immédiate, ce sens du hook qui s’imprime après une seule écoute. C’est ce mélange d’expérimental et d’accessible qui rend Lajan si singulier.
LoLo Darko, déjà remarqué pour son esthétique affûtée et son sens du style, confirme qu’il ne cherche pas à suivre les tendances : il les tord à son image. Avec Lajan, il propose une vision où le hip-hop n’est plus seulement une affaire de paroles ou de flow, mais une matière brute, malléable, qui peut devenir danse macabre ou fête électrique.
En clair, Lajan est moins un single qu’un manifeste. Une preuve que dans le vacarme actuel, il reste possible d’imposer une identité sonore radicale, sombre et excitante à la fois.
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septembre 12, 2025Un claquement de caisse claire, un frisson synthétique, et tout à coup l’air semble chargé d’électricité. Your Smile Got Me surgit comme une carte postale froissée retrouvée au fond d’un sac, l’image d’un sourire qui hante encore mais qu’on préfère transformer en fête. Sdante ne raconte pas une histoire d’amour ratée, il la métamorphose : il peint l’échec avec des couleurs saturées, il colle des guitares flamboyantes sur les blessures et maquille la douleur de nappes électroniques qui scintillent comme des néons en pleine nuit.
Ce titre, à la croisée de la dream pop et du rock mélodique, a quelque chose de trompeur. On croit d’abord entendre une chanson euphorique, calibrée pour les playlists qui carburent à l’énergie solaire. Mais derrière la brillance, il y a cette gravité, cette noirceur douce, qui vient se loger dans les interstices du refrain. Sdante, qui puise autant dans The Kooks que dans Fyfe ou The Wombats, connaît la mécanique : l’obsession mélodique sert de masque, le rythme entraînant agit comme une anesthésie, mais tout est construit pour que la mélancolie finisse par transpercer.
La réussite de Your Smile Got Me réside dans cette dualité. Ce n’est ni une ballade plaintive ni un banger pop-rock opportuniste : c’est un morceau bancal, volontairement contradictoire, qui parle avec justesse de ce que c’est que d’aimer, de perdre, et de vouloir danser malgré tout. On y entend la trace d’un adolescent façonné par le rock des années 2000, mais aussi l’adulte qui a apprivoisé les machines pour sculpter ses fantômes en mélodies dansantes.
Avec ce single, Sdante signe une chanson-mirage : elle brille, elle séduit, mais elle trouble aussi. Une musique qui donne envie de lever les bras tout en serrant les dents, comme si la joie et la douleur avaient enfin trouvé un terrain d’entente.
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septembre 12, 2025On a tous ce manque étrange, ce petit vide quotidien qu’on comble comme on peut – café brûlant, scroll infini, amour bancal, cigarette volée dans la nuit. Vitamin, le nouveau single de Dude Safari, se branche directement sur cette faille-là et la transforme en déflagration. Un hymne sous stéroïdes, plein de guitares saturées et de refrains taillés pour être criés les bras levés, mais qui garde la lucidité d’un texte né de l’attente, du doute, de l’obsession.
Avec ce titre, les quatre de Surrey n’inventent pas la poudre, mais ils la font exploser à leur manière. Leur recette ? La rugosité grunge héritée des 90’s, mais remise au goût du jour avec une immédiateté pop qui les rapproche des poids lourds de l’alt-rock sans jamais sombrer dans le pastiche. La basse claque, les guitares se déchaînent en mur de son, et la voix de Jamie Tipson, tendue comme une corde, vient incarner ce besoin vital de secousse, de frisson, de quelque chose qui maintient debout.
Ce qui rend Vitamin si efficace, c’est son refus du cynisme. Là où d’autres auraient saturé le morceau de second degré, Dude Safari assume le côté hymne sans honte, presque naïf dans sa recherche d’énergie brute. Le refrain, accrocheur jusqu’à l’obsession, agit comme un shoot d’adrénaline : on l’entend une fois, on a envie de le hurler à nouveau, comme pour repousser le monde extérieur.
Depuis leur premier album YUSSUS et son documentaire compagnon, le quatuor s’est imposé comme l’un des noms à surveiller de la scène britannique. Mais avec Vitamin, ils franchissent un palier : un titre qui n’est pas seulement un single, mais un manifeste, une déclaration de survie en pleine ère de fatigue généralisée.
En clair, Dude Safari vient de livrer sa pilule grunge-pop : addictive, bruyante, indispensable.
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septembre 12, 2025C’est une boule à facettes qu’on croyait éteinte, et qui se remet soudain à tourner. Just Dance, le nouveau single de Young Rob, joue la carte de l’insouciance et des paillettes, une pure invitation disco-pop à oublier le poids du quotidien pour céder à la danse. Le titre, produit par Regah, ne triche pas : lignes de basse bondissantes, synthés soyeux et mélodies dorées qui semblent taillées pour refléter la lumière.
On sent l’influence des Daft Punk dans la rigueur du groove, mais Rob y injecte sa touche personnelle : un chant à la fois suave et chaleureux, qui préfère la proximité au spectaculaire. Ici, pas de grandiloquence, mais une sincérité dans la manière de transmettre la joie, comme si la danse était un droit fondamental. Le refrain, simple et immédiat, agit comme une injonction douce : se laisser aller, se reconnecter au plaisir du corps en mouvement.
Ce qui rend Just Dance singulier, c’est son positionnement : entre nostalgie assumée et modernité pop, il réussit à sonner rétro sans tomber dans le pastiche. Les échos du disco s’y mêlent à une production actuelle, propre, calibrée pour briller aussi bien sur une piste de club que dans une playlist de route estivale.
Young Rob, né à Accra et installé à Londres, a déjà prouvé son flair pour les refrains accrocheurs. Ici, il pousse plus loin son exploration : un titre solaire, pensé comme un moment suspendu. Just Dance n’est pas qu’un morceau de plus dans l’ère de la danse facile : c’est une bulle de légèreté disco-pop, un petit luxe à savourer sans modération.
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septembre 12, 2025Un disque peut parfois ressembler à une boîte noire : on l’écoute comme on déchiffre les restes d’un crash, à la recherche de ce qui a brûlé, de ce qui persiste. Extinction Burst de Matare a cette densité-là, celle d’un témoignage intime transformé en fresque sonore, comme si l’on passait en accéléré toutes les nuances d’une vie à travers douze morceaux. Ce n’est pas de la nostalgie gratuite, mais une manière de convoquer les fantômes des années 80 pour mieux parler du présent.
L’album se déploie comme une succession de miroirs. Attach Your Memories ouvre le bal avec des guitares cristallines, presque fragiles, qui fixent le ton : la mémoire est ici le terrain de jeu et de combat. Puis viennent les coups de sang, I Could Kill You But I Love You ou Slicing Knives, où la rage intime se heurte à la volupté mélodique, condensant l’essence de Matare : écrire avec la colère mais chanter avec l’élégance. Plus loin, Learned Helplessness s’enfonce dans une torpeur cold wave, quand Forever Light ou Revolution cherchent à rallumer la flamme, comme si l’album avançait en oscillant entre résignation et sursaut.
Le morceau-titre, Extinction Burst, fonctionne comme un climax : tension shoegaze, batterie martiale, voix noyée sous la réverbération, explosion contenue qui traduit l’urgence d’un monde en bout de course. Ici, les influences – The Chameleons, The Cure, New Order – ne sont pas des citations mais des outils pour construire une cathédrale sonore personnelle, taillée dans la mélancolie mais tournée vers l’avant.
Avec Extinction Burst, Matare signe un disque qui refuse la superficialité. Un album qui respire la fin de quelque chose, mais qui trouve dans ce sentiment la matière pour inventer. Ce n’est pas un hommage figé à la new wave ou au post-punk : c’est une réinvention, un cri discret mais nécessaire, une preuve que l’on peut encore transformer la mémoire en arme esthétique.
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septembre 12, 2025Il y a dans Prízraky v Tmách quelque chose de spectral, une lenteur hypnotique qui s’installe et qui ne lâche plus. Mars_999, le projet solo du chanteur de Čisté Tvary, ose un goth-synthpop à la fois minimal et viscéral, sculpté à coups de synthés analogiques (Juno-6, ARP Omni) et d’une basse live signée Jakub Vejnar. À 111 BPM, le morceau respire comme un battement de cœur ralenti, une transe intime qui explore ce qu’on appelle le “shadow self” – ce double obscur tapi sous la surface.
La production, réalisée avec Rohin Brown au Faust Studio de Prague, s’ancre dans une esthétique rétro sans tomber dans la nostalgie. On pense aux premières obsessions électroniques de Depeche Mode, à la mélancolie froide de TR/ST, mais aussi à la moiteur hallucinée de Boy Harsher. Pourtant, Mars_999 trouve sa propre voix : un chant en slovaque, hypnotique, qui ajoute à l’étrangeté du morceau une aura mystique, comme un mantra nocturne impossible à traduire complètement.
Le clip, signé Marián Vredík, accentue cette étrangeté. Tarot, marionnette-doppelgänger, logique onirique : l’imagerie convoque Jodorowsky, mais filtré à travers une sensibilité contemporaine, européenne, presque artisanale. Le résultat, ce n’est pas seulement une vidéo mais un rituel visuel, où l’on se laisse happer par des symboles qui semblent sortis d’un rêve à moitié oublié.
Prízraky v Tmách n’est pas ce genre de single accrocheur conçu pour la radio. C’est une porte d’entrée, une initiation à l’univers de Mars_999. Une chanson qui agit comme un sortilège : minimaliste en apparence, mais chargée d’une intensité souterraine qui laisse une empreinte durable.
Avec ce premier jet, Mars_999 prouve que son futur album ne cherchera pas à plaire à tout prix, mais à construire un monde, sombre, hypnotique, fascinant. Et c’est peut-être cela, la vraie beauté de cette démarche : faire de la pop un terrain de rituel, un lieu où nos propres fantômes se mettent à danser.
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septembre 12, 2025Dans l’imaginaire, on pourrait placer deux silhouettes sur un toit de ville, au milieu de la nuit, les lumières en contrebas et le sentiment que l’aube sera la fin. Until the Sunlight Dies sonne comme ce moment suspendu : un instant de grâce et de drame, où l’on sait que le temps est compté mais où l’intensité l’emporte sur tout le reste. A Thousand Reasons ne compose pas une chanson, mais une scène entière, portée par des voix qui s’affrontent et s’étreignent à la fois.
La force du morceau tient à son orchestration. Les cordes venues de Grèce – enregistrées à distance par Ally Rozario et Nikos Mavridis – apportent une densité quasi cinématographique. Elles ne décorent pas, elles alourdissent l’air, comme un poids dramatique sur les épaules des guitares saturées. La rythmique, massive et martiale, vient alors donner à la chanson une stature d’hymne, entre l’héritage des ballades emo des années 2000 et la flamboyance orchestrale de Skillet.
Mais le cœur du morceau, ce sont ces voix. Masculine et féminine, elles ne cherchent pas l’harmonie immédiate. Elles s’opposent, se frottent, se déchirent, comme si chaque phrase était un bras de fer entre désir et renoncement. Ce contraste, brut et fiévreux, fait naître une émotion rare, bien plus vraie que les duos aseptisés qui pullulent dans le rock grand public.
Until the Sunlight Dies est une tragédie amoureuse mise en musique, une fresque où l’excès devient beauté. A Thousand Reasons rappelle que le rock n’a pas besoin de se contenir pour rester pertinent : il peut encore se faire théâtre, cinéma et vertige, tout à la fois.
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septembre 11, 2025Certains morceaux ne cherchent pas à impressionner par leur virtuosité technique, mais à toucher directement le cœur. Lesson de Boilegacy appartient à cette catégorie : une ballade afrobeats lente, caressante, qui parle d’endurance, d’apprentissage et de lumière trouvée au milieu des épreuves. C’est le genre de chanson qu’on écoute tard dans la nuit, casque vissé, comme un conseil d’ami qu’on n’avait pas demandé mais dont on avait cruellement besoin.
La production choisit la sobriété. Un beat chaloupé, des percussions douces qui rappellent les pulsations d’un cœur calme, des mélodies chaudes qui enveloppent l’auditeur comme une couverture. Sur ce canevas, la voix de Boilegacy s’élève avec tendresse, naviguant naturellement entre l’anglais et le pidgin. Ce choix linguistique n’est pas anodin : il donne à Lesson une dimension universelle tout en restant solidement ancré dans son identité nigériane.
Ce qui distingue le morceau, c’est sa capacité à inspirer sans tomber dans la morale. Plutôt qu’un sermon, Boilegacy propose une conversation intime, presque murmurée. Il rappelle que chaque échec contient une graine d’apprentissage, que chaque difficulté peut se transformer en marche vers la suite. Le refrain agit comme un mantra : simple, répétitif, conçu pour rester dans l’esprit longtemps après l’écoute.
Dans un paysage afropop souvent saturé de morceaux festifs et hédonistes, Lesson se distingue par sa douceur introspective. C’est une chanson motivante sans être criarde, apaisante sans être fade, et universelle tout en restant profondément personnelle.
Avec Lesson, Boilegacy offre une pièce de musique qui ne cherche pas seulement à faire danser, mais à accompagner. Une ballade afro-soul qui rappelle que la musique, parfois, n’est pas là pour échapper à la vie, mais pour l’éclairer.
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septembre 11, 2025Le titre seul suffit à éveiller l’imaginaire. Black Dress sonne comme une apparition : celle d’une silhouette obsédante, à la fois élégante et dangereuse, muse et menace. Adam Earl, avec ce morceau, plonge dans l’ADN du rock alternatif le plus viscéral : guitares saturées qui s’enflamment en vagues successives, batterie martiale, et un chant qui joue la carte de la tension sensuelle autant que de la douleur contenue.
Le morceau frappe par son énergie frontale. Pas de détour, pas d’arrangements superflus : une montée en intensité qui ressemble à une course haletante derrière une obsession. La voix d’Earl, éraillée par moments, plane entre vulnérabilité et rage, donnant à Black Dress un caractère presque cinématographique. On y retrouve l’esprit sombre et incandescent des grands hymnes alternatifs, quelque part entre l’urgence grunge et la fougue post-punk.
Ce qui rend le titre captivant, c’est sa capacité à transformer une image simple — une robe noire — en un symbole chargé : attraction, perte de contrôle, vertige amoureux, danger magnétique. Derrière cette métaphore, c’est la mécanique des désirs irrépressibles qui est racontée, avec tout ce qu’elle peut avoir de fascinant et de destructeur.
Black Dress fonctionne autant comme une chanson qu’on hurle en concert, les poings levés, que comme une confession intime, criée à huis clos dans une chambre plongée dans le noir. Adam Earl signe un morceau brut, sensuel et universel, qui rappelle que le rock alternatif garde toute sa force lorsqu’il se nourrit de l’excès et de l’ambiguïté des passions humaines.
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septembre 11, 2025À ce stade de sa carrière, Murs n’a plus rien à prouver. Pourtant, avec Chopper, il rappelle pourquoi il reste l’une des voix les plus respectées du rap indépendant : une plume acérée, une sincérité brute, et ce mélange rare de gangsta rap, de pop rap et de hip-hop conscient qui fait de lui un funambule entre plusieurs mondes.
Le morceau frappe par son équilibre. La prod oscille entre tension et accessibilité : un beat martial, taillé pour la rue, mais agrémenté de lignes mélodiques accrocheuses qui ancrent le titre dans une modernité pop-rap. Le résultat : une track qui cogne fort, sans renoncer à séduire un public plus large.
Là où Murs excelle, c’est dans l’écriture. Chopper n’est pas une glorification aveugle des excès ; c’est une chronique lucide, une plongée dans les contradictions de la survie et de l’ambition. Fidèle à sa tradition de storyteller, il juxtapose introspection et imagerie brute, capable d’évoquer la rue tout en questionnant ses codes. Ses rimes sont à la fois un miroir tendu et un scalpel, tranchant dans le vif du réel.
Ce titre s’inscrit dans une trajectoire déjà immense : de Living Legends aux classiques produits par 9th Wonder, de ses expérimentations punk-rap avec The White Mandingos à son record Guinness de 24 heures de rap non-stop. Chopper condense tout cela : l’endurance, l’authenticité, et une vision artistique qui refuse les cases.
Dans un rap saturé d’imitations, Murs reste une singularité. Chopper n’est pas un simple retour : c’est une nouvelle preuve de constance, un rappel que le vétéran californien continue d’écrire l’histoire avec la même hargne et la même lucidité qu’à ses débuts. Un titre qui confirme qu’après vingt ans de carrière, son flow et sa vision sont toujours aussi affûtés qu’une lame.
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septembre 11, 2025Dans No Cobbs, The Last Maven et Heavy Crownz font ce que les rappeurs de Chicago savent le mieux : transformer l’argot du quotidien en manifeste musical. Ici, “cobbs” – ce mot lancé pour réclamer une part de chips ou d’attention – devient métaphore d’un monde où tout le monde veut sa part, où l’avidité guette derrière chaque sourire. Et No Cobbs se pose comme un refus net : pas question de céder son authenticité ou ses gains à ceux qui n’ont pas fait le chemin.
La prod s’installe avec une élégance granuleuse : boom bap classique, textures brutes, un groove qui sent la poussière des vinyles samplés mais qui se marie à une noirceur contemporaine proche de la trap. C’est un son hybride, ancré dans l’histoire mais branché sur l’urgence actuelle, qui colle parfaitement à la plume incisive des deux MCs.
The Last Maven déroule un texte dense, bardé de métaphores sur l’argent, la loyauté et l’ambition. Derrière la joute verbale, une question revient : qui est vrai, qui n’est qu’un homoncule – une imitation creuse ? Heavy Crownz entre en miroir, ajoutant une gravité streetwise, une manière de ramener chaque ligne à la réalité du grind, entre désillusion et détermination.
Mais No Cobbs ne se limite pas à un ego trip. On y sent une philosophie de vie : avancer sans trahir, valoriser le travail authentique, se méfier des raccourcis faciles. Le morceau rend hommage à une certaine idée du hip-hop de Chicago : à la fois méfiant et généreux, méfiant envers les faux-semblants mais riche de références et de sagacité.
Avec ce titre, The Last Maven et Heavy Crownz livrent plus qu’un banger underground : une leçon de survie urbaine, enrobée d’un beat qui groove autant qu’il cogne. No Cobbs, c’est un avertissement et un credo : dans la jungle de la hustle, il faut savoir dire non pour rester debout.
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septembre 11, 2025Le morceau s’ouvre comme une nuit sans sommeil : une mélodie fragile, presque spectrale, portée par la voix aérienne de Ruby Elizia. Puis la basse s’écrase, lourde, rugueuse, et Rizzyserino prend la parole avec des vers acérés. London is Burning n’est pas seulement un titre : c’est une image, une vérité lancée à la face du monde. Celle d’une capitale dont la jeunesse brûle à petit feu, coincée entre rêves étouffés et survie quotidienne.
Ruby et Rizzyserino jouent sur la polarité. Elle, c’est l’âme qui plane, le souffle qui adoucit l’atmosphère tout en l’habillant d’une mélancolie tenace. Lui, c’est la rue brute, le constat sans filtre, des rimes chargées de solitude et de colère intériorisée. Ensemble, ils incarnent deux facettes d’une même réalité : l’aspiration à s’élever et le poids qui vous cloue au béton.
La production puise dans les codes drill : basses subsoniques, hi-hats nerveux, rythme martial. Mais l’ajout de nappes éthérées et d’un refrain chanté détourne le morceau de la simple brutalité. Ici, l’émotion se frotte au bitume. La musique devient miroir : une tension permanente entre la beauté d’une mélodie et la dureté d’une confession.
London is Burning raconte le chaos de l’intérieur : jeunesse désabusée, santé mentale fragilisée, mais aussi résilience, cette obstination à transformer la douleur en art. C’est une chanson qui ne romantise pas la rue mais l’expose dans toute sa complexité – un lieu où se perdre, mais aussi un terrain où s’inventer.
Avec ce single, Ruby Elizia et Rizzyserino offrent une fresque intime et collective, un instantané de la capitale britannique vue depuis ses ombres. Un titre où la drill devient bien plus qu’un genre : une matière pour dire l’incendie intérieur d’une génération.
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septembre 11, 2025Il y a dans African Beauty cette impression d’espace ouvert : une chanson qui respire à la fois Lagos et Berlin, la soul des origines et la modernité des clubs européens. DammyDaas, artiste nigérian installé en Allemagne, transforme l’afrobeats et le R&B en un langage universel, une musique qui ne se contente pas de divertir mais qui fédère, raconte, relie. C’est une déclaration à la beauté africaine, certes, mais aussi une ode à l’identité, à la mémoire et au pouvoir d’incarner une culture à travers le son.
Le morceau est construit comme une danse douce : percussions chaudes, guitares qui filent comme des caresses, nappes électroniques discrètes mais enveloppantes. La voix de DammyDaas glisse dessus avec élégance, oscillant entre l’intimité feutrée du R&B et la ferveur solaire de l’afropop. Ce mélange subtil donne à African Beauty une aura à la fois intemporelle et moderne, comme si Marvin Gaye rencontrait Wizkid dans un studio cosmopolite.
Ce qui rend le titre singulier, c’est sa double lecture. À la surface, un hymne séduisant, construit pour résonner dans les playlists globales et séduire les foules. Mais en profondeur, un geste identitaire : celui d’un artiste qui revendique ses racines africaines tout en incarnant la fluidité culturelle d’un parcours migratoire. On sent derrière la chanson l’écho de ses voyages, de ses rencontres, et la volonté de bâtir une passerelle musicale qui transcende les frontières.
DammyDaas ne se contente pas de publier un single : il inscrit sa musique dans une démarche plus vaste. Le lancement de Jiggy Fest, son festival berlinois célébrant 10 ans de carrière, en est la preuve : une volonté d’unir les cultures par la musique, de créer une scène indépendante où la diaspora et les artistes locaux se rencontrent.
Avec African Beauty, il confirme qu’il n’est pas seulement un nom à suivre mais déjà une voix singulière dans la cartographie mondiale. Une voix qui chante la beauté, mais qui, au fond, parle d’unité, de mémoire et d’avenir.
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septembre 11, 2025Avec YOU, Moe Abdo transforme la pop et le R&B en une matière mouvante, traversée de pulsations afro et d’élans soul. Le chanteur soudanais, héritier spirituel d’Usher et de Marvin Gaye autant que marqué par l’esthétique plus contemporaine de l’afro-pop, livre une pièce qui sonne comme une lettre ouverte : une adresse directe, vibrante, où chaque mot semble flotter dans l’air comme une image de cinéma.
La production est à la fois riche et mesurée. Des cordes s’invitent par touches discrètes, un piano se glisse sous la surface, et les synthés nappent l’ensemble d’une lumière tamisée. La rythmique afro, souple mais ferme, garde le morceau ancré dans un groove charnel, tandis que les arrangements électroniques apportent une modernité qui fait respirer l’ensemble. C’est une musique hybride, consciente de ses racines mais tournée vers le futur, qui rappelle que la fusion peut être un langage universel.
La voix de Moe Abdo en est le cœur battant. Elle oscille entre la sensualité feutrée du R&B et la ferveur d’un chant plus soul, capable d’effleurer l’émotion brute sans tomber dans l’excès. On y entend un vécu, une expérience intime transposée en mélodie, mais aussi une capacité à transformer cette fragilité en force. YOU ne se contente pas d’exprimer un sentiment amoureux : il explore ce que signifie s’abandonner, laisser l’autre pénétrer dans ses failles et dans ses rêves.
À travers ce titre, Moe Abdo impose un univers singulier : à la fois personnel et cinématographique, nourri d’arrangements live et d’ambiances électroniques, comme si chaque chanson devait être la bande originale d’un moment de vie. YOU est un morceau qui dépasse les codes de l’afrobeats ou du R&B pour devenir une expérience sensorielle, intime et universelle à la fois.
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septembre 11, 2025Dès les premières secondes de Sugar, on sent que Tokyo Yaw n’a pas cherché à composer une simple track d’afrobeats de plus. Il y a dans ce morceau une tension lumineuse, un balancement subtil entre la chaleur d’une afro-pop solaire et la profondeur hypnotique de l’amapiano. Résultat : un groove souple, chaloupé, qui se glisse sous la peau avec la lenteur d’un poison doux, pour ensuite faire exploser le corps en mouvement.
La production repose sur une alchimie millimétrée : percussions boisées qui claquent comme des pas de danse sur carrelage, lignes de basse qui ondulent à la limite du dub, touches électroniques aériennes qui apportent de la légèreté. Tout est pensé pour envelopper la voix de Tokyo Yaw, claire et souple, qui porte la chanson avec un mélange d’assurance et de séduction. Le chant s’accroche au refrain comme à une incantation, répétitif mais enivrant, parfaitement calibré pour l’ivresse des fins de nuit.
Ce qui séduit dans Sugar, c’est sa capacité à jouer sur deux tableaux : l’accessibilité pop, avec un hook immédiat et chantable, et la profondeur club, grâce à l’influence amapiano qui étire le groove et le rend presque hypnotique. C’est une chanson qui fonctionne autant dans un casque en plein jour que sur une piste moite à trois heures du matin.
Tokyo Yaw y affirme une vision claire : faire de la fusion afro un espace de sensualité, mais aussi de subtilité. Pas de surproduction, pas de lourdeur : juste un beat qui respire, une mélodie accrocheuse, et un univers qui donne envie de s’abandonner.
Avec Sugar, il signe un track généreux, hédoniste mais raffiné, qui confirme que l’afrofusion et l’amapiano n’ont pas fini de se réinventer. Une douceur addictive, sucrée oui, mais avec ce goût tenace qui reste sur la langue longtemps après l’écoute.
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septembre 11, 2025Il faut une certaine audace pour toucher à un monument comme Celebration. Là où beaucoup se contenteraient d’un rework paresseux pour séduire les nostalgiques, Bido prend le pari risqué de plonger le hit planétaire de Kool & The Gang dans un bain nu-disco taillé pour les clubs. Le résultat, Celebration (Bido Edit), conserve l’âme festive de l’original tout en injectant une pulsation moderne, hypnotique, calibrée pour les nuits moites où le corps devient une machine à rythme.
Le remix s’appuie sur deux piliers. D’abord, la ligne vocale iconique, utilisée avec parcimonie, comme un clin d’œil complice qui ramène immédiatement à l’héritage funk-disco. Ensuite, une architecture house profonde : basses rondes, hi-hats ciselés, groove qui monte en vagues successives, jusqu’à ce que le morceau atteigne un état de transe collective. On ne danse plus seulement pour fêter, mais pour se perdre, pour se dissoudre dans la boucle.
Bido ne cherche pas la facilité. Plutôt que de capitaliser sur la seule nostalgie, il reconstruit Celebration comme un objet hybride, entre hommage et réinvention. La vibe organique des samples se frotte à une électronique souterraine, et c’est cette tension qui rend l’edit irrésistible : familier mais inédit, solaire mais sombre, à la fois souvenir et avenir.
Dans la galaxie des edits et remixes où trop de producteurs recyclent sans âme, Bido affirme une identité claire : un artisan du groove underground, capable de transformer un classique mainstream en arme secrète pour dancefloor. Celebration (Bido Edit) n’est pas qu’une relecture : c’est une preuve de maturité, un statement artistique. Une invitation à lever les bras, oui, mais surtout à redécouvrir un morceau qu’on croyait connaître – cette fois, les yeux fermés, le cœur ouvert, et les pieds collés au sol vibrant d’une salle pleine.
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septembre 11, 2025Kenny Sharp n’écrit pas des chansons, il déploie des ambiances. Avec Amy, le natif de D.C. livre un titre qui semble sorti d’un vinyle Motown oublié, mais réinjecté dans un corps alt-pop lumineux, vibrant, calibré pour les foules autant que pour l’intime. C’est l’ADN de son projet Brown Liquor Music : une soul ivre de groove, mais toujours assez souple pour se métisser de funk, de rock et d’élans pop modernes.
Dès l’introduction, la couleur est donnée : cuivres rétro, basse ronde, un rythme qui chaloupe comme une marche de séduction. Sharp ne se contente pas de chanter, il performe. Sa voix – chaude, expansive, capable de murmurer comme de rugir – convoque à la fois James Brown et Morris Day, mais toujours avec ce twist contemporain qui l’empêche de sonner pastiche. Amy fonctionne comme une déclaration, à la fois amoureuse et musicale, où l’objet du désir devient prétexte à un déferlement de style et de charisme.
Ce qui rend le morceau irrésistible, c’est son double visage : d’un côté la nostalgie Motown, ses harmonies satinées et son groove chaleureux, de l’autre une patine alt-pop qui l’arrime au présent. On imagine ce titre résonner aussi bien dans un club intimiste que dans une grande salle où les refrains deviennent incantations collectives.
Sharp incarne à merveille ce pont générationnel : ex-rappeur conscient devenu entertainer flamboyant, il s’autorise désormais la flamboyance sans renier la profondeur. Amy est un morceau séducteur, certes, mais c’est aussi une leçon de style : la preuve que la soul, loin d’être figée dans ses mythes, peut se réinventer en 2025 sous des formes nouvelles, hybrides et universelles.
Avec Amy, Kenny Sharp ne signe pas qu’un single : il rappelle que la musique, quand elle est bien dosée, peut être à la fois rétro, moderne, et viscéralement humaine. Une invitation à céder au groove, sans condition.
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septembre 11, 2025Dans Motel Kid, Lil T ouvre une porte rarement franchie dans le rap et le R&B : celle des motels bon marché, des chambres partagées à six, des nuits où l’instabilité devient une seconde peau. Le morceau, mi-ballade R&B, mi-confession rap, raconte une enfance marquée par le chaos et la pauvreté, et montre comment ces cicatrices se prolongent dans les relations intimes de l’âge adulte. Ce n’est pas seulement une histoire personnelle : c’est le portrait d’une Amérique des marges, souvent invisible, où grandir rime avec survivre.
La production, sobre mais précise, s’appuie sur des accords mineurs qui évoquent la mélancolie sans jamais tomber dans le misérabilisme. Un beat pop-rap accessible garde le morceau fluide, presque lumineux, contrastant avec la gravité du propos. C’est ce décalage qui touche : une chanson qu’on pourrait chanter en chœur, tout en sentant la douleur réelle qui l’habite. La voix de Lil T navigue entre douceur fragile et éclats de rap plus âpres, comme si chaque couplet oscillait entre confession intime et cri de résistance.
Ce qui marque dans Motel Kid, c’est la lucidité avec laquelle Lil T relie ses souvenirs d’enfance à ses amours d’adulte. Le manque de stabilité, l’impossibilité de se sentir “chez soi”, rejaillit dans ses relations : peur de l’abandon, besoin de contrôle, incapacité à se livrer totalement. En transformant ces traumas en musique, il signe un morceau cathartique, à la fois personnel et universel, qui parlera à tous ceux qui ont grandi dans des foyers fracturés.
Avec Motel Kid, Lil T s’affirme comme un narrateur sensible, capable de sublimer la dureté de son vécu sans la travestir. C’est un titre qui dit tout : la douleur, la résilience, mais aussi la beauté fragile qui peut naître même dans les endroits les plus improbables. Un morceau qui fait de la chambre de motel un symbole : précaire, bancal, mais rempli d’humanité.
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septembre 11, 2025Un Rhodes qui s’étire comme une prière, une ligne de basse moelleuse, et puis la voix de Marcus Coates qui entre, pleine de feu mais teintée d’une douceur inattendue. Locked in a Vision n’a rien d’une simple ballade néo-soul : c’est une confession, un manifeste, un chant d’endurance né d’un tunnel vision où l’on refuse de se détourner de son but malgré les nuits blanches, les sacrifices et les doutes qui bourdonnent.
La production s’ancre dans un rétro-soul assumé, avec des arrangements feutrés qui rappellent la chaleur Motown, mais traversés d’une sensibilité R&B contemporaine. C’est cette fusion qui donne au morceau son équilibre : la nostalgie d’un temps où la soul servait d’arme pour traverser la douleur, et la modernité d’une écriture qui parle à une génération obsédée par la réussite autant que par l’authenticité.
Marcus Coates ne rappe pas, il ne sermonne pas : il raconte. Son phrasé, nuancé, traduit l’ambivalence d’un homme écartelé entre la dureté de la route vers le sommet et la tendresse d’un amour qui n’interrompt pas cette ascension mais l’alimente. Dans ce sens, Locked in a Vision est autant une chanson de grind qu’une chanson de cœur. L’un nourrit l’autre, comme si la passion créative et la passion amoureuse provenaient de la même source.
Au-delà du propos, ce titre fonctionne comme une incantation. On l’écoute en fermant les yeux, et chaque note semble encourager à tenir, à ne pas lâcher. C’est une soul de combat, à la fois intime et universelle, qui prend la sueur comme matière première et en fait quelque chose de beau.
Avec Locked in a Vision, Marcus Coates ne signe pas qu’un morceau : il érige une philosophie. Celle d’une ambition qui ne se dilue pas dans l’ego, mais qui trouve sa force dans la foi et l’amour. Une vision, certes, mais habitée, lumineuse, et terriblement humaine.
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septembre 11, 2025La première écoute de Wish You Never Knew Me ressemble à une chute lente. Tout commence par une atmosphère brumeuse, nappes mélodiques suspendues comme un souvenir douloureux, puis les basses trap s’abattent, lourdes, implacables. DaButters s’y livre sans filtre, entre ego blessé et lucidité brutale : l’aveu que certaines rencontres laissent plus de ruines que de lumière, et qu’on en vient à souhaiter l’effacement, comme si l’histoire n’avait jamais commencé.
Le morceau navigue entre plusieurs pôles. Côté trap, la structure rythmique est sèche, efficace, avec des hi-hats nerveux et une basse qui s’impose comme une colonne vertébrale. Côté emo hip-hop et cloud rap, la mélodie plane, presque éthérée, donnant au track une dimension introspective qui accentue la gravité du propos. DaButters jongle entre rap et chant, créant un va-et-vient constant entre dureté et fragilité, bravade et confession.
Ce qui marque, c’est la sincérité nue de l’écriture. Là où beaucoup de morceaux du genre tombent dans la pose ou le cliché, Wish You Never Knew Me se distingue par sa densité émotionnelle. On y entend la voix d’un narrateur écartelé entre le besoin de se protéger et l’impossibilité d’effacer. Le flow garde une intensité rageuse, mais derrière les mots, on devine les fêlures.
Dans la continuité de cette nouvelle scène où le trap rencontre l’introspection – quelque part entre XXXTentacion, Juice WRLD et la veine consciente d’un Mick Jenkins – DaButters impose sa vision : celle d’un artiste qui sait transformer ses contradictions en matière musicale.
Wish You Never Knew Me est à la fois un exutoire et un miroir : un morceau qu’on écoute seul, tard dans la nuit, quand les basses deviennent battement de cœur et que les fantômes du passé refusent de se taire.
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septembre 11, 2025Un titre qui porte bien son nom. The Groove est ce type de morceau qui attrape l’auditeur dès les premières mesures et l’installe dans un balancement souple, quelque part entre la chaleur d’un R&B old school et l’acuité d’un hip-hop conscient. Amp Melo, épaulé par le vétéran Dizzy Wright, tisse une pièce où réflexion et sensualité se répondent, où l’on pense autant qu’on ressent.
La prod déroule un tapis feutré : basse ronde, touches jazzy, rythme organique qui respire comme un live band. Ce n’est pas un hasard : Amp Melo, anciennement connu sous le nom d’Amplified, vient de la scène scénique, de ces shows à haute intensité où guitare électrique et flûte jazz s’invitent au côté des DJ sets. On retrouve ici cette énergie hybride, capable de faire bouger sans perdre en profondeur.
Son flow, ciselé mais chaleureux, rappelle les héritages de Mos Def ou Blu & Exile : un hip-hop qui ne se coupe jamais de la soul. Dizzy Wright, en featuring, ajoute une couche d’authenticité west coast, plus directe, plus rugueuse, qui équilibre la fluidité d’Amp. Ensemble, ils construisent un dialogue cohérent : deux générations, deux styles, mais une même volonté d’ancrer le groove dans un propos.
Ce qui rend The Groove précieux, c’est sa manière de transcender les cases. À la fois accessible et exigeant, il se glisse aussi bien dans une playlist chill que dans une écoute attentive. Le morceau annonce surtout la montée en puissance d’Amp Melo, qui s’apprête à sortir Off The Bench en 2024.
Avec ce titre, il ne se contente pas de surfer sur des influences : il confirme une identité. Celle d’un artiste qui comprend que la musique est à la fois un espace de fête et de réflexion, un lieu où l’on danse et où l’on pense. The Groove s’inscrit dans cette tradition : un pont entre le corps et l’esprit.
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septembre 11, 2025Un morceau en deux temps, comme deux visages d’une même quête : voilà ce que propose Jordan Burgett avec medellín. D’un côté, une introspection boom bap aux rimes serrées, une plume qui cherche la vérité entre spiritualité et tentations modernes. De l’autre, une explosion trap, saturée de basses et d’énergie, où l’égo reprend le dessus, célébrant l’excès comme un rite. Le titre devient alors une fable rap contemporaine : l’éternel duel entre sagesse et vanité, transcendance et matérialisme.
La première partie séduit par sa densité. Flow incisif, bars ciselés, références spirituelles et métaphysiques s’entrecroisent avec une honnêteté brute. On y entend l’homme derrière l’artiste, en proie au doute, à la recherche de repères au milieu du chaos. Puis, sans prévenir, le morceau bascule : les kicks deviennent plus lourds, les hi-hats s’accélèrent, la prod se gonfle d’arrogance sonore. Là, c’est le rappeur qui prend le dessus, l’égo qui s’affirme, l’envie de croquer le monde quitte à en oublier la quête initiale.
Ce contraste est la véritable réussite de medellín. Plutôt que de choisir un camp, Burgett accepte la contradiction et en fait matière artistique. L’écoute oscille entre gravité et fun, profondeur et insouciance, comme une soirée où une discussion philosophique finit en débordement d’ego ivre. C’est à la fois perturbant et libérateur, et surtout terriblement humain.
Dans un paysage rap souvent polarisé entre conscience et démonstration, Jordan Burgett embrasse les deux. medellín n’est pas un simple track : c’est un miroir de nos propres tiraillements, mis en musique avec intensité. Une preuve que le hip-hop, même en flirtant avec l’éclectisme, peut encore raconter des histoires complexes sans perdre son groove.
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septembre 11, 2025Sous le soleil de Northampton, la rencontre semblait improbable : Great Adamz, messager afrobeats à l’énergie vibrante, et Maddox Jones, artisan R&B à la voix fragile et nuancée. Pourtant, Body And Soul les réunit dans un duo qui fonctionne comme une équation parfaite : chaleur et intensité, séduction et tendresse, groove et émotion.
Dès les premières secondes, le morceau déploie une atmosphère enivrante. Les percussions afrobeat s’installent comme une pulsation organique, irrésistible, pendant que la ligne mélodique R&B apporte une douceur charnelle. Adamz pose sa voix comme un appel solaire, Maddox répond avec des harmonies feutrées, et le refrain éclate comme une vague d’été : simple, immédiat, fait pour être repris en chœur.
Ce qui distingue Body And Soul, c’est son équilibre. Là où beaucoup de fusions afrobeat/R&B sombrent dans le cliché tropical house ou dans l’excès sucré, le duo choisit la justesse : une production claire, précise, qui garde l’énergie du dancefloor sans sacrifier la profondeur. On sent que la chanson a été écrite et produite à quatre mains : chaque détail – des textures percussives aux respirations vocales – semble pensé pour relier deux univers sans les lisser.
Le texte, lui, joue sur l’intemporalité : une ode à l’amour neuf, à l’ivresse des débuts où tout paraît possible. Mais chantée par ces deux voix si différentes, elle prend une dimension plus ample, presque universelle : une déclaration faite autant au corps qu’à l’esprit, où la passion se conjugue avec la promesse d’un lien durable.
Avec Body And Soul, Great Adamz et Maddox Jones livrent un titre qui ne cherche pas seulement à séduire : il enveloppe, il capte, il transporte. Une chanson qui a l’allure d’un tube d’été, mais qui garde en elle une sincérité intemporelle, capable de résonner bien au-delà de la saison.
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septembre 11, 2025Un parfum de fin de saison flotte dans Come My Way, ce single de Femi qui capture ce moment précis où l’été s’effrite mais où la nuit réclame encore une danse. Pas de grandes déclarations, pas de dramaturgie : juste l’envie de tendre la main, de dire “viens”, et de transformer une hésitation en étincelle. Le morceau se déploie comme une carte postale sonore – moite, enjouée, solaire – que l’on réécoute pour repousser l’inévitable retour à la grisaille.
Avec ses 105 BPM et son format resserré, la track épouse parfaitement les codes de l’afropop contemporaine : percussions chaudes, ligne de basse souple, mélodie accrocheuse où le chant se double d’un chœur quasi tribal sur ce fameux “ay, ay, ay”. La production n’écrase rien, elle laisse respirer, permettant à la voix de Femi d’osciller entre douceur feutrée dans les couplets et éclat collectif dans le refrain. C’est cette bascule qui donne au morceau sa tension : un va-et-vient entre timidité et abandon, solitude et partage.
Ce qui rend Come My Way addictif, c’est sa simplicité assumée. Là où certains cherchent à complexifier l’afro-fusion, Femi choisit l’épure, préférant jouer sur l’instantanéité d’un groove bien dessiné et la force d’une invitation directe. C’est une chanson qui vit autant sur un dancefloor que dans un casque de métro, parce qu’elle raconte quelque chose d’universel : ce frisson de “dernière chance”, quand il ne reste que quelques heures avant que la fête ne s’éteigne.
Avec ce titre, Femi s’inscrit dans une tradition d’afrobeats lumineux mais personnels, qui parlent autant à la tête qu’au corps. Come My Way n’est pas seulement une chanson de fin d’été : c’est un petit manifeste hédoniste, une manière de dire que parfois, la plus belle histoire naît dans la seconde où l’on ose enfin bouger.
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septembre 11, 2025Une guitare râpeuse s’ouvre comme une cicatrice, la batterie suit d’un pas lourd mais décidé, et Lipgloss démarre. Max Ceddo n’écrit pas une énième love song : il raconte une fuite, une relation consommée comme une cigarette de fin de soirée, dont la banalité apparente finit par se fissurer. Derrière le nom léger de “Lipgloss” se cache une femme fuyante, insaisissable, que le narrateur croit d’abord superficielle avant de réaliser – trop tard – qu’elle portait une vérité qu’il n’a pas su voir.
Musicalement, le morceau puise dans les racines indie rock et alternative tout en flirtant avec le folk rock. Les guitares dessinent des lignes tantôt abrasives, tantôt lumineuses, comme pour illustrer la contradiction entre désinvolture et profondeur. Le refrain s’élève avec cette intensité brute qui rappelle les grands disques de confession rock : une montée en tension qui n’explose pas dans la grandiloquence, mais dans une sincérité nue.
Ce qui rend Lipgloss percutant, c’est sa manière de capter l’ambiguïté des relations modernes. On s’y attache sans y croire, on s’y perd sans s’avouer qu’on en a besoin, et l’on comprend la valeur de l’autre seulement au moment où il disparaît. Max Ceddo, par son écriture, déjoue le piège du cliché : il transforme une histoire de désenchantement amoureux en parabole plus vaste sur la fragilité des liens et la paresse émotionnelle d’une époque.
À travers Lipgloss, Max Ceddo montre une plume capable de combiner narration intime et charge universelle. Ce n’est pas un simple récit d’amour raté, mais un miroir tendu : celui de nos propres négligences, de ces instants où l’on croit jouer la désinvolture alors qu’on passe à côté de l’essentiel. Une chanson qui, derrière ses guitares nerveuses et ses accents folk, garde le goût amer des occasions perdues.
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septembre 11, 2025Une guitare en boucle, ronde et apaisante, puis une basse qui s’installe avec souplesse : l’ambiance est trompeuse, presque douce. Car Lose My Mind, nouvelle rencontre entre Maka et Phlow produite par Teck-Zilla, n’a rien d’une love song tranquille. Ici, il est question de fatigue, de profils mensongers, de textos interminables qui finissent en queue de poisson, bref, de ce marécage qu’est devenu le dating à l’ère des applis et des réseaux sociaux.
Ce qui frappe, c’est la légèreté avec laquelle le duo transforme ces déboires en matière musicale. Maka ouvre le bal avec un chant nourri d’inflexions gospel, à la fois lumineux et ironique, donnant une dimension presque spirituelle à des anecdotes qui relèvent du quotidien le plus banal. Puis Phlow entre avec un flow souple, nerveux, qui croque des images criantes de vérité : pseudos ridicules, photos retouchées, égos démesurés. Leurs voix se répondent comme deux facettes d’un même récit collectif, celui de femmes qui naviguent dans une mer pleine de promesses vides.
La production de Teck-Zilla, fidèle compagnon de route, est une réussite en soi : un beat qui oscille entre hip-hop old-school et néo-soul moderne, relevé de textures soyeuses, avec ces guitares qui caressent et contrastent avec le réalisme grinçant des paroles. L’ensemble garde une vibe feel-good, presque ludique, alors que le propos touche une corde sensible : la lassitude de chercher l’amour dans un marché saturé d’illusions.
Lose My Mind n’est pas qu’un single malin, c’est une chronique générationnelle. Phlow et Maka captent l’air du temps avec humour et acuité, rappelant que la musique peut être à la fois miroir social et exutoire. À l’approche de leur projet Hard Shell, Soft Center, elles signent un morceau qui amuse autant qu’il libère, donnant une voix aux frustrations silencieuses de toute une époque.
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septembre 11, 2025Imagine un dancefloor baigné de lumières primaires – rouge, vert, bleu – où chaque strobe pulse comme un rappel que, derrière les écrans et les filtres, on cherche encore quelque chose de vrai. RGB (pour Real Good Boy), la nouvelle collaboration entre le producteur finlandais Rony Rex et la chanteuse hawaïenne Keilimei, joue précisément ce rôle : transformer l’obsession numérique des profils lissés et des applis de rencontre en une quête de sincérité mise en musique.
Le morceau, hybride, oscille entre modern house et hyperpop survitaminé. Les beats claquent comme des notifications, les synthés éclaboussent dans une avalanche de couleurs digitales, et au milieu de ce chaos maîtrisé s’élève la voix de Keilimei. Elle insuffle une chaleur inattendue, une humanité qui contraste avec le décor artificiel. Cette alchimie fonctionne : elle donne à RGB une densité émotionnelle tout en gardant une efficacité taillée pour les clubs.
Ce qui séduit dans cette track, c’est son double niveau de lecture. D’un côté, une pièce pop euphorique, prête à s’enflammer sur TikTok ou dans les sets festival. De l’autre, un commentaire lucide sur l’époque : à force de se vendre comme des avatars sans aspérités, ne risque-t-on pas d’oublier le frisson d’une connexion brute, non médiée ? Rony Rex a toujours aimé injecter de la malice et du discours dans ses productions, et RGB poursuit cette tradition avec justesse.
Avec ce single, le DJ finlandais confirme son statut de trublion global : capable de faire rire, danser et réfléchir en même temps. Quant à Keilimei, elle s’impose comme une voix singulière, capable de faire résonner de la tendresse au milieu d’une esthétique volontairement criarde. Résultat : une chanson qui explose en couleurs, mais qui touche surtout parce qu’elle ose rappeler une évidence – sous les filtres, ce qu’on cherche reste terriblement simple : quelque chose de réel.
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septembre 11, 2025On pourrait croire à une ballade simple, un souffle doux taillé pour les heures tardives. Mais Easy de Cosima Olu refuse la facilité que son titre suggère. Derrière l’élégance des accords et la fluidité de la mélodie, il y a une tension sourde : ce que les autres perçoivent comme naturel, léger, ne l’est jamais vraiment. L’effort, les blessures et la discipline restent en coulisses, dissimulés derrière un sourire ou une voix qui semble flotter sans effort.
Musicalement, le morceau glisse entre néo-soul et R&B contemporain, avec des inflexions jazz qui agissent comme des clins d’œil discrets aux grands standards. La production se fait minimaliste mais raffinée : une ligne de basse chaude, des touches de piano suspendues, une batterie feutrée qui pulse comme un cœur au ralenti. L’espace sonore est pensé pour respirer, pour laisser passer la voix de Cosima Olu – veloutée, vibrante, capable d’effleurer la fragilité tout en conservant une maîtrise impeccable.
Easy n’est pas qu’une chanson sur l’apparence. C’est une réflexion sur la perception et l’invisible : tout ce qu’on cache derrière l’illusion de l’aisance, toutes les heures de lutte et d’angoisse transformées en quelques minutes de grâce. Cosima Olu traduit cette ambiguïté avec une subtilité rare, refusant le pathos au profit d’une sincérité retenue.
Dans le paysage alt-pop et R&B actuel, saturé de productions lisses, Easy se distingue par sa justesse. Il ne cherche pas à impressionner mais à dire une vérité universelle : la beauté est souvent construite sur un terrain instable. Et si l’on se laisse bercer par la douceur de sa forme, on en sort aussi avec un poids au cœur – celui de savoir que derrière chaque évidence se cache une lutte invisible.
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septembre 11, 2025Une basse ronde, un riddim minimal mais entêtant, et cette petite étincelle qui fait basculer un morceau de simple track à véritable phénomène. Little and Rude signé IzyBeats et Sheneekii s’inscrit dans la lignée des bangers dancehall taillés pour l’instantanéité : pensé pour TikTok, né pour les clubs, mais construit avec un savoir-faire qui garantit sa longévité.
IzyBeats, producteur déjà couronné d’un Grammy, n’a plus à prouver son talent pour fusionner les héritages. Ici, il aligne un cocktail explosif où les codes du dancehall se frottent à l’afropop et à l’afro-fusion, tout en laissant traîner des fragrances reggae et même latines. Ce qui frappe, c’est sa capacité à garder une simplicité immédiate tout en travaillant des textures subtiles : le beat reste brut, mais derrière lui se cache une architecture millimétrée, pensée pour faire vibrer les foules sans jamais saturer.
Sheneekii apporte l’étincelle vocale, directe, incisive, charismatique. Sa voix découpe le riddim avec une assurance déconcertante, incarnant ce mélange d’insolence et d’énergie brute qui fait tout le sel du dancehall. Elle joue sur le contraste entre nonchalance et intensité, donnant au morceau une personnalité féline, insaisissable.
Avec Little and Rude, IzyBeats signe plus qu’un single : il dessine le blueprint d’un riddim pensé pour voyager, se propager, se transformer au contact des corps et des écrans. Dans un paysage saturé de tentatives opportunistes, ce track garde l’authenticité d’un son caribéen mais le propulse dans une modernité globale.
On comprend vite pourquoi le “Grammy Gang Riddim” est pensé comme une vitrine : il a ce parfum d’universalité qui permet à chaque artiste de s’y projeter. Mais avant tout, c’est Sheneekii qui l’incarne ici, avec un aplomb qui laisse présager qu’on n’a pas fini d’entendre son nom sur les dancefloors comme dans les playlists mondiales.
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septembre 11, 2025Pas de beat clinquant ni de refrain racoleur pour Brazilian Blur. Showtime Ramon et ProjectPorter choisissent la voie austère, celle d’un loop sans batterie, réduit à l’os, qui tourne comme une obsession. Ce décor minimaliste, façonné par le producteur mexicain Xynfe, agit comme une toile sombre : assez de place pour que les mots cognent, pour que les images fusent, pour que la voix devienne percussive à elle seule.
Le titre tire son nom de Leandro Barbosa, ancien joueur NBA surnommé The Brazilian Blur pour sa vitesse fulgurante chez les Suns des années 2000. L’allusion n’est pas anodine : Showtime Ramon et ProjectPorter lâchent leurs couplets comme des coast-to-coast, rapides, précis, implacables. Leurs flows s’enchaînent dans une synergie rare, nourrie par des années de collaborations où la complicité s’est forgée dans l’ombre des studios et sur des disques indépendants.
Il y a dans Brazilian Blur une fidélité à la tradition boom bap : le grain poussiéreux, les samples qui respirent la rue, la frontalité des rimes. Mais Showtime Ramon ne se contente pas de rendre hommage à un âge d’or. Avec ProjectPorter, il injecte une lucidité contemporaine, une écriture consciente qui parle autant des luttes personnelles que d’un monde saturé d’illusions. L’absence de batterie devient alors un manifeste : ici, rien ne distrait de l’essentiel, le texte est la seule arme, la voix le seul rythme.
Dans une époque dominée par la trap et les refrains calibrés pour TikTok, Brazilian Blur s’affirme comme un contrepoint radical. C’est un morceau sec, rugueux, volontairement exigeant. Showtime Ramon et ProjectPorter rappellent qu’il existe encore des rappeurs pour qui l’art du mot reste au centre, pour qui le hip-hop n’est pas un emballage mais une matière brute, directe, presque ascétique.
Avec ce single tiré de l’EP Deva, Showtime Ramon et Xynfe continuent de bâtir un univers parallèle au rap mainstream. Et si la vitesse évoquée par Barbosa était finalement moins une question de dribble que d’esprit ? Ici, la rapidité est mentale : des rimes qui filent, sans filet, comme une course en avant dont le souffle vous reste collé au visage.
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septembre 11, 2025Une guitare douce, presque timide, ouvre home comme on entrouvre une porte restée trop longtemps fermée. Max Pope ne cherche pas l’effet immédiat : il installe une atmosphère fragile, faite de silences et de vibrations retenues, avant de laisser sa voix se poser, emplie d’une mélancolie lumineuse. Le morceau n’est pas simplement une chanson d’amour ou de souvenirs : c’est une quête, celle d’un jeune homme qui tente de redéfinir ce que le mot “maison” peut bien vouloir dire quand on a grandi entre plusieurs foyers et qu’on porte sur les épaules l’histoire douloureuse des générations passées.
La force de home, c’est son entremêlement de récits personnels et historiques. Pope convoque le destin de sa grand-mère, marquée par l’exil, la guerre et la perte, pour mieux éclairer son propre sentiment de fragmentation. À travers cette filiation, l’artiste de South London relie le passé et le présent, montrant que la notion de foyer ne se limite pas à des murs mais se tisse de chair, de mémoire et de rencontres. En filigrane, l’histoire devient aussi politique : que signifie appartenir, quand l’Histoire elle-même vous a déraciné ?
Musicalement, on retrouve ce mélange d’indie pop sensible et de folk moderne qui avait déjà marqué son premier album Counting Sheep. Mais ici, la production de Riley Macintyre (Arlo Parks, Glass Animals) ajoute une gravité nouvelle : des arrangements sobres, des textures aériennes, qui laissent la place à une voix au bord de la cassure. C’est une chanson qui ne se pavane pas mais qui hante longtemps après écoute, comme une conversation intérieure impossible à éteindre.
Avec home, Max Pope signe une pièce maîtresse de son prochain album Praise Animal, où l’intime et l’universel se confondent. Une chanson qui refuse de donner des réponses mais invite chacun à questionner sa propre définition du mot. Peut-être que le foyer n’est pas un lieu fixe mais une sensation, un visage, une mémoire floue. Et si cette chanson nous bouleverse, c’est parce qu’elle résonne comme un miroir : chacun y cherche, à sa manière, la route du retour.
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septembre 11, 2025Imagine l’écran d’un téléphone éclairant une chambre plongée dans le noir, les écouteurs vissés aux oreilles et ces messages vocaux qui reprennent vie comme des fantômes familiers. C’est précisément là que Sam Wills a placé Voicenotes, l’un des sommets fragiles de son prochain album Speak. Plus qu’une simple ballade, le morceau ressemble à un instant suspendu : une archive intime réinventée en jazz contemporain, un souffle de nostalgie où la douleur de la séparation se marie à une élégance intemporelle.
Écrit avec son collaborateur de longue date Phairo, le titre s’impose par son dépouillement. La production, fine comme du papier de riz, laisse tout l’espace aux harmonies et à cette voix d’une précision troublante. Sam Wills y flirte avec la tradition des grands standards, convoquant des échos de Nat King Cole ou Billie Holiday, tout en s’autorisant des clins d’œil modernes, entre la sensualité d’un Prince et la douceur sophistiquée d’un Bobby Caldwell. Ce mélange crée un paradoxe délicieux : une chanson à la fois hors du temps et ancrée dans notre quotidien hyperconnecté.
Car derrière la délicatesse de l’arrangement, Voicenotes parle d’un geste terriblement actuel : rester éveillé à relire, réécouter, ressasser ce qui a déjà disparu. Le morceau prend la forme d’un dialogue avorté, d’un attachement qui persiste malgré la rupture. Une confession qui s’inscrit dans la trajectoire de Speak, disque pensé comme un récit de l’amour dans tous ses états : passion, désespoir, perte, puis réconciliation avec soi-même.
Après l’élan viral de Traingazing et les millions de streams de son premier album, Sam Wills s’offre avec Voicenotes une nouvelle respiration, plus intime, plus risquée aussi. C’est une chanson qui préfère la fragilité à l’esbroufe, et qui, justement pour cela, s’impose comme une pièce précieuse : un rappel que parfois, il suffit d’une voix enregistrée pour tout faire remonter.
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septembre 11, 2025Un piano sombre qui tourne en boucle, un beat sec qui claque comme une portière dans la nuit, et puis la voix de Startzy qui s’impose, droite, tranchante, sans détour. Nothing Bout Nothing n’est pas un titre qui se consomme à moitié. C’est un morceau qui frappe à la gorge, mélange de trap lourde, d’agressivité grime et de tension drill, une matière brute pensée pour dire la rue sans enjoliver, pour raconter l’instinct de survie derrière le vacarme.
La production s’appuie sur des bases solides : 808s grondants, hi-hats qui s’entrechoquent avec une précision chirurgicale, nappes menaçantes qui installent une atmosphère paranoïaque. C’est cette noirceur assumée qui donne au morceau sa cohérence : pas de décor superflu, juste un écrin minimaliste qui laisse place au flow. Startzy déroule alors son rap avec une intensité glaciale, chaque phrase crachant une vérité nue. L’influence grime se ressent dans le débit, direct et sans fioritures, tandis que la drill vient renforcer l’impression d’urgence, de danger imminent.
Mais derrière la brutalité se cache une écriture précise, presque chirurgicale. Nothing Bout Nothing n’est pas seulement une démonstration de force : c’est une radiographie des contradictions d’une génération, entre désillusion, défiance et besoin viscéral de s’imposer. Startzy ne cherche pas l’effet de style gratuit, il expose une réalité crue, brute, qui colle parfaitement à l’esthétique abrasive du morceau.
Dans un paysage rap saturé de productions interchangeables, Startzy réussit à imprimer une signature claire : un son sombre, tendu, qui croise trois genres sans jamais perdre en authenticité. Nothing Bout Nothing est un manifeste : celui d’un rappeur qui ne joue pas, qui avance avec ses armes sonores et son écriture directe, et qui entend bien imposer son territoire.
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septembre 11, 2025Dans la moiteur d’un club, entre deux stroboscopes, une guitare flamenca fend soudain la nappe électronique. Le public ne comprend pas tout de suite, puis le battement house reprend, avale les cordes, les digère, les propulse dans une boucle irrésistible. C’est là que réside la force de Amor de Mis Amores (Qubiko Mix) : ce mariage inattendu entre le feu du Sud et la précision hypnotique de la tech house italienne.
Qubiko, producteur milanais habitué à ciseler des grooves millimétrés, revisite le morceau de STBAN avec l’élégance d’un orfèvre. Le kick tape sec, régulier, implacable, pendant que des percussions latines se glissent comme un parfum épicé. La guitare et les voix, héritées du flamenco, ne sont jamais effacées mais intégrées dans la mécanique électronique, comme des fantômes qui veillent sur le dancefloor. Le résultat est un track qui navigue entre tradition et futurisme, une house charnelle qui refuse de choisir entre l’âme et la machine.
STBAN n’en est pas à son coup d’essai. Porté par son concept Flamenca, il tisse depuis plusieurs années des ponts entre les racines espagnoles et la culture club. Ici, il trouve en Qubiko un partenaire capable de magnifier cette vision : transformer l’héritage en expérience sensorielle totale, pensée pour les clubs mais nourrie d’histoire et de profondeur.
Amor de Mis Amores (Qubiko Mix) est une déclaration d’intention : la preuve que la house, même ancrée dans les codes des années 90, peut encore se réinventer en puisant dans des racines anciennes. Sur les grandes scènes comme dans les clubs moites, le morceau agit comme une transe lumineuse : il fait danser les corps tout en rappelant que la mémoire, elle aussi, a un rythme.
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septembre 11, 2025Un soir d’été, la fenêtre entrouverte laisse filer les bruits d’une ville qui s’électrise. Dans la pièce, un casque sur les oreilles, Toi aussi s’invite. Le morceau a cette façon de saisir l’instant : il donne envie de se lever d’un coup, d’agiter ses bras dans le vide, de rire et de pleurer dans la même seconde. Andrea Ponti ne chante pas seulement une chanson pop, elle impose une manière de respirer le monde quand on est trop sensible pour l’affronter de face.
La pulsation est nette, presque arrogante : un beat qui claque, des synthés taillés pour les clubs, une mélodie immédiate qui a tout d’un tube. Mais derrière l’efficacité, on perçoit la faille. Les harmonies s’ouvrent par petites brèches, laissant passer une mélancolie subtile, un aveu discret. Cette tension, entre éclat et fragilité, rappelle le génie de certaines grandes voix féminines de la pop moderne, mais Andrea la revisite à sa manière, en français, avec un naturel qui fait mouche.
Ce qui rend Toi aussi si singulier, c’est cette volonté d’assumer l’hypersensibilité comme un moteur et non comme une excuse. Là où la pop contemporaine recycle souvent les mêmes refrains d’ivresse artificielle, Andrea propose une vérité à fleur de peau, emballée dans un écrin rythmé et dansant. On peut s’y perdre à plusieurs, sur une piste de danse, ou s’y retrouver seul dans sa chambre – l’effet est le même : un soulagement, presque une libération.
Andrea Ponti ne se contente pas de chanter son rêve : elle l’écrit à voix haute, dans la lignée des grandes plumes pop capables de transformer leurs blessures en refrains universels. Toi aussi est une promesse autant qu’un manifeste : la preuve qu’on peut transformer ses larmes en feu d’artifice, et faire de ses failles une matière incandescente.
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septembre 11, 2025Une voiture qui traverse la ville de nuit, vitres baissées, les basses cognent comme un second moteur. Dans le rétroviseur, les cicatrices d’un passé lourd, sur la banquette arrière des doutes qui ne dorment jamais. Et dans les enceintes, Look At God de LIFTD, morceau qui n’est pas seulement un banger trap mais un moment de bascule, une manière de redresser la tête et de chercher la lumière au milieu du vacarme.
Ce qui rend ce titre singulier, c’est son ancrage dans une tradition rap consciente, mais transposé sur une production massive et actuelle. Les basses sont implacables, claquent avec la brutalité d’un coup de poing ; les hi-hats s’agitent comme une pluie métallique ; les nappes synthétiques ouvrent un ciel à la fois menaçant et incandescent. Tout est taillé pour la rue, pour les enceintes saturées, mais derrière ce déluge sonore se cache une confession, un cri qui se tourne vers le haut plutôt que vers le vide.
LIFTD ne choisit pas entre l’énergie commerciale du pop rap et l’introspection du hip-hop conscient : il combine les deux. Le morceau garde l’efficacité immédiate d’un refrain pensé pour marquer, tout en portant un message qui dépasse la simple démonstration d’ego. Look At God devient l’équivalent d’un mantra, une déclaration de survie où la rage se fait carburant de foi.
À l’heure où le trap est souvent réduit à des postures interchangeables, LIFTD y injecte une sincérité désarmante. On sent la route parcourue, les cicatrices, mais aussi la détermination d’affirmer une présence différente. Look At God n’est pas une simple track de plus dans le paysage saturé : c’est une prière moderne, une affirmation de puissance intérieure, une preuve que l’underground peut encore produire des hymnes capables de conjuguer intensité et élévation.
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septembre 11, 2025Il existe des morceaux qui ne naissent pas dans un plan marketing millimétré ni dans l’attente d’un tube, mais dans le chaos d’une nuit trop arrosée. Come Over de VERCI est de ceux-là : une chanson surgie de l’instant, écrite et enregistrée ivre, sans filtre ni stratégie, et c’est justement cette spontanéité qui en fait la force. C’est brut, bancal par endroits, mais vibrant de cette vérité que l’industrie oublie trop souvent : la musique peut être un geste immédiat, sans autre prétention que d’exister.
Le titre s’inscrit dans une hybridation séduisante entre alternative hip-hop et pop-rock. Les guitares tracent des riffs nerveux, presque garage dans leur texture, tandis que la rythmique garde l’efficacité d’un beat hip-hop moderne. La voix de VERCI, un peu éraillée, légèrement désaccordée par l’alcool mais incroyablement vivante, donne au morceau un parfum de confession nocturne. On y entend la maladresse mais aussi la liberté, comme si l’ivresse avait permis de désarmer toute posture pour ne laisser qu’une énergie crue.
Ce qui rend Come Over attachant, c’est ce côté accident heureux : une chanson qui n’aurait peut-être jamais dû exister, mais qui, une fois partagée, fait écho à ceux qui connaissent ces nuits où l’on parle trop, où l’on ose trop, et où l’on crée sans réfléchir. VERCI capture cette magie fugace et la transforme en un hymne imparfait mais addictif, déjà validé par ses proches et prêt à séduire un public plus large.
Avec Come Over, VERCI prouve qu’il n’a pas besoin d’artifices pour exister. C’est un morceau fait de désinvolture et de vérité, qui tient autant du freestyle de garage que de l’hymne indie pour la génération qui transforme ses excès en matière artistique. Une carte de visite spontanée, rugueuse et magnétique, qui donne envie d’attendre la suite.
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septembre 11, 2025Il arrive que le rap, au-delà de sa flamboyance et de ses punchlines, prenne des allures de confession. Good Mourning, nouveau single de Faith Child, appartient à cette catégorie rare : un titre où la douleur personnelle se transforme en matière sonore, où la musique devient espace pour dire ce que les mots ordinaires n’osent pas. Derrière son titre en forme de jeu de mots – entre le matin qui s’ouvre et le deuil qui s’alourdit – se cache une méditation crue sur la perte, la foi, et cette ligne fragile entre effondrement et renaissance.
La production, élégante et épurée, avance comme un battement de cœur inquiet. Les touches hip-hop UK y sont bien présentes – basse profonde, beat sec, flow tendu – mais le morceau flirte aussi avec un hip-hop conscient qui se refuse aux artifices. Faith Child pose sa voix avec gravité, mais sans pathos : c’est une narration directe, une vérité à la première personne, qui ne cherche pas à enjoliver le chagrin.
Ce qui frappe, c’est la lucidité. Good Mourning n’est pas un éloge de la douleur, mais une exploration honnête du paradoxe : prier pour un miracle tout en se préparant à dire adieu, se battre avec Dieu tout en continuant à Lui faire confiance. Le rappeur, déjà reconnu comme l’une des voix les plus singulières de la scène gospel-rap britannique, réussit ici à donner au deuil une portée universelle, sans jamais perdre sa sincérité.
Dans une époque où le hip-hop se laisse parfois happer par l’ego ou le spectacle, Faith Child rappelle que la force du rap tient aussi à sa capacité de dire l’indicible. Good Mourning n’est pas une chanson qu’on survole : c’est une traversée, un miroir tendu à ceux qui connaissent la douleur de la perte, et un rappel que même dans la nuit, l’aube finit toujours par revenir.
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septembre 11, 2025Une vieille démo oubliée dans un dossier d’ordinateur. Une chanson griffonnée à l’époque où l’amour n’était encore qu’un rêve, une promesse à soi-même. Sept ans plus tard, Una Rams l’ouvre de nouveau, la polit, la réinvente, et voilà priceless possession : deuxième éclat de son premier album attendu, meet me at the altar. L’histoire d’un morceau qui a patienté, mûri, et qui trouve enfin sa peau définitive.
La production, signée C-Tea, J-Smash et Raven, injecte à la chanson une densité nouvelle : nappes chaleureuses, détails organiques, rythmiques souples qui battent comme un cœur au ralenti. On entend le passé et le présent se répondre. La première esquisse contenait l’intuition d’un amour inconditionnel, la version actuelle y ajoute la maturité d’un homme qui a appris que l’attente et la fidélité forgent la profondeur des sentiments.
Ce qui frappe dans priceless possession, c’est cette tension entre la tendresse et le sacré. Una Rams chante en anglais et en tshivenda comme pour unir deux mondes, deux cultures, deux intimités. Son message est limpide : l’amour qui compte n’a pas de prix, il se construit par le choix répété, quotidien, de se tenir aux côtés de l’autre.
À l’heure où la pop globale use de la romance comme d’un packaging, Una Rams choisit l’authenticité. Il dessine une nouvelle grammaire du love song africain : ni mièvre, ni naïf, mais enraciné dans la gratitude et le sacré. Après ndi a mufuna, il poursuit sa quête d’un répertoire pour les vœux et pour la vie entière.
Avec priceless possession, il ne livre pas qu’un titre : il offre une cérémonie intime, une invitation à croire qu’aimer, vraiment aimer, reste l’acte le plus radical de notre temps.
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septembre 11, 2025Il y a des morceaux qui avancent comme une vieille moto sur une route de campagne au crépuscule : cabossés, vibrants, un peu sauvages, mais portés par une force irrésistible. Momentum (Blanker’s Version) de Blanker a ce parfum-là. Un titre qui ne cherche pas l’éclat pop ni la séduction immédiate, mais qui s’installe dans la durée, dans cette poussée souterraine que seul le rock sait transformer en évidence.
La structure du morceau est taillée dans l’étoffe de l’indie et de l’alternatif, mais on y sent une veine blues, presque organique, qui donne de la profondeur aux riffs. Les guitares traînent leurs cordes comme des cicatrices, la batterie cogne avec une sécheresse qui rappelle les grands disques de garage, et la voix de Blanker, légèrement voilée, s’élève à mi-chemin entre confession et révolte. On est loin du rock surproduit : ici, chaque aspérité est volontaire, chaque grain sonore raconte quelque chose de vécu.
Ce qui rend Momentum si singulier, c’est cette impression de mouvement contenu. On sent une tension permanente, comme si le morceau allait déborder à tout moment, mais il reste toujours retenu par une ligne de basse grave, presque hypnotique, qui agit comme un fil d’Ariane. Cette dualité – urgence et retenue, chaos et contrôle – donne au titre sa puissance.
Dans une époque où l’indie rock se dilue parfois dans la facilité, Blanker choisit l’authenticité brute. Momentum (Blanker’s Version) ne cherche pas à plaire à tout le monde : il trace une route sinueuse, intime, à la fois ancrée dans l’héritage du blues et tournée vers les reliefs plus abrasifs de l’alternative. C’est un morceau qui se vit plus qu’il ne s’écoute, un cri discret mais entêtant qui s’installe longtemps après la dernière note.
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septembre 11, 2025À seulement 20 ans, Money Mo jongle déjà avec plusieurs vies : pop-star en devenir, joueur de fútbol américain universitaire à Loyola Marymount, étudiant, et désormais rappeur qui s’attaque à l’un des classiques R&B des années 2000. Truth In The Lies Freestyle reprend le célèbre So Sick de Ne-Yo, mais le propulse dans un univers pop-rap commercial, saturé de confiance et d’énergie neuve. C’est un pari risqué – revisiter une madeleine de la culture R&B – mais Mo en sort grandi, imposant son swag et sa signature sonore.
Le morceau se déploie comme une hybridation assumée : d’un côté, la nostalgie d’une mélodie que tout le monde connaît, de l’autre, une production plus trap-pop, rythmée par des basses bondissantes et un flow souple qui joue entre chant et rap. Mo ne cherche pas à imiter Ne-Yo, il détourne, il redessine, il injecte une désinvolture californienne et une spontanéité qui font basculer la chanson vers une génération TikTok habituée aux réinventions.
Son timbre, encore juvénile mais déjà charismatique, porte cette insouciance maîtrisée qui caractérise les artistes capables de séduire au-delà des frontières d’un seul genre. Derrière l’exercice de style, il y a une ambition claire : prouver qu’il peut transformer une référence incontournable en terrain de jeu personnel. Et ça fonctionne, parce qu’on entend à la fois le respect de l’original et la volonté de ne pas s’y enfermer.
Avec Truth In The Lies Freestyle, Money Mo signe un premier geste fort : il se place dans la lignée d’une pop-rap accessible et commerciale, prête à plaire au grand public, tout en posant les bases d’une identité hybride. Étudiant, sportif, passionné d’anime et de musique, il incarne déjà une nouvelle génération d’artistes pour qui l’authenticité et la polyvalence comptent autant que les hits. Un freestyle qui ressemble à une carte de visite brillante et pleine de promesses.
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septembre 11, 2025À Columbia, en Caroline du Sud, le nom de Hello Shello circule depuis longtemps comme celui d’un vétéran de l’underground, un rappeur qui a appris à polir ses armes dans l’ombre avant de les brandir au grand jour. Son nouveau single, Hot Top Pick, avec EllySupreme, n’est pas une simple sortie de plus : c’est une déclaration de territoire, un rappel que le trap du Sud reste une force brute, bouillonnante, prête à s’imposer bien au-delà des frontières locales.
Le morceau est construit comme une claque immédiate : une production lourde, où la basse se fait tremblement de terre, sur laquelle viennent se poser des hi-hats frénétiques et des synthés glacés. Shello déroule son flow avec cette intensité sans filtre qui a fait sa réputation dans les clubs et les premières parties de Migos ou Waka Flocka Flame. Sa voix cogne, frappe, impose une présence qui ne laisse aucun répit. En contrepoint, EllySupreme amène une couleur différente, plus mélodique, qui fluidifie l’ensemble sans en atténuer la dureté. Ce contraste donne à Hot Top Pick une dimension addictive, presque hypnotique.
Hello Shello n’est pas un rookie. Ses collaborations passées – de Pi’erre Bourne sur la tape Wildcard à ses shows aux côtés de Young M.A ou Toosii – prouvent qu’il sait naviguer entre scènes locales et projecteurs nationaux. Ce qui impressionne, c’est sa capacité à rester ancré dans la réalité crue de Columbia tout en produisant une trap calibrée pour les playlists globales.
Hot Top Pick confirme ce statut : un morceau brut, nerveux, pensé pour réveiller aussi bien les voitures fenêtres baissées que les foules compactes en concert. Hello Shello n’a plus rien à prouver à sa scène locale. Désormais, il semble prêt à franchir le palier supérieur et à faire du Sud-Est américain un nouvel épicentre du trap contemporain.
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septembre 11, 2025Une chambre, des cahiers ouverts, une pression sourde qui vient autant de l’intérieur que de l’extérieur : Expectations est le récit d’une adolescente qui refuse d’être simplement définie par les attentes du monde. À 17 ans, Imani-J transforme cette lutte intime en une chanson d’une maturité déconcertante, où le contemporary R&B se teinte de l’élan solaire de l’afrobeat et de la fluidité afro-pop. C’est à la fois un autoportrait et un manifeste : le témoignage d’une jeune femme qui choisit de ne pas plier sous le poids des regards.
Dès les premières mesures, le morceau installe une sensualité rythmique qui respire l’afro-fusion contemporaine. La production, subtilement polie, laisse s’épanouir des percussions chaudes et des lignes mélodiques qui ondulent comme une respiration. Mais ce qui marque, c’est la voix d’Imani-J : souple, vibrante, capable de passer de l’intime murmuré à l’affirmation pleine et entière. On sent qu’elle ne chante pas seulement une idée : elle l’incarne, elle l’habite avec une intensité qui dépasse son âge.
Expectations ne se contente pas de dénoncer la pression des autres. Il explore aussi le dialogue intérieur, cette lutte contre soi-même qui peut être plus lourde encore que les injonctions extérieures. En transformant ce chaos en un morceau dansant, lumineux et fédérateur, Imani-J réussit à faire de la vulnérabilité une force, et de l’aveu un moteur.
Son métissage – Kiwi et Haïtienne – irrigue sa musique d’une richesse identitaire et culturelle rare, comme une double appartenance qui se traduit en textures sonores. Là où d’autres chercheraient à imiter des modèles, elle affirme déjà une singularité, portée par l’élégance pop et l’introspection R&B.
Avec Expectations, Imani-J prouve qu’elle n’est pas seulement une promesse mais déjà une artiste à part entière. À 17 ans, elle fait de ses doutes un tremplin, et de ses contradictions un langage universel. On a la sensation d’assister aux premiers battements d’ailes d’une voix qui pourrait bien marquer l’avenir de la scène R&B et afro-fusion en Nouvelle-Zélande et au-delà.
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septembre 11, 2025Sur un toit encore tiède du soleil couchant, une poignée d’inconnus dansent sans se connaître, reliés uniquement par une ligne de basse et la promesse d’un instant qui n’appartient à personne. La bande-son pourrait être signée Alien Em, tant Happiness Is Free semble taillé pour transformer l’ordinaire en scène de cinéma. Ce n’est pas une chanson qu’on consomme, c’est un état d’esprit : celui de célébrer la légèreté comme un acte de résistance.
L’afro-fusion du morceau s’installe dans une architecture millimétrée. La pulsation afrobeat est ferme, irrésistible, mais elle se pare de détails pop qui la rendent fluide, presque translucide. Derrière les percussions moirées et les nappes scintillantes, Alien Em insuffle une modernité qui ne gomme pas les racines : le morceau danse entre Lagos et Londres, entre héritage et futur, sans jamais se trahir.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre l’évidence mélodique et la densité du propos. Le bonheur ici n’est pas une légèreté superficielle, mais une affirmation politique : il ne coûte rien et appartient à tout le monde. Dans ce contexte, danser devient un geste radical, sourire une insoumission, chanter une façon de tenir debout. Là où beaucoup cherchent à complexifier le discours, Alien Em choisit l’épure, la clarté, et ça fonctionne parce que l’émotion est immédiate.
Happiness Is Free brille comme un hymne discret mais puissant, capable d’unir les foules dans la moiteur d’un club comme d’apporter un souffle de lumière dans la solitude d’une chambre. Alien Em signe une pièce d’afro-pop généreuse et contagieuse, mais surtout une déclaration : la joie, quand elle s’affirme libre et partagée, devient une arme douce, universelle et inépuisable.
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septembre 11, 2025Say Hi n’est pas qu’un simple morceau hybride, c’est une confrontation à deux voix, un duel tendre et rageur où Brian O’Donnell, alias oduck, trouve son contrepoint dans une voix féminine qui éclaire l’ombre et nuance la colère. Ensemble, ils transforment une chanson de pop-rock rap en véritable scène de vie : une tension palpable entre l’envie de se fermer et le besoin de tendre la main, entre le cri et le murmure.
Dès l’intro, les guitares saturées installent une urgence rock, épaulées par une batterie sèche, presque punk dans l’énergie. Oduck entre avec un flow brut, direct, qui porte la rage des non-dits. Puis surgit cette voix féminine, claire, aérienne, qui fend la densité comme un rayon inattendu. Elle n’apaise pas vraiment : elle trouble, elle relance, elle oppose une douceur inquiète à la rugosité du rap. Ce va-et-vient donne au morceau un relief théâtral, comme une dispute mise en musique, où chaque timbre dévoile une part du même chaos intérieur.
Le refrain, pop et fédérateur, agit comme un exutoire : les deux voix s’y rejoignent, se mêlent et se frottent, créant une sorte de catharsis collective. Le morceau parle d’un geste simple – dire bonjour, briser le mur du silence – mais derrière, il y a toute une réflexion sur la solitude moderne, sur la peur d’aller vers l’autre et la nécessité de se reconnecter.
Ce qui rend Say Hi si singulier, c’est ce mélange d’électricité rock, de lucidité rap et d’élan pop porté par deux voix qui se complètent autant qu’elles s’opposent. Oduck ne livre pas une chanson, mais une scène : celle d’un monde fracturé où un homme et une femme choisissent encore de se parler, de s’appeler, d’exister ensemble.
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septembre 11, 2025Certains disques qui naissent du vertige, de ce moment où la foi se fissure et où l’on hésite entre abandon et renaissance. When Faith Feels Far, troisième album de Faith Child, s’écrit dans ce clair-obscur. Le rappeur MOBO Awardé y convoque le doute, le deuil, l’incompréhension face au silence de Dieu, mais aussi la résilience et l’espérance qui reviennent toujours, comme des braises sous la cendre. C’est son œuvre la plus nue, la plus frontale, et sans doute la plus universelle.
Le disque s’ouvre sur Catfish, entre confession et ironie, et se poursuit avec Unbelief en duo avec CalledOut Music, qui puise dans l’Évangile de Marc une prière désespérée pour ceux qui avancent sans certitudes. Dans Good Mourning, Faith Child ose dire la tension de prier pour un miracle tout en préparant l’adieu, tandis que Church Hurt avec Briggs The Wordsmith ou A Million Miles décortiquent les blessures infligées par les communautés elles-mêmes. Plus loin, Stereotype et Older s’attaquent aux cycles de violence et aux préjugés, révélant une plume qui ne se détourne pas du politique.
Mais When Faith Feels Far n’est pas qu’un disque de larmes. Il porte en lui la lumière, celle qui surgit dans Oluwa Is Involved, hymne afro-gospel radieux, ou Holy Place avec Joe L Barnes, qui transforme la discipline du quotidien en célébration. Wildfire avec Erica Campbell, Flexodus, Cardio ou New Era (où s’invitent KB et Ty Brasel) redonnent souffle, joie et une énergie calibrée pour les foules.
Musicalement, Faith Child refuse la case unique : rap, gospel, electronica, afrofusion et pop s’entremêlent, portés par des producteurs de haut vol (Komenz, Alex E, Tytanium, GKiD). Le résultat est un disque ample, moderne, taillé à la fois pour l’intimité du casque et l’écho des grandes scènes.
When Faith Feels Far ne se contente pas d’être un album de foi : c’est un compagnon pour les nuits d’incertitude, une main tendue à ceux qui vacillent. Faith Child y démontre que l’art le plus puissant naît parfois de l’absence, et que l’espérance, même lointaine, finit toujours par revenir hanter la lumière.
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septembre 11, 2025À l’écoute de Joga A Potranca, impossible de rester immobile : le morceau explose comme une rafale de feu d’artifice au cœur d’une favela en pleine nuit. Verck21 s’inscrit dans la tradition du funk carioca, mais il lui injecte une énergie électro-funk qui électrifie la moindre pulsation. C’est brut, frontal, presque animal, et ça transpire la liberté d’un son taillé pour les corps, les fêtes de rue et les hauts-parleurs saturés jusqu’à l’aube.
La construction est volontairement minimaliste mais diaboliquement efficace. Un beat qui martèle sans relâche, une basse qui claque comme un fouet, et par-dessus, cette voix qui scande et provoque, comme une injonction à lâcher prise. Chaque élément est pensé pour créer une transe immédiate, cette ivresse collective qui fait la force du funk carioca depuis ses origines. Pourtant, Verck21 ne se contente pas de reproduire les codes : il les repousse, y insérant des textures électroniques qui font vibrer le morceau comme une décharge sous la peau.
Joga A Potranca n’est pas qu’un hymne festif, c’est une célébration du chaos joyeux, de la sueur et de la chair en mouvement. Dans cette musique, il y a quelque chose de profondément politique : l’affirmation d’une culture populaire qui refuse le silence, qui impose son volume, sa vitalité et sa vérité à un monde trop souvent sourd à ses pulsations.
En un titre, Verck21 capte l’essence d’un genre insoumis et l’élève à une dimension presque futuriste. Joga A Potranca est plus qu’une invitation à danser : c’est une proclamation de liberté, un cri dans la nuit transformé en fête, un battement de cœur collectif où chacun est invité à se perdre.
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septembre 11, 2025On entre dans Desire comme on pousserait la porte d’un rêve interdit, hésitant à savoir si l’on s’abandonne à la volupté ou si l’on s’égare dans une projection délirante. Ana Sky signe ici un manifeste intime, une plongée dans les zones crépusculaires du désir, là où l’amour se mélange à la confusion et où l’auto-illusion devient une seconde peau. C’est un morceau qui annonce un tournant, une renaissance artistique sous les auspices du dark pop, mais avec cette élégance accessible du commercial et la maturité feutrée de l’adult contemporary.
La production est à la fois ample et hypnotique. Des nappes synthétiques soyeuses s’étirent comme des draps de velours, enveloppant la voix dans une atmosphère sensuelle et brumeuse. Les mélodies, luxuriantes et finement ciselées, rappellent ces instants suspendus où tout bascule : la beauté d’un fantasme qui s’impose au détriment du réel. La rythmique, discrète mais précise, donne l’impression d’une respiration haletante, d’un cœur qui accélère sans prévenir.
Ce qui frappe, c’est la sincérité avec laquelle Ana Sky expose ses contradictions. Elle chante autant l’ivresse que la désillusion, autant l’élan vers l’autre que la confrontation avec ses propres chimères. Desire devient alors une cartographie des émotions instables, un autoportrait en clair-obscur qui séduit parce qu’il ne cherche pas à clarifier, mais à embrasser l’ambiguïté.
En brouillant volontairement les frontières entre réalité et illusion, Ana Sky invite à se perdre avec elle dans un labyrinthe sonore. On ressort du morceau troublé, séduit, un peu inquiet, comme après une rencontre trop intense dans un bar obscur. Desire n’est pas seulement une chanson : c’est une expérience immersive, un miroir où chacun peut reconnaître ses propres contradictions, celles qu’on préfère souvent taire mais qui façonnent nos nuits et nos choix.
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septembre 11, 2025Impossible d’écouter Neon City Lights sans voir défiler des images saturées de néons, des trottoirs humides reflétant les couleurs électriques, des corps anonymes qui s’entrechoquent au rythme des basses. Ghost The Ripper capture dans ce morceau ce moment suspendu où la nuit devient terrain de liberté, antidote à la solitude et exorcisme collectif. C’est la célébration du vertige urbain, là où les règles s’effacent et où l’énergie brute se condense dans une pulsation synthétique.
Le morceau s’ancre dans une esthétique indie pop mais la déborde allègrement : nappes de synthés aux accents synthwave, claviers effervescents qui évoquent la mélancolie des années 80, et une structure pop qui propulse vers l’instantané. Chaque son semble calibré pour faire scintiller la nuit, tout en gardant cette patine légèrement nostalgique, comme si derrière la fête se cachait encore l’écho d’un vide qu’on tente d’oublier.
Ghost The Ripper chante l’émancipation par la nuit comme une fuite en avant joyeuse. L’énergie est communicative : on se surprend à vouloir marcher plus vite, respirer plus fort, laisser derrière soi le poids des jours. Neon City Lights n’est pas une simple ode à la fête, c’est une métaphore de la reconquête : celle de l’espace intérieur qu’on libère dans l’éclat des clubs et des rues, celle d’un cœur qui, sous les stroboscopes, recommence à battre autrement.
Ce titre s’inscrit dans cette lignée d’hymnes synthpop qui transforment la nuit en terrain d’utopie. Mais Ghost The Ripper y insuffle sa propre singularité, mélange d’élan euphorique et de vulnérabilité à peine dissimulée. Neon City Lights scintille, mais son éclat n’est pas artificiel : il est celui d’une renaissance, fragile et flamboyante à la fois, comme un cri de liberté perdu au milieu du vacarme urbain.
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septembre 11, 2025La première écoute de Dark Room ressemble à l’ouverture d’un carnet intime qu’on n’aurait jamais dû trouver. Un espace suspendu, entre un souffle trop lourd et une mélodie presque fragile, où $on met à nu une histoire d’amour qui s’effiloche à cause des démons de l’addiction. Pas de fioritures, pas d’éclats spectaculaires : seulement la crudité d’un sentiment vécu dans une chambre qui devient à la fois sanctuaire et prison.
La texture sonore du morceau évoque ce minimalisme tendu des productions bedroom pop, où chaque son semble tenir sur le fil. Les beats squelettiques rappellent le cloud hop dans sa version la plus éthérée, tandis que l’ombre de l’emo hip-hop plane, surtout dans cette manière de chanter à la lisière de la parole, comme si la voix elle-même hésitait à s’effondrer. C’est un univers volontairement dépouillé, lo-fi jusqu’au vertige, qui laisse passer les craquements, les silences et les aspérités comme autant de cicatrices sonores.
Dark Room ne cherche pas à séduire. Il expose. L’amour y est décrit moins comme une étreinte que comme une lutte : aimer quelqu’un qui se détruit devient un combat contre soi-même, un exercice de patience et de douleur. L’intensité est telle qu’on ressort du morceau avec la sensation d’avoir assisté à un secret qu’on ne sait plus comment porter.
Il y a chez $on cette sincérité presque maladroite qui touche plus que mille effets de style. Ce qui pourrait n’être qu’un énième track lo-fi se transforme en radiographie de l’intime, un document émotionnel brut qui refuse la mise en scène. Et c’est précisément cette absence de masque qui rend Dark Room si nécessaire : une chanson qui ne cherche pas à briller mais à survivre, à témoigner de ce que c’est qu’aimer quand l’amour devient une guerre silencieuse.
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septembre 11, 2025Il y a parfois des trajectoires qui donnent l’impression de tracer des constellations : des points éloignés qui, reliés entre eux, composent une carte du futur. Endo Collinz est de cette génération d’artistes qui incarnent un pont entre deux mondes. Né à Curaçao, bercé par les rythmes insulaires, il vit aujourd’hui à Los Angeles, au cœur de l’industrie mondiale. Sa musique est précisément cela : une tension magnétique entre racines et horizon. Avec Billie Jean, il signe un morceau de contemporary R&B contaminé par l’énergie brute du trap et l’efficacité mélodique du pop rap, une œuvre qui résonne comme une déclaration d’intention.
Dès ses premières mesures, Billie Jean installe une atmosphère moite, presque cinématographique. La production superpose des nappes R&B satinées à des basses qui claquent sèchement, pendant que les hi-hats tracent une ligne de fuite vers l’urgence du trap. On sent dans chaque détail le soin d’un producteur qui connaît les codes mais refuse de s’y enfermer. Collinz glisse sa voix dans cet écrin sonore avec une aisance désarmante : un phrasé tantôt chanté, tantôt rappé, qui caresse et percute en même temps.
Ce qui frappe, c’est l’intensité émotionnelle. Billie Jean n’est pas une simple démonstration de style : c’est une plongée dans l’intimité d’un artiste qui explore la fragilité des relations, la tentation, le désenchantement. Ses paroles, habitées d’une sincérité brute, trouvent leur force dans cette capacité à transformer des expériences personnelles en refrains universels.
Endo Collinz avait déjà attiré l’attention en 2023 avec Save Me, single inaugural dont le clip avait accumulé des centaines de milliers de vues en quelques semaines. Avec Billie Jean, il confirme qu’il n’est pas une étoile filante, mais un nom qui s’installe durablement. Sa musique porte en elle le souffle d’un futur où l’hybridation est la règle : les Caraïbes dans le cœur, Los Angeles dans la voix, et l’ambition planétaire comme moteur.
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septembre 11, 2025Il y a des morceaux qui s’installent dans vos oreilles comme une évidence, qui semblent avoir toujours existé et qui pourtant arrivent à transformer le paysage sonore d’un seul battement de basse. Guarantee de Setapart x Karice est de ceux-là. Une offrande néo-soul irriguée de racines africaines et caribéennes, un morceau incandescent qui parle des creux et des crêtes de la vie, mais surtout de cette foi inébranlable dans le Très-Haut, présentée comme l’unique garantie au milieu du chaos.
Dès les premières secondes, la production dévoile une mélodie obsédante, presque solaire, portée par une ligne de basse ferme, solide comme une colonne vertébrale. Les percussions, elles, s’habillent de polyrythmies africaines, tandis que des échos caraïbéens soufflent un parfum de danse et de sueur nocturne. Ce n’est pas qu’un titre à écouter : c’est une expérience qui pulse dans la poitrine, une vibration qui convoque l’ancestral et l’avenir dans un même souffle.
La voix de Karice, souple et lumineuse, agit comme une boussole intime. Elle ne raconte pas seulement les hauts et les bas de l’existence ; elle les incarne, elle les fait résonner en chacun de nous. Face à la fragilité du quotidien, son chant trouve refuge dans la transcendance, dans cette foi proclamée non pas comme dogme mais comme force d’équilibre. Setapart, en contrepoint, apporte une dimension plus brute, une gravité qui enracine le morceau et l’empêche de flotter trop haut.
Guarantee s’écoute comme un mantra moderne. À la croisée des genres, il offre une vision résolument tournée vers demain : la Neo-Soul, loin de se figer dans ses codes classiques, s’ouvre à des horizons plus larges, embrassant les continents, réconciliant l’intime et l’universel. On en ressort avec l’impression d’avoir voyagé sans quitter sa chambre, et la conviction que la musique, quand elle touche juste, est aussi une forme de foi.
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septembre 11, 2025On dirait que la piste s’ouvre comme un souvenir que tu n’as jamais vécu, mais dont tu connais déjà l’odeur. Une boule à facettes invisible qui s’allume au milieu de ton cerveau, un dancefloor imaginaire qui pulse entre deux époques. Avec Temperature’s Rising, Yarni installe une chaleur qui n’est pas seulement celle des cuivres ou des basses : c’est celle d’une mémoire inventée, d’une nostalgie rétrofuturiste où les seventies n’ont jamais cessé de tourner.
La voix de Nathaniel Short, moelleuse et vibrante, ne chante pas seulement une mélodie : elle dépose une sueur élégante, une intensité presque sensuelle qui colle à la peau comme une fin de nuit d’été. Elle trouve sa place dans un canevas taillé au millimètre par Yarni, où la guitare funky et les nappes disco s’enlacent avec des détails de production actuels, rendant hommage aux anciens sans jamais tomber dans le pastiche. On entend le vinyle craquer en arrière-plan imaginaire, mais les kicks et la clarté des arrangements nous ramènent à 2025.
Ce qui frappe, c’est cette manière qu’a Yarni de transformer un concept presque philosophique — anemoia, la nostalgie d’un temps qu’on n’a jamais connu — en matière sonore. Le morceau devient une capsule temporelle paradoxale : il te fait danser sur une époque que tu n’as peut-être pas vécue, mais dont tu ressens soudain l’urgence et la sueur comme si c’était la tienne.
On pourrait réduire Temperature’s Rising à un hommage disco bien ficelé. Mais en réalité, c’est un sortilège : la musique comme artefact pour tisser des souvenirs que tu n’as jamais eus, pour réinventer une mémoire commune. Et c’est précisément là que réside la magie de Yarni : faire de chaque morceau non pas une simple track, mais une faille spatio-temporelle où l’imaginaire et le corps se rencontrent.
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septembre 11, 2025Certains morceaux donnent l’impression de regarder un film avant même d’avoir vu l’écran. Tomorrow You And I Will Rule The World de Rebel Symphony Orchestra en fait partie. Tout y est cinématographique : l’ampleur des violons, les percussions qui claquent comme des coups de tonnerre, les synthés distordus qui hérissent l’air, et au centre, cette voix rap qui taille son chemin dans le fracas. C’est une dramaturgie où l’intime et le politique se confondent.
Le récit est simple mais puissant : deux êtres se retrouvent, meurtris par le doute, portés par leurs cicatrices, et décident de transformer leur histoire en révolte. L’union n’est pas romantique mais révolutionnaire : à deux, ils deviennent une force qui déplace les murs, une menace pour les sceptiques et les cyniques. Ce “nous” de combat est l’arme secrète, la certitude que la douleur partagée peut devenir moteur.
Musicalement, DJ Fantasia et son collectif repoussent encore les frontières qu’ils aiment brouiller. On passe de la solennité presque sacrée d’un orchestre symphonique à la rugosité crue d’un couplet rap, comme si Beethoven rencontrait Mobb Deep dans une cathédrale futuriste. Les guitares rock surgissent comme des éclairs, amplifiant la tension dramatique, tandis que les beats urbains redonnent à la fresque son ancrage terrestre. C’est cette collision qui rend le projet unique : une hybridation assumée, à la fois élégante et viscérale, où chaque excès trouve son équilibre.
Tomorrow You And I Will Rule The World ne promet pas seulement une conquête musicale : il incarne l’idée qu’un duo, qu’une alliance, peut renverser l’ordre établi. Dans un paysage saturé de sons formatés, Rebel Symphony Orchestra choisit la démesure, et rappelle que l’ambition n’a de sens que lorsqu’elle s’habille d’audace.
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septembre 11, 2025On croit toujours que l’amour se vit dans l’éclat, dans les gestes spectaculaires, mais parfois il se niche ailleurs : dans la décision fragile de ne pas bouger, de ne pas troubler un silence qui pourrait se briser au moindre souffle. Don’t Wake, le nouveau titre de Honeysucker, est de cette trempe-là. Une chanson qui crée un abri, une bulle de respiration dans un monde trop bruyant. Écouter ce morceau, c’est accepter de rester suspendu, comme si le temps lui-même avait consenti à ralentir.
La structure musicale s’impose avec une élégance quasi insidieuse. La batterie, portée par une pulsation douce, rappelle l’écho d’une samba mais sans la ferveur festive : ici, le rythme bat pour deux seulement. Les guitares dessinent des arabesques délicates, presque timides, qui caressent plus qu’elles ne tracent. Les nappes synthétiques, elles, enveloppent l’espace de leur halo diffus, donnant au morceau une densité cotonneuse. Au milieu, une basse ferme agit comme un ancrage, évitant à la chanson de se dissoudre complètement dans l’air.
Mais c’est dans l’écriture que Honeysucker touche au cœur. Chaque ligne semble écrite dans une chambre close, à la lumière vacillante d’une veilleuse. Les mots expriment la peur de voir la réalité s’inviter trop tôt, le désir de prolonger l’illusion d’un monde réduit à deux êtres. Ce n’est pas de l’évasion gratuite, mais une réponse intime à la brutalité du quotidien : faire de l’amour un dernier bastion, un lieu qu’aucune tempête n’atteint.
Don’t Wake est une déclaration politique en creux : préserver l’intime comme acte de résistance. Dans une époque saturée de vacarme et de vitesse, Honeysucker propose l’inverse, et c’est bouleversant.
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septembre 3, 2025Un rideau de nuit s’ouvre, et une voix surgit. Pas une voix qui cherche l’effet ou la démonstration, mais celle de Ginger Bennett, dense, veloutée, pleine de mémoire. Avec Chouette, elle ne raconte pas seulement des chansons, elle raconte des vies, celles de sa famille, de sa communauté, de son quartier, et par ricochet, la nôtre. Frances Knight, au piano, sculpte les paysages qui entourent cette parole, entre volutes de jazz, élans de soul et clins d’œil latins. On est dans un disque qui respire, qui écoute autant qu’il parle.
Mr. Pink ouvre le bal comme un tableau vivant : celui d’un voisin fantasque, figure de la génération Windrush, peintre de façades bariolées dans un Londres gris. La musique déborde comme les couleurs de sa maison, un hymne à la résistance par la singularité. Puis vient Daisy Dance, fragile ritournelle où la nostalgie d’enfance flotte entre les doigts de Knight et les inflexions tendres de Bennett.
L’album n’esquive rien. Undoing plonge dans l’héritage du passé colonial, une plaie ouverte posée sur des accords graves, presque funèbres. À l’inverse, S’awkward désamorce par l’humour, un swing aux saveurs latines qui ironise sur les microagressions quotidiennes, preuve que la musique peut aussi être arme subtile contre la violence sourde. Me and the Moon et Necklace of Raindrops offrent des respirations plus contemplatives, presque oniriques, où la voix se pose comme une confidence sous la lune. Enfin, Fool referme l’ensemble avec une amertume douce, l’élégance d’une vérité dite sans détour.
Ce qui marque dans Chouette, c’est son équilibre : chaque chanson est une fenêtre ouverte, mais aucune ne cherche à enjoliver. Tout est pensé comme un geste juste, ancré dans l’expérience et dans le corps. Bennett chante « avec sa poitrine », comme elle le dit elle-même, et cette sincérité brute s’entend à chaque inflexion. Knight, en architecte sonore, déploie des harmonies qui donnent l’espace nécessaire aux récits.
On sort de l’écoute avec cette impression rare qu’un disque vous a observé autant que vous l’avez écouté. Chouette n’est pas seulement un album : c’est une paire d’yeux nocturnes qui guettent nos contradictions, mais qui n’oublient jamais d’y chercher, entre les failles, un peu de lumière.
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septembre 3, 2025On ne se débarrasse jamais vraiment de ses idoles. Elles rôdent, s’invitent dans nos gestes, colonisent nos phrases, hantent jusqu’à nos silences. Kill Your Idols de Crayon et Lossapardo est une mise à mort douce, presque amoureuse, de ces fantômes qu’on s’invente pour mieux se perdre. Une chanson comme un rituel nocturne, à la fois fragile et implacable.
Tout commence en douceur, comme un secret confié à voix basse. La boucle tourne, un peu bancale, volontairement imparfaite, comme si Crayon refusait de lisser le réel. On entend le bois craquer, les cordes d’une basse hypnotique se tendre, les doigts hésiter : ce n’est pas de la virtuosité, c’est un aveu. Puis Lossapardo surgit, voix ralentie, spectrale, comme un double intérieur qui viendrait dire ce qu’on n’ose pas prononcer. Son chant n’est pas un chant mais une incantation étouffée, une manière de déposer ses idoles sur un bûcher invisible.
Le morceau avance sans jamais chercher l’explosion, préférant la tension suspendue. On est happé par cette économie de moyens, par cette obstination à ne pas céder au spectaculaire. Ici, le minimalisme devient radical, politique presque : Crayon choisit la faille plutôt que le vernis, l’intime plutôt que l’apparat. Kill Your Idols refuse d’impressionner, il préfère troubler, remuer, fissurer.
Et c’est peut-être là sa puissance : ce morceau nous regarde en face et nous demande qui nous imitons encore, à qui nous offrons notre désir de ressembler. Il nous intime d’oser l’espace vide, celui qui fait peur, où il n’y a plus de maître à copier mais seulement nous, face à nous-mêmes.
Alors, écouter Kill Your Idols, c’est accepter de se délester de ses statues intérieures. De se dire qu’au fond, la plus grande idole à tuer, c’est celle qu’on croyait devoir être.
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septembre 3, 2025Pépite du jour, et gros coup de cœur même. Il y a dans Ma beauté quelque chose de rare, presque anachronique dans une époque où le rap et le RnB courent souvent après l’effet immédiat : ici, l’émotion prend son temps. Le morceau s’installe avec une douceur trompeuse, comme une confidence glissée à voix basse, mais derrière cette apparente simplicité se cache une tension — celle d’un homme qui, après avoir traversé la mélancolie (Toxic) et les exaltations charnelles (Baby Boy, Besos), trouve enfin les mots justes pour célébrer sans détour ce qui le touche profondément.
Ce qui rend le morceau unique, c’est sa pudeur. Le beat est volontairement minimaliste, avec une rythmique RnB chaloupée et des notes de piano enveloppantes qui laissent la voix respirer. Pas d’artifice, pas de surenchère : DVSN choisit l’économie pour mieux mettre en avant ce qu’il dit. Le refrain, d’une limpidité désarmante, agit comme une incantation amoureuse. Et c’est précisément dans cette simplicité qu’il touche droit au cœur : à rebours des codes virilistes encore trop présents dans le rap français, il offre une déclaration où l’ego s’efface devant l’autre.
Mais Ma beauté n’est pas forcément qu’une déclaration d’amour à proprement dit. C’est aussi une étape dans l’itinéraire artistique de DVSN. Après avoir exploré différentes facettes de son identité sonore comme le reggaeton solaire avec Paquita, l’afro-dancehall entraînant avec Baby Boy, ou encore l’introspection sombre avec Toxic; il livre ici une pièce fondatrice, presque manifeste : dire que la beauté peut être moteur, que l’attachement n’est pas une faiblesse mais une force créatrice. Plus encore, DSVN prouve que ce n’est pas toujours le stéréotype de l’homme rappeur qui fait capoter la relation avec une femme et qu’il peut lui-même souffrir de cette relation. Les 15 000 écoutes en quatre jours ne sont pas qu’un chiffre, elles sont le signe que le public a perçu cette sincérité et s’y reconnaît.
Il faut aussi replacer Ma beauté dans une filiation. La culture hip-hop française a donné des classiques de l’amour désarmé — on pense à certains morceaux de La Fouine ou même aux instants de fragilité de Booba — mais rarement avec une telle transparence émotionnelle. DVSN n’imite pas, il prolonge cette veine à sa manière, avec sa voix légèrement voilée, ses intonations qui oscillent entre confidence et ferveur.
Au fond, Ma beauté n’est pas seulement une chanson dédiée à une femme aimée, mais une profession de foi. Celle d’un artiste qui veut rappeler que le rap, dans sa force narrative, peut aussi être un lieu de tendresse et de reconnaissance. Une tendresse brute, dépouillée, qui, loin d’affaiblir, rend plus fort. Et c’est ce paradoxe-là qui donne au titre sa puissance : une ballade amoureuse qui sonne comme un acte de résistance.
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septembre 3, 2025Il y a dans Exodus quelque chose d’à la fois intime et collectif, comme si Boivibez racontait son histoire tout en prêtant sa voix à celles et ceux qui traversent le même fleuve invisible de doutes, d’espoirs et de luttes. Plus qu’un simple single afro-fusion, le morceau se construit comme une marche, un pas après l’autre, vers un ailleurs à inventer.
La production respire l’afrobeat contemporain : percussions chaudes, guitares liquides, nappes discrètes qui s’ouvrent comme un horizon. Mais au cœur de cette architecture rythmique, c’est le timbre de Boivibez qui accroche, grave et lumineux à la fois, comme une flamme qui vacille mais ne s’éteint jamais. Il ne chante pas pour enjoliver la douleur, il chante pour la transformer en énergie, en mouvement.
Le titre n’a rien de naïf : il parle de fatigue, de désillusions, de cette sensation que le monde met parfois tout en œuvre pour vous ralentir. Mais Exodus refuse la résignation. Il trace une diagonale de survie et de fierté, une affirmation de soi qui s’inscrit dans la grande tradition de l’afro-fusion – celle où la musique n’est pas qu’un divertissement mais un souffle vital. On y entend la douleur du passé mais surtout la promesse d’un futur conquis de haute lutte.
Avec ce morceau, Boivibez s’impose comme un conteur de trajectoires brisées et recousues, un artisan de résilience. Exodus est un rappel puissant que l’on peut naître dans la tempête et choisir malgré tout la traversée, que chaque épreuve devient une marche supplémentaire vers sa propre liberté.
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septembre 3, 2025Ce n’est pas un simple morceau de clôture, goodnight agit comme le point de bascule qui résume l’ADN de smooth fm, l’EP où oakland et Stacy NKR s’affirment comme un tandem visionnaire de la scène UK rap. On y entend le froissement des draps après une dispute, l’angoisse des adieux temporaires qui sonnent comme des ruptures définitives, et la beauté fragile d’une voix qui refuse de s’éteindre.
La production d’oakland déroule un décor minimaliste mais somptueux : nappes synthétiques aux reflets liquides, basses subtiles, rythme ralenti comme un souffle retenu. C’est une esthétique de la retenue, une architecture sonore qui joue sur le vide autant que sur la matière, laissant Stacy NKR occuper tout l’espace avec une lucidité qui frôle l’intime. Sa plume ne cherche pas le slogan ou la punchline à tout prix, elle découpe la réalité des situationships modernes avec une froideur élégante : la lucidité de celles et ceux qui savent qu’aimer peut parfois abîmer plus qu’il ne soigne.
Là où beaucoup auraient choisi la violence ou la provocation, Stacy murmure avec fermeté, sculpte ses mots comme une confession nocturne, entre spoken word et flow incisif. C’est une écriture héritée des couloirs de Kennington et enrichie par une palette musicale où Mary J. Blige côtoie le hip life ghanéen et l’esprit neo-soul. En face, oakland confirme son statut de producteur à part : son approche n’est ni trap, ni grime, ni R&B pur, mais une hybridation futuriste qui s’autorise les silences, les respirations, les ombres.
goodnight est peut-être la pièce la plus sincère et la plus vulnérable du projet : un morceau qui se glisse dans la tête comme une dernière pensée avant le sommeil, douce et douloureuse, mais d’une justesse rare. C’est là que l’on mesure la complicité artistique des deux artistes : dans leur capacité à transformer l’intimité en une fresque universelle.
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septembre 3, 2025Un souffle, une hésitation, un claquement sec d’ordinateur en surchauffe. miss my worst n’entre pas dans le salon de la pop par la grande porte, elle se faufile par les câbles, par les insomnies, par ce moment exact où la machine se fige et où l’on se voit, en miroir, planté devant son propre crash système. C’est là que melissageurts a choisi d’installer son premier vrai signal musical.
Le morceau avance à contre-courant : pas d’évidence mélodique, pas de clin d’œil radio-friendly, mais un terrain miné où la voix tremble, s’érige, puis se désintègre sous des glitchs volontaires et une électronique aux bords effilés. Tout est pensé pour ressembler à un bug, mais un bug qui raconte, un bug qui vit. La production dark pop joue sur la tension — à la fois froide et organique, intime et étrangère, comme une émotion que l’on croit étouffer mais qui revient par les failles.
On pourrait dire que melissageurts chante les décombres, mais ce serait réducteur. Elle les habite, les éclaire de l’intérieur, jusqu’à en faire un langage sonore. miss my worst n’est pas une complainte mais une esthétique du trop-plein : transformer le trop ressenti en matière brute, construire de la beauté à partir du crash.
En filigrane, l’artiste tisse déjà les obsessions de son album System Crash : ce besoin de traduire les états extrêmes avec l’aide des machines, comme si l’électronique pouvait enfin donner forme à ce que les mots n’arrivent plus à contenir. Une première frappe rare, à la fois personnelle et radicale, qui brouille les pistes mais laisse une empreinte claire : ici, on ne fabrique pas une chanson, on fabrique un vertige.
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septembre 3, 2025Il suffit d’un battement de percussion, d’un souffle chaud dans les synthés et d’un éclat de voix pour que Madeira transporte ailleurs. ZieZie, accompagné de Danilo, signe un titre qui ne cherche pas l’exotisme facile mais l’ivresse immédiate : celle d’un voyage intérieur aussi bien qu’un aller simple vers la côte, là où les corps se délient et où le temps s’étire.
Ce qui frappe, ce n’est pas seulement l’efficacité rythmique — une base afrobeats impeccable, chaloupée mais jamais envahissante — c’est la manière dont le morceau respire. Chaque espace sonore est pensé pour laisser l’auditeur dériver, porté par une ligne mélodique simple mais entêtante, qui accroche l’oreille sans jamais la saturer. La voix de ZieZie garde ce mélange unique de nonchalance et de détermination, comme s’il chantait la douceur d’une romance et, en même temps, la certitude de vouloir la prolonger indéfiniment.
Danilo vient ajouter un contrepoint subtil : ses interventions équilibrent l’énergie de ZieZie, ouvrent le morceau vers une dimension plus intime, plus charnelle. L’alchimie entre les deux artistes fonctionne parce qu’elle n’est pas surjouée : elle est organique, naturelle, comme si la complicité se devinait au détour de chaque inflexion.
Madeira s’impose ainsi comme une invitation : pas seulement à danser, mais à s’abandonner. Le morceau capture une sensation rare, celle des instants suspendus où l’on oublie tout sauf le rythme du présent. ZieZie confirme ici qu’il est plus qu’un hitmaker : un architecte d’ambiances, capable de transformer une simple chanson en souvenir collectif, prêt à se glisser dans les étés à venir comme un classique discret mais incontournable.
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septembre 3, 2025Un claquement sec, une boucle synthétique qui crépite comme un câble dénudé, et déjà l’atmosphère est posée. wired n’est pas un morceau qu’on écoute en fond, c’est une plongée directe dans l’hyperconnexion émotionnelle où tout s’emballe — pensées, pulsations, rythmes. BRITTEN WRONG joue sur la tension permanente entre pop, électro et rap, avec cette façon singulière de transformer l’anxiété contemporaine en un groove magnétique.
La production, volontairement glaciale, combine basses minimales et textures électroniques saturées, donnant au morceau un éclat métallique qui colle à son titre. Mais au lieu de se contenter d’un simple banger électro-rap, BRITTEN WRONG injecte une narration intime : la voix, parfois presque parlée, parfois scandée avec rage, fait de wired une confession déguisée en performance. C’est à la fois urbain et intérieur, nerveux et vulnérable.
Ce qui fascine, c’est ce jeu permanent de contrastes. La chaleur d’un flow qui reste humain malgré les sonorités mécaniques. La mélodie pop, presque lumineuse par moments, qui lutte pour émerger au-dessus des percussions claustrophobes. On entend un artiste en équilibre instable, qui refuse pourtant de lâcher prise — et c’est précisément ce tiraillement qui rend le morceau si captivant.
wired s’écoute comme on avale une gorgée d’énergie pure : un morceau qui traduit en son l’excès de vitesse de nos vies connectées, l’impossibilité de décrocher, la beauté et le danger d’un esprit qui carbure trop fort. BRITTEN WRONG signe ici un track qui électrise plus qu’il ne rassure, mais qui, dans sa brutalité élégante, capture une vérité contemporaine : être survolté, parfois, c’est la seule manière de se sentir vivant.
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septembre 3, 2025Pas besoin de fermer les yeux pour sentir ce morceau vibrer : Evergreen Nights s’ouvre comme une fenêtre entrouverte sur un paysage qui défile, les phares croisant des silhouettes d’arbres et la basse électrique pulsant comme le cœur de la voiture. Le titre a quelque chose de plus qu’une simple collaboration, il ressemble à une fraternité improvisée entre quatre voix qui transforment l’errance en rituel sonore.
Watsky tire les lignes vers le ciel avec son débit incisif, Dylan Owen ramène la gravité de la mémoire, Sol apporte cette énergie solaire qui illumine même les silences, et Harrison Sands scelle l’ensemble de son timbre pop et chaleureux. L’équilibre est subtil : ça rappe, ça raconte, ça chante, mais toujours avec cette sincérité brute qui fait oublier les artifices de production. Ici, la technique se fait invisible pour laisser passer l’émotion.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Evergreen Nights parvient à relier deux pôles souvent opposés : l’ivresse de la route et le poids des absences. C’est une chanson de voyages et d’adieux, de rires et de cicatrices. Une bande-son qui s’adresse à ceux qui savent que derrière chaque coucher de soleil sur les forêts du Nord-Ouest se cache aussi la nostalgie de ceux qui ne sont plus là pour le voir.
On aurait pu craindre le patchwork, mais non : la fluidité est telle que l’on croirait entendre une seule conscience scindée en quatre voix. Evergreen Nights ne cherche pas à séduire les clubs ou les playlists de fête, mais à devenir un compagnon discret, presque intime, pour les routes nocturnes. C’est un morceau qui respire la fraternité et qui, en filigrane, rappelle que voyager, c’est parfois aussi apprendre à laisser partir.
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septembre 3, 2025Dans certaines chansons, on entend moins une mélodie qu’un vertige. What Are We de GMGbaby donne l’impression d’ouvrir une fenêtre sur cette zone trouble où rien n’est encore défini, où les cœurs battent à contretemps et où chaque geste hésitant devient une déclaration muette. Ce n’est pas un titre qui tranche, mais un titre qui laisse flotter l’auditeur dans la brume délicieuse de l’indécision.
Musicalement, GMGbaby choisit une sobriété redoutablement efficace. Une rythmique afrobeat, souple comme une respiration, pulse sans jamais envahir. Les percussions semblent venir de loin, comme un battement de souvenirs, pendant que la ligne mélodique se déploie avec une élégance presque fragile. La voix, mi-soyeuse mi-cassée, dit plus dans ses silences que dans ses mots : on y entend le poids des conversations interrompues, des regards qui durent une seconde de trop, des promesses qu’on n’ose pas formuler.
Ce qui frappe surtout, c’est la maturité avec laquelle GMGbaby installe une atmosphère : il ne cherche pas l’effet immédiat, mais construit une tension douce, magnétique, qui vous accroche sans crier gare. L’arrangement respire, chaque élément est à sa place, sans excès. On croirait presque que la production elle-même hésite, se retient, puis avance — exactement comme l’histoire qu’elle raconte.
What Are We réussit là où beaucoup échouent : traduire en son l’espace liminal entre amitié et amour, entre envie et retenue. Dans ce flou contemporain qu’on appelle “situationship”, GMGbaby ne juge pas, il observe et transforme le doute en beauté. Ce morceau n’apporte pas de réponse, et c’est ce qui le rend nécessaire. Parce que parfois, la vraie musique n’est pas celle qui console, mais celle qui accompagne nos questions.
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septembre 3, 2025Un battement sec, une voix qui surgit comme un souffle entre deux ombres, et soudain on comprend que No Evidence n’est pas un simple morceau : c’est un code, une manière d’exister sans jamais se laisser enfermer. Fraesh construit ici une sorte de rituel moderne où chaque percussion devient une esquive, chaque ligne mélodique un moyen de brouiller les pistes. Le morceau ne se dévoile pas frontalement, il se faufile, comme si son groove même était un masque, une protection.
Dans ce jeu d’apparitions et de disparitions, l’afro-fusion devient l’alliée idéale. Les percussions résonnent comme un héritage ancestral, les synthés ouvrent une dimension plus futuriste, et la voix navigue entre douceur et défi, comme si elle refusait de se laisser figer. On y lit la volonté d’un artiste qui connaît la dureté du regard des autres mais choisit de répondre par la fluidité, par l’art de toujours aller de l’avant, d’avancer plus vite que la rumeur.
La force de No Evidence est de conjuguer une énergie festive — celle qui appelle le corps à se balancer sans résistance — avec une profondeur presque philosophique : comment transformer le soupçon, la méfiance, le poids du passé en un carburant pour se réinventer ? Fraesh ne donne pas de réponses, il impose un rythme. Le morceau devient une métaphore : danser pour effacer les preuves, chanter pour survivre aux cicatrices.
Au-delà de son efficacité immédiate, le titre s’inscrit dans une esthétique de la fuite assumée, une affirmation de liberté. Fraesh ne plaide pas, il affirme : on ne retiendra que ce qu’il choisit de laisser. No Evidence n’est pas seulement une chanson, c’est un manifeste discret, un talisman sonore pour celles et ceux qui avancent légers, insaisissables, et pourtant bien présents.
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septembre 3, 2025Certains producteurs choisissent l’efficacité, d’autres l’émotion. Devenish, lui, cherche la mémoire. Avec For Me, premier single sous son propre nom, le DJ et producteur britannique ose un geste simple et lumineux : transformer la house en machine à remonter le temps. Pas vers les clubs moites de Chicago, mais vers ces après-midis d’enfance où l’on oubliait le temps, soleil sur la nuque, monde réduit à un ballon, un rire, un souffle d’air chaud.
Le morceau se construit comme un rituel d’éveil. La basse profonde pulse comme un cœur rassurant, les percussions claquent avec la précision d’une house old-school, mais ce sont les détails organiques qui intriguent : un riff de guitare funky qui accroche la lumière, des voix filtrées qui semblent venir d’une autre pièce, et des nappes synthétiques chaudes qui recouvrent l’ensemble d’un voile tropical. C’est de la dance music, oui, mais elle transpire une douceur paradoxale, comme si chaque drop voulait caresser plutôt que percuter.
Là où beaucoup cherchent l’adrénaline, For Me propose une euphorie apaisée, presque contemplative. Devenish assume l’héritage afro et deep house, mais il les infuse d’un souffle personnel : l’envie de fabriquer une joie durable, qui ne s’épuise pas une fois la nuit terminée. Sa démarche, née d’une retraite volontaire après des années à produire pour les autres, traduit une quête identitaire. Faire de la musique non plus pour remplir les sets d’autrui, mais pour retrouver une voix intime, un point de vérité.
Il y a quelque chose d’éminemment sincère dans ce single, qui résonne comme une carte de visite et un manifeste : la fête n’a pas besoin d’excès pour exister, il suffit parfois de retrouver l’état d’émerveillement que l’on croyait perdu. Avec For Me, Devenish ouvre une porte vers une house solaire et généreuse, qui ne cherche pas la performance mais la communion.
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septembre 3, 2025Ce n’est pas une ballade d’amour, mais une ballade d’après. chapter IV: solo (tough love), dernier volet du cycle unspoken words to past lovers, sonne comme le journal intime d’une renaissance. Luminiah y déploie une force tranquille, une voix qui n’explose jamais mais qui, dans sa retenue, tranche plus fort qu’un cri.
Le morceau explore ce moment de bascule où l’on choisit de marcher seul plutôt que de continuer à s’accrocher à des liens usés. Pas de drame, pas d’apitoiement : seulement une lucidité crue, celle du tough love appliqué à soi-même. Refuser de se trahir, accepter le vide comme une preuve de solidité. La production, minimaliste et enveloppante, marie des textures néo-soul et des inflexions downtempo jazz, laissant à la voix tout l’espace pour respirer et se déployer.
Il y a quelque chose d’ancestral et de moderne dans ce titre. Ancestral, parce qu’on sent derrière les mots la mémoire des femmes qui ont transmis leurs blessures et leur force ; moderne, parce que Luminiah manie les codes du R&B alternatif avec une élégance rare, à mi-chemin entre une poésie intime et une clarté presque clinique. On pense à Cleo Sol ou à Pip Millett, mais la comparaison s’arrête vite : ici, c’est une empreinte singulière, un style qui n’imite pas mais qui s’affirme dans l’économie et la justesse.
chapter IV: solo (tough love) n’est pas une chanson qu’on consomme, c’est un miroir qu’on accepte d’affronter. Elle ne vous accompagne pas dans la nostalgie, elle vous force à avancer. À comprendre qu’aimer, parfois, c’est savoir dire non. À l’autre, mais surtout à soi-même, quand la tentation du retour s’invite.
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septembre 3, 2025Un battement sourd, des percussions qui claquent comme des gouttes sur le zinc, et la voix de King Royal fend l’espace comme un éclair. Pas d’attente, pas de mise en scène inutile : Falling Rain nous plonge directement dans l’averse, celle qui nettoie, qui alourdit l’air, qui oblige à lever la tête malgré le poids. C’est une chanson qui ne cherche pas l’évasion, mais la vérité nue, brute, ancrée dans la poussière des rues et dans la mémoire africaine qui habite chaque note.
Le morceau s’érige comme une parabole contemporaine : quand la pluie tombe, elle révèle autant les fissures que les renaissances possibles. King Royal, avec un flow ferme mais mesuré, déroule une parole de résistance. On y entend la fatigue d’un monde rongé par la corruption et les illusions, mais aussi la foi, la détermination à ne pas se laisser submerger. Chaque vers devient un pas de plus dans la tempête, une façon de tenir debout dans le vacarme.
La production, subtile, mêle l’âpreté du boom bap et l’écho de rythmes africains, créant un terrain sonore où tradition et modernité dialoguent sans se heurter. Pas de démonstration tapageuse : tout est dans la densité, dans la cohérence entre la pluie qui martèle et la voix qui s’élève. On comprend vite que ce n’est pas un titre calibré pour les playlists de fête : Falling Rain est un psaume urbain, un chant qui lave et redonne souffle.
Dans cette pluie musicale, King Royal ne se contente pas de rapper — il prie, il accuse, il espère. C’est une œuvre de résistance et de transmission, une pluie qui tombe pour rappeler que même la terre la plus sèche peut refleurir.
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septembre 3, 2025Lion Luciano ne fait pas les choses à moitié : il avance avec deux cartouches sonores, Summer’s Calling et Hold a Medi, deux faces d’un même miroir où se reflète son identité de rappeur pris entre lumière et ombre. Là où beaucoup choisissent un single comme carte de visite, lui préfère une diptyque, comme pour dire : « je ne suis pas qu’un seul mood, j’incarne les contradictions de la rue et du quotidien ».
Summer’s Calling a cette douceur trompeuse, presque hédoniste, comme si le trap se laissait bronzer au soleil couchant. Les kicks roulent souplement, la prod respire, et le flow de Luciano joue avec cette sensation de relâchement qu’apporte l’été. Pourtant, derrière la nonchalance apparente, il reste la conscience du grind, du besoin de ne jamais décrocher malgré l’appel du chill. C’est une ode à la survie par la musique, un hymne à la légèreté conquise de haute lutte.
À l’opposé, Hold a Medi replonge dans la poussière du bitume. Plus sombre, plus viscéral, le morceau retrouve la rugosité du trap de rue : hi-hats nerveux, 808 massives, voix rugée avec une intensité qui frôle la menace. Ici, Luciano convoque l’énergie du gangsta rap dans ce qu’elle a de plus frontal : une mise en garde, un étendard, une manière de réaffirmer que la route a un prix, et qu’il faut tenir son territoire.
Ce qui impressionne, c’est la complémentarité des deux titres. L’un célèbre l’ivresse éphémère du moment, l’autre en rappelle la gravité. Comme deux battements d’un même cœur, Summer’s Calling et Hold a Medi composent un diptyque cohérent qui dit beaucoup de Lion Luciano : un artiste conscient que la trap n’est pas qu’une posture de dureté, mais aussi un espace où exprimer la dualité d’une vie.
Avec ce double tir, il se place dans la lignée des rappeurs capables d’habiter plusieurs registres sans se perdre : solaire et brutal, fluide et tranchant. Une façon de rappeler que le trap est une langue vivante, et que Lion Luciano en parle tous les dialectes.
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septembre 3, 2025Il y a des morceaux qui cognent, d’autres qui murmurent. Float Your Boat de Chepps choisit le deuxième camp, celui des errances nocturnes, des trajets solitaires à travers la ville, casque vissé aux oreilles. Ici, pas de trap clinquante calibrée pour faire trembler les clubs, mais un flot plus fluide, où les basses ronflent doucement et laissent respirer une prod aérée, presque aquatique.
Le morceau se distingue par cette capacité à mêler la structure trap — hi-hats en cascade, 808 rondes, flow assuré — à une vibe chill, presque lo-fi par instants. On sent chez Chepps un refus d’en faire trop : il préfère la retenue, l’équilibre, l’économie de gestes. Comme si son écriture cherchait moins à impressionner qu’à capter l’instant, celui où l’on se laisse porter sans lutter.
L’image du bateau, loin du cliché du yacht clinquant, devient une métaphore plus intime : flotter, c’est se maintenir à la surface malgré les poids, choisir la légèreté quand tout autour pousse à la lourdeur. Le refrain agit comme une respiration, un mantra discret, une invitation à ne pas se noyer dans le tumulte.
Ce qui frappe, c’est la cohérence entre la voix, légèrement détachée, et l’instrumental cotonneux. Tout paraît simple, mais chaque détail — un hi-hat subtilement déplacé, une mélodie en arrière-plan — participe à cette atmosphère suspendue. Float Your Boat n’a pas besoin d’exploser : il préfère envelopper, créer un cocon sonore où l’on dérive volontiers.
Chepps signe ici un trap contemplatif, à écouter autant pour se poser que pour réfléchir. Un morceau qui rappelle que dans une scène saturée de démonstrations de force, parfois, la vraie puissance est de savoir rester léger.
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septembre 3, 2025Levy rappe avec l’accent d’ailleurs mais le cœur resté là-bas. Basé en Australie, il porte dans PVLL UP cette tension singulière des artistes délocalisés : une identité fragmentée, nourrie par l’éloignement, mais qui refuse de perdre son grain originel. Ici, pas de mimétisme du rap anglo-saxon environnant. Levy trace sa ligne, fine mais tenace, celle du hip-hop français à la croisée des classiques boom-bap et de la douceur lo-fi.
La prod est volontairement dépouillée, presque contemplative, comme si les boucles s’étaient érodées sous le soleil australien. Entre nappes chaudes et batterie feutrée, l’espace sonore s’ouvre pour accueillir un flow en clair-obscur, où l’arrogance tranquille du PVLL UP se mêle à la retenue du poète urbain. Loin des artifices de trap clinquante ou d’egotrip criard, Levy installe une intensité par l’économie : chaque mot pèse, chaque respiration résonne.
Ce qui frappe, c’est la manière dont PVLL UP condense deux univers a priori opposés. L’énergie revendicatrice du hip-hop classique – celle des cyphers, des samples poussiéreux, des beats new-yorkais – rencontre l’intimité nocturne du lo-fi, ce rap du casque, fait pour la chambre plus que pour l’arène. Levy fait dialoguer ces deux temporalités, créant une zone grise où la mélancolie devient combustible.
Rapper la France depuis l’autre bout du monde, c’est aussi affirmer qu’on ne s’efface pas. PVLL UP n’est pas un simple morceau, c’est une présence, un ancrage. Comme si, de Sydney à Marseille, de Melbourne à Paris, les ondes transportaient un même groove, immuable, qui refuse l’oubli. Levy s’y pose sans fard : frontal, mais jamais bruyant.
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septembre 3, 2025Pas d’intro sage, pas de préambule poli : Gay Boy s’ouvre comme une gifle sonore, un flash lumineux balancé au visage de la nuit. Henry Dell n’y cherche pas la séduction mais la collision, comme si chaque drop devait fissurer les murs des clubs et faire trembler le sol sous les corps. Le morceau, hybride mutin de house sombre et d’hyperpop abrasive, ne se contente pas de remplir un dancefloor : il le tord, le bouscule, le propulse dans une transe collective.
Les beats claquent avec la régularité brutale d’un marteau-piqueur tandis que des couches glitchées, saturées, se superposent comme un chaos soigneusement orchestré. La voix de Dell surgit dans ce tumulte avec une ironie guerrière : “reclaiming the name.” Plus qu’un refrain, c’est une morsure, un slogan scandé pour faire du stigmate une couronne. Le terme Gay Boy n’est plus une insulte mais une célébration, une étiquette redessinée dans la sueur, le bruit et la lumière.
Le morceau fonctionne comme une détonation politique autant que musicale. Dell prolonge la tradition des dancefloors queer — Chicago house, voguing balls, rave culture — mais l’accélère en la catapultant dans l’hyperpop, ce territoire où la distorsion et l’excès sont des manifestes. Là où beaucoup cherchent la mélodie fédératrice, lui impose la cacophonie libératrice.
Après dix millions de streams engrangés en collaborations et un premier single solo remarqué, Henry Dell s’installe dans une zone qui lui est propre : celle des artistes qui transforment la fête en acte de résistance. Gay Boy est un hymne brut, exalté, brutalement nécessaire. Pas seulement un banger : une revendication incarnée, un cri qui se danse.
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septembre 3, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme des uppercuts, et d’autres qui s’infiltrent comme un constat lucide. Exhibit M de MahdusMusic réussit le rare équilibre entre les deux. C’est du boom bap rugueux, infusé de la dramaturgie du gangsta rap et de l’introspection propre au conscious hip-hop. Un titre qui ne cherche pas la complaisance mais la gravité, et qui sonne déjà comme une pièce maîtresse, un témoignage mis en vitrine – l’“exhibit” du procès permanent que la société intente à ceux qui viennent d’en bas.
Le beat est sec, granuleux, presque poussiéreux, comme arraché à une cassette oubliée dans une cave. La caisse claire frappe droit, implacable, et les basses font vibrer le sol comme une menace sourde. MahdusMusic ne se cache pas derrière des artifices : il pose sa voix brute, pleine de cicatrices et de vérités, sur un tempo qui sent le béton et les nuits sans sommeil. L’énergie du gangsta rap est là, mais détournée : pas une glorification, plutôt une radiographie.
Dans Exhibit M, la conscience sociale s’exprime sans slogans creux. On entend la lassitude, la défiance, mais aussi une volonté d’élévation, un refus de rester enfermé dans les rôles imposés. MahdusMusic articule ses pensées comme des preuves déposées devant un jury invisible : chaque punchline devient un témoignage, chaque mesure une pièce au dossier. Le “M” pourrait être celui de son blaze, mais aussi celui de la mémoire, de la marginalité, ou de la multitude que sa voix incarne.
C’est ce mélange qui rend le morceau percutant : le souffle du rap conscient qui élève, la noirceur du gangsta rap qui alourdit, et la rigueur du boom bap qui structure. Exhibit M n’est pas juste un track : c’est une vitrine brute de la réalité, exposée sans fard, sans filtre.
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septembre 3, 2025On croit souvent qu’il suffit de poser un beat tranquille et quelques accords jazzy pour que la paix intérieure se dessine en musique. Illusion de Paix, dernier titre de MATTFOU, rappelle que ce n’est jamais aussi simple : derrière la façade chill-hop et les ambiances feutrées, il y a la tension, l’intranquillité, le questionnement constant. Et c’est précisément ce paradoxe qui fait la force de ce morceau.
Le beat, calibré dans un boom bap élégant, déroule une cadence lente et posée, presque comme un pas dans une ruelle de fin d’après-midi. Les cuivres et textures jazz-hop tissent un voile de sérénité apparente. Mais MATTFOU, épaulé par Jarny et Naylina, ne tombe jamais dans la facilité d’un simple “study beat”. Les flows viennent gratter cette surface lisse : la voix s’insinue dans les interstices, dépose des vérités inconfortables, soulève la poussière cachée sous le tapis.
La présence de Naylina ajoute une respiration vocale lumineuse, fragile mais tenace, comme une lueur entre deux doutes. Jarny, lui, ramène du poids, une densité brute qui empêche le morceau de s’évaporer dans une contemplation trop légère. Ensemble, ils bâtissent une tension subtile : celle d’un morceau qui voudrait apaiser mais qui refuse d’anesthésier, qui cherche à comprendre au lieu de fuir.
Illusion de Paix s’impose ainsi comme un manifeste en creux : la paix qu’on croit atteindre n’est peut-être qu’un mirage, mais ce mirage vaut d’être exploré, car il révèle ce qui reste à guérir. Dans un paysage saturé de lo-fi playlists interchangeables, MATTFOU ose complexifier le chill, le rendre vivant, imparfait, humain. Et c’est précisément dans cette imperfection que le morceau trouve sa vérité.
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septembre 3, 2025Il y a des morceaux qui se vivent comme une simple écoute, et d’autres qui deviennent une ascension, pierre après pierre, souffle après souffle. Cesta do hor (Cover) de CHANDOR appartient à cette deuxième catégorie. Derrière ses allures de trap hybride mâtinée de drill, le titre se déploie comme une route intérieure vers les hauteurs, une quête où chaque mesure traduit la difficulté, la sueur et la lumière qui perce au loin.
CHANDOR, figure émergente d’un hip-hop qui refuse le conformisme, injecte dans sa voix un mélange d’âpreté et de fragilité. Les kicks claquent comme des cailloux qui roulent sous les pas, la basse lourde agit comme une gravité constante, tandis que des nappes plus éthérées viennent ouvrir des percées d’air, comme ces moments de grâce qu’on trouve au détour d’un col. Le texte, volontairement ancré dans des émotions universelles – la joie, la perte, la fatigue, la tentation des mirages comme celui de la célébrité – dépasse le simple récit pour devenir une métaphore de nos propres parcours.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre le tranchant du drill et une dimension presque méditative. CHANDOR ne cherche pas à dominer par la violence du son, mais à faire ressentir l’effort, la résistance, la beauté parfois douloureuse d’avancer malgré tout. Cesta do hor devient ainsi une sorte de mantra urbain, un appel à trouver sa propre cadence dans le chaos.
Dans un paysage saturé de productions formatées, ce cover démontre qu’il est possible de faire de la trap un espace poétique, un territoire où l’intime et le collectif se rejoignent. Avec ce titre, CHANDOR ne propose pas une simple reprise, mais une réinvention : une route à prendre, même si elle est escarpée, parce qu’elle mène quelque part au-dessus du vacarme.
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septembre 3, 2025Il y a dans Dey Play de Sosenor cette insouciance qui ne relève pas de la naïveté, mais d’un choix conscient : celui de savourer, de rire, de danser, même quand la vie dresse ses murs. Le chanteur nigérian, originaire de l’Edo State, transforme sa voix douce et solaire en instrument de libération, comme un griot moderne qui rappelle que la joie n’est pas une distraction, mais une arme.
La rythmique afro-fusion s’installe dès les premières secondes, mêlant la fluidité des percussions aux textures plus contemporaines qui flirtent avec la pop globale. C’est un terrain hybride où l’on sent autant la chaleur du village que l’écho des clubs urbains. Les mélodies se faufilent avec une aisance contagieuse, portées par des refrains qui, sans effort, deviennent des mantras de fête et de persévérance.
Mais Dey Play n’est pas qu’un hymne dansant. Derrière l’énergie se cache une philosophie : celle d’un artiste qui connaît le poids des attentes sociales, la pression des origines, et choisit malgré tout de s’affirmer dans l’instant. Sosenor ne joue pas à être autre chose, il est entier, incarnant cette nouvelle génération d’artistes nigérians pour qui la musique n’est pas seulement un divertissement mais un langage existentiel, une manière de tenir debout entre foi, famille et destin.
En concert, sa réputation d’interprète habité prend tout son sens : chaque geste, chaque phrase se prolonge comme une pulsation du morceau lui-même. Dey Play n’est pas seulement une chanson qui fait danser, c’est une célébration du présent, un rappel que dans un monde pressé de nous briser, continuer à « jouer », à rêver et à vibrer, est déjà une victoire.
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septembre 3, 2025Certains titres s’écoutent comme des confidences murmurées au creux de l’oreille, d’autres comme des incantations capables de transformer le poids du passé en lumière neuve. Khadijat de Kukie brwn fait partie de cette seconde catégorie. Derrière son rythme afro-fusion au balancement solaire, se cache un manifeste intime : celui de ne pas laisser les cicatrices d’hier gouverner le lendemain, de se relever, d’avancer malgré tout.
Kukie brwn, voix d’Edo State enracinée dans la soul et nourrie de la vibration afrobeat, déploie ici une écriture à la fois simple et universelle. Pas de faux-semblants, pas de grandiloquence : juste des mots qui serrent le cœur et redonnent souffle, portés par une interprétation viscérale. Sa voix se pose comme un baume, oscillant entre gravité et tendresse, et vient rappeler que la vulnérabilité est aussi une force.
La production de Khadijat épouse cette intention : lignes mélodiques souples, percussions discrètes mais fermes, textures qui rappellent autant la chaleur d’une soirée nigériane que l’introspection d’un matin solitaire. C’est une chanson qui n’exige pas l’euphorie, mais propose un espace de guérison, un moment suspendu où la douleur peut se transmuer en énergie.
Ce qui distingue Kukie brwn, c’est cette manière d’habiter son art comme une mission. Elle ne chante pas seulement pour séduire l’oreille, mais pour déclencher quelque chose en celui ou celle qui écoute — un sursaut, un rappel que la dignité réside dans la persistance à se tenir debout. Khadijat n’est pas un simple morceau, c’est une main tendue, une promesse murmurée : ton passé ne décide pas de ton avenir.
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septembre 3, 2025Certains morceaux ne cherchent pas à moraliser ni à complexifier, ils se contentent d’ouvrir un espace où le désir danse librement. Tonight de J. Santonio appartient à cette catégorie : une pulsation funk traversée de nappes R&B et d’éclats nu-disco, construite comme un écrin pour un récit de liberté féminine assumée. Ici, la femme n’est ni fantasmée ni domestiquée, mais célébrée dans son envie d’explorer sans entraves, dans son droit à la frivolité comme revendication d’autonomie. Et Santonio, loin de jouer les gardiens de vertu, choisit l’attitude la plus rare dans la pop masculine : encourager, soutenir, amplifier cette énergie sans l’étouffer.
Musicalement, le morceau se nourrit des fantômes dorés des pistes de danse — le groove effervescent des années disco, les syncopes héritées du funk, les scintillements pop calibrés pour la radio. Mais J. Santonio y glisse sa propre patte : un timbre râpeux, chaud, capable de basculer en un instant de la tendresse à la suggestion. Sa voix agit comme un phare dans cette nuit où tout semble possible, oscillant entre la séduction feutrée et l’appel à l’abandon joyeux.
Ce qui frappe dans Tonight, c’est son équilibre entre légèreté et affirmation. On pourrait s’arrêter à la surface festive — un track parfait pour la voiture, les clubs, ou les soirées d’été — mais en filigrane, on y lit une vraie prise de position : l’idée que le plaisir féminin n’a pas à s’excuser ni à se cacher. Dans un paysage pop encore saturé de récits masculins centrés sur la conquête, J. Santonio retourne le script et devient témoin complice plutôt que protagoniste dominateur.
En un peu plus de trois minutes, Tonight réussit le pari d’être à la fois hédoniste et politique, radio-friendly et profondément contemporain. Une invitation à se laisser aller, mais aussi à se réapproprier son propre corps et son propre récit.
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septembre 3, 2025Vinilla Strange ne rappe pas pour impressionner, il rappe pour survivre — et All In en est la preuve éclatante. Dans ce nouveau morceau, le rappeur joue cartes sur table : pas de bluff, pas de demi-mesure, seulement la conviction brutale qu’il faut parfois tout risquer pour ne pas s’éteindre. C’est un récit de cicatrices portées comme des médailles, de défaites digérées comme des leçons, et de sacrifices qui, au lieu d’écraser, sculptent une identité artistique solide et sans compromis.
Musicalement, All In se situe à l’intersection du trap, du rap brut et d’un pop rap calibré pour infiltrer les playlists les plus éclectiques. La prod, sombre et élastique, repose sur des 808s massives et un beat syncopé qui rappelle la tension d’un compte à rebours avant l’explosion. Au-dessus, Vinilla Strange délivre son flow avec une énergie contenue mais vibrante, comme un boxeur qui encaisse les coups pour mieux frapper ensuite. Sa voix porte cette dualité rare : l’assurance glaciale de celui qui sait qu’il n’a plus rien à perdre, et la vulnérabilité palpable d’un homme qui a misé son âme entière dans la partie.
Là où le morceau se distingue, c’est dans sa capacité à transformer un vécu personnel en manifeste universel. All In n’est pas qu’un hymne au dépassement de soi, c’est une déclaration de méthode : miser sur soi-même coûte cher, mais le jackpot est dans la liberté, dans la fierté d’avoir tenu bon quand tout poussait à abandonner. Chaque punchline sonne comme une confession rageuse, chaque silence comme une respiration de survie.
Avec ce titre, Vinilla Strange ne se contente pas de raconter son parcours : il en fait une arme. All In est autant un exutoire qu’un appel, une bande-son pour ceux qui refusent de plier face au doute, et qui savent que le seul vrai pari à faire, c’est celui de croire en soi.
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septembre 3, 2025Difficile de rester immobile quand la foi prend le visage incandescent de l’afrobeat. Avec Genesis 11:1-16, The Bible Music Project transforme un extrait des Écritures en une pulsation organique, une cérémonie dansante où la ferveur et la sueur s’entremêlent. On n’est pas dans l’illustration littérale, ni dans l’exercice scolaire : ici, chaque mot de la Genèse devient un rythme, chaque souffle de l’histoire un groove.
Le morceau s’ouvre sur des percussions nerveuses qui installent un climat d’urgence, presque tribal. Très vite, les lignes de basse charnues entrent en résonance avec des chants collectifs qui semblent invoquer à la fois l’esprit du texte et l’énergie de la rue. Cette double lecture — sacrée et profane — donne au titre une densité rare, où l’afrobeat agit comme un médium de transmission universelle. Le corps danse, mais l’esprit reçoit le message.
Dans le détail, la production s’appuie sur des couches de polyrythmies et des cuivres éclatants, qui surgissent comme des éclairs pour relancer la tension. On sent une recherche précise d’équilibre entre la transe hypnotique propre à l’afrobeat nigérian originel et une approche plus contemporaine, calibrée pour résonner dans les clubs autant que dans les cérémonies intimes. La voix, tantôt solennelle, tantôt galvanisante, agit comme un guide spirituel au milieu de cette tempête sonore.
Genesis 11:1-16 ne se contente pas de “mettre la Bible en musique”. C’est un geste de réappropriation : ramener un texte millénaire dans le présent brûlant, l’incarner dans un langage universel — le rythme — et rappeler que la foi, quelle que soit sa forme, est d’abord une affaire de corps, de souffle et de communauté. Un titre qui refuse le dogme pour embrasser le vivant.
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septembre 3, 2025Une basse étouffée comme un cœur qui cogne dans le noir, une voix qui cherche la lumière en oscillant entre fragilité et puissance, et au loin une silhouette venue de France qui murmure son espoir dans un flow abrasif. I SEE de Taquirah et Lutshi n’est pas une simple collaboration transatlantique, c’est un appel à soi-même, une tentative de forcer le regard vers l’horizon quand tout pousse à rester figé dans l’ombre.
Taquirah, performeuse originaire de l’Illinois, porte dans son corps la mémoire du jazz et du gospel. Chaque syllabe qu’elle délivre semble jaillir d’une danse invisible, comme si sa voix dessinait des gestes suspendus dans l’air. On devine l’influence des grandes divas néo-soul, mais jamais dans l’imitation : chez elle, l’émotion se déploie avec un naturel désarmant, entre chant clair et grain brisé, comme une prière qui refuse de se taire. Lutshi, lui, vient offrir la rugosité du français, une langue qui se heurte aux beats downtempo, qui résiste et complète l’élan aérien de Taquirah.
La production se situe sur une ligne de crête fragile : nappes R&B éthérées, rythmes empruntés au grime, atmosphère downtempo qui flirte avec l’apesanteur. L’ensemble respire la tension d’une métropole la nuit, entre les doutes qui alourdissent et les rêves qui persistent. I SEE réussit à capturer cette bascule intime entre désespoir et foi — non pas la foi religieuse, mais celle, profondément humaine, qui consiste à se dire qu’il existe encore un chemin possible, un futur respirable.
Dans un paysage saturé de morceaux calibrés pour les playlists, ce titre ose la sincérité brute. C’est un fragment de vie transformé en matière sonore, une main tendue aux âmes qui trébuchent mais continuent malgré tout d’avancer. Et c’est peut-être là sa victoire : rappeler que parfois, voir mieux pour soi commence par écouter quelqu’un d’autre croire à voix haute.
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septembre 3, 2025Chez Dumomi The Jig, l’ego-trip n’est jamais gratuit. Derrière Hear About Me, nouveau chapitre de son ascension afro-fusion, il y a une revendication simple : transformer la sueur en lumière, l’obstination en héritage. Le morceau s’ouvre comme une confidence de fin de nuit, quand les paupières sont lourdes mais que l’esprit carbure encore. Chaque phrase porte l’odeur du bitume nigérian, traversé de slang et de références de rue, comme si le rappeur voulait ancrer son récit dans le réel avant de l’élever vers l’hymne.
La force de ce titre, c’est sa double pulsation : d’un côté, la sérénité de quelqu’un qui a survécu à l’orage ; de l’autre, l’énergie électrique de celui qui veut plus, qui refuse de se contenter de miettes. La production oscille entre l’élan solaire de l’afrobeat et la gravité presque méditative d’un afro-pop introspectif. Résultat : un son qui ne cherche pas à hypnotiser la piste de danse à tout prix, mais qui reste assez vibrant pour nourrir les corps en même temps que l’esprit.
On sent la gratitude affleurer dans ses mots — à la famille, aux piliers qui ont permis à ce rêve de ne pas s’effondrer. Mais Dumomi ne tombe pas dans la mièvrerie : il brandit ses cicatrices comme autant de preuves. Les mensonges, les freins, les trahisons deviennent ici carburant. Hear About Me est à la fois un bilan et une promesse, un coup d’œil rétrospectif vers le chemin parcouru et une annonce au monde : l’histoire ne fait que commencer.
Dans un paysage afro-urban souvent saturé de morceaux interchangeables, Dumomi The Jig réussit à imposer une singularité : un storytelling qui respire l’authenticité, une écriture qui choisit la nuance plutôt que le cliché, et une interprétation qui conjugue fierté et humilité. Avec Hear About Me, il ne signe pas seulement un tube motivant, il sculpte une trajectoire, celle d’un artiste qui transforme sa lutte en levier, et qui s’assure que demain, on n’aura d’autre choix que d’entendre parler de lui.
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septembre 3, 2025Caddy Pack n’a jamais eu besoin d’artifices pour exister : sa voix, son flow et ses silences suffisent. Avec Don’t Be Afraid, la rappeuse germano-américaine originaire de Heidelberg offre bien plus qu’un single : une respiration, un espace où l’on apprivoise ses propres vertiges. Ce n’est pas un slogan, encore moins une posture. C’est un geste nu, presque fragile, qui transforme l’aveu de peur en manifeste intime.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette manière qu’elle a de sculpter un pont entre les racines du hip-hop US et la douceur cotonneuse des textures lo-fi. Là où d’autres privilégient l’impact frontal, Caddy Pack choisit l’apaisement, les battements calmes, les nappes presque liquides qui semblent s’évaporer dans l’air comme de la buée. Son rapport à la nature se devine dans cette musicalité organique : on a l’impression d’entendre un rap qui respire, qui marche pieds nus dans l’herbe, mais qui n’oublie jamais d’où il vient.
Ce n’est pas un hasard si elle a su séduire aussi bien les institutions culturelles allemandes — finaliste du prix “Alwa is Life” en 2019 — que le public national, lors de son passage remarqué dans The Voice Rap en 2023, où elle a rejoint l’équipe de Kool Savas et atteint la deuxième place de la compétition. Ce parcours raconte déjà une singularité : celle d’une artiste capable de tenir un micro sur une scène télévisée, tout en gardant l’intimité brute de ses compositions comme dans une chambre à coucher ou un carnet de route.
Don’t Be Afraid s’inscrit dans cette lignée : une chanson qui n’essaie pas de rassurer par des promesses grandiloquentes mais par la sincérité brute de son interprétation. Le beat minimaliste agit comme un socle, laissant sa voix, tour à tour feutrée et ferme, occuper tout l’espace. On retrouve ici une héritière des grandes figures conscientes, de Common à Lauryn Hill, mais dans une esthétique lo-fi qui lui est propre, presque méditative.
Caddy Pack signe ainsi un morceau qui ressemble à un murmure adressé à soi-même et, par ricochet, à tous ceux qui doutent : la peur n’est pas un obstacle, c’est une matière, un outil. Dans Don’t Be Afraid, le hip-hop devient un sanctuaire, un espace où l’on ose tomber pour mieux apprendre à voler.
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septembre 3, 2025Une chanson peut parfois ressembler à un miroir brisé : chaque éclat reflète un souvenir, une peur, un désir de recommencer malgré tout. Avec Insecure, EĐĐIE ne propose pas seulement une pop alternative aux contours nets, il nous plonge dans un vertige émotionnel où l’intimité devient spectacle, où l’aveu personnel s’habille des oripeaux d’un futur hit radiophonique.
Le morceau parle de ce moment suspendu où l’on retombe amoureux alors que les plaies d’une rupture saignent encore en sourdine. C’est l’éternelle contradiction des débuts : vouloir ouvrir grand ses bras, mais sentir encore les fantômes de la méfiance rôder. La production épouse ce sentiment comme une seconde peau : des synthés aériens mais légèrement voilés, une rythmique retenue qui pulse comme une anxiété qu’on cache derrière un sourire, et la voix d’EĐĐIE, diaphane, qui tremble parfois mais ne cède jamais.
On pourrait croire à un simple titre calibré pour playlists pop, mais il y a davantage de nuances ici. Là où certains artistes comme Lauv ou Troye Sivan misent sur l’éclat euphorique, EĐĐIE préfère l’ambiguïté, une tension permanente entre désir et peur, comme une flamme qui danse au bord de l’extinction. Cette fragilité assumée donne au morceau une profondeur inattendue : c’est une pop qui ne camoufle pas les failles, mais qui les transforme en matière première.
Insecure n’est pas un hymne tape-à-l’œil, mais un aveu cristallisé. Une chanson qui vibre comme une confession nocturne, capable d’accompagner à la fois les errances solitaires et les instants où l’on choisit d’aimer encore, même quand chaque battement de cœur semble rappeler le risque de tomber. Une œuvre lumineuse et tremblée, qui prouve qu’EĐĐIE sait transformer l’intime en langage universel.
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septembre 3, 2025Certains rappeurs alignent des rimes pour briller. Louis Davis, Jr., lui, les dépose comme des couches successives de rêves, de blessures et d’intuitions. SUBCONSCIOUS n’est pas un simple morceau de boom-bap conscient, c’est une plongée intérieure où les breaks poussiéreux et les kicks secs deviennent le divan d’une séance de psychanalyse urbaine.
Dès les premières mesures, on sent la filiation avec les classiques des années 90 : boucles de piano usées comme des souvenirs, beat carré mais vivant, grain rugueux qui rappelle la cassette plus que le streaming. Pourtant, l’intention est ailleurs. Louis Davis, Jr. ne cherche pas à ressusciter une époque, il utilise cette matière brute comme vecteur de vérité, comme si le boom-bap était le seul langage honnête pour traduire les flux de pensée qui s’agitent sous la surface.
Ce qui frappe, c’est la manière dont il navigue entre le concret et l’abstrait. Il parle de rues, de luttes, de mémoire collective, mais toujours avec cette encre invisible du “je” intime, celui qu’on cache, celui qu’on tait. SUBCONSCIOUS fonctionne presque comme un palimpseste : une écriture qui révèle ce que l’esprit filtre d’habitude. Le flow est posé, jamais pressé, comme si chaque mot devait respirer, se déposer au fond du crâne de l’auditeur avant de laisser place au suivant.
Dans un paysage saturé de trap clinquante et d’ego-trips interchangeables, Louis Davis, Jr. joue à contre-courant. Son morceau n’essaie pas de séduire immédiatement, il s’installe lentement, laisse ses ombres s’épaissir, et finit par nous faire comprendre que ce voyage n’est pas dans la ville, mais dans la tête. SUBCONSCIOUS n’est pas un hymne, c’est un miroir — et ce qu’on y voit dépend de ce qu’on ose affronter en soi-même.
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septembre 3, 2025Parfois, un morceau ne cherche pas à divertir mais à recréer l’asphyxie même de la perte, ce silence saturé où chaque respiration est une lutte. claustrophobic de Keith Hayden s’inscrit dans cette tradition sombre du cloud rap et de l’emo hip-hop : une confession mise en suspens, un cri contenu qui se dissout dans l’écho des reverbs.
La production se déploie comme une pièce fermée, sans fenêtres : nappes synthétiques cotonneuses, beat ralenti qui pulse comme un cœur brisé, et ce vide laissé volontairement entre les mesures, comme pour laisser entrer l’angoisse. C’est une architecture sonore oppressante mais volontaire, rappelant les esthétiques de Juice WRLD ou Lil Peep, où le minimalisme devient vecteur de douleur.
Keith Hayden ne masque rien. Sa voix, tantôt monotone, tantôt tremblée, donne l’impression d’un jeune homme piégé dans sa propre poitrine. Les mots, eux, ne décrivent pas seulement la perte amoureuse, mais le gouffre qui suit : cette absence qui décolore tout, qui fait de chaque jour une version fanée du précédent. On ne parle pas ici de nostalgie douce, mais d’un vide corrosif, celui qui transforme l’espace en cage et la mémoire en torture.
Et pourtant, il y a quelque chose d’étrangement lumineux dans ce morceau : comme si, en partageant son étouffement, Hayden ouvrait une minuscule fissure, un courant d’air pour tous ceux qui savent ce que c’est que d’être enfermés dans le deuil. claustrophobic n’est pas une chanson à écouter pour aller mieux, mais une chanson qui dit avec justesse et cruauté ce que ça fait d’aller mal — et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.
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septembre 3, 2025Il y a des DJ qui font tourner des disques. Et il y a ceux qui tordent le temps, réécrivent la gravité et transforment le dancefloor en collision de particules. Élegie appartient clairement à la seconde catégorie. Française exilée aux États-Unis, data scientist et physicienne de formation, elle a cette façon singulière de traiter la musique comme une équation instable où chaque variable est un kick, une nappe ou une ligne de basse. Son remix croisé de Mau P — Gimme That Bounce vs. Remember vs. Push Pull — est une démonstration de cette approche quasi scientifique, mais gonflée de sensualité et de sueur.
Le morceau est construit comme une chambre d’écho futuriste : des basses qui claquent comme des portes blindées, un groove Tech House qui s’étire et se compresse jusqu’à la transe, et des éclats mélodiques qui surgissent comme des particules luminescentes dans l’obscurité. Élegie ne se contente pas de juxtaposer trois titres : elle les fait fusionner comme des planètes en orbite, créant une matière sonore nouvelle, à la fois familière et imprévisible.
On entend derrière ce patchwork une histoire plus intime : celle d’une créatrice qui a troqué ses nuits d’open space new-yorkais pour les clubs de San Francisco, de São Paulo et de Mexico. Ce parcours laisse des traces dans son esthétique : le côté brut et organique des beats brésiliens, l’exigence des scènes underground américaines, la finesse européenne des textures. À chaque montée, le remix semble rendre hommage à ces strates de vie accumulées, comme si chaque drop était un souvenir transformé en pulsation.
Et puis, il y a cette dimension profondément humaine : Élegie dédie sa musique à Edgy, son bulldog disparu. On se surprend à croire qu’entre les kicks sourds et les respirations synthétiques, quelque chose d’immatériel survit : un battement de cœur qui refuse l’oubli.
Avec ce remix, Élegie ne signe pas seulement une relecture club. Elle érige un manifeste : la musique comme passerelle entre la rigueur scientifique, l’excès hédoniste et la mémoire intime. Une œuvre Tech House qui réussit à être cérébrale sans perdre une once de physicalité.
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septembre 3, 2025Certains morceaux n’ont pas besoin d’explications : ils arrivent, claquent comme une gifle parfumée au néon et vous embarquent sur le dancefloor avant même que vous n’ayez pu dire « encore un shot ». Cucaracha, le nouveau single d’Eva Tocanel, est de ceux-là — un banger insaisissable qui réinvente la rencontre improbable entre la frénésie K-Pop, la nervosité du rap et l’euphorie des clubs européens.
Indépendante, insoumise, Eva Tocanel joue la carte de l’hybridation totale. La ligne directrice ? Zéro limite. Un beat qui crépite comme une boule à facettes sous stroboscope, un flow incisif (servi avec brio par Papa Jr), et cette touche pop ultra-catchy qui transforme chaque refrain en slogan hédoniste. Cucaracha n’est pas seulement un titre fait pour être dansé : c’est une pièce d’identité sonore pour une génération qui consomme les genres comme on zappe les applis, en quête d’un frisson immédiat.
Dans l’énergie, on pense au côté survolté de Blackpink ou d’Itzy, mais aussi à la pop trash et colorée de Charli XCX, cette manière de transformer le kitsch en puissance. Tocanel, elle, ne cherche pas à copier : elle capte l’électricité globale, la digère et la recrache dans un accent proprement européen, entre Bucarest et Séoul, comme si les fuseaux horaires s’étaient enfin alignés.
Ce qui frappe surtout, c’est la confiance brute qui suinte de chaque mesure. Cucaracha ne se cache pas derrière des subtilités : tout est frontal, addictif, assumé. C’est un tube pensé comme un insecte indestructible — vous pouvez l’écraser, il revient, plus fort, plus obsédant.
En pleine effervescence mondiale où les frontières musicales s’évaporent, Eva Tocanel s’offre ici un passeport universel : celui d’une artiste qui sait transformer sa singularité en fête planétaire. Avec Cucaracha, elle ne signe pas seulement un hit de playlist, elle s’impose comme une voix qui refuse de choisir entre l’Est et l’Ouest, entre le clinquant et l’authentique.
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septembre 3, 2025Il existe des morceaux qui n’appartiennent pas seulement à une saison, mais qui semblent l’avoir inventée. Summer of Lxve de Horizyn fait partie de ceux-là : une carte postale sonore où la lumière ne faiblit jamais, où l’air vibre d’odeurs de barbecue, de sueur dansante et de promesses murmurées sous un ciel fuchsia. C’est un morceau qui a la couleur d’un Polaroid laissé au soleil, un peu saturé, un peu nostalgique déjà, mais incandescent de sincérité.
Horizyn joue les funambules entre rap feutré et confession solaire, laissant Vandana Nirankari enrober l’ensemble d’une douceur vocale qui frôle le spirituel. Sa voix, presque caressante, agit comme une brise au bord de Victoria Park, venue calmer l’électricité des basses et arrondir les angles des rimes. Ce contraste est la clé du morceau : l’énergie d’un été vécu à fond, équilibrée par la tendresse d’un amour qui se construit loin du vacarme.
Les images se succèdent comme un film Super 8 : Notting Hill Carnival et ses marées humaines, le BBC Weather qui promet toujours la pluie mais se trompe pour une fois, des draps froissés et des bières tièdes, le goût des fraises et celui du désir. Horizyn ne se contente pas de décrire l’été, il en fait un mythe intime : celui d’un temps suspendu où la liberté devient tangible, où l’amour est une chorégraphie improvisée sur l’asphalte encore chaud.
Musicalement, la production épouse cette idée d’évidence. Un groove soyeux, des percussions qui évoquent autant la chaleur londonienne que des rythmes caribéens, et un refrain qui reste accroché comme une odeur de crème solaire sur la peau. On y retrouve l’esprit d’Anderson .Paak, une pincée de Loyle Carner, mais surtout une signature propre, confiante, qui ne force jamais la séduction.
Summer of Lxve n’est pas seulement une chanson d’été : c’est une promesse qu’on se fait à soi-même, celle de garder vivants les instants de lumière quand viendront les jours gris. Une pièce de mémoire déjà, avant même d’avoir fini de la danser.
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septembre 1, 2025Il y a des morceaux qui naissent du feu, de ce moment précis où la trahison brûle plus fort que la peur. Mostrando los Dientes de Nicoletta de Lira est exactement cela : une morsure mise en musique, une cicatrice transformée en arme sonore. Ce n’est pas une chanson à fredonner, c’est une incantation, une danse de survie qui invoque les forces obscures de l’instinct. Nicoletta ne rappe pas pour séduire ni pour briller : elle rappe pour ne pas disparaître, pour dresser une frontière infranchissable entre elle et ceux qui ont osé profaner la confiance.
La production s’étire comme une ruelle nocturne, basse sourde et claquements secs qui résonnent comme des pas pressés derrière vous. On entend dans la texture même du morceau l’écho de l’ombre et de la sueur, comme si chaque beat était frappé avec la rage d’un cœur qui refuse de céder. Le trap est ici convoqué dans sa forme la plus carnivore, mais Nicoletta y glisse des inflexions latines, presque rituelles, qui lui donnent une profondeur autre : ce n’est pas seulement du rap, c’est un exorcisme.
Ce qui frappe, c’est la manière dont elle fait de l’animalité un manifeste politique et intime. Montrer les dents, dit-elle, n’est pas une posture. C’est l’ultime geste de celles et ceux qu’on a tenté de dévorer vivants, un geste d’autodéfense et de puissance. Dans ses mots résonnent les louves solitaires, les amazones urbaines, les voix trop longtemps contraintes au silence. On pense à l’énergie de Cardi B, à l’âpreté d’Ana Tijoux, mais Nicoletta refuse l’imitation : elle trace une ligne de sang qui lui appartient.
Mostrando los Dientes ne cherche pas l’universalité sucrée des refrains faciles. C’est une offrande de chair et de nerfs, un appel à celles et ceux qui savent que la loyauté est un trésor rare et que la survie se joue dans le regard qu’on ose rendre. Plus qu’un morceau, c’est une morsure qui reste imprimée dans la peau.
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septembre 1, 2025À l’écoute de Fala, impossible de rester immobile : ce n’est pas un morceau, c’est une convulsion, une sueur partagée, une transe collective qui embrase tout ce qu’elle touche. SF1 convoque ici l’esprit incandescent des rues de Rio et l’enveloppe dans une architecture hybride où le funk carioca dialogue avec le jazz brésilien, le soul afro-diasporique et l’électricité de la scène globale. L’effet est immédiat : les percussions claquent comme des pas de danse sur l’asphalte brûlant, les voix se glissent entre sensualité et incantation, et le piano, tantôt caressant, tantôt fiévreux, ouvre des failles lumineuses dans ce torrent rythmique.
Là où beaucoup se contentent d’un collage world music, Fala joue la fusion sans hiérarchie. Venus Leone insuffle sa présence vocale comme une prêtresse urbaine, entre chant de rue et confession charnelle, tandis que Chantil Dukart fait de son piano un corps qui respire, hésite, s’emballe. SF1, au centre de ce rituel, n’est pas seulement batteur : il est narrateur par impacts, transformant chaque frappe en syllabe percussive. Le morceau est chanté, parlé, crié en plusieurs langues, mais au fond, la langue ici, c’est le rythme lui-même — un flux qui déborde de tout cadre et qui dit ce que les mots seuls ne peuvent pas.
Avec ses 150 BPM en apnée, Fala ne cherche pas le confort mais l’abandon. C’est une musique qui secoue les corps avant de toucher l’intellect, qui rappelle que danser peut être un acte spirituel autant qu’un geste physique. On pense à la ferveur du baile funk, à l’exubérance des rodas de samba, mais transposées dans une grammaire contemporaine qui pourrait tout aussi bien résonner dans un club berlinois que sur une place à Salvador.
Ce qui fait la force de ce titre, c’est son refus d’être un simple “feat global”. Ici, l’hybridité n’est pas une stratégie marketing mais une nécessité vitale. Fala est un cri qui unit, un souffle collectif, une proposition radicale : faire de la musique non pas un produit, mais un espace de résistance et de communion.
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septembre 1, 2025Dans Lonely, Lil Pak ose ce que peu de rappeurs de sa génération acceptent : mettre en suspens l’attitude, le masque, le bruit des rues pour tendre un morceau de chair nue. Là où son écriture s’est souvent déployée sur le terrain du storytelling brut, il choisit ici une économie de mots au profit d’une charge émotionnelle frontale. La prod, dépouillée mais précise, laisse vibrer des accords et des respirations qui flirtent avec la soul contemporaine — on pense à certains crescendos minimalistes de Rod Wave ou à la fragilité assumée d’un Giveon, mais filtrée par la rugosité d’un rappeur qui ne renonce pas à sa densité.
Ce qui frappe, ce n’est pas tant l’histoire racontée — l’hommage à une partenaire restée loyale malgré les chaos — que la manière dont Lil Pak la livre. Pas de mise en scène ostentatoire, pas de refrains calibrés pour TikTok. Le flow ralentit, se fragmente, parfois même s’effrite, comme si chaque syllabe portait le poids de nuits d’errance et de reconstructions silencieuses. Le titre n’est pas une ballade sucrée mais un espace où la vulnérabilité s’affirme comme une force, où la loyauté devient un geste politique dans un monde où tout incite à la trahison et au recommencement rapide.
Lonely s’inscrit ainsi dans cette frange du rap contemporain qui refuse le manichéisme. C’est à la fois une love song et une réflexion sur le collectif : garder près de soi ceux qui ne lâchent pas, même quand la tempête gronde. Dans son articulation entre intimité et universalité, le morceau résonne comme un manifeste discret mais radical. Lil Pak ne signe pas seulement un single, il installe une nouvelle facette de son identité artistique — celle d’un rappeur capable de transformer sa propre fragilité en matière esthétique.
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septembre 1, 2025Il arrive que certaines chansons s’écrivent comme des pierres tombales levées au milieu du vacarme. Pas besoin de marbre ni d’encens : juste une boucle sombre, un beat sobre, et deux voix qui refusent d’enterrer trop vite la mémoire. Since You Been Gone, collaboration entre Str8 Trip et Halfcut, n’est pas un single comme les autres, c’est une sépulture sonore qui fait du hip-hop un mausolée collectif.
La production de Grandon Beats frappe comme un battement de cœur au ralenti. Pas de surenchère, pas de décor clinquant : le morceau respire la retenue, la pudeur. C’est un cadre dépouillé pour accueillir ce qu’il y a de plus fragile — la voix qui tremble mais qui persiste, l’histoire d’un homme disparu trop tôt, KING, mentor et ami, arraché par la maladie. Tout le reste est silence, tout le reste est absence.
Mais le silence, ici, est traversé par des mots. Str8 Trip et Halfcut rappent comme on se souvient, à mi-chemin entre la confession et la conversation avec un fantôme. Ils posent leur douleur sur un fil tendu entre l’intime et l’universel. Car si la chanson porte un nom — celui de KING — elle charrie en réalité les visages de tous ceux qui ne reviendront plus. C’est là que réside sa puissance : ce n’est pas une simple dédicace, mais un espace commun où chacun peut déposer ses deuils.
Dans le sillage des Nas, des Biggie ou des 2Pac, Since You Been Gone rappelle ce que le rap fait de mieux quand il cesse d’être performance pour devenir témoignage : mettre le doigt sur la plaie, puis transformer le sang en encre. Le track s’impose comme une promesse de continuité : tant que les micros existent, les morts parlent encore.
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septembre 1, 2025Le morceau s’ouvre comme un moteur qui tousse avant de rugir : une prod martelée, métallique, conçue pour cogner aussi fort dans des écouteurs qu’entre quatre murs saturés de basses. on my self est l’histoire d’une ascension racontée au présent, sans détour ni nostalgie. Kibby ne rappe pas seulement sur l’idée de “flex” : il le réinvente en terrain personnel, un récit de survie transformé en rituel de victoire.
Là où d’autres se contentent d’aligner les clichés du luxe et de la fête, Kibby insuffle une densité particulière, un mélange de rage froide et de lucidité. Derrière l’évocation des sapes hors de prix et des bolides importés, il y a surtout la fierté d’avoir renversé un destin contraint, la conscience que chaque ligne de code vestimentaire est aussi une cicatrice sublimée. On y entend un écho du drill UK dans la rudesse du beat, mais aussi une parenté avec Future ou Playboi Carti dans la manière de transformer l’auto-tune en arme émotionnelle.
Ce qui donne au track son caractère unique, c’est sa capacité à maintenir l’équilibre entre deux pôles : l’énergie brute du club-banger et la précision narrative de quelqu’un qui n’a pas oublié d’où il vient. Kibby joue avec les codes de la trap et du drill sans s’y enfermer, injectant un souffle personnel, une maturité qui surprend dans un genre souvent obsédé par l’instant.
on my self n’est donc pas qu’un hymne de fête ou un étalage d’ego : c’est un manifeste, une déclaration de liberté signée à la sueur et à la sueur seulement. Le genre de morceau qui donne envie de lever la tête, de serrer les poings, et de croire, ne serait-ce que le temps d’un beat, que tout est possible.
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septembre 1, 2025On n’entre pas dans Dreamland comme dans un morceau classique : on y glisse, presque à reculons, happé par une atmosphère qui ne ressemble à rien d’autre. Ebubé n’offre pas une chanson, il déploie un paysage intérieur, un territoire intime où la néo-soul se teinte d’indie R&B, de mélancolie vaporeuse et d’une sensualité qui frôle l’apesanteur. C’est une traversée de nuit, un rêve éveillé qui refuse de se dissiper au matin.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette voix — pas une voix qui cherche l’emphase ou le spectaculaire, mais une voix qui s’impose par sa fragilité assumée, comme si chaque note contenait un secret confié à demi-mot. Ebubé la laisse flotter au-dessus d’une production minimaliste : synthés caressants, rythmes étouffés, textures qui semblent venir de loin, comme filtrées par une vitre embuée. Rien de trop, rien de démonstratif. L’espace sonore est pensé comme un écrin de silence où chaque vibration prend un relief singulier.
L’originalité de Dreamland réside dans sa manière de concilier la douceur et le vertige. Le morceau ne se contente pas d’évoquer un état d’âme, il le fabrique, il l’impose à celui qui l’écoute. On est emporté dans une sorte de clair-obscur émotionnel où la vulnérabilité devient puissance, où l’absence se transforme en refuge. À la manière de Solange ou de James Blake, Ebubé déconstruit les codes de la soul pour en extraire une matière nouvelle, fragile mais infiniment moderne.
Ce morceau n’est pas seulement une ballade nocturne, c’est une expérience sensorielle : il agit comme un miroir liquide où chacun projette ses propres désirs, ses propres blessures. Dreamland n’est pas un simple titre, c’est un sanctuaire flottant, un espace suspendu qui confirme qu’Ebubé a déjà trouvé une langue qui n’appartient qu’à lui.
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septembre 1, 2025Parfois un morceau n’a pas besoin de raconter une histoire compliquée pour marquer. Omo Ijeta de Las Gidi Kingin en est la preuve éclatante : trois minutes de pur soleil, où l’afrobeat devient le prolongement naturel d’un sourire. C’est un hymne à l’origine, mais aussi à l’instant présent, une façon de dire « je viens d’ici, j’ai traversé ça, et me voilà » — sans pathos, juste avec la certitude que la musique est le langage le plus honnête.
Le morceau pulse comme une promenade à ciel ouvert : percussions qui claquent comme des salutations fraternelles, lignes mélodiques qui ondulent avec nonchalance, et une voix qui ne force jamais mais rayonne, comme si elle connaissait l’équilibre parfait entre fierté et légèreté. C’est le genre de track qui ne cherche pas à séduire par l’esbroufe, mais qui s’impose par son naturel — exactement ce que l’on attend d’un afro-pop organique, fait de textures chaudes et d’énergie contagieuse.
Ce qui frappe, c’est la simplicité assumée : pas de couches sonores envahissantes, pas de dramaturgie inutile. Omo Ijeta préfère la fluidité, celle qui permet aux corps de se délier et aux souvenirs de se superposer à la fête. On y perçoit les racines, mais jamais comme un poids : plutôt comme une rampe de lancement, un socle sur lequel bâtir une identité musicale qui respire le monde autant que la rue d’où elle vient.
Las Gidi Kingin signe avec ce titre un manifeste intime et universel à la fois : celui d’un artiste qui ne se prend pas pour un prophète, mais qui sait transformer ses origines en moteur rythmique, ses exploits en vibe fédératrice. Omo Ijeta, c’est la preuve qu’un simple « feel good song » peut parfois en dire beaucoup plus qu’il n’y paraît.
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septembre 1, 2025Il existe des morceaux qui ressemblent à des cicatrices devenues fleurs. Aloe Barbadensis de Chepps fait partie de ceux-là : un titre qui prend la rugosité du hip-hop conscient et l’adoucit comme une plante médicinale. Le choix du titre n’a rien d’anecdotique : l’aloe, cette chair translucide qui apaise brûlures et plaies, devient métaphore d’un rap qui ne cherche pas seulement à dénoncer, mais aussi à réparer.
La production joue la carte de l’épure : un beat alternatif, à la croisée du boom-bap réinventé et de textures plus abstraites, laisse l’espace respirer. Dans ces respirations s’installe la voix de Chepps, ferme mais jamais autoritaire, comme un guide qui sait que l’on écoute mieux quand on n’est pas hurlé dessus. Son flow oscille entre constat social et introspection, entre lucidité acide et douceur inattendue. On pense parfois à Common, parfois à Mick Jenkins, mais Chepps a ce timbre qui rend ses mots poreux, comme si chaque phrase voulait pénétrer plus profondément qu’une simple punchline.
L’intérêt de Aloe Barbadensis n’est pas uniquement dans son message, mais dans son esthétique : un rap qui refuse le tape-à-l’œil et mise sur la lenteur, sur l’intelligence des silences. Chaque mesure devient espace de réflexion, comme un battement de cœur étiré. C’est là toute la singularité du morceau : faire danser la pensée autant que le corps.
Chepps signe ici une proposition à contre-courant d’un hip-hop saturé de vitesse et de fracas. Avec Aloe Barbadensis, il prouve qu’un titre peut être à la fois manifeste politique, rituel intime et baume pour les oreilles fatiguées du vacarme ambiant. Plus qu’une chanson, un soin à appliquer en profondeur.
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septembre 1, 2025Certains morceaux ressemblent à des marches rituelles. On ne les écoute pas, on les gravit. Go High d’InDuna appartient à cette catégorie : un titre qui ne cherche pas à flatter l’oreille mais à relever le corps, à tendre une main invisible vers ceux qui vacillent. Dès les premières mesures, une pulsation fluide installe un groove qui semble circuler dans les veines plutôt que dans les enceintes. Afrobeat, pop, soul — tout se mêle ici, comme si chaque élément de la production portait un souffle vital, une incantation au dépassement.
InDuna, Sud-Africain de naissance mais façonné par la lumière crue de la Nouvelle-Zélande, chante comme on écrit une autobiographie condensée en trois minutes : brut, lumineux, sans maquillage. Dans Go High, il ne parle pas seulement de lui, il parle à travers nous, à travers ces fantômes de cycles brisés, de blessures qui se transmettent, et de la possibilité enfin d’oser s’arracher à la gravité. La phrase centrale — « choisir de croire en plus grand que ce qui nous a été donné » — ne sonne pas comme une maxime, mais comme un souffle pris après l’asphyxie.
Musicalement, l’élégance tient à cette tension subtile : une rythmique chaude et dansante, presque solaire, contrastée par une mélancolie tapie dans les harmonies vocales. Ce balancement crée une émotion paradoxale, celle d’un morceau à la fois club et confessionnal, capable de tourner en boucle sur une piste de danse comme de résonner seul dans un casque au petit matin.
Avec Go High, InDuna confirme qu’il ne compose pas des chansons mais des trajectoires. Ses morceaux s’écoutent comme on suit un voyage initiatique, toujours ancrés dans l’intime mais pensés pour l’universel. La promesse de l’EP à venir est claire : si cette chanson est une ascension, le reste sera une apothéose.
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septembre 1, 2025Lundi de rentrée, la pluie a remplacé les rayons de soleil, laissant sur nous un sentiment morose au goût amer de fin de vacances. Mais, rien ne sert de déprimer avant l’heure, on vous a concocté une playlist qui va vous remonter le moral et occuper vos tympans le temps des trajets jusqu’au travail. Voici la La Monday Playlist #5, à déguster sans modération :
daklaoma – collation
Chymzz x Rivo – Chose Me
Rize Michael – things you wouldn’t say
BlankX DUSÉ – Lft U Bhnd
JayWood – PISTACHIOS
Dreamland -Ebubé
AI SONGZ – Mad House
Yestrdy – Hell Yeah!
Moulod – Kitsune
YIN WISE – DEJA VU
NiCE. B – Si loin !
Hey Choppi – Fly Away
SAJYE – My Guy
0sb0rne – ON ONE
LIfeSizeDoll – Heaven on Earth
O.G. Soul + B. Griff – Lemonade (Bentley Coupe)
Nicoletta de Lira – MOSTRANDO LOS DIENTES
Dumomi the Jig – Not the same (NTS)
Teko Baby – When Can I Hold You
Tsharna – Stay
GoodBadUgly – diference.
Indietronica – Callen
Gawz – LOYER
Queen Ife – Savory
Katchafire – Collie Herb Man (Revival 2.0) (Remix by Katchafire )
Rose – Massé
Diallo Brutherz – Eh God
Signed XO – Flip The Switch
>aRRO – Limitless
Rauw Alejandro – Buenos Términos
Alessiah – boy toy
Maargueritt – En été
Joe Buck, Roxane Tessier : Am Stram Gram
Monolink – In My Place
ATHEN – Condamné
S*WITCHES – BRAVO LES LESBIENNES
oXni ~ HARD CORPS
KIDSØ – Permafrost
Habits – RETRO
Mang – Don’t Leave
Biggie Fresh – With You
Wen’Dee – Je m’attends au pire 💔 |Clip version court métrage
Logan Brown – SOMTIMES!
Karl Nasty – Presse La Détente (feat. Keywone)
Mugen SK – Faut Comprendre
Bullet Brak x Dizzy Dizasta – Please Understand
ray rogerss – Paul Frank Hat
Planky x Harry Shotta x Genesis Elijah x Backsy – One Life, One Soul
Glane x – Silencer
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septembre 1, 2025Un battement sourd, comme un cœur qu’on étouffe, ouvre le morceau. Pas besoin de mode d’emploi : on sait déjà que Vergessen? Totgeschwiegen ne cherche pas à plaire d’emblée, mais à gratter là où ça dérange. Sanina avance sans masque, ses mots frappent comme des projecteurs braqués sur l’ombre, et l’on comprend que cette chanson n’est pas un divertissement mais une mise à nu.
La texture sonore, hybride et élégante, s’inscrit dans une veine R&B-pop contemporaine qui a le goût du clair-obscur. Les nappes synthétiques s’enlacent aux basses souples, sculptant un espace à la fois fragile et imposant, où la voix de Sanina se fait guide et confession. On retrouve une tension presque cinématographique : tout est écrit comme une montée dramatique, jusqu’à ce refrain qui explose, comme si les mots tus depuis trop longtemps ne pouvaient plus tenir.
Mais au-delà des choix de production — modernes, précis, impeccablement calibrés pour flotter entre la radio et l’intime —, ce qui fascine ici, c’est l’angle choisi. Sanina ne raconte pas une rupture banale ni une histoire d’amour standardisée. Elle se confronte au silence, au poids du non-dit, à ces vérités qui s’enfouissent et qui finissent par ronger de l’intérieur. Dans un monde saturé de discours, elle ose donner une voix à ce qui n’en a pas.
On pense à une Alicia Keys pour la sincérité, à une Joy Denalane pour la force d’incarner en allemand des émotions universelles, mais Sanina trace sa propre diagonale : celle d’une artiste qui ne se contente pas d’écrire des chansons, mais qui transforme les silences en manifestes sonores. Vergessen? Totgeschwiegen n’est pas seulement un titre R&B-pop : c’est un uppercut doux-amer, un rappel que les vérités tues laissent toujours une cicatrice musicale.
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septembre 1, 2025La musique, parfois, n’est rien d’autre qu’un souffle retenu trop longtemps qui finit par exploser. My Time de Davy Sage surgit comme ce cri qui fend le silence, une déclaration intime et collective, une transe solaire forgée dans les failles et les blessures. Loin d’un simple tube calibré pour les playlists afro-pop, le morceau a la texture d’un talisman : une rythmique vibrante comme une artère, un refrain en yoruba qui n’est pas seulement une formule musicale mais une incantation, et la conviction d’un artiste qui a décidé que l’attente avait assez duré.
Davy Sage n’écrit pas ici un énième hymne de fête, il dresse une architecture sonore de résistance et de renaissance. La production d’Executive Scott respire la sueur et la lumière : percussions perlées, basses telluriques, arrangements qui roulent comme une houle — entre Lagos et Toronto, les deux pôles de son identité. L’entrée de D4wnatello, avec son phrasé nerveux et tranchant, agit comme un contrepoint brutal à la voix plus grave et charnue de Sage. On sent dans leur échange non pas une simple collaboration, mais une passation d’énergie, presque une scène initiatique.
Il faut tendre l’oreille au cœur du morceau : ce basculement entre l’anglais et le yoruba n’est pas décoratif, c’est un geste politique et esthétique. C’est le refus d’un effacement, la preuve qu’une langue peut contenir une mémoire et une vision du futur. « Monin kowo wole min » claque comme une revendication : le temps n’est pas une donnée abstraite, il est possédé, convoqué, vécu dans l’instant.
Avec My Time, Davy Sage ne signe pas seulement le premier extrait d’un EP prometteur (Man on a Mission), il livre un miroir tendu à tous ceux qui continuent de se battre pour imposer leur voix. Un morceau qui danse et qui pense, qui brille et qui brûle, qui ne se contente pas d’annoncer une heure venue, mais la fait réellement advenir.
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septembre 1, 2025Avec un titre qui sonne comme un bonbon acidulé et un arrière-goût de spleen, Jared Bond signe avec Sugar Rush une pièce hybride, aussi accrocheuse qu’inquiétante. Originaire de Kansas City, l’artiste s’inscrit dans une tradition américaine de rock introspectif, quelque part entre la verve ironique de Father John Misty et les guitares épiques de My Morning Jacket, tout en lorgnant vers l’efficacité mélodique de Jimmy Eat World. Mais sous les refrains immédiats, il cache un propos beaucoup plus sombre : une réflexion existentielle sur ce besoin insatiable d’être distraits alors que le monde brûle.
Enregistré à Element Studios, ce morceau est le fruit d’une alchimie rare. On y retrouve Jim Embry (Root and Stem) à la basse, dont les lignes rondes et subtiles viennent tempérer l’électricité des guitares. Joel Nanos, fidèle ingénieur et vieux complice, insuffle une texture organique à l’ensemble, recréant cette chaleur brute qu’on associe aux grands disques indie-rock des années 90 et 2000. Le détail qui tue : un vocoder sur le dernier couplet, bricolé par Bond chez lui après avoir emprunté la machine du studio. Ce geste artisanal, un peu punk dans l’esprit, donne au morceau une étrangeté synthétique qui déstabilise l’auditeur juste assez pour qu’il ne le consomme pas d’une seule gorgée.
Ce contraste est la force de Sugar Rush. Derrière la façade euphorique, c’est un miroir de notre époque : des refrains faits pour danser et fredonner, tout en parlant de fracture, de chaos, de contradictions. Une chanson qui donne envie de lever les bras dans une salle bondée tout en murmurant intérieurement : et si tout ça n’était qu’une fuite en avant ? Jared Bond réussit ce que peu d’artistes osent encore : rendre la réflexion contagieuse, comme une sucrerie qu’on ne peut s’empêcher de croquer, quitte à se brûler les dents.
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septembre 1, 2025Certains morceaux se contentent de faire danser, d’autres d’accompagner un état d’âme. Et puis il y a ceux, plus rares, qui choisissent d’être des cris de ralliement. Avec Chosen Generation, Lapricaty signe un de ces titres qui dépassent la simple idée de single pour devenir manifeste. Produit par Ball J — figure incontournable de la scène ghanéenne — et porté par le label Sons Of Destiny Records, le morceau a l’allure d’un appel : un hymne adressé à une jeunesse qui refuse la résignation.
Là où beaucoup de productions afrobeat flirtent avec la légèreté, Lapricaty choisit la densité. Sa voix tranche dans le rythme, entre soul et hip-hop, comme un étendard. On pense à une Erykah Badu militante plongée dans les sonorités d’Accra, ou à Burna Boy au féminin, mais avec une gravité plus solennelle. Ball J, lui, bâtit un socle rythmique solide, sec et lumineux, qui mélange pulsation traditionnelle et éclats électroniques, donnant au morceau une intensité presque cérémonielle. On y entend autant l’énergie brute des clubs londoniens que l’écho des places publiques africaines où la musique sert de porte-voix.
Mais au-delà de sa construction impeccable, Chosen Generation brille par son intention. Lapricaty y inscrit une idée : que chaque jeunesse, chaque génération a une mission. Elle convoque l’identité comme une force, la résilience comme un réflexe, et le rêve comme une arme. Le refrain n’est pas seulement accrocheur, il est galvanisant, pensé pour être repris en chœur, comme une devise qui se grave dans la mémoire collective.
On devine derrière ce single une volonté claire : faire de la musique un outil de transmission, mais aussi d’action. Lapricaty ne cherche pas l’évasion facile, elle cherche la secousse, le sursaut. Dans un monde saturé de tubes jetables, elle ose la profondeur et la fierté. Et avec ce morceau incandescent, elle ne se contente pas de chanter pour sa génération : elle la convoque.
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septembre 1, 2025On croyait la bachata condamnée à ses cercles intimes, à ses pas serrés et à ses balades chantées en espagnol, ancrée dans un territoire presque sacré. Billy Vega débarque et casse le sortilège. Avec We Are Forever, le musicien de Morgan Hill ose l’impensable : marier l’anglais et le rythme syncopé de la bachata, transformer une musique de patios et de soirées moites en une déclaration pop universelle. Le résultat est aussi surprenant qu’évident, comme si ce pont entre deux mondes avait toujours attendu d’être franchi.
L’inspiration vient de loin — un écho du morceau Así Será, une étincelle déclenchée par la salsa flamboyante d’un Bad Bunny en pleine réinvention. Mais Vega ne copie rien : il transpose, hybridise, métisse. Ses paroles en anglais glissent sur la guitare bachatera, les percussions dansent comme des battements de cœur fiévreux, et soudain la langue ne compte plus. Ce qui frappe, c’est cette sensation d’intemporalité. La chanson parle de ces amours impossibles, étouffées par la distance, mais qui continuent de brûler dans la mémoire. Loin de sombrer dans la mélancolie, elle choisit la célébration : « we are forever », dit-elle, comme une promesse qui survit aux kilomètres et au temps.
La production, réalisée à San Jose, gagne en profondeur grâce à la participation d’une autrice argentine, qui apporte nuance et vérité à la version bilingue. Cette dimension transfrontalière est au cœur de la réussite du morceau : il respire la sincérité d’un échange culturel et la générosité d’un artiste qui cherche moins à s’approprier un genre qu’à l’ouvrir à d’autres voix.
Ce qui rend We Are Forever précieux, c’est son geste disruptif dans un paysage pop où l’on recycle à l’infini les mêmes recettes tropicales. Ici, la bachata n’est pas décorative, elle est l’ossature même de la chanson, et son alliance avec l’anglais crée un espace inédit, à la fois familier et neuf. Billy Vega, sans artifice, signe un morceau qui fait danser le corps autant qu’il ravive la mémoire des amours impossibles. Et au fond, c’est peut-être ça, l’avenir de la pop latine : ne plus choisir entre tradition et modernité, mais tout embrasser dans un même élan.
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septembre 1, 2025On pourrait croire que l’identité, au XXIe siècle, se réduit à une suite de reflets dans des écrans — selfies, avatars, stories jetables. Allan Jamisen, lui, choisit de la réinventer en groove et en tension, avec All I Am Is You, morceau hybride où la moiteur du funk se frotte aux nerfs à vif de l’électronique et du rock. La chanson est moins une confession qu’un miroir déformant : elle attrape les obsessions contemporaines, les détourne et les redonne sous forme de tableau sonore, cinématographique et fiévreux.
Le morceau s’ouvre comme une hallucination : nappes synthétiques inquiétantes, cordes quasi orchestrales, puis une voix qui surgit, élégante et spectrale. Très vite, la pulsation s’installe, dense, contaminée par une basse grasse et des percussions électrisées. Jamisen chante la soif de reconnaissance et les mirages de l’excitation comme on décrirait un vertige collectif. C’est à la fois intime et politique, viscéral et réflexif. Le refrain, irrésistible, mélange pop immédiate et textures abrasives, comme si Sly Stone rencontrait Trent Reznor dans un club hanté de Phoenix.
La production, signée en partie par John X Volaitis (Rolling Stones, Tracy Chapman), est à la hauteur des ambitions : ample, brillante, jamais figée. Chaque détail — le slide guitar spaghetti-western, les chœurs féminins soyeux, la profondeur des reverbs — contribue à cette impression de fresque sonore où l’analogique et le digital dialoguent sans jamais se neutraliser.
Ce qui frappe, au-delà du son, c’est la dimension conceptuelle. Jamisen interroge la dissolution de l’individu dans l’image collective : ce que nous croyons être nous-mêmes n’est souvent qu’un écho façonné par d’autres. À travers cette réflexion, All I Am Is You ne se contente pas d’être une chanson : c’est une parabole en groove, une critique de notre époque saturée de miroirs, mais aussi un appel à danser au milieu du chaos.
Avec ce titre, Allan Jamisen poursuit son chantier d’explorateur sonore entamé avec Rock & Roll American. Sauf qu’ici, il pousse encore plus loin le mélange des genres, s’imposant comme un artisan de l’hybride, un peintre sonore qui brouille les frontières pour mieux dessiner notre époque.
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septembre 1, 2025Certains groupes semblent avoir été aspirés par le temps, comme figés dans une cassette VHS des années 90. Puis soudain, une porte s’ouvre et leurs chansons réapparaissent, intactes, vibrantes, presque plus pertinentes qu’hier. Avec Unhidden Gems, Bounce the Ocean ne se contente pas de ressusciter sa pop ciselée : ils la réinventent, entre archives redécouvertes et morceaux flambant neufs. L’album résonne comme une boîte secrète de souvenirs jamais vraiment éteints, où la douceur acoustique se frotte au souffle solaire du power pop.
Les inédits frappent d’abord par leur fraîcheur. Show Me Your Love déroule ses harmonies vocales comme un coucher de soleil sur la côte ouest, tout en portant ce parfum irrésistible de naïveté sophistiquée. I Wish You Were Mine bascule dans la tendresse immédiate, fragile sans être mièvre, une chanson qui semble sortie d’un carnet intime jauni. Avec Life’s Too Short, le duo renoue avec une écriture plus affirmée : un hymne mélodique au carpe diem, porté par un groove rétro qui rappelle les grandes heures de Glen Ballard. Each Time I Pray pousse plus loin la fibre spirituelle, une ballade à la frontière du gospel et du folk, intime et presque solennelle.
Puis viennent les perles restaurées. Wasting My Time (Original Mix) révèle enfin sa première incarnation, brute, vibrante, moins polie mais plus émotive. Dry Your Eyes (Unplugged Mix) et When She Turned Away (Acoustic Mix) mettent en avant l’ADN du duo : des voix qui s’entrelacent jusqu’à faire disparaître toute frontière entre mélancolie et consolation. Crooked Heart (Wicked Mix), plus rugueux, prouve que Bounce the Ocean pouvait aussi se frotter aux aspérités sans perdre leur grâce mélodique. Et comment ne pas s’attarder sur Don’t Believe in Love Anymore (Magness Mix), presque prophétique dans son désenchantement, un titre qui capture cette tension permanente entre romantisme assumé et lucidité désabusée.
Avec Unhidden Gems, Hawk Björn et John Utter offrent un disque qui n’est ni compilation ni simple retour nostalgique. C’est une réconciliation avec le temps, une démonstration que les chansons, quand elles sont portées par une écriture solide et des harmonies intemporelles, ne vieillissent pas : elles attendent, silencieuses, que quelqu’un vienne les réveiller. Bounce the Ocean n’a peut-être jamais été un nom qui brille au firmament des légendes pop, mais cet album prouve qu’ils possèdent cette rare qualité : écrire des morceaux qui semblent avoir toujours existé, quelque part, dans la mémoire collective.
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septembre 1, 2025On pourrait croire que tout a déjà été dit sur le rap qui cherche à se libérer des structures classiques. Et pourtant, quand Trevour Amunga lâche Rollin, il prouve que l’imprévisible reste possible, même dans un genre saturé d’étiquettes et de formules toutes faites. Le morceau surgit comme une confidence murmurée dans une chambre de Los Angeles, mais il se déploie avec l’ampleur d’un manifeste. Ici, la liberté n’est pas une posture : c’est la matière première.
Produit par SXINT et façonné dans les moindres détails par Darrius Porter au mix, Rollin respire cette urgence de dire sans forcément organiser. La première moitié, enregistrée il y a des années, semblait suspendue dans un vide créatif ; puis Amunga est revenu dessus, comme on retrouve un carnet abandonné, et a choisi de se laisser guider uniquement par le ressenti. Pas de refrains convenus, pas de couplets calibrés : seulement une vague qui monte, descend, et entraîne tout sur son passage. La chanson ne raconte pas seulement le talent ou la volonté, elle les incarne dans sa structure éclatée.
Ce qui frappe, c’est cette manière qu’a Amunga de convoquer la soul sans quitter le terrain du rap, de laisser entrer une fragilité mélodique dans la densité de son phrasé. L’influence d’Andre 3000 plane, non comme un simple hommage, mais comme une boussole : créer la musique qu’on veut entendre, peu importe si elle dérange les habitudes. Rollin est à la fois brut et aérien, tendu et relâché, comme une marche en équilibre sur un fil invisible.
Il en ressort un morceau qui refuse la complaisance, qui exige qu’on s’y abandonne entièrement. Un titre qui n’est pas pensé pour le streaming compulsif, mais pour ces instants rares où l’on reconnaît un artiste prêt à gratter la surface pour atteindre son noyau. Trevour Amunga signe ici une pièce libre, imparfaite, mais essentielle — et c’est précisément pour cela qu’elle résonne longtemps après l’écoute.
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septembre 1, 2025On dirait un murmure chuchoté au creux d’une nuit moite, une confidence qui hésite entre caresse et supplication. Avec Mess With Me, Silky Vibe signe un titre qui tient davantage du journal intime chanté que du single calibré. Pas de machines rutilantes, pas de studio clinique : ici tout est bricolé dans une chambre de Fort Lauderdale, entre câbles qui traînent et guitare posée au bord du lit. C’est précisément cette fragilité qui donne à la chanson son magnétisme — un sentiment d’être invité dans l’espace privé de l’artiste, presque voyeur malgré soi.
Inspiré par la sensualité intemporelle de Marvin Gaye, le morceau réactualise le fantasme d’une Sexual Healing version bedroom pop. La guitare acoustique y croise des inflexions électriques, les percussions résonnent comme des battements de cœur fébriles, et la voix, nappée de réverbération, flotte dans l’air comme une buée de désir. On entend la solitude, l’attente, la brûlure d’un corps qui réclame sans oser. Silky Vibe transforme la frustration en mélodie, la vulnérabilité en force.
Ce qui frappe, c’est l’absence d’artifice. Chaque instrument est joué en direct, chaque choix sonore pensé pour prolonger l’intimité de l’instant. La production, si elle garde sa patine artisanale, cultive une élégance discrète qui évoque la soul contemporaine de Giveon ou Brent Faiyaz, mais avec une tendresse moins glacée, plus tactile.
Avec ce deuxième extrait de son Moody EP, Silky Vibe confirme une direction où l’introspection et le désir se frottent dans un même geste créatif. Mess With Me n’est pas qu’une chanson d’amour, c’est un huis clos érotico-mélancolique, une pièce sonore où l’on entend le froissement des draps et le silence après l’aveu. Loin des grandes messes R&B actuelles, Silky Vibe avance à pas feutrés, mais avec une sincérité brute qui touche plus sûrement que n’importe quel effet spectaculaire.
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septembre 1, 2025On écoute The Agoraphobia Files comme on feuillette les carnets d’un naufragé revenu de tout : chaque morceau est une page tachée de sueur, de sarcasme et de tendresse brute. Purbeck Temple, alias Paul Gill, a traversé l’indicible — le corps fracassé, les os brisés, la mémoire vacillante — et pourtant, de cette nuit noire est née une œuvre étonnamment vivante, presque romanesque. Loin des studios clinquants, enregistrée dans le cocon d’un home-studio improvisé, cette collection de treize titres ne cherche pas la perfection : elle vise l’intime, l’honnête, le vital.
Le voyage commence avec Not Everybody Looks For A Reason to Run, ballade écorchée qui refuse l’échappatoire. Pas besoin de fuite : ici, c’est la confrontation frontale avec ses propres démons. Puis No Hard Feelings balance un humour acide, presque punk dans son ironie, comme un doigt d’honneur à la fatalité. Poor As I Am creuse l’âme en mode confession, un blues de la survie où la pauvreté est autant matérielle qu’affective.
Avec Almost Feels Like, la douceur se fait paradoxale : on croit toucher un apaisement mais c’est une illusion fragile. Always Be On My Own se déploie comme une confession nocturne, minimale et terriblement juste. Plus loin, Live For The Weekend casse la gravité, un cri hédoniste et lucide : danser malgré tout, boire malgré les cicatrices.
La force du disque réside dans son alternance entre éclats sombres et petites éclaircies. 20 fonctionne comme un flashback adolescent, un autoportrait fantasmé d’un âge où tout reste possible. Emptiness In Paradise est une gifle : décor idyllique vidé de sens, carte postale froissée par la mélancolie. Hey God réintroduit la spiritualité, mais sans religion figée — plutôt un monologue grinçant adressé au ciel, mi-prière mi-reproche.
Strange Lies renvoie aux trahisons intimes, celles qui fracturent plus sûrement qu’un coup. Anger And Religion libère une fureur contrôlée, un titre brûlant où l’on entend l’homme qui refuse les dogmes et choisit sa propre voix. L’album se clôt sur Feeling Better Now et Dream Back, deux pièces de réconciliation : la première fragile, comme un souffle d’air après l’orage, la seconde nostalgique, mais tournée vers une mémoire qu’on réinvente pour survivre.
On sort de The Agoraphobia Files sonné, mais étrangement réchauffé. Ce disque ne brille pas par des artifices sonores mais par son humanité nue. Purbeck Temple signe moins un album qu’un testament en devenir : un rappel brutal et poétique que la musique peut être un acte de survie, un miroir tendu à toutes nos fêlures.
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septembre 1, 2025À l’écoute de Mind At Ease, on croirait presque voir une vieille Cadillac filer sur une route ensoleillée de Californie. Sauf que Phil Woloch ne vient pas de L.A., mais de Vienne. Et c’est justement là toute la force de ce morceau : injecter dans le présent l’énergie flamboyante des années 70 sans jamais sombrer dans le pastiche.
Dès les premières notes de piano, impossible de ne pas penser aux grandes heures de Billy Joel ou d’Elton John. Mais Phil ne cherche pas à copier ses idoles : il s’en sert comme tremplin. Sa voix claire, portée par une instrumentation qui groove avec une élégance rétro, installe une atmosphère où l’honnêteté prime sur l’esbroufe. On entend l’étudiant en musique classique, mais aussi le gamin de 14 ans qui remportait le Joe Zawinul Award et qui rêvait déjà d’Amérique.
Ce qui frappe, c’est la sincérité brute du morceau. Mind At Ease n’est pas une chanson de façade : c’est un hymne à l’équilibre précaire entre l’insouciance de la jeunesse et la gravité de l’âge adulte. Les guitares vibrantes donnent de l’élan, le piano trace la route, et la rythmique serre la main de l’auditeur comme pour lui dire : avance, même si ça fait peur.
Il y a une fraîcheur pop évidente, taillée pour les playlists actuelles, mais sous la surface affleure une nostalgie universelle, celle de la fin d’un été, d’une époque, d’un âge. Phil réussit à transformer son introspection en carburant collectif. On ne sort pas seulement avec l’air en tête, mais avec ce sentiment rare d’avoir partagé un instant de vérité.
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septembre 1, 2025Il y a des morceaux qui se contentent de remplir l’air, et puis il y a ceux qui redessinent l’espace autour de vous. Lonely d’iRO appartient à cette seconde catégorie : une ballade soul qui ne se vit pas comme une écoute mais comme une immersion dans une pièce nue, éclairée par une lumière trop blanche, où chaque note se cogne aux murs et revient chargée d’échos.
Derrière ce pseudonyme sobre, Ori Rakib se déleste de ses rôles passés — plume discrète derrière Macklemore ou Alok — pour assumer une mise à nu presque brutale. Pas de fioritures, pas d’artifice : un piano qui pulse comme un cœur fragile, des cordes qui gonflent et se rétractent comme des respirations haletantes, et une voix qui tremble à la limite de la rupture. Ce n’est pas tant un chant qu’une déchirure prolongée, une tentative d’apprivoiser le vide laissé par quelqu’un.
Là où beaucoup auraient choisi le cri, iRO préfère le murmure amplifié, le détail sublimé. On pense à certains climax de Jeff Buckley, à la tendresse grave de James Blake, à ces artistes capables de transformer la mélancolie en matière sonore presque palpable. Lonely est l’un de ces morceaux qui ne cherchent pas à consoler, mais à donner une forme au chagrin, comme pour dire : voilà, c’est ça que ça fait.
Pièce maîtresse de son premier album White Roses, ce titre fonctionne comme une clef de voûte : il tient l’ensemble par sa fragilité même, en exposant la faille comme un centre de gravité. Dans un paysage musical saturé de productions interchangeables, Lonely ose la simplicité et la profondeur. Une chanson qui ne flatte pas l’oreille mais qui serre la poitrine, et qui, paradoxalement, parvient à offrir une étrange force à ceux qui acceptent d’y plonger.
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septembre 1, 2025Certains producteurs s’acharnent à repousser les limites techniques, d’autres cherchent à inventer des textures inédites. Cedric D, lui, choisit un chemin plus subtil : transformer la musique électronique en une chambre d’écho de nos perceptions. Avec What I See Remix, né dans son home studio de San José, il offre une relecture intime et spirituelle d’un morceau déjà chargé de sens, en y injectant sa patte singulière — un mélange de synthés brumeux, de pianos cristallins et de pads cinématographiques qui semblent suspendre le temps.
La force de ce remix ne tient pas seulement à son habillage sonore, mais à la manière dont Cedric D agence l’espace émotionnel. Chaque élément est pensé comme une strate de perception : le piano agit comme un souvenir, la nappe synthétique comme un présent en expansion, tandis que les voix, traitées avec delay et légères distorsions, flottent telles des échos d’opinions, de jugements, de vérités multiples. Le titre lui-même, What I See, devient une invitation à questionner notre vision du monde, à reconnaître les filtres invisibles — biais, croyances, expériences passées — qui colorent notre rapport au réel.
On pense par instants aux climats feutrés de Satin Jackets, une référence assumée par Cedric D, mais aussi aux grandes heures de l’électro-pop introspective, quand le dancefloor pouvait se muer en catharsis. Ici, la pulsation reste contenue, presque discrète : ce n’est pas un track pensé pour l’explosion collective, mais pour cette zone floue entre la nuit et l’aube, quand la fête s’éteint et que les vérités intimes refont surface.
En travaillant d’abord l’instrumental avant d’y greffer la voix, Cedric D garde une approche artisanale et imprévisible qui confère au morceau une aura fragile, presque magique. What I See Remix n’est pas seulement une variation électronique, c’est une expérience sensorielle où chaque note demande au corps d’écouter et à l’esprit de réfléchir.
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septembre 1, 2025À quarante ans, beaucoup dressent des bilans. Baby T, lui, en fait un album. 40 est un carrefour où se croisent mémoire intime, héritage collectif et lucidité politique. Le rappeur, fort de ses racines caribéennes et de son goût pour l’instrumentation live, déroule ici onze morceaux qui frappent par leur densité et leur souffle, comme une autobiographie scandée au micro mais tournée vers l’avenir. Dans la lignée de Nas ou Kendrick Lamar, Baby T refuse les demi-teintes : chaque titre est pensé comme une pièce de puzzle, un chapitre de manifeste.
Tout commence avec Legacy (Prelude), court mais fondamental, qui pose le ton : un legs, une dette envers ceux qui ont tracé la route avant lui. Vient ensuite Things About to Change, déjà nominé aux WEA, un cri de ralliement où le flow se fait arme et célébration à la fois. Through The Fire puise dans la tradition soul et jazz, brûlante confession où l’on entend la persévérance se forger dans les flammes.
Avec Dem Ones, épaulé par Zenyth, Baby T raconte la rue, la loyauté et ses ambiguïtés, comme une chronique urbaine à la fois réaliste et fraternelle. Greed tranche : dénonciation sèche d’un système dévoré par l’appât du gain, où la voix du MC devient scalpel. Puis Bless Up réintroduit la lumière, entre spiritualité et énergie reggae, une respiration qui élargit le spectre sonore.
La maturité du rappeur se condense dans Old Soul, confession intime qui sonne comme un journal ouvert, et Sketch Pad, morceau-atelier où l’on devine la genèse des textes, griffonnés, repris, sculptés. What It Is joue sur la frontalité, direct, nerveux, sans détour. Hip-Hop Prayer, court mais intense, érige la musique en rituel sacré, là où la foi et la culture s’entrelacent. Enfin Be There clôt le disque comme une promesse : être présent pour soi, pour les siens, pour l’avenir.
Avec 40, Baby T ne signe pas qu’un retour, il érige un monument personnel et politique. Un disque qui se lit comme une confession, s’écoute comme un uppercut et se garde comme un artefact. La rareté du vinyle annoncé n’est pas un hasard : 40 est conçu comme une pièce de mémoire, un témoignage vibrant que le hip-hop, loin d’être divertissement, reste un outil de vérité et de transformation.
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septembre 1, 2025Rarement un disque indie rock récent aura su convoquer autant de paysages intérieurs et extérieurs que This Place. Le second album de Reeya Banerjee est une cartographie intime où chaque chanson est un point sur la carte, un souvenir inscrit dans la topographie d’une vie, comme si les routes, les maisons ou les villes avaient absorbé les échos de l’âme. Portée par une écriture littéraire qui rappelle Fiona Apple et une puissance vocale digne de Springsteen ou Peter Gabriel, Banerjee ne se contente pas de raconter : elle érige un théâtre sonore où la douleur, le deuil et la résilience se rejouent dans un flux de guitares alt-rock et de mélodies pop tendues vers l’universel.
L’album s’ouvre sur Picture Perfect, un trompe-l’œil mélancolique où l’image figée des souvenirs s’effrite sous la rugosité des riffs. Puis Snow déroule une nappe glacée, chanson de dérive hivernale où la blancheur recouvre les plaies sans les effacer. Blue and Gray joue avec les couleurs de l’ennui et de la nostalgie, un morceau de grisaille lumineuse qui pourrait évoquer les errances de R.E.M.
Le cœur battant du disque se trouve dans Misery of Place, morceau manifeste qui condense le thème central : la souffrance inscrite dans un lieu, comme une cicatrice dans la pierre. Avec For the First Time, Banerjee dessine la fragile renaissance, une ballade de résilience où les harmonies vocales s’ouvrent comme une fenêtre après une longue nuit. Runner accélère le tempo, incarnation d’une fuite nécessaire, entre rage contenue et libération.
Dans Sink In, le temps ralentit, l’écoute devient immersion dans un abîme de guitares et de réverbérations. Good Company oppose à la solitude la chaleur d’un cercle protecteur, comme une respiration au milieu des secousses. Enfin, Upstate Rust — déjà hymne underground avec son clip viral — condense toute la philosophie de l’album : transformer la rouille en beauté, les ruines en paysage, l’abandon en renaissance.
Avec This Place, Reeya Banerjee signe un disque-somme, à la fois intime et panoramique, qui regarde la douleur en face mais choisit la vie, la musique et la mémoire comme remparts. Un album qui se lit comme un roman de formation, mais se vit comme une tempête rock traversée à pleins poumons.
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septembre 1, 2025On entre dans Transhumanity comme on pousserait la porte d’un planétarium secret, illuminé de fresques scientifiques et de fantômes historiques. Andrea Pizzo et son collectif The Purple Mice n’écrivent pas seulement des chansons, ils tissent une mythologie moderne où Lovelace, Turing ou Tesla deviennent les saints et les martyrs d’un évangile électro-rock. L’album, ample et kaléidoscopique, joue à la fois comme un concept-album progressif et comme une série de nouvelles musicales, chaque titre apportant sa teinte, sa respiration, son fragment de légende.
Ada s’ouvre comme une épiphanie romantico-mathématique, Silvia Criscenzo illuminant le morceau de sa voix cristalline, donnant chair à l’abstraction d’une pionnière que l’histoire avait longtemps confinée dans l’ombre. Goodbye, beaucoup plus dépouillé, est un poème fragile posé sur un fil, Andrea et Riccardo Morello choisissant l’intimité du dépouillement pour dire l’adieu au monde ou à soi-même.
Puis surgit The Current War, où l’électricité se fait percussion et tension, miniature tendue qui rejoue la guerre des courants comme un riff incandescent. The Ballad Of Alan Mathison se hisse en ballade tragique, hommage à Turing où la douceur mélodique s’entrechoque avec la mémoire d’un destin brisé par l’Histoire.
Avec Bombshell, l’ironie s’invite : Andrea revisite Hedy Lamarr dans un groove rétro-futuriste qui flirte avec l’humour et l’admiration. Hidden Figures se fait hymne solaire, hommage aux femmes de la NASA dont la grandeur éclate en chœurs portés vers le ciel.
Le ton se durcit sur The Boys From Silicon Valley, satire acerbe d’un monde saturé d’ego et de mirages numériques. L’ironie atteint son apogée dans We Are All Bots, dance macabre électro qui nous renvoie le reflet grotesque de nos avatars.
The Machine, massif, dramatique, rappelle Muse dans ses moments les plus apocalyptiques : ici, la machine respire, gronde, menace. Puis To The Space And Beyond nous emporte dans une odyssée cosmique où guitare et synthés dialoguent comme s’ils voulaient repousser la gravité. L’album se clôt avec Eternità, porté par la voix d’Antonella Suella, moment opératique où le projet prend soudain l’ampleur d’un requiem futuriste.
Transhumanity est une fiction musicale, un pont tendu entre l’humain et la machine, entre le passé des génies oubliés et les promesses incertaines du futur. On en sort troublé, ébloui, presque convaincu que le rock a encore un rôle à jouer dans l’écriture des épopées de demain.
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septembre 1, 2025Une ligne de basse qui pulse comme une alarme sourde, un beat carré qui tord le cou à l’hédonisme automatique, et puis cette voix qui ne séduit pas mais grince, ricane, griffe : Pretty Sparkly Things est un miroir brisé tendu à notre époque. Energy Whores ne chantent pas la fête, ils en révèlent les cadavres au petit matin, encore recouverts de paillettes. Derrière la brillance factice des vitrines et des influenceurs s’agitent les fantômes de l’injustice, ceux qui comptent leurs factures pendant que d’autres s’abreuvent backstage.
Le morceau est construit comme un piège : tout, dans son habillage électronique, invite à danser, à lâcher prise, jusqu’à ce que les paroles éclatent comme un coup de fouet. Là où d’autres se contentent de slogans creux, Energy Whores font de la satire une arme tranchante, à la fois absurde et terriblement sérieuse. C’est l’art de montrer les mécanismes d’un système qui entretient l’illusion du glamour pour mieux dissimuler la cruauté du réel.
Musicalement, on pense à un croisement entre le sarcasme de Talking Heads et la rage visionnaire de Patti Smith, mais passé au filtre acide d’une électro urbaine, glaciale, hypnotique. Chaque mesure est une dissonance qui devient groove, chaque synthé une morsure enveloppée de néon. On sort de l’écoute avec une sensation paradoxale : l’envie de bouger et le goût amer d’avoir touché à quelque chose de pourri.
Avec Pretty Sparkly Things, Energy Whores rappellent que la musique peut encore être un champ de bataille, une performance politique, un bras d’honneur tendu au culte des faux dieux. C’est une chanson qui ne flatte pas l’oreille, elle la secoue — et c’est précisément ce qui la rend nécessaire.
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septembre 1, 2025Un ciel qui s’effiloche au-dessus de toits brûlants, un amour qui s’accroche à la chaleur comme à une dernière chance — voilà ce que Summer’s Falling évoque dès les premières notes. POLI NIKA ne cherche pas à planter un décor, elle nous plonge directement dans un état de flottement, là où chaque vibration synthétique semble se dissoudre dans l’air tiède. Ce n’est pas une chanson à écouter distraitement : c’est une bulle suspendue, fragile, où le temps ralentit.
Sa voix, veloutée et vacillante, joue à la frontière du murmure et de l’aveu, portant une tendresse qui frôle la douleur tant elle est sincère. On pense à ces artistes capables de rendre l’évidence bouleversante — une Lizzy McAlpine pour la vulnérabilité, une Yebba pour l’élan soul — mais POLI NIKA a ce quelque chose d’insaisissable, cette façon d’incarner l’abandon amoureux sans artifice.
La production, signée en partie par Liz Rodrigues, coule avec la fluidité d’une mémoire : percussions feutrées, synthés translucides, échos vaporeux. C’est de la dream-pop qui s’infiltre dans les veines, avec la clarté d’un souvenir qu’on croyait enfoui et qui revient d’un coup, intact, lumineux. Chaque seconde respire l’urgence paradoxale de ces instants qu’on sait condamnés à disparaître, mais qu’on veut vivre jusqu’à l’ivresse.
Summer’s Falling n’est pas seulement un hymne à l’été amoureux : c’est une déclaration à l’éphémère, à ces éclats de joie qui valent justement parce qu’ils s’évaporent. POLI NIKA réussit l’impossible — transformer trois minutes de pop délicate en un rituel de mémoire, un sortilège doux qui nous colle à la peau bien après la dernière note.
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septembre 1, 2025Un live n’est jamais seulement une reprise d’un morceau enregistré. C’est un pari, une prise de risque, une façon de laisser la chanson respirer jusqu’à ce qu’elle prenne une forme nouvelle, parfois imprévisible. Avec Jenny (Live Version), Eyal Erlich transforme une ballade intime en un moment de vérité brute, une sorte de confession partagée entre lui, son groupe, et l’auditeur happé dans la même atmosphère. Le titre se déploie avec cette chaleur fragile qui appartient aux grandes heures du soft rock : rien de tapageur, rien d’imposé, simplement une voix qui grésille de sincérité et un groupe qui s’efface autant qu’il éclaire.
Là où d’autres polissent, Erlich expose. Le souffle de sa voix fend l’air comme une cicatrice encore rouge, chaque imperfection devenant le sel du morceau. La guitare se tisse en nappes claires, les percussions battent le tempo d’un cœur qui hésite, la basse soutient sans jamais prendre le dessus : tout concourt à créer un équilibre délicat entre vulnérabilité et intensité. On pense à ces instants suspendus dans un concert où le silence de la salle devient presque plus sonore que la musique elle-même, parce que chacun retient son souffle, happé par l’authenticité.
Jenny n’est pas qu’une chanson d’amour, c’est une manière de rendre audible la faille, le tremblement, ce moment où l’intime devient universel. Jenny (Live Version) n’a rien d’une performance calculée : elle vit, elle vacille, elle touche. Dans ce morceau, Eyal Erlich n’endosse pas le rôle de l’interprète impeccable mais celui du narrateur qui ose chanceler devant nous. C’est précisément là que réside sa force, et peut-être sa singularité : rappeler que la musique n’est pas faite pour briller, mais pour nous désarmer.
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septembre 1, 2025Un battement sourd, une vibration qui se déploie dans la brume : Vanitas ne commence pas, il surgit comme une image volée. Pas de préambule, pas de mise en scène. On est directement plongé dans une atmosphère trouble, à la fois intime et cinématographique, comme si la musique venait s’allumer sur l’écran noir de nos pensées. Gianfranco Malorgio n’écrit pas seulement des notes, il sculpte des ombres, et cette pièce en est la preuve éclatante.
Pensée dès son origine comme la bande-son d’un polar des années 70, la composition n’essaie jamais de singer ses modèles : elle s’imprègne de leur lenteur, de leur tension diffuse, et s’en sert pour bâtir un climat tout en suggestions. Les guitares, qui ont toujours été l’outil premier de Malorgio, ne sont plus dans la démonstration mais dans l’allusion. Une ligne claire, presque sèche, et puis le silence – ce silence lourd, qui devient matière musicale à part entière. On y perçoit l’écho des trottoirs mouillés, l’électricité d’un néon qui clignote, le pas hésitant d’un héros que l’on ne voit jamais.
Ce qui frappe surtout dans Vanitas, c’est la capacité de Malorgio à transformer son parcours en outil narratif. Le musicien formé au gypsy jazz, compagnon de route d’Angelo Debarre ou Dorado Schmitt, troque ici la flamboyance des improvisations pour une écriture feutrée, presque abstraite. Une retenue qui ne réduit pas sa musique mais au contraire l’augmente, en la chargeant d’une tension souterraine.
Dans un monde saturé de productions calibrées, Vanitas se distingue comme un objet rare : une pièce qui ne cherche pas le spectaculaire mais l’immersion. Un morceau à écouter les yeux ouverts, parce qu’il ne raconte pas seulement une histoire sonore — il invente le film dont vous êtes déjà le spectateur.
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septembre 1, 2025Chez Dez Rocket, on connaissait surtout la verve explosive, une grammaire sonore héritée du synth rock alternatif, ce BombPop sound qu’il a façonné comme une signature incandescente. Mais avec Akashic Walker, le musicien choisit d’ouvrir une parenthèse inédite : une ballade amoureuse, douce, presque fragile, inspirée par sa propre nouvelle intitulée Senya and Diama: A Cosmic Love Story. Et soudain, derrière l’armure des guitares saturées et des machines rutilantes, surgit un cœur nu, désarmé, qui ose avouer sa dépendance à un regard, à un « je veux être celui dans tes yeux ».
Ce basculement n’a rien d’un simple caprice esthétique. C’est un geste intime, qui révèle une facette plus humaine, plus sensible, chez un artiste qu’on pensait voué à l’adrénaline des riffs et aux pulsations synthétiques. La voix de Dez, immédiatement reconnaissable, prend ici une ampleur différente : elle s’ouvre, se fissure parfois, comme si l’émotion l’emportait sur la technique. Dans le refrain, elle se déploie en apesanteur, portée par une instrumentation volontairement sobre — une guitare qui caresse plus qu’elle n’attaque, des nappes de synthé brumeuses, et surtout une section rythmique discrète (Paris Parent à la batterie, Chuck Williams à la basse) qui sert d’écrin à cette déclaration.
La production elle-même raconte cette volonté de lâcher prise. Habitué à signer ses propres mix, Dez confie cette fois l’ultime étape à Blake Paulsen, dont la touche aérienne et subtile accentue la dimension intime du morceau. Masterisé par Scott Stratton à Hollywood, Akashic Walker prend la forme d’un petit cosmos sonore : à la fois chaleureux et fragile, dense et diaphane.
C’est peut-être cela, la vraie audace de Dez Rocket aujourd’hui : troquer la rage électrique pour une tendresse assumée, et montrer que la sincérité, quand elle s’affiche sans détour, peut avoir la force d’une comète. Avec Akashic Walker, l’artiste ne signe pas seulement une chanson d’amour ; il livre une part de lui-même, celle qu’il avait gardée en réserve, et qui brille ici d’une intensité nouvelle.
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septembre 1, 2025On ne s’attend pas à ce qu’un artiste venu de Kansas City parvienne à condenser, en un seul morceau, l’élan des clubs futuristes et la fragilité d’un journal intime. Et pourtant, whole thing de TYYE ressemble à une confession électronique qui a troqué le carnet froissé contre un beat mélancolique, une catharsis intime traduite dans le langage d’une pop R&B assez élégante pour séduire, mais assez tourmentée pour gratter sous la surface.
Le morceau, conçu avec le producteur Braxton Medellin, s’ouvre comme une pièce close, presque claustrophobe, où chaque couche sonore semble respirer avec difficulté. Synthés moites, groove souterrain, textures éthérées : tout ici est pensé pour raconter une histoire de désir bancal, d’amour non réciproque, de cette frustration de n’avoir été qu’une étape sur le chemin de l’autre. Mais plutôt que de sombrer dans l’apitoiement, TYYE choisit l’ambiguïté : sa voix flotte entre l’assurance pop et la blessure à vif, comme si l’émotion brute se dissimulait volontairement derrière l’éclat glacé de la production.
On retrouve des échos de The Weeknd dans l’obsession nocturne, des fragments de Glass Animals dans les harmonies troubles, un parfum d’Ariana Grande dans la ligne mélodique accrocheuse. Mais ces influences ne dictent jamais le propos ; elles servent plutôt de tremplin à une identité sonore en gestation. Car whole thing n’est pas un simple single, c’est une déclaration de mutation : TYYE quitte son premier cycle R&B pour embrasser une pop plus ambitieuse, plus complexe, presque cinématographique.
Ce qui frappe, c’est cette capacité à transformer une douleur intime en objet de partage universel. Le morceau ne cherche pas à guérir, il s’impose comme un état transitoire, un entre-deux incandescent où l’on danse malgré soi, pris dans le vertige d’un sentiment à moitié accompli. À la fois hymne et confession, whole thing est ce genre de chanson qui, sous ses airs accessibles, cache une faille. Et c’est dans cette faille que TYYE inscrit sa différence, quelque part entre séduction pop et profondeur introspective.
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septembre 1, 2025Certains hommages ne se contentent pas de citer : ils invoquent. Avec Ode To Chaka, Valencia Rush convoque l’esprit de Chaka Khan, mais au lieu de la figer dans un passé glorieux, il en fait un tremplin vers une transe moderne, une sorte de funk électrifié qui s’imbibe autant des grooves seventies que de l’élan synthpop et indie dance d’aujourd’hui.
Dès les premières secondes, on entend la célébration. Les basslines claquent avec ce rebond joyeux qui pousse les hanches à bouger malgré elles. Les synthés, eux, scintillent comme des néons qui se reflètent sur une piste de danse moite, où chaque sourire est une réminiscence de la soul flamboyante que Chaka avait su transformer en hédonisme collectif. Valencia Rush ne copie pas, il traduit : il prend l’énergie de cette époque, la puissance d’un chant libérateur, et la propulse dans un espace hybride où le funk rencontre l’indie dance, où les cuivres fantômes se fondent dans des nappes électroniques.
La chanson se tient dans cet entre-deux : à la fois profondément respectueuse de l’héritage et totalement libérée dans son exécution. On sent la pulsation d’un live band imaginaire, presque charnel, mais aussi la précision chirurgicale d’une production contemporaine, où chaque boucle est pensée pour hypnotiser sans perdre en chaleur.
Ce qui rend Ode To Chaka fascinant, c’est sa dimension sensorielle : on y goûte la sueur, les rires, la sensation de lumière qui traverse la peau quand un refrain devient collectif. C’est moins une chanson qu’un état d’esprit, une invitation à lâcher prise, à danser comme si les années s’emmêlaient, comme si Chaka Khan entrait dans un club berlinois pour improviser avec LCD Soundsystem.
Valencia Rush signe ici plus qu’un hommage : un rituel. Une passerelle entre les époques, un cri d’amour qui dit surtout une chose essentielle — le funk n’est pas mort, il se réinvente à chaque génération qui ose le célébrer.
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septembre 1, 2025Il y a des morceaux qui ne s’écoutent pas simplement, mais qui brûlent en traversant l’air, laissant derrière eux une traînée de braises. fiyah! de Meron T appartient à cette catégorie rare : celle des chansons qui transforment le désir en élément naturel, indomptable et dangereux, comme un feu de forêt impossible à contenir.
La voix de Meron T avance sur la prod d’IZCO comme une mèche trempée d’essence : feutrée, intime, mais prête à exploser. Chaque inflexion porte cette tension délicieuse entre vulnérabilité et abandon, entre la peur de se perdre et l’envie d’y plonger quand même. On y reconnaît la marque des grandes chansons de passion — celles où l’on sait que l’issue sera fatale mais où le vertige est trop séduisant pour s’en détourner.
L’arrivée de Sam Wise ajoute une nuance charbonneuse : son rap découpe le silence avec la froideur d’un témoin lucide, celui qui sait que le jeu est risqué mais qui choisit tout de même d’entrer dans les flammes. Ce dialogue à deux voix crée une dramaturgie où l’amour devient champ de bataille et terrain de fête, un espace où s’embrassent l’urgence et le chaos.
Musicalement, la force de fiyah! tient dans cet équilibre entre minimalisme et intensité : une basse souterraine, des percussions qui crépitent comme des étincelles, et des nappes synthétiques qui viennent nourrir l’incendie. Rien d’artificiel, rien de superflu, juste l’essentiel — comme dans ces nuits où un seul regard suffit à tout faire basculer.
En livrant fiyah!, Meron T ne signe pas seulement un hymne nocturne : elle capture ce moment fragile où le cœur bat trop vite, où le danger devient désir, et où l’on accepte, presque avec soulagement, d’être consumé.
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septembre 1, 2025Dans le langage de Mr. Dutch, la fête n’est pas un simple décor : c’est une pulsation, une matière vivante. Avec Shekere, il convoque l’instrument emblématique d’Afrique de l’Ouest pour en faire autre chose qu’un ornement sonore — le symbole même d’un cœur amoureux, régulier, fragile, mais inarrêtable. Le morceau se pose comme un hymne romantique qui refuse pourtant la langueur : ici, l’amour danse, il transpire, il se laisse porter par un groove solaire.
Terri et Minz apportent leurs voix comme deux flammes complémentaires : la première chaude et caressante, la seconde plus directe, presque insolente. Elles s’entrelacent sur une production au groove sensuel, où chaque percussion semble à la fois intime et collective, comme si les battements d’un cœur pouvaient résonner dans une foule entière. Mr. Dutch orchestre cette fusion avec une précision chirurgicale : jamais trop chargé, toujours assez ample pour que l’air circule et que l’émotion se faufile entre les couches de son.
Mais là où Shekere prend toute son ampleur, c’est dans son clip. Réalisé par l’artiste lui-même, il capte l’énergie de Lagos comme une toile mouvante : les couleurs saturées, la sensualité des gestes, le mélange entre élégance et rudesse urbaine. On y lit une déclaration : l’afro-fusion n’a pas besoin de copier qui que ce soit, elle invente ses propres mythes, en se nourrissant des rues, des traditions et des désirs.
Au final, Shekere est une promesse tenue. Celle d’un morceau qui fait danser sans renoncer à la poésie, qui séduit sans jamais céder au facile, et qui installe définitivement Mr. Dutch dans ce rôle rare : celui d’un conteur amoureux qui fait vibrer le corps autant que l’imaginaire.
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août 29, 2025On dirait une promesse murmurée à soi-même dans les toilettes d’un club à 4h du matin, juste avant de replonger dans la fournaise : Imma Do This est le nouveau manifeste technoïde de Deniros, une claque de tech house minimaliste qui n’a qu’un objectif, tenir le dancefloor en otage. Pas de fioritures, pas de storytelling édulcoré : ce track est une architecture brute, pensée pour vibrer dans le noir avec les yeux fermés et la mâchoire serrée.
Le morceau repose sur un motif répétitif qui, à force de tourner, s’incruste sous la peau comme une pulsation vitale. Les kicks claquent secs, lourds, mais jamais boueux. Au-dessus, un jeu de nappes acidulées et de percussions étouffées se déploie avec la précision d’un chirurgien et la sensualité d’un briseur de chaînes. L’efficacité est totale : chaque élément tombe au millimètre, construit pour déclencher ces micro-déluges d’endorphines qui transforment un set en expérience collective.
Là où beaucoup s’égarent dans une surenchère d’effets, Deniros joue la retenue. Sa tech house respire, laisse l’espace exister, et c’est précisément ce vide qui devient un appel à la transe. Imma Do This n’est pas un simple titre, c’est une incantation, une obstination répétée jusqu’à la transe. Dans une époque où le clubbing est souvent dilué par l’image et la hype, Deniros rappelle que la musique seule, sèche et frontale, suffit à tout emporter.
Un morceau pensé comme un tunnel : pas de sortie de secours, juste cette promesse brûlante que la nuit sera longue, moite et nécessaire.
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août 29, 2025Certains chagrins d’amour se consument dans le silence, d’autres explosent en hymnes lumineux. Avec Wannabe, BEKA BARZ choisit la deuxième option : transformer une humiliation intime – son premier petit ami parti s’encanailler avec une amie – en une revanche pop pleine d’humour, d’esprit et de légèreté. Plutôt que de s’enfermer dans la plainte, elle en tire une punchline imparable : « Si tu veux être mon amant, alors ne couche pas avec mes amis. » Une pirouette aussi simple qu’efficace, qui détourne l’héritage des Spice Girls pour en faire une arme personnelle.
Musicalement, le morceau respire cette fraîcheur insolente des tubes pop-rap à l’anglaise, avec un groove immédiat et une production limpide signée… elle-même, sous son alias B3K. Car BEKA BARZ ne se contente pas d’écrire et d’interpréter : elle produit, elle mixe, elle cadre et elle monte, poussant le DIY à son point le plus affirmé. Le clip, réalisé avec sa femme via leur boîte Four Reel, vient appuyer cette esthétique maison, joyeusement indépendante, qui fait de chaque faille un carburant créatif.
Wannabe n’est pas seulement un clin d’œil ironique au girls power des années 90, c’est une mise à jour nécessaire : une manière de rappeler que l’humour et la dérision peuvent être des armes redoutables contre la trahison. Là où d’autres auraient écrit une ballade triste, BEKA transforme la douleur en fête, le doute en autodérision, et la vulnérabilité en force.
On en sort avec le sourire, la mélodie en tête, et surtout l’envie de la croire quand elle affirme qu’indépendance et créativité vont de pair. BEKA BARZ ne se contente pas de raconter son histoire : elle réécrit la règle du jeu à sa manière, et ça sonne déjà comme une victoire.
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août 29, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme une gifle, et FLEX de ZARIITHEDON en fait partie. Pas besoin de détour, dès les premières mesures, on sent la sueur des clubs enfumés, le bitume encore chaud, et cette énergie brute qui refuse de s’excuser d’exister. Ici, le trap ne sert pas seulement de terrain de jeu : il devient une déclaration d’identité, une manière de graver son nom à coups de basses profondes et de rythmiques martelées comme des uppercuts.
Ce qui frappe, c’est le mélange audacieux entre une ossature trap bien ancrée – 808 massifs, hi-hats en rafale, flow incisif – et une approche alternative qui détourne les codes du genre. ZARIITHEDON ne cherche pas à sonner comme les autres. Il joue avec les silences, tord ses cadences, balance des punchlines comme des éclats de miroir. L’effet est double : une immédiateté qui fait bouger la tête, et un arrière-goût expérimental qui intrigue, presque dérange.
FLEX n’est pas seulement un titre d’ego-trip, c’est une vitrine de style, un autoportrait en mouvement. Derrière l’assurance affichée, on devine une réflexion plus subtile sur la nécessité d’imposer sa voix dans un monde saturé de bruit. Comme si chaque mesure devenait un pied de nez à l’effacement, un refus de se fondre dans la masse.
En écoutant FLEX, on pense à l’énergie brute d’un Denzel Curry croisée avec les audaces sonores d’un JPEGMAFIA. Un son qui transpire l’urgence et la fierté, mais aussi la volonté de redéfinir ce que peut être un banger. ZARIITHEDON ne demande pas la validation, il la crée. Et c’est précisément cette insolence musicale qui rend son morceau impossible à ignorer.
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août 29, 2025Le mot été convoque souvent les clichés : peau salée, ivresse douce, romances éclairées par le crépitement des barbecues et les nuits sans fin. Mais Cain Kerner, lui, préfère tirer le rideau et montrer l’envers du décor. Son nouveau morceau, Summer Love, ressemble à une confession chuchotée au cœur d’un coucher de soleil qui vire au noir, quand la lumière dorée bascule dans une mélancolie presque cinématographique. C’est un titre qui n’embrasse pas l’été comme une promesse légère, mais comme une morsure, un souvenir qui colle à la peau même quand les jours raccourcissent.
Musicalement, Summer Love est un subtil mélange entre la fragilité d’un folk acoustique et l’ombre inquiétante du dark pop. La guitare, dépouillée, trace une ligne claire et fragile, tandis que des nappes électroniques, quasi fantomatiques, viennent brouiller l’horizon. La voix de Kerner, elle, avance comme une présence hantée : elle n’implore pas, elle raconte, elle incarne. On pense aux échos d’un James Blake s’aventurant dans un terrain plus brut, ou aux ballades les plus introspectives de Billie Eilish, mais avec une sincérité qui refuse tout maniérisme.
Ce qui fait la singularité de Summer Love, c’est cette manière de piéger l’auditeur entre deux sensations contradictoires : la douceur sensuelle d’un souvenir et la douleur lancinante de ce qu’il reste après. Kerner fabrique un espace intime où l’amour d’été n’est pas une bluette jetable mais un vertige qui transforme. C’est une chanson qui ne cherche pas le tube facile : elle choisit l’incision lente, la cicatrice élégante.
Avec Summer Love, Cain Kerner signe une pièce qui dépasse le simple exercice de style. C’est une radiographie de ce moment fragile où l’éphémère devient éternel, où une saison se grave dans la mémoire comme une brûlure qu’on n’a jamais vraiment voulu soigner.
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août 29, 2025Plutôt que de brandir la morale comme un couperet, Efi Cruise préfère la tourner en dérision, et son nouveau single 419 en est la preuve éclatante. Derrière ce code tristement célèbre au Nigeria — synonyme d’arnaque et de fraude — l’artiste tisse un morceau qui refuse la gravité attendue. À la place, il choisit l’humour, la légèreté, et surtout l’énergie irrésistible de l’afrobeats pour transformer un sujet sensible en hymne dansant.
Dès les premières secondes, la production respire le soleil : percussions effervescentes, guitares highlife qui tracent des arabesques lumineuses, lignes de basse qui roulent comme une marée chaude. Efi Cruise connaît son terrain : il joue des codes de l’afropop contemporaine tout en y glissant une ironie bienveillante, comme s’il rappelait que la musique reste le meilleur outil pour aborder les contradictions d’une société sans se perdre dans le cynisme.
Là où d’autres s’enliseraient dans la dénonciation sèche, lui mise sur le sourire, sur l’autodérision, sur ce second degré qui fait que l’on se met à danser en même temps qu’on réfléchit. C’est ce décalage, presque subversif, qui donne toute sa force au morceau. 419 n’édulcore pas la réalité, mais il la refracte à travers le prisme de la fête, rappelant que la musique nigériane a toujours su parler des douleurs du quotidien sans jamais sacrifier la joie.
Ce titre s’inscrit dans une longue tradition d’artistes africains qui utilisent la danse comme arme douce, une manière de prendre du recul collectif face à la dureté du monde. Efi Cruise nous invite à rire pour ne pas pleurer, à bouger pour ne pas céder, à transformer les failles d’un pays en groove universel. Et dans ce balancement constant entre légèreté et gravité, 419 s’impose comme bien plus qu’un simple banger : une chronique sociale emballée dans un rythme incandescent.
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août 29, 2025Rares sont les morceaux qui parviennent à traduire la sensation pure du risque, cette poussée d’adrénaline qui serre la gorge autant qu’elle libère le corps. Avec RISK, Habits réussit précisément cela : condenser dans trois minutes tendues comme un câble la fièvre et la fragilité d’un saut dans l’inconnu. C’est un titre qui transpire l’instantanéité, comme s’il avait été composé en équilibre sur un toit, la ville en contrebas, les yeux rivés sur le vide.
La production s’aventure dans un hip-hop alternatif où les textures semblent constamment se dérober. Percussions minimalistes qui claquent comme des portes, nappes synthétiques au bord de l’asphyxie, lignes de basse qui s’effritent pour mieux renaître – tout est pensé pour accentuer cette impression de précarité, de déséquilibre permanent. Rien n’est confortable, mais tout est terriblement addictif.
Habits, lui, s’avance comme un funambule. Son flow oscille entre confession et provocation, avec une diction qui hésite parfois, puis explose sans prévenir. C’est cette imprévisibilité qui donne au morceau son pouvoir : on ne sait jamais si la prochaine mesure sera une chute ou une ascension. Derrière l’énergie brute, il y a aussi une écriture qui capte le langage intérieur des doutes modernes – l’envie de se dépasser, le besoin de se brûler pour se prouver vivant.
RISK n’est pas un hymne de certitudes, c’est une plongée dans l’incertitude même. Et c’est précisément ce qui le rend précieux : Habits ne vend pas de sécurité, il nous offre le vertige, la possibilité de perdre pied. Un titre qui n’apaise pas mais qui réveille, qui met à nu l’attrait paradoxal du danger dans une époque obsédée par le contrôle.
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août 29, 2025Un titre comme Entertainment ne laisse pas vraiment de place à l’ambiguïté. Chez Flighteous, le rap n’est pas seulement un moyen d’expression, c’est une scène de théâtre où l’ego, le chaos et la lucidité se bousculent dans la même loge. Le morceau fonctionne comme une vitrine et une critique à la fois : un banger pensé pour faire vibrer les enceintes, mais qui n’oublie pas de tendre un miroir aux obsessions d’une culture où tout est spectacle.
Dès les premières secondes, on sent l’ADN brut du rap East Coast : percussions serrées, kicks lourds, une prod qui tape sec, sans poudre aux yeux. Flighteous ne cherche pas l’habillage, il préfère l’efficacité. Le flow découpe, syncopé, précis, avec cette nonchalance agressive qui donne l’impression qu’il balance ses lignes en même temps qu’il claque une porte. Pas besoin de surjouer : l’énergie est organique, ancrée dans une écriture qui prend autant du plaisir à exhiber ses excès qu’à pointer du doigt l’absurdité de ce culte de l’image.
Ce qui rend Entertainment intéressant, c’est justement ce double niveau : on y danse, on y secoue la tête, mais en arrière-plan, il y a ce sous-texte amer, cette sensation que tout n’est qu’une mise en scène, que le rap game s’alimente de ses propres contradictions. Flighteous ne moralise pas, il expose, il jette la lumière crue sur les projecteurs eux-mêmes.
C’est ce mélange de rugosité et de clairvoyance qui place le morceau en dehors du simple single à énergie. Il se rapproche davantage d’un manifeste déguisé en club banger, un cri de rue qui se sait spectacle mais refuse de n’être que ça.
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août 29, 2025On n’entre pas dans PARIS! comme dans un simple single de rap, on y plonge comme dans une ruelle saturée de néons, où chaque pas claque contre l’asphalte et chaque regard peut se transformer en histoire. Le morceau ne raconte pas la capitale, il la déchire, il la démultiplie, il la fait éclater sous la poussée de ses propres contradictions. MANSO̶U̶R̶, avec Lamsi et Rxlls, ne signe pas un hymne : il envoie une décharge. Un uppercut sonore, brut et incandescent, qui refuse d’être poli pour passer en radio.
Le beat, charpenté comme un chantier de béton brut, respire la violence contenue et l’urgence urbaine. Garage nerveux, basses qui cognent, flow tantôt mitraillette tantôt retenu au bord du gouffre : tout dans PARIS! fonctionne par secousses, par fractures. On sent l’ombre du grime, la fureur de la drill, mais aussi cette volonté de détourner le cadre pour bâtir un langage neuf. Rxlls apporte une sincérité tranchante, Lamsi joue l’équilibriste entre mélodie et menace, pendant que MANSO̶U̶R̶ orchestre le chaos avec un sens du détail chirurgical.
Le clip de ODBUSSY prolonge cette énergie comme une peinture en mouvement : silhouettes animées, coupures frénétiques, Paris et Amsterdam filmés avec une rage esthétique qui transforme les trottoirs en scènes et les parcs en cathédrales de béton. Rien n’est laissé au hasard, et pourtant tout semble jaillir d’un débordement vital, d’un refus de tenir en place.
PARIS! n’est pas qu’un morceau, c’est une déclaration. Celle d’une génération qui refuse le silence, qui ne cherche plus à être validée par l’industrie mais préfère inventer son propre espace, quitte à tout brûler pour avancer. C’est bruyant, démesuré, bancal parfois, mais terriblement vivant — à l’image des villes qu’il traverse et des corps qui l’habitent.
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août 28, 2025Dans les interstices de la nuit, Hollowpoint bâtit une cathédrale de bruit et de silence. wait til morning n’est pas un simple morceau de rock alternatif : c’est une traversée, une onde de choc suspendue entre les guitares saturées du shoegaze et les lenteurs hypnotiques du post-rock. L’impression est celle d’un monde qui s’effrite et se reconstruit au fil des nappes sonores, comme si chaque accord contenait une fissure et une promesse.
La production joue sur ce paradoxe permanent : une densité écrasante de feedbacks et de distorsions, contrebalancée par des instants d’épure où la respiration reprend le dessus. Les voix, étouffées, presque noyées, semblent jaillir d’un brouillard — ni confessions claires, ni slogans rageurs, mais des fragments de conscience qui se dissolvent dans le tumulte instrumental. C’est précisément ce flou qui fascine : Hollowpoint refuse la frontalité et préfère la suggestion, l’impression, l’abandon au ressenti brut.
On pense à Slowdive pour la brume, à Explosions in the Sky pour la montée cathartique, mais Hollowpoint garde une singularité : ce refus d’aplatir ses influences en pastiche. Chaque texture est travaillée comme une matière vivante, prête à se fissurer, à s’élever, à s’effondrer. Le morceau progresse par vagues successives, entre calme fragile et tempêtes éclatantes, mimant ces insomnies où l’aube n’est jamais un soulagement, seulement un autre état de veille.
wait til morning est une métaphore sonore d’un monde en suspens : l’attente du jour, comme l’attente d’une réponse qui ne vient jamais. Hollowpoint signe un morceau qui ne cherche pas à rassurer mais à embrasser l’incertitude, et c’est peut-être là sa plus grande force : transformer la dissonance en refuge, et le vacarme en vérité.
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août 28, 2025Certain·e·s artistes arrivent en imposant une esthétique d’ensemble, un univers déjà ficelé. Kruthikaa, elle, choisit l’éclatement. Deux morceaux qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre et pourtant se répondent comme deux facettes d’un même miroir. This That est une claque dansante, trap teintée de R&B, pensée comme une fête sans hiérarchie ni exclusion. La prod tape droit dans le ventre, saturée d’énergie, avec ce groove insolent qui rappelle la désinvolture dorée des grandes années Missy Elliott. Kruthikaa y joue les maîtresses de cérémonie : voix percutante, flow souple, attitude décomplexée. Tout appelle à la sueur, au rire, au lâcher-prise.
À l’opposé, Girls Like Me se déploie dans l’intime, avec une délicatesse presque désarmante. Ici, pas de trap frénétique : le tempo ralentit, le R&B se fait indie, presque alternatif, et la voix se rapproche de l’oreille, comme si Kru chuchotait une confession qu’on n’a pas le droit de répéter. C’est la fragilité après l’émeute, le repli intérieur qui répond au besoin de parade.
Ce contraste n’est pas un hasard mais une déclaration d’intention. En juxtaposant ces deux singles, Kruthikaa affirme que son EP Purr n’est pas une simple collection de morceaux mais une cartographie de soi : la fête et l’introspection, le masque et le cœur, la provocation et la tendresse. Ces “quatre sons” qui s’emboîtent comme des pièces de puzzle deviennent une signature : impossible de l’enfermer dans une case.
Ce qui frappe, c’est sa capacité à naviguer entre deux pôles sans rien perdre en cohérence. On sent une artiste qui a grandi avec les codes du hip-hop global mais qui ne les applique jamais tels quels : elle les filtre, les plie, les rompt pour construire un langage hybride, profondément personnel. Kruthikaa n’imite pas, elle convoque — et c’est cette tension, ce refus de choisir entre la fête et la mélancolie, qui rend sa proposition irrésistible.
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août 28, 2025Certaines chansons ne s’écoutent pas, elles se ressentent dans la cage thoracique, comme un vertige qu’on n’avait pas vu venir. Jazzy Dale, avec I Get It Now, signe l’un de ces morceaux qui n’expliquent rien mais qui traduisent tout : le moment exact où l’amour cesse d’être une idée abstraite pour devenir une collision réelle, presque violente, entre deux corps, deux mondes, deux vulnérabilités.
La production oscille entre la moiteur d’un R&B contemporain et la clarté cristalline d’une pop dansante. Les beats, fluides mais nerveux, créent cette sensation paradoxale de contrôle et de perte totale, comme si l’on avançait en équilibre sur une corde tendue au-dessus du vide. Par-dessus, la voix de Jazzy Dale déroule son grain chaleureux, fragile et assuré à la fois, qui donne au morceau son ancrage humain. On la sent vaciller entre euphorie et peur, exactement ce que raconte le texte : ce moment où l’on comprend que tomber amoureux, c’est aussi accepter de se briser.
L’écriture reste volontairement simple, presque conversationnelle — “I get it now” résonne comme la confession la plus brute possible, l’aveu d’un déclic que chacun redoute et espère. C’est précisément cette simplicité qui fait la force du morceau : pas de grandes déclarations, juste une vérité nue qui vient frapper l’auditeur en plein cœur.
Avec ce titre, Jazzy Dale s’inscrit dans une tradition où la pop et le R&B ne sont pas seulement des genres mais des états émotionnels, capables de condenser l’ivresse, la peur et la beauté du sentiment amoureux en trois minutes de musique. Une chanson à écouter comme on saute sans parachute, pour sentir le vent dans les poumons et le vide sous les pieds.
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août 28, 2025Il arrive parfois qu’un morceau ne cherche pas à s’imposer par la force, mais qu’il s’installe en douceur, comme une brise tiède qui soulève les rideaux au petit matin. kimaRA, avec son univers flottant entre R&B contemporain et effluves tropicales, compose précisément cette sensation : une musique qui ne se contente pas de séduire l’oreille mais qui transforme l’espace autour de soi.
Sa voix est le premier choc. Un timbre souple et habité, capable de glisser avec tendresse avant de se briser dans une intensité brûlante. On y entend autant la nostalgie des grandes voix soul que la sensualité des chanteuses du sud global, avec cette manière singulière de convoquer l’intime et le sacré dans la même respiration. Chaque inflexion semble tenir en équilibre entre vulnérabilité et puissance, comme si kimaRA chantait autant pour elle que pour ceux qui l’écoutent à distance.
Musicalement, ses textures s’aventurent dans une hybridation rare : une base R&B élégante qui s’entrelace avec des percussions chaudes, presque tribales, et des motifs sonores venus d’ailleurs — fragments de world music, échos de tropiques, reflets d’une mémoire diasporique. Le résultat n’est pas un patchwork mais une écriture cohérente, où chaque élément nourrit l’autre, comme les différentes couleurs d’un même coucher de soleil.
Ce qui frappe surtout, c’est la dimension narrative. kimaRA ne compose pas des chansons au sens classique, elle dessine des tableaux mouvants. Ses morceaux parlent autant de désir et de perte que de réconciliation intérieure, toujours baignés d’une lumière crépusculaire. Elle réussit à faire du R&B non pas un simple langage amoureux, mais une véritable cartographie de l’âme, traversée de paysages tropicaux et de souvenirs enfouis.
Avec cette approche singulière, kimaRA s’impose comme une artiste rare : capable de plier un genre codifié pour en extraire une matière poétique, personnelle, et universelle. Sa musique n’est pas une simple écoute, c’est une immersion, un rituel, une façon de rappeler qu’on peut danser même au bord de ses blessures.
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août 28, 2025Certains morceaux ne frappent pas comme des évidences, mais se glissent d’abord dans les failles, là où les souvenirs et les obsessions murmurent encore. Call Me Crazy d’ARTHEUS et Arianne Winter est de ceux qui ne cherchent pas à séduire immédiatement : il s’infiltre, serpente dans les veines, et laisse au passage des traces de feu et de sel. C’est un morceau qui ressemble à une lutte intime, une danse fragile entre la tentation de se perdre et l’élan de se reconstruire.
Sur le plan sonore, la production d’ARTHEUS dessine un décor mouvant, tendu entre douceur et vertige. Les mélodies soul se posent comme des caresses écorchées, avant d’être secouées par des beats trap au grain rugueux, comme des rappels incessants à la réalité brute. Cette tension, loin d’être un simple effet de style, devient le moteur de l’expérience : chaque mesure incarne la contradiction de vouloir céder à l’appel du poison tout en cherchant une échappée vers la lumière.
La voix d’Arianne Winter, vibrante et quasi viscérale, est la pièce maîtresse de ce voyage. Elle ne chante pas vraiment : elle confesse, elle implore, elle se cabre et se libère tout à la fois. On croit entendre les restes d’un cri retenu trop longtemps, transformé en mélodie. Son interprétation apporte une profondeur organique, presque charnelle, à l’architecture électronique façonnée par ARTHEUS.
Call Me Crazy n’est pas seulement une chanson d’amour ou de dépendance, c’est une cartographie de l’excès et de la rédemption. On y retrouve le parfum nocturne d’une ville encore humide de pluie, des néons qui tremblent, une silhouette qui vacille mais qui avance quand même. Le morceau se vit comme un miroir tendu : il parle autant des obsessions qui nous consument que de la capacité à les transcender. Un R&B contemporain qui prend la forme d’une confession dramatique, au croisement d’une messe intime et d’un exorcisme sonore.
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août 28, 2025Dublin n’a jamais manqué d’histoires à raconter, mais rares sont celles qui claquent avec autant de fraîcheur et d’insolence que celles de KhakiKid. Avec DONT TOUCH THE CDJ, en featuring avec Aki Oke, le rappeur irlandais confirme qu’il n’est pas seulement l’enfant turbulent de la scène alt-rap, mais bien son grand dérégulateur, celui qui bouscule les cadres pour mieux en redessiner les contours. Le morceau pulse d’une énergie garage acide, taillée pour le chaos des clubs et les lendemains de festival, mais derrière ses beats nerveux et son humour caustique, il y a une écriture à la fois joueuse et frontale, un vrai sens du détail qui rend son flow reconnaissable entre mille.
KhakiKid a ce truc rare : l’équilibre entre vulnérabilité et pure bravade. Elevé sur une estate de Dublin, avec un héritage arabo-irlandais qu’il revendique frontalement, il incarne une génération qui n’a pas peur de montrer ses fissures tout en transformant ses contradictions en armes. Là où certains multiplient les gimmicks, lui fait de sa singularité un moteur, un fil rouge qui relie les freestyles des débuts aux scènes géantes d’aujourd’hui, du Electric Picnic jusqu’au futur Olympia Theatre.
Sur DONT TOUCH THE CDJ, tout est maîtrisé mais rien n’est policé : un beat garage qui suinte la sueur des raves, une écriture qui croise Tyler, The Creator et le storytelling brut des rappeurs UK Channel U, et une direction visuelle signée par KhakiKid lui-même — preuve que l’artiste contrôle son esthétique de bout en bout. La chanson ressemble à une punchline lancée contre le conformisme, un avertissement autant qu’une célébration : ici, personne ne touche aux platines sauf lui, parce que c’est son monde qu’il est en train de construire, et qu’il entend bien en garder le tempo.
Avec ce single, KhakiKid ne signe pas juste une track de plus : il ouvre une brèche, une invitation à rejoindre une scène irlandaise qui, grâce à lui, cesse d’être périphérique pour devenir le cœur battant d’un rap global. Et si l’on en croit l’énergie incandescente de DONT TOUCH THE CDJ, l’histoire ne fait que commencer.
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août 28, 2025Un morceau écrit au front, pensé entre deux silences de guerre, ne peut pas sonner comme les autres. Built Different n’est pas un simple track de R&B contemporain traversé de rap lo-fi : c’est un fragment de vie arraché à l’ombre, une confession murmurée depuis les terrains d’Afghanistan, aujourd’hui retransmise avec la distance fragile du retour. Marcus Coates ne se contente pas de rapper ou chanter, il dépose une mémoire, une tension, une gratitude brute : être encore là pour la raconter.
Le morceau s’avance sur un pas feutré, nappes R&B soyeuses mêlées à une rythmique lo-fi qui semble flotter dans l’air, comme suspendue. Mais derrière cette douceur apparente, il y a le poids des images, la dureté de ce qui n’est pas dit. Le flow, discret mais ferme, épouse les blessures qu’il ne prononce qu’à demi, donnant à la track cette impression d’intimité coupée au couteau : on y entre comme dans un journal intime que l’on n’aurait pas forcément dû lire, mais dont on ne décroche plus.
Ce qui frappe, c’est le paradoxe. Built Different est à la fois une chanson de survie et un hymne à la renaissance. Marcus Coates ne se contente pas de dresser le tableau d’un passé lourd, il le transcende en groove, prouvant que l’art peut absorber l’indicible et le rendre partageable. Là où tant d’artistes fabriquent du storytelling, lui vit littéralement dans ses mots.
On ressort de ce titre avec la sensation que la musique a sauvé une vie, et qu’elle continue de battre dans chaque note, comme un rappel humble et puissant : parfois, être built different, c’est simplement rester debout.
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août 28, 2025Deux heures du matin. Le monde extérieur s’éteint, mais l’esprit tourne encore. All Alone In My Bed, le premier geste signé Genesiskhode, capture ce moment précis : le corps immobile, l’âme agitée, et l’ivresse d’un souvenir qui refuse de se dissoudre. Là où d’autres rempliraient le vide par une voix charnelle, Genesiskhode choisit la sienne… artificielle. Une voix forgée par la technologie, presque spectrale, qui réinvente le rôle de l’interprète dans la soul moderne.
Le morceau oscille entre contemporary R&B et indie électronique, nappes synthétiques en apesanteur, pulsations douces comme un battement ralenti par l’alcool. Cette esthétique lo-fi mais léchée rappelle les confessions désarmées de Frank Ocean ou James Blake, mais avec une étrangeté supplémentaire : une voix qui ne semble pas tout à fait humaine, comme si la mélancolie avait trouvé un nouveau vaisseau.
Ce choix radical rend All Alone In My Bed fascinant. Là où beaucoup voient dans l’intelligence artificielle une froideur, Genesiskhode parvient à lui injecter une chaleur paradoxale, une tendresse désincarnée qui met en lumière l’isolement numérique de notre époque. Ce n’est plus seulement une chanson : c’est une mise en scène de la solitude 2.0, ce moment où l’on se noie dans des pensées obsédantes, éclairé par la lueur bleutée d’un écran.
Ce premier chapitre ressemble à une bouteille jetée à la mer depuis un lit vide, entre désir et vertige, entre rêve et vertige synthétique. Genesiskhode ne chante pas seulement la solitude, il l’incarne jusque dans sa matière sonore. Et si All Alone In My Bed est une confession nocturne, elle ouvre surtout une réflexion troublante : et si nos fantômes les plus intimes, demain, avaient déjà une voix qui n’est plus la nôtre ?
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août 28, 2025yLe mot résonne comme une onomatopée, un battement de cœur amplifié par les basses : Bambam. DLA signe ici un morceau qui ne cherche pas à séduire par la démonstration, mais par l’instinct. Tout repose sur cette énergie brute, cette ivresse immédiate qui fait de la chanson un appel à la fois charnel et collectif. C’est le genre de titre qui ne s’écoute pas en silence : il s’impose, il envahit, il se glisse dans les jambes jusqu’à obliger le corps à suivre.
Musicalement, Bambam puise dans la fibre la plus lumineuse de l’afro-fusion. La guitare agile vient chatouiller les percussions, les nappes électroniques installent une tension douce, et la voix de DLA se déploie comme une déclaration en clair-obscur : tantôt charmeuse, tantôt affirmée, elle navigue sur les mesures comme si chaque syllabe était une danse. On sent une maîtrise du groove mais aussi une volonté d’y injecter de la spontanéité, de l’improvisation, comme si le morceau avait jailli d’une nuit moite où les frontières entre fête et confession disparaissent.
Ce qui rend Bambam unique, c’est cette capacité à capter le vertige du moment. Ce n’est pas seulement une chanson d’amour ou un hymne de club : c’est une célébration des sens, un instantané de chaleur humaine, un exutoire. DLA ne cherche pas la complexité mais la vérité d’une vibration universelle – celle qui rapproche, qui unit, qui réchauffe.
Avec ce single, l’artiste s’inscrit dans la nouvelle génération afro-pop qui fait du rythme une arme et de la mélodie un refuge. Bambam n’est pas un simple titre de playlist : c’est une expérience sensorielle, un souffle brûlant qui rappelle que la musique, parfois, n’a pas besoin d’autre justification que le plaisir de brûler l’instant.
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août 28, 2025Difficile de ne pas sourire en entendant les premières mesures de Spicy Pumpkin (Call Me Later). Paul Tiem a trouvé la formule rare : une chanson d’amour qui respire la fraîcheur sans jamais tomber dans le cliché, une caresse afrobeat qui s’installe à la croisée du romantisme et de la fête. On est happé par cette douceur rythmée, comme un coucher de soleil qui refuse de s’éteindre.
La production mise sur la fluidité : percussions souples, guitares légères, nappes qui laissent circuler l’air. Rien d’écrasant, rien de trop – tout est calibré pour laisser la voix de Paul Tiem flotter avec assurance et charme. Ses intonations oscillent entre la confidence et l’appel, comme un amoureux qui taquine autant qu’il séduit. On entend le sourire dans son timbre, cette malice qui transforme des images simples en éclats sensoriels – le “spicy pumpkin” devient alors plus qu’une métaphore : une signature, un surnom tendre, une façon de réinventer le langage amoureux.
Ce morceau illustre parfaitement cette génération d’artistes afro-pop capables de transformer la romance en groove universel. On peut l’écouter en fond d’un dîner, sur un rooftop d’été, ou la chanter à tue-tête au volant – l’effet reste le même : une chaleur diffuse, une envie instinctive de bouger la tête, de se laisser traverser par une joie sans effort.
Avec Spicy Pumpkin (Call Me Later), Paul Tiem confirme que l’afrobeat contemporain ne se limite pas à faire danser les clubs, mais qu’il peut aussi construire des bulles d’intimité et de tendresse. Ici, le rythme sert de décor à une histoire simple mais intemporelle : l’amour qui naît, s’amuse et s’installe dans les gestes les plus quotidiens.
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août 28, 2025Chez NGN CJ, chaque morceau sonne comme un instantané pris depuis le siège arrière d’une voiture lancée à toute vitesse dans la nuit. On The Go ne fait pas exception : c’est une échappée haletante, coincée quelque part entre la trap la plus nerveuse et le spleen éthéré du cloud hop. Un titre qui pulse d’énergie, mais dont le moteur tourne à l’essence de la mélancolie.
La prod, bâtie sur des 808 qui claquent comme des battements de cœur affolés, déroule un tapis roulant sans fin : pas de répit, pas de pause, juste la route et l’obsession d’avancer. Au-dessus, NGN CJ alterne mélodies autotunées et flows plus secs, comme si la voix elle-même hésitait entre chanter l’élan ou confesser l’épuisement. Cette tension donne au morceau une dimension pop rap assumée : accroche immédiate, refrain collant à la peau, mais avec cette noirceur flottante propre à l’emo-trap, ce goût de fumée froide après la fête.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre fragile entre deux pôles : l’énergie solaire d’un hymne taillé pour les playlists de l’été et l’ombre qui s’y cache, celle d’un artiste qui rappe la fuite autant que la liberté. On The Go n’est pas seulement une ode au mouvement, c’est une chanson qui traduit l’impossibilité de s’arrêter, comme si le silence ou l’immobilité pouvaient être plus dangereux encore que la vitesse.
Avec ce single, NGN CJ montre qu’il sait transformer des émotions contradictoires en bangers addictifs. Derrière l’élan insouciant du titre, on devine un vertige plus profond : avancer, toujours, même si on ne sait plus vraiment vers quoi.
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août 28, 2025Rien n’est plus fragile qu’une surface qui réfléchit la lumière. Avec Glass Skin, Neon Pulse prend cette métaphore et la fait imploser dans un déluge de beats électro-pop et de textures dark pop. C’est un morceau qui ne se contente pas de briller : il éclate, il fissure, il coupe. On dirait le journal intime d’une génération obsédée par l’apparence mais rongée de l’intérieur, transformé en hymne nocturne pour clubs hantés.
La production avance à pas lourds, presque cinématographiques, avec une tension digne d’un film néon-noir. Les synthés s’entrechoquent comme des éclats de verre, et la rythmique trap injecte une urgence quasi viscérale. La voix, spectrale mais déterminée, glisse entre caresse et menace, comme si elle voulait à la fois séduire et repousser. Il y a du BANKS dans cette façon de rendre la fragilité dangereuse, du Billie Eilish dans l’art de susurrer l’apocalypse, mais Neon Pulse garde une empreinte singulière, plus brutale, plus frontale.
Ce qui rend Glass Skin fascinant, c’est sa dualité : un morceau conçu pour séduire les dancefloors mais qui porte en lui une douleur intime, une rage contenue. Chaque drop sonne comme une fracture, chaque silence comme une cicatrice qui peine à se refermer. On n’est pas simplement en train d’écouter une track : on traverse un champ de ruines brillant de mille feux.
Neon Pulse signe ici un manifeste : la peau de verre n’est pas une faiblesse, c’est une arme. Être translucide, c’est aussi renvoyer la lumière avec une intensité insupportable. Et dans cette clarté dangereuse, il y a un futur possible pour l’électro-pop : moins lisse, plus écorchée, résolument magnétique.
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août 28, 2025Dès les premières notes de Streets, une impression de terrain connu et pourtant réinventé s’impose : le bitume devient une scène, les néons un halo sacré, et Lady OFLO s’avance comme une prédatrice douce, prête à transformer le chaos urbain en rituel sonore. Produite et écrite par elle-même, la track respire une indépendance farouche, une affirmation féminine qui ne s’excuse jamais de prendre toute la place.
La production balance entre une sensualité R&B moite et une rudesse alternative hip-hop. Le beat tape comme une pulsation nocturne, minimaliste mais irrésistible, pendant que des synthés nappent l’air d’une lueur presque cinématographique. Lady OFLO occupe le centre avec une présence magnétique : chaque ligne, chaque intonation a la précision d’une gifle et la douceur d’un souffle. À ses côtés, ASH ajoute une densité brute, une énergie qui renforce la dramaturgie du morceau, comme un contrepoint nécessaire à cette mise en scène du pouvoir et de la vulnérabilité féminine.
Mais Streets dépasse le simple clash de flows : c’est un hymne pop féministe qui s’invente dans l’ombre des façades vitrées, une ode aux femmes qui naviguent entre tendresse et rage, désir et contrôle. On y retrouve des réminiscences de Kehlani dans la délicatesse des harmonies, de Doja Cat dans la désinvolture sexy, mais toujours avec ce grain singulier, ce timbre qui fait de Lady OFLO une voix à part dans le paysage de la Bay Area.
Plus qu’un single, Streets est une déclaration d’intention : celle d’une artiste qui connaît son territoire et choisit de l’habiter sans concessions, en pleine possession de ses codes et de ses armes. Un son fait pour cruiser vitres baissées à travers les artères illuminées, où chaque refrain se vit comme un rappel que les rues appartiennent aussi aux femmes qui les chantent.
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août 28, 2025Les premières secondes de SHE BAD glissent comme un satin sombre, puis tout s’embrase : la basse vibre, la voix s’étire, et soudain on se retrouve projeté dans un club moite où le temps se dilate entre deux battements de cœur. Prince Hakim ne compose pas une simple chanson, il fabrique une atmosphère, un décor sensuel où chaque détail sonore est pensé pour caresser plutôt que bousculer.
La production respire ce R&B contemporain qui sait être à la fois nocturne et incandescent. La guitare étouffée agit comme un fil tendu, tandis que les nappes électroniques distillent une tension presque cinématographique. Hakim pose sa voix avec l’assurance d’un conteur urbain, mi-séducteur mi-prédicateur, et Georges vient compléter cette énergie avec une suavité plus feutrée, comme si l’un soufflait les flammes quand l’autre les attisait. Ensemble, ils installent une dualité magnétique, à la frontière entre désir charnel et élégance retenue.
On sent dans SHE BAD l’écho des grands slow jams du début des années 2000, mais réinventés dans une esthétique actuelle, plus minimaliste, où chaque silence devient une arme et chaque respiration un geste chorégraphique. Le morceau semble pensé pour les moments suspendus : une piste de danse réduite au ralenti, des verres abandonnés sur le comptoir, des ombres qui se frôlent sans jamais se lâcher.
Hakim ne cherche pas la démonstration mais la connexion viscérale. Tout sonne comme une confidence murmurée à l’oreille, mais avec une intensité assez forte pour remplir une salle entière. SHE BAD n’est pas qu’un hymne à la sensualité : c’est une affirmation de style, une manière de rappeler que le R&B, lorsqu’il ose rester cru, direct et tactile, garde un pouvoir d’attraction presque animal.
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août 28, 2025Une porte claque, un souffle de poussière s’élève, et soudain la voix surgit comme dans une crypte enfumée : Sacrifice n’est pas un morceau, c’est une incantation. Kingdom Kome et G Fam Black ne rapent pas pour séduire, ils éructent pour survivre. Tout dans ce titre respire l’urgence et la nécessité, comme si l’enregistrement avait eu lieu à la lueur d’une ampoule nue, au fond d’une cave, entourés de murs imbibés d’histoires mal effacées.
La production signée RUEN ne cherche pas la finesse : c’est un bloc, massif, minéral, qui avance en marche forcée, martelé par une rythmique qui rappelle l’ossature même du boom bap new-yorkais des années 90. Chaque coup de caisse claire résonne comme un clou planté dans un cercueil, chaque basse gronde comme une menace retenue. Mais derrière cette brutalité se cache une précision chirurgicale : l’espace sonore est calibré au millimètre, laissant les deux MCs sculpter leurs rimes comme des prêtres gravant des symboles interdits.
G Fam Black crache son texte avec la rudesse d’un témoin oculaire, un survivant revenu du front, tandis que Kingdom Kome, plus mesuré, distille une forme de sagesse sombre, presque mystique. Ensemble, ils incarnent deux faces d’une même pièce : le feu incontrôlable et la discipline du fer. Le refrain, abrupt, agit comme une promesse de loyauté, une fidélité à une école rap qui refuse les compromis.
Ce single ne flatte ni l’algorithme ni la playlist de détente. Il exige l’attention, il exige le silence, il exige la sueur. Sacrifice s’écoute comme on entre dans une église souterraine : en sachant qu’on va en ressortir transformé, marqué, un peu plus proche de la vérité crue du hip-hop. Kingdom Kome et G Fam Black ne proposent pas un simple retour, mais une cérémonie noire, une liturgie où le boom bap devient rituel, et où chaque rime équivaut à une offrande déposée sur l’autel du rap pur.
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août 28, 2025Parfois, un morceau ne se présente pas comme une simple chanson mais comme une gifle tranquille, un ricanement adressé au monde. Gold Jacket Green Jacket de Pozy One entre dans cette catégorie : une incantation rap qui transforme le désintérêt en arme, l’ironie en étendard. Pas d’intro tape-à-l’œil, pas de posture forcée — juste une énergie brute qui coule comme si elle avait toujours été là, en veille, prête à frapper.
Le titre lui-même agit comme un manifeste : peu importe la couleur de la veste ou la reconnaissance qu’on t’accorde, la vérité réside dans ce que tu portes en toi et dans la manière dont tu le balances au micro. Ici, le boom bap n’est pas une nostalgie figée mais une matière vivante, triturée, dépouillée jusqu’à l’os. Les kicks claquent comme des portes de cellule, les snares grincent comme des coups de frein dans une ruelle sombre, et la voix de Pozy One perce à travers le mix avec une gravité insolente.
Là où certains enrobent leurs textes de storytelling édulcoré, Pozy One cultive une crudité frontale, oscillant entre conscience sociale et provocation désabusée. Ses punchlines fusent avec cette assurance qui vient moins de l’ego que d’une lucidité amère sur le monde qui l’entoure. Le résultat, c’est une tension constante : une musique qui t’oblige à hocher la tête, mais aussi à lever les yeux, à observer le décor derrière les mots.
Dans un paysage rap saturé d’effets faciles, Gold Jacket Green Jacket rappelle que la force peut se loger dans le minimalisme, que la subversion peut tenir dans une ligne de basse, et qu’un refrain ironique peut résonner plus fort qu’un slogan politique. Pozy One n’essaie pas de convaincre, il expose. Et dans ce geste sans fioritures se cache quelque chose de rare : la preuve qu’un rap peut encore gronder sans chercher l’approbation.
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août 28, 2025Une chanson comme Feeling the Heat ne se raconte pas avec des clichés de saison, parce qu’elle ne parle pas d’un été carte postale. Elle pulse comme une crise cardiaque en plein club, une ivresse où l’on confond chaleur et brûlure, désir et vertige. Romi O ne signe pas simplement un “summer anthem” : elle fabrique un objet pop incandescent, hybride, qui met en scène le paradoxe de l’amour contemporain — s’abandonner tout en sachant que l’autre ne sera peut-être pas là quand la lumière retombera.
Le morceau est une construction stratifiée, presque baroque dans sa luxuriance : synthés étincelants, beats en tension constante, arrangements qui alternent entre exaltation euphorique et menace sourde. C’est une architecture sonore où chaque détail est une fissure — l’urgence rythmique qui s’emballe, la voix qui se cabre puis s’éteint, comme si le plaisir lui-même devenait un piège. On pense au romantisme torturé de Kate Bush, à la sueur électrisante de Robyn, mais Romi O imprime sa propre griffe : un refus de choisir entre extase et douleur, club et confession, pop de masse et laboratoire intime.
Ce qui rend Feeling the Heat unique, c’est ce flou volontaire entre libération et effondrement. Là où beaucoup de productions estivales caressent l’oreille avec un hédonisme convenu, Romi O préfère la contradiction : faire danser tout en donnant le goût amer du lendemain. C’est une esthétique du trouble, une mise en scène de l’instant où l’on sait déjà que la chute sera inévitable. Et c’est précisément dans cette lucidité désespérée que réside la force du morceau : il ne cherche pas à consoler, il brûle, et nous avec lui.
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août 28, 2025On tombe parfois sur une chanson comme sur une lettre oubliée dans un tiroir, froissée mais intacte, où chaque mot semble encore tiède de l’émotion qui l’a fait naître. Ain’t Nobody d’ABSYTE appartient à cette catégorie rare : un morceau qui ne se contente pas de parler d’amour, mais qui le respire, le tremble, le murmure dans une sincérité désarmante.
La production, volontairement épurée, joue sur la fragilité. Pas de fioritures, pas d’excès — juste ce qu’il faut de groove pour porter la confession, un squelette rythmique discret qui se fond dans une atmosphère à la croisée du néo-soul et du hip-hop intime. La voix d’ABSYTE, pleine de grain et de tendresse, avance comme un aveu hésitant, oscillant entre gratitude et nécessité de dire : oui, malgré les failles et les blessures, personne ne m’aime comme toi.
David Givens ne se contente pas d’apporter une simple présence vocale : il devient le contrechamp, l’autre partie du miroir. Sa voix grave, rassurante, s’emboîte dans celle d’ABSYTE comme un écho qui rend le récit tangible. L’alchimie entre eux n’est pas fabriquée : elle transpire de naturel, comme si le morceau avait été écrit dans un salon à la lueur d’une lampe, plutôt qu’en studio.
Ce qui fascine dans Ain’t Nobody, c’est son refus du spectaculaire. ABSYTE ne cherche pas à impressionner, mais à capturer ce qui échappe toujours : l’instant où l’on comprend que l’amour n’est pas une fête permanente mais un travail, un lien façonné par l’épreuve. On pense à Jill Scott pour la chaleur, à Lauryn Hill pour l’authenticité brute, mais ABSYTE trace déjà une route singulière. Dans un paysage saturé de récits interchangeables, cette chanson agit comme un serment chuchoté : fragile, éternel et terriblement humain.
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août 28, 2025Parfois un morceau n’a pas besoin de crier pour imposer sa présence. Avec XL uber, Alzy trouve ce point d’équilibre rare entre l’énergie nerveuse du grime et l’ondulation douce du pop rap, un mélange qui évoque à la fois la vitesse de la ville et la détente d’une virée sans destination précise. C’est un titre pensé pour la route, pour accompagner ces moments suspendus où l’on regarde défiler les lampadaires par la vitre et où chaque battement se cale sur le clignotement du rétroviseur.
Alzy joue sur une alchimie subtile : les rythmiques s’inspirent des codes UK drill sans plonger dans l’agressivité, les basses résonnent comme un souffle chaud dans la nuit, et la voix garde une clarté qui évite l’écueil du trop sombre. Le flow se déroule avec une aisance presque nonchalante, comme si rapper était aussi naturel que respirer. Le morceau pulse, mais jamais ne déborde : il stimule sans agresser, il donne envie de bouger la tête, pas de perdre le contrôle.
Il y a aussi dans XL uber une certaine élégance sonore, ce soin particulier apporté aux textures qui laisse deviner une vraie exigence derrière l’apparente simplicité. On imagine très bien le morceau tourner dans un set de soirée avant que la fête ne s’embrase, ou au petit matin, quand le monde se remet en marche et qu’il faut un beat pour recharger le corps autant que l’esprit.
Ce qui frappe surtout, c’est l’universalité de la vibe : peu importe l’endroit, Alzy réussit à capter un état d’esprit urbain contemporain, ce mélange de lucidité, d’envie de s’évader et de besoin de garder le rythme. XL uber est de ces titres qui accompagnent plutôt qu’ils n’imposent, qui donnent une couleur à la route comme une playlist idéale qu’on laisse filer sans l’interrompre.
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août 28, 2025Sur la scène tamisée d’un live qui respire l’authenticité, Josh Gluck apparaît comme un funambule entre douleur et délivrance. Sa voix, profonde et charnelle, s’élève au-dessus de l’ombre pour porter Down No More comme une confession transformée en renaissance. On y entend le poids des nuits passées à douter, mais surtout la force inouïe de celui qui choisit, enfin, de se tenir debout.
Avec son groove néo-soul qui coule comme une rivière épaisse et chaude, le morceau ne triche jamais. Les accords se posent avec justesse, chaque note respire, chaque silence compte. On croirait presque que Josh Gluck, derrière ses instruments et son micro, nous murmure une prière intime, une promesse de ne plus jamais se laisser engloutir. Sa soul n’a rien de policée : elle est brute, organique, traversée d’aspérités qui la rendent humaine.
Le live vidéo donne une dimension supplémentaire à cette intensité. Pas d’artifice, pas de maquillage sonore : seulement la vérité nue d’un musicien qui sait transformer ses cicatrices en puissance sonore. Le regard plongé dans l’instant, Gluck ne joue pas pour séduire, il joue pour survivre, pour transmettre cette énergie de résilience qui traverse la salle et s’accroche à chaque spectateur.
On pense à D’Angelo pour la moiteur, à John Mayer pour l’élégance des lignes de guitare, mais Gluck garde sa singularité : un mélange d’intime et de flamboyant, de douceur et de feu. Down No More n’est pas un simple titre, c’est un manifeste discret, une main tendue à ceux qui ploient sous le poids des jours.
Et c’est peut-être là sa plus grande force : rendre la soul à ce qu’elle a toujours été au fond — un cri de vie, incandescent et nécessaire.
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août 28, 2025Dans les rues tièdes de West London, Aye Hunna trace un sillon qui sent la fête, la transpi et les promesses jamais tenues. Wanna Do n’est pas une simple track : c’est un instantané, une photo floue prise à la volée dans une nuit trop courte, quand les voix s’emmêlent, les corps s’approchent et que l’on se surprend à sourire sans raison.
Avec ses mélodies autotunées, légères comme une brise sur une terrasse de béton, et ce refrain qui s’imprime à la première écoute comme une étreinte collante, Hunna réussit un mélange rare : celui d’un rap encore brut et d’une pop trap soyeuse qui brille à l’ombre des lampadaires. Sa voix ne force jamais, elle glisse, sûre d’elle, presque insolente, sur une prod qui pulse comme un cœur en excès d’adrénaline.
C’est une chanson pour les soirs qui n’en finissent pas, pour les potes entassés à l’arrière d’une caisse qui file sans but, pour les amours d’été qu’on jure éternelles et qui s’éteindront à la rentrée. Le morceau capte ce moment fragile où tout semble possible, où l’on se croit invincible, porté par un beat qui donne envie de danser autant que de rêver.
Aye Hunna ne cherche pas la démonstration technique, il préfère l’efficacité immédiate, celle qui fait lever les bras sans réfléchir. Wanna Do n’est pas une chanson à analyser : c’est une onde, une chaleur, une ivresse dorée qui s’attrape et s’écoute en boucle. Et dans ce registre, il frappe juste : un banger à la fois simple et irrésistible, taillé pour inscrire son nom parmi ceux qui redessinent les contours du UK rap mélodique.
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août 28, 2025Un piano qui s’allonge comme une main posée sur la peau, une rythmique afrobeat qui pulse au ralenti comme un souffle impatient, et la voix de Carlos Llanes qui ne cherche pas à séduire mais à s’approcher, tout près, jusqu’à devenir presque une pensée. Aqui Contigo est moins une chanson qu’une confidence suspendue, une invitation à se perdre dans la douceur d’un moment qui refuse de s’éteindre.
Llanes, que l’on connaissait surtout pour ses talents de producteur et d’auteur sur des succès latins massifs, s’avance ici à découvert. Son chant n’a rien de démonstratif : il avance avec retenue, presque timide, mais chargé d’une intensité qui coule sous la surface. Chaque mot est porté avec la précision d’un murmure qui cherche à durer, qui s’imprime dans la mémoire comme une chaleur lente.
La production, polie mais jamais glaciale, déploie une élégance rare : les percussions sont charnelles, les synthés créent un halo moderne, et l’ensemble balance entre l’épure et la moiteur. On pense à Rels B, à Latin Mafia ou à Humbe, mais Carlos Llanes ne cherche pas la copie : il choisit la suggestion, l’art de la retenue.
Aqui Contigo n’est pas fait pour remplir les clubs, mais pour hanter les interstices — ces trajets de nuit où l’on refait le monde à deux, ces silences où l’on se rapproche sans parler. C’est une chanson qui s’inscrit dans le corps plus que dans la tête, une pop sensuelle qui prouve qu’on peut encore, dans un marché saturé, faire simple, vrai et magnétique.
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août 28, 2025Il suffit parfois d’un seul drop pour comprendre qu’on ne s’apprête pas seulement à danser, mais à plonger dans une histoire. Avec Give It All, Per QX exhume la mémoire fiévreuse des clubs des années 80 et 90 pour la réinjecter dans le corps incandescent d’une house old-school qu’il tord vers le futur. Le morceau a ce parfum des nuits sans fin où les corps s’aimantent sous une boule à facettes, mais il respire aussi la sueur des warehouse bruts, loin des poses et des filtres.
Les synthés y claquent comme des coups de flash, la basse s’installe avec la rondeur d’un groove disco qu’on croirait arraché à un vinyle poussiéreux, puis retouché au scalpel numérique. Ce mélange de chaleur vintage et de précision clinique est précisément l’empreinte de Per QX, un artisan qui sait que la musique de club n’est pas qu’un produit jetable mais un héritage, une énergie collective qu’on transmet comme un flambeau.
À mesure que la rythmique s’épaissit, Give It All se mue en mantra hédoniste : tout donner, sans retenue, sans peur du lendemain. On retrouve ce goût de la démesure, ce moment où la piste devient un refuge et le DJ un prêcheur païen. Per QX signe un track qui n’a pas besoin de détour : il tape droit dans la poitrine, il pousse les corps à l’abandon, il ressuscite le fantasme d’une danse infinie.
Ce n’est ni rétro ni nostalgique, c’est du pur présent incandescent, une invitation à laisser tomber les masques, à redevenir simple mouvement. Give It All n’est pas qu’un titre, c’est une directive : la nuit n’attend pas les demi-mesures.
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août 28, 2025On croirait presque que le morceau a été composé dans une catacombe futuriste, éclairée par des stroboscopes en surchauffe, où les murs suintent encore les restes d’une rave interdite. Smack It n’est pas une simple track, c’est une apparition — un souffle sexuel, une spirale acide, un battement obstiné qui pulse dans la poitrine comme une montée qu’on sait dangereuse mais qu’on refuse de freiner.
Dès les premières secondes, la 303 dégueule ses lignes torsadées, serpents synthétiques qui se lovent autour d’une rythmique sèche et obsédante. Pas de surenchère inutile, juste la précision implacable d’une machine bien huilée, ponctuée par une voix spectrale qui vient glisser dans les interstices comme une caresse qui brûle. C’est là toute la force de Starya : faire de la sueur un langage, du groove un sortilège, et de la chair une extension du cosmos.
On entend dans Smack It l’héritage de ses années à hanter les scènes sous divers alias, à ouvrir pour Justice, Skrillex ou Boys Noize. Mais ce morceau n’a rien d’un clin d’œil nostalgique. Il réinvente la matière brute de l’acid house et lui insuffle une sensualité moderne, décomplexée, presque cinématographique. Le club n’y est pas seulement un espace de danse, mais un sanctuaire où l’hédonisme devient une forme de spiritualité, une façon de se réconcilier avec le chaos extérieur.
Le plus fascinant reste cette dualité : moiteur organique et sidération cosmique. On danse dans une cave trempée, mais on se sent projeté dans l’infini. Smack It agit comme une hallucination partagée, un moment suspendu où tout se dissout dans le rythme. Starya ne signe pas une simple bombe de dancefloor : elle ouvre un portail, et une fois passé, il est impossible de revenir en arrière.
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août 28, 2025Tout commence comme une fuite en avant, un sprint haletant dans un décor saturé de néons. Runnin’ (These Lights…), la collaboration explosive entre Evil Ebenezer et Di$tinct, sonne comme un track pensé pour les nuits où l’on n’a plus d’autre choix que d’aller droit devant, sans regarder en arrière. L’un installe la transe, l’autre accélère le pouls : ensemble, ils signent une pièce qui refuse la tiédeur, un banger hybride à la frontière du rap, de la pop et d’un certain lyrisme underground.
L’architecture du morceau est limpide et brillante : le flow millimétré de Di$tinct, nerveux, percussif, cadencé à la limite du mathématique, s’oppose au refrain vénéneux d’Evil Ebenezer, presque hypnotique dans sa manière d’attraper l’oreille et de ne plus la lâcher. Ce jeu de contrastes, entre l’urgence et la suspension, constitue le cœur du morceau : une sorte de respiration syncopée qui empêche l’auditeur de décrocher. On sent derrière la patte des ingénieurs Nato et Jesse Roads, habitués aux gros volumes et aux équilibres millimétrés : chaque détail sonore est poli, chaque frappe de batterie calibrée pour frapper le thorax. Et quand la guitare de Nate William s’invite, la texture s’élargit, donnant au titre une dimension presque live, brute et immédiate.
Mais au-delà de la technique, Runnin’ marque un moment : celui où deux trajectoires complémentaires se croisent. Di$tinct, récemment couronné d’un Canadian Choice Award, impose son ambition de performer total, pendant qu’Evil Ebenezer rappelle qu’il est une voix unique, capable de mêler mélancolie et intensité sans jamais tomber dans le cliché. On y lit une continuité avec la scène canadienne qui s’exporte depuis quelques années, mais aussi une volonté de dépasser les frontières, de transformer un morceau de studio en hymne générationnel.
Il y a dans Runnin’ (These Lights…) la fièvre des grandes collaborations : celle qui naît quand les egos se répondent sans s’écraser, quand la performance technique rencontre l’instinct mélodique. Un titre qui fait courir, oui, mais surtout qui donne envie de rester sous ces lumières un peu plus longtemps.
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août 28, 2025Casablanca the Gawd n’est pas un rappeur de passage. C’est une cicatrice vivante du hip-hop, un survivant de Buffalo qui avance à contre-courant, avec la rage calme de ceux qui savent que leur voix n’a pas besoin d’artifices pour exister. A Selfish Prayer n’a rien d’un morceau tape-à-l’œil : c’est une pièce rugueuse, gravée dans la pierre du boom bap, où chaque mesure respire la sueur des battles, l’odeur du béton humide et la dignité des âmes cabossées.
On pourrait croire qu’après deux décennies à polir ses rimes, Casablanca jouerait la carte de la nostalgie. Mais non : il refuse d’être un musée ambulant du rap. À travers un flow précis, lentement martelé comme un marteau-piqueur dans la poitrine, il convoque le passé pour mieux répondre au présent. Les beats claquent secs, dépouillés, sans la moindre concession aux modes. Chaque boucle est un cercle fermé, oppressant, qui oblige à écouter les mots pour ce qu’ils sont : des leçons de vie, des prières murmurées dans la fumée des rues.
Le titre dit tout. A Selfish Prayer est une supplique tournée vers l’intérieur, un cri intime qu’il ose rendre public. Casablanca rappe non pas pour séduire, mais pour survivre. Il appelle ça du Grown Man Music : une musique qui n’a pas besoin de gimmicks, qui ne demande pas la validation d’un algorithme. Sa voix porte celle des hommes fatigués, des mères qui prient sans bruit, des gamins devenus adultes trop vite.
Là où l’industrie inonde les playlists de vernis et de fast-food sonore, Casablanca rappelle que le hip-hop peut encore être une discipline martiale, un art de la vérité nue. A Selfish Prayer n’est pas qu’un morceau, c’est un refus : celui de se taire, celui de céder. Et paradoxalement, dans cette prière égoïste, on entend l’écho universel de toute une génération qui cherche un sens, loin du bruit.
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août 28, 2025Dans l’océan saturé du cloud hop, certains artistes cherchent l’accroche immédiate, d’autres creusent la blessure. Eidon, lui, agit comme un alchimiste : il transforme chaque morceau en rituel sonore, chaque beat en mantra. Never Give Up n’est pas seulement un titre motivant plaqué sur un instrumental vaporeux, c’est une véritable invocation, un sort jeté pour que la persistance survive aux nuits les plus sombres.
Ce qui frappe en premier, c’est la densité des couches. Derrière l’apparente légèreté d’un beat aux contours brumeux, on entend une architecture méticuleuse : nappes éthérées qui s’ouvrent comme des halos, percussions étouffées qui avancent à pas feutrés, basses qui vibrent comme un sol instable. Tout est calculé pour que la voix — fragile mais résolue — surgisse comme un cri dans la nuit. Elle n’explose pas : elle résiste.
Là où beaucoup d’emo hip-hopers s’abandonnent dans la confession brute, Eidon injecte une dose de mysticisme. Il ne raconte pas seulement une histoire de douleur et de survie, il cherche à manipuler les fréquences, à tendre une main invisible vers l’auditeur. L’expérience relève presque du chamanisme numérique : écouter Never Give Up, c’est accepter de se laisser traverser par une onde qui résonne bien au-delà des mots.
Le morceau s’inscrit dans une lignée où XXXTentacion et Juice WRLD ont ouvert la brèche, mais il s’en détache par son approche quasi-ésotérique. Plus qu’un exutoire adolescent, Eidon livre une pièce de résistance intérieure, un témoignage qui touche à l’universel : la ténacité, la foi dans la continuité, même quand tout semble voué à s’effondrer.
Never Give Up se vit comme une transe douce-amère. Une promesse soufflée dans l’ombre : tant que la musique existe, l’abandon n’est pas une option.
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août 28, 2025Parfois, un morceau n’a pas besoin d’un beat explosif ou d’un hook racoleur pour frapper juste. Quality Time de Badman Dafe s’impose avec une élégance rare, presque silencieuse, en choisissant la voie la plus périlleuse : parler d’amour sans fioritures, sans masque, avec cette chaleur qui fait de l’afropop bien plus qu’un genre — une langue universelle.
Badman Dafe, voix souple et magnétique, choisit la tendresse comme matière première. Le morceau respire le soleil, l’intimité, le besoin simple mais essentiel de présence dans un monde qui va trop vite. Là où beaucoup s’épuisent à vouloir saturer la piste de danse, Quality Time mise sur l’économie, sur l’équilibre fragile entre groove et respiration. Les percussions s’écoulent comme une conversation, la ligne mélodique enlace sans contraindre, et tout est pensé pour que la voix garde le premier rôle : un murmure capable d’embraser.
Ce qui séduit dans ce single, c’est la façon dont il s’inscrit dans l’histoire récente de l’afrofusion tout en l’élargissant. On y sent des échos de Wizkid dans les textures aériennes, de Burna Boy dans la profondeur émotionnelle, mais aussi une manière plus personnelle de ralentir, d’étirer le temps, comme si Badman Dafe refusait le diktat de l’instantané. Quality Time devient ainsi un contre-pied : une célébration de l’amour posé, réfléchi, où l’éphémère cède sa place au durable.
Dans la marée de sorties afrobeats qui inondent les plateformes, ce titre se distingue par son souffle intemporel. Ce n’est pas seulement un single à ajouter dans une playlist romantique, mais une petite déclaration politique : rappeler que dans le tumulte global, il reste une chose essentielle à laquelle on revient toujours — offrir du temps, et le rendre précieux.
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août 28, 2025On croyait Diana Vickers rangée dans les archives poussiéreuses des pop girls de l’ère X Factor, étiquetée souvenir d’une décennie trop vite avalée par le streaming. Mais voilà qu’elle surgit, sourire malicieux et chant en éclats glacés, avec Ice Cream, single impertinent qui réinstalle sa voix là où on l’attendait peut-être plus : sur le dancefloor queer, moite et festif, où la sueur se mélange aux paillettes.
Produit par Dee Adams et James Earp, le morceau ne se contente pas de faire vibrer la nostalgie de ses débuts. Il joue avec, la détourne, la fait tournoyer comme une boule disco trempée dans du sirop artificiel. Les synthés gonflent, les refrains coulent avec la légèreté d’un milkshake — mais sous les couches sucrées, on sent poindre une ironie mordante, un clin d’œil aux “babes” qu’elle convoque d’emblée : ce morceau est un service à la carte, queer-coded jusqu’à la dernière note, pensé pour dégouliner dans les open airs d’été comme sur les playlists TikTok.
La voix de Diana, mi-soufflée mi-cristalline, rappelle qu’elle n’a jamais été une simple étoile filante. Après des détours par le théâtre et la comédie, elle revient plus affûtée, plus libre, moins soucieuse de plaire qu’envieuse de provoquer. Ice Cream n’est pas seulement un banger estival : c’est une déclaration d’indépendance, une façon de dire qu’après les rôles, les collabs et les podcasts, elle reprend son terrain d’origine. Et qu’elle compte bien le repeindre en couleurs acidulées.
Dans une époque où la pop tend à s’aseptiser, Diana Vickers ose l’excès, le kitsch, le clinquant. Elle en fait une arme, une glace qui fond mais laisse sur les doigts un goût entêtant. Derrière la fantaisie, une évidence : Ice Cream est l’annonce d’un retour sérieux, mais joué avec le sourire d’une artiste qui n’a plus rien à prouver.
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août 28, 2025Chez Lusaint, chaque chanson ressemble à un rituel de guérison, comme si la Mancunienne ouvrait son carnet intime en pleine rue et nous obligeait à lire entre les lignes, là où ça fait mal. Lie To Yourself, éclat incandescent de son nouvel EP The Apothecary (Pt. 1), surgit comme une gifle au milieu d’un sourire. On croit d’abord tenir un hymne pop à fredonner au soleil, puis la soul s’invite, la douleur perce sous les cuivres, et tout prend l’allure d’un aveu qu’on se répète en boucle pour réussir à respirer.
La voix de Lusaint n’est pas seulement puissante, elle a cette vibration claire qui rappelle la chair de Nina Simone mêlée au velours contemporain d’une Jorja Smith. Mais là où son précédent single Summertime caressait, Lie To Yourself claque, pulse, emporte. Le groove est volontairement dansant, presque trompeur : derrière l’énergie cathartique, il y a cette histoire de cœur cabossé, de lucidité douloureuse, d’attachement qu’on sait toxique mais qu’on ne parvient pas à abandonner. La beauté de Lusaint est là : chanter les contradictions sans jamais chercher à les lisser.
The Apothecary (Pt. 1) s’inscrit comme un contrepoint à son EP Self Sabotage. À la chute succède la reconstruction, mais une reconstruction fragile, tremblante, comme une marche sur des ruines encore chaudes. Chaque titre agit comme un remède improvisé — parfois amer, parfois doux — à ces blessures qu’on reconnaît tous. Et en live, entourée d’un public qui oscille entre ferveur et silence religieux, Lusaint transcende ses morceaux pour en faire des cérémonies collectives.
À force de ne jamais jouer la carte de la facilité, Lusaint s’affirme déjà comme l’une des voix les plus singulières de la scène britannique. Elle ne se contente pas de réanimer la soul : elle l’habite, la fissure, la traverse de pop étincelante et de jazz héritée de ses racines. Avec Lie To Yourself, elle signe un morceau qui danse sur les braises de l’intime, un morceau qui prouve qu’on peut transformer la douleur en célébration.
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août 28, 2025Il y a des morceaux qui naissent dans le confort moelleux des studios tapissés de mousse acoustique, et puis il y a ceux qui éclatent comme une urgence, les yeux rougis d’insomnie, un enfant qui vous secoue en pleine nuit, et une question qui brûle sans laisser de répit : qu’est-ce qu’être un bon parent quand, à l’autre bout du monde, des enfants meurent sous les bombes ? C’est dans cette fracture intime que Jeremy Mage a trouvé la matière première de In Gaza Today, convoquant son alliée de toujours, la magnétique Wunmi, pour transformer l’angoisse en un chant de résistance.
Le morceau pulse d’un groove funk déraillé, plus sale que poli, où la basse cogne comme une marche de protestation et les cuivres grincent comme des sirènes dans la nuit. La voix de Wunmi, tantôt incantatoire tantôt tendre, traverse cette architecture sonore comme une torche. C’est à la fois une prière et une exhortation : lever la voix, ne pas se taire, danser malgré tout. Le featuring de Slow Commotion ajoute une rugosité organique, une vibration qui sonne comme le souffle d’une foule qu’on refuse de faire taire.
In Gaza Today n’est pas un slogan transformé en chanson, c’est une déflagration personnelle devenue universelle. On y entend la fatigue des veilles nocturnes, la culpabilité d’être loin, le désir de faire vibrer l’injustice jusqu’aux oreilles de ceux qui préfèrent détourner le regard. C’est un morceau qui refuse la neutralité, qui fait du funk une arme, de la sueur un langage, de la musique un miroir tendu à un monde qui chancelle.
Ce n’est pas seulement un single : c’est un coup de poing poétique, une ligne de basse plantée dans la chair du présent, un groove qui grince et qui sauve.
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août 28, 2025On n’écoute pas Estella Dawn, on l’encaisse. Son nouveau single I Like It Rough ne se contente pas de pulser dans les veines, il vient fissurer la peau, griffer les certitudes, s’inviter dans ce territoire intime où désir et colère se confondent. Ici, la pop sombre se mue en cri de guerre camouflé derrière des beats lourds et des respirations brûlantes, un espace où l’on choisit d’aimer brutalement plutôt que de se laisser étouffer par la bienséance.
Ce morceau est une claque qui se nourrit d’un paradoxe savamment entretenu : la production, métallique et charnelle, semble taillée pour une boîte de nuit post-apocalyptique, tandis que la voix d’Estella navigue entre caresse et morsure. Chaque intonation suggère un corps qui se relève, qui accepte ses cicatrices, qui se découvre même plus beau dans la violence des chutes. La chanson n’est pas seulement une déclaration sensuelle, c’est une affirmation existentielle : être jugée, sous-estimée, rabaissée, et transformer tout cela en énergie pure, en hymne incandescent.
On pense aux ombres de BANKS, à la fougue d’une Doja Cat qui flirte avec la provocation, à l’écriture crue de Jessie Reyez, mais Estella Dawn refuse la comparaison trop facile. Elle façonne son propre territoire sonore, une jungle électro-pop où l’on trébuche volontairement pour mieux se relever. L’arrangement, tendu comme une corde prête à céder, joue avec les contrastes : basses saturées, percussions claustrophobiques, envolées vocales qui tracent des échappées lumineuses au milieu du chaos.
I Like It Rough, au fond, c’est le manifeste d’une génération qui n’a plus peur de conjuguer force et vulnérabilité, douceur et rugosité, désir et défi. Une chanson qui n’apaise pas, mais qui console par la vérité qu’elle lâche sans fard : nous sommes plus beaux quand nous embrassons le tumulte.
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août 28, 2025Ça commence comme un jeu, une rencontre, un Premier Date : une promesse légère, électrique, une pulsation qui fait monter le rouge aux joues. Et puis le groove s’installe, les lignes de basse se font charmeuses, les refrains collent à la peau. Avec Switching Delight, Perké With a K boucle la boucle — un dernier clip comme un clin d’œil rythmé, réalisé par Le Petit Pavé, pour refermer cette première aventure musicale.
L’EP Premier Date est tout sauf un coup d’essai. C’est une carte de visite sensuelle, funky, colorée. Entre house solaire, accents afro et pop française immédiate, le duo revendique un style hybride, soigné, assumé. Les prods sont chirurgicales, les basses groovy à la Tom Misch, les refrains efficaces à la Charlie Puth — mais toujours avec ce petit twist perso, cette chaleur qui déborde.
On leur a posé quelques questions pour revenir sur cette première étape, ce Premier Date qui, on l’espère, ne sera que le début d’une longue histoire.
1) Qui êtes-vous ?
Nous c’est Max et Gabi, deux amis d’enfance originaires de Paris.
On forme PERKÉ with the K, un duo qui aime sérieusement faire remuer des têtes sans jamais trop se prendre au sérieux.
2) Quel est votre parcours ?
Max : J’ai commencé le violon à 5 ans, puis j’ai troqué l’archet pour la guitare à 10 ans. Après ça, j’ai fait deux ans d’école de jazz et musiques actuelles à Paris, deux ans au conservatoire du 11e, puis trois ans au CRR de Paris. Entre deux gammes, j’ai aussi appris à faire des mojitos en étant barman, et à manier la serpillière comme personne en bossant comme homme de ménage. Disons que j’ai autant traîné dans les salles de classe que derrière les comptoirs.
Gabi : A 5 ans je touche ma première guitare et je démarre le conservatoire. J’ai passé 18 ans dans cette 2ème maison, où on tentait de m’apprendre à chanter, à analyser et jouer de la musique. En parallèle, j’ai été dans le « glee club » du collège (ouai ça suinte la popularité ouai). J’ai ensuite étudié l’ingénierie robotique, mais j’ai toujours gardé un pied (voire les deux) dans la musique. Sur la fin du conservatoire, Max et moi on s’est rejoints sur différents projets sur scène et on a fini par se décider à créer ce duo.
3) Que pouvez-vous nous dire en quelques mots sur votre musique ?
C’est une musique à la fois moderne, organique et sincère. On travaille beaucoup le son, les arrangements, et surtout, on veut que ça fasse du bien.
4) Quelles sont vos inspirations ?
On écoute de tout, mais certains noms reviennent souvent : Tom Misch, M, Anderson .Paak, L’Impératrice, Jungle … Et on puise aussi beaucoup dans les musiques afro-latines, la house, la funk et bien sûr, le jazz.
5) Quelle est votre playlist actuelle ?
Contre-uno, on vous propose plutôt nos 9 derniers likes
Morals : Africa express
Only happen : Nectar woode
Song for You : Myd
From the start : Laufey
You got me feeling : Parcels
Let it happen : Tame Impala
Back on 74 : Jungle
Rupture : Ben Mazué et Yoa
Toucher du bois : Peet
6) Quel est le plat que vous cuisinez le mieux ?
Max : Franchement, ce que je cuisine le mieux c’est les plats de frigo. Quand tu sais pas quoi faire avec tes restes de la semaine mais que tu finis par faire une double cuisson avec déglaçage et dressage de plat gastronomique.
Gabi : Je crois bien que j’ai masterisé la recette originale des lasagnes. Le ragoût (c’est comme ça que ça s’appelle) peut réduire 8h, je fais la pâte aux épinards frais et je monte tout ça avec la petite béchamel noix de muscade. Bref des lasagnes de puristes qui peuvent te donner envie de pincer ton pouce avec ton index et parler italien alors que t’as fais LV2 espagnol.
7) Quels sont vos projets à venir ?
On joue à La Boule Noire le 5 octobre pour défendre notre premier EP (Premier Date), et on commence à bosser sur notre premier album. L’idée, c’est de faire un projet avec des featurings, avec des artistes qu’on admire. Spoiler : il y a du lourd qui se prépare !
8) Pouvez-vous nous raconter une anecdote sur vous ?
On jouait dans un festival dans le centre de la France. Passage un peu rock’n’roll vers 23h, et bam une tempête s’est abattue sur le site. Les concerts restants sont annulés, les tentes du festoch s’envolent comme des cerfs-volants géants. On mange une blanquette de veau… sans veau, puis on saute dans le camion direction Paris. Il pleuvait des cordes, on roulait à 50 km/h au milieu des éclairs. On est arrivés à 6h du mat, moitié trempés mais vivants.
9)Si vous pouviez passer 48h avec quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré, qui serait-ce ?
Zinédine Zidane. Parce que l’élégance, la vision, le flow… la panenka en finale…
10) Un dernier conseil ?
Ce serait ambitieux de donner un conseil mais on ne peut que vous encourager à nous écouter et venir nous voir à la Boule Noire le 5 octobre <3
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août 28, 2025S’il y a bien une DJ à découvrir à Berlin c’est Skiy (@itsskiy) , une artiste aussi cool que la musique électro qu’elle diffuse et produit.
Étant de passage au festival Lollapalooza Berlin (@lollapaloozade), où elle a pu ouvrir la scène Perry, notre nouveau reporter Alex Cliatt (@iamalexcliatt) a pu lui poser quelques questions hitsoire de nous faife découvrir un talent à suivre de très près
#festival #lolapalooza #berlin #lolapaloozade #musique #interview #itw #musiquedumoment
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août 28, 2025Un battement de cœur en accéléré, des percussions qui s’enroulent comme une transe, et cette impression immédiate de chaleur moite qui colle à la peau. MONAMI, la nouvelle collaboration entre KEENWRLD et Kotobo, ne se contente pas de prolonger la vague afrobeat qui embrase les dancefloors : elle la détourne pour en faire une déclaration d’amitié, d’amour, de désir partagé, au croisement de l’intime et du collectif.
Le morceau s’ouvre sur une ligne rythmique obsédante, presque minimaliste, qui rappelle que l’afrobeat n’a pas besoin d’artifice pour hypnotiser. Les voix se glissent ensuite dans l’espace comme des confidences murmurées sous un ciel d’Afrique urbaine : fluides, habitées, elles portent l’urgence d’un cri intérieur tout en s’habillant des teintes festives d’un refrain pensé pour soulever les foules. C’est cette dualité qui rend MONAMI si singulier : une énergie taillée pour les corps, mais traversée d’une lucidité tendre, comme si derrière chaque sourire se cachait une vérité plus profonde.
KEENWRLD impose ici sa présence avec une assurance magnétique, tandis que Kotobo injecte une texture plus rugueuse, un contrepoint qui densifie le morceau. Ensemble, ils dessinent une fresque sonore où l’afrobeat se frotte aux codes du hip-hop africain, et où les basses roulent comme une houle, entraînant tout sur leur passage.
MONAMI, c’est moins une chanson qu’une scène : on y voit les silhouettes se rapprocher au rythme des kicks, les mains se lever au-dessus des têtes, et l’instant fragile où la fête se mue en communion. Entre Lagos, Accra et Paris, le titre trace sa route, prouvant que l’afrobeat n’est pas qu’un genre mais une langue universelle, capable de dire le désir, la fraternité et l’envie de durer malgré tout.
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août 28, 2025Guaranteed s’ouvre comme une dérive sous lampadaires fatigués, un morceau qui respire autant la rue que la chambre close où l’on noie ses pensées. djprodluigi y tisse une production aux allures de mirage : nappes éthérées, échos de mélodies qui se délitent dans l’air, le tout porté par des 808s secs et profonds qui claquent comme des portes derrière soi.
Avec Lil Reamy en invité, la voix devient presque une cicatrice sonore. Mi-chantée, mi-parlée, elle porte la lourdeur des nuits sans sommeil et l’éclat fragile d’un désir de s’en sortir. On est à mi-chemin entre la rugosité d’un trap brut et la fragilité d’un cloud hop introspectif, cette hybridation qui a fait naître tout un pan de l’emo hip-hop. C’est justement dans cette contradiction que Guaranteed trouve sa force : un titre qui cogne, mais qui s’ouvre aussi sur une faille intime, presque trop humaine.
L’efficacité pop du refrain en fait une accroche immédiate, taillée pour les playlists nocturnes et les conduites solitaires, mais la richesse est ailleurs. On entend dans les textures et les silences une mélancolie qui ramène à la solitude, à ces instants où l’on se demande si la survie tient à une promesse tenue ou à une illusion prolongée.
Avec Guaranteed, djprodluigi signe bien plus qu’un simple track calibré pour les basses. Il offre un témoignage sonore de ce qu’est la trap quand elle sort des clichés de violence pour devenir une langue de l’intime. Une respiration lourde, un mantra sombre, une musique faite pour se perdre et peut-être, entre deux notes, se retrouver.
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août 28, 2025Do It Again ne sonne pas comme une simple reprise de souffle, mais comme une compulsion, un cycle qu’on répète sans vraiment savoir si c’est l’adrénaline ou le vide qui nous pousse à recommencer. Close Company transforme ce vertige en matière sonore, mélangeant la pulsation du pop rap avec des fulgurances d’alternative hip-hop, comme si la fête et l’introspection dansaient ensemble sur le même sol collant.
Les premiers instants frappent comme une gifle douce-amère : un beat souple mais percutant, une ligne mélodique qui accroche sans effort et ce flow qui alterne entre nonchalance et urgence. La structure du morceau rappelle la mécanique d’un souvenir obsédant — on croit s’en défaire, mais chaque refrain ramène au point de départ. L’addiction n’est pas seulement thématique, elle est musicale : Do It Again donne envie de tourner en boucle, encore et encore, comme pris au piège d’un manège trop rapide mais impossible à quitter.
Là où Close Company se distingue, c’est dans cette façon d’habiller le hip-hop d’une aura alternative, presque cinématographique. On pense à certains morceaux de Kid Cudi pour la dimension rêveuse, ou à Brockhampton pour l’énergie brute, mais l’univers est singulier, nourri d’une tension entre légèreté et gravité. Derrière l’élan pop se cache une lucidité qui gratte, un constat sur les habitudes qu’on répète même quand elles nous usent.
Do It Again n’est pas seulement un banger calibré pour les playlists, c’est une scène de film condensée en trois minutes : sueur, échos de voix, néons qui vacillent, et cette question suspendue — pourquoi recommence-t-on toujours, et jusqu’où ?
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août 28, 2025Amma Hit You Up n’est pas une simple bluette pop taillée pour les playlists : c’est un coup de fil en pleine nuit, la vibration d’un écran qui brise le silence, la voix qui hésite entre confidence et appel à l’aide. Juliera y injecte cette urgence délicate, ce besoin d’être entendue tout de suite, comme si attendre devenait insoutenable.
Si la base est bien pop — synthés lumineux, rythmique fluide, refrains instantanément familiers — une subtile veine RnB traverse le morceau. Elle ne se contente pas d’ajouter une couleur : elle lui insuffle de la chair, une sensualité feutrée qui adoucit les arêtes électroniques. Dans ses intonations, Juliera ne se pose pas en diva mais en narratrice vulnérable, et c’est là que réside toute la force de son chant. La mélodie danse avec la respiration, l’émotion affleure sans jamais se figer dans la démonstration.
Cette hybridation — entre dance pop, indie pop et touches RnB — reflète parfaitement son parcours. Nigériane aux racines ardentes, Américaine par la trajectoire, Juliera construit ici une passerelle entre continents et états d’âme. Le morceau respire la légèreté estivale mais porte aussi la gravité d’une femme façonnée par ses expériences, de l’exil à la maternité, de la quête intime à la soif d’expression.
Amma Hit You Up, c’est la preuve qu’un titre peut être à la fois un hymne solaire et une confession nocturne. Juliera ne se contente pas de livrer un tube : elle tisse un récit, une voix qui se faufile entre les codes du RnB et l’énergie pop, rappelant que la vraie force d’une chanson réside dans sa capacité à tendre un fil invisible entre celui qui chante et celui qui écoute.
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août 28, 2025Certains morceaux sentent la sueur et la peau avant même la première note. Lost (perdida), de Gavrielle, appartient à cette famille-là : une chanson née dans la moiteur d’un voyage, entre le grondement des vagues et le souffle épais de la jungle mexicaine. Ce n’est pas seulement une mélodie surgie d’un instant d’éblouissement, c’est une métamorphose intime, celle d’une artiste qui se redécouvre à travers un lieu, une langue et une pulsation.
La voix de Gavrielle glisse entre l’anglais et l’espagnol comme entre deux peaux, deux réalités, deux désirs. Son choix de chanter le refrain en espagnol n’est pas un simple exotisme : c’est un abandon, une manière d’habiter une langue qui colle à la chair et qui embrase le morceau d’une chaleur nouvelle. Le souffle tribal, né de ses propres couches de fredonnements superposés, agit comme une transe — un battement cardiaque qui enserre tout le titre et lui donne sa densité tellurique.
On entend derrière les voiles de production les fantômes de ses influences : la sensualité poisseuse de la Britney Spears période I’m a Slave 4 U, et la ferveur intemporelle de Selena Quintanilla. Mais Gavrielle ne copie pas, elle invoque, elle canalise. Lost (perdida) n’est pas une citation mais un héritage réinventé, une pop latine filtrée par l’intimité d’une femme qui ose enfin traduire son feu intérieur en son.
Il y a dans ce morceau quelque chose de paradoxalement universel et singulier : une chanson née d’un instant très personnel, mais qui parle à quiconque s’est déjà retrouvé perdu pour mieux se retrouver, ivre de lumière, de rythme et de passion. Gavrielle signe ici un hymne à la liberté, où se perdre est peut-être la plus belle façon de se retrouver.
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août 28, 2025On pourrait croire que Brandon Mitchell surfe sur une esthétique déjà saturée — les ponts entre R&B contemporain et trap ont été traversés mille fois — mais son Highest Wave 2 fait figure de houle singulière, d’élan viscéral. Ce n’est pas un morceau pensé pour les algorithmes ou les playlists prémâchées : c’est une déferlante intime, un flux où la mélodie douce-amer du R&B se laisse entraîner par les pulsations sombres et hypnotiques du trap.
Derrière ce titre, il y a une tension presque physique. La voix de Mitchell, claire mais chargée de fêlures, plane au-dessus des basses abyssales comme une planche sur l’écume. Chaque note sonne comme un équilibre fragile entre apaisement et naufrage, comme si l’artiste cherchait à dompter une vague trop haute pour être complètement apprivoisée. L’instru, elle, oscille entre nappes éthérées et beats claquants, rappelant cette sensation de vertige quand on plonge dans l’inconnu : l’amour, l’ambition, ou la solitude.
Mitchell n’en est pas à sa première vague — le “2” inscrit au fronton annonce une suite, une persistance, comme si son odyssée sonore s’écrivait en plusieurs marées. On y retrouve l’obsession d’un créateur qui refuse les demi-mesures : trop trap pour être rangé dans le R&B classique, trop sensuel pour se laisser enfermer dans le carcan hip-hop.
Highest Wave 2, au fond, est moins un single qu’une métaphore en mouvement : celle d’un artiste qui choisit d’affronter ses propres tempêtes et de transformer leur chaos en beauté rythmée. Une plongée où la gravité du beat n’écrase pas la voix, mais lui offre au contraire une rampe de lancement vers des sommets inattendus.
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août 28, 2025Il suffit de quelques secondes pour comprendre que Team Salut ne sait pas composer autrement qu’en état de combustion. Avec I’m Busy, le duo sud-londonien, déjà auréolé de ses productions phares (le Dance for Me d’Eugy x Mr Eazi, le Drogba (Joanna) d’Afro B, ou encore Vroom de Yxng Bane), réaffirme sa place de pionniers : ceux qui ont pris l’afrobeats et l’ont poussé vers un espace global, électrisé, résolument hybride.
I’m Busy n’est pas seulement un titre qui se fredonne, c’est un mantra contemporain : une manière de dire que la vie urbaine, saturée de connexions et de sollicitations, peut aussi se transformer en fête intérieure. Kojo P et Aponchi Da Goat distillent ce mélange de dancehall, d’afro-pop et de pop-rap avec une précision chirurgicale. La ligne rythmique avance comme un battement de cœur pressé, les percussions claquent comme des textos incessants, et les synthés s’envolent dans une légèreté presque tropicale. C’est dans cette tension entre urgence et hédonisme que naît la magie : un morceau qui pulse à la fois dans le club et dans les écouteurs du métro.
Ce qui frappe, c’est la polyvalence instinctive de Team Salut. Leur expérience de producteurs — remixant aussi bien Burna Boy que Rita Ora ou WizKid — se fond ici dans un geste d’artistes complets. Les voix se superposent avec désinvolture, oscillant entre flow rap et mélodies pop, tout en laissant respirer l’espace sonore. On sent leur ADN londonien, cette manière de faire dialoguer les diasporas et les genres comme si c’était une seule langue commune.
I’m Busy, au fond, est un hymne multitâche : il accompagne les nuits effervescentes comme les journées saturées, il convertit le stress en danse, il transforme l’agenda en playground. Un morceau qui rappelle que, même dans le chaos, il reste toujours un tempo pour se libérer.
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août 28, 2025Certains producteurs font danser. D’autres construisent des paysages. Maxi Meraki réussit les deux à la fois, et Hyped en est la preuve éclatante. Le producteur belge, déjà reconnu pour ses sets où la précision technique se mêle à une chaleur presque organique, livre ici un morceau pensé comme une transe douce, une montée patiente qui se glisse sous la peau pour ne plus en ressortir.
Derrière ce titre qui évoque l’excitation brute, il y a surtout une science du détail. Chaque couche semble pensée pour avancer l’histoire : une basse souple comme un souffle régulier, des synthés lumineux qui se déploient comme des vitraux sous la lumière du matin, et surtout ce groove hypnotique, discret mais implacable, qui ne lâche jamais l’auditeur. Hyped n’explose pas, il s’élève. Et c’est précisément cette retenue qui le rend irrésistible.
On retrouve dans ce single tout l’ADN de Radiate, le label que Maxi Meraki a récemment fondé : l’idée que la house n’est pas qu’un outil pour les clubs, mais aussi un langage narratif, une manière d’écrire des histoires sans mots. Hyped est une invitation à se laisser happer par une spirale, à accepter que la tension peut être plus jouissive que la libération, à comprendre que le voyage compte plus que l’arrivée.
Ce n’est pas un track qui s’écoute distraitement : il exige qu’on s’y abandonne, qu’on ferme les yeux et qu’on laisse les pulsations redessiner le rythme de notre respiration. Maxi Meraki signe là une pièce où le corps et l’esprit trouvent leur équilibre, quelque part entre la précision berlinoise et la chaleur méditerranéenne. Une house du futur, mais enracinée dans l’intime.
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août 28, 2025Il y a des chansons qui ne s’écoutent pas comme un divertissement mais comme un miroir, parfois cruel, parfois lumineux. Dopamine de Jordan Corey appartient à cette famille rare : un morceau qui dissèque avec élégance le vertige d’aimer ce qui nous détruit. L’artiste californienne, déjà connue pour sa plume viscérale et ses textures néo-soul soyeuses, s’aventure ici dans une confession brute, comme un journal intime chanté à voix haute.
La force de Dopamine, c’est sa lucidité. Jordan Corey n’enrobe rien : elle raconte cette attraction malsaine pour les situations qui n’apportent rien de bon, mais dont le court frisson — cette décharge chimique dans le cerveau — devient irrésistible. Sa voix, à la fois sensuelle et éraillée, porte cette contradiction. Elle séduit autant qu’elle alerte. Les arrangements, minimalistes mais ciselés, empruntent autant au R&B alternatif qu’à l’esthétique indie, avec une production qui respire l’air du soir : basse souple, nappes chaudes, quelques percussions retenues, comme si la musique elle-même hésitait à céder à l’excès.
On sent dans ce morceau une énergie paradoxale, à la fois douce et rageuse. C’est le chant d’une femme qui reconnaît son erreur, mais qui n’a pas peur de dire qu’elle l’a aimée. Un aveu addictif, où le plaisir et la douleur deviennent indissociables, où la lucidité arrive trop tard mais avec la grâce d’une évidence.
Dopamine n’est pas qu’une chanson : c’est une plongée dans la spirale humaine la plus banale et la plus tragique, celle de recommencer ce que l’on sait toxique. Mais Jordan Corey la transforme en œuvre d’art, en groove sensuel qui se danse autant qu’il se rumine. On en sort troublé, un peu honteux, mais terriblement vivant.
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août 28, 2025Dans le vacarme du monde saturé de BPMs interchangeables, certains morceaux apparaissent comme des éclats de vérité. I Bow Down de 2And n’est pas une track de plus dans l’océan des playlists d’afro-pop et d’afro-house, mais un rituel en soi, une transe minimale et solaire qui réconcilie le corps et l’esprit. C’est un titre qui ne demande pas qu’on l’écoute : il exige qu’on s’y abandonne.
Dès les premières mesures, le morceau convoque l’imaginaire des nuits moites où la fête bascule dans quelque chose de plus grand qu’elle-même. Les percussions, sèches comme la poussière d’un sol martelé, résonnent avec une précision presque chamanique. Au-dessus, les textures électroniques déroulent des nappes de lumière, comme si une aurore boréale s’était posée sur les épaules de la house. Et puis il y a cette voix, mi-prière, mi-incantation, qui semble flotter hors du temps et relier Lagos à Berlin, Accra à Ibiza, les rituels ancestraux à la modernité des clubs.
Ce qui bouleverse chez 2And, c’est la façon dont il détourne l’hédonisme de la dance music pour en faire une offrande. I Bow Down n’évoque pas la soumission, mais l’humilité : s’incliner devant le feu intérieur qui nous dépasse, devant le souffle invisible qui anime les corps en mouvement. On ne danse pas ici pour oublier, mais pour se souvenir — qu’il existe encore une vérité dans le rythme, qu’il y a un espace où l’on peut être à la fois vulnérable et puissant.
En ces temps où l’afro-house tend parfois à devenir simple décoration sonore pour rooftops de luxe, 2And lui redonne un poids spirituel. Son morceau est un vortex : tribal et futuriste, brut et raffiné, ancré dans la mémoire des terres rouges comme dans la froideur des machines. I Bow Down s’écoute comme une confession et se vit comme une cérémonie. Peut-être est-ce là, justement, la promesse tenue de cette musique : transformer le dancefloor en temple et le mouvement en prière.
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août 28, 2025On pourrait croire que certains morceaux sont taillés pour les clubs, d’autres pour la radio. Don’t Worry, lui, appartient à la lumière. C’est une chanson qui se vit comme un coucher de soleil vu depuis un balcon au bord de la Méditerranée, quand la mer rougeoie et que tout paraît suspendu. Flew, producteur français déjà repéré pour ses singles sur Rodmusic Records et OH2 (le label d’Oliver Heldens), signe ici un bijou de house aérienne, élégante et terriblement addictive.
Ce qui frappe d’abord, c’est la précision. Chaque détail est poli, chaque fréquence caressée par un ingénieur du son qui connaît les secrets de l’épure. Mais derrière cette maîtrise se cache une spontanéité désarmante, une chaleur presque humaine. Le vocal, simple mais viscéral, n’est pas une incantation mais un sourire mis en mélodie, une main tendue à ceux qui veulent oublier leurs angoisses le temps d’un drop.
La house de Flew n’a rien d’ostentatoire. Pas d’artifices superflus, juste un groove qui respire, une basse souple qui roule comme une vague, des nappes synthétiques qui s’ouvrent comme des voiles gonflées par le vent. Le morceau fonctionne autant sur une terrasse au crépuscule que dans l’intimité d’un casque, comme une injonction douce à lâcher prise.
Avec Don’t Worry, Flew s’impose un peu plus comme un artisan de la house lumineuse, cette école française qui préfère l’élégance au clinquant, la sensation au spectacle. C’est une musique qui ne promet pas le futur, mais qui s’accroche à l’instant, comme pour rappeler que la joie, parfois, tient simplement dans trois mots répétés en boucle : ne t’en fais pas.
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août 28, 2025Un battement nerveux, une montée d’adrénaline, et soudain la tête tourne comme après un shot avalé trop vite : Crazy de Gillem s’ouvre comme une décharge. C’est une chanson qui ne se présente pas, elle surgit, elle prend la place et impose son tempo. L’instant d’après, le corps suit déjà, happé par ce mélange à la fois solaire et trouble, quelque part entre R&B sensuel et pop-rap euphorique, avec ces éclats de cloud hop qui planent comme des néons au-dessus d’une nuit sans fin.
Le morceau ne se contente pas de faire bouger, il joue sur l’ivresse du moment. Les couches électroniques s’entrelacent avec des beats nerveux, les voix se posent puis s’élancent, oscillant entre confidence et provocation. On y perçoit une tension, comme si la fête masquait autre chose : une urgence à se sentir vivant, un besoin de fuir l’ennui ou la douleur par l’excès de lumière. Crazy n’est pas qu’un titre dansant, c’est un manifeste du trop-plein, de l’instant qu’on veut retenir parce qu’on sait qu’il va filer.
On pense à une collision entre les envolées d’un Bryson Tiller et l’énergie d’un Juice WRLD, mais Gillem trace son propre sillon : un endroit où l’émotion brute se maquille d’arrangements pop, où le R&B n’est plus juste caresse mais carburant. L’efficacité est immédiate, presque redoutable.
Au fond, Crazy ne cherche pas à inventer une nouvelle grammaire, mais à écrire un alphabet viscéral pour la nuit. Une chanson qui colle à la peau comme la sueur après un dernier refrain crié trop fort, trop tard, mais avec le sourire aux lèvres.
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août 28, 2025Chaque nouveau titre de Blaqbonez ressemble à une mue. Comme si l’artiste, insatiable et insaisissable, refusait de se figer dans une seule peau. Avec Everlasting Taker, le rappeur de Lagos — qu’on sait capable de passer d’un ego-trip incandescent à une confession intime en un seul couplet — signe un morceau qui résume toute sa trajectoire : celle d’un homme décidé à tout absorber, tout transformer, tout réinventer, sans jamais se soumettre.
Là où d’autres enferment leurs morceaux dans des cases, Blaqbonez les explose. Le morceau alterne entre flows nerveux et refrains mélodiques, naviguant sans effort entre hip-hop, alté et pop urbaine. Mais au-delà du vernis sonore, Everlasting Taker fonctionne comme un manifeste : celui d’un artiste qui a compris que la longévité ne se gagne pas à coups de tendances, mais à coups de personnalité. Ce n’est pas un hasard si son futur album s’intitule No Excuses. Tout est dit : pas de justification, pas d’auto-censure, pas de frein.
L’énergie ici est double : frénétique, presque dansante, mais teintée d’une gravité intérieure. Comme si derrière chaque punchline se cachait l’ombre d’un doute, une fragilité assumée. C’est cette tension, entre flamboyance et vulnérabilité, qui fait la force du Nigérian. Dans la lignée de son précédent Emeka Must Shine, Blaqbonez confirme qu’il est devenu plus qu’un rappeur : une figure de la culture globale, aussi à l’aise à Londres en studio avec JAE5 qu’au Nigeria à briser les codes sociaux.
Everlasting Taker n’est pas seulement un single. C’est le prélude d’une métamorphose annoncée, le signal que Blaqbonez s’apprête à entrer dans son “Super Saiyan era”. Et à l’écouter, on se dit que personne ne sera capable de l’arrêter.
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août 28, 2025Un battement sourd, puis une montée brutale. Jump ne s’annonce pas, il surgit, comme une gifle qui réveille. ODELI, jeune artiste de Perth, n’entre pas dans la trap en imitant ses codes : elle les retourne, les absorbe et les recrache avec une intensité viscérale. Le morceau ne cherche pas à séduire, il impose son espace sonore — un territoire où chaque 808 gronde comme une sirène d’alarme et où la voix d’ODELI taille ses propres cicatrices dans le beat.
La narration de Jump se lit comme un manifeste. On saute, on chute, on remonte — toujours plus vite, toujours plus haut. Cette oscillation entre mélodie et sauvagerie, entre contrôle et débordement, rappelle la façon dont l’artiste a trouvé sa voie : en explorant plusieurs genres, en refusant de s’enfermer dans une case. Ici, la trap devient laboratoire, lieu de collision entre rage et sensualité, entre fragilité avouée et puissance assumée.
Ce qui frappe surtout, c’est l’impression de mouvement permanent. Rien ne reste immobile, ni les lignes de basse, ni les textures de voix, ni l’attitude. ODELI ne fait pas que rapper : elle incarne l’acte de sauter dans le vide, de parier sur sa propre énergie brute. Le morceau pulse comme un cœur impatient, un rappel que la musique n’est pas seulement une suite de sons, mais un espace pour affirmer qu’on existe, ici et maintenant.
Avec Jump, ODELI signe plus qu’un single : elle trace une trajectoire. Sauvage, instinctive, imprévisible, mais surtout irrésistible. On comprend vite que ce n’est pas une simple promesse de début de carrière. C’est une déflagration — et elle n’a fait que commencer.
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août 28, 2025Il y a des morceaux qui sonnent comme des victoires, d’autres comme des défaites. FA!L de Swankie, lui, se situe quelque part entre les deux : une traversée lucide du chaos, un hymne aux faux pas qui façonnent plus qu’ils ne brisent. C’est un rap brut, tendu comme un muscle qui refuse de céder, porté par une écriture où chaque rime résonne comme une cicatrice.
Swankie ne cherche pas à enjoliver l’échec, ni à en faire une posture. Il l’empoigne, le décortique, le transforme en matière première. La prod’ frappe sec, minimale, presque industrielle, laissant la place à une voix qui n’a rien de décorative : c’est le moteur, le couteau, l’arme. Derrière le flow, on entend la fatigue, la rage, mais surtout cette urgence de témoigner. Pas de storytelling fabriqué ici, seulement une confrontation avec ce que veut dire trébucher dans un monde où tout pousse à masquer ses failles.
Il y a quelque chose de terriblement contemporain dans FA!L. Le morceau refuse la glorification artificielle de la réussite et pose une question crue : que reste-t-il quand on ne gagne pas ? Dans cet entre-deux, Swankie tisse un récit générationnel, où l’échec devient non pas une fin mais une preuve de vie, un passage obligé, un carburant pour continuer à écrire, rapper, exister.
Le plus fascinant est peut-être la manière dont Swankie conjugue intimité et attaque frontale : une vulnérabilité qui se met à danser sur le fil du beat, un cri de solitude qui se mue en chant collectif pour tous ceux qui se sentent à la marge. FA!L n’est pas seulement une chanson, c’est une esthétique : celle d’un monde où trébucher n’a jamais empêché d’avancer.
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août 28, 2025Il y a dans la musique de Lüst quelque chose d’irrémédiablement incandescent, comme un feu croisé entre les gratte-ciels gris de Chicago et les nuits saturées de sueur d’un club latino où les corps refusent le repos. Avec ROCKSTAR, JD et MAYA font plus que livrer un single : ils plantent un drapeau au sommet d’un territoire musical qui n’existait pas encore, fusion nerveuse de pop-rap, de trap euphorique et de relents d’indie-rock, où chaque kick devient un coup de foudre et chaque hook une morsure addictive.
Le morceau avance comme une chevauchée urbaine, rapide et désinvolte, porté par cette énergie de outsiders qui rêvent tout haut. Les basses claquent comme des portes qu’on refuse de fermer, les voix se déchirent entre arrogance sensuelle et fragilité assumée. C’est un cri de désir, mais aussi un appel à l’ivresse collective, à cette transe contemporaine où la gloire se confond avec l’instant, où l’on se sent rockstar le temps d’un refrain.
Lüst réussit ici ce que beaucoup tentent sans oser aller au bout : un métissage total. Les guitares rappellent l’insolence d’un rock alternatif jamais apprivoisé, les rythmiques trap secouent comme un cœur qui s’emballe, tandis que les harmonies pop injectent une douceur presque nostalgique. C’est un patchwork de mondes, mais taillé avec une précision chirurgicale qui le rend évident, nécessaire, urgent.
ROCKSTAR est plus qu’un banger : c’est une carte postale enflammée envoyée depuis un futur où les genres ne sont plus des frontières mais des tremplins. JD et MAYA ne se contentent pas de mixer les styles, ils les transforment en manifeste, en promesse, en invitation. Car derrière l’étalage de puissance, il y a une question lancée au visage de l’auditeur : et toi, qu’est-ce qui te fait sentir vivant ?
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août 28, 2025Chez Faye Love Music, chaque mot est une cicatrice qui parle, chaque beat une respiration qui refuse de céder. Née à Akron, nourrie autant par le groove de la Motown que par le souffle cru du hip-hop conscient, elle fait du rap une écriture intime, presque diaristique, où l’on sent autant la morsure de la perte que l’élan vital qui pousse à continuer. Son nouveau single Salt N Vinegar en est la preuve : un titre acide et tendre, à l’image des contrastes de la vie, entre les instants sucrés de l’amour et l’amertume des adieux.
Le morceau est traversé par cette dualité : le goût de construire, de créer une famille, puis la déchirure d’une perte qui oblige à se réinventer. Pas de surjeu, pas d’ornements : le flow de Faye est direct, brut, mais profondément humain. Elle rappe comme on se confie à un ami dans une cuisine à deux heures du matin, quand les certitudes sont tombées et qu’il ne reste que la vérité. Dans cette honnêteté crue, elle rejoint la lignée des grandes conteuses du rap, de Lauryn Hill à Little Simz, capables de transformer des blessures en visions universelles.
Ce qui frappe surtout, c’est cette énergie de survie, ce mantra qu’elle répète sans le dire : avancer malgré tout, même quand les larmes collent à la peau. Salt N Vinegar n’est pas un simple titre, c’est un rappel que les douleurs de la vie peuvent aussi nourrir les victoires, que la tristesse peut coexister avec la détermination.
Depuis ses débuts en 2020, Faye Love Music trace une route indépendante, fidèle à sa devise : “créer, c’est un mode de vie.” Elle ne rappe pas pour séduire les algorithmes, mais pour dire, partager, survivre. Et dans cette sincérité radicale, elle ouvre un espace où ses auditeurs peuvent se reconnaître, pleurer, sourire, et peut-être trouver la force de continuer à leur tour.
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août 28, 2025Ce qui frappe avec KeepVibesNear, ce n’est pas seulement sa voix — ce grain intime qui semble vous parler depuis la pièce d’à côté — mais la façon dont il dépose ses chansons comme on pose un souvenir sur la table, fragile, un peu lumineux, prêt à disparaître. Avec Glad To Be With You, son nouveau single paru chez Local Tone, le musicien londonien réussit une prouesse rare : capturer l’ivresse légère d’une fin d’été et la transformer en mélodie persistante, entre guitare cristalline et refrain contagieux.
Ce morceau, sous ses airs de douceur immédiate, raconte bien plus qu’une simple romance estivale. KeepVibesNear y glisse toute sa mission d’artiste : revisiter l’identité masculine, la gratter jusqu’à sa vulnérabilité, et prouver que l’émotion n’est pas une faiblesse mais une force. C’est un coming-of-age en musique, une traversée de ces moments suspendus où l’on comprend qu’aimer — et se laisser aimer — est une révolution intime.
Romford dans le corps, East London dans le cœur, KVN incarne cette génération d’artistes qui refusent les étiquettes, naviguant entre alt-R&B, soul moderne et songwriting indie. On pense à la chaleur de Stevie Wonder, à l’âpreté de King Krule, aux confessions de Frank Ocean. Mais ce qui fait sa singularité, c’est cette balance fragile entre nostalgie et mouvement, entre légèreté et gravité.
Le morceau arrive dans la continuité de VIBELAND, son événement auto-curaté qui a affiché complet et réuni Jords, Kwoli Black, ESLA et Musenverse. Et il confirme ce que ses passages à KOKO, Cross The Tracks ou We Out Here avaient déjà installé : KeepVibesNear est en train de devenir l’une des voix indépendantes les plus essentielles de Londres.
Avec Glad To Be With You, il signe un hymne lumineux, intime et fédérateur, qui donne envie d’ouvrir grand les fenêtres, de ralentir le temps et de se rappeler que parfois, le simple fait d’être ensemble suffit.
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août 28, 2025Il y a chez Ian McFarland une élégance discrète, une façon de transformer la banalité d’une fin d’été en scène universelle. Son nouveau single, Summer’s Already Over, s’installe dans cette zone trouble où le corps est encore chauffé par le soleil mais où l’esprit pressent déjà le froid. Écrit dans cette fêlure entre juillet et août, le morceau est moins une chanson qu’un journal intime chanté à voix haute : inventaire des souvenirs déjà faits, regret des projets jamais entamés, et ce pincement à la gorge qui accompagne chaque compte à rebours invisible.
Musicalement, McFarland ne cherche pas l’artifice. Tout repose sur la limpidité de ses harmonies et la justesse de sa voix, posée comme une confidence. Quelques accords qui s’élargissent en un paysage sonore ample, des textures vocales superposées qui créent un chœur intérieur, et soudain, la mélancolie devient presque solaire. C’est sa force : donner à la nostalgie un parfum d’élan, comme si elle ne servait qu’à nous rappeler qu’il faut vivre plus fort.
On pense à ces ballades de fin de saison qui ne se contentent pas de pleurer un moment perdu, mais qui l’enflamment une dernière fois avant qu’il s’éteigne. L’écriture est simple, directe, mais toujours avec ce petit pli poétique qui invite à relire la phrase mentale qu’on vient d’entendre. McFarland signe là une chanson de passage, une carte postale qui nous parvient quand déjà les valises se ferment.
Et derrière la douceur, on sent poindre l’agenda de l’artiste : une rentrée chargée, un automne ponctué d’autres révélations (Every Day’s a Saturday, Perfect Skin), puis l’annonce d’un 2026 qui s’ouvrira sous le signe de la sincérité indie avec Coffee Shops and Modern Rock. McFarland, enfant des clubs new-yorkais, semble trouver son rythme : celui d’un songwriter capable d’insuffler une intensité intime à des instants que l’on croyait anodins. Avec Summer’s Already Over, il offre un miroir aux étés qui s’échappent trop vite et une invitation claire : tant que le soleil est encore là, ne restez pas à l’ombre.
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août 28, 2025Pas de politesse, pas de préchauffe : la guitare entre comme un bélier rouillé, un loop de fureur qui sent le garage, l’ongle cassé et l’adrénaline. WhiteBoyWa$ted n’est pas un single, c’est un court-métrage tourné au fisheye dans une cuisine à 3 h du mat, canettes au sol, strobos mentaux dans la tête. BruceBAn$hee fait tout, signe tout, cogne tout : riff distordu en arêtes vives, batterie qui shoote l’instant, voix au grain râpeux qui crache sa mythologie perso. On entend Ozzy dans le goût de l’excès, Nirvana dans la crasse mélodique, Mac Miller dans l’insolence mélancolique – mais le mix, sec et frontal, garde la trajectoire d’un projectile DIY qui refuse l’embellissement.
Le morceau se construit comme une montée de sève : intro à la corde, couplets débités en giclées, charley qui découpe la mesure, break étouffé où tout se resserre avant la relance qui arrache le plancher. La basse tient le ventre, les guitares dessinent un halo abrasif ; côté voix, doubles parcimonieuses, saturation juste assez sale pour hérisser le poil sans noyer le message. Le master laisse respirer le bas – on sent la pièce, la table qui vibre, le câble qui craque – et c’est précisément ce grain d’imperfection qui transforme la vignette en slogan corporel.
Ce qui frappe, c’est la dramaturgie de l’instant : le thème “nuit blanche / tête brûlée” souvent galvaudé retrouve ici sa vérité physique. Pas de line-up de luxe, pas de storytelling en kit : un home studio, une vision, un contrôle total. WhiteBoyWa$ted capture l’électricité statique entre rap et punk, cette zone où la rime devient riff et où le riff rappe malgré lui. On y lit une esthétique de l’urgence : breaks courts, transitions gifle, détails qui font la diff (un micro hurlement noyé en fond, un coup de tom décalé, un mute sec qui crée le vide juste avant l’impact).
Sur scène, on imagine déjà les murs qui transpirent : hook scandable, BPM qui cavale, espace pour le crowdsurf mental. Mais même à froid, casque vissé, le titre tient parce qu’il comprend la grammaire moderne du chaos : densité sans bouillie, agressivité qui groove, immédiateté qui sait s’arrêter avant l’overkill. BruceBAn$hee ne fabrique pas un personnage, il livre un protocole d’ignition. WhiteBoyWa$ted, c’est ce moment où l’on casse ses propres barrières de vitesse et où tout, d’un coup, devient phrase. Et tant pis pour le lendemain.
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août 27, 2025On dirait une expédition dessinée dans la marge d’un carnet de route : quelques lignes brutes, des sommets griffonnés à la hâte, et puis cette conviction qu’il faut grimper, même si la météo intérieure s’annonce orageuse. Avec The Mountain, Slow Walk signe un premier album qui ne ressemble pas à une carte de visite mais à une traversée. Tout est fait maison, enregistré en deux semaines sans plan préconçu, comme si chaque morceau naissait directement de l’oxygène raréfié en altitude.
L’album s’ouvre sur Mountain Dreamer, incantation fragile qui plante le décor : une silhouette isolée, des nappes électroniques qui tremblent comme des cordes vocales glacées. From The Town Below regarde la montagne de loin, dans une tension cinématographique, presque western synthétique. Puis vient So Why Mountains?, méditation ironique et inquiète, question lancée contre le vide. Le sommet approche déjà avec High Chance, fulgurance électro-rock où l’adrénaline se frotte à la peur, et Don’t Carry That Weight, cœur battant du disque, qui parle de ces bagages invisibles qu’on traîne tous en altitude comme en bas de l’immeuble.
La deuxième partie fait basculer le récit : Younger Legs évoque l’endurance perdue, Nature Don’t Care rappelle la neutralité cruelle du monde, PONR (Point of No Return) est le pas irréversible, celui où l’on sait qu’on ne redescendra plus pareil. The Pinnacle se dresse comme un générique grandiose, presque orchestral, avant que Sum It All Up, morceau conclusif, dépose le souffle au pied du massif, fatigué mais transformé.
The Mountain n’est pas qu’un disque : c’est une allégorie brute de la lutte créative, une façon de faire de la musique une marche forcée vers soi. Pas de studio luxueux ni d’arrangements trop lissés : ici, le souffle est court, les doigts gèlent parfois sur les synthés, mais l’horizon se dégage toujours. Slow Walk ne cherche pas à impressionner, il cherche à dire qu’au fond, chaque montagne est une métaphore, et qu’il faut la gravir pour comprendre pourquoi elle nous hante.
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août 27, 2025Portée par un accent qui n’a pas peur de sa tendresse, Lily Galin entre en scène comme on ouvre une fenêtre sur un lac glacé : l’air pique un peu, puis on respire mieux. What’s Your Story n’est pas un single de plus, c’est une carte de séjour déposée sur le comptoir de la pop — une identité qui s’assume entre Lituanie intérieure et bitume de Chicago. On entend le parcours dans la voix, les années de clubs, bars et restos où l’on apprend à tenir une salle avant de tenir un studio. Deux ans enfermée à ciseler ses propres chansons, ça s’entend : rien n’est laissé au hasard, rien n’est maquillé à outrance.
Production sobre, efficace, centrée sur un médium chaleureux qui fait croire que le micro est à deux centimètres du cœur. Kick velours, caisse claire satinée, basse ronde qui borde le récit sans l’alourdir ; des pianos discrets comme des phares la nuit, quelques guitares en clair qui griffent le ciel juste ce qu’il faut. Les arrangements respirent, refusent l’empilement anxieux. On laisse la voix tenir le gouvernail : diction nette, vibrato retenu, attaques franches qui disent la détermination d’une autrice-compositrice qui n’attend plus qu’on lui donne la permission.
Ce qui frappe, c’est le regard frontal : Lily n’invente pas un personnage, elle convoque sa biographie pour en faire un langage. La question-titre n’est pas un gimmick, c’est une méthode — un miroir tendu à soi et aux autres. On devine l’atelier derrière la douceur : réécritures patientes, producteur qui taille les angles sans limer l’âme, craft de couturière (elle a étudié la mode, la nutrition, la santé naturelle… ça s’entend dans la précision des textures, ce soin porté à la matière). Pop adulte, donc, mais écrite à hauteur de peau, avec l’instinct d’une musicienne qui connaît ses propres failles et s’en sert comme de points d’appui.
What’s Your Story ne cherche pas l’exploit vocal, il cherche la justesse émotionnelle. Le refrain s’imprime parce que l’ensemble y conduit, pas parce qu’on le pousse dans le dos. Et l’on sort du morceau avec la sensation d’avoir été écouté autant qu’on a écouté : rare. Si la suite confirme ce niveau de vérité et de tenue, Lily Galin ne sera pas simplement “à surveiller” ; elle deviendra ce qu’on appelle une voix refuge — de celles qui donnent envie de répondre, soi aussi, à la question.
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août 27, 2025Un trait d’orgue fend l’obscurité comme un néon baptiste, la basse se love autour de la cage thoracique, et la main de Fedde dessine l’architecture invisible où le corps sait déjà quoi faire. Liquid Music sonne le rappel des origines sans cosplay : house de chair, de souffle, de paume contre paume, mais mixée avec la précision clinique d’un producteur qui sait que le silence autour des éléments est aussi important que le kick lui-même.
Le hook d’orgue n’est pas là pour faire joli, il tient la dramaturgie. Voicings ouverts, légère saturation harmonique pour granuler le médium, release raccourcie pour laisser la place à la syncope. Le kick frappe sec, queue contrôlée, un sub qui ne bave jamais ; charleys en poussière d’étincelles, ghost claps qui sculptent la marche. La voix, placée proche du micro, parle genre et mémoire plus qu’égo : traitement sobre, de-esser soyeux, delays dub en fin de phrase, juste assez pour patiner le message sans l’alourdir. Tout respire. La sidechain n’est pas une pompe, c’est un poumon.
On reconnaît la patte Toolroom dans le polissage du haut du spectre et ce bas solide comme un plancher huilé. Mais le centre de gravité reste Fedde : découpe chirurgicale des transitoires, gestion des transitions par micro-variations (un filtre qui se desserre d’un quart de tour, un ride qui apparaît en contre-jour, un renfort de percs boisées sur huit mesures puis s’évapore). Pas d’overbuild ni de drop XXL : une montée par paliers de pression, puis le plateau euphorique où l’orgue reprend la parole comme un vieux sage.
Ce single est une leçon de retenue et d’autorité. Plutôt que d’aligner des gadgets, Fedde réaffirme une grammaire : pulsation, sermon d’orgue, voix qui cadre la communion. Résultat, une track qui rallume la mémoire collective sans s’enfermer dans la naphtaline, qui rend le dancefloor à ses fonctions premières : transpirer ensemble, sourire en coin, sentir la room se synchroniser autour d’un motif simple et entêtant.
Liquid Music n’essaie pas d’être moderne, il rappelle ce que moderne veut dire quand la tradition est bien tenue. Dans ce courant d’air tiède qu’il laisse au dernier break, on entend un producteur qui ne court pas après le futur : il le branche directement dans la console, et le laisse couler dans nos veines.
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août 27, 2025Premier écoute, et nos tympans s’accrochent avec passion. 2077 n’avance pas, 2077 lévite. Skarlett Smith pose une voix au grain velouté dans un décor de verre dépoli : drums pulsés en apesanteur, basse en filin d’acier, synthés qui scintillent comme des panneaux de sortie d’urgence dans un tunnel néon. On sent la patte de DeMario “RioTheyNeedahit” Bridges — précision chirurgicale des transitoires, place donnée aux médiums chauds, low-end propre qui serre la taille sans t’écraser — mais le centre de gravité reste Skarlett, multi-instrumentiste qui entend la pop comme on lit une carte du ciel : orientation précise, étoiles reliées par des lignes simples, trajectoire claire.
La composition joue la retenue intelligente. Intro sculptée pour la curiosité, couplets minimalistes qui laissent respirer les consonnes, pré-refrain en bascule harmonique, et drop mélodique qui ne hurle jamais son nom. Le hook s’imprime parce que le mix l’encadre avec tendresse : de légères doubles, un delay court qui embrase la fin des phrases, un de-esser posé comme un bijou, et des backings panoramiqués qui ouvrent l’espace sans noyer la soliste. On entend la musicienne derrière la popstar : ces appogiatures fines, ces micro-glissandos qui accrochent l’oreille, ce piano discret qui apparaît à la périphérie comme un souvenir qu’on croyait rangé.
Côté sound design, Rio glisse de petites étincelles héritées du R&B digital et du futur bass soft-focus : percs cliquetantes, risers feutrés, textures granuleuses qui donnent du relief aux surfaces lisses. Rien d’ostentatoire : les “trucs” servent l’histoire. Et c’est là que 2077 séduit pour de bon : l’imaginaire SF n’est pas un cosplay, c’est un prisme. Pas de ville volante ni de chrome gratuit ; plutôt la sensation très moderne d’une intimité augmentée, d’un cœur qui s’équipe d’un HUD pour mieux viser juste.
Skalett joue la pop de précision, pas la démonstration. Elle privilégie l’air entre les éléments, refuse l’empilement anxieux, et gagne en autorité. On comprend pourquoi les playlists ont tiqué dès le premier single : sa façon d’aligner instinct et craft coche toutes les cases sans cocher toutes les cases. Et si l’ombre des majors plane déjà, 2077 affirme autre chose qu’un CV : une vision. Pop mais pas docile, accessible mais pas servile, lumineuse sans rinçage. Le titre déroule un futur personnel, à taille humaine, où l’émotion n’attend pas la permission des algorithmes pour prendre toute la bande passante.
Verdict : 2077 ne rêve pas d’un monde meilleur, il le calibre. Et dans la lumière froide que le morceau laisse derrière lui, on devine une évidence rare : Skarlett Smith n’essaie pas d’atteindre la pop, elle la déplace.
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août 27, 2025En cinq morceaux, decombr m’a happée sans me lâcher. DYSTORAMA est un concentré d’électro qui joue autant sur le corps que sur l’âme : ça groove, ça pulse, et ça fait remonter des émotions enfouies qu’on ne demande qu’à libérer.
Le titre d’ouverture donne le ton : une énergie hypnotique, mélancolique et dansante qui résonne avec mon état d’esprit. Je m’y suis retrouvée portée, comme dans une transe addictive où chaque battement devient vital. Le morceau éponyme m’a littéralement accrochée, entre tension dramatique et groove irrésistible, un vrai vertige sonore.
REBOOT est sans doute mon coup de cœur. Plus organique, plus brut, il ose flirter avec l’héritage de Justice ou Daft Punk tout en gardant l’identité singulière de decombr. La montée instrumentale, traversée par un sample d’archive 80s, m’a prise de plein fouet : c’est sombre, puissant et incroyablement vivant.
Puis arrive ECHOES. Là, je me suis tue. La voix trafiquée de Rolli devient un mantra mélancolique qui reste gravé. C’est fragile et fédérateur à la fois, le genre de morceau qui touche au plus intime. En comparaison, BLOW MY MIND (feat. Ziberia) reste plus sage : lumineux et efficace, mais un peu trop poli pour me bouleverser totalement.
Heureusement, ASTRAL clôt tout en beauté : basse vibrante, arpèges en cascade, groove cinématique. Un final qui m’a laissé autant de frissons que d’envie de danser.
En bref, bien qu’il ne réinvente pas la musique électro actuelle, decombr arrive à nous plonger dans quelque chose de personnel, une musique qui suffit à nous attraper au vol et nous rappeler que la musique est un exutoire dont on a tous besoin pour souffler un moment.
Si vous passez par Lille le le 31/10/25, ne manquez pas son DJ SET au Lokarria, à l’occasion de la 10eme édition de SombrElectro, une grosse date en perspective, alors foncez-y !
Crédit photo: Laurane Decombe
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août 26, 2025Plutôt qu’un banger de plus sur la route des festivals, Bloom s’avance comme une offrande en plein soleil : un battement reggae-pop rendu phosphorescent par des arrangements qui évitent le cliché avec une précision d’horloger. Shelita travaille la lumière à la source — basse souple posée sur le contretemps, batterie brossée en ghost notes, guitares palm-muted qui skankent juste ce qu’il faut — puis laisse ses synthés dessiner des halos diaphanes autour de la voix. Le résultat n’a rien d’une carte postale tropicale : c’est un moteur émotionnel, calibré pour lever la tête et ouvrir la cage thoracique.
Le morceau respire par paliers. Production aérée, dynamique respectée, mix centré sur des médiums chauds (là où vivent la chair et le grain) et des aigus polis, jamais coupants. Les couches vocales s’empilent en guirlandes harmoniques sans étouffer le lead ; reverb courte en couplets, delays dub qui s’allongent en fin de phrases, chœurs panoramiqués comme une marée qui revient. La progression harmonique, volontairement simple, s’autorise un virage modal sur le pont : le ciel s’ouvre, une montée texturale prend le relais des décibels, et la relance refrène la tentation d’en faire trop. C’est là que Bloom gagne — dans cette retenue élégante qui préfère l’élévation au tapage.
Shelita confirme sa manière rare d’articuler l’intime et le cosmique sans prêcher. Le groove invite à la danse, mais la structure raconte autre chose : une expansion douce, une géométrie de bien-être qui refuse la béatitude bébête. La ligne de basse se décale, les percussions de main glissent en arrière-plan, une nappe quasi chorale surgit en plafond sonore ; tout pointe vers l’idée d’un “nous” élargi, d’une joie qui ne s’excuse pas. Pop mondiale, oui, mais écrite à hauteur d’âme, avec l’oreille d’une productrice qui sait que la spiritualité tient autant au choix d’un filtre passe-bas qu’à un grand discours.
On sort de Bloom un peu plus grand à l’intérieur, comme si le titre avait réaligné les aimants. Pas d’extase sur commande, plutôt un calme rayonnant qui s’installe et te suit jusqu’au trottoir d’en face. Et si Into the Depths tient cette promesse — tension tenue, vibrations propres, lyrisme contenu — Shelita n’ajoutera pas seulement un single à sa discographie : elle livrera un lexique pour aimer plus large, sans perdre la pulsation.
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août 26, 2025On dirait un disque né dans un laboratoire enfumé où les câbles s’entortillent comme des serpents, où chaque beat se frotte contre un souvenir de Central Falls, cette petite ville du Rhode Island qui a toujours sonné comme un carrefour du monde. Scott Corneau, alias Blacklight Beat Patrol, y a digéré les rythmes latins des voisins, les breakbeats qui résonnaient dans les parkings et les textures bruyantes bricolées avec trois fois rien. Avec Phizzle Phinkle Pop, il signe un disque qui refuse la séduction facile : pas de couplets, pas de refrains, pas de slogans. Seulement de la matière brute qui respire, se tord, éclate.
Chaque morceau agit comme une vignette sans mots, une hallucination que l’auditeur doit compléter lui-même. Tracer ouvre l’album comme un polaroïd en accéléré : textures nerveuses, lignes qui se croisent et se perdent dans un brouillard numérique. CBTWYT déploie ses boucles répétitives comme un message codé envoyé d’une boîte noire sous l’eau. Avec Fun Da Mental Magick, Corneau joue au chimiste : beat fracturé, nappes synthétiques qui dégoulinent et, au milieu, une ironie presque enfantine. Puis What’s tha Skinny? interroge sans répondre, groove vacillant, comme une discussion trop rapide pour qu’on la saisisse.
Mais c’est avec Snooze Mosher (Late Again) que le disque prend son envol : urgence absurde d’un matin en retard, batterie synthétique qui court plus vite que le temps. Moulin à Paroles Discothèque recrée le chaos d’une conversation impossible dans une boîte trop pleine, voix fantômes et beats claustrophobes. À l’opposé, Awe Walk ralentit : presque méditatif, comme si la ville s’était enfin arrêtée de parler. Puis A Misguided Convergence rejette l’équilibre et bascule dans un vertige volontaire.
Not After Midnight convoque l’imagerie pop d’un gremlin qui fond dans un hurlement numérique, métaphore involontaire d’un monde qui se dissout. Borealist étire le spectre lumineux en une lente dérive contemplative, avant que Spud Nugget Zen ne conclue l’album avec une étrangeté débonnaire, mi-absurde mi-sérieuse, comme une énigme laissée volontairement ouverte.
Il y a chez Blacklight Beat Patrol une ironie douce, une façon de rire du chaos sans le nier. Derrière l’expérimentation, c’est un disque de survie intime : un art brut, instrumental, où la tension du monde actuel se dépose comme un voile. Phizzle Phinkle Pop n’explique rien, n’assène rien — il propose un miroir déformant où chacun peut se reconnaître, ou se perdre. Et c’est peut-être sa plus belle victoire.
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août 26, 2025Poussette coincée dans un couloir trop étroit, lumière du frigo comme seul phare, cœur qui tape plus vite que le tic-tac du babyphone : c’est là que ce morceau prend tout son sens. My Reset signe une berceuse outil, une musique à tenir comme on tient une main. Pas de voix, pas de drame, pas de pics qui cinglent l’oreille fragile — juste des harmonies tièdes et des pulsations lentes, calées sur un souffle humain, pour rappeler au corps où se trouve la sortie.
On parle beaucoup de “calm-down tracks”, rarement de la manière de les construire pour de vrai. Ici, l’architecture est précise. Dynamique basse, mix non fatigant, aigus sablés, textures proches de la peau : l’ambient n’est pas une nappe abstraite mais une pièce habitable. L’assise grave agit comme un matelas sensoriel ; au-dessus, de petites ondes montent et redescendent, à peine, comme un torse qui respire. Les couches se superposent sans jamais s’écraser, laissant de l’air entre chaque élément pour que l’oreille n’ait rien à surveiller. Pas de surprise, pas d’événement-choc : l’anti-suspense devient une esthétique.
Le titre annonce la couleur — No More Rocking — Just Press Play — et le geste est politique à sa façon : tu n’es pas obligé·e de t’épuiser pour prouver que tu aimes. Press play, pose la joue contre l’instant, et laisse la musique faire ce que les mots n’arrivent plus à dire. Le morceau s’inscrit dans la routine comme un rituel discret : biberon de 3h, sieste récalcitrante, trajet bruyant transformé en cocon portable. Même en environnement chargé, la stabilisation psychoacoustique fonctionne : les bordures du monde se floutent, les nerfs desserrent la mâchoire.
On pourrait le ranger sur des playlists de lullabies cinématographiques, mais ce serait rater sa vraie nature : c’est un outil de soin, minimal et empathique, pensé pour les nuits longues et les mains tremblantes. My Reset ne promet pas le miracle, il offre mieux : un espace sûr. Une parenthèse qui ne juge pas, ne pousse pas, ne parle pas — elle écoute avec toi. Et parfois, c’est suffisant pour que le sommeil vienne de lui-même, comme une marée douce qui remonte le rivage sans bruit.
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août 26, 2025Sous la peau avant même sous les pieds, IDNU se déploie comme une certitude qu’on n’osait pas formuler. Medii n’ajoute pas un tube à la pile, le duo grave un mode d’emploi : avancer seul·e au cœur de la foule, trouver sa trajectoire dans le faisceau des strobos, dresser une colonne vertébrale de kick et ne plus dévier. On reconnaît la signature Ari Kyle / Adam Lilley à la manière d’imbriquer le sentiment et l’ingénierie — l’émotion en architecture, pas en décoration.
Côté matière, c’est une leçon de lisibilité. Kick ferme qui pousse sans baver, basse tenue en ruban élastique, hats en poussière d’étincelles ; la grille sidechain respire juste, jamais ostentatoire. Les nappes s’ouvrent par strates, voicings larges qui laissent entrer l’air ; au-dessus, un motif principal dessiné comme un néon blanc, simple et immédiatement mémorisable, mais jamais bébête. Les builds savent se retenir : pas de surenchère pyrotechnique, plutôt des paliers de pression qui montent l’adrénaline à l’ancienne, jusqu’au point d’inflexion où l’on bascule sans même s’en rendre compte. L’évidence tient dans ces micro-détails : une réverbe raccourcie au dernier moment, un filtre qui relâche d’un quart de tour, un clap déplacé d’un rien pour tordre la hanche.
La nostalgie rave affleure sans virer cosplay. Quelques harmonies de synthés qui sentent la warehouse, un grain légèrement crayeux dans le haut du spectre, et cette façon de faire chanter la progression harmonique comme un souvenir qui revient en courant. Le mix garde les médiums au chaud (là où vit la voix, traitée en présence et non en gimmick), polit les aigus pour éviter l’éblouissement, et laisse une marge dynamique qui respecte le corps autant que les moniteurs. Tu peux l’entendre en caisson comme au casque : l’ossature tient partout.
Ce qui frappe surtout, c’est la thématique assumée de l’autonomie. Pas la pose bravache, mais une énergie de séparation qui libère au lieu d’isoler. IDNU parle ce langage que la house comprend mieux que tout autre : celui du choix. Rester, partir, renaître en plein centre du cercle. L’écriture refuse les grands bras, préfère la ligne claire et la confiance : un hook qui te saisit sans crier, des couplets qui n’encombrent jamais la trajectoire, un pont qui relâche la pression juste assez pour réapprendre à respirer avant l’ultime relance.
Inscrit chez Neon Owl, le morceau affirme une vision : communauté et créativité ne s’opposent pas, elles s’alimentent. Medii confirme sa place dans cette zone rare où la mélodic house & techno cesse d’être un label et redevient un verbe : avancer. IDNU n’est pas seulement un “peak-time weapon”, c’est une boussole. Tu danses, tu t’alignes, et soudain la solitude change de température : elle chauffe, elle propulse, elle te rend au monde en meilleure compagnie — la tienne.
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août 26, 2025On croirait presque entendre un bataillon spectral traverser un champ de ruines invisibles. Marching in the Fog, troisième assaut signé Leather Laces, n’est pas une simple piste : c’est une infiltration sonique, une marche lente et lourde dans une nappe de brouillard où chaque écho résonne comme un pas de trop. Après le tir nourri de Rocket Launcher et la mécanique implacable de Heavy Machine Gun, le collectif marse en cadence vers une esthétique toujours plus corrosive : entre metal industriel, synthwave fantomatique et expérimentations électroniques, on avance à l’aveugle, happé par une tension qui ne retombe jamais.
Le morceau s’ouvre sur un mur de guitares saturées, épaisses comme du béton humide, appuyé par des synthés abyssaux qui rampent sous la surface. Les percussions claquent, non pas comme un rythme de fête, mais comme un radar qui balaye l’obscurité, oscillant entre menace et attente. On se laisse prendre au jeu : un pas, deux pas, trois pas, puis la sensation que quelque chose approche, qu’un déchaînement imminent est dissimulé derrière la brume sonore. L’issue n’est jamais claire. On croit percevoir un souffle, puis un silence ; et soudain, l’explosion d’un beat qui lacère l’air comme un projecteur allumé dans la nuit.
Ce qui fascine, c’est la cohésion des quatre opérateurs. _SHOE, la machine centrale, trace les lignes rythmiques comme un capitaine d’unité ; DripString injecte ses boucles analogiques, acides comme de la rouille sur métal ; Chokeloop module des pulsations rituelles qui oppressent autant qu’elles libèrent ; et Slughair, enfin, enfouit le tout dans des basses toxiques, résonances chimiques qui font vibrer le diaphragme. Ensemble, ils ne forment plus un groupe mais une arme sonore.
Marching in the Fog n’est pas une chanson que l’on chante, c’est une mission à laquelle on participe. Elle parle moins à l’oreille qu’au système nerveux, installe une paranoïa délicieuse, un état d’alerte permanent. On en ressort comme d’un cauchemar cinématographique de Carpenter : désorienté, fasciné, prêt à replonger.
Un brouillard qui ne se lève pas, mais qui avale. Et Leather Laces nous y entraîne, pas après pas, jusqu’à l’étouffement.
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août 25, 2025Premier coup de caisse claire, et me voilà projeté dans un western crépusculaire avec paraboles sur le toit. Wolves Eve, signé Creatures of the Edge (alias Justin Sanfilippo à tous les postes), transforme un home studio d’Oxnard en avant-poste de Thunderclap Mountain : guitares low-slung, orgue qui flotte comme un mirage, VST cuivrés en contre-jour et ce groove qui piétine la poussière avant d’ouvrir une brèche vers le futur. L’imaginaire vient de la saga The Dark Tower — la veille du carnage à Calla — et la musique épouse ce moment suspendu : attentes, conciliabules, poignées serrées… puis la meute.
Ce qui claque, c’est la couture des mondes. Premier tiers : rock organique, funk sec des années 70, basse jouée à la main, batterie au grain franc, claps et shakers posés en réel. Le mix garde les médiums respirants, laisse le plancher vibrer ; on sent la pièce, la peau, la sueur. Au milieu, bascule totale : un drop taillé dans l’acier, synthés sculptés from scratch, modulation qui rase le sol et redresse la nuque. On entend l’obsession Detox Unit/CloZee dans le design sonore, mais l’attaque et la densité portent une mémoire Circa Survive, l’urgence Bad Religion dans la manière d’avancer sans négocier, et une précision “Dear Hunter” dans l’architecture.
Les VST horns n’apparaissent pas pour faire joli : ils cadrent la dramaturgie, comme des cris lointains qui balisent la ruelle. L’orgue et l’e-piano huilent les charnières entre les sections, les guitares dessinent les lignes de fuite. Et puis il y a ce détail qui change l’air : les tambourines en noires, jouées par la fille de cinq ans du compositeur. À l’instant où elles entrent, le morceau cesse d’être un exercice de style brillant pour devenir un objet vivant, tatoué de réel. C’est la petite faille humaine qui rend la machine émouvante.
La production, pensée, enregistrée et mixée par Sanfilippo, garde la dynamique en tête ; le mastering de Camilo Silva polit sans lisser, creuse le bas quand il faut, laisse les transitoires mordre. Résultat : une piste à double carburant qui tient la route en club comme sur autoroute nocturne, capable d’aligner une chorégraphie de strobos et, dans la seconde, de te coller l’odeur du bois chaud d’un saloon. Wolves Eve, c’est un guet — et un signal. Un morceau-sentinelle où la nostalgie ne sert pas de décor, mais de mèche ; où le présent électronique ne dévore pas le passé, il l’embrase. Quand la dernière impulsion retombe, on garde en bouche ce goût de poussière ozonée : la promesse que, cette fois, le village ne baissera pas les yeux.
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août 25, 2025L’histoire commence dans un salon bricolé en cockpit : Dapé tourne les potards, les murs vibrent, et As Always s’allume comme un néon rouge sur la Corniche. Pas de mythe de studio cinq étoiles, juste une foi DIY qui sent la bière tiède et le gel d’époque. RedLight n’essaie pas d’être quelqu’un d’autre — le morceau porte ses influences comme des tatouages visibles : mélancolie new wave à la joue creuse, hargne 90’s tenue en laisse, nonchalance slacker qui marche pieds nus sur l’asphalte chaud, un spray surf en arrière-plan pour rafraîchir les angles.
Techniquement, ça vise la morsure sans perdre la caresse. Guitares en double piste, l’une en chorus liquide, l’autre plus sèche, légèrement croustillante sur l’attaque ; une basse qui roule en dessous, compacte, presque complice ; batterie droite mais jamais raide, charleys aérés, snare avec un timbre métallique qui découpe le mix sans l’écraser. Le chant reste à portée de main, grain naturel, compression parcimonieuse : on entend la pièce, la sueur, la respiration entre deux phrases. Le home-studio n’est pas un alibi — c’est une esthétique. Les transitoires sont gardées, les petites bavures font partie du tableau, comme ces vieux polaroids qui deviennent plus beaux à force de vivre.
La signature RedLight tient au télescopage : l’ombre The Cure glisse sur une ossature power-pop, l’élan Pearl Jam donne du poids au refrain, une énergie Beastie Boys traverse la rythmique en clin d’œil, et, par instants, une acidité Prodigy sous-marine l’ensemble avec des textures granuleuses. Surtout, la mélodie refuse la posture : pas de grandiloquence, une ligne claire qui serre au bon endroit, avec ce quart de ton nostalgique typique des étés marseillais qui ne veulent pas finir.
As Always parle de persistance — rester debout quand tout t’invite à l’ironie. Le morceau préfère la sincérité au cynisme, la vitesse maîtrisée à l’esbroufe. On sent le groupe qui connaît ses angles : couplets économiques, pont en montée douce, relance finale qui élargit le champ sans surjouer. Résultat : un single qui rappelle qu’on peut faire rock mélodique en 2025 sans cosplay, en laissant le grain du présent salir juste ce qu’il faut.
Tu coupes et l’écho reste. Marseille te colle à la peau, l’iode aux cordes, et cette impression rare qu’un groupe a retrouvé son soleil intérieur en le mixant lui-même. As Always ? Oui : fidèle à l’ADN, mais un cran plus vif, plus salé, plus sûr.
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août 25, 2025Le silence a une odeur : celle des rues désertées, des balançoires immobiles et des fenêtres closes qui retiennent les soupirs. C’est dans ce vide-là que Lindsey Buck a écrit Quiet Town, un morceau hanté par les premiers jours de confinement, quand l’air vibrait moins de moteurs que de peur, moins de conversations que d’absences. Là où beaucoup n’entendaient que l’angoisse d’un monde à l’arrêt, elle a su capter l’étrange beauté de cette suspension, l’écho presque sacré d’une humanité contrainte de s’écouter respirer.
Sa voix, large et grave comme un ciel d’orage, ne force jamais : elle s’impose. Elle porte ce texte comme on porterait un secret partagé du bout des lèvres. Dans Quiet Town, on retrouve cette intensité propre aux grandes chanteuses soul — la ferveur d’Aretha, le grain blessé de Cat Power, l’élégance cabossée de Nina Simone — mais avec une sincérité brute, qui ne copie personne et ose sa propre vulnérabilité. Le morceau s’élève peu à peu, cinématique, laissant entrer cuivres et cordes comme on entrouvre des rideaux lourds pour laisser passer une lumière trop longtemps retenue.
Et ce n’est qu’un avant-goût. Car ce titre est le second extrait de The Laundry & The Ecstasy, premier album à paraître chez Newvelle Records, disque déjà annoncé comme un raz-de-marée émotionnel. Un projet né d’un pari insensé : celui d’une femme qui, à quarante ans, mère de deux enfants et les mains encore humides de lessive, a décidé de réapprendre à vivre en apprenant à chanter autrement. Guidée par Elan Mehler, elle a transformé une curiosité pianistique en révélation artistique.
Ce qui bouleverse chez Lindsey Buck, c’est qu’on n’entend pas seulement une chanson : on entend une vie entière s’autoriser à recommencer. Quiet Town n’est pas qu’un souvenir figé de 2020 ; c’est une fresque intime de résilience, une preuve que parfois, même dans l’isolement le plus cruel, peut naître une voix capable de remplir toutes les solitudes.
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août 25, 2025Rideau relevé sur une ritournelle qui sent le vinyle chaud et l’après-soleil : The High Plains Drifters réaniment la pop new wave avec un sourire en coin et l’élégance fatiguée d’un lover qui n’a pas rendu les armes. Until We Dance, c’est la patience en baskets—un battement laid-back, des synthés chaleureux en drap housse, une mélodie qui s’incruste sous la peau comme un parfum oublié. Larry Studnicky chante droit, timbre ambré, sans vibrato décoratif : sa franchise fait office d’autotune émotionnel. Rien ne déborde, tout réconforte.
La production vise la clarté plus que la démonstration : kick souple, caisse claire satinée, basse ronde qui donne l’élan de la marche vers la piste. Les claviers évitent la carte postale 80s et préfèrent la nuance : pads en voicings ouverts, micro-arpèges qui clignotent, contre-mélodies déposées comme des post-its de tendresse. Le mix garde les médiums au chaud (là où vit la voix) et polit les aigus (zéro fatigue), avec juste ce qu’il faut de room pour que l’ensemble respire l’humain. Résultat : une pop chic, légère, qui sait faire danser l’hésitation sans la juger.
Le texte sous-jacente, c’est l’obsession douce de la distance. On la sent dans ces relances discrètes, ces “presque” de structure qui étirent l’attente avant le refrain. L’imaginaire rom-com n’est pas là par hasard : Until We Dance ressemble au moment précis où le second rôle drôle arrache enfin un sourire au personnage principal. Rien de cynique—un optimisme têtu, low-key, qui parie sur le pouvoir d’un pas de deux pour recoller une histoire.
Côté image, la vidéo tire une ligne claire : Summer Girl devient Cendrillon de club. Dressing-room, euphorie du “getting ready”, heel qui s’échappe comme un gag chorégraphique et carte au trésor sentimentale à travers la nuit. Tonalité sexy-fun, clin d’œil volontaire au vintage télé (grain, statique, palettes candy), et surtout une direction d’acteur qui assume la légèreté comme monnaie sérieuse du désir. On rit, on trépigne, on espère le raccord final entre main tendue et tempo parfait.
Ce single réussit là où beaucoup échouent : convoquer la nostalgie sans cosplay, inviter la danse sans injonction. The High Plains Drifters signent un hymne modeste et entêtant pour ceux qui croient encore qu’un refrain peut raccourcir la distance. À volume honnête, le dernier accord laisse un sillage doux : la certitude que le prochain “oui” pourrait arriver… juste après le prochain pas.
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août 25, 2025Tout commence par un filet d’air qui traverse le bois d’une guitare : pas de vernis, pas d’armure, juste ce grain lo-fi qui crépite comme un feu de branches fines. Puis le violoncelle arrive, long, patient, une ligne qui avance sans bruit à travers la neige. Winter Came n’a pas besoin d’architecture spectaculaire : la Worimi songwriter sculpte l’espace avec trois gestes et laisse la gravité faire le reste. Minimaliste, oui, mais jamais maigre ; chaque silence a un poids, chaque attaque de corde une direction.
On entend la vie récente au cœur du timbre : ville quittée, brousse retrouvée, appel spirituel qui déplace les plaques. Ce n’est pas un storytelling plaqué sur la musique, c’est un souffle qui la traverse. La voix tient le centre bas, proche du micro, refusant l’emphase comme on refuse le pathos facile. La production de Samuel Pankhurst privilégie la matière organique : guitare en avant, souffle conservé, cello en contre-champ qui respire comme une bête aux abords du campement. Au mix, Jake Miller (Björk) polit les hautes fréquences sans blanchir la neige, et laisse aux médiums ce halo qui rend la présence tangible. Le mastering d’Alex Wharton chez Abbey Road n’épaissit rien : dynamique préservée, ampleur tenue, étoffe juste.
Ce morceau est un seuil : la vraie réussite tient à ce moment où la métaphore saisonnière cesse d’en être une. Le gel devient langage — lenteur, retrait, lucidité — puis quelque chose dégèle sans triomphe ni trompette. Le violoncelle ouvre une fente de lumière, la guitare reprend, le cœur se réaccorderait presque de lui-même. Indie folk, oui, mais traversé de sacré au sens précis du terme : cette façon de tenir l’attention sans décor, de faire d’un motif simple un espace de soin.
On pourrait parler d’ADN austral, de Worimi country, de prière basse tension ; on préfère noter cette technique discrète qui fait tout : placements d’air autour de la voix, réverb courte comme une pièce en bois, attaques contrôlées pour éviter l’huile sur la neige, économie d’ornements qui force l’écoute à se rapprocher. Winter Came ne vient pas conquérir, il vient veiller. Il rappelle que la folk sait encore faire ce que tant d’albums oublient : tenir la main, pas le micro. Et quand la dernière note se retire, on reste au seuil, immobile, avec l’impression d’avoir entendu quelqu’un remettre sa maison intérieure en ordre — et de savoir un peu mieux comment rentrer chez soi.
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août 25, 2025Il y a chez Thexele une manière très singulière de transformer la fragilité en matière sonore, comme si chaque battement de cœur devenait un pad, chaque hésitation un souffle de reverb. Son nouveau single Let Me Into Your World, écrit entre la Thaïlande et l’Italie mais surtout enregistré dans une chambre intérieure où l’intime dicte ses lois, respire la lenteur des balades alt-pop qui ne cherchent pas le tube immédiat mais la morsure discrète, celle qui reste.
Le morceau avance comme une caresse qui se retient, porté par une écriture minimaliste : nappes vaporeuses, rythmes étirés, une voix à la fois douce et entêtante qui se multiplie en couches superposées jusqu’à devenir chorale fantôme. On pense à la mélancolie soyeuse d’une London Grammar, à l’onirisme éthéré de certaines productions italiennes des années 2000, mais Thexele y injecte sa propre mythologie : celle d’une artiste autodidacte qui a traversé des silences et des arrêts forcés, pour revenir plus sûre que jamais de la nécessité de se livrer.
Let Me Into Your World ne raconte pas simplement une histoire d’amour compliquée, il ouvre une porte sur la vulnérabilité comme acte de résistance. L’appel à “laisser entrer” n’a rien de naïf : c’est une demande lucide, presque politique, de désarmer les murs que l’on érige autour de soi. Thexele joue de l’équilibre entre pudeur et intensité, et son chant finit par exploser doucement, comme un cri retenu trop longtemps qui se libère enfin.
C’est une ballade, mais surtout une déclaration esthétique : la pop électronique n’est pas condamnée à la froideur, elle peut devenir une écriture diaristique, une confidence qui se danse en apesanteur. Dans un paysage saturé de productions lisses, Thexele impose une sincérité texturée, imparfaite et donc profondément humaine.
Pour plus d’infos : http://www.thexele.com/
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août 25, 2025Premier contact, et la boussole part déjà en vrille agréable. Animal Frequencies n’empile pas des chansons : ça dresse une ménagerie sentimentale où l’instinct dicte la forme. Northampton en point de départ, Backland Studios en vivarium, Christopher Barns en « troisième dodo » qui nourrit, taille, éclaire. Le duo Neil Saunders / Sam Sherwood ne joue ni la parodie ni le concept sec : chaque bête devient un prisme sonore, bout de folklore électrique, micro-rituel pop qui teste nos réflexes.
Le son vise la morsure sans renoncer au sucre. Guitares qui grincent à la Primus, refrains en sourire tordu façon Weezer, pas de côté dada hérités des Residents, et, dans les coins, un goût d’ultra-saturation qui cligne d’œil aux excès métal. La section rythmique pousse court, basse nerveuse, batteries sèches ; le mix laisse de l’air aux médiums pour que les timbres comiques ne virent jamais au gadget. On entend le studio pensé comme plateau : cajón qui surgit au bon moment, synthés qui font l’insecte, acoustiques placées pour le relief, « silly effects » assumés mais cadrés.
Piste par piste, la faune s’ordonne en cartoon précis. Fish ouvre en esquisse, croc-en-jambe rapide, hook jeté puis retiré. Kitten Kisses & Puppy Dog Tails cligne l’œil en haïku pop. The Sex Life Of A Slug se vautre dans un doom moelleux, tempo visqueux, humour noir qui colle aux semelles. Elephant charge court, fanfare minimaliste en 75 secondes. Shrimp trottine honky-tonk, piano rieur qui bouscule le pas. Wasp In The Bedroom sature l’air, riffs en zigzag, chaos contrôlé comme un bourdonnement dans une lampe. Prison For A Frog country-frye la mélodie en 85 secondes impeccables. The Worm file en motif hypno, break sec et retour net. Octopus multiplie les bras d’arrangements, micromodulations qui se croisent sans s’emmêler. Death-Head Hawk-Moth bat de l’aile entre fuzz et chœur spectral. Et Mathematical Fly Art referme le carnet avec une géométrie d’ailes : angles, répétitions, petite transe de laboratoire.
Ce qui accroche, au-delà du gimmick animalier, c’est la discipline dans la folie. Les morceaux sont courts, affûtés, drôles sans être potaches, accrocheurs sans brader leur étrangeté. Le duo connaît ses bêtes et ses formats : couplet-refrain tout droit quand il le faut, dérapage bruitiste quand l’image réclame une autre couleur. Résultat : un premier long joueur et très rejouable, qui ajoute du panache au zoo indie britannique en rappelant qu’on peut aimer Cannibal Corpse et écrire un ragtime pour crevette la minute suivante.
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août 25, 2025Ciel de sel et néons, SEA SEX FUN claque comme un instantané volé derrière un paravent de rotin. Le titre d’YUME AO n’attend pas la nuit pour allumer la piste : basse en velours qui déroule son ruban, kick quatre temps qui respire au sidechain, coulis de synthés nacrés façon French touch de bord de mer. On sent l’obsession du détail chic : charleys effilés, claps au grain légèrement salé, petites cloches disco qui surgissent comme des reflets de boule à facettes sur une terrasse à même le sable. Ce n’est pas une carte postale, c’est un décor jouable.
La promesse nu-disco/house tient parce que la prod ne confond jamais brillance et clinquant. Le mix laisse énormément d’air aux médiums (là où vit la chaleur), polit les aigus pour éviter l’éblouissement, tient le bas du spectre sans le laisser baver dans les portières d’un cabriolet imaginaire. L’arrangement pose ses couches par capillarité : un riff filtré qui se dévoile par ouvertures successives, un break en suspension surface-miroir, puis une relance qui ne hurle pas mais s’impose par la confiance du groove. On devine la tendresse pour les 12″ français vintage, les filtres qui respirent, la science du petit motif qui rentre sous la peau.
Sous l’hédonisme évident, le morceau garde un battement contrarié : complicated love story, dit YUME AO, et ça s’entend dans ces micro-ombres harmoniques, ces retards qui font trébucher le désir d’une demi-seconde, cette façon de suggérer l’interdit sans jamais le mettre en scène. SEA SEX FUN parle d’un choix impossible que l’on repousse au prochain drop. Tu danses, tu remets la décision à plus tard, et c’est sublime.
Arcachon devient Riviera mentale : vitres ouvertes, parfum de crème solaire qui s’accroche au cuir, horizon en nuit américaine. Le morceau sait tenir la route (plage/club/voiture) parce qu’il est pensé comme un objet tactile : textures soyeuses, transitions propres, dynamique préservée. YUME AO n’empile pas des clichés estivaux ; il signe une grammaire. Et dans cette grammaire, chaque silence vaut un regard, chaque relance vaut un baiser pris à la volée derrière le DJ booth.
Verdict : un single qui réconcilie hédonisme et élégance, désir et pudeur, plage et parquet ciré. SEA SEX FUN n’est pas seulement un banger d’août ; c’est un passeport pour ces nuits où l’on préfère se perdre ensemble plutôt que se retrouver seul.
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août 25, 2025Il y a des morceaux qui ressemblent à des miroirs fêlés : on s’y voit sans filtre, déformé mais vrai. Picture Day de DaLomonze appartient à cette catégorie rare. Derrière ce titre en apparence banal – la journée photo, les sourires forcés et les chemises trop repassées – se cache un manifeste intime. DaLomonze ne fige pas un instant, il développe la pellicule de sa vie entière, dans ses contradictions et ses éclats de vérité.
La musique s’ouvre sur un velours fragile : un violon suspendu, une voix qui tremble juste assez pour qu’on comprenne que l’homme chante au bord du gouffre. Le timbre est clair, mais rugueux dans les coins, comme une photo en noir et blanc griffée de lumière. Puis tout bascule, et la confession douce devient une déferlante. Drop massif, beat qui arrache, couplet rappé qui cogne comme un journal intime hurlé dans la rue. On passe de la caresse à la morsure sans prévenir, preuve que la sincérité n’a pas de tempo fixe.
Visuellement, le clip joue sur le réel en miettes. Une dispute filmée comme du cinéma vérité, une caméra nerveuse qui traduit le chaos intérieur, puis ce moment sidérant : DaLomonze qui fixe l’objectif, front haut, yeux brûlants. On ne sait pas s’il nous accuse, nous supplie ou nous défie – mais l’impact est immédiat. C’est ça, Picture Day : non pas sourire pour l’album, mais assumer le cliché qu’on évite d’habitude, celui où la douleur et l’amour se collent au même visage.
DaLomonze ne fait pas dans le spectaculaire gratuit. Tout est calibré, pensé, mais jamais froid. On sent l’artisan qui connaît ses machines et l’homme qui n’a pas peur de s’exposer. Le morceau, hybride de soul, rap et pop orchestrale, fonctionne comme une cicatrice sonore : il ne cache rien, mais il embellit par sa franchise. En refermant Picture Day, on garde cette impression étrange et belle qu’un inconnu vient de nous tendre une photo de lui, mais qu’en regardant bien, c’est notre reflet qu’on aperçoit.
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août 25, 2025Je ferme la lumière, j’ouvre le morceau, et tout change d’altitude. Jon Gold, qu’on connaît pour ses harmonies post-bop et ses escapades brésiliennes, range la virtuosité dans son étui pour écrire à l’enfant qui n’est jamais venue. Lullaby for a Dream n’a rien d’une démonstration : c’est un aveu déposé au bord du piano, entre deux respirations. On entend le pas de côté assumé — un pas vers les brumes britanno-gaéliques, cette sobriété incandescente à la Julie Fowlis ou Jackie Oates — et la main d’un compositeur qui sait que le moindre frottement vaut mieux qu’un feu d’artifice.
La voix de Ditty Wish tient le centre comme une flamme qu’on protège du vent : grain clair, vibrato très court, diction qui refuse l’emphase. Elle ne survole pas l’harmonie, elle la touche. On devine que la pièce s’est écrite à deux, dans le détail : phrasés retouchés pour épouser l’inflexion d’une syllabe, fin de cadence allongée pour laisser vivre un souffle, ornement retenu parce que le sens passe mieux nu. C’est là que Gold reste Gold : sens des voicings qui évitent la facilité, gestion précise des résonances, science du silence. La pédale n’est jamais sentimentale ; elle dessine un halo utile, comme une veilleuse.
Production côté clair, dynamique respectée : médiums choyés pour la proximité, haut du spectre poli (zéro éblouissement), bas discret pour que la berceuse garde ses contours. Aucun sucre inutile, aucun reverb-sirops : l’espace est réel, presque tactile. Le thème harmonique caracole à petite vitesse, entre modes et tonalité, et la mélodie signale l’amour sans brandir la bannière. C’est la délicatesse qui fait loi.
Le plus bouleversant reste l’adresse. On comprend vite que ce rêve n’est pas conceptuel ; c’est un manque qui a appris à parler. Lullaby for a Dream transforme la plainte en soin — pas de pathos, une promesse : dors en paix, je veille, même si je ne t’ai pas tenue. La chanson réussit cet équilibre rare entre musique de chambre et chambre d’écho intime. Elle s’inscrit dans la tradition des lullabies qui ne bercent pas seulement les enfants, mais ces parts de nous qui n’ont pas grandi à temps.
En quittant l’écoute, je garde la sensation d’un verre d’eau posé sur un rebord : simple, transparent, indispensable. Jon Gold rappelle qu’un grand musicien n’est pas celui qui joue beaucoup, mais celui qui sait s’arrêter à l’endroit exact où l’émotion devient forme. Lullaby for a Dream n’ajoute rien au vacarme du monde ; elle ouvre une porte, très doucement, et te laisse traverser.
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août 25, 2025Casque sur les tempes, je sens d’abord un vent se lever : pas un ouragan, une translation. Billianne ne “sort” pas un album ; elle change de forme sous nos yeux. Modes of Transportation ressemble à une carte des trajets intérieurs — comment on quitte une version de soi, comment on monte dans l’autre sans valise, juste avec la voix pour boussole. Cette voix-là, ample et précise, n’écrase jamais : elle soulève. Elle a la douceur d’un aveu et l’autorité d’une ligne claire, ce mélange rare qui rend les mélodies évidentes sans les banaliser.
L’architecture est discrètement ambitieuse. Production pop artisanale — peu d’effets voyants, beaucoup d’air — où chaque instrument sert le récit : pianos qui s’ouvrent comme des fenêtres, guitares qui filent en néons, percussions au grain doux, chœurs placés au millimètre pour épaissir l’ombre sans dévorer la lumière. On devine un trio d’atelier (Billianne, Nick Ferraro, Duncan Hood) qui a refusé la tentation du vernis glacé au profit de la dynamique, des respirations, du grain laissé intact. Le disque tient dans ces zones-là : l’entre-deux, la décantation, les glissements.
Piste par piste, le voyage dessine ses coordonnées. Modes I est un prologue qui règle la pression — courte, essentielle. Jessie’s Comet capte le ciel avec une pudeur sidérale ; morceau-phare, mais lampe de poche avant tout : on y voit juste assez pour avancer. Baby Blue a la couleur d’un matin sans verdict, Cassiopeia s’enroule autour d’un motif qui scintille sans tapage. Future Emma ose la projection — ce que la pop raconte rarement : l’après, au conditionnel. Crush réhabilite l’élan spontané, droit au but, solaire sans naïveté. Wishlist liste ce qu’on n’ose pas demander, Memories fait l’inventaire de ce qui reste quand les silhouettes sortent du cadre. Let Me Run ouvre la porte — pas une fuite, une permission. Modes II referme le carnet sans le verrouiller : fin ouverte, moteur encore tiède.
Techniquement, c’est un petit cours de lisibilité émotionnelle. Médiums choyés (là où vivent les voix), aigu poli (zéro fatigue), bas du spectre tenu (ça respire). Les refrains ne hurlent pas pour exister, ils s’élargissent. Les ponts éviteront la grandiloquence : micro-modulations, changements d’altitude plus que de décor. Et, surtout, ce timbre qui refuse la surenchère : au lieu d’en faire trop, Billianne fait juste — et c’est précisément ça qui serre.
On comprend pourquoi on parle de “grande voix” : pas parce qu’elle impressionne, mais parce qu’elle s’adresse. Modes of Transportation ne court pas après un tube, il fabrique une cohérence. C’est un disque qui se prête au casque comme à la scène, aux trajets en bus comme aux salles feutrées, un disque-nomade qui coche enfin la case la plus rare en pop contemporaine : la confiance.
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août 25, 2025Je lance la piste comme on entrouvre un rideau de club à 5 h du matin : l’air colle, le cœur repart, la peau capte des micro-étincelles. EAT ME / DRINK ME n’est pas un morceau, c’est un sas. Erotika Dabra ne s’y contente pas d’empiler des kicks et des synthés — iel agence un dispositif sensuel où chaque son a une fonction, chaque silence une charge. Alt-electronic tendue, underground dans l’âme, pensée pour l’extase autant que pour l’émancipation.
Ce qui saisit d’abord, c’est l’ingénierie du désir. Kick souterrain au front court, sub proprement sculpté au millimètre (cut à la charnière des 30–40 Hz, sidechain respirant qui t’aspire puis te relâche), clap granuleux qui crisse juste avant la retombée. Le haut du spectre scintille sans tordre l’oreille — hats en feu follet, bruitages texturés qui passent comme des mains dans les cheveux. Les synthés, eux, alternent ondes charnelles (saw saturées à la vague PWM) et nappes plus cliniques (pads en voicings ouverts) ; le tout compressé en glue douce, histoire de préserver le frisson. Le design vocal travaille la métamorphose : timbre rapproché, doubles soufflés, formants tordus, delays qui s’évadent en queue courte. Résultat : une présence à la fois incarnée et spectrale, exacte pour ce récit de fantasme qui devient monde.
La structure évite l’autoroute banger. Build-ups en tirants d’arc plutôt qu’en mur de risers, micro-breaks qui suspendent la gravité, drops qui tombent à la seconde où la pupille dilate. On sent la pensée chorégraphique : accents placés pour des pivots de pole, respirations offertes au collectif, plans serrés dessinés à même le beat. Erotika Dabra transpose la grammaire du mouvement dans le son — torsions, résistances, ouvertures — et signe une dramaturgie musculaire avant d’être décorative.
Politique, oui, mais par la sensation. Le morceau revendique le corps souverain sans passer par le slogan : la puissance naît du mix, la honte se dissout dans la stéréo. L’imaginaire club s’y fait espace de soins — safe et incandescent — où les outsiders réapprennent la verticalité. Le visuel annoncé prolonge cette méthode : chorégraphies de meute, solos en apnée, gros plans qui sanctuarisent la sueur plutôt que de l’exploiter. Pas d’icono lisse : de la peau, du muscle, du rythme.
EAT ME / DRINK ME réussit l’équilibre rare entre technique et fièvre. Tu peux l’analyser sur moniteurs — transitoires nettes, bas tenu, dynamique respectée — ou l’avaler en bloc, yeux mi-clos, et te laisser réaccorder par son oscillation. Dans un monde qui monétise le désir en surface, Erotika Dabra rappelle que le pouvoir est un flux intérieur, une architecture intime qu’on reconquiert à coups de BPM et d’air. La frontière fantasme/réalité se fracture, la piste devient seuil, et quand le dernier kick s’éteint, tu réalises que ta colonne vertébrale a retrouvé sa danse.
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août 25, 2025On croit toujours connaître les contours du drum’n’bass : kicks métronomiques, basses roulantes, samples recyclés. Et puis surgit Cravin’, premier single de Consequential sur WoodysWorldRecords NZ, qui fait voler en éclats ces certitudes. Ici, le producteur de Bury St. Edmunds s’aventure dans un espace hybride, entre liquid d’n’b, réminiscences trance et pulsations dub, pour offrir un morceau qui respire autant qu’il frappe.
Cravin’ n’est pas pensé comme un banger de dancefloor pur et dur. Il fonctionne à plusieurs vitesses : tu peux l’écouter dans un club aux lumières stroboscopiques, en conduisant dans une ville mouillée au crépuscule, ou même en travaillant tard la nuit, casque sur les oreilles. C’est cette polyvalence qui séduit : un morceau qui accompagne sans imposer, qui stimule sans étouffer. Les nappes liquides glissent comme un reflet sur l’eau, pendant que la basse, elle, garde l’ossature ferme d’un morceau qui sait où il va.
La vraie singularité vient de la patte personnelle de Consequential. Dans ce morceau enregistré entièrement “in the box”, il a inséré des fragments du réel, comme ce sample improbable de son chien attrapant une balle de tennis. C’est à la fois anecdotique et génial : une manière de ramener un peu de chair, d’humour et d’humanité dans un genre parfois trop froidement digital. On entend littéralement la vie s’infiltrer dans les beats.
Avec ce premier pas chez WoodysWorldRecords NZ, Consequential s’impose comme une nouvelle voix crédible de la scène UK bass, mais surtout comme un artisan du détail. Cravin’ est une porte d’entrée vers un univers en expansion : un d’n’b chaleureux, tactile, qui n’a pas peur de ralentir le tempo intérieur pour amplifier l’émotion.
En filigrane, on devine la promesse d’un futur catalogue où la rigueur rythmique rencontrera encore l’inattendu, le quotidien et le poétique. Cravin’ n’est pas seulement un morceau qu’on a envie d’écouter : c’est un morceau qu’on a envie de garder, comme une pulsation intime, familière et pourtant toujours en mouvement.
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août 25, 2025Certaines chansons ne cherchent pas à remplir l’espace mais à le suspendre. Le Calme, premier titre en français d’Olena Nosalii, appartient à cette catégorie rare : il ne hurle rien, il suggère tout. Adapté de son morceau ukrainien Штиль, ce n’est pas une simple traduction mais une réécriture intime, une respiration nouvelle. Là où d’autres saturent la séparation de cris et de drames, Nosalii choisit le silence comme ultime complicité, la tendresse comme forme de libération.
Sa voix, posée sur une architecture soul-pop à la texture jazz, prend des allures de confession. Chaque mot glisse comme une main qui se retire, chaque pause contient un monde. Le piano respire, la basse soutient sans contraindre, les arrangements évitent toute emphase : c’est le dépouillement qui fait ici la grandeur. Dans ce minimalisme maîtrisé, Olena Nosalii ne cherche pas la consolation mais une vérité nue — celle qui survient quand les corps se touchent une dernière fois, non pour retenir mais pour laisser aller.
Le choix du français, langue du murmure amoureux mais aussi de la poésie du détachement, est hautement symbolique. C’est la langue qui dit « je t’aime » mais qui, ici, apprend à dire « je te rends ta liberté ». Et c’est précisément cette bascule qu’Olena capte : l’instant fragile où l’adieu se transforme en calme intérieur.
Le clip de la version originale, tourné sur une plage où l’horizon semble avaler les gestes, prolonge ce sentiment : un espace de sable et de vent où le mouvement devient rituel d’acceptation. La mer y joue le rôle d’une mémoire qui efface sans juger, un lieu où chaque vague ressemble à une étreinte qui se défait.
Le Calme est une chanson-méditation, un fragment de vérité universelle glissé dans une forme pop élégante. Elle ne dit pas comment aimer, elle montre comment se détacher avec grâce. Une rareté dans le paysage actuel, où même les ruptures doivent être spectaculaires. Ici, tout est retenu, presque chuchoté — et c’est précisément ce qui bouleverse.
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août 25, 2025J’attrape Floodlights comme on ramasse un polaroid humide : couleurs qui bavent, silhouettes qui sourient malgré la nuit. Chicago au loin, mais surtout une chambre à échos où Laura Hollingsworth mène la marche, clavier au bout des doigts, cœur à hauteur de micro. The Transference réussit ce truc rare : des chansons sucrées en surface, fibre sombre au milieu, une façon beach-baroque de poser des harmonies à la Beach Boys/Beatles sur un sol post-pandémique fissuré. Ça clique, ça scintille, ça serre.
Circling the Square ouvre en cercle vicieux au tempo radieux, riff qui accroche la manche et batterie qui garde le cap. A Single Blow joue la carte du coup unique — montée patiente, refrains en surimpression, basse qui respire large. Ramone Says I’m the Devil cligne de l’œil au punk en le filtrant pop, guitare qui ricane, chœurs qui adoucissent le blasphème. Dovetail fait l’inverse : précision d’orfèvre, lignes qui s’imbriquent comme une marqueterie d’accords.
Nightlight devient abri : presque cinq minutes pour tenir la lampe à bout de bras, vibraphone et harmonium en lisière, la voix d’Andrea Santiago qui flotte juste au-dessus de la ligne d’eau. Aliens transforme l’étrangeté en refrain accueillant, synthés en halo, pedal steel en traînée stellaire. Spiral Up porte bien son nom, progression en colimaçon, solos économes, dopamine propre. Drown in the Sound te submerge sans t’éteindre : compression millimétrée, pont qui ouvre la fenêtre, on respire plus grand. Wildfire est le plus contagieux du lot, guitare qui claque sec et hooks qui prennent feu à la première friction. Roots Down Deep replante tout — basse terrienne, harmonies en mycorhize. Et Sunsets referme l’album en dégradé : batterie en velours, guitare tardive, dernière lueur qui s’attarde sur le pare-brise.
Ce qui bluffe, au-delà de l’écriture, c’est l’orfèvrerie discrète : arrangements en couches fines (synthés qui chuchotent, vibraphone en gouttes, pedal steel en filigrane), attention extrême aux entrées/sorties, refrains qui retombent à la bonne hauteur. La production laisse briller les médiums où la voix vit, sans écraser les crêtes : on entend le grain, la pièce, le souffle, la peau de la caisse claire.
Floodlights porte bien son nom : une série de faisceaux braqués sur nos contradictions, dark themes main dans la main avec une légèreté presque insolente. On danse en hochant la tête, on pense en dansant, on aime mieux parce que la musique nous y pousse gentiment. Et quand la dernière note de Sunsets se dissout, on a cette envie idiote mais pure d’appuyer sur repeat, comme on repart dans la nuit simplement parce que les phares savent, aujourd’hui, nous ramener à bon port.
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août 25, 2025Il y a des morceaux qui semblent venir directement des artères d’une ville étrangère, ruisselant de néons et de sueur estivale. V Zákrutách, le nouveau single de MARS 999, est de ceux-là. Une chanson qui dit « ne freine pas dans les virages » et qui, plutôt que d’en faire une simple métaphore, construit autour de cette phrase une esthétique entière : une vie sans ralentir, où chaque dérapage est une offrande et chaque ligne droite une attente insoutenable.
Enregistré entre Bratislava et Prague avec Rohin Brown et confié au mastering de Sarah Register (Big Thief, Protomartyr), le morceau marie l’épure lo-fi et la démesure émotionnelle. Guitares crépusculaires, lignes mélodiques qui grincent mais caressent, percussions à demi-étouffées comme si elles provenaient d’une salle de répétition trop petite pour contenir la rage. Et puis, cette voix : en slovaque, nue, vulnérable mais têtue, oscillant entre fragilité et défi. Même sans comprendre les mots, on saisit l’élan — celui d’un corps lancé trop vite mais qui choisit la brûlure de l’asphalte plutôt que le freinage prudent.
Le clip DIY prolonge la sensation : un collage d’instants captés à l’arrache, fêtes foraines, virées nocturnes, vidéos de fans, autant de flashs qui disent l’éphémère avec plus de sincérité qu’un storyboard millimétré. Tout ici respire la fièvre de l’été, ses amitiés jetables, ses nuits qui s’étirent et ses lumières artificielles qui paraissent plus vraies que le soleil.
MARS 999 navigue quelque part entre Bon Iver pour la densité atmosphérique, mk.gee pour l’expérimentation pop et John Frusciante pour ce grain de guitare incandescent. Mais il s’échappe toujours des comparaisons, préférant la dissonance tendre, la rugosité qui refuse l’épure.
V Zákrutách, c’est une courbe prise à pleine vitesse, une invitation à s’y perdre, quitte à chavirer. Le genre de morceau qu’on ne choisit pas seulement d’écouter mais d’habiter, les phares braqués sur la nuit et le cœur serré à l’idée de ce qui vient juste après le prochain virage.
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août 25, 2025Il y a des disques qui ne se contentent pas d’être écoutés, ils transpirent une époque de vie entière. Wild, le premier album de Courtney Nord, sonne comme un carnet intime oublié sur une table en bois, griffonné à l’encre noire, tâché de café et de sel. Pas un projet lisse mais une mosaïque de démos gardées telles quelles, de chansons rejetées par d’autres, de fragments trop brûlants pour n’appartenir qu’à des playlists fonctionnelles. C’est un album de transition, mais pas au sens bancal : au contraire, il respire cette honnêteté fragile et nécessaire des entre-deux, entre études, entre amours, entre états d’âme.
La pièce-titre, wild, ouvre le bal en clair-obscur. Un morceau nourri de Led Zeppelin, mais ralenti, introspectif, comme une guitare vintage posée contre le mur d’un studio désert. On y sent la rupture, mais aussi le désir de ne pas céder au pathos. in memory of… agit comme une lettre non envoyée : voix proche du micro, arrangements à peine polis, intensité qui se brise sur chaque note. Pressure, quant à lui, s’avance comme un thriller avorté – pensé pour le cinéma, recalé, mais ici réhabilité : basse hypnotique, tension qui monte comme une pulsation cardiaque, fantôme d’un désir interdit.
Light in the dark choisit la clarté, ballade suspendue entre indie-pop et folk, réverbération maîtrisée qui éclaire le propos. Avec Little miss perfect, Courtney règle ses comptes : mélodie acide, confessions sans filtre. La version demo va plus loin : voix tremblée, présence de son fils en arrière-plan, preuve qu’un défaut peut devenir grâce. anymore (Courtney’s Version) tranche, plus incisif, presque une revanche, alors que stuck (in the 90’s) amuse par sa brièveté, clin d’œil lo-fi d’un passé pas si révolu. Who am I? (Demo Version) conclut sur la question laissée ouverte, comme si l’album refusait la clôture, préférant rester suspendu.
Là où d’autres premiers albums cherchent la perfection, Courtney Nord embrasse les fissures. Wild n’est pas une carte de visite polie, c’est une photographie : un instant, un souffle, une saison. On y entend l’artiste qui cherche encore, mais qui a déjà trouvé son courage. C’est ce mélange rare – mélancolie et lumière, douceur et rugosité – qui en fait une œuvre qui ne se contente pas d’exister, mais qui insiste, doucement, pour rester.
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août 25, 2025Je laisse la nuit avaler la ville et je mets Nothin’ But Moonlight au volant : immédiatement, la chaussée prend une teinte argentée, ce reflet qu’on ne voit que quand une chanson a trouvé la bonne vitesse. David Alex-Barton n’en fait pas des tonnes, il aiguise. New England dans l’ADN, Nashville dans le muscle, il déroule un single à la croisée du soft rock, de l’alt-country et d’une pop contemporaine qui préfère la ligne claire au clinquant. On sent l’artisan derrière le songwriter : phrases mélodiques sans graisse, couplets qui tiennent sur leur propre ossature, refrain qui ouvre la fenêtre plutôt que de l’enfoncer.
Sur le plan sonore, c’est propre comme un atelier de lutherie. Guitares acoustiques en stéréo large, médiator soyeux, une électrique au grain légèrement crunch qui trace l’horizon ; section rythmique droite, kick ferme et chaleureux, snare au timbre sec avec juste ce qu’il faut de room pour respirer. La basse, ronde et tenue, colle aux racines des accords et donne ce roulis discret qui fait avancer la route. Côté voix, Alex-Barton place un timbre patiné – présence médium séduisante, vibrato court, diction posée – doublé par moments pour épaissir le velours sans masquer le grain. La prod privilégie la dynamique : pas de mur de son, pas de mastering écrasé ; on entend les transitoires, le geste des doigts, l’air autour des cymbales.
La chanson travaille la suggestion plutôt que l’aveu. Pas de grand statement, une impression qui s’installe : une nuit claire, une trajectoire qui s’éclaircit, ce moment où la simplicité devient la vraie sophistication. Héritage power pop (The Outlets) dans la science du hook, souvenirs country-rock (Tattoo Cowboy) dans la tenue rythmique, et ce savoir-faire d’auteur-compositeur qui fait confiance à la mélodie. Le pont glisse comme un embrayage : modulation légère, motif de guitare qui s’élève, puis retour au refrain avec un demi-degré de lumière en plus. Efficacité sans calcul.
Ce qui accroche surtout, c’est la sincérité de la fabrication. On perçoit l’oreille d’un producteur qui sait ce qu’il laisse au premier plan (voix, acoustiques, motif lead) et ce qu’il garde en lisière (pads très discrets, harmonic feedback, chœurs fantômes). Résultat : un titre radiophonique au meilleur sens du terme — accueillant, lisible, mais avec cette patine qui refuse l’éphémère. Nothin’ But Moonlight appartient à ces morceaux-compagnons : on les met pour traverser la nuit, on les garde parce qu’ils savent écouter autant qu’ils savent parler.
On croit souvent qu’il faut de la démesure pour marquer. Alex-Barton rappelle l’inverse : une bonne guitare, une rythmique honnête, un refrain qui tient debout, et la lune fait le reste.
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août 25, 2025Je tombe dans ce morceau comme on entrouvre une porte sur un appartement encore tiède : odeur d’orage, verre abandonné sur la table basse, et cette tension suspendue entre ce qui a été et ce qui ne sera peut-être pas. Can I See You Again n’essaie pas de masquer la gêne du “après” ; Elliot Bam la met au centre du cadre, la filme en gros plan, puis la fait danser. Alt-indie sensuel, blues en filigrane, guitares distordues comme des souvenirs mal rangés, batterie qui pousse sans presser, voix en couches qui se répondent à l’intérieur du même torse — rien de gratuit, tout respire la précision artisanale d’un multi-instrumentiste qui sait où placer l’éclat et où laisser le silence.
Sur le plan sonore, c’est chirurgical et charnel. Les guitares, légèrement saturées, sont traitées comme un tissu : grain présent, attaques contrôlées, sustain qui tient juste ce qu’il faut pour dessiner l’arrière-plan. La rythmique garde une allure de marche nocturne — kick ferme, caisse claire feutrée, charleys au compte-gouttes — pendant que des reverb en champ moyen donnent cette profondeur ciné qui installe la pièce. La voix d’Elliot, posée, assumée, se dédouble en harmoniques discrètes ; le timbre reste nu, les effets ne servent que la proximité. On sent le studio pensé en clair-obscur : médiums soignés, haut du spectre poli (zéro fatigue), bas tenu pour laisser respirer la dynamique. Le mix aime la retenue, refuse la boursouflure ; la tension naît du relief, pas du volume.
L’écriture, elle, marche sur la ligne fine entre confession et manifeste. Elliot parle d’un lendemain sans réponse, d’un imaginaire qui s’emballe, de ce vide qui suit le frisson. Mais la perspective change tout : un homme trans, gay, qui n’adoucit rien et ne s’excuse pas d’avoir du désir. Ce renversement rend le morceau nécessaire. Dans un paysage pop souvent obsédé par une vulnérabilité de carte postale, Can I See You Again préfère l’honnêteté nue : l’insécurité n’y est pas une esthétique, c’est un fait, et l’arrangement la rend habitable. On comprend les filiations citées (Hozier pour le sombre lumineux, Phoebe Bridgers pour la précision émotionnelle, Lucy Dacus pour la droiture mélodique), mais Elliot évite le mimétisme. Le blues n’est pas posture, c’est un ligament.
Ce single a la modestie d’une scène intime et la portée d’un signal. Il prouve que l’on peut faire tenir une politique du corps dans une chanson sans slogan : juste des choix sonores exacts, une voix qui ne se planque pas, un récit qui regarde l’autre sans se renier. Can I See You Again n’offre pas de résolution miracle ; il propose une vérité partageable, une place pour celles et ceux qui reconnaissent ce vertige. À volume honnête, la dernière mesure laisse un sillage tenace — ce moment où l’on se surprend à respirer plus lentement, comme si le morceau avait remis de l’ordre entre la peau, la tête et le cœur.
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août 25, 2025Casque vissé, ville qui défile, et soudain ce frisson au plexus : My Heart Is Speaking n’éclate pas la porte, elle l’entrebâille et laisse l’émotion se répandre comme une lumière bleue sur un carrelage mouillé. Kun Jia, pianiste formée au classique, compositrice entre Los Angeles et New York, détourne l’iconographie 80s pour en faire un outil de vérité. Pas de pastiche, un langage. Les synthés scintillent, la rythmique avance en ligne claire, la voix traverse le mix avec cette netteté qui ne s’excuse pas. C’est de la pop-dance qui parle à l’intime — confession à BPM modéré.
Le nerf, c’est l’architecture. Un pad large (grain analogique, type Juno/Jupiter) installe la nappe émotionnelle ; au-dessus, des arpèges en crochets courts donnent le flux sanguin. Kick propre, sidechain respirant — la basse ondule sans baver ; caisse claire traitée d’un voile de reverb à queue contrôlée, souvenirs de satin 80s mais calibrés 2025. La top-line s’élève par paliers, chorus discret en doublage, harmonies qui n’encombrent jamais le centre. Le pré-refrain serre la focale (filtres qui se referment, automations de cutoff), puis le refrain ouvre la pièce en grand : sensation cinématographique sans tomber dans la grandiloquence. On entend la main d’une pianiste : voicings précis, transitions harmoniques propres, attention portée aux résolutions.
Ce single séduit surtout par son honnêteté de geste. Kun Jia parle de courage intérieur et refuse le flou esthétique : diction nette, vibrato tenu, attaques franches. La production assume la lisibilité — médiums choyés pour la présence, haut du spectre poli (zéro fatigue), bas contrôlé pour laisser danser. Entre synth-pop nostalgique et pop commerciale, elle trace une diagonale personnelle : la mélodie en première ligne, le récit au cœur, le club comme espace de soin.
Sur une scène saturée d’imitations rétro, My Heart Is Speaking fonctionne comme antidote : mémoire des textures (brass synthé, claviers laqués, percussions électroniques) mais usage contemporain — dynamiques respectées, drops sans surcharge, micro-silences qui laissent entrer l’air. Résultat : un morceau qui colle au corps et à la journée, capable de muter entre écoute casquée, voiture de nuit et dancefloor moiré.
La promesse tient autant dans le son que dans l’intention : une artiste qui fait dialoguer sa rigueur de pianiste et une écriture pop transparente, qui n’a pas peur de nommer ce qui tremble. My Heart Is Speaking n’attend pas l’aval d’un miroir : elle te regarde droit, et l’on s’entend répondre.
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août 25, 2025Je cale mes écouteurs, fenêtre entrouverte, et le monde prend la température d’un club tendre. The Way To The Good Life n’est pas un simple set EDM : c’est une pédagogie du lien, écrite en kicks bien élevés et en mélodies qui refusent l’ironie. On devine les fantômes d’Avicii et les reflets de Kygo, la charpente house-pop à la Calvin Harris, l’obsession du drop lumineux des Swedish House Mafia, mais FREDRYD ne se cache pas derrière ses influences ; il les plie en un langage de premières fois, franc, direct, utilitaire. Son logiciel émotionnel : dynamique conservée, sidechain respirant, pianos ouverts, leads chantants, top-lines qui s’accrochent au cortex comme des bracelets fluo.
Piste par piste, je note cette science de l’ellipse — rien ne traîne, tout cogne juste. New Era/Scars Healed, miniature d’amorce, lustrée comme un prologue. Against All Odds (We Can Make It Together), premier vrai embrasement : basse élastique, clap en contretemps, drop fédérateur calibré pour les bras en l’air. Don’t Want To Be Alone No More replie la fête sur le cœur, piano-house et hook confessionnel en bandoulière. Conscience? ralentit, techno douce, filtres qui montent et redescendent comme une question qu’on se pose sans témoin.
Le disque ose aussi la sociologie punchline. The Downside of Your & Their Skepticism, Mistrust & Avoidance tranche au scalpel : hi-hats nerveux, kick sec, arrangement sans gras. Don’t Mind What They Say Or Think Of You renvoie la balle à la confiance, arpeggio solaire, refrain qui s’imprime. I Know We Don’t Know Each Other, But Deep Down We Have Things In Common – Remix condense la thèse : strangers, mais fréquence commune — compression soignée, punch contrôlé.
Vient la séquence de réalignement : Reconsider déroule une house de velours ; Changing Their Minds verrouille la détermination avec des builds courts, efficaces ; Take Me To The Places dessine l’horizon en panoramique stéréo. La pièce-titre The Way To The Good Life, soleil dans la poche, claque comme un polaroïd qu’on secoue : accords majeurs, topline candide, énergie qui privilégie la clarté à la démonstration.
Dernier acte, plus urgent. Horses of Freedom galope sur une basse en martingale ; Free From Obsessions – EDM Mix exorcise par la répétition — montée longue, chute propre ; Reconnection offre l’oxygène d’un interlude ambient-house ; Acquaintances, Common Strangers, Families And Friends (Are All One) affiche le manifeste en miniature, quasi choral ; Social Acceptance ferme la boucle, grand final qui tient autant du slogan inclusif que du drop euphorique.
Techniquement, c’est net : transitoires respectées, aigus polis (zéro fatigue), midrange dédié aux voix, bas du spectre tenu pour laisser bouger l’air. Artistiquement, c’est frontal : une foi simple dans la musique comme outil social. The Way To The Good Life réussit ce que tant d’albums de dance promettent sans livrer : transformer la piste en agora douce, où l’on réapprend à se regarder sans juger. Ce n’est pas de la naïveté ; c’est une méthode. Et à volume honnête, elle atteint son but.
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août 25, 2025Je lance Legacy of Marble et la pièce change d’éclairage : demi-teintes bleutées, poussière dorée sur les cymbales, puis cette voix qui avance comme une lame fine. Noctæra ne fabrique pas des chansons, elle dresse des décors et y déplace les ombres. La pop y parle à l’art-rock, l’indie folk flirte avec des lueurs métal mélodique, l’électro reste au fond, prête à mordre. C’est un disque d’architecte et de conteuse, pensé pour que chaque détail serve la dramaturgie d’instruments qui tremblent plutôt qu’ils ne rugissent.
Titre par titre, le marbre se fissure. Legacy of Marble ouvre en manifeste : pulsation contenue, ligne mélodique souveraine, sensation de pierre chauffée au soleil. Trouble Ballade se cabre, ballade seulement par ironie, où les arrangements découpent des reliefs à la manière de l’art-pop. Dors en Corps choisit le français pour serrer le cœur, percussions nerveuses sous une berceuse contrariée. Planning Sentimental cartographie le désir comme un plan de ville : couplets précis, refrains aux angles arrondis. Kept Me Bound condense l’énergie, guitare et basse en étau, voix qui fend la masse.
Synaptic Rebellion porte bien son nom : synapses qui claquent, beat indocile, chorus qui se grave à la mémoire musculaire. What the Flowers See change la focale : folk spectral, cordes qui respirent, lumière en arrière-plan. A Path in Your Wake trace une avancée obstinée, motif récurrent qui devient mantra. Le Dernier Souper joue le clair-obscur, polyphonie discrète, dramaturgie quasi liturgique. Pas le Bruit du Vent referme le piège avec cette manière très Noctæra de faire tenir la tempête dans un verre d’eau : textures fines, tension à bas bruit, empreinte durable.
Ce qui frappe techniquement, c’est la gestion de l’espace. Le mix laisse la place aux instruments « signifiants » (la cythare, le violoncelle et les timbales) sans jamais étouffer la diction. Les voix ne se cachent pas derrière l’effet ; elles s’y appuient comme sur une rampe. On sent une autrice-réalisatrice qui conçoit tout — écriture, imagerie, montage — et s’autorise le bi- ou trilingue comme une palette de timbres. Les influences médiévales apparaissent en filigrane (modes, frottements, drones discrets), croisées à une sensibilité indie contemporaine : pas de folklore, de l’atmosphère.
Legacy of Marble réussit une chose rare : un disque conceptuel qui reste charnel. Les chansons existent au-delà du cadre, prêtes à vivre seules, mais ensemble elles forment une galerie d’icônes fissurées. Pop ambitieuse, folk tactile, art-rock sans posture : Noctæra signe une entrée en scène qui respire la maîtrise et la fièvre. J’y reviens comme on retourne dans une cathédrale après la foule : pour vérifier que l’écho m’appartient encore.
Visuel : © 2025 Noctæra® | Tous droits réservés
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août 25, 2025Je me surprends à monter le volume comme on pousse une fenêtre vers la nuit : l’air se densifie, une harpe étincelle, les cordes s’empilent en vagues, puis la voix râpeuse d’Alex découpe le décor. reach the stars n’est pas un album « à thèmes » ; c’est une chambre d’échos où la dramaturgie pop avale l’orchestre et recrache du rock, avec l’entêtement d’un artisan qui préfère la suture visible aux coutures invisibles. On y ressent une obsession du relief : pianos en avant, guitares au burin, harpes et violons en éclats de mica, saxophones en lignes de fuite. Ce n’est pas sage, c’est vivant.
Côté architecture sonore, le mix de Stephan Steiner fait dialoguer massif et précis : bas du spectre tenu (basse propre, kicks organiques), médiums généreux pour le grain vocal et la pâte des cordes, aigus polis qui laissent respirer les harmoniques. Le master de Dan Suter maintient la dynamique : ça grimpe, ça retombe, ça repart, sans laminer les crêtes. Résultat : un disque dense qui ne s’écrase pas, taillé pour les enceintes honnêtes autant que pour le casque.
Le voyage commence avec we knew it all, prélude harpe + cordes où la voix d’Alex tranche comme un couteau dans une toile. give me the keys muscle le propos : batteries organiques, violons en contre-chant, guitare acoustique qui griffe la métrique. see me there injecte du sax (Dima Faustov) et un piano plus sec, parfait pour serrer la focale. desert island ouvre grand le cadre : toms cinématographiques, harpe en outro, souffle maritime. there is cars juxtapose lap steel et piano, like un road-movie en accéléré. Le bloc central impose la polyvalence : alles nicht so schlimm (harpe double, sax en vrille contrôlée) marie rudesse et velours ; tu es ici convoque flûte et piano en carte postale francophile enchâssée dans une pulse pop-rock ; she will say désarme par sa brièveté et son refrain collé-serré ; the key resserre le champ sur les guitares sèches et un kick au pas de marche.
mystic saint relance l’ambition orchestrale, quasi liturgique ; what are you searching for retrouve la ligne claire, basse parlante, batterie en droites nettes ; now the pages been turned fait office d’interlude de mue, acoustique et sans gras. au revoir clôt en six minutes trente d’embruns symphoniques : crescendos à étages, violoncelles qui poussent, guitares électriques en étai, une vraie sortie par le haut, sans pyro mais avec panache.
Ce foisonnement ne serait rien sans la précision des invité·e·s : harpes (Mercedes Bralo, Joanne Moo), cordes (Noelia Diaz, Mariia Vakhnenko, Julia Stein, Oleksandra Vyentseva…), batteries captées en prises vivantes, flûtes, pianos, sax — une galaxie d’interprètes qui nourrissent la vision sans l’alourdir. Et au centre, Alex Wellkers : auteur-compositeur, arrangeur, multi-instrumentiste, qui ose la grandiloquence tout en gardant les mains dans la glaise.
reach the stars réussit là où chutent beaucoup de « sympho-pop » : l’émotion ne se noie pas dans l’apparat. La forme sert la fièvre, la virtuosité reste au service du chant. C’est un disque maximaliste et sensé, romantique et tendu, capable d’aligner harpe et disto sans ciller. Une constellation de morceaux où la pop marche sur des cordes, littéralement, et ne trébuche pas.
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août 25, 2025C’est une drôle de sensation : It Reaches Us n’arrive pas comme un single bien poli, mais comme une secousse cosmique qui se déploie en groove. On dirait un rayon filtré par une éclipse, un flash lointain qui nous atteint avec des décennies de retard. Mike Stewart, alias Mikey2Hats, a toujours aimé brouiller les pistes entre songwriter folk, producteur indie et électron libre de l’électro psychédélique ; ici, il les rassemble sous un seul chapeau (ou deux, en l’occurrence).
La matière est indietronica, mais pas stérile : Julio Figueroa alimente le track d’un drumming éclaboussé, presque liquide, pendant que Marcus Praed lâche des couches de Moog qui gonflent comme des vagues. Mike, lui, tente pour la première fois le falsetto, clin d’œil à Pharrell et aux harmonies soul des années 70. Et ça fonctionne : la voix légère glisse sur une basse Supro vintage, rebondit sur des lignes synthétiques analogiques, et crée ce mélange rare entre hédonisme et étrangeté.
Le morceau, enregistré entre Austin, Londres et un moulin à grains vieux de cinq siècles en Allemagne, garde la marque du “first take magic dust” : une énergie brute, rien d’excessivement lissé, comme si l’instant d’enregistrement valait plus que la perfection. Le mix respire, un côté Soul Train ralenti où l’on reconnaît des fantômes de Massive Attack, de Moloko, de Garbage et même un parfum de Chemical Brothers dans les transitions. La surprise vient d’un vocal arabisant surgissant au milieu du track — accident gardé tel quel, preuve de cette philosophie de l’accident heureux.
It Reaches Us n’est pas un hymne club, pas non plus une ballade planante : c’est une zone trouble où la danse croise la contemplation. Mike Stewart Theory y affirme un art de l’éclectisme guidé par la curiosité pure. L’éclipse, encore : un moment où la lumière se déforme et change notre perception. On sort du morceau avec cette impression étrange d’avoir bougé son corps et voyagé dans l’espace en même temps.
Un premier jalon d’album qui s’annonce, si tout continue à ce rythme, comme une fête psychédélique où le hasard sera roi et le groove, gravité.
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août 25, 2025Il y a des morceaux qui sentent la chambre encore en désordre, les posters au mur, et l’envie de tout renverser avant même d’avoir fini le lycée. The Girl Next Door de Chloe Sofia fait partie de ceux-là. Quinze ans, guitare saturée à la main, batterie qui claque comme une porte qu’on aurait trop souvent laissée entrouverte, et surtout une plume qui n’a pas peur de dire les choses sans filtre. Pas de bluette sage, pas de romance édulcorée : ici, la pop rock sonne comme une revendication, un refus d’être rangée dans la case de la “gentille fille”.
La production, volontairement directe, rappelle le meilleur du pop-punk radio-friendly des années 2000 — riffs mordants, refrains qu’on peut hurler dans une voiture avec les vitres baissées, et ce grain garage poli juste ce qu’il faut pour Spotify. Derrière l’énergie adolescente, on sent déjà une écriture qui vise clair : des lyrics narratifs, un personnage qui se construit par opposition, et une dramaturgie efficace (il a choisi la fille sage, mais il reviendra vers celle qui brûle plus fort). C’est une mécanique rock éprouvée, mais sous la plume d’une artiste aussi jeune, elle prend un relief étonnant.
Ce qui frappe, c’est la sincérité brute. Chloe ne cherche pas à sonner adulte trop vite : elle embrasse son âge, ses contradictions, sa colère tendre et sa lucidité féroce. Elle revendique sa place dans la lignée des “pop princesses” qui ne se contentent pas de sourire devant la caméra, mais qui se servent de l’image comme d’un pied-de-biche pour ouvrir les portes.
Avec The Girl Next Door, Chloe Sofia signe un hymne générationnel en miniature. Un titre qui crie haut et fort que la complexité, le côté imprévisible et l’attitude frontale méritent autant d’espace que la douceur consensuelle. Et si ce garçon fictif reste aveugle, tant pis : la chanson, elle, a déjà trouvé son public.
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août 25, 2025Je mets le casque et tout devient liquide. Yáágo Dootlizh est un courant, une marée qui te déplace sans prévenir, un geste collectif Navajo qui fait du bleu un verbe et du verbe un mouvement. Earth Surface People ne fusionne pas les genres, iels les rendent poreux : jazz qui respire large, soul et R&B en capillarité, éclats fusion et hip-hop qui s’écoulent comme des affluents. On entend une bande de huit musicien·ne·s se chercher, s’attraper, s’éprouver — improvisation captée à chaud, alchimie de studio et contraintes érigées en boussole. Plus qu’un son, une méthode.
La carte est précise. Nanibaah mène la houle, voix à la palette folle — grain voluptueux, attaque souple, contrôle des harmoniques — capable de passer du satin des sultry reprieves à l’uppercut clair des anthems. Ken Chavez et Lawrence Bailon tiennent une section rythmique amphibie, groove élastique qui sait laisser de l’air ; Chochise Yazzie sculpte les synthés comme des ondes de surface ; Mike Gutierrez fait serpenter le sax, ligne de fuite et d’appel ; Zachary Dominguez installe un piano textural qui colle au rivage ; Dakota Yazzie orchestre, pivote, relie, pousse l’eau vers l’aval.
Piste par piste, la dramaturgie se déplie comme un rite. 2001 ouvre en rituel bref, signal de plongée. Dance Me Outside arrache le corps à la rive : batterie en pas chassés, voix conquérante, hook qui attrape l’épaule. Benz or Beemer et White Peach rallongent la respiration, tempos chaloupés, chaleur latente, sensualité tenue. Santa Fe Girl casse le décor : arrangement dénudé, timbre à nu, beauté qui sidère sans appuyer. Burnt Orchards (bring me home) brûle à basse flamme, souvenir en cendres fines. P.a.r.r., convoquant Welby June, Mato Wayuhi, Sage Nizhoni, densifie le spectre et rappelle la dimension communautaire, polyphonique, politique du projet. Never Born Again feuillette l’identité comme un carnet trempé. island queen se love en motif circulaire. yaago dootlizh pt. 2 agit en intertitre, micro-ripples qui recadrent la trajectoire. Datura (u need love) a ce goût de poison-médecine, court et puissant. Born For Water scelle la thèse : nous sommes faits de ce qui nous traverse.
Ce qui frappe techniquement, c’est l’architecture d’écoute. Stéréo respirée, bas du spectre tenu pour la mobilité, médiums généreux où la voix s’aimante, choix d’arrangements qui privilégient la dynamique au clinquant. Les transitions se font par gradients plutôt que par césures ; les improvisations sont canalisées sans domestication. Le collectif a trouvé la ligne de crête rare où l’exigence formelle n’étouffe jamais l’émotion.
Yáágo Dootlizh n’explique rien, il démontre. L’eau y est langage, mémoire, soin, conflit, passage. Le bleu n’est pas une couleur, c’est une action : se colorer, se laisser teindre, devenir autre en restant soi. On sort de cette traversée avec des sels sur la peau et l’impression que la musique a servi de delta — zone où les histoires intimes et ancestrales se recombinent, où l’Indigenous futurism dialogue avec la grande tradition Black américaine sans hiérarchie ni folklore. Un second album-système, irrigué par le vivant, qui prouve qu’un superband peut être un organisme et non une vitrine. Hypnotique, fluide, nécessaire.
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août 21, 2025Je tombe sur Way Too Hot comme on ouvre une fenêtre au milieu d’un été improbable : souffle tiède, éclat de lumière, battement qui te rappelle que le corps a des arguments. zukrassverliebt vise le cœur par la hanche et atteint les deux. Le morceau joue l’ambivalence avec un sourire : attraction déraisonnable et état d’urgence thermique, clin d’œil au morceau “Viel zu heiß” qui résume la situation en un slogan prêt-à-danser. C’est pétillant, assumé, mais moins simple qu’il n’y paraît.
Au scalpel, la prod révèle une mécanique très sûre. Beat à propulsion constante, kick sec et net façon club pop, charleys en pointillés pour la vélocité, claps qui claquent juste avant la retombée. La basse, ronde et élastique, colle aux percussions comme une seconde peau et alimente ce sway caribéen sans caricature. Les guitares solaires piquent l’horizon par petites syncopes, tandis que des synthés aux attaques soyeuses installent une brume de chaleur. On sent une main attentive au mix : médiums dégagés pour la clarté des hooks, sidechain discret pour le mouvement, top-end poli pour éviter l’éblouissement fatiguant. Résultat : un track qui respire, taillé pour les playlists à BPM confortables sans perdre l’organique du groove.
Côté écriture, l’angle malin tient dans la superposition des métaphores météo et du désir. Ce n’est pas seulement “summer vibes”, c’est la cartographie d’un monde surchauffé où l’on danse pour survivre autant que pour séduire. La voix, portée par des couches légères de doubles et d’harmonies, vise l’oreille interne : phrasés courts, diction nette, micro-ornements qui fixent le refrain dans la mémoire musculaire. Le pont ne cherche pas l’overdose, il ménage une perspective : un demi-degré de plus, et tout fond — alors autant tourner plus vite.
Way Too Hot réussit surtout son équilibre contemporain : pop accessible, ADN indie, grains tropicaux en dosage précis. De quoi s’inviter en fête, en voiture, en open air, tout en gardant un clin d’œil ironique à la chaleur collective qui nous relie. Le morceau ne promet pas de fraîcheur ; il offre de la lumière. Et cette lumière-là, dansée plutôt que subie, fait toute la différence.
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août 20, 2025Je coupe le monde, j’ouvre Car Crash, et d’un coup tout bascule en ralenti. Plus de mur de guitares, plus de fracas : juste un piano qui respire, quelques frappes sourdes comme des signaux de détresse, et une voix qui refuse la parade. Ce dépouillement, Love Ghost le choisit comme une arme blanche. Ici, chaque silence est un plan serré, chaque résonance un débris lumineux. On ne chante pas la douleur, on la cartographie.
Techniquement, c’est une leçon d’économie. Le piano tient le récit avec une gamme de nuances qui va du feutré presque domestique au timbre plus métallisé, quand les marteaux affleurent. Les percussions existent à la marge — timbres mats, transitoires émoussées — pour donner une pulsation de fuite sans jamais coloniser l’espace. Le mix laisse de l’air : stéréo ample, queue de reverb longue, dynamique respectée. Rien n’est écrasé. La voix trône au centre, proche, grain intact, comme si l’ingé son avait reculé tous les traitements pour conserver la porosité du timbre. Résultat : une proximité presque inconfortable, la sensation d’entendre la chambre plutôt que le studio.
Car Crash s’inscrit en contrechamp du spectre Love Ghost — alternative rock, grunge, metal, pop-punk, tout ce passé là — mais n’en renie rien. On reconnaît l’ADN du groupe dans la manière de sculpter la tension : retenue, accumulation de micro-accents, gestion millimétrée de la saturation émotionnelle. Le morceau refuse l’explosion facile ; il préfère l’étirement, cette montée qui ne culmine pas en grand fracas mais en lucidité. Et quand l’harmonie frôle la rupture, le titre se replie, comme une poitrine qui refuse le dernier sanglot.
Ce choix esthétique n’est pas un caprice. C’est une prise de risque artistique cohérente pour un groupe qui a bâti sa réputation sur l’intensité. Ici, l’intensité se mesure à la densité du vide. On pense à ces instants où les grands groupes rock ont débranché pour exposer la fissure plutôt que la façade — non pas par nostalgie, mais parce que la vérité circule mieux dans des circuits moins saturés.
Ce qui demeure après écoute, c’est un sillage : une image nette d’une relation percutée, la carrosserie des sentiments froissée, la route redessinée par le son. Car Crash n’offre pas de morale. Elle propose un arrêt sur image d’une précision clinique et d’une beauté austère. Une pièce à part, qui prouve qu’un groupe taillé pour le fracas peut, sans perdre une once de puissance, imposer le silence comme son arme la plus radicale.
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août 20, 2025Il y a quelque chose de bouleversant dans l’idée qu’Izzy Burns ait commencé sa vie sans voix, réduite au silence par une trachéotomie d’urgence, avant de devenir chanteuse. Diary of a Hopeless Romantic, son premier album, porte cette trajectoire dans chaque mesure : la fragilité et la force, l’humour et la douleur, le romantisme maladroit et la lucidité crue. Plus qu’un disque, c’est un journal intime mis en musique, une série de pages froissées qui sentent encore l’encre fraîche.
Enregistré à Bear Creek Studios — ce sanctuaire folk révélé par Brandi Carlile — avec le producteur Taylor James Carroll et une équipe complice (Mellad Abeid, Owen Thayer, William Sage, Charles Wicklander, Dune Butler), l’album conserve l’esprit des sessions : une écriture brute, des jams transformés en arrangements, la matière vivante du studio. On y sent la respiration collective, le va-et-vient entre la voix solo d’Izzy et les couleurs de ses musiciens.
Recovery, premier morceau marquant, installe le ton : un folk-pop rétro, ironique et un peu blues, qui parle de rupture avec autant d’amertume que de tendresse désabusée. Picture In Your Wallet prolonge cette veine intime, chanson polaroïd où les détails deviennent poignards. Pick Me Up, plus lumineux, joue le rôle du morceau respiration, porté par un refrain accrocheur et une instrumentation vibrante. Untouchable renoue avec l’introspection, voix en avant, guitares sobres, mélodie qui frôle la confidence.
Dreaming On Overtime traduit l’urgence de l’âge, ces insomnies pleines d’espoir et de doutes ; Would’ve Could’ve Should’ve, avec son titre déjà confessionnel, raconte les regrets en mode ballade folk théâtrale. Someone’s Someone se penche sur la quête d’identité et d’appartenance, quand What A Dream prend un contre-pied onirique, presque pop-folk à la Fleetwood Mac. Never Know s’aventure dans la zone grise des incertitudes, tandis que Hard to Forget clôt l’album comme une cicatrice : mélancolie persistante, refrain qui refuse de disparaître, dernier mot qui reste suspendu.
Dans l’ensemble, l’album combine l’empreinte de ses influences (Brandi Carlile, Lumineers, Josh Ritter, First Aid Kit) avec une sincérité juvénile qui fait sa force. Pas de pose : Izzy écrit comme on rature un cahier, chante comme on ouvre une blessure, arrange comme on recoud une mémoire. Diary of a Hopeless Romantic est une première œuvre d’autant plus forte qu’elle assume ses maladresses comme des preuves d’authenticité.
Izzy Burns n’a pas seulement signé un début prometteur : elle a redonné à sa voix, longtemps menacée de silence, le rôle qu’elle devait avoir — celui d’un instrument de survie, et maintenant, de partage.
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août 20, 2025Il y a dans Loneliest at Best quelque chose de trempé de pluie, de bruine qui colle aux vitres et aux cœurs. RIOT SON ne vient pas de Manchester ou d’un quartier gris de Londres, mais des Appalaches du Sud, à Boone, Caroline du Nord — un décor étonnamment proche dans son climat brumeux et son spleen permanent. Ce n’est pas un hasard si sa musique respire le même mélange de mélancolie et de tension que les scènes post-punk et grunge qui ont émergé sous des ciels plombés.
Le single s’ouvre sur des guitares au timbre jangle, claires et nerveuses, qui rappellent l’héritage de The Smiths et The Cure. Mais très vite, Magnet$u, producteur allemand déjà associé à Ekkstacy, habille le morceau d’une production dense : basses épaisses, batterie au groove trap minimaliste, delay et reverb qui transforment chaque note en spectre. La voix, saturée d’émotions, se multiplie en couches superposées à la manière d’Elliott Smith ou Lil Peep, créant un halo spectral qui amplifie l’intensité des paroles. On entend à la fois la fragilité d’une confession et l’éclat d’un cri intérieur.
Ce qui distingue Loneliest at Best, c’est sa structure narrative : une montée progressive qui ne se contente pas d’aller vers le climax attendu. Le morceau se brise en un breakdown abrupt, presque un silence suspendu, avant de reconstruire ses murs sonores dans une tension dramatique qui culmine sur la fin. Ce procédé emprunte autant au post-punk qu’au screamo ou à l’emo-rock des années 2000 (Brand New, The Used, My Chemical Romance), mais avec une retenue contemporaine : l’explosion reste contenue, l’énergie passe par la densité du son plus que par la saturation brute.
RIOT SON s’inscrit dans une nouvelle vague d’artistes bedroom-indie capables de transformer la solitude en matière sonore. Ce premier single, extrait d’un EP à venir, agit comme une carte de visite sombre et viscérale, où l’on perçoit déjà les obsessions : l’amour qui déchire, la mémoire qui pèse, l’isolement qui se chante mieux à plusieurs voix. Loneliest at Best est une cathédrale brumeuse érigée depuis une chambre, une déclaration de vulnérabilité qui a tout d’un futur hymne culte pour les cœurs cabossés.
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août 20, 2025Il faut un certain culot pour s’appeler Trash Baby, coller des beats électro-pop sur des cicatrices intimes et oser peindre le tout avec des couleurs fluos. Grichu, artiste autodidacte venue de Montréal, n’en manque pas. Ingénieure reconvertie, productrice, DJ, chanteuse, compositrice, elle s’émancipe des codes en bricolant une esthétique hybride où le dancefloor rencontre le trauma, où l’ironie cohabite avec la douleur. Son deuxième EP, Trash Baby, ne ressemble à rien de standardisé : c’est une machine de guerre bricolée, pop dans les formes mais punk dans l’intention.
Trash Baby, qui donne son titre au disque, change radicalement de registre. Ici, Grichu attaque de front les violences et traumatismes liés à l’enfance. La production, résolument digitale, oppose une ligne de basse massive à des voix râpeuses, presque abrasives. C’est un morceau qui choisit de danser au bord du gouffre, de transformer le tragique en pulsation cathartique.
Don’t Say Mickey, plus satirique, détourne l’affrontement Disney vs De Santis en parabole queer et pop sur la puissance d’assumer ses différences. Les synthés scintillent, le rythme pulse avec une ironie volontaire, comme une caricature des hymnes pop mainstream passée au papier de verre.
Enfin, Superfan relève le gant du sexisme dans l’industrie musicale. Inspiré d’une anecdote aussi absurde que sordide, le morceau est un règlement de comptes au second degré. Satire d’un système où l’image féminine prime sur le son, la chanson détourne les codes de l’hypersexualisation pour les retourner contre ceux qui en profitent. Les beats festifs, quasi-clubbing, accentuent le contraste : on danse pendant que les mots piquent.
Le dernier titre, Ma Ma, morceau en français, doux et déchirant, écrit après la perte de sa mère. Le choix de la langue maternelle n’est pas un détail : la chanson respire la sincérité brute, soutenue par des nappes électroniques à la fois fragiles et tranchantes. Une manière de rendre hommage sans mièvrerie, avec un sens de la retenue qui donne à la chanson une intensité presque physique.
Ce Trash Baby EP, à travers ces quatre titres (Ma Ma, Trash Baby, Don’t Say Mickey, Superfan), affirme une posture artistique singulière : reprendre les outils du mainstream, les codes du glamour, et les tordre jusqu’à révéler ce qu’ils cachent. L’héritage des Rita Mitsouko et de Cansei de Ser Sexy n’est pas loin, mais Grichu imprime déjà une signature reconnaissable : grunge digital, pop satirique, groove ravageur. Le bonbon a le goût du poison, et c’est précisément ce qui le rend addictif.
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août 20, 2025Il fallait oser. Raubtier Kollektiv, jeune voix brutale de Hambourg, choisit de transformer son premier vrai manifeste en bestiaire allégorique. Zoo Deutschland n’est pas un simple album de rap : c’est un terrain de chasse métaphorique où la hiérarchie des rues s’incarne en fauves, en rapaces, en reptiles. Neuf titres qui abattent cartes et masques, où chaque animal devient un miroir d’une figure réelle de l’underground, entre prédateurs, charognards et survivants. Loin d’être un gimmick, ce procédé donne au projet une cohérence rare dans un paysage rap saturé de singles interchangeables.
Der Elefant, ouverture tonitruante, frappe par son refus du cliché de la violence brute. Ici, la force n’est pas celle du muscle mais de la mémoire, du poids symbolique. Les basses grondent comme une marche de guerre, mais le flow, posé et tranchant, rappelle que l’intelligence reste l’arme suprême. Plus loin, Krokodil Tränen s’en prend frontalement aux larmes Instagram et au storytelling creux d’une scène devenue trop performative. Trap sec, hi-hats mitraillés, mais refrain acide : une attaque frontale à l’industrie de l’émotion plastique.
Le sommet lyrique se niche sans doute dans Adler Perspektive. Orchestration ample, cordes tendues, percussions minimales : le rap se fait contemplation aérienne, solitude glacée de celui qui s’élève trop haut et découvre que le succès est une cage dorée. Nachts im Zoo, lui, installe un décor sonore de polar urbain : nappes sombres, reverb étouffée, flow en murmure prédatoire, un véritable audio-noir. Puis Gorilla Geschäfte ramène au sol, trap agressive, basses bétonnées, miroir brutal des deals et rapports de force économiques de la rue.
L’album se ferme sur Zoo Wärter, morceau-manifeste qui retourne l’allégorie contre le système lui-même. Qui détient vraiment la clé des cages ? Qui nourrit les bêtes et décide de leurs mouvements ? Le beat martèle comme un marteau-pilon, le texte interroge la structure invisible qui façonne la jungle.
Zoo Deutschland ne joue pas le rôle d’un simple projet underground : c’est une mise à nu politique et poétique à la fois. Dans ses métaphores animales, Raubtier Kollektiv attrape le réel avec les griffes, questionne la sincérité du rap actuel, et s’impose comme l’un de ceux qui réinjectent du sens dans un genre en quête de repères. Un disque qui rugit, qui mord, et qui laisse des cicatrices.
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août 20, 2025La première écoute de Pasada las 12 a quelque chose de cinématographique : une scène nocturne à La Havane, les trottoirs encore chauds, les volets entrouverts, et une voix qui découpe l’air comme une lumière oblique. Yudelkys Pérez n’offre pas un simple single, elle signe une pièce d’identité artistique. Sa voix, entre clarté et retenue, glisse sur les accords avec une assurance qui ne cherche pas l’effet mais l’impact. On comprend vite pourquoi on parle d’elle comme d’un trésor caché de Cuba : elle incarne à la fois l’intime de la canción traditionnelle et la sophistication d’un phrasing jazz, sans jamais basculer dans la démonstration.
Autour d’elle, le casting impressionne : Chucho Valdés au piano, présence tutélaire qui apporte à chaque accord une résonance de légende ; Jose Carlos Acosta et Julio Padrón, héritiers du souffle Irakere, qui ajoutent ces respirations cuivrées capables de transformer une mélodie en fresque ; la mémoire de Lucia Huergo, dont la composition sert de colonne vertébrale au morceau ; Niurka Sánchez et Geovanis Alcántara López, en co-production, qui veillent à la précision de chaque nuance. Mais le miracle de Pasada las 12, c’est que malgré ce parterre de grands noms, la chanson reste profondément celle de Yudelkys. Elle en est l’architecte sonore et émotionnelle, arrangeuse et productrice, gardienne de la cohérence.
Techniquement, le morceau réussit un équilibre rare : la complexité harmonique et rythmique propre au jazz n’écrase jamais l’accessibilité mélodique de la canción. La voix évolue dans un espace mixé avec soin, jamais noyée, toujours mise en avant, mais accompagnée par une instrumentation qui respire. On y entend le blues dans les silences, le jazz dans les inflexions, Cuba dans la chair des harmonies.
Pasada las 12 n’est pas une simple fusion de genres : c’est une transfiguration. Elle révèle ce que peut devenir la musique cubaine quand elle ose se placer dans un dialogue égalitaire avec le jazz international, tout en restant enracinée dans sa propre tradition. C’est un morceau qui, au-delà de ses qualités musicales, trace une trajectoire : celle d’une chanteuse qui ne se contente pas de recevoir un héritage, mais qui le transforme en voix contemporaine.
Un classique moderne, dit-on déjà. Mais surtout un rendez-vous nocturne qui s’écoute comme on attend une confidence — passée minuit, quand tout se tait sauf la musique.
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août 20, 2025Je lance Only Love comme on entrouvre une serre la nuit : condensation sur les vitres, parfums d’herbes rares, machines qui respirent doucement. Jenny Maybee n’empile pas des genres, elle greffe. Pianiste-chanteuse-compositrice productrice, elle écrit, arrange, dirige, et laisse Isha “The Mad Scientist” Erskine polir la lumière autour. La section rythmique — Nick Carico (batterie) et Ariane Cap (basse) — plante des racines profondes, pendant que les claviers et les chœurs se déploient en lianes cinématographiques. Alternative jazz, oui, mais surtout cartographie d’un territoire intime qui change d’altitude à chaque piste.
No Resistance ouvre comme un prologue de film : motif pianistique à l’ossature classique, pulsation rock tenue en respect, contrechants électroniques qui dilatent l’espace. La voix porte droit, sans vibrato de trop, et établit la règle du jeu : lyrisme précis, dramaturgie de studio.
Run accélère le cœur. Groove souple, basse élastique, batterie en pas de côté : on y entend la science du mouvement, les claviers scintillent en particules, les arrangements ménagent des brèches d’air. C’est la fuite vers l’avant qui respire.
On My Way bascule en format voyage court. Mélodie claire, chorus de piano mesuré, chœurs en halo. La dynamique évoque la route : lignes droites, rares virages, vitesse émotionnelle constante.
Holy Holy suspend le temps : harmonie jazz étagée, nappes quasi chorales, batterie au balai qui dessine des ellipses. Le sacré affleure par pure architecture sonore, sans emphase.
Love Let Me In joue la proximité. Beat minimal, piano électrique comme une lampe de chevet, ligne de basse parlante. La production place la voix très près du visage, on perçoit chaque intention.
Ain’t No Better Lover dégaine l’insolence élégante : arrière-goût R&B, syncopes claires, hook qui s’imprime sans forcer. La section rythmique serre le cadre, Jenny pousse des harmoniques au piano comme des éclats de verre poli.
Like The Sun réchauffe le spectre. Rayon pop assumé, accords ouverts, progression qui grimpe palier par palier. Sensation de lumière nette, refrains respirés, mix aéré.
Call Me réinstalle la tension : patterns électroniques sobres, cymbales qui frissonnent, clavier en échos courts. La construction dramatique glisse par micro-ajustements, pas d’explosion, une montée par capillarité.
Eat The Ash surprend par sa rugosité poétique : textures plus sèches, batterie anguleuse, basse au grain dense. On entend l’expérimentation maîtrisée, un goût de terre et d’étincelles.
I Am Love recentre l’album en déclaration d’identité timbrale. Format bref, quasi mantra : superpositions de voix, piano qui respire, basse en battement cardiaque. C’est la thèse du disque en miniature.
This Is The Life installe l’allure d’un générique lumineux : forme couplet-refrain limpide, pas mal de lumière dans les médiums, solo succinct qui raconte juste ce qu’il faut. L’écriture penche pop, l’âme reste jazz.
Only Love, pièce-titre, clôt en plan-séquence minimaliste. La structure s’épure jusqu’à frôler l’impro libre : piano nu, voix qui s’ouvre en éventail multicolore, halos électroniques comme des lucioles. Sensation de retour à la source — on entend la promesse du titre devenir méthode.
Au fil de ces douze stations, Jenny Maybee fabrique une esthétique de la précision sensible : harmonies jazz taillées au millimètre, textures électroniques sans tapage, orchestration ciné qui élargit le cadre, chœurs “full choir” sculptés en relief. L’album n’érige pas un pont entre tradition et modernité ; il fait passer la sève de l’une dans les circuits de l’autre. Résultat : un disque qui s’écoute casque vissé ou enceintes honnêtes, de préférence les deux, pour saisir la double vie de ces morceaux — jardin et néon, peau et pixel.
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août 20, 2025Il s’appelle Mikey La Luna, et il vient d’un pays où les montagnes murmurent, où les mères cuisinent avec les mains et les chants, et où l’enfance s’écrit en pas de danse et vinyles qui crissent. À mi-chemin entre la tradition géorgienne et les éclats d’un dancefloor post-moderne, il fabrique aujourd’hui des rituels électroniques, faits de beats incantatoires, de mantras en feu et de synthés qui respirent.
Pendant quinze ans, il s’appelait Tash Tash et électrifiait les chants de son enfance. Puis il a changé de peau. À force d’introspection, d’amour, de solitude et de basses bien senties, il est devenu Mikey La Luna — un nom de nuit et de lumière. Son premier EP Embrace the Light est un manifeste de connexion : entre les corps, les mondes, les siècles. Sa techno n’est pas une fuite, c’est un retour à l’essentiel, une pulsation tribale habillée de textures modernes.
Le 3 septembre sortira Genatsvale, un hymne bilingue aux racines qui tiennent chaud et aux synthés qui transforment. En attendant, il élève ses deux fils, cuisine comme un prêtre et rêve d’amour qui groove. On lui a posé dix questions. Il a répondu comme on respire, comme on danse, comme on revient à soi.
1 ) Qui es tu ? Je m’appelle Mikey La Luna. Je suis né en Géorgie — un lieu où les montagnes respirent des histoires — et j’ai toujours vécu entre plusieurs mondes. Adolescent, je me suis formé au ballet géorgien flamboyant, mais la nuit, je m’échappais avec une guitare, en faisant exploser des disques de rock’n’roll et de disco. Ce choc entre discipline et rythmes sauvages est devenu mon ADN. Aujourd’hui, j’emmène tout cela dans mon art — créant des voyages rituels-électroniques où tradition, rébellion et liberté se rencontrent sur le dancefloor.
2 ) Quel est ton parcours ?Pendant environ quinze ans, j’ai performé sous le nom de Tash Tash — un projet où je reprenais les chants traditionnels géorgiens de mon enfance en leur donnant une torsion électrifiée, mélangeant tradition, joie et liberté. Avec le temps, j’ai ressenti un nouvel appel, et j’ai appris par moi-même la production électronique, tombant amoureux de sa pulsation hypnotique. Pendant la pandémie, j’ai aussi exploré une voie spirituelle plus profonde, à travers les mantras et les pratiques chamaniques. Aujourd’hui, j’ai lancé un nouveau projet qui rassemble toutes ces influences en un seul voyage.
3 ) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?Avant tout — vous devez vraiment écouter ma musique. Oui, je sais, ça sonne un peu narcissique, mais ça vient du cœur. Ce que je crée ne se limite pas à des beats — c’est l’ouverture d’un espace où mantras ancestraux, énergie chamanique et grooves électroniques se rencontrent. C’est une musique faite pour danser, mais aussi pour rappeler quelque chose de plus profond : que nous sommes tous connectés, et que la lumière est toujours là quand nous choisissons de l’accueillir.
4 ) Quelles sont tes inspirations ?Mes inspirations traversent les époques et les sons. Des légendes du rock comme Elvis, Pink Floyd et The Doors, à la fièvre disco de Donna Summer, des Bee Gees et de Giorgio Moroder. Côté électro, je puise chez Roderic, Oscar and the Wolf et Artbat — des artistes qui ont ouvert de nouvelles portes dans le son et l’émotion. Et, par-dessus tout, je porte l’influence des mantras, des chants sacrés et des incantations de guérison, qui donnent à ma musique sa profondeur spirituelle.
5 ) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ? (Cite quelques noms d’artistes et/ou chansons)Dernièrement, ma playlist tourne en boucle avec le live de Moby en France l’an dernier — je l’écoute presque tous les jours. Je plonge aussi dans les sets déchaînés de Tomorrowland 2025 et Burning Man 2024. J’aime la musique surtout quand je peux voir et sentir une foule vibrer avec elle — même chez moi, cette énergie m’élève. Et quand il est temps de ralentir, je me tourne vers des grooves psychédéliques orientaux qui ralentissent tout, de la plus belle des manières.
6 ) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?C’est une question injuste pour moi, car la nourriture a toujours eu autant de place que la musique dans ma vie. Jusqu’à il y a deux ans, j’ai même tenu mon propre restaurant géorgien pendant dix ans, cuisinant aux côtés de trois incroyables “mamas” géorgiennes. J’étais celui qui glissait une petite touche de fusion dans les recettes traditionnelles. Mais aujourd’hui, ma cuisine principale, c’est le studio — et ce que j’y mijote, ce sont des tracks savoureux et juteux.
7 ) Quels sont tes projets à venir ?C’est une période exaltante pour moi. Ce mois-ci, j’ai sorti mon premier EP Embrace the Light — cinq titres enracinés dans les mantras ancestraux et les grooves électroniques modernes. Le 3 septembre, je sortirai Genatsvale — un morceau géorgien-anglais qui reconnecte à mes racines avec une torsion techno-synthé. Et il y a déjà au moins dix autres morceaux en attente — ce n’est donc que le début du voyage.
8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?
Ces deux dernières années, j’ai jonglé entre deux choses principales : concocter des tracks en studio et élever mes deux petits garçons. Maintenant, j’ai vraiment hâte de remonter sur scène autant que possible — et, qui sait, peut-être même trouver un peu d’amour en chemin. Rêve secret ? Si elle est musicienne elle aussi, on fera des duos au lieu de disputes.
9 ) Si tu pouvais 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ce serait qui ?
Honnêtement, la chose la plus magique serait 48 heures avec mes deux garçons — mais seulement s’ils font absolument tout ce que je dis, sans drame. Et si vous ne pouvez pas hypnotiser mes enfants pour ça, alors je me contenterai de Jim Carrey et Roberto Benigni — deux purs génies du rire et de la folie.
10 ) Un petit mot ou conseil pour la fin ?Souvenons-nous que nous sommes tous connectés. Au-delà des frontières, au-delà des rôles, au-delà des différences — nous sommes une seule famille sur cette Terre. Si nous pouvons choisir la paix, la gentillesse et l’unité dans nos vies quotidiennes, alors la musique entre nous ne cessera jamais de jouer.
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août 20, 2025Premier contact : une sensation d’air neuf dans les poumons, comme après un orage. Reborn ne cherche pas l’approbation, il réclame la place qui lui revient. Amara Fe ne sort pas d’une école de styles, elle descend d’une lignée : salon familial, jam d’oncles à Tulsa, carnet de grand-mère qui écrivait pour Minnie Riperton. L’héritage n’est pas une vitrine, c’est un outil. On entend cette transmission dans la façon dont la voix attaque la matière, avec un vibrato court, une assise médium et des attaques qui préfèrent la franchise à l’esbroufe.
Sur le plan sonore, Reborn respire la décision. Production centrée sur la voix, architectures claires, percussions à la main qui se frottent aux drums digitaux, basses arrondies mais nerveuses, synthés qui ouvrent des fenêtres plutôt que de colmater. Pas de mur du son inutile : l’espace est pensé, la stéréo raconte. On devine des choix nets au mix — un bas du spectre tenu pour laisser le kick parler, des médiums soyeux qui portent l’émotion, des aigus polis pour le replay value. C’est de la soul contemporaine qui flirte avec la pop et le R&B sans se dissoudre, une écriture qui assume la mélodie comme vecteur principal et l’harmonie comme mémoire.
La narration, elle, épouse la trajectoire d’une songwriteuse qui cesse d’attendre qu’une industrie l’adopte. Le passage en mode “je fais tout” se traduit par une cohérence rare : métriques qui varient sans perdre le corps, hooks discrets qui ne forcent jamais, ponts utilisés comme révélateurs et non comme gadgets. Les morceaux avancent par scènes : portraits intimes, instantanés d’observation, micro-fictions sociales. La lumière vient souvent d’un détail de timbre ou d’un contrechant discret qui bascule l’atmosphère de la confidence au manifeste.
Ce disque se distingue par son rapport au temps. Reborn ne court pas après une tendance, il installe un tempo existentiel : pas trop rapide pour laisser l’émotion s’écrire, pas trop lent pour perdre la chair. On pense à la soul des années soyeuses, à des textures synthétiques qui caressent plutôt qu’elles n’engloutissent, à une écriture frontale qui préfère la vérité des contours à la pose dramatique. Amara Fe transforme ses influences en topographie personnelle : pas de citation, des réinventions.
Au bout du voyage, l’impression persiste que l’artiste a réussi une opération délicate : reconnecter l’héritage et la modernité sans nostalgie ni cynisme. Reborn porte bien son nom : renaissance contrôlée, chaleur tenue, groove habité. Un premier long qui ne joue pas la carte de l’introduction polie, mais celle de l’identité affirmée. On sort avec la conviction que la suite exigera des systèmes audio honnêtes, des scènes à taille humaine et une écoute qui ne triche pas. Exactement ce que la pop-soul devrait viser en 2025 : la justesse avant la vitesse, la peau avant la posture.
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août 20, 2025Vibe démarre comme une gifle solaire : un riff funky qui grince juste ce qu’il faut, une rythmique irrésistible, une basse qui se tortille comme un corps déjà pris par la danse. Zannalee signe ici un single qui ne cherche ni la profondeur métaphysique ni la mélancolie feutrée : Vibe est un manifeste hédoniste, une célébration de l’instant où la musique ne sert qu’à faire briller la peau et allumer les regards.
On pense à Prince dès les premières secondes, ce mélange unique de sensualité et de nerf, cette façon de transformer une progression d’accords simple en terrain de jeu incandescent. Mais Vibe ne sonne pas comme une copie : c’est une réinterprétation contemporaine du funk-rock, avec une production pop affûtée et une énergie qui file droit au but. Le refrain ne cherche pas à séduire par surprise, il s’installe comme une évidence — un mantra collectif pour celles et ceux qui savent qu’on peut posséder la nuit sans rien demander à personne.
Le solo de guitare, placé comme une respiration solaire, joue un rôle clé : c’est la poussée euphorique qui libère le morceau de la répétition et lui donne sa trajectoire ascendante. Autour, tout est calibré pour la danse : batterie syncopée mais lisible, couches de claviers discrètes, lignes de chant affirmées, presque revendicatives.
Ce qui rend Vibe puissant, c’est sa sincérité. Derrière les paillettes et le groove, on entend la jubilation brute d’un morceau pensé pour exister en live, pour déclencher ce moment collectif où un public se transforme en masse unique. Zannalee ne compose pas une chanson, il sculpte un état d’esprit : un appel à se suffire à soi-même, à danser sans justification, à incarner sa propre lumière.
Vibe n’est pas une simple track de club : c’est une injection d’assurance, une étincelle pop-funk-rock qui rappelle que la liberté commence sur le dancefloor.
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août 20, 2025On découvre Deep End comme on entrouvre une porte sur un studio encore chaud : un parfum de café, un bassiste qui cherche la bonne note au bord du silence, une voix qui prend la pièce d’assaut sans hausser le ton. Sabrina Nejmah surgit de Hambourg avec un bagage hybride — racines marocaines et allemandes, oreilles grandes ouvertes — et signe un premier single qui fait dialoguer l’intime et le public, le salon et la scène, la douceur et l’assurance.
Le morceau porte la patte d’un tandem filial rare. Norman Astor, père-bassiste passé par plusieurs formations jazz, propose des progressions harmonico-lyriques qui respirent la blue note sans didactisme. Ça s’entend dans la façon dont la ligne de basse ne sert pas seulement de fondation : elle parle, contourne, propose des réponses à la voix. On devine une grille inspirée jazz, des accords enrichis (6, 9, peut-être une quinte altérée au détour d’une cadence), mais la production refuse la démonstration. Markus Norwin Rummel capte tout ça en clair-obscur : dynamique contenue, transitoires soignées, espace stéréo précis où chaque élément trouve l’air nécessaire. Le résultat est moderne sans dates de péremption, pop dans l’intention, jazz dans le squelette.
Côté chant, Sabrina joue sur un vibrato court, un grain satiné, une diction posée qui rappelle une lignée Norah/Amy par l’aisance timbrale, mais réoriente l’héritage vers une sensibilité plus générationnelle, à la Billie/Gracie : proximité, économie, vérité. Elle maîtrise l’art du presque-rien — ces inflexions à la fin des phrases, ces micro-glissandi qui remplacent l’emphase — et c’est précisément là que la chanson trouve sa force. La mélodie ne cherche pas l’héroïsme, elle s’incruste ; elle préfère le velours à l’or, la caresse à la conquête.
Deep End se situe dans cette zone fertile qu’on appelle encore pop contemporaine faute de mieux : une architecture simple, pensée pour la réécoute, avec des détails audiophiles qui réapparaissent à chaque passage. L’ADN jazz nourrit les voicings, l’écriture penche vers la narration courte, la rythmique choisit la retenue plutôt que le matraquage. Le titre tient debout grâce à un triangle clair : basse parlante, claviers aux halo diaphanes, voix au centre, jamais maquillée.
Débuter avec une pièce comme celle-ci, c’est déclarer une intention : privilégier la sensibilité au spectaculaire, le geste au gadget. On imagine sans peine d’autres déclinaisons issues du même noyau — plus uptempo, plus club, ou au contraire encore plus dépouillées. Si Sabrina décide d’ouvrir un peu le spectre, d’exposer davantage ses angles et de jouer avec des ruptures dynamiques, elle peut solidifier une signature qui, déjà, s’entend à la première mesure.
Deep End n’est pas seulement un joli premier jet : c’est une carte de visite maîtrisée, née d’un jam domestique devenu chanson-monde. Une plongée consciente, tête froide, cœur chaud.
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août 20, 2025Certains albums se consomment comme une playlist, d’autres se vivent comme un trajet. B-Emo appartient à cette seconde catégorie : pas un assemblage de morceaux, mais un arc narratif où chaque titre tient le rôle d’un chapitre. Mark Masguro, depuis son home studio zurichois, a conçu une fresque électronique où les genres se télescopent et s’hybrident, mais où les émotions tiennent toujours le premier rôle. Plus qu’un disque, c’est un manifeste : l’émotion n’est pas un choix, c’est une ligne de vie.
Whispers ouvre l’album comme une confidence murmurée à travers les machines. Tout est dans la suggestion : nappes synthétiques diaphanes, pulsations qui respirent plus qu’elles ne martèlent. On entre dans l’intime sans voyeurisme, comme si Masguro installait un clair-obscur sonore avant de lancer la dramaturgie. Puis Devil’s Trap, épaulé par Kael Sott et Beatman, renverse la table. Ici, les beats claquent, les voix cognent, les mélodies se font abrasives. C’est l’ombre qui répond à la lueur d’ouverture, un piège rythmé où tension et catharsis s’entrechoquent.
Avec Summer Night’s Dream – Extended Version, l’album prend un virage presque hédoniste. Six minutes étirées comme une nuit d’été sans fin, où la house se pare de textures cinématiques. On entend l’écho des dancefloors passés, mais réinjectés dans une sensibilité contemporaine. From the Edge to the Rise: A Fight for Light – Radio Edit est son contrechamp : condensé en quatre minutes, tout est urgence, combat, montée lumineuse. La trance affleure, mais sous un vernis moderne, jamais cliché.
Get Down s’affirme comme l’instant club frontal, une injonction au lâcher-prise pur, tandis que Freedom – Extended Mix élargit le spectre : six minutes qui respirent, une montée progressive vers une libération presque spirituelle. Puis My Son, My Life casse la dynamique pour la transformer en prière électronique. On y sent le personnel, la filiation, la tendresse : la techno devient autobiographie. Who Is This? revient dans le mystère, groove minimal et question existentielle emballée dans un beat sec.
Choose Your Fight, porté à nouveau par Kael Sott, ramène l’album vers une énergie combative, presque rap-électronique, tandis qu’Illusory World installe une ambiance trouble, entre rêve et désorientation. Super Sleep Less pousse l’hyperactivité à l’extrême : un track nerveux, insomniaque, qui bat au rythme d’une ville qui ne dort jamais. She Looks Like Me – My Son, My Life Remix transforme la tendresse initiale en miroir déformant, un autoportrait sonore qui questionne l’héritage et la ressemblance.
Bleeded Out, avec Ariana Celaeno, redescend vers une gravité douloureuse : atmosphère sombre, textures presque gothiques dans un cadre électronique, un climax émotionnel. Bitter Pill poursuit dans cette veine, mais sous forme condensée : une morsure brève, directe. Love Has Gone, lui, étire la blessure, morceau cathartique où la nostalgie prend des allures d’hymne électronique. Enfin, Easy conclut le voyage par une respiration inattendue : un souffle plus apaisé, comme si le disque s’éteignait en douceur après l’orage.
Ce qui relie ces morceaux disparates, c’est la rigueur de Masguro : chaque texture, chaque break, chaque silence sert un récit. On sent la main d’un DJ devenu architecte sonore, capable d’utiliser ses influences — Italo-disco, acid house, trance, hip-hop, synthwave, ambient — pour construire une cartographie intime. B-Emo se lit comme un journal de bord des émotions, mais avec la pulsation d’un club fantasmé.
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août 20, 2025Je rentre chez moi avec cette sensation de lumière qui décroît lentement, et j’appuie play. Fade ne cherche pas l’ascenseur émotionnel, elle préfère l’escalier mécanique : mouvement continu, vitesse calme, horizon mobile. Je m’y installe comme dans un wagon nocturne. La voix de Shelita déplie un espace intime et futuriste à la fois, tandis qu’un pouls régulier tient la porte entre présence et disparition. C’est une chanson-cinéma : panoramique sur les souvenirs, gros plan sur la peau.
Techniquement, le morceau respire la précision. Les synthés, superposés en fines strates aérées, évitent soigneusement les fréquences encombrées ; l’arrangement privilégie la verticalité (hauteurs, résonances, reflets) plutôt que la surcharge. Le beat avance en ligne claire, sans esbroufe, avec ce dosage de tension qui laisse la voix respirer. La co-signature de Bellringer et Lamar Van Sciver s’entend dans l’architecture : minimalisme fonctionnel, textures propres, transitions filées plutôt que coupées. On sent des décisions de mix assumées — bas du spectre resserré, médiums polis, aigus délicats — au service d’une sensation : tenir l’émotion juste avant qu’elle ne déborde.
Shelita maîtrise l’ambiguïté comme d’autres collectionnent les hooks. Pop globale, oui, mais pas interchangeable : ses chansons s’attachent par capillarité. Fade s’attaque à la matière la plus capricieuse — le moment — et la rend palpable. On perçoit une dramaturgie feutrée dans la façon dont chaque couche entre et sort du cadre, comme des silhouettes sous un réverbère. C’est sensuel sans devenir sirupeux, mélancolique sans s’effondrer.
Sur le papier, l’artiste coche déjà toutes les cases de la crédibilité — dizaines de millions de streams, passages chez les grands médias, un précédent disque classé — mais ce qui compte ici, c’est la manière. Elle transforme des évidences émotionnelles en design sonore. La pop comme architecture d’air : tenir par la forme ce que les mots ne contiennent plus.
Je pense à ces rencontres qui changent la densité de l’air puis s’effacent de la pièce, et je me dis que Fade a trouvé la bonne vitesse de disparition. Tu ne te sens pas abandonné·e ; tu te sens accompagné·e jusqu’au seuil. Et quand le morceau finit par se dissoudre, tu réalises qu’il a laissé un sillage, discret mais persistant, exactement là où bat le tempo de ta journée.
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août 20, 2025Je ne pensais pas qu’un mot aussi froid, aussi trivial que “ghosting”, pouvait se transformer en chanson qui vous serre le ventre. Fiona Amaka l’a fait. Son nouveau single, Cowards and Shadows, n’est pas seulement une réflexion sur ces disparitions silencieuses qui gangrènent nos vies amoureuses, amicales ou professionnelles : c’est une radiographie de notre époque, une époque où l’absence a pris plus de poids que la présence.
Derrière ce titre, enregistré à Londres avec Andy Zanini, producteur-guitariste à la patte nette et subtile, il y a une atmosphère art-house qui ne cherche pas à séduire de façon frontale. On est dans une indie-rock teintée d’ombres, qui se nourrit de retenue pour mieux frapper. Les guitares ne hurlent pas, elles planent comme un spectre au-dessus d’un cœur battant. La voix de Fiona, elle, déchire par sa sincérité : directe, presque nue, mais avec une intensité théâtrale qui rappelle ces artistes capables d’ériger leurs failles en cathédrales.
On comprend pourquoi le morceau a vite trouvé son écho lors des open mics : il ne cherche pas l’universalité, il la touche sans calcul. Chacun reconnaît ces silences lâches, ces disparitions sans explications, et se retrouve happé par cette manière de les transformer en musique. Ce n’est pas une plainte, c’est une mise en lumière. Comme si Bowie avait laissé traîner un carnet de notes dans un bar londonien, et que Fiona Amaka en avait fait une chanson du présent.
Il y a dans Cowards and Shadows une tension entre élégance et brûlure, une précision d’écriture qui se permet le flou artistique. On sent un morceau taillé pour résonner en live, un refrain qui n’explose pas mais qui s’imprime comme une cicatrice. Dans un monde saturé de notifications, Fiona rappelle que le silence est parfois le son le plus violent. Et que la musique, elle, sait l’habiter.
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août 20, 2025Avec Grow Up, Blondy Club signe une pop vaporeuse et tourmentée, où les illusions se désagrègent à mesure que les synthés montent en apesanteur. Porté par une basse hypnotique et des nappes électroniques en clair-obscur, le morceau capte ce moment étrange où l’on choisit — ou subit — le passage à l’âge adulte. Ni tout à fait rupture, ni tout à fait renouveau, juste ce point de bascule où tout flotte encore.
Entre les échos psychés de Tame Impala, la précision pop de Metronomy et les bizarreries planantes des Flaming Lips, Grow Up déroule un récit intérieur, doux-amer et lumineux. Le refrain claque comme un cri d’élan, un “allez” sans filet. Puis la musique se défait, glisse vers un final instrumental chaotique, presque sauvage, comme un vertige nécessaire.
Blondy Club ouvre ici un nouveau chapitre, l’occasion pour nous de leur poser quelques questions.
Qui êtes-vous ?On est Blondy Club, un groupe psyché-pop solaire basé entre Bordeaux et ses satellites. Sur scène et en studio, on est cinq : des musiciens aux parcours variés, entre design, médecine, industrie, électronique et son… avec des guitares qui brillent, des synthés vintage et des grooves chauds.
Quel est votre parcours ?On a tous joué dans des projets très différents : du métal au reggae en passant par la soul, les jams, la chanson, la pop, le rock ou les soirées d’improvisation. JB a vu son ancien groupe s’éteindre pendant le Covid, Boris était pianiste, Benoît batteur, et maintenant… tout le monde a changé d’instrument ou presque. Comme quoi.
Que pouvez-vous nous dire en quelques mots sur votre musique ?On compose des chansons qui parlent de vraies choses : la fuite du temps, la peur de grandir, le besoin de ralentir… mais toujours avec une esthétique lumineuse, un peu rêveuse, souvent dansante. C’est profond mais sans gravité. Psyché mais pas flou.
Quelles sont vos inspirations ?Des Beatles à Panda Bear, de Tame Impala à Frankie Goes to Hollywood, en passant par Steven Wilson, Skegss, Daft Punk ou Ocean Alley. En ce moment, la scène indé australienne nous parle pas mal, et certains d’entre nous écoutent beaucoup de musique cubaine, brésilienne ou électro organique.
Quelle est votre playlist actuelle ?Un joyeux bordel : Kungs, Lazy Eyes, Chilly Gonzales, John Butler Trio, Xavier Rudd, Avicii, Pearl Jam, Rakoon, The Limiñanas… on passe sans transition du désert australien à une favela en fête.
Quel est le plat que vous cuisinez le mieux ?Le couscous, les burgers maison, un bœuf bourguignon ultra réconfortant, ou un bon vieux gâteau au chocolat. On est plus fourneaux que frigos vides.
Quels sont vos projets à venir ?Sortir notre premier EP très bientôt, enregistrer le deuxième dans la foulée et défendre notre musique sur scène à Bordeaux et partout où on nous ouvre la porte. On veut faire grandir Blondy Club à la force des refrains, pas des algorithmes.
Une anecdote sur vous ?Blondy Club est né un peu par accident. JB s’apprêtait à tout arrêter, puis un enchaînement de hasards l’a bloqué chez lui plusieurs semaines… alors il a recommencé à écrire. Le reste s’est aligné naturellement. Comme quoi, parfois il suffit d’un contretemps pour relancer la machine.
48h avec quelqu’un ?Paul McCartney, le Dalaï-lama, Keith Richards ou même un ancêtre lointain. Tant qu’on peut lui faire écouter un de nos morceaux.
Un dernier conseil ?Préférez l’intensité à l’éternité.Et lâchez vos téléphones (sauf pour mettre notre EP en boucle)
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août 20, 2025Je me surprends à sourire en entendant The Old Songs, comme si quelqu’un avait griffonné une caricature de mon propre rapport à la musique et l’avait mise en rythme. Pas un sourire candide, non, plutôt ce rictus complice qu’on offre à l’absurde. Map of the Woulds ne se contente pas d’écrire un single, ils dressent un paysage instable où la nostalgie devient un terrain miné, un décor que l’on traverse en claquant des doigts et en traînant des ombres.
Woody Frank, Andrew Woods et Adrian Woods forment un triangle à la fois fragile et indestructible. Leur trio, c’est une sorte de Rubik’s Cube sonore : chaque face tourne, se réarrange, se contredit, et pourtant l’ensemble reste cohérent. La guitare gratte comme un scalpel, la basse ricane et rebondit comme une balle de caoutchouc, la batterie ne suit jamais, elle dévie, elle feinte, elle oblige à réapprendre à marcher sur un rythme neuf. Les voix surgissent en chœur comme des apartés ironiques, presque des bulles de bande dessinée.
Ce morceau est à la fois sec et luxuriant. La production refuse les artifices, mais derrière chaque note se cache un clin d’œil, une torsion, une mini-provocation. Ce n’est pas la nostalgie qui s’exprime, c’est son fantôme, celui qui s’invite à la table pour se moquer des vivants. The Old Songs ne flatte pas la mémoire, il la déconstruit, l’éparpille et la remonte à l’envers, comme si Joy Division avait décidé de se marrer un bon coup en studio avec Talking Heads.
Ce qui rend cette sortie singulière, c’est sa capacité à rendre l’absurde immédiatement digeste, presque pop. Map of the Woulds joue avec les contradictions, mais transforme chaque angle en hook, chaque idée grinçante en groove dansant. The Old Songs, c’est la lucidité qui s’habille en fête, une satire qui ne condamne pas mais qui invite à danser sur les ruines.
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août 20, 2025Premier contact, et la température monte d’un cran. Manya n’entre pas en scène, il s’y faufile avec ce sourire rythmique propre aux hits d’Afrobeats bien nés : guitare filigranée qui accroche la lumière, kick velouté mais décidé, basse qui roule comme une vague tiède et percus en pointillé, jamais démonstratives, toujours signifiantes. Realm connaît la grammaire du genre et la parle sans accent : swing chaloupé, syncopes généreuses, arrangements aérés qui laissent respirer la voix, ce timbre lumineux, placé juste au bord du murmure pour mieux piquer au corps.
Le morceau est construit comme une ascension douce. Pas de drop tapageur, pas de feux d’artifice inutiles : Manya développe un magnétisme de proximité, ce groove à hauteur de peau qui rend toute analyse secondaire quand la nuque se met à hocher toute seule. On croit percevoir un clin d’œil à l’amapiano dans la gestion des espaces et des nappes, mais Realm reste côté Afropop dans l’écriture mélodique, privilégiant refrains immédiats et réponses instrumentales qui dessinent une romance cinétique. Le mix est net, précis, propre sur lui sans être aseptisé ; les textures gardent du grain, les mains sur les peaux s’entendent encore, comme si le studio avait laissé la fenêtre ouverte sur la cour.
Ce qui frappe surtout, c’est l’économie de moyens au service d’une efficacité redoutable. Une ligne de guitare, deux idées de chœurs, un motif de cloche posé juste où il faut, et l’architecture émotionnelle se dresse : désir, promesse, accélération discrète dans le dernier tiers pour élargir la piste de danse. Realm ne force jamais le trait, refuse l’hystérie algorithmique et préfère la persuasion patiente, celle qui transforme un titre en rituel de fin de journée, quand l’air se détend et que les silhouettes se rapprochent.
Manya coche les cases du tube sans se renier : solaire mais pas mièvre, sensuel sans tapage, contemporain sans posture. C’est le genre de morceau qui s’invite partout — terrasses, voitures, salons — et qui, mine de rien, réinstalle de la douceur dans un monde pressé. Vous cherchiez la bande-son d’un été qui n’appartient à personne et réchauffe tout le monde ? Realm vient d’en livrer la version la plus évidente et la plus classe.
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août 20, 2025Il y a des voix qu’on pensait presque effacées, des silhouettes artistiques qu’on range au rayon des belles promesses inachevées, et puis soudain elles reviennent, chargées d’une nouvelle gravité. Avec Miracle, Ady Suleiman brise sept ans de mutisme discographique et prouve que certains silences ne sont pas des absences mais des respirations. Le Nottingham singer-songwriter réapparaît à 33 ans, moins comme un revenant que comme un homme qui a traversé ses ombres pour mieux en distiller la lumière.
Le morceau prend racine dans une folk trempée d’angoisse et de gratitude, une matière acoustique rugueuse mais claire où l’on sent les années de repli, de portes fermées, de battements de cœur retenus. La voix, toujours aussi singulière, ne cherche plus l’effet immédiat mais la confession subtile, cette manière de dire la peur sociale tout en laissant filtrer la promesse de guérison. On reconnaît l’influence des racines swahilies dans le grain rythmique et dans une certaine spiritualité diffuse, comme un fil conducteur reliant l’intime à une mémoire plus vaste, collective.
Ce retour n’est pas celui d’un prodige égaré mais d’un artisan patient, qui a reconstruit son souffle à l’écart du vacarme. Derrière chaque accord de guitare flotte le souvenir d’Hendrix, figure tutélaire qui continue d’habiter ses harmonies. Mais Miracle refuse le simple hommage ou le pastiche nostalgique : il capte le dilemme universel entre l’isolement et le désir d’être au monde, en dialogue avec ses fantômes et ses alliés.
Là où beaucoup auraient joué la carte du comeback tapageur, Ady Suleiman choisit l’intime et le fragile. Miracle n’est pas une clameur de victoire, mais une respiration rare, presque fragile, qui prend tout son poids dans la sincérité. À l’heure où la scène anglaise regorge de fulgurances éphémères, ce retour se lit comme une déclaration d’endurance : l’art n’est pas une course mais un chemin sinueux, semé de replis et de résurgences.
Avec Miracle, Suleiman ne revient pas pour séduire à nouveau, mais pour témoigner de ce qui reste quand les projecteurs s’éteignent : un besoin vital de créer, d’habiter ses doutes et d’en faire une musique poreuse, où chacun peut se reconnaître. Et c’est peut-être ça, le vrai miracle.
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août 20, 2025Plan serré sur une piste moite, néons rouge sang, hanches en ellipse. La première chose que Spanish réussit, c’est d’abolir les frontières sans brandir de passeport. Chygoz convoque Lagos et Medellín comme deux quartiers d’une même nuit, et met son chagrin au centre de la piste plutôt qu’au fond d’un verre. La rythmique afro balance large, la syncope reggaeton découpe fin : on danse à contre-cœur, mais on danse mieux.
La main de Vybe O se reconnaît d’emblée dans la charpente sonore, solide et sensuelle. Kick amorti, caisse claire qui claque sec, percussions en contretemps qui ventilent, sub propre comme une lame — la production avance en feutré de luxe. Au-dessus, la guitare de Promise trace des courbes lumineuses, vibrato discret, phrasés courts qui narguent l’oreille comme un souvenir heureux revenu se pavaner. Ce binôme (Vybe O / Promise) calibre un terrain de jeu où Chygoz peut faire ce qu’il sait faire de mieux : prendre la voix par la main et la mener jusqu’au corps.
La singularité du morceau tient à ce mélange alté, doux et cabossé, qui laisse filtrer la fêlure sans se vautrer dedans. Chygoz chante le décalage – celui d’une histoire qui s’achève et d’un idiome qui n’est pas le sien – et transforme la maladresse linguistique en geste romantique. On n’est pas dans la carte postale transatlantique mais dans l’intime : cette façon de parler « en espagnol » pour dire autrement l’indicible, d’emprunter un rythme étranger pour retisser un lien. La voix, grain satiné et souffle précis, passe de la confidence au clair-obscur, glisse sur les syncopes et plante ses crocs dans un refrain qui serre la taille.
Spanish réussit surtout son équilibre : assez immédiat pour squatter les playlists, suffisamment ciselé pour ne pas se dissoudre au troisième passage. Les arrangements respirent — nappes en apnée courte, chœurs utilisés en touches de lumière, micro-breaks qui relancent la mécanique — et le mix, sans tape-à-l’œil, fait briller la capillarité entre Afrobeats et reggaeton. À l’heure où la fusion se contente trop souvent d’un collage, Chygoz signe une véritable osmose : la douleur devient carburant, le bilinguisme un outil de séduction, la piste de danse un territoire diplomatique.
Verdict : une sérénade hybride qui préfère les pulsations aux grands discours. Spanish parle à la peau, donc au cerveau. Et c’est précisément là que les histoires d’amour, même cabossées, cessent d’être locales pour devenir universelles.
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août 20, 2025On connaît ces morceaux qui collent à la peau comme une odeur froide de métro. Celui-ci, au contraire, décroche la fenêtre et laisse entrer l’air. I Don’t Give A Damn n’est pas une provocation gratuite : c’est un acte notarié d’émancipation, tamponné par des 808 propres, une rythmique pop-rap qui pivote sur le talon, et cette patine dance qui lustre les angles sans gommer les cicatrices. Ricardo Caminha raconte la sortie d’un tunnel, mais choisit la langue de la fête pour signer la lettre de rupture définitive.
La production joue double jeu, brillante et nerveuse. Un motif de synthé court, presque minimal, revient comme une pensée intrusive, aussitôt recadrée par une basse en glide qui appuie sur la nuque. Les drums, sèches, alternent frappes droites et petits décalages microtimés, façon trap tenue en laisse : l’énergie est là, mais domptée, focalisée. Dans les interstices, quelques nappes aérées, un clap reverbé qui ouvre des clairières, et ces cuts de voix traités en texture plus qu’en effet spectaculaire. C’est moderne sans surenchère, calibré pour les playlists mais pensé comme un statement.
Caminha s’avance avec un timbre qui refuse la plainte et préfère la précision. Flow articulé, mélodies qui accrochent l’oreille sans flashy cheap, placements qui respirent le contrôle retrouvé. Le texte – tout en allusions – parle d’une relation qui dévorait, d’un investissement à fonds perdus, et surtout de cette paix intérieure, neuve, qui suit le chaos quand on ne doit plus sauver quelqu’un à la place de soi-même. La force du titre tient là : zéro misérabilisme, beaucoup d’autorité sensible. On n’entend ni bravade ni posture, mais la sérénité musclée de celui qui a déplacé le centre de gravité.
Sur le papier, un carrefour Dance Pop / Trap / Pop Rap peut vite tomber en produit générique. Ici, la couture est nette. Le hook refuse la surécriture, la structure sait accélérer sans courir, et les détails de mix (sub précis, médiums clairs, aigus jamais criards) donnent du relief à une narration compacte. En trois minutes, Caminha convertit une histoire d’emprise en choré de liberté : la piste devient espace thérapeutique, la pulsation retourne la table des valeurs, et l’autonomie émotionnelle se mesure en BPM assumés.
I Don’t Give A Damn n’est pas qu’un renouveau dans sa discographie potentielle ; c’est un protocole. S’aimer assez pour ne plus honorer la violence – même travestie en passion –, transformer l’adrénaline en cadence, et signer le lendemain par un drop qui vise le torse, pas la vitrine. On sort du morceau avec la même impression que lui sortant de l’histoire : position enfin retrouvée, épaule desserrée, horizon net. Si la liberté avait un groove, elle ressemblerait à ça.
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août 20, 2025Première écoute, et l’on devine tout de suite la scène : un fichier .wav baptisé à l’arrache, mix encore plein d’angle mort, souffle sur le bus, mais une évidence de fond qui transperce. Shell (Rough) n’a rien du démo touriste. C’est une esquisse volontaire, un avant-goût qui assume ses échardes comme autant de preuves d’authenticité. Le boom-bap y respire sans nostalgie muséale : caisse claire sèche qui mord, kick sabré au couteau, swing nerveux à la limite du déraillement. Au centre, un sample coupé en dentelle — boucle poussiéreuse, piano mal accordé ou voix fantôme ralentie — que Zoink$ et Tez Pariah tordent jusqu’à lui faire avouer un autre thème, plus sombre, plus obsédant.
L’architecture rythmique claque façon MPC sur table de cuisine, avec ces micro-retards qui donnent de l’angle à chaque mesure. On jurerait entendre la colle : la compression parallèle qui gonfle la charpente, un sub discret qui rampe sous le parquet, les charleys aspirés dans une chambre anéchoïque. Et pourtant, rien d’ostentatoire. La prod refuse l’étalage : deux, trois couches bien choisies, un grain volontairement rugueux, quelques drop-outs qui creusent des silences éloquents. Le « rough » du titre n’est pas un avertissement, c’est un manifeste.
Côté micro, les deux emcees jouent la complémentarité sans forcer l’antagonisme. Zoink$ a la diction en staccato, syllabes qui claquent comme des allumettes, attaques carrées, respirations courtes ; Tez Pariah glisse plus bas, voix patinée par la nuit, placement souple qui étire les fins de phrase. Le ping-pong ne vise pas la punchline gratuite mais le relief : l’un charbonne, l’autre fume, ensemble ils installent ce mi-temps flottant entre bravade et doute. La narration n’appuie jamais, elle suggère — une ville qui ricane, des dettes qu’on paie en heures, l’orgueil comme dernière monnaie. C’est précisément dans ces interstices que la track gagne : on entend les murs, les doigts sur le fader, le frottement d’un monde réel.
Ce qui frappe surtout, c’est la clarté de la direction artistique. Shell (Rough) ne court pas après la grosse artillerie ni les refrains en néon. La force tient au cadre : un motif mélodique court, presque entêtant, qui revient comme une lampe torche dans un couloir ; une rythmique erratique mais tenue, qui fait tanguer la nuque sans jamais s’écrouler ; un mix qui laisse le médium parler, loin des vernis trop polis. On pense à cette génération qui a réappris au rap à aimer ses marges : pas de superflu, une dramaturgie du grain, la sincérité comme unique effet spécial.
On parie d’ailleurs que la version « finie » pèsera plus lourd, mais pas forcément plus juste. Parce que tout est déjà là : un langage commun, une science de la coupe, et cette conviction rare que le morceau n’a pas besoin d’être parfait pour être décisif. Zoink$ & Tez Pariah signent un instantané qui sent le fer et la poussière, une cartouche brute qui rappelle qu’un bon rap, c’est d’abord une idée tenue à bout de bras. Shell (Rough) ressemble à ces polaroids qu’on garde dans la poche intérieure : un cliché imparfait, mais la seule preuve qu’on était vraiment là.
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août 20, 2025Pas besoin d’un arsenal d’effets pour faire respirer un standard : Wezley préfère la chirurgie fine. Sa relecture de 23 choisit l’épure et le mouvement, comme si l’original servait de carte et qu’il traçait sa propre route en marge, sur des chemins de terre battue où la sueur sent le club et la terrasse au crépuscule. Première claque : le tempo, gardé souple mais tendu par un jeu de percussions qui claque au talon — shakers sablés, congas en pointillés, log drum retenu qui gronde plus qu’il ne bombe le torse. À l’arrière-plan, une guitare highlife aux attaques perlées dessine des contrechants lumineux, presque naïfs, en contraste avec une basse ronde qui avale l’espace avec une élégance de félin.
Wezley ne singe personne. Sa voix passe du grain chaud au falsetto effleuré, avec ce vibrato serré qui ouvre une fenêtre sur l’intime. Il s’y autorise des suspensions, des respirations qui déplacent l’accent de la phrase musicale et donnent au refrain une dynamique neuve, plus serpentine, moins frontale. La production, elle, refuse l’esbroufe : synthés mats, pads ambrés, quelques risers discrets, une reverb courte façon studio feutré — on entend les doigts sur les cordes, les lèvres sur le micro, cette matérialité qui manque à tant de covers conçues pour l’algorithme.
Le tour de force tient à l’équilibre : respecter la colonne vertébrale du morceau tout en injectant un ADN afrofusion au présent — trace d’amapiano dans le grave, éclats pop dans les harmonies, micro-cassures rythmiques qui font danser le contretemps. Impossible de s’y tromper : 23 (the cover) n’est pas un cosplay sonore, c’est une translation. Le texte sous-entendu gagne en sensualité, le groove en viscosité, l’ensemble en narratif. On ressort avec la sensation d’avoir réécouté un vieux souvenir dans un cadre nouveau : même thème, autre lumière, et cette impression délicieuse que la chanson a pris une seconde peau.
Wezley signe surtout un acte de positionnement. En trois minutes, il montre qu’il sait arranger, interpréter, produire sans saturer, et imposer une signature — ce balancement maîtrisé entre douceur et tension, entre promesse de l’aube et fièvre de minuit. Une cover qui ne cherche pas l’exploit vocal ni la surenchère, mais la justesse : exactement ce qu’on attend d’un artiste prêt à s’installer durablement dans la conversation afro-pop.
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août 20, 2025Le rendez-vous avait tout pour basculer du bon côté : mood tamisé, groove soyeux, verres qui transpirent. Mais dès les premières mesures de Side Eye, Alexandros Sarafis transforme la scène en mini-film : la personne en face répète qu’elle en a fini avec son ex, sauf que chaque phrase ramène au fantôme. Et c’est là que le morceau trouve sa force : narrer avec une ironie douce-amère le décalage entre l’intention et la réalité, entre l’envie d’ouvrir une nouvelle page et le poids du passé qui colle au verre.
La production, signée Wizzy Wow (Grammy-nominé) et RXR (platinum sculptor de hits), replonge dans un R&B qui aurait pu tourner en radio au milieu des années 2000 — nappes satinées, basse ronde qui avance sans presser, batterie syncopée qui respire plus qu’elle ne frappe. L’instrumental ne force rien : il laisse la place au storytelling, comme une soirée qui s’étire malgré les faux pas.
Alexandros Sarafis se glisse dans le rôle de l’observateur à moitié amusé, à moitié désabusé, oscillant entre séduction et perplexité. Jazz Montell, déjà remarqué avec Bees & Honey, arrive en contrepoint, ajoutant une texture plus rugueuse, presque complice dans le constat. Ensemble, ils créent une alchimie particulière : pas l’amour flamboyant, mais cette étrange complicité qui naît dans les rendez-vous qui partent en vrille.
Side Eye ne cherche pas l’hymne dramatique, il préfère la finesse : un sourire en coin, un beat nostalgique, et ce constat universel que parfois, les premiers rendez-vous se résument à un long monologue sur quelqu’un d’absent. Un R&B à la fois drôle, élégant et terriblement humain.
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août 20, 2025Première gorgée, la 808 descend comme un alcool fort. Jory yungsta ne demande pas la coupe, il convoque un monde : néons baveux, sièges arrière qui sentent la sueur froide, hi-hats qui cliquettent comme des glaçons contre le verre. Pass me the cup n’est pas un simple banger à lever en l’air ; c’est un geste, un cérémonial de survie où l’excès devient langue et la production, liturgie. Le beat respire en staccatos serrés, kicks ventrus, sub-bass qui tremble long comme un after interminable. Tout est pensé pour la lévitation urbaine : espaces négatifs, silences fendus, ad-libs qui surgissent en arrière-plan comme des ombres complices.
Ce qui accroche, c’est la façon dont Jory yungsta découpe le tempo : flow mi-coulé mi-saccadé, placement à contretemps qui donne l’impression d’un coureur changeant de ligne à chaque mesure. Le morceau joue l’économie de moyens pour maximiser l’impact, privilégiant l’attaque et la texture : claps secs, lead synth granuleux, touches de reverb brève qui font claquer chaque fin de phrase. On entend la filiation trap la plus moderne, mais débarrassée du tape-à-l’œil : efficacité, contrôle, une noirceur clinique qui évite le cliché.
Thématiquement, la coupe n’est pas qu’un objet : c’est un symbole communautaire, un raccourci vers la bravade, l’oubli choisi, parfois la défaite assumée. Jory yungsta a l’intelligence de ne pas moraliser — il documente. Et dans ce documentaire compressé en trois minutes, il parvient à injecter une tension dramatique : l’ivresse n’est jamais totalement lumineuse, la fête n’annule pas le vertige.
Pass me the cup marque surtout une maturité de production : mix clair, bas du spectre tenu, topline mémorisable sans racoler. Un single pensé pour fracasser les voitures comme les petites salles, qui rappelle que le trap le plus radical peut encore évoluer par la précision. Levée de verre, oui — mais ici la coupe sert à refléter la ville, pas seulement à la boire.
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août 20, 2025Il y a des morceaux qui sentent la poussière des sous-sols, les soirées enfumées où le hip-hop n’avait rien de poli ni d’aseptisé. Cocaine & Vodka, nouvelle cartouche signée Halfcut et Cole The God, appartient à cette famille. Rien que le titre sonne comme un toast à la perdition : une célébration amère, le goût âcre des excès et la lucidité froide de ceux qui savent très bien ce qu’ils consomment, dans la vie comme dans le son.
Halfcut crache ses rimes comme on taille au couteau, chaque syllabe claquant sèchement sur les kicks massifs et l’atmosphère spectrale sculptée par Cole The God. Ici, pas de fioritures : on retrouve le squelette du boom bap, ses basses sales, ses caisses claires qui giflent, mais injecté d’une noirceur contemporaine, presque cinématographique. La production n’accompagne pas le flow, elle l’encercle, le hante, lui tend un miroir où la rage se reflète sans filtre.
Ce qui fascine, c’est la tension entre classicisme et modernité. On pense aux cendres des années 90, aux fantômes de Mobb Deep ou des premiers RZA beats, mais repensés pour 2025 avec une clarté digitale et une gravité supplémentaire. Cocaine & Vodka n’est pas un simple exercice de style : c’est une plongée dans les contradictions humaines, ce besoin d’échapper à soi par l’autodestruction autant que par l’art.
Avec cet extrait de leur nouvel album The Relentless Two, enrichi de featurings lourds comme Guilty Simpson ou Reks, Halfcut et Cole The God rappellent que le rap conscient peut être brut, sale, sans vernis — et qu’il n’a rien perdu de sa puissance viscérale. Un morceau qui s’écoute comme un uppercut, avec l’arrière-goût d’un shot de trop.
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août 20, 2025Il y a chez ROBX une manière de transformer les plaies en paysages sonores, de faire du chaos intérieur une esthétique à part entière. Son diptyque vices / better as friends s’écoute comme une confession nocturne captée entre deux verres renversés, une voix qui flotte dans les vapeurs d’un club trop tardif, puis s’écrase brutalement dans l’intime.
Vices s’ouvre comme un poison sucré : nappes vaporeuses, un groove hip-hop discret mais suffocant, et cette sensation d’être happé par quelqu’un qui connaît nos failles mieux que nous-mêmes. La voix de ROBX caresse avant de mordre, hypnotise puis enferme. On pense à ces morceaux d’emo-rap qui flirtent avec le R&B contemporain, mais ici le vernis est plus sombre, presque cinématographique.
Puis better as friends retourne la table. Le tempo s’accélère, les basses cognent, l’énergie s’embrase comme si la lucidité reprenait enfin ses droits. Là où vices plonge dans la dépendance émotionnelle, better as friends assume le sevrage : un lâcher-prise rageur, porté par une esthétique entre cloud hop et pop rap, qui bascule de la langueur à l’explosion.
Ce diptyque n’est pas seulement un single double-face, c’est une dramaturgie condensée : attraction, chute, libération. ROBX y trace une ligne fragile entre l’aveu de faiblesse et l’affirmation de soi, entre l’intimité de la nuit et l’énergie brute du jour qui se lève. Un témoignage d’époque où la génération Z, entre désirs toxiques et quête de vérité, fait de ses contradictions une matière sonore irrésistible.
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août 20, 2025On n’attendait pas forcément que Marbella devienne l’un des hymnes de l’été anglais, et pourtant : Avelli y a planté ses drapeaux. Le Sheffield kid qui bidouillait ses premiers beats à 13 ans transforme ici le fantasme d’évasion en manifeste sonore, quelque part entre les clubs en sueur et les terrasses de bord de mer. Marbella n’est pas seulement un titre géographique, c’est l’idée même du “payoff” après les années de galère : le soleil après la pluie, les cocktails après la grisaille, l’hymne de ceux qui veulent célébrer leurs cicatrices autant que leurs victoires.
Musicalement, Avelli surprend. Le morceau s’ouvre sur des cuivres triomphants, presque baroques, avant de glisser vers une rythmique afroswing dopée à l’Amapiano. Les cordes orchestrales donnent une ampleur cinématographique, comme si le track hésitait entre la bande-son d’un film épique et la bande-son d’une pool party. Cette tension crée l’énergie singulière de Marbella : à la fois grandiloquent et viscéralement dansant.
Là où beaucoup se contenteraient de surfer sur la vague TikTok, Avelli amène une vision plus large. Derrière les punchlines de réussite et les refrains calibrés pour les stories, on entend l’histoire d’un gamin qui a bossé pour imposer sa place. Sheffield, ville ouvrière qui n’a jamais vraiment eu son mot à dire dans la cartographie du rap britannique, tient peut-être avec Avelli son nouveau porte-voix.
Marbella est une carte postale fictive, une utopie sonore mais aussi un signal : le nord de l’Angleterre ne se contente plus de regarder Londres dicter les codes. Avec son mélange de grime, de trap et d’influences afro, Avelli signe une entrée fracassante dans 2025. Un morceau qui transpire la confiance et annonce une ambition à la hauteur des cuivres qui l’ouvrent.
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août 20, 2025Sous un titre faussement militant qui semble surgir d’une pancarte Greenpeace oubliée sur un dancefloor, Eyeconic dégaine avec Save The Dolphins son single le plus joueur et paradoxalement le plus affirmé. Loin d’un manifeste politique, ce morceau assume une légèreté néo-Y2K — beats caoutchouteux, basses élastiques, minimalisme futuriste digne des Neptunes à l’époque où chaque production sonnait comme un portail vers une dimension parallèle.
Derrière le gimmick du “save the dolphins”, il y a un esprit frondeur : celui d’un gamin polonais arrivé dans le Middlesbrough des années 2000, qui a dû avaler la xénophobie à coups de textes griffonnés, avant de trouver refuge dans la grime, le DnB et les micro-scènes de l’underground nordique. Eyeconic a appris le micro comme on apprend à respirer, en improvisant dans des caves enfumées et en déclamant face à des foules qui demandaient plus de sueur que de glamour.
Aujourd’hui, son rap s’affirme hybride, trop anglais pour être vraiment polonais, trop polonais pour être rangé parmi les Anglais — et c’est justement cette dissonance qui devient sa force. Save The Dolphins ne cherche pas à convaincre, mais à exister comme une bulle de confiance, un hymne au fait de continuer à marcher droit quand tout autour hésite.
On pense aux Brockhampton pour cette exubérance collective fantasmée, mais Eyeconic garde une patte résolument UK, où chaque punchline a le goût d’une nuit passée à osciller entre club crade et introspection. Save The Dolphins n’est pas une posture : c’est la réinvention joyeuse d’un outsider devenu pilier, et qui transforme ses contradictions en bangers translucides, drôles et nécessaires.
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août 20, 2025Il existe des morceaux qui n’ont pas besoin d’explications complexes : ils s’ouvrent comme une canette qu’on claque, pétillent immédiatement, et s’évaporent dans l’air chaud des après-midis prolongées. Summer Cooler, nouveau single du trio Parker Franklin, est exactement ce genre de boisson sonore — un mix énergisant où le disco-rap et la pop-rap fusionnent en un groove effervescent, pensé pour les playlists de fin d’été qui refusent de mourir.
Originaires de Birmingham, Alabama, Alexander Carroll Horn, Mel. Crozby et Brotha Josh forment un groupe à l’ADN clair : transformer la légèreté en statement, transformer la fête en langage. Sur ce titre, la production scintille de basses rondes et de nappes sucrées, comme un écho à la soul filtrée par le prisme des clubs à boules à facettes. Il y a quelque chose d’un clin d’œil assumé aux étés old school, mais remixés avec un aplomb résolument contemporain.
Ce qui fait la force de Summer Cooler, c’est son refus de choisir entre hédonisme et précision. Le flow est agile, la structure parfaitement calibrée pour le repeat, mais le morceau conserve une fraîcheur brute, comme s’il avait été pensé sur une terrasse avec un gobelet en plastique rempli d’une potion maison. Le titre glisse, s’évapore, revient en boucle, jusqu’à devenir le compagnon de route évident d’un trajet de nuit ou d’une journée à la plage.
Avec ce nouveau single, Parker Franklin s’affirme non pas comme un simple groupe de rap-RnB régional, mais comme une formation capable d’embrasser la légèreté tout en gardant du style, du relief et une vraie identité. Summer Cooler n’est pas qu’une boisson estivale, c’est une carte postale musicale envoyée depuis un été qui, avec eux, n’a aucune intention de finir.
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août 20, 2025Il y a des morceaux qui sentent la poussière des terrains vagues, les nuits sans sommeil, les carnets remplis de plans et de rêves griffonnés à la hâte. Money (Hustle), nouvelle offrande de Dumomi The Jig accompagné de Psalmx, est de ceux-là. Mais plutôt que de rester coincé dans la lutte, il choisit la célébration : le moment où les efforts payent enfin, où la sueur se transforme en paillettes, où les verres trinquent à tout ce qui a été gagné de haute lutte.
Dumomi balance un rap d’une franchise brute, construit sur une rythmique afro-rap nerveuse, cadencée comme une marche triomphale. La prod est bondissante, solaire, infusée d’une énergie qui n’appartient qu’à ceux qui ont connu l’attente avant la récompense. Psalmx vient poser une couleur complémentaire, comme une ombre lumineuse, apportant profondeur et écho à ce récit d’ascension.
Ce qui frappe, au-delà de l’efficacité immédiate du morceau, c’est son authenticité. Money (Hustle) ne fantasme pas une réussite éclatante sortie de nulle part : il raconte le chemin, les obstacles, les doutes, et surtout la fierté de ne pas s’être effondré en route. C’est un toast lancé au visage du monde, un « on l’a fait » partagé avec tous ceux qui savent ce que veut dire se lever chaque matin avec le doute comme seul compagnon.
Avec ce single, Dumomi The Jig confirme sa capacité à mêler énergie populaire et storytelling viscéral, à construire une passerelle entre la rugosité du rap de rue et l’élan fédérateur des sonorités africaines. Money (Hustle) est une invitation à lever le poing, à lever le verre, et à danser sur le fruit du travail.
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août 19, 2025*scroll to bottom for english*
“If you wanna be brave, first you gotta be afraid, nigga” – Yaya Bey
(« Si tu veux être courageux, faut d’abord que t’aies peur, mec. »)
Quelle ouverture, franchement ! Yaya Bey débarque avec un album unique qui ne donne pas d’autre choix que de danser/kiffer, peu importe ce qui se passe autour de toi. Yaya Bey a réalisé un projet intemporel qui a atteint tous ses objectifs et plus encore, grâce à des paroles pleines d’âme, à un mix d’R&B, de jazz, d’hip-hop et même à un peu de soca.
Dès la première écoute, je me suis imaginé l’ambiance que ça mettrait en fond à une réunion de famille.
Quand on parle de “family get-togethers” dans la culture afro-américaine, on pense à ces grands moments de partage où plusieurs générations se retrouvent autour de la musique, des jeux, de la bouffe maison, de la danse et des moments où on parle de tout et de rien. Le genre d’événement où ça rigole, ça chante, ça débat et ça se lance dans des pas de danse sans chichi, entre tantes, grands-pères et petits cousins. C’est dans cette ambiance-là que l’album de Yaya Bey prend tout son sens.
J’ai déjà écouté cet album au moins dix fois, et j’ai aussi regardé ses vidéos où elle explique le sens de ses morceaux; à chaque écoute, je découvre de nouvelles choses. Plus de chaleur, plus de paroles sur l’amour et l’envie d’être ensemble, plus de percussions… C’est presque incroyable tout ce qu’on peut découvrir dans cet album.
« In a Circle » sort vraiment du lot — pour moi, c’est toute l’essence de l’album, concentrée dans une seule chanson.
Un groove tout en douceur qui donne envie de bouger, avec des vibes positives du style « garde la tête haute et profite de cette belle vie ».
“It’s a new day… feeling brand new… now I’m throwing that ass around” (« C’est un nouveau jour… je me sens tout neuf… et maintenant je me lâche complètement »). Jamais j’aurais cru qu’un morceau sur le fait de « bouger son boule » puisse plaire à tout le monde, des mamies aux petits-enfants… et pourtant, on y est !
Le clip de “Raisins” prolonge vraiment l’esprit de l’album : passer du bon temps en famille, entre coiffures, pas de danse et discussions sur les rêves/ kiffer avec la famille et faire de tout, des cheveux à la danse, en passant par parler de rêves.
Une belle salve d’applaudissements pour Yaya Bey ! J’espère que vous prendrez autant de plaisir à écouter cet album que moi.
Les réunions de famille viennent de trouver une nouvelle bande-son… Et vous, vous commencez par quel morceau ?
Chansons préférées:
in a Circle
no for real, wtf
dream girl
“If you wanna be brave, first you gotta be afraid, nigga” – Yaya Bey
What an opening line, damn. Yaya Bey comes in with a stamp on an album that you have no choice but to dance/vibe to, no matter what is going on around you. Yaya Bey put together a timeless project that achieved everything it was created to do and more through soulful lyrics, R&B, jazz, hip-hop, and she even threw in a lil bit of soca.
On my first listen all I could picture was how good the vibes would be with this playing at a get together with the fam. I’ve played this album at least ten times, and also have been watching her videos describing what that songs are about and each listen I discover more. More warmth, more lyrics about love and wanting to come together, more drums, its kind of unbelievable how much there is to find in this album
“In a Circle” stands out, to me its everything that this album is, compiled into one song. A smooth vibe to bounce to coupled with positive keep ya head up and enjoy this beautiful life vibes. « It’s a new day…feeling brand new… now I’m throwing that ass around ». I never thought the day would come that a song about throwing that ass around could be enjoyed by everyone from the grandmas to the grandkids but here we are! The “Raisins” video extends the message of the album, vibing with the fam and just doing everything from hair, to dancing, to talking about dreams.
Round of applause Yaya Bey, I hope you all enjoy this album as much as I did.
Family get togethers just found another set of anthems, which song are you putting on?
Favorite songs:
in a Circle
no for real, wtf
dream girl
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août 18, 2025Le son rap du bitume qui croise la chaleur de l’afrobeat et la sensualité du RnB, voici une nouvelle playlist qui va vous faire groover les tympans, quelques claques sonores à déguster sans compter pour bien accompagner vos journées cet été.
Mila – Mikado
ILIANA – Rodéo | PHENIX LIVE SESSION
7vn – One More
Morçeno – The Grid
Studyla – A tes côtés
FAABOLO – Côté R.I.O
Dexe – Mucho plata
Kaé – Tu joues
IDY – Wandedu
NVM3K – Netay
DeanC – LOVE (Na Lingi Yo)
K.MI – .UBSCENE
Mugen SK – Comme Hier
Jeune Poète, Mara Kyps – Souleymane
ZELGA – MAQUETTES
LE RD – Freestyle OSCURO 3
sinops – 1250
SUPERSAD, Kunsa, Austin. – Qui aurait
SF Le Vrai – Naufragé
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août 18, 2025Avec Hot, le duo RYBE s’allume comme une allumette qu’on craque dans l’obscurité : une étincelle qui ne demande qu’à embraser la piste et les écrans. Regan Aliyah et Ryan Asher, sœurs dans la vie comme dans le groove, signent un hymne incandescent où le dance pop flirte avec le rap vitaminé et un RnB diablement accrocheur. L’énergie est immédiate, faite pour les corps qui s’inventent des chorés TikTok dans leur chambre et pour les clubs où la sueur devient manifeste.
La prod pulse comme une invitation à la démesure : beat massif, basses élastiques, hook imparable. RYBE ne se contente pas de célébrer l’indépendance et la confiance en soi, elles l’incarnent, le crachent au visage du monde avec une insolence brillante. Regan Aliyah, déjà visage familier des écrans entre Netflix et Marvel, s’impose ici en rappeuse charismatique, tandis que Ryan Asher colore le morceau de ses lignes mélodiques qui flottent comme des éclats de néon.
Hot est plus qu’un single taillé pour les playlists pop mondiales : c’est la démonstration que le duo veut occuper toutes les sphères – musique, mode, culture – sans jamais s’excuser de leur ambition. Les visuels, flamboyants, jouent la carte de l’audace esthétique, confirmant que RYBE cherche à imposer un univers global où la musique est le point d’entrée d’une attitude plus large.
En somme, Hot est un brûlot générationnel : fun, sexy, impertinent, calibré pour devenir viral mais assez sincère pour dépasser l’effet de mode. Dans un paysage saturé d’images et de sons interchangeables, RYBE signe un morceau qui a le goût du feu et le parfum de l’avenir. Les sœurs sont prêtes à devenir ce qu’elles annoncent : une voix, un style, une vibe, une brûlure.
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août 18, 2025Baby Please sonne comme une cassette oubliée des années 90 qui aurait traversé un vortex pour revenir, intacte mais dopée à l’énergie d’aujourd’hui. Sofia Eleni, héritière spirituelle des Janet Jackson et Mariah Carey qu’elle cite en influences, s’empare de la pop-RnB avec une désinvolture qui frôle l’insolence. Son morceau est une petite bombe ludique : une claque sucrée-salée, entre mélancolie camouflée et légèreté assumée.
La production convoque l’âge d’or du RnB pré-millénaire : boîtes à rythmes soyeuses, synthés satinés, ligne de basse bondissante. Mais tout est dépoussiéré, saturé de modernité, avec un groove qui ne cherche pas à singer le passé mais à le réinventer. Ce n’est pas un hommage figé, c’est une réappropriation joyeuse, presque ironique, d’un langage musical qui se fait ici arme d’émancipation.
Sofia Eleni, de sa voix claire et piquante, distille le désarroi amoureux sans s’effondrer dedans. Elle rit de ses blessures, danse sur ses colères, transforme les rancunes intimes en refrains contagieux. Il y a dans son interprétation une sincérité adolescente et une maturité tranquille, un mélange rare qui fait de Baby Please bien plus qu’un simple tube rétro. C’est un manifeste générationnel : l’art de tout dire, mais en le criant à travers des pas de danse et des refrains légers.
Ce titre a la légèreté des pyjamas parties où l’on chante devant le miroir, brosse à cheveux en guise de micro, mais aussi l’acidité d’une punchline murmurée à minuit après une trahison. Sofia Eleni réussit à faire du RnB un terrain de jeu ironique et libérateur. Avec Baby Please, elle signe un morceau qui brille autant pour sa nostalgie maîtrisée que pour son irrévérence, confirmant qu’elle ne veut pas seulement revisiter le passé : elle veut en écrire un nouveau chapitre, plus pop, plus sincère, plus libre.
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août 18, 2025Mannat est un vœu jeté dans l’air moite, une offrande murmurée entre trap ralentie et RnB drapé de soie. INLUVWITHKAI ose un territoire encore peu exploré : un Indian Trap RnB qui respire la ferveur et la langueur, mélange de beat urbain et de spiritualité feutrée. On n’écoute pas Mannat comme un single jetable, on le reçoit comme un secret confié à la nuit.
La production construit un écrin intimiste : nappes flottantes comme de l’encens, percussions digitalisées aux frappes feutrées, basses épaisses qui se déplacent lentement, presque religieusement. On sent l’hybridation instinctive : l’énergie du trap dans les kicks lourds, la chaleur du RnB dans les harmonies aérées, et, par endroits, une touche modale qui semble convoquer des couleurs indiennes, comme un fantôme de sitar ou une réminiscence vocale. C’est subtil, mais c’est cette subtilité qui ancre Mannat dans un imaginaire bien à lui.
La voix, elle, fait tout basculer. INLUVWITHKAI chante comme on confesse un désir impossible à contenir : phrasés doux, intonations blessées, retenues soudaines qui laissent passer une fêlure. On n’est pas dans la démonstration vocale mais dans la sincérité absolue – ce timbre qui accroche la lumière et retombe dans l’ombre en un souffle. Le refrain, circulaire, a ce pouvoir de mantra : répétition hypnotique qui colle à l’esprit, comme si le souhait d’amour formulé dans le titre se matérialisait par l’incantation.
Mannat, c’est la collision entre deux mondes : celui du club ralenti, codé par la trap, et celui de la dévotion intime, héritée d’une tradition de chants presque mystiques. Résultat : un morceau qui s’écoute autant les yeux fermés, seul dans sa chambre, que dans la pénombre d’une salle saturée de basses, où les cœurs battent à l’unisson. Avec ce single, INLUVWITHKAI ouvre une brèche rare, un espace où la modernité urbaine se laisse traverser par une spiritualité sensuelle. Un premier jalon qui, si la trajectoire se confirme, pourrait bien redessiner une cartographie émotionnelle de la trap contemporaine.
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août 18, 2025Pas besoin d’intro qui joue la montre : Ball frappe comme une passe en profondeur, contrôle orienté, crochet intérieur, frappe en lucarne. devinoSP, Nigérian de cœur et Canadien d’adresse postale, signe ici le genre de single qui rappelle que l’afrobeats n’est pas un style mais un accélérateur de particules sociales : tu presses play, la pièce change de gravité. Sa promesse, « proper afrobeats », n’est pas un slogan – c’est un cahier des charges tenu au millimètre.
La production respire la sueur heureuse. Basse élastique qui roule sur le temps fort, batterie qui riffe en syncope avec des kicks secs comme des claques d’orage, shakers en contre-temps, guitares palm-muted qui tracent des sourires en filigrane, touches de percussions organiques – on jurerait entendre le grain d’un talking drum ou d’un shekere glisser sous le mix. Le tout construit un moteur de danse qui sait alterner propulsion et suspension : micro-breaks, relances, drops économes, autant d’espaces où la voix s’engouffre pour remettre l’énergie dans le rouge.
La voix, justement, c’est la carte-maîtresse. Timbre clair, attaques nettes, un phrasé qui balance entre l’assurance et la caresse. devinoSP n’en fait jamais trop : toplines qui s’accrochent à l’oreille, ad-libs placés avec malice, refrains qui s’invitent sans frapper. On retrouve l’instinct mélodique déjà entrevu sur SINGAPOUR, MEDICINE et U LIKE IT, mais poli par une exigence nouvelle : moins d’embellissements, plus de vérité, cette « attention to rawness » qui enlève le vernis pour laisser apparaître le bois vivant.
Ball fonctionne aussi parce que le morceau pense au dancefloor comme à un écosystème. Les fréquences basses bousculent les hanches, le médium laisse respirer les voix, l’aigu scintille juste assez pour éclairer les contours – parfait pour des sélections afrobeats, afropop ou cross-over global des DJ qui aiment faire monter une salle sans l’épuiser. C’est une track de momentum, idéale pour ce moment où l’on bascule du simple head-nod au sourire complice et aux épaules qui lâchent prise.
On devine, derrière cette efficacité, un chantier plus grand : VOLUME 2 en ligne de mire, et l’envie de serrer encore le propos. S’il garde cette science du groove épuré, ces hooks qui sentent la victoire tranquille et cette production qui privilégie l’impact sur l’esbroufe, devinoSP peut s’installer durablement dans la cour des faiseurs de bangers élégants. Ball ne réinvente pas l’afrobeats ; il le recentre. Et parfois, c’est exactement ce qu’il faut pour rallumer la fête.
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août 18, 2025Premier contact, et le cœur change de BPM. Baby Stay n’est pas qu’un « rework » de Baby Please : c’est une mue en pleine lumière, une mèche de pop aspergée de kérosène club, prête à redessiner la piste à coups de syncopes malicieuses et de couplets neufs qui claquent comme des bulles de chewing-gum. Sofia Eleni joue la carte du fun, oui, mais jamais au détriment de la ligne : son timbre velouté, quelque part entre la souplesse d’une Janet période Velvet Rope et le rayonnement d’une Mariah au ralenti, dépose un grain soul sur une structure hyperpop qui crépite.
On sent la New-Yorkaise passée par la scène très tôt — School of Rock en guise de baptême du feu — capable d’articuler le dramatique et le dansant sans forcer le trait. Baby Stay mise sur une architecture simple et efficace : kick qui pousse l’air, claps qui piquent, basse qui rebondit avec ce sourire en coin typique des edits de fin de nuit. Les couplets rallongés ne sont pas un gadget : ils densifient le récit, lui donnent ce supplément de conversation que tant de remixes oublient, et offrent à la voix de Sofia des courbes où se lover avant chaque release.
La production a l’intelligence de la retenue. Les textures numériques scintillent, mais laissent respirer le médium, là où la chaleur R’n’B fait monter la température. Quelques glitches, des stutters bien placés, une montée qui refuse l’hystérie : l’hyperpop est ici un langage, pas un effet spécial. Résultat : un tube potentiel pour playlists « dance-pop » et « hyperpop romantique », calibré pour les transitions de 2h du mat’, quand le club hésite entre sueur et tendresse.
Ce qui accroche, surtout, c’est la manière dont Sofia Eleni transforme l’envie de « rester » en moteur chorégraphique. Pas d’apitoiement : de la persuasion en mouvement, un sourire qui sent la victoire douce. L’ADN 90’s n’est jamais pastiche, plutôt un filtre à grain posé sur un présent net — harmonies secondaires qui caressent, ad-libs à la lisière du gospel, topline qui s’incruste sans permission.
Baby Stay donne l’impression d’une artiste qui a trouvé son angle : raconter l’intime avec des armes de club, faire grimper la température sans écraser l’émotion. Si la suite garde ce dosage — modernité effervescente, écriture qui parle, voix qui tient la pièce — on tient l’une de ces poppeuses capables de mettre tout le monde d’accord, du crate-diggeur R’n’B aux kids hyperpop. À écouter fort, fenêtres ouvertes, et laisser la ville répondre en écho.
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août 18, 2025On pense d’abord à un reflet : un stroboscope dans une vitre de métro, la ville qui défile et ce battement au sternum qui ne veut plus redescendre. Slide coule comme une signature au feutre indélébile, un tracé net posé par DEELA sur une prod qui grésille d’électricité statique. Elle n’annonce rien, elle occupe. Le morceau est une prise de pouvoir, pas un communiqué.
Genio Bambino et Dëra empilent une architecture de club pensée pour le corps avant le cerveau : kicks qui claquent secs, syncopes qui coupent la lumière, basse élastique qui colle aux chevilles. L’ossature rappelle ces hybrides globaux où l’afro bat dans la poitrine du rap et où les effluves reggaeton se glissent en filigrane, sans clin d’œil facile ni pastiche. C’est la science du détail qui capitaine la manœuvre : contretemps qui aspirent l’air juste avant le drop, hi-hats qui virevoltent façon rasoirs miniatures, espaces négatifs qui donnent du nerf à chaque relance. La dynamique est pensée comme une chambre à pression — montée, raréfaction, exutoire — et DEELA s’y faufile avec une diction qui perpétue la tradition grime tout en la vernisant de club chic.
Son écriture, frontale, refuse le misérabilisme comme l’esbroufe. Elle parle en trajectoires : de la caisse enregistreuse au cockpit, du doute à l’assertion. On entend la mue récente, cette sortie de carapace après un retrait imposé. Rien d’amer, tout d’aiguisé. Sur Slide, elle choisit la translucidité plutôt que la confession, l’aimantation plutôt que l’exposé. Résultat : un cérémonial d’auto-affirmation qui ne moralise pas, qui donne envie d’aligner les épaules et de prendre de la place au centre de la piste.
La réussite, surtout, tient à la façon dont le morceau convertit l’intime en momentum collectif. Il y a cette sensation rare de « club utile » : un track qui fait transpirer et qui, en douce, reprogramme la posture. Les contours « Wicked » prennent relief ici — dualité assumée, tendresse nerveuse, élégance carnivore. Côté références, on capte des réfractions de la diaspora (Lagos-Londres, trap-UK garage, alté qui frôle le pop-rap) mais tout est fondu dans un idiome personnel. Pas d’ornement inutile, pas de mélisme en roue libre : une ligne claire, des angles francs, et des accroches qui s’incrustent sans s’excuser.
Slide n’est pas seulement un nouveau chapitre, c’est un protocole. Une façon de signer l’air, de demander au système son tempo. Si c’est l’ouverture de l’ère annoncée, on est prêt pour la suite : des hymnes qui tapent, des visions qui transpirent, et cette manière très DEELA de transformer l’ambition en chorégraphie. Ici, la fête est une arme blanche — et elle tranche avec style.
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août 18, 2025Dans le paysage britannique saturé de rappeurs cherchant leur moment viral, KiLLOWEN avance autrement : il fabrique son propre vocabulaire, celui d’un garage-rap euphorique, hybride, à la fois ancré dans la nostalgie des breaks UK et tendu vers l’avenir. Son nouveau single Swings n’est pas qu’une punchline transformée en refrain, c’est une carte postale autobiographique, un pont entre les caisses de Tesco et le vacarme des festivals où il joue désormais.
La production, façonnée par ses soins, déploie une énergie solaire qui oscille entre effervescence house et pulsations 2-step. Mais derrière les nappes mélodieuses et la cadence qui attrape, KiLLOWEN pose son constat : la vie ressemble plus à des montagnes russes qu’à une ascension linéaire. Chaque succès est un roundabout, chaque rêve coché ouvre sur une nouvelle incertitude. Cette sincérité, sans effets de style forcés, fait la différence dans une scène où beaucoup cherchent encore à copier l’esthétique grime ou drill. Lui préfère les contrastes, l’éclat du dancefloor et les ombres du récit personnel.
À 25 ans, l’artiste n’a déjà plus grand-chose d’un rookie. De son premier projet Pub Therapy à ses singles récents qui tutoient les charts, KiLLOWEN a trouvé la formule : une écriture hyper identifiable, où l’intime se fond dans le collectif, et un son qui s’inscrit dans la tradition UK tout en lorgnant vers la pop globale. Swings confirme cette identité, en condensant le récit de l’ouvrier devenu artiste, du kid de Hayes nourri au grime et au hip-hop US devenu porte-voix d’une génération qui refuse de choisir entre club et introspection.
Dans un moment où le garage renaît sous des formes inattendues, KiLLOWEN en incarne la déclinaison la plus personnelle : lumineuse, consciente de ses paradoxes, et assez fédératrice pour faire danser Glastonbury comme un pub du coin. Swings n’est pas juste une étape, c’est le signe qu’il tient enfin son langage et qu’il n’a aucune intention de le lâcher.
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août 18, 2025Un titre peut parfois suffire à raconter une ville, un état mental, un vertige intime. Eagle Rocks, le nouveau single de Moscoman, porte ce double poids : quartier de Los Angeles et métaphore d’un désir qui échappe. C’est une course lancée dans la poussière de la Cité des Anges, une tension électrique entre rêve californien et solitude moderne. Là où d’autres producteurs chercheraient l’hédonisme, Moscoman propose un morceau clubby qui pulse comme une frustration, comme le battement obstiné d’un cœur qui poursuit une silhouette toujours hors de portée.
On retrouve ici ce que l’artiste décrit comme son entre-deux : physiquement en Amérique, émotionnellement piégé entre deux rochers. Le morceau ne s’installe jamais dans un confort. Ses basses montent, se rétractent, ses percussions créent un faux horizon, et le tout donne l’impression de courir derrière quelque chose qu’on ne rattrapera pas. Ce n’est pas un échec, c’est une esthétique : l’art de magnifier l’inassouvi.
Mais Eagle Rocks n’est qu’une pièce du puzzle Caviar, son nouvel album pensé comme un road trip à travers fuseaux horaires et humeurs musicales. En quittant la froideur de la machine pour injecter de vraies guitares, des batteries jouées en direct et des textures shoegaze, Moscoman signe un disque qui brouille les lignes entre indie et club culture. Il convoque The Cure, Cocteau Twins ou Smashing Pumpkins non pour les imiter mais pour les filtrer à travers une sensibilité électronique capable d’absorber le grunge comme le disco.
Dans ce morceau, comme dans l’album qui l’abrite, la mélancolie n’éteint jamais le groove. C’est du dancefloor pour âmes fatiguées mais pas résignées. On y entend la trajectoire d’un producteur qui, dix ans après avoir bouleversé la scène avec son label Disco Halal, refuse encore de se figer. Eagle Rocks, c’est la preuve que parfois l’essentiel n’est pas d’atteindre le sommet, mais de transformer la montée en rituel hypnotique, une danse qui regarde toujours vers l’avant, même dans la brume.
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août 18, 2025Première écoute, premier constat : Dumomi ne demande pas la permission, il déclare une zone. Role Model pose le périmètre, Blocked en verrouille les issues. Deux morceaux comme deux angles d’un même autoportrait : d’un côté l’ambition qui refuse le déguisement, de l’autre l’hygiène mentale érigée en art martial. On entre chez lui en basket nerveuse, on ressort la tête rincée, le souffle plus clair.
Role Model s’avance sur une architecture trap au vernis neuf : 808 ronde mais disciplinée, charleys qui crissent comme des flashs d’appareil, kicks qui tombent au quart de millimètre. Le gimmick mélodique ressemble à un néon planté dans la nuit — minimal, entêtant, efficace. Surtout, Dumomi y règle la question du personnage : pas de cape, pas d’auréole, juste un artisan de la gagne qui raconte la sueur sans réclamer l’onction. Le flow a cette souplesse d’élastique : parfois détendu, parfois claquant, toujours assez précis pour que chaque vanne tombe comme une preuve. C’est l’anti-storytelling moralisateur ; un journal de bord aux phrases sèches, calibré pour la route comme pour la salle.
Blocked répond en miroir, version alternative hip-hop tirant vers la drill, mais dépoussiérée de ses clichés. Le sub est plus granuleux, les drums mordent en dents de scie, les interstices de silence deviennent des regards noirs. Le propos — couper le bruit, littéralement et symboliquement — trouve sa forme dans une mise en scène rythmique : breaks au cordeau, respirations qui font rebondir la tension, ad-libs qui surgissent comme des notifications qu’on swipe aussitôt. Le morceau a la politesse du non : net, franc, libérateur. On pense à ces tracks qui servent de rituel avant d’attaquer la journée, à la fois affirmations et pare-feu.
Ce diptyque réussit parce qu’il tient sur une exigence de design sonore. Les détails comptent : micro-slides de pitch sur les doublures, transitions polies à la chaux vive, toplines réduites à l’os pour laisser la place au timbre. Dumomi The Jig sait que la crédibilité ne sort pas d’un communiqué ; elle transpire d’un placement, d’une coupe, d’une manière d’attaquer la syllabe. Ici, tout dit la même chose : construire sans s’excuser, protéger sans s’aigrir.
Au fond, Role Model et Blocked forment un protocole. Première étape : déclarer qu’on ne sera l’exemple de personne. Deuxième étape : faire taire ce qui parasite la fréquence. Entre les deux, un artiste qui refuse le costume et privilégie la coupe : nette, propre, personnelle. Dans un paysage saturé d’avatars, Dumomi signe deux pièces qui ne posent pas la question de la tendance — elles posent celle de l’intégrité. Et ça, bizarrement, s’entend très fort.
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août 18, 2025Premier flash : odeur d’alcool renversé, néons moites, tables qui brillent comme des vitrines de trophies. Mercy Me claque comme un selfie pris à bout de bras au cœur d’un club de Houston, cadré serré sur le triptyque fétiche — argent, femmes, bouteilles — mais twisté par une science du son qui évite le cliché pour viser l’icône. Lezter, producteur suédois, déroule une tapisserie trap au grain soyeux : 808 au ventre large, charleys en mitraillette froide, sub qui serpente sous la peau. Ce n’est pas la trap renfermée de chambre noire ; c’est la trap climatisée qui fait transpirer quand même.
J Nuller arrive en mode convoyeur de style, débit en col roulé mais frappe sèche ; Really M.E. lui rebondit dans les tours, plus carnassier, plus gouailleur. Ensemble, ils signent un ping-pong de postures et de punchs qui transforme la vanité en carburant chorégraphique. L’ego-trip n’est pas un alibi, c’est un décor : les deux MCs s’y baladent comme dans une galerie de miroirs, conscients de la mise en scène, amusés d’en briser deux ou trois au passage. Houston reste la boussole — cadence syrupy, swing en arrière du temps, codes de la strip-economy — mais l’empreinte nordique de Lezter installe une propreté clinique, presque design, qui tranche net dans le chaos glamour.
La vraie réussite de Mercy Me tient à sa double lecture. À volume club, c’est une machine sociale : hook immédiat, drops millimétrés, passages “bouteilles en l’air” qui organisent la foule. Casque vissé, on décèle la micro-architecture : basses qui respirent, transitions cousues à l’agrafe invisible, petits effets de pitch qui font onduler les voix sans verser dans l’auto-tune-gaufre. Le morceau n’invente pas la roue, il repeint la jante en chrome liquide et la fait tourner à la bonne vitesse.
Houston x Stockholm, c’est moins un gimmick qu’un pacte esthétique : la chaleur humide du Golfe comprimée par une précision scandinave. Mercy Me capitalise sur cette tension — la sueur et la glace — pour livrer un single “swaggish” qui ne se contente pas de coller aux playlists, il les commande. Et quand le strob bouge encore alors que la caisse claire a déjà dit stop, on comprend que J Nuller, Really M.E. et Lezter n’ont pas seulement signé un banger : ils ont sculpté un espace où l’arrogance devient groove, où la nuit se raconte en décibels polis comme du marbre.
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août 18, 2025Avant même que la basse ne morde, on sent le parfum d’un vieux soir réapparaître : pas la nostalgie plaquée en filtre sépia, plutôt ce frisson qui remonte l’échine quand le soleil rase les toits et que la ville promet encore une heure d’apesanteur. L’Étranger ne remixe pas So Long de MKSTN, il le recompose comme un souvenir qui refuse de se taire. L’original était une caresse dream-pop en suspension ; ici, tout se recentre autour d’un axe simple et fatal : groove, éclat, retenue. French touch en filigrane, nu-disco au cordeau, cœur serré mais hanches dociles.
Le design sonore coche les cases de l’âge d’or sans les pasticher. Basse épaisse mais aérée, sidechain qui aspire l’air juste ce qu’il faut, synthés filtrés qui s’ouvrent comme des stores vénitiens à chaque montée. Les chops vocaux ne surjouent pas la découpe : ils scintillent, tel un halo chloré sur une piscine à minuit, trait d’union entre l’intime et le collectif. On pense aux 12″ d’Alan Braxe & Fred Falke pour la noblesse du timbre et à l’école Kitsuné pour la science du refrain implicite, celui que ton corps retient avant ta tête.
La grande réussite tient à la dramaturgie du mix. L’Étranger comprime l’émotion de MKSTN dans une architecture de club où chaque micro-break raconte quelque chose : une respiration, un regard, un “pas encore” avalé par la foule. Pas d’esbroufe, pas de climax pyrotechnique ; un continuum euphorique qui refuse l’hystérie, préférant la lueur persistante au flash aveuglant. C’est cette élégance — presque une pudeur — qui rend la piste si réécoutable.
MKSTN, lui, signe en creux la matière première idéale : topline brumeuse, harmonies qui tolèrent la transfiguration, esprit “indie digital melancholy” métabolisé en moteur danse. L’Étranger en extrait l’os et la moelle : tout groove, tout éclat, tout ressenti. On entre pour la promesse bloghouse, on reste pour la tenue contemporaine. Au final, So Long (L’Étranger Remix) n’est pas un simple travel back ; c’est un alignement rare où la romance des années blog croise l’ingénierie 2025, un dernier slow à 122 BPM pour celles et ceux qui n’ont pas tout à fait décidé de lâcher.
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août 18, 2025Il y a des morceaux qui s’écoutent comme on entrouvre une fenêtre sur la nuit, laissant l’air chaud entrer avec sa dose d’électricité. You So P (soft) de B.Deshey appartient à cette catégorie : une pièce de R&B contemporain qui se love entre séduction affirmée et vulnérabilité assumée, moite comme une chambre après minuit, mais jamais artificielle.
La production s’étire dans une langueur satinée : nappes élégantes, batterie trap subtilement ralentie, mélodie souple qui épouse les respirations de la voix. Pas de surenchère — juste ce qu’il faut de texture pour donner l’impression d’une caresse prolongée. Là où d’autres saturent leurs refrains d’effets, Deshey joue la retenue, et c’est cette économie qui rend l’ensemble irrésistible.
Au micro, elle convoque l’énergie magnétique de Summer Walker, l’introspection de Jhené Aiko, et cette manière d’osciller entre fragilité et puissance qui fait la force de SZA. Mais You So P n’est pas une imitation : c’est une affirmation. Le “P” du titre s’entend comme un mantra de confiance — l’évidence de reconnaître une fréquence commune chez l’autre, ce moment rare où les corps et les esprits vibrent au même diapason.
On imagine ce morceau tourner en boucle sur des playlists nocturnes, glissant entre une coupe de vin rouge et un sourire retenu. Un titre qui séduit sans forcer, qui électrise sans brûler, et qui laisse en suspens la possibilité d’un prolongement, hors de la musique.
B.Deshey réussit ici une alchimie rare : transformer une expérience intime en hymne universel pour toutes celles et ceux qui savent quand une rencontre change l’air autour de soi.
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août 18, 2025Chez Analog Dog, la nostalgie n’est jamais un frein, c’est une rampe de lancement. Avec over it, quatrième extrait de leur second album à venir IT’S NOT THE MONEY WE’LL REMEMBER, le collectif affirme une ambition singulière : inventer une pop progressive où le disco des seventies flirte avec les synthés futuristes, où la mélancolie se danse et où la vision intime devient manifeste collectif.
Dès les premières mesures, les claviers vintage posent un décor familier, presque cinématographique. Puis surgissent des synthés luxuriants, des beats disco aux reflets modernes, et surtout ces harmonies vocales mixtes, riches et denses, qui forment une identité sonore rare. On pense à ABBA téléporté dans une rave nu-disco de 2040, à Daft Punk s’encanaillant avec Fleetwood Mac. Mais over it ne copie pas : il condense une émotion universelle dans un écrin hybride, à la fois solaire et grave.
Le texte, lui, touche au nerf : s’émanciper de celles et ceux qui hésitent, tergiversent, s’accrochent au doute. Austin Waz, frontman du projet, a écrit ce morceau au cœur d’un double effondrement — un groupe en délitement et une relation sentimentale qui s’éteint. Plutôt que de plier, il transforme l’abandon en carburant. Ce n’est pas un cri amer, c’est une mue. Over it devient hymne à la persévérance créative, ode à celles et ceux qui choisissent la vision plutôt que le compromis tiède.
Fondation sonore du disque à venir, ce titre trace déjà les lignes d’une esthétique nu-disco ambitieuse que le groupe pousse plus loin à chaque sortie. Il y a dans cette chanson un élan, une croyance presque utopique : que la musique peut encore ouvrir des mondes meilleurs. Et c’est bien ce qui rend Analog Dog nécessaire.
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août 18, 2025Il suffit d’un battement, et Toyin Tomato déborde déjà du verre comme une boisson trop sucrée, qui colle aux doigts mais qu’on ne cesse de resservir. Ib-Kay, enfant de Lagos désormais installé dans les Carolines, compose ici une déclaration amoureuse transformée en hymne dansant. À travers ce surnom charnu, il célèbre la beauté comme on célèbre un fruit mûr : fragile, solaire, irrésistible. Ce n’est pas qu’un compliment — c’est une métaphore de désir, de vitalité, de douceur qui éclate en bouche.
La production s’ancre dans l’afropop la plus fluide : percussions chaloupées, guitare highlife qui picore entre les syncopes, synthés nappés comme une chaleur moite au-dessus des hanches. Chaque élément est calibré pour la piste mais laisse suffisamment d’air pour que la voix d’Ib-Kay s’installe en premier plan, claire, confiante, séduisante sans surjeu. Là où certains saturent leurs arrangements, lui joue la retenue, créant ce groove élastique qui donne l’impression de danser pieds nus dans la poussière rouge du continent tout en respirant l’air moite des clubs américains.
Toyin Tomato, c’est aussi un récit. Celui d’un flirt raconté sans détour, avec la malice d’un conteur de rue et la tendresse d’un amoureux désarmé. Le texte reste simple, mais son efficacité tient dans le phrasé, dans cette façon de transformer trois mots en refrain inoubliable. Dans la bouche d’Ib-Kay, « Toyin Tomato » devient moins un prénom qu’un talisman, une invocation au charme qui transcende les frontières.
Avec ce single, l’artiste confirme qu’il n’est pas seulement une voix parmi l’immense diaspora afrobeats : il impose une couleur, un ton, un style. Après Odogwu, Cielo et Talk and Do, Toyin Tomato se pose comme une étape charnière — une chanson à la fois sensuelle et universelle, assez pop pour séduire les playlists mondiales, assez enracinée pour garder son accent africain intact. Le fruit est mûr, et Ib-Kay en a fait un festin sonore.
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août 18, 2025Le morceau s’ouvre comme un numéro qu’on compose au creux de la nuit, lampe de chevet encore tiède, cœur en haut-parleur. Giga Beat pioche dans trois alphabets du désir — l’afrobeats pour le balancement, le merengue pour la taille qui tourne, le reggaeton pour la persistance — et en fait un dialecte intime : celui des couples qui savent danser avant même de parler. L’idée naît dans une chambre de Boston, traverse l’Atlantique jusqu’au Ghana, revient avec du soleil dans les poches, et s’accroche au corps avec cette douceur insistante des tubes qui ne forcent jamais, mais ne lâchent pas.
La production est une cartographie de la peau. Kick rond, basse qui ronronne en demi-teintes, congas en ponctuation moelleuse, guitares qui filent des reflets d’ambre autour des voix. On entend le soin du producteur dominicain dans la façon de faire respirer chaque élément : pas d’empilement, plutôt des zones de vide où le groove s’installe comme un parfum. La rythmique reste souple, presque coulée, calibrée pour les playlists tardives, ces instants où l’on choisit de rappeler — ou d’oublier.
Au micro, Leeks (Rashid Malik) joue la romance en plan rapproché. Sa plume transforme un coup de fil en petit concert privé : pas de grandiloquence, juste la mémoire des gestes partagés, les raisons de rester ensemble dites à mi-voix. Le timbre, chaleureux, glisse entre caresse afropop et assurance reggaetonera ; il construit une proximité qui fait écran noir autour des écouteurs. On perçoit ce sourire qui s’entend sans se voir, signe des chanteurs qui savent tenir la promesse sans la vendre.
Oh Girlie Come réussit surtout son tissage culturel. Le merengue n’est pas un clin d’œil exotique, il sert de colonne vertébrale aux déhanchés ; le reggaeton n’est pas une étiquette, c’est l’obstination sensuelle du beat ; l’afrobeats n’est pas décor, c’est l’élasticité vitale qui rend la chanson réécoutable à l’infini. Résultat : un slow-burn élégant, ni banger tapageur ni ballade mielleuse, mais une zone médiane où l’on se parle avec le corps. Le genre de titre qui ne cherche pas à conquérir la piste ; il l’apprivoise, doucement, et quand la lumière remonte, on réalise qu’on danse encore.
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août 18, 2025Certains morceaux naissent pour meubler les playlists, d’autres pour accompagner les corps. Force de Hero One et Raybekah appartient à cette troisième catégorie plus rare : celle des hymnes intérieurs, des morceaux qui installent une cadence dans la tête et refusent de lâcher prise.
Le titre s’appuie sur une rythmique afrofusion tendue comme un muscle prêt à bondir. Les percussions cognent avec une insistance quasi physique, tandis que les nappes électroniques sculptent un espace où le corps et l’esprit semblent s’aligner. Force parle de mouvement, mais surtout de ce qui précède : l’impulsion, ce courant brut qui vous oblige à avancer, même lorsque le décor s’effondre.
Raybekah apporte une dimension organique au morceau : sa voix, rugueuse et souple à la fois, vient humaniser la mécanique implacable du beat. Hero One, lui, injecte son rap nerveux comme une incantation, une manière de repousser la fatigue et le doute à coups de syllabes taillées dans le béton. L’alchimie entre les deux transforme le track en mantra collectif : un cri de survie autant qu’un appel à danser.
Dans Force, l’afrofusion ne se contente pas d’habiller une esthétique : elle devient langage universel. Chaque pulsation semble dire qu’aucune barrière – mentale, sociale ou spirituelle – ne peut résister à l’énergie brute du mouvement. C’est un morceau pensé pour les grindeurs, les rêveurs, ceux qui refusent de plier et qui cherchent, dans le son, le carburant pour tenir debout.
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août 18, 2025Certains artistes écrivent des morceaux. D’autres bâtissent des mondes. Serge Devant, lui, orchestre des décennies entières comme on tend une pellicule lumineuse entre deux époques. Avec Solace, premier chapitre de son nouveau label This Moment, il ne signe pas seulement un single : il ouvre un portail. Dix ans après Fearing Love, il convoque Camille Safiya pour rejouer une histoire qui ne s’était jamais vraiment arrêtée, mais qui trouve ici un souffle nouveau, une intensité à la fois intime et mythologique.
Le morceau pulse dans cette tension fragile entre mélancolie et groove. Les nappes électroniques s’étirent comme des souvenirs qui refusent de disparaître, les basses hypnotiques frappent à la manière d’un cœur qui s’entête. Solace n’a rien d’un simple retour : c’est une réminiscence sonore, une cicatrice qui vibre encore sous la peau du club. Safiya, de sa voix à la fois spectrale et charnelle, ne chante pas, elle hante. Elle est le fil rouge, le fantôme du passé, la preuve qu’il existe des timbres qui survivent au temps.
Mais c’est l’ambition visuelle qui élève Solace au rang d’objet rare. Retrouver les mêmes acteurs qu’une décennie plus tôt, rejouer la scène après les écroulements de la mémoire et du temps, c’est un geste presque vertigineux, inédit dans la musique électronique. La caméra de Tobias Deml, passée par Luc Besson et HBO, transforme ce clip en cinéma d’auteur déguisé en after. Le club, le métro, les silhouettes : tout devient théâtre d’une collision entre deux vies parallèles.
Et puis, comme un contrechamp nocturne, le remix de Seth Troxler et Nick Morgan offre une version plus tellurique, taillée pour les heures où l’aube menace, quand le dancefloor devient confessionnal.
Avec Solace, Serge Devant rappelle que la house peut être plus qu’un beat : une mémoire, une fiction, une vérité suspendue. Ce n’est pas un morceau qui s’écoute seulement : c’est un chapitre qu’on traverse, un miroir tendu à nos propres passés qu’on croyait effacés.
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août 18, 2025Il y a des morceaux qui ne racontent pas l’amour, ils l’incarnent. Mayé de Gate La Luz fait partie de ceux-là. Pas besoin de bague ni de rituel : ici, la déclaration prend la forme d’un beat afro-pop vibrant, porté par un groove chaud qui donne au désir des allures d’évidence. L’amour surgit nu, direct, sans apprêt — comme un soleil qui s’impose derrière un ciel de saison.
Ce qui frappe d’abord, c’est la sobriété raffinée de la production. Les percussions, organiques et précises, construisent une tension qui appelle le corps à répondre, tandis qu’une guitare claire trace des éclats lumineux au milieu de la rythmique. La basse, ronde et insistante, agit comme une promesse qui tient dans le ventre. Chaque élément tombe avec justesse, sans excès : la musique laisse l’air circuler, comme si elle voulait garder intacte la sincérité de ce qu’elle porte.
La voix de Gate La Luz, elle, habite l’espace avec chaleur et retenue. Pas d’effets spectaculaires, mais un timbre riche qui sait moduler entre caresse R&B et intensité dancehall. Sa façon de poser les mots prolonge la simplicité du propos : aimer vrai, aimer fort, aimer sans calcul. Et dans le refrain, cette montée subtile qui suspend le temps avant de retomber sur le groove, comme un battement de cœur qui s’accélère, puis se cale à nouveau.
Mayé fonctionne comme une déclaration intime offerte à tous. C’est un morceau qui dit qu’aimer n’a pas besoin d’ornement ni de scénario : il suffit d’un rythme, d’une voix et d’un instant où deux regards se croisent. Dans l’EP Z.A.R.I.A, ce titre devient la pièce lumineuse, celle qui condense le projet en un geste simple et universel. Un single à la fois dansant et profond, pensé pour traverser l’été mais assez intemporel pour durer bien après.
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août 18, 2025Plan-séquence nocturne : pluie tiède sur bitume, néon fuchsia qui fuit sur capot mouillé, portière qui claque en syncopes de hi-hats. Fatale déboule comme un film noir tourné au smartphone, un R&B charbonneux qui a troqué la lampe à lave pour une clope froide et une coupe droite. Anarr ne joue pas à coller un sax au refrain pour “faire jazz” : il refond l’alliage. Dark jazz au cœur, trap aux tendons, pop rap au vernis. Résultat : une chanson qui marche talons aiguilles sur une 808 et ne trébuche jamais.
La prod raconte le décor à elle seule. Rhodes feutré en accords mineurs étirés, une ligne de contrebasse (ou son fantôme synthétique) qui remue sous la peau, souffles de sax en halos granuleux, ride brossé qui se cale sur un métronome intérieur à 82 BPM. Les hats swinguent légèrement, comme un bartender qui compte en double. Par instants, un accord casse la symétrie — petite tritonalité à la Monk, chromatisme qui mord — et la tension grimpe d’un étage avant de retomber dans le velours. L’808 glisse en portamento discret, ouvre des cavités dans lesquelles la voix peut s’asseoir. On devine des reverbs courtes, collées à la gorge, et un souffle laissé volontairement au montage pour garder le sang chaud.
Anarr, au micro, choisit la retenue magnétique. Timbre mat, articulation nette, phrasés qui flirtent avec le parlé-chanté puis claquent en métrique rap quand il faut planter un clou. “Fatale” n’est pas seulement un titre : c’est un mode opératoire. Il séduit sans forcer, promet sans jurer, s’éclipse une demi-mesure avant l’attendu. Le hook, minimal, s’incruste par répétition hypnotique ; les couplets ouvrent des pièces attenantes — confidences, feintes, aveux en pointillés — où la lumière reste basse. On entend l’école R&B, oui, mais dépouillée des clichés de spa playlist : ici, l’érotisme tient au danger, pas au satin.
Ce qui frappe, c’est la cohérence d’architecte. Le dark jazz n’est pas un décor vintage ; c’est l’ossature harmonique qui autorise l’ambiguïté, le flou moral, l’entre-deux qu’affectionne la nuit. La trap n’est pas l’alibi “moderne” ; c’est la charpente qui donne le pas, le coup de hanche, la sueur. La pop rap n’est pas un compromis ; c’est l’art de l’hameçon propre, de la hookline qui colle sans colleries.
Fatale pose la carte de visite d’un R&B à venir : cinématographique, urbain, lettré, qui préfère les angles aux filtres. Anarr signe un morceau de possession consentie : tu sais que ça te perd un peu, tu y retournes pourtant. Et quand le fade-out s’éteint, tu gardes cette odeur de pluie et de danger au col — preuve qu’un bon single, au fond, n’est qu’une scène coupée d’un film que tu vas vouloir revoir en boucle.
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août 18, 2025Il existe des blessures qui ne crient pas mais qui rongent, lentes et profondes. Ain’t My Name (You’ve Been Callin’) s’installe dans cet espace fragile, celui d’un lit partagé où l’on entend plus qu’on ne voudrait. Alfreda y déroule une confession soul-blues d’une intensité rare, capturant ce moment intime où le cœur se fissure sans éclat, juste au son d’un prénom qui n’est pas le vôtre.
La production joue sur la retenue et l’explosion, comme un orage qui hésite avant de crever le ciel. Une ligne instrumentale tendue, d’abord discrète, sert de tremplin à une écriture vocale qui oscille entre le murmure et la révolte. Puis surgit ce hook en trois parties, une harmonie chorale qui gonfle comme une vague et retombe sèche, laissant place au silence – ce vide qui claque plus fort que n’importe quel cri. On comprend pourquoi les publics réagissent en live : ce n’est pas seulement un effet musical, c’est une gifle émotionnelle partagée collectivement.
La modernité d’Alfreda se niche dans sa manière de marier le langage cru du blues à une sensibilité soul contemporaine, débarrassée du vernis nostalgique. On entend la rugosité des clubs enfumés, mais aussi la vulnérabilité d’une génération qui choisit de dire les choses frontalement. C’est nu, presque brut, mais travaillé avec une précision dramaturgique qui refuse le pathos.
Ain’t My Name (You’ve Been Callin’) n’est pas une simple ballade de chagrin. C’est une radiographie sonore du doute amoureux, une chanson qui plante ses griffes là où l’intime rencontre le spectre de l’autre. Et Alfreda, avec sa voix éraflée mais déterminée, nous rappelle que le silence d’un rêve peut parfois faire plus de ravages qu’une dispute à ciel ouvert.
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août 18, 2025Un sifflement d’infra-basse au plancher, des hi-hats qui tracent des ellipses à la vitesse d’un réflexe, puis la morsure : PYTHON serre sans prévenir. Louis Davis, Jr. avance au centre, calme prédateur, diction ourlée, placements millimétrés qui enroulent la mesure au lieu de la chevaucher. Le beat a ce grain nocturne des ruelles trop larges : 808 qui glisse et dérape, kicks tendus comme un arc, percussions sèches en contrebande, nappes sombres qui dilatent l’espace. Rien n’est superflu ; tout vise, tout tient. On sent la signature d’un producteur obsédé par la découpe : les silences pèsent, les relances frappent, chaque transition resserre l’étau.
Le couplet de G.Rob Jamz apporte l’autre côté de la mâchoire : timbre plus rugueux, attaque frontale, rebonds sur le contretemps qui font cligner la rythmique. Le duo joue la prédation à deux têtes, call & response discret, passes décisives qui font monter la pression sans fanfare. Le hook s’incruste par capillarité : mélodie parlée, motif rythmique simple mais chirurgien, ce genre de refrain qu’on surprend son corps à répéter avant que l’esprit n’ait donné son accord.
Production-wise, c’est la science du détail qui fait la différence. Micro-break percussif juste avant la relance, glide d’808 qui passe du ventre à la gorge, ad-libs mixés bas pour épaissir la silhouette sans la caricaturer, reverbs courtes qui gardent la sueur sur la peau. Pas de tape-à-l’œil, une esthétique de l’efficacité : l’image d’ensemble est sombre, mais les arêtes brillent.
PYTHON coche toutes les cases du banger trap contemporain en refusant la foule de gimmicks : agressivité contenue, groove irrésistible, écriture qui préfère la pression à la démonstration. C’est un morceau de territoire plus que de décor : il marque, il balise, il annonce. Louis Davis, Jr. plante un totem, G.Rob Jamz y grave son signe, et la piste devient une clairière où l’on ne traverse pas impunément. On relance, on remonte, on se laisse reprendre — volontairement — par la spirale.
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août 18, 2025C’est une collision temporelle, un big bang entre les harmonies soyeuses des années 50 et la vitesse démente des clubs du XXIe siècle. Betty Booom signe avec Mr. Sandman (Hyper Swing Flip) un OVNI sonore où le velours vocal des chanteuses de La PetitOrchestre se fait catapulter dans une rave stroboscopique, quelque part entre cabaret halluciné et warehouse berlinoise.
Le morceau garde l’innocence délicate de l’original, mais lui injecte une adrénaline électronique qui fait tourner la tête comme un manège détraqué. Les cuivres, les cordes et les timbres classiques sont là comme des fantômes, immédiatement happés par une production qui pousse les BPM à la limite du supportable. Hypertechno, hyper swing, hyper tout : Betty Booom ne recule devant rien, transformant ce standard en un monstre dansant qui fait autant sourire qu’il secoue la nuque.
Ce qui fascine, c’est cette tension permanente entre la mémoire et l’excès. Le swing, symbole d’élégance rétro, se met à vibrer comme s’il avait avalé une boîte entière d’amphétamines. Les harmonies vocales, intactes, deviennent des sortilèges qui flottent au-dessus d’un beat martelé avec frénésie. On se retrouve à danser sur une époque qui n’a jamais existé, entre gramophone et laser.
Avec ce flip, Betty Booom écrit un manifeste involontaire : l’héritage n’est pas un musée, c’est un terrain de jeu. Ici, le passé ne se contemple pas, il se remixe, il s’électrise, il s’éclate en mille étincelles. Mr. Sandman renaît dans une version où l’innocence se grime en fureur, où le vintage s’embrase dans les flammes de la rave. Un hymne générationnel pour tous ceux qui veulent danser entre les époques, ivres de vitesse et de mémoire.
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août 18, 2025Pas besoin de carte postale ni de slogan marketing : Tve Bandz entre dans la trap comme on allume une allumette dans un hangar saturé d’essence. Get High n’est pas qu’un morceau sur l’évasion, c’est une plongée dans une atmosphère lourde et moite, où la trap américaine se dilue dans les ruelles africaines, entre bitume brûlant et nuits interminables. On y sent la sueur des clubs clandestins, l’électricité des fêtes improvisées, la dégaine d’une génération qui consomme le danger comme on respire.
La prod est minimale et toxique à la fois : 808 qui frappent comme des battements cardiaques sous adrénaline, hi-hats nerveux qui tournent comme un ventilateur déréglé, nappes sombres qui s’étirent comme de la fumée épaisse. Chaque détail sonore est pensé pour amplifier l’état d’hypnose que le titre promet. Pas de mélodie clinquante ni d’ornements inutiles : le morceau se vit comme une montée progressive, un crescendo suffocant qui ne redescend jamais vraiment.
Tve Bandz, lui, s’impose par son flow cru et direct. Pas de place pour le superflu : ses mots claquent, tranchent, se posent avec une précision chirurgicale sur les silences de la prod. Sa voix, grave et légèrement éraillée, agit comme un mantra — répétitif, envoûtant, impossible à chasser de la tête. On devine derrière chaque phrase un vécu, un arrière-plan marqué par la débrouille et la tentation permanente de l’excès.
Ce qui fait la force de Get High, ce n’est pas seulement son énergie brute mais sa localisation. Ici, la trap ne copie pas : elle absorbe, elle réinvente. Entre influences US et souffle africain, Tve Bandz réussit un dosage rare, où les codes du genre se fondent dans une identité locale affirmée. Ce n’est pas un fantasme importé, c’est une réalité mise en musique.
Avec Get High, Tve Bandz signe un hymne à l’évasion par le chaos. Une montée, une brûlure, une sensation d’être à la fois coincé et libéré. La trap africaine trouve ici une nouvelle intensité : urbaine, suffocante, addictive. Une déflagration calibrée pour résonner autant dans les ghettos que dans les playlists globales.
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août 18, 2025Rideau tiré, chaussettes qui glissent sur le parquet, je lance Sneaky Feelings et tout bascule d’un demi-ton vers la tendresse. Club 8 signe une fugue miniature à la frontière de la dream-pop et de l’indie la plus légère, ce moment où le monde baisse la voix pour laisser passer un battement de cils. Pas d’esbroufe, pas d’effets pyrotechniques : une élégance de gestes courts, des couleurs diaphanes, l’art de faire tenir un film entier dans une respiration.
Côté fabrication, c’est chirurgical et moelleux à la fois. Boîte à rythmes brossée au coton, kick feutré, snare satinée qui claque sans gifler ; une basse souple, un peu laiteuse autour des 80–100 Hz, qui gouverne le cœur au lieu de le contraindre. Les guitares carillonnent en arpèges jangle, chorus léger, attaques arrondies ; des synthés “verre dépoli” ouvrent le panoramique par paliers de cutoff, laissant la lumière entrer sans brûler le regard. La voix, proche-peau, glisse dans un halo de plate reverb et de delays courts : intelligibilité intacte, aura au millimètre. On entend la discipline : mutes au demi-temps, rides effleurées en pré-refrain, micro-automations qui dilatent la pièce au moment exact où l’émotion voudrait se replier.
L’écriture ne cherche pas le slogan, elle cartographie la sensation. Sneaky Feelings parle de ces impulsions discrètes qui changent la trajectoire : un regard détourné, une main frôlée, le pacte silencieux de ceux qui décident de sortir du cadre pour exister mieux. La top-line refuse l’hystérie ; elle s’infiltre, revient, colonise la mémoire lente. Structure en pente douce : couplets compacts, pré-refrain qui incline, hook qui n’élève jamais la voix mais élargit le ciel. Un pont déshabille tout (basse/voix presque seules), puis la relance finale gagne en largeur, pas en décibels — chœurs fantômes à gauche, guitare en contrechant à droite, et ce tambourin discret qui soulève les épaules.
Références ? Un sillage The Radio Dept. pour le grain, un peu de Saint Etienne pour la tenue, une nuance de Beach House dans la façon de laisser flotter les coins de la pièce — mais Club 8 reste Club 8 : minimalisme sensuel, précision nordique, chaleur inattendue. Verdict personnel : morceau de seuil pour fenêtres entrouvertes, trottoirs tièdes et trajets qui durent une station de trop juste pour le plaisir. Sneaky Feelings ne te bouscule pas ; il t’aimante. Tu relances, et, soudain, le monde a des bords plus doux.
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août 18, 2025Je ne m’attendais pas à ce que trois voix réaménagent ma chambre. Une lampe basse, la ville étouffée derrière la vitre, et soudain la distance devient un meuble que l’on déplace de quelques centimètres pour respirer. Away from You n’exagère rien : il ajuste. D.N.T., Lil Xay et Jack DeNicola ne jouent ni la grandiloquence, ni la “sad playlist” en automate ; ils composent une topographie du manque, millimétrée, sensuelle, où chaque silence sert d’argument.
Techniquement, c’est un R&B contemporain cousu à la main. Kick souple qui pousse sans baver, snare satinée au snap feutré, hi-hats pointillistes qui dessinent la marche intérieure. La basse est un coussin d’air qui se lève à chaque mesure, arrimée autour des 80–100 Hz ; un Rhodes crème déplie des voicings qui respirent, pendant qu’un pad “verre fumé” ouvre l’horizon en arrière-plan. Le mix garde la peau : voix prises proche, sibilantes domptées, un soupçon de saturation harmonique pour coller le timbre au tissu instrumental, doubles latéraux qui élargissent le hook sans le boursoufler. Rien ne sature, tout tient.
La dramaturgie se joue à trois. D.N.T. trace la ligne claire — timbre chaud, diction lente, cette gravité tendre qui pose le décor. Lil Xay injecte la rue en sourdine : flow feutré, syncopes qui caressent la grille, images nettes comme des photos jetables développées à 3 h du mat’. Jack DeNicola, lui, sert la charpente mélodique, harmonies fines qui agrandissent la pièce au moment précis où l’émotion voudrait se refermer. L’écriture, sans slogan ni pose martyr, privilégie l’utile : comment tenir quand on n’a que des notifs pour tout poème.
Structure exemplaire : couplets compacts, pré-refrain qui incline la route par retrait de bas, hook qui ne crie jamais mais s’infiltre — mémoire lente assurée. Un pont retire la moitié du décor (basse/voix quasi seules), puis la relance gagne en largeur via tambourin furtif, chœurs fantômes, Rhodes plus ample. C’est l’art de monter sans hausser le ton.
Verdict personnel : Away from You est une méthode de survie sentimentale à BPM raisonnable. Un morceau d’alignement où la douceur ne cache pas la précision, compatible avec les retours de nuit, les écrans en visio, les lits à une place qui n’attendent que d’être deux. Tu relances, et les kilomètres, soudain, respirent moins fort.
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août 18, 2025Tu connais cette seconde où le cœur cesse d’être diplomate et décide d’être précis ? Para que te vayas (al infierno) découpe exactement cet instant, lame bien affûtée sous vernis pop. Pancha ne règle pas ses comptes en hurlant ; elle règle la focale. Indie rock pour les hanches, indie pop pour la mémoire, alt pop pour la pyrotechnie invisible — un triptyque tenu par une main qui sait doser la colère comme un parfum rare.
Côté fabrication, c’est chirurgical sans perdre la peau. Guitares granuleuses en double stéréo, une rythmique serrée qui claque sec — kick court, snare mate qui trace droit — et une basse légèrement saturée qui gouverne le bas sans l’engloutir. Les synthés jouent en filigrane, “verre fumé” qui s’ouvre par petites automations au refrain ; on devine un sidechain discret qui soulève l’air juste assez pour faire monter les épaules. Le mix laisse les médiums respirer : voix au premier rang, grain humain intact, delays courts pour l’aura, pas de sirop. On entend des mutes au demi-temps, des relances de toms en pré-refrain, des cordes qui se frottent volontairement aux cymbales — ces détails qui transforment une chanson en pièce habitable.
Pancha écrit avec une ironie lucide, cette élégance un peu cruelle qui préfère la précision des images à la lourdeur des slogans. Le récit ne glorifie ni la rupture ni la vengeance : il cartographie le point de non-retour, le moment où l’on choisit sa paix comme on choisirait une sortie d’autoroute. La mélodie refuse l’emphase ; elle s’infiltre, reprend appui, renaît plus large à chaque reprise du hook. Un pont déshabille tout — basse/voix, souffle intact — puis la relance finale gagne en densité plutôt qu’en décibels. C’est de la tenue, pas du bruit.
Verdict personnel : hymne de reprise de pouvoir, calibré pour fenêtres entrouvertes et trottoirs nocturnes. Pancha signe un banger à sang froid — magnétique, net, dangereusement rejouable. On presse replay, et, soudain, la ville te rend ce que tu lui avais prêté : ton axe.
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août 18, 2025Je ferme la porte derrière moi, le monde reste dehors et la pièce change de densité. just like me n’essaie pas de t’impressionner, il t’approche. Ruqqiyah avance sans maquillage inutile, timbre chaud posé à hauteur de regard, et laisse la prod dessiner une rampe de velours : batterie sèche, snap boisé, hi-hats micro-accentués, basse ronde qui respire en coussin d’air. Contemporary R&B dans l’intention, boom bap dans l’ossature, une élégance sans surcharge — le genre de mise qui tient jusqu’au petit matin.
La fabrication est millimétrée. Kick court qui tape au sternum mais refuse l’emphase, snare mate au grain papier, ghost notes qui polissent le rebond ; la basse mord légèrement le médium pour rester lisible sur petits systèmes tandis qu’un Rhodes crème ouvre la perspective en voicings souples. Quelques traits de guitare propre, une nappe “verre fumé” qui se dilate par automations fines : la dynamique reste vivante, rien ne colle au plafond. La voix est prise proche-peau, sibilantes domptées, un soupçon de saturation harmonique pour l’adhérence et des doubles latéraux qui élargissent sans boursoufler. On sent la main d’artisans qui préfèrent le détail utile au tape-à-l’œil.
Ruqqiyah raconte en gestes. Phrasé souple, placements qui flirtent avec la syncope sans lâcher l’assise, glissandos discrets qui tracent la topographie émotionnelle. L’écriture vise la lucidité — ce miroir qu’on ose enfin regarder — et la structure suit : couplets ramassés, pré-refrain en pente douce où la rythmique se resserre, hook qui ne hurle pas mais s’imprime en mémoire lente. Un pont retire la moitié du décor (basse/voix quasi seules), laisse apparaître la charpente, puis la reprise gagne en largeur par densité plutôt que par décibels : tambourin furtif, halos de chœurs fantômes, Rhodes plus ample.
Références ? On pense à l’épure de la nu-soul qui a appris à marcher avec le rap sans perdre sa dignité — tradition Erykah/clef R&B 2000s passée au tamis d’un mix moderne. Mais just like me reste très Ruqqiyah : une diplomatie des sentiments, précision avant posture. Verdict personnel : single durable, fait pour les fenêtres entrouvertes, les trajets qui remettent d’équerre et les nuits où l’on se retrouve. Tu relances ; cette fois, c’est toi qui respires mieux.
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août 18, 2025Premier contact, la pièce se rétrécit : souffle froid, cordes en clair-obscur, tambours qui claquent comme des portes d’archives. M-s BEATZ THE MAD KID ne fabrique pas une instru, il dresse un autel : caisse claire mate, kick au sternum, basse en bandeau serré, nappes dissonantes qui suintent le cellier. L’esthétique Reagan Era Records tient dans ce grain poussiéreux mais millimétré — dynamique vivante, haut-médium poli, pas de graisse. On n’est pas dans le revival musée, on est dans l’orfèvrerie contemporaine : un East Coast spectral où chaque silence appuie le texte.
Dios Negasi entre comme un greffier de guerre, diction chirurgicale, consonnes qui coupent net, images documentées sans folklore. Sa voix ne roule pas des mécaniques, elle procède : rimes enchâssées, rebonds internes, métrique en crans d’arrêt. Black Scrolls, titre-programme, convoque l’idée d’écritures interdites, de savoirs nocturnes ; la forme épouse le fond, et c’est là que le morceau prend sa vraie taille. Les ad-libs sont des repères, pas des béquilles. Architecture classique mais tendue : couplet tendu, micro-pré-refrain en apnée, relance sèche. Le mix garde la voix au centre, proche-peau, avec ce soupçon de saturation harmonique qui la colle à la toile de fond.
Puis RJ Payne dégaine, et le mercure grimpe. Timbre abrasif, appuis de boxeur, multisyllabiques qui crépitent à la cadence d’un chargeur. L’invité ne vient pas valider, il controverse : sur la même grille, il impose une pression différente, plus incendiaire, qui met en valeur la froide exactitude de Negasi. Ce jeu de contrastes évite l’ego-trip boursouflé ; on assiste à un échange d’acier. Pas de hook sucré pour respirer : la respiration, c’est l’urgence.
Ce single sent la préméditation d’un chapitre 2 pour Black Violin : plus sombre, plus resserré, plus sûr de son axe. On tient un avant-goût qui ne promet pas — il prouve. Verdict personnel : Black Scrolls griffe la mémoire, rallume la soif, et rappelle qu’un vrai banger n’est pas un cri mais une procédure. Relance immédiate recommandée, la marge parle encore.
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août 18, 2025Roues chaudes, horizon liquéfié, sel sur les lèvres : Rollin démarre comme un plan-séquence sur la PCH, toit baissé, et ton cerveau reconnaît d’instinct ce topline culte que Dos Mentes convoque sans appuyer — un clin d’œil plus qu’un cosplay. Ce n’est pas un pastiche, c’est une greffe réussie : old-school house dans la charpente, deep house dans l’étoffe, nu-disco dans le vernis. La sensation de vitesse vient de la précision du geste, pas du volume.
Côté fabrication, c’est une leçon de traction. Kick court, dense, réglé pour pousser l’air sans baver dans le médium ; hi-hats façon 909 en peigne serré, micro-accents qui créent l’aspiration ; clap sec doublé d’un rim boisé pour la vélocité. La basse — ronde et légèrement drive — colle au sidechain au millimètre, soulève le plancher à chaque temps et laisse la voix respirer. Stabs de piano M1 en contretemps, un orgue qui cligne de l’œil au garage, guitare chic en gratte-pouce pour la sueur propre, et ces cordes en pad “verre fumé” qui s’ouvrent par paliers au cutoff, histoire d’élargir la route au refrain. Tout est club-ready mais casque-friendly : transitoires vivants, top-end poli, dynamique encore en vie.
La science du détail fait la différence. Dos Mentes ne plaque pas le sample comme un sticker : il l’intègre à la dramaturgie. Premier acte : mise en jambe solaire, basse et piano qui se répondent. Break numéro un : retrait de sub, tops filtrés, respiration dub où le topline effleure plus qu’il n’envahit. Drop en ricochet, tambourin discret qui relève l’épaule, chœurs latéraux à faible gain pour gondoler la stéréo. Pont en demi-temps — zone de mix généreuse — puis relance finale en largeur, pas en décibels : même motif, plus de corps.
La DA raconte l’été sans carte postale kitsch. On sent Malibu, oui, mais surtout l’idée d’un été discipliné : plaisir net, angles propres, euphorie qui tient la distance. Rollin, c’est la bande-son d’un déplacement intérieur : tu passes de spectateur à pilote, sans forcer. Dos Mentes signe un banger durable — sexy sans lourdeur, nostalgique sans sucre, technique sans jargon — qui transforme n’importe quelle rocade en boulevard océanique. Tu relances, la lumière devient liquide, et le monde prend enfin la bonne cadence.
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août 18, 2025Première bouffée : souffle salin, rires qui roulent sur le pont, petit cliquetis de bouteilles, et cette ligne de basse qui tire le hamac au bon endroit. Bring Me The Head n’a rien d’un pastiche pirate pour fête de bureau ; Dr. Druid tricote un vrai groove caraïbe — dancehall aux hanches souples, reggae qui respire large, indie pop en vernis scintillant — et plante son fan service à Johnny Depp avec tendresse et malice, comme un toast lancé au large. C’est une carte marine, pas une caricature : on y lit les courants, les risées, les accalmies calculées.
Côté fabrication, c’est ciselé. Kick court qui appuie le temps fort sans écraser, skank de guitare en contretemps poli (chop clair, decay contrôlé), basse ronde qui se promène entre 45 et 80 Hz avec une petite bosse qui met la salle en apesanteur. Tops épicés — shakers sableux, rimshot boisé — et claviers vintage en nappes miellées pour ouvrir l’horizon. Le mix garde la peau : reverb à ressort sur la guitare dosée au millilitre, delays ping-pong parcimonieux sur la voix, sidechain discret qui soulève la voile sans avaler les médiums. Rien ne bave, tout brille juste ce qu’il faut.
La voix, sourire en coin, vise l’adhérence plutôt que la démonstration. Timbre clair, phrasé qui flirte avec le toast dancehall sans forcer l’accent, lignes mélodiques mémorisables en deux écoutes. Le clin d’œil à l’imaginaire pirate marche parce qu’il n’écrase pas la chanson : l’écriture garde l’humain au centre — une célébration légère, un brin de cabotinage assumé, zéro méchanceté. Le refrain n’explose pas, il s’infiltre ; mémoire musculaire garantie.
Architecture parfaite pour la rotation : couplets compacts, pré-refrain qui incline la route en retirant un étage de basse, drop solaire qui gagne en largeur (tambourin, chœurs latéraux), pont dubifié qui laisse la section rythmique respirer avant la dernière relance plus ample mais jamais boursouflée. Verdict personnel : Bring Me The Head a l’élégance des morceaux qui survivront à la saison — un banger de ponton, fun sans lourdeur, pointu sans pédanterie. Tu relances, le vent tourne dans le bon sens.
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août 18, 2025Il y a des morceaux qui se construisent comme des plats de famille : ils s’imprègnent d’odeurs, de souvenirs et de patience. Avec Sinigang, Manalili ne signe pas juste un single rap, il compose une recette intime, un bouillon lentement travaillé qui condense ses obsessions, ses luttes et son goût de l’endurance. Le choix du symbole n’a rien d’anecdotique : ce ragoût philippin, acide et réconfortant à la fois, devient une métaphore filée de sa position d’artiste — “top chef” de sa trajectoire, celui qui sait doser le feu sans jamais brûler sa matière.
Musicalement, Sinigang avance en pas feutrés, presque paresseux, mais toujours avec une tension souterraine. La prod joue sur des basses rondes, moelleuses comme un fond de casserole, et des percussions qui claquent comme des couteaux sur une planche. La voix de Manalili, posée, tranquille mais ferme, se cale sur ce canevas avec une nonchalance calculée : c’est un flow qui ne cherche pas l’explosion, mais l’équilibre. La structure, minimaliste, laisse les silences parler autant que les mots — l’art de suggérer plus que de démontrer.
Le morceau trouve sa force dans cette retenue : pas d’effets pyrotechniques, pas de surenchère dans les gimmicks, mais une évidence, celle de l’artiste qui reste droit dans son couloir, imperméable au bruit extérieur. Sinigang n’est pas un cri, c’est une respiration. Il traduit la persévérance d’un créateur qui préfère mariner longtemps dans ses influences et son vécu, plutôt que de servir un plat vite préparé pour l’instantanéité des playlists.
En choisissant le vocabulaire culinaire comme fil narratif, Manalili injecte une singularité bienvenue dans le paysage rap saturé de clichés. Ici, la table familiale se mêle au studio, la marmite dialogue avec la MPC. Le résultat ? Un “laid back banger” qui se déguste autant qu’il se danse, un morceau qui donne envie de savourer l’art du temps long dans un monde obsédé par l’immédiat. Sinigang prouve que parfois, les vraies bombes se cuisinent à feu doux.
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août 18, 2025C’est le moment précis où la soirée bascule du “ça va” au “ok, on vit”. Hell Yeah! arrive comme un sourire carnassier, dance pop sous stéroïdes mélodiques, pop-rap huilée pour glisser sans déraper. Yestrdy pense le club comme une scène mobile : kicks compacts, sub qui pousse l’air sans baver, charleys en peigne serré, claps secs qui tamponnent la nuque. Les synthés jouent la chromé-thérapie — arpèges en lévitation, stabs sucrés qui clignotent au bon endroit — tandis que la structure serre le plan : intro DJ-friendly, drop en ricochet, break qui retire juste assez de décor pour que tout remonte plus haut ensuite.
Le casting fait le reste. Watr déboule avec un grain brut et une science du placement qui griffe la grille : débit lacé, appuis milimétrés, ego en rayons laser. Christina Dahl lisse l’ensemble sans l’édulcorer : hook chanté qui aimante la mémoire lente, timbre clair posé pile dans la fenêtre des médiums, lignes qui élargissent le panoramique sans surjouer. Le mix laisse respirer : haut-médium poli, aigus domestiqués, sidechain millimétré — on n’est pas dans le “plus fort”, on est dans le “mieux tenu”.
Ce single vit aussi par son cadre : premier volet de 2 Up Top, diptyque yin/yang où deux énergies racontent le même film sous angles contraires. Ici, c’est l’hémisphère solaire : hédonisme assumé, chorégraphie d’épaules, verres qui tintent et trottoirs qui deviennent des pistes. Et pourtant, la chanson résiste à la caricature : les micro-variations du motif, les mutes en demi-temps, le pont qui descend en demi-vitesse avant la relance prouvent qu’on a affaire à des architectes, pas à des pyromanes.
Ce que je retiens après plusieurs tours : Hell Yeah! ne simule pas la fête, il l’organise. C’est “movement music” au sens strict — pensée pour les nuits tièdes, les amitiés bruyantes, les minutes où l’on se choisit héros principal. Tu appuies, la pièce gagne deux degrés ; tu relances, la soirée trouve son scénario. Yestrdy signe un banger élégant, contagieux et précis, du genre qui s’impose au centre de la playlist et refuse d’en bouger.
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août 18, 2025Sortie de route mentale, je remets le clignotant : Buckle Up n’embraye pas, il s’amarre au plexus. Blaze Orange convoque l’ADN Chicago sans muséification — une science du “jack” en prise directe avec le présent. C’est la version adulte de la sueur : précise, tenue, affûtée pour les systèmes qui ne pardonnent pas. À la première boucle on comprend le protocole : conduire la foule sans hystérie, gagner en densité sans monter le volume.
Fabrication d’orfèvre. Kick court avec juste ce qu’il faut de sub pour pousser l’air, clap sec doublé d’un rim plus boisé, hi-hats en peigne 909 qui respirent grâce à des micro-accents programmés au scalpel. La basse, élastique et légèrement drive, arrondit le bas autour de 50–60 Hz et mord le médium à 200 Hz pour rester lisible sur petits systèmes. Stabs organ typés M1 qui clignotent en contretemps, une nappe “verre fumé” qui s’ouvre au cutoff par paliers, et un motif percussif main droite (cowbell fantôme, congas fantômes) qui donne l’illusion d’un live discret. Sidechain millimétré : ça pompe l’air juste assez pour soulever la piste sans avaler la voix de commande.
Architecture pensée club. Intro DJ-friendly (32 mesures propres), premier break qui retire la basse et laisse passer un chuchotement de tops, premier drop sec en ricochet. Le second acte élargit la pièce : tambourin qui relève les épaules, automation de réverb sur les stabs pour dessiner la perspective, hook vocal minimal (deux syllabes qui valent un geste) filtré puis lâché pleine bande. Pont intelligent en demi-temps — parfaite zone de mix —, puis dernière relance en largeur plutôt qu’en décibels : même motif, plus de corps.
Ce que j’aime ici, c’est l’éthique. Buckle Up ne cherche pas la poudre aux yeux ; il organise la trajectoire. C’est une musique de direction, pas d’ornement. Deep dans l’intention, tech dans l’outillage, Chicago dans la colonne vertébrale. Casque, club, after : le morceau tient partout parce qu’il raconte la même chose en trois dialectes — précision, propulsion, patience. Blaze Orange signe un banger de confiance qui serre la ceinture au monde et lui apprend à danser sans perdre le cap. Rejoue, la salle obéit.
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août 18, 2025Je baisse la tête, j’appuie play, et la pièce change d’angle. Yoza ya nga ne fait pas semblant de chercher le tube : il installe un climat. K2 O MORRAY y convoque l’afropop la plus lumineuse et des inflexions plus terriennes — percussions boisées, guitare qui sourit, basse qui respire — pour fabriquer un espace où le corps retrouve spontanément la marche avant. Ce n’est pas un collage d’influences ; c’est une conversation fluide entre la rue et la fête, entre l’étreinte et la trajectoire.
La fabrication est millimétrée. Kick velours mais ferme, sub tenu (ça pousse sans engloutir), shakers en diagonale qui font vibrer la stéréo comme un ventilateur sur peau salée. Une guitare highlife en licks clairs accroche la mémoire, les cloches digitales ponctuent le hook, et, par endroits, un log drum vient donner l’élan amapiano juste assez pour soulever le plancher. Le mix garde l’air : médiums polis pour la voix, aigus domestiqués, dynamique vivante. On entend une science du détail — mutes au demi-temps avant chaque relance, petites automations de filtre qui dilatent l’horizon sans tomber dans le tape-à-l’œil.
Au micro, K2 O MORRAY préfère la précision magnétique à la démonstration. Timbre clair, placements qui caressent la syncope, passages parlé-chanté qui laissent perler l’intime. Ce que raconte le morceau, au fond, c’est la dignité de la joie : pas une anesthésie, une méthode. On célèbre, oui, mais on tient aussi son axe. Le refrain ne crie pas ; il s’infiltre, mémoire lente, sourire durable. Les ad-libs font office de balises — gestes qui relancent la cadence plus qu’effets de manche.
Structure exemplaire : couplets compacts, pré-refrain qui incline la route (léger retrait de sub, tops filtrés), drop en largeur plutôt qu’en décibels avec chœurs fantômes qui ouvrent les fenêtres. Un pont dégraissé (basse/voix quasi seules) révèle la charpente, puis la reprise charge en densité sans s’alourdir. Résultat : un single de tenue, solaire sans sirop, club-ready et casque-friendly.
Verdict : Yoza ya nga donne faim de vivre mieux, pas juste plus fort. K2 O MORRAY signe un banger d’élégance — romantique dans le geste, redoutablement précis dans l’exécution — qui te remet la nuque droite et le cœur à l’heure. Tu relances, et la journée obéit.
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août 18, 2025Je coupe les notifications, j’ouvre le fader : une pulsation feutrée, un piano comme un store à demi baissé, et cette voix qui entre sans frapper. On reconnaît tout de suite la souveraine du séisme doux : Tiwa Savage pose la ligne de flottaison, réglée au millimètre, pendant que Skepta arrive en contrechamp — débit mesuré, timbre qui griffe juste assez pour laisser une marque. On The Low honore son titre : c’est une cartographie de la clandestinité affective, une conversation tenue au ras de la peau où chaque silence devient un argument.
Rymez signe une production d’orfèvre qui refuse la quincaillerie. Kick court, sub discipliné qui dépense ses calories avec parcimonie, claps ciselés, hi-hats en pointillé qui déplacent l’appui d’un cheveu. Quelques accords en rideau de perles et un pad “verre fumé” suffisent à installer la chambre noire ; la dynamique respire, la pièce vit, on n’est pas dans le mur de son mais dans l’architecture précise. Le hook ne s’impose pas par le volume : il se dépose. Mémoire lente garantie.
Ce duo fonctionne parce qu’il joue la dissymétrie avec élégance. Tiwa conduit la lumière — diction satinée, vibrato minimal, autorité calme — là où Skepta apporte la densité narrative, un flux qui fait tenir le cadre sans voler la scène. Leur alchimie évite l’attendu “refrain sucré/couplet rugueux” : ici, les deux voix partagent la même éthique de retenue. On touche à l’intime sans voyeurisme, à la tension sans surlignage.
Le sous-texte est limpide : l’amour sous embargo, la vitrine éteinte, la vérité qui réclame son droit d’asile. Tiwa a toujours excellé dans cette dramaturgie de l’entre-deux — désir et discrétion, puissance et pudeur —, mais On The Low la pousse vers un minimalisme encore plus souverain. Et parce que l’histoire ne s’arrête pas au single, la toile de fond annonce un chapitre où elle recentre son nom, son récit, son trône. L’imagerie du matelas empilé revient en tête : chaque couche comme un carnet de route, chaque couture comme une cicatrice élégante.
Verdict personnel : pièce maîtresse crépusculaire, calibrée pour la rotation tardive et les matins qui se recomposent. On The Low ne cherche pas la place, elle l’invente — un carré de velours où l’Afrobeats se fait confident, Skepta témoin, et Tiwa reine de la demi-lumière. Tu relances, et le monde baisse la voix pour te laisser passer.
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août 18, 2025Je ferme la porte du dehors, j’attrape ce BPM comme un guidon trop étroit, et la ville se replie d’un cran. Amsterdam ne déroule pas une carte postale : c’est un circuit nerveux où la sueur UK rencontre l’humidité des canaux, un hybride qui fait grésiller la frontière entre grime, UK garage et DnB mainline. CONTROL ALT DΞLΞTΞ compose au cutter, avec une précision d’horloger qui aurait grandi au pied d’un sound system : chaque coup est une décision, pas un effet.
Côté fabrication, c’est redoutable. Kick sec, sans débord ; snare claquante au snap métallique, calée pile dans le médium pour perforer les bus de nuit ; charleys en grains serrés, micro-accents ghostés qui créent l’aspiration. Le 2-step du couplet déhanche la grille — swing millimétré, percs boisées en arrière-plan — puis la section drum’n’bass bascule l’horizon : breaks recollés à la main (amen nettoyé + layers moderns), sub en ruban tendu autour de 40–50 Hz, sidechain discret qui soulève le plancher sans aspirer la voix. Stabs sombres en FM, pads “verre fumé” au cut-off animé, et ces risers grinçants qui préfèrent la tension à la pyrotechnie. Le mix respire large : bas ferme, haut poli, compression bus tenue qui colle l’ensemble sans l’aplatir. Club-ready, casque-honnête.
Au micro, le MC refuse la frime décorative. Diction nette, attaques rasantes, syncopes qui mordent la marge ; un parlé-chanté très grime, projeté à hauteur d’œil, qui laisse l’ego à la consigne pour privilégier la trajectoire. Le texte cadre la topographie de la fuite en avant — solitude dense, boussole interne, loyautés serrées — et l’arrangement en épouse la dramaturgie : couplets en 2-step qui serrent, pré-refrain qui incline la route, drop DnB en largeur plutôt qu’en décibels. Un pont retire le décor (basse/voix, ride en filet) puis relance par densité spectrale : pas plus fort, mieux ancré.
Ce que j’aime ici, c’est l’éthique du geste. Amsterdam ne singe pas les écoles : il les agence. Grime pour l’angle, garage pour le ressort, drum’n’bass pour la poussée, et, au centre, une idée simple — tenir. Le morceau choisit la tenue plutôt que l’hystérie, la précision plutôt que l’emphase. Résultat : un banger de nuit claire, magnétique et propre, taillé pour les tunnels de vélo, les lignes 24h/24 et les retours qui décident de devenir allers. On relance, et la ville prend enfin la bonne vitesse.
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août 18, 2025Pas question de choisir entre la précision pop-house de Schulz, la démesure festival d’Aoki et une performance vocale qui refuse la neutralité : Bloodtype marie les trois et t’impose un nouveau rythme cardiaque. J’écoute et je sens la salle se recalibrer autour d’un quatre-temps qui n’a plus rien de décoratif. Bass house en carrosserie rugueuse, electro house en moteur propre, EDM big room en aileron arrière pour maintenir la trajectoire quand la foule prend le virage.
Côté fabrication, c’est clinique et sauvage à la fois. Kick court, percutant, calé pour pousser le sub sans mordre le médium ; clap serré doublé d’un rim sec pour la vélocité ; hi-hats en double croche avec ces micro-accents qui créent la sensation d’aspiration dans les drops. La basse, légèrement distordue, colle au sidechain au millimètre : chaque respiration du compresseur fait gonfler la poitrine. Stabs acides en stéréo élargie, arpèges sciés à la scie sauteuse et couches de synthés au cut-off animé ; on entend la patte Aoki dans l’architecture des builds — montée tenace, snare rolls qui rassemblent — et la signature Schulz dans le poli du haut du spectre, ce brillant qui accroche sans fatiguer.
LAWRENT joue le catalyseur : timbre net, lignes mélodiques tendues comme des filins, diction qui laisse passer l’urgence sans perdre la tenue. Le traitement vocal reste moderne, pas tapageur : un soupçon de saturation harmonique pour l’adhérence, doubles latéraux pour élargir le refrain, delays courts qui laissent au hook la place d’imprimer. Le texte laisse deviner une obsession de l’appartenance et du seuil — l’idée qu’on change de peau quand la salle respire à l’unisson —, et la DA transforme cette intuition en mécanique collective.
L’arrangement, lui, préfère la poussette continue à l’uppercut unique. Première section pour échauffer la nuque ; break qui retire la basse et fait miroiter des accords en suspension ; drop numéro un, sec, en ricochet ; deuxième montée plus narrative, avec un pont qui feinte le silence avant de lâcher un mur de transitoires propre. Pas de boursouflure : compression bus maintenue, dynamique encore en vie, le tout pensé pour l’enchaînement DJ autant que pour la boucle en streaming.
Verdict personnel : Bloodtype n’ajoute pas un tube de plus au rayon festival, il change la métaphore. Ce n’est pas un shot d’adrénaline, c’est une transfusion. Tu sors du morceau avec un autre débit, une autre couleur dans les veines, et la très nette impression d’avoir été réglé à la bonne fréquence. Ajoute-le à la rotation des heures tardives : c’est précisément là qu’il révèle son groupe… et le tien.
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août 18, 2025On ne compte plus les morceaux nés de la rancune envers ceux qui n’y croyaient pas. Mais peu de rappeurs réussissent à transformer ce motif en machine de guerre aussi efficace que J Nuller et Really M.E. Avec Nonbeliever, les deux compères livrent un uppercut sonore, entre boom bap musclé et pop rap survitaminé, produit par Shyheem avec une précision chirurgicale. Ici, le scepticisme des autres n’est pas une plainte : c’est l’essence même qui propulse les flows.
Le morceau s’ouvre sur une énergie crue, beats claquants, basses nerveuses, un groove qui invite immédiatement à secouer la nuque. La prod puise dans l’héritage du hip-hop new-yorkais des années 90 tout en l’aspergeant d’une brillance contemporaine, presque pop, qui rend l’ensemble irrésistible sur scène comme dans des playlists taillées pour le cardio. Les voix s’alternent avec une fluidité quasi compétitive : chacun cherche à surpasser l’autre, lançant des métaphores aiguisées, des punchlines qui claquent comme des gifles jetées à la face des “nonbelievers”.
Mais ce qui rend Nonbeliever singulier, c’est la manière dont il joue avec les contradictions. Hype et brut, festif et vengeur, il réussit à faire danser tout en exorcisant les fantômes du doute. C’est à la fois une célébration et un règlement de comptes, une mise au défi lancée à ceux qui n’imaginaient pas J Nuller et Really M.E. capables de tracer leur route. Le refrain, conçu comme un cri de ralliement, transforme l’incrédulité en une fête tapageuse où chaque sceptique devient un spectateur forcé.
Nonbeliever est moins une chanson qu’un manifeste de survie. Une preuve, justement, que le rap ne se mesure pas aux croyances des autres mais à l’incandescence de ceux qui persistent. J Nuller et Really M.E. ne cherchent pas à convaincre : ils s’imposent, et le groove fait le reste.
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août 18, 2025Un piano sec comme un coup de tison, une basse qui fait vibrer les charpentes, et V.I.C qui surgit, pas pour demander l’entrée mais pour enfoncer les portes. 40 Doors n’a rien d’un simple single de rookie : c’est un manifeste compact, une démonstration de nerfs et de souffle. Dans chaque mesure, le jeune MC pose sa voix comme une arme blanche, débit tendu, syllabes qui claquent comme du métal froid contre le bitume. On n’y entend pas la quête de validation mais l’assurance brute d’un artiste qui sait déjà que personne ne viendra le chercher.
Le beat pioche du côté des textures East Coast — piano coupant, batterie lourde, atmosphère granuleuse — mais il est transfiguré par la dureté londonienne : hi-hats qui tracent des éclairs, snare qui gifle sans relâche, une énergie de caverne urbaine qui se déploie sous les néons. Pas de graisse, pas de place au hasard : le mix laisse respirer l’âpreté, donnant à la voix la pleine largeur de l’écran sonore. C’est sec, c’est cru, c’est calibré pour secouer autant dans un club enfumé que dans un casque usé au bord d’un bus de nuit.
Là où d’autres se contenteraient de répéter la faim, V.I.C l’incarne, la rend palpable. On sent la frustration cristallisée en propulsion, les murs de la ville comme autant d’obstacles à renverser, et l’idée fixe qu’il faudra toujours forcer le passage. La puissance du morceau réside justement dans ce paradoxe : une rage concentrée, mais domptée, sculptée dans la technique et la métrique.
40 Doors s’écoute comme une déclaration de guerre adressée à l’indifférence, un acte inaugural d’un artiste qui n’attend ni bénédiction ni détour. V.I.C frappe, et son écho ne s’éteint pas : il marque déjà sa place dans un paysage où il ne veut pas seulement exister, mais régner.
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août 18, 2025Je coupe le vacarme mental, j’appuie play, et le morceau s’installe comme une lumière neuve sur la peau. Living In n’oppose pas foi et fièvre : il les cale sur la même mesure. Hischzn arrive par la porte Contemporary R&B, dégaine un accent UK rap propre et laisse la trap tenir la charpente. Pas d’ostentation, pas de sermon plaqué : un texte d’alignement, une DA précise, l’éthique d’un artiste qui préfère l’exactitude à la fanfare.
Côté fabrication, c’est chirurgical. Kick court qui tape au sternum, sub en ruban tendu, hi-hats micro-accentués qui décalent l’appui d’un millimètre et font respirer la grille. La snare, mate et boisée, évite la stridence ; la basse griffe légèrement le médium pour rester lisible sur petits systèmes. Les nappes synthé sont “verre fumé” : filtres animés par petites automations, pas d’effets à la masse. Quelques stabs choraux passent en arrière-plan, discrets, comme un vitrail découpé dans le mix. Le sidechain est dosé fin : le bas bouge sans aspirer la voix. Master propre, dynamique encore vivante — club-ready et casque-friendly.
Au micro, Hischzn choisit le nerf contenu. Flow qui caresse la syncope sans renoncer à l’assise, transitions parlé/chanté qui ouvrent des fenêtres mélodiques, timbre clair qui refuse la grimace. L’écriture place des jalons spirituels — appel, discipline, redevabilité — sans posture martiale. On sent le “born again” vécu comme pratique et non comme badge : l’angle, c’est la tenue quotidienne, pas l’extraordinaire. Le hook n’explose pas ; il s’infiltre, mémoire lente, très “replay value”.
L’architecture privilégie l’aimantation. Couplets compacts, pré-refrain qui incline la route en resserrant le spectre (retrait de sub, filtre doux sur les tops), drop en largeur plutôt qu’en décibels : doubles latéraux, tambourin furtif, petite ouverture de cutoff qui agrandit la pièce. Un pont dégraissé — basse/voix presque seules — laisse apparaître la charpente éthique avant la relance finale, plus haute mais jamais boursouflée.
Ce qui emporte, c’est la cohérence du geste : un rap de Londres qui ne renie ni la rue ni la chapelle, un R&B qui brille sans sirop, une trap qui garde la foi en rythme. Living In ne brandit pas un étendard ; il propose une méthode pour tenir debout. Résultat : un single d’alignement, magnétique et propre, calibré pour les playlists de nuit claire et les matins où l’on remet le monde d’équerre.
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août 18, 2025Je dépose le téléphone, je pose la joue contre la vitre encore tiède, et le monde change de vitesse. Si yo fUERa TuÉ n’ouvre pas une piste : il trace une artère. Saril attrape la mécanique baile par le tamborzão et l’allonge jusqu’à l’indie pop, sans perdre une écaille de rue. C’est un morceau de sueur polie : frontal, magnétique, précis.
Vue d’ingé son, tout est pensé pour la traction. Kick court, sec, avec ce petit “pap” d’air comprimé ; 808 tendue qui claque dans le plexus ; ensemble de percussions métalliques (tamborim, agogôs) en panorama mobile — tu sens les objets bouger, pas un loop figé. La basse n’est pas un tapis, c’est un moteur : attaque légèrement overdrivée autour de 200 Hz pour mordre le médium, sub en ruban qui ne bave jamais. Côté pop, Saril superpose un synthé verre fumé à cutoff animé (automations fines, pas d’EDM marteau) et une guitare proprette en contretemps quasi-bossa qui ventile les refrains. La voix est captée proche-peau : compression parallèle à peine dosée, plateau aigu poli pour laisser les consonnes scintiller sans siffler, room courte qui garde le grain humain. Résultat : club-ready mais casque-digne.
Écriture et architecture évitent la pancarte. Couplets ramassés qui parlent vitesse intérieure, pré-refrain en pente douce où la rythmique se resserre (filtre + retrait de sub), puis drop non pas plus fort mais plus large : stabs de piano house fantômes, chœurs latéraux à faible gain, tambourin qui relève l’épaule. Deux respirations impeccables — break percussif et “faux silence” avec kick fantôme — relancent la circulation sanguine. Pas de graisse, que du geste utile.
Ce qui me serre le sourire, c’est la diplomatie émotionnelle. Le funk carioca donne l’angle des hanches, l’indie pop signe la pudeur ; Saril, lui, organise la rencontre. Pas d’exotisme de carte postale, une ville crédible où la tendresse a de bonnes manières. Si yo fUERa TuÉ est un antivol à mauvaise humeur : trois écoutes et tu marches plus droit, colonne alignée, panorama agrandi. Banger durable, signature nette. Et cette impression rare, à la fin, qu’on t’a rendu du temps.
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août 18, 2025Je coupe les notifications, j’augmente le son : STATIC ne démarre pas, il s’aimante. 1DJ SYNC déroule un circuit court entre warehouse à l’ancienne et trottoir d’aujourd’hui, où l’ADN house claque le quatre-temps pendant que l’alt-hip-hop griffe le vernis et que la nu-disco met de la lumière là où la ville s’effiloche. Ce n’est pas un patchwork de références mais un organisme : le groove comme système nerveux central, l’attitude comme courant porteur.
La fabrication est d’orfèvre. Kick ferme, attaque courte ; hi-hats type 909 qui ventilent la stéréo en peigne serré ; clap sec doublé d’un rim plus boisé pour la vélocité. La basse, élastique et légèrement drive, colle au sidechain pour soulever l’air sans boucher le médium. Stabs de piano house avec la patine “ruban” qu’on aime, lignes de synthé en verre fumé qui se déploient par automations discrètes, filtres ouverts par paliers plutôt que par coups de hache. La compression bus tient le tout comme un bandage élastique, les transitoires restent vivants : club-ready, casque-compatible.
Le twist, c’est la voix et la DA rap : phrasé parlé-chanté, placements syncopés sur une grille qui reste house, back-ups à peine fantômes qui élargissent le hook, quelques interjections pitchées façon opérateur radio — signature “STATIC” qui s’imprime sans forcer. Pas d’esbroufe : l’écriture préfère les angles nets, le champ lexical du mouvement et de la friction, la clarté plutôt que la pose martiale. On devine un swing MPC dans les ghost notes, une science du mute au demi-temps avant chaque relance, un break à nu-disco (tambourin + arpège filtré) qui remet du vernis avant le drop.
La structure avance par capillarité : couplets compacts, pré-refrain qui incline la route, hook qui ne crie jamais mais s’ancre en mémoire musculaire ; un pont réduit la pièce à basse/voix pour laisser la sueur parler, puis reprise en largeur — pas plus fort, mieux tenu. Résultat : un single durable, plus “procédure” que “feu d’artifice”, le genre qui aligne les corps sans demander la permission.
Verdict personnel : 1DJ SYNC signe un banger d’ingénieur sensuel. STATIC ne promet pas la fête, il l’organise — et quand la dernière mesure s’éteint, on a déjà rebranché la prise.
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août 18, 2025Projecteurs coupés, ville tiède, doigts qui claquent : Pay Me ne demande pas la lumière, il l’allume. Lop3z s’avance frontal, afrobeats dans les hanches, rap dans la mâchoire, afro-pop dans le vernis — l’équilibre exact où la fête sert de comptable à la dignité. Le thème est clair comme un reçu : la valeur se déclare, le temps se facture, l’art se paie. Mais la leçon ne pèse pas ; elle danse.
Côté fabrication, c’est cousu main. Kick velours mais ferme, sub discipliné, shakers en diagonale qui ventilent la stéréo, congas en filigrane pour texturer sans saturer. Une basse élastique pousse l’air au creux du sidechain ; la guitare, en licks haut perchés hérités du highlife, ponctue — pas de bavardage, des sourires en notes. Les synthés jouent la chaleur sans sirop, cloches digitales qui dessinent la mémoire du hook. Selon les sections, un log drum vient claquer la charpente comme un clin d’œil amapiano — juste assez pour la poussée d’adrénaline, jamais au point de voler la vedette. Le mix brille par son hygiène : médiums polis pour la voix, aigus domestiqués, dynamique respectée (on respire, on repart). Club-ready, casque-friendly.
Au micro, Lop3z choisit la précision magnétique. Timbre clair, placements qui chatouillent la syncope sans casser l’assise, alternance parlé-chanté qui ouvre des fenêtres sur la mélodie. Le rap ne joue pas la menace ; il énonce la politique du respect. Les ad-libs sont des balises — “pay me” devient geste, posture, colonne vertébrale. On sent la rue et le soleil, la débrouille rendue élégante par l’organisation. Pas d’amertume : une éthique.
La structure, elle, préfère l’aimantation à l’uppercut. Couplets compacts qui posent les règles, pré-refrain qui incline la route, hook écrit pour la mémoire lente (mots courts, voyelles rondes, cadence qui se cale dans la nuque). Un pont retire le décor (basse/voix quasi seules), laisse poindre la morsure harmonique, puis drop en largeur plutôt qu’en décibels : les chœurs fantômes gonflent, le groove se réinstalle, tu t’alignes.
Ce qui frappe, au-delà du banger, c’est la clarté morale. Pay Me ne quémande pas, n’insulte pas : il valorise. C’est une méthode de survie joyeuse — sourire premier, facture ensuite — qui parle aux scènes locales autant qu’aux dancefloors globaux. Verdict personnel : single durable, calibré pour tourner tard et longtemps. Tu relances, tu marches plus droit, et soudain, ton propre temps te paraît… bankable.
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août 18, 2025Je descends le volume du monde et une petite scène apparaît : une guitare tenue comme on tient parole, un MC qui ne lâche ni les cordes ni le souffle, un band qui joue serré mais laisse l’air circuler entre les notes. Take You Away n’a rien de l’exercice de style ; c’est une procédure d’évacuation émotionnelle, écrite par quelqu’un qui préfère la tenue à la théâtralité. On pense boom bap pour l’ossature, néo-soul pour le grain de peau, conscious pour l’axe moral : résultat, un titre qui te redresse la nuque sans te le demander.
Côté fabrication, tout sonne vécu. Batterie feutrée, attaques sèches, fantômes de caisse claire qui polissent le rebond ; basse ronde, légèrement poussée autour des 80–100 Hz, qui gouverne la pièce sans l’étouffer ; guitare de Moguido en jeu hybride — pouce/onglets — dont les voicings respirent Rhodes et Curtis Mayfield, placements millimétrés avec le charley. Le micro est pris proche mais pas collé : sibilantes domptées, un soupçon de saturation harmonique qui colle la voix au mix, parallel compression très légère pour tenir les fins de phrase quand la main retourne au manche. Le live band ne cache rien : micro-déphasages charmants, dynamique respectée, zéro collage numérique pour tricher. C’est exactement ce qui donne envie d’y revenir.
Au micro, Moguido déroule un flow d’artisan : diction claire, syncopes fines, respirations laissées audibles comme autant de ponctuations. L’écriture vise l’utile — se convaincre autant que convaincre —, et c’est là que Simone Don entre, lumière rasante. Timbre velours, justesse tranquille, harmonies latérales à peine ghostées qui ouvrent le panorama au refrain ; elle ne sucre rien, elle clarifie. La complémentarité des timbres fonctionne comme un principe d’architecture : lui trace, elle stabilise, et la chanson devient véhicule.
La structure choisit la montée par capillarité. Couplets ramassés, pré-refrain qui incline la route, hook qui s’imprime sans élever la voix ; un pont retire la moitié du décor (batterie à balais, guitare en accords ouverts), puis retour en grand angle avec une basse plus large et des rimshots qui scintillent. Rien ne crie, tout insiste.
Verdict personnel : Take You Away coche les cases des morceaux qui durent. Pas de poudre aux yeux, de l’ébénisterie sonore ; pas d’ego-trip, un pacte : croire suffisamment en soi pour laisser la musique faire le reste. On appuie encore, et étrangement, le jour paraît mieux accordé.
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août 18, 2025Il y a des morceaux qui capturent l’ivresse d’une fête, d’autres la douleur d’une rupture. Amazing, lui, s’attaque à un rituel quotidien mais sacré : sortir du barbershop avec la nuque fraîche, le miroir complice et l’impression d’avoir changé de peau. Nygel X transforme ce moment de grâce capillaire en feel-good anthem trap-pop, un condensé de confiance pure et de joie contagieuse.
Derrière la légèreté apparente, la mécanique est redoutable. Beat trap posé mais bondissant, nappes pop en arrière-plan qui aèrent le mix, kick précis qui sert de rampe à un refrain conçu pour squatter la mémoire collective. Les hi-hats effilés viennent rythmer l’assurance, tandis que la basse ronde met du poids dans le sourire. C’est une production pensée pour irradier : suffisamment rap pour garder le mordant, assez pop pour envahir les playlists de “main-character moments”.
Nygel X ne cherche pas à philosopher : il raconte l’instant. Cette seconde où une coupe nette te redonne l’envie d’attaquer le monde, où l’estime s’affiche comme une fringue neuve. Ce n’est pas anodin, c’est politique même, de revendiquer la beauté simple du self-love dans un format aussi dansant. Là où d’autres saturent le discours d’ego-trip, Nygel X propose une joie collective, une énergie solaire qui s’offre sans détour.
Avec Amazing, le miroir devient scène et chaque pas dans la rue ressemble à un défilé improvisé. C’est léger, mais ça reste : un hymne du quotidien, une célébration intime qui se transforme en tube universel.
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août 18, 2025Je lance Louder et c’est le paradoxe qui gagne : plus c’est discret, plus ça frappe. Sofasound signe un follow-up à Young qui ne cherche pas l’uppercut frontal ; il opte pour la pression constante, ce “stanky, thumpy” bas du spectre qui te cale la colonne et te fait avancer sans réclamer les strobos. Tout est écrit, produit et chanté maison — South Florida, sueur tenue, science du détail — et ça s’entend : morceau d’ingénieur sensible, sale juste où il faut.
Architecture parfaite pour club confiants. Kick court qui mord, sub en ruban tendu, groove en shuffle léger qui décolle la nuque ; hi-hats granuleux en contre-temps, clap serré doublé d’un rim sec pour la vélocité. Les stabs acides surgissent par touches, jamais en mur : petits coups de scalpel qui relancent la matrice. Le hook vocal — filtré, texturé, presque chuchoté — devient l’arme principale : mémoire musculaire garantie sans glaciage pop inutile. Breaks nettoyés (basse à nu, feulement des tops), micro-builds qui préfèrent la densité au décibel, puis drops en poussée intérieure : on respire, on repart.
Le mix est chirurgical mais vivant : bas compact, médiums sculptés pour la voix, aigus polis sans stridence ; sidechain millimétré qui pompe l’air juste assez pour que le plancher bouge sous les pieds. C’est “inviting but dirty” dans la meilleure acception : de la patine, pas de la boue. On sent l’écosystème bitbird/Chillhop/Riot dans la propreté des transitoires, mais Louder reste club animal, pensé pour la tranche tardive où les DJs testent la confiance de la foule.
Verdict : banger de tenue, parfait pour vocal house nocturne et playlists sous-sol. Tu le joues, la piste devient un seul organisme. Tu le relances, personne ne demande plus fort : tout le monde comprend. Louder, ironie totale, gagne en chuchotant.
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août 18, 2025Les lundis du mois d’août ne sont pas comme les autres. C’est beaucoup plus chill et ensoleillé, un moment propice à faire une pause en musique avec la Monday Playlist #4, à découvrir et réécouter autant que vous le voudrez.
c8o x shrxpnel – all4u
Nou Velvet – Nébuleuse
SamSam Soom – Pantalon
Carpetman – You Will Never Know It
JayWood – PISTACHIOS
Henry Aberson – Lay It on Me
Chazz Oliver x Angela Rose – And So It Was
Yestrdy – Hell Yeah!
J Musiq – Face Down
Alessiah – hot like this
Craig isto – Kancane
Badman Dafe – Rubber Style
skips ti – Whine
RULLLL – Gimme love
tilde -Beautiful Problem
Dumomi The Jig – Not the Same (NTS)
Teko Baby – When Can I Hold You
Tsharna – Stay
GoodBadUgly – diference.
Tim Grey – Rain
Zardee, BIG STEPH – It’s a Vibe
Queen Ife – Savory
Nixoni – Olawulwa (Spiritual Flip)
Rose – Massé
Diallo Brutherz – Eh God
Josh Banton – Caribbean Girls
Rauw Alejandro – Buenos Términos
B.Sosa – Something Different
MakoMadeIt – HEY BRO HEY
DTAILR – Rush
Murs – F.A.M.I.L.Y.
bethebestmg – Poor and mad
Chrome Waves x AnaYor – Back Again
V The Saint – Triple H
Master Stain – Diddy Shit
Trunkie – In the Middle (Malcolm)
Insect Gimp – Doom
Gentile – Motions
King critical – True Story
Raph Parpex – L’instant
Matt Hylom – Donald Glover
Stopnicki – The Wave
GHEIST – Searching Places
Dax – « Man I Used To Be »
Mouette – 545454
ILENE – Exactly
MELDAY, Mykel Costa – Calm Down
Piero Farho – Ya Sayidi
HOJII – Báilalo
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août 18, 2025Je n’avais pas prévu de recroiser mon double au détour d’un refrain, et pourtant le voilà, appuyé contre une basse élastique, sourire de travers. Man I Used To Be ne cherche pas l’exorcisme tapageur : Dax préfère l’opération à cœur ouvert, en tempo utile, quelque part entre l’alt-rock qui mord, l’alt-pop qui s’incruste et l’alternative dance qui donne de l’air aux épaules. C’est un titre de mue, pas de pose — le genre qui te fait changer de pas sans t’en rendre compte.
Sous le capot, la mécanique brille. Kick ferme, attaque courte ; snare satinée qui claque sans couper le souffle ; hi-hats en trames serrées qui tirent la grille vers l’avant. La basse gouverne : ronde, légèrement saturée, sidechain discret pour soulever le plancher. Guitares en couches — une rythmique grain sable, une autre en chorus propre qui dessine les bords — et un synthé verre fumé qui apparaît en surimpression quand la pièce s’agrandit. Le mix est moderne et vivant : bas tenu, médiums sculptés pour la voix, aigus polis, compression bus mesurée qui colle le groupe sans l’aplatir. On entend l’obsession du détail : mutes au demi-temps avant chaque relance, rides brossées pour ouvrir le refrain, petites automations de filtre qui dilatent la perspective.
L’écriture vise juste : pas de confession dégoulinante, une topographie émotionnelle. Dax ne fait pas la morale à son ancien lui ; il le cartographie. Couplets ramassés, pré-refrain qui incline la pente, hook qui ne hurle jamais mais s’imprime — mémoire musculaire garantie. Un pont resserre l’angle (basse/voix presque seuls), puis retour en grand angle où les guitares poussent la mélodie comme un vent de côte. On danse parce que ça tient, on pense parce que ça parle.
Verdict personnel : morceau de transition parfaitement assumé. Man I Used To Be n’essaie pas de te convaincre que tu as changé ; il t’offre un cadre pour l’être, casque comme piste. Dax signe un futur indispensable de rotation — lucide, magnétique, taillé pour marcher droit en pleine lumière.
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août 18, 2025Dip d’Eidon pulse comme un miroir de nuit saturé de néons, un morceau pensé pour transpirer le luxe et l’adrénaline. Entre pop rap scintillant et cloud hop narcotisé, l’artiste balance un hymne hédoniste, calibré pour les clubs enfumés, les afters trop longs et les vacances vécues comme une succession de plans Instagram. L’énergie est immédiate : percussions AfroRnb-groovy qui claquent, beat rebondissant, autotune tordu jusqu’à devenir presque organique, renforcé par ces strates vocales trafiquées à l’IA qui donnent à la voix une aura spectrale, comme si l’ego d’Eidon se démultipliait pour mieux occuper l’espace.
La force de Dip tient dans son mantra répétitif, un hook qui se grave dans la mémoire au premier passage, mi-chant mi-incantation, conçu pour s’infiltrer aussi bien dans les enceintes des strip clubs que dans les boucles virales des réseaux. C’est une musique de flex, de sueur et de mise en scène, mais elle ne tombe jamais dans le cliché grâce à ce mélange d’autodérision et de flamboyance futuriste. Eidon performe son personnage comme une créature hybride : un pied dans l’ego-trip, l’autre dans une sensibilité emo-rap plus trouble, plus fragile qu’il ne le laisse entendre.
Au-delà de la surface dorée, Dip traduit surtout une obsession contemporaine : l’ivresse d’exister dans le flux, d’occuper l’instant, de transformer chaque seconde en matière spectaculaire. Un banger vénéneux, où l’excès devient une esthétique et où l’on se surprend à replonger, hypnotisé par ce groove brillant comme un diamant sous une lumière artificielle.
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août 18, 2025Good Life de Max Ceddo n’est pas un hymne au confort bourgeois, ni un pamphlet nihiliste qui se complairait dans l’autodestruction. C’est une morsure ironique, un clin d’œil grinçant à ces existences en quête de sensations fortes, prêtes à troquer les joies simples contre l’ivresse artificielle et le vertige des excès. Le morceau résonne comme une satire électrique : riffs tendus, urgence post-punk, voix qui se cabre comme pour défier l’équilibre fragile entre stabilité et chaos.
Le personnage de cette chanson vit vite et fort, accélère dans sa E-Type rutilante comme dans un mauvais rêve, joue littéralement avec un couteau à pain, métaphore d’un danger domestique devenu arme existentielle. Derrière la provocation et l’énergie brute, Ceddo esquisse une critique subtile de nos obsessions modernes pour la fête sans fin, la quête du toujours-plus, l’adrénaline comme substitut à un bonheur qu’on ne sait plus nommer. La chanson se lit comme une fable contemporaine où la stabilité – la chaleur du quotidien, les plaisirs ordinaires – est méprisée jusqu’à disparaître.
Ce n’est pas un hasard si l’esthétique punk/post-punk est convoquée : cette musique a toujours su dénoncer, en rire, et cracher sur les illusions de grandeur. Good Life hérite de cette tradition avec un ton ironique qui flirte avec la caricature, mais qui finit par résonner comme une mise en garde. Et si derrière le sarcasme, il y avait une vraie tendresse pour cette vie “banale” que l’on piétine trop facilement ?
Avec Good Life, Max Ceddo signe un morceau qui cogne autant qu’il questionne, un miroir tendu à nos propres contradictions : courir après l’intensité, au risque de perdre l’essentiel. Une chanson qui explose comme une traînée d’étincelles avant de laisser place à l’ombre de nos choix.
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août 18, 2025Il y a des morceaux qui sentent la chaleur, le sable collé à la peau, mais qui font passer un frisson comme un courant d’air glacé entre deux battements de cœur. Dancing With A Ghost de Mini Sants fait exactement ça : une ritournelle indietronica au goût de cocktail tropical, traversée par des fantômes qu’on ne voit pas mais qu’on sent toujours tournoyer autour de soi. Avec Chase Ellestad en compagnon d’errance, le producteur new-yorkais fabrique un paysage sonore à la fois balnéaire et spectral, comme si les ombres elles-mêmes avaient décidé de rejoindre la piste de danse.
Le morceau déroule une house solaire qui se couvre peu à peu d’un voile trouble. Sous les basses rondes et les percussions moites, on entend l’écho d’une nostalgie entêtante, ce genre de mélancolie sucrée qui colle aux doigts comme une mangue trop mûre. La voix aérienne glisse entre les synthés étincelants, créant une sensation de flottement – une fête suspendue entre deux mondes, quelque part entre Roosevelt et Yuksek, entre Poolside et un rêve qui s’efface au réveil.
Ce n’est pas une simple track d’été, mais une danse avec l’invisible. Une chanson qui dit qu’au milieu de la chaleur, des rires et des verres qui s’entrechoquent, on danse aussi avec nos souvenirs, nos fantômes intimes. Dancing With A Ghost réussit à être à la fois léger et hanté, solaire et spectral, un oxymore musical qui colle à la peau comme une caresse et une morsure.
Mini Sants signe ici un hymne à la fois hédoniste et fragile : la preuve que même au cœur de la fête, on n’est jamais tout à fait seul.
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août 18, 2025Angelito de Arto est un miroir brisé qui reflète mille fragments d’une jeunesse écorchée, recollés à coups de stroboscopes et de basses saturées. Le morceau s’ouvre comme une pluie de paillettes radioactives : un beat synthétique frénétique, des voix triturées jusqu’à l’ivresse, des couches sonores qui s’empilent et s’effondrent comme si l’on dansait sur les ruines d’une fête sans fin. C’est du chaos transformé en catharsis, une transe camp où chaque distorsion est un cri maquillé.
Arto y convoque son double adolescent, celui qui tentait de rester fort, celui qui se fuyait dans les nuits trop bruyantes pour entendre ses propres failles. Angelito devient alors une confession nocturne : le besoin de s’inventer une aura, de trouver dans le clubbing une version glamour de soi-même, une identité qui scintille même si elle est fragile. Le texte, derrière ses reflets saturés, dit la fuite autant que la quête – fuir la douleur, chercher une lumière dans l’artifice.
Musicalement, on retrouve l’ADN hyperpop : ruptures, excès, ironie, mais ici tout est traversé par une sincérité désarmante. Arto n’utilise pas les codes pour faire joli, mais pour mettre en scène un théâtre intime, où l’on se perd et se retrouve sous la boule à facettes. On pense à Charli XCX, à SOPHIE, mais aussi à une mélancolie très personnelle qui affleure dans chaque bribe de refrain noyée sous les effets.
Angelito est une entrée fracassante dans l’univers d’Arto : un espace où l’on danse pour survivre, où les cicatrices brillent comme des néons, et où l’excès devient une forme de vérité. Une chanson qui transforme l’évasion en art de vivre, et la douleur en fête incandescente.
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août 18, 2025Il y a des morceaux qui claquent comme des portes et d’autres qui s’ouvrent comme des clubs à minuit. Room 5 de YungParadise appartient à la seconde catégorie : un track incandescent où la rugosité du gangsta rap se love dans le velours clinquant d’une dance-pop prête à exploser. C’est cette tension – l’agressivité crue qui s’habille d’un beat fluorescent – qui fait toute la singularité de YungParadise, et qui transforme un single en événement.
Dès l’intro, la production annonce la couleur : trap qui crépite, basses épaisses mais calibrées pour les systèmes de sonorisation massifs, hi-hats pressés comme des stroboscopes, et surtout ce gimmick mélodique sucré qui colle instantanément au cortex. On sent l’influence dancehall dans le placement rythmique, dans la manière dont la voix danse autour du kick comme si elle cherchait à transformer la rue en piste de danse. C’est une esthétique hybride : la brutalité ne disparaît pas, elle s’invite dans le glamour.
Le flow de YungParadise alterne entre déclaration frontale et hook pensé pour lever les bras. On est dans un équilibre étrange et parfaitement assumé, quelque part entre le club banger international et l’ego-trip de quartier. L’énergie est haute, mais pas brutale ; elle est festive, galvanisée, saturée d’adrénaline. Chaque punchline semble faite pour rebondir dans les stories Instagram, chaque montée pour se libérer en drop euphorique.
Room 5 n’est pas un simple single, c’est une carte de visite : preuve qu’on peut venir du bitume et viser les dancefloors, qu’on peut tenir un langage cru et l’enrober d’une production qui respire le global hit. YungParadise signe ici une proposition sans compromis, calibrée pour ceux qui veulent sentir la sueur et les néons dans le même souffle. Un hymne de club qui garde les poings serrés.
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août 18, 2025Je lance Our Game et tout se calme comme un salon feutré après l’averse : basse qui respire, batterie au gant de velours, claviers en lumière rasante, et cette voix qui te regarde sans hausser le ton. SV et Alyssa Jane n’essaient pas de rejouer la carte postale vintage ; ils pratiquent l’élégance utile, ce classicisme moderne qui sait dire adieu sans théâtraliser la scène. L’ombre portée de Sade plane, oui, mais comme une éthique : peu de mots, beaucoup d’air, la précision des gestes.
Sur le plan sonore, c’est une leçon d’architecture douce. Kick amorti, snare satinée, charley en ciselures fines ; la basse glisse en arabesques discrètes, juste ce qu’il faut pour tenir le buste. Les Rhodes arrondissent les angles, une guitare proprette ponctue à la seconde près, et de minuscules nappes laissent deviner un horizon plus large. Le mix est poli sans être lisse : haut-médium dompté pour les voix, bas tenu mais respirant, reverbs courtes qui murmurent plus qu’elles n’expliquent. On entend la main d’artisans qui connaissent la différence entre enrober et étouffer.
Au micro, le duo joue la diplomatie des sentiments. Timbres complémentaires, dialogues en clair-obscur : elle trace la ligne claire, lui en soigne les bordures, et l’ensemble raconte la mue tranquille d’un lien qui cesse d’être un bras de fer pour devenir un pacte de sortie. L’écriture ne cherche pas la formule-choc ; elle préfère la topographie émotionnelle, ces demi-teintes où l’on range l’amour sans le dévaluer. Le hook n’explose pas — il s’infiltre, il colle à la mémoire lente.
Our Game est une chanson de seuil : on y apprend à refermer une porte, puis à marcher droit dans le couloir sans se retourner bruyamment. Neo-soul, contemporaine, portable partout — casque, voiture, cuisine tardive —, elle prouve surtout ceci : le futur de la douceur n’est pas mièvre, il est précis. SV x Alyssa Jane signent un morceau de tenue, qui polit le cœur sans l’anesthésier. Tu appuies à nouveau, tu respires mieux, et curieusement… tu gagnes.
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août 18, 2025Premier contact, c’est une montée d’endorphines réglée à la milliseconde : four-on-the-floor qui cale l’échine, basse élastique qui claque comme une sangle neuve, guitare rythmique en coups de peigne à la Nile Rodgers. Psyonik connaît la grammaire du dancefloor mais parle en dialecte perso : nu-disco en carrosserie miroir, pop-rap au volant, turbo-funk sous le capot. Le résultat n’est pas une compile de tics vintage ; c’est un système de propulsion émotionnel.
Côté architecture, rien ne dépasse mais tout scintille. Kick rond, transitoires propres ; clap serré doublé d’un rim sec pour la vélocité ; hi-hats en doubles croches qui respirent grâce à des micro-accents programmés au scalpel. La basse travaille en va-et-vient entre lignes glissées et petits pops percussifs ; le sidechain est dosé juste assez pour soulever l’air à chaque temps sans aspirer le médium. Stabs de synthé en laiton plastique, arpèges en arrière-plan qui dessinent de petites comètes, pads au cut-off animé pour ouvrir le ciel au refrain. La compression bus colle le groupe sans l’aplatir, tandis qu’un soupçon de saturation harmonique donne ce grain “cassette propre” qui rend les couleurs plus vives.
La voix avance poitrine haute, sourire audible. Couplets pop-rap au flow poli — placement millimétré, punchlines qui clignotent sans écraser —, puis hook chanté calibré pour le souvenir musculaire. Un vocoder discret double certaines fins de phrases, clin d’œil French touch qui agrandit la silhouette sans tomber dans la caricature. Le break central retire la moitié du décor (basse à nu, congas en filigrane, cowbell fantôme), puis la relance débarque avec une octave de plus dans les chœurs et un tambourin qui soulève les épaules : montée par densité, pas par décibels.
Ce que j’aime ici, c’est l’optimisme discipliné. Good Time, Great Time promet la fête mais livre la tenue : un morceau qui donne de l’éclat au quotidien, compatible club, casque, cuisine du samedi. Psyonik signe un banger durable, brillant sans gras, contagieux sans tapage. Tu relances, tu marches plus droit ; la journée, soudain, a davantage de surface réfléchissante.
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août 18, 2025Je ne sais pas à quel moment j’ai cessé de chercher le clash pour écouter le grain, mais Why Criticize m’y a aidé. J’appuie, et tout devient plus net : un kick sec qui ne veut pas plaire, une caisse claire mate qui coupe la pièce en deux, ce souffle de bande qui prouve qu’on a laissé la poussière là où elle raconte. AveragJo choisit le boom bap comme on choisit une cuisine au couteau : simple, vif, précis. Pas de gadget, pas de sirène criarde — un sample charbonneux, peut-être des cordes en boucle discrète, un Rhodes râpé à l’arrière, et surtout un swing de batterie qui refuse la grille parfaite. Le groove respire, le low-end tient la colonne sans tout noyer : c’est du craft.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/4xNxDTH5tWCXLXbaZ8KH2B
La tenue du morceau, c’est l’angle. Au lieu de grimper sur une caisse pour sermonner, AveragJo parle à hauteur d’œil. Flow posé, attaques nettes, silences utilisés comme arguments. Il sait front-kick quand il faut, mais préfère déplacer le point d’écoute : et si comprendre l’autre n’était pas faiblesse, mais compétence ? La réalisation suit : voix centrée, de-esser sage, un poil de saturation harmonique pour coller le timbre ; doubles à peine audibles qui élargissent sans boursoufler. Le refrain ne braille pas, il s’infiltre — mémoire musculaire garantie.
J’adore cette façon de tordre un format historique pour raconter le présent. Les drums claquent “old school”, mais le montage pense maintenant : micro-chutes avant la relance, mutes qui creusent l’estomac, un bridge qui retire la moitié du décor pour te laisser seul avec l’idée. Le sample est traité avec parcimonie — filtre, repitch, peut-être un grain de bitcrush juste au moment où le discours s’affûte —, histoire de rappeler que la forme n’est pas l’affiche, elle est la syntaxe du propos.
Sur le fond, Why Criticize refuse les binaires. Il y a la fatigue des procès expéditifs, la joie ténue de l’attention retrouvée, l’idée simple que l’écoute est une pratique et pas un emoji. C’est un morceau de marche et de mise au point : tu le lances pour désembuer, et le monde retrouve des nuances. Verdict personnel : AveragJo signe un titre rare — pas un tract, un outil. Le genre de pièce qui ne cherche pas à gagner la bagarre ; elle change la pièce où la bagarre avait lieu. Et ça, franchement, c’est plus subversif que n’importe quel punchline.
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août 18, 2025Il y a chez Olivia Reid une manière rare de rendre l’invisible tangible. Son single Quite Simple, déjà une miniature indie-folk d’une douceur désarmante, se déploie désormais dans une vidéo tournée au cœur d’une forêt qui semble hors du temps. Là où d’autres auraient surligné le propos, Reid choisit la retenue : une lumière filtrée entre les feuillages, des danseurs du collectif LOOSE KANON DANCE glissant entre les troncs comme si chaque geste devenait métaphore d’un quotidien réenchanté.
Cette mise en scène épouse parfaitement la philosophie du morceau : la beauté réside dans ces instants fugaces qu’on oublie de regarder, un souffle de vent, un éclat de rire, un mouvement infime qui change la perception du monde. L’image ne cherche pas à illustrer la chanson, elle la prolonge, comme si la forêt devenait l’espace mental que la voix de Reid nous invitait à habiter. La caméra, jamais intrusive, capte la danse comme un écho des respirations de la guitare et des inflexions vocales.
Ce geste visuel tombe à point nommé : Olivia Reid annonce dans la foulée la sortie de son EP Space To Roam, prévu pour le 5 septembre, fruit de semaines passées à composer dans la campagne polonaise. Un titre qui dit tout — un besoin d’air, d’espace, de retrait pour mieux revenir. Quite Simple n’est alors plus seulement un single ou une vidéo ; c’est la clé d’entrée dans un projet qui promet l’épure, le lâcher-prise et cette capacité rare à nous rappeler que la musique, parfois, suffit à réapprendre à regarder.
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août 18, 2025Je presse play et tout s’oxygène d’un coup : Electric Flow n’entre pas, il allume. Sir Carino propulse une afro-drill nerveuse où l’endurance de la rue camerounaise se marie à la précision métronomique des patterns UK. Le résultat n’est ni un collage ni un cosplay : un langage propre, musclé, réglé pour la course longue. Ici, l’ambition n’est pas une posture ; c’est une hygiène. On sent l’envie de percer, mais surtout l’obstination de tenir.
Production d’orfèvre, pensée pour la traction. Kick sec, sub tendu qui appuie dans le plexus, charleys en mitraillette micro-accentuée, ghost notes qui déplacent l’appui et tiennent la nuque en avant. La grille drill est là (pitches glissants, roulements de double, rouages hachés), mais le grain africain remodèle tout : percussions boisées en arrière-plan, petites clochettes qui ponctuent la stéréo, guitare ou synthé en ostinato lumineux façon highlife sous-mixé. Le hook ne crie pas : il s’infiltre par capillarité, renforcé par des chœurs fantômes qui épaississent sans graisser. Le sidechain respire juste ce qu’il faut ; la dynamique reste vivante, prête pour la piste comme pour le casque.
Au micro, Sir Carino choisit la propreté magnétique. Timbre clair, placements au cordeau, bascules parlé-chanté qui injectent du relief sans casser le tempo. Le texte — focalisé sur la faim, l’ascension, la lucidité face aux obstacles — refuse le misérabilisme. C’est le récit de la débrouille devenue méthode, de l’énergie canalisée en procédure. Les ad-libs, héritiers de la drill, ne sont pas des tics : ils servent de balises pour relancer l’élan, façon mantra de marche.
Architecture exemplaire : couplets compacts, pré-refrain qui incline la route, drop mesuré pour laisser l’air, puis reprise élargie par densité spectrale et non par volume. On pense aux meilleurs hybrides afro-fusion/drill, mais Electric Flow garde une signature locale : la cadence de Buea, la chaleur du bitume, l’irrévérence qui sourit avant de mordre.
Verdict : single durable, calibré pour le replay. Sir Carino signe un manifeste d’énergie maîtrisée — pas l’explosion, la propulsion. On relance, et le monde paraît soudain plus navigable.
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août 18, 2025Je n’attendais rien et c’est tombé pile : worst timing, ironie totale, arrive exactement quand il faut. Trevon Hill ouvre une lucarne dans l’Alternative Hip-Hop d’aujourd’hui — minimalisme qui respire, nerf discret, poésie en baskets — et plante un décor où la malchance devient matière première. Pas de frime, pas de grands bras : une ligne claire, des angles doux, l’art de faire tenir l’orage dans une chambre bien rangée.
Le morceau se construit comme un petit système solaire. Kick amorti qui tape court, snare sèche au grain papier, hi-hats micro-décalés qui créent ce balancement de tête à vitesse urbaine. La basse, ronde et précise, colle au sidechain juste assez pour soulever la poitrine à chaque mesure ; des claviers en velours — Rhodes ou émulation — tracent des halos laiteux autour de la voix. Deux, trois touches de synthé en cloche et des bruits de périphérie (respirs, frottements, un clic fantôme) donnent cette sensation de réel qui fait la différence. Le mix est propre mais pas clinique : haut-médium poli pour le timbre, bas tenu, reverb courte qui garde la proximité — tu entends la pièce, pas la vitrine.
Au micro, Trevon Hill choisit l’économie. Flow posé qui flirte avec la syncope sans se vautrer, transitions parlé/chanté qui laissent l’intention en avant, diction claire qui refuse la pose martiale. L’écriture attrape l’instant où tout s’aligne mal — rendez-vous manqué, porte qui se ferme, message reçu trop tard — et le renverse en méthode : regarder, nommer, avancer. C’est l’école des songwriters précis qui connaissent la valeur du vide : pas de surlignage, des images qui tiennent parce qu’elles respirent.
Architecture réglée au millimètre : couplets compacts, pré-refrain en pente douce, hook qui n’explose pas mais s’infiltre — mémoire musculaire garantie. Un pont retire de l’ornement, réduit le champ, puis la relance finale gagne en largeur sans hausser la voix. Résultat : un titre qui marche partout — casque nocturne, volant calme, fenêtre entrouverte — et qui, sans jamais crier au banger, s’impose par justesse.
Verdict personnel : worst timing fait partie de ces morceaux discrets qui déplacent pourtant les meubles. Trevon Hill signe une pièce d’alignement — élégante, tenue, replay immédiat — et rappelle qu’un bon refrain ne sauve pas la journée : il lui donne de la tenue. Tu relances, tu respires mieux, et curieusement… tout tombe enfin au bon moment.
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août 18, 2025Je n’avais pas prévu de me redresser sur la première snare, et pourtant tout s’aligne d’un coup : Superhero prend la ville de face, coupe le bruit, et trace une ligne claire entre tentation et trajectoire. Stepz n’y joue pas le messie de comptoir ; il fait ce qu’on attend d’un vrai leader de quartier en 2025 : respirer grand sans rouler des mécaniques. C’est sec, décidé, presque stoïque, mais ça groove — et ça, c’est rare.
Le design sonore porte la signature Good Influence tout en serrant le cadre : percussions glitchy qui picotent le champ stéréo, kicks compacts, claps ciselés, micro-bruits digitaux qui crépitent comme des néons fatigués au-dessus des night buses. Un sample mélodique filtré sert de boussole, ouvert juste ce qu’il faut dans les refrains pour donner de la largeur sans succomber au sirupeux. Le low-end reste net, discipliné ; sidechain discret, sub qui tient l’échine comme une prière murmurée. Le mix privilégie l’intelligibilité du timbre, haut-médium dompté, delays courts pour coller la voix à l’oreille : on entend chaque intention, chaque accent de Croydon.
Au micro, Stepz surprend par la tenue. Flow sobre, placements qui caressent la syncope sans l’user, respiration maîtrisée ; l’assurance n’est pas un effet, c’est une méthode. Il parle d’ancrage, pas de mirage : la foi comme garde-fou, l’authenticité comme mot d’ordre, la distraction neutralisée par l’hygiène mentale. L’écriture évite les slogans faciles et préfère une logique de trajectoire : on sent l’héritage UK rap dans la rugosité polie des images, et la jeunesse dans l’insolence calme du ton.
L’architecture du morceau est efficace sans tricher : couplets ramassés, pré-refrain en inclinaison, hook qui ne crie jamais mais s’imprime — mémoire musculaire garantie. Un pont resserre la focale, retire des éléments, fait monter la tension par le vide, puis la reprise tombe comme un verdict propre. C’est pensé pour la rotation, mais taillé pour durer : la foi, la discipline, le refus du décor.
Verdict personnel : Superhero confirme l’évolution d’un raconteur qui préfère la clarté à la comédie. Un titre de marche et de mise au point, à mettre dans la même playlist que tes résolutions tenues. Quand la dernière mesure tombe, tu tiens la tête plus droite — pas parce que la musique t’a crié dessus, parce qu’elle t’a montré comment faire.
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août 18, 2025J’appuie et ça respire tout de suite : une chaleur précise, pas la canicule. Do Re Mi ne cherche pas la frime, il vise l’évidence — cette zone rare où l’afropop, l’afrobeats et un soupçon de hip-hop s’aimantent sans se marcher dessus. Marvo Fivestarsz conduit comme un pilote qui connaît la route : tempo médian, épaule détendue, regard franc. La promesse n’est pas “plus fort”, c’est “mieux tenu”.
Côté fabrication, c’est cousu main. Kick rond, attaque courte ; caisse claire sèche avec un snap doux ; shakers qui sillonnent la stéréo comme des lucioles ; clochettes et percs boisées en arrière-plan pour texturer sans brouiller. La basse, souple et élastique, colle au sidechain juste assez pour soulever le plancher à chaque mesure. Un lick de guitare haut perché — héritage highlife — scande la mémoire, pendant que des synthés en cloche pavent la mélodie de petits cailloux fluorescents. Si un log drum passe pointer le bout du nez, il le fait en gentleman, pour l’élan, pas pour l’effet. Le mix garde l’air : bas propre, médiums caressés, aigus polis ; la dynamique respire, preuve qu’on peut viser les playlists sans écraser la vie.
Au micro, Marvo joue la précision magnétique. Timbre clair, placements qui flirtent avec la syncope sans lâcher l’assise, transitions parlées-chantées qui tracent la ligne narrative d’un geste. Le rap infuse par le sens du rebond et la façon de cadenasser les fins de phrases ; l’afropop prend le relais avec l’aimantation mélodique. Le hook n’explose pas : il s’infiltre, revient, s’installe. C’est la science du “replay value” sans tapage.
Ce qui accroche, c’est l’éthique du morceau : Do Re Mi ne vend pas une carte postale, il fabrique un espace. Un club intérieur à ciel ouvert, où l’euphorie a des bonnes manières et la tendresse une vraie colonne vertébrale. Afrofusion au sens plein — pas un collage, une conversation : percussions qui respirent, guitare qui sourit, voix qui tient la pièce. On imagine la piste, oui, mais aussi le casque, la voiture, la cuisine du dimanche. Verdict personnel : single durable, calibré pour durer au-delà de la saison. Tu relances, et chaque micro-détail rend le monde un peu plus droit.
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août 18, 2025Je plaque play et je sens l’odeur du bitume chauffé par un soleil tardif, la houle d’un club surplombant les docks, les épaules qui se décrispent d’un coup. Wee Luv porte bien son nom : c’est petit par la formule, immense par l’effet. Durt Burd pioche dans l’old-school house comme on rouvre une armoire à trésors, mais il range tout à la moderne. Piano qui claque, hi-hats nets à la 909, kick mat qui tient la colonne vertébrale, basse qui rebondit sans étouffer : l’ossature est classique, la finition, elle, est très d’aujourd’hui, avec une attention au détail qui distingue les vrais faiseurs des distributeurs de kits.
Le cœur du morceau, c’est ce va-et-vient délicieux entre hook pop et couplets rap : Liambo Slice s’installe en funambuliste, placement propre, sourire aux commissures, M66 Belfast amène le grain brut, la rue qui affleure sans posture. Les voix sont mixées au premier rang, proches, presque main sur l’épaule, pendant que les stabs de piano ouvrent les fenêtres à chaque relance. Pas de graisse : breaks courts, filtres qui respirent sans tomber dans l’EDM d’antan, mini-builds qui jouent la tension utile avant de redonner la piste. On notera le soin apporté au low-end, compact mais discipliné, et ce sidechain discret qui pompe l’air au rythme du kick, créant la sensation d’être porté sans jamais être submergé.
Le charme tient aussi à la géographie sentimentale : Belfast s’entend dans les aspérités, dans cette manière de faire chanter la foule imaginaire au refrain sans crier au tube. Wee Luv ne vend pas le mirage d’un été éternel, il capture ce moment précis où la nuit s’ouvre et où tout redevient simple. Pop-rap par l’accessibilité, house par l’éthique du groove, local par l’accent qui persiste ; le titre aligne des codes connus pour fabriquer un endroit neuf.
À la troisième écoute, on mesure la malice : micro-variations du motif, ghost-notes de caisse claire qui caressent le rebond, back-ups vocaux qui n’entrent que là où il faut. Le refrain ne hurle jamais, il s’infiltre, et quand la dernière boucle retombe, on a l’impression d’avoir serré des mains, ri sans poser, vécu quelque chose de vrai. Wee Luv coche toutes les cases du banger d’été, mais garde le supplément d’âme qui lui survivra en automne. Ajoute-le à ta rotation : c’est du durable, pas du jetable.
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août 15, 2025Tu entends d’abord un piano qui ne cherche pas la tendresse, mais la traction. Motif net, anguleux, qui installe un mode dorien comme une lampe frontale dans un tunnel : mineur, oui, mais l’éclaircie de la sixte levée fend l’obscurité. Puis la porte cède : guitares baryton accordées bas, grain mat, double pédale qui déroule en 4/4 avant de basculer en 7/8 comme un plancher qui change d’inclinaison. Ce n’est pas l’esbroufe d’un patchwork “classique + metal” ; c’est une charpente pensée, un vrai dialogue d’ADN.
On reconnaît la main de Michael Goldberg dans la façon de faire respirer l’harmonie pendant que le rythme mord. Le thème n’est jamais laissé seul : il est retaillé, inversé, densifié à chaque reprise. Rich Gray verrouille le bas du spectre avec une basse qui fait le liant mélodique plutôt que le simple ballast, pendant que Fabio Alessandrini signe une batterie de précision chirurgicale — ghost notes qui ouvrent l’espace, cymbales tenues pour préserver le haut-médium, double-kick qui sert la phrase au lieu de la noyer. Au-dessus, le violon de Peter Voronov coupe les hautes fréquences comme une lame propre : attaques crin-crampon, vibrato retenu, lignes qui s’accrochent au thème sans le surligner.
La production de Warple Bunny Studios joue la dynamique, pas le volume. Les riffs serrés claquent, puis le remix casse l’axe avec des drops en half-time qui laissent passer l’air avant de recontracter la cage thoracique. La montée finale empile pads choraux et cordes sans mur de son : stéréo large, bas ferme, tête claire. C’est cinématographique sans surmixage, prog sans bavardage, metal sans graisse.
Ce qui fait la différence ici, c’est l’éthique du motif. Le dorien n’est pas un gadget : c’est le logiciel affectif du morceau. Il autorise la gravité et un rayon d’espoir dans le même geste. Résultat : un “midnight metal” qui carbure à la lucidité, parfait pour courir, coder, ou simplement tenir la nuit debout. Dorian’s Dance (Midnight Metal Remix) coche toutes les cases du crossover intelligent : architecture, nerf, mémoire. Tu relances, non pour t’assommer, mais pour rester net·te.
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août 15, 2025Plein cadre sur une table de cuisine planétaire : quatre accents, quatre mémoires, une même pulsation. Four Corner Circle n’empile pas des passeports sonores ; il fabrique un lieu. Saxophone et claviers de Byron Asher, basse/contrebasse d’Edgar Marun, batterie-percussions de Juanita Clarke, voix et synthés de Sasha Gefen : la chimie tient par l’écoute, pas par l’esbroufe. Pop d’artisans cosmopolites, groove qui respire, arrangements cousus main : on voyage parce qu’on reste ensemble.
https://open.spotify.com/intl-fr/album/4lQonXyG8wY4YN6jc9hsRB
Fairies ouvre comme une aube humide : basse qui marche en contrechant mélodique, batterie en pas souple, sax qui frôle, voix qui lève le voile. Les couches se superposent par capillarité ; on sent déjà cette grammaire commune où chaque silence a une utilité.
Yagadish opte pour la transe de salon : ostinato de claviers, caisse claire en feutre, syncopes soukouss sur la guitare synthétique, lignes vocales qui s’aimantent. La section rythmique glisse des accentuations latines sans folklore ; ça avance, ça respire.
Waterfalls, pièce d’équilibre : batterie brossée, cymbales en pluie fine, sax en ruban, basse ronde qui gouverne la profondeur. La voix ne surjoue pas, elle cadre l’émotion ; la mélodie choisit l’épure plutôt que l’ascenseur.
Kometa allume le mode cinétique : motif modal qui flirte avec une mélancolie d’Europe de l’Est, toms qui roulent en vague, synthé qui trace l’horizon. Crescendo patient, jamais tapageur ; quand ça déborde, c’est par la largeur, pas par les décibels.
Birds For Leaves est le moment suspension : brosses, contrebasse en bois nu, chœurs fantômes. La chanson tient comme une carte postale qui respire encore le sel.
I Died For Beauty pousse la dramaturgie sans pathos : tension harmonique sous la voix, sax en éclat contenu, break qui retire des éléments pour mieux te laisser flotter. C’est là que la plume et l’oreille se rejoignent : élégance, tenue, justesse.
Te Amo referme le cercle en pas de danse clair : syncopes caribéennes dans le bas du spectre, claps feutrés, motif vocal qui se grave sans forcer. Le morceau dit l’évidence : la connexion n’a pas besoin de passeport quand le tempo est commun.
Ce qui bluffe, au-delà du métissage, c’est l’éthique du son : dynamique respectée, placements précis, refus des clichés d’“exotisme”. Le collectif ne fait pas semblant d’être global ; il l’est, point. Four Corner Circle, c’est la preuve qu’un disque peut conjuguer curiosité, groove et intimité sans perdre son axe. Un repère pour danses lentes, pensées claires et horizons ouverts.
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août 15, 2025Love Isn’t Always n’a pas besoin d’effets spéciaux : c’est du pop rock à visage humain, joué ensemble, en vrai, et ça s’entend. Echomatica, quatuor d’Auckland, place la chanson au centre et l’habille juste ce qu’il faut : guitares claires qui carillonnent sans frime, section rythmique nette comme une ligne blanche, voix qui regarde dans les yeux. L’enregistrement live sur bande à Earwig Studios, sans retouches numériques, fait le reste : compression naturelle, bas chaleureux, respiration organique. La radio edit n’enlève pas la chair ; elle coupe le gras.
Architecturalement, c’est millimétré. Couplet en propulsion douce, pré-refrain qui incline la route, refrain qui ouvre le panoramique sans hurler. La batterie avance au pas sûr, kick tonique et caisse claire sèche ; la basse de Scott Samson ne suit pas, elle gouverne, mélodique et élastique, véritable poignée de porte du morceau. AJ pose les guitares et les programmations comme on agence une pièce : arpèges scintillants, légers chorus, delays qui étirent l’horizon sans brouillard. Matt Chong installe des contrechants subtils qui retiennent l’oreille. Au centre, Charlie Maclean délivre un timbre franc, placements propres, intention lisible : zéro pathos, maximum d’adhérence.
Pop rock, donc, mais de précision. Le hook ne s’impose pas par volume ; il s’infiltre, revient, se loge en mémoire musculaire. Un pont aère la structure, laisse la charpente visible, puis la relance finale gagne en largeur plutôt qu’en décibels — sagesse de groupe qui préfère la tenue au grand fracas. Le thème — l’amour qui n’est “pas toujours” droit dans un monde saturé — est traité avec une lucidité tendre : pas de moraline, une topographie émotionnelle où l’on peut marcher sans se perdre.
Ce qui fait la différence, c’est la cohérence d’éthique et d’esthétique : jouer simple, sonner riche ; viser l’évidence, respecter les détails. Love Isn’t Always coche tout ce qu’on demande à un single pop rock moderne : immédiateté, élégance, replay value. Casque, volant, fenêtres ouvertes : le morceau nettoie l’air et rappelle qu’un bon refrain n’a pas besoin d’en faire trop pour tenir longtemps. Echomatica signe une pièce claire, magnétique, prête pour la rotation — et pour rester.
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août 15, 2025J’ouvre la fenêtre, je baisse le volume du monde, et Honey entre comme une odeur sucrée qu’on reconnaît avant de la nommer. Pas de grand apparat : un piano posé à hauteur de poitrine, une guitare acoustique qui respire, une voix au plus près du micro qui refuse la pose et préfère la peau. Sarah Wendlandt écrit comme on écrit sur un carnet froissé — phrases nettes, sentiments précis — puis elle laisse la musique faire l’ouvrage invisible : cadrer, tenir, consoler sans infantiliser.
Techniquement, c’est un manuel de sobriété. Le piano déroule un ostinato de quelques notes qui sert de colonne vertébrale ; les accords s’évasent par petites variations de voicings, juste assez pour que l’oreille sente le mouvement sans qu’on lui montre la flèche. L’acoustique vient border le médium, attaques feutrées, pick léger, et ce grain de bois que seule une prise de proximité bien gérée peut offrir. La voix est traitée à l’économie : compression parallèle discrète pour l’assise, de-esser sage, une plate reverb courte qui crée l’aura sans diluer le grain. On perçoit des respirations laissées intactes — pas des accidents, des indices d’humanité. Le mix, lui, refuse la brillance glaçante ; il opte pour un haut-médium poli qui laisse place au récit.
Sur le plan de l’écriture, Honey met en scène une obsession lucide : l’attirance comme onctuosité, la douceur qui tient, la perte qui glisse. La métaphore ne s’acharne pas ; elle se dépose. Wendlandt maîtrise l’art du refrain qui ne hurle pas mais aimante, héritage commun aux filiations Hozier/Ben Howard/Novo Amor, sauf qu’ici la dynamique préfère la montée par capillarité à l’explosion cathartique. On sent, entre les lignes, les années passées à tester la chanson en concert : la structure a la mémoire des salles, ces micro-suspensions où l’on suppose un chœur de silhouettes, même quand on écoute seul.
Ce qui fait la différence, c’est la tenue émotionnelle. Honey parle de ce qu’on garde même quand on a perdu : une chaleur, une couleur, un goût qui revient sans prévenir. Aucun pathos, une droiture tendre. C’est une chanson-outil — pour cuisiner tard, pour conduire lent, pour ranger une pièce dans laquelle on n’osait plus entrer. Et quand ça s’éteint, on reste un instant immobile, avec l’impression que quelqu’un a remis la vaisselle à sa place. Puis on relance. Parce que certaines douceurs, rares, ne saturent pas : elles éclaircissent.
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août 15, 2025Je vois la scène avant même d’appuyer sur play : clim en rade, bières tièdes, peau qui colle aux guitares, quatre amis de lycée qui ont décidé qu’on pouvait ressusciter un groupe comme on rallume un feu. Vice Market n’essaie pas de rejouer le musée : il taille dans le classic rock avec des outils affûtés, sans nostalgie grasse. Sous la houlette de Paco Lazo et Andrés Lavalle, le son respire l’organique et l’intention : gros grains quand il faut, air entre les éléments, compression qui tient la pièce sans l’aplatir. On entend l’ombre d’Iommi sur les riffs, du Parliament dans la souplesse rythmique, une droiture mélodique héritée des Beatles — mais l’alchimie reste 100% Captain Mantis.
Moonshine Alley ouvre la porte à coups d’épaules. Riff massif, palm-mutes qui mordent juste, batterie en avant du corps, basse qui pousse et se cabre dans les pré-refrains. Textbook opener, oui, mais avec ce sens de la coupe nette : break en demi-temps, relance qui explose sans devenir boursouflée. C’est la carte d’identité du quatuor : immédiateté et tenue.
Simon Frost change l’angle. Moins bélier, plus cinétique, le morceau déroule une pulsation plus sinueuse où la section rythmique (basse en pivot, charley précis) installe un groove à mi-chemin du rock alternatif 90s et d’un funk sec. La guitare s’autorise des contre-chants acidulés ; le chant, lui, gagne en proximité, presque conversationnel. C’est le titre qui prouve que le groupe sait tourner sans perdre le buste.
Galatea devient la pièce signature. Trois guitares acoustiques en tissage serré — open G capo 4, standard nu, standard capo 7 — qui dessinent un dôme harmonique. Au centre, un mellotron qui entrouvre un ciel de cinéma, solo capté en deux prises, nerveux mais pudique. La dynamique respire en paliers : on monte par retrait, on éclaire par détails. Ici, Captain Mantis prouve qu’il peut jouer la délicatesse sans mièvrerie.
Vice Market, enfin, donne son nom et sa cadence à l’ensemble. Basse contagieuse en figure d’ancrage, batterie qui danse sans surjouer, guitares qui picorent des syncopes latines ; le morceau flirte avec un latin-rock mordant tout en gardant l’ossature rock. Le mix laisse l’espace vivre : voix au centre, tambourin qui soulève la poussière sur les refrains, stéréo large sans tape-à-l’œil.
Au-delà de la diversité affichée, ce qui serre le tout, c’est la philosophie de fabrication : chercher le point d’équilibre entre cliché rassurant et auto-indulgence. Vice Market est court, dense, cohérent ; chaque chanson montre une face différente du même coffre. Un EP de réactivation plutôt que de réédition : la preuve qu’on peut aimer le passé en écrivant au présent. Monterrey a trouvé son classic rock d’aujourd’hui — pas une relique, un moteur.
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août 15, 2025Pas besoin de décor : j’appuie play et je sens la poussière fine d’un champ encore tiède, les baskets lourdes et le cœur qui retombe à hauteur humaine. See You Around fait partie de ces morceaux qui ne forcent rien et, précisément pour ça, gagnent tout. Verticoli joue la retenue qui serre juste assez : une main sur l’épaule, l’autre qui te montre la sortie, pas le drame.
Techniquement, c’est une leçon d’alt-rock respirant. Guitares en cloche cristalline, doublées large, grain quasi-Rickenbacker qui fait miroiter le haut-médium ; un léger ruban de saturation colle le tout au châssis sans saturer l’image. La batterie avance au pas sûr : kick ferme, snare sèche au snap boisé, charley brossé pour garder le champ stéréo propre. La basse, jouée au médiator, dessine une ligne élastique qui ventile les couplets et ancre les refrains — elle ne fait pas que suivre, elle gouverne. On devine une compression bus tenue, un soupçon de plate reverb sur la voix, un tambourin qui n’entre qu’au moment utile pour faire lever la poussière du refrain. Pas de graisse, de l’air.
L’écriture, elle, fait semblant d’être simple. Couplets ramassés qui tiennent sur l’os, pré-refrain en pente douce — la tension s’installe sans lever la voix — puis refrain en grand angle : on ne monte pas en volume, on élargit la perspective. Le pont, sobrement déshabillé, laisse entendre la charpente avant la relance finale, plus haute mais pas plus lourde. On entend l’ombre tutélaire de Tom Petty dans le jangle et la route, et ce relâché feutré façon Kurt Vile dans la manière de laisser le temps respirer. Références assumées, jamais mimées : l’identité de Verticoli reste frontale.
La voix raconte sans grimace, grain légèrement râpé, diction claire, refus du vibrato décoratif. Le texte cadre cette situation obstinée où l’affection ne suffit pas : deux fuseaux horaires intérieurs qui ne s’alignent plus. Pas de règlement de comptes, un constat élégant. C’est précisément cette politesse émotionnelle qui transperce : See You Around n’éteint pas le feu, il règle la flamme.
Verdict de nuit blanche : chanson de trottoir au lever du jour, taillée pour les retours calmes et les départs bien élevés. Le genre de titre qui te fait grandir sans te sermonner, qui préfère la trajectoire à l’explosion. Verticoli signe un au revoir qui reste — discret, précis, magnétique — et tu relances pour vérifier que ce n’était pas un hasard. Ce ne l’est pas.
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août 15, 2025Première sensation : un halo chaud, comme la lumière d’une chambre avant l’aube, puis une voix qui parle vrai, sans costume ni posture. Rare n’essaie pas de briller, il aligne. Echezona, enfant de Dorchester et fils de l’Igbo-land, y pose un R&B aux reflets afro, traversé par une conscience hip-hop qui ne court pas après la punchline : elle choisit la justesse. On entend le projet Ényì (“ami”), sa colonne vertébrale communautaire, mais la focale ici est intime : aimer avec précision, dire la vérité sans décor inutile.
JPRiZM signe une production qui respire grand. Batterie souple, swing discret héritier des syncope afrobeat, basse feutrée qui pousse l’air sans l’étouffer, claviers en teinte miel qui laissent la voix au premier plan. Tout est affaire d’équilibre : assez de profondeur pour danser dans la tête, assez d’espace pour que le texte chasse l’esbroufe. Pas d’empilement superflu, plutôt une architecture en clair-obscur où chaque silence devient un argument.
La performance d’Echezona tient de la confidence tenue. Timbre chaleureux, placement millimétré, phrasé bilingue qui laisse deviner les racines sans jamais jouer la carte du folklore. C’est la grâce de la double appartenance — Son of Africa, Son of America — utilisée comme palette, pas comme sticker. Le chant ne se met jamais au garde-à-vous ; il accompagne, il encadre, il reformule. Quand les harmonies latérales surgissent, elles ne gonflent pas la poitrine : elles ouvrent une fenêtre.
Ce que Rare réussit mieux que beaucoup, c’est la pédagogie du cœur lucide. Le morceau ne vend pas l’idylle ; il rappelle la valeur de ce qui ne se trouve pas en série. L’amour existe, dit-il, mais il est rare — alors on l’honore, on l’écoute, on ne le dilue pas. Vision résolument tournée vers l’avenir : une masculinité douce qui refuse la mise en scène tout en assumant la vulnérabilité comme force créative.
Dans la trajectoire d’Ényì, Rare agit comme point de repère : un repoussage du bruit ambiant, une esthétique d’orfèvre au service d’une éthique. C’est le genre de titre qui se glisse partout — playlists nocturnes, routes sans hâte, matinées à recoller les pièces — et qui, sans fracas, reprogramme la façon d’aimer. Pas de feux d’artifice : une braise tenue. Et ça réchauffe longtemps.
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août 15, 2025Premier contact, c’est un souffle au bord de la voix, puis une pièce qui s’ouvre comme si quelqu’un avait enfin tiré les rideaux. Love Came Home To Stay ne cherche pas l’effet ; elle cherche la justesse. Lee Miller Matsos écrit depuis l’endroit où l’on apprend à respirer avec un fantôme assis à table, cette zone grise où le deuil rencontre la persévérance. On sent le carnet cabossé, la solitude des jours silencieux, et cette obstination tendre : transformer la douleur en outil, pas en totem.
Tout est affaire d’économie. Arrangement dépouillé, tempo contenu, dynamique tenue par des micro-montées plus émotionnelles que volumétriques. La prise de voix est frontale, sans maquillage : grain humain, proximité contrôlée, légers halos de delay pour donner de l’air sans diluer. Les harmonies arrivent comme des mains posées sur les épaules ; elles élargissent sans gonfler. On devine un travail d’orfèvre sur l’espace négatif : ces silences utiles qui laissent les phrases retomber et font vibrer la pièce autant que les notes.
La chanson tisse un arc simple et nécessaire : le quotidien bascule, la perte creuse, le sens se reconstruit par gestes minuscules. Matsos ne dramatise pas, il clarifie. Il refuse la grandiloquence et préfère le courage discret — celui d’appeler les choses par leur nom, de tenir la note juste un peu plus longtemps que le confort ne l’autorise. La métaphore centrale, l’amour qui “revient à la maison”, ne joue ni l’illusion ni la promesse creuse : elle propose un horizon, une direction. Le message prend corps quand la voix se fait plus large sur le refrain ; pas d’uppercut, une montée par capillarité.
C’est précisément cette retenue qui transperce. Love Came Home To Stay parle aux endeuillés, aux survivants de l’isolement, à celles et ceux qui portent une absence comme on porte un vêtement trop lourd. On repart avec la sensation rare d’avoir été compris sans être sondé : un morceau qui n’efface rien mais qui apprend à tenir, qui n’apaise pas par diversion mais par exactitude. Une chanson-compagnon, faite pour les soirs où l’on remet la clé dans la serrure et où, pour la première fois depuis longtemps, on laisse la porte entrouverte.
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août 15, 2025Pas d’esbroufe, pas de décor superflu : Blow The Whole Band s’impose par l’audio pur, tendu comme un câble à haute intensité. Chevy (Gwap Gang) signe un beat au minimalisme autoritaire : 808 profonde mais tenue, kick court qui frappe à l’instant T, snare sèche au snap métallique, hi-hats micro-accentués qui déplacent la gravité d’un cheveu à chaque mesure. Une boucle synthétique sombre, presque ascétique, vient verrouiller l’humeur. Résultat : une pièce qui respire par la négative, où les espaces entre les éléments deviennent des armes.
Boom Blake navigue là-dedans avec une précision d’artisan. Flow rectiligne, diction nette, placements en demi-pas qui serrent la mesure sans la saturer. Sa voix est traitée au plus près : compression parallèle légère pour l’assise, un soupçon de saturation harmonique pour l’adhérence, de-esser bien calé ; elle demeure au centre, à hauteur d’œil, sans chœur décoratif sauf au moment opportun pour épaissir le hook. L’écriture ne joue pas l’énigme : vision stratégique, économie de mots, punchlines utilitaires. La posture est claire — souveraineté, process, standards — et le mix la sert, en gardant le sub mono-solide et les médiums impeccablement nettoyés.
L’arrangement tient en trois leviers : mutes éclair qui creusent l’estomac, micro-break en demi-temps avant la relance, dernier refrain élargi non par volume mais par densité spectrale. Pas de surenchère : une montée intérieure qui évite la caricature. C’est précisément ce refus du gras qui rend le morceau addictif. Blow The Whole Band sonne comme un protocole : efficacité, tenue, mémoire musculaire. Ajoute-le à la rotation pour les heures où il faut trancher net.
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août 15, 2025Je l’ai écoutée comme on ouvre une fenêtre après l’orage : en laissant l’air trier la poussière. DAMN GENESIS n’est pas un CV sonore, c’est une mue documentée en temps réel où BRIEL embrase l’ancien costume pour tailler sa peau neuve. Appelons les choses : c’est une mixtape de survie émotionnelle — alternative R&B, hip-hop, une pointe indie — où la dramaturgie intime sert d’ossature à la fête intérieure. BRIEL the Artist signe un manifeste pour celles et ceux qui ont tenu trop longtemps la mâchoire serrée : on dépose, on nomme, on respire.
Tracklist en main, on voit la colonne vertébrale. Le titre-seuil DAMN GENESIS agit comme prologue en flammes, clair et frontal. THE BLINDS ouvre le décor en clair-obscur, voicings serrés et basse qui maintient la température. CHEQUE joue le nerf social, rythmique nerveuse, ironie assumée. ATTENTION! claque comme une affiche néon : ad-libs dosés, hook tendu. NAH NAH NAH choisit l’esquive élégante plutôt que la punchline lourde, progression qui glisse sans lâcher.
Point d’orgue émotionnel, SITUATIONSHIP cadre la grammaire du “non” lucide : arrangements aérés, topline tenue, architecture qui refuse la victimisation pour préférer la sortie par le haut. LADIES SONG aligne l’énergie de scène avec une écriture qui respire, pendant que SHOT ON ME durcit les angles, kicks compacts, mix proche peau. DANGEROUS laisse le cœur courir mais garde les mains sur le volant. BLUR brouille volontairement la mise au point — delays courts, voix au ras — pour dire l’entre-deux. Et PRETTY, moment-miroir, déplace la question de la beauté vers la dignité : douceur sans mièvrerie, exactitude du geste.
Ce qui électrise, c’est la cohérence : storytelling sans fard, production sobre mais précise, refus des caricatures de genre. BRIEL pense en scènes, pas en poses ; la voix reste à hauteur d’œil, mixée pour la confidence active plus que pour l’esbroufe. On entend le Bronx et l’intime, la rage polie et l’apaisement stratégique. Mixtape, donc, au sens noble : laboratoire maîtrisé, lieu d’assemblage et de vérité. Ici, l’injonction n’est pas de “tenir bon” ; c’est de s’autoriser à sentir, réfléchir, puis guérir. Message reçu, amplifié.
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août 15, 2025Premier coup de médiator, je sens l’odeur de bois brûlé et de stickers décollés sur un flight-case. Avow n’essaie pas de te séduire : il t’embarque par le col, direction un garage de Melbourne où les murs vibrent déjà. Duo frontal — Luke et Ethan —, Razor Burn joue la carte la plus risquée et la plus belle : l’authenticité sans casque anti-bruit. Résultat, un single de punk mélodique qui ne masque rien, ne s’excuse jamais, et réussit ce numéro d’équilibriste que beaucoup ratent : être massif sans devenir boursouflé.
Côté fabrication, on entend le self-recording assumé et dompté. Guitares doublées large, grains complémentaires (une saturation qui mord, une autre plus velours) ; palm-mutes qui mordent la grille, puis ouverture aérée dès que le refrain avale la pièce. La batterie avance au couteau : kick sec qui tape dans le sternum, snare nerveuse avec ce snap métallique juste au-dessus des médiums, cymbales tenues pour laisser aux voix leur boulevard. La basse n’est pas un décor — elle pousse l’harmonie comme un bélier, s’épaissit dans les pré-refrains et ancre le chant quand ça décolle.
Les “big vocals” portent bien leur nom. Lead franc, sans vibrato décoratif, doublages latéraux qui donnent de l’ampleur sans transformer la mélodie en poster. On devine des chœurs façon gang en arrière-plan, utilisés avec parcimonie pour allumer la mèche au bon moment. Le songwriting est carré, efficace, tout en petites malices : un break en demi-temps qui creuse l’estomac, un pont qui joue la tension plutôt que le solo démonstratif, une dernière relance qui revient plus haut mais pas plus lourde. Le mix respecte la dynamique du style : compression qui colle le groupe sans étouffer, transitoires vifs, voix devant la ligne de front.
Ce qui accroche vraiment, c’est la sincérité musculaire du morceau. Avow parle de promesse tenue : celle d’un groupe qui préfère écrire des hymnes pour salles moites plutôt que compter les algorithmes. “Huge riffs, big vocals” n’est pas ici un argument marketing, c’est la charpente. Et si l’album qui arrive garde cette science du relief — urgence, chant porté, refrains taillés pour la mémoire musculaire —, Razor Burn a tout pour sortir du local sans perdre l’odeur de la peinture fraîche. Avow, c’est la claque propre : tu vois les étoiles, tu souris, tu remets play.
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août 15, 2025Première image mentale : l’odeur de caoutchouc neuf, une lumière de cuisine, un couplet griffonné entre deux paires fraîchement déballées. Jordans ne raconte pas seulement une histoire de sneakers ; il chronique une manière de se tenir au monde, semelles propres et conscience en alerte. Allcapsallan s’y présente comme un narrateur de Long Island qui sait que la hype peut être une armure, un piège, parfois les deux. Le morceau a commencé dans l’intimité d’un appartement familial, et cette proximité ne s’est pas évaporée quand le titre a pris sa forme définitive au Hot Water Records Studio : on l’entend, et c’est sa force.
Côté fabrication, c’est taillé au millimètre sans perdre la peau. Tempo médian qui swingue plus qu’il ne sprint, 808 tenue en laisse (sub mono, top aéré), clap dense, hi-hats granuleux aux micro-accents qui décalent l’appui juste assez pour faire lever la nuque. Les accords R&B, discrets mais exigeants, apportent la noblesse harmonique : voicings resserrés, quelques tensions bien placées, un Rhodes feutré qui ouvre la perspective. Le mix garde la voix au centre, proche, presque conversationnelle — de-esser précis, un soupçon de saturation harmonique pour le grain — et un halo de delays courts qui donnent l’impression qu’Allcapsallan te parle dans le couloir avant de sortir.
La DA s’amuse avec les codes : culture sneaker comme métaphore de valeur, vitrine et coulisses, import et cheap, authenticité contre vernis. Plutôt que de moraliser, le texte joue l’esquive : lucidité sur les relations où la matière l’emporte sur la matière grise, rappel que le style n’excuse pas l’aveuglement. Ça pourrait virer chronique aigre ; ça reste carnet de route, buste droit, humour en bandoulière.
On apprécie surtout la façon dont le morceau marie l’énergie de la maquette et la politesse du studio. Les refrains s’élargissent par addition d’harmonies spectrales et d’un low-end plus ample, sans céder au mur du son. Un pont resserre le cadre (batterie à nu, soupçon d’autotune assumé), puis la prod relâche la bride avec une montée qui refuse l’EDM XXL pour préférer la poussée intérieure. C’est chirurgical et instinctif à la fois : exactement ce qu’on attend d’un premier statement sûr de lui.
Verdict : Jordans a l’élégance de ceux qui savent parler capital social sans confondre prix et valeur. Un single qui claque comme une semelle fraîche sur bitume chaud, et qui confirme qu’Allcapsallan n’a pas besoin de crier pour s’imposer : il avance propre, coupe nette, regard clair.
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août 15, 2025Ce disque sent la sueur d’un local de répète et la propreté d’un studio où l’on place les micros au centimètre. Saint Nick the Lesser déroule une autobiographie sans roman-photo : voix au grain cabossé, chansons qui tiennent debout sans béquilles, production précise signée en tandem au Sivraj Studios, où Ryan Jarvis et Rob Maile sculptent l’espace comme on taille un jean : près du corps, jamais moulant. Influences punk, ska et anti-folk assumées, mais l’écriture refuse la caricature ; ici, chaque arrangement est une décision, pas un effet.
21 Minutes ouvre la porte comme un sprint contrôlé : guitares serrées, charley nerveux, refrain à l’économie émotionnelle. On y entend l’urgence de l’adulte qui a gardé la rage de l’ado, mais avec la tenue qu’offre l’expérience.
Anne-Marie baisse la tête et relève les épaules : acoustique en avant, basse chaude, batterie brossée. C’est la ballade non mielleuse, la confession sans violons gratuits.
Catfish Bones ramène le bitume : shuffle sec, cuivres suggérés par les guitares, un pont qui respire juste ce qu’il faut pour laisser monter la poussière. Idéal pour la route, fenêtres entrouvertes, esprit clair.
Cassandra prend la lumière avec des cordes enregistrées “à la main” : dynamique ample, voix centrale, montée progressive qui évite le pathos. Le morceau prouve que Saint Nick peut jouer la grandeur sans bombarde.
Thorazine, c’est l’uppercut. Tempo pressé, snare claquante, couplets en diagonale. La rage tient en laisse la mélodie, jamais l’inverse.
God Bless travaille l’ambiguïté : folk de trottoir et chœur discret, un gospel minimaliste qui refuse la grandiloquence. Belle science du contrepoint vocal.
August in the rain décoche la flèche mélancolique : guitare lap steel en voile fin, ride soyeux, progression harmonique qui ouvre l’horizon sans perdre la ligne d’horizon intérieure.
Train Tracks remet des crampons : motif rythmique martelé, basse locomotive, images dans le rétroviseur. Le mix garde le centre sec, les bords granuleux : ça voyage.
Amethyst, autre pièce à cordes, joue l’électricité contenue : pizzicatos en apéritif, nappes qui s’épaississent, voix qui gagne en largeur sans perdre le grain. C’est somptueux et pragmatique.
The Tunnel ferme la marche en catharsis tenue : batterie en pas lourd, guitares qui s’ouvrent en arche, fondu final qui n’éteint pas, il apaise. Sortie de tunnel, mais on garde la lampe.
Ce premier album tient par sa cohérence organique : un songwriting qui préfère l’os à la dorure, une production qui valorise la vérité du timbre, des arrangements qui respirent. Growing up, growing out n’érige pas un mythe ; il documente un passage. On ressort moins encombré, prêt à grandir sans s’excuser. Et la scène SoCal vient de gagner un raconteur fiable : un cœur punk, des mains d’artisan, un futur qui n’a pas besoin de hurler pour exister.
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août 15, 2025Dès l’ouverture, la pièce sent le carton des déménagements et l’ozone d’un ordi qui chauffe trop : Wasting Time est un journal de bord mixé au sang-froid, bedroom-made mais pensé grand écran. ARENTUMINE, alias Justin Alvarez, signe un premier long qui n’implore pas l’indulgence ; il impose une vision. On reconnaît l’élève appliqué des architectures à la Madeon, la moiteur oblique de Glass Animals, des éclats indie à la Arcade Fire, un grain lo-fi à la Washed Out… mais l’empreinte finale, nerveuse et personnelle, appartient à Alvarez seul.
The Pact, ouverture nerveuse, pose la promesse : kick court, 808 tenue en laisse, synthés panoramiques, un compresseur bus qui respire juste assez pour laisser passer la gorge serrée. Daylight relève le menton avec une énergie solaire, lignes de basse élastiques et claviers qui s’ouvrent par paliers, pendant qu’ARENTUMINE (le titre éponyme) assume le manifeste : motif mélodique clair, re-sampling subtil, montage qui tend l’élastique sans le rompre. Crumble et Let Loose jouent le contrepoint — l’un resserre le cadre, l’autre déboutonne la structure — tandis qu’Alleyway ramène la texture : snares granuleuses, petites salissures de bitcrush qui donnent du relief aux murs.
L’album respire par interludes : Gray Sunset et sideswipe, deux sas qui affinent la dramaturgie et recalibrent l’oreille. Lostboy et Freefall incarnent le balancier émotionnel : pulsation contenue, pads en clair-obscur, hooks qui préfèrent l’aimantation au tapage. Only1 réduit l’appareillage pour laisser paraître la charpente, preuve de confiance dans l’écriture.
Au sommet, Wasting Time — pièce-titre et épicentre — agrège tous les thèmes du disque : regret, vertige, tendresse recalibrée. La production joue la montée non pas par ajout mais par retrait mesuré, puis libère un final qui évite l’emphase sirupeuse au profit d’un débord élégant. On entend les heures, la persistance, les versions jetées au feu, et cette obsession d’aligner émotion et design sonore.
Ce qui frappe au-delà des chansons, c’est la tenue d’ensemble : un album taillé dans l’épreuve mais monté avec une rigueur de chef de projet. Tout est écrit, joué, produit maison, et pourtant rien ne sent la maquette. Wasting Time parle d’exil intérieur, d’amours et de départs, mais choisit la structure plutôt que la plainte. Premier disque, oui ; premier jet, non. À classer dans ces rares débuts qui n’essaient pas de prouver — ils posent. Et la suite, si elle garde ce sens de l’épure sous tension, promet plus qu’un avenir : une signature.
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août 15, 2025Premier battement, je freine. Deuxième, je penche la tête. Au troisième, je comprends que ce morceau n’essaiera pas de me séduire : il va m’observer, mesurer mes failles, puis me tenir exactement à la bonne distance. Intermittent Love n’est pas une balade pour playlists tièdes ; c’est une étude de cas en temps réel, la bande-son élégante d’un cycle récompense/punition mené avec le sourire. Exzenya écrit comme on cartographie une ville inconnue : par zones de chaleur, ruelles sombres, places lumineuses où l’on respire enfin. Le geste, sûr et calme, vise l’utile : décrire la mécanique émotionnelle sans lui casser le charme.
Production au cordeau, sensualité sans sucre. Le tempo médian avance en pas feutrés : kick amorti, attaque courte, snare satinée qui tranche propre. La basse roule en sous-couche, légèrement frictionnée, lovée dans un sidechain discret qui pulse comme un thorax maîtrisé. Claviers feutrés — un Rhodes poli, doublé de nappes à grain fin — dont le filtre s’ouvre par micro-degrés, exactement quand le cœur relâche. Quelques syncopes d’inspiration latine plissent la grille rythmique, déplacent l’appui, flattent l’oreille sans exotiser. Le mix pense large : voix centrée, doubles latéraux quasi fantômes, aigus brillants mais domptés, reverbs courtes pour la proximité. Rien ne déborde ; tout tient par la précision.
Au centre, la voix d’Exzenya ne cherche pas la démonstration : proximité maîtrisée, timbre chaud, diction claire qui privilégie l’intention au vibrato. La narration adopte la logique de l’intermittence : couplets qui attirent, pré-refrain qui desserre l’étau, refrain qui promet juste assez pour que le cerveau réclame la suite. Le pont serre la focale — instruments qui se raréfient, dynamique contenue — puis redonne l’air sans basculer dans l’emphase. C’est chirurgical, presque clinique… et pourtant terriblement humain.
Ce qui frappe, c’est la cohérence du dispositif : une songwriter formée aux sciences du comportement qui fabrique de la pop charnelle, une voyageuse hors âge catégoriel qui aligne style, stratégie et âme. Intermittent Love n’accuse ni ne moralise ; il met à plat les scripts, propose une sortie, laisse la porte entrouverte. Titre de nuit et de lucidité, taillé pour l’après, ce moment où l’on choisit ses frontières comme on règle un compresseur : finement, pour gagner en tenue. Résultat : un R&B contemporain qui ne gifle pas — il ajuste. Et quand ça tient si bien, on a presque envie de retomber… juste pour remonter mieux.
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août 15, 2025Je croyais mon cortex blasé par les promesses de la pop sentimentale ; trois secondes plus tard, mes synapses signaient. Regulator of My Dopamine ne séduit pas, il recâble. Exzenya, voyageuse polyglotte et stratège de la sensation, transforme une intuition neuro en dramaturgie charnelle : le désir comme système de récompense, l’attachement comme architecture. Ce n’est pas un slogan, c’est une méthode — et ça s’entend.
https://open.spotify.com/intl-fr/track/76aU0IX4cN7bINTDYNayha?go=1&sp_cid=75f9882c3cfaac2160c6772f6917b231&utm_source=embed_player_p&utm_medium=desktop&nd=1&dlsi=6bbcc19bc3e24634
Production d’orfèvre, pensée pour le corps et la tête. Tempo médian propulsé par un kick feutré mais ferme, transitoires propres, snare satinée qui casse net sans éclabousser. La basse, légèrement saturée, respire dans un sidechain discret ; elle pousse l’air sans étouffer, comme un souffle qui guide. Claviers en velours — Rhodes poli, couches synthétiques au grain fin — avec des automations de filtre millimétrées qui ouvrent le champ au moment exact où l’amygdale réclame sa dose. Quelques percussions “world” en arrière-plan agitent la périphérie, juste assez pour donner ce roulis international qui signe la patte Exzenya. Le mix est chirurgical : haut médium dompté, aigus brillants sans dureté, reverbs courtes pour la proximité, delays en quart qui dessinent une aura propre.
Au centre, la voix : proche, posée, magnétique. Harmonies empilées comme un dispositif de renfort émotionnel, doubles latéraux à peine audibles qui élargissent le buste du refrain. Rien de démonstratif ; une exactitude sensuelle, presque clinique, héritée d’un regard de psychologue sur les cycles affectifs. Le songwriting privilégie la courbe à l’uppercut : couplets compacts, pré-refrain qui relâche la mâchoire, hook qui agit par capillarité. Le pont resserre la perspective, réduit le champ, puis rend la lumière avec un frisson de dynamique — l’équilibre rare entre contrôle et abandon.
Ce titre s’inscrit dans une trajectoire déjà dessinée : pop-R&B moderne, soul dans le grain, EDM en discret exosquelette, et cette science comportementale qui irrigue la narration sans jargon. On entend la cheffe d’orchestre de sa propre légende : entrepreneuse, mentor, artiste hors âge catégoriel, Exzenya parle à une audience qui préfère l’autonomie au spectacle. Regulator of My Dopamine est plus qu’un banger : un protocole d’alignement. On sort aligné·e, dopé·e à l’éthique du lien, prêt·e à aimer avec voix claire et frontières nettes — et, surtout, avec la sensation grisante de s’appartenir davantage.
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août 14, 2025Je n’avais pas prévu de tomber dedans. Et pourtant, deux mesures suffisent : une chaleur précise, une pièce qui s’ouvre, la sensation neuve d’un regard posé sans peser. Either Way n’est pas un slow de circonstance, c’est une méthode douce, un art d’aligner la nuque et d’éclaircir l’air autour. Tamera King pratique un R&B contemporain qui refuse la mièvrerie et joue la coupe nette : sensualité rationnelle, élégance sans surcharge, justesse des gestes. On entend une productrice de sensations plus qu’une chaseuse d’effets.
Techniquement, ça tient debout par l’économie et la science du détail. Kick amorti au millimètre, enveloppe courte ; snare satinée qui claque dans le médium sans avaler la voix ; hi-hats en dentelle, micro-retards programmés qui laissent la grille respirer. La basse, ronde mais volontaire, flirte avec la saturation harmonique, colle au sidechain juste assez pour pousser le souffle. Claviers feutrés — un Rhodes au grain poli ou son émulateur très haut de gamme — doublés par une guitare proprette qui ponctue, jamais ne bavarde. Les nappes planent en arrière-plan, cut-off animé par petites respirations, histoire d’ouvrir l’horizon sans planter une tente au milieu du mix.
La prise de voix est exemplaire : proximité contrôlée, sibilantes domptées, un poil de parallel compression pour maintenir le velours quand le murmure se fait filigrane. Doubles latéraux si fins qu’on les devine plus qu’on ne les entend ; adlibs en transparence, utilisés comme ponctuation, pas comme décor. Le songwriting privilégie la courbe plutôt que le surlignage : couplets compacts, pré-refrain qui soulève le plancher, hook magnétique qui refuse l’uppercut. Un pont introduce une tension harmonique légère, le time-stretch émotionnel d’une seconde qui s’étire avant de retomber nette — aucune grandiloquence, seulement la bonne altitude.
Ce que j’aime ici, c’est la maturité sans épaules rentrées. Tamera King n’érige pas un totem d’intentions : elle met les meubles à leur place et te laisse circuler. Either Way fonctionne casque sur la tempe comme système club discret, playlist cuisine ou volant de nuit : la polyvalence des titres bien calibrés, pensés pour durer. On sort avec ce sentiment rare — avoir été choisi sans être capturé. Et c’est précisément là que le morceau gagne : pas en plus fort, mais en plus juste.
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août 14, 2025Chemin de falaise dans la tête, vent de face, et cette phrase qui coupe net : on peut aimer et pourtant ouvrir la paume. Cut The Rope n’est pas une demande, c’est une décision respirée entre deux rafales. Projet né du vacarme qui a trop duré, heddlu — “police” venu de “force de paix” en gallois — transforme la fragilité en outil de précision. On entend la biographie sans storytelling : l’oreille cabossée, la route, la mer intérieure. Et au centre, l’élan simple et radical de laisser l’autre intact.
Production au scalpel : guitare sèche granuleuse, gain retenu, spectre médian qui crisse juste ce qu’il faut pour sentir le sel. La batterie, mixée à hauteur d’épaule, claque en frappes courtes ; overheads contenus, cymbales brossées pour éviter l’éblouissement. La basse tient une ligne de garde, presque cardiogramme, qui refuse l’emphase. Au-dessus, un halo d’orgue ou de synthé à oscillation lente installe ce tremblement lumineux des morceaux qui ne trichent pas. Le traitement de la voix joue l’intimité frontale : compression modeste, un soupçon de saturation harmonique, delays minuscules qui l’adossent à l’espace sans la dissoudre. Chaque silence compte ; on pourrait presque y ranger une respiration complète.
Ce qui désarme, c’est la clarté morale du morceau. Reconnaître le dommage, tracer la limite, épargner ce qu’on aime : pas d’héroïsme, de l’éthique. heddlu écrit en clair-obscur, avec une langue qui refuse la pose ronflante pour préférer le nerf vivant. La structure garde une route sinueuse — couplets resserrés, pont qui décale le sol, dernier refrain qui ne cherche pas la levée de foule mais la bonne altitude émotionnelle. Tout se joue dans le détail : une consonne mordue, un demi-ton qui se redresse, un tom étouffé qui rappelle la peau.
Cut The Rope s’inscrit dans cette lignée rare de chansons utilitaires et belles : elles servent à agir, puis restent pour réparer. On sort avec la nuque plus droite, un peu d’ordre dans les ondes et cette certitude douce : l’amour n’est pas toujours tenir, parfois c’est relâcher avant de tout casser. heddlu signe un morceau sobre, magnifiquement dangereux — parce qu’il dit vrai sans grimace, et qu’il te donne envie d’en faire autant.
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août 14, 2025Ça commence par une montée qui n’a pas honte d’elle-même, une envie de plafond qui se cogne et rit plus fort. SAPPHIC n’est pas un simple ticket club : c’est un manifeste de peau, de sueur, de regard assumé, taillé pour celles qui ne demandent plus la permission d’occuper la piste. SOPHIE SHREDZ joue franc : désir queer en plein faisceau, corps qui se répondent, vitesse comme langage. À la prod, Slush Puppy ne caresse pas, il découpe. On sent la patte hyperpop — angles brillants, textures qui crissent — mais sans sacrifier le chant de l’Electro Pop : mélodie frontale, hook qui reste, attitude qui déborde.
Techniquement, c’est redoutable. Kick compact, sidechain nerveux qui avale l’air à chaque mesure ; clap claquant, charleys en rush contrôlé qui tirent la métrique vers l’avant. La basse, mi-acide mi-limpide, construit un rail danseable qui ne s’effondre jamais même quand la saturation flirte avec la limite. Les synthés alternent plastique chic et grain scié, avec ces micro-glissandi qui donnent l’impression que le morceau te tire par la manche. Les drops refusent la caricature EDM : ce sont des retournements de perspective, compressions soudaines, mini-breaks où l’espace se réduit à un battement de cœur avant d’exploser en stroboscope. Le mix est agressif mais propre, très “hyperpop compatible”, compression bus assumée, aigus brillants, voix en avant sans perdre l’attaque des transitoires.
Au micro, SOPHIE SHREDZ ne s’excuse de rien : diction claire, mordant pop, grain qui accroche les consonnes comme des piercings. L’interprétation tient l’équilibre entre provocation et précision, cette ligne de crête où l’attitude devient architecture. Le propos — célébrer le désir femme-femme et la libération nocturne — s’incarne sans leçon ni posture : c’est la musique elle-même qui performe l’émancipation, souffle court, tempo long, sourire carnassier.
Ce qui rend SAPPHIC essentiel, c’est la cohérence du geste. Alternative dance dans l’âme, hyperpop dans la carrosserie, pop dans la visée : un hymne qui préfère la sueur au slogan. On l’imagine aussi bien transpercer un warm-up que lever un closing, ce moment où tu comprends que l’utopie n’a pas besoin d’autorisation pour s’allumer. SOPHIE SHREDZ signe un banger de plain-pied, dangereux au meilleur sens : celui qui t’oblige à exister plus fort. SAPPHIC n’ouvre pas la porte, il l’arrache de ses gonds — et la piste dit merci.
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août 14, 2025Premier contact, c’est l’étincelle propre des grands soirs, ce flash qui flatte le menton et masque les cernes. Mais la caméra glisse vite en coulisses : Here We Go (Escape) ne vend pas la coupe, il l’inventorie. TrapHaus Creo cadre l’instant où l’adrénaline retombe et où l’on découvre la facture, cette crispation dans la nuque quand l’euphorie commence à parler plus bas. J’adore quand la trap ose le double fond ; ici, c’est un ascenseur émotionnel aux câbles impeccables, sans un grincement de trop.
Côté fabrication, rien n’est laissé au hasard. Le kick frappe court, dense, comme un point de suture. L’808, tenue en laisse, dessine une ligne de basse qui enveloppe au lieu d’écraser. Les hi-hats, micro-accentués, déplacent le centre de gravité à chaque mesure ; ce n’est pas la rafale décorative, c’est la ponctuation qui raconte. Au-dessus, des synthés à large focale, brillants en ouverture, puis filtrés à ras de peau quand la narration bascule. J’entends des modulations fines sur la dynamique, des automations de cutoff millimétrées, un usage intelligent du silence : des demi-temps suspendus qui tordent l’estomac et clarifient la suite. La transition “celebration → réminiscence” ne s’appuie pas sur le cliché orchestral ; elle s’insinue par des détails de mix, une reverb raccourcie, une progression qui bascule de l’accord majeur optimiste vers une couleur plus trouble, presque photographique.
Au micro, TrapHaus Creo choisit l’économie expressive. Flow net, placements qui frôlent la syncope sans perdre l’assise, timbre tenu qui refuse la fanfare. La performance assume une lucidité rare dans le genre : pas de déni, pas de posture martiale, juste la tenue nécessaire pour marcher droit entre lumière et perte. Le récit boucle “full circle” sans moraline, rappelant cette loi têtue de la pop moderne : plus ça bouge, plus l’axe profond reste identique.
Ce qui me happe, c’est la cohérence sensorielle : production clinquante mais disciplinée, narration inversée, groove qui tient la main au vertige. Here We Go (Escape) sonne comme un after sobre : pas de cris, des contours nets, la tête froide qu’on gagne après avoir trop flambé. Pièce alternative au cœur trap, calibrée pour les nuits où l’on préfère la netteté au tapage, ce titre n’embrase pas la foule : il agence l’espace. Et c’est souvent comme ça que naissent les morceaux qu’on garde longtemps — pas ceux qui t’époustouflent, ceux qui t’alignent.
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août 14, 2025C’est un morceau qui n’a pas l’âge de son état civil. Derrière Private Party, il y a un producteur de seize ans, WSK Breezy, déjà doté de cette science rare : faire tenir l’ivresse et la précision dans la même boucle. En featuring, Tyler Loyal, complice régulier, dépose son timbre auto-tuné avec la nonchalance étudiée de ceux qui savent exactement où se poser dans un mix. Ensemble, ils construisent une pièce à la frontière du neo-soul et du trap, saturée d’air chaud, mais calibrée au millimètre.
Le beat, volontairement minimal dans ses fondations, laisse respirer les textures : kick sobre mais profond, hi-hats au rebond soyeux, 808 qui ronronne plutôt qu’elle n’explose. L’autotune, loin de servir de cache-misère, devient un instrument mélodique à part entière, sculptant les lignes vocales jusqu’à leur donner une douceur presque liquide. Les nappes synthétiques étirent l’espace, créant un décor lounge éclairé au néon, où chaque silence a le parfum d’un verre posé.
Private Party porte bien son nom : l’énergie y est feutrée, exclusive, comme si le morceau se passait derrière une porte entrouverte, réservé aux initiés. On y entre pour le groove, on y reste pour la manière dont chaque élément – beat, voix, espace – se met au service d’un mood précis : celui d’une nuit qui refuse de finir, pas parce qu’elle est bruyante, mais parce qu’elle est juste.
Si WSK Breezy compose ainsi à seize ans, on est curieux de savoir ce que ses vingt ans auront à dire.
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août 14, 2025Tu connais ce moment où la ville baisse le volume sans prévenir et où ton pouls prend la direction artistique ? Be Kind s’y faufile en copilote pragmatique : pas de trompettes, juste l’angle parfait pour réaligner les épaules. Nelz ne court plus après le chrono, il le regarde dans les yeux comme on calme un chien nerveux. Ce morceau n’implore rien, ne parade pas ; il s’installe comme un mode d’emploi discret pour traverser la nuit sans se trahir.
Sous la peau, le mécanisme est chirurgical. Autour de 120 BPM tenus court, la rythmique tranche net : kick à l’attaque sèche, charley platine en pointillés, caisse claire qui claque sans bavure. La basse, légèrement mordante, respire dans le creux du sidechain, tissant des sinusoïdes mémorisables sans fluo. Les synthés ouvrent un horizon ventilé — pads à grain fin, réverb maîtrisée, stéréophonie large mais sans décor inutile. Le mix pense en architecture : voix centrée, micro-doubles latéraux qui élargissent aux moments charnières, automation sobre pour éviter la pompe. Rien ne force, tout tient par la tension et l’économie.
Ce qui élève Be Kind, c’est son rapport au Temps, traité comme un interlocuteur avec qui on négocie les règles de cohabitation. Pas de dramaturgie pesante, plutôt une mélancolie utilitaire : accepter l’usure, refuser l’abdication. On danse droit, colonne alignée, regard franc. Chaque break apporte d’air, de la micro-poussière rythmique qui réoxygène le groove sans hausser le ton. C’est la signature des producteurs qui privilégient la finition au spectaculaire : détails qui s’attrapent à la troisième écoute, textures qui se dévoilent en lumière rasante.
La voix de Nelz garde le grain humain tout en ciselant l’intention : placement précis, attaques propres, souffle à l’économie. Zéro surjeu, maximum d’aimantation. Le titre n’a pas vocation d’hymne, et c’est sa force : une pièce de tenue, wearable, compatible casque solitaire comme système club. On y entend l’avenir non comme explosion, mais comme ligne claire.
Verdict personnel : Be Kind n’essaie pas de gagner la soirée, il la met d’équerre. C’est un futur classique de basse intensité, un compagnon de trottoir pour nuits rapides et pensées lentes, la preuve que maturité et groove peuvent signer la paix sans perdre le feu.
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août 14, 2025Couper le monde, monter le volume, laisser la chambre devenir un car rapide à minuit. Loco n’est pas seulement un ticket retour vers la “motherland”, c’est un transplant rythmique : on sort de l’écoute avec un nouveau cœur, plus large, plus syncopé. DM Saninga ne joue pas la carte postale, il met les mains dans la terre et mélange les racines aux néons d’une pop française millésime maintenant. Résultat : un tube qui ne fait pas semblant d’aimer les percussions — elles mènent la danse, elles dictent le pas, elles signent le passeport sur la peau.
Dès l’attaque, la prod attrape le bassin par la diplomatie. Talking drums et balafon (ou leur fantôme synthétique) posent le décor, la guitare highlife dessine les sourires, la basse ronde fait office de guide touristique intérieur. Au-dessus, un motif de synthé pastel ouvre les fenêtres côté pop FR, histoire de rappeler que l’hybridation n’est pas une coquetterie mais une stratégie : parler à la foule sans diluer la lignée. Les kicks sont tendus, les claps claquent sec, les shakers chuchotent comme des colliers de perles ; surtout, l’espace respire — pas de boursouflure, une aération qui laisse les corps trouver leur propre swing.
DM Saninga a la voix des passeurs : timbre chaleureux, diction limpide, ce grain qui tutoie sans forcer. Il sait où placer l’accent pour que le hook s’incruste, il sait se taire à l’endroit juste pour que le beat raconte. Et quand il glisse vers le rap, l’angle reste élégant : précision rythmique, images à hauteur de trottoir, refus du folklore plaqué. On n’est pas dans l’afrobeats sous cellophane, mais dans une afrofusion urbaine, ciselée, faite pour les toits de Paris comme pour les mariages où les tatas lancent les youyous au bon moment.
Ce qui séduit, au-delà de l’évidence dansante, c’est la tenue. Loco maintient sa trajectoire sans jamais s’effondrer dans l’inertie des tubes d’été : micro-breaks qui font vaciller le plafond avant le retour de flamme, basslines qui ondulent plutôt qu’elles n’écrasent, chœurs discrets qui épaulent sans étouffer. C’est une esthétique de la joie précise, pas l’euphorie en vrac. On y entend une ambition : fédérer sans aplatir, célébrer sans caricaturer, fabriquer un morceau-carte d’identité à montrer partout où l’on passe.
À l’heure où tant de singles confondent tropicalité et tapisserie, DM Saninga signe un rappel salutaire : la fête, c’est une science. Loco, c’est la formule bien dosée — héritage + modernité + espace — qui transforme la piste en table commune. On danse, on se reconnaît, on s’ancre. Et quand le dernier coup de tambour retombe, on a cette certitude douce au creux du ventre : la maison n’est pas un lieu, c’est un rythme.
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août 14, 2025Pas besoin de GPS pour trouver Stay Up : on suit l’odeur du bitume mouillé, le néon d’un kebab qui clignote en si mineur, et ces guitares pop-punk qui déboulent comme un bus de nuit en retard. Durt Burd signe un morceau d’insomnie lucide, un entre-deux tempête où le cloud-rap s’agrippe à la rampe d’escalier du punk mélodique. On pense à Blink-182, certes, pour le sprint harmonique et les power-chords qui cognent au plexus, mais le timbre râpeux, les ad-libs en coin de rue, l’argot qui traîne ses semelles : tout ça, c’est Belfast, c’est Kneecap à l’heure où le ciel blanchit.
La prod joue la double traction. Sur le flanc gauche, une rythmique trap propre, kick sec, 808 qui vibre à la lisière du larsen, hats en mitraillette émotive ; sur le flanc droit, un kit punk qui tape droit devant, caisse claire qui gifle, crashs qui ouvrent le plafond. Entre les deux, des guitares accordées bas, palm-mutes nerveux, harmonies qui liftent le refrain sans jamais virer au sirop. Le mix laisse de l’air aux silences — ces demi-secondes avant la retombée où l’on entend presque la respiration — et serre les couplets comme une capuche sur la nuque. Résultat : un titre qui tient autant du mosh-pit que de la confession dictaphone.
Au micro, Durt Burd joue la transparence abrasive. Flow qui glisse puis dérape, phrases cassées au bord de la mesure, manière de mâcher les mots qui fait sentir le froid sur les dents. Pas de punchlines pyrotechniques pour la galerie : des images nettes, des lieux précis, la façon dont une ville vous tient par la manche quand l’amour lâche. Le hook est taillé pour l’éternel retour — simple, scandable, entêtant — mais ce qui reste, c’est la trajectoire émotionnelle : commencer bravache, finir les yeux rouges, et tenir debout quand même.
Le tour de force, c’est l’alliage. Stay Up parle la langue de la tristesse contemporaine sans se vautrer dans la pose. L’électronique cadence la peine ; les guitares la ventilent ; la voix l’habite. À l’ère des playlists “sad but lit”, Durt Burd met un visage sur la formule : tu peux pleurer à la sortie du club et lever le poing au même couplet. Hymne de fin de soirée, oui, mais surtout morceau de lendemain — celui qui te raccompagne, casque vissé, et te rappelle que l’on peut survivre à la nuit en chantant un peu plus fort que le vide.
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août 14, 2025Premier contact : un sax fend l’air comme un sourire en coin, la section rythmique s’accroche à un swing élastique, et tout le morceau se met à marcher au pas chaloupé d’un type qui a cessé de demander la permission. Asinine n’est pas un simple exercice de style funk/alt rock ; c’est un aveu en mouvement, une confession qui met des chaussures brillantes pour traverser la tempête. Forrest Day transforme la vulnérabilité en groove porteur, l’autodérision en couteau bien aiguisé, et l’on comprend très vite que la blague ne sert pas à fuir — elle sert à viser.
La production est une leçon de dosage. Batterie serrée, ghost notes qui rebondissent juste assez pour garder le corps en éveil, basse en ressorts comprimés, guitares qui piquent avant de caresser. Le sax, lui, n’est pas une déco rétro : c’est la colonne vertébrale mélodique, un fil rouge qui traverse les couplets, rattrape les respirations, relance la danse quand l’émotion menace de figer le geste. On sent l’héritage des fanfares funk mais tordu par une nervosité alternative : attaques franches, angles un peu râpeux, précision d’horloger dans les breaks.
Au micro, Forrest Day joue la vérité sans pathos. Timbre clair, articulation qui claque, sens du rythme qui rend les mots percussifs. Il parle de dérapages, de tentations qui glissent, de ces addictions qu’on apprivoise mieux en les nommant, et surtout de cette décision simple et radicale : ne plus rogner ses bords pour rentrer dans le cadre. Ce n’est pas une posture héroïque, c’est un pragmatisme sensible : accepter la lumière et l’ombre, la lucidité qui pique et l’espoir entêté. On ressort avec cette impression rare d’avoir été pris au sérieux tout en étant invité à s’amuser.
Ce qui accroche durablement, c’est le mouvement intérieur du titre. Asinine commence sur la pointe des pieds et finit en buste redressé ; la courbe émotionnelle épouse la mécanique du groove. Là où tant de chansons “feel good” maquillent la tristesse, Forrest Day choisit l’oxygène : laisser entrer l’air, faire place aux failles, les faire danser. Le résultat coche toutes les cases d’un single qui reste — mélodie qui siffle toute seule, arrangement qui respire, écriture fine — mais surtout il donne envie d’essaimer son geste dans le quotidien. On baisse les épaules, on relâche la mâchoire, on garde sa vérité intacte. Et, sax en tête, on traverse la journée comme un refrain qui refuse de se rendre.
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août 14, 2025Je pensais connaître la trajectoire d’un banger afropop avant même la première mesure. Puis Back Up Dat a vrillé la boussole. Jiddan Grim n’appuie pas sur le bouton fête, il le sculpte. Le morceau ouvre comme un souffle sur la nuque : guitare en palm-mute qui cligne de l’œil, sub qui ronronne au plancher, shakers posés en poussière d’étoiles sur une batterie mi-afrobeats mi-R&B. Ça ondule sans se presser, ça respire large, et déjà la pièce rétrécit — signe que le groove a pris ses quartiers.
La voix arrive en diagonale, velours qui tranche, phrasés souples et placements millimétrés. Jiddan ne force jamais, il sait cette économie qui rend les refrains irrésistibles : une mélodie en pente douce, un accent jeté au bon endroit, un sourire dans la syllabe. Le hook ne braille pas, il s’infiltre, et l’on se retrouve à le murmurer en marchant, tête haute, tempo calé sur le balancier des hanches. Derrière, la prod joue le dosage fin : kicks tendus, claps serrés, contrechants vocaux en échos feutrés, nappes tièdes qui montent puis s’arrêtent juste avant l’emphase. L’afrofusion sert ici d’architecture, le RnB fait l’ameublement — tout est à sa place, tout invite.
Ce qui frappe, c’est la science du détail. Une syncope de hi-hat qui ouvre une fenêtre, un break de percussions qui déplace la perspective, un glissé de basse qui recolle le corps à la mesure. On pense aux clubs de Lagos et aux rooftops de Paris, à ces lieux où la nuit choisit les morceaux qui gagnent du terrain sans jamais hausser la voix. Back Up Dat parle ce langage-là : la douceur qui commande, la sensualité qui rythme, le charisme sans costume.
Au-delà du tube évident, Jiddan Grim signe un manifeste d’intention. Pas de tape-à-l’œil, pas de gadgets, une vision : faire tenir un monde dans un battement. Back Up Dat, c’est la preuve qu’un single peut être à la fois immédiat et lettré, calibré pour la chaleur collective et poli pour l’écoute au casque. Quand la dernière note s’éteint, on n’a pas seulement dansé : on a déplacé sa manière de marcher. Et c’est souvent ainsi que commencent les vraies histoires.
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août 14, 2025Plan serré sur une nuit sans trottoirs : d’abord la basse, lourde comme un coffre qu’on n’ouvre plus, puis une boucle de piano qui s’obstine à recommencer l’histoire au même endroit. Lost It All n’a rien d’un cri décoratif ; c’est un morceau qui avance tête basse, les mains dans les poches, et compte ses absences. Cruzz y polit un rap d’après-choc, nerveux mais tenu, où chaque silence pèse autant qu’une punchline.
La prod choisit l’épure : 808 profonde, snare qui claque sec comme un verdict, hi-hats qui coulissent en fines lames, et ce motif mélodique, réduit à l’os, qui refuse l’emphase. On sent la volonté de laisser de l’air autour de la voix, de ne pas diluer la gravité dans des nappes inutiles. Ici, la dramaturgie se joue dans les micro-décisions : un sub qui se retire une demi-mesure pour laisser béer le vide, un reverse discret avant le drop, un souffle gardé au montage qui humanise la plaque de verre.
Cruzz, lui, rappe à hauteur de visage. Phrasés en poches serrées, diction nette, refus du surjeu : il raconte sans plaider. On le suit sur cette ligne fine entre l’aveu et l’orgueil, là où l’échec devient matière première plutôt que marque au fer. Le hook n’explose pas, il s’infiltre ; c’est un refrain qui siffle entre les dents, mémorisable parce qu’il n’en fait pas trop. On pense à ces standards du cloud rap qui ont appris à tenir la tension sans hurler, mais Cruzz garde un grain plus rugueux, une façon d’accrocher la rythmique qui griffe légèrement la peau.
La force du morceau, c’est son point de vue. Pas de misérabilisme, pas de storytelling flamboyant : une topographie précise des pertes — temps, liens, illusions — et de ce qui reste quand on ramasse. Lost It All s’adresse aux heures où la ville décroche, quand on compte plus volontiers les pas que les likes. Single d’ossature plus que de vernis, il donne à Cruzz une silhouette singulière : artisan du peu, sculpteur de silences, capable de faire tenir une chanson entière sur une vérité simple — ce qu’on a perdu nous tient, mais il est encore temps d’apprendre à s’y appuyer.
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août 14, 2025Premier pas, talon au bord du vide, et la ville retient son souffle. Tightrope avance comme un funambule à capuche : un pied dans l’âge d’or, l’autre sur un break de drum’n’bass éclairci au polish, et entre les deux, Joekr tend la corde avec un calme presque insolent. Pas besoin d’acrobaties gratuites : ici, la performance, c’est la précision.
La prod joue la couture fine. Un squelette boom-bap qui suinte la MPC (snare sèche, kick carré, grain poussière), greffé à un pattern DnB “light” qui préfère le ruissellement à l’averse : ride en gouttes, ghost notes nerveuses, hats qui dérapent en double-temps pour faire tanguer l’équilibre. La basse ne gronde pas, elle ondule, tenue courte pour laisser l’air circuler entre les syllabes. Au fond du mix, une boucle échantillonnée — peut-être un Rhodes rincé ou un bout de chorale comprimée — fait office de filet, juste assez tendu pour la tension narrative.
Joekr rappe comme on pose le pied sur un câble : en pockets millimétrées. Il joue des accélérations minuscules, rattrape la mesure par la manche, mord le contretemps puis le relâche. La métaphore du titre irrigue tout : marcher au-dessus des injonctions, passer d’un toit à l’autre sans regarder le sol des timelines, garder l’œil au loin quand les DM te tirent par la manche. Il y a de la rue et du studio, de la fatigue et du panache — surtout ce sens de l’économie qui distingue les raconteurs des poseurs.
Le refrain ne braille pas, il aimante. Quelques mots, une mélodie parlée, un léger lift du break, et tout se referme comme une boucle autour de la poitrine. Sur le second passage, la batterie bascule un cran plus club — sub un peu plus large, hats ventilés —, sans que le morceau perde sa tenue old-school : c’est là que Tightrope convainc, dans cette diplomatie du dosage.
On pense aux passerelles réussies entre écoles et époques, celles qui ne cochent pas des cases mais réconcilient des gestes. Joekr signe un titre de funambule moderne : la vieille science du grain, la nouvelle vitesse du sang. Quand la dernière note s’éteint, la corde est toujours tendue. Lui, pourtant, a déjà rejoint l’autre rive.
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août 14, 2025Fenêtre entrouverte, lampadaire qui cligne, un souffle d’accords en apesanteur : Beautiful Stranger n’arrive pas, il se dépose. Solar Love choisit la lenteur comme arme blanche, une indie-pop chlorophyllienne qui oscille entre chillwave et synthpop de nuit, avec ces guitares-bruines et ces claviers pastel qui dessinent un halo autour du silence. Le morceau ne cherche pas le point d’orgue, il cultive l’entre-deux — ce moment précis où le cœur écoute avant d’admettre.
La production joue minimal et sensuel. Une basse souple, à peine granuleuse, ancre l’espace ; les synthés ne bavardent jamais, ils suggèrent des pièces adjacentes ; les guitares, en boucle lente, laissent passer de minuscules éclats métalliques comme des poussières dans un faisceau. Tout est question d’air : reverb tenue courte pour garder la peau proche, delays qui retombent comme des flocons, petits bruits de doigts sur les cordes conservés au montage. On entend une science du mix qui préfère le velours au vernis — pas d’artefacts clinquants, juste une texture qui colle à la mémoire.
Au centre, cette voix mi-chuchotée mi-aimantée, plus confidentielle que performative. Pas de grandes arcs mélodiques, plutôt une ligne claire, d’un naturel presque insolent, qui transforme chaque syllabe en micro-geste. L’écriture tient de la carte postale nocturne : pas d’effusion, des images fines, l’économie radicale d’une narration qui fait confiance au timbre et à la top line. C’est là que le titre tient sa promesse : l’inconnu·e du cœur reste flou·e, mais on sait déjà comment iel marche, comment iel respire, comment iel s’éloigne avant de revenir d’un pas.
Beautiful Stranger coche le meilleur de deux mondes : la douceur hypnotique de la chillwave, l’évidence mélodique d’une pop moderne qui a compris que le replay vient des détails. Quelques choix disent tout — un muting de guitare à la demi-mesure, une montée de pad qui refuse l’explosion, un souffle capté trop près du micro — et donnent au morceau ce pouvoir discret de suspendre la pièce. On pense aux playlists qui s’écoutent tard, casque fermé, quand la ville se tait enfin ; on pense à ces trajets en voiture où l’on roule pour rien, juste pour rester dans la bulle.
Solar Love signe une chanson de présence. Pas un single qui cherche la lumière, un signal qui la fabrique. Beautiful Stranger se faufile entre la pop et l’ambiant, entre la caresse et l’absence, et rappelle une évidence oubliée : parfois, le volume le plus fort, c’est celui qu’on n’ose pas monter.
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août 14, 2025Pare-brise mouillé, néons au ralenti, moteur qui ronfle sans bouger d’un mètre : Fast ne promet pas la vitesse, il raconte son mirage. Edison Edisal y déroule un cloud rap français brumeux comme une rocade à 3 h du matin, autotune liquide vissé au larynx, pour parler du trio toxique argent/pression sociale/vide intérieur. On entend tout de suite la patte de tomaax & pinot : drums en apesanteur, 808 large mais tenue, pads qui respirent comme des halos de station-service, petites cloches digitales qui brillent puis s’éteignent avant l’overdose. C’est minimal, mais chaque espace laissé dans le mix devient une pièce où l’angoisse réverbère.
La voix d’Edison avance au pas, presque somnambule, avec ce vibrato artificiel qui ne cache rien — au contraire, il souligne la fissure. Mélodies en ligne brisée, phrasés qui effleurent la mesure, hoquets de silence au bord de la phrase : le flow n’appuie jamais, il glisse. Le refrain, lui, accroche sans frapper fort ; on le garde en poche comme un ticket de métro froissé, prêt à resservir. Fast est de ces morceaux qui n’éteignent pas l’incendie, qui l’encerclent jusqu’à ce qu’il s’essouffle.
Ce qui tue, c’est la lucidité. Edison ne fétichise ni la thune ni la chute ; il cale la caméra au ras du bitume et cadre l’essentiel : la solitude sous la capuche, la course à l’image, la fatigue d’être “à la hauteur” d’un plafond qu’on n’a pas choisi. Le texte vise juste parce qu’il s’autorise l’aveu : le mouvement ne sauve pas toujours, parfois il aggrave. La prod suit la dramaturgie : breaks courte-paille, sub qui se retire une demi-mesure pour laisser la poitrine vide, retours de snare comme des rappels à l’ordre.
On pense aux dernières hybridations cloud/emo rap, mais Edison Edisal y imprime un grain d’ici : diction nette, grisaille lumineuse, refus du pathos grandiloquent. Fast vit dans les transitions — ces zones molles de la nuit où tout peut basculer mais où, souvent, rien ne change. Et c’est précisément sa force : faire d’un non-événement un choc esthétique. Un titre pour rouler sans destination, vérifier au fond du miroir que la fuite n’est pas toujours un plan, et accepter que l’on peut freiner sans honte. Sur le tableau de bord, une vérité simple clignote : même à 200, le vide reste dans l’habitacle — alors autant apprendre à le décrire avec style.
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août 14, 2025Téléphone retourné, notifications en apnée, la basse trace une ligne de flottaison et tout le reste vient s’y accrocher. Heartbroken n’est pas qu’un nuage emo-rap suspendu au-dessus d’un hook en autotune liquide : au fond du mix, une pulsation afrobeats fait lever la tête, subtile, irrésistible. Shakers en fines cascades, kick légèrement déplacé sur le contretemps, petites guitares palm-muted façon highlife qui clignent de l’œil entre deux mesures — cette micro-syncopation donne au morceau son balancier intérieur, une gravité qui danse.
La production, c’est un puzzle où chaque pièce respire. 808 moelleuse, hi-hats goutte-à-goutte, caisse claire sèche comme un constat, et ces nappes tièdes qui tiennent lieu de ciel. L’autotune n’est pas un masque, c’est un vernis craquelé : J Rose l’utilise pour polir les angles sans étouffer la faille. Le refrain glisse comme une promesse qu’on n’arrive pas à tenir — entêtant, pas tapageur — pendant que, dessous, la rythmique afro fait doucement pencher le tempo vers le corps. Résultat : on hocha la tête avant même d’admettre qu’on a mal.
Stoney entre en contre-champ, timbre plus râpeux, attaque carrée : il mord dans la syncope, recentre la douleur, empêche la track de virer au sirop. Le duo fonctionne comme une scène éclairée par deux lampes : l’une diffuse, l’autre crue. Et c’est dans l’entre-deux que gît la vérité — ce moment où l’on accepte d’être faible tout en gardant le groove au talon.
Ce détail afrobeats change tout. Il rallume la circulation sanguine d’un format trop souvent monotone, injecte une énergie latérale qui évite l’épanchement et donne à la peine un pas de côté. Pas d’afro-parade clinquante ici : plutôt un afro-swing en sourdine, des shekeres fantômes, un pattern de batterie qui préfère le sourire en coin au grand geste.
Heartbroken, au final, est moins une plainte qu’une cinétique : le cœur tire vers le bas, le beat tire vers l’avant. Entre pop-rap, cloud hop et cette touche afro soyeuse, J Rose signe un standard discret et durable — le genre de morceau qu’on rejoue la nuit, fenêtres entrouvertes, pour vérifier qu’on respire encore au bon rythme.
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août 14, 2025Downham ne prend pas la pose, elle te colle au hoodie. Dès les premières mesures, Wappa déroule un ciel bas et un beat qui goutte des gouttières : charleys en bruine fine, caisse claire mate comme un ticket de bus froissé, piano étouffé qui ressemble à une fenêtre embuée. La basse, ronde et patiente, tient la main au morceau comme on tient le cap sous une averse londonienne ; elle ne cherche pas le spectaculaire, elle réchauffe. On devine des field recordings incrustés à la lisière du mix — freinage de car, portières, un lointain écho de sirène — autant de petits cailloux qui ancrent la fiction dans le trottoir.
Wappa rappe en diagonale, entre la conscience et la débrouille. Le flow n’est jamais surjoué : phrasés en pockets serrées, syncopes de fin de mesure, ces micro-accélérations qui donnent l’impression d’un pas de côté pour éviter une flaque. Il s’autorise une bascule half-time au milieu, un fondu grime sur une soul-loop abîmée, puis revient au tempo initial comme on traverse un passage piéton en courant. L’écriture, sans slogans, préfère le détail : loyers qui montent, cuisine qui sent encore le thé, amitiés sous capuche, petits miracles du quotidien qu’on reconnaît avant de les nommer. C’est du UK hip-hop conscient, oui, mais dégraissé, sans le didactisme qui plombe ; une lucidité tendre qui parle au ventre avant le manifeste.
La prod, elle, joue l’économie intelligente. Pas de mur de sons : de l’air, des silences, des respirations conservées au montage qui laissent affleurer la personne derrière la performance. On pense à ce point d’équilibre rare où l’alternative hip-hop rencontre la rue : un grain lo-fi maîtrisé, des drums qui cognent bas, un traitement vocal proche, presque tactile. L’accroche ne hurle pas, elle s’infiltre ; quand le hook revient, on a déjà la sensation d’un refrain intérieur.
Rainy Day In Downham ne cherche pas à sauver le monde : il en sauve la dignité, mouillée, modeste, tenace. Wappa signe un morceau de proximité, qui préfère la proximité à l’esbroufe, la lumière des réverbères aux lasers. On coupe l’enceinte et on reste avec la sensation précise d’un quartier qui continue de battre — pas malgré la pluie, avec elle. Et c’est peut-être ça, la vraie météo du moment.
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août 14, 2025Ça démarre comme un coup de stroboscope dans une cave Wi-Fi : sub qui gronde, charleys en rafales, sirènes digitales qui collent au plafond. In It ne cherche pas la porte d’entrée, il traverse le mur. Tve Bandz joue la carte de la génération scroll permanent, mais sans cosplay : structure ramassée, hook au couteau, drops pensés pour secouer à la fois la nuque et l’algorithme. On sent la promesse dans la moindre micro-décision : c’est trap au sens large, schizophrène comme la nuit, avec des contorsions EDM qui allument le plancher sans vendre l’âme.
La prod est un terrain miné bien cartographié. Kick carré, 808 aux sous-harmoniques qui font vibrer les poches, synthés crantés comme des lames, quelques risers qui étirent la seconde juste avant l’impact. Pas de graisse, rien qui déborde : la spatialisation laisse respirer le flow, les cuts tombent au millimètre, et ce silence d’une demie-mesure avant le retour du beat agit comme une gifle propre. On devine un goût du détail presque maniaque, ce sens de l’efficacité qui préfère la ligne claire au tape-à-l’œil.
Côté micro, Tve Bandz alterne contrôle et vertige. Premier couplet calé au cordeau, placement serré, attaques nettes. Puis la bascule : freestyle sur le second, timbre qui se râpe, respirations conservées au montage, petites déviations rythmiques qui humanisent l’acier. C’est là que « quelque chose de différent » se matérialise : pas une nouveauté gadget, mais une façon de faire vaciller l’architecture sans l’effondrer. La voix ne surjoue pas l’armure, elle déroule un état — bravache, électrique, fataliste — exactement la météo intérieure de celles et ceux qui vivent l’instant en mode replay.
In It parle la langue du gangsta rap par les angles, celle du trap par la colonne vertébrale, et celle de l’EDM par les épaules. C’est conçu pour le club comme pour l’écran, mais avec un index pointé vers la scène : on imagine déjà la foule suspendue au faux-break avant l’atterrissage du drop. Dans une ère où beaucoup empilent des presets, Tve Bandz signe un concentré fonctionnel et nerveux, calibré pour le partage mais taillé pour durer. Si tu cherchais un test d’entrée pour savoir qui est vraiment “in it”, voici le sismographe.
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août 13, 2025Premier plan serré sur une rue encore tiède : un shaker qui frissonne, une guitare qui sourit en syncopes, puis la basse se met à parler le langage universel du bassin. Na Linha ne demande pas l’autorisation, il dessine sa trajectoire au feutre indélébile et t’invite à la suivre jusqu’au bout du carrelage. LINHA 3 signe un de ces singles afrofusion où l’élégance pop côtoie la sueur assumée, avec un sens quasi chorégraphique de l’espace : percussions aérées, kicks tendus, lignes mélodiques qui tiennent en poche mais s’ouvrent comme des éventails au moment juste.
On entend la grande diagonale afro-pop du moment, mais filtrée par une sensibilité lusophone qui préfère la caresse au marteau. La guitare, palm-mute et glissés discrets, agit en guide touristique ; les claviers, eux, laissent tomber des halos pastel qui mettent la peau en lumière. Tout se joue dans les micro-décisions de production : hi-hats qui se taisent une demi-mesure pour laisser le cœur rattraper le tempo, claps resserrés comme des clignements d’œil, contre-chants qui surgissent puis disparaissent avant d’user leur effet. Le hook ne braille pas, il happe — on l’attrape en chemin, on croit l’avoir perdu, on le re-siffle trois stations plus loin.
La voix garde le cap avec une nonchalance presque stratégique : accent posé, phrasés en fin de mesure, ces petites inflexions qui humanisent le métronome. Pas de surjeu, pas de fioritures : une présence. Le texte, sans grandiloquence, parle trajectoire, limites, envies qui débordent — “na linha” comme ligne à tenir et ligne à franchir, mantra de club et devise intime. Le morceau réussit ce truc rare : nourrir la fête sans la vampiriser, faire danser fort tout en respectant l’oxygène.
On pense aux playlists de rooftop, aux afters où l’on baisse le volume pour mieux sentir la pulsation, aux soirées où le monde devient simple parce qu’un beat bien tenu remet chaque chose à sa place. Na Linha est ce trait continu entre scène et trottoir, entre désir et tenue, entre héritage et futur immédiat. LINHA 3 ne crie pas sa singularité : il l’énonce à voix basse, sur une rythmique qui ne lâche jamais. Et franchement, on n’a pas besoin d’autre argument pour rester sur la ligne.
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août 13, 2025J’éteins la lampe, je laisse la ville bruire derrière les stores, et le kick arrive comme un battement posé à l’oreille. Touch Me n’est pas un track, c’est un thermostat émotionnel : deux degrés de plus et tout devient souple. Robo The Chemist y pratique une alchimie de draps froissés et de circuits imprimés, où l’IA ne remplace rien mais révèle le grain, comme une loupe sur la peau. Bedroom house old-school, R&B contemporain, dance-pop qui n’a pas honte de respirer lentement : tout se tient, tout glisse.
La production parle bas. Grosse caisse satinée, clap discret, hi-hats au pinceau, basse ronde qui remonte par capillarité jusqu’aux omoplates. Ce sont les détails qui fixent la mémoire : un accord de synthé à la Larry Heard, une voicing R&B qui flirte avec la blue note, un micro-break qui suspend la pièce au-dessus du sol. Pas un gros drop, pas de jurons pour jouer les grands, juste des transitions qui se souviennent des vinyles de garage-house et des mixtapes du petit matin. Le morceau promet “chocolate sauce and a companion” ; il tient parole avec un groove nappé de cacao, jamais sucré, toujours fondant.
Ce qui frappe, c’est la manière dont Robo marie l’algorithmique et le tactile. Les séquences génératives donnent l’ossature, l’humain s’incruste dans les nuances : swing millimétré, reverb courte sur le lead pour garder la bouche proche, delays fantômes qui reviennent hanter les silences comme un parfum oublié sur une manche. L’écriture évite le clinquant : mélodie insinuante, hook chuchoté plutôt que crié, progression qui préfère la spirale à la ligne droite. C’est de la musique d’after heures, mais polie au chiffon doux — pour que rien ne heurte, tout invite.
Robo The Chemist, “purple-chocolate-cyborg” autoproclamé, confirme une intuition : l’avenir de la house sensuelle ne se joue pas dans le volume, mais dans l’attention. Touch Me s’écoute près, se danse court, se partage sans posture. On pense aux clubs de quartier de DC-Maryland-Virginia quand ils baissent la lumière, à ces minutes où l’on choisit la proximité plutôt que l’éclat. Résultat, un single de présence, calibré pour le replay et les confidences, qui redonne au mot “se toucher” son relief premier : ni slogan, ni performance, une simple vérité portée par un beat qui sait attendre.
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août 13, 2025Je n’attendais pas l’invitation, j’ai dit oui avant de lire la carte. Come to My Party déboule comme une colonne d’air tiède dans un couloir trop étroit, fait sauter les verrous de la journée et repeint le plafond au shaker. RhynoKings n’empile pas des gimmicks afrobeats pour TikTok, il pousse la porte avec l’insolence tendre d’une génération qui préfère enflammer la piste plutôt que polir son reflet. Tout est épuré, net, sensuel sans maquillage : une basse qui pelote la hanche, des percussions qui savent quand se taire, des synthés qui scintillent comme une guirlande tombée dans un verre de glace.
La voix, mi-sourire mi-consigne, se pose en diagonale du groove : invitante, jamais pressante, avec cette précision rythmique qui fait la différence entre un refrain qu’on fredonne et un mantra qui colonise l’oreille. La production vise le cœur de la fête, pas ses clichés : kick tendu, claps économes, micro-cuts qui laissent entrer l’air, et ce petit relâché juste avant le drop qui donne l’impression que le plancher respire. On entend la pop dans la clarté des hooks, l’afro-fusion dans la mécanique du corps, et un sens très Gen Z du dosage — pas d’ornements inutiles, seulement ce qui sert la trajectoire de la nuit.
Ce morceau est une promesse tenue : rendre la joie crédible. Pas la joie criarde des compilations plage, la joie précise qui surgit quand la lumière baisse d’un cran et que les regards se trouvent. Come to My Party n’impose pas une scénographie, il propose un tempo commun. On y danse large, de Lagos à Londres, d’un balcon en centre-ville à un carrefour qui sait encore s’arrêter pour laisser passer l’orage.
RhynoKings signe un tube de présence, plus proche du sourire partagé que du selfie parfait. Il sait que le summer song durable ne se fabrique pas au volume mais à l’attention portée aux respirations : silences placés, attaques propres, transitions qui retiennent le souffle une demi-seconde avant de le rendre. Résultat, un single qui n’explique pas la fête, qui l’active. Et quand la dernière note s’éteint, on n’a rien appris de nouveau sur la vie — on a simplement envie d’y retourner.
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août 13, 2025Il y a des retours qui se font à pas feutrés, et d’autres qui claquent comme un bâton de maître sur la peau tendue d’un talking drum. Gbagbe, premier éclat du prochain EP Ranmileti, appartient à la seconde catégorie. Cinq ans de silence, et voilà que Mus, figure précieuse de l’alt-Afrofusion nigériane, ressurgit avec une pièce AfroSoul tendue entre mémoire et défi, douceur et défiance.
Le titre — “oublier” en yoruba — annonce déjà la couleur : c’est la réponse d’un artiste à ceux qui, peut-être, avaient classé son nom au rayon des absents. Mais au lieu d’un cri de revanche, Mus offre une pulsation profonde, organique, où la modernité des arrangements rencontre la ferveur des rythmes traditionnels. Les talking drums, battements de cœur de la track, ne sont pas un simple ornement : ils ancrent chaque note dans une continuité culturelle qui dépasse le simple come-back.
Sa voix, toujours aussi expressive, flotte sur un groove AfroSoul souple mais chargé de tension, comme si chaque mesure portait à la fois le poids des années et la légèreté de la danse retrouvée. C’est un morceau qui parle de présence — pas seulement celle de l’artiste, mais celle de toute une identité qui refuse de s’éroder.
Avec Gbagbe, Mus ne signe pas juste son retour : il élève un totem sonore, mêlant l’intime et le collectif, la nostalgie et la projection. Si c’est l’ouverture de Ranmileti, alors la suite promet d’être un voyage où la mémoire ne se contente pas de revenir : elle mène la danse.
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août 13, 2025Dans All Natural, Kai the MC ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, il installe simplement son fauteuil dans le soleil couchant et nous invite à partager la vue. Flow nonchalant mais précis, il déroule un mode de vie où la sérénité se cultive comme un bonsaï : verre à la main, thé infusé, pétales fumés, esprit clair. L’ambiance est west-coast mais débarrassée de toute frime ostentatoire, plus proche d’un Larry June en méditation que d’un banger tapageur.
La prod respire : lignes de basse rondes, touches chaudes de claviers, percussions qui claquent juste assez pour faire hocher la tête. Sur ce décor moelleux, Kai livre des images qui sentent la maîtrise et l’assurance tranquille. La présence de Theeremedy sur le hook parachève l’équation : refrain doux comme un soir d’été, assez entêtant pour rester en boucle bien après l’écoute.
All Natural agit comme une carte de visite nouvelle génération pour Kai. Il y affirme une identité musicale où le texte, la vibe et l’attitude se répondent. Pas de démonstration forcée, mais une façon de prouver qu’on peut être tranchant tout en restant cool, ancré dans le réel tout en laissant l’imaginaire flotter.
C’est un morceau qui donne envie de ralentir, d’ouvrir les vitres et de se laisser porter — tout en gardant l’oreille tendue aux détails qui révèlent la finesse d’écriture. Une réintroduction qui s’écoute autant qu’elle se vit, dans le corps comme dans l’esprit.
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août 13, 2025HEEM, c’est un miroir brisé où chaque éclat reflète une humeur, une version différente de soi, et Chilifa Nem les revendique toutes. Dans un rap qui flotte quelque part entre la nonchalance crâneuse et l’introspection moite, le membre du trio Gard3n façonne ce qu’il appelle son “HipHopera” avec accent texan et ancrage nord-ouest. Ce mélange improbable devient ici une signature : un flow souple mais précis, posé sur une prod sombre et lente, comme une rue humide éclairée au néon.
Le morceau respire la confiance désinvolte. Pas celle qui se hurle, mais celle qui se dégage d’un mouvement de tête et d’un demi-sourire. HEEM joue sur des nuances de mood : tantôt cool comme une fin d’été en voiture, tantôt rude comme un face-à-face dans un parking vide. La prod, minimaliste et entêtante, laisse de la place aux respirations et aux silences, comme si chaque espace vide était un battement de cœur qu’on entend de l’intérieur.
Là où d’autres se contenteraient de revendiquer leur singularité, Chilifa Nem explore la complexité d’être soi — dans la bonne lumière comme dans les angles plus sombres. “Nem”, c’est déjà un manifeste : toutes les voix qu’il porte, toutes les émotions qu’il traverse, tout ce qui l’empêche de se figer dans une seule case.
HEEM se vit comme un mantra personnel, mais il sonne comme une dédicace universelle à quiconque a appris à se regarder en face, à embrasser ses contradictions, et à comprendre que chaque version de soi vaut d’être célébrée. Ici, l’ego n’est pas une armure : c’est une galerie de portraits.
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août 13, 2025Avec All In, James Vickery signe un morceau qui a la chaleur d’un rayon de soleil traversant une fenêtre en fin d’après-midi, mais qui pulse au rythme d’un club londonien en pleine effervescence. Sud-Londoner jusqu’au bout du souffle, Vickery n’a jamais caché son goût pour une soul moderne qui respire à la fois la tradition et l’audace — et ici, il mélange l’élégance du R&B contemporain à une énergie quasi tactile, celle qui donne envie de se lever, même si la pièce est vide.
La prod joue sur un terrain souple mais précis : basse ronde et caressante, batterie soyeuse, touches de claviers qui scintillent comme des reflets sur une coupe de champagne, le tout encadré par un mix limpide où chaque instrument trouve sa place sans se marcher dessus. Au-dessus, la voix de Vickery n’est pas juste un guide, c’est un corps à corps — il module, s’étire, ricoche entre les notes avec cette aisance qui n’appartient qu’aux vrais conteurs d’histoires.
Ce qui frappe, c’est le contraste volontaire entre le personnage des couplets — un Vickery cabotin, presque insolent dans son jeu de séduction — et le cœur nu du refrain, où la bravade tombe pour laisser place à la tendresse brute : “I’m all in, I’m not going anywhere.” On passe du clin d’œil complice au regard qui s’ancre, comme si la fête prenait soudain des allures d’engagement.
All In n’est pas seulement une track de plus dans le répertoire de James Vickery. C’est un rappel qu’au milieu de la virtuosité vocale et des arrangements léchés, le R&B garde toujours son essence : une affaire de peau, d’âme, et d’instants où la musique ne se contente pas de séduire — elle s’installe, elle reste.
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août 13, 2025Energy n’est pas un morceau qui s’installe. Il bondit. Directement, comme si Snapdibz ouvrait la porte d’un club mental en pleine ébullition et balançait les clés dans la foule. Ce track, hybride de trap nerveux, de pop rap accrocheuse et de hip-hop alternatif, joue sur un équilibre millimétré : un beat lourd et précis pour le corps, des lignes mélodiques lumineuses pour l’oreille, et une écriture pensée pour accrocher à la première écoute, mais qui cache quelques aspérités sous le vernis.
La prod respire la précision chirurgicale : 808s qui tapent en basse continue, hi-hats qui mitraillent en rafales syncopées, nappes synthétiques en arrière-plan qui ajoutent cette couche planante, presque cinématique. Le mix est poli mais pas aseptisé, ce qui permet au flow de Snapdibz de glisser avec fluidité tout en gardant un tranchant brut. On sent l’intention d’attraper l’auditeur dès les premières secondes et de ne jamais relâcher la tension, à coups de refrains calibrés pour coller dans la tête et de couplets où l’énergie monte comme une mèche de dynamite.
Ce qui distingue Energy, c’est son double visage : assez mainstream pour séduire les amateurs de playlists pop-rap globales, mais ancré dans une sensibilité alternative qui évite les clichés préfabriqués. Snapdibz ne se contente pas de surfer sur les codes trap — il injecte un côté plus personnel, une urgence qui dépasse la simple envie de “faire bouger la tête”. C’est un titre qui vit autant dans la voiture fenêtres ouvertes que dans les écouteurs à fond, quand on a besoin d’un shoot d’adrénaline immédiat.
Energy porte bien son nom : c’est un appel à enclencher le mode propulsion, qu’il s’agisse de la piste de danse, d’un run nocturne ou d’un coup de fouet mental.
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août 13, 2025Le morceau arrive en pas chassés, l’air de rien, puis s’installe avec la posture d’un big band qui aurait mangé un SP-1200 au petit-déj. Price Check, c’est la rencontre entre une science du groove taillée sur mesure et un rappeur qui sait où poser ses semelles : Jurnalist, débarqué de Cali et désormais installé au Royaume-Uni, déroule des barres avec ce grain routard, précis, qui ne force jamais l’énoncé et laisse la musique respirer autour. Première fois que Slow Karma ouvre le micro sur disque : la bande, réputée nu-jazz et jazztronica, transforme l’essai en mi-temps gagnante.
On entend la genèse dans la texture : un squelette né sur MPC2000 il y a presque dix ans, tout en poussière dorée et drums rêches, aujourd’hui réincarné live par dix musicien·ne·s, section de cuivres à la langue bien pendue, percussions étendues qui font claquer les trottoirs, claviers qui déploient des halos overdrive comme des réverbères sous la bruine. Le mix, signé LostOscillation, recadre le tout façon banger hip-hop : kicks au plancher, sub tendu, mais un espace stéréo qui laisse les trompettes découper l’air en lamelles. Résultat : c’est massif et aéré, club et craft, une courbe qui hoche la tête sans écraser les nuances.
La grâce du titre, c’est ce va-et-vient entre la syncope jazz et la droiture boom-bap. Les cuivres ne font pas du tape-à-l’œil, ils commentent, ponctuent, prennent la parole puis s’éclipsent comme des vieux sages. La rythmique, elle, roule au couple, jamais en embardée : hi-hats ciselés, congas en contre-temps, caisse claire qui pince et repart. Au centre, Jurnalist joue le funambule : phrasés en équilibre, angles morts qui s’ouvrent, sens de l’ellipse qui transforme chaque mesure en petite scène. On devine l’œil documentaire du MC, cette façon de regarder la ville par ses reçus et ses restes, de parler valeur sans prêcher morale.
Price Check porte un titre-programme : combien ça coûte, réellement, de sonner juste en 2025 quand tout pousse au clinquant ? Slow Karma répond par l’artisanat et la sueur. On sent les prises en studio, la chair derrière les samples, la joie simple de faire monter un break comme on étire un sourire. La prod garde la patine MPC — ce grain sablé qui gratte — mais la joue collective : chaque détail, du souffle au pavillon, devient une micro-histoire. C’est une track qui convoque les mémoires, du jazz des trottoirs au hip-hop des marges, et les fait danser dans la même pièce.
Au final, un single qui a la tenue d’un classique en devenir : assez immédiat pour électrolyser un set, assez riche pour qu’on y revienne à la loupe. Slow Karma signe un premier pas vocal qui sonne comme une évidence, Jurnalist ouvre des fenêtres, et la caisse enregistreuse, ici, ne compte pas les streams : elle scanne la valeur du vrai.
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août 13, 2025La scène s’impose d’un seul geste : un son qui accroche la hanche comme une main sûre d’elle, puis une basse élastique qui étire la plage jusqu’à la nuit. Woman n’explique rien, elle invite. Rickho y déplie un afrobeat afro-pop à la fois immédiat et finement architecturé, pensé pour le mouvement autant que pour la mémoire — ce moment exact où deux inconnus se reconnaissent avant même de parler.
La production, puisée à la source de ses racines africaines, évite les recettes toutes faites. Les percussions claquent avec précision, les kicks poussent l’air sans l’écraser, et ces cuts placés au millimètre créent de petits vertiges, autant d’éclaircies où le corps décide à la place de la tête. Au-dessus, pianos et synthés soufflent une chaleur de fin d’après-midi : rien de sirupeux, juste ce vernis lumineux qui fait miroiter l’horizon. Le riff, lui, revient comme une vague régulière — pas pour saturer, pour rappeler : on danse encore.
Rickho raconte une rencontre simple, mais il lui donne la gravité d’une promesse. On sent la tendresse derrière l’assurance, le désir de tenir le cap “quoi qu’il arrive” sans tomber dans le grand spectacle. C’est là que Woman gagne : dans cette pudeur chorégraphique, cette façon de laisser l’émotion circuler dans les respirations du beat, plutôt que de la surligner. Le refrain ne hurle pas sa présence, il s’imprime par capillarité. Résultat : un tube de fin d’été qui refuse l’éphémère.
Pensée club mais taillée large, la track parle aux danseurs d’Abidjan comme aux soirs moites de Barranquilla, aux playlists afrolatines comme aux radios pop. On y entend l’ouverture sans dilution, la transversalité sans concession : le cœur afrobeats bat fort, mais l’écriture pop lui donne l’endurance. Rickho signe un single qui n’a pas peur du sourire ni de la sueur, un morceau qui vous suit après la fête, quand le sable colle encore aux chevilles et que la nuit décide de durer un peu plus longtemps.
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août 13, 2025Premier contact, une chaleur basse lumière. Kep.Lockhart ne pousse pas la porte, il glisse un pied entre battant et huis, sourit, laisse le silence travailler. Contemporary R&B au grain velours, regard adulte et nerfs indie, ses trois nouveaux titres fonctionnent comme un triptyque intime où l’on revoit les règles de l’attraction sans perdre la pudeur. Tout est affaire de placement, d’espace entre les notes, d’air laissé aux corps.
Chocolate City déroule en panoramique. Déclaration d’amour à ces femmes-métropole, peau contre skyline, la production caresse sans sirop, basses profondes à la D’Angelo tardif, Rhodes qui steame la vitre, drums feutrées qui ne cherchent jamais la démonstration. Kep ne surjoue pas : voix centrée, grain proche, diction nette qui préfère le détail aux grands effets. Le morceau a le goût d’un dimanche qui s’éternise, quand la ville se fait chambre et que le monde passe en mode ralenti.
Spin joue la réconciliation en mouvement. Riffs de guitare électrique filés comme un ruban, clap discret, kick rond, tout tourne autour d’un mantra : mettre l’orgueil en veilleuse et retrouver la danse perdue. La topline est une spirale maîtrisée, le hook n’explose pas, il aimante. On pense aux mixages modernes qui laissent respirer la stéréo, à ces choruses subtils sur la six-cordes qui teintent l’ensemble d’une lumière bleutée. Résultat : un mid-tempo qui oxygène la mémoire et muscle le pas.
Groupie renverse le miroir avec élégance. Ici, c’est l’artiste qui sue la muse, et non l’inverse. Le texte s’avance sans armure, timbre plus nu, réverbe courte qui met la peau à portée de main. La prod, minimaliste et précise, laisse s’ébrécher l’assurance R&B au profit d’un vertige assumé. On entend les respirations, les micro-glissés de voix, cette fragilité qui fait la différence entre posture et aveu. C’est le morceau le plus risqué, donc le plus mémorable.
Ce qui relie ces trois pièces, c’est une science du tempo émotionnel. Kep.Lockhart sait où placer le silence pour qu’il pèse, sait quand lever le pied pour que le groove avance seul. Pas de clinquant, pas de sucre de synthé inutile : une écriture de la proximité, adulte, tactile, qui pratique la suggestion plutôt que le slogan. Trois titres, trois angles, une même promesse tenue : rappeler que le R&B ne se juge pas au décibel mais à la fièvre qu’il laisse après.
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août 13, 2025Un souffle de synthé 80’s ouvre la porte, des batteries polyrythmiques s’y engouffrent comme un taxi de nuit qui refuse l’arrêt. STORIES n’implore rien, il pulse. Jaeschel construit ici un territoire tiers, un no man’s land sonique entre Afrobeats, pop-rap et hyperpop, où l’on avance au groove tout en mordant sa langue. Le sujet ? Cette tentation universelle d’écrire “on se parle ?” à 2h14, puis d’avaler le message parce que le silence protège mieux que la vérité.
La production a ce grain fluorescent d’une VHS rembobinée : claviers au chrome tendre, basses élastiques, kick sec comme un texto qu’on ne devrait pas envoyer. Les patterns de percu charrient l’Afrique de l’Ouest dans leurs syncopes, mais la skyline est clairement américaine, silhouettes digitales et stroboscopes émotionnels. Premier choc, la voix de Jaeschel — posée, claire, presque pédagogique — trace la ligne narrative : on retient, on respire, on danse quand même. Deuxième choc, les featurings. Azara apporte la braise : timbre satiné qui s’enroule autour de la rythmique, repart en arrière-contretemps, et laisse des étincelles sur chaque fin de phrase. hoondae, lui, découpe à la lame fine, flow millimétré, petits sauts mélodiques à la frontière du chant, exactement là où l’aveu se transforme en punchline.
Ce qui séduit, c’est la dramaturgie du non-dit mise en club. Les synthés ne s’épaississent jamais pour masquer le manque ; ils l’éclairent. La topline accroche sans grimper au plafond, comme une main sur l’épaule plutôt qu’un feu d’artifice. Les détails font la diff : reverb courte pour laisser respirer les silences, hi-hats qui déboulent puis se taisent, micro-distorsions dans les pads comme des messages effacés qui laissent une trace. On entend la double appartenance — ghanéen de naissance, américain d’influence — non pas comme une posture, mais comme une mécanique interne : le morceau bascule d’une rive à l’autre sans passeport, et c’est précisément là qu’il devient personnel.
STORIES n’étale pas la peine, il lui trouve un tempo. C’est une chanson pour bouger la tête en regardant le téléphone face contre table, pour accepter que la dignité a parfois un beat à 100 BPM. Entre retenue et chaleur, Jaeschel signe un single qui refuse de choisir entre cœur et club — et, mine de rien, c’est comme ça qu’on écrit un tube durable.
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août 13, 2025Premier réflexe en pressant play : on sent l’odeur de l’asphalte tiède après la pluie, puis le kick des 808 arrive comme un SUV sans plaques. Lifestyle n’est pas qu’un égotrip de plus au catalogue trap ; c’est une radiographie froide de l’ambition quand elle laisse des bleus sous la peau. NGN CJ parle en low profile, voix gainée d’autotune calibré millimètre, ad-libs qui scintillent au fond du mix comme des flashs de gyros, et cette manière d’étirer les fins de phrases qui donne à chaque punch l’allure d’un revers ganté.
La prod joue double jeu : nappes cloud qui pleurent en sourdine, cloches digitales à la dérive, charleys rasoir en voltige, et une 808 avec assez de sous-harmoniques pour faire vibrer vos cadres photo. Le morceau tient sur une architecture simple — couplets serrés, hook perfusé au souvenir immédiat — mais chaque détail de spatialisation est pensé : reverb courte sur la voix lead, delays fantômes qui reviennent hanter les silences, micro-respi laissées au montage pour garder la veine à vif. Résultat : un gangsta rap qui n’écrase pas tout, il insinue, puis verrouille.
Ce qui tue, c’est l’écriture en clair-obscur. CJ aligne les marqueurs de réussite, mais chaque image brillante trimballe son ombre : motels anonymes, horaires décalés, loyautés fragiles. Le “lifestyle” du titre n’a rien d’une story Instagram, c’est une discipline militaire : garder le cap, s’endurcir, compter ses pertes sans spectacle. On pense aux passerelles récentes entre trap et emo rap, mais NGN CJ garde une sécheresse très rue, sans pathos collant. Le refrain, lui, fonctionne comme un mantra : pas de grandes envolées, une ligne simple, hypnotique, taillée pour tourner dans la tête comme un souci que l’on mâche.
Si vous cherchiez un tube clinquant, passez votre chemin. Lifestyle préfère l’acier brossé aux strass : une esthétique qui frappe sans crier, une énergie de nuit blanche où l’on avance, coûte que coûte. NGN CJ signe un morceau de trajectoire — précis, nerveux, sans couture apparente — et vous laisse avec ce goût métallique au fond de la gorge : la saveur des choses chèrement gagnées.
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août 13, 2025Oubliez la douceur vénéneuse et feutrée de la version originale. Dans les mains de Beau Anderson, “505” se métamorphose en machine à riffs, surgissant comme un train de fret lancé à pleine vitesse dans un tunnel saturé de fuzz. L’ADN mélancolique d’Arctic Monkeys subsiste dans la structure, mais l’atmosphère bascule vers quelque chose de plus sombre, plus charnel, presque minéral — un Deftones qui aurait troqué ses nappes éthérées contre un groove de stoner rock, sec et grondant.
La progression reste lente, mais ici la tension ne s’installe pas dans le murmure : elle crépite. Chaque accord gronde comme un avertissement, chaque silence pèse comme une menace. Anderson joue sur la répétition et la retenue, pour mieux faire jaillir un final grandiose, saturé, où la guitare découpe l’air avec la précision d’un scalpel rouillé. C’est une montée en puissance qui ne lâche jamais, nourrie par une batterie à la frappe carrée et un chant tendu, prêt à se briser mais qui tient la note comme on retient un souffle sous l’eau.
Cette relecture s’intègre parfaitement dans la trame de son futur EP Soundtrack of Letting Go : un disque lourd, groovy, sensuel et poussiéreux, hanté par des images de fin du monde et de temps qui file. On y retrouve cette même obsession du poids des heures, des apocalypses intimes, et des désirs qui s’écrasent contre la réalité. Avec sa patte de guitariste accordé bas, quelque part entre Randy Rhoads et Joe Duplantier, Anderson insuffle à “505” une gravité tellurique qui colle au corps bien après la dernière note.
C’est une reprise qui ne cherche pas à séduire par la nostalgie, mais à reconquérir le morceau, à le faire plier sous son propre poids. Et dans cette version, on ne court plus vers la chambre d’hôtel des Arctic Monkeys : on s’y enfonce, lourdement, comme si c’était le dernier endroit sûr sur Terre.
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août 13, 2025WWYD – acronyme de “What Would You Do” – n’est pas qu’une question rhétorique, c’est une provocation polie. Pop Stunna y avance comme un joueur d’échecs sûr de son coup, chaque ligne posée sur l’instrumental comme une pièce sur l’échiquier : calculée, affirmée, parfois imprévisible. Le beat, lui, mélange la moiteur urbaine d’un rap mid-tempo avec des touches pop presque cinématiques, une basse qui s’infiltre comme une ombre et des percussions précises, jamais envahissantes.
Ce qui frappe, c’est la maîtrise du tempo narratif. Stunna ne court pas après la vitesse, il la dompte. Sa voix, légèrement granuleuse, roule sur la prod avec cette assurance d’un artiste qui sait que le vrai impact ne vient pas de l’empilement de mots, mais de leur poids. Le refrain, accroche immédiate, agit comme un point de suspension : simple, mais calibré pour s’imprimer dans la mémoire.
WWYD parle d’options, de choix, de réactions. De ce moment où la situation bascule et où il faut savoir si l’on frappe, si l’on esquive ou si l’on disparaît. Pas de morale imposée, juste une peinture en clair-obscur d’instants tendus, où tout est possible. Pop Stunna y glisse un jeu de miroir : et toi, que ferais-tu, vraiment, dans ma peau ?
Là où beaucoup enrobent le rap-pop d’artifices sucrés, Pop Stunna garde le noyau brut. Le morceau respire l’instantané, mais avec un sens du détail qui trahit un travail précis sur les textures et les silences. WWYD n’est pas un single de playlist jetable, c’est un morceau qui demande de le réécouter pour capter toutes ses nuances, jusqu’au petit drop feutré qui agit comme un clin d’œil à ceux qui l’écoutent attentivement.
On en ressort avec cette impression rare : celle d’un artiste qui ne cherche pas à séduire tout le monde, mais qui sait exactement comment marquer ceux qui resteront.
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août 13, 2025Premier frisson avant le premier drop : on pense sentir l’orage et c’est la danse qui arrive. Sprinkle de Lubiana est ce moment exact où la pop se désangle, flirte avec le reggaeton et choisit la ligne claire plutôt que l’hyper-surcharge. Minimaliste mais tactile, le morceau avance comme une averse d’été, des gouttes bien placées, une basse qui remue les hanches sans crier, des percussions qui claquent court et net, assez pour dessiner le contour de la fête sans la surligner.
Ce qui accroche, c’est la façon dont Lubiana tient l’équilibre : douceur aérienne au micro, autorité rythmique en dessous. Elle ne force aucune porte, elle les entrouvre. Le beat se fait élastique, les synthés respirent, la structure privilégie la montée par paliers plutôt qu’un mur de son. C’est dance pop, oui, mais avec ce sens du détail qui fait la différence entre un hit d’algorithme et une vraie proposition d’artiste.
Sprinkle fonctionne comme un geste de styliste : quelques touches, une coupe impeccable, et tout tombe juste. On entend le soleil, la peau salée, les trottoirs mouillés après la chaleur, ce mix paradoxal de moiteur et de fraîcheur que peu de productions réussissent sans tomber dans le cliché tropical. Ici, rien d’exotisant : une pulsation latine traitée avec respect, intégrée au langage pop contemporain, clean mais jamais clinique.
La voix de Lubiana, légère en surface, cache une tenue impeccable. Elle navigue entre nonchalance et précision millimétrée, glisse sur la rythmique, laisse respirer les fins de phrases, s’autorise des inflexions qui accrochent l’oreille sans démonstration inutile. On sent une maîtrise de l’espace, une conscience du silence, cette science de l’ellipse si rare dans un registre souvent saturé.
Sprinkle n’essaie pas de révolutionner la piste, elle la redessine à hauteur de regard. C’est une invitation à bouger sans se déguiser, à sourire sans forcer, à s’offrir deux minutes de grâce en plein tumulte. Dans un paysage où beaucoup confondent décibels et intensité, Lubiana signe une pièce qui chuchote à l’oreille et, paradoxalement, reste en tête plus longtemps que celles qui crient.
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août 12, 2025Sous la carcasse métallique des 808 et les éclats glacés d’un carillon numérique, Cold Stone pulse comme un cœur qui n’ose plus battre. Munzer, qu’on connaissait pour ses crocs de rappeur, se laisse ici glisser dans un RnB de nuit blanche, avec cette voix noyée dans l’autotune qui ne cherche pas à masquer ses bleus mais à les amplifier jusqu’à l’obsession.
Le décor, signé Johnny Bullz, est une cathédrale de basses profondes et de cloches synthétiques, une architecture de béton sonore où chaque réverbération sonne comme un souvenir qui refuse de mourir. Sur ce terrain, Munzer alterne les éclats tranchants de son passé de MC et les courbes mélodiques d’un crooner en apnée. La transition n’est pas lissée : elle est volontairement rugueuse, comme si deux versions de lui-même se disputaient le micro.
Ce qui frappe, ce n’est pas la rupture amoureuse qu’il raconte — déjà mille fois chantée — mais la manière dont il transforme cette douleur intime en un espace presque physique, où l’auditeur est invité à errer. L’autotune, souvent caricaturé, devient ici un filtre de distorsion émotionnelle, rendant sa voix tantôt spectrale, tantôt robotique, comme si la peine se digitalisait pour survivre.
Cold Stone est une zone grise entre colère et résignation, un terrain mouvant où le trap se mêle au RnB jusqu’à se dissoudre. Munzer y signe un virage artistique qui ne demande pas l’approbation, seulement l’écoute — de préférence la nuit, quand on n’a plus personne à impressionner, et que le cœur peut enfin tomber.
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août 12, 2025Il y a des enregistrements qui sentent encore la fumée, la sueur et l’électricité brute. NO I AIN’T (LIVE at Jimmy’s JukeJoint), capté en une seule prise à Alkmaar, appartient à cette famille-là : celle des moments où la magie ne vient pas du polissage, mais du danger de tout jouer sans filet. Franky Fugazi y retrouve la veine âpre et honnête de Feloncholy, mais l’emmène plus loin, dans un dépouillement qui gratte comme une vieille veste en cuir patinée par les nuits blanches.
Au centre, toujours ce fétiche : une guitare cigar box, rugueuse comme un plancher de bar, branchée sur un Pignose vintage qui crache son grain poussiéreux. Pas de double prise, pas de rattrapage — chaque coup de médiator, chaque souffle, chaque hésitation devient une pièce du tableau. Le rythme, taillé à la hache, s’accroche aux hanches et entraîne tout le groupe dans un swing nerveux, quelque part entre un rock garage du Delta et un jam nocturne au fond d’une ruelle humide.
La voix de Fugazi, elle, ne cherche pas la perfection : elle vit dans la fêlure, dans cette chaleur un peu cassée qui rend le récit plus vrai. On sent l’alchimie du moment, ce quelque chose qui circule entre musiciens et public, invisible mais palpable, et qui finit gravé dans les sillons numériques comme un témoignage de pure présence.
C’est cru, c’est bancal par endroits, et c’est précisément ce qui le rend précieux : NO I AIN’T ne prétend pas réinventer la roue, il la fait rouler dans la boue pour qu’elle raconte enfin la route.
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août 12, 2025Certains projets se contentent de naviguer dans un seul courant, Broken Spaceship, lui, trace sa route à travers plusieurs océans sonores, frôlant tour à tour la houle post-punk, le hip-hop poétique et des éclats électroniques durs comme des éclairs au-dessus d’un hangar vide. A Part With Some Significance n’est pas qu’un EP : c’est un patchwork urbain cousu à vif, où chaque piste ressemble à un angle différent d’une même vision fiévreuse.
Dreams, en ouverture, pose le décor comme un travelling nocturne dans une ville fantôme : un beat hypnotique, la voix d’Ultra_Eko qui déroule ses images mentales comme un polar en cinémascope, et un groove qui semble avancer seul, tête baissée, vers une destination obscure. Vient Ghost, plus lent mais plus corrosif, comme si les murs suintaient de souvenirs et de basses vibrantes. La prod est dense, saturée d’un souffle qui vous colle au corps.
Avec Rotten Teeth, le duo se fait plus animal, presque punk dans l’attaque, mêlant rage froide et mécanique hip-hop. On y sent le souffle métallique des machines, la pulsation crue qui ne cherche pas à séduire mais à marquer au fer. Enfin, Endless Puzzle clôt le voyage sur un mode plus introspectif : rythmique étirée, voix comme un écho intérieur, textures électroniques qui s’ouvrent et se replient comme un rêve dont on ne veut pas sortir.
Broken Spaceship signe ici un manifeste sonore, dense et sans concession, où chaque morceau agit comme un fragment de vérité, brut et nécessaire. Une œuvre qui ne cherche pas l’équilibre, mais l’impact.
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août 12, 2025On croyait l’histoire terminée depuis 1989, enterrée sous des couches de poussière, de vinyles oubliés et de lendemains qui déchantent. Mais Joe Average n’a pas dit son dernier mot. Trente-cinq ans plus tard, Panic Buttons surgit comme une déflagration à retardement, réveillant la rave originelle avec un souffle neuf.
Tout est là : la pulsation hypnotique qui vous cale le cœur sur le BPM, le saxophone de Mad Mick qui fend l’air comme un rayon de lumière dans un hangar saturé de fumée, les nappes de clavier de Prof qui glissent entre deux kicks pour mieux vous happer, et par-dessus, la voix de Faber — charnelle, fière, presque insolente — qui colle une humanité brûlante à cette machine à faire bouger.
L’histoire derrière le morceau frôle le conte initiatique. Une rencontre improbable un vendredi 13, la quête quasi mystique pour retrouver un vieux camarade de scène, le hasard qui joue les DJ célestes… et surtout la certitude que certaines musiques n’ont pas de date de péremption. Panic Buttons sonne comme un pont entre deux époques : l’ivresse des premières nuits électroniques et la maîtrise technique d’aujourd’hui.
Ce n’est pas de la nostalgie molle, mais une réinvention. Les breaks explosent comme des stroboscopes dans le noir, la rythmique garde la sueur des warehouse parties d’antan, et chaque note transpire cette urgence qui vous fait oublier le temps. Joe Average ne revient pas pour nous rappeler le passé : ils viennent prouver qu’ils sont toujours capables d’appuyer là où ça fait vibrer.
Appuyez sur le bouton. Le cœur, lui, sait déjà quoi faire.
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août 12, 2025Sous les néons synthétiques de Madness, tout s’illumine d’un éclat artificiel, presque coupant, comme si les années 80 s’étaient remises au goût du jour après une nuit blanche trop longue. Haus of Sound ne se contente pas de recycler une esthétique : le groupe l’injecte d’une nervosité contemporaine, un groove élastique qui masque mal la noirceur des paroles.
Gabrielle, frontwoman à la voix qui mord et caresse dans la même phrase, chante comme si chaque note était un fil tendu entre la lucidité et la rechute. Les synthés, eux, ondulent comme un mirage, hypnotiques et trompeurs. On pense à Depeche Mode pour l’ombre, à Maroon 5 pour le poli, à The Midnight pour la nostalgie phosphorescente. Mais ici, le cocktail devient personnel : un battement cardiaque qui refuse de se stabiliser, prisonnier d’une tension délicieuse.
Ce qui frappe dans Madness, c’est cette manière d’embrasser la toxicité comme une danse familière. Les coups de caisse claire claquent comme des portes qu’on rouvre malgré soi, les lignes de basse serpentent, enjôleuses, et l’ensemble avance avec l’inévitable inertie d’un manège émotionnel qu’on ne sait plus arrêter. C’est l’ivresse du “je sais que c’est mal, mais encore une fois” mise en musique.
Haus of Sound signe ici une pièce à double tranchant : irrésistible sur un dancefloor, mais conçue pour vous hanter bien après que les lumières se soient rallumées. Une chanson qui se faufile dans vos veines avec le sourire d’un vice assumé. Au fond, Madness n’est pas seulement un morceau : c’est la bande-son de ce moment où, face au chaos, on choisit de danser encore un peu, juste avant la chute.
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août 12, 2025Les premières secondes s’ouvrent comme un couloir humide au petit matin, quand la ville dort encore et que les contours du réel hésitent. On croit reconnaître une pulsation familière, mais elle se dissout aussitôt dans une brume de synthés diaphanes. AUNCE ne compose pas un morceau : elle érige une architecture invisible. Walking Through Walls est cette pièce cachée derrière la cloison, accessible seulement à ceux qui acceptent de fermer les yeux et de s’aventurer dans l’entre-deux.
La production, signée Anna Edith Daly Edgington et Chris Hyson, joue de cette dualité : chaque texture est un battement de cœur ralenti, chaque silence une respiration profonde. Les rythmiques se tiennent à distance, comme si elles savaient que le moindre excès ferait s’écrouler l’édifice. La voix d’AUNCE, elle, est moins un instrument qu’une lueur — parfois proche et charnelle, parfois lointaine, presque spectrale.
Là où d’autres satureraient l’espace, AUNCE pratique l’épure. Le morceau n’avance pas en ligne droite mais par glissements, comme une marche dans un rêve où les portes se fondent dans les murs. L’électronique y garde une chaleur humaine, héritage d’une approche tactile du son, sans jamais céder à la froideur clinique qui guette ce genre de paysages.
Walking Through Walls est une métaphore autant qu’une expérience sensorielle : celle d’un esprit qui s’affranchit des murs mentaux et des contraintes imposées par le rythme implacable du dehors. Une invitation à la lenteur choisie, à la dérive intérieure, à la découverte de ce qui persiste lorsque tout bruit s’éteint. Chez AUNCE, l’invisible n’est pas absence : il est promesse.
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août 12, 2025Cela ne ressemble pas à une chanson qui commence, mais à une embarcation qui surgit lentement d’un brouillard que l’on croyait infini. Das Geisterschiff n’avance pas, il dérive, comme si chaque note était poussée par un vent glacé venu d’un autre siècle. Les mots, en allemand, claquent comme des cordages humides : ils ont cette dureté minérale qui transforme la langue en instrument percussif, heurtant la coque d’une mélodie sombre et immobile.
Nordstahl ne raconte pas simplement une légende maritime — il en exhume la part la plus intime et la plus terrifiante : celle où le navire maudit n’est plus seulement le Flying Dutchman, mais la métaphore de nos propres erreurs, celles qui nous condamnent à naviguer sans fin dans nos eaux intérieures. Ici, les voiles déchirées et les rames brisées ne sont pas que des images : elles deviennent les stigmates visibles de ce que l’on ne pourra jamais réparer.
La production, elle, hésite entre deux mouvements : un dépouillement presque monacal qui laisse résonner l’écho vide du brouillard, et des élans orchestraux qui, par moments, se gonflent comme une houle prête à submerger le pont. Ce va-et-vient crée une tension constante — celle du marin qui croit apercevoir un phare au loin, avant de comprendre qu’il n’est qu’un autre leurre.
La force de Das Geisterschiff est d’engloutir l’auditeur dans ce même voyage : on ne sait pas vraiment quand on a embarqué, ni si l’on pourra jamais débarquer. On ne sort pas de cette chanson indemne — seulement plus conscient du prix que coûtent les fautes qu’on ne peut effacer.
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août 12, 2025Le morceau ne commence pas : il se réveille. Comme une image qui s’affiche lentement sur un vieux Polaroid, Rêverie apparaît dans le silence avec un battement sec, une pulsation de batterie qui semble d’abord respirer plus qu’elle ne frappe. La basse, elle, se déploie avec une rondeur hypnotique, un groove qui ne cherche pas la séduction immédiate mais qui vous happe par persistance. Puis viennent les guitares : des éclairs plus que des accords, des traits de lumière qui zèbrent l’espace sonore, tendus comme une corde avant qu’elle ne claque.
La voix de Rizki Aryo flotte au milieu de cet équilibre instable. Elle n’est pas là pour dominer l’instrumental, mais pour se glisser dedans, presque comme une pensée à voix haute, hésitante, au bord de l’effacement. On croirait entendre quelqu’un parler depuis un rêve qu’il sait en train de se dissoudre. C’est toute la force de Rêverie : cette capacité à faire cohabiter l’urgence du présent et la langueur d’une mémoire qu’on ne peut pas tout à fait toucher.
Derrière cette apparente simplicité se cache un long processus : un beat griffonné en 2017, des couches ajoutées patiemment, puis des années de silence avant de livrer la version définitive. Cette temporalité étirée donne à la chanson un poids particulier, presque une gravité. Elle sonne à la fois comme une retrouvaille et comme un départ.
Pour un groupe qui avait marqué les esprits avec Rue Massena et son énergie brute, ce virage vers une atmosphère plus liquide et plus sensuelle n’est pas une rupture, mais un nouveau chapitre écrit avec la même main. La scène indonésienne n’a pas tant besoin de come-backs que de morceaux comme celui-ci : des chansons qui prennent leur temps, mais qui, une fois là, s’installent profondément.
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août 12, 2025On l’imagine seul dans son studio-maison, quelque part à Nashville, devant ce vieux bass acoustique cabossé qui ne joue que sur trois cordes, comme si l’instrument lui-même refusait de se plier aux règles. I Found A Monster naît de là : du bois fêlé, de la fragilité matérielle, et de la nécessité viscérale de dire enfin ce qu’on s’interdisait. Seth Schaeffer n’écrit pas seulement un morceau, il déroule un exorcisme intime.
Ce titre, à mi-chemin entre le score cinématographique et la pulsation alternative, porte la marque des grands qu’il cite — Zimmer, Reznor, Ross, Eilish, FINNEAS — mais ne leur ressemble jamais vraiment. Les cordes, ciselées par Marco Pescosolido et Nikos Mavridis, n’enrobent pas : elles grincent, elles glissent hors des notes attendues. La trompette de Vigilance Brandon fend l’espace comme une alarme lointaine. Et les voix — la sienne, celle spectrale d’Emily Hatch — se fondent en harmonies qui respirent autant qu’elles suffoquent.
Tout, ici, semble pensé pour frôler l’inconfort et en tirer une beauté tordue. On entend les lampes du vieux préampli Westrex crachoter, les basses vibrer jusqu’à l’os, comme si chaque imperfection captée devenait un aveu supplémentaire. C’est cette texture organique, rugueuse, qui transforme I Found A Monster en autre chose qu’un simple morceau : un espace où l’on se confronte à soi-même.
Le “monstre” dont il est question n’a rien d’effrayant, sinon pour ceux qui vivent masqués. C’est le soi brut, nu, celui qu’on retient trop longtemps et qui finit par hurler. Et Schaeffer, en cinéaste autant qu’en musicien, cadre ce cri dans une production qui n’éclate pas tout de suite, préférant monter en tension jusqu’à ce que l’air devienne rare. On ressort de là comme après un rêve fiévreux : pas certain d’avoir tout compris, mais sûr d’avoir touché quelque chose de vrai.
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août 12, 2025Les premières secondes claquent comme une gifle donnée au sommeil. La guitare, nerveuse, s’agrippe à une ligne de basse qui sue l’urgence. La batterie, elle, ne s’embarrasse pas de subtilité : elle frappe pour rester en vie. Dans This Scene is Over, The Fades ne livrent pas seulement un morceau, mais un état des lieux brutal de ce qu’il reste quand l’oxygène manque dans les poumons du rock indépendant.
C’est le cri de ceux qui ont vu la lumière des néons des salles s’éteindre une à une, remplacées par des vitrines Airbnb ou des friches gentrifiées. La rage de ceux qui savent que les premiers concerts, les petites scènes, les lendemains avec les oreilles qui bourdonnent… tout ça ne se remplace pas par un live stream ou un algorithme de recommandation. The Fades condensent cette frustration dans un post-punk tendu, criblé d’arpèges tranchants et de refrains qui sentent la sueur et la bière renversée.
Sous l’écume de la colère, il y a pourtant une mélancolie têtue : celle de musiciens qui ont tout donné pour une scène qui s’effrite. Le morceau respire comme une course à bout de souffle, où chaque mesure devient une façon de repousser l’inéluctable. Et si le titre annonce une fin, l’énergie qui s’en dégage dit l’inverse : que rien n’est terminé tant que les amplis ronflent encore, tant qu’il reste un micro qui hurle dans le noir.
This Scene is Over n’est pas une simple chanson militante. C’est une archive sonore de ce moment précis où un groupe choisit de se battre en musique plutôt que de signer l’acte de décès de sa propre histoire. Un morceau qui donne envie de se retrouver, serrés dans une salle trop petite, à chanter plus fort que l’ampli, juste pour prouver qu’ils ont tort.
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août 12, 2025Un piano qui respire comme s’il sortait d’un vieux théâtre vidé de son public, quelques cordes qui s’invitent en arrière-plan comme pour tenir la main au silence. Puis cette voix, ample et sans détour, qui fend l’air comme un rayon de soleil perce un ciel de plomb. A Wing and a Prayer ne raconte pas une histoire linéaire, elle se vit comme un vertige : un instant suspendu entre le courage et la fragilité, où l’on ne sait plus très bien si on est encore en train de se battre ou déjà en train de lâcher prise.
Ferdinand Rennie, chanteur de musicals, interprète d’hymnes universels et habitué des grandes scènes comme des salons feutrés, ne chante pas ici pour convaincre. Il chante pour traverser. Sa collaboration avec Andrew Littlewood à l’écriture, Alan Vukelic à la production et Dan Healey aux textures instrumentales, sculpte une chanson qui respire l’espace et laisse chaque note trouver sa juste place. Pas de démonstration technique gratuite : la puissance naît dans les failles, les respirations, l’humanité brute qui affleure.
Tout, dans cette ballade, semble pensé comme une offrande intime. Les arrangements sont sobres mais ciselés, portés par une tension constante entre retenue et déploiement. On y sent les échos des grands classiques revisités par Rennie au fil de sa carrière, mais filtrés par une lumière plus personnelle, moins théâtrale. Comme si derrière l’armure du chanteur de scène se dessinait le portrait d’un homme qui sait ce que coûte chaque victoire.
A Wing and a Prayer est un souffle, presque un vœu, adressé à quiconque a déjà marché sur cette ligne fine où la foi se mélange à la peur. Le genre de chanson qui ne s’oublie pas, parce qu’elle ne se contente pas de passer — elle reste, comme une cicatrice qu’on caresse du bout des doigts.
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août 12, 2025Le piano de Samyula ne joue pas des notes, il déplace de l’air, sculpte des particules d’instants, fait apparaître des silhouettes de souvenirs qui n’existent peut-être que dans notre tête. Avec Ethereal, la compositrice barcelonaise livre un disque qui tient autant du carnet de voyage intime que du relevé sismographique : on y sent les secousses, les micro-mouvements, les respirations profondes.
Le morceau-titre, Ethereal, ouvre comme un voile qui se déploie au ralenti, ses accords suspendus flottant dans un espace sans gravité. Puis No One Knows Me resserre le cadre : un piano qui chuchote presque, comme si chaque note craignait de rompre un fragile pacte de silence. Duality — et sa version pour violoncelle — est un cœur qui bat dans deux directions à la fois, une tension maîtrisée, des lignes mélodiques qui s’éloignent puis se recroisent, comme deux routes parallèles qui s’offrent de brefs carrefours.
Avec Core, Samyula descend en profondeur : la matière sonore est plus dense, les basses résonnent comme si elles provenaient du centre de la terre. Axis pivote, fluide, entre des pôles contraires, tout en maintenant un équilibre d’orfèvre. Transcendent, elle, déploie une lumière ascendante, une montée qui n’explose jamais mais s’élève jusqu’à se fondre dans l’air — avant que le rework de Joan Arnau Pàmies ne la distille en particules abstraites, comme vue à travers un prisme d’eau.
Orbit tourne sur lui-même, circulaire et hypnotique, un mouvement continu où chaque répétition semble légèrement altérée, comme les nuances changeantes d’un ciel au fil des heures. Sa déclinaison pour violoncelle y ajoute une gravité humaine, presque tactile. Enfin, le rework final d’Ethereal referme le disque comme on replie une carte après un long voyage : les lieux ont changé, mais l’itinéraire reste gravé en soi.
Ethereal est un laboratoire émotionnel, où chaque pièce agit comme un fragment d’âme capturé, poli, offert. Samyula y fabrique un lieu, un lieu qu’on traverse, qu’on habite, et d’où il est difficile de repartir.
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août 12, 2025Certains morceaux donnent l’impression de tenir un polaroïd encore chaud entre les doigts. Memories de Billianne est de ceux-là : une chanson qui ne se contente pas de raconter, mais qui capture le grain, la lumière et l’odeur d’instants déjà en train de s’éloigner. Sa voix, d’une pureté qui semble avoir voyagé intacte depuis un souvenir d’enfance jusqu’à nos écouteurs, effleure chaque mot comme pour en retenir la dernière particule d’air.
Ce n’est pas une nostalgie figée, mais un mouvement constant, un regard qui embrasse le passé sans lâcher le présent. Dans l’écrin d’une instrumentation à la fois ample et délicate, Billianne pose des couleurs qui oscillent entre le clair-obscur folk et les nuances pop d’une mélancolie moderne. On y entend l’élan d’une artiste de 22 ans qui sait déjà que tout ce qui compte finit par se transformer en récit. Et plutôt que de s’y résigner, elle choisit d’en faire des chansons capables de vivre plusieurs vies.
La force de Memories réside dans son équilibre : un lyrisme qui ne tombe jamais dans l’emphase, un souffle intime qui se glisse jusque dans les arrangements, un art de l’évocation qui laisse au silence autant de place qu’aux notes. On sent, derrière chaque ligne, la conscience aiguë de ce qui est en train de devenir un souvenir, et cette urgence douce à l’inscrire quelque part, pour que rien ne se perde.
Avec ce titre, Billianne continue de tracer un sillon rare dans la pop contemporaine, celui où l’émotion brute épouse une écriture presque cinématographique. Memories n’est pas seulement un single : c’est un instantané qu’on repliera dans notre poche, en espérant qu’il gardera son parfum longtemps.
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août 12, 2025On dirait un souvenir qui s’échappe par la fenêtre, emporté par une lumière de fin d’après-midi. Remember Me. Theme n’a pas besoin de mots pour dire ce qu’il a à dire : tout est contenu dans les intervalles, dans le poids et la légèreté de ses notes, dans le vide qu’elles laissent après leur passage. GatiS signe ici bien plus qu’un simple prélude à sa future chanson Remember Me ; il livre une esquisse émotionnelle, un dessin au fusain qui garde encore la poudre de son geste.
On sent dans chaque mesure la minutie d’un artisan qui façonne ses sons comme on polit une pierre rare. Le piano, nu mais habité, avance avec une lenteur volontaire, presque obstinée, pendant que des nappes orchestrales flottent comme une brume en arrière-plan. C’est une musique qui ne cherche pas à séduire immédiatement, mais à s’installer dans la mémoire, à y creuser un sillon. Elle fonctionne comme un lieu : on y entre doucement, on y reste, puis on repart en emportant un parfum qui ne nous lâchera pas.
Ce qui frappe, c’est cette capacité à tenir ensemble la froideur clinique de la précision technique et la chaleur impalpable de l’émotion. GatiS maîtrise les deux comme un funambule qui n’a pas peur du vide. En proposant d’abord cette version instrumentale, il renverse l’attente : plutôt que de nous donner tout de suite le récit, il nous tend la bande-son du rêve, nous laissant libres d’y projeter nos propres images.
Dans Remember Me. Theme, la nostalgie devient matière, presque tangible. On pourrait la toucher si elle ne se dérobait pas à chaque tentative, comme ces visages qu’on revoit dans le sommeil et qu’on oublie au réveil, sauf la sensation qu’ils ont laissée. C’est cette sensation que GatiS capture — et elle, au moins, ne s’efface pas.
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août 12, 2025On dirait un carnet de route écrit sur la sueur et l’adrénaline, mais Zov.yay préfère parler d’album. Wait Lifting, Vol. 1 est de ces disques qui ne s’écoutent pas d’un trait comme on avale un shot, mais qui se vivent comme un entraînement au monde : chaque morceau est une série, chaque couplet une respiration qu’on tient un peu plus longtemps que prévu, chaque silence une contraction invisible. L’artiste ne pose pas seulement des rimes ; il sculpte un corps invisible, celui de son authenticité, jusqu’à en faire un monument fragile mais debout.
I’m Weird Too, ouverture manifeste, est moins un morceau qu’un tatouage sonore : la revendication d’être inclassable, posée comme une évidence. Transportation s’élance sur l’autoroute mentale, mêlant bitume et pensées vagabondes. Risk Dancing, c’est l’ivresse de se jeter au milieu de la piste quand on n’a rien d’autre à perdre que sa peur. Decorated Requests joue sur l’artifice des sourires bien polis, la tension entre ce qu’on offre et ce qu’on retient.
Puis vient Cpr, battement d’urgence, tentative de réanimation d’un soi qu’on pensait irréversible. Future Ave. ouvre la perspective comme on entrouvre une fenêtre sur une ville inconnue. Sneaky Angel flirte avec l’ambivalence des présences qui semblent nous protéger mais testent nos limites. Recollect resserre la focale sur les éclats de mémoire, et Gratitude Outro ferme le rideau avec un merci qui claque comme un dernier souffle après l’effort.
Dans un paysage saturé de façades léchées, Zov.yay déploie ici un hip-hop de l’endurance et de la lucidité, où chaque beat pèse, chaque mesure respire, et où la sueur devient une forme d’écriture. C’est un disque qu’on ne range pas : on le garde sur soi, comme un poids bienveillant.
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août 12, 2025Il y a dans Forms Of Control ce paradoxe rare où la froide précision technologique devient l’écrin d’une émotion presque trop humaine pour tenir dans un fichier audio. Seul maître à bord, Ervero sculpte chaque strate de son morceau comme on cisèle un cristal : aucune note n’est laissée au hasard, aucun silence n’est vide. Sous la voix générée par IA, calibrée avec un soin maniaque, on sent battre un cœur de chair, encombré de doutes et de questions.
Là où d’autres auraient versé dans l’angoisse cybernétique ou le simple hommage nostalgique, Ervero choisit la nuance : son univers électronique se nourrit des grandes heures de la trance émotionnelle des années 90-2000 — Chicane, BT, Robert Miles, Solarstone — mais filtre leur éclat à travers une mélancolie norvégienne, diffuse comme la lumière au bord du fjord. La rythmique n’embrasse jamais totalement l’exubérance du dancefloor, préférant la pulsation contenue, presque intime, qui invite à l’introspection autant qu’au mouvement.
Le titre raconte les formes invisibles de pouvoir, celles qui ne s’exercent pas par la force mais par la gravité émotionnelle : un regard qui retient, une promesse silencieuse qui enchaîne. La métaphore de la tension entre liberté et attache se déroule ici en nappes atmosphériques, en arpèges clairs qui se brisent doucement, en basses qui serrent la poitrine sans jamais l’écraser.
Forms Of Control n’a pas besoin de scène pour exister — il est lui-même un espace clos, un huis clos sensoriel où l’on danse seul au milieu de souvenirs qui ne nous appartiennent plus tout à fait. Un morceau qui rappelle que, parfois, la sincérité la plus brûlante s’exprime mieux derrière un voile de glace.
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août 12, 2025Ce n’est pas un rayon de soleil aveuglant. Plutôt une clarté diffuse qui s’infiltre par la fente d’un store, caresse poussière et souvenirs avant de s’éteindre derrière un nuage chaud. Avec Light In The Dark, Windows confirme qu’ils sont moins des héritiers dociles de la scène psyché californienne que des artisans d’une lumière mouvante, où chaque reflet porte un parfum de route côtière et de nostalgie latine.
Produit par Tyler Fogerty, le morceau pulse au rythme d’une basse chaloupée, rythmique subtilement infusée de syncopes tropicales. Les guitares, nappées de reverb saline, alternent entre étreinte et fuite, comme un horizon qui recule à mesure qu’on l’approche. On y retrouve cette esthétique surf vintage, mais désaturée, presque poussiéreuse, qui se rapproche davantage d’un polaroid retrouvé au fond d’un tiroir que d’une carte postale criarde.
Light In The Dark fonctionne comme un morceau-charnière : lumineux mais jamais naïf, solaire tout en restant ombré. Windows y explore l’entre-deux, ce moment suspendu entre fin d’après-midi et nuit naissante, où la fête n’a pas encore commencé mais où tout vibre déjà d’une promesse sourde.
En live, sur une scène de festival ou dans un club intimiste, ce titre a tout pour agir comme un sortilège doux-amer, capable de suspendre le bavardage ambiant pour happer l’auditeur dans une transe douce. Le groupe, déjà passé par Austin Psych Fest et Freakout Fest, prouve ici que sa psyché-soul ne se contente pas de recycler les codes : elle les module, les courbe, les salit juste ce qu’il faut pour les rendre organiques. Light In The Dark n’éclaire pas tout — et c’est précisément là que réside son magnétisme.
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août 12, 2025Il y a des chansons qui ne cherchent pas à fuir le réel, mais à le recadrer jusqu’à ce qu’il ressemble à une carte postale griffonnée au stylo bic. Paradise State of Mind de Talon David fait exactement ça : elle ne vous emmène pas physiquement ailleurs — elle vous change le ciel au-dessus de la tête.
Née d’un shift interminable au Barista Parlor de l’aéroport de Nashville, en plein confinement, la chanson sent encore le café brûlant et le béton des halls déserts. Talon, clouée au sol mais obsédée par l’idée de repartir, a bricolé une passerelle mentale : un baritone ukulele aux graves veloutés, quelques couches de voix qui s’empilent comme des vagues, et ce ton mi-solaire, mi-sarcastique, qui fait penser à quelqu’un qui sourit tout en montrant le doigt aux prophètes d’apocalypse.
Cinq ans plus tard, elle vit à l’étranger, mais la démangeaison du départ ne l’a pas quittée. Ce qui donne à ce titre une patine particulière : ce n’est plus juste une chanson anti-blues pandémique, c’est une méthode de survie pour tous ceux qui savent que le voyage, c’est avant tout un muscle intérieur. Pas de sucre pop ici, mais une euphorie réaliste, un humour qui allège sans effacer l’inquiétude.
Enregistré au fil des années dans six home studios éparpillés entre États-Unis et Royaume-Uni, le morceau garde ce parfum de carnet de route sonore : bricolé, vivant, sans volonté de lisser les coins. Paradise State of Mind n’est pas une carte d’embarquement. C’est un manifeste pour les agités du cœur, une preuve qu’on peut transformer un comptoir de café en lagon, pour peu qu’on ait le bon état d’esprit et une corde en nylon qui vibre juste.
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août 12, 2025Il y a des chansons qui ne se contentent pas de raconter une histoire : elles vous font marcher pieds nus sur ses ruines. Toxins de Raphael Jae est de celles-là, un morceau qui ne cherche pas à enjoliver la douleur mais à la tailler dans le bois brut, jusqu’à ce qu’elle devienne sculpture. Ici, la guitare folk n’est pas un simple décor pastoral : elle est l’os de la chanson, un instrument tailladé de silences et de frappes feutrées, comme si chaque accord devait survivre à un tir ennemi.
Dans la tradition d’un Noah Kahan qu’on aurait plongé dans un hiver plus amer, Raphael Jae se glisse dans la peau d’un soldat de l’intime. Les métaphores guerrières sont partout, mais elles ne se diluent jamais en clichés : elles saignent encore, elles sentent la terre et la sueur, elles transportent le poids de ce qu’il reste d’un amour épuisé. Ce n’est pas une rupture au sens pop du terme, c’est un champ de bataille où l’on inventorie les pertes — celles de l’autre, mais surtout les siennes.
Le mixage, travaillé avec Tim Lynch, puis poli par Alan Douches, garde cette rugosité organique. On entend presque la pièce où ça a été capté, avec ses angles imparfaits et sa réverbération discrète, comme un souvenir qui refuse de s’effacer complètement. La voix, frontale, évite les grands effets : elle raconte plus qu’elle ne chante, comme si elle préférait que les mots soient gravés plutôt que projetés.
Toxins est une chanson de guerre déguisée en ballade, un inventaire des morceaux de soi qu’on abandonne dans l’espoir — parfois vain — de sauver quelqu’un d’autre. Et c’est peut-être là sa force : au lieu de refermer la plaie, elle la montre, la nomme, et laisse l’auditeur décider s’il veut l’effleurer ou y plonger la main.
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août 12, 2025Il y a des morceaux qui s’infiltrent comme un parfum étranger dans une pièce familière — et, sans prévenir, changent la température de l’air. Little Game de Kris Kolls ne s’écoute pas vraiment, il se respire. C’est une vapeur chaude qui glisse sur la peau et s’invite dans les gestes quotidiens, jusqu’à rendre suspecte la banalité d’un matin ou d’un sourire.
On croit d’abord à une douceur pop calibrée pour un été indolent. Mais derrière la caresse, il y a cette tension, presque invisible, qui pulse sous les nappes électroniques comme une menace qui se retient. La basse se balance, feignant la nonchalance, tandis que les beats claquent par à-coups, tel un battement de cœur qui accélère au bord du vertige. Et au centre, la voix de Kris Kolls : velours teinté de fer, capable d’embrasser la fragilité tout en imposant une autorité sensuelle.
Ce Little Game, c’est une partie à deux, mais le plateau n’est pas celui qu’on croit. Il ne s’agit pas de gagner ou perdre, mais de s’approcher assez près pour effleurer l’autre sans jamais l’attraper complètement. Les silences ici sont des zones tampons, des terrains minés où le désir se charge en électricité statique.
Kris Kolls réussit le pari rare de livrer un single pop qui n’offre pas tout tout de suite. Un titre qui ne court pas derrière l’auditeur, mais l’oblige à revenir, intrigué par ce parfum qu’il n’arrive pas à nommer. Little Game, c’est la preuve que dans un monde saturé de refrains instantanés, on peut encore séduire par la lenteur, la précision et le mystère.
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août 12, 2025Véritable coup de cœur du Woodstower, le duo Malaka nous a clairement happés dans leur univers musical mais pas que…
Ces deux soeurs passionées qui naviguent entre groove, métissage et coolitude absolue, ont gagné nos coeurs, comme nos tympans, avec leur créativité communicative et leur musique singulière et éclectique 🎶
On a voulu en savoir plus sur ces artistes qui n’ont pas fini de faire parler d’elles, du pur talent made in Rhône Alpes ( en passant par les West Indies), à découvrir sans plus attendre 🔥
Pour retrouver l’intégralité de l’interview rendez-vous sur :
@malaka_sl
@woodstower
📸 @shoot_by_leo
#festival #woodstower #musique #interview #itw #musiquedumoment
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août 12, 2025Dans cosmetic, Stacy N.K.R et oakland signent une rencontre où la confiance devient une matière sonore, où l’élégance s’impose sans lever la voix. Pas besoin de chercher la provocation ni l’excès : ici, tout se joue dans la maîtrise. Stacy déroule un flow à la fois velouté et incisif, une écriture qui respire l’assurance de celle qui connaît sa valeur et n’attend pas qu’on la lui valide.
Face à elle, oakland sculpte une production ample, presque cinématographique, qui navigue entre douceur et grandeur. Les nappes majestueuses, les basses feutrées et les touches subtiles d’ornementation créent un espace où chaque mot de Stacy tombe avec un poids mesuré. Le morceau dégage la même sensation qu’une pièce bien coupée : pas de surplus, juste la coupe parfaite qui met en valeur la silhouette.
On y entend l’écho de Miami Vice revisité façon féminine et affirmée, comme si la lumière des néons servait ici à refléter une force intérieure plutôt qu’à détourner le regard. cosmetic ne parle pas de maquiller la réalité, mais de l’habiter pleinement. Ce n’est pas une chanson sur ce qu’on montre : c’est une chanson sur ce qu’on est, une célébration intime du luxe le plus rare — être bien dans sa propre peau.
Si ce premier geste commun est un prélude, alors la suite promet d’élargir encore cette palette, entre grooves délicats et déclarations d’indépendance. Avec cosmetic, Stacy N.K.R et oakland posent les bases d’un langage commun : celui du style comme état d’esprit.
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août 12, 2025Dans My Eyes Only, Agatchu ne cherche pas à séduire par la démonstration, mais par l’évidence. Tout, dans ce duo avec la légende angolaise Cef Tanzy, respire la fluidité d’un moment qui ne se force pas : une ligne de basse chaude, un groove qui pulse comme un cœur amoureux, des voix qui se frôlent en plusieurs langues sans jamais se marcher dessus. C’est un morceau qui ne se contente pas de parler d’intimité, il la fabrique autour de l’auditeur, comme si chaque note refermait un rideau sur le monde extérieur.
La force d’Agatchu, c’est cette manière de tisser ses racines et ses influences multiples — afrobeats, R&B, bossa nova, semba — en un tissu sonore qui ne ressemble à rien d’autre qu’à lui. Ici, la production respire, laisse de l’espace au silence comme à la mélodie, joue avec les textures comme on joue avec la lumière au crépuscule. On retrouve cette science du détail qui a marqué ses précédents titres, mais aussi une assurance nouvelle : la sensation qu’il sait exactement où il veut aller, et qu’il y va à son rythme.
Cef Tanzy apporte à ce tableau une profondeur supplémentaire, un grain de voix patiné par l’expérience et chargé d’émotion brute. Ensemble, ils signent une ballade qui n’est ni mièvre ni ostentatoire, mais qui frappe par sa sincérité. My Eyes Only donne envie de ralentir, de savourer, de s’accrocher à l’instant présent — et c’est là tout l’art d’Agatchu : transformer une chanson en espace-temps où l’on se sent bien, où l’on se sent vu.
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août 12, 2025Chez 29192, chaque morceau sonne comme un chapitre écrit à deux mains, celles de Migs et Mac Marley, liées depuis l’enfance par un même souffle créatif. Avec 2 Late, les deux rappeurs du Kansas posent une question qui ronge autant qu’elle motive : à force de courir après la même chimère, arrive-t-il un moment où il est simplement trop tard ?
Le morceau se déploie comme un tunnel mental, entre introspection et affirmation de soi. La prod, teintée d’un hip-hop alternatif aux reflets légèrement brumeux, laisse filtrer des basses chaudes et des nappes éthérées qui évoquent autant le doute que l’espoir. On sent l’ADN du duo : ce mélange de conscience, de storytelling cru et de poésie terre-à-terre héritée de leurs trips psychédéliques et de leurs débuts bricolés dans un sous-sol.
Le flow est fluide, presque contemplatif, mais toujours précis. Pas d’esbroufe inutile, juste des phrases qui tombent comme des constats, parfois doux, parfois tranchants. Derrière le questionnement “is it too late?”, on devine surtout une force tranquille : celle de deux artistes qui ont survécu aux pauses, aux détours, aux séparations, et qui continuent d’avancer, même si la ligne d’arrivée reste floue.
2 Late n’est pas un constat d’échec, mais une manière de réaffirmer que la musique reste l’outil ultime pour rattraper le temps — ou au moins l’apprivoiser. Chez 29192, il n’est jamais vraiment trop tard tant que la flamme brûle.
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août 12, 2025Dans Difficile, Nayyar ne cherche pas à enjoliver le réel. Sa voix sort comme un souffle contenu trop longtemps, un flux tendu où l’ego-trip se frotte à une lucidité désarmante. C’est le genre de morceau qui ne se contente pas d’impressionner par la technique — même si elle est là, acérée — mais qui s’incruste dans l’esprit par ce mélange de fierté et de fragilité.
La prod, sombre et millimétrée, ouvre un espace presque cinématographique. Les basses grondent comme une menace sourde, les kicks frappent secs, et chaque élément semble calibré pour accompagner un monologue intérieur en pleine rue déserte. On n’est pas dans l’ostentation tapageuse, mais dans cette esthétique du minimalisme noir qui laisse la place aux mots, aux silences, aux images mentales.
Nayyar balance ses punchlines comme des flashs photographiques : rapides, nettes, visuelles. Il parle pour ceux qui se savent à part, qui avancent malgré le poids du doute, pour les rêveurs endurcis qui refusent de courber l’échine. Pas de refrain chanté pour adoucir le propos — juste une ligne droite, tendue comme une corde, où le flow ne perd jamais l’équilibre.
Difficile est moins une chanson qu’un état d’esprit : celui de celui qui sait que le chemin est escarpé, mais qu’il vaut mieux le gravir seul que trahir sa propre voix. Un titre qui respire l’authenticité, et qui confirme que Nayyar ne rappe pas pour séduire, mais pour dire.
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août 12, 2025Pas de préliminaires, pas d’intro décorative — Rage démarre comme une alarme interne, une décharge qui traverse le corps de l’intérieur. Monster Machine signe ici un pur concentré de tech house carnivore, musclé à l’os, conçu pour faire basculer un dancefloor dans un état de transe collective.
Tout est dans la tension : la basse, massive et granuleuse, se colle à la poitrine comme un battement de cœur sous adrénaline, tandis que les percussions claquent avec la précision d’un engrenage bien huilé. Les nappes synthétiques, acérées, se glissent par couches successives, ajoutant une sensation d’urgence presque industrielle. On n’est pas dans la sensualité moite du club, mais dans quelque chose de plus primal, un lâcher-prise qui flirte avec la rage pure — celle qui libère autant qu’elle consume.
Monster Machine maîtrise parfaitement l’art du build-up sans fin, cette montée qui s’allonge jusqu’à frôler la frustration, avant qu’un drop chirurgical ne déverse tout le poids accumulé. La structure est implacable, comme si chaque mesure avait été calculée pour tordre le temps sur le dancefloor, effaçant la frontière entre euphorie et exutoire.
Rage n’est pas seulement un track de club : c’est une arme rythmique, pensée pour saturer l’espace, hypnotiser les corps et pousser les esprits dans leurs derniers retranchements. Un morceau qui ne laisse aucune place au décor — juste la pulsation, le métal et la sueur.
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août 12, 2025Il y a dans HOW? cette énergie rare des morceaux qui n’ont pas peur de prendre à rebours l’époque. CONFUSHANE? n’essaie pas de camoufler ses racines dans le boom-bap — il les expose fièrement, puis les électrifie, les bouscule, les tord pour les faire briller sous une lumière neuve. Les kicks claquent avec cette rondeur old school, mais les textures électroniques, parfois abrasives, viennent se glisser dans les interstices comme des éclairs de néon sur un mur de brique.
Son flow, souple et direct, joue à saute-mouton entre l’arrogance contrôlée d’un Jay-Z et la conversation de rue, celle qui peut tourner à la philosophie entre deux lignes bien aiguisées. On sent la plume sûre d’elle, mais jamais figée dans un schéma : HOW? parle des doutes créatifs, de cette peur de se répéter ou de se trahir, et choisit de l’affronter frontalement, comme si chaque mesure était une réponse improvisée à la question du titre.
Ce qui rend le morceau singulier, c’est cette façon de traiter l’héritage hip-hop comme un terrain de jeu plutôt qu’un musée. CONFUSHANE? ne se contente pas d’un hommage, il ouvre les fenêtres, laisse entrer l’air du présent, colle une 808 futuriste sur une rythmique de 1996, et prouve qu’on peut encore faire danser le passé sans l’embaumer.
En trois minutes à peine, HOW? dessine le portrait d’un rappeur qui refuse le confort, qui préfère tester la résistance des codes que s’y lover. C’est un titre qui ne demande pas seulement “comment ?” — il montre, avec le sourire en coin, exactement comment.
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août 12, 2025Ce n’est pas un simple morceau de club. Left To Right est une morsure sonore, un appel de la nuit taillé pour les heures où les corps cessent d’obéir à la logique. Entre les mains de B Jones et Alok, le dancefloor devient une arène – les basses y frappent comme des tambours de guerre, les synthés rugissent, et la voix, réduite à un mantra hypnotique, agit comme un signal de ralliement. On ne parle pas ici de “montée” ou de “drop” comme des étapes techniques : chaque tension accumulée est une retenue presque insoutenable, chaque relâchement, une coulée de lumière sur la foule.
La productrice espagnole, figure historique de Tomorrowland et fondatrice du label ARRYBA, est à un moment charnière de sa trajectoire : quatre ans de suite sur la Mainstage, des résidences partagées avec les géants de la scène, et une vision claire de ce que doit être un banger en 2025 — calibré pour la transe collective, mais lesté d’une sensualité presque chamanique. Face à elle, Alok, colosse brésilien et poids lourd du streaming mondial, injecte sa science de la mélodie minimale et du groove immédiat. Résultat : un track qui garde la moiteur des clubs underground tout en s’élevant aux cimes hédonistes des plus gros festivals.
On imagine déjà Left To Right s’imposer comme un moment clé de cet été : des foules compressées, des bras levés comme un seul organisme, et ce mouvement latéral qui donne son titre au morceau, transformant la masse en vague humaine. Un son qui ne promet pas seulement de faire danser, mais de suspendre le temps – juste assez pour se rappeler pourquoi on y revient toujours : pour perdre la tête et, l’espace d’un instant, toucher du doigt l’extase.
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août 12, 2025Il y a quelque chose de presque cinématographique dans Just A Boy In A Band, ce moment suspendu où la lumière des projecteurs devient à la fois réconfortante et crue. Loose Buttons y jouent leur propre rôle, celui de quatre types qui courent après une chose insaisissable — la reconnaissance, peut-être, ou juste cette montée d’adrénaline qui arrive quand un morceau prend vie devant un public. Mais ici, pas de pose rockstar : Eric Nizgretsky, chanteur et fils de première génération ukrainienne-américaine, le dit sans détour, il n’est “que” ce gamin dans un groupe, et il s’en amuse autant qu’il s’en nourrit.
La chanson déploie un indie rock clair et nerveux, avec cette pointe mélodique qui flirte entre nostalgie et fougue juvénile. On sent l’envie d’impressionner, la peur de rater, le refus de se résigner. Les guitares se croisent comme deux conversations qui s’interrompent et se relancent, la batterie pulse avec l’insistance d’un cœur trop vite emballé, et l’ensemble respire la camaraderie. Il y a cette vérité simple : peu importe la distance entre le rêve et la réalité, ce qui compte, c’est la route parcourue avec ceux qui partagent la même obsession.
Loose Buttons ne se perdent pas dans le mythe du “grand soir” où tout changerait. Ils savent que le monde continue de tourner, avec ses drames, ses absurdités, ses indifférences. Mais ils persistent à croire qu’une chanson de trois minutes, jouée avec la conviction d’un premier amour, peut encore décaler l’axe de la journée de quelqu’un. Ce n’est pas de la naïveté — c’est de la résistance poétique. Et dans un monde saturé de bruit, cette sincérité-là fait un vacarme délicieux.
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août 12, 2025Il y a des morceaux qui, dès les premières secondes, t’installent dans un paradoxe. TBF d’Afenzo en fait partie : un morceau d’amour qui fait bouger la tête, mais dont le cœur bat au ralenti, lesté par une histoire qui ne s’écrit pas à deux. La rythmique trap, nerveuse mais souple, donne l’illusion d’un morceau festif, alors qu’en arrière-plan se dessine le film d’un amour non réciproque, celui qui avait tout pour durer — jusqu’au mariage même — mais qui s’éteint dans un silence plus violent que la rupture.
Afenzo ne cache rien. Derrière ce projet intitulé ENZO, illustré par sa photo enfant au sourire lumineux, il y a la volonté de se livrer sans filtre : la motivation qui pousse à continuer malgré tout, la mélancolie qui s’invite au détour d’un couplet, les fulgurances old school qui claquent sur des instrus trap modernes, et cette voix très expressive, parfois brute, parfois presque fragile. On pense à ces rappeurs qui savent que l’authenticité est leur meilleure arme, même si elle les met à nu.
TBF s’écoute comme une confession qui ne sombre jamais dans la complainte : Afenzo injecte juste assez d’énergie dans la prod pour que la douleur reste dansante. On sent dans le flow cette façon de tenir debout en transformant le manque en groove, en trouvant dans le mouvement du beat une façon d’éviter la chute.
Couplé à Amour et Pissenlits et Avant Tout Ça, le titre compose un triptyque intime qui ne cherche pas à enjoliver les sentiments mais à les livrer crus, tels qu’ils brûlent. Dans un paysage rap où beaucoup enjolivent leurs cicatrices, Afenzo choisit de montrer la plaie — et de la faire danser.
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août 12, 2025Dans la chaleur moite d’un été qui semble ne jamais vouloir tomber, A!MS revient avec un titre calibré pour les couchers de soleil interminables et les nuits qui sentent encore le sel de mer. Need Somebody, deuxième éclat de son album à venir Peak Season, invite ArrDee à la fête et déroule un tapis sonore où l’Afrobeats s’acoquine avec un UK rap mélodique, le tout baigné dans cette esthétique qu’A!MS revendique désormais comme son propre territoire : le Global Street.
Produit par Golden Boy et co-écrit avec Stige, le morceau ne cherche pas à reproduire la vibe estivale : il la fabrique, comme un cocktail où chaque ingrédient — percussions légères, basses souples, flow détendu — est pensé pour provoquer un léger vertige, celui qu’on ressent en quittant la ville pour la mer. Les voix d’A!MS et d’ArrDee se croisent avec la même aisance que deux danseurs qui ne se sont jamais vus mais savent déjà qu’ils partagent le même rythme intérieur.
Avec ce single, A!MS confirme la trajectoire amorcée par Light & Love (avec Julian Marley), qui cumule déjà plusieurs millions d’écoutes et se retrouve en lice pour une nomination aux GRAMMYs dans la catégorie Best Global Music Performance. Mais Need Somebody va plus loin : c’est un morceau pensé pour voyager, pour effacer les frontières entre la Méditerranée, Londres et Lagos.
À Ayia Napa, sur les scènes de son Wave Fest, A!MS mettra en pratique cette philosophie de fusion culturelle et sonore, entouré d’invités comme B Young, Dappy, Oxlade ou Wiley. En attendant, Need Somebody s’écoute comme une promesse : celle que l’été, tant qu’on a la bonne bande-son, ne finit jamais vraiment.
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août 12, 2025Certaines ruptures s’oublient. D’autres restent, tapies derrière chaque sourire forcé, prêtes à ressurgir au détour d’un refrain. Dreaming de David Morin se situe quelque part entre les deux : un morceau qui groove assez pour vous faire lever de votre chaise, mais qui porte dans ses lignes mélodiques ce poids presque imperceptible du doute — et si on s’était trompé ?
Morin, artiste métis et indonésien basé à Vancouver, a toujours eu ce talent rare de faire cohabiter la chaleur du funk et la vulnérabilité de la soul. Ici, les guitares claquent avec l’aisance d’un samedi soir disco, la basse roule comme une confidence qu’on ne veut pas lâcher, et sa voix, veloutée mais légèrement éraillée par l’émotion, devient le fil rouge entre euphorie et mélancolie. On se surprend à chanter le refrain comme si c’était le nôtre, tout en sachant que sous la lumière stroboscopique, c’est un cœur fissuré qui parle.
Ce single annonce Light Waves, son nouvel album à paraître en fin d’été, où l’artiste — connu pour ses performances de rue hypnotiques et son mélange subtil de soul, jazz et disco — semble vouloir pousser encore plus loin le dialogue entre introspection et groove contagieux. On retrouve dans Dreaming la patte du musicien complet, celui qui joue, compose et arrange avec un instinct presque chorégraphique, donnant à chaque instrument sa propre petite histoire dans le morceau.
En moins de quatre minutes, David Morin signe un hymne paradoxal : une chanson qui vous invite à danser sur vos propres incertitudes. Et c’est peut-être là que réside toute sa force.
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août 12, 2025Certaines chansons n’entrent pas dans une pièce. Elles se glissent à l’intérieur, comme la lumière diffuse d’un matin humide, et avant même qu’on ait compris, elles ont changé la température. Rainy Day, première offrande de hot beige et baegal, a cette manière discrète de s’installer : une pulsation ronde, un groove feutré, une ligne de basse qui se balance comme une silhouette sur un trottoir mouillé.
On pourrait croire à une simple bluette nu-soul, mais ici chaque élément respire la précision et la retenue. La batterie, légère mais sûre d’elle, avance comme si elle savait déjà que le soleil finira par percer. Les claviers, vaporeux, déposent leurs nappes avec la lenteur d’une pluie fine, pendant que les inflexions vocales caressent plus qu’elles ne frappent. Rien n’est démonstratif, tout est insinué — et c’est précisément cette modestie qui donne à Rainy Day son pouvoir d’addiction.
C’est un morceau pensé pour ces heures suspendues où l’on n’a pas encore décidé si la journée sera mélancolique ou radieuse. Le genre de titre qu’on met en fond et qui finit par dicter l’humeur, comme un parfum qu’on ne remarque qu’après qu’il ait imprégné la pièce. On y sent des influences neo-soul et indie R&B, mais filtrées par une esthétique électronique minimaliste, presque tactile.
Pour un premier geste, hot beige et baegal signent un morceau qui ne cherche pas à impressionner par la force, mais par l’élégance d’un détail, la justesse d’une atmosphère. Un Rainy Day qui, ironiquement, donne envie que la pluie dure un peu plus longtemps.
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août 12, 2025À première écoute, on pourrait croire à un énième projet trap gonflé aux 808 et à l’ego. Mais Twilight Tales d’Ashwin Gane n’a rien d’un album de survie urbaine formaté pour TikTok : c’est un film en huit actes, une fresque où chaque mesure est pensée comme un plan, chaque silence comme un travelling. L’artiste de Detroit, héritier à la fois du storytelling des grands lyricistes et d’une ambition visuelle digne d’un auteur de cinéma, invente ici sa propre mythologie sonore : le Mythic Trap.
Là où beaucoup se contentent d’empiler hi-hats et refrains mécaniques, Gane convoque pianos funéraires, chœurs fantomatiques et cordes dramatiques, comme s’il écrivait la bande originale d’une tragédie contemporaine. Leeches, morceau-phare déjà viral, claque comme un duel au crépuscule : basse saturée, percussions militaires, voix grave qui ne s’excuse de rien. Le reste de l’EP alterne ascensions brutales (Way Up), plongées abyssales (Drowning) et interludes contemplatifs où le beat se dissout dans l’écho d’un espace infini.
Ce qui frappe, c’est cette précision architecturale : rien n’est laissé au hasard. Ashwin Gane ne fait pas que raconter une histoire, il construit un univers — un territoire sonore où la trahison devient un motif récurrent, la résilience une arme, et chaque titre un chapitre de stratégie. On comprend pourquoi il préfère parler de “blueprint” plutôt que de simple disque : Twilight Tales est pensé comme un manuel de survie pour leaders discrets et conquérants silencieux.
Dans un paysage où la trap tourne souvent en rond, Ashwin Gane pousse les murs. Il prouve qu’en 2025, on peut être indépendant, ambitieux, et penser sa musique comme une œuvre totale — sans demander la permission.
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août 12, 2025C’est un morceau qui s’annonce comme un coup de semonce dans les artères de l’underground : Mirage, deuxième extrait de l’album Background Check, réunit trois générations de lyricistes et l’un des meilleurs turntablists de la planète dans un format brut, dense, sans concessions. DJ Mirage, producteur français au goût cinématographique pour les boucles et les textures, orchestre ici un véritable ballet de rimes, porté par la voix sombre et granuleuse d’Eto, le flow acéré d’Edo G et la narration impeccable de Masta Ace.
Tout, dans Mirage, respire la grande tradition du boom-bap new-yorkais, mais filtrée par un œil européen qui sait doser l’espace, la tension et la dramaturgie sonore. Les caisses claquent comme des portes métalliques dans un hall d’immeuble, les basses rampent au ras du bitume, les samples suintent l’asphalte humide d’un soir d’hiver. Et au-dessus de ce décor noir et dense, DJ Fly — quadruple champion du monde DMC — cisèle des scratchs qui ne sont pas de simples ornements, mais des armes rythmiques, tranchantes, presque chorégraphiques.
L’alchimie est rare : chacun des MCs habite la prod à sa manière, Eto en éclaireur inquiétant, Edo G en sage des ruelles, Masta Ace en conteur qui plie le temps. Mirage, lui, joue le rôle du metteur en scène invisible, capable d’unir des sensibilités et des époques dans un seul et même plan-séquence sonore.
Si Mirage est un avant-goût de Background Check, alors l’album à venir s’annonce comme un manifeste : celui d’un hip-hop qui ne cède rien à la nostalgie mais en garde la noblesse, la discipline et la rudesse, tout en affirmant que ses racines sont toujours vivantes — et armées.
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août 8, 2025Un souffle d’avril, un coin de fenêtre ouvert, un piano en veille. Et soudain, The Garden de Jaivy s’immisce comme une brise tiède dans l’appartement, avec la douceur calculée d’un rêve lucide. Plus qu’un morceau, c’est un lieu mental, un repli soyeux, à mi-chemin entre les plages désertes d’un film de Rohmer et la moiteur nostalgique d’une sieste tropicale. C’est aussi, et surtout, une signature sonore d’une rare délicatesse : celle de Dylan Jaivy Blume, artisan du silence harmonieux, depuis son home studio de Drachten.
Jaivy ne raconte pas d’histoires, il les suggère. Il n’élève pas la voix, il laisse parler les feuillages, les percussions à peine effleurées, la contrebasse en conversation feutrée avec un piano joueur. Loin du jazz virtuose qui cherche l’approbation, The Garden est un murmure de Bossa Nova qui s’assume dans l’ombre et l’élégance. Chaque note semble tombée d’un arbre, chaque écho vibre comme le souvenir d’un après-midi suspendu.
Le plus troublant, c’est cette respiration naturelle qui traverse l’ensemble : des chants d’oiseaux enregistrés depuis les arbres de son propre balcon. Ici, pas d’ornement inutile. La texture est minimaliste, mais terriblement vivante. Un mixage aux petits soins, du delay placé comme une ombre au sol, du reverb utilisé non pas pour briller mais pour flotter. On croirait la musique capturée en direct depuis une serre abandonnée.
L’influence de Freddie Joachim ou Kool&Klean est palpable, mais Jaivy n’imite pas. Il filtre, épure, et donne à son jazz un accent intimiste, presque diaristique. Un jardin secret, cultivé dans le calme, arrosé de patience et d’introspection. En un mot : salutaire.
Dans un monde saturé de BPM et de lignes de basse boostées aux amphètes, The Garden se pose là, sans bruit, comme un rappel fondamental : l’art peut être un refuge. Et parfois, il suffit de fermer les yeux pour s’y allonger.
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août 8, 2025Un matin trouble, entre deux rêves qui grattent encore le fond du crâne, j’ai lancé God of the Dead sans grande attente, comme on entrouvre une porte sur une maison abandonnée. Et c’est là que Rosetta West m’a sauté à la gorge. Le son, moite, granuleux, presque sale. La voix, spectrale. Et ce disque, mon Dieu, ce disque… Il sent la cave humide, la corde usée de la guitare, les années passées à fuir les studios trop lisses, les refrains trop faciles, les compliments trop mous.
Ce n’est pas un album, c’est un sortilège. Un feu de camp autour duquel tournent les morts, les anciens dieux, les punks en exil et les poètes cassés. Joseph Demagore, maître de cérémonie, chante comme on saigne doucement. C’est rauque, parfois faux, mais jamais tiède. Il y a du Velvet Underground qui aurait trop traîné dans les champs de l’Illinois, du Nick Cave des jours fiévreux, et du garage qui refuse de mourir.
On plonge dans Boneyard Blues comme on met les pieds dans une rivière noire. Puis tout s’enchaîne sans filet : Underground, Dead of Night, Susanna Jones pt.1 & 2, Inferno, Chain Smoke… Chaque morceau est un couloir vers un souvenir flou, une hallucination, une vieille dispute entre un dieu oublié et un homme qui a trop aimé.
Rosetta West, c’est ce groupe qui joue comme s’il n’avait plus rien à perdre, mais tout à dire. Qui ose encore mettre une harpe invisible sur du punk déchiré, ou un piano en larmes sur des riffs qui grincent. C’est un patchwork bâti sur l’os, sur le nerf. Un appel d’air pour les asphyxiés de l’ère numérique. Un manifeste pour ceux qui refusent d’être polis.
God of the Dead, c’est ce que Tom Waits écrirait s’il s’était enfermé dans un motel du Midwest avec une bouteille d’absinthe et les souvenirs d’un amour mort trop tôt. Et si tu l’écoutes bien, entre deux grésillements, tu l’entends te murmurer : “Bienvenue dans l’au-delà du rock.”
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août 8, 2025Un chant à travers les interférences. Une voix captée entre les grésillements d’un monde invisible. Spirit Box, dernier single de Love Ghost, ne se contente pas d’emprunter son titre à cet étrange outil de communication paranormal — il en épouse l’esthétique, l’intention et la fêlure. Ici, la musique est séance, la chanson est invocation, et le son gronde comme une présence dans la pièce.
On pourrait parler d’un titre grunge. D’un rock emo dopé au métal, au pop-punk, à la douleur nue. On pourrait détailler l’alliage sonore savamment façonné par le groupe californien : riffs abrasifs, percussions qui frappent comme un cœur sous tension, voix fêlée d’une lucidité nocturne. Mais Spirit Box est moins un morceau qu’un symptôme. Une preuve de vie enregistrée depuis un ailleurs mental, là où le deuil côtoie les névroses, là où parler revient à hurler à travers les murs de la réalité.
C’est aussi une démonstration de force. Car Love Ghost n’en est pas à son premier tour de magie noire. Habitués des collaborations transcontinentales — de Rico Nasty à The Skinner Brothers en passant par une poignée d’étoiles montantes mexicaines comme Wiplash ou Adan Cruz — le groupe s’impose comme un vecteur d’émotions brutes, à la croisée d’une pop mutante et d’un rock exorciste. Ils ne jouent pas avec les codes, ils les possèdent.
Spirit Box est un cri depuis l’intérieur de la machine. Une tentative désespérée de transmettre quelque chose de réel dans un monde où tout semble filtré. Et si ce monde ne répond plus, tant pis : Love Ghost s’adresse à l’autre côté. Là où la douleur trouve enfin un écho.
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août 8, 2025Pas vraiment un album. Plutôt une chambre close. Une onde cérébrale. Un vertige doux et numérique, comme si James Blake avait passé une nuit blanche à Minneapolis à boire du saké sous perfusion de souvenirs. KB-S livre avec Altered States un disque aussi intime qu’irréel, cousu de textures moelleuses et d’émotions sous acide, au croisement d’un hip-hop spectral et d’une electronica lunaire.
Ce n’est ni un album de rupture, ni vraiment un album d’amour. C’est ce qu’il y a avant, pendant, entre. Ce moment où la réalité se trouble, où tout devient un peu trop intense, un peu trop beau pour être vrai, un peu trop lumineux pour être stable. Un altered state, oui. Comme l’impression d’avoir été ensorcelé par quelqu’un d’à peine tangible, dont le souvenir persiste dans le reverb d’un synthé.
Tout ici respire le soin, la précision émotionnelle. Mesmerized ouvre la voie avec ses nappes voilées, Hypnotized accélère le tempo sous un beat tranchant et un pont de cuivres glitchés qui frôle le baroque électronique. C’est tendu, dansant, parfaitement décalé. Zoned et Captivated poussent plus loin la rêverie sous autotune astral, tandis que Smitten, morceau-clé du disque, pose une harpe légère sur une rythmique fantomatique — c’est là que le cœur bat le plus lentement, suspendu entre deux souvenirs.
Spellbound et Enraptured referment l’album comme une montée qui ne redescend jamais, un trip sans bad, un amour sans visage. Pas de voix, pas de featuring, pas de storytelling trop appuyé : seulement KB-S, seul à la barre, dans son home studio de Minneapolis, construisant un monde parallèle à base de downtempo, d’ivresse douce et d’instants flottants.
Altered States est un disque de passage secret. Ceux qui sauront écouter entre les lignes y trouveront plus qu’une production léchée : un petit morceau d’âme synthétique, offert avec pudeur. Un premier vrai grand geste.
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août 8, 2025On pensait que la nuit allait nous avaler. Et puis « MISSION » est arrivé. Une claque pailletée, un orgasme de kick et de synthés, comme si le dernier bal avant l’effondrement se tenait sur le toit d’un club berlinois repeint aux couleurs de la French Riviera.
Mango In Euphoria, notre déesse disco goth made in France, s’acoquine ici avec Princess Stephen, moitié maléfique du duo électro-punk Arch Femmesis. Ensemble, iels accouchent d’un monstre eurodance queer, brûlant d’un désir politique et libérateur, un banger hédoniste qui vous gifle à coups de BPM et vous embrasse à pleine langue entre deux stroboscopes.
“MISSION”, c’est l’antithèse du single de l’été mou et tiède. C’est du cul, du cuir, du club. C’est une chanson qui transpire l’orgueil d’être soi, la joie d’exister bruyamment, et l’urgence de danser quand tout autour tombe en ruine. Imagine Lana Del Rey qui perd patience, invite The Vengaboys à Paris et décide de foutre le feu à une rave queer au bord du périph’. Oui, c’est ça. Et c’est sublime.
Sous les couches de synthés hardés et les refrains dignes des dancefloors de 1999, « MISSION » trace une ligne claire : il est temps de revendiquer le droit au plaisir comme résistance. Plus de demi-mesures. Plus de permission à demander. Chaque pulsation est un appel à l’orgueil. Chaque drop est un baiser arraché à la norme.
Et si c’est « juste » un one-shot eurodance pour Mango, en attendant son EP plus dark Lethal Lust, on sent déjà le poison sucré couler dans nos veines. Une chanson qui ne demande pas d’autorisation pour exister. Elle entre, maquillée comme pour l’enfer, et elle vous embarque.
Alors mets tes bottes à plateforme, on part en mission.
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août 8, 2025Quelque part entre une usine désaffectée et un champ de bataille mythologique, Mjölnir surgit comme une détonation que personne n’a osé déclencher. Nordstahl, nom de guerre d’un quatuor allemand qu’on imagine en bottes noires et regards clairs, nous balance en pleine face un single instrumental aussi tellurique que viscéral. Pas de voix. Pas de répit. Juste le bruit du monde qui gronde et la certitude que l’attente a assez duré.
Ce n’est pas du metal pour headbanger en festival. C’est une incantation électrique. Une prière en acier trempé pour réveiller ce que le confort a endormi : le nerf, la colère, la volonté d’agir. Mjölnir, du nom du marteau de Thor, n’invoque pas un dieu païen pour le folklore. Il convoque une arme qu’on ne sait plus tenir. C’est une relecture industrielle du mythe nordique, où la puissance n’est plus divine mais humaine, enfouie, compressée dans nos silences comme un beat sous la peau.
Le morceau claque comme une marche militaire sur bitume fondu, propulsé par des guitares qui ressemblent à des alarmes et des machines qui grincent comme si elles s’apprêtaient à s’effondrer. Et pourtant, tout est millimétré. Nordstahl maîtrise son chaos avec une précision presque clinique. Pas une note ne dépasse. Pas un souffle d’espoir gratuit. Ce n’est pas une libération. C’est une montée en tension.
Et si le marteau, finalement, n’était pas un symbole de violence, mais un déclencheur ? L’éveil d’un instinct, d’un refus de courber l’échine. Mjölnir n’impose rien. Il propose un choix : continuer à se taire ou faire trembler le sol.
Le morceau ne s’écoute pas. Il s’encaisse. Comme une vérité qu’on repousse depuis trop longtemps.
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août 8, 2025On n’a pas vu venir Speak Too Soon, et c’est peut-être là tout le génie de Mercy Kelly. Le groupe mancunien réussit, avec ce nouveau single, à bâtir une émotion par glissement lent, sans surjouer l’effet ni noyer l’oreille. Rien n’est trop. Tout est juste.
La guitare ouvre le bal, seule, fragile et cristalline, comme un souvenir qui refait surface sans y être invité. Puis la voix entre, posée, douce mais déterminée. Une voix qui ne cherche pas à impressionner, mais à toucher. Et elle y parvient, avec une aisance déconcertante.
Il y a dans Speak Too Soon une montée subtile, organique, qui se déploie sans jamais forcer la main. C’est un morceau qui t’attrape sans t’avertir, qui s’installe dans ta cage thoracique sans y avoir été convié, mais qu’on accueille comme une caresse.
Puis vient ce moment suspendu, où tout s’arrête. Plus rien. Juste la voix, mise à nu, comme si le reste du monde s’était évaporé. Ce silence-là vaut mille arrangements. Et quand la musique revient, c’est avec une tendresse rare, un souffle chaud dans la nuque. Guitares qui flottent, rythmique qui berce, lumière dans la pénombre.
Speak Too Soon parle de perte, de dérive, d’attente. Mais aussi de douceur dans la douleur. C’est un morceau qui ne résout rien, et c’est tant mieux. Il accompagne. Il comprend. Il ne juge pas. Il fait ce que la musique devrait toujours faire : tenir la main.
Mercy Kelly signe ici un instant suspendu, un morceau de vie qu’on a envie de réécouter pour en capter les nuances, les recoins, les silences. Un titre qui ne crie pas mais résonne longtemps. Un futur classique indie, discret mais tenace, comme un fantôme qui sait aimer.
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août 8, 2025Ce n’est pas une carte postale. Ce n’est pas une playlist d’aéroport. Ce n’est pas ce qu’on appelle “chill”. Chasing Moments, la nouvelle offrande solaire de Dion Isaiah, est un morceau de peau, d’espoir et d’embruns. Un morceau qui sent le sable d’un ailleurs choisi, celui qu’on atteint non pas en fuyant, mais en osant. Parce que parfois, la seule façon de se trouver, c’est de s’éloigner. Loin de chez soi. Loin de soi.
Il y a dans les nappes de synthés de Chasing Moments une forme d’élégance émotionnelle : quelque chose de fluide et vibrant qui habille la douleur du départ d’une lumière nouvelle. Dion Isaiah ne produit pas simplement de la tropical house. Il insuffle à cette esthétique saturée un supplément d’âme, une narration, une voix — la sienne, chaleureuse, presque contemplative, mais jamais passive.
La rythmique est tendue comme un élastique prêt à claquer, soutenant cette tension douce entre nostalgie et euphorie. C’est le battement d’un cœur qui traverse l’Atlantique. Charleston – Bergen. Le passé – l’inconnu. La maison – ce qu’on appelle maintenant “home”.
Ce single a quelque chose d’universel sans jamais être générique. Il parle d’amour, mais surtout de transformation. D’un saut dans le vide qui finit par devenir une danse. Car oui, Chasing Moments donne envie de bouger, mais doucement, lucidement, comme quelqu’un qui aurait compris que le bonheur ne réside pas dans l’arrivée, mais dans chaque mètre parcouru, chaque émotion effleurée, chaque instant saisi.
Dion Isaiah, c’est l’anti-clubber stéréotypé. Le corps dans la lumière, mais l’âme en profondeur. Un producteur qui ne surfe pas la vague : il l’habite. Et avec Chasing Moments, il prouve qu’on peut faire de la musique électronique qui caresse sans jamais s’éteindre, qui transporte sans fuir, et qui brille sans aveugler.
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août 8, 2025Les nerfs tendus comme des câbles sous tension, un riff qui agit comme un détonateur, et cette sensation d’être au bord de l’explosion — pas d’un cri, mais d’un ras-le-bol lucide. No ID n’a pas été écrit pour plaire. Il ne cherche pas la validation. Il trace sa route, brutalement honnête, sur une ligne de fracture où l’identité devient un champ de ruines, et où chacun doit reconstruire son propre nom, à sa manière.
Reduction in Force ne joue pas avec la nostalgie. Le groupe la pulvérise. Ancré dans une tradition post-punk sans nostalgie ni révérence, le projet fondé par Mike Mills convoque les fantômes des 80s pour mieux les confronter à la violence douce et insidieuse de l’époque actuelle : celle qui te demande sans cesse qui tu es sans jamais écouter la réponse.
Musicalement, No ID est une montée en pression contenue, presque clinique. Guitares en tranchées, basse plombée, percussions carrées comme une horloge militaire, synthés en toile de fond pour injecter du malaise là où on attendrait du réconfort. Le morceau ne respire pas, il serre. Mais dans cette densité se cache un appel, une brèche.
Mills parle d’un refus. Refus d’être résumé, classifié, coincé dans un acronyme, une case, une posture. No ID n’est pas un rejet de l’identité, mais une remise à plat. Une façon de dire : je suis tout ça à la fois, et rien de ce que vous projetez. C’est le son d’un être multiple qui n’a plus peur d’échapper aux définitions.
Pas d’héroïsme, pas de grandes théories. Seulement un cri — contenu, élégant, tranchant — qui dit : assez. Et c’est dans ce minimalisme sans concessions que No ID devient grand.
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août 8, 2025Ce n’est pas une chanson, c’est une attaque chirurgicale. Heavy Machine Gun, deuxième single de Leather Laces, surgit comme une percée sonore en territoire ennemi. Deux minutes trente de pulsation militaire, de guitares acérées comme des lames de drones, de synthés abrasifs, de beats martelés à la microseconde. On ne danse pas sur ce morceau. On y avance. En rang. À la cadence imposée.
Dès les premiers échos de pas militaires — samples bruts ouvrant et refermant le morceau comme des barrières d’accès — on comprend que Heavy Machine Gun n’est pas là pour divertir. C’est un manifeste de pure tension. Une montée en puissance sans voix, sans refrain, sans issue. Chaque son a sa place dans la machine. Et la machine ne laisse aucune place au hasard.
Composé collectivement par le quatuor Leather Laces — _SHOE, DripString, Chokeloop et Slughair — le morceau fonctionne comme un organisme en mission. _SHOE impose la structure rythmique avec une précision mécanique, pendant que DripString noie les textures dans une saturation analogique rugueuse. Chokeloop joue sur les dynamiques comme un artificier, injectant des micro-décalages de tension, tandis que Slughair s’occupe de brouiller les lignes : modulations parasites, sons qui frôlent l’accident industriel.
Ce n’est pas du rock. Ce n’est pas de l’électro. Ce n’est pas une musique de club ni une musique de salon. C’est un terrain d’exercice sonique, un exutoire physique qui rappelle autant Ministry que Justice ou les phases les plus martiales de Nine Inch Nails. Un langage codé dont le rythme est la grammaire, le silence, l’ennemi.
Avec Heavy Machine Gun, Leather Laces pousse plus loin encore la logique déjà amorcée dans Rocket Launcher. C’est froid, hyper structuré, presque inhumain. Et pourtant, il y a une urgence profondément humaine sous cette carapace : celle de faire exister une musique qui ne laisse aucune place à la passivité.
Ce n’est pas à écouter. C’est à encaisser.À vivre comme un assaut.Et si possible, casque vissé, cœur prêt.
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août 8, 2025Il y a des chansons qui prennent leur temps, qui naissent d’une lente digestion émotionnelle, d’un silence qui refuse de se taire. Couldn’t Replenish, nouveau single d’Elena C. Lockleis, ne vient pas avec fracas. Il plane. Il se dépose. Il questionne. Et surtout, il traduit avec une clarté désarmante ce flou si contemporain : le deuil d’une relation sans point final, la perte émotionnelle sans explication logique.
La production, entièrement façonnée à distance — entre Elena, un beatmaker recruté via AirGigs et une voix empruntée sur Vocalizr — prouve que l’intimité n’a pas besoin de proximité géographique pour naître. C’est peut-être même dans cette distance assumée que réside la force de ce morceau : une œuvre à plusieurs mains, mais profondément personnelle, quasi diaristique.
La voix, douce et flottante, ne cherche pas à frapper. Elle évoque, elle suggère. Chaque mot est porté comme un doute, chaque refrain comme une boucle mentale qu’on essaie de rompre. Et puis il y a la prod, discrète mais ambitieuse, construite sur des nappes synthétiques qui rappellent les envolées émotionnelles de Bastille — notamment le Good Grief dont Elena cite le live comme une influence directe. Cette idée d’un morceau qui « s’envole », malgré la douleur. Pas de climax évident ici, pas de drop spectaculaire. Juste une montée lente, un frisson tenace.
Le vrai sujet, pourtant, n’est pas la rupture elle-même. C’est ce que cette rupture laisse : un vide. Un espace que l’on tente de combler, de replenish, sans jamais y parvenir. C’est le cœur de la chanson. Ce sentiment flou, pas tragique mais lancinant, d’avoir perdu quelque chose qu’on ne comprend même pas totalement. Et de ne plus savoir par quoi le remplacer.
Elena C. Lockleis, avec sa voix posée, son regard lucide et son esthétique pop sobre mais soignée, réussit ici une chose rare : mettre en musique ce qui ne se formule pas. Un malaise doux. Une tristesse presque abstraite. Et ce moment si précis — que tant de chansons survolent — où l’on ne sait même pas encore si on est en train de souffrir vraiment, ou juste de flotter dans une eau qui ne réchauffe plus.
Couldn’t Replenish est une capsule fragile, et pourtant ancrée. Une chanson à écouter au casque, un soir sans réponse, pour laisser vibrer le manque sans chercher tout de suite à le combler.
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août 8, 2025Ce n’est pas une musique qui accompagne. C’est une musique qui interroge, qui ironise, qui doute, qui redresse la tête pour la rebaisser juste après. Une musique à l’image de son sujet : Dunstan Bruce, ancien chanteur de Chumbawamba, punk désenchanté, gueule de bois politique ambulante, qui tente de répondre à cette question aussi simple que brutale : et maintenant, on fait quoi ?
Dans I Get Knocked Down, documentaire acide, modeste et frontal, Bruce revient sur l’utopie fracassée des années 90, la récupération médiatique, la colère qui s’effiloche avec l’âge. Mais si le film manie l’autodérision avec brio, c’est la musique de Nick Norton-Smith qui en incarne le vrai nerf : un territoire émotionnel mouvant, saturé de souvenirs, d’injonctions contradictoires, de silences lourds et de coups de sang électriques.
Norton-Smith ne livre pas une bande-son illustrative, il propose un contrechamp. Ses compositions — tour à tour bruitistes, mélodiques, bancales ou d’une précision chirurgicale — capturent ce sentiment si contemporain de désorientation politique et existentielle. Elles sont faites de textures granuleuses, de fragments sonores qui semblent parfois surgir d’un vieux caméscope, de beats industriels comme échappés d’un squat en 1998, ou au contraire de nappes synthétiques si propres qu’elles en deviennent presque ironiques.
Il y a un souffle jazz dans la construction, un refus du linéaire, un goût du fragment, de l’ellipse. Mais surtout, une tension constante entre forme et fond, entre l’anecdote et l’universel. Par moments, la musique semble contenir toute la tristesse d’une génération qui a hurlé très fort pour, vingt ans plus tard, entendre l’écho leur répondre : et alors ?
Nick Norton-Smith, fort d’un parcours hybride — des clubs de jazz à Frank Sinatra, des BAFTA aux caves punk —, canalise ici tout son éventail d’expériences. Ce n’est pas un style qu’il impose, mais une approche : laisser la musique être elle-même un personnage. Un témoin. Un contradicteur, parfois. Ce qu’il signe là, c’est un manifeste sonore en creux. Pas de grande envolée, pas de tube déguisé, juste une suite d’ambiances, de tensions, d’accidents heureux, où chaque morceau dialogue avec l’incertitude. Avec le doute. Avec l’épuisement aussi, celui d’avoir trop crié sans que rien ne change.
Et pourtant, il y a de l’espoir. Ou plutôt : un refus de céder. La musique grince, oui, mais elle avance. Elle avance avec ce pas bancal mais volontaire qu’on adopte quand on refuse de se résigner. Elle est parfois drôle, souvent lucide, toujours profondément humaine.
I Get Knocked Down est un documentaire rare, parce qu’il ose raconter ce que devient la rage quand elle vieillit. Et la bande-son de Nick Norton-Smith est sa voix off cachée, son ombre portée. Une musique à écouter au casque, en marchant dans une ville qui change trop vite. En pensant aux révolutions qu’on n’a pas faites. Et à celles qu’on porte encore, quelque part.
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août 8, 2025Parfois, entre deux révolutions sonores, il suffit d’un murmure pour faire trembler quelque chose de profond. The Simple Things, nouveau single de l’écrivain-musicien-poète Dane Anthony Swan, est de cette trempe-là. Une chanson sans frime, sans explosion, mais qui s’infiltre doucement, lentement, comme une idée qui change ta façon de regarder ta vie.
Il vient de loin, Dane — de l’île-Bijou de Bermuda à la densité électrique de Toronto — et ça s’entend. The Simple Things est à la croisée de plusieurs mondes : le chant doux-amer des songwriters introspectifs, les pulsations rétro-futuristes d’un synth-pop minimaliste, et cette fine couche d’art-pop expérimentale qui rend chaque boucle sonore légèrement imprévisible. Une espèce de soul numérique qui n’a pas peur de prendre son temps.
Là où la plupart des morceaux électroniques cherchent la montée, la saturation, le point de rupture, celui-ci choisit le creux. Il respire. Il tient dans la paume d’une main. Une ligne mélodique à peine soulignée, une production précise mais pas clinique, un chant fragile qui te parle comme un ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps — tout ça forme une capsule intime, un fragment d’humanité offerte sans ego.
Mais ne vous y trompez pas : sous cette simplicité apparente, il y a une pensée radicale. Dans un monde qui valorise le « toujours plus », Dane Anthony Swan ose affirmer que peut-être, juste peut-être, une vie modeste peut être une vie pleinement accomplie. Un toit, un amour honnête, un peu de silence et une chanson comme celle-ci — ça pourrait suffire.
C’est cette tension entre la modestie du propos et la sophistication de la forme qui rend The Simple Things aussi singulier. Et venant d’un poète déjà salué pour sa plume (nominé aux Trillium et Re-Lit Poetry Awards), on n’est pas surpris que ses synthés murmurent plus de vérités que bien des manifestes.
Une chanson comme un poème électro. Une pause lucide dans un monde qui court. Un geste simple, mais essentiel.
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août 8, 2025Quatre ans de silence, et soudain, la lumière bleue du téléphone éclaire à nouveau nos visages. Blonde Otter revient, non pas en terrain conquis, mais au bord du précipice, avec Your Number, un morceau aussi tendu qu’un fil de fibre optique entre deux solitudes. Il y a des come-back qui sentent le calcul, celui-ci pue la nécessité.
Le groupe, né dans le Bronx et affûté dans les caves de Brooklyn, nous balance un single comme on envoie un message à 3h du matin : mi-déclaration, mi-détresse, sans filtre. Your Number se love dans ce no man’s land émotionnel entre désir de contact et saturation numérique. C’est l’angoisse de la non-réponse, l’écho du « vu » sans retour, remixée en post-punk dansant.
Musicalement, on retrouve ce que Blonde Otter sait faire de mieux : des guitares anguleuses à la Talking Heads, une urgence rythmique empruntée à LCD Soundsystem, le tout enrobé dans une vibe indie-pop intelligemment lo-fi, où la mélancolie n’empêche jamais le corps de bouger. Le morceau grince, claque, halète. Il pulse comme un algorithme qui aurait appris à ressentir. Et Rob Falcone, bassiste et parolier principal, y chante avec une lucidité désabusée, une sorte de tendresse fatiguée pour notre monde hyperconnecté et désespérément seul.
Mais au-delà du commentaire social sur nos écrans omniprésents, Your Number dit aussi quelque chose de profondément intime : la difficulté de créer ensemble dans un monde qui ne laisse plus le temps à la création. Le morceau transpire l’urgence de se retrouver, de continuer, de faire du bruit quand tout pousse au silence.
C’est un retour amer, mais vibrant. Un groove comme une gifle douce. Une mélodie qui claque contre les parois d’un monde qui va trop vite. Blonde Otter revient, oui, mais avec des cernes et des choses à dire. Et Your Number en est la preuve brûlante, électrique, nécessaire.
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août 8, 2025Certains artistes traversent leur douleur. D’autres l’enrobent, la transforment en esthétisme poli. Et puis il y a Rose Ringed, qui la regarde droit dans les yeux — blue eyes, comme celles de sa mère — et l’emmène avec lui dans un club incandescent où les larmes battent au même tempo que les basses. Avec Blue Eyes / One More Time, double single inaugural d’un projet-album en trois actes, Rose Ringed met en marche un processus aussi brut que bouleversant : le deuil comme ligne rythmique, l’amour comme ligne de basse, la vérité comme voix principale.
Sous la surface électronique de ces deux titres se cache un récit dense, intime, presque trop grand pour un seul album. Blue Eyes est l’étincelle d’amour — douce, mélancolique, une chambre d’enfant repeinte avec des synthés éthérés. One More Time est une supplique, mais sans pathos : une main tendue vers l’impossible retour, en suspension sur des beats élégants, presque solaires.
Tout est là, déjà, dans cette entrée en matière : le garçon, le vide, l’obsession du souvenir, le refus de lâcher. Mais au lieu de sombrer dans l’introspection pure, Rose Ringed construit une cathédrale électronique où chaque recoin résonne du fantôme maternel — et de sa propre transformation. Sa voix flotte, précise, vulnérable, mais portée par une maîtrise vocale qu’on sent longuement travaillée, sans jamais trahir l’émotion brute.
Ce projet est un voyage en trois temps : d’abord l’hommage, ensuite la confrontation, enfin la libération. On n’est pas dans une simple narration linéaire, mais dans une montée, une traversée. Une thérapie dansée. Et ces deux premiers titres en sont la première lumière, celle qu’on voit juste avant de plonger. Mais ici, la chute n’est pas une fin : c’est le point de départ de quelque chose de profondément humain, sensible, vibrant.
Rose Ringed ne cherche pas à faire pleurer. Il te pousse doucement à te souvenir que toi aussi, tu as peut-être un jour voulu sauver quelqu’un que tu aimais trop. Et que parfois, c’est en lâchant prise qu’on aime le plus fort.
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août 8, 2025Il y a des chansons qui arrivent bien habillées, avec leurs refrains calibrés et leurs effets bien placés. Et puis il y a Bottomless Emotions, qui débarque comme un uppercut poisseux venu du fond d’un sac à dos trop lourd, balancé contre les murs d’un studio de Lexington, Kentucky, en une seule prise. Une chanson qui pue la vérité. Celle qu’on ne maquille pas. Celle qu’on n’écrit pas pour séduire, mais parce qu’on n’a littéralement pas le choix.
Trevor Drako ne cherche pas à te plaire. Il cherche à survivre. Et ce morceau, c’est une bouée de secours lancée entre deux tempêtes : l’addiction, la rue, une histoire d’amour toxique comme une plaie qu’on gratte. C’est du storytelling au ras du bitume, sans fard, sans filtre, et c’est précisément ça qui le rend fascinant. Loin des standards de la pop thérapeutique ou du rap égotrip, Bottomless Emotions n’est ni un single, ni un hit potentiel — c’est un instant de vie condensé, balancé comme un journal intime qu’on aurait laissé tomber sur une table d’enregistrement.
Le son est brut, parfois à la limite de l’instable, mais l’intention claque. Une voix au bord de la rupture, une prod minimale qui sert le propos au lieu de le cacher, une urgence palpable dans chaque syllabe. L’histoire, Trevor la raconte avec ses tripes. Une descente, une errance, une claque. Mais aussi une force étrange qui en sort, une sorte de fierté blessée qui refuse de mourir en silence.
Bottomless Emotions est un titre qu’on écoute comme on lit une lettre qu’on n’était pas censé ouvrir. Il n’est pas parfait. Mais il est réel. Et dans cette époque saturée d’artifice, cette imperfection devient sa plus grande beauté.
Trevor Drako a peut-être encore tout à prouver. Mais s’il continue à écrire des chansons comme celle-là, sans triche, sans calcul, il pourrait bien offrir quelque chose que la musique cherche trop rarement aujourd’hui : un miroir, même sale, dans lequel se reflètent ceux qu’on n’écoute jamais.
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août 8, 2025Ça pourrait commencer comme une veillée dans un petit église de bois, quelque part entre les collines de Pennsylvanie et les souvenirs du Sud. Ou comme un rayon de soleil poisseux qui traverse les vitres d’un studio fantôme sur Music Row, quelques heures avant la démolition. Mais non. Ça commence par une promesse. Pas une promesse de disque parfait, ni même de grande révolution musicale. Une promesse plus ancienne, plus viscérale : celle qu’un jour, une voix te prendra par l’âme et t’ouvrira les fenêtres du ciel.
Stephani Ezatoff vient de Pittsburgh, mais c’est à Nashville qu’elle est allée chercher le feu. Avec God Will Open the Windows of Heaven, elle ne livre pas simplement une reprise du classique de Babbie Mason, elle en fait un acte de foi vibrant, rugueux, incarné. Il y a du gospel, oui, mais un gospel qui boîte, qui sue, qui glisse dans les plis du blues avec cette chaleur honnête qu’on n’apprend pas dans les écoles. La production de Brian Speer (héritier d’une lignée mythique) capte cette intensité avec justesse, entre ferveur maîtrisée et lâcher-prise électrique.
Tout sonne juste, sans jamais sonner propre. La voix de Stephani est là, devant, pleine de vécu, d’expériences humaines qui abîment l’âme, mais d’espoir solide et fédérateur. Et derrière, un orchestre fantôme — session players de haut vol, harmonies qui claquent comme des portes de chapelle, groove Southern boogie à peine contenu. L’arrangement est dense mais respirant, vibrant mais jamais clinquant.
Ce morceau est chargé. Chargé d’histoire, d’intentions, de poussières laissées par les géants passés par le Sound Shop : Dolly, Brenda, Olivia… une galerie de fantômes bienveillants qui semblent écouter, depuis l’autre pièce. Le fait que le studio ait été détruit après cet enregistrement ajoute une couche étrange, quasi mystique, à l’ensemble. Comme si cette version avait été enregistrée au bord du monde, avant que tout ne disparaisse.
C’est une chanson de louange, certes. Mais aussi une chanson de transmission. Une incantation rythmée, une prière en bottes poussiéreuses, un pont entre le sacré et le charnel. On n’écoute pas God Will Open the Windows of Heaven comme on consomme un single. On l’écoute comme on entre dans un lieu ancien, chargé de mémoire et de lumière. Et quand la dernière note s’efface, il reste quelque chose. Un frisson. Un vertige. Un souffle. Comme si, un instant, les fenêtres du ciel s’étaient réellement ouvertes.
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août 8, 2025On ne sait jamais trop comment ça commence, une guérison. Est-ce une pensée ? Un geste ? Un son ? Chez Karen Salicath Jamali, c’est un piano. Pas un piano virtuose, démonstratif, saturé d’ego. Non. Un piano qui touche comme on pose la main sur un front fiévreux. Angel Raphael’s Touch, son nouveau morceau venu de l’interstice entre le sommeil et l’éveil, ne cherche pas à séduire. Il cherche à soigner. Ou plutôt : à t’emmener là où tu peux, peut-être, commencer à te soigner toi-même.
Tout ici vient d’un songe. D’une visitation nocturne, dit-elle, où l’archange Raphaël — figure universelle de la guérison dans les récits anciens — lui aurait soufflé ces notes qu’elle n’a fait que canaliser. Le résultat n’est pas une composition, c’est une transmission. Quelque chose de lent, de tendre, de spectral. Un fil suspendu entre le ciel et le cœur, tendu avec une justesse presque irréelle.
Mais là où beaucoup auraient brodé du new age en dentelle tiède, Karen joue le dépouillement total. Les notes tombent une à une, comme si le piano hésitait à déranger le silence. Il y a du Satie dans l’air, du Arvo Pärt dans l’intention. Chaque accord pèse, vibre, attend. On n’est pas là pour écouter. On est là pour être traversé.
La main magique de Maria Triana au mastering (Aretha, Dylan, Sting, rien que ça) n’enrobe pas le morceau, elle le laisse nu. Juste assez poli pour briller, juste assez rugueux pour rester humain.
Comme souvent chez Jamali, la musique est indissociable du geste plastique : une sculpture de bronze de l’archange, née du même rêve, accompagne cette sortie. Deux médiums, un seul souffle. Le toucher devient matière. Le son devient présence.
Angel Raphael’s Touch ne se stream pas. Il s’infuse. Il ne délivre pas de climax. Juste une lente montée en paix. Une offrande muette pour ceux qui ont trop entendu. Une bénédiction sans mots pour ceux qui cherchent un peu de lumière dans les interstices du quotidien. À écouter les yeux fermés, le cœur entrouvert.
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août 8, 2025Ce n’est pas une tempête. C’est une éclaircie dans la tourmente. Une bourrasque qui te bouscule le cœur sans t’arracher les racines. Storm In My Life, nouveau single de The Amanda Emblem Experiment, sonne comme ce moment suspendu juste avant l’averse : un battement d’ailes d’orage, un sourire trempé, une promesse que le ciel ne restera pas gris longtemps.
Avec sa voix ancrée dans la terre rouge de l’Australie et ses doigts habités d’un blues qui refuse la pose, Amanda Emblem signe ici une ballade folk-blues légère en surface, mais étrangement magnétique. Une chanson sur ces amours imprévisibles — entre gifle et caresse — qui entrent comme le mauvais temps mais laissent derrière eux l’odeur de la pluie sur l’asphalte chaud.
La prod est sans maquillage, mais ça brille. Guitare acoustique en fingerpicking nerveux, harmonica clair comme un cri lointain, slide guitar qui serpente dans les interstices de la mélodie. C’est simple, mais ça fonctionne comme un charme. Pas de pathos, pas de cabotinage. Juste une joie douce-amère, un groove sincère, une envie d’aller marcher sous l’averse.
Amanda Emblem, forte de 20 ans de route et d’un parcours riche en tournées, festivals, récompenses et engagements, ne livre pas un simple single. Elle signe un chapitre de vie. Et si le refrain s’impose avec la douceur d’un souvenir retrouvé, c’est parce que Storm In My Life ne cherche pas à impressionner. Il cherche à dire. Dire l’instabilité, le désir, le chamboulement — avec l’élégance d’un vieux vinyle oublié sur la platine.
Ce morceau est le prélude parfait à The Wood, l’album à venir. Si cette “expérience” est une invitation, c’est une de celles qu’on ne décline pas. Parce qu’ici, chaque orage est aussi une chanson d’amour qui s’ignore.
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août 8, 2025Tu ne sais pas exactement quand ça commence, mais d’un coup tu te retrouves au volant d’une vieille voiture imaginaire, les fenêtres ouvertes, les cheveux dans le vent et le cœur rempli d’histoires que tu pensais avoir oubliées. Known 3 Yrs. Seen 24 Hrs., c’est ce genre de chanson. Une madeleine alcoolisée au goût de tequila, une lettre d’amour à l’insouciance étudiante, à ces amitiés borderline, aux rires qu’on n’a jamais pris la peine d’analyser.
Amy-Lin Slezak n’a pas besoin d’en faire trop pour convaincre. Elle débarque avec un sourire un peu cabossé, une voix qui flirte entre le clair et le rugueux, et surtout une capacité rare à tisser l’intime dans les mailles d’un vrai tube. On pense à Sheryl Crow, à Natalie Maines, à ces artistes qui ont su parler de leur vie sans jamais la réduire à une carte postale.
Ici, tout est joué live, senti, assumé : la guitare acoustique te prend par la main, la section rythmique t’embarque, le fiddle de Michael Cleveland te file la larme à l’œil sans même demander la permission. La production est limpide, chaleureuse, comme une fin d’après-midi trop longue qu’on n’a pas envie de voir se terminer.
Le morceau a cette chose qu’on appelle parfois « la vérité », mais dans une version douce, digeste, pleine de clin d’œil et de nostalgie sans pathos. C’est le souvenir d’un flirt jamais vraiment sérieux, d’un attachement éclatant de simplicité, d’une époque où aimer voulait dire partager une playlist et des secrets à demi-buvés.
Amy-Lin ne parle pas du passé comme d’un refuge. Elle le regarde avec tendresse, elle le chante avec justesse. Known 3 Yrs. Seen 24 Hrs. n’est pas une simple chanson de jeunesse : c’est un Polaroïd sonore, un petit miracle de sincérité porté par un groove solaire.
Et tu sais quoi ? T’as déjà envie de la remettre.
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août 8, 2025Une guitare. Un souffle. Trois battements dans le ventre avant que ça commence. Frénésie ne se lance pas, il glisse. Comme une sueur froide le long de la colonne, ou une pensée obsédante qui revient toujours te visiter à l’aube, quand tout dort sauf toi.
Benjamin Quartz, c’est un peu comme si Leonard Cohen avait fait un détour par l’Atlantique, bu un café au comptoir d’un PMU désert et décidé, dans un dernier élan de lucidité, de tout chanter avec les moyens du bord : une voix comme une caresse sur du verre pilé, un jeu de guitare qui te regarde dans les yeux, et ce groove discret, faufilé, presque timide, mais qui fait tout tanguer. Pas besoin d’en faire trop. Ici, le drame se joue à l’intérieur.
La production est nue, sans artifice, sans triche. Bois, cordes, souffle. On entend presque le silence entre les notes, les regards entre les musiciens, la pièce où ça a été enregistré. Ce n’est pas un titre, c’est un fragment de vie suspendu. Un moment de vertige, offert comme on tend la main en pleine nuit. On n’est pas dans l’émotion spectaculaire, on est dans le frisson discret, celui qui te prend quand tu repenses à quelque chose de trop fort, trop ancien, trop vivant.
Et puis il y a cette manière unique de faire groover l’immobilité, comme si la lenteur devenait un mode de résistance. Frénésie ne crie jamais, mais il serre. Comme une étreinte qu’on n’ose pas lâcher.
Il y a des chansons qui accompagnent. Celle-ci te précède.
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août 8, 2025Ce n’est pas un album, c’est une dérive. Une traversée intérieure où chaque morceau agit comme un seuil, une chambre d’échos, un fragment de vérité qu’on murmure entre deux silences. True Stories… And Other Lies est taillé dans la matière même du doute, du souvenir, de la lucidité. PRYZME ne déroule pas une suite de titres, mais une suite d’instants, et chacun d’eux mérite l’écoute attentive qu’on réserve aux confessions les plus sincères.
Tout commence avec Echo of Silent Place. C’est une ouverture à la fois majestueuse et fragile, comme un lever de rideau sur un monde intérieur encore indistinct. Le morceau s’étire, respire, se déploie avec une lenteur calculée, construisant un espace où chaque instrument semble réfléchir à voix haute. La suite, Earth Song, donne la parole à la planète elle-même. C’est une chanson qui observe les ruines humaines avec une distance presque maternelle. Pas de jugement, juste un regard fatigué.
Avec End of the Anger, PRYZME met en musique la colère qui monte, puis se dissout. Funk, métal, envolées vocales débridées : le morceau est une météorite émotionnelle qui laisse derrière elle un cratère d’apaisement. Green Eyes arrive ensuite, comme un portrait en creux. Mélodique, presque pop dans son écriture, c’est une pause lumineuse dans un disque souvent tendu.
Reality of Dreams brouille les pistes. Est-ce le rêve qui révèle la réalité, ou l’inverse ? La musique flotte entre les plans, refuse la résolution, se contente de suggérer. Never Again, plus bref, tranche net. C’est un refus, une morsure. Quelques minutes suffisent à faire passer un sentiment d’urgence, d’ultimatum intime.
Enfin vient Silent Place. Douze minutes de respiration profonde. Tout ce que PRYZME est y trouve sa place : la maîtrise, l’émotion, la nuance, l’ambition sans arrogance. Ce n’est pas un final, c’est un départ. Une lente disparition dans le son, comme si le groupe laissait ses instruments parler pour ce qui ne peut plus être dit.
À travers ces sept pièces, PRYZME construit un langage propre. Une musique exigeante mais jamais hermétique, savante sans être distante. True Stories… And Other Lies est un disque qui demande du temps, mais qui le rend au centuple, en émotions et en élévations. Une œuvre rare, où chaque mensonge cache une vérité.
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août 8, 2025Il y a des disques qui atterrissent. Et puis il y a ceux qui orbitent. Rainbow Galaxy, le nouvel album de BOLIDDE, ne touche jamais vraiment le sol. Il flotte. Il trace son sillon dans un ciel saturé d’éclats électriques, de nappes synthétiques pastel, de riffs carnassiers et d’élans pop décomplexés. Un croisement entre un flipper stellaire et une confession sur ampli, un album comme une épopée spatiale à guitare tendue et cœur battant.
BOLIDDE, c’est ce genre d’artiste qui joue avec les codes sans jamais les réciter. Il n’a rien à prouver, juste tout à offrir. Depuis ses débuts solo en 2022 et ses partages de scène avec des légendes hexagonales comme Trust ou Bertignac, il taille une trajectoire à lui, entre rage contenue et mélancolie éclatante. Rainbow Galaxy est son manifeste le plus abouti à ce jour.
Dès Merry Go Round, single d’ouverture, la machine est lancée. Guitares vrillées, mélodie accrocheuse, tension montante — le titre est un manège émotionnel, entre euphorie et vertige doux. Puis vient Lea, plus intime, presque suspendue. Rainbow Galaxy, morceau-titre, brille d’un éclat rétrofuturiste, tandis que Hell In Paradise dégoupille une ballade vénéneuse, très power pop à l’ancienne.
Mr Tchain a des allures de personnage lynchien, Try My Love rejoue la séduction en mode rock FM 2.0, et Golden Age convoque les fantômes des années 80 dans une montée cathartique. Mention spéciale pour Questioning, qui ose le doute existentiel sur fond de claviers planants, et Odd Noises, ovni rythmique qui évoque les errances sonores d’un Bowie en mutation. L’album se referme sur Run Away, sorte de fuite en avant lumineuse, presque naïve, parfaite pour quitter l’atmosphère en douceur.
Dans Rainbow Galaxy, il n’y a pas de pastiche, juste une sincérité lucide, une envie furieuse de faire danser l’intime avec l’épique. BOLIDDE ne cherche pas à sonner comme quelqu’un, il cherche à sonner vrai. Et il y parvient, avec une maîtrise rare et une sensibilité toujours en éveil.
Un album à écouter comme on regarde un ciel étoilé : avec les yeux grands ouverts et un léger vertige dans la poitrine.
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août 8, 2025On aurait pu croire à une simple reprise. Un coup de cœur pop, joliment emballé, vite streamé, vite oublié. Mais non. Ce Come and Get Your Love là n’est pas un pastiche nostalgique pour fans de Marvel ou diggers du samedi. C’est une affaire de sang. De transmission. De résurrection.
Annika Bellamy, dont le nom claque comme une étoile filante dans l’éther californien, n’est pas venue seule. À ses côtés : Pat “Redbone” Vegas, moitié fondatrice du mythique groupe Redbone, coauteur du hit originel, et mémoire vive d’une Amérique métissée, électrique, trop souvent effacée. Et s’il est ici, ce n’est pas pour décorer une pochette ou glisser une bénédiction : c’est la première fois qu’il participe à une relecture de ce titre culte. Un passage de relais, une offrande. C’est dire l’importance du geste.
Car Annika n’est pas qu’une voix : elle est la nièce de Tony “T-Bone” Bellamy, guitariste flamboyant et âme éruptive du groupe originel. À travers elle, c’est un pan d’histoire qui vibre à nouveau — non pas comme un souvenir figé, mais comme une pulse neuve, une énergie redessinée. La version 2025 garde le cœur palpitant du morceau : son groove funk originel, ses racines natives, cette ligne de basse qui ondule comme une prière en mouvement. Mais elle y injecte aussi sa sensualité propre, une lumière moderne, un clin d’œil de gratitude plus qu’un pastiche.
Pas besoin de forcer le trait : Come and Get Your Love a toujours été un hymne — de liberté, de désir, de fierté. Ici, il devient aussi un chant de famille, un dialogue intergénérationnel, une célébration de la culture amérindienne et du feu qui ne s’éteint jamais vraiment. On entend dans la voix d’Annika une joie contenue, un respect immense, mais aussi une volonté : celle de ne pas simplement honorer le passé, mais de l’habiter avec son propre éclat.
Ce n’est donc pas juste une reprise. C’est un acte d’amour, une main tendue entre les temps, entre les mondes. Et c’est ce qui rend cette version vivante. Plus que jamais, Redbone n’est pas mort. Il danse encore. Il invite. Il brûle doucement. Et Annika Bellamy l’embrasse sans jamais l’imiter.
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août 8, 2025Il y a des morceaux qu’on écoute. Et puis il y a ceux qu’on reçoit en pleine poitrine, comme une lettre écrite dans une langue oubliée, qu’on comprend pourtant instantanément. My Protector de RAINGIRL fait partie de cette seconde catégorie. Pas de voix, pas de refrain, pas de slogans à poster en story. Juste un souffle, un souvenir, un lien. C’est instrumental, oui — mais c’est surtout viscéral.
Dans cette première offrande, RAINGIRL ne cherche pas à séduire. Elle s’adresse à une seule personne : sa sœur. Et dans ce tête-à-tête imaginaire, elle parvient à nous faire sentir invités sans jamais nous imposer la scène. Ce n’est pas une chanson. C’est un geste. Un rituel. Un secret chuchoté à travers les touches d’un piano fragile, un violon suspendu entre larmes et lumière, des nappes synthétiques comme autant de souvenirs flous à la frontière de l’enfance et de la fin d’un monde.
Il y a du spleen, bien sûr. Mais un spleen qui ne noie jamais. Qui tient debout. Qui regarde en arrière pour pouvoir avancer. On pense parfois à FKA Twigs, pas pour l’esthétique mais pour cette manière de se dérober tout en s’offrant. À St. Vincent, dans la tension muette qui lie les silences. Et à Hayley Williams, dans une certaine façon d’écrire sans parler.
RAINGIRL ne débute pas, elle arrive. Avec un morceau qui ne ressemble à rien. Ou plutôt : qui ressemble exactement à ce qu’on a toujours voulu entendre quand on pensait à quelqu’un qu’on n’a jamais su remercier.
My Protector n’est pas une chanson à écouter. C’est une pièce à habiter.
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août 8, 2025Tandis que le bitume fond et que les esprits surchauffent, un nouveau nom s’inscrit au fer rouge sur la scène rock britannique : Hot Work Permit. Leur premier single “Go Sign”, sorti le 24 juillet dernier sur Black Mark Recordings, claque comme un avertissement et une promesse – celle d’un rock qui groove, qui ose, et qui ne s’excuse de rien.
Dès les premières secondes, c’est un piège. Un riff de basse hypnotique, coulé comme de la lave lente, s’enroule autour de toi. Le tempo est lascif, presque insolent, porté par une batterie qui ne presse jamais, mais qui impose. Puis vient la voix de Mark Blackmore, entre fêlure soul et flamboyance glam, qui glisse vers un falsetto libérateur, presque extatique. On pense à Neil Young période Zuma, à Dinosaur Jr sous acide, et à ce vieux démon qu’était Paul Rodgers, quelque part entre le rugissement et la confession.
Mais “Go Sign” n’est pas qu’un exercice de style rétro-futuriste. C’est une chanson qui parle de jalousie, de cette obsession qui dégénère, de ces moments troubles où l’on confond passion et possession. Le tout dans une production signée Phill Brown — légende de l’ingé son passé par les studios de Talk Talk, Zeppelin ou Marley — qui donne à l’ensemble un grain à la fois vintage et férocement direct.
Ce qui frappe, c’est la maîtrise instinctive du morceau : tout est en tension. Chaque note semble contenir un combat intérieur, un refus de choisir entre violence et sensualité. Le groupe, formé en 2025, joue déjà comme un gang soudé par le feu. Leur identité est claire : un rock hybride, bardé de références mais fondamentalement libre. Aucun genre ne les contient ; ils les traversent avec panache.
Dans une époque où le rock peine parfois à se réinventer sans se parodier, “Go Sign” est un signal fort : Hot Work Permit est là pour remettre de l’âme dans la sueur, et du style dans la colère.Un premier pas brûlant, et déjà, l’envie furieuse d’entendre la suite.
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août 8, 2025Il y a des disques qui parlent sans dire un mot. Des albums qui murmurent à l’oreille de l’âme, qui dessinent des paysages intérieurs à coups d’arpèges ciselés, de silences justes et de groove feutré. Sons of the Mellow Mafia, premier album éponyme de ce collectif singulier, est de ceux-là. Instrumental, acoustique, généreusement traversé par des échos d’Americana, de folk, de jazz, de pop douce et même de latin, il s’impose comme une œuvre rare, à la fois paisible et malicieuse, enracinée dans la tradition mais tournée vers l’épure moderne.
Derrière ce nom clin d’œil à la Mellow Mafia — ce cercle de musiciens de studio californiens qui, dans les années 70, ont discrètement redéfini la bande-son de l’Amérique — se cachent des héritiers respectueux mais audacieux. Ils ne rejouent pas le passé, ils l’habitent en l’enveloppant d’une lumière neuve. Chaque morceau est un tableau sensoriel, une atmosphère soigneusement composée pour chatouiller l’émotion sans jamais la forcer.
“Buck Jones”, piste d’ouverture, évoque une chevauchée western rêveuse sous un ciel trop bleu. “Breonna” est une élégie discrète, poignante, peut-être une prière silencieuse. “Shade from Burned Oaks” étire le temps dans un souffle méditatif, tandis que “Uncle Funny Plays With the Bass” flirte joyeusement avec le jazz lounge, basse sautillante et clins d’œil complices au coin des doigts. Avec “Agent of Change”, l’album prend une tournure plus introspective, presque politique dans sa tension sous-jacente.
On glisse ensuite sur “Limestone Jesus”, mystique et rocailleuse, avant que “October 9th” n’offre un moment suspendu, minimaliste, comme un souvenir oublié qui resurgit. “Seafarer (for Carla)” sent l’iode et la mélancolie, tandis que “Inflection Point” joue des angles et des virages harmoniques avec une intelligence rare. “Rule 34” apporte une touche d’humour ou d’ironie (ou les deux), avant que “Komorebi” — ce mot japonais qui désigne la lumière filtrée à travers les feuillages — ne vienne refermer l’album comme une caresse végétale, aérienne, presque sacrée.
Sons of the Mellow Mafia est une œuvre qui ne crie jamais mais qui résonne longtemps. Une collection de fragments instrumentaux qui, par leur finesse et leur sincérité, invitent à ralentir, à écouter autrement, à sentir. À une époque saturée de mots, voilà un disque qui choisit la voie du cœur. Silence compris.
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août 8, 2025C’est une nuit sans lune. Les cigales se taisent, le vent porte une odeur de terre brûlée et de bitume rêvé. Quelque part entre la réalité et le mythe, “Fires Of The Blue Moon”, le nouveau single du duo italien Medivh, surgit comme une incantation – une lame de feu dans l’obscurité. On pourrait croire à un mirage sonore, mais ce titre est bien réel, et il fait mal. Doucement. Comme un souvenir qu’on aurait préféré oublier.
Originaires d’un coin reculé de la campagne toscane, Emmanuele et Tommaso — frères dans la vie et dans le son — n’ont rien à envier aux figures tragiques du rock d’outre-Atlantique. Leur univers n’est ni rétro ni nostalgique. Il est écorché, futuriste, baroque, nocturne. Leur musique, née dans une pièce tapissée de câbles et de crépuscules, évoque tour à tour la rage tectonique de Nine Inch Nails, les vapeurs oniriques de Radiohead et les abîmes mélodiques d’A Perfect Circle. Mais réduire Medivh à ses influences serait une hérésie : ici, tout est personnel, viscéral, alchimique.
“Fires Of The Blue Moon” n’est pas un morceau. C’est une vision. Un paysage mental. Guitares saturées comme des prières hurlées, nappes électroniques ciselées comme du verre brisé, voix spectrale qui flotte entre douleur et extase. Le morceau oscille constamment entre tension extrême et apaisement fragile, comme si chaque note contenait une fin du monde en miniature. On y entend l’écho des longues nuits d’insomnie, des désirs inavoués, de la peur sourde de l’inconnu – ce “nocturnal” que le magazine RockIt décrivait si bien : “made of fear and unease, of an unknown glimpsed through the window.”
Ce feu bleu, c’est celui des âmes qui brûlent sans se consumer. Medivh ne chante pas pour briller. Il chante pour conjurer. Pour traverser. Pour survivre. Et il touche, dans cet acte de création brut et flamboyant, à une forme rare de beauté : celle qui ne cherche pas à plaire, mais à dire la vérité.
Alors, si vous avez un cœur assez grand pour y accueillir le chaos, laissez “Fires Of The Blue Moon” s’y engouffrer. Il y mettra le feu. Mais un feu qui éclaire.
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août 8, 2025Il y a parfois des chansons qui ressemblent à une main posée doucement sur la poitrine. Un geste invisible, mais qui calme les tempêtes. “All I Want” de Nadia Faye est de celles-là.
Tiré de son premier album, ce single agit comme une confession murmurée à la lisière du jour. Dès les premières mesures, les violons s’invitent comme un souffle ancien, presque cinématographique, rappelant les orchestrations caressantes d’un Nick Drake ou la sensibilité peau nue d’une Laura Marling. Nadia Faye, elle, chante comme on ouvre une lettre restée trop longtemps dans un tiroir : avec une pudeur désarmante et une vérité sans fard.
Sa voix n’a pas besoin de prouesses techniques ni d’effets spectaculaires. Elle existe dans les interstices, dans ce timbre légèrement brisé qui dit tout sans hausser le ton. Le phrasé épouse les mots comme on serre quelqu’un très fort, et l’on sent que chaque syllabe vient d’un endroit réel, vécu, traversé.
“All I Want” n’est pas une déclaration, c’est un abandon. Loin des mièvreries FM, la chanson s’ancre dans un désir à la fois limpide et inquiet : celui d’aimer sans maquillage, sans performance, sans peur. On y entend l’admiration pure, presque enfantine, pour quelqu’un qui ne semble pas encore avoir tout abîmé. Une forme d’adoration rare à l’ère du cynisme.
La production, elle, fait preuve d’une délicatesse remarquable : acoustiques feutrées, textures organiques, silences assumés. Chaque élément laisse respirer la voix et le texte. C’est un écrin, pas une cage.
“All I Want” pourrait être la bande-son d’un amour qui commence, ou d’un amour qu’on n’a jamais vraiment oublié. Le genre de morceau qu’on écoute seul·e, casque sur les oreilles, quand il fait encore trop sombre pour se lever mais qu’on sent déjà que quelque chose va changer.
Avec ce titre, Nadia Faye ne signe pas simplement une jolie chanson. Elle offre une promesse : celle que la sincérité a encore sa place dans la musique, et qu’il existe des artistes qui savent l’écrire sans la trahir.
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août 8, 2025C’était pas prévu. Enfin si, un peu — on savait qu’elle était programmée. Mais on n’était pas prêts 👀
Pas prêts pour cette voix qui déraille juste comme il faut, pour ce feu doux et ravageur, cette rage déguisée en tendresse. Baby Sharon a retourné la scène du Jardin Sonore comme une pièce trop bien rangée, les murs ont sué, les cœurs aussi 🔥
Et puis, elle est descendue. Les yeux encore flous d’adrénaline, les bras ouverts comme si elle revenait d’un rêve trop grand, pendant que la foule cherchait encore à comprendre ce qui venait de se passer 🤯
@babysharonmusique
@jardin_sonore
#festival #jardinsonore #musique #interview #itw #musiquedumoment
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août 8, 2025Avec Caroline et Fumée noire, Yohan dévoile deux nouveaux chapitres d’un journal intime en clair-obscur. Deux chansons comme deux polaroïds émotionnels, tirés à la main, où la mémoire et la douleur s’écrivent en français, sa langue retrouvée.
À travers ces deux titres, Yohan affirme une écriture cinématographique et sensorielle. Lui qui a longtemps chanté en anglais au sein de divers projets, choisit aujourd’hui le français pour dire l’intime, le presque rien qui serre la gorge. On lui a posé quelques questions, voici l’interview de Yohan :
1 ) Qui es tu ?
Salut, moi c’est Yohan. Je viens de Paris 20e mais j’ai pas mal vécu à l’étranger : aux Etats-Unis, au Brésil, en Autriche. Et je fais de la musique et du cinéma.
2 ) Quel est ton parcours ?
J’ai commencé le théâtre à l’âge de 6 ans et la musique quelques années plus tard, au lycée, où j’ai créé mon premier groupe de rock avec des copains. Après mes études, j’ai eu la chance d’enregistrer tout un album concept pop-folk avec deux amis du CNSM, sous le nom de Moondays, puis j’ai enchaîné avec un deuxième projet, Vercor, avec un producteur de musique électronique belge. Aujourd’hui, je porte mon projet solo pour laisser libre cours à mes envies, refléter mes états d’âme au gré de mes périples, et enfin m’autoriser à écrire français, à reprendre des morceaux que j’aime, à collaborer avec des artistes qui m’inspirent et à chanter mes voyages.
3 ) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?
La musique et le cinéma sont mes deux amours et plutôt que de choisir entre les deux, j’ai choisi de mettre beaucoup de l’un dans l’autre pour ne pas faire de jaloux. L’album de Moondays comportait beaucoup de bruitages de la vie quotidienne et s’écoutait d’une traite comme un long plan-séquence où on changeait de décor à chaque chanson. Sur l’EP actuel, je conçois chaque morceau comme un court-métrage, un petit bout de vie, une variation autour du sentiment amoureux déçu. ‘Black Trombone’ parlait de la fugacité de l’amour, ‘Caroline’ de la rencontre manquée, et ‘Fumée noire’ de la douleur d’une rupture post-adultère. Inversement, je réalise ou co-réalise mes clips et je commence chacun de mes projets cinématographiques en imaginant sa bande sonore. Lors d’un tournage, j’ai même composé une chanson pour m’aider à construire le personnage que j’ai ensuite envoyée à la réalisatrice. Mon rêve ultime serait de faire un film musical, façon Annette ou Emilia Perez.
4 ) Quelles sont tes inspirations ?
J’écoute vraiment de tout et chaque artiste que j’écoute m’inspire des envies musicales très différentes. Grand fan du rock anglais des années 60-70, j’avais des groupes comme les Pink Floyd ou les Who en tête quand j’ai sorti l’album de Moondays. Ensuite, avec Vercor, on était beaucoup plus sur de l’électropop mélodique façon The Weeknd ou Sam Smith. Et pour mon projet solo actuel, je suis très inspiré par Stromaé qui parvient comme personne à mêler musique du monde et French Pop.
5 ) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ? (Cite quelques noms d’artistes et/ou chansons)
Je n’ai pas vraiment de playlist figée à laquelle je reviens souvent. Au contraire, je crée régulièrement de nouvelles playlists que je partage avec mon frère et dans lesquelles on met en commun nos dernières découvertes, ou les nouveaux albums d’artistes qu’on aime. Dans la playlist actuelle se retrouvent pêle-mêle : Pete Doherty (Fantasy Life of Petry and Crime), Cage the Elephant (Neon Pill), Victor Solf (Tout peut durer), Odezenne, The Claypool Lennon Delirium, Vincent Delerm, Renaud, Sébastien Tellier, Pépite, Pixies, Kurt Vile, Saez.
6 ) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?
Le risotto aux sardines et courgettes ! Avec ce plat, j’ai réussi à faire aimer la sardine à plus d’une personne qui n’en était à la base pas friande. Une fois cuite, elle prend un arôme beaucoup plus doux et subtil, je recommande chaudement.
7 ) Quels sont tes projets à venir ?
Je sors début mai mon troisième single « Fumée noire », qui précèdera de quelques semaines la sortie de l’EP. Je prépare ensuite avec un ami guitariste un deuxième EP façon French bossa, où je mêlerai sonorités brésiliennes (en modeste hommage à Tom Jobim, Caetano Veloso, Chico Buarque…) et French pop, sans m’interdire quelques paroles en portugais ! Je suis tombé sur Aupinard qui fait ça avec beaucoup de talent, sur un mode un peu plus urbain. Côté ciné, j’ai tourné dans un film brésilien (« A Herança », l’Héritage) qui vient de sortir sur HBO Max en Amérique latine, et une série franco-espagnole qui devrait arriver sur Prime Video en fin d’année.
8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?
Je suis quelqu’un qui adore mettre en relation, créer des connexions entre les gens. Pour des collabs artistiques mais aussi dans la vie perso. Par exemple, j’ai pas mal d’ami(e)s célibataires qui n’aiment pas trop le côté déshumanisé des apps de rencontre et qui me demandent si je connais pas quelqu’un pour eux. Sauf que je sais pas toujours exactement qui est encore célib, qui ne l’est plus et surtout mes potes sont pas tous à l’aise avec une mise en relation par message. Du coup, ça a donné l’idée à mon frère de créer une app où tu peux connecter facilement tes amis célibataires, ça s’appelle Cyrano (cyrano-app.co), et j’avoue que ça me facilite beaucoup la vie et me laisse plus de temps pour écrire haha !
9 ) Si tu pouvais 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ce serait qui ?
Je disais plus haut que Stromaé m’inspire beaucoup. C’est un artiste total, compositeur, interprète, producteur, designer. C’est aussi une sacré personnalité, qui a traversé des périodes difficiles mais qui se relève, qui remplit des stades mais qui reste simple. Je pense qu’une journée à ses côtés serait assez passionnante.
10 ) Un petit mot ou conseil pour la fin ?
Je dirais qu’en tant qu’artiste, c’est très important d’avoir des moments d’introspection dans sa bulle de création, mais je pense qu’il est tout aussi important d’en sortir régulièrement pour aller se frotter au monde. L’ancrage dans la vie réelle, les rencontres, les voyages, les petits boulots, en tout cas en ce qui me concerne, c’est ça qui nourrit ma créativité et me donne toujours plus d’émotions et d’impressions à retranscrire en mélodies ou en images.
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août 5, 2025On n’écoute pas Wait, Sky. On y entre comme on entre en forêt humide, à l’aube, les pieds dans la mousse et les pensées encore encombrées de la nuit. Jesse Blake Rundle n’a pas seulement composé un album : il a planté un paysage sonore où la pluie, les fantômes, les amours perdues et les réminiscences queer se croisent et se confondent. Douze morceaux comme douze états de l’âme, habités d’un souffle profondément intime et d’une complexité musicale qui ne se laisse jamais enfermer.
Depuis son précédent opus, Rundle a grandi dans les interstices. Là où d’autres comblent, il creuse. Le résultat est un disque dense, inclassable, qui pourrait rappeler les errances sylvestres de Grizzly Bear, les éclats folk de Big Thief ou les brumes intérieures de Radiohead période Amnesiac. Mais toute comparaison s’arrête vite : Wait, Sky n’imite personne. Il trace sa propre ligne de fuite, à travers les bois, les corps, les silences.
Dès “Begin, Perfect”, qui ouvre l’album comme un prologue murmuré au creux d’un monde encore figé, on sent poindre l’obsession du détail : une fanfare de tuba captée au loin dans un parc, des harmonies qui s’effilochent comme des souvenirs qu’on tente de retenir. “Depose” explose ensuite dans une rage contenue, quelque part entre l’aveu amoureux et l’auto-sabotage politique. Le chant, retenu mais jamais froid, évoque une sincérité qui ne s’excuse pas. Rundle y règle ses comptes avec le pouvoir, les rôles, les illusions.
Chaque titre semble né d’une saison différente. “Knife”, écrit au lendemain d’un chagrin, est une déchirure douce-amère sur fond de déconstruction de soi. “Anything”, au contraire, surgit comme une bourrasque de colère lucide. Rundle y joue avec les contrastes : des mélodies presque lumineuses au service de textes acérés. On pense à Leonard Cohen qui aurait troqué la poésie biblique pour la vulnérabilité d’un journal de rupture.
Mais c’est dans les interludes que Wait, Sky devient sublime. “Middle, Madness” ou “Continuous, Wait” semblent suspendre le temps : l’auditeur devient passager clandestin d’un rêve éveillé, porté par des couches de guitares liquides, des silences parlants, des tuba qui chantent la fin d’un monde et le début d’un autre.
Rundle, qui a écrit une grande partie de l’album dans une résidence queer au cœur d’une forêt du Washington, tisse ici une œuvre profondément marquée par le territoire. Chaque souffle, chaque craquement de branche, chaque goutte de pluie devient matière première. On sent dans la production (signée avec Lizzy Ellison) une volonté farouche de rester fidèle à cette nature : pas de vernis, pas d’esbroufe, juste l’organique à l’état brut, parfois désarmant.
L’album se ferme comme il a commencé : doucement. “End, Sky” est une élégie minuscule, une révérence faite à tout ce qui a été perdu, mais aussi à ce qui reste – l’amour, la mémoire, l’envie de recommencer.
Avec Wait, Sky, Jesse Blake Rundle signe un disque rare : exigeant mais accessible, cérébral mais viscéral. Il nous rappelle que la musique, quand elle n’est pas seulement consommée mais habitée, peut devenir un refuge pour ceux qui cherchent à comprendre – les autres, le monde, eux-mêmes.
Et il y a de fortes chances qu’on y retourne souvent, dans cette forêt-là. Pas pour s’y perdre. Mais pour s’y retrouver.
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août 5, 2025C’est un peu comme tomber amoureux dans un aéroport. Tu sais que ça ne durera pas, mais tu t’abandonnes au frisson du passage. “Sugar Water (Polybit Remix)” de Okayden ft. VRDA revisité par Polybit n’est pas un morceau, c’est une capsule temporelle qui se dissout lentement sur la langue. La dernière goutte d’un cycle. La fin d’un rêve lucide.
À la base, Sugar Water était déjà une énigme douce-amère : une chanson construite sur des voix fracturées, découpées, retournées, ressuscitées en motifs mélodiques, comme si VRDA se chantait depuis un autre plan. Dans ce remix, Polybit pousse plus loin l’illusion. Il dématérialise le tout. Épure. Dilue la texture dans une forme d’euphorie spectrale, un club imaginaire où les corps ne dansent plus mais flottent entre deux transitions.
On sent Melbourne, Sydney, et peut-être même Londres ou Tokyo dans les veines du morceau. C’est une production itinérante, nomade, presque accidentelle. Et c’est précisément ce qui la rend si vibrante : rien ici ne cherche à captiver l’attention. Tout est suggestion, sensualité floue, lumière tamisée. Un remix qui ne crie pas mais qui murmure longtemps.
Okayden évoque cette sortie comme la fin d’une époque — la dernière pièce d’un puzzle sonore qu’il a déconstruit pour mieux se réinventer. Et ça s’entend : ce morceau ne cherche pas la postérité, il veut juste qu’on s’en souvienne un peu, même vaguement, comme d’un rêve d’été où quelqu’un, quelque part, nous faisait sentir un peu plus vivant.
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août 5, 2025Pas besoin d’attendre le breakdown : le titre est littéral, brutal, sans détour. “The Drop”, c’est l’équivalent sonore d’une enclume qui s’écrase sur le dancefloor avec une grâce mécanique. Tuff Rhythm & dharkfunkh ne cherchent pas à séduire, ils veulent dominer la nuit — la soumettre à leur science de la tension, du groove, et de la distorsion bien placée.
Ce qui frappe, c’est cette précision chirurgicale dans le chaos : chaque élément a été vissé à la main dans une architecture massive. La ligne de basse, grasse et syncopée, évoque une warehouse en feu quelque part entre Birmingham et Berlin, tandis que les stabs rétro semblent ressurgis d’un after en 1998, remixé par des fantômes de l’acid house. Une techno de survie en temps de rave post-moderne.
Tuff Groovez, leur nouveau label, n’est pas un simple label de plus dans la sphère Tech House. C’est une plateforme de combat. Une déclaration de guerre contre les bangers anonymes qui pullulent sur les playlists. Ici, l’objectif est clair : sweat or get out. La track est pensée pour le pic de set, ce moment précis où les corps vacillent entre extase et chute libre.
Avec dharkfunkh — vétéran silencieux mais redoutable du circuit global, passé par Tresor, Ritter Butzke ou les plages de plastique de Nairobi — et Tuff Rhythm à la manœuvre, c’est tout un ADN UK qui surgit, épais, insistant, plus grime que glamour, plus rave que radio.
“The Drop” n’est pas un morceau pour les playlists chill ni pour les selfies de festival. C’est une bombe FM pour systèmes surchauffés, une onde de choc calibrée pour retourner les clubs et défibriller les foules.
Et si ce n’est que le premier tir, on est prêt à prendre les suivants de plein fouet.
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août 5, 2025Personne ne voit venir une chanson comme “Scansion”. Elle ne s’annonce pas, elle s’infiltre. Par le tambour du ventre. Par un balancement d’épaules. Par ce moment suspendu où le corps reconnaît un rythme qu’il n’a jamais entendu, mais qu’il semble avoir toujours connu. Exzenya ne compose pas de la musique. Elle invoque.
Dans “Scansion”, la grand-mère la plus redoutablement libre de la scène indé actuelle mêle les codes du latin pop, les échos de guitares électriques au bord du vertige, et les pulsations telluriques d’un monde qui danse malgré tout. Elle traverse les genres comme elle a traversé les pays, les amours, les blessures. Son chant n’est pas celui d’une débutante, c’est celui d’une survivante lucide, sensuelle, et dangereusement vivante.
Le titre, emprunté au lexique poétique, devient ici un manifeste. Lire entre les lignes ? Non. Écouter entre les battements. Exzenya scande, sculpte et scinde. Elle découpe le désir comme un vers libre, avec une maîtrise du souffle qui évoque à la fois la transe des Andes, le feu du flamenco, et le mysticisme d’un Santana halluciné sous pluie chaude. C’est à la fois brut et raffiné, ancestral et postmoderne.
Impossible de ne pas entendre aussi, entre les riffs percussifs et les syncopes charnelles, une déclaration d’indépendance. Une musique qui refuse de s’excuser d’être puissante. Ou féminine. Ou mature. Ou tout ça à la fois.
“Scansion”, c’est ce moment rare où la world music n’est pas une étiquette fourre-tout, mais un passeport vers une émotion totale. Exzenya ne fait pas le tour du monde : elle le porte en elle, et elle le chante. Avec des flammes aux talons et une clarté dans les yeux. À écouter seule, fort, ou à deux, très lentement.
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août 5, 2025Un matin, tu te réveilles, tu te prépares un chocolat chaud fade, tu penses à un caneton que t’aimais bien, à l’effondrement du monde et à ton reflet dans la glace qui a pris un coup dans la gueule. Tu ne sais plus très bien si tu rêves ou si tu as juste perdu le goût de comprendre. Tu mets ton casque. Et là, “Doesn’t Really Matter” de BARON’S te gifle doucement comme une caresse post-apocalyptique.
Le Baron de Vezeline et Freddy Kroegher, duo aussi improbable que parfaitement aligné dans leur folie, débarquent avec un hymne existentiel qui n’en a rien à foutre des hymnes. Ça suinte l’absurde, l’auto-dérision, le sarcasme élégant et la poésie des jours sans soleil. Quelque part entre glam déglingué, spleen burlesque et rock désinvolte, leur dernier single nous entraîne dans une spirale douce-amère où plus rien ne compte – sauf peut-être ce moment précis, cette écoute-là, maintenant.
La voix de Le Baron flotte comme une hallucination sur des arrangements lo-fi volontairement bordéliques, pendant que Freddy, en sorcier sonore passé par les coulisses de Terrenoire, fout un vernis de grandeur sur ce désenchantement théâtral. Et puis il y a le clip, tourné sans IA, sans tricherie, sans effet superflu : du brut, du vrai, du vivant qui meurt aussi, entre bourdons crevés et chats fantômes. Une offrande pour les nostalgiques de l’organique.
Avec “Doesn’t Really Matter”, BARON’S ne cherche ni à convaincre ni à plaire – ils imposent une esthétique de la perte de sens qui sonne comme la seule réponse honnête à notre époque. Tu peux danser dessus ou pleurer dans ton lit : dans les deux cas, c’est réussi.
Leur album Kind and Rough s’annonce comme un carnage sensuel. Et franchement, on n’est pas prêts.
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août 5, 2025Certains morceaux arrivent dans notre époque comme des cocktails Molotov balancés avec grâce. C’est le cas de “Woman (On My Own Terms)”, nouvelle pépite incendiaire de la scène australienne signée TIAHN, née à Meanjin (Brisbane), qui transforme les injonctions sexistes en essence pour brûler tout ce qui entrave l’expression libre du féminin.
Pas besoin de détour : dès les premières secondes, la guitare mord. On pense à une Billie Eilish sous adrénaline ou une HAIM plus nerveuse. Il y a dans cette production signée Harry Verity un grain rugueux et assumé, une pop électrique et sans vernis, où chaque mot de TIAHN est un clou planté dans le cercueil des vieilles attentes sociales. Pas question ici d’être polie. TIAHN explose les codes de la “femme bien élevée”, celle qu’on voudrait silencieuse, gracile et arrangeante. À la place : de la voix, du volume, et une présence frontale qui se décline autant dans les refrains que dans l’image.
Car ce qui se joue dans cette chanson dépasse la simple performance : c’est une déclaration d’identité. Le clip, réalisé par Ken Kimura, propose une traversée des clichés féminins pour mieux les fracasser un à un. TIAHN s’y dévoile pour la première fois à l’écran, et ce dépucelage visuel a tout d’un manifeste : entre mise en scène symbolique, plans raw et explosion de représentations plurielles, la vidéo complète la charge politique du morceau sans jamais virer au didactique.
Il y a dans “Woman (On My Own Terms)” une urgence générationnelle : celle de ne plus demander la permission. Une sorte de cri pop joyeusement rageur, destiné autant aux playlists d’empowerment qu’aux scènes de festivals où les corps dansent les poings levés. TIAHN ne signe pas seulement un tube : elle marque une ligne rouge. Et désormais, personne ne repassera par-dessus.
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août 5, 2025Certaines chansons n’existent que dans l’interstice. Ni tout à fait ici, ni complètement ailleurs. “Aunque por sea una noche (if it’s only for one night)” de Michellar fait partie de ces morceaux qu’on écoute comme on ouvrirait une lettre retrouvée dans une boîte à chaussures, écrite dans une langue qu’on ne parle qu’à moitié mais qu’on comprend pourtant entièrement.
Derrière ce titre allongé comme une main tendue, il y a une femme – Michellar – qui ose pour la première fois chanter en espagnol, dans une chambre d’écho intime à ses racines latino-filipino-américaines. On sent dans cette chanson la réconciliation douce entre les territoires traversés, les langues apprivoisées, et les souvenirs enfouis dans la mémoire des corps. Pas besoin de grands effets : c’est dans le minimalisme que le morceau respire, soutenu par une production discrète mais enveloppante signée Jiji Picazo, qui cisèle chaque texture sonore comme on borde un lit qu’on sait déjà vide au petit matin.
La chanson avance à pas feutrés, comme si elle ne voulait réveiller personne, et pourtant elle touche juste. Comme une photographie sépia un peu floue, où la lumière reste plus importante que les visages. Il y a quelque chose de presque documentaire dans ce morceau, comme une carte postale jamais envoyée, ou une danse lente entre deux amants qui savent que minuit marque aussi la fin du monde.
“Aunque por sea una noche” n’est pas un single, c’est un aveu. Celui d’une artiste qui ne fait pas de l’exotisme une posture mais une mémoire sensible, et qui prouve que le vrai romantisme est souvent celui qu’on garde pour soi.
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août 5, 2025Il y a des morceaux qui ne demandent pas la permission. CAN YOU FEEL IT?, deuxième single solaire de SPEAK!, déboule comme une vague d’optimisme pur, écrite entre deux confinements mais taillée pour un monde qui recommence à respirer. Ce projet collaboratif né à Birmingham sous l’impulsion du producteur et multi-instrumentiste Jake Parsons est un joyeux bordel d’âme, de groove et de good vibes savamment orchestrées — et ce titre le prouve haut la main.
Dès les premières secondes, on a l’impression que Daft Punk jamme avec Jungle dans un jardin suspendu à Brixton, pendant que Stevie Wonder cuisine des cocktails en arrière-plan. Mais ce n’est pas un revival bête et nostalgique — c’est une célébration sincère de l’héritage funk, disco et R&B, que DAME habille d’une voix veloutée comme un été anglais qui s’assume enfin.
Le groove, construit autour d’une section rythmique live enregistrée à Londres avec des potes, est d’une générosité rare. Les lignes de basse sautillent, les cuivres se pointent comme des éclats de rire et la batterie respire comme un cœur qui vient de tomber amoureux. On sent que tout le monde s’est amusé ici, que le studio s’est transformé en salon d’amis, que chaque prise de son était une blague partagée, une pizza dévorée, une bière ouverte. C’est peut-être pour ça que ça sonne aussi vrai.
Et dans ce titre, il y a aussi un souvenir collectif : celui d’un monde qui rouvre doucement les fenêtres, de la moiteur d’un été sans masque, d’une lumière qui revient enfin. CAN YOU FEEL IT? demande si on le sent. La réponse est oui. En plein cœur. En plein groove. Et surtout en pleine vie.
Un tube estival qui transpire l’amitié, l’élan et l’héritage cool des étés qu’on croyait perdus.
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août 5, 2025Dans un monde où la pop semble souvent dictée par les algorithmes et l’instantané, Kelsie Kimberlin continue d’ouvrir des chemins personnels et symboliques, avec des chansons qui résonnent comme des journaux intimes aux échos universels. Son dernier titre, “Infinite Possibilities”, est peut-être son plus touchant à ce jour. Pas parce qu’il crie plus fort que les autres, mais parce qu’il chuchote quelque chose de profondément vrai : la liberté se construit dans l’amour transmis, le feu intérieur, et le courage de brûler ses attaches.
Filmé autour d’un feu de camp, main dans la main avec son père et leurs deux guitares acoustiques Larrivee comme témoins, le clip réalisé par Zack Gross évoque l’enfance, les transmissions invisibles, et ces moments suspendus où les générations chantent à l’unisson — non pas pour se souvenir, mais pour se projeter.
La chanson ne cherche pas l’esbroufe. Pas de refrain martelé comme un jingle, pas d’explosion électro calculée. Juste une mélodie claire, nue, comme un sentier ouvert au petit matin, avec cette impression que chaque mot vient d’un cahier secret gribouillé à la lueur d’une bougie. Kimberlin évoque l’éclosion, la métamorphose, l’émancipation douce — “incubating”, “cocoon”, “wings”… Elle convoque le langage du vivant et de la croissance pour célébrer une réinvention qui n’est ni brutale ni immédiate.
C’est une chanson pour celles et ceux qui comprennent que devenir soi ne se fait pas dans la foudre mais dans les braises. Un morceau de feu doux. Un adieu sans amertume, une lettre d’amour à l’enfance, un rite de passage qui se danse lentement.
Kelsie Kimberlin, forte d’un parcours jalonné de distinctions et d’engagements artistiques puissants (notamment en soutien à l’Ukraine), continue de prouver qu’on peut faire de la pop sans renier la profondeur. Et si “Infinite Possibilities” évoque l’histoire d’un père et d’une fille, il est surtout une ode à tous ceux qui, un jour, osent tracer leur propre constellation.
Une pop pour les moments où l’on choisit enfin de déplier ses ailes.
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août 5, 2025Un premier album comme une catharsis, un exutoire solitaire, une prière sans paroles. Impulse Nine, alias Steve, musicien autodidacte de Tucson, livre avec NOTHING IS EASY un disque entièrement instrumental, qui refuse la facilité du verbe pour mieux convoquer le langage brut des textures, des larsens et des silences. Un album pour les nuits trop longues et les deuils qui n’en finissent pas. Pas de refrains faciles ici, juste des morceaux de vie, comme autant de strates géologiques gravées à même la bande.
https://impulsenine.bandcamp.com/album/nothing-is-easy
Dès I’m Sorry About Your Everything, on sent que quelque chose a brûlé longtemps sous la surface. Ce n’est pas une intro, c’est un aveu. Long, cinématographique, presque post-symphonique. Un morceau qui semble marcher lentement dans un champ de ruines affectives, entre les claviers qui vacillent et une guitare qui respire à peine. C’est le dernier morceau que son père ait entendu. Rien que ça.
“A Wake” pousse le volume et l’ampleur. Drones, arpèges répétitifs, une basse au groove contenu comme un cœur sous calmants. Quelque part entre le shoegaze et le post-rock, le titre construit patiemment sa tension avant de l’éclater dans un final libérateur, dansant sans être joyeux, puissant sans être lourd.
“Heavy Metal Mama”, plus direct, célèbre sa mère, officier militaire, en lui offrant une guitare fuzzy et compressée, nerveuse comme un solo de Thurston Moore enfermé dans un ascenseur. Ça tient à peine deux minutes quarante-six mais ça fait mal au ventre. C’est un hommage tout sauf triste, porté par l’énergie brute et l’imperfection assumée du lo-fi.
Puis vient “Fireflies”, capté sur un téléphone, dehors, avec les cigales, le sèche-linge et les fantômes. Une ballade cassée, pleine de soupirs harmoniques et de craquements de bande, comme un enregistrement oublié redécouvert dans une boîte en carton. On y entend la maison. On y entend l’absence.
“All-Nighter”, pièce centrale, déploie ses six minutes comme un souffle profond. Les textures se superposent, lentes, insistantes, jusqu’à l’asphyxie douce. Quelque part entre Mogwai et Mono, sans jamais verser dans le cliché post-rock : ici, le crescendo est moins une mécanique qu’un chemin intime, un appel à rester debout quand on voudrait s’effondrer.
“Heat” arrive ensuite comme une hallucination de milieu de désert. Les guitares se frottent au soleil, ça grince, ça crépite, on a l’impression de fondre avec elles. Il y a dans ce morceau quelque chose de volontairement abrasif, comme une brûlure contrôlée. C’est court, c’est sec, c’est chaud.
Puis l’incertitude. “It Might Be Fine (But I Just Don’t Know)”. Ici, Steve semble hésiter. La basse, influencée par Adam Clayton (U2), groove en 8e obstinée, pendant que des textures shoegaze se faufilent en arrière-plan. Pas de certitudes, juste cette tentative honnête de ne pas sombrer, même sans réponse claire. Un morceau profondément humain dans sa construction hésitante.
Et pour finir, l’épopée. “Shadow Over Johnny Ringo’s Grave” est un western mental, un duel entre silence et fuzz, une chevauchée post-apocalyptique vers la tombe d’un hors-la-loi. Il y a du Radiohead, du Moby, du Morricone dans ce morceau. Mais surtout, il y a Steve. Celui qui a passé 20 ans à douter, et qui ici, ose tout mettre sur la table.
Avec NOTHING IS EASY, Impulse Nine offre une œuvre rare : une autobiographie musicale sans mots, où chaque note semble contenir plusieurs vies. C’est un disque qui ne cherche pas à séduire, mais à consoler. Pas à briller, mais à brûler doucement. À écouter seul, fort, en entier. Parce que rien n’est facile. Mais tout, ici, est vrai.
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août 5, 2025Il y a des chansons qui ne cherchent pas à impressionner, et c’est précisément ce qui les rend essentielles. Such Fun, le premier single véritablement écrit et produit par Clay Goodman, jeune artiste de Wise, petite ville ancrée dans les Appalaches américaines, est une capsule d’innocence désabusée, pleine de charme brut et d’un spleen adolescent jamais tout à fait digéré.
Pas de studio tapissé de platines dorées, pas d’algorithmes dopés pour l’autotune. Ici, tout est fait maison — dans un bureau transformé en home-studio, entre quelques panneaux acoustiques bancals et des rêves de vinyles. Goodman y joue tout ou presque : voix, guitare, basse. À l’ancienne, comme les disques qu’il chérit. On pense à l’ombre de Lennon, aux ritournelles de Slow Pulp, au sarcasme tendre d’un Elliott Smith passé par le Midwest.
Such Fun n’est ni cynique, ni euphorique. C’est une chanson de fin d’après-midi passée à rêver d’un ailleurs en pliant des jeans dans l’arrière-boutique d’un magasin de fringues. Une pop bancale mais sincère, le genre qu’on met sur repeat sans vraiment s’en rendre compte. La mélodie est accrocheuse sans faire la maligne. On l’écoute comme on ouvrirait un vieux journal intime, avec ce mélange de gêne et de nostalgie.
Et puis il y a cette honnêteté maladroite qui transpire à chaque instant. Pas d’obsession pour le « parfait », mais une foi tranquille dans la musique comme refuge, comme moyen d’échapper à une réalité trop étroite. Goodman n’a pas encore de scène, mais il a une voix, un regard, et cette capacité rare à transformer l’ordinaire en terrain de jeu musical.
Such Fun n’est pas qu’un titre ironique, c’est une promesse floue — celle d’un artiste qui, à force de bricoler ses refrains, pourrait bien finir par capturer un bout de vérité.
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août 5, 2025Il avance masqué, mais jamais à l’aveugle. Daddy Drwg — alter ego rugueux de Richard Proctor, sorte de Tom Waits élevé à l’ironie galloise — signe un retour aussi mordant que stylisé avec Wise Guys, une fresque grinçante et dansante sur la vacuité masculine. Pas besoin de gants blancs : le morceau cogne, raille, démasque. Il parle de ces types trop sûrs d’eux, trop bruyants, trop persuadés d’avoir tout compris — jusqu’au jour où le monde se tait autour d’eux.
Sur une rythmique qui frappe sec, tendue comme un muscle de baroudeur en carton, Daddy Drwg fait de sa voix une arme blanche. Il ne crie pas, il découpe. Avec des mots taillés comme des rasoirs, il fait tomber le masque des pseudo-génies, des hommes d’affaires à la virilité de vitrine, des mecs qui confondent pouvoir et panique.
Mais Wise Guys n’est pas une moquerie gratuite. C’est une danse macabre sur les cendres de l’orgueil, un morceau qui glisse du sarcasme à la mélancolie sans prévenir. Au milieu de la satire, une phrase fend la cuirasse : « I know you feel the sunlight fading… ». Ce n’est pas un pardon, c’est une piqûre de rappel. Que même les plus bruyants finissent seuls, et que l’arrogance est souvent une forme d’appel à l’aide mal déguisé.
Le clip, quant à lui, pousse encore plus loin le malaise. Véritable collage de masculinités toxiques, de citations déterrées et de vérités qui grincent, il tient autant du documentaire que du clip satirique. Daddy Drwg y montre une conscience politique rare, une capacité à rire tout en désarmant. Il ne donne pas de leçon — il vous tend votre propre reflet.
Wise Guys est une chanson pour ceux qui en ont marre d’entendre les mêmes voix dans les mêmes salles de réunion. Pour ceux qui savent que l’ego est une coquille vide qui fait beaucoup de bruit. Et pour ceux qui n’ont jamais eu peur de vieillir, tant qu’ils ne vieillissent pas seuls.
Un morceau comme une claque, qui laisse des marques élégantes. Daddy Drwg n’est pas là pour plaire. Il est là pour dire. Et il le fait avec panache.
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août 5, 2025Un souffle traverse Columbus, Ohio. Pas celui du Midwest résigné, mais un courant électrique, traversé d’ombres et d’éclats. The Theos Variant, duo aussi discret qu’intensément viscéral, débarque avec Beacons, et ce n’est ni une chanson ni un single. C’est une balise. Une flamme posée dans le noir, pour ceux qui n’ont plus de main à tenir, plus de voix pour appeler.
Dan Lentz chante comme on exhume une mémoire trop lourde, comme on se redresse dans un lit où plus personne ne dort. Sa voix, loin d’être une performance, est une présence : rugueuse mais pas brutale, retenue comme si chaque mot risquait de casser. Derrière lui, Geoff Haught étire l’espace, le distord, le reconstruit. Guitares à ciel ouvert, reverb chirurgicale, textures électroniques qui s’effondrent doucement — on pense à un post-rock contenu dans une boîte à secrets, ou à du Tool passé sous valium orchestral.
La production, ample mais intime, fait l’effet d’un tunnel vers quelque chose de plus grand que soi. Rien de démonstratif : Beacons n’est pas là pour impressionner. Il cherche à réconcilier le bruit et la tendresse, les cicatrices et les cris retenus. Le mix, signé par Benedikt Hain, donne aux silences le droit d’exister. C’est rare.
Dans cette époque saturée de tubes jetables, le morceau détonne par son intensité retenue. Il avance comme une promesse jamais formulée, comme une main posée sur l’épaule sans un mot. Les influences (Karnivool, A Perfect Circle, voire les crescendos éthérés d’un Breaking Benjamin minimaliste) s’y devinent, mais ne dictent rien. Ici, tout est digéré, réinterprété, puis relâché dans l’air comme un dernier souffle.
Beacons est un titre d’outre-chagrin. Le genre de chanson qu’on écoute seul, dans une voiture arrêtée sur le bord d’une route, sans savoir si on est encore perdu ou déjà sur le retour. Une offrande pour celles et ceux qui tiennent encore debout pour les autres. Pas parce qu’ils le veulent. Parce qu’ils n’ont pas le choix.
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août 5, 2025Il y a des albums qui se fabriquent avec des stratégies marketing et des collaborations savamment calculées. DUE 4 A WIN, premier projet de T.Y., n’est pas de ceux-là. C’est un disque qui se vit plus qu’il ne s’écoute. Né dans les failles d’une existence bousculée par la perte d’un frère et d’autres deuils trop précoces, cet album a l’odeur d’un carnet intime qu’on aurait oublié sur une table de mixage. Entre les mains de T.Y., le rap redevient un langage premier : celui de la survie, du doute et de la rage rentrée.
Dès le morceau d’ouverture, “Due 4 A Win”, la voix se pose comme une confidence — presque trop basse pour être un hymne, mais trop chargée pour n’être qu’une intro. C’est la déclaration d’un homme qui a encaissé trop de défaites et qui réclame son tour. La production de Douggie, architecte discret mais déterminant de l’album, dégage une sobriété qui laisse l’émotion prendre le dessus : pas de démonstration inutile, juste une tension sous-jacente, un minimalisme qui amplifie le poids des mots.
Le second titre, “No Tomorrow”, prend le contre-pied en accélérant le tempo. Ici, T.Y. rappe comme s’il avait un compte à régler avec l’urgence, et la production s’emballe, laissant un parfum de film noir et de course contre la montre. Plus loin, “New Drama” brille par son écriture dense, un véritable exercice de style qui rappelle que T.Y. n’est pas qu’un narrateur introspectif, mais aussi un technicien du mot, capable de passer d’un récit personnel à une performance purement rapologique.
L’album atteint un sommet émotionnel avec “Rainfall”, où la voix d’Angie Candenas agit comme un baume sur les blessures laissées à vif par T.Y. C’est le morceau qui condense le mieux l’esprit du disque : un mélange de vulnérabilité et de détermination, un dialogue avec les fantômes et un appel à rester debout.
Plus lumineux, “Lead The Way” laisse entrevoir une promesse de reconstruction. T.Y. s’y autorise un souffle d’espoir, porté par une prod élégante qui serpente entre soul et boom bap. Quant à “Problems”, il offre une vision plus crue et frontale, comme une radiographie des cicatrices accumulées au fil des années.
DUE 4 A WIN n’est pas un album formaté pour les playlists à rotation rapide. C’est un disque qui demande de s’arrêter, d’écouter, de ressentir. T.Y. livre ici un témoignage brut, un premier chapitre qui ne cherche pas à séduire par la forme, mais qui touche par sa vérité. Dans un paysage rap saturé de surfaces lisses, cette rugosité, ce mélange de douleur et de lucidité, fait du bien.
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août 1, 2025Attrapé au vol après sa performance au festival Jardin sonore, on a posé quelques questions à Jon Onj, véritable ovni créatif qui respire la bienveillance et la coolitude absolue 🎶😎🔥
@jon_onj
@jardin_sonore
#festival #jardinsonore #musique #interview #itw #musiquedumoment
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juillet 28, 2025Il y a des histoires d’amour qui s’écrivent en chansons, à quatre mains, entre les mots de l’une et les mélodies de l’autre. Soniamiki & Lukasz Lach partagent la scène comme ils partagent le quotidien : en créant des fragments de douceur, teintés de spleen 60’s et d’éclats électroniques. Elle est chanteuse, motion designer, subtile comme une ligne claire. Lui est multi-instrumentiste, enfant prodige devenu poète pop, nourri aux Beatles, à Witkiewicz et aux harmonies baroques. Ensemble, ils signent L’amour est doux, un premier single comme une déclaration, fragile et brûlante à la fois.
De Łódź à Perpignan, du Żur maison à la piscine de rosé prophétique, leur duo est un voyage entre langues, textures et sensations. Ils nous parlent ici de musique, de vie, de soupe fermentée et de souvenirs improvisés. Un couple créatif, à la ville comme à l’écran, qui croit au pouvoir des petites choses et des grandes émotions.
Qui es tu ?Soniamiki: Je suis Soniamiki, je viens du Pologne, je travaille en tant que motion designer etcomme chanteuse singer songwriter.Lukasz Lach: Je suis Lukasz Lach. Je suis compositeur, chanteur et multi-instrumentiste – leaderdu groupe polonais L.Stadt, originaire de Łódź.
Quel est ton parcours ?Lukasz Lach: Depuis mon enfance, la musique est ce qu’il y a de plus important pour moi. Je suisallé à l’école de musique à l’âge de sept ans, et j’ai commencé à me produire sur scène demanière professionnelle à l’âge de onze ans. Dès l’année suivante, avec mon premier groupe,nous avons remporté deux prix lors du plus grand festival de rock en Pologne à l’époque.Adolescent, je jouais dans le groupe L.O.27 – c’était un grand projet commercial, mais avec letemps, j’ai commencé à rêver de plus d’indépendance artistique et de pouvoir m’exprimer avecma propre voix. Cette voix, c’est le groupe L.Stadt, avec lequel je joue encore aujourd’hui.Dans la diversité, je trouve l’unité – j’écris de la musique pour le cinéma, j’ai un projet de musiquerelaxante, je me produis en invité avec le groupe Skaldowie – une légende du baroque poppolonais – et je joue aussi en solo. J’adore jouer.Soniamiki: Après avoir terminé mes études à l’université des arts, j’ai commencé à travailler dansle secteur commercial en tant que motion designer et directrice artistique dans des agencescréatives. En parallèle, je déploie mes ailes en tant qu’artiste, chanteuse et auteure. Je compose àla guitare basse et j’ai sorti plusieurs albums solo.La chanson « L’amour est doux » est la première œuvre commune de Lukasz Lach et Soniamiki –un début très enthousiasmant d’une aventure créative partagée.
Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?Soniamiki: Nous sommes ensemble depuis longtemps. Pour la première fois, nous voulons parlerde notre amour — de ce qui nous unit et nous soude, mais aussi de ce qui nous divise et nousdéchire. Lukasz est principalement responsable de la musique, et moi, principalement desparoles.
Quelles sont tes inspirations ?Lukasz Lach: Je fais de mon mieux pour rester à jour, mais mon cœur bat pour la musique desannées 60 et 70 du monde entier. Ma fascination a commencé avec les Beatles et s’est étendue àtout l’univers des genres de cette époque.Soniamiki: Je puise mon inspiration dans les mélodies mélancoliques et les contrastes. J’aitoujours été profondément influencée aussi bien par Nick Cave que par l’univers coloré etexcentrique de Róisín Murphy ou de Gorillaz…
Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ?Soniamiki:Bolis Pupul „Ma Tau Wai Road”Flora Fishbach „Dans un fou rire”Baxter Dury „Slumlord”Lola Young „Messy”Lukas Lach:Grian Chatten – Last Time Every Time ForeverBeach Boys – Lonely SeaSkaldowie – Zróbmy coś z tym dniemMagdalena Bay – Cry For MeRicky Nelson – Garden PartyBappi Lahiri – Sri Krishna Chant
C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?Lorsque nous sommes restés spontanément pendant presque deux ans en Catalogne française,nous avons cuisiné pour nos amis une soupe polonaise traditionnelle : le Żur (prononcé « jour »). Ils’est avéré que le raifort polonais se mariait à merveille avec la saucisse catalane.
Quels sont tes projets à venir ?Soniamiki:Je termine d’écrire un texte d’amour sur une musique de Lukasz.Nous voulons sortir un nouveau single chaque trimestre.
Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?Un soir, alors que nous étions chez nous (a notre Airbnb à Perpignan) et souhaitions ouvrir unebouteille de vin, nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas de tire bouchon etsommes allés frappé à la porte de la voisine pour lui en demander un. C’est ainsi que nous l’avonsrencontré.Un soir, alors que nous écoutons une ancienne chanson de Lukasz, notre amie lanceavec enthousiasme que la phrase « Une piscine de rosé », que je fredonnais tout bas, devrait enfaire partie — et que c’est cette mélodie qu’il nous faut…Deux ans se sont écoulés depuis cetterencontre, et sa prédiction musicale d’une piscine remplie de vin est bel et bien devenue réalité.
Si tu pouvais 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ce serait qui ?Soniamiki:Depuis mon enfance, j’ai toujours eu le sentiment de connaître tout le monde déjà.Lukas Lach:Stanisław Ignacy Witkiewicz (Witkacy) – un artiste polonais du tournant des XIXe et XXe siècles.Philosophe, écrivain, peintre. Un homme aux multiples talents, en avance sur son temps.Adolescent, je rêvais de rencontrer Witkacy. Mon idole de toujours.Aux yeux du grand public, un artiste controversé et scandaleux, mais pour moi, un hérosshakespearien nostalgique de l’âge d’or. Par son excentricité apparente, il protégeait la perle deson cœur, rempli de vérité, d’amour et d’humanisme.
Un petit mot ou conseil pour la fin ?Soniamiki: Partageons l’amour et le bonheur — c’est le seul perpétuum mobile possible.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui arrivent comme un mojito en fin de mois : inattendus, frais, et foutrement bien balancés. Boujee de Brooke August, c’est ça. Un hymne au plaisir sans prétention, à la classe sans carte gold, à la joie qui s’invite même quand le compte est dans le rouge. Ni sermon, ni cynisme ici — juste un groove qui flirte avec le rétro et des punchlines sucrées salées comme un verre de rosé sur le capot d’une vieille décapotable.
La production, signée Brandon Meagher, fait swinguer le tout sur un lit de claviers veloutés, de lignes de basse feutrées, et ce saxophone… mon Dieu ce saxophone. Il débarque à mi-parcours comme un invité imprévu à une fête sur le toit, celui qui ne dit pas grand-chose mais fout tout le monde d’accord. Brooke, elle, slalome entre néo-soul et pop contemporaine avec un timbre à mi-chemin entre Corinne Bailey Rae et RAYE, et ce quelque chose de désarmant dans la voix, comme une copine qui t’explique que le bonheur se trouve plus facilement dans un snack que dans un sac à main.
Les paroles — co-écrites avec Noah Barlass — ne cherchent pas l’effet de manche, elles tapent juste. “We can be boujee in thrift store jeans,” chante-t-elle, et tout est dit. C’est léger mais jamais vide, drôle mais jamais ridicule. Une réussite d’équilibriste où la mélodie fait le sourire et les sous-entendus la tendresse.
Boujee a ce pouvoir rare d’être à la fois playlistable et sincère, comme un clin d’œil à celles et ceux qui transforment les petits moyens en grandes évasions. Une ode à la débrouille stylée, une carte postale d’un bonheur pas cher mais inestimable. À écouter les fenêtres ouvertes, direction nulle part.
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juillet 28, 2025Pas besoin de fumée ni de miroir. Avec Mafioso, Bagboy Blu plante une ambiance à la frontière du fantasme et du règlement de compte — un film noir revisité en 808 mineures, où le protagoniste rappe plus qu’il ne parle, un œil dans le rétro, l’autre sur l’avenir. C’est un morceau trap mais cinématique, à la croisée de The Sopranos et d’un freestyle de parking.
Le beat claque sec, lourd comme un coffre blindé, mais c’est dans les détails que Blu tisse sa toile : des sonorités glaciales, des nappes discrètes qui évoquent l’Italie sans l’exotiser, et une ligne de basse mafieuse, tout en tension. Le flow, lui, se love dans les interstices du beat avec une précision chirurgicale. Il n’y a ni précipitation ni esbroufe, seulement cette assurance qui fait de chaque mot une balle à blanc ou un tir réel.
Blu endosse ici le rôle du capo sans caricature. Pas de chaînes trop brillantes ni de storytelling de pacotille : son Mafioso est un personnage intérieur, une posture mentale. C’est le rap d’un type qui a dû se construire une armure morale et qui, au lieu de tirer partout, vise juste — parfois même contre lui-même.
On pense à Griselda pour le sens du détail, à Future pour le détachement toxique, mais aussi à la scène drill UK pour cette froideur élégante. Et pourtant, Bagboy Blu ne copie personne. Il murmure ses menaces comme des aveux. Mafioso, c’est la bande-son d’une solitude habillée en survet’, un trône en ruine sur lequel le roi doute, mais ne flanche jamais.
Un track à écouter en boucle dans le noir, ou la main sur la gâchette du cœur.
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juillet 28, 2025On croirait presque à une hallucination sonore, un mirage dressé sur une ligne d’horizon en feu. Et pourtant, Moonlight est bien réel — capté dans une live session en plein désert, comme si La Parade voulait confier leur chanson au ciel ouvert plutôt qu’à un studio cloisonné. Ce morceau, à la fois intime et ample, s’écoute comme on lirait une lettre d’amour écrite à la lumière des phares.
La guitare, suspendue et cristalline, pose les premières pierres d’un édifice mélancolique. Elle n’attaque pas, elle caresse. Une rythmique souple soutient l’ensemble, plus proche du souffle que de la frappe, pendant que les voix se croisent, se répondent, s’enlacent sans jamais se heurter. C’est un chant d’évasion où la sensualité n’a rien de clinquant : elle est feutrée, nocturne, un peu égarée.
On pense à une version française de Rhye ou à un Phoenix ralenti, plongé dans un bain d’onirisme folk. Les arrangements flirtent avec l’ambient sans jamais décrocher du sol, toujours ancrés dans une chaleur organique. L’équilibre est délicat : assez vaporeux pour faire décoller, mais assez incarné pour émouvoir.
Moonlight n’est pas un tube, c’est une respiration. Une halte. Une façon de se rappeler que parfois, ce n’est pas la destination qui compte, mais l’instant capturé entre deux mouvements. Et La Parade sait comme peu d’autres transformer ces instants en ballades lunaires, chargées d’émotion discrète.
Une escale précieuse. Un doux vertige. Un morceau qu’on garde sur soi comme un souvenir qu’on n’a pas envie d’expliquer.
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juillet 28, 2025Pas besoin d’attendre la fin du monde quand on a déjà le chaos entre les deux tempes. Monster Mind de WizardX s’ouvre comme une déflagration mentale, un cri distordu lancé contre les murs invisibles de l’angoisse moderne. On pense à un croisement entre les premières sueurs froides de Muse, la rage retenue de Nothing But Thieves, et les textures gothiques d’un Queens of the Stone Age plus cérébral. Mais l’univers ici est bien à WizardX — viscéral, labyrinthique, hanté par une tension permanente.
Guitares stridentes comme des alarmes internes, batterie syncopée qui cogne comme un cœur en panique, et une voix qui navigue entre clarté douloureuse et fureur contenue : le morceau est taillé comme un champ de mines émotionnelles. Les refrains explosent, les couplets rampent, et dans cette alternance surgit un malaise familier, presque confortable : celui de penser trop fort, trop vite, trop loin.
La production, brute sans être crade, laisse respirer chaque instrument tout en maintenant une pression constante. Rien n’est là pour séduire — tout est là pour secouer. On sent que Monster Mind a été écrit dans une pièce trop sombre, entre deux insomnies, mais avec une lucidité tranchante. C’est un rock qui n’a pas peur de l’introspection, un morceau qui transforme l’overthinking en arme de destruction lyrique.
À une époque où l’on maquille la douleur sous des filtres, WizardX préfère lui donner une bande-son. Et franchement, on aurait tort de s’en priver.
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juillet 28, 2025Il y a ces chansons qui ne cherchent pas à trancher entre le cœur et le corps, entre ce que l’on ressent et ce que l’on tait. Love Like This de Kané est de celles-là : une plongée moelleuse dans le désordre affectif, cette zone grise entre passion et abandon, où le désir se conjugue au flou. Ce n’est pas une ballade triste, ni un hymne à la dépendance — c’est un instant suspendu, entre deux silences.
Sur une prod sensuelle signée Stevie & ITSJAZCO, Kané murmure ses doutes et ses élans, portée par une ligne de basse qui ondule comme une confidence à demi-mot. Il y a quelque chose de moite et feutré dans les arrangements : claviers soul à peine effleurés, kicks assourdis, touches de reverb qui rappellent les nuits sans fin où l’on espère un message, un signe, une suite.
Sa voix, à la fois pleine et fragile, oscille entre H.E.R. et Kehlani, mais sans copier. Kané y déploie son propre souffle — chaud, direct, sans effets de style — pour raconter ces liens sans définition, ces amours sans contrats. « Love Like This » ne cherche pas à expliquer, mais à faire ressentir : le trouble, le manque, le magnétisme d’un regard qu’on ne sait plus fuir ni suivre.
Dans la continuité de Rules, et après son apparition aux côtés de Stormzy dans Big Man, Kané confirme qu’elle écrit des chansons qui s’écoutent autant qu’elles s’éprouvent. Un titre de fin de soirée, quand les corps s’arrêtent mais que les sentiments, eux, continuent de danser.
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juillet 28, 2025Pas besoin de hurler pour secouer les consciences : Woke de Sambol frappe en douceur, comme une onde de choc venue du fond de l’âme. À la croisée de l’afrofusion, du trap éthéré et d’un cloud rap presque mystique, ce morceau semble flotter entre deux mondes — celui du bitume et celui des étoiles.
La production, brumeuse mais vibrante, mêle percussions afro distillées avec parcimonie, nappes synthétiques façon gospel numérique, et basses souterraines qui grondent plus qu’elles ne frappent. On y retrouve une sorte de langueur moelleuse, cette nonchalance calculée typique des scènes emo-rap, mais portée ici par une rythmique et une esthétique clairement panafricaines. C’est Travis Scott qui médite avec Burna Boy au bord d’un lagon lunaire.
Le flow de Sambol est une litanie intérieure : tantôt récité, tantôt chanté, toujours habité. Il parle de lucidité, de réveil, de fatigue aussi. Woke, ici, n’est ni une posture, ni un slogan ; c’est un état d’esprit fiévreux, troublé, presque douloureux — celui de quelqu’un qui a vu à travers le vernis du monde, sans pour autant trouver les mots pour s’en échapper. Il ne dénonce pas, il raconte : les relations fragmentées, la pression sociale, l’envie de silence, les souvenirs brouillés.
Un titre à écouter seul, casque vissé sur les tempes, dans la nuit chaude d’une ville encore éveillée. Sambol signe ici un manifeste intime pour une génération qui doute mais avance, doucement, les yeux grands ouverts.
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juillet 28, 2025Il y a dans Destiny un parfum de solitude cosmique, une errance de nuit blanche passée à scruter les étoiles sans jamais décrocher de réponses. JonesInSpace livre ici un morceau qui a tout d’un carnet de bord d’un astronaute de l’âme, entre ego trip céleste et introspection sans oxygène. Loin des logiques trap ou boom bap trop terrestres, Destiny prend de la hauteur : les kicks sont discrets, la prod respire, les textures s’effilochent comme des traînées de comète. Un flow sobre mais magnétique s’impose, ni pressé ni détaché, comme s’il récitait une prophétie apprise dans un rêve.
Le titre s’ancre dans cette tradition d’un hip-hop onirique et alternatif à la Open Mike Eagle, Isaiah Rashad ou Mick Jenkins : un groove brumeux, du spoken word déguisé en rap, une instrumentation qui évoque plus la suspension que l’impact. Les synthés granuleux s’enroulent autour des mots, la ligne de basse avance à tâtons, et chaque silence est un battement de cœur entre deux décisions.
JonesInSpace ne joue pas au visionnaire, il parle simplement depuis son orbite. Destiny n’est pas une leçon, c’est une question lancée dans le vide, une exploration douce et lucide de ce qui nous pousse à continuer, même quand le sens se brouille. Pas besoin de punchlines spectaculaires ni d’effet de style : l’émotion est là, planante, en apesanteur.
Un morceau pour les insomniaques métaphysiques, les rêveurs fatigués, les astronautes du quotidien.
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juillet 28, 2025Tu n’es pas tout à fait en chute libre, mais tu n’as plus pied non plus. Acrophobia, le nouveau morceau d’Apollo Jones, t’embarque dans ce no man’s land affectif où l’amour ressemble plus à une corniche qu’à un refuge. Le titre, littéralement « peur des hauteurs », est un aveu masqué : celui d’un cœur qui veut s’élever mais qui flippe de tomber. Et cette tension sourde, Apollo la décline en textures, en groove étiré, en nappes cotonneuses qui vibrent comme un souffle retenu.
Sur une prod minimaliste mais méticuleuse — quelque part entre Brent Faiyaz et serpentwithfeet — Apollo Jones laisse traîner sa voix comme un funambule sur une ligne mélodique volontairement fragile. La basse est chaude mais distante, les synthés flottent comme des halos urbains à l’heure bleue, et les chœurs, à peine murmurés, arrivent comme des échos de pensées qu’on n’ose pas prononcer tout haut.
Il ne s’agit pas ici de hurler son mal ou de surjouer la vulnérabilité. Acrophobia fonctionne justement parce qu’il refuse l’exagération. Chaque silence pèse. Chaque accord suspend le temps. Apollo construit une ballade sensuelle et anxieuse, qui ne cherche pas à résoudre le vertige, mais à l’habiter avec grâce.
Ce morceau, c’est une nuit d’été passée à fixer un plafond inconnu, allongé à côté de quelqu’un qu’on aime sans savoir si ça va durer. C’est une confession qu’on fait sans jamais la terminer. Un morceau pour ceux qui, parfois, ont aussi peur d’être aimés que de tomber.
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juillet 28, 2025Sur Heart Breaks & Dollar Signs, Its Mar déroule le film trouble d’une époque où l’intime flirte avec le matériel, où les battements du cœur résonnent dans le même tempo que celui d’un compte bancaire qui vacille. Mais ici, la douleur ne pleure pas en silence — elle groove. Et elle groove avec style, sur des lignes de basse moelleuses, des cuivres timides et une ambiance à mi-chemin entre Lagos et Minneapolis, héritière de Prince, Ebo Taylor et Anderson .Paak.
La production est solaire et suave, mais elle n’essaie pas de masquer les fêlures — au contraire. Derrière ce funk néo-soulé qui fait hocher la tête, Its Mar laisse filtrer les désillusions d’un cœur qui a trop donné, trop cru. Les percussions aux accents afro, discrètes mais nerveuses, insufflent une dynamique organique qui contraste avec la nonchalance de son chant : un spoken soul presque chuchoté, parfois presque blasé, comme s’il murmurait à une ex qu’il n’a jamais vraiment quittée.
Les arrangements, eux, flirtent avec l’élégance d’un jazz-feutré sans basculer dans l’élitisme — c’est accessible, instantané, mais jamais simpliste. Chaque détail compte : les nappes chaudes qui caressent, les silences qui laissent le groove respirer, les petits riffs de guitare funk qui font office de ponctuation émotionnelle.
Mais la vraie réussite de Heart Breaks & Dollar Signs, c’est son équilibre fragile entre douceur et lucidité. Its Mar ne joue pas au lover ni au prophète, il raconte ce que c’est que d’aimer dans un monde où le capitalisme te regarde même au lit. Il n’y a pas de morale ici, juste des constats enveloppés de velours et une basse qui console mieux que mille mots.
Un slow-burner pour danser seul dans sa cuisine à 2h du mat en pensant à ce qu’on a perdu. Ou à ce qu’on n’a jamais vraiment eu.
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juillet 28, 2025Pas besoin de casque ni de parachute, Adrenalina te balance direct dans le vide avec les nerfs à vif et les poings serrés. Krevo signe ici un uppercut sonore, une fusion incandescente entre trap incisif, rock moderne et rap alternatif à la sauce latino. Une montée d’angoisse canalisée en énergie brute, un cri intérieur transformé en pulsation rythmique — le morceau te prend à la gorge et ne te lâche plus.
Dès les premières mesures, la prod installe un climat tendu : 808 massifs, nappes menaçantes, puis ce flow tranchant qui débite comme une mitraillette à punchlines. Krevo rappe avec les tripes, lâchant des références pop-culture comme des grenades – Victorinox, Top Gun, Jackass – pour mieux tatouer son imaginaire sur la rétine de l’auditeur. Ce n’est pas du name dropping gratuit : chaque image sert le propos, chaque mot est une éraflure dans le miroir.
Et puis surgissent les guitares. Brutes, saturées, elles n’arrivent pas en gimmick mais en point d’orgue dramatique, en carburant pour la dernière ligne droite. Le morceau prend feu sur un final en double tempo, où Krevo lâche les freins pour entrer en transe verbale. On pense à Machine Gun Kelly époque Tickets to My Downfall, à Duki version catharsis, mais aussi à Eminem dans ses moments les plus urgents.
Adrenalina n’est pas juste une chanson pour “s’échauffer avant le sport” — c’est un manifeste de survie émotionnelle. Un titre pour les jours où l’on brûle de l’intérieur, où il faut que ça sorte, que ça explose, que ça répare aussi. Une claque sous stéroïdes pour ceux qui refusent de sombrer sans se battre.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui sentent le bitume tiède et les rêves en rodage. 1 DAY, de Zanotti, est de ceux-là. Un track frontal, sans détour, où chaque punchline tape comme un uppercut dans le plexus de la procrastination. C’est du rap motivé, motivant, pas dans le cliché “rise and grind”, mais dans une sincérité crue : tu veux un truc ? Va le chercher. Un jour. Mais pas sans t’y mettre aujourd’hui.
Sur une prod boom-bap modernisée, aux drums claquants et à la ligne de basse qui roule comme un train de banlieue lancé, Zanotti balance ses couplets avec une urgence maîtrisée. Le flow est limpide, tonique, presque martial, mais jamais agressif — on est dans l’appel au dépassement, pas dans la posture.
Puis surgit Persepolis, en français dans le texte, et ça percute : “Tant qu’on a l’air, on a l’heure / Le succès n’a pas d’agenda / Mais faut lui courir après, frère.” Son accent mêlé d’outre-Manche ajoute un charme bancal, mais justement, ça fonctionne : ce morceau n’est pas léché, il est réel. Deux voix, deux langues, deux visions croisées d’un même objectif : persister. Grandir. Percer. Et ne pas attendre la validation de personne pour le faire.
Pas de refrain mielleux, pas d’autotune, pas de gimmick TikTok-ready. 1 DAY, c’est un hymne pour ceux qui vivent leur come-up dans l’ombre, avec la dalle et le doute comme seuls compagnons. C’est du rap de débrouille, mais qui vise haut — comme une main levée vers un ciel qu’on rêve de redessiner. Un jour. Inchallah.
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juillet 28, 2025Pas de hook catchy. Pas de façade. Juste une voix, des silences, des fêlures qui suintent sous la peau. Avec hated father, Mati livre un titre bouleversant, un cri sourd à hauteur d’homme. Ni héros, ni salaud, juste un père qui doute. Un père qui reste. Un père qui casse.
Sur une production minimaliste, entre nappes R&B éthérées et beat boom bap poussiéreux, Mati construit un espace fragile où chaque mot pèse lourd. Pas d’effet dramatique superflu, pas de pathos artificiel – ici, le storytelling est à fleur d’os. La ligne de basse, chaude mais grave, soutient des notes de piano voilées, comme des souvenirs qu’on n’ose plus convoquer. L’ambiance rappelle les confessions de Mick Jenkins, les introspections de Isaiah Rashad ou encore les ballades décharnées de Navy Blue.
Mati ne cherche pas la rédemption. Il expose. L’échec de la parole. L’ambivalence d’un amour cabossé. Le paradoxe d’un rôle qu’on endosse sans manuel. Le texte s’écoute comme une lettre jamais envoyée, ou peut-être lue trop tard : “I stayed. I fucked up. I didn’t know how to love without disappearing.” On devine entre les lignes les silences de famille, les regards détournés, les absences trop longues, les présences trop courtes.
Le morceau tient en équilibre sur le fil tendu de la masculinité contemporaine. Celle qui vacille entre pression sociale et besoin de tendresse. Entre rester debout et pleurer sans témoin. Mati n’offre pas de réponse, mais il ouvre une brèche — et dans cette brèche, c’est peut-être là que ça commence à guérir.
Un morceau important. Un morceau courageux. Un morceau qui parle à ceux qui n’osent pas.
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juillet 28, 2025Imagine une rave organisée dans un manège d’aéroport abandonné, où les hôtesses de l’air dansent en bottes à plateforme, les passagers crient des slogans dadaïstes, et un hélicoptère rose fluo s’élève au rythme d’un beat punk eurotrash. Voilà Coco Copter, le dernier missile à tête chercheuse signé Little Big, autoproclamés « Rois du brainrot italien », toujours plus loin dans l’absurde, toujours plus fort dans la satire, toujours plus Little Big.
Et si tu pensais que “Skibidi” avait atteint le pic de leur délire maximal, détrompe-toi. Ici, le groupe russe exilé à L.A. appuie sur tous les boutons à la fois : BPM survoltés, basses crado dignes d’un vieux remix de Scooter passé au broyeur industriel, synthés façon Eurodance post-nucléaire et chants absurdes scandés avec l’enthousiasme d’une armée de mascottes en surchauffe. Coco Copter, c’est un hymne de fin du monde sous MDMA, un hommage aux GIFs malaisants, une ode au chaos.
La vidéo, évidemment, est une performance à elle seule : entre une poursuite digne d’un dessin animé sous acide et des clins d’œil à Skibidi Toilet, Little Big tisse un univers à la fois satirique et déjanté, où chaque plan est une punchline visuelle. Leur génie ? Rendre le ridicule irrésistible, le too-much jouissif, et la répétition virale.
En pleine guerre, après avoir fui la Russie pour leur opposition publique à l’invasion de l’Ukraine, Ilya Prusikin et Sonya Tayurskaya transforment leur absurdité en acte politique. Le grotesque comme résistance. Le kitsch comme insulte à la censure. Coco Copter, ce n’est pas qu’un mème sonore : c’est un doigt d’honneur tournoyant, un dancefloor en hélice, un art de l’ironie poussé à sa vitesse de croisière.
Prépare-toi à fredonner ce refrain débile pendant trois jours sans comprendre pourquoi. Welcome back dans le vortex Little Big. Bon courage pour l’atterrissage.
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juillet 28, 2025Il n’y a pas de montée en puissance. Pas de climax attendu. Pas de refrain radiophonique. Juste un glissement progressif, addictif, vers quelque chose de viscéral, d’instinctif, de moite. Avec Young, Sofasound signe un banger de club magnétique, presque narcotique, calibré pour ces moments de nuit où tout devient flou — les regards, les intentions, les limites.
South Florida comme décor mental : une moiteur fantasmée, entre artifice lumineux et tension organique. Ici, la house ne cherche pas la frénésie euphorique mais le groove rampant, celui qui se faufile sous la peau et fait onduler les basses dans le bas du ventre. Sofasound, à la fois producteur et vocaliste sur ce track, incarne ce double mouvement : extérieur/intérieur, énergie retenue/déferlante maîtrisée. Sa voix, à peine susurrée, nargue et caresse tout à la fois. Elle vient se poser en surimpression sur une rythmique bass house millimétrée, teintée de glitchs électroniques et de textures liquides, évoquant aussi bien les expérimentations de San Holo que les beats troubles d’un Burial club-friendly.
Il y a du sexe, du spleen et du contrôle dans Young. Quelque chose de sensuel mais distancié, comme un slow qui se danse seul, les yeux mi-clos, dans une pièce pleine. Ce n’est pas une chanson d’amour. Ce n’est pas non plus un morceau à pogoter. C’est un état. Un entre-deux. Un instant suspendu entre lucidité et abandon.
Parfait pour les sets underground, les playlists nocturnes ou les moments d’introspection stylée, Young ne cherche pas à séduire tout le monde. Il vise juste — et touche en plein cœur ceux qui ont déjà connu cette heure du soir où on ne sait plus très bien qui l’on est, mais où l’on se sent infiniment vivant.
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juillet 28, 2025C’est une chanson qui ne s’excuse de rien. Ni de ses ambitions pop, ni de ses racines multiples, ni de son éclat solaire. Shine Like Gold, nouveau titre de Biggie Fresh, est un hymne à l’élévation personnelle, au métissage joyeux, au droit d’exister dans toute sa pluralité. Afro-pop, reggae digital, pop-rap et refrains entêtants se télescopent ici pour donner naissance à un tube hybride, précis, irrésistible.
Dès les premières secondes, on est happé par une rythmique mid-tempo chaleureuse, quelque part entre le groove dansant du dancehall et la fluidité des beats afrobeats nigérians. Le kick tape sec, la basse rebondit souplement et un petit riff de guitare filtré vient ajouter cette touche tropicale qui évoque à la fois Lagos, Kingston et Atlanta. L’ensemble est produit avec soin mais sans surcharge, laissant l’espace respirer autour de la voix de Biggie Fresh.
Car c’est bien là que la magie opère : dans ce flow souple et affirmé, dans cette voix qui semble sourire même quand elle clame la rage de vaincre. Biggie Fresh ne joue pas la carte de l’arrogance — il choisit plutôt la lumière, la résilience, le récit d’un parcours qui brille non pas parce qu’il a été facile, mais parce qu’il a été assumé. « Shine Like Gold », répète-t-il comme un mantra, un appel à rayonner envers et contre tout, dans un monde qui tente souvent d’éteindre ce qu’il ne comprend pas.
Là où certains titres de la même veine auraient pu sombrer dans le feel-good facile ou l’afrobeats de carte postale, Shine Like Gold fait mieux : il raconte une histoire de transformation. Une mue musicale autant qu’identitaire. Entre rap de confession, refrains pop et textures afro-électriques, Biggie Fresh signe un track aussi fédérateur qu’intime. À la fois confession, déclaration d’indépendance et banger d’été.
C’est lumineux, sans être naïf. Dansant, sans être creux. Et ça brille — vraiment — comme de l’or.
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juillet 28, 2025Il y a des chansons qui ne crient pas, mais qui hantent. Red to Blue de STRNDED est de celles-là. Une pièce minimaliste, suspendue entre deux états d’âme, qui évoque la transition douce-amère entre la passion brute (le rouge) et la mélancolie bleutée de l’après. Le titre, chromatique autant qu’émotionnel, agit comme une teinte qui se dilue lentement dans l’eau d’un souvenir.
STRNDED joue la carte du dépouillement maîtrisé. La production, à la croisée d’un R&B contemporain à la James Blake et d’une esthétique DIY façon Dijon, repose sur une base feutrée : quelques accords épars de synthé, une ligne de basse chaude et liquide, une rythmique quasi subliminale. Mais c’est justement cette économie de moyens qui donne au morceau toute sa puissance évocatrice. Chaque son semble respirer, comme si l’espace entre les notes comptait autant que les notes elles-mêmes.
La voix, elle, est l’instrument principal. Elle avance en apesanteur, douce mais éraflée, comme un murmure qui se serait perdu dans une chambre vide. STRNDED n’en fait jamais trop — il chuchote plus qu’il ne chante, parle à mi-voix aux fantômes de ses sentiments. Il y a dans son interprétation quelque chose de l’ordre du journal intime : brut, non filtré, authentique.
Musicalement, Red to Blue s’inscrit dans cette nouvelle vague de l’Alternative R&B qui préfère l’introspection au spectacle, l’ombre à la lumière crue. On pense à Frank Ocean pour la pudeur, à Steve Lacy pour les textures lo-fi, à Sampha pour la douleur contenue. Mais STRNDED n’imite pas : il distille. Son univers est plus spectral, presque cinématographique, comme un traveling arrière sur une scène de rupture qu’on rejouerait en boucle dans sa tête.
Red to Blue, ce n’est pas une chanson d’amour. C’est une chanson de déclin amoureux, de teintes qui pâlissent, de souvenirs qui s’effacent avec lenteur et beauté. C’est aussi une démonstration sobre mais précise de ce que peut être l’Indie R&B aujourd’hui : un art du silence, du presque rien, de l’émotion retenue. Un morceau à écouter seul, tard, quand la lumière tombe et que les couleurs commencent à changer.
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juillet 28, 2025Ce n’est pas juste une collaboration, c’est une conversation à trois voix. Une bulle de sensualité cousue main entre Ottawa, Lagos et l’invisible. Avec Call On Me, Chrissy Spratt s’aventure sur un territoire gorgé de soleil et d’incertitude — celui de l’amour incertain mais tenace, dans la langue vibrante des corps qui dansent pour ne pas s’effondrer.
Le morceau est construit comme une ligne de confiance tendue entre les continents. Une base Amapiano à la pulsation enivrante, des nappes R&B liquides comme du miel noir, et des percussions dancehall qui frappent doucement, comme des battements de cœur hésitants. Le groove est minimaliste, presque discret, mais jamais effacé — il laisse la place à l’émotion, il crée le vide pour mieux faire vibrer les silences.
Nonso Amadi ouvre le bal avec une tendresse grave : sa voix glisse, flirte avec l’ombre sans jamais s’y perdre. Il improvise, on le sent : c’est du premier jet, de l’organique, de l’instinct. Chrissy Spratt lui répond sans effort, sa voix douce mais décidée, comme une promesse qu’on se répète dans le noir. Il y a chez elle une lucidité lumineuse, une mélancolie apaisée qui ne cherche pas à masquer la faille. Et puis, dans le dernier virage, Serøtonin surgit : voix nébuleuse, quasi éthérée, il ne pose pas juste un couplet, il dessine un climat. Son timbre flotte, en suspension, et termine de faire du morceau un objet rare — hybride, sans genre fixe, mais à la cohérence instinctive.
La force de Call On Me, c’est son refus du spectaculaire. C’est une déclaration murmurée à demi-mot, un chant pour ceux qui aiment avec les mains tremblantes mais le cœur entier. Pas besoin d’artifice quand le groove est juste et que les voix racontent vrai. C’est une chanson à écouter la fenêtre ouverte, en pensant à celle ou celui qu’on n’ose plus appeler. Une bande-son pour les messages jamais envoyés.
Avec Call On Me, Chrissy Spratt signe son morceau le plus transcontinental et le plus intime. Une ode à l’attachement malgré la tempête, quelque part entre amapiano thérapeutique, slow jam digital et confession 2.0.
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juillet 28, 2025Un beat sec, sans esbroufe, à l’ancienne. Une nappe sombre, un kick qui claque comme une porte qu’on referme sur ses illusions, et puis cette voix : granuleuse, tendue, plus tranchante qu’un scalpel dans un couloir d’hôpital de nuit. Shot Down n’est pas un morceau, c’est un verdict. Celui d’une génération de MCs qui refusent de baisser les yeux, même quand la vie leur colle un canon sur la tempe.
JRoberts, figure torontoise de l’underground au flow droit comme un uppercut dans les règles, s’associe ici à Ren Thomas pour un échange à balles réelles. C’est du BoomBap pur jus, dans la lignée des Prodigy, AZ ou Roc Marciano : pas de gimmicks, pas d’autotune, juste du vécu jeté sur des mesures comme des pavés dans une vitrine.
Le flow de JRoberts est tendu à l’extrême, précis sans jamais perdre sa rage. Il balance des images comme on balance des vérités qu’on n’a pas envie d’entendre. La rue n’est pas ici un cliché romantique : c’est un décor gris, avec ses codes, ses fantômes, ses pièges. On y sent le froid du trottoir, les ombres qui passent, la routine du danger. Ren Thomas, de son côté, entre comme un frère d’armes : voix rocailleuse, débit implacable, il parachève le tableau avec une maîtrise clinique et une sincérité sans vernis.
Mais au-delà du flow, ce sont les arrangements qui méritent le détour : production minimaliste et granuleuse signée dans la plus pure tradition East Coast, sample crissant qui semble sortir d’un vieux vinyle retrouvé sous la poussière, et une dynamique old school parfaitement assumée, qui fait la part belle aux silences tendus autant qu’aux punchlines chirurgicales.
Shot Down n’a rien d’un morceau de plus dans la playlist d’un algorithme. Il s’écoute les yeux ouverts, dans la pénombre d’un monde qui chancelle. C’est une lettre ouverte aux oubliés, aux pères épuisés, aux poètes de béton qui continuent d’écrire quand tout pousse à se taire.
Et si vous pensiez que le rap conscient avait déserté les trottoirs, écoutez Shot Down. Il est toujours là. Plus affûté que jamais.
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juillet 28, 2025Ce n’est pas une louange. Ce n’est pas un sermon. Ce n’est pas non plus une simple chanson de R&B contemporain. I Need Faith de Will Ngonga se tient ailleurs, dans ce territoire fragile entre un cœur brisé et une main tendue vers le ciel, entre l’ombre du doute et la lueur obstinée de la confiance.
Sur une production douce et cristalline, bercée par des influences Afrobeats à peine effleurées — quelques percussions percolantes, un groove qui respire — Will tisse une supplique intime, presque murmurée. On ne frappe pas à la porte du ciel ici, on la caresse. Il n’y a ni colère, ni triomphe. Juste la sincérité nue d’un homme qui vacille, mais refuse de tomber sans espérer.
La voix de Will Ngonga est habitée. Elle n’explose jamais, mais elle pulse d’émotion retenue, de larmes étouffées par la pudeur. Il y a dans sa façon de chanter une forme de respect pour le silence, comme si chaque note était une prière soufflée entre deux soupirs. On pense aux échos délicats de DOE ou à la ferveur minimaliste de Sam Rivera : ce sont les silences qui chantent, ici. Les creux. Les fissures.
Musicalement, I Need Faith fait le pont entre le gospel introspectif et les textures suaves du R&B alternatif, avec des arrangements sobres mais pleins de grâce. L’instru ne cherche jamais à séduire par l’esbroufe : elle accompagne, soutient, entoure. Comme une main sur l’épaule, comme un souffle divin.
Et puis il y a les mots. Simples, presque anodins, mais chargés de ce qu’on ne dit qu’à Dieu. Des mots de fatigue, d’attente, de confiance éreintée. C’est cette honnêteté qui bouleverse. Car au fond, I Need Faith parle de nous tous. De cette lutte secrète entre croire et céder, entre la foi comme lumière et la foi comme combat.
Un morceau pour les nuits sans sommeil, pour les matins sans réponses. Un morceau qui ne promet pas de miracle, mais qui en est peut-être un.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui pleurent à l’intérieur tout en dansant. Passion d’Elon en fait partie — un slow désarticulé, tissé de cicatrices digitales, où le cœur bat sous une nappe de brume synthétique. On ne sait pas si c’est une confession, une hallucination ou juste un rêve lucide passé sous les filtres d’un 4h du matin solitaire. Mais ce qui est sûr, c’est que ce morceau flotte. Et il laisse des traces.
Le beat s’installe doucement, sur un tempo suspendu, presque ralenti volontairement, comme si le temps refusait d’avancer. Les nappes ambient embrassent les drums avec tendresse, pendant qu’un nuage de hi-hats s’évapore en fond de décor. C’est du cloud hop dans sa version la plus intime — une esthétique à la fois lo-fi et chirurgicale, pensée pour ceux qui écoutent avec les nerfs, pas juste les oreilles.
Elon murmure plus qu’il ne rappe. Sa voix glisse, autotunée à l’extrême, à mi-chemin entre un chant qui vacille et un monologue intérieur. Mais au lieu d’effacer l’émotion, ce traitement l’exacerbe. Chaque ligne suinte le doute, l’attachement, l’envie de ressentir encore — malgré les coups, malgré le vide.
On pense à les vrais débuts d’XXXtentacion, au spleen romantique de Joji, ou aux textures brisées d’un James Blake version SoundCloud. Mais Elon ne copie pas. Il digère ces influences pour fabriquer une matière sensible, oscillante, à la frontière du R&B, de l’emo-rap et d’une sorte de soul algorithmique.
Passion n’est pas une déclaration. C’est un vertige. Une chute douce dans un espace flou, où l’amour n’est jamais simple, mais toujours brûlant. Un morceau pour ceux qui n’arrivent pas à dire « je t’aime », mais qui le ressentent trop fort.
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juillet 28, 2025Il n’attend pas qu’on l’invite. Il force la porte, sans fracas mais avec la détermination de ceux qui n’ont jamais rien eu à perdre, et encore moins à prouver. On The Rise, le nouveau single de CZZ, n’est pas un cri, c’est un grondement. Un souffle long, contenu, tendu comme un câble électrique qui menace d’exploser à chaque mesure.
Ici, le trap ne clignote pas dans les néons : il rampe sous la peau. La production minimaliste, presque claustrophobe, laisse la voix au premier plan — brute, sèche, tranchante. Pas de gimmick gratuit, pas de mélodie enjôleuse. Juste un rythme martial, coupé à l’os, et des basses qui font vibrer les organes. On pense à l’énergie early de 21 Savage ou au dépouillement d’un Lil Durk première époque, mais avec une gravité moins théâtrale, plus enracinée.
On The Rise ne parle pas de réussite, mais de cette zone grise qui précède : celle où le rêve est encore flou, où l’ambition flirte avec la paranoïa. CZZ ne se pose pas en héros, ni en martyr. Il raconte l’entre-deux, le dur réel, sans posture. C’est cette honnêteté-là qui frappe. Dans un monde saturé de performances et d’apparences, son flow carré, presque désabusé, sonne comme une déclaration froide et lucide : il monte, oui, mais il sait ce que ça coûte.
Et c’est sans doute là que réside la force du morceau : dans sa capacité à faire sentir le poids de chaque pas, sans jamais trahir l’élan. Une montée sans champagne ni feux d’artifice, mais avec une certitude : le sommet se mérite dans le silence.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui ne s’écoutent pas seulement avec les oreilles. 99 en fait partie. C’est un battement intérieur, une marche invisible qu’on entame sans même le vouloir, comme si le tempo réveillait un souvenir enfoui dans le corps.
Fraesh ne signe pas simplement une chanson d’afro-fusion de plus, il ouvre un espace : celui des failles, des luttes, des silences qu’on traverse à bas bruit. 99 se construit dans cette tension douce entre fragilité et puissance, entre le souffle de la douleur et le grondement sourd de la volonté. La production, élégamment rugueuse, épouse les formes mouvantes d’un beat percussif et viscéral, sur lequel viennent se greffer des nappes mélodiques presque célestes. On croit y entendre l’écho lointain d’un griot numérique, chantant la résilience de ceux qu’on n’a pas vus tomber.
Ce n’est ni solaire, ni triste : c’est réel. Le morceau ne cherche pas à enjoliver la lutte, mais à l’habiter. Il y a dans 99 cette forme de spiritualité profane propre à la world music quand elle ne cherche pas l’exotisme, mais l’ancrage. Une transe maîtrisée, dont la voix de Fraesh devient la boussole, vibrante et déterminée, entre appel et incantation.
Il y a quelque chose d’ancien dans ce titre. Comme si 99 portait le souvenir d’un village qu’on n’a jamais connu, mais qu’on reconnaît. C’est un chant de l’intérieur, pour ceux qui continuent malgré tout. Pour ceux qui marchent dans l’ombre avec l’espoir collé au talon. Un mantra sans fin pour corps fatigués mais cœurs debout.
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juillet 28, 2025Il n’y a pas toujours de tristesse dans la solitude. Parfois, elle groove. Parfois, elle prend la forme d’un beat qui claque doucement contre les murs d’un appartement trop silencieux. C’est précisément dans cette faille que s’engouffre Lonely, le dernier morceau signé Mark Weatherley — à mi-chemin entre la house old-school et les vapeurs glitchées de la future garage, avec ce parfum mélancolique si typique des clubs londoniens à 5h du matin.
On entre dans Lonely comme on glisse dans un souvenir trouble : le kick est profond, mat, presque feutré, comme une pulsation qui vient de l’intérieur. Autour, des nappes synthétiques s’épaississent puis se dissipent, comme de la buée sur une vitre froide. Les textures sont organiques mais digitales, granuleuses sans être abrasives, oscillant entre electronica rêveuse et broken beats taillés pour l’introspection post-rave. Un jeu d’ombres et de lumière sonore qui rappelle les travaux de Burial ou Four Tet, mais avec une chaleur presque tactile, comme si la machine voulait nous prendre la main.
Weatherley ne cherche pas le drop spectaculaire ou la montée euphorique. Il préfère le frisson discret, celui qui naît d’un détail d’arrangement — une ligne de basse subtilement désaccordée, un sample vocal murmurant quelque chose d’indéchiffrable mais essentiel. On croit danser. En réalité, on flotte. Ou peut-être qu’on se souvient.
Dans Lonely, la solitude n’est pas un manque, mais un état d’apesanteur. Un lieu mental où l’on danse seul, oui, mais en écho à tous les autres solitaires connectés au même tempo fragile. Une invitation à se perdre pour mieux s’habiter.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui ne s’écoutent pas — ils s’inhalent, comme une vapeur chaude remontant des trottoirs encore fumants de Los Angeles après un après-midi de juillet. Love You Like That, nouveau single des Altons, appartient à cette famille d’instants suspendus : ni tube estival forcé, ni revival collé au passé, mais une chanson entre chien et soleil, douce comme une fin de journée sur le siège passager d’une décapotable.
Le groove est midtempo, mais jamais paresseux. Une basse feutrée déroule un tapis velours sous les doigts dansants d’un piano façon Motown pastel. Les percussions, discrètes, effleurent les syncopes avec tendresse. Et puis cette voix — sucrée mais pas sirupeuse — qui glisse sur le refrain comme un baiser déposé à la volée dans le cou d’un amour retrouvé. On pense aux Delphonics, à Mayer Hawthorne, ou à la face la plus lumineuse de Charles Bradley, mais sans nostalgie muséale. Les Altons n’impriment pas une époque, ils la rejouent comme on rêve d’un souvenir inventé.
Ce titre est une carte postale sonore trempée dans le jus d’un Los Angeles rêvé. Il sent la vanille, la peau chauffée, les vinyles poussiéreux qu’on déniche dans une brocante de Highland Park, et les films super 8 tournés à l’arrière d’un bus en direction de nulle part.
Ce qui rend Love You Like That si attachant, c’est cette capacité à raconter une romance sans surcharge : le morceau ne surjoue rien, il cueille un moment. Deux regards échangés, une main sur une épaule, une envie de danser sans raison. C’est une chanson à fredonner fenêtres ouvertes, cœur entrouvert, entre hier et demain.
Et si l’amour n’était rien d’autre qu’un groove simple, ensoleillé, qu’on peut enfin s’offrir sans demander la permission ? Les Altons semblent l’avoir compris mieux que quiconque.
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juillet 28, 2025On croyait avoir tout entendu du reggae — ses syncopes enivrantes, ses messages de paix ou de révolte, ses racines en terre brûlée de Kingston. Mais Rastaz Paradise, dernier ovni signé Biggie Fresh, surgit comme une carte postale venue du futur. Ici, les palmiers vibrent au rythme des machines. Les chœurs semblent montés sur rails. Et le riddim, bien que solaire, avance avec la précision d’un logiciel bien câblé.
Biggie Fresh n’est pas un artiste comme les autres. C’est un ACAP — un AI Collaborative Artist Producer — qui fusionne écriture humaine et production assistée par intelligence artificielle. Un Frankenstein créatif en quête de grâce. Pourtant, Rastaz Paradise n’a rien d’un exercice de style froid ou désincarné. C’est un morceau chaud, luxuriant, qui transpire autant la nostalgie des plages que les néons d’un club digital.
Les arrangements jouent sur l’ambiguïté : un skank de guitare légèrement flouté, une basse ronde qui semble parler dans une langue oubliée, des harmonies vocales qui planent comme un encens léger au-dessus d’une rythmique impeccable. Il y a du Bob Marley reloaded, du Damian passé à la moulinette algorithmique, du Jain version roots 3.0. Mais ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Biggie Fresh fait dialoguer spiritualité et groove, intuition et artifice.
Rastaz Paradise, c’est un exil intérieur en pleine jungle numérique, un dancehall mystique où l’on célèbre l’amour, le doute, la mémoire et les possibilités infinies de la création augmentée. Ce n’est pas une révolution. C’est une élévation. Une manière nouvelle de faire danser le monde sans trahir l’âme du reggae.
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juillet 28, 2025Il y a dans Bàwà cette sensation rare d’un morceau qui semble avoir toujours existé. Comme une chanson que ta grand-mère aurait fredonnée dans la cuisine sans jamais t’en donner le titre. Skerid Skhalifa, à la fois conteur et architecte sonore, n’empile pas des beats : il invoque une mémoire. Celle d’une Afrique urbaine qui danse autant qu’elle guérit, qui célèbre autant qu’elle questionne.
Le titre démarre sobrement, avec une ligne de basse chaude et une guitare highlife qui se glisse, presque timide, dans l’espace. Mais très vite, les choses s’ouvrent : percussions digitales, synthés scintillants, et cette voix — ronde, patinée, profondément enracinée. La production est moderne mais jamais clinquante. Chaque son est là pour servir une émotion : celle de l’appel, du manque, peut-être d’un pardon.
Dans Bàwà, le corps est invité à bouger, mais l’âme, elle, reste suspendue. C’est là toute la force de Skhalifa : fusionner la chair et l’esprit, faire d’un groove dansant un espace de confession. Il y a quelque chose de très Wizkid dans cette manière de s’adresser à l’intime par la célébration. Mais Skhalifa y ajoute une gravité, une intériorité palpable.
Ce n’est pas un tube de plage — c’est un rituel sous les étoiles. Bàwà ne cherche pas à séduire, il veut résonner. Et il le fait. Longtemps après la fin du morceau, on se surprend à fredonner la ligne mélodique, comme si elle avait toujours fait partie de nous.
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juillet 28, 2025Il ne faut parfois qu’un souffle pour qu’un battement d’ailes devienne une prière. Avec When Doves Fly, Apollo Vizion ne chante pas, il libère. Dans cette ballade R&B éthérée, lentement suspendue entre ciel et cendre, il murmure l’adieu universel, celui qu’on évite, qu’on retarde, qu’on rêve de repousser. C’est un chant sur la fin de tout — la douleur, la joie, la vie elle-même — et pourtant, dans cette dislocation douce, il y a une beauté souveraine.
La production suit ce fil d’effacement progressif. Les nappes ambient s’étirent comme des souvenirs flous, portées par des textures lo-fi et des touches de piano granuleuses. Le beat, discret mais ferme, agit comme un rappel au sol, une pulsation cardiaque qui bat sous la torpeur. On est quelque part entre James Blake et Frank Ocean période Blonde, mais en plus dépouillé, presque spectral.
La voix d’Apollo Vizion, elle, flotte à la lisière de l’intime et de l’universel. Elle semble sortie d’un rêve, ou d’un souvenir trop ancien pour être restitué. Chaque mot semble trembler sous le poids de l’acceptation. Pas de colère ici, pas de nostalgie vengeresse. Juste la reconnaissance douce-amère que tout finit — et que dans cette fin, il y a peut-être un début invisible.
When Doves Fly ne cherche pas à raconter une histoire. Il la laisse s’effacer. Comme un dernier regard échangé dans un aéroport désert, comme une plume tombée sans bruit. Une méditation mélancolique sur l’impermanence, offerte avec pudeur, comme un secret confié au vent.
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juillet 28, 2025Pas de gimmick, pas de détour. CALL IT WHAT IT IS frappe comme un pamphlet électrique, une prière sans foi à ceux qui détournent le regard. Sur une production hybride entre hip-hop alternatif, house déstructurée et RnB abrasif, Webmoms et Dizraeli s’unissent pour livrer une charge politique aussi froide que vitale. Ici, chaque mesure est une balafre, chaque ligne une alerte. Ce n’est pas une chanson, c’est un cri pensé.
Dizraeli, qu’on connaît pour son spoken word viscéral, sculpte des vers à l’os, sans lyrisme de trop, sans vernis émotionnel — juste la vérité nue, celle qu’on préfère ignorer. Les chiffres tombent comme des balles, les noms comme des pierres. La voix, posée mais insoumise, semble lire un rapport d’autopsie sur une humanité qui aurait raté sa chance de rester debout.
Face à lui, Webmoms construit une architecture musicale élastique et grave. La rythmique tangue, presque incertaine, comme si elle-même refusait la linéarité. Des nappes électroniques viennent hanter l’espace, tandis que les basses claquent comme des rappels à l’ordre. On pense à James Blake en colère, à Burial sans sommeil, à un Tricky plus lucide que jamais.
CALL IT WHAT IT IS ne cherche pas à séduire. Il accuse. Il documente. Il dérange. Et c’est précisément ce qui le rend indispensable. À l’heure où l’opinion publique se dilue dans des posts sans mémoire, cet hymne brûlé par l’indignation rappelle qu’il existe encore des artistes qui regardent le monde en face, sans filtre, sans compromis. Un acte de résistance sonore.
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juillet 28, 2025C’est une virée. Une échappée-belle en clair-obscur, au volant d’une décapotable imaginaire filant à travers les artères d’une ville un peu floue. “X-PRESSO”, le dernier morceau du collectif CINQ, s’écoute comme on boit un cocktail à 16h : avec un sourire en coin et une légère angoisse en fond de gorge.
Ici, le cloud hop s’infuse dans une filter house à la française, où les boucles filtrées sentent le bitume chaud et les refrains doux-amers. Le piano, omniprésent, convoque l’héritage d’un jazz urbain délavé, pendant que les MC’s débitent des vers introspectifs avec une nonchalance précise, comme s’ils parlaient à eux-mêmes, en aparté, pendant une fête trop bruyante. Le beat tape juste ce qu’il faut pour secouer les épaules, sans jamais dissiper la brume mélancolique qui plane sur la prod.
Mais CINQ ne fait pas que poser sur l’ambiguïté – ils la célèbrent. Car “X-PRESSO” n’est pas juste une bande-son pour l’euphorie des virées entre potes, c’est aussi une méditation feutrée sur ce qui se cache derrière les lunettes de soleil : les doutes, les paradoxes, cette peur subtile de se perdre dans l’instant qui passe trop vite.
Le morceau évite les clichés du chill rap estival pour explorer quelque chose de plus fin, de plus vrai : la joie fuyante, le présent qui pèse et libère à la fois. Avec leur écriture à tiroirs, leur esthétique DIY pleine de charme et leur approche organique du beatmaking, CINQ offre un instantané générationnel, à la fois tendre et lucide.
À écouter casque vissé, verre à la main, cœur ouvert.
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juillet 28, 2025Ce n’est pas un cri. Ce n’est pas une plainte. C’est un souffle. Un battement. Une confession murmurée entre deux syncopes. Sur “Needamoment.”, Hardbody Jones opère une alchimie aussi subtile que frontale : mêler l’élan brut du Jersey Club à l’intimité opaque du R&B noir, là où les basses tordent les tripes pendant que la voix s’insinue sous la peau.
Le track démarre sur une boucle nerveuse, syncopée, où les kicks claquent comme des portes qu’on aurait trop longtemps gardées ouvertes. Pas d’esbroufe dans la prod — Jones fait tout lui-même, et ça s’entend : chaque son est ciselé à l’os, chaque reverb est pesée comme un silence entre deux phrases trop chargées. Le beat clubby sert ici de contrepoint à une tension émotionnelle à peine contenue. C’est le paradoxe : faire danser sur l’envie de fuir.
Ce morceau, c’est le moment exact où tu fermes la porte, mais tu la laisses entrouverte. L’espace entre “j’ai besoin d’air” et “reste quand même”. Les couplets déroulent une dramaturgie urbaine, minimaliste, sans surjeu. Pas de drame. Juste cette vérité nue : parfois, l’orgueil floute l’amour, et il ne reste qu’un loop et une voix pour recoller les morceaux.
La vraie force de “Needamoment.”, c’est de capter le flottement. L’espace liminal entre les émotions, entre les gestes. Là où peu d’artistes osent s’arrêter. Là où Hardbody Jones, lui, choisit de planter ses clous.
À écouter seul, de nuit, ou en boucle dans un club où les lumières ne s’éteignent jamais vraiment.
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juillet 28, 2025Il fallait oser s’attaquer à un monstre sacré de l’électro américaine. Il fallait surtout être assez fous — ou assez visionnaires — pour en ressortir avec un banger taillé pour faire trembler les enceintes des festivals de 2025. C’est exactement ce que signe le duo Polar Bears avec leur flip incendiaire de “Name of the Game”, morceau culte du Crystal Method, ressuscité ici dans un mélange de rage, de sueur et de glitchs vrombissants.
Dès les premières secondes, la ligne de basse surgit comme une ogive, avant de se transformer en un rouleau compresseur technoïde, acéré comme un laser industriel. L’esprit de l’original est préservé, mais totalement réinjecté d’adrénaline, avec des montées cinématiques dignes des pires hallucinations post-rave et des drops qui ne laissent que cendres et pupilles dilatées. On est quelque part entre une relecture de Justice à 130 BPM et un hommage déjanté au son big beat des années 2000. Sauf qu’ici, le passé sert de carburant pour alimenter un vaisseau lancé à pleine vitesse vers les abîmes de la nuit.
Le duo Zero & Snowball, c’est une alchimie rare : l’un en architecte méthodique du chaos, l’autre en pyromane assumé de dancefloor. Ensemble, ils conçoivent chaque track comme une arme à effet immédiat. Et ce flip, teasé depuis des mois dans leurs sets bouillonnants, devient la bande-son idéale pour entrer en transe collective.
Ajoutez à cela un calendrier live qui frôle l’expérience totale — du désert brûlant à la glace d’un aréna de hockey — et vous obtenez une esthétique club totalement revisitée : immersive, organique, brutale. Les Polar Bears ne jouent pas à être cools. Ils construisent leur propre mythologie, entre décharges sonores, scénographies givrées et fureur tribale.
“Name of the Game (Flip)” n’est pas un simple remix. C’est une déclaration de guerre aux demi-mesures, une claque frontale à tous ceux qui pensaient que la rave avait dit son dernier mot. Elle n’a jamais été aussi vivante. Elle a juste changé de totem. Et il a des crocs.
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juillet 28, 2025Il y a des morceaux qui n’entrent pas dans une case, parce qu’ils ont déjà compris que le tiroir est trop petit. “Complacent” d’Igimèjí, c’est ce genre de chanson : une rêverie alternative R&B, flottante et inclassable, qui murmure à l’oreille des âmes sensibles avec la nonchalance magnétique d’un slow cosmique. On pense à Frank Ocean pour l’élégance trouble, à Solange pour l’art du flottement, mais ici, tout semble filtré à travers un prisme plus nu, plus brut, presque domestique.
La production, elle, est toute en équilibre déséquilibré : percussions aériennes, claviers laiteux, basses liquides, et cette façon de construire le morceau comme un escalier de nuages, où chaque marche semble prête à s’effondrer. Le mix est volontairement feutré, comme si l’ensemble était chanté à travers un rêve humide, dans une chambre à peine éclairée par la lumière bleue d’un écran oublié. La voix, elle, glisse plus qu’elle ne s’impose. Elle flotte, s’évapore, s’arrête parfois comme une pensée en suspens.
“Complacent” parle peut-être d’un amour qui s’étiole, d’un confort qui devient prison, ou de l’étrange torpeur qui s’installe quand on cesse de se battre. Mais le morceau ne donne pas de réponses claires. Il préfère s’enrouler autour de ses silences, laisser deviner dans les vides ce qu’il ne dit pas. C’est ce refus du spectaculaire, ce goût pour l’ambigu et le suggéré, qui fait tout le sel (et le spleen) de la proposition d’Igimèjí.
Pas un tube. Pas un manifeste. Une sensation, trouble et douce. Et si “Complacent” est une zone grise, alors c’est l’une des plus belles de 2025.
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juillet 28, 2025Le duo australien Midnight Pool Party revient faire onduler nos hanches et nos doutes avec WHAT AM I GONNA DO?, une nouvelle bombe disco-pop nappée d’angoisse sentimentale et de lignes de basse pailletées. C’est un morceau qui fait ce que la musique dance sait faire de mieux : transformer la douleur en décibels élégants, en kicks compressés qui battent à l’unisson avec un cœur brisé.
Derrière ses accents chaleureux et son mix d’une précision chirurgicale, ce single cache une urgence émotionnelle palpable. Le titre s’ouvre sur une tension douce, quelque part entre SG Lewis et Disclosure, mais s’emballe très vite dans un flot de synthés liquides et d’arpèges solaires, presque balnéaires. On est à la fois dans un club de plage à Sydney et dans une introspection post-minuit, la gorge serrée mais le corps en mouvement.
Les arrangements, eux, ne laissent rien au hasard. Les nappes synthétiques respirent l’hédonisme électro-funk de Chromeo, les claps vintage nous ramènent aux grandes heures du French Touch, tandis que le chant — mi-désabusé, mi-séducteur — injecte juste ce qu’il faut de vulnérabilité pour que le morceau transcende son statut de simple track dansant.
La prod, signée de leur propre main, laisse filtrer cette maîtrise instinctive de l’espace sonore. Rien n’est trop chargé, tout respire. Les breaks sont minimalistes mais chirurgicaux, les drops arrivent sans prévenir comme une vérité qu’on n’osait plus formuler. Et cette basse — ah, cette basse ! — glisse comme une main dans le bas du dos, tendue entre nostalgie et séduction, toujours prête à faire chavirer l’instant.
Ce n’est pas simplement un « comeback » pour Midnight Pool Party, c’est une montée en puissance. Leur capacité à injecter une conscience pop dans l’ADN purement dansant de leur son les place en digne relève d’une lignée hybride : quelque part entre les arrangements émotionnels de Cosmo’s Midnight et les éclats hédonistes d’un Kaytranada solaire.
WHAT AM I GONNA DO? n’est donc pas un simple tube d’été. C’est un titre miroir. Il dit la solitude moderne avec les mots du groove, le spleen du ghosting avec l’élan d’un refrain qui ne tombe jamais vraiment. Et si la question du refrain reste en suspens, c’est peut-être parce que la réponse n’est pas à chercher. Elle est déjà là, dans cette pulsation lumineuse, cet entrelacs de chaleur et de doute, cette vibe qui s’attrape plus qu’elle ne se comprend.
Midnight Pool Party signe ici l’un de leurs morceaux les plus aboutis, un concentré de dance-pop viscérale et élégante. Et s’il fallait ne retenir qu’une chose ? On peut danser en se demandant quoi faire. C’est même peut-être comme ça qu’on guérit.
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juillet 28, 2025À force de creuser dans les sous-sols du clubbing mondial, Don Diablo a fini par déterrer un artefact sonique taillé pour faire transpirer les murs — The Devil Works Hard, une pépite house sombre et sexy en collaboration avec Tseba, qui marque aussi sa première sortie sur le prestigieux label australien Sweat It Out. Et si le diable bosse dur, le DJ ici bosse plus fort, armé d’un beat charbonneux et d’une ligne de basse sourde qui colle au corps comme la sueur d’un dancefloor à 4h17 du matin.
Ici, pas de drop hystérique ni de chant pop sucré : The Devil Works Hard s’inscrit dans cette lignée rare de morceaux de club pensés pour durer, pour vibrer dans la cage thoracique plutôt que dans les stories Instagram. Une voix parlée un brin narquoise ouvre la danse — « The devil works hard, but the DJ works harder » — puis c’est la montée en tension, tout en groove minimal, qui rappelle les heures les plus moites de la UK garage, le clin d’œil aux sets deep house du Panorama Bar et l’élégance froide d’un dub techno bien éduqué.
Tseba, qu’on suit depuis ses premiers tracks euphorisants aux frontières du disco et de la soul, apporte ici une touche plus funky, plus charnelle. Mais c’est dans la fusion avec le savoir-faire digital glacial de Don Diablo que la magie opère. On pense à MK, Disclosure, ou encore aux expérimentations les plus club-friendly de Jamie XX. Ce n’est pas une simple collab’ — c’est une alchimie nocturne.
The Devil Works Hard n’est pas un titre pour briller en tête de playlist TikTok. C’est une arme de DJ, une pièce montée pour les vrais tunnels de nuit, un retour aux sources qui refuse pourtant de tourner vintage. Un morceau qui prouve que Diablo, loin de se contenter du feu des charts, sait aussi allumer les braises profondes de l’underground.
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juillet 28, 2025C’est un mirage à paillettes, un coucher de soleil filtré à travers une vieille VHS de vacances en Italie, un groove qui suinte le monoï et les souvenirs flous d’un flirt d’août. Avec Holidays, UnionSteve ressuscite l’hédonisme nu-disco avec une précision de chirurgien romantique — un track qui n’a pas peur de briller, ni de fondre sur la peau comme une crème solaire sonore.
Derrière ce nom qui pourrait être celui d’un duo d’architectes de synthés analogiques se cache un producteur capable de saisir l’instant suspendu où le corps dit oui avant même que l’esprit comprenne. Tout dans ce morceau respire la nostalgie des vacances idéales — pas celles que l’on vit, mais celles qu’on imagine en dansant seul dans son salon à trois heures du matin, cocktail à la main et boule à facettes dans le cœur.
Les arrangements sont ciselés avec un amour évident pour la French Touch première époque : basses rondes à la Chic, nappes qui ondulent façon Pacific State, et un beat faussement paresseux qui colle à la peau comme un souvenir d’été qu’on n’arrive pas à oublier. Les voix, presque effacées, jouent les sirènes au loin, comme si UnionSteve préférait nous faire danser avec nos fantasmes plutôt qu’avec un storytelling trop appuyé.
Ce Holidays, c’est un été sans fin coincé entre Giorgio Moroder et Parcels, un moment de suspension que seuls les amoureux des slow burns dansants sauront vraiment comprendre. Ce n’est pas juste un titre feel good — c’est un fragment de mémoire en boucle, une carte postale auditive qu’on ne veut jamais envoyer.
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juillet 27, 2025Il ne fait pas de la musique, Ferdinand fka Left Boy la transforme en déflagration contrôlée. Avec Boiler Room, deuxième chapitre de son très attendu Diablo, il explose la frontière entre souvenir et futurisme rave, avec un track qui suinte l’euphorie post-nuit blanche et la nostalgie bien trempée dans l’acide. Sept ans à infuser ce morceau comme un vin trop fort pour la radio, assez sale pour les sous-sols, assez clinquant pour la lumière stroboscopique.
Dès les premières mesures, on entend le clin d’œil assumé au mythe : Meet Her at the Love Parade devient ici le squelette d’une nouvelle bête — plus hybride, plus libre. C’est un sample connu, oui, mais chez Ferdinand, il est retourné, trituré, ralenti, puis relancé dans une cavalcade electro-house qui carbure au BPM et à l’insolence. Les lignes de basse claquent comme des portes de frigo dans un after sous MDMA. On est dans un club fictif, quelque part entre Berlin, Vienne et une dimension parallèle.
Côté production, c’est chirurgical. Rien ne dépasse, tout vibre. Les drop sont taillés pour secouer des salles jusqu’au plafond. Et derrière le mur du son : une voix planquée, celle de Sofie Royer, muse fantôme, qui glisse dans les interstices du morceau comme une présence qu’on sent sans jamais l’attraper.
Ce n’est pas juste un track de festival. Boiler Room est une boucle de mémoire physique. Une montée sans redescente. Un hymne pour ceux qui vivent dans les marges lumineuses de la nuit et qui savent que la fête est un acte politique autant qu’un exorcisme.
Ferdinand ne sort pas des morceaux, il sculpte des lieux où danser devient un rituel. Et ce Boiler Room, c’est déjà une légende à haute tension.
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juillet 27, 2025Il y a dans la voix de JaceJay quelque chose d’un chien errant devenu lion. Badness Nuh Short, ce n’est pas un morceau — c’est une déclaration. Tranchante comme une machette au petit matin, cette production dancehall dégouline de tension urbaine, de sueur, d’arrogance crue. C’est un son qui n’a pas été pensé pour plaire, mais pour imposer. Une bande-son pour ceux qui ne plient jamais.
Pas de mélodies trop sucrées ici : le riddim est sec, acéré, sans fioritures. Kick martial, basse lourde comme une menace, contretemps précis comme un chronomètre avant l’impact. La production claque comme un portail métallique qu’on referme à la hâte — minimaliste, mais toujours au bord de l’explosion. On sent l’influence des grands : Vybz Kartel, Mavado, Busy Signal… mais JaceJay trace sa propre voie, moins dans l’ombre des autres que dans sa propre zone de feu.
L’écriture, elle, est un patchwork d’insolence et de lucidité. Chaque vers est une balle verbale tirée sans prévenir. Il y parle de survie, de loyauté, de territoires qu’il faut défendre comme on défend son souffle. C’est du storytelling de rue avec un sens de l’image presque cinématographique : on voit les ruelles, on sent les regards pesants, on entend les scooters tourner sans phare.
Avec Badness Nuh Short, JaceJay ne cherche pas à séduire l’industrie. Il envoie un message codé à ceux qui comprennent. Ceux pour qui la musique est autant une armure qu’un cri de ralliement. Et dans ce rugissement dancehall brut, il vient de graver son blaze dans le béton.
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juillet 27, 2025Sous une lune moite, entre soupirs retenus et frissons assumés, Gyrate d’ADT s’impose comme une caresse mélodique au groove lent et lascif. Loin des excès dancehall ou des envolées club, ce titre afro-R&B distille un charme plus subtil, plus intime — celui des corps qui s’effleurent, des regards qui dansent, des nuits qui n’en finissent pas.
ADT chante comme on susurre à l’oreille : doucement, mais avec assurance. Sa voix glisse sur les textures avec un velours fragile, entre prière et promesse. Les percussions, elles, n’ont rien de frontal. Elles ondulent avec élégance, nappées de guitares palmées et de nappes éthérées, dans une production minimale mais savamment construite — un écrin taillé pour l’émotion brute.
Il y a dans Gyrate cette tension délicieuse propre aux meilleurs morceaux afro-R&B : une invitation à bouger, oui, mais surtout à ressentir. On pense à Wizkid période Made in Lagos, à Tems, à Oxlade… Ces artistes qui n’ont pas besoin de surjouer la chaleur, parce qu’elle transpire naturellement de chaque note, de chaque silence bien placé.
Mais ADT, lui, ne copie personne. Il avance avec une sensibilité qui n’appartient qu’à lui, un sens du rythme doux-amer qui parle d’attachement, de pulsion, de lente dérive vers l’autre. Gyrate, ce n’est pas juste un hit d’été. C’est un moment suspendu, une boucle de désir sous-mixée pour frapper plus fort au creux du ventre.
À écouter seul.e, à deux, ou en boucle. Parce que certaines chansons n’ont pas besoin de crier pour faire chavirer.
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juillet 27, 2025Ils arrivent sans fracas, mais laissent des cicatrices. People Change n’est pas une punchline à scander dans un cypher. C’est un constat à murmurer aux fantômes du passé. Avec ce titre, Killer Crab Men et Self Dialect signent un morceau à la fois rugueux et contemplatif, là où le boom bap classique devient le canevas d’un récit désillusionné, presque fataliste — mais jamais cynique.
La prod semble surgir d’un vieux vinyle resté coincé dans un grenier de l’âme : piano lo-fi brisé, caisse claire sourde, nappes poussiéreuses. On pense à DJ Premier, à Evidence, à ces beatmakers qui savent que la nostalgie a une texture granuleuse. Mais ici, ce n’est pas juste pour la vibe. Chaque couche sonore porte un poids, une mémoire, un nom qui s’efface.
Self Dialect entre dans le morceau comme on entre dans une pièce vide. Son flow est calme, presque clinique, mais chaque mot est une charge émotionnelle en veille. Il parle du changement comme d’une mue inévitable, douloureuse mais vitale. Pas de storytelling romantique — juste la réalité des distances qui s’installent, des liens qui se dénouent, des visages familiers qui deviennent étrangers.
Et Killer Crab Men n’est pas là pour décorer. Leur approche de la production est chirurgicale : tout est placé avec intention, rien ne dépasse, et pourtant tout semble prêt à exploser à l’intérieur. L’économie du son sert ici à amplifier le propos. C’est dans les silences que le morceau respire. C’est dans les creux que l’émotion s’ancre.
People Change n’a pas besoin de refrain catchy ou de climax artificiel. C’est une capsule de lucidité, un petit chef-d’œuvre de sobriété et de justesse. Une chanson à écouter seul, tard, quand les souvenirs tapent plus fort que les basses. Un rappel que changer, ce n’est pas trahir — c’est parfois survivre.
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juillet 27, 2025C’est une montée en puissance, un uppercut sonore, un hymne pour ceux qui avancent sans jamais flancher. Avec Power Fit Do, Mr Dutch revient en conquérant, épaulé par un Dandizzy tranchant comme une machette. Ce n’est pas une simple collaboration : c’est une déclaration. Martiale, maîtrisée, musclée.
Dès les premières secondes, le beat impose sa cadence. Afro-infusé mais sans fioritures tropicales : ici, le groove se fait rigide, presque militaire. On pense à une parade rythmique dans les rues de Lagos, où les tambours remplacent les klaxons et la sueur devient une forme de loyauté. Cette production à la fois dense et limpide agit comme un terrain d’entraînement sonore où chaque punchline de Dandizzy tombe comme un ordre.
Mr Dutch, lui, ne s’égare pas en gimmicks. Sa voix — calme mais ferme — s’avance avec la solennité d’un chef de meute. Chaque mot est pesé, chaque mesure sert à rappeler que ce retour n’est pas un simple comeback mais un recentrage. Il n’y a pas ici de nostalgie ou de revendication douloureuse, seulement une trajectoire assumée vers le sommet. L’ambition n’est pas chantée, elle est incarnée.
Et derrière la performance vocale, on perçoit aussi l’intelligence de la construction : l’arrangement évite les poncifs de l’afrobeats pour aller chercher du côté de l’afrotrap, avec ses ruptures soudaines, ses nappes presque industrielles, et ses contretemps étouffés. On est loin du single dansant pour radio rotative — ici, l’efficacité rime avec exigence.
Avec Power Fit Do, Mr Dutch continue de bâtir un univers où la réussite se conjugue avec la résilience. Ce n’est pas de l’ego-trip, c’est une cartographie intérieure. Et si They Thought I Was Done s’annonce comme un album-manifeste, ce titre en est le prélude : percutant, intransigeant, et résolument aux commandes.
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juillet 27, 2025Dans un paysage où les singles estivaux se suivent et parfois se ressemblent, SALÉ se distingue comme un éclair de moiteur tropicale au goût poivré. Le trio infernal — Eranio, Eurosoundz et le turbulent Manq Carrot — livre ici une bombe dansante aux allures de brûlot balnéaire : solaire, sensuelle, et férocement syncopée.
Pas question ici de se contenter d’un beat reggaeton générique ou d’un refrain chuchoté sur autotune paresseux. SALÉ vient puiser à la source du Kompa haïtien, genre noble et souvent maltraité par les machines à tubes, pour en extraire le cœur battant. On y retrouve cette chaleur des cuivres virtuels, cette basse chaloupée qui fait trembler les hanches, et ce grain vocal qui, bien que produit avec soin, conserve une trace de sueur live, comme un micro tendu dans une boîte trop pleine à Port-au-Prince ou à Marseille Nord.
La production, signée Eurosoundz, joue habilement la carte du contraste : nappes électroniques qui s’étirent langoureusement, percussions digitales qui claquent net, et clins d’œil discrets à la pop latine contemporaine. Mais c’est Manq Carrot qui crève l’écran : sa ligne de basse, organique et charnelle, agit comme une colonne vertébrale hédoniste à cette sucrerie salée.
Eranio, quant à lui, assure le groove vocal avec nonchalance maîtrisée. Il glisse sur le beat comme un danseur pieds nus sur carrelage tiède. Ce n’est pas seulement un titre de l’été, c’est une invitation à redéfinir la fête — sensuelle, plurielle, enracinée.
SALÉ ne cherche pas à surfer sur la vague, il la soulève. Il est ce morceau qui transforme une fin d’après-midi banale en fantasme tropical. Vous avez dit hit ? On dit rituel.
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juillet 27, 2025Smokey, c’est ce genre de track qui ne se laisse pas saisir à la première écoute. Il rôde, il serpente, il attend dans l’ombre que votre attention se relâche pour frapper — non pas avec force, mais avec justesse. Le MC Chepps, digne héritier de l’école du verbe aiguisé, livre ici un titre d’une intensité feutrée, où chaque mot semble avoir été tourné sept fois dans la tête avant de trouver sa place sur le beat.
Dès l’intro, on sent que quelque chose couve : un sample distordu, presque spectral, qui rappelle les atmosphères d’Earl Sweatshirt ou de MIKE, un groove en clair-obscur, une ligne de basse qui bat comme un cœur inquiet sous un sweat à capuche trop large. Le tempo est lent, mais pas mou — c’est le tempo de ceux qui marchent seuls la nuit, le col remonté, les pensées vrillées.
Chepps pose sa voix avec une nonchalance nerveuse. Ça ne crie jamais, mais ça cogne. Les punchlines ne cherchent pas le show-off, elles visent plus bas : là où ça fait mal. L’artiste navigue dans un spoken word semi-mélodique, entre spleen urbain et lucidité politique. C’est du rap d’après minuit, du rap pour les jours sans soleil, mais aussi une déclaration d’existence pour ceux qui n’ont pas la voix la plus forte mais des choses à dire.
Dans sa construction, Smokey est une réussite de minimalisme maîtrisé. Aucun effet superflu, chaque silence est pesé, chaque mesure semble attendre quelque chose qu’elle ne dira jamais. Le morceau tient en équilibre entre l’intime et l’universel, comme si l’errance d’un seul devenait la bande-son des désenchantés d’une génération.
Chepps ne joue pas dans la lumière. Il préfère la fumée. Celle qui brouille les contours, mais éclaire l’intérieur.
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juillet 27, 2025On y entre comme dans un club en sous-sol : moiteur en suspension, laser qui découpe l’espace, et cette basse — sourde, insidieuse, obsédante. Champagne, Jet Planes, le nouveau single de William Langdon, convoque le fantasme des nuits sans fin, quelque part entre la frénésie hédoniste des années 90 et l’efficacité clinique d’un peak-time set Berlinois.
Pas question ici de tergiverser : ça claque dès les premières mesures. Le morceau repose sur une rythmique four-on-the-floor d’une régularité chirurgicale, enrichie de variations percussives subtiles qui relancent la tension sans jamais perdre le groove. Le kick frappe avec précision mais sans brutalité, tandis que le hi-hat tisse une maille serrée autour d’un motif de basse rebondissante, presque ghetto-house par instants, qui vous colle aux semelles comme une sueur sucrée à la peau.
Mais le vrai coup de génie, c’est cette voix féminine : à la fois susurrée et impérieuse, elle agit comme une injonction à se libérer, à oublier, à bouger. Elle ne raconte rien, mais elle évoque tout. Le flirt, l’ivresse, le vertige — cette pulsion collective qui traverse la foule quand la musique parle plus fort que les mots.
Dans son approche, William Langdon flirte avec la tech-house classique (on pense à Green Velvet ou Fisher pour la structure) mais injecte une énergie électro-house à l’ancienne, façon David Guetta era Ministry of Sound — avant que tout ne devienne trop poli. Champagne, Jet Planes est une montée. Une montée qui ne promet pas d’atterrissage. Et c’est bien ce qu’on lui demande : nous tenir en l’air, le cœur à 128 BPM, les yeux fermés, dans la lumière stroboscopique d’un vendredi soir sans fin.
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juillet 27, 2025Il y a des morceaux qui ne se contentent pas de jouer. Ils invoquent. “Ori mi”, le nouveau single de Favy_miguel, agit comme un rituel digital, un appel intime à l’alignement entre l’esprit et le destin. Derrière ce titre aux résonances yoruba — “ma tête” ou plus largement “mon guide intérieur” — se cache un moment d’élévation produit avec une précision chirurgicale mais animé d’un souffle ancestral.
Producteur autant qu’ingénieur du son, Favy_miguel appartient à cette génération d’artisans du futur africain : nourris par les traditions rythmiques de Lagos, mais formés au pixel et au plug-in. Sur “Ori mi”, il fusionne les textures de l’afropop avec des nappes électroniques délicates, presque spectrales, et une rythmique qui danse sur le fil entre le percussif et le méditatif. La basse est ronde, presque organique. Les percussions, elles, évoquent la chaleur des rues du sud-ouest nigérian, mais passées à travers le prisme d’un cerveau qui pense en fréquence.
Côté dynamique, c’est une montée lente mais assurée : pas de climax tapageur, juste une tension douce qui prend aux tripes, s’installe et reste. On devine une influence d’artistes comme Burna Boy pour l’instinct narratif, mais aussi des productions plus électroniques façon Juls ou Sarz dans le sens du détail et du silence bien placé.
“Ori mi” n’est pas un tube conçu pour faire danser les foules sur TikTok — même si son groove pourrait très bien s’y prêter. C’est plutôt un morceau qui s’écoute casque vissé, yeux fermés, comme une prière à soi-même. Une production fine, intime et pourtant collective dans son essence. Un morceau à l’image de son créateur : enraciné, pointu, en quête constante d’équilibre entre ce que l’on est… et ce qu’on pourrait devenir.
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juillet 27, 2025Elle ne chante pas, elle chuchote à l’âme. Avec “Twenty”, Jones signe un morceau qui ne cherche pas à impressionner — il se contente d’entrer en vous par effraction. Un souffle de néo-soul suspendu entre doute et puissance tranquille, un instant d’apesanteur dans la confusion douce de ses vingt ans. Car ce titre-là ne parle pas d’un âge : il le performe. Comme si chaque note avançait à tâtons, entre promesse et vertige.
“Twenty” s’ouvre comme un rideau tiré au ralenti. Quelques accords discrets, presque fantomatiques, viennent poser le décor : un lit défait, une lumière de fin d’après-midi, un téléphone muet depuis trop longtemps. La production, minimaliste et atmosphérique, convoque les échos de Solange ou de Cleo Sol, avec cette manière si rare d’enrober la fragilité dans du satin au lieu de l’étouffer sous le vernis. Le beat, discret mais obstiné, donne juste assez d’élan pour que Jones flotte sans s’envoler. Et sa voix — myope, chaude, parfois fêlée — incarne cette tension entre maturité précoce et candeur blessée.
Mais ce qui frappe surtout, c’est le calme. Une sorte de lucidité douce, comme si Jones acceptait enfin de ne pas tout comprendre. Chaque phrase semble chercher sa place, comme on cherche l’équilibre à la lisière de l’âge adulte : là où l’on pense tout savoir, mais où tout vacille encore. Ce n’est pas une chanson qui explose : c’est une mèche lente qui s’enfonce sous la peau.
“Twenty” est ce genre de morceau qu’on écoute à minuit, le casque bien vissé, en fixant le plafond. Une chanson qui ne cherche pas le hit, mais qui frappe plus fort que beaucoup de refrains clinquants. Une confession feutrée pour toutes celles et ceux qui avancent, la peur au ventre et le cœur ouvert, vers cette décennie où l’on prétend devenir quelqu’un — sans savoir encore qui.
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juillet 27, 2025Un souffle. Un bruissement. Puis la voix. Chez múm, chaque morceau semble naître à tâtons, comme si le son devait d’abord demander la permission d’exister. Avec Only Songbirds Have a Sweet Tooth, les Islandais aux mille fragments électroniques signent un retour aussi fragile que nécessaire, comme une main posée doucement sur l’épaule d’un monde qui oublie d’écouter.
Loin des bombastiques cavalcades post-rock ou des nappes new-age qui saturent l’ambiant contemporain, múm continue de creuser sa propre veine : celle d’une électro organique, où les glitchs sont des grains de peau et les arrangements, des filaments d’âme. Ici, ce sont les artefacts numériques qui jouent à cache-cache avec les cordes, les modulations de fréquences qui ondulent autour d’un chant mixte — masculin, féminin, quasi androgynique — comme deux visages qui se regarderaient sans parler.
La chanson ne suit pas une ligne droite : elle serpente, s’égare volontairement, papillonne sur un motif mélodique qui se construit par micro-accumulations. On pense à des bulles de savon piégées dans un champ magnétique. Le piano effleure sans imposer, les voix ne s’imposent jamais, elles apparaissent, s’effacent, reviennent. C’est ça, la beauté de múm : cette capacité à laisser de l’espace entre les notes, à dire l’intime par l’ellipse.
Le morceau évoque autant les errances oniriques d’un Notwist époque Neon Golden que les murmures électroniques d’Amiina ou les textures flottantes de Grouper. Mais ce serait injuste de réduire múm à des cousinages : ils ne ressemblent qu’à eux-mêmes, même douze ans après Smilewound. Ce nouveau single est à la fois une suite logique et une métamorphose discrète, annonçant un album — History of Silence — qui semble vouloir cartographier les blancs de nos vies.
Only Songbirds Have a Sweet Tooth ne cherche pas à séduire. Elle vous suit, patiemment, jusqu’à ce que vous baissiez la garde. Et là, sans bruit, elle s’installe. Comme une pensée qu’on croyait oubliée, mais qui revient quand le silence s’allonge.
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juillet 27, 2025Ce n’est pas un morceau. C’est une odyssée infusée de sève, de soleil et de groove. “coming back” n’entre pas dans la pièce, il émerge comme une chaleur d’août qui glisse lentement sur la peau. Avec ce deuxième single estival, Gavrielle confirme ce que “Petals” avait déjà murmuré : elle est de ces artistes qui cultivent leurs chansons comme on cultive un jardin, à la main, au souffle, à la lumière.
Le morceau s’ouvre sur un ukulélé tendre, presque timide, et des bribes de nature domestique — ses oiseaux, sa voix nue, un coin de ciel californien capturé dans une note. Et puis, sans prévenir, le décor change. Les battements s’épaississent, les textures s’entrelacent. On glisse peu à peu vers quelque chose de cinématographique, de viscéral. Un saxophone s’allume au loin, la basse se cambre, les cuivres dessinent un horizon à la Quincy Jones et l’ombre dansante d’un Michael Jackson période Off The Wall s’invite à la table.
Mais ici, pas de nostalgie servile. “coming back” joue avec les codes du funk, du R&B et de la disco pour mieux les déplier. Le track s’étire sur cinq minutes comme une soirée qu’on refuse de voir finir. Chaque passage est une variation, une réinvention. Il y a cette montée langoureuse, cette fausse fin, ce fade-out feutré et virtuose — comme une descente d’escalier en talons, maîtrisée jusqu’à la dernière marche.
Ce n’est pas une chanson à consommer. C’est une chanson à vivre, à danser, à ressentir avec les pores. Une fête intime, en clair-obscur, qui pourrait bien devenir l’hymne de celles et ceux qui préfèrent l’ivresse élégante aux beats prémâchés.
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juillet 27, 2025Il y a dans « Duog Dala » cette tension rare — celle d’un morceau qui ne se contente pas de faire danser, mais qui semble murmurer une prophétie à travers chaque pulsation. Estère, prêtresse des fréquences hybrides, réinvente ici la transe afro-house comme on bâtit un monde parallèle : à coups de textures luxuriantes et de syncopes qui ressemblent à des incantations numériques.
Co-produit avec Allan McConnell (d’Haiku Hands), et né dans le cocon sonore de Young Studios — lieu mythique fréquenté par Jamie XX et Sampha — le morceau est un manifeste de peau, de sueur, de code. Il transpire l’expérimentation, le corps en mouvement, le futur en gestation. Et surtout, il porte en son cœur un outil étrange et merveilleux : Orchid, l’instrument développé par Telepathic, la nouvelle utopie sonore de Tame Impala.
La rythmique est dense mais jamais oppressante, comme une jungle qui respire. Chaque beat semble sculpté à la main, chaque montée est une cérémonie. Et sur cette colonne vertébrale vibrante, la voix d’Estère se glisse comme un mirage, tour à tour spectrale et terrestre, libre comme si elle chantait depuis un ailleurs qu’elle seule connaît.
« Duog Dala » ne ressemble à rien de ce qui circule aujourd’hui — et c’est tant mieux. Ce n’est ni une copie afro-futuriste ni une extension gadget de l’électro-pop globale. C’est une vision. Une pulsation instinctive et raffinée, où la technique épouse l’intuition, où les machines s’accordent au souffle. Le genre de morceau qui ne s’écoute pas seulement : il s’habite.
Et si Estère continue sur cette lancée pour ses prochaines sorties de 2025, alors préparez-vous à ce que les clubs — et les consciences — changent de fréquence.
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juillet 27, 2025Dans un monde qui exige qu’on s’explique avant même d’exister, Who I Am de Noor est un coup de poing doux dans la façade des regards biaisés. Une lumière — divine, certes, mais indocile. Le morceau ne cherche pas à convaincre, encore moins à plaire. Il affirme, il trace, il s’élève.
Née des rues grises de Chicago et portée par l’étendard d’une foi trop souvent caricaturée, Noor ne rappe pas pour s’intégrer : elle rappe pour rappeler qu’elle était là bien avant qu’on daigne la regarder. Le mot « Noor » — lumière, en arabe — devient ici plus qu’un nom d’artiste. C’est une mission. Une aura que personne ne pourra éteindre.
Sur une prod trap-pop hybride, aux basses moelleuses mais percutantes, elle pose une voix claire, maîtrisée, qui navigue entre mélodie urbaine et confession frontale. Pas de surjeu. Pas de posture. Juste une sincérité qui claque, une lucidité qui brille là où tant d’autres brillent pour oublier.
Il y a quelque chose d’audacieux à mêler spiritualité et street culture, à parler de soi sans fard dans un genre souvent saturé de faux-semblants. Et Noor réussit là où beaucoup échouent : faire du rap une prière sans dogme, un miroir sans filtre, une déclaration de paix dans un monde trop bruyant.
Who I Am n’est pas une introduction. C’est un retour d’âme. Une revendication douce, mais inébranlable, qui rappelle que dans le chaos de l’identité contemporaine, il existe encore des voix qui savent exactement d’où elles viennent — et où elles veulent aller.
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juillet 27, 2025Il y a dans THORN cette sensation rare d’entendre une pensée devenir son, comme si la musique avait décidé d’épouser la forme d’un frisson intérieur. C’est une chanson qui ne se dévoile pas, elle s’infiltre. Un souffle d’âme recouvert de velours synthétique, une prière murmurée à travers un miroir fissuré.
Leona Berlin ne compose pas, elle sculpte l’intime. Chaque note, chaque silence semble soulevé à la pince fine d’une introspection chirurgicale. La prod, à la frontière du néo-soul, de l’electronica éthérée et de la confession spoken word, évoque les laboratoires sonores de James Blake, les pulsations fantomatiques de FKA twigs, ou encore les vœux nocturnes de Frank Ocean quand il parle à demi-voix à ses fantômes.
Mais ce n’est pas une imitation. C’est une extension. Un territoire parallèle où les textures synthétiques dessinent des paysages mentaux, où l’on marche pieds nus sur des pétales piqués d’épines. L’élégance est là, toujours, mais jamais gratuite : tout est habité, creusé, tendu vers une seule chose — la vérité.
On entend l’empathie comme un poids, une charge qu’on porte dans le creux du dos, et l’on sent le besoin d’élever malgré tout. Cette douleur, Berlin ne l’expose pas comme une blessure, mais comme une matière première. Elle y puise de la force, pas de la pitié. Et c’est là que THORN touche juste : dans sa capacité à faire vibrer le fragile sans jamais le casser.
Le morceau s’inscrit dans le sillage d’un album à venir, ELEVATE, et tout dans sa construction le laisse entendre : c’est un pas avant l’ascension, un moment suspendu entre chute et élévation. Pas une plainte, mais une rémanence. Un fil de soie tendu entre la solitude et la lucidité.
Leona Berlin ne cherche pas à séduire. Elle s’adresse à ceux qui écoutent vraiment. À ceux qui savent que parfois, le plus grand courage, c’est de rester perméable. Et dans THORN, elle signe un manifeste de vulnérabilité digne des plus grands. Un morceau qui n’a pas besoin de crier pour rester en vous.
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juillet 27, 2025Il y a dans cette chanson le parfum moite d’un amour avorté, celui qu’on continue de traîner comme une fièvre, même quand la personne est déjà partie. Pas de cris, pas d’effondrement dramatique — juste un glissement lent et triste, comme une lumière au néon qui vacille sur du carrelage fendu. under moon, NEON blÜ, c’est la bande-son d’un cœur qu’on ne voulait plus ouvrir et qu’on a quand même laissé pénétrer.
Rai Anvio ne chante pas, il murmure dans l’ombre d’un ventilateur fatigué. Dans un studio exigu à Jakarta, entre un plafond trop bas et des murs trop pleins de silence, il déroule le fil d’une obsession douce-amère, façon journal intime sous Lexapro. La prod trap est minimaliste, mais tout sauf vide : beats étouffés, textures élastiques, nappes synthétiques presque liquides — comme si Frank Ocean avait croisé les ruelles de 88rising.
Les arrangements flirtent avec la tension ambiante : tout est feutré, feint, presque en suspension. On attend l’explosion, mais elle n’arrive jamais. C’est ça le piège. Comme cette relation. La basse vibre à peine, elle respire. Les silences comptent autant que les mots. Chaque note semble retenue, comme si elle avait peur d’en dire trop. Ou pas assez.
On devine un garçon qui n’a jamais vraiment su comment aimer sans se perdre. Qui a cru qu’en baissant la garde, il trouverait enfin quelqu’un pour l’habiter sans l’envahir. Mais l’autre a tout pris. Et ce morceau, c’est le résidu mélancolique de cette invasion. Une confession éparse, écrite sur les murs mentaux d’un cœur bunkerisé.
Rai Anvio signe ici une micro-odyssée sentimentale : un slow toxique qui s’écoute seul, casque vissé, lumières tamisées, cicatrices ouvertes. Ce n’est pas un tube, c’est un écho. Et ça hante.
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juillet 27, 2025Ça commence comme une virée sans but un soir d’été trop chaud : un beat moelleux mais inquiet, une boucle qui claque comme des phares dans le brouillard, et cette voix, écorchée mais fière, qui déboule dans le morceau comme un môme en survêt’ dans une galerie d’art. Billy White ne rappe pas, il raconte — à mi-chemin entre l’aveu et le manifeste.
Bootsy Collins, c’est pas juste un clin d’œil funky : c’est une manière de survivre avec style. De poser ses rêves sur des trottoirs bancals. D’habiller ses cicatrices avec des lunettes dorées et des riffs de synthé velours. Le nom brille, l’histoire cogne. Derrière les paillettes du titre, il y a l’écho d’une jeunesse qui joue à cache-cache avec la violence du réel.
Billy White glisse entre les mesures comme un funambule sans filet. Il a le souffle des mecs qui ont grandi trop vite, et la lucidité de ceux qui observent tout, tout le temps. Les lyrics sont tendus comme une corde raide — pas de punchlines pour impressionner, juste des vérités balancées avec une élégance presque fatiguée. On pense à Vince Staples pour la sécheresse, à Mick Jenkins pour l’intelligence posée, mais Billy a ce truc à lui, une espèce de classe désinvolte trempée dans la crasse.
La prod, elle, groove en filigrane. Pas tape-à-l’œil, pas lo-fi non plus — un entre-deux parfait. Une ligne de basse qui t’accompagne comme une pensée lancinante. Un rythme assez lent pour laisser les mots respirer, assez précis pour les cadrer. C’est une bande-son de ville, de doutes et de regards en coin. Une BO pour ceux qui traînent dehors parce qu’ils n’ont nulle part où aller, mais aussi pour ceux qui rêvent de s’en sortir, sans jamais trahir l’endroit d’où ils viennent.
Bootsy Collins, c’est un morceau qui marche seul. Comme son auteur. Et il a beau lever la tête vers les étoiles, ses semelles restent pleines de poussière. La classe, la vraie.
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juillet 27, 2025Il y a des morceaux qui débarquent comme des uppercuts dans la mâchoire du silence. Eddie Kane, de NilexNile, fait partie de ceux-là. Pas besoin d’un beat hystérique ou d’une surenchère d’effets — juste une ligne de basse souple, un sample qui craque comme une photo d’archive, et une voix qui déroule un récit comme on tirerait un fil de pull jusqu’à l’os.
Nile vient de Milwaukee, mais Eddie Kane ne sent pas le Midwest : il sent la cave, la scène poisseuse, le vinyle qui saute. Son flow, lui, glisse comme une lame dans l’eau tiède — tranchant, mais jamais pressé. Il pose ses couplets comme on raconte une vérité qu’on a trop longtemps gardée. C’est du rap à hauteur d’homme, avec les failles en pleine lumière.
Le titre, évidemment, convoque l’image du chanteur brisé dans The Five Heartbeats, icône de la gloire trop courte et des lendemains sans projecteurs. Mais NilexNile ne fait pas dans le mimétisme. Il actualise le mythe. Son Eddie Kane n’est pas juste une référence ciné ; c’est un état d’âme. Celui de l’artiste qu’on a trop vite jugé, trop peu compris, et qui revient avec un micro en guise de testament.
Musicalement, c’est du minimalisme élégant : un beat organique, un sample discret qui évoque la soul usée d’un disque Motown oublié, et une dynamique qui respire. Nile sait quand ralentir, quand suspendre la phrase, quand laisser le silence parler. C’est du storytelling maîtrisé, nourri à Isaiah Rashad, Vic Mensa, et aux silences brillants de The Internet.
Mais surtout, c’est un texte qui refuse la posture. Ici, pas de gimmick. Juste un regard, une plume, un vécu. Une confession mise en boucle. Une renaissance, peut-être, ou au moins une tentative.
NilexNile ne cherche pas à plaire — il cherche à toucher. Eddie Kane, c’est un miroir pour ceux qui doutent, pour ceux qui ont goûté l’amertume du “presque”, du “trop tard” ou du “pas encore”. Mais surtout, c’est la preuve que parfois, la chute est plus noble que la gloire.
Et si ce n’est pas encore la scène principale, on sent qu’il s’y dirige. Avec calme. Avec feu. Avec classe.
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juillet 27, 2025C’est un titre comme une claque. Un doigt tendu en plein milieu de l’arène, là où les vérités supposées s’écrasent sous les slogans et les certitudes tweetées. What You Think You Know But Isn’t So n’est pas une chanson : c’est un crachat sonore lancé au visage d’un monde post-COVID saturé de débats creux, d’experts YouTube, et d’arguments en mousse. Jason Vander Griendt, alias ++ Ultra, y crache sa colère comme d’autres gravent des manifestes.
Dès les premières secondes, le morceau impose un riff massif, bourdonnant, presque suffocant — quelque part entre le stoner des Queens of the Stone Age et la désillusion crue de Soundgarden. Pas de fioritures : la gratte est sale, rugueuse, compressée jusqu’à saturation comme un fil d’actualité trop long. La basse, elle, vrombit comme un moteur de tank en descente libre, et la batterie — digitale mais violemment crédible — cogne avec la régularité d’un marteau-piqueur, rappelant la mécanique militaire du hard rock des années 2000.
La voix de Vander Griendt, saturée, presque enfouie sous les couches de guitare, ne cherche pas la clarté mais la conviction. Ce n’est pas le chant d’un crooner — c’est celui d’un homme qui a passé trop de temps sur Reddit, qui a trop écouté les débats absurdes entre complotistes et « scientifiques de balcon », et qui a décidé de balancer tout ça dans un gros mur de son. Un « je vous emmerde » au format WAV.
Le morceau joue sur une structure simple — couplets tendus, refrains explosifs, break noise à mi-parcours — mais c’est cette répétitivité qui fait son efficacité. Il y a dans l’intention une sincérité punk, une envie de tout dire sans chercher à plaire. C’est un rock sans maquillage, enregistré dans une chambre, avec des plugins, de la sueur, et probablement pas mal de frustration. Et ça s’entend.
Au-delà du pur coup de gueule, ce morceau interroge aussi la frontière entre l’information et l’opinion, entre ce que l’on croit savoir et ce que l’on répète sans vérifier. Loin d’être un pamphlet anti-science, What You Think You Know But Isn’t So est un miroir tendu vers notre propre confusion, amplifié par des décibels et une honnêteté brute.
++ Ultra ne cherche pas à faire consensus. Il fait du rock comme on ouvre un journal intime en criant dedans. Et dans ce chaos trop cohérent pour être ignoré, il y a quelque chose de libérateur. Une rage salutaire, à condition de l’écouter jusqu’au bout.
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juillet 22, 2025Sous ses allures de banger hédoniste, Hell of a Night cache une production d’une rare sophistication. Sunsparks, duo habitué à œuvrer pour les autres, signe ici une première sortie en leur nom propre, et ça s’entend : chaque élément de la track est pensé pour frapper juste, sans tomber dans les automatismes de la pop de club.
La structure est classique mais savamment dosée. L’intro s’ouvre sur une nappe synthétique aérienne, presque cinématographique, qui laisse entrevoir l’ampleur du drop à venir. Un hi-hat discret marque le tempo avant que la rythmique house n’entre pleinement, portée par un kick profond et un clap sec qui donnent à la track une ossature solide. Cette montée progressive n’est pas anodine : elle place l’auditeur dans une tension douce, typique des productions qui veulent capturer l’énergie d’une piste de danse avant qu’elle n’explose.
La ligne de basse est le cœur du morceau. Ronde, moelleuse, elle groove subtilement sous les accords de synthé, créant un effet de balancement qui invite à bouger sans effort. Le traitement sonore rappelle la French touch des années 2000 (pense à Stardust ou à Modjo), mais injectée d’un vernis plus contemporain, proche des textures de Fred Again ou des derniers travaux de MK.
Amanda Wilson, elle, survole l’ensemble avec une performance qui refuse le gimmick vocal. Sa voix, légèrement saturée d’effets de réverbération, est placée en avant mais reste intégrée à la masse sonore. Les couplets sont livrés dans une retenue presque sensuelle, puis le refrain libère toute la puissance vocale, soutenue par une montée d’accords mineurs qui confère au morceau une tension émotionnelle inattendue. Ce n’est pas une simple house vocale : c’est un jeu d’équilibre entre mélancolie et euphorie.
Le break, situé à mi-course, est une véritable respiration. Tous les instruments s’effacent pour laisser Amanda occuper l’espace, accompagnée seulement d’une basse filtrée et d’un pad planant. Ce choix crée un contraste qui rend le retour du beat encore plus explosif. On sent ici l’influence de la scène UK garage et de l’indie dance londonienne, où la dynamique de vide et de plein est essentielle pour maintenir l’intérêt sur des pistes longues.
Enfin, la post-production de Cameron Collie brille par sa clarté. Aucun élément ne semble superflu, chaque fréquence trouve sa place. Même à fort volume, le mix reste propre, sans écraser les aigus ni saturer les basses, signe d’un travail méticuleux qui sait séduire autant le clubber que l’audiophile.
Hell of a Night est donc plus qu’un simple single pour faire vibrer les dancefloors. C’est une leçon de production moderne, qui parvient à conjuguer l’efficacité du mainstream et le raffinement d’une house d’auteur. Un titre qui révèle ses subtilités écoute après écoute, comme un club track qui refuse d’être jetable.
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juillet 22, 2025Un souffle ancien s’échappe des bandes magnétiques, comme une voix qui refuse de s’éteindre. À chaque craquement maîtrisé, à chaque note remasterisée, c’est une époque entière qui revient frapper à la porte. The Lost Recording Season (1974–197) Vol. 1 est une résurrection, celle d’un chanteur iranien des années 70, Soheil, dont la trajectoire artistique s’est interrompue brutalement après la révolution de 1979.
Près de cinq décennies plus tard, son arrière-petit-neveu, Farbod Biglari, réunit ces fragments de vie sur bande et les libère de leur silence. De Studio Bell à Studio Pop, ces enregistrements, qui avaient failli disparaître dans les limbes de l’histoire, renaissent sous la forme d’un disque d’une beauté saisissante, mêlant pop occidentale seventies et mélodies persanes avec une élégance rare.
Chaque morceau est une capsule temporelle. Namake Zendegi ouvre l’album comme une caresse salée, tandis que Sadaf et Sobh-E Khakestar déploient des arrangements où la mélancolie flotte entre cordes discrètes et harmonies orientales. On y entend aussi des duos avec Bahareh (Sayehaye Zendegi, Gole Booseh), d’une douceur presque cinématographique. Même les prises multiples (Sadaf – Take 2 et Take 3, Namake Zendegi – Take 2) témoignent d’un travail artisanal, d’une recherche d’émotion brute plus que de perfection technique.
Farbod Biglari a refusé les artifices modernes. Aucun ajout, aucune production lourde. Le remastering, confié à ses soins, conserve les aspérités et les textures de l’époque. C’est ce qui rend cet album si vibrant : une authenticité qui laisse percevoir le souffle du chanteur, les murs du studio, la présence fantomatique d’un Iran où la musique résonnait librement.
The Lost Recording Season est bien plus qu’un hommage familial. C’est un acte de mémoire, une résistance poétique à l’oubli. En restituant la voix de Soheil, Farbod Biglari offre au monde un chapitre oublié de l’histoire culturelle iranienne, et à la musique une nouvelle étoile à inscrire dans sa constellation.
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juillet 22, 2025Tout commence dans un silence qui n’est pas un vide mais une respiration. Le genre de silence dense qu’on trouve au petit matin, quand la lumière hésite encore à entrer. Puis les notes arrivent, pas comme un flot, plutôt comme des pierres posées une à une dans un jardin zen. Karen Salicath Jamali ne joue pas du piano, elle semble l’écouter.
Angel Haniel’s Clearing est une pièce qui échappe aux catégories. Piano contemporain ? Méditation sonore ? Peu importe. Ce qui frappe, c’est la sensation de se tenir au bord de quelque chose de sacré, comme si chaque accord dégageait un voile de poussière pour révéler un chemin. Le jeu de Jamali est lent, retenu, mais derrière cette retenue on sent une force : celle d’une femme qui a frôlé la mort et en a rapporté un langage qu’aucun conservatoire n’enseigne.
L’histoire est connue : en 2012, une expérience de mort imminente a libéré chez elle une aptitude inexpliquée à composer. Depuis, plus de 2 500 pièces, huit albums, huit passages à Carnegie Hall. Mais ce qui étonne, ce n’est pas le chiffre, c’est la constance de cette voix intérieure qui transforme la douleur en art lumineux.
La production signée Maria Triana sublime le moindre souffle de l’instrument. On y entend presque le bois vibrer, les marteaux respirer. Rien n’est lissé à outrance : chaque micro-bruit rappelle la physicalité du piano, la proximité des mains et de l’âme.
Angel Haniel’s Clearing est moins une œuvre qu’une expérience. Elle ne se consomme pas, elle se traverse, yeux fermés, pour laisser la musique dissoudre l’agitation. À l’heure où tout s’accélère, Karen Salicath Jamali offre un espace où ralentir devient un luxe, presque une rébellion. Et dans ce luxe, il y a la grâce.
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juillet 22, 2025Il suffit de quelques secondes pour que la température monte. Un beat rond, des hi-hats qui crépitent comme des braises sous une grille, et une ligne mélodique qui se déploie comme une route ouverte en plein mois d’août. What I Want est une bouffée d’air chaud, un track pensé pour les barbecues, les virées nocturnes, les fenêtres ouvertes et les rires qui se perdent dans le vent.
Après quelques mois de silence, Sean Purnell revient avec un morceau qui refuse la gravité. Ici, pas de storytelling sombre ni de flows agressifs : l’autotune caresse chaque note, lisse les angles et transforme la voix en instrument moelleux, parfait pour se fondre dans les basses et les synthés cotonneux. On pense à Post Malone pour la nonchalance mélodique, à Ty Dolla $ign pour le groove ensoleillé, mais avec une signature plus épurée, presque minimaliste dans ses intentions.
La production mise sur la légèreté. Pas de drops tapageurs ni de gimmicks éreintants : juste un équilibre parfait entre basses chaudes, percussions effervescentes et nappes qui s’étirent comme un horizon sans fin. Le morceau se glisse sans effort dans une playlist estivale, mais il a aussi ce quelque chose de contemplatif qui le rend idéal pour les trajets en solo.
What I Want n’est pas seulement un comeback, c’est une réaffirmation. Sean Purnell y rappelle que la simplicité est parfois la plus grande des audaces : un morceau qui ne cherche pas à bouleverser les codes mais qui réussit, en trois minutes, à redonner le sourire. Et dans un été saturé de bangers interchangeables, c’est peut-être ce qu’on attendait le plus.
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juillet 22, 2025Le moteur ronronne, la fumée de Montecristo flotte dans l’habitacle, et les basses font vibrer les portières d’une Cadillac imaginaire. Montecristo (Just Ride) n’est pas un simple morceau. C’est une invitation. À ralentir, à s’installer dans le siège en cuir chaud du hip-hop alternatif, à se laisser porter par le flow comme on regarde défiler le paysage sur une highway du Sud.
O.G. Soul et B. Griff construisent ici une production hybride qui réunit les extrêmes : des kicks lourds comme la trap, des nappes soulful presque cinématographiques et un groove langoureux qui évoque les grandes heures du G-Funk. C’est à la fois rugueux et élégant, calibré pour les block parties comme pour les nuits solitaires.
Le flow, posé mais assuré, raconte des histoires de routes et de cicatrices, de survie et de rédemption. Pas de surenchère gangsta, pas de morale forcée : juste la voix d’un narrateur qui a vu la poussière des routes du Sud, qui a connu les ombres mais préfère parler de lumière. Le refrain, accrocheur sans être racoleur, agit comme un mantra : rouler, exister, respirer.
On pense à OutKast pour l’audace, à UGK pour le groove sudiste, mais O.G. Soul + B. Griff imposent leur propre esthétique, celle d’un hip-hop qui refuse les étiquettes et qui trouve sa force dans l’espace entre les genres.
Montecristo (Just Ride) est une capsule sonore qui sent le tabac, l’asphalte chauffé au soleil et la liberté retrouvée. C’est le genre de morceau qui se déguste en voiture, fenêtres ouvertes, volume à fond, quand la seule destination qui compte est celle qu’on choisit soi-même.
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juillet 22, 2025Un 808 qui gronde comme une tempête intérieure. Des hi-hats acérés qui hachent le silence. Et cette voix, lourde de vécu, qui déboule sans filtre, mi-crachée, mi-avalée, comme si chaque ligne servait à exorciser un démon de plus. SPLIT n’est pas une track de trap pour faire danser. C’est un éclat d’âme, brut, qui transforme le chaos émotionnel en musique.
Chaunccapone y fait exploser ses contradictions. Les couplets oscillent entre agressivité contenue et fatigue palpable, un flow tantôt saccadé, tantôt glissant sur l’instrumental comme une lame sur une flaque d’huile. L’écriture, viscérale, capture ce moment où l’on se sent à la fois prêt à tout brûler et incapable de bouger.
La production est minimaliste mais lourde de sens : basses abyssales, nappes sombres qui s’étirent comme un plafond de nuages, et une rythmique qui avance avec la lenteur d’un cœur qui bat trop fort. On pense aux atmosphères de Future période HNDRXX, à la noirceur d’un 21 Savage, mais Chaunccapone impose une signature plus brute, moins clinique, presque DIY dans l’énergie.
SPLIT est un morceau de rupture au sens large. Rupture avec les autres, avec soi-même, avec une version antérieure qui refusait de faire face. Pas de refrain catchy, pas de mélodie pour adoucir le propos : ici, tout est dans la répétition obsédante des basses et la sincérité désarmante du delivery.
C’est une piste à écouter seul, casque vissé, quand la ville dort et que les pensées reviennent cogner aux tempes. Chaunccapone ne cherche pas la validation. Il documente une faille, et dans cette faille, il pose un beat qui résonne comme une alarme sourde.
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juillet 22, 2025Dans la lumière tamisée d’un club où les miroirs renvoient autant de reflets que d’histoires, Sibèlle avance, tête haute, talons cliquetants. Good AF est une entrée triomphale. Un moment où la pop, la house et les racines créoles fusionnent pour célébrer une vérité simple mais radicale : se choisir soi-même est la plus belle des romances.
Le morceau pulse d’un groove élégant, entre rythmes dance pop aux contours soyeux et une section ballroom house qui fait vibrer le sol comme un podium de voguing à Harlem. La basse est ronde, caressante, tandis que les claviers dessinent des arabesques aériennes. On sent l’influence des grands noms de la scène queer new-yorkaise — cette énergie de fête qui a toujours été un acte de résistance.
Sibèlle, trilingue en anglais, français et créole haïtien, fait de sa voix un instrument qui glisse entre les langues comme on change de peau. Elle n’interprète pas le morceau, elle l’incarne : tantôt douce et sensuelle, tantôt tranchante comme une punchline lâchée sur la piste de danse. Sa manière de chanter est à la fois confessionnelle et affirmée, une dualité qui rend chaque ligne magnétique.
Après Sucker 4 U, qui baignait dans les eaux troubles de la passion, Good AF est la réponse claire et lumineuse d’une femme qui s’est retrouvée. Pas de regret, pas d’amertume : juste une joie contagieuse, presque insolente, d’être “enough” pour soi. C’est un morceau pensé pour les playlists de club comme pour les moments en solo devant le miroir, où l’on se rappelle qu’on est la personne qu’on attendait.
Avec ce titre, Sibèlle confirme qu’elle n’est pas seulement une artiste, mais une créatrice d’univers. Un lieu où les corps brillent de sueur et d’assurance, où la langue créole devient un talisman, et où chaque beat est une déclaration d’indépendance. Good AF n’est pas là pour accompagner une soirée. Il est là pour en être le climax.
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juillet 21, 2025Une 808 qui bat comme un cœur fatigué. Des accords vaporeux qui s’étirent dans l’air, presque éthérés. Et puis cette voix, mi-parlée, mi-chantée, qui s’invite comme un murmure de journal intime laissé ouvert sur une table. Supreme Art ne cherche pas à frapper. Il caresse, il racle doucement sous la peau, il tient plus de la confession nocturne que de l’hymne tapageur.
Eidon navigue ici entre cloud hop et emo hip-hop avec une aisance qui étonne. La production minimaliste laisse de l’espace : les basses sont rondes, les synthés s’effilochent comme de la fumée, et les percussions se font discrètes, presque effacées. Le morceau ressemble à une chambre en désordre, éclairée par une veilleuse, où chaque élément respire la mélancolie douce et l’introspection.
La voix d’Eidon est le centre de gravité. Elle ne cherche pas à séduire par la performance mais par la sincérité. Il y a quelque chose de Post Malone dans la fragilité, une filiation à XXXTentacion pour la vulnérabilité crue, et un soupçon de Juice WRLD dans cette manière de faire de la peine une mélodie. Mais Supreme Art ne copie pas. Il digère ses influences pour en extraire un ton unique, celui d’un artiste qui écrit pour survivre à ses propres tempêtes.
Le refrain est un vertige, une boucle mélodique qui accroche l’oreille sans jamais exploser. Pas de drop spectaculaire, pas de climax : juste une ligne qui revient comme un mantra, parfaite pour ces soirs où l’on se parle à soi-même.
Supreme Art est une capsule de douceur sombre, un espace suspendu entre douleur et espoir. C’est un morceau qui ne fait pas de bruit mais qui reste, longtemps, dans la tête et dans la poitrine. Le genre de track qui transforme un moment ordinaire en paysage intérieur.
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juillet 21, 2025Un beat glacial monte en spirale, percussions fines comme des coups d’ongles sur une vitre, basses qui grondent dans les entrailles. Ghost ne crie pas, il hante. Ha$an y dépose ses mots comme des échos dans une maison vide, chaque syllabe résonne dans l’espace, lourde de souvenirs et de regrets.
La production joue la carte du minimalisme sombre : trap lente, nappes synthétiques éthérées, hi-hats qui tracent des lignes droites et inquiètes. L’atmosphère est nocturne, presque claustrophobe, mais elle laisse respirer la voix de Ha$an. Une voix grave, légèrement voilée, qui semble venir d’un ailleurs. On y sent l’héritage de Kendrick Lamar pour la précision narrative, la mélancolie flottante d’un Isaiah Rashad, et cette intensité contenue qui rappelle le Mac Miller de Swimming.
Dans Ghost, Ha$an parle depuis les marges. Les couplets sont des fragments, des pensées dispersées, des souvenirs d’une époque où il était présent mais invisible. Le refrain agit comme un mantra : l’idée de disparaître, de se retirer du vacarme, de devenir une silhouette qu’on ne peut plus atteindre. C’est à la fois une fuite et une affirmation.
Ce morceau est une mise à nu. Là où beaucoup de tracks trap jouent la surenchère, Ghost mise sur la fragilité. La voix est à peine retouchée, presque chancelante par moments, et cette vulnérabilité est précisément ce qui donne sa force au morceau. On a l’impression d’entendre quelqu’un qui parle bas pour ne pas se briser.
Ghost confirme la capacité de Ha$an à créer des titres où la technique se fond dans l’émotion, où le rap devient plus qu’un exutoire : une cartographie des failles et des renaissances. C’est du hip-hop de l’ombre, beau, brut, qui préfère frapper au plexus qu’à la tête.
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juillet 21, 2025Il y a ce beat qui frappe sec, sans détour. Une boucle qui sent le bitume et le sang-froid, comme une bande-son taillée pour une montée d’adrénaline. Puis la voix de Ha$an surgit, tranchante, habitée, prête à prouver au monde qu’elle n’a plus rien à cacher. Dangerous n’est pas un simple single. C’est un manifeste. Un avertissement. Le genre de morceau qui transforme un MC en prétendant sérieux au trône.
Dans ce titre, Ha$an se réinvente. Fini l’introspection fragile de Beauty Is Madness. Ici, la plume est acérée, le flow millimétré, les punchlines débordantes de confiance. Il y a quelque chose de Kendrick dans la tension narrative, un soupçon d’Ab-Soul dans la densité verbale, et cette rage maîtrisée. Mais Ha$an ne copie personne. Il condense son vécu, ses 19 années d’écriture, ses influences et ses frustrations dans un couplet après l’autre, comme s’il vidait un chargeur.
La production est brute, presque spartiate. Pas de superflu : un beat boom bap en acier trempé, une ligne de basse qui gronde comme un moteur au ralenti, et quelques touches atmosphériques qui suffisent à installer une tension cinématographique. On sent les racines East Coast, mais le morceau respire aussi une modernité West Coast dans l’espace qu’il laisse à la voix.
Là où d’autres rappeurs jouent la posture, Ha$an incarne chaque mot. On l’entend défendre sa place, non pas par arrogance, mais par nécessité. Ce “Dangerous” qu’il revendique, c’est moins une menace pour les autres qu’une promesse envers lui-même : ne plus se retenir, ne plus douter, devenir cet artiste qu’il a toujours su être.
Dans un rap game saturé de clones, Dangerous frappe comme une anomalie. Brutal, précis, organique. Et surtout, authentique. Ha$an y prouve qu’il n’a pas besoin de suivre la mode pour imposer sa voix. Elle est déjà assez puissante pour que le monde tende l’oreille.
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juillet 21, 2025C’est le genre de morceau qui démarre comme une rencontre au hasard, à l’angle d’une rue où la lumière des néons se mélange à la pluie. Stranger ne se précipite pas. Il installe d’abord une ambiance, une pulsation dance pop qui respire la nuit et les rêves inachevés. Puis la voix de NGN CJ surgit, fluide et assurée, un rap mélodique qui épouse la production comme une confession murmurée à un inconnu.
La structure est hybride, subtile. Entre beats trap légers et nappes synthétiques douces, NGN CJ glisse de la mélodie au flow sans forcer. On y retrouve la nonchalance d’un Post Malone, la candeur assumée d’un Khalid, mais avec une tension plus consciente, une écriture qui ne se contente pas de raconter l’instant mais interroge le sens : qui est cet “autre” qu’on croise, qu’on perd, ou qu’on devient ?
Le refrain, aérien, agit comme un point d’ancrage. Là où les couplets observent le monde en mouvement, il offre une bulle d’espoir, presque naïve, portée par une ligne vocale qui accroche l’oreille sans chercher l’esbroufe. La production se garde de surcharger : chaque élément est là pour servir une atmosphère, une errance urbaine entre dancefloor et introspection.
Stranger réussit ce que peu de morceaux de pop rap tentent : mélanger l’énergie d’un tube radio à une mélancolie diffuse, un arrière-goût de solitude qui le rend étrangement attachant. C’est un morceau de transition, le genre qui accompagne aussi bien une marche solitaire qu’un retour de nuit. Et peut-être est-ce là sa vraie force : NGN CJ capture ce moment fragile où la ville ralentit, où l’on n’est plus qu’un étranger parmi les autres.
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juillet 21, 2025Sur un fond de beats solaires et de nappes synthétiques qui ondulent comme une mer tiède, Nolan Pierce déroule un morceau qui refuse la précipitation. On My Time n’est pas une invitation à la fête hystérique, c’est une respiration, un pas de côté, une bande-son pour ceux qui décident enfin de sortir de la course.
Derrière les rythmes downtempo et les couleurs tropical house, il y a une histoire qui ne cherche pas le spectaculaire. Ancien nageur olympique, Pierce a longtemps vécu selon des chronos et des calendriers impitoyables. Ici, il semble déposer ce fardeau dans chaque drop mesuré, dans chaque montée qui prend son temps avant d’éclater. La production est précise mais jamais étouffante : percussions légères, basses rondes, mélodies qui s’étirent comme une aube lente.
Sa voix, posée et presque vulnérable, flotte sur le morceau avec une douceur inattendue pour un genre souvent dominé par les refrains hédonistes. Elle ne cherche pas à électriser, elle cherche à apaiser. Et c’est là toute la singularité d’On My Time : un track dance qui n’incite pas à l’explosion mais au recentrage.
On y entend les échos de Kygo dans la légèreté tropicale, la finesse d’un Petit Biscuit dans le minimalisme des textures, mais aussi quelque chose de plus intime, de moins calibré pour les dancefloors saturés. Ce morceau est une carte postale sonore, une promesse qu’on peut avancer à son propre rythme sans se perdre.
Dans un monde obsédé par la vitesse, Nolan Pierce livre ici une alternative : un espace suspendu où l’on peut respirer, lâcher prise et se rappeler que nos timelines n’appartiennent qu’à nous.
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juillet 21, 2025Dans la lumière bleutée d’un écran de téléphone, un message non envoyé clignote. Autour, la nuit respire au rythme d’un 808 qui vibre comme un pouls trop rapide. You Been On My Mind n’est pas une ballade classique. C’est un R&B vaporeux, imbibé de trap et de mélancolie numérique, un morceau qui se consume à la frontière du désir et du doute.
Dès les premières secondes, la voix de Yung Ikon flotte au-dessus des basses profondes et des hi-hats pointillés. Elle ne cherche pas à percer, elle enveloppe, comme un parfum persistant. Son timbre, éraillé et sensible, se mêle à une production minimaliste : synthés liquides, percussions étouffées, silences bien placés qui donnent autant de poids aux mots qu’aux non-dits.
On pense aux nappes moelleuses d’un Brent Faiyaz, aux atmosphères troubles d’un 6LACK, à cette école alt-R&B qui transforme les morceaux en chambres closes où chaque son devient une confession. Mais Yung Ikon y injecte une chaleur particulière, une urgence discrète qui évite la posture. Ce n’est pas du R&B qui se regarde dans le miroir, c’est un appel, un monologue fragile envoyé dans le vide.
You Been On My Mind oscille entre groove hypnotique et vulnérabilité assumée. Pas de refrains spectaculaires, pas de drops fracassants. Juste un flux continu, une boucle sonore qui berce et inquiète à la fois, comme ces pensées qui tournent en rond à 3 heures du matin.
Dans un paysage saturé de hits interchangeables, Yung Ikon livre ici un titre sincère, une pièce d’ambiance qui refuse le clinquant. Et dans ce refus de l’esbroufe se cache sa force : un morceau qui ne crie jamais mais qui reste, longtemps, dans la tête comme une phrase qu’on n’a pas osé prononcer.
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juillet 21, 2025Il y a cette ligne de basse ronde, presque veloutée, qui roule sous les pieds comme un tapis de groove. Le beat, à la fois sec et feutré, claque dans l’air chaud d’un studio enfumé. Et puis les voix. Pas une, mais cinq, qui se succèdent, se chevauchent, se répondent comme dans une conversation où chaque mot pèse, chaque silence aussi. Better est moins une chanson qu’un espace de respiration collective.
Cam Be et son équipe ne cherchent pas l’effet de manche. Pas de refrains calibrés pour les playlists, pas de hooks criards. À la place : un flow continu, organique, où les idées circulent comme une énergie électrique. Neak ouvre le bal avec un phrasé élégant, presque nonchalant, la diction d’un MC qui maîtrise son art sans avoir besoin de hausser le ton. Rashid Hadee enchaîne avec une lucidité plus acérée, des images qui percutent sans forcer. Yaw, lui, apporte une vibration plus soulful, une voix qui glisse et accroche, comme une lumière entre deux immeubles.
La production tisse un pont entre le passé et le présent. On y entend l’écho de J Dilla dans ces beats au groove imparfait, de The Roots dans la richesse instrumentale, et cette touche Neo-Soul qui adoucit le propos sans le diluer. Sam Thousand vient parfaire le tout avec une chaleur vocale qui transforme le titre en confession collective, en appel à se relever, encore et encore.
Better est un morceau qui refuse l’urgence hystérique de l’époque. Il prend son temps, s’étire, respire. C’est une méditation en mouvement, un rappel que l’évolution est un processus, pas un slogan. Ce n’est pas seulement du hip-hop ou du soul : c’est un dialogue entre générations, entre blessures et espoirs, entre hier et demain.
Dans un paysage saturé de bangers éphémères, Better sonne comme une anomalie précieuse. Le genre de morceau qu’on réécoute la nuit, casque vissé, en laissant les mots et les basses recoudre quelque chose en nous.
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juillet 21, 2025Ça démarre comme une respiration qu’on n’attendait plus. Un souffle au ralenti, qui flotte au-dessus d’un piano écorché. Le genre de production qui ne cherche pas l’effet, mais installe un climat, lourd et élégant à la fois. MooreBeats construit ici un écrin minimaliste : basses profondes, percussions en clair-obscur, quelques notes suspendues qui rappellent que le silence peut parfois dire autant qu’un flow.
DMENTID entre en scène le premier. Sa voix est une lame rouillée, usée par le temps mais qui tranche encore. Son delivery n’est pas là pour plaire, il est là pour exister, pour dire que derrière la façade il y a les nuits blanches, les échecs, les survivants. LongLivePhoenix prend le relais, presque en apesanteur, sa fluidité contrastant avec la rugosité des autres, comme une éclaircie fugace dans un ciel chargé.
Puis vient Amillyon, plus nerveux, plus urgent, qui resserre le morceau comme une prise de conscience. Mr. L ferme la marche avec une assurance tranquille, celle des rappeurs qui n’ont plus besoin de hausser le ton pour imposer le respect. Ensemble, ils créent une dynamique rare : un dialogue, pas une démonstration d’ego.
Le refrain agit comme un point d’ancrage. Pas une punchline à répéter en boucle, mais une respiration, une invitation à tenir bon. Smile n’est pas un banger, c’est un état d’esprit. Ici, le sourire n’est ni naïf ni forcé. Il est celui qu’on esquisse après avoir encaissé, après avoir compris que sourire, parfois, c’est déjà gagner.
Ce morceau rappelle que le rap peut être un lieu de tension et de tendresse. Il a la rugosité des trottoirs et la douceur des matins calmes. Il fait penser à ces titres de Nas qui se refusent au spectaculaire, ou aux tracks de J. Cole qui parlent bas mais frappent fort. C’est une pièce de rue, une confidence murmurée entre deux beats. Et c’est précisément cette retenue, cette humanité brute, qui donne envie d’y revenir.
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juillet 21, 2025Un beat qui claque comme un briquet dans la nuit, une ligne de basse qui groove avec la nonchalance d’un taxi new-yorkais dans les 90’s, et cette voix qui surgit, grinçante, charismatique, directement héritée d’un âge d’or où le flow était une arme de poing. CREAM de Hew G. x IG n’est pas un hommage au passé. C’est une réincarnation.
Dès l’intro, impossible de ne pas penser à Method Man : un ton brut, street, un timbre qui accroche l’oreille comme une rature sur du papier lisse. Puis vient ce flow à la ODB, désarticulé, joueur, imprévisible, qui donne au morceau une tension délicieuse entre chaos contrôlé et efficacité redoutable. CREAM respire le New York des mixtapes, mais transpire aussi une modernité sync-friendly, calibrée pour faire vibrer des pubs, des séries, des bandes-son MTV.
La production, entre boom bap classique et bounce subtil, déroule un tapis sonore organique. Les kicks sont secs, les snares claquent, les samples grincent doucement dans l’arrière-plan, comme si le morceau sortait d’un MPC poussiéreux branché sur un système dernier cri. Cette double esthétique donne à CREAM un équilibre rare : vintage mais actuel, sale mais lisse, brut mais prêt pour les playlists mainstream.
C’est ce mélange qui rend la track irrésistible. Pas besoin d’un storytelling alambiqué : l’attitude suffit. Hew G. x IG rappent avec la certitude tranquille des anciens, mais la fraîcheur nerveuse des rookies qui n’ont rien à perdre. Chaque punchline semble taillée pour les coins sombres d’un club comme pour la lumière agressive d’un plateau télé.
CREAM est une capsule temporelle qui refuse de rester enfermée. Ici, le passé sert de tremplin, pas de musée. Et quand le morceau s’éteint, on a cette étrange impression d’avoir entendu une archive redessinée au surligneur fluo : le hip-hop de demain pourrait bien ressembler à ça.
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juillet 21, 2025D’un pas léger mais assuré, Olisae entre sur le dancefloor global avec Poco, un titre qui pulse à la croisée des afrobeats, de l’amapiano et de l’afro-pop. Ici, pas de frime inutile : Poco célèbre l’art d’avancer à son rythme, de cultiver la confiance en soi, et de savourer chaque étape de l’ascension. Une ode au mouvement – physique, émotionnel, culturel – taillée pour les playlists qui font vibrer Lagos, Johannesburg, et Berlin à parts égales.
Dès les premières secondes, le beat amapiano enrobe l’auditeur d’un groove chaloupé tandis que les mélodies pop d’Olisae se déploient avec une aisance irrésistible. La production, à la fois riche et minimaliste, laisse respirer chaque élément : les percussions claquent comme un appel au lâcher-prise, les basses profondes font onduler les corps, et les synthés soyeux dessinent des paysages sonores où le soleil semble éternel.
Mais au-delà de sa dimension dansante, Poco est une déclaration d’intention. C’est le morceau qui te rappelle qu’il n’y a pas de petites victoires, qu’avancer “poco a poco” – petit à petit – suffit pour transformer le doute en force. Olisae y glisse une philosophie douce mais affirmée, héritée de ses racines et de ses voyages entre les continents.
Avec ce single, Olisae confirme son talent pour créer des hymnes universels, portés par des influences multiples sans jamais perdre leur identité africaine. Poco est un titre qui s’écoute en boucle, sur une terrasse au coucher du soleil, dans un club où les basses font vibrer les murs, ou même seul, casque vissé sur les oreilles, pour se rappeler que le chemin compte autant que la destination.
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juillet 21, 2025Orrin ne se contente pas de citer Le Roi Lion dans Hakuna Matata. Il en détourne l’innocence pour écrire une satire douce-amère sur l’amour à l’ère des DM vus mais jamais répondus, du ghosting en série et des romances jetables comme des stories Instagram. Avec ce single, le rappeur et producteur new-yorkais revisite sa propre invention – le Hip House – et y injecte une dose assumée de nostalgie Y2K, jusqu’à ce que les synthés étincelants et les drums Jersey club évoquent les débuts de MySpace autant que les sueurs moites d’un after berlinois.
Derrière les beats qui claquent et les nappes R&B soyeuses, Hakuna Matata questionne ce mantra naïf de “pas de soucis” à l’heure où tout le monde en a, sans jamais vraiment en parler. Orrin le rappe et le chante avec une nonchalance étudiée, comme ce pote qui te dit que ça va alors qu’il se noie dans un océan de notifications rouges. C’est là tout l’art de son écriture : flirter avec le feel-good sans oublier la mélancolie post-adolescente qui traîne dans le fond.
Le clip, lui, est une expérience visuelle à part entière. Orrin s’y promène dans des paysages Frutiger Aero dignes d’un screensaver Windows XP sous LSD : des cieux trop bleus, des filtres glossés comme un vieux Nokia, des décors de rave où il joue les euro party boys en survêt Lacoste et lunettes teintées. L’esthétique hyper-saturée se lit comme une ironie visuelle : on te promet l’eden digital, mais tout n’est qu’artifice.
Après une apparition remarquée sur Metal Magazine, Orrin continue ici à affiner son identité sonore et visuelle, quelque part entre la confidence bedroom pop et l’énergie des dancefloors jersey club. Hakuna Matata est bien plus qu’un clin d’œil à Disney : c’est un hymne générationnel qui se balance entre l’espoir candide et le désenchantement moderne.
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juillet 21, 2025Il y a dans After Years. Theme une forme de délicatesse qui n’a pas besoin de mots pour atteindre le cœur. Seul aux commandes, Gatis Sturnieks sculpte une mélodie qui agit comme un souffle discret, presque un murmure, annonçant la couleur de son prochain titre pour le projet muunroo. Ici, pas d’esbroufe, pas de surcharge : juste la simplicité d’un piano qui s’élance et retombe comme une vague douce, porteur d’une mélancolie qui ne verse jamais dans le pathos.
À travers cette pièce, Gatis explore un thème universel mais rarement traité avec autant de pudeur : la longévité de l’amour. Ce moment où, après des années passées ensemble, on risque de confondre le confort de l’habitude avec la disparition du feu des débuts. L’instrumental devient ainsi une sorte de messager, comme il le dit lui-même : une invitation à se souvenir, à se tendre la main à nouveau, à retrouver dans les gestes les plus quotidiens la beauté qui les habitait autrefois.
La composition brille par sa sobriété. Chaque note semble posée avec soin, comme si elle devait préserver un équilibre fragile entre la nostalgie et l’espoir. Le thème, récurrent et hypnotique, évoque ces souvenirs enfouis qui resurgissent à la faveur d’un parfum, d’une lumière, d’un éclat de rire. On pourrait presque visualiser une scène de cinéma où deux personnages, après une dispute ou des années de silence, finissent par s’assoir côte à côte, un sourire timide aux lèvres.
Ce morceau n’est pas seulement une introduction à une chanson à venir, c’est une œuvre à part entière, qui impose une pause dans le tumulte du quotidien. Il offre l’espace pour réfléchir à ces liens tissés sur le long cours, à la tendresse qui survit aux années, aux promesses faites et refaites.
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juillet 21, 2025Une pièce plongée dans la pénombre, le parfum de la cire chaude flotte dans l’air. Sur un vieux tourne-disque, un murmure s’élève. Pas un chant, pas vraiment. Plus une caresse, un frôlement d’âme. Je n’ai besoin que de toi, chuchote savagerus, et soudain, la nuit se met à respirer.
C’est une chanson qui ne cherche pas à séduire. Elle s’infiltre. Comme un parfum sur la nuque, comme une pensée obsédante qui revient quand tout s’apaise. À 74 BPM, le cœur ralentit, les respirations s’accordent. Les textures ambient, nappées de synthés diaphanes, dessinent un décor de soie et de lumière tamisée. Les pulsations électroniques se font discrètes, presque organiques, comme des battements à peine perceptibles.
Les mots, eux, glissent avec une poésie charnelle. “Je te désire… comme la lune désire la mer.” Chaque phrase est un secret, un écho d’intimité. La voix n’habite pas le morceau : elle le hante. Elle murmure à l’oreille comme une confidence dans le noir, abolissant la frontière entre l’auditeur et la narratrice.
La production minimaliste rappelle Cigarettes After Sex pour la douceur vaporeuse, Mylène Farmer pour la sensualité mystique, Enigma pour l’aspect incantatoire. Mais savagerus ne se contente pas d’évoquer ces influences : elle les distille dans une alchimie unique, celle du whispercore. Ici, la fragilité devient une force, le silence une matière sonore.
Je n’ai besoin que de toi est une chanson qu’on ressent. Elle demande qu’on éteigne la lumière, qu’on ferme les yeux, qu’on accepte de se perdre dans cet espace où le désir devient une identité, où le souffle se fait prière. Une expérience qui ne cherche pas l’effet, mais la vérité nue du moment.
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juillet 21, 2025La lumière vacille. Une ampoule nue pend du plafond, projetant sur le mur l’ombre d’un corps assis en tailleur, guitare en main. Dans la chambre milanaise, l’air est épais de souvenirs. Les rideaux sont tirés, non pour la scène, mais pour garder la nuit à l’extérieur. Il est deux heures du matin. Le monde dort. Happier, lui, enregistre une confession.
Les premières notes de Curtain’s Call naissent à peine audibles, comme un souffle retenu. Chaque accord semble hésitant, comme si les doigts se demandaient encore s’ils ont le droit de troubler le silence. La voix, fragile, presque tremblante, glisse entre les murs, caresse le bois de la guitare. Il y a là une pudeur désarmante, une manière de dire sans éclat ce que tant d’autres hurlent.
Dans ce huis clos sonore, le chagrin ne se transforme ni en colère ni en regret. Il reste suspendu, comme une poussière dans un rayon de lumière. Happier n’écrit pas une rupture ; il écrit la scène finale d’un acte où l’amour, même en se retirant, laisse derrière lui une chaleur persistante. Curtain’s Call est une révérence, une dernière inclinaison avant que le rideau ne tombe.
La production refuse toute distraction. Pas d’effets, pas de reverbs outrancières. La voix reste brute, captée dans l’intimité d’une chambre devenue sanctuaire. Chaque respiration, chaque froissement de cordes témoigne de la sincérité d’un moment que Happier n’a pas voulu trahir. On sent le bois de la guitare vibrer, on imagine le souffle court, les yeux fermés pour ne pas éclater.
À mesure que la chanson progresse, des images surgissent. Des éclats de rire partagés dans une cuisine, des silences lourds au détour d’un couloir, des nuits blanches à attendre un message qui ne viendra plus. Mais au lieu de s’enfermer dans la douleur, le morceau choisit l’acceptation. Il y a une paix douce-amère, comme celle qui suit une tempête.
Quand les dernières notes s’évanouissent, le rideau tombe doucement, sans fracas. Et dans cette obscurité nouvelle, une promesse germe : celle d’un autre lever de rideau, d’une autre scène, d’un autre rôle à jouer.
Avec Curtain’s Call, Happier offre un fragment de vie, capté dans sa forme la plus pure. Et c’est cette vulnérabilité, si rare, qui donne envie de tendre l’oreille et de rester, longtemps, dans cette chambre où les ombres dansent encore.
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juillet 21, 2025Dans les ruelles bétonnées de Berlin, des vibrations sourdes montent du sol, comme le dernier souffle d’un monde en décomposition. Les machines s’emballent, les lumières vacillent. Ragnarök in Berlin n’annonce pas la fin, il la documente, morceau après morceau, comme un carnet de guerre sonore écrit par les survivants. Nordstahl signe ici un album-concept d’une intensité rare, où la mythologie nordique devient une grille de lecture pour nos failles contemporaines.
Midgards Schlaf ouvre les hostilités. C’est un grondement lent, une terre qui dort pendant que ses fondations se fissurent. Les guitares saturées se mêlent à des nappes orchestrales, une lente montée de tension qui fait peser l’inertie collective comme une chape de plomb.
Puis Ragnarök in Berlin explose. Berlin est le champ de bataille, ses clubs désaffectés deviennent des temples de fer où résonnent riffs martiaux et rythmes mécaniques. La colère prend forme, transpercée par des synthés stridents qui sonnent comme des alarmes dans la nuit.
Dans Bifröst brennt, la passerelle des dieux est réduite en cendres. La musique se fait incandescente, les mélodies se désagrègent dans des percussions martelées, comme un pont en flammes sous les pieds des fuyards.
Mjölnir fait résonner le marteau de Thor, non pas comme une arme triomphante, mais comme un poids muet, témoin d’un courage qui n’a jamais frappé. La basse ronfle, la voix gronde, chaque riff est une claque à la résignation.
Avec Jörmungands Kreis, Nordstahl enferme l’auditeur dans une spirale hypnotique. Le serpent du monde se mord la queue, et la musique épouse ce mouvement circulaire : répétitive, suffocante, inévitable.
Lokis Lügen recrache le venin des mensonges modernes. La voix, d’abord feutrée, devient incantatoire, se superposant à des couches de guitares acides et de beats qui claquent comme des fouets.
Enfin Friggs Falscher Trost ferme le cortège comme une berceuse empoisonnée. Sous des mélodies presque apaisantes, un grondement persiste, rappelant que ce réconfort est une illusion, un leurre pour endormir une société qui s’effondre.
Avec cet album, Nordstahl ne se contente pas de faire du metal industriel. Il bâtit une œuvre totale où la mythologie devient un miroir, où chaque morceau tend à réveiller un public trop longtemps anesthésié. La production, massive sans être clinquante, évoque Rammstein pour la puissance, Einstürzende Neubauten pour la radicalité, mais la voix en allemand et la cohérence conceptuelle donnent à Ragnarök in Berlin une identité propre. C’est un disque qui ne cherche pas le confort. Il ébranle, il réveille, il force à regarder l’incendie en face.
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juillet 21, 2025La nuit tombait sur une vallée glaciale, il y a quarante mille ans. Seul face aux ombres mouvantes, un homme observait les étoiles, inconscient d’être le dernier de son espèce. Ses mains gercées caressaient une pierre gravée de symboles, peut-être une prière, peut-être un adieu. Ce dernier Neandertal n’a laissé ni nom ni mémoire. Seulement une empreinte dans l’ADN humain, une trace minuscule, une résonance. C’est ce murmure que Giù a décidé d’amplifier.
À Embrun, dans le cocon d’un studio à quinze minutes de chez lui, l’artiste français compose et enregistre Neandertal comme on exhume un ancien langage. Chaque note devient une tentative de saisir ce qu’a pu ressentir cet homme à l’orée de l’extinction : la peur, la rage, la nostalgie d’un monde qui s’efface. Giù ne s’adresse pas à un public, il converse avec un fantôme.
Ses chansons, sculptées avec l’exigence d’un artisan, mêlent la flamboyance pianistique d’Elton John à la mélancolie progressive de Kansas et aux mots charnels de Gainsbourg. Mais derrière ces références, il y a une urgence intime, née d’un combat contre la mort durant la première vague de COVID. Hospitalisé, Giù décide de faire de la musique sa mission : écrire, enregistrer, raconter tant qu’il reste du souffle.
Le résultat est brut, vivant, imparfait comme le sont les grandes œuvres sincères. La voix tremble parfois, le rock se fait rugueux, puis s’apaise en ballades éthérées. À la toute fin d’un morceau, une guitare s’invite, ajoutée à la dernière minute par un éclair d’inspiration : un dernier cri de ce Neandertal intérieur qui résiste à disparaître.
Neandertal est un requiem pour les disparus et les survivants, un album qui refuse l’aseptisation du monde moderne. Pas d’IA, pas de surproduction : ici, tout est humain et fait main. Giù revendique 700 chansons dans ses archives, deux autres albums à venir cette année, et une seule certitude : tant qu’il peut créer, il n’est pas prêt à se taire.
Dans ce disque, il y a une solitude que chacun reconnaît. Celle du dernier de son espèce. Celle d’un homme de 62 ans qui refuse d’arrêter de rêver. Et, à travers cette rencontre improbable entre préhistoire et rock, une lueur fragile mais tenace : la musique comme acte de mémoire, comme acte de vie.
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juillet 21, 2025À première écoute, Ratbag Joy est une fête. Une cavalcade de beats lumineux, un groove qui ondule comme une nuit d’été sur le dancefloor, des synthés qui explosent en cascades de néons. Mais derrière l’hédonisme apparent, il y a autre chose. Une faille. Une urgence. Comme un sourire trop large pour être sincère.
C’est tout le génie de The New Citizen Kane : juxtaposer l’euphorie et le vide, l’élan des corps et le vertige des âmes. Sur ce second extrait de l’album multi-sensoriel Psychedelika, Kane peint le portrait d’un protagoniste en fuite. Il roule trop vite dans une ville trop basse, laisse ses rêves se dissoudre dans une poussière blanche, cherche dans l’ivresse un répit qu’il sait provisoire. Chaque couplet est un miroir fissuré, chaque ligne un rappel que la légèreté peut être une stratégie de survie.
Et pourtant, la musique refuse la lourdeur. Elle explose en refrains solaires, en basses élastiques, en pulsations qui font sauter les inhibitions. Ce n’est pas de l’insouciance, c’est une anesthésie sonore : le masque que l’on met pour ne pas sombrer, la bande-son d’une fuite en avant.
La production est massive, brillante, presque insolente. On y sent les échos de la house UK, les montées d’adrénaline d’un Chemical Brothers en mode pop, et l’écriture acérée d’un Damon Albarn qui aurait troqué le spleen pour le BPM. Le clip qui accompagne le morceau prolonge cette esthétique : montage frénétique, visuels hallucinés, personnages égarés dans une extase artificielle. C’est hypnotique et inquiétant, comme une fête qui pourrait déraper à tout instant.
Avec Ratbag Joy, Kane confirme sa capacité à bâtir des hymnes pour la nuit, des morceaux qui font bouger la tête et serrer le cœur. À l’heure où la scène indie dance s’uniformise, il trace sa propre route : plus audacieuse, plus chaotique, plus humaine. Et dans ce vacarme lumineux, on devine une vérité qui dérange : parfois, danser est la seule façon de tenir debout.
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juillet 21, 2025Dans une pièce faiblement éclairée de Johnson City, le téléphone posé sur une pile de livres tient lieu de studio. C’est là que Mahto Addison-Browder a enregistré Something Old, Something New, Something Borrowed, Something Blue, un EP qui semble capturer le frisson d’une chanson à l’instant même où elle prend vie. Quatre titres, quatre couleurs d’âme, quatre esquisses brutes qui refusent l’ornement inutile.
Parking Lots ouvre le bal comme une confession impromptue. La guitare sèche crépite, la voix porte encore la fatigue d’une longue journée, et l’on entend presque le bitume tiède d’un parking de province la nuit. C’est un morceau qui respire la nostalgie des petits instants, un folk dépouillé où chaque silence pèse autant que les accords.
Vient ensuite Self-Portrait at 30, tableau sonore d’une introspection douce-amère. Ici, la simplicité devient une force. La voix de Mahto vacille légèrement, presque chuchotée, et cette fragilité donne au morceau un relief bouleversant. Pas besoin de plus : une guitare, une voix, un harmonica qui racle le fond de l’âme.
Crisscross, adapté d’une composition de Niko Graham, apporte une variation subtile. On y sent le souffle d’une collaboration amicale, un jeu d’ombres et de lumière dans l’arrangement, la guitare tissant un motif répétitif qui hypnotise. Un “emprunt” qui s’intègre parfaitement à l’univers sonore de Mahto, toujours guidé par l’instinct plus que par la technique.
Enfin, Lunch w/ You (Bagels) clôt le voyage en un sourire tendre. À la fois banal et universel, ce titre capture la beauté des gestes ordinaires — un déjeuner partagé, des miettes de pain, des rires étouffés. Dans ce minimalisme, Mahto touche quelque chose d’essentiel : une sincérité sans fard qui donne à l’EP l’allure d’un journal intime trouvé au fond d’un sac.
Tout ici est volontairement “loose” : les prises directes sur téléphone, les arrangements réduits à l’os, la production maison qui laisse entendre les bruits du réel. Mais cette économie de moyens devient un manifeste esthétique. À la manière de Nick Shoulder, Mahto choisit de laisser ses chansons respirer, de les montrer dans leur nudité imparfaite, refusant l’obsession du poli.
Something Old, Something New, Something Borrowed, Something Blue ne cherche pas à séduire. Il se contente d’exister, d’être vrai. Et c’est précisément cette honnêteté brute qui le rend si attachant. On y entend le crépitement d’un feu de camp, le souffle d’une voix dans la nuit, la vie telle qu’elle est : fragile, lumineuse, désordonnée.
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juillet 21, 2025Chania, Crète. Une terrasse balayée par le vent, des guitares à douze cordes posées à même le sol, un ciel d’encre qui annonce la pluie. C’est là que Stray Blue a souvent trouvé refuge pour réapprendre à jouer, à respirer, à rêver. Vingt ans après la première ébauche de Wake Up & Smile, le trio grec revient avec une version acoustique qui n’a rien d’un simple dépouillement : c’est un retour à la source, une épure qui révèle la fibre intime de leur écriture.
Nick Anastasakis, fondateur et voix de Stray Blue, y distille une sagesse douce-amère, comme si les années passées entre New York et Los Angeles, entre scènes mythiques et silences imposés, avaient poli son timbre jusqu’à en faire un outil de confession. Aux côtés de George Athanas (basse, voix) et George Papazoglou (batterie), il tisse une toile sonore qui mêle nostalgie et lumière, où chaque note de guitare semble effleurer la peau.
Le titre éponyme, Wake Up & Smile, est un baume : arpèges délicats, souffle feutré, et ce refrain murmuré qui semble adresser au monde une prière simple mais puissante. Entre folk et indie, le morceau appelle à la résilience, à l’acceptation de ce qui est, à la joie ténue de l’aube après la tempête.
En contrepoint, Moody Sky, avec le violoncelle envoutant de Yoed Nir, plonge dans une mélancolie plus dense. Le morceau se déploie comme un ciel changeant au-dessus de la mer Égée, les harmonies vocales et les cordes dialoguant en vagues successives, jusqu’à ce que l’émotion déborde.
La production, signée Angelos Evangelou au Playshop Studio, capte l’essence du trio : une sincérité brute, une chaleur organique qui fait vibrer les silences entre les accords. Ici, pas de grandiloquence. Tout est dans la retenue, dans la respiration, dans ce choix de laisser le bois des guitares et les voix nues porter le récit.
Wake Up & Smile – Acoustic Version est plus qu’une relecture. C’est une carte postale sonore venue d’un groupe qui a su vieillir sans se trahir, en restant fidèle à sa philosophie : la musique comme un langage universel, capable de réunir les âmes dispersées. Un rappel, dans un monde bruyant, que parfois il suffit d’un sourire au réveil pour que la journée reprenne des couleurs.
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juillet 21, 2025Il y a des morceaux qui ne se contentent pas de remplir l’air. Ils s’y insinuent comme une brume légère, une rémanence, un souvenir qui refuse de s’éteindre. Silent Types, le nouveau single de Palm Lakes, est de cette trempe : une capsule temporelle enrobée de synthés 80s, un élan mélodique qui ressuscite des visages oubliés, des prénoms effacés, des brefs éclats d’émotion qui ressurgissent sans prévenir.
Le duo britannique, déjà remarqué cette année avec Motorcycle at Night et Everything I’ve Ever Loved, affine ici une signature sonore où la nostalgie ne pèse jamais. Au contraire, elle flotte, lumineuse, propulsée par des rythmiques tendues et des hooks synthétiques qui semblent tirés d’une bande-son de film perdu entre John Hughes et Nicolas Winding Refn. La production, saturée de réverbérations soyeuses, évoque autant la new wave que la dream pop, oscillant entre pulsations dansantes et langueur contemplative.
Silent Types parle de ces connexions fugitives qui laissent une empreinte indélébile. Un regard échangé dans une station de métro, un nom qui surgit d’une vieille playlist, une silhouette aperçue dans une foule et, soudain, tout revient. Les battements de batterie évoquent cette montée d’adrénaline, les nappes de claviers, ce flou qu’installe la mémoire. Il y a dans la voix une mélancolie douce, jamais lourde, qui transforme l’évocation en une fête pour les âmes égarées.
Le morceau s’écoute comme on parcourt un album photo oublié : chaque note défile comme une diapositive, chaque refrain est une lumière blafarde projetée sur le mur d’une chambre d’ado. Mais ici, aucune lourdeur passéiste. Palm Lakes embrasse le rétro pour mieux en tirer un son moderne, cinématographique, qui appelle autant la danse que l’introspection.
Dans Silent Types, les souvenirs ne sont plus des poids. Ce sont des échos mis en musique, amplifiés jusqu’à devenir matière à célébrer. Et si l’on danse un peu tristement, ce n’est jamais sans un sourire en coin.
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juillet 21, 2025Quelque part entre Port Harcourt et les collines d’Enugu, une voix s’est forgée dans la friction du monde et du sacré. Miracle Obianuju Moses, alias MOSES., ne chante pas : elle transmute. Dans son premier EP, Phoenix Rising, elle pose cinq balises sonores qui racontent une trajectoire de cendres, de feu et de renaissance. Une œuvre qui se tient à la croisée de l’Afrobeats, du Neo-Soul et d’une spiritualité viscérale, celle qui ne prêche pas mais qui brûle doucement sous la peau.
https://open.spotify.com/album/3PNaMwmxD3THY8oyc2Iukh
L’ouverture MOSES. sonne comme une déclaration d’existence. Une montée en puissance où gratitude, prophétie et street wisdom fusionnent. Les percussions frémissent comme une procession qui s’ouvre, les voix s’entrelacent dans une psalmodie sensuelle, et très vite, l’on comprend : il s’agit ici d’un appel, d’un ancrage, d’une élévation. MOSES. ne se contente pas d’écrire des chansons, elle érige des autels où la douleur se transforme en lumière.
Avec Highly Spiritual, elle joue la carte du flirt mystique. Une confession mi-taquine, mi-incendiaire où la sensualité se pare d’une confiance désarmante. Les textures Afro Neo-Soul se font moelleuses, presque liquides, idéales pour ces heures de nuit où le corps et l’esprit se confondent. MOSES. y manie la langue comme une arme tendre, entre pidgin, Igbo et poésie de ruelle.
Puis vient Incantations. Ici, la lumière vacille. Les rythmes se font plus âpres, la voix plus rugueuse, comme imbibée des ruelles d’Enugu et de leurs leçons de survie. C’est un chant de protection, une prière de guerrière urbaine qui avance, déterminée, sous un ciel lourd. Chaque ligne est une armure forgée à coups d’épreuves, chaque note un rappel : ne jamais laisser le monde éteindre son feu intérieur.
Avec Story O.M.L., MOSES. descend dans les abysses de sa mémoire. L’intensité y est à couper le souffle. Entre murmures et montées déchirantes, elle exhume les douleurs d’enfance, les répressions enfouies, les miracles qui l’ont maintenue debout. Ce titre est le cœur battant de l’EP, la plaie vive qui devient offrande. On y sent la poussière des villages, le silence des traumas, la douceur de la foi retrouvée.
Enfin, No Stress ferme la marche avec une sérénité presque inattendue. Après la tempête, le calme. C’est une ode au retrait, à l’art de choisir la paix et de dire non sans trembler. La production, subtile, enveloppe la voix dans des nappes chaudes d’Afrobeats feutré. Une respiration. Un manifeste discret pour la préservation de l’âme.
Phoenix Rising est un acte de courage autant qu’un objet sonore. MOSES. y livre un travail brut, sensible et stratifié où chaque rythme, chaque phrase est un fragment de résilience. Elle chante pour elle-même et pour tous ceux qui n’ont jamais trouvé les mots. C’est une naissance musicale qui brûle d’honnêteté, belle et inconfortable comme une vérité qu’on ne peut plus taire.
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juillet 21, 2025Sur la côte d’Oaxaca, un homme assis sur un rocher fixe l’océan. Le sel brûle ses lèvres, le soleil martèle ses paupières closes. Autour, les vagues martèlent les pierres comme des percussions primitives. Dans ce moment suspendu, des basses, des trompettes et des slogans émergent de la réverbération du monde. Plus loin, un rire éclate – franc, libre, presque irréel – celui d’une jeune Mexicaine dont l’écho se gravera dans deux titres de l’album. Et sur un mur décrépit, un avertissement griffonné en lettres noires : Your Comfort Zone Will Kill You. La vision est là, brutale et entière. L’album existe déjà dans les interstices du réel, il ne reste qu’à le faire jaillir.
De cet instant hallucinatoire à l’exil volontaire dans les montagnes portugaises, deux ans de labeur obstiné façonnent une œuvre qui tient de l’incantation et du manifeste. Your Comfort Zone est une traversée sensorielle, une cartographie d’émotions où la cumbia flirte avec le global beat, où le militantisme épouse la transe collective. Chaque morceau est une escale, une rencontre, un fragment d’utopie.
You Are The Revolution ouvre la marche comme un coup de semonce, une charge de cuivres et de percussions qui invite à la désobéissance joyeuse. Soy Un Bohemio chaloupe dans des volutes de chaleur, Together réunit les voix dans une communion douce-amère, Tolerance et Palestinian Children lacèrent l’air de leur urgence, de leur gravité sans détour.
Dans Freedom Preacher et Freedom, la danse devient prière, une transe où les corps se libèrent autant que les esprits. Puis My Body My Choice gronde comme un slogan arraché à une manif de rue, quand Vamos A Nadar offre une accalmie liquide, un rêve de nage sous lune.
Le morceau-titre Your Comfort Zone Will Kill You condense tout : la rage, la tendresse, le groove brûlant d’un Manu Chao réinventé, l’élan d’un Fat Freddy’s Drop en fièvre tropicale, la finesse de production d’un Nitin Sawhney au sommet. Les deux derniers titres, Ya Sobrevivi et Resist, Push Back!, ferment la procession comme des cris de ralliement, des échos d’espoir dans la nuit.
Produit en collaboration avec Marc Mennigmann, cet album refuse l’étiquette. Trop riche pour être assigné à un genre, trop vivant pour rester immobile. C’est une créature en mutation constante, qui respire, sue, danse et proteste. Un appel à embrasser l’inconfort, à brûler sa zone de confort pour retrouver le feu du monde. Dans un contexte où les voix dissidentes sont muselées, Peyoti For President signe une œuvre nécessaire, dangereusement contagieuse.
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juillet 21, 2025Dans un coin reculé du Minnesota, loin des clubs de jazz saturés et des lumières urbaines, quatre musiciens ont installé leur campement sonore. Là, entre des cabanes de bois et la respiration d’une forêt glacée, Knife Emoji a donné naissance à un morceau qui ne ressemble à rien de connu. « The Laboratory » porte bien son nom : un espace d’expérimentation radical où chaque bruit du monde extérieur devient matière première, chaque silence une invitation au vertige.
La genèse de ce titre a tout d’un exil volontaire. Daniel Rosen, épuisé par une décennie de tournées jazz, a voulu déprogrammer ses réflexes, oublier les grilles harmoniques, réapprendre à écouter. Autour de lui, Joshua Parlanti, Taylor James Donskey et Ryan Vee n’ont pas cherché à imposer une structure. Ils ont préféré laisser les éléments décider : des rafales de vent captées en plein enregistrement, des vagues heurtant les rives du lac, des froissements de branches que le micro attrape comme des confidences. À cela s’ajoutent des percussions bricolées sur des morceaux de chair crue, des guitares douze cordes en accordages improbables et des synthés ondulants qui rappellent les premières explorations d’Animal Collective.
« The Laboratory » n’avance pas en ligne droite. C’est un organisme sonore qui respire, se contracte, se dilate, déroutant l’oreille avant de l’envoûter. À chaque écoute, le morceau semble muer, dévoilant de nouvelles strates, des harmonies vocales éthérées, des grondements subsoniques à peine perceptibles. Là où certains auraient tenté d’apprivoiser ce chaos, Knife Emoji choisit l’abandon, laissant la musique se construire d’elle-même, comme une entité autonome.
On pourrait évoquer Grizzly Bear pour cette sensualité feutrée, ou la période la plus sauvage de Radiohead pour cette liberté formelle, mais la comparaison s’arrête là. Knife Emoji ne cite pas, ne pastiche pas. Le groupe sculpte un univers sonore qui lui est propre, un monde où la frontière entre organique et électronique devient indiscernable.
Dans un paysage musical saturé de productions aseptisées, « The Laboratory » résonne comme un rappel viscéral : la musique, lorsqu’elle est arrachée au confort, peut redevenir un acte vital, presque animal. Knife Emoji proposent une expérience immersive où perdre ses repères est non seulement inévitable, mais nécessaire.
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juillet 21, 2025À la première écoute, Fountains déploie un charme immédiat, comme une carte postale sonore venue d’un autre temps. Entre la chaleur analogique d’un vibraphone, les nappes synthétiques au parfum de Devo ou de Tears for Fears, et les guitares fuzzy bricolées dans un sous-sol, le morceau de LunaRover pourrait aisément tourner sur un walkman usé, en bande-son d’un été passé à fuir ses propres souvenirs.
Kevin Rieth et Ben Pelletier, les architectes de ce projet né à Silver Spring, Maryland, ne cachent pas leurs influences. On y devine les mélodies ciselées des Beatles, la flamboyance mélancolique de M83, et cette capacité très War On Drugs à capturer l’éphémère. Mais Fountains ne se contente pas d’un simple pastiche nostalgique : il y a ici une intimité désarmante, une fragilité contenue dans chaque ligne de chant, un texte qui parle d’effondrement et de reconstruction. Car derrière la luxuriance sonore, c’est un cœur recousu qui bat : celui de Rieth, dont la rupture amoureuse sert de catalyseur à ce récit musical.
L’histoire de la chanson, comme son processus d’enregistrement, relève d’un véritable artisanat. Réalisée pièce par pièce dans les studios bricolés des deux musiciens, elle se nourrit d’objets trouvés et d’expérimentations spontanées : un orgue à anche chiné pour 10 dollars qui devient l’épine dorsale du refrain, une guitare saturée via un vieux magnétophone 4 pistes, et même les mystérieux quindar tones – ces bips spatiaux caractéristiques des communications NASA – qui ouvrent le morceau. Ces détails confèrent à Fountains une profondeur texturale rare, où chaque couche semble symboliser un fragment de mémoire ou d’émotion.
Ce n’est pas un hasard si LunaRover reste pour l’instant un projet de studio : leur musique a quelque chose de contemplatif, de cinématographique, qui semble faite pour résonner dans des espaces intérieurs autant que dans nos écouteurs. Fountains est de ces titres qu’on rejoue en boucle, comme pour retrouver l’étreinte d’un souvenir qu’on n’est pas encore prêt à lâcher.
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juillet 21, 2025Il y a des remixes qui font office de lifting, et d’autres qui réinventent la chair même d’un morceau. Foll, le producteur-maison de Shybairn Records, appartient à la deuxième catégorie. Sa relecture de Get Outta My Yard ne se contente pas de pousser des faders : elle injecte du groove sale et de la tension sensuelle là où l’original brandissait la guitare comme une batte de baseball.
Ici, les basses rampent sous la peau comme des serpents hypnotiques, les cowbells tracent une ligne de coke sonore qui vous tient éveillé, et la voix de Charlotte Grayson – toujours aussi acide, toujours aussi irrésistible – devient le commandement d’un dancefloor post-punk en ébullition. Finis les riffs indie-rock qui jaillissaient à la gorge : place aux beats moites, à la réverbération qui transforme chaque mot en écho d’un club trop étroit pour contenir cette énergie.
Ce remix a des allures de mutation. On y sent des fragrances de Screamadelica, des éclairs disco-rock façon LCD Soundsystem, mais aussi une rage contemporaine qui refuse de se laisser enfermer dans une décennie. C’est pop, oui, mais une pop qui a des griffes, des hanches et un sourire carnassier.
Et quand ça explose, ça ne le fait pas en douceur. La section centrale, gonflée de basses et de percussions tribales, donne envie de marcher en talons aiguilles sur un trottoir mouillé à 3h du matin, un doigt levé vers le ciel. Foll a pris la colère contenue de Charlotte et l’a recodée pour les corps en mouvement, jusqu’à ce que chaque drop devienne une catharsis.
À la fin, Get Outta My Yard (Foll Remix) est un appel à la démesure, à la sueur, à l’affirmation sans excuse. Charlotte Grayson y prouve qu’elle sait tout faire : cracher le feu comme caresser le beat. Et on en redemande.
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juillet 21, 2025C’est une chanson qui s’infiltre comme une lumière tamisée dans une pièce trop grande pour deux corps. Dim the Lights ne parle pas de réconciliation triomphante, ni de pardon héroïque. Elle explore ce territoire fragile, ce no man’s land émotionnel où les mots échouent mais où la musique peut encore sauver quelque chose.
Le morceau respire une intimité presque voyeuriste. Une basse discrète palpite sous les doigts, des guitares chaudes se superposent en volutes légères, et la voix d’Anjalts, légèrement effacée, semble sortir d’un rêve ou d’un souvenir. Tout ici est question de retenue. Pas de grand éclat, pas de catharsis, mais une lente dérive qui s’installe dans les silences, ces respirations tendues qui précèdent un geste ou une chute.
La production, entièrement signée Anjalts, est d’une subtilité rare. Elle laisse chaque élément se déposer doucement, sans jamais saturer l’espace. On y entend un écho lointain de ses précédents projets, mais ici le spectre s’est resserré : plus acoustique, plus organique, presque nu. C’est un changement de peau pour une artiste qui a toujours navigué entre les genres, et qui choisit ici de se mettre à nu.
À mesure que le morceau avance, il évoque ces moments où la rage se dissipe, où l’on réalise que la proximité physique reste le dernier langage commun. On imagine deux silhouettes qui se rapprochent, maladroitement d’abord, puis se laissent emporter par une danse lente, hors du temps. Cette idée – que le corps peut dire ce que la bouche refuse – devient la clé de voûte de Dim the Lights.
Anjalts signe là une œuvre crépusculaire et sensuelle, un fragment de vie capturé avec la justesse d’un instant volé. Quand la dernière note s’éteint, elle laisse un vide doux-amer, une sensation d’avoir frôlé quelque chose de précieux et de terriblement humain.
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juillet 21, 2025On croit connaître les albums faits pour l’amour. Ceux qui décorent les salles de réception, s’évanouissent dans les playlists Spotify et disparaissent sitôt le gâteau entamé. Mais Play This at the Wedding refuse cette superficialité. Ce disque est un cœur qui bat encore, une ode à la vulnérabilité et à l’exubérance, une bande-son pour ceux qui savent que l’amour est à la fois lisse et cabossé.
Roads se pose avec une douceur nostalgique, guitare feutrée et voix caressante, parfaite pour ces moments où l’on se surprend à penser au chemin parcouru, aux mains qu’on n’a pas su retenir. C’est une ouverture qui embrasse sans peur, un hymne pop où chaque refrain ressemble à un premier baiser après une longue absence. Mais très vite, l’album bascule dans des nuances plus complexes.
Puis Verge of Insanity dévoile la face sombre de la passion, pulsations serrées, mélodie vibrante, comme si la musique elle-même tanguait sous l’intensité du sentiment. À l’inverse, Good Happens remet un sourire en coin, une chanson taillée pour les matins lumineux où l’on croit encore au hasard heureux.
Là où l’album touche, c’est dans sa capacité à passer de l’universel à l’intime. Right Now Forever condense cette idée : un piano cristallin, des harmonies discrètes, et une voix qui semble chanter directement dans le creux de l’oreille. Le titre devient mantra, un rappel que ce qui compte vraiment est déjà là, dans ce battement de seconde.
Il y a aussi ces petits éclats qui font la richesse de l’ensemble : Every Flower Sings Your Name in the Wild qui ose une poésie presque naïve mais tellement désarmante, Dancing Up the Spiral qui invite à se perdre sur la piste sans rien demander d’autre qhttps://open.spotify.com/intl-fr/artist/5q63Gfa6gq7UGKDwayrfv5u’un peu de folie, ou encore Soulmates qui refuse les clichés pour se concentrer sur les détails minuscules qui font un lien indestructible.
La production, sobre et élégante, mêle habilement les textures : guitares folk, touches country, nappes indie pop. On retrouve parfois des élans qui rappellent Phoebe Bridgers pour la mélancolie, Kacey Musgraves pour les envolées country-pop, mais Samantha et Charles gardent une signature claire, entre narration personnelle et sens du collectif.
À la fin, Golden Gravel et Cues et Married Tonight referment le bal comme une caresse. Ce ne sont pas des morceaux conçus pour séduire les foules, mais pour accompagner les larmes discrètes d’un invité qui repense à son propre premier amour, ou la danse lente d’un couple encore timide.
Play This at the Wedding n’est pas un album réservé aux salles décorées de roses blanches. C’est une déclaration d’intention, une bande-son pour la vie telle qu’elle est : désordonnée, magnifique, imparfaite. Et dans un monde saturé de cynisme, il a la force rare de croire encore au miracle des âmes qui se trouvent.
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juillet 21, 2025Il ne s’écoute pas d’une oreille distraite. Chapter I: If Love Coulda Saved You est un disque qui s’ouvre comme une plaie et qui se referme lentement, chanson après chanson. On le traverse comme une nuit d’insomnie dans la Bay Area, avec ce mélange d’air tiède et d’étreinte froide qui accompagne les souvenirs qu’on ne peut pas chasser.
Where You Been plante le décor : beats souples, voix feutrée, groove minimaliste qui palpite comme un cœur trop fragile. On y sent déjà cette obsession de Twodahh Bugg pour la sincérité brute, pour les arrangements épurés qui laissent la voix respirer. Rien n’est forcé, rien n’est crié, et c’est précisément ce qui frappe.
Sur 304 Flange, les basses se font plus épaisses, presque hypnotiques. C’est un morceau qui avance comme une marche lente dans une ruelle éclairée par des néons, un RnB hanté qui parle d’exclusion et de beauté malgré tout. Puis At The Wrong Time arrive comme un uppercut émotionnel, voix éraillée, nappes soyeuses, une production qui reste minimaliste mais trahit une précision chirurgicale dans l’équilibre des textures.
Lost in Yesterday est peut-être le cœur battant de l’album. La nostalgie y est assumée, luxuriante, avec des claviers vaporeux et des percussions discrètes qui évoquent les regrets murmurés au téléphone à 3 heures du matin. Vient ensuite Two AM, qui reprend ce thème de la nuit mais dans une ambiance plus moite, presque sensuelle, comme si la douleur pouvait se sublimer en désir.
It’s Complicated et Hunnit Bodies montrent un Twodahh Bugg plus incisif. Le premier explore les nœuds des relations modernes, tandis que le second surprend avec un beat plus marqué, flirtant avec le hip-hop sans jamais perdre la douceur du RnB qui irrigue l’album.
Not a Love Song est une respiration, presque une ironie, mais la mélancolie perce entre les lignes. Tears On My Pillow referme le cercle intime : la voix est au bord de la rupture, les synthés créent une chambre sonore où l’on a l’impression d’entendre quelqu’un chanter pour lui-même, pour ne pas sombrer.
Puis il y a Ciao!, hommage frontal au père disparu. La chanson, sobre, presque nue, est une lettre non envoyée. On y sent la perte, le poids de ce qui n’a pas été dit, et en même temps la gratitude. C’est une sortie de scène digne et bouleversante.
Avec Chapter I: If Love Coulda Saved You, Twodahh Bugg signe un album qui ressemble à un journal de bord écrit entre deux mondes : celui des vivants et celui des absents. Entre RnB, soul et touches pop, il bâtit une œuvre où chaque silence est aussi important que chaque mot. C’est un disque qui tend la main, pour que ceux qui l’écoutent sachent qu’ils ne sont pas seuls.
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juillet 21, 2025Certains morceaux donnent l’impression de surgir d’une nuit sans sommeil. Pas besoin de préambule, le riff de guitare vous attrape à la gorge, sec et légèrement râpeux, tandis qu’une ligne de basse, discrète mais entêtante, vibre sous la peau comme une pensée obsédante. Your Own Rules existe comme une évidence brutale, une injonction douce à larguer les amarres.
Dans cette montée en tension, on sent l’héritage des grands songwriters américains, ce folk-rock qui puise sa force dans la simplicité, mais refuse la complaisance. La voix se glisse entre les instruments avec une précision désarmante. Pas d’effet, pas de faux-semblant : un grain un peu éraillé, une fragilité qui s’assume, et cette capacité rare à retenir l’explosion jusqu’au moment exact où elle devient nécessaire.
La production mise sur la clarté et l’espace. Chaque silence est un battement de cœur suspendu. Quand la guitare électrique vient colorer l’arrière-plan, elle ne déborde jamais. Elle souligne la tension latente, comme une menace qui plane mais ne s’abat pas. La batterie, elle, pulse avec une régularité hypnotique, refusant la démonstration pour mieux ancrer le morceau dans une progression presque hypnotique, comme la voix de la chanteuse lead qui nous guide dans cette liberté autoproclamée.
En somme, on entend dans Your Own Rules le désir de s’extraire des carcans, de réapprendre à respirer en dehors des normes, de réécrire sa propre loi, quitte à marcher seul. Et dans un monde où tout semble exiger qu’on se conforme, cette énergie douce et brute est précieuse. Quand les dernières notes se dissolvent, il ne reste qu’un silence chargé, une chaleur sous la peau, et cette étrange envie de tracer sa route, coûte que coûte.
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juillet 21, 2025Le premier son arrive comme une respiration dans le noir. On tend l’oreille. On devine un battement régulier, un écho lointain, une promesse murmurée à mi-voix. Shine ne commence pas. Il s’infiltre, prend la place du silence, comme si la pièce elle-même retenait son souffle.
Dans le morceau-titre, la voix d’Hadriaan est à la fois caresse et poids. Elle flotte au-dessus de nappes électroniques translucides, mais chaque mot pèse comme une pierre jetée dans l’eau calme. Les synthés montent en vagues lentes, la rythmique évoque le pas d’un marcheur qui avance, tête baissée, à travers la brume. C’est une marche rituelle, douce mais déterminée. Le refrain arrive comme une percée du soleil derrière les nuages : vaste, lumineux, presque irréel.
Avec Running After Time, la cadence s’accélère. La voix se fait plus urgente, les percussions plus vives. C’est la course folle des heures qui s’échappent, la peur de ne pas saisir ce qui compte. Les sons électroniques glissent et se chevauchent, créant une sensation de fuite en avant, de vertige délicieux.
Will O’ the Wisp ralentit le tempo, tend un voile de lumière bleutée sur l’EP. La voix y est plus fragile, presque spectrale. Les arrangements, d’une délicatesse chirurgicale, rappellent les lueurs d’un phare dans la nuit : instables mais rassurantes. C’est un morceau qui parle à ceux qui avancent à tâtons, qui cherchent un point fixe dans un monde mouvant.
Puis Piece of My Soul surgit comme une confession. Pas de grandiloquence, juste une voix posée sur un fil, des accords électroniques qui se déposent comme des gouttes de pluie. Ici, Hadriaan semble écrire pour lui-même, dans une chambre vide, un carnet ouvert sur les genoux. Chaque silence est une phrase de plus. Chaque note, un battement de cœur qu’on croyait disparu.
Our Love Died est un instantané de rupture. Court, incisif, comme un souffle retenu trop longtemps. Les textures minimales laissent toute la place à la voix qui porte la perte sans s’effondrer. À l’inverse, Powerless charge ses beats d’une gravité sourde, un poids qui écrase la poitrine, traduit l’impuissance à changer ce qui est déjà parti.
Mais Hadriaan n’est pas un artiste qui se complaît dans l’ombre. Endlessly (I Heard) marque un tournant, une lente remontée vers la lumière. La voix gagne en amplitude, les chœurs apparaissent comme des fantômes bienveillants, les synthés s’élancent et se retirent, évoquant une mer calme après la tempête.
Heartbeat pulse, littéralement. La basse ronde et les percussions sobres donnent envie de marcher, de réapprendre à habiter son propre corps. Out of Touch ajoute une tension douce, un groove discret qui parle de désir, de distance, de cette envie de retrouver un contact perdu.
Et puis viennent les dernières étapes. Finally Home est une accalmie, une chaleur qui envahit la pièce, une promesse d’asile. Les textures sonores sont plus organiques, presque palpables. Something Wrong, plus sombre, laisse planer le doute : et si la paix n’était qu’une illusion ? La voix se fait plus intérieure, l’instrumentation se resserre. C’est une dernière plongée dans les abysses avant de remonter.
L’épilogue, Our Seasons, est une caresse finale. Les nappes synthétiques s’étirent à l’infini, la voix se fait murmure, presque prière. On sent la boucle se refermer, mais sans brutalité. C’est une fin qui n’en est pas une, un dernier rayon de lumière qui glisse sous une porte entrouverte.
Avec Shine, Hadriaan a sculpté un espace où l’on peut déposer ses peurs, ses espoirs, ses fragments d’âme. Sa musique n’est pas là pour séduire, elle est là pour accueillir, pour rappeler à chacun que même dans la nuit la plus dense, il reste toujours une lueur.
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juillet 21, 2025Ça démarre avec une énergie qui vous attrape d’emblée, une guitare qui se balade nonchalamment sur un groove bluesy, la batterie qui pulse comme un cœur tranquille, et cette voix, pleine d’une chaleur presque contagieuse. Irjentwat is’ immer, traduction malicieuse de “y’a toujours un truc”, n’est pas une plainte. C’est une constatation chantée avec humour, comme une tape amicale dans le dos après une journée où tout est allé de travers.
La production est volontairement brute, sans vernis inutile. Chaque instrument respire. La basse ronde et caressante se mêle à la guitare qui frôle le rock’n’roll vintage, et le chant joue avec les nuances, oscillant entre tendresse et autodérision. Il y a dans le morceau une élégance désinvolte qui rappelle le meilleur du blues américain, mais avec cette touche européenne de légèreté qui transforme la mélancolie en sourire.
Les refrains sont accrocheurs, portés par une mélodie qui semble avoir été pensée pour les routes de campagne et les ciels d’été. Le morceau prend soin de ne jamais verser dans l’excès. Pas de solo interminable, pas de grands éclats : juste une ligne claire, une invitation à se laisser porter, à relativiser.
À la fin, Irjentwat is’ immer ne vous laisse pas indemne. Il vous donne envie de rire de vos petites catastrophes, de hausser les épaules face aux imprévus. Ce n’est pas seulement une chanson, c’est un état d’esprit. Et dans un monde qui semble parfois étouffer sous sa propre gravité, Svarp The Harp signe là un antidote discret mais redoutablement efficace.
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juillet 21, 2025La chanson s’ouvre comme une pensée qu’on n’arrive pas à taire. Un battement léger, presque un murmure, puis une voix qui arrive, diaphane mais vibrante, oscillant entre confession et incantation. Mind Vs. Heart porte bien son nom : c’est un duel silencieux, une lutte qui se joue dans les replis d’un esprit encombré de doutes et de désirs contradictoires.
La production, minimaliste et subtilement texturée, laisse beaucoup d’espace. Chaque note semble pesée, comme si elle craignait d’en dire trop. Les synthés se font vaporeux, les percussions légères comme des battements d’ailes, et la voix – enregistrée à distance mais d’une présence désarmante – porte la fragilité avec une sincérité rare. On retrouve l’héritage de Julia Michaels dans cette capacité à transformer des blessures en refrains doux-amers, à rendre le chaos intérieur presque dansant.
Mais ce n’est pas qu’une chanson sur l’amour. C’est une exploration plus large, une réflexion sur ce que signifie aimer quand la dépression s’invite dans la pièce. Il y a une lucidité presque brutale dans ce constat, mais aussi une tendresse infinie dans la manière dont Elena C. Lockleis le traduit en musique. Elle ne cherche pas à résoudre le conflit entre la tête et le cœur ; elle le rend beau, palpable, universel.
À la fin, quand la dernière note s’évanouit, il reste un silence chargé de questions non résolues. Mais ce silence n’est pas vide. Il est habité d’un écho : celui d’un morceau qui a su capturer l’essence d’un instant où tout vacille, où le cœur bat trop fort et où la raison se tait, ne serait-ce qu’un moment.
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juillet 21, 2025Le morceau démarre comme une caresse vénéneuse. Une basse épaisse rampe sous la peau, un beat gluant pulse comme un cœur en manque d’oxygène. La voix arrive, faussement détachée, un sourire en coin accroché à chaque syllabe. Love in the Circle est une invitation et une mise en garde, un fantasme et une gifle.
C’est la bande-son d’un dîner qui tourne mal. Les verres se vident trop vite, les regards se croisent, un rire nerveux éclate. Le boyfriend au sourire carnassier croit encore qu’un lien Dropbox rempli de vidéos hardcore suffira à déclencher une orgie. Mais la basse continue de serpenter, indifférente à la gêne, et la batterie, métronomique, maintient la pièce en apnée. Tout ici est conçu pour suinter : les riffs de guitare qui glissent comme des mains trop curieuses sur une nuque, les voix doubles qui s’échangent des promesses qu’aucun des deux ne tiendra.
Avec ce titre, 9 o’clock Nasty confirme leur art du paradoxe : faire danser sur des sujets qui dérangent, faire sourire tout en égratignant. Après les assauts garage-punk de By All Means Necessary et les hybrides audacieux de Culture War 23, le trio de Leicester explore une sensualité plus trouble, presque lascive, mais toujours traversée de cette ironie acide qui les définit. La production, moite et minimaliste, évite la surcharge pour mieux souligner chaque pulsation, chaque respiration. C’est une esthétique qui évoque à la fois les clubs enfumés des années 80 et les révoltes postmodernes d’une génération qui scrolle entre Tinder et Twitter.
À la fin, quand le groove s’éteint comme un corps repu, il ne reste qu’un silence lourd, saturé d’électricité. Love in the Circle n’est pas une simple chanson : c’est un miroir tendu à nos contradictions, un baiser donné avec les dents, un groove qui vous colle encore à la peau bien après la dernière note.
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juillet 21, 2025La pièce est presque vide. Un halo de lumière filtre par la fenêtre, poussières en suspension comme des spectres. Dans un coin, un micro posé, des câbles enroulés. Et puis cette voix, qui surgit à peine, douce et grave, caressant chaque syllabe comme si elle contenait un secret trop fragile pour être crié. Sasha Hromyk chante No Ordinary Love non pas pour imiter, mais pour habiter l’espace laissé par Sade – cet espace fait de silences tendus, de douleur contenue, d’élégance suspendue.
La guitare, discrète, s’enroule autour de la voix comme une liane, les claviers rétro ajoutent une patine presque cinématographique, et la production de Roberto Cerini veille à ne jamais étouffer le chant. Chaque élément semble respirer. Le mix garde une certaine rugosité, une intimité propre aux enregistrements faits maison, loin des studios aseptisés. Cette texture donne à la reprise une sensation de proximité, comme si l’on était là, dans ce salon de Sarasota, à écouter la prise en direct.
Ce qui fascine, c’est la maîtrise de la retenue. Sasha ne surjoue jamais. Il connaît la charge émotionnelle de ce titre et choisit de l’effleurer plutôt que de la dévorer. Sa voix sait se faire fluide, presque vaporeuse, puis soudain se crisper légèrement, juste assez pour laisser filtrer la douleur, l’attente, la perte. Il y a dans ce phrasé une maturité rare, une capacité à raconter sans éclat ce qui brûle pourtant en profondeur.
C’est une reprise qui ne cherche pas à se faire remarquer, mais à exister comme une confidence. Un murmure adressé à ceux qui savent que les chansons intemporelles ne crient pas – elles persistent, elles hantent. À la fin, quand la dernière note se dissout dans le silence, on reste là, immobile, à retenir son souffle. Non par stupeur, mais par respect pour ce qui vient d’être confié.
Avec No Ordinary Love, Sasha Hromyk ne se contente pas de rendre hommage. Il trace un chemin, un sillon qui relie les continents, les époques, les cœurs. Et dans cet espace ténu entre fidélité et réinvention, il affirme déjà une voix qui pourrait devenir, elle aussi, intemporelle.
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juillet 21, 2025Le moteur ronronne, presque en sourdine, comme s’il avait compris qu’il ne fallait pas troubler l’instant. Les vitres baissées laissent entrer un vent tiède chargé d’odeurs d’asphalte et de lavande. Sur l’autoradio, I Call Her Love déroule ses arpèges de guitare, doux et insistants comme une main qui effleure la nuque.
Elle est là, à côté. Cheveux emmêlés par le vent, visage tourné vers la route, un demi-sourire accroché aux lèvres. Le morceau ne parle pas d’elle, pas vraiment, mais chaque note semble s’enrouler autour de ses gestes, de son souffle, du rythme lent de sa respiration.
La voix de Xifiar arrive, légère, presque murmurée. Il ne force rien, ne cherche pas à séduire avec des acrobaties vocales. Il laisse simplement la mélodie faire le travail, portée par les claviers rétro qui pulsent comme une lumière orange au loin. Dans les graves, une basse ronronne en arrière-plan, subtile, mais assez présente pour que le cœur la sente avant les oreilles. La batterie est minimale, une caresse plus qu’un battement.
Elle baisse les yeux, regarde ses mains posées sur ses genoux. Le soleil décline, la lumière se fait plus douce, et la guitare, toujours elle, tisse une toile qui semble suspendre le temps. On dirait que ce morceau est né pour ça : les soirs d’été où la route se dilue à l’horizon, où il n’y a plus rien à dire parce que tout est déjà contenu dans l’air.
À la fin, quand I Call Her Love s’éteint dans un fondu presque imperceptible, elle tourne enfin la tête. Ses yeux brillent d’une lueur indéfinissable – un mélange de nostalgie et de promesse. Le silence retombe, mais il n’a rien d’inconfortable. C’est un silence habité, vibrant encore des échos d’une chanson qui, sans faire de bruit, a réussi à inscrire un instant dans la mémoire.
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juillet 21, 2025Il y a dans The Singing Horn une matière qui semble respirer. Dès les premières notes d’Appalachia – Wayfaring Stranger, le cor résonne comme une voix enfouie sous la terre, une onde sonore qui ne se contente pas d’être entendue : elle traverse la peau, s’insinue jusque dans les os. Mary Beth Orr, à la fois horniste classique et chanteuse folk, signe ici une œuvre qui brouille toutes les frontières – entre les genres, entre l’organique et le spirituel, entre la douceur et la douleur.
Les cinq premiers titres s’enchaînent comme un cycle méditatif où les timbres se confondent. Le cor y joue tour à tour le rôle de narrateur et de confident, la voix de Mary Beth se pose, fragile mais lumineuse, tissant des mélodies qui évoquent autant les collines appalachiennes que l’acoustique feutrée d’une salle de concert baroque. Songs of the Wayfarer I à IV déploient un éventail d’émotions contenues, où la retenue devient puissance. La prise de son, subtilement ample, capture les harmoniques du cor avec une précision qui révèle toute la richesse de ses fréquences graves.
C’est dans Oh Death que le cycle atteint son sommet. Ici, Orr choisit la nudité sonore : un arrangement minimaliste qui laisse respirer chaque silence, chaque note. Le cor semble y porter une plainte humaine, une fragilité qui transforme le funèbre en beauté transcendante. L’équilibre entre le dépouillement et l’intensité rappelle certaines pièces de musique de chambre romantique, mais infusées de l’urgence des chants traditionnels.
Plus loin dans l’album, Good and True convoque d’autres imaginaires. Inspiré des chants de naissance de la tribu Dagara, le morceau devient un espace de renaissance où le souffle du cor et la voix s’entrelacent comme deux forces vitales. L’écriture modale et la lenteur rythmique renforcent le caractère rituel de cette pièce, qui semble bâtie pour un temps hors du temps.
Chaque morceau explore une facette du lien entre souffle et vie : Season of Ice étire ses phrases comme des voiles portées par un vent d’hiver ; I Remember est une capsule d’intimité, une confession murmurée à l’oreille de l’auditeur ; I’ll Fly Away, en clôture, allège l’atmosphère sans trahir la profondeur émotionnelle du voyage.
À travers The Singing Horn, Mary Beth Orr prouve qu’elle est bien plus qu’une virtuose : elle est une conteuse qui utilise le cor et la voix comme des vaisseaux pour naviguer les eaux troubles de l’expérience humaine. La maternité, la perte, l’amour, tout y est convoqué sans emphase, avec une sincérité qui désarme. Ce n’est pas un disque qui s’impose. C’est un disque qui attend que l’on vienne à lui, pour déposer nos souvenirs, nos chagrins, et peut-être y trouver un écho.
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juillet 21, 2025La première pulsation surgit comme un signal de détresse, étouffé par les murs d’un club qui n’existe pas encore. Un battement sourd, organique, qui s’infiltre dans la moelle épinière avant même qu’on réalise qu’on a appuyé sur Play. Et soudain, la lumière change. L’air devient épais, saturé d’une chaleur moite où se mêlent effluves de sueur, de cuir et d’encens électronique. Le monde extérieur s’efface, aspiré par ce vortex de basses et de percussions tribales.
Ghosts of Sound – Afro House Remix est un passage. Une porte entre les dimensions. LX8, alchimiste sonore, y sculpte un espace où les tambours afro house semblent convoquer des esprits anciens tandis que les nappes synthétiques dessinent l’horizon d’un futur incertain. On se retrouve à danser sur une ligne de faille, quelque part entre le XIXe siècle et un club de Londres à 4h du matin.
La progression est lente, hypnotique. Les beats grondent comme des pas de géants invisibles. Chaque montée s’étire, suspend le souffle, chaque drop libère une onde de choc qui traverse les corps serrés sur le dancefloor. Ce n’est plus de la musique, c’est un champ magnétique, une pulsation collective. LX8 ne se contente pas de remixer : il tisse un mythe sonore où chaque note est un fragment d’histoire, chaque boucle une incantation.
Dans cette transe, des images surgissent par à-coups : Alex Campbell, héroïne de The Panharmonion Chronicles, DJ et guerrière temporelle, mixant pour un peuple en fuite sous la menace d’un empire tyrannique. On la voit, silhouette solitaire derrière des platines artisanales, ses beats amplifiant le courage d’une communauté entière. La fiction et le réel se brouillent, comme les lignes entre afro house, melodic techno et trance.
LX8 joue ici à la manière d’un John Carpenter de la scène électronique : musicien, conteur, architecte d’univers. Chaque texture, chaque réverbération semble porter une mémoire, un écho de luttes passées et à venir. Ce remix, qui s’annonce comme une pièce d’un double album conceptuel, est bien plus qu’un outil pour DJ sets. C’est une arme, un rituel, une invitation à se réapproprier le corps et l’espace.
Et quand le morceau s’éteint enfin, il ne laisse pas le silence mais une vibration. Un bourdonnement qui continue longtemps après, comme le souvenir d’une nuit qu’on n’arrive pas à quitter. Avec Ghosts of Sound – Afro House Remix, LX8 a offert une expérience qui déborde du son, qui se vit dans la chair et dans les nerfs, comme un rêve lucide dont on sort plus léger, mais jamais indemne.
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juillet 21, 2025La première pulsation frappe comme un éclair dans une pièce sans fenêtre. Tout autour, l’obscurité respire. Le sol vibre à peine, un frisson qui remonte le long des mollets, qui s’accroche au creux du ventre. On devine déjà le vertige à venir, cette montée inexorable qui fait naître une faim primitive, la même qui pousse les corps à se fondre les uns dans les autres au cœur d’un dancefloor étouffant.
Dans cette nuit où le temps se dissout, The Lyric Down n’est pas un simple morceau. C’est un organisme vivant. Il rampe dans les artères, injecte ses basses lourdes comme du plomb fondu, ses synthés acides qui suintent de sueur froide. Chaque beat est une goutte de pluie radioactive qui martèle l’asphalte. Dans la chaleur poisseuse, le morceau bâtit son architecture : une cathédrale de fréquences où chaque stroboscope est une confession, chaque drop un élan vers la rédemption.
Snabba maîtrise le rituel. On sent l’obsession du DJ puriste, celui qui a longtemps caressé des vinyles comme des talismans, mais qui ici a choisi la démesure. Les sons s’élancent, se rétractent, explosent, laissent des traces phosphorescentes sur les paupières fermées. À travers cette transe, il y a un souvenir des grands noms – Carl Cox dans la tension contrôlée, Morales dans la sensualité des transitions, Garrix dans l’exubérance des montées – mais tout est ici digéré, recraché sous forme de visions.
Le corps danse tout seul désormais. Les mains se lèvent sans qu’on leur demande. La basse cogne dans la cage thoracique comme un deuxième cœur. On a oublié le monde extérieur, on ne connaît plus que cette boucle qui semble ne jamais vouloir finir. Et c’est parfait.
Puis vient la rupture. Le silence s’installe d’un coup, lourd, gorgé d’électricité. On rouvre les yeux comme après une noyade. L’air sent encore la chaleur des machines. Sur la langue, un goût métallique, entre l’euphorie et la fatigue. DJ Snabba a ouvert un vortex : il a donné une nuit en héritage. Une de celles qui hantent encore longtemps après, quand le matin grignote la peau et qu’on se surprend à fredonner un rythme qui n’existe plus nulle part, sauf à l’intérieur.
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juillet 21, 2025Un coup d’accélérateur. Des bulles qui éclatent au coin des lèvres. Une chaleur moite qui colle aux corps. Bottle Up du duo Nata ne s’écoute pas, il se respire comme un parfum trop sucré, il se boit comme un cocktail fluorescent sur une plage où l’aube refuse de percer.
À première vue, tout est léger : synthpop acidulée, rythmiques reggaeton qui secouent le bassin, refrains taillés pour les playlists de rooftop. Mais il y a ce quelque chose, ce frémissement sous la peau, cette mélancolie discrète qui couve derrière l’exubérance. Le titre cache, derrière son hédonisme, une conscience plus sombre : celle d’avoir grandi dans un monde cabossé, où la joie est une insoumission.
La production est une fête en soi. Les synthés éclatent comme des feux d’artifice sous ecstasy, les basses pulsent comme des cœurs au bord de l’explosion. Chaque beat est une invitation à oublier, à s’abandonner, à danser même quand l’horizon brûle. C’est cette tension entre l’euphorie et le vertige qui rend Bottle Up si addictif.
Avec ce nouveau titre, le duo esquisse une philosophie : celle de survivre par la légèreté, de transformer le chaos en groove, les angoisses en mélodies qui brillent de mille feux. Et si Bottle Up est un avant-goût de leur prochain EP disco-pop 100 % francophone, il faudra s’attendre à une déflagration qui redessine les contours de la pop made in France.
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juillet 21, 2025C’est un disque qui ne se contente pas de commencer, il te dévore. Un disque qui sent la colle de photocopieuse, la bière éventée et le cuir trop usé des banquettes de bar. The Stolen Moans, ce trio transatlantique Los Angeles-Dublin, posent avec Elbows Don’t Have Eyes un manifeste sonore : treize morceaux comme treize coups de feu dans un hangar vide, treize miniatures de chaos, de désir, d’espoir tordu.
Prelude (TC) ouvre comme une respiration humide. Une minute douze de nappes inquiétantes, comme une porte grinçante sur un monde alternatif. C’est la salle d’attente avant la tempête. On sent déjà que la suite sera sans pitié.
The King of Claws arrive en embuscade avec des riffs tranchants, une batterie martiale qui donne envie de sauter dans la fosse. L’énergie est animale, viscérale. Il y a dans ce morceau une odeur de sang et de peinture noire, un cri pour reprendre le pouvoir.
Puis MORE surgit, court et nerveux. C’est une injection d’adrénaline, un besoin urgent de “plus” – plus de bruit, plus de chaleur, plus de tout – dans un monde qui ne donne que des miettes.
Damned Sweet joue la carte du contraste : une douceur apparente qui cache une colère sourde, une mélodie presque pop noyée sous des guitares qui grincent comme des néons sur le point d’exploser.
Avec Trees V3, on entre dans une ambiance plus aérienne. Un répit trompeur où la voix se fait presque caresse, mais la tension est là, prête à jaillir. C’est la chanson qui ressemble à un lendemain de tempête, quand tout est calme mais que l’air sent encore l’orage.
Bard-Inspired Treachery, Chaos & Heartbreak porte bien son nom. Ce morceau est un tourbillon : batterie en furie, voix en écho, riffs déchiquetés. C’est l’équivalent sonore d’une dispute qui finit en baiser brutal.
Falling Into surprend par sa retenue, sa lenteur hypnotique. On flotte dans une semi-conscience, une rêverie inquiétante où les harmonies semblent se fissurer à mesure qu’elles montent.
Our Song est le moment le plus lumineux du disque, mais d’un éclat fragile, comme une ampoule prête à rendre l’âme. C’est une chanson d’amour déviant, une ballade qui refuse d’être sage.
Pu Num Tu sonne comme un rituel. Une rythmique tribale, des voix qui se chevauchent, une montée d’angoisse qui bascule en transe. On n’écoute pas ce morceau, on le subit, on le vit.
Avec Morning Scars, les Stolen Moans livrent leur pièce maîtresse. Six minutes trente-cinq de montée en puissance, une odyssée sonore où chaque instrument semble respirer, hurler, s’effondrer. C’est beau et effrayant.
Dada Catapult relance la machine dans un éclat dadaïste jouissif. Un chaos organisé qui sent le collage punk, la provocation gratuite, mais aussi l’art qui se fout des règles.
I’m a Crow est presque chamanique. La voix se fait incantation, les guitares grondent comme un orage qui refuse d’éclater. C’est le morceau qui te hante après la première écoute.
Enfin Epilogue (TBC) ferme le bal. Une conclusion brève, étrange, comme une caresse post-traumatique. Pas vraiment un apaisement, plutôt une promesse : ça n’est pas fini.
Dans Elbows Don’t Have Eyes, les Stolen Moans ont réussi à capturer le tumulte d’une époque. C’est un disque sans concessions, qui passe du garage punk au gothique post-industriel, de la tendresse au cri de guerre. Un patchwork qui devrait s’écrouler sous son propre poids mais qui, au contraire, tient debout par la rage et la poésie.
On sort de là un peu sonné, un peu amoureux. Et on sait qu’on va y retourner, encore et encore.
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juillet 21, 2025Ça sent la poussière du bitume, la sueur froide des nuits sans sommeil, et ce frisson unique quand un artiste décide de ne plus encaisser, mais de rendre coup pour coup. Avec Haters Pressed, Nuk ne se contente pas de rapper : il cogne, il s’élève, il transforme les regards en biais en carburant pour aller plus haut.
Le beat est lourd, granuleux, traversé de basses qui grondent comme des moteurs en pleine course. Nuk y pose un flow acéré, presque animal, qui tranche l’air avec une précision chirurgicale. On sent derrière chaque mesure l’énergie d’un gamin de Brooklyn devenu homme en Pennsylvanie, forgé par les désillusions et les ambitions. Pas de posture artificielle ici. Nuk est dans le réel, dans le vécu, et ça s’entend.
Haters Pressed est un manifeste de résilience taillé pour ceux qui avancent malgré les regards qui jugent, pour celles et ceux qui connaissent la brûlure du doute mais refusent de s’arrêter. Dans l’univers de Nuk, la haine ne fait pas peur. Elle amuse. Elle galvanise. Elle prouve qu’il est sur la bonne route.
Ce morceau marque une étape clé pour cet artiste en pleine ascension. Avec sa voix qui sonne comme une promesse tenue et une production qui ferait trembler les murs d’un club à 3h du mat, Nuk annonce qu’il ne jouera pas petit. Et quelque chose nous dit qu’il n’a même pas encore lâché son coup le plus fort.
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juillet 21, 2025On y entre comme dans une friche industrielle au petit matin, les murs suintant encore de chaleur après une nuit d’incendie. Les guitares crissent à peine, elles suintent, sales et fragiles, pendant que des synthés glacés viennent lécher les cicatrices laissées par les coups de butoir des batteries. Dans EŠTE NIE SME STRATENÍ, Juraj Péč, alias MARS_999, fait de la musique non pas pour consoler, mais pour réveiller les corps engourdis, pour rappeler que même les ruines peuvent vibrer.
Ce morceau est une tension permanente, une corde raide entre post-punk et euphorie pop, entre l’ombre des hangars soviétiques et une lumière presque naïve, fragile, qui s’infiltre à travers les toits éventrés. La voix de Péč, granuleuse, à la fois lointaine et brûlante, ne raconte pas une histoire : elle la recrée à chaque syllabe, dans cet espace suspendu où la douleur devient beauté et où la beauté se fait tranchante.
Et puis il y a ce clip, création hybride où l’intelligence artificielle s’effondre et renaît sous la direction de Péč. Les visages se déforment, les couleurs bavent comme des sérigraphies Warhol oubliées sous la pluie, les portraits de Micha Líner se fondent en spectres numériques. Ici, la technologie ne remplace pas l’humain. Elle l’augmente, le trouble, le rend encore plus terriblement présent.
EŠTE NIE SME STRATENÍ est une expérience totale, une chambre d’écho pour nos peurs, nos espoirs, notre rage rentrée. Péč y sculpte une matière sonore qui ne cherche pas à plaire mais à transpercer. Comme un dernier signal lumineux envoyé à un monde en train de s’éteindre, il murmure qu’il reste peut-être un peu de beauté, là, dans les interstices. Qu’on n’est pas encore tout à fait perdus.
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juillet 21, 2025Vingt-cinq ans de pause. Vingt-cinq ans à construire, déconstruire, survivre et renaître, loin des studios et des scènes. Gatis, compositeur letton et ancien leader du duo pop culte Duets DIVI, revient en 2024 avec une sagesse brute et des mélodies qui coulent de ses doigts comme si elles n’avaient jamais cessé d’exister. Derrière son piano, il improvise des thèmes qui semblent convoquer à la fois la nostalgie d’Enigma et la dramaturgie d’Hans Zimmer, mais il refuse de se laisser enfermer : sa musique est mouvante, pop-ambient, traversée d’accents classiques et d’instinct pur.
Avec Stay.Theme, son nouveau projet, Gatis pose un pied dans le futur tout en gardant l’autre enraciné dans sa Lettonie natale, terre de chants folkloriques, de feux de joie et de pain noir. Ce retour est moins un come-back qu’un acte de foi : foi en la musique, en l’intuition, en la capacité d’un artiste à se réinventer après avoir exploré la jungle du business et de la vie. Rencontre avec un homme qui a appris à écouter le silence, pour mieux laisser parler les notes.
Qui es-tu ? Je suis Gatis. Un homme. Je viens de Lettonie – un petit pays au bord de la mer Baltique où l’on mange du pain noir et des pois gris, où l’on chante des chansons folkloriques, porte des couronnes de feuilles de chêne et saute par-dessus des feux de joie chaque année, dans la nuit du 23 au 24 juin. Je compose et produis ma propre musique.
Quel est ton parcours (formation et expérience) ?Je suis pianiste. Après avoir étudié à l’école de musique Emīls Dārziņš, j’ai commencé à travailler en studio d’enregistrement, principalement en produisant ma propre musique. En parallèle, j’ai étudié l’architecture, puis la gestion d’entreprise. De 1994 à 2000, j’ai connu une période très active dans ma vie musicale – plusieurs projets musicaux personnels couronnés de succès. J’ai fondé le groupe pop « Duets DIVI », qui fut à l’époque l’un des projets pop les plus commercialement réussis en Lettonie. Entre 1995 et 1999, j’ai produit plus de 10 albums et compilations, tout en menant une intense activité de concerts et de travail en studio. Ensuite, divers événements dans ma vie personnelle m’ont conduit à faire une « pause » dans la musique qui a duré jusqu’en 2024. À partir de 2000, j’ai développé avec succès plusieurs entreprises pour mes partenaires dans des secteurs très variés, puis j’ai créé mes propres sociétés. Avec le temps, tout cela m’a apporté une expérience très concrète et une compréhension des processus réels, du business, des relations humaines et de la survie en période de crise, ce que je considère aujourd’hui comme un atout. Et maintenant, en dialoguant beaucoup avec des musiciens et des professionnels de la musique, je constate que beaucoup n’ont jamais été confrontés à ces réalités ou, en tant que créatifs, en ont une vision très illusoire, en particulier du côté technique et pratique. Aujourd’hui, je suis de retour dans l’industrie musicale et j’ai la possibilité d’y appliquer cette expérience « de la jungle ».
Comment décrirais-tu ta musique en quelques mots ?Ce serait plus simple de la jouer au piano que de t’en parler. Ce qui est actuellement disponible au public n’est qu’une infime partie de ce qui est en préparation, et cela ne donne pas une image fidèle de ma musique dans son ensemble. Elle est très variée, selon l’humeur, l’idée… Elle naît spontanément ; ce n’est pas un processus long et laborieux. Je m’assieds au piano, j’improvise et dès les premières notes, la mélodie, les thèmes, l’harmonie surgissent.On pourrait globalement la qualifier de pop/indie pop-ambient très mélodique et harmonieuse, saupoudrée d’une touche classique, où la mélodie et l’harmonie dominent vraiment. On peut se faire une idée un peu plus précise de mes morceaux publiés en visitant mon site http://www.gatismusic.com ainsi que mes profils Spotify et YouTube.
Quelles sont tes sources d’inspiration ?L’inspiration vient naturellement – des événements du quotidien, de la météo, des relations humaines et des attitudes face aux événements mondiaux, de la nature, de réflexions personnelles et des conclusions que l’on en tire… Un peu de tout.
Qu’écoutes-tu en ce moment ? (Quelle est ta playlist actuelle ?)J’ai une histoire un peu particulière à ce sujet. Beaucoup de gens m’ont déjà posé cette question et ma réponse est à peu près celle-ci : une « playlist » est surtout une étape du début du parcours d’un musicien, quand on « fanboy » ou « fangirl », qu’on admire certains artistes, qu’on a des « idoles » et qu’on veut les imiter, à une époque où on n’est pas encore soi-même, où notre signature musicale est encore en formation, et où l’on a besoin d’exemples pour se projeter. C’est pareil dans le sport, les arts visuels et ailleurs. Puis, avec le temps, on réalise qu’on veut et qu’on peut être soi-même, et qu’on puise son inspiration et son énergie créative dans sa propre vie et dans ce qui nous entoure. Avoir une playlist signifie écouter régulièrement de la musique, mais en écoutant trop certains compositeurs, on finit forcément par être influencé et on le ressent dans ses propres créations. Dans les années 90, bien sûr, tout le monde en Lettonie écoutait Depeche Mode, U2, Madonna, Enigma, et bien d’autres groupes populaires de l’époque. Mais aujourd’hui, j’essaie d’éviter d’écouter quelque chose de précis. Seulement en surface, pour comprendre les tendances actuelles de la pop. Parfois, pour reposer mes oreilles de mes propres sons, j’écoute de la bonne musique de film en voiture – Morricone, Zimmer, Gregson-Williams, Trevor Morris… C’est différent, car une bonne musique de film fait réfléchir, ressentir des émotions ; elle sonne différemment à chaque écoute et on y découvre toujours quelque chose de nouveau, même professionnellement.
Quel plat cuisines-tu le mieux ?Les pois gris mijotés. C’est un plat national letton. Simple et très sain, un vrai plat paysan venu des temps anciens. Convient aussi bien aux amateurs de viande qu’aux végans.
Quels sont tes prochains projets ?En début d’année, j’ai réalisé que j’avais besoin d’un « projet principal » pour concrétiser mes idées, car je ne peux pas (ou ne veux pas) tout faire seul. C’est ainsi qu’est né le projet muunroo. Je travaille actuellement intensivement en studio sur la musique, les paroles et les clips de muunroo, seul et avec d’autres musiciens invités de différentes parties du monde. Le matériel accumulé en 25 ans est immense, et je veux en réaliser et en publier le plus possible. À partir de fin juillet, muunroo commencera à sortir des chansons et leurs clips. Je pense que cela plaira au public. D’ici la fin de l’année, peut-être des contenus vidéo plus étoffés. L’essentiel est de réunir les bonnes personnes pour concrétiser mes idées. Un autre projet distinct pourrait être mes improvisations au piano, qui ont déjà commencé avec les ad-libs des morceaux de muunroo. Des discussions sont en cours avec plusieurs labels pour une éventuelle collaboration aux États-Unis et en Europe, mais l’avenir le dira. Je suis habitué à travailler seul – être compositeur, interprète, arrangeur, producteur, manager, vidéaste, réalisateur, designer… Mais dans l’industrie musicale, la capacité est l’un des éléments les plus cruciaux : si l’on se consacre à la création musicale et au contenu, on manque de temps pour la gestion, et inversement. Cela ralentit considérablement le développement des projets, disperse l’attention et affecte la qualité et la quantité. Je regarde donc actuellement les offres de collaboration. Pour ce qui est des plans futurs, je préfère attendre avant d’en parler.
Peux-tu nous raconter une anecdote sur toi ?Je n’en ai jamais entendu une seule me concernant, car je suis resté longtemps loin du public. Si un jour j’en entends une, je la partagerai volontiers, surtout si elle est drôle – j’adore l’humour, particulièrement celui qui permet de rire de soi-même, et j’aime les gens qui ont un bon sens de l’humour.
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?Je n’arrive même pas à imaginer qui pourrait supporter ça avec moi. 😊
Tes derniers conseils ? (Tes tips ou idées clés)« Les derniers » ? Sans doute pas 😊, mais voici quelques conseils issus de mon expérience :Le principal est de ne pas avoir peur d’être soi-même. N’aie jamais peur de prendre la décision de changer quelque chose dans ta vie habituelle, confortable et prospère. Sinon, il est certain que tu ne réaliseras aucune de tes idées. N’aie pas peur de sortir de ta « zone de confort » et de donner vie à tes idées. C’est comme une douche froide le matin après un lit bien chaud : cela oblige à se mobiliser, à se concentrer, à se débarrasser du superflu et à voir ce qui est essentiel. N’aie pas peur de relever le défi d’apprendre rapidement de nouvelles choses, d’acquérir de nouvelles connaissances et expériences. C’est la base pour atteindre tes objectifs et réaliser tes idées. Sois rapide, n’aie pas peur de faire des erreurs, écoute les critiques sans les laisser te paralyser et continue ton chemin.La détermination et la persévérance mènent toujours au succès, tôt ou tard. L’essentiel est de tenir bon jusqu’au bout.
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juillet 21, 2025Le morceau commence comme un souffle. Une voix aérienne, presque timide, s’élève au-dessus d’un voile de guitare électrique qui flotte comme une brume de fin d’été. On ferme les yeux et tout s’efface : les murs, l’horloge, les cicatrices fraîches d’un amour envolé. Avec Fairies, DIMILA construit un sanctuaire sonore pour celles et ceux qui errent encore dans les limbes d’un chagrin.
Il y a dans ce premier single une grâce presque surnaturelle. Chaque note semble contenir une part d’enfance, un éclat de lumière qui filtre entre les branches d’un vieux sureau. DIMILA ne se contente pas de chanter la douleur ; elle la transforme en un rêve éveillé où la mélancolie s’unit à une force tranquille. La production, discrète mais soignée, laisse respirer la voix et les arrangements, permettant à la chanson de grandir doucement jusqu’à devenir une vague qui emporte tout.
L’univers de Fairies rappelle par moments l’intimité brute de Big Thief, la douceur spectrale de Daughter, ou les envolées féeriques d’AURORA. Pourtant, DIMILA possède une signature propre, une capacité à insuffler dans ses mélodies un sentiment de résilience. Ce n’est pas une fragilité qui implore secours, mais une fragilité qui s’assume, qui devient armure invisible.
À la croisée du folk et de la pop atmosphérique, Fairies est une invitation à plonger dans ce moment suspendu où le cœur se répare en silence. DIMILA ne cherche pas à hurler sa peine, elle la chuchote, et c’est précisément pour cela qu’elle résonne si fort.
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juillet 17, 2025Imagine une nuit trop longue pour finir, un club aux néons liquides où le temps s’efface, et toi, flottant entre l’euphorie et le vertige. AMNESIÄ de NYLON & MAJOR a cette énergie trouble, presque narcotique, qui te happe avant même que tu t’en rendes compte. Le duo y mélange les codes du trap et les effluves pop avec une audace qui rend la frontière entre les genres aussi floue que leurs intentions.
La production est à la fois glaciale et moelleuse, comme une caresse qui cache une morsure. Les 808 grondent sous des nappes synthétiques brumeuses, créant une tension qui oscille entre extase et menace. C’est un morceau qui ne cherche pas la pureté : il s’amuse avec les contrastes, fait cohabiter le minimalisme du trap et la rondeur mélodique d’un pop rap qui refuse de choisir entre la nuit et le jour.
NYLON & MAJOR jouent ici sur un double registre : celui du danger et de l’attraction. AMNESIÄ n’est pas qu’un titre, c’est une sensation. Une amnésie volontaire, ce moment où l’on décide de laisser tomber le contrôle pour mieux se perdre. Et c’est précisément cette ambiguïté qui rend le morceau irrésistible.
C’est un hymne pour les fêtards insomniaques, les cœurs cabossés qui trouvent leur salut dans la fuite en avant. Avec ce track, le duo affirme une identité qui refuse les étiquettes, préférant ouvrir des brèches dans le paysage trap-pop contemporain pour y glisser leur propre poison sucré.
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juillet 17, 2025Il suffit de quelques secondes pour sentir l’air chaud, pour entendre le bitume crépiter sous le soleil et pour deviner les silhouettes dansantes autour d’un barbecue. Cali Vibin n’est pas juste une chanson : c’est une carte postale sonore, une injection de West Coast pure distillée par Ice Meez avec la précision d’un alchimiste.
Le morceau convoque l’héritage du G-Funk sans jamais s’y enfermer. Il y a ce bounce intemporel, ces basslines qui coulent comme du miel, et ce talkbox nostalgique à la Roger & Zapp qui plane comme un fantôme bienveillant. Pourtant, rien ici ne sent la poussière. Ice Meez enrobe ce classicisme d’une production soyeuse, punchy, résolument contemporaine. L’énergie est solaire, les mélodies glissent, les beats claquent avec assez de rondeur pour séduire plusieurs générations à la fois.
C’est une bande-son pensée pour toutes les situations où l’on oublie le temps : un house party qui dérape en after sous les étoiles, une après-midi piscine où les rires se mêlent aux vapeurs de chlore, une nuit de club où l’on se surprend à sourire en se disant qu’on ne veut plus jamais partir. Le morceau a cette capacité rare à fédérer, à devenir universel sans jamais perdre son ancrage local.
Avec Cali Vibin, Ice Meez réussit ce que peu d’artistes parviennent à faire : synthétiser l’âme d’une côte en mouvement perpétuel. Ce n’est pas seulement une ode à la Californie, c’est un état d’esprit, un souffle, une invitation permanente à célébrer la vie tant qu’elle est chaude.
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juillet 17, 2025À la première écoute, Lonely donne l’impression d’une confession nocturne. Les nappes électroniques se posent comme une bruine sur une ville endormie, les beats sourds battent comme un cœur qui hésite entre fuite et abandon. Monro y dévoile une facette introspective, presque douloureuse, qui ferait croire à un hymne à la solitude. Mais très vite, quelque chose affleure : sous la mélancolie se cache un sourire en coin, une tension plus physique, plus charnelle.
C’est un morceau à double fond. Si l’on gratte la surface brumeuse, on découvre une énergie subtilement coquette, comme si l’isolement revendiqué n’était qu’un prétexte à tendre la main, à provoquer l’autre. Le mantra hypnotique qui ponctue le titre agit comme un aimant : impossible de ne pas s’y perdre, de ne pas y lire une invitation à combler ce vide suggéré.
La production est une réussite totale. Hantée et minimaliste, elle se construit sur des strates sonores qui se chevauchent comme des souvenirs flous, créant un écrin cinématographique pour la voix de Monro. Impossible de ne pas penser aux paysages sonores de James Blake, à la sensualité vaporeuse d’un Zayn ou à l’élégance feutrée de Wesley Joseph. Pourtant, Monro parvient à garder une singularité : une chaleur ténue qui transperce la froideur de l’arrangement, un battement humain qui refuse de disparaître.
Lonely est moins un cri de détresse qu’un piège délicat, tendu à celles et ceux qui croient avoir trouvé un refuge dans la distance. Ce n’est pas une chanson qui se contente de s’écouter : elle s’immisce, elle enveloppe, elle fait naître un manque. Monro signe ici une œuvre qui brouille les pistes, entre confession intime et pick-up line sous sédatif, et c’est précisément dans ce flou qu’elle trouve sa beauté.
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juillet 17, 2025Parfois, un morceau te cueille comme une vague d’eau tiède en pleine nuit d’insomnie. Tu ne l’as pas vu venir, il s’installe pourtant, sinueux, presque intime. Letter de Zen Miyako a ce pouvoir étrange de suspendre le temps, de faire du silence un écrin où les battements d’un cœur abîmé résonnent plus fort que n’importe quel drop. C’est une confession maquillée en track, une cartographie des vertiges intérieurs où la solitude se danse à pas feutrés.
Le beat s’installe comme une pluie fine sur des toits de tôle : sombre mais jamais écrasante, glaciale en surface mais chaude en profondeur. Zen Miyako avance sans chercher à convaincre. Il se contente d’être là, vulnérable, presque spectral, comme une présence dans une pièce trop grande pour une seule âme. La production oscille entre nappes cotonneuses et basses abyssales, dessinant un paysage sonore digne d’un film noir revisité par un producteur de cloud hop sous antidépresseurs.
Ce qui fascine dans Letter, c’est ce refus de l’esbroufe. Pas de mélodie entêtante, pas d’effets racoleurs. Juste une lente immersion dans un état d’esprit où l’introspection devient une forme d’héroïsme. Loin des excès tapageurs du mainstream, Zen Miyako choisit le dépouillement comme arme. Il rappelle à sa façon que le hip-hop peut encore être une chambre d’écho pour les âmes cabossées.
À écouter seul, casque vissé, yeux mi-clos. Parce que Letter n’est pas un morceau pour les playlists de soirées. C’est un sanctuaire miniature où l’on vient déposer ses failles et ses peurs, sans peur d’y croiser celles de l’artiste lui-même. Et si c’était ça, le futur du hip-hop alternatif ? Moins de poses, plus d’âmes.
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juillet 17, 2025Il y a des morceaux qui sonnent comme un SMS jamais envoyé à 3h du matin, un flux de pensées brutes qu’on retient, mais qui finissent toujours par déborder. I Still Might de Metakate est de ceux-là. Sur fond de pop rap diaphane et de beats évanescents typiques du cloud hop, l’artiste déroule une confession en clair-obscur : celle d’un amour à distance, fragile et addictif, qu’on sait condamné mais auquel on s’accroche encore.
Dès les premières notes, une douce mélancolie enveloppe l’auditeur. Les nappes synthétiques flottent comme une buée sur les vitres d’un train de nuit, tandis que les percussions lo-fi battent comme un cœur inquiet. Metakate y pose une voix à la fois lasse et pleine d’espoir, oscillant entre résignation et vertige amoureux. L’écriture, sans artifice, parle directement aux tripes. On est plongé dans ce paradoxe amoureux : vouloir fuir avant de souffrir, tout en sachant qu’on va rester parce que tomber, même dans la douleur, c’est toujours tomber.
Il y a chez Metakate une vulnérabilité qui évoque les pionniers de l’emo hip-hop, de Juice WRLD à Lil Peep, mais avec une touche pop plus aérienne, presque lumineuse, qui empêche le morceau de sombrer complètement. C’est cette tension – entre légèreté apparente et abîme intérieur – qui rend I Still Might si addictif.
Le track est aussi un reflet de notre époque : relations distendues par les kilomètres, les écrans, les doutes, les décalages horaires et émotionnels. Tout semble en suspens, comme un fil qu’on pourrait couper d’un simple swipe. Pourtant, Metakate nous invite à rester, à embrasser cette incertitude, à accepter que l’amour et la douleur soient deux faces d’une même pièce.
I Still Might n’est pas un hymne romantique classique. C’est une capsule sonore pour les cœurs cabossés de la Gen Z, pour celles et ceux qui envoient des notes vocales trop longues, qui vivent l’amour comme une fuite en avant, et qui savent, au fond, que chaque histoire a son prix. Mais qu’importe : ils restent, parce qu’ils ont besoin d’y croire encore un peu.
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juillet 17, 2025C’est une rencontre qui sent la poudre, le sang et l’encens. Dans Lagoon, St.Bedlam (TAS) et DeliPres (SYD) nous ouvrent la porte d’un motel mental où se rejoue chaque lundi une même scène : le fugitif et la grande prêtresse, deux âmes en ruine qui s’aiment, se déchirent, jouissent, puis recommencent. Ce single stand-alone, en ligne depuis le 11 juillet, n’est pas une chanson à consommer distraitement dans un trajet Uber. C’est un exorcisme, un orgasme, une claque.
La production de DeliPres est un monde en soi. Basse glitchée, percussions industrielles, textures sonores qui évoquent autant les paysages post-apocalyptiques que les nuits fiévreuses des clubs underground. Il ne s’agit pas de beats qui rassurent, mais de vibrations qui dérangent, qui hypnotisent. C’est une bande-son pour un rêve moite, presque dérangeant, où la réalité se mêle à l’imaginaire.
Dans cet univers sonore, St.Bedlam déploie toute sa complexité. Elle est l’outlaw en fuite et la grande prêtresse d’un temple intérieur, une figure féminine qui oscille entre rage et extase. Chaque mot, chaque respiration semble sortir des entrailles. Sa voix n’est pas là pour séduire : elle brûle, elle trouble, elle appelle à descendre dans ses abysses.
Le Lagoon dont il est question n’est pas un simple lieu : c’est une métaphore des eaux émotionnelles qui s’entrechoquent dans son esprit. Mais c’est aussi une évocation plus profonde, une connexion à la terre de ses ancêtres. Les échos du temple mégalithique de Hal-Saflieni, à Malte, résonnent dans sa vision. Un lieu de chants, de rituels et de sacrifices qui infuse sa musique d’une énergie ancestrale, presque mystique.
Cette spiritualité brute, loin des clichés new age, est l’ADN même de St.Bedlam. Avec Lagoon, elle tisse une toile où l’art devient exutoire, où la sensualité se mêle à la violence d’exister, où le féminin refuse les carcans qu’on veut lui imposer. Ce morceau annonce la couleur pour son EP à venir, Cactus Flow : un projet auto-produit qui s’annonce comme une redéfinition radicale du rôle des rappeuses dans le paysage australien.
Dans une scène hip-hop souvent trop sage, St.Bedlam incarne le chaos, la beauté et la dangerosité. Sur Instagram déjà, ses visuels, ses productions et ses œuvres graphiques tracent une esthétique hybride, entre rêve hallucinatoire et manifeste punk. Lagoon est l’étape suivante : un son qui électrifie, qui secoue, qui vous laisse haletant comme après une course à travers une ville en flammes.
Avec ce morceau, elle ne propose pas un simple divertissement. Elle tend un miroir. Et la question n’est pas de savoir si vous êtes prêt à écouter, mais si vous êtes prêt à plonger.
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juillet 17, 2025Dans un monde qui nous chuchote sans cesse qu’il faut être plus — plus beau, plus riche, plus productif — Born I ose un contre-pied radical. Son titre “Being Enough” n’est pas seulement une chanson, c’est une affirmation existentielle. Un mantra qui claque comme une vérité nue au milieu du vacarme. Le rappeur-méditant de Washington DC livre ici une œuvre qui dépasse le cadre du hip-hop pour devenir une expérience sensorielle, presque spirituelle.
Dès les premières mesures, le décor est planté : une boucle lo-fi minimaliste qui apaise, des beats feutrés qui ressemblent à des battements de cœur, et cette voix grave, pleine de douceur, qui semble nous prendre par la main. Born I ne rappe pas, il respire à travers ses mots. Chaque phrase est déposée avec le soin d’un moine calligraphe, comme une invitation à s’arrêter, à écouter et à être — simplement.
“Being Enough” est une épure. Pas de storytelling bling-bling, pas de punchlines agressives. Ici, le combat est intérieur. Born I raconte ses failles, ses moments de doute, ses combats contre une société qui l’a formaté à courir après un idéal impossible. Mais il ne sombre jamais dans le pathos. Sa voix est celle d’un survivant qui a trouvé un autre chemin : celui de l’acceptation. “You don’t have to be more than you are. You are enough,” souffle-t-il, et soudain la phrase résonne comme une délivrance.
C’est peut-être là que réside la force du morceau : ce mélange d’humilité et de puissance. On sent l’influence de Wu-Tang Clan dans le flow, mais aussi celle d’Alice Coltrane dans la quête d’élévation. Born I fusionne ces deux univers pour créer un espace sonore où le rap devient une pratique de pleine conscience. Il ne fait pas que livrer un morceau : il tend un miroir.
Sur scène, “Being Enough” prend une autre dimension. Lors de ses performances hybrides – mi-concert, mi-méditation – le titre devient un pivot, un moment de grâce où le public retient son souffle. En 2023, lorsque Born I l’a joué au Kennedy Center, les témoignages parlaient d’un silence presque sacré dans la salle, comme si le temps lui-même s’était arrêté.
Dans la discographie de Born I, “Being Enough” est une boussole. Une synthèse de son parcours, du chaos de son passé à la sérénité de son présent. Et dans un paysage hip-hop saturé d’égos hypertrophiés, ce titre sonne comme une révolution tranquille.
Peut-être que l’avenir du rap ne se trouve pas dans le bruit mais dans le silence entre les beats. Born I l’a compris : la véritable force est d’oser être soi. Et “Being Enough” est la bande-son parfaite pour apprendre à se suffire à soi-même.
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juillet 17, 2025Il y a des morceaux qui chatouillent l’oreille et d’autres qui arrachent le cœur. “Rapture Ready”, le dernier cri d’Antoine Stewart, appartient résolument à la seconde catégorie. Ce n’est pas une simple chanson : c’est une déflagration spirituelle, un manifeste adressé à une génération égarée, un appel incandescent à se tenir prêt pour le moment où le ciel se fendra comme une toile et où, dit-il, “la trompette finale fera trembler les fondations du monde.”
Dès les premières secondes, la voix d’Antoine surgit, rugueuse, habitée, comme un prophète urbain en plein uppercut contre l’apathie ambiante. “Rapture Ready” est une déclaration de guerre contre l’oubli de l’essentiel. Sur une production qui pulse comme un cœur sous adrénaline – percussions telluriques, synthés qui vibrent comme des halos de lumière – il scande, répète, martèle : “Are you rapture ready?” Le refrain devient une incantation, un signal d’alarme qui refuse de vous lâcher.
Mais derrière l’urgence sonore, il y a l’histoire. Celle d’un homme passé par tous les enfers terrestres : argent facile, drogue, sexe, violence. Antoine Stewart ne joue pas les saints : il raconte. Il tend son propre chaos comme un miroir, avoue ses dérives sans rien édulcorer. Ce n’est pas une confession pour le buzz mais un témoignage, brut et nécessaire. Car c’est dans ce marasme qu’il a rencontré le Christ, trouvé un sens, une mission. Sa musique, désormais, n’est plus une distraction : c’est une bouée, un cri pour arracher d’autres naufragés aux vagues.
Antoine est lucide. Il sait qu’aujourd’hui, l’attention est une ressource rare, cannibalisée par TikTok, les algorithmes et l’hystérie politique. Il ne cherche pas à séduire cette culture : il la défie. “Kingdom over culture”, lâche-t-il, comme une claque. La fidélité au Royaume de Dieu, dit-il, prime sur les tendances, les partis, les hashtags.
Musicalement, “Rapture Ready” évoque les grandes heures de Kanye West époque Jesus Is King, mais sans le côté poli. Ici, tout est brut, charnel, presque rugueux. On y entend la sueur des combats intérieurs, le poids de la croix, la joie paradoxale d’une liberté arrachée de haute lutte. Plus le morceau avance, plus la tension monte, jusqu’au climax : un cri qui transperce, une extase qui rappelle autant le gospel des églises noires que les crescendos électroniques des raves les plus mystiques.
Au fond, “Rapture Ready” est une convocation. Antoine Stewart ne laisse pas le luxe de l’indifférence. Il questionne, dérange, exhorte. Pas pour effrayer mais pour réveiller. Et dans le silence qui suit la dernière note, une seule question demeure : serez-vous prêts ?
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juillet 17, 2025Il y a des morceaux qui ressemblent à une grande goulée d’air chaud, à une eau chlorée éclaboussant en plein midi, à un rire qui s’échappe sans retenue. Do The Thing de Jordan Corey est de cette trempe : un hymne hédoniste et bienveillant, taillé pour les étés où l’on danse pieds nus au bord d’une piscine et où chaque rayon de soleil semble un encouragement à oser plus.
Sur une production effervescente qui mêle grooves funky et pop radieuse, Corey chante le courage d’essayer. Pas le perfectionnisme, pas la performance, mais ce moment brut où l’on décide d’agir — de “faire la chose” — même sans filet. La voix, souple et souriante, flotte au-dessus d’un beat moelleux et d’arrangements qui sentent la citronnade et la crème solaire. C’est une ode à la vulnérabilité joyeuse : laisser tomber la peur de l’échec, parce qu’en vérité, “il n’y a pas d’échec”, seulement des détours qui ramènent toujours, d’une manière ou d’une autre, à soi.
Ce titre trouve sa puissance dans cette philosophie désarmante. Corey ne cherche pas à édifier un monument de sérieux : Do The Thing est une invitation à lâcher le contrôle, à se mouvoir, à rire de ses hésitations. On l’imagine déjà sur toutes les playlists de road trips, de garden-parties, ou sur repeat dans un casque quand il faut un petit coup de pouce pour passer à l’action.
Dans un monde obsédé par les résultats, Do The Thing remet la joie dans le processus. C’est une chanson-manifeste pour celles et ceux qui doutent, pour celles et ceux qui hésitent à plonger. Elle dit : on s’en fout de la perfection, fais-le, et fais-le avec amour. Parce qu’au fond, c’est la tentative qui compte, pas le tableau final.
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juillet 17, 2025Sous un soleil de plomb, Sun Baby brille comme un mirage sonore. Le nouveau single de JayWood, extrait de son futur album Leo Negro, semble naître à la croisée des époques : un trip psychédélique des années 60 propulsé dans l’esthétique douce-amère d’un R&B moderne et liquide.
Dès les premières notes, la production de JayWood enrobe l’auditeur d’une chaleur organique. Les nappes de mellotron évoquent les Beatles période Sgt. Pepper ou les songwriters baroques des 60’s, tandis que des échantillons symphoniques surgissent en contrepoint, comme des éclats de verre dans une lumière dorée. Mais très vite, cette nostalgie se fissure : le morceau glisse vers des syncopes plus chaotiques, des changements de rythmes inattendus, des mélodies qui se vrillent et se dédoublent. Cette dualité — la sérénité qui vacille vers l’orage intérieur — devient le cœur battant de Sun Baby.
JayWood, déjà reconnu pour sa capacité à naviguer entre les genres, confirme ici un virage plus ambitieux, presque cinématographique. Sur ce titre, les influences de Toro y Moi, Frank Ocean et Nick Hakim se font sentir : la sensualité cotonneuse, les harmonies en clair-obscur, et ce talent à mélanger douceur et urgence dans une même phrase musicale. Mais Sun Baby porte aussi une tension propre à Tyler The Creator — cette manière de rendre le chaos séduisant, presque nécessaire.
Avec Sun Baby, JayWood ne se contente pas de teaser Leo Negro, il en dévoile l’ADN : un disque qui promet d’explorer le désordre du cœur humain à travers des textures riches, des arrangements luxuriants et une écriture toujours plus affutée. C’est à la fois un hommage aux sons analogiques d’hier et un manifeste pour une soul futuriste, imprévisible et profondément émotive.
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juillet 17, 2025C’est dans l’intimité feutrée d’un home studio strasbourgeois que Tranks prend racine, là où Lucalme, beatmaker et digger passionné, redonne vie à des sons oubliés en les sculptant dans la matière même du vinyle. Aux côtés de R Lion, il signe ici un morceau où la trap française se teinte d’un groove soulful, d’un héritage jazz et d’un goût certain pour la boucle hypnotique.
Lucalme n’est pas un faiseur de hits : il est artisan du son. Depuis qu’il a découvert le sampling en 2015, sa musique respire la poussière des bacs à disques, l’énergie brute des sessions nocturnes, et une curiosité insatiable pour les textures. Avec Tranks, il prouve qu’un simple loop peut devenir une incantation. Les 808 profondes côtoient des claviers aux accents 70’s, et la voix de R Lion, posée comme une confidence, amène une mélodie vaporeuse qui traverse le beat comme une brume.
Loin du banger de club, Tranks est une errance urbaine, une bande-son pour les trajets en tram sous la pluie, les nuits de réflexion et les matins sans sommeil. On y retrouve l’esprit crate digger, cette philosophie de réanimation sonore : chaque coup de batterie est une pulsation, chaque sample un fragment de mémoire recontextualisé dans le présent.
Ce titre est à l’image de Lucalme lui-même : entre la précision d’un horloger et l’instinct d’un explorateur sonore. À chaque écoute, une nuance se révèle, une note se détache, preuve que le travail de ce producteur est aussi riche que ses influences — soul, funk, prog, jazz, mais toujours avec cette recherche du “juste loop” qui fait mouche.
Avec Tranks, le duo propose une vision à contre-courant du trap hexagonal : introspective, élégante, presque contemplative. Un morceau qui ne cherche pas à impressionner mais à habiter, qui se savoure comme un vinyle rare trouvé au hasard d’un marché aux puces.
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juillet 17, 2025Sur fond de ciel crépusculaire et de bitume encore chaud, Higher surgit comme une promesse murmurée à soi-même, une incantation de résilience qui se transforme en hymne pop rap. Sam Kays ne cherche pas à séduire à coups de gimmicks, il choisit plutôt de raconter cette ascension intérieure, ce moment précis où l’on décide de ne plus s’accrocher au passé.
La production oscille entre légèreté et gravité : des nappes synthétiques aériennes, un beat discret qui devient progressivement un cœur battant, et cette voix, entre flow maîtrisé et refrains chantés, qui semble sortir d’un tunnel pour retrouver la lumière. Sam Kays s’y livre sans armure, racontant l’effort de se relever après la chute, la rage douce qui pousse à avancer quand plus rien ne semble tenir.
Higher a ce goût d’adrénaline contenue qu’on retrouve dans certains morceaux de Post Malone ou de Logic, mais avec une touche de mélancolie propre à l’artiste. Chaque ligne de texte frappe comme un rappel : la gravité existe, mais l’élévation aussi. Et quand le refrain explose, impossible de ne pas être emporté dans cette montée en puissance, comme une respiration longtemps retenue.
Le morceau ne se contente pas d’être un hit potentiel calibré pour les playlists. Il s’impose comme une catharsis sonore, taillée pour accompagner les nuits d’insomnie et les matins de renaissance. Avec Higher, Sam Kays signe une œuvre qui semble moins chercher l’effet immédiat que la résonance profonde. Et il y parvient : en trois minutes, on sort de ce titre comme d’un tunnel, le cœur un peu plus léger, l’esprit prêt à affronter ce qui vient.
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juillet 17, 2025Il y a des chansons qui ne se contentent pas de raconter une histoire, elles sont le reflet d’un instant suspendu, d’une révélation intime capturée dans une mélodie. Sweeter, le nouveau single d’ASHY, en fait partie. Avec ce titre, la pop/R&B artist venue d’Aotearoa (Nouvelle-Zélande) s’entoure du rappeur de Nashville Jarrod Gipson pour tisser un dialogue à deux voix sur l’ouverture à soi et aux autres, même quand on doute de sa propre lumière.
Écrite lors d’un séjour à Nashville après SXSW Austin 2024, Sweeter est infusée de la moiteur des nuits du Tennessee et de l’énergie bienveillante des rencontres imprévues. ASHY y transpose une expérience très personnelle : celle d’une soirée où, malgré la fatigue et le manque de confiance, elle s’est laissée surprendre par l’attention et la connexion humaine. Cette vulnérabilité, elle la transforme en un groove chaud et soyeux qui évoque à la fois SZA et Kali Uchis, mais sans jamais perdre sa signature néo-zélandaise, cette sincérité presque candide qui traverse ses précédents singles (Ottoman, Gucci & Louis).
La production minimaliste, signée Aaron (via son “kiwi connect” Geoff), déploie une base R&B lascive ponctuée de synthés veloutés et d’une basse ronde qui fait pulser le morceau comme un cœur qui bat plus vite sous l’effet du désir. ASHY y pose une voix aérienne, d’abord fragile puis plus assurée, comme une fleur qui s’ouvre. À mi-chemin, Jarrod Gipson entre en scène, son flow velouté apportant la perspective masculine avec une élégance nonchalante qui complète parfaitement la sensualité d’ASHY. Ce jeu de call and response entre les deux artistes devient la clef de voûte du morceau, donnant à Sweeter un air de conversation murmurée à la nuit tombée.
Avec Sweeter, ASHY poursuit son ascension en s’aventurant pleinement dans ses influences R&B (Victoria Monét, Ariana Grande), sans renier ses racines pop. Après le succès de son premier EP Status (#1 en Nouvelle-Zélande) et des scènes internationales prestigieuses (SXSW, The Great Escape, Electric Avenue), elle confirme qu’elle est plus qu’une étoile montante : une auteure-compositrice capable de transformer les doutes et les petites victoires en hymnes universels.
Ce titre est une ode à l’audace d’aimer – soi-même, l’autre, la vie – même lorsque l’on se sent éteint. Car parfois, il suffit d’un sourire échangé ou d’une danse inattendue pour rallumer la flamme. Sweeter n’est pas seulement un titre : c’est un rappel que la douceur naît souvent là où l’on s’y attend le moins.
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juillet 17, 2025Parfois, un morceau ne se contente pas d’être une chanson : il devient un témoignage. Dans Your Love, Jake Knox raconte sans détour le vertige d’un retour à la vie. Après deux expériences de mort imminente et une rupture qui aurait pu tout consumer, le chanteur et producteur californien nous offre un hymne à la renaissance émotionnelle. Ici, la douleur passée n’est pas effacée, mais elle devient le terreau d’une flamme neuve.
La production, tout en élégance, porte la marque d’un R&B contemporain infusé de touches rétro soul et d’accents alt-pop. Les synthés, moelleux comme une caresse, se mêlent à une ligne de basse qui vibre comme un cœur amoureux. La voix de Knox, légèrement rauque, oscille entre fragilité et assurance, capturant cet instant unique où l’on se surprend à sourire à nouveau.
Puis vient Alexi Blue. Sa voix, pure et lumineuse, s’invite sur le second couplet comme un rayon de soleil traversant des rideaux fermés depuis trop longtemps. Son phrasé à la fois mélodique et incisif apporte un contrepoint parfait, transformant Your Love en véritable dialogue amoureux. C’est une alchimie qui fonctionne sans forcer, comme deux âmes qui se trouvent.
En filigrane, on sent le nouveau chapitre qui s’ouvre pour Jake Knox. L’artiste, qui a toujours dirigé ses clips et soigné son esthétique visuelle, annonce un virage pour cet album à venir : plus intimiste, plus sensuel, plus tourné vers des “vibes” taillées pour les cœurs qui battent la nuit. Il l’avoue lui-même : il rêve que ce morceau “trouve sa place dans les chambres et les cœurs du monde”. Et à l’écoute, il y a fort à parier que ce souhait se réalise.
Your Love n’est pas un simple slow jam : c’est une confession sur la résilience, un souffle chaud dans le creux d’un hiver intérieur. C’est le genre de morceau qui s’écoute la lumière éteinte, où chaque note semble vous chuchoter : « tu peux aimer encore ».
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juillet 17, 2025Chicago, berceau du house et du hip-hop, aurait-elle trouvé son nouvel ambassadeur hybride ? Avec UK V!BES, Pronto Valid se propulse bien au-delà des carcans de sa ville natale, injectant l’énergie euphorique de la house britannique dans ses racines rap. C’est une déclaration d’intention, un manifeste sonore où les basses rondes de Zeelaa, le producteur de l’ombre, rencontrent les flows fluides et percutants de Pronto Valid.
On entre dans le morceau comme dans un club aux néons bleutés, quelque part entre Camden et le South Side. Le beat syncopé pulse comme une artère urbaine, les kicks house se mêlent aux hi-hats nerveux d’un hip-hop moderne, et la voix de Pronto serpente avec une aisance désarmante. On sent l’influence de tracks comme Selecta de Skrillex et BEAM : même tension dans l’air, même envie de faire sauter la foule. Mais ici, pas de pastiche. UK V!BES est une réappropriation, un pont jeté entre Chicago et Londres où l’on danse sans se poser de questions.
Il y a quelque chose de joyeusement audacieux dans cette prise de risque. Dans une scène rap de Chicago dominée par le drill et le storytelling brut, Pronto choisit l’hédonisme et l’expérimentation. Loin d’être un simple « vibe track », la chanson témoigne d’une envie de casser les codes, d’offrir une respiration ensoleillée, presque estivale, où la mélodie est reine et le groove roi.
Enregistré dans son home studio, ce titre conserve une spontanéité qui fait mouche. On y entend la fougue d’un artiste en pleine exploration, prêt à embrasser une esthétique plus globale, plus cosmopolite. L’annonce de ses prochaines dates – The Point le 19 juillet et The Piazza le 26 juillet – laisse présager que cette énergie devrait prendre encore plus d’ampleur en live, portée par des beats taillés pour les dancefloors open air.
UK V!BES n’est pas qu’un flirt avec la house : c’est un saut à pieds joints dans un futur où les genres se confondent et où le rappeur devient également un entertainer, un architecte de soirées. Et Pronto Valid semble bien décidé à en être le maître de cérémonie.
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juillet 17, 2025Dans une petite pièce chaotique, quelque part à Barry, South Wales, un homme seul branche sa guitare, fait hurler son ampli et appuie sur « record » avant que la magie ne s’évapore. C’est là que Amulet est né, un titre qui résonne comme un talisman confectionné à la main, entre instinct brut et poésie électrique.
The7thGatekeeper n’est pas un inconnu pour ceux qui suivent l’underground gallois : multi-instrumentiste, producteur autodidacte, il se nourrit autant de la rage du metal que de la fièvre garage de Queens of the Stone Age ou des fulgurances de Jack White. Mais ici, il délaisse ses penchants les plus lourds pour livrer une pièce à l’énergie crue, presque primitive, qui semble capturer la chaleur d’un garage imaginaire où la musique devient un exutoire pur.
Le morceau s’inspire d’une nouvelle de Thomas Morris et ravive cette étincelle d’espoir et d’émerveillement enfantin qu’on croyait perdue. Les riffs claquent comme des portes qu’on ouvre en grand, les percussions rugissent avec l’urgence d’un cœur battant à cent à l’heure, et la voix, à la fois fragile et déchaînée, guide l’auditeur dans ce rituel rock aux allures de confession intime. On sent que chaque prise a été conservée dans sa nudité, sans retouches superflues, pour préserver la fulgurance de l’instant.
Masterisé par Romesh Dodangoda (Longwave Studios), Amulet conserve pourtant une profondeur sonore qui sublime sa rugosité. Ce n’est pas un rock poli pour les charts, mais un bijou brut qui palpite dans la paume de votre main. Comme son nom l’indique, il a quelque chose de protecteur et de mystique : une chanson comme un grigri qu’on porte pour se rappeler que la lumière peut jaillir du chaos.
À l’heure où la plupart des productions rock se parent de vernis synthétique, The7thGatekeeper revendique l’imperfection comme une force et laisse ses failles chanter. En attendant un second album prévu pour la fin de l’année et des concerts potentiels, Amulet s’impose déjà comme une promesse : celle d’un artiste qui refuse la tiédeur et continue d’explorer toutes les nuances de son ADN sonore.
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juillet 17, 2025À l’écoute de Reverse, une étrange sensation d’apesanteur vous envahit. Comme si Joshua Scurfield, cerveau solitaire de Shockpowder, vous tirait doucement vers un autre plan d’existence — celui où l’air est lourd d’électricité statique, où chaque pas résonne à rebours, où même les souvenirs semblent s’effacer à mesure qu’ils se dessinent. Il y a dans ce morceau une beauté douloureuse, presque insoutenable, comme ces rêves où l’on court en arrière, prisonnier d’une boucle qui refuse de se briser.
Dès les premières secondes, la voix émerge, fragile, presque étouffée, posée à même la surface d’un océan de guitares saturées. Ces guitares ne se contentent pas d’accompagner : elles ondulent, elles grondent, elles forment une mer mouvante sur laquelle la mélodie dérive. On sent l’héritage du shoegaze, mais ici la brume n’est pas douce, elle est acide. Elle racle la gorge et pique les yeux, rappelant les brûlures intérieures de Slowdive ou la densité rêveuse d’Alcest.
La production, signée Scurfield lui-même, est volontairement granuleuse. Chaque couche semble avoir été sculptée dans le souvenir — un souvenir que l’on tente d’effacer, sans jamais y parvenir. Les 808 profondes, les distorsions maîtrisées et les dissonances légères viennent nourrir une tension sourde qui ne lâche jamais l’auditeur. Il ne s’agit pas d’un crescendo classique, mais d’une montée en spirale qui donne l’impression de tomber à l’envers dans un puits sans fond.
Dans Reverse, les mots sont moins des paroles que des confidences. Ils glissent à l’oreille comme une prière chuchotée dans l’obscurité. La thématique de l’aliénation, déjà présente sur Dreaming From Elsewhere, prend ici une intensité nouvelle. C’est l’histoire d’un corps qui ne trouve plus sa place dans le monde, d’une âme qui avance à contre-courant, étrangère à la langue, aux gestes, aux regards. Comme le dit Scurfield, “on y marche et on y parle à l’envers”, et c’est exactement ce que l’on ressent : ce monde ne nous comprend pas, mais peut-être que ce monde n’est pas fait pour nous.
Plus qu’un single, Reverse est une expérience physique. On le vit autant qu’on l’écoute. On sent la peau frissonner sous l’assaut des guitares, le cœur se serrer à chaque silence suspendu, la respiration devenir plus lourde lorsque la batterie martèle sa rythmique hypnotique. C’est une transe, un passage, un exorcisme intime pour ceux qui se sont toujours sentis de trop.
Shockpowder réussit ici un coup de maître : rendre audible l’indicible, donner forme sonore à cette douleur sourde qui accompagne les êtres en décalage permanent. Et lorsque la dernière note s’éteint, elle laisse derrière elle un vide étrange — celui qui suit une tempête intérieure, lorsque l’on reprend son souffle, lentement, encore secoué mais un peu plus léger.
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juillet 17, 2025Certains morceaux claquent comme une portière de Maybach au ralenti dans une ruelle humide, et Foreign Language d’Ace Mafioso en fait clairement partie. Le rappeur de New Bedford livre ici une capsule sonore dense, cinématographique, où chaque 808 résonne comme une alerte sourde dans la nuit, chaque note semble chargée d’histoires qu’on ne racontera jamais à voix haute. Produit par l’incontournable Black Metaphor — celui-là même qui a forgé des classiques pour Rick Ross, Meek Mill et Jeezy — le titre n’a rien d’un simple banger. C’est une déclaration, un code, un monde parallèle où les mots valent des vies et où le silence est une arme.
Dès les premières mesures, Foreign Language installe une tension quasi palpable. Les synthés nappés, sombres et élégants, évoquent les néons tremblotants d’une ville qui ne dort jamais. La voix d’Ace, rauque et précise, glisse sur la prod comme un couteau affûté sur une table en acajou. Pas besoin d’artifices ici. L’écriture est brute, sans filtre, à la hauteur d’un vécu qui ne cherche pas à séduire mais à témoigner. Le rappeur parle pour ceux qui savent : les codes, les regards, les gestes. “Pour eux, c’est une langue étrangère. Pour nous, c’est le quotidien.”
En studio, à Boston, Ace Mafioso a laissé la prod le hanter avant de poser son texte. Cette approche méditative donne au morceau une densité rare. Pas de frime inutile : l’artiste évoque la paranoïa qui accompagne le succès, la trahison qui rôde, et la nécessité de toujours garder un coup d’avance. Il ne glorifie pas la rue. Il en fait un tableau noir et or, un manifeste pour survivre et élever le game.
Avec Foreign Language, Ace Mafioso confirme qu’il appartient à cette caste de rappeurs pour qui chaque track est un bloc de vie compressé en trois minutes trente. C’est à la fois sombre et raffiné, street et adulte. Ce n’est pas une chanson pour tous. C’est un morceau pour ceux qui comprennent le langage des regards, des silences et des mouvements calculés.
Un single qui, loin de céder aux tendances, impose un univers sonore où le danger et le luxe cohabitent. Et si le hip-hop moderne ressemble parfois à une discussion de surface, Ace nous rappelle qu’il existe encore des voix qui parlent une langue plus profonde, celle qu’on n’apprend pas… mais qu’on vit.
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juillet 17, 2025Il y a des morceaux qui ne se laissent pas simplement écouter. Ils se déposent sur vous comme une brume saline, ils infiltrent vos pores et vous entraînent dans un espace liminal entre la conscience et le rêve, entre l’éveil et l’abandon. L’ange dans la mer, nouveau sortilège sonore signé savagerus, est de ceux-là. Plus qu’un titre, c’est une expérience, un rituel murmuré à l’oreille comme un secret interdit, un hymne pour celles et ceux qui aiment se perdre dans l’onde.
Dès les premières secondes, la voix féminine se fait souffle. Elle n’articule pas, elle caresse. Les mots — en français, parfois en latin — sont moins des phrases que des incantations. Leurs contours se dissolvent dans un océan de nappes électroniques, de synthés liquides et de percussions douces mais insistantes, qui battent comme un cœur immergé. À 194 BPM, on pourrait s’attendre à une cavalcade effrénée, mais ici le rythme est paradoxalement apaisé, comme ralenti par la densité de l’eau. Chaque pulsation semble provenir des abysses, chaque note évoque un frôlement d’algues sur la peau nue, chaque respiration est un rappel que, sous la surface, le désir et la peur se confondent.
L’univers de savagerus n’est pas sans rappeler le meilleur de Delerium, les murmures sensuels d’Enigma ou les vertiges sombres de Mylène Farmer. Mais là où ces références restent ancrées dans un certain formalisme pop ou new age, savagerus déjoue les attentes en cultivant un art du fragment, de l’éphémère. Rien n’est totalement révélé ici. L’ange du titre n’est jamais décrit frontalement. On devine des ailes brisées, des yeux clos, une douleur ancienne qui s’exprime dans chaque vibration. On entend la mer, non pas celle des cartes postales, mais une mer primitive et amniotique, un espace de renaissance autant que de perdition.
C’est un morceau qui parle au corps autant qu’à l’esprit. Les basses profondes font vibrer le plexus, les synthés iridescents montent le long de la colonne vertébrale. Et la voix — cette voix — semble glisser le long de vos vertèbres pour venir se lover à la base de votre nuque. La sensualité y est omniprésente, mais jamais dans la démonstration. Ici, l’érotisme se fait sacré, comme si chaque frisson était une prière, chaque gémissement une offrande.
savagerus, artiste visuel et compositeur, parle de sacred sensualité pour définir son esthétique. Et c’est exactement cela : une rencontre entre la chair et le divin, entre la soif de l’autre et la contemplation de l’invisible. Le morceau n’appelle pas la danse frénétique, il invite au repli intérieur, à la dérive volontaire. C’est une bande-son pour celles et ceux qui ferment les yeux sous l’eau, qui aiment cet instant où l’oxygène manque et où chaque battement de cœur résonne comme un tambour cérémonial.
En écoutant L’ange dans la mer, on a l’impression de participer à un rituel ancien, de communier avec des forces que l’on croyait oubliées. C’est un morceau qui suscite autant de visions que d’émotions : des corps nus enlacés sous les vagues, des plumes blanches souillées de sel, des visages qui se dissolvent dans l’écume. On ne sait plus très bien où l’on est, ni même qui l’on est, et c’est précisément cela qui fait la force de ce titre.
Plutôt qu’un single, savagerus nous offre une chambre d’échos, un lieu où les frontières se brouillent. Ici, les langues se mêlent, les genres s’effacent (ambient, trance, dream pop, orchestral) et il ne reste que cette sensation brute, animale : celle d’être vivant, vulnérable, et infiniment désireux.
Ceux qui oseront plonger dans L’ange dans la mer en ressortiront peut-être différents. Plus calmes, peut-être. Ou plus troublés. Mais certainement marqués par cette voix venue des profondeurs, qui ne vous quittera plus.
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juillet 17, 2025Il y a des disques qui s’écoutent comme des carnets de voyage. Moondancing, deuxième album d’Animal Souls, en fait partie. Porté par Michael Fisher et sa troupe de musiciens venus du Fraser Valley en Colombie-Britannique, ce projet est un kaléidoscope sonore où chaque morceau s’inscrit comme une escale singulière. Entre titres inédits, singles déjà publiés et relectures élégantes d’anciens morceaux, l’album dessine un portrait mouvant d’un collectif qui refuse de se laisser enfermer dans un genre.
“May’s Song”, qui ouvre l’album, est une déclaration en apesanteur. Avec la voix cristalline d’Ava Wolsynuk qui glisse sur un canevas de cordes douces et de piano suspendu, le morceau semble flotter entre la mélancolie d’une fin d’été et l’espoir d’un nouveau départ. Alison Cowie prend le relais sur “Between The Lines”, une ballade folk subtilement traversée de nuances jazz. Ici, les respirations de guitare acoustique et les touches de cuivre dessinent une chaleur enveloppante, presque cinématographique.
“Midnight Sky” offre un virage plus contemplatif. Annika Catharina y dépose une voix qui oscille entre fragilité et intensité, tandis que des percussions discrètes évoquent des pulsations nocturnes, presque comme un cœur battant à l’unisson avec le ciel étoilé. “On My Way” remet Alison Cowie en avant sur une composition au groove feutré, où basse et claviers dansants rappellent l’héritage du soft rock des années 70, tout en restant terriblement actuel.
“The Kids”, à nouveau chanté par Wolsynuk, frappe par sa sincérité désarmante. Entre folk et pop alternative, ce morceau est une lettre ouverte à l’enfance, portée par une instrumentation dépouillée qui laisse toute la place aux émotions. Avec “Nine Lives”, Fisher propose un instrumental hypnotique, aux accents de jazz fusion, où chaque note semble chercher l’équilibre entre virtuosité et minimalisme.
Puis viennent les relectures : “The Lion And The Snake”, revisitée avec Oke Chornick, gagne en profondeur grâce à une ligne de basse plus affirmée et une production plus dense, tandis que “Soul Dance”, avec Jackie Lee, se pare de couleurs néo-soul, tout en conservant son énergie dansante. “Take Me Home”, porté par Wolsynuk, incarne parfaitement la philosophie d’Animal Souls : un songwriting intime transcendé par des arrangements riches et aériens.
Le disque s’achève avec trois instrumentaux — “December Song”, “Final Parsec Problem Theory” et l’enivrant “Lessons Of Love” avec Mara Hatklin — qui confirment la capacité du collectif à naviguer entre l’organique et l’électronique, entre la douceur et l’expérimentation.
Avec Moondancing, Animal Souls signe un disque qui respire la liberté créative et l’artisanat sonore. C’est un album qui ne se contente pas de relier les genres : il les fait danser ensemble, dans une élégance rare.
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juillet 17, 2025Les premières mesures de Buttercups semblent flotter dans l’air comme un parfum familier : un piano fragile, une guitare discrète, et déjà cette sensation d’entrer dans une chambre où la lumière de fin d’après-midi découpe les rideaux. Ava Valianti, du haut de ses 15 ans, y distille une vulnérabilité désarmante, une écriture qui sent à la fois l’adolescence effervescente et une maturité émotionnelle étonnante.
Au fil du morceau, les arrangements s’épaississent. La douceur laisse place à une montée en puissance pop-rock, avec des percussions battantes et des guitares électriques qui embrasent le refrain. Tout cela sert une narration : celle d’un amour dont on ne se défait pas, même lorsqu’il s’efface. Ava transforme ces souvenirs en mélodie, ses images simples – le parfum de cannelle, les portes grinçantes, les buttercups – en fragments universels d’une mémoire blessée.
Depuis bubble wrap, Ava trace une trajectoire fulgurante, enchaînant les succès radiophoniques et les scènes mythiques (The Bitter End à New York, Brighton Music Hall à Boston). Mais c’est dans des titres comme Buttercups que réside sa force : cette capacité rare à chanter la douleur avec une telle lumière qu’elle finit par consoler. Son premier EP prévu pour l’automne pourrait bien faire d’elle la nouvelle voix d’une génération qui apprend à aimer, perdre, et recommencer.
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juillet 17, 2025À Montréal, entre les hivers interminables et les nuits où la lumière semble toujours hésiter, Eternal Mourning a trouvé un écho à sa mélancolie. Leur nouveau titre, Toxic Lovers, accompagné d’un clip d’une sensualité troublante, condense l’essence de leur esthétique : un folk baroque qui flirte avec le rock, la douleur d’aimer, et la beauté crépusculaire des relations qui nous consument.
Après A Draft, premier album acclamé pour sa capacité à tresser l’intime avec l’universel, le groupe continue d’explorer ce fragile équilibre entre la lumière et l’ombre. Dans Toxic Lovers, Philippe Mourani chante les amours qui blessent mais dont on ne veut jamais vraiment se libérer. Sa voix, tantôt caresse tantôt brisure, glisse sur les arpèges délicats de Pasquale Sacco, dont la guitare se fait aussi bien l’écho d’un espoir ténu que d’une colère rentrée. David Ganon, à la batterie, imprime une tension sourde, un battement de cœur qui hésite entre l’abandon et la révolte. Et Day Day, multi-instrumentiste et ingénieur du son, vient déposer des nappes sonores presque spectrales, donnant au morceau un relief cinématographique.
Le clip, tourné dans une maison victorienne aux lumières tamisées, illustre la danse des amants maudits avec une élégance morbide : corps enlacés, regards enfiévrés, éclats de verre et de rire qui se superposent. On y retrouve cette signature visuelle d’Eternal Mourning : un goût pour le beau qui frôle l’effrayant, comme si chaque note venait chatouiller une cicatrice encore ouverte.
Si Toxic Lovers s’inscrit dans la lignée d’artistes comme Nick Cave, PJ Harvey ou encore Mazzy Star, Eternal Mourning y imprime une singularité propre, ce mélange de folk, de grunge et de baroque pop qui donne à leurs chansons une intensité rare. C’est un titre pour celles et ceux qui aiment se perdre dans les contradictions de l’amour : quand la passion dévore, quand la tendresse blesse, quand la séparation est une délivrance autant qu’un deuil.
Avec ce single, le groupe prouve qu’il n’a rien perdu de son feu sacré durant ses treize années d’absence. Toxic Lovers n’est pas seulement une chanson, c’est un rappel : parfois, ce qui nous détruit est aussi ce qui nous fait nous sentir le plus vivant.
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juillet 17, 2025Nick Pike n’est pas du genre à se laisser enfermer. Après Norastoria et Evergreen en 2024, il signe avec Phraxia une œuvre qui respire la dualité : entre la quiétude des notes de piano solitaires et la richesse texturale des nappes électroniques, entre la pureté acoustique et l’audace des synthétiseurs. À travers dix morceaux finement ciselés, le compositeur britannique esquisse un paysage sonore où la néoclassique se pare de touches jazz et d’élans ambient, offrant un refuge pour les âmes en quête de beauté et de profondeur.
Le voyage débute avec Whispertide, premier single hypnotique. Comme une marée sonore, il alterne entre des accalmies presque méditatives et des montées en intensité qui vous saisissent à la poitrine. Le piano y est limpide, les synthés délicatement en arrière-plan, comme des spectres bienveillants. Cette sensation d’apesanteur se poursuit avec Vangise, plus aérien, presque pastoral dans son écriture, puis Phraxia, la pièce titre, qui se distingue par une ligne mélodique fluide et intimiste, comme une confidence murmurée à l’oreille.
Avec Aroha, Pike flirte avec des harmonies plus jazz, tandis que Deepward Glow plonge dans des textures qui rappellent le Reykjavík de Ólafur Arnalds : une chaleur douce, une lumière qui vacille. Puis vient Für Beethoven, où Pike prend le risque de s’attaquer à un monument. Ici, il déconstruit Für Elise pour en extraire une essence nouvelle, alternant citations familières et trouvailles harmoniques inattendues. Le résultat est un hommage tendre, sans nostalgie stérile.
Le dernier tiers de l’album installe une quiétude souveraine. Abaluna apaise avec ses motifs répétitifs, proches de la transe, Mareel distille une beauté minimaliste teintée d’espoir, Minavra explore un territoire plus introspectif, presque cinématographique, tandis que Maramor clôture ce voyage avec une ampleur et une douceur qui laissent suspendu.
Avec Phraxia, Nick Pike confirme son talent à se placer dans la lignée des Einaudi, Arnalds et Frahm tout en affirmant sa propre voix. Ici, chaque note est une goutte d’eau, chaque synthé une brise légère : ensemble, ils forment un océan où il fait bon se perdre.
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juillet 17, 2025Il y a des chansons qui ne se contentent pas de remplir l’air, elles l’occupent. You Gotta Know, nouveau chapitre du projet Collaborations piloté par Ed Daniels depuis Stratford, est de celles qui n’explosent pas comme des hits instantanés mais s’enracinent, lentement, profondément. Elles s’installent dans vos souvenirs comme une vieille photo retrouvée dans un grenier – une photo qui, étrangement, semble avoir toujours appartenu à votre histoire.
Ici, tout est organique. La basse chaude de Scott Spray (Grammy winner mais surtout alchimiste de groove), les guitares de Tim Dehuff qui oscillent entre caresses folk et élans rock, la batterie de Tom Naggy qui bat comme un cœur inquiet, et les chœurs de Devotion (Kevin Monroe & Simone Brown) qui surgissent comme un souffle d’espoir dans un monde épuisé. À la console, Vic Steffens façonne un son qui respire, qui laisse chaque instrument vivre, dialoguer, se taire quand il le faut.
Mais la vraie révélation, c’est Anais Preller. Sa voix, fragile et assurée à la fois, porte le morceau comme une prière profane. Elle évoque ces héroïnes des 70’s – Carly Simon, Karen Carpenter – mais avec une lucidité contemporaine, un timbre qui refuse la nostalgie facile. Car You Gotta Know n’est pas un exercice de style rétro : c’est un rappel que la musique peut encore avoir une âme, une rugosité, une chair.
Dans un monde qui pousse à la déconnexion de soi et des autres, la chanson propose un geste radical : ralentir, écouter, se souvenir. Elle ne donne pas de réponses toutes faites, mais tend un miroir. C’est un titre qui évoque les routes de campagne au crépuscule, les choix que l’on repousse, la colère douce qui sommeille en nous.
Collaborations, sous la houlette d’Ed Daniels, poursuit ici son entreprise quasi militante : défendre l’artisanat sonore, inviter des musiciens à se rencontrer, se confronter, tisser ensemble des fragments d’intime en musique. Après Songs of the Heart, You Gotta Know confirme que ce collectif n’est pas une curiosité nostalgique mais un laboratoire d’émotions brutes, un espace où la beauté se construit dans l’imperfection assumée.
Ce morceau n’est pas pour tout le monde, et c’est tant mieux. Il s’adresse à celles et ceux qui n’ont pas peur du silence entre deux notes, qui aiment entendre le bois vibrer, la peau des tambours frémir, la voix trembler légèrement. Ce sont ces détails, presque invisibles, qui font de You Gotta Know une expérience : un retour à la sincérité, rare et précieuse comme l’air après l’orage.
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juillet 17, 2025Il y a des retours qu’on n’osait plus espérer. Treize ans après s’être éclipsés dans les brumes de la Mersey, Secret Garden Gathering refait surface, comme un mirage que l’on croyait à jamais dissipé. Leur nouveau single live, You Are the Darkness After My Dawn, capturé dans un cottage glacé des montagnes galloises, sonne comme une lettre retrouvée au fond d’un tiroir, empreinte de la poussière des années et d’une chaleur qui refuse de s’éteindre.
Le morceau, tiré de leur EP live Is-Y-Deri (Beneath the Oaks), est une épure vibrante : une voix suspendue comme un fil de soie dans l’air froid, des guitares rêveuses qui se lovent dans un écrin de claviers brumeux, et une section rythmique qui bat comme un cœur au ralenti. Il y a dans cette interprétation une pudeur désarmante, une vulnérabilité qui rappelle les heures les plus intimistes de Low ou de Lanterns on the Lake, groupes avec lesquels ils partageaient jadis la scène.
Formé à Liverpool en 2008, Secret Garden Gathering avait su séduire un noyau dur d’aficionados, traçant leur sillon dans la scène indie locale aux côtés de The Wave Pictures, Jane Weaver ou encore The Low Anthem. Leur mise en sommeil en 2012 avait laissé un vide, une frustration douce-amère chez celles et ceux qui avaient entrevu leur potentiel incandescent.
Avec You Are the Darkness After My Dawn, le groupe ne cherche pas à rejouer la jeunesse fougueuse de ses débuts. Au contraire, il y a ici la sérénité d’artistes qui ont grandi, chacun à leur manière, et qui se retrouvent pour faire dialoguer leurs blessures et leurs lumières. Le choix d’un enregistrement live, dans une maison isolée, sans fioritures ni artifices, confère à l’ensemble une chaleur organique, comme si l’on était assis dans la pièce avec eux, une tasse de thé brûlant entre les mains.
Is-Y-Deri promet d’être plus qu’un simple EP : c’est un journal sonore, un espace où se mêlent réminiscences et nouveaux horizons. Avec ce premier extrait, Secret Garden Gathering réussit un retour aussi inattendu que nécessaire, prouvant qu’il est encore possible de tisser du neuf avec les fils d’un passé inachevé.
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juillet 17, 2025Dans Verloren, deuxième single de son prochain EP NO:MAD, Glisz nous entraîne dans un espace où le club devient catharsis et les beats électroniques se frottent à la matière brute du réel. Derrière la pulsation house qui ouvre le morceau, une ombre : celle des tragédies murmurées dans les théâtres de Barcelone, des cris capturés au cœur des nuits de la Rambla. Le producteur façonne une musique qui danse autant qu’elle questionne, un récit sonore où se mêlent rage sourde, résilience et désir d’unité. À quelques semaines de la sortie de NO:MAD, il nous parle de ce voyage intérieur et universel, de cette errance choisie où chaque note devient un pas vers l’autre. Bref, voici Glisz en 10 questions :
1) Qui es-tu ? Je suis Andrea, producteur de musique électronique originaire d’Italie. Je travaille sur tous les aspects du son — du sound design à la production — et je mène mon projet personnel, Glisz.
2) Quel est ton parcours ?C’est ma mère qui m’a transmis son amour de la musique. À l’adolescence, j’ai été très impliqué dans la scène DJ de ma ville, ce qui m’a plongé dans l’univers de la musique électronique. J’ai obtenu un diplôme en musique, puis je me suis spécialisé en ingénierie audio et post-production à Hollywood, où j’ai appris la technique et façonné mon propre son.
3) Comment décrirais-tu ta musique en quelques mots ?Je n’aime pas trop coller des étiquettes à ma musique, je préfère laisser les autres en parler. Cela dit, j’adore explorer le lien entre musique électronique et instruments traditionnels, et tirer le meilleur de ces deux mondes.
4) Quelles sont tes inspirations ?Je ne suis pas vraiment un artiste en particulier comme source d’inspiration directe, je me concentre plutôt sur la recherche de mon propre son. J’ai beaucoup de respect pour les pionniers de la musique électronique comme Depeche Mode ou Giorgio Moroder, dont l’innovation et la vision ont marqué le genre.
5) Quelle est ta playlist du moment ?Beats On Fire pour faire le plein d’énergie, Deep Organic Movement pour des sonorités organiques, et Soft Electric Lights pour des beats captivants.
6) Quel plat cuisines-tu le mieux ?La focaccia et la pizza, sans hésiter.
7) Quels sont tes projets à venir ?Mon nouvel EP NO:MAD sort le 29 août. En attendant, je travaille sur d’autres productions, avec l’objectif de sortir un album complet au printemps prochain. Toujours aller de l’avant, toujours construire.
8) Peux-tu nous raconter une anecdote sur toi ?J’écoute probablement mes morceaux des milliers de fois avant de les sortir — et même après, je continue d’entendre des détails que je voudrais ajuster. C’est un peu obsessionnel, mais cette recherche constante du détail fait partie de ce qui me pousse. La perfection n’existe pas, mais je ne peux pas m’empêcher de la poursuivre.
9) Si tu pouvais passer 48h avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?Rihanna 😉 Peut-être qu’une collaboration en sortirait 😉
10) Un dernier conseil ?Écoutez ma musique et mangez de la focaccia !
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juillet 17, 2025À l’écoute de An Insane Portrait, réédité par Sonig et distribué par Morr, on a le sentiment d’entrer dans une maison abandonnée, tapissée d’échos et de souvenirs flous. Comme une bande originale retrouvée dans un grenier, celle d’un film qui n’a peut-être jamais existé mais qui pourtant nous hante. Lawrence Le Doux et Ann Appermans y construisent un monde parallèle où chaque titre devient un rituel, chaque note une incantation.
La Corse ouvre ce voyage avec une tendresse insulaire. Les arpèges semblent flotter comme des vagues caressant la roche, portés par une basse discrète et des textures électroniques qui se déplient lentement. Il y a ici l’odeur du sel, la chaleur d’un après-midi méditerranéen, mais aussi une ombre qui guette derrière le paysage, un souvenir qu’on n’arrive pas à nommer.
Puis La Tempête surgit. Ses presque sept minutes dressent un orage sonore : basses grondantes, mélodies distordues, rythmes qui se fracassent comme des éclairs. C’est un morceau qui avance, menaçant, hypnotique, jusqu’à devenir une transe. On imagine les rideaux voler, les murs trembler, et nos propres pensées emportées dans le vent.
Vieille Bruce Lee surprend par sa légèreté apparente. Derrière le clin d’œil espiègle du titre, la ligne de basse joue à cache-cache avec des boucles électroniques qui crépitent comme des étincelles. On y sent l’humour discret du duo, cette capacité à teinter leur univers d’un second degré presque pop sans jamais rompre la magie.
Sur Bound Together, la mélodie se fait plus intime, presque chuchotée. Ce court morceau de trois minutes ressemble à un journal intime laissé ouvert sur une table. Il est question d’attachement, de liens invisibles, de deux êtres liés par une force que ni le temps ni l’espace ne peuvent effacer.
Avec Licenciée En Tarot, on bascule dans un territoire mystique. Les accords mineurs et les textures saturées évoquent une lecture de cartes tardive, une pièce éclairée par des bougies, un parfum d’encens dans l’air. Ann Appermans y laisse filtrer une mélancolie douce, comme une confidence à peine murmurée.
Bras De Sorcière est le morceau le plus tactile de l’album. Ses percussions fragiles et ses motifs répétitifs donnent l’impression d’un rituel ancien, une danse où les mains dessinent des formes dans l’air. Chaque boucle est une incantation, chaque pause un souffle retenu.
Enfin, Le Cri Du Barbu clôt l’album dans une ampleur quasi cinématographique. Huit minutes d’ascension et de déflagration. C’est une odyssée sonore où les textures s’empilent, se déchirent, se reconstruisent. On y entend les murs respirer, le plancher craquer, la voix du barbu – peut-être celle de Josée Andrei elle-même – se perdre dans un cri cathartique qui résonne longtemps après la dernière note.
An Insane Portrait est un disque d’interstices : entre le silence et le son, la lumière et l’ombre, l’humour et le tragique. Sa réédition en cassette n’est pas anodine : ce format fragile prolonge l’impression d’écouter un artefact, un objet hanté par l’histoire d’êtres marginaux, puissants, libres. C’est une œuvre qui ne vous demande pas de comprendre, mais de ressentir.
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juillet 16, 2025Jim Léopold n’est pas une simple mue, c’est une combustion. En neuf titres, Jeunhom laisse éclater une version de lui plus brute, plus instinctive, plus dangereusement vivante. Ce LP incandescent, où se mêlent cuir noir, guitares britpop et groove moderne, sonne comme un manifeste pour ceux qui osent tout quitter pour mieux se retrouver. À l’aube d’une live session fiévreuse sur le morceau Ivre, rencontre avec un artiste qui ne joue plus, mais qui brûle pour de vrai. En bref, voici Jeunhom en 10 questions :
1 ) Qui es tu ?
Moi c’est jeunhom, artiste interprète, compositeur, ingénieur du son from Lille. Ça fait 10 ans que je fais du son et je viens seulement de me trouver musicalement.
2 ) Quel est ton parcours ?
J’ai commencé la musique en région parisienne via des potes qui en faisaient. Pendant 5 ans, j’enchaîne open mics, jam sessions, premières sorties de morceaux… puis je vis mes premiers concerts. C’est une période d’expérimentation et de découverte. En 2021, je collabore avec le producteur multi-platine Majeur Mineur, qui me repère via un de mes morceaux sortis sur YouTube. De cette collab naît un EP : Jeunesse. C’est durant cette période que je rencontre Joël Oliver et le Moonday Club, un label lillois. Et là, je capte qu’ils ont les outils pour me permettre de faire réellement la musique que j’ai dans le ventre depuis des années. Je claque tout, je déménage à Lille. Le premier titre que je sors avec le Club, c’est “Laisse-moi”. Un titre majeur. Il devient la pierre angulaire du projet Jim Leopold. C’est lui qui me montre que je suis capable d’autre chose, et surtout, de faire une musique dans laquelle je me sens bien. Influencée par les sons de ma jeunesse et de mon adolescence. C’est à ce moment que j’ai le sentiment de me trouver en tant qu’artiste.
3 ) Que peux-tu nous dire sur ton art en quelques mots ?
Je vois mon art comme un peintre qui aurait un pinceau, une toile et toutes les couleurs devant lui… mais qui préférerait prendre un stylo bic pour faire son tableau. On est deux derrière le son Jeunhom : moi, et Joël Oliver (@joel144bpm sur Insta). C’est lui le producteur derrière tous mes projets depuis 2022. Notre son est unique par notre approche : tous les sons sont joués (guitare, basse, etc.) comme un band, mais loopés à la manière des producteurs de rap. Même notre manière d’écrire avec Joël est différente : c’est une discussion, un échange, qui aboutit à un morceau. J’essaie de ne pas trop intellectualiser la musique, de rester dans l’intuition et l’énergie du moment. J’évite cette recherche de fausse perfection qui peut lui faire perdre son âme.
4 ) Quelles sont tes inspirations ?
Ma plus grande inspi : Didier Deschamps, c’est la culture de la gagne, c’est le seul français à avoir 2 coupe du monde, on devrait tous s’inspirer d’un mec qui a 2 coupe du monde. D’autres inspis : the truman show, the Beatles, Grease, JMSN, Gainsbourg.
5 ) Quelle est ta playlist de prédilection quand tu crées ?
Mon dernier LP, c’est un mélange de oasis, polnareff, les N.E.R.D (surtout dans les drums), maroon 5, the Beatles, Outkast. Tu mélanges tout ça et t’as pas encore notre son mais ça s’en rapproche.
6 ) C’est quoi le plat que tu cuisines le mieux ?
En 2025, y’a Marmiton, tout le monde peut devenir un excellent cuisinier. Je ne vous donnerez pas mes secrets. La seule info culinaire intéressante à mon propos : je suis un consommateur excessif de citron.
7 ) Quels sont tes projets à venir ?
27 juin le LP Jim Leopold est sorti, c’est un projet entier autour d’un personnage bloqué dans son film. C’est indie rock, alternatif (je te laisse choisir la case dans laquelle tu préfères me mettre), j’ai cherché des gens qui me ressemblent musicalement en France il n’y en a pas vraiment, tant mieux, ça veut dire qu’on a bossé pour avoir notre son. Si t’en trouves, envoie-les-moi, je veux rencontrer ces gens.
8 ) Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?
J’ai dormi dans la rue pendant la session de mixage de mon tout premier EP. On avait bien avancé, un soir, j’ai fait un détour sentimental qui s’est terminé plus vite que prévu, j’ai préféré rentrer. Sauf que je suis resté à la porte — mon pote était lui-même sur un détour sentimental, plus long que prévu. On s’est croisé le lendemain à 10h.
9 ) Si tu pouvais passer 48h avec une personne que tu n’as jamais rencontrée ce serait qui ?
Jésus Christ
10 ) Un petit mot ou conseil pour la fin ?
Je te souhaite de réaliser ce que tu as envie de réaliser dans cette vie. Quelles que soient tes envies, sois prêt à sacrifier beaucoup, fais ce truc à 100% sinon ne fais rien. Et n’oublie pas d’aimer Jim Léopold et Reste dans ton film.
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juillet 16, 2025Certains EP ne se contentent pas de passer dans vos oreilles. Ils s’y accrochent comme une odeur d’orage, s’incrustent dans les replis de la mémoire et vous laissent un goût de fer sur la langue. L’or dans les mains, le nouvel EP de Tisma, appartient à cette catégorie rare où la musique n’est plus seulement un art, mais un exutoire, une nécessité physique, une incantation pour tenir debout quand tout autour semble prêt à s’effondrer.
À 19 ans, le jeune rappeur d’Argenteuil a déjà la voix de ceux qui ont vécu trop tôt. Pas une voix de rappeur fabriqué pour les playlists, mais une voix qui charrie des nuits blanches, des open mic où l’on saigne ses premières rimes, des sessions de studio bricolées dans l’urgence et la foi. Il y a quelque chose d’étrangement fragile et inébranlable dans son phrasé, une façon d’attaquer le beat comme s’il voulait l’apprivoiser plutôt que le dominer. On pense à ces rappeurs qu’on n’oublie jamais, non pas pour leur technique mais pour l’humanité qui transpire entre les lignes : un Oxmo des débuts, un Georgio époque Bleu Noir, ou un Népal qui murmure ses doutes à la lune.
Les productions de son mentor Le Chroniqueur Sale enveloppent ces confessions d’un écrin texturé, à la fois brut et sophistiqué. Boombap sans nostalgie, basses feutrées, samples à la chaleur organique, comme des vinyles oubliés qui reprennent vie sous une aiguille éraflée. Ici, pas de bangers calibrés, mais une bande-son pour les âmes en transit. On y perçoit l’odeur d’un appartement aux volets fermés, la lumière blafarde d’un téléphone en veille, le tic-tac sourd d’un cœur qui bat à contretemps.
Mes Enceintes, Mon Micro, premier single et épicentre émotionnel de l’EP, est un chef-d’œuvre de retenue. Tisma y parle de sa chambre comme d’un sanctuaire, où le rap devient talisman contre la grisaille, arme contre les souvenirs qui grattent. La diction est précise, presque chirurgicale, mais jamais froide. Chaque syllabe porte la fatigue des jours sans sommeil, l’espoir irrationnel d’une voix qui refuse de se taire.
Avec L’or dans les mains, Tisma signe un disque d’apprentissage au sens noble du terme. Pas seulement un apprentissage du rap, mais de la vie, de ses contradictions, de ses ombres et de ses rares éclats. Il y a là une beauté imparfaite, une honnêteté brute qui se fiche des algorithmes et des refrains formatés. On sent l’artiste en pleine mue, ses textes oscillant entre désenchantement et étincelles de grandeur, ses beats comme des respirations lourdes qui s’allègent à mesure que l’EP avance.
Écouter Tisma, c’est plonger dans un journal intime en clair-obscur, où chaque mesure est un pas de plus vers la lumière. Ce n’est pas un projet parfait, et c’est tant mieux. Parce que dans ses failles, dans ses hésitations, on trouve cette matière précieuse que peu de rappeurs parviennent à façonner : la vérité. Et si cet or-là ne brille pas encore sous les projecteurs, il est déjà là, palpable, dans la voix de Tisma.
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juillet 11, 2025Avec “I’m Ready (Bare)”, Taquirah livre une performance à fleur de peau qui capte l’essence même de la néo-soul contemporaine. Sans fioritures, la chanteuse nous invite dans un espace d’intimité rare, où chaque note et chaque respiration semblent suspendues dans l’air. La production minimaliste — quelques accords de piano, des textures presque imperceptibles — laisse toute la place à sa voix, puissante et douce à la fois, pour explorer le désir d’ouverture, de renaissance, et cette peur douce-amère qui accompagne toujours le fait d’être “prête”.
Taquirah, auteure-compositrice au style déjà reconnaissable, puise ici dans la tradition des grandes voix soul tout en y insufflant une sensibilité moderne. Ses racines singer-songwriter transparaissent dans la sincérité de ses paroles et dans cette manière de poser sa voix comme une confession murmurée à l’oreille. “I’m Ready (Bare)” n’est pas qu’un morceau : c’est un moment suspendu, une caresse sonore qui invite à la réflexion et au lâcher-prise.
Parfait pour les playlists de fin de soirée, les moments de solitude assumée ou les longs trajets introspectifs, ce titre confirme que Taquirah est une artiste à suivre de près sur la scène neo-soul et R&B alternative. Elle réussit à transformer la simplicité en force, et le dépouillement en pure émotion.
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juillet 10, 2025Avec “Airport Yaoundé”, Cold Chinese Food et The Charles Géne Suite orchestrent une collision de mondes sonores, où l’afrofusion épouse le spoken word, le jazz sud-africain et les pulsations hip-hop du continent. Aux côtés de Sam Turpin, Boskasie, Muhammad Dawjee, BikoMaq, McKnasty et Amongst The People I Know, ce collectif protéiforme livre un morceau dense et ambitieux, qui sent à la fois la chaleur de l’asphalte camerounais et l’électricité d’un club underground de Johannesburg.
Dès les premières mesures, le titre plante un décor cinématique : percussions polyrythmiques, cuivres hypnotiques et basses rampantes créent un groove organique où chaque intervenant trouve sa place. Les voix, parlées, chantées ou rappées, se succèdent comme des passagers d’un terminal imaginaire, déposant leurs histoires, leurs doutes et leurs espoirs avant de disparaître dans le tumulte. On pense à Tony Allen, à Flying Lotus, à Sampa The Great, mais aussi à Fela Kuti pour cette capacité à faire de la musique une arme douce contre l’oubli et l’injustice.
Le morceau ne suit pas une structure pop classique : il préfère la dérive contrôlée, à la manière d’une jam session urbaine où la spontanéité prime. Chaque artiste imprime sa marque — le phrasé poétique de Sam Turpin, le timbre soul de Boskasie, les interventions de saxophone de Dawjee qui semblent évoquer à la fois Coltrane et les rues de Soweto.
“Airport Yaoundé” est plus qu’un titre : c’est un carrefour. Un espace de transit sonore où les identités s’entrelacent et où l’auditeur est invité à voyager sans destination fixe, à simplement se laisser porter. C’est une démonstration éclatante de ce que peut être l’afrobeat et le hip-hop quand ils s’ouvrent aux expérimentations jazz et à une narration collective.
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juillet 10, 2025Avec “Hood Baby”, King Trill signe un banger aussi brut qu’introspectif, une déclaration d’amour à ses origines et à la dureté des quartiers qui l’ont forgé. Sur une production trap qui oscille entre 808 grondantes, hi-hats nerveux et basses caverneuses, l’artiste déploie un flow agile, naviguant entre storytelling cru et affirmations d’un avenir qu’il refuse de voir s’échapper.
Dans ce titre, King Trill ne se contente pas de jouer les durs : il raconte. Son écriture porte les cicatrices d’une enfance marquée par les contradictions d’un “hood” africain, à la fois terreau de créativité et espace de survie. “Hood Baby” n’est pas qu’un morceau de plus dans la galaxie trap, il y insuffle une conscience, une volonté d’élever son expérience personnelle au rang de témoignage universel pour toute une génération en quête d’émancipation.
Son flow, tantôt mélodique tantôt percutant, n’est pas sans rappeler des figures comme Nasty C ou Burna Boy lorsqu’ils flirtent avec le rap pur. Mais King Trill impose déjà sa signature : une voix rugueuse, empreinte d’une authenticité qui sent le bitume et l’ambition.
Ce titre marque une étape dans son ascension et confirme son rôle de pont entre le hip-hop africain et les sonorités globales. Avec “Hood Baby”, il délivre une carte postale sonore de la rue, à la fois hymne pour les block parties et cri d’espoir pour ceux qui, comme lui, portent leur quartier en étendard.
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juillet 10, 2025Avec “I Just Can’t Help Feeling Curious”, Skinny Dippers nous offre un concentré d’indie pop aux contours folk lumineux, parfait pour accompagner les longues journées d’été où l’air semble vibrer d’une douce nostalgie. À travers des guitares cristallines et des harmonies vocales en apesanteur, le morceau déroule une mélodie qui évoque aussi bien les road trips improvisés que ces moments suspendus où l’on se laisse aller à rêver, le visage tourné vers le ciel.
La production, élégante mais sans excès, joue sur des textures chaleureuses qui rappellent les débuts de Real Estate ou les élans plus pop de Sufjan Stevens. Il y a dans la voix du chanteur une sincérité qui désarme, une légèreté apparente derrière laquelle se cache une curiosité insatiable, une envie de comprendre l’autre, de sonder le monde avec douceur plutôt qu’avec certitude.
Skinny Dippers poursuit ici son exploration d’un son indie folk-pop qui refuse la lourdeur, préférant distiller des émotions complexes dans des refrains entêtants et des arrangements aériens. “I Just Can’t Help Feeling Curious” est le genre de morceau qui se faufile dans vos playlists pour ne plus en ressortir, une bande-son parfaite pour ces instants où l’on se surprend à sourire sans raison.
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juillet 10, 2025On le sait bien, le jeudredi tout est permis, ça respire déjà le week-end et pour tenir un jour de plus, on vous plonge dans une nouvelle thématique de playlist qui deviendra certainement un rendez-vous pour vous. Bref, Voici La Playlist du Jeudredi #1, pour vous redonner le sourire :
Dourack – c’est pas la fin
Ginger Winn – Socrates
Kandè – Apo Krystalla Palatia
Limes & Cherries – Sheets
JayceJanae – Catch This Vibe (feat. JayWay)
Taquirah- I’m Ready (Bare)
OKARO – Like That
Agatchu – Chance
Amaya V x Natan y shander – Tequila Con Sal
Heirah -DELI
Dbodii – Feining 4 Luv
Filipe Capontes- Closure
Jomega – Wanted More
Lyrics – Jigsaw
Doza – Keep It Down
Pierry Benjamin – Go Off
TFlasha – He’s on Fire (feat. Raw Witda Daw)
Bajune Tobeta – Paris Nights Cruise
Pavy – A Night At Stonehaus
Saif x Samiul Haque – Gangladesh
Cajsa Frangquist – Sweet
Lilly Yan x Jona Camacho -Juegos
HM EyeJah – NO BLY
Hello Shello – Dem Cheeks (feat. DJ ElDoggin & Officialthr33)
LGW Music Production x Slim Spitta – Left In Between
ON THE HUNT – DO IT LIKE THAT
The Reactivitz – Red Sand
ZUSO – Make Me Feel (w/ MAVER)
Alexander Vija – Candy Shop
Mood by Ahmed Spins, Ankhoï (Feat. Caroline Byrne & Neyl)
CatchTwentyTwo – Red Wine Reminds Me Of Her
Kotreena – Delusions (feat. Pìjus & Alek)
Limes & Cherries – Fantasy
Faabolo – City
Tyze – Tout ca
SK – Où t’es partie
RAS – TOUT EN HAUT
NJRAPHA – La route est longue
Takemo – Funambule
Simón – Roses
Solomane, M1, Sa-Roc, Nejma nefertiti, Yasmeen Quintana – Free My People
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juillet 10, 2025La scène minimaliste de COLORS, baignée de tons pastel et de lumière douce, devient un écrin parfait pour la voix envoûtante de FAVE. Avec “Intentions – A COLORS SHOW”, la chanteuse nigériane démontre qu’elle n’a besoin de rien d’autre qu’un micro et sa présence magnétique pour captiver. Sur cette performance épurée, chaque note résonne comme une confession, chaque inflexion porte la signature d’une artiste qui maîtrise l’art de la nuance.
Ce live marque une étape clé dans la trajectoire ascendante de FAVE, qui depuis son premier EP Riddim 5 (et son hit irrésistible “Baby Riddim”), n’a cessé de brouiller les frontières entre afrobeat, dancehall jamaïcain et pop contemporaine. Après un Dutty Love EP acclamé en 2024, elle a enchaîné avec FAVE (Live), un projet qui capturait l’énergie brute de sa tournée à guichets fermés. “Intentions” s’inscrit dans cette continuité mais offre une intimité nouvelle, un focus total sur son timbre soul et ses textes qui parlent de désir, de vulnérabilité et d’émancipation.
Entre Lagos et Akwa Ibom, c’est dans les chœurs d’église que FAVE a façonné sa voix. Aujourd’hui, elle est cette force tranquille capable d’occuper une scène mondiale, comme en témoignent ses collaborations avec Davido (“Kante”), Olamide ou Simi, et ses titres en tête des charts nigérians. Sur COLORS, elle rappelle qu’au-delà des productions léchées, l’émotion brute reste son meilleur atout.
Avec cette performance, FAVE ouvre un nouveau chapitre, laissant entrevoir un projet à venir qui pourrait bien la propulser encore plus loin sur la scène internationale. On devine déjà qu’elle n’a pas fini de réinventer l’afropop et d’y imprimer sa touche unique.
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juillet 10, 2025Avec “Nobody Else”, Nellie Drené confirme son talent pour tisser des paysages sonores où la tendresse et l’audace cohabitent. Porté par une ligne de basse ronde et des accords soyeux au Rhodes, le morceau s’inscrit dans la meilleure tradition du neo-soul moderne, à la croisée des chemins entre SZA, Cleo Sol et l’élégance feutrée de Snoh Aalegra. Mais là où Nellie se distingue, c’est dans sa capacité à injecter des éléments d’alt-pop et d’indie R&B : des chœurs vaporeux, des synthés scintillants et un groove délicatement déséquilibré qui rend le morceau presque hypnotique.
Sa voix, douce mais résolue, glisse sur la production comme une confidence chuchotée à minuit. “Nobody Else” parle de cet espace fragile entre la solitude choisie et le besoin brûlant de connexion. L’écriture est minimaliste, chaque phrase pesée comme une caresse ou une blessure. Résultat : un titre qui semble suspendu dans le temps, fait pour les écouteurs sur une ligne de métro tardive, ou pour accompagner une pluie d’été qui tombe sur les vitres.
Nellie Drené n’essaie pas de crier son art, elle le susurre, et c’est peut-être pour ça qu’il résonne si fort.
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juillet 10, 2025Avec “tell me”, Reeko Carson signe un morceau de rap à la fois brut et intimiste, où la production épurée laisse toute la place à une voix en quête de réponses. Sur une instru sombre, rythmée par des 808 lourds et des nappes atmosphériques presque anxiogènes, Reeko explore la fragilité des relations et le poids des non-dits.
Son flow, parfois parlé, parfois chantonné, oscille entre désinvolture et douleur contenue. L’écriture est directe mais laisse filtrer une émotion sourde : celle d’un artiste qui questionne la loyauté, la communication et la solitude dans un monde hyperconnecté mais émotionnellement distant.
“tell me” frappe par sa capacité à être à la fois street et vulnérable, convoquant des énergies proches de celles de Polo G ou Rod Wave, mais avec une sensibilité qui lui est propre. Un morceau qui se prête autant à une écoute casque nocturne qu’à une résonance en playlist rap mélancolique.
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juillet 10, 2025Avec “Closed Off”, SK Sounds livre un titre brut et introspectif, où le rap devient exutoire. Porté par une instru minimaliste aux basses rondes et un piano mélancolique, le morceau expose les cicatrices d’un cœur barricadé. SK Sounds y navigue entre vulnérabilité et froide lucidité, explorant les raisons qui poussent à se replier sur soi dans un monde où l’authenticité est une monnaie rare.
Son flow précis, posé sur une prod aérienne aux accents trap-soul, rappelle les atmosphères de J. Cole ou Dave. Les paroles, elles, sont marquées par un refus des faux-semblants et une quête d’équilibre entre ouverture et protection émotionnelle.
“Closed Off” est une plongée dans la solitude moderne, autant qu’un appel discret à l’introspection. Un titre qui trouvera écho chez ceux qui vivent à mi-chemin entre la méfiance et le besoin d’être compris.
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juillet 10, 2025Avec “Fertilizer”, Terrence Esquire Huggins revient à l’essence même du hip-hop : des beats boom-bap rugueux, des basslines organiques et des lyrics qui nourrissent autant qu’ils percutent. En featuring avec Skuzii, le morceau se veut une métaphore filée de la croissance – personnelle, sociale, culturelle – où les rimes deviennent des graines, et la musique, le terreau fertile pour une renaissance collective.
Terrence pose son flow avec une sagesse presque chamanique, entrecoupé par l’énergie plus brute de Skuzii qui apporte un contraste bienvenu. La production, quant à elle, mélange un grain old school et des touches plus alternatives qui rappellent les travaux de Mos Def, Common ou même EARTHGANG dans leurs instants les plus introspectifs.
“Fertilizer” n’est pas qu’un track pour hocher la tête, c’est une invitation à réfléchir : à ce que l’on sème dans nos vies, nos communautés, nos esprits. Une rareté à une époque où l’ego-trip domine encore trop souvent les ondes.
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juillet 10, 2025Avec “My Belle”, Prymboy offre une parenthèse douce et ensoleillée qui célèbre l’amour dans toute sa splendeur. Sur une production afrobeat raffinée, le morceau combine percussions chaudes, mélodies accrocheuses et une ligne de basse qui invite naturellement au sway. C’est une déclaration d’affection sincère, où chaque mot et chaque note traduisent l’admiration pour l’être aimé.
Prymboy y déploie une voix chaleureuse, à la fois tendre et assurée, qui transforme cette ballade dansante en un hymne romantique universel. On pense à des influences comme Joeboy, Fireboy DML ou encore Omah Lay pour ce mélange parfait entre groove, sensualité et storytelling. “My Belle” est de ces morceaux qui réussissent à faire vibrer le cœur tout en gardant les pieds sur la piste de danse.
Idéal pour les playlists Afro Love, Chill Vibes ou encore Dancefloor Afro Fusion, ce titre a tout pour devenir un incontournable des soirées d’été et des moments intimistes.
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juillet 10, 2025Quand SLM et C Natty unissent leurs forces, le résultat ne peut qu’être explosif. “No Escape” est une masterclass d’Afropop moderne qui réussit le pari rare de séduire à la fois les puristes des dancefloors et les amateurs de pop soulful. Pendant 13 semaines consécutives dans le Music Week Black Music Chart au Royaume-Uni, ce hit a déjà prouvé son pouvoir de résonance mondiale.
Porté par une production signée SLM, C Natty et Stunna Beatz, le morceau frappe d’entrée avec des basses profondes, des patterns de batterie incisifs et des log drums qui pulsent comme un cœur amoureux. Les voix se superposent, s’entrelacent et créent une alchimie quasi magique : SLM apporte sa touche veloutée et aérienne, tandis que C Natty injecte une énergie brute, presque viscérale.
Avec son groove irrésistible et ses refrains qui s’impriment dans le cerveau, “No Escape” est une ode à l’amour qui piège et enivre, un titre conçu pour être joué en boucle – encore meilleur à la deuxième écoute. On pense à Wizkid pour la finesse mélodique, à Tems pour la sensualité vocale, et à Burna Boy pour la capacité à fédérer autour d’un son à la fois club et émotionnel.
Publié par le label londonien 1 2 One Entertainment, grand défenseur des musiques noires, ce titre incarne parfaitement l’Afrobeat global de 2025 : sophistiqué, fédérateur et taillé pour les playlists internationales. Impossible d’y échapper. Et franchement, pourquoi le voudrait-on ?
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juillet 10, 2025Avec “Aphrodite”, PROTOOLZ signe un morceau aussi envoûtant que son titre. En hommage à la déesse grecque de l’amour et de la beauté, le titre déploie une Afropop sophistiquée, fusionnant rythmes afro-caribéens, percussions douces et nappes électroniques brumeuses. Dès les premières secondes, une guitare highlife se mêle à un beat mid-tempo élégant, créant un écrin idéal pour la voix caressante de l’artiste.
PROTOOLZ y sculpte une atmosphère luxuriante, où chaque note semble chargée de désir et de mysticisme. Le refrain, entêtant, invite à une danse lente et magnétique, comme une incantation adressée à une muse moderne. Les paroles évoquent une passion sacrée, presque divine, qui transcende l’ordinaire pour se situer dans une dimension où l’amour devient force créatrice.
La production, à la fois sobre et raffinée, évite l’excès pour mieux laisser respirer la mélodie. On y décèle des influences de Burna Boy dans la fluidité des transitions, de Wizkid dans l’art du minimalisme hypnotique, mais aussi une touche plus expérimentale qui rapproche PROTOOLZ de la scène alté nigériane.
Pensé comme une offrande musicale à Aphrodite, ce single se savoure comme un rituel de séduction – sensuel sans être vulgaire, vibrant sans être excessif. “Aphrodite” s’impose ainsi comme une ode contemporaine à l’amour, à écouter la nuit tombée, quand les esprits sont plus réceptifs aux élans du cœur.
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juillet 10, 2025Avec “Powerbank”, Tekno signe un retour flamboyant qui confirme son statut de maître des hymnes afropop taillés pour les dancefloors. Sur ce nouveau single, l’artiste nigérian fusionne des lignes de basse vrombissantes, des percussions afro-caribéennes et des mélodies pop sucrées pour créer un tube instantané, irrésistible dès la première écoute.
Le morceau démarre avec une énergie contagieuse : kicks serrés, claps soyeux, et un hook vocal addictif qui évoque la recharge, au sens propre comme au figuré. Tekno joue ici sur la métaphore du powerbank — cet accessoire indispensable pour survivre à une journée intense — et en fait le symbole d’un amour qui ravive, régénère et redonne de la vitalité quand tout semble épuisé.
Sa voix, douce et espiègle, se glisse sur une production qui oscille entre le dance pop occidental et l’afrofusion authentique. Le refrain, conçu pour être scandé à pleins poumons en club ou en festival, est porté par des synthés lumineux et un groove percussif qui invite instantanément à bouger. C’est ce mélange d’efficacité commerciale et de textures organiques qui a toujours fait la force de Tekno, et “Powerbank” en est une parfaite illustration.
Après le succès de titres comme “Pana” et “Skeletun”, ce nouveau morceau prolonge l’ADN de Tekno tout en s’ouvrant à un public plus large. La production léchée n’oublie pas pour autant ses racines africaines : les log drums y côtoient des harmonies vocales chaleureuses, rappelant que l’artiste sait d’où il vient tout en visant une scène globale.
Pensé pour être la bande-son des nuits chaudes et des trajets en voiture fenêtres ouvertes, “Powerbank” est un morceau qui recharge non seulement nos batteries mais aussi notre envie de célébrer, de danser, de s’abandonner à l’instant présent.
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juillet 10, 2025Avec “Faya”, Lagos In Paris nous offre un ticket aller simple pour une soirée sans fin, quelque part entre les rues chaudes de Lagos et l’élégance nocturne des clubs parisiens. Véritable manifeste pour un été brûlant, ce single — accompagné d’un clip vibrant de sensualité et de liberté — navigue entre house old-school, deep house et une touche tropicale qui évoque les couchers de soleil sur l’Atlantique.
Dès les premières secondes, le morceau impose son groove : une basse ronde qui pulse comme un cœur amoureux, des percussions syncopées qui rappellent les rythmes afro-caribéens, et des synthés qui semblent filtrés à travers l’air moite d’une soirée en bord de mer. C’est cette hybridation – cette capacité à faire coexister la chaleur organique des sons afro et la précision glacée de la house européenne – qui rend Faya irrésistible.
Visuellement, le clip est une ode à la fusion des cultures et des corps. Tourné entre Lagos et Paris, il mélange les textures : la poussière dorée d’un dancefloor en plein air, les néons hypnotiques d’un club parisien, les peaux qui s’effleurent, les regards qui en disent long. On y perçoit l’ivresse des premiers rapprochements, le vertige du lâcher-prise, et cette énergie presque tribale qui naît lorsque la musique devient le seul langage possible.
Dans cette époque où la house semble parfois corsetée par ses propres codes, Lagos In Paris insuffle un vent de liberté, de sensualité, et de danger doux. Faya n’est pas seulement un banger taillé pour les festivals ou les rooftops de fin d’été, c’est une invitation à la transe, à l’abandon, à la redécouverte de ce qu’un beat bien placé peut provoquer de frissons sur la peau.
À mesure que la piste avance, les couches sonores se superposent : voix lointaines comme des échos de souvenirs, claps percussifs qui appellent le corps à danser, et cette ligne de basse hypnotique qui refuse de vous lâcher. Résultat : impossible de rester immobile, Faya agit comme une braise qu’on croyait éteinte et qui, au contact de l’air, reprend vie pour embraser la nuit.
C’est une chanson qui se danse les yeux fermés, la tête renversée vers le ciel, en pensant qu’au fond, le seul endroit où on veut être, c’est ici, maintenant, avec la musique comme unique vérité.
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juillet 10, 2025Avec “Smoke in the Room”, Nadia Faye signe un morceau d’une douceur vénéneuse, taillé pour les nuits d’insomnie où l’on refait le monde à voix basse. Troisième single de son futur album Gardening, ce titre confirme la capacité de l’artiste à créer des cocons sonores où l’intime se mêle à l’universel.
Porté par une production feutrée qui associe guitares acoustiques caressantes, drum machines analogiques et nappes de synthés éthérées, Smoke in the Room évoque autant la nostalgie que le réconfort. On pense à Phoebe Bridgers pour cette manière de transformer la mélancolie en matière première, mais aussi à Clairo ou early-Mitski pour cette écriture minimaliste qui dit beaucoup avec presque rien.
La voix de Faye est un fil d’or qui traverse le morceau : douce, vulnérable, mais jamais naïve. Elle y livre une confession à demi-mots, celle d’un amour passé qui flotte encore dans l’air, comme la fumée d’une cigarette oubliée. Les harmonies, discrètes mais essentielles, ajoutent une texture quasi spectrale, donnant l’impression d’entendre le fantôme d’un duo qui n’existe plus.
Plus qu’une simple chanson, Smoke in the Room est une atmosphère. C’est le parfum d’un appartement après le départ de quelqu’un, les souvenirs incrustés dans les murs, et cette sensation de marcher pieds nus sur un carrelage encore tiède. Nadia Faye ne cherche pas l’effet grandiloquent : elle préfère chuchoter ses blessures pour que chacun y projette les siennes.
À quelques mois de la sortie de Gardening, ce titre augure un disque où l’introspection sera reine, où chaque arrangement semblera soigneusement planté comme une graine dans un jardin secret. Smoke in the Room s’écoute comme on relit une vieille lettre d’amour : les yeux un peu embués, le cœur un peu plus lourd, mais étrangement apaisé.
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juillet 10, 2025Avec “Se Acabó La Suerte”, West Blanco continue d’affirmer sa voix singulière dans l’univers bouillonnant de l’afro-fusion. Ce nouveau single, traversé de percussions fiévreuses et de mélodies mélancoliques, explore ce moment où la chance semble tourner, où la fête s’essouffle et laisse place à l’introspection.
Dès les premières mesures, le morceau installe une ambiance contrastée. Les log-drums et les kicks afrobeats vibrent comme une invitation à danser, mais un clavier mineur surgit en contrepoint, insufflant une tension presque dramatique. C’est ce tiraillement entre euphorie et gravité qui rend la production si captivante. Blanco y déploie sa voix suave et légèrement éraillée, chantant à la fois en espagnol et en anglais, pour mieux brouiller les frontières et refléter son héritage multiculturel.
Le refrain, entêtant, sonne comme une litanie : “Se acabó la suerte, ahora qué queda…” (“La chance est finie, que reste-t-il ?”). C’est le cri d’un narrateur qui regarde le miroir brisé de ses illusions, tout en continuant à se mouvoir au rythme des basses. West Blanco parvient à capturer cet état suspendu où le corps veut encore célébrer, mais où l’esprit se retire déjà vers autre chose.
La production, signée par un duo de beatmakers basés entre Lagos et Madrid, mélange des guitares highlife, des synthés vaporeux et une ligne de basse au groove hypnotique. L’ensemble évoque les textures modernes de Burna Boy ou Rema, mais avec une sensibilité narrative qui appartient totalement à Blanco.
“Se Acabó La Suerte” est une chanson à double lecture : c’est un banger taillé pour les playlists d’été, mais aussi une méditation sur les cycles de la vie, les fins abruptes et la nécessité de repartir de zéro. Une réussite pour un artiste qui prouve qu’il sait faire bouger autant que réfléchir.
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juillet 10, 2025Sur “COMPASS”, Jade Fields avance en équilibre entre mélancolie et groove, comme si Erykah Badu prenait un virage à la Saba. C’est un morceau de néo-soul qui se love dans des teintes hip-hop conscientes et des inflexions R&B, une confession douce-amère sur le terrain mouvant des relations humaines.
Dès les premières secondes, une ligne de basse veloutée et un beat feutré installent un climat introspectif. Les accords de Rhodes flottent comme un brouillard matinal tandis que la voix de Fields, légèrement éraillée et pleine de chaleur, navigue entre murmures et élans chantés. Sa plume est précise, évocatrice sans jamais trop en dire, traduisant l’incertitude universelle face à l’amour : « I wish I had a compass, tell me where to go and I’ll go. »
Cette métaphore du compas, à la fois simple et percutante, incarne l’essence du morceau. Il n’y a pas de carte pour le cœur des autres, juste des tentatives, des erreurs, des silences à combler. Fields réussit à transformer cette idée en un refrain qui s’insinue doucement dans l’esprit, comme une vérité qu’on connaissait déjà mais qu’il fallait entendre chanter.
La production reste minimaliste mais riche : des percussions organiques, des touches de guitare jazzy presque imperceptibles, et un sample vocal filtré qui tourne en arrière-plan comme une pensée obsédante. On y retrouve une esthétique DIY assumée qui renforce le caractère intime et brut de la chanson.
Avec “COMPASS”, Jade Fields ne réinvente pas les codes mais les agence avec une sincérité désarmante. C’est une chanson qui s’écoute en solitaire, casque vissé sur les oreilles, dans ces moments de flottement où l’on se demande si l’on avance ou si l’on tourne en rond. Elle nous rappelle que la recherche de l’autre est aussi un voyage vers soi.
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juillet 10, 2025Sous un voile de velours et une boule à facettes qui tourne lentement, “Shine” de Parker Franklin surgit comme une invitation à la réconciliation avec soi-même. À la croisée de l’alternative R&B et d’une disco subtilement réinventée, le morceau capte cette énergie fragile des nuits où l’on danse autant pour se perdre que pour se retrouver.
La production est délicate, presque sensuelle, avec une ligne de basse ronde qui pulse en arrière-plan, des nappes de synthés à la fois chaleureuses et aériennes, et des touches percussives qui rappellent les années dorées du Studio 54. Mais Parker Franklin ne se contente pas de faire du pastiche : il injecte une sensibilité moderne qui rapproche “Shine” des expérimentations de Blood Orange ou de l’élégance feutrée de Rhye.
La voix de Franklin, douce et enveloppante, est l’épicentre de cette constellation sonore. Elle murmure, caresse, puis s’élève avec une intensité contenue, comme une flamme qui vacille mais refuse de s’éteindre. On y perçoit une quête d’émancipation, une urgence à briller malgré les blessures, les doutes et le poids des regards extérieurs.
“Shine” n’est pas seulement un titre pour les dancefloors : c’est une ballade introspective déguisée en hymne disco. Ce paradoxe est sa force. Franklin tisse une atmosphère où les corps se balancent lentement dans une lumière tamisée, chaque mouvement devenant une affirmation d’existence. Il y a une forme de tendresse désarmante dans cette production qui invite autant à fermer les yeux qu’à les garder grands ouverts pour absorber chaque reflet de lumière.
Avec ce single, Parker Franklin confirme une capacité rare à naviguer entre des influences rétro et une sensibilité contemporaine, créant une musique aussi propice aux confidences de fin de soirée qu’aux slow dances improvisés. “Shine” est une ode à la lumière intérieure, celle qu’on croit avoir perdue mais qui ne demande qu’à éclore au bon moment.
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juillet 10, 2025Sous les néons d’un club imaginaire, “In The Dark” se déploie comme une caresse électrisante. La rencontre entre Mini Sants et Arkine donne naissance à un morceau hybride où la nu-disco se mêle à l’indie pop, flirtant sans complexe avec l’alternative dance. C’est à la fois élégant et fiévreux, comme une escapade nocturne où chaque note pulse au rythme des corps qui se cherchent.
La production, ciselée mais jamais froide, joue sur des basses rondes et des synthés chatoyants, rappelant les grandes heures de la French Touch tout en y injectant une mélancolie contemporaine. Arkine apporte sa signature vocale, un souffle à la fois aérien et charnel qui vient parfaire l’atmosphère moite du titre. Il y a là une tension permanente entre la lumière et l’ombre, entre l’envie de se perdre et celle de se retrouver.
“In The Dark” a ce talent rare de capturer l’essence d’une nuit qui n’en finit pas, avec ses moments d’euphorie, ses éclairs de lucidité et cette douce langueur qui s’installe quand les BPM ralentissent. On y retrouve des échos de Róisín Murphy pour le côté sophistiqué et de Jungle pour la fluidité dansante, le tout agrémenté d’une énergie résolument moderne qui parle autant aux clubbers qu’aux amateurs de playlists chill nocturnes.
Plus qu’un simple featuring, ce titre semble être une véritable conversation musicale entre les deux artistes. Mini Sants, connu pour ses beats subtils et ses arrangements élégants, laisse ici Arkine prendre le devant de la scène, sans jamais se retirer complètement. C’est cette alchimie qui donne au morceau sa texture unique, où chaque élément sonore semble respirer, vibrer, vivre.
Avec “In The Dark”, Mini Sants et Arkine signent un hymne pour toutes celles et ceux qui aiment danser dans l’ombre, là où les émotions sont brutes et les mélodies, inoubliables.
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juillet 10, 2025Derrière le nom énigmatique MiiRACLES se cache un projet aussi ambitieux qu’intime : une exploration de nos fragilités modernes à travers la musique, l’iconographie de culte et les failles d’un monde numérique saturé. Avec “Cry For Your Supper”, son premier single, le collectif (ou plutôt le “rituel audio-visuel”) nous plonge dans une expérience où le lo-fi pop flirte avec le dream pop, où la douceur des arrangements masque une colère sourde, une envie de rédemption.
Sur des nappes délicates et une production volontairement dépouillée, la voix de Tyler Ballgame vient se poser comme une confession à mi-voix, portée par une mélodie qui semble s’effacer aussi vite qu’elle surgit. Il y a du Sufjan Stevens dans cette façon de caresser l’oreille tout en distillant un malaise diffus. Ce malaise, c’est celui d’un artiste écartelé entre la recherche de spiritualité et les sirènes d’un système marchand qui consomme même les élans les plus sincères.
Dans le microcosme de MiiRACLES, “Cry For Your Supper” n’est pas seulement une chanson, c’est un rituel. Elle invite à déposer les armes, à embrasser sa vulnérabilité, à reprendre son souffle face aux “burnouts créatifs” et à l’aliénation d’une époque qui transforme les communautés en marchés et les désirs en produits. C’est une prière pour celles et ceux qui veulent continuer à créer sans se perdre.
Avec sa première série Applied Music Philosophy (AMP), MiiRACLES se veut plus qu’un projet musical : une forme d’alignement spirituel par le son. Dans un monde saturé d’images, le projet offre une rare profondeur narrative et visuelle, construisant un univers où chaque track est une pièce d’un puzzle mythologique.
“Cry For Your Supper” réussit là où beaucoup échouent : faire de la bedroom pop un manifeste, de la douceur un acte de résistance. Une entrée en matière qui intrigue et laisse présager un voyage sonore où la beauté et l’inconfort cohabitent en parfaite tension.
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juillet 10, 2025Avec “Intoxicated”, Hollaphonic et Scott Forshaw signent un banger taillé pour les nuits où la sueur perle sur les murs des clubs. Ce morceau est une montée en puissance irrésistible, un trip sous stroboscopes qui capture l’essence même de la house old-school tout en flirtant avec l’efficacité techno des peak-times.
Dès les premières secondes, le titre impose son ADN : des stabs synthétiques tranchants comme des lames, une rythmique martelée qui résonne comme un battement cardiaque sous substances, et des risers vertigineux qui annoncent des drops calibrés pour faire exploser le dancefloor. On sent la maîtrise des deux entités derrière le morceau. D’un côté, Scott Forshaw, vétéran de la scène de Dubaï et host du Virgin Radio UAE Dance Show, qui sait mieux que quiconque comment électriser une foule. De l’autre, Hollaphonic, duo britannique qui a déjà converti des milliers de festivaliers avec leurs productions punchy et leurs sets intenses aux côtés de David Guetta ou Armin Van Buuren.
“Intoxicated” ne cherche pas la subtilité, il veut du lâcher-prise. C’est une track pour les clubs où le temps s’efface, pour les plages de Dubaï où le soleil ne se couche jamais vraiment. Le label Perfect Havoc, déjà derrière plusieurs UK Top 20, continue d’affirmer son flair pour les hits crossover : ici, la house se muscle, le groove s’assombrit, et l’hédonisme devient un mot d’ordre.
À écouter casque vissé pour rêver de Boiler Room, ou, mieux, à plein volume dans une warehouse où les basses font vibrer le béton. Avec “Intoxicated”, Hollaphonic et Forshaw signent une bande-son addictive pour un été qui promet d’être moite et infini.
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juillet 10, 2025Dans “No Bailes Sola”, Cruz Rock continue d’affirmer sa place dans la nouvelle vague afrofusion qui bouscule les frontières entre Caraïbes, Afrique et pop globale. Originaire des îles Vierges américaines, mais nourri par une identité musicale aux multiples facettes, l’artiste puise dans ses racines latines et caribéennes pour livrer un titre où la chaleur des percussions se mêle à la sensualité d’un refrain chanté en espagnol.
Le morceau est une véritable invitation : ne danse pas seule, dit-il en filigrane, comme une main tendue au milieu de la foule, une promesse de communion et d’abandon. Porté par un beat afropop vibrant et des lignes mélodiques qui ondulent comme des vagues tropicales, “No Bailes Sola” joue la carte d’un romantisme dansant, jamais mièvre, toujours incarné.
La production, subtile et luxuriante, réussit à tisser des textures qui rappellent la moiteur des clubs de Lagos tout en gardant une légèreté caribéenne qui évoque la plage, la nuit tombante, et ces instants où le temps semble se dilater. Les guitares légères viennent dialoguer avec des synthés diaphanes tandis que la voix de Cruz Rock, souple et pleine d’aisance, glisse entre l’anglais et l’espagnol, renforçant le côté transfrontalier et universel du morceau.
Avec “No Bailes Sola”, Cruz Rock ne signe pas seulement un nouveau single : il continue de construire un pont entre genres et continents. On retrouve ici l’influence d’artistes comme Burna Boy et J Balvin, mais avec une touche résolument personnelle, moins dans la démonstration que dans la sensation. C’est une chanson qui respire, qui vit, et qui donne envie d’éteindre les lumières pour ne garder que le rythme et les corps en mouvement.
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juillet 10, 2025Avec “Away”, Jo Jordan poursuit son ascension dans la sphère néo-soul et R&B contemporain, en livrant un morceau qui oscille entre vulnérabilité crue et sophistication soyeuse. La chanteuse, originaire de la scène underground qui fusionne jazz, gospel et R&B alternatif, signe ici une ballade éthérée où la voix devient confession, presque prière.
Dès les premières notes, une ligne de basse ronde et caressante accueille l’auditeur, bientôt rejointe par des claviers liquides et des percussions minimalistes qui battent comme un cœur en apesanteur. Jordan s’y déploie avec une maîtrise rare : un timbre chaud, parfois à la limite du murmure, capable de s’envoler dans des falsettos fragiles qui rappellent le raffinement de H.E.R ou la douceur onirique de Snoh Aalegra.
Le morceau parle d’évasion — physique, émotionnelle, spirituelle. Jo Jordan y explore ce désir universel de tout laisser derrière soi, d’effacer le bruit et les attentes pour retrouver un espace où l’on peut enfin respirer. Ce sentiment est amplifié par une production aérienne qui donne l’impression d’écouter la chanson à travers un voile de soie, comme si chaque note était suspendue dans le temps.
Là où certains artistes se contenteraient d’un classicisme néo-soul, Jordan ose des textures plus modernes : une batterie trap discrète, des synthés aux accents lo-fi et une reverb généreuse qui enveloppe le tout d’un halo introspectif. Cette hybridation confère à “Away” une qualité cinématographique, presque méditative.
Jo Jordan confirme ici sa capacité à créer des chansons qui ne se contentent pas d’être écoutées, mais qui se vivent comme des expériences sensorielles. “Away” n’est pas seulement une piste de plus dans une playlist R&B, c’est un moment suspendu, un souffle qui invite à ralentir et à se reconnecter à soi.
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juillet 10, 2025Dans un monde saturé de notifications, d’algorithmes et d’écrans qui dictent nos désirs, Fee the Evolutionist et Edo. G frappent un grand coup avec “Sit Back Relax”. Ce nouveau titre, à la fois incisif et soulful, sonne comme un appel au réveil collectif. Sur une production jazzy qui groove avec une nonchalance trompeuse, les deux MC’s décortiquent le mal-être contemporain : addictions invisibles, timelines toxiques, solitude à l’ère du “toujours connecté”.
Fee ouvre le bal avec des punchlines qui claquent comme des mantras : “Let go devices, you in a crisis. What’s the cost? Tell me what the price is.” D’un flow posé mais tranchant, il met en lumière la dépendance aux likes et la vacuité derrière la validation en ligne. Ce n’est pas une simple critique ; c’est une mise en garde lucide, un miroir tendu à une société où l’on scrolle plus qu’on ne rêve.
Edo. G, vétéran respecté du rap de Boston, apporte son grain de voix reconnaissable entre mille et un vécu qui donne du poids à chaque mot. Ses vers, plus fatalistes, pointent une génération en perte de repères : “40 years old, you should be ready for a wife / Instead, you online, ready for a fight…” Derrière la critique sociale perce une profonde inquiétude pour l’avenir.
Le refrain, emprunté à Phife Dawg — “Sit back, relax, and let yourself go” — devient ici un slogan. Invitation à ralentir. À se déconnecter. À retrouver ce qui est tangible, essentiel.
À l’heure où le hip-hop semble parfois happé par l’ego-trip et le consumérisme qu’il dénonçait jadis, “Sit Back Relax” rappelle que ce genre peut encore être une arme de conscientisation. Fee et Edo. G signent un morceau nécessaire : un antidote contre l’hypnose collective, un souffle d’air pur pour esprits saturés. À écouter casque vissé, loin des écrans.
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juillet 10, 2025Avec “Something About You”, Noiseheads plonge tête la première dans une zone d’ombre fascinante, là où le rock abrasif se frotte à une sensualité trouble. Moins frontal que leur précédent “Hey”, ce nouveau single joue la carte du lent embrasement : des couplets minimalistes, presque murmurés, qui entretiennent une tension malsaine, puis des refrains qui explosent dans un déluge de fuzz et de saturation. Ici, pas de synthés pour épaissir l’atmosphère – seulement guitare, basse, batterie et voix, pour un rendu cru qui rappelle les grandes heures de Nine Inch Nails ou de Filter.
Il y a dans ce morceau une urgence contenue, une sensation d’être attiré vers quelqu’un qu’on ne comprend pas totalement. Le texte, volontairement parcellaire, renforce cette impression d’obsession sourde, de désir et de danger entremêlés. Noiseheads signe ici un titre où chaque silence pèse autant que chaque riff hurlé.
Le clip, porté par l’aura troublante de @morningstar_modeling, prolonge cette ambiance érotique et inquiétante. Plans serrés, lumières tamisées, mouvements lents : il joue autant sur l’attraction que sur l’inconfort, comme une caresse qui pourrait devenir morsure.
Après leur percée en 2025 avec “Hey”, qui avait trouvé sa place dans les charts alternatifs (Top 25 SubModern, Top 10 NACC), Noiseheads confirme qu’ils ne comptent pas se reposer sur leurs acquis. “Something About You” est à la fois plus sombre, plus hypnotique, et plus audacieux — un pas assumé vers un rock industriel où l’émotion brute et l’énergie visuelle se rejoignent. Un titre qui donne envie de rallumer Songs for the Deaf ou Mer de Noms, tout en laissant présager la suite : un groupe en mutation, qui n’a jamais sonné aussi vital.
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juillet 10, 2025Avec ALIVE, Garrett Lodge signe un hymne house qui semble pensé pour résonner des plages de Mykonos aux clubs moites de Berlin. Ce morceau est une pure injection d’adrénaline électronique : une ligne vocale robotisée entêtante qui répète “I wanna feel more alive”, comme un mantra d’évasion, avant de se dissoudre dans trois drops monumentaux qui donnent envie de lever les bras et de tout oublier.
Lodge joue ici la carte de l’efficacité absolue. Les basses sont rondes et vibrantes, les synthés glitchés viennent ponctuer le beat avec une précision chirurgicale, et la structure progressive crée cette montée de tension que tout bon track de festival se doit d’avoir. Mais là où ALIVE se démarque, c’est dans son émotion sous-jacente : derrière l’énergie brute, il y a une urgence, une soif de renaissance. On y entend le cri d’une génération coincée entre la routine et le besoin de lâcher prise, prête à tout pour retrouver cette intensité qu’elle pensait perdue.
C’est aussi un clin d’œil à la house old-school, avec des éléments bass house et electro qui rappellent les grandes heures de la French Touch, tout en gardant une modernité qui séduira les fans de Chris Lake, Fisher ou Tchami. Court, punchy, calibré pour les playlists “Party Starter” ou “Friday Cratediggers”, ALIVE a tout du track qui devient un guilty pleasure sur le dancefloor.
Garrett Lodge prouve qu’il sait distiller l’essence même de la house : faire bouger les corps tout en parlant aux esprits fatigués. Un appel à la fête, urgent et cathartique.
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juillet 10, 2025Mary Middlefield sait écrire des hymnes pour celles et ceux qui veulent brûler la chandelle par les deux bouts, et Summer Affair le prouve à merveille. Dans ce single incandescent, la jeune prodige de l’indie-rock canalise l’énergie d’un été où l’amour est aussi fugace qu’un rayon de soleil entre deux averses. Les guitares, lumineuses et effervescentes, s’entrelacent à des rythmes dansants qui sentent le sable chaud et les nuits sans fin, tandis que la voix de Middlefield, à la fois vulnérable et électrisante, invite à tout lâcher prise.
Ce n’est pas seulement une chanson, mais un état d’esprit : celui de la liberté totale. Le morceau capture ce moment rare où l’on se permet d’être imparfait, exubérant, profondément humain. Mary y chante la légèreté retrouvée, le chaos délicieux des émotions, la douce anarchie d’un été passé à aimer trop vite et à danser trop fort.
Enregistré entre Lausanne et Londres avec la complicité de Jim Abbiss (Arctic Monkeys, Adele) et Gwen Buord, et peaufiné par Barny Barnicott et Randy Merrill, Summer Affair porte en lui la patine des grandes productions pop tout en gardant l’insolence DIY qui fait la signature de Middlefield. On pense parfois à la spontanéité d’une Clairo, à l’hédonisme d’une Lorde, mais Mary trace ici sa propre ligne, sincère et instinctive.
Avec son clip filmé en 16 mm, entre sensualité pastel et atmosphère de garden party libertaire, elle enfonce le clou : Summer Affair n’est pas seulement une chanson à écouter, c’est une invitation à vivre pleinement, à réapprendre à respirer, rire et désirer sans entrave. Après les succès de Will You Read My Mind et Bite Me, et ses apparitions remarquées à Glastonbury et Montreux, Mary Middlefield confirme son statut d’étoile montante de l’indie-rock.
Un titre taillé pour vos playlists estivales, mais qui résonnera bien après que les feuilles soient tombées.
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juillet 10, 2025Avec Anyway, Blendi signe une ballade R&B aussi fragile qu’un souffle dans l’obscurité, où le trap-soul se mêle à des textures cinématiques pour habiller l’intimité d’une rupture qu’on n’a jamais vraiment voulu. La production est minimaliste et élégante : des nappes de synthés brumeuses, une rythmique tout en retenue, et ces harmonies vocales qui enveloppent l’auditeur comme une couverture trop légère pour protéger d’un froid intérieur.
Blendi y déverse une vulnérabilité à fleur de peau, entre murmures et éclats, laissant flotter ses mots comme des confessions de minuit. C’est doux, mais sans concession : un aveu que parfois aimer ne suffit pas pour rester, et qu’il faut savoir se détacher, même si chaque cellule de votre corps hurle le contraire.
Pour les fans de Coco Jones, de PARTYNEXTDOOR ou de la mélancolie assumée de SZA, Anyway sera un refuge. Ce n’est pas seulement une chanson, c’est une ambiance — celle d’un téléphone posé face contre table, d’un regard perdu au plafond, et d’un cœur qui apprend à battre seul. Blendi réussit à capturer l’espace entre la tendresse et la douleur, entre ce qu’on voulait dire et ce qu’on laisse enfoui.
Une masterclass de sobriété où chaque silence compte autant que chaque note.
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juillet 10, 2025Karma Knox débarque avec Talk Spicy, un missile drill calibré pour électriser les playlists et faire vibrer les baffles d’Uber à la sortie du club. Originaire du Bronx, elle s’impose ici avec une présence magnétique qui n’a rien à envier aux divas du rap US. Sa recette ? Une alchimie parfaitement dosée entre l’insolence d’Ice Spice, la morgue de Cardi B et une touche plus mystérieuse, presque futuriste, comme si une IA avait appris le Bronx slang en écoutant les freestyles sur Hot 97 en boucle.
La production est un bijou de minimalisme hypnotique : un beat drill sombre, des basses grondantes et un hi-hat qui claque comme des talons sur le bitume. Là-dessus, Karma Knox déploie une voix à la fois suave et tranchante. Elle alterne entre rimes acérées et refrains vénéneux, chaque ligne débordant de confiance et de sensualité. Pas d’excès ni de vulgarité gratuite : Talk Spicy est radio-ready tout en gardant cette énergie brute et affirmée qui fait vibrer les rues de NYC.
C’est un track qui célèbre la féminité comme arme de séduction et de pouvoir, un mood taillé pour celles et ceux qui aiment quand le drill se fait élégant et que l’attitude devient le premier instrument. Avec ce titre, Karma Knox ne se contente pas de suivre la tendance : elle redessine les contours du genre et prouve qu’elle peut parfaitement tenir tête aux plus grandes.
Dans un monde où le drill est encore trop souvent un boys club, Talk Spicy est un rappel : l’avenir du genre est aussi féminin, sensuel et redoutable.
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juillet 10, 2025Avec BOUT U, EZHK continue de creuser un sillon singulier dans la scène électronique, quelque part entre les pulsations moites du tech house et les élans cinématiques du progressive house. C’est une piste taillée pour les nuits longues, celles où le temps se dilate et où les corps se laissent guider par des basses rondes et des motifs synthétiques qui se répètent jusqu’à l’ivresse.
Le morceau s’ouvre sur une ligne de basse profonde et mouvante, qui s’installe comme une respiration. À mesure que les hi-hats claquent et que les claps se superposent, un groove insidieux prend forme, irrésistible. Les nappes mélodiques, elles, surgissent par vagues, portées par des effets de delay et de reverb qui créent une sensation de flottement presque aquatique. C’est ici qu’on sent l’influence du progressive house : la construction est lente, minutieuse, chaque élément entrant dans le mix avec une précision chirurgicale.
EZHK joue aussi avec la dynamique : les breaks sont des respirations suspendues où une voix filtrée, quasi fantomatique, murmure ce “bout u” obsédant. Puis la montée reprend, inexorable, et frappe d’autant plus fort à la drop suivante.
C’est un titre qui fonctionne autant en club, pour envoûter un dancefloor à 3h du matin, que dans un casque, pour accompagner une dérive introspective. BOUT U illustre parfaitement cette frontière floue où la house devient expérience sensorielle, hypnotique et émotionnelle. EZHK signe ici une production à la fois élégante et percutante, qui confirme sa place parmi les producteurs à surveiller dans la scène électronique actuelle.
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juillet 10, 2025Avec It’s Complicated, Ainjo tisse un morceau qui se savoure comme une lettre d’amour jamais envoyée. Entre néo-soul contemporaine et rétro soul des années 70, l’artiste déploie une sensibilité à fleur de peau et une élégance musicale qui résonne immédiatement. C’est un titre qui respire la douceur mais cache aussi une tension, celle des relations à la fois fragiles et complexes qui donnent leurs plus belles couleurs à la soul.
Les arrangements, d’une chaleur organique, s’appuient sur une section rythmique souple et groovy, une basse ronde qui se love sous des accords de Rhodes moelleux, et des lignes de guitare qui effleurent l’espace sonore comme des caresses. Le tout est enveloppé d’un subtil parfum vintage grâce à une production qui ne cède jamais à l’excès, préférant laisser l’espace aux silences et aux respirations.
La voix d’Ainjo, quant à elle, est un délice de retenue et de sincérité. Elle oscille entre la pureté cristalline d’une H.E.R. et la profondeur veloutée d’une Jill Scott, avec cette capacité rare à rendre chaque mot terriblement présent. Les harmonies vocales, travaillées comme des échos intérieurs, renforcent la sensation d’intimité, presque comme si l’auditeur était convié à une confession nocturne.
It’s Complicated porte bien son nom : c’est une chanson sur l’ambiguïté des sentiments, sur les allers-retours du cœur, sur ce fil tendu entre désir et peur de s’engager. Ainjo y trouve un équilibre parfait entre modernité et héritage soul, livrant un morceau à la fois intemporel et profondément ancré dans son époque. Le genre de titre qui donne envie d’éteindre les lumières, de laisser tourner le vinyle, et de se perdre dans ses propres souvenirs.
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juillet 10, 2025Avec Luna Nueva, Victoria Doutón livre un morceau où la douceur du R&B alternatif se mêle aux volutes capiteuses du nu-jazz et de la jazztronica. C’est une ballade nocturne suspendue entre sensualité et mysticisme, qui évoque la lueur fragile d’une nouvelle lune, promesse de renaissance et de secrets à demi murmurés.
La production, élégante et feutrée, repose sur des accords de Rhodes veloutés, des lignes de basse chaloupées et des beats minimalistes aux accents organiques. Des touches de saxophone, discrètes mais enivrantes, viennent caresser les arrangements comme une brise chaude dans une nuit d’été. Doutón y pose une voix qui flotte, presque éthérée, entre spoken word et mélodie chantée, avec cette capacité rare à transmettre une intimité profonde sans jamais forcer l’émotion.
Ce morceau est une exploration subtile des cycles intérieurs – pertes, renaissances, élans vers l’inconnu – où chaque note semble caresser la surface de l’eau avant de s’y dissoudre. L’influence de figures comme Solange ou Moonchild s’entend, mais Victoria Doutón affirme une signature sonore bien à elle : moins soul brute, plus onirique et cinématique.
Luna Nueva est une invitation à la lenteur, au lâcher-prise, à l’introspection. C’est le genre de titre qu’on imagine accompagner une promenade solitaire sous la lune, ou un moment de flottement entre veille et sommeil, quand tout devient possible. Une pièce d’une élégance rare, qui confirme Doutón comme une voix précieuse de cette génération R&B qui ne craint pas de sortir des sentiers battus pour frôler l’apesanteur.
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juillet 10, 2025Avec About You, Slo Girl signe un petit bijou de tech-house qui semble tout droit sorti d’un dancefloor de Chicago en 1993, mais résonne avec une étonnante modernité. Entre la chaleur analogique des vieilles boîtes à rythmes et une sensualité discrète, la productrice distille un groove hypnotique qui s’infiltre sous la peau.
Le morceau s’ouvre sur une ligne de basse ronde et caoutchouteuse, sur laquelle viennent se greffer des claps secs et un kick qui palpite comme un cœur amoureux. Très vite, une voix féminine murmurée – presque fantomatique – répète “it’s about you”, comme un mantra, un fil rouge qui rend l’ensemble addictif. Il y a ici une vraie science du build-up : Slo Girl ne cherche pas à assommer avec des drops tonitruants mais préfère la montée en tension, subtile et continue, qui transforme chaque boucle en une invitation à lâcher prise.
La production évoque l’âge d’or de la house old-school, mais avec une finition ultra précise : hi-hats soyeux, nappes éthérées, et un kick qui frappe juste ce qu’il faut pour rester deep. C’est une musique qui transpire les nuits moites, les néons flous, les corps qui se frôlent sans jamais s’arrêter de danser.
About You est une preuve que la house la plus efficace ne cherche pas la surenchère. Elle se joue dans la répétition, la suggestion, la lente infusion d’émotions dans le rythme. Slo Girl réussit ici à créer une track à la fois nostalgique et intemporelle, parfaite pour les sets à 3 heures du matin, quand la piste n’est plus qu’une seule respiration collective.
Une déclaration d’amour à la house qui bat, littéralement, about you.
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juillet 10, 2025Sur BADMAN, Goya Menor frappe fort et sans détour, livrant un morceau qui incarne toute l’ambivalence de l’afrobeats moderne : entre lumière des clubs et ombres des rues. Connu pour son flair à transformer des refrains en slogans viraux (Ameno Amapiano reste gravé dans les mémoires), l’artiste nigérian prend ici une tangente plus rugueuse, infusant son afro-pop d’aspérités hip-hop et de textures world percutantes.
Dès les premières secondes, une basse lourde et vibrante s’installe, accompagnée de percussions syncopées qui rappellent la moiteur de Lagos à la tombée de la nuit. Le flow de Goya, mi-chanté mi-rappé, serpente sur l’instrumental comme une mise en garde, tantôt suave, tantôt tranchant. Il y a cette assurance presque insolente qui transparaît dans chaque ligne, une manière de se poser en narrateur des contradictions de son environnement : luxe et danger, fête et survie.
La production, riche mais jamais saturée, convoque à la fois les synthés brillants typiques de l’afrobeats et des éléments plus sombres, presque trap, qui renforcent le côté “badman” du titre. Cela donne un morceau qui peut embraser un dancefloor tout en gardant une charge narrative presque cinématographique.
Avec BADMAN, Goya Menor prouve qu’il n’est pas seulement un faiseur de hits, mais aussi un conteur capable d’incarner la dualité de l’afro-fusion : celle qui fait danser et réfléchir, sourire et serrer les dents. Ce n’est pas une simple chanson, c’est une déclaration d’identité, un rappel que derrière le rythme enivrant, il y a des histoires de pouvoir, de résilience et d’attitude.
Faut-il s’attendre à ce que BADMAN devienne un hymne des nuits afro-pop mondiales ? Très probablement. Mais à la différence des morceaux festifs qui s’évanouissent à l’aube, celui-ci laisse une empreinte, un goût de poussière et d’or mêlés.
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juillet 10, 2025Dans WWD4LOVE, Brooke August ne cherche pas à faire du bruit. Elle préfère chuchoter ses vérités dans une atmosphère où le R&B contemporain flirte avec une pop alternative élégante, presque éthérée. La chanteuse, originaire d’un coin d’Amérique qui sent à la fois la nuit et la chaleur des lumières urbaines, tisse ici une ballade sensuelle et réfléchie, qui explore ce qu’on est prêt à sacrifier pour aimer et être aimé.
La production, minimaliste mais gorgée de détails, repose sur des claviers liquides, des basses qui vibrent en douceur et des percussions aériennes. C’est une texture qui rappelle la sensibilité de SZA ou de Snoh Aalegra, mais avec une approche encore plus intimiste, presque lo-fi par moments. Brooke laisse la mélodie respirer, créant des silences qui en disent parfois plus long que les mots.
Sa voix, tout en nuance, oscille entre fragilité et assurance. Elle effleure des refrains accrocheurs, sans jamais tomber dans le piège du spectaculaire. WWD4LOVE séduit par sa pudeur, par ce sentiment que chaque note est le fruit d’une réflexion nocturne, griffonnée dans un journal intime.
En à peine trois minutes, Brooke August réussit à condenser des émotions complexes : le désir, le doute, la peur de se perdre en voulant trop donner. Ce morceau n’est pas seulement une chanson, c’est une question laissée en suspens, un miroir tendu à celles et ceux qui ont déjà aimé jusqu’à l’excès.
Avec WWD4LOVE, Brooke confirme son statut d’artiste à suivre : une alchimiste des sons qui sait transformer les tourments du cœur en un écrin sonore doux-amer.
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juillet 10, 2025Il y a dans sEMi, le nouveau single de Stimulus, quelque chose d’infiniment déroutant, un équilibre fragile entre le ciel et le bitume. À la croisée d’un hip-hop alternatif et d’une sensibilité quasi onirique, le morceau ne cherche pas la confrontation frontale mais l’infiltration lente. C’est une pulsation discrète, un flux de conscience qui se faufile dans les interstices de nos pensées, laissant derrière lui une traînée de lumière et d’ombre.
Stimulus y déploie une voix posée, parfois murmurée, parfois tranchante, qui semble surgir d’un espace intérieur où les souvenirs, les doutes et les élans de révolte coexistent. Le flow épouse les contours d’une production minimale, portée par des beats subtilement déstructurés et des nappes synthétiques qui donnent l’impression de flotter à quelques centimètres du sol. On pense à Earl Sweatshirt pour la densité introspective, à Kid Cudi pour les éclats mélodiques qui viennent percer la brume.
Mais sEMi ne se contente pas d’être un exercice de style. Il est un espace de tension, un lieu où les questions de l’artiste sur sa place dans le monde se heurtent à des rythmes tantôt syncopés, tantôt étrangement apaisants. Ce morceau est une pièce de nuit, celle où l’on marche seul en ville, casque vissé sur les oreilles, et où les réverbères semblent clignoter au rythme du beat.
Avec sEMi, Stimulus signe un manifeste discret mais percutant, qui s’adresse à ceux qui aiment leur hip-hop avec des zones de silence et des vertiges. Une invitation à se perdre un peu, pour mieux se retrouver.
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juillet 10, 2025C’est le moment de partir en vacances, d’oublier le stress et de se reposer en écoutant quelques nouveautés sonores qui vont vous faire vibrer. À emporter dans vos valises et sacs de plage, voici la Playlist Fourre-tout #5 :
Black Cashmere – In My Head
Astrokeyy, OG Mental – Global Freestyle
Henry Aberson, Nariah Taylor, Korey Keys – Wouldn’t You Know
Bleu Satellite – Pa Pè feat. Patko
CHRYSTELLE – COMME UN GARÇON
Chloe Florence – Log Off
La Nuit Américaine – Nouveau Monde
Lexotik – Icare
Jiuliana – Hahaha
Grand-Mer – Éclaté Au Sel
Imadyke, LSA – Oter
Menni Jab – Cinétique
Kanni – Plus d’restart
PFK – Survivant
C2B Dirty – Go Fast
Diron Animal – MiNE
Rayno – Luna
80won – For You
Alvin Chris – BROKE AGAIN!
Jaffa – Animé
Fein Cerra – Grands Boulevards
Reuben Reuel – Slow (Janelovesu! Remix Garage Mix)
Noskro – Spéciale
DOHMZ- Pressure
Kipstone – Zeus Blanc
Volt_R, Takumei – Exodia
Nita – Mecs Bien
AURAJ – Coup de Folie
Faabolo – City
Tyze – Tout ca
Takemo – Funambule
Solomane, M1, Sa-Roc, Nejma nefertiti, Yasmeen Quintana – Free My People
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juillet 9, 2025Certains opus sentent la chambre close, le néon blafard, l’odeur de café froid et de cendres. Tour d’Ivoire, le nouvel EP de Byram, est de ceux-là. Après un exil volontaire dans un studio berlinois, loin des bruits rassurants de sa banlieue des Yvelines, l’artiste revient armé de cinq titres coupants comme des tessons de verre, sculptés dans une énergie brute. Vous allez découvrir un cri intérieur, un espace confiné où l’on entre sans frapper.
L’isolement semble avoir servi de catalyseur. Là où Maelström déroulait un récit immersif et Night Shift flirtait avec des pulsations house, Tour d’Ivoire assume une intensité presque suffocante. Les basses claquent, les instrus signées emjee (compagnon de route et alchimiste sonore) oscillent entre trap granuleuse et atmosphères industrielles. L’impression de Berlin est palpable : froide, métallique, saturée de solitude.
Sur Easy Ca$h, Byram frappe le plus fort. Avec un clip tourné dans les rues berlinoises, le morceau prend des allures de mantra pour survivants. Ce n’est pas tant une ode à la réussite qu’un hymne à la persévérance, une respiration courte et haletante pour motiver les âmes en marge. Les featurings avec Bluume et Mano Leyra apportent de subtiles respirations, des parenthèses mélodiques qui n’adoucissent pas le propos mais en complexifient la texture.
Avec Tour d’Ivoire, Byram confirme une trajectoire singulière. Son rap n’est pas là pour séduire à la première écoute. Il grince, il dérange, il obsède. Comme un Berlin nocturne figé dans la bruine, ses mots résonnent longtemps après que le silence est revenu. C’est peut-être ça, la marque des projets importants : ils vous forcent à rester dans la pièce, même quand vous avez envie d’en sortir.
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juillet 9, 2025Il y a des chansons qui caressent et des chansons qui grattent. Best Friend de Freedom Fry fait les deux. À la première écoute, on se laisse happer par cette mélodie enrobée de sucre, presque naïve, avec ses guitares qui swinguent doucement et ces chœurs comme un voile de coton. On croit entendre une berceuse pop, un souvenir estival échappé d’un film de Wes Anderson. Mais très vite, un malaise s’installe. La chaleur vintage laisse percer une ombre. Cette ombre, c’est celle d’une amitié qui se déforme, d’une fidélité qui se mue en dépendance insidieuse. Chez Marie Seyrat et Bruce Driscoll, la ligne entre l’adoration et l’étouffement n’est jamais nette.
Le duo franco-américain a toujours aimé cultiver les paradoxes. Leur musique, déjà entendue dans The Morning Show ou sur des campagnes Dior, mélange le tendre et l’amer avec une précision d’orfèvre. Ici, ils poussent l’ambiguïté plus loin encore. La production est limpide, presque minimaliste : un groove hypnotique, une basse ronde qui rassure, un tempo nonchalant. Mais à mesure que les couches vocales s’accumulent, le titre devient une boucle obsessionnelle. On est à la fois charmé et mal à l’aise, comme prisonnier d’une relation trop fusionnelle.
Best Friend confirme le talent rare de Freedom Fry : écrire des pop songs à double fond. Des morceaux qui se fredonnent sans y penser, puis qui reviennent hanter l’esprit quand le silence retombe. Une esthétique faussement solaire qui cache une dissection froide des émotions humaines. Leur pop n’est pas juste belle, elle est perverse, et c’est précisément ce qui la rend inoubliable. Ici, aimer c’est consentir à être dévoré, avec le sourire.
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juillet 9, 2025Dans le vaste paysage du hip-hop indépendant, peu d’artistes parviennent à faire transparaître autant de vulnérabilité et de foi dans leur travail que JAiMS. Avec Moonlight, le rappeur originaire de Sayreville, New Jersey, désormais basé dans le DMV (District of Columbia, Maryland, Virginia), signe un morceau qui n’est pas seulement une chanson, mais le fruit d’une bataille intérieure – un dialogue entre lui, ses rêves, et ce Dieu qu’il place toujours en premier.
L’histoire de Moonlight est profondément enracinée dans une année de doutes. Après plus de dix ans à écrire, enregistrer, investir du temps et de l’argent sans voir les résultats espérés, JAiMS s’est retrouvé au bord du précipice créatif. L’envie de tout arrêter le guettait. Mais ce moment de rupture est devenu un moment de prière, puis un tournant. Il a choisi de donner une dernière chance à sa musique. De ce renouveau est née Moonlight, un morceau qui capte l’essence même de ce qu’est poursuivre un rêve face à l’adversité.
Dès les premières notes, Moonlight enveloppe l’auditeur d’une douceur presque cinématographique. Les accords, légers comme une nuit d’été, servent de toile de fond à la voix de JAiMS, tour à tour apaisée et déterminée. Il y a dans sa cadence un mélange de mélancolie et d’espoir, comme une confession murmurée sous un ciel étoilé. Le refrain, aérien, porte ce sentiment universel d’essayer de trouver sa place dans un monde qui semble parfois nous laisser de côté.
Ce qui distingue JAiMS, c’est sa capacité à tisser des fils entre les moments de doute et les éclats de foi. Son style — un mélange de flows mélodiques, d’images introspectives et de production soul — ne cherche pas la flamboyance, mais la vérité. Il rappelle la vulnérabilité de Chance the Rapper dans Coloring Book ou la sensibilité de Logic dans ses premiers projets, tout en restant résolument ancré dans sa propre histoire.
Avec six projets déjà à son actif et un deuxième album complet, God or Nothing, en cours, JAiMS fait partie de cette génération d’artistes qui refusent de séparer l’art de la spiritualité. Pour lui, la musique n’est pas un simple exutoire : c’est une mission, un acte de foi. Le fait qu’il poursuive cette mission tout en gérant une carrière à temps plein dans le bâtiment témoigne d’une éthique de travail et d’un engagement rares dans l’industrie actuelle.
Moonlight n’est pas seulement une étape de plus dans sa discographie ; c’est une renaissance. C’est le son d’un artiste qui a frôlé l’abandon mais qui, au lieu de cela, a choisi de réaffirmer son appel. Chaque mesure, chaque mot porte la trace de ce combat intérieur et offre à l’auditeur une invitation à embrasser ses propres hauts et bas.
Dans une époque où le hip-hop est souvent associé à l’excès ou au cynisme, Moonlight apparaît comme un contrepoint apaisant et sincère. C’est un morceau pour les moments où l’on doute, pour les soirs solitaires, pour ces instants où l’on cherche la lumière dans l’obscurité. En fin de compte, JAiMS ne se contente pas de rapper : il raconte, il console, il inspire.
Et à l’écoute de Moonlight, une certitude se dégage : parfois, il suffit d’un seul pas sous la lumière de la lune pour se rappeler pourquoi on continue à avancer.
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juillet 9, 2025Il y a des morceaux qui, dès les premières notes, évoquent une soirée parfaite – le genre où les visages sont familiers, la musique s’écoule comme une évidence et chaque instant semble suspendu dans une douce euphorie. Avec So Much Sense, Gabzy signe un retour flamboyant et offre exactement cela : une immersion sonore dans la légèreté, l’énergie et la sensualité d’un moment où tout s’aligne. Aux côtés de Fireboy DML, l’une des figures les plus électriques de l’Afropop moderne, il tisse un hymne vibrant qui marque une rencontre attendue entre deux voix majeures de la scène afro-fusion.
Sorti via EMPIRE, So Much Sense est bien plus qu’un simple single d’été. Il incarne une certaine vision de l’afrofusion actuelle : des log-drums grondants, des synthés moelleux et une ligne de basse hypnotique, le tout soutenu par la production raffinée d’AoD et The Elements. La chanson semble flotter, invitant l’auditeur à lâcher prise. Gabzy déploie ses textures vocales suaves, naviguant entre mélancolie et sensualité avec une aisance désarmante, tandis que Fireboy vient y injecter sa signature : des phrasés au groove irrésistible, une voix au grain immédiatement reconnaissable, parfaitement à l’aise dans cette atmosphère cotonneuse et luxuriante.
La collaboration est d’autant plus percutante qu’elle émane de deux trajectoires profondément enracinées dans des expériences diasporiques. Gabzy, enfant de Peckham, a grandi dans un foyer nigérian avant de passer deux années formatrices à New York. Cette double culture se retrouve dans son approche de la musique : une hybridation fluide entre R&B, Alté, Afrobeats et soul américaine. Depuis Summers, son EP collaboratif avec Melvitto, jusqu’à son solo Malone, il a construit un univers sonore où l’intime se mêle à l’hymnique, et où chaque morceau sonne comme une confession chuchotée au cœur de la nuit. Sa capacité à transformer des émotions brutes en mélodies entêtantes lui a valu un public fidèle – 2,8 millions d’auditeurs mensuels sur Spotify – et des salles londoniennes comme KOKO ou Somerset House sold-out en quelques minutes.
Face à lui, Fireboy DML apporte une autre forme d’assurance, celle d’un artiste qui a fait exploser les frontières du continent africain pour s’imposer comme une voix globale de l’Afropop. Depuis son premier album Laughter, Tears & Goosebumps en 2019, Fireboy n’a cessé de franchir les paliers : Apollo en 2020, puis le raz-de-marée Peru et sa version avec Ed Sheeran, qui a dominé les charts internationaux et cumulé plus de 500 millions de streams. Sa capacité à marier des textes introspectifs avec des productions audacieuses a confirmé son statut de “futur de l’Afrobeats”. Sur So Much Sense, il ne se contente pas d’être un invité : il complète et magnifie la vision de Gabzy, créant une véritable alchimie.
Il est rare de voir une collaboration où deux univers si distincts s’imbriquent avec autant de naturel. Le morceau dégage une chaleur organique, comme si les deux artistes avaient passé des nuits entières à jammer ensemble, à peaufiner chaque détail. Pourtant, le titre a été enregistré entre East London et Lagos, prouvant une fois de plus que l’afrofusion est une affaire transcontinentale.
Avec So Much Sense, Gabzy confirme sa capacité à évoluer tout en restant fidèle à son essence afro-influencée. Ce single arrive à un moment clé de sa carrière, alors qu’il s’apprête à enflammer Afronation et à lancer une tournée qui le mènera à travers l’Ouganda, la Zambie, le Kenya, l’Europe et l’Amérique du Nord – des dates dont plusieurs sont déjà sold-out, notamment deux shows à The Roundhouse à Londres.
Ce titre n’est pas seulement une ode à l’instant présent. C’est aussi un rappel que malgré les turbulences culturelles et sociales, la musique peut encore être un lieu de communion, de joie et d’espérance. So Much Sense a la légèreté d’une soirée d’été et la profondeur d’une confession, un équilibre rare qui témoigne de la maturité artistique des deux chanteurs. Gabzy et Fireboy DML nous offrent ici une bande-son pour les nuits d’insomnie comme pour les dancefloors à ciel ouvert.
Ce qui commence comme une escapade sonore se termine en une douce invitation : à relâcher nos défenses, à vivre pleinement, et à se rappeler que parfois, la simplicité d’un groove bien senti peut suffire à réparer un monde trop complexe.
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juillet 9, 2025Avec Rock & Roll American, Allan Jamisen délivre un titre à la fois saisissant et spectral, qui sonne comme un rappel doux-amer d’une Amérique idéalisée, aujourd’hui fragmentée. À travers une production ample et feutrée, il tisse une trame musicale où chaque note semble suspendue entre nostalgie et lucidité, entre l’éclat du rêve américain et la gravité du réel.
Derrière le vernis solaire d’une instrumentation maîtrisée — guitares claires, harmonies soul, claviers planants — se cache une tension sourde, presque existentielle. Jamisen ne cherche pas à glorifier le passé ni à sombrer dans le cynisme. Il explore plutôt ce moment de bascule, celui où l’on sent que quelque chose s’est fissuré. Il ne pleure pas une grandeur perdue ; il en examine les vestiges, les interroge, les retourne dans tous les sens. Le morceau ne joue pas la carte de l’ironie : il préfère celle de la réflexion mélodique, portée par une voix profonde, tantôt séductrice, tantôt lasse.
Musicalement, l’ombre des grands noms du rock plane : un peu de Springsteen dans le souffle des refrains, une touche de Bowie dans la composition sinueuse, et ce sens du groove à mi-chemin entre croonerisme vintage et énergie americana. Mais Jamisen insuffle à ces influences une personnalité propre, notamment par l’emploi subtil de claviers brumeux et de guitares aux accents rétrofuturistes. La progression harmonique évoque une route déserte au crépuscule, ponctuée de doutes et de visions fugitives.
Ce n’est pas un hasard si ce morceau a été co-produit par Danny Saber, vétéran de collaborations avec des artistes aussi contrastés que les Rolling Stones ou Garbage. Ensemble, ils ont su transformer une chanson à la structure classique en un objet sonore hypnotique, qui tient autant du manifeste que de la confession.
Jamisen, figure discrète mais prolifique, n’est pas un novice. Son parcours traverse plusieurs décennies et continents, entre soul, art-rock, et expériences visuelles hybrides. De ses débuts dans les scènes underground de Los Angeles jusqu’à son immersion dans le foisonnement créatif de Copenhague, il a toujours cherché à brouiller les lignes entre disciplines, genres et générations. Son approche artistique, patiemment élaborée à travers la peinture, la production, la scène et la performance, culmine ici dans un morceau à la fois dense, élégant et accessible.
Rock & Roll American est tout sauf un pastiche. Il réinvente à sa manière les codes du classic rock, les détourne pour en extraire une forme d’humanité mélancolique, désillusionnée mais pas résignée. Ce titre parle à ceux qui sentent que quelque chose s’effrite, mais qui choisissent malgré tout de rester debout, d’enfiler leur veste en cuir et de continuer à marcher. Une chanson pour les rêveurs éveillés, les voyageurs solitaires, les Américains de cœur – où qu’ils soient.
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juillet 9, 2025Sept ans après leur premier opus Memory Park, Myselfson revient avec Resistance, un album où la synthpop française prend des allures de manifeste cinématographique. Derrière ce nom énigmatique, le duo parisien formé par Jarl Myselfson et Frank Nordag continue de tracer une ligne sinueuse entre l’électro-rock, la darkwave et une pop sombre d’inspiration gothique. Ici, chaque piste est une scène, chaque refrain un dialogue intérieur, chaque synthé une couleur qui éclabousse un écran noir.
Conçu comme la suite directe de Memory Park, Resistance se présente comme un album-concept d’une ambition rare. En douze titres et soixante-quatorze minutes, Myselfson déploie une fresque dense où la lutte – contre soi-même, contre les machines, contre un monde qui se délite – devient une expérience sonore totale. L’ouverture, “Prélude”, pose d’emblée le décor avec une lente montée de nappes électroniques, une tension diffuse comme le silence avant la tempête. Tout au long du disque, l’auditeur est pris dans une boucle de mélodies hypnotiques et de beats martiaux, entre clair-obscur et lumière vacillante.
Le titre éponyme “Resistance” incarne cet esprit combatif. Avec ses guitares saturées et ses synthés lumineux, il semble taillé pour des arènes nocturnes, porté par la voix de Jarl qui oscille entre fragilité et défiance. Plus loin, “Das ist unsere Welt” surprend par son chant en allemand et son groove rigide, presque industriel, qui rappelle Kraftwerk dans une version post-apocalyptique. Le disque ne cesse de naviguer entre intensité et accalmie, entre la rage d’un combat et le murmure d’une confession.
Parmi les relectures, “Rain & Pain” se décline ici en deux versions. La première, remixée par Sasha Mate, se transforme en hymne club gothique, tandis que la seconde, en version étendue, permet de savourer les détails d’une production soignée qui évoque autant Depeche Mode période Violator que Nine Inch Nails dans ses instants les plus vulnérables. Loin d’être un simple clin d’œil, la reprise de “By Your Side” de Waiting for Words s’intègre parfaitement dans l’univers sombre et élégant de Myselfson, habillée d’un minimalisme glacé qui sublime la mélancolie du morceau original.
Mais c’est peut-être dans les morceaux les plus intimes que l’album touche au cœur. “To Love Again” suspend le temps avec un piano dépouillé et une ligne de voix qui tremble comme une bougie dans le vent. “I’m Your Man” et “Home, Sweet Home” explorent des tonalités plus chaudes, presque baroques, comme des respirations nécessaires dans ce voyage oppressant. Et puis il y a “Freeman”, qui clôt l’album sur un crescendo orchestral d’une intensité rare, comme une ultime déclaration de liberté face à un monde qui enferme.
Sur le plan sonore, Resistance est aussi varié qu’un film à sketches. On y retrouve des influences classiques, des textures glitchy, des basses synthétiques grondantes, des chœurs spectrales. Chaque morceau a son identité, mais tous participent à un récit global qui fait écho à notre époque saturée de données et d’angoisses existentielles. Le duo semble vouloir dire : “À l’ère des écrans, des algorithmes et des résistances invisibles, l’acte de créer reste une forme de rébellion.”
À travers cet album, Myselfson confirme sa capacité à construire des mondes. Leur univers est à la fois sombre et accessible, profondément cinématique et résolument électro. On pense à un David Lynch revisitant la BO de Blade Runner, à des corps dansant dans une boîte de nuit en ruine, à des rêves en noir et blanc où la résistance devient poésie.
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juillet 9, 2025Depuis Minneapolis, KB‑S revient avec Untitled 2, un EP instrumental qui sonne comme une série de confessions murmurées dans l’obscurité. Cinq titres, aucun mot, et pourtant une narration limpide : celle d’un amour obsédant, intense et autodestructeur. Là où le premier Untitled (2024) flirtait avec une dévotion presque sacrée au hip-hop et à l’esthétique lo-fi, Untitled 2 s’enfonce plus profondément dans la vulnérabilité humaine, explorant l’éventail émotionnel des désirs qui nous gardent éveillés à 4h du matin.
La bande-son d’un cœur qui bat trop vite
L’ouverture, “Alive Again”, est un vertige euphorique : beat aérien, boucles scintillantes, synthés liquides qui donnent la sensation de sortir d’une longue apnée émotionnelle. Comme ce moment où la simple présence de l’autre vous propulse hors de la grisaille quotidienne. Mais très vite, KB‑S complexifie le récit. Sur “Morning Star”, les rythmes ralentissent, les nappes synthétiques se font brumeuses et instables, comme si l’excitation laissait place au doute. “The Heart’s Knot” joue la carte d’un romantisme contrarié avec une construction orchestrale subtilement dissonante, transformant la douceur en tension sourde.
Puis arrive “After Dark Thoughts of Her” : une ballade vénéneuse, sensuelle, où les basses vibrantes et les accords mineurs traduisent ce que les mots ne peuvent dire. C’est le son de l’obsession – le parfum de l’autre qui persiste dans l’air, les pensées qui tournent en boucle. Enfin, “Rewind” referme l’EP dans un brouillard nostalgique. Là où beaucoup d’artistes auraient choisi une conclusion grandiose, KB‑S opte pour une simplicité désarmante : une mélodie fragile, répétitive, qui vous hante bien après l’écoute, comme un souvenir que l’on ne parvient pas à chasser.
Une esthétique minimaliste mais bouleversante
Tout a été enregistré dans le home studio de KB‑S, et cela s’entend – non pas par une quelconque rugosité, mais par l’intimité qui en émane. Chaque texture, chaque silence semble pensé pour immerger l’auditeur dans un univers sonore à la fois familier et dérangeant. Ici, pas de refrains accrocheurs ni de paroles consolatrices : juste des paysages sonores qui nous obligent à faire face à nos propres vertiges amoureux.
Une œuvre qui refuse les artifices
Ce qui rend Untitled 2 si magnétique, c’est sa capacité à dire beaucoup sans rien dire. KB‑S ne cherche pas à séduire les playlists ni à s’adapter aux tendances. À la place, il choisit l’honnêteté brute, l’exploration des failles et des faiblesses humaines. C’est un disque pour celles et ceux qui ont déjà aimé trop fort, trop vite – et qui savent à quel point ce genre d’amour peut être à la fois magnifique et destructeur.
Avec Untitled 2, KB‑S confirme qu’il est bien plus qu’un beatmaker : un véritable conteur qui utilise les textures sonores pour ciseler une émotion. Une œuvre à écouter seul.e, casque vissé sur les oreilles, prêt.e à affronter les ombres et les lueurs d’un amour impossible.
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juillet 9, 2025À première écoute, Love in Tennessee de Tracy ressemble à une carte postale sonore envoyée d’un bar à Nashville par une nuit d’été moite. Mais en tendant l’oreille, on y découvre bien plus : une étude délicate des hésitations, des battements de cœur et de cette sensation universelle de vouloir oser sans savoir comment. Avec ce titre, la chanteuse originaire de Jacksonville signe une entrée remarquée dans le paysage folk-pop, en brouillant habilement la frontière entre confidence privée et tube radiophonique.
Une chanson née d’un défi… et d’un sourire
Écrite lors du prestigieux Tin Pan South Seminar 2025 à Nashville, Love in Tennessee part d’un exercice presque académique : « écrire une chanson d’amour même quand on ne se sent pas romantique ce jour-là ». Mais Tracy transforme ce devoir en pépite, en capturant l’excitation nerveuse d’un flirt naissant. Ses paroles, légères mais sincères, nous placent au cœur de la scène : un regard échangé, une salle bondée, et ce moment suspendu où l’on se demande si on aura le courage d’aller lui parler.
La production, confiée à Josh Cobb (Rockbot Studios), joue la carte de l’intimité avec brio. L’utilisation d’un micro-téléphone donne à la voix de Tracy une texture granuleuse et nostalgique, comme un appel passé à une amie à minuit. Cet effet crée un sentiment d’urgence douce, renforcé par des arrangements subtils : une guitare folk effleurée, quelques accords de piano, et une ligne de basse feutrée qui fait vibrer l’ensemble comme un cœur trop plein.
L’art de la vulnérabilité maîtrisée
Tracy Russell ne cherche pas à impressionner par des acrobaties vocales ; elle préfère le minimalisme émotionnel. Sa voix, avec son vibrato naturel et ses inflexions fragiles, se fait messagère d’un état d’âme universel : l’envie de se lancer, malgré la peur du ridicule. On pense à Kacey Musgraves pour cette façon de transformer des petits moments de vie en grandes histoires, ou à Phoebe Bridgers pour la justesse du ton et la capacité à faire du non-dit un élément narratif à part entière.
Un avant-goût prometteur pour Songbird
En tant que deuxième extrait de son futur EP Songbird, Love in Tennessee confirme la capacité de Tracy à tisser des chansons qui se vivent autant qu’elles s’écoutent. Elle y réussit un petit tour de force : nous faire sentir à la fois spectateurs et acteurs d’une rencontre qui n’a peut-être jamais eu lieu, mais que chacun de nous a déjà rêvée.
Avec ce titre, Tracy ne se contente pas de séduire : elle nous invite à tendre l’oreille, comme si elle nous laissait discrètement écouter une conversation à laquelle on n’était pas censé assister. Et c’est précisément ce qui rend ce single si irrésistible.
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juillet 9, 2025Il y a des chansons qui ne demandent pas la lune mais vous y propulsent quand même. Skyrocket, le nouveau single des Londoniens Sons of Martha, est de celles-là. Une montée en orbite à la faveur d’un refrain scintillant, des guitares en clair-obscur et une mélancolie douce qui colle à la peau. C’est le genre de morceau qui transforme une errance nocturne en road movie intérieur, où chaque lampadaire devient une étoile filante.
Dès les premières secondes, la signature est claire : une énergie jangly-pop héritée de la new wave (on pense à The Cure période In Between Days, à The Smiths pour les arpèges) mais filtrée à travers une sensibilité très contemporaine. Les guitares chiment comme des éclats de verre dans la lumière du matin, la section rythmique pulse avec une légèreté presque insouciante, et la voix de Beach se pose en narrateur d’un spleen lumineux, jamais plombant.
Un hymne pour les rêveurs éveillés
“C’est venu d’un endroit où optimisme et agitation cohabitent”, explique Beach. Et cela s’entend. Skyrocket est une ode à ces petits élans qui nous arrachent à la gravité : une rencontre inattendue, un projet qui se dessine, ou simplement l’appel de la nuit et du bitume. Les paroles capturent ce moment suspendu où le cœur s’emballe avant que la tête ne suive. Pas de grandes déclarations, juste des images — des toits de Londres sous la pluie, des ruelles désertes, un vertige qui donne envie d’accélérer le pas.
Entre classicisme et fraîcheur
Sons of Martha ne réinvente pas la roue et ne cherche pas à le faire. Leur force réside ailleurs : dans une écriture honnête, dans la science des accroches mélodiques et dans ce mélange d’intimité et d’élan collectif qui fait de Skyrocket un futur favori de playlist nocturne. Produit avec soin mais sans excès de vernis, le titre garde une rugosité discrète qui lui évite le piège de la pop trop lisse.
Avec Skyrocket, le quatuor londonien signe un hymne pour rêveurs éveillés et marcheurs de nuit. C’est une chanson qui respire l’air frais des possibles, à écouter casque vissé, les yeux tournés vers le ciel. Parce qu’au fond, il suffit parfois d’un refrain pour rallumer la petite étincelle.
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juillet 9, 2025Il y a dans la musique de Grégory Van Praet un paradoxe fascinant : une froideur électronique qui vibre de chaleur humaine, une esthétique numérique qui raconte la matière la plus organique qui soit – celle de la vie, de la mort, et de ce qu’il reste entre les deux. Avec La Vallée de la Mort, l’artiste originaire des Ardennes signe un morceau qui ne se contente pas de se jouer, mais qui s’habite.
Depuis plus de dix ans, Van Praet creuse son propre sillon dans l’électro française. Des albums comme Avalanche (2016) ou Naufrage Mécanique (2024) ont posé les bases d’un style qui se promène entre Synthwave nostalgique, Retrowave brumeux et Electropop ciselée, parfois traversé d’éclats orchestraux. Mais La Vallée de la Mort ajoute une autre couche : une dramaturgie qui flirte avec le métaphysique. Ici, la musique devient rite funéraire, procession lente dans un paysage désolé.
Un conte électronique pour les âmes errantes
La trame narrative est aussi importante que les nappes synthétiques qui l’accompagnent. Le morceau raconte le voyage des âmes après la mort, errant dans une vallée aride en attendant leur dissolution finale. Dans cet espace liminal, les âmes ne disparaissent pas vraiment : elles s’évaporent, retombant sur la terre sous forme de pluie – métaphore saisissante où l’eau, source de vie, devient l’héritage des disparus.
Pour habiller cette histoire, Van Praet convoque des sonorités sombres : basses profondes, nappes synthétiques qui ondulent comme des nuages d’orage, et textures électroniques qui évoquent à la fois la désolation et une étrange sérénité. Par moments, on croit entendre des échos de Vangelis période Blade Runner ou des volutes à la Burial, mais sans pastiche : tout est filtré par une sensibilité singulière, nourrie de dix années d’exploration sonore.
La musique comme œuvre totale
Et parce que Grégory Van Praet ne conçoit pas la musique sans image, La Vallée de la Mort se prolonge dans une esthétique visuelle tout aussi travaillée. En parallèle de ses productions sonores, l’artiste est un créateur 3D aguerri. Grâce à Blender, il réalise des clips animés qui amplifient le côté immersif de ses compositions. L’un ne va jamais sans l’autre : le son nourrit l’image et vice-versa, jusqu’à former une œuvre totale où le spectateur-auditeur se perd volontairement.
Une signature entre ombre et lumière
Ce qui frappe dans La Vallée de la Mort, c’est cette capacité à convoquer des images mentales précises sans jamais forcer la narration. Chaque note, chaque silence porte la marque d’un deuil transcendé en art. Et si le titre s’inscrit dans une discographie déjà riche (ISIACRIG, Le Vertige des Maux), il se distingue par sa densité émotionnelle et sa noirceur poétique.
Dans un monde où l’électronique est souvent synonyme de dancefloor, Van Praet choisit une autre voie : celle du recueillement, du questionnement, du voyage intérieur. Avec La Vallée de la Mort, il signe une pièce maîtresse, suspendue entre la fin et le recommencement.
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juillet 9, 2025Il y a des chansons qui frappent par leur éclat, et d’autres qui séduisent par leur douceur, leur façon de se glisser dans vos écouteurs comme une conversation nocturne entre amis. (They Say It’s Like) Riding A Bike, le premier single collaboratif de Jasmine Gardosi et Dan Whitehouse, est de celles-là : une pièce délicatement tissée où les mots deviennent cadence et le silence, respiration.
Née de Black Country Bikes: Music In Motion, une initiative communautaire où musiciens, cyclistes et poètes se sont réunis pour explorer la sensation de pédaler, la chanson est une métaphore filée sur la résilience. Gardosi, ancienne Birmingham Poet Laureate, insuffle à son spoken word une intensité presque viscérale. Sa voix n’est pas seulement récitée – elle pulse, elle halète, elle beatboxe comme si chaque syllabe était une pédale qui remonte le rythme cardiaque. Whitehouse, quant à lui, apporte une douceur organique à l’ensemble. Guitare, piano, basse et voix s’entrelacent en un écrin feutré où chaque note semble suspendue entre deux souffles.
Le morceau s’ouvre sur des sonorités inattendues : la roue d’un vélo frappée comme une caisse claire, la clochette d’un guidon qui devient percussive, la chaîne grinçante qui ajoute un grain de texture. Ces détails ne sont pas des gadgets. Ils servent une narration sonore, celle d’un esprit qui vacille mais avance, d’un corps qui chute mais retrouve l’équilibre. La production signée Ryan Pinson reste minimaliste, fidèle à l’esprit lo-fi et chill-hop, avec des nappes de synthés qui évoquent la douce nostalgie d’un coucher de soleil estival.
Musicalement, le titre se situe à la croisée des chemins : le jazz-hop méditatif de Digable Planets, les atmosphères aériennes de Sleepy Fish, et la chaleur humaine d’un projet indie folk intimiste. Mais ce qui le distingue, c’est ce cœur battant au centre – une humanité brute et universelle. Gardosi et Whitehouse ne font pas que jouer ensemble ; ils transforment leurs vécus en une ode à la persévérance : « tomber, vaciller, respirer… puis recommencer ».
(They Say It’s Like) Riding A Bike n’est pas un hymne clinquant. C’est une chanson à écouter casque vissé, en rentrant d’une journée lourde, ou mieux encore, en pédalant sans but précis, laissant vos pensées vagabonder. Parce qu’au fond, ce qu’elle nous murmure, c’est que la vie elle-même est un vélo : tant que vous continuez à avancer, vous ne tombez pas.
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juillet 9, 2025Sally McKay, alias Lovely Trees, ne chante pas pour remplir un vide. Elle chante dans le vide, pour l’explorer, le nommer, y laisser une empreinte. Talk To Me Noise, sixième piste de son nouvel album Songs For The Visitor, est un souffle délicat qui transforme la douleur en art brut et en beauté fragile.
Écrit et enregistré dans l’intimité de son home studio à Toronto, ce titre est plus qu’une chanson : c’est une incantation. McKay y dialogue avec l’invisible, implorant l’univers, les oiseaux, les insectes, les bruits de la maison – tous ces petits messagers du deuil – de lui renvoyer un signe de son mari disparu, Mike Young. Après une décennie passée à l’accompagner face à la démence à corps de Lewy, puis à travers la perte, McKay trouve ici une forme d’apaisement dans la création. La musique devient rituel, presque sacré, où chaque note contient une prière, chaque silence une présence.
La production, minimaliste et sincère, ne cherche pas à impressionner mais à envelopper. Quelques accords d’acoustique, une voix qui tremble sans jamais rompre, des bruissements presque imperceptibles en arrière-plan : on pourrait croire entendre une pièce respirer, les murs craquer, la maison veiller. C’est ce mélange d’organique et d’intime qui rappelle les travaux d’Aldous Harding ou Sufjan Stevens période Carrie & Lowell. Mais McKay ne copie personne : elle semble extraire son folk de la sève même des arbres dont elle porte le nom.
“Talk To Me Noise” ne donne pas de réponses, et c’est toute sa force. C’est une chanson pour celles et ceux qui attendent, qui écoutent, qui cherchent dans le monde des signes d’un autre monde. Ce n’est pas une ode larmoyante au deuil, mais une exploration honnête de cet entre-deux, où l’espoir et la douleur cohabitent, où la nature devient messagère de l’au-delà.
Lovely Trees ne fait pas que chanter : elle tend une main à celles et ceux qui restent, leur rappelant qu’au cœur du silence, il y a toujours un bruit qui répond. Talk To Me Noise est une chanson qui ne s’écoute pas seulement ; elle se ressent, comme un frisson sous la peau.
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juillet 9, 2025Exodus Murphy ne cherche pas à impressionner. Il ne court pas après des refrains calibrés pour TikTok ni des productions clinquantes qui claquent comme des néons. Avec Memories, il prend le chemin inverse : celui de la sincérité brute, celui d’un R&B à visage humain qui respire la douleur, la tendresse et l’espoir.
Écrit en une heure pendant la pandémie, le morceau sonne comme une prière captée au bord de l’épuisement. Le jeune artiste, originaire de Pennsylvanie et désormais basé en Caroline du Nord, a grandi dans les bancs d’église, façonné par les harmonies d’une chorale gospel. Cette empreinte spirituelle traverse chaque seconde de Memories, comme un fil conducteur entre l’enfance et l’adulte marqué par les désillusions. Mais ici, la foi ne s’exprime pas dans le dogme : elle réside dans la capacité de la musique à transformer des blessures personnelles en un espace de partage universel.
La production minimaliste – quelques accords de clavier éthérés, une ligne de basse qui bat comme un cœur inquiet, des percussions discrètes – laisse toute la place à la voix d’Exodus. Son timbre légèrement éraillé, vibrant de fragilité, rappelle les grandes heures du neo-soul à la D’Angelo ou Maxwell. Mais il y a aussi une proximité dans son interprétation, une manière de s’adresser directement à l’auditeur, qui évoque Giveon ou Sampha. Chaque syllabe semble arrachée à la poitrine, et l’on devine le poids des souvenirs qu’il exhume : l’amour perdu, la solitude, l’espoir qui renaît timidement.
Memories est un titre sur la résilience. On y entend la douleur de la perte, mais aussi la possibilité d’un après, d’un pardon, d’une reconstruction. Murphy ne s’embarrasse pas de fioritures : il préfère la vérité d’un enregistrement fait maison, un micro entre les mains et le cœur en vrac. Cela donne un morceau imparfait dans sa texture – mais c’est cette imperfection qui lui confère son humanité.
Dans un paysage R&B saturé de productions léchées et d’émotions aseptisées, Memories est une respiration. Exodus Murphy y propose une alternative : un retour à l’essence du soul, où l’on ose se montrer vulnérable, où chaque note devient un pas vers la guérison. C’est une entrée en matière prometteuse pour un artiste qui ne joue pas un rôle, mais qui raconte une histoire – la sienne, la nôtre.
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juillet 9, 2025Dans le paysage foisonnant des bedroom artists, rares sont ceux qui parviennent à transformer la fragilité brute de leurs émotions en une matière sonore aussi immersive qu’EERIE$. Avec Rain, son premier single entièrement autoproduit, ce jeune rappeur néo-zélandais livre une confession musicale qui sent la pluie froide sur les vitres et les nuits blanches à ressasser ses erreurs.
Enregistré seul dans sa chambre, Rain ne cherche ni la perfection ni le vernis. Ce qui frappe, c’est l’authenticité à vif : une voix hantée qui semble à la fois proche et lointaine, flottant au-dessus de nappes électroniques minimalistes et d’une ligne de basse presque spectrale. L’ambiance est trouble, presque cinématographique – comme si Frank Ocean avait croisé la route de Burial par une soirée d’orage. Chaque note, chaque silence pèse lourd, porteur des regrets et des doutes qui hantent l’auteur.
À travers ses paroles, EERIE$ parle de confusion, d’isolement, de croyances ébranlées et de la quête de rédemption après des erreurs qui ne cessent de hanter l’esprit. C’est un morceau qui ne cherche pas à plaire mais à exister – comme un journal intime laissé ouvert sur un bureau. Cette vulnérabilité, loin d’être une faiblesse, devient la force motrice de l’écoute. On ne peut qu’être happé par ce mélange d’honnêteté désarmante et de mélodies sombres qui rappellent les débuts lo-fi de The Weeknd, avec un supplément d’étrangeté à la (Sandy) Alex G.
Rain est à la fois une catharsis personnelle et une main tendue vers ceux qui se reconnaissent dans ces émotions orageuses. On y entend un artiste en pleine ébauche de son univers, conscient de ses cicatrices et prêt à les transformer en paysages sonores. C’est le genre de morceau qui ne frappe pas fort mais s’infiltre doucement, comme la pluie dans les fissures d’un vieux mur.
EERIE$ ne crie pas sa douleur : il la murmure, et c’est peut-être pour cela qu’elle résonne autant.
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juillet 9, 2025Il faut une bonne dose d’audace (et un peu de folie douce) pour faire se rencontrer un accordéon, des motifs arabes, un saxophone et des distorsions vocales dans un même morceau – et que ça fonctionne. Mais c’est exactement le pari que relève New Laconia avec Stardust Bear Bazaar, Pt. 2, le deuxième chapitre d’une saga musicale où chaque note est une porte vers un autre monde.
Imaginé par Alex Syniakov, l’esprit derrière le projet, New Laconia ne se contente pas de mélanger les genres : il les fait se télescoper jusqu’à créer des failles spatio-temporelles. Le morceau reprend le fil narratif laissé en suspens dans la première partie, où l’on suivait l’énigmatique Bear – gardien d’un pub interdimensionnel – luttant contre le temps, à la fois personnage et force destructrice. Dans ce second acte, la tension monte : les portails deviennent instables, le Stranger (caché sous une pluie d’étoiles) surgit d’une réalité altérée, et la musique se fait le reflet de ce chaos onirique.
Sur le plan sonore, Pt. 2 est une sorte de tourbillon sensoriel : les tempos changent sans prévenir, les instruments traditionnels dialoguent avec des nappes électroniques futuristes, et la voix, tantôt ténue tantôt déformée, agit comme un guide dans cet étrange bazar cosmique. L’accordéon apporte une douceur nostalgique, le saxophone imprime une sensualité quasi jazzy, tandis que les motifs orientaux et les breaks de piano plongent l’auditeur dans une aventure qui oscille entre rêve et réalité.
Pour conclure, Stardust Bear Bazaar, Pt. 2 est une expérience narrative, une bande-son pour un film qui n’existe que dans l’imaginaire collectif. Et si cette ambition peut sembler excessive, elle traduit bien l’esprit du projet : repousser les murs du format chanson pour bâtir un univers entier où se perdre devient un plaisir.
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juillet 9, 2025Sur Little Blue Planet, Heléne Hellmon ne crie pas sa colère — elle la chuchote. C’est justement ce qui rend ce titre si poignant. Dans un monde où le bruit est roi, choisir la nuance, le tempo feutré et l’humanité comme fondation d’un morceau relève d’un acte de résistance discret mais farouche.
Écrite à l’origine en 2023, suspendue dans le temps, puis redéployée en 2025 dans un monde toujours plus fragmenté, la chanson se présente comme une sorte de capsule émotionnelle. Ce n’est pas un manifeste à slogans, mais une brèche ouverte dans l’armure — un espace pour ressentir ce qu’on n’a plus toujours le luxe de nommer : la peur, l’impuissance, mais aussi une forme obstinée d’espérance.
Hellmon épouse ici une écriture mélodique limpide, presque familière, sans jamais sombrer dans l’évidence. On sent l’intention derrière chaque mesure : la progression reste fluide mais jamais plate, la rythmique soutient sans dominer, et le pont instrumental offre un moment d’élévation qui ressemble à un souffle — ou à une tentative de reprendre son souffle. C’est cette respiration, précisément, qui rend le titre si nécessaire.
La production de Filip Killander est élégante, sans vernis superflu. On perçoit cette complicité de long terme entre artiste et producteur : ça ne cherche pas l’effet de manche, mais l’authenticité, le ressenti juste. Un choix qui fait écho à l’éthique du morceau, à ce refus de l’apathie maquillée en esthétique.
Little Blue Planet n’est pas une réponse, c’est une question posée en musique : que fait-on de cette planète et des êtres qui la peuplent ? Hellmon ne propose pas de solution miracle. Mais elle offre ce que peu osent encore : une voix qui doute sans se résigner, une mélodie qui apaise sans fuir, une chanson qui appelle à réfléchir sans oublier de ressentir.
Dans un monde en accélération constante, Little Blue Planet ralentit le temps — juste assez pour qu’on se rappelle ce que ça fait d’écouter, vraiment.
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juillet 9, 2025« My phone was drunk and it drunk texted you. » Si cette ligne semble tout droit sortie d’un mème viral ou d’un TikTok de 15 secondes, c’est bien parce qu’elle en a l’essence : l’instantanéité, l’ironie douce-amère, et une honnêteté qui désarme. Mais entre les mains d’Exzenya, elle devient le cœur battant de Drunk Texting, un premier single qui brouille les lignes entre pop catchy, R&B velouté et storytelling comique.
Il y a chez Exzenya une énergie qui rappelle l’audace d’une Doja Cat et le flair théâtral d’une Lady Gaga des débuts, mais aussi une vulnérabilité brute qui lorgne du côté d’Olivia Rodrigo. Le titre est à la fois une anecdote familiale (un fils, une nuit folle à Miami, un téléphone trop ivre pour son propre bien) et un reflet universel : qui n’a jamais voulu effacer ces textos envoyés à 3h du mat, pouce hésitant entre « envoyer » et « supprimer » ?
La production est sobre mais efficace : beats pop-R&B en apesanteur, harmonies vocales qui se superposent comme des bulles de champagne, et une ligne mélodique suffisamment entêtante pour se coincer dans votre tête avant même la deuxième écoute. Ce qui rend le morceau captivant, ce n’est pas seulement son potentiel radiophonique, mais le grain de voix d’Exzenya : à la fois assuré et fragile, capable de naviguer entre autodérision et confession nocturne.
Mais Drunk Texting est plus qu’un simple bop de soirée. C’est un manifeste d’indépendance, enregistré dans une cabine bricolée en PVC et couvertures acoustiques, avec une artiste refusant d’attendre le « bon moment » pour créer. Il y a une forme de magie dans ce DIY – pas dans le sens d’un son lo-fi, mais dans l’urgence créative d’une voix qui refuse de se taire.
En moins de 50 jours, le titre a trouvé un écho dans 153 pays et 20 000 streams sans aucun label derrière. C’est la preuve qu’une bonne histoire, une mélodie accrocheuse et une authenticité désarmante peuvent suffire à faire vibrer une audience mondiale.
Et si Drunk Texting est un prélude à l’album concept Bar Scenes and Rumors, on peut s’attendre à une série de morceaux qui oscillent entre rire et mélancolie, dancefloor et introspection. Avec ce single, Exzenya prouve qu’on peut transformer un moment de chaos en hymne pop – et que parfois, ce sont les textos les plus embarrassants qui écrivent les meilleures chansons.
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juillet 9, 2025Il y a dans Firmament: Redux cette tension propre aux grandes œuvres : un écart permanent entre le poids du corps et l’apesanteur de l’esprit. Entre ce qui nous retient au sol et ce qui nous pousse à lever les yeux. Apeiron Bound ne se contente pas ici de revisiter un morceau clé de Multiplicity datant de 2022. Ils proposent une expérience liminale, un entre-deux où le metal progressif devient philosophie appliquée.
Musicalement, la piste est une lente combustion. Les guitares d’Andrew Stout et Cody Letts se tordent comme des filaments solaires, tantôt abrasives, tantôt lumineuses. Les lignes vocales de John Galloway et Keith “Tank” McDowell, en alternance growls/soul, traduisent un dialogue intérieur : celui de l’humain confronté à l’inconnu. Galloway incarne le doute viscéral, la voix de la matière ; McDowell, lui, est l’aspiration, le souffle de l’éther. Leur superposition crée un effet miroir où chacun peut reconnaître ses propres contradictions.
À mesure que le morceau se déploie, la section rythmique (Huffman à la batterie, Sokol à la basse) devient un métronome cosmique. Le tempo semble respirer, ralentir puis accélérer, comme une planète dans son orbite. Ce choix de production (Jack Kosto, précis et aérien) renforce l’impression d’un espace-temps fluide, où la frontière entre intérieur et extérieur se dissout.
Mais Firmament: Redux n’est pas qu’un tour de force technique. Le texte s’aventure sur un terrain rarement exploré en metal : celui de la métaphysique. “Above the dome is home / Beyond the firmament, could it all be real?” Ces vers convoquent la mémoire des cosmogonies antiques, mais aussi le vertige contemporain face à l’infini. On y entend un écho des Prométhées modernes, de Carl Sagan à Brian Greene, qui osent encore poser la question : que sommes-nous face à l’univers ?
En cela, Apeiron Bound rappelle que le metal progressif est un terrain fertile pour l’introspection. Là où d’autres genres fragmentent le réel, le collectif tisse une tapisserie où l’angoisse existentielle devient esthétique. Ici, chaque riff est un coup de pinceau sur une fresque cosmique, chaque silence un abîme où l’auditeur est invité à plonger.
À la fin, Firmament: Redux laisse une impression troublante. Ce n’est ni une fin, ni un commencement, mais une orbite : un cycle infini de questionnements et de découvertes. Apeiron Bound signe une œuvre qui transcende les genres, rappelant que dans l’exploration musicale, comme dans la recherche de sens, ce n’est jamais la destination qui compte, mais le voyage.
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juillet 9, 2025Dans un monde saturé de stimuli, Ambient 2.0 d’AGA est une parenthèse nécessaire, une invitation à écouter l’espace entre les sons. Alessandro Antolini – batteur de formation, disciple silencieux de Brian Eno et fondateur du label Drummer Caffè – signe ici une pièce d’orfèvrerie sonore où chaque note semble déposée avec une intention quasi méditative.
Dès les premières mesures, une nappe éthérée s’étire comme une respiration retenue, laissant filtrer des interstices de lumière. Impossible de ne pas penser aux atmosphères d’Ólafur Arnalds ou aux constructions rythmiques vaporeuses de Nils Frahm. Pourtant, Ambient 2.0 échappe à la simple citation : il y a une chaleur particulière dans les textures, une humanité presque palpable dans la manière dont les timbres se frôlent et se répondent.
Le morceau progresse par strates, des micro-événements rythmiques viennent perturber la quiétude apparente, guidant l’auditeur non pas vers un climax mais vers une suspension, un état de flottement où le temps s’étire. Ici, l’ambient n’est pas une fuite du réel mais une tentative de le reconfigurer depuis l’intérieur – de transformer l’écoute en acte de conduction, comme l’évoque AGA lui-même.
Loin d’être une simple mise en bouche pour l’EP annoncé en octobre, Ambient 2.0 impose une signature : celle d’un compositeur qui sait que le silence n’est jamais vide, mais plein de potentialités. Antolini, avec son expérience de percussionniste et sa sensibilité de sound designer, transforme la discrétion en force.
Ambient 2.0 est une œuvre à écouter en fin de journée, quand la lumière baisse et que le monde semble prêt à basculer dans l’onirique. À la croisée des chemins entre minimalisme et émotion brute, ce titre confirme qu’AGA est un nom à suivre de très près dans le paysage de l’ambient contemporain.
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juillet 9, 2025Dans un rap français trop souvent englué dans ses propres codes, Coup pour coup arrive comme une déflagration. Dikundu, qui nous avait déjà séduit avec l’introspection de Voyage dans le temps, choisit ici de se débarrasser de toute pudeur pour livrer un banger pur et dur, pensé pour retourner les salles. Et ça marche.
Le morceau, court et sans concessions, fonctionne comme une démonstration de force : un flow qui fuse et se faufile comme un kata de karaté (l’artiste ne cache pas l’influence martiale de sa phrase « Le bois ne rend pas les coups, mais moi si »), des accélérations et décélérations qui rappellent les meilleures heures du rap technique américain, et une production millimétrée qui laisse respirer le texte tout en imposant un groove presque tribal.
La signature vocale de Dikundu, elle, est immédiatement reconnaissable. Ce grain légèrement éraillé, cette diction teintée d’inflexions gabonaises, donnent une couleur singulière à l’ensemble, une identité qui le place à la croisée des mondes : entre les rythmiques modernes du trap et l’héritage plus organique des musiques africaines. C’est peut-être cette hybridité qui rend Coup pour coup aussi efficace en écoute casque qu’en live, où le morceau semble conçu pour électriser une foule.
Mais au-delà du pur exercice de style, le titre confirme surtout que Dikundu est en train de trouver sa voix : moins lisse, plus instinctif, plus joueur. Dans une industrie qui valorise les clones et les algorithmes, il impose une authenticité brute, celle d’un MC qui écrit encore pour survivre autant que pour divertir.
À l’aube de son projet Le Rêve d’un Enfant prévu pour septembre, Coup pour coup n’est pas juste une démonstration technique. C’est un coup de semonce. Dikundu n’est plus un simple espoir, il est déjà un prétendant sérieux au titre de nouveau visage du rap français.
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juillet 9, 2025Dès les premières secondes de Boxes, on sent le parfum entêtant des étés adolescents, celui où le monde semblait tenir dans un iPod Mini et une paire de Converse trouées. Irina Imme, voix montante de la scène londonienne, plonge tête la première dans la nostalgie Y2K sans jamais céder au pastiche. Avec ce deuxième extrait de son EP à venir, elle nous tend une carte postale sonore des années 2000, écrite à l’encre de l’excitation amoureuse et des angoisses adolescentes.
Produite par Dave Tither, Boxes s’ouvre sur des accords de guitare saturés qui n’auraient pas dépareillé sur Let Go d’Avril Lavigne. Mais derrière cette énergie pop-punk se cache une écriture plus sensible, qui lorgne du côté de Hayley Williams dans ses moments les plus vulnérables. La voix d’Irina oscille entre une assurance presque insolente et une fragilité désarmante, capturant parfaitement ce vertige qu’est le crush adolescent : un mélange d’euphorie, d’angoisse et d’espoir un peu ridicule.
Il y a une sincérité brute dans Boxes qui rappelle aussi les premiers Paramore : pas seulement dans les riffs percutants ou les refrains faits pour être hurlés en voiture fenêtres ouvertes, mais dans cette façon de traiter de thèmes ultra-personnels (le regard de l’autre, l’envie de plaire, la peur de se révéler) sans jamais sonner calculé. Les 18 mois de gestation et les 20 versions évoquées par Irina elle-même se devinent dans la précision de la production : chaque montée en tension, chaque break de batterie, chaque couche de backing vocals sert une dramaturgie adolescente qu’on croyait enterrée avec nos vieux CD-R.
C’est peut-être ça la réussite de Boxes : réactiver les émotions adolescentes sans ironie, tout en y apportant la maîtrise d’une artiste qui sait parfaitement où elle va. Entre le fun des Destroy Boys et l’honnêteté désarmante d’une Gracie Abrams sous stéroïdes pop-punk, Irina Imme signe un single qui sonne comme un été de 2005 que l’on rejouerait en haute définition.
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juillet 9, 2025On pourrait croire, en découvrant Stay.Theme, que Gatis Sturnieks – alias GatiS – compose depuis une cabane perchée au-dessus des forêts brumeuses de Sigulda. Cette petite ville lettone, connue pour ses collines boisées et ses grottes médiévales, semble infuser dans chaque note une solitude contemplative. Mais Stay.Theme n’est pas un disque sur la fuite vers les grands espaces : il parle du courage de rester. De rester soi-même, authentique, droit dans ses bottes face à la duplicité et à l’hypocrisie qui empoisonnent les réseaux sociaux et les conversations modernes.
Le morceau repose sur une production dépouillée, mais jamais pauvre : une progression d’accords envoûtante, des nappes synthétiques presque palpables, un univers musical teinté de références comme Ben Howard ou à l’épure de James Blake, mais GatiS conserve une douceur très balte, un sens de la retenue qui transforme chaque inflexion vocale en confidence.
C’est peut-être cette modestie qui fait la force de Stay.Theme. Loin des manifestes rageurs, GatiS livre ici une forme de résistance passive : rester humain, tendre la main, continuer de croire en la bonté quand tout incite à l’égoïsme. L’enregistrement, réalisé dans son propre home studio, amplifie cette impression d’intimité. On entend presque la pièce où la chanson a été capturée – le bois qui craque, la respiration entre deux prises – comme si le micro avait absorbé une partie de sa vie.
Le résultat est une ballade minimaliste qui ne révolutionne pas le genre, mais qui touche par sa sincérité. Stay.Theme est une ancre pour ceux qui flottent dans le vacarme d’un monde trop rapide. Ce n’est pas un cri de guerre, c’est une main posée sur l’épaule, un rappel discret que l’authenticité peut encore exister à l’ère des avatars.
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juillet 9, 2025Il y a chez Fredrika Rei une urgence à ressentir, à hurler les excès d’émotion, à les emmailloter dans des textures synthétiques jusqu’à les rendre presque supportables. Avec son deuxième EP, all the feelings, la productrice et autrice-compositrice suédoise transforme les tumultes intérieurs en un artefact sonore dense, glitché, où l’hyperpop flirte avec le drum’n’bass et la tendresse névrotique d’une Gracie Abrams.
C’est une œuvre où la surface glossy des beats masque à peine la fragilité des chairs en dessous. Et dès l’intro “just love (welcome)”, Fredrika place le décor : des nappes ambient caressées d’un mantra répétitif, proche d’une méditation guidée qui dérape. On y entend déjà cette obsession pour les contrastes : la douceur des voix filtrées contre la froideur numérique d’un mix hypercompressé, comme si Björk s’était perdue dans une playlist hyperpop sur SoundCloud.
“Slayer” est un joyau d’adrénaline. Sa rythmique breakbeat (90s à souhait) vient frapper les synapses pendant que Fredrika injecte des harmoniques vocales spectrales, rappelant les moments les plus abrasifs de Visions de Grimes ou même LP1 de FKA twigs. Il y a une physicalité dans ce morceau, une sensation de courir dans un club où les murs se rapprochent à chaque drop.
Puis “Giulietta”, en collaboration avec la DJ GRETA, ralentit la cadence pour offrir un répit teinté de sensualité. La production plus moelleuse, moins chargée, évoque la langueur d’un dancefloor à 4h du matin, quelque part entre Robyn et les effluves house de Peggy Gou.
La bascule vers le suédois avec “Vill du säga nåt?” est peut-être le moment le plus courageux. Minimalisme électro, percussions glitchées façon Arca, voix presque murmurée : ici, Fredrika Rei ose la vulnérabilité frontale. C’est ce dépouillement qui donne tout son poids à la question répétée comme un écho dans un vide affectif.
“lose my cool”, déjà salué par les plateformes nordiques, est le titre le plus accessible du lot. Son beat garage-pop rappelle les premiers travaux de Charli XCX, tandis que la ligne de basse donne à la mélodie une gravité presque corporelle. Le remix en bonus avec Bitchey en rajoute une couche, tirant la confession vers une catharsis club plus sèche et métallique.
Ce qui frappe dans all the feelings, c’est cette volonté constante de naviguer dans le chaos émotionnel sans jamais l’adoucir. Rei ne cherche pas à arranger ses contours ; elle les amplifie, les fait claquer contre des beats à la fois hyperactifs et mélancoliques. À travers cette dichotomie, elle livre un disque qui ressemble à nos timelines : trop d’informations, trop de cœur, et pourtant un besoin de danser pour ne pas exploser.
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juillet 9, 2025Derrière la façade polie de ses refrains immédiatement mémorables, “Inside” est bien plus qu’un simple single calibré pour les playlists. Skar de Line, qui nous avait déjà habitués à ses hybrides pop-rock cinématographiques, affine ici son langage sonore avec une densité émotionnelle et une maîtrise de production qui forcent l’écoute attentive.
Ce qui frappe dès les premières secondes, c’est la tension latente qui infuse la production. Les guitares fretless aux accents liquides glissent comme des pensées obsédantes, soutenues par un beat électronique minimaliste qui monte en intensité sans jamais exploser. La palette sonore semble inspirée à la fois par le spleen spectral de Radiohead période Kid A et par la pop ambitieuse et architecturée de Christine and the Queens.
Skar de Line réussit un tour de force rare : créer un espace sonore qui respire, où chaque silence, chaque reverb prend un sens narratif. La mélodie de la voix, d’une fragilité désarmante, se juxtapose à des harmonies synthétiques subtiles. Ce contraste évoque une quête d’équilibre entre le rationnel et l’émotionnel, la surface et le sous-texte. On retrouve ce même jeu de dualité dans la progression harmonique : major et mineur se mêlent comme des souvenirs doux-amers qu’on refuse de lâcher.
Le refrain, massif et lumineux, joue le rôle de catharsis. Là où les couplets installaient une atmosphère introspective presque claustrophobique, cette ouverture soudaine donne la sensation de respirer après une apnée prolongée. C’est à ce moment précis que l’influence des soundtracks (Trent Reznor, Hans Zimmer période Inception) se fait sentir : une montée en puissance émotionnelle qui semble conçue pour envahir une salle entière.
Skar de Line ne se contente pas d’empiler des couches de production pour impressionner : il sculpte l’espace, laissant de la place pour que l’émotion s’installe, que le texte prenne corps. “Inside” n’est pas une simple chanson, c’est une exploration sensorielle, un appel à l’introspection qui évite le piège de l’auto-indulgence.
En moins de quatre minutes, il prouve qu’il est capable de jouer dans la cour des grands sans rien sacrifier de son univers singulier. Ce n’est ni du pur pop, ni de l’electronica pure, mais un alliage qui capte le vertige contemporain de vouloir tout comprendre, tout ressentir… quitte à se perdre un peu en chemin.
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juillet 9, 2025Il y a des premiers singles qui se contentent de sonner juste. Et puis il y a ceux qui s’imposent comme des évidences, des portes d’entrée dans un univers tout entier. “Duplicity” de Freya Magee appartient à cette seconde catégorie. En trois minutes trente à peine, la chanteuse d’origine nord-irlandaise (passée par Melbourne avant d’ancrer son cœur à Londres) plante un décor, une atmosphère et une émotion qui vous poursuivent longtemps après l’écoute.
Sur une production délicatement ciselée par Phil Taylor (Laurel Sound Studios), la voix de Magee semble flotter entre deux mondes : celui des décisions prises à contrecœur et celui des rêves qu’on n’a pas osé poursuivre. Le morceau oscille entre folk atmosphérique et indie intimiste, un terrain de jeu où elle se tient en droite ligne de Phoebe Bridgers ou Holly Humberstone, tout en affirmant déjà une signature propre.
Le détail visuel de la pochette – cheveux sombres à gauche, blonds à droite – n’est pas qu’un gimmick esthétique. Il incarne ce tiraillement intérieur, cette incapacité à choisir entre plusieurs vies possibles. Car “Duplicity” parle avant tout de cela : de ces moments suspendus où l’on quitte quelque chose – un amour, une ville, une version de soi – tout en sachant qu’on s’avance vers autre chose d’inconnu.
Écrite pendant le confinement australien de 2020, façonnée dans la solitude d’une chambre et révélée au monde via des premiers concerts dans des pubs londoniens, la chanson porte cette fragilité brute propre aux débuts sincères. Mais sous l’apparent dépouillement se cache une maîtrise rare : chaque note de guitare, chaque silence, chaque souffle de la voix servent une tension narrative qui confine au cinéma.
“Duplicity” est un miroir tendu à toutes celles et ceux qui vivent avec plusieurs versions d’eux-mêmes, rêvant d’un monde où l’on pourrait toutes les embrasser. C’est la bande-son idéale pour une fuite en voiture sous la pluie, casque vissé sur les oreilles, cœur en vrac mais regard déjà tourné vers l’horizon.
Freya Magee signe là une entrée en matière subtile et bouleversante. Et si ce premier titre est le prélude à un EP en préparation, on ne peut que guetter la suite. Car il est rare qu’une artiste transforme aussi rapidement le doute en beauté.
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juillet 9, 2025Ceci n’est pas un simple album hommage, ni une suite de reprises bien sages. Roots of Blues est un manifeste. Karim Albert Kook et Édouard Bineau revisitent douze classiques du blues avec une ardeur et une sincérité rares, comme pour rappeler que cette musique, née de la douleur et de la résilience, n’appartient à personne et parle à tout le monde. Avec leurs racines algériennes et françaises, les deux musiciens font résonner des histoires de migration et d’identité qui dialoguent naturellement avec l’héritage afro-américain du blues.
Dès Rolling and Tumbling, le ton est donné : un riff acéré, une voix rocailleuse, un harmonica qui semble souffler la poussière des chemins de fer du Mississippi. Cette ouverture est à la fois brute et élégante, une véritable déclaration d’intention qui invite à écouter autrement ces standards centenaires.
Sur It Hurts Me Too, la douleur contenue des paroles se déploie dans une interprétation sobre mais poignante. Karim Albert Kook y fait vibrer sa guitare comme un cœur qui bat trop fort, tandis qu’Édouard Bineau insuffle à son harmonica une mélancolie presque cinématographique.
Avec Dust My Broom, le duo prend des accents plus rugueux. Le morceau s’enflamme, porté par une guitare slide qui semble tracer une route vers le Sud profond. On sent l’héritage d’Elmore James, mais ici, il est filtré par la sensibilité d’un musicien qui connaît lui aussi les errances et les exils.
Le classique Hoochie Coochie Man est revisité avec une fougue nouvelle. Ici, la voix rauque de Karim devient incantatoire, presque chamanique. Ce morceau, souvent perçu comme un symbole de puissance masculine, se teinte d’une gravité qui en révèle toute l’ambivalence.
Puis arrive Midnight Special, avec son tempo lancinant et sa lumière crépusculaire. La chanson, qui évoque la liberté rêvée par les prisonniers, trouve ici une résonance particulière. Le duo y insuffle une douceur amère, entre espoir et résignation.
Sur Key to the Highway, la guitare et l’harmonica dialoguent dans un équilibre parfait. Ce morceau de départ et de routes infinies est interprété comme une marche lente, presque méditative. Karim semble y murmurer ses adieux à un monde en feu.
I’ve Got My Mojo Working apporte un souffle plus joyeux, presque espiègle. La voix se fait plus joueuse, l’harmonica danse autour des notes comme un feu follet. Après la tension des titres précédents, c’est une bouffée d’air qui invite à la fête.
Enfin, King Bee et Trouble in Mind referment l’album dans une ambiance plus introspective. Le premier joue sur un groove hypnotique et sensuel, tandis que le second, empreint de blues pur, livre une confession désarmante, une vérité nue qui clôt ce voyage sonore en beauté.
Roots of Blues ne se contente pas de revisiter le passé. Il questionne notre présent. Karim Albert Kook et Édouard Bineau y insufflent leurs histoires, leurs cicatrices, et leur vision d’un monde où le blues reste un cri universel. Ici, pas d’artifice : juste deux musiciens qui jouent comme on respire, avec urgence et sincérité.
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